1268 Dani Eau 0405
1268 Dani Eau 0405
Laurent DANIEAU
de Masseur-kinésithérapeute 2004-2005
PRESENTATION DU LIEU DE STAGE
En 2004-2005, en moyenne :
o nombre de lits d’internat : 164
o nombre de demi-pensionnaires : 56
o nombre d’externes : 7300
Pathologies rencontrées :
o neurologie : infirmité motrice cérébrale, traumatisé crânien, spina-bifida,
myopathie, hémiplégie, blessé médullaire…
o orthopédie : scoliose, ostéochondrite, épiphysiolyse, traumatismes divers…
o autres : brûlés, arthrite chronique juvénile, ostéogenèse imparfaite…
Date :
Pour finir, je remercie tout particulièrement les enfants du centre pour leur
collaboration, leur soutien et leur gentillesse.
SOMMAIRE
Page
RESUME
1. INTRODUCTION ………………………………………………………………… 1
6. CONCLUSION ……………………………………………………………………. 25
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
RESUME
extrapyramidale et cérébelleuse, la forme spastique comptant pour plus de 70% des atteintes.
Dès les années 1950, plusieurs méthodes de rééducation voient le jour. Les plus
C’est à partir de ces différents modes de pensées que se sont établis les principes de
sur-Moselle. Nous allons donc faire le point sur la prise en charge proposée aux enfants IMC
1. INTRODUCTION :
pour 1000 naissances vivantes, soit 1000 nouveaux cas par an. L’incidence de cette
pathologie n’a que peu varié depuis 10 ans, malgré la surveillance plus stricte des grossesses,
Selon G. TARDIEU [20], le terme d’infirmité motrice cérébrale regroupe les enfants
troubles moteurs prédominants sans déficit intellectuel ni trouble premier de la personne. Bien
que la pathologie considérée ne soit pas évolutive, les incapacités, elles, évoluent de façon
péjorative au fil des âges si la prise en charge n’est pas adaptée en permanence.
vestibulaire, kinesthésique).
− une possibilité d’atteinte des fonctions cognitives. Les enfants IMC conservent
totalement ou partiellement leurs facultés intellectuelles ce qui leur permet dans la plupart des
Il est essentiel avant tout de comprendre qu’aucun traitement – qu’il soit médical,
qui explique l’importance des pratiques mises en œuvre par les différents intervenants pour
assumer les conséquences et les séquelles du handicap moteur induits par la maladie. Les
2
techniques nouvelles et la vision globale du handicap permettent d’assurer une prise en charge
Nous allons montrer l’évolution de la prise en charge kinésithérapique des enfants IMC au fil
des âges en se basant sur les principes de rééducation actuellement proposés au centre de
mais bien de s’intéresser au fil conducteur d’un suivi minutieux basé sur le long terme.
difficile de donner une liste exhaustive de tous les troubles envisageables et des techniques de
traitement y correspondant. Nous essayerons d’aborder les éléments cliniques les plus
fréquents et détaillerons de façon concise les traitements appropriés à l’exception des troubles
de la déglutition et vésico-sphinctériens.
évoque la nécessité d’une réelle éducation thérapeutique [12, 13] du jeune enfant cérébro-
lésé. Il désigne sous ce terme toutes les techniques spécifiques aidant les enfants IMC à
Chez l’IMC, ces acquisitions motrices sont plus ou moins sévèrement perturbées et
l’automatisation n’en est que plus difficile à obtenir. Le kinésithérapeute doit permettre à
l’enfant d’utiliser au mieux ses possibilités motrices volontaires pour mettre en place des
l’enfant en utilisant, entre autre, les NEM ou Niveaux d’Evolution Motrice [10] (annexe II).
[12, 13] est développée et variée, meilleure sera le pronostic quand à l’autonomie future de
intentionnelle sur un mode analytique ou plus fonctionnel (lors des changements de position,
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des déplacements, des activités de la vie quotidienne etc.) en limitant les schèmes
orthopédiques de l’IMC sont variables selon le type d’atteinte et sa sévérité. Quoiqu’il en soit,
s’agit d’un trouble de l’adaptation des muscles aux variations de longueur qui leur sont
imposées. Il en résulte des rétractions musculaires dont les plus fréquentes sont le triceps sural
[17], les adducteurs, le droit fémoral pour le membre inférieur et les fléchisseurs du coude, du
poignet, des doigts et l’adducteur du pouce pour le membre supérieur. Indéniablement, des
fémorale, flexum de genou, pied varus ou valgus et/ou équin, scoliose etc. Une attention
particulière est portée au risque de luxation des articulations coxo-fémorales [9, 11, 13] qui
jeune patient.
