Numerotation Des Octaves - Tessiture
Numerotation Des Octaves - Tessiture
(b) une construction consciente résultant de l’éducation reçue et d’une activité culturelle.
1.1. Généralités
On distingue, par commodité :
(a) un « son simple ». Un tel son peut être unique ou multiple : jouer une note de musique
ou un accord revient à émettre un son simple ;
(b) un « son complexe » ou « ligne sonore » : jouer une phrase musicale (mélodique ou
harmonique) engendre une ligne sonore.
S’agissant de sons, distinguer entre bruit et musique est une attitude spontanée, consciente ou
même inconsciente : on peut considérer qu’un « bruit » est une émission sonore s’éloignant, de
façon plus ou moins importante, d’un schéma sonore donné, constituant une référence musicale
provenant de la culture reçue par chaque individu.
Frapper un tronc en bois vide à l’aide d’un bâton peut être considéré comme une production sonore
bruyante sans intérêt, voire désagréable. Il en va de même des bruits d’un moteur ou de la mer, du
jacassement d’une pie, etc. La réaction individuelle dépend aussi de l’accoutumance au « bruit ».
Cependant, à un moment donné, face à une production sonore de cette nature, le type de société ou
de civilisation concerné, aussi bien que le contexte et la façon dont cette action se déroule,
susciteront des réactions individuelles variables : depuis l’appréciation jusqu’au rejet, en passant
par la tolérance ou l’indifférence.
Au cours du temps, avec les échanges culturels entre sociétés ou civilisations, une certaine
« acculturation », voire « appropriation » s’est développée. On peut ainsi distinguer divers styles de
musique : folklorique ou populaire, baroque, classique, jazz, variétés, musiques orientales,
tropicales ou latines, etc. De plus, ces styles tendent aussi à s’enrichir mutuellement, et de
nombreuses combinaisons stylistiques peuvent être associées : rythmes dominants, types de
gammes ou d’harmonies, etc.
1.2. Formes musicales
A milieu culturel donné, identifier un son est affaire de reconnaissance des formes (au sens
scientifique usuel). La question est double :
(a) d’une part, définir des critères d’identification d’un son, et notamment d’un son
musical. On a indiqué que l’acceptation d’un son en tant que son musical dépend de la culture reçue
individuellement. Dans des situations plus complexes, et allant plus loin dans le raisonnement, un
individu appréciera une oeuvre donnée, au contraire d’un autre (goûts musicaux) ;
(b) d’autre part, définir des critères de différenciation entre sons. Une phrase ou une
oeuvre musicale donnée peut être plus ou moins distinguée d’une autre, car divers phénomènes
(plagiat, réminiscences inconscientes, etc) peuvent conduire à des créations non totalement
originales (cf SACEM).
2. Notation des octaves et des gammes
Une fréquence se définit, de façon générale, par le nombre de répétitions d’un phénomène par unité
de temps.
En musique, la hauteur d’un son est définie par la fréquence des répétitions d’un battement
(vibration) par unité de temps (durée) : plus le son est aigu, plus la fréquence est élevée (cf Annexe
0, quelques indications sur la trompette ou cornaline).
On considère généralement que l’être humain peut percevoir (acuité auditive) des sons dont la
fréquence s’étend depuis 20 Hz jusqu’à 20 000 Hz.
La « zone » couverte par la voix humaine varie entre 0 Hz et 4 000 Hz environ. La zone des
fréquences inférieures correspond aux infra-sons, celle des fréquences supérieures aux ultra-sons.
En musique, et pour des raisons de commodité, les différentes octaves (audibles par l’être humain)
ont été numérotées. Une convention simple attribue un même numéro à toutes les notes d’une
octave : ainsi, dans une gamme en C, ce numéro est le même pour toutes les notes C, D, E, F, G, A,
B. Un changement de numéro d'octave s'effectue alors à chaque C qui suit le B, au fur et à mesure
que la gamme monte vers les fréquences élevées (aigüs).
(a) en France, on attribue le numéro 3 au La du diapason, c'est-à-dire au A qui sonne 440
Hz, et qui est alors noté A3. Dans ce système, le A de l'octave précédente (octave inférieure), qui
sonne à 220 Hz, est noté A2. Les octaves sont numérotées -1 (octave la plus basse), puis de 1 à 7.
(b) la convention américaine décale d'une unité les numéros précédents : le A4 américain
correspond au A3 français. Aux USA, la numérotation parcourt les entiers de 0 à 8.
