Nausées Et Vomissements Postopératoires
Nausées Et Vomissements Postopératoires
Le problème des nausées et vomissements postopératoires (NVPO) a été tardivement reconnu et en dépit
d’avancées significatives, reste incomplètement résolu dans de nombreuses unités de soins. Des progrès
importants ont été obtenus par extension au contexte anesthésique, des avancées réalisées dans le trai-
tement des nausées et vomissements de la chimiothérapie des cancers. Le progrès le plus significatif fut
consécutif à l’introduction des antagonistes du récepteur de type 3 de la sérotonine mais le dropéridol et
la dexaméthasone ont montré une efficacité comparable à celle des sétrons. La multiplicité des récepteurs
impliqués dans la genèse des NVPO pourrait expliquer les nombreux abords thérapeutiques possibles et
le caractère partiel de la réponse obtenue avec chacun d’entre eux. Les antagonistes du récepteur de
la neurokinine 1 sont une classe d’antiémétiques récente, d’action centrale puissante. D’autres médica-
ments, parfois anciens (halopéridol, amisulpride), pourraient jouer un rôle à des doses faibles, permettant
d’éviter leurs effets secondaires sans obérer leur potentiel antiémétique. La prise en charge des NVPO
dans une unité commence par une évaluation locale de l’importance du problème, des coûts induits par
les épisodes émétiques et des facteurs de risque. Cette évaluation possède des caractères propres en ce
qui concerne le terrain pédiatrique et le risque émétique auquel le patient de chirurgie ambulatoire est
exposé après avoir quitté l’unité d’hospitalisation. Une stratégie est ensuite mise en œuvre en adaptant
les algorithmes établis dans des contextes souvent très différents et en réduisant autant que possible le
risque de base de survenue des NVPO. Le choix des antiémétiques tient compte de leur rapport béné-
fices/risques et du prix local des médicaments. Les effets des principaux antiémétiques sont indépendants,
permettant une bonne prédictibilité du bénéfice des associations. La disparition complète des NVPO est
un objectif réaliste dans le cadre d’une approche multimodale, intégrée à un programme structuré de
réhabilitation postopératoire optimisée.
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EMC - Anesthésie-Réanimation 1
Volume 13 > n◦ 3 > juillet 2016
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36-423-A-10 Nausées et vomissements postopératoires
Hypotension Mouvements
Hypoxie Estomac
Intestin grêle Glosso-pharyngien
5-HT3 Trijumeau
Émétogènes circulants
dont : cytotoxiques, Irritants locaux
Afférences sensorielles cholinomimétiques, Cytotoxiques
vue, goût, odorat L-Dopa, ipéca, Radiations Pharynx
ergot, digitaliques CuSO4
Douleur morphiniques Bactéries, virus
Figure 1. Modifiée à partir de [6] . Le centre du vomissement est stimulé par de multiples voies mettant en jeu de nombreux récepteurs (en italique) et leurs
médiateurs, en particulier les récepteurs dopaminergiques D2 ; acétylcholinergiques muscariniques M ; histaminiques H1 ; morphiniques et sérotoninergiques
5-HT3 . La substance P (SP) et le récepteur NK1 pourraient jouer un rôle central dans le processus émétique (cf. texte). La multiplicité des récepteurs impliqués
explique le nombre des agents antiémétiques et l’efficacité incomplète des monothérapies. CTZ : chemoceptive trigger zone ou zone gâchette chémosensible.
Le centre du vomissement est actuellement discuté en tant qu’entité anatomique de localisation précise et la notion de réseau neuronal diffus générant le
processus émétique (central pattern generator) semble prévaloir [7] . NVPO : nausées et vomissements postopératoires.
2 EMC - Anesthésie-Réanimation
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36-423-A-10 Nausées et vomissements postopératoires
Tableau 1. Tableau 2.
Facteurs de risque de nausées et vomissements postopératoires (NVPO), Score simplifié d’Apfel (1999). Facteurs de risque de nausées et vomisse-
retenus par le consensus de la Society for Ambulatory Anesthesia (SAMBA) ments postopératoires (NVPO) après anesthésie inhalatoire, chez l’adulte.
de 2003, revu en 2014.
Sexe féminin
Facteurs établis Non-fumeur
Sexe féminin
Antécédents de NVPO ou de mal des transports
Antécédents de NVPO ou de mal des transports
Non-fumeur Morphiniques postopératoires
Sujet jeune
Le type de chirurgie ne fait pas partie des facteurs retenus. L’incidence des NVPO
Anesthésie générale versus locorégionale croît avec le nombre de facteurs associés chez la même personne (cf. texte). Une
Agents halogénés et protoxyde d’azote prophylaxie est préconisée si deux facteurs ou plus sont présents.
Morphiniques postopératoires
Durée de l’intervention : chaque tranche additionnelle de 30 min accroît
le risque de 6 % ; le risque de base de 10 % est ainsi porté à 16 % après
30 min
Type d’intervention : cholécystectomies, cœliochirurgies, gynécologie Scores prédictifs
Facteurs discutés
Classe ASA Contexte
Phase du cycle menstruel
Expérience de l’anesthésiste Plusieurs scores ont été proposés pour déterminer quels fac-
Antagonistes des curares (hors sugammadex : non évalué) teurs de risque étaient les plus pertinents et ainsi quels patients
Facteurs réfutés ou d’importance clinique limitée étaient particulièrement exposés aux NVPO, dans le but de
Indice de masse corporelle rationaliser les mesures générales et les indications d’un traite-
Anxiété ment prophylactique. Le plus connu de ces scores est le score
Sonde nasogastrique de risque simplifié d’Apfel, établi en 1999 dans le contexte
Oxygénothérapie de l’AG inhalatoire, sur un groupe d’adultes, hors chirurgie de
Jeûne jour [11] .
Migraines Dans les conclusions d’un travail précédent, Apfel [31] avait pro-
posé que le type de chirurgie ne joue qu’un rôle subsidiaire par
ASA : American Society of Anesthesiologists.
rapport aux facteurs individuels, déterminants, que sont : le sexe
féminin, le jeune âge (préadolescence), le statut de non-fumeur,
les antécédents de NVPO ou de mal des transports ; et aux deux
l’exposition à ces médicaments [25] . Ces éléments sont suscep- facteurs liés à l’anesthésie que sont : la durée de l’acte supérieure
tibles de contribuer à la baisse de l’incidence des NVPO chez les à une heure et l’anesthésie inhalatoire.
patients de chirurgie ambulatoire opérés sous anesthésie loco- En 1999, le score simplifié (Tableau 2) ne retient plus que quatre
régionale (ALR) tronculaire en comparaison avec ceux opérés facteurs déterminants. La présence de zéro, un, deux, trois, ou
sous AG, observée dans la méta-analyse de Liu [26] . De la même quatre de ces facteurs est associée à des incidences de NVPO de
manière, le recours aux antalgiques non morphiniques, tels les respectivement : 10 % ; 21 % ; 39 % ; 61 % et 79 %.
anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) [27] ou la dexmédéto- La proportion de patients opérés dans le cadre ambulatoire est
midine [28] permet de diminuer l’incidence des NVPO. La survenue en constante progression. Les caractéristiques de ces patients ainsi
de NVPO représente un critère d’évaluation de la qualité de la prise que les modalités de leur prise en charge sont susceptibles de
en charge de la douleur postopératoire. modifier les valeurs prédictives des facteurs de risque observés en
Les facteurs prédisposant aux NVPO, spécifiques du contexte chirurgie conventionnelle.
des ALR, sont mal connus. La prémédication, les adjuvants aux Sinclair et al. ont proposé un modèle prédictif fondé sur l’étude
anesthésiques locaux, la sédation associée et la prise en charge prospective de patients dans le cadre spécifique de la chirurgie
de la douleur postopératoire semblent cependant des éléments ambulatoire [32] . Dans ce modèle, les facteurs retenus sont :
importants. • l’âge (chaque tranche de 10 ans faisant reculer la probabilité de
En ce qui concerne plus particulièrement la rachianesthésie NVPO de 13 %) ;
et la péridurale, l’adjonction d’un opioïde augmente le risque • le sexe (le risque des femmes étant triple de celui des hommes) ;
émétique s’il s’agit de péthidine, davantage que s’il s’agit de • le statut de non-fumeur ;
morphine, tandis que l’augmentation du risque imputable au fen- • les antécédents de NVPO ;
tanyl ou au sufentanil apparaît faible. L’adjonction de clonidine • le type d’anesthésie (risque multiplié par 11 pour l’AG) ;
n’expose pas en soi aux NVPO à la condition de ne pas entraî- • la durée de l’anesthésie (chaque tranche de 30 minutes augmen-
ner d’hypotension. En revanche, l’administration rachidienne de tant le risque de 6 %) ;
néostigmine s’accompagne quasi constamment de NVPO, ce qui • le type de chirurgie (risque multiplié par 6 en chirurgie plastique
a contribué au peu de développement de cette pratique [29] . et en chirurgie orthopédique de l’épaule).
En chirurgie pédiatrique (hernie inguinale), la rachianesthé- Le score de Sinclair semble moins fiable en dehors du contexte
sie avec sédation au propofol est associée à un nombre moins ambulatoire et moins performant que le score simplifié d’Apfel [33] .
important d’épisodes de NVPO et à une meilleure analgésie post- Les NVPO survenant après la sortie de l’unité de soins – ou
opératoire mais n’apporte pas plus de satisfaction aux patients que post discharge nausea and vomiting (PDNV) des Anglo-Saxons – sont
l’anesthésie au sévoflurane [30] . particulièrement déplaisants dans la mesure où le patient n’est
La conférence d’experts de la Society for Ambulatory Anes- plus directement accessible pour une prise en charge adaptée [34] .
thesia (SAMBA mise à jour de 2014 [4] ) retient encore le niveau Dans une étude prospective multicentrique, Apfel a identifié les
d’expérience de l’anesthésiste et l’utilisation d’antagonistes des facteurs de risque de ces NVPO après sortie d’une chirurgie ambu-
curares (hors sugammadex) comme facteurs de risque discutés latoire [9, 24] .
de NVPO (Tableau 1). Elle recommande une stratégie peranesthé- Ces facteurs sont :
sique multimodale pour diminuer le risque de base de NVPO, et • sexe féminin ;
propose en particulier les points suivants : • antécédent de NVPO ;
• privilégier l’ALR pour diminuer le recours à l’AG ; • âge inférieur à 50 ans ;
• choix du propofol pour l’induction et l’entretien de • utilisation de morphiniques en SSPI ;
l’anesthésie ; • nausées en SSPI.
• éviter le protoxyde d’azote ; La présence d’aucun, d’un, deux, trois, quatre ou cinq de ces
• éviter les anesthésiques halogénés ; critères prédit la réalisation du risque dans 10 %, 20 %, 30 %, 50 %,
• éviter un jeûne préopératoire inadapté [26] . 60 % et 80 % des cas respectivement.
4 EMC - Anesthésie-Réanimation
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Nausées et vomissements postopératoires 36-423-A-10
Limites du score simplifié d’Apfel L’ensemble des travaux réunis concernant l’ondansétron, ainsi
que l’enregistrement de ce médicament pour l’indication NVPO
Le score simplifié d’Apfel a le mérite d’une grande simplicité dans de très nombreux pays, en ont fait la molécule de référence
mais il ne prend pas en compte des facteurs qui semblent impor- pour l’évaluation des nouveaux antiémétiques.
tants et sont vérifiables dans la pratique quotidienne. En ce qui concerne l’ondansétron, de nombreuses études per-
mettent de conclure que la dose appropriée en prévention comme
en traitement des NVPO est de 4 mg par voie intraveineuse. La
Utilisation des scores prédictifs prévention orale demande 4 à 16 mg. En chirurgie pédiatrique, la
dose prophylactique est de 50 g kg- 1 et la dose thérapeutique de
La raison d’être des scores prédictifs est d’affiner les indica-
100 g kg−1 , sans dépasser 4 mg [45] .
tions de la prophylaxie des NVPO. En dépit des limites signalées,
Certains patients traités par ondansétron ne répondent pas au
cette approche a permis d’obtenir des résultats positifs [35] . En
traitement. Un des mécanismes probables de cet échec serait le
particulier, dans l’étude d’impact de Pierre et al., une stratégie
métabolisme ultrarapide du médicament par le système du cyto-
prophylactique fondée sur le score d’Apfel ramène le taux global
chrome P450 et plus spécifiquement par l’enzyme 2D6 (CYP2D6).
de NVPO de 49,5 % à 14,3 % et réduit le temps moyen passé en
Ce métabolisme ultrarapide est observé chez des patients possé-
SSPI [36] . L’amélioration de la qualité des soins et l’optimisation
dant de multiples copies fonctionnelles (≥ 3) de l’allèle codant
économique concernent cependant davantage les NVPO aigus
CYP2D6 [46] . Une observation intéressante est la dissociation de
que les symptômes différés [37, 38] .
l’échec de la prophylaxie des vomissements chez les métaboliseurs
Cette approche n’est pas reconnue unanimement. Indé-
rapides ou ultrarapides alors que les nausées demeurent contrôlées
pendamment des réserves de Van den Bosch sur la non-
par l’ondansétron dans cette même population.
reproductibilité des scores, Thomas souligne la difficulté de
Kovac et al. ont observé que lorsque la prophylaxie des NVPO
classer les tabagiques sevrés (tabagiques ou non-tabagiques ?)
par ondansétron 4 mg échoue, la répétition de cette dose reste
et les patients qui n’ont jamais été opérés (comment rensei-
inefficace sur les NVPO avérés [47] . Il est recommandé d’utiliser
gner l’existence d’antécédents de NVPO en absence d’antécédent
un agent antiémétique de classe différente pour traiter ces NVPO.
opératoire ?). Par ailleurs, il n’est pas toujours possible de pré-
Cette recommandation de changement de classe en cas d’échec
voir l’administration postopératoire de morphiniques. Pour cet
vaut pour tous les antiémétiques (cf. supra).
