MAHL323: ANTROPOLOGIE DE L´ESPACE
TOPO`GÉNÈSE : L´anthropologie de l´espace et l’architecture de l´espace humain
Quelques définitions
Anthropologie : - sciences qui étudie les caractères anatomiques et biologiques de
l´espèce humaine.
- Ensemble des sciences qui étudient l´homme en société
L´anthropologie est une science, située á l’articulation entre les différentes sciences
humaines et naturelles, qui étudie l´être humain et les groupes humains sous tous leurs aspects,
á la fois physique et culturels.
Espace : - étendue qui ne fait pas obstacle au mouvement
- Propriété particulière d´un objet qui fait que celui-ci occupe une certaine
étendue, un volume nécessairement plus grand que lui e qui peuvent être mesurés.
INTRODUCTION
L´anthropologie de l´espace étudie (s´intéresse á) la représentation, la production et
l´usage social de l´espace de l´homme, tout comme les sciences conjonctives. Plutôt que de
continuer á discuter éternellement et inutilement sur la spécificité a priori de l´anthropologie
de l´espace qui, de fait, est né d´une suspension interdisciplinaire et multiculturelle, il serait
plus intéressant de créer une nouvelle discipline, au-delà de l´anthropologie, l´architecture, etc.
L´anthropologie de l´espace doit étudier l’architecture de l´espace humain au moins
depuis le triple point de vue du corps (ou de la préfiguration, ou projet, en référence á l´a priori
de Kant), de l´histoire sociale de l’espace (ou de la re-figuration, en référence á Hegel) et enfin,
des model opératoire sur le territoire, c’est-á-dire des moyens de configuration des objets (en
référence á Descartes). Orientation et forme de l’espace s´articulent en une architecture de
l’espace humain.
Cette triple perspective crée une dynamique spatiale et temporelle qui ne doit inciter ni á
la recherche d’universaux de la pensée, ni á la définition de règles générales de la re-figuration
historique, ni, enfin, á la définition d´opérateurs ou de formes universelle du territoire.
L´architecture de l´espace humain s´articule autour de la pensée, de l´histoire et du territoire
(cops, société et environnement). Ainsi, se construisent des identités, des masques ou des traces,
á la fois individuels et sociaux, qui détermine un lieu précis
Mais les « structures mentales » de ce lieu précis et de cette identité en équilibre entre
concepts et formes, entre le local et le global, entre sa propre culture et celle des autres, etc., ne
sont pas des structures universelles, mais des formes symboliques (au sens de Cassirer) qui
permettent á l´homme de survivre, de vivre en société et d´accueillir.
L´anthropologie de l´espace doit définir comment chaque culture et chaque groupe social
articulent toutes ces significations spécifiques á l´aide d’opérateurs ou « structures mentales »
(constructs), depuis un jeu de moins qui confère á l´espace une complexité analogue á celle qui
existe entre la pensée et la sensibilité propres á un corps humain et á une société humaine.
I. LE DEFI DE L´ESPACE : CORPS, HISTOIRE ET LIEU
Dans l’introduction de l’ouvrage La topogenèse (Muntańola J., 1996), l´auteur tente
d’expliquer comment l’espace vécu constitut une réalité très complexe qui se construit en
référence au corps, á l´histoire(sociale) et au lieu. E. Casey (1997) a aborder cette thématique
en philosophie dans un livre remarquable : The fate of place.
En introduction de cet ouvrage (de La topogenèse) l´auteur (Muntańola J.) écrit : « …sans
lieu, la relation entre l´histoire et le sujet se rompt. Le lieu permet au sujet de naviguer dans
l´histoire (sociale) et permet á l´histoire de « situer » le sujet. Ensemble, le sujet, l´histoire et le
lieu sont capable de se multiplier et de se développer. Séparés, ils meurent forcément
d´inanition… ». Cette relation complexe entre le corps, le lieu et l´histoire constitue, selon moi,
l´objet d´étude centrale de l´anthropologie de l´espace et c’est pour cette raison que j´insiste sur
la nécessité d’analyser l’espace simultanément depuis le point de vue préfiguratif, configuratif
et refiguratif, c’est á dire depuis une superposition du corps, du lieu et de l´histoire.
