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Pratiques kinésithérapeutiques pubalgie 2019

Ce mémoire étudie les pratiques des kinésithérapeutes français dans la rééducation de la pubalgie en 2019. Il s'agit d'une douleur fréquente chez les sportifs dont les multiples étiologies compliquent la rééducation. L'objectif est de dresser un état des lieux des pratiques et de les comparer aux recommandations pour en tirer des implications cliniques.
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Pratiques kinésithérapeutiques pubalgie 2019

Ce mémoire étudie les pratiques des kinésithérapeutes français dans la rééducation de la pubalgie en 2019. Il s'agit d'une douleur fréquente chez les sportifs dont les multiples étiologies compliquent la rééducation. L'objectif est de dresser un état des lieux des pratiques et de les comparer aux recommandations pour en tirer des implications cliniques.
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IFPEK,

Institut de Formation en Pédicurie-podologie, Ergothérapie,


Masso-kinésithérapie
52 rue Jean-Louis Bertrand, 35 000 Rennes

Les pratiques des kinésithérapeutes


dans la rééducation de la pubalgie
en France en 2019
Enquête de terrain

Fouéré Benoit

Mémoire d’initiation à la recherche en Masso-kinésithérapie


Formation en Masso-kinésithérapie

Sous la direction de :
Mathieu JOUBEL

Promotion 2016-2020 Session juin 2020


Les pratiques des kinésithérapeutes dans la
rééducation de la pubalgie en France en 2019

Etat des lieux des pratiques des kinésithérapeutes français dans la prise en
soin en Masso-kinésithérapie

FOUÉRÉ Benoît

Mémoire d’initiation à la recherche en Masso-kinésithérapie

Formation en Masso-kinésithérapie

Sous la direction de :
Mathieu JOUBEL

Promotion 2016-2020 Session juin 2020


Nom : FOUERE
Prénom : Benoit
Les pratiques des kinésithérapeutes concernant la rééducation de la pubalgie en
Titre
France en 2019.
La pubalgie est une pathologie fréquente dans des sports à accélérations, changements
de directions et appuis monopodaux alternés. C’est un sujet controversé donnant lieu
à une double problématique : problématique de prise en soin pour le kinésithérapeute
et problématique de chronicité pour le patient.
Les multiples étiologies de douleur à l’aine compliquent la rééducation. C’est
pourquoi, des récentes recommandations internationales ont permis de mieux
Résumé :
catégoriser cette douleur.
Le but de cette étude est de réaliser un état des lieux des pratiques des kinésithérapeutes
français concernant la rééducation de la douleur à l’aine.
L’étude des différences de pratiques entre la clinique et les recommandations littéraires
ont abouti sur des implications cliniques en accord avec notre référentiel de
compétence.
Mots clés : Douleur à l’aine, Diagnostic, Rééducation, Sports, Traitement conservateur.
Practices of physiotherapist regarding groin pain rehabilitation
Title
in France in 2019.
Groin pain is a common musculoskeletal complaint in sports with acceleration,
changes in direction and alternate monopodal stances. It is a controversial subject
causing a dual issue: (I) rehabilitation for the physiotherapist and (II) chronic pain for
the patient.
The multiple etiologies of groin pain complicate rehabilitation. This is why, recent
Abstract : international recommendations have enabled a better categorization of this pain.
The aim of this study was to perform an analysis of French physiotherapists practises
regarding the rehabilitation of groin pain.
The analysis of differences in practices between the clinic and scientific
recommendations led to clinical implications in agreement with our referential of
capabilities.
Keywords : Groin pain, Diagnosis, Rehabilitation, Sports, Conservative treatment.
Institut de formation en Masso-Kinésithérapie de Rennes
12, Rue Jean-Louis Bertrand, 35000 RENNES
MÉMOIRE D’INITIATION À LA RECHERCHE EN MASSO-KINÉSITHÉRAPIE
Promotion 2016-2020

PRÉFET DE LA RÉGION BRETAGNE

DIRECTION REGIONALE
DE LA JEUNESSE, DES SPORTS
ET DE LA COHÉSION SOCIALE

Pôle formation-certification-métier

ATTESTATION SUR L’HONNEUR, FRAUDES ET PLAGIAT, CODE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE


Diplôme d’Etat de Masseur-kinésithérapeute

Travaux de fin d’études :

Mémoire d’Initiation à la Recherche en Masso-Kinésithérapie



Page à insérer par l’étudiant après la 1ère page de couverture de son travail de fin d’études

Conformément à l’article L 122-4 du code de la propriété intellectuelle du 3 juillet 1992 : « toute
représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses
ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la
transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque ».


J’atteste sur l’honneur que la rédaction des travaux de fin d’études, réalisée en vue de l’obtention du
diplôme d’Etat de Masseur-kinésithérapeute est uniquement la transcription de mes réflexions et de
mon travail personnel.
Et, si pour mon argumentation, je copie, j’emprunte un extrait, une partie ou la totalité de pages
d’un texte, je certifie avoir précisé les sources bibliographiques.

Le 22 mars 2020

Signature de l’étudiant :





Fraudes aux examens :
CODE PENAL, TITRE IV DES ATTEINTES A LA CONFIANCE PUBLIQUE
CHAPITRE PREMIER : DES FAUX
Art. 441-1 : Constitue un faux toute altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie par
quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée qui a pour objet ou qui peut avoir
pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques.
Le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
Loi du 23 décembre 1901, réprimant les fraudes dans les examens et concours publics.
Art. 1er : Toute fraude commise dans les examens et les concours publics qui ont pour objet l’entrée dans une administration
publique ou l’acquisition d’un diplôme délivré par l’Etat constitue un délit.
IMPRIME Ip 04.04.03 – A MAJ : Nov. 2017
ENGAGEMENT ETUDIANT
Doc de rattachement : I 04.04.01




Je soussigné(e), Mr FOUÉRÉ Benoit, étudiant IFPEK en :
r Pédicurie-Podologie rErgothérapie þ Masso-kinésithérapie


þ Reconnaît avoir pris connaissance de la procédure IFPEK « Procédure Interne Ethique Recherche
Etudiante »
þ Accepte les conditions de réalisation des projets au sein de l’IFPEK
þ M’engage à respecter toutes les étapes définies dans la procédure, durant toute la durée de mes
études au sein de l’IFPEK, et notamment :
o Le recueil des consentements auprès des personnes interrogées dans le cadre de mes
projets,
o L’anonymisation des personnes interrogées et des données collectées,
o La non diffusion de ces données en dehors du cadre pédagogique,
o La destruction des données brutes recueillies.

En cas de manquement à ces différentes règles, l’IFPEK sera susceptible d’appliquer des sanctions
notamment si des plaintes ou réclamations sont déposées par des personnes interrogées (avertissement,
conseil de discipline, …).


Fait en deux exemplaires à Saint-Thual, le 22 mars 2020.

L’étudiant IFPEK
(lu et approuvé)


Lu et approuvé,


Association IFPEK – 12 rue Jean-Louis Bertrand - 35000 RENNES 1/1
Remerciements

Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé dans la rédaction et
l’élaboration de ce mémoire de fin d’étude.

En premier lieu, j’aimerais remercier mon directeur de mémoire, Mathieu JOUBEL, pour ses
remarques, sa disponibilité et son accompagnement tout au long de ces deux dernières années.

Je voulais également remercier Nathan BOURGES, pour ces précieux conseils et le temps qu’ils
m’a accordé.

Merci à tous les kinésithérapeutes qui ont pris le temps de répondre au questionnaire. Sans eux,
ce travail ne pouvait être réalisé.

À tous mes camarades de promotion, mes amis et particulièrement au BPC pour ces superbes
années d’études.

À mes colocataires, François, Joshua et Lomi pour leur bonne humeur, leur joie de vivre et leur
soutien sur ces quatre dernières années.

À ces soirées mémoires, passées en compagnie de Justin, Joshua et Mehdy, qui ont aiguillé nos
emplois du temps cette dernière année.

Merci à Mehdy de m’avoir relu, pour ses conseils et ses remarques dans la phase finale de ce
travail.

D’un point de vue plus personnel, je voulais également remercier ma famille, qui a toujours été
là dans les moments difficiles. Pour leurs relectures, leurs soutiens moraux et financiers, leurs
accompagnements. Je vous dois ce que je suis devenu.

Merci à Mimine, que je n’aurais rencontré sans ces belles années de kinésithérapie.
Table des matières

1. Introduction ............................................................................................................... 1

2. Contexte de l’étude ................................................................................................... 2


2.1. La pubalgie ................................................................................................................... 2
2.1.1. Définition et consensus de Doha ......................................................................... 2
2.1.2. Rappels anatomiques et biomécaniques .............................................................. 2
2.1.3. Physiopathologie.................................................................................................. 4
2.1.4. Examen clinique .................................................................................................. 7
2.1.5. La place de la pubalgie dans la société ................................................................ 9
2.1.6. Pubalgie et kinésithérapie .................................................................................. 10
2.2. Le traitement post-chirurgical : .................................................................................. 11
2.2.1. Renforcement de la paroi abdominale ............................................................... 11
2.2.2. Ténotomie .......................................................................................................... 11
2.3. Le traitement conservateur : ....................................................................................... 12
2.3.1. Définition ........................................................................................................... 12
2.3.2. La place de la thérapie par l’exercice dans la rééducation ................................ 13
2.3.3. La rééducation en fonction de la catégorisation de la douleur .......................... 14
2.3.4. Approche biomécanique de la rééducation ........................................................ 17
2.3.5. Les shorts de compressions ............................................................................... 17
2.4. Recommandations internationales .............................................................................. 18
2.4.1. Littérature et pubalgie ........................................................................................ 18
2.4.2. Questionnaire HAGOS ...................................................................................... 18
2.4.3. Protocoles de rééducation .................................................................................. 19
2.4.4. Modalités du renforcement musculaire ............................................................. 19
2.4.5. La place de la prévention dans la pubalgie ........................................................ 20

3. Problématisation ..................................................................................................... 21
3.1. Situation d’appel ......................................................................................................... 21
3.2. Place de l’étude dans le contexte ................................................................................ 22
3.2.1. Problématique .................................................................................................... 23
3.2.2. Champs de compétences du masso-kinésithérapeute ........................................ 23
3.2.3. Intérêt de l’étude ................................................................................................ 24
3.2.4. Hypothèses ......................................................................................................... 24

4. Considérations éthiques de la recherche ................................................................. 25


5. Méthodologie .......................................................................................................... 26
5.1. Études préexistantes ................................................................................................... 26
5.2. Projet d’étude ............................................................................................................. 26
5.2.1. Thème de l’étude ............................................................................................... 26
5.2.2. Qualitatif ou quantitatif...................................................................................... 27
5.2.3. Objectifs de l’étude ............................................................................................ 27
5.2.4. Moyens de l’étude.............................................................................................. 27
5.3. Détermination de l’échantillon ................................................................................... 28
5.3.1. Population étudiée ............................................................................................. 28
5.3.2. Cadre spatio-temporel de l’étude ....................................................................... 29
5.3.3. Représentativité de l’étude ................................................................................ 29
5.4. Déroulement de l’étude .............................................................................................. 30
5.4.1. L’entretien exploratoire, la pré-enquête ............................................................ 30
5.4.2. Le questionnaire, l’enquête ................................................................................ 31
5.4.3. La connaissance des biais de l’enquêteur .......................................................... 34
5.4.4. Pré-test ............................................................................................................... 35
5.4.5. Plan statistique ................................................................................................... 35
5.5. Traitement des résultats .............................................................................................. 36
5.5.1. Récupération et codage ...................................................................................... 36
5.5.2. Analyse descriptive ............................................................................................ 36
5.5.3. Déroulement de l’analyse statistique ................................................................. 36
5.6. Schéma récapitulatif de la méthodologie du projet d’étude ....................................... 37

6. Résultats .................................................................................................................. 38
6.1. Statistiques descriptives de l’échantillon.................................................................... 38
6.2. Statistiques descriptives des autres variables ............................................................. 39
6.2.1. La connaissance des recommandations internationales ..................................... 39
6.2.2. La prise-en charge de la sous-population .......................................................... 39
6.2.3. L’examen clinique et le diagnostic kinésithérapique......................................... 39
6.2.4. L’imagerie médicale .......................................................................................... 41
6.2.5. Le traitement et les modalités de prise-en charge .............................................. 41
6.2.6. Caractéristiques de la sous-population .............................................................. 42
6.2.7. Modalités du renforcement musculaire ............................................................. 43
6.2.8. Protocoles de rééducations ................................................................................ 44

7. Analyse des résultats ............................................................................................... 45


7.1. Tests préalables à l’analyse de variables .................................................................... 45
7.1.1. Tests de conformité de variables qualitatives .................................................... 45
7.1.2. Tests de shapiro-wilk pour les variables quantitatives ...................................... 45
7.2. Vérification des hypothèses ........................................................................................ 45
7.2.1. Tests d’homogénéité .......................................................................................... 45
7.2.2. Tests non paramétriques de Mann-Whitney ...................................................... 52
7.3. Synthèse des résultats ................................................................................................. 53

8. Discussion ............................................................................................................... 55
8.1. Cohérence externe de l’étude ..................................................................................... 55
8.1.1. Pertinence de l’étude.......................................................................................... 55
8.1.2. Concordances des résultats avec d’autres études............................................... 56
8.1.3. Etudes similaires et résultats .............................................................................. 58
8.2. Cohérence interne de l’étude ...................................................................................... 60
8.2.1. Biais et limites de l’étude .................................................................................. 60
8.2.2. Forces et avantages de l’étude ........................................................................... 63
8.3. Extrapolation des résultats .......................................................................................... 64
8.4. Implications cliniques et futures recherches............................................................... 65
8.4.1. Des outils dans la pratique quotidienne ............................................................. 65
8.4.2. Implication pour les futures recherches ............................................................. 68

9. Conclusion .............................................................................................................. 70

10. Bibliographie....................................................................................................... 71
10.1. Articles : ..................................................................................................................... 71
Table des tableaux

Tableau 1: Catégorisation de la douleur à l’aine inspiré de (THORBORG et al., 2018) .............. 8


Tableau 2: Les différents traitements conservateurs existants pour la rééducation de la douleur à
l’aine .................................................................................................................................... 12
Tableau 3: Modalités des exercices de renforcement musculaire ................................................ 14
Tableau 4: Activité EMG du muscle long ADD inspiré de SERNER et al. ................................ 15
Tableau 5: Modèles de charges d'entrainement musculaire (BRUKNER et al., 2017) ............... 20
Tableau 6: Moyens de l'étude ...................................................................................................... 28
Tableau 7: Sélection des bases de publications ........................................................................... 29
Tableau 8: Tests utilisés pour la vérification d'hypothèses.......................................................... 37
Tableau 9: Connaissance des recommandations internationales ................................................. 39
Tableau 10: Tests utilisés lors de l’examen physique .................................................................. 40
Tableau 11: L’utilisation de l’imagerie médicale en tant qu’aide au diagnostic ......................... 41
Tableau 12: Sports pratiqués par la sous-population ................................................................... 42
Tableau 13: Connaissance de protocoles pubalgie ...................................................................... 44
Tableau 14: P-Value, variables qualitatives................................................................................. 45
Tableau 15: P-Value, variables quantitatives............................................................................... 45
Tableau 16: Modes de contractions et objectifs thérapeutiques en début de rééducation ........... 51
Tableau 17: Modes de contractions et objectifs thérapeutiques en cours de rééducation ........... 52
Tableau 18: Modes de contractions et objectifs thérapeutiques en cours de rééducation ........... 52
Table des figures

Figure 1: La description anatomique des éléments musculaires en présence (DECOOPMAN,


2010) ..................................................................................................................................... 3
Figure 2: Le canal inguinal (YOU MED, 2017) ............................................................................ 3
Figure 3: Mouvements de la symphyse pubienne (ANATOMIE 3D LYON, 2014) ........................ 4
Figure 4: Imagerie des douleurs à l'aine inspiré de THORBORG ET AL. 2018 .......................... 9
Figure 5: Méthodologie du projet d'étude, double entonnoir....................................................... 37
Figure 6: Statistiques descriptives de l'échantillon ...................................................................... 38
Figure 7: Répartition des prises en soin des patients pubalgiques ............................................... 39
Figure 8: Répartition des éléments anatomiques pouvant être pourvoyeurs de douleur à l’aine 39
Figure 9: Utilisation du squeeze test ............................................................................................ 40
Figure 10: Durée de prise en soin en semaines (de 1 à 30).......................................................... 41
Figure 11: Nombres de séances pendant la semaine (de 1 à 7) ................................................... 41
Figure 12: Utilisation du renforcement musculaire ..................................................................... 42
Figure 13: Groupes musculaires ciblés ........................................................................................ 43
Figure 14: Modes de contractions en fonction des temps de rééducation ................................... 43
Figure 15: Objectifs thérapeutiques ciblés ................................................................................... 43
Figure 16: Protocoles sollicités par les thérapeutes ..................................................................... 44
Figure 17: La pratique du renforcement musculaire en fonction de la connaissance du consensus
de Doha ............................................................................................................................... 49
Figure 18: La pratique du renforcement musculaire et la non connaissance du consensus de
Doha .................................................................................................................................... 49
Table des abréviations

ADD : Adducteur

EMG : Électromyographie

EVA : Échelle Visuelle Analogique

EBP : Evidence Based Practise

IRM : Imagerie par Résonance Magnétique

HAGOS : the copenhagen Hip And Groin Outcome Score

RM : Répétition Maximale

HAGOS : the copenhagen Hip And Groin Outcome Score

Q : Question

SEBT : Star Excursion Balance Test

TENS : Neurostimulation électrique transcutanée


1. Introduction

La traumatologie sportive est un domaine regroupant des pathologies souvent bien connues
des professionnels avec des protocoles de rééducation bien définis. Cependant, certaines
pathologies sont au centre des interrogations et soulèvent de nombreux questionnements quant à
leurs rééducations : c’est le cas de la pubalgie. Sa symptomatologie est largement débattue dans
la littérature : « Comment se caractérise la douleur ? Quels éléments anatomiques ou
biomécaniques sont mis en cause ? Quelle sera la durée de prise en soin ? Quel impact au niveau
fonctionnel ? Comment éviter le risque de récidive ? »

Après de nombreuses lectures sur le sujet, la pubalgie est décrite comme un « syndrome fourre-
tout » où de nombreux facteurs intrinsèques et extrinsèques peuvent être à l’origine des douleurs.
Elle se décrit souvent comme un « mal aux adducteurs, une douleur pubienne irradiante vers les
adducteurs, abdominaux ». Cela soulève des problèmes quant à la rééducation :
- Problème diagnostic au vu de la complexité anatomique de la région pelvienne
- Problème thérapeutique de prise en soin. La pubalgie est un sujet controversé par les
auteurs où chacun a son avis sur le sujet.

La douleur à l’aine peut toucher tous types de sportifs, de tout âge. Les athlètes pratiquant des
sports avec changements de directions, appuis monopodaux alternés et accélérations sont plus
touchés. De nombreux sportifs amateurs et professionnels ne peuvent plus pratiquer leur sport à
100% et ne comprennent pas l’origine de leurs douleurs. De multiples étiologies existent et
rendent la rééducation compliquée. En effet, différents éléments anatomiques composent le
carrefour inguino-pubien : myo-tendineux, osseux, nerveux, ligamentaires et vésicaux-
sphinctériens.

Deux types d’approches sont possibles : le traitement conservateur ou le traitement chirurgical.


Le rôle du masseur-kinésithérapeute est alors prépondérant. Une prise en soin kinésithérapique
est nécessaire afin de diminuer, voire abolir les douleurs et ainsi augmenter l’efficience sportive.

Notre étude va donc s’intéresser à la place que portent les professionnels de santé sur le diagnostic
et le traitement de la pubalgie. La question de recherche étudiée est la suivante :

« Quelles sont les pratiques réalisées par les kinésithérapeutes pour la rééducation de la pubalgie
en France en 2019 ? »

L’objectif de notre recherche est donc de réaliser un état des lieux de ces pratiques afin de
déterminer s’il existe des différences avec les dernières recommandations internationales
concernant la rééducation de la pubalgie. C’est un travail pouvant être applicable et aussitôt mis
en place en cabinet.

1
2. Contexte de l’étude

2.1. La pubalgie

2.1.1. Définition et consensus de Doha

Il est très difficile de donner une définition exacte de la pubalgie. La grande variété de
blessures possibles au niveau de cette région anatomique en fait sa complexité. De nombreux
mécanismes lésionnels et nombreuses structures anatomiques peuvent être mis en cause.
D’expressions cliniques variées, la pubalgie se traduit comme un syndrome de surmenage
induisant une douleur ressentie au niveau du carrefour inguino-pubien.

Un consensus international réunissant les 24 plus grands spécialistes du sujet s’est déroulé à Doha
en 2015. Il avait pour but de redéfinir ce terme de pubalgie afin de simplifier et de l’adapter à la
pratique clinique et à la recherche (WEIR et al., 2015). En 2015, le british journal of sports
medicine a montré qu’il existait 33 termes diagnostics pour décrire les pathologies à l’aine. Grâce
au consensus, la douleur à l’aine est maintenant un système avec trois classifications :

1) Entités cliniques définies pour la douleur à l’aine : douleur à l'aine liée à un adducteur,
à un ilio-psoas, au canal inguinal ou au pubis (annexe 2).
2) Douleur à l'aine liée à la hanche : symptôme mécanique.
3) Autres causes de douleurs à l'aine chez les sportifs : orthopédique / rhumatologique.

Dès le 01/12/18, les articles scientifiques ne parleront plus de pubalgie mais de douleur à l’aine.
En effet, les noms « Tendinopathie adductive et de l’iliopsoas, Pubalgie athlétique, Ostéite
pubienne et hernie inguinale » ont été abolis du langage international. Ce consensus vise à faciliter
la compréhension du terme de la douleur à l’aine du carrefour inguino-pubien. Afin d’établir une
compréhension adaptée à tous, le terme « pubalgie » sera encore employé dans notre mémoire.

2.1.2. Rappels anatomiques et biomécaniques

La région pelvienne est une région anatomique composée du sacrum et des ailes iliaques
réunis au niveau de la symphyse pubienne : c’est un carrefour musculo-squelettique solidarisant
les muscles du tronc et de la cuisse. L’équilibre fonctionnel des tensions du pubis dépend en
premier lieu des mouvements de glissement de la sacro-iliaque (KLEIN et SOMMERFELD,
2008). Il se produit un échange important de forces au niveau de la ceinture pelvienne.

[Link]. Éléments musculaires

- La loge des adducteurs : pectiné, long adducteur, court adducteur, grand adducteur, gracile.
- Les loges des abdominaux : droit de l’abdomen, oblique interne et externe, transverse.
- L’ilio-psoas

2
Oblique externe
Droit de l’abdomen

Pectiné Long Adducteur

Court Adducteur
Gracile

Grand Adducteur

Figure 1: La description anatomique des éléments musculaires en présence (DECOOPMAN, 2010)

[Link]. Canal inguinal

Le canal inguinal est l’un des points faibles de la paroi abdominale. Il s’agit d’un passage
à travers la cavité abdominale laissant passer le cordon testiculaire chez l’homme et le ligament
rond de l’utérus chez la femme. Il traverse donc les trois muscles de l’abdomen. La paroi
inférieure du canal inguinal est formée par les fibres de l’aponévrose de l’oblique externe. Sa
paroi postérieure, par les fibres de l’aponévrose de l’oblique interne et du transverse.

Figure 2: Le canal inguinal (YOU MED, 2017)

[Link]. Système neurologique

Le système neurologique est composé du nerf ilio-inguinal, ilio-hypogastrique et génito


fémoral. Le nerf génito-fémoral est un nerf sensitivo-moteur pouvant être à l’origine de douleur
neuropathiques irradiant vers le pubis et les testicules. Innervé par les racines L1-L2 du plexus
lombaire, il traverse le psoas au niveau L3 et passe sous le ligament inguinal. Il se divise en deux
rameaux (RENARD, AVISSE et PALOT, 2014) :
- Rameau fémoral : Innerve les téguments de la partie supérieure du trigone fémoral.
- Rameau génital : Innerve les parties génitales. Pénétrant dans le canal inguinal.

3
[Link]. Cinésiologie de la symphyse pubienne

La symphyse pubienne doit supporter les différentes contraintes exercées par ces muscles
puissants : tractions, compressions, cisaillements, bâillements, torsions. Cependant, les
mouvements possibles sont d’une faible mobilité : 2mm pour les mouvements verticaux et 1°
pour les rotations (BERTHELOT JEAN-MARIE et GOUIN FRANÇOIS, 2015). La fonctionnalité
biomécanique de l’entité pelvienne est de transmettre les forces entre le membre inférieur et le
tronc, assurant ainsi la stabilisation et la synergie du complexe tronc-bassin-symphyse pubienne-
membre inférieur.

Figure 3: Mouvements de la symphyse pubienne (ANATOMIE 3D LYON, 2014)

Lors de l’appui unipodal, la stabilité pelvienne est perturbée. Les rôles stabilisateurs du moyen
fessier et du transverse notamment sont alors prépondérants. La répétition de ces appuis
unipodaux lors de la pratique de certains sports entraine des forces de cisaillement majorées et
répétées au niveau de la symphyse pubienne. Celles-ci peuvent être pourvoyeuses de pathologies
du carrefour inguino pubien.

2.1.3. Physiopathologie

[Link]. Mode de survenue de la douleur

D’après l’HAS, la douleur est « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable,


liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle, ou décrite en ces termes évoquant une telle
lésion » (HAUTE AUTORITÉ DE SANTÉ, 2008). Les articulations et leurs tissus de soutiens sont
sujets à des dérèglements anatomiques et fonctionnels. Les exigences du sport pratiqué peuvent
être délétères pour les structures anatomiques sollicitées. En effet, chaque élément (ligament,
aponévrose, muscle) possède sa propre tension physiologique en fonction de l’épaisseur et de la
densité de ses tissus. Au-delà de ce seuil de tension, les récepteurs sensitifs envoient des
informations d’étirement, de douleur. Cela se traduit par une augmentation de contraintes sur le
pubis. Les blessures sont le résultat d’une interaction complexe entre facteurs de risques
intrinsèques et extrinsèques. Cela donne lieu à des douleurs aigües ou des douleurs qui
chronicisent. Les facteurs de risques sont des entités qui contribuent à l’occurrence des blessures
sportives (MEEUWISSE, 1991).

4
[Link]. Facteurs de risques

« Les blessures à l’aine et à la hanche sont fréquents dans la population athlétique, en


particulier dans les sports exigeant des coups de pieds, des changements soudains de directions,
des torsions, des virages, des accélérations et décélérations rapides » (GABBE et al., 2010). C’est
pourquoi, le principal facteur de risque dépend du sport pratiqué. Les sports les plus touchés sont :
le football, le hockey sur glace, le rugby et le tennis. L’incidence de la douleur à l’aine atteint
même les 12,8% chez les footballeurs (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015).

a) Facteurs de risques intrinsèques

La récidive d’une blessure antérieure à l’aine est le facteur intrinsèque le plus important. Une
étude menée sur des joueurs de football islandais révèle que le risque de récidive est 4 à 7 fois
plus élevé après avoir déjà contracté une blessure à l’aine (ARNASON et al., 2004). Un déficit de
condition physique, une formation de tissus cicatriciels, une réduction de la proprioception des
tissus sous-jacents, où un retour prématuré peuvent être mis en cause (RYAN, DEBURCA et MC
CREESH, 2014).

L’âge est le second facteur de risque identifié comme le plus important. Avec l’âge, les tissus de
collagène composant les structures musculaires perdent en élasticité. Au niveau anatomique, cela
se traduit par une diminution d’amplitude totale des mouvements de hanche (abduction / rotations
notamment) tendant vers une raideur articulaire (RYAN, DEBURCA et MC CREESH, 2014).

Un manque de force musculaire au niveau des adducteurs est également un facteur de risque
important. Une étude portée sur les hockeyeurs montre que les sportifs ont plus de risques de
développer une blessure à l’aine si leurs adducteurs sont faibles. En effet, le risque est multiplié
par 17 si le ratio adducteur / abducteur est inférieur à 80 % (TYLER et al., 2001). Des adducteurs
trop faibles peuvent conduire à la douleur à l’aine par majoration du cisaillement de la symphyse
(ENGEBRETSEN et al., 2010). Le manque de force musculaire des abducteurs peut également
créer un manque de stabilité pelvienne lors de l’appui unipodal, pouvant conduire également à
une majoration du cisaillement.

Un manque de force musculaire au niveau de la paroi abdominale s’avère également être un


facteur de risque. En effet les adducteurs et les abdominaux sont responsables de la stabilité
posturale de la symphyse pubienne notamment en unipodal. Des adducteurs trop puissants et
rétractés, corrélés à une sangle abdominale trop faible entrainent un manque de synergie du
complexe lombo-pelvien (PUIG, TROUVE et SAVALLI, 2004).

Les amplitudes articulaires de hanches sont également à prendre en compte. Une diminution des
amplitudes de hanche entraine des compensations à l’origine du cisaillement du pubis. Une étude
australienne (VERRALL et al., 2007) rapporte qu’une amplitude de mouvement réduite de hanche

5
(notamment en rotation médiale et rotation latérale) peut être associée à une douleur à l’aine
chronique. Une rotation totale des deux hanches au-dessous de 85° est un facteur de risque pour
le développement d’une blessure à l’aine (TAK et al., 2017). Une abduction de hanche inférieure
à 40,9° pourrait être un facteur prédisposant à l’apparition d’une douleur à l’aine (ARNASON et
al., 2004).

