Projet de conception de pont
Première variante : PSI-DP à encorbellements larges
Tablier à quatre travées. Travées centrales de 23m et travées de rives de 17m, un
balancement de 0.74.
Les portées comprises entre 14 m et 25 m, voire 30 m, relèvent du domaine d'emploi de la dalle
en béton précontraint avec ou sans encorbellements latéraux. Cependant, la dalle à larges
encorbellements s'impose économiquement pour les portées dépassant une vingtaine de
mètres.
Le recours à des encorbellements est généralement dicté par des considérations d'ordre
esthétique, ceux-ci diminuant l'épaisseur apparente de la dalle et favorisant certaines
dispositions particulières d'appuis.
Notons que leur présence augmente également le rendement géométrique de la section et
permet ainsi d'atteindre des portées plus importantes. La dalle est dite à larges encorbellements
lorsque ces derniers occupent la moitié ou plus de la largeur totale de l'ouvrage.
La précontrainte longitudinale intervient, par son effort normal et ses poussées au vide, dans le
sens d'une réduction des efforts dans la structure. De ce fait, les tabliers [Link] ont un meilleur
élancement et une consommation en aciers passifs plus faible que les tabliers [Link], qu'il
s'agisse des ferraillages longitudinal, transversal ou des cadres et étriers.
Par rapport à la dalle à encorbellements, la dalle rectangulaire est d'un coffrage plus simple mais
devient trop lourde pour le franchissement des portées supérieures à une vingtaine de mètres.
Cette remarque est utile pour le choix d'une part du type de dalle (dalle rectangulaire ou dalle à
encorbellements) en fonction de la travée la plus longue de l'ouvrage, d'où découle le type
d'abaque de dimensionnement de l'épaisseur de la dalle.
Travée unique
DA 1/20
DP 1/22 à 1/25
Deux travées
DA 1/26
DP 1/28 (1 : dalle rectangulaire)
1/25 (2 : dalle à encorbellements larges)
Trois travées ou plus
DA 1/28
DP 1/33 (1)
DP 1/28 (2)
Coffrage : permettent de gagner beaucoup sur les coffrages (environ 1 m2/m2 de surface
de tablier) et surtout, le gain est très important sur les cadences d’exécution. De plus la
simplicité des formes, la possibilité de réutiliser les cintres et les coffrages, l’utilisation
d’une main d’œuvre non spécialisée, donc moins onéreuse, compensent une
consommation plus importante des matériaux.
Leur très fort élancement constitue un atout important, tant de point de vue esthétique
que technique.
Ouvrage mince et ouvertures allongées.
-Poids propre de 1,2 à 2 t/ro2 selon les portées.
- Réactions d'appui de l'ordre de 20 t (pile-culée) à 70 t (pile intermédiaire) par mètre de
largeur droite de tablier.
- Possibilité fréquente d'accepter dans ces conditions une fondation superficielle
semelles filantes de largeur comprise entre 1,5 et 4 mètres avec un taux de travail du sol
inférieur à 200 ou 300 kPa).
Enfin, les ponts-dalles, du fait qu'ils sont construits par coulage en place, s'adaptent à
toute difficulté d'implantation. Le projeteur est ainsi libre dans sa conception des formes
(ponts courbes, ponts en Y, tabliers comportant des élargissements).
Deuxième variante: PRAD
L'élancement habituel des ouvrages utilisant des poutres précontraintes par pré-
tension, principalement dans le cas des travées isostatiques, conduit à des épaisseurs de
tablier sensiblement plus fortes que celles des ponts-dalles continus. Cela contribue aux
reproches fréquemment formulés, concernant l'aspect peu esthétique des tabliers
PRAD, notamment lorsque le tirant d'air est limité. De plus, à gabarit dégagé identique,
cette surépaisseur retentit sur le volume des remblais d'accès à l'ouvrage.
Une solution à ces problèmes consiste, dans le cas d'un ouvrage PRAD à plusieurs
travées, à diminuer l'espacement des poutres, ou à rendre le tablier continu, ou encore
à utiliser un béton à hautes performances pour la fabrication des poutres (voir § 1.2 et
2.5). Il convient en tout état de cause de faire un bilan économique global du tablier et
de ses accès, lorsque l'on compare différents types d'ouvrages.
