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Rapport de mission

Renforcement du développement local par l'étude


de la faisabilité de la mise en place d'un système
de microcrédit Site de Djoum de la SFID
(Groupe Rougier)

Coopération financière COMIFAC - Allemagne


Programme de «Promotion de l’exploitation certifiée des forêts »
COMIFAC/KFW
Projet No BMZ: 2008 66 707
en coopération avec

Votre interlocateur
à GFA Consultant Group GmbH est

Romain LORENT

Coopération financière COMIFAC - Allemagne


Programme de «Promotion de l’exploitation certifiée des forêts »
COMIFAC/KFW
Projet No BMZ: 2008 66 707
PPECF

Renforcement du développement local par l'étude de la faisabilité


de la mise en place d'un système de microcrédit Site de Djoum de
la SFID (Groupe Rougier)

RAPPORT Final
Auteur:
NATURE +

Address
GFA Consulting Group GmbH
Eulenkrugstraße 82
D-22359 Hamburg
Germany
Phone +49 (40) 6 03 06 – 211
Fax +49 (40) 6 03 06 - 119
Email: afrika@[Link]
Renforcement du développement local par l'étude de la faisabilité
de la mise en place d'un système de microcrédit
Site de Djoum de la SFID (Groupe Rougier)

Rapport de mission – Version Juin 2015

Gauthier Malnoury1
Nicolas Dubart1
Charles Bracke1

1
Nature Plus ASBL. Rue Provinciale, 62 B-1301 Wavre (Belgique)
Liste des acronymes

ACDI = Agence canadienne de développement international


AFMIN = African Microfinance Network
AGR = Activités Génératrices de Revenus
ANEMCAM = Association Nationale des Etablissements de Microfinance
ASBL = Association Sans But Lucratif
BEAC = Banques des Etats de l’Afrique Centrale
BEI = Banque Européenne d’Investissement
CAMCCUL = Cameroon Cooperative Credit Union League
COBAC = Commission Bancaire de l’Afrique Centrale
DID = Développement International Desjardins
EMF = Etablissements de Micro Finance
FIDA= Fonds International de Développement Agricole
FSC = Forest Stewardship Council
GIC = Groupement d’Initiatives Communes
GxABT = Gembloux Agro-Bio Tech (Belgique)
MINADER : Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
PADMIR = Projet d’Appui au Développement de la Micro-finance Rurale
PFNL = Produit Forestier Non Ligneux
SFID = Société Forestière et Industrielle de la Doumé
SPTF = Social Performance Task Force
SNV = Coopération Néerlandaise
SODECAO = Société de Développement du Cacao
UFA = Unité Forestière d'Aménagement
ULg = Université de Liège (Belgique)
UNCDF = United Nations Capital Development Fund

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 2


Table des matières

1 REMERCIEMENTS 6
2 RESUME EXECUTIF 6
3 CONTEXTE 7
4 OBJECTIFS DE L’ETUDE ET RESULTATS ATTENDUS 8
5 ZONE D’ETUDE 8
6 METHODOLOGIE 9
6.1 Revue bibliographique 9
6.2 Rencontres personnes ressources et focus group 9
6.3 Limites de la représentativité des informations 10
7 L’INCLUSION FINANCIERE EN MILIEU RURAL 11
7.1 Définition du concept 11
7.2 La caution solidaire : une alternative à l’insuffisance de garanties matérielles 11
7.3 Un portefeuille de crédits diversifié 11
7.4 L’offre des EMF en crédit moyen terme est insuffisante 12
7.5 Rôle de l’épargne dans le financement rural 12
8 CARACTERISTIQUES SOCIO-ECONOMIQUES DES AGR IDENTIFIEES 13
8.1 Calendrier des activités génératrices de revenus 13
8.2 Les cultures vivrières trimestrielles 13
8.3 Les cultures vivrières annuelles 14
8.4 La culture du cacao associée au bananier plantain 15
8.5 La production d’huile de palme 17
8.6 Le financement de l’élevage 18
8.7 La pisciculture 20
8.8 La vannerie 21
8.9 Les produits forestiers non ligneux 21
8.10 Gestion de la trésorerie et des productions agricoles des populations 23
9 PRODUITS ET SERVICES FINANCIERS ADAPTES AU MILIEU RURAL 24
9.1 Le warrantage : un crédit dont la garantie est un stock de produits récoltés 24
9.2 L’offre en mobile banking au Cameroun 26
10 PRESENTATION DES EMF ET STRUCTURE D’APPUI IDENTIFIEES 27
10.1 Agences de transfert d’argent installées à Djoum 27
10.2 Le Projet d’Appui au Développement de la Microfinance Rurale 28
10.3 La régionale d’épargne et de crédit du Cameroun 28
10.4 Le réseau CAMCCUL 29
10.5 La Caisse Populaire Coopérative « la fourmilière » de Sangmélima 29

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 3


10.6 Crédit Communautaire d’Afrique 30
11 RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES 31
11.1 Sélection de l’EMF partenaire en fonction de ses performances financières et sociales 31
11.2 Appui/conseil aux EMF dans l’identification de la clientèle et des activités à financer 32
11.3 Renforcer les capacités en éducation financière et en suivi technico-économique des AGR 32
11.4 Subventionner le processus 32
11.5 Mesure de l’impact des actions SFID et visibilité FSC 33
12 BIBLIOGRAPHIE 34
13 ANNEXES 35
13.1 Annexe 1 : Liste des projets financés par SFID-Djoum (2011 à 2015) (source : cellule sociale SFID Djoum)
35
13.2 Annexe 2 : Liste de contact des personnes ressources rencontrées lors de la mission 37
13.3 Annexe 3: Calendrier des AGR pratiquées dans la zone d’étude 39
13.4 Annexe 4: Liste de 75 PFNL collectés dans la zone d’étude 41
13.5 Annexe 5 : Liste des contacts des organisations paysannes actives dans la zone d’étude 45
13.6 Annexe 6 : Termes de références de la mission 49
CONTEXTE ET OBJECTIFS 49
Contexte, bénéficiaire et zone de l’étude 49
Objectif principal et objectifs spécifiques 50
METHODOLOGIE ET RESULTATS 50
Définition de la prestation 50
Personnes ressources pour la mise en œuvre de l’intervention 51
Activités et résultats attendus 51
Résultats et recommandations 51
ENCADREMENT DE LA PRESTATION 52
Expertises et personnels exécutant 52
13.7 Annexe 7 : Fiches de présence 53

Liste des tableaux

Tableau 1. Calendrier des descentes de terrain 10


Tableau 2. Prix du maïs sur le marché de Djoum 14
Tableau 3. Compte d'exploitation culture associée cacao/ banane plantain 15
Tableau 4. Coûts des traitements phytosanitaires d'un ha de cacao par an 16
Tableau 5. Compte d'exploitation de la production d'huile de palme 17
Tableau 6. Compte d'exploitation élevage poulets de chair 19
Tableau 7. Compte d'exploitation élevage de porcs 20
Tableau 8. Compte d'exploitation pisciculture 21

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 4


Tableau 9. Rentabilité PFNL 22

Liste des figures

Figure 1. Carte de la zone d'étude 8

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 5


1 Remerciements
Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont permis de mener à bien cette étude. Nous
remercions plus particulièrement les responsables de la société SFID-Djoum, Monsieur
Valentin et Monsieur Benet pour avoir mis à disposition la logistique nécessaire à la mission.
Nous remercions aussi Monsieur Djamen, le responsable de la cellule aménagement, ainsi que
Monsieur Sike, le sociologue, pour leur implication dans la mise en œuvre de l’étude. Nous
remercions aussi le professeur Cédric Vermeulen (GxABT) pour les corrections et
commentaires qu’il a apporté à ce présent rapport.

2 Résumé exécutif
Dans le contexte de la certification FSC, la société d’exploitation forestière SFID-Djoum
(Cameroun) s’engage à appuyer le développement local des populations riveraines des UFA
qu’elle exploite. Avec le temps, les fonds d’appui au développement local ont montré leur
faiblesse en termes de réalisations et donc d’impact réel sur le développement local.
D’autre part, il est très difficile pour ces populations rurales d’avoir accès aux produits et
services financiers classiques (bancaires ou micro finance). Actuellement, il n’y a pas encore
d’agence de micro finance installée à Djoum, les populations doivent se déplacer à
Sangmélima (100 km par une voie difficile) pour accéder à un compte bancaire. Pourtant cette
inclusion financière permettrait aux populations de mieux gérer leur trésorerie en épargnant
plus facilement et en investissant dans leurs activités génératrices de revenus.
Ce processus nécessite d’une part de bien identifier les populations cibles et leurs activités
génératrices de revenus, de les former en éducation financière et au suivi technico
économique de leurs activités pour en assurer la rentabilité. Cela demande aussi aux
Etablissements de Micro Finance qui souhaiteraient s’installer dans cette zone, d’adapter leurs
offres de produits et services en fonction des réalités socio économiques de la clientèle cible.
C’est pourquoi cette étude mise en œuvre par Nature + et financée dans le cadre du PPECF
vise à mieux comprendre comment améliorer l’adéquation entre les besoins en financement
des activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées dans la zone d’étude et l’offre de
produits financiers proposée par des établissements de micro finance ; posant ainsi les bases
d’un processus d’inclusion financière des populations riveraines.
Il ressort de cette étude une série de recommandations et de propositions quant aux rôles
éventuels que SFID-Djoum pourrait jouer dans la facilitation de ce processus d’inclusion
financière des populations dans une optique de développement local.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 6


3 Contexte
Cette intervention vise à répondre d'une manière réaliste et adaptée au Principe 4.4 du
référentiel FSC, préconisant une contribution des concessionnaires forestiers au
développement économique et social des populations locales dimensionnée à l’échelle de
leurs activités et à l’étendue des impacts sur les dites populations.
D’année en année, le Groupe Rougier multiplie les actions concrètes permettant d’assurer la
durabilité de ses activités en Afrique. Le groupe s’engage à prendre en considération de
manière équilibrée les rôles économiques, sociétaux et environnementaux de la forêt. Ainsi il
se dirige vers la certification FSC® de l’ensemble de ses concessions forestières. De
nouvelles étapes ont été franchies depuis 2012, d’autant qu’un nouveau standard sous régional
FSC® s’applique dorénavant aux concessionnaires forestiers dans le Bassin du Congo.
Des fonds importants sont alloués par la SFID-Djoum à des projets de développement socio-
économique des populations riveraines. La liste des réalisations et des budgets se trouve en
annexe 1. Ces données ont été fournies par la cellule sociale de la SFID-Djoum.
Cependant, l'aboutissement de ces projets est loin d'être satisfaisant, pour diverses raisons :
- Les fonds passent toujours par le percepteur municipal, amenant de la lourdeur
administrative pour le comité de sélection des projets.
- Les critères d’éligibilité ne permettent pas l’émergence et la réalisation d’initiatives
individuelles. Seuls les projets communautaires sont appuyés, alors que l’esprit
communautaire est faible dans la zone.
- Les populations considèrent trop ces fonds de développement comme des « fonds
cadeau » n’induisant pas d’obligation de résultat.
- Les projets sont mal conçus voire sur-budgétisés pour capter un maximum de
financement.
En effet, il est possible de distinguer deux moyens de financer une activité économique.
L’argent « chaud » provient soit de l’épargne de l’individu soit d’un crédit qu’il aurait
contracté, soumis à des conditions à respecter (échéances des remboursements, intérêts à
payer, garantie, etc.). A contrario, on appelle argent « froid », les fonds provenant de bailleurs
extérieurs à la communauté sans réelles obligations de résultats et de rentabilité (certains
financements de l’aide internationale au développement par exemple).
Nous partons du principe que les individus qui financent leurs activités par de l’argent
« chaud » se responsabilisent et s’impliquent davantage dans la mise en œuvre de l’activité
pour en assurer la rentabilité. L’individu qui emprunte de l’argent pour financer une activité
va avoir tendance à dimensionner et estimer ses besoins en financement au plus juste, ce qui
n’est pas forcement le cas lorsque que le financement est extérieur à la collectivité.
En facilitant l’accès aux produits et services financiers des EMF adaptés au financement des
Activités Génératrices de Revenus (AGR) de la zone, SFID participe au développement des
populations riveraines.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 7


4 Objectifs de l’étude et résultats attendus
L'objectif principal de l’étude est de mieux comprendre comment améliorer l’adéquation entre
les besoins en financement des activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées dans la
zone d’étude et l’offre de produits financiers proposée par des établissements de micro
finance. Les résultats attendus de cette étude peuvent être formulés ainsi :
- Déterminer les besoins et les contraintes spécifiques de financement des principales
activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées dans la zone d’étude et d’en évaluer la
rentabilité économique et l’impact social ;
- Rencontrer les établissements de microfinance susceptibles de s’installer à Djoum,
recenser leur offre en financement rural et les mettre en contact avec la SFID ;
- Identifier le rôle que SFID pourrait jouer pour que l’offre en produits financiers proposée
par les EMF soit adaptée aux besoins de financement des AGR des populations riveraines.