Un diamètre de la tête fémorale trop petit pourrait modifier l’origine et le point d’insertion du
muscle du long adducteur altérant ainsi son efficience (RYAN, DEBURCA et MC CREESH, 2014).

b) Facteurs de risques extrinsèques

L’intensité de l’effort est source de blessure à l’aine avec un taux d’incidence différant entre les
matchs et les entrainements. Une étude portée sur des footballeurs professionnels qataris montre
qu’il y aurait cinq fois plus de risque de se blesser en match qu’à l’entrainement (MOSLER et al.,
2017). Par ailleurs, c’est en début de saison que le risque de blessure est le plus élevé. En effet,
le passage de la phase de déconditionnement de l’athlète à une variation de charge d’entrainement
brutale, est délétère pour le sportif.

Le niveau du joueur est aussi un facteur de risque extrinsèque. Une étude réalisée entre la
première ligue danoise et la 3ème ligue danoise montre une incidence plus importante de blessure
à l’aine sur la première ligue. Le fait de jouer à haut niveau, triple le risque de contracter une
douleur à l’aine (HÖLMICH et al., 2010).

Le terrain est également à mettre en cause (IACOVELLI et al., 2013). L’étude portée sur 188
joueurs de football d’une équipe universitaire de 1ère division comparait l’épidémiologie des
blessures des membres inférieurs en fonction du terrain :
- Le taux de blessure est 2,61 plus élevé lorsque l’état du terrain est jugé anormal
- Le taux de blessure est 3,34 plus élevé lorsqu’on évolue sur une pelouse synthétique par
rapport à une pelouse naturelle pendant les matchs
- Aucune corrélation de blessure avec le type de chaussure ou le nombre de crampons

Les gestes techniques spécifiques au sport pratiqué. En appui unipodal les contraintes appliquées
au pubis sont majorées lors des mouvements : sauts, changements de directions rapides, arrêts
brusques et frappes notamment (BUSQUET, 2012).

Tous ces facteurs de risques peuvent être à l’origine des déséquilibres posturaux et
musculaires propres à chaque sportif et relatent une exposition plus accrue à la blessure et à la
survenue de la douleur à l’aine pour les sportifs concernés. Ceux-ci seraient à l’origine d’un
morphotype prédisposant de la pubalgie comportant : une hyperlordose, une antéversion du
bassin, une hypotonicité des abdominaux et une hypertonicité des cuisses avec adducteurs
rétractés et faibles (RODINEAU et BESCH, 2009).

6
2.1.4. Examen clinique

La douleur à l’aine a toujours été considérée comme un problème difficile à


diagnostiquer. Un manque de connaissances scientifiques concernant l’origine de la douleur sous-
jacente peut provoquer des controverses et des désaccords au niveau du diagnostic et de la
terminologie. Cependant, au cours de la dernière décennie, une compréhension de la clinique
fondée sur des preuves est en train de naitre. L’examen clinique est rendu compliqué au vu des
nombreux diagnostics différentiels existant entre la douleur liée à la hanche et la douleur liée à
l’aine. Les lésions intra-articulaires de la hanche représentent 10% de toutes les lésions de la
hanche et constituent un important diagnostic différentiel de la douleur à l’aine : conflit
fémoroacétabulaire, lésion chondrale, et synovite (WERNER et al., 2009). La douleur à l’aine
peut être d’origine musculotendineuse, osseuse ou inguinale. L’objectif de l’examen clinique est
donc de catégoriser au mieux la douleur afin de bien organiser la prise en charge thérapeutique.

[Link]. Catégorisation de la douleur

L’accord de Doha concernant l’examen des athlètes souffrant de douleurs à l’aine suggère de
classer les athlètes en fonction de certaines entités cliniques sur la base de tests de provocation
par la douleur.

Structures Caractéristique de la Douleur Tests


Sensibilité de l’adducteur à la palpation.
Douleur au pourtour de l’insertion
Douleur Sensibilité et douleur des adducteurs lors
proximale du tendon long adducteur
liée à un du test d’adduction résistée.
pouvant irradier médialement le long
adducteur Douleur reproduite lors de l’étirement des
de la cuisse.
adducteurs.

Sensibilité du psoas à la palpation infra ou


Douleur Douleur dans la partie antérieure de la supra inguinale.
liée à un cuisse, localisée plus latéralement que Douleur reproduite avec résistance à la
ilio-psoas la douleur à l'aine liée à un adducteur. flexion de la hanche et / ou douleur avec
étirement du fléchisseur de la hanche.

Sensibilité et douleur du canal inguinal liée


Douleur dans la région inguinale
à la manœuvre de vasalsa à la toux et/ou
Douleur s’aggravante avec l'activité. Si la
éternuement.
d’origine douleur est intense, des douleurs
Aucune hernie inguinale palpable trouvée.
inguinale inguinales surviennent souvent à la
Douleur reproduite avec test de résistance
toux, à l’éternuement et en position
des muscles abdominaux.
assise.

7
Sensibilité de la symphyse pubienne à la
palpation.
Douleur
Douleur au pourtour de la symphyse Pas de test de résistance particulier, mais
liée au
pubienne. plus probable si la douleur est reproduite
pubis
par les tests de résistances adducteurs /
abdominaux.
Douleur Suspicion clinique à la suite du bilan
liée à la articulaire selon laquelle l'articulation de la
hanche hanche est la source de douleurs à l'aine.
Toute autre affection orthopédique, neurologique, rhumatologique, urologique,
gastro-intestinale, dermatologique, oncologique ou chirurgicale provoquant une
Autres
douleur dans la région de l'aine

Tableau 1: Catégorisation de la douleur à l’aine inspiré de (THORBORG et al., 2018)

[Link]. Tests et applications

L’absence de douleur à la palpation au niveau des adducteurs et des fléchisseurs de la


hanche présente la valeur prédictive la plus élevée pour éliminer les lésions graves dans ces
structures, avec une précision supérieure à 90 % (SERNER et al., 2016).

Il existe une diminution de la force musculaire et de l’amplitude des mouvements de hanche chez
les athlètes présentant des symptômes de la hanche et de l’aine (NEVIN et DELAHUNT, 2014).
Cela est mis en évidence par deux tests présentant une excellente fiabilité intra et inter-
examinateurs (annexe 3) :
- Squeeze test
- Bent knee fallout test
Le test de compression (Squeeze test) permet de quantifier la force d’adduction à l’aide d’un
tensiomètre. La pression d’adduction d’un athlète souffrant d’une douleur à l’aine est réduite de
20% environ par rapport à un sujet sain (MALLIARAS et al., 2009). Le manque d’amplitude de
mouvement de la hanche est le facteur le plus fréquemment associé à la douleur à l’aine chez les
athlètes (TAK et al., 2017). Les tests pour mettre en évidence ce manque d’amplitude comme le
bent knee fallout test sont encore discutés dans la littérature (TAK et al., 2016). Cependant ces
tests ont une grande fiabilité inter-examinateur avec des coefficients de corrélations intra classe
de 0,91 pour le squeeze test et de 0,92 pour le bent knee fallout test (O’BRIEN, SANTNER et
FINCH, 2018).

La fonction musculaire et les performances doivent également être systématiquement évalués


(REIMAN et THORBORG, 2014). Le test Ilinois est un test de performance imitant les tâches
spécifiques au footballeur associant vitesse et changements de directions. Il a un coefficient intra-

8
classe de 0,95 (HACHANA et al., 2013). Le test SEBT (Star Excursion Balance Test) peut être
utilisé pour mettre en évidence un conflit fémoroacétabulaire et ainsi confirmer un conflit de
hanche et non une douleur à l’aine (annexe 4). Les athlètes avec un conflit fémoroacétabulaire
ont une profondeur de squat plus faible, révélant une moyenne inférieure des résultats et une
provocation de douleur lors du squat unipodal (KIVLAN et MARTIN, 2012).

[Link]. Imagerie médicale

L’imagerie médicale n’est pas utile pour des douleurs pouvant être catégorisées dans le
tableau de l’accord de Doha. Actuellement il n’y a aucune preuve que l’imagerie améliore le
diagnostic ou le pronostic de l’athlète pour les douleurs à l’aine. Cependant elle est vivement
conseillée lorsque le thérapeute suspecte une pathologie anormale (THORBORG et al., 2018). Par
ailleurs elle peut être un outil utile pour aider le clinicien à déterminer s'il existe ou non une
possible pathologie intra-articulaire de la hanche (REIMAN et THORBORG, 2014).

Figure 4: Imagerie des douleurs à l'aine inspiré de THORBORG ET AL. 2018

2.1.5. La place de la pubalgie dans la société

La pubalgie a connu une telle augmentation de fréquence au cours des deux dernières
décennies, qu’on peut se permettre de la considérer comme une épidémie grave en traumatologie
sportive. La douleur chronique de hanche et de l’aine représente 10% de toutes les consultations
dans les centres de médecine sportive (MCCRORY et BELL, 1999) et de 5% à 28% de l’ensemble
des blessures sportives (HUREIBI et MCLATCHIE, 2010). Elle occupe une place prépondérante
dans certains sports et implique des enjeux sociétaux importants.

9
Les blessures à l’aine sportives les plus courantes surviennent dans les sports avec appuis
monopodaux alternés comprenant un travail asymétrique des membres inférieurs et impliquant
un mouvement de torsion pendant la course tel le football, le hockey et le rugby par exemple. Le
nombre d’entrainements intensifs quotidiens sans possibilité de récupération active totale,
augmente cette incidence (KINCHINGTON, 2019).Tous les sportifs peuvent être sujet à
l’apparition d’une douleur. Cependant le ratio, nombre de sportifs / nombre de blessures, est trois
fois plus élevé chez les hommes (KARLSSON et al., 2014). Une étude de l’UEFA réalisée sur
des joueurs de football professionnels s’est intéressée à l’incidence des blessures à l’aine dans le
monde du football. L’étude a analysé 88 saisons de clubs de pays différents sur 7 ans. La blessure
à l’aine représentait au total 12 à 16 % de toutes les blessures (WERNER et al., 2009).

2.1.6. Pubalgie et kinésithérapie

La première description de cette pathologie a été faite en 1932 par le médecin italien
Spinelli. Il s’intéressait à la pubalgie de l’escrimeur (PUIG, TROUVE et SAVALLI, 2004). La
pubalgie est maintenant une entité bien connue mais elle reste une entité clinique de diagnostic et
de traitement difficile. Sa prise en soin n’a pas été clairement codifiée jusqu’à présent. Les
données littéraires ne permettent pas de mettre en évidence de consensus concernant la durée de
prise en soin.

Le temps de rééducation diffère entre les études réalisées par les auteurs. Pour Gilmore, ce temps
est d’environ de 4 semaines (GILMORE, 1998). La plupart des auteurs dans la littérature décrivent
un temps de rééducation supérieur à 4 semaines pouvant atteindre 6 mois (MAHMOUDI et al.,
2015). Certains auteurs décrivent des douleurs et des symptômes persistants dans la région de la
hanche et de l'aine qui ne disparaissent souvent pas entre 6 et 12 mois (VAN DER WAAL et al.,
2006). La reproductibilité d’études concernant la pubalgie est très faible dans la littérature. Il est
donc très difficile de retranscrire le temps de rééducation moyen. Ce temps de retour au sport va
dépendre du sport pratiqué, mais aussi de tous les facteurs de risques évoqués plus haut ([Link]).
Ces longs délais de rétablissement peuvent être une indication de l’état de déconditionnement du
patient et sont dépendants de chaque sportif. Le repos associé est préconisé par certains auteurs.
Il consiste à la suppression des gestes dits « toxiques » (frappes, accélérations) afin de restaurer
le maintien de l’équilibre physiologique musculaire et articulaire au niveau et autour du bassin.
La notion de repos complet ou incomplet est encore débattue dans la littérature mais la reprise
des activités sans le déclenchement de la douleur est unanime (GRAIRI, 2011).

La composante psychologique du sportif dépendra de facteurs personnels (personnalité,


historique des blessures), professionnels, économiques (impact sur le salaire / transferts) et de la
sévérité de la blessure. Les blessures présentent généralement une connotation péjorative où
l’arrêt de l’activité est souvent mal vécu. Elle est donc souvent perçue comme une souffrance

10
psychologique et physique fragilisant le sportif. Cependant elle peut être aussi perçue comme
une connotation positive. Le sportif peut profiter de sa période de convalescence pour revenir plus
fort, prendre conscience et connaissance de son organisme.

Il y a beaucoup de théories concernant la pathogenèse de la douleur à l'aine. Les traitements


sont parfois longs et décevants, reposant sur des évaluations empiriques. Le traitement
(conservateur ou post-chirurgical) qu’appliquent les professionnels de santé, doit permettre de
retrouver l’efficience sportive et d’éviter le risque de récidive.

2.2. Le traitement post-chirurgical :

Le traitement chirurgical ne sera appliqué que si le traitement médical et kinésithérapique


bien conduit n’a donné aucun résultat. C’est un traitement pouvant être capital pour une reprise
au sport, notamment en cas de souffrance du canal inguinal. Après l’échec des mesures
conservatrices, deux types de chirurgies existent (LE PICARD, REBOUL et VUCKOVIC, 2013) :
Renforcement de la paroi abdominale ou ténotomie des adducteurs.

2.2.1. Renforcement de la paroi abdominale

La hernie inguinale se présente comme un renflement dans la région de l’aine pouvant


devenir plus proéminant lorsque la pression abdominale augmente. L’objectif de la réparation
inguinale est de renforcer la paroi postérieure du canal inguinal. Il y a alors deux techniques
d’interventions :
- Pose de prothèse tels que la technique de Lichenstein, laparoscopie
- Technique de suture tels que Shouldice, Mushaweck ou Nesovic
L’utilisation de prothèse est contre indiquée chez le sportif car elle est pourvoyeuse de douleurs
chroniques. Les techniques de sutures sont donc préférables (LE PICARD, REBOUL et
VUCKOVIC, 2013). L’intervention de suture consiste en un rééquilibrage de la balance
musculaire entre une musculature abdominale déficiente et souvent hypotonique par rapport à des
adducteurs plus forts. On effectue une suture de plastie abdominale afin de réparer les faiblesses
musculaires notamment au niveau du canal et de sa paroi postérieure (BOUKHRIS et al., 2014).

2.2.2. Ténotomie

La ténotomie traite « l’enthésopathie » des adducteurs. La section du tendon est réalisée au niveau
de l’enthèse fibro-cartilagineuse du long adducteur. Dans 85% des cas, la ténotomie est réalisée
avec un geste pariétal (PRUVOST, 2015) . Une mobilisation précoce passive est nécessaire dans
toutes les directions. La reprise de sport s’effectuera progressivement et sera contrôlée par le
thérapeute. Il n’y a pas de frappes de balles avant le 45ème jour post-opératoire.
La reprise du sport au même niveau après l’intervention chirurgicale se fait dans 80% des cas si
le protocole de prise en soin médical est parfaitement suivi.
11
2.3. Le traitement conservateur :

Le traitement conservateur est un traitement de premier temps encadré par le médecin et le


kinésithérapeute. C’est un traitement qui serait efficace dans 80 % des cas (BERGER, 2000). Cela
demande une bonne connaissance de la pathologie afin de bien orienter le processus de guérison.
Même si la douleur à l'aine chez les athlètes est fréquente, il existe peu de recherches de haute
qualité sur le traitement conservateur (SERNER, VAN EIJCK, et al., 2015).

2.3.1. Définition

Le traitement conservateur nécessite une prise en charge thérapeutique précoce et


spécifique à la lésion de la blessure. Un bilan kinésithérapique bien mené avec des tests appropriés
est essentiel (VIDALIN et al., 2009). La rééducation est effectuée selon quatre paliers avec un
diagnostic médical précis :
- Palier 1 : Elimination des phénomènes douloureux et traitement des facteurs de risques.
- Palier 2 : Renforcement et rééquilibration de la balance musculaire. C’est durant cette
phase que le risque d’échec du traitement conservateur est le plus grand.
- Pallier 3 : Reprogrammation neuro-motrice et réadaptation à l’effort.
- Pallier 4 : Programme spécifique de reprise sportive

Ces paliers sont des étapes nécessaires au bon déroulement de la rééducation. Les traitements
utilisés sont multiples dans la rééducation de la pubalgie. Ils contribuent ainsi à la diversité de la
profession. En effet l’approche thérapeutique n’est pas unanime et les moyens de rééducation
différent entre les professionnels de santé. Le choix d’un traitement s’effectue selon l’expérience
du thérapeute mais aussi du type de population ciblé. La structure anatomique mise en cause et
l’efficacité du traitement employé sont aussi à prendre en compte. Ces traitements sont listés ci-
dessous (BARRAS, LUTZ et MATHIEU, 2019)(GRAIRI, 2011) :
Visée antalgique / Trophique Rééquilibration de la ceinture pelvienne
- Massage : Assouplissements, Frictions
- Crochetage
- Thermothérapie / Cryothérapie
- Etirement
- Electrothérapie (laser ; TENS...)
- Thérapie par l’exercice
- Dry neeling
- Thérapie Manuelle
- Ultrasons
- Travail de Mobilité
- Ondes de chocs

Tableau 2: Les différents traitements conservateurs existants pour la rééducation de la douleur à l’aine

Les options de traitements passifs ou actifs partagent l’objectif de ramener l’athlète à une activité
sans douleur (ELLSWORTH, ZOLAND et TYLER, 2014). L’efficacité du traitement appliqué est
évaluée selon trois critères :

12
- L’intensité des phénomènes algiques : Toute rééducation vise à réduire les phénomènes
algiques. C’est le symptôme guidant le patient et le thérapeute dans la rééducation.
- Le temps de retour au sport : Il est dépendant de chaque sportif. Un traitement
conservateur bien mené vise à obtenir une rééducation efficiente et donc à faire reprendre
le patient dans les plus brefs délais et sans douleur.
- Les risques de récidives : Le risque de contracter une douleur à l’aine après en avoir déjà
eu une est beaucoup plus élevé. C’est pourquoi la prévention et la prophylaxie font part
entière du traitement kinésithérapique.

2.3.2. La place de la thérapie par l’exercice dans la rééducation

La littérature possède de nombreuses études s’intéressant aux traitements de la pubalgie,


mais plus particulièrement à un traitement spécifique : le renforcement musculaire. Si l’on suit
les paliers de rééducation définis (VIDALIN et al., 2009), le renforcement musculaire fait partie
intégrante de la rééducation.

Une revue systématique s’intéresse à l’efficacité d’une thérapie par l’exercice chez les athlètes
avec pour objectif d’étudier l’efficacité de la thérapie par l’exercice sur la douleur (MACHOTKA,
KUMAR et PERRATON, 2009). Les auteurs concluent au bénéfice de la pratique clinique courante
de la thérapie par l’exercice pour la rééducation des douleurs à l’aine. Un renforcement des
muscles de la hanche et des abdominaux est préconisé. Les caractéristiques du renforcement
doivent suivre un protocole bien spécifique (P. HÖLMICH et al., 1999) : 90 minutes par séance,
trois fois par semaine sur 8 à 12 semaines. Cette revue systématique a été reprise en 2017
(CHARLTON et al., 2017). Dans cette étude, la population ciblée oscille entre sportifs amateurs
à professionnels, pratiquant tous types de sports. La revue comporte 14 études s’intéressant au
traitement de la douleur à l’aine par la rééquilibration des chaines musculaires de la hanche et de
l’abdomen. Les risques de récidives, de rémissions et le retour au sport sont aussi étudiés.
- 9 ont des résultats favorables pour le traitement de la douleur.
- 5 pour éviter le risque de récidive
- 5 pour un retour au sport prématuré

Une autre étude de long court (entre 8 et 12 ans) a été réalisée sur 47 sportifs ayant des douleurs
à l’aine chroniques (HÖLMICH, NYVOLD et LARSEN, 2011): le programme d’entrainement
incluait un renforcement des muscles adducteurs, abducteurs, abdominaux et lombaires. Combiné
à des exercices de coordination et d’équilibre, ce programme a permis de ramener 79% des
athlètes à leur même niveau sans douleur, critère qualifiant la réussite du traitement.

Cependant, les modalités des exercices de renforcement musculaire diffèrent en fonction des
sports pratiqués et des protocoles décrits. Les modalités d’exercices les plus retrouvées dans la
littérature sont présentées ci-dessous :

13
Groupes Modes de Courses musculaires Fonctions Objectifs
Musculaires contractions
Abducteurs Isométrique Course interne (CI) Analytique Endurance
Adducteurs Concentrique Course externe (CE) Fonctionnel Force
Ischios-Jambiers Excentrique Course moyenne (CM) Vitesse
Erecteur du rachis Pliométrique Puissance
Abdominaux Proprioceptif
Ilio-psoas Antalgique

Tableau 3: Modalités des exercices de renforcement musculaire

La thérapie par l’exercice semble être un traitement de choix réduisant le temps de retour au sport,
les phénomènes algiques et le risque de récidive. Elle tend à être un élément clé de la rééducation
de la douleur à l’aine.

2.3.3. La rééducation en fonction de la catégorisation de la douleur

Après la catégorisation de la douleur lors de l’examen clinique, il s’agit de voir quels


traitements et quels exercices sont conseillés dans la littérature pour les quatre entités cliniques
établies lors du consensus de Doha en 2015.

[Link]. Douleur à l’aine liée à un adducteur

La douleur à l’aine liée à un adducteur (ADD) est la douleur la plus fréquente chez les
sportifs (SERNER, TOL, et al., 2015). Elle représenterait près de deux tiers des blessures à l’aine
chez les footballeurs notamment (WERNER et al., 2009). De multiples facteurs de risques ont été
développés dans le cadre théorique. Dans les sports comportant sprints, changements de
directions et frappes de balles, la force de l’adducteur est prépondérante. Une étude réalisée chez
81 hockeyeurs montrait que le ratio de force adduction / abduction est de 95 % chez les joueurs
sains et de 78 % chez les joueurs blessés (TYLER et al., 2001).

Des chercheurs danois de l’université de Copenhague ont déterminés quels exercices


solliciteraient le mieux les adducteurs de hanche grâce à l'activité électromyographique (EMG)
du muscle long adducteur (SERNER et al., 2014). Huit exercices ont été proposés à quarante
footballeurs danois de haut niveau n’ayant aucune douleur ou symptôme au niveau des
adducteurs. Les valeurs des pics d’EMG du long adducteur variaient entre 14% à 108%. Les
résultats de l’étude sont présentés ci-dessous :
Numéro photo Recrutement du muscle long ADD
Nom de l’exercice
annexe 5 Coté testé Autre coté
Adduction isométrique avec ballon entre
A 108 % 102 %
les chevilles

14
Adduction isométrique avec ballon entre
B 86 % 80%
les genoux
Adduction de hanche en latérocubitus C 64 % 17 %
Glissement abduction / adduction D 98% 89%
Adduction de hanche avec bande
E 103% 70%
élastique
Machine adducteur F 99% 95%
Adduction bilatérale G 14% 15 %
Copenhague adduction H 108 % 69%

Tableau 4: Activité EMG du muscle long ADD inspiré de SERNER et al.

Cette étude avait pour objectif de fournir aux athlètes et aux thérapeutes des connaissances pour
sélectionner les exercices appropriés en fonction des différentes phases de prévention et de
traitement. Les différentes photos des exercices sont disponibles (annexe 5). On peut s’apercevoir
que les exercices du copenhague adduction et d’adduction isométrique avec ballon entre les
chevilles, recrutent jusqu’à 108% de la force de l’adducteur. Ces exercices peuvent donc être très
intéressants afin de bien cibler le long adducteur dans des modalités de renforcement spécifiques.

L’essai contrôlé randomisé d’Hölmich est un des seuls protocoles reproductibles à être retrouvé
dans les études. Il reprend la plupart de ces exercices (HÖLMICH et al., 2010). Les auteurs ont
composé un programme d’exercices s’intéressant à la rééducation des adducteurs dans un
contexte de douleur à l’aine. Ce programme se divisait en deux modules (annexe 6) :
- 1er module à réaliser tous les jours pendant les deux premières semaines. Ce module
comprend des exercices statiques et dynamiques.
- 2ème module à réaliser trois fois par semaines pendant 8 à 12 semaines. Ce module
comprend des exercices dynamiques avec plus de résistance, d’équilibre et de
coordination que le 1er module.
La course est autorisée à partir de 6 semaines après le début du traitement s’il n’y a pas de douleur.
C’est une étape nécessaire avant de reprendre la phase sportive d’entrainement spécifique. Sur ce
protocole, l’étirement des adducteurs n’est pas proscrit au contraire de l’étirement de l’ilio-psoas.

Les phases de la rééducation pour une douleur liée à l’adducteur suivent les paliers décrits
par (VIDALIN et al., 2009). Ces phases ont été reprises récemment par (BRUKNER et al., 2017) :

- Phase aiguë
C’est une phase caractérisée par l’inflammation de la jonction musculotendineuse à l’insertion de
l’enthèse. Le but durant cette phase étant de protéger la structure de la blessure et de contrôler la
douleur et l’inflammation afin de permettre une réparation tissulaire. Le thérapeute pourrait passer
à la phase suivante si le sujet n’a pas de douleur lors des contractions isométriques et présente
une amplitude d’abduction de hanche d’au moins 50% égale au côté non lésé.

15
- Phase de conditionnement
C’est une phase caractérisée par la régénération tissulaire. L’activation des muscles adducteurs,
abdominaux et fléchisseurs de hanche devra être progressive et graduée. Le maximum de
répétitions requis étant de 20-30 par exercice. Les modes de contractions isométriques,
concentriques et excentriques seraient autorisés sans que la douleur n’excède pas 3 sur l’échelle
EVA durant l’exercice. Les auteurs conseillent une rééducation trois fois par semaine idéalement.
Pour passer à la phase suivante, une marche rapide et sans douleur est demandée, ainsi qu’un
squeeze test non douloureux.

- Phase spécifique au sport


C’est une phase caractérisée par une restauration musculo-tendineuse. Les exercices de force,
d’endurance, de coordination, d’équilibre et de contrôle neuromusculaire sont conseillés. La
douleur doit rester entre 0 et 2 sur l’échelle EVA. Le copenhague hip adductor est préconisé ainsi
que les courses avec accélérations et changements d’appuis. Pour passer à la phase suivante, les
amplitudes articulaires actives de hanche en abduction notamment devraient être égales des deux
côtés. La force musculaire de l’adducteur atteint doit être égale ou supérieure à 80 % par rapport
au côté sain. De plus l’exécution des exercices doit être normale et sans douleur.

- Phase de retour au sport


C’est une phase où l’on doit retrouver les fonctions musculaires du sport effectué. La place de la
prévention est entière. Le but étant de maintenir les capacités d’endurance de force musculaire
acquis au cours de la rééducation tout en améliorant le contrôle moteur. Le critère pour le retour
à la compétition est de participer à des entrainements complets sans apparition de la douleur
pendant une à trois semaines avant la compétition.

[Link]. Douleur à l’aine liée à un ilio-psoas

C’est la seconde pathologie de douleur à l’aine la plus fréquente (SERNER, TOL, et al.,
2015). Le traitement consiste à des contractions isométriques, concentriques et excentriques des
muscles fléchisseurs de hanche. Ces exercices sont combinés avec des séries de stabilisation de
la ceinture pelvienne et de l’étirement de l’ilio-psoas. La reprise se ferait sous 6 semaines
(BRUKNER et al., 2017).

[Link]. Douleur à l’aine d’origine inguinal

La première approche du traitement ressemble au programme décrit dans la phase aiguë


de l’adducteur. Cela consiste à renforcer en isométrique la force des abdominaux, la stabilisation
de la ceinture pelvienne associés à des exercices d’équilibre (BRUKNER et al., 2017). Le gainage
est conseillé en terme de premier exercice de renforcement (P. HÖLMICH et al., 1999). La durée
d’absence décrite dans la littérature est de 8 à 12 semaines. Le traitement conservateur a été un

16
succès lorsque le patient n’a plus de douleur pendant le traitement et à la course. En revanche, si
les douleurs persistent, l’approche chirurgicale est conseillée (YUILL, PAJACZKOWSKI et
HOWITT, 2012).

[Link]. Douleur à l’aine liée au pubis

La rééducation repose principalement sur le déchargement des membres inférieurs et


l’augmentation progressive de la charge sur 12 semaines (VERRALL et al., 2005). Une vision plus
globale du mécanisme pathologique est nécessaire. Ainsi, l’incorporation d’une rééducation
centrée sur la biomécanique inter-segmentaire tout en respectant la quantification du stress
mécanique est intéressante.

2.3.4. Approche biomécanique de la rééducation

Enda King décrit un programme de rééducation indépendamment de l’entité clinique


(KING et al., 2018). Le programme a été conçu pour cibler le contrôle inter-segmentaire et pour
optimiser la biomécanique de course. Les exercices comprenaient des soulevés de terre, squats,
fentes, ciblant la coordination multi-segmentale. L’étude a montré que 73 % des 205 patients
atteints de douleurs à l’aine sont revenus au jeu sans douleur en 9,9 semaines en moyenne. De
plus la force de leurs adducteurs s’est améliorée significativement en l’absence de renforcement
isolé. L'activation du fessier et du muscle psoas est réduite pendant l'extension de la hanche. Cela
augmenterait les forces articulaires antérieures de la hanche. Il est donc essentiel de restaurer leurs
fonctions afin d'optimiser la répartition de la charge dans la région (LEWIS, SAHRMANN et
MORAN, 2007). L’approche biomécanique inter-segmentaire serait une alternative aux exercices
basés sur des diagnostics anatomiques cliniques.

