Pratiques kinésithérapeutiques pubalgie 2019
Pratiques kinésithérapeutiques pubalgie 2019
Fouéré Benoit
Sous la direction de :
Mathieu JOUBEL
Etat des lieux des pratiques des kinésithérapeutes français dans la prise en
soin en Masso-kinésithérapie
FOUÉRÉ Benoît
Formation en Masso-kinésithérapie
Sous la direction de :
Mathieu JOUBEL
DIRECTION REGIONALE
DE LA JEUNESSE, DES SPORTS
ET DE LA COHÉSION SOCIALE
Pôle formation-certification-métier
ATTESTATION SUR L’HONNEUR, FRAUDES ET PLAGIAT, CODE DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE
Diplôme d’Etat de Masseur-kinésithérapeute
Travaux de fin d’études :
Mémoire d’Initiation à la Recherche en Masso-Kinésithérapie
Page à insérer par l’étudiant après la 1ère page de couverture de son travail de fin d’études
Conformément à l’article L 122-4 du code de la propriété intellectuelle du 3 juillet 1992 : « toute
représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses
ayants droit ou ayants cause est illicite. Il en est de même pour la traduction, l’adaptation ou la
transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque ».
J’atteste sur l’honneur que la rédaction des travaux de fin d’études, réalisée en vue de l’obtention du
diplôme d’Etat de Masseur-kinésithérapeute est uniquement la transcription de mes réflexions et de
mon travail personnel.
Et, si pour mon argumentation, je copie, j’emprunte un extrait, une partie ou la totalité de pages
d’un texte, je certifie avoir précisé les sources bibliographiques.
Le 22 mars 2020
Signature de l’étudiant :
Fraudes aux examens :
CODE PENAL, TITRE IV DES ATTEINTES A LA CONFIANCE PUBLIQUE
CHAPITRE PREMIER : DES FAUX
Art. 441-1 : Constitue un faux toute altération frauduleuse de la vérité, de nature à causer un préjudice et accomplie par
quelque moyen que ce soit, dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée qui a pour objet ou qui peut avoir
pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques.
Le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
Loi du 23 décembre 1901, réprimant les fraudes dans les examens et concours publics.
Art. 1er : Toute fraude commise dans les examens et les concours publics qui ont pour objet l’entrée dans une administration
publique ou l’acquisition d’un diplôme délivré par l’Etat constitue un délit.
IMPRIME Ip 04.04.03 – A MAJ : Nov. 2017
ENGAGEMENT ETUDIANT
Doc de rattachement : I 04.04.01
Je soussigné(e), Mr FOUÉRÉ Benoit, étudiant IFPEK en :
r Pédicurie-Podologie rErgothérapie þ Masso-kinésithérapie
þ Reconnaît avoir pris connaissance de la procédure IFPEK « Procédure Interne Ethique Recherche
Etudiante »
þ Accepte les conditions de réalisation des projets au sein de l’IFPEK
þ M’engage à respecter toutes les étapes définies dans la procédure, durant toute la durée de mes
études au sein de l’IFPEK, et notamment :
o Le recueil des consentements auprès des personnes interrogées dans le cadre de mes
projets,
o L’anonymisation des personnes interrogées et des données collectées,
o La non diffusion de ces données en dehors du cadre pédagogique,
o La destruction des données brutes recueillies.
En cas de manquement à ces différentes règles, l’IFPEK sera susceptible d’appliquer des sanctions
notamment si des plaintes ou réclamations sont déposées par des personnes interrogées (avertissement,
conseil de discipline, …).
Fait en deux exemplaires à Saint-Thual, le 22 mars 2020.
L’étudiant IFPEK
(lu et approuvé)
Lu et approuvé,
Association IFPEK – 12 rue Jean-Louis Bertrand - 35000 RENNES 1/1
Remerciements
Tout d’abord, je tiens à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé dans la rédaction et
l’élaboration de ce mémoire de fin d’étude.
En premier lieu, j’aimerais remercier mon directeur de mémoire, Mathieu JOUBEL, pour ses
remarques, sa disponibilité et son accompagnement tout au long de ces deux dernières années.
Je voulais également remercier Nathan BOURGES, pour ces précieux conseils et le temps qu’ils
m’a accordé.
Merci à tous les kinésithérapeutes qui ont pris le temps de répondre au questionnaire. Sans eux,
ce travail ne pouvait être réalisé.
À tous mes camarades de promotion, mes amis et particulièrement au BPC pour ces superbes
années d’études.
À mes colocataires, François, Joshua et Lomi pour leur bonne humeur, leur joie de vivre et leur
soutien sur ces quatre dernières années.
À ces soirées mémoires, passées en compagnie de Justin, Joshua et Mehdy, qui ont aiguillé nos
emplois du temps cette dernière année.
Merci à Mehdy de m’avoir relu, pour ses conseils et ses remarques dans la phase finale de ce
travail.
D’un point de vue plus personnel, je voulais également remercier ma famille, qui a toujours été
là dans les moments difficiles. Pour leurs relectures, leurs soutiens moraux et financiers, leurs
accompagnements. Je vous dois ce que je suis devenu.
Merci à Mimine, que je n’aurais rencontré sans ces belles années de kinésithérapie.
Table des matières
1. Introduction ............................................................................................................... 1
3. Problématisation ..................................................................................................... 21
3.1. Situation d’appel ......................................................................................................... 21
3.2. Place de l’étude dans le contexte ................................................................................ 22
3.2.1. Problématique .................................................................................................... 23
3.2.2. Champs de compétences du masso-kinésithérapeute ........................................ 23
3.2.3. Intérêt de l’étude ................................................................................................ 24
3.2.4. Hypothèses ......................................................................................................... 24
6. Résultats .................................................................................................................. 38
6.1. Statistiques descriptives de l’échantillon.................................................................... 38
6.2. Statistiques descriptives des autres variables ............................................................. 39
6.2.1. La connaissance des recommandations internationales ..................................... 39
6.2.2. La prise-en charge de la sous-population .......................................................... 39
6.2.3. L’examen clinique et le diagnostic kinésithérapique......................................... 39
6.2.4. L’imagerie médicale .......................................................................................... 41
6.2.5. Le traitement et les modalités de prise-en charge .............................................. 41
6.2.6. Caractéristiques de la sous-population .............................................................. 42
6.2.7. Modalités du renforcement musculaire ............................................................. 43
6.2.8. Protocoles de rééducations ................................................................................ 44
8. Discussion ............................................................................................................... 55
8.1. Cohérence externe de l’étude ..................................................................................... 55
8.1.1. Pertinence de l’étude.......................................................................................... 55
8.1.2. Concordances des résultats avec d’autres études............................................... 56
8.1.3. Etudes similaires et résultats .............................................................................. 58
8.2. Cohérence interne de l’étude ...................................................................................... 60
8.2.1. Biais et limites de l’étude .................................................................................. 60
8.2.2. Forces et avantages de l’étude ........................................................................... 63
8.3. Extrapolation des résultats .......................................................................................... 64
8.4. Implications cliniques et futures recherches............................................................... 65
8.4.1. Des outils dans la pratique quotidienne ............................................................. 65
8.4.2. Implication pour les futures recherches ............................................................. 68
9. Conclusion .............................................................................................................. 70
10. Bibliographie....................................................................................................... 71
10.1. Articles : ..................................................................................................................... 71
Table des tableaux
ADD : Adducteur
EMG : Électromyographie
RM : Répétition Maximale
Q : Question
La traumatologie sportive est un domaine regroupant des pathologies souvent bien connues
des professionnels avec des protocoles de rééducation bien définis. Cependant, certaines
pathologies sont au centre des interrogations et soulèvent de nombreux questionnements quant à
leurs rééducations : c’est le cas de la pubalgie. Sa symptomatologie est largement débattue dans
la littérature : « Comment se caractérise la douleur ? Quels éléments anatomiques ou
biomécaniques sont mis en cause ? Quelle sera la durée de prise en soin ? Quel impact au niveau
fonctionnel ? Comment éviter le risque de récidive ? »
Après de nombreuses lectures sur le sujet, la pubalgie est décrite comme un « syndrome fourre-
tout » où de nombreux facteurs intrinsèques et extrinsèques peuvent être à l’origine des douleurs.
Elle se décrit souvent comme un « mal aux adducteurs, une douleur pubienne irradiante vers les
adducteurs, abdominaux ». Cela soulève des problèmes quant à la rééducation :
- Problème diagnostic au vu de la complexité anatomique de la région pelvienne
- Problème thérapeutique de prise en soin. La pubalgie est un sujet controversé par les
auteurs où chacun a son avis sur le sujet.
La douleur à l’aine peut toucher tous types de sportifs, de tout âge. Les athlètes pratiquant des
sports avec changements de directions, appuis monopodaux alternés et accélérations sont plus
touchés. De nombreux sportifs amateurs et professionnels ne peuvent plus pratiquer leur sport à
100% et ne comprennent pas l’origine de leurs douleurs. De multiples étiologies existent et
rendent la rééducation compliquée. En effet, différents éléments anatomiques composent le
carrefour inguino-pubien : myo-tendineux, osseux, nerveux, ligamentaires et vésicaux-
sphinctériens.
Notre étude va donc s’intéresser à la place que portent les professionnels de santé sur le diagnostic
et le traitement de la pubalgie. La question de recherche étudiée est la suivante :
« Quelles sont les pratiques réalisées par les kinésithérapeutes pour la rééducation de la pubalgie
en France en 2019 ? »
L’objectif de notre recherche est donc de réaliser un état des lieux de ces pratiques afin de
déterminer s’il existe des différences avec les dernières recommandations internationales
concernant la rééducation de la pubalgie. C’est un travail pouvant être applicable et aussitôt mis
en place en cabinet.
1
2. Contexte de l’étude
2.1. La pubalgie
Il est très difficile de donner une définition exacte de la pubalgie. La grande variété de
blessures possibles au niveau de cette région anatomique en fait sa complexité. De nombreux
mécanismes lésionnels et nombreuses structures anatomiques peuvent être mis en cause.
D’expressions cliniques variées, la pubalgie se traduit comme un syndrome de surmenage
induisant une douleur ressentie au niveau du carrefour inguino-pubien.
Un consensus international réunissant les 24 plus grands spécialistes du sujet s’est déroulé à Doha
en 2015. Il avait pour but de redéfinir ce terme de pubalgie afin de simplifier et de l’adapter à la
pratique clinique et à la recherche (WEIR et al., 2015). En 2015, le british journal of sports
medicine a montré qu’il existait 33 termes diagnostics pour décrire les pathologies à l’aine. Grâce
au consensus, la douleur à l’aine est maintenant un système avec trois classifications :
1) Entités cliniques définies pour la douleur à l’aine : douleur à l'aine liée à un adducteur,
à un ilio-psoas, au canal inguinal ou au pubis (annexe 2).
2) Douleur à l'aine liée à la hanche : symptôme mécanique.
3) Autres causes de douleurs à l'aine chez les sportifs : orthopédique / rhumatologique.
Dès le 01/12/18, les articles scientifiques ne parleront plus de pubalgie mais de douleur à l’aine.
En effet, les noms « Tendinopathie adductive et de l’iliopsoas, Pubalgie athlétique, Ostéite
pubienne et hernie inguinale » ont été abolis du langage international. Ce consensus vise à faciliter
la compréhension du terme de la douleur à l’aine du carrefour inguino-pubien. Afin d’établir une
compréhension adaptée à tous, le terme « pubalgie » sera encore employé dans notre mémoire.
La région pelvienne est une région anatomique composée du sacrum et des ailes iliaques
réunis au niveau de la symphyse pubienne : c’est un carrefour musculo-squelettique solidarisant
les muscles du tronc et de la cuisse. L’équilibre fonctionnel des tensions du pubis dépend en
premier lieu des mouvements de glissement de la sacro-iliaque (KLEIN et SOMMERFELD,
2008). Il se produit un échange important de forces au niveau de la ceinture pelvienne.
- La loge des adducteurs : pectiné, long adducteur, court adducteur, grand adducteur, gracile.
- Les loges des abdominaux : droit de l’abdomen, oblique interne et externe, transverse.
- L’ilio-psoas
2
Oblique externe
Droit de l’abdomen
Court Adducteur
Gracile
Grand Adducteur
Le canal inguinal est l’un des points faibles de la paroi abdominale. Il s’agit d’un passage
à travers la cavité abdominale laissant passer le cordon testiculaire chez l’homme et le ligament
rond de l’utérus chez la femme. Il traverse donc les trois muscles de l’abdomen. La paroi
inférieure du canal inguinal est formée par les fibres de l’aponévrose de l’oblique externe. Sa
paroi postérieure, par les fibres de l’aponévrose de l’oblique interne et du transverse.
3
[Link]. Cinésiologie de la symphyse pubienne
La symphyse pubienne doit supporter les différentes contraintes exercées par ces muscles
puissants : tractions, compressions, cisaillements, bâillements, torsions. Cependant, les
mouvements possibles sont d’une faible mobilité : 2mm pour les mouvements verticaux et 1°
pour les rotations (BERTHELOT JEAN-MARIE et GOUIN FRANÇOIS, 2015). La fonctionnalité
biomécanique de l’entité pelvienne est de transmettre les forces entre le membre inférieur et le
tronc, assurant ainsi la stabilisation et la synergie du complexe tronc-bassin-symphyse pubienne-
membre inférieur.
Lors de l’appui unipodal, la stabilité pelvienne est perturbée. Les rôles stabilisateurs du moyen
fessier et du transverse notamment sont alors prépondérants. La répétition de ces appuis
unipodaux lors de la pratique de certains sports entraine des forces de cisaillement majorées et
répétées au niveau de la symphyse pubienne. Celles-ci peuvent être pourvoyeuses de pathologies
du carrefour inguino pubien.
2.1.3. Physiopathologie
4
[Link]. Facteurs de risques
La récidive d’une blessure antérieure à l’aine est le facteur intrinsèque le plus important. Une
étude menée sur des joueurs de football islandais révèle que le risque de récidive est 4 à 7 fois
plus élevé après avoir déjà contracté une blessure à l’aine (ARNASON et al., 2004). Un déficit de
condition physique, une formation de tissus cicatriciels, une réduction de la proprioception des
tissus sous-jacents, où un retour prématuré peuvent être mis en cause (RYAN, DEBURCA et MC
CREESH, 2014).
L’âge est le second facteur de risque identifié comme le plus important. Avec l’âge, les tissus de
collagène composant les structures musculaires perdent en élasticité. Au niveau anatomique, cela
se traduit par une diminution d’amplitude totale des mouvements de hanche (abduction / rotations
notamment) tendant vers une raideur articulaire (RYAN, DEBURCA et MC CREESH, 2014).
Un manque de force musculaire au niveau des adducteurs est également un facteur de risque
important. Une étude portée sur les hockeyeurs montre que les sportifs ont plus de risques de
développer une blessure à l’aine si leurs adducteurs sont faibles. En effet, le risque est multiplié
par 17 si le ratio adducteur / abducteur est inférieur à 80 % (TYLER et al., 2001). Des adducteurs
trop faibles peuvent conduire à la douleur à l’aine par majoration du cisaillement de la symphyse
(ENGEBRETSEN et al., 2010). Le manque de force musculaire des abducteurs peut également
créer un manque de stabilité pelvienne lors de l’appui unipodal, pouvant conduire également à
une majoration du cisaillement.
Les amplitudes articulaires de hanches sont également à prendre en compte. Une diminution des
amplitudes de hanche entraine des compensations à l’origine du cisaillement du pubis. Une étude
australienne (VERRALL et al., 2007) rapporte qu’une amplitude de mouvement réduite de hanche
5
(notamment en rotation médiale et rotation latérale) peut être associée à une douleur à l’aine
chronique. Une rotation totale des deux hanches au-dessous de 85° est un facteur de risque pour
le développement d’une blessure à l’aine (TAK et al., 2017). Une abduction de hanche inférieure
à 40,9° pourrait être un facteur prédisposant à l’apparition d’une douleur à l’aine (ARNASON et
al., 2004).
Un diamètre de la tête fémorale trop petit pourrait modifier l’origine et le point d’insertion du
muscle du long adducteur altérant ainsi son efficience (RYAN, DEBURCA et MC CREESH, 2014).
L’intensité de l’effort est source de blessure à l’aine avec un taux d’incidence différant entre les
matchs et les entrainements. Une étude portée sur des footballeurs professionnels qataris montre
qu’il y aurait cinq fois plus de risque de se blesser en match qu’à l’entrainement (MOSLER et al.,
2017). Par ailleurs, c’est en début de saison que le risque de blessure est le plus élevé. En effet,
le passage de la phase de déconditionnement de l’athlète à une variation de charge d’entrainement
brutale, est délétère pour le sportif.
Le niveau du joueur est aussi un facteur de risque extrinsèque. Une étude réalisée entre la
première ligue danoise et la 3ème ligue danoise montre une incidence plus importante de blessure
à l’aine sur la première ligue. Le fait de jouer à haut niveau, triple le risque de contracter une
douleur à l’aine (HÖLMICH et al., 2010).
Le terrain est également à mettre en cause (IACOVELLI et al., 2013). L’étude portée sur 188
joueurs de football d’une équipe universitaire de 1ère division comparait l’épidémiologie des
blessures des membres inférieurs en fonction du terrain :
- Le taux de blessure est 2,61 plus élevé lorsque l’état du terrain est jugé anormal
- Le taux de blessure est 3,34 plus élevé lorsqu’on évolue sur une pelouse synthétique par
rapport à une pelouse naturelle pendant les matchs
- Aucune corrélation de blessure avec le type de chaussure ou le nombre de crampons
Les gestes techniques spécifiques au sport pratiqué. En appui unipodal les contraintes appliquées
au pubis sont majorées lors des mouvements : sauts, changements de directions rapides, arrêts
brusques et frappes notamment (BUSQUET, 2012).
