Dissertations sur :
L’évaluation des politiques publiques
La réforme budgétaire au Maroc
Extrait des ouvrages :
L’EPP …
Reforme budgétaire et gouvernance
financière
Encadrer par : Mohamed
harakat
Réaliser par : hanane
Plan
• L’évaluation des politiques publiques :
Introduction Générale sur l’EPP
Le rôle d’une évaluation
L’EPP dans les pays développés et les pays du Maghreb
Notion de la bonne gouvernance
Le parlement et l’EPP
Les obstacles d’EPP au Maroc
Vers la généralisation d’EPP au Maroc
Les indicateurs misent en place pour l’évolution d’EPP au
Maroc
Conclusion
• La réforme budgétaire au Maroc :
Introduction générale
La réforme budgétaire au Maroc
• Les objectifs
• Les caractéristiques
Les axes de la réforme budgétaire
La notion de budget à base de résultats
Vers une rationalisation de la gestion budgétaire
Notion sur la transparence budgétaire
conclusion
L’évaluation des politiques publiques
INTRODUCTION GENERALE :
Une politique publique correspond d’abord à un choix de valeurs
mis en œuvre pour atteindre un but définit par le pouvoir publique,
Alors que l’évaluation c’est un processus de construction d’un
jugement sur la valeur d’une intervention publique à partir des
critères sur la base d’une collecte sélective de données pour
améliorer cette intervention, ou les futures interventions publiques.
Et selon la définition « évaluer une politique, c'est rechercher si les
moyens juridiques, administratifs ou financiers mis en œuvre
permettent de produire les effets attendus de cette politique et
d'atteindre les objectifs qui lui sont fixés ».
l’exigence d’évaluer se heurte souvent aux objectifs flous ou
contradictoires de l’action publique, à la difficulté de mesurer ses
résultats et aux réticences des pouvoirs à s’y soumettre. Par
ailleurs, si la pratique de l’évaluation inclut des techniques
d’observation, de mesure et d’analyse, elle ne s’y réduit pas.
En effet, elle est d’abord une activité institutionnelle qui a vocation
à s’intégrer à la gestion publique, une démarche – fondée sur des
valeurs : rigueur, impartialité, transparence, volonté de faire
prévaloir l’intérêt général – plus qu’un simple outil de
connaissance.
A l’heure du nouveau management public, l’évaluation des
politiques publiques est un concept à la mode. Mais il faut
considérer la question de son développement réel et de ses
retombées concrètes avec prudence, d’autant que les frontières
qui la distinguent des autres pratiques de retour d’information
suivi, contrôle de gestion, audit, etc. sont difficiles à tracer et que
l’évaluation elle-même est diverse, tant par ses finalités et ses
méthodes, que par le type d’objet soumis à son examen (on
évalue des politiques, certes, mais aussi des dispositifs
réglementaires, des projets, des programmes, l’activité des
établissements et organismes publics, bref l’action publique dans
son ensemble).
Le rôle d’une évaluation :
Pour les commanditaires d’une évaluation, l’évaluation sert à :
• Connaître, décrire et mesurer (sans juger) la réalité d’un
programme ou d’une intervention, sa réponse à un besoin,
l’atteinte de ses objectifs et de ses effets. C’est la finalité dite
cognitive de l’évaluation.
« Concrètement, il s’agit d’identifier si les groupes cibles
visés par une politique en particulier ont effectivement
modifié leurs comportements.
• Juger : l’évaluation aide les responsables politiques à porter
un jugement sur les réussites et échecs des interventions
reposant sur des données empiriques et des critères
explicites, ainsi qu’une analyse étayée (finalité normative) ;
• Améliorer et décider comment le faire : l’évaluation sert à
alimenter la prise de décision, par exemple via la
réorientation stratégique ou l’adaptation opérationnelle des
politiques publiques (finalité instrumentale).
L’EPP dans les pays développés et dans les payés du Maghreb :
L’EPP en Europe : l’évaluation et l’efficacité de la gouvernance
européenne tiennent aux différences structurelles de
fonctionnement des économies notamment le recours à une
gouvernance économique qui désigne les modalités de répartition
du pouvoir de décision entre les diverses institutions qui en ont la
charge.et qui concerne davantage l’instance décisionnelle,
l’ensemble des responsables retenus pour mettre en œuvre les
stratégies de gestion conformes à l’intérêt général.