Lorsque Edward Casey analyse l´histoire de l´idée de lieu dans l philosophie occidentale,
une conclusion s´impose : dans la philosophie classique, l´idée de lieu étais très clairement
différenciée de l´idée d´espace. Ainsi, Platon et Aristote analysent le lieu comme une réalité
humaine porteuse d´une grande signification. Mais ensuite, l´idée de lieu s désintègre peu á peu
jusqu´a s´identifier totalement á l´idée d´un espace global et homogène. Il faut attendre Lock,
Husserl, Whitehead et spécialement Heidegger, pour « re-rencontrer » l´idée de lieu á nouveau
dans une perspective modern, avec la réactivation de notions qui, comme « le voisinage »,
l´hospitalité », etc., appartiennent á une tradition très ancienne presque préhistorique !
On peut donc constater que l´anthropologie de l´espace nait au moment opportun. Elle
coïncide en effet l´idée déjà évoqué par Heidegger, qu´un lieu n´a pas vocation á être un espace,
mais qu´il tend au contraire á produire de l´espace et non l´inverse, qui consisterai á produire
des lieu á partir d´n espace globale indifférencié et abstrait qui ne pourrait être habité.
Ces fondements doivent être bien clairs avant de partir á la recherche…du lieu.
L’architecture, constitue donc l´articulation complexe entre les transformations du lieu
ou les configurations du lieu et les transformations ou refigurations que les sociétés font de ces
mêmes lieux. Cette articulation qui fonde l´espace humain constitue les « traces » de l´action
du corps humain investi d´une technologie et d´une histoire sociale.
Histoire sociale et lieu physique s´articulent, donc, en une architecture qui est, comme
l´avait annoncé Platon, comme un songe, á moitié réel et á moitié idéal, á moitié physique et á
moitié social, á moitié concept et á moitié forme. C´est ainsi une réalité qui contient toute la
complexité de la notion philosophique KHÔRA, telle que l´a définie J. Derrida il y a quelques
années.
Toutes les théories de l’architecture, de Vitruve á Alberti, ont voulu cerner la nature
exacte de cette architecture entre l´espace et le temps qui défie toute tentative de définition.
L´ouvrage déjà cité de E. Casey, The fate of place (1997), en fait une bonne synthèse, et revient
á de l´architecture comme entrecroisement. Je l´ai déjà analysé dans mon livre La arquitectura
como lugar (Muntañalo 1973, 1996).
C´est Paul Ricoeur (1985), avec sa proverbiale énergie philosophique, qui a essayé de
faire avancer notre connaissance de l´espace á travers la notion de « trace »(et de masque),
définie comme une superposition du monde empirique et de réalité existentielle. Cette
superposition se structure depuis une dimension dialogico-sociale que j´ai tenté d´analyser dans
mon livre : La topogenèse, pour une architecture vivante.
L´anthropologie jouie d´un longue tradition d´étude des cultures. L´architecture en a
également une, qui est en rapport avec la construction de l’espace de ces cultures. Une dialogie
entre les deux disciplines devrait se révéler positive. Il ne s´agirait pour aucune des deux e
perdre son autonomie, ou de chercher á imposer ses propres concepts. Mais de partager un
objectif : l´élaboration conjointe (et dialogique) de quelques nouveaux concepts
transdisciplinaires et transactionnels. C´est de cette aspect que traite le chapitre suivant.
II. VERS LA RECHERCHE D´UNE « DISPOSITION » ARCHITECTURALE
PERDUE
Cette structure « topogénétique » de l’architecture de l´espace humain est en relation
direct avec le projet d´ programme commun, européen, visant á construire un champ
interdisciplinaire capable d´analyser l´intersection chaque jour plus complexe entre espace et
société et au travers d´architectures technologiquement changeantes.
