Rapport Utrf 2019 VF
Rapport Utrf 2019 VF
ROYAUME DU MAROC
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
LE CHEF DU GOUVERNEMENT
RAPPORT
ANNUEL 2019
RAPPORT ANNUEL
UTRF 2019
4 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
5
Mot du
Président
L’année 2019 a été marquée par la commémoration de tous les partenaires publics et privés, un grand effort de
la dixième année de création de l’Unité de Traitement coordination entre l’ensemble des intervenants pour
du Renseignement Financier. A cette occasion, l’UTRF a la collecte et l’analyse des informations et données
organisé, le 12 juin 2019, une importante manifestation statistiques ainsi qu’une bonne maîtrise des outils
sous le thème: «Impact de l’évaluation nationale des d’assistance technique.
risques sur le dispositif national de lutte contre le
blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme Parallèlement, le deuxième rapport d’évaluation mutuelle
2009-2019». du dispositif national de LBC/FT, après le premier de
2007, a été adopté en avril 2019 par la Réunion Plénière
Cet événement a été l’occasion de rendre un vibrant du GAFIMOAN tenue à Amman en Jordanie; étant relevé
hommage à tous les partenaires nationaux et étrangers que ce processus d’évaluation a été entamé en juin 2017
qui ont contribué très activement au succès du processus avec le questionnaire d’évaluation, suivi de la visite sur
de création de l’UTRF en 2009, au développement de son place en mars 2018, puis de la réunion «face to face», en
activité à la fois sur les plans stratégique et opérationnel, septembre 2018 à Manama, et de la Réunion Plénière de
lequel processus a été couronné par son adhésion au Beyrouth en novembre 2018.
Groupe EGMONT en 2011.
La mobilisation des autorités nationales et leur forte
Lors de cette manifestation, les résultats du premier implication ont permis de réaliser avec succès ce
rapport d’évaluation nationale des risques ont été diffusés deuxième cycle d’évaluation qui intervient après la
à grande échelle pour se conformer aux exigences du révision de la méthodologie du GAFI en 2013.
GAFI, et ce après son adoption officielle.
En effet, la délégation marocaine conduite par l’UTRF
En effet, ce fût le premier exercice du genre pour notre et composée de responsables représentant les
pays dont le succès a nécessité une forte implication de Départements ministériels et organismes concernés, le
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7
Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, la Présidence été initiée par l’UTRF et par les autorités de supervision
du Ministère Public et les Autorités de Supervision et de et de contrôle compétentes à travers l’élaboration, la
Contrôle du secteur financier, a fait preuve d’acharnement révision et la diffusion de plusieurs textes d’application
et de persévérance objective dans la défense de la position dont des circulaires, des décisions, des directives,
de notre pays pour convaincre les experts évaluateurs des guides pratiques d’orientation et des manuels de
ainsi que les membres et observateurs du GAFIMOAN en procédures.
vue d’améliorer les notations attribuées initialement au
Maroc dans le premier projet de rapport d’évaluation. Sur un autre plan et afin de renforcer la coordination
nationale, l’UTRF a organisé ou participé à l’organisation
Ainsi, le Royaume du Maroc a, pour la première fois, de plusieurs manifestations destinées respectivement,
obtenu la mention «Substantiel», en avril 2019, en ce qui aux autorités d’application de la loi et aux professionnels
concerne le Résultat Immédiat n°9 relatif à la lutte contre du secteur bancaire et financier. Elle a également tenu
le terrorisme et son financement, ce qui constitue une une série de réunions bilatérales avec les autorités
large reconnaissance par la communauté internationale administratives et judiciaires concernées pour remédier
de l’efficience de la stratégie nationale en la matière. aux insuffisances relevées.
Par rapport aux autres Résultats Immédiats et à la La coopération bilatérale avec les partenaires étrangers
conformité aux 40 Recommandations du GAFI et compte de compétence similaire a éte renforcée et la position du
tenu de la rigueur des critères d’évaluation applicables Royaume du Maroc confortée au niveau des instances
pour juger de la conformité technique et de l’efficacité régionales et internationales habilitées ; étant précisé
des dispositifs nationaux des Etats, il s’avère impérieux que ces deux objectifs sont parmi les orientations
de maintenir cette dynamique compte tenu des enjeux stratégiques dans l’action menée par l’UTRF.
futurs; notre pays étant appelé à améliorer et adapter
constamment son dispositif aussi bien sur le plan de Au plan interne, la dynamique amorcée l’année dernière
la conformité technique que sur le plan de l’efficacité à au sein de l’UTRF a été consolidée en 2019, à travers
travers la mise à niveau du cadre normatif, une bonne des actions concrètes, notamment, le développement
maîtrise des risques de BC/FT et l’efficience des stratégies de la production normative, l’amélioration des
sectorielles et nationale de lutte contre la criminalité fonctions d’analyse opérationnelle, stratégique et de
financière organisée. communication, le renforcement du potentiel humain,
la multiplication des sessions de formation, l’élaboration
A l’initiative de l’UTRF, les autorités gouvernementales, les du schéma directeur informatique, le renouvellement du
autorités judiciaires ainsi que les autorités de supervision parc informatique et téléphonique, le renforcement de la
et de contrôle du secteur financier ont même anticipé sécurité du système d’information, le renforcement des
l’adoption du rapport d’évaluation mutuelle, pour capacités de traitement et de stockage des données ainsi
prendre toutes les mesures nécessaires, d’ordre législatif, que l’adoption d’une nouvelle politique de sauvegarde
réglementaire, organisationnel et opérationnel visant à des données selon les normes internationales en vigueur
améliorer la conformité technique et accroître l’efficacité et les législations nationales y afférentes .
du dispositif national de LBC/FT.
La volonté commune des pouvoirs publics et de tous les
C’est ainsi qu’un projet de texte de loi n°12-18 modifiant acteurs concernés a permis d’insuffler un élan durable
et complétant le Code pénal et la loi n°43-05 relative à la et renouvelé au dispositif national de lutte contre la
lutte contre le blanchiment de capitaux a été adopté par criminalité financière organisée sous toutes ses formes
le Conseil du Gouvernement, lors de sa réunion tenue dans le but de renforcer son efficacité et sa conformité aux
le 28 novembre 2019, pour se conformer aux meilleurs meilleurs standards internationaux, et ce en application
standards en la matière. des Hautes Directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI
que Dieu L’Assiste.
En outre et pour favoriser une application efficiente de la
loi susvisée, une mise à niveau du cadre réglementaire a
Jawhar Nfissi
Le Président
8 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
9
SOMMAIRE
AUTORITES NATIONALES
NATIONAL DE LBC/FT
IV-COOPERATION INTERNATIONALE
V-ANNEXES
10 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
CONTEXTE 94
1. PRÉPARATION DE LA 29ÈME RÉUNION PLÉNIÈRE DU GAFIMOAN 96
2. DISCUSSION DU RAPPORT DU MAROC 97
3. ADOPTION DU RAPPORT D’ÉVALUATION MUTUELLE ET DÉCISIONS PRISES 98
4. PLAN D’ACTION POUR AMÉLIORER LA CONFORMITÉ TECHNIQUE ET L’EFFICACITÉ 99
5. ACTIONS POST ADOPTION DU RAPPORT D’ÉVALUATION MUTUELLE 100
6. PRÉSENTATION DU PREMIER RAPPORT DE SUIVI AVEC DEMANDE DE RÉÉVALUATION DE
102
13 RECOMMANDATIONS
IV- COOPERATION INTERNATIONALE
103
1. GAFIMOAN 104
2. GAFI 105
3. EGMONT 107
4. ONUDC 108
5. BANQUE MONDIALE 111
6. FMI 111
7. VISITE DE LA DIRECTION EXÉCUTIVE DU COMITÉ CONTRE LE TERRORISME 111
8. AUTRES ACTIONS DE COOPÉRATION 112
V- ANNEXES
113
L’UTRF, NOUVELLE
DYNAMIQUE
I
14 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
En vertu de l’article 15, alinéa 2 de la loi n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de
capitaux telle que modifiée et complétée, l’UTRF élabore le présent rapport de son activité
au titre de l’année 2019 et le présente au Chef du Gouvernement. Dans ce rapport qui est
publié par l’UTRF sur son site web institutionnel, celle-ci rend compte de l’ensemble de ses
activités.
Elle a été instituée en vertu de l’article 14 de la loi n°43-05 relative à la lutte contre le
blanchiment de capitaux et de son texte d’application, le Décret n° 2-08-572 du 24 décembre
2008.
Le siège de l’UTRF est établi à Rabat. Elle peut tenir ses réunions dans toute ville du Royaume.
Etant placée au centre du dispositif marocain de LBC/FT, l’UTRF exerce des attributions de
coordination et d’orientation, ainsi que des activités opérationnelles, de supervision et de
contrôle.
• recueillir, traiter et demander les renseignements relatifs aux actes suspectés d’être
liés au BC/FT et décider de la suite à réserver aux affaires dont elle est saisie;
• exercer
le droit de communication auprès des personnes assujetties, des
administrations et des autres organismes de droit public ou de droit privé;
• échanger avec les Cellules de Renseignement Financier (CRF) étrangères, les
renseignements financiers liés au BC/FT;
• transmettre au Parquet les cas susceptibles de constituer une infraction de BC/FT;
• constituer une base de données concernant les opérations de BC/FT;
• recevoir et diffuser les demandes de gel de biens émanant d’instances internationales
habilitées, pour motif d’infraction de terrorisme.
L’UTRF veille au respect des dispositions édictées par la loi n°43-05 relative à la lutte contre
le blanchiment de capitaux telle que modifiée et complétée et fixe les modalités de mise en
œuvre des missions qui lui sont dévolues.
L’UTRF est dirigée par son Président qui préside les réunions du Conseil des membres.
• du Conseil des membres dans lequel siègent les représentants des Départements
ministériels concernés: le Ministère Chargé des Finances, le Ministère Chargé de la
Justice, le Ministère Chargé de l’Intérieur en plus des représentants de Bank Al-Maghrib,
de la Direction Générale de la Sûreté Nationale, de l’Etat-Major de la Gendarmerie
Royale, de l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, de l’Autorité Marocaine
du Marché des Capitaux et de l’Office des Changes. Les représentants de la Présidence
du Ministère Public, du Ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et
des Marocains Résidant à l’Étranger et de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la
Prévoyance Sociale prennent également part aux réunion de ce Conseil;
• du Secrétaire Général, qui dirige sous l’autorité du Président, les services administratifs
et techniques organisés en quatre Départements à savoir: le Département de la
réglementation, le Département de la documentation et des analyses, le Département
des études et de la coopération internationale et le Département de l’informatique et
de la logistique ainsi qu’une cellule chargée du contrôle interne.
Il convient de rappeler que les pouvoirs publics ont fait de la LBC/FT une de leurs principales
préoccupations pour contrecarrer les menaces auxquelles notre pays est exposé.
Dans ce cadre, ils ont entrepris des efforts considérables en vue de mettre en œuvre les normes
internationales pertinentes adoptées notamment par le GAFI et de promouvoir la mise en
16 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Pour ce faire, les pouvoirs publics ont privilégié une approche participative impliquant
l’ensemble des acteurs et institutions concernés, et mandaté l’UTRF pour en assurer la
coordination nationale.
L’UTRF s’inscrit dans un processus de coordination permanent avec les autres partenaires
nationaux concernés par la LBC/FT. Cette coordination se traduit par:
En vertu des prérogatives qui lui sont assignées par la loi, l’UTRF assure la représentativité
du Royaume du Maroc au sein des instances internationales et veille à promouvoir la
coopération internationale en matière de LBC/FT.
L’évolution remarquable des échanges entre l’UTRF et ses homologues étrangers au titre de
l’année 2019, son implication dans l’ensemble des manifestations internationales en matière
de LBC/FT, ainsi que la signature de nouveaux mémorandums d’entente témoignent de la
volonté de l’UTRF de renforcer sa position au niveau international.
L’UTRF a mis en place des projets découlant des axes stratégiques présentés ci-dessus, et ce
pour atteindre les objectifs fixés.
Les projets de l’UTRF retenus au titre de l’année 2019 sont les suivants:
L’objet de ce projet est de mettre en conformité les textes législatifs et réglementaires avec
les standards internationaux.
Dans le cadre de ce projet, l’action visant à mettre à niveau les textes législatifs et
réglementaires, prend plusieurs dimensions, notamment:
Ce projet a une dynamique multidimensionnelle, déclinée à la fois sur les plans national et
international.
Le Conseil de l’UTRF tient deux réunions ordinaires par an sur convocation de son Président
et peut se réunir à titre exceptionnel chaque fois que c’est nécessaire.