Sur la base de cette différenciation conceptuelle, on peut dire que
l’Union ont vu naitre un embryon de gouvernance économique.il ya
l’Eurogroupe, qui en dépit de sa reconnaissance juridique depuis
le traité de lisbonne reste une enceinte informelle discutant les
textes concernant la zone Euro et ses Etats membres. Il y a le
comité économique et financier, qui réunit les hauts
représentants nationaux en matière de finances publiques,
dispose d’une compétences d’avis assez large,sans oublié le rôle
important d’Ecofin comme étant chargé
d’approuver les programmes de stabilité des Etats membres de la
zone Europe .
Toutes ces adaptations prisent par l’union européenne, ne
pourront être efficaces et au service de tous si la gouvernance et
son gouvernement n’ont pas une dimension économique globale
et si cette dimension économique globale n’est pas accompagnée
de la dimension politique à même de la justifier et de la dynamiser.
Il ne peut y avoir de véritable régulation économique sans volonté
politique.
L’EPP en France : après une institutionnalisation difficile et une
constitutionnalisation récente (2008), l’évaluation trouve un
nouveau souffle grâce au renforcement du rôle de ses acteurs - au
1er rang desquels le Parlement - à la territorialisation de ses
enjeux et au contexte de la réforme de l’Etat. C’est d’autant plus
regrettable que l’évaluation des politiques publiques répond mieux
que de purs impératifs de rationalisation budgétaire au besoin de
sens porté par le changement. Elle apparaît en effet comme une
réponse adéquate à un ensemble de défis posés aux Etats et qui
appellent de nouvelles formes de légitimation des décisions et de
mobilisation des énergies face au souci de transparence et
d’exigence accrue des citoyens.
L’EPP en Tunisie : selon le discours de la communauté
internationale et les autorités tunisienne , ma Tunisie est
considérée comme un modèle économique et sociale à suivre
dans toute la région de la rive sud de la méditerranée et c’est
grâce à l’existence d’un « miracle économique ».
Mais malheureusement ce « miracle » a été intégré dans un
ensemble de politiques ce qui a eu des effets négatifs sur le
fonctionnement de l’économie. Ainsi, la légitimité donnée par la
communauté internationale aux autorités nationales à travers le
discours du « miracle économique » a aggravé la situation en
cachant les grandes lacunes de ce modèle sur le plan économique
et sociale. En effet, ce sont les disparités régionales, la mauvaise
gestion des finances de l’Etat et le grand chômage des jeunes
diplômés qui ont amené aux événements du 14 janvier 2011,
lesquels événement ont imposé le démantèlement d’un ensemble
de mesures fortement biaisées du discours du « miracle
économique » tunisien ,et ont soulevé la question des problèmes
d’EPP en Tunisie.
L’EPP au Maroc : Au Maroc, cette question d'évaluation est passée
du stade d'urgence à celui de la fatalité. «la bonne gouvernance
n'est plus négociable, elle devient une fatalité et il faut la traiter en
tant que telle», faisant le lien dialectique entre l'EPP et la bonne
gouvernance.
«Evaluer pour évoluer oui. Mais il faut aller plus loin encore et
évaluer l'évolution également. C'est cela qui nous fera entrer dans
un cercle vertueux qui ramènera la croissance».
S'il y avait un point d'accord entre les différents intervenants, c'est
bel et bien que la démocratie est une condition pour l'installation
d'une bonne gouvernance et l'EPP, tout en étant des outils de
cette démocratie.
«L'autre condition pour instaurer une réelle EPP est l'existence
d'un encadrement réglementaire qui facilitera l'installation de la
culture de l'évaluation ».
Un peu partout dans le monde, l’impératif de l’évaluation des
politiques s’impose comme un gage de transparence, de
reddition des comptes et de redevabilité mutuelle. Malgré tout, le
Maroc se caractérise par un faible ancrage de la fonction
évaluative dans son paysage politico-administratif et institutionnel.