5 Zone d’étude
La zone d’étude couvre les villages riverains des UFA de SFID-Djoum (massifs forestiers de
Djoum-Mintom et Mpacko). Ces massifs forestiers représentent environ 265 000 ha et
comptent 41 villages Bantous ainsi qu’une vingtaine de campements Bakas (NGASSA
YOZUIN, 2014)

Figure 1. Carte de la zone d'étude

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 8


Remarque :
La population de l’arrondissement de Djoum est passée de 22 335 habitants en 2013 à 25 000
habitants en 2015 (selon les sources de la sous préfecture de Djoum) grâce notamment à la
présence de nouvelles sociétés minières (minerai de fer exploité par la société CAMINEX) et
forestières, et le chantier de la route Sangmélima-Djoum-Frontière du Congo (société MNO
Vervat). La société forestière SFID est un opérateur économique majeur de l’arrondissement
de Djoum et compte jusqu’à 325 employés.

6 Méthodologie
6.1 Revue bibliographique
L’étude a débuté dans un premier temps par la revue bibliographique des principaux rapports,
études et notes techniques concernant :
- Le mode de gestion des projets de développement communautaires de la SFID-Djoum
pour mieux comprendre le contexte et les difficultés rencontrées ;
- La pratique des activités génératrices de revenus identifiées ;
- L’appui à la construction de partenariat entre des organisations paysannes et des
institutions financières en pays ACP ;
- L’inclusion financière en milieu rural ;
- Le crédit-stockage de type warrantage ;
- Le secteur du mobile banking au Cameroun.

6.2 Rencontres personnes ressources et focus group


Nous avons rencontré des personnes ressources représentants d’EMF et autres acteurs de
développement local à Yaoundé, à Sangmélima et à Djoum. La liste des contacts se trouve en
annexe 2. En collaboration avec la cellule sociale de la SFID-Djoum à travers notamment le
sociologue M. SIKE Jean Michel, nous avons sélectionné 8 villages en fonction des critères
suivants :
- Villages riverains des UFA de la SFID-Djoum ;
- Dynamisme, structuration du groupement ;
- Disponibilité des populations pour les rencontres ;
- Types d’activités pratiquées.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 9


Puis nous avons organisé des descentes sur le terrain pour rencontrer les populations
riveraines selon le planning suivant :
Tableau 1. Calendrier des descentes de terrain

Date Village Nom Participants Activités

H F

Campement Collecte, transformation et commercialisation des


25/05 MIATTA 12 8
Bakas PFNL

ASSENG
ABOELON
28/05 EVANG 3 Vannerie en rotin
E
Salomon

Femmes
ABOELON Champs collectifs (maïs, manioc, plantain),
29/05 combattante 7 3
E transformation manioc et commercialisation
s

MELLEN Agriculture (maïs, manioc, plantain, macabo, arachide),


02/06 GIC MEL 4 0
BOULOU cacao et élevage poulet de chair traditionnel

Association
Tontine, agriculture (maïs, manioc, plantain, macabo,
02/06 MVONG Fe'ek 1 12
arachide), cacao, vente de savons, petit commerce
Essolo

OTONG YELE Agriculture (maïs, manioc, plantain, macabo, arachide),


03/06 5
MBONG Gabriel cacao et élevage poulet de chair traditionnel et boutique

MENGUET
04/06 DJOUM 4 Pisciculture, maraichage
E Parfait

Femmes Tontine, agriculture (manioc, plantain, arachide),


06/06 ELLENG 4 6
ambitieuses transformation huile de cacao

EFOULAN Coopérative Cacao, domestication des PFNL, avocatier, agrumes,


06/06/ 4
ZAMANE -CA-E-ZA safoutier

44 29
TOTAL
73

6.3 Limites de la représentativité des informations


Les informations qui sont présentées dans cette présente étude sont issues des entretiens avec
les personnes ressources et des données collectées lors des focus groups avec les populations
dans les villages (73 participants dont 29 femmes). A ce stade, ces données suffisent pour
avoir une vue d’ensemble des activités génératrices de revenus pratiquées dans la zone. Nous
recommandons de mener une étude plus approfondie étendue à un nombre plus important de
villages et campements de la zone.
En effet, cette étude permettra de définir la situation de base de ces villages en termes de
niveau de développement (accès aux soins de santé, éducation, habitat, production agricole,

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 10


etc.). Cette situation de base sera utile par la suite pour mesurer par exemple l’impact de
l’inclusion financière sur le développement des populations.

7 L’inclusion financière en milieu rural


7.1 Définition du concept
(WAMPFLER, B et al, 2010)
L'inclusion financière peut se définir comme étant le processus permettant de donner un accès
durable aux services financiers formels aux populations exclues du système bancaire
classique. Les hypothèses qui sous-tendent l’inclusion financière sont les suivantes :
- Les exclus du système bancaire classique ont une capacité à développer des activités
économiques mais cette capacité est entravée par le manque de capitaux ;
- Si l’accès au capital leur est ouvert, par une organisation adaptée à leurs besoins et à leurs
contraintes, ils seront capables de valoriser ce crédit, de le rembourser et d’améliorer leur
niveau de vie ;
- En ayant la capacité de développer leurs activités économiques, ces populations
contribueront ainsi à la croissance économique au niveau local et national.
En effet, les populations exclues du système bancaire se caractérisent souvent par :
- La faiblesse des niveaux d’activités et de revenus ;
- L’incapacité à fournir des garanties matérielles ;
- L’enclavement en zone rurale ;
- La pratique d’activités, des besoins et des contraintes de financement méconnus du secteur
bancaire.

7.2 La caution solidaire : une alternative à l’insuffisance de garanties matérielles


(WAMPFLER, B et al, 2010)
La caution solidaire est une forme de garantie sociale qui s’appuie sur les liens sociaux entre
les individus (parenté, voisinage, classe d’âge, relations d’alliance, d’association, d’amitié) et
sur les principes de solidarité (groupes d’entraide, caisses villageoises informelles, tontines,
etc.), d’honneur et de respect des engagements. Ainsi certains EMF préfèrent proposer des
produits de micro crédit à destination des organisations paysannes reconnues et structurées de
manière à compter sur la caution solidaire comme alternative à une garantie matérielle.
Cependant, nous reconnaissons parfois l’échec de ce système de caution solidaire par manque
de cohésion dans le groupe.

7.3 Un portefeuille de crédits diversifié


Les EMF doivent proposer un portefeuille de crédit diversifié de manière à :
- Faire face aux besoins réels des populations qui sont eux mêmes très diversifiés et souvent
confondus (besoins agricoles, sociaux, de consommation, d’urgence, etc.) ;
- Laisser le choix aux bénéficiaires de la destination de ce crédit qui investissent alors dans
des activités présentant de leur point de vue, le meilleur rapport de rentabilité / risque et
qui renforce la responsabilisation de l’emprunteur ;
- Répartir les risques entre différentes activités.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 11


7.4 L’offre des EMF en crédit moyen terme est insuffisante
En Afrique de l’Ouest, par exemple, plus de 90 % des volumes de crédits octroyés à
l’agriculture par les institutions de microfinance (IMF) sont des crédits de court terme. Le
crédit moyen terme est pourtant nécessaire pour financer par exemple, le renouvellement des
cultures pérennes (café, cacao, palmiers, etc.) et le développement de l’arboriculture (vergers
de fruitiers, domestication des PFNL). Plusieurs explications au faible développement du
crédit moyen terme par les EMF :
- Mauvaise maîtrise des risques, garanties inadaptées ;
- Manque d’épargne stable nécessaire pour le crédit moyen terme ;
- La prise de risque sur le moyen terme nécessite une vision de développement à moyen
terme de l’EMF.

7.5 Rôle de l’épargne dans le financement rural


L’épargne peut se présenter pour les ménages ruraux comme une source d’autofinancement
des activités rurales parfois plus intéressante que le crédit (comparaison du taux de rendement
de l’investissement avec le taux d’intérêt de l’emprunt).
Ainsi l’épargne peut servir à faire face à des dépenses prévisibles (épargne dédiée) ou
imprévisibles (épargne de précaution).
Pour les EMF, la mobilisation de l’épargne constitue une partie des ressources financières
nécessaires pour octroyer du crédit.
Cependant l’épargne est difficile à mobiliser en milieu rural, car les ménages ruraux ont des
faibles revenus, les tentations à dépenser individuelles et/ou familiales sont fortes et les
agences d’EMF sont souvent éloignées.
C’est pourquoi les ménages ruraux préfèrent encore les formes d’épargne traditionnelles
(cotisations, tontines, en nature sous forme de bétail, stock de céréales, briques, etc.), mieux
adaptées à leurs contraintes, parfois plus souples, plus faciles à maîtriser à première vue que
des produits de micro finance.
Cependant ces formes d’épargne présentent aussi des limites : par exemple la pression sociale
sur l’épargne en nature, les difficultés liées à la conservation du stock et la conversion en
espèce de l’épargne en nature qui dépend des conditions de commercialisation.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 12


8 Caractéristiques socio-économiques des AGR identifiées
Ce chapitre vise à caractériser les principales activités génératrices de revenus pratiquées dans
la zone d’étude, d’en calculer la rentabilité économique et d’en évaluer l’impact éventuel sur
le développement local des populations riveraines.

8.1 Calendrier des activités génératrices de revenus


Avec l’appui du chef de poste agriculture de Djoum, nous avons conçu le calendrier des AGR
de manière à distinguer les besoins en financement des activités (postes à financer et périodes
de financement), ainsi que les périodes de récoltes et de commercialisation éventuelle des
productions. Il s’agit pour les ménages ruraux d’un outil d’aide à la gestion de leur trésorerie
et une source d’informations aux EMF de manière à mieux adapter leur offre de produits et
services. Ce calendrier se trouve en annexe 3.

8.2 Les cultures vivrières trimestrielles


Dans la zone d’étude il est possible de cultiver pendant 2 campagnes par an. Lors de la
campagne de la grande saison des pluies, les producteurs cultivent généralement le maïs,
l’arachide, le manioc, le macabo, la pistache et la banane plantain. La 2ème campagne
correspond à la petite saison des pluies pendant laquelle les producteurs cultivent
majoritairement le maïs, l’arachide et un peu de sésame. Le maraichage est aussi pratiqué
pendant cette saison mais reste cependant assez marginal. Les besoins en financement des
campagnes agricoles concernent majoritairement :
- L’approvisionnement en intrants agricoles (semences, plants, engrais NPK, produits
phytosanitaires, etc.) ;
- La main d’œuvre nécessaire aux activités culturales telles que l’abatage, le défrichage, la
mise en place de la culture, l’entretien de la parcelle et aussi au moment de la récolte.
La quantité et la qualité des intrants utilisés ainsi que la disponibilité de la main d’œuvre
conditionnent le degré d’intensification de la production agricole.
Le marché de Djoum peine à être ravitailler pour faire face à la demande croissante, la
majorité des produits agricoles proviennent de Sangmélima et même de Yaoundé. De plus,
certains producteurs de la zone profitent de la proximité relative du Congo et du Gabon pour
exporter à meilleur prix une partie de leur production. Par conséquent, les produits agricoles
sur le marché de Djoum sont rares et chers.
Prenons l’exemple du groupe des « femmes combattantes » de Aboelone que nous avons
rencontré. Les 25 membres de cette association, créé en 2005, cultive un champ collectif de 1
ha (maïs, manioc, banane plantain). La production est vendue collectivement et les recettes
sont à destination de l’association et seront réinvesties dans la production. Le reliquat permet
de constituer un fonds de secours qui peut servir à financer des besoins sociaux des membres.
Le défrichage et l’abatage de la parcelle nécessite la location d’une tronçonneuse et le
paiement de la main d’œuvre ; cela coute environ 85 000 Fcfa/ha. Le groupe connait des
difficultés à s’approvisionner en semences de qualité. Les femmes n’utilisent pas d’engrais
car le sol est suffisamment fertile. Le maïs est séché puis égrainé avant d’être conditionné
dans des sacs contenant 23 sceaux de 5L (équivalent à environ 100 kg). Selon les membres de
l’association, le prix du maïs augmente d’environ 30% entre la période d’abondance et la
période de pénurie.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 13


Tableau [Link] du maïs sur le marché de Djoum

En période d'abondance (Fcfa) En période de pénurie (Fcfa)

Sceau de 5L 500 700

Sac de 100 kg 11 500 16 100

Il est difficile de trouver du maïs produit localement entre janvier et mars. Le maïs provient
des zones de production de l’ouest du pays et est vendu à 700 Fcfa le sceau de 5 L. Ces
informations nous renseignent sur les difficultés rencontrées par les producteurs de maïs de la
zone. Si une partie du maïs pouvait être stocké dans de bonnes conditions, les producteurs
pourraient profiter du différentiel de prix pour vendre leur production à un prix plus
rémunérateur et assurer un approvisionnement régulier du marché local.

