Fractionnement Végétal: Polysaccharides de Blé
Fractionnement Végétal: Polysaccharides de Blé
Rawan ZEITOUN
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Remerciements
Les travaux de recherche présentés dans ce mémoire ont été réalisés au sein du
Laboratoire de Chimie Agro-industrielle (UMR 1010 INRA / INP-ENSIACET). Je tiens
donc, tout d’abord à remercier l’ancienne directrice du laboratoire Madame le Professeur
Marie-Elisabeth BORREDON, ainsi que le directeur actuel Monsieur le Professeur Carlos
VACA-GARCIA de m’avoir accueillie au sein de leur laboratoire.
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Mes remerciements sont également adressés à tous mes collègues doctorants et à ceux
qui ont été tour à tour mes collègues de bureau, tout d’abord pour leur accueil, mais
surtout pour les nombreuses discussions que nous avons eu.
Je n’oublie pas non plus tous mes amis qui m’ont soutenue et qui ont fait preuve d’une
grande compréhension. Ils n’ont pas manqué de s’intéresser à l’évolution de mon travail
en demandant souvent des nouvelles. Je les remercie beaucoup.
Cela va de soi, je remercie évidemment ma mère et mon frère pour leur irremplaçable
et inconditionnel soutien. Ils ont été présents pour écarter les doutes, soigner les blessures
et partager les joies. Cette thèse est un peu la leur, aussi.
Je clos enfin ces remerciements en dédiant cette thèse de doctorat à la mémoire de mon
père.
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Quiconque prétend s’ériger en juge de la vérité et du savoir s’expose à périr sous les éclats de rire des Dieux
puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n’en connaissons que la représentation
que nous en faisons.
Albert Einstein
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Introduction générale
Les plantes sont les réservoirs d’une vaste quantité de molécules aux propriétés et activités
variées (molécules de structures, de réserve ou possédant une activité biologique). Longtemps
utilisée dans son intégralité ou après des transformations élémentaires sous forme de produits
alimentaires, de textile, de papier, de bois de construction ou de chauffage, cette matière
première est entrée depuis le début des années 1980 dans une nouvelle ère : l’agro-raffinerie
ou raffinerie du végétal.
L’agro-raffinage est un concept global, qui en s’appuyant sur les progrès récents de la
technologie, permet au moyen de procédés spécifiques la conversion de la biomasse en de
nombreux produits de haute valeur ajoutée. Il repose sur le modèle de la raffinerie pétrolière
qui utilise du pétrole brut, pour produire des carburants et des produits dérivés variés. De la
même façon, les composantes végétales peuvent être extraites puis purifiées et transformées
afin d’obtenir des produits aux usages divers dans les domaines énergétique (biocarburants),
chimique et parachimique (polymères, tensioactifs, solvants, agromatériaux,…) et
agroalimentaires.
Selon le type de la plante utilisée, différentes raffineries du végétal existent: agro-raffinerie de
la biomasse ligno-cellulosique (bois, paille de céréales, …), agro-raffinerie des plantes vertes
(trèfle, luzerne, graminées,…), et agro-raffinerie des huiles végétales (colza, tournesol,…).
Cependant, face aux nouvelles préoccupations environnementales et aux évolutions du prix des
énergies fossiles, les axes qui ont été les plus développés sont liés à la production de
biocarburants, bioéthanol ou biodiesel. Dans le cas du bioéthanol, les travaux se sont
principalement focalisés sur la purification de la fraction cellulosique et hémicellulosique afin
de produire des monomères fermentescibles.
Le laboratoire de Chimie Agro-industrielle travaille depuis près de 20 ans sur le concept de
l’agro-raffinerie de la biomasse ligno-cellulosique, mais dans une vision qu’est la valorisation
non énergétique des co-produits végétaux afin de produire un nombre maximum de fractions
moléculaires. Ainsi, les fractions ligneuse, cellulosique, hémicellulosique, protéique et même
la fraction amylacée sont considérées pour leurs propriétés fonctionnelles (épaississantes,
collantes,…) ou leurs propriétés à développer des matériaux (films, résines, panneaux,…).
Dans ce sens, de nombreux travaux y ont été réalisés sur le son et la paille de blé, en
particulier des fractionnements en extrudeur bi-vis. En effet, le blé est l’une des productions
agricoles les plus importantes à l’échelle mondiale. Sa culture est présente dans toutes les
régions de la planète, et actuellement, plus de 600 millions de tonnes de blé sont produites
chaque année dans le monde. Cette grande production induit la génération d’une énorme
quantité de ses co-produits qui restent à mieux valoriser.
Les intitulés de ces travaux sont les suivants :
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Introduction générale
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Introduction générale
La présentation de ce travail est structurée en cinq chapitres suivis d’une conclusion générale
et des perspectives qui en découlent.
Le premier chapitre constitue, tout d’abord, une synthèse bibliographique globale répartie sur
deux parties essentielles : une première partie présentant le blé et ses co-produits de la récolte,
le son et la paille, ainsi que les constituants pariétaux de ces co-produits ; et une deuxième
partie traitant des opérations de fractionnement décrites dans la littérature, et permettant
d’extraire et d’isoler les structures hémicellulosiques.
Le deuxième chapitre décrit ensuite, les protocoles de mise en œuvre du procédé de
production des hémicelluloses à partir du son et de la paille de blé, la conduite des essais et
les analyses réalisées.
Le troisième chapitre et le quatrième chapitre sont consacrés aux résultats obtenus lors de la
mise en œuvre du procédé à l’échelle laboratoire et à l’échelle pilote respectivement.
Enfin, le cinquième chapitre décrit les travaux menés lors de l’étape d’ultrafiltration en vue
d’étudier les mécanismes impliqués dans la séparation des structures hémicellulosiques, tels
que les phénomènes de polarisation de concentration à la surface membranaire et les
phénomènes de colmatage des membranes.
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Chapitre 1. Synthèse
bibliographique
Ce chapitre est composé de deux grandes parties : une première partie qui représente un bilan
bibliographique sur le blé, les co-produits (son et paille) ainsi que sur les composants des
cellules pariétales de ces co-produits ; et une deuxième partie qui traite les opérations de
fractionnement de ces matières végétales, décrites dans la littérature afin d’extraire et d’isoler
des molécules de type « hémicelluloses ».
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Partie 1.
Blé et co-produits
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
I. Le blé
I.1. Botanique
Le blé est une plante annuelle de la classe des monocotylédones, famille des Graminées,
genre Triticum. En fonction du degré de diploïdie, on différencie les blés diploïdes Triticum
monococcum (2n = 14), les blés durs tétraploïdes Triticum durum (2n = 28) et enfin les blés
tendres hexaploïdes Triticum aestivum (2n = 48).
Il appartient avec l’orge, l’avoine, le seigle et le riz, à la famille des céréales à paille,
caractérisée par la présence d’une tige où chacune est surmontée par des grains indéhiscents
riches en hydrates de carbone (Figure 1).
Le grain de blé est un germe ou embryon entouré d’une zone de réserves de nature protéo-
glucidiques, appelée endosperme ou albumen. Ce dernier est composé de cellules contenant
des granules d’amidon enchâssées dans une matrice protéique viscoélastique : le gluten.
L’ensemble est recouvert par une enveloppe de structure pluri-lamellaire composée d’une
grande diversité de tissus spécialisés.
Axe embryonnaire
Germe
Scutellum
Enveloppe
Endosperme amylacé
% en masse 3 13 84
Racines
Epiderme
Nœud
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
I.2. Culture
Le blé est une plante herbacée qui se développe dans des terres argileuses. Le choix des semis
à planter ainsi que la date à laquelle ils doivent être mis en terre revêtent une grande
importance. Les recherches scientifiques sur le génome du blé ont permis la mise au point de
variétés adaptées au besoin du marché, en fonction de leur utilisation future et leur résistances
à certains virus. La culture de divers types de blé a ainsi été favorisée:
- Le blé d’hiver qui est semé à l’automne, il caractérise les régions méditerranéennes.
En France, il est semé en Octobre-Novembre et récolté en été.
- Le blé de printemps qui est semé au printemps et caractérise les pays à hiver trop rude
comme le Canada et la Sibérie.
Pour un bon développement du blé, quelques exigences sont importantes:
- La température : Elle doit être comprise entre - 6°C et +20°C. L'idéal étant un temps
chaud avant la croissance et des conditions d'ensoleillement au cours des étapes
ultimes.
- L’humidité : Les précipitations peuvent varier entre 300 millimètres et 1000
millimètres par an, répartis de manière à fournir beaucoup d'eau à la plante durant sa
période de croissance et de fines pluies vers la fin de manière à faire gonfler les grains.
Le cycle du blé se déroule en 2 phases (Figure 2):
1. Phase végétative:
La semence de blé est sèche ; le grain commence par s’humidifier dans la terre. Au cours de la
« germination », le germe contenu dans les semis développe une première partie s'ancrant
dans le sol pour former les racines et une autre pointant vers la surface. La température
minimale de germination des grains se situe entre 3 et 4°C. Contrairement à d'autres plantes,
les racines des céréales ne pénètrent pas profondément dans le sol, elles sont disposées
horizontalement.
2. Période reproductrice:
Les premières pousses sont visibles après 10 jours de la semence, c'est la « levée ». La plante
commence réellement sa croissance durant les mois d'hiver pour donner de petites pousses en
fin de saison. A un même niveau de la tige et à la base de la plante se constitue une touffe
herbacée, cette étape est appelée « tallage ». Commence alors la période dite de
« montaison », phase pendant laquelle la plante pousse rapidement si le temps et l'humidité le
permettent et au cours de laquelle elle met de nouvelles feuilles. Fin mai l'épi se forme,
c'est « l'épiaison ». La « floraison » ne débutera que lorsque la température dépassera les
14°C. La période de « maturation » des grains qui requiert de la chaleur et du temps sec, se
fera en plusieurs étapes : la maturité laiteuse (le grain contient encore 50% d'humidité et le
stockage des protéines touche à sa fin), la maturité jaune (le grain à perdu en humidité et
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
l'amidon a été constitué), et la maturité complète (la teneur en humidité atteint 20%). La
période des « moissons » commence lorsque le grain est mûr et prêt à être récolté.
I.3. Production
Le blé est l’une des productions agricoles les plus importantes à l’échelle mondiale avec celle
du riz et du maïs. Actuellement, plus de 600 millions de tonnes de blé sont produites chaque
année dans le monde (Tableau 1), c'est-à-dire près de 100 kg par habitant pour l’ensemble de
la population mondiale. A la différence, du riz et du maïs dont l’essentiel de la production est
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
assurée dans une seule région du monde (la Chine pour le riz et les Etats-Unis pour le maïs),
la culture du blé est présente dans toutes les régions de la planète, comme le montre le tableau
1, ce qui en fait un symbole d’universalité.
Les principaux pays producteurs sont la Chine, l’Inde, les Etats-Unis et ceux de l’Union
Européenne.
A l’intérieur de l’Union Européenne, la France est le premier producteur de céréales en
général et de blé en particulier, assurant à elle seule la production de plus de 37,70 millions de
tonnes en 2009 (Source FAOSTAT).
Production Prévisions
2007/2008 2008/2009
(Millions de Tonnes) 2009/2010
Europe 124,2 156,1 142,2
- Dont U.E 119,7 151,3 137,4
Ex-URSS 94,1 117,8 102,7
- Dont Kazakhstan 16 13 14
- Dont Russie 49,4 63,7 55
- Dont Ukraine 13,9 25,9 19
Nord et Centre Amérique 79,4 100,4 86
- Dont Canada 20,1 28,6 26
- Dont Etats-Unis 55,8 68 56
Sud Amérique 23 17,2 20,3
- Dont Argentine 16,3 8,3 11
- Dont Brésil 3,8 6 5,3
Proche Orient 39,9 33,2 37,7
- Dont Iran 15 10 12,5
- Dont Turquie 15,5 17 18
Extrême Orient 216,3 220,4 217,2
- Dont Chine 109,3 112,5 108
- Dont Inde 75,8 78,6 77,6
Afrique 18,6 20,3 23,3
- Dont Egypte 7,4 7,9 8,2
- Dont Maroc 1,6 3,7 5,2
Océanie 13,4 21,7 22,8
- Dont Australie 13 21,4 22,5
TOTAL Monde 608,9 687,1 652,3
Tableau 1: Production mondiale de blé (blé tendre + blé dur) d’après le Conseil International des
Céréales, chiffres du 29/05/2009
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La production française de blé se répartit entre deux grandes catégories : le blé dur et le blé
tendre. Une troisième variété de blé est cultivée : le triticale, un hybride entre le blé et le
seigle, dont environ un million de tonnes sont récoltées chaque année.
Les deux principales variétés de blé se différencient par la cohésion des cellules de
l’endosperme amylacé du grain à maturité. Dans le cas du blé tendre, lors du broyage, les
cassures ont lieu à travers les cellules de l’endosperme permettant la libération de l’amidon
qui donne la farine, alors que dans le cas du blé dur, les fractures dans le grain se propagent
aux frontières des cellules, les laissant entières. Ce type de blé est destiné à produire les
semoules.
Le blé tendre est principalement récolté dans les grandes plaines du nord de la France. La
production française de blé dur est principalement située dans le sud (Figure 3).
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
2) L’endosperme :
L’endosperme amylacé ou albumen amylacé représente 81 à 88 % du poids total du grain
(Pomeranz, 1987). Il est composé de trois types de cellules parenchymateuses de tailles
variables. Celles-ci présentent des profils isodiamétriques, prismatiques et allongés allant
respectivement de la région centrale vers la périphérie. Le contenu des cellules de
l’endosperme est constitué de granules d’amidon sphériques et lenticulaires, enchâssés dans
une matrice protéique viscoélastique, le gluten.
3) Les tissus maternels :
Ces tissus sont constitués d’un ensemble d’enveloppes qui protègent la graine et qui, avec
l’assise protéique, donneront le son, après la mouture. Ces enveloppes, riches en minéraux et
fibres insolubles, représentent 13 à 16 % du poids total du grain (Pomeranz, 1987).
Le blé étant une céréale à grains « nus », ces enveloppes ne doivent pas être confondues avec
les glumelles, qui restent adhérentes au grain chez les céréales « vêtues » comme l'épeautre,
l'orge ou le riz dont le grain doit être décortiqué avant la mouture.
Les tissus maternels jouent un rôle important dans la technologie de transformation du grain.
Ils sont composés de l’intérieur vers l’extérieur, d’une couche nucellaire, du tégument
séminal, du péricarpe et d’une coupe externe.
21
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
22
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Le péricarpe externe :
Le péricarpe externe consiste en des cellules parenchymateuses aplaties, à parois épaisses
recouvertes par l’hypoderme et l’épiderme. Elles constituent un plan de clivage entre le
péricarpe interne et le complexe épiderme/hypoderme facilement rompu durant la mouture.
Le péricarpe externe représente la fraction « beeswing » du son.
- L’épiderme est un tissu mort formé d’une monocouche cellulaire de 20 µm d’épaisseur
sur 100 à 300 µm de longueur recouverte sur la surface externe d’une très fine couche
apparentée à une cuticule. Cette cuticule est relativement imperméable ce qui induit une
certaine résistance à la pénétration de l’eau et de solutés.
- L’hypoderme est constitué d’une ou deux couches cellulaires moins épaisses qui
présentent rarement un espace intercellulaire.
A maturité physiologique du grain, le péricarpe externe est un assemblage de cellules mortes à
parois épaisses fortement compressées. Ces parois sont composées d’un grand nombre de
composés : cellulose, arabinoxylanes fortement ramifiés, lignine, protéine, polyesters,
composés phénoliques ramifiés aux arabinoxylanes notamment des acides diféruliques, et
autres composés mineurs.
Le péricarpe interne :
Le péricarpe interne est formé par une couche de cellules tubulaires à parois lignifiées et
d’une couche de cellules croisées étroitement liées présentant des parois lignifiées alvéolées.
Ces cellules, à maturité du grain, sont des cellules mortes.
- Les cellules croisées ou encore cellules transversales sont les plus éloignées du centre
du grain, de forme cylindrique et arrangées sans espace intercellulaire, de taille variable
(environ 150 µm sur 20 µm). Elles sont beaucoup moins épaisses au niveau des flancs du
grain, en raison d’une pression accentuée liée au remplissage hétérogène de l’albumen
amylacé.
- Les cellules tubulaires sont localisées vers l’intérieur du grain. Leur structure rappelle
celle des cellules croisées. Néanmoins, leur présence est incomplète autour du grain, parfois
espacée par de larges intervalles au niveau de l’arête dorsale du grain. Ainsi, en fonction de la
partie du grain, ces cellules peuvent être normalement absentes. Comme les cellules croisées,
les cellules tubulaires possèdent une capacité photosynthétique lors de la phase de maturation,
qui disparaît à maturité. Les composés chimiques constitutifs du péricarpe interne sont aussi
nombreux et en quantités comparables à ceux du péricarpe externe.
2) Le manteau de la graine, est constitué de la testa et d’un film pigmentaire interpénétré.
Ces deux tissus sont combinés l’un à l’autre. La testa joue un rôle important dans la
circulation de l’eau entre l’extérieur et la graine et participe à la régulation de la germination.
La testa est un assemblage pluristratifié décrit comme un ciment très hydrophobe de
composition biochimique complexe. A l’intérieur de la testa, une ou deux couches de cellules
23
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
très compressées riches en lipides fusionnent avec le film pigmentaire lui-même constitué de
cellules déstructurées. Celles-ci sont riches en lipides, incrustations phénoliques et
pigmentaires. Cet assemblage conduit à un maillage très dense, lui-même recouvert sur ces
deux faces d’une couche apparentée à la cutine.
Tout comme le péricarpe externe, la testa a un rôle physiologique dans le contrôle de la
maturation et de la germination du grain, en agissant comme une barrière à la circulation
d’eau, de nutriments et de gaz.
24
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Entre la couche nucellaire et la couche cellulaire adjacente (aleurone) s’intercale une couche
« amorphe », de faible épaisseur, inégale dans sa forme et dans son épaisseur, « le lysat
cellulaire », qui correspond vraisemblablement aux vestiges du contenu cytoplasmique de la
couche nucellaire. Cette couche est hydrophobe et participe au contrôle du passage de l’eau et
de solutés provenant de l’extérieur du grain.
4) La couche aleurone, également appelée assise protéique, constitue d’un point de vue
histologique la couche externe de l’albumen, elle l’entoure complètement et en fait partie,
mais elle ne contient pas d’amidon. Ses rôles physiologiques sont nombreux, en particulier au
cours de la germination de la graine. Elle consiste en deux couches distinctes : l’une interne,
relativement fine et reste intact lors de la germination. La seconde, externe et plus épaisse, et
est, en revanche, dégradée lors de la germination.
Les cellules de cette couche sont disposées sous forme d’une couche unique. Elles sont
volumineuses (40 µm de diamètre environ) et de forme polygonale. Elles présentent une
proportion importante de parois (environ 35% du volume) et un contenu cytoplasmique dense
avec un large noyau.
Le cytoplasme est très vacuolisé, beaucoup de ces vacuoles contiennent des enzymes
hydrolytiques qui favorisent l’amorce de la germination du grain, ou au contraire des
antagonistes protéiques (inhibiteurs de ces mêmes enzymes). Les réserves intra-
cytoplasmiques de la couche aleurone sont des sources nutritionnelles ou des produits de base
destinés à diverses applications : phytates, lipides, minéraux, protéines, composés
phosphorés,…
Globalement, la paroi de la couche aleurone est très riche en arabinoxylanes (environ 60%) et
en glucanes (environ 25%), mais ne contient que peu de cellulose. La chaîne principale des
arabinoxylanes est moins substituée que dans le péricarpe, mais en revanche, renferme de
nombreux esters d’acides féruliques. Cette chaîne est plus proche de celle retrouvée dans les
parois de l’albumen amylacé.
25
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
partie des aliments, mais qu’il n’est pas dégradé par des enzymes propres à l’homme
(Selvendran et al., 1980 ; Ralet et al., 1990). Sa consommation aurait des effets bénéfiques sur
le transit intestinal en régulant sa durée, sur le foie et sur la modération du taux de cholestérol.
Il aurait aussi un rôle dans la prévention d’un certain nombre de maladies et de cancers en
agissant comme un inhibiteur d’agents mutagènes.
26
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
des nutriments. La tige est un cylindre creux, constitué de couches concentriques et divisée en
nœuds et entre-nœuds sur lesquels se développent les feuilles (Figure 1).
Dans le cas du blé, on compte 5 à 6 nœuds sur la plante à maturité. Les entre-nœuds, qui
représentent environ 50% de la masse de la paille, lui donnent sa résistance mécanique alors
que les nœuds et les feuilles qui contiennent plus de minéraux et moins de cellulose que les
entre-nœuds ont une moins bonne tenue mécanique (Montane et al., 1998).
Un brin de paille mesure entre 70 et 120 cm de longueur et 3 à 3,5 mm de diamètre, pour une
masse variant entre 1,3 et 2 g. Les variétés de blé cultivées actuellement sont des variétés à
pailles relativement courtes (70 à 90 cm).
Les cellules de l’épiderme et du parenchyme sont les plus petites et possèdent peu de
caractéristiques fibreuses, celles du sclérenchyme sont les plus grandes et les plus rigides car
les plus riches en cellulose (Montane et al., 1998).
27
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La particularité des cellules de la matière végétale est que leur paroi, qui sépare leur
cytoplasme du milieu extérieur, est constituée d’une structure pluri-lamellaire constituée
principalement de polyosides et de lignine, dans laquelle chaque couche a une structure
différente (Robson et Hague, 1993). Ces cellules végétales sont séparées les unes des autres
par la lamelle moyenne. Ainsi, le brin de paille peut être considéré comme un assemblage de
fibres pariétales dont la dimension de fibre ultime est estimée de 1,1 à 1,5 mm de long pour
23 μm de diamètre, collées entre elles par les constituants de la lamelle moyenne. La longueur
des cellules dans les entre-nœuds de paille est estimée à une valeur un peu supérieure à 1 mm
ce qui permet d’assimiler les fibres ultimes à une cellule individuelle du sclérenchyme
(Robson et Hague, 1993). Ces fibres ultimes ne sont elles-mêmes qu’un assemblage de micro-
fibrilles de cellulose associées entre elles par la lignine et les hémicelluloses (Figure 8). Ces
dernières s’organisent en fonction de leur affinité : les hémicelluloses, dont la structure est
proche de la cellulose, sont au voisinage des micro-fibrilles et s’orientent plus ou moins avec
elles, alors que les lignines, que leur nature hydrophobe rend incompatible avec la cellulose,
forment des globules isolés. Hémicelluloses et lignines sont reliées entre elles par des ponts
phénoliques. L’ensemble est réticulé par des glycoprotéines de structure.
Cet assemblage, dépourvu d’orientation dans la paroi primaire des cellules est, au contraire,
orienté au niveau des parois secondaires.
Dans la paroi primaire des cellules, les hémicelluloses constituent une phase amorphe dans
laquelle baigne un réseau de fibres de cellulose peu organisées. La structure d’ensemble est
relativement lâche, plastique et hydrophile, car elle est peu lignifiée. La paroi secondaire est
plus organisée que la paroi primaire : Elle est stratifiée et épaissie par des dépôts de cellulose
très cristalline, disposés en sous-couches orientées, qui forment une charpente fibrillaire très
compacte, rigide et inextensible, procurant une grande résistance mécanique, avec
imprégnation possible de lignine. La paroi secondaire est la couche la plus épaisse (Roland,
1980) et représente plus des trois quarts de la paroi cellulaire ; son comportement influence
donc fortement celui de la cellule toute entière et celui du tissu composé par les cellules.
28
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
29
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La valeur énergétique de la paille, à 90% de matière sèche, est égale à 39% de celle du fuel.
Des études ont été menées en vu de mettre en forme la paille en briquettes suffisamment
denses pour en faciliter le transport en vue d’une utilisation comme matière première ou pour
produire de l’énergie (O’Dogherty, 1989 ; Kronbergs, 2000). Mais les techniques de
densification envisagées se heurtent à des problèmes de coût et de résistance des matériaux.
De plus, il est à noter que la filière valorisation énergétique de la paille est pénalisée par la
forte teneur en matière minérale car sa combustion génère beaucoup de cendres.
En revanche, sur ce plan, il faut citer les études pilotes menées sur la conversion de la paille
en éthanol qui pourra être utilisé tel quel ou en formulation comme biocarburant. Mais que ce
soit pour le son ou pour la paille de blé, les réactions de conversion microbienne ou
enzymatique ont un rendement limité sur la matière végétale native, à cause de la lignine qui
limite l’accessibilité des polysaccharides, de la présence des acides phénoliques qui sont des
inhibiteurs d’activité microbienne et enzymatique, et du degré de cristallinité de la cellulose
(Carr et Doane, 1984 ; Gould, 1989, Montane et al., 1998).
La matière végétale doit donc subir une déstructuration préalable par explosion à la vapeur ou
un prétraitement par une base afin d’augmenter la surface spécifique et l’accessibilité des
sucres par les micro-organismes et d’éliminer les composés phénoliques. Un des
inconvénients majeurs de ces prétraitements est qu’ils peuvent générer, outre les molécules
fermentescibles, des quantités importantes de produits de dégradation qui sont aussi des
inhibiteurs de fermentation (Barl et al., 1991).
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
en tant qu’additif dans des peintures décoratives. Enfin, elles auraient aussi des propriétés
intéressantes sur le plan médical car elles présenteraient une activité hypocholestérolimique.
Cependant, plusieurs problèmes viennent systématiquement gêner les tentatives de
développement industriel : les bottes de paille habituellement récoltées sont de faible densité,
ce qui génère des coûts de transport élevés, la récolte de la paille est une activité saisonnière,
ce qui oblige à recourir au stockage, mais surtout, la paille est affectée par des phénomènes de
variabilité qui affectent leur qualité.
(1) dosées par la méthode de Van Soest (5) déterminées par chromatographie (8) par voie enzymatique
and Wine (ADF/NDF) gaz
(9) détermination par calcination à
(2) déterminées par HPLC (6) dosées par la méthode de Kjeldhal 550°C
(N*6,25)
(3) par différence après les autres n.d.: valeur non déterminée par l’auteur
mesures (7) dosées par la méthode de Kjeldhal
(N*5,7)
(4) dosée par la méthode de Klason
Les hémicelluloses sont, après l’amidon, le composé majoritaire du son brut. Les protéines
proviennent majoritairement de la couche aleurone, couche la plus interne de l’enveloppe qui
forme la frontière avec l’endosperme amylacé.
31
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les méthodes d’analyse utilisées sur le son désamidonné sont les mêmes que celles du Tableau 2
32
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Lignine 14,6 (2) 12,7 (6) 14,1 (7) 14,1 (6) 17,1 (7) 10 (2,2) (6)
Cellulose 41,8 (3) 43 (6) 37,8 ( 0,7) (3) 38,1 (6) 33,7 (9) 40,8 (3) (6)
Protéines 2,6 (4) 2,6 (4) 1,7 (4) n.d. n.d. 2,4(0,4) (4)
Cendres 7,2 (10) 3,2 (10) 7,9 (10) 6,4 (10) 8 (10) 5,9 (1) (10)
Xylose/Arabinose 5,5 (5) 7,6 (8) 10,1 (8) n.d. 6,6 (8) 7 (5)
(1) dosées après extraction alcaline (4) dosées par la méthode de Kjeldhal (8) déterminé par chromatographie gaz
(N*6,25)
(2) mesurée par différence après (9) résidu de l’enchaînement des autres
extraction au chlorite (5) déterminé par HPLC extractions
(3) délignification par CLO- + TAppi (6) dosées par la méthode de Van Soest (10) détermination par calcination à
T302os74 and Wine (ADF/NDF) 550°C
(7) dosée par la méthode de Klason n.d.: valeur non déterminée par l’auteur
Tableau 4: Compositions chimiques des pailles de blé relevées dans la littérature (en % de Matière Sèche)
33
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les arabinoxylanes de son de blé sont un mélange de deux populations : des hémicelluloses
peu ramifiées ou hémicelluloses A et des chaînes très ramifiées ou hémicelluloses B. La
distinction entre hémicelluloses A et hémicelluloses B provient de leur différence de
comportement au cours du fractionnement de la matière végétale en milieu alcalin. Les deux
types d’hémicelluloses sont solubilisées par une solution basique mais seules les
hémicelluloses A précipitent à l’acidification de l’extrait basique. Les hémicelluloses B ne
précipitent qu’après l’ajout de plusieurs volumes d’acétone ou d’alcool léger (méthanol ou
éthanol).
35
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les hémicelluloses A sont constitués d’une chaîne xylanique très peu substituée par des unités
arabinose, galactose et acide uronique. Elles sont localisées dans la couche aleurone et
apparaissent en très faible quantité dans les couches extrêmes du son.
Les hémicelluloses B représentent la fraction hémicellulosique majoritaire. Leur structure est
très fortement branchée, en majorité par des résidus arabinoses. La chaîne xylanique β-(1-4)
peut être non substituée, monosubstituée, ou disubstituée. Les substitutions se font par
l’intermédiaire des oxygènes O-2 et O-3 des unités xylosyl.
Les taux de branchement des arabinoxylanes de céréales sont souvent caractérisés par
l’estimation du ratio Arabinose/Xylose. Ce taux varie à l’intérieur même du son de blé. Il
augmente du centre vers la périphérie du grain de blé, le taux maximal étant retrouvé chez les
arabinoxylanes des péricarpes où en moyenne un xylose porte un arabinose. L’augmentation
de ce ratio est la conséquence de l’accroissement du nombre de xyloses disubstitués et de la
moindre proportion en xyloses non substitués (Spiridon et Popa, 2008).
