Conception de lignes de pasteurisation du lait
Conception de lignes de pasteurisation du lait
Considérations relatives à la
conception du procédé
De nombreux aspects doivent être pris en compte lors de la conception d’une ligne
de traitement. Ils peuvent être variables et extrêmement complexes, ce qui exige des
personnes chargées de l’étude préliminaire, un travail considérable. L’étude technique
du projet nécessite toujours un compromis entre les différentes exigences suivantes:
• Exigences relatives au produit - matière première, traitement de celle-ci et qualité
du produit fini.
• Exigences relatives au procédé - capacité de l’unité, choix des éléments et
compatibilité de ceux-ci, niveau de régulation du procédé, disponibilité des fluides
de chauffage et de refroidissement, nettoyage du matériel de traitement etc.
• Exigences économiques - coût total de production, aux standards de qualité
requis, aussi bas que possible.
• Exigences légales - législation stipulant les paramètres de traitement, ainsi que
le choix des composants et solutions du système.
Préparation
Chambreur de l’eau Vapeur
chaude
Lait vers
Arrivée du lait conditionnement
Stockage Traitement Stockage
du lait cru thermique intermédiaire
Eau glacée
Exigences légales
Dans la plupart des pays où l’on transforme le lait en différents produits, la législation
formule certaines exigences, destinées à protéger les consommateurs contre
l’infection par des micro-organismes pathogènes. La formulation et les
recommandations peuvent différer, mais on trouvera regroupées ci-dessous les
exigences légales les plus fréquentes :
• Traitement thermique
Le lait doit subir un traitement thermique détruisant tous les micro-organismes
pathogènes. Ce traitement doit assurer une température et un temps de chambrage
minimum de 72°C pendant 15 secondes.
• Enregistrement
La température de chauffage doit être enregistrée automatiquement et le relevé
conservé pendant un laps de temps stipulé.
Choix de l’équipement
Cuves de stockage
Le nombre et la taille des cuves de stockage dépendent des programmes de livraison
du lait cru et du volume des différentes livraisons. Pour assurer une exploitation
continue de l’unité, sans interruptions dues à une pénurie de matière première, on
devra disposer de 7 heures d’alimentation en lait cru.
Ce lait devra avoir été stocké, de préférence, pendant au moins 1 à 2 heures avant
d’être traité, le dégazage naturel du lait s’effectuant dans ce laps de temps. De
courtes périodes d’agitation sont admissibles, mais l’agitation n’est pas vraiment
nécessaire, sauf 5 à 10 minutes environ avant le début du soutirage, pour uniformiser
la qualité générale. Ceci évite de perturber le processus de dégazage naturel.
4 3 2 1
8 6
TI TI PI PI
5
7
Régulation de la température
Un régulateur de température agissant sur la vanne de régulation de vapeur (n°2 de
la figure 7.2) maintient une température de pasteurisation constante. Toute tendance
à la baisse de la température du produit est immédiatement détectée par un capteur 3
monté sur la canalisation de produit, en amont du chambreur. Le capteur modifie
alors le signal envoyé au régulateur, qui ouvre la vanne de régulation de vapeur pour
fournir davantage de vapeur à l’eau. Ceci augmente la température de l’eau en
circulation et stoppe la baisse de température du produit.
2 1
Chambrage
La longueur et le diamètre du chambreur, monté à l’extérieur, se calculent en
fonction du temps de chambrage et du débit horaire de l’installation, TT
TT Transmetteur de température
Régulation de la pasteurisation 1 Chambreur
Il est primordial de s’assurer de la pasteurisation correcte du lait avant qu’il ne quitte 2 Pompe de surpression
l’échangeur de chaleur à plaques. Si la température tombe au-dessous de 72°C, le 3 Vanne de dérivation
lait non pasteurisé devra être maintenu à l’écart du produit déjà pasteurisé. Pour y Produit
parvenir, un transmetteur de température et une vanne de dérivation sont montés sur Vapeur
la canalisation en aval du chambreur. La vanne ramène le lait non pasteurisé au bac Fluide de chauffage
de lancement, si le transmetteur de température détecte au passage un chauffage Fluide de refroidissement
insuffisant du lait. Recyclage
Le pasteurisateur complet
Un pasteurisateur de lait moderne, complet, avec tous l’équipement nécessaire au
fonctionnement, à la surveillance et à la régulation du procédé, est un assemblage
d’éléments assortis composant un module de traitement évolué.