Le mode de fabrication des poutres, qui sont réalisées sur des bancs de préfabrication
de grande longueur, nécessite un fond de moule horizontal, ce qui ne permet pas de
compenser la contreflèche due aux effets de la précontrainte par une flèche initiale du
coffrage, comme dans le cas des poutres précontraintes par post-tension. Cela a pour
effet d'accroître, surtout si la durée de stockage est longue, la tendance naturelle des
poutres précontraintes à présenter à long terme une forte cambrure due au fluage. Ces
déformations sont toutefois compensées en partie par des renformis et des
rechargements de chaussée, qui alourdissent cependant la charge permanente de
l'ouvrage.
De ce fait, certains ouvrages PRAD présentent un aspect esthétique beaucoup moins
satisfaisant que des ouvrages continus de mêmes portées, les ponts-dalles par exemple.
C'était notamment le cas des PRAD à plusieurs travées indépendantes, séparées les
unes des autres par des joints de dilatation. Cette conception a été abandonnée à partir
des années 1970 au profit de la dallette de continuité, qui réalisait seulement une
continuité de roulement au niveau du hourdis (voir § 1.1.1 et le chapitre 2).
L'amélioration était importante, puisqu'elle permettait de supprimer les joints de
chaussée intermédiaires, mais elle n'était pas suffisante pour supprimer les défauts le
plus souvent reprochés :
• imperfection du profil en long, déjà mentionnée, due au festonnement des poutres
d'une travée à l'autre.
• manque d'harmonie et de transparence, en raison d'une proéminence des chevêtres
d'appui et de leur disproportion avec le tablier.
C'est principalement pour cette raison que les concepteurs s'orientent de plus en plus
vers une liaison longitudinale des travées par continuité mécanique (voir chapitre 2).
Par ailleurs, en raison de leur faible rigidité dans le sens horizontal, les tabliers PRAD,
comme les autres structures à poutres, sont plus sensibles aux chocs de véhicules hors
gabarit que des structures plus massives, telles que les tabliers-dalles. C'est
particulièrement le cas des poutres de rive qui sont les plus exposées et qui peuvent
présenter des désordres graves lors de tels accidents.
Troisième variante : Poutrelles enrobées
AVANTAGES
Les avantages des tabliers à poutrelles enrobées sont multiples ;
- Il s'agit d'un type d'ouvrage rustique dont la construction est simple et peut être
réalisée
par des entreprises compétentes mais non nécessairement très spécialisées. La
concurrence peut donc jouer pleinement
- L'utilisation d'un cintre est inutile, ce qui est souvent un problème prépondérant
au-dessus d'une voie ferrée, d'une route impossible à dévier, etc.
- L'épaisseur du tablier est faible, ce qui est intéressant, particulièrement dans le cas des
franchissements de faible tirant d'air. En outre, une diminution de l'épaisseur de tablier
entraine une réduction du volume des remblais d'accès.
- L'ossature porteuse est constituée par des profilés laminés du commerce.
L'exécution est donc relativement rapide.
Le principal matériau résistant, l'acier, possède des caractéristiques mécaniques bien
connues et vérifiables avant la mise en oeuvre.
Le béton d'enrobement travaille assez peu et ne nécessite donc pas une composition
particulière afin d'obtenir des résistances élevées. Il faut toutefois veiller à ne pas en
profiter pour descendre à des résistances de béton minimales qui pourraient sembler
suffisantes du point de vue mécanique, mais nuire à la durabilité de la structure, par
manque de compacité.
Le tablier est très résistant à des chocs de véhicules hors gabarits.
INCONVENIENTS
Le coût de cette structure est réputé élevé. Cela tient au fait que les poutrelles enrobées
sont en grande majorité employées pour le franchissement des voies ferrées, avec
toutes les sujétions que comporte une telle construction (exécution des appuis et
fondations à proximité immédiate des voies, mise en place des poutrelles au-dessus des
caténaires et des trains en circulation, ralentissement de ces derniers, sécurité à la fois
pour le trafic et pour le personnel de chantier ...), et qui impliquent des surcoûts élevés.
Cependant, ces sujétions étant mises à part, la différence de coût n'est pas très
importante entre ce type de structure et les ouvrages en béton de mêmes portées.
Par ailleurs, compte tenu des conditions actuelles de fabrication (laminage et
parachèvement), le délai de livraison des poutrelles sur le chantier peut atteindre trois
mois.