Dans le cas du son du blé pris dans son ensemble, sa valeur est de 0,8-0,9 alors qu’elle atteint
1,13-1,25 pour les couches les plus externes formant le « beeswing », fraction du son la plus
externe par rapport à l’endosperme, et zone où se situent les arabinoxylanes les plus ramifiés.
Selon les auteurs, ce rapport (Xylose/Arabinose) varie suivant les méthodes d’extraction des
hétéroxylanes de son entre 1,2 et 2,4 (Raynal, 1996 ; Bataillon et al., 1998 ; Maréchal, 2001).
Il s’agit donc d’une structure très ramifiée, globalement différente de la structure quasi
linéaire des xylanes de paille de blé.
La masse moléculaire des arabinoxylanes est égale à 300 kDa environ (Ebringerova et
Hromadkova, 1999). Les arabinoxylanes ont tendance à former des liaisons intermoléculaires
et à s’agréger. La présence sur les chaînes de séquences de xyloses non substituées se traduit
par la formation de macrostructures stabilisées par des liaisons hydrogènes, par alignement de
ces séquences au niveau de plusieurs chaînes. Cette tendance à l’agrégation est d’autant plus
marquée que les chaînes son faiblement substituées.
De plus, les chaînes polymères peuvent être liées entre elles par la dimérisation d’acides
féruliques. La répartition de ces ponts diféruliques, ainsi que les interactions avec les β-
glucanes, seraient à l’origine des difficultés pour extraire les hémicelluloses directement à
l’eau à partir de la matière végétale et expliqueraient qu’une partie des arabinoxylanes à l’état
natif soit solubles dans l’eau et une autre non.
De ce fait, il est important de noter la présence de chaînes β-D-glucanes ou de xyloglucanes
associés au hétéroxylanes, ce qui est une caractéristique générale chez les graminées. Ces
chaînes sont concentrées au niveau de la couche aleurone où elles sont associées aux
hémicelluloses les moins ramifiées.
36
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les analyses structurales des hémicelluloses de paille ont mis en évidence l’existence d’un
arabinose terminal, en position latérale sur la chaîne xylanique, pour 13 xyloses et d’un xylose
terminal pour 18 xyloses sur la chaîne principale. Ces xyloses terminaux sont soit en position
substituante latérale (1 pour 26 xyloses sur la chaîne principale), soit des xyloses terminant
une chaîne principale. De même, la présence d’un acide uronique pour 26 xyloses est
rapportée (Sun et al., 1996), alors que celle de molécules de xylose disubstituées n’a jamais
été rapportée. Les hémicelluloses de paille présentent donc une structure peu ramifiée d’une
longueur moyenne de la chaîne xylanique de 200 unités de xylose, soit une masse molaire
moyenne de 30 000 Da (Fang et al., 1999 ; Sun et al., 2000).
Sur le plan structural, la chaîne principale xylanique présente de très fortes analogies avec la
structure de la cellulose (conformation -D-pyrannose du xylose, liaison en -(1-4)) qui
permet à des tronçons de chaînes non-substitués de s’arranger en hélice gauche (Figure 11),
mais avec trois xyloses par tour (au lieu de 2 glucoses pour la cellulose). L’enchaînement des
xyloses est stabilisé par la présence d’une liaison hydrogène entre deux monomères successifs
(liaison OH3-O’5). Cependant l’assemblage de ces rubans pour former des micro-fibrilles est
moins favorisé que pour la cellulose car d’une part l’absence du groupement CH2-OH en
position C5 du cycle pyrannose ne permet pas la formation de pont hydrogène
intermoléculaire dans les même proportions, et d’autre part la présence de groupements
substituants perturbe la formation de zones cristallines. Ceci explique pourquoi les
hémicelluloses, de poids moléculaire plus faible que la cellulose, sont facilement solubilisées
en milieu alcalin.
En effet, les chaînes de motifs de xylose liés en -(1-4) des hémicelluloses de la paille
forment une hélice gauche en ruban. A la différence de la cellulose, cette conformation est
relativement flexible car elle n’est raidie que par une seule liaison Hydrogène
intramoléculaire entre deux monomères successifs (O3H-O’5). Cependant, pour des raisons
d’analogie de structure, ces chaînes ont tendance à s’aligner pour former des agrégats
38
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
exemple de solvant). La distribution des substituants agit donc directement sur les propriétés
physiques et fonctionnelles des arabinoxylanes.
V.4. La lignine
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La lignification des tissus est un processus graduel, qui continue jusqu’à la maturité de la
plante. Pendant sa croissance, seules les parois des racines se lignifient, puis, à l’âge adulte, la
plante entre dans une période de lignification rapide. Cette lignification est plus importante à
la base de la plante.
La lignine est formée de façon aléatoire par la polycondensation et par la déshydrogénation
enzymatique, de trois alcools phénylpropènoïques en configuration trans, l’alcool
coumarylique, l’alcool sinapylique et l’alcool coniférylique (Figure 13). Les variations dans la
composition monomérique de la lignine caractérisent les différentes matières végétales. En
plus de ces variations, l’hétérogénéité des lignines résulte de la fréquence des liaisons
intermonomères et de l’existence de copolymérisations avec les autres composés pariétaux.
41
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
assemblés principalement par des liaisons -O-4 éther car ce type de liaison est la plus
favorable sur le plan de l’énergie conformationnelle. Des liaisons aryl-aryl, aryl-aryl éther, -
5-(aryl-alkyl) et --(alkyl-alkyl) existent aussi entre les carbones bien qu’elles soient moins
nombreuses. Ce type de lignine est associé avec des acides p-coumariques, féruliques ou 4-O-
méthylglucuroniques. Les liaisons acides phénoliques-lignine se font très majoritairement par
l’intermédiaire des chaînes aliphatiques de la lignine. Les acides féruliques sont attachés
principalement par des liaisons éther en position sur les motifs guaiacyl et les acides p-
coumariques sont surtout estérifiés en position (Sun et al., 1998a). Les liaisons ester entre la
lignine et l’acide p-coumarique peuvent aussi être en sur la chaîne latérale des motifs de la
lignine et l’acide férulique peut aussi être trouvé estérifié en position et (Sun et al.,
1998b). Un modèle de la lignine de paille de blé est représenté sur la (Figure 14).
La lignine de paille de blé est très soluble dans les solutions alcalines : 60 à 70% est soluble
dans une solution alcaline diluée à une température inférieure à 100°C. Cette particularité est
utilisée pour augmenter la digestibilité des pailles par les ruminants ou pour les délignifier
avant de les transformer en pâte à papier. L’hétérogénéité de la lignine de paille, qui se
manifesterait par des différences de composition de la lignine en fonction de sa localisation le
long d’un entre-nœud, peut expliquer cette solubilité (Scalbert et al., 1986).
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
V.5. La cellulose
En proportion majoritaire dans la paille de blé, la cellulose est le matériau constitutif principal
des parois cellulaires comme dans tous les végétaux supérieurs (Fincher et stone, 1986). Elle
est d’ailleurs la molécule la plus synthétisée sur Terre : chaque année, environ 50 milliards de
tonnes de cellulose sont produites. D’un point de vue structural, la cellulose est un
homopolymère linéaire de -D-glucopyranose en conformation chaise avec tous les
groupements latéraux en position équatoriale, qui est la conformation de plus basse énergie
pour une molécule de glucose. Il faut toutefois noter que certains sucres tels que le galactose,
l’arabinose et le xylose peuvent être présents dans la chaîne de glucose, en très faible quantité
(Barnoud, 1980 ; Lawther et al, 1995a). Ces monomères sont liés en -(1-4) avec un degré de
polymérisation variant entre 100 et 14 000 en fonction de l’organisme d’origine.
L’enchaînement des molécules de glucose de la cellulose forme une hélice à deux résidus par
tour, stabilisée par des liaisons hydrogène entre deux glucoses successifs (Figure 15). Les
chaînes polymères forment des rubans, qui grâce à l’absence de substituants latéraux peuvent
s’arranger parallèlement entre eux en une structure micro-cristalline (micelles cristallines).
Cette structure, stabilisée par des liaisons hydrogène inter- et intramoléculaires, qui peuvent
s’établir entre les groupes hydroxyles grâce à leur position équatoriale par rapport au plan du
cycle de glucose, est d’une grande rigidité.
Elles forment alors des micro-fibrilles de 3,5 nm de diamètre et de quelques dizaines de
nanomètre de longueur (en fonction du degré de polymérisation) qui s’assemblent à leur tour
pour former des fibres de 15 à 20 nm de diamètre et quelques microns de long. L’organisation
unidirectionnelle de ces fibres dans les parois des cellules constitutives du végétal forme des
fibres ultimes (Chanzy et al., 1990). Ainsi, la cellulose est insoluble dans les solvants aqueux
et assez résistante aux dégradations chimiques, son hydrolyse nécessite le recours à des
43
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
V.6. L’amidon
L’amidon est constitué de deux composés majeurs : l’amylose et l’amylopectine. L’amylose
se présente sous forme d’un enchaînement linéaire d’un α-D-glucopyranose liés par
l’intermédiaire de liaisons (1-4). L’amylopectine présente une structure très ramifiée
44
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
45
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les acides phénoliques sont liés aux ramifications arabinose des hémicelluloses par des
liaisons ester et à la lignine par des liaisons éther ou ester mais ils peuvent aussi rester sous
forme libre dans la plante (Iiyama et al., 1994).
Dans la paille de blé, l’acide p-coumarique n’a été trouvé estérifié et éthérifié qu’avec la
lignine, par la plupart des auteurs. (Montane et al., 1998) rapporte qu’il peut être estérifié sur
la lignine ou les polysaccharides, mais qu’il n’est jamais relié simultanément aux deux. Seul
l’acide férulique est lié à la fois aux hémicelluloses et à la lignine et peut former des ponts
entre les deux composés pariétaux. Il peut aussi n’être attaché qu’à la lignine, mais ceci en
plus faible quantité que l’acide p-coumarique (Lam et al., 1995). Les liaisons éther entre les
acides phénoliques et la lignine augmenteraient la solubilité de cette dernière en milieu
basique grâce à l’ionisation des groupements acides qui faciliteraient le passage de la lignine
en solution (Scalbert et al., 1985).
Les acides phénoliques peuvent former des dimères par liaison sur le groupement phényle ou
le maillon propane. Deux types de dimères d’acides féruliques ont été détectés : les
photodimères, formés par deux acides féruliques sans perte d’hydrogène, et les acides
diféruliques, formés avec le départ de deux atomes d’hydrogène. Ces déhydrodimères ne
peuvent se former que par couplage oxydatif.
Différents types de déhydrodimères sont représentés sur la (Figure 16), les dimères 5-5’ et 8-
8’ sont ceux que l’on rencontre le plus fréquemment, sauf si leur couplage est provoqué par
l’ajout d’un oxydant (Schooneveld-Bergmans, 1999 ; Dervilly et al., 2000). Leur double
fonctionnalisation ainsi que leur capacité à se coupler font qu’ils relient entre eux différents
composés pariétaux, contribuant au contrôle de l’extensibilité des parois cellulaires. Les
couplages contribuent également à la diminution de la digestibilité et de la dégradabilité des
parois.
47
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La paille de blé contient près de 1% d’acides phénoliques par rapport à la matière sèche, dont
0,48% d’acide férulique et 0,42% d’acide p-coumarique (Pan et al., 1998).
Dans le son de blé, l'acide férulique majoritaire (0,44 à 0,6%), et dans une moindre proportion
l'acide p-coumarique, sont les deux composés prédominants mais d'autres acides
hydroxycinnamiques tels que les acides synapique, syringique, caféique, vanillique et
parahydroxybenzoïque ont été mis en évidence dans le grain de blé où sont principalement
associées aux parois (Antoine et al., 2003).
48
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
silicium représente, à lui seul, plus de la moitié des différents minéraux présents (Sun et al.,
1996). On le trouve principalement sous la forme de dépôts hétérogènes de silice sur la
surface externe de l’épiderme. D’autres éléments peuvent être trouvés sous forme de dépôt,
dont le calcium. Les autres minéraux que l’on peut trouver en quantités significatives dans la
plante sont le potassium, le sodium, le magnésium le phosphore et le soufre. Les feuilles sont
les organes de la plante les plus riches en minéraux (Harper et Lynch, 1981).
49
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
19, 21, 23 et 25. Les alkylrésorcinols en C21 sont majoritaires dans le son de blé. Chaque
homologue peut se trouver également sous forme saturée, mono-insaturée ou di-insaturée. Ces
formes participent à la protection des acides gras et des phospholipides par leur pouvoir
antioxydant (Evers et al., 1999).
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
rompues totalement ni par un traitement alcalin, même en présence de peroxydes, ni par des
acides (Sun et al., 2000). Ceci explique que même par des traitements très durs, la totalité des
hémicelluloses n’est pas extraite.
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Des liaisons peuvent aussi s’établir entre les acides féruliques greffés latéralement sur les
arabinoxylanes, et les protéines. Un acide férulique possède, en effet, trois sites réactifs
pouvant interagir avec les protéines : deux sur le noyau aromatique, et la double liaison
aliphatique. Ces sites pourraient se lier au N-terminal d’un groupe amine ou à une molécule
de tyrosine (Izydorczyk et Biliaderis, 1995).
VII. Conclusion
Les co-produits de la récolte de blé, notamment le son et la paille, sont essentiellement
valorisés dans l’alimentation animale. Ils présentent une teneur en hémicelluloses
particulièrement élevées par rapport à d’autres matières végétales. Celles-ci jouent un rôle
fondamental au niveau de l’organisation de la paroi cellulaire et présentent de nombreuses
interactions avec l’ensemble des constituants pariétaux.
Les hémicelluloses de son présentent une structure fortement branchée, essentiellement par
des résidus arabinose, qui leur confère d’importantes propriétés de rétention d’eau. Les
hémicelluloses de la paille sont moins branchées et leur chaîne xylanique principale présente
de très fortes analogies avec la structure de la cellulose.
Ces polysaccharides ont le potentiel d’être intégrés dans une grande variété d’applications
telles que la production de bioéthanol, de biopolymères, de produits alimentaires industriels et
d’autres produits chimiques (bio-tensioactifs, épaississants, émulsifiants, adhésifs, produits
pharmaceutiques,…). Par conséquent, de nombreux travaux ont été entrepris afin d’étudier les
techniques de fractionnement et de purification possibles.
52
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Partie 2.
Fractionnement du son et de la paille de blé –
Purification des hémicelluloses
53
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Extrait Fractionnement
Transformation
Purification
Les opérations élémentaires mises en œuvre dans de tels procédés de fractionnement sont
multiples (Figure 18). En dehors des opérations de préparation de la matière végétale (triage,
nettoyage, pré-découpage,…), on retrouve souvent les opérations suivantes :
- Le broyage ou le défibrage, opération mécanique dont le rôle est le plus souvent de
permettre une meilleure accessibilité des constituants de la matrice végétale aux
réactifs et aux solvants.
- L’imprégnation de solvant et/ou réactif qui est encore une opération mécanique, à
travers le malaxage et le mélange pour obtenir une mise en contact intime des phases
en présence, et éviter les limitations diffusionnelles.
- La réaction qui relève bien sûr du domaine chimique et thermique pour permettre la
libération du constituant ciblé de ses liaisons avec les autres constituants. Elle pourra
aussi permettre la transformation chimique de l’extrait, et/ou du raffinat.
- L’extraction, qui est une opération physico-chimique, a pour objet la solubilisation des
solutés dans la phase liquide extractante. Il pourra s’agir d’une simple diffusion, d’une
diffusion sous contrainte, ou encore de l’expression d’un constituant sous pression.
- La séparation Liquide/Solide, qu’il s’agisse de filtration, de centrifugation, avec ou
sans action mécanique de pressage, alternée ou non avec des phases de lavage.
Ces étapes seront complétées par des opérations de séchage et de mise en forme du raffinat et
de concentration et purification de l’extrait.
54
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Matière végétale
Préparation
(Nettoyage, triage, prédécoupage,…)
Imprégnation
(Réactifs, solvants)
Réaction
Extraction
Séparation Solide/Liquide
(Pressage, filtration,…)
Séchage Concentration
Raffinat Purification
Extrait
55
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Son / Paille
Fractionnement
Les schémas généralement développés sont basés sur les procédés papetiers, et tiennent
compte du fait que la solubilisation de la cellulose est difficile ; il n’existe pas à proprement
parler de méthode d’extraction de la cellulose. Insoluble dans l’eau, même en présence d’une
base, elle n’est généralement obtenue qu’après l’extraction de tous les autres composés
pariétaux (Spigno et al., 2008). Elle est alors dans un état plus ou moins modifié ou dégradée
par l’enchaînement des traitements alcalins ou oxydants.
Les études se sont donc focalisées sur la solubilisation fractionnée des autres constituants
(lignine, amidon, hémicelluloses).
56
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La méthode de digestion enzymatique, quant à elle, consiste à hydrolyser par des enzymes
spécifiques tous les polymères constituant l’édifice pariétal, à l’exception de la lignine.
(Montane et al., 1998) propose une méthode pour isoler la lignine en traitant la paille par
explosion à la vapeur, d’abord en présence d’eau (ce qui a pour effet de solubiliser les
hémicelluloses), puis en présence d’hydroxyde de sodium ; ils récupèrent ainsi la lignine plus
ou moins dépolymérisée, en fonction du degré de sévérité du traitement.
Aucune de ces méthodes ne permet d’obtenir des échantillons de lignine de grande pureté ; en
effet, dans chaque cas, pour les mêmes raisons que celles qui empêchent d’obtenir des
hémicelluloses complètement exemptes de lignine, une quantité plus ou moins importante de
polysaccharides est isolée en même temps que la fraction polyphénolique.
57
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
lavages peut être réduit à 10 minutes, le son étant déjà gonflé par le premier lavage et les
échanges sont plus rapides.
3- La température de la réaction : De façon générale, une augmentation de la
température favorise l’extraction des composants hydrosolubles. Cependant, la température de
gélatinisation de l’amidon de blé se situe entre 52 et 63°C (Raynal, 1996). Ainsi, une
température supérieure à 50°C amorce ce phénomène de réticulation et gêne considérablement
d’une part la mise en suspension de l’amidon, et d’autre part la séparation Liquide/Solide
ultérieure. Une température de 40°C favorise la solubilisation sans toutefois provoquer ce
phénomène de gélatinisation.
L’étude de l’influence de ces paramètres a permis d’obtenir un rendement d’extraction de
l’amidon de près de 99%. La matière sèche extraite est composée de 50% d’amidon et 15% de
protéines hydrosolubles. Le son désamylacé obtenu est, quant à lui, constitué à 83% de fibres
(hémicellulose 60%, cellulose 15,5%, lignine 8%) et ne contient plus que 0,5% d’amidon. Sa
teneur résiduelle en protéines (15%) correspond à la fraction non-soluble en phase aqueuse
(gluténines et gliadines). Leur extraction nécessiterait la mise en œuvre d’un pH alcalin
(Raynal, 1996).
L’élimination de l’amidon peut aussi être effectuée par l’utilisation d’une amylase (Brillouet
et Mercier, 1981; Bergmans et al., 1996), mais ceci reste plus coûteux que l’extraction à l’eau.
58
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
KOH plutôt que NaOH pour l’extraction, car l’acétate de potassium est plus soluble dans
l’alcool que l’acétate de sodium, ce qui minimise le taux de minéraux co-précipités avec les
hémicelluloses. La précipitation des hémicelluloses peut aussi être obtenue par l’ajout à la
solution extractante de sulfate d’ammonium à 70-80% de la saturation (Greenshields, 1993 ;
Izydorczyk et MacGregor, 2000).
Extrait concentré
Ajout d’acide acétique concentré
jusqu’à pH = 5
Précipitation des hémicelluloses A
Gâteau de filtration
Poudre hémicellulosique
Figure 20 : Protocole d’obtention d’une poudre hémicellulosique à partir d’un extrait alcalin
60
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
requis et de la co-précipitation des minéraux. Plusieurs voies ont été proposées pour pallier cet
inconvénient. Elles mettent en œuvre des étapes de purification de l’extrait par dialyse,
ultrafiltration et traitement sur résines (Shiiba et al., 1993 ; Raynal, 1996 ; Bataillon et al.,
1998), suivies d’une concentration et d’une précipitation par ajout d’alcool ou d’une
atomisation ou d’une lyophilisation. Ces voies permettent d’améliorer la pureté des
hémicelluloses isolées, mais ne préservent pas toujours leurs propriétés fonctionnelles
(Raynal, 1996).
61
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
bases employées pour l’extraction de ces arabinoxylanes de son ont montré avoir peu d’effet
sur la masse molaire des hémicelluloses récupérées.
Complexe ligno-
cellulosique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
et la fabrication des émulsions. En effet, les ultrasons attaquent mécaniquement l’intégrité des
parois cellulaires, alors que les solvants alcalins attaquent chimiquement les liaisons éthers
reliant les hémicelluloses et les lignines. L’extraction assistée par des ultrasons a démontrée
qu’elle augmente l’accessibilité et l’extractibilité des hémicelluloses et des lignines du fait de
l’action mécanique efficace qu’elle exerce sur les parois cellulaires. Les hémicelluloses sont
isolées avec moins de lignines associées, les ultrasons combinés avec des solutions alcalines
interviennent sur le clivage les liaisons éthers entre ces deux composés. Les hémicelluloses
isolées possèdent des poids moléculaires élevés, sont plus linéaires et moins acides avec une
bonne stabilité thermique. Les rendements sont élevés, la dégradation est négligeable et les
structures chimiques ne sont pas altérées.
(Ebringerová et Hromadkova, 2002, 2003) ont étudié l’influence des ultrasons sur
l’extractibilité des structures xylaniques pour les prétraitements de la matière végétale. Les
ultrasons peuvent être appliqués en présence de l’eau ou de différentes concentrations en
NaOH (entre 1 et 5%) sur une plage de température élevée (30-70°C) à des durées
d’application relativement courtes (5-10 min). Ces températures et durées sont choisies d’une
manière à réduire au maximum la dégradation des structures xylaniques. Les rendements
obtenus sont élevés (> 56%) avec des rapports liquide/solide assez faibles (˂ 25).
(Sun et al., 2004) décrivent aussi des phases d’extraction et de solubilisation assistées par des
ultrasons. Quant à eux, ils effectuent les étapes de prétraitement sur un extracteur Soxhlet par
un mélange toluène-éthanol (2:1) pour une durée de réaction relativement long (6 heures).
Ensuite, vient se rajouter une étape d’extraction alcaline sous agitation continue assistée, elle
aussi, par des ultrasons. Cette extraction est effectuée à l’aide d’une solution KOH 0,5M et
l’isolement des structures xylaniques se déroule à des températures basses (35 C ) sur un
temps d’extraction court (2,5 heures). La durée d’application des ultrasons (5-35 min) influe
sur l’extraction du xylane. Plus cette durée est longue, plus l’extraction est favorisée.
64
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
65
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
66
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Expression, Séparation Extraction des protéines Production d’un isolat Sylvestre et al., 1999
protéique à partir de tourteau
de tournesol
Injection des réactifs Expression de la fraction Extraction d’huile Bouvier et Guyomard, 1997;
lipidique d’oléagineux Amalia Kartika et al., 2006
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
69
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Technique de Diamètre
Force motrice Exemples de constituants séparés
séparation moyen de pore
gradient de potentiel
Electrodialyse < 5 nm Molécules organiques
électrique
gradient de pression
Perméation de gaz Molécules de gaz Mélange de gaz
partielle des molécules
70
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
formation et l’accroissement de dépôts. Ainsi, le flux de perméat n’est plus limité par la
résistance du dépôt.
71
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
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Chapitre 1. Synthèse bibliographique
73
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
l’encrassement, il n’est pas possible de filtrer directement des suspensions contenant des
molécules trop grosses. Le faible rapport surface filtrante/volume occupé ne permet
l’utilisation de grande surface filtrante. Ces modules sont donc principalement réservés à des
applications de l’industrie pharmaceutique.
74
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
circuler à grande vitesse, ce qui permet d’augmenter le cisaillement, et donc améliorer les
performances et limiter les polarisations de concentration. Comme ce type d’installation
supporte également le rétrolavage, et la stérilisation dans le cas des membranes céramiques, il
est très utilisé dans l’industrie alimentaire.
Figure 24 : Schéma du principe d’un procédé membranaire : Le débit d’alimentation se répartit en un débit de
rétentat et un débit de perméat, caractérisés par une valeur de débit Q, une pression P et une concentration c.
75
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
La force agissante pour le procédé est la pression transmembranaire PTM qui permet de
produire le perméat avec un flux de perméation J exprimé en m/s dans le système
international ou plus usuellement en L/h.m2. Le flux de perméation est un paramètre
technique d’une installation de séparation membranaire, il désigne le volume ou la masse de
fluide traversant la membrane par unité de surface et de temps. Ce flux est évalué à partir de
l’équation de Darcy :
(Equation 1)
76
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
X.1.6.1.1. La convection
(Equation 2)
X.1.6.1.2. La diffusion
i
i (Equation 3)
77
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Lorsque la sélectivité est assurée par une membrane poreuse jouant le rôle de tamis, la taille
des pores de la membrane est inférieure à celle des particules retenues. La membrane est
balayée tangentiellement par le liquide contenant les constituants à séparer. Sous l’action
d’une différence de pression appliquée de part et d’autre de la membrane, le solvant s’écoule
au travers de celle-ci, formant le perméat ou filtrat, et les macromolécules sont entraînées par
la convection vers l’interface membrane-solution où elles sont retenues (rétentat ou
concentrat). Néanmoins, des particules plus petites que le diamètre des pores de la membrane
peuvent être capturées par celle-ci par d’autres mécanismes tels que l’adsorption
électrostatique, la diffusion brownienne et l’impaction inertielle.
Les petites particules sont facilement transportées par les mouvements du liquide. Comme les
particules sont petites, elles sont soumises aux mouvements browniens et suivent des
trajectoires qui les portent périodiquement en contact avec la surface des pores, et peuvent
donc être capturées par adsorption de surface.
Le liquide contenant des particules relativement larges ne peut pas s’écouler selon la ligne de
l’écoulement de fluide à travers les pores tortueux de la membrane. En conséquence, les
particules peuvent être capturées car elles heurtent la surface des pores de la membrane. Ce
78
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
mécanisme de rétention est plus fréquent pour les particules de diamètre proche de celui des
pores. Mais la rétention des petites particules peut aussi être favorisée par la grande tortuosité
des pores.
Lors de la filtration, le solvant et les molécules sont apportés à la surface de la membrane sous
l’effet de la pression. Le solvant passe à travers de la membrane, alors que les molécules
retenues s’accumulent à sa surface. La concentration au voisinage de la membrane devient
donc supérieure à celle de la solution d’alimentation et induit la formation d’une couche
appelée « couche de polarisation de concentration ». La polarisation de concentration est donc
l’accumulation de la matière sous forme dispersée à la membrane.
La concentration des molécules accumulées à la surface membranaire peut être déterminée à
partir d’un facteur appelé « facteur de polarisation de concentration ». Si l’on appelle Cm la
concentration du soluté arrêté de la membrane et C0 la concentration moyenne de ce même
soluté dans la solution, le facteur de polarisation de concentration γ est défini par la relation
suivante :
(Equation 4)
Dans le cas de l’ultrafiltration par exemple, en général, il y a deux flux (solvant et soluté) et
un gradient de transfert (pression transmembranaire). L’accumulation de matières retenues à
l’interface membrane/solution provoque un gradient de transfert supplémentaire qu’est le
gradient local de concentration dans une couche de diffusion (Figure 25). L’élimination du
solvant suppose donc le franchissement de deux étapes de transfert : la diffusion à l’interface
et la filtration à travers de la membrane, chacune étant sensible à des paramètres différents.
Figure 25 : Flux diffusif créé par la présence d’une couche polarisée à la surface d’une membrane sous
l’effet d’une pression transmembranaire pour un écoulement tangentielle
79
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
80
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
A l’état stationnaire, le bilan matière relatif à l’espèce retenue dans la portion de la couche
limite comprise entre la membrane et la cote x (Figure 26) permet d’écrire l’équation ci-
dessous, reliant le flux massique convectif, le flux massique diffusionnel et le flux massique
transféré à travers la membrane :
(Equation 5)
Membrane Membrane
Cm Gel
U U
Cg
C0 C0
JCp JCp
JC0 convection JC0 convection
δ δ
Couche limite Couche limite
La théorie du film suppose qu’il existe une couche limite de polarisation d’épaisseur δ située
près de la membrane.
L’intégration de l’équation précédente permet de déterminer, en régime permanent, le flux du
perméat :
(Equation 6)
Soit,
(Equation 7)
81
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
C0, Cp, Cm désignent les concentrations de soluté respectivement dans la solution, dans le
perméat et au niveau de la membrane.
D’où,
(Equation 8)
(Equation 9)
A partir de cette relation, appelée « modèle du gel » ou « modèle du film », les conclusions
suivantes peuvent être tirées, mais elles ne sont valables que lorsque le flux limite est atteint :
- Jlim est indépendant de la pression,
- Jlim est inversement proportionnel au logarithme de la teneur massique de soluté dans
la solution,
- Jlim tend vers zéro pour une concentration qui est supposée être la concentration de gel,
- Jlim étant directement proportionnel au coefficient de transfert de matière K, il peut être
modifié en augmentant la turbulence, donc la vitesse tangentielle du liquide.
82
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
X.1.6.3.2.1. Adsorption
L’adsorption est essentiellement un phénomène de surface, elle joue un rôle important dans le
mécanisme du colmatage des membranes d’ultrafiltration ou de microfiltration qui, par nature,
sont microporeuses. L’adsorption résulte de la présence d’affinité entre le matériau
membranaire et les composants de la suspension à filtrer. Ce phénomène diminue le nombre
de pores accessibles, sa réversibilité dépend des forces impliquées, en général, il rend
nécessaire l’utilisation d’un nettoyant chimique (Meireles et al., 2004).
