Ouvrir un laboratoire d’analyses
Effectuer l’étude de marché d’un laboratoire d’analyses
Le secteur des laboratoires d’analyse, un marché en demi-teinte
Le secteur de l’analyse profite bien sûr du vieillissement de la population, de l’augmentation
des maladies chroniques ou de l’augmentation des affections longue durée, mais aussi des
progrès de la médecine et des campagnes de dépistage et prévention.
Cependant, malgré ces facteurs qui participent à la bonne santé du secteur, un certain nombre
d’éléments tendent à faire baisser la croissance de ce secteur, somme toute très relative.
En effet, les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années ont tous mené des
politiques de maîtrise des dépenses de santé publique dans l’idée de reboucher ce fameux
“trou de la Sécu”.
Les analystes déplorent des baisses successives de leurs tarifs (7 entre 2007 et 2014) et se sont
vus contraints de “signer avec les pouvoirs publics un plan sur trois ans qui limite à 0,25 % la
hausse de leur chiffre d'affaires sur la période 2014-2018” (Les Echos). Sans compter qu’ils
doivent également faire face au déremboursement de certaines analyses. On comprend donc
mieux leur difficulté à générer de la croissance.
La réforme de l’analyse médicale modifie considérablement le secteur
Une réforme du secteur est à l’oeuvre depuis plusieurs années. La réforme de l’analyse
médicale du 03 juin 2021 instaure une obligation d’accréditation qui se traduit par l’obligation
de la mise aux normes ISO 15 189.
Les laboratoires d’analyses devront donc acheter du matériel de pointe et embaucher du
personnel spécifique, tous “les coûts d’exploitation progressent fortement, notamment ceux
liés au processus d’accréditation auxquels beaucoup de petits laboratoires vont avoir du mal à
faire face. Face à ces constats, la profession se réorganise en profondeur“ (Etude sur les
perspectives du marché français de la biologie médicale réalisée par Les Echos).
L’ensemble des laboratoires d’analyses médicales devront être accrédités en 2020. Au vu de
cette échéance, la profession se réorganise en profondeur en tenant compte du fait que les
laboratoires d’analyses médicales, depuis l’ordonnance du 15 janvier 2010, peuvent
désormais disposer de plusieurs sites pour un même laboratoire.
Toujours selon l'étude réalisée par Les Echos, les laboratoires d’analyses tendent donc à
profiter de l’autorisation des laboratoires multi-sites et de l’ouverture de leur capital qui
permet la création de plateaux techniques plus efficients.
L’organisation du marché du secteur de l’analyse médicale
“Un encadrement législatif plus souple, des pressions tarifaires et l’évolution vers un système
d’accréditation obligatoire ont contribué à un mouvement de consolidation significatif dans le
secteur”, estime KPMG dans son Etude KPMG, Laboratoires d’analyses médicales : la
deuxième vague d’investissements commence.
En effet, le développement de laboratoires de taille critique, multi-sites, équipés en matériel
de pointe, conduit inexorablement à un mouvement de concentration de l’activité dont les
petits laboratoires indépendants seront les grands perdants.
Cette tendance de fond est parfaitement décrite dans l’étude KPMG citée précédemment “Le
marché français est progressivement en train de passer d’un secteur constitué de structures
artisanales de petite taille à un outil industriel d’envergure” mais aussi dans le dossier réalisé
par Les Echos qui parle de “fin de la biologie médicale à la française”.
Au niveau des structures, le phénomène de concentration initié par l’ordonnance de janvier
2010 se retrouve dans les chiffres actuels. L’étude Démographie 2015 des Laboratoires de
biologie médicale publiée par infoprosanté précise que “les pouvoirs publics souhaitaient en
effet en finir avec l’émiettement de l’offre en biologie. Il semble que cet objectif soit en passe
d’être atteint. L’Ordre constate une réduction de près de 60 % du nombre de ces structures
depuis le rendu de l’ordonnance.” Ainsi, 981 sociétés d’exercice libéral (SEL) de laboratoires
existaient en 2011, elles ne sont plus que 516 fin 2015.
Réglementations et obligations légales concernant les laboratoires d’analyses médicales
On l’a compris, l’heure est à la concentration avec un marché qui doit se plier à de
nombreuses contraintes réglementaires. Mais ces contraintes concernent aussi… la
concentration du marché des laboratoires d’analyses médicales.
En effet, les pouvoirs publics ont également mis en place des contraintes de part de marché
pour éviter une trop grande concentration du secteur : “les parts de marché supérieures à 25 %
doivent être approuvées par les Agences Régionales de Santé et celles supérieures à 33 % sont
interdites.