0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
241 vues30 pages

Réflexions Profondes et Citations Inspirantes

Transféré par

Christian Camus
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
241 vues30 pages

Réflexions Profondes et Citations Inspirantes

Transféré par

Christian Camus
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOC, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Citations - 1 -

Gilson : Ce qui étonne les professeurs ne perd pas pour autant le droit d’exister.
Bernard Besret : La lutte pour l’avenir du XXI° siècle, à mon avis, ne se jouera pas comme on pourrait le
croire entre les religieux d’un côté et les rationalistes de l’autre. Il se jouera plutôt entre les religieux d’une part et
les spirituels de l’autre. Entre les croyants prêts à admettre sans discussion ce que les religions leur disent de croire,
et les hommes qui assumeront avec intelligence la rigueur d’une démarche de foi. Entre ceux qui accepterons de
s’aliéner à une structure institutionnalisée et hiérarchisée, et ceux qui mèneront jusqu’au bout la démarche
personnelle et libératrice de l’affrontement au réel et de la sagesse qui en découle. "Confiteor" Albin Michel 1991 –
p.209

« Dieu reste muet, constate Woody Allen, si seulement nous pouvions convaincre l’homme d’en faire autant !
»

J’ai des questions à toutes vos réponses .Woody Allen

« La distinction entre passé, présent et futur est une illusion, malgré tout persistante. Le temps n’est pas ce
qu’il semble être. Il ne s’écoule pas simplement dans une seule direction, et le futur existe simultanément avec le
passé. » Albert Einstein

Si chaque découverte entraîne plus de questions qu’elle n’en résout, la part d’inconnu s’accroît à mesure que
nos connaissances augmentent. Pierre Vathomme
Si la science ne s’intéresse pas aux choses délirantes, elle risque fort de passer à côté de choses intéressantes.
Antoine Labeyrie, astronome, interview dans Télérama, 12 août 2000

Cessez enfin de répéter qu’Auschwitz ne s’explique pas, qu’Auschwitz est le fruit de forces irrationnelles,
inconcevables pour la raison, parce que le mal a toujours une explication rationnelle. Écoutez-moi bien, ce qui est
réellement irrationnel et qui n’a pas vraiment d’explication, ce n’est pas le mal, au contraire : c’est le bien. Imre
Kertész, déporté à Auschwitz en 1944, prix Nobel de Littérature 2002,

Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine mais la justice. Nick Tosches

Nous qui nous délectons de la diversité de la nature et nous instruisons auprès de chaque animal, avons
tendance à considérer l’Homo sapiens comme la plus grande catastrophe depuis l’extinction du Crétacé. Stephen
Jay Gould

Quelle merveilleuse harmonie règne dans l’univers. Bien que pris dans le détail ça fasse un fameux merdier.
René Barjavel

Beaucoup de gens croient penser alors qu’ils ne font que réarranger leurs préjugés. William James

 L’homme qui voit le monde à 50 ans comme à 20 ans a perdu 30 ans de sa vie. Muhammad Ali

La pensée est un oiseau d’espace qui dans la cage des mots saura peut-être déployer les ailes, mais pas voler.
Khalil Gibran

Le peu que je sais, c’est à mon ignorance que je le dois. Sacha Guitry

Il n’y a qu’une façon d’apprendre, c’est par l’action. Paulo Coelho

Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour lequel il serait prêt à mourir, il n’est pas à même de
vivre. Martin Luther King

La principale ambition que j’ai eue sur la terre a été de n’y être plus, tant j’ai senti combien l’homme était
déplacé et étranger dans ce bas monde. Louis Claude de Saint Martin
Citations - 2 -
Tu ne peux pas être le Héros de l’histoire de ta vie si tu te fais Monsieur Tout le monde. Marie-Pascale
Michaux

Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous contemplent les étoiles. Oscar Wilde

Entre CE que je pense, Ce que je veux dire, Ce que je crois dire, Ce que je dis, Ce que vous avez envie
d’entendre, Ce que vous entendez, Ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à
communiquer. Mais essayons quand même... Bernard Werber

Nous oublions souvent de sentir la magie du moment présent et pourtant, c’est elle qui bâtit le scénario de
notre vie. Michel Bouthot

J’étais malheureux de n’avoir pas de souliers, alors j’ai rencontré un homme qui n’avait pas de pieds et je me
suis trouvé content de mon sort. Mong-tseu

On ne reçoit pas la sagesse. Il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous,
ne peut nous épargner. Marcel Proust

On doit avouer ses qualités à voix basse, et ses défauts à haute voix. Le Talmud

Nous devons chercher la Vérité en pleine liberté d’esprit, affranchis de toute idée préconçue. René Descartes

Avoir vécu une expérience ne suffit pas pour que cette expérience devienne de l’expérience. Il faut sans cesse
la régénérer et la reméditer. Si nous transformons l’expérience en conscience, nous sommes prêts pour un nouveau
commencement. Edgar Morin

Notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. Voltaire

La raison déraisonne sans la foi, telle est la leçon la plus claire du siècle. André Frossard

L’homme libre ne doit rien apprendre en esclave. Platon

Tout dogme est ridicule, funeste ; toute contrainte sur le dogme est abominable. Ordonner de croire est
absurde. Voltaire

... l’habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même. Albert Camus

Aime et fais ce que tu veux. Si tu te tais, tais-toi par amour, Si tu parles, parle par amour, Si tu corriges,
corrige par amour, Si tu pardonnes, pardonne par amour. Aie au fond du cœur la racine de l’amour : De cette
racine, rien ne peut sortir de mauvais. Saint Augustin

La personne est un dedans qui a besoin du dehors. A. Mounier

Quiconque veut vraiment devenir philosophe devra "une fois dans sa vie" se replier sur soi-même et, au-dedans
de soi, tenter de renverser toutes les sciences admises jusqu’ici et tenter de les reconstruire. La philosophie – la
sagesse – est en quelque sorte une affaire personnelle du philosophe. Edmond Husserl

Chacun attire automatiquement vers lui juste ce qu’il est, et nous pouvons établir comme règle de travail que,
quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, aussi intolérable soit-elle, nous ne sommes que là où
nous devons être. Auteur inconnu

« L’homme est quelque chose qui doit être dépassé. » Nietzsche

« Dieu aussi a son enfer : c’est son amour des hommes. » Nietzsche
Citations - 3 -
« Tout ce qui a son prix est de peu de valeur. » Nietzsche

« Deviens ce que tu es. Fais ce que toi seul peut faire. » Nietzsche Ainsi parlait Zarathoustra

« Mais tout le monde sait que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue. » Albert Camus L’Étranger,
éd. Gallimard, 1972, partie II, chap. V, p. 173

Simone Weil :"L’extrême grandeur du christianisme vient de ce qu’il ne cherche pas un remède surnaturel
contre la souffrance, mais un usage surnaturel de la souffrance"

« Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières ; ce qui importe, c’est de le
transformer » Marx (Thèse XI)

« J’ai parcouru le monde entier sans rien y trouver que l’on puisse aimer plus que Soi-même ». (Udâna, V, 1)
Loin de croître vers le prochain, la maitrî se neutralise en lui : « Qui a cent sortes d’amours a cent sortes de
douleurs ; ... qui a un amour a une douleur, qui n’a pas d’amour n’a pas de douleur », a prêché le Bouddha.

Le cynique connaît le prix de tout et la valeur de rien. Oscar Wilde

Étiemble : « La plupart des gens qui disent : « Je pense que... » ferais mieux de dire : « Je répète que... »

L’abbé Edme Mariotte (vers 1620-1684) écrit : « Si, une chose étant donnée, s’ensuit un effet ; et, ne l’étant
point, l’effet ne se fait pas, toute autre chose étant posée : ou si, en l’ôtant, l’effet cesse ; et étant toute autre chose,
l’effet ne cesse point – cette chose-là est nécessaire à cet effet et en est cause. » Il ajoute qu’entre plusieurs
hypothèses il faut préférer celle des qui rend compte du plus grand nombre de phénomènes et qu’une seule
expérience contraire suffit à réfuter une hypothèse. Cité par Aimé Michel F.C. N° 1541 – 25 juin 1976

Emmanuel Todd : « L’athéisme a triomphé. Il est bien entendu synonyme de liberté. Sa justification logique
est simple et solide  : le monde est, il n’y a rien d’autre qui soit perceptible et l’inexistence de Dieu n’a même pas à
être prouvée. Démontrer Dieu à la manière de Descartes, parier qu’il existe comme le fait Pascal sont des tentatives
bien futiles à l’évidence du rien. L’athéisme n’a d’ailleurs pas tort lorsqu’il dénonce l’agnosticisme qui prétend se
tenir à égale distance de la croyance et de l’incroyance, comme illogique. Peut-on sérieusement mettre sur le même
plan le monde réel des athées, vide d’être suprême aussitôt que l’on cesse de croire aux miracles, et l’espace
métaphysique des croyants, empli d’une créature plus imaginaire que puissante... »

Au final, nous en revenons à la question : à quel point aimez-vous la vérité ? Aimez-vous vraiment la vérité,
ou êtes-vous simplement curieux ? L’aimez-vous assez pour reconstruire votre compréhension et vous conformer à
une réalité qui ne correspond pas à vos croyances actuelles, et qui n’est pas joyeuse à 120 % ? Aimez-vous assez la
vérité pour continuer à chercher même quand ça fait mal, quand cela révèle des aspects de vous-mêmes (ou de la
société humaine, ou de l’univers) qui sont choquants, complexes et dérangeants, ou glorieux, incroyables ou qui
devraient nous rendre humbles – ou même, quand la vérité est bien au delà de l’esprit humain lui-même ? A quel
point aimons-nous la vérité ? C’est une bonne question à se poser, je pense – Scott Mandelker

« Avant donc que d’écrire, apprenez à penser. » Boileau

Nous ne connaissons a priori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes. Kant

Tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s’amuser. Baudelaire

On dit qu’on est bien peu de chose, et encore là on exagère. Anonyme 

L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites Albert Camus
Citations - 4 -
Il est toujours facile d’obéir, si l’on rêve de commander Jean-Paul Sartre

Combien de gens ne sont abstraits que pour paraître profonds Joseph Joubert

Les mots, c’est évident, sont la plus puissante drogue utilisée par l’humanité. Rudyard Kipling

Michael Ellner : « Mais regardez-nous. Tout est inversé, tout est à l’envers. Les docteurs détruisent la santé, les
avocats détruisent la justice, les universités détruisent la connaissance, les gouvernements détruisent la liberté, les
grands médias détruisent l’information et les religions détruisent la spiritualité. »

Ceci pose a priori un sérieux problème pour ce qui est de relier la conscience au libre arbitre. On pourrait en
effet penser que si nous sommes conscients plutôt qu’inconscients, c’est parce que nous sommes différents d’une
machine et que nous avons à ce titre une capacité de choix, se traduisant par notre conscience au moment du choix.
Or qu’en est-il de nos choix conscients mais totalement conditionnés ? Qu’en est-il des choix que nous faisons dans
un état de conscience où nous nous sentons libres, si nous nous rendons compte par la suite, après avoir acquis un
plus grand état de conscience, que notre liberté était en fait illusoire, en comprenant par exemple que nous étions
sous l’emprise de nos émotions, ou encore en train de rêver éveillé, voire réellement inconscient ?
[Link]
dalignement-dun-point-de-vue-individuel-et-social

déposition du Père Lorenzo da San Marco, Supérieur des Capucins de San Giovanni Rotondo, recueillie par le
visiteur apostolique le 16 juin 1921. L’Église est extrêmement vigilante et fait des enquêtes très approfondies avant
de déclarer que des phénomènes extraordinaires sont recevables.
"On racontait aussi, comme je l’ai dit plus haut, qu’il avait la fièvre très élevée, mais comme Supérieur, je n’y
croyais pas. Une fois, Padre Pio avait de la fièvre et j’ai voulu lui appliquer le thermomètre. Padre Pio me l’avait
déconseillé, me disant qu’il se briserait. J’ai cédé, mais la deuxième fois j’ai voulu absolument essayer et le
thermomètre a indiqué 43°; il est monté jusqu’au bout mais sans se briser. Une troisième fois, j’ai utilisé un
thermomètre qui allait jusqu’à 45° et le mercure est monté jusqu’à 45° sans se briser.
Le docteur D. Franc. Antonio Gina et le docteur Angelo Ma Merla, médecin de la maison, socialiste, étaient
présents. Une fois encore, j’ai voulu prendre moi-même la température avec un thermomètre que le docteur Festa
avait apporté de Rome et qui allait jusqu’à 150°.. Il a indiqué 48°. C’est ainsi que j’ai cru, moi aussi, à ce qui se
disait."(page 155)
Il est indiqué également dans ce livre (pages 131 et 132) que" l’organisme humain ne peut atteindre une
température aussi élevée"." Il ne faut pas penser néanmoins que cet état est permanent chez le Padre Pio [...] Ce fait
se produit dans des dispositions particulières de son esprit. Le mal qui le conduit à cette température est – selon la
déclaration du Padre Pio – "plus un mal moral que physique ". Padre Pio ressent en lui ‘des émotions profondes’, la
considération de quelque représentation du Seigneur. Il est comme dans une fournaise tout en demeurant toujours
conscient... Même sous la pression de cette fièvre, il n’est pas abattu; il se lève, se déplace et accomplit toutes ses
tâches."
Extrait de "Enquête sur Padre Pio" par Francesco Castelli, éditions du Parvis.

Xénophane :
Les hommes se figurent les Dieux créés à leur image ;
Ils doivent avoir leurs sens, leur voix et leur corps.
Mais, si les bœufs et les lions avaient des mains,
Et savaient s’en servir pour peindre et modeler comme les hommes,
Ils peindraient et sculpteraient les Dieux d’après leurs propres corps.
Les chevaux les représenteraient comme des chevaux, et le bétail comme des bœufs

« C’est triste, mais il est vrai que la plupart des personnes n’apprécient pas que des faits inopportuns
bouleversent leurs agréables illusions, ou leurs préjugés. Je le constate quotidiennement dans mes propres relations
avec les autres. Une fois que quelqu’un a atteint un tournant de sa vie où il pense « comprendre » le monde, —
généralement vers trente ans — il passe le reste de son existence à en remplir les cases vides de ce qu’il pense déjà
savoir. C’est une tendance qui s’intensifie avec le temps. Les idées, et les visions du monde se durcissent, en même
temps que les artères.
Citations - 5 -
Leurs cercles d’amis, les émissions télévisées qu’ils regardent, les sites Internet consultés, — le monde virtuel
qu’ils se créent pour eux-mêmes — tout cela soutient d’habitude la vue du monde qu’ils ont eux-mêmes adoptée.
Évidemment c’est la même chose à propos des livres. Rare est celui qui vous fera changer votre propre vision
du monde. Elles sont encore plus rares ces œuvres précieuses capables de changer votre vie. »
[Link]
hyperdimensionnelle-les-densites-et-le-processus-des-enlevements-extraterrestres/

« Malheur à vous, docteurs de la loi, parce que vous avez enlevé la clé de la Connaissance ; vous n’êtes pas
entrés vous-mêmes et vous avez empêché d’entrer ceux qui le voulaient ! » (Luc 11 : 52)

« ... parce qu’ils n’ont pas ouvert leur cœur à l’amour de la vérité qui les eût sauvés, Dieu leur envoie des
illusions puissantes qui les feront croire au mensonge... » (2 Thess. 2 :10-11)

« Méditez seulement une heure sur l’inexistence du moi et vous vous sentirez un autre homme », Disait un jour
à un visiteur occidental un bonze de la secte japonaise Kousha.
Sans avoir couru les couvents bouddhiques, combien de fois ne me suis-je pas arrêté sur l’irréalité du monde,
donc du moi ? Je n’en suis pas devenu un autre homme, non, mais il m’en est resté effectivement ce sentiment que
mon moi n’est réel d’aucune façon, et qu’en le perdant je n’ai rien perdu, sauf quelque chose, sauf tout. Cioran - De
l’inconvénient d’être né

Plus les hommes s’éloignent de Dieu, plus ils avancent dans la connaissance des religions. Cioran - De
l’inconvénient d’être né

A propos de cette attitude, cela me rappelle l’histoire que raconte TYRREL : un Hollandais dit une fois à un
indigène de Java, que dans son pays, l’eau devient si dure en hiver, qu’on peut y marcher dessus. Le Javanais eut
alors une explosion de rire à cette idée saugrenue et absurde pour lui.