2.3.5. Les shorts de compressions

Les shorts de compressions sont utilisés dans la population sportive afin de soulager les
symptômes douloureux et ainsi augmenter l’efficience sportive. Une étude récente a voulu vérifier
cette hypothèse (OTTEN et al., 2019). Les 34 joueurs masculins de football souffrant de douleur
à l’aine ont été recrutés en fonction de la catégorisation de douleur de DOHA. Ils devaient
présenter au moins une des quatre entités cliniques. Après avoir rempli le questionnaire HAGOS,
ils ont effectué trois tests : le copenhague squeeze test, le test d’agilité Illinois et un test de tir
avec une force maximale.

L’effet des shorts haute compression a permis une réduction de la douleur au cours du test
d’agilité Illinois (- 36% en moyenne) et du tir de force maximum (- 40% en moyenne) en
corrélation avec une amélioration du score HAGOS. Différentes explications sont possibles :
- Les vêtements de compression permettent d’appliquer une pression mécanique à la
surface du corps, comprimant et donc soutenant les tissus sous-jacents. Les avantages
17
potentiels peuvent être induits par des effets physiques, physiologiques ou
psychologiques.
- Les shorts de compressions réduisent l’activation EMG du muscle long adducteur
ipsilatéral lors d'un changement de direction à 45 degrés à pleine vitesse, impactant son
niveau de charge au niveau de la symphyse pubienne (CHAUDHARI et al., 2014). De
plus, ils augmentent la stabilité pelvienne (SAWLE, FREEMAN et MARSDEN, 2016).
- Le short de compression permettrait également de réduire les oscillations musculaires et
la consommation d’oxygène au cours de l’exercice. Le débit sanguin local et la clairance
des protéines seraient également modifiés (MACRAE, COTTER et LAING, 2011). Une
dernière explication pourrait être l’effet placebo causé par les croyances des sujets
(TURNER et al., 1994).

Ces études montrent les bienfaits du short de compression. Cependant le short reste un traitement
palliatif et ne traite en aucun cas l’origine du problème. Le short pourrait être un bon allié à la
rééducation et au processus de réadaptation.

2.4. Recommandations internationales

2.4.1. Littérature et pubalgie

La pubalgie est encore un sujet très controversé des auteurs. Il n’existe pas encore de méta
analyse des résultats sur les interventions pour le traitement de la douleur par l’exercice. Ceci est
dû au petit nombre d’études existantes sur le sujet et au peu d’études reproductibles.
Le traitement conservateur, d’après (BERGER, 2000) et (ROCHCONGAR, LE GALL et JAN,
1996) serait suffisant en terme de rééducation de la douleur, dans 80 % des cas. Le thérapeute à
des outils pour l’aider au mieux à la compréhension du phénomène algique chez le patient et qui
vont orienter le processus de guérison :
- Diagnostic des structures lésées : tests sensibles et spécifiques.
- Ressenti du patient : questionnaire HAGOS.
- Rééducation : exercices recommandés et protocoles de rééducation.
- Programme de prévention de la pathologie.

2.4.2. Questionnaire HAGOS

Le Professeur Thorborg a insisté sur le fait que peu d’éléments précis permettent
d’évaluer l’importance de la douleur et son retentissement fonctionnel chez un sportif atteint de
pubalgie. Le questionnaire HAGOS (copenhagen hip and groin outcome score, annexe 7) est un
questionnaire destiné au patient. Il permet de mieux évaluer les douleurs associées, de suivre
l’évolution du sportif et l’impact réel des traitements. Il comprend cinq sous-échelles évaluant la
douleur (4 questions), les symptômes (5 questions), les limitations lors des activités physiques de

18
la vie quotidienne (13 questions), les difficultés rencontrées lors des activités sportives (10
questions) et l’impact sur la qualité de vie (5 questions) (THORBORG et al., 2014). C’est un
questionnaire reconnu internationalement par le COSMIN (normes fondées sur le consensus pour
la sélection d’instruments de mesure de la santé). C’est une initiative d’une équipe
multidisciplinaire internationale de chercheurs améliorant la sélection d’instruments de mesure
des résultats et permettant de suivre l’évolution clinique de la douleur (MOKKINK et al., 2016).

Dans une étude, il a été démontré que les hanches de sportifs présentant un score HAGOS bas
(donc plus touchés par les plaintes quotidiennes) ont moins de rotation interne (23,9°) et de
rotation totale de hanche (58,2°) que ceux ayant un score HAGOS plus grand (28,9° et 65,6°)
(TAK et al., 2016). Il est important d’identifier la capacité fonctionnelle de l’athlète afin
d’optimiser et de structurer un programme de réadaptation individualisé. Cette approche
systématique de l'examen clinique et de l'évaluation de la hanche doit donc toujours être adaptée
à chaque athlète et à chaque situation.

2.4.3. Protocoles de rééducation

Il existe de nombreux protocoles dans la littérature. Ils dépendent des auteurs qui l’ont réalisé.
En dehors du protocole d’Holmich, les protocoles les plus connus dans la rééducation de la
douleur à l’aine sont :
Pau-Toronto : Travail de la proprioception et renforcement isométrique des stabilisateurs de la
hanche (BOUVARD et al., 2008). Cela consiste à amener le membre dans toutes les amplitudes
maximales, chaque mouvement durant quatre secondes. On effectue cinq cycles en commençant
par le membre « sain ».

ASM mc kenzie : Renforcement des stabilisateurs externes de la Hanche (VIDALIN et al., 2009).

Stanish : Travail ciblé sur adducteur (VIDALIN et al., 2009).

« Serpillère » : 3 séries de 5 mouvements. Décrit comme l’exercice D (SERNER et al., 2014),


annexe 5.

2.4.4. Modalités du renforcement musculaire

Les exercices de renforcement musculaire proposés ont pour but notamment de corriger
les déficits du contrôle neuro-moteur et de rétablir la performance musculaire (PRUVOST, 2015).
La performance musculaire est la capacité d'un muscle à générer des forces pour produire,
maintenir et modifier des mouvements qui sont la condition préalable à l'activité fonctionnelle
sportive. Les exercices peuvent avoir pour objectif la force, l’endurance, la puissance,
l’antalgique, le proprioceptif et la vitesse. L'entraînement en force à haute résistance est une forme
d'activité physique fréquemment pratiquée. Elle est utilisée notamment pour améliorer les
performances athlétiques (FOLLAND et WILLIAMS, 2007).

19
La puissance est le travail produit par unité de temps ou le produit de la force et de la vitesse.
L'endurance est la capacité du muscle à maintenir des forces à plusieurs reprises ou à générer des
forces sur une période de temps. Ce type d’entrainement implique de nombreuses répétitions à
faible résistance. Le tableau ci-dessous relate les différentes modalités des objectifs recherchés
dans le renforcement musculaire :
Séries Répétitions Repos (s) % RM Vitesse
Force 3-5 3-6 90-120 90-100 Maitrisée
Puissance 3-4 8-12 45-60 40-60 Explosive
Endurance 1-2 15-30 45-60 50-70 Spécifique au sport
Tableau 5: Modèles de charges d'entrainement musculaire (BRUKNER et al., 2017)

2.4.5. La place de la prévention dans la pubalgie

Le risque de récidive d’une pubalgie est 4 à 7 fois plus élevé après avoir déjà contracté
une blessure à l’aine (ARNASON et al., 2004). La pubalgie est une pathologie chronique dans
trois quarts des cas et est à l’origine souvent d’une longue période d’arrêt pour les sportifs. Il faut
savoir que 50% des blessures ont lieu au début de saison (K. THORBORG, RATHLEFF, et al.,
2017). La prévention dans ce type de pathologie traumatologique est très importante. Un des
points faibles du patient pubalgique, c’est le manque de mobilité au niveau pelvien. Une mobilité
restreinte de hanche peut avoir des effets délétères au niveau de l’articulation coxo-fémorale, mais
aussi tout au long de la chaine cinétique musculaire. L’auto-mobilisation de hanche doit intervenir
après l’échauffement et juste avant les exercices de renforcement musculaire (REIMAN et
MATHESON, 2013).

Les douleurs à l’aine liées aux adducteurs représentent les deux tiers des blessures chez le
footballeur (MOSLER et al., 2018). Un programme de prévention nommé fifa 11+ comprenant
éducation à la douleur, entretien d’une bonne mobilité articulaire, renforcement excentrique de
l’adducteur, et quantification de la charge de travail a été établi. Il doit être réalisé 20 minutes
avant les matchs et montre des résultats très probants (Kristian THORBORG et al., 2017) :
- Diminution de 41 % des pubalgies
- Diminution de 60 % des lésions des ischios-jambiers
- Diminution de 77% des blessures liées au ligament croisé antérieur
- Diminution de 32% des entorses de chevilles

Le rôle du métier de kinésithérapeute est donc central dans la prise en soin complexe de
cette pathologie. Ce n’est pas une approche uni-segmentaire. Les thérapeutes doivent donc
comprendre parfaitement les problématiques qui entourent la pathologie. Le devoir d’efficacité
de prise en soin, vis à vis de la reprise sportive, est total.

20
3. Problématisation

3.1. Situation d’appel

3.1.1. En stage

Lors de précédents stages, et cela n’implique que notre propre expérience qui est très
limitée dans le domaine, on a pu observer que la prise en soin de la pubalgie était très différente
entre les professionnels de santé. Bien que les populations étudiées ne pratiquaient pas tous le
même sport, l’approche thérapeutique et la rééducation divergeaient sur de nombreux points :
Intensité de l’exercice, temps de repos, répétitivité, fréquence des séances, travail en différentes
courses musculaires.

On s’est alors intéressé à cette pathologie, pathologie récurrente et controversée dans le domaine
du sport : « Pourquoi cette rééducation est-elle difficile ? Pourquoi n’est-elle pas unanime entre
les professionnels de santé ? ».

Les difficultés de prise en soin diagnostique et thérapeutique de la pubalgie viennent de


l’implication dans le tableau clinique d’une articulation, de 18 muscles, de 2 canaux inguinaux,
et du système neurologique. La complexité anatomique rend difficile le bon choix du traitement.
La douleur chronique empêche tout pratique sportive à 100% des capacités. Les plaintes du
patient pubalgique sont directement dépendantes du mouvement. Le patient ne comprend pas
toujours l’étiologie de ses plaintes. Généralement, ils viennent consulter le médecin lorsqu’ils ne
peuvent plus compenser, plus pratiquer le sport à 100%. La douleur est alors récurrente, même
au repos. Très inquiets de la durée de rééducation nécessaire, ils se reposent alors sur le
kinésithérapeute. Il en ressort donc une double problématique : problématique de prise en soin
pour le masseur-kinésithérapeute, et problématique de chronicité pour le patient.

3.1.2. Dans la vie quotidienne

La pratique du sport a toujours été source d’intérêt. Cela va faire maintenant 18 ans que
je pratique le football. Durant ces années, de nombreuses blessures sont apparues autour de moi.
L’étiologie et la rééducation de celles-ci a toujours été source de curiosité.

La pubalgie est une pathologie pouvant toucher tous types de sportifs et qui peut devenir
récurrente dans certains sports. Le football reste le sport ou il y a le plus de cas. Une étude
prospective (MOSLER et al., 2018) a montré que sur 606 joueurs de football professionnel dits
« sains », 21 % ont développé une blessure à l’aine en 1 saison. La blessure reste donc une blessure
prédominante chez le footballeur mais aussi chez les hockeyeurs et les rugbymens notamment.
Tout athlète pratiquant un sport comportant un travail asymétrique des membres inférieurs et un
mouvement de torsion pendant la course, est sujet à la douleur à l’aine.

21
3.2. Place de l’étude dans le contexte

La pubalgie est un sujet controversé ou chaque auteur a son avis sur le sujet. L'examen
clinique reste un temps capital et les examens complémentaires permettent de préciser le
diagnostic. Le traitement conservateur est souvent long et difficile et repose sur un remembrement
de la pathologie (ZILTENER et LEAL, 2007). Le concept de synergie entre tronc et bassin se
retrouve dans tous les protocoles de rééducation : il y a nécessité de contrôler les deux entités afin
d’avoir un mouvement efficace répartissant les charges de manière cohérente au niveau de la
région pelvienne. Ce concept décrit par les auteurs dans la littérature est-il le même sur le terrain ?
Quels traitements appliquent les kinésithérapeutes ?

Car là est le problème aujourd’hui. La catégorisation de la douleur et son traitement dans une
pathologie à multiples étiologies. L’expérience du thérapeute sur le sujet influe directement la
rééducation. Afin d’avoir une orientation de rééducation unanime, il faut une catégorisation
universelle. Le récent consensus de Doha (WEIR et al., 2015) a été créé dans ce but-là : simplifier
la catégorisation de la douleur pour tous les praticiens. Mais pouvons-nous placer la douleur dans
des « cases » dans ce type de pathologie ? Quelle est la portée de ce consensus à l’échelle
nationale ? Comment les thérapeutes arrivent t’ils à catégoriser la douleur aujourd’hui ?

Des tests ont été mis en évidence (THORBORG et al., 2018) récemment afin de pouvoir
catégoriser la douleur à l’aine. L’objectif est de simplifier le diagnostic kinésithérapique pour le
thérapeute. En effet le but de la rééducation est de retrouver l’efficience du sportif dans les plus
brefs délais tout en diminuant le risque de récidive. Afin d’arriver à ce résultat, il faudrait que la
portée de ces études soit connue par un maximum de thérapeutes. Cela permettrait de mieux
généraliser la rééducation.

En clinique, il existe une multitude de traitements disponibles pour le praticien. Parmi les
différents traitements conservateurs, ceux comprenant la thérapie par l’exercice semblent plus
efficaces au regard des données littéraires (Per HÖLMICH et al., 1999). Comment le thérapeute
fait-il pour construire son programme d’exercice ? Quels protocoles sont à adopter ? Les différents
protocoles suivant les recommandations internationales et l’expérience personnelle du thérapeute
contribuent à une diversité d’exercices rendant compliquée l’unanimité de la rééducation.

Les auteurs se rejoignent sur le fait que la rééducation de la pubalgie n’est pas une approche uni
segmentaire. Un exercice va prendre en compte toutes les composantes (muscles, modes de
contractions, courses musculaires…) afin d’arriver à l’objectif fixé par le thérapeute dans les plus
brefs délais. Le programme de rééducation choisi dépend en premier lieu du projet du patient, de
son sport et de l’expérience clinique du thérapeute. La prise en soin est donc différente en fonction
du sport pratiqué notamment en terme de renforcement musculaire et de rééquilibration de l’entité
pelvienne. Mais dans quelles mesures la rééducation va-t-elle différer ?

22
Le sport pratiqué va faire état des lieux du diagnostic et de la suite de la rééducation qui va être
guidée par la douleur. On peut aussi se demander si le professionnel de santé est influencé par le
statut du joueur et les paramètres sociaux économiques qui l’entourent. Pour que la rééducation
soit efficace, il faut que le thérapeute comprenne au mieux la douleur du patient afin d’instaurer
une relation de confiance dans la prise en soin. Ainsi l’adhésion du sportif au traitement sera
optimisée. Le questionnaire HAGOS a été créé dans ce but-là.

Les modalités de la rééducation ne sont encore pas bien définies parmi les auteurs et suivent la
règle pour la plupart de la non-douleur. En clinique, comment le thérapeute fait-il pour faire
évoluer son programme de rééducation ?

Les recommandations internationales concernant la pubalgie reposent sur peu de certitudes au vu


du peu d’études à forts niveaux de preuves existantes. Les recommandations concernant la
classification de la douleur, sont fondées sur un accord professionnel établi lors du consensus de
Doha. Cela témoigne d’un manque de données de la littérature et exprime une opinion quasi
unanime des professionnels concernant la classification de la douleur (PAUCHET-TRAVERSAT,
2003).

Les recommandations font état de la science et génèrent des informations pouvant faire évoluer
les futures pratiques professionnelles.

3.2.1. Problématique

La problématique pour l’étude est donc : « Quelles sont les pratiques des
kinésithérapeutes concernant la rééducation de la pubalgie en France en 2019 ? ».

Par l’intermédiaire du mot « pratique », on entend l’exercice de techniques de la profession. Cela


comprend le bilan diagnostic-kinésithérapique et le traitement appliqué.

Quel est l’intérêt clinique de cette question ? En quoi est-elle pertinente pour notre profession ?

3.2.2. Champs de compétences du masso-kinésithérapeute

Ce travail relate un état des lieux des pratiques de traitements conservateurs de la pubalgie
en France en 2019 en lien avec les recommandations scientifiques. Les données littéraires sont
souvent idéalisées, et il parait judiciable de confronter les résultats trouvés dans la littérature
scientifique avec ceux sur le terrain.

Dans notre référentiel de compétences, il est spécifié pour les compétences 6, 7 et 8 : « concevoir
et mettre en œuvre une prestation de conseil et d’expertise dans le champ de la masso-
kinésithérapie », « analyser, évaluer et faire évoluer notre pratique professionnelle » et
« rechercher, traiter et analyser des données professionnelles et scientifiques ».

23
Dans la compétence 7, il est précisé « d’identifier et suivre les évolutions des connaissances
scientifiques et empiriques et des pratiques professionnelles ». L’actualisation du récent
consensus et des recherches concernant la pubalgie, peuvent être inconnues de certains praticiens.
Ainsi notre référentiel de compétence précise bien qu’une association entre l’expertise du
clinicien et les recommandations scientifiques est recommandé. Un questionnement scientifique
porté sur les pratiques de traitement conservateurs de la pubalgie est donc en accord avec la
compétence 8. À la suite de cette problématique, est planifiée une action de recherche interrogeant
les praticiens du quotidien. Ces actions font partie de notre champ de compétences de masso-
kinésithérapeute et sont l’essence même de notre recherche.

3.2.3. Intérêt de l’étude

D’après les données de la littérature, toutes les études s’intéressant à la pubalgie, ou plus
exactement à la douleur à l’aine, doivent se référencer au consensus de Doha à partir du 1er
décembre 2018. Le traitement conservateur constitue la première ligne de traitement. Le manque
de protocoles et de données références concernant la rééducation de la pubalgie soulève une
problématique de prise en soin du patient pour les praticiens. La chronicisation est un drapeau
jaune voulant être évité par les professionnels de santé.

Afin de connaitre les difficultés ou non des praticiens dans la rééducation, un état des lieux parait
essentiel et pertinent pour la profession. Ce travail n’a pas été retrouvé dans la littérature française,
ni dans la littérature grise. Une corrélation avec les résultats trouvés dans la littérature pourra être
effectuée afin d’analyser les différences.

3.2.4. Hypothèses

La question que soulève cette problématique implique de définir certaines hypothèses, en


s’appuyant sur l’expérience du praticien et des données littéraires :

Hypothèse principale : Il est possible que les pratiques des professionnels de santé concernant la
pubalgie soient différentes de celles retrouvées dans la littérature.

Hypothèse secondaire : Il est possible de retrouver une différence d’autant plus marquée si les
praticiens ne connaissent pas les récentes études sur la classification de la douleur.

Hypothèse tertiaire : Il est possible de déterminer une corrélation entre le temps de rééducation et
les pratiques de traitements conservateurs.

24
4. Considérations éthiques de la recherche

Mon MIRMK respectera la loi JARDÉ (2012). C’est une loi qui encadre les recherches sur
l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques et médicales. Mon
mémoire fera partie de la catégorie n°2, c’est-à-dire une « recherche interventionnelle à risques
et contraintes minimes ».

Le recueil de données et l’analyse des données respecteront les règles d’éthique, de


déontologie et professionnelles spécifiques à la profession des masseurs kinésithérapeutes (ANRS,
2012).Les patients et les professionnels de santé seront informés avec un consentement éclairé
sous forme écrite qu’ils participeront à un mémoire de fin d’étude et donc à la promotion et au
développement de la profession.

L’anonymat guidera le respect de suivi des données du patient et le secret médical nécessaire
à la relation de confiance entre le kinésithérapeute et le patient. Les protocoles de rééducation ne
seront pas délétères au patient, et ne porteront pas préjudice à la profession et aux ensembles de
professionnels de santé.

25
5. Méthodologie
« Les sciences valorisent les démarches méthodologiques. Souhaitant progresser dans les
connaissances sur le monde, les sciences se doivent d’appliquer des méthodes rigoureuses pour
valider leurs affirmations » (BRÉCHON, 2011).

5.1. Études préexistantes

De nombreux auteurs s’intéressent à la pubalgie et à son traitement, qu’elle soit chirurgicale


ou conservatrice. La plupart des études comparent l’efficacité de la chirurgie au traitement
conservateur, opposant médecine et kinésithérapie. Mais ne sont-elles pas complémentaires ?

La dernière revue systématique en date s’intéressant aux traitements conservateurs, regroupait 14


études (CHARLTON et al., 2017). Cette revue a axé son analyse sur la rééducation par le
renforcement musculaire. Parmi ces 14 études, il y avait trois essais contrôlés randomisés et une
seule étude a été déclarée comme reproductible. Cela met en avant les limites scientifiques des
auteurs concernant la rééducation de la pubalgie. Une rééducation non unanime soulevant de
nombreux questionnements. Comment s’organise les phases de la rééducation ? Quelle place
accordée à la catégorisation de la douleur ? Dans la littérature scientifique il y a très peu d’études
avec un fort niveau de preuve s’intéressant à la catégorisation de la douleur et aux traitements
conservateurs appliqués. Les deux étant souvent dissociés. Cela peut s’expliquer par des
recommandations récentes, dont fait partie le consensus de Doha (2015).

L’étude réalisée ne vise pas à réformer le monde scientifique quant à la rééducation conservatrice
de la pubalgie. Elle vise à expliquer et comprendre les différences entre ce que dit la littérature
scientifique et ce qui se fait en clinique en établissant un état de lieux de ces pratiques des
kinésithérapeutes.

5.2. Projet d’étude

5.2.1. Thème de l’étude

L’étude réalisée interrogera les kinésithérapeutes et les pratiques actuelles qu’ils


appliquent pour la rééducation de la pubalgie en France en 2019. En parallèle, un relevé de la
littérature sera effectué afin de relater les dernières recommandations internationales concernant
la prise en soin d’un patient pubalgique. Les résultats de l’enquête seront ensuite comparés aux
recommandations internationales afin de déterminer s’il existe des différences notables entre les
deux. Ainsi cela amènera à déterminer si la différence existante est importante ou pas, et si oui,
comment l’expliquer. La question de recherche est donc la suivante : « Quelles sont les pratiques
de traitements conservateurs appliqués par les kinésithérapeutes concernant la pubalgie en France
en 2019 ? »

26
5.2.2. Qualitatif ou quantitatif

L’approche pour tenter de répondre à notre problématique s’inscrit-elle dans une


démarche qualitative ou quantitative ? Cela suggère de choisir la méthode la plus pertinente entre
l’entretien et le questionnaire.

Le sujet du mémoire s’intéresse au sujet de la pubalgie et à sa rééducation mise en place par les
praticiens. Les phénomènes sont donc basés sur des faits réels, indépendants de la perception
humaine. Dans ce type d’étude, on cherche à collecter un maximum de réponses afin de pouvoir
les analyser. En effet, si l’on part sur la méthode qualitative, les réponses obtenues seraient très
dépendantes du thérapeute et probablement non représentatives de la population. « L’entretien
convient à l’étude de l’individu et des groupes restreints, mais est peu adapté et trop coûteux
lorsqu’il est nécessaire d’interroger un grand nombre de personnes et que se pose un problème de
représentativité » (A. BLANCHET et A. GOTMAN, 2006).

La méthode quantitative est donc la procédure d’investigation la plus appropriée au vu des


objectifs de l’étude. Cependant, l’utilisation d’un fond qualitatif éclairant les zones de flous sur
une analyse quantitative semble être un bon compromis pour notre étude. En effet, la revue de
littérature présente dans le cadre théorique est importante, il s’agit de bien cibler les points
essentiels.

5.2.3. Objectifs de l’étude

Les objectifs de l’étude sont donc de :


- Déterminer comment le kinésithérapeute catégorise la douleur lors du bilan initial
- Déterminer comment le kinésithérapeute choisi son plan de traitement
- Trouver un lien entre la catégorisation de la douleur et le plan de traitement choisi
- Faire un état des lieux des connaissances des kinésithérapeutes sur les dernières
recommandations internationales concernant la rééducation de la pubalgie et si elles
sont sollicitées pour la pratique courante.

5.2.4. Moyens de l’étude

En ce qui concerne la faisabilité de notre recherche, on se doit de poser quatre questions


simples :
- Le volet scientifique : qu’apportons-nous de supplémentaire par rapport aux données
actuelles de la littérature ?
- Le volet financier : quel est l’aspect pécunier impliqué dans la réalisation de notre
étude ?
- Le volet de l’accessibilité : qui peut répondre à l’étude ?
- Le volet temporel : combien de temps disposons-nous pour réaliser cette étude ?
27
MOYENS PARAMETRES DE L’ETUDE
Évolution des pratiques professionnelles visant à mieux appréhender la
SCIENTIFIQUE
pathologie dans la prise en soin du patient pubalgique.
Un maximum de professionnels de santé en adéquation avec la population et
ACCESSIBILITE
l’échantillon.
TEMPORALITE Environ 3 mois : Octobre 2019-Décembre 2019
FINANCIER Aucun frais supplémentaire pour le directeur d’étude

Tableau 6: Moyens de l'étude

5.3. Détermination de l’échantillon

5.3.1. Population étudiée

L’ensemble des professionnels de santé ont un rôle à jouer sur la rééducation du patient
pubalgique afin d’abolir les douleurs et ainsi augmenter l’efficience sportive. Le médecin au
niveau du diagnostic, le chirurgien au niveau traitement opératoire et le kinésithérapeute au niveau
du traitement conservateur. Les sujets sondés seront des kinésithérapeutes. Certains critères
d’étude ont été déterminés pour la population d’étude :
- Il faut que le thérapeute soit kinésithérapeute
- Il faut que le thérapeute sondé ait rééduqué au moins 1 patient qui avait une pubalgie.
- Il faut que le thérapeute sondé pratique en France et qu’il soit toujours actif en 2019.
L’étude menée vise à relater les pratiques cliniques appliquées par les kinésithérapeutes. Une
expérience professionnelle dans la pathologie est donc nécessaire. Afin de rentrer dans les critères
de l’étude, les kinésithérapeutes doivent exercer en France, peu importe la région où ils
s’exercent.

La sous-population correspond aux patients rééduqués par les kinésithérapeutes sondés.


Ces patients devront respecter également certains critères afin d’être inclus dans l’étude :
- Sportif amateur ou professionnel
- Pratiquant tout type de sport

Le terme « sports » est général et comprend tous les sportifs (amateurs, semi-pros, et
professionnels). La pubalgie atteint le sportif jeune en pleine activité avec un maximum de
fréquence entre 20 et 30 ans mais aucune limite d’âge n’a été inclue dans le questionnaire construit
(ZEITOUN et al., 1995).D’après l’épidémiologie de la pubalgie et le nombre de pratiquants en
France, le football fera partie d’une analyse plus spécifiée dans le questionnaire. Il y a 2 135 193
licenciés en France pour le football en 2016. Le rugby a également été introduit dans l’étude.
C’est un sport comprenant un travail asymétrique des membres inférieurs et impliquant un
mouvement de torsion pendant la course, comme le football.

28
5.3.2. Cadre spatio-temporel de l’étude

La population ciblée doit être la plus grande possible pour augmenter la fiabilité de
l’étude. Afin d’avoir un relevé statistique constitué de données chiffrées, la cohorte minimum
pré-requise est de 30 par groupe. La population sera sondée entre Octobre et Décembre 2019.

La sélection des bases de données choisies sont les suivantes :


- URPS (union régionales de professionnels de santé)
- Réseaux sociaux sur différents groupes

NOM DU GROUPE TYPE CRITERES D’ACCES AU NOMBRE DE SOLICITATION


GROUPE PERSONNES

Questionnaire demandant
l’année du diplôme.
« LE RESEAU DES KINES » privé 35482 membres 2
Discussion uniquement
sur la kinésithérapie
« KINES DU SPORT ET RETOUR Demande d’accès aux
privé 7356 membres 2
AU SPORT » administrateurs
Demande d’accès aux
« KINE RENNES » privé 957 membres 1
administrateurs

Tableau 7: Sélection des bases de publications

5.3.3. Représentativité de l’étude

Il s’agit de savoir, de par notre méthodologie, si l’échantillon est fiable et représentatif.


Le questionnaire a été mis en ligne sur les réseaux sociaux pour une simplicité de passation. La
transmission du questionnaire à suivi un tirage aléatoire, c’est-à-dire une sélection de groupes
dans une population générale.

En France, en 2019, il y avait 95000 kinésithérapeutes (ORDRE DES MASSEURS-


KINÉSITHÉRAPEUTES, 2019). Cela représente donc un taux de sondage de 46,1 % en excluant
les doublons. Le mode de transmission ne permet pas de connaitre l’origine des réponses de
chaque répondant.