(Equation 10)
83
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
X.1.6.5.1. Pression
De façon générale, pour les techniques membranaires fonctionnant sous gradient de pression,
le flux de perméat du solvant pur (eau pure) augmente de façon linéaire avec la pression
appliquée (Figure 28) lorsque la membrane ne se déforme pas. Dans le cas des solutions de
macromolécules, plus la pression est forte plus le colmatage est prononcé par polarisation de
concentration ou obstruction des pores. Ces phénomènes diminuent l’effet de la force motrice
du transfert. Le flux a alors tendance à devenir indépendant de la pression (Meireles et al.,
2004).
Flux de perméat
Membrane propre: filtration d’une
eau pure
Colmatage
Polarisation
Pression
Le flux de perméat peut être augmenté avec la vitesse d’écoulement tangentielle (Figure 29).
Cette dernière permet d’augmenter le transfert de masse, puisqu’il existe une corrélation entre
transfert de masse et convection du fluide. En fait la vitesse a une double influence : elle
modifie les caractéristiques hydrodynamiques d’écoulement (force de cisaillement) et les
propriétés de la solution à traiter. Lorsque la vitesse d’écoulement tangentielle est élevée, la
force de cisaillement du fluide près de la surface de la membrane entraîne les solutés
accumulés à la surface de la membrane et donc réduit l’épaisseur de la couche de polarisation
(Pritchard et al., 1995).
84
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Flux de perméation
X.1.6.6.1. Température
Le flux est directement lié à la viscosité, qui elle même dépend de la température.
L’augmentation de la température diminue en général la viscosité du fluide, ce qui augmente
la convection et réduit la polarisation de concentration à la surface de la membrane. En
revanche la température augmente la diffusivité de certaines molécules et modifie leurs
structures ainsi que les propriétés de la membrane. L’influence de la température est donc
difficile à prédire.
X.1.6.6.2. Concentration
Plus les particules sont petites, plus la résistance spécifique de la couche de polarisation est
grande mais lorsque la taille des particules croît, le transport en retour par diffusion se fait
plus difficilement.
85
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
86
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
87
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les hémicelluloses obtenues à l’issu de la diafiltration sont pures à 77% avec un rendement de
récupération de 87%, la chromatographie d’exclusion-diffusion augmentent leur pureté à 82%
avec un rendement de récupération de 99%.
- Purification des hémicelluloses par ultrafiltration et diafiltration (Jönsson et al.,
2008) :
Dans cette étude, les hémicelluloses ont été isolées avec un procédé à quatre étapes afin de les
utiliser en tant de films barrières à l’oxygène dans l’industrie du conditionnement des
aliments. Tout d’abord, la matière végétale est traitée à la vapeur afin de solubiliser les
polysaccharides après hydrolyse des liaisons glycosidiques et clivage des liaisons
hémicelluloses-lignines. Ensuite, les composants insolubles dans l’eau sont séparés par deux
unités de filtre presse à tamis grossier connectées en série. Le filtrat obtenu est concentré par
ultrafiltration. Les hémicelluloses contenues dans le rétentat de l’ultrafiltration sont ensuite
purifiées par diafiltration. La diafiltration permet d’augmenter la pureté des molécules
retenues en diluant le rétentat puis le filtrer afin d’obtenir une séparation sélective. Les
membranes utilisées possèdent un seuil de coupure de 10 kDa et sont fabriquées de fluoro-
polymère, elles retiennent 45% des arabinoxylanes avec un flux approximativement constant.
Afin de réduire les phénomènes de colmatage et d’encrassement induits par les
arabinoxylanes et les β-glucanes extraits, d’autres types de membranes peuvent être utilisés
tels que des membranes de fluoride de polyvinylidène à surface modifiée.
- Purification des hémicelluloses par microfiltration, diafiltration et
ultrafiltration (Person et Jönsson, 2010):
Dans cette étude, la microfiltration, utilisant des membranes en poly-tétrafluoroéthylène, est
utilisée comme une étape de prétraitement afin d’éliminer les particules solides. Les étapes de
concentration et de purification sont effectuées par ultrafiltration et diafiltration en utilisant
des membranes de 10 kDa de fluorure de polyvinylidène à surface modifiée.
La concentration des hémicelluloses retenues est estimée à partir des mesures de quantités des
oligo- et polysaccharides et des groupements acétyles. Le contenu en monosaccharides,
particules solides et cendres permet l’évaluation de l’efficacité de la purification. En effet,
pendant l’ultrafiltration, les minéraux sont partiellement retenus par la membrane avec les
hémicelluloses, cela était dû aux interactions ioniques avec ces derniers.
88
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
origine, dans les extraits hémicellulosiques, est probablement chimique car les enzymes sont
souvent détruites lors des étapes de fractionnement.
OH OH O
O
OH Polymères
+ H2O colorés
sombres
Seule l’étape de production des quinones est catalysée enzymatiquement, mais les ortho-
diphénols peuvent également être oxydés par l’air, à température ambiante pour conduire aux
ortho-quinones. Une fois que la quinone est formée, le reste de la réaction est identique (Paton
et Duong, 1992).
Lors de l’étude de la coloration des jus de pommes, il a été montré que les composés
polyphénoliques intervenant dans les réactions peuvent être libres ou liés aux pectines. Les
composés rattachés aux pectines sont l’acide coumarique et l’acide férulique (Haluk et al.,
1986). Les hémicelluloses sont également riches en composés phénoliques, en particulier les
89
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
90
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
91
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
Les squelettes des résines échangeuses d’ions peuvent être polystyrénique (polymérisation du
styrène) ou polyacrylique (polymérisation d’un acrylate, d’un méthacrylate ou d’un
acrylonitrite). Selon les groupes fonctionnels, il existe des échangeurs de cations sulfoniques
ou carboxyliques fortement acides, des échangeurs de cations faiblement acides, des
échangeurs d’anions fortement basiques et ayant des groupes ammonium quaternaire et des
échangeurs d’anions faiblement basiques et ayant des fonctions amine tertiaire.
Les résines échangeuses d’ions peuvent être caractérisées par leur capacité d’échange appelée
« capacité totale d’échange ». Cette capacité est exprimée en équivalents par unité de masse
(éq/kg de résine sèche) ou en équivalents par unité de volume (éq/L de résine humide), elle
représente le nombre de sites actifs disponibles. La partie de la capacité totale réellement
utilisée au cours de l’échange d’ions est appelée « capacité utile ». La capacité utile peut
représenter une partie plus ou moins grande de la capacité totale et elle est déterminée par un
grand nombre de paramètres : concentration et type d’ions à fixer, débit de percolation,
température, hauteur du lit de résine, type, concentration et dosage du régénérat.
Les résines utilisées pour la décoloration des extraits d’hémicelluloses peuvent être classées
en deux familles : les résines échangeuses d’ions et les résines adsorbantes. Ces résines fixent
essentiellement les composés phénoliques (Lam et Shaw, 1970 ; Ou et al., 2007 ; Richard et
al., 2010).
Des études préliminaires ont été réalisées au LCA, afin de comparer l’éfficacité des résines
échangeuses d’anions et des résines adsorbantes sur la décoloration des extraits
92
Chapitre 1. Synthèse bibliographique
d’hémicelluloses du son du maïs. Ces études ont montrées que les résines adsorbantes sont les
moins efficace, les composants colorants (composés phénoliques et composés de Maillard)
s’adsorbent partiellement par interactions hydrophiles-hydrophobes.
Les résines échangeuses d’anions à matrice polystyrénique, sous forme Cl-, permettaient
d’obtenir des poudres hémicellulosiques de couleur relativement claire, mais leur capacité de
traitement reste faible. En revanche, les résines échangeuses d’anions à matrice acrylique,
conduisaient aux meilleurs résultats de blancheur. De plus, leur capacité de traitement est
élevée et leur régénération par une solution de chlorure de sodium est facile.
Cependant, le mode de séchage des hémicelluloses reste déterminant sur la coloration des
produits finaux, la bonne efficacité de décoloration des extraits ne permettait pas de limiter la
reprise de couleur lors de l’étape de production finale (séchage à 50°C ou atomisation).
D’autres études (Kammerer et al., 2010 ; Kammerer et al, 2011) montrent que la fixation des
composés polyphénoliques par les résines échangeuse d’anions peut être influencée ou même
limitée par la présence des structures saccharidiques (hémicelluloses, pectine) et protéique
(acides aminés) dans les extraits végétaux.
Le couplage des techniques de séparation membranaire, notamment l’ultrafiltration, et des
techniques de purification par percolation sur résine échangeuse d’anions peut permettre
l’obtention de polysaccharides très purs (pureté > 70%). En effet, l’ultrafiltration concentre
les composés visqueux polysaccharidiques et protéiques dans le rétentat et élimine les
structures phénoliques (acide coumarique, acide férulique) dans le perméat. L’échangeur
d’anions améliore ensuite le degré de pureté des polysaccharides en fixant le reste des
structures phénoliques encore accessibles dans la solution (Ou et al., 2009).
XI. Conclusion
Les hémicelluloses, polysaccharides pariétaux, sont le plus souvent extraits avec des solutions
alcalines. Leur extraction et leur purification nécessite la mise en œuvre de multiples étapes et
opérations, par conséquent, de nombreuses études ont été effectuées. La plupart de ces études
traite des opérations unitaires, mais n’évoque jamais un procédé complet.
C’est ainsi que nous nous sommes attaché, dans la suite de ces travaux, à déterminer et définir
un procédé d’extraction et de purification complet et continu des hémicelluloses du son et de
la paille de blé.
Ce procédé, s’il permet de produire des hémicelluloses de grande pureté, va devoir permettre
leur intégration dans de nombreux domaine d’applications, notamment la production des
films.
93
94
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
95
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
96
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Séparation Liquide/Solide
Filtration
Neutralisation acide
Précipitation alcoolique
Filtration, Séchage
97
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
- Echelle pilote :
Après extraction aqueuse de l’amidon du son en réacteur pilote batch agité, un mélange
paille/son désamidoné est traité selon le schéma suivant (Figure 31).
Paille
Co-extrusion paille/son désamidoné
Raffinat
Séparation Liquide/Solide
Ultrafiltration
Figure 31 : Fractionnement du son et de la paille de blé à l’échelle pilote (Extraction des hémicelluloses
dans un extrudeur bi-vis)
III. Broyage
Le broyage est une opération mécanique dont le rôle est le plus souvent de permettre une
meilleure accessibilité des constituants de la matrice végétale aux réactifs et aux solvants. La
paille est broyée dans un broyeur à marteaux Vectra VS1 équipé d’une grille avec des trous de
6 mm de diamètre jusqu’à obtention des fragments de paille de moins de 6 mm de longueur.
Quant au son, il s’agit du son dit « fin ».
IV. Prétraitement
Les prétraitements consistent à préparer la matière végétale aux opérations ultérieures de
fractionnement et de purification. Seule l’étape de la désamylation ou désamidonation du son
du blé est étudiée. Les nombreuses autres étapes de prétraitement, telles que les délipidation,
dépectination et délignification décrites dans la littérature n’ont pas été réalisées.
98
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Figure 32 : Réacteur « Tournaire » utilisé pour la désamidonation du son du blé à l’échelle pilote
La cuve du réacteur dispose d’un filtre cylindrique mobile d’une longueur très légèrement
inférieure au diamètre du réacteur. Ce filtre présente sur toute sa longueur des fentes de
dimension égale à 100 μm. Le réacteur dispose d’autre part d’une double sortie ; l’une en
vidange globale, permet l’obtention du mélange, la seconde définie comme filtration directe et
correspond uniquement à la vidange de la phase passant au travers du filtre.
99
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Etant donné la capacité de rétention d’eau du son et son taux de gonflement assez élevés
(Raynal, 1996), la séparation Liquide/Solide après chaque lavage permettait de récupérer un
volume d’eau inférieur au volume introduit.
Après vidange globale et complète du « Tournaire », le son humide et désamidoné obtenu est
essoré par filtration centrifuge, dans une centrifugeuse à bol (Rousselet RC50 P×R), munie
100
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
d’une toile de mailles de 5 μm, pendant 10 minutes à 3000 tours/minute (Figure 34), il est
ensuite séché dans une étuve ventillée pendant 48 heures à 50°C.
101
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
- Rapport NaOH/son = 2,
- Rapport paille/son = 1,
- Rapport liquide/solide = 50,
- Température de réaction : 40°C,
- Durée de réaction : 90 minutes.
102
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
103
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
104
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
d’introduction du solide. Différents pas de vis sont disponibles. Leur combinaison permet de
mettre sous pression la matière (pas de vis décroissants), d’autant plus que la progression de
cette dernière sera gênée par la présence d’éléments restrictifs ou de permettre sa détente (pas
de vis croissants).
2) Mal 2 : Ce sont des éléments malaxeurs bilobes. Ce sont de petits éléments de 1 cm de
long utilisés par série de 10 sur chaque vis. L’arrangement des unités bilobes entre elles peut
donner un élément de vis de forme hélicoïdale de pas direct ou inverse ou un élément de pas
neutre si les unités sont arrangées en quinconce. C’est cette dernière configuration qui a été
utilisée pour obtenir un bon effet de mélange avec un effet de convoyage nul.
3) CF2C : Ce sont des vis à pas inverse. Ce type d’élément restrictif est le plus important
du profil. Il permet un mélange et un cisaillement intense de la matière. Il entraîne aussi la
mise en pression de la matière en amont, nécessaire à la filtration. Les filets de ce type
d’éléments sont échancrés en forme de demi-lune et disposées à 120° afin de permettre un
débit de fuite pour la matière comprimée. Cette configuration a un effet particulier sur les
fibres contenues dans la matière végétale. Dans ces contre-filets, la matière subit un
cisaillement intense sous compression qui provoque une forte destructuration des fibres.
T2F
Trapézoïdale + + +++
Double-filets
C2F
Conjugué + + +++
Double-filets
C2FC (CF)
Contre-filet
+++ +++++ ---
Conjugué
Double-filets
Mal 2 (BB)
++++ +++ Neutre
Bilobes
Mal 0 (DM)
Disque + ++++ +
Malaxeur
105
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Paille 17,7
Quantité totale de matière introduite (kg) Quantité totale de matière récupérée (kg)
Paille 64,4
106
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
La paille, préalablement broyée à une longueur moyenne de 6 mm, est introduite dans
l’extrudeur au niveau du module A à l’aide de la trémie. L’eau de lavage est injectée au
milieu de l’extrudeur au niveau du module E par l’intermédiaire de la pompe à piston.
L’extrudeur est découpé en 4 zones théoriques de fonctionnement (Figure 37) :
- Zone de convoyage :
La paille et le mélange son/NaOH sont introduits dans l’extrudeur et convoyés par les vis à
pas direct vers les zones suivantes. L’élément de vis à filet trapézoïdal de grand pas (66 mm)
placé en début de profil avant les éléments à filets conjugués favorise l’entrée de la paille
broyée dans le fourreau.
- Zone de mélange :
La succession des éléments Mal2 et CF2C assure le mélange de la paille, du son, de
l’hydroxyde de sodium et de l’eau. Les contre-filets assurent un cisaillement de la matière et
augmentent l’accessibilité de ses composants au NaOH. Cette zone est chauffée par les
induthermes à une température de 50°C. La diminution du pas de vis ainsi que la présence des
éléments restrictifs assure le remplissage des filets dans cette zone, et donc un bon transfert de
chaleur entre le fourreau, les vis et la matière.
- Zone de lavage :
L’eau de lavage est introduite en tête de zone et en aval du premier contre-filet au sein du
mélange paille/son/NaOH homogénéisé par les éléments de la zone de mélange. Elle doit
permettre le passage en solution des hémicelluloses solubilisées mais encore emprisonnées
dans la matrice végétale. Cette zone est chauffée mais dépourvue d’éléments de vis favorisant
107
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
un fort mélange. Le resserrement du pas de vis en fin de zone assure un début de mise sous
pression de la matière avant la zone de séparation.
- Zone de séparation Liquide/Solide :
La présence d’un élément restrictif (le 2 ème contre-filet) crée en amont de cet élément une
zone où la matière est fortement comprimée. Les modules interchangeables du fourreau sont
placés de telle façon qu’un bouchon dynamique se forme en aval de la grille de filtration. Le
mélange paille/son/NaOH/eau est alors pressé et essoré. La fraction liquide ou l’extrait alcalin
passe à travers le filtre et est recueillie pour être traité ultérieurement, alors que la matière
fibreuse ou le raffinat passe à travers le contre-filet où est convoyée jusqu’à la sortie libre de
l’extrudeur et est collectée, puis séchée dans des étuves ventilées à 50°C.
Paille
Raffinat
Module A B C D E F G
Chauffage Non Non Oui Oui Oui Non Oui
Type de
T2F C2F C2F C2F Mal2 C2F C2F CF2C C2F C2F C2F C2F C2F CF2C C2F C2F
vis
Pas (mm) 66 50 33 33 10/10 33 25 -25 33 33 33 25 25 -25 33 25
Entrée ou Eau Filtration
Mélange
sortie de Paille de Raffinat
son/NaOH Extrait alcalin
matière lavage
Figure 37 : Configuration du fourreau et profil de vis utilisé pour le fractionnement combiné de la paille et
du son de blé
108
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
VI.2.2. Centrifugation
La 2ème moitié de l’extrait alcalin (196 kg) obtenue par la co-extrusion paille/son est
centrifugée avec une centrifugeuse à assiette de type Clara 20 LAPX (Alfa Laval) (Figure 38).
La centrifugation est effectuée en continu à température ambiante avec un débit de 200 kg/h à
9600 rotation par minutes (rpm). Le résidu solide qui s’accumule est éliminé par chasse à
l’eau sous pression, toutes les 10 minutes. Le temps entre 2 chasses dépend de la teneur en
matière en suspension (matière sèche) de l’extrait et du volume du bol de récupération qui est
de 1 litre.
A partir des 196 kg traité, on récupère 179 kg d’extrait et 17,8 kg de culot.
109
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
VII.2. Ultrafiltration
La même installation et le même principe d’ultrafiltration tangentielle sont utilisés pour la
concentration des extraits essorés et centrifugés de la co-extrusion pilote, et pour la
concentration des extraits obtenus à partir de l’extraction agitée à l’échelle laboratoire.
110
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Le volume mort de l’appareil est assez élevé et conséquent sur les manipulations effectuées et
notamment à l’échelle laboratoire, il estimé à 0,5 litre.
VII.2.2. Membranes
La configuration des membranes utilisées pour l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques
a été définie lors des études antérieures (Maréchal, 2001). Des membranes fibres creuses en
polyéthersulfone (Figure 40) ont été utilisées, ces membranes possèdent un seuil de coupure
de 30 kDa, une lumière interne de 1,1 mm et une surface de 0,14 m2 pour les extraits échelle
laboratoire et de 1,15 m2 pour les extraits échelle pilote.
Les membranes neuves, avant d’être utilisées, sont lavées selon le protocole suivant :
- Rinçage à l’eau chaude pendant 30 minutes,
- Rinçage par une solution de NaOH 1 M pendant 10 minutes,
- Rinçage à l’eau ambiante pendant 30 minutes.
Ensuite, une mesure de la perméabilité hydraulique est effectuée avant chaque essai, en
moyenne, elle est de 93 kg/h.m2.bar pour une résistance hydraulique de 4,5.1012 m-1.
A la fin de chaque essai, les membranes sont nettoyées selon le protocole suivant :
- Rinçage à l’eau pendant 30 minutes,
- Rinçage par une solution de NaOH 1 M pendant 20 minutes,
- Rinçage abondant à l’eau pour retrouver un pH neutre.
111
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Recirculation
Rétentat
Extrait alcalin
UF membrane
Solution d’alimentation
Perméat
112
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Les extraits échelle pilote déjà concentrés par ultrafiltration sont percolés sur la colonne à un
débit de 10 BV/h. Les quantités injectées (extraits essorés 32,9 kg et extraits centrifugés 30,7
kg) sont divisées en 3 batch de 10 kg à chaque fois.
VIII.3. Régénération
La régénération des résines est réalisée en deux temps : Une étape de nettoyage avec du NaCl
10%, 5 BV et une étape de rinçage à l’eau, 5 BV. Le débit de passage de ces solutions est de 3
BV/h.
113
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Les extraits ainsi traités sont stockés à 4°C pendant 24 heures afin de favoriser la
précipitation.
Les hémicelluloses précipitées de l’échelle laboratoire sont ensuite broyées avec un broyeur
Ultraturax à 4000 tours/minutes et mélangées avec un volume d’éthanol. Le mélange est
ensuite filtré sous vide puis séché à 50°C, et les hémiceluloses broyées et stockées.
Les hémicelluloses précipitées de l’échelle pilote sont homogénéisées et filtrées sur une unité
Filtre-Presse (Larox PF 0.1H2). Le principe de cette filtration repose sur un système de
filtration sous pression et non pas sous vide. L’unité dispose des éléments suivants :
- Un réservoir d’une capacité de 100 litres, munie d’une pale d’agitation, contenant la
solution à filtrer.
114
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
- Une chambre de filtration incluant une grille d’une surface de 0,1 m2, sur laquelle est
déposée une toile filtrante calandrée de perméabilité 0,6 m3/m2/min, permettant la
récupération du gâteau.
- Une pompe à air comprimé, permettant l’injection de la solution dans la chambre de
filtration. Un circuit de recirculation de la solution initiale permet une parfaite
homogénéisation de celle-ci.
- Une pompe hydraulique permettant l’injection d’eau dans une membrane en
caoutchouc, placée sur la partie supérieure de la chambre de filtration. Un remplissage
maîtrisé de celle-ci permet le contrôle de la pression exercée sur le gâteau, au cours de la
filtration.
- Un deuxième réservoir sous pression, permet l’injection de solutions de lavage, après
filtration.
La filtration sur Larox des hémicelluloses précipitées comporte les étapes suivantes :
1- Le remplissage de la chambre de filtration,
2- La compression du gâteau ou phase de compactage,
3- Le lavage du gâteau à l’éthanol,
4- Le soufflage à l’air,
5- Le débâtissage ou la récupération du gâteau d’hémicelluloses formé (Figure 44).
Les hémicelluloses récupérées ont été ensuite séchées à 50°C, broyées et stockées.
Figure 44 : Gâteau d’hémicelluloses formé après filtration des hémicelluloses précipitées sur l’unité filtre-
presse Larox
115
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
IX.2. Atomisation
L’atomisation est directement réalisée sur les extraits concentrés, purifiés et décolorés de
l’échelle pilote avec un atomiseur de type Mini Spray Dryer B-290 (Büchi).
Les caractéristiques techniques de l’atomiseur sont les suivantes :
- Tension de raccordement : 200 et 230 V / 50 – 60 Hz,
- Puissance consommé : 2900 W,
- Consommation du courant : 14 A,
- Température max. entrée d’air : 220°C,
- Capacité maximale de séchage : 1.0 kg H2O/h,
- Air comprimé requis : 5 – 8 bars
- Consommation d’air comprimé max. : 1000 l/h,
- Dimensions (L/P/h) : 70×65×110 cm,
- Poids : 48 kg.
Les conditions de l’opération sont les suivantes :
- Température à l’entrée : 135°C
- Température à la sortie : 85°C
- Aspiration : 100
- Débit : 15% (225 ml/h)
- Cleaner : 9
IX.3. Lyophilisation
La lyophilisation est directement réalisée sur les extraits concentrés, purifiés et décolorés de
l’échelle pilote avec un lyophilisateur de type pilote 27 Cryo Rivoire V7.1. Ce lyophilisateur
possède un piège à -80°C par un système frigorifique à 2 étages. Ce piège très froid permet
d’atteindre des pressions très basses lors de la dessiccation secondaire et de faciliter
l’extraction de l’humidité résiduelle. Le refroidissement et le chauffage des étages se fait par
circulation d’huile de silicone à des températures entre -55 C et +70 C, permettant l’apport
des calories nécessaires à la lyophilisation. Il possède une chambre de sublimation
rectangulaire équipée d’une porte en méthacrylate transparent, permettant de visualiser la
charge. Sa surface de lyophilisation est de 1 m2, le piège de glace peut contenir jusqu’à 7,5 kg
de glace.
116
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Méthode :
- Dans un creuset en porcelaine préalablement séché et taré (tare t), peser une masse m
de l’échantillon,
- Mettre dans l’étuve à 105°C jusqu’à une masse constante,
- Refroidir dans un dessiccateur,
- Peser l’ensemble de masse M0,
- Déterminer le pourcentage en matière sèche : MS = 100 × (M0 – t) /m.
117
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Teneur en cellulose = C
Teneur en lignine = A-C
Teneur en hémicelluloses = N-A
Méthode :
1) Avec le réactif ADF :
- Effectuer les réactions d’attaque de la matière végétale dans des frittés de porosité 2
(spéciaux pour s’adapter sur un système Fibertec M2 équipé d’un dispositif de
chauffage et de reflux,
- Introduire entre 0,8 et 1g de matière végétale finement broyé dans un fritté,
- Ajouter 100 ml de réactif ADF,
- Ajouter 1 à 2 gouttes d’octanol (anti-mousse),
- Porter l’ensemble à ébullition pendant 1 heure,
- Filtrer la solution,
- Rincer abondamment la matière à l’eau bouillante jusqu’à à ce qu’il n’apparaisse plus
de mousse,
- Sécher à 105°C et peser,
- Effectuer une deuxième attaque par la solution mixte à froid pendant 90 min
(solubilise les lignines),
- Filtrer et rincer avec une solution déminéralisante (30 min maximum jusqu’à ce que
les fibres restantes soient bien blanches),
- Laver le résidu à l’éthanol 80% puis à l’acétone,
- Sécher à 105°C et peser,
- Transvaser dans un creuset en porcelaine et incinérer au four à calcination à 550°C
pendant 3 heures,
- Peser.
2) Avec le réactif NDF :
- Introduire entre 0,8 et1g de matière végétale finement broyé dans un fritté,
- Ajouter 100 ml de réactif NDF,
- Porter l’ensemble à ébullition pendant 1 heure,
- Filtrer la solution,
- Rincer abondamment la matière à l’eau bouillante jusqu’à à ce qu’il n’apparaisse plus
de mousse,
- Sécher et peser,
- Transvaser dans un creuset en porcelaine et incinérer au four à calcination à 550°C
pendant 3 heures,
- Peser.
Préparation des réactifs :
118
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
1) Réactif ADF :
20 g de Cétyl triméthyl ammonium bromure (CTAB) ; 1 litre d’acide sulfurique 1N.
2) Réactif NDF :
30 g de Lauryl sulfate de sodium ; 18,61 g d’EDTA ; 4,56 g de Phosphate disodique ; 6,81 g
de Borate de sodium décahydrate ; 10 ml d’Ethyl-cellulose ; 1 litre d’Eau déminéralisée.
3) Solution mixte :
2 volumes de solution de KMnO4 saturée (50 g/l) ; 1 volume de solution tampon.
4) Solution tampon :
6g de Fe (NO3)3 9H2O ; 0,15 g de AgNO3 ; 100 ml d’Eau déminéralisée ; 500 ml d’Acide
acétique glaciale ; 5 g d’Acétate de potassium ; 400 ml de ter-butanol.
5) Solution déminéralisante :
50 g d’Acide oxalique dihydrate ; 700 ml d’Ethanol à 95% ; 50 ml d’HCl 12N ; 250 ml d’Eau
déminéralisée.
119
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
Sels K2SO4
Protéines + H2SO4 (NH4)2SO4
Catalyseur
Après distillation, l’ammoniac formé est alors dosé selon un protocole colorimétrique par
titration (dosage acido-basique) :
Méthode :
- Verser dans le tube d’analyse 0,5 à 1,5 g d’échantillon,
- Ajouter 12,5 ml d’acide sulfurique concentré 95% et deux pastilles de catalyseur (Cu),
- Laisser l’ensemble à température ambiante pendant une nuit puis porter à 400 C
pendant environ 2 heures,
- Laisser refroidir,
- Ajouter dans le tube, 80 ml d’eau déminéralisée et 50 ml de soude à 40%,
- Entraîner l’ammoniac qui s’est formé par de la vapeur sur un appareil FOSS KjeltecTM
2200 (automatiquement). (Distillation du contenu à la vapeur).
La totalité du distillat formé, est constitué d’ammoniac,
- Plonger le distillat dans 30 ml d’une solution d’indicateur coloré d’acide borique (4%).
La solution rouge intense, vire au vert en présence d’un composé alcalin tel que
l’ammoniac,
- Titrer l’ammoniac formé par de l’acide chlorhydrique 0,1N (virage d’un mélange
d’indicateurs colorés : la solution verte vire au gris-rose),
La quantité d’acide chlorhydrique est directement proportionnelle à la quantité d’azote
présente dans l’échantillon initial,
- Calculer le taux d’azote total :
0
è é
120
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
121
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
- Appareillage : Système Dionex DX300, colonne Carbopac PA1 (300 × 7,8 mm)
protégée par une pré-colonne Carbopac Guard,
- Gradient d’élution: NaOH 100 mM/eau/KOH 1M,
- Débit de l’éluant : 1ml/min,
- Détection : Détecteur Dionex à ampérométrie pulsée, avec un ajout post-colonne d’une
solution de soude à 500 mM à un débit de 1ml/min.
XI.1. Mesures UV
Les mesures UV sur les échantillons pris tous le long du procédé sont mesurés sur un
spectrophotomètre (Shimadzu 1800).