Etant donné le potentiel important d’acquisitions nouvelles des jeunes enfants à cette
tranche d’âge, il convient de leur donner un maximum de chances de pouvoir exploiter leurs
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doit être déshabillé, de limiter les nuisances sonores et distractives afin de canaliser au mieux
Que ce soit un bébé ou un jeune enfant, il lui est indispensable de se familiariser avec
son thérapeute. Ce dernier doit donc veiller à rester progressif dans les contacts, postures et
manœuvres proposés à l’enfant. Mais il doit aussi et surtout réussir à ajouter un coté ludique à
la séance pour intéresser l’enfant et éviter l’ennuie (utilisation de jouets, peluches etc.).
second en tant que technique thérapeutique. Tout d’abord, la mobilisation passive permet
des muscles jouxtant les articulations mobilisées ainsi que l’importance du réflexe myotatique
pour objectif un maintien ou une récupération des amplitudes angulaires des articulations et
Les mobilisations se font toujours à vitesse lente pour ne pas déclencher de phénomène
2.3.2. Etirements :
celle-ci est maintenue suffisamment longtemps et de manière répétée [13], engendrant des
(permis par le patient) les muscles dont le bilan a révélé qu’ils avaient une tendance rétractile.
Cet étirement est obtenu de manière lente et progressive afin d’éviter le déclenchement de la
spasticité, en respectant la non douleur. Cet étirement peut être répété aussi souvent que
l’état de l’enfant le justifie et doit être maintenu suffisamment longtemps (de quelques
structures myofibrillaires.
Des exercices d’étirements auto-passifs peuvent être rapidement appris par l’enfant
lui-même pour continuer en dehors des temps de rééducation. Prenons à titre d’exemple
fonctionnelle active. L’enfant peut ainsi faire varier la position de la cheville et du genou
Les NEM (annexe II) sont une suite d’enchaînements de mouvements ou de situations
posturales [10, 13] auxquels l’enfant doit avoir recours pour parvenir à la station debout et à
l’enfant en dépit de ses troubles pour pouvoir adapter le travail à son niveau réel. Ensuite nous
pourrons lui faire travailler les retournements, le schème asymétrique de reptation, lui donner
Le guidage des NEM nous permet de développer l’autonomie de l’enfant avec pour
travail, le thérapeute se doit de profiter des différentes positions adoptées par l’enfant pour
stimuler les patterns de base [1] ou automatismes innés (cf. 2.2.1.) et permettre à l’enfant de
maintenir une position, de soutenir son corps, de se redresser et s’équilibrer (annexe III). La
facilitation [13] exercée par le thérapeute (pressions, tapping) permet à l’enfant de mieux
musculaire.
2.3.4. Verticalisation :
très peu. Outre les effets bénéfiques sur les fonctions anatomiques (digestive, circulatoire,
contre les rétractions musculaires (entre autres le gracile, les ischio-jambiers et le triceps
peut malheureusement être mal tolérée par les enfants de par la mise en tension de plusieurs
loges musculaires en même temps et tout l’inconfort nociceptif que cela peut engendrer. Ce
socialisation de l’enfant. Voilà un moment où il se retrouve debout, comme les autres enfants
valides et non plus dans un fauteuil roulant. Il ne faut pas négliger l’aspect bénéfique que cela
dans un dynamico, avec l’aide d’un rolator, de cannes tripodes etc. (annexe IV). Les effets
positifs de cette verticalisation sont similaires à ceux cités précédemment (excepté le principe
de posture) mais cela permet aussi et surtout un entretien voire un renforcement musculaire en
2.3.5. Appareillages :
mesures rendues nécessaires par l’état de l’enfant pour assurer son confort et prévenir les
appareillages préventifs [10, 13] doivent donc être mis en place très précocement et ils
seront adaptés au fil des années en fonction de l’évolution de l’état clinique du jeune patient.