Félix Klein, qui laissa son nom à un objet topologique en forme de bouteille, pour animer une rencontre avec
des ingénieurs. Inquiets, les organisateurs lui avaient recommandé une attitude d’ouverture et de dialogue. Mais Il
ouvrit sa conférence en lâchant d’un ton acerbe :
– On entend dire à tout propos que savants et ingénieurs sont ennemis. Je ne crois pas que cela soit vrai. Je suis
même tout à faite sûr du contraire, car en vérité ils n’ont rien à faire ensemble. Petit Jean-Pierre - Les enfants du
[Link] p. 52

Tous avaient l’impression qu’un nouveau monde était en train de naître, que la boite de Pandore nommée
atome était sur le point de s’ouvrir et ils en parlaient avec une curiosité souvent mêlée de crainte. Témoin cette
phrase de Franck, un des directeurs de l’université :
– Je sais qu’une idée nouvelle est vraiment importante quand sa naissance me saisit soudain d’une terreur
profonde. Petit Jean-Pierre - Les enfants du [Link] p. 53

Plus un phénomène donné est improbable, plus il y a d’information portée par son occurrence
Comme noté, Ark m’a aidé dans les aspects techniques pour créer mon site web et occasionnellement a
ajouté un peu d’analyse positive et de commentaire. Nous n’étions pas préparés, ni même n’attendions, le
niveau de réaction qui en a résulté de ce “mariage de la science et du mysticisme." Ces réactions m’ont
amenée à confronter une condition étrange de notre monde - l’abîme énorme entre les méthodes et les
conclusions de la science et de la religion. Je l’avais considéré comme une approche normale, raisonnable,
pour étudier la religion et le mysticisme - les domaines du prétendu "paranormal” - plus ou moins
scientifiquement, mais apparemment cette perspective devait être condamnée par les deux communautés
religieuses aussi bien que plusieurs dans la communauté scientifique.
Citations - 6 -
[Link]

Les foules fusionnent facilement en une « âme groupe », et l’individu cesse alors de se comporter en
tant qu’individu. En réalité, les foules ne sont pas la somme de toutes les individualités présentes. Elles
semblent être une entité nouvelle, soudainement formée et animée par une sorte d’« âme groupe ». C’est
l’homme retombant temporairement dans la « conscience de groupe », de laquelle l’homme civilisé est sur le
point d’émerger. Je pense que seuls les plus grands d’entre les grands [sont] complètement et
définitivement individualisés et sont au delà de toute possibilité de rechute temporaire dans la conscience de
groupe.
ile:///G:/Bibliothèque/Thèmes/Manipulation/Laura Knight-Jadczyk/La face obscure du [Link]

Denise Desjardins N° spécial de Nouvelles clés sur le réincarnation :


Étrangement pourtant, quand je suis arrivée en Inde, cette question me préoccupait déjà, je l’ai posée à
beaucoup de pandits, à plusieurs grands maîtres spirituels, en particulier à Swami Ramdas¹ Question que je
formulais ainsi : « Si le corps physique n’est que poussière, si l’atman (le Soi, l’essence de l’Être) est totalement
intouché, Éternel, sans changement, au-delà de toutes les formes et des catégories mentales, et si, comme vous le
dites, cet ego et ce mental n’ont pas d’existence réelle, qu’est-ce donc qui se réincarne ? » Il m’a répondu en
substance que, sur le plan de l’absolu, il n’y avait pas de renaissance, mais seulement sur le plan relatif du mental.
Swami Prajnanpad me l’a dit Également en ces termes : « Il y a d’innombrables naissances et morts, mais il n’y a
personne qui meurt ou qui naît. » Sur le plan de la plus haute réalité n’existe que l’Un sans second, sans
changement, et, sur le plan relatif du mental, les naissances et les morts semblent se succéder. De même Ramana
Maharshi s’exprimait ainsi : « Le Soi réel est continu et inaffecté ; l’ego qui se réincarne appartient à un plan plus
bas, celui de la pensée. Il est transcendé par la réalisation du Soi. » Ce qui se passe, toujours selon le Maharshi,
c’est qu’au moment de la mort nos potentialités latentes se replient dans un endroit que l’on peut localiser
symboliquement comme le cœur. Elles gardent leur puissance de germes qui vont ensuite pouvoir se développer et
continuer une certaine existence dans un corps diffèrent.
Personnellement, je ne trouve pas le mot réincarnation tout à fait juste car il évoque un aspect charnel. Et dans
l’hypothèse qu’il existe des naissances successives, c’est sur le plan subtil du mental, de l’ego. Même Swami
Prajnanpad avait des réticences sur le terme réincarnation, car cela impliquait un sujet, une entité qui passe d’un
corps à un autre, alors qu’en vérité l’ego n’a pas d’existence propre en ce sens qu’il n’a ni stabilité ni permanence.
Ce n’est qu’une succession de pensées, d’Émotions, de croyances et de notions culturelles inculquées depuis
l’enfance.
Pour Swami Prajnanpad, mort et naissance sont des phénomènes, mais il n’y a personne pour y prendre part, y
participer. Il y a naissance et mort, mais non une personne qui naît ou meurt. Il n’y a qu’un changement continuel.
Dans une seule vie, il existe plusieurs naissances et morts si l’on considère les différents âges de la vie : nouveau-
né, enfant, adolescent... Si l’on regarde le bébé et l’adulte, on peut dire, comme le disait le Bouddha pour les vies
successives : ni le même ni un autre. D’autre part, nous naissons, en quelque sorte, chaque fois que survient une
pensée, et nous mourons lorsqu’elle disparaît, il y a alternance entre naissance et mort. Par la mémoire, l’homme
crée une permanence, une continuité, alors que chaque pensée, chaque impression est unique.

Je suis d’accord que par les standards appliqués dans n’importe quel autre domaine de la science la vision à
distance est prouvée, mais je pose alors la question : avons-nous besoin d’exigence plus élevées quand nous
étudions le paranormal ? Je pense que oui. (Richard Wiseman) cité par Jean-Michel Abrassart
[Link]

L’esprit philosophique consiste à préférer aux mensonges qui font vivre les vérités qui font mourir. Gustave
Thibon

Le président Clinton s’est entretenu avec une journaliste de la Maison Blanche, Sarah McClendon. Selon
Steven Greer, il lui aurait confié : « Il existe un gouvernement secret au sein de ce gouvernement, et je n’ai aucun
contrôle sur cette situation. »
Citations - 7 -

Qu’est réellement la spiritualité ? C’est la vraie façon de concevoir la vie dans le respect, dans l’Amour,
dans la conscience du don et du partage, dans la fraternité ! La vraie Énergie Spirituelle fait partie des Lois
Divines, et celles-ci correspondent à tous les mondes, qu’ils soient de troisième dimension ou autres. Les Lois
Divines sont immuables ! Elles ne changent pas car elles ont été créées pour permettre aux êtres d’intégrer ces lois.
[Link]

A la fin, nous nous souviendrons non pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis. Martin
Luther King

Complainte de la Muse qui ne sait plus que dire aux hommes des temps modernes

Est-il temps plus obscur pour mon art lumineux


D’émouvoir et d’instruire par la magie des mots ?
Moi, jadis d’or vêtue, je rôde avec les gueux,
Troquant mes plus beaux vers contre un faible bravo.

Hélas, quel grand mystère ! Nul, à ces tours sublimes


N’éprouve les élans que j’y avais sertis ;
C’est pourquoi, pitoyable en ma gloire qui s’élime
J’implore désormais en vain leur juste prix.

En ces temps avancés où Technologie, reine,


A usurpé mon trône, j’en fais l’amer constat,
Ces Hommes qui pour moi se donnaient tant de peine
Ne semblent plus touchés de mes anciens appas.

Évoquer la Nature leur semble mièvre et gauche,


Sans parler de la Ville, qu’ils connaissent bien trop.
Si je chante la Vie, ils comprennent débauche
Et si je peins la Mort, ils me tournent le dos.

Ô lyre, ma triste lyre, dont les cordes muettes


Ignorent sur quel ton faire s’envoler le chant,
Dois-tu te résigner aux mélodies abstraites,
Divorcées du réel, litanies du néant ?

Il me semble aujourd’hui que pour tâcher de plaire


Je doive m’inspirer du non-sens et du faux,
Et sur ces partitions dont nul ne saisit l’air
Semer à tous les vents des anonymes mots.

Étrange illusion, ce refus volontaire


De prendre son appui sur le monde réel !
Il n’entrave pas l’Art ; il le porte, au contraire !
Mais coupant ces attaches, on lui coupe les ailes.

« Pour qui voit l’origine du monde tel qu’il est avec un juste discernement, le terme "non-existence" ne
survient pas à son égard. Pour qui voit la cessation du monde tel qu’il est avec un juste discernement, le terme
"existence" ne survient pas à son égard.». Kaccayanagotta sutta (SN XII.15)
[Link]
Citations - 8 -

5. Jamais la haine n’éteint les haines en ce monde. Par l’amour seul les haines sont éteintes. C’est une ancienne
loi. Thanissaro_Dhammapada I,5

« Les Lumières c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de
tutelle est l’incapacité de se servir de son entendement sans la conduite d’un autre. On est soi-même responsable de
cet état de tutelle quand la cause tient non pas à une insuffisance de l’entendement mais à une insuffisance de la
résolution et du courage de s’en servir sans la conduite d’un autre. Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton
propre entendement ! Tel est la devise des Lumières. » Kant

La spiritualité, c’est le feu intérieur d’un être en recherche de conscience et de liberté au cœur d’un univers
dont il est solidaire Pierre de Locht

« Une vie sans examen ne vaut pas la peine d’être vécue. » Socrate

Selon plusieurs sondages (Roper, 1992, Jeffrey S. Levin, 1994, Université de Monash, 2006), plus de la moitié
de la population a vécu des événements qu’on peut qualifier de surnaturels, comme des rêves prémonitoires, des
expériences mystiques, des synchronicités, des rencontres avec des entités.
[Link]

Prends un siège, Cinna, prends, et sur toute chose


Observe exactement la loi que je t’impose :
Prête, sans me troubler, l’oreille à mes discours ;
D’aucun mot, d’aucun cri, n’en interromps le cours ;
Tiens ta langue captive ; et si ce grand silence
A ton émotion fait quelque violence,
Tu pourras me répondre après tout à loisir :
Sur ce point seulement contente mon désir.
Corneille, Cinna Acte V scène 1

« Les êtres nobles aiment rarement la vie ; ils lui préfèrent les raisons de vivre et ceux qui se contentent de la
vie sont souvent des ignobles » Albert Caraco

Comme le rappelle Armando Torres, « comme nous passons notre vie en interaction constante, le résultat
habituel à la fin est que nous sommes un peu de nous-mêmes et beaucoup ce que les autres laissèrent en nous. » En
effet, une mauvaise protection hermétique de l’âme conduit à la dilapidation des forces vitales et des possibilités
d’accroissement de la conscience. Cette limitation des possibilités est due à ce que :

« la majeure partie de l’humanité est prisonnière dans un tunnel du temps dont le destin est la répétition du
semblable. [...] Lorsque nous nous préparons à une profession, par exemple, au lieu d’élargir nos possibilités, nous
finissons habituellement par devenir des individus ennuyeux, sans créativité et sans motivation. En quelques années
notre vie devient tiède, mais loin de devenir responsables et nous changer, nous rejetons la faute sur les
circonstances. » (Rencontres avec le Nagual, p.76)
[Link]

que le cœur des hommes est creux et plein d’ordures. Pascal


Citations - 9 -
La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. Avec quelques variantes dans le vocabulaire ou
dans la structure de la phrase, cette formule se rencontre dans le livre des Proverbes(1.7 ; 9.10 ; 15.33), dans le livre
de Job (28. 28) et dans les Psaumes (111. 10)

Choisir une manière de vivre


Le discours philosophique prend donc son origine dans un choix de vie et une option existentielle et non
l’inverse. [...] Cette décision et ce choix ne se font jamais dans la solitude : il n’y a jamais ni philosophie ni
philosophes en dehors d’un groupe, d’une communauté, en un mot d’une « école » philosophique et, précisément,
une école philosophique correspond alors avant tout au choix d’une certaine manière de vivre, à un certain choix de
vie, à une certaine option existentielle, qui exige de l’individu un changement total de vie, une conversion de tout
l’être, finalement à un certain désir d’être et de vivre d’une certaine manière. Cette option existentielle implique à
son tour une certaine vision du monde, et ce sera la tâche du discours philosophique de révéler et de justifier
rationnellement aussi bien cette option existentielle que cette représentation du monde. Le discours philosophique
théorique naît donc de cette option existentielle initiale et il y reconduit, dans la mesure où, par sa force logique et
persuasive, par l’action qu’il veut exercer sur l’interlocuteur, il incite maîtres et disciples à vivre réellement en
conformité avec leur choix initial, ou bien il est en quelque sorte la mise en application d’un certain idéal de vie.
Pierre Hadot Qu’est-ce que la philosophie antique ?, Gallimard 1996