122
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
XI.3.1. Protocole de solubilisation des hémicelluloses du son de blé – Préparation des solutions
modèles d’hémicelluloses
Des suspensions d’hémicelluloses du son de blé ont été préparées à des concentrations de 20,
40, 50, 60, 70, 80 et 90 g/l afin de pouvoir étudier leur propriété rhéologique. Ces suspensions
ont aussi servi pour l’ultrafiltration des solutions modèles (Chapitre 5). Le protocole de
préparation de ces suspensions est le suivant :
- Les hémicelluloses sont hydratées 36 heures à l’avance dans un erlenmeyer avec une
faible quantité d’eau déminéralisée. Leur hydratation dans l’eau peut être améliorée par le
passage, pendant quelques minutes, dans un bain à ultrasons. Le mélange est conservé en
chambre froide à 4°C.
- Les poudres hémicellulosiques ainsi hydratées sont ensuite placées, sous agitation
magnétique modérée, pendant 30 minutes, à la température ambiante.
- Puis la température est augmentée jusqu’à 40 C. L’agitation est poursuivie pendant
une heure en rajoutant suffisamment d’eau pour former un gel mais pas trop pour éviter que la
poudre hémicellulosique soit trop dispersée et que le gel ne se développe pas.
- Le chauffage est poursuivi à 60 C pendant une heure en rajoutant un peu d’eau si
nécessaire, puis à 80°C pendant encore une heure toujours sous agitation. Il est nécessaire de
bien surveiller cette dernière phase et de s’assurer que l’agitation est bien homogène car, si la
solution est très visqueuse, elle risque de s’accrocher au fond de l’erlenmeyer et ainsi de
fausser la concentration.
- Le chauffage est ensuite arrêté et la solution est laissée à refroidir jusqu’à la
température ambiante, toujours sous agitation, avant de compléter au volume désiré avec de
l’eau déminéralisée.
Si la dissolution n’est pas complète et des gros grains d’hémicelluloses subsistent, il faut alors
filtrer la suspension avec une passoire domestique, afin de ne pas perturber les mesures de
viscosité réalisées avec une géométrie cône-plane.
123
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé
présent en excès, il est enlevé. Le système est ensuite laissé au repos au moins 1 minute avant
le début de la mesure. Pour celle-ci, la contrainte imposée par le rhéomètre passe de 0 à la
contrainte maximale en 2 minutes, puis diminue de la contrainte maximale à 0 N/m2 à la
même vitesse, le système mesurant le gradient de vitesse entre le cône et le plan. La contrainte
maximale est généralement choisie égale à 10 N/m2.
124
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
L’objectif primordial de nos travaux est la valorisation des co-produits de la récolte de blé : le
son et la paille. La valorisation que nous proposons passe par l’élaboration des hypothèses
concernant l’organisation des séquences d’opération d’extraction et de purification des
hémicelluloses présentes en grandes quantités. La sélection des techniques et des technologies
associées va nous permettre par la suite de définir un procédé continu. Ce chapitre comprend les
résultats obtenus après la mise en œuvre de l’expérimentation à l’échelle laboratoire.
125
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
126
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
I. Introduction
Rappelons qu’à l’échelle laboratoire, le son et la paille de blé ont été traités séparément ou en
mélange, selon le schéma ci-dessous (Figure 46), dans le but de comparer les rendements de
production de poudres hémicellulosiques, l’efficacité de la purification et le comportement de
chaque matière face aux différentes étapes du procédé.
Séparation Liquide/Solide
Filtration sous vide Raffinat
Extrait alcalin
Précipitation éthanolique Précipitation éthanolique Précipitation éthanolique Précipitation éthanolique Précipitation éthanolique
Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique
E-UF E-UF-CHR E E-CHR-UF E-CHR
127
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
cas du blé (Sosulski et Imafidon, 1990). A noter que la totalité de l’azote est affecté dans ce
cas à la structure des composants protéiques, l’ensemble d’autres molécules telles que les
acides nucléiques étant négligeable.
Les quantités des hémicelluloses, de la lignine et de la cellulose sont déterminées à partir de la
méthode d’analyse gravimétrique élaborée par Van Soest (Van Soest, 1968). Cette méthode
consiste en une première phase, à déterminer la quantité des fibres insolubles de la paroi
cellulaire, et cela par solubilisation puis élimination des protéines et autres matières
hydrosolubles dans un détergeant neutre, le « lauryl-sulfate de sodium ». Le résidu obtenu
constitue le « NDF » pour « Neutral Detergent Fiber » et représente la somme des composants
hémicelluloses, lignine et cellulose ainsi que les cendres minérales.
Une seconde phase consiste à solubiliser les hémicelluloses et autres composés solubles par
action d’un tensioactif, le « bromure de cétyl-triméthyl-ammonium », en solution dans un
acide fort, l’acide sulfurique 1N. Le résidu obtenu appelé « ADF » pour « Acid Detergent
Fiber », représente les constituants résistants au traitement soit, la cellulose et la lignine. La
différence ADF – NDF est assimilée à la quantité d’hémicelluloses.
Et enfin, une troisième phase consiste en un traitement ultérieur du résidu ADF par du
permanganate de potassium qui entraîne l’oxydation et l’élimination de la lignine, ce qui
permet simultanément le dosage indirecte de celle-ci et l’estimation de la teneur en cellulose.
Cette méthode, très utilisée pour le dosage des matières ligno-cellulosiques des plantes
annuelles, a été comparée dans le cas des pailles de blé avec d’autres méthodes d’hydrolyses
et d’extractions séquencées (Magro, 1998). Elle conduit à des résultats satisfaisants pour la
teneur en hémicelluloses.
Les résultats obtenus (Tableau 11 et 12) permettent de mettre en évidence la composition
variée du son et de la paille de blé, ainsi que leur fort potentiel en hémicelluloses.
Son de blé
% MS = 93,1
% MM = 2,2 % MO = 97,7
Paille de blé
% MS = 89,3
% MM = 8,6 % MO = 91,3
128
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Notons que ces analyses sont faites sur la paille brute et sur le son désamidoné. En effet, la
désamidonation du son selon le protocole décrit par (Raynal, 1996) a permis d’éliminer
l’amidon avec un rendement d’extraction de 48% de la matière sèche initiale du son brut. Le
son désamidoné obtenu est constitué de 76,3% de fibres et de 17,5% de protéines non-soluble
en phase aqueuse (gluténines et gliadines). Les protéines solubles à l’eau étant éliminées
pendant le lavage.
La paille est, quant à elle, constituée de 3,7% de protéines totales et de 76,3% de fibres, avec
un potentiel en hémicelluloses inférieur à celui caractérisant le son.
129
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
La viscosité élevée des extraits alcalins impose un rapport liquide/solide assez élevé, entre 50
et 75, afin de permettre une bonne agitation du mélange et ultérieurement une bonne
séparation des phases.
Compte tenu de tous ces résultats, les conditions opératoires des extractions des
hémicelluloses du son et des hémicelluloses de la paille en réacteur agité ont été définies. Il a
été décidé d’opérer avec un rapport liquide/solide de 50, une température de réaction de 40 C
et une durée de réaction de 90 minutes, ces paramètres étaient constants pour tous les essais.
La concentration de l’hydroxyde de sodium était le seul paramètre variable afin de pouvoir
comparer par la suite son influence sur les rendements d’extraction des hémicelluloses du son
et des hémicelluloses de la paille et ainsi que son impact sur le reste des opérations du procédé
global de fractionnement. Les rapports NaOH/son et NaOH/paille étudiés étaient les suivants :
0,5 ; 1 ; 2 et 4.
Quant à l’extraction des hémicelluloses du mélange paille/son, les paramètres opératoires ont
été conservés, sauf la concentration en NaOH. En effet, une seule concentration a été testée
selon les rapports suivants : NaOH/matière sèche de 1 et NaOH/son de 2.
La raison de ce choix est basée sur les travaux antérieurs effectués par (Maréchal, 2001). En
effet, les hémicelluloses, issues de l’extraction combinée du mélange paille/son, semblent
provenir principalement du son, par conséquence les rendements des extractions en seront
dépendants. Cette hypothèse avait été émise lors de l’étude des rapports Xylose/Arabinose :
Les hémicelluloses extraites à partir du mélange paille/son, comme celles du son, se
caractérisaient par rapport Xylose/Arabinose de 2 environ. Ce rapport est égal à environ 7
pour les hémicelluloses de la paille.
Le but de cette extraction du mélange sera donc, principalement l’étude de l’impact des
structures et des propriétés des hémicelluloses extraites sur la suite des étapes du procédé.
130
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
telles que les protéines et les lignines, qui sont aussi solubles en milieu alcalin. En effet,
l’extraction des hémicelluloses du son et de la paille de blé par l’hydroxyde de sodium permet
de détruire les parois cellulaires de la matière végétale et de rompre les liaisons existantes
entre les constituants pariétaux (cellulose, lignines, protéines...) et les hémicelluloses. La
rupture de ces liaisons permettra par la suite de solubiliser et libérer ces dernières ainsi que
toutes autres molécules solubles.
70
Rdts (MO solubilisées) (%)
60
50
40
30
20
10
0
0 1 2 3 4 5
Figure 47 : Rendements en matière organique (MO) solubilisée à partir du son et de la paille de blé après
l’étape d’extraction alcaline
90
% MO dans les raffinats
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 1 2 3 4 5
Figure 48 : Pourcentage de matière organique récupérée dans les raffinats après extraction alcaline
131
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
La nette différence entre le son désamidoné et la paille est expliquée par la nature différente
de leurs hémicelluloses respectives. En effet, les hémicelluloses du son sont formées de
chaînes très branchées qui les rendent plus visqueuses et plus gélifiantes et donc plus difficile
à dissocier de la matrice végétale sans apport d’action mécanique.
Tableau 13 : Compositions des extraits alcalins à l’issu de l’extraction des hémicelluloses du son et de la
paille de blé
En revanche, la quantité en matière organique ne varie pas de la même façon, elle est en fait
dépendante de la quantité de molécules extraites et isolées dans les extraits après séparation
Liquide/Solide. Dans le cas de la paille de blé, l’extraction de matière organique augmente
avec l’augmentation de la concentration en NaOH. Au contraire, dans le cas du son de blé et à
forte concentration en hydroxyde de sodium (NaOH/son = 4), la quantité de matière
organique extraite est faible. Cela est expliqué, comme mentionné précédemment, par le fait
qu’une grande partie de cette matière extraite reste emprisonnée dans la matrice végétale lors
de la séparation Liquide/Solide et donc ne sera pas isolée avec l’extrait.
132
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
9
Concentration (Kg/m3 )
8
7
6
5
4
3
2
1
0
0,5 1 2 4
NaOH/Son
9
Concentration (Kg/m3 )
8
7
6
5
4
3
2
1
0
0,5 1 2 4
NaOH/Paille
Figure 49 : Compositions de la matière organique (MO) des extraits alcalins du son désamidoné et de la
paille de blé
133
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
La solubilisation des hémicelluloses augmente avec la concentration du NaOH pour les deux
matières végétales, même si leur extraction et isolement de la matrice végétale dans le cas du
son devient inefficace pour le rapport NaOH/son le plus élevé.
A pH élevé, l’agent alcalin rompt les liaisons intermoléculaires mais aussi les liaisons
intramoléculaires, ce qui peut affecter la structure des hémicelluloses, et permettre le clivage
d’un certain nombre de liens covalents qui pontent leurs structures. Cette dégradation peut se
produire même à température ambiante, elle libère des sucres libres ou de petites chaînes
d’oligosaccharides dans le milieu (Lawther et al, 1995b ; Cui et al., 1999). La teneur en sucres
libres augmente avec les rapports NaOH/Matière végétale du fait de l’augmentation de
l’alcalinité du milieu et de la dégradation plus marquée des chaînes hémicellulosiques. Ces
chaînes plutôt linéaires et moins branchées dans le cas de la paille sont plus sensibles à
l’action de l’hydroxyde de sodium que celles des chaînes du son.
La teneur en protéines solubilisées est peu sensible à la durée de la réaction et au rapport
liquide/solide (Raynal, 1996). Même si en milieu alcalin la solubilisation des protéines est
plus rapide que celle des hémicelluloses, seule une petite quantité de protéines est présente
dans les extraits. Ceci peut être expliqué, dans le cas de la paille, par la teneur initiale faible
dans la matière brute. Dans le cas du son, la désamidonation a probablement éliminée la plus
grande partie des protéines initialement présentes dans la matière brute, de plus la méthode de
dosage utilisée (Kjeldahl) ne permet pas de différencier entre protéines natives et hydrolysats.
La teneur en lignine n’a pas été évaluée dans le cas des extraits du son de blé. En effet, la
quantité de lignine initialement présente dans le son désamidoné (8,9% par rapport au total de
la matière organique du son) est plus petite que celle initialement présente dans la paille
(15,3% par rapport au total de la matière organique de la paille) du fait de sa nature fibreuse.
La co-extraction de la lignine à partir de la paille est bien notée à forte concentration en
NaOH. Cela est dû à sa solubilité assez élevée en milieu alcalin (Montane et al., 1998).
134
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
135
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Tableau 14 : Composition des extraits hémicellulosiques après les étapes de concentration et purification
(Ordre : UF–CHR)
136
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
a la propriété de pouvoir échanger les ions qu’il contient avec d’autres ions provenant de la
solution à traiter, par déplacement d’équilibre. Le principe de cet échange repose sur les
différences d’affinité des ions de la solution pour le substrat fonctionnalisé de la résine. Le
type de résine utilisé pour cette étape de purification est un échangeur d’anions fortement
basique, à squelette polyacrylique macroporeux dont les groupements fonctionnels sont du
type ammonium quaternaire fixant l’anion d’échange Cl-. Cet anion d’échange est échangé
contre les molécules colorantes qui possèdent plus d’affinité pour ce type de résine, et par
conséquent il se libère et se retrouve dans le rétentat après la décoloration.
La composition de la matière organique en différentes molécules a été étudiée (Figure 50). La
concentration en hémicelluloses extraites diminue dans les rétentats après l’étape
d’ultrafiltration, alors qu’elle est supposée augmenter. En effet, une partie de ces pertes
peuvent être attribuées à la dégradation de ces molécules en sucres libres dans le milieu
alcalin et par conséquent elles se retrouvent dans le perméat, l’autre partie est attribuée à leurs
blocages dans le volume mort de l’appareil (les pertes en matière pour les différents rapports
NaOH/Matière végétale est très comparable). De plus, et compte tenu du seuil de coupure de
la membrane utilisée (30 kDa), il est possible que certaines stuctures hémicellulosiques
puissent traverser les pores. Par contre, le dosage des perméats n’a pas permis de mettre en
évidence leur présence.
Les rendements de récupération des hémicelluloses après l’étape de la décoloration sont dans
la plupart des cas supérieurs à 85%. La perte dans ce cas peut être attribuée aux interactions
de type hydrophobe qui peuvent exister entre les hémicelluloses et la résine lors de la
percolation (Sun et al., 2007 ; Kammerer et al., 2010). En effet, certaines des chaînes
hémicellulosiques portent des groupements acides de type 4-O-méthyl-glucuronique, qui
peuvent adsorber sur la résine qui possède des propriétés basiques. Une autre explication de
cette perte provient du fait que certains composés phénoliques (acide férulique, acide
coumarique) sont généralement associés aux polysaccharides hémicellulosiques en fin des
chaînes substituantes peuvent aussi adsorber sur la résine.
La concentration en sucres libres présente initialement dans les extraits varie fortement après
chaque étape de traitement et notamment après la concentration par ultrafiltration. En effet,
une majorité de ces sucres se trouve éliminée dans le perméat après cette étape.
La concentration en protéines et en lignine suivent une évolution similaire à celles des
hémicelluloses. En effet, ces molécules possèdent des poids moléculaires suffisamment élevés
pour être retenues par la membrane.
La moyenne des rendements de récupération de la lignine après l’étape de la décoloration est
de 68,6%. Près de 31,3% de la lignine ou de ses produits de dégradation initialement présent
dans les rétentats sont retenus par la résine, ceci est souhaitable, mais le pourcentage modeste
est probablement du à leur faible affinité pour la résine ou bien que la résine est déjà saturée.
Cette résine avait été retenue pour la décoloration des extraits du son qui ne contiennent que
très peu de lignine. Elle n’est peut être pas adaptée aux extraits de la paille.
137
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Concentration (Kg/m 3 )
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Rétentat Perméat Rétentat
décoloré
NaOH/Matière végétale = 1
Concentration (Kg/m 3 )
0
Extrait alcalin Rétentat Perméat Rétentat
décoloré
NaOH/Matière végétale = 2
Concentration (Kg/m 3 )
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Rétentat Perméat Rétentat
décoloré
NaOH/Matière végétale = 4
Concentration (Kg/m 3 )
0
Extrait alcalin Rétentat Perméat Rétentat
décoloré
Figure 50 : Composition de la matière organique des extraits hémicellulosiques après les étapes de
concentration et purification (Ordre : UF–CHR)
138
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Tableau 15 : Composition des extraits hémicellulosiques après les étapes de concentration et purification
(Ordre : CHR–UF)
En général, pour tous les rapports NaOH/Matière végétale et pour les deux types d’extraits
hémicellulosiques (extraits du son et de la paille), la concentration en matière sèche de
139
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
l’extrait décoloré par passage sur la résine échangeuse d’anion est supérieure à celle de
l’extrait alcalin. Cette matière sèche est majoritairement constituée de matière minérale de
double origine : une partie provient des ions Na+ provenant de l’hydroxyde de sodium utilisé
lors de l’étape de l’extraction et une autre partie provient des ions Cl- libérés par la résine
après la percolation. Une bonne partie de cette matière minérale est éliminée ensuite dans le
perméat de l’ultrafiltration après l’étape de concentration/purification.
La concentration en matière organique de ces différents extraits traités dépend de la quantité
en molécules extraites et des pertes de certaines de ces molécules lors des étapes de
purification.
En général, cette matière diminue après la décoloration des extraits du fait de la fixation des
molécules colorantes par la résine (rendements de récupération supérieurs à 75% dans tous les
cas), et diminue encore après l’ultrafiltration alors que cette fois, elle est sensée augmenter du
fait de la réduction en volume. La diminution est de nouveau attribuée au passage de certaines
molécules organiques, notamment des sucres libres dans le perméat et au blocage d’une
certaine partie du reste dans le volume mort de l’installation.
La caractérisation de la majorité de ces molécules organiques présentes dans les différents
extraits est présentée sur la (Figure 51).
La concentration en hémicelluloses pour les deux extraits hémicellulosiques (son et paille)
diminue légèrement suite à la percolation de ces extraits sur la résine. Les rendements de
récupération de ces hémicelluloses sont dans tous les cas supérieurs à 80%. Les pertes sont en
partie liées à la fixation de ces molécules sur la résine par interaction hydrophobe ou par
adsorption ou bien à la fixation des substituants phénoliques de certaines chaînes sur cette
même résine.
Après ultrafiltration, la concentration en hémicelluloses dans les rétentats diminue légèrement
au lieu d’augmenter, cela est en partie dû à leurs dégradations en sucres libres en milieu
alcalin et en d’autre partie à leurs blocages dans le volume mort de l’appareil.
Quant aux sucres libres, une partie importante de ceux-ci est éliminée dans les perméats après
l’ultrafiltration.
La concentration en lignine diminue après décoloration, cela est probablement du à la
fixation, en moyenne de 34,3%, des composés polyphénoliques sur la résine.
La concentration en lignine diminue aussi, mais légèrement cette fois, comme celle des
protéines et des hémicelluloses après l’étape de l’ultrafiltration. Cette diminution est due à la
dégradation de certaines de leurs structures qui se retrouvent dans le perméat. Le reste étant
perdu, encore une fois dans le volume mort de l’installation.
140
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Concentration (Kg/m 3 )
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Extrait alcalin Rétentat Perméat
décoloré
NaOH/Matière végétale = 1
Concentration (Kg/m 3 )
8
7
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Extrait alcalin Rétentat Perméat
décoloré
NaOH/Matière végétale = 2
Concentration (Kg/m 3 )
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Extrait alcalin Rétentat Perméat
décoloré
NaOH/Matière végétale = 4
Concentration (Kg/m 3 )
0
Extrait alcalin Extrait alcalin Rétentat Perméat
décoloré
Figure 51 : Composition de la matière organique des extraits hémicellulosiques après les étapes de
concentration et purification (Ordre : CHR–UF)
141
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Tout le long de la concentration des différents extraits, les flux des perméats ont été étudiés
(Figure 52 et Figure 53). Les valeurs de ces flux relativement faibles n’ont pas permis
d’atteindre un facteur de concentration massique de 2 dans tous les cas.
142
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Ordre: UF - CHR
30
Temps (min)
Ordre: CHR - UF
30
Flux du perméat (Kg/h.m2)
20
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Temps (min)
Figure 52 : Variation des flux des perméats au cours de la concentration par ultrafiltration des extraits
hémicellulosiques du son désamidoné ; T = 20°C
Ordre: UF - CHR
60
Flux du perméat (Kg/h.m2)
50
40
30
20
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min)
Ordre: CHR - UF
70
60
Flux du perméat (Kg/h.m2)
50
40
30
20
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80
Temps (min)
Figure 53 : Variation des flux des perméats au cours de la concentration par ultrafiltration des extraits
hémicellulosiques de la paille ; T = 20°C
143
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Les flux des perméats diminuent progressivement au cours du temps et sont très dépendant de
la concentration en NaOH des extraits puisqu’ils diminuent aussi lorsque les rapports
NaOH/Matière végétale augmentent. Cette décroissance, de 30% de la valeur initiale, est
principalement due à l’augmentation de la viscosité des extraits et à un colmatage progressif
de la membrane.
Cependant, les flux de perméation sont légèrement plus élevés lorsque la chromatographie sur
résine échangeuse d’anions est effectuée avant l’ultrafiltration, et pour toutes les conditions,
ils sont beaucoup plus élevés dans les cas des extraits de la paille que dans celui des extraits
du son désamidoné. Il est probable que les molécules retenues par la résine puissent limiter les
flux de perméation.
Tableau 17 : Pourcentage d’élimination des sels dans les perméats lors de l’ultrafiltration, ces
pourcentages sont exprimés par rapport à la quantité de sels initialement présente dans les extraits avant
d’être ultrafiltrer et à la quantité de sels obtenue dans les rétentats après l’ultrafiltration
144
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Tableau 18 : Pourcentage d’élimination des sucres libres dans les perméats lors de l’ultrafiltration, ces
pourcentages sont exprimés par rapport à la quantité de sucres libres initialement présente dans les
extraits avant d’être ultrafiltrer et à la quantité de sucres libres obtenue dans les rétentats après
l’ultrafiltration
145
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Tableau 19 : Pourcentage de récupération des hémicelluloses dans les rétentats, ces pourcentages sont
exprimés par rapport à la quantité d’hémicelluloses initialement présente dans les extraits avant d’être
ultrafiltrer et à la quantité d’hémicelluloses obtenue dans les rétentats après l’ultrafiltration
Néanmoins, il faut noter que les rendements de récupération des hémicelluloses lors de
l’ultrafiltration sont plus élevés pour les rapports NaOH/Matière végétale de 2 et 4 que pour
ceux de 0,5 et 1. Cela peut s’expliquer par une variation de la nature des molécules extraites.
En effet, à faible concentrtaion en NaOH, ce sont surtout des β-glucans de petite taille
moléculaire qui sont extraites, et qui passent plus facilement dans les perméats que les
hémicelluloses, possèdant un poids moléculaire plus élevé, et extraites pour des
concentrations en NaOH plus importante.
Enfin, l’ultrafiltration n’a pas permis de séparer les hémicelluloses de la lignine et des
protéines possèdant, elles aussi, des poids moléculaires élevés, ce qui limite fortement la
pureté des extraits hémicellulosiques et par conséquence celle des poudres finales.
146
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Absorbance
3
0
0 200 400 600 800 1000 1200
4
Absorbance
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Rétentat de l'ultrafiltration
Figure 54 : Spectre d’absorption en UV-Visible des extraits alcalins hémicellulosiques et des rétentats de
l’ultrafiltration
4
Absorbance
0
0 200 400 600 800 1000 1200
4
Absorbance
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Figure 55 : Spectre d’absorption en UV-Visible des extraits alcalins hémicellulosiques et des rétentats de
l’ultrafiltration après l’étape de décoloration
147
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
L’analyse des extraits alcalins hémicellulosiques et des rétentats de l’ultrafiltration après leur
décoloration montre que la percolation sur la résine a provoqué le rétrécissement de la large
bande (Figure 55). Cela est probablement du à l’élimination d’une partie des molécules liées à
cette bande et qui semblent bien être à l’origine de la coloration des extraits d’hémicelluloses.
L’analyse spectrophotométrique des molécules retenues par la résine et éluées par NaCl 10%
dans l’eau, montre la même bande avec deux pics à 280 nm (composés phénoliques) et à 330
nm (esters d’acide phénolique) (Figure 56). La résine IRA 958-Cl permet donc la décoloration
des poudres en retenant une partie des molécules impliquées dans la coloration.
4
Absorbance
0
0 100 200 300 400 500 600 700
V.1. Obtention
Les poudres hémicellulosiques ont été obtenues à partir des extraits alcalins (E), des extraits
alcalins décolorés (E-CHR), des extraits alcalins ultrafiltrés (E-UF), des extraits alcalins
ultrafiltrés et décolorés (E-UF-CHR) et des extraits alcalins décolorés et ultrafiltrés (E-CHR-
UF) par neutralisation à l’acide acétique 99% jusqu’à pH 5,5, puis précipitation à l’éthanol
95% (Figure 46).
En effet, un pH acide favorise la protonation des fonctions acides et alcools présentes et
améliore de ce fait la précipitation éthanolique ultérieure. Ce pH a été déterminé de façon à
maximiser la protonation pour une quantité d’acide acceptable (Raynal, 1996). Les
hémicelluloses de type A, présentant une structure relativement linéaire, ainsi que les
protéines ayant atteint leur point isoélectrique, sont complètement insolubles en milieu acide,
et c’est ainsi qu’elles précipitent.
L’ajout d’alcool par la suite est indispensable à la floculation des hémicelluloses de type B,
leur mécanisme de précipitation en milieu alcoolique n’est pas bien connu, mais cette dernière
148
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
pourrait trouver son origine dans l’alignement et l’agrégation des chaînes xylaniques sous
l’action de l’alcool.
Les hémicelluloses B présentent un seuil de solubilité dans les mélanges eau/éthanol. Un
mélange 1/1 est nécessaire à l’amorce d’une précipitation, une floculation totale nécessitant de
l’éthanol quasiment pur. Afin de limiter les volumes mis en jeu, le rapport eau/éthanol retenu
est de 1/3, pour lequel une précipitation de 50% des polysaccharides est attendue. Cette
floculation est relativement rapide, toutefois elle est largement améliorée par un abaissement
de la température (stockage à 4°C pendant 24 heures) qui rend le coagulât formé beaucoup
plus ferme (Raynal, 1996).
L’étape de précipitation éthanolique constitue une étape de purification supplémentaire parce
qu’elle ne permet que la précipitation de molécules de poids moléculaire assez important, et
donc l’élimination des molécules de dégradation et des sels résiduels. Elle permet d’obtenir
un floculat de consistance relativement ferme à la surface d’un filtrat éthanolique visqueux.
La filtration directe du filtrat de précipitation conduit à un coagulat extrêmement spongieux
dû à la viscosité de la solution. Celui-ci séché et broyé, se transforme en une poudre sous une
forme aisément valorisable.
149
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
NaOH/Son = 0,5
Composition de la poudre
70
hémicellulosique (%)
60
50
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/Son = 1
Composition de la poudre
60
hémicellulosique (%)
50
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/Son = 2
Composition de la poudre
70
hémicellulosique (%)
60
50
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/Son = 4
Composition de la poudre
60
hémicellulosique (%)
50
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
Figure 57 : Composition des poudres hémicellulosiques obtenues à partir des extraits du son désamidoné,
les pourcentages en hémicelluloses et protéines sont exprimés en fonction de la matière organique, les sels
minéraux sont exprimés en fonction de la matière sèche des poudres, (cf. Figure 46 pour la codification)
150
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
151
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
NaOH/Paille = 0,5
Composition de la poudre
40
hémicellulosique (%)
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/Paille = 1
Composition de la poudre
50
hémicellulosique (%)
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/Paille = 2
Composition de la poudre
50
hémicellulosique (%)
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/Paille = 4
Composition de la poudre
50
hémicellulosique (%)
40
30
20
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
Figure 58 : Composition des poudres hémicellulosiques obtenues à partir des extraits de la paille, les
pourcentages en hémicelluloses, protéines et lignine sont exprimés en fonction de la matière organique, les
sels minéraux sont exprimés en fonction de la matière sèche des poudres
152
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Comme pour le son, le taux des sels minéraux isolés dans les poudres hémicellulosiques est
indépendant des étapes de purification, mais augmente nettement avec les rapports
NaOH/paille. Cette augmentation est du même ordre que celle observée dans le cas du son, ce
qui confirme que le taux des sels minéraux est en relation directe avec la concentration en
hydroxyde de sodium utilisée de la solution extractante et non avec la quantité ou la qualité
d’hémicelluloses solubilisées et précipitées.