8.3 Les cultures vivrières annuelles


Ces cultures sont principalement le manioc, le bananier plantain, l’igname et le macabo. Le
manioc est beaucoup produit dans la zone d’étude, il est transformé en partie en miondos
(bâtons de manioc) qui sont vendus à 50 Fcfa l’unité et une partie en tapioca (amidon de
manioc) vendu à 100 Fcfa le verre. Mais la majorité de la production de maniocs est vendue
sous forme de tubercules au prix de 500 Fcfa le tas (équivaut à 4 ou 5 tubercules).
La principale difficulté reste le transport, la conservation des tubercules et l’accès aux variétés
améliorées. Les producteurs rencontrés cultivent majoritairement une variété à faible
rendement alors que récemment, 5 nouvelles variétés de manioc ont été sélectionnées par
l’Institut international d’agriculture tropicale (IIAT) et vulgarisées par le Programme national
de développement des racines et tubercules (PNDRT) et l’Institut de recherche agricole pour
le développement (IRAD). Il s’agit des variétés :
- Abui-Kpem (signifie « le bon manioc »)
- Nko’h menzui (signifie « qui produit beaucoup »)
- Abeng-lengon (signifie « belle dame »)
- Ayeng ye-sahti (signifie « longues feuilles »)
- Mbong wa tobo (variété réservée à l’alimentation).
Les rendements devraient passer de 9-10 t/ha pour les anciennes variétés à 25-27 t/ha pour les
nouvelles variétés. De plus, avec les nouvelles variétés, le manioc pourrait être récolté après
12 mois plutôt que 18 mois pour les anciennes variétés.
Une usine de transformation de farine de manioc (Société de transformation industrielle de
manioc SOTRAMAS) devrait ouvrir ses portes en janvier 2016. Une vingtaine de GIC de
producteurs de manioc de la zone de Djoum auront alors la possibilité de signer une
convention de partenariat avec SOTRAMAS. Cette société fournirait les semences et
achèterait le manioc « bord champs », le transporterait à l’usine de Sangmélima. Le manioc
serait pesé à l’usine et les producteurs seraient payés en fonction du poids.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 14


8.4 La culture du cacao associée au bananier plantain
8.4.1 Comptes d’exploitation
Le tableau ci-dessous présente à titre indicatif les comptes d’exploitation de 1 ha de culture de
cacao associée à la culture de la banane plantain. Ces informations sont issues des échanges
avec un producteur de cacao et de bananes plantains. Le premier tableau concerne la culture
de plantain et le second la culture de cacao qui est associée, c’est pourquoi les frais liés à
l’abattage, le tronçonnage et le défrichage de la parcelle ne sont considéré qu’une seule fois.

Tableau 3. Compte d'exploitation culture associée cacao/ banane plantain

Dépenses Recettes

Cout Cout # Recette Recette


Désignation # unités unitaire total Désignation unit unitaire totale
(FCFA) (FCFA) és (FCFA) (FCFA)

Forfait Ventes de régimes de


Défrichage 30 000 30 000 900 1 500 1 350 000
pour 1 ha plantains bord champ

Forfait
Abattage 50 000 50 000
pour 1 ha

Forfait
Tronçonnage 40 000 40 000
pour 1 ha

Achat de 1200
Forfait
rejetons de 60 000 60 000
pour 1 ha
bananiers

Forfait
Main d'œuvre 30 000 30 000
pour 1 ha

Total dépenses 210 000

Marge brute 1 140 000 FCFA

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 15


Compte d'exploitation d'1 ha de cacao en association avec le plantain
(le cacao produit à partir de la 3ème année)
Dépenses Recettes
Cout Recette Recette
Cout total #
Désignation # unités unitaire Désignation unitaire totale
(FCFA) unités
(FCFA) (FCFA) (FCFA)

Vente de la
production pour
Défrichage 1 000 900 900 000
un rendement de
Déjà réalisé pour la mise en 1 T/ha
place du plantain
Abattage

Tronçonnage

Achat des plants de


cacao (transport 1 200 150 180 000
compris)

Forfait
Main d'œuvre pour 1 210 000 210 000
ha

Forfait
Produits
pour 1 30 000 30 000
phytosanitaires
ha

Total dépenses 420 000

Marge brute 480 000 F CFA

8.4.2 Traitement phyto sanitaire du cacao


Le cacao est une culture qui est soumise aux attaques parasitaires telles que la pourriture
brune des cabosses (Phytophthora megakarya) et les attaques de capsides sur les tiges. Il n’est
pas évident pour les producteurs de cacao de s’approvisionner en produits phytosanitaires
(fongicides, insecticides) de qualité sur le marché de Djoum. La plupart des produits
proviennent de Yaoundé et ont un prix élevé dû au transport. Voici, selon les informations
collectées pendant les échanges avec les producteurs, les dépenses liées aux traitements
phytosanitaires d’un ha de cacao pour une année :
Tableau 4. Coûts des traitements phytosanitaires d'un ha de cacao par an

Désignation Unité Nombre d'unités Coût unitaire (FCFA) Coût total (FCFA)

Insecticide Thiodan® Bidon de 5 L 1 35 000 35 000

Fongicide Sachet 100 800 80 000

Total dépenses 115 000

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 16


8.4.3 Commercialisation des fèves de cacao
Les « coxeurs » (intermédiaires qui achètent les fèves de cacao) se déplacent parfois
jusqu’aux champs au moment de la récolte pour acheter les fèves de cacao en frais et non
séchées. D’autres aussi sillonnent les villages pour proposer aux producteurs d’acheter leur
récolte au prix bas. Et les producteurs, parfois tentés par l’argent cash pour faire face à leurs
problèmes financiers immédiats, bradent leurs fèves à ces « coxeurs » au lieu d’attendre pour
vendre leur production à un prix plus rémunérateur.
De plus, certains « coxeurs » prêtent de l’argent aux producteurs en début de campagne, sous
la condition que le producteur leur vend (souvent à vile prix) la production à la récolte
suivante. Ces pratiques s’apparentent à l’usure (un prêt dont le taux d’intérêt est abusif).

8.5 La production d’huile de palme


La culture du palmier à huile et la transformation artisanale en huile de palme est très
pratiquée dans la zone d’étude. Voici à titre indicatif, le bilan de l’exploitation d’un hectare de
palmiers à huile (soit 144 plants productifs) selon les données collectées lors de l’entretien
avec l’agent technique de l’agriculture de Djoum, M. EVINA NKONG Alain. La plantation
donne sa première récolte de noix de palme après 3 ans et une plantation bien entretenue peut
être exploitée pendant 25 ans. On considère 2 campagnes par an et 6 régimes de noix de
palme/pied/ha/campagne et un rendement moyen en huile de 3 L/ régime.
Voici l’estimation de la production annuelle d’huile de palme pour un ha : 3*6*2*144 = 5 184
L d’huile de palme/ha/an vendu à 500 Fcfa/ L, soit environ 2 592 000 Fcfa de recette totale.
Les dépenses concernant la mise en place et l’entretien de la plantation, l’achat et le transport
des plants et le pressage de la noix de palme en huile. Nous avons considéré un pressoir à
500 000 Fcfa avec un amortissement sur 10 années.
Tableau 5. Compte d'exploitation de la production d'huile de palme
Dépenses Recettes
Cout Recette Recette
Cout total Désignatio Nombre
Désignation #unités unitaire unitaire totale
(FCFA) n d'unités
(FCFA) (FCFA) (FCFA)
Vente
huile de
Défrichage initial 30 000 30 000 5 184 500 2 592 000
Forfait pour palme (en
1 ha litre)
Abattage 50 000 50 000
Tronçonnage 40 000 40 000
Forfait pour
Achat/transport 1 ha (150 275 000 275 000
plants)
Piquetage 60 000 60 000
Trouaison Forfait pour 30 000 30 000
Semis 1 ha 30 000 30 000
Entretien 2 fois par an 40 000 40 000
Amortissement pressoir Forfait pour
50 000 50 000
et matériel (sur 10 ans) 1 ha
Forfait pour
Main d'œuvre pressage 80 000 80 000
1 ha
Total dépenses 685 000
Marge brute 1 907 000 FCFA

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 17


8.6 Le financement de l’élevage
Depuis ces dernières années, la demande en protéines animales dans la zone de Djoum est
croissante du fait de l’augmentation de la population. L’élevage tente de répondre à cette
demande en fournissant une viande fraiche et de qualité afin de concurrencer la « viande de
brousse » issue notamment du braconnage.
Malheureusement, l’élevage ne se développe pas à un rythme suffisant pour satisfaire la
demande croissante du marché. Par conséquent, la viande d’élevage est chère et rare à Djoum,
à titre d’exemple : le kg de viande de bœuf s’achète à 3000 Fcfa (contre 2800 Fcfa à
Yaoundé) et le kg de viande de porc à 2600 Fcfa, le poulet est à 5000 Fcfa (contre 4 000 Fcfa
à Yaoundé).
La viande n’est pas disponible tout au long de l’année sur le marché. Il faut réserver à
l’avance pour être servi. L’élevage est une activité qui peut être pratiquée tout au long de
l’année et qui facilite la gestion de la trésorerie familiale. En effet, le cheptel peut être
considéré comme une forme d’épargne en nature. En Afrique de l’Ouest par exemple, on
considère les bœufs comme un placement bancaire, les moutons comme un compte épargne et
les volailles comme un « porte monnaie ». Cependant ce type d’épargne en nature est soumis
aux risques liés à l’élevage (risques sanitaires, mortalité, etc.) et au risque du marché
(mévente).
8.6.1 L’élevage des poulets de chair
Dans la zone de Djoum, nous pouvons recenser jusqu’à 5 éleveurs de volailles qui élèvent de
200 à 800 poulets par bande et jusqu’à 4 bandes par an. Il y a une réelle demande en poulet de
chair par les consommateurs de cette zone. Les éleveurs rencontrent des difficultés pour
s’approvisionner en aliments de qualité. La plupart doivent s’approvisionner en aliments
volailles à Yaoundé. Cela entraine un surcout important lié au transport. Les poussins de 1
jour sont déjà vaccinés, cependant l’éleveur doit administrer d’autres traitements par voie
orale, qui sont peu disponibles dans la zone de Djoum.
Le tableau ci-dessous présente un exemple de compte d’exploitation d’un élevage de poulets
de chair. Une taille minimale de 1.000 poussins par bande est conseillée aux éleveurs pour
assurer une rentabilité financière. Une perte de 5% par bande est considérée dans cet exemple.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 18


Tableau 6. Compte d'exploitation élevage poulets de chair

Dépenses Recettes
Cout Cout # Recette Recette
#
Désignation unitaire total Désignation unit unitaire totale
unités
(FCFA) (FCFA) és (FCFA) (FCFA)
Total recettes ventes en gros
Poussins 1 000 350 350 000 950 1 800 1 710 000
(1)
Kg aliments
Total recettes ventes au détail
de 1 700 240 408 000 950 2 300 2 185 000
au courant de l'année (2)
démarrage
Total recettes ventes au détail
Kg aliments
2 300 230 529 000 au moment des fêtes de fin 950 2 500 2 375 000
de finition
d'année (3)
Vaccins 1 000 120 120 000
Personnel
(8 35 000
semaines)
Eau 3 500
Electricité 6 500
Chauffage 10 000
Total 1 462
dépenses 000
Marge brute (1) 248 000 FCFA
Marge brute (2) 723 000 FCFA
Marge brute (3) 933 000 FCFA

8.6.2 L’élevage de porcs


Le tableau ci-dessous présente des données concernant l’élevage d’une bande de 10 porcelets
pendant 5 mois. Ces données sont issues des échanges avec la productrice de porcs et
présidente de la Plate-forme PLANO-PAC, Mme MVONDO Virginie. On considère un taux
de mortalité de 20%. Si l’élevage est conduit avec un aliment complet en suffisance à partir
du mois d’août, l’éleveur obtiendra des porcs de bonne taille qui seront vendus à un bon prix
pour les fêtes de fins d’année.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 19


Tableau 7. Compte d'exploitation élevage de porcs
Cout Cout Recette Recette
# #
Désignation unitaire total Désignation unitaire totale
unités unités
(FCFA) (FCFA) (FCFA) (FCFA)
Total recettes ventes au
Porcelets 2
10 25 000 250 000 détail au courant de 8 150 000 1 200 000
mois
l'année (1)
Aliment
Total recettes ventes au
complet
5 44 000 220 000 détail au moment des 8 250 000 2 000 000
(forfait) par
fêtes et mariages (2)
mois
Produits
vétérinaires 1 15 000 15 000
(forfait)
Main d'œuvre
familiale 1 10 000 10 000
(forfait)
Amortissement
bâtiment et
1 20 000 20 000
matériel
(forfait)
Total dépenses 515 000
Marge brute
685 000
(1)
Marge brute
1 485 000
(2)