Mais, la situation change rapidement puisque l’évaluation connait
un intérêt grandissant et a été citée à une dizaine de fois dans la
nouvelle Constitution marocaine (juillet 2011). Désormais,
l’évaluation apparaît donc comme l’une des thématiques clés sur
laquelle l’État doit compter pour se rénover et améliorer la
performance de l’action gouvernementale. La recherche proposée
caractérise les attentes associées à la pratique de l’évaluation au
Maroc (combler le déficit juridique et pratique en matière
d’institutionnalisation de la fonction évaluative) et balise les
dispositifs institutionnels et organisationnels permettant de codifier
les approches et méthodes associées. Nous examinons à cet effet
le déficit juridique et institutionnel à combler dans l’implantation de
l’évaluation. Les dispositifs institutionnels et opérationnels de
l’évaluation seront passés en revue, et ce, pour mieux ancrer
l’évaluation dans le contexte du Maroc. Des propositions sont
énoncées pour identifier les institutions et les expertises requises
pour mieux aider le Parlement et les décideurs à assumer leurs
responsabilités dans l’évaluation des politiques et la promotion de
la redevabilité publique.
Le parlement et l’évaluation des politiques publiques :
Le Parlement n’a pas toujours joué un grand rôle dans
l’histoire d’évaluation. On a justement un désintérêt patent des
parlementaires pour l’évaluation, au moins jusqu’à une date
récent. Face à ce constat, faut-il considérer que le Parlement ne
saurait être le lieu d’exercice d’une démarche d’évaluation des
politiques publiques ? Le Parlement exerce, à côté de sa fonction
de législateur, une fonction de contrôle et il lui a semblé
nécessaire d’en dériver une fonction d’évaluation qui a longtemps
été ignorée du droit positif déterminant les compétences du
Parlement.
L’évaluation des politiques publiques par le parlement
n’occupe encore qu’une place mineur dans notre vie publique
comparée aux exemples étrangers, le cas par exemple des
Etats-Unis, ceux dans lesquels la tradition parlementaire est
restée vivace en dépit d’un contexte institutionnel ou politique
pouvant fonder une forme de suprématie de l’exécutif ,c’est le cas
du Royaume-Uni , Ces deux systèmes partagent une même
attention à l’existence d’un certain équilibre entre « pouvoirs et
contrepouvoirs » .
Au Royaume-Uni, le Parlement britannique a créé en son sein un
Public Accounts Committee, dont les membres s’occupent non de
la préparation du budget mais du contrôle de l’efficacité de la
gestion des deniers publics. Il s’appuie de manière privilégiée sur
le National Audit Office, et qui est habilité à conduire des audits
dans l’ensemble des ministères et agences gouvernementales,
disposant d’un droit d’accès à tous les documents et à toutes
informations.
La principale conclusion des comparaisons internationales
demeure la suivante : les pays où l’évaluation est reconnue et
largement utilisée sont ceux dans lesquels la culture politique
donne un grand poids aux intérêts des contribuables. Or, tel n’est
pas le cas en Maroc. Comme le relève le premier rapport de la
Mission d’évaluation et de contrôle, la dépense publique jouit dans
notre pays d’une tolérance exceptionnelle.
Les obstacles d’une évaluation des politiques publiques :
Dans ce sens on peut citer un certains nombres éléments
entravent l’évaluation des politiques publiques (L’EPP) :
• L'absence de cadre juridique et de textes réglementaires
organisant la pratique de l'évaluation, Cela se traduit par le
peu d'intérêt des administrations à recourir à l'évaluation,
laquelle demeure le plus souvent tributaire de la demande
émanant des institutions internationales.
• Les demandes internes à l'administration publique pour
entreprendre des études d'évaluation sont encore
relativement modestes. En effet, hormis quelques
départements, la pratique des études d'évaluation des
projets et programmes de développement reste encore
l'apanage des bailleurs de fonds.
• En tant qu'élément essentiel pour l'amélioration du
management, l'évaluation des politiques et programmes est
une discipline qui requiert des compétences et des profils
multidisciplinaires rompus aux méthodologies et techniques
d'évaluation. Or, cette discipline est relativement récente
dans le secteur public et des efforts restent à entreprendre
en matière de formation et d'élaboration de guides
méthodologiques standards susceptibles de renforcer l'offre
nationale dans ce domaine.
