Clicmag 046
Clicmag 046
! ClicMag n° 46
Votre disquaire classique, jazz, world Février 2017
HOWARD GRIFFITHS
Un chef rare, à la direction de l’inconnu
© Peter Hundert
Bach à Brandebourg : Œuvres Brahms : Symphonies n° 1 et 2 J. Brahms : Symphonies n° 3 et 4 B. Britten : Variations sur un thème L. Cherubini : Symphonie en ré Franz Danzi : Les symphonies
orchestrales de J.S. et C.P.E. Bach Brandenburgisches Staasorchester Brandenburgisches Staatsorchester de Bridge; Saint Nicolas majeur; Il Giulio Sabino; Lodoiska Orchestra della Svizzera Italiana; Howard
Brandenburgisches Staatsorchester Frankfurt; Howard Griffiths Frankfurt; Howard Griffiths Mark Tucker; Zucher Kammerorchester; Orchestre de Chambre de Zurich; Howard Griffiths
Frankfurt; Howard Griffiths Howard Griffiths Griffiths
KL1502 - 1 CD Klanglogo KL1513 - 1 CD Klanglogo KL1514 - 1 CD Klanglogo CLA2302 - 1 CD Claves CPO999521 - 1 CD CPO CPO777351 - 2 CD CPO
Happy Go Lucky : Strauss, Offen- Franz A. Hoffmeister : Symphonies Joseph Holbrooke : Amontillado; Joseph Holbrooke : «The Raven»; Concertos pour instruments tradi- Salomon Jadassohn : Symphonie
bach, Gershwin, Bizet… en do et ré majeur The Viking; Ulalume «Auld Land Syne»; Concerto violon tionnels suisses de J. Daetwyler, H. n° 1-4
Brandenburg State Orchestra Frankfurt; Orchestra della Svizzera Italiana; Howard Brandenburg State Orchestra Frankfurt; J. Ingolfsson, violon; Brandenburgisches Marti, P. Huber Brandenbourgisches Staatsorchester
Howard Griffiths Griffiths Howard Griffiths Staatsorchester Frankfurt; Howard Griffiths Orchestre de Chambre de Zürich; Griffiths Frankfurt; Howard Griffiths
KL1516 - 1 CD Klanglogo CPO777895 - 1 CD CPO CPO777442 - 1 CD CPO CPO777636 - 1 CD CPO MGB6167 - 1 CD Mus. Suisses CPO777607 - 2 CD CPO
Rudolf Kelterborn : Concerto Gustave Kerker : Opérettes «Die Musique de films : Star Wars, Liste Orchestra Lollipops : Elgar, Nielsen, Dora Pejacevic : Concerto pour Ignaz J. Pleyel : Symphonies B 115,
violoncelle et orchestre; Namenlos; oberen Zehntautend», «Burning to de Schindler, James Bond, Pirates Gershwin, Strauss II... piano et œuvres orchestrales 126 et 140
Concerto pour clarinette basse Sing», «The Belle of New York» des Caraïbes, Apocalypse Now… Brandenburgisches Staatsorchester Oliver Triendl, piano; Ingeborg Danz, alto; Orchestre de Chambre de Zurich; Howard
Monighetti; Müller; OS de Bâle; Griffiths Kottmair; Stefanoff; Wiemer; Griffiths Brandenburgisches Staatsorchester... Frankfurt; Howard Griffiths Howard Griffiths, direction Griffiths
MGB6182 - 1 CD Mus. Suisses CPO777509 - 2 CD CPO KL1518 - 1 CD Klanglogo KL1506 - 1 CD Klanglogo CPO777916 - 1 CD CPO CPO999759 - 1 CD CPO
Ferdinand Ries : Die Räuberbraut F. Ries : Intégrale des symphonies F. Ries : Ouvertures «La Fiancée F. Ries : Symphonies n° 3 et 5 F. Ries : Symphonies n° 4 et 6 Ahmed A. Saygun : Concertos pour
op. 156, opéra en 3 actes Orchestre de Chambre de Zurich; Howard de Messine», «Don Carlos», «Bar- Orchestre de Chambre de Zurich; Howard Orchestre de Chambre de Zurich; Howard piano n° 1 et 2
Ruth Ziesak; Thomas Blondelle; OS de la Griffiths dique», «L’Apparition» Griffiths Griffiths G. Onay, piano; OS de Bilkent; Howard
radio de Cologne; Howard Griffiths OS de la radio de Cologne; Griffiths Griffiths
CPO777655 - 2 CD CPO CPO777216 - 4 CD CPO CPO777609 - 1 CD CPO CPO999547 - 1 CD CPO CPO999836 - 1 CD CPO CPO777289 - 1 CD CPO
Ahmed A. Saygun : Concerto pour M. Schütter : Concerto piano; L. Spohr : Symphonies n° 3 et 10; L. Spohr : Symphonies n° 2 et 8 L. Spohr : Symphonies n° 4 et 5; Louis Spohr : Symphonies n° 7 et 9
alto, op. 59 Pastorale clarinette et orchestre / H. Grand Concert Ouverture OP de la radio allemande; Howard Griffiths Ouverture «Der Matrose» OP de la radio de Hanovre; Howard
Mirjam Tschopp, alto; OS de Bilkent; Schaeuble : Concerto piano, op. 50 OP de la NDR; Howard Griffiths OP de la NDR; Howard Griffiths Griffiths
Howard Griffiths A. Rebstein; Orchestre de Zürich; Griffiths
CPO777290 - 1 CD CPO MGB6162 - 1 CD Mus. Suisses CPO777177 - 1 SACD CPO CPO777178 - 1 SACD CPO CPO777745 - 1 SACD CPO CPO777746 - 1 SACD CPO
L. Spohr : Symphonies n° 1 et 6 ; A. Tansman : Concertino, Stele, Johann B. Vanhal : 2 Symphonies; Pavel Vranicky : Grande sinfonie, C.M. von Weber : Intégrale des Johann W. Wilms : Symphonies n° 1
Ouverture, op. 12 Elégie pour piano et orchestre Concerto pour violoncelle op. 31; Symphonie, op. 52 ouvertures et 4; Ouverture en ré majeur
OP de la NDR; Howard Griffiths C. Seibert; Brandenburgisches Staatsor- István Várdai, violoncelle; Camerata OP de la radio de Hanovre; Howard OS de la radio de Cologne; Howard OP de la NDR; Howard Griffiths
chester Frankfurt; Howard Griffiths Schweiz; Howard Griffiths Griffiths Griffiths
CPO777179 - 1 SACD CPO CPO777449 - 1 CD CPO CPO777612 - 1 CD CPO CPO777054 - 1 SACD CPO CPO777831 - 1 CD CPO CPO777209 - 1 SACD CPO
J
devaient se contenter jusque-là de osef Holbrooke demeure le génie Brandenburgisches Staatsorchester Frankfurt;
l’intégrale d’Alfred Walter (chez Marco maudit de la musique britannique Howard Griffiths
Polo, désuète et assez mal enregistrée) comme le fut Rued Langaard pour la KL1514 • 1 CD Klanglogo
et celle d’Howard Shelley chez Hyperion Franz Krommer (1759-1831)
P
musique danoise : des originaux abso- our cet enregistrement des Troi-
de meilleure qualité mais dispersée. Né lus, libres dans la marge, maudits par Symphonies n° 1-3
sième et Quatrième Symphonies de
à Brunswick en 1784, Ludwig Spohr l’institution malgré leurs succès publics Orchestra della Svizzera Italiana; Howard Griffiths
débute sa carrière comme violoniste (il Brahms, Howard Griffiths s’est appuyé
et l’admiration des lettrés, réfugiés dans CPO555099 • 1 CD CPO sur la dernière édition de l’Urtext tout en
écrira quinze concertos) avant d’être un
L
leurs œuvres qui les rédimeront pour e Tchèque Franz Krommer est l’un intégrant les travaux d’un certain Fritz
chef d’orchestre et pédagogue réputé en
la postérité. C’est à peu prés entendu des principaux compositeurs ger- Steinbach (1855-1916), chef allemand
Angleterre puis à Vienne et à Kassel où
pour les Symphonies de Langaard, bien maniques de la période classique reconnu et cité par le compositeur lui-
il restera le musicien attitré du Prince
moins pour Holbrooke dont le génie aux côtés de Haydn, Mozart, Gluck
Electeur jusqu’à sa mort en 1859. Il même comme étant, à l’époque, son
orchestral est pourtant saisissant. Com- et CPE Bach. Violoniste, organiste et
compose beaucoup de musique de meilleur interprète. Directeur musical de
mencez donc le disque par son dernier chef d’orchestre, il devient en 1813 le
chambre avant de se consacrer à l’or- la Hofkapelle de Meiningen (Thuringe)
opus, ce Corbeau (The Raven). Les au- compositeur officiel de la Cour Impé-
chestre. Outre les concertos (pour vio- entre 1886 et 1903, il inscrit les œuvres
diteurs du Crystal Palace le découvrent riale d’Autriche. Bien qu’il soit alors
lon et pour clarinette), dix symphonies de Brahms au répertoire de cette forma-
un soir de 1900, conte noir inspiré par considéré comme l’égal de Haydn et
et quelques oratorios verront le jour. tion alors très renommée : travaillant
Poe, l’opus 1 d’un jeune homme qui que son imposante production (plus
Ces œuvres témoignent avant tout d’un sans cesse ses partitions d’orchestre
n’a pas encore passé ses 22 ans. Sen- de 300 œuvres répertoriées) soit reçue
métier sûr, sans révéler de véritable per- au point de les couvrir d’innombrables
sonnalité. Fidèle à la grande forme, ama- sation devant cet orchestre fuligineux, favorablement par la critique, sa mu-
sombre, génialement composé qui dis- sique souffre de la concurrence locale notes, commentaires et observations, il