L’échantillonnage est dit probabiliste car chaque individu a la même probabilité de répondre à la
question qu’un autre. Même si la sélection est orientée vers le bassin rennais et vers un réseau
sportif, aucun questionnaire n’a été envoyé par mail volontairement. Un biais d’auto sélection est
aussi à inclure dans l’étude.

Le mode de transmission par internet privilégie peut-être plus les « jeunes » kinésithérapeutes,
ceux qui sont plus sur les réseaux sociaux. La représentativité de l’étude sera jugée après avoir
analysé l’échantillon ayant répondu, dans la partie « extrapolation des résultats » en discussion.

29
5.4. Déroulement de l’étude

5.4.1. L’entretien exploratoire, la pré-enquête

[Link]. Élaboration du guide d’entretien

L’entretien exploratoire est une méthode de recherche et d’investigation choisi au début


de l’étude pour combler les zones de flou. La pubalgie est un sujet vaste comportant de
nombreuses particularités. La pré-enquête menée auprès de spécialistes de la pathologie peut
apporter des données supplémentaires à explorer. Les entretiens exploratoires ont été effectués
auprès de trois kinésithérapeutes exerçants dans trois cabinets différents, tous orientés en
traumatologie du sport sur Rennes (35).

Ces entretiens permettent d’enrichir le contenu d’étude et aident à cibler les points précis
nécessaires à la conception du questionnaire : thèmes, formulations, ordre des questions, élément
de contenu. De plus, cela permet de vérifier que le langage employé peut être compris par tous.
Le type d’entretien choisi diffère en fonction du degré de liberté que l’on accorde à l’interlocuteur.
Afin d’avoir des informations plus détaillées et d’affiner notre recherche, un entretien semi-
directif est établi. C’est une « technique de recueil d’informations qualitatives permettant de
rassembler des faits et opinions des personnes interrogées sur un sujet donné » (EURÉVAL, 2010).

L’élaboration du guide d’entretien est construite en fonction des thèmes que l’on veut aborder
avec l’interlocuteur. Les thèmes seront la rééducation de la pubalgie avec notamment un intérêt
particulier pour les modalités du traitement conservateur et la place du renforcement musculaire.
Le contenu comprendra différentes notions qui n’ont pas été éclairées dans la littérature : éléments
de diagnostic, temps de repos, fréquence des séances, caractéristique du renforcement musculaire.

[Link]. Résultats de la pré-enquête

Les 3 entretiens exploratoires A, B, C sont situés en annexe 15.

La première notion commune soulevée par les trois entretiens exploratoires était
l’importance de la maitrise du BDK afin de bien choisir son plan de traitement et d’exclure les
nombreux diagnostics différentiels. Caractérisée de « carrefour de douleur, fourre-tout » la
pubalgie est une pathologie relevant d’une complexité de diagnostic et de traitement rendant une
rééducation compliquée. La catégorisation de la douleur est primordiale (A, B, C) et la
connaissance des recommandations est connue par un seul (C). Les trois kinésithérapeutes ont
souligné l’apparition de la pathologie dans des sports à appuis très forts et très brefs, tel le football
qu’ils ont tous cité. Ils ont également cité la course à pied. Cependant, la fréquence d’apparition
de la pubalgie dans la course à pied n’est pas mise en évidence dans la littérature.

30
Le temps de rééducation varie selon les thérapeutes sondés mais concorde sur des valeurs
communes. Il est long, propre à chaque patient et est dépendant de l’importance de la blessure.
Le temps de rééducation est de trois semaines pour des douleurs dites aigües et peut atteindre 10
semaines (B), 3 mois (C) voire 4 mois (A) pour des douleurs chroniques. Ce temps de rééducation
est long car il est composé de 3 phases (A, B, C) :
- Une première phase dite antalgique
- Une seconde correspondant au cycle de prise de force
- Une phase spécifique de reprise de sport avec reprogrammation neuromusculaire

Le repos est dit relatif (A, B, C) au début de la prise en soin, c’est-à-dire qu’il est préconisé en
dehors des séances. Le sport se pratique en moyenne à partir de la 8ème semaine (C).

Le renforcement musculaire fait partie intégrante de la prise en soin (A, B, C) et est mis en place
dès le début de la rééducation. Si le patient est très algique, les modes de contractions isométriques
(A, C) ou excentriques (B) sont privilégiés. Une remise en charge progressive (A, B, C) est
nécessaire, intégrant progressivement l’excentrique et le concentrique (A, C) ou l’isométrique (B)
dans la prise en soin. Le travail pliométrique est destiné à la fin de la rééducation. Les objectifs
de la rééducation se divisent dans cet ordre : antalgique, prise de force, puissance puis vitesse
pure (A).

Le port de short de compressions type « shortystrap » est discuté entre A, B, C. (A) défini le
« shortystrap » comme une utilisation palliative mais défavorable aux sportifs, alors que (B) le
préconise pour continuer la pratique sportive. Le thérapeute (C) conseille d’utiliser le terme
« short de compression ».

5.4.2. Le questionnaire, l’enquête

[Link]. Indicateurs

Les termes utilisés dans le questionnaire sont brefs et univoques. Le questionnaire


comporte seulement des questions fermées et préformées. Afin d’obtenir un maximum de
réponses, il faut faciliter la démarche des enquêtés. C’est la quantité d’éléments collectés qui
confère au questionnaire sa validité et qui permet aux données d’être jugées authentiques. Le
questionnaire a été construit en fonction des indicateurs trouvés dans la littérature et des entretiens
exploratoires réalisés à partir de déterminants (DE SINGLY, 2005).
- Déterminants sociaux
- Connaissance des recommandations internationales
- Déterminant des modalités de prise en soin
- Déterminant de la sous-population
- Déterminant du traitement employé

31
Au début de la construction du guide d’entretien, seul le traitement conservateur de la pubalgie
importait. Lors de la retranscription du pré-questionnaire, on a pu s’apercevoir qu’il y avait un
manque d’informations collectées concernant le diagnostic clinique et l’utilisation de l’imagerie.
Or le bilan qu’appliquent les kinésithérapeutes est très important et conditionne la rééducation.
Des déterminants ont donc été rajoutés au pré-questionnaire.
- Déterminant de la catégorisation de la douleur
- Déterminant de l’imagerie médicale

[Link]. Construction du questionnaire

a) Structure

Une introduction informative, une présentation soignée et des items compréhensibles sont
trois conditions nécessaires à l’obtention d’une mesure fiable (FALISSARD, 2008). Les items ont
été regroupés afin de permettre au répondant de rester concentré au maximum sur une même
thématique. La structure interne est composée des déterminants et sous indicateurs présentés dans
l’ordre ci-dessous, faisant suite au cadre théorique et aux entretiens exploratoires réalisés.

L’ensemble des indicateurs utilisés dans le questionnaire sont retrouvés en annexe 9.

b) Déterminants

- Déterminants sociaux

Avant tout il s’agit de déterminer à quelle population on s’adresse. Le but de cette première étape
du questionnaire est de relever les données sociales intéressantes à l’étude des thérapeutes
répondants. Ce sont des questions simples permettant aux répondants de rentrer dans le
questionnaire. Ces questions vont permettre de déterminer sur quelle réforme s’est basée le
thérapeute pour répondre au questionnaire. La dernière réforme a vu les kinésithérapeutes formés
en quatre ans d’études sortir l’année dernière du diplôme. L’avant dernière réforme était de 1989.
De plus, s’intéresser aux déterminants sociaux permet d’en savoir plus sur l’expérience du
thérapeute par rapport à la pubalgie et à la place qu’il l’accorde dans sa prise en soin. Le
questionnaire se base sur des données réelles et sur l’expérience du thérapeute. On ne peut donc
pas poser des questions sur les pratiques appliquées par les kinésithérapeutes alors que le
thérapeute n’a jamais été confronté à la réalité du problème. À la fin de ces questions, il s’agit
d’avoir une image fidèle des variables pouvant influencer les réponses suivantes.

- Connaissance des recommandations internationales

Il s’agit de savoir si le kinésithérapeute connait les dernières recommandations internationales


concernant la pubalgie, et s’il les met en application dans sa rééducation. Sur cette question, il
faut bien faire la distinction entre connaitre et appliquer. En aucun cas il s’agit de juger celui-ci

32
sur ses connaissances. Le consensus de Doha en 2015 et le questionnaire HAGOS correspondent
aux dernières recommandations, ayant pour but de faciliter le travail du thérapeute au niveau de
la catégorisation et de la compréhension de la douleur du patient. Par conséquent, l’indicateur sur
les recommandations internationales survient avant le mode de catégorisation de douleur.

- Déterminant de la sous-population : 1ère partie

Les questions concernant la sous-population sont divisées en deux parties. La première s’intéresse
à la population généralement plus atteinte par la pubalgie. Le ratio nombre de sportifs / nombre
de blessures est trois fois plus élevé chez les sportifs masculins de haut niveau (KARLSSON et
al., 2014). L’anatomie au pourtour de la région pubienne étant différente entre le sexe féminin et
le sexe masculin, il s’agit de voir si cela est confirmé par la réalité du terrain. Dans cette partie a
été inclue aussi la fréquence de rééducation du patient pubalgique afin d’éviter tout risque de biais
de la question précédente « Avez-vous déjà rééduqué des patients pubalgiques ? ». Cela permet
de préciser l’expertise du thérapeute par rapport à la pathologie.

- Déterminant de la catégorisation de la douleur

Le consensus de Doha avait pour but de redéfinir ce terme de pubalgie afin de simplifier et de
l’adapter à la pratique clinique et à la recherche. Il s’agit de mettre en corrélation les connaissances
de ce consensus avec l’application sur le terrain. Ainsi cela permet de voir si ceux qui ont répondu
« oui » à la connaissance du consensus incluaient les lésions intra articulaires de hanche dans le
diagnostic de la douleur à l’aine. Pour ceux qui n’ont pas connaissance du consensus, il s’agit de
mettre en évidence les différents tests utilisés lors de l’examen clinique. Ces tests seront comparés
avec les dernières données littéraires sur la catégorisation de la douleur (THORBORG et al.,
2018). Le squeeze test est un test avec un coefficient intra-classe de 0,91. Par l’intermédiaire de
ce test, on peut quantifier avec fiabilité un manque de force d’adduction. C’est un outil non
négligeable au diagnostic.

- Déterminant de l’imagerie médicale

L’imagerie médicale n’est pas indispensable pour diagnostiquer une douleur à l’aine d’après la
littérature. En clinique, il s’agit de déterminer si les kinésithérapeutes font confiance à leurs tests
ou s’ils utilisent systématiquement l’imagerie pour infirmer ou confirmer un diagnostic.

- Déterminant de prise en soin

Le traitement conservateur est un traitement de premier temps encadré par le médecin et le


kinésithérapeute. D’après la littérature le traitement conservateur serait efficace dans 80% des cas
(BERGER, 2000). Il est impossible de vérifier l’exactitude de ce chiffre. Cependant en examinant
la durée moyenne de prise en soin, on peut avoir des idées quant à la supposée difficulté de la
rééducation. La fréquence des séances, le repos associé et la reprise sportive sont également des

33
éléments non clarifiés dans la littérature. Dans cette partie rééducative il semble important de
déterminer la place du renforcement dans la prise en soin. Au regard des données littéraires cela
semble évident. En clinique, peut-être moins. Par ailleurs, si la personne sondée n’inclut pas le
renforcement musculaire comme traitement faisant partie intégrante de la rééducation, elle n’a
pas accès à la dernière partie du questionnaire. Une évaluation subjective des kinésithérapeutes
concernant l’utilisation du short de compression est aussi incluse dans cette partie. Le short de
compression est-il un adjuvant conseillé par les kinésithérapeutes sondés dans la rééducation ?

- Déterminant de la sous-population : 2ème partie

Il est nécessaire de préciser le sport le plus rééduqué par le thérapeute dans cette question car cela
va conditionner le reste du questionnaire s’intéressant aux caractéristiques du renforcement
musculaire. On ne peut évaluer tous les sports. Cette étude cible les athlètes pratiquant des sports
avec des changements de directions, appuis monopodaux alternés et accélérations. Le choix du
sport cité ici s’est fait selon une étude (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015) : Le
football (12,8 % des blessures), le hockey sur glace, le rugby et le tennis sont les sports les plus à
risques d’après cette étude. Le football a donc été choisi en fonction du nombre de participants
de la sous-population la plus nombreuse en France en 2019. Le rugby applique les mêmes
contraintes biomécaniques et cinématiques : un travail asymétrique des membres inférieurs et un
mouvement de torsion pendant la course. Le choix de ces deux sports a donc été entrepris. Le
thérapeute à le choix entre trois items : football et rugby, qui sont les sports de l’étude, et autres
sports. Si la personne sondée répond autres sports, elle n’aura pas accès à la dernière partie du
questionnaire.

- Déterminant du traitement employé : le renforcement musculaire

Les personnes sondées répondent en fonction de la population de sportifs choisie à la question


précédente. Cela permet de préciser la rééducation en terme de renforcement musculaire : groupes
musculaires, modes de contractions et objectifs thérapeutiques. Les données cherchées pourront
compléter un manque de reproductibilité des données scientifiques.

5.4.3. La connaissance des biais de l’enquêteur

Il est important de prendre du recul par rapport à notre position de chercheur afin de
relever les différents biais composant notre méthodologie de recherche. Il faut en être conscient
pour pouvoir composer avec eux, tout en les contrôlant.

On réalise notre étude en ayant déjà des connaissances préalables sur le sujet choisi. Cela peut
biaiser nos résultats car on peut s’attendre à ce qui va se passer. En effet, on peut passer à côté
d’informations importantes en privilégiant les informations auxquelles on s’attend : c’est le biais
de confirmation.

34
Le but de l’étude n’est pas de confirmer forcément une hypothèse. La démarche scientifique
implique que la réfutation ou l’affirmation d’une hypothèse est tout aussi intéressante au niveau
des résultats. On se doit de s’éloigner au maximum de nos propres représentations afin d’éviter
l’analyse orientée des résultats. Les propres interprétations du chercheur peuvent donner lieu à un
biais de subjectivité. Ce biais est inévitable mais peut être contrôlé ou minimisé. Le pré-test
permet de confronter cette subjectivité au terrain (OLIVIER DE SARDAN, 2008).

5.4.4. Pré-test

L’objectif est de juger de l’acceptabilité de l’instrument et du temps nécessaire à sa


passation (FALISSARD, 2008). Ce pré-test permet de vérifier la bonne compréhension des mots
employés, le rythme des questions et permet de cibler la pertinence des notions recherchées. Il a
été réalisé auprès de trois kinésithérapeutes avant l’envoi définitif du questionnaire. La passation
du questionnaire prend entre 5 et 8 minutes en fonction des réponses.

5.4.5. Plan statistique

Au-delà des réponses de chaque question, il est intéressant d’établir des liens de causalité
entre des variables étudiées. Notre plan statistique (annexe 11) vise à mettre en évidence les
différences retrouvées entre les résultats du questionnaire et ceux retrouvés dans la littérature.
Des sous-hypothèses (annexe 10) sont réalisées afin de confirmer ou d’infirmer nos trois
hypothèses principales :
- Il est possible que les pratiques des professionnels de santé concernant la pubalgie
soient différentes de celles retrouvées dans la littérature.
- Il est possible de retrouver une différence d’autant plus marquée si les praticiens ne
connaissent pas les récentes études sur la classification de la douleur.
- Il est possible de déterminer une corrélation entre le temps de rééducation et les
pratiques de traitements conservateurs.

[Link]. Hypothèses principales et secondaires

Au niveau du diagnostic dans la littérature, on peut voir qu’il existe quatre grandes entités
cliniques pour catégoriser les douleurs mises en évidence par le consensus de Doha. L’hypothèse
suggérée est qu’il existe des différences entre les thérapeutes dans la classification de la douleur.
Pour vérifier cela, on utilise les tests 1, 2, 3 et 4 (annexe 10).

Au niveau du traitement, on peut voir que le renforcement musculaire est un traitement


faisant partie intégrante de la prise en soin dans la littérature. L’hypothèse suggérée est qu’il existe
des différences entre les thérapeutes dans les modalités de traitement du patient pubalgique. Pour
vérifier cela, on utilise les tests 5, 6 et 7 (annexe 10).

35
[Link]. Hypothèse tertiaire

La durée de prise en soin dans la pubalgie est un élément prépondérant dans cette
pathologie. En effet, dans la littérature, il est décrit un long délai de rééducation et un fort risque
de chronicisation. Il s’agit de déterminer les facteurs pouvant influencer cette durée. Pour vérifier
cela, on utilise les tests 8, 9 et 10 (annexe 10).

5.5. Traitement des résultats

5.5.1. Récupération et codage

Les données sont recueillies grâce à un lien Google Form mis en ligne le 17/ 10/ 2019 :
[Link]
Les données sont traitées et extraites grâce à un tableur Excel. Les données sont interprétées sur
le tableur Excel et sur le logiciel Jamovi.

Pour les questions fermées, les réponses sont traitées en fonction des propositions du
questionnaire. Pour les autres types de questions, un codage est effectué entre les différentes
réponses obtenues afin d’avoir des informations cohérentes. Aucune réponse n’a été supprimée.

5.5.2. Analyse descriptive

Une fois les données codées, l’analyse descriptive des données qualitatives sera mise en
évidence par des tableaux de données et des graphiques circulaires. Pour toutes les variables
quantitatives, un test de shapiro wilk est effectué afin de savoir si la variable suit la loi de
normalité. La médiane est ensuite calculée.

5.5.3. Déroulement de l’analyse statistique

Les questions sont nommées de la façon suivante : Q1 à Q28 (annexe 9).

Un test de Chi 2 de conformité est effectué au risque de 5% pour chaque variable qualitative.
Pendant ces tests, la valeur de (p) est calculée. Elle représente la probabilité de se tromper en
rejetant H0 :
H0 : Les différences observées entre les variables qualitatives peuvent être dues au hasard.
H1 : Les différences observées entre les variables qualitatives ne sont pas dues au hasard.

Un test de shapiro-wilk est effectué au risque de 5 % pour chaque variable quantitative discrète.
La valeur de (p) permet de vérifier si les distributions des variables sont normales :
H0 : La population est normalement distribuée
H1 : La population n’est pas normalement distribuée

36
Ce sont des tests préalables aux tests statistiques qui permettent de vérifier les hypothèses de notre
plan statistique (annexe 10 et 11). Ces tests diffèrent en fonction des variables étudiées (INSERM,
2012). Le choix des tests est détaillé en annexe 12.

Avant chaque test d’homogénéité, la condition de Borel doit être vérifiée. Elle détermine si les
effectifs théoriques des groupes étudiés sont supérieurs à 5 et si le test est réalisable. Le calcul est
détaillé en annexe 13.
Numéro Variables étudiées Test approprié
1 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
2 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
3 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
4 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
5 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
6 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
6 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
7 Qualitative * Quantitative Test non paramétrique de Mann-Whitney
8 Qualitative * Quantitative Test non paramétrique de Mann-Whitney
9 Qualitative * Quantitative Test non paramétrique de Mann-Whitney

Tableau 8: Tests utilisés pour la vérification d'hypothèses

5.6. Schéma récapitulatif de la méthodologie du projet d’étude

Figure 5: Méthodologie du projet d'étude, double entonnoir

37
6. Résultats

Le nombre de kinésithérapeutes exerçants en France en 2019 ayant répondu au questionnaire d’étude est de 100 individus. Les résultats ont été relevés le 24
décembre 2019 et sont présentés en annexe 9.

6.1. Statistiques descriptives de l’échantillon

Depuis combien de temps exercez-vous ? Dans quel type de structure ? À quel niveau de confiance vous situez-vous dans la
? rééducation du patient pubalgique ?
Moins d'un an
15 ans ou plus Clubs sportifs
12% 17
17% professionnels
́Etablissement Médical ( 40 32
Entre 10 et 15 ans 8 25 26
hôpital, clinique...
9%
Entre 1 et 5 Centre de rééducation 7 20
ans… 8
5 4
Cabinet libéral 94 0 0 0 0
Entre 6 et 10 ans 0
28% 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

Figure 6: Statistiques descriptives de l'échantillon

Il faut savoir tout d’abord que 100% des répondants ont déjà rééduqué un patient pubalgique. Parmi eux, 12 % pratiquent depuis moins d’un an, c’est-à-dire
qu’ils ont connus la nouvelle réforme de quatre ans d’études. Parmi les 100 répondants, 94 ont déjà pratiqué dans un cabinet libéral et 17 dans des clubs sportifs
professionnels. Parmi ces professionnels de santé, 74% ont effectué leur cursus de formation en France et 65 % ont suivi des formations continues en
kinésithérapie du sport, ce qui représente un pourcentage élevé de l’étude.

La rééducation de la pubalgie relève un niveau élevé de confiance des kinésithérapeutes questionnés. La médiane de l’étude parmi les 100 réponses est de 7 avec
aucune réponse située entre 1 et 4. Le coefficient de variation des réponses est de 16 % ce qui est faible au vu de la population étudiée.

38
6.2. Statistiques descriptives des autres variables

6.2.1. La connaissance des recommandations internationales

Connaissez-vous le consensus de Doha ? Oui : 48 % Non : 52%


Connaissez-vous le questionnaire HAGOS ? Oui : 47% Non : 53%
Si oui, l’utilisez-vous systématiquement ? Oui : 26% Non : 74%

Tableau 9: Connaissance des recommandations internationales

Parmi les répondants, 48% des kinésithérapeutes connaissent les dernières recommandations
internationales de 2016 concernant la catégorisation de douleur dans le diagnostic de la pubalgie.
Seulement 12% des kinésithérapeutes connaissent ce consensus et utilisent le questionnaire
HAGOS systématiquement.

6.2.2. La prise-en charge de la sous-population

9%
3%
6%
36%

20%

26%

1 tous les 6 mois 1 tous les 3 mois 1 tous les mois

1 tous les 15 jours 1 toutes les semaines Plusieurs par semaine

Figure 7: Répartition des prises en soin des patients pubalgiques

Parmi les répondants, 97% rééduquent principalement une population masculine. La fréquence
des prises en soin est très hétérogène. Le patient pubalgique est rééduqué tous les 6 mois pour 36
% des répondants, ce qui correspond à la fréquence maximale des propositions du questionnaire.
La fréquence de rééducation maximale d’un patient pubalgique par mois représente 82 % des
répondants.

6.2.3. L’examen clinique et le diagnostic kinésithérapique

Lésions liées à la symphyse pubienne 74


Lésions inguinales 62
Lésions myo-tendineuses 92
Lésions intra-articulaires de la hanche 49

Figure 8: Répartition des éléments anatomiques pouvant être pourvoyeurs de douleur à l’aine

39
On peut apercevoir que 49% des kinésithérapeutes considèrent une lésion intra articulaire de la
hanche comme faisant partie du diagnostic kinésithérapique de la pubalgie. Les lésions myo-
tendineuses correspondent aux lésions les plus fréquemment retrouvées avec 92% des réponses.

Nombre de répondants /100 Douleur d’origine Douleur d’origine Douleur d’origine


ostéo-articulaire myo-tendineuse inguinale
Examen palpatoire 55 87 52
Manœuvre de Vasalva 16 13 47
Test neurologique 17 31 37
Test de conflit 83 17 19
Test de mobilité articulaire 87 40 22
Test d’hypoextensibilité 23 85 14
Test contre résistance 26 90 27
Test sacro-iliaque 77 17 14
Nombre total de réponses 384 379 232

Tableau 10: Tests utilisés lors de l’examen physique

Pour le diagnostic d’une douleur myo-tendineuse, 87% des répondants utilisent l’examen
palpatoire. Les autres tests les plus utilisés pour diagnostiquer ce type de douleur sont les tests
d’hypoextensibilité (85% des répondants) et les tests contre résistance (90% des répondants).

Pour le diagnostic d’une douleur d’origine ostéo-articulaire, les tests les plus utilisés sont les tests
de mobilité articulaire (83% des répondants), les tests de conflit (87%), et les tests de sacro-iliaque
(77%). En plus de l’examen palpatoire, il est à noter que l’ensemble de ces quatre tests
représentent 79 % de tous les tests servant à diagnostiquer ce type de douleur.

Enfin, pour une douleur d’origine inguinale, les deux tests les plus utilisés sont la manœuvre de
Vasalva (47% des répondants) et les tests neurologiques (37%). Cela représente une population
faible de l’étude (moins de 50%). Cependant, en plus de l’examen palpatoire, ces trois tests
représentent 59% de tous les tests servant à diagnostiquer ce type de douleur.

50
40
44
30
20 29
10
12 15
0
Oui à chaque fois Oui mais pas Non je ne l'utilise pas Non je ne connais pas ce
systématiquement test

Figure 9: Utilisation du squeeze test

40
Le squeeze test est un test bien connu pour 85% des praticiens ayant répondu au questionnaire. Il
est utilisé systématiquement par 44 % des répondants lors du diagnostic kinésithérapique. En
général, c’est un test fréquemment utilisé par 73 % des répondants.

6.2.4. L’imagerie médicale

Oui systématiquement 10%


Oui en cas de doute sur le diagnostic 56%

Non 34%

Tableau 11: L’utilisation de l’imagerie médicale en tant qu’aide au diagnostic

L’imagerie médicale est un outil disponible au thérapeute afin de l’aider dans l’élaboration du
diagnostic : 34% des praticiens ne l’utilisent pas en cas de doute sur le diagnostic, et 10%
l’utilisent systématiquement. 66% des répondants peuvent avoir recours à l’imagerie dans leur
prise-en charge.

6.2.5. Le traitement et les modalités de prise-en charge

30 26
25
19
20 17 Médiane : 8
15 13
Moyenne : 9,51
10 Écart type : 4,82
5 4 4 5
5 3
1 1 1 1
0
1 2 3 4 6 8 10 12 14 16 20 25 30

Figure 10: Durée de prise en soin en semaines (de 1 à 30)

100 Médiane : 2
58
Moyenne : 2,3
50 23
13 5 Écart type : 0,99
0 0 1
0
1 2 3 4 5 6 7

Figure 11: Nombres de séances pendant la semaine (de 1 à 7)

La durée de prise en soin moyenne du patient pubalgique d’après les répondants est de 9,5
semaines. Cependant l’écart type est de 4,82 semaines ce qui rapporte à un coefficient de variation
de près de 51%, ce qui est très élevé. Ainsi, la durée de prise en soin est assez hétérogène entre
les kinésithérapeutes. La médiane du nombre de séances par semaine avec le praticien est de 2.

41
8%

92%

Oui Non

Figure 12: Utilisation du renforcement musculaire

En début de rééducation, le renforcement musculaire est préconisé par 37 % des kinésithérapeutes. Les répondants conseillent à 28 % le renforcement musculaire
en dehors des séances, et 16 % conseillent la poursuite de la pratique sportive.

En cours de rééducation, près de 83% des praticiens questionnés conseillent le renforcement musculaire pendant les séances et 76% en dehors des séances. Le
travail en autonomie s’intensifie en cours de rééducation et en fin de rééducation. La pratique sportive est autorisée par 64 % des répondants en cours de
rééducation, puis 81 % en fin de rééducation.

6.2.6. Caractéristiques de la sous-population

Football Rugby Autres sports Le rugby et le football qui étaient les 2 sports d’études, représentent 78% de la sous-
population sportive la plus représentée. A partir de cette question, il n’y aura plus que 78
66 12 22
répondants au questionnaire appartenant au groupe football (F) et rugby (R).
Tableau 12: Sports pratiqués par la sous-population

42
6.2.7. Modalités du renforcement musculaire

Fléchisseurs de hanche
Ischios-Jambiers
Erecteurs du rachis
Adducteurs
Abducteurs
Abdominaux
0 10 20 30 40 50 60 70 80

Figure 13: Groupes musculaires ciblés

On peut s’apercevoir que les groupes musculaires les plus rééduqués sont les adducteurs (94%),
les abdominaux (90%) et les abducteurs (71,5%).

Figure 14: Modes de contractions en fonction des temps de rééducation

En début de rééducation le mode de contraction isométrique est préconisé par 90% des répondants
contre 38% pour l’excentrique et 19% pour le concentrique. L’isométrique seul (51,3% des
réponses) et associé à l’excentrique (21,1% des réponses) représente 72,4% des réponses.

En cours de rééducation, l’excentrique (87 %) et le concentrique (73%) sont les modes de


contractions les plus utilisés en cours de rééducation.

En fin de rééducation on peut remarquer que le concentrique (68%), l’excentrique (78%) et la


pliométrie (71%) sont préconisés au détriment de l’isométrique (32%).

Figure 15: Objectifs thérapeutiques ciblés


43
Au début de rééducation, 97,5% des répondants préconisent l’objectif antalgique. Ensuite c’est
l’objectif proprioceptif avec 45% des questionnés. Ces deux objectifs représentent 74% de
l’ensemble des objectifs répondus pour le début de rééducation.

En cours de rééducation, l’endurance (78% des répondants), la force (70%) et le proprioceptif


(70,5%) sont les plus représentés.

En fin de rééducation, il faut ajouter à ces trois objectifs la vitesse (81% des répondants) et la
puissance (85%).

6.2.8. Protocoles de rééducations

Connaissez-vous des protocoles pour la rééducation de la pubalgie ?


Oui : 62,8% Non : 37,2%

Tableau 13: Connaissance de protocoles pubalgie

Parmi les thérapeutes s’occupant de footballeurs et rugbymen, 62,8% connaissent des protocoles
« pubalgie ». Lesquels ?