Vers la généralisation de l’évaluation des politiques
publiques :
Pour surmonter et éviter ces obstacles il faut s’orienter vers
une généralisation de l’évaluation des politiques
publiques dans le processus gouvernementale, et comme l’EPP
s’impose l’une des composantes majeures de la bonne
gouvernance , les gouvernants s’attachent donc à organiser le
dispositif leur permettant de mesurer les impacts d’une politique
afin de questionner son utilité, sa pertinence, son efficience ,parmi
ces mesures :
Au Maroc, la nouvelle Constitution adoptée en 2011 confère au
Parlement un double rôle : en sus de légiférer, il est chargé de
contrôler l’action du gouvernement et d’évaluer les politiques
publiques.
Les articles 70 et 101 prévoient le dispositif mais ne définissent
pas les modalités d’action hormis l’annonce d’une séance annuelle
du Parlement qui doit être consacrée à cette thématique. La
Constitution prévoit aussi l’intervention de la Cour des Comptes.
L’association marocaine de l’évaluation, créée en 2008,
rassemble des professionnels qui soutiennent le développement
de ce mouvement en faveur d’une pratique évaluative dans le
secteur public. Le PNUD avait organisé, en 2009, une conférence
internationale sur la capacité nationale d’évaluation.
En 2010, l’Association Internationale pour le Développement
de l’Evaluation proposait, elle, une semaine marocaine de
l’évaluation visant à sensibiliser les acteurs publics à l’intérêt de
cette thématique. Quant au Ministère de la Modernisation des
Services Publics, il initiait, avec le concours de l’OECD et l’Institut
Supérieur de l’Administration, une rencontre de lancement du
Centre Régional d’Evaluation des Politiques publiques au Maroc.
L’organisation notamment des séminaires pour qu’on aboutisse à
un modèle fiables et une culture de l’efficacité et de la reddition
des comptes , et le développement de la capacité du Parlement,
du gouvernement et de l'exécutif avec des audits au sein même du
gouvernement, le renforcement des capacités de la Justice
marocaine et le renforcement du contrôle lui-même en donnant
plus de prérogatives à la Cour des comptes et aux audits internes
au sein des ministères et départements publics.
Ces évaluations sont fondamentales dans la reddition des
comptes. Sans démocratie et reddition des comptes, elles ne
servent à rien, Et l'utilisation dépend de ceux qui les reçoivent.
Parce que si ça va dans les tiroirs, ça ne sert à rien non plus. La
société civile peut travailler avec évaluation justement pour
défendre la démocratie et la reddition des comptes.
Les indicateurs misent en place pour une évolution de L’EPP :
L’évaluation des politiques publiques et des systèmes de
gouvernance est un processus récent au Maroc, l’approche
généralement utilisée a été le suivi des projets et des programmes
gouvernementaux ainsi que des processus mis en œuvre qui a été
traduite par le lancement de quelques indicateurs performants :
• L’Indice Nationale pour le Développement Humain
(INDH) :chargé d’analyser, et évaluer l’impact des
programmes de développement humain mis en œuvre et de
proposer des mesures et des actions qui contribuent
l’élaboration d’une stratégie nationale de développement
humain.
• L’observatoire Nationale du Développement
Humain(ONDH) :se trouve par son texte en position non
seulement d’évaluer les politique sectorielles du
gouvernement mais également d’analyser et d’évaluer leur
cohérence et leur capacité à élever le développement du
pays.
• Parmi les outils performants mis en œuvre à ce jour, figure
tout d’abord le système d’information constitué de la banque
de donnée »Albacharia «,du centre de documentation
virtuel et portail de valorisation et de diffusion des
indicateurs sur le développement humain.
Sur la base de ce système l’objectif est de mettre en place
des indicateurs pertinents à même de permettre une vision globale
des évolutions liées au développement humaine via un projet
d’aide à décision.
Dés à présent en peut dire que ces outils complétés par des
études et enquêtes thématiques ciblées donnent à notre pays des
possibilités d’anticipation et d’aide à la décision mais également
constituent des outils fondamentaux de bonne gouvernance, par la
transparence des résultats, la solidarité des indicateurs et par des
évaluations indépendantes à même de contribuer à la reddition
des comptes.
Bref, l’EPP et des systèmes de gouvernance devront développer
de nouveaux métiers de débat public favorisant le pilotage des
politiques publiques sur la base du savoir du professionnalisme et
de la transparence démocratique, mais l’efficacité de ce contrôle
ne peut être réalisée que lorsque certaines conditions sont réunis
à savoir notamment :
• L’animation du débat public, l’implication du parlement, des
ONG, de l’entreprise, de l’université et des citoyens dans
les processus de prise de décision et la circulation
permanente de l’information.