teur de contrepoint, Spohr puise dans le
tille un malaise. Des dames se seraient (Beethoven notamment) et se démode instaure par sa manière de diriger ces
répertoire classique (Mozart était son
évanouies dit-on. En tous cas la carrière rapidement : sitôt après sa mort son symphonies une « tradition de Meinin-
dieu) pour composer des symphonies
riches de mélodies fluides et orches- s’ouvrait devant le jeune compositeur. nom tombe dans l’oubli. Ecrites entre gen » cautionnée par Brahms et perpé-
trées toujours efficacement. Privilégiant Il restera fidèle à Poe, proposant sa 1797 et 1807, ces trois symphonies de tuée ensuite par ses élèves et succes-
pupitres ou solistes à la manière de propre version des Carillons qui tient jeunesse (sur un total de douze) se dis- seurs. L’apport de Steinbach consiste
concertos. Si le pédagogue, interprète tête fièrement à celle de Rachmani- tinguent par un style alerte et inventif, essentiellement à s’autoriser de légères
et compositeur Spohr fréquente des nov, dressant le portrait de l’écrivain et un brillant traitement des vents (fruit variations liées aux tempi (plutôt enle-
musiciens aussi différents que Weber, américain dans sa Première Sympho- de quelques années de service auprès vés) et à l’équilibre des ensembles et
Liszt, Berlioz, Wagner ou Paganini, il nie. Le fantastique, l’étrange furent sa d’un général d’infanterie) qui met en des voix, permettant ainsi d’accentuer
restera toujours étanche aux nouveau- vraie nature. Et qui entendra ici « The valeur leurs couleurs et leurs timbres, le phrasé de certains thèmes et de
tés de son époque et à l’influence de Raven » dans la lecture crépusculaire et particulièrement lors des dialogues nuancer ou contraster certaines cou-
ces derniers. On entend dans ce classi- fantasmagorique qu’en délivre Horward avec les cordes. Alors que la Première leurs tonales. Même si cette version ne
cisme élégant et hautain le raffinement Griffiths et son orchestre ne pourra être Symphonie opère une habile synthèse bouleverse pas une discographie déjà
d’un Mendelssohn, quelques échos que saisi par l’art suggestif du compo- des styles de Haydn et Mozart, les deux
pléthorique, le résultat est toutefois
beethovéniens et des réminiscences ro- siteur : rien ne s’était vu en Albion de si suivantes s’émancipent de ces modèles
intéressant et probant : ces deux sym-
mantiques (Schubert). La Sixième sym- sombre, de si prégnant, de si singulier. et adoptent un langage plus personnel
Le reste du disque illustre l’autre face, phonies gagnent en effet sensiblement
phonie dite « Historique » offre ainsi un où pointent déjà des accents préro-
celle du compositeur adoubé, installé, en fluidité, vigueur et clarté, bénéfi-
panel d’emprunts stylistiques de Bach mantiques : les thèmes s’affirment, les
à Auber. Les dernières symphonies qui sait aussi briller, cycle de varia- contrastes deviennent plus marqués et ciant d’une lecture analytique et d’un
s’orientent plus spécifiquement vers le tions habilement troussée ou Concerto des effets dramatiques apparaissent : orchestre d’une grande ductilité dont
chromatisme. Le chef anglais Homard pour violon bavard et jouissif, jouant notes répétées, silences, chromatismes, la pâte sonore s’éclaircit en adoptant la
Griffiths est le spécialiste d’un certain des clichés avec une certaine ironie. dissonances... Vive, ardente et précise, disposition spatiale d’origine (premiers
répertoire, souvent méconnu, à la char- Mais le vrai visage d’Holbrooke est tout l’interprétation d’Howard Griffiths à la et seconds violons séparés), autant de
nière entre classicisme et romantisme. entier dans le coup de maître de « The tête de l’Orchestre de la Suisse Italienne détails qui rafraîchissent et renouvellent
Aidé d’un orchestre rodé, il rend à Raven ». Puisse CPO poursuivre dans est superlative. (Alexis Brodsky) notre écoute. (Alexis Brodsky)
Marco Dall’ Aquila (?1480-?1538) Johann Sebastian Bach (1685-1750) Johann Sebastian Bach (1685-1750)
9 Ricercars pour luth; Préambule n° 71; Suites pour luth, BWV 995-997 et 1006A Partitas n° 1-6, BWV 825-830
Fantaisies sur « Vous usurpes » et n° 29; (version guitare) Charles Owen, piano
C’est a grand tort; J’ayme le cueur de Giacomo Copiello, guitare; Victor Valisena, guitare; AVIE2366 • 2 CD AVIE Records
m’amye; La traditora; Bernardo non puol Michele Tedesco, guitare; Giacomo Susani, guitare
stare
Sandro Volta, luth
STR37055 • 1 CD Stradivarius L es cinq Partitas de Bach composées
entre 1726 1731 sont des suites
A près son volume 1 paru en 2014 à 25 ans), talentueux, et représentent, esprits des amateurs de musique »
(BRIL94805) le luthiste italien San- sous l’égide de Stephano Grondona, la par leur charme « cosmopolite » et la Johann Sebastian Bach (1685-1750)
dro Volta, grand expert de la période nouvelle école de guitare italienne et, sophistication de leur écriture. Elles Le clavier bien tempéré, livre 1 et 2
assurément, placent la barre bien haut. constituent le premier recueil du Cla- Sviatoslav Richter, piano (Innsbruck, 1973)
Renaissance, poursuit son travail sur ce
répertoire en enregistrant une série de Pour preuve cette heureuse parution du vier-Ubung et furent intégralement PDVA1501 • 1 DVD Audio Parnassus
« Recercar » (traduisez par recherche) label stradivarius où chaque guitariste
composée par Marco Dall’Aquila qui interprète une des quatre suites les
Baker, ont mis leurs timbres uniques
bien qu’originaire d’Aquila, vécut prin- plus emblématiques pour luth de Bach,
BWV995 pour [Link], BWV996 pour
Sélection ClicMag ! mais surtout leurs génies. Révolu-
cipalement à Venise où il obtint, en tion de l’interprétation historiquement
privilège de son talent exceptionnel de [Link], BWV997 pour [Link] et informée oblige, les altos masculins
compositeur et luthiste, la vente d’im- BWV1006a pour [Link]. Bach à la s’en sont emparés – Iestyn Davies y
pression pour tablatures de luth durant guitare, c’est merveilleusement beau ajoute « Ich habe genug »; mais dès
une période de dix ans. Le Recercar est mais extrêmement complexe dans l’entreprise pionnière de Nikolaus Har-
l’interprétation et l’expression, pié- noncourt et de Gustav Leonhardt, Paul
une forme musicale instrumentale ty-
geant nombre de guitaristes parmi les Esswood importa ici son allemand
pique de cette période basé sur un pro-
plus grands, s’imaginant, à tort, qu’il exotique : le contre-ténor allemand
cédé d’imitation qui enchaîne différents
faut jouer vite, afficher une virtuosité n’existait alors simplement pas, ou du
épisodes musicaux. C’est une forme
hors norme pour asseoir sa notoriété, moins plus. Iestyn Davies, plus formé
plus ancienne et moins élaborée que la Johann Sebastian Bach (1685-1750) à Haendel, que ce soit à la chapelle ou
entraînant des surenchères techniques
fugue qui lui succèdera. Outre ces Re- Cantates BWV 52, 54, 82, 170 et 174 au théâtre comme l’a prouvé récem-
où la musique est ramenée au second
cercar, Volta interprète, avec expression Iestyn Davies, contre-ténor; Ensemble Arcangelo; ment un désarmant David, y rappelle
plan. Cet aparté posé, ces magnifiques
et maîtrise, de très belles fantaisies, déjà Jonathan Cohen, direction plutôt Deller qu’Eswood, question de
pages, illustrant au mieux les potentiali-
très structurées, et termine ce disque CDA68111 • 1 CD Hyperion timbres, d’art du mot, de ligne, et même
tés polyphoniques de la guitare, exigent
I
par deux intéressants et rares duos de ls ont franchis le guet. Après deux d’aigus, agile et lunaire à la fois, comme
un haut niveau instrumental ce qui ne
luths avec l’apport de Fabio Refrigeri. A albums consacrés à l’empire des cas- si, à l’imitation de Deller justement, il
fait nullement défaut aux interprètes.