auteur, l’hypothèse nulle à tester est : « il n’y a pas de différence
Pour le dolasétron [48] , la dose recommandée était de 12,5 mg
d’incidence de NVPO entre une population traitée par des anti-
par voie intraveineuse, tant pour prévenir que pour traiter les
émétiques sur la base du score d’Apfel et une population dans
laquelle la prescription d’antiémétiques est faite au hasard » [39] . NVPO. La Food and Drug Administration des États-Unis (FDA)
Cette étude reste à réaliser. a retiré l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du dolasétron
Quoi qu’il en soit, les praticiens doivent systématique- dans l’indication des nausées et vomissement induites par la chi-
ment ajouter aux scores leur propre jugement clinique et miothérapie du fait des risques de prolongation du segment QT
tenir particulièrement compte des situations où la survenue et de survenue de torsades de pointes. Le retrait mondial de ce
de NVPO constitue un risque majeur (hypertension intracrâ- médicament est intervenu en 2011.
nienne, suture bimaxillaire, chirurgie gastrique ou œsophagienne La prophylaxie des NVPO par le granisétron intraveineux
notamment). est efficace pour des doses de 1 mg [49] , ou de 20 à 40 g kg−1
Indépendamment de la prophylaxie primaire, la prise en charge chez l’adulte et l’enfant [50] ; 3 mg (environ 60 g kg−1 ) sont plus
des NVPO pourrait être améliorée par l’optimisation du traitement efficaces que 1,25 mg de dropéridol pour prévenir les NVPO
curatif au moyen d’associations antiémétiques. La prescription après cholécystectomie laparoscopique [51] . La dose optimale pour
en première intention d’une telle association serait fondée sur la l’indication NVPO demande à être mieux précisée (il en était de
connaissance des facteurs de risque de récurrence des épisodes même pour le tropisétron qui, avant son retrait, s’est avéré efficace
de NVPO après le premier épisode. Il s’agit d’une véritable pro- en prévention à la dose de 5 mg par voie intraveineuse [52] tandis
phylaxie secondaire dont les bénéfices humains sont évidents et que d’autres travaux ont montré que 2 mg pouvaient représenter
les avantages pécuniaires certains si le prix des mesures associées la dose idéale dans cette indication [53] ).
est inférieur à celui de la prise en charge d’un nouvel épisode. Des taux de réponse équivalents sont obtenus avec des doses
Indépendamment du premier traitement, les facteurs prédictifs moindres lorsque les sétrons sont injectés juste avant le réveil
de la récurrence des NVPO sont le sexe féminin, les antécédents anesthésique plutôt qu’en début d’intervention. Ainsi, 12,5 mg
de NVPO, l’analgésie postopératoire utilisant la morphine et la de dolasétron injectés en fin d’anesthésie procuraient un béné-
prémédication sans hydroxyzine [40] . fice comparable à 50 mg administrés avant l’induction [54] . En
En cas de récidive de NVPO, il semble préférable de recou- chirurgie oto-rhino-laryngologique (ORL) ambulatoire, le recours
rir à une classe pharmacologique différente de celle utilisée à un médicament de secours est moins souvent nécessaire
initialement. Cette donnée plusieurs fois vérifiée [41] confirme lorsque 4 mg d’ondansétron sont administrés en fin d’anesthésie
l’intérêt d’une association de deux classes d’emblée pour la pro- plutôt qu’avant l’induction [55] . Ce type d’avantage n’est pas
phylaxie secondaire en présence de facteurs avérés de risque de retrouvé constamment [56] mais a été retenu par la conférence
récurrence. d’experts de la Société française d’anesthésie et de réanima-
tion (SFAR) qui indique que lorsqu’un AR-5-HT3 est administré
à visée prophylactique, il est recommandé de le faire en fin
d’intervention [3] .
Principaux traitements Les AR-5-HT3 sont également recommandés en première inten-
tion dans le traitement curatif des NVPO [3] .
Antagonistes du récepteur de type 3
à la sérotonine (AR-5-HT3 ) [42]
Dropéridol
L’ondansétron (Zophren® ), le dolasétron (Anzemet® ) dont
l’effet est dû au métabolite principal : l’hydrodolasétron, le gra- L’action antiémétique de cette butyrophénone est expliquée par
nisétron (Kytril® ), dérivé du métoclopramide, et le tropisétron un antagonisme sur le récepteur dopaminergique D2 .
(Navoban® ) sont les principaux représentants de cette classe. Les limites du dropéridol sont liées à ses effets secondaires
Plus récemment, le palonosétron (Aloxi® ) a été développé pour potentiels (sédation et akathisie) mais également à une mise en
agir contre les symptômes nausées et vomissements tardifs de question de son effet antiémétique en cas d’association avec le
la chimiothérapie anticancéreuse. Sa demi-vie est de l’ordre de propofol et chez les sujets de sexe masculin. Sur le plan cardio-
40 à 128 heures contre moins de huit heures pour les autres circulatoire, aux doses antiémétiques (0,625 à 1,250 mg) le risque
sétrons [43] . Cette demi-vie n’est pas altérée par la coadministra- de torsades de pointes ne serait finalement pas spécifique de ce
tion d’aprépitant [44] tandis que le dolasétron et le tropisétron ont médicament et l’effet hypotenseur par antagonisme alpha semble
été retirés du marché. théorique.
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Le dropéridol potentialise l’effet hypnotique du propofol de sont retrouvées dans 21 % des cas. La durée du QTc est inver-
manière dose-dépendante. Une dose de 20 g kg−1 de dropéri- sement corrélée à la température et directement corrélée à la
dol abaisse significativement la quantité de propofol nécessaire durée de l’anesthésie. Après administration d’un antiémétique, le
à l’induction d’une AG [57] . Pareillement, chez des sujets sous QTc augmente encore significativement durant les 15 premières
rachianesthésie, sédatés par du propofol (index bispectral [BIS] minutes et l’augmentation maximale est de 17 ± 9 ms après dro-
à 60), 1 mg et 2 mg de dropéridol abaissent significativement péridol et de 20 ± 13 ms après ondansétron. Le QTc se normalise
l’index BIS [58] . Les implications cliniques de cette potentialisation ensuite et, à partir de la 90e minute, devient significativement plus
ne sont pas majeures. En revanche, la sensation d’inquiétude et court qu’avant le traitement. À aucun moment on n’observe de
l’agitation dont se plaignent parfois les patients peuvent représen- différence entre la durée du QTc dans les deux groupes (dropéri-
ter un problème réel en particulier en chirurgie ambulatoire. Une dol et ondansétron). Sur les 85 patients traités, dix ont présenté
enquête prospective menée en chirurgie ambulatoire a montré des QTc supérieurs à 500 ms, les plaçant dans une situation à
que 0,5 mg de dropéridol ne provoque pas moins d’akathisie que risque de torsades de pointes. Eu égard à l’augmentation non
1 mg [59] . spécifique du QTc traduisant de faibles réserves de repolarisa-
Les questions sur l’efficacité antiémétique du dropéridol sont tion dans la période postopératoire, les auteurs recommandent
de deux ordres : une grande prudence lors de l’administration de médicaments
• il a été rapporté une augmentation de l’incidence des NVPO susceptibles d’allonger encore l’intervalle QTc. Le dropéridol et
récurrents au décours des anesthésies au propofol lorsqu’une l’ondansétron bloquent le courant potassique repolarisant IKr qui
prophylaxie est instaurée par du dropéridol [60] . Par ailleurs, représente le canal repolarisant dominant du myocarde humain.