Cela fait penser à votre idée qu’il existe des attitudes philosophiques universelles, c’est-à-dire un type de
platonisme universel, d’épicurisme universel, etc., toujours égal à soi-même, mais toujours dans un contexte
différent, et toujours à réactualiser.
Évidemment, affirmer qu’il y a des attitudes universelles, cela suppose quelque chose comme l’idée d’une
nature humaine. Disons tout au moins que ces attitudes sont transhistoriques et transculturelles. Quand j’ai évoqué
cette question dans La Citadelle intérieure, Je disais, si je me rappelle bien : il y a finalement assez peu d’attitudes
possibles vis-à-vis de l’existence, et, sans avoir subi d’influences d’ordre historique, les différentes civilisations
sont amenées à avoir, à cet égard, des attitudes analogues. Pour les Chinois, c’est évident. Dans Qu’est-ce que la
philosophie antique, j’ai cité cet exemple extraordinaire de Pyrrhon qui essayait de parvenir à la parfaite
indifférence en vivant une vie tout à fait égale à celle des autres hommes, qui s’occupait du cochon de sa sœur et
qui allait vendre de la volaille au marché, et ensuite l’attitude du philosophe chinois Lie Tseu qui faisait exactement
la même chose, s’occupant du cochon et des tâches ménagères pour aider sa femme. Cette attitude d’indifférence —
par exemple : rester toujours le même, quelles que soient les circonstances ; refuser de juger la valeur des choses ;
refuser de dire : ceci est bien, ceci est mal ; tout accepter dans la vie ; faire tout comme les autres hommes, mais
sans s’attacher à rien, en étant indifférent à tout —, c’est l’attitude sceptique. Je ne veux pas dire sceptique au sens
où l’on entendait ce mot au XVII° siècle, c’est-à-dire comme signifiant le refus intellectuel de la certitude, mais, de
part et d’autre, en Grèce et en Chine, il s’agit du refus de faire des différences de jugement de valeur entre les
choses. Cela, c’est une attitude qui a bien l’air d’être universelle, qu’un homme peut d’ailleurs découvrir par lui-
même, il n’a pas besoin de lire ceci ou cela, il peut y arriver tout seul. Olivier Lacombe a comparé la mystique de
Plotin à certaines tendances de la pensée hindoue. On pourrait dire qu’il y a, de part et d’autre, l’effort pour
dépasser toute dualité. Ne peut-on pas penser que cette analogie se fonde dans l’une des formes universelles de
l’expérience mystique ? Autre exemple : l’attitude stoïcienne, qui consiste à consentir au destin, et aussi à se mettre
dans une perspective universelle, se retrouve en Chine ; les textes chinois cités par Jacques Gernet sont très
concluants. Émile Bréhier avait, pour sa part, comparé l’attitude stoïcienne avec certaines attitudes bouddhistes. On
peut très bien concevoir aussi que l’épicurisme, c’est-à-dire une attitude de détente, puisse être universel. Cette idée
d’une universalité des attitudes spirituelles peut aussi se situer dans la perspective de l’effort pour dégager de sa
gangue mythique et traditionnelle l’essentiel d’une attitude, d’un choix de vie. Hadot Pierre La philosophie comme
manière de vivre 117

Max Born, par exemple, affirme que la fonction d’onde ne nous permet de calculer que la probabilité de
détecter une particule en un point de l’espace; mais il persiste à concevoir plus ou moins implicitement cette
probabilité comme l’expression d’une ignorance au sujet de la position et de la trajectoire des particules, et ne
diffère d’Einstein et des partisans des théories à variables cachées que sur un point. Born pense que cette ignorance
est principiellement irréductible, tandis qu’Einstein et les partisans des théories à variables cachées travaillent dans
la perspective de sa réduction. [Link]
Citations - 10 -

" Il y a une réalité située hors du monde, c’est-à-dire hors de l’espace et du temps, hors de l’univers mental de
l’homme, hors de tout le domaine que les facultés humaines peuvent atteindre. (...) C’est d’elle uniquement que
descend en ce monde tout le bien susceptible d’y exister, toute beauté, toute vérité, toute justice, toute légitimité,
tout ordre, toute subordination de la condition humaine à des obligations " [Simone Weil, Écrits de Londres]

C’est une sotte prétention d’aller dédaignant et condamnant pour faux ce qui ne nous semble pas vraisemblable
Montaigne

Chez Dostoïevski, Dans son roman Les Frères Karamazov, dans la “Légende du Grand Inquisiteur ”, il y a une
discussion sur la liberté. Sur le fait que le chemin vers la liberté est difficile, douloureux, tragique… “À quoi bon
cette satanée connaissance du bien et du mal quand ça coûte aussi cher ?” L’homme doit tout le temps choisir : la
liberté, ou la prospérité et une vie bien organisée, la liberté avec les souffrances, ou le bonheur sans liberté. Et la
plupart des hommes prennent la seconde voie. La fin de l’homme rouge Svetlana Alexievitch

OUSPENSKY avait posé la question que j’aurais pu poser moi-même :


« Pour un homme de culture occidentale il est naturellement difficile de croire et accepter l’idée qu’un fakir
ignorant, un moine naïf ou un yogi retiré de la vie puisse être sur le chemin de l’évolution alors qu’un Européen
éduqué, armé de « connaissances exactes » et de toutes les dernières méthodes d’investigation n’a aucune chance et
tourne en rond dans un cercle vicieux dont il n’a aucune chance de sortir ». GURDJIEFF a répondu :
Oui, c’est parce que les gens croient au progrès et à la culture. Le progrès n’existe pas. Tout est exactement
comme il y a des milliers, des dizaines de milliers d’années. Les formes extérieures changent. L’essence ne change
pas. L’homme reste tel quel. Les gens « civilisés » et « cultivés » vivent avec exactement les mêmes intérêts que les
plus ignorants des sauvages. La civilisation moderne est fondée sur la violence, l’esclavage, et les belles paroles.
Laura Knight-Jadczyk Ces mondes qui nous gouvernent
Je répondrais : [ Pour un homme de culture orientale il est naturellement difficile de croire et accepter l’idée
qu’une petite vieille occidentale ignorante qui n’a jamais entendu parler de yoga et de pratique spirituelle mais le
cœur plein d’amour puisse être plus évolué qu’un yogi éduqué dans la science traditionnelle et pratiquant toute la
journée ses exercices spirituelles et toutes les méthodes d’investigation de l’esprit n’a aucune chance et tourne en
rond dans un cercle vicieux dont il n’a aucune chance de sortir ]

La lecture de Fragments d’un enseignement inconnu réveilla brusquement mes processus de réflexion qui
étaient restés en veilleuse pendant les premières années de mes trois premiers enfants. Sans rien planifier réellement
pendant cette période d’inactivité forcée j’avais établi un régime de profonde et intense réflexion alternant avec la
contemplation et la suppression des pensées inutiles grâce à la méditation.
Mes méditations semblaient progresser plutôt rapidement. J’ai lu par la suite qu’atteindre une contemplation
profonde en quelques minutes seulement était difficile et requérait souvent plusieurs années de pratique avant d’y
arriver, mais il semble que pour moi cela ait été rapide, et je fus bientôt capable de me mettre en état «
d’intemporalité » pendant de longues périodes.
Après mes exercices ordinaires de méditation je m’asseyais dans mon lit, entourée de piles de livres et de
cahiers, et je lisais et prenais des notes. Pendant que je faisais cela, je m’arrêtais souvent pour penser à des
questions qui me venaient à l’esprit au cours de mes lectures. A l’instant où ces questions se formaient dans mon
esprit, les idées se mettaient a affluer si vite que j’étais obligée de mentalement courir et sauter après elles pour les
suivre. Ces idées venaient toujours et précisément en réponse à des questions que je posais mentalement sur les
sujets que j’étudiais à ce moment. La pulsion de mettre ces pensées par écrit était si forte que je passais
littéralement des heures chaque jour à remplir des pages et des pages d’écriture non abrégée. Je possède encore des
boîtes pleines de ces cahiers. Il ne m’est pas venu à l’idée alors que je pouvais être en train de faire une sorte de
channeling. En fait une telle idée m’aurait horrifiée. Je ne faisais que «poser des questions intéressantes» d’une
manière ouverte, sans essayer d’imposer aucune réponse préconçue. Ce qui me venait à l’esprit en réponse à ces
questions me semblait être des pensées. Mais il y avait quelque chose de curieux dans ces pensées particulières. Si
Citations - 11 -
je ne mettais pas par écrit ces pensées, elles restaient là, s’accumulant comme de l’eau retenue par un barrage. Dès
que je recommençais à les mettre par écrit c’était comme s’il n’y avait eu aucune interruption dans l’afflux de
pensées. Elles reprenaient exactement au point où je les avais laissées.
À un certain moment je décidai qu’il me fallait savoir si les idées qui me venaient avaient quelque fondement.
Ce n’était pas parce qu’une idée me « venait comme cela » qu’elle devait être acceptée comme une réponse valable
à mes questions. Il me fallait assurément davantage de données. Alors les réponses qui m’étaient « venues comme
cela » me servirent de point de départ pour entreprendre une étude qui sans cela n’aurait pas fait partie de mon
expérience. Ma nature rationnelle et pensive me poussa à faire des recherches sur chaque idée qui m’était venue
afin de savoir si elle avait quelque fondement scientifique et objectif.
Obtenir de nouvelles données fut un problème. Je m’inscrivis à un service de bibliothèque par courrier, et sans
tarder je commandai et me mis à lire livre sur livre sur des sujets qui allaient de la géologie à la physique en passant
par la théologie, la métaphysique et l’astronomie. A mesure que je lisais, les pièces ne se mettaient pas seulement
en place, mais elles me permettaient aussi de développer bon nombre de concepts de manière spectaculaire, ce qui
amenait de nouvelles questions, de nouvelles réponses, et de nouvelles collectes de données. J’étais à la fois
surprise et remplie d’énergie quand je découvrais que les idées qui naissaient dans ma tête n’étaient pas si folles
après tout !
Je commençai a assembler systématiquement mes notes et mes idées, y compris les notes provenant de sources
« officielles » qui appuyaient ce que j’avais écrit, ou qui élargissaient une idée, ou du moins lui donnaient de la
plausibilité. Si l’idée qui m’était venue n’était pas étayée par l’observation ou une opinion « autorisée », je
l’écartais. Ces notes et commentaires sont devenus le manuscrit que j’ai intitulé The Noah Syndrome [1].
À mesure que je tirais sur le fil d’Ariane il me semblait que tout le tricot de la religion telle qu’elle m’avait été
enseignée se défaisait et que, dissimulé sous les métaphores de la Bible, étayé par les faits et idées scientifiques, il y
avait un concept tellement fabuleux que j’en eus le souffle coupé.
L’idée était une Métamorphose Macro-Cosmique en termes quantiques.
Comment pouvais-je être arrivée à cela alors que j’avais commencé en essayant de découvrir l’existence
nouménale de l’Amour, du Bien et du Mal ?
En fait, c’est très simple. À mesure que je suivais le fil dans le labyrinthe, allant du plus grand au plus petit, il
devint clair pour moi que la recherche de la vraie signification de l’Amour était la même chose que la recherche du
Salut et de la Foi, et ultimement de la signification de la Vie Éternelle.
Dans l’Évangile selon Mathieu (24), Jésus fait un discours sur la « Fin des Temps », moment où la dernière
trompette sonnera et où le mystère divin sera révélé :
37 Mais comme ont été les jours de Noé, ainsi sera aussi la venue du fils de l’homme. 38 Car, comme dans les
jours avant le déluge on mangeait et on buvait, on se mariait et on donnait en mariage, jusqu’au jour où Noé entra
dans l’arche, 39 et ils ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vint et les emporta tous, ainsi sera aussi la venue
du fils de l’homme…
Cet événement, la Fin, état comparé aux Jours de Noé – le Déluge.
Qu’est-ce qu’il y a de si mystérieux dans un déluge ? Qu’est-ce qu’il y a de joyeux dans l’idée que la majeure
partie de la population de la planète doit disparaître purement et simplement ? Comment peut-on appeler cela « des
bonnes nouvelles » ?
La clé paraissait se trouver dans le concept de l’Arche. Ma recherche de la vraie signification de l’Amour, du
Salut, de la Foi et de la Vie Éternelle était essentiellement une recherche de la signification de l’Arche.
Métaphoriquement parlant aucune expression de cette recherche n’est meilleure que celle de l’histoire de Noé et de
l’Arche. Toutes les quêtes sur la vie, l’amour et l’existence en général sont exprimées dans ce récit d’un homme
qui, mis en face de la destruction de son monde (et dans ce cas-ci c’était littéralement la destruction du monde
entier, du moins d’après l’histoire), entreprend de construire une arche.
Les questions subséquentes étaient naturellement qu’est exactement ce processus de Métamorphose ? Qu’est-ce
qui constitue exactement une arche vue comme un refuge sûr ?
Vers cette période, un de nos amis décéda, et nous héritâmes d’une malle pleine de livres. Parmi ceux-ci se
trouvait un petit livre de poche. Je n’oublierai jamais le sentiment qui m’a envahie quand j’ai lu le titre: None Dare
Call it Conspiracy [2], de Gary ALLEN . Tout, dans ce livre était exactement en ligne avec les enseignements de
GURDJIEFF et OUSPENSKY : l’homme est endormi et sous le contrôle d’un « méchant mage ». J’ai réalisé que le
Méchant Mage était une métaphore, du moins en partie, pour les systèmes politiques et historiques de contrôle. Le
fait de réaliser cela dévasta une fois de plus mes illusions. Gary ALLEN suggérait que, en l’absence d’un contrôle
intelligent, 50 % des événements qui se passent dans les sphères culturelle, sociale et politique seraient d’un grand
profit pour tous. Si les décisions intelligentes de faire le bien étaient décomposées en facteurs premiers, cette
moyenne serait encore plus élevée. Je pus constater dès l’abord que ce n’était pas comme cela dans notre réalité.
Citations - 12 -
L’homme tue toujours son frère; il a seulement mis au point des moyens plus efficaces et techniques de le
faire. Pourquoi ?
Qui donc influence négativement les événements ? En mettant ensemble les idées de ALLEN et de
GURDJIEFF, cela semblait être purement le résultat de quelques Lois Universelles que les humains qualifient de «
bonnes » et « mauvaises ».

