ELECTROENCÉPHALOGRAPHIE
I. Définition :
EEG est examen permettant d'enregistrer l'activité électrique produite par les neurones du cerveau. C’est un examen
totalement indolore et sans risque ,pratiqué couramment depuis les années 1950 aussi bien chez les adultes que les
enfants y compris le nouveau né.
II. Intérêt
L'EEG est utile dans le bilan des malaises, le diagnostic et le suivi de l'épilepsie mais également pour d'autres
pathologies neurologiques : origine de certains comas ,atteintes infectieuses (encéphalites….),états confusionnels et
chez le nouveau né dans tous les cas de souffrance cérébrale,il permet aussi d'étudier le sommeil et ses troubles et
dans ces cas sont réalisées des explorations polygraphique et polysomnographique.
III. Matériels :
a. Les électrodes d’enregistrement :
le signal EEG est enregistré à l’aide de deux types d’électrodes : électrodes tampons et
à pince, 21 pour chaque type :
- électrodes tampons imbibées d’une solution saline, pour faciliter le contact et
l’enregistrement.
- électrodes à pince placées sur les électrodes tampons; elles comportent un câble électrode
assurant la liaison avec la boite têtière ou le préamplificateur de l’appareil EEG qui comporte
les pores d’entrée des électrodes à pince.
b. Le casque EEG : les électrodes tampons sont fixées sur le scalp à l’aide d’un casque EEG, à
lanière souple et extensible en caoutchouc, sous laquelle on glisse les électrodes, selon le
système international 10-20; on fixe les électrodes à pince sur les électrodes tampons et sur
la boite têtière de l’appareil EEG.
C. Positionnement des électrodes selon le système international 10-20 : Le système international 10/20 de placement des
électrodes est le système le plus couramment utilisé. Les chiffres 10 et 20 dénotent le fait que la distance entre deux électrodes
adjacentes est de 10 % à 20 % de la distance totale soit entre le nasion et l’inion (racine du nez -protubérance occipitale
externe) en passant par le vertex ou entre le côté gauche et le côté droit du crâne. Au total, 21 électrodes sont posées sur le
cuir chevelu selon des règles strictes. On utilise des lettres et de chiffres afin de caractériser l’emplacement des électrodes. Les
chiffres dénotent l’emplacement des électrodes en fonction de l’hémisphère dans lequel ils se retrouvent, les chiffres impairs pour
le côté gauche alors que les chiffres pairs pour le côté droit. La lettre « Z » est utilisée afin d’identifier les électrodes
positionnées sur la ligne médiane. Les lettres quant à elles servent à identifier l’emplacement des électrodes en fonction des
lobes du cerveau. La lettre A est utilisée pour identifier les oreilles ; Fp = Frontopolaire; A = Auriculaire; F = Frontale; T =
Temporale; C = Centrale; P = Pariétale; O = Occipitale.
d. Appareil EEG numérique : après l’enregistrement du signal EEG par les électrodes et la boite têtière, il est
numérisé par un ordinateur puis visualisé à l’aide d’un moniteur ou d’un écran, sous forme d’un tracé EEG
pouvant être imprimé.
VI. Technique d’enregistrement d’un EEG
1. Les conditions techniques pour réaliser un EEG : avant l’examen, il faut, au préalable :
- rechercher d’éventuelles contre-indications de certains tests d’activation EEG, comme l’hyperpnée chez les asthmatiques par
ex.
- mettre le sujet en position couchée (décubitus dorsal) ou en position demi-assise, yeux fermés. La durée d’un examen EEG
standard de veille est environ 20 min.
2. Le protocole d’un EEG standard de veille : doit comporter :
- l’enregistrement d’un tracé spontané, le sujet au repos yeux fermés, pendant une durée de 3 à 5 min, avec des réactions
d’arrêt visuelle. Puis des épreuves d’activation type hyperpnée (1 à 2), pendant une durée de 3 à 5 min (pour chacune), et en
terminant par l’épreuve de stimulation lumineuse intermittente (SLI).
[Link] épreuves d’activation :
-La réaction d’arrêt visuelle : après un temps d’enregistrement du tracé spontané yeux fermés, on demande au patient d’ouvrir
ses yeux pendant quelques secondes et de les fermer après; cette réaction provoque l’interruption momentanée du rythme α
occipital, remplacé par une activité rapide, de faible amplitude. Après la fermeture des yeux le rythme α se rétablit.