l’instar du célèbre Francesco da Milano, trats (Guadagni, puis Porpora), Iestyn mettait dans les textes paraboliques
Mais la réussite de ces solistes, c’est
Marco Dall’Aquila a considérablement Davies, Arcangelo et Jonathan Cohen des Kantaten les émotions des Songs
précisément leur exceptionnelle musi-
entrent chez Bach. Pour les seconds de Dowland ou de Purcell. Certains
contribué à l’essor de la musique ita- calité, leur profonde sensibilité, où la
ils y sont depuis leur fondation, mais crieront au détournement, pas moi, qui
lienne pour luth au XVIe siècle et les technique est au service de la musique l’enfant du Yorkshire y est venu au entends ce timbre magique et cet art
vingt pièces présentées offrent un sur- et non le contraire. Malgré un jeu en- disque voici relativement peu, contre- discret se fondre dans les (trop ?) jolis
prenant aperçu de l’inventivité remar- core perfectible, on reste très agréa- ténor dans une Johannes Passion pour décors d’Arcangelo. Refermant l’album,
quable de ce polyphoniste sur le luth à blement surpris par l’homogénéité et la le même éditeur. Le voici gravant trois me prends une irrésistible envie de
six chœurs. Un magnifique voyage dans grande qualité des interprétations par- Cantates dont deux où les contralto, d’ réentendre « Vergnügte Ruh’, beliebte
le temps avec cette musique intimiste et ticulièrement pour Tedesco et Susani. Hilde Rössel-Majdan à Aafe Heynis en Seelenlust » par Deller et Leonhardt….
apaisante. (Philippe Zanoly) (Philippe Zanoly) passant par Maureen Forrester et Janet (Jean-Charles Hoffelé)
L
pianos et orchestre résolument néoclassique, assimile e label Berlin Classics poursuit son
CDA68055 • 1 CD Hyperion
Dobri Paliev, percussion; Plamen Todorov, per- diverses tendances de son époque : hommage à l’emblématique chef
cussion; Piano duo Genova & Dimitrov; Orchestre
Symphonique de la Radio Nationale Bulgare;
Yordan Kamdzhalov, direction
la musique française dans le premier
mouvement, l’énergie motorique de
d’orchestre du Gewandhausorchester
Leipzig avec la réédition d’un enregis- P ourquoi le Deuxième Concerto de
Max Bruch, qui élève dans ses pre-
mières mesures une des plus belles
Prokofiev dans le brillant second mou- trement de 1962. L’excellente prise de
CPO555001 • 1 CD CPO vement tout juste interrompu par une son pour l’époque permet de rendre suppliques jamais écrite pour le violon,
est-il resté dans l’ombre du démonstra-
A part le tube de Poulenc, peu de ironie à la Chostakovitch. L’intermezzo honneur à un type de direction au-
lent avec son large choral aux cordes jourd’hui disparu. Ayant débuté comme tif Premier Concerto ? Mystère auquel
Concertos pour deux pianos ont je n’ai jamais su répondre. Bruch l’écri-
connu la célébrité. Pourtant, le duo évoque les compositeurs américains altiste dans ce même orchestre de Leip-
zig sous la direction du légendaire Wil- vit pour Sarasate qui le créa le 2 février
Genova & Dimitrov en a déjà enregistré (Barber, Copland) avant une fugue
helm Furtwängler, Konwitschny a repris 1877 à Francfort. Son ton effusif, le
plusieurs disques. L’œuvre de Bartók est joyeuse, plus proche de Poulenc que
cette approche organique des oeuvres. caractère assez libre de sa structure,
un arrangement de la Sonate pour deux de Bach. Remercions CPO de publier ce
Défenseur farouche du grand répertoire correspondent à la nature du violoniste
pianos et percussions, qu’il a réalisé à la concerto chatoyant qui s’écoute avec un
allemand et autrichien, peu enclin à la espagnol. Jack Liebeck, lancé dans
fin de sa vie pour son éditeur américain. réel plaisir. (Thomas Herreng) une intégrale des opus concertants de
musique « moderne », il a toujours fait
passer la recherche de coloration so- Bruch, y est magnifique de subtilité, de
version, dont le charme poétique reste nore avant la précision analytique. Son sens des apartés, il fait paraitre avec
en quelque sorte encore nostalgique interprétation de la première symphonie son archet inventif un vrai personnage,
de Brahms en est un parfait exemple. un héros romantique, fidèle à l’art évo-
d’un romantisme à la Mendelssohn, et
Oeuvre emblématique du XIXe siècle, cateur qui fait tout le prix de la musique
qui laisse l’auditeur à la fois perplexe
présentée par Hans von Bülow (à tort ou de Bruch, et Martyn Brabbins avec ses
et un peu frustré. On sent comme une
à raison) comme la « Dixième sympho- Ecossais lui composent des paysages
réticence du chef à s’engager pleine- admirables, car Bruch écrivait son or-
nie de Beethoven », elle est un cheval
ment dans le « programme littéraire » chestre avec un art de peintre, sfumato
de bataille sur-mesure pour le chef alle-
de l’œuvre. Bernstein est à mon sens compris. La plus belle version depuis le
mand. Chef d’orchestre excentrique et
autrement plus convaincant dans cette modèle de style laissé par Salvatore Ac-
Hector Berlioz (1803-1868) attachant, pleuré par un cortège de plu-
symphonie. (Bertrand Abraham) sieurs kilomètres lors de ses obsèques cardo et Kurt Masur, rien moins, et dont
Symphonie fantastique, op. 14
à Leipzig, Konwitschny est un musicien l’espressivo me semble aller plus loin.
Dresdner Philharmonie; Herbert Kegel
que tout mélomane se doit de connaître. Deux des trois opus qui complètent ce
0300840BC • 1 CD Berlin Classics concerto-poème ne sont pas d’une eau
(Charles Romano)
D
Vercelli)
ixit le pianiste Charles Rosen : « Il
Gabriel Fauré (1845-1924) arrive que Field ait un sens du son BRIL95468 • 2 CD Brilliant Classics
ment enregistré et joué sur les grandes Caprice, Feuille d’Album...) tout à fait
Sélection ClicMag ! scènes internationales, on est bien plaisants et agréables, résolument
en peine aujourd’hui de citer d’autres ancrés dans un romantisme persistant Johann Wilhelm Hassler (1747-1822)
ouvrages du vériste Francesco Cilea. où l’on perçoit parfois l’influence de 6 sonates pour clavier (versions 1776,
Restée confidentielle et partiellement Chopin (telle Mazurka) et de Schumann 1779 et 1780); Fantaisies; Das Glück in
inédite jusqu’à ces dernières années, Verleumdung; Menuets n° 1 et 2; Alla
(tel Scherzo). Pas de chefs d’œuvre Polacca; Rondeau; Die Zukunft; Der Bauer;
son œuvre pour piano jalonne pourtant injustement méconnus ni de pages Die Hoffnung; Selig, wer mit; Sonate pour
toute sa période créatrice (1883-1930) vraiment faibles au sein de ces recueils clavecin et violon
et révèle un autre visage, plus léger,
sans prétention, manifestement des- Michele Benuzzi, clavecin, piano-forte, clavicorde
intime et secret de ce musicien qui s’est
tinés à un usage didactique ou privé, BRIL95225 • 4 CD Brilliant Classics
plutôt illustré dans les grands drames
mais quelques pépites glanées ici et là,
Francesco Cilea (1866-1950)
lyriques. Elle compte une cinquantaine
de pièces rassemblées sur ce double
album : il s’agit essentiellement de
morceaux étonnamment profonds ou
inspirés qui retiennent plus particuliè-
N é en 1747 à Erfurt, Johann Wilhelm
Hassler est un compositeur de tran-
sition, entre période baroque et période
Intégrale de l’œuvre pour piano
miniatures (aucune ne dépasse quatre rement l’attention et soutiennent une classique. Il étudie auprès de Johann
Pier Paolo Vincenzi, piano
minutes) et de morceaux de carac- écoute répétée. Sans jamais lasser, Pier Christian Kittel (Ancien élève de Bach)
BRIL95318 • 2 CD Brilliant Classics tère d’une grande variété (Mélodie, Paolo Vincenzi nous entraîne avec talent et sa musique reprend naturellement
N
Broadwood (1798) et un Silbermann on, pas un intégrale, la Deuxième les sonorités, un culte du pianissimo tout la 4e, dédiée à Jacques Klein).
(1749). Le résultat est enthousias- Sonate manque, mais bel et bien fuligineux et de l’attaque fulgurante, (Jean-Charles Hoffelé)
mant, notamment grâce au jeu élégant
et varié de l’interprète. On y découvre
un compositeur particulièrement ins- semblent juste sténographiés pour un particulièrement la légende dramatique
piré qui réussit à se forger son propre copiste connaissant déjà ses codes, Nicolas de Flue (1939), sorte d’oratorio
style, éliminant les scories baroques ses indications, ses abréviations. Pri- sur un texte de Denis de Rougemont
vilégiant l’inspiration du moment, en (1906-1985), pour récitant, chœur
pour louvoyer au gré des influences de
alléchant (sauf pour les menuets, genre d’enfants, chœur mixte et orchestre
l’époque (Mozart, Haydn). Signalons
jugé difficilement renouvelable) par d’harmonie, que le compositeur réécrira
en bonus, quelques charmants lieder
des idées neuves, voire hardies. Un par après pour orchestre symphonique.
accompagnés au piano et une petite so-
critique reprocha d’ailleurs quelques Précisons d’emblée que la version pro-
nate pour violon, intéressante elle aussi.