Bac de lancement
La vanne d’entrée, commandée par flotteur, régule le débit de lait et maintient un
niveau constant dans le bac de lancement (bac tampon). Si l’alimentation en lait est
interrompue, le niveau se met à baisser.
Le pasteurisateur devant être plein en permanence, lors du fonctionnement, pour
éviter que le produit ne brûle sur les plaques, le bac de lancement est souvent équipé
Fig. 7.5 L’installation de pasteurisation d’une électrode de niveau bas, qui transmet un signal dés que le niveau atteint le point
complète comprend : minimum. Ce signal actionne la vanne de dérivation, qui ramène le produit au bac de
1 Bac de lancement lancement.
2 Pompe d’alimentation Le lait est remplacé par de l’eau, la circulation est maintenue pendant un certain
3 Régulateur de débit
temps, puis le pasteurisateur est stoppé.
4 Sections de préchauffage par
récupération
5 Clarificateur centrifuge Pompe d’alimentation
6 Section de chauffage La pompe d’alimentation alimente
7 Chambreur le pasteurisateur en lait, à partir
8 Pompe de surpression du bac de lancement, assurant
9 Système de production d’eau ainsi une hauteur de charge
chaude constante.
10 Sections de refroidissement par 8
récupération
11 Sections de refroidissement IP
12 Vanne de dérivation
13 Tableau de commande
9
13 12 11 11 10 10
4 4 6
1 2
Produit
Vapeur Eau froide 3
Fluide de chauffage Eau glacée
Pasteurisation
Le chauffage final à la température de pasteurisation, à l’aide d’eau chaude
habituellement à une température de 2 à 3°C supérieure à la température de
pasteurisation ( ∆t = 2 à 3°C), s’effectue dans la section de chauffage. Le lait chaud
poursuit son chemin jusqu’à un chambreur tubulaire. Après chambrage, la température
du lait est vérifiée par un capteur, monté sur la canalisation. Celui-ci transmet un
signal continu au régulateur de température du tableau de commande. Ce signal est
en outre transmis à un enregistreur, qui enregistre la température de pasteurisation.
Refroidissement
En sortie de la section de chambrage, le lait est ramené aux sections de récupération,
pour refroidissement. Le lait pasteurisé échange ses calories avec le lait froid entrant.
Le lait pasteurisé sortant est alors réfrigéré à l’aide d’eau froide, d’eau glacée, d’une
solution de glycol ou d’un autre fluide frigorigène, suivant la température désirée. La
Clarificateur centrifuge
Le lait ne devant pas être séparé en lait écrémé et en crème, dans le présent exemple,
vous trouverez un clarificateur centrifuge illustré sur la figure 7.6.
Certaines laiteries exigent une clarification centrifuge du lait cru froid (<6°C) juste
après son arrivée à la laiterie, en particulier si le lait doit être entreposé jusqu’au
lendemain. Une clarification à 55°C environ est cependant beaucoup plus efficace,
la viscosité du lait étant plus faible à cette température.
Le lait alimentant le clarificateur est donc prélevé dans la première section de
chauffage par récupération, à 55°C.
Fig. 7.7 Diagramme de débit et de entre des parois parallèles, à faible vitesse.
vitesse du produit. Dans un écoulement turbulent, par contre, le déplacement des particules est
irrégulier avec de fortes turbulences.
Sur la figure 7.8, la longueur des flèches illustre la vitesse moyenne des particules
en différents points de la section du passage. Dans un écoulement laminaire, la
Ecoulement laminaire
vitesse est la plus élevée au centre du passage. Du fait du frottement entre les
couches, la vitesse se ralentit progressivement vers les parois, où elle est nulle.