Ainsi, le Conseil des membres a tenu au cours de l’année 2019, à titre exceptionnel et
compte tenu des enjeux majeurs pour notre pays, plusieurs réunions de concertation et
de coordination avec les différents partenaires nationaux concernés au sujet des résultats
de l’évaluation mutuelle du dispositif national de LBC/FT dont deux principales réunions à
l’issue desquelles d’importantes décisions ont été prises:
La première réunion a été tenue le 21 mai 2019, consacrée à la présentation des résultats
de l’évaluation mutuelle du dispositif national et à l’adoption d’un plan d’action relatif à la
période allant de mai à octobre 2019.
La deuxième réunion du Conseil des membres a été tenue le 17 octobre 2019. Cette réunion
a été consacrée à l’examen des mesures prises pour la préparation du premier rapport de
suivi suite au deuxième cycle d’évaluation mutuelle du dispositif national de LBC/FT, à
transmettre au GAFIMOAN avant la fin du mois d’octobre.
A l’issue de cette réunion, les principales décisions prises sont les suivantes:
L’UTRF est l’instance nationale du renseignement financier. Elle reçoit les déclarations de
soupçons (DS) de blanchiment de capitaux et de financement de terrorisme, de l’ensemble
des personnes assujetties à la loi n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux
telle que modifiée et complétée.
Elle reçoit, également, les demandes de renseignements (DR) de l’ensemble des partenaires
nationaux et internationaux.
Elle transmet les cas liés au blanchiment de capitaux (BC) et aux infractions sous-jacentes
au Tribunal de Première Instance (TPI) de Rabat, et au financement du terrorisme (FT) à la
Cour d’Appel (CA) de Rabat.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
21
Une coordination nationale et une coopération internationale sont mises en œuvre avec les
différents intervenants pouvant disposer d’informations pour contribuer au traitement des
cas.
Après l’année 2018 qui a enregistré une évolution très favorable de l’activité opérationnelle,
l’année 2019 s’est également distinguée par un trend haussier. En effet, le nombre de DS
reçues par l’UTRF a atteint 1737, dont 1674 DS en relation avec le BC et 63 relatives au FT.
Outre les personnes assujetties (PA), la coordination avec les partenaires nationaux a
également été renforcée, qui s’est traduite notamment par une augmentation entre 2018 et
2019 de:
Ces chiffres sont le résultat des efforts fournis par l’UTRF en coordination avec les partenaires
nationaux et les PA. Des efforts qui ont été largement développés par les évaluateurs dans le
rapport d’évaluation mutuelle adopté par la Réunion Plénière du GAFIMOAN en avril 2019.
Durant l’année 2019, l’UTRF a reçu un total de 1737 déclarations de soupçons liées à des cas
de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Graphique n°1:
Evolution annuelle du nombre des DS reçues entre 2009 et 2019
1800 1737
1350
1088
722
437
450
305 318
213
169
73 97
10
0
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Cette évolution est due aux actions de sensibilisation menées auprès des personnes
assujetties à travers les conférences et les ateliers de formation organisés par l’UTRF et les
autorités de supervision et de contrôle partenaires, ainsi que les réunions bilatérales.
Au cours de l’année 2019, l’UTRF a reçu, 1674 DS liées au BC et 63 DS relatives au FT, ce qui
porte le nombre total de DS reçues depuis 2009, date de création de l’UTRF, à 5004 pour
celles liées au BC et à 165 pour celles liées au FT.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
23
Graphique n°2:
Evolution, par nature des déclarations de soupçons reçues par l’utrf entre 2009 et 2019
1800
1674
1350
1059
900
Nombre de DS de BC
687
Nombre de DS de FT
422
450
301 305
210
168
71 97
35 63
10 1 3 4 13 15 29
0 2 0
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
En décembre 2018, L’UTRF a tenu une réunion avec l’ensemble des Etablissements de Crédit
et Organismes Assimilés (ECOA), en collaboration avec leur autorité de supervision et de
contrôle. Lors de cette réunion, le Président de l’UTRF a sensibilisé les ECOA sur les indices
de soupçons de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, ce qui s’est
traduit par une augmentation substantielle du nombre de DS.
Ce constat a été également confirmé par la notation «substantielle» accordée à notre pays,
à l’occasion de l’évaluation mutuelle par le GAFIMOAN, en ce qui concerne le Résultat
Immédiat n° 9 du GAFI, relatif aux activités et infractions de financement du terrorisme, les
enquêtes y afférentes, les personnes qui financent le terrorisme, les poursuites engagées et
les sanctions efficaces, à la fois proportionnées et dissuasives, prononcées à leur encontre.
Par ailleurs, le dispositif marocain de lutte contre le terrorisme et son financement a été
évalué par la Direction exécutive du comité contre le terrorisme-DECT en juin 2019. Ladite
Direction a émis son avis favorable sur tout le dispositif national de lutte contre le terrorisme.
Pour l’UTRF, la DECT s’est félicitée, dans le rapport établi à l’issue de sa mission, de la bonne
pratique du «Comité Restreint», adoptée par notre pays, pour traiter les affaires dans un
cadre concerté, tout en encourageant les pays à mettre en place ce mécanisme.
24 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
30
27
25
20
Communication spontanées
reçus de partenaires nationaux
15
10
8
7
6
5
0
2016 2017 2018 2019
Les principaux pourvoyeurs de CS, dans le cadre de l’article 22, durant la période 2016 à 2019 sont:
Graphique n°4:
Ventilation par partenaire émetteur des CS nationales reçues entre 2016 et 2019
16
14
12
10
0
2016 2017 2018 2019
Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération Africaine Ministère de l'Economie et des Finances
et des Marocains Résidant à l'Etranger et de la Réforme de l'Administartion
Office des Changes Administration des Douanes et Impôts Indirects
Autorité Marocaine du Marché des Capitaux Bank Al-Maghrib
Autres personnes morales
En vertu du deuxième alinéa de l’article 22 de la loi n°43-05, l’UTRF envoie des demandes
d’informations (DI) aux partenaires désignés dans le même article afin de recueillir les
informations nécessaires à l’analyse des dossiers en cours de traitement par l’UTRF. A cet
égard, le nombre de DI envoyées aux partenaires a atteint 373 en 2019. Elles concernent
l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale, l’Agence Nationale de la
Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, l’Administration des Douanes
et Impôts Indirects, l’Office des Changes ainsi que d’autres personnes morales soumises
au droit privé. La destination des demandes d’informations émises par l’UTRF dépend des
dossiers traités et des besoins en analyse, qui sont définis à travers notamment les profils
des concernés.
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27
Graphique n°5:
Répartition de DI envoyées aux partenaires, en vertu de l’article 22, durant l’année 2019
2% 1%
13%
47%
37%
L’année 2019 a été marquée par la diffusion d’une circulaire de la Présidence du Ministère
Public, qui incite, notamment, les autorités judiciaires compétentes au renforcement de
cette collaboration.
Ainsi, 181 demandes ont été reçues en 2019, contre 220 demandes depuis 2009, dont 29
demandes en 2018, soit une augmentation de 524,13% entre 2018 et 2019.
Cette augmentation vient confirmer la mise en œuvre sur le terrain des Recommandations
du GAFIMOAN, notamment en relation avec les critères de la Recommandation 29 du GAFI,
contenues dans le Rapport d’Evaluation Mutuelle (REM) du dispositif national, adopté en
avril 2019.
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L’augmentation constatée est le résultat des efforts déployés par la Présidence du Ministère
Public et l’UTRF visant à renforcer la coordination nationale via les réunions et les journées
d’études que celle-ci a organisées et auxquelles ont pris part les autorités chargées de
l’application de la loi.
Graphique n°6:
Demandes de renseignements reçues des autorités nationales d’application de la loi
200
181
150
Demandes de renseignements
100 reçues des autorités nationales
d’application de la loi
50
29
4 4
0
2016 2017 2018 2019
Dans le cadre de l’enrichissement des dossiers traités par l’UTRF, celle-ci a adressé en
2019, aux personnes assujetties, 12975 DI, contre 7526 en 2018, ce qui correspond à une
augmentation significative de 72,4% par rapport à l’année précédente.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
29
Ces DI varient en fonction du besoin en informations et selon l’étape d’enrichissement des
dossiers en cours d’analyse. Ci-dessous un tableau illustrant ces catégories:
Tableau 1
Tableau 2
Description du type de DI
Sur la base de l’analyse des informations reçues par l’UTRF et enrichies à partir des
informations additionnelles émanant des personnes assujetties et des autres partenaires
nationaux et internationaux, l’UTRF procède, conformément aux dispositions des articles 18
et 34 de la loi n°43-05, à des transmissions au Procureur du Roi près le Tribunal de Première
Instance de Rabat lorsqu’il s’agit de faits soupçonnés d’être liés au blanchiment de capitaux
ou aux infractions sous-jacentes et au Procureur Général du Roi près la Cour d’Appel de
Rabat quand il s’agit de présomptions de financement du terrorisme.
C’est dans ce cadre que l’UTRF a enregistré, depuis sa création jusqu’à fin 2019, un total
de 136 transmissions au Procureur du Roi près le Tribunal de Première Instance de Rabat
et au Procureur Général près la Cour d’Appel, dont 29 au titre de l’année 2019, contre 15
transmissions en 2018.
Graphique n°7:
Evolution du nombre des transmissions liées au BC/FT entre 2015 et 2019
30
25 26
20
19
18 Transmissions liées au FT
15 Transmissions liées au BC
3
14
12
10
0
2015 2016 2017 2018 2019
Sur la base du principe de la réciprocité ou des termes des mémorandums d’entente (MOU),
et en vertu des articles 24 et 34 de la loi n°43-05, l’UTRF échange avec ses homologues
étrangers des renseignements liés aux cas de BC/FT.
Il convient de préciser que tous les échanges avec les CRF homologues se font dans le
respect des principes d’Egmont quant à l’utilisation de l’information, à son traitement et à
la préservation de sa confidentialité.
En 2019, le nombre des demandes de renseignements (DR) reçues par l’UTRF en provenance
des CRF homologues a atteint 88 DR, contre 94 reçues en 2018, soit une diminution de 6,38%.
Parallèlement, le nombre de Communications Spontanées a connu une augmentation de
28,85% en 2019 par rapport à 2018. Ce qui s’est traduit par une augmentation globale de
6,16% des demandes de renseignements provenant des homologues étrangers.
Par ailleurs, le plus grand pourvoyeur des CS reçues en 2019 est le continent américain avec
un total de 38 CS, soit 57% de l’ensemble des CS reçues. Il convient de souligner qu’il s’agit
quasi-exclusivement de renseignements potentiellement liés au financement du terrorisme.
Le continent européen vient en deuxième position avec un total de 27 CS, soit 40% des CS
reçues par l’UTRF.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
33
Graphique n8:
Répartition des CS reçues par l’UTRF en 2019, par zone géographique
3%
40%
57%
En 2019, 3 CRF européennes ont envoyé, via le canal d’échanges sécurisés du Groupe
Egmont «Egmont Secure Web (ESW)», pour la première fois des DR à l’UTRF.
Afin d’enrichir les dossiers traités en 2019, et dans le cadre de la coopération internationale,
l’UTRF a envoyé 76 DR à certaines CRF homologues, contre 13 DR émises en 2018, enregistrant
ainsi un taux de croissance de 484,62%.
Graphique n°9:
Répartition des DR émises par l’UTRF en 2019, par zone géographique
5% 5%
13 %
77 %
Depuis 2018 et suite à la nomination de son nouveau Président, l’UTRF a axé sa politique de
gestion des ressources humaines sur le recrutement et le renforcement des compétences
techniques et multidimensionnelles de ses cadres en vue de répondre à ses besoins et de
s’aligner sur l’évolution des normes et des tendances internationales en matière de LBC/FT.
Ainsi, l’UTRF a renforcé ses équipes, au cours de l’année, en se dotant de nouveaux profils
au niveau de ses différents Départements et a réalisé des programmes de formation visant
à développer les compétences de ses cadres et techniciens par le biais de programmes
d’assistance technique mis en œuvre, conjointement avec ses partenaires nationaux et
internationaux.
5.1.1. RECRUTEMENT
Ainsi, l’année 2019 a été marquée par la reprise du programme de recrutement. Ainsi les
effectifs en personnel ont été renforcés par le recrutement de 13 cadres et techniciens
disposant de profils et d’expériences adaptés aux missions et aux activités opérationnelles
de l’UTRF.
Après une période marquée par une régression des effectifs de l’UTRF à partir de l’année
2012, en raison principalement de contraintes réglementaires et administratives, la nouvelle
politique de recrutement a donné lieu à un accroissement significatif des effectifs dès fin
2018.
Ainsi et comme cela ressort du graphique ci-après, l’effectif a augmenté de près de 71,4% de
2017 à fin 2019.
36 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Graphique n°10:
Evolution de l’effectif du personnel de l’UTRF entre 2009 et 2019
40
36
30
29
27 27
26
25
24
23
22
20 21
10
0
2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
La répartition du personnel de l’UTRF par catégorie fait ressortir la prédominance des cadres
dont la part dépasse 80% de l’effectif total.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
37
Graphique n°11:
Répartition des effectifs par catégorie en 2019
20% 22%
58%
La répartition de l’effectif par activité à fin 2019 est de 56% pour les activités métier contre
44% pour les activités support.