Tous ces facteurs de risques peuvent être à l’origine des déséquilibres posturaux et
musculaires propres à chaque sportif et relatent une exposition plus accrue à la blessure et à la
survenue de la douleur à l’aine pour les sportifs concernés. Ceux-ci seraient à l’origine d’un
morphotype prédisposant de la pubalgie comportant : une hyperlordose, une antéversion du
bassin, une hypotonicité des abdominaux et une hypertonicité des cuisses avec adducteurs
rétractés et faibles (RODINEAU et BESCH, 2009).
6
2.1.4. Examen clinique
L’accord de Doha concernant l’examen des athlètes souffrant de douleurs à l’aine suggère de
classer les athlètes en fonction de certaines entités cliniques sur la base de tests de provocation
par la douleur.
7
Sensibilité de la symphyse pubienne à la
palpation.
Douleur
Douleur au pourtour de la symphyse Pas de test de résistance particulier, mais
liée au
pubienne. plus probable si la douleur est reproduite
pubis
par les tests de résistances adducteurs /
abdominaux.
Douleur Suspicion clinique à la suite du bilan
liée à la articulaire selon laquelle l'articulation de la
hanche hanche est la source de douleurs à l'aine.
Toute autre affection orthopédique, neurologique, rhumatologique, urologique,
gastro-intestinale, dermatologique, oncologique ou chirurgicale provoquant une
Autres
douleur dans la région de l'aine
Il existe une diminution de la force musculaire et de l’amplitude des mouvements de hanche chez
les athlètes présentant des symptômes de la hanche et de l’aine (NEVIN et DELAHUNT, 2014).
Cela est mis en évidence par deux tests présentant une excellente fiabilité intra et inter-
examinateurs (annexe 3) :
- Squeeze test
- Bent knee fallout test
Le test de compression (Squeeze test) permet de quantifier la force d’adduction à l’aide d’un
tensiomètre. La pression d’adduction d’un athlète souffrant d’une douleur à l’aine est réduite de
20% environ par rapport à un sujet sain (MALLIARAS et al., 2009). Le manque d’amplitude de
mouvement de la hanche est le facteur le plus fréquemment associé à la douleur à l’aine chez les
athlètes (TAK et al., 2017). Les tests pour mettre en évidence ce manque d’amplitude comme le
bent knee fallout test sont encore discutés dans la littérature (TAK et al., 2016). Cependant ces
tests ont une grande fiabilité inter-examinateur avec des coefficients de corrélations intra classe
de 0,91 pour le squeeze test et de 0,92 pour le bent knee fallout test (O’BRIEN, SANTNER et
FINCH, 2018).
8
classe de 0,95 (HACHANA et al., 2013). Le test SEBT (Star Excursion Balance Test) peut être
utilisé pour mettre en évidence un conflit fémoroacétabulaire et ainsi confirmer un conflit de
hanche et non une douleur à l’aine (annexe 4). Les athlètes avec un conflit fémoroacétabulaire
ont une profondeur de squat plus faible, révélant une moyenne inférieure des résultats et une
provocation de douleur lors du squat unipodal (KIVLAN et MARTIN, 2012).
L’imagerie médicale n’est pas utile pour des douleurs pouvant être catégorisées dans le
tableau de l’accord de Doha. Actuellement il n’y a aucune preuve que l’imagerie améliore le
diagnostic ou le pronostic de l’athlète pour les douleurs à l’aine. Cependant elle est vivement
conseillée lorsque le thérapeute suspecte une pathologie anormale (THORBORG et al., 2018). Par
ailleurs elle peut être un outil utile pour aider le clinicien à déterminer s'il existe ou non une
possible pathologie intra-articulaire de la hanche (REIMAN et THORBORG, 2014).
La pubalgie a connu une telle augmentation de fréquence au cours des deux dernières
décennies, qu’on peut se permettre de la considérer comme une épidémie grave en traumatologie
sportive. La douleur chronique de hanche et de l’aine représente 10% de toutes les consultations
dans les centres de médecine sportive (MCCRORY et BELL, 1999) et de 5% à 28% de l’ensemble
des blessures sportives (HUREIBI et MCLATCHIE, 2010). Elle occupe une place prépondérante
dans certains sports et implique des enjeux sociétaux importants.
9
Les blessures à l’aine sportives les plus courantes surviennent dans les sports avec appuis
monopodaux alternés comprenant un travail asymétrique des membres inférieurs et impliquant
un mouvement de torsion pendant la course tel le football, le hockey et le rugby par exemple. Le
nombre d’entrainements intensifs quotidiens sans possibilité de récupération active totale,
augmente cette incidence (KINCHINGTON, 2019).Tous les sportifs peuvent être sujet à
l’apparition d’une douleur. Cependant le ratio, nombre de sportifs / nombre de blessures, est trois
fois plus élevé chez les hommes (KARLSSON et al., 2014). Une étude de l’UEFA réalisée sur
des joueurs de football professionnels s’est intéressée à l’incidence des blessures à l’aine dans le
monde du football. L’étude a analysé 88 saisons de clubs de pays différents sur 7 ans. La blessure
à l’aine représentait au total 12 à 16 % de toutes les blessures (WERNER et al., 2009).
La première description de cette pathologie a été faite en 1932 par le médecin italien
Spinelli. Il s’intéressait à la pubalgie de l’escrimeur (PUIG, TROUVE et SAVALLI, 2004). La
pubalgie est maintenant une entité bien connue mais elle reste une entité clinique de diagnostic et
de traitement difficile. Sa prise en soin n’a pas été clairement codifiée jusqu’à présent. Les
données littéraires ne permettent pas de mettre en évidence de consensus concernant la durée de
prise en soin.
Le temps de rééducation diffère entre les études réalisées par les auteurs. Pour Gilmore, ce temps
est d’environ de 4 semaines (GILMORE, 1998). La plupart des auteurs dans la littérature décrivent
un temps de rééducation supérieur à 4 semaines pouvant atteindre 6 mois (MAHMOUDI et al.,
2015). Certains auteurs décrivent des douleurs et des symptômes persistants dans la région de la
hanche et de l'aine qui ne disparaissent souvent pas entre 6 et 12 mois (VAN DER WAAL et al.,
2006). La reproductibilité d’études concernant la pubalgie est très faible dans la littérature. Il est
donc très difficile de retranscrire le temps de rééducation moyen. Ce temps de retour au sport va
dépendre du sport pratiqué, mais aussi de tous les facteurs de risques évoqués plus haut ([Link]).
Ces longs délais de rétablissement peuvent être une indication de l’état de déconditionnement du
patient et sont dépendants de chaque sportif. Le repos associé est préconisé par certains auteurs.
Il consiste à la suppression des gestes dits « toxiques » (frappes, accélérations) afin de restaurer
le maintien de l’équilibre physiologique musculaire et articulaire au niveau et autour du bassin.
La notion de repos complet ou incomplet est encore débattue dans la littérature mais la reprise
des activités sans le déclenchement de la douleur est unanime (GRAIRI, 2011).
10
psychologique et physique fragilisant le sportif. Cependant elle peut être aussi perçue comme
une connotation positive. Le sportif peut profiter de sa période de convalescence pour revenir plus
fort, prendre conscience et connaissance de son organisme.
2.2.2. Ténotomie
La ténotomie traite « l’enthésopathie » des adducteurs. La section du tendon est réalisée au niveau
de l’enthèse fibro-cartilagineuse du long adducteur. Dans 85% des cas, la ténotomie est réalisée
avec un geste pariétal (PRUVOST, 2015) . Une mobilisation précoce passive est nécessaire dans
toutes les directions. La reprise de sport s’effectuera progressivement et sera contrôlée par le
thérapeute. Il n’y a pas de frappes de balles avant le 45ème jour post-opératoire.
La reprise du sport au même niveau après l’intervention chirurgicale se fait dans 80% des cas si
le protocole de prise en soin médical est parfaitement suivi.
11
2.3. Le traitement conservateur :
2.3.1. Définition
Ces paliers sont des étapes nécessaires au bon déroulement de la rééducation. Les traitements
utilisés sont multiples dans la rééducation de la pubalgie. Ils contribuent ainsi à la diversité de la
profession. En effet l’approche thérapeutique n’est pas unanime et les moyens de rééducation
différent entre les professionnels de santé. Le choix d’un traitement s’effectue selon l’expérience
du thérapeute mais aussi du type de population ciblé. La structure anatomique mise en cause et
l’efficacité du traitement employé sont aussi à prendre en compte. Ces traitements sont listés ci-
dessous (BARRAS, LUTZ et MATHIEU, 2019)(GRAIRI, 2011) :
Visée antalgique / Trophique Rééquilibration de la ceinture pelvienne
- Massage : Assouplissements, Frictions
- Crochetage
- Thermothérapie / Cryothérapie
- Etirement
- Electrothérapie (laser ; TENS...)
- Thérapie par l’exercice
- Dry neeling
- Thérapie Manuelle
- Ultrasons
- Travail de Mobilité
- Ondes de chocs
Tableau 2: Les différents traitements conservateurs existants pour la rééducation de la douleur à l’aine
Les options de traitements passifs ou actifs partagent l’objectif de ramener l’athlète à une activité
sans douleur (ELLSWORTH, ZOLAND et TYLER, 2014). L’efficacité du traitement appliqué est
évaluée selon trois critères :
12
- L’intensité des phénomènes algiques : Toute rééducation vise à réduire les phénomènes
algiques. C’est le symptôme guidant le patient et le thérapeute dans la rééducation.
- Le temps de retour au sport : Il est dépendant de chaque sportif. Un traitement
conservateur bien mené vise à obtenir une rééducation efficiente et donc à faire reprendre
le patient dans les plus brefs délais et sans douleur.
- Les risques de récidives : Le risque de contracter une douleur à l’aine après en avoir déjà
eu une est beaucoup plus élevé. C’est pourquoi la prévention et la prophylaxie font part
entière du traitement kinésithérapique.
Une revue systématique s’intéresse à l’efficacité d’une thérapie par l’exercice chez les athlètes
avec pour objectif d’étudier l’efficacité de la thérapie par l’exercice sur la douleur (MACHOTKA,
KUMAR et PERRATON, 2009). Les auteurs concluent au bénéfice de la pratique clinique courante
de la thérapie par l’exercice pour la rééducation des douleurs à l’aine. Un renforcement des
muscles de la hanche et des abdominaux est préconisé. Les caractéristiques du renforcement
doivent suivre un protocole bien spécifique (P. HÖLMICH et al., 1999) : 90 minutes par séance,
trois fois par semaine sur 8 à 12 semaines. Cette revue systématique a été reprise en 2017
(CHARLTON et al., 2017). Dans cette étude, la population ciblée oscille entre sportifs amateurs
à professionnels, pratiquant tous types de sports. La revue comporte 14 études s’intéressant au
traitement de la douleur à l’aine par la rééquilibration des chaines musculaires de la hanche et de
l’abdomen. Les risques de récidives, de rémissions et le retour au sport sont aussi étudiés.
- 9 ont des résultats favorables pour le traitement de la douleur.
- 5 pour éviter le risque de récidive
- 5 pour un retour au sport prématuré
Une autre étude de long court (entre 8 et 12 ans) a été réalisée sur 47 sportifs ayant des douleurs
à l’aine chroniques (HÖLMICH, NYVOLD et LARSEN, 2011): le programme d’entrainement
incluait un renforcement des muscles adducteurs, abducteurs, abdominaux et lombaires. Combiné
à des exercices de coordination et d’équilibre, ce programme a permis de ramener 79% des
athlètes à leur même niveau sans douleur, critère qualifiant la réussite du traitement.
Cependant, les modalités des exercices de renforcement musculaire diffèrent en fonction des
sports pratiqués et des protocoles décrits. Les modalités d’exercices les plus retrouvées dans la
littérature sont présentées ci-dessous :
13
Groupes Modes de Courses musculaires Fonctions Objectifs
Musculaires contractions
Abducteurs Isométrique Course interne (CI) Analytique Endurance
Adducteurs Concentrique Course externe (CE) Fonctionnel Force
Ischios-Jambiers Excentrique Course moyenne (CM) Vitesse
Erecteur du rachis Pliométrique Puissance
Abdominaux Proprioceptif
Ilio-psoas Antalgique
La thérapie par l’exercice semble être un traitement de choix réduisant le temps de retour au sport,
les phénomènes algiques et le risque de récidive. Elle tend à être un élément clé de la rééducation
de la douleur à l’aine.
La douleur à l’aine liée à un adducteur (ADD) est la douleur la plus fréquente chez les
sportifs (SERNER, TOL, et al., 2015). Elle représenterait près de deux tiers des blessures à l’aine
chez les footballeurs notamment (WERNER et al., 2009). De multiples facteurs de risques ont été
développés dans le cadre théorique. Dans les sports comportant sprints, changements de
directions et frappes de balles, la force de l’adducteur est prépondérante. Une étude réalisée chez
81 hockeyeurs montrait que le ratio de force adduction / abduction est de 95 % chez les joueurs
sains et de 78 % chez les joueurs blessés (TYLER et al., 2001).
14
Adduction isométrique avec ballon entre
B 86 % 80%
les genoux
Adduction de hanche en latérocubitus C 64 % 17 %
Glissement abduction / adduction D 98% 89%
Adduction de hanche avec bande
E 103% 70%
élastique
Machine adducteur F 99% 95%
Adduction bilatérale G 14% 15 %
Copenhague adduction H 108 % 69%
Cette étude avait pour objectif de fournir aux athlètes et aux thérapeutes des connaissances pour
sélectionner les exercices appropriés en fonction des différentes phases de prévention et de
traitement. Les différentes photos des exercices sont disponibles (annexe 5). On peut s’apercevoir
que les exercices du copenhague adduction et d’adduction isométrique avec ballon entre les
chevilles, recrutent jusqu’à 108% de la force de l’adducteur. Ces exercices peuvent donc être très
intéressants afin de bien cibler le long adducteur dans des modalités de renforcement spécifiques.
L’essai contrôlé randomisé d’Hölmich est un des seuls protocoles reproductibles à être retrouvé
dans les études. Il reprend la plupart de ces exercices (HÖLMICH et al., 2010). Les auteurs ont
composé un programme d’exercices s’intéressant à la rééducation des adducteurs dans un
contexte de douleur à l’aine. Ce programme se divisait en deux modules (annexe 6) :
- 1er module à réaliser tous les jours pendant les deux premières semaines. Ce module
comprend des exercices statiques et dynamiques.
- 2ème module à réaliser trois fois par semaines pendant 8 à 12 semaines. Ce module
comprend des exercices dynamiques avec plus de résistance, d’équilibre et de
coordination que le 1er module.
La course est autorisée à partir de 6 semaines après le début du traitement s’il n’y a pas de douleur.
C’est une étape nécessaire avant de reprendre la phase sportive d’entrainement spécifique. Sur ce
protocole, l’étirement des adducteurs n’est pas proscrit au contraire de l’étirement de l’ilio-psoas.
Les phases de la rééducation pour une douleur liée à l’adducteur suivent les paliers décrits
par (VIDALIN et al., 2009). Ces phases ont été reprises récemment par (BRUKNER et al., 2017) :
- Phase aiguë
C’est une phase caractérisée par l’inflammation de la jonction musculotendineuse à l’insertion de
l’enthèse. Le but durant cette phase étant de protéger la structure de la blessure et de contrôler la
douleur et l’inflammation afin de permettre une réparation tissulaire. Le thérapeute pourrait passer
à la phase suivante si le sujet n’a pas de douleur lors des contractions isométriques et présente
une amplitude d’abduction de hanche d’au moins 50% égale au côté non lésé.
15
- Phase de conditionnement
C’est une phase caractérisée par la régénération tissulaire. L’activation des muscles adducteurs,
abdominaux et fléchisseurs de hanche devra être progressive et graduée. Le maximum de
répétitions requis étant de 20-30 par exercice. Les modes de contractions isométriques,
concentriques et excentriques seraient autorisés sans que la douleur n’excède pas 3 sur l’échelle
EVA durant l’exercice. Les auteurs conseillent une rééducation trois fois par semaine idéalement.
Pour passer à la phase suivante, une marche rapide et sans douleur est demandée, ainsi qu’un
squeeze test non douloureux.
C’est la seconde pathologie de douleur à l’aine la plus fréquente (SERNER, TOL, et al.,
2015). Le traitement consiste à des contractions isométriques, concentriques et excentriques des
muscles fléchisseurs de hanche. Ces exercices sont combinés avec des séries de stabilisation de
la ceinture pelvienne et de l’étirement de l’ilio-psoas. La reprise se ferait sous 6 semaines
(BRUKNER et al., 2017).
16
succès lorsque le patient n’a plus de douleur pendant le traitement et à la course. En revanche, si
les douleurs persistent, l’approche chirurgicale est conseillée (YUILL, PAJACZKOWSKI et
HOWITT, 2012).
Les shorts de compressions sont utilisés dans la population sportive afin de soulager les
symptômes douloureux et ainsi augmenter l’efficience sportive. Une étude récente a voulu vérifier
cette hypothèse (OTTEN et al., 2019). Les 34 joueurs masculins de football souffrant de douleur
à l’aine ont été recrutés en fonction de la catégorisation de douleur de DOHA. Ils devaient
présenter au moins une des quatre entités cliniques. Après avoir rempli le questionnaire HAGOS,
ils ont effectué trois tests : le copenhague squeeze test, le test d’agilité Illinois et un test de tir
avec une force maximale.
L’effet des shorts haute compression a permis une réduction de la douleur au cours du test
d’agilité Illinois (- 36% en moyenne) et du tir de force maximum (- 40% en moyenne) en
corrélation avec une amélioration du score HAGOS. Différentes explications sont possibles :
- Les vêtements de compression permettent d’appliquer une pression mécanique à la
surface du corps, comprimant et donc soutenant les tissus sous-jacents. Les avantages
17
potentiels peuvent être induits par des effets physiques, physiologiques ou
psychologiques.
