Brofferio MED17
Brofferio MED17
FACULTE DE MEDECINE
THESE
pour le
par
Au Docteur Lucia BARRIOS, pour avoir accepté d’encadrer ce travail, sur cette thématique qui
nous tiens toutes les deux à cœur,
Au Docteur Renaud CLEMENT, pour nous avoir accompagnées tout au long de ce travail,
Au Professeur Remy SENAND, pour avoir guidé des générations de futurs médecins généralistes
dans leurs parcours, et pour avoir accepté de faire parti de ce jury,
Au Docteur Ariane RICHARD, pour d’innombrables raisons, pour avoir été, pour moi et pour de
nombreux autres internes, un maitre de stage surprenant et unique, pas uniquement au cabinet,
mais tout le long de notre parcours. Pour tout ce que tu as fait pour moi, merci.
A ma famille, Lauren, Vincent, Guillaume, Christophe, Catherine et Philippe, pour avoir été
l’exemple le plus parfait de ce que quelqu’un peut attendre d’une famille, en espérant avoir
l’occasion de vous le rendre bien assez tôt.
A Matthieu, pour tout ce que tu sais déjà mais que je ne te répèterai jamais assez.
Aux Nantais, Claude, Guillaume, Eva, Leslie, David, Caroline, Isabelle, Nadège, Bernadette et
Mireille, pour votre soutien, non seulement au cours de ce travail, mais pendant les six mois
passé à vos côtés.
Aux Angevins, Nathalie, Matthieu, Emmanuelle, Marion, Vincent, Guillaume, Nicolas, Stéphane,
Cindy, Catherine(s), Stéphanie, Christine et Emilie, pour votre accueil, votre aide, votre écoute,
tout ce que vous m’avez déjà apporté et que vous allez m’apporter pendant l’année à venir,
A Aurélie, Laurie, Charlotte, Julie, Cécile, Tiphaine, Alexia et Alizée, vous avez toujours été là pour
moi, même (et surtout) dans les moments de doute, j’espère en être à la hauteur.
INTRODUCTION ................................................................................................................................................................2
MATERIEL ET METHODE .............................................................................................................................................5
Méthodologie ..................................................................................................................................................................5
Population étudiée........................................................................................................................................................5
Interrogatoire .................................................................................................................................................................6
Recueil et description des lésions ..........................................................................................................................7
Classification et sous-groupes .............................................................................................................................. 13
Aspect réglementaire................................................................................................................................................ 14
Analyse statistique..................................................................................................................................................... 14
RESULTATS ...................................................................................................................................................................... 15
Caractéristiques démographiques ...................................................................................................................... 15
Données de l’interrogatoire ................................................................................................................................... 17
Examen gynécologique ............................................................................................................................................ 20
Réalisation de l’examen gynécologique ....................................................................................................... 20
Lésions ano-génitales .......................................................................................................................................... 21
Lésions hyménéales ............................................................................................................................................. 26
Examen périphérique ............................................................................................................................................... 34
Conclusion du rapport ............................................................................................................................................. 40
DISCUSSION...................................................................................................................................................................... 43
Les caractéristiques démographiques............................................................................................................... 43
Incidence des lésions ano-genitales ................................................................................................................... 44
Lésions périphériques.............................................................................................................................................. 48
Suivi des patientes ..................................................................................................................................................... 49
Incapacité Totale de Travail .................................................................................................................................. 50
Limites de l'étude ....................................................................................................................................................... 51
Pour le futur ................................................................................................................................................................. 52
CONCLUSION.................................................................................................................................................................... 53
Bibliographie..................................................................................................................................................................... 54
Lexique ................................................................................................................................................................................ 58
Annexes ............................................................................................................................................................................... 59
ABREVIATIONS
CP : Code Pénal
ENVEFF : Enquête Nationale sur les Violences Envers les Femmes en France
ONVF : Observatoire National des Violences faites aux Femmes (dépend du SCEHF)
1
INTRODUCTION
Le droit Français a consacré une section spécifique du Code Pénal (CP) aux agressions
sexuelles et aux viols.
Une agression sexuelle est ainsi définie par l’article 222-22 : « Constitue une
agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou
surprise ». L’article 222-22-1 précisant que la notion de « contrainte » prévue par le premier
alinéa de l’article 222-22 peut être physique ou morale [1].
Le viol est définit par l’article 222-23 comme « Tout acte de pénétration sexuelle, de
quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou
surprise... » [2].
L'article 227-25 du CP fixe indirectement la majorité sexuelle à 15 ans comme étant
l’âge à partir duquel il n’est plus répréhensible pour un majeur d’avoir des relations sexuelles
avec un « mineur » [3].
En France, c’est le Code Pénal napoléonien de 1810 qui introduit l’interdit des
violences sexuelles dans la loi (article 331). Cette première mention est complétée par l’arrêt
Dubas (Cour de Cassation, 25 juin 1857), qui ajoute les éléments de surprise et de contrainte.
La loi n° 80-1041 du 23 décembre 1980 définit la notion de « viol » telle que nous la
connaissons aujourd’hui. Il n’est alors possible qu’en dehors du mariage, puisque le Code
Civil mentionne un « devoir conjugal » entre les époux, qui ne permet pas la qualification de
viol dans ce cadre.
L’article 11 de la loi du 4 avril 2006 ajoute à cette définition la notion de
« présomption de consentement entre époux » dans l’alinéa 2 de l’article 222-22 du CP : « le
viol et les autres agressions sexuelles sont constituées (…) quelle que soit la nature des
relations existant entre l’agresseur et sa victime, y compris s’ils sont unis par les liens du
mariage. Dans ce cas, la présomption de consentement des époux à l’acte sexuel ne vaut que
jusqu’à preuve du contraire » [1].