40
% de monosaccharides libérés dans le
35
30
25
20
milieu
15
10
5
0
0 100 200 300 400 500
Figure 59 : Cinétique d’apparition des monosaccharides lors de l’hydrolyse ménagée d’une poudre
hémicellulosique extraite à partir du son de blé désamidoné, les % sont exprimés en g/100g de matière
organique
153
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
154
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
NaOH/son = 0,5
40
NaOH/son = 1
30
Composition en sucres des
hémicellulosiques (%)
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/son = 2
35
Composition en sucres des
hémicellulosiques (%)
30
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/son = 4
30
Composition en sucres des
hémicellulosiques (%)
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
Figure 60 : Composition en monosaccharides des poudres hémicellulosiques obtenues à partir des extraits
du son désamidoné, les % sont exprimés en g/100g de matière organique
155
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
NaOH/paille = 0,5
25
15
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/paille = 1
35
Composition en sucres des
hémicellulosiques (%)
30
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/paille = 2
35
Composition en sucres des
hémicellulosiques (%)
30
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
NaOH/paille = 4
35
Composition en sucres des
hémicellulosiques (%)
30
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
Figure 61 : Composition en monosaccharides des poudres hémicellulosiques obtenues à partir des extraits
de la paille, les % sont exprimés en g/100g de matière organique
156
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
En effet, les hémicelluloses de la paille présentent une structure peu ramifiée avec une
longueur moyenne de la chaîne xylanique de 200 unités de xylose (Sun et al., 2000).
Les analyses structurales de cette chaîne ont mis en évidence l’existence d’un arabinose
terminal, en position latérale sur la chaîne xylanique, pour 13 xyloses (Sun et al., 1996), ce
qui explique la faible quantité d’arabinose obtenu par rapport à celle de xylose. De même, la
présence d’un acide uronique pour 26 xyloses est rapportée alors que celle de molécules de
xylose disubstituées n’a jamais été rapportée.
Le taux de tous les monosaccharides constitutifs est visiblement indépendant des étapes de
traitement et de purification des extraits alcalins. Le taux de xylose augmente légèrement avec
l’augmentation des rapports NaOH/paille. La présence de l’acide glucuronique est bien
remarquée par rapport aux hémicelluloses du son.
Le galactose et le mannose sont présents en quantités minimes.
157
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Ratios Xylose/Arabinose
NaOH/Son
E E - UF E – UF - CHR E - CHR E – CHR - UF
Ratios Xylose/Arabinose
NaOH/Paille
E E - UF E – UF - CHR E - CHR E – CHR - UF
Tableau 20 : Ratios Xylose/Arabinose des poudres hémicellulosiques obtenues après les différentes étapes
de traitement des extraits du son désamidoné et de la paille, (cf. Figure 46 pour la codification)
L’étude des ratios Xylose/Glucose (Tableau 21) dans le cas des hémicelluloses du son de blé
est indispensable et complémentaire à l’étude des ratios Xylose/Arabinose, du fait de la
présence importante des β-glucanes.
Ratios Xylose/Glucose
NaOH/Son
E E - UF E – UF - CHR E - CHR E – CHR - UF
Tableau 21 : Ratios Xylose/Glucose des poudres hémicellulosiques obtenues après les différentes étapes de
traitement des extraits du son désamidoné
Les ratios Xylose/Glucose caractéristiques des extractions avec les rapports NaOH/son de 0,5
et 1 montrent un taux assez important du glucose dans les poudres hémicellulosiques, ce qui
indique que ces poudres contiennent des quantités assez importantes de β-glucanes.
Pour les rapports NaOH/son de 1 et 2, les ratios Xylose/Glucose sont légèrement plus élevés
et la quantité de glucose est moins importante, même si elle reste assez élevée par rapport à
celle des hémicelluloses de la paille. Cela est probablement dû à la co-extraction, en
158
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
proportion moins importante, des β-glucanes en même temps que les arabinoxylanes. Une
autre explication peut provenir du fait que les chaînes hémicellulosiques peuvent être
branchées par des quantités plus ou moins importantes de résidus de glucose.
Paille Son
159
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Les poudres hémicellulosiques analysées présentent une couleur brune qui peut être
décomposée en deux teintes différentes: rouge et jaune ou verte et jaune. La combinaison de
ces deux teintes donne une couleur beige clair (Figure 62) pour les poudres du son (indice de
clarté L* a une valeur élevée) et une couleur brun foncé pour les poudres de la paille (indice
de clarté a une valeur faible) (Tableau 22).
NaOH/Son 0,5 1 2 4
Indices de couleurs L* a* b* L* a* b* L* a* b* L* a* b*
E 55,00 7,56 18,82 48,99 10,39 22,83 43,63 8,80 22,77 35,96 15,66 28,07
E - UF 67,14 7,00 17,46 59,43 7,46 18,46 58,10 4,00 17,32 40,40 12,29 25,55
E- UF - CHR 94,55 4,96 4,88 90,76 5,46 10,71 89,74 1,13 6,17 69,19 10,00 22,61
E - CHR 92,28 5,17 6,76 87,04 6,49 9,99 85,11 2,84 8,04 62,82 11,98 24,67
E - CHR - UF 95,46 3,59 5,48 89,68 5,77 9,11 88,01 1,77 5,98 67,22 9,44 20,37
NaOH/Paille 0,5 1 2 4
Indices de couleurs L* a* b* L* a* b* L* a* b* L* a* b*
E 30,73 -29,05 40,18 22,99 -33,55 40,21 16,51 -38,52 41,4 13,96 -39,09 44,73
E - UF 29,46 -26,37 38,38 20,28 -31,00 38,14 17,82 -38,01 37,72 12,12 -37,16 44,44
E- UF - CHR 57,71 -21,49 34,66 51,76 -24,67 34,19 32,45 -30,00 32,91 30,3 -33,86 40,76
E - CHR 55,99 -22,22 34,44 49,94 -26,37 35,85 29,15 -31,22 32,44 29,64 -31,85 40,00
E - CHR - UF 58,73 -21,15 31,98 52,87 -25,08 33,22 31,65 -29,00 30,53 31,66 -30,75 39,77
La valeur de l’indice L* des poudres augmente après les traitements de purification des
extraits et notamment après la percolation sur résine ; les poudres sont plus claire, ce qui
confirme la décoloration de ces dernières par la résine.
L’indice a* et l’indice b* sont moins élevés dans le cas des poudres isolées à partir des
extraits décolorés ; les poudres perdent de leur teinte rouge dans le cas des poudres du son et
de leur teinte verte dans le cas des poudres de la paille, ainsi que de leur teinte jaune dans les
deux cas. Il est probable que la résine fixe les composés responsables de la coloration rouge
(composés phénoliques), verte et jaune.
La coloration des poudres hémicellulosiques du son est liée à leurs degrés de pureté en
arabinoxylanes. En effet, les poudres les plus claires (indice L* le plus élevé) sont obtenues à
partir de celles qui sont plus pures en arabinoxylanes (pureté de 52 à 68%), c’est le cas des
160
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
poudres isolées après extraction avec les rapports NaOH/son les plus petits (0,5 et 1). Pour les
rapports NaOH/son les plus élevés (2 et 4), la pureté des poudres en arabinoxylanes est
comprise entre 48 et 65%, les valeurs de L* correspondantes sont moins élevées.
En revanche, il apparaît que la coloration des poudres de la paille n’est pas liée à leurs degrés
de pureté en arabinoxylanes. En effet, les puretés en arabinoxylanes les plus élevés (46 à
49%) sont obtenues avec les rapports NaOH/paille les plus élevés (2 et 4), à qui correspondent
les valeurs de L* les moins élevées. Les valeurs de L* les plus élevées correspondent, par
contre aux poudres isolées après extraction avec les rapports NaOH/paille 0,5 et 1, où les
puretés en arabinoxylanes sont comprises entre 34 et 48%.
Tableau 23 : Composition de l’extrait alcalin issu de l’extraction agitée du mélange paille/son désamidoné
La quantité d’hémicellulose solubilisée est très proche de celle obtenue avec les extraits du
son désamidoné seul, les quantités de protéines et des sucres libres sont légèrement plus
élevées. La quantité de lignine est très proche de celle obtenue avec les extraits de la paille
seule.
161
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Tableau 24 : Composition des extraits hémicellulosiques du mélange paille/son après les étapes de
concentration et purification
Comme pour les extraits hémicellulosiques du son et de la paille, la matière organique est
essentiellement composée d’hémicelluloses, de molécules co-extraites mais aussi de certains
composés de dégradation comme les sucres libres (Figure 63).
Presque toute la quantité d’hémicelluloses initialement extraites est retrouvée dans les
différents extraits après décoloration par percolation sur résine. Les pertes sont comprises
entre 10 et 15% dans tous les cas et peuvent être liées à l’adsorption de ces molécules sur la
résine.
De même, des pertes en lignine et en protéines de 8,2% et de 6,6% respectivement sont
observées après décoloration lorsque celle-ci est effectuée après l’ultrafiltration. Lorsqu’elle
162
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
est effectuée avant ultrafiltration, les pertes diminuent et sont de 4,2% pour la lignine et de
3,6% pour les protéines.
Ces résultats indiquent que les hémicelluloses ont plus d’affinité pour la résine utilisée que la
lignine. D’ailleurs, à noter que le pourcentage de fixation de la lignine de cet extrait
hémicellulosique du mélange paille/son est très inférieur à celui des extraits hémicellulosiques
de la paille qui est de 30%.
Ordre: UF - CHR
Concentration (Kg/m 3)
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Rétentat Perméat Rétentat
décolrée
Ordre: CHR - UF
Concentration (Kg/m 3)
6
5
4
3
2
1
0
Extrait alcalin Extrait alcalin Rétentat Perméat
décoloré
163
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Quant aux sucres libres, comme pour les sels minéraux, après ultrafiltration dans les deux cas,
une grande quantité est éliminée dans les perméats. Cette quantité permet d’évaluer
l’efficacité de l’ultrafiltration pour l’élimination des sucres libres et pour la déminéralisation.
25
Flux du perméat (Kg/h.m2)
20
15
10
0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Temps (min)
Figure 64 : Variation des flux des perméats au cours du temps pendant la concentration par ultrafiltration
des extraits issus de l’extraction du mélange paille/son ; T = 20°C
164
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
sels avec d’autres molécules présentes dans la solution du côté rétentat, ce qui empêche leur
élimination.
UF-CHR CHR-UF
Concentration de l’extrait Concentration de l’extrait alcalin
alcalin décoloré
Facteur de concentration
2,0 2,1
massique
% d’élimination de sels minéraux 62,8 63,4
Tableau 25 : Pourcentage d’élimination de matières après ultrafiltration, les % sont exprimés en fonction
de la matière initialement présente dans les extraits avant d’ultrafiltrer et de la matière présente dans les
rétentats après ultrafiltration
Les pertes en hémicelluloses, liées au volume mort de l’installation, sont assez conséquentes,
les rendements de récupération de ces dernières après ultrafiltration sont de 49% pour l’ordre
UF – CHR et de 43% pour l’ordre CHR – UF. Ces rendements sous-estiment les quantités qui
seront récupérées à la fin du procédé global par rapport à la quantité des hémicelluloses
réellement extraites.
Indices de couleur L* a* b*
Tableau 26 : Indices de couleur (L*a*b*) des poudres hémicellulosiques isolées à partir du mélange
paille/son, (cf. Figure 46 pour la codification)
165
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Ces résultats montrent que finalement, la quantité de molécules colorantes est très élevée par
rapport à la capacité de fixation de la résine. De plus, la résine utilisée n’est peut être pas
adaptée à l’élimination de la lignine.
50
45
40
35
% de matières
30
25
20
15
10
5
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
Figure 65 : Composition des poudres hémicellulosiques isolées à partir de l’extraction alcaline agitée du
mélange paille/son, les % d’hémicelluloses, de protéines et de lignine sont exprimés en fonction de la
matière organique, les % en sels minéraux sont exprimés en fonction de la matière sèche des poudres, (cf.
Figure 46 pour la codification)
166
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
Les pourcentages en sels minéraux sont identiques à ceux obtenus pour les poudres
hémicellulosiques isolées à partir des extraits du son désamidoné et de la paille dans les
mêmes conditions. Les sels minéraux proviennent essentiellement de l’hydroxyde de sodium
utilisé lors de l’étape de l’extraction. Même si l’ultrafiltration élimine une quantité importante
de ces sels, il en reste une autre partie qui est précipitée avec les hémicelluloses lors de l’étape
de précipitation éthanolique. Ceci est confirmé par le fait que le pourcentage de sels précipités
ne varie pas pour les poudres hémicellulosiques isolées avant ou après ultrafiltration et
décoloration.
Toutes ces observations permettent de confirmer que l’ultrafiltration est adaptée à
l’élimination de molécules de petits poids moléculaires. En revanche, elle concentre toutes les
molécules possèdant de poids moléculaires élevés, en particulier la lignine qui limite
fortement la pureté des poudres hémicellulosiques finales et notamment dans le cas de la
paille et du mélange paille/son.
25
Composition en % de sucres des poudres
20
hémicellulosiques
15
10
0
E E - UF E - UF - CHR E - CHR E - CHR - UF
Figure 66 : Composition en monosaccharides des poudres hémicellulosiques isolées à partir des extraits du
mélange paille/son, ces % sont exprimés en fonction de la matière organique des poudres
La composition en monosaccharides est, en effet, une combinaison des sucres constitutifs des
hémicelluloses du son et des hémicelluloses de la paille. Mais, il paraît que l’extraction des
hémicelluloses du son est beaucoup plus favorisée que celle de la paille. L’étude du ratio
Xylose/Arabinose donne des valeurs comprises entre 2,1 et 2,5. Ces valeurs sont
167
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
caractéristiques des hémicelluloses très branchées du son de blé. De même, l’étude du ratio
Xylose/Glucose montre une teneur très élevée en glucose. L’origine de ce glucose est
probablement les β-glucanes qui sont co-extraits avec les hémicelluloses du son dans ces
conditions alcalines assez douce (NaOH/matière sèche de 1). La quantité de glucose présente
est très proche de celle présente dans les poudres hémicellulosiques du son extraits avec un
rapport NaOH/son de 1.
La présence de galactose et de mannose est négligeable par rapport aux autres sucres. La
quantité d’acide glucuronique présente est très comparable avec sa quantité présente lors de
l’isolement des hémicelluloses de la paille seule. Donc, l’origine de cet acide est
probablement les structures xylaniques de la paille.
VII. Conclusion
A l’échelle laboratoire, l’isolement et la purification des hémicelluloses du son désamidoné,
de la paille et du mélange paille/son est rendue possible grâce à l’utilisation combinée, à l’issu
de l’étape de l’extraction, des deux techniques de concentration et de purification :
l’ultrafiltration et la chromatographie sur résine échangeuse d’anion.
L’efficacité de ces deux techniques à produire des poudres hémicellulosiques relativement
pures à été étudiée, les poudres obtenues présentent des puretés comprises entre 40 et 60%,
elles présentent aussi des couleurs plus claires.
En effet, l’ultrafiltration permet de concentrer les extraits et de les purifier en éliminant dans
le perméat presque la moitié du volume de la solution extractante d’hydroxyde de sodium
(Facteur de concentration massique de 2) avec toutes les molécules de faibles poids
moléculaires, essentiellement les sels minéraux et les monosaccharides. En général, les sels
minéraux sont apportés par l’hydroxyde de sodium lors de l’extraction, les monosaccharides
proviennent de la dégradation des hémicelluloses en milieu alcalin.
Les hémicelluloses et les molécules possédant un poids moléculaire supérieur à 30 kDa sont
retenues dans le rétentat par la membrane d’ultrafiltration. L’inconvénient majeur de cette
étape est le volume mort de l’installation utilisée qui génère de grandes pertes en
hémicelluloses, ce qui sous-estime les rendements des hémicelluloses récupérées à la fin du
procédé global.
La chromatographie échangeuse d’anion, quant à elle, permet de fixer des quantités
importantes des molécules co-extraites colorées et/ou des molécules issues de la dégradation
de certains composés colorés telles que les molécules possédant des groupements
phénoliques, des groupements quinones et des groupements esters méthyliques et esters
d’acide phénolique. L’échange d’ion libère des ions chlorure dans le milieu, ceci augmente
légèrement la quantité de sels minéraux des extraits après cette étape.
De légères pertes en hémicelluloses sont calculées après la percolation sur la résine, ces pertes
sont dues à la fixation, par la résine, de ces molécules par interaction hydrophobe ou par
168
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire
adsorption ou bien à la fixation des substituants phénoliques de certaines de ces chaînes sur
cette même résine. En effet, certaines des chaînes hémicellulosiques portent des groupements
acides de type 4-O-méthyl-glucuronique qui peuvent adsorber sur la résine qui possède des
propriétés basiques. Une autre explication de ces pertes proviennent du fait que certains
composés phénoliques (acide férulique, acide coumarique) sont généralement associés aux
polysaccharides hémicellulosiques en fin des chaînes substituantes peuvent aussi s’adsorber
sur la résine.
Tous les résultats collectés durant les étapes de purification permettent de conclure que les
structures ligneuses sont les molécules qui limitent le plus l’obtention des poudres
hémicellulosiques de pureté élevée. En effet, la lignine est récupérée avec les hémicelluloses
dans les rétentats lors de l’ultrafiltration et elle semble présenter moins d’affinité pour l’IRA
958-Cl que les hémicelluloses branchées avec des groupements phénoliques.
Globalement, l’inversion des étapes de concentration et de purification (Ultrafiltration et
Chromatographie sur résine échangeuse d’anion) influe légèrement sur la composition des
extraits, mais n’a aucune influence sur la composition, la pureté et la couleur des poudres
hémicellulosiques finales, car à ce stade c’est l’étape de précipitation éthanolique qui est
déterminante.
Etant donné que les extraits étaient percolés sur la résine avec un débit de percolation assez
faible (5 BV/h) pour pouvoir éliminer le maximum des composés colorants et permettre les
phénomènes d’échange d’ions. L’extrapolation à l’échelle industrielle du procédé nécessitera
de traiter des grandes quantités de matières, il sera donc préférable, pour conserver les
conditions opératoires, de concentrer les extraits avant de les décolorer par la résine.
Pour cette raison et pour limiter les risques d’encrassement du lit de la résine lors de la
percolation, il a été décidé, pour les essais à l’échelle pilote, de placer l’étape de concentration
par ultrafiltration avant l’étape de décoloration par chromatographie sur résine échangeuse
d’anions.
169
170
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
171
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
172
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
I. Introduction
A l’échelle pilote, l’extraction combinée de la paille et du son de blé désamidoné a fait l’objet
de l’étude (Figure 67).
Rappelons que la première étape du procédé de production des hémicelluloses est la
solubilisation des ces polysaccharides pariétaux en milieu alcalin aqueux. Pour cette étape,
l’extraction alcaline agitée utilisée à l’échelle laboratoire était remplacée par une autre
technique qu’est l’extrusion bi-vis et donc pour cet effet un extrudeur bi-vis a été utilisé.
L’extraction et la solubilisation des hémicelluloses ont été réalisées en trois temps :
- Tout d’abord, la mise en contact du son désamidoné et de la solution alcaline
extractante (NaOH) dans un réacteur agité pour permettre une bonne et une rapide
homogénéisation du mélange,
- Ensuite, la dilution du milieu pour faciliter la solubilisation et le passage des
hémicelluloses dans la phase aqueuse, la dilution augmente aussi la fluidité du
mélange et facilite son convoyage par une pompe dans l’extrudeur bi-vis,
- Enfin, l’introduction du mélange son/NaOH, aussi appelé « pâte de son » et de la
paille broyée par deux entrées différentes dans l’extrudeur bi-vis. Leur contact se
faisait par l’intermédiaire des vis dans le fourreau de l’extrudeur.
Une grille de filtration est intégrée à la sortie de l’extrudeur bi-vis, cette grille permet une
première séparation Liquide/Solide. Et donc, à l’issu de cette étape d’extrusion, deux phases
sont obtenues. Une phase solide appelée « Raffinat », et constituée de la matière végétale
résiduelle (mélange de particules de son et de résidus de paille) et une phase liquide appelée
« Extrait alcalin », et constituée des molécules solubles en milieu alcalin, soient
essentiellement des hémicelluloses, des protéines, de la lignine et autres composants
phénoliques.
L’extrait alcalin est ensuite divisé en deux parties pour tester deux méthodes de séparation
Liquide/Solide différentes: la centrifugation et la filtration centrifuge.
Les deux types d’extraits obtenus sont ensuite concentrés soit par simple évaporation, soit par
ultrafiltration. Les extraits ultrafiltrés sont percolés sur la résine échangeuse d’anions afin de
les décolorer et de les purifier.
La production de poudres hémicellulosiques est effectuée à l’issu de chaque étape par
neutralisation acide et précipitation éthanolique, même si après décoloration par
chromatographie sur résine échangeuse d’anion, deux techniques supplémentaires de
production directe de poudre ont été testé : la lyophilisation et l’atomisation.
Toutes les poudres hémicellulosiques obtenues à la fin du procédé ont été comparées et leurs
compositions en hémicelluloses, protéines, lignines et sels minéraux ainsi que leur pureté et
couleur ont été étudiées.
173
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Raffinat
Extrusion bi-vis
151 kg
Extrait alcalin
400,8 kg
196 kg 204,8 kg
Culot Culot
Centrifugation Filtration Centrifuge (Essorage)
17,8 kg 13,08 kg
23 kg 26,7 kg
Rétentat Rétentat
Précipitation éthanolique 60,8 kg Précipitation éthanolique 65,3 kg
Précipitation éthanolique Chromatographie sur résine Précipitation éthanolique Chromatographie sur résine
Poudre hémicellulosique 9,8 kg 15,3 kg 1,2 kg Poudre hémicellulosique 10,8 kg 15,7 kg 3,3 kg
Pd - E - C - UF - P Pd - E - FC - UF - P
Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique Poudre hémicellulosique
Pd - E - C - UF - CHR - P Pd - E - C - UF - CHR - L Pd - E - C - UF - CHR - A Pd - E - FC - UF - CHR - P Pd - E - FC - UF - CHR - L Pd - E - FC - UF - CHR - A
Figure 67 : Schéma d’extraction et de purification des hémicelluloses du mélange paille/son à l’échelle pilote
174
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Son de blé
% MS = 93,4
% MM = 3,0 % MO = 96,9
Paille de blé
% MS = 91,1
% MM = 8,0 % MO = 91,9
- Matière Sèche (MS) : déterminée après mise de la matière végétale à 105°C pendant 24h
- Matière Minérale (MM) : déterminée par calcination à 550°C
- Protéines : dosées par la méthode de Kjeldhal (N*5,7)
- Cellulose, Lignine et Hémicelluloses : déterminées par la méthode de Van Soest and Wine (ADF/NDF)
175
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
176
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
plus modérée, un rapport liquide/solide et une température plus faibles et un temps de contact
pratiquement court.
L’extrusion bi-vis a déjà été exploitée pour le fractionnement combiné paille/son de blé
(Maréchal, 2001), et deux ensembles de conditions, dans lesquelles la productivité en
hémicelluloses est importante, ont été mis en évidence. L’un à faible taux de NaOH et fort
ratio paille/son dans laquelle le travail mécanique est faible, l’autre à fort taux de NaOH et
faible ratio paille/son avec un traitement mécanique de la matière végétale plus intense.
Ainsi, une faible teneur en NaOH (son/NaOH = 7) associée à un ratio en paille/son = 2 a
permis d’obtenir un rendement en précipité hémicellulosique de 24% par rapport au son et
près de 8% par rapport au mélange paille/son, en travaillant avec une faible vitesse de rotation
des vis (150 t/min) et un fort débit d’eau de lavage (90 kg/h), le rapport liquide/solide totale
est proche de 10. Le rendement de récupération du précipité hémicellulosique par rapport à la
matière organique extraite est de 50%. Le rendement en raffinat fibreux est de 78% par
rapport à la totalité des matières sèches introduites (Maréchal, 2001).
Une forte teneur en NaOH (son/NaOH = 2) associée à un fort ratio en paille (paille/son = 6) a
permis d’atteindre un rendement en précipité hémicellulosique plus élevé, soit 40% par
rapport au son et 6% par rapport au mélange paille/son tout en conservant la même vitesse de
rotation des vis et le même débit d’eau de lavage. Le rapport liquide/solide total est proche de
6 à cause de la plus petite quantité d’eau introduite avec le mélange son/NaOH. Le rendement
de récupération du précipité hémicellulosique par rapport à la matière organique extraite est
de 45%. Ce rendement est plus faible que dans le cas précédant à cause de la plus forte
proportion de sels minéraux dans l’extrait précipité du fait de la concentration plus élevée en
NaOH. Le rendement en raffinat fibreux est de 81% par rapport à la totalité des matières
sèches introduites (Maréchal, 2001).
Compte tenu de tous ces résultats obtenus dans ces travaux antérieurs, il a été décidé
d’effectuer une extrusion bi-vis combinée paille/son dans l’une des conditions les plus
favorable en terme de rendement et de propriétés des hémicelluloses définies par (Maréchal,
2001). Les conditions opératoires de l’extrusion des hémicelluloses à partir du mélange
paille/son sont donc les suivantes : son/NaOH = 2 ; paille/son = 6,2 et liquide/solide = 5,9
avec un débit d’eau de lavage de 92 l/h et une vitesse de rotation des vis de 150 t/min.
Cette étape d’extrusion a largement été étudiée, et donc elle ne sera pour la suite de nos
travaux qu’une étape d’extraction des hémicelluloses du son et de la paille afin d’approfondir
les études au niveau des étapes de purification.
177
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Raffinat de l’extrusion
% MS = 35,0
% MM = 3,4 % MO = 96,5
Tableau 29 : Composition chimique du raffinat à l’issu de l’extrusion (composition exprimée par rapport
à la matière sèche)
178
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
40
35
Concentration (kg/m 3 )
30
25
20
15
10
0
Matière Sèche Matière Matière Hémicelluloses Protéines Lignine
Minérale Organique
Figure 68 : Concentration des matières composant l’extrait alcalin à l’issu de l’extrusion combinée
paille/son
La concentration en matière sèche de cet extrait alcalin est nettement plus faible que celle de
l’extrait hémicellulosique du mélange paille/son à l’échelle laboratoire, ceci est dû à la faible
teneur en matière minérale et à la concentration modérée en NaOH utilisée lors de l’extrusion.
La concentration en matière organique est, quant à elle, similaire pour les deux échelles
d’extraction.
IV.1. Centrifugation
La centrifugation est effectuée, en continu, avec une centrifugeuse à assiette qui permet
d’assurer une séparation mécanique des particules solides et de la solution extractante
contenant les molécules solubilisées.
L’extrait alcalin est alimenté sous pression dans la cuve de sédimentation dont la base est
enroulée autour d’un axe central ou rotor (Figure 69). Sous l’effet de la mise en rotation de
l’ensemble, l’effet de la gravité est rapidement remplacé par une force centrifuge amenée
perpendiculairement à l’axe central en direction externe. L’intensité de cette force augmente
avec l’éloignement à l’axe et contrôle la séparation par l’accélération du processus de
sédimentation des particules solides. La solution alcaline contenant les molécules solubilisées
et les hémicelluloses, moins dense, passe entre les assiettes en formant des couches internes
179
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
concentriques et est évacuée par refoulement sous pression près de l’axe du rotor dans la zone
de sortie en haut du bol. En revanche, les particules solides les plus denses, soumises à cette
force, se trouvent plaquées contre la paroi du bol en rotation et sédimentent et s’accumulent
dans une chambre à boues pour être évacuées par la suite, par introduction d’eau sous
pression.
Figure 69 : Schéma du principe de fonctionnement d’une centrifugation par une centrifugeuse à assiette
Alimentation
Poche de filtration
Grille
Accumulation du culot
Axe de rotation
180
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Tableau 30 : Rendements de récupération de matières dans le l’extrait alcalin après l’étape de séparation
Liquide/Solide,
(1)
Les rendements en % de matières sont exprimés en fonction de matières présentes dans les extraits après cette
étape et les matières extraites et initialement présentes dans l’extrait alcalin à l’issu de l’extrusion
La composition des extraits et des culots des deux techniques est très comparable (Tableau
31).
Les pourcentages en matières sèches, minérales et organiques varient légèrement dans les
culots après les deux types de centrifugations. Les pourcentages en hémicelluloses et en
lignine sont, par contre, plus élevés dans le culot de la filtration centrifuge que dans le culot
de la centrifugation. Il est probable que ces hémicelluloses perdues, avec la lignine, sont
toujours attachées aux cellules pariétales des résidus de la matière végétale éliminés et
récupérés dans la poche de filtration.
De même, les variations sont légères dans les extraits alcalins après les deux étapes. Les
pourcentages en matières sèches, minérales et organiques sont très comparables. La différence
notée est au niveau des pourcentages en hémicelluloses et en lignine qui sont plus élevés dans
l’extrait après la centrifugation que dans l’extrait après la filtration centrifuge.
181
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
% % % % % % %
MS(1) MM(2) MO(3) Protéines(4) Hémicelluloses(4) Lignine(4) Cellulose(4)
Filtration
12,7 15,0 84,9 3,0 16,9 20,4 15,4
Centrifuge
% % % % % %
MS(1) MM(2) MO(3) Protéines(4) Hémicelluloses(4) Lignine(4)
Filtration
2,6 41,6 58,3 18,6 51,2 7,7
Centrifuge
Tableau 31 : Composition des extraits alcalins et des culots à l’issu de la centrifugation et de la filtration
centrifuge,
(1)
MS : Matière Sèche, exprimée en g/100g de matières,
(2)
MM : Matière Minérale, exprimée en fonction de la MS,
(3)
MO : Matière organique, exprimée en fonction de la MS,
(4)
Les matières sont exprimées en fonction de la MO
30
25
Concentration (kg/m 3 )
20
15
10
0
Matière Sèche Matière Matière Hémicelluloses Protéines Lignine
Minérale Organique
Figure 71 : Concentration des matières composant les extraits alcalins après l’étape de la séparation
Liquide/Solide par centrifugation et par filtration centrifuge
182
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
183
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
peut provenir d’une composition de matière en suspension (non dosée), différente selon les
conditions de séparation Liquide/Solide.