Le kinésithérapeute, qui connaît bien l’enfant IMC, occupe une place de choix en ce qui
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concerne l’information aux familles et les conseils concernant l’appareillage. Il ne faut pas
oublier non plus que ces appareillages qui équipent l’enfant doivent être une première étape
choix entre l’une ou l’autre se fera lorsque les indication auront clairement été définies.
orthopédiques que l’on y adjoint accentuent la correction par des éléments thérapeutiques tels
que la barre rétro-capitale pour corriger la griffe des orteils, un coin calcanéen interne pour
Les orthèses courtes (annexe V) occupent une place de plus en plus prépondérante
dans l’appareillage du pied de l’IMC, de par leur rapidité de confection, leur légèreté et la
possibilité de les loger dans des chaussures de ville. Les familles sont plus souvent séduites
par ce système (les chaussures orthopédiques ayant une connotation plus péjorative à leurs
yeux). Il existe une multitude de modèles (orthèse rigide, flexible, à couverture antérieure ou
postérieure, avec ou sans effet de sol) mais leurs buts communs sont les suivants : favoriser
l’attaque du pas par le talon, stabiliser la cheville et la jambe et contrôler le pied tombant.
10
Certaines permettent en plus de limiter l’effet de la spasticité du triceps sural (orthèse rigide
cheville pied).
L’aspect le plus important dans la position assise chez l’enfant IMC est de conserver
une bonne couverture des têtes fémorales par le cotyle et d’éviter la déformation du train
porteur. Il faut donc éviter la rétroversion excessive de bassin et limiter l’adduction des
cuisses.
[10, 11, 13] destiné à prévenir les déformations des genoux et des hanches résultant de la
position assise néfaste en «W» ou assis entre les pieds (annexe IV). Il convient d’ailleurs
D’autre part, un siège moulé [10] peut être réalisé sur l’enfant en position corrigée soit
en plâtre, soit en matériau thermoformable et pourra ensuite être décoré d’un motif choisi par
l’enfant afin de perdre son aspect « orthopédique ». Pour les IMC de 3 à 10 ans chez qui la
station assise est instable, le siège moulé de redressement actif [15] du tronc est indiqué.
Cette installation permet à l’enfant d’acquérir un certain tonus axial tout en gardant les
supérieurs, du tronc, de la tête et des yeux. Dans les atteintes sévères où le tonus axial de
l’enfant n’est pas suffisant, on privilégiera l’utilisation d’un siège moulé dit « passif » [10, 13]
ou de repos comportant un appui au niveau du thorax ou des omoplates ainsi qu’un appui-tête
(annexe V).
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Il existe un grand nombre d’appareils d’aide à la marche pouvant être utilisés chez les
enfants IMC. Tout dépend des capacités motrices de l’enfant, de l’aide que l’on souhaite lui
apporter à la marche et des déficiences auxquelles il faut palier. Cela peut aller de l’utilisation
d’une simple canne, d’une canne tripode, de cannes anglaises jusqu’à l’emploi d’un cadre de
Pour les enfants IMC qui ne peuvent déambuler ou pour ceux qui sont relativement
fatigables à la marche, il peut être souhaitable de privilégier l’utilisation d’un fauteuil roulant
manuel ou électrique selon les possibilités motrices de l’enfant (annexe V BIS). Le fauteuil
attention particulière quand à l’éducation de l’enfant sur l’utilisation de l’engin, les troubles
Sur un plan plus ludique mais néanmoins intéressant en ce qui concerne la sollicitation
2.3.5.4. Verticalisateur :
donc pas sur les intérêts de cette technique. D’autres appareils peuvent être utilisés à des fins
12
pendant la nuit, moment privilégié où l’enfant adopte spontanément des positions qui peuvent
être néfastes sur le plan orthopédique. Le kinésithérapeute veillera donc selon les besoins de
l’enfant à réaliser un appareillage en mousse pour corriger les mauvaises positions articulaires
nocturnes (annexe V BIS). Cela peut aller d’un simple coussin d’abduction des membres
inférieurs à un appareillage plus complexe englobant les membres inférieurs, le bassin et une
partie du tronc.
2.4.1. Alcoolisation :
Encore appelée phénolisation [2, 10, 16], cette technique vise à contrer l’exagération
prédéfini. A titre d’exemple, la branche antérieure du nerf obturateur pourra être alcoolisée
mais se révèle douloureuse et son action peut durer plusieurs mois. Le kinésithérapeute se doit
escomptés.