« embardées frappantes ». C’est aussi posée ici est la partition originale avec
(Jérôme Angouillant)
Joseph Haydn (1732-1809) un moment charnière où notre musicien harmonie. Arthur Honegger lui-même
Quatuors à cordes, op. 54 et 55 chambriste quitte les salons nobles et nous confie : « Nicolas de Flue est le
Quatuor Haydn de Londres bourgeois, s’ouvre à l’acoustique des saint patron de la Suisse. Il vécut en
grandes salles de concert. Pour sa pro- ermite et ne se manifestait que pour
CDA68160 • 2 CD Hyperion
mo sans frontières, Haydn fait confiance empêcher les conflits et les guerre »
Q
Kronos, ou Rostropovitch qui évoqua Ecole de Vienne. Composées aux alen- Alessandro Deljavan les joue avec une ui dit Argentine dit Tango. Le com-
sa profonde tristesse mystique. Une tours des années 1930, les œuvres sorte de distance hypnotique, affirmant positeur argentin Martin Palmeri
spiritualité bien humaine : il fut direc- présentes ici appartiennent à la maturité leur modernité, son geste simple, ses (né en 1965), héritier d’Astor Piazzolla,
teur de théâtre musical et trouvait que d’un Koffler en pleine possession de ses couleurs blanches-Satie me rappellent mêle vigoureusement et talentueu-
la musique, comme la vie, était incon- moyens, qu’il s’agisse du Trio à cordes, la version si singulière qu’en avait gravé sement le genre à une approche plus
cevable sans romantisme. Il s’ouvrit de la Musique op. 8 ou de la Sonatine Herbert Henck pour ECM en 1994. La classique. Résultat, deux œuvres ori-
d’abord au jazz et au music-hall tout en pour piano. La suite de concert tirée Cinquième du Premier cahier, celle ginales hors de tout sentier battu. La
admirant Chostakovich et en s’impré- de sa dernière composition tonale, les qui ne comporte aucune indication de « Misa a Buenos Aires » (1996) fait
gnant de Bartok. Un art davantage de la 40 Mélodies populaires polonaises, mouvement, est déchirante, lancinante penser à la Messe en Si Mineur de Bach
répétition que du développement : on a illustre la variété des climats que Kof- sous les doigts de Deljavan, preuve qu’il dans laquelle l’orchestre baroque aurait
pu parler de juxtaposition additionnelle fler parvenait à créer dans une écriture a tout compris de ces musiques qui été remplacé par un quatuor de tango
et de stase sonore dynamique, détecter évoquant Debussy ou Bartók. Plus tuent dans leur vertige du vide harmo- accompagné d’un orchestre à cordes.
un peu du polystylisme d’un Schnittke. ambitieuses que la simple transcription nique. Mais à ces deux célèbres recueils Fugues, parties chorales, arias se com-
Aucune obsession d’originalité, mais par Schoenberg de la Kaiser-Walzer, les je préfère encore le polyptique des binent à une musique un peu populaire
une maxime : «Avant que la beauté Variations op. 23 sur ladite valse sont « Cants magics », écrit par Mompou et réserve une place de choix au ban-
change le monde, il faut que quelqu’un plus difficiles d’accès et d’une telle à la fin de la grande guerre, musique donéon. « Tango Gloria » (2014) fait
sauve la beauté». Ce que rend bien ici richesse qu’elles ont poussé Johannes de quintes vides, litanies grises où preuve de plus de sophistication. A la
notre duo dans son premier enregis- Schöllhorn à poursuivre avec « Spur » soudain quelques flamboiements de base précédente, elle ajoute des vents
trement mondial de ces miniatures, la piste ainsi ouverte pour en étendre l’ancien piano espagnol, celui d’Albéniz et explore des modes expressifs témoi-
comme si chacune d’elle racontait une encore les possibilités. Epoustouflant ! et des toccateurs, jaillissent comme gnant d’une plus grande maturité de
histoire de cinéma, avec imagination et (Yves Kerbiriou) de l’inconscient. Admirable musique son auteur. De bout en bout, c’est la joie
émotion, sans craindre un peu de sen-
timentalisme. C’est souvent très lent
et pianissimo, planant au-dessus de la fois la collection Bokemeyer, laissant
simplicité du matériau musical, au delà Sélection ClicMag ! espérer un prochain volume 3 (l’édition
de ce qui est écrit, entre son et silence. des partitions dans le cadre du Kuhnau
(Gilles-Daniel Percet) Project se poursuivant chez Pfefferkorn
jusqu’en 2022). Encore une fois très
bien captés, l’effectif microscopique
d’Opella Musica et les instrumentistes
virtuoses de camerata lipsiensis tissent
Federico Mompou (1893-1987) un brocart d’une richesse sonore
incroyable. Formidable « Christ lag in
Música Callada; Cançons i danses; Canción
Todesbanden », dont l’accompagne-
de cuna; Cants màgics; Paisajes
ment haletant submerge le premier
Alessandro Deljavan, piano
Johann Kuhnau (1660-1722) solo avant que la tension émotionnelle
PCLD0115 • 2 CD Piano Classics Cantates « Lobe den Herren, meine ne se résolve en un « Alleluja, es ist
D
Martin Von der Heydt, piano; Trio Zebra; Öster- Cançons I danses où le rêve l’emporte ès la parution du volume 1, je récla- mücket das Fest », une grande cantate
reichisches Ensemble für Neue Musik; Johannes
sur la danse, derrière leur simplicité mais « encore, encore » ! Et le voici pleine d’invention autour du Cantique
Kalitze, direction
désarmante, la variété de l’écriture n’en enfin, ce volume 2, pareil au premier des Cantiques. Raison supplémentaire
CPO777979 • 1 CD CPO aura jamais été aussi soulignée, sinon en ses choix interprétatifs et tout aussi de ne pas rater ce disque électrisant,
C
mais surtout le timbre de la soprano chœur d’homme. L’articulation est faci- tuations harmoniques nées d’un chro- e disque présente l’intégralité de la
Heide Maria Taubert assez désagréable litée, la tessiture resserrée. Quant aux matisme qui doit beaucoup à Wagner, a musique pour piano du composi-
et inapproprié. Enfin, la prise de son Six chants sacrés d’après Eichendorff, pu détourner certains d’un compositeur teur Max Richter, né en 1966. Élève de
avantage les solistes rendant une Reger mise sur le chromatisme et une pourtant de première importance, au Luciano Berio, il a rencontré le succès
écoute déséquilibrée. Un disque pour plus grande souplesse des pupitres moins dans le registre de l’orgue. Titu- auprès du grand public en écrivant
les curieux. (Thierry Jacques Collet) pour exprimer le tragique des textes. laire de l’instrument construit par Sauer la musique de films tels que « Valse
Comme le souligne Christian Goubault, à Saint-Thomas de Leipzig en 1889, avec Bachir » ou « Shutter Island ». Sa
subtil analyste du langage choral de Re- Ullrich Böhme nous livre quelques-uns musique est minimaliste : elle exploite
ger : « Un tissu serré irrigué d’une sève des fleurons de l’œuvre regerien. Même des cellules mélodiques ou rythmiques
vigoureuse, Une harmonie émancipée et si la référence à Bach et au choral pro- brèves et simples (des arpèges dans
compacte enrobe la voix, souvent dans testant y est toujours présente, c’est le « Andras », des accords répétés dans
des teintes veloutées et somptueuses ». « Circles »), et a recours à la répétition.
Reger romantique qui est mis en valeur,
L’art de l’organiste y est prégnant mais Elle ne dédaigne pas une certaine forme
continuateur de Liszt et de Reubke.
« ...sait se faire oublier ». On est effec- d’épure (Fragment) qui fait songer à Sa-
Tout en simplicité, les quelques chants
tivement bien loin de la démence poly- tie ; et se cantonne à des pages courtes
sacrés qui composent le reste de ce (la plupart durent moins de 3 minutes).
phonique des œuvres d’orgue mais le
programme contrastent avec ces cathé- Nulle volonté avant-gardiste de rompre
Max Reger (1873-1916) génie d’arrangeur de Reger fait tout.