38 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Graphique n°12:
Répartition des effectifs par activité en 2019
44%
56%
La répartition par genre de l’effectif au titre de l’année 2019 fait ressortir un taux de
féminisation de 47%. La représentation féminine aux postes de responsabilité est en
progression continue. Cette représentation a été corroborée en 2019, par la nomination de
deux femmes aux postes de Chefs de Départements par intérim.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
39
Graphique n°13:
Répartition des effectifs par genre en 2019
47%
53%
Il importe de noter, à cet égard, que le processus de recrutement au sein de l’UTRF est
effectué conformément à l’approche basée sur la gestion des ressources humaines par
les compétences. L’affectation aux postes à pourvoir, est conditionnée notamment par
l’adéquation des profils des nouvelles recrues, de leur potentiel et de leurs qualités
personnelles avec les exigences inhérentes auxdits postes.
Graphique n°14:
Prévisions de recrutement sur la période triennale 2019-2021
60
60
48
45
36 Effectif
30
15
0
2019 2020 2021
5.1.2. FORMATION
Il convient de préciser que des actions de formation sont organisées au profit du personnel,
alors que d’autres actions sont animées par des responsables de l’UTRF, dans le cadre de
séminaires et d’ateliers organisés par des partenaires nationaux et étrangers.
La formation fait partie intégrante de la culture de l’UTRF, elle est proposée à la totalité de
son personnel. Les programmes de formation, y compris à distance, mis en place en 2019,
ont pour objectif, notamment, d’améliorer et de renforcer les compétences professionnelles
et les qualifications des effectifs en relation avec la lutte contre le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme et les infractions sous-jacentes.
Ainsi, les actions de formation organisées au titre de l’année 2019 portent sur plusieurs
thématiques, notamment, les nouveaux standards du GAFI, l’interprétation et la mise en
œuvre des Recommandations du GAFI et des Résultats Immédiats, les exigences liées au
renforcement de la coordination nationale, les poursuites en matière de blanchiment de
capitaux, l’utilisation du renseignement financier et les études interactives de scénarios.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
41
Outre les formations dispensées, certaines catégories du personnel ont participé également
aux ateliers organisés par les partenaires de l’UTRF qu’ils soient nationaux tels que le
Ministère Chargé de la Justice ou internationaux comme l’ONUDC, portant, notamment,
sur les mécanismes de gestion des biens saisis et confisqués, les enquêtes et poursuites
en matière de lutte contre le financement du terrorisme, les enquêtes financières dans les
crimes relatifs à la traite des êtres humains et au trafic des migrants.
Grâce à leur expertise acquise en matière de LBC/FT, les responsables de l’UTRF ont participé
à l’animation des formations suivantes, en collaboration avec des organismes partenaires:
L’année 2019 a été marquée, sur le plan organisationnel et technique, par une évolution sans
précédent des structures organisationnelles, l’importance des investissements réalisés et la
certification ISO 27001.
Sur le plan de la logistique, les recrutements opérés au cours de 2019 ont permis de
renforcer certaines structures, telles que celle des achats et de gestion financière et celle de
la maintenance et de gestion du patrimoine.
42 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Par ailleurs, pour ce qui est de l’informatique, l’évolution des effectifs a permis l’adoption
d’une nouvelle structure organisationnelle à même de permettre l’amélioration de l’efficience
dans le travail. Désormais, la Division des Systèmes d’information a adopté une organisation
faisant ressortir une entité chargée de l’infrastructure, des réseaux et de la sécurité et une
autre chargée de l’exploitation, de l’organisation et des méthodes.
Les investissements opérés en 2019 ont été effectués dans l’objectif de soutenir l’activité de
l’UTRF et peuvent être résumés dans les points ci-après:
Alors que la première phase a été réalisée au cours de l’année 2019, les phases 2 et 3 seront
exécutées au cours de l’année 2020.
L’objectif premier de la mise en place de ce système est la mise en conformité aux normes
de sécurité internationales en vigueur, de satisfaire aux exigences nationales notamment
celles de la Direction Générale de La Sécurité des Systèmes d’Information (DGSSI) relevant
de l’Administration de la Défense Nationale concernant la sécurité de l’information.
Les résultats escomptés de la réalisation de ce projet sont présentés ci-après:
• le SMSI permet de mettre en œuvre les mesures adéquates afin de réduire, voire
d’éliminer l’impact que les menaces pourraient avoir sur l’UTRF. Ainsi, la gestion de la
sécurité de l’information permettra la mise en avant des caractéristiques qualitatives
des services proposés par l’UTRF (confidentialité, intégrité, etc.);
44 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Lancé au début du quatrième trimestre 2019, ce projet sera exécuté au cours de l’année
2020 et arrivera à son terme au cours du premier semestre de l’année 2021.
Le Plan de Continuité d’Activité (PCA) a pour but de décliner la stratégie et l’ensemble des
dispositions prévues pour garantir à l’UTRF la continuité de ses activités. Le périmètre
d’action concerne les aspects suivants: sauvegarde et restauration des données, archivage
des données et systèmes de secours.
• gérer les risques: le PCA est le fer de lance de la gestion des risques susceptibles
d’altérer la bonne marche des activités de l’UTRF;
• se mettre en conformité: le PCA doit permettre à l’UTRF de répondre à ses obligations
externes (législatives et réglementaires) ou internes (risque de perte de données,
réputation/image, etc.) et de tenir ses objectifs;
• se protéger: l’absence de PCA ou sa mauvaise exécution peut engendrer de nombreux
dommages préjudiciables à l’UTRF.
Etant donné que les études techniques ont été entamées en 2019, la concrétisation de ce
projet se fera en 2020.
L’UTRF œuvre à déployer une solution de gestion intégrée des fonctions support, permettant
d’informatiser les processus supports les plus importants. Il s’agit de doter l’UTRF d’un
système couvrant les périmètres suivants:
• Gestion de projets;
• Gestion des ressources humaines;
• Gestion du courrier;
• Gestion financière;
• Gestion des achats;
• Gestion du patrimoine: inventaires, stocks, etc.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
45
Les résultats escomptés de ce projet sont multiples et consistent notamment en
l’amélioration des aspects suivants:
Par ailleurs, il y a lieu de signaler que la tendance générale est à la digitalisation des processus
et qu’elle est suivie par de nombreuses Administrations publiques marocaines au cours de
ces dernières années.
Cet ambitieux projet a été entamé en 2019 par la mise en place de la gestion de projets.
5.3. COMMUNICATION
L’UTRF a conçu, également, un film institutionnel qui a été présenté lors de la Conférence
nationale tenue en juin, et ce en commémoration de sa 10ème année de création.
Il importe de souligner, par ailleurs, que l’UTRF communique régulièrement sur ses
différentes activités via son site web, que ce soit en tant que support d’échange avec les
acteurs concernés, ou en tant que vecteur d’information pour tous autres publics concernés.
Pour plus d’informations relatives à l’UTRF, son site institutionnel peut être consulté à
l’adresse électronique suivante: www.utrf.gov.ma
L’UTRF a organisé, en juin 2019, une Conférence nationale sur le thème «Impact de
l’évaluation nationale des risques sur le dispositif national de lutte contre le blanchiment
de capitaux et le financement du terrorisme 2009-2019», en commémoration de sa 10ème
année de création.
CONSOLIDATION DE LA COORDINATION ET DE LA
COOPÉRATION NATIONALE
• Accords de coopération au niveau national;
• Actions soutenues de formation et de sensibilisation et
accompagnement des partenaires nationaux;
• Contribution de l’UTRF aux projets transverses de portée
nationale.
◉ Evaluation mutuelle
◉ Au niveau national
◉ Au niveau international
7 avril 2010 Conclusion d’un accord de coopération entre l’UTRF et l’Office des
Changes.
28 avril 2010 Conclusion d’un accord de coopération entre l’UTRF et
l’Administration des Douanes et Impôts Indirects.
28 mars 2012 Conclusion d’un accord de coopération entre l’UTRF et Bank Al-
Maghrib.
24 septembre 2012 Conclusion d’un accord de coopération entre l’UTRF et la Direction
Des Assurances et de la Prévoyance Sociale.
12 juin 2019 - Signature d’une convention de partenariat avec l’Autorité
Marocaine du Marché des Capitaux.
- Signature d’une convention de partenariat avec l’Autorité de
Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale.
Ces deux conventions ont été signées en marge de la Conférence
nationale sur «L’impact de l’évaluation nationale des risques
sur le dispositif national de LBC/FT, 2009-2019», organisée par
l’UTRF en commémoration de la 10ème année de sa création.
2011 - 2013 Contribution, dans le cadre du 1er cycle, aux travaux des commissions
nationales en charge de l’examen par les pairs de la mise en œuvre
de la Convention des Nations Unies contre la corruption.
février 2014 Participation à la Phase I du programme «Renforcer la réforme
démocratique dans les pays du voisinage méridional» en
collaboration avec les Administrations et Départements concernés,
dont le rapport de diagnostic a été présenté les 18 et 19 février 2014.
juin 2014 à novembre Contribution de l’UTRF, dans le cadre du 1er cycle, à l’examen du
2016 Maroc par les pairs initié par le Forum mondial sur la transparence
fiscale. Cet examen a pour but de vérifier la mise en œuvre par les
pays des standards en matière de transparence et d’échange de
renseignements de nature fiscale (évaluation du cadre juridique
et organisationnel des Etats dans le domaine d’échange de
renseignements).
Depuis 2015 Participation active de l’UTRF aux différentes phases d’élaboration
de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.
Un projet intitulé «Renforcement du dispositif de lutte contre
le blanchiment d’argent» a été confié à l’UTRF dans le cadre
du programme relatif au renforcement des poursuites et de la
répression.
Depuis 2016 Contribution, dans le cadre du 2ème cycle, aux travaux des commissions
nationales en charge de l’examen par les pairs de la mise en œuvre
de la Convention des Nations Unies contre la corruption.
2017 Contribution active à la phase II du Programme du Conseil de
l’Europe sur la promotion de la bonne gouvernance.
60 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Ci-après des exemples de rencontres internationales que l’UTRF a abritées entre 2009 et
2019
29 mars 2010 Organisation de la réunion de présentation internationale de l’UTRF à
Rabat à l’occasion de la clôture du contrat de jumelage institutionnel
avec l’Union Européenne. manifestation à laquelle ont participé les
dirigeants des CRF de France, d’Espagne, de Belgique, des Pays-
Bas, d’Allemagne et du Portugal, ainsi que des représentants du
GAFIMOAN, du FMI, de la Banque Mondiale et des CRF d’Egypte et
du Liban.
Octobre 2010 L’UTRF a accueilli à Rabat un atelier régional de formation d’une
semaine organisé par l’ONUDC sur l’analyse du renseignement
financier au profit des analystes des CRF marocaine, algérienne,
tunisienne et mauritanienne.
2011 Participation de l’UTRF à la création du groupe des utilisateurs de
goAML, composé, à cette date, de l’ONUDC et de 22 CRF utilisatrices.
21 au 23 mai 2012 Organisation, à Casablanca, en partenariat avec le GAFIMOAN et la
Banque Mondiale, d’un atelier de travail régional sur le thème «le
contrôle des établissements de crédit dans l’application des mesures
de vigilance contre le BC/FT» au profit des cadres des autorités de
supervision bancaire.
Une cinquantaine de représentants des autorités de contrôle des
banques des pays membres du GAFIMOAN ont participé à cet atelier
de travail.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
63
Depuis son installation, l’UTRF a engagé des programmes d’assistance technique auprès
d’organismes internationaux spécialisés et de pays amis, visant à assister le Maroc et l’UTRF
pour mettre en œuvre et mener à bien des projets de portée nationale, de bénéficier des
formations dans des domaines pointus, de consolider les compétences des intervenants
dans le dispositif de LBC/FT ou de mettre en place des procédures et des outils de travail.
Sans prétendre à l’exhaustivité, ci-après quelques exemples d’actions d’assistance
technique engagées par l’UTRF durant la décennie passée.
Contrat de jumelage signé par le Gouvernement du Royaume du
L’Union Maroc avec l’Union Européenne en octobre 2007. Cet accord de
Européenne jumelage prévoyait une assistance technique au Maroc qui couvre
plusieurs volets dont les préparatifs de la mise en place de l’UTRF et
l’appui à la mise en œuvre du dispositif préventif de LBC/FT.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
65
MOBILISATION
ET IMPLICATION
DES AUTORITES
NATIONALES
II
68 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
L’année 2019 s’est caractérisée par une mobilisation nationale notable et une forte
implication de tous les acteurs du dispositif national de LBC/FT. Cette mobilisation est
la résultante d’une volonté politique et d’une collaboration efficace des autorités et
organismes concernés, en plus d’un effort considérable déployé par l’UTRF en sa qualité de
coordonnateur national en la matière.