Cheikh Ibn AL-’ARABI, écrit : De nos jours, la plupart des gens qui s’intéressent à la spiritualité de l’orient
désirent « l’expérience », encore qu’ils pourraient appeler ce qu’ils recherchent « la communion intime avec Dieu
». Ceux qui sont familiarisés avec les standards et les normes de l’expérience spirituelle établis par des voies de
discipline comme le soufisme, sont généralement choqués par la manière donc les Occidentaux considèrent toute
apparition hors du domaine de la conscience normale comme une manifestation du « spirituel ». En fait, il existe
dans le monde de l’invisible, d’innombrables univers dont certains sont bien plus dangereux que les plus
dangereuses des jungles du monde visible.
Dès lors préservez-vous mes frères, des calamités de ce lieu, car il est extrêmement difficile de les distinguer !
Les âmes le trouvent charmant, et quand elles y sont, elles sont dupées, car elles sont complètement embobinées.
CHITTICK, William, The Sufi Path of Knowledge, (Albany : State University of New York 1989) p. 263.

notre choix premier et fondamental est ce que nous voulons voir Laura Knight-Jadczyk Ces mondes qui nous
gouvernent

Il a déjà été suggéré que le désir qu’éprouve l’être humain d’entrer en contact extatique avec le Divin était en
conflit direct avec la peur de devoir renoncer à la simple condition humaine. D’après ce que nous avons dit plus
haut, nous constatons qu’il s’agit là essentiellement du conflit entre le Service d’autrui et le Service de soi. Le
labeur exigé pour rassembler des connaissances, devenir humble et faire face à l’intime vérité sur soi-même est le
prix à payer, et il n’est pas à la portée de tous. C’est là le dilemme de l’homme. Rien n’est plus confortable que
d’être un humain. Nous pouvons vivre éternellement sous des voiles d’illusion, subissant notre aveuglement et
mourant dans l’ignorance ; et avant d’avoir eu son comptant de douleur et de mort, l’être humain n’a aucun désir de
s’aventurer dans l’inconnu pour y chercher le remède à la maladie humaine. Seule l’âme qui est prête à
entreprendre ce voyage définitif accepte la peur glaçante du voyage dans la forêt enchantée du Cosmos, afin d’y
éprouver l’indicible joie de la découverte du Graal – le choix du Libre arbitre et du Service d’autrui au service de
tous.
[...]
Pour approcher cet enseignement d’une manière sérieuse, il faut avoir été préalablement déçu, il faut avoir
perdu toute confiance, avant tout en soi -même, c’est-à-dire en ses propres possibilités, et d’autre part, en toutes les
voies connues. L’homme ne peut pas sentir ce qu’il y a de plus valable dans nos idées s’il n’a pas été déçu dans tout
ce qu’il faisait, dans tout ce qu’il cherchait. S’il était un homme de science, il faut que la science l’ait déçu. S’il
était dévot, il faut que la religion l’ait déçu. S’il était politicien, il faut que la politique l’ait déçu. S’il était
philosophe, il faut que la philosophie l’ait déçu. S’il était théosophe, il faut que la théosophie l’ait déçu. S’il était
occultiste, il faut que l’occultisme l’ait déçu. Et ainsi de suite.
Mais comprenez bien, je dis par exemple qu’un dévot doit avoir été déçu par la religion. Cela ne veut pas dire
qu’il ait dû perdre la foi. Au contraire, cela signifie qu’il a dû être « déçu » seulement par l’enseignement religieux
ordinaire et par ses méthodes. Alors il comprend que la religion telle qu’elle nous est donnée d’ordinaire, n’est pas
suffisante pour alimenter sa foi, et ne peut le mener nulle part.
Dans leurs enseignements toutes les religions, à l’exception naturellement des religions dégénérées des
sauvages, des religions inventées et de quelques sectes de nos temps modernes, comportent deux parties : l’une
visible et l’autre cachée. Être déçu par la religion signifie être déçu par sa partie visible et sentir la nécessité de
trouver sa partie cachée ou inconnue. Être déçu par la science ne signifie pas que l’on ait dû perdre tout intérêt pour
la connaissance. Cela signifie être parvenu à cette conviction que les méthodes scientifiques habituelles ne sont pas
seulement inutiles, mais néfastes, car elles ne sauraient mener qu’à la construction de théories absurdes ou
contradictoires. Et il faut donc chercher d’autres voies. Être déçu par la philosophie signifie avoir compris que la
philosophie ordinaire est simplement — comme dit le proverbe russe — “verser du néant dans du vide”, donc le
contraire d’une vraie philosophie — car il est certain qu’il peut et qu’il doit y avoir aussi une vraie philosophie.
Être déçu par l’occultisme ne signifie pas avoir perdu sa foi dans le miraculeux, c’est seulement s’être convaincu
que l’occultisme ordinaire et même l’occultisme “savant”, sous quelque nom qu’il se présente, n’est que
Citations - 13 -
charlatanisme et duperie. En d’autres termes, ce n’est pas avoir renoncé à l’idée que quelque chose existe quelque
part, mais avoir compris que tout ce que l’homme connaît actuellement ou est capable d’apprendre par les voies
habituelles n’est absolument pas ce dont il a besoin.
Peu importe ce qu’un homme faisait ou ce qui l’intéressait auparavant. Quand il en arrive à être ainsi déçu par
les voies accessibles, cela vaut désormais la peine de lui parler de nos idées, car il peut alors venir au travail. Mais
s’il persiste à penser qu’en suivant sa routine, ou en explorant d’autres voies – car il ne les a pas encore toutes
explorées – il peut par lui-même trouver ou faire quoi que ce soit, cela signifie qu’il n’est pas encore prêt. Je ne dis
pas qu’il doive jeter par-dessus bord tout ce qu’il avait coutume de faire auparavant. Cela serait entièrement inutile.
Non, il est même souvent préférable qu’il continue à vivre comme à l’ordinaire. Mais il doit se rendre compte
maintenant qu’il ne s’agit là que d’une profession, ou d’une habitude, ou d’une nécessité. Dès lors, la question
change : il pourra ne plus “s’identifier”.
Il n’y a qu’une chose incompatible avec le travail, c’est l’occultisme professionnel, autrement dit : le
charlatanisme. Tous ces spirites, tous ces guérisseurs, tous ces clairvoyants et autres, et même la plupart de ceux
qui les suivent – ne présentent aucune valeur pour nous. Et vous devez toujours vous en souvenir. Gardez-vous de
leur en dire trop, car ils se serviraient de tout ce qu’ils apprendraient de vous pour continuer à berner de pauvres
naïfs.
[…] En attendant, rappelez-vous seulement ces deux points : il ne suffit pas qu’un homme ait été déçu par les
voies habituelles, il faut encore qu’il soit capable de conserver ou d’accepter l’idée qu’il puisse y avoir quelque
chose – quelque part. Si vous pouvez découvrir un tel homme, il pourra discerner dans vos paroles, si gauches
soient-elles, leur goût de vérité. Mais si vous parlez à d’autres sortes de gens, tout ce que vous leur direz sonnera à
leurs oreilles comme des absurdités et ils ne vous écouteront même pas sérieusement. Cela ne vaut pas la peine de
perdre votre temps avec eux. Cet enseignement est pour ceux qui ont déjà cherché et qui se sont brûlés. Ceux qui
n’ont pas cherché, ou qui ne sont pas actuellement en train de chercher, n’en ont pas besoin. Et ceux qui ne se sont
pas encore brûlés n’en ont pas besoin non plus.
— Mais ce n’est pas de cela que parlent les gens, dit un de nos camarades. Ils demandent : Admettez-vous
l’existence de l’éther ? Comment concevez-vous le problème de l’évolution ? Pourquoi ne croyez-vous pas au
progrès ? Pourquoi contestez-vous que l’on puisse et que l’on doive organiser la vie sur la base de la justice et du
bien commun ? et autres sornettes de ce genre.
— Toutes les questions sont bonnes, répondit G., et vous pouvez partir de n’importe laquelle, si seulement elle
est sincère. Comprenez-moi : toute question sur l’éther, ou le progrès, ou le bien commun, peut être posée par
quelqu’un, simplement pour dire quelque chose, pour répéter ce qu’a dit un autre, ou ce qu’il a lu dans un livre —
ou bien il peut la poser parce que c’est une question qui lui fait mal. Si c’est une question qui lui fait mal, vous
pouvez lui donner une réponse, et l’amener par là même à l’enseignement, à partir de tout ce qu’il demande. Mais il
est indispensable que sa demande, sa question, lui fasse mal. » P. D. OUSPENSKY, Fragments d’un enseignement
inconnu (Stock, 2002), pp. 342 sq.
Laura Knight-Jadczyk l’[Link] (tome 4)

« [Je] partis tôt le matin. Dehors, il faisait humide et sombre. Des queues s’allongeaient aux arrêts de bus ; les gens
prenaient d’assaut les autobus bondés, pour ne pas être en retard à leur travail. Leurs visages exprimaient une
mélancolie sourde, coutumière ; ni joie, ni espoir dans leurs yeux. La fumée des cheminées d’usines bouchait
l’horizon. Une journée ordinaire de travail commençait. C’était la même ville, les mêmes gens, au milieu desquels
j’avais vécu toute ma vie ; mais maintenant je percevais tout de manière complètement différente. La ville
m’apparaissait irréelle : les rues, les édifices, les voitures, et tous ces malheureux agglutinés aux arrêts. Rien n’était
vrai, comme au théâtre. L’entourage citadin était un sinistre décor, les gens n’étaient des acteurs fatigués, jouant un
spectacle cosmique monstrueux, écrit par un dramaturge sans talent. Plus exactement, ce n’était même pas des êtres
humains tels que les avait conçus le Créateur, mais des zombies tourmentés, préoccupés sans répit par quelque
chose, ayant oublié la lumineuse joie éternelle — dont la recherche constitue, en fait, l’unique but et le sens de
l’existence. La majorité d’entre eux ne soupçonnaient pas cette joie, de même qu’un lionceau né dans un zoo ne
connaît pas la vaste étendue de la savane. Ils étaient résignés à une vie mécanique ; pratiquement, tout ce qui les
occupait était l’embellissement de leurs cages et la reproduction dans la servitude. »
Beliaev, Ilia,Tosha, La vie et les enseignements d’un mystère russe, Paris, Accarias, 2004, p.46-47.
Citations - 14 -
« Regarde toi et les autres personnes autour de toi. La seule et unique chose que font les gens en permanence est
d’essayer de construire leur Soi. Tout le monde parle sans arrêt à cet être changeant, évoluant, essayant de le
former. (…) Les gens ont trois procédés principaux pour ce faire. Ils se parlent dans leur tête du passé, le
reconstruisant en changeant ou effaçant les choses qui ne correspondent pas à l’être qu’ils essayent de créer et en
donnant de l’importance aux choses qui l’aident. Ils pensent aussi au futur, imaginant ce qu’ils vont faire, à quoi ils
vont ressembler, ce que seront leurs possessions, et comment ils seront acceptés par les autres. (…) La troisième
chose que font les gens est en rapport à ce qui les relie au présent. Inconsciemment, ils sont toujours conscients de
la perception que les autres ont de ce qu’ils sont et ce qu’ils font, et ils y réagissent continuellement. Certaines de
ces réactions soutiennent leur sentiment du Soi, tandis que d’autres le démolissent. Ils voient que certaines
personnes sont attirées par eux et que d’autres ne le sont pas. La plupart du temps, quand ils sont avec des
personnes qui ne soutiennent pas leur sentiment du Soi, ils éprouvent ce qu’on pourrait appeler une aversion. A
l’inverse, quand ils se sentent soutenus par les gens autour d’eux, ils se mettent à aimer ces gens en particulier. De
la sorte, les gens combinent le passé, le présent et le futur pour se créer eux-mêmes. (…) Cela se produit en
toute personne et en toute situation. »
Kharitidi, Olga, Entering the Circle, New York, HarperOne, 1996

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une
conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. » Bernanos La France contre les robots. 1944

Kant : “It is wisdom that has the merit of selecting, from among innumerable problems that present themselves,
those whose solution is important to humankind.

Roger-Pol Droit Le tour de l’existence en trois expériences


Trois minutes suffisant pour lire cette chronique, même en mode slow, c’est bien assez pour faire le tour de
l’existence. Trois expériences express, une par minute, vont vous le permettre. Top départ.
Commencez par imaginer de quoi serait faite la liste de tout ce que, dans votre vie, vous n’avez pas choisi. Par
exemple : votre nom, vos parents, votre milieu d’origine, votre langue maternelle… Vous n’avez pas décidé non
plus de votre sexe, pas plus que de vos gènes, de la tête que vous avez, des grains de beauté que vous n’avez pas.
Pire : vous n’avez, c’est un fait, jamais accepté ou refusé de naître, jamais consenti à venir au monde, pas plus que
vous n’avez empêché votre parachutage. Tout cela s’est fait sans vous. A moins d’imaginer, comme Platon dans le
mythe d’Er, à la fin de « La République », la situation où chacun aurait en fait décidé de sa vie, avant que ne
s’efface tout souvenir de ce choix. Mais nous ne croyons plus à ces fables. Jetés dans l’existence sans avoir rien
décidé, nous sommes donc les jouets du hasard. Un remède ?
Pour tenter de le trouver, nouvelle expérience. Cette fois, la liberté de choix la plus complète doit être
préservée. Il va donc falloir laisser grandir les enfants sans leur apprendre aucune langue, sans leur donner de nom,
sans leur imposer la moindre règle. Un jour, ils choisiront eux-mêmes – librement, en toute conscience – un idiome
qui leur convient, un prénom dans lequel ils se reconnaissent, des coutumes qui leur vont bien. Généreuse intention,
mais voilà, vous butez sur cette difficulté insoluble : la question « quelle langue veux-tu parler ? » ne s’adresse qu’à
un humain… qui sait parler ! Personne ne peut réellement choisir son nom, ni même ses idées. Alors vous devrez
en tirer toutes les conséquences, reconnaître qu’il n’existe aucun moyen de devenir véritablement maîtres de nos
vies. Faut-il en conclure que nous devons toujours subir, courber la tête et nous taire ?
Pas du tout ! Au contraire ! Une troisième expérience peut tout changer. Qui donc est persuadé, sincèrement,
d’avoir un jour décidé que l’univers devait exister ? Personne, mis à part quelques cas graves. Le monde est là, et ni
vous ni moi n’y sommes pour rien. Mais cela doit-il vous interdire de choisir le sens que vous allez donner à la
réalité ? En fait, il en va toujours ainsi, et partout : vous n’avez pas décidé de naître, mais c’est à vous d’organiser
votre vie et d’en inventer le sens. Sans avoir créé le langage, vous y inventez des phrases toujours neuves. Sans être
les inventeurs du temps, vous l’employez de mille façons différentes, etc.
Comme vous le constatez, trois minutes et autant de perspectives ont permis de faire un tour de la question.
Pour la résoudre, c’est une autre affaire. Il y a trois mille ans qu’on y pense. A vous la suite.
[Link]

Les âmes qui communiquent avec le mortel le font dans un esprit de domination et de manipulation qui n’est pas
évident pour l’homme, car ce dernier ne dispose pas d’une conscience vibratoire suffisante lui permettant de voir à
Citations - 15 -
travers le jeu de l’astral. Le mortel ne connaît pas son ennemi. Il croit que le drame de la vie se joue seulement sur
son plan et qu’il ne dépend que de lui. Cette illusion est tellement ancrée chez l’homme qu’elle est à l’origine de
son inconscience. Bernard de Montréal Dialogue avec l’invisible

La connerie c’est quand l’intelligence ne sert à rien. Moi

« Peu savent penser alors beaucoup se font juges » C.G Jung

Il y a ceux qui cherchent la vérité et qui doutent, ce sont les plus rares, ça devrait être nous, ceux qui s’en fichent,
ce sont les plus heureux, ceux qui la possèdent, ce sont les plus dangereux. Florent Basch

En 1302, Duns Scot participe à la question disputée sur la louange de Dieu. C’est son maître Gonzalve d’Espagne
qui est en position de disputant, et l’objectant n’est autre que Maître Eckhart. Cette controverse oppose le
volontarisme de Gonzalve d’Espagne, le dirigeant des Franciscains, à l’intellectualisme du célèbre dominicain
Maître Eckhart4. Ce dernier rapporte la discussion dans un sermon : « J’ai dit dans l’école que l’intellect était plus
noble que la volonté, bien qu’elles appartinssent l’une et l’autre à cette lumière. Un maître a dit alors dans une autre
école que c’était la volonté qui était plus noble que l’intellect […] »5. Wikipedia Duns Scot