Signalons la qualité de la prise de son drales sonores : Reger sait aussi se faire avec l’histoire de la musique dans le
Neun ausgewählte Volkslieder, WoO VI/7 intime lorsqu’il se contente de souligner
; 7 choeurs pour choeur d’hommes, op. qui nous permet d’apprécier pleinement courant minimaliste. On trouve ainsi un
le timbre corsé des voix mâles et l’éten- les lignes mélodiques sublimées par hommage explicite à Chopin (Vladimir’s
38; Es ist nichts mit alten Weibern, WoO
VI/9; Herzleid, WoO VI/8; Lacrimä Christi, due du chœur : trente voix réparties la voix, étonnamment séraphique pour Blues) et surtout à Schubert (le film
WoO VI/5; Fünf ausgewählte Volkslieder, entre quatre pupitres : ténors et basses une mezzo, de Suzanne Langner. Une « Valse avec Bachir » cite une des plus
WoO VI/6 / H. Wolf : 6 lieder sacrés d’après (I et II). (Jérôme Angouillant) réussite. (Yves Kerbiriou) belles mélodies du compositeur autri-
Eichendorff
Ensemble Vocapella Limburg; Tristan Meister
ROP6126 • 1 CD Rondeau connu? Le nom ne figure que dans une fait inédit alors. Cet enregisrement est,
Sélection ClicMag ! liste de professeurs parisiens réputés, je crois, le seul à offrir, pour l’une des
M ax Reger est l’auteur d’une impor-
tante production vocale étalée sur
une vingtaine d’années. Des chants,
et sur la partition de l’œuvre, modeste
par sa taille mais d’une qualité qui
suites, les deux réalisations. L’auditeur
saisit alors avec quelle subtilité, dans la
égale par son inventivité, son ingénio- version à 2 instruments, les trames s’in-
des lied, des mélodies pour divers
sité et sa prestance, celle des grandes terpénètrent, se chevauchent, se super-
effectifs, dont ces trois recueils ici
interprétés par un choeur d’hommes et figures du temps. D’où l’intérêt qu’elle posent, et comment un jeu d’arpèges, la
basés le plus souvent sur des textes et suscite chez de nombreux clavecinistes. suggestion d’un orchestre, d’une danse
mélodies populaires. Tristan Meister qui Très bien servie dans l’ensemble par le dans la danse, sur le deuxième instru-
dirige l’ensemble Vacopella Limburg a disque, cette musique innove : au delà ment, accentuent, infléchissent, pro-
ajouté à son programme un ensemble du recours, assez fréquent à l’époque, jettent, relancent ou rendent plus ductile
de transcriptions de lieder d’Hugo au prélude non mesuré; simple canevas le propos « initial » qui reste néanmoins
Gaspard Le Roux (?1660-?1706) mélodique en notes longues à partir du-
Wolf (Six lieder d’après Eichendorff). parfaitement identifiable. Dans les
Intégrale de l’œuvre pour clavecin quel l’interprète est appelé à improviser; autres pièces, version à un seul et à
Choix judicieux car Reger, s’il se place
Pieter-Jan Belder, clavecin; Siebe Henstra, clavecin elle offre, pour la plupart des suites, un deux instruments alternent. L’interpré-
d’abord sous l’égide de Schumann et de
Brahms revendique surtout l’influence BRIL95245 • 2 CD Brilliant Classics dispositif d’interprétation qu’on dirait tation est variée, animée, énergique,
V
de Wolf, dont il arrangera quelques lie- éritable énigme musicale que ce aujourd’hui à « géométrie variable ». équilibrée et sans aucune surcharge (ce
der pour orchestre. Dans le premier set Gaspard le Roux. Est-ce le nom d’un Sur des portées supplémentaires est qui n’est pas évident avec 2 clavecins).
de mélodies daté de 1899, Reger utilise « petit maître » du XVIIe siècle? Ou proposée une alternative, qui, redis- Un élan constamment renouvelé, un
des procédés archaïsants monodiques s’agit-il, comme le supposent certains tribuant et complémentant le matériau sens de la danse, une respiration ample
mais efficaces (Cantus firmus et imi- de ses interprètes, d’un pseudonyme sonore, permet d’ajouter un second et naturelle. Un disque remarquable.
tation). Les textes de poètes de second derrière se cache tel ou tel compositeur clavecin au premier; procédé tout à (Bertrand Abraham)
A
toccatas plus développées. Ce disque marcord ouvre avec son nouvel breuses productions discographiques
en est l’illustration. Après une série de album le coffre aux trésors de et radiophoniques, amarcord contemple
Giovanni Felice Sances (1600-1679) préludes courts où l’ornementation se Schubert ! Parmi les 100 oeuvres pour une carrière unique, jalonnée, entre
décline en formules répétitives, et une ensemble vocal, le quintette a porté son
Capricci Poetici, Venise 1649. Arias, autres, d’un International Classical
Cantates et Canzonetta sélection de chorals plus librement har- choix sur des chants a cappella, avec ou Music Award et de six Contemporary A
Irene Morelli, soprano; Beatrice Mercuri, mezzo- monisés ; l’organiste Friedhelm Flamme sans accompagnement au piano. Les Cappella Recording Awards, l’« Oscar »
soprano; Diego Cantalupi, archiluth; Giuseppe propose deux Toccatas, deux Fugues,
lauréats par deux fois de l’ECHO Klassik des ensembles a cappella.
Schinaia, clavecin une Canzona et une Fantaisie, pièces un
TC601903 • 1 CD Tactus peu plus fouillées. L’interprète possède
une grande expérience de ce répertoire
(Lübeck, Bohm, Weckmann, Praetorius
chez CPO), il alterne jeux et registres
L a violoniste russe Liana Gourdjia
possède un son galbé, racé, fort bien
timbré, et d’une projection souveraine.
Les quelques pièces enregistrées en
supplément (Chanson et Danse russes,
Berceuse et Tango) pimentent encore
afin d’animer ces pages essentielle- Le duo qu’elle forme avec sa compa- un peu plus ce programme plantureux
ment narratives. Quant aux Toccatas, triote Katia Skanavi (pianiste experte) et roboratif. (Jérôme Angouillant)
il y déploie plus dispendieusement est quasiment miraculeux et ce pro-
les effets de son orgue Fritzche Treut- gramme néo-classique russe leur va
mann (Récent mais basé sur un modèle comme un gant. Stravinski n’étant pas
d’époque). (Jérôme Angouillant) violoniste, hésitait à composer pour
l’instrument. Ces œuvres ont toutes
été écrites en collaboration avec le vio-
Heinrich Scheidemann (1596-1663)
loniste Samuel Dushkin. Ici d’ailleurs
Intégrale des Préludes et fugues; Préam-
tout est affaire de complicité. Le Diver-
bules en do, ré, mi, fa et sol - Gelobet
seist du, Jesu Christ; Gott sei gelobet und timento et la Suite Italienne, dans leur
gebenedeiet; Jesu, du wollst uns weisen; transcription pour piano et violon, com-
Komm, heiliger Geist, Herre Gott; Kyrie binent humour, tours de passe-passe et Karol Szymanowski (1882-1937)
dominicale; Nun bitten wir den heiligen second degré. Les deux interprètes en Quatuors à cordes n° 1 et 2, op. 37 et 56 /
Geist; Vater unser im Himmelreich; Can- saisissent toute la verve et l’épaisseur A. Webern : Langsamer Satz / O. Schoeck :
zona in F; Fantaisie en sol; Fugue en ré; orchestrale. Dans le concerto pour vio- Notturno
Toccatas en do et sol
Igor Stravinski (1882-1971) lon de conception néo-classique, on Quatuor Carmina
Friedhelm Flamme, orgue
Chanson et Danse Russes; Divertimento; retrouve cette formidable complicité DS056 • 1 CD Dal Segno
CPO777562 • 1 SACD CPO Suite italienne; Berceuse; Tango; Concerto qui unit la fougueuse virtuose russe et
trumentale. Ouvertures, Suites, et plus Le titre de la Grillen Symphony fait Francesco Maria Veracini (1690-1768)
d’une centaine de concertos pour tout allusion aux grillons, abondants sur les Sonates pour violon, op. 1-3
type d’instrument. Sa Tafelmusik est, bords de l’Elbe. Il offre une large palette
Ensemble El Arte Mvsico
au même titre que la Wassermusik orchestrale allant de la flûte piccolo au
de Haendel, un incontournable de la pupitre de contrebasses, ménageant ça BRIL95423 • 1 CD Brilliant Classics
D
musique baroque. Ce disque, porté sur et là de curieux effets des cordes et des isque très mal présenté : la cou-
le pittoresque et la variété (Of Giants bois, censés évoquer la stridulation des verture du livret et la tranche du
Windmills and maybe Crickets : The insectes. La musique de la suite Don boîtier; premiers éléments s’offrant à
Whimsical imagination of G.P. Tele- Quixote, inspirée par l’écrivain espa- la vue; portent simplement la mention
Georg Philipp Telemann (1681-1767) mann), nous offre quelques exemples gnol Cervantes, tour à tour comique, Veracini, le nom complet du composi-
Concerto polonais; Concerto pour flûte et de cette production bigarrée dont l’ins- dramatique résolument spectaculaire,
teur n’apparaissant qu’au dos. Lacune
flûte à bec; Grillen-Symphonie; Ouverture piration « capricieuse » est constam- suit fidèlement les différents épisodes
Burlesque; Burlesque de Don Quixotte impardonnable quand on sait que la
ment renouvelée par des influences de du roman. L’Ouverture Burlesque, elle,
Michael Lynn, flûte à bec; Kathie Stewart, flûte se distingue par son épatant casting de famille Veracini a fourni à la cour des
toute nature (Les moulins les géants
traversière; Apollo’s Fire; Jeannette Sorrell
personnages de la Commédia del’Arte. Medicis et à la ville de Florence plu-
et les crickets). Le mode lydien et le
AVIE2353 • 1 CD AVIE Records vigoureux rythme de danse du Concerto Les numéros du bouffon Harlequin, sieurs musiciens et compositeurs. Cette