En 2010, la présomption de consentement disparaît (loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010
relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples,
article 222-22, alinéa 2, du CP).
L’existence de relations antérieures entre l’auteur d'une agression sexuelle et la victime
(conjoint, concubin, liés par un pacte civil de solidarité) constitue, selon l’article 222-24 du
CP, une circonstance aggravante, au même titre que l’existence d’une particulière
vulnérabilité chez la victime ou lorsque le viol est commis par un ascendant ou tout autre
personne ayant autorité sur la victime [4].
2
Service des Droits des Femmes et le Secrétariat d’État aux Droits des Femmes, coordonnée
par l’Institut de démographie de l’Université de Paris-1. Pour actualiser ces résultats, l'enquête
VIRAGE est conduite en 2015. Il s'agit d'un sondage en population générale, en France,
réalisée par l’Institut National des Études Démographiques (INED). Les premiers résultats de
cette enquête (en cours d’exploitation en février 2017) montrent que chaque année, 62000
femmes âgées de 20 à 69 ans déclarent avoir été victimes de viols ou de tentatives de viol.
Les femmes jeunes, âgées de 20 à 34 ans semblent les plus exposées aux violences sexuelles.
Par ailleurs, 35000 victimes mineures et majeures de violences sexuelles ont été recensées par
les forces de sécurité (Gendarmerie Nationale et Police Nationale) en France hexagonale et
d’Outre-mer en 2015 : parmi elles, 11910 auraient été victimes de viol. La même année,
« seulement » 1048 condamnations ont été prononcées pour viol [6].
Les caractéristiques des agressions sexuelles dites « récentes », c'est à dire dans les 72
heures suivant l’agression, chez les victimes féminines, ont été étudiées à de multiples
reprises dans la littérature internationale [7–15]. On connaît ainsi l’incidence des lésions ano-
génitales (de 11.8% à 68% en fonction des techniques d’examen [7,8] ) et celle des lésions
extra-génitales (de 24.5% à 72% [11,12]) chez les patientes victimes d'agression sexuelle
examinées précocement. En outre, l’incidence des lésions ano-génitales dans les 72 heures
d’un rapport sexuel consenti varie, de 10% à 61,1% en fonction du délai écoulé depuis
l'agression, du type de lésions inclues dans l'étude, et de la technique d'examen utilisé
(macroscopique, colposcopique ou à l'aide d'un colorant loco-régional de type Bleu de
Toluidine) [7,8,12,14–17].
Il est dès lors reconnu que la constatation de lésions ano-génitales à l’examen médico-
légal n’est pas spécifique d'un viol et que, à l’inverse, l’absence de lésions ne l’exclut pas.
De plus, certaines études, portant sur des patientes vues à moins de soixante-douze
heures de leur agression, ont étudié les caractéristiques démographiques des victimes et des
agresseurs, les circonstances des agressions, les relations victimes/agresseurs et l’influence
des toxiques sur la survenue des lésions génitales [8,11,12].
En France, l'accueil et la prise en charge des victimes de viol sont inhomogènes. Ils
dépendent de l'organisation du réseau de soins qui les accueille, en fonction du système de
santé du territoire correspondant. Au Centre Hospitalo-universitaire de Nantes, les victimes de
viol de plus de quinze ans et trois mois, dont l’agression remonte à moins de soixante-douze
heures, sont orientées vers le service des urgences gynécologiques (afin de réaliser les
prélèvements et les soins nécessaires en urgence). Lorsque le viol remonte à plus de 72
heures, les victimes de plus de quinze ans et trois mois sont orientées vers l'unité médico-
judiciaire. Les patientes âgées de moins de 15 ans et 3 mois sont accueillies au sein du service
de pédiatrie.
En France, il est fréquent que les plaintes pour viol soient déposées plusieurs jours,
3
voire plusieurs mois ou années après les faits. Les témoignages des victimes de viol mettent
en avant des périodes de dissociation, de déni et de stress post-traumatique parfois très
longues, responsables d'un allongement du délai de dépôt de plainte chez ce type de victime.
Ainsi, une enquête de l’AIVI, réalisée en 2010, montre qu'il faut en moyenne 16 ans à une
victime d'inceste avant de commencer à parler de son traumatisme [18].
On comprend ainsi que les Unités Médico-Judiciaires Françaises puissent recevoir des
patientes victimes d'agressions sexuelles plusieurs jours, mois, voire des années après les
faits.
4
MATERIEL ET METHODE
METHODOLOGIE
Il s'agit d'une étude de dossier, rétrospective, descriptive et mono centrique, portant sur la
période du 1er juillet 2012 au 31 mars 2017.
Nous avons ainsi recueilli tous les comptes rendus médico-légaux, des consultations
réalisées par cinq praticiens de l'Unité Médico-Judiciaire du Centre Hospitalo-universitaire de
Nantes (Loire-Atlantique).
POPULATION ETUDIEE
1. Population source
2. Critères d'inclusions
Les patientes inclues dans l'étude répondaient aux critères d'éligibilité suivants :
majorité sexuelle acquise, au sens légal du terme, soit quinze ans ou plus, à la date de
l'examen médico-légal (âge de la majorité sexuelle défini par le CP) [3]. Selon le protocole
d’accueil du CHU de Nantes, seules les patientes âgées de plus de 15 ans et 3 mois étaient
adressées à l’UMJ.
patientes déclarant avoir été victimes d’un viol,
délai entre l’agression sexuelle et les constations médico-légales supérieur ou égal à
soixante-douze heures.