Cette mobilisation s’est renforcée dans un contexte caractérisé par la réalisation du deuxième
cycle d’évaluation du dispositif national par les instances habilitées et la poursuite des
chantiers entamés par le Royaume du Maroc en vue de mettre en conformité son dispositif
avec les standards internationaux et de renforcer son efficacité.
Elle s’est concrétisée lors de toutes les étapes de déploiement des projets structurants
adoptés par notre pays ou dont la mise en œuvre a été entamée en 2019 en matière de
LBC/FT, notamment, l’élaboration du projet de loi n°12-18 et la révision ou la production de
nouveaux textes d’application, l’évaluation nationale des risques de BC/FT et l’évaluation du
dispositif national.
Depuis, ce dispositif n’a cessé d’évoluer pour s’aligner et converger avec les normes et
standards internationaux en la matière. C’est ainsi qu’en 2007, ont été adoptés la loi
n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et les textes réglementaires
correspondants.
Par la suite, plusieurs textes modifiant et complétant la loi n°43-05 et certaines dispositions
du Code pénal et du Code de procédure pénale ont été promulgués et publiés.
Les différents amendements apportés à la loi n°43-05 et aux textes qui y sont rattachés ont
permis d’une part, de renforcer le cadre législatif et réglementaire de LBC/FT et d’instaurer
les bases juridiques pour améliorer son efficacité et assurer sa conformité aux standards
internationaux, d’autre part.
Ainsi, la loi n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux a introduit pour
la première fois, des dispositions permettant d’incriminer le blanchiment de capitaux, de
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
69
prévoir les sanctions applicables aux actes qui y sont liés, de fixer la liste des infractions
sous-jacentes, de préciser les mesures de vigilance requises et de désigner les personnes et
professions concernées par l’application de ce dispositif.
Notre pays a engagé des réformes législatives et réglementaires pour se conformer aux
exigences du GAFI et remédier aux insuffisances relevées par les évaluateurs.
C’est ainsi que fut promulguée et publiée en janvier 2011, la loi n°13-10 complétant et
modifiant le Code pénal, le Code de procédure pénale et la loi n°43-05 relative à la lutte
contre le blanchiment de capitaux. Dans le sillage de cette loi, une série de nouvelles
mesures réglementaires furent adoptées.
Ces réalisations, fruit des efforts conjugués des autorités judiciaires, des autorités
d’application de la loi, de l’UTRF, des autorités de supervision et de contrôle et des
Départements ministériels et autres organismes publics concernés par la LBC/FT, ont
permis, à la fois, de rapprocher le dispositif national des standards internationaux, de doter
l’UTRF des instruments juridiques à même de renforcer son fonctionnement et d’assurer
son efficacité opérationnelle. L’admission de l’UTRF comme membre au sein du Groupe
Egmont en 2011 est venue mettre en avant ce progrès significatif.
Le GAFI et le GAFIMOAN, tout en saluant les progrès réalisés par notre pays, ont, néanmoins,
insisté sur le fait que l’incrimination du financement du terrorisme n’était pas totalement
conforme aux normes internationales et ont conditionné la sortie du Maroc du processus de
suivi de l’ICRG/GAFI, par l’intervention du législateur pour remédier à cette déficience, d’où
l’adoption de la loi n°145-12 modifiant et complétant le Code pénal et la loi n°43-05 qui a eu
pour effet la sortie du processus de suivi renforcé de l’ICRG.
Par la suite et en vue de donner effet à la résolution du CSNU n° 2178 du 24 septembre 2014,
condamnant l’extrémisme violent et obligeant les pays à coopérer pour la mise en œuvre des
législations et politiques susceptibles d’empêcher le déplacement des combattants terroristes
étrangers et leur soutien, le Ministère Chargé de la Justice s’est penché, dans le cadre de la
refonte du Code pénal, sur un projet de loi visant à étendre le concept d’infraction terroriste aux
nouveaux actes terroristes listés dont, notamment, le ralliement à une organisation terroriste
ou la réception d’un entrainement ou d’une formation pour la commission d’un acte terroriste.
70 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
A cet égard, la loi n°86-14 complétant certaines dispositions du Code pénal et du Code de
procédure pénale relatives à la lutte contre le terrorisme, a été adoptée et publiée au Bulletin
Officiel n°6365 du 1er Juin 2015.
Il y a lieu de rappeler que le Maroc a fait l’objet d’une évaluation mutuelle par le GAFIMOAN,
dans le cadre du deuxième cycle d’évaluation, et ce sur la base des normes révisées du GAFI.
Il s’agit de la deuxième évaluation du genre pour le Maroc après celle de 2007. Un processus
qui a été lancé depuis le deuxième semestre de 2017, et qui a été marqué par l’adoption du
deuxième rapport d’évaluation mutuelle du Maroc par le GAFIMOAN à l’occasion de la 29ème
Réunion Plénière du Groupe, tenue à Amman- Jordanie en avril 2019.
En prenant comme base de travail le projet de loi préparé par la commission restreinte
composée de L’UTRF et de Bank Al Maghrib, la commission juridique susmentionnée a ainsi
lancé ses travaux et a tenu une série de réunions de travail qui ont abouti à l’élaboration
du projet de loi n°12-18. Après avoir été discuté au niveau du Secrétariat Général du
Gouvernement (SGG), le projet a été adopté par le Conseil de Gouvernement lors de sa
réunion du 28 novembre 2019 et introduit dans le circuit d’adoption législative.
Au cours de l’année 2019, le projet de loi n°12-18 a connu des développements significatifs
permettant de franchir des étapes importantes dans la voie de son adoption officielle.
C’est ainsi que le Chef du Gouvernement a présidé en 2019 une série de réunions consacrées,
entièrement ou partiellement, aux amendements législatifs requis en matière de LBC/FT, en
vue de mettre le dispositif national en conformité avec les normes internationales et réussir
l’opération d’évaluation et de suivi concernant notre pays.
Une première réunion a eu lieu le 1er février 2019 dans le sillage de l’examen du bilan du
processus d’évaluation mutuelle et des mesures à prendre pour pallier les insuffisances
relevées.
Lors de cette réunion, intervenue après la première discussion du rapport du Maroc par la
28ème Réunion Plénière du GAFIMOAN, tenue au Liban en novembre 2018, ont été présentés
un bilan d’étape ainsi qu’un plan d’action à mettre en œuvre pour remédier aux différentes
lacunes soulevées dans le rapport d’évaluation mutuelle. Un des principaux axes de ce plan
d’action réside dans l’accélération du processus d’adoption du projet de loi n°12-18 et de ses
textes d’application.
A ce titre, il a été décidé de constituer une commission juridique auprès du Ministère Chargé
de la Justice composée de représentants du SGG, de Bank Al-Maghrib et de l’UTRF, pour
s’assurer que le projet de loi comporte toutes les modifications requises sur le plan préventif
et répressif. Tous les secteurs concernés ont été invités à prendre part aux travaux de cette
commission et à soumettre leurs propositions de modifications législatives à cet effet.
Une autre réunion présidée par le Chef du Gouvernement a eu lieu le 19 novembre 2019
en présence des Ministres et des Dirigeants des Organismes concernés, à l’effet de faire le
point sur l’état d’avancement des travaux d’élaboration du projet de loi et de statuer sur les
questions en suspens.
72 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
La commission juridique a lancé ses travaux et tenu une série de réunions au siège du
Ministère Chargé de la Justice pour discuter des dispositions dudit projet de loi, avec la
participation des représentants des Départements ministériels et Organismes concernés.
Ainsi, la commission dont les travaux ont connu une participation active de l’UTRF, a tenu
des réunions les 13, 17, 23 juin et 04 juillet 2019.
Par ailleurs, plusieurs réunions ont été tenues au siège du SGG, en présence des Départements
ministériels et Organismes concernés pour discuter du projet de loi n°12-18 et y apporter les
améliorations et les ajustements nécessaires. D’autres réunions restreintes en présence, des
représentants du SGG, du Ministère Chargé de la Justice, de Bank Al Maghrib et de l’UTRF ont
été tenues pour finaliser le projet avant de l’introduire dans le circuit d’adoption législative.
Parallèlement, plusieurs réunions entre l’UTRF et Bank Al-Maghrib ont été organisées afin
d’étudier les amendements à caractère préventif et répressif qui devraient être introduits
dans le projet de loi.
Tous ces travaux et ces réunions de concertation et de coordination ont abouti à l’adoption
par le Conseil de Gouvernement, lors de sa réunion du 28 novembre 2019, du projet de loi n°
12-18 modifiant et complétant la loi n° 43-05 ainsi que certaines dispositions du Code pénal.
Les principaux amendements apportés par le projet de loi n°12-18 précité, s’articulent
autour des points suivants:
Plusieurs textes réglementaires ont été élaborés par l’UTRF en plus des circulaires, directives
et guides didactiques établis par les différentes autorités de supervision et de contrôle
concernées, pour tenir compte, d’une part, des Recommandations des évaluateurs visant à
améliorer le degré de conformité technique aux normes internationales et d’autre part, pour
rendre plus aisées la compréhension et l’application des dispositions légales de la part des
personnes assujetties.
Pour sa part, l’UTRF a élaboré, au titre de l’année 2019, un certain nombre de textes
réglementaires dont trois décisions, une directive et trois guides.
A- Décisions
Cette Décision définit les procédés de retour d’informations auxquels peut recourir l’UTRF
et qui se manifestent par:
- Décision n°D9/2019 relative aux attributions de l’UTRF qui est venue clarifier
les prérogatives reconnues à cette Instance Nationale en sa qualité de Cellule
de renseignement financier, d’Autorité de supervision et de contrôle et de
Coordonnateur national en matière de LBC/FT.
Ladite Décision met en relief, entre autres, ses compétences en matière de lutte contre le
financement du terrorisme et de coordination avec les autorités nationales compétentes.
En plus des décisions précitées, l’UTRF a élaboré, au titre de l’année 2019, la Directive n°
DR.2/2019 qui établit les règles minimales d’application de l’approche basée sur les risques
par les personnes assujetties à la loi n°43-05.
Cette Directive devrait permettre aux personnes assujetties de mieux comprendre leurs
obligations en la matière et de mettre en œuvre des mesures efficaces de gestion et de
surveillance des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme
auxquels elles sont exposées ou pourraient être exposées.
Fixant les orientations générales en matière d’application de l’approche basée sur les
risques, la Directive laisse cependant, à chaque autorité de supervision et de contrôle la
prérogative de définir les modalités d’application de cette approche, et ce en fonction de
sa connaissance approfondie du secteur ou de la profession, de la taille et de la nature du
domaine d’activité des personnes assujetties relevant de son domaine de compétence et
également en fonction des risques identifiés au sein du secteur ou de la profession.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
75
C- Guides
Pour se conformer aux exigences du GAFI, l’UTRF a établi les trois guides ci-après:
Ces Guides s’inspirant des bonnes pratiques à l’échelle internationale, ont pour objet
de mettre à la disposition des personnes assujetties des instruments didactiques leur
permettant de mieux appréhender les indices de soupçons, de gérer adéquatement les
risques attachés aux catégories visées, et ce en vue d’une application aisée et efficiente des
dispositions légales en vigueur.
Avant son adoption officielle en 2019, le rapport d’évaluation nationale des risques (ENR)
de BC/FT a été élaboré sur plusieurs étapes durant lesquelles il a subi d’importantes
améliorations, compte tenu des Recommandations des évaluateurs du GAFIMOAN et des
orientations des experts de la Banque Mondiale; le but étant de prendre en considération
l’ensemble des menaces et vulnérabilités auxquelles notre pays est confronté en matière de
blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Ces évaluations devraient permettre à ces pays de concevoir des stratégies nationales
de prévention, d’atténuation et de gestion des risques identifiés, et de mettre en œuvre
l’approche basée sur les risques en vue d’allouer les ressources nécessaires de manière
optimale, tenant compte des degrés des menaces affrontées et des vulnérabilités relevées.
76 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
C’est ainsi que les autorités marocaines ont lancé, en mai 2016, le chantier de l’évaluation
nationale des risques de BC/FT. A ce titre, le Chef du Gouvernement a institué une Commission
nationale constituée de l’ensemble des Départements et Organismes concernés en vue
de réaliser cette évaluation. Il a, également, désigné le Président de l’UTRF en tant que
coordonnateur du projet et invité l’ensemble des administrations et organismes nationaux
concernés à s’impliquer efficacement dans la réalisation de ce projet d’envergure nationale.
C’est ainsi que quatre groupes de travail ont été constitués, à savoir:
Le lancement des travaux de ce projet a eu lieu lors d’un atelier de travail, encadré par les
experts de la Banque Mondiale, qui s’est tenu à Rabat, du 3 au 5 mai 2016, et auquel ont
pris part des représentants de l’ensemble des Départements ministériels et organismes
concernés.
Lors de cet atelier, les experts de la Banque Mondiale ont présenté les modules de la
méthodologie, les outils utilisés et les étapes de réalisation du projet.