30
Temps (min)
Figure 72 : Evolution des flux des perméats en fonction du temps de concentration par ultrafiltration (UF)
des extraits à l’issu de la centrifugation et de la filtration centrifuge, T= 20°C
(1)
Les rendements en % de matières sont exprimés en fonction de matières présentes dans les extraits obtenus
après concentration (extraits évaporés, rétentats et perméats) et les matières initialement présentes dans les
extraits alcalin à l’issu de l’étape de séparation Liquide/Solide par Centrifugation et Filtration Centrifuge
184
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
L’évaporation permet de récupérer toutes les matières dans un seul type de solution qu’est
l’extrait évaporé étant donné que cette technique élimine uniquement l’eau diluant la solution
extractante par distillation. Les légères pertes, dans ce cas, sont principalement liées à la
matière organique restée bloquée dans la cuve du réacteur.
L’ultrafiltration, quant à elle, permet de récupérer les matières introduites dans deux types de
solution : le rétentat et le perméat, ce qui a pour avantage d’éliminer, dans le perméat, une
certaine quantité de molécules contaminates qui peuvent traverser les pores de la membrane
d’ultrafiltration du fait de leurs faibles poids moléculaires.
L’impact de deux techniques de concentration est bien visible au niveau de la composition
différente des extraits hémicellulosiques obtenus (Figure 73).
Rappelons que la matière organique de l’extrait alcalin hémicellulosique à l’issu de
l’extrusion est majoritairement constitué d’hémicelluloses (68,1%), donc pour faciliter les
interprétations par la suite, seule la matière organique est étudiée sans être fragmenter en
termes d’hémicelluloses, protéines et lignine, l’étude de cette matière est complétée par les
études de matières sèches et minérales.
Après centrifugation, la concentration par évaporation de l’extrait alcalin augmente le
pourcentage de matière sèche de 2,4% à 5,7%, et donc concentre l’extrait un peu plus que 2
fois. Cette matière sèche contient 44% de matière minérale et 53,9% de matière organique.
L’ultrafiltration, quant à elle, l’augmente seulement à 3,5%, même si elle a permis d’atteindre
un facteur de concentration massique de 2,1. Cette matière sèche est récupérée dans le rétentat
et constituée de 34,3% de matière minérale et 65,6% de matière organique, le reste de matière
sèche (1,2%) est récupéré dans le perméat et composée de 76,1% de matière minérale et de
23,8% de matière organique.
De même, après filtration centrifuge, la concentration par évaporation fait augmenter le
pourcentage en matière sèche de 2,6% à 4,8% et donc permet de concentrer l’extrait alcalin
d’un facteur de 2. Cette matière est composée de 41,5% de matière minérale et de 56,4% de
matière organique. L’ultrafiltration permet d’atteindre un facteur de concentration massique
de 1,9 et de récupérer 3,9% de matière sèche, composée de 34,2% de matière minérale et de
65,7% de matière organique dans le rétentat, ainsi que 1,2% de matière sèche, composée de
75,2% de matière minérale et de 24,8% de matière organique dans le perméat.
D’après ces études, l’ultrafiltration, en plus de la concentration des extraits, a l’avantage par
rapport à l’évaporation, de purifier ces extraits en éliminant une bonne partie des molécules
contaminantes dans le perméat, ces molécules peuvent être co-extraites avec les
hémicelluloses ou bien issues de la dégradation de certaines molécules de haut poids
moléculaires. Comme dans le cas de l’ultrafiltration à l’échelle laboratoire, le perméat
contient essentiellement des sucres libres et des sels minéraux. Le pourcentage d’élimination
du total des molécules organiques atteint 21,1% dans le cas de l’ultrafiltration de l’extrait à
l’issu de la centrifugation et 18% dans le cas de l’ultrafiltration de l’extrait à l’issu de la
185
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
filtration centrifuge. Le pourcentage d’élimination des sels minéraux est de 45% dans le
premier cas et de 40,1% dans le deuxième cas.
70
60
Concentration (kg/m 3 )
50
40
30
20
10
0
Evaporation UF Extrait UF Extrait Evaporation UF Extrait UF Extrait
Extrait Centrifugation Centrifugation Extrait Filtration Filtration Filtration
Centrifugation (Rétentat) (Perméat) Centrifuge Centrifuge Centrifuge
(Rétentat) (Perméat)
Figure 73 : Composition en matières sèche, minérale et organique des extraits concentrés par évaporation
et ultrafiltration
A noter que, contrairement aux essais à l’échelle laboratoire, l’ultrafiltration à l’échelle pilote
permet d’obtenir des rendements de récupération en matière organique nettement plus élevés.
Ceci peut être expliqué par le fait que le volume des extraits filtrés (batch de 20 litres) sont
largement supérieurs au volume mort de l’installation (0,5 litre).
186
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Tableau 33 : Rendements de récupération de matières dans les rétentats de l’ultrafiltration (UF) après
l’étape de décoloration par chromatographie sur résine échangeuse d’anions (CHR)
(1)
Les rendements en % de matières sont exprimés en fonction de matières présentes dans les rétentats de l’UF
après cette étape de décoloration et les matières initialement présentes dans les rétentats à l’issu de
l’ultrafiltration
La composition des extraits à l’issue de la décoloration ainsi que celle des régénérats après la
régénération de la résine a été étudiée (Figure 74).
90
80
70
Concentration (kg/m 3 )
60
50
40
30
20
10
0
CHR Rétentat UF CHR Régénérat CHR Rétentat UF CHR Régénérat
Extrait Extrait Extrait Filtration Extrait Filtration
Centrifugation Centrifugation centrifuge Centrifuge
Figure 74 : Composition en matières sèche, minérale et organique des extraits hémicellulosiques décolorés
par percolation sur résine échangeuse d’anions et des régénérats obtenus après régénération de cette
résine
187
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
188
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
4,5
4
3,5
3
Absorbance
2,5
2
1,5
1
0,5
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Figure 75 : Spectre d’absorption en UV des extraits alcalins hémicellulosiques à l’issu de chaque étape de
traitement du procédé (Etape de séparation Liquide/Solide appliquée : Centrifugation)
4,5
4
3,5
3
Absorbance
2,5
2
1,5
1
0,5
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Figure 76 : Spectre d’absorption en UV des extraits alcalins hémicellulosiques à l’issu de chaque étape de
traitement du procédé (Etape de séparation Liquide/Solide appliquée : Filtration Centrifuge)
189
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
(1)
Les rendements en % de matières sont exprimés en fonction des matières précipitées après cette étape et les
matières initialement présentes dans l’étape précédente à la précipitation
Les rendements de précipitation de matières organiques sont assez élevés, cette matière
organique est majoritairement constituée d’hémicelluloses qui ont la propriété de précipiter en
milieu alcoolique. Les molécules de dégradation et les structures possédant des petits poids
moléculaires ne précipitent pas dans ce milieu, ainsi qu’une bonne partie des sels minéraux
190
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
VII.2. Lyophilisation
La lyophilisation est une opération de séchage par phase continue. Elle consiste à ôter l’eau
d’un produit liquide, pâteux ou solide, à l’aide de la surgélation puis une évaporation sous
vide de la glace formée sans la faire fondre. En effet, sous la pression réduite, la glace
contenue dans le produit congelé, objet du séchage, est sublimée. Le principe de base de la
lyophilisation est donc basé sur le phénomène de transition de phase de l’eau appelé
« sublimation », qui consiste, par réchauffage de l’eau à l’état solide à très basse pression, de
la faire passer de l’état solide à l’état gazeux.
L’observation de la courbe de transition de l’eau (Figure 77) permet de préciser les conditions
thermodynamiques autorisant cette transition.
Si la pression est suffisamment basse, inférieure à 602 mbars, l’état liquide de l’eau n’existe
plus. Les molécules d’eau passent directement de l’état solide à l’état gazeux lors de la
sublimation et inversement lors de la condensation. Cependant, pour que la sublimation soit
effective, un certain nombre de conditions doivent être réunies. D’une part, il faut fournir de
l’énergie au produit et d’autre part, il faut que la pression partielle de la vapeur d’eau dans
l’enceinte soit inférieure à la tension de la vapeur au dessus du produit. Dans ce cas, la
sublimation se poursuit jusqu’à ce que la tension de vapeur soit égale à la pression partielle de
vapeur d’eau.
191
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
192
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
l’état liquide, ce qui évite toute altération du produit. Plus la température de congélation est
basse et d’autant la durée totale du procédé est augmentée.
La phase de sublimation ou de dessiccation primaire consiste à extraire l’eau sous forme de glace
dite « glace libre », sans décongeler le produit, avec une pression inférieure à la tension de vapeur
de la glace. Sous un vide situé aux environs de 100 μbar mais pouvant varier fortement d’un
produit à l’autre (de 5 μbar à 500 μbar), une chaleur est apportée au produit afin que la glace se
sublime. La chaleur est généralement apportée par conduction avec des étagères contenant un
fluide caloporteur. La vapeur d’eau formée quitte le produit et est capturée par congélation à
l’aide d’un condenseur ou piège froid et la déshydratation du produit se poursuivra en continu.
Pendant cette étape, le niveau de vide, la température du produit et le temps de dessiccation
sont des paramètres importants car ils déterminent le flux de sublimation à l’intérieur du
lyophilisateur. Un flux de vapeur très élevé peut emporter avec lui le produit à lyophiliser. Un
cycle très court laissera trop d’eau dans le produit, qui pourra être dégradé lors de la
dessiccation secondaire. A l’inverse, un cycle très long peut dégrader certaines molécules.
Lorsque la plus grande partie de l’eau s’est sublimée, le produit initial perd 80 à 90% de son
eau.
La dessiccation secondaire, quant à elle, consiste à enlever les dernières traces d’eau retenues
par le produit, appelées « eau captive », par désorption, sous un vide poussé jusqu’aux
environs de 5 μbar et une température positive, afin d’éliminer certaines molécules d’eau qui
peuvent rester piéger en surface. A la fin du cycle, le produit est sec à 95% ou plus.
Produit à lyophiliser
Piège
Plateaux chauffant et congélant
Vanne
Réfrigérant
Pompe à vide
193
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
(1)
Les rendements en % de matières sont exprimés en fonction des matières récupérées après cette étape et les
matières initialement présentes dans les rétentats décolorés
Les rendements en matière organique sont élevés et supérieurs à ceux obtenus par
précipitation éthanolique, ce qui est très avantageux.
Au contraire, les rendements en matière minérale, aussi très élevés et supérieurs à ceux
obtenus par précipitation éthanolique, ne sont pas souhaitables. En effet, dans le cas de
séchage direct de la fraction hémicellulosique par lyophilisation, le teneur en matière
minérale, restante après les traitements par ultrafiltration et chromatographie sur résine, est
conservée dans les poudres hémicellulosiques obtenues.
VII.3. Atomisation
L’atomisation est définie comme une technique de séchage par convection qui consiste à
céder, au produit à sécher, une énergie thermique par un flux gazeux. Le séchage s’effectue
d’une manière dispersive : le produit est atomisé sous la forme de fines gouttelettes. La
principale caractéristique de ce type de déshydratation est le haut niveau de transfert de masse
194
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
et de chaleur consécutif au haut degré de mélange des phases et surtout à la très grande
surface d’échange.
Cette opération de séchage se divise en trois grandes étapes successives.
La première étape consiste en la dispersion de la suspension à atomiser dans une chambre
d’atomisation par pulvérisation sous forme d’un brouillard simultanément à l’addition du gaz
dessiccatif chauffé. La pulvérisation est assurée par une buse qui permet d’obtenir des
gouttelettes de diamètre variant entre 10 et 500 μm.
La deuxième étape est l’évaporation de l’eau au contact du gaz chaud, étape qui est presque
instantanée. Pendant cette étape, la température du gaz dessiccatif diminue tandis que celle du
produit croît sans toutefois excéder la température du produit final dans le système de
récupération. C’est la raison pour laquelle, l’atomisation peut être retenue pour la
déshydratation des produits thermolabiles.
La dernière étape consiste en la séparation du produit sec du gaz par l’intermédiaire d’un
système de récupération de type cyclone.
Le principe des systèmes de séchage par atomisation est représenté dans la figure ci-dessous
(Figure 79).
Sortie d’air
Chauffage
Buse
Chambre
d’atomisation
Filtre Cyclone
Entrée du produit à atomiser
Entrée d’air
L’atomisation est une technologie qui présente de nombreux avantages. Elle permet le
séchage de produits très dilués et malgré les valeurs extrêmes que peut atteindre la
195
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
(1)
Les rendements en % de matières sont exprimés en fonction des matières récupérées après cette étape et les
matières initialement présentes dans les rétentats décolorés
196
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Les rendements en matières organiques obtenus sont légèrement inférieurs à ceux obtenus
pour la production des hémicelluloses par précipitation éthanolique et très inférieurs à ceux
obtenus par lyophilisation. Ces rendements modestes sont dus à la perte d’une grande partie
de la suspension hémicellulosique par formation des films collants et gélifiants sur la paroi de
la chambre d’atomisation de l’atomiseur. Les propriétés très gélifiantes et collantes des ces
macromolécules et les viscosités élevés des solutions empêchent la pulvérisation et la
dispersion homogènes des suspensions pour en éliminer l’eau.
Les rendements en matières minérales de l’atomisation sont très faibles et inférieurs à ceux
obtenus par précipitation éthanolique et par lyophilisation. Ce résultat est très avantageux et
souhaitable puisqu’il augmente la pureté des hémicelluloses produites.
L’utilisation de l’atomisation peut donc être envisagée pour la production industrielle des
poudres hémicellullosiques. Néanmoins, les conditions de fonctionnement (concentration des
extraits, température de séchage) doivent être optimisées afin de minimiser les pertes en
matière organique.
110
100
90
80
% de Matières
70
60
50
40
30
20
10
0
Figure 80 : Composition chimique en matières des poudres hémicellulosiques produites par précipitation
éthanolique, lyophilisation et atomisation, (cf. Figure 67 pour la codification)
197
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
La composition en ces matières et molécules est assez similaires pour toutes les poudres
produites, quelques soient les conditions de traitement, ce qui est assez logique car elles
proviennent toutes du même extrait alcalin produit lors de l’étape de l’extrusion. Il apparaît
que les différentes étapes de purification subites n’interfèrent pas au niveau de ces
compositions, les quantités de matières organiques et d’hémicelluloses en particulier
augmentent à peine de 5% après ces étapes.
Au contraire, la composition en matières minérales est très dépendante de ces traitements. Le
taux de matières minérales diminue dans les poudres produites par précipitation alcoolique
après les étapes d’ultrafiltration et de chromatographie sur résine échangeuse d’anion par
rapport à celui présent dans les poudres obtenues par précipitation directe après évaporation,
et ce pour les deux techniques de séparation Liquide/Solide utilisées. Ce résultat est
souhaitable car il augmente la pureté des hémicelluloses isolées et conserve leurs propriétés
rhéologiques et viscosifiantes.
En revanche, ce taux est plus élevé dans les poudres produites par lyophilisation. En effet, les
sels minéraux qui n’ont pas été éliminés par l’ultrafiltration et qui restent présents dans les
rétentats décolorés et lyophilisés, sont récupérés avec les hémicelluloses lors de cette étape.
Les poudres obtenues par atomisation possèdent le taux en matière minérale le moins élevé
par rapport à toutes les poudres produites. Ceci peut être expliqué par le fait que les sels
minéraux, possèdant de petites tailles moléculaires par rapport aux macromolécules
hémicellulosiques, sont éliminés lors de la séparation dans le cyclone de l’atomiseur.
Toutes ces observations montrent que finalement, même si l’étape de précipitation
éthanolique constitue une étape supplémentaire de purification des hémicelluloses, elle n’est
pas la seule méthode permettant de produire de poudres hémicellulosiques. Elle peut être bien
remplacée par la lyophilisation mais plus avantageusement par l’atomisation.
A noter que moins de 60% de la composition en matière organique des poudres
hémicellulosiques a été identifiée dans le cas de l’extrusion combiné paille/son, alors que
l’identification dépassait les 80% dans le cas de l’extraction agité du mélange paille/son à
l’échelle laboratoire. Ceci est probablement du au fait que l’extrusion peut entraîner la co-
extraction de nombreuses autres molécules qui se retrouvent dans les poudres finales
(pectines, cires végétales,…).
198
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
40
35
30
% Hémicelluloses
25
20
15
10
Figure 81 : Composition en sucres et pureté des hémicelluloses produites à l’échelle pilote, les % sont
exprimés en fonction des matières organiques des poudres hémicellulosiques
199
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
L* a* b*
Etape de séparation Liquide/Solide : Centrifugation
Tableau 37 : Etude des couleurs des poudres hémicellulosiques produites à l’échelle pilote selon la
Commission Internationale de l’Eclairage (CIE) par mesure des indices de couleur (L*a*b*), (cf. Figure
67 pour la codification)
Les indices de couleur des poudres produites dans le procédé utilisant la centrifugation
comme technique de séparation Liquide/Solide sont très similaires à ceux des poudres
produites dans le procédé utilisant une séparation Liquide/Solide par filtration centrifuge. Il
200
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
paraît que cette étape n’a aucune influence sur les couleurs des hémicelluloses obtenues. Au
contraire, les indices L*, a* et b* varient selon les technologies utilisées afin de les produire.
L’indice de clarté L* augmente pour les poudres produites par précipitation éthanolique après
les étapes de purification par ultrafiltration et chromatographie sur résine échangeuse d’anion,
cet indice indique le degré de blancheur des poudres qui deviennent plus claires après
l’élimination des composants colorants indésirables. Les indices a* et b* de ces poudres
varient légèrement après la purification, les poudres possèdent des teintes qui tendent
légèrement vers le rouge et le jaune.
En ce qui concerne les hémicelluloses produites par lyophilisation, l’indice L* chute
remarquablement, et il est le plus petit parmi tous les autres. Les poudres ainsi obtenues
perdent de leur teinte blanche et la valeur de l’indice b* montre qu’elles gagnent en coloration
jaune. La production d’hémicelluloses par atomisation donne les poudres les plus claires,
l’indice L* les caractérisant est le plus élevé. Ces poudres possèdent une valeur assez élevée
pour l’indice b* indiquant une coloration jaunâtre. Cette coloration est due à l’oxydation de
certaines molécules, sous l’effet de la température lors de l’atomisation, mais également à des
réactions de types Maillard produisant des molécules colorées.
L’aspect des hémicelluloses obtenues après les différentes étapes du procédé, avant d’être
broyées en poudres, est présenté dans la figure ci-dessous (Figure 82).
Pd – E – C – Ev – P Pd – E – C – UF – P Pd – E – C – UF – CHR – P
Pd – E – C – UF – CHR – L Pd – E – C – UF – CHR – A
Lyophilisation Atomisation
du du
rétentat de l’ultrafiltration rétentat de l’ultrafiltration
après après
décoloration par percolation sur résine décoloration par percolation sur résine
Figure 82 : Aspect des poudres hémicellulosiques produites après les différentes étapes de traitement du
procédé
201
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote
Les hémicelluloses obtenues par précipitation éthanolique présentent un aspect cassant avec
des couleurs variables selon les traitements subits. Ces hémicelluloses nécessitent d’être
broyée pour avoir un aspect homogène valorisable par la suite. La lyophilisation permet
d’obtenir directement une poudre granuleuse et légèrement spongieuse, l’aspect homogène est
facilement obtenu par broyage ou frottement à la main. L’atomisation, quant à elle, permet de
produire une poudre jaune, très fine et facilement valorisable. A noter que la structure, en
particulier la finesse, des poudres hémicellulosiques est un paramètre qui influe fortememt sur
la mesure de la coloration.
IX. Conclusion
L’extrapolation du procédé de production des hémicelluloses à partir du son et de la paille de
blé à l’échelle pilote a permis de produire des poudres hémicellulosiques de pureté de 32%.
Cette pureté augmente à 38% en intégrant au procédé des techniques de purification et de
décoloration des suspensions hémicellulosiques telles que l’ultrafiltration et la
chromatographie sur résine échangeuse d’anion, mais reste toujours inférieure à celle obtenue
après les mêmes traitements à l’échelle laboratoire.
Les technologies employées au fur et au mesure de la progression du procédé vers la
production finale n’a aucune influence sur la composition finale en matière organique des
hémicelluloses, ni sur leurs compositions en monosaccharides constitutifs des chaînes
xylaniques.
Au contraire, et pour la dernière étape du procédé qu’est la production et l’isolement des
poudres hémicellulosiques, les techniques utilisées paraissent avoir un grand impact sur le
taux des sels minéraux présents dans ces poudres. En effet, la précipitation éthanolique et
l’atomisation permettent d’avoir une poudre avec un taux de sels minéraux très faibles. En
revanche, l’emploi de la lyophilisation comme technique de production a le désavantage de
conserver dans les poudres finales toute la quantité minérale restant dans l’extrait
hémicellulosique après les étapes de purification et notamment l’ultrafiltration.
Les couleurs et aspects des hémicelluloses obtenues varient selon les traitements, mais au
final et après broyage dans certains cas, toutes les poudres produites se trouvent sous une
forme facilement valorisable, notamment pour la production des films hémicelllosiques.
Finalement, il apparaît que le procédé combinant l’extrusion, l’ultrafiltration, la
chromatographie d’échange d’ions et l’atomisation conduit à la production d’une poudre
hémicellulosique ayant des propriétés comparables à celle obtenue par la précipitation
éthanolique qui est relativement la technique de référence.
Néanmoins, la pureté de la poudre et sa coloration reste trop importante pour envisager une
application industrielle. De plus, l’étape d’atomisation doit encore être optimisée afin
d’obtenir des rendements de récupération plus élevés.
202
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Ce chapitre comprend les analyses effectuées et les études menées lors de l’étape de
l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques obtenus à l’échelle laboratoire et à l’échelle pilote
afin de comprendre les limitations de cette étape et les phénomènes intervenant tels que les
phénomènes de polarisation de concentration au niveau de la surface membranaire et les phénomènes
de colmatage de la membrane. De plus, des solutions modèles ont été préparées à partir des
hémicelluloses produites afin de mieux comprendre ces phénomènes.
203
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
204
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
I. Introduction
Rappelons que l’ultrafiltration a été intégrée dans le procédé de production des hémicelluloses
du son et de la paille de blé en tant qu’une étape de concentration et de purification.
Cependant, l’application d’une telle technique nécessite de mettre au point les conditions
opératoires permettant d’obtenir les résultats souhaitées, ainsi que de déterminer le type de
membrane à utiliser et ses caractéristiques.
En effet, les conditions optimales d’une telle technique ne sont pas faciles à déterminer car le
volume hydrodynamique des solutions à ultrafiltrer n’est pas directement lié au poids
moléculaires des molécules en question, ici les hémicelluloses. La flexibilité et les
ramifications de ces macromolécules agissent sur leur perméabilité à travers les pores et donc
sur le choix du seuil de coupures des membranes. Les biopolymères agissent aussi sur la
viscosité de la solution et risquent ainsi de former des dépôts au niveau des membranes
d’ultrafiltration.
Des études antérieures (Maréchal et al., 2004), menées sur des extraits hémicellulosiques
obtenus par extraction agitée et par extrusion, ont montré que l’ultrafiltration des suspensions
hémicellulosiques est possible dans des modules en fibres creuses et dans des modules en
cassettes. Les membranes utilisées étaient des membranes en polyéthersulfone ou des
membranes en acétate de cellulose possédant des seuils de coupure compris entre 1 kDa et 50
kDa. Les meilleurs résultats ont été obtenus avec les membranes en polyéthersulfone dans les
modules en fibres creuses pour les seuils de coupure compris entre 10 et 50 kDa selon que les
extraits proviennent de l’extrusion ou de l’extraction agitée.
Ces études antérieures ont guidées nos choix pour les membranes et les conditions opératoires
et de ce fait l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques, obtenus à l’échelle laboratoire et à
l’échelle pilote, a été menée avec des membranes fibres creuses en polyéthersulfone possédant
un seuil de coupure de 30 kDa.
Afin de comprendre les limitations de cette étape, les phénomènes qui régissent la filtration
(polarisation de concentration et colmatage) et les mécanismes de séparation, l’ultrafiltration a
été menée en mode boucle (recyclage du rétentat et du perméat dans la solution
d’alimentation), dans de différentes conditions hydrodynamiques (pression transmembranaire
et vitesse tangentielle).
L’ultrafiltration a également été menée sur des solutions modèles reconstituées à partir des
poudres hémicellulosiques produites afin de comprendre l’influence de la composition sur les
performances de la filtration.
205
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
120
Flux des perméats (kg/h.m 2 )
110
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Temps (min)
Figure 83 : Extraits hémicellulosiques du son : Evolution des flux des perméats au cours du temps lors de
« l’ultrafiltration des extraits alcalins » ; Pression = 1,4 Bar ; Vitesse Tangentielle = 0,8 m/s ; T = 20°C
206
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
120
Temps (min)
Figure 84 : Extraits hémicellulosiques du son : Evolution des flux des perméats au cours du temps lors de
« l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés » ; Pression = 1,4 Bar ; Vitesse Tangentielle = 0,8 m/s ; T =
20°C
Cette différence peut être expliquée par le fait que les viscosités de ces solutions sont
supérieures à celle de l’eau (Tableau 38) ou bien par le fait qu’une couche de polarisation de
concentration et/ou des phénomènes de colmatage commencent à apparaître.
Tableau 38 : Composition en matière sèche des extraits alcalins et des extraits alcalins décolorés et
variation de la viscosité de ces solutions avec le rapport NaOH/son
L’évolution des flux des perméats au cours du temps est suivie pour les différentes solutions
afin de déterminer la valeur de ces flux à l’état stationnaire.
Les courbes tracées montrent que quelques soient les conditions de fonctionnement choisies
(pression et vitesse tangentielle), et quelques soient le type de solution à filtrer (décolorée ou
non), une légère et progressive diminution est observée au cours du temps et un état quasi-
stationnaire est atteint après 40 minutes de filtration pour une condition fixée. Dans tous les
cas, la décroissance n’est que de 15% maximum.
207
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
120
Flux des perméats (kg/h.m 2 )
110
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Temps(min)
Figure 85 : Extraits hémicellulosiques de la paille : Evolution des flux des perméats au cours du temps lors
de « l’ultrafiltration des extraits alcalins » ; Pression = 1,4 Bar ; Vitesse Tangentielle = 0,8 m/s ; T = 20°C
208
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
120
Temps(min)
Figure 86 : Extraits hémicellulosiques de la paille : Evolution des flux des perméats au cours du temps lors
de « l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés » ; Pression = 1,4 Bar ; Vitesse Tangentielle = 0,8 m/s ;
T = 20°C
De la même façon, cette différence peut être expliquée par le fait que les viscosités de ces
solutions sont supérieures à celle de l’eau (Tableau 39) ou bien par le fait qu’une couche de
polarisation de concentration et des phénomènes de colmatage commencent à se mettre en
place.
Tableau 39 : Composition en matière sèche des extraits alcalins et des extraits alcalins décolorés et
variation de la viscosité de ces solutions avec le rapport NaOH/paille
Les flux des perméats restent pratiquement constants au cours du temps (Figure 85 et Figure
86), puisque l’écart maximum entre les flux sur les 40 minutes de filtration pour une même
solution est de moins de 10%, et le plus souvent de moins de 5%. Cette stabilité indique que
le colmatage de la membrane lors de la filtration est faible, parce que sinon, les flux des
perméats auraient diminué de manière plus importante.
Le flux à l’état stationnaire des différentes solutions diminue significativement avec
l’augmentation du rapport NaOH/paille pour les deux types des extraits (extraits alcalins et
209
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
extraits alcalins décolorés). En effet, dans le cas de l’ultrafiltration des extraits décolorés, il
passe de 57,5 kg/h.m2 pour le rapport NaOH/paille le plus faible à 32 kg/h.m2 pour le rapport
NaOH/paille le plus élevé. De même, il passe de 55,7 kg/h.m2 à 31,8 kg/h.m2 dans le cas de
l’ultrafiltration directe de l’extrait alcalin. Cette diminution peut être expliquée par la viscosité
des solutions qui augmente avec la teneur en NaOH, la composition de ces solutions, et
notamment celle en NaOH, qui est modifiée en fonction de la concentration de la solution
extractante et la nature épaississante des molécules extraites.
Les tracés des courbes ne montrent pas de différence significative entre les flux de filtration
obtenus avec les extraits alcalins et les extraits alcalins décolorés. Etant donné que les extraits
alcalins n’entraînent pas de colmatage significatif, l’élimination des molécules colorantes par
percolation sur résine ne génère pas de changement important lors de l’ultrafiltration des
extraits décolorés.
Dans tous les cas et pour les extraits alcalins et les extraits alcalins décolorés, les flux sont
toujours supérieurs à ceux obtenus dans le cas de l’ultrafiltration des extraits
hémicellulosiques du son. Cela peut être du à la structure des hémicelluloses de la paille qui
est moins ramifiée et différente de celle des hémicelluloses du son provoquant des variations
dans les valeurs des viscosités qui sont moins élevées pour les extraits de la paille que pour les
extraits du son. Il est donc probable, qu’en plus de la charge minérale, les molécules extraites
et notamment les hémicelluloses interviennent dans les mécanismes de filtration.
120
Flux des perméats (kg/h.m2 )
110
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Temps(min)
Figure 87 : Extraits hémicellulosiques du mélange paille/son : Evolution des flux des perméats au cours du
temps lors de l’ultrafiltration de l’extrait alcalin et de l’extrait alcalin décoloré ; Pression = 1,4 Bar ;
Vitesse Tangentielle = 0,8 m/s ; T = 20°C
210
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Les valeurs de ces flux pour les deux types de solution sont pratiquement inchangées et sont
très comparables avec celles obtenues lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques du
son seul. De même, il est probable que la diminution des flux est associée à la viscosité de la
solution, et à la composition en hémicelluloses et la concentration en NaOH qui peuvent
provoquer un colmatage progressif de la membrane.