8.7 La pisciculture
Actuellement, la pêche traditionnelle dans les cours d’eau ne suffit pas à satisfaire la demande
en poisson dans la zone de Djoum. C’est pourquoi certains individus se sont tournés vers la
pisciculture. Néanmoins cette activité reste marginale, nous avons recensé 3 petites
exploitations de pisciculture à Djoum. Nous avons visité l’exploitation de M. MENGUETE
Parfait, ouvrier à la scierie SFID.
Son exploitation est composée de 5 bassins (un 6ème est en cours de réalisation) creusés à
l’aide d’outils de base (pelles, dabas, brouettes) et la main d’œuvre familiale. Il a débuté son
exploitation en 2008-09. Il élève en majorité des tilapias de mars (installation des alevins dans
les étangs) à décembre (vidange des étangs, capture des poissons et commercialisation au
moment des fêtes de fins d’années). Il s’approvisionne en alevins chez un autre pisciculteur de
Djoum. L’alimentation de l’élevage se limite aux déchets de cuisine (peau de manioc, feuilles
de patates, etc.) par manque de moyens pour s’approvisionner en aliments complets. La main
d’œuvre pour les travaux d’entretien, la vidange et la capture des poissons est familiale. Le
tableau ci-dessous présente le bilan estimatif de l’exploitation annuelle d’un étang (de
dimension 10m*20m*0,9m) selon les données collectées lors de l’entretien.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 20


Tableau 8. Compte d'exploitation pisciculture

Dépenses Recettes
Cout Recette Recette
# Cout total
Désignation unitaire Désignation # unités unitaire totale
unités (FCFA)
(FCFA) (FCFA) (FCFA)
Achat des
Vente des
alevins de 300 100 30 000 28 1 500 42 000
poissons (au kg)
tilapias
Total dépenses 30 000
Marge brute 12 000 FCFA

La marge brute de son activité est relativement faible et son élevage est peu performant. En
effet, ces poissons ne prennent pas suffisamment de poids pendant l’élevage car d’une part les
alevins ne sont pas des espèces sélectionnées et d’autre part l’alimentation n’est pas assez
complète. De plus il y a un fort taux de mortalité des alevins, et l’exploitation n’étant pas
clôturée, elle est soumise aux risques de vols.

8.8 La vannerie
La vannerie est une activité certes marginale dans la zone (3 vanniers recensés) mais qui
valorise un savoir faire local et génère des revenus conséquents. Les principaux clients sont
les fonctionnaires et salariés de la zone qui se font confectionner leur mobilier en rotin.
Voici un exemple de compte d’exploitation issu de la rencontre avec M. ASSENG EVENG
Salomon. Pour la confection d’un salon en rotin (4 chaises, 1 canapé, 1 table). Il doit acheter
pour 10 000 Fcfa de matériel (achat de rotin, bonbonne de gaz pour le chalumeau, lames pour
la scie, des pointes, du vernis, du diluant, des pinceaux) et payer un peu de main d’œuvre
familiale. Pour cela il demande une avance au client qui a commandé. Il vend le salon à
30 000 Fcfa.

8.9 Les produits forestiers non ligneux


8.9.1 Disponibilité
Selon l’étude de Nature + sur l’occupation spatiale et la gestion des produits forestiers non
ligneux (BRACKE C. et al, 2014), les PFNL peuvent être disponibles tout au long de l’année
ou durant une période bien déterminée. En se basant sur la perception villageoise des périodes
de récolte, nous pouvons observer quatre grandes périodes de prélèvement :
- Les PFNL d'origine végétale disponibles toute l'année comme l’okang, l’assamela,
l’ayous, le bambou, le bubinga, le dabéma, le doussié, l’ebam, l’emien, le kossipo, les
marantacées, le moambé jaune, le mukulungu, l’igname sauvage, l’iroko, le palmier à
huile, le raphia, le rotin, la salade sauvage, le sapelli, le fromager et la liane à eau.
- Les PFNL d’origines végétales disponibles saisonnièrement entre juin et novembre
(parfois sur une période plus restrictive) comme l’amvout, l’arachide sauvage, le bitter
cola, les chenilles, l’atanga, le corossol sauvage, le djansang, la mangue sauvage, le
moabi, le plat plat, la rondelle, le nsangom, les escargots, le voacanga, la vigne sauvage.
Notons que le safou est quant à lui disponible entre janvier et mai.
- Les produits issus de la chasse, qui se pratique toute l'année mais dont l'activité s'intensifie
particulièrement pendant la grande saison des pluies entre septembre et novembre.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 21


- Les produits issus de la pêche, qui se pratique toute l'année mais dont l'activité s'intensifie
particulièrement en saison sèche entre novembre et avril.
Une liste non exhaustive de 75 PFNL récoltés dans la zone d’étude est présentée en annexe 3.
Les parties prélevées, les usages, les techniques de récolte et les périodes de récolte y sont
indiquées.
8.9.2 Rentabilité
Lors de notre étude nous avons également collecté les données suivantes lors de la rencontre
au campement Bakas de Miata, mais les difficultés relevées concernent la plupart des
producteurs de la zone d’étude.
Tableau 9. Rentabilité PFNL
PRIX DE VENTE (en MARGE BRUTE (en
UNITE FCFA) FCFA)
COUTS (en
PFNL LOCALE DE PERIODE PERIODE PERIODE PERIODE
FCFA)
MESURE D'ABOND DE D'ABOND DE
ANCE PENURIE ANCE PENURIE
Amandes Collecte,
entières transforma
sceau de 5 L 1 000 5 000 6 000 4 000 5 000
mangues tion,
sauvages transport
Amandes Collecte,
pilées transforma
sceau de 5 L 1 000 7 500 8 500 6 500 7 500
mangues tion,
sauvages transport
Collecte,
Ebaye sceau de 15 L 500 3 500 4 000 3 000 3 500
transport
Collecte,
transforma
Njansang verre de 1/4 L 100 250 300 150 200
tion,
transport
Collecte,
Koutou sac de 50 kg 500 3 500 4 000 3 000 3 500
transport
Collecte,
bouteille en verre transforma
500 1 500 2 000 1 000 1 500
0,65L tion,
Huile de transport
Moabi Collecte,
bouteille en transforma
1 500 2 500 3 000 1 000 1 500
plastique 1,5L tion,
transport

8.9.3 Estimation des coûts de production et de transport des PFNL


Il n’a pas été évident pour les participants d’estimer les coûts liés à la collecte et la
transformation. Ces actions, souvent réalisées par les femmes, représentent du temps, une
certaine pénibilité, et des risques de blessures (fente de la mangue sauvage à la machette,
décorticage du Njansang au clou aplati, pressage à chaud pour obtenir l’huile de Moabi, etc.).
Le coût de transport dépend de l’enclavement du lieu de production vis-à-vis des marchés
éventuels. Le campement Bakas de Miata a reçu le soutient du projet AGEFO de la SNV.
Dans le cadre de ce projet, les acheteurs se déplaçaient directement au niveau du village pour
s’approvisionner en PFNL.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 22


8.9.4 Hétérogénéité des unités locales de mesure
Il s’agit d’une difficulté supplémentaire au calcul de rentabilité de cette activité. En effet,
chaque PFNL et parfois chaque village utilise son propre système de mesure, le plus souvent
exprimé en volume plutôt qu’en poids. Dans la plupart des cas, cette situation avantage les
commerçants plutôt que les producteurs. Les échanges commerciaux nécessitent une unité de
mesure homogène, pour évaluer au plus juste la valeur marchande du produit.
8.9.5 Différentiel de prix entre les périodes d’abondance et de pénurie
La production de PFNL connait des variations inter et intra-annuelles spécifiques à chaque
produit. Il y a donc des périodes d’abondance et de pénurie, et des années de fortes
productions et des années où la production est plus faible. Cette variation de l’offre va
influencer la valeur des produits et pourrait se présenter comme une opportunité pour les
producteurs de vendre à un prix plus rémunérateur lorsque le produit se fait rare sur le
marché.

8.10 Gestion de la trésorerie et des productions agricoles des populations


8.10.1 Besoins immédiat d’argent et bradage de la récolte
Les populations doivent satisfaire des besoins financiers immédiats (payer la scolarité des
enfants, frais de santé, événements sociaux, etc.). Cette situation les pousse à brader la récolte,
c'est-à-dire vendre la production au moment où les prix sont les faibles. Conscients de cette
situation, les commerçants viennent s’approvisionner à vile prix auprès des populations qui ne
sont pas en situation de pouvoir négocier correctement le prix de vente (marché de dupes). Ce
schéma n’encourage pas la diversification des activités et des revenus tout au long de l’année,
et plonge petit à petit les populations dans le cercle vicieux de l’appauvrissement.
8.10.2 Le stockage des produits agricoles
Certains produits identifiés dans cette zone (comme le cacao et certains PFNL, par exemple)
ont la particularité de pouvoir se conserver longtemps si le séchage et/ou les techniques de
transformation ont été correctement effectuées. Ces produits peuvent donc être stockés dans
un local adéquat en attendant une vente groupée à un bon prix négocié avec un commerçant
par exemple.
Le stockage offre aussi l’opportunité aux populations de vendre au fur et à mesure de l’année
lorsque les prix sont bons sur le marché pour faire face à des besoins financiers et/ou pour
investir dans une activité génératrice de revenus. Cette possibilité implique un suivi des prix
des produits agricoles sur les marchés locaux.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 23


9 Produits et services financiers adaptés au milieu rural
Dans ce chapitre nous allons présenter un produit de microfinance adapté aux réalités du
monde rural (le warrantage) puis faire la revue de l’offre actuelle en services de mobile
banking sur le territoire camerounais.

9.1 Le warrantage : un crédit dont la garantie est un stock de produits récoltés


9.1.1 Définition
Ce système donne l’opportunité aux populations de stocker une partie des produits récoltés.
Ce stock devient la garantie pour l’octroi d’un crédit par un Etablissement de Micro Finance.
Ce système connait notamment un engouement en Afrique de l’Ouest, car cela permet de
donner un accès durable aux services financiers aux populations exclues du système bancaire
classique. Les produits sont stockés dans un bâtiment répondant aux normes de stockage et
géré par une organisation paysanne ou un entreposeur agréé. Pour sécuriser le stock, le
bâtiment est fermé par 2 cadenas (une clé pour le gestionnaire du stock et une pour le
représentant de l’EMF). Le stock est vérifié régulièrement par les 2 parties pour s’assurer
qu’il ne se déprécie pas.
9.1.2 Les avantages du warrantage pour les ménages ruraux
L’octroi du crédit warrantage peut être considéré comme une alternative au crédit usurier,
contribuant ainsi à la diminution de l’endettement des ménages ruraux.
Ce système leur permet aussi de différer la vente de leur production et d’en espérer un prix
plus rémunérateur. Une fois leur activité rentabilisée, les ménages peuvent investir dans des
moyens de production plus performants (intrants, matériels, infrastructures, etc.) permettant
une augmentation certaine de la rentabilité de leurs activités. De plus, grâce à ce système de
crédit, les ménages ont l’opportunité de diversifier leurs activités et d’augmenter leurs
revenus.
9.1.3 Les différentes étapes
Le mécanisme du warrantage, tel que pratiqué en Afrique de l’Ouest, se compose
théoriquement des 8 étapes suivantes. En pratique, les partenaires peuvent y apporter des
améliorations et des innovations dans le but d’adapter au mieux ce système aux conditions
spécifiques de chaque contexte.
1) Négociation et signature d’un protocole d’accord entre les OP et l’EMF.
2) Mise en place d’un comité de warrantage constitué d’un président, trésorier et magasinier.
3) Stockage des produits à warranter.
En Afrique de l’ouest sont stockées principalement les spéculations sèches (maïs, petit mil,
sorgho, arachide et niébé) dans les magasins au moment de la récolte (d’octobre à décembre).
Les spéculations doivent être issues de la nouvelle récolte, bien séchées et conditionnées dans
des sacs neufs. Sur chaque sac sont écrits la spéculation et l’identité du propriétaire (nom et
prénom). Le nombre de sacs, par membre et par spéculation, présents dans le magasin fait
l’objet d’un suivi par le comité de warrantage lui-même. Les sacs doivent être stockés suivant
les normes de stockage.
4) Fixation des dates limites de stockage.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 24