Cet atelier de travail organisé par l’UTRF, a été une occasion propice pour sensibiliser les
participants quant à l’importance et l’intérêt du projet et donner le coup d’envoi des travaux
des groupes de travail.
Les différents groupes de travail ont tenu, parallèlement, une série de réunions pour mener
les travaux de collecte des informations, d’analyse, d’identification des menaces et des
vulnérabilités au niveau national et sectoriel, en associant les professionnels du secteur privé.
Un Comité de pilotage, présidé par le Président de l’UTRF et composé des responsables des
quatre groupes de travail, assurait la coordination entre ces groupes de travail.
Chaque groupe de travail a élaboré un rapport relatant l’analyse et les résultats de ses
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
77
travaux. Une commission pilotée par l’UTRF a procédé à la consolidation de ces rapports,
assuré la cohérence globale et procédé à l’évaluation finale des risques.
Ces travaux ont abouti à l’élaboration d’une mouture très avancée du rapport d’évaluation
nationale des risques qui a subi des aménagements pour prendre en considération les
orientations des experts de la Banque Mondiale quant au respect de la méthodologie de cette
Institution et l’exhaustivité des éléments à prendre en compte, ainsi que les observations
des évaluateurs du GAFIMOAN relatives à la prise en considération de l’ensemble des
menaces et vulnérabilités auxquelles notre pays est confronté en matière de blanchiment
de capitaux et de financement du terrorisme. C’est ainsi qu’ont été intégrés les risques liés à
la cybercriminalité, à la traite des êtres humains et aux zones franches. D’autres risques ont
été étayés tels que ceux liés aux organisations à but non lucratif et au secteur immobilier.
La finalisation du rapport a eu lieu lors d’un atelier de travail tenu à Rabat, du 11 au 13 février
2019, encadré par les experts de la Banque Mondiale, en présence des représentants des
différents Départements et organismes concernés.
Cet atelier a été l’occasion de présenter les résultats des travaux des différents groupes de
travail et de diffuser les principales conclusions de l’évaluation nationale des risques.
La version finale du rapport a été officiellement adoptée en juin 2019 pour doter le Maroc de
son premier rapport d’ENR.
Cette adoption officielle aura pour effet de doter les pouvoirs publics, les autorités de
supervision et de contrôle, l’UTRF et les professionnels du secteur privé, d’un outil qui leur
permet d’adapter leurs politiques en fonction des résultats de cette évaluation et d’appliquer
une approche basée sur les risques identifiés, de prioriser leurs actions et d’optimiser leurs
ressources.
Ces campagnes ont été également l’occasion de mettre en exergue l’importance des
mesures de vigilance et de l’application de l’approche basée sur les risques, et d’exhorter
les personnes assujetties, les autorités de supervision et de contrôle et les autres acteurs
concernés à mettre à jour leur évaluation des risques de manière périodique.
De même, plusieurs mécanismes ont été mis en place par l’UTRF et les différents partenaires
nationaux pour assurer la diffusion des résultats de l’ENR.
Ainsi, les principales actions menées par l’UTRF, dans ce cadre, sont les suivantes:
A côté des rencontres à caractère multilatéral, l’UTRF a tenu des rencontres bilatérales
avec les Départements ministériels et autres Organismes concernés, afin de présenter les
résultats de l’ENR et de discuter des mesures à adopter pour la mise en œuvre des plans
d’action sectoriels découlant de l’évaluation nationale des risques et le déploiement de
l’approche basée sur les risques.
D’autres mesures ont été envisagées par l’UTRF dans ce cadre permettant de diffuser les
résultats de l’ENR au niveau, notamment, des entreprises et professions non financières
désignées. Ces mesures consistent à organiser des campagnes de sensibilisation au profit
des professions et des secteurs concernés, et à mettre à leur disposition des modules de
formation et tous autres supports reflétant les résultats obtenus et les obligations qui en
découlent.
Cette large diffusion des résultats du rapport ENR devrait permettre d’avoir une
compréhension unifiée des risques de BC/FT par tous les partenaires nationaux concernés.
Elle devrait également permettre de favoriser l’adoption des plans d’action sectoriels
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
81
adaptés à chaque secteur et profession, d’alimenter la stratégie nationale de lutte contre les
risques de BC/FT, et de mettre en œuvre l’approche basée sur les risques en vue d’allouer les
ressources adéquates.
De même, la DGSN a organisé plusieurs rencontres avec les Officiers de la Police Judiciaire
autour des résultats de l’ENR pour les tenir informés et les inciter à les prendre en compte
dans la conduite des efforts de lutte contre les infractions de blanchiment de capitaux, de
financement du terrorisme et les infractions sous-jacentes. Parallèlement, une Directive a été
diffusée à tous les services de la Police Judiciaire pour les inciter à prendre en considération
les résultats de l’ENR dans la détermination des priorités d’action dans les enquêtes
financières parallèles susceptibles de permettre la détection des soupçons de blanchiment
de capitaux à l’occasion de l’enquête dans les infractions à haut risque, selon l’ordre adopté
à l’issue de l’opération d’évaluation.
En outre, les résultats de l’ENR ont été parmi les données retenues pour l’élaboration de
la stratégie d’action du Ministère de l’Intérieur et des services sécuritaires (Direction de la
Police Judiciaire relevant de la DGSN), pour la période allant de 2018 à 2022.
La diffusion des résultats de l’ENR au niveau du secteur financier s’est poursuivie dans le
cadre des ateliers de travail tenus lors des différentes étapes de réalisation du projet avec la
participation de la Banque Mondiale.
Par ailleurs et suite à l’adoption officielle du rapport ENR, les autorités de supervision et de
contrôle du secteur financier ont procédé à la coordination de leurs actions, notamment
en matière de diffusion des résultats de l’ENR et d’application de l’approche basée sur les
risques.
La démarche adoptée, à cet effet, consiste à établir des feuilles de route par toutes
les autorités concernées, afin de prendre en charge les spécificités de leurs domaines
de compétence respectifs, et de prévoir les différentes actions à engager, en prenant en
considération les zones de risques spécifiques identifiées lors de leurs évaluations.
82 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Les principales rencontres tenues ont connu la participation active de l’UTRF qui a présenté
des exposés sur les résultats de l’ENR et partagé son expérience à cet égard avec le secteur
privé.
Les autorités de supervision et de contrôle ont également adopté dans ce cadre, des
circulaires, des directives et des guides reprenant les résultats de l’évaluation du secteur
financier et les obligations qui en découlent. Il s’agit de Bank-Al Maghrib, de l’Autorité
Marocaine du Marché des Capitaux, de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la
Prévoyance Sociale et de l’Office des Changes.
Les niveaux des risques identifiés ont conduit à l’élaboration des plans d’action au niveau
national et sectoriel, dans le but de faire face aux menaces de BC/FT existantes et potentielles,
combler les lacunes et vulnérabilités identifiées et améliorer les capacités nationales en vue
de gérer et contrôler les risques de blanchiment de capitaux, tout en allouant de manière
optimale les ressources nécessaires.
Durant 2019, l’UTRF a procédé à la consolidation des différents plans sectoriels pour élaborer
un plan d’action national.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
83
Chaque partie concernée est tenue de mettre en œuvre les actions du plan correspondant
à son secteur d’activité. La mise à jour périodique du rapport est confiée à la Commission
nationale chargée initialement de l’élaboration du rapport d’ENR dont la mission a été
prorogée et aux groupes de travail issus de cette Commission. L’UTRF est mandatée pour
continuer à assurer la coordination de cette Commission.
La cartographie des risques de BC/FT au niveau national étant établie, les niveaux des
risques déterminés, les résultats de l’ENR diffusés, il incombait aux autorités concernées et
aux personnes assujetties de mener leurs actions et d’adapter leurs politiques et procédures,
en appliquant une approche basée sur les risques compte tenu des résultats de l’évaluation
nationale et sectorielle des risques; le but étant d’assurer une utilisation efficiente de leurs
ressources tout en garantissant une application efficace des exigences de LBC/FT. Ceci
permettrait d’atténuer l’impact de ces risques sur leurs secteurs respectifs et de se prémunir
contre toute utilisation de ces secteurs à des fins illicites ou abusives.
Compte tenu des résultats de l’ENR, l’UTRF applique l’approche basée sur les risques en
matière opérationnelle, dans le cadre du traitement des déclarations de soupçons, de
l’analyse stratégique et du développement des typologies.
L’UTRF s’est fixée comme l’une de ses priorités stratégiques, de renforcer la coordination
nationale en matière de LBC/FT, qui constitue une exigence essentielle des standards
internationaux et un prérequis pour le renforcement de l’efficacité du dispositif national.
A travers cet objectif, l’UTRF vise à créer une synergie entre les différents acteurs nationaux
concernés par la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme,
et à jouer pleinement son rôle de fédérateur et coordonnateur au niveau national. Elle tend
aussi à faire adhérer tous ces acteurs, chacun dans son domaine, à ce projet d’envergure
nationale en vue de réussir les échéances importantes auxquelles notre pays devrait faire
face et d’assurer, de manière coordonnée, la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte
contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
Au-delà des réunions de coordination de haut niveau présidées par le Chef du Gouvernement
consacrées aux questions de LBC/FT, qui dénotent de la volonté politique ferme, et en
plus des réunions de coordination multilatérales relatives aux projets de portée nationale
(évaluation mutuelle, ENR et Projet de loi), l’UTRF a entrepris les actions nécessaires avec
les autorités d’application de la loi et les autorités de supervision et de contrôle en vue de
renforcer la coopération opérationnelle et fluidifier l’échange d’informations.
84 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
La coopération concerne également le secteur privé. Elle est menée en collaboration avec les
associations professionnelles de certaines professions et en coordination avec les autorités
de supervision et de contrôle.
Ainsi, l’année 2019 a été marquée par un développement remarquable des échanges
d’informations entre l’UTRF et les autorités d’application de la loi et la multiplication des
actions de coordination entre l’UTRF et les autorités de supervision et de contrôle et le
secteur privé.
Sur le plan opérationnel, l’année 2019 a connu une nouvelle dynamique de coordination
entre l’UTRF et les différentes autorités d’application de la loi due aux multiples actions
visant à accroitre et à fluidifier les échanges d’informations et à coordonner les moyens
d’action durant toutes les étapes de traitement des dossiers.
D’autre part et pour s’inscrire dans la continuité des rencontres annuelles avec les autorités
d’application de la loi, l’UTRF a organisé, le 24 décembre 2019, à Rabat, un colloque sur les
«enquêtes et poursuites judiciaires suite aux résultats de l’évaluation nationale des risques
de BC/FT».
Cette rencontre qui intervient suite au succès de la première Conférence organisée par l’UTRF
en décembre 2018, a connu la participation des représentants des autorités d’application
de la loi et des administrations et organismes concernés, notamment, le Ministère Chargé
de l’Intérieur, le Ministère Chargé de la Justice, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire,
la Présidence du Ministère Public, la DGSN, la Gendarmerie Royale, l’Administration des
Douanes et Impôts Indirects et Bank Al Maghrib.
Elle a été l’occasion de présenter les résultats de l’ENR et de relater les efforts déployés par
les différentes parties concernées, à la lumière des remarques soulevées dans le cadre du
rapport d’évaluation mutuelle du dispositif national de LBC/FT.
La Conférence s’est, également, distinguée par les exposés présentés par des magistrats et
des experts spécialisés, qui ont abordé le sujet sous divers aspects, suivis de discussions
approfondies qui ont reflété l’importance attachée à ce sujet par les différentes parties
prenantes.
1. Mettre en œuvre l’approche basée sur les risques dans le domaine de l’enquête et de
l’investigation, en orientant davantage les efforts et les ressources vers les domaines
classés à haut risque, conformément aux résultats de l’évaluation nationale des
risques;
2. Accroître le traitement judiciaire des affaires liées aux crimes de blanchiment de
capitaux et de financement du terrorisme afin d’atteindre l’efficacité requise, dans le
plein respect de la présomption d’innocence et des principes d’un procès équitable;
3. Centraliser les statistiques relatives aux différents crimes sous-jacents, au
blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, y compris le volume des
avoirs et des biens confisqués;
4. Souligner l’importance de l’enquête financière parallèle en tant que mécanisme
facilitant la saisie des produits du crime, qu’il s’agisse des crimes de blanchiment
de capitaux, des crimes sous-jacents ou des crimes de financement du terrorisme;
5. Accélérer la mise en place de l’Agence nationale pour la gestion des biens saisis et
confisqués;
6. Définir un cadre législatif pour encadrer les actifs virtuels et leur relation avec le
domaine du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme;
7. Accroître les procédures de coopération judiciaire internationale par le biais des
commissions rogatoires, des dénonciations officielles et des demandes d’extradition
des criminels, tout en veillant à traiter les demandes de coopération judiciaire
internationale reçues avec la célérité et l’efficacité nécessaires;
8. Nommer un interlocuteur officiel dans toutes les administrations concernées par
l’évaluation nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement
du terrorisme;
9. Élaborer les guides et directives nécessaires sur les techniques d’enquête, les
méthodes et les modes opératoires de blanchiment de capitaux et la mise en œuvre
de l’approche basée sur les risques;
10. Poursuivre la coordination et la coopération entre tous les acteurs du dispositif
national, tout en intensifiant la tenue des réunions, séminaires, ateliers et
programmes de formation;
11. Mettre en place une commission nationale pour suivre et mettre à jour l’évaluation
nationale des risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme.