211
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
60 NaOH/son = 0,5
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
40 NaOH/son = 1
Flux des perméats
30
(kg/h.m2)
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
25 NaOH/son = 2
Flux des perméats
20
15
(kg/h.m2)
10
5
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
15 NaOH/son = 4
Flux des perméats
10
(kg/h.m2)
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
Figure 88 : Extraits hémicellulosiques du son : Influence de la pression transmembranaire (PTM) sur les
flux de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins à différentes vitesses tangentielles
Lors de la filtration, des molécules amenées tangentiellement sur la membrane peuvent être
retenues à la surface membranaire. Ces molécules s’accumulent et font augmenter la
concentration près de la membrane, qui devient donc supérieure à la concentration de la
212
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
213
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
de la couche primaire, et donc son influence sur les valeurs des flux des perméats. Cet effet
aurait principalement lieu à faible vitesse tangentielle, lorsque l’influence de la couche de
polarisation est la plus forte.
60 NaOH/son = 0,5
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
40 NaOH/son = 1
Flux des perméats
30
(kg/h.m2)
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
25 NaOH/son = 2
Flux des perméats
20
15
(kg/h.m2)
10
5
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
15 NaOH/son = 4
Flux des perméats
10
(kg/h.m2)
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
Figure 89 : Extraits hémicellulosiques du son : Influence de la pression transmembranaire (PTM) sur les
flux de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
214
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
40
20
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
80 NaOH/paille = 1
Flux des perméats
60
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
60 NaOH/paille = 2
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
60 NaOH/paille = 4
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
Figure 90 : Extraits hémicellulosiques de la paille: Influence de la pression transmembranaire sur les flux
de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins à différentes vitesses tangentielles
215
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Les tracés des valeurs des flux de perméation obtenus pour l’ultrafiltration des extraits
alcalins montrent que pour toutes les vitesses tangentielles étudiées, les flux des perméats
augmentent linéairement avec la pression. Ceci permet de supposer qu’il n’apparaît pas de
couche de polarisation de concentration. En effet, lorsqu’une couche de polarisation de
concentration se met en place à la surface membranaire, le flux de perméat augmente de
manière plutôt logarithmique puis atteint une valeur maximale au moment où la couche se
réorganise pour former un gel (polarisation secondaire). La filtration des extraits alcalins de la
paille serait donc principalement limitée par les viscosités des solutions, comparées à celles de
l’eau (Tableau 39). D’autre part, les flux des perméats obtenus sont nettement supérieurs à
ceux obtenus lors de la filtration des extraits hémicellulosiques du son. Ceci peut être dû aux
viscosités différentes des solutions ainsi qu’à la différence existante au niveau de la
composition des extraits, qui en termes de molécules présentes, change les mécanismes de
séparation et de filtration. De plus, l’augmentation de la concentration de la solution
extractante, donc l’augmentation des rapports NaOH/paille provoque la diminution des
valeurs des flux de perméation, cela permet de supposer que la charge minérale intervient
dans les mécanismes de filtration.
L’évolution des flux des perméats avec la variation de la pression pour les extraits alcalins
décolorés (Figure 91) ne montre pas de différence significative par rapport à celle des extraits
alcalins. Ceci est cohérent par rapport à l’absence de la couche de polarisation de
concentration et du colmatage. Le traitement par percolation sur résine ne modifie
apparemment pas le comportement rhéologique des extraits, et par la suite ne modifie pas les
flux des perméats obtenus.
80
60
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
80 NaOH/paille = 1
Flux des perméats
60
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
Figure 91 : Extraits hémicellulosiques de la paille : Influence de la pression transmembranaire sur les flux
de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
216
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
80 NaOH/paille = 2
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
60 NaOH/paille = 4
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
Suite Figure 91: Extraits hémicellulosiques de la paille : Influence de la pression transmembranaire sur les
flux de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
30
Flux des perméats
20
(kg/h.m2)
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
217
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
La percolation sur résine et l’élimination des molécules colorantes ne semble pas intervenir au
niveau de l’ultrafiltration (Figure 93), les valeurs des flux initiaux et finaux, dans les deux cas
des extraits alcalins et des extraits alcalins décolorés, sont pratiquement identiques. Il est
probable que les molécules fixées sur la résine n’interviennent pas dans la mise en place de la
couche de polarisation de concentration, ni dans les phénomènes de colmatage de la
membrane, ou bien que la quantité de molécules retenues n’entraine pas un changement
significatif.
30
Flux des perméats
25
20
(kg/h.m2)
15
10
5
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (Bar)
218
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
60 NaOH/son = 0,5
Flux des perméats 50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
40 NaOH/son = 1
Flux des perméats
30
(kg/h.m2)
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
25 NaOH/son = 2
Flux des perméats
20
15
(kg/h.m2)
10
5
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
15 NaOH/son = 4
Flux des perméats
10
(kg/h.m2)
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Figure 94 : Extraits hémicellulosiques du son: Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins à différentes vitesses tangentielles
219
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
60 NaOH/son = 0,5
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
40 NaOH/son = 1
Flux des perméats
30
(kg/h.m2)
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
25 NaOH/son = 2
Flux des perméats
20
15
(kg/h.m2)
10
5
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Figure 95 : Extraits hémicellulosiques du son: Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
220
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
15 NaOH/son = 4
(kg/h.m2)
5
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Suite Figure 95 : Extraits hémicellulosiques du son: Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
Pour les extraits alcalins décolorés des rapports NaOH/son de 2 et 4, la vitesse tangentielle n’a
pratiquement aucune influence, même si les flux sont légèrement augmentés avec
l’augmentation de la pression. Pourtant, les valeurs des flux initiaux sont plus élevées que
pour les extraits alcalins, mais celles des flux finales sont très proches. Il est probable que les
molécules fixées par la résine lors de la percolation sur cette dernière ne soient pas impliquées
dans la formation de la couche de polarisation de concentration.
En revanche, pour les extraits alcalins décolorés des rapports NaOH/son de 0,5 et 1, les
valeurs des flux des perméats augmentent nettement avec l’augmentation de la vitesse
tangentielle pour toutes les pressions étudiées. Les résultats obtenus sont pratiquement
identiques, que l’ultrafiltration ait lieu sur les extraits alcalins ou sur les extraits alcalins
décolorés. Pour ces rapports de NaOH/son, les flux sont plus élevés que pour les rapports de 2
et 4, il est probable que ces flux ne sont pas limités par le même type de couche polarisante ou
de colmatage. La couche moins cohésive serait éliminée plus facilement par l’écoulement
tangentiel, et formerait une couche plus perméable.
221
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Par comparaison aux valeurs des flux obtenus lors de l’ultrafiltration des extraits du son, les
valeurs initiales des flux dans le cas des extraits de la paille sont plus élevées, il est probable
que la couche polarisante est beaucoup moins influente et que sa structure, si elle est présente,
est différente.
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
80 NaOH/paille = 1
Flux des perméats
60
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
60 NaOH/paille = 2
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
60 NaOH/paille = 4
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Figure 96 : Extraits hémicellulosiques de la paille: Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins à différentes vitesses tangentielles
222
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
L’évolution des flux de perméation avec l’augmentation de la vitesse tangentielle pour les
extraits alcalins décolorés (Figure 97) montre pratiquement les mêmes allures qu’avec les
extraits alcalins. A faible concentration en NaOH (rapport NaOH/paille de 0,5), la vitesse
tangentielle a la plus grande action, les flux de perméation étant les plus élevés ; la couche de
polarisation de concentration doit être la moins significative.
40
20
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
80 NaOH/paille = 1
Flux des perméats
60
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
80 NaOH/paille = 2
Flux des perméats
60
(kg/h.m2)
40
20
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
60 NaOH/paille = 4
Flux des perméats
50
40
(kg/h.m2)
30
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Figure 97 : Extraits hémicellulosiques de la paille: Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
223
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
25
Flux des perméats
20
15
(kg/h.m2)
10
5
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Figure 98 : Extraits hémicellulosiques du mélange paille/son: Influence de la vitesse tangentielle sur les
flux de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins à différentes vitesses tangentielles
L’action de la vitesse tangentielle est identique lorsque l’ultrafiltration est réalisée sur les
extraits alcalins décolorés après l’étape de décoloration par chromatographie d’échange d’ions
(Figure 99). Ceci indique que les molécules fixées par la résine n’interviennent probablement
pas dans la formation de la couche de polarisation de concentration, l’impact du traitement
chromatographique reste peu significatif sur les valeurs des flux des perméats.
30
Flux des perméats
25
20
(kg/h.m2)
15
10
5
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2
u (m/s)
PTM = 0,8 bar PTM = 1,2 bar PTM = 1,6 bar PTM = 2 bar
Figure 99 : Extraits hémicellulosiques du mélange paille/son: Influence de la vitesse tangentielle sur les
flux de perméation lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins décolorés à différentes vitesses tangentielles
224
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
225
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
est obtenue à 1,6 bars, en revanche, la concentration près de la membrane paraît plus petite
que dans le cas précèdent, elle est de 167,6 kg/m3 à 0,4 m/s et de 200,9 kg/m3 à 0,8 m/s.
40
35
30
Jlim (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
1 10 100
Figure 100 : Variation du flux du perméat en fonction de la teneur en matière sèche lors de
l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques du son
226
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
40
35
30
Jlim (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
1 10 100
40
35
30
Jlim (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
1 10 100
40
35
30
Jlim (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
1 10
Hémicelluloses (kg/m 3 )
Figure 101 : Variation du flux du perméat en fonction de la teneur en matière minérale, en matière
organique et en hémicelluloses lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques du son
227
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
18
16
14
Jlim (kg/h.m 2 )
12
10
8
6
4
2
0
0,1 1 10 100
Matières (kg/m 3 )
Figure 102 : Variation du flux du perméat en fonction de la teneur en matières sèche, minérale, organique
et en hémicelluloses lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques décolorés du son (u = 0,4 m/s ;
PTM = 1 bar ; T = 20°C)
Rappelons que le terme matière organique désigne toutes molécules organiques présentes
dans les extraits, donc les molécules colorantes y sont incluses. L’élimination des ces
molécules lors de l’étape de percolation sur résine, n’a pas l’air d’intervenir dans le
phénomène de polarisation de concentration. Il est probable que les rendements d’élimination
de ces molécules ne sont pas très importants pour que ces dernières y puissent intervenir, ou
bien que leur concentration dans les extraits ne soit pas très importante par rapport aux autres
molécules.
228
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
70
60
Jlim (kg/h.m 2 )
50
40
30
20
10
0
1 10 100
70
60
Jlim (kg/h.m 2 )
50
40
30
20
10
0
1 10 100
70
60
Jlim (kg/h.m 2 )
50
40
30
20
10
0
1 10 100
70
60
Jlim (kg/h.m 2 )
50
40
30
20
10
0
0,1 1 10
Hémicelluloses (kg/m 3 )
Figure 103 : Variation du flux du perméat en fonction de la teneur en matières sèche, minérale, organique
et en hémicelluloses lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques de la paille
229
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
L’ultrafiltration des extraits décolorés (Figure 104) décrit les mêmes observations que les
extraits non décolorés. Les molécules colorantes n’interviennent pas forcément dans le
phénomène de polarisation de concentration, ou bien leur intervention est très négligeable.
40
35
30
Jlim (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
0,1 1 10 100
Matières (kg/m 3 )
Figure 104 : Variation du flux du perméat en fonction de la teneur en matières sèche, minérale, organique
et en hémicelluloses lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques décolorés de la paille (u = 0,4
m/s ; PTM = 1 bar ; T = 20°C)
230
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Tableau 40 : Valeurs des résistances à l’écoulement lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques
du son
231
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
concentration mais leur effet est faible puisque les valeurs de la résistance réversible restent
assez élevés et les valeurs des flux des perméats à l’état stationnaire sont très comparables
avec celles obtenues pour les extraits alcalins sans décoloration.
L’augmentation de la valeur de Rrév peut être expliquée par trois hypothèses différentes. La
première hypothèse est que la couche de polarisation soit essentiellement formée à partir de
sels minéraux apportés par la solution extractante et l’augmentation de la concentration de ces
sels fait augmenter la résistance provoquée par leur présence dans la couche.
La deuxième hypothèse est que l’augmentation du rapport NaOH/son favorise l’extraction des
molécules qui peuvent être à l’origine de la formation de la couche de polarisation,
notamment des hémicelluloses, rappelons qu’à faible concentration en NaOH, l’extraction des
β-glucanes est favorisée par rapport à celle des hémicelluloses.
La troisième hypothèse est que l’augmentation de la viscosité des extraits avec le rapport
NaOH/son (Tableau 38) peut favoriser la formation d’une couche de polarisation de
concentration et augmenter ainsi la résistance née à partir de cette couche. L’augmentation de
la viscosité peut être due à l’extraction favorisée des hémicelluloses à NaOH/son élevé,
puisque ces polysaccharides possèdent des propriétés viscosifiantes très importantes.
Quant à la valeur de la résistance Rirrév, due au dépôt irréversible et au colmatage de la
membrane, celle-ci augmente aussi avec le rapport NaOH/son, mais elle reste très inférieure à
celle de Rrév. Le colmatage peut être provoqué par la présence de molécules de faibles poids
moléculaires, ces molécules peuvent s’adsorber à la surface membranaire ou bien être
bloquées dans les pores de la membrane. De plus, à forte concentration en hydroxyde de
sodium, les chaînes moléculaires, et notamment les chaînes hémicellulosiques peuvent se
dégrader et libérer ainsi des oligosaccharides ou des monosaccharides dans le milieu, ces
derniers ont peut être des tailles qui peuvent boucher les pores et induire un colmatage
irréversible.
La diminution des flux des perméats lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques du
son est donc essentiellement liée à la présence de la couche de polarisation de concentration,
aux viscosités des extraits et au colmatage de la membrane.
232
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Tableau 41 : Valeurs des résistances à l’écoulement lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques
de la paille
233
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
NaOH/son = 2
4,0.1012 14,4.1012 3,3.1012 4,1.1012 13,9.1012 3,1.1012
Paille/son = 1
Tableau 42 : Valeurs des résistances à l’écoulement lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques
du mélange paille/son
234
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
80
70
60
J(kg/h.m 2 )
50
40
30
20
10
0
0 0,001 0,002 0,003 0,004 0,005 0,006 0,007 0,008
Viscosité (Pa.s)
Figure 105 : Evolution du flux du perméat en fonction de la viscosité des extraits hémicellulosiques du son
à différents rapport NaOH/son et à pression constante (PTM = 1,4 bars)
Dans le cas de l’ultrafiltration des hémicelluloses de la paille (Figure 106), le même tracé
montre la même allure, les flux diminuent avec l’augmentation de la viscosité.
Les flux calculés, dans ce cas, sont très similaires à ceux obtenus expérimentalement lors de
l’ultrafiltration des extraits de la paille, sauf pour la plus petite viscosité. Ceci permet de
conclure et de confirmer que, dans le cas des hémicelluloses de la paille, le paramètre limitant
le flux de perméation est principalement la viscosité des extraits. Les phénomènes de
colmatage et de polarisation de concentration étant pratiquement négligeables.
Dans les deux cas du son et de la paille, la décoloration des extraits ne semble pas réellement
avoir d’effet sur l’ultrafiltration et la réduction des flux sous l’effet de la viscosité.
90
80
70
60
J(kg/h.m 2 )
50
40
30
20
10
0
0 0,001 0,002 0,003 0,004 0,005 0,006
Viscosité (Pa.s)
Figure 106 : Evolution du flux du perméat en fonction de la viscosité des extraits hémicellulosiques de la
paille à différents rapport NaOH/paille et à pression constante (PTM = 1,4 bars)
235
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
30
Flux des perméats (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
0 10 20 30 40 50 60 70
Temps (min)
Figure 107 : Extrusion bi-vis combinée paille/son : Evolution des flux des perméats au cours du temps lors
de l’ultrafiltration des extraits alcalins à l’issu de la centrifugation et de la filtration centrifuge; Pression =
1,4 Bar ; Vitesse Tangentielle = 0,8 m/s
Bien que les valeurs obtenues soient très comparables avec celles obtenues lors de
l’ultrafiltration du mélange paille/son à l’échelle laboratoire, le comportement est différent. Il
semble que le colmatage soit plus prononcé dans ce cas et continue à évoluer au cours du
temps. Ceci peut être du à la différence de concentration en molécules présentes, ainsi qu’à la
nature différente des molécules extraites, qui est fonction de la technologie employée pour
236
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
l’extraction. Rappelons que l’Extrait alcalin – Centrifugation contient 24,3 kg/m3 en matière
sèche, l’Extrait alcalin – Filtration centrifuge en contient 25,9 kg/m3.
Le flux obtenu après une heure de recyclage du perméat et du rétentat dans la solution
d’alimentation (19,2 kg/h.m2 pour l’Extrait alcalin – Centrifugation et 17,7 kg/h.m2 pour
l’Extrait alcalin – Filtration centrifuge) a néanmoins été considéré comme stabilisé, bien que
cela ne soit pas tout à fait exact, puisque sur les 10 dernières minutes la variation était encore
de 10%. Ce choix est lié à la contrainte de production associée à ces essais, qui nécessitent de
nombreux post-traitement, et à la difficulté de conserver les extraits sans les dénaturer.
50
Flux des perméats
40
(kg/h.m2 )
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (bar)
Figure 108 : Extrusion bi-vis combinée paille/son : Influence de la pression transmembranaire sur les flux
de perméation lors de l’ultrafiltration de l’extrait alcalin à l’issu de la centrifugation à différentes vitesses
tangentielles
50
Flux des perméats
40
(kg/h.m2 )
30
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (bar)
Figure 109 : Extrusion bi-vis combinée paille/son : Influence de la pression transmembranaire sur les flux
de perméation lors de l’ultrafiltration de l’extrait alcalin à l’issu de la filtration centrifuge à différentes
vitesses tangentielles
237
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Le taux d’augmentation entre 0,6 bar et 2 bars est de 90% dans tous les cas. De plus, la vitesse
tangentielle semble avoir une influence sur ces flux, en effet, le flux initial augmente de 7,1
kg/h.m2 à 17,7 kg/h.m2 pour l’extrait à l’issu de la centrifugation et de 8,2 kg/h.m2 à 17,3
kg/h.m2 pour l’extrait à l’issu de la filtration centrifuge lorsque la vitesse tangentielle est
augmentée de 0,6 m/s à 1 m/s.
Ces observations permettent de conclure qu’il n’y a pas eu formation d’une couche de
polarisation de concentration (secondaire), ou bien que si elle est formée, elle est très
négligeable et pas très conséquente. Il paraît que les conditions favorisant sa formation ne sont
pas réunies. Rappelons que, la concentration en sels minéraux reste faible par rapport à celle
des extraits de l’échelle laboratoire puisque le rapport NaOH/Matière végétale utilisé est
beaucoup plus faible. Ajoutons à cela que la concentration en matière organique des extraits
n’est également pas très élevée, puisqu’elle est de 13,8 kg/m3 pour l’Extrait – Centrifugation
et de 15,1 kg/m3 pour l’Extrait – Filtration centrifuge.
A partir de ce qui précède, il est possible de formuler l’hypothèse suivante : l’essentielle
limitation du flux de perméation, en plus du colmatage possible de la membrane, peut être la
viscosité des extraits qui est très élevée par rapport aux extraits à l’échelle laboratoire, en effet
elle est de 13.10-3 Pa.s.
A noter que les flux de perméation obtenus lors de l’ultrafiltration des extraits
hémicellulosiques produits par extrusion à l’échelle pilote sont beaucoup plus élevés que lors
de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques produits par extraction agitée à l’échelle
laboratoire. Cette différence majeure est principalement liée à la concentration en NaOH de la
solution extractante, qui est beaucoup plus élevée dans ce dernier cas.
238
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
50
(kg/h.m2)
20
10
0
0 0,5 1 1,5
u (m/s)
Figure 110 : Extrusion bi-vis combinée paille/son : Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration de l’extrait alcalin à l’issu de la centrifugation à différentes pressions
transmembranaires
50
Flux des perméats
40
30
(kg/h.m2)
20
10
0
0 0,5 1 1,5
u (m/s)
Figure 111 : Extrusion bi-vis combinée paille/son : Influence de la vitesse tangentielle sur les flux de
perméation lors de l’ultrafiltration de l’extrait alcalin à l’issu de la filtration centrifuge à différentes
pressions transmembranaires
239
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
NaOH/son = 0,5
5,0.1012 0,5.1012 6,8.1012 5,0.1012 0,4.1012 7,5.1012
Paille/son = 6,2
Tableau 43 : Valeurs des résistances à l’écoulement lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques
obtenus par extrusion bi-vis à l’échelle pilote
240
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Gel
Dépôt de sels
Membrane
Figure 112 : Hypothèse de représentation des phénomènes limitant le flux de perméation lors de
l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques du son de blé
De même, l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques de la paille de blé montre que le flux
de perméation est dépendant des conditions hydrodynamiques de la filtration, ces dernières
permettent de l’augmenter. Mais celui-ci, dans ce cas, est essentiellement limité par la
viscosité des extraits et par les phénomènes de colmatage (Figure 113).
Légère
polarisation
de concentration
Dépôt de sels
Membrane
Figure 113 : Hypothèse de représentation des phénomènes limitant le flux de perméation lors de
l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques de la paille de blé
En effet, les flux de perméation obtenus sont plus élevés que dans le cas précédent et le calcul
des valeurs des résistances à l’écoulement par le modèle de résistances en séries permettent de
conclure que la couche de polarisation formée n’est pas limitante.
Le colmatage réversible, est comme dans le cas précédent, lié à la présence de molécules de
dégradation associé à la forte concentration en sels minéraux étant donné que les mêmes
rapports NaOH/matière végétale sont utilisés dans les deux cas.
Le colmatage réversible peut être lié aux polysaccharides et à leur viscosité correspondante,
mais celui-ci n’évolue pas pour former un gel. Cela peut être du aux structures différentes des
ces polysaccharides qui sont moins ramifiés que dans le cas précédant et à leur concentration
qui est plus faible.
241
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Légère
polarisation
de concentration
Dépôt de molécules
de dégradation
Membrane
Figure 114 : Hypothèse de représentation des phénomènes limitant le flux de perméation lors de
l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques de l’extrusion bi-vis combinée paille/son
242
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
243
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
opposée par les solutions lors de l’application d’une contrainte tangentielle. La viscosité
apparente ou dynamique est alors définie par la relation suivante :
(Equation 11)
12
10
Contrainte (N/m 2 )
8
6
4
2
0
0 50 100 150 200 250 300 350
Figure 115 : Courbe d’écoulement des solutions hémicellulosiques modèles préparées à différentes
concentrations, T = 20°C
La valeur de la viscosité apparente de ces suspensions est calculée à partir de ces courbes
d’écoulement ; elle correspond à la viscosité moyenne à contrainte maximale appliquée
pendant 2 minutes.
Pour une contrainte variant linéairement de 1 à 10 N/m2, la viscosité est très dépendante de la
contrainte, elle varie, par exemple pour la solution d’hémicelluloses à 40 g/l, de 438,9.10-3
244
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Pa.s à 1 N/m2 jusqu’à 31,1.10-3 Pa.s à 10 N/m2. Pour la solution à 90 g/l en hémicelluloses,
elle varie de 1085.10-3 Pa.s à 1 N/m2 jusqu’à 92.10-3 Pa.s à 10 N/m2.
En effet, les concentrations des suspensions hémicellulosiques dissoutes dans l’eau sont assez
élevées, il est probable que même sous l’effet de la contrainte, le mouvement des chaînes de
ces macromolécules soit gouverné par des interactions inter-chaînes issus des liaisons
hydrogènes entre leurs groupements hydroxylés, qui gênent l’écoulement sous la contrainte
imposée. La viscosité est alors dépendante de la capacité de la contrainte à rompre un certain
nombre de ces liaisons.
Le caractère rhéofluidifiant est une résultante de l’augmentation de la contrainte qui, par
réduction des associations hémicellulosiques permet de réorienter ces dernières qui s’alignent
progressivement dans la direction de l’écoulement, ce qui diminue sensiblement la viscosité
aux plus fortes contraintes.
L’ensemble de ces observations est confirmés par le profil traduisant l’effet de la
concentration sur les valeurs de la viscosité (Figure 116).
La formation d’un réseau hémicellulosique de plus en plus dense, dans lequel de nombreuses
liaisons intermoléculaires s’établissent se traduit par des valeurs de viscosité qui augmentent
nettement avec l’augmentation de la concentration des solutions lorsque l’écoulement est
newtonien. Pour les solutions possédant un écoulement rhéofluidifiant, après une inflexion de
la courbe, la viscosité continue à augmenter avec la concentration.
Cette courbe montre également que la viscosité tend vers une valeur maximale qui correspond
à celle du gel qui commence à se former. Les hémicelluloses ne forment réellement un gel que
pour une concentration supérieure à 90 g/l.
120
Viscosité (.10-3 Pa.s)
100
80
60
40
20
0
0 20 40 60 80 100
Figure 116 : Variation de la viscosité (.10-3 Pa.s) en fonction de la concentration en hémicelluloses des
solutions modèles ; T = 20°C
245
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
246
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
40 90 g/l en hémicelluloses
J(Kg/h.m2)
20
10
0
0 20 40 60 80
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
40 80 g/l en hémicelluloses
Flux des perméats
30 μ=91,26.10 -3 Pa.s
J(Kg/h.m2)
20
10
0
0 20 40 60 80
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
50 70 g/l en hémicelluloses
Flux des perméats
40 μ=85,97.10 -3 Pa.s
J(Kg/h.m2)
30
20
10
0
0 20 40 60 80
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
50 60 g/l en hémicelluloses
Flux des perméats
40 μ=78,36.10 -3 Pa.s
J(Kg/h.m2)
30
20
10
0
0 20 40 60 80
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Figure 117 : Evolutions des flux des perméats au cours du temps lors de l’ultrafiltration des différentes
solutions modèles d’hémicelluloses, à différentes pressions transmembranaires pour une vitesse
tangentielle constante de 0,8 m/s ; T = 20°C
247
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
50 50 g/l en hémicelluloses
J(Kg/h.m2)
30
20
10
0
0 20 40 60 80
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
50 40 g/l en hémicelluloses
Flux des perméats
40 μ=25,96.10 -3 Pa.s
J(Kg/h.m2)
30
20
10
0
0 20 40 60 80
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Suite Figure 117 : Evolutions des flux des perméats au cours du temps lors de l’ultrafiltration des
différentes solutions modèles d’hémicelluloses, à différentes pressions transmembranaires pour une vitesse
tangentielle constante de 0,8 m/s ; T = 20°C
Cette évolution permet de noter en plus, que les flux initiaux deviennent plus élevés avec la
dilution de la solution au fur et à mesure de l’ultrafiltration pour arriver à la plus petite
concentration en hémicelluloses. Ceci permet de conclure que le colmatage de la membrane
est plutôt réversible, ce qui correspond bien à une couche de polarisation de concentration.
A noter que les valeurs des flux de perméation stabilisés sont proches de celles obtenues lors
de la filtration des extraits alcalins hémicellulosiques du son.
248
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
40
20
10
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (bar)
Figure 118 : Influence de la pression transmembranaire sur les flux de perméation à vitesse tangentielle
constante (0,8 m/s) pour les différentes solutions modèles à différentes concentration en hémicelluloses ; T
= 20°C
40
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Figure 119 : Influence de la concentration en hémicelluloses des solutions modèles d’hémicelluloses sur les
flux de perméation à différentes pressions transmembranaires et vitesse tangentielle constante (0,8 m/s) ;
T = 20°C
249
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
40
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
35
30
25
20
15
10
5
0
0 50 100 150 200
Temps (minutes)
Figure 120 : Evolution du flux du perméat au cours du temps lors de l’ultrafiltration en mode
concentration de la solution à 40 g/l en hémicelluloses
Ces tracés montrent que le flux diminue au cours du temps et avec l’augmentation de la
concentration de la solution d’alimentation par pallier. Ceci peut être expliqué par le fait que
la couche de polarisation de concentration formée évolue pendant les 25 premières minutes de
filtration et fait diminuer le flux, ensuite elle se stabilise pendant un certain temps. Au-delà de
130 minutes de filtration, une diminution très marquée est observée, cela peut être la
conséquence de la formation d’un gel.
250
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
25
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
20
15
10
5
0
0 10 20 30 40 50 60 70
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Figure 121 : Evolutions des flux des perméats au cours du temps lors de l’ultrafiltration d’une solution
modèle d’hémicelluloses (80 g/l) et de NaOH (20 g/l), à différentes pressions transmembranaires pour une
vitesse tangentielle constante de 0,8 m/s ; T = 20°C
40
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
35
30
25
20
15
10
5
0
0 10 20 30 40 50 60 70
Temps (minutes)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Figure 122 : Evolutions des flux des perméats au cours du temps lors de l’ultrafiltration d’une solution
modèle d’hémicelluloses (50 g/l) et de NaOH (10 g/l), à différentes pressions transmembranaires pour une
vitesse tangentielle constante de 0,8 m/s ; T = 20°C
251
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
35
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
30
25
20
15
10
5
0
0 0,5 1 1,5 2 2,5
PTM (bar)
Figure 123 : Influence de la pression transmembranaire sur les flux de perméation à vitesse tangentielle
constante (0,8 m/s) pour les différentes solutions modèles d’hémicelluloses et de sels minéraux ; T = 20°C
252
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
35
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
30
25
20
15
10
5
0
0 20 40 60 80 100
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Les mêmes allures sont observées en évaluant l’influence de la concentration en sels sur les
flux des perméats (Figure 125).