« La vérité est toujours plus surprenante que la fiction, parce que la fiction doit coller à ce qui est possible, alors
que la vérité, elle, n’y est pas obligée. » - Mark Twain

Du point de vue du travail ésotérique, la vérité et l’objectivité devraient être notre principal but. Il est intéressant de
noter à quel point, de nos jours, les enseignements New Age populaires promeuvent la subjectivité, l’auto-
focalisation, la fermeture au monde « extérieur », le rejet du « mauvais », et recommandent aux gens de manifester
la réalité conformément à leurs désirs et souhaits subjectifs. Est-ce vraiment cela, la spiritualité et l’évolution de la
conscience ? [Link]

« La grande angoisse : le monde n’a plus de sens. Dans quelle mesure la morale antérieure s’est-elle effondrée avec
Dieu lui-même, puisqu’ils s’étayaient l’un l’autre ? »
la volonté de puissance II, 1, 3 par. 403
« La véritable, la grande angoisse, c’est celle-ci : le monde n’a plus de sens » (note N° 2) voir Michel Onfray La
Sagesse tragique. Du bon usage de Nietzsche

Je me situe dans une zone dépressionnaire ! Je partage totalement les positions du personnage joué par Colin, telles
qu’exprimées au début du film. Je ne crois en rien, si ce n’est ce qu’on voit et ce qu’on vit. On vient au monde, puis
toute la vie n’est qu’une suite de hasards, d’accidents, de chances, d’événements aléatoires… La vie n’a aucun sens,
l’univers n’a aucun sens, tout ça n’est qu’un vaste phénomène hors de notre contrôle, c’est tragique. On est sur cette
terre pour un moment très bref, un jour, en une seconde, on meurt, c’est terminé. Un autre jour, peut-être pas si
lointain, le Soleil va imploser, la Terre disparaîtra, et puis encore quelques milliers ou millions d’années et
l’univers entier disparaîtra, et là il n’y aura plus rien ! Plus de planètes, plus de lumière, plus d’air, rien, juste
l’obscurité et le néant. Et toutes les choses que nous trouvons fantastiques, comme les pièces de Shakespeare, les
symphonies de Beethoven, tout cela aura disparu pour toujours.
Oui, on peut obtenir de petits plaisirs momentanés. On tombe amoureux et notre cœur bat plus fort pendant un
moment, on peut savourer un diner raffiné, on peut apprécier un match de foot, un film, un concert, oui, d’accord,
mais bon, ça ne dure pas, c’est très bref et provisoire. Et surtout, ça ne s’ajoute pas, ça ne change rien à votre
destinée finale et à la brièveté de la vie. Tous les quatre-vingts ans environ, on tire la chasse d’eau sur une
génération et une nouvelle la remplace. Et cette nouvelle génération vit sa vie, tombe amoureuse, fait une carrière,
tout semble important, les enfants, le couple, le boulot, et… flush ! La chasse d’eau terminale. Tout ce qui semblait
important disparaît. Woody Allen

Don Juan insistait sur le fait que la voie du sorcier est la meilleure façon d’huiler, pour ainsi dire, les rouages de
notre redéploiement, et que, de tous les mécanismes de la voie du sorcier, le plus efficace était « perdre sa
suffisance ». Il était absolument convaincu que ce que font les sorciers s’avère indispensable et, pour cette raison, il
Citations - 16 -
s’efforçait avec acharnement de pousser ses apprentis à parfaire cet état. Il partageait l’opinion que la suffisance est
non seulement le suprême ennemi du sorcier, mais aussi la Némésis – le châtiment mérité – de l’humanité.
L’argument de don Juan était que nous consacrons la majeure partie de notre énergie à entretenir notre suffisance.
C’est tout à fait évident, vu notre souci jamais assouvi de présentation de notre moi et cette autre préoccupation de
savoir si oui ou non nous sommes admirés, ou aimés, ou reconnus. Son raisonnement le conduisait à dire que si
nous étions capables de perdre un tant soi peu de cette importance, deux choses extraordinaires surviendraient.
Primo, nous libérerions notre énergie de la tentative de maintenir l’illusoire idée de notre grandeur ; secundo, nous
disposerions de cette énergie pour entrer dans la seconde attention et jeter un coup d’œil sur la véritable grandeur de
l’univers. Carlos Castaneda, L’art de rêver, p. 56

M. Mathew Arnold lorsqu’il dit que « à l’heure actuelle il y a, par rapport à la religion chrétienne, deux choses qui
doivent paraître évidentes à toute personne perspicace : la première c’est que les hommes ne peuvent pas s’en
passer, la seconde que, telle qu’elle est, elle ne peut pas leur suffire. » VoieParfaite_Kingsford.pdf p. 6

La parole avait été donnée à l’homme pour déguiser sa pensée. Talleyrand

You might ask how I, a philosopher, could speak to issues treated by scientists. The best way to answer this is with
another question. Are we engaging in science or philosophy here? When you study the interaction of two physical
bodies, for instance, two subatomic particles, you are engaged in science . When you ask how it is that those
subatomic particles — or anything physical — could exist and why, you are engaged in philosophy . When you
draw philosophical conclusions from scientific data, then you are thinking as a philosopher. 90

Einstein had used similar language: “I want to know how God created this world. . . . I want to know His thoughts,
the rest are details. Albert Einstein, quoted in Timothy Ferris, Coming of Age in the Milky Way (New York:
Morrow, 1988), 177
Einstein, in fact, expressly denied being either an atheist or a pantheist: I’m not an atheist, and I don’t think I can
call myself a pantheist. We are in the position of a little child entering a huge library filled with books in many
languages. The child knows someone must have written those books. It does not know how. It does not understand
the languages in which they are written. The child dimly suspects a mysterious order in the arrangement of the
books but doesn’t know what it is. That, it seems to me, is the attitude of even the most intelligent human being
toward God. We see the universe marvelously arranged and obeying certain laws but only dimly understand these
laws. Our limited minds grasp the mysterious force that moves the constellations. [Emphasis added .]8 p. 100

Antony Flew

(Note Evolution est un mot qui a d’abord servi à définir les changements d’ordre développementaux de
l’individu au cours de sa vie (signification en usage au cours du XVIIIème siècle). Darwin se référait à «
l’évolution » en tant que « descendance avec modification » ou transmutationisme (par opposition au fixisme). Ce
n’est que sous l’impulsion de Herbert Spencer et Thomas Huxley à la fin du XIXème siècle que le sens du terme
évolution a évolué pour désigner le changement des espèces au cours du temps.) Darwinisme/L’évolution et ses
contraintes tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser [Link]

Le plus grand dérèglement de l’esprit c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles soient. Bossuet

Jean Fourastié, « La grande mutation du 20ème siècle » : « L’homme est avant tout un être qui pense. Nous
pensons, et nous raisonnons, presque malgré nous, par le seul fait que nous sommes doués d’un cerveau qui vit.
Nous nous faisons des idées au sujet de la réalité. Mais ces idées sont souvent non conformes à la réalité ; elles sont
construites à partir d’elle, sans doute, mais la même réalité engendre dans des cerveaux différents des idées
différentes, de sorte que l’écart est souvent considérable entre le monde tel qu’il est réellement et le monde tel que
nous nous le représentons intellectuellement. Notre faculté de représentation s’empare de quelques aspects du
monde à partir desquels elle façonne une image du monde pratiquement arbitraire, et qui dépend bien davantage du
stade d’idées introduites dans le cerveau par l’éducation, que la réalité perçue. Ainsi se construit l’opinion que
chacun se fait du monde. »
Citations - 17 -

Proverbe : « Le diable est le roi de l’amusement. »

L’érudit d’Oxford C. S. Lewis a fait remarquer un jour que Dieu n’est pas le genre de chose à laquelle on peut
s’intéresser modérément. Après tout, si Dieu n’existe pas, il n’y a pas la moindre raison de s’intéresser a lui. Par
contre, si Dieu existe, la chose est du plus grand intérêt et il est primordial que nous nous demandions comment
entretenir de bons rapports avec cet être de qui dépend chaque instant de notre existence.
L’existence de Dieu fait une différence énorme pour l’Homme. Voici trois raisons pour lesquelles l’existence
ou la non-existence de Dieu fait toute la différence :
1 Si Dieu n’existe pas, la vie est dépourvue de sens en définitive.
S’il n’y a pas de Dieu, cela ne fait aucune différence que vous existiez ou non. Il est vrai qu’il se peut que
votre vie ait une importance relative parce que vous avez influence des gens ou que VOUS avez changé le
cours de l’Histoire. Toutefois, l’humanité est finalement vouée à périr dans la mort thermique de l’univers. En
fin de compte, qui vous êtes ou ce que vous faites n’a aucune importance. Votre vie est inconséquente.
Ainsi donc, les contributions du scientifique à l’avancement de la connaissance humaine, les recherches du
médecin pour soulager douleurs et souffrances, les efforts du diplomate pour assurer la paix dans le monde, les
sacrifices de bonnes personnes pour améliorer partout le sort de la race humaine... en définitive, tout cela ne
rime à rien.
Si l’athéisme est dans le vrai, la vie est dénuée de sens, finalement.
2. Si Dieu n’existe pas, nous sommes condamnés à vivre sans espoir.
D’abord, nous n’avons aucun espoir d’être délivres du mal. Bien que les gens se demandent comment Dieu a
pu créer un monde où règne à ce point le mal, la plupart des souffrances du monde sont attribuables a l’inhumanité
dont les hommes font preuve entre eux.
L’horreur des deux guerres mondiales du siècle dernier a bien eu raison de l’optimisme naïf avec lequel
on considérait la progression de la race humaine au XIX siècle. Si Dieu n’existe pas, nous sommes captifs
d’un monde où abondent le mal et les souffrances gratuites et injustifiées, et nous n’avons aucun espoir d’y
échapper.
De plus, s’il n’y a pas de Dieu, il n’y a aucun lieu d’espérer être délivrés de la vieillesse, de la maladie et
de la mort. A en croire l’athéisme, il n’existe aucune vie au-delà de la tombe. L’athéisme est donc une
philosophie dénuée d’espoir.
3. Par contre, si Dieu existe, la vie a un sens et l’espoir existe, ainsi que la possibilité d’en venir à
connaître Dieu et son amour personnellement. Pensez-y ! Que le Dieu infini puisse vous aimer et souhaiter être
votre ami intime ! Ce serait le statut le plus élevé dont tout être humain puisse jouir ! II est clair que, si Dieu
existe, cela fait non seulement toute la différence pour l’humanité en général, mais cela pourrait changer
également votre vie du tout au tout. William Lane Craig

Ce que je désigne par angoisse, c’est cette nécessité universelle pour des êtres conscients d’eux-mêmes, de leur
solitude, du temps qui passe et de la mort, de donner du sens à leur existence et à chacun des instants vécus. Cela
concerne tous les êtres humains, de toutes les époques, même si les mécanismes de donation de sens varient
considérablement d’une culture à l’autre. Le mode typique de cette donation, c’est de s’adosser aux normes
collectives qui, à une époque donnée, définissent tel ou tel champ social ou activité Carlos Tinoco
[Link]

les théologiens chrétiens établissent une distinction entre l’attrition, repentir causé par la crainte des peines, et
la contrition, provoquée par des raisons plus nobles : l’horreur du mal, le regret d’avoir offensé son Dieu.
On connaît le fameux mythe du puissant monarque qui ne manquant de rien, s’étonne de ne pas être heureux et
demande conseil au sage médecin de la Cour. Celui-ci lui ordonne de revêtir la chemise d’un homme heureux. Des
messagers parcourent le vaste empire cherchant ce rare phénix, sans le trouver. Ils tombent enfin, après des années,
sur un pauvre hère, qui n’a jamais quitté ses champs et qui se déclare effectivement heureux. Ils lui demandent sa
chemise, pour laquelle ils lui offrent des trésors. Grand est leur désappointement quand le bonhomme leur déclare
qu’il n’en a jamais porté. Or cette légende, qui vient de l’Orient, date de la plus grande antiquité. 12
Citations - 18 -
Le professeur Charles Richet, expliquant pourquoi il ne désirait pas une existence d’outre-tombe, au moins si
elle devait, ne fût-ce que transitoirement, ressembler à celle de ce monde, écrivait dernièrement : Prolonger au delà
du tombeau cette mesquine existence intellectuelle qui nous anime durant la vie, c’est passablement misérable, et ce
n’est même pas attrayant. Fort bien. Mais alors, pourquoi devons-nous prolonger cette misérable existence
intellectuelle en ce monde même ? Pourquoi le Dr Richet reste-t-il l’une des colonnes respectées de l’Association
qui s’efforce de trouver un remède à la dépopulation de la France ? 13
Schopenhauer, en parlant à peu près des mêmes questions, n’employait-il pas l’expression : « Métaphysique
expérimentale » 17

Quant à nous trop petit pour songer à départager les doctes Ombres de Locke Kant, Spencer, Du Bois-
Reymond, etc., trop ignorant pour savoir d’avance si telle chose est inconnaissable, nous préférons a ces
élucubrations métaphysiques a priori, et qui ne sont pas faites pour nous, l’humble système a posteriori consistant à
chercher empiriquement, dans l’expérience, une solution 17

«Le plus grand dérèglement de l’esprit — a dit Bossuet c’est de croire les choses parce qu’on veut qu’elles
soient. » 20

Nietzsche, La Généalogie de la [Link] :


Toutes les sciences devront préparer dorénavant la tâche du philosophe de l’avenir : cette tâche consiste,
pour le philosophe, à résoudre le problème de l’évaluation, à déterminer la hiérarchie des valeurs. P. 28 ?

on peut clairement souligner l’échec de la "modernité". On aurait atrophié l’humain des questions de sens,
alors qu’on ne sait toujours pas répondre aux sempiternelles questions auxquelles l’homme est confronté : le sens de
la vie, les origines, la fin dernière, la mort, la souffrance des peuples etc. Ghaleb Bencheikh
[Link]
[Link]