Rabat le 24 décembre 2019.
86 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Par ailleurs, l’UTRF a tenu une série de séances de travail avec le Ministère Chargé de la Justice,
la Présidence du Ministère Public et l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, dans
le but d’examiner les insuffisances relevées par les évaluateurs dans le rapport d’évaluation
mutuelle et les mesures à adopter pour y remédier.
Cette coordination avec les autorités de supervision et de contrôle s’est renforcée dans un
contexte marqué par le déroulement du deuxième cycle d’évaluation mutuelle du dispositif
national de LBC/FT et les exigences de coopération que cela nécessite lors de toutes les
étapes du processus.
C’est ainsi que, durant l’année 2019, l’UTRF a procédé à la signature de deux Conventions
de partenariat avec l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux d’une part, et l’Autorité de
Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale, d’autre part.
En outre, plusieurs réunions de coordination ont été tenues entre l’UTRF et les autorités de
supervision et de contrôle et ont porté sur différentes thématiques.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
87
Dans ce cadre, des actions de coordination et d’échanges ont eu lieu avec le Ministère
Chargé de la Justice en sa qualité d’autorité de supervision et de contrôle des professions
juridiques (notaires, avocats et Adouls).
Ainsi, une réunion a eu lieu, le 17 octobre 2019, entre les représentants du Ministère Chargé
de la Justice et de l’UTRF en vue de discuter, entre autres, des mesures à prendre pour
remédier aux lacunes liées à la supervision des professions juridiques et les actions de
sensibilisation qui pourraient être menées pour les impliquer davantage.
Une réunion a été tenue, le 4 novembre 2019, entre le Président de l’UTRF et le Ministre
Chargé de la Justice pour examiner les questions liées aux résultats de l’évaluation mutuelle
du dispositif national de LBC/FT et les mesures devant être prises par le Ministère Chargé de
la Justice (projet de loi, contrôle et suivi des professions juridiques...).
En plus de ces réunions, plusieurs autres rencontres ont eu lieu entre l’UTRF et les autorités
de supervision et de contrôle dans le cadre du projet ENR ou de l’évaluation mutuelle, ou à
l’occasion des réunions multilatérales que l’UTRF a organisées en présence des représentants
de tous les Départements ministériels et organismes concernés.
S’agissant du secteur financier, l’UTRF et Bank Al Maghrib ont continué à tenir des réunions
mensuelles avec les établissements de crédit et organismes assimilés en vue de discuter
des différentes questions opérationnelles liant ces personnes assujetties à l’UTRF. Ces
réunions ont été, également, l’occasion de présenter les typologies pertinentes et les modes
opératoires émergents en liaison avec leur activité.
Dans un autre cadre, une réunion de coordination a été organisée, le 26 décembre 2019,
avec Bank Al-Maghrib dans le cadre de la préparation d’un Workshop régional portant sur
«La digitalisation des services financiers et les nouveaux défis en matière de la LBC/FT»,
devant être tenu les 28 et 29 janvier 2020.
De même, des actions de coopération ont été réalisées entre l’UTRF et l’ACAPS. A cet égard,
l’UTRF a participé à l’animation d’un atelier de travail organisé par l’ACAPS, les 15 et 16
octobre 2019, au profit des professionnels des assurances et de la réassurance, consacré
au partage des résultats de l’ENR et aux aspects opérationnels. En outre, elle a accompagné
l’ACAPS dans l’amendement de sa circulaire relative au devoir de vigilance.
Des actions pareilles ont été menées entre l’UTRF et l’AMMC. En effet, l’UTRF a accompagné
l’AMMC dans la mise à jour de ses textes d’application relatifs à la LBC/FT et du guide relatif à
la LBC/FT que l’AMMC a publié pour assister les professionnels du marché des capitaux dans
la mise en œuvre des obligations qui leur incombent en matière de LBC/FT.
88 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Des actions de coordination similaires ont été entreprises avec l’Office des Changes, que ce
soit à l’occasion de la préparation du projet de loi, ou de l’ENR ou lors des travaux de l’évaluation
mutuelle. De surcroit, des échanges ont eu lieu dans le cadre de l’accompagnement de
l’Office dans la mise à jour de sa circulaire relative au devoir de vigilance.
D’autre part, l’UTRF a engagé des contacts avec la Commission nationale de contrôle de la
protection des données à caractère personnel en vue de l’examen des termes d’un projet
de Convention de coopération entre les deux parties. Ce fût l’objet de la réunion tenue, le 5
novembre 2019, entre les Présidents de ces deux instances nationales.
Il importe de noter que la fréquence des actions avec les partenaires nationaux s’est
accélérée durant l’année 2019, traduisant ainsi la volonté de l’UTRF de contribuer activement
à la réussite des chantiers engagés par le Royaume du Maroc en liaison avec ses domaines
d’intérêt.
Durant l’année 2019, l’UTRF a continué à participer aux chantiers engagés dans le cadre de
la lutte contre la corruption et aux réunions organisées à cet effet par le Ministère Chargé de
la Réforme de l’Administration et auxquelles ont pris part les représentants des différentes
administrations concernées.
Ainsi, l’UTRF a pris part à la première réunion tenue le 18 janvier 2019 ayant pour objet
l’échange rapide d’informations, conformément à l’article 56 de la Convention des Nations
Unies de lutte contre la corruption.
Par ailleurs, l’UTRF a pris part, le 15 février 2019, à la réunion de la commission nationale de
lutte contre la corruption tenue pour examiner l’état d’avancement des travaux de mise en
œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption et les contraintes rencontrées.
En outre et dans le cadre du suivi de l’exécution par les Etats parties à la Convention de lutte
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
89
contre la corruption précitée, l’UTRF a également pris part, du 02 au 06 septembre 2019, au
siège de l’ONUDC, à une réunion consacrée à «la reprise de la première partie du dixième
cycle du groupe d’examen par les pairs pour l’exécution de la Convention des Nations
Unies pour la lutte contre la corruption» et à la réunion intersessions du Groupe de travail
intergouvernemental à composition non limitée sur la prévention de la corruption.
2. la régularisation spontanée au titre des avoirs et liquidités détenus à l’étranger (Art 8).
Il s’agit d’un régime similaire à celui adopté et mis en œuvre en 2014 au Maroc, instaurant
une contribution libératoire relative à la régularisation spontanée au titre des avoirs et
liquidités détenus à l’étranger, avant le 30 septembre 2019, et déclarés entre le 1er janvier et
le 31 octobre 2020.
90 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Ce régime concerne les personnes physiques ou morales ayant une résidence, un siège
social ou un domicile fiscal au Maroc et qui ont commis des infractions en matière de
réglementation des changes ou en matière fiscale.
La durée du programme est fixée par la loi des finances au 31 octobre 2020, pour la
souscription de la déclaration et le paiement de la contribution libératoire.
Conformément aux principes du GAFI (Voir encadré n°4) et à la procédure adoptée par le
GAFIMOAN, l’UTRF a entrepris les démarches avec les différents Départements nationaux
concernés en vue de mener une autoévaluation de ces régimes pour s’assurer de leur
conformité aux principes du GAFI. Un rapport sera adressé par la suite au Secrétariat exécutif
du GAFIMOAN, comportant les éléments suivants:
Encadré N°4: Principes fondamentaux du GAFI dans le cadre du suivi des programmes de
régularisation fiscale volontaire
Durant l’année 2019, l’UTRF a participé aux rencontres organisées par la Direction Générale
des Impôts (DGI) dans le cadre de la mise en œuvre des standards internationaux en matière
de transparence fiscale.
C’est ainsi que l’UTRF a pris part, le 07 février 2019, à la réunion concernant le 2ème cycle
d’examen par les pairs du Forum Mondial sur la transparence et l’échange de renseignements
à des fins fiscales et la présentation du questionnaire qui sert d’outil pour l’examen et
l’approche à adopter pour le renseigner.
L’UTRF a, également, pris part à la réunion du 02 juillet 2019, portant sur la définition du
bénéficiaire effectif, lors de laquelle les experts du Forum Mondial pour la transparence et
l’échange de renseignements à des fins fiscales, ont fait des présentations à ce sujet.
En outre, l’UTRF a participé, le 04 juillet 2019, à la simulation de la visite sur place effectuée
par les experts dudit Forum. L’exercice consiste essentiellement à passer en revue le
questionnaire qui sert d’outil à l’examen du dispositif national en la matière et à répondre
aux questions par les différentes administrations.
Par ailleurs, une réunion s’est tenue, le 18 octobre 2019, entre les représentants du Ministère
Chargé de l’Économie et des Finances, l’Administration Générale des Impôts, Bank Al-
Maghrib et l’UTRF pour discuter de la conformité de la définition du «bénéficiaire effectif»
adoptée dans le projet de loi.
Dans le cadre de la stratégie nationale d’inclusion financière, l’UTRF a organisé une réunion,
le 08 octobre 2019, avec les représentants du Bank Al Maghrib, en vue de discuter des liens
entre les mesures relatives à l’inclusion financière et l’application des mesures de vigilance
dans le cadre de la LBC/FT.
Cette stratégie lancée en janvier 2019, découle d’une initiative conjointe du Ministère Chargé
de l’Economie et des Finances et de Bank Al-Maghrib. Elle vise à réduire les disparités en
termes d’accès et de pénétration des services financiers auprès des citoyens, à travers les
différentes régions du Royaume. Elle vise également l’intégration du plus grand nombre de
citoyens et de TPE au système financier formel.
de fournir des orientations aux assujettis concernant leurs obligations en la matière. Une
experte française a fait également une intervention lors de cette rencontre.
EVALUATION MUTUELLE
DU DISPOSITIF
NATIONAL DE LBC/FT
III
94 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
CONTEXTE
En effet, au cours de la première étape, il a été procédé à l’évaluation sur documents sur
la base des échanges d’informations et de données entre les autorités marocaines et les
évaluateurs par l’intermédiaire du Secrétariat Exécutif du GAFIMOAN.
L’étape suivante a consisté en la visite sur place qui a lieu en mars 2018.
Ensuite et à la demande des autorités marocaines, a eu lieu la rencontre «face to face» avec
les experts-évaluateurs à Manama au Bahreïn, en septembre 2018.
Le rapport d’évaluation mutuelle (REM) du Maroc a été présenté et discuté lors de la 28ème
Réunion Plénière du GAFIMOAN tenue à Beyrouth en novembre 2018. Ladite Réunion
a décidé de reporter l’adoption du rapport à la Réunion Plénière suivante, en raison des
incohérences manifestes au niveau de l’analyse des évaluateurs, des conclusions et du
degré de conformité ou d’efficacité attribué, et ce à la suite des arguments jugés pertinents
présentés par les autorités marocaines, les Etats membres et les observateurs contredisant
certaines conclusions contenues dans le rapport.
Effectivement, le rapport a été réexaminé et adopté par la 29ème Réunion Plénière du Groupe
tenue à Amman, du 20 au 25 avril 2019.
Depuis et sur la base des résultats du REM, le Maroc est engagé dans le processus de suivi
renforcé du GAFIMOAN et il est appelé, à ce titre, à présenter des rapports chaque année.
C’est ainsi que l’année 2019 a été marquée par la présentation du premier rapport de suivi
comportant une demande de réévaluation de treize Recommandations.
Ce rapport devrait être soumis pour discussion lors de la 31ème Réunion Plénière du Groupe,
prévue à Manama-Bahreïn, en avril 2020.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
95
Par ailleurs, lors de sa dernière réunion tenue en juin 2019 à Orlando aux Etats Unis
d’Amérique, le GAFI a considéré que le Maroc répond aux critères d’entrée au processus de
suivi de l’ICRG (Groupe de révision de la coopération internationale issu du GAFI) avec une
période d’observation qui s’achève en juin 2020.