dans l’étude sus-mentionnée de prévention des NVPO lors Les situations particulièrement risquées comprennent les troubles
de sédations au propofol, 1 mg de dropéridol ne suffit pas électrolytiques, et notamment les hypokaliémies, l’hypothermie,
pour abaisser l’incidence des NVPO. Ces éléments suggèrent les anesthésies prolongées, les cardiopathies préexistantes, les trai-
une possible interaction entre les deux médicaments qui reste tements cardiotropes, les antécédents familiaux de mort subite et
imparfaitement explorée à ce jour [61] ; le sexe féminin davantage exposé aux NVPO et aux torsades de
• il a été montré que le dropéridol n’est efficace dans la préven- pointes.
tion des NVPO que chez les femmes et pas chez les hommes (cf. Une autre étude des effets des doses antiémétiques du dropéri-
infra). dol sur l’intervalle QTc confirme un allongement de 15 ± 4 ms et
Pour la prophylaxie des NVPO, une comparaison entre 4 mg de 22 ± 4 ms pour des doses de 0,625 et de 1,250 mg respective-
d’ondansétron, 0,625 mg ou 1,25 mg de dropéridol et un placebo ment [72] . Les modifications les plus importantes surviennent dans
conclut à la supériorité des 0,625 mg de dropéridol [62] . Mais les les 3 à 6 minutes suivant l’injection, ne diffèrent pas statistique-
femmes représentent plus de 87 % du recrutement de cette étude ment de ce qui est observé dans le groupe placebo et ne persistent
et les antiémétiques sont administrés en début d’anesthésie. pas après l’intervention. Les auteurs concluent à l’innocuité du
Chez l’enfant la dose prophylactique est de l’ordre de dropéridol. Mais ces résultats sont obtenus sur une population
75 g kg−1 [63] . Elle reste moins efficace que 4 mg d’ondansétron sélectionnée pour sa normalité, recevant le dropéridol en début
et a pu donner, dans certaines évaluations, des résultats non dif- d’intervention, à titre prophylactique.
férents du placebo [64] . Dans la conférence d’experts de la SFAR, « le dropéridol est
Pour le traitement des NVPO, 1,25 mg de dropéridol a une recommandé dans la prophylaxie des NVPO chez les patients à
activité comparable à celle de 8 mg d’ondansétron mais parmi risque et pour le traitement des NVPO. Le dropéridol est recom-
les patients traités par le dropéridol, seuls 85 % choisiraient à mandé dans la prévention des nausées et vomissements induits
nouveau le même antiémétique contre 93 % de ceux traités par par la morphine administrée en PCA. Le dropéridol devrait être
l’ondansétron [65] . Plus récemment on a montré que 0,625 mg de évité dans les syndromes du QT long congénitaux ou acquis. Il est
dropéridol est aussi actif que 4 mg d’ondansétron, tant pour la recommandé d’utiliser la dose minimale efficace de dropéridol qui
prophylaxie que pour le traitement des NVPO [66] . pourrait être réadministrée au bout de six heures. »
Le dropéridol, dont le retrait a été envisagé en 2001, reste dis-
ponible sous ses formes injectables et plus particulièrement dans
l’indication « traitement des NVPO et prévention des NVPO asso- Dexaméthasone
ciés à la patient controlled analgesia (PCA) à la morphine ». Les
mentions légales françaises très strictes et les appels à la vigi- En chirurgie laparoscopique de jour, 5 mg de dexaméthasone
lance réitérés de la part de la Food and Drug Administration permettent de prévenir les NVPO plus efficacement que le placebo
américaine (FDA black box ; décembre 2001) qui recommande une ou 10 mg de métoclopramide [73] .
surveillance électrocardioscopique de 2 à 3 heures après injection Wattwill et al. [74] ont observé que la dexaméthasone 4 mg,
de dropéridol, contrastent fortement avec l’impression de sécurité administrée au cours de l’induction anesthésique (chirurgie du
que semblent éprouver de nombreux praticiens. sein), est aussi efficace que l’administration d’ondansétron 4 mg,
Après avoir observé un cas clinique de torsades de pointes au à un coût probablement moindre. D’autres auteurs ont montré
décours de l’administration de dropéridol, une équipe française que la dexaméthasone (8 mg) possède un effet prophylactique du
a réalisé un travail expérimental mettant en évidence un allon- même ordre que l’ondansétron et l’association des deux médi-
gement de QT chez 70 % des sujets recevant 0,25 mg kg−1 de caments est significativement plus puissante que chacun d’entre
dropéridol intraveineux sous AG [67] . Cette dose est largement eux [75] . La dexaméthasone potentialise également l’effet du gra-
supérieure aux doses recommandées pour la prise en charge des nisétron (96 % de réponse complète à 24 h comparés à 80 % pour
NVPO. Lischke a confirmé une prolongation dose-dépendante de le granisétron seul) mais pas celui du dropéridol ni du métoclo-
QTc pour des posologies élevées de dropéridol (0,10 à 0,25 mg kg−1 pramide [76] . Une méta-analyse retrouve que la combinaison d’un
en début d’anesthésie) [68] . De même, des doses sédatives de sétron et de dexaméthasone (8–10 mg) représente la prophylaxie
dropéridol (100 g kg−1 ) administrées après chirurgie cardiaque la plus efficace des NVPO [77] . Il semble préférable d’administrer le
pédiatrique ont également été associées à un prolongement médicament en début d’anesthésie [78] .
du QTc [69] . Cependant, aucune relation de cause à effet entre Les mécanismes des effets antiémétiques de la dexaméthasone
l’administration de dropéridol aux doses antiémétiques et la sur- ne sont pas très clairs. Ils pourraient impliquer ses propriétés anti-
venue de troubles cardiaques graves n’a pu être retrouvée de inflammatoires qui empêcheraient la libération de sérotonine par
manière certaine lors de l’analyse de la banque de données sur la muqueuse gastrique. Les corticoïdes semblent également dimi-
laquelle la FDA a fondé sa mise en garde [70] . Les effets comparés nuer l’intensité des douleurs postopératoires et réduire de ce fait
sur le QTc du traitement des NVPO établis en SSPI, par 4 mg la consommation de morphiniques.
d’ondansétron ou par 0,75 mg de dropéridol, ont été évalués en La dexaméthasone semble avoir un intérêt spécifique dans
2005 au cours d’un essai prospectif non randomisé [71] . Cette étude la prévention des nausées [79] ce qui justifie son association à
montre que l’intervalle QTc est prolongé chez le sujet atteint l’ondansétron [80] .
de NVPO en SSPI, avant toute mesure thérapeutique : des durées Il semble enfin que 8 mg de dexaméthasone administrés lors
supérieures à 470 ms chez les femmes et 450 ms chez les hommes de l’induction diminueraient l’incidence des NVPO de la PCA
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Nausées et vomissements postopératoires 36-423-A-10
à la morphine. L’adjonction de dropéridol (0,1 mg par mg de de 500 ml, il apparaît qu’un remplissage par des colloïdes est plus
morphine) aurait un effet synergique, sans majorer les effets efficace sur les NVPO qu’un remplissage par des cristalloïdes, peut-
secondaires [81] . être en raison d’un moindre œdème intestinal associé [88] .