3. Critères d'exclusion
6
RECUEIL ET DESCRIPTION DES LESIONS
Le recueil des lésions gynécologiques est basé sur les constatations de l’examen
pratiqué selon le protocole suivant :
- inspection visuelle du périnée en position gynécologique : visualisation des lésions
traumatiques sur la face interne des cuisses et sur le périnée,
- écartement des grandes lèvres et traction douce, sagittale et postéro-latérale sur les
petites lèvres,
Grandes Lèvres
Clitoris
Méat Urinaire
Hymen
Petites Lèvres
Fosse du vestibule
Fourchette
vaginale
postérieure
Figure n°1 : schématisation des organes génitaux externes féminins (©Service de médecine légale, CHU
d’Angers)
- utilisation d'un écouvillon pour exposer les zones de replis (Cf. Photographie n°1),
- utilisation d'une sonde à ballonnet (Sonde de Foley® Cf. Photographie n°2) :
visualisation des bords de l'hymen et mesure de l'orifice hyménéal.
- inspection anale en position gynécologique,
- traction douce pour un examen approfondi des plis radiés après un léger déplissage,
- appréciation de la tonicité du sphincter anal (contraction volontaire et effort de toux),
- il n'a été utilisé ni colposcopie, ni anuscopie, ni colorant au niveau locorégional.
7
Photographie n°1 : Ecouvillon simple pour déplissage de la membrane hyménéale ©[Link]
8
2. Description hyménéale
A : Hymen frangé
B : Hymen semi-lunaire
C : Hymen circulaire
D : Hymen labié
E : Hymen cribriforme
9
3. Définition des lésions
Lésions hyménéales :
- encoche : rupture de la membrane hyménéale inférieure à 50% de la largeur totale de
l’hymen,
- déchirure: rupture de la membrane hyménéale supérieure à 50% de la largeur totale de
l’hymen, restant incomplète, n’atteignant pas le sillon nympho-hyménéal,
- déchirure complète (ou transsection): rupture complète de la membrane hyménéale,
atteignant la paroi vaginale.
L'ancienneté de chaque lésion a été appréciée par le praticien en fonction des données
de la science, et est reportée dans le dossier.
10
4. Localisation des lésions hyménéales
La localisation des lésions sur l'hymen fait appel à une description selon un quadrant
horaire : midi correspond à la partie haute en position gynécologique, (partie antérieure en
position anatomique), et six heures correspondant à la partie basse en position gynécologique
(partie postérieure en position anatomique).
Antérieur
10 h 2h
Moyen Moyen
8h 4h
Postérieur
11
5. Les lésions ano-génitales sont répertoriées selon leur localisation
- Petites lèvres,
- Grandes lèvres,
- Clitoris,
- Hymen,
- Fossa navicularis (fosse du vestibule)
- Fourchette vaginale postérieure,
- Parois vaginales,
- Anus :
o plis radiés,
o marge anale,
o tonicité.
La localisation des lésions anales fait appel à une description selon un quadrant
horaire :
- un axe médian en position gynécologique (axe 12-6 heures +/- 1 heure),
- un axe horizontal en position gynécologique (axe 9-3 heures).
7. Lésions périphériques
8. Consultations psychologiques
Ces consultations peuvent être couplées à une évaluation par les psychologues du service de
médecine légale, soit sur demande de l'autorité requérante, soit sur appréciation personnelle
du médecin légiste consultant.
9. Conclusion
12
CLASSIFICATION ET SOUS-GROUPES
Nous avons classé l'ensemble des lésions ano-génitales retrouvées au cours de cette étude
en trois catégories :
- les lésions anciennes sans rapport avec le traumatisme,
- les lésions anciennes dont on ne pouvait se prononcer sur l'origine,
- les lésions dites «anciennes» que nous avons considéré comme « significatives » d’un
viol, et pour lesquelles aucune autre cause potentiellement à leur origine ne nous ont été
rapportées.
Les cicatrices d’épisiotomie et les hymens « vestigiaux » ont été considérés comme des
lésions dites « non significatives ».
Si la patiente ne rapportait aucun rapport sexuel, antérieur ou postérieur à l'agression, les
déchirures hyménéales étaient inclues dans notre calcul d'incidence en tant que lésions dites
« significatives », c'est à dire compatibles avec les faits rapportés, sans autre cause
potentiellement à leur origine retrouvée lors de la consultation.
Les érythèmes n’ont pas été inclus dans le calcul de l’incidence des lésions dites
« significatives », pour plusieurs raisons :
- il n’était pas possible d’exclure formellement une pathologie médicale potentiellement
à leur origine,
- le délai entre les faits allégués et la consultation médico-légale est supérieur au délai
habituellement admis de disparition des érythèmes simples (24 à 48 heures),
- il n’existait pas d’autre élément médical, mentionné dans le compte-rendu, permettant
d’étayer une éventuelle compatibilité, en dehors de l’érythème (absence de symptomatologie
fonctionnelle ou d’autre lésion tégumentaire associée),
- il n’existe actuellement pas de consensus sur la survenue des érythèmes dans le cadre
des agressions sexuelles.
Concernant les lésions anales, les lésions susceptibles d'être induites par une pathologie
médicale (hémorroïdes) ont été exclues des calculs d'incidence. Une fissure anale a été inclue,
en l’absence d’autre pathologie médicale rapporté dans le compte rendu susceptible
d’entrainer ce type de lésion, et devant le caractère répété des pénétrations anales, à l’origine
d’un entretient de cette lésion.
Les patientes ont été réparties puis étudiées en sous-groupe, en fonction de leur âge,
comme suit :
- 15 ans et 3 mois à 18 ans inclus,
- de 18 ans à 25 ans inclus,
- de 25 ans à 50 ans inclus,
- plus de 50 ans.