L’homme n’est qu’un homme culturel. Pourtant, la tradition philosophique classique, depuis les philosophes
Grecs comme Platon et Aristote ont attribué à l’homme une nature. Celle-ci est constituée par la raison. L’homme
se définirait par la raison et par  ses capacités à éclairer notre action. La raison proclamait Descartes "est  une
lumière naturelle". Il ne s’agit pas de la raison calculatrice, celle qui permet d’être le plus rationnel possible dans
l’action, par exemple en accomplissant un crime parfait. Il s’agit de la raison qui gouverne l’action humaine en lui
fixant les fins, les objectifs de son action afin d’être le plus heureux possible et afin de vivre en bonne intelligence
avec les autres au sein de la société, et ce dans notre intérêt bien compris puisque nous sommes tributaires de la vie
sociale.
Pour les intellectuels et philosophes de cette époque et qui ont été largement repris par toute la tradition
philosophique rationaliste pendant près de deux millénaires, l’homme appartient à l’Être, disons à la nature pour
faire plus simple, et il est donc impensable que cette nature ne lui ait pas transmis des normes de comportement afin
d’être vraiment humain. La seule différence avec l’animal, mais cette différence est capitale, l’homme,
contrairement à la fourmi, peut choisir d’obéir ou non à de telles exigences. Bref, ce qui caractérise l’homme, au-
delà des lumières que peut lui transmettre la raison, c’est la possibilité de choisir d’être ou non en accord avec cette
raison. Nous pourrions appeler une telle capacité de choix la liberté mais à vrai dire l’authentique liberté consiste à
faire son bien, c’est-à-dire ce qu’on veut  profondément, mais non de suivre aveuglément nos passions, nos désirs
immédiats, ce qui nous plaît, par ignorance de son bien authentique.
   Cette ignorance provient d’une cause très simple: la raison a pour vocation, selon Platon, de "tenir le
gouvernail". Les errements commencent lorsque la raison ne commande plus, ne tient plus le gouvernail mais se
met au service des désirs ou des passions irrationnelles, comme c’est le cas concernant le crime parfait.
Mais cette conception de l’homme se heurte à plusieurs difficultés: en premier lieu, elle ne permet pas de résoudre
tous les problèmes rencontrés; en second lieu, il s’agit in fine d’une croyance. Nul n’est en mesure de nous assurer,
de démontrer que la raison est à même de nous dévoiler les normes permettant de savoir ce qui est naturellement
humain ou non. Car, qui peut nous assurer que la démesure, l’excès ne valent pas autant que la sagesse liée à  la
mesure ou au juste milieu? Que ce choix est une affaire de conviction et qu’il est à ce titre purement subjectif?
  Certes, la raison nous rappelle que nous sommes des êtres sociaux; que nous devons tout à nos éducateurs et à
notre civilisation, au langage, au développement de la pensée, aux valeurs morales, au sens civique et ainsi de
Citations - 19 -
suite.  En ce sens, la démesure pourrait remettre en cause ces liens sociaux vitaux et en conséquence la raison nous
interdit, de manière fondée, cette voie, dans notre intérêt bien compris.
  Seulement, il y a un risque à suivre cette voie en toutes circonstances. Car ce serait un glissement vers une attitude
purement utilitariste. J’accomplis telle ou telle action non parce que je le dois, non de manière désintéressée,
seulement au nom de la valeur de la personne humaine, mais parce que cela est utile à la société et donc en fin de
compte à moi-même.
  Il conviendra donc d’approfondir cette réflexion sur le rôle et la légitimité de la raison mais également sur les
fondements d’une autre racine de notre civilisation, à savoir nos racines chrétiennes.
[Link]

Au cœur des radicalités de différentes natures on trouve toujours la propagande, le discours et la manipulation. Tous
les mouvements et regroupements qui prônent la violence comme forme d’action ont besoin de la justifier et
d’amener les individus qu’ils manipulent à ne pas avoir d’autre choix que le passage à l’acte.

La particularité de ces deux radicalités repose sur leur capacité à relayer leur vision du monde par l’ensemble de leurs
membres et sympathisants de manière à faire croire à l’objectivité de leur point de vue. Ces mouvements ont des
outils identifiés de communication et expriment par voie certifiée leurs positions. Pourtant, conscients du rejet a
priori des idéologies, ils prennent soin de diffuser l’essentiel de leur message par les rumeurs, les fausses
informations, les montages et autres manipulations d’images

Axiologie : Étude ou théorie (en grec : logos) de ce qui est digne d’estime (en grec : axion), de ce qui vaut, de ce
qui peut être objet d’un jugement de valeur.

Pratiquement, axiologie est synonyme de « philosophie des valeurs ». Cette philosophie s’est développée, depuis
1892, à la suite des travaux de H. Rickert, néo-kantien de l’école badoise. Pour Rickert, qui reprend une distinction
de Kant, puis de Fichte, le devoir-être l’emporte sur l’être, la valeur l’emporte sur la réalité. Ce qui est se constate.
Mais ce qui est valeur commande et prescrit (un jugement d’existence s’énonce à l’indicatif, un jugement de valeur
s’énonce à l’impératif). L’interrogation se déplaçant de l’être au devoir-être, du réel à la valeur, on est passé tout
naturellement de l’ontologie à l’axiologie ; certains axiologues ont même regardé l’ontologie comme périmée
(celle-ci ne s’est pas inclinée : l’être est ce qui vaut en soi, les valeurs ne sont souvent que ce qui vaut pour nous).
Le problème s’est posé de l’origine des valeurs (ou de la relation du jugement d’évaluation à la valeur). Le sujet
reçoit-il les valeurs ? Les crée-t-il ? S’il les reçoit, est-ce d’une source transcendante ? d’une source immanente ?
S’il les crée, est-ce de façon subjective, arbitraire ? de façon objective, réglée, conforme à des normes ?

Nietzsche mis à part (la transmutation des valeurs), les derniers grands représentants de l’axiologie sont, en
Allemagne, Max Scheler (disciple de Husserl, partisan d’une intuition objective des valeurs) et, en France, Louis
Lavelle (axiologie liée à une ontologie de la participation), René Le Senne (rôle de l’obstacle dans l’invention des
valeurs), le jeune Sartre et Raymond Polin (liberté créatrice des valeurs). EU

Prise de vue
Si, étymologiquement, le terme « déchristianisation » vise l’ensemble des confessions ou dénominations
chrétiennes, il a d’abord pris sa signification dans le cadre d’un catholicisme dominant, s’auscultant et constatant,
d’une part, l’arrêt de sa progression dans les civilisations industrielles, d’autre part, l’extension de sa récession dans
les classes laborieuses : c’est ainsi qu’on parla tout d’abord de la « déchristianisation de la classe ouvrière » avant
de s’interroger sur « l’éclipse du sacré dans la civilisation industrielle ». Mais en outre, ce phénomène de récession
– d’abord observé dans l’aire occidentale – devient peu à peu de plus en plus observable à l’échelle mondiale : le
christianisme, ou les christianismes, devenus religion dominante de la civilisation, apparaît ou apparaissent n’être
devenus tels que pour avoir été la religion de la civilisation dominante. Le terme mis à la domination du ou des
christianismes par les phénomènes contemporains de décolonisation, puis d’accession des États ou peuples du Tiers
Citations - 20 -
Monde à l’indépendance, tend en effet à s’accompagner sinon d’un refus, du moins d’une contestation du
christianisme occidental : celui-ci se trouve alors relayé soit par des idéologies monolithiques comme en Chine, soit
par des formes de conscience nationale réfractaire à toute pénétration missionnaire chrétienne comme aux Indes,
soit par de multiples syncrétismes visant à intégrer les christianismes classiques dans des mouvements autochtones
comme en Afrique sud-saharienne. D’autre part, les religions traditionnelles des peuples jusque-là colonisés
– religions traditionnelles des paysanneries, islamisme, bouddhisme, etc. – sont vécues par ces peuples comme des
éléments de leur propre identité ; elles se trouvent, de ce fait, réactivées et rendues d’autant moins pénétrables à une
contagion chrétienne. Les théologies chrétiennes, après être passées de la croisade à la mission, passent ainsi de plus
en plus de la mission au « dialogue » et entérinent elles-mêmes ce coup d’arrêt. Mais comme la croissance
démographique joue en faveur des peuples non christianisés, devenant plus ou moins non christianisables, le
pourcentage de la population chrétienne dans la population totale du globe tendra à s’abaisser. De ce fait
s’engendrerait une déchristianisation relative puisque l’augmentation du nombre des chrétiens soit par conversion
soit par renouvellement démographique irait finalement moins vite que l’augmentation en flèche de la démographie
mondiale. L’écart, enfin, tend à s’accroître du fait que les populations chrétiennes non seulement se redistribuent
d’une forme à une autre du christianisme (par exemple d’une forme Église à une forme dissidente), mais aussi et
surtout, dans une frange qui va s’élargissant, cessent d’appartenir à une forme quelconque de ce christianisme pour
se retirer dans une forme de non-christianisme, voire de non-religion : les populations chrétiennes sont en effet les
premières à subir les contrecoups de la civilisation technique et industrielle et à enregistrer son effet de
sécularisation. Il y a là, en conséquence, sous un phénomène qu’on a étiqueté « déchristianisation », un ensemble de
variables qu’il convient d’explorer en notant que, pour un certain nombre d’observateurs, les variables de
récessions certaines ne sont pas sans pouvoir ou même sans devoir se conjuguer avec les variables de certaines
progressions au moins éventuelles.
On peut ramener à cinq ces types de récessions :

la récession de la pratique religieuse du christianisme ; –


la récession de l’emprise du clergé sur la vie et la pratique chrétiennes ; –

la récession du contrôle confessionnel sur la vie sociale des chrétiens ; –


la récession du sacré comme cadre de la vie profane ; –

la récession des valeurs normatives au profit de la liberté de pensée et d’action. –

I - La récession de la pratique religieuse


Il est difficile de trouver un terme pour désigner ce premier type de récession. Il a été observé et même mesuré,
comme on l’a dit, d’abord dans la pratique religieuse du catholicisme et plus particulièrement dans le cas de la
pratique religieuse dite dominicale. C’est ce qu’on a nommé la sociologie des « messalisations » : cette pratique
consiste pour les fidèles, comme le leur prescrit un commandement de leur Église, à se rendre à la messe le jour du
Seigneur, c’est-à-dire le dimanche ; le sociologue nomme en conséquence messalisants ceux qui satisfont à ce
précepte.
Cette population de messalisants et de non-messalisants a fait l’objet de nombreuses enquêtes de sociologie
empirique et de non moins nombreuses codifications selon les sexes, les âges, les origines sociales, les statuts socio-
professionnels, les localisations géographiques, etc. Certains pays comme la France, l’Italie, la Belgique, l’Espagne
ont été quadrillés par de telles enquêtes. Un des principaux résultats de celles-ci est de manifester l’écart séparant
les fidèles nominaux – ceux qui sont baptisés et qui pratiquent saisonnièrement (c’est-à-dire aux grandes saisons de
leur vie ou de l’année) – et les fidèles réels : ceux qui satisfont au précepte dominical. À la lumière de ces
statistiques, des pays réputés « très chrétiens » apparaissent en réalité comme des pays très peu chrétiens. Selon telle
ou telle région, telle ou telle classe sociale, cette « déchristianisation » peut même accuser une accélération.
D’autres enquêtes portent sur deux populations : celle des croyants non pratiquants (« je crois, mais ne pratique
pas ») et celle des pratiquants non croyants (ceux qui pratiquent par routine familiale ou conformisme social). Sur
ce double registre, la « démessalisation » est certaine.

Des phénomènes équivalents peuvent être observés dans d’autres confessions : malgré des cadres canoniques
beaucoup plus complexes, le protestantisme a opéré des observations et mesures analogues. Des analyses parentes
pourraient être mises en œuvre sur d’autres systèmes de pratiques édictées par d’autres religions (islam,
Citations - 21 -
bouddhisme) : malheureusement, elles sont encore peu poussées. À l’intérieur du christianisme, ou plutôt des
christianismes, ces mesures manifestent généralement soit une récession apparente, soit des transferts, soit des
redistributions : ainsi la progression d’un certain catholicisme urbain se conjugue avec une régression de
catholicismes ruraux ; ou encore la progression spectaculaire du pentecôtisme, mouvement protestant américain
créé en 1906, avec la récession de certaines autres dénominations protestantes, etc.

Toute cette sociographie laisse mal discerner – dans la déchristianisation globale qu’elle diagnostique – de quelles
récessions il s’agit : est-ce une vie sociale qui cesse d’être religieuse pour devenir indifférence ? Ou bien est-ce une
vie religieuse qui, cessant d’être un conformisme social, s’ouvre à la possibilité de devenir une conviction
personnelle ? Les deux hypothèses ont été proposées. Leur portée diffère évidemment selon les phénomènes
analysés.

II - Décléricalisation
Bien que leurs origines communes ne l’impliquent guère et que leurs diverses formes offrent des spécifications
différentes, les christianismes se présentent en général sous une forme hiérarchique impliquant une dichotomie
entre un clergé et un laïcat. Le catholicisme est la confession qui présente la hiérarchisation la plus marquée, non
seulement entre le clerc et le laïc, mais entre un haut et un bas clergé, le haut clergé culminant dans le pontificat
romain. Les dénominations protestantes sont selon les cas soit épiscopaliennes (présence d’un épiscopat), soit
presbytériennes (présence d’un pastorat), quelques-unes seulement sont congrégationalistes, c’est-à-dire postulent
un gouvernement par lui-même du peuple chrétien par l’intermédiaire de sa congrégation ou assemblée générale.
Quant à la confession orthodoxe, bien que non pontificale, mais patriarcale, elle postule elle aussi un haut et un bas
clergé séparés par des origines et des disciplines monacales. Certaines dissidences sectaires, enfin, sont bâties sur un
monachisme congrégationaliste laïc.
Avec des décalages dans le temps, les divers christianismes sont affectés par un processus impliquant une récession
de l’emprise du clergé sur la vie et la pratique des sociétés chrétiennes : choc en retour, sur la société ecclésiastique,
des péripéties et des combats du laïcisme dans la société civile. Des théologiens ont même proposé une certaine
laïcalisation de leur Église en réponse aux questions posées par ce laïcisme. Celui-ci, en effet, non seulement
postulait la séparation de l’Église et de l’État comme une garantie pour la liberté de conscience du citoyen et la
liquidation du principe cujus regio ejus religio (une seule religion par nation), mais il impliquait aussi pour tout laïc
un postulat d’autodétermination dans la vie même de sa propre conscience. Les procurations exercées par les
clergés en deviennent de moins en moins soutenables. Encore moins soutenable leur hégémonie, lorsqu’elle
s’exerce sur des domaines comme celui de l’état civil, de l’enseignement ou de la propriété terrienne. Des
sécularisations interviennent donc en chaîne, celles des biens ecclésiastiques, de l’état civil et des institutions
afférentes, de l’enseignement, etc.

