Les méthodes probabilistes dans le choix des
investissements
Ces méthodes vont permettre de mesurer le risque intrinsèque d’un projet ou d’une entreprise et
notamment de comparer plusieurs projets entre eux compte tenu :
. De l’espérance mathématique de la VAN attendue,
. De l’écart type de la VAN attendue.
I- L’analyse moyenne - variance
Pour comparer plusieurs projets entre eux, on va calculer une espérance moyenne de la VAN pour
chacune des périodes de la durée de vie du projet :
n
Em(VAN) = - CF0 + Somme [Em(CFt)/(1 + i)^t]
T=1
L’écart type de la VAN va être calculé pour chaque période :
. si on a des cash flow indépendants dans le temps, l’écart type sera égal à :
n
Ecart type(VAN) = Racine [Somme (Ecart type²(CFt))/(1 + i)^2t]
T=0
. si on a des cash flow parfaitement corrélés, l’écart type sera égal à :
n
Ecart type(VAN) = Racine [Somme (Ecart type(CFt))/(1 + i)^t]
T=0
Le coefficient de variation amène à comparer pour un projet l’espérance moyenne de la VAN et
l’écart type de la VAN :
r = Ecart type(VAN)/Espérance moyenne(VAN)
On retiendra le projet qui présente le coefficient de variation le plus faible.
Le taux i peut être représenté par la rentabilité du projet du M.E.D.A.F.
L’arbitrage est toujours réalisé entre le risque et richesse.
II- Les probabilités conditionnelles et les décisions séquentielles d’investissement
Ces méthodes sont utilisées si les cash flow ne sont :
. Ni indépendants dans le temps,
. Ni corrélés entre eux.
III- Problème de choix d’investissement en avenir non probabilisable (application de
la théorie des jeux)
Lorsqu’une entreprise ne parvient pas à effectuer de réalisation à un état de conjoncture, plusieurs
critères issus de la théorie des jeux peuvent être retenus.
A- Critère optimiste (Maxi max)
Ce critère consiste pour chaque projet à retenir la possibilité de VAN la plus forte et on choisit le
projet qui présente la possibilité de VAN la plus forte.
B- Critère de Wald (Maxi min)
Ce critère est moins optimiste que le précédent. Pour chacun des projets, on retiendra la possibilité
de VAN la plus faible et on choisira le projet qui aura la valeur de VAN la plus forte.
C- Critère de Laplace (équiprobabilité)
On considère que les états de la nature sont équiprobables.
On calcule pour chacun des projets l’espérance mathématique de VAN fondé sur l’équiprobabilité.
On retient le projet qui présente l’espérance mathématique la plus élevée.
D- Critère d’Hurwicz
On détermine un coefficient d’optimisme qui sera affecté à la possibilité de VAN la plus forte pour
un projet.
On affectera le complément de ce coefficient à la VAN la plus faible.
On calcule pour chacun des projets une moyenne pondéré de VAN.
On choisit le projet qui présente la moyenne pondérée la plus forte.
E- Critère de Savage (matrice des regrets)
Pour chaque état de la nature, on prend pour base la possibilité de VAN la plus forte.
Par rapport à cet base de calcul, des regrets sont associés aux autres probabilités de VAN.
On recherche pour chaque projet le regret maximum.
On choisit le projet dont le regret maximum est le plus faible.
F- Théorie des utilité
Sur ces problèmes relatifs au choix d’investissement dans l’incertitude, on prend en compte la
théorie des utilités qui est un moyen d’intégrer :
. la personnalité du décideur,
. l’adversion pour le risque dans ses décisions d’investissement.
Cette fonction d’utilité du décideur permet une mesure cardinale de l’utilité que le décideur retire
de la richesse.
Pour construire cette fonction, il faut se donner un système de mesure.
Il se fait sur la base d’une unité de mesure appelé l’utile.
Pour construire cette fonction, on va faire jouer le décideur à une loterie imaginaire de façon à
tester son attitude face aux risques et face à la richesse.
Exemple 1 :
Supposons que le décideur possède un billet de loterie qui donne :
. 50% de chance de ne rien gagner (valeur utile 0),
. 50% de chance de gagner 5 M.F. (valeur utile 100).
Imaginons que le décideur accepte de vendre le billet à 2,25 M.F.
E(gain) = 0 * 0,5 + 5 * 0,5
= 2,5 M.F.
Correspondance à l’utile = 100 * 0,5
= 50
2,25 M.F. est équivalent à une espérance de 2,5 M.F.
Exemple 2 :
Supposons que le décideur possède un billet de loterie qui donne :
. 40% de chance de gagner 2,25 M.F.(valeur utile 50),
. 60% de chance de gagner 5 M.F. (valeur utile 100).
Imaginons que le décideur accepte de vendre le billet à 3,5 M.F.
E(gain) = 2,25 * 0,4 + 5 * 0,6
= 3,9 M.F.
Correspondance à l’utile = 0,4 * 50 + 100 * 0,5
= 80
3,9 M.F. est équivalent à une espérance de 3,5 M.F.
Exemple 3 :
Supposons que le décideur possède un billet de loterie qui donne :
. 30% de chance de perdre 2 M.F.,
. 70% de chance de gagner 5 M.F. (valeur utile 100).
Imaginons que le décideur accepte de vendre le billet à 2,25 M.F.
2,25U = (0,3U * -2) + (0,7U * 5)
50 = 0,3U * -2 + 0,7 * 100
U - 2 = - 66,7%
Exemple 4:
Projet A Projet B
Années VAN Probabilités VAN Probabilités
1 -2 0,1 0 0,1
2 0 0,2 2,25 0,6
3 3,5 0,3 3,5 0,3
4 5 0,4
E (VAN projet A) = (0,1 * -2) + (0* 0,2) + (3,5 * 0,3) + (5 * 0,4)
= 2,85
E (VAN projet B) = (0,1 * 0) + (2,25* 0,6) + (3,5 * 0,3)
= 2,4
Pour le projet A :
VAN Valeur en utile Probabilités Utilité pondéré
(Valeur utile *
Probabilité)
-2 - 66,7 0,1 - 6,667
0 0 0,2 0
3,5 80 0,3 24
5 100 0,4 40
57,33
Pour le projet B :
VAN Valeur en utile Probabilités Utilité pondéré
(Valeur utile *
Probabilité)
0 0 0,1 0
2,25 50 0,6 30
3,5 80 0,3 24
54
Le décideur choisira le projet qui a la valeur d’utilité pondérée la plus élevée (projet A).