35
Flux des perméats J(Kg/h.m2)
30
25
20
15
10
5
0
0 5 10 15 20 25
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
Figure 125 : Influence de la concentration en NaOH des solutions modèles d’hémicelluloses et de sels sur
les flux de perméation à différentes pressions transmembranaires et vitesse tangentielle constante (0,8 m/s)
Après obtention de la solution la plus diluée (50 g/l d’hémicelluloses et 10 g/l de NaOH),
l’ultrafiltration en mode concentration (élimination du perméat) de cette solution était
appliquée. L’évolution du flux du perméat en fonction du temps a été étudiée (Figure 126).
253
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
30
Temps (minutes)
Figure 126 : Evolution du flux du perméat au cours du temps lors de l’ultrafiltration en mode
concentration de la solution modèle à 50 g/l en hémicelluloses et 10 g/l en NaOH
(Equation 12)
Cette forme est l’équation d’une droite exprimant l’évolution du flux du perméat J versus la
concentration de la solution d’alimentation C0. Ceci permet de calculer expérimentalement les
valeurs de la concentration à la surface membranaire Cg et le coefficient de transfert de
matière K.
Dans le cas des solutions modèles d’hémicelluloses, le tracé de cette évolution (Figure 127)
confirme bien la présence d’une couche de polarisation de concentration. La structure de cette
254
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
45
40
35
Jlim (kg/h.m 2 )
30
25
20
15
10
5
0
1 10 100
Hémicelluloses (g/l)
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
K (m/s) Cg (g/l)
255
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Lorsque la théorie du modèle du film est appliquée sur l’ultrafiltration des solutions modèles
d’hémicelluloses et de sels minéraux (Figure 128), les mêmes allures de courbes obtenues
précédemment sont observées.
L’évolution du flux du perméat est tracée, dans ce cas, en fonction de la matière sèche de la
solution, qui exprime la concentration en hémicelluloses et en NaOH. Ces allures permettent
de conclure qu’il est probable que l’hydroxyde de sodium participe avec les hémicelluloses à
la formation de la couche de polarisation de concentration, ce qui était le cas lors de
l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques du son. Ces deux structures moléculaires
peuvent interagir entre elles et s’associer dans la couche de polarisation.
35
30
Jlim (kg/h.m 2 )
25
20
15
10
5
0
1 10 100
PTM = 0,8 Bar PTM = 1 Bar PTM = 1,4 Bar PTM = 1,8 Bar PTM = 2 Bar
256
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
K (m/s) Cg (g/l)
(Equation 13)
Où, Sh est le nombre de Sherwood, c’est une mesure du transfert de matière convectif par
opposition au transfert de masse diffusif ou moléculaire :
257
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
(Equation 14)
(Equation 15)
(Equation 16)
La taille des molécules hémicellulosiques peut être évaluée à partir du rayon de Stokes rs
(nm), exprimé par l’équation ci-dessous, cette équation donne le rayon apparent des
hémicelluloses en fonction de leur viscosité et de leur taille moléculaire :
(Equation 17)
Où, Mi est la masse moléculaire moyenne des molécules, ici les hémicelluloses, exprimée en
kDa, et ηi est la viscosité intrinsèque de la solution, exprimée en dl/g.
(Equation 18)
258
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
L’évolution de rayon moléculaire des hémicelluloses calculé à partir de ces relations pour des
masses moléculaires moyennes supposées (Figure 129), donne une estimation de ce rayon. Il
est, en effet, compris entre 50 et 100 nm ; les hémicelluloses ayant des masses moléculaires
comrises entre 50 et 400 kDa. L’avantage de ce type de modèle est de tenir compte de
l’influence des ramifications sur la taille apparente des molécules. En effet, les ramifications
influencent fortement les propriétés rhéologiques des solutions obtenues.
180
Rayon moléculaire des
160
hémicelluloses (nm)
140
120
100
80
60
40
20
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Figure 129 : Evolution du rayon moléculaire des hémicelluloses avec leur masse moléculaire à partir de
l’équation de Stokes
(Equation 19)
Où, Diw est le coefficient de diffusion de l’espèce, ici les hémicelluloses, dans l’eau, exprimé
en (m2/s),
ηw est la viscosité dynamique de l’eau, exprimé en kg/m.s,
rs est le rayon de Stokes, exprimé en nm,
kb est la constante de Boltzmann (kb = 1,382.10-23 J.K-1.mol).
L’étude de l’influence du rayon moléculaire des hémicelluloses sur leur coefficient de
diffusion à travers la membrane d’ultrafiltration (Figure 130) montre une diminution rapide
pour les hémicelluloses de petites tailles puis une stabilisation au-delà de 75 nm de rayon
moléculaire. Ainsi, dans la gamme de masse moléculaire des hémicelluloses (50 à 400 kDa),
le coefficient de diffusion est compris entre 3.10-12 et 5.10-12 m2/s.
259
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
30
Coefficient de diffusion
25
Figure 130 : Influence du rayon moléculaire des hémicelluloses sur leur coefficient de diffusion à
l’interface membrane/solution
(Equation 20)
Le régime d’écoulement est déterminé à partir du calcul du nombre de Reynolds. Ce calcul est
effectué à une vitesse tangentielle de 0,8 m/s avec une gamme de viscosité comprise entre
0,001 et 0,1 Pa.s (Tableau 46). Cette gamme de viscosité comprend les viscosités dynamiques
des solutions modèles d’hémicelluloses qui ont été précédemment décrites. Rappelons que les
viscosités de ces solutions sont celles d’un fluide newtonien dans la gamme de concentration
préparée. Néanmoins, aux très fortes concentrations, les solutions d’hémicelluloses semblent
acquérir des propriétés légèrement rhéofluidifiante.
Ce calcul montre que lors de l’ultrafiltration des solutions modèles d’hémicelluloses ayant des
viscosités assez élevés, il est difficile d’avoir un écoulement turbulent, le nombre de Reynolds
étant dans tous les cas largement inférieur à 4000.
260
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Afin d’obtenir un régime turbulent, avec de l’eau il faudrait une vitesse tangentielle de 8 m/s,
ce qui serait incompatible avec la perte de charge au niveau du module d’ultrafiltration utilisé.
La filtration n’est donc jamais réalisée dans les conditions optimales en termes d’élimination
de la couche de polarisation de concentration.
Viscosité (Pa.s) 0,001 0,02 0,03 0,04 0,05 0,06 0,07 0,08 0,09 0,1
Le nombre de Schmidt a été calculé, à titre d’exemple, avec une viscosité de 78,3.10-3 Pa.s qui
correspond à la solution modèle d’hémicelluloses de 60 g/l, l’évolution de ce nombre avec le
coefficient de diffusion des hémicelluloses à travers la membrane a été étudié (Figure 131). Il
apparaît ainsi, que pour les valeurs de coefficient de diffusion estimée (3.10-12 à 5.10-12 m2/s),
le nombre de Schmidt est compris entre 2.10-7 et 3.10-7.
7
Nombre de Schmidt
6
5
4
.10 7
3
2
1
0
0 5 10 15 20 25 30
Coefficient de diffusion
.10 -12 (m2 /s)
Figure 131 : Evolution du nombre de Schmidt avec le coefficient de diffusion des hémicelluloses à travers
la membrane
261
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
Le calcul du coefficient de transfert de matière (Tableau 47) montre que les valeurs obtenues,
et notamment celles avec la relation de Chilton et Colburn, sont très comparables à celles
obtenues expérimentalement à partir du modèle du film (Tableau 44).
Le modèle de Chilton et Colburn décrit peut être correctement le système de filtration
(membrane et molécules) utilisé lors de l’ultrafiltration des solutions modèles
d’hémicelluloses. Pour les rayons moléculaires compris entre 50 et 100 nm et correspondant à
des masses moléculaires des hémicelluloses comprises entre 50 et 400 kDa, les valeurs
calculées du coefficient de transfert de matière K sont légèrement inférieures de celles
obtenues expérimentalement (Tableau 44). Il pourra donc être utilisé pour décrire l’influence
de la couche de polarisation de concentration sur le flux de perméation.
10 6,2.10-6 7,2.10-7
20 3,9.10-6 4,5.10-7
30 3,1.10-6 3,4.10-7
40 2,4.10-6 2,8.10-7
50 2,1.10-6 2,4.10-7
60 1,8.10-6 2,1.10-7
70 1,7.10-6 1,9.10-7
80 1,5.10-6 1,7.10-7
90 1,4.10-6 1,6.10-7
Tableau 47 : Valeurs calculées du coefficient de transfert de matière K à partir des relations de Chilton et
Colburn et de Sherwood et Coll, pour l’ultrafiltration des solutions modèles d’hémicelluloses
262
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
10 32,4 2,3.10 3
20 34,1 2,2.103
30 36,3 1,1.107
40 39,4 3,2.108
50 43,6 7,5.109
60 49,1 1,4.1011
70 56,3 2,3.1012
80 65,8 3,4.1013
90 78,1 4,4.1014
263
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
4,4.1012 2,7.1012
40 0,5.1012
50 0,2.1012
60 0,1.1012
70 0,1.1012
80 0,2.1012
90 0,3.1012
Tableau 49 : Valeurs des résistances à l’écoulement lors de l’ultrafiltration des solutions modèles
d’hémicelluloses
La résistance liée au colmatage irréversible Rirrév est légèrement plus élevée, mais reste plus
faible que dans le cas des extraits hémicellulosiques, ce qui confirme que dans le cas de
l’ultrafiltration de ces derniers le colmatage est principalement causé par les sels ou les
molécules de dégradation et non pas par les hémicelluloses.
La limitation des flux de perméation des solutions modèles d’hémicelluloses est donc
principalement la viscosité de ces suspensions.
En ce qui concerne les solutions modèles d’hémicelluloses et de sels minéraux (Tableau 50),
les valeurs de la résistance réversible Rrév sont aussi similaires les unes aux autres et
indépendantes de la concentration en matière sèche (hémicelluloses + NaOH) de ces
solutions. De même, elles sont assez faibles mais légèrement plus élevées que le cas
264
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
précèdent. Les sels ne semblent pas induire la formation d’un gel avec les hémicelluloses, ce
qui est en opposition avec les conclusions précédentes.
La résistance irréversible Rirrév ne varie pas en ajoutant des sels aux solutions modèles. Le
colmatage n’étant pas finalement lié à la solution de NaOH.
4,6.1012 2,5.1012
60,23 0,3.1012
72,22 0,2.1012
85,17 0,3.1012
99,25 0,4.1012
Tableau 50 : Valeurs des résistances à l’écoulement lors de l’ultrafiltration des solutions modèles
d’hémicelluloses et de sels minéraux
Toutes ces observations amènent à formuler autrement les hypothèses émises tout au long de
ce chapitre concernant autant l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques que les solutions
modèles.
Pour répondre aux interrogations posées en ce qui concerne les limitations des flux de
perméation, il possible de dire que plusieurs phénomènes sont combinés et l’ensemble
amènent aux résultats observés.
Tout d’abord, il y a le phénomène de polarisation de concentration, ce phénomène est bien
important lors de l’ultrafiltration des extraits alcalins hémicellulosiques du son et du mélange
paille/son à l’échelle laboratoire. En effet, le fait d’avoir des solutions complexes, en termes
de composition en molécules extraites et les ramifications importantes de certaines de ces
molécules, notamment les hémicelluloses, favorisent dans ce cas la formation de l’état de gel.
En revanche, dans le cas des extraits alcalins hémicellulosiques de la paille à l’échelle
laboratoire, la formation de l’état de gel n’est pas favorisée. Il est fortement probable que
seule la structure et les ramifications des chaînes hémicellulosiques induisent la formation de
ce gel (Harasek et al., 2006). En effet, dans ce cas les hémicelluloses sont beaucoup moins
ramifiées.
De même, dans le cas des extraits alcalins de l’extrusion paille/son à l’échelle pilote, la
formation du gel n’est pas favorisée, mais cette fois la cause la plus probable est la
dégradation des chaînes hémicellulosiques. Ceci est la conséquence d’une part de la
technologie appliquée pour l’extraction alcaline qu’est l’extrusion et d’autre part du stockage
265
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
des extraits dans la solution alcaline quelques jours avant de pouvoir les traiter, le procédé à
l’échelle pilote étant très encombrant en termes de volumes pour pouvoir tout traiter de suite.
Dans le cas des solutions modèles, de même, la couche de polarisation de concentration
n’évolue pas en gel, mêmes si les hémicelluloses proviennent de la production antérieure à
partir du son. Il est fortement probable que les chaînes moléculaires de ces hémicelluloses
sont dégradées et modifiées. Rappelons que leur solubilisation précédemment décrite
(Chapitre 2, paragraphe XI.3.1) nécessite des températures très élevées (80°C) et de temps de
préparation assez long (40 heures).
Ensuite, il y a les phénomènes de colmatage irréversible. Dans tous les cas et pour les extraits
hémicellulosiques et les solutions modèles, ces phénomènes sont principalement induits par la
présence de molécules de dégradations possédant des poids moléculaires notamment faibles.
Ces phénomènes peuvent être limités par des lavages réguliers de la membrane, en moyenne
entre chaque 20 litres de solutions à filtrer.
Et enfin, il y a la viscosité des hémicelluloses et la viscosité des solutions ultrafiltrées (extraits
alcalins et solutions modèles). La viscosité des hémicelluloses dépend des ramifications de
ces molécules. En revanche les viscosités mesurées des solutions modèles dépendent des
ramifications des ces macromolécules mais aussi de leur concentration dans les solutions. Les
viscosités des extraits hémicellulosiques, quant à elles, dépendent des ramifications des
hémicelluloses, de leur concentration, et de toutes les molécules présentes dans ces extraits.
D’où la variabilité remarquée au niveau des valeurs et notamment entre les solutions modèles,
les extraits à l’échelle laboratoire et les extraits à l’échelle pilote. Cette variabilité induit les
différences remarquées entre les valeurs des flux de perméation obtenues pour les différents
types de suspensions hémicellulosiques.
En général, plus la concentration en hémicelluloses ramifiées est élevée, plus forte sera la
viscosité et donc plus faible sera le flux de perméation.
VI. Conclusion
Les études menées sur les suspensions hémicellulosiques ont permis d’observer l’évolution
des flux de perméation, lors de l’ultrafiltration des ces suspensions au travers d’une
membrane de 30 kDa en fibres creuses, en fonction des conditions opératoires (pression
transmembranaire, vitesse tangentielle) et du temps.
Les résultats ont montré que la viscosité des suspensions hémicellulosiques joue un rôle
important lors de l’ultrafiltration de ces dernières, en effet, elle est la principale limitation des
flux de perméation. Cette viscosité est associée à la concentration élevée en hydroxyde de
sodium lors de l’extraction en réacteur agitée à l’échelle laboratoire, mais aussi à la nature des
molécules extraites, en particulier le degré de ramification des hémicelluloses.
La formation d’une couche de polarisation de concentration limite, elle aussi, les flux de
perméation, mais son influence dépend fortement du taux de branchement des hémicelluloses
266
Chapitre 5. Ultrafiltration des suspensions hémicellulosiques
extraites et de la composition assez hétérogène des extraits alcalins. De plus, il semble que
les sels minéraux apportés par la solution extractante s’associent aux structures
hémicellulosiques pour former un gel qui n’apparaît pas en l’abscence de ces sels. La
présence de protéines, et notamment dans le cas des extraits du son, pourrait également
expliquer l’apparition d’une couche structurée.
L’apparition de colmatage irréversible est progressive et conduit à une limitation des flux des
perméats plus importante que la couche de polarisation de concentration. Le colmatage est
plus conséquent lorsque les molécules extraites sont partiellement dégradées.
Le modèle de Chilton et Colburn peut permettre de décrire les phénomènes de transfert de
matière au niveau de la membrane, puisqu’il donne des valeurs de coefficient de transfert de
matière K et de concentration à la membrane Cg inférieurs, mais proches et du même ordre de
grandeur de ceux calculés expérimentalement à partir du modèle de film.
Ce modèle permet de conclure que la masse moléculaire des hémicelluloses ultrafiltrées est
proche de 200 ou 300 kDa ce qui correspond aux estimations expérimentales et aux valeurs
mentionnées dans la littérature.
267
268
Conclusion générale
L’objectif de nos travaux était, d’une part, de participer au développement d’un nouveau
procédé de fractionnement du son et de la paille de blé dans le but de produire des
hémicelluloses, en s’intéressant plus particulièrement à l’étape de la purification de l’extrait
alcalin hémicellulosique par ultrafiltration et percolation sur résine échangeuse d’ions.
D’autre part, de mener des études spécifiques lors de l’ultrafiltration afin de comprendre la
sélectivité de la membrane par rapport à la complexité des molécules extraites et d’évaluer
son risque de colmatage.
Tout d’abord, le procédé de fractionnement du son, de la paille et du mélange paille/son a été
étudié à l’échelle laboratoire. Les extraits alcalins hémicellulosiques obtenus par extraction en
contacteur agité, ont été concentrés, purifiés et décolorés par ultrafiltration et chromatographie
sur résine échangeuse d’anions afin de produire, lors d’une étape de précipitation éthanolique,
des poudres hémicellulosiques de grande pureté. La composition de ces extraits après chaque
étape de traitement a été étudiée afin de comprendre l’efficacité de chacune ainsi que son
impact sur les rendements de production finale en poudre.
Les résultats obtenus ont montré que lorsque l’extraction des hémicelluloses du son est menée
à faible concentration en hydroxyde de sodium (NaOH/son = 0,5), ce sont principalement des
β-glucanes qui sont extraits. Quand la concentration en NaOH augmente, le taux de
ramification en arabinose des structures extraites augmente, il s’agit bien de l’extraction des
hémicelluloses. Cette différence entre les molécules extraites conduit à une diminution du
rendement de l’extraction au-delà d’un rapport de NaOH/son de 2. En effet dans ces
conditions, une fois les hémicelluloses solubilisées, elles forment un gel dans la matrice
végétale et limite ainsi leur isolement. Ceci indique que le rappport liquide/solide utilisé
n’était pas suffisamment élevé bien que déjà de 50.
En ce qui concerne l’extraction des hémicelluloses de la paille et étant donné que celles-ci
sont moins ramifiées que dans le cas du son, le rendement de l’extraction augmentait avec
l’augmentation de la concentration de la solution extractante.
Quant à l’extraction des hémicelluloses du mélange paille/son, ce sont principalement celles
du son qui sont les plus accessibles en réacteur agité, le rendement de l’extraction est proche
de celui obtenu dans le cas du son seul dans les mêmes conditions.
En général, plus la concentration en NaOH est augmentée, plus la viscosité des extraits
hémicellulosiques est élevée, et donc plus les flux de perméation, lors de l’ultrafiltration sont
faibles. Les flux des perméats obtenus avec les extraits du son sont plus faibles que ceux
obtenus avec les extraits de la paille. Les fluxs obtenus avec les extraits du mélange paille/son
étaient comparables à ceux obtenus avec le son seul.
Ensuite, le procédé a été extrapolé à l’échelle pilote, où un extrudeur de type bi-vis a été
utilisé pour le fractionnement combiné paille/son. L’extrait hémicellulosique obtenu était
269
Conclusion générale
270
Conclusion générale
de pureté comparables à ceux obtenus avec la précipitation éthanolique et plus élevés que
ceux obtenus avec la lyophilisation.
Enfin, le procédé de production des hémicelluloses à l’échelle laboratoire, a permis par la
combinaison de l’ultrafiltration et de la chromatographie sur résine échangeuse d’anions
d’augmenter la pureté des hémicelluloses produites de 40% sans traitement à 60% environ
avec traitement. En revanche, l’extrapolation du procédé à l’échelle pilote a permis de
produire des poudres hémicellulosiques avec une pureté de seulement 38%.
A l’issu de ces résultats, l’organisation des séquences d’opérations de fractionnement et de
purification, afin d’industrialiser le procédé de production des hémicelluloses du son et de la
paille de blé, peut être décrite sous la forme suivante :
Chromatographie
Centrifugation à sur résine
Extrusion Bi-vis Ultrafiltration Atomisation
assiettes échangeuse
d’anions
Au regard de ces travaux, plusieurs points devront faire l’objet d’investigations ultérieures
afin d’envisager le transfert à l’échelle industrielle de ce procédé. Deux axes de poursuite des
recherches pourraient ainsi être privilégiés :
- Amélioration du degré de pureté des poudres hémicellulosiques produites :
Les résultats ont montré que l’ultrafiltration ne permet pas la séparation des hémicelluloses
des autres molécules possèdant un poids moléculaire relativement élevé (protéines et lignine).
De plus, il semble que la lignine limite l’efficacité de l’étape de décoloration en saturant
rapidement la résine.
De ce fait, il pourra être envisagé de commencer le fractionnement de l’extrait
hémicellulosique, après centrifugation, par une première étape d’élimination des protéines et
de la lignine. Cette étape peut être effectuée par un procédé à membrane, mais avec un seuil
de coupure plus élevé, mais elle nécessitera, tout d’abord, la caractérisation de la taille des
molécules co-extraites. Cette étape, si elle efficace, devrait permettre la production de deux
fractions enrichies respectivement en lignine et en hémicelluloses.
La décoloration pourra être réalisée en suivant, car le taux de matière sèche sera suffisamment
faible. La résine devra être adaptée à la présence de la lignine non retenue par la technique
membranaire, et les conditions de fixations devraient être optimisées.
D’autres types de résines échangeuses d’ions avec d’autres contre ions peuvent être testés. De
même, l’effet des résines absorbantes peut aussi être étudié. Ces études doivent amenées à
définir les interactions impliquées dans la rétention de la lignine pour élaborer un procédé de
récupération de celle-ci.
271
Conclusion générale
272
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280
Sommaire
281
Sommaire
282
Sommaire
Chapitre 2. Mise en œuvre du procédé de production des hémicelluloses du son et de la paille de blé ............... 95
I. Origine des matières premières .................................................................................................................... 97
II. Fractionnement du son et de la paille de blé ................................................................................................ 97
III. Broyage .................................................................................................................................................... 98
IV. Prétraitement ............................................................................................................................................ 98
IV.1. Désamidonation à l’échelle laboratoire ............................................................................................... 99
IV.2. Désamidonation à l’échelle pilote ....................................................................................................... 99
IV.2.1. Présentation du réacteur ............................................................................................................. 99
IV.2.2. Mise en œuvre de la désamylation ............................................................................................. 100
V. Extraction alcaline de la fraction hémicellulosique .................................................................................... 101
V.1. Extraction alcaline agitée – Echelle laboratoire .................................................................................. 101
V.2. Co-extrusion paille/son – Echelle pilote ............................................................................................. 102
V.2.1. Présentation de l’extrudeur bi-vis ............................................................................................... 102
V.2.2. Description technique de l’extrudeur bi-vis ................................................................................. 103
V.2.3. Mise en œuvre de la co-extrusion ............................................................................................... 104
VI. Séparation Liquide/Solide ....................................................................................................................... 108
VI.1. Filtration sous vide – Echelle laboratoire .......................................................................................... 108
VI.2. Séparation Liquide/Solide – Echelle pilote ....................................................................................... 109
VI.2.1. Filtration centrifuge ou Essorage ............................................................................................... 109
VI.2.2. Centrifugation ........................................................................................................................... 109
VII. Concentration des volumes des extraits hémicellulosiques ...................................................................... 110
VII.1. Evaporation sous pression réduite – Echelle pilote........................................................................... 110
283
Sommaire
Chapitre 3. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle laboratoire .......................... 125
I. Introduction ............................................................................................................................................... 127
II. Analyse de la composition chimique de la matière végétale brute .............................................................. 127
III. Solubilisation de la fraction hémicellulosique .......................................................................................... 129
III.1. Choix des paramètres physico-chimiques de l’opération.................................................................... 129
III.2. Extraction des hémicelluloses du son et des hémicelluloses de la paille ............................................. 130
III.2.1. Rendements des extractions ....................................................................................................... 130
284
Sommaire
Chapitre 4. Production des hémicelluloses du son et de la paille de blé – Echelle pilote .................................. 171
I. Introduction ............................................................................................................................................... 173
II. Analyse de la composition chimique de la matière végétale brute .............................................................. 175
III. Solubilisation de la fraction hémicellulosique .......................................................................................... 176
III.1. Extrusion bi-vis et choix des conditions ............................................................................................ 176
III.2. Rendement de l’extrusion - Composition de l’extrait alcalin et du raffinat ......................................... 177
IV. Séparation Liquide/Solide ....................................................................................................................... 179
285
Sommaire
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Sommaire
II.5. Evaluation des phénomènes du colmatage réversible et irréversible – Modèle des résistances en séries 230
II.5.1. Les extraits hémicellulosiques du son ......................................................................................... 231
II.5.2. Les extraits hémicellulosiques de la paille ................................................................................... 232
II.5.3. Les extraits hémicellulosiques du mélange paille/son .................................................................. 234
II.6. Evaluation de l’influence de la viscosité des extraits hémicellulosiques .............................................. 234
III. Ultrafiltration des extraits hémicellulosiques – Echelle pilote ................................................................... 236
III.1. Evolution des flux des perméats au cours du temps ........................................................................... 236
III.2. Influence de la pression transmembranaire ........................................................................................ 237
III.3. Influence de la vitesse tangentielle.................................................................................................... 238
III.4. Evaluation des phénomènes du colmatage et de polarisation de concentration ................................... 239
IV. Récapitulatifs des hypothèses formulées lors de l’ultrafiltration des extraits hémicellulosiques ................. 240
V. Ultrafiltration des solutions modèles ......................................................................................................... 243
V.I. Solutions modèles d’hémicelluloses ................................................................................................... 243
V.1.1. Analyse rhéologique des solutions modèles d’hémicelluloses ...................................................... 243
V.1.2. Evolution des flux des perméats au cours du temps ..................................................................... 246
V.1.3. Influence de la pression transmembranaire.................................................................................. 248
V.1.4. Influence de la concentration en hémicelluloses .......................................................................... 249
V.2. Solutions modèles d’hémicelluloses et de sels minéraux..................................................................... 250
V.2.1. Evolution des flux des perméats au cours du temps ..................................................................... 250
V.2.2. Influence de la pression transmembranaire.................................................................................. 252
V.2.3. Influence de la concentration en hémicelluloses et en sels ........................................................... 253
V.3. Evaluation de la formation de la couche de polarisation de concentration ........................................... 254
V.3.1. Modèle du film .......................................................................................................................... 254
V.3.2. Initiation à la modélisation ......................................................................................................... 257
V.4. Evaluation des phénomènes de colmatage – Modèle de résistances en séries ...................................... 264
VI. Conclusion.............................................................................................................................................. 266
287
288
Procédés de fractionnement de la matière végétale :
Application à la production des polysaccharides du son et de la paille de blé
Résumé :
Le son et la paille de blé, riches en hémicelluloses, sont deux co-produits de la récolte de blé, abondants et
renouvelables, mais qui restent à mieux valoriser.
Dans le but d’extraire ces hémicelluloses, possédant plusieurs propriétés intéressantes (filmogènes,
épaississantes, émulsifiantes, stabilisantes…), un procédé de fractionnement a été élaboré. Ce procédé consiste,
après extraction alcaline, en la purification des extraits hémicellulosiques obtenus. Deux techniques ont été
appliquées : l’ultrafiltration et la chromatographie sur résine échangeuse d’anions.
L’ultrafiltration a permis de concentrer les extraits d’hémicelluloses et de les purifier en éliminant dans le
perméat la plupart des molécules contaminantes, essentiellement les sucres libres et les sels minéraux. Les
principales limitations de cette étape étaient la viscosité des extraits et les phénomènes de polarisation de
concentration et de colmatage des membranes. La percolation sur résine, quant à elle, a permis de décolorer les
extraits et de produire des poudres d’hémicelluloses plus claires en fixant certaines molécules colorées telles que
les molécules possédant des groupements phénoliques.
La combinaison des deux techniques a permis de produire des hémicelluloses pures à 60%. L’extrapolation du
procédé à l’échelle pilote par l’utilisation d’un extrudeur bi-vis a permis d’obtenir des poudres d’hémicelluloses
pures à 40%.
Mots clés :
Son de blé, Paille de blé, Hémicelluloses, Extraction alcaline, Extrudeur bi-vis, Ultrafiltration, Chromatographie
sur résine échangeuse d'anions, Précipitation éthanolique, Lyophilisation, Atomisation
Summary :
Wheat bran and wheat straw are two by-products abundant and renewable, rich in hemicelluloses, but still not
well valued.
In order to extract these hemicelluloses characterized by their several interesting properties (film-forming,
thickening, emulsifying, stabilizing…), a fractionation process was developed. This process consisted, after
alkaline extraction, to purify the hemicellulosic extracts obtained. Two techniques were used: ultrafiltration and
chromatography on anion exchange resin.
The ultrafiltration allowed to concentrate the extracts and to purify them by removing in the permeate, the
contaminating molecules, mostly free sugars and minerals. The main limiting factors of this stage were the
extracts viscosity and the fouling of the membranes. The percolation on the resin discoloured the extracts and
allowed to produce hemicellulosic powders with lighter colours and that by capturing the coloured compounds
such as molecules with phenolic groups.
The combination of the two techniques allowed the production of purified hemicelluloses; the purity was about
60%. The extrapolation of the process at a pilot scale using a twin-screw extruder allowed to obtain
hemicelluloses with a purity of 40%.
Keywords :
Wheat bran, Wheat straw, Hemicelluloses, Alkaline extraction, Twin-screw extruder, Ultrafiltration,
Chromatography on anion exchange resin, Ethanol precipitation, Freez drying, Spray drying