Les OP, en accord avec l’EMF, fixent une date limite pour le stockage des sacs dans les
différents magasins.
5) Contrôle de qualité du stock et fixation du prix des produits à warranter.
Le jour du stockage, le comité de warrantage se réunit en présence d’un représentant de
l’EMF au niveau du magasin. Ensemble, ils contrôlent la quantité et la qualité du stock et
fixent le prix de chaque spéculation selon le prix du marché à cette période. Ils signent un
document qui certifie les différents prix fixés, le nombre de sacs et la valeur monétaire du
stock total. Avant de fermer le magasin, la personne chargée par le Comité du warrantage (la
plupart du temps le magasinier) termine le traitement contre les attaques des denrées stockées.
Enfin, le magasin est fermé avec une barre et deux cadenas différents : la personne chargée
par le comité de warrantage ferme son cadenas avec sa clef ; le représentant de l’IMF ferme le
sien avec sa clef. Ainsi ni la personne chargée par le comité de warrantage, ni le représentant
de l’IMF ne peuvent ouvrir seul le magasin.
6) Fermeture du magasin et montage du dossier de crédit.
Le jour de la fermeture du magasin, le comité de warrantage et les représentants de l’EMF
montent le dossier de crédit warrantage. Le crédit sera octroyé à l’OP qui est responsable du
remboursement final. Le montant du crédit octroyé correspondra au 80% de la valeur
monétaire du stock warranté (selon les prix fixés lors de l’étape n°5). L’EMF s’engage à
octroyer le crédit warrantage sur le compte de l’OP dans un délai d’une semaine au plus. La
durée du crédit varie de 6 à 8 mois maximum. Le taux d’intérêt est de 10% sur 12 mois.
7) Suivi mensuel de la conservation des sacs warrantés.
Après le stockage, la fermeture du magasin et l’octroi de crédit, le comité de warrantage avec
le représentant de l’IMF s’engagent à visiter ensemble le magasin au moins une fois par mois
pour contrôler l’état des sacs.
8) Remboursement du crédit.
À l’échéance, les membres des différentes coopératives ayant warranté leurs sacs,
remboursent à la coopérative le crédit warrantage, les intérêts et les frais de stockage (100
FCFA/ sac/ mois). Quand tout le monde a remboursé, l’EMF et le comité de warrantage
ouvrent le magasin et les sacs sont distribués à leurs propriétaires. Si par contre il y a des
problèmes au niveau du remboursement, le comité de warrantage cherche des commerçants
pour la vente des sacs et ainsi rembourse l’EMF.
9.1.4 Les avantages du warrantage pour les EMF.
Ce produit permet au EMF de :
- Relancer l’offre de services financiers en milieu rural et en particulier pour soutenir
l’activité agricole.
- Garantir le prêt par une garantie « liquide et divisible ».
- Ce produit présente un fort taux de remboursement.
9.1.5 Les préalables à la mise en place d’un système de warrantage.
La mise en place d’un système de warrantage requiert en général :
- Un volet important de formations auprès des acteurs impliqués (populations locales et
EMF) pour assurer une bonne compréhension du processus.
- Une organisation et une structure solide du monde rural.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 25


- Une volonté politique forte, un cadre juridique, des politiques publiques incitatives et un
soutien financier au démarrage (principalement dans la formation et dans les
infrastructures de stockage).
- Des capacités de stockage de qualité en suffisance.
- Des systèmes d’information sur les marchés fiables et organisés.
- Des EMF organisés et solides.

9.2 L’offre en mobile banking au Cameroun


Selon l’étude du secteur de la banque à distance et des services financiers mobiles,
commandité par l’UNDCF et la BEI (KOFFI A. et al, 2014), voici les principales offres de
Mobile Money en déploiement au Cameroun actuellement :
MTN Mobile Money propose une solution STK (remise d’une carte SIM avec le menu
Mobile Money) permettant d’effectuer des opérations bancaires de base : versement (Cash-
in), retrait (Cash-out), envoi d’argent à des tiers (P2P), paiement de factures, achat de crédit
de communication (Airtime). Les opérations sont sécurisées via un système de reconnaissance
du numéro et un code secret à 5 chiffres. L’offre récente de MTN Mobile Money inclut plus
précisément le paiement de l’abonnement TV (Canalsat - Canal+), le paiement de factures
d’eau/d’électricité, l’achat de crédit Internet par mobile (partenariat avec YooMee), ou bien
encore le paiement des frais de scolarité en université (Y’ello université). A noter qu’en mars
2014, MTN et Ecobank ont signé un important partenariat stratégique pour une offre Mobile
Banking dans 12 pays africains, y compris le Cameroun. Cela s’inscrit dans la logique de
partenariat multi-banque, initiée par MTN au Cameroun, soutenue par la BEAC.
Orange Money permet, sans changer de carte SIM (via l’accès à une interface USSD
disponible pour tous les détenteurs d’une puce Orange Cameroun), d’utiliser le portable
également comme porte-monnaie électronique pour du dépôt (Cash-in), du retrait (Cash-out),
de l’envoi d’argent à des tiers, du paiement de factures et de l’achat de crédit de
communication. L’innovation majeure est la possibilité de payer sa facture d’électricité AES-
SONEL ou d’autres services marchands via le mobile.
Monifone (Obopay) est le 3ème service de Mobile Money au Cameroun. Le service vient
d’être lancé par la Société Générale Cameroun (SGC). Monifone permet ainsi, entre autres, de
faire du paiement de factures d’électricité via le mobile. Monifone est ouvert aux abonnés des
deux réseaux. La souscription au service Monifone se fait gratuitement via l’ouverture d’un
Compte Monifone au guichet de la SGC ou dans les agences d’Advans et du Crédit
Communautaire d’Afrique (CCA). A ce jour, Monifone compte 30 Points de Service
bancaires, 58 Points de Services d’Agences Partenaires et 1 500 kiosques en partenariat avec
le réseau du Pari Mutuel Urbain (PMU) du Cameroun, permettant ainsi de couvrir les 10
régions du pays. La nature et le fonctionnement de ce partenariat n’ont pas été précisés.
Pour compléter ce descriptif des offres de Mobile Money, il convient d’évoquer la solution de
transfert d’argent via le téléphone portable Express Mobile, qui est proposée depuis peu par
Express Union, leader du transfert rapide d'argent au Cameroun avec environ de 700 guichets
nationaux. A l’aide de commandes simples, les clients pourront envoyer de l’argent à
destination de tiers, pour décaissement auprès de guichets Express Union ou pour
approvisionnement d’un compte Express Mobile.
Enfin, certaines offres de plus petite taille sont proposées depuis peu, avec des succès certes
encore timides, mais tangibles. Il s’agit par exemple de l’offre de paiement électronique du

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 26


fournisseur de services Moneytel, qui s’appuie sur un porte-monnaie électronique pour
permettre d’effectuer du dépôt, du retrait et de l’envoi d’argent à des tiers.
Autres expériences en matière de Mobile Financial Services :
Advans Cameroun prévoit de développer une offre de collecte d’épargne via le mobile
(mobile banking pur) en s’appuyant non pas sur son partenariat en cours avec la SGC, mais
sur la solution Noomadic (développée par la maison-mère commune Horus Development
Finance basée en France et déjà déployée en Mongolie pour la XacBank).

10 Présentation des EMF et structure d’appui identifiées


10.1 Agences de transfert d’argent installées à Djoum
Il n’y a pas d’EMF installés à Djoum pour le moment. Néanmoins Djoum compte 3 agences
de transfert d’argent :
10.1.1 Express Union
L’agence Express Union est installée à Djoum depuis 2006 et est spécialisée dans les
transferts d’argent. Elle propose également deux types de produits d’épargne (non
rémunérée) :
Le compte « deposit » : qui permet au client de déposer son argent à l’agence en attendant un
futur transfert. Il y a environ 900 clients qui utilisent ce compte dans la zone de Djoum.
Le compte express union mobile : permet de créditer son compte à distance via le téléphone
portable. Il y a environ 1000 clients qui utilisent cette solution dans la zone de Djoum.
Les autres produits d’épargne et de crédit ne sont disponibles que dans les agences Express
Union de Yaoundé mais pas encore à Djoum.
10.1.2 Express Exchange
Cette agence est installée depuis 3 mois à Djoum et propose uniquement des services de
change de devises et de transferts d’argent. Elle ne propose pas pour l’instant de produits
d’épargne et de crédit. Express Exchange est partenaire de MoneyGram, MTN, Orange et
Camtel.
10.1.3 EMI Money
EMI money est aussi un service de transferts d’argent. L’agence de Djoum a ouvert ses portes
il y a un mois seulement. EMI Money s’est installé à Djoum suite aux recommandations
favorables de l’étude de faisabilité du responsable commercial. L’agence EMI money de
Djoum reçoit une vingtaine de clients par jours.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 27


10.2 Le Projet d’Appui au Développement de la Microfinance Rurale
Initié par le gouvernement du Cameroun avec l’appui du FIDA, le PADMIR a pour objectif
de :
- Améliorer l’environnement général du secteur de la microfinance et faire en sorte que les
problématiques de finance rurale soient mieux prises en compte par les EMF ;
- Accroître l’accès des groupes cibles (populations rurales, en particulier les plus
défavorisés) à des services financiers adaptés à leurs besoins, de manière durable et à un
coût abordable.
Dans le cadre de ce projet, il est prévu la mise en place de nouveaux points de services et
caisses en milieu rural par les grands réseaux d’EMF partenaires et d’adapter les produits et
services financiers des EMF aux besoins des groupes cibles.
La durée du PADMIR est de 6 ans (du 7 mai 2010 au 30 juin 2016) puis devrait être
institutionnalisé par la suite. En 2012, un budget de 1,6 milliards de Fcfa a été ajouté au
budget initial de 9,6 milliards de FCFA, pour la mise en place d’un fonds de financement des
crédits à moyen terme. Le PADMIR couvre actuellement les régions du Centre, de l’Extrême-
Nord, de l’Ouest, du Nord et du Nord-Ouest, et devrait s’étendre dans les prochains mois au
Sud Cameroun. Nous avons rencontré M. Zacharie Eloundou, le responsable Micro Finance
du PADMIR pour mieux comprendre comment ce projet pourrait faciliter l’installation
d’EMF dans la zone de Djoum. En effet, le PADMIR pourrait mener des actions visant
l’éducation financière des populations locales, la conception des produits et services
financiers adaptés aux besoins des groupes cibles et doter les EMF partenaires des moyens
nécessaires pour le suivi. Les responsables du PADMIR souhaitent vivement rencontrer les
responsables de SFID-Djoum pour échanger sur les collaborations futures éventuelles entre
les deux structures dans le but d’améliorer l’accès à la micro finance des populations locales
de la zone de Djoum.

10.3 La régionale d’épargne et de crédit du Cameroun


Nous avons rencontré à Yaoundé, M. OMBANG Ekath, le président de la Régionale
d’épargne et de crédit. Cet EMF créée depuis 21 ans est un des pionniers au Cameroun
francophone. Pour le moment, son réseau urbain est le plus développé, mais ils ont de
l’expérience avec le monde rural notamment à l’extrême nord à travers les CDA (caisses de
développement autogérées). Ils y ont notamment développé un système de warrantage avec le
riz. Cet EMF est aussi présente dans le Sud Cameroun : à Ebolowa depuis 18 ans, à Ambam
depuis une dizaine d'année, à Menvélé depuis l'année dernière.
La régionale d’épargne et de crédit va ouvrir une agence à Djoum au plus tard en juillet 2015
(le chef d'agence est déjà nommé, il s’agit de M. MEKONGO ASSE). Leur première
motivation est d’être le premier à s’installer à Djoum. En effet, en zone urbaine, la Régionale
doit faire face à la concurrence directe des autres EMF et des banques commerciales. Pour
Djoum, ils se donnent maximum 3 ans pour atteindre un nombre minimum de clients. C’est
pourquoi ils vont dans un premier temps orienter leurs produits et services pour attirer
notamment les salariés de la zone (ouvriers SFID, fonctionnaires, centre d’instruction
militaire, etc.), les commerçants et les entreprises.
Malgré tout, le président assure qu’une des missions de cet EMF est aussi de proposer des
produits adaptés au monde rural. C’est pourquoi il propose d’ouvrir au niveau de l’agence de
Djoum un service avec des ressources humaines spécialisées dans le développement local.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 28


La Régional est en train d’étudier la faisabilité de proposer une solution de mobile banking en
partenariat avec MTN et Orange, pour facilité l’accès aux services de micro finance aux
populations enclavées.

10.4 Le réseau CAMCCUL


Nous avons rencontré à Yaoundé, M. BANOUGA Paul, chargé de projet CAMCCUL, pour
lui présenter les grandes lignes de l’étude et comprendre la politique en matière de
financement rural des EMF affiliés au réseau CAMCCUL.
La Cameroon Cooperative Credit Union League (CAMCCUL) est le plus grand réseau
d’EMF du Cameroun. Elle a son siège à Bamenda (Région du Nord-Ouest) et a des EMF
affiliés sur tout le territoire national. Le réseau CAMCCUL profite du soutient du PADMIR
notamment dans la mise en place de l’Unité de financement agricole, c'est-à-dire :
- Organisation des séminaires d'appropriation des outils de financement agricoles par les
affiliés de CAMCCUL;
- Informatisation de points de service avec le logiciel CAMCCUL (SIG/NTIC) ;
- Mise à jour du manuel de procédures administratives et de gestion de CAMCCUL
(SIG/NTIC) ;
- Travaux de construction des Caisses de CAMCCUL ;
- Equipement des nouvelles caisses du réseau CAMCCUL ;
- Élaboration de la politique et du guide de financement agricole pour les affiliés de
CAMCCUL ;
- CAMCCUL projette de mener une étude de faisabilité pour l’installation d’une agence
d’EMF partenaire à Djoum. Dans ce cadre, ils sont ouverts à rencontrer SFID Djoum pour
une séance de travail.