Dans un écoulement turbulent, les couches se mélangent entre elles et la vitesse
du liquide est donc à peu près la même dans la partie centrale du passage mais chute
rapidement vers les parois. Sur ces dernières, une très fine couche laminaire de
liquide a une vitesse instantanée nulle.
Pour obtenir un écoulement laminaire dans un tuyau rond, le diamètre devra être
faible, la vitesse réduite et la viscosité du liquide élevée.
Résistance à l’écoulement
Tous les éléments de la canalisation opposent une résistance à l’écoulement,
lorsqu’un liquide est forcé dans un réseau de tuyauterie. Dans les tuyaux droits, la
résistance est due au frottement du liquide sur les parois. Dans les coudes, le
changement de direction forcé du liquide engendre un frottement supplémentaire.
De même, le frottement, les changements de direction et les variations de section
Ecoulement turbulent engendrent une résistance dans les raccords, les vannes et le matériel de traitement.
L’ampleur de cette résistance dépend de la vitesse du liquide dans le système.
Fig. 7.8 Profils de vitesse d’un
écoulement laminaire et d’un
écoulement turbulent.
Produit
Fluide de chauffage
Fluide de refroidissement
Fig. 7.10 La perte de charge peut être indiquée par des manomètres montés sur
la canalisation de traitement.
Perte de charge
La résistance à l’écoulement d’un liquide dans un élément entraîne une perte de
charge. Si l’on mesure la pression à l’aide d’un manomètre (figure 7.10) avant et
après l’élément, la pression sera inférieure en sortie. L’élément - une vanne d’arrêt,
Hauteur
par exemple - engendre une perte de charge dans la canalisation. Cette perte de de charge
en mètres
charge, mesurée sous forme de hauteur de charge, équivaut à la résistance à
l’intérieur de l’élément et son ampleur dépend de la vitesse, autrement dit du débit 38 51 63.5 76 101.6
10.0
et du diamètre des canalisations. 8.0
La perte de charge d’un élément est souvent indiquée sous forme de perte de 7.0
6.0
hauteur de charge en mètres à différents débits, et non par le coefficient de 5.0
résistance. Le diagramme de la figure 7.11 couvre des débits allant de 5 000 litres/ 4.0
heure pour le plus petit diamètre de canalisation - 1,5 pouces (38 mm) - à 3.0
200000litres/heure pour le plus important - vanne d’arrêt de 4 pouces (101,6 mm). 2.0
Pour un débit de 20 000 litres/heure et un diamètre de canalisation de 2,5 pouces
(63,5 mm), soit une vitesse de 1,75 m/s, le diagramme indique une perte de charge
- ou perte de hauteur de charge - de 0,4 mètre à travers la vanne à pleine ouverture. 1.0
La perte de charge dans les différents éléments de la canalisation à un débit 0.8
donné peut être déterminée de manière identique. La perte de charge totale dans le 0.6
0.5
système s’obtient en additionnant ces chiffres. 0.4
Les différents éléments de la canalisation devront être dimensionnés de manière 0.3
à entraîner la perte de charge la plus faible possible. Toute perte de charge entraîne
une élévation de la vitesse d’écoulement, sous forme de turbulences ou d’une 0.25 10 30 50 70 90 150
accélération locale dans les passages. Des vitesses supérieures se traduisent par 20 40 60 80100 200
une augmentation du frottement sur les surfaces des tuyaux et autres équipements x 1000 l/h
et par des forces plus élevées dans les coudes etc. Ceci augmente le traitement Fig. 7.11 Diagramme de perte de
mécanique du produit. charge d’une vanne d’arrêt.
Transmetteurs
La conception et le fonctionnement des transmetteurs des systèmes de régulation
sont très variables. Certains transmetteurs réagissent directement aux variations de
la valeur mesurée. Dans le transmetteur de pression de la figure 7.13, la pression du
produit sur la membrane est transmise au capteur, par l’intermédiaire d’un tube
capillaire. Le capteur transmet un signal électrique directement proportionnel à la
pression du produit. Le régulateur de niveau à flotteur, souvent utilisé dans les cuves,
constitue un autre exemple de dispositif de commande directe.