- Les shorts de compressions réduisent l’activation EMG du muscle long adducteur
ipsilatéral lors d'un changement de direction à 45 degrés à pleine vitesse, impactant son
niveau de charge au niveau de la symphyse pubienne (CHAUDHARI et al., 2014). De
plus, ils augmentent la stabilité pelvienne (SAWLE, FREEMAN et MARSDEN, 2016).
- Le short de compression permettrait également de réduire les oscillations musculaires et
la consommation d’oxygène au cours de l’exercice. Le débit sanguin local et la clairance
des protéines seraient également modifiés (MACRAE, COTTER et LAING, 2011). Une
dernière explication pourrait être l’effet placebo causé par les croyances des sujets
(TURNER et al., 1994).
Ces études montrent les bienfaits du short de compression. Cependant le short reste un traitement
palliatif et ne traite en aucun cas l’origine du problème. Le short pourrait être un bon allié à la
rééducation et au processus de réadaptation.
La pubalgie est encore un sujet très controversé des auteurs. Il n’existe pas encore de méta
analyse des résultats sur les interventions pour le traitement de la douleur par l’exercice. Ceci est
dû au petit nombre d’études existantes sur le sujet et au peu d’études reproductibles.
Le traitement conservateur, d’après (BERGER, 2000) et (ROCHCONGAR, LE GALL et JAN,
1996) serait suffisant en terme de rééducation de la douleur, dans 80 % des cas. Le thérapeute à
des outils pour l’aider au mieux à la compréhension du phénomène algique chez le patient et qui
vont orienter le processus de guérison :
- Diagnostic des structures lésées : tests sensibles et spécifiques.
- Ressenti du patient : questionnaire HAGOS.
- Rééducation : exercices recommandés et protocoles de rééducation.
- Programme de prévention de la pathologie.
Le Professeur Thorborg a insisté sur le fait que peu d’éléments précis permettent
d’évaluer l’importance de la douleur et son retentissement fonctionnel chez un sportif atteint de
pubalgie. Le questionnaire HAGOS (copenhagen hip and groin outcome score, annexe 7) est un
questionnaire destiné au patient. Il permet de mieux évaluer les douleurs associées, de suivre
l’évolution du sportif et l’impact réel des traitements. Il comprend cinq sous-échelles évaluant la
douleur (4 questions), les symptômes (5 questions), les limitations lors des activités physiques de
18
la vie quotidienne (13 questions), les difficultés rencontrées lors des activités sportives (10
questions) et l’impact sur la qualité de vie (5 questions) (THORBORG et al., 2014). C’est un
questionnaire reconnu internationalement par le COSMIN (normes fondées sur le consensus pour
la sélection d’instruments de mesure de la santé). C’est une initiative d’une équipe
multidisciplinaire internationale de chercheurs améliorant la sélection d’instruments de mesure
des résultats et permettant de suivre l’évolution clinique de la douleur (MOKKINK et al., 2016).
Dans une étude, il a été démontré que les hanches de sportifs présentant un score HAGOS bas
(donc plus touchés par les plaintes quotidiennes) ont moins de rotation interne (23,9°) et de
rotation totale de hanche (58,2°) que ceux ayant un score HAGOS plus grand (28,9° et 65,6°)
(TAK et al., 2016). Il est important d’identifier la capacité fonctionnelle de l’athlète afin
d’optimiser et de structurer un programme de réadaptation individualisé. Cette approche
systématique de l'examen clinique et de l'évaluation de la hanche doit donc toujours être adaptée
à chaque athlète et à chaque situation.
Il existe de nombreux protocoles dans la littérature. Ils dépendent des auteurs qui l’ont réalisé.
En dehors du protocole d’Holmich, les protocoles les plus connus dans la rééducation de la
douleur à l’aine sont :
Pau-Toronto : Travail de la proprioception et renforcement isométrique des stabilisateurs de la
hanche (BOUVARD et al., 2008). Cela consiste à amener le membre dans toutes les amplitudes
maximales, chaque mouvement durant quatre secondes. On effectue cinq cycles en commençant
par le membre « sain ».
ASM mc kenzie : Renforcement des stabilisateurs externes de la Hanche (VIDALIN et al., 2009).
Les exercices de renforcement musculaire proposés ont pour but notamment de corriger
les déficits du contrôle neuro-moteur et de rétablir la performance musculaire (PRUVOST, 2015).
La performance musculaire est la capacité d'un muscle à générer des forces pour produire,
maintenir et modifier des mouvements qui sont la condition préalable à l'activité fonctionnelle
sportive. Les exercices peuvent avoir pour objectif la force, l’endurance, la puissance,
l’antalgique, le proprioceptif et la vitesse. L'entraînement en force à haute résistance est une forme
d'activité physique fréquemment pratiquée. Elle est utilisée notamment pour améliorer les
performances athlétiques (FOLLAND et WILLIAMS, 2007).
19
La puissance est le travail produit par unité de temps ou le produit de la force et de la vitesse.
L'endurance est la capacité du muscle à maintenir des forces à plusieurs reprises ou à générer des
forces sur une période de temps. Ce type d’entrainement implique de nombreuses répétitions à
faible résistance. Le tableau ci-dessous relate les différentes modalités des objectifs recherchés
dans le renforcement musculaire :
Séries Répétitions Repos (s) % RM Vitesse
Force 3-5 3-6 90-120 90-100 Maitrisée
Puissance 3-4 8-12 45-60 40-60 Explosive
Endurance 1-2 15-30 45-60 50-70 Spécifique au sport
Tableau 5: Modèles de charges d'entrainement musculaire (BRUKNER et al., 2017)
Le risque de récidive d’une pubalgie est 4 à 7 fois plus élevé après avoir déjà contracté
une blessure à l’aine (ARNASON et al., 2004). La pubalgie est une pathologie chronique dans
trois quarts des cas et est à l’origine souvent d’une longue période d’arrêt pour les sportifs. Il faut
savoir que 50% des blessures ont lieu au début de saison (K. THORBORG, RATHLEFF, et al.,
2017). La prévention dans ce type de pathologie traumatologique est très importante. Un des
points faibles du patient pubalgique, c’est le manque de mobilité au niveau pelvien. Une mobilité
restreinte de hanche peut avoir des effets délétères au niveau de l’articulation coxo-fémorale, mais
aussi tout au long de la chaine cinétique musculaire. L’auto-mobilisation de hanche doit intervenir
après l’échauffement et juste avant les exercices de renforcement musculaire (REIMAN et
MATHESON, 2013).
Les douleurs à l’aine liées aux adducteurs représentent les deux tiers des blessures chez le
footballeur (MOSLER et al., 2018). Un programme de prévention nommé fifa 11+ comprenant
éducation à la douleur, entretien d’une bonne mobilité articulaire, renforcement excentrique de
l’adducteur, et quantification de la charge de travail a été établi. Il doit être réalisé 20 minutes
avant les matchs et montre des résultats très probants (Kristian THORBORG et al., 2017) :
- Diminution de 41 % des pubalgies
- Diminution de 60 % des lésions des ischios-jambiers
- Diminution de 77% des blessures liées au ligament croisé antérieur
- Diminution de 32% des entorses de chevilles
Le rôle du métier de kinésithérapeute est donc central dans la prise en soin complexe de
cette pathologie. Ce n’est pas une approche uni-segmentaire. Les thérapeutes doivent donc
comprendre parfaitement les problématiques qui entourent la pathologie. Le devoir d’efficacité
de prise en soin, vis à vis de la reprise sportive, est total.
20
3. Problématisation
3.1.1. En stage
Lors de précédents stages, et cela n’implique que notre propre expérience qui est très
limitée dans le domaine, on a pu observer que la prise en soin de la pubalgie était très différente
entre les professionnels de santé. Bien que les populations étudiées ne pratiquaient pas tous le
même sport, l’approche thérapeutique et la rééducation divergeaient sur de nombreux points :
Intensité de l’exercice, temps de repos, répétitivité, fréquence des séances, travail en différentes
courses musculaires.
On s’est alors intéressé à cette pathologie, pathologie récurrente et controversée dans le domaine
du sport : « Pourquoi cette rééducation est-elle difficile ? Pourquoi n’est-elle pas unanime entre
les professionnels de santé ? ».
La pratique du sport a toujours été source d’intérêt. Cela va faire maintenant 18 ans que
je pratique le football. Durant ces années, de nombreuses blessures sont apparues autour de moi.
L’étiologie et la rééducation de celles-ci a toujours été source de curiosité.
La pubalgie est une pathologie pouvant toucher tous types de sportifs et qui peut devenir
récurrente dans certains sports. Le football reste le sport ou il y a le plus de cas. Une étude
prospective (MOSLER et al., 2018) a montré que sur 606 joueurs de football professionnel dits
« sains », 21 % ont développé une blessure à l’aine en 1 saison. La blessure reste donc une blessure
prédominante chez le footballeur mais aussi chez les hockeyeurs et les rugbymens notamment.
Tout athlète pratiquant un sport comportant un travail asymétrique des membres inférieurs et un
mouvement de torsion pendant la course, est sujet à la douleur à l’aine.
21
3.2. Place de l’étude dans le contexte
La pubalgie est un sujet controversé ou chaque auteur a son avis sur le sujet. L'examen
clinique reste un temps capital et les examens complémentaires permettent de préciser le
diagnostic. Le traitement conservateur est souvent long et difficile et repose sur un remembrement
de la pathologie (ZILTENER et LEAL, 2007). Le concept de synergie entre tronc et bassin se
retrouve dans tous les protocoles de rééducation : il y a nécessité de contrôler les deux entités afin
d’avoir un mouvement efficace répartissant les charges de manière cohérente au niveau de la
région pelvienne. Ce concept décrit par les auteurs dans la littérature est-il le même sur le terrain ?
Quels traitements appliquent les kinésithérapeutes ?
Car là est le problème aujourd’hui. La catégorisation de la douleur et son traitement dans une
pathologie à multiples étiologies. L’expérience du thérapeute sur le sujet influe directement la
rééducation. Afin d’avoir une orientation de rééducation unanime, il faut une catégorisation
universelle. Le récent consensus de Doha (WEIR et al., 2015) a été créé dans ce but-là : simplifier
la catégorisation de la douleur pour tous les praticiens. Mais pouvons-nous placer la douleur dans
des « cases » dans ce type de pathologie ? Quelle est la portée de ce consensus à l’échelle
nationale ? Comment les thérapeutes arrivent t’ils à catégoriser la douleur aujourd’hui ?
Des tests ont été mis en évidence (THORBORG et al., 2018) récemment afin de pouvoir
catégoriser la douleur à l’aine. L’objectif est de simplifier le diagnostic kinésithérapique pour le
thérapeute. En effet le but de la rééducation est de retrouver l’efficience du sportif dans les plus
brefs délais tout en diminuant le risque de récidive. Afin d’arriver à ce résultat, il faudrait que la
portée de ces études soit connue par un maximum de thérapeutes. Cela permettrait de mieux
généraliser la rééducation.
En clinique, il existe une multitude de traitements disponibles pour le praticien. Parmi les
différents traitements conservateurs, ceux comprenant la thérapie par l’exercice semblent plus
efficaces au regard des données littéraires (Per HÖLMICH et al., 1999). Comment le thérapeute
fait-il pour construire son programme d’exercice ? Quels protocoles sont à adopter ? Les différents
protocoles suivant les recommandations internationales et l’expérience personnelle du thérapeute
contribuent à une diversité d’exercices rendant compliquée l’unanimité de la rééducation.
Les auteurs se rejoignent sur le fait que la rééducation de la pubalgie n’est pas une approche uni
segmentaire. Un exercice va prendre en compte toutes les composantes (muscles, modes de
contractions, courses musculaires…) afin d’arriver à l’objectif fixé par le thérapeute dans les plus
brefs délais. Le programme de rééducation choisi dépend en premier lieu du projet du patient, de
son sport et de l’expérience clinique du thérapeute. La prise en soin est donc différente en fonction
du sport pratiqué notamment en terme de renforcement musculaire et de rééquilibration de l’entité
pelvienne. Mais dans quelles mesures la rééducation va-t-elle différer ?
22
Le sport pratiqué va faire état des lieux du diagnostic et de la suite de la rééducation qui va être
guidée par la douleur. On peut aussi se demander si le professionnel de santé est influencé par le
statut du joueur et les paramètres sociaux économiques qui l’entourent. Pour que la rééducation
soit efficace, il faut que le thérapeute comprenne au mieux la douleur du patient afin d’instaurer
une relation de confiance dans la prise en soin. Ainsi l’adhésion du sportif au traitement sera
optimisée. Le questionnaire HAGOS a été créé dans ce but-là.
Les modalités de la rééducation ne sont encore pas bien définies parmi les auteurs et suivent la
règle pour la plupart de la non-douleur. En clinique, comment le thérapeute fait-il pour faire
évoluer son programme de rééducation ?
Les recommandations font état de la science et génèrent des informations pouvant faire évoluer
les futures pratiques professionnelles.
3.2.1. Problématique
La problématique pour l’étude est donc : « Quelles sont les pratiques des
kinésithérapeutes concernant la rééducation de la pubalgie en France en 2019 ? ».
Quel est l’intérêt clinique de cette question ? En quoi est-elle pertinente pour notre profession ?
Ce travail relate un état des lieux des pratiques de traitements conservateurs de la pubalgie
en France en 2019 en lien avec les recommandations scientifiques. Les données littéraires sont
souvent idéalisées, et il parait judiciable de confronter les résultats trouvés dans la littérature
scientifique avec ceux sur le terrain.
Dans notre référentiel de compétences, il est spécifié pour les compétences 6, 7 et 8 : « concevoir
et mettre en œuvre une prestation de conseil et d’expertise dans le champ de la masso-
kinésithérapie », « analyser, évaluer et faire évoluer notre pratique professionnelle » et
« rechercher, traiter et analyser des données professionnelles et scientifiques ».
23
Dans la compétence 7, il est précisé « d’identifier et suivre les évolutions des connaissances
scientifiques et empiriques et des pratiques professionnelles ». L’actualisation du récent
consensus et des recherches concernant la pubalgie, peuvent être inconnues de certains praticiens.
Ainsi notre référentiel de compétence précise bien qu’une association entre l’expertise du
clinicien et les recommandations scientifiques est recommandé. Un questionnement scientifique
porté sur les pratiques de traitement conservateurs de la pubalgie est donc en accord avec la
compétence 8. À la suite de cette problématique, est planifiée une action de recherche interrogeant
les praticiens du quotidien. Ces actions font partie de notre champ de compétences de masso-
kinésithérapeute et sont l’essence même de notre recherche.
D’après les données de la littérature, toutes les études s’intéressant à la pubalgie, ou plus
exactement à la douleur à l’aine, doivent se référencer au consensus de Doha à partir du 1er
décembre 2018. Le traitement conservateur constitue la première ligne de traitement. Le manque
de protocoles et de données références concernant la rééducation de la pubalgie soulève une
problématique de prise en soin du patient pour les praticiens. La chronicisation est un drapeau
jaune voulant être évité par les professionnels de santé.
Afin de connaitre les difficultés ou non des praticiens dans la rééducation, un état des lieux parait
essentiel et pertinent pour la profession. Ce travail n’a pas été retrouvé dans la littérature française,
ni dans la littérature grise. Une corrélation avec les résultats trouvés dans la littérature pourra être
effectuée afin d’analyser les différences.
3.2.4. Hypothèses
Hypothèse principale : Il est possible que les pratiques des professionnels de santé concernant la
pubalgie soient différentes de celles retrouvées dans la littérature.
Hypothèse secondaire : Il est possible de retrouver une différence d’autant plus marquée si les
praticiens ne connaissent pas les récentes études sur la classification de la douleur.
Hypothèse tertiaire : Il est possible de déterminer une corrélation entre le temps de rééducation et
les pratiques de traitements conservateurs.
24
4. Considérations éthiques de la recherche
Mon MIRMK respectera la loi JARDÉ (2012). C’est une loi qui encadre les recherches sur
l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques et médicales. Mon
mémoire fera partie de la catégorie n°2, c’est-à-dire une « recherche interventionnelle à risques
et contraintes minimes ».
L’anonymat guidera le respect de suivi des données du patient et le secret médical nécessaire
à la relation de confiance entre le kinésithérapeute et le patient. Les protocoles de rééducation ne
seront pas délétères au patient, et ne porteront pas préjudice à la profession et aux ensembles de
professionnels de santé.
25
5. Méthodologie
« Les sciences valorisent les démarches méthodologiques. Souhaitant progresser dans les
connaissances sur le monde, les sciences se doivent d’appliquer des méthodes rigoureuses pour
valider leurs affirmations » (BRÉCHON, 2011).
L’étude réalisée ne vise pas à réformer le monde scientifique quant à la rééducation conservatrice
de la pubalgie. Elle vise à expliquer et comprendre les différences entre ce que dit la littérature
scientifique et ce qui se fait en clinique en établissant un état de lieux de ces pratiques des
kinésithérapeutes.
26
5.2.2. Qualitatif ou quantitatif
Le sujet du mémoire s’intéresse au sujet de la pubalgie et à sa rééducation mise en place par les
praticiens. Les phénomènes sont donc basés sur des faits réels, indépendants de la perception
humaine. Dans ce type d’étude, on cherche à collecter un maximum de réponses afin de pouvoir
les analyser. En effet, si l’on part sur la méthode qualitative, les réponses obtenues seraient très
dépendantes du thérapeute et probablement non représentatives de la population. « L’entretien
convient à l’étude de l’individu et des groupes restreints, mais est peu adapté et trop coûteux
lorsqu’il est nécessaire d’interroger un grand nombre de personnes et que se pose un problème de
représentativité » (A. BLANCHET et A. GOTMAN, 2006).