10.5 La Caisse Populaire Coopérative « la fourmilière » de Sangmélima


Nous avons rencontré les responsables de la Caisse Populaire Coopérative « la Fourmilière »,
à l’agence de Sangmélima. Ont participé à cette rencontre :
- Mme AYOLO Suzanne, la Présidente du Conseil d'Administration de « La fourmilière » ;
- Mme BITE'E Rose, la gérante de l’agence « La fourmilière » de Sangmélima ;
- M. MENDO BELA Patrice, Agent de crédit à « La fourmilière » de Sangmélima ;
- M. NDJONO Samuel Francis Agent de crédit CAMCCUL, venu spécialement de
Yaoundé pour la rencontre.
La caisse populaire coopérative « La fourmilière » existe depuis 13 ans et est appuyée par le
réseau CAMCCUL. Elle est intervenue pendant 7 ans dans la zone de Djoum pour financer
les activités rurales de la zone. Ces caisses proposaient notamment un produit de micro crédit
pour financer et développer la filière mangue sauvage, appelé « crédit Ndo’o » en partenariat
avec la fédération des femmes rurales de Dja et Lobo, spécialisée dans la domestication et les
filières PFNL.
Malheureusement, les difficultés dues à l’enclavement de la zone, la faible organisation des
filières agricoles et des problèmes de remboursement dus à la faiblesse de la garantie par
caution morale, ont entrainé l’échec de ce produit de micro crédit et finalement la fermeture
des caisses populaires de Djoum.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 29


Mais la COOPEC la Fourmilière pourrait bien revenir s’installer à Djoum en 2016 avec
l’appui de CAMCCUL, surtout si le programme PADMIR s’étends dans le sud Cameroun.
Il est aussi prévu que La fourmilière développe une solution de mobile banking en partenariat
avec CAMCCUL et MTN.
Mme AYOLO a participé à plusieurs voyages d’échanges avec le soutien de DID (Canada et
Afrique de l’ouest). Ainsi elle a notamment pu s’imprégner de l’expérience du réseau des
caisses populaires du Burkina Faso (RCPB) et tenté de le transcrire au contexte camerounais.
Puis nous avons échangé sur le concept de crédit stockage warrantage en présentant les
expériences de l’Afrique de l’ouest et essayer de comprendre quels seraient les avantages d’un
produit comme celui là et comment l’adapter au contexte sud-Cameroun.
Les responsables de la COOPEC La fourmilière ont réagi positivement à la présentation de ce
produit car ils n’avaient jamais pensé que l’on pouvait utiliser la récolte comme garantie pour
un crédit. Pour adapter ce produit dans la zone il faudrait d’abord bien le concevoir pour qu’il
soit en phase avec le calendrier cultural.
Nous avons identifié les produits qui pourraient être stockés en garantie. Ces produits doivent
pouvoir sécher rapidement pour se conserver correctement et prendre de la valeur sur le
marché pendant la période de stockage. Les participants ont pensé au cacao, qui est produit en
quantité dans la zone mais qui est souvent bradé aux « coxeurs » pour faire face à des besoins
immédiats. Le « crédit-stockage cacao » pourrait par exemple permettre le financement de
l’achat de produits phyto sanitaires (fongicides).
Selon les participants, la réussite et la diminution des risques liés à ce genre de produit de
financement nécessite un travail de fond en éducation financière des populations et en
entreprenariat agricole et un suivi des activités génératrices de revenus.

10.6 Crédit Communautaire d’Afrique


Nous avons rencontré, M. NGUEMO MEKAM Herman, le chef d’agence CCA de
Sangmélima. Nous avons échangé sur les produits de financement proposés par CCA,
notamment le compte Micro Crédit Solidaire (MCS). Le MCS est un produit de financement
utilisé notamment pour financer les activités agro-pastorales des organisations paysannes.
Le partenariat développé avec le PADC (Projet d'Appui au Développement Communautaire)
lancé en 2003 par le MINADER a permis d’améliorer l’identification des organisations
paysannes (GIC ou une Association légalement autorisée) et le montage des projets à
financer. Plusieurs centaines de groupes ont été ainsi financés depuis 13 ans.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 30


11 Recommandations et perspectives
Nous allons présenter dans ce chapitre les recommandations issues de cette étude et les
perspectives en termes d’appui au processus d’inclusion financière des populations riveraines
des concessions forestières de la SFID-Djoum. Nous préciserons pour chaque
recommandation les parties prenantes concernées.

11.1 Sélection de l’EMF partenaire en fonction de ses performances financières et


sociales
L’EMF impliqué dans ce processus doit être suffisamment solide financièrement et orientée
notamment vers le financement des activités rurales des populations riveraines.
11.1.1 Prise de contact entre SFID-Djoum et les EMF identifiées
Dans un premier temps nous encourageons la société SFID-Djoum à entrer en contact avec les
EMF identifiées. Les contacts des personnes ressources des EMF se trouvent en annexe 2.
11.1.2 Evaluation de la performance financière et sociale des EMF identifiées
Dans la continuité de cette étude, nous recommandons que soit menée une évaluation des
performances financières et sociales des EMF identifiées par une structure indépendante.
Cette évaluation pourrait être réalisée prochainement et permettra d’orienter la SFID-Djoum
dans la sélection d’un EMF partenaire.
Il existe un outil de monitoring des performances financières et sociales d’une institution de
microfinance développé par ADA et BRS. Il s’agit de la MFI Factsheet. Cet outil est simple à
utiliser, basé sur les données tirées des états financiers de l’EMF, calcule l’évolution des
principaux indicateurs de performance et présente les résultats sous forme de graphiques.
Dans cet outil, les indicateurs financiers sont regroupés en 6 domaines : aspects relatifs à la
croissance, qualité du portefeuille de prêts, structure financière, efficacité et productivité,
durabilité et profitabilité. En plus des indicateurs, la MFI Factsheet génère un ensemble de 10
graphiques, basés sur un ou plusieurs ratios combinés.
Les 18 indicateurs sociaux quantitatifs et de résultat, émanent des standards universels de
performance sociale développés par la SPTF et sont utilisés par le MIX Market et les agences
de notation. La « MFI Factsheet » est téléchargeable à l’adresse suivante :
[Link] Un tutoriel sous forme de
vidéo explique étape par étape comment utiliser et remplir la MFI Factsheet.
11.1.3 Lancement d’un appel d’offre pour le recrutement d’un EMF partenaire
Si l’évaluation des EMF identifiées n’est pas concluante en termes de performances
financières et sociales, il faudra lancer un appel d’offre pour le recrutement d’un EMF
partenaire. Le dossier d’appel d’offres devra être rédigé par une structure compétente et
répondre à un cahier de charges basé sur des indicateurs de performances financières et
sociales.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 31


11.2 Appui/conseil aux EMF dans l’identification de la clientèle et des activités à
financer
Avec les années, la SFID-Djoum, à travers notamment sa cellule sociale, a développé une
bonne connaissance de la zone d’intervention et de ses populations. Cette expérience et ces
informations (base de données des contacts des groupements, études, rapports, etc.) devraient
être partagées avec l’EMF partenaire de manière à faciliter l’identification de la clientèle et
des activités à financer.
SFID pourrait aussi participer à la conception des produits financiers adaptés et
éventuellement siéger à la commission de crédit de l’EMF partenaire.

11.3 Renforcer les capacités en éducation financière et en suivi technico-économique


des AGR
L’inclusion financière des populations riveraines nécessite un travail de fond en termes
d’éducation financière et de suivi technico-économique des AGR pratiquées.
SFID pourrait aussi appuyer l’éducation financière des populations et le suivi technico-
économique des activités soit directement à travers son personnel de la cellule sociale soit par
l’intermédiaire de structures spécialisées (dans le cadre du projet PADMIR par exemple).
SFID pourrait par exemple financer des modules de formations en éducation financière et en
suivi technico-économique des AGR qui seraient dispensés dans les villages aux populations
cibles.

11.4 Subventionner le processus


Une fois l’EMF sélectionné, la SFID pourra envisager de subventionner en partie le processus
dans le but de le catalyser. Ces subventions pourraient servir par exemple à :
- L’implantation de guichets décentralisés de l’EMF (petites caisses villageoises avec
coffre-fort) pour faciliter l’accès des populations enclavées.
- La prise en charge (de façon dégressive) d’agents de crédit et de suivi des AGR (primes
de déplacements, motos, carburants).
- La bonification du taux d’intérêt du crédit (octroi de prêts aux bénéficiaires finaux à des
taux inférieurs à ceux du marché). Cette pratique est un levier intéressant car elle incite les
bénéficiaires à emprunter par la voie formelle et ainsi éviter les crédits usuriers informels.
- Mettre à disposition une épargne nantie (garantie financière) nécessaire à l’EMF pour
l’octroi du crédit.
- Augmenter la ligne de crédit permettant à l’EMF d’octroyer davantage de crédit aux
bénéficiaires finaux.
- Participer au financement de la construction de magasins de stockage qui pourraient être
utilisés pour des produits tels que le warrantage (crédit dont la garantie est un stock).

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 32


11.5 Mesure de l’impact des actions SFID et visibilité FSC
Par la suite et en termes de visibilité FSC, il est important de faire ressortir l’impact des
contributions de SFID sur l’inclusion financière et le développement des populations. Par
exemple, il serait possible de mesurer l’impact de la bonification du taux d’intérêt du crédit
sur le nombre et les caractéristiques des emprunteurs (genre, activités, villages, etc.).
De plus, il serait très intéressant de mener une étude de fond avec un échantillonnage
représentatif par Randomized Controlled Trial pour mesurer l’impact de l’accès aux produits
et services de micro finance (épargne ou crédit) sur le développement rural (scolarisation,
rendements agricoles, habitants, accès aux soins, etc.). Il s’agit de comparer un groupe de
traitement (par exemple, les individus ayant accès à un crédit) et un groupe de contrôle (les
individus qui n’ont pas eu accès).
Ce type d’étude, menée par une structure de recherche, nécessite au préalable une enquête de
référence pour avoir la situation des populations avant qu’elles aient la possibilité d’accéder à
la microfinance. Ensuite, le groupe de traitement et le groupe de contrôle sont constitués par
tirage au sort. Des enquêtes sont ensuite réalisées régulièrement auprès des populations pour
mesurer l’évolution de leurs situations. Une étude de ce genre est actuellement mise en œuvre
au Burkina Faso par les chercheurs de menée par des chercheurs de l’IFPRI (International
Food Policy Research Institute) en partenariat avec IPA (Innovations for Poverty Action).

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 33


12 Bibliographie
ACDI (1999). Guide de référence pour le secteur de la microfinance, aout 1999, 126 pages.
AFMIN (2002). Indicateurs de performance et définitions convenus. Programme de
développement de normes et d’indicateurs de performance communs, octobre 2002, 12 pages.
BELOBO BELIBI M. (2011). Contribution des Produits Forestiers Non Ligneux à
l’amélioration des revenus. Note d’information. SNV, coopération Néerlandaise au
développement, 4 pages.
BRACKE C. et al (2014). Occupation spatiale et gestion des produits forestiers non ligneux
dans les UFA exploitées par la SFID (Groupe Rougier- Site de Djoum). Rapport d’étude,
Nature + , décembre 2014, 104 pages.
DOLIGEZ F., LAPENU C.,WAMPFLER B. (2010). Organisations professionnelles agricoles
et institutions financières rurales : construire une nouvelle alliance au service de l’agriculture
familiale. Guide opérationnel, les cahiers de l’IRC, octobre 2010, 78 pages.
KOFFI A., SECK T., VINCENSINI V. (2014). Etude du Secteur de la Banque à distance et
des Services Financiers Mobiles. Rapport-Pays Cameroun. Banque Européenne
d'Investissement (BEI), programme Mobile Money for the Poor (MM4P) United Nations
Capital Development Fund (UNCDF), 50 pages.
ODIEGE P. (2010). Mobile Banking in Africa : Taking the Bank to the People. African
economic brief, AfBD. Volume 1, Issue 8, december 2010, 16 pages.
NGASSA YOZUIN J. (2014). Etude de faisabilité de la mise en place d’un fond de
developpement local (fdl) adapté au contexte de Djoum. Rapport d’étude, 58 pages.
SFID (2012). Projet d’élevage des poulets de chair au camp momo a Djoum . Etude de
faisabilité, 8 pages.
TSAFACK NINGLEPONG G. (2004). Etude socioéconomique du système de
commercialisation des amandes de mangues sauvages (irvingia spp) dans l'arrondissement de
Ngoulemakong (Sud cameroun), Université de Dschang.
WAMPFLER, B et al (2010). Organisations professionnelles agricoles et institutions
financières rurales : Construire une nouvelle alliance au service de l’agriculture familiale.
Guide opérationnel, Octobre 2010, IRC, IRAM et CERISE, 150 pages .