Température Résistance 4
°C Ω 3
0 100,00
10 103,90
20 107,79
30 111,67 2
40 115,54
50 119,40
60 123,24
80 130,89
100 138,50 1
Régulateurs
Le régulateur de la figure 7.15 constitue le cerveau du système de régulation de Fig. 7.14 Transmetteur de température
température et il est également disponible sous de nombreuses formes différentes. type résistance.
Selon la définition susmentionnée, c’est un appareil qui compare en continu la valeur
mesurée à une valeur de référence ou préréglée (point de consigne). Toute différence
déclenchera la transmission d’un signal correctif, du régulateur au dispositif de
régulation, lequel modifiera son réglage en conséquence. Le processus de correction
se poursuivra jusqu’à ce que la valeur mesurée et le point de consigne coïncident à
nouveau. 100
de type pneumatique et le régulateur de type électrique, les signaux devront passer 80 STORE
M
par un convertisseur pneumatique-électrique. 70
100
60
indiquée par une aiguille sur un indicateur gradué. La valeur mesurée (le signal de 50
TUNE
40
sortie du transmetteur) est affichée en permanence sur l’indicateur. Un autre 40
SET
20
indicateur affiche le signal de sortie vers le dispositif de commande. 30 PROG
0
Lorsqu’il est en mode automatique, l’appareil n’exige aucun réglage manuel. Il 20
peut être passé en mode manuel et actionné alors à l’aide d’un bouton. Le réglage 10
Dispositif de régulation
L’ampleur de la grandeur concernée dépend du réglage du dispositif de régulation
2 actionné par le régulateur. Le dispositif de régulation peut être constitué par une
pompe à vitesse variable. Le signal de sortie du régulateur règle, dans ce cas, la
3 vitesse de la pompe de manière à obtenir le débit désiré. La vanne de régulation
constitue cependant la forme la plus courante de dispositif de régulation dans les
laiteries.
Une vanne de régulation pneumatique (voir figure 7.16) comprend essentiellement
un corps, équipé d’un siège destiné au clapet, lui-même fixé à l’extrémité inférieure
de la tige. La vanne est modulée de la position ouverte à la position fermée en
modifiant la différence de pression entre les faces supérieure et inférieure du piston.
Le servomoteur comporte un piston à double effet. Lorsque la pression est plus
élevée du côté inférieur, le piston remonte, soulevant le clapet de son siège. Une
1 pression supérieure au sommet du piston ferme la vanne.
La commande s’effectue essentiellement de la manière suivante : les signaux
pneumatiques du régulateur sont amenés à un dispositif de commande proportionnelle
- le positionneur - monté au sommet de la vanne. Grâce à l’action de ce positionneur,
la position du clapet par rapport au siège est toujours proportionnelle à l’intensité du
signal du régulateur. Si le signal correspond à la valeur préréglée, le positionneur
équilibre les pressions des deux côtés du piston, de manière à ce que la position du
clapet reste constante. Dans cet état d’équilibre, la perte de pression à travers la
vanne se situe exactement au niveau désiré et la valeur mesurée, enregistrée par le
transmetteur, coïncide avec la valeur préréglée.
En cas de baisse de pression du produit, le transmetteur réduit le signal envoyé
au régulateur. La valeur mesurée ne coïncidant plus avec la valeur préréglée, le
régulateur réagit en augmentant le signal transmis au servomoteur de la vanne. Le
Fig. 7.16 Vanne de régulation positionneur augmente alors la pression du côté supérieur du piston, faisant
pneumatique. remonter le clapet vers le siège. L’augmentation de la résistance à l’écoulement de
la vanne qui en découle augmente la pression du produit et déclenche la série
1 Indicateur de position visuel d’opérations inverse, freinant la descente du piston. Lorsque la pression dans la
2 Raccordement du signal électrique canalisation est revenue à la valeur préréglée, le positionneur maintient à nouveau
3 Raccordement de l’air comprimé le piston de la vanne à l’état d’équilibre.