-L’hyperpnée : après un temps d’enregistrement spontané de plusieurs minutes, on demande au patient de faire une respiration
ample et lente pendant 3 à 5 min. Elle provoque une hyperoxygénation, ce qui entraine une baisse du taux de CO2 sanguin.
L’hypocapnie entraine une vasoconstriction des vaisseaux cérébraux, ce qui entraine une diminution du débit sanguin cérébral et
une anoxie, à l’origine d’une perturbation du métabolisme des cellules cérébrales. Ces modifications biochimiques peuvent faire
apparaitre des activités électriques pathologiques.
-La stimulation lumineuse intermittente: elle utilise des éclairs lumineux brefs, intenses et répétés, à l’aide d’un stroboscope placé
face aux yeux du malade. Elle peut provoquer l’apparition des activités électriques pathologiques appelées réponses
photoparoxystiques à type de pointes-ondes ou polypointes-ondes. Elle est essentielle dans l’exploration des épilepsies
photosensibles.
[Link]étations des résultats :
1. . Les activités EEG physiologiques ou normales :
l’enregistrement de l’activité électrique corticale constitue un biorythme qui varie au cours du nycthémère (cycle veille et sommeil) et se
modifie en fonction de l’âge. Les ondes cérébrales physiologiques sont caractérisées par leurs fréquences, leurs amplitudes, leurs
topographies et leurs réactivités.
- Rythme alpha : fréquence comprise entre 8 à 13Hz, amplitude de 20 à 100microvolte. Il se distribue dans les régions postérieures du
scalp, de façon bilatérale à prédominance occipitale, amplitude maximale yeux fermées, il est bloqué par l’ouverture des yeux.
- Rythme béta : fréquence supérieure à 13Hz, amplitude faible inférieure à 20microvolte, occupe les régions rolandiques et frontales. Il
peut être bloqué lors de l’exécution volontaire d’un mouvement. Les rythmes alpha et béta, sont des activités retrouvés pendant l’état de
veille
- Rythme thêta : fréquence comprise entre 4 à 7 Hz, d’amplitude : 50 microvolts. Chez l’adulte, en état de veille normalement présent
mais peu abondant, de topographie temporale, souvent masqué par le rythme alpha, s’accentue pendant le sommeil léger.
- Rythme delta : fréquence inférieure ou égale à 3,5Hz, amplitude grande mais variable; Il n’est jamais présent chez l’adulte éveillé au
repos. Mais, on le rencontre pendant le sommeil profond. Les rythmes delta et thêta physiologiques, sont retrouvées surtout pendant
l’état de sommeil
2 . Les activités EEG pathologiques ralentissement de l’activité corticale : il existe deux types d’activités EEG pathologiques :
[Link] ondes de la ralentissement de l'activité cérébrale :
c ’est la présence des activités lentes de la bande delta ou thêta pathologiques survenant en dehors de l’état physiologique du
sommeil, ne respectant pas l’âge EEG du patient . Elles peuvent être localisés (en regard de la région corticale lésée) ou
généralisés. Elles peuvent être d’origine : Vasculaire, traumatique, infectieuse, tumorale
[Link] anomalies paroxystiques : ce sont des activités pathologiques, qui se caractérisent par un début et une fin brusque, qui se détachent
nettement du rythme de fond. On distingue, essentiellement sur une base morphologique, plusieurs types d’anomalies élémentaires :
La pointe : c’est une onde de très brève durée (10-70 ms) et de grande amplitude.
La pointe-onde : est une pointe immédiatement suivie d’une onde lente.
Les polypointes : elle représente des pointes groupées en un très court laps de temps.
Les polypointes-ondes : est la succession de polypointes et de plusieurs ondes lentes.
La présence de ces anomalies paroxystiques permet le diagnostic de l’épilepsie, elles peuvent
être localisées (de siège frontal, temporal, occipital…) ou généralisées.
L’épilepsie : est définie par la répétition chez le même sujet de crises épileptiques
spontanées.
Les crises d’épilepsie sont des manifestations cliniques paroxystiques motrices, sensorielles,
accompagnées ou non d’une perte de connaissance, liées à une décharges anormale,
excessive et hypersynchrone d’une population de neurones corticaux. Elles peuvent être
focalisées (frontale, temporale, occipitale....), ou généralisées. La sémiologie clinique des crises
épileptiques dépend de l’origine topographique et de la propagation des décharges
neuronales. Donc, L’EEG permet de recueillir des arguments pour le diagnostic positif, et
pour déterminer le type de l’épilepsie, exemple : Epilepsie généralisée : Grand mal, absence.
Epilepsie partielle : temporale, occipitale, frontale.