33
35
30
25
20
15 10 8
10 3 3 2
5 1 1 1
0

Figure 16: Protocoles sollicités par les thérapeutes


Sur cette question ouverte, une codification des résultats a été effectuée. Parmi ceux connaissant
des programmes de rééducation, 81,1% ont répondu à cette question.

44
7. Analyse des résultats

7.1. Tests préalables à l’analyse de variables

7.1.1. Tests de conformité de variables qualitatives

Variables qualitatives P-value Interprétation


La probabilité de se tromper en rejetant H0 est élevée
Q7, Q8 > 0,05
(69% pour Q7 et 55% pour Q8). On refuse H1.

La probabilité de se tromper en rejetant H0 est très


Autres variables < 0,05
faible. On accepte H1.

Tableau 14: P-Value, variables qualitatives

Pour Q7 et Q8 l’observation ne diffère pas de la théorie, ce n’est donc pas significatif. Pour toutes
les autres variables, les résultats obtenus diffèrent significativement.

7.1.2. Tests de shapiro-wilk pour les variables quantitatives

Variables quantitatives P-value Interprétation


La probabilité de se tromper en rejetant H0 est
Q6, Q17, Q18, Q20, Q24, Q25 < 0,001
très faible. On accepte H1.

Tableau 15: P-Value, Variables quantitatives

Aucune des variables quantitatives ne suit la loi normale. On refuse l’hypothèse d’une loi de
distribution. Lors des tests de croisement de variables, on effectuera donc des tests non
paramétriques de Mann-Whitney.

7.2. Vérification des hypothèses

Les résultats sont statistiquement difficiles à interpréter. Les pourcentages s’appliquent aux
échantillons et ne sont pas représentatifs de la population. En effet, les tests donnent des résultats
sur la population alors qu’ils ont été effectués à partir d’un échantillon d’une taille de 100
personnes. Les conditions initiales des tests sont présentées en annexe 12 et 13.

7.2.1. Tests d’homogénéité

[Link]. Tests 1 et 2

Lors de la partie résultats, on a pu voir que 48% des kinésithérapeutes sondés


connaissaient le dernier consensus sur la catégorisation de douleur d’un patient pubalgique. Par
les hypothèses 1 et 2, on cherche à déterminer quel échantillon connait le plus ces dernières
recommandations.
45
Test 1 : Recommandations internationales et nouvelle réforme des études.

Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5 (annexe 14). Un test de Chi 2 d’homogénéité et
d’indépendance est donc effectué avec p-value = 0,88. Cela signifie que la probabilité de se
tromper en rejetant H0 est de 88 %. On accepte donc l’hypothèse nulle (H0) « La connaissance du
consensus de Doha est indépendante de l’ancienneté des kinésithérapeutes ». Ceux qui pratiquent
depuis moins d’un an et qui ont connu la nouvelle réforme ne connaissent pas mieux les dernières
recommandations que les autres populations de kinésithérapeutes.

Test 2 : Recommandations internationales et formations en kinésithérapie du sport

Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5 (annexe 14). Un test de Chi 2 d’homogénéité et
d’indépendance est donc effectué avec p-value = 0,004. Cela signifie que la probabilité de se
tromper en rejetant H0 est de 0,4 %. On accepte donc l’hypothèse H2 « La connaissance du
consensus de Doha est dépendante des formations suivies en kinésithérapie du sport du praticien
». Les kinésithérapeutes ayant suivi une formation en kinésithérapie du sport connaissent mieux
le consensus de Doha que ceux n’ayant pas suivi ces formations.

[Link]. Test 3

D’après la littérature, la douleur intra-articulaire de hanche ne fait pas partie des


diagnostics possibles de douleur à l’aine. Le test 3 permet de voir si les kinésithérapeutes incluent
la douleur intra-articulaire de hanche dans leurs diagnostics kinésithérapiques et s’il existe des
différences entre ceux qui connaissent le consensus et ceux qui ne le connaissent pas.

Test 3 : Connaissance des recommandations internationales et classification de la douleur.

Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5. Un test de Chi 2 d’homogénéité et


d’indépendance est donc effectué avec p-value = 0,07. La probabilité de se tromper en rejetant H0
est de 7 %. Donc on refuse l’hypothèse H3 au risque de 5% « Dans la classification de la douleur
à l’aine, la non inclusion de la douleur intra-articulaire de hanche est indépendante de la
connaissance du consensus de Doha ». Au contraire, les kinésithérapeutes connaissant le
consensus de Doha incluent à 57% la douleur intra-articulaire de hanche dans les diagnostics
possibles de douleurs à l’aine contre 40% pour ceux ne connaissant pas le consensus.
Cependant la variabilité des réponses est beaucoup plus importante chez ceux ne connaissant pas
le consensus.
Question 12 Connaissance du Non connaissance du
consensus consensus
Choix des 4 propositions 50 % 25%
Choix des 3 propositions (en dehors de la
21% 7,7 %
douleur intra-articulaire de hanche)

46
Au vu de la diversité des réponses un autre test de Chi 2 d’homogénéité et d’indépendance a été
effectué pour savoir si la connaissance du consensus de Doha influence la classification de la
douleur à l’aine avec P-value =0,017. On accepte donc l’hypothèse « La connaissance du
consensus de Doha influence la classification de la douleur à l’aine ». Les kinésithérapeutes qui
connaissent le consensus de Doha ont une catégorisation de la douleur à l’aine qui se rapproche
plus des recommandations internationales. Autrement dit, le fait de connaitre le consensus permet
de mieux catégoriser la douleur.

[Link]. Test 4

Le test 3 vient de montrer que le fait de connaitre le consensus de Doha influence la


classification de la douleur à l’aine. Par l’intermédiaire de la question 7 et de la question 13, le
test 4 s’intéresse aux tests réalisés pour chaque élément pouvant être incriminé comme douleur à
l’aine. Les différences entre les thérapeutes connaissant le consensus (groupe A) et ceux ne le
connaissant pas (groupe B) sont relevées dans le tableau suivant :

Groupe A : connaissance du Groupe B : non connaissance


consensus N=48 du consensus N=52
Myo- Ostéo- Myo- Ostéo-
Inguinale Inguinale
tendineuse articulaire tendineuse articulaire
Examen palpatoire 85% 63% 63% 88% 48% 46%
Manoeuvre de vasalva 21% 21% 65% 6% 12% 31%
Tests neurologiques 42% 29% 44% 21% 6% 31%
Test de conflit 21% 92% 27% 12% 75% 12%
Test de mobilité articulaire 54% 92% 33% 27% 83% 12%
Test d'hypoextensibilité 88% 31% 21% 83% 15% 8%
Test contre-résistance 94% 33% 42% 87% 19% 12%
Test de la sacro-iliaque 25% 83% 21% 10% 71% 8%
Taux de répondants 54% 63% 39% 42% 41% 20%

Sur ce tableau, on peut déjà voir que le pourcentage des taux de réponses est beaucoup plus fort
pour le groupe A. En adéquation avec les études(THORBORG et al., 2018) sur le diagnostic de
la pathologie, des tests Chi 2 d’homogénéité et d’indépendance sont réalisés sur les différences
observées en gras dans le tableau. Tous les effectifs théoriques des variables testées sont
supérieurs à 5 et respectent la loi de Borel.

a) Douleur d’origine inguinale

La manœuvre de Vasalva est utilisée par le groupe A par 65% des thérapeutes voulant
diagnostiquer une origine de douleur inguinale. C’est 34% plus que le groupe B. Le test contre
résistance est utilisé 30% de plus par le groupe A. Des tests Chi 2 ont été réalisés afin de voir si
ces différences sont statistiquement significatives :

47
- Manœuvre de Vasalva : p-value = 0,0007
- Test contre résistance : p-value = 0,0006

On accepte donc les hypothèses au risque de 5% : « Pour diagnostiquer une douleur d’origine
inguinale, l’utilisation de la manœuvre de Vasalva et d’un test contre résistance sont dépendants
de la connaissance du consensus de Doha ». Connaitre le consensus permet d’utiliser plus ces
tests lors de l’examen clinique. En règle générale pour la douleur inguinale, le groupe A pratique
en moyenne 19% plus de tests que le groupe B.

b) Douleur d’origine ostéo-articulaire

Les tests de conflits et de mobilités articulaires représentent 92% des thérapeutes du groupe A
contre respectivement 75% et 83% des thérapeutes du groupe B pour une douleur d’origine ostéo-
articulaire. Un test Chi 2 d’indépendance est donc réalisé pour ces 2 variables :
- Test de conflit : p-value = 0,026
- Test de mobilité articulaire : p-value = 0,18

On accepte donc l’hypothèse H4 au risque de 5% seulement pour le test de conflit : « Pour


diagnostiquer une douleur d’origine ostéo-articulaire, l’utilisation d’un test de conflit est
dépendante du consensus de Doha ». Connaitre le consensus permet aux thérapeutes d’utiliser
plus les tests de conflits lors de l’établissement du diagnostic, mais pas des tests de mobilités
articulaires. En règle générale pour la douleur d’origine ostéo-articulaire, le groupe A utilise en
moyenne 22% plus de tests que le groupe B.

c) Douleur d’origine myo-tendineuse

L’examen palpatoire est utilisé par plus de 85% des groupes pour les thérapeutes soupçonnant
une douleur d’origine myo-tendineuse. Les tests d’hypoextensibilité et contre résistance sont plus
utilisés par les thérapeutes du groupe A, respectivement de 4% et de 7%. Des tests Chi 2 ont été
réalisés afin de voir si ces différences sont statistiquement significatives :
- Test d’hypoextensibilité : p-value = 0,5
- Test contre résistance : p-value = 0,23

On accepte donc l’hypothèse H0 : « L’utilisation d’un test contre résistance ou d’hypoextensibilité


pour diagnostiquer une douleur d’origine myo-tendineuse ne dépend pas de la connaissance du
consensus de Doha ». Il n’y a pas de lien direct entre la mise en pratique de ces tests et les
thérapeutes composants le groupe A. En règle générale pour la douleur d’origine myo-tendineuse,
le groupe A utilise en moyenne 12% plus de tests que le groupe B.`

Au vu des résultats obtenus aux tests 3 et 4, on peut déduire que le groupe connaissant le
consensus arrive à mieux catégoriser que l’autre groupe.

48
[Link]. Test 5

Le test 5 cherche à déterminer s’il existe un lien entre les kinésithérapeutes qui
catégorisent (voir test 3 et 4) et l’utilisation du renforcement musculaire tout au long de la
rééducation (Q19). Sur ce test, une généralité sera faite, en accord avec les tests 3 et 4, sur la
connaissance du consensus et la catégorisation de la douleur. En effet, en suivant ces tests on peut
donc dire que les thérapeutes qui catégorisent ont significativement plus de chance d’appartenir
au groupe connaissant le consensus de Doha. Ainsi, deux groupes se distinguent :
- Un groupe (C) connaissant le consensus de Doha et pratiquant le renforcement
musculaire en rééducation : 48 thérapeutes.
- Un groupe (D) ne connaissant pas le consensus de Doha et pratiquant le renforcement
musculaire en rééducation : 44 thérapeutes.
Les résultats sont exprimés en pourcentage de thérapeutes, dans les graphiques ci-dessous :

Connaissance du consensus de Doha (groupe C)


90 88
83 83
77
73
65

35
23
17

0
PAS DE RENFORCEMENT RENFORCEMENT RENFORCEMENT PRATIQUE SPORTIVE
MUSCULAIRE MUSCULAIRE EN SÉANCE MUSCULAIRE EN DEHORS AUTORISÉE
DES SÉANCES

Début de rééducation En cours de rééducation Fin de rééducation

Figure 17: La pratique du renforcement musculaire en fonction de la connaissance du consensus de Doha

Non connaissance du consensus de Doha (groupe D)

98
86 89
75
66 64 66
57

25
9
7 11

PAS DE RENFORCEMENT RENFORCEMENT RENFORCEMENT PRATIQUE SPORTIVE


MUSCULAIRE MUSCULAIRE EN SÉANCE MUSCULAIRE EN DEHORS AUTORISÉE
DES SÉANCES

Début de rééducation En cours de rééducation Fin de rééducation

Figure 18: La pratique du renforcement musculaire et la non connaissance du consensus de Doha

49
Sur 100 répondants, 8 thérapeutes ont été exclus du test. En effet ils ne pratiquent pas le
renforcement musculaire. Par ailleurs, il se trouve que ces huit thérapeutes ne connaissaient pas
le consensus de Doha.

Au vu des résultats, des tests Chi 2 d’homogénéité et d’indépendance ont été réalisés entre les
groupes C et D. Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5.

N° Rééducation Modalités P-Value


1 Début de rééducation Pas de renforcement musculaire 1,497.10-6
2 Début de rééducation Renforcement musculaire en séance 0,038
3 En cours de rééducation Renforcement musculaire en séance 0,021
4 En cours de rééducation Renforcement musculaire en dehors des séances 0,065

a) Début de rééducation

La valeur des tests 1 et 2 de Chi 2 montre qu’il y a une différence significative entre les groupe C
et D. L’hypothèse H5 est acceptée au risque de 5% : « Il existe une corrélation entre la
catégorisation de la douleur et l’utilisation du renforcement musculaire en début de rééducation ».
Un thérapeute issu du groupe C utilise significativement plus le renforcement musculaire dès le
début de rééducation par rapport à un thérapeute issu du groupe D.

Le renforcement musculaire en dehors des séances est prescrit par 35% des kinésithérapeutes du
groupe C contre 25% du groupe D.

b) En cours de rééducation

La valeur du test 3 de Chi 2 montre qu’il y a une différence significative entre les groupe C et D.
L’hypothèse H5 est acceptée au risque de 5% : « Il existe une corrélation entre la catégorisation
de la douleur et l’utilisation du renforcement musculaire en cours de rééducation ». Un thérapeute
ne catégorisant pas la douleur utilise significativement plus le renforcement musculaire (98%) en
cours de rééducation qu’un thérapeute catégorisant (83%).

La valeur du test 4 Chi 2 montre que l’on rejette l’hypothèse H6 au risque de 5%. Cependant, les
thérapeutes catégorisant issus du groupe C conseillent à 15 % de plus que le groupe D, le
renforcement musculaire en dehors des séances.

La pratique sportive est autorisée à plus de 66% pour l’ensemble des thérapeutes.

En conclusion, on peut dire que les thérapeutes catégorisant favorisent le renforcement musculaire
en dehors des séances en cours de rééducation.

50
c) En fin de rééducation

Il n’y a pas de différences majeures entre les groupe C et D. La pratique sportive est autorisée à
plus de 88% pour les deux groupes.

[Link]. Test 6

Le renforcement musculaire fait partie intégrante des rééducations pour 92% des
kinésithérapeutes. Ainsi le test 6 vise à déterminer si l’utilisation du renforcement musculaire
comme traitement dépend du sport pratiqué par la sous-population tel que le football ou le rugby.

Test 6 : Renforcement musculaire et sport pratiqué par la sous-population

Tous les effectifs théoriques ne sont pas supérieurs à 5 (annexe 14). Le test ne peut être réalisé
car les effectifs théoriques pour la population « autres sports » est trop faible. Un test exact de
Fisher est alors réalisé avec P-value =0,068. L’hypothèse H6 est rejetée au risque de 5%.
« L’utilisation du renforcement musculaire comme traitement est indépendante du sport pratiqué
par la sous-population tel que le football ou le rugby ».

Cependant seulement 5,5% des thérapeutes s’occupant principalement d’une population de


footballeurs ou rugbymen, n’utilisent pas le renforcement musculaire. Ce chiffre est de 22% pour
les thérapeutes s’occupant principalement des sportifs issus d’autres sports.

On peut conclure que le renforcement musculaire parait être un traitement de choix dans la
rééducation surtout pour les sports tel que le football et le rugby.

[Link]. Test 7

L’objectif de l’hypothèse 7 est de déterminer s’il existe un lien entre les objectifs thérapeutiques
choisis et les modes de contractions employés. Elle s’intéresse aux modalités de la rééducation
au début, en cours et à la fin de rééducation. On est en présence d’une série de données
multivariées, les résultats obtenus ne sont pas propices à une analyse par test statistique. La
significativité n’est pas prise en compte. Les totaux ne font pas 100% car plusieurs choix de
réponses étaient possibles. Les résultats montrent une certaine homogénéité :

Objectif Effectif Isométrique Concentrique Excentrique Pliométrique



Endurance 17 100% 29% 24% 0%
Force 15 93% 40% 47% 0%

Début de Proprioceptif 35 89% 20% 31% 0%


rééducation Vitesse 4 100% 75% 25% 0%
Puissance 3 100% 67% 33% 0%
Antalgique 76 93% 20% 40% 0%
Tableau 16: Modes de contractions et objectifs thérapeutiques en début de rééducation

51
En début de rééducation, les praticiens vont privilégier l’objectif antalgique. Pour y arriver, 93%
des kinésithérapeutes sondés utilisent le mode de contraction isométrique contre 20% le
concentrique et 40% l’excentrique.

Objectif Effectif Isométrique Concentrique Excentrique Pliométrique


Endurance 61 51% 77% 90% 13%
Force 54 56% 85% 80% 11%

En cours de Proprioceptif 55 45% 78% 84% 11%


rééducation Vitesse 25 48% 84% 84% 16%
Puissance 25 56% 80% 92% 12%
Antalgique 29 55% 66% 93% 14%
Tableau 17: Modes de contractions et objectifs thérapeutiques en cours de rééducation

En cours de rééducation, les praticiens vont privilégier les modes de contractions concentriques
et excentriques dans un objectif proprioceptif, de force et d’endurance. Pour l’endurance 90% des
kinésithérapeutes sondés utilisent l’excentrique, et pour la force, 85% utilisent le concentrique.

Objectif Effectif Isométrique Concentrique Excentrique Pliométrique

Endurance 48 35% 77% 90% 75%


Force 50 34% 70% 84% 60%

Fin de Proprioceptif 54 31% 67% 87% 76%


rééducation Vitesse 63 32% 62% 83% 76%
Puissance 66 33% 71% 85% 76%
Antalgique 18 50% 72% 83% 61%
Tableau 18: Modes de contractions et objectifs thérapeutiques en cours de rééducation

En fin de rééducation, les objectifs de vitesse et de puissance s’ajoutent aux objectifs précédents.
Les modes de contractions concentriques et excentriques sont toujours autant utilisés, tout comme
la pliométrie. Elle représente 76% de la prise en soin des thérapeutes pour les objectifs de
puissance et de vitesse.

7.2.2. Tests non paramétriques de Mann-Whitney

Pendant ces tests, la durée de prise en soin du patient pubalgique sera comparée à d’autres
variables. La variable quantitative discrète « durée de prise en soin » ne respecte pas la loi de
normalité d’après la loi de shapiro-wilk.

[Link]. Test 8

Le fait de connaitre le consensus de Doha et de pouvoir l’appliquer à la pratique clinique pourrait


diminuer le temps de prise en soin du patient pubalgique. Le test 8 détermine s’il existe une
corrélation entre ces deux variables.

52
Test 8 : Connaissance des recommandations internationales et durée de prise en soin

Un test non paramétrique de Mann-Whitney est donc effectué avec p-value=0,296. Cela signifie
que la probabilité de se tromper en rejetant H0 est de 29,6 %. On accepte donc « la connaissance
du consensus de DOHA est indépendante de la durée moyenne de la rééducation de la pubalgie ».
Les différences constatées dans les deux échantillons ne sont pas significatives, elles peuvent être
imputées au hasard des fluctuations d’échantillonnage. Le fait de connaitre les recommandations
internationales n’a pas d’influence sur la durée de prise en soin.

[Link]. Test 9

Le test 9 détermine si le fait de suivre des formations continues en kinésithérapie du sport diminue
la durée moyenne de prise en soin du patient pubalgique.

Test 9 : Durée de prise en soin et formations continues en kinésithérapie du sport

Un test non paramétrique de Mann-Whitney est donc effectué avec p-value=0,314. Cela signifie
que la probabilité de se tromper en rejetant H0 est de 31,4 %. On accepte donc « la durée de prise
en soin du patient pubalgique est indépendante des formations de kinésithérapies du sport suivies
par le thérapeute ». Le fait de suivre des formations continues en kinésithérapie du sport n’influe
pas significativement la durée de prise en soin.

[Link]. Test 10

Le test 10 détermine s’il existe un lien entre le fait d’adopter un programme rééducatif contenant
du renforcement musculaire et le fait de diminuer la durée moyenne de rééducation du patient
pubalgique.

Test 10 : Durée de prise en soin et traitement employé

Un test non paramétrique de Mann-Whitney est donc effectué avec p-value=0,004. Cela signifie
que la probabilité de se tromper en rejetant H0 est de 0,4 %. On accepte donc H10 « la durée de
prise en soin du patient pubalgique est dépendante des traitements employés par les
kinésithérapeutes et notamment du renforcement musculaire ».

Cependant ce résultat est à nuancer au vu de la faible proportion entre les groupes. En effet, la
population utilisant le renforcement musculaire est de 92, contre 8 ne l’utilisant pas. Le fait
d’adopter un programme de renforcement musculaire permettrait de réduire significativement la
durée de prise en soin moyenne.

7.3. Synthèse des résultats

La pratique des kinésithérapeutes ayant répondu au questionnaire est en majorité libérale


(94%). Tous ont déjà rééduqué un patient pubalgique, essentiellement des hommes (97%).
53
Pourtant, on observe beaucoup de différences concernant leurs pratiques sur la prise en soin de la
douleur à l’aine.

Tout d’abord, la connaissance des dernières recommandations internationales semble être sous
l’influence de certains facteurs. Le fait de connaitre le dernier consensus de Doha dépend
directement des formations suivies après l’obtention du diplôme et notamment en kinésithérapie
du sport. Le fait d’avoir suivi son cursus scolaire en 4 ans ne semble pas avoir d’influence sur la
connaissance de ce consensus. Seulement 36 % des kinésithérapeutes sondés connaissent le
consensus de Doha et le questionnaire HAGOS.

Ensuite, au niveau diagnostic, des disparités vont apparaitre entre ces deux groupes. En effet, le
fait de connaitre le consensus de Doha permettrait aux thérapeutes de mieux catégoriser la
douleur. L’utilisation des tests diagnostiques dépendrait directement de cette catégorisation. Pour
une douleur d’origine inguinale, l’utilisation des tests de Vasalva et contre-résistance dépendent
directement de la connaissance du consensus. Cela est également vérifié pour le test de conflit
pour une douleur d’origine ostéo-articulaire. En revanche, pour une douleur d’origine myo-
tendineuse, il ne semble pas qu’il y est de différence significative entre les deux groupes. La
notion de douleur intra-articulaire de hanche est encore discutée entre les thérapeutes. Sa
participation dans le diagnostic de la douleur à l’aine est entière pour les thérapeutes sondés.

Au niveau du traitement, des différences dans la rééducation vont apparaitre entre les thérapeutes
connaissant le consensus de Doha et ceux ne le connaissant pas. Parmi les huit thérapeutes qui ne
considèrent pas le renforcement musculaire comme faisant partie intégrante de la rééducation,
aucun ne connaissent le consensus de Doha. Les personnes connaissant le consensus de Doha
vont privilégier les exercices de renforcement musculaire en début de rééducation. En cours de
rééducation, les thérapeutes ne connaissant pas le consensus utilisent plus le renforcement
musculaire en cours de séance, tandis que ceux le connaissant favorisent les exercices à domicile.
Dans les modalités de ce renforcement, il existe un lien entre les modes de contractions employés
et les objectifs thérapeutiques recherchés. Les techniques antalgiques semblent favorisées en
début de rééducation par un mode de contraction isométrique. En cours de rééducation,
l’endurance et la force sont privilégiées grâce aux modes de contractions concentrique et
excentrique. Enfin, la vitesse et la puissance sont développées par les modes de contractions
excentriques, concentriques et pliométriques en fin de rééducation. L’objectif proprioceptif est
développé tout au long de la rééducation.

Enfin, on a voulu déterminer quels facteurs influençaient la durée de rééducation. La durée de


prise en soin ne dépend ni de la connaissance du consensus, ni des formations suivies en
kinésithérapie du sport mais du traitement employé. Statistiquement, l’utilisation du renforcement
musculaire dans la rééducation diminue la durée de prise en soin.

54
8. Discussion

8.1. Cohérence externe de l’étude

8.1.1. Pertinence de l’étude

Tout d’abord, cette étude s’inscrit dans le cadre de la sortie de l’avenant conventionnel
numéro 5 paru récemment. En effet, le titre 3 de cet avenant prévoit de « promouvoir la qualité
des soins de Masso-kinésithérapie ». Ce travail de recherche s’inscrit complétement dans nos
compétences 6,7 et 8 : « concevoir et mettre en œuvre une prestation de conseil et d’expertise
dans le champ de la masso-kinésithérapie », « analyser, évaluer et faire évoluer notre pratique
professionnelle » et « rechercher, traiter et analyser des données professionnelles et
scientifiques ». Ainsi cette étude s’inscrit dans une démarche d’actualisation et de prévention des
pratiques des traitements conservateurs de la douleur à l’aine en France en 2019, dans la visée
d’une recommandation des bonnes pratiques professionnelles (HAS, 2014).

La pubalgie, également appelée douleur à l’aine en langage scientifique, représente jusqu’à 12,8
% des blessures de footballeurs (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015). C’est une
pathologie fréquente dans le monde sportif dans lequel le kinésithérapeute a un rôle important
dans la prise en soin. En effet, celui-ci doit s’adapter au patient en choisissant des techniques de
rééducation efficaces. Ces techniques doivent permettre de ramener le sportif à la compétition
dans les plus brefs délais, sans douleur et sans risque de récidive. Cela implique une rééducation
efficiente précédée d’un diagnostic kinésithérapique bien posé.

Le 1er juin 2015, un consensus réunissant 24 spécialistes de la pubalgie recommande : « La


douleur à l’aine est maintenant la réunification de quatre entités cliniques à partir de décembre
2018, abolissant ainsi les 33 termes existants du langage scientifique » (WEIR et al., 2015). Notre
étude est donc en accord avec cette définition. Elle est récente par rapport à ces recommandations
concernant le diagnostic kinésithérapique de la pathologie. En 2018, un article précise les tests et
les caractéristiques de la douleur qu’il faut utiliser pour chaque entité clinique définie par le
consensus (THORBORG et al., 2018). De manière générale ce consensus et le questionnaire
HAGOS, sont des outils permettant de simplifier au maximum la catégorisation de la douleur
dans une pathologie complexe avec de multiples tableaux cliniques. Cependant, les résultats
cliniques de l’étude montrent que l’application de ce diagnostic est encore mal connu de tous les
praticiens exerçant en France en 2019.

Le lien entre la catégorisation de la douleur et le traitement n’est pas encore bien établi. En effet
le consensus n’indique pas quel traitement est à préconiser en fonction de telle ou telle atteinte.
Celui-ci dépend de l’expérience même du thérapeute. Finalement les traitements conservateurs
bien qu’ils soient nombreux, souffrent d’un manque d’adaptation et d’efficacité dans ce type de

55
prise en soin, en témoigne la durée de prise en soin moyenne. Les modalités de traitement ne sont
pas unanimes. Dans cette optique, analyser les différences entre les pratiques des
kinésithérapeutes et ce qui est dit dans la littérature internationale parait être essentiel quant à une
supposée amélioration des pratiques de rééducation. Ces actions font partie de notre champ de
compétence de masso-kinésithérapeute et sont l’essence même de notre recherche.

8.1.2. Concordances des résultats avec d’autres études

Tout d’abord, notre étude voulait repérer les facteurs qui faisaient varier les rééducations
entre les kinésithérapeutes. L’implication des « recommandations de bonne pratique » dans ce
type d’étude est totale. Elles sont définies dans le champ de la santé comme « des propositions
développées méthodiquement pour aider le praticien et le patient à rechercher les soins les plus
appropriés dans des circonstances cliniques données » (HAS, 2014).

La connaissance et la prise en compte des dernières recommandations parait essentielle à la


compréhension et au développement de la prise en soin. Le choix de ces recommandations s’est
divisé en deux dans l’étude. Le consensus de Doha (WEIR et al., 2015) permettant de simplifier
la catégorisation de la douleur pour le clinicien et le questionnaire HAGOS (THORBORG et al.,
2014) permettant de mieux appréhender la douleur du patient. Seulement la moitié des
kinésithérapeutes s’occupant de patients pubalgiques ont connaissance de ces recommandations :
48% des thérapeutes ont connaissance du consensus et 47 % ont connaissance du questionnaire
HAGOS.

Ainsi, on s’est demandé quels facteurs intervenaient dans la prise de connaissance de ces
recommandations. Est-ce des facteurs personnels ? professionnels ? Grâce aux questionnaires, on
peut voir que la connaissance de ces recommandations semble directement dépendante des
formations suivies après l’obtention du diplôme. Des formations complémentaires en
kinésithérapie du sport notamment. Il semblerait que ces recommandations soient peu abordées
dans le tronc commun du cursus de formation. Pourtant la douleur à l’aine représente un
pourcentage élevé des pathologies traumatiques liées au sport. L’application de ce consensus
n’indique pas le chemin exact de la pathogénèse de la douleur à l’aine, chaque patient étant
différent. Cependant celui-ci régit un cadre dans l’établissement des diagnostics et la
classification de la douleur. Il simplifie la pratique clinique des thérapeutes.