L’ensemble des professionnels de santé ont un rôle à jouer sur la rééducation du patient
pubalgique afin d’abolir les douleurs et ainsi augmenter l’efficience sportive. Le médecin au
niveau du diagnostic, le chirurgien au niveau traitement opératoire et le kinésithérapeute au niveau
du traitement conservateur. Les sujets sondés seront des kinésithérapeutes. Certains critères
d’étude ont été déterminés pour la population d’étude :
- Il faut que le thérapeute soit kinésithérapeute
- Il faut que le thérapeute sondé ait rééduqué au moins 1 patient qui avait une pubalgie.
- Il faut que le thérapeute sondé pratique en France et qu’il soit toujours actif en 2019.
L’étude menée vise à relater les pratiques cliniques appliquées par les kinésithérapeutes. Une
expérience professionnelle dans la pathologie est donc nécessaire. Afin de rentrer dans les critères
de l’étude, les kinésithérapeutes doivent exercer en France, peu importe la région où ils
s’exercent.
Le terme « sports » est général et comprend tous les sportifs (amateurs, semi-pros, et
professionnels). La pubalgie atteint le sportif jeune en pleine activité avec un maximum de
fréquence entre 20 et 30 ans mais aucune limite d’âge n’a été inclue dans le questionnaire construit
(ZEITOUN et al., 1995).D’après l’épidémiologie de la pubalgie et le nombre de pratiquants en
France, le football fera partie d’une analyse plus spécifiée dans le questionnaire. Il y a 2 135 193
licenciés en France pour le football en 2016. Le rugby a également été introduit dans l’étude.
C’est un sport comprenant un travail asymétrique des membres inférieurs et impliquant un
mouvement de torsion pendant la course, comme le football.
28
5.3.2. Cadre spatio-temporel de l’étude
La population ciblée doit être la plus grande possible pour augmenter la fiabilité de
l’étude. Afin d’avoir un relevé statistique constitué de données chiffrées, la cohorte minimum
pré-requise est de 30 par groupe. La population sera sondée entre Octobre et Décembre 2019.
Questionnaire demandant
l’année du diplôme.
« LE RESEAU DES KINES » privé 35482 membres 2
Discussion uniquement
sur la kinésithérapie
« KINES DU SPORT ET RETOUR Demande d’accès aux
privé 7356 membres 2
AU SPORT » administrateurs
Demande d’accès aux
« KINE RENNES » privé 957 membres 1
administrateurs
L’échantillonnage est dit probabiliste car chaque individu a la même probabilité de répondre à la
question qu’un autre. Même si la sélection est orientée vers le bassin rennais et vers un réseau
sportif, aucun questionnaire n’a été envoyé par mail volontairement. Un biais d’auto sélection est
aussi à inclure dans l’étude.
Le mode de transmission par internet privilégie peut-être plus les « jeunes » kinésithérapeutes,
ceux qui sont plus sur les réseaux sociaux. La représentativité de l’étude sera jugée après avoir
analysé l’échantillon ayant répondu, dans la partie « extrapolation des résultats » en discussion.
29
5.4. Déroulement de l’étude
Ces entretiens permettent d’enrichir le contenu d’étude et aident à cibler les points précis
nécessaires à la conception du questionnaire : thèmes, formulations, ordre des questions, élément
de contenu. De plus, cela permet de vérifier que le langage employé peut être compris par tous.
Le type d’entretien choisi diffère en fonction du degré de liberté que l’on accorde à l’interlocuteur.
Afin d’avoir des informations plus détaillées et d’affiner notre recherche, un entretien semi-
directif est établi. C’est une « technique de recueil d’informations qualitatives permettant de
rassembler des faits et opinions des personnes interrogées sur un sujet donné » (EURÉVAL, 2010).
L’élaboration du guide d’entretien est construite en fonction des thèmes que l’on veut aborder
avec l’interlocuteur. Les thèmes seront la rééducation de la pubalgie avec notamment un intérêt
particulier pour les modalités du traitement conservateur et la place du renforcement musculaire.
Le contenu comprendra différentes notions qui n’ont pas été éclairées dans la littérature : éléments
de diagnostic, temps de repos, fréquence des séances, caractéristique du renforcement musculaire.
La première notion commune soulevée par les trois entretiens exploratoires était
l’importance de la maitrise du BDK afin de bien choisir son plan de traitement et d’exclure les
nombreux diagnostics différentiels. Caractérisée de « carrefour de douleur, fourre-tout » la
pubalgie est une pathologie relevant d’une complexité de diagnostic et de traitement rendant une
rééducation compliquée. La catégorisation de la douleur est primordiale (A, B, C) et la
connaissance des recommandations est connue par un seul (C). Les trois kinésithérapeutes ont
souligné l’apparition de la pathologie dans des sports à appuis très forts et très brefs, tel le football
qu’ils ont tous cité. Ils ont également cité la course à pied. Cependant, la fréquence d’apparition
de la pubalgie dans la course à pied n’est pas mise en évidence dans la littérature.
30
Le temps de rééducation varie selon les thérapeutes sondés mais concorde sur des valeurs
communes. Il est long, propre à chaque patient et est dépendant de l’importance de la blessure.
Le temps de rééducation est de trois semaines pour des douleurs dites aigües et peut atteindre 10
semaines (B), 3 mois (C) voire 4 mois (A) pour des douleurs chroniques. Ce temps de rééducation
est long car il est composé de 3 phases (A, B, C) :
- Une première phase dite antalgique
- Une seconde correspondant au cycle de prise de force
- Une phase spécifique de reprise de sport avec reprogrammation neuromusculaire
Le repos est dit relatif (A, B, C) au début de la prise en soin, c’est-à-dire qu’il est préconisé en
dehors des séances. Le sport se pratique en moyenne à partir de la 8ème semaine (C).
Le renforcement musculaire fait partie intégrante de la prise en soin (A, B, C) et est mis en place
dès le début de la rééducation. Si le patient est très algique, les modes de contractions isométriques
(A, C) ou excentriques (B) sont privilégiés. Une remise en charge progressive (A, B, C) est
nécessaire, intégrant progressivement l’excentrique et le concentrique (A, C) ou l’isométrique (B)
dans la prise en soin. Le travail pliométrique est destiné à la fin de la rééducation. Les objectifs
de la rééducation se divisent dans cet ordre : antalgique, prise de force, puissance puis vitesse
pure (A).
Le port de short de compressions type « shortystrap » est discuté entre A, B, C. (A) défini le
« shortystrap » comme une utilisation palliative mais défavorable aux sportifs, alors que (B) le
préconise pour continuer la pratique sportive. Le thérapeute (C) conseille d’utiliser le terme
« short de compression ».
[Link]. Indicateurs
31
Au début de la construction du guide d’entretien, seul le traitement conservateur de la pubalgie
importait. Lors de la retranscription du pré-questionnaire, on a pu s’apercevoir qu’il y avait un
manque d’informations collectées concernant le diagnostic clinique et l’utilisation de l’imagerie.
Or le bilan qu’appliquent les kinésithérapeutes est très important et conditionne la rééducation.
Des déterminants ont donc été rajoutés au pré-questionnaire.
- Déterminant de la catégorisation de la douleur
- Déterminant de l’imagerie médicale
a) Structure
Une introduction informative, une présentation soignée et des items compréhensibles sont
trois conditions nécessaires à l’obtention d’une mesure fiable (FALISSARD, 2008). Les items ont
été regroupés afin de permettre au répondant de rester concentré au maximum sur une même
thématique. La structure interne est composée des déterminants et sous indicateurs présentés dans
l’ordre ci-dessous, faisant suite au cadre théorique et aux entretiens exploratoires réalisés.
b) Déterminants
- Déterminants sociaux
Avant tout il s’agit de déterminer à quelle population on s’adresse. Le but de cette première étape
du questionnaire est de relever les données sociales intéressantes à l’étude des thérapeutes
répondants. Ce sont des questions simples permettant aux répondants de rentrer dans le
questionnaire. Ces questions vont permettre de déterminer sur quelle réforme s’est basée le
thérapeute pour répondre au questionnaire. La dernière réforme a vu les kinésithérapeutes formés
en quatre ans d’études sortir l’année dernière du diplôme. L’avant dernière réforme était de 1989.
De plus, s’intéresser aux déterminants sociaux permet d’en savoir plus sur l’expérience du
thérapeute par rapport à la pubalgie et à la place qu’il l’accorde dans sa prise en soin. Le
questionnaire se base sur des données réelles et sur l’expérience du thérapeute. On ne peut donc
pas poser des questions sur les pratiques appliquées par les kinésithérapeutes alors que le
thérapeute n’a jamais été confronté à la réalité du problème. À la fin de ces questions, il s’agit
d’avoir une image fidèle des variables pouvant influencer les réponses suivantes.
32
sur ses connaissances. Le consensus de Doha en 2015 et le questionnaire HAGOS correspondent
aux dernières recommandations, ayant pour but de faciliter le travail du thérapeute au niveau de
la catégorisation et de la compréhension de la douleur du patient. Par conséquent, l’indicateur sur
les recommandations internationales survient avant le mode de catégorisation de douleur.
Les questions concernant la sous-population sont divisées en deux parties. La première s’intéresse
à la population généralement plus atteinte par la pubalgie. Le ratio nombre de sportifs / nombre
de blessures est trois fois plus élevé chez les sportifs masculins de haut niveau (KARLSSON et
al., 2014). L’anatomie au pourtour de la région pubienne étant différente entre le sexe féminin et
le sexe masculin, il s’agit de voir si cela est confirmé par la réalité du terrain. Dans cette partie a
été inclue aussi la fréquence de rééducation du patient pubalgique afin d’éviter tout risque de biais
de la question précédente « Avez-vous déjà rééduqué des patients pubalgiques ? ». Cela permet
de préciser l’expertise du thérapeute par rapport à la pathologie.
Le consensus de Doha avait pour but de redéfinir ce terme de pubalgie afin de simplifier et de
l’adapter à la pratique clinique et à la recherche. Il s’agit de mettre en corrélation les connaissances
de ce consensus avec l’application sur le terrain. Ainsi cela permet de voir si ceux qui ont répondu
« oui » à la connaissance du consensus incluaient les lésions intra articulaires de hanche dans le
diagnostic de la douleur à l’aine. Pour ceux qui n’ont pas connaissance du consensus, il s’agit de
mettre en évidence les différents tests utilisés lors de l’examen clinique. Ces tests seront comparés
avec les dernières données littéraires sur la catégorisation de la douleur (THORBORG et al.,
2018). Le squeeze test est un test avec un coefficient intra-classe de 0,91. Par l’intermédiaire de
ce test, on peut quantifier avec fiabilité un manque de force d’adduction. C’est un outil non
négligeable au diagnostic.
L’imagerie médicale n’est pas indispensable pour diagnostiquer une douleur à l’aine d’après la
littérature. En clinique, il s’agit de déterminer si les kinésithérapeutes font confiance à leurs tests
ou s’ils utilisent systématiquement l’imagerie pour infirmer ou confirmer un diagnostic.
33
éléments non clarifiés dans la littérature. Dans cette partie rééducative il semble important de
déterminer la place du renforcement dans la prise en soin. Au regard des données littéraires cela
semble évident. En clinique, peut-être moins. Par ailleurs, si la personne sondée n’inclut pas le
renforcement musculaire comme traitement faisant partie intégrante de la rééducation, elle n’a
pas accès à la dernière partie du questionnaire. Une évaluation subjective des kinésithérapeutes
concernant l’utilisation du short de compression est aussi incluse dans cette partie. Le short de
compression est-il un adjuvant conseillé par les kinésithérapeutes sondés dans la rééducation ?
Il est nécessaire de préciser le sport le plus rééduqué par le thérapeute dans cette question car cela
va conditionner le reste du questionnaire s’intéressant aux caractéristiques du renforcement
musculaire. On ne peut évaluer tous les sports. Cette étude cible les athlètes pratiquant des sports
avec des changements de directions, appuis monopodaux alternés et accélérations. Le choix du
sport cité ici s’est fait selon une étude (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015) : Le
football (12,8 % des blessures), le hockey sur glace, le rugby et le tennis sont les sports les plus à
risques d’après cette étude. Le football a donc été choisi en fonction du nombre de participants
de la sous-population la plus nombreuse en France en 2019. Le rugby applique les mêmes
contraintes biomécaniques et cinématiques : un travail asymétrique des membres inférieurs et un
mouvement de torsion pendant la course. Le choix de ces deux sports a donc été entrepris. Le
thérapeute à le choix entre trois items : football et rugby, qui sont les sports de l’étude, et autres
sports. Si la personne sondée répond autres sports, elle n’aura pas accès à la dernière partie du
questionnaire.
Il est important de prendre du recul par rapport à notre position de chercheur afin de
relever les différents biais composant notre méthodologie de recherche. Il faut en être conscient
pour pouvoir composer avec eux, tout en les contrôlant.
On réalise notre étude en ayant déjà des connaissances préalables sur le sujet choisi. Cela peut
biaiser nos résultats car on peut s’attendre à ce qui va se passer. En effet, on peut passer à côté
d’informations importantes en privilégiant les informations auxquelles on s’attend : c’est le biais
de confirmation.
34
Le but de l’étude n’est pas de confirmer forcément une hypothèse. La démarche scientifique
implique que la réfutation ou l’affirmation d’une hypothèse est tout aussi intéressante au niveau
des résultats. On se doit de s’éloigner au maximum de nos propres représentations afin d’éviter
l’analyse orientée des résultats. Les propres interprétations du chercheur peuvent donner lieu à un
biais de subjectivité. Ce biais est inévitable mais peut être contrôlé ou minimisé. Le pré-test
permet de confronter cette subjectivité au terrain (OLIVIER DE SARDAN, 2008).
5.4.4. Pré-test
Au-delà des réponses de chaque question, il est intéressant d’établir des liens de causalité
entre des variables étudiées. Notre plan statistique (annexe 11) vise à mettre en évidence les
différences retrouvées entre les résultats du questionnaire et ceux retrouvés dans la littérature.
Des sous-hypothèses (annexe 10) sont réalisées afin de confirmer ou d’infirmer nos trois
hypothèses principales :
- Il est possible que les pratiques des professionnels de santé concernant la pubalgie
soient différentes de celles retrouvées dans la littérature.
- Il est possible de retrouver une différence d’autant plus marquée si les praticiens ne
connaissent pas les récentes études sur la classification de la douleur.
- Il est possible de déterminer une corrélation entre le temps de rééducation et les
pratiques de traitements conservateurs.
Au niveau du diagnostic dans la littérature, on peut voir qu’il existe quatre grandes entités
cliniques pour catégoriser les douleurs mises en évidence par le consensus de Doha. L’hypothèse
suggérée est qu’il existe des différences entre les thérapeutes dans la classification de la douleur.
Pour vérifier cela, on utilise les tests 1, 2, 3 et 4 (annexe 10).
35
[Link]. Hypothèse tertiaire
La durée de prise en soin dans la pubalgie est un élément prépondérant dans cette
pathologie. En effet, dans la littérature, il est décrit un long délai de rééducation et un fort risque
de chronicisation. Il s’agit de déterminer les facteurs pouvant influencer cette durée. Pour vérifier
cela, on utilise les tests 8, 9 et 10 (annexe 10).
Les données sont recueillies grâce à un lien Google Form mis en ligne le 17/ 10/ 2019 :
[Link]
Les données sont traitées et extraites grâce à un tableur Excel. Les données sont interprétées sur
le tableur Excel et sur le logiciel Jamovi.
Pour les questions fermées, les réponses sont traitées en fonction des propositions du
questionnaire. Pour les autres types de questions, un codage est effectué entre les différentes
réponses obtenues afin d’avoir des informations cohérentes. Aucune réponse n’a été supprimée.
Une fois les données codées, l’analyse descriptive des données qualitatives sera mise en
évidence par des tableaux de données et des graphiques circulaires. Pour toutes les variables
quantitatives, un test de shapiro wilk est effectué afin de savoir si la variable suit la loi de
normalité. La médiane est ensuite calculée.
Un test de Chi 2 de conformité est effectué au risque de 5% pour chaque variable qualitative.
Pendant ces tests, la valeur de (p) est calculée. Elle représente la probabilité de se tromper en
rejetant H0 :
H0 : Les différences observées entre les variables qualitatives peuvent être dues au hasard.
H1 : Les différences observées entre les variables qualitatives ne sont pas dues au hasard.
Un test de shapiro-wilk est effectué au risque de 5 % pour chaque variable quantitative discrète.
La valeur de (p) permet de vérifier si les distributions des variables sont normales :
H0 : La population est normalement distribuée
H1 : La population n’est pas normalement distribuée
36
Ce sont des tests préalables aux tests statistiques qui permettent de vérifier les hypothèses de notre
plan statistique (annexe 10 et 11). Ces tests diffèrent en fonction des variables étudiées (INSERM,
2012). Le choix des tests est détaillé en annexe 12.
Avant chaque test d’homogénéité, la condition de Borel doit être vérifiée. Elle détermine si les
effectifs théoriques des groupes étudiés sont supérieurs à 5 et si le test est réalisable. Le calcul est
détaillé en annexe 13.
Numéro Variables étudiées Test approprié
1 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
2 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
3 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
4 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
5 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
6 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
6 Qualitative * Qualitative Test chi 2 d’homogénéité et d’indépendance
7 Qualitative * Quantitative Test non paramétrique de Mann-Whitney
8 Qualitative * Quantitative Test non paramétrique de Mann-Whitney
9 Qualitative * Quantitative Test non paramétrique de Mann-Whitney
37
6. Résultats
Le nombre de kinésithérapeutes exerçants en France en 2019 ayant répondu au questionnaire d’étude est de 100 individus. Les résultats ont été relevés le 24
décembre 2019 et sont présentés en annexe 9.
Depuis combien de temps exercez-vous ? Dans quel type de structure ? À quel niveau de confiance vous situez-vous dans la
? rééducation du patient pubalgique ?