13
Les patientes inclues dans l’étude ont été réparties en cinq sous-groupes de temps en
fonction du délai écoulé entre l’agression sexuelle et l’examen médico-légal. Il n’existe pas de
données, dans la littérature internationale, concernant les délais éventuels d’évolution des
lésions après un mois. Les sous groupes « temps » ont donc été déterminés de manière
empirique :
ASPECT REGLEMENTAIRE
ANALYSE STATISTIQUE
14
RESULTATS
CARACTERISTIQUES DEMOGRAPHIQUES
1. Inclusions
Les dossiers de 229 patientes, âgées de plus de 15 ans et 3 mois ont été retenus. 130 dossiers
ont été exclus devant l’absence de viol relaté pendant l’agression.
Parmi les 99 dossiers restants, 34 ont été exclus du fait de l’absence d’examen gynécologique
réalisé au sein de l’UMJ de Nantes:
- 8 patientes ont refusé l’examen gynécologique,
- 10 ont été réalisés aux urgences gynécologiques,
- 3 n’avaient pas d’objet (plainte pour fellation),
- pour 13 dossiers le motif n’était pas renseigné.
Au total, 65 patientes âgées de plus de 15 ans et 3 mois, rapportant avoir été victimes de viol,
et examinées à plus de 72 heures de l’agression, ont été inclues dans cette étude.
15
2. Données démographiques
a) Le jour de l’agression
L’âge moyen le jour de l’agression est de 26,38 ans (médiane de 24 ans, extrêmes : 9-64
ans).
30
38,5 %
25 37 %
Nombre de patientes
20
15 21,5 %
10
5
3%
0%
0
15 à 18 ans 18 à 25 ans (25 25 50 ans (50 50 à 75 ans (75 Plus 75 ans
(non inclu) inclus) inclus) inclus)
Âge
b) Le jour de la consultation
L’âge moyen le jour de la consultation est de 27,16 ans (médiane de 24 ans, extrêmes : 15-
64 ans).
Les 14 patientes mineures lors de l’agression correspondent aux 14 patientes mineures
lors de la consultation.
c) Vulnérabilité de la victime
Par ailleurs, deux patientes de notre étude sont placées sous tutelle et une sous curatelle.
16
DONNEES DE L’INTERROGATOIRE
2. Consultation psychologique
36 patientes (55.3%) ont bénéficié d’une évaluation par les psychologues du service.
3. Données de l'agression
a) Agresseur
L’(ou les) agresseur(s) fait(font) parti de l'entourage de la victime dans 73,8 % des cas. On
décompte ainsi 15 viols conjugaux (époux et ancien époux, concubin et conjoint) soit 23% de
nos patientes, 4 viols intrafamiliaux (6%) et 29 viols par une ou des connaissances (44%, dont
2 petits amis sans vie commune).
Le (ou les) agresseur(s) est(sont) présumé(s) inconnu(s) dans 7 cas . Le(ou les)
agresseur(s) n'est(ne sont) pas renseigné(s) pour 10 patientes.
6,15% 3,08%
10,77% Connaissance
41,54%
Conjugal
15,38%
Non renseigné
Inconnu
23,08% Intra-familial
Petit-ami
17
L'agresseur est seul dans 86% des cas, ils sont 2 dans 5% des cas, 3 dans 3% des cas et 4
dans 3% des cas. Le nombre d’agresseur(s) n’est pas précisé dans 2 cas.
b) Lieu de l'agression
Dans 25% des cas, l'agression avait lieu au domicile de la victime, dans 12% des cas, au
domicile de l'agresseur et dans 10% des cas au domicile d'une connaissance.
Les autres lieux retrouvés dans notre étude sont: lieu de fête (5%), transport en commun
(3%), voie publique (3%), parcs et forêts (3%), transport personnel et lieu de travail (1,5%).
18
c) Type de pénétration
Il s’agit d’une pénétration pénienne vaginale exclusive dans 34% des cas (n=22), pénienne
anale exclusive dans 3% des cas (n=2), et d’une association pénienne vaginale et anale dans
5% des cas.
Dans 13 cas (20%), le viol est digital intra-vaginal exclusif. Un corps étranger a été utilisé
dans 3 cas (4,5%).
Seule
Pénio-anale + Pénio-buccale
Digito-vaginale
Pénio-anale
Pénio-buccale
Pénio-buccale + digito-vaginale
Pénio-anale + digito-vaginale
Non renseignée
Digito-anal + digito-vaginal
Type de pénétration
Digito-vaginal
Pénio-buccal + digito-vaginal
Pénio-anal
L’examen est réalisé par traction simple des grandes lèvres pour 26% (n=17) des
patientes. Aucune lésion dite « significative » n’a été retrouvée.
L'examen est réalisé à l'aide d'une sonde à ballonnet (type sonde de Foley®) pour
24% (n=16) des patientes. 3 sont porteuses de lésions dites « significatives ».
L'examen est réalisé à l'aide d'un écouvillon chez 6% (n=4) des patientes. Aucune lésion
« significative » n’a été retrouvée.
La technique d'examen n'est pas précisée pour 43% (n=28) des patientes. Aucune patiente
porteuse de lésion dite « significative » n’a été retrouvée. 23 patientes sont porteuses de
lésions dites « non significatives », et deux patientes n'ont aucune lésion hyménéale (les
constatations de l'examen ne sont pas détaillées pour les 3 patientes restantes).
20
LESIONS ANO-GENITALES
1. Lésions « significatives »
Nous avons retrouvé au cours de cette étude, 92,3% (n=60) de lésions génitales, et 81,5%
(n=53) de lésions hyménéales, tout types de lésions confondues.