Pour adapter en clinique ce consensus, des tests diagnostiques sensibles et spécifiques ont été
développés pour classifier les douleurs (THORBORG et al., 2018). Il se trouve que pour une
douleur d’origine myo-tendineuse, le test palpatoire constitue la valeur prédictive la plus élevée
(90%) pour éliminer les lésions graves (SERNER et al., 2016). Dans l’étude, les thérapeutes
utilisent l’examen palpatoire à 87%, le test d’hypoextensibilité à 88% et le test contre résistance
à 90%. Pour une douleur ostéo-articulaire, les tests de conflit (83%), mobilité articulaire (87%) et

56
sacro-iliaque (77%) sont préconisés par les thérapeutes. Pour une douleur suspectée d’origine
inguinale, le test de Vasalva (47%) est utilisé. Les résultats sont en adéquation avec ceux retrouvés
dans la littérature.

Une récente étude discute de l’efficacité de ces tests dans le diagnostic de la douleur à l’aine lié
à un adducteur (ISHØI et al., 2020). Un clinicien peut être assez certain qu’il n’y a pas de lésion
à l’adducteur s’il n’y a pas de douleur à la palpation, de même que s’il y n’y a pas de douleur au
test contre résistance. La douleur à l’aine liée à l’adducteur représentant 23% de toutes les lésions
musculaires au football (ISHØI et al., 2020). Ces tests représentent donc une catégorie de sportifs
importante et non négligeable.

Les personnes connaissant le consensus de Doha classifient mieux la douleur à l’aine que les
autres thérapeutes. Ils utilisent plus de tests pour diagnostiquer l’origine de la douleur à l’aine.
Cependant cette étude ne dissocie pas l’origine de la classification de douleur. En effet, dans
l’étude, l’incorporation de la douleur intra-articulaire de l’aine est faite par 57% des thérapeutes
connaissant le consensus. Pourtant la douleur intra-articulaire de hanche n’apparait pas dans les
diagnostics possibles de douleur à l’aine. La distinction entre douleur intra-articulaire de hanche
comprenant le conflit fémoro-acétabulaire ou l’arthrose par exemple et la douleur liée à la hanche
(blocage mécanique) n’est pas encore bien distinguée par les thérapeutes.

Il est très difficile de déterminer par l’intermédiaire de cette étude le lien direct entre la
catégorisation de la douleur et le traitement appliqué en fonction de cette classification. Dans la
littérature (BRUKNER et al., 2017), la quantification du stress mécanique avec une augmentation
progressive des charges est décrite. Le respect des quatre paliers de rééducation avec un
programme de renforcement musculaire spécifique est nécessaire. Le renforcement est un élément
important de la prise en soin, considéré par 92% des thérapeutes comme faisant partie intégrante
du traitement. Cependant, les modalités du renforcement musculaire ne sont pas unanimes, en
témoigne le peu de protocoles reproductibles disponibles pour les thérapeutes. Pour reprendre la
récente revue systématique (CHARLTON et al., 2017), il existe bien un manque de connaissances
et d’adaptations concernant les pratiques de traitements conservateurs.

Le manque de force des abdominaux et des adducteurs sont des facteurs de risques intrinsèques
importants dans des sports comprenant un travail asymétrique des membres inférieurs. Grâce à
l’étude, on peut voir que ces groupes musculaires sont rééduqués par les praticiens s’occupant de
footballeurs ou rugbymen, dans 94% pour les adducteurs et 90% pour les abdominaux.

Les modalités de la rééducation sont en accord avec les phases décrite par (BRUKNER et al.,
2017). En phase aiguë, 97,5% des thérapeutes préconisent un objectif antalgique et 93% d’entre
eux utilisent le renforcement musculaire isométrique. L’objectif d’un renforcement global et sans
douleur tout en favorisant la phase de réparation tissulaire est en concordance avec la littérature.

57
Durant cette phase, le renforcement musculaire est pratiqué par 63% des thérapeutes et 84%
conseillent l’arrêt sportif. La structure de la blessure est donc protégée par le thérapeute et le sport
arrêté par le patient. En phase de conditionnement, les thérapeutes préconisent des objectifs
d’endurance (78%), de force (70%) et proprioceptif (70%). L’excentrique est le renforcement
musculaire le plus utilisé, devant le mode de contraction concentrique et l’isométrique. Le
renforcement pendant les séances et en dehors des séances est préconisé. La rééducation est moins
unanime qu’en phase aiguë, mais les résultats obtenus sont en accord avec la littérature. En effet,
le renforcement est progressif et gradué tout en respectant la restauration de la structure. En phase
de retour au sport, les objectifs de vitesse (81%) et de puissance (85%) sont ajoutés à ceux de la
phase de conditionnement. Cela implique l’incorporation du mode de renforcement pliométrique.
Les résultats sont en accord avec la littérature. On se doit de retrouver les fonctions musculaires
du sport effectué. Le but étant de maintenir les capacités d’endurance de force musculaire acquis
au cours de la rééducation tout en améliorant le contrôle moteur.

Ces modalités de prise en soin impliquent une durée moyenne de rééducation de 9,5 semaines
pour une moyenne de 2,3 séances par semaine selon l’étude. Le fait de pratiquer le renforcement
musculaire en séance réduirait cette durée significativement. Le temps de rééducation est différent
en fonction des entités cliniques mises en causes mais ceci n’est pas vérifiable dans l’étude. En
général, on décrit un temps de reprise au sport entre 6 semaines et 3 mois. Les résultats trouvés
dans l’étude sont donc en adéquation avec ce temps.

8.1.3. Etudes similaires et résultats

La douleur de l'aine est une affection fréquente, récidivante et invalidante. Elle peut toucher
les jeunes sportifs professionnels et amateurs, les écartant des terrains parfois de longs mois. Il
est évident qu’un seul traitement ne suffit pas à rétablir le patient, sans récidive et sans douleur
dans les plus brefs délais. Préparer le corps à l’effort physique, réduire les déséquilibre posturaux
et musculaires, et abolir la douleur sont le résultat d’une association de traitements dans lequel le
renforcement musculaire a une place de choix.

Beaucoup d’études scientifiques s’intéressent à la douleur à l’aine, comparant l’efficacité du


traitement conservateur au traitement chirurgical. Les études associant la pratique des
kinésithérapeutes et les recommandations scientifiques sont peu nombreuses ou du moins
inconnues. De plus les recherches s’intéressant aux traitements conservateurs de la douleur à
l’aine sont limitées, tant au niveau de la quantité que de la reproductibilité. Dans la littérature
scientifique, en se basant sur des études dites récentes, on se situe donc entre deux types d’études :
Les études prenant en compte le dernier consensus de Doha et les autres études.

En effet, le consensus est paru en 2015 et il prend effet à partir du 1er décembre 2018. Cela
contraint les auteurs à se situer dans un contexte de transition concernant le diagnostic de douleur

58
à l’aine et la rééducation qui s’en suit. Les études s’intéressant à l’efficacité de la thérapie par
l’exercice dans la rééducation de la douleur à l’aine restent assez récentes (en dehors d’(P.
HÖLMICH et al., 1999)). Avant 2009, aucune revue systématique n’informe les cliniciens sur la
place de la thérapie par l’exercice dans la prise en charge thérapeutique.

Dans l’étude, on analyse comme seul traitement le renforcement musculaire. Or, une étude montre
qu’une association de traitements est nécessaire dans la rééducation de la pubalgie (ALMEIDA et
al., 2013). Le traitement par renforcement musculaire permet à un plus grand nombre d’athlètes
de revenir à leur niveau sportif (Per HÖLMICH et al., 1999), mais le traitement multimodal
(chaleur, thérapie manuelle, et étirement) ramènerait le sportif plus rapidement au sport (WEIR et
al., 2011). Cependant ces résultats restent mesurés, aucun des protocoles réalisés n’est détaillé.

On s’intéresse dans l’étude aux diagnostics anatomiques précis régis par le consensus de Doha.
Or, la douleur à l’aine est l’émergence d’un site d’échec tissulaire secondaire à une surcharge
biomécanique. Les évaluations et la rééducation des douleurs à l’aine se sont concentrées
spécifiquement sur les structures anatomiques et les déficiences fonctionnelles plutôt que sur les
mouvements du corps entier. L’approche biomécanique de la pubalgie est primordiale pour
répondre aux problématiques qui sont imposées par cette pathologie sportive fréquente
(FRANKLYN-MILLER et al., 2008). L’analyse de mouvement tridimensionnel permettrait
d’identifier avec succès le pathomécanisme de la douleur à l’aine comme cela a déjà été fait avec
le ligament croisé antérieur (FRANKLYN-MILLER et al., 2017). Ces derniers ont réalisé la
première étude examinant les schémas de mouvement sur 322 patients atteints de douleur à l’aine
lors d’un effort de changement de direction maximal. Trois stratégies principales en ressortent :
- Travail effectué par le genou : 40% des patients
- Travail effectué par la hanche : 19% des patients
- Travail effectué par la cheville : 41% des patients
Ces stratégies représentent différents mécanismes de distribution de la charge résultante, pouvant
entraîner une surcharge des tissus et la propagation de la douleur. En conséquence, une
intervention centrée sur le contrôle inter-segmentaire pourrait constituer une nouvelle approche
de la réadaptation (KING et al., 2018). Les prémices de ces travaux ont déjà été mises en avant
par Busquet et sa rééducation par les différentes chaines de travail musculaire. L’avantage, c’est
que ce travail peut être mis en place sans l’aide d’un laboratoire d’analyse de mouvement.

Il existe donc peu de recul sur les études s’intéressant au traitement conservateur. Malgré les
études récentes, on peut voir qu’une association de traitements, en comprenant le renforcement
musculaire, est indispensable à la rééducation de la pathologie (BARRAS, LUTZ et MATHIEU,
2019).

59
8.2. Cohérence interne de l’étude

8.2.1. Biais et limites de l’étude

Les biais dans ce type d’étude peuvent être importants et se doivent d’être relevés. Au-
delà des biais que l’on connaissait au moment de la passation du questionnaire (voir 5.4.3), des
biais sont apparus lors de l’analyse statistique liée à la méthodologie de l’étude.

[Link]. Biais et limites liés au questionnaire

La passation du questionnaire s’est effectuée entre octobre et décembre 2019 sur les
réseaux sociaux. Un texte « d’accroche » précisant les critères d’inclusion de l’échantillon et
expliquant le déroulement de l’étude a été rédigé pour donner envie aux gens de répondre au
questionnaire (annexe 8). Ce texte explicatif peut être interprété différemment par les personnes
constituant les groupes, leur donnant envie de répondre ou pas. Cela constitue un biais de sélection
mais qui semble-t-il reste négligeable pour notre étude. Un biais lié aux modes de transmission
du questionnaire est également inévitable : on ne peut contrôler si une personne peut répondre
plusieurs fois au questionnaire. Cependant, on aurait pu limiter l’accès au début de questionnaire,
en rajoutant un item du type « je certifie être diplômé masseur-kinésithérapeute et j’exerce en
France » afin d’être sûr que la personne rentre dans les critères d’inclusion de l’étude.

Un des biais principal pour une étude réalisée grâce à une méthodologie par questionnaire est le
biais de réponse (SALÈS-WUILLEMIN, 2006). Le thérapeute répondant peut faire attention aux
liens qui existent entre les questions et tente de deviner l’objectif de l’étude. Il peut ainsi
interpréter les réponses en fonction de l’objectif du questionnaire et non en fonction de sa pratique
clinique. De plus, ce mode de transmission par questionnaire ne permet pas d’aiguiller le
thérapeute si une question est mal formulée et laisse donc le doute dans l’interprétation de la
question.

Le biais de désirabilité sociale, se définissant ici comme le choix pour le thérapeute de donner
une préférence aux réponses socialement désirables, peut se faire au détriment des croyances ou
capacités personnelles (PAULHUS, 2002). Ses véritables réponses peuvent également être
affectées par les émotions personnelles au moment de répondre au questionnaire. Celles-ci
interfèrent avec le recueil d’informations, donnant lieu à un biais affectif (CEDIP, 2014). Les
données empiriques du questionnaire peuvent donc influencer le comportement de réponse d’un
thérapeute cherchant à donner un sens au questionnement et pouvant biaiser les résultats
(HERBERT, 2007).

Un autre biais, c’est le contenu du questionnaire. Notre questionnaire est composé exclusivement
de questions fermées. Les questions fermées conduisent le sujet à prendre position même s’il y

60
adhère que partiellement : c’est le biais de formulation (VILATTE, 2007). De plus, dans certaines
questions, le répondant était obligé de mettre une réponse, constituant un biais de non réponse.

Le questionnaire comporte certains points pouvant être améliorés :


- Question 21 : Le choix de réponse pour « autres sports » aurait pu être modifié. En
effet, cela aurait été pertinent de laisser les 22 thérapeutes choisissant cette
proposition remplir par le sport qui leur convenait. Ainsi, on aurait eu plus de détails
sur la population la plus touchée par la douleur à l’aine pour ces thérapeutes.
- Questions 24 et 25 : Ces questions concernant le nombre de répétitions et de séries
conseillées par les thérapeutes sont inexploitables. La charge et l’objectif recherché
n’étant pas précisé dans le questionnaire. Par cette question, on a voulu déterminer
les modalités spécifiques appliquées par les thérapeutes en séance en se rapprochant
des protocoles décrits dans la littérature.
- Question 26 : L’objectif hypertrophie aurait pu être rajouté à cette question.
L’hypertrophie musculaire et les adaptations neurales sont à la base du
développement de la force musculaire (HOFF et HELGERUD, 2004). En effet
l'hypertrophie musculaire permet l’augmentation de la surface transversale des fibres
musculaires et le recrutement d'unités motrices.

[Link]. Biais et limites liés à l’analyse des résultats

Lorsqu’on étudie des données lors d’une analyse statistique, le biais de confirmation
intervient (CEDIP, 2014). Notre plan statistique est réalisé avant les résultats. Cependant, on a
tendance à privilégier les informations qui confirment nos hypothèses. On accorde alors moins
d’importance dans l’analyse à celles qui ne sont statistiquement pas significatives. Dans l’étude,
on a pris conscience de ce biais et il semble être limité. La confrontation et la pertinence des
données recherchées ne doit pas être perturbée par la subjectivité de l’auteur.

Lors de l’analyse, des limites sont apparues et on a pu voir que des données étaient imprécises.
Tout d’abord la dissociation entre la blessure à l’aine aigue et chronique n’a pas été réalisée dans
l’étude. Cependant, au cours d’une étude comme la nôtre, la différenciation entre ces deux types
de douleur est difficile à distinguer. En effet, le délai de consultation caractérisant l’anamnèse de
la douleur à l’aine est perturbé par la chronicisation de douleur. Souvent, un sportif va consulter
lorsqu’il ne peut plus effectuer son sport, c’est-à-dire après un certain laps de temps de douleur.
Dans ces conditions il est difficile pour le thérapeute de distinguer ces deux types de douleur.
Pour l’étude, le questionnaire étant essentiellement à questions fermées, cela peut altérer la qualité
de réponse sur la question s’intéressant au temps de rééducation moyen.

Lors de l’analyse statistique, il y a eu une fixation sur l’objectif de la question de la connaissance


des recommandations internationales. La réponse à la question sur la connaissance du consensus
61
de Doha, conditionnait beaucoup d’interprétations d’hypothèses. Le consensus de Doha à un nom
qui n’est pas forcément assimilable au contenu. Les thérapeutes ont peut-être connaissance de ce
consensus sous un autre nom. Le résultat de l’interprétation peut donc être modifié. En effet, si
un thérapeute connait le contenu du consensus mais pas le terme « consensus de Doha », il
répondra à cette question « non » et sera classer dans le groupe n’y appartenant pas : c’est le biais
d’interprétation des résultats. De plus certains thérapeutes connaissent ce consensus mais
n’appliquent pas son contenu au terrain. La généralisation qui a été faite lors du test d’hypothèse
5 sur la catégorisation de douleur était essentielle pour pouvoir constituer deux groupes en
fonction des résultats des tests précédents, mais constitue un biais de sélection.

Ensuite, il est difficile de créer du lien entre la catégorisation de la douleur et les traitements
appliqués. En effet dans le questionnaire on ne distingue pas les quatre origines de douleur comme
expliqué dans le cadre théorique (BRUKNER et al., 2017). Il était difficile de l’inclure dans le
questionnaire car on aurait influencé la réponse portant sur le diagnostic de la pathologie (Q12).
Le lien a été établi grâce aux tests statistiques et à leurs interprétations.

Un biais de confusion est apparu à la question 12. La notion entre douleur intra articulaire et
douleur à l’aine n’est pas claire entre les thérapeutes et peut comporter plusieurs explications :
- Le terme « douleur à l’aine » a seulement été utilisé pour cette question. Cela peut
porter à confusion dans la compréhension de la question et de la cohérence des
réponses.
- Les kinésithérapeutes qui connaissent le consensus ne l’appliquent pas en clinique ou
incorporent la douleur à l’aine comme diagnostic à part entière dans la pubalgie.
- La douleur intra-articulaire n’est pas bien mise en évidence sur ce consensus et cette
notion reste floue même pour ceux connaissant le consensus.
- Optimal loading : on coche la réponse qui semble la bonne pour le questionnaire,
mais on ne l’applique pas en pratique clinique.

Au niveau des sports de l’étude, il s’avère que la différence entre les postes du rugby et du football
influent beaucoup la rééducation. Dans le football, tous les postes en dehors du gardien
contiennent à peu près les mêmes caractéristiques, au contraire du rugby. Un pilier, qui a besoin
principalement de force, ne va pas être rééduqué comme un ailier qui a principalement besoin de
vitesse. Or ces différences entre les postes n’ont pas été établies dans le questionnaire. Il est donc
très difficile d’effectuer une comparaison entre les footballeurs et les rugbymen. Une analyse des
coureurs à pied, sport asymétrique des membres inférieurs aurait pu être intéressante. Mais il
existe peu de littérature sur ce sujet.

Enfin, les questions concernant le risque de récidive et la prévention n’ont pas été explicitées dans
le questionnaire, bien que développées dans le cadre théorique. Avec le recul, ces questions

62
auraient pu faire part entière du questionnaire, complétant ainsi les informations manquantes de
la prise en soin.

8.2.2. Forces et avantages de l’étude

Notre étude a pris conscience des différents biais la constituant. Certains biais sont
inévitables mais peuvent être contrôlés ou minimisés. En effet le schéma méthodologique adopté
a permis de conférer au questionnaire une qualité de données collectées.

Premièrement, l’étude en accord avec les considérations éthiques, préserve l’anonymat. La


passation par l’intermédiaire d’internet confère un sentiment d’intimité et d’anonymat permettant
au thérapeute de se sentir plus libre dans son choix de réponse. Seul les thérapeutes voulant
répondre au questionnaire ont répondu.

De plus, la mise en place d’une pré-enquête a permis de confronter notre subjectivité sur le sujet
de la douleur à l’aine au terrain. Cela a permis de mieux cibler les données intéressantes qui
composent notre méthodologie d’enquête.

Ensuite, le pré-test a permis de juger de l’acceptabilité de l’instrument et du temps nécessaire à


sa passation (FALISSARD, 2008).

La passation du questionnaire a été identique pour tous les répondants conférant une égalité des
chances de répondre pour chaque thérapeute.

Les répondants n’ont pas été influés par un système géographique spécifique, internet
s’affranchissant des contraintes liées aux temps et à la distance. Cela permet d’interroger donc
des personnes difficilement disponibles ou peu motivées à l’idée de se déplacer par exemple.
Ainsi, l’influence d’un secteur géographique trop précis et d’un institut de formation en Masso-
kinésithérapie prépondérant dans ce secteur est écartée.

Bien que les questions fermées confèrent au questionnaire un biais de formulation, celles-ci
permettent la réduction du biais méthodologique. En effet, cela permet d’éviter au répondant la
lassitude et les comportements d’évitements (CEDIP, 2014).

Le nombre de réponses importantes au questionnaire est également à mettre en avant : 100


réponses sur un délai de 3 mois. Cela représente une population importante à l’échelle de notre
étude. Ainsi la cohorte minimale de 30 individus par groupe a été respectée sur la plupart des tests
statistiques effectués.

La contribution et la participation de ces thérapeutes à l’étude est à mettre en avant. Les retours
de certains thérapeutes ont été très constructifs et positifs sur l’étude. Aucun retour négatif n’a été
mis en avant.

63
8.3. Extrapolation des résultats

Dans ce type d’étude, interpréter les résultats et les extrapoler à la pratique clinique est
essentiel. Il s’agit de regarder si les résultats de la population prise en soin par les
kinésithérapeutes ayant répondu au questionnaire peuvent être transposés à la population générale
étudiée.

Une comparaison avec le dernier recensement de la population de masseurs-kinésithérapeutes de


2019 a été faite. La transmission du questionnaire sur tirage aléatoire représente un taux de
sondage de 46,1 % en excluant les doublons de ces groupes (ORDRE DES MASSEURS-
KINÉSITHÉRAPEUTES, 2019). Parmi cette population, 100 thérapeutes ont répondu au
questionnaire. Cela représente forcément un très faible taux de sondage. Cependant, pour une
étude comme la nôtre, des similitudes apparaissent entre les résultats obtenus et la population
générale.

La population générale est constituée des thérapeutes et des patients qu’ils prennent en charge.
D’après le rapport démographique entre 2018 et 2019, 7000 kinésithérapeutes exerçants en France
se sont inscrits à l’ordre. Cela correspond à 7,4% de la population des kinésithérapeutes français
qui ont connu la nouvelle réforme en quatre ans. Ils sont 12 % néo-diplômés à avoir répondu sur
le questionnaire.

On ne peut déterminer la population de kinésithérapeutes qui ont fait une formation spécifique en
kinésithérapie du sport. Au niveau des patients pris en charge, la douleur à l’aine à clairement été
identifiée comme une douleur plus présente chez les hommes au niveau du questionnaire (97%)
et au niveau de la littérature (KARLSSON et al., 2014). Le grand nombre de pratiquants en France
et les contraintes liées à ce sport, font que le sport le plus touché par ce type de pathologie est le
football (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015). Ceci est en accord avec les résultats où
66% des thérapeutes rééduquent principalement des sportifs footballeurs atteints de douleurs à
l’aine.

Au vu de ces données, on peut s’apercevoir que les résultats sont statistiquement difficiles à
généraliser. Cependant ils peuvent être transposés à la population générale. Les pourcentages
s’appliquant aux échantillons, bien qu’ils ne soient pas représentatifs de la population, se
rapprochent de la population générale.

Ainsi l’extrapolation des résultats de l’étude est possible en prenant en compte les biais de
représentativité. Ils interviennent lorsque l’on considère un échantillon comme représentatif d’une
population très large. Ces biais peuvent être limités dans l’étude à partir d’une construction
méthodologique solide et grâce à la cohérence des données entre la population générale et
l’échantillon.

64
8.4. Implications cliniques et futures recherches

8.4.1. Des outils dans la pratique quotidienne

Être conscient de la difficulté d’un diagnostic ou de l’orientation d’une prise en soin, est
essentiel dans l’appréhension d’une pathologie aux multiples étiologies. La revue de littérature et
les résultats du questionnaire ont permis de mettre en avant des outils paraissant indispensables
dans la prise en soin de la douleur à l’aine. La simplification et l’amélioration des prises en soin
n’est pas évidente à mettre en place au vu de notre regard étudiant dans un contexte où la
rééducation est directement dépendante de l’expérience du thérapeute.

Pourtant, des recommandations de bonnes pratiques résultant de l’association des résultats du


questionnaire et de la littérature semblent pertinentes à incorporer dans la pratique clinique. Ces
recommandations se limitent aux points d’amélioration de cette prise en soin. Celles-ci sont
identifiés à l’aide d’études, de pratiques et des avis et de l'expérience des professionnels de santé
concernés par le thème de la douleur à l’aine (HAS, 2014). Ces outils, intégrant un programme
de bonne pratique, ne sont pas exhaustifs.

Premier outil : La mise en place d’un programme de prévention de blessure à l’aine au sein
des pratiques sportives à risques tels que le football ou le rugby.

La prévention est le meilleur traitement contre le développement de pathologies d’origines


musculo-squelettiques. Elle représente la partie immergée de l’iceberg. Les douleurs à l’aine
représentent la partie émergée. Elles peuvent être d’origines gestuelles, caractérisées par une
douleur aiguë liée au geste sportif ou être des blessures dites de « surutilisation » caractérisées
par une douleur qui chronicise.

Le football et le rugby sont des sports comportant un travail asymétrique des membres inférieurs,
des brusques changements de directions et des accélérations. Ils sont considérés comme les sports
les plus à risques. L’incidence de ces blessures peut être réduite grâce à des programmes de
prévention introduits par les intervenants du monde sportif dans tous ces clubs amateurs et
professionnels. Bien que cela semble difficile, tant au niveau des moyens que du fond, il est
important pour ces intervenants de prendre conscience des possibilités existantes pour réduire ce
risque de blessure. L’incorporation dans une préparation physique de ces programmes de
préventions type FIFA 11+ et avant un effort physique de haute intensité ont déjà montré leurs
résultats (Kristian THORBORG et al., 2017).

Les rôles des kinésithérapeutes et des préparateurs physiques dans la sensibilisation et la


communication, auprès de structures sportives sur la prévention des blessures, paraissent
essentiels dans la phase de préparation physique au début de saison notamment.

65
Deuxième outil : Améliorer la coopération médecin-kinésithérapeute afin d’accélérer
l’accès au soin.

En dehors de la coopération kinésithérapeute-préparateur physique, la coopération entre le


médecin et le kinésithérapeute semble indispensable pour une prise en soin efficiente. Lors du
processus de prise en soins, l’orientation diagnostique de la douleur à l’aine est directement
dépendante de ces deux professions.

La fluidité de communication entre eux peut être perturbée par l’imagerie médicale. En effet,
l’imagerie augmente le temps d’attente entre la consultation médicale et la prise en soin
kinésithérapique. En 2016, le temps d’attente pour un IRM est de 30,6 jours en moyenne (CEMKA
FRANCE, 2016). Une douleur à l’aine issue des quatre entités cliniques du consensus de Doha ne
nécessite pas systématiquement l’utilisation de l’imagerie médicale. Ainsi un langage commun
basé sur les dernières recommandations internationales pourrait réduire l’utilisation de l’imagerie
médicale pour le diagnostic de douleur à l’aine.

La douleur à l’aine est une douleur pouvant être compensée lors de l’activité physique. Le patient
consulte le médecin souvent lorsqu’il ne peut plus compenser, aggravant ainsi sa blessure. Le
temps d’attente est un facteur de chronicisation pour la douleur à l’aine. L’accès aux soins où l’on
pourrait intervenir est :
- Entre le patient et le médecin
- Entre le masseur-kinésithérapeute et le médecin
En accélérant l’accès aux soins entre ces personnes, la prise en charge thérapeutique serait plus
efficiente et le délai de reprise sportive pourrait être fortement diminué.

Troisième outil : Le bilan appliqué a pour nécessité de bien cibler l’origine de la douleur.

Bien que le médecin pose le premier diagnostic, le kinésithérapeute intervient à part entière dans
l’établissement de celui-ci. Au-delà de l’anamnèse de la blessure, bien comprendre l’origine de
la douleur semble primordial dans ce type de pathologie. Pour chaque origine de douleur, des
tests sensibles et spécifiques sont décrits.

Pour une douleur myo-tendineuse, soit liée à un ilio-psoas ou à un adducteur, les tests en
provocation de douleur contre résistance et des étirements des muscles mis en causes sont à
effectuer. L’examen palpatoire parait indispensable.

Pour une douleur d’origine inguinale, des tests de provocation de douleur à la manœuvre de
Vasalva et à la contraction résistée des abdominaux semblent nécessaires.

Enfin pour une douleur d’origine pubienne, la douleur peut être reproduite par les tests de
résistance adducteurs et abdominaux. Les tests de conflits peuvent mettre en évidence le
diagnostic différentiel de conflit fémoro-acétabulaire, une douleur intra-articulaire de hanche.

66
Quatrième outil : Le questionnaire HAGOS, un outil pour évaluer les répercussions de cette
douleur sur la quotidien et la pratique sportive.

Le questionnaire HAGOS (copenhagen hip and groin outcome score, annexe 7) permet de mieux
comprendre la douleur chez le sportif en évaluant notamment ses limitations et difficultés dans la
pratique sportive et dans la vie quotidienne (THORBORG et al., 2014).

L’évolution clinique de la douleur est un indicateur de suivi essentiel afin de pouvoir optimiser le
programme de rééducation. La compréhension et l’adaptation des processus de réadaptation sont
directement dépendantes de celle-ci et donc du questionnaire HAGOS.

Ainsi, l’incorporation systématique de ce questionnaire lors de la prise en charge thérapeutique


permettrait de mieux comprendre la douleur et sa gravité dans une démarche EBP.

Cinquième outil : Le renforcement musculaire pour améliorer le processus de réadaptation.

Pour améliorer la prise en soin, le choix de traitement est primordial. Bien qu’une association de
traitement soit nécessaire, le renforcement musculaire semble indispensable à la rééducation de
la douleur à l’aine. Dans la première partie de rééducation, un renforcement isométrique des
muscles adducteurs, abdominaux et fessiers est préconisé dans un objectif antalgique.

En phase de conditionnement, l’endurance et la force sont privilégiées grâce aux modes de


contractions concentriques et excentriques.