Moins d'un an
15 ans ou plus Clubs sportifs
12% 17
17% professionnels
́Etablissement Médical ( 40 32
Entre 10 et 15 ans 8 25 26
hôpital, clinique...
9%
Entre 1 et 5 Centre de rééducation 7 20
ans… 8
5 4
Cabinet libéral 94 0 0 0 0
Entre 6 et 10 ans 0
28% 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Il faut savoir tout d’abord que 100% des répondants ont déjà rééduqué un patient pubalgique. Parmi eux, 12 % pratiquent depuis moins d’un an, c’est-à-dire
qu’ils ont connus la nouvelle réforme de quatre ans d’études. Parmi les 100 répondants, 94 ont déjà pratiqué dans un cabinet libéral et 17 dans des clubs sportifs
professionnels. Parmi ces professionnels de santé, 74% ont effectué leur cursus de formation en France et 65 % ont suivi des formations continues en
kinésithérapie du sport, ce qui représente un pourcentage élevé de l’étude.
La rééducation de la pubalgie relève un niveau élevé de confiance des kinésithérapeutes questionnés. La médiane de l’étude parmi les 100 réponses est de 7 avec
aucune réponse située entre 1 et 4. Le coefficient de variation des réponses est de 16 % ce qui est faible au vu de la population étudiée.
38
6.2. Statistiques descriptives des autres variables
Parmi les répondants, 48% des kinésithérapeutes connaissent les dernières recommandations
internationales de 2016 concernant la catégorisation de douleur dans le diagnostic de la pubalgie.
Seulement 12% des kinésithérapeutes connaissent ce consensus et utilisent le questionnaire
HAGOS systématiquement.
9%
3%
6%
36%
20%
26%
Parmi les répondants, 97% rééduquent principalement une population masculine. La fréquence
des prises en soin est très hétérogène. Le patient pubalgique est rééduqué tous les 6 mois pour 36
% des répondants, ce qui correspond à la fréquence maximale des propositions du questionnaire.
La fréquence de rééducation maximale d’un patient pubalgique par mois représente 82 % des
répondants.
Figure 8: Répartition des éléments anatomiques pouvant être pourvoyeurs de douleur à l’aine
39
On peut apercevoir que 49% des kinésithérapeutes considèrent une lésion intra articulaire de la
hanche comme faisant partie du diagnostic kinésithérapique de la pubalgie. Les lésions myo-
tendineuses correspondent aux lésions les plus fréquemment retrouvées avec 92% des réponses.
Pour le diagnostic d’une douleur myo-tendineuse, 87% des répondants utilisent l’examen
palpatoire. Les autres tests les plus utilisés pour diagnostiquer ce type de douleur sont les tests
d’hypoextensibilité (85% des répondants) et les tests contre résistance (90% des répondants).
Pour le diagnostic d’une douleur d’origine ostéo-articulaire, les tests les plus utilisés sont les tests
de mobilité articulaire (83% des répondants), les tests de conflit (87%), et les tests de sacro-iliaque
(77%). En plus de l’examen palpatoire, il est à noter que l’ensemble de ces quatre tests
représentent 79 % de tous les tests servant à diagnostiquer ce type de douleur.
Enfin, pour une douleur d’origine inguinale, les deux tests les plus utilisés sont la manœuvre de
Vasalva (47% des répondants) et les tests neurologiques (37%). Cela représente une population
faible de l’étude (moins de 50%). Cependant, en plus de l’examen palpatoire, ces trois tests
représentent 59% de tous les tests servant à diagnostiquer ce type de douleur.
50
40
44
30
20 29
10
12 15
0
Oui à chaque fois Oui mais pas Non je ne l'utilise pas Non je ne connais pas ce
systématiquement test
40
Le squeeze test est un test bien connu pour 85% des praticiens ayant répondu au questionnaire. Il
est utilisé systématiquement par 44 % des répondants lors du diagnostic kinésithérapique. En
général, c’est un test fréquemment utilisé par 73 % des répondants.
Non 34%
L’imagerie médicale est un outil disponible au thérapeute afin de l’aider dans l’élaboration du
diagnostic : 34% des praticiens ne l’utilisent pas en cas de doute sur le diagnostic, et 10%
l’utilisent systématiquement. 66% des répondants peuvent avoir recours à l’imagerie dans leur
prise-en charge.
30 26
25
19
20 17 Médiane : 8
15 13
Moyenne : 9,51
10 Écart type : 4,82
5 4 4 5
5 3
1 1 1 1
0
1 2 3 4 6 8 10 12 14 16 20 25 30
100 Médiane : 2
58
Moyenne : 2,3
50 23
13 5 Écart type : 0,99
0 0 1
0
1 2 3 4 5 6 7
La durée de prise en soin moyenne du patient pubalgique d’après les répondants est de 9,5
semaines. Cependant l’écart type est de 4,82 semaines ce qui rapporte à un coefficient de variation
de près de 51%, ce qui est très élevé. Ainsi, la durée de prise en soin est assez hétérogène entre
les kinésithérapeutes. La médiane du nombre de séances par semaine avec le praticien est de 2.
41
8%
92%
Oui Non
En début de rééducation, le renforcement musculaire est préconisé par 37 % des kinésithérapeutes. Les répondants conseillent à 28 % le renforcement musculaire
en dehors des séances, et 16 % conseillent la poursuite de la pratique sportive.
En cours de rééducation, près de 83% des praticiens questionnés conseillent le renforcement musculaire pendant les séances et 76% en dehors des séances. Le
travail en autonomie s’intensifie en cours de rééducation et en fin de rééducation. La pratique sportive est autorisée par 64 % des répondants en cours de
rééducation, puis 81 % en fin de rééducation.
Football Rugby Autres sports Le rugby et le football qui étaient les 2 sports d’études, représentent 78% de la sous-
population sportive la plus représentée. A partir de cette question, il n’y aura plus que 78
66 12 22
répondants au questionnaire appartenant au groupe football (F) et rugby (R).
Tableau 12: Sports pratiqués par la sous-population
42
6.2.7. Modalités du renforcement musculaire
Fléchisseurs de hanche
Ischios-Jambiers
Erecteurs du rachis
Adducteurs
Abducteurs
Abdominaux
0 10 20 30 40 50 60 70 80
On peut s’apercevoir que les groupes musculaires les plus rééduqués sont les adducteurs (94%),
les abdominaux (90%) et les abducteurs (71,5%).
En début de rééducation le mode de contraction isométrique est préconisé par 90% des répondants
contre 38% pour l’excentrique et 19% pour le concentrique. L’isométrique seul (51,3% des
réponses) et associé à l’excentrique (21,1% des réponses) représente 72,4% des réponses.
En fin de rééducation, il faut ajouter à ces trois objectifs la vitesse (81% des répondants) et la
puissance (85%).
Parmi les thérapeutes s’occupant de footballeurs et rugbymen, 62,8% connaissent des protocoles
« pubalgie ». Lesquels ?
33
35
30
25
20
15 10 8
10 3 3 2
5 1 1 1
0
44
7. Analyse des résultats
Pour Q7 et Q8 l’observation ne diffère pas de la théorie, ce n’est donc pas significatif. Pour toutes
les autres variables, les résultats obtenus diffèrent significativement.
Aucune des variables quantitatives ne suit la loi normale. On refuse l’hypothèse d’une loi de
distribution. Lors des tests de croisement de variables, on effectuera donc des tests non
paramétriques de Mann-Whitney.
Les résultats sont statistiquement difficiles à interpréter. Les pourcentages s’appliquent aux
échantillons et ne sont pas représentatifs de la population. En effet, les tests donnent des résultats
sur la population alors qu’ils ont été effectués à partir d’un échantillon d’une taille de 100
personnes. Les conditions initiales des tests sont présentées en annexe 12 et 13.
[Link]. Tests 1 et 2
Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5 (annexe 14). Un test de Chi 2 d’homogénéité et
d’indépendance est donc effectué avec p-value = 0,88. Cela signifie que la probabilité de se
tromper en rejetant H0 est de 88 %. On accepte donc l’hypothèse nulle (H0) « La connaissance du
consensus de Doha est indépendante de l’ancienneté des kinésithérapeutes ». Ceux qui pratiquent
depuis moins d’un an et qui ont connu la nouvelle réforme ne connaissent pas mieux les dernières
recommandations que les autres populations de kinésithérapeutes.
Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5 (annexe 14). Un test de Chi 2 d’homogénéité et
d’indépendance est donc effectué avec p-value = 0,004. Cela signifie que la probabilité de se
tromper en rejetant H0 est de 0,4 %. On accepte donc l’hypothèse H2 « La connaissance du
consensus de Doha est dépendante des formations suivies en kinésithérapie du sport du praticien
». Les kinésithérapeutes ayant suivi une formation en kinésithérapie du sport connaissent mieux
le consensus de Doha que ceux n’ayant pas suivi ces formations.
[Link]. Test 3
46
Au vu de la diversité des réponses un autre test de Chi 2 d’homogénéité et d’indépendance a été
effectué pour savoir si la connaissance du consensus de Doha influence la classification de la
douleur à l’aine avec P-value =0,017. On accepte donc l’hypothèse « La connaissance du
consensus de Doha influence la classification de la douleur à l’aine ». Les kinésithérapeutes qui
connaissent le consensus de Doha ont une catégorisation de la douleur à l’aine qui se rapproche
plus des recommandations internationales. Autrement dit, le fait de connaitre le consensus permet
de mieux catégoriser la douleur.
[Link]. Test 4
Sur ce tableau, on peut déjà voir que le pourcentage des taux de réponses est beaucoup plus fort
pour le groupe A. En adéquation avec les études(THORBORG et al., 2018) sur le diagnostic de
la pathologie, des tests Chi 2 d’homogénéité et d’indépendance sont réalisés sur les différences
observées en gras dans le tableau. Tous les effectifs théoriques des variables testées sont
supérieurs à 5 et respectent la loi de Borel.
La manœuvre de Vasalva est utilisée par le groupe A par 65% des thérapeutes voulant
diagnostiquer une origine de douleur inguinale. C’est 34% plus que le groupe B. Le test contre
résistance est utilisé 30% de plus par le groupe A. Des tests Chi 2 ont été réalisés afin de voir si
ces différences sont statistiquement significatives :
47
- Manœuvre de Vasalva : p-value = 0,0007
- Test contre résistance : p-value = 0,0006
On accepte donc les hypothèses au risque de 5% : « Pour diagnostiquer une douleur d’origine
inguinale, l’utilisation de la manœuvre de Vasalva et d’un test contre résistance sont dépendants
de la connaissance du consensus de Doha ». Connaitre le consensus permet d’utiliser plus ces
tests lors de l’examen clinique. En règle générale pour la douleur inguinale, le groupe A pratique
en moyenne 19% plus de tests que le groupe B.
Les tests de conflits et de mobilités articulaires représentent 92% des thérapeutes du groupe A
contre respectivement 75% et 83% des thérapeutes du groupe B pour une douleur d’origine ostéo-
articulaire. Un test Chi 2 d’indépendance est donc réalisé pour ces 2 variables :
- Test de conflit : p-value = 0,026
- Test de mobilité articulaire : p-value = 0,18
L’examen palpatoire est utilisé par plus de 85% des groupes pour les thérapeutes soupçonnant
une douleur d’origine myo-tendineuse. Les tests d’hypoextensibilité et contre résistance sont plus
utilisés par les thérapeutes du groupe A, respectivement de 4% et de 7%. Des tests Chi 2 ont été
réalisés afin de voir si ces différences sont statistiquement significatives :
- Test d’hypoextensibilité : p-value = 0,5
- Test contre résistance : p-value = 0,23
Au vu des résultats obtenus aux tests 3 et 4, on peut déduire que le groupe connaissant le
consensus arrive à mieux catégoriser que l’autre groupe.
48
[Link]. Test 5
Le test 5 cherche à déterminer s’il existe un lien entre les kinésithérapeutes qui
catégorisent (voir test 3 et 4) et l’utilisation du renforcement musculaire tout au long de la
rééducation (Q19). Sur ce test, une généralité sera faite, en accord avec les tests 3 et 4, sur la
connaissance du consensus et la catégorisation de la douleur. En effet, en suivant ces tests on peut
donc dire que les thérapeutes qui catégorisent ont significativement plus de chance d’appartenir
au groupe connaissant le consensus de Doha. Ainsi, deux groupes se distinguent :
- Un groupe (C) connaissant le consensus de Doha et pratiquant le renforcement
musculaire en rééducation : 48 thérapeutes.
- Un groupe (D) ne connaissant pas le consensus de Doha et pratiquant le renforcement
musculaire en rééducation : 44 thérapeutes.
Les résultats sont exprimés en pourcentage de thérapeutes, dans les graphiques ci-dessous :
35
23
17
0
PAS DE RENFORCEMENT RENFORCEMENT RENFORCEMENT PRATIQUE SPORTIVE
MUSCULAIRE MUSCULAIRE EN SÉANCE MUSCULAIRE EN DEHORS AUTORISÉE
DES SÉANCES
98
86 89
75
66 64 66
57
25
9
7 11
49
Sur 100 répondants, 8 thérapeutes ont été exclus du test. En effet ils ne pratiquent pas le
renforcement musculaire. Par ailleurs, il se trouve que ces huit thérapeutes ne connaissaient pas
le consensus de Doha.
Au vu des résultats, des tests Chi 2 d’homogénéité et d’indépendance ont été réalisés entre les
groupes C et D. Tous les effectifs théoriques sont supérieurs à 5.
a) Début de rééducation
La valeur des tests 1 et 2 de Chi 2 montre qu’il y a une différence significative entre les groupe C
et D. L’hypothèse H5 est acceptée au risque de 5% : « Il existe une corrélation entre la
catégorisation de la douleur et l’utilisation du renforcement musculaire en début de rééducation ».
Un thérapeute issu du groupe C utilise significativement plus le renforcement musculaire dès le
début de rééducation par rapport à un thérapeute issu du groupe D.
Le renforcement musculaire en dehors des séances est prescrit par 35% des kinésithérapeutes du
groupe C contre 25% du groupe D.
b) En cours de rééducation
La valeur du test 3 de Chi 2 montre qu’il y a une différence significative entre les groupe C et D.
L’hypothèse H5 est acceptée au risque de 5% : « Il existe une corrélation entre la catégorisation
de la douleur et l’utilisation du renforcement musculaire en cours de rééducation ». Un thérapeute
ne catégorisant pas la douleur utilise significativement plus le renforcement musculaire (98%) en
cours de rééducation qu’un thérapeute catégorisant (83%).
La valeur du test 4 Chi 2 montre que l’on rejette l’hypothèse H6 au risque de 5%. Cependant, les
thérapeutes catégorisant issus du groupe C conseillent à 15 % de plus que le groupe D, le
renforcement musculaire en dehors des séances.
La pratique sportive est autorisée à plus de 66% pour l’ensemble des thérapeutes.
En conclusion, on peut dire que les thérapeutes catégorisant favorisent le renforcement musculaire
en dehors des séances en cours de rééducation.
50
c) En fin de rééducation
Il n’y a pas de différences majeures entre les groupe C et D. La pratique sportive est autorisée à
plus de 88% pour les deux groupes.
[Link]. Test 6
Le renforcement musculaire fait partie intégrante des rééducations pour 92% des
kinésithérapeutes. Ainsi le test 6 vise à déterminer si l’utilisation du renforcement musculaire
comme traitement dépend du sport pratiqué par la sous-population tel que le football ou le rugby.
Tous les effectifs théoriques ne sont pas supérieurs à 5 (annexe 14). Le test ne peut être réalisé
car les effectifs théoriques pour la population « autres sports » est trop faible. Un test exact de
Fisher est alors réalisé avec P-value =0,068. L’hypothèse H6 est rejetée au risque de 5%.
« L’utilisation du renforcement musculaire comme traitement est indépendante du sport pratiqué
par la sous-population tel que le football ou le rugby ».
On peut conclure que le renforcement musculaire parait être un traitement de choix dans la
rééducation surtout pour les sports tel que le football et le rugby.
[Link]. Test 7
L’objectif de l’hypothèse 7 est de déterminer s’il existe un lien entre les objectifs thérapeutiques
choisis et les modes de contractions employés. Elle s’intéresse aux modalités de la rééducation
au début, en cours et à la fin de rééducation. On est en présence d’une série de données
multivariées, les résultats obtenus ne sont pas propices à une analyse par test statistique. La
significativité n’est pas prise en compte. Les totaux ne font pas 100% car plusieurs choix de
réponses étaient possibles. Les résultats montrent une certaine homogénéité :
51
En début de rééducation, les praticiens vont privilégier l’objectif antalgique. Pour y arriver, 93%
des kinésithérapeutes sondés utilisent le mode de contraction isométrique contre 20% le
concentrique et 40% l’excentrique.
En cours de rééducation, les praticiens vont privilégier les modes de contractions concentriques
et excentriques dans un objectif proprioceptif, de force et d’endurance. Pour l’endurance 90% des
kinésithérapeutes sondés utilisent l’excentrique, et pour la force, 85% utilisent le concentrique.
En fin de rééducation, les objectifs de vitesse et de puissance s’ajoutent aux objectifs précédents.
Les modes de contractions concentriques et excentriques sont toujours autant utilisés, tout comme
la pliométrie. Elle représente 76% de la prise en soin des thérapeutes pour les objectifs de
puissance et de vitesse.
Pendant ces tests, la durée de prise en soin du patient pubalgique sera comparée à d’autres
variables. La variable quantitative discrète « durée de prise en soin » ne respecte pas la loi de
normalité d’après la loi de shapiro-wilk.
[Link]. Test 8
52
Test 8 : Connaissance des recommandations internationales et durée de prise en soin
Un test non paramétrique de Mann-Whitney est donc effectué avec p-value=0,296. Cela signifie
que la probabilité de se tromper en rejetant H0 est de 29,6 %. On accepte donc « la connaissance
du consensus de DOHA est indépendante de la durée moyenne de la rééducation de la pubalgie ».