• La consolidation de la place accordée à la recherche
scientifique et à l’université dans la dynamique de la
reddition des comptes et la production de nouvelles valeurs
d’innovation, de création et de transparence.
• la démocratisation de la société car celle-ci est la base de
toute la dynamique du contrôle populaire comme par
exemple les élections libres et transparentes.
• Mettre en place un système efficace de contrôle interne et
d’évaluation continue des risques basé sur répartition des
taches, la responsabilisation, l’éthique et la communication
stratégique.
Contrôle sociale et gouvernance globale
Gouvernance
financière
Gouvernance Gouvernance
économique politique
Gouvernance
administrative
Conclusion :
Les politiques publiques bien élaborées et effectivement
exécutées et évaluées constituent une condition fondamentale de
développement humain et durable dans tous les pays du monde.
Ces politiques s’inscrivant dans l’espace de la « bonne
gouvernance située » ne peuvent être menées à terme sans
l’adoption d’une stratégie participative d’évaluation (des projets ,
des programmes, des politiques , des structures
organisationnelles, des compétences et d’évaluation continue des
risques) en termes de risque, de coût ,d’ avantage , de
performance et de transparence .
L’évaluation émancipée, objective, pragmatique et participative
des systèmes de gouvernance ne sont pas du tout inconnue à
l’échelon des organisations internationales (Nations unies, Banque
mondiale, FMI, de l’Union européenne), des Etats, des collectivités
locales, des ONG, des citoyens et des universités
Les pays du Maghreb et précisément le Maroc n’ont pas une
culture et une tradition bien développées de l’évaluation des
politiques publiques et des systèmes de gouvernance d’une
manière plus large . Les taches assignées actuellement à celle-
ci sont de plus en plus nombreuses et complexes. Il s’agit d’une
démarche pluridisciplinaire cognitive (fondée sur la connaissance
et le savoir), pédagogique, créative, constructive, interactive. C’est
une logique constante d’intelligence collective. Il ne s’agit pas
d’une entreprise de « spectacle public » mais d’intelligence
émancipée et partagée. Elle est au cœur de la nouvelle
citoyenneté. « Evaluer c’est évoluer ».
Dans cette perspective, au regard des risques auxquels se
heurtent les pays du Maghreb ceux-ci sont appelés à consolider
leurs capacités stratégiques et institutionnelles dans leur
processus de développement.
Le retour du capitalisme d’Etat entraine aujourd’hui d’autres
bouleversements, notamment le renforcement des liens entre
l’entreprise et des impératifs de développement durable et de la
transparence. Ces facteurs peuvent militer ensemble en faveur
de l’évaluation .En l’occurrence cette dernière devra s’inspirer
des méthodes et approches savantes de stratégie, de
gouvernance des humanités et notamment de valeurs d’éthique
dans le processus de création de richesse et d’équilibre de pouvoir
S'il est vrai qu'aujourd'hui la bonne gouvernance est le maître mot
de l'actuel gouvernement, il y a un large fossé, malgré les
différentes actions entreprises, entre la réalité et l'ambition. Et il
est urgent de travailler sur les différents couacs relevés par les
différents experts pour aboutir, in fine, à l'efficacité, qui est l'objectif
ultime aussi bien de l'EPP que de la bonne gouvernance.
Les caractéristiques de la réforme budgétaire
budgétaire au Maroc
Introduction Générale:
Suite à l’étroitesse des marges de manœuvre budgétaires,
du fait de l’incompressibilité des dépenses de fonctionnement et
du service de la dette, notamment intérieure, et de la rareté des
ressources budgétaires accentuée par le démantèlement tarifaire
et le fléchissement des recettes de privatisation, il est devenu
nécessaire de réexaminer les processus budgétaires afin
d’améliorer la performance et l’efficience de la gestion des
dépenses de l’Etat tout en réduisant les coûts globaux et en
simplifiant et fluidifiant les circuits et les procédures de dépenses.