- A l’issue de l’adoption du REM par le GAFI régional, le pays concerné reçoit une
lettre du Président du GAFI, dont l’objet est de rappeler les étapes à venir du
processus de suivi et d’inviter le pays à prendre les mesures nécessaires pour
combler les lacunes liées aux Résultats Immédiats portant sur l’efficacité et aux
Recommandations de base;
- La juridiction concernée entre dans la phase de l’observation qui s’étend sur une
année. Au cours de cette période, le pays concerné sera amené à présenter au
GAFI régional son premier rapport de suivi renforcé;
- A la fin de la phase d’observation, le groupe conjoint relevant de l’ICRG évaluera
les efforts déployés par le pays pour remédier aux défaillances et l’invite à fournir
toutes les mesures prises pour remédier aux lacunes identifiées dans le rapport
d’évaluation mutuelle;
- L’Etat devra soumettre un rapport au groupe conjoint pour relater les efforts
déployés;
- Un mois avant la réunion du groupe ICRG : discussion en réunion «face to face»
avec le groupe du rapport relatant les différentes mesures prises. A la lumière des
discussions lors de cette rencontre, le groupe conjoint prépare le plan d’action à
mettre en œuvre par le pays et le soumet aux autorités du pays;
- Le groupe conjoint présente ses conclusions lors de la réunion du groupe ICRG
en marge de la plénière du GAFI. Le dossier est alors discuté lors de la Plénière
du GAFI. Si le GAFI décide l’entrée du pays dans le processus de suivi renforcé, il
adopte le plan d’action que le pays doit mettre complètement en œuvre dans un
délai d’un an. Au cours de cette période, le pays devra soumettre 3 rapports par an
à l’ICRG relatant les efforts fournis pour mettre en œuvre le plan d’action convenu;
- À l’issue de la même plénière, le GAFI publie une déclaration confirmant que le
pays fait partie des pays sous observation qui se sont engagés à remédier aux
carences de son dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et
le financement du terrorisme;
- Dans le cas où le plan d’action ne serait pas pleinement mis en œuvre, le GAFI
décide de classer le pays dans les listes grises et lui donne un délai pour combler
les lacunes restantes sous peine de sa classification dans la liste noire.
96 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
L’UTRF a mené des actions de coordination avec les différents partenaires nationaux en vue
de préparer la discussion du rapport d’évaluation mutuelle du dispositif national de LBC/FT,
lors de la Réunion Plénière tenue en avril 2019.
L’objet était d’informer les membres de la Commission des étapes du processus d’évaluation
mutuelle du dispositif national de LBC/FT, et de présenter les contraintes et les défis que
soulève ce processus.
L’UTRF a assuré la coordination des travaux de ces groupes, participé à leurs travaux et
procédé à la consolidation de leurs rapports.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
97
Pour sa part, l’UTRF a tenu, le 27 mars 2019, à son siège, une réunion avec les représentants
de la Présidence du Ministère Public pour examiner les questions essentielles concernant
les autorités d’application de la loi.
Par ailleurs, à la veille de la tenue de la Réunion Plénière, l’UTRF a pris part à la réunion
de coordination organisée au siège de la Présidence du Ministère Public, le 11 avril 2019,
en préparation de la discussion du rapport d’évaluation du Maroc. Cette réunion a été
consacrée à l’examen des points qui intéressent les autorités d’application de la loi.
C’est ainsi que le rapport d’évaluation mutuelle du Maroc a été soumis à un deuxième
examen lors de la 29ème Réunion Plénière du GAFIMOAN tenue à Amman, du 20 au 25 avril
2019.
Le Maroc a été représenté à cette Réunion par une délégation de haut niveau qui a compris,
outre les responsables de l’UTRF, des représentants des différents Départements ministériels
concernés: (l’Intérieur, la Justice, la Défense Nationale, l’Economie et les Finances et
les Affaires Etrangères), la Direction Générale de la Sûreté Nationale, l’Etat-Major de la
Gendarmerie royale, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects, le Conseil Supérieur
du Pouvoir Judiciaire et la Présidence du Ministère Public, en plus des représentants des
différentes Autorités de supervision et de contrôle du secteur financier: (Bank Al-Maghrib,
l’Autorité Marocaine du Marché des Capitaux, l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la
Prévoyance Sociale et l’Office des Changes).
98 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Le dossier du Royaume du Maroc a connu une discussion technique approfondie portant sur
les questions fondamentales identifiées conformément aux procédures en vigueur au sein
du Groupe. Lors de ces réunions, la délégation marocaine a présenté tous les arguments,
documents, données statistiques et informations nécessaires pour prouver l’efficacité
du dispositif national de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme et réfuter certaines conclusions négatives de l’équipe d’évaluateurs, ainsi que
des arguments de certains observateurs visant à maintenir bas le niveau de conformité de
certains Résultats Immédiats.
- la révision à la hausse des notations obtenues, ainsi trois Résultats Immédiats1 ont
été notés «modérés» au lieu de «faibles» dans la version précédente du rapport.
De même un Résultat Immédiat a été noté «substantiel» au lieu de «modéré»
dans l’ancienne version du rapport;
1 - Les résultats immédiats sont des standards internationaux mis en place par le GAFI contenant des critères pour l’évaluation de
l’efficacité des dispositifs de LBC/FT des pays.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
99
- une nouvelle reconnaissance des efforts du Royaume en matière de lutte contre
le terrorisme et son financement. En effet, la notation du Résultat Immédiat 9
traitant des questions de financement du terrorisme et l’efficacité des mesures
prises en la matière, a été jugée «Substantiel».
A la lumière des résultats obtenus et selon les procédures adoptées par le GAFIMOAN, le
Maroc doit présenter le premier rapport de suivi renforcé lors de la Réunion Plénière prévue
pour avril 2020; étant précisé que ce rapport doit être envoyé au Secrétariat du groupe six
mois avant la date mentionnée.
Ce rapport devrait refléter les efforts déployés par le Royaume pour remédier aux lacunes
soulevées par le rapport d’évaluation mutuelle et mettre en œuvre les Recommandations
formulées dans ce dernier.
C’est ainsi qu’en préparation du premier rapport de suivi, le Royaume du Maroc a mis en
place un plan d’action dont les principaux axes sont les suivants:
1. préparer et mettre en œuvre des actions urgentes s’étalant sur un an, soutenues par
des programmes de travail incluant toutes les mesures à prendre au niveau de chaque
secteur;
2. adopter le projet de loi qui introduit les modifications législatives requises à certaines
dispositions du Code pénal et de la loi n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment
de capitaux;
3. mettre en place un mécanisme de mise en œuvre des résolutions du Conseil de Sécurité
relatives au financement du terrorisme (notamment 1267 et 1373), conformément aux
exigences de ces décisions et aux Recommandations du Groupe d’action financière;
4. mettre à niveau les textes réglementaires émanant des autorités de supervision et de
contrôle et des autres acteurs concernés, chacun dans son domaine de compétence,
à la lumière des modifications qui seront apportées à la loi;
5. renforcer l’indépendance et les moyens d’action de l’UTRF en tant qu’organe chargé
de coordonner et de représenter les différents acteurs nationaux;
6. approuver le rapport d’évaluation nationale des risques et adopter un mécanisme
permettant sa mise à jour et l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre le
blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme sur la base des résultats de
cette évaluation;
7. renforcer les moyens de lutte contre les systèmes financiers parallèles et atténuer les
risques liés à l’économie informelle.
- Une réunion élargie organisée par l’UTRF, le 21 mai 2019, et à laquelle ont pris part
les membres de l’UTRF et les représentants des administrations et organismes
concernés. Les travaux de cette réunion ont porté sur l’étude des résultats de
l’évaluation mutuelle du dispositif national de LBC/FT, et l’élaboration des plans
d’action pour pallier les insuffisances soulevées.
- L’UTRF a tenu des réunions de coordination avec l’Administration des Douanes
et Impôts Indirects, la Présidence du Ministère Public et le Ministère Chargé de la
Justice respectivement les 03, 04 et 17 octobre 2019, pour examiner les mesures
à prendre, notamment sur le plan opérationnel, pour améliorer l’efficacité du
dispositif.
- Le 8 octobre 2019, une réunion s’est tenue entre l’UTRF et Bank Al Maghrib
pour examiner les exigences à observer dans les rapports entre la stratégie de
développement de l’inclusion financière et l’application des mesures de vigilance
dans le cadre de la LBC/FT.
- Une réunion s’est tenue le 4 novembre 2019 entre le Président de l’UTRF et le
Ministre Chargé de la Justice pour discuter des questions liées aux résultats de
l’évaluation mutuelle du dispositif national de lutte contre le blanchiment de
capitaux et des mesures devant être prises par ce Département (projet de loi,
contrôle et suivi des professions juridiques ...).
- La première réunion de la commission en charge de la coordination et de la
collecte des réponses des secteurs concernés s’est tenue, le 18 octobre 2019, pour
préparer le premier rapport de suivi du Royaume du Maroc.
- La deuxième réunion de la même commission s’est tenue le 22 octobre 2019.
- Fin octobre 2019 (6 mois avant la date de la tenue de la Réunion Plénière du
GAFIMOAN) le premier rapport du Royaume du Maroc a été présenté dans le cadre
du suivi renforcé du GAFIMOAN, accompagné d’une demande de réévaluation de
13 Recommandations.
102 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
C’est ainsi que le rapport a mis l’accent, suivant une démarche progressive, sur 13
Recommandations pour lesquelles les autorités marocaines souhaitent demander la
révision à la hausse des notations.
Le choix des Recommandations tient compte des actions significatives prises par l’UTRF,
les autorités de supervision et de contrôle du secteur financier et le secteur des organismes
à but non lucratif, pour remédier aux insuffisances relevées dans le rapport d’évaluation
mutuelle.
Lors de la préparation de ce rapport, l’UTRF a coordonné les actions des autorités marocaines
en adoptant une approche participative basée sur l’implication des secteurs concernés. A
ce titre, elle a préparé des matrices relatives aux Recommandations en question et les a
transmises à tous les Départements et organismes concernés afin de recueillir les éléments
de réponse et intégrer dans le rapport toutes les actions et mesures prises pour améliorer la
conformité et l’efficacité du dispositif national.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
103
COOPERATION
INTERNATIONALE
IV
104 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Durant l’année 2019, l’UTRF s’est fixée comme objectif stratégique le développement de la
coopération internationale et le renforcement de la position du Maroc au sein des instances
régionales et internationales compétentes en matière de LBC/FT.
1. GAFIMOAN
Le Maroc est l’un des pays fondateurs du GAFIMOAN. Il est considéré comme l’un des
membres les plus actifs grâce à sa contribution régulière à la réussite des différentes activités
de ce Groupe régional de type GAFI.
Ainsi, en 2020, le Maroc occupera la fonction de Vice-Président du Groupe, avant d’en assurer
la présidence en 2021 pour une année, conformément aux procédures en vigueur.
En effet, en plus de sa participation régulière aux Réunions Plénières organisées deux fois
par an et aux différents groupes de travail dont les réunions se tiennent respectivement les
mois d’avril et de novembre en marge des Réunions Plénières, le Maroc abrite un certain
nombre de manifestations organisées par le Groupe ou conjointement avec ses partenaires.
L’UTRF qui préside la délégation marocaine aux Réunions Plénières et coordonne ses travaux,
participe aux réunions des groupes de travail et des différentes instances délibératives et
consultatives du Groupe.
Au cours de la 29ème Réunion Plénière, un des responsables de l’UTRF a été élu Co-Président
du Groupe de travail chargé de l’assistance technique et des typologies.
D’autre part, l’UTRF s’attache à participer activement aux différentes actions de formation
et autres événements organisés par le GAFIMOAN. C’est ainsi qu’un responsable de l’UTRF
a contribué à l’encadrement et l’animation d’un atelier sur l’alliance des secteurs public et
privé dans la lutte contre la corruption au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cet atelier
de travail a eu lieu du 7 au 10 janvier 2019 au Centre de formation du FMI - Kuwait, organisé
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
105
conjointement par le GAFIMOAN et l’OCDE et auquel ont pris part des représentants des
différents Etats membres du GAFIMOAN.
2. GAFI
L’année 2019 a connu la tenue de deux sessions de la 30ème Réunion Plénière (février et juin)
et une session de la 31ème Réunion Plénière.
La 2ème session de la 30ème Réunion Plénière a été tenue à Paris sous la présidence des Etats-
Unis d’Amérique. Outre les discussions des rapports d’évaluation mutuelle des pays, des
rapports de suivi et de conformité technique, les principales questions traitées lors de cette
Réunion Plénière ont concerné notamment:
La 3ème session de la 30ème Réunion Plénière a été présidée à Orlando par les Etats-Unis
d’Amérique. Outre les discussions des rapports d’évaluation mutuelle des pays, des rapports
de suivi et de conformité technique, les principales questions traitées lors de cette réunion
ont concerné notamment:
La Réunion Plénière a examiné et approuvé les priorités d’action du GAFI sous la présidence
de la République Populaire de Chine, qui sera assurée par ce pays à partir du 1er juillet 2019.
La première réunion sous la présidence chinoise du GAFI a été tenue à Paris en octobre.