Mais, qui plus est, le laïcat chrétien prend ici le relais pour prolonger ce mouvement à l’intérieur même de son
propre corps ecclésiastique et pour postuler sa participation à la gestion. Ce qui fut nommé l’Action catholique,
définie comme « la participation du laïcat à l’apostolat hiérarchique », fut précisément la mise en œuvre de ce
postulat. Non sans conflits d’ailleurs entre deux positions : celle qui tenait l’Action catholique pour un nouveau
bras séculier – y compris électoral ou politique – des hiérarchies traditionnelles et celle qui, à l’inverse, entendait
non pas constituer une représentation de la hiérarchie dans la société, mais au contraire une représentation de la
société – du peuple (le laos) – à l’intérieur des Églises. L’un après l’autre, ces mouvements ont ainsi connu des
crises qui se soldent peu à peu par une décléricalisation. La même crise se reproduit dans l’opposition entre les
pionniers des sciences humaines des religions et les théologies qui prétendent être seules à comprendre l’Écriture ou
la Tradition. La même crise fut au cœur des problèmes du prêtre-ouvrier : perçu par les uns comme un agent de
recléricalisation, conçu par les autres et souvent se concevant lui-même au contraire comme un agent de
décléricalisation. C’est encore la même opposition qui se fait jour ici ou là entre les diverses instances d’un haut ou
d’un bas clergé ; les problèmes sont alors : soit l’épiscopalisation ou l’inter-épiscopalisation d’une structure
pontificale, soit la presbytérianisation d’une structure épiscopale (des membres du bas clergé n’ont-ils pas demandé
à participer à la nomination de leur évêque ?), soit une laïcalisation de gestions paroissiales ou diocésaines.
Là aussi, selon les diagnostics, le processus peut être interprété tantôt dans le sens d’une déchristianisation pure et
simple – avec un relent de « déprêtrisation » mise à l’ordre du jour par la Révolution française – et tantôt au
contraire comme l’appel d’un christianisme mal formé à un christianisme mieux formé. La même ambiguïté plane
sur ce qui est nommé la « crise des vocations ». La récession du nombre des prêtres réguliers ou séculiers est
Citations - 22 -
redoutée par les uns qui y voient un symptôme de déclin, mais appelée par les autres, tel Mgr Ilitch, auxquels elle
apparaît comme une voie sur un renouveau chrétien.

III - Déconfessionnalisation
Lucien Febvre a décrit dans son Rabelais les rites et les rythmes d’un État chrétien. Or la question de l’État chrétien
a fait couler beaucoup d’encre (Marx, Engels, etc.). À cette question de l’État chrétien est venue s’ajouter
ultérieurement celle des organisations chrétiennes : partis, syndicats, coopératives, œuvres sociales et culturelles. La
déchristianisation, en ces domaines, signifie l’abandon de l’appartenance confessionnelle, le poids du substantif
l’emportant désormais sur celui de l’épithète. L’État pour être État, le syndicat pour être syndicat, les œuvres pour
être des œuvres doivent cesser d’être encloses dans la limite d’une religion. Des batailles homériques ont été ainsi
livrées autour du qualificatif « chrétien » qui confessionnalisait et l’action et l’audience, et par là même imposait
des limites soit à l’action soit à l’audience. De la même façon s’était accomplie l’émancipation des diverses
sciences par rapport aux théologies.

Les christianismes, dans leur effort pour surmonter les difficultés engendrées par l’écart entre la religion et la vie,
avaient fondé, sur le terrain même de l’action, ce que le sociologue néerlandais Kruyt nomme leurs piliers (pillars)
et avaient fomenté pour autant leur « pillarisation » : parti, syndicat, coopérative, jeunesse, assistance sociale,
enseignement, tous moyens en vue de faire passer, selon le slogan célèbre, « toute la religion dans toute la vie ».
Mais, à partir d’un certain moment, pour de telles organisations, la logique interne qui les pousse à être elles-mêmes
dans toute leur intensité et dans toute leur extension se trouve plus forte que la logique externe qui les poussait à se
réclamer du ou d’un christianisme, et cela pour plusieurs motifs : en raison de leur audience qui tend à ne plus se
limiter à une clientèle dénominationnelle ; en raison de leur objectif spécifique qui définit de plus en plus par lui-
même et pour lui-même sa propre valeur, sa propre technique, sa propre déontologie ; en raison enfin du
christianisme lui-même qui exige une certaine réserve par rapport à ce royaume des moyens, qui demeure fixé sur
un règne des fins et requiert une organisation et une vie – ecclésialement ou ecclésiologiquement – relevant d’autres
logiques que celles d’une organisation sociologique ou politico-sociale ayant sa propre problématique.

Pour un certain laps de temps se perpétuent encore des mouvements qui, s’ils ne sont pas « chrétiens », demeurent,
comme on dit, d’« inspiration chrétienne » : le contrôle de ce nouveau modèle s’exerce soit par un téléguidage
théologique latéral, soit par un crypto-contrôle au cœur des mouvements. Mais déjà l’obligation pour les chrétiens
de jouer franc jeu dans la nation à laquelle ils appartiennent tend à sectionner ce qui demeure encore de ce cordon
ombilical, voire à ménager des exodes de chrétiens dans des organisations radicalement achrétiennes jugées par eux
moyen plus adéquat pour les objectifs sociaux à atteindre.

Là aussi, c’est une nouvelle forme de déchristianisation. Elle sera considérée par les uns comme démantèlement de
l’« efficacité » chrétienne, une désaffection pour des appareils à travers lesquels le christianisme exerçait son règne,
un dépérissement d’une religion du Christ-Roi. D’autres, au contraire, voient dans cette redistribution – y compris
dans ses dimensions déconfessionnalisantes – les prodromes d’un œcuménisme de l’action et de la vie (cf.
Département Life and Work du Conseil œcuménique des Églises), terrain et terreau dans lequel le grain chrétien
devrait dépérir et disparaître pour porter son fruit.

IV - Désacralisation
La mutation qui vient d’être décrite aura été largement préparée par les thèses sur le passage d’une chrétienté
sacrale à une chrétienté profane (J. Maritain). Certains, pour nommer cette désacralisation qui ne serait pas, pour
autant, une profanation, se sont trouvés conduits à forger le mot « profanisation ». Il s’agissait moins d’une éclipse
que d’un transfert du sacré. Max Weber en avait décrit les premières phases dans ses célèbres analyses sur
l’ascétisme et le mysticisme intramondains : ce qui, pour le puritain anglais analysé par Max Weber, n’avait été
qu’une valeur profane prenait dans son nouveau comportement une valeur sacrée ; la réussite dans son métier
devenait le signe de sa vocation. Quand un métier est perçu comme une vocation, ce qui était profane devient le lieu
d’une expérience sacrale ; mais, inversement, lorsque ce qui a été perçu comme une vocation en vient à être exercé
comme un métier, il y a désacralisation. Ici, la déchristianisation est faite de ces chassés-croisés.

Effacement du sacré...
Le sacre du Roi Très Chrétien cède la place à l’élection par le peuple. La langue sacrée des Écritures se voit
remplacée par les langues populaires, avec Wycliff, Jean Huss, puis Luther. Le système des biens d’Église conçu
Citations - 23 -
comme organisation de la péréquation des ressources par l’aumône est relayé par l’organisation technique de la
sécurité et de la solidarité sociales. La paroisse cède devant le village, la liturgie devant le théâtre et la
chorégraphie, l’espérance devant la prospective, la doctrina sacra devant les sciences humaines de la religion, les
exorcismes devant les thérapeutiques cliniques, les conciles devant les congrès, les pèlerinages devant les routes de
l’Amitié, les temples et les églises devant les maisons du peuple ou les maisons de la culture, la Cène devant le
banquet, le rite devant l’outil, le calice devant la coupe, l’alchimiste devant les maîtres de forges, les livres sacrés
devant le livre du monde, la procession devant le défilé, le cantique devant la chanson, le psaume devant le poème,
la cloche devant la sirène, le prophète devant l’informaticien, le thérapeute devant le médecin, l’orgue devant la
musique concrète. Toute une série de gestes, de comportements, de rôles, de techniques qui s’accomplissaient dans
une ambiance sacrale se réalisent désormais dans un registre profane. Des pans entiers du christianisme sont
emportés dans ce processus.

... et resacralisation
Resacralisation, parce que, comme le disait Durkheim, il est de l’essence du sacré de « contagionner le profane ».
D’abord toute une série de nouveaux métiers sont eux-mêmes reconnus comme des vocations. L’ascétisme et le
mysticisme intramondains de Weber ne sont pas limités au comportement du puritain. Ils envahissent toutes les
manières selon lesquelles les hommes se situent dans le monde et envisagent ce monde, y compris quand ils y
attendent l’implantation d’un Éden : d’où « la religion du bonheur », décrite par Saint-Simon dans la présentation
de son Nouveau Christianisme. Un ancien texte croyait enfermer dans un triptyque la vie profane dévolue au laïc :
« Terram colere, uxorem ducere, decimas reddere » (« cultiver la terre, prendre femme, payer les dîmes »). Mais
désormais, à partir du XIXe siècle, cultiver le globe, retrouver l’androgyne, établir la solidarité mondiale, tout cela
prend rang de valeur sacrée ou quasi sacrée. C’est si vrai que toute une réflexion chrétienne s’oriente de plus en
plus vers une théologie dite des « réalités terrestres ». Et dans la mesure où cette mutation n’est pas accomplie,
s’accomplit non pas une liquidation, mais un transfert du sacré qui recherche l’équivalent des anciens cultes ou des
anciennes visions dans des opérations qui peuvent être ou des dépassements ou des travestissements : fêtes poussées
à l’extase collective, mobilisation de la révolte, « monolithisation » politique ou idéologique. Si le christianisme,
étymologiquement, est la religion d’un messie, annonciateur d’une ère messianique, on n’en finirait pas de
dénombrer les phénomènes humains et sociaux de l’histoire moderne et contemporaine qui manifestent cette
sacralisation de l’histoire humaine. Tout se passe comme si la désacralisation des Églises était compensée par une
sacralisation ou une resacralisation de ce que Loisy, au début du siècle, nommait le Royaume.

V - Désaxiologisation
On nomme axiologie un système de valeurs normatives sollicitant et entraînant des convictions. Les idéologies
persuadent, les idéaux convainquent. Or, pendant des siècles les valeurs occidentales se sont identifiées aux valeurs
chrétiennes : la vie quotidienne et saisonnière est encadrée dans un calendrier chrétien et, si le temps est ainsi
christianisé à l’intérieur de ce calendrier, les espaces sont christianisés autour des clochers, comme les vocabulaires
le sont par une philosophie dérivée des théologies chrétiennes. Une nouvelle question surgit donc : les
déchristianisations ambiguës analysées plus haut entraîneront-elles une désaxiologisation ? C’est-à-dire non pas un
transfert des valeurs, comme celui que prophétisait Nietzsche, mais une pure et simple éviction des valeurs ; car
l’hypothèse ne peut être exclue : c’est celle d’une humanité installée dans un règne de moyens (la société de
consommation) et condamnant à l’ostracisme tout royaume des fins. On vient de remarquer que les quatre types de
phénomènes décrits sous le terme ambigu de déchristianisation demeurent ambivalents, susceptibles d’une
interprétation en termes de déclin ou d’une interprétation en termes d’essor. Mais si s’additionnent les caractères
d’un véritable déclin, le résultat d’un tel processus cumulatif ne serait-il pas précisément une désaxiologisation ? Le
christianisme ayant été non seulement une table des valeurs, mais la table des valeurs et cessant de l’être ou même
d’en être une, la déchristianisation ne serait-elle pas non seulement un changement des valeurs, mais la perte de
toute valeur, l’entrée dans la « choséité » (Sachlichkeit), dans la « médiocratie » (Balzac) ? Cette question va plus
loin que les contestations de la « démythologisation » ou la « désidéologisation » du ou des christianismes. Elle est
plus fondamentale que les désescalades qui viennent d’être analysées. Si tel était le résultat, la déchristianisation au
sens d’une désaxiologisation radicale ne reléguerait-elle pas le christianisme au musée mondial des religions
imaginaires ?

C’est à cette question, en tout cas, qu’ont tenté de répondre les fameuses « théothanatologies », ou théologies de la
mort de Dieu, introduites par les messages de Dietrich Bonhoeffer, son fameux paradoxe Etsi deus non daretur et
son hypothèse d’un christianisme sans religion, d’un christianisme qui ne serait plus une religion. Serait-ce un
Citations - 24 -
christianisme radicalement déchristianisé ? Serait-ce, au contraire, un christianisme ultra-christianisé ? Tout le
problème de la déchristianisation tient dans l’incertitude où les uns comme les autres se trouvent d’avoir à répondre
par oui ou par non à cette double question. Cette incertitude se conjugue enfin avec celle du devenir œcuménique
qui, après avoir nourri les Églises protestantes puis les Églises orthodoxes, a atteint avec Vatican II le catholicisme
romain. Encore, ces trois grandes confessions ne représentent-elles pas, comme on l’a dit, la variété et la multitude
des christianismes actuels. L’avenir seul révélera si l’œcuménisme peut être une réponse au défi de la
désaxiologisation. Cet œcuménisme sera-t-il un christianisme qui se sera refusé au monisme ? Ou bien, au
contraire, un christianisme qui aura renoncé à ses valeurs spécifiques pour un commun dénominateur ?
Devant ces deux éventualités, les phénomènes décrits sous l’étiquette de « déchristianisation » sont apparemment de
nature soit à ouvrir le christianisme sur la première, soit à l’enfermer dans la seconde.
 Henri DESROCHE
Bibliographie
 S. S. Acquaviva, L’Éclipse du sacré dans la civilisation industrielle, Mame, Tours, 1967

 Christianisation et Déchristianisation, 9e rencontre d’histoire religieuse, Fontevraud, oct. 1985, Presses de


l’univ. d’Angers, 1986

 R. Cipriani, « Sécularisation ou retour du sacré ? », in Archives de sciences sociales des religions, éd. du
C.N.R.S., no 52, Paris, oct.-déc. 1981

 H. Desroche, Sociologies religieuses, P.U.F., Paris, 1968 ; L’Homme et ses religions, Cerf, Paris, 1972
 R. Guizzardi, La Religione della crisi, Comunità, Milan, 1979

 G. Le Bras, Études de sociologie religieuse, P.U.F., t. I, 1955 ; t. II, 1956
 J. Maritain, Humanisme intégral, éd. Montaigne, Paris, 1936

 J. Wach, Sociology of Religion, Londres, 1944.

« Une des plus grandes contributions spéculatives du christianisme à la pensée de l’humanité consiste dans la
reconnaissance de la fracture qui traverse la dimension spirituelle. Pour les grecs et pour Hegel dire Esprit revient à
dire Dieu, et l’homme parfait est l’homme spirituel. Il en va autrement pour le christianisme, qui sait que l’esprit est
déchiré et qu’à côté du bien, il peut aussi produire le mal. Le christianisme ne connait pas seulement l’esprit saint ;
il connait aussi l’esprit immonde.
Par le mythe de la chute des anges, le christianisme exprime l’idée que la source du mal est spirituelle. La
nature ne connait pas le mal, et donc ni l’âme végétative ni l’âme sensitive ne connaisse le mal. L’esprit rationnel
ne le connait pas non plus, il ne connait que le savoir et le non-savoir. Pour lui, le bien et le mal n’existe pas, il y a
seulement connaissance et ignorance. Mais l’âme spirituelle, cette dimension intégrale de l’existence qui associe
l’intelligence à la volonté, connait quand à elle le mal, dans un sens radical du reste, puisqu’elle peut elle-même le
produire. Le mal consiste à voir le bien mais à choisir le contraire. Le mal ne peut naître que si l’on voit d’abord le
bien ; sinon ce n’est qu’ignorance. Mais la figure spirituelle de Satan enseigne qu’il est possible de voir le bien et
de le refuser, voire que l’on peut le haïr et le combattre. Les plus grands pêcheurs, nous enseignent Shakespeare,
Goethe, Dostoïevski, sont de grands intellectuels.
Le christianisme connait et enseigne la division de l’esprit ; il y a l’Esprit saint et il y a l’esprit immonde. C’est
pourquoi le plus grand travail que l’âme est appelé à accomplir consiste non seulement à accéder à la dimension de
l’esprit mais aussi à transformer l’esprit qui nait en elle en esprit saint. Le plus grand travail que tout être humain
est appelé à faire consiste à orienter son esprit vers le bien, vers la lumière de la justice, de l’ordre, de la symétrie,
cette lumière même, cette sagesse même qui est à l’origine du monde. » Vito Mancuso De l’âme et de son destin
p. 83-84