Au total, l'incidence des lésions dites «significatives» dans notre étude était de 4,6%
(n=3) :
- une fissure anale à 2 heures, associée à une fissure anale à 6 heures, (à 32 jours de la
dernière agression, dans le cadre de viols pénio-vaginaux et pénio-anaux à répétition par son
époux),
- une déchirure complète à 7 heures, associée à deux encoches à 5 et 3 heures (à 163
jours d’un viol par un inconnu, par pénétration pénio-vaginal et digito-vaginale), sans autre
rapport sexuel (ni avant ni après l'agression),
- une déchirure complète à 11 heures, associée à trois encoches à 3,2 et 9 heures, (à 157
jours d’ un viol pénio-vaginal par un camarade de classe), sans autre rapport sexuel (ni avant
ni après l'agression).
2. Lésions génitales
Au moins une lésion génitale (toutes lésions confondues) est présente chez 92,3% (n=60)
des patientes de notre étude. 2 patientes sont indemnes de toute lésion génitale.
i. Grandes lèvres
Une lésion des petites lèvres a été retrouvée: un érythème, situé à 9 heures, à cinq jours de
l'agression (sans autre information disponible).
98% des patientes sont indemnes de lésions des petites lèvres.
21
iv. Autre
Une seule patiente présente une lésion de la paroi vaginale. Il s’agit d’une cicatrice
ancienne et profonde de la paroi vaginale postérieure, chez une patiente ayant déjà eu des
accouchements par voie basse.
La seule lésion clitoridienne retrouvée est une excision grade I, réalisée dans l'enfance.
Aucune lésion de la fosse du vestibule n’a été retrouvée.
22
3. Incidence des lésions génitales en fonction des sous-groupes « temps »
Dans le groupe vu entre 90 jours et 364 jours : 12,5% de lésions dites « significatives »,
81% de lésions génitales toutes lésions confondues,
Dans le groupe vu à plus de 364 jours : 0% de lésion dite « significative », 91% de lésions
génitales toutes lésions confondues.
Toutes lésions
80% génitales
Sous-groupe "temps"
Figure n°8: Répartition des lésions génitales en fonction des sous groupe « temps »
23
4. Incidence des lésions génitales en fonction des sous-groupes « agresseurs » (en
nombre de patientes présentant au moins une lésion gynécologique)
Viol conjugal : 6,6% de lésions dites « significatives », 93% de lésions génitales toutes
lésions confondues,
Viol par un petit-ami : aucune lésion dite « significative », 100% de lésions génitales
toutes lésions confondues,
Viol intrafamilial : aucune lésion dite « significative », 50% de lésions génitales toutes
lésions confondues,
Viol par une connaissance : 3,7% de lésions dites « significatives », 100% de lésions
génitales toutes lésions confondues,
Viol par un inconnu : 14,3% de lésions dites « significatives », 85% de lésions génitales
toutes lésions confondues,
Agresseur non renseigné : Aucune lésion dite « significative », 70% de lésions génitales
toutes lésions confondues.
Inconnu 85%
Toutes lésions
Sous-groupes "agresseur"
14,30%
génitales
100% confondues
Connaissance
3,70%
Lésions dites
Intra-familial 50%
"spécifiques"
Petit-ami 100%
Conjugal 93%
6,60%
Figure n°9: Répartition des lésions génitales en fonction des sous-groupes « agresseurs »
24
5. Incidence des lésions gynécologiques par sous-groupe « âge » (le jour de l’agression)
6. Incidence des lésions anales dans les viols par pénétration anale
23% (n=15) de viols par pénétration anale ont été constatés (14 pénétrations péniennes et
une digitale).
1 patiente présente une lésion dite « significative » : il s'agit de fissures anales à 2 heures
et 6 heures (patiente examinée à 32 jours de sa dernière agression, dans le cadre de viols
pénio-vaginaux et pénio-anaux à répétition par son époux),
Par ailleurs, 2 patientes présentent des hémorroïdes (examinées à 426 et 270 jours de
l'agression).
25
LESIONS HYMENEALES
Au moins une lésion hyménéale (toutes lésions confondues) est présente chez 81% (n=53)
des patientes.
Aucune lésion hyménéale récente n’a été retrouvée au cours de notre étude.
21 patientes présentent un hymen « vestigial » ou « anciennement défloré ».
Dans notre étude, seules 2 patientes (3%), présentent des lésions hyménéales considérées
comme « significatives » :
- une déchirure complète à 7 heures, associée à deux encoches à 3 et 5 heures, chez une
patiente sans autre rapport sexuel (ni avant ni après l'agression),
- une déchirure complète à 11 heures, associée à trois encoches à 3,2 et 9 heures, chez
une patiente sans autre rapport sexuel (ni avant ni après l'agression).
2 patientes ne présentent aucune lésion hyménéale : une seule ne rapporte pas de rapport
sexuel avant l’agression. Cette patiente de 37 ans aurait été victime d’un viol digito-vaginal,
sans autre renseignement disponible.
15%
6% 38% Aucune déchirure
26
1. Lésions hyménéales en fonction des antécédents gynécologiques
20%
14% Oui
66% Non
Non renseigné
13.8% (n=9) des patientes déclarent ne jamais avoir eu de rapport sexuel avant l’agression :
- 1 seule ne présente pas de lésion hyménéale : patiente qui aurait été victime d’un viol
digito-vaginal et d’attouchements (seins et organes génitaux externes), par un seul agresseur
(sans autre détail). L’hymen est circulaire, intègre et ne présente aucune déchirure. Son
diamètre est de 1.5 cm. Il ne persiste aucune lésion tégumentaire périphérique (vue à 515
jours de l’agression).
- Les 8 autres présentent toutes au moins une encoche hyménéale, et quatre d’entre elles
présentent également une déchirure hyménéale (Cf Tableau I).