Outre les discussions des rapports d’évaluation mutuelle des pays, des rapports de suivi et
d’autres sujets, les principales questions traitées lors de cette réunion se résument comme
suit:
• suite aux nouvelles exigences relatives à la lutte contre les risques de BC/FT liés aux
actifs virtuels, les évaluateurs sont appelés à examiner, d’une manière spécifique,
dans quelle mesure les pays ont-ils pris les mesures nécessaires pour se conformer
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
107
aux nouvelles exigences. Les pays qui ont déjà fait l’objet d’une évaluation mutuelle
doivent rendre compte au cours de leur processus de suivi des mesures adoptées dans
ce domaine;
• la publication d’un projet d’orientation sur l’utilisation de l’identité numérique à des
fins de consultation publique. Ce projet d’orientation analyse l’utilisation, la fiabilité
et l’indépendance des systèmes d’identification numérique. Il examine comment
les systèmes d’identification numérique pourraient répondre aux exigences du GAFI
concernant le devoir de vigilance. Il vise à aider les gouvernements, les institutions
financières et autres entités concernées à appliquer une approche basée sur les
risques pour l’utilisation des systèmes d’identification numérique;
• conformément à la déclaration publique de juin 2019, le GAFI a décidé d’appeler
ses membres et d’exhorter toutes les juridictions à introduire des mécanismes de
déclaration pertinents et améliorés ou une déclaration systématique des transactions
financières, et instaurer des exigences accrues en matière d’audit externe pour les
groupes financiers en ce qui concerne leurs succursales et filiales situées en Iran;
• l’examen et l’approbation du programme de sensibilisation des superviseurs
nationaux, qui vise à explorer les moyens de rendre la supervision plus efficace. Il s’agit
d’encourager les autorités nationales de surveillance et les entités réglementées à se
concentrer davantage sur les résultats et les processus et à promouvoir une approche
de surveillance basée sur les risques;
• l’approbation des meilleures pratiques sur le bénéficiaire effectif concernant les
personnes morales ayant pour but de prévenir l’utilisation abusive d’entreprises,
d’associations ou d’autres entités à des fins de blanchiment de capitaux ou de
financement du terrorisme.
3. EGMONT
Il s’agit de regrouper les informations sur les analyses déjà effectuées par les CRF ou celles
en cours de traitement dans le contexte des schémas transfrontaliers de blanchiment de
capitaux à grande échelle comme l’analyse des flux financiers, l’analyse des réseaux ou les
typologies.
Ces résultats qui sont toujours en cours de traitement par le Groupe Egmont, n’ont pas
encore été publiés.
108 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
Les méthodologies de travail, dans le cadre de ces études stratégiques, se sont principalement
basées sur l’analyse des flux financiers (notamment les sources/destinations des fonds par
pays ou par région) et l’analyse des modes opératoires.
La première étude, à savoir les «transactions impliquant des paradis fiscaux et des pays à
risque élevé», a porté sur la période allant de 2014 à 2019, alors que les 3 autres ont concerné
la période allant de 2017 à 2019.
Outre ce qui précède, l’UTRF a reçu un certificat de reconnaissance pour avoir mis à
la disposition du Groupe Egmont un formateur pour animer le cours pilote d’analyse
stratégique avancée, qui a eu lieu en mai 2019 à Trinité et Tobago.
4. ONUDC
Il s’agit d’une action lancée en 2018 et coordonnée par l’UTRF, visant à renforcer la capacité
opérationnelle des acteurs marocains dans la LBC/FT, à prévenir, enquêter, poursuivre et juger
les cas de financement du terrorisme y compris ses nouvelles formes. Ce projet s’est concrétisé à
travers la mise en œuvre d’une série d’actions et le développement d’outils analytiques dont un
manuel d’analyse du renseignement et d’investigation judiciaire dans les affaires de financement
du terrorisme, conformément aux termes de référence et au planning, établis en 2018.
L’année 2019 a été marquée par la tenue de la deuxième réunion du Comité de pilotage
de ce projet, dont les travaux ont été axés sur une mise au point et une planification des
prochaines étapes. Ainsi, un manuel a été mis en place, composé des différents modules
des formations ayant eu lieu depuis le début du projet. La finalisation et la publication du
manuel sont prévues pour l’année 2020.
Par ailleurs, plusieurs formations ont eu lieu dans le cadre de ce projet, notamment une
formation en ligne via une plateforme dédiée sur les sanctions financières.
Cette Conférence qui a été organisée par l’ONUDC, a vu la participation des représentants
des Etats ayant adhéré à la Convention précitée et de plusieurs organisations internationales
et régionales spécialisées. Ont pris part à cette manifestation près de 3000 participants
représentant 185 pays.
110 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
- du Chef du Gouvernement;
- du Département ministériel chargé de la réforme de l’administration;
- du Département ministériel chargé de la justice;
- du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire;
- de la Présidence du ministère public;
- de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la
corruption;
- de la Cour des comptes;
- de l’Agence judiciaire du Royaume;
- du Bureau du Programme des Nations-Unies à Rabat;
- de l’Association Transparency Maroc;
- du Réseau marocain de protection des deniers publics;
- de l’Ambassade du Royaume et de la représentation permanente du Royaume
auprès des organisations internationales à Vienne;
- de l’Ambassade du Royaume à Abou Dhabi et
- de l’UTRF.
Le représentant de l’UTRF a pris part aux réunions plénières et à plusieurs ateliers de travail,
en particulier ceux consacrés à la relation entre la lutte contre la corruption et les droits de
l’homme, la relation entre la lutte contre la corruption et la lutte contre le blanchiment de
capitaux et au recouvrement des avoirs.
La Conférence a été marquée par l’adoption de plusieurs résolutions dont la plus importante
celle rédigée par le Maroc et présentée et soutenue par l’Egypte au nom du Groupe des 77 et
la Chine sous l’intitulé suivant: «Suivi de la Déclaration de Marrakech de 2011 concernant la
prévention de la corruption».
Durant cette année, plusieurs échanges ont eu lieu entre les autorités marocaines et la
Banque Mondiale en vue de finaliser le rapport et d’apporter les ajustements nécessaires,
conformément à la méthodologie de cette Institution.
L’année 2019 a été particulièrement marquée par la tenue du 2ème atelier, encadré par les
experts de la Banque Mondiale, en vue de présenter et de partager les résultats de l’évaluation.
6. FMI
Dans le cadre de la coopération entre le Maroc et le FMI, cette Institution a fourni son
assistance technique en vue de mettre en place un cadre légal et réglementaire pour
l’application des sanctions financières ciblées conformément aux résolutions du Conseil de
Sécurité de l’ONU.
Des échanges entre le FMI et l’UTRF ont eu lieu en 2019 en vue de concevoir un tel cadre qui
sera finalisé avec l’adoption de la loi n°12-18 modifiant et complétant certaines dispositions
du Code pénal et de la loi n°43-05.
Le programme de la visite de la DECT a comporté une série de réunions sur place entre la
délégation onusienne et les acteurs nationaux concernés par la lutte contre le terrorisme et
son financement qui étaient répartis en plusieurs équipes. Il convient de noter que l’UTRF a
assuré le rôle de coordonnateur du pôle financier.
112 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
L’UTRF a poursuivi, en 2019, sa participation aux différents événements tels que les
conférences, les réunions plénières et de groupes de travail organisés par les instances
internationales concernées par la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement
du terrorisme et les autres menaces sur l’intégrité du système financier international.
Ainsi, l’UTRF a participé au Forum-GCTF (Forum mondial pour la lutte contre le terrorisme) et
à d’autres manifestations relatives à divers sujets. L’UTRF a été représentée par son Président
lors de la 16ème réunion de coordination et la 10ème réunion ministérielle ainsi qu’au ‘’Side
Event’’ de haut niveau sur le financement du terrorisme qui se sont déroulés à New York du
le 23 au 26 septembre 2019.
Dans le même contexte, l’UTRF a pris part à plusieurs projets en partenariat avec l’Ambassade
des Etats Unis d’Amérique au Maroc, notamment en participant à l’atelier sur l’utilisation du
matériel collecté exploitable comme preuve devant les tribunaux. Cet atelier qui a été le
premier de son genre, a connu la participation de plusieurs pays européens qui ont présenté
leurs expériences respectives en matière d‘utilisation du matériel exploitable des terrains de
guerre dans les enquêtes et comme preuve devant les tribunaux.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
113
ANNEXES
V
114 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R
ANNEXE 1. TYPOLOGIES
C. INFRACTION DE TERRORISME
8 octobre Réunion UTRF- Bank Al-Maghrib consacrée aux liens entre les
mesures d’inclusion financière et l’application des mesures de
vigilance dans le cadre de la LBC/FT.
13 octobre Réunion organisée au siège de la Direction Générale des Impôts pour
la discussion de l’impact de la contribution libératoire instituée par
le projet de loi des finances de 2020 sur les mesures de vigilance de
LBC/FT et les mesures d’accompagnement à prendre.
17 octobre Organisation de la réunion des membres de l’UTRF consacrée à
l’examen des mesures prises pour la préparation du premier rapport
de suivi relatif au dispositif national de LBC/FT.
31 octobre Envoi au Secrétariat du GAFIMOAN du premier rapport de suivi du
Maroc comportant une demande de révision des notations de 13
Recommandations.
5 novembre Réunion de coordination avec la Commission Nationale de Contrôle
de la Protection des Données à Caractère Personnel (CNDP), à
la suite de la réunion tenue par les Présidents des deux entités
pour examiner la mise en place d’un cadre de coopération et de
coordination.
7 novembre Participation à la réunion organisée par la Présidence du Ministère
Public au sujet des risques liés aux monnaies virtuelles (notamment
le Bitcoin).
8 novembre Organisation d’une réunion présidée par la Présidente de l’Autorité
Marocaine du Marché des Capitaux et le Président de l’UTRF, à
l’occasion de la présentation du guide relatif à la LBC/FT adopté par
l’AMMC.
15 novembre Présentation du rapport annuel de l’UTRF au titre de l’année 2018,
au Chef du Gouvernement, par le Président de l’UTRF.
21 novembre Participation de l’UTRF à la 2ème édition de l’Africa Blockchain
Summit organisé par Bank Al-Maghrib et Paris Europlace à Rabat.
22 - 28 novembre Participation à la 30ème Réunion Plénière du GAFIMOAN organisée
au Caire en Egypte.
28 Novembre Adoption par le Conseil du Gouvernement du projet de loi n°12-18
modifiant et complétant des dispositions du Code pénal et de la loi
n°43-05 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux.
12 décembre Réunion avec l’ONUDC sur le thème: «Renforcer la résilience du
Maroc face aux nouvelles menaces de financement du terrorisme»
Phase Pilote 2018-2019.
24 décembre Organisation d’une Conférence nationale sur les «enquêtes et
poursuites judiciaires suite aux résultats de l’ENR de BC/FT».
30 décembre Signature d’un accord de coopération entre l’UTRF et la Cellule de
Renseignement Financier de l’Indonésie.
RAP P ORT A NNU E L U TRF 2 019
119
ANNEXE 3: ACTIONS DE FORMATION AU NIVEAU NATIONAL ET
INTERNATIONAL
Graphique n°1: Evolution annuelle du nombre des DS reçues entre 2009 et 2019 22
Graphique n°2: Evolution, par nature des déclarations de soupçons reçues par l’utrf entre 2009 et 2019 23
Graphique n°3: Evolution annuelle du nombre de CS nationales reçues entre 2016 et 2019 25
Graphique n°4: Ventilation par partenaire émetteur des CS nationales reçues entre 2016 et 2019 26
Graphique n°5: Répartition de DI envoyées aux partenaires, en vertu de l’article 22, durant l’année 2019 27
Graphique n°6: Demandes de renseignements reçues des autorités nationales d’application de la loi 28
Graphique n°7: Evolution du nombre des transmissions liées au BC/FT entre 2015 et 2019 31
Graphique n°8: Répartition des CS reçues par l’UTRF en 2019, par zone géographique 33
Graphique n°9: Répartition des DR émises par l’UTRF en 2019, par zone géographique 34
Graphique n°10: Evolution de l’effectif du personnel de l’UTRF entre 2009 et 2019 36
Graphique n°11: Répartition des effectifs par catégorie en 2019 37
Graphique n°12: Répartition des effectifs par activité en 2019 38
Graphique n°13: Répartition des effectifs par genre en 2019 39
Graphique n°14: Prévisions de recrutement sur la période triennale 2019-2021 40
Encadré n°1: Groupe Egmont 32
Encadré n°2: Outil de la Banque Mondiale 77
Encadré n°3: Recommandations du colloque organisé par l’UTRF sur le thème 85
Encadré n°4: Principes fondamentaux du GAFI dans le cadre du suivi des programmes de régularisation fiscale volontaire 90
Encadré n°5: Rappel de la procédure de suivi de l’ICRG-GAFI 95
Encadré n°6: Rappel du processus et du calendrier de suivi renforcé du GAFIMOAN 99
Encadré n°7: Réunions tenues au lendemain de l’adoption du rapport d’évaluation mutuelle en avril 2019 101
Tableau n°1 29
Tableau n°2 29
124 UN I TÉ DE TR AI TEMEN T D U R E N S E IG N E M E N T FIN A N C IE R