Apparait alors la nécessité de définir une « nouvelle disposition architecturale »
commune á tout les cultures et structuré á partir d´axes prospectifs communs qui définissent
des stratégies fondamentales également communes.
Le champ d´étude de l’anthropologie de l´espace est donc ouvert aux différentes
disciplines qui travaillent sur la constitution d’un espace humain. Le but est non seulement de
l´analyser, mais également de cerner les motifs et les objectifs sous-jacent á sa transformation
extrêmement rapide, et de comprendre le sens des procédure transnationaux générés jour après
jour au sein des changement spéciaux et temporels lié á l’usage du territoire physique.
De façon schématique, suite á plusieurs années de dialogue interdisciplinaire, les axes
prospectifs qui définissent cette « disposition architecturale » pourraient être les suivants
a) La disposition architecturale des hommes varie au cours de l´histoire, et dans les
différentes cultures. Pour comprendre les de cette diversité, il faut reconsidérer dans une double
perspective les résultats des anciennes disciplines scientifique qui l´ont analysées. Il est
nécessaire d´une part de développer une nouvelle conceptualisation de situation concrète et
spécifique dans le temp et dans l´espace. D´autre part, simultanément, il faut se mettre en
relation et participer aux extraordinaires transformation humaines actuel, liés aux significations
et des distances des lieux qui se construisent.
Une fois de plus il s´agit de cerner le type « de disposition » généré entre les nouvelles
dialogies et les nouvelles architectures.
b) Les phénomènes qui conduisent á globaliser et á générer de nouvelles identité spatiale
et culturel ne sont pas des phénomènes isolés. Fruit des mêmes changements fondamentaux et
profond des dimensions spatio-temporelles de notre culture, ils sont complémentaires. Ces
changements sont á la fois scientifique, esthétique et politique, et sont en train de modifier la
perception et la matérialité même des distances spatiales et temporel du monde, conjointement
aux changements profonds de l´identité cultuelle, né de l´interaction sociale contemporaine.
c) La notion d’identité culturel qui double par nature car elle est á la fois réceptacle de
l´identification individuelle (dans la limite d´une personne seulement) et référent global d´un
groupe social (dans la limite de toute l´humanité), continue d´être une notion transdisciplinaire
de la « disposition » architecturale. Elle peut être mise en relation avec la dialectique connue
en architecture entre le type et l´identité du lieu, mais doit élargir sa signification pour être en
même d´incorporer des récits culturels nouveaux actuels, qui déconstruise et reconstruise des
situations historiques concrètes á travers des textes, des projets, ou des constructions
contemporaines.
d) En réponse á cette situation marquer par la globalisation et le développement de
nouvelles identités, de nouveaux concepts ont été élaborés pur envisager la constitution de
l’espace humain : les espaces transnationaux, par exemple, permettent de localiser á distance
des significations et son transfert d´une structure á l’autre mais surtout de généré et de construire
de nouvelles architectures hybride entre les culture et les différentes génération de même
culture. Ces dimensions « dialogiques » entre objet et sujet obligent á définir chaque lieu
comme lieu d´intersection et de superposition de textes et d´architectures diverses
comme « intertexte ». On se trouve là en accord avec le principe fondamental de toute dialogie
sociale, á la fois mentale, historique et territoriale, qui devient ainsi le centre d´attention favori
de la disposition architecturale de l´homme moderne, lequel essaye de définir toutes les action
possible dans tous les lieux possible.
e) Reconnaitre la nécessité d’inventer des espaces ou des lieux d´innovations pour
répondre progressivement aux nouvelles exigences des formes actuelle d´interaction sociale
constitue une autre perspective utile dans le futur. Ces territoires destinés á accueillir
l´innovation et l’invention d´un haut continu transactionnel nous ouvrent la voie d´une
« stransterritorialité », á mi-chemin entre la globalisation impersonnelle et la localisation
personnalisée. Ils peuvent enrichir notre dis position architecturale et augmenter ainsi la
compréhension de situations nouvelles.