27
Tableau I : répartition des lésions hyménéales chez les patientes ne rapportant aucun rapport sexuel
avant l'agression, et présentant au moins une lésion hyménéale
Parmi ces 9 patientes, 5 ne rapportent aucun rapport sexuel depuis l'agression (Cf
Tableau II)
Tableau II : répartition des lésions hyménéales chez les patientes ne rapportant aucun rapport
avant ou après l'agression et présentant au moins une lésion hyménéale
Sur l'ensemble de notre échantillon, 38% (n=25) des patientes rapportent au moins une
grossesse, et 33% (n=22) rapportent au moins une parité.
Les modalités d’accouchement (voie basse ou césarienne) ne sont pas toujours précisées.
3 patientes rapportent une grossesse sans parité (une interruption volontaire de grossesse
médicamenteuse, une par aspiration, et une de technique non précisée). Ces 3 patientes
présentent toutes au moins une déchirure hyménéale (une patiente dans le secteur postérieur,
les deux autres dans le secteur moyen).
28
Les grossesses et parités ne sont pas renseignées pour huit des patientes :
- 1 présente des déchirures uniquement,
- 4 présentent des déchirures associées à des encoches,
- l’examen hyménéal n’est pas renseigné pour 3 patientes.
L’existence de rapports sexuels avant l’agression n’est pas renseignée pour 11 patientes.
Parmi elles :
- 3 présentent soit des déchirures, soit des encoches.
- 1 ne présente aucune lésion hyménéale (âgée de 17 ans, elle aurait été victime d’un
viol digito-vaginal à l’âge de 16 ans),
- l’examen hyménéal n’est pas renseigné pour 7 patientes.
29
2. Lésions hyménéales en fonction des sous-groupes « temps »
Le délai moyen écoulé entre l’agression et la consultation médico-légale est de 307.3 jours
(médiane : 67 jours, extrêmes : 3 jours à 4745 jours).
Les deux patientes sans lésion hyménéale ont été examinées à 150 jours et 515 jours.
30
Dans le groupe examiné entre 30 et 90 jours : n=17 patientes
Une patiente, dont les antécédents sexuels n’étaient pas renseignés, présente une encoche
à 9 heures. Il s’agit d’une patiente handicapée psychique et motrice, qui aurait été victime de
viols digito-vaginaux à répétition par un agresseur non précisé.
5 patientes présentent un hymen vestigial (dont trois associés à une cicatrice d'épisiotomie
ancienne).
L’examen hyménéal est incomplet chez deux patientes (dont une défloration ancienne sans
autre détail).
31
Dans le groupe examiné entre 90 et 365 jours : n=16 patientes
Une patiente présentent des déchirures associées à des encoches et rapporte des rapports
sexuels avant les faits.
32
Dans le groupe examiné à plus de 365 jours : n=11 patientes
Une patiente de 37 ans, ne rapportant pas d'antécédent sexuel avant les faits, présente un
hymen circulaire, complet. Il s’agit d’une patiente qui aurait été victime d’un viol digito-
vaginal par un agresseur non renseigné, vue à 515 jours de l'agression.
33
EXAMEN PERIPHERIQUE
Dans cette étude, 18,46% (n=12) des patientes présentent au moins une lésion dite «
périphérique ».
Une patiente, examinée à 300 jours de la dernière agression rapportant un viol conjugal,
présente trois cicatrices anciennes, linéaires, (à la face postérieures des deux épaules). Elle
décrit de multiples épisodes de violences physiques au cours des viols conjugaux, pendant
lesquels elle aurait été jetée au sol et aurait reçu de multiples coups de poings et de pieds.
Une patiente vue à 150 jours, présente une cicatrice ancienne et aspécifique de
l’hypochondre droit, associée à des cicatrices anciennes de la face postérieure du bras gauche.
b) Lésions mammaires
Une patiente présente une lésion du sein droit (associée à des lésions du thorax et de
l'abdomen).
62 patientes ne présentent aucune lésion de cette région.
L'examen clinique n'est pas détaillé pour deux patientes.
34
3 patientes présentent des cicatrices anciennes des membres supérieurs:
- une, examinée à 93 jours de son agression (viol conjugal), présente une cicatrice
ancienne, fine, régulière, de 3,8 cm de long, située à la face postéro-interne de l'avant bras
gauche. Elle rapporte un épisode de violences à l'aide d'un couteau, infligée par son mari, au
cours de l'agression sexuelle.
- une, examinée à 150 jours de l'agression (viol intrafamilial), présente une cicatrice
ancienne, linéaire, de la face postérieure du bras gauche. Elle décrit la présence d'une arme
blanche (couteau) au cours de son agression.
- une, examinée à 426 jours de l'agression (viol conjugal), présente une cicatrice
ancienne, plane, de 0,7 cm de diamètre, du bord interne de l'avant-bras gauche, et rapporte un
épisode de violences physiques à type de brûlure de cigarette.
4 patientes présentent des lésions non cicatricielles de la face interne des cuisses:
3 patientes présentent des lésions non cicatricielles des membres inférieurs (autre
localisation):
- une, examinée à 5 jours de l'agression (viol avec la présence d'une arme à feu par un
inconnu), présente des dermabrasions croûteuses de la cheville et du pied gauches, de l'hallux
gauche, de la cuisse gauche et du genou gauche.
- une, examinée à 20 jours de l'agression (viol par un inconnu dans son appartement),
présente une ecchymose semi-récente de la face antérieure de la cuisse gauche (associée à des
lésions des membres supérieurs).
- une, examinée à 4 jours de l'agression (viol par 2 inconnus dans un train), présente des
ecchymoses diffuses de la face antérieure des deux cuisses (associées à des lésions du thorax
et de l'abdomen).