Dans la conférence d’experts de la SFAR [3] , « l’utilisation de Magner rapporte l’effet bénéfique sur l’incidence de NVPO
dexaméthasone est recommandée dans la prévention des NVPO d’un remplissage préopératoire par 30 ml kg−1 de cristalloïdes
des patients à risque. Son utilisation peropératoire ne peut se sub- (comparés à 10 ml kg−1 ) [89] . Pour cet auteur, la réhydratation
stituer à l’ajout de dropéridol dans la prévention des nausées et représente une technique simple, non coûteuse et dépourvue des
vomissements induits par la morphine administrée en PCA post- effets secondaires potentiels des antiémétiques. Cette stratégie fait
opératoire. La dose administrée chez l’adulte pour la prise en partie de la prévention multimodale des NVPO. Une autre étude
charge des NVPO est de 4 à 8 mg administrés à l’induction de semble étayer le bien-fondé de l’hydratation préopératoire, en
l’anesthésie et ne devant pas être répétée ». montrant que l’apport de 2 ml kg−1 de lactate de sodium par heure
Afin de préciser la balance bénéfice/risque liée à l’utilisation de jeûne réduit l’incidence des NVPO après cœlioscopie ambula-
de dexaméthasone, il convient de prendre en compte le risque toire [90] .
d’augmentation de la glycémie lié à l’administration des gluco- L’optimisation de l’hydratation peropératoire est une recom-
corticoïdes [82] . En ce qui concerne le risque d’infection du site mandation qui dépasse le cadre des NVPO pour s’intégrer dans
opératoire, la dexaméthasone utilisée dans le cadre de protocoles celui de la réhabilitation postopératoire rapide, notamment en
de prévention des NVPO ne semble pas augmenter la survenue chirurgie colorectale par exemple [91] .
des complications infectieuses [83] .
Agonistes alpha 2 (clonidine et dexmédétomidine)
Benzamides La clonidine administrée à la dose de 2 g kg−1 lors de
l’induction réduit l’incidence des NVPO. Elle potentialise
Il s’agit principalement du métoclopramide. l’anesthésie et l’analgésie postopératoire au prix d’une diminu-
tion de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque [92] .
Une récente méta-analyse confirme ce bénéfice antiémétique lié
Propofol et midazolam à l’utilisation de clonidine ou de dexmédétomidine peropéra-
toire [93] .
Le propofol et le midazolam ont une activité antiémétique dont
le mécanisme est incomplètement élucidé.
Gabapentine
La gabapentine administrée en prémédication est associée à des
Antagonistes du récepteur de type 1 propriétés antiémétiques. Le niveau de preuve n’est cependant
à la neurokinine (AR-NK1 ) pas très élevé et le rôle d’épargne morphinique de la gabapentine
pourrait être dominant [94] .
Les AR-NK1 permettent d’agir sur une voie commune dans
la genèse des nausées et vomissements [84] . La molécule la plus
Mirtazapine
évaluée est l’aprépitant (Emend® ). L’aprépitant a montré une
efficacité équivalente à celle de l’ondansétron pour prévenir les La mirtazapine est un antidépresseur AR-5-HT2 et 5-HT3 de la
vomissements durant les 24 premières heures postopératoires. sérotonine. Elle possède des propriétés antiémétiques documen-
Entre 24 et 48 heures postopératoires, l’aprépitant était plus effi- tées en chirurgie gynécologique lorsqu’elle est administrée en
cace que l’ondansétron pour prévenir les vomissements et pour prémédication [95] .
réduire la sévérité des nausées dans les 48 premières heures post-
opératoires [85, 86] . Cependant, la place de son utilisation n’est Vagolytiques, sympathicomimétiques,
pas encore clairement établie dans les algorithmes de préven- antihistaminiques
tion et traitement des NVPO. La conférence d’experts de la
SFAR [3] suggère : « l’aprépitant (40 mg per os 1 à 3 h avant La place actuelle de l’atropine est minime dans la prévention
l’intervention) peut être utilisé pour la prévention des NVPO ». et le traitement des NVPO, en raison de son efficacité insuffi-
D’autres AR-NK1 possèdent des avantages cinétiques spécifiques : sante et de ses effets secondaires potentiels. La seule exception
ainsi le rolapitant a une demi-vie de 180 heures mais ce médi- demeure l’anesthésie pédiatrique au cours de laquelle l’atropine
cament n’est pas utilisé en routine dans la prise en charge des reste fréquemment préconisée.
NVPO. La scopolamine transcutanée est également inefficace pour la
prévention des NVPO [96] alors qu’elle est très largement utilisée
pour le mal des transports. Elle présente les inconvénients de
Autres classe des parasympathicolytiques. Une étude portant sur un petit
effectif (27 sujets) conclut à un bénéfice de ce produit dans la chi-
Oxygène rurgie de l’oreille moyenne sous anesthésie locale [97] . En l’absence
L’augmentation de l’apport en oxygène peropératoire sous AG, de contre-indication, la scopolamine transdermique peut être
au-delà des seuils physiologiques, est une stratégie étudiée pour considérée en tant qu’antiémétique de seconde ligne pour la pré-
diminuer la survenue des NVPO. Une méta-analyse [87] étudiant les vention des NVPO [3] .
essais randomisés contrôlés évaluant cette question n’a cependant L’éphédrine (0,5 mg kg−1 intramusculaire) a montré un effet
pas retrouvé de bénéfice sur le plan de la survenue des NVPO. Cette antiémétique prophylactique équivalent à celui du dropéri-
stratégie ne figure pas dans les conférences d’experts américaine [4] dol (0,04 mg kg−1 intramusculaire) avec l’avantage de ne pas
et française [3] de gestion des NVPO. entraîner de sédation [98] . Le potentiel hypertenseur de ce sympa-
thicomimétique indirect représente un problème important. Par
ailleurs, l’effet antiémétique n’est pas retrouvé dans la population
Hydratation préopératoire pédiatrique, même pour des posologies allant jusqu’à 1 mg kg−1
Les mécanismes de l’effet de l’hydratation sur les NVPO restent intramusculaire [99] .
inconnus. Il semble exister une hypoperfusion périopératoire de La prométhazine, un antihistaminique phénothiazidique, a
la muqueuse gastrique et intestinale et l’ischémie résultante pour- montré des effets antiémétiques préventifs en chirurgie otolo-
rait augmenter la libération de sérotonine. La plupart des patients gique [100] . La prochlorpérazine, un autre phénothiazidique aux
sont hypovolémiques lors de l’induction anesthésique, du fait propriétés antagonistes des récepteurs dopaminergiques, a montré
essentiellement du jeûne préopératoire. La normovolémie n’est une efficacité antiémétique supérieure à celle de l’ondansétron en
souvent pas rétablie avant la période postopératoire. Au cours de chirurgie orthopédique [101] . Cependant plus de données contrô-
chirurgies majeures (chirurgie générale, gynécologique, orthopé- lées sont nécessaires avant de recommander ces molécules en
dique, urologique) pouvant entraîner une perte sanguine de plus première ligne pour la prise en charge des NVPO [3, 4] .