Nous ne pouvons pas savoir si la meilleure place pour l’amour est sur la croix ou sur le trône Olaf Stapeldon

On lie les bœufs par les cornes et les hommes par la parole. Antoine Loysel
Citations - 25 -
"L’erreur est humaine…. " dont la suite, moins connue car moins compatissante, est : "persévérer diabolique"
(Errare humanum est, perseverare diabolicum) et qui renvoi donc implicitement à la question du Mal…Jean Borella

« Bien sûr, quand il y a un abandon total, un complet renoncement de tout souci au sujet de notre vie passée,
présente ou future, de notre sécurité physique et spirituelle, et de notre respectabilité - alors, une nouvelle vie
commence, pleine d’amour et de beauté. » Nisargadatta Maharaj

"Les hommes ont créé Dieu, le contraire reste à prouver" Serge Gainsbourg

L’opinion conventionnelle est la ruine de nos âmes. – Rumi

La connaissance parle, mais la sagesse écoute. – Jimi Hendrix

Je préfèrerai mourir d’une mort qui ait du sens que de vivre une vie qui n’en a aucun. – Corazon Aquino

Les plus belles personnes que nous avons rencontrées sont celles qui ont connu la défaite, connu la souffrance,
connu les difficultés, connu la perte et ont trouvé leur chemin à travers les abîmes. Ces personnes ont une
appréciation, une sensibilité et une compréhension de la vie qui les emplit de compassion, de douceur et d’un grand
sens de l’amour. Les belles personnes ne le sont pas seulement par hasard. – Elisabeth Kubler-Ross

Les esprits puissants discutent des idées, les esprits moyens discutent des évènements, les esprits faibles
discutent des gens. – Eléanor Roosevelt

Les esprits d’élite discutent des idées,


les esprits moyens discutent des événements,
les esprits médiocres discutent des personnes. Jules Romains

La vie n’est jamais rendue insupportable par les circonstances, mais par un manque de sens et d’intérêt.  –
Viktor Frankl

Un esprit qui s’est élargi après une nouvelle expérience ne peut jamais revenir à ses anciennes dimensions. –
Oliver Wendell Holmes

« Je crois que notre vie individuelle a un sens. La question qui reste ouverte pour moi c’est : est-ce que ce sens,
qui me paraît indiscutable viens de nous, autrement dit est-ce que c’est à nous de l’élaborer, par le fait que l’on se
trouverait une mission, ou un rôle à jouer dans le monde, ou est-ce que c’est un sens qui est cosmiquement inscrit  ?
Voilà. Et cette question, pour moi, elle est ouverte, voilà. Il y a des jours où j’y réponds dans un certains sens et
d’autres jours où j’y réponds dans un autre sens. Autrement dit, j’ai un état d’esprit vis-à-vis de la question de Dieu
qui n’est pas cohérent, je l’admet, qui est emprunt de scepticisme, donc d’ouverture.
Etienne Klein [Link]

Le philosophe n’est citoyen d’aucune communauté d’idée. C’est cela qui en fait un philosophe.

Croire signifie se soumettre à une autorité. Et une fois que l’on s’y est soumis on ne peut s’insurger contre elle
la remettre en question et la trouver à nouveau digne d’être cru. Wittgenstein cité par Gerhard Schmezer

 Renoncer à sa liberté de penser et son pouvoir de décision est l’attitude la plus dévastatrice qui soit.

On n’évalue pas une idéologie aux réponses qu’elles apportent mais aux réponses qu’elles évacuent Günther Anders
Nous déclarons aimer la vérité en réalité nous déclarons vraies les idées que nous aimons Francis Bacon
Citations - 26 -
Pourtant, je me rappelais sans cesse irrésistiblement le commentaire de Peter Medawar sur Le Phénomène
humain du père Teilhard de Chardin, dans ce qui est peut-être la plus grande critique négative de livre de
tous les temps : « on ne peut pardonner à l’auteur sa malhonnêteté qu’en se disant qu’avant de tromper les autres, il
s’est donné beaucoup de mal pour se tromper lui-même » P. B. Medawar, analyse de The Phenomenon of
Man, reproduite dans Medawar (1 982, 242) cité par Dawkins - Pour en finir avec Dieu

"Ce qui m'intéresse vraiment c'est de savoir si Dieu avait un quelconque choix en créant le monde." Albert
Einstein
Citations - 27 -

Les sentiments et le langage des gens instruits, si étrange qu’il puisse paraître, sont souvent davantage soumis à
l’influence du temps présent. À ses codes. Sont contaminés par un savoir et une expérience qui ne sont pas les leurs.
Svetlana Alexievitch La guerre n'a pas un visage de femme

Jésus dit : " Celui qui connaît le Tout, s’il est privé de lui-même, sera privé du tout ! " évangile de Thomas
Logion 71

Jésus dit : " Maintenant, quand vous voyez votre apparence, vous vous réjouissez. Mais, lorsque vous verrez
vos images qui se sont produites avant vous, qui ne meurent point et qui ne se manifestent point, quelle grandeur
supporterez-vous ? " Logion 88

Agneau sans tâche à qui est adressé le cantique nouveau (4 ème lettre). Il ne cesse de nous donner rendez-vous au
cœur de notre cœur : suis-je assez en silence intérieur pour percevoir son attente, sa prière, son désir d’Amour ? Il
frappe à notre porte par des chemins familiers, simples, proches : une sœur croisée, un service demandé, une lettre
reçue, une intention de prière. Le laisserons-nous sans réponse ? Sœur Élisabeth [Link]
[Link]/c-est-quoi-notre-vie/cloitrees-en-dehors-du-monde

Les hommes vont à Dieu dans leur misère

Et demandent du secours, du bonheur et du pain


Demandent d'être sauvés de la maladie, de la faute et de la mort

Tous font cela, tous chrétiens et païens


Des hommes vont à Dieu dans leur misère

Le trouvent pauvre et méprisé, sans asile et sans pain


Le voient abîmé sous le péché, la faiblesse et la mort
Les chrétiens sont avec Dieu dans sa passion. Dietrich Bonhoeffer  

L’homme est ainsi fait qu’il peut résister à des arguments solides et céder à une impression Balzac

De temps en temps, les hommes tombent sur la vérité. La plupart se relèvent comme si rien n'était. (Winston
Churchill)

L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant. (René Char)

Une des grandes escroqueries de notre époque, c'est d'avoir fait croire à l'homme de la rue qu'il avait quelque
chose à dire. (Georges Wolinski)

Le genre de philosophie adopté par quelqu’un dépend essentiellement de son caractère. Fichte
Citations - 28 -

Après avoir lu À rebours, l’écrivain catholique Barbey d’Aurevilly, reprenant ce qu'il avait déjà dit au poète
Charles Baudelaire, avait prédit que Huysmans aurait un jour à choisir entre « la bouche d’un pistolet ou les pieds
de la croix8 », autrement dit entre le suicide ou la conversion religieuse. [Link]
Karl_Huysmans

Le fait que j’ai envie de parler du Christ c’est parce que je trouve qu’il y a une grande confusion en Occident
par rapport à ce qu’est le Christ. On voit bien que plus personne ne croit en quoi que ce soit que plus personne n’a
le sens vraiment du sacré. Et souvent quand je vois vivre les gens et quand je vois ceux qui, d’un autre côté, sont
censés véhiculer le sacré et le spirituel. Je me dis “ si je n’avais pas la démarche qui est la mienne avec les raisons
d’avoir cette démarche ” si je me mettais à la place des gens que je croise dans la rue qui se fiche pas mal de toutes
les considérations de nature sacrées et spirituelles je me dis que si je n’étais pas moi avec ces expériences là, je
serais inévitablement comme ces personnes là parce que ceux qui sont censés véhiculer les valeurs du sacré dans la
société, c’est-à-dire ceux qui appartiennent ou disent appartenir à tout ce qui est censés représenter la religion au
sens premier du terme c’est-à-dire ce qui relie les êtres à eux-mêmes et au divin, je serais comme eux parce
réellement que ces personnes qui sont censées représenter la spiritualité nous ont, d’une certaine façon, dégoûté du
sens du sacré et du religieux au sens le plus pur du terme parce que ça a été mensonge sur mensonge tellement que
ça saute aux yeux maintenant non pas simplement à cause du comportement d’un certain nombre de prêtres et
autres, ça fait partie de la petite histoire, même si c’est très douloureux, mais parce que le mensonge dure depuis
des millénaires et que maintenant on ne peut plus accepter un dogme qui nous raconte des histoires et qui nous
détourne depuis bien longtemps de l’enseignement véritable du Christ. Et je dis que c’est normal que la religion
chrétienne soit mise à mal actuellement parce qu’elle a trop menti. Daniel Meurois Pour une autre approche du
Christ et de la spiritualité
[Link]

« Un véritable dialogue est une aventure dont on ne sait pas où elle peut nous mener. Chacun doit y venir en
assumant son histoire, ses convictions. Et seuls ceux qui n’ont pas peur pour leurs idées sont capables de cela.
C’est le contraire tout à la fois de l’intolérance et du consensus mou. » Guy HAARSCHER, Doyen de la Faculté de
Philosophie et Lettres de l’ULB
[Link]
[Link]?
utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Il frappe à notre porte par des chemins familiers, simples, proches : une sœur croisée, un service demandé, une
lettre reçue, une intention de prière. Le laisserons-nous sans réponse ? C’est cela être pèlerin de Paix : se quitter,
quitter ses lieux de guerre, de conflits, et ouvrir des mains désarmées en marchant vers l’autre.» Soeur Elisabeth
Citations - 29 -
« Le grand écrivain anglais Olas Stapledon qui a réussit à condenser toutes les interrogations de l’humanité en
une seule, il a dit : « Nous ne pouvons pas savoir si la meilleure place pour l’amour est sur la croix ou sur le
trône. » » Jacques Bergier [Link] 1 h. 31

Rarement nous trouvons des hommes qui s'engagent volontairement dans une réflexion forte et solide. Il y a une
quête presque universelle pour des réponses faciles et des solutions à moitié cuites. Rien de plus douloureux pour
certaines personnes que d'avoir à penser.
- Martin Luther King, Jr.

« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d'entre nous regardent les étoiles » - Oscar Wilde

Si vous cherchez la vérité, vous pouvez trouver du réconfort à la fin ; si vous cherchez du réconfort, vous
n'obtiendrez ni le réconfort ni la vérité, mais seulement de la pommade et des vœux pieux pour commencer, et à la
fin, le désespoir.
- C. S. Lewis

Edward Bernays, a écrit dans son livre Propaganda en 1928 que, même si chaque citoyen avait le temps de
passer au crible les données concernant chaque question, pratiquement personne ne serait en mesure de tirer des
conclusions éclairées sur quoi que ce soit. Nous n'avons tout simplement pas le temps, ni l'accès à des moyens de
vérification fiables. Nous avons donc tendance à confier le processus de vérification à ce que Bernays appelait « le
gouvernement invisible », sur lequel nous comptons pour nous expliquer ce que les choses signifient, quelles sont
celles qui sont importantes et quelles sont nos options pour les examiner.
[Link]
consentement

Dans chaque situation entre deux entités, il y a une occasion constante de mauvaise communication, de malentendu
et de rancune.
Dans chaque situation où l'on doit attendre dans la circulation ou dans un magasin, il y a beaucoup, beaucoup
d'opportunités pour le pardon de la grossièreté chez les autres et cette même impulsion en vous-même.
Faites de ce jour un jour où il n'y a rien de si terrible qui ne puisse être pardonné dans votre cœur. Laissez votre
cœur s'adoucir. Car le pardon, donné encore et encore et encore, est la clé de la pleine réalisation de l'amour du
Christ.
- L/L Research - 21 février 1989

Jules Barni, grand penseur politique du XIXe siècle français, expliqua dans Les Principes et les Mœurs de la
République (1872), au début du chapitre intitulé La Vertu dans la République :
« Montesquieu a dit que la vertu est le fondement du gouvernement républicain, comme la peur est celui du
gouvernement despotique. La vérité de cette pensée ressort clairement de ce que nous avons exposé jusqu'ici. Le
gouvernement républicain est, avons-nous dit, celui de la chose publique, administrée par tous dans l'intérêt de tous.
Il exige, par conséquent, que les citoyens dont il se compose consultent, dans la part qu'ils sont appelés à y prendre,
non tel ou tel intérêt particulier, mais uniquement l'intérêt général, et qu'ils sachent y sacrifier au besoin leur intérêt.
Sans ce désintéressement et ce dévouement à la chose publique, c'est-à-dire, en un mot, sans la vertu civique, il n'y
a pas de république. Elle cesse d'être la chose de tous pour devenir la proie des intrigants ou des ambitieux,
exploitant au profit de leurs convoitises la portion de pouvoir qui leur est dévolue. Elle est dès lors perdue, et son
nom même ne tarde pas à disparaître. Le despotisme vit d'égoïsme et de corruption, mais les républiques en
meurent. »
Citations - 30 -
Industrie universitaire : Effort intellectuel soutenu pour produire des publications sans intérêt. Il s'agit d'un discours
sur les pseudo-problèmes ou des mini-problèmes, dont la source est souvent une incompréhension élémentaire et
dont le seul but est d'obtenir des promotions universitaires. Exemples : Le bayésianisme, la logique doxastique, la
sémantique des mondes possibles, la métrologie générale, la logique quantique.
 Dictionnaire philosophique  : Perspective humaniste et scientifique, Mario Bunge (trad. François Maurice),
éd. Éditions Matériologiques, coll. « Sciences & Philosophie », 2020  (ISBN 9782373612462), p. 219

Mais, pour revenir au matérialisme, à partir de la révolution scientifique et de son reflet dans la philosophie
empiriste du 18e siècle, le problème de la croyance en Dieu, en une âme séparée du corps ou en une vie après la
mort s’est posé d’une façon radicalement différente 2. En effet, l’absence totale de preuves empiriques en faveur de
ces doctrines a mené à un scepticisme croissant, parmi ceux dont la démarche est scientifique et empiriste dans tous
les domaines, y compris ceux de la « métaphysique » ou de la théologie. Bricmont [Link]
et-materialisme#nh2

Le mathématicien René Thom est connu pour sa théorie des catastrophes et ses écrits épistémologiques
remarquables dont on retient ici un énoncé canonique ; prédire n’est pas expliquer ; que l’on pourra décliner dans
une autre formulation ; décrire n’est pas expliquer.

On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l'on n'admet pas tout d'abord qu'elle est une
conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure.
La France contre les robots (1946) Bernanos

Vous aimerez peut-être aussi