Il est donc nécessaire de commander suffisamment à l'avance les poutrelles avec leur
perçage (pour l'enfilage des armatures transversales) et leur cintrage (pour
contreflèches notamment).
Notons aussi que les ailes inférieures des poutrelles nécessitent un entretien identique à
celui de tous les ouvrages métalliques. Le coût de cet entretien est fonction du système
de protection retenu, étudié dans son ensemble pour une ambiance donnée et un délai
d'efficacité donné (Cf §4.1.2.).
Le transport de poutrelles de grande longueur peut également poser des problèmes
délicats.
Quatrième variante : Nervures larges
Trois travées : la travée centrale est de 30m, les travées de rive sont de 25.
Deux nervures larges à hauteur constante(imposées par SETRA DT490 p8).
Avantages
Elles peuvent être utilisées pour des portées allant de 20m minimum, si l'on veut une
dalle plus économique que la dalle pleine type PSI DP.
Au-delà de cette limite de 25 m, la relève du type [Link]
peut être assurée par la dalle à simple nervure à hauteur variable en béton précontraint, ou la
dalle à plusieurs nervures à hauteur constante ou variable en béton précontraint (type [Link])
Coffrage difficile par rapport au PSIDP à encorbellements larges
Variantes retenues : PSI-DP
Pré-dimensionnement du PSI-DP à encorbellements larges
Un tablier de 80 mètres de longueur.
Quatre travées avec un balancement de 0,74 :
- Travées de rives : 17 mètres.
- Travées intermédiaires : 23 mètres.
L’épaisseur du tablier (voir abaques SETRA : Conception des ponts dalles,
page 62) est de 0,88m.
? Trois travées :25+30+25 balancement de 0,83
Choix économique
voici la réponse : Les portées comprises entre 14 m et 25 m, voire 30 m, relèvent du
domaine d'emploi de la dalle en béton précontraint avec ou sans encorbellements latéraux.
Cependant, la dalle à larges encorbellements s'impose économiquement pour les portées
dépassant une vingtaine de mètres.
Au-delà de cette limite de 25 m, la relève du type [Link] peut être assurée par la dalle à simple
nervure à hauteur variable en béton précontraint, ou la dalle à plusieurs nervures à hauteur
constante ou variable en béton précontraint (type [Link])
En ce qui concerne les encorbellements eux-mêmes, leur largeur individuelle est fixée, dans
l'établissement de ces abaques, au quart de la largeur totale. Cette proportion peut être
légèrement augmentée, moyennant bien entendu une consommation plus importante en
armatures de précontrainte.
Dans tous les cas, la largeur des encorbellements et celle de la nervure sont à déterminer de
façon à permettre
Quant à l'épaisseur d'un encorbellement, elle peut varier de (0,20 +ou- 0,05) m à l'extrémité de
l'encorbellement à (0,50 +ou- 0,15) m dans la section de jonction encorbellement-nervure. S'il
est nécessaire d'ancrer une barrière normale de type BN4, l'extrémité de s'encorbellement doit
avoir une épaisseur au moins égale à 0,22 m. Le dimensionnement des encorbellements ainsi
que leur calcul détaillé sont exposés dans le dossier de Guide de Calcul des tabliers dalles en
béton précontraint du S.E.T.R.A.
La section transversale avec encorbellements latéraux se présente
sous les formes illustrées ci-dessus. En dehors de la forme (c) due à l'architecte VICARIOT, forme
qui est assez originale et plutôt réservée à des ouvrages urbains ou périurbains, l'emploi des
formes (a) et (b) est assez courant et résulte généralement, comme il a été dit, d'un choix
esthétique.
Cependant, du point de vue strictement mécanique, la forme (a), qui comporte des
décrochements au niveau de la face inférieure de la partie centrale de la dalle, est de préférence
réservée à des portées importantes, alors que la forme (b), d'un coffrage plus simple et plus lisse
(vue par dessous), convient à des portées plus modestes. Dans tous les cas, ces formes de
section transversale s'imposent pour les portées supérieures à une
vingtaine de mètres, en raison de l'allégement qu'elles peuvent procurer à 1'ouvrage.
Pré dimensionnement des encorbellements :
On opte pour la coupe transversale (b)