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Petits moyens
Plusieurs « petits moyens » ont été rapportés mais leur intérêt Prophylaxie ou traitement des nausées et
demeure incertain. Ils partagent cependant l’avantage d’un coût vomissements postopératoires établis ?
réduit et de l’absence d’effets secondaires majeurs.
Compte tenu des questions sur la définition du groupe à haut
Suggestion risque de présenter des NVPO et du coût des AR-5-HT3 au début de
Malgré quelques résultats encourageants [103] , la suggestion per- leur commercialisation, il a semblé logique à l’Agence nationale
opératoire ne semble pas efficace pour diminuer l’incidence des de sécurité du médicament et des produits de santé (ex-Agence
NVPO [104] . L’hypnose a été efficace pour des NVPO tardifs, dans la française du médicament) de ne retenir que l’indication traite-
genèse desquels les facteurs psychologiques sont importants [105] ment des NVPO établis et non l’indication prophylaxie des NVPO.
mais sa mise en œuvre reste mal codifiée dans cette indication. Des situations particulières comme par exemple la cholécystec-
Gingembre tomie laparoscopique en chirurgie ambulatoire, des antécédents
Les données publiées sont contradictoires et ne permettent pas de NVPO majeurs ou encore lorsque les NVPO peuvent avoir des
de recommandation claire [106] . conséquences dramatiques (chirurgie ophtalmologique sur œil
unique) représentent cependant des indications certaines d’une
Stimulation des points P6 et K-K9 prévention qu’il n’est cependant pas fondé de généraliser.
La stimulation du point P6 (Nei Guan) par acupuncture, élec- Les NVPO sont cités parmi les trois événements les plus redou-
troacupuncture, stimulation électrique transcutanée, infiltration tés du réveil postanesthésique avec la sensation de froid et les
ou acupressure a pu donner des résultats intéressants pour douleurs après intubation [117] . Leslie rapporte que 99 % des infir-
la prévention des NVPO [107, 108] . L’étude de Zarate portant sur mières de SSPI demanderaient pour elles-mêmes une prophylaxie
221 cholécystectomies ambulatoires montre que l’utilisation de par ondansétron [118] .
la stimulation de P6 par le ReliefBandTM durant neuf heures Dans le contexte particulier des États-Unis, la prophylaxie sys-
permet de réduire l’incidence et la sévérité des nausées mais tématique par ondansétron est plus rentable que le traitement
reste sans effet sur les vomissements [109] . Des résultats simi- curatif si l’incidence des NVPO dépasse 33 %, mais le bénéfice
laires ont été rapportés en chirurgie plastique [110] . Pareillement, clinique est négligeable par rapport au résultat du traitement
l’acupressure serait susceptible de diminuer les nausées et vomisse- curatif en chirurgie ambulatoire. La prophylaxie multimodale a
ments observés lors de césariennes sous rachianesthésie [111] . Une des résultats objectifs supérieurs à ceux de la prophylaxie par un
étude portant sur 187 enfants de 7 à 16 ans bénéficiant d’une seul antiémétique mais cela ne change rien à la satisfaction des
chirurgie ambulatoire montre que l’injection bilatérale de 0,2 ml patients.
de dextrose à 50 % au niveau de P6 procure la même effica- Pour fonder une stratégie antiémétique adaptée, une étape
cité antiémétique prophylactique que 10 g kg−1 de dropéridol indispensable est l’évaluation locale de l’incidence et de la gra-
intraveineux [112] . vité des NVPO, puisque ces paramètres sont multifactoriels et que
Cependant, la stimulation du point P6 par acupuncture a les données publiées ne peuvent simplement être extrapolées à
été comparée à une acupuncture placebo dans une cohorte l’ensemble des unités de chirurgie.
de 220 patientes de chirurgie gynécologique ou de chirurgie L’équipe de Limoges (Odon et al.) [43, 44] a su optimiser la prise
du sein et il n’a pas été montré de différence significative de en charge de ses patients en appliquant un algorithme fondé sur
l’incidence des NVPO entre le groupe acupuncture et le groupe un score de risque local. Cette approche qui demande un investis-
placebo [113] . sement en travail important permet d’éviter les limites inhérentes
La stimulation de la deuxième phalange du IVe doigt par grain à l’application d’un score standard, fatalement moins bien adapté
d’acupressure coréenne (de 30 min avant la chirurgie à 24 h après) aux contingences locales (cf. supra, scores de risque).
a montré son intérêt dans la prévention des NVPO en chirurgie Les conférences d’experts de la SAMBA ainsi que celle de la SFAR
pédiatrique [114] et chez l’adulte [115] . Ces données restent actuelle- proposent un algorithme analogue : après évaluation du risque
ment insuffisantes. individuel de NVPO (risque lié au patient et risque contextuel) et
La prévention des NVPO par acustimulation par emplâtre de abaissement autant que possible du risque de base, la prophylaxie
capsicum est comparable à celle réalisée par ondansétron 4 mg en pharmacologique dépendra du risque « résiduel » faible, moyen
chirurgie ORL [116] . ou élevé :
Seule l’acupuncture peut être envisagée comme alternative non • en cas de risque faible, l’attitude sera une expectative armée ;
pharmacologique dans la prise en charge des NVPO d’après les • en cas de risque moyen, une mono- ou une biprophylaxie est
conférences d’experts de la SFAR [3] et de la SAMBA [4] . mise en œuvre ;
• en cas de risque élevé, la prophylaxie associe trois interventions
ou plus (dont au moins deux agents antiémétiques).