L e compositeur allemand Georg Philip Polonois évoquent la fameuse Beauté de sa muse Colombine et du piquant ambiguïté est d’autant plus domma-
Telemann (1681-1767), contempo- Barbare chère au compositeur, ici, la Scaramouche se succèdent, accompa- geable que contrairement à son neveu
rain de Bach fit l’essentiel de sa longue Pologne. L’esprit de la danse habite éga- gnés d’un clavecin sautillant, dans le Francesco Maria, Antonio Veracini a
carrière musicale à Hambourg au poste lement le Concerto pour flûte et recor- style oriental à la mode d’alors : « alla été très peu enregistré jusqu’ici : ce CD
de Cantor de la ville. Il composa en der. Le duo d’instruments aux timbres turca ». Les musiciens de l’ensemble est, semble-t-il, le premier qui soit tout
tout quelques milliers d’œuvres et s’est voluptueux et graciles est accompagné Apollo’s Fire Baroque Orchestra, entier consacré à son œuvre instrumen-
davantage illustré dans la musique ins- d’un soutien orchestral virevoltant. sont au diapason de ce programme tale. Il méritait donc plus d’attention
bigrement original et chatoyant. et un livret plus informé. Les sonates
(Jérôme Angouillant)
des chorégraphes comme Christopher réunies ici appartiennent aux 3 recueils
Sélection ClicMag ! Wheeldon ou Jacek Tyski. C’est la mu- (1692, 1694,1696) qu’on possède de
sique composée par Przemyslaw Zych lui, lesquels mettent respectivement
pour le ballet créé par ce dernier en à contribution 2 violons, 1 violoncelle
2015 à l’Opéra du Château de Szczecin et la basse continue (op. 1), 1 violon
qui nous est proposée ici, par ses créa- seul avec clavecin (op. 2), 1 violon, 1
teurs. On perd sans doute à ne pas voir violoncelle et b.c. (op. 3). En dépit des
le spectacle pour lequel cette musique mentions données par le compositeur,
a été écrite, de même qu’à ne pas pou- la distinction entre sonata da camera et
voir profiter de l’argument (livret inté- sonata da chiesa n’est déjà plus guère
gralement en langue polonaise). Reste
Georg Philipp Telemann (1681-1767) perceptible dans ces pièces de facture
donc la partition qui ne se révèle guère
Sonates en trio pour flûte, violon et BC corellienne (3, 4, 5 mouvements dont le
Przemyslaw Zych (1980-)
avant-gardiste, par rapport aux œuvres
Christian Mendoze, flûte à bec alto; Fabrizio premier est lent, et avec alternance lent/
Alice au pays des merveilles, ballet en 2 orchestrales du même Zych publiées
en 2013, et rappelle différents compo- Cipriani, violon; Philippe Foulon, baryton à rapide). Pièces courtes, utilisant avec
actes cordes; Carole Parer, clavecin; Jean-Michel Robert,
siteurs, dont Bernstein ou Prokofiev. brio, subtilité et naturel les formes et
Orchestre de l’Opery na Zamku de Szczecin; Jerzy guitare, théorbe
Wolosiuk, direction La musique, volontiers expressive, procédés en usage à l’époque : prélude,
POL502119 • 1 CD Polymnie canons, effets d’échos, répétitions, imi-
DUX1249/50 • 2 CD DUX voit sa dynamique accentuée grâce à
une palette étendue de percussions ; le tations… Au service d’un sens raffiné
N
26; Concerto pour piano n° 5, op. 73; La ombreux sont les compositeurs plus « contemporaines », ce qui n’éton-
en la majeur
Lettre à Elise, WoO 59 du 20ème siècle; pour ne pas par- nera personne, s’agissant de Luigi Dal-
Augustin Hadelich, violon; Joyce Yang, piano
Artur Schnabel, piano; Chicago Symphony Orches- ler des contemporains; que l’aventure lapiccola et de György Ligeti. Au final,
AVIE2347 • 1 CD AVIE Records du violoncelle seul a tenté, avec une un CD à marquer d’une pierre blanche,
tra; Frederick Stock, direction
L
de Mstislav Rostropovitch, auquel ce dodécaphonisme de Smith Brindle) de faire carrière. Elle restera une de ses e programme de ce disque a été
CD rend hommage. Après avoir repris, et les différents rythmes, relevant du oeuvres personnelles préférées et une composé dans le but de présenter de
dans un précédent enregistrement, les folklore local, soulagent d’une certaine des dernières qu’il enregistrera avant sa manière étendue les impressionnantes
bis que Pablo Casals avait en prédilec- monotonie. D’un intérêt musical limité, mort. Quant à Vasily Kalinnikov (1866- possibilités de ce grand instrument re-
tion, Alban Gerhardt a reconstitué la l’ensemble s’adresse au guitariste dé- 1901), il a composé à cette sérénade construit par Pascal Quoirin entre 1977
collection de ceux que « Slava » aimait butant qui aimerait de facto posséder pleine de charme et de lyrisme riche- et 1983. Ce premier volume aborde des
à donner à la fin – voire au cours – de les tablatures ou partitions pour avoir le ment mélodique alors qu’il était encore répertoires des XVIIe et XVIIIe siècles.
ses concerts. Les œuvres russes sont plaisir de les jouer. Cristiano Porqueddu étudiant au College of Music and Drama Le deuxième abordera les XIXe et XXe
prédominantes, bien sûr, mais Chopin, s’acquitte de cette tâche avec détermi- de la Moscow Philharmonic Society ; il siècles. Naturellement, même en deux
Debussy et Ravel ne sont pas en reste et nation et sobriété. (Jérôme Angouillant) avait alors 25 ans. C’est justement l’âge CD, il est impossible de faire entendre
font bon ménage avec Stravinski, Pro- qu’allait bientôt avoir Leoš Janácek toutes les possibilités d’un grand orgue
kofiev ou Rachmaninov. Qu’il s’agisse (1854-1928) lors de la première de sa de 62 registres. Le choix, difficile, s’est
d’œuvres originales ou d’arrangements, sérénade intitulée « Idyla ». Il s’agit de porté vers un équilibre entre grands
de pièces de haute virtuosité ou de l’oeuvre la plus consistante du présent ensembles et jeux de détails tout en
rêveries mélancoliques, ce kaléidos- enregistrement avec pas moins de sept essayant de donner une suite agréable
cope est éclairant sur la manière dont mouvement pour une durée totale de 30 à l’ensemble.
« Rostro » concevait sa mission d’inter- min. L’influence de Dvorak sur le jeune
prète soucieux d’élargir le répertoire de compositeur est encore très prégnante.
son instrument. La sonorité élégiaque (Charles Romano)
que tire Alban Gerhardt de son Matteo
Gofriller de 1710, bien mise en valeur Lutheran Symphonix
par son complice Markus Becker, est
Fantaisies orchestrales sur des chorals
un vrai bonheur. Encore, encore ! protestants. Œuvres de Luther, Crüger,
(Yves Kerbiriou) Harder, Gesius, Neumark…
Chœur de chambre de l’école Franz Liszt de
Weimar; Staatskapelle Weimar; Christian Sprenger,
direction
Gassenhauer
GEN16440 • 1 CD Genuin Œuvres pour clarinette et contrebasse de
Beethoven, Bottesini, Bruch, Juon...
Laudes Organi Vera Karner, clarinette; Dominik Wagner, contre-
D. Buxtehude : Toccata, BuxWV 156 / J.S. basse; Aurelia Visovan, piano; Matthias Schorn,
Bach : Sonate, BWV 525 / J. Brahms : clarinette; Section à cordes de l’OS de Vienne
Fugue, WoO 8 / A.G. Ritter : Sonate, op.
0300782BC • 1 CD Berlin Classics
19 / C.H. Rinck : Concerto pour flûte, op.
55.182 (arr. pour orgue) / F. Mendelssohn :
Tube Only Favourites Sonate, op. 65.4
Pièces choisies pour violon de Sibelius, Matthias Neumann, orgue
Fauré, Debussy, Schubert, Paganini,
Rachmaninov... ROP6132 • 1 CD Rondeau
Daniel Gaede, violon; Wolfgang Kühnl, piano Music from the Motion Pictures
TACET229 • 1 CD Tacet Musique de films : « Star Wars », « La
Liste de Schindler » (J. Williams), « James
Bond » (J. Barry), « Sueurs froides » (B.
Herrmann), « Pirates des Caraïbes » (K.
Badelt), Apocalypse Now (R. Wagner), Le
discours d’un Roi (L. van Beethoven)…
Concertos pour piccolo
Veriko Tchumburidze, violon; Anastasia Voltchok, L. Liebermann : Concerto pour piccolo et
piano; Brandenburgisches Staatsorchester Frank- orchestre, op. 50 / C. Galante : Gli Usignoli
furt; Howard Griffiths dell’ Imperatore / W.A. Mozart : Quatuor
pour hautbois, K 370/368b (arr. pour
KL1518 • 1 CD Klanglogo L’école napolitaine d’orgue aux piccolo) / A. Cavicchi : As night progresses,
17 et 18 e siècles pour 2 petites flûtes et orchestre
Œuvres de Gabrieli, Scarlatti, Pasquini, Nicola Mazzanti, piccolo; Alessandro Visintini,
Etudes faciles pour guitare, vol. 1 petite flûte Nagahara; Nicola Mazzanti, petite
zipoli...
E. Garrido : 8 études brèves / N. Koshkin : flûte Nagahara; Domenico Cagnacci, percussion;
Francesco Di Lernia, orgue; Gaetano Magarelli,
24 études faciles / R. Smith-Brindle : 10 Stefano Ferrario, violon; Gabriele Marangoni, alto;
orgue
préludes simples / A. Tansman : 12 pièces Alejandro Biancotti, violoncelle; Orchestre Haydn
faciles DCTT62 • 1 CD Digressione di Bolzano e Trento; Marco Angius, direction
Cristiano Porqueddu, guitare BRIL95436 • 1 CD Brilliant Classics
BRIL95402 • 2 CD Brilliant Classics
Philip Glass (1937-) Rossini Festival Collection The Royal Ballet Collection
Einstein on the Beach, opéra en 4 actes Moïse en Égypte, opéra en 4 actes; A.C. Adam : Gisèle / L. Minkus : La
Helga Davis; Kate Moran; Antoine Silverman; The L’Echelle de soie, opéra en 1 acte; Ciro Bayadère; Don Quixote / P.I. Tchaikovski :
Philip Glass Ensemble; Michael Riesman; Robert in Babilonia, drame lyrique en 2 actes; Il La Belle au bois dormant; Casse-Noisette;
Wilson, mise en scène; Lucinda Childs, chor. signor Bruschino, opéra comique en 1 acte; Le Lac des cygnes / L. Delibes : Sylvia / F.