Une patiente présente des cicatrices anciennes, linéaires, du genou et de la jambe droite.
Elle aurait été victime d'un viol conjugal (dont un épisode de violences physiques avec du
verre).
35
e) Lésions du crâne et du visage
4,6% (n=3) des patientes présentent au moins une lésion de l’extrémité céphalique.
Une, examinée à 180 jours de l'agression sexuelle et 24 heures de l'agression physique par
son époux, présente une ecchymose pétéchiale, occipitale, associée à une ecchymose
pétéchiale, du visage (associées à des lésions des membres inférieurs).
Une patiente présente une excoriation de la face antérieure du cou et une ecchymose
pétéchiale sous le menton (associées à des lésions du thorax et de l'abdomen).
f) Autres lésions
Il est à noter qu’aucune patiente n'est porteuse de lésions buccales ou de lésions des
mains.
36
3. Répartition des lésions physiques périphériques, en fonction des sous-groupes
« temps »
Les lésions physiques ont été réparties par sous groupe en fonction du temps écoulé depuis
l’agression.
9%
25%
7 heures à 7 jours
60%
7 à 30 jours
11,70% 30 à 90 jours
90 à 365 jours
12,50%
Supérieur à 365 jours
Figure n°12 : Répartition des lésions périphériques en fonction des sous-groupes « temps »
37
4. Incidence des lésions physiques en fonction des agresseurs
10,0%
40,0%
Conjugal
42,8% Intra-familial
Petit-ami
Connaissance
25,0% Inconnu
3,7%
Non renseigné
0,0%
Figure n°13: Répartition des lésions périphériques en fonction des sous-groupes « agresseur »
38
5. Rapport entre lésions hyménéales et lésions périphériques
Sur les 12 patientes présentant des lésions dites « périphériques », aucune ne présente de
lésions ano-génitales considérées comme « significatives ».
2 d'entre elles présentent des encoches hyménéales isolées, 2 présentent des déchirures
hyménéales anciennes et aspécifiques (rapports sexuels antérieurs).
39
CONCLUSION DU RAPPORT
Dans notre étude, dans 84,6% (n=55) des cas, le rapport conclu : « Les éléments décrits ne
permettent ni d'affirmer ni d'infirmer les faits rapportés. »
Les éléments cliniques avancés par les médecins, les empêchant d'affirmer ou
d'infirmer les faits énoncés, sont les suivants:
- « l'absence de lésions constatées ce jour n'élimine pas le traumatisme »,
- « la normalité de l'examen n'élimine pas le traumatisme »,
- « une pénétration (digitale ou pénienne) ayant entraîné des lésions ayant cicatrisé
depuis l'agression est possible »,
- « une pénétration (digital ou pénienne) n'ayant pas entraîné de lésion est possible »,
- « la compliance de l'hymen permet une pénétration (digitale ou pénienne) sans
entraîner de lésion hyménéale »,
- « les antécédents de rapports sexuels et d'accouchement par voie basse ne permettent
pas de conclure sur l'origine des lésions anciennes constatées ».
Un rapport conclu à une compatibilité partielle de l'examen clinique médico-légal avec les
faits décrits.
Un rapport se prononce en faveur d’une incompatibilité de l’examen avec les faits décrits
par la patiente.
40
2. Sur l’incapacité Totale de Travail
La durée de l'incapacité totale de travail dans notre étude est de 22,5 jours ( médiane : 10
jours, extrêmes : 0-200 jours), et se répartit comme suit :
NR
200
90
60
ITT en jour(s)
31
21
15
5
2
0
0% 2% 4% 6% 8% 10% 12% 14% 16% 18%
Pourcentage sur l'ensemble de l'échantillon
36 patientes (55%) ont bénéficié d’une consultation avec une psychologue dans le service.
La durée moyenne d’Incapacité Totale de Travail chez ces patientes est de 34 jours
(médiane : 30 jours, extrêmes : 0-200 jours).
Pour les 29 patientes n'en ayant pas bénéficié, la durée moyenne d’Incapacité Totale de
Travail est de 7,75 jours, (médiane : 2 jours, extrêmes : 0-90 jours).
Pour les 14 patientes mineures, la durée moyenne d'Incapacité Totale de Travail est de 7,3
jours (médiane : 2 jours, extrêmes : 0-31 jours).
Pour les 51 patientes majeures, la durée moyenne d'Incapacité Totale de Travail est de 26
jours (médiane :15 jours, extrêmes : 0-200 jours).
41
c) Incapacité Totale de Travail en fonction des sous-groupes « agresseur »
Les durées d'Incapacité Totale de Travail ont été étudiées pour chacun des sous-groupes
suivants :
- Viols conjugaux : moyenne : 30,2 jours (médiane : 30 jours, extrêmes :1-155 jours),
- Viol par connaissances (dont 2 petits amis sans vie commune) : moyenne : 20,8 jours
(médiane : 3 jours, extrêmes 0-200 jours)
- Agresseurs non spécifiés : moyenne : 22 jours (médiane :15 jours, extrêmes 0-90 jours).
La durée moyenne d'Incapacité Totale de Travail chez les patientes porteuses de lésions
périphériques est de 15 jours (médiane : 8 jours, extrêmes : 1-60 jours).
7 de ces ITT sont en lien avec un retentissement physique (de 1 à 6 jours maximum), et 5
sont en lien avec un retentissement psychologique (de 10 à 60 jours maximum).