Conduite pratique Parmi les interventions validées, les différents algorithmes
laissent une large part à l’adaptation institutionnelle en fonction
du traitement des nausées des habitudes locales.
et vomissements postopératoires La conférence d’experts de la SFAR [3] précise : « il est recom-
mandé d’utiliser un algorithme pour la prise en charge des NVPO
Voies d’administration et d’adapter cette prise en charge aux situations locales ou parti-
culières. » De plus « il est recommandé de prendre en compte les
Pour le traitement des NVPO, l’injection intraveineuse est la situations où les vomissements entraînent un risque particulier
voie la plus évidente, compte tenu de la nature des symptômes et pour le patient, de considérer les contraintes locales périopéra-
de la disponibilité d’une voie veineuse. toires et il convient de tenir compte des désirs exprimés par le
Les formes orales sont plus faciles à mettre en œuvre et en patient ».
général moins chères. Pour la prophylaxie des NVPO, elles sont Chez l’enfant, l’algorithme de prise en charge des NVPO
administrées avec la prémédication. Les formes lyophilisées orales est largement comparable à celui des adultes en respectant les
(lyoc) sont particulièrement utiles dans le contexte ambulatoire, facteurs de risque, les classes médicamenteuses ainsi que les
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posologies adaptées à cette population. Pour les enfants à faible Le nombre des médicaments associés dépend de l’importance
risque, l’administration prophylactique d’antiémétique n’est pas du risque de NVPO.
indiquée. Pour les enfants à risque modéré ou élevé, il est recom- Pour la population pédiatrique, l’association thérapeutique pré-
mandé une « stratégie préventive en privilégiant les associations conisée en première intention pour la thérapeutique des NVPO
d’antiémétiques » [3] . combine un AR-5HT3 à la dexaméthasone, l’alternative étant
« Chez l’enfant, l’association thérapeutique préconisée en pre- ondansétron + dropéridol [4] .
mière intention combine un AR-5HT3 à la dexaméthasone, le En ce qui concerne la gestion des NVPO pour les patients
traitement des NVPO établis ou de leur récidive est extrapolé de pris en charge en chirurgie ambulatoire, il convient de pré-
celui de l’adulte » [3] . venir leur survenue selon une stratégie basée sur les risques
Dans le cas de NVPO constitués, « si une prophylaxie a échoué individuels. Pour leur traitement, la conférence d’experts de la
dans les six heures suivant son administration, il est recommandé SFAR [3] recommande un traitement « reposant sur la prescrip-
d’utiliser pour le traitement de secours un antiémétique d’une tion d’antiémétiques validés en prophylaxie, en changeant de
autre classe que celle qui a été choisie pour la prophylaxie. Il classe et sous forme galénique adaptée » comme par exemple
paraît raisonnable dans cette situation d’administrer une associa- l’ondansétron lyoc.
tion d’antiémétiques pour assurer un traitement curatif et une
prophylaxie secondaire efficaces » [3] .
De la même manière, en pédiatrie, il est recommandé par la Approche multimodale
conférence d’experts de la SFAR [3] : « en cas d’échec d’une pro- De nombreuses stratégies multimodales de prévention des
phylaxie, utiliser une autre classe antiémétique que celle déjà NVPO ont été décrites. Scuderi a évalué l’efficacité d’une telle
mise en œuvre, il est éventuellement possible de réadministrer approche en chirurgie ambulatoire. Il propose d’associer une pré-
le même antiémétique après une durée de six heures mais il est médication anxiolytique, une hydratation abondante, un apport
recommandé de ne pas réadministrer la dexaméthasone ; il est supplémentaire en oxygène, l’administration de médicaments
recommandé de n’utiliser le dropéridol qu’en cas d’échec des antiémétiques prophylactiques (dropéridol et dexaméthasone à
autres classes et seulement si le patient est hospitalisé ». l’induction puis ondansétron en fin de chirurgie), une anesthé-
sie intraveineuse totale à l’aide de propofol et de rémifentanil
avec adjonction d’un AINS. Le protoxyde d’azote et la curarisa-
Associations antiémétiques tion sont évités. Cette stratégie multimodale permet d’obtenir
un taux de répondeurs complets de 98 %, bien supérieur à
En ce qui concerne les associations de médicaments anti-
celui observé après une monothérapie antiémétique (76 %)
émétiques, de nombreuses questions restent incomplètement
ou après anesthésie standard et administration d’un placebo
résolues. Elles concernent notamment les posologies idéales,
(59 %) [120] .
l’administration simultanée ou séquentielle des médicaments, les
Habib et al. [121] ont testé une prophylaxie multimodale fondée
protocoles de traitement des NVPO établis et l’intérêt des associa-
sur l’anesthésie totale intraveineuse à objectif de concentration
tions fondées sur les antagonistes du récepteur NK1 .
(AIVOC) au propofol, combinée à l’administration d’ondansétron
En 2004 ont été publiés les résultats d’une étude multicentrique
et de dropéridol. Cette prévention multimodale est plus efficace
randomisée visant à établir sur 24 heures, les bénéfices de six
que la prophylaxie médicamenteuse et que l’AIVOC au propofol
actions antiémétiques prophylactiques mises en œuvre soit isolé-
mises en œuvre séparément.
ment, soit selon leurs diverses combinaisons (26 = 64 groupes [119] ).
Dans la cohorte étudiée et en l’absence de toute intervention,
le risque émétique est de 59 % et il passe à 17 % lorsque les six Nausées et vomissements postopératoires
mesures sont toutes associées. Pour chaque mesure prise isolé-
ment, le bénéfice, exprimé en réduction du risque relatif de NVPO
et analgésie postopératoire
est : Toute forme d’analgésie morphinique, et notamment la PCA,
• ondansétron 4 mg : 26 % ; peut provoquer d’importants NVPO. Ces NVPO exacerbés à
• dexaméthasone 4 mg : 26 % ; chaque autoadministration de morphine ont fait désigner parfois
• dropéridol 1,25 mg : 26 % ; la PCA sous le terme d’ « émésis contrôlé par le patient » (PCE) [122] .
• entretien au propofol versus agent halogéné : 19 % ; Les patients ne devraient plus avoir à choisir entre douleur et
• éviction du N2 O : 12 % ; NVPO.
• rémifentanil versus fentanyl : 0. Le dropéridol est efficace pour la prévention des NVPO, associé
L’analyse multivariée montre qu’il n’y a pas d’interaction entre à la PCA à la morphine. Cependant la sédation potentiellement
les différentes mesures et que le bénéfice d’une association est le induite par ce médicament impose une administration codifiée,
produit des réductions du risque relatif de chaque mesure. fondée sur les données d’études contrôlées. Ainsi, 1,25 mg de dro-
Compte tenu de l’efficacité équivalente dans cette étude des péridol injecté avant le début de la PCA ou bien 0,16 mg amené
trois médicaments antiémétiques, il est suggéré de privilégier la par chaque bolus de 1 mg de morphine permet une diminu-
dexaméthasone comme agent pharmacologique prophylactique tion significative des NVPO. Associer ces deux administrations
des NVPO du fait de son moindre coût et de sa sécurité relative. Des (injection initiale de 1,12 mg et apport dans la poche) ne pro-
évolutions du prix des médicaments, notamment à la faveur de cure pas de bénéfice additionnel mais entraîne une sédation
l’introduction de génériques ou de négociations par les pharma- importante [123] . La même dose de dropéridol (0,16 mg par mil-
ciens gestionnaires, pourraient modifier cette suggestion. Compte ligramme de morphine, soit 10 mg de dropéridol dans une poche
tenu du surcoût entraîné, il est préconisé de réserver la stratégie de 60 mg de morphine) est jugée inadéquate dans une autre étude
multimodale de prise en charge des NVPO aux patients à risque parce que les patientes sont plus souvent confuses et finalement
élevé. moins satisfaites qu’avec de la morphine seule [124] . Sharma [125]
Une autre donnée issue de l’analyse des résultats de ce travail puis Barrow [126] avaient suggéré qu’ajouter 0,05 mg de dropéridol
est que le dropéridol n’est efficace que chez les femmes et non par milligramme de morphine (2,5 mg pour 50 mg de morphine),
chez les hommes. Cette information demande à être corroborée après une dose de charge de 20 g kg−1 ou de 1,25 mg, pouvait
par d’autres travaux ; elle serait de nature à remettre en question représenter une solution intéressante. Une équipe canadienne a
l’intérêt de ce médicament seulement si elle devait se confirmer établi que la protection conférée par 1 mg de dropéridol injecté
(cf. supra). avant l’induction de l’anesthésie est potentialisée par 0,04 mg
Parmi les associations pharmacologiques possibles, la confé- de dropéridol par milligramme de morphine en PCA tandis que
rence d’experts de la SAMBA propose chez l’adulte [4] : 0,02 mg par milligramme de morphine n’est pas suffisant. La
• dropéridol + dexaméthasone ; sédation est notable mais pas réellement gênante dans cette popu-
• AR-5HT3 + dexaméthasone ; lation hospitalisée [127] . Il a été montré ensuite que l’association
• AR-5HT3 + dropéridol ; d’ondansétron (4 mg de charge plus 0,13 mg par mg de morphine)
• AR-5HT3 + dropéridol + dexaméthasone. et de dropéridol donnait de meilleurs résultats que le dropéridol
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utilisé seul [128] . Finalement une dose de 0,05 mg de dropéridol parfois se substituer avantageusement à la morphine à la fois en
par milligramme de morphine semble à la fois suffisante et bien termes d’analgésie et de prévention des NVPO, notamment en
tolérée. chirurgie ambulatoire du strabisme chez l’enfant [134] .