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 34


13 Annexes
13.1 Annexe 1 : Liste des projets financés par SFID-Djoum (2011 à 2015) (source : cellule sociale SFID Djoum)
ŒUVRES REALISEES Niveau d’avancement du projet
Coût du Projet Année Village Canton
N° Phase de Mi
Secteur Activité Projet (en FCFA) Achevé d’emplacement Bénéficiaire
lancement parcours
Projet de construction d’un bâtiment de deux Canton
1 Infrastructures 5 000 000 X Mveng
salles de classe Boulou
Bergerie communautaire (Ovins et caprins) Canton
4 500 000 X Efoulan
d’Efoulan Zamane
2 Elevage
2011 Canton
Poulailler Communautaire d’Efoulan. 3 000 000 X Efoulan
Zamane
Financement pépinière cacaoyère du canton Canton
500 000 X Efoulan
Zamane Zamane
3 Agriculture
Canton
Palmeraie Communautaire de Minko’omesseng 3 785 000 X Minko’omesseng
Zamane
TOTAL 16 785 000
Contribution pour construction de l’école Canton
2 422 000 X Aboélon
Publique Aboélon Boulou
Appui pour la construction de deux salles de
1 Infrastructures 812 000 X Mintom Mintom-ville
classes Lycée Min
Réfection de la toiture de l’école publique Canton
751 000 X Efoulan
d’Efoulan Zamane
Porcherie communautaire d’Ottong Mbong (bois 2012 Canton
3 100 000 X Ottong Mbong
& fonds). Zamane
2 Elevage
Canton
Poulailler Communautaire de Mellen 3 000 000 RAS Mellen
Zamane
Achat de 6 000 plants de cacao améliorés à Canton
3 Agriculture 300 000 X Miatta
Miatta. Boulou
Contribution pour fabrication de 30 tables bancs Canton
4 Education 200 000 X Aboélon
à E.P Aboélon Zamane
TOTAL 10 585 000

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 35


Appui financier et matériel pour const. Radio Ville de
550 000 X Djoum-ville
communautaire Djoum
1 Infrastructures
Réfection de 02 ponts endommagés (route Ville de
1 200 000 X Djoum-ville
nationale N°09) Djoum
Canton
2 Elevage Porcherie communautaire de Nkolafendek 925 000 X Nkolafendek
2013 Boulou
Canton
Palmeraie Communautaire d’Amvam 3 000 000 X Amvam
Zamane
3 Agriculture
Canton
Pépinière communautaire de Mbouma 3 000 000 X Mbouma
Zamane
TOTAL 8 675 000
Construction de la case Communautaire pygmée Canton
1 200 000 X Miatta
Baka de Miatta Boulou
Construction d’un marché communautaire de Canton
7 000 000 X Avebe
vivres à Avebe. Zamane
Réfection de 02 ponts sur l’axe national n°09 Canton
1 Infrastructures 3 046 089 X Akom-Dong
(Djoum-Sgma). 2014 Boulou
Contribution pour la construction de deux salles Canton
400 000 X Meyos III
EP Meyos III. Zamane
Canton
Réfection d’une pompe manuelle à Mellen 175 000 X Mellen
Zamane
TOTAL 1 1821 089
Ville de
1 Projets com. Budget prévu 10 000 000 X Djoum-Ville
2015 Djoum
TOTAL 10 000 000

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 36


13.2 Annexe 2 : Liste de contact des personnes ressources rencontrées lors de la mission
Préno
Date Lieu Nom Fonction Structure Téléphone Email
m
[email protected]
11/05 email YEGUE Nadia CCA 00237.[Link]
om
Senior Advisor
18/05 Yaoundé MARTIN Pierre DID 00237.[Link] pmartin@[Link]
PADMIR
Responsable
SFID DJAMEN@groupe-
19/05 Djoum DJAMEN Serge cellule 00237.[Link]
Djoum [Link]
aménagement
Consultant SFID juliengassa@[Link]
19/05 Djoum NGASSA Julien 00237.[Link]
sociologue Djoum m
Michel SFID [Link]@groupe-
19/05 Djoum SIKI Sociologue 00237.[Link]
Jean Djoum [Link]
Secrétaire ANEMCA [Link]@yaho
22/05 email NZOYEM Gabriel 00237.[Link]
Général M [Link]
Plate-
Virgini forme 00237.[Link]/6
26/05 Djoum MVONDO Présidente
e PLANO- [Link]
PAC
Chargé des Mairie 00237.[Link]/6
27/05 Djoum MBA Luc
PME Djoum [Link]
APIFED 00237.[Link]/6
29/05 Djoum BA'ANE Marie Coordinatrice apifed@[Link]
Djoum [Link]
Sous
Agent de 00237.[Link]/6
29/05 Djoum ANGO Marie préfecture
développement [Link]
Djoum
Groupe
MVONDO d'Actions
29/05 Djoum Pierre Président 00237.[Link]
NDONGO Zamane
(GAZA)
Crédit
Communa
Sangmél NGUEMO Chef d'agence
01/06 Herman utaire 00237.[Link] cca@[Link]
ima MEKAM Sangmélima
d'Afrique
(CCA)
Sangmél Samuel CAMMC
01/06 NDJONO Agent de crédit 00237.[Link]
ima Francis UL
COOPEC
Sangmél MENDO
01/06 Patrice Agent de crédit La 00237.[Link]
ima BELA
fourmilière
COOPEC
Sangmél 00237.[Link]/6
01/06 BITE'E Rose Gérante La
ima [Link]
fourmilière
COOPEC
Sangmél Suzann suzanneayolo@yahoo.
01/06 AYOLO Présidente La 00237.[Link]
ima e fr
fourmilière
ELLA Ferdina Directeur SOTRAM ferdinandella1@yahoo
01/06 email 00237.[Link]
ELLA nd Général AS .fr
Délégation
Cyrille Chef poste de 00237.[Link]/6
04/06 Djoum NNA
Patrick agricole Djoum l'agricultur [Link]
e
04/06 Djoum EVINA Alain Agent Délégation 00237.[Link]

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 37


MKONG technique de
agriculture l'agricultur
e
CHENDJ Chef d'agence Express
04/06 Djoum Alain 00237.[Link]
OU Djoum Union
04/06 Djoum Express Exchange 00237.[Link]
NTAMAC Alberti Chef d'agence EMI
04/06 Djoum 00237.[Link]
K ne Djoum Money
BANOUG Projects and CAMCCU 00237.[Link]/6 pauloban2000@yahoo
08/06 Yaoundé Paul
A Liaison Officer L [Link] .fr
ZOUPET CAMCCU 00237.[Link]/6
08/06 Yaoundé Merlin Superviseur mnlemou@[Link]
LEMOU L [Link]
ELOUND Zachari Responsable eloundouo@[Link]
08/06 Yaoundé PADMIR 00237.[Link]
OU e Micro Finance m
[Link]@gfa-
08/06 Yaoundé LORENT Romain Coordinateur PPECF 00237.[Link]
[Link]
La
08/06 Yaoundé OMBANG Ekath Président 00237.[Link] laregionale@[Link]
régionale
Pascali Contrôleur de [Link]@afrigroup
08/06 email CHOULA CCA 00237.[Link]
ne gestion [Link]
DOUANL Directeur douanlaruphin@afrigr
08/06 email Ruphin CCA
A Administratif [Link]
MEKONG Chef d'agence La
08/06 Asse 00237.[Link]
O Djoum régionale
ZAKAMD Responsable ZAKAMDI@groupe-
09/06 Douala David SFID 00237.[Link]
I certification [Link]
Paul
Groupe
09/06 Douala HUET Emman Directeur RSE HUET@[Link]
Rougier
uel

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 38


13.3 Annexe 3: Calendrier des AGR pratiquées dans la zone d’étude
Juin Juillet Aout Sept. Oct. Nov. Déc. Janvier Février Mars Avril Mai
SAISONS PETITE SAISON SECHE GRANDE SAISON PLUVIEUSE GRANDE SAISON SECHE PETITE SAISON PLUVIEUSE
CULTURES
PREPARATION OPERATIO
VIVRIERES
CHAMPS NS RECOLTE + PREPARATION CHAMPS OPERATIONS
TRIMESTRIELLES RECOLTE SEMIS SEMIS
CAMPAGNE CULTURA CAMPAGNE SUIVANTE CULTURALES
(arachide, maïs,
SUIVANTE LES
haricot, soja)
CULTURES 1ere RECOLTE de
OPERATIONS CULTURALES SEMIS
VIVRIERES campagne janvier à mai
ANNUELLES
(manioc, macabo, 2ème RECOLTE + Préparation du
SEMIS OPERATIONS CULTURALES RECOLTE
bananier plantain, campagne terrain
igname)
1ere Pépiniè repiquag
entretien RECOLTE
campagne re e
MARAICHAGE
2ème
(tomates et piments)
campagne (en RECOLTE Pépinière repiquage entretien RECOLTE
bas fonds)
Jeune Piquetage/ Mise en place des
Entretien des plants (défrichage, traitement insecticide, engrais foliaire)
cacaoyère Trouaison plants
Traitement
CACAOCULTURE Traitem
Plantation Traitements fongicides Récolte sanitaire et fongicide (de
Défrichage RECOLTE ent anti Défrichage
adulte (1 passage toutes les 3 semaines) taille des plants mai à
capsides
décembre)
Jeune Piquetage/ Mise en place des
Entretien des plants (défrichage, traitement insecticide, engrais NPK 20-10-10)
palmeraie Trouaison plants
Entretien des plants
Traitement
PALMIER A HUILE (défrichage,
Plantation insecticides et
2eme RECOLTE traitement RECOLTE PRINCIPALE Elagage des plants
adulte fongicides et
insecticide, engrais
épandage d'engrais
NPK 20-10-10)

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 39


Juin Juillet Aout Septembre Octobre Nov. Décembre Janvier Février Mars Avril Mai
PETITE SAISON
SAISONS GRANDE SAISON PLUVIEUSE GRANDE SAISON SECHE PETITE SAISON PLUVIEUSE
SECHE
MOABI : collecte + séchage + transformation + vente
NJANSANG : collecte + séchage +
transformation + vente
4 COTES : collecte + séchage + transformation + vente
MANGUE SAUVAGE : collecte + séchage +
transformation + vente
PFNL RONDELLES : collecte + séchage +
transformation + vente
BITTER COLA : collecte + séchage +
transformation + vente
CHENILLES DU
SAPELLI : collecte
EBAÏE : collecte + séchage + transformation +
vente
PECHE PECHE TRADITIONELLE
INSTALLATIO
PISCICUL VIDANGE DES ETANGS ET CURAGE DES ETANGS
ELEVAGE N DES ELEVAGE
TURE COMMERCIALISATION ET ENTRETIENS
ALEVINS

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 40


13.4 Annexe 4: Liste de 75 PFNL collectés dans la zone d’étude
(BRACKE C. et al, 2014)

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 41


Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 42
Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 43
Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 44
13.5 Annexe 5 : Liste des contacts des organisations paysannes actives dans la zone d’étude

Transformation
Agricul Apicul Piscic
ENTITE Localisation Elevage PFNL Tontine NOM PRENOM TELEPHONE
ture ture ulture
huile de
manioc
palme
GISSEPAD ACRA X ROBERTSON
DJOUM
ESSA BELINGA X X NKONO
VILLAGE
ABING
CURE-
Association CLLS (mission X X X
DJOUM
catholique)
NOUVELLE AKOM
X X X X MVONDO Virginie [Link] [Link]
GENERATION BINYENG
GIC ESPOIR ENDENGUE X EVINA [Link] [Link]
GIC UNITE DJOUZE X AKAMELA [Link]
GIC ENTRE NOUS DJOUZE X ENGONO [Link]
Association
MIATTA X X ZOMBO [Link] [Link]
CODDAM
Martine
FE'EK ESSOLO MVENG X MLEME [Link] [Link]
Rose
GIC OYILI MVENG X NDEMBA Lydienne [Link]
CHARITE NKO X NKO'O [Link]
GIC ALLIANCE NYABIBETE X ZILI ZE [Link] [Link]
MAIN DANS MAIN NYABIBETE X MFOMFO
MELLEN
GIC MEL X NKOEN [Link] [Link]
BULU
MELLEN
GIC SOLEIL X X X MINLA'A [Link]
BULU
EMERGENCE NKOLANTUI X EBALE [Link]
GIC AEROPORT NKAN X X X ELLA [Link]
ESSAYONS VOIR MINKOO X ESSONO [Link]
GIC LUMIERE MINKOO X X MBO Lydienne [Link]