L’Italienne à Alger, opéra-bouffe en 2 actes Hérold : La fille mal gardée / S. Rachma-
OA1178D • 2 DVD Opus Arte Gala Performances
Orchestre du Teatro Communale di Bologna; ninov : Rhapsody / A. Messager : Les Deux
OABD7173D • 2 BLU-RAY Opus Arte Roberto Abbado; Graham Vick, mise en scène Airs d’opéras de Mozart, Gounod, Bizet,
Pigeons / S. Prokofiev : Roméo et Juliette
(Moïse en Égypte); Orchestra Haydn di Bolzano e Rimski-Korsakov... Ballets de Tchaikovski
/ K. MacMillan : Mayerling / J. Talbot :
Trento; Claudio Scimone; Damiano Michieletto, et Rachmaninov
Alice’s Adventures in Wonderland; The
mise en scène (L’Echelle de soie); Orchestre du Winter’s Tale; Chroma / M. Richter : Infra / Placido Domingo; Roberto Alagna; Angela Gheor-
Teatro Comunale di Bologna; Will Crutchfield; ghiu; Dmitri Hvorostovsky; Kiri Te Kanawa; Sergei
K. Saariaho : Limen / F. Ashton : La Valse;
Davide Livermore, mise en scène (Ciro in Leiferkus; Anna Tomowa-Sintow; Susan Graham;
Méditation de Thaïs; Voices of Spring;
Babilonia); Chiara Amarù; Orchestra Sinfonica Robert Lloyd; Lilian Watson; Leanne Benjmain;
Monotones I et II; Marguerite et Armand
G. Rossini; Daniele Rustioni; Teatro Sotteraneo, Darcey Bussell; Lesley Collier; Vivana Durante; Irek
mise en scène (Il signor Bruschino); Orchestre du Danseurs du Royal Ballet; Orchestre du Royal
Mukhamedov; Zoltan Solymosi; Choeur du Royal
Teatro Comunale di Bologna; José Ramon Encinar; Opera House; Marius Petipa; Lev Ivanov; Frederick
Opera House; Royal Opera House; George Balan-
Davide Livermore, mise en scène (L’Italienne...) Ashton; Wayne McGregor
chine, chorégraphie; Marius Petipa, chorégraphie;
OA1180BD • 5 DVD Opus Arte OA1222BD • 15 DVD Opus Arte Will Tucket, chorégraphie
Wolfgang A. Mozart (1756-1791) OABD7214BD • 4 BLU-RAY Opus Arte OABD7210BD • 15 BLU-RAY Opus Arte OA1229BD • 2 DVD Opus Arte
Quatuor Arditti : Gifts and Greetings. Claudio Ambrosini : Song Book pour Vykintas Baltakas : b(ell tree); Anthony Cheung : Dystemporal, pour Violeta Dinescu : Diary; Tagebuch. Reinhard Fuchs : Mania; Blue poles;
Rihm, Abrahamsen, Hosokawa, guitare Sinfonia; Ri; Poussla; Saxordion- 33 musiciens et autres œuvres Pièces pour flûte Descrittivi di stati
Ferneyhough, Andre, Birtwistle, Alberto Mesirca phonics Ensemble Intercontemporain; S. Mälkki Levine; Rahn; Oppermann; Zapf; Quatuor Klangforum Wien; Cambreling; Furrer;
Cain… Anzellotti; Tokyo Sinfonietta; Kalitzke de cors Dauprat Kalitzke
WIN910235-2 - 1 CD W&W 0015012KAI - 1 CD Kairos 0015004KAI - 1 CD Kairos WER7343 - 1 CD Wergo WER7324 - 1 CD Wergo 0015001KAI - 1 CD Kairos
Pascal Gallois dirige le Prague Roman Haubenstock-Ramati : Barbara Heller : Herbstmusik et Mauricio Kagel : Improvisations Jo Kondo : Bonjin et autres œuvres Philippe Mion : Oratorios électroa-
Modern : Grisey, Berio, Fujikura Konstellationen; Pluriel; Morendo- autres œuvres de musique de ajoutée, œuvres pour orgue de musique de chambre coustiques
Prague Modern; P. Gallois Double chambre Dominik Susteck, orgue Ensemble l’Art pour l’Art Bougeard; Lamarche; De Charrette; Mion
Klangforum Wien; Vera Fischer Stoodt; Deserno; Lücker; Quatuor Verdi
STR37031 - 1 CD Stradivarius 0015003KAI - 1 CD Kairos WER5123 - 1 CD Wergo WER7345 - 1 CD Wergo WER7342 - 1 CD Wergo EOR013 - 2 CD éOle Records
Olga Neuwirth : Goodnight Mommy, Hilda Paredes : Señales; Páramo de Rolf Riehm : Shifting (violon François Sarhan : Wandering Rocks/ Morton Subotnick : Music for the Walter Zimmermann : Voces
bande originale du film de Veronika voces; Homenaje; Intermezzo malin- et orchestre); Archipel Remix Commodity Music, pour quatuor Double Life of Amphibians Abandonadas et autres œuvres
Franz et Severin Fiala concio; Recuerdos del Porvenir (orchestre et électronique) de guitares La Barbara; Subotnick; Juilliard Quartet… pour piano
Neuwirth; Vienna Glass Armonica; Ditsch Arditti; Sandi; Ensemble Recherche Braunstein; WDR Cologne; Russell Davies Quatuor Zwerm Nicolas Hodges
0015009KAI - 1 CD Kairos MODE292 - 1 CD Mode WER7357 - 1 CD Wergo ALM007 - 1 CD AlaMuse WER7312 - 1 CD Wergo WER7356 - 1 CD Wergo
John Cage : 49 Waltzes for the Five John Cage : L’œuvre pour percus- John Cage : L’œuvre pour percus- John Cage : L’œuvre pour orgue John Cage : Variations V Morton Feldman : Trio
Boroughs. Un film sur New York de sion, vol. 1 sion, vol. 2 Gary Verkade, orgue (Gammelstad Church, Cage; Tudor; Mumma; The Merce Cunnin- Marc Sabat; Rohan de Saram; Aki
Don Gillespie Percussion Group Cincinnati Gregory Beyer; Ross Karre Suède) gham Dance Company Takahashi
MODEDVD204 - 1 DVD Mode MODEDVD229 - 1 DVD Mode MODEDVD243 - 1 DVD Mode MODEDVD253 - 1 DVD Mode MODEDVD258 - 1 DVD Mode MODEDVD216 - 1 DVD Mode
Pierre Jodlowski : L’Aire du Dire, Pierre Jodlowski : Ombra, composi- Olga Neuwirth : Musiques de films Pauline Oliveros/IONE : Njinga, the In The Shadow Of No Towers. Film Les Grandes Répétitions : Un film
oratorio en 19 scènes tions électroniques Klangforum Wien; Peter Rundel; Georgette Queen King; Mise en scène avec d’animation d’Art Spiegelman sur documentaire de Luc Ferrari sur
Chœur de chambre Les éléments; Joël Kubler; Angster; Osterjö; Jodlowski Dee; Ensemble Modern; Franck Ollu musique contemporaine et tradition- les événements du 11 septembre. Stockhausen et Varèse
Suhubiette nelle, chant et danse Musique de Sintax Error. Arroyo; Kontarsky; WDR; Maderna
EOR006 - 2 DVD éOle Records EOR012 - 1 DVD éOle Records 0012779KAI - 2 DVD Kairos MODEDVD220 - 1 DVD Mode MODEDVD236 - 1 DVD Mode MODE276 - 1 DVD Mode
Morton Subotnick : Œuvres de Iannis Xenakis : Musique électro- Iannis Xenakis : Intégrale des Iannis Xenakis : Eonta; Morisma- Iannis Xenakis : CHARISMA X Iannis Xenakis : Linaia-Agon;
musique électronique, vol. 3 nique, vol. 2 quatuors à cordes Amorsima; Akea; Paille in the wind Gualda; Chojnacka; Sluchin; Uitti; Zythos; Le dépassement de soi, film
Morton Subotnick; Miguel Frasconi; Iannis Xenakis, électroniques The Jack Quartet A. Takahashi; Callithumpian Consort; S. Freedman; Roy; Sakkas; Xirou documentaire de Benny Sluchin
SUE-C, vidéo live Drury; The Jack Quartet; R. de Saram Sluchin; Dufort; red fish blue fish; Schick
MODEDVD237 - 1 DVD Mode MODEDVD203 - 1 DVD Mode MODEDVD209 - 1 DVD Mode MODEDVD217 - 1 DVD Mode MODEDVD218 - 1 DVD Mode MODEDVD284 - 1 DVD Mode
C
rain et proche du compositeur italien, les quatuors, son langage, s’il trouve en rien de modal ou de tonal, une fabrique e disque est un projet, c’est-à-dire la
dessine depuis son clavier un univers partie son inspiration dans des sources magique d’images naissant impercepti- mise en cohérence d’une idée, d’un
tout en mystère. (Thomas Herreng) populaires ou dans les traditions mo- blement les unes des autres. La 6e sym- créateur et d’interprètes. L’idée, c’est
un poème symphonique sur le volcan,
des thématiques bien définies. «Mu- jours à 26 ans dans un asile), la figure ou plutôt sur la lave qui en jaillit et qui
Sélection ClicMag ! sique à programme» qui invite l’audi- ravagée du musicien fou, sans pour fascine tant le compositeur néerlandais
Ernst Reijseger. Créateur et interprètes
teur à « An emotional journey into the autant, recourir à l’atonalité. L’idée du
sont intimement liés dans cette explo-
darkness of mythology, the psyché, and poème symphonique Phoenix réside
ration volcanique puisque l’œuvre a
the past » dixit le compositeur. On le dans un paisible chant du hautbois
été écrite pour l’ensemble baroque
croit d’emblée car si Schneider maitrise s’élevant tel l’oiseau légendaire vers le
espagnol « Forma Antiqva » et son chef
parfaitement tous les composantes sty- ciel nu. Entrent en scène percussions
Haroun – pardon Aaron – Zapico. Point
listiques et sémantiques de sa musique, et cordes : douleur et obscurité d’avant
de livret pour détailler les onze parties
il n’oublie jamais de nourrir l’imagina- « Im land vor aller Zeit », et lueur d’es-
non sous-titrées mais une courte décla-
tion de l’auditeur. Ainsi, l’écriture de poir du Rondo perpetuoso alors que ration d’intention : tout comme « Les
ces trois concertos allie intelligence, le « ...Für immer » achève et définit le Quatre Saisons » et « Une Sympho-
élégance et efficacité. L’orchestration sens de la pièce dans un ultime geste nie alpestre » ne sont pas des œuvres
Enjott Schneider (1950-)
profuse est tissée délicatement, riche en de consolation, symbolisant l’éternelle uniquement descriptives mais parlent
Phoenix, poème mythologique pour renaissance de la vie. Les références
textures et en coloris. La partie soliste aussi des phases de la vie humaine,
hautbois, percussion et cordes; Dark jour-
ney, pour hautbois et cordes; Neidhart’s (Hautbois, piano), commande d’instru- littéraires du Neidhart’s Nightmare (Le « The Volcano Symphony » n’a pas
Nightmare, chanson d’amour courtois pour mentistes, amis du compositeur, est personnage du Minnesanger Neidhart pour seule ambition de décrire les sons
piano et orchestre toujours abondante en phrasés et rap- von Reuental et le roman Buddenbroks produits par la lave en fusion mais de
Christoph Hartmann, hautbois; Johannes Fischer, pelle parfois la matière fluctuante des de Thomas Mann) sont prétextes à une nous dire la mort, l’amour et la vie. Soit.