13
injections s’étend sur une période pouvant aller jusqu’à 6 ou 7 mois environ. L’utilisation de
cette toxine semble particulièrement pertinente chez les jeunes enfants IMC (de 3 à 5 ans)
chez qui les rétractions musculaires ne sont pas encore fixées et parfois même avant
l’acquisition de la marche.
d’éviter ou de retarder une chirurgie, faciliter le contrôle d’un mouvement, les postures et
permet aussi d’améliorer l’équilibre tonique entre muscles agonistes et antagonistes, ce qui
qu’un effet bénéfique a été montré sur la croissance osseuse de par la diminution des
doit accorder une attention particulière à l’enfant venant de subir une injection. Il est impératif
de mobiliser tous les jours les articulations intéressées et d’étirer les muscles concernés afin
d’améliorer le pronostic fonctionnel lié à l’injection. Il a été constaté que l’effet de l’injection
est prolongé lorsque l’on met en place un plâtre de posture suite à cela.
Les toxines ne sont pas indiquées lorsque la spasticité est trop importante, généralisée
ou lorsque les nombreuses rétractions musculaires sont fixées. Le bénéfice que l’on pourrait
Il faut aussi faire attention à ne pas supprimer une spasticité utile à la déambulation ou
fonctionnelle. La spasticité du triceps sural ou du droit fémoral, par exemple, peut s’avérer
intéressante pour faciliter la marche de certains enfants IMC. Supprimer cette spasticité
appareillée.
la confection de plâtres successifs [17] pour traiter une diminution de longueur des triceps
peut être indiquée (annexe V TER). Plusieurs attelles peuvent être ainsi confectionnées en
METAYER [13] précise que le port de ces gouttières 6 heures sur 24 peut s’avérer suffisant
Chez l’enfant plus âgé ou lorsque l’angle de flexion dorsale est proche de 0°,
l’utilisation de bottes plâtrées s’avère plus efficace (annexe V TER). Sur le même principe
que pour les attelles, différentes bottes seront fabriquées en fonction de l’évolution de l’angle
de flexion dorsale. Leur port pendant plusieurs semaines d’affilées révèle de bons résultats en
Que ce soit pour les attelles moulées ou pour les plâtres, le rééducateur doit veiller à
solliciter la commande motrice sélective des muscles releveurs du pied (tibial antérieur,
extenseur des orteils etc.) pour permettre à l’enfant d’intégrer une nouvelle image motrice.
15
Cette commande sélective pourra ensuite être incluse dans un travail plus global tel que le
schème asymétrique de reptation puis en progression dans les différentes positions, à savoir,
Toutes les techniques classiques employées par les chirurgiens orthopédistes peuvent
être envisagées. Le chirurgien peut décider de corriger une déviation d’axe osseux notamment
tibiale trop accentuée (ostéotomie fémorale et/ou tibiale). Nous pouvons aussi envisager des
gestes chirurgicaux sur les muscles ou les tendons (ténotomie, aponévrotomie, allongement,
transfert). Pour exemple, on peut évoquer l’abaissement de la rotule par libération du tendon
du genou à la marche etc. Enfin, le chirurgien peut décider d’intervenir sur une ou plusieurs
sachant que l’inconvénient majeur de cet acte réside en son irréversibilité. Il est donc conseillé
de procéder en premier lieu à une injection de toxine botulique pour recréer l’effet d’un geste
Les techniques de rééducation qui font suite à ces interventions sont celles que l’on
l’antalgie et tente de récupérer les amplitudes articulaires permises et une tonicité musculaire
l’enfant a atteint son plus haut niveau d’évolution motrice. Certes, il lui est encore possible de
faire de nouvelles acquisitions au prix de lourds efforts mais la majorité des apprentissages
imminente de la puberté et des poussées de croissance qui en découlent. C’est au jour le jour
que se prépare le devenir de l’enfant, et c’est ainsi que l’enjeu principal se dessine
d’entretenir ces capacités afin d’éviter leur régression au cours de la croissance. Il est donc
A l’aube de la puberté et des poussées de croissance, la croissance des muscles est plus
lente que celle des os (cf. 2.2.3), d’où l’accentuation probable des troubles orthopédiques
17
au cours de cette période. Une attention particulière doit être portée au rachis étant donné le
risque accrû de déviations rachidiennes à type de scoliose ou cyphose par exemple. Durant
l’adolescence, des douleurs peuvent apparaître sur les articulations portantes (hanche, genou,
musculaire et les rétractions peuvent limiter l’autonomie du patient notamment dans les
débrouiller par lui même dans un bon nombre d’activités. Le kinésithérapeute veillera donc à
développer au maximum l’autonomie de l’enfant, tant dans les transferts que dans les
Nous parlions de développer l’autonomie de l’enfant, mais cela n’est rien si cette
intention ne s’inscrit pas dans un projet individuel à long terme en vue d’une insertion
sociale et professionnelle convenable pour cet adulte en devenir. « Avec et pour l’enfant »,
ce sont ces termes qui résument la pédagogie conductive du Dr PETÖ visant à permettre à
Le rythme des séances est assez variable selon les périodes, il devra être adapté aux
besoins de l’enfant. Cela peut aller d’une séance individuelle hebdomadaire à 3 ou 4 séances
en fonction des poussées de croissance, des interventions chirurgicales etc. A cette période de
la vie, il est intéressant d’intégrer l’enfant IMC dans des groupes de rééducation spécifiques,
Toutes les techniques énoncées au stade de la petite enfance restent applicables à cette
adaptée (mobilisations, postures, étirements etc.) en tenant compte des facteurs de risques
scolioses.