En phase de retour au sport, la vitesse et la puissance sont développées par les modes de
contractions excentriques, concentriques et pliométriques (BRUKNER et al., 2017). Les
programmes de renforcement sont associés avec le rétablissement du contrôle moteur en
respectant la quantification du stress mécanique.

Sixième outil : Savoir repérer les critères de retour au sport

La persistance de modifications neuromusculaires après une lésion peut avoir des conséquences
néfastes à long terme. Cela peut contribuer à une nouvelle lésion par augmentation de la charge
articulaire et diminution des mouvements (WHITTAKER et al., 2015).

Ainsi, bien évaluer les critères de retour au sport parait essentiel. Ce temps de retour au sport
dépend de nombreux facteurs. Il est influencé par le calendrier de la saison, par des décisions
jonglant entre tolérance et risque, et les enjeux sociaux-économiques engendrés par la blessure.

Le retour au sport est un continuum comportant trois niveaux (SERNER et al., 2020) :
- Retour à la participation du sport à un niveau inférieur
- Retour au niveau de sport précédent
- Retour à la performance

67
Le critère pour le retour à la compétition serait de participer à des entrainements complets pendant
une à trois semaines avant la compétition (BRUKNER et al., 2017).De plus, se baser sur le ressenti
de la douleur pendant les tests, sur la capacité à effectuer les exercices demandés, et sur les
performances motrices, parait être indispensable quant au retour à la compétition (SERNER et al.,
2020).

Septième outil : Une mise en place d’un programme personnalisé de suivi.

Le risque de récidive après une douleur à l’aine est le principal facteur de risque (RYAN,
DEBURCA et MC CREESH, 2014). La mise en place d’un programme de renforcement spécifique
au sportif et de mobilité spécialisé parait être essentiel quant à la continuité du soin.

Le patient est acteur de sa rééducation. Ainsi, le respect du programme personnalisé créé par le
thérapeute, notamment pendant la phase de préparation physique, permettrait d’éviter ce risque
de récidive.

8.4.2. Implication pour les futures recherches

Le rôle important des abdominaux dans l’implication clinique de la douleur n’est pas
clairement mis en évidence dans les dernières recommandations. Pourtant, son rôle dans la
cinématique de mouvement de la ceinture pelvienne est clairement mis en évidence par les
anciennes études. En effet, avant 2015, la classification de l’étiologie de la douleur était
dépendante de sa topographie. Ainsi trois groupes étaient impliqués (ZILTENER et LEAL, 2007) :
pubalgie pariéto abdominale, pubienne et sous-pubienne. Des futures études s’intéressant au rôle
des abdominaux dans l’implication clinique de la douleur chez des patients pubalgiques seraient
intéressantes, en corrélation avec le consensus de Doha.

La douleur à l’aine est un sujet qui nécessite une adaptation entre l’expérience clinique du
thérapeute et les dernières actualisations de la littérature scientifique. Dans ce processus
d’adaptation, l’implication des professionnels de santé est totale. Dans la prise-en charge de cette
pathologie, intervient généralement le kinésithérapeute, professionnel de la rééducation et le
médecin prescripteur. Le diagnostic médical résulte directement de cette coopération
interprofessionnelle.

Comme vu précédemment, la douleur chronique de hanche et de l’aine représente 10% de toute


les consultations dans les centres de médecine sportive (MCCRORY et BELL, 1999) et de 5% à
28% de l’ensemble des blessures sportives (HUREIBI et MCLATCHIE, 2010). Cependant, on
peut voir qu’en étudiant les réponses du questionnaire, la douleur à l’aine représente une faible
proportion de la patientèle des kinésithérapeutes. En effet, 82% des praticiens prennent en charge
les pubalgies une fois par mois maximum.

68
Des futures recherches s’intéressant aux rôles des professionnels de santé dans l’établissement du
diagnostic, et plus particulièrement aux critères influençant le médecin à prescrire de la
kinésithérapie pour une douleur à l’aine seraient pertinentes. Cela permettrait de mieux
comprendre ces disparités de prise-en charge, s’il elles existent, et de diagnostiquer plus tôt ces
pathologies. Ainsi, l’imagerie médicale pourrait être moins utilisée et le patient serait orienté plus
facilement et plus rapidement vers la kinésithérapie.

Dans le monde professionnel de football, l’incidence des blessures musculaires à la hanche est de
0,7 sur 1000 heures de pratique, contre 0,5 pour l’entorse de cheville par exemple (BAHR,
CLARSEN et EKSTRAND, 2018). Ainsi, des futures études s’intéressant à la place de la
rééducation de la douleur à l’aine parmi les pathologies musculo-squelettique liées au sport
seraient pertinentes. Existe-t-il des différences dans l’incidence de ces blessures entre le monde
professionnel et le monde amateur ? Comment expliquer la faible fréquence de prise en soin de
patient avec une blessure de douleur à l’aine chez les kinésithérapeutes français ? Comment
améliorer le processus d’accès au soin ?

Notre étude s’intéresse au diagnostic et au traitement conservateur de la pathologie mais ne prend


pas beaucoup de recul sur la prévention et le risque de récidive. Au vu des études disponibles sur
la pubalgie et des entretiens exploratoires réalisés, on a pu voir l’importance du risque de récidive
concernant la douleur à l’aine : 4 à 7 fois plus élevé (ARNASON et al., 2004). Le lien avec un
programme de prévention efficace semblerait intéressant à être démontré. En effet le programme
Fifa 11+ qui doit être réalisé 20 minutes avant les matchs chez des footballeurs, a montré une
diminution de 41% des pubalgies et des autres pathologies sportives (Kristian THORBORG et al.,
2017).

Les futures recherches devraient inclure ce programme en amont de la préparation physique


comme rôle de prévention de douleur à l’aine mais aussi après la rééducation, pour évaluer sa
pertinence sur la diminution de risque de récidive. Ainsi en confrontant les données collectées en
clinique et ce programme de prévention, on pourrait évaluer l’incidence de ces blessures et
l’efficacité du programme de rééducation sur la reprise au sport et les risques de récidive.

69
9. Conclusion

Notre mémoire d’initiation à la recherche en masso-kinésithérapie s’est intéressé aux


pratiques des kinésithérapeutes concernant la pubalgie, à travers la question de recherche :
« Quelles sont les pratiques réalisées par les kinésithérapeutes pour la rééducation de la pubalgie
en France en 2019 ? »..

Pour tenter d’y répondre, une double approche a été employée afin de prendre en compte les
données de la littérature, et les données du terrain, via un questionnaire destiné aux masseurs-
kinésithérapeutes. Par cette double approche, essence même de la démarche EBP, notre étude a
permis de mieux comprendre le rôle central du kinésithérapeute dans la pathologie de la douleur
à l’aine.

Le diagnostic kinésithérapique de la pathologie est régi par le récent consensus de Doha. Le


traitement conservateur appliqué devrait comporter du renforcement musculaire et respecter les
quatre paliers de rééducation tout en prenant en compte la quantification du stress mécanique. Le
traitement conservateur est la première ligne de traitement. Or, il semblerait que ces données ne
soient pas encore unanimes entre les professionnels de santé. En effet l’enquête de terrain met en
avant des différences dans la prise en soin.

L’étude s’est intéressée aux modalités de la rééducation et a révélé des différences entre les
recommandations et la pratique clinique. Ces différences peuvent s’expliquer par la complexité
de la pathologie. L’analyse de ces différences ont permis de mieux appréhender une pathologie
dans lequel de nombreux facteurs de risques peuvent être mis en cause.

Les résultats de l’étude ont montré que l’incorporation des recommandations internationales n’est
pas totale entre les professionnels de santé. Les thérapeutes connaissant ces recommandations
arrivent mieux à catégoriser la douleur et utilisent plus de tests lors du bilan initial. Cependant le
lien entre catégorisation de la douleur et le traitement associé montre que les modalités du
renforcement souffrent d’un manque d’adaptation et d’efficacité entre les thérapeutes. La durée
de prise en soin est sous la dépendance directe du traitement appliqué.

En accord avec notre référentiel de compétence, notre recherche a débouché sur des implications
cliniques basées à la fois sur les données de la littérature et également de la pratique de terrain.
L’incorporation du consensus dans le cursus scolaire des étudiants et l’amélioration de la
coopération médecin-kinésithérapeute sur les blessures à l’aine permettrait de recentrer la
problématique de prise en soin.

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79
Table des annexes

Annexe 1: Les éléments anatomiques (source Dufour) ..................................................... I


Annexe 2: Les quatre entités cliniques définies, issues du consensus de Doha .............. II
Annexe 3: Squeeze test et Bent knee fallout test ............................................................ III
Annexe 4: Tests de performance..................................................................................... IV
Annexe 5: Photos des exercices adductions SENER et al. .............................................. V
Annexe 6: Protocole d’Hölmich ..................................................................................... VI
Annexe 7: Questionnaire HAGOS .................................................................................VII
Annexe 8: Texte introductif du questionnaire d’étude .................................................... X
Annexe 9: Indicateurs et réponses du questionnaire d’étude .......................................... XI
Annexe 10 : Sous hypothèses et questionnements d’études ........................................ XVI
Annexe 11: Plan statistique....................................................................................... XVIII
Annexe 12: Choix d’un test statistique ........................................................................ XIX
Annexe 13: Conditions initiales, calcul de l’effectif théorique (condition de Borel) ... XX
Annexe 14 : Poster de l’étude ...................................................................................... XXI
Annexe 15: Entretiens exploratoires ...................................................................................
Annexe 1: Les éléments anatomiques (source Dufour)

Muscle Origine Terminaison Action Innervation


Grand -Arcs costaux 5, 6 et 7 -Corps du pubis -Flexion bassin sur thorax
Droit -Processus xiphoïde -Expansion controlatérale ou inversement

-6 derniers arcs costaux -T5 à T12 : nerfs


-Processus costiformes L1 à L5 -Rentré de ventre intercostaux
Transverse -Ligne blanche
-crête iliaque, EIAS et ligament -Expiration forcée
inguinal -L1 : départ nerf
ilio-hypogastrique
-3 dernières côtes et ilio-inguinal
Oblique -Crête iliaque -Ligne blanche -Rotation du tronc
Interne -EIAS (2/3 antérieur) -Tendon conjoint avec le controlatéral (bassin fixe) -L2 : départ nerf
transverse génito- fémoral
-Crête iliaque
Oblique -Face externe partie antérieure -Partie antérieure EIAS -Rotation du tronc
externe 7 derniers arcs costaux -Ligne blanche controlatéral (bassin fixe)
-Ligament inguinal

-Corps vertébraux T12-L4 -Nerf du psoas (L1,


Psoas -Petit trochanter -Flexion de hanche
-Processus transverses L1-L5 L2, L3)

-Nerf musculo-
-Adduction de hanche
-Branche supérieure du pubis -Crête du pectiné face cutané médial
Pectiné -Participe à la flexion de
sur la crête pectinéale postérieure du fémur -Nerf obturateur L2,
hanche
L3, L4)
-1/3 proximal de la ligne
Court -Face externe : Corps et branche âpre. -Nerf obturateur
-Adduction de hanche
adducteur inférieure du pubis -En dehors du pectiné (L2, L3, L4)
-En dedans du long Add
-Nerf musculo-
-Coaptation de la
Long -1/3 moyen entre les 2 cutané médial
-Face externe du corps du pubis symphyse pubienne
adducteur lèvres de la ligne âpre. -Nerf obturateur
-Adduction de hanche
(L2, L3, L4)
1) Faisceau supérieur : Face
externe branche ischio-
1) Extrémité supérieure
pubienne
du fémur branche latérale
2) Faisceau moyen : -Nerf obturateur
Grand 2) Lèvre latérale du corps -Adduction de hanche
Face externe branche ischio- (1 et 2)
adducteur de ligne âpre -Légère extension
pubienne -Nerf sciatique (3)
3) Tubercule de
3) Faisceau inférieur :
l’adducteur
Face postérieure tubérosité́
ischiatique

-Patte d’oie (1/4 antéro-


supéro-médiale du tibia, -Adduction de hanche -Branche antérieure
-Corps et branche inférieure du
Gracile en arrière du sartorius, -Flexion / rotation médiale du nerf obturateur
pubis
au-dessus du semi- de genou (L2, L3)
tendineux)

I
Annexe 2: Les quatre entités cliniques définies, issues du consensus de Doha

II
Annexe 3: Squeeze test et Bent knee fallout test

Squeeze test (K. THORBORG, BRANCI, et al., 2017)


Le patient est en décubitus dorsal et le thérapeute applique une résistance
Réalisation entre les deux genoux tendus. Le patient effectue une adduction isométrique
avec une force maximale pendant 5 secondes.
Utilité Le test permet de mesurer la différence de force entre les adducteurs de hanche.
diagnostique Il peut également être utilisé comme test provocateur de douleur.
Douleur ressentie sur une échelle numérique, de 0 à 10 avec 0 = aucune douleur
et 10 = douleur maximale.
Interprétation 0-2 = Personne saine
3-5= Douleur acceptable
6-10= Risque élevé de blessure

Illustration

Aussi appelé le « copenhague squeeze test ». Peut également être effectué


Remarques
genoux fléchis.

Bent knee fall out test (MONNIER et al., 2012)


Le patient est en décubitus dorsal. Un stabilizer est placé sur la colonne
lombaire à une pression de 40 mmHg. Le patient fléchit la hanche et le genou
Réalisation du côté à tester. Le pied arrive au niveau du genou controlatéral.
La position lombaire est corrigée à la valeur de 40mmHG.
Le sujet doit alors effectuer une abduction / rotation latérale jusqu’à 45°.
Utilité Le test permet de mesurer la capacité du sujet à empêcher la rotation lombaire
diagnostique lors d’une abduction / rotation latérale de la hanche.
Le test est réussi si la valeur finale à 45° est inférieure ou égale à 49mmHG
Interprétation
lors de la chute du genou plié.

Illustration

Le test peut être également effectué sans stabilizer de la manière suivante :


Le patient effectue une abduction et rotation latérale maximale. Le thérapeute
Remarques
mesure la distance entre le genou et l’horizontalité de la table et compare
entre les deux côtés.

III
Annexe 4: Tests de performance

Test Ilinois (WOOD, 2008)


Patient en procubitus mains allongées. Au top du thérapeute, le chronomètre
Réalisation est déclenché et le patient se lève le plus vite possible pour effectuer le
parcours. Plusieurs essais sont possibles, le meilleur score étant gardé.
La capacité du joueur à tourner dans différentes directions et à différents angles
Utilité diagnostique est testée. Ainsi ce test est un bon indicateur des aptitudes de l’athlète à
accélérer, décélérer et à courir en changeant de direction.
Temps de références en secondes :
Sur la Sous la
Sexe Excellente moyenne Faible
Interprétation moyenne moyenne
Hommes < 15,2 15,2 -16,1 16,2-18,1 18,2-18,8 >18,8
Femmes < 17 17-17,9 18-21,7 21,8-23 >23

Illustration

Le choix des chaussures et du terrain peut influencer le temps final. Il existe


Remarques
un parcours plus cours nommé « test d’Illinois modifié ».

Star execution balance test (PICOT, TERRIER et FORESTIER, 2018)


Sujet debout au centre d’une étoile à huit branches espacées de 45°. Le patient
est pieds nus et ses mains sont sur ses hanches.
Réalisation Le thérapeute lui demande d’atteindre la plus grande distance possible avec la
pointe de pied dans toutes les directions puis de revenir au point initial. On
mesure chaque valeur une par une. 3 essais sont comptés.
Utilité diagnostique Outil d’évaluation de la stabilité posturale dynamique.
Les différences entre les membres inférieurs sont relevées et sont exprimées en
pourcentage de la longueur épine iliaque antéro-supérieure / malléole médiale.
Interprétation Score normalisé en une direction = (moyenne 3 essais sur une direction /
Longueur membre inférieur en cm) x 100
Score composite = score normalisé de toutes les directions / 8

Illustration

Remarques Existe une variante nommée « Y balance test » qui ne contient que 3 branches.
IV
Annexe 5: Photos des exercices adductions SENER et al.

Photos issues de SERNER et al Numéro de l’exercice

V
Annexe 6: Protocole d’Hölmich

VI
Annexe 7: Questionnaire HAGOS

VII
VIII
IX
Annexe 8: Texte introductif du questionnaire d’étude

X
Annexe 9: Indicateurs et réponses du questionnaire d’étude

Déterminants sociaux Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Moins d’1 an 12
Entre 1 et 5 ans 34
Q1 : Depuis combien de temps
Entre 6 et 10 ans 28
exercez-vous ?
Entre 10 et 15 ans 9
15 ans ou plus 17
Q2 : Avez-vous suivi votre Oui 74
cursus de formation en France ? Non 26

Cabinet libéral 94
Q3 : Dans quel type de structure
Centre de rééducation 7
avez-vous exercez ?
Établissement médical 8
Clubs sportifs professionnels 17

Q4 : Avez-vous suivi des


Oui 65
formations continues en
Non 25
kinésithérapie du sport ?
Q5 : Avez-vous déjà rééduqué Oui 100
des patients pubalgiques ? Non 0
1 pas du tout confiant / 10 très confiant
Q6 : À quel niveau de confiance De 1 à 4 /
vous situez-vous dans la 5 8
rééducation du patient 6 25
pubalgique ? 7 32
8 26
Liste déroulante de 1 à 10. 9 5
10 4

Connaissance des recommandations internationales Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Q7 : Connaissez-vous le Oui 48
consensus de Doha ? Non 52

Q8 : Connaissez-vous le Oui 47
questionnaire HAGOS ? Non 53
Q9 : Si oui l’utilisez-vous Oui 12
systématiquement ? Non 86

XI
1ère partie des déterminants de la sous population Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

1 tous les 6 mois 36


1 tous les 3 mois 26
Q10 : À quelle fréquence
1 tous les mois 20
rééduquez-vous le patient
1 tous les 15 jours 6
pubalgique ?
1 toutes les semaines 3
Plusieurs par semaine 9

Q11 : Quelle population atteinte


Hommes 97
de pubalgie avez-vous le plus
Femmes 3
rééduqué ?

Déterminants de la catégorisation de la douleur Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Lésions intra-articulaires de la hanche 49


Q12 : Selon vous, quels éléments
Lésions myo-tendineuses 92
à l'origine de la douleur à l'aine
Lésions inguinales 62
peuvent être incriminés ?
Lésions liées à la symphyse pubienne 74

Douleur Douleur Douleur


d’origine d’origine d’origine
ostéo- myo- inguinale
articulaire tendineuse
Q13 : Quels outils utilisez-vous Examen palpatoire 55 87 52
lors de l'examen clinique pour Manœuvre de Vasalva 16 13 47
l'établissement du diagnostic Test neurologique 17 31 37
médical ? Test de conflit 83 17 19
Test de mobilité articulaire 87 40 22
Test d’hypoextensibilité 23 85 14
Test contre résistance 26 90 27
Test sacro-iliaque 77 17 14

Oui à chaque fois 44


Q14 : Utilisez-vous le "squeeze
Oui mais pas systématiquement 29
test" (test de compression) lors
Non je ne l’utilise pas 12
de l'examen clinique ?
Non je ne connais pas ce test 15

XII
Déterminant de l’imagerie médicale Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Q15 : Conseillez-vous au patient Oui systématiquement 10


l’imagerie médicale afin Oui en cas de doute sur le diagnostic 56
d’affirmer le diagnostic ? Non 34

Déterminants de la prise en soin Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Q16 : Le renforcement
musculaire fait-il partie Oui 92
intégrante de votre plan de Non 8
traitement ?

Semaines 1 2 3 4 6 8 10 12 14
Q17 : Quelle est la durée
Réponses 1 1 5 4 19 26 13 17 3
moyenne de prise en charge du
patient pubalgique (nombre de
Semaines 16 20 25 30 35 40
semaine) ?
Réponses 4 5 1 1 / /

1 13
2 58
3 23
Q18 : Combien de séances par
4 /
semaine préconisez-vous ?
5 5
6 /
7 1
Début de En cours de En fin de
rééducation rééducation rééducation
Pas de renforcement
37 4 3
musculaire
Q19 : Que préconisez-vous par
Renforcement
rapport au repos et à la pratique 62 83 59
musculaire en séance
sportive ?
Renforcement
musculaire en dehors 28 76 78
des séances
Pratique sportive
16 64 81
autorisée

XIII
Échelle avec 1 inutile et 5 très utile
Q20 : Que pensez-vous de 1 17
l’utilisation des shorts de 2 21
compressions lors de la pratique 3 38
sportive ? 4 19
5 5

2ème partie des déterminants de la sous-population Répondants : N=100

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Football 66
Q21 : Quels sportifs avez-vous
Rugby 12
principalement en rééducation ?
Autres sports 22

Déterminants du traitement employé Répondants : N=78

Questions Choix de réponses Nombres de réponses

Abdominaux 70
Abducteurs de hanche 55
Adducteur de hanche 73
Érecteurs du rachis 28
Ischios-Jambiers 40
Q22 : Quels groupes musculaires
Psoas 40
rééduquez-vous principalement
Autres réponses :
pour la population choisie ?
Extenseur de hanche 4
Rotateurs latéraux de hanche 2
Stabilisateurs du bassin 1
Masséters / Sous occipitaux 1
Périnéaux 1
Rien 1

Début de En cours de En fin de


rééducation rééducation rééducation

Q23 : Quel mode de contractions Isométrique 70 37 23

préconisez-vous ? Concentrique 15 57 53
Excentrique 30 68 61
Pliométrique / 9 55

Prenons l’exemple d’un renforcement excentrique de l’adducteur :


quelles modalités du renforcement appliquez-vous ?
Q24 : Nombre de répétitions dans Répétitions 2 4 6 8 10 12 14
une série : Réponses 4 5 5 12 40 10 2

XIV
Q25 :Nombre total de séries dans Répétitions 1 3 5 7 9 11 13 15
une séance : Réponses 4 36 31 2 2 1 1 1

Partie objectifs thérapeutiques et protocoles

Début de En cours de En fin de


rééducation rééducation rééducation
Force 15 54 50
Q26 : Quel est l’objectif
Endurance 17 61 48
recherché ?
Vitesse 4 25 63
Puissance 3 25 66
Antalgique 76 29 18
Proprioceptif 35 55 54
Q27 : Connaissez-vous des
Oui 49
protocoles pour la rééducation de
Non 29
la pubalgie ?

Protocole Hölmich 10
Protocole Pau-Toronto 33
Protocole Aspetar 8
Protocole Stanish 3
Q28 : Si oui, lesquels ? Protocole Coppenhague 3
Protocole Serpillère 2
Busquet 1
Protocole Mc-Kenzie 1
Global mobility condition 1

XV
Annexe 10 : Sous hypothèses et questionnements d’études

Test 1 : Connaissance des recommandations internationales et nouvelle réforme des études


H0 : La connaissance du consensus de Doha est indépendante de l’ancienneté des kinésithérapeutes
(pratiquants depuis moins d’un an et qui ont connu la nouvelle réforme).
H1 : La connaissance du consensus de Doha est dépendante de l’ancienneté des kinésithérapeutes
(pratiquants depuis moins d’un an et qui ont connu la nouvelle réforme)

Test 2 : Connaissance des recommandations internationales et formations en kinésithérapie du


sport
H0 : La connaissance du consensus de Doha est indépendante des formations suivis en kinésithérapie du
sport du praticien.
H2 : La connaissance du consensus de Doha est dépendante des formations suivis en kinésithérapie du
sport du praticien.

Test 3 : Connaissance des recommandations internationales et classification de la douleur


H0 : Dans la classification de la douleur à l’aine, la non inclusion de la douleur intra-articulaire de hanche
est indépendante de la connaissance du consensus de Doha.
H3 : Dans la classification de la douleur à l’aine, la non inclusion de la douleur intra-articulaire de hanche
est dépendante de la connaissance du consensus de Doha.

Test 4 : Connaissance des recommandations internationales et utilisation des tests diagnostiques.


H0 : L’utilisation d’un test diagnostique pour une douleur d’origine inguinale, ostéo-articulaire ou myo-
tendineuse est indépendante de la connaissance du consensus de Doha.
H4 : L’utilisation d’un test diagnostique pour une douleur d’origine inguinale, ostéo-articulaire ou myo-
tendineuse est dépendante de la connaissance du consensus de Doha.

Test 5 : Catégorisation de la douleur et utilisation du renforcement musculaire


H0 : Il n’existe pas de corrélation entre la catégorisation de la douleur et l’utilisation du renforcement
musculaire pendant la rééducation.
H5 : Il existe une corrélation entre la catégorisation de la douleur et l’utilisation du renforcement
musculaire pendant la rééducation.

Test 6 : Renforcement musculaire et sport pratiqué par la sous-population


H0 : L’utilisation du renforcement musculaire comme traitement est indépendante du sport pratiqué par
la sous-population tel que le football ou le rugby.
H6 : L’utilisation du renforcement musculaire comme traitement est dépendante du sport pratiqué par la
sous-population tel que le football ou le rugby.

XVI
Test 7 : Objectifs thérapeutiques et modes de contractions
H0 : Il n’existe pas de corrélation entre les objectifs thérapeutiques visés et les modes de contractions
musculaire employés
H7 : Il existe une corrélation entre les objectifs thérapeutiques visés et les modes de contractions
musculaire employés

Test 8 : Connaissance des recommandations internationales et durée de prise en soin


H0 : La connaissance du consensus de DOHA est indépendante de la durée moyenne de la rééducation
de la pubalgie.
H8 : La connaissance du consensus de DOHA est dépendante de la durée moyenne de la rééducation
de la pubalgie.

Test 9 : Durée de prise en soin et formations continues en kinésithérapie du sport


H0 : La durée de prise en soin du patient pubalgique est indépendante des formations de kinésithérapies
du sport suivies par le thérapeute.
H9 : La durée de prise en soin du patient pubalgique est dépendante des formations de kinésithérapies
du sport suivies par le thérapeute.

Test 10 : Durée de prise en soin et traitement employé


H0 : La durée de prise en soin du patient pubalgique est indépendante des traitements employés par les
kinésithérapeutes et notamment du renforcement musculaire.
H10 : La durée de prise en soin du patient pubalgique est dépendante des traitements employés par les
kinésithérapeutes et notamment du renforcement musculaire.

XVII
Annexe 11: Plan statistique

XVIII
Annexe 12: Choix d’un test statistique

XIX
Annexe 13: Conditions initiales, calcul de l’effectif théorique (condition de Borel)

Test 1 Connaissance du consensus de Doha


Oui Non Total

12×48 12×52
Kinésithérapeutes de moins d’un an = 5,76 = 6,24 12
100 100
88×48 88×52
Kinésithérapeutes de plus d’un an = 42,24 = 45,76 88
100 100
Total 48 52 100

Test 2 Connaissance du consensus de Doha

Oui Non Total

65×48 65×52
Formations en kinésithérapie du sport = 31,2 = 33,8 65
100 100
35×48 35×52
Pas de formations en kinésithérapie du sport = 16,8 = 18,2 35
100 100
Total 48 52 100

Test 3 Connaissance du consensus de Doha

Oui Non Total


Inclusion de la douleur intra-articulaire de 49×48 49×52
= 23,52 = 25,48 49
hanche 100 100
Non inclusion de la douleur intra-articulaire 51×48 51×52
= 24,48 = 26,52 51
de hanche 100 100
Total 48 52 100

Test 6 Renforcement musculaire


Oui Non Total

78×92 78×8
Football + Rugby = 71,76 = 6,24 78
100 100
22×92 22×8
Autres sports = 20,24 = 1,76 22
100 100
Total 92 8 100

XX
Annexe 14 : Poster de l’étude

XXI
Annexe 15: Entretiens exploratoires

Entretien exploratoire A

Bonjour, pour commencer je tiens à vous remercier pour votre participation à cet
entretien. Je précise que toutes les informations recueillies lors de cet entretien ne seront pas
partagées et resteront anonymes. Cet entretien exploratoire a pour but de délimiter, approfondir
et aider à la construction méthodologique de mon mémoire. Mon mémoire s’intéresse à la
pubalgie.

Ma question de départ étant : « Quelles sont les pratiques de traitements conservateurs de la


pubalgie en France en 2019 ? »

Je vous sollicite donc pour répondre à mes questions afin de m’aider à m’orienter sur les points
clés à cibler. Face à mes questions, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses puisque mes
interrogations sont ouvertes. Si je vous réinterroge, c’est simplement pour approfondir certains
points que vous évoquerez.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Sur le plan professionnel et personnel si vous le


souhaitez ?
« Je m’appelle David Catrouillet. Je suis kinésithérapeute diplômé depuis 3 ans maintenant de
l’école de Rennes. Je suis passé par un parcours STAPS avec la première année pour préparer le
concours. Puis j’ai fait 3 ans d’étude à l’école de kiné. Depuis j’ai fait pas mal de formations. La
première grosse formation, ça a été la formation kiné sport qui dure un an. Puis j’ai fait la clinique
du coureur et j’ai continué à me former en faisant des petites formations d’épaule, de nutrition et
également Mc Kenzie plus récemment. Actuellement je travaille au cabinet libéral K-sport à
Saint-Grégoire ».

Ok, donc on reste sur un domaine d’étude traumatologique ?


« Traumatologie orienté sport principalement ».

Vous avez déjà été confronté à des sujets atteints de pubalgie ?