f) Mais pour arriver á développer une « trans-versalité » et une « trans-disciplinarité »,
dans le cadre de l´anthropologie de l´espace, il est nécessaire non seulement de sortir du cercle
fermer de la discipline, mais aussi de construire un espace dialogique, « fibré », comme le
suggère les mathématiques de la complexité. Cet espace dialogique et « fibré » peut déterminer
les caractéristique d´une transformation globale qui produisent des changements « locaux »,
précis chaotique ou pas, périodique ou pas. De plus, ce sont ces caractéristiques qui déterminent
le seuil ou la limite définissant le passage d´une « architecture » á une autre « architecture »,
distante. Voilà donc pour la description des six axes prospectifs annoncés.
Il nous faut ajouter que cet espace dialogique et « fibré », transdisciplinaire, doit réussir
á influer sur les trois dimensions de la dynamique d´une disposition spatiale, á savoir :
A) Le champ des sciences cognitives, afin d´étudier le niveau individuel de la
disposition spatiale et architecturale, annonçant la préfiguration épistémologique ainsi la
poétique et éthique ;
B) Le champ des sciences des sociales et l´histoire sociale de l´espace, qui doit
tendre á « l’invention » d´une histoire de l’espace comme projet, comme désire et comme
disposition architecturo-spatiale sociale d´un groupe social déterminer dans une situation
Trans-territoriale déterminée. De ce point de vue, tous les mécanisme politique, sémiotique et
rhétorique de réfiguration sociale de l’espace sont en mouvement.
C) Enfin, le champ de la configuration qui considère le territoire comme la
dynamique de sa propre transformation sociale et physique, et comme la construction d’un
espace intertextuel et inter-contextuel. La configuration moderne du territoire apparemment
chaotique révèle ainsi certains espaces dialogiques (fibré) en équilibre dynamique, qui
connaissent des changements locaux, répétitifs et sériés, et un système complexe de variantes
pleines de sens sociale.
Finalement, il faut souligner que les six axes de la nouvelle disposition architecturale et
spatiale décrits ici doivent permettre l´émergence d´une conscience spatiale nouvelle. Elle
aboutira á une plus grande participation de chaque individu ´la préfiguration configuration et
réfiguration de l’espace mondial.
En résumé les six axes décrits sont les suivant :
• La popularité des cultures dans l’espace-temps
• La complémentarité entre globalisation et nouvelle identité locale
• L´intérêt d´une notion d´identité dans la disposition spatial et architecturale moderne
• L´intérêt de la dimension transactionnelle du lieu construit lui-même, avec sa nature
hybride
• Les territoires d´invention.
• La structure profonde « dialogique » et « fibrée » de l’espace contemporain, dans toutes
les dimensions basiques de n´importe quelle culture.
Un usage correct de ces six perspectives devrait permettre la connaissance plus profonde
de l´espace humain comme KHÔRA, soit comme articulation entre les « mito-génétiques »
sociale de l’espace, les « logo-génétiques » d´une connaissance de ces mêmes espaces, et les
« topo-génétiques » qui se déduisent des transformations du territoire construit. Mito-, logo-,
BIBLIOGRAPHIE
Casey, E. The fate of place, univ. California in berkeley press, 1997
Mantañola, J. La topogenèse, Anthropos, Paris, 1996
Mantañola, J. La arquitectura como lugar, Edicions UPC, 1996
Ricoeur, P. Le temps et le Récit, Seuil, Paris, 1985
Mantañola, J. La arquitectura como lugar, Edicions UPC, 2004
Ce texte est le résume un débabat organisé á Paris par le CDA Anthropologie de l´espace