Et pour cet effet, le Maroc a lancé une série de réformes
institutionnelles et sectorielles dans le but de consolider les acquis
en matière de discipline budgétaire et de rattraper les retards
enregistrés dans les secteurs sociaux et en matière de
développement humain et satisfaire les besoins de plus en plus
pressants de la population en termes d’emploi et d’accès aux
services sociaux de base.
Ladite réforme vise essentiellement à moderniser les processus
de gestion des ressources budgétaires en replaçant le
gestionnaire et le citoyen au cœur des préoccupations de l’action
publique et en privilégiant la recherche de la performance dans la
dépense publique. L’accent étant mis davantage sur la recherche
de l’efficacité de l’intervention de l’Etat, le renforcement du rôle
redistributif du Budget de l’Etat et une meilleure allocation des
ressources budgétaires afin d’assurer une amélioration de la
qualité des prestations du service public et un meilleur impact des
politiques publiques sur les populations bénéficiaires .
Cette réforme constitue un choix politique fondamental qui inscrit
le Maroc dans le vaste mouvement international de modernisation
des finances publiques et traduit la ferme volonté du Maroc de
réussir sa transition démocratique et économique et de garantir les
conditions d’un développement durable en phase avec les
mutations de l’environnement international et les exigences de
bonne gouvernance qu’elles interpellent.
La réforme budgétaire au Maroc :
Entreprise à partir de 2002, est un objectif constant dans la
mesure où elle doit répondre, d’une part aux exigences de la
conjoncture internationale, et d’autre part à l’impératif de
l’amélioration de la gestion financière du secteur public.
Cette réforme s’inspire de la rationalisation des choix budgétaires
et vise à accroitre la performance du secteur à travers une gestion
axée sur les résultats.
Les objectifs :
Accroitre la performance en orientant le budget vers les
résultats.
Octroyer plus de liberté et de responsabilité aux
gestionnaires budgétaires.
Alléger et simplifier les procédures de la dépense publique.
Donner plus de clarté aux choix stratégiques en renforçant la
programmation budgétaire pluriannuelle.
Renforcer la déconcentration budgétaire pour favoriser une
gestion de proximité répondant aux attentes des citoyens .
Les caractéristiques :
Approche globale et intégrée englobant l’ensemble du
processus budgétaire.
Démarche participative : implication des départements dans
la conception et la mise en œuvre des dispositifs de la
réforme.
Démarche pragmatique : expérimentation au niveau de
département pilotes, apprentissage et généralisation aux
autres départements.
Ouverture sur les meilleures pratiques internationales et leur
adaptation aux spécificités du système budgétaire
marocain .
Stratégie de communication : séminaires, ateliers, sites …
Les axes de la réforme budgétaire :
L'amélioration de la programmation budgétaire
pluriannuelle par la mise en œuvre d'un Cadre de
Dépenses à Moyen Terme (CDMT) triennal et glissant
tendant à renforcer la cohérence des politiques sectorielles
avec les objectifs de soutenabilité du cadre macro-
économique, favoriser les arbitrages intersectoriels et
partant assurer l’efficacité de l'allocation des ressources
budgétaires.
Le déploiement du dispositif de globalisation des
crédits. à travers l’octroi d’une plus grande autonomie aux
gestionnaires dans l’utilisation de leurs dotations
budgétaires en contrepartie de la réalisation de leur
engagement à atteindre des objectifs prédéfinis mesurés par
des indicateurs de performance et à rendre compte des
progrès réalisés au regard des moyens utilisés
Le renforcement de la déconcentration budgétaire à
travers la contractualisation des relations entre les
administrations centrales et leurs services déconcentrés afin
de renforcer l’autonomie des gestionnaires locaux et les
responsabiliser quant à la réalisation des objectifs qui leur
sont assignés et à la gestion des crédits qui leur sont
alloués.
La refonte du contrôle de la dépense publique dans le
sens de allègement progressif du contrôle a priori et le
renforcement du contrôle de la performance. L’objectif étant
de remplacer progressivement le contrôle a priori en vigueur
par un contrôle d’accompagnement et a posteriori basé sur
l’appréciation des performances. Elle vise à simplifier les
procédures de contrôle à priori, de réduire ses coûts et
d’introduire plus de fluidité et de flexibilité dans l’exercice du
contrôle.