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 45


GIC NYEANE MINKOO X X X NYANGONO Henriette [Link]
GIC SAGESSE AYENE X
GIC GREADEM MFEM X NGBWA
GIC NNA et fils MFEM X NNANNA [Link]
BANESSONG ESSONG X ASSAE [Link]
MANESSONG ESSONG X ASSO [Link] [Link]
GIC FAPS ESSONG X
GIC OYO MOMO YEN X AKOUMBA
GIC BON CŒUR YEN X X
GIC PALMERAIE OKPWENG X X NANGA [Link]
AKOM ENGBWENG
GIC AAA2 X
ZAMANE BWA
GIC EFOULAN
X X ELANGA
FLAMBOYANT ZAMANE
RESEAU DES
BEH Marie
FEMMES DE DJOUM X X X [Link]
MENGUE Marthe
DJOUM
ASSOCIATION
AYENE X YADELLE Isabelle
ENTENTE
GIC ESPERANCE
DJOUM X X ABOMO ZO'O Odile [Link]
D'ALOP
GIC ABOU
DJOUM MEBANDA
DYNAMIQUE ET X X Julienne [Link]
VILLAGE MDO'O
BAKA
ASSOCIATION
MINKO'O X BEDA MDO Gertrude [Link]
TOUS LES Jeunes
GICAD DJOUM X HUGUES Germaine
PROBAMA ESSONG X KELLE Naome
ESSAYONS VOIR ENDENGUE X ABENDANG Honorine
AKOM
GICAAZ X
ZAMANE
GIC GAZA EFOULAN X MVOMO Pierre [Link]
ASSOCIATION
DYNAMIQUE DES ABOELON
ACHETEURS DE

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 46


DECHETS DE BOIS
ASSOCIATION DES
MOTOS TAXI DE DJOUM
DJOUM
ASSOCIATION DES
CHARBONNIERS ABOELON
DE DJOUM
CERCLE
ASSOCIATIONS
FEMININES POUR
LE DJOUM X NDONGO [Link]
DEVELOPPEMENT
DE DJOUM
(CAFED)
ASSOCIATION
COLLECTIF DES
DJOUM
MENUISIERS DE
DJOUM
ASSOCIATION LES
BONS DJOUM
SAMARITAINS
ASSOCIATION
MINTOM ABAWOMI
BAKA DE MINTOM
ASSOCIATION
FAMILLE DJOUM X ONGO Hélène
JUDICIAIRE
VOLONTAIRES DU
DJOP X MBITA Gérard [Link]
PROGRES
GIC LES BIKA
OKPWENG X X Elyse [Link]
FRUITERIES NDOUMOU
CENTRE D'APPUI BEH Marie
ENDENGUE X X [Link]
AUX DEMUNIS MENGUE Marthe
RENOUVEAU MIATTA X BEKONO Marie Noel [Link]
MIENDA YA ENDENGUE X EBENE Antoinette [Link]
DJOUM X MENGUETE Parfait [Link]
COOPERATIVE- EFOULAN
X X AKOMEZOO Béribeau [Link]
CA-E-ZA ZAMANE
ASSOCIATION
ELLENG X X NDJAMBANE Odile [Link]
FEMMES

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 47


AMBITIEUSES

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 48


13.6 Annexe 6 : Termes de références de la mission
Renforcement du développement local par l'étude de la faisabilité d'un système de microcrédit – Site
de Djoum de la SFID (Groupe Rougier)
Etude de l’adéquation entre les besoins en financement des ménages ruraux pour la mise en place
d’activités génératrices de revenus (AGR) et les produits financiers proposés par les systèmes financiers
décentralisés de la zone d’étude
CONTEXTE ET OBJECTIFS
Contexte, bénéficiaire et zone de l’étude
Cette intervention vise à répondre d'une manière optimale, réaliste et adaptée au Principe 4.4 du référentiel
FSC, préconisant une contribution des concessionnaires forestiers au développement économique et social
des populations locales dimensionnée à l’échelle de leurs activités et à l’étendue des impacts sur les dites
populations.
D’année en année, le Groupe Rougier multiplie les actions concrètes permettant d’assurer la durabilité de ses
activités en Afrique. Le Groupe s’engage à prendre en considération de manière équilibrée les rôles
économiques, sociétaux et environnementaux de la forêt, ainsi il se dirige vers la certification FSC® de
l’ensemble des concessions forestières exploitées par le Groupe.
De nouvelles étapes ont été franchies depuis 2012 d’autant qu’un nouveau standard sous régional FSC®
s’applique aux concessionnaires forestiers dans le Bassin du Congo.
- certification FSC® des 3 concessions forestières gérées par SFID à l’Est du Cameroun en mars 2013 ;
- certification FSC® de la CFAD de Moyabi gérée par Rougier Gabon à l’Est du Gabon en octobre 2013 ;
- audit chaîne de traçabilité / FSC® Controlled Wood gérés par SFID au Sud du Cameroun.
L’étude se mettra en œuvre au sein des villages riverains des UFA de SFID-Djoum (massifs forestiers de
Djoum-Mintom et Mpacko). Ces massifs forestiers représentent environ 265 000 ha et comptent 41 villages
Bantous ainsi qu’une vingtaine de campements Bakas.
Suite à des études préalables par la SFID (Site de Djoum), il ressort que des fonds importants sont alloués à
des projets de développement communautaire. Cependant, l'aboutissement de ces projets est loin d'être
satisfaisant, pour diverses raisons :
- Les fonds passent toujours par le percepteur municipal amenant plus de lourdeur administrative pour
le comité de sélection des projets.
- Les critères d’éligibilité ne permettent pas l’émergence et la réalisation d’initiatives individuelles,
seuls les projets communautaires étant appuyés.
- La sélection des villages bénéficiaires de l’appui de la société annuellement reste approximative :
l’approche du bloc quinquennal avec 6 villages continue à alimenter les frustrations.
De plus, la contribution de la SFID à Djoum présente des variations beaucoup trop importantes entre les
villages ; géographiquement et temporellement. Cela engendre donc un sentiment de frustration au sein de
villages riverains et pouvant amener par la suite à des tensions sociales.
Cette étude cherche donc à étudier la faisabilité de la mise en place d'un système microcrédit/microfinance
sur un site pilote (Djoum, Cameroun) afin de pouvoir ensuite analyser la faisabilité de transposer ce système
sur d'autres sites du Groupe Rougier au Cameroun.
Cette étude cherchera notamment à recenser toutes les différentes initiatives individuelles qui n’ont jusqu’ici
pas pu se concrétiser faute de financement de type micro-crédit ou faute d’avoir pu être relayées par les
chefs de village au regard du système actuellement en place qui favorise plutôt les projets communautaires.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 49


Objectif principal et objectifs spécifiques
L'objectif principal de l’étude est de mieux comprendre comment améliorer l’adéquation entre les besoins en
financement des ménages ruraux nécessaire à la mise en place d’activités génératrices de revenus (AGR)
dans la zone d’étude et l’offre de produits financiers proposée par les systèmes financiers décentralisés.
Cette étude sera menée en collaboration directe avec la cellule responsabilité sociale et environnementale de
SFID-Djoum.
Les objectifs spécifiques du Projet sont les suivants :
Objectif 1 : Recenser les activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées dans la zone d’étude et en
mesurer la rentabilité économique et l’impact social
Les AGR représentent l’ensemble des activités qui sont pratiquées couramment et localement par les
ménages ruraux et qui leur procurent des revenus. Ces activités sont très diversifiées, cela peut être par
exemple la pratique de la pêche, l’élevage (pisciculture, volaille, petits ruminants, embouche, etc.), le
commerce (petit commerce au détail, achat/revente de produits agricoles et PFNL, etc.), les plantations
(bananes, cacao, café, etc.), etc. Dans un premier temps, cette étude aura donc pour objectif de recenser les
AGR couramment pratiquées par les ménages ruraux de la zone et d’en calculer la rentabilité économique et
d’en évaluer l’impact social éventuel.
Dans un second temps, il s’agira d’analyser les initiatives non pratiquées à ce jour (ou très peu) mais à fort
potentiel s’il y avait des financements de départ. Certains acteurs représentatifs des populations seront
également d’interviewés afin d’identifier les initiatives individuelles et/ou collectives qui n’ont jusqu’ici pas
pu se concrétiser faute de financement de type micro-crédit.
Objectif 2 : Faire un état des lieux de l’offre des produits financiers proposée par les systèmes
financiers décentralisés implantés et actifs dans la zone d’étude
Il s’agira de rencontrer les opérateurs financiers (banques, établissements de micro finance, etc.) implantés
dans la zone de l’étude (aux niveaux de la localité, de la région du Sud, du pays), d’en faire l’état des lieux
en termes d’activités, de croissance, de performances et de vision stratégique de financement du monde
rural.
Objectif 3 : Confronter l’offre de produits financiers des SFD aux besoins des ménages ruraux
Ainsi il sera prévu d’évaluer si les produits de financement qu’ils proposent sont adaptés ou non aux besoins
et aux capacités des ménages ruraux (en termes de conditions à remplir, garanties, taux d’intérêt, etc.) ainsi
qu’à leur calendrier socio-économique (pour ajuster les périodes d’octroi de crédit, de remboursement, etc.).
Objectif 4 : Concevoir éventuellement de nouveaux produits financiers mieux adaptés aux besoins des
ménages ruraux de la zone d’étude
Au terme de cette intervention, il sera alors possible d’envisager des produits financiers adaptés et des
mesures alternatives de développement local sur base des résultats des études.
L'expérience acquise par la SFID-Djoum lors de la réalisation de cette étude de faisabilité pourra être utilisée
pour mener de manière plus rapide ce type d'étude sur un autre site du Groupe Rougier selon les contextes
rencontrés.

MÉTHODOLOGIE ET RÉSULTATS

Définition de la prestation
Cette étude d’une durée de 1 mois avec 3 semaines de terrain, se concentrera au niveau des massifs
forestiers de Djoum-Mintoum et Mpacko gérés par SFID (comportant 41 villages Bantous ainsi qu’une
vingtaine de campements Bakas).

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 50


Personnes ressources pour la mise en œuvre de l’intervention
Les personnes ressources concernées par cette étude (1 mois) sont les suivantes :
- Consultant bioingénieur agro-économiste
- Staff de l’Antenne de gestion Responsable de SFID-Djoum, en particulier la cellule sociale.
En début de mission, l’expert principal rencontrera le gestionnaire du Programme « Promotion de
l’exploitation certifiée des forêts » pour présenter le calendrier et la méthodologie de l’intervention.

Activités et résultats attendus


Les résultats attendus à l’issue de cette étude ainsi que les activités à réaliser pour y parvenir sont les
suivantes :
R.A.1 : Les principales activités génératrices de revenus (AGR) pratiquées dans la zone d’étude sont
identifiées et leur rentabilité économique et leur impact social sont évalués.
A.1.1 : Identifier les AGR pratiquées couramment dans la zone et mettre en exergue les potentiels
économiques dans une approche chaine de valeur (de la production à la commercialisation en passant par la
transformation).
A.1.2 : Calculer la rentabilité économique des AGR identifiées et en évaluer l’impact social (alternative à
l’exode rural, valorisation des activités féminines, renforcement de la solidarité au niveau du village, etc.)
R.A.2 : L’offre des produits financiers proposée par les systèmes financiers décentralisés (SFD)
implantés et actifs dans la zone d’étude est identifiée et analysée
A.2.1 : Rencontrer les SFD implantées dans la zone d’étude, analyser leur portefeuille de produits financiers
et comprendre leur stratégie de développement.
A.2.2 : Sensibiliser les SFD rencontrés à la problématique de financement des AGR des ménages ruraux les
plus pauvres
R.A. 3 : L’offre en produits financiers des SFD s’adapte aux besoins de financement des AGR des
ménages ruraux
A.3.1 : Evaluer si l’offre en produits financiers des SFD est adaptée aux besoins des ménages ruraux
A.3.2 : Réfléchir avec les SFD sur comment améliorer cette adéquation entre offre et besoin
A.3.3 : Envisager de nouveaux produits financiers mieux adaptés
Résultats et recommandations

Dans le cas où l'étude de faisabilité est positive, il sera alors possible de réfléchir à mettre en œuvre ce
système de microcrédit. Cela fera l'objet d'une intervention à part (hors Projet).

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 51


ENCADREMENT DE LA PRESTATION

Expertises et personnels exécutant

Nature+
L’Association sans but lucratif (asbl) Nature + a développé de nombreux partenariats avec les entreprises
forestières dans le bassin du Congo. Elle met en œuvre des projets de recherche et de développement
intégrant différents aspects scientifiques et techniques nécessaires à la gestion durable des forêts tropicales
contribuant à la certification. Nature + appuie les cellules aménagement et certification pour plusieurs
sociétés et dispense régulièrement des appuis techniques en matière de mise en œuvre de Plan
d'aménagement et d'Exploitation Forestière à Impact Réduit.
Nature + collabore étroitement avec le Laboratoire de Foresterie des Régions tropicales et subtropicales
(FORTROP, Unité de Gestion des Ressources forestières et des Milieux naturels de Gembloux Agro-Bio
Tech, Université de Liège), garantissant le sérieux des approches et la rigueur de la démarche, en particulier
dans le domaine de la gestion durable.
L'expertise de Nature+ sera représentée par Gauthier MALNOURY, bioingénieur agro-économiste, avec
une expertise en financement rural et agricole.

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 52


13.7 Annexe 7 : Fiches de présence

Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 53


Etude de faisabilité – Système de microcrédit SFID Djoum - Rapport 54

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