Les différences constatées dans les deux échantillons ne sont pas significatives, elles peuvent être
imputées au hasard des fluctuations d’échantillonnage. Le fait de connaitre les recommandations
internationales n’a pas d’influence sur la durée de prise en soin.
[Link]. Test 9
Le test 9 détermine si le fait de suivre des formations continues en kinésithérapie du sport diminue
la durée moyenne de prise en soin du patient pubalgique.
Un test non paramétrique de Mann-Whitney est donc effectué avec p-value=0,314. Cela signifie
que la probabilité de se tromper en rejetant H0 est de 31,4 %. On accepte donc « la durée de prise
en soin du patient pubalgique est indépendante des formations de kinésithérapies du sport suivies
par le thérapeute ». Le fait de suivre des formations continues en kinésithérapie du sport n’influe
pas significativement la durée de prise en soin.
[Link]. Test 10
Le test 10 détermine s’il existe un lien entre le fait d’adopter un programme rééducatif contenant
du renforcement musculaire et le fait de diminuer la durée moyenne de rééducation du patient
pubalgique.
Un test non paramétrique de Mann-Whitney est donc effectué avec p-value=0,004. Cela signifie
que la probabilité de se tromper en rejetant H0 est de 0,4 %. On accepte donc H10 « la durée de
prise en soin du patient pubalgique est dépendante des traitements employés par les
kinésithérapeutes et notamment du renforcement musculaire ».
Cependant ce résultat est à nuancer au vu de la faible proportion entre les groupes. En effet, la
population utilisant le renforcement musculaire est de 92, contre 8 ne l’utilisant pas. Le fait
d’adopter un programme de renforcement musculaire permettrait de réduire significativement la
durée de prise en soin moyenne.
Tout d’abord, la connaissance des dernières recommandations internationales semble être sous
l’influence de certains facteurs. Le fait de connaitre le dernier consensus de Doha dépend
directement des formations suivies après l’obtention du diplôme et notamment en kinésithérapie
du sport. Le fait d’avoir suivi son cursus scolaire en 4 ans ne semble pas avoir d’influence sur la
connaissance de ce consensus. Seulement 36 % des kinésithérapeutes sondés connaissent le
consensus de Doha et le questionnaire HAGOS.
Ensuite, au niveau diagnostic, des disparités vont apparaitre entre ces deux groupes. En effet, le
fait de connaitre le consensus de Doha permettrait aux thérapeutes de mieux catégoriser la
douleur. L’utilisation des tests diagnostiques dépendrait directement de cette catégorisation. Pour
une douleur d’origine inguinale, l’utilisation des tests de Vasalva et contre-résistance dépendent
directement de la connaissance du consensus. Cela est également vérifié pour le test de conflit
pour une douleur d’origine ostéo-articulaire. En revanche, pour une douleur d’origine myo-
tendineuse, il ne semble pas qu’il y est de différence significative entre les deux groupes. La
notion de douleur intra-articulaire de hanche est encore discutée entre les thérapeutes. Sa
participation dans le diagnostic de la douleur à l’aine est entière pour les thérapeutes sondés.
Au niveau du traitement, des différences dans la rééducation vont apparaitre entre les thérapeutes
connaissant le consensus de Doha et ceux ne le connaissant pas. Parmi les huit thérapeutes qui ne
considèrent pas le renforcement musculaire comme faisant partie intégrante de la rééducation,
aucun ne connaissent le consensus de Doha. Les personnes connaissant le consensus de Doha
vont privilégier les exercices de renforcement musculaire en début de rééducation. En cours de
rééducation, les thérapeutes ne connaissant pas le consensus utilisent plus le renforcement
musculaire en cours de séance, tandis que ceux le connaissant favorisent les exercices à domicile.
Dans les modalités de ce renforcement, il existe un lien entre les modes de contractions employés
et les objectifs thérapeutiques recherchés. Les techniques antalgiques semblent favorisées en
début de rééducation par un mode de contraction isométrique. En cours de rééducation,
l’endurance et la force sont privilégiées grâce aux modes de contractions concentrique et
excentrique. Enfin, la vitesse et la puissance sont développées par les modes de contractions
excentriques, concentriques et pliométriques en fin de rééducation. L’objectif proprioceptif est
développé tout au long de la rééducation.
54
8. Discussion
Tout d’abord, cette étude s’inscrit dans le cadre de la sortie de l’avenant conventionnel
numéro 5 paru récemment. En effet, le titre 3 de cet avenant prévoit de « promouvoir la qualité
des soins de Masso-kinésithérapie ». Ce travail de recherche s’inscrit complétement dans nos
compétences 6,7 et 8 : « concevoir et mettre en œuvre une prestation de conseil et d’expertise
dans le champ de la masso-kinésithérapie », « analyser, évaluer et faire évoluer notre pratique
professionnelle » et « rechercher, traiter et analyser des données professionnelles et
scientifiques ». Ainsi cette étude s’inscrit dans une démarche d’actualisation et de prévention des
pratiques des traitements conservateurs de la douleur à l’aine en France en 2019, dans la visée
d’une recommandation des bonnes pratiques professionnelles (HAS, 2014).
La pubalgie, également appelée douleur à l’aine en langage scientifique, représente jusqu’à 12,8
% des blessures de footballeurs (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015). C’est une
pathologie fréquente dans le monde sportif dans lequel le kinésithérapeute a un rôle important
dans la prise en soin. En effet, celui-ci doit s’adapter au patient en choisissant des techniques de
rééducation efficaces. Ces techniques doivent permettre de ramener le sportif à la compétition
dans les plus brefs délais, sans douleur et sans risque de récidive. Cela implique une rééducation
efficiente précédée d’un diagnostic kinésithérapique bien posé.
Le lien entre la catégorisation de la douleur et le traitement n’est pas encore bien établi. En effet
le consensus n’indique pas quel traitement est à préconiser en fonction de telle ou telle atteinte.
Celui-ci dépend de l’expérience même du thérapeute. Finalement les traitements conservateurs
bien qu’ils soient nombreux, souffrent d’un manque d’adaptation et d’efficacité dans ce type de
55
prise en soin, en témoigne la durée de prise en soin moyenne. Les modalités de traitement ne sont
pas unanimes. Dans cette optique, analyser les différences entre les pratiques des
kinésithérapeutes et ce qui est dit dans la littérature internationale parait être essentiel quant à une
supposée amélioration des pratiques de rééducation. Ces actions font partie de notre champ de
compétence de masso-kinésithérapeute et sont l’essence même de notre recherche.
Tout d’abord, notre étude voulait repérer les facteurs qui faisaient varier les rééducations
entre les kinésithérapeutes. L’implication des « recommandations de bonne pratique » dans ce
type d’étude est totale. Elles sont définies dans le champ de la santé comme « des propositions
développées méthodiquement pour aider le praticien et le patient à rechercher les soins les plus
appropriés dans des circonstances cliniques données » (HAS, 2014).
Ainsi, on s’est demandé quels facteurs intervenaient dans la prise de connaissance de ces
recommandations. Est-ce des facteurs personnels ? professionnels ? Grâce aux questionnaires, on
peut voir que la connaissance de ces recommandations semble directement dépendante des
formations suivies après l’obtention du diplôme. Des formations complémentaires en
kinésithérapie du sport notamment. Il semblerait que ces recommandations soient peu abordées
dans le tronc commun du cursus de formation. Pourtant la douleur à l’aine représente un
pourcentage élevé des pathologies traumatiques liées au sport. L’application de ce consensus
n’indique pas le chemin exact de la pathogénèse de la douleur à l’aine, chaque patient étant
différent. Cependant celui-ci régit un cadre dans l’établissement des diagnostics et la
classification de la douleur. Il simplifie la pratique clinique des thérapeutes.
Pour adapter en clinique ce consensus, des tests diagnostiques sensibles et spécifiques ont été
développés pour classifier les douleurs (THORBORG et al., 2018). Il se trouve que pour une
douleur d’origine myo-tendineuse, le test palpatoire constitue la valeur prédictive la plus élevée
(90%) pour éliminer les lésions graves (SERNER et al., 2016). Dans l’étude, les thérapeutes
utilisent l’examen palpatoire à 87%, le test d’hypoextensibilité à 88% et le test contre résistance
à 90%. Pour une douleur ostéo-articulaire, les tests de conflit (83%), mobilité articulaire (87%) et
56
sacro-iliaque (77%) sont préconisés par les thérapeutes. Pour une douleur suspectée d’origine
inguinale, le test de Vasalva (47%) est utilisé. Les résultats sont en adéquation avec ceux retrouvés
dans la littérature.
Une récente étude discute de l’efficacité de ces tests dans le diagnostic de la douleur à l’aine lié
à un adducteur (ISHØI et al., 2020). Un clinicien peut être assez certain qu’il n’y a pas de lésion
à l’adducteur s’il n’y a pas de douleur à la palpation, de même que s’il y n’y a pas de douleur au
test contre résistance. La douleur à l’aine liée à l’adducteur représentant 23% de toutes les lésions
musculaires au football (ISHØI et al., 2020). Ces tests représentent donc une catégorie de sportifs
importante et non négligeable.
Les personnes connaissant le consensus de Doha classifient mieux la douleur à l’aine que les
autres thérapeutes. Ils utilisent plus de tests pour diagnostiquer l’origine de la douleur à l’aine.
Cependant cette étude ne dissocie pas l’origine de la classification de douleur. En effet, dans
l’étude, l’incorporation de la douleur intra-articulaire de l’aine est faite par 57% des thérapeutes
connaissant le consensus. Pourtant la douleur intra-articulaire de hanche n’apparait pas dans les
diagnostics possibles de douleur à l’aine. La distinction entre douleur intra-articulaire de hanche
comprenant le conflit fémoro-acétabulaire ou l’arthrose par exemple et la douleur liée à la hanche
(blocage mécanique) n’est pas encore bien distinguée par les thérapeutes.
Il est très difficile de déterminer par l’intermédiaire de cette étude le lien direct entre la
catégorisation de la douleur et le traitement appliqué en fonction de cette classification. Dans la
littérature (BRUKNER et al., 2017), la quantification du stress mécanique avec une augmentation
progressive des charges est décrite. Le respect des quatre paliers de rééducation avec un
programme de renforcement musculaire spécifique est nécessaire. Le renforcement est un élément
important de la prise en soin, considéré par 92% des thérapeutes comme faisant partie intégrante
du traitement. Cependant, les modalités du renforcement musculaire ne sont pas unanimes, en
témoigne le peu de protocoles reproductibles disponibles pour les thérapeutes. Pour reprendre la
récente revue systématique (CHARLTON et al., 2017), il existe bien un manque de connaissances
et d’adaptations concernant les pratiques de traitements conservateurs.
Le manque de force des abdominaux et des adducteurs sont des facteurs de risques intrinsèques
importants dans des sports comprenant un travail asymétrique des membres inférieurs. Grâce à
l’étude, on peut voir que ces groupes musculaires sont rééduqués par les praticiens s’occupant de
footballeurs ou rugbymen, dans 94% pour les adducteurs et 90% pour les abdominaux.
Les modalités de la rééducation sont en accord avec les phases décrite par (BRUKNER et al.,
2017). En phase aiguë, 97,5% des thérapeutes préconisent un objectif antalgique et 93% d’entre
eux utilisent le renforcement musculaire isométrique. L’objectif d’un renforcement global et sans
douleur tout en favorisant la phase de réparation tissulaire est en concordance avec la littérature.
57
Durant cette phase, le renforcement musculaire est pratiqué par 63% des thérapeutes et 84%
conseillent l’arrêt sportif. La structure de la blessure est donc protégée par le thérapeute et le sport
arrêté par le patient. En phase de conditionnement, les thérapeutes préconisent des objectifs
d’endurance (78%), de force (70%) et proprioceptif (70%). L’excentrique est le renforcement
musculaire le plus utilisé, devant le mode de contraction concentrique et l’isométrique. Le
renforcement pendant les séances et en dehors des séances est préconisé. La rééducation est moins
unanime qu’en phase aiguë, mais les résultats obtenus sont en accord avec la littérature. En effet,
le renforcement est progressif et gradué tout en respectant la restauration de la structure. En phase
de retour au sport, les objectifs de vitesse (81%) et de puissance (85%) sont ajoutés à ceux de la
phase de conditionnement. Cela implique l’incorporation du mode de renforcement pliométrique.
Les résultats sont en accord avec la littérature. On se doit de retrouver les fonctions musculaires
du sport effectué. Le but étant de maintenir les capacités d’endurance de force musculaire acquis
au cours de la rééducation tout en améliorant le contrôle moteur.
Ces modalités de prise en soin impliquent une durée moyenne de rééducation de 9,5 semaines
pour une moyenne de 2,3 séances par semaine selon l’étude. Le fait de pratiquer le renforcement
musculaire en séance réduirait cette durée significativement. Le temps de rééducation est différent
en fonction des entités cliniques mises en causes mais ceci n’est pas vérifiable dans l’étude. En
général, on décrit un temps de reprise au sport entre 6 semaines et 3 mois. Les résultats trouvés
dans l’étude sont donc en adéquation avec ce temps.
La douleur de l'aine est une affection fréquente, récidivante et invalidante. Elle peut toucher
les jeunes sportifs professionnels et amateurs, les écartant des terrains parfois de longs mois. Il
est évident qu’un seul traitement ne suffit pas à rétablir le patient, sans récidive et sans douleur
dans les plus brefs délais. Préparer le corps à l’effort physique, réduire les déséquilibre posturaux
et musculaires, et abolir la douleur sont le résultat d’une association de traitements dans lequel le
renforcement musculaire a une place de choix.
En effet, le consensus est paru en 2015 et il prend effet à partir du 1er décembre 2018. Cela
contraint les auteurs à se situer dans un contexte de transition concernant le diagnostic de douleur
58
à l’aine et la rééducation qui s’en suit. Les études s’intéressant à l’efficacité de la thérapie par
l’exercice dans la rééducation de la douleur à l’aine restent assez récentes (en dehors d’(P.
HÖLMICH et al., 1999)). Avant 2009, aucune revue systématique n’informe les cliniciens sur la
place de la thérapie par l’exercice dans la prise en charge thérapeutique.
Dans l’étude, on analyse comme seul traitement le renforcement musculaire. Or, une étude montre
qu’une association de traitements est nécessaire dans la rééducation de la pubalgie (ALMEIDA et
al., 2013). Le traitement par renforcement musculaire permet à un plus grand nombre d’athlètes
de revenir à leur niveau sportif (Per HÖLMICH et al., 1999), mais le traitement multimodal
(chaleur, thérapie manuelle, et étirement) ramènerait le sportif plus rapidement au sport (WEIR et
al., 2011). Cependant ces résultats restent mesurés, aucun des protocoles réalisés n’est détaillé.
On s’intéresse dans l’étude aux diagnostics anatomiques précis régis par le consensus de Doha.
Or, la douleur à l’aine est l’émergence d’un site d’échec tissulaire secondaire à une surcharge
biomécanique. Les évaluations et la rééducation des douleurs à l’aine se sont concentrées
spécifiquement sur les structures anatomiques et les déficiences fonctionnelles plutôt que sur les
mouvements du corps entier. L’approche biomécanique de la pubalgie est primordiale pour
répondre aux problématiques qui sont imposées par cette pathologie sportive fréquente
(FRANKLYN-MILLER et al., 2008). L’analyse de mouvement tridimensionnel permettrait
d’identifier avec succès le pathomécanisme de la douleur à l’aine comme cela a déjà été fait avec
le ligament croisé antérieur (FRANKLYN-MILLER et al., 2017). Ces derniers ont réalisé la
première étude examinant les schémas de mouvement sur 322 patients atteints de douleur à l’aine
lors d’un effort de changement de direction maximal. Trois stratégies principales en ressortent :
- Travail effectué par le genou : 40% des patients
- Travail effectué par la hanche : 19% des patients
- Travail effectué par la cheville : 41% des patients
Ces stratégies représentent différents mécanismes de distribution de la charge résultante, pouvant
entraîner une surcharge des tissus et la propagation de la douleur. En conséquence, une
intervention centrée sur le contrôle inter-segmentaire pourrait constituer une nouvelle approche
de la réadaptation (KING et al., 2018). Les prémices de ces travaux ont déjà été mises en avant
par Busquet et sa rééducation par les différentes chaines de travail musculaire. L’avantage, c’est
que ce travail peut être mis en place sans l’aide d’un laboratoire d’analyse de mouvement.
Il existe donc peu de recul sur les études s’intéressant au traitement conservateur. Malgré les
études récentes, on peut voir qu’une association de traitements, en comprenant le renforcement
musculaire, est indispensable à la rééducation de la pathologie (BARRAS, LUTZ et MATHIEU,
2019).
59
8.2. Cohérence interne de l’étude
Les biais dans ce type d’étude peuvent être importants et se doivent d’être relevés. Au-
delà des biais que l’on connaissait au moment de la passation du questionnaire (voir 5.4.3), des
biais sont apparus lors de l’analyse statistique liée à la méthodologie de l’étude.
La passation du questionnaire s’est effectuée entre octobre et décembre 2019 sur les
réseaux sociaux. Un texte « d’accroche » précisant les critères d’inclusion de l’échantillon et
expliquant le déroulement de l’étude a été rédigé pour donner envie aux gens de répondre au
questionnaire (annexe 8). Ce texte explicatif peut être interprété différemment par les personnes
constituant les groupes, leur donnant envie de répondre ou pas. Cela constitue un biais de sélection
mais qui semble-t-il reste négligeable pour notre étude. Un biais lié aux modes de transmission
du questionnaire est également inévitable : on ne peut contrôler si une personne peut répondre
plusieurs fois au questionnaire. Cependant, on aurait pu limiter l’accès au début de questionnaire,
en rajoutant un item du type « je certifie être diplômé masseur-kinésithérapeute et j’exerce en
France » afin d’être sûr que la personne rentre dans les critères d’inclusion de l’étude.