percussion; Oliver Triendl, piano; Tonkünstler-Or- concertos de Morton Feldman. Schnei- subtile mise en musique, variations au- On peut faire confiance à Reijseger, qui
chester; Kevin John Edusei der, également auteur de musique de tour de l’air de cour, reprises de chan- a déjà composé plusieurs musiques de
WER5115 • 1 CD Wergo film, instille dans sa musique un vrai sons et danses du moyen âge, (Prélu- films pour Werner Herzog, ce qui n’est
D ernière parution consacrée au com- pouvoir d’évocation, suffocant parfois, dio, Saltarello) et quelques « spasmes pas rien, et à l’ensemble Forma Antiqva
positeur Enjott Schneider dont nous comme dans Dunkelreise où Schneider et orgasmes » du mouvement Estatico, dont la réputation n’est plus à faire. Des
commençons à connaître l’oeuvre grâce dessine à partir de fragments (Idylle, (Clusters frénétiques du pianiste) décri- instruments anciens pour de la musique
au label Wergo, ce disque présente une Andantino et Scherzo) laissés par le vant presque littéralement une scène lu- contemporaine, voilà un mélange pyro-
nouvelle série de concertos basés sur compositeur Hans Rott (qui finit ses brique du roman. (Jérôme Angouillant) technique ! (Yves Kerbiriou)
Eugen d’Albert : Tiefland, opéra [Link] Beethoven : Léonore Vincenzo Bellini : Le pirate, opéra Alban berg : Wozzeck,opéra H. Berlioz : La Damnation de Faust, Boris Blacher : Der Großinquisitor,
Hoppe; Kuhse; Gutstein; Adam; Paul Moser; Cassilly; Adam; Donath; Herbert Aliberti; Frontali; Neill; Marcello Viotti Adam; Schröter; Goldberg; Herbert Kegel opéra en 4 parties oratorio
Schmitz Blomstedt Ewing; Gulyas; Lloyd; OS de la radio de Siegmund Nimsgern, baryton; Dresdner
Francfort; Eliahu Inbal Phiharmonie; Herbert Kegel
BRIL95114 - 2 CD Brilliant BRIL94868 - 2 CD Brilliant BRIL94688 - 2 CD Brilliant BRIL94699 - 2 CD Brilliant BRIL94391 - 2 CD Brilliant BRIL9437 - 1 CD Brilliant
Spécial 50% de remise sur le prix public !
Christoph Willibal Gluck : Orphée et Nikolai Karetnikov : Till eulenspie- Alexander Knaifel : Le Fantôme de Albert Lortzing : Der Wildschütz, M. Moussorgski : Khovanchtchina, Mozart : Cosi fan tutte, opéra en
eurydice, opéra gel, opéra Canterville, opéra opéra opéra en 5 actes 2 actes
Bumbry; Rothenberger; Pütz; Vaclav Kudriavtsev; Mazo; Martynov; Emin Suleimanov; Monogarova; Moscow Forum Hornik; Soffel; Schreier; Mathis; Sottin; Petkov; Kostov; Ghiuselev; Atanas Isokoski; Groop; Argenta; Schäffer; La
Neumann Khatchaturian; Valery Polyanski theatre Orchestra; Michail Jurowski Bernhard Klee Margaritov Petite Bande; Sigiswald Kuijken
BRIL94703 - 2 CD Brilliant BRIL9423 - 2 CD Brilliant BRIL9295 - 1 CD Brilliant BRIL94701 - 2 CD Brilliant BRIL94255 - 3 CD Brilliant BRIL93925 - 3 CD Brilliant
Mozart : Don Juan, opéra en 2 actes W.A Mozart : Idoménée, opéra W.A Mozart : Il re pastore, opéra W.A. Mozart : La Betulia liverata, Mozart : La Finta Semplice, opéra Mozart : Les Noces de Figaro, opéra
Van Mechelen; Vink; Argenta; La Petite Lewis; Simoneau; Jurinac; Udovick; John Zomer; Van der Heijden; Reijans; Jed oratorio en 3 actes en 4 actes
Bande; Sigiswald Kuijken Pritchard Wentz Bucci; Luciarini; Vaccari; Biscuola; Donath; Holl; Rolfe Johnson; Berganza; Van Mechelen; Oelze; Claessens; La Petite
Riccardo Flavero Leopold Hager Bande; Sigiswald Kuijken
BRIL94389 - 3 CD Brilliant BRIL94497 - 2 CD Brilliant BRIL94498 - 2 CD Brilliant BRIL94496 - 2 CD Brilliant BRIL94374 - 3 CD Brilliant BRIL93966 - 3 CD Brilliant
Otto Nicolai : Les joyeuses com- Hans Pitzner : Palestrina, opéra Amilcare Ponchielli : La Joconde, H. Purcell : Didon et Enée. J.E. N. Rimski-Korsakov : La fiancée du N. Rimski-Korsakov : LANuit de Mai,
mères de Windsor, opéra en 3 actes opéra Galliard : Pan et Syrinx Tsar, opéra en 4 actes opéra en 3 actes
Moll; Mathis; Donath; Schreier; Bernhard Schreier; Lorenz; Ketelsen; Otmar Suitner He; D’Intino; Smith; Ataneli; Yishai Wemyss; Baker; Zomer; Pantus; Jed Wentz Orchestre National du Bolshoï; Sveshnikov Taraschenko; Erasova; Pochapski;
Klee Steckler Andrey Chistiakov Orchestre du Bolshoi; Andreï Chistiakov
BRIL94702 - 2 CD Brilliant BRIL95113 - 3 CD Brilliant BRIL94607 - 3 CD Brilliant BRIL94178 - 2 CD Brilliant BRIL93969 - 2 CD Brilliant BRIL94036 - 2 CD Brilliant
Nikolai Rimski-Korsakov : La G. Rossini : Armida, opéra en 3 Alexandre Serov : Judith, opéra A. Stradella : Ester, oratorio en 2 C.M. von Weber : Euryanthe, opéra Udo Zimmermann : Weisse Rose
Demoiselle des Neiges, opéra actes en 5 actes parties Norman; Gedda; Krause; Marek Janowski G. Szklarecka; F. Schiller; U. Zimmermann
Zemenkova; Ghiuselev; Milcheva; Stoyan Gasdia; Merrit; I Solisti Veneti; Claudio Udalova; Zaremba; Krutikov; Andrey Il Concento; Luca Ferrari
Angelov Scimone Chistiakov
BRIL94626 - 3 CD Brilliant BRIL94222 - 2 CD Brilliant BRIL9219 - 2 CD Brilliant BRIL94297 - 1 CD Brilliant BRIL94682 - 3 CD Brilliant BRIL95125 - 1 CD Brilliant
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