L’introduction de l’audit de performance et de la
reddition des comptes : des missions d’audit de
performance sont réalisées de manière conjointe apportant
une évaluation du dispositif de contrôle interne mis en place,
de la cohérence des programmes, de la fiabilité des
indicateurs de performance adoptés et des résultats atteints
au regard des objectifs arrêtés et des moyens mis en
œuvre.
La notion de budget à base de resultants:
Dans l’optique d’une budgétisation axée sur les résultats, le
budget est conçu comme une sorte de « contrat implicite » qui
établit un lien entre les crédits autorisés et les résultats attendus »
En effet, la gestion budgétaire axée sur les résultats doit permettre
le passage ‘’d’une logique de moyen à une logique de résultat’’, il
ne s’agit pas de mettre à la disposition de l’administration
uniquement les moyens de son action, mais de l’investir d’un
certain nombre de missions. Ces missions, qui visent à satisfaire
les besoins des citoyens, doivent atteindre un certain nombre
d’objectifs dans le respect de la réglementation, de la
transparence et de la responsabilité.
Vers une rationalisation de la gestion budgétaire :
La gestion budgétaire qui est un processus de gestion et
particulièrement de la gestion financière qui consiste à planifier,
organiser, coordonner et contrôler les activités à réaliser à l'aide
des moyens exprimés en termes budgétaires afin d'atteindre les
objectifs organisationnels préalablement fixés. La gestion
budgétaire doit être rationnalisée et, cette rationalisation ne peut
être possible qu'à travers les processus ci-après :
La gestion efficace de la trésorerie : la gestion de la trésorerie est
assurée par la Banque Centrale du Congo sous une surveillance
de la direction du trésor du ministère des finances. Actuellement
avec le système informatisé de la, chaîne de la dépense la
Direction du Trésor réalise toutes les opérations se rapportant tant
aux recettes publiques qu'aux dépenses publiques
automatiquement.
Les contrôles : les contrôles comme l'avions souligné précédemment
comprennent les contrôles administratifs, le contrôle juridictionnel et le
contrôle parlementaire, et se réalisent avant, pendant et après l'exécution
du budget de l'Etat. Cependant, nous insistons ici sur le fait qu'il faudrait
que ces contrôles soient effectués d'une manière indépendante mais pas
de façon coercitive afin qu'ils soient efficaces. Les contrôles sur la
gestion des deniers publics sont indispensables d'une part, pour
l'évaluation des actions gouvernementales face aux objectifs fixés, pour
plus de transparence dans la gestion de la chose publique.
Conclusion :
A cet égard, la réforme budgétaire de l’Etat est l’une des
actions phares engagées par le gouvernement depuis presque
une décennie. Son élément central est la notion de
« performance ». Il s’agit, en somme, de parvenir à concilier la
recherche de l’efficacité de gestion et celle du respect des règles
juridiques. La Nouvelle Approche Budgétaire constitue une
opportunité pour accélérer la réforme de l’Etat et les modalités de
fonctionnement de ses institutions.
Cette nouvelle approche budgétaire, s’inscrivant dans le cadre de
la modernisation du processus budgétaire et qui intervient dans un
contexte marqué notamment par la rareté des ressources et
dernièrement par une redondance de crises financières
internationales, exige la nécessité de plus en plus recherchée de
simplification des procédures budgétaires et de déconcentration
des crédits et l’octroi de plus de flexibilité et d’autonomie aux
gestionnaires budgétaires. Cette nouvelle approche survient
également dans le cadre de l’amélioration de l’efficacité de la
dépense publique et de la réforme de la gestion des affaires
publiques pour l’orienter davantage vers les résultats et le contrôle
des performances.
En outre, elle permet, tout en renforçant l’instrument de la
programmation budgétaire triennal glissant, plus de clarté dans les
choix stratégiques. Cette démarche exige l’établissement
d’objectifs et d’indicateurs permettant de visualiser les résultats
attendus sans oublier le renforcement de la transparence de
l’action publique et l’amélioration de la qualité de l’information
budgétaire offerte au parlement et aux citoyens en vue de
rehausser la qualité du débat public. Il s’agit en particulier de
définir les responsabilités, d’assurer une large diffusion des
informations budgétaires pertinentes et de procéder aux audits de
performance empruntés à l’entreprise privée, en vue de s’assurer
de l’efficacité des interventions de l’Etat et de mesurer les progrès
réalisés au regard des moyens consommés.