Un des biais principal pour une étude réalisée grâce à une méthodologie par questionnaire est le
biais de réponse (SALÈS-WUILLEMIN, 2006). Le thérapeute répondant peut faire attention aux
liens qui existent entre les questions et tente de deviner l’objectif de l’étude. Il peut ainsi
interpréter les réponses en fonction de l’objectif du questionnaire et non en fonction de sa pratique
clinique. De plus, ce mode de transmission par questionnaire ne permet pas d’aiguiller le
thérapeute si une question est mal formulée et laisse donc le doute dans l’interprétation de la
question.
Le biais de désirabilité sociale, se définissant ici comme le choix pour le thérapeute de donner
une préférence aux réponses socialement désirables, peut se faire au détriment des croyances ou
capacités personnelles (PAULHUS, 2002). Ses véritables réponses peuvent également être
affectées par les émotions personnelles au moment de répondre au questionnaire. Celles-ci
interfèrent avec le recueil d’informations, donnant lieu à un biais affectif (CEDIP, 2014). Les
données empiriques du questionnaire peuvent donc influencer le comportement de réponse d’un
thérapeute cherchant à donner un sens au questionnement et pouvant biaiser les résultats
(HERBERT, 2007).
Un autre biais, c’est le contenu du questionnaire. Notre questionnaire est composé exclusivement
de questions fermées. Les questions fermées conduisent le sujet à prendre position même s’il y
60
adhère que partiellement : c’est le biais de formulation (VILATTE, 2007). De plus, dans certaines
questions, le répondant était obligé de mettre une réponse, constituant un biais de non réponse.
Lorsqu’on étudie des données lors d’une analyse statistique, le biais de confirmation
intervient (CEDIP, 2014). Notre plan statistique est réalisé avant les résultats. Cependant, on a
tendance à privilégier les informations qui confirment nos hypothèses. On accorde alors moins
d’importance dans l’analyse à celles qui ne sont statistiquement pas significatives. Dans l’étude,
on a pris conscience de ce biais et il semble être limité. La confrontation et la pertinence des
données recherchées ne doit pas être perturbée par la subjectivité de l’auteur.
Lors de l’analyse, des limites sont apparues et on a pu voir que des données étaient imprécises.
Tout d’abord la dissociation entre la blessure à l’aine aigue et chronique n’a pas été réalisée dans
l’étude. Cependant, au cours d’une étude comme la nôtre, la différenciation entre ces deux types
de douleur est difficile à distinguer. En effet, le délai de consultation caractérisant l’anamnèse de
la douleur à l’aine est perturbé par la chronicisation de douleur. Souvent, un sportif va consulter
lorsqu’il ne peut plus effectuer son sport, c’est-à-dire après un certain laps de temps de douleur.
Dans ces conditions il est difficile pour le thérapeute de distinguer ces deux types de douleur.
Pour l’étude, le questionnaire étant essentiellement à questions fermées, cela peut altérer la qualité
de réponse sur la question s’intéressant au temps de rééducation moyen.
Ensuite, il est difficile de créer du lien entre la catégorisation de la douleur et les traitements
appliqués. En effet dans le questionnaire on ne distingue pas les quatre origines de douleur comme
expliqué dans le cadre théorique (BRUKNER et al., 2017). Il était difficile de l’inclure dans le
questionnaire car on aurait influencé la réponse portant sur le diagnostic de la pathologie (Q12).
Le lien a été établi grâce aux tests statistiques et à leurs interprétations.
Un biais de confusion est apparu à la question 12. La notion entre douleur intra articulaire et
douleur à l’aine n’est pas claire entre les thérapeutes et peut comporter plusieurs explications :
- Le terme « douleur à l’aine » a seulement été utilisé pour cette question. Cela peut
porter à confusion dans la compréhension de la question et de la cohérence des
réponses.
- Les kinésithérapeutes qui connaissent le consensus ne l’appliquent pas en clinique ou
incorporent la douleur à l’aine comme diagnostic à part entière dans la pubalgie.
- La douleur intra-articulaire n’est pas bien mise en évidence sur ce consensus et cette
notion reste floue même pour ceux connaissant le consensus.
- Optimal loading : on coche la réponse qui semble la bonne pour le questionnaire,
mais on ne l’applique pas en pratique clinique.
Au niveau des sports de l’étude, il s’avère que la différence entre les postes du rugby et du football
influent beaucoup la rééducation. Dans le football, tous les postes en dehors du gardien
contiennent à peu près les mêmes caractéristiques, au contraire du rugby. Un pilier, qui a besoin
principalement de force, ne va pas être rééduqué comme un ailier qui a principalement besoin de
vitesse. Or ces différences entre les postes n’ont pas été établies dans le questionnaire. Il est donc
très difficile d’effectuer une comparaison entre les footballeurs et les rugbymen. Une analyse des
coureurs à pied, sport asymétrique des membres inférieurs aurait pu être intéressante. Mais il
existe peu de littérature sur ce sujet.
Enfin, les questions concernant le risque de récidive et la prévention n’ont pas été explicitées dans
le questionnaire, bien que développées dans le cadre théorique. Avec le recul, ces questions
62
auraient pu faire part entière du questionnaire, complétant ainsi les informations manquantes de
la prise en soin.
Notre étude a pris conscience des différents biais la constituant. Certains biais sont
inévitables mais peuvent être contrôlés ou minimisés. En effet le schéma méthodologique adopté
a permis de conférer au questionnaire une qualité de données collectées.
De plus, la mise en place d’une pré-enquête a permis de confronter notre subjectivité sur le sujet
de la douleur à l’aine au terrain. Cela a permis de mieux cibler les données intéressantes qui
composent notre méthodologie d’enquête.
La passation du questionnaire a été identique pour tous les répondants conférant une égalité des
chances de répondre pour chaque thérapeute.
Les répondants n’ont pas été influés par un système géographique spécifique, internet
s’affranchissant des contraintes liées aux temps et à la distance. Cela permet d’interroger donc
des personnes difficilement disponibles ou peu motivées à l’idée de se déplacer par exemple.
Ainsi, l’influence d’un secteur géographique trop précis et d’un institut de formation en Masso-
kinésithérapie prépondérant dans ce secteur est écartée.
Bien que les questions fermées confèrent au questionnaire un biais de formulation, celles-ci
permettent la réduction du biais méthodologique. En effet, cela permet d’éviter au répondant la
lassitude et les comportements d’évitements (CEDIP, 2014).
La contribution et la participation de ces thérapeutes à l’étude est à mettre en avant. Les retours
de certains thérapeutes ont été très constructifs et positifs sur l’étude. Aucun retour négatif n’a été
mis en avant.
63
8.3. Extrapolation des résultats
Dans ce type d’étude, interpréter les résultats et les extrapoler à la pratique clinique est
essentiel. Il s’agit de regarder si les résultats de la population prise en soin par les
kinésithérapeutes ayant répondu au questionnaire peuvent être transposés à la population générale
étudiée.
La population générale est constituée des thérapeutes et des patients qu’ils prennent en charge.
D’après le rapport démographique entre 2018 et 2019, 7000 kinésithérapeutes exerçants en France
se sont inscrits à l’ordre. Cela correspond à 7,4% de la population des kinésithérapeutes français
qui ont connu la nouvelle réforme en quatre ans. Ils sont 12 % néo-diplômés à avoir répondu sur
le questionnaire.
On ne peut déterminer la population de kinésithérapeutes qui ont fait une formation spécifique en
kinésithérapie du sport. Au niveau des patients pris en charge, la douleur à l’aine à clairement été
identifiée comme une douleur plus présente chez les hommes au niveau du questionnaire (97%)
et au niveau de la littérature (KARLSSON et al., 2014). Le grand nombre de pratiquants en France
et les contraintes liées à ce sport, font que le sport le plus touché par ce type de pathologie est le
football (WALDÉN, HÄGGLUND et EKSTRAND, 2015). Ceci est en accord avec les résultats où
66% des thérapeutes rééduquent principalement des sportifs footballeurs atteints de douleurs à
l’aine.
Au vu de ces données, on peut s’apercevoir que les résultats sont statistiquement difficiles à
généraliser. Cependant ils peuvent être transposés à la population générale. Les pourcentages
s’appliquant aux échantillons, bien qu’ils ne soient pas représentatifs de la population, se
rapprochent de la population générale.
Ainsi l’extrapolation des résultats de l’étude est possible en prenant en compte les biais de
représentativité. Ils interviennent lorsque l’on considère un échantillon comme représentatif d’une
population très large. Ces biais peuvent être limités dans l’étude à partir d’une construction
méthodologique solide et grâce à la cohérence des données entre la population générale et
l’échantillon.
64
8.4. Implications cliniques et futures recherches
Être conscient de la difficulté d’un diagnostic ou de l’orientation d’une prise en soin, est
essentiel dans l’appréhension d’une pathologie aux multiples étiologies. La revue de littérature et
les résultats du questionnaire ont permis de mettre en avant des outils paraissant indispensables
dans la prise en soin de la douleur à l’aine. La simplification et l’amélioration des prises en soin
n’est pas évidente à mettre en place au vu de notre regard étudiant dans un contexte où la
rééducation est directement dépendante de l’expérience du thérapeute.
Premier outil : La mise en place d’un programme de prévention de blessure à l’aine au sein
des pratiques sportives à risques tels que le football ou le rugby.
Le football et le rugby sont des sports comportant un travail asymétrique des membres inférieurs,
des brusques changements de directions et des accélérations. Ils sont considérés comme les sports
les plus à risques. L’incidence de ces blessures peut être réduite grâce à des programmes de
prévention introduits par les intervenants du monde sportif dans tous ces clubs amateurs et
professionnels. Bien que cela semble difficile, tant au niveau des moyens que du fond, il est
important pour ces intervenants de prendre conscience des possibilités existantes pour réduire ce
risque de blessure. L’incorporation dans une préparation physique de ces programmes de
préventions type FIFA 11+ et avant un effort physique de haute intensité ont déjà montré leurs
résultats (Kristian THORBORG et al., 2017).
65
Deuxième outil : Améliorer la coopération médecin-kinésithérapeute afin d’accélérer
l’accès au soin.
La fluidité de communication entre eux peut être perturbée par l’imagerie médicale. En effet,
l’imagerie augmente le temps d’attente entre la consultation médicale et la prise en soin
kinésithérapique. En 2016, le temps d’attente pour un IRM est de 30,6 jours en moyenne (CEMKA
FRANCE, 2016). Une douleur à l’aine issue des quatre entités cliniques du consensus de Doha ne
nécessite pas systématiquement l’utilisation de l’imagerie médicale. Ainsi un langage commun
basé sur les dernières recommandations internationales pourrait réduire l’utilisation de l’imagerie
médicale pour le diagnostic de douleur à l’aine.
La douleur à l’aine est une douleur pouvant être compensée lors de l’activité physique. Le patient
consulte le médecin souvent lorsqu’il ne peut plus compenser, aggravant ainsi sa blessure. Le
temps d’attente est un facteur de chronicisation pour la douleur à l’aine. L’accès aux soins où l’on
pourrait intervenir est :
- Entre le patient et le médecin
- Entre le masseur-kinésithérapeute et le médecin
En accélérant l’accès aux soins entre ces personnes, la prise en charge thérapeutique serait plus
efficiente et le délai de reprise sportive pourrait être fortement diminué.
Troisième outil : Le bilan appliqué a pour nécessité de bien cibler l’origine de la douleur.
Bien que le médecin pose le premier diagnostic, le kinésithérapeute intervient à part entière dans
l’établissement de celui-ci. Au-delà de l’anamnèse de la blessure, bien comprendre l’origine de
la douleur semble primordial dans ce type de pathologie. Pour chaque origine de douleur, des
tests sensibles et spécifiques sont décrits.
Pour une douleur myo-tendineuse, soit liée à un ilio-psoas ou à un adducteur, les tests en
provocation de douleur contre résistance et des étirements des muscles mis en causes sont à
effectuer. L’examen palpatoire parait indispensable.
Pour une douleur d’origine inguinale, des tests de provocation de douleur à la manœuvre de
Vasalva et à la contraction résistée des abdominaux semblent nécessaires.
Enfin pour une douleur d’origine pubienne, la douleur peut être reproduite par les tests de
résistance adducteurs et abdominaux. Les tests de conflits peuvent mettre en évidence le
diagnostic différentiel de conflit fémoro-acétabulaire, une douleur intra-articulaire de hanche.
66
Quatrième outil : Le questionnaire HAGOS, un outil pour évaluer les répercussions de cette
douleur sur la quotidien et la pratique sportive.
Le questionnaire HAGOS (copenhagen hip and groin outcome score, annexe 7) permet de mieux
comprendre la douleur chez le sportif en évaluant notamment ses limitations et difficultés dans la
pratique sportive et dans la vie quotidienne (THORBORG et al., 2014).
L’évolution clinique de la douleur est un indicateur de suivi essentiel afin de pouvoir optimiser le
programme de rééducation. La compréhension et l’adaptation des processus de réadaptation sont
directement dépendantes de celle-ci et donc du questionnaire HAGOS.
Pour améliorer la prise en soin, le choix de traitement est primordial. Bien qu’une association de
traitement soit nécessaire, le renforcement musculaire semble indispensable à la rééducation de
la douleur à l’aine. Dans la première partie de rééducation, un renforcement isométrique des
muscles adducteurs, abdominaux et fessiers est préconisé dans un objectif antalgique.
En phase de retour au sport, la vitesse et la puissance sont développées par les modes de
contractions excentriques, concentriques et pliométriques (BRUKNER et al., 2017). Les
programmes de renforcement sont associés avec le rétablissement du contrôle moteur en
respectant la quantification du stress mécanique.
La persistance de modifications neuromusculaires après une lésion peut avoir des conséquences
néfastes à long terme. Cela peut contribuer à une nouvelle lésion par augmentation de la charge
articulaire et diminution des mouvements (WHITTAKER et al., 2015).
Ainsi, bien évaluer les critères de retour au sport parait essentiel. Ce temps de retour au sport
dépend de nombreux facteurs. Il est influencé par le calendrier de la saison, par des décisions
jonglant entre tolérance et risque, et les enjeux sociaux-économiques engendrés par la blessure.
Le retour au sport est un continuum comportant trois niveaux (SERNER et al., 2020) :
- Retour à la participation du sport à un niveau inférieur
- Retour au niveau de sport précédent
- Retour à la performance
67
Le critère pour le retour à la compétition serait de participer à des entrainements complets pendant
une à trois semaines avant la compétition (BRUKNER et al., 2017).De plus, se baser sur le ressenti
de la douleur pendant les tests, sur la capacité à effectuer les exercices demandés, et sur les
performances motrices, parait être indispensable quant au retour à la compétition (SERNER et al.,
2020).
Le risque de récidive après une douleur à l’aine est le principal facteur de risque (RYAN,
DEBURCA et MC CREESH, 2014). La mise en place d’un programme de renforcement spécifique
au sportif et de mobilité spécialisé parait être essentiel quant à la continuité du soin.
Le patient est acteur de sa rééducation. Ainsi, le respect du programme personnalisé créé par le
thérapeute, notamment pendant la phase de préparation physique, permettrait d’éviter ce risque
de récidive.
Le rôle important des abdominaux dans l’implication clinique de la douleur n’est pas
clairement mis en évidence dans les dernières recommandations. Pourtant, son rôle dans la
cinématique de mouvement de la ceinture pelvienne est clairement mis en évidence par les
anciennes études. En effet, avant 2015, la classification de l’étiologie de la douleur était
dépendante de sa topographie. Ainsi trois groupes étaient impliqués (ZILTENER et LEAL, 2007) :
pubalgie pariéto abdominale, pubienne et sous-pubienne. Des futures études s’intéressant au rôle
des abdominaux dans l’implication clinique de la douleur chez des patients pubalgiques seraient
intéressantes, en corrélation avec le consensus de Doha.
La douleur à l’aine est un sujet qui nécessite une adaptation entre l’expérience clinique du
thérapeute et les dernières actualisations de la littérature scientifique. Dans ce processus
d’adaptation, l’implication des professionnels de santé est totale. Dans la prise-en charge de cette
pathologie, intervient généralement le kinésithérapeute, professionnel de la rééducation et le
médecin prescripteur. Le diagnostic médical résulte directement de cette coopération
interprofessionnelle.
68
Des futures recherches s’intéressant aux rôles des professionnels de santé dans l’établissement du
diagnostic, et plus particulièrement aux critères influençant le médecin à prescrire de la
kinésithérapie pour une douleur à l’aine seraient pertinentes. Cela permettrait de mieux
comprendre ces disparités de prise-en charge, s’il elles existent, et de diagnostiquer plus tôt ces
pathologies. Ainsi, l’imagerie médicale pourrait être moins utilisée et le patient serait orienté plus
facilement et plus rapidement vers la kinésithérapie.
Dans le monde professionnel de football, l’incidence des blessures musculaires à la hanche est de
0,7 sur 1000 heures de pratique, contre 0,5 pour l’entorse de cheville par exemple (BAHR,
CLARSEN et EKSTRAND, 2018). Ainsi, des futures études s’intéressant à la place de la
rééducation de la douleur à l’aine parmi les pathologies musculo-squelettique liées au sport
seraient pertinentes. Existe-t-il des différences dans l’incidence de ces blessures entre le monde
professionnel et le monde amateur ? Comment expliquer la faible fréquence de prise en soin de
patient avec une blessure de douleur à l’aine chez les kinésithérapeutes français ? Comment
améliorer le processus d’accès au soin ?
69
9. Conclusion
Pour tenter d’y répondre, une double approche a été employée afin de prendre en compte les
données de la littérature, et les données du terrain, via un questionnaire destiné aux masseurs-
kinésithérapeutes. Par cette double approche, essence même de la démarche EBP, notre étude a
permis de mieux comprendre le rôle central du kinésithérapeute dans la pathologie de la douleur
à l’aine.