Le tableau simplifié suivant compare 3 systèmes : celui retenu au texte (méthode présentée ici),
celui pratiqué dans les pays anglo-saxons et celui pratiqué en France.
Comparatif des trois systèmes de notation (notes aigües en haut, graves en bas)
[Note. Dans la méthode présentée, le changement de numéro d'octave s'effectue à chaque F qui suit
le E. On commence donc par le F1 situé juste au-dessous du F1# (note la plus basse de la
trompette en C)]
3. Fréquences des notes de musique
Le tableau ci-dessous reproduit la distribution des fréquences selon la hauteur des notes musicales
(la numérotation des gammes est celle de la méthode présentée ici, avec l’ajout des gammes, non
accessibles, numérotées -2 et -1). La tessiture usuelle de la trompette en C est représentée par des
lettres grasses.
Hauteur des notes selon l’octave (fréquences des sons en Hz)
octaves
notes -2 -1 1 2 3 4 5 6
C 32,70 65,41 130,81 261,63 523,25 1046,50 2093,00 4186,01
C# 34,65 69,30 138,59 277,18 554,37 1108,73 2217,46 4434,92
D 36,71 73,42 146,83 293,66 587,33 1174,66 2349,32 4698,64
D# 38,89 77,78 155,56 311,13 622,25 1244,51 2489,02 4978,03
E 41,20 82,41 164,81 329,63 659,26 1318,51 2637,02 5274,04
F 43,65 87,31 174,61 349,23 698,46 1396,91 2793,83 5587,65
F# 46,25 92,50 185,00 369,99 739,99 1479,98 2959,96 5919,91
G 49,00 98,00 196,00 392,00 783,99 1567,98 3135,96 6271,93
G# 51,91 103,83 207,65 415,30 830,61 1661,22 3322,44 6644,88
A 55,00 110,00 220,00 440,00 880,00 1760,00 3520,00 7040,00
A# 58,27 116,54 233,08 466,16 932,33 1864,66 3729,31 7458,62
B 61,74 123,47 246,94 493,88 987,77 1975,53 3951,07 7902,13
A titre d’exemples, la fréquence de 20,6 Hz (minimum de la perception auditive) est celle du E-3,
et la note la plus grave d'un piano normal est le A-3 (qui sonne à 27,5 Hz) (fréquences de notes non
représentées dans le tableau).
4. Les instruments à « vent », ou « vents »
La famille des instruments à vent comporte, classiquement, la voix humaine, les bois et les cuivres.
Cependant, la voix est souvent traitée séparément.
(a) une voix crée un son provoqué par la mise en vibration des cordes vocales (excitateur).
Ce son est amplifié par la CB (amplificateur), voire certains types de masques externes (antiquité).
L'excitateur est donc situé profondément dans la gorge ;
(b) un « bois » crée un son provoqué par la mise en vibration d'une « anche » (simple ou
double). Ce son est amplifié par le tube de l'instrument. L'anche est ainsi contrainte, car enserrée
par la bouche (lèvres) de l'instrumentiste. L'excitateur est donc situé moins profondément que celui
de la voix, donc au niveau de l'OB (inter-lèvres) ;
Cette famille d'instruments inclut donc (aussi) les instruments de la famille des saxhorns
(saxophone, etc) ;
(c) une flûte crée un son provoqué par « bifurcation », suivie d’une mise en vibration, de
l'air projeté sur une zone spéciale (biseau, orifice rond ou ovale) du matériau. Ce son est amplifié
par le tube de l'instrument.
Les flûtes ont donc pour excitateur (origine de vibration) une embouchure impliquant une
bifurcation (biseau). Cet excitateur est situé le plus à l'extérieur de tous les instruments à vent,
même si le « bec » de certaines flûtes est enserré dans l'OB ;
(d) un « cuivre » crée un son provoqué par la mise en vibration d'une « anche » constituée
par les lèvres au niveau de l'OB (anche lippale double). Ce son est amplifié par le tube de
l'instrument. Comme pour un bois, cette anche est contrainte, car formée par les muscles de la
bouche de l'instrumentiste (au niveau de l'OB : l’ « entre-lèvres »). L'excitateur est donc situé moins
profondément que celui de la flûte. Il est situé quasiment au même niveau que celui des bois. Les
lèvres remplacent cependant les anches dans le phénomène d'entrée en vibration ; de plus, elles se
compriment entre elles (tandis que les anches sont comprimées par les lèvres contre le bec de
l'instrument).