En ce qui concerne les NEM (annexe II), l’objectif sera plutôt d’entretenir la motricité
existante que de la développer, le potentiel d’acquisitions nouvelles étant plus limité (mais pas
Une attention particulière est portée à l’appareillage de l’enfant compte tenu des
socialisation [10, 12], d’échanges avec les autres personnes handicapées. Il s’agit d’une étape
indispensable pour que l’enfant IMC soit en mesure d’affronter les autres enfants valides, plus
agiles et plus rapides que lui, l’incitant ainsi à se tenir en retrait. Plusieurs thèmes sont
abordés dans ces groupes et l’enfant peut participer à deux ou trois séances hebdomadaires.
Le thérapeute encadrant un groupe avec des enfants dont l’état clinique diffère les uns des
autres doit respecter les possibilités de chacun et adapter les exercices en conséquence.
3.3.2.2. Relaxation :
Les enfants sont installés confortablement en décubitus, dans une pièce suffisamment
Différentes techniques peuvent être employées par le thérapeute suivant ses connaissances :
Les effets apportés par cette relaxation sont les suivants : diminution de la réceptivité au
aux enfants d’avoir recours, par eux-mêmes, à certains exercices pour diminuer un état
fréquents (strabisme, exploration visuelle pauvre etc.) ainsi que des troubles visuo-spatiaux
(dyspraxie constructive visuo-spatiale). Les exercices d’imagerie mentale [23, 24] sont
utilisés pour faciliter la réalisation d’une tâche spatiale : le kinésithérapeute peut proposer des
exercices basés sur la notion de latéralité (reconnaître son bras gauche, sa jambe droite etc.)
groupe aux abords du centre pour un parcours d’obstacles en fauteuil roulant (avec
Outre l’aspect ludique évident que représente la piscine, il est intéressant de travailler
mobilisation dans l’eau peut aussi s’avérer efficace de par l’effet apaisant que représente le
spécifiques aux muscles ciblés peuvent être proposés aux enfants en utilisant des bouées, des
planches ou tout autre ustensile créant une résistance dans l’eau (annexe VI).
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La séance peut être débutée par des exercices d’étirements actifs qui sont réalisés sur
table ou bien dans le fauteuil. A titre d’exemple, le kinésithérapeute demande aux enfants
d’écarter les bras sur le coté pour « pousser les murs », ou bien de tendre les jambes au
de prendre conscience de son état d’hypertonie permanente et constitue un premier pas vers le
La deuxième partie de la séance est consacrée au travail des NEM [10, 13] dans les
différentes positions évoquées au paragraphe 2.3.3.. Pour certains, la possibilité est donnée de
Toutes les techniques décrites en 2.4. peuvent être envisagées à ces âges de la vie.