L’étude s’est intéressée aux modalités de la rééducation et a révélé des différences entre les
recommandations et la pratique clinique. Ces différences peuvent s’expliquer par la complexité
de la pathologie. L’analyse de ces différences ont permis de mieux appréhender une pathologie
dans lequel de nombreux facteurs de risques peuvent être mis en cause.
Les résultats de l’étude ont montré que l’incorporation des recommandations internationales n’est
pas totale entre les professionnels de santé. Les thérapeutes connaissant ces recommandations
arrivent mieux à catégoriser la douleur et utilisent plus de tests lors du bilan initial. Cependant le
lien entre catégorisation de la douleur et le traitement associé montre que les modalités du
renforcement souffrent d’un manque d’adaptation et d’efficacité entre les thérapeutes. La durée
de prise en soin est sous la dépendance directe du traitement appliqué.
En accord avec notre référentiel de compétence, notre recherche a débouché sur des implications
cliniques basées à la fois sur les données de la littérature et également de la pratique de terrain.
L’incorporation du consensus dans le cursus scolaire des étudiants et l’amélioration de la
coopération médecin-kinésithérapeute sur les blessures à l’aine permettrait de recentrer la
problématique de prise en soin.
70
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79
Table des annexes
-Nerf musculo-
-Adduction de hanche
-Branche supérieure du pubis -Crête du pectiné face cutané médial
Pectiné -Participe à la flexion de
sur la crête pectinéale postérieure du fémur -Nerf obturateur L2,
hanche
L3, L4)
-1/3 proximal de la ligne
Court -Face externe : Corps et branche âpre. -Nerf obturateur
-Adduction de hanche
adducteur inférieure du pubis -En dehors du pectiné (L2, L3, L4)
-En dedans du long Add
-Nerf musculo-
-Coaptation de la
Long -1/3 moyen entre les 2 cutané médial
-Face externe du corps du pubis symphyse pubienne
adducteur lèvres de la ligne âpre. -Nerf obturateur
-Adduction de hanche
(L2, L3, L4)
1) Faisceau supérieur : Face
externe branche ischio-
1) Extrémité supérieure
pubienne
du fémur branche latérale
2) Faisceau moyen : -Nerf obturateur
Grand 2) Lèvre latérale du corps -Adduction de hanche
Face externe branche ischio- (1 et 2)
adducteur de ligne âpre -Légère extension
pubienne -Nerf sciatique (3)
3) Tubercule de
3) Faisceau inférieur :
l’adducteur
Face postérieure tubérosité́
ischiatique
I
Annexe 2: Les quatre entités cliniques définies, issues du consensus de Doha
II
Annexe 3: Squeeze test et Bent knee fallout test
Illustration
Illustration
III
Annexe 4: Tests de performance
Illustration
Illustration
Remarques Existe une variante nommée « Y balance test » qui ne contient que 3 branches.
IV
Annexe 5: Photos des exercices adductions SENER et al.
V
Annexe 6: Protocole d’Hölmich
VI
Annexe 7: Questionnaire HAGOS
VII
VIII
IX
Annexe 8: Texte introductif du questionnaire d’étude
X
Annexe 9: Indicateurs et réponses du questionnaire d’étude
Moins d’1 an 12
Entre 1 et 5 ans 34
Q1 : Depuis combien de temps
Entre 6 et 10 ans 28
exercez-vous ?
Entre 10 et 15 ans 9
15 ans ou plus 17
Q2 : Avez-vous suivi votre Oui 74
cursus de formation en France ? Non 26
Cabinet libéral 94
Q3 : Dans quel type de structure
Centre de rééducation 7
avez-vous exercez ?
Établissement médical 8
Clubs sportifs professionnels 17
Q7 : Connaissez-vous le Oui 48
consensus de Doha ? Non 52
Q8 : Connaissez-vous le Oui 47
questionnaire HAGOS ? Non 53
Q9 : Si oui l’utilisez-vous Oui 12
systématiquement ? Non 86
XI
1ère partie des déterminants de la sous population Répondants : N=100
XII
Déterminant de l’imagerie médicale Répondants : N=100
Q16 : Le renforcement
musculaire fait-il partie Oui 92
intégrante de votre plan de Non 8
traitement ?
Semaines 1 2 3 4 6 8 10 12 14
Q17 : Quelle est la durée
Réponses 1 1 5 4 19 26 13 17 3
moyenne de prise en charge du
patient pubalgique (nombre de
Semaines 16 20 25 30 35 40
semaine) ?
Réponses 4 5 1 1 / /
1 13
2 58
3 23
Q18 : Combien de séances par
4 /
semaine préconisez-vous ?
5 5
6 /
7 1
Début de En cours de En fin de
rééducation rééducation rééducation
Pas de renforcement
37 4 3
musculaire
Q19 : Que préconisez-vous par
Renforcement
rapport au repos et à la pratique 62 83 59
musculaire en séance
sportive ?
Renforcement
musculaire en dehors 28 76 78
des séances
Pratique sportive
16 64 81
autorisée
XIII
Échelle avec 1 inutile et 5 très utile
Q20 : Que pensez-vous de 1 17
l’utilisation des shorts de 2 21
compressions lors de la pratique 3 38
sportive ? 4 19
5 5
Football 66
Q21 : Quels sportifs avez-vous
Rugby 12
principalement en rééducation ?
Autres sports 22
Abdominaux 70
Abducteurs de hanche 55
Adducteur de hanche 73
Érecteurs du rachis 28
Ischios-Jambiers 40
Q22 : Quels groupes musculaires
Psoas 40
rééduquez-vous principalement
Autres réponses :
pour la population choisie ?
Extenseur de hanche 4
Rotateurs latéraux de hanche 2
Stabilisateurs du bassin 1
Masséters / Sous occipitaux 1
Périnéaux 1
Rien 1
préconisez-vous ? Concentrique 15 57 53
Excentrique 30 68 61
Pliométrique / 9 55
XIV
Q25 :Nombre total de séries dans Répétitions 1 3 5 7 9 11 13 15
une séance : Réponses 4 36 31 2 2 1 1 1
Protocole Hölmich 10
Protocole Pau-Toronto 33
Protocole Aspetar 8
Protocole Stanish 3
Q28 : Si oui, lesquels ? Protocole Coppenhague 3
Protocole Serpillère 2
Busquet 1
Protocole Mc-Kenzie 1
Global mobility condition 1
XV
Annexe 10 : Sous hypothèses et questionnements d’études
XVI
Test 7 : Objectifs thérapeutiques et modes de contractions
H0 : Il n’existe pas de corrélation entre les objectifs thérapeutiques visés et les modes de contractions
musculaire employés
H7 : Il existe une corrélation entre les objectifs thérapeutiques visés et les modes de contractions
musculaire employés
XVII
Annexe 11: Plan statistique
XVIII
Annexe 12: Choix d’un test statistique
XIX
Annexe 13: Conditions initiales, calcul de l’effectif théorique (condition de Borel)
12×48 12×52
Kinésithérapeutes de moins d’un an = 5,76 = 6,24 12
100 100
88×48 88×52
Kinésithérapeutes de plus d’un an = 42,24 = 45,76 88
100 100
Total 48 52 100
65×48 65×52
Formations en kinésithérapie du sport = 31,2 = 33,8 65
100 100
35×48 35×52
Pas de formations en kinésithérapie du sport = 16,8 = 18,2 35
100 100
Total 48 52 100
78×92 78×8
Football + Rugby = 71,76 = 6,24 78
100 100
22×92 22×8
Autres sports = 20,24 = 1,76 22
100 100
Total 92 8 100
XX
Annexe 14 : Poster de l’étude
XXI
Annexe 15: Entretiens exploratoires
Entretien exploratoire A
Bonjour, pour commencer je tiens à vous remercier pour votre participation à cet
entretien. Je précise que toutes les informations recueillies lors de cet entretien ne seront pas
partagées et resteront anonymes. Cet entretien exploratoire a pour but de délimiter, approfondir
et aider à la construction méthodologique de mon mémoire. Mon mémoire s’intéresse à la
pubalgie.
Je vous sollicite donc pour répondre à mes questions afin de m’aider à m’orienter sur les points
clés à cibler. Face à mes questions, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses puisque mes
interrogations sont ouvertes. Si je vous réinterroge, c’est simplement pour approfondir certains
points que vous évoquerez.
Hormis la population de footballeur, quel autre type de population atteinte de pubalgie avez-
vous ?
« Les sports pivots tel que basket et le handball. Dans de rare cas, la course à pied. J’en ai vu une
fois mais ce n’était pas une vraie pubalgie. C’était plus un syndrome de Maigne déguisé en
pubalgie ».
Par rapport à la pubalgie, avez-vous connaissances des recommandations internationales ?
Exercez-vous en fonction de celles-ci ou d’auteurs princeps de la pathologie ?
« Euh non. Je ne les connais pas personnellement. Je n’ai pas fait de formation spécifique dessus.
On en a parlé un peu en kiné sport mais je n’ai pas eu ces recommandations-là. Après au cabinet
on échange beaucoup sur nos pratiques et nos protocoles. Donc peut-être qu’avec les gars, avec
le protocole qu’on a mis en place ici, je les utilise mais personnellement je ne les connais pas. Sur
le protocole, c’est plus un traitement isométrique et un renforcement des groupes musculaires ».
Quels sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans la prise en charge de cette pathologie ?
« Dans la prise en charge c’est une pathologie qui va apparaitre sur des changements de directions
ou sur une répétition d’efforts avec de forts appuis notamment dans le foot / basket avec des
appuis très forts, très brefs. On se rend compte que c’est soit un manque de gainage, soit un
manque de synergie entre les muscles du membre inférieur, du bassin et des abdominaux. Donc
déjà quand tu as ciblé où est l’atteinte, il faut aussi penser à l’ensemble de la chaine. C’est réussir
à faire comprendre à ton patient et au sportif en question qu’on va soigner la zone douloureuse,
mais que le plus important c’est que lui comprenne l’importance du gainage et de la rééducation.
La rééducation est là pour le soigner, mais la douleur peut réapparaitre à n’importe quel moment.
Le problème qu’on a aussi aujourd’hui, c’est l’utilisation des shortystraps qui est de plus en plus
répandu. Avec ses bandes il maintient la position du bassin et va t’aider à contrôler les écarts sur
les changements de directions. Mais finalement il agit un peu comme une attelle : Si la personne
oublie son shortystrap, la douleur va être beaucoup plus présente et il ne va plus pouvoir jouer.
Le but c’est de faire comprendre que le shortystrap c’est bien un petit temps mais que derrière il
y a un gros travail à faire en terme de renforcement. L’éducation du patient et lui faire comprendre
l’importance du pourquoi c’est apparu et derrière ce qui doit mettre en place pour y arriver est
nécessaire. La prise en charge pour faire disparaitre les douleurs est assez simple, mais derrière il
y a l’éducation de ton patient et lui faire comprendre qu’il faut qu’il bosse ».
Pouvez-vous me décrire la manière dont vous menez une thérapie par l’exercice ? Quels
groupes musculaires ciblez-vous et quelles sont les modalités du traitement appliqué ? Sur
typiquement un sport nécessitant des changements de directions et des appuis monopodaux
répétés ?
« On commence d’abord par de l’isométrie en essayant de venir co-contracté adducteurs et
abdominaux (avec le transverse). Phases d’isométrie de 30 secondes, 45 secondes, 1 minute
progressivement et déjà on arrivera à faire diminuer la douleur. Par l’isométrie, on a une phase
un peu antalgique et derrière c’est de faire évoluer la prise en charge de manière fonctionnelle en
intégrant du concentrique, de l’excentrique évidemment pour la prise de force tout en se
rapprochant du sport concerné. Par exemple les appuis et les changements de directions vont
intervenir vraiment à la fin, une fois que la prise de force est là et que sur des appuis lents avec
des phases de contraction de plus en plus rapide, on arrive à atteindre justement cette vitesse qu’il
y a besoin pour la fonction et le sport. Mais tant qu’on n’a pas atteint les phases de contraction où
il y a encore un peu de douleur, avec des glissements latéraux en excentrique ou avec élastique
(résistance), c’est un peu compliqué de passer à la phase au-dessus avec les changements de
directions. Le dernier stade c’est de remettre en pliométrie, pas mal de sauts, de changements de
directions, et en parallèle tu lui demandes d’aller à l’entrainement pour voir ce que ça donne sur
le terrain ».
Je vous sollicite donc pour répondre à mes questions afin de m’aider à m’orienter sur les points
clés à cibler. Face à mes questions, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses puisque mes
interrogations sont ouvertes. Si je vous réinterroge, c’est simplement pour approfondir certains
points que vous évoquerez.
Quels sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans la prise en charge de cette pathologie ?
« L’étiologie multiple qui va toucher les pubalgies avec aussi des douleurs qui vont se déplacer
avec des fois des incidences à droite, à gauche des fois plutôt abdos, des fois plutôt adducteurs.
Ces douleurs vont évoluées tout au long de la prise en charge ».
Quels sont les différents traitements conservateurs que vous pouvez utiliser et qui semblent
pour vous plus efficaces ?
« Tout ce qui va être renforcement musculaire, mobilisations, manipulations. Je peux conseiller
aussi l’utilisation du shortystrap ou d’orthèses souples. Dry neeling et points triggers pour tout
ce qui va être détente musculaire à travailler ».
Pouvez-vous me décrire la manière dont vous menez une thérapie par l’exercice ? Quels
groupes musculaires ciblez-vous et quelles sont les modalités du traitement appliqué ?
« Ça va être d’abord un traitement de relâchement musculaire des points triggers des différents
muscles qui vont être incriminés dans la pathologie. Et derrière un travail de renforcement et de
stabilisation du bassin pour éviter les mouvements compensatoires au niveau du bassin, lombaire,
genoux, pied, cheville. Moi j’attaque plus sur de l’excentrique tout ce qui va être tendinopathie
adducteur, psoas et abdos et derrière de l’isométrie pour travailler tout ce qui va être gainage et
renforcement du bassin ».
Je vous sollicite donc pour répondre à mes questions afin de m’aider à m’orienter sur les points
clés à cibler. Face à mes questions, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses puisque mes
interrogations sont ouvertes. Si je vous réinterroge, c’est simplement pour approfondir certains
points que vous évoquerez.
Je suppose que vous avez déjà été confronté à des patients atteints de pubalgie ?
« Oui, bien sûr ».
Quels sont les difficultés que l’on peut rencontrer dans la prise en charge de cette pathologie ?
« Si on devait rencontrer des difficultés, déjà cibler bien la douleur pour pouvoir catégoriser. Ça
m’est arrivé avec 2 patients coureurs à pied de longue distance qui venaient avec des ordonnances
de pubalgie. Mais c’était pas du tout ça, c’était un problème de conflit de hanche. La première
difficulté c’est de pouvoir bien cibler la douleur chez ces patients-là. Si on arrive à bien cibler et
que la rééducation se passe bien tant mieux. Si on arrive à bien cibler et qu’on a du mal à voir les
progrès dans la rééducation, le mieux c’est de se faire entourer par d’autres professionnels et qui
pourraient améliorer le parcours de soins du patient. Des fois le médecin comme le kiné, on n’a
pas connaissance des dernières recommandations et des dernières classifications. Donc des fois
on peut avancer seul même si on a des difficultés à faire progresser la rééducation. Et la troisième
difficulté est inhérente à chaque patient sportif, c’est de bien cadrer la rééducation parce que si
on parle de la pubalgie de type « tendinopathie », il faut vraiment faire une remise en charge
progressive qui des fois chez un sportif peut être compliqué, pressé par ses objectifs et sa saison ».
Pouvez-vous me décrire la manière dont vous menez une thérapie par l’exercice ? Quels
groupes musculaires ciblez-vous et quelles sont les modalités du traitement appliqué ?
« En un on cible la douleur. Par exemple si c’est une problématique ciblée au niveau de la loge
des adducteurs, on va toujours bien expliquer au patient dans un premier pour qu’il comprennent
les enjeux et qu’ils comprennent pourquoi il a eu cette douleur dans une démarche de prévention.
La rééducation première sera sur cette chose-là. Après il y a toute la rééducation annexe qui doit
venir avec par exemple un travail de renforcement musculaire à la fois des membres inférieurs
mais aussi du tronc. Donc ça, ça dépend de la phase de douleur du patient qui peut osciller de 3 à
6 semaines si on est sur des lésions sévères. Puis dans une seconde phase on remet le patient dans
sa fonction en travaillant spécifiquement selon son sport. Par exemple au lancer de javelot, on a
des forces de cisaillement abdominale et au niveau des hanches importantes. On commence par
une reprise de course dans l’axe, puis les sauts, sauts déviés, sauts avec plus d’amplitudes, puis
gammes d’athlé. Là je viens de développer plus la phase de réathlétisation. Si je devais développer
pour la phase de cicatrisation et de consolidation, c’est un peu dépendant de chaque professionnel
et de chaque pathologie, c’est à dire que des protocoles de remise en charge de tendons il en existe
10000 mais c’est à adapté à chaque personne. Si c’est l’excentrique qui est le mieux toléré, alors
on commencera par l’excentrique. Si on est dans un phase très algique, très douloureuse alors
l’isométrique sera plutôt conseillé sur 1, 2 ou 3 semaines. Dans tous les cas on maitrise les
éléments, on les quantifie et on les explique au patient ».
« Ça peut arriver. Moi dans ma jeune expérience ça ne m’est jamais arrivé de voir un patient
revenir à ce niveau-là car justement dans la dernière phase de rééducation le patient sait faire des
choses très actives et normalement doit gérer son programme de renforcement et doit savoir
reconnaitre ses douleurs. Donc normalement il doit savoir faire et il revient quand il arrive plus à
gérer tout seul ces choses-là ».