Les mélanges réalisés dans les poches de PCA ne sont pas tou- L’effet analgésique du tramadol est pour partie dépendant de
jours compatibles. La combinaison dropéridol–morphine est tout l’inhibition de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine
à fait stable mais l’adjonction d’une petite quantité d’héparine au niveau médullaire. Les sétrons inhibent l’effet antalgique du
(1000 U) au dropéridol non dilué peut entraîner une précipita- tramadol [135] . Réciproquement, les NVPO induits par le tramadol
tion [129] . répondent mal à l’ondansétron [136] . Les antiémétiques des autres
On ne sait pas encore si, comme en prophylaxie générale, le classes comme le dropéridol ne possèdent pas ces interactions avec
dropéridol associé aux PCA n’est efficace que chez la femme. le tramadol [137] .
Les sétrons semblent supérieurs aux autres antiémétiques dans
la prévention des effets émétisants de la PCA à la morphine. Ils
sont efficaces et ceux demeurant sur le marché ont peu d’effets Mise en place institutionnelle
secondaires propres significatifs. L’incidence des NVPO passe res-
pectivement de 59 % à 35 % et à 14 % pour la morphine seule, de la prise en charge des NVPO
la prophylaxie au dropéridol (1,25 mg + 5 mg dans les 60 ml de
la poche) et la prophylaxie à l’ondansétron (4 mg + 8 mg dans la La conférence d’experts de la SAMBA [4] précise les modali-
poche). Dans le groupe dropéridol, la sédation est la plus impor- tés pratiques de mise en place des protocoles institutionnels
tante [130, 131] . de gestion des NVPO. Elle recommande d’évaluer la réalité de
Le patch transdermique de scopolamine a été évalué dans la l’implémentation de ces protocoles et leurs conséquences sur
prévention des NVPO associés à la PCA. En chirurgie infantile, il l’épidémiologie locale des NVPO.
permet de diminuer de moitié environ l’incidence des symptômes, Cependant, il est documenté que l’adhésion large et persis-
au prix d’une sédation et d’une sensation de bouche sèche plus fré- tante à un protocole de gestion des NVPO quel qu’il soit nécessite
quentes. Un épisode d’hallucination réversible au retrait du patch beaucoup d’efforts. Les raisons en sont multiples et dépassent
a été observé [132] . Chez l’adulte les résultats sont décevants [133] et l’argument du manque de formation à ces protocoles [138] . Or,
la scopolamine ne convient pas au sujet âgé. la prise en charge institutionnelle des NVPO contribue au com-
Indépendamment de l’adjonction d’un antiémétique, le recours blement du retard français en matière de chirurgie ambulatoire
à une association analgésique représente une voie importante et cette prise en charge est une des pierres angulaires des
dans la réduction des NVPO associés à la morphinothérapie post- programmes institutionnels de réhabilitation postchirurgicale
opératoire. Les AINS (diclofénac suppositoire, 1 mg kg−1 ) peuvent optimisée.
“ Point fort
Démarche de prise en charge institutionnelle des NVPO
1. Évaluation locale du problème (période de l’ordre de 1 mois)
Incidence globale
Coût d’un épisode émétique dans l’établissement
Contrôle de la pertinence locale des scores de risque
Modification éventuelle des scores en fonction de facteurs propres au site
2. Évaluation du risque individuel de chaque patient en tenant compte
– des facteurs de risque éventuels
– des conséquences possibles des NVPO
3. Choix de la stratégie thérapeutique en fonction du risque individuel de chaque patient
A. Prophylaxie si risque élevé (par exemple : plus de deux facteurs du score simplifié d’Apfel)
B. Ailleurs : traitement curatif immédiat
C. Association médicamenteuse d’emblée (par exemple si quatre facteurs du score simplifié d’Apfel ou si les symptômes sont sévères,
ou si les conséquences des NVPO sont potentiellement graves). Il n’y a pas d’interaction entre les différents antiémétiques et le
bénéfice d’une association est le produit des réductions du risque relatif de chaque médicament
D. Monothérapie (par exemple si trois facteurs du score simplifié d’Apfel)
4. Choix du/des médicament/s antiémétique/s en fonction :
– de l’efficacité chez le patient (l’ondansétron, la dexaméthasone et le dropéridol chez la femme réduisent chacun l’incidence des
NVPO de 26 %)
– des effets secondaires potentiels chez le patient
– du coût réel, vérifié dans l’institution (très variable d’un établissement et d’un pays à l’autre)
5. Mesures générales associées, selon le cas. Elles concernent notamment le choix de l’anesthésie (par exemple : ALR, entretien au
propofol et éviction du N2 O), celui des autres médicaments de la période périopératoire, l’hydratation, l’oxygénation, la prévention
des mobilisations intempestives, la lutte contre la douleur
6. Choix du traitement de secours en cas d’échec thérapeutique
Dans une classe pharmacologique différente de celle déjà mise en œuvre
Forme galénique adaptée à la situation (par exemple lyoc en ambulatoire)
7. Diffusion et discussion du protocole, évaluation médicale et économique de la démarche et ajustements éventuels
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Service d’anesthésie-réanimation chirurgicale, Hôpital de Hautepierre, Centre hospitalier universitaire de Strasbourg, avenue Molière, 67098 Strasbourg,
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Toute référence à cet article doit porter la mention : Diemunsch P, Noll E. Nausées et vomissements postopératoires. EMC - Anesthésie-Réanimation
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