Cependant, nous allons nous attarder sur deux aspects médicochirurgicaux qui ont pris un
essor important au cours de ces dernières années : l’implantation d’une pompe à Baclofène et
la chirurgie multifocale.
implantée sous la peau de l’abdomen et est directement reliée à la moelle épinière par un
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cathéter, qui délivre le produit in situ par doses programmées. L’intérêt de cette technique
réside dans le fait qu’elle est réversible (ablation de la pompe) et adaptable à la spasticité du
patient (quantité, rythme de distribution du produit etc.). Mais il faut savoir que cela reste une
contrôles réguliers, remplissage tous les deux ou trois mois). L’implantation ne se réalise
jamais en première intention ; plusieurs tests sont effectués avant la pose de la pompe pour
évaluer l’intérêt et l’efficacité de cette technique, soit par ponction lombaire, soit par la pose
d’un cathéter relié à une pompe externe. Cette thérapeutique initialement destinée aux
personnes adultes peut s’envisager aujourd’hui chez le jeune enfant dès l’âge de 5/6 ans.
la spasticité pour mobiliser les articulations concernées et étirer les muscles polyarticulaires à
corriger, en une seule opération, à la fois des problèmes musculaires, tendineux et osseux.
Etant donné la diversité des atteintes, chaque intervention est personnalisée en fonction d’un
bilan rigoureux : goniométrie, analyse de la spasticité, contrôle global et sélectif des muscles,
réponse à ces anomalies, l’équipe chirurgicale peut proposer : des gestes osseux (ostéotomies
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allongement, transfert [21]), des gestes sur le système nerveux périphérique (neurotomie,
L’évaluation des résultats de ces opérations se base un bilan rigoureux (idem que
précédemment) mais prend en compte aussi la satisfaction de l’enfant ainsi que de sa famille
séjourner en centre spécialisé pour une durée de 6 à 12 mois dont quelques semaines
Face à ces différentes attitudes que peut adopter l’adolescent IMC, il convient de
remettre en question la stratégie thérapeutique adoptée. Les projets sont-ils en accord avec les
possibilités réelles de l’enfant, ses attentes, ses besoins ? Il serait souhaitable aussi de se
renseigner sur le contexte familial, les parents de l’enfant sont-ils impliqués dans sa prise en
charge ? Il arrive encore assez fréquemment que les parents soient très exigeants, que leurs
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attentes soient bien supérieures au potentiel réel de l’enfant. L’enfant peut donc ne pas se
La prise en charge kinésithérapique d’un enfant IMC s’envisage à long terme, il n’est
donc pas inconcevable de raccourcir une séance de kinésithérapie pour prendre le temps de
parler à l’enfant (ainsi qu’à ses parents) pour trouver la cause du refus et au besoin de
A ce jour, aucune étude ne nous permet d’évaluer les effets et résultats des techniques
basant sur l’étude de 56 enfants IMC de 3 à 12 ans répartis en quatre groupes sur une période
de 18 mois. Il n’a pas été démontré de différence significative entre la prise en charge
intensive des deux premiers groupes (1 heure de rééducation quotidienne, 5 jours sur 7) et la
prise en charge basique des deux autres groupes (quelques heures de kinésithérapie par mois)
en ce qui concerne la fonction motrice et les performances des enfants étudiés. Les modalités
noter cependant que les enfants et les thérapeutes des deux groupes ayant suivi une thérapie
Comme le montre cette étude, nous comprenons bien que tout kinésithérapeute doit
rester raisonnable dans ses ambitions rééducatives vis à vis de l’enfant. Il faut privilégier la
6. CONCLUSION :
protocole précis étant donné la diversité des tableaux cliniques et l’unicité de chaque enfant.
Les bilans diagnostics kinésithérapiques réguliers, la définition d’un projet individuel pour
l’enfant de développer au mieux ses capacités afin de garantir une autonomie certaine et utile
dans sa vie d’adulte. Pour finir, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante :
quel est l’avenir rééducatif de ces enfants IMC arrivant à l’âge adulte, contraints de quitter
rééducative des adultes handicapés reste, encore en 2005, dépendante de l’intérêt que les
directeurs de M.A.S., foyers éducatifs ou occupationnels leur accordent et de l’intérêt que les
jeunes adultes auront découvert pour la kinésithérapie et dont ils auront pris conscience au
7. GAGNAIRE P., BURBEAU P., DAUSSANGE J., MONGOUR P., MENSIRE A.,
LAGUENY A. – Utilisation de la toxine botulinique dans le traitement du pied
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Ö TABARY J.C. – Evolution des idées dans la prise en charge des enfants présentant des
infirmités motrices par lésions cérébrales – L’infirmité Motrice cérébrale : bilan et
perspectives, actes du colloque janvier 1996, palais de l’UNESCO, Paris, p. 21-27
Références Internet :