« Oui, ça arrive quand même régulièrement dans le football notamment. Je dirais que sur une
saison de football, entre septembre à début juin, ici au cabinet on peut facilement en avoir chacun
5-6 gars sachant que l’on est six kinés au cabinet ».

Hormis la population de footballeur, quel autre type de population atteinte de pubalgie avez-
vous ?
« Les sports pivots tel que basket et le handball. Dans de rare cas, la course à pied. J’en ai vu une
fois mais ce n’était pas une vraie pubalgie. C’était plus un syndrome de Maigne déguisé en
pubalgie ».
Par rapport à la pubalgie, avez-vous connaissances des recommandations internationales ?
Exercez-vous en fonction de celles-ci ou d’auteurs princeps de la pathologie ?
« Euh non. Je ne les connais pas personnellement. Je n’ai pas fait de formation spécifique dessus.
On en a parlé un peu en kiné sport mais je n’ai pas eu ces recommandations-là. Après au cabinet
on échange beaucoup sur nos pratiques et nos protocoles. Donc peut-être qu’avec les gars, avec
le protocole qu’on a mis en place ici, je les utilise mais personnellement je ne les connais pas. Sur
le protocole, c’est plus un traitement isométrique et un renforcement des groupes musculaires ».

Que pensez-vous de la rééducation de la pubalgie en tant que professionnel de santé ?


« Alors quand on parle de pubalgie c’est un peu un fourre-tout on va dire parce que le diagnostic
posé n’est jamais vraiment très précis. Quand on reçoit une ordonnance d’un médecin qui vient
nous prescrire une pubalgie, ça peut être les adducteurs, ça peut être les abdos, la région pubienne.
C’est un peu fourre-tout, mais à partir du moment où il y a une douleur pas très localisée, c’est de
la pubalgie et nous on doit se débrouiller avec ça. La prise en charge peut-être assez particulière
et faut maitriser son BDK, son bilan pour être sûr de savoir vers quoi on se dirige avant de lancer
un protocole de rééducation ».

Donc c’est comme ça que vous abordez les diagnostics différentiels ?


« Ouais. On essaye ensuite de voir si l’atteinte elle est plutôt adducteur, si elle est plutôt
abdominale, si c’est un conflit avec du gainage ou un conflit neuro avec une atteinte cruralgique
ou plus haute qui peut donner du Maigne. J’ai eu le cas encore la semaine dernière ou on m’a
adressé une pubalgie mais finalement il y avait des symptômes neurologiques qui faisait penser à
un syndrome de la queue de cheval avec douleurs irradiantes dans les bourses à la toux. En
regardant juste la prescription, on soigne la pubalgie mais on peut passer à côté de ça. C’est là
qu’on voit que le bilan est très important et qu’on peut passer à côté de quelque chose ».

Quels sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans la prise en charge de cette pathologie ?
« Dans la prise en charge c’est une pathologie qui va apparaitre sur des changements de directions
ou sur une répétition d’efforts avec de forts appuis notamment dans le foot / basket avec des
appuis très forts, très brefs. On se rend compte que c’est soit un manque de gainage, soit un
manque de synergie entre les muscles du membre inférieur, du bassin et des abdominaux. Donc
déjà quand tu as ciblé où est l’atteinte, il faut aussi penser à l’ensemble de la chaine. C’est réussir
à faire comprendre à ton patient et au sportif en question qu’on va soigner la zone douloureuse,
mais que le plus important c’est que lui comprenne l’importance du gainage et de la rééducation.
La rééducation est là pour le soigner, mais la douleur peut réapparaitre à n’importe quel moment.
Le problème qu’on a aussi aujourd’hui, c’est l’utilisation des shortystraps qui est de plus en plus
répandu. Avec ses bandes il maintient la position du bassin et va t’aider à contrôler les écarts sur
les changements de directions. Mais finalement il agit un peu comme une attelle : Si la personne
oublie son shortystrap, la douleur va être beaucoup plus présente et il ne va plus pouvoir jouer.
Le but c’est de faire comprendre que le shortystrap c’est bien un petit temps mais que derrière il
y a un gros travail à faire en terme de renforcement. L’éducation du patient et lui faire comprendre
l’importance du pourquoi c’est apparu et derrière ce qui doit mettre en place pour y arriver est
nécessaire. La prise en charge pour faire disparaitre les douleurs est assez simple, mais derrière il
y a l’éducation de ton patient et lui faire comprendre qu’il faut qu’il bosse ».

Quels points vous paraissent essentiels dans le traitement mis en place ?


« D’abord faire disparaitre la douleur dans un premier temps. Phase antalgique avec des phases
isométriques de reprise de force pure dans la zone pubienne. Après s’en suit une évolution
progressive adaptée au patient avec des charges progressives. Le principal étant le respect de la
douleur et de faire les choses en fonction du niveau du patient. Il n’y a pas véritablement de points
essentiels, c’est vraiment un peu au cas par cas ».

Que pensez-vous du traitement conservateur ? Quels sont les différents traitements


conservateurs que vous pouvez utilisés et qui semblent pour vous plus efficaces ?
« La thérapie manuelle peut être utile au début pour gagner en mobilité parce que des fois le
bassin peut être complétement verrouillé, la charnière lombaire aussi donc c’est essayer de
retrouver l’ensemble des mobilités. Après il y a le renforcement qui est essentiel. Très
honnêtement, à moins d’avoir une très grosse lésion ou un stade de pubalgie très avancé, je pense
que c’est le traitement conservateur qui va primer sur tout le reste. Les médecins nous les envois
en première intention et après s’il on n’y arrive vraiment pas et qu’il n’y a pas d’évolution, le
traitement chirurgical pourra être envisagé. J’ai l’impression que cela se fait de moins en moins,
je n’ai pas les chiffres ».

Pouvez-vous me décrire la manière dont vous menez une thérapie par l’exercice ? Quels
groupes musculaires ciblez-vous et quelles sont les modalités du traitement appliqué ? Sur
typiquement un sport nécessitant des changements de directions et des appuis monopodaux
répétés ?
« On commence d’abord par de l’isométrie en essayant de venir co-contracté adducteurs et
abdominaux (avec le transverse). Phases d’isométrie de 30 secondes, 45 secondes, 1 minute
progressivement et déjà on arrivera à faire diminuer la douleur. Par l’isométrie, on a une phase
un peu antalgique et derrière c’est de faire évoluer la prise en charge de manière fonctionnelle en
intégrant du concentrique, de l’excentrique évidemment pour la prise de force tout en se
rapprochant du sport concerné. Par exemple les appuis et les changements de directions vont
intervenir vraiment à la fin, une fois que la prise de force est là et que sur des appuis lents avec
des phases de contraction de plus en plus rapide, on arrive à atteindre justement cette vitesse qu’il
y a besoin pour la fonction et le sport. Mais tant qu’on n’a pas atteint les phases de contraction où
il y a encore un peu de douleur, avec des glissements latéraux en excentrique ou avec élastique
(résistance), c’est un peu compliqué de passer à la phase au-dessus avec les changements de
directions. Le dernier stade c’est de remettre en pliométrie, pas mal de sauts, de changements de
directions, et en parallèle tu lui demandes d’aller à l’entrainement pour voir ce que ça donne sur
le terrain ».

Donc c’est plus un travail de force amenant progressivement à un travail de vitesse ?


« Progressivement oui. Si on résume, cela donne isométrie (antalgique), puis prise de force que
l’on va transformer en progression en puissance, puis en vitesse pure ».

Préconisez-vous le repos ? En terme de fréquence de séances ? et intensité ?


« Le repos relatif oui. Le patient arrive avec une douleur, je ne vais pas lui dire tu attends 2
semaines. Sauf si c’est vraiment une crise importante assez aigue et que sur les premières séances
on voit que c’est pire. Alors un repos complet d’une semaine ou deux et on voit ce que ça donne.
Mais c’est un repos relatif de récupération suite aux séances que l’on va faire. C’est-à-dire qu’on
va mettre en place un protocole isométrique quasi-quotidien pour que les douleurs diminuent tout
en arrêtant la pratique sportive. Après sur les phases de forces, on va diminuer la fréquence et
espacer les séances à 2 ou 3 par semaine. Espacer d’un ou deux jours pour qu’il y a les phases de
récupération parce que le corps va devoir s’adapter. C’est sur ce temps de récupération et
d’adaptation que le corps va se régénérer et va permettre d’augmenter la force. La force tu vas
pas l’avoir quand tu soulèves ta charge, mais sur le temps de récupération ensuite. Ce temps-là
est important, et il faut lui en laisser ».

Et sur la fréquence des séances ?


« Moi je suis autour de 2-3. Fin ça dépend du patient, c’est un peu au cas par cas. Un patient qui
va être pressé, qui veut vraiment y aller, je lui en mets 3 mais ça ne va pas forcément plus vite en
en mettant 3 que 2. Ça dépend des gens, ça dépend de la manière dont il récupère, de leurs
structures, de leurs hygiènes de vie, de leurs travails ».

Et généralement l’intensité en séance pour les modes de contractions musculaires ?


« Sur l’isométrie au début on fait sur 30, 45 secondes, 1 minute et généralement on en fait cinq.
Cinq fois 45 secondes entrecoupées de petits exercices si ça passe bien. Ce protocole isométrique
on le fait faire tous les jours, tous les matins. Et si ça passe bien 2 fois par jour. On augmente
progressivement pour pouvoir arriver sur la phase dynamique. Si on respecte les protocoles
basiques de réathlétisation, phase de force pure en excentrique, peu de répétitions avec des
charges lourdes. Puis de la puissance en augmentant le temps de répétitions et de séries mais en
diminuant la charge. Et en vitesse charge légère, beaucoup de répétitions et séries et t’enchaines
sur de l’endurance de force (vitesse de mouvement) ».

Quel est pour vous le temps moyen de prise en charge ?


« C’est assez variable. Ça dépend aussi ça fait combien de temps que le patient traine sa pubalgie.
Des fois cela fait trois mois qu’il traine la douleur, qu’il joue avec et il vient te voir parce qu’on
lui avait dit que les douleurs pouvaient se soigner ou que le shortystrap ne fait plus son effet. Là
c’est que c’est quand même bien avancé, ça mettra sans doute plus de temps. Le gars qui arrive
avec ses premières douleurs, bon ça peut mettre 3 semaines-1 mois. J’en ai un il est arrivé après
2 mois de douleur, je l’ai eu pendant 3-4 mois facilement. C’est variable mais il est retourné sur
le terrain au bout de 2 mois, complété par ses séances de kinés à côté.

Pour vous, pourquoi est-il si long ?


« C’est dû à la prise de force. Un cycle de prise de force normale, c’est 6 semaines. C’est-à-dire
que quand une structure est lésée, déjà il faut lui laisser le temps de récupérer. Puis rajouter ces 6
semaines de prise de force sur laquelle on va réaugmenter la capacité du tissu à pouvoir répondre
à la contrainte et après si on continue sur de la puissance ou de la vitesse, c’est des cycles encore
variant entre 3 et 6 semaines. C’est parce que le corps à besoin de temps pour s’adapter. C’est
pareil pour la lésion musculaire, pour toute rééducation. Le corps à besoin de se réadapter aux
contraintes que l’on va lui mettre avec différentes charges. Il faut y aller progressivement sinon
on très vite faire flamber le tissu, recréer une inflammation si on va trop vite trop fort ».

Au niveau du risque de récidive ?


« Justement je pense qu’il est assez important. Tu as beau être le meilleur éducateur de tes patients,
leur dire tout ce qu’il faut, les voir ils vont faire leurs exos. Puis la fin de saison va arriver, l’été
va passer et ils vont arrêter le gainage et le renforcement, et les douleurs vont revenir. Ça arrive
très souvent à moins d’avoir quelqu’un de très consciencieux. Souvent ils reviennent, première
alerte et on leur réexplique ce qu’ils doivent faire et c’est reparti. C’est des micros récidives et il
se remet dans le droit chemin seul. Après les grosses récidives, c’est plutôt un problème lié à une
lésion tendineuse, musculaire lié à un problème sous-jacent : nutrition, carence ».
Entretien exploratoire B
Bonjour, pour commencer je tiens à vous remercier pour votre participation à cet
entretien. Je précise que toutes les informations recueillies lors de cet entretien ne seront pas
partagées et resteront anonymes. Cet entretien exploratoire a pour but de délimiter, approfondir
et aider à la construction méthodologique de mon mémoire. Mon mémoire s’intéresse à la
pubalgie.

Ma question de départ étant : « Quelles sont les pratiques de traitements conservateurs de la


pubalgie en France en 2019 ? »

Je vous sollicite donc pour répondre à mes questions afin de m’aider à m’orienter sur les points
clés à cibler. Face à mes questions, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses puisque mes
interrogations sont ouvertes. Si je vous réinterroge, c’est simplement pour approfondir certains
points que vous évoquerez.

Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Sur le plan professionnel et personnel si vous le


souhaitez ? (Parcours, formations, spécialités ?)
« Je m’appelle Gabin Boussicault. Je travaille à Kinélab à Saint Grégoire. Je suis kiné spécialisé
dans le sport depuis 3 ans. J’ai eu mon diplôme il y a quatre ans à Alençon. Je fais du foot depuis
20 ans et je souffre de pubalgie en bilatéral. Au niveau des formations, j’ai fait la formation kiné
du sport, préférences motrices, certificat australien de thérapie manuelle, Dry neeling et thérapie
manuelle spécialisée de l’épaule ».

Quel type de population atteinte de pubalgie avez-vous le plus au cabinet ?


« Une patientèle entre 25 et 40 ans, plutôt sportive. Plutôt des coureurs de fond et des footballeurs
au cabinet ».

Avez-vous connaissances des recommandations internationales ? Exercez-vous en fonction de


celles-ci ou d’auteurs princeps de la pathologie ?
« Non. Je n’ai pas connaissances de celles-ci. J’exerce en fonction de mes connaissances vues à
Kiné sport ».

Que pensez-vous de la rééducation de la pubalgie en tant que professionnel de santé ?


« C’est une rééducation qui est compliquée étant donné que l’étiologie de la pubalgie est quand
même multiple chez les patients. Il y a tout un tas de choses à traiter. La partie biomécanique et
cinématique est assez importante. Elle est compliquée à rééduquer avec les moyens que l’on a en
libéral ».

Vous supposez qu’il y a d’autres moyens en centre plus importants ?


« Oui, tout ce qui est analyse vidéo de la course sur terrain qui peut approfondir la rééducation ».
Comment appréhendez-vous cette problématique ? Comment abordez-vous les diagnostics
différentiels ?
« Avec un gros bilan où on n’exclut pas mal de choses. On va tester chaque structure. J’entends
par structure les muscles adducteurs, psoas, abdos. Et ensuite plutôt dans sa fonction, voir
comment le patient se comporte dans ses mouvements dans la vie de tous les jours et surtout au
niveau sportif avec analyse de course notamment ».

Quels sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans la prise en charge de cette pathologie ?
« L’étiologie multiple qui va toucher les pubalgies avec aussi des douleurs qui vont se déplacer
avec des fois des incidences à droite, à gauche des fois plutôt abdos, des fois plutôt adducteurs.
Ces douleurs vont évoluées tout au long de la prise en charge ».

Quels points vous paraissent essentiels dans le traitement mis en place ?


« Un bilan solide pour bien voir à quoi on a à faire. Les connaissances biomécaniques et
fonctionnelles sur le patient sont nécessaires à la rééducation ».

Que pensez-vous du traitement conservateur ?


« C’est le plus intéressant. J’ai lu des études récemment qui disaient qui n’y avaient pas beaucoup
de différence entre le traitement conservateur et le traitement chirurgical. C’est le premier à
essayer avant un traitement chirurgical ».

Quels sont les différents traitements conservateurs que vous pouvez utiliser et qui semblent
pour vous plus efficaces ?
« Tout ce qui va être renforcement musculaire, mobilisations, manipulations. Je peux conseiller
aussi l’utilisation du shortystrap ou d’orthèses souples. Dry neeling et points triggers pour tout
ce qui va être détente musculaire à travailler ».

Pouvez-vous me décrire la manière dont vous menez une thérapie par l’exercice ? Quels
groupes musculaires ciblez-vous et quelles sont les modalités du traitement appliqué ?
« Ça va être d’abord un traitement de relâchement musculaire des points triggers des différents
muscles qui vont être incriminés dans la pathologie. Et derrière un travail de renforcement et de
stabilisation du bassin pour éviter les mouvements compensatoires au niveau du bassin, lombaire,
genoux, pied, cheville. Moi j’attaque plus sur de l’excentrique tout ce qui va être tendinopathie
adducteur, psoas et abdos et derrière de l’isométrie pour travailler tout ce qui va être gainage et
renforcement du bassin ».

Quel est pour vous le temps moyen de prise en charge ?


« C’est difficile de répondre…c’est très fluctuant d’un patient à un autre en fonction de l’étiologie.
Je dirais de 6 à 10 semaines de rééducation avec 2 séances minimum de 1-2h par semaine voire 3
selon les douleurs au début par exemple ».
Pour vous, pourquoi est-il si long ?
« Comme je l’ai dit au début, c’est une rééducation que je base sur la biomécanique et tout ce qui
va être fonctionnel. Donc il faut travailler tout ce qui est contrôle moteur, contrôle
neuromusculaire et ça met du temps à intégrer au patient les schémas pour se mouvoir dans
l’espace et aussi le temps de renforcement ».

Que pensez-vous de la récidive ?


« Ça peut arriver. C’est surtout des patients qui vont complétement relâcher le renforcement après
les séances et qui vont repartir dans la course et le volume d’entrainement maximal et oubliant
tout ce qu’on a fait ensemble en séance ».
Entretien exploratoire C
Bonjour, pour commencer je tiens à vous remercier pour votre participation à cet
entretien. Je précise que toutes les informations recueillies lors de cet entretien ne seront pas
partagées et resteront anonymes. Cet entretien exploratoire a pour but de délimiter, approfondir
et aider à la construction méthodologique de mon mé[Link] mémoire s’intéresse à la
pubalgie.

Ma question de départ étant : « Quelles sont les pratiques de traitements conservateurs de la


pubalgie en France en 2019 ? »

Je vous sollicite donc pour répondre à mes questions afin de m’aider à m’orienter sur les points
clés à cibler. Face à mes questions, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses puisque mes
interrogations sont ouvertes. Si je vous réinterroge, c’est simplement pour approfondir certains
points que vous évoquerez.

Pouvez-vous vous présentez brièvement ? Sur le plan professionnel et personnel si vous le


souhaitez ?
« Je m’appelle Nathan Bourges. Je suis diplômé de l’école d’Alençon en 2017. J’ai fait des
formations en thérapie manuelle de l’épaule et du rachis. J’ai également participé à la formation
1.0 de la clinique du coureur. En parallèle de ça, je suis un master en santé publique ».

Vous travaillez dans un cabinet avec des sportifs ?


« Je travaille actuellement en tant que salarié dans un cabinet orienté sport qui voit la rééducation
par le prisme de l’activité physique. Il y a des sportifs de tout niveau, des semi-pros, des pros, des
amateurs et même une population de toute horizon qui voit la rééducation par l’activité
physique ».

Je suppose que vous avez déjà été confronté à des patients atteints de pubalgie ?
« Oui, bien sûr ».

Quel type de population atteinte de pubalgie avez-vous le plus ?


« Alors 100 % des patients que je rencontre atteint de pubalgie sont des patients sportifs. Ils sont
principalement issus de l’athlétisme et du football ».

Avez-vous connaissances des recommandations internationales ?


« J’ai connaissance des dernières recommandations qui sont parues l’année dernière sur la
classification des différentes pubalgies. Après c’est quelque chose qui peut m’intéresser ».
C’était pour savoir si vous connaissez des protocoles de rééducation et si vous exercez en
fonction de ceux-ci ?
« Alors c’est une question super intéressante parce qu’au cabinet on a justement un protocole qui
a été mis en place pour la pubalgie mais qui n’a pas été mis à jour en fonction des dernières
recommandations mais qui a une démarche ressemblante a ces préconisations-là. Ça pourrait être
intéressant avec la mise en place de ces recommandations de modifier ce protocole ».

Que pensez-vous de la rééducation de la pubalgie en tant que professionnel de santé ?


« Je pense qu’en tant que kinésithérapeute en France on a une grande place à jouer, surtout au
niveau de la prévention sur la pubalgie chez les sportifs. En effet en terme de prévention beaucoup
de choses peuvent être mises en place. Par exemple chez le footballeur ça se fait beaucoup dans
les clubs avec des protocoles de mises en charge progressive maintenus tout au long de la saison.
Pour tout ce qui est de l’aspect curatif, je pense que dans notre formation initiale (datant de 1989)
il y a une vision assez floue de la pubalgie avec un carrefour de douleur. Déjà quand on n’arrive
pas à catégoriser la douleur, c’est difficile de la traiter. Avec la dernière réforme en kiné et les
nouvelles recommandations, on arrivera plus à cibler les pathologies et du coup les douleurs. Mais
actuellement en France je ne sais pas si tout est clair sur ça ».

Comment appréhendez-vous cette problématique ? Notamment au niveau des diagnostics


différentiels ?
« En fait au sein du cabinet on essaye de réaliser du coup chaque bilan avec une démarche
scientifique. On va vraiment avoir un raisonnement en entonnoir : avec l’anamnèse on va écouter
l’histoire des douleurs et les antécédents du patient. Au fur et à mesure de l’anamnèse et des
premiers tests cliniques, en fonction de ce qu’il nous dise on va plutôt faire tel ou tel test. Par
exemple je reçois un patient avec sur l’ordonnance marqué pubalgie de membre inférieur droit
mais qu’il y a des paresthésies au niveau du membre inférieur, je vais aller inspecter la région
lombaire. Si j’ai des douleurs à la toux à l’éternuement, je vais aller inspecter le carrefour inguinal.
Si j’ai des douleurs en appui et pas forcément en mouvement je vais aller regarder la hanche.
C’est vraiment plusieurs tests qui sont ciblés qui construise la démarche ».

Quels sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans la prise en charge de cette pathologie ?
« Si on devait rencontrer des difficultés, déjà cibler bien la douleur pour pouvoir catégoriser. Ça
m’est arrivé avec 2 patients coureurs à pied de longue distance qui venaient avec des ordonnances
de pubalgie. Mais c’était pas du tout ça, c’était un problème de conflit de hanche. La première
difficulté c’est de pouvoir bien cibler la douleur chez ces patients-là. Si on arrive à bien cibler et
que la rééducation se passe bien tant mieux. Si on arrive à bien cibler et qu’on a du mal à voir les
progrès dans la rééducation, le mieux c’est de se faire entourer par d’autres professionnels et qui
pourraient améliorer le parcours de soins du patient. Des fois le médecin comme le kiné, on n’a
pas connaissance des dernières recommandations et des dernières classifications. Donc des fois
on peut avancer seul même si on a des difficultés à faire progresser la rééducation. Et la troisième
difficulté est inhérente à chaque patient sportif, c’est de bien cadrer la rééducation parce que si
on parle de la pubalgie de type « tendinopathie », il faut vraiment faire une remise en charge
progressive qui des fois chez un sportif peut être compliqué, pressé par ses objectifs et sa saison ».

Quels points vous paraissent essentiels dans le traitement mis en place ?


« La catégorisation de la problématique. Essayer par les tests de bien cibler la douleur avec
potentiellement plusieurs causes possibles. Ensuite mettre en place un vrai programme et
protocole de rééducation et d’adaptation qui doit être accepté par le patient c’est-à-dire que le
démarche doit être faite entre le kiné et le patient pour que le patient adhère à la rééducation dès
le début ».

Que pensez-vous du traitement conservateur ? Quels sont les différents traitements


conservateurs que vous pouvez utiliser et qui semblent pour vous plus efficaces ?
« Pour y répondre je vais peut-être prendre la question à l’envers. À ma connaissance, le seul
moment où le traitement non conservateur peut être intéressant, c’est toutes les pathologies liées
aux hernies inguinales ou aux lésions abdominales au niveau des obliques et des grands droits.
Autrement, le traitement conservateur sera toujours la priorité. Encore une fois, la difficulté que
l’on peut rencontrer se situe au niveau de la définition du protocole de remise en charge
progressive. Faire quelque chose de vraiment adapté à la fois aux objectifs de performances du
patient mais aussi aux phases de la cicatrisation tendinopathique ».

Pouvez-vous me décrire la manière dont vous menez une thérapie par l’exercice ? Quels
groupes musculaires ciblez-vous et quelles sont les modalités du traitement appliqué ?
« En un on cible la douleur. Par exemple si c’est une problématique ciblée au niveau de la loge
des adducteurs, on va toujours bien expliquer au patient dans un premier pour qu’il comprennent
les enjeux et qu’ils comprennent pourquoi il a eu cette douleur dans une démarche de prévention.
La rééducation première sera sur cette chose-là. Après il y a toute la rééducation annexe qui doit
venir avec par exemple un travail de renforcement musculaire à la fois des membres inférieurs
mais aussi du tronc. Donc ça, ça dépend de la phase de douleur du patient qui peut osciller de 3 à
6 semaines si on est sur des lésions sévères. Puis dans une seconde phase on remet le patient dans
sa fonction en travaillant spécifiquement selon son sport. Par exemple au lancer de javelot, on a
des forces de cisaillement abdominale et au niveau des hanches importantes. On commence par
une reprise de course dans l’axe, puis les sauts, sauts déviés, sauts avec plus d’amplitudes, puis
gammes d’athlé. Là je viens de développer plus la phase de réathlétisation. Si je devais développer
pour la phase de cicatrisation et de consolidation, c’est un peu dépendant de chaque professionnel
et de chaque pathologie, c’est à dire que des protocoles de remise en charge de tendons il en existe
10000 mais c’est à adapté à chaque personne. Si c’est l’excentrique qui est le mieux toléré, alors
on commencera par l’excentrique. Si on est dans un phase très algique, très douloureuse alors
l’isométrique sera plutôt conseillé sur 1, 2 ou 3 semaines. Dans tous les cas on maitrise les
éléments, on les quantifie et on les explique au patient ».

Quelle fréquence de séances par semaines ? Avec repos associé ?


« En fait ça dépend de la phase douloureuse de la personne. Si on est dans une phase très algique
et inflammatoire chez un patient très demandant qui a une compétition dans 6 semaines, il va
falloir faire au moins 2-3 séances par semaine pendant 3 semaines pour faire passer l’algique et
reprendre la réathlétisation le plus vite possible. Si au niveau des performances et des objectifs
on a plus de temps, on peut étaler les choses. Dans tous les cas on essaye de pas faire durer la
phase algique donc c’est là où on va maximiser nos séances au niveau de ces semaines. Dès
l’instant où le patient a moins de douleurs inflammatoires ou gênantes sans remise en charge
progressive, on va bien lui expliquer quoi faire et s’il est capable au niveau de son cadre
professionnel et familial de faire ces exercices alors on peut espacer un peu plus les séances.

Quel est pour vous le temps moyen de prise en charge ?


« Ça me fait penser à l’histoire de la douleur, si elle est aigue ou chronique. Il y a aussi l’aspect
psychologique avec l’histoire de la douleur chez le patient. Si on prend des footballeurs par
exemple qui arrivent dans une présaison avec des enjeux énormes parce qu’ils veulent continuer
à progresser et qu’ils arrivent dans un nouveau club, ou qui doivent gagner leur place de titulaire.
Je développe un peu mais je trouve ça intéressant, et à 15 ans il a déjà une histoire de pubalgie, à
17 ans il a déjà une histoire de pubalgie là ça recommence un peu à siffler au début de saison ça
le fait un peu stresser, lui va vouloir aller très vite, nous va falloir qu’on tempère les choses. Donc
en fait, la réponse est dépendante de l’histoire de la personne et de la douleur aigue ou chronique.
Dans ce cas-là il va falloir qu’on travaille aussi sur la sensibilisation du système nerveux central
et du coup comprendre la compréhension de la personne et la vision de ces douleurs par rapport
à son histoire. Si c’est une douleur aigue on est plutôt de 3 à 6 semaines. Si on est sur une douleur
chronique avec un patient qui vient vous voir avec 2 protocoles de rééducation qui n’ont pas
marché avec des douleurs de plus de 6 mois bah là on va vraiment prendre le temps et ça va durer
plus dans les 3 mois avec potentiellement une reprise de sport à 8 semaines ».

Pour vous, pourquoi est-il si long ? Que pensez-vous de la récidive ?


« En premier lieu, cela est en relation avec tout ce qui est en lien avec le patient sportif qui des
fois veut précipiter les choses par rapport aux performances et à la pression à ce niveau-là. En
lien aussi avec ce qu’on appelle les douleurs proximales parce que il y a vraiment une innervation
et un enregistrement de la douleur qui est un peu plus particulier que quand ces des douleurs
distales. S’il y a une histoire chronique à ce niveau-là ça peut prendre un peu plus de temps. Est-
ce que vous voulez bien reprendre la question comme ça me fait penser à d’autres choses ».
Est-ce que par exemple au cabinet vous voyez beaucoup de sportifs venir ou revenir avec un
antécédent de pubalgie ?

« Ça peut arriver. Moi dans ma jeune expérience ça ne m’est jamais arrivé de voir un patient
revenir à ce niveau-là car justement dans la dernière phase de rééducation le patient sait faire des
choses très actives et normalement doit gérer son programme de renforcement et doit savoir
reconnaitre ses douleurs. Donc normalement il doit savoir faire et il revient quand il arrive plus à
gérer tout seul ces choses-là ».

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