42
DISCUSSION
Selon l’Observatoire National des Violences faites aux Femmes, en France, 14,5% des
femmes déclarent avoir subi au moins une agression sexuelle au cours de leur vie, et 3,7 %
des femmes françaises déclarent avoir subi au moins un viol ou une tentative de viol. Ces
agressions se déroulent essentiellement dans un cercle familial ou de connaissances. Toujours
selon l’ONVF, seulement 14% des victimes de violences conjugales, y compris sexuelles,
porteraient plainte chaque année.
Le délai moyen de dépôt de plainte est, dans cette population, plus élevé que pour les
autres types de violences physiques.
La plupart des études internationales publiées sur l’examen médico-légal des victimes de
viol portent sur l'examen précoce de ces victimes (c’est-à-dire à moins de 72 heures).
L’âge moyen de notre population le jour de l’agression est de 26 ans (extrêmes d’âge de 9
à 64 ans). Ces données sont en accord avec celles retrouvées par Maguire (24,2 ans en
moyenne avec des extrêmes de 13 à 74 ans), et Slaughter (24 ans en moyenne) [8,9].
Il est important de noter que si certaines patientes étaient âgées de moins de quinze ans le
jour de leur agression, toutes étaient âgées de plus de quinze ans et trois mois lors de la
consultation.
Les patientes ont été divisées en sous-groupe « âge », de 18 à 25 ans (en accord avec
plusieurs études, dont le rapport de Andy Myhill and Jonathan Allen, avançant que les
femmes les plus à risque de viol étaient âgées de 16 à 24 ans), et de 25 à 50 ans (à partir de
l'étude de Maguire, qui démontrait une absence de différence significative dans l’incidence
des lésions ano-génitales et périphériques entre les groupes 30/40 ans et 40/50 ans) [9,20].
Enfin, l'âge de 50 ans a été retenu comme borne du dernier groupe, comme étant celui de l'âge
moyen du début de la ménopause.
Concernant l’agresseur, notre étude n’a retrouvé que très peu de viols intra-familiaux (6%
dans notre étude contre 28% d'agressions dans le cercle familial retrouvé dans l'étude
Marseillaise de Niort) [11]. L’agresseur est seul dans la majorité des agressions (86% des cas
de notre étude), rejoignant ainsi les données de Grossin et al, (un seul assaillant pour 90% des
patientes vues après 72 heures) [10].
De plus, conformément aux données rapportées par Niort et Grossin, l’agression avait lieu
principalement au domicile de la victime (dans 25 % des cas), ou au domicile de l’agresseur
(12 % des cas) [10,11]. Très peu d’agressions (9,2%) avaient lieu dans des zones dites
« publiques » (voie publique, transport en commun, parcs et forêts).
Dans notre étude, 9,2% (n=6) des patientes se trouvaient en situation de vulnérabilité. Ce
chiffre est légèrement en deçà du résultat retrouvé par Grossin dans son étude (31% de
patientes en situation de vulnérabilité dans le sous groupe examiné après 72 heures).
Ces données confirment les tendances des études internationales et viennent contredire la
vision du viol véhiculée dans l’imaginaire collectif (viol par un inconnu, sur la voie publique,
la nuit).
43
INCIDENCE DES LESIONS ANO-GENITALES
L’objectif principal de notre étude était de déterminer l’incidence des lésions ano-génitales
chez des patientes de plus de quinze ans et trois mois, examinées à l’Unité-Médico Judiciaire
de Nantes, déclarant avoir été victimes de viol, et dont le délai écoulé depuis l’agression est
supérieur ou égal à soixante douze heures.
L'implication majeure de notre étude repose sur l'analyse de l'imputabilité des lésions
constatées lors de l’examen médico-légal, à l'agression relatée. Il convient de souligner que
nos calculs d’incidence sont à mettre en corrélation avec les délais écoulés souvent très longs
depuis l'agression, à l’origine d’un risque de disparition des lésions par des phénomènes de
cicatrisation.
Dans certains cas, les lésions dites « anciennes » (datant de plus de soixante-douze
heures), constatées lors de l’examen clinique médico-légal, ne peuvent pas être imputées de
façon certaine à l’agression sexuelle, et ce pour plusieurs raisons:
- l’intervalle libre entre l’agression et l’examen médico-légal peut être trop important
pour avancer la compatibilité entre les lésions constatées et l’agression relatée. D'autres
événements traumatiques, pourvoyeurs de lésions génitales, ayant pu survenir depuis.
- la population générale concernée par cette étude est une population de femmes
majeures, dans l'ensemble sexuellement actives, et ayant, pour certaines, déjà mené une
grossesse à terme. C'était le cas pour quarante-cinq patientes de notre étude, qui rapportaient
au moins un rapport sexuel antérieur à l'agression. Parmi ces 45 patientes, 22 rapportaient
également une parité. L'ensemble de ces antécédent gynécologiques, également pourvoyeurs
de lésions hyménéales (encoche et déchirure) et génitales (notamment de la fourchette
vaginale postérieure), introduit une autre cause potentielle à l'origine des lésions observées et
ne permet donc pas au médecin légiste d'affirmer ou d'infirmer les faits rapportés.
Il est alors du ressort du médecin légiste qui pratique l'examen, de se prononcer sur la
compatibilité des lésions constatées avec les faits rapportés, mais également de souligner
l'éventualité d'une autre cause potentiellement à leur origine.
Nous avons retrouvé au cours de cette étude, 92,3% (n=60) de lésions génitales, et 81,5%
(n=53) de lésions hyménéales, toutes lésions confondues. Parmi elles, on peut distinguer trois
type de lésions:
- les lésions anciennes, sans rapport avec l’agression sexuelle (les cicatrices
d'épisiotomie par exemple),
- les lésions anciennes dont on ne peut affirmer l'origine avec certitude (pour lesquelles
une autre cause potentielle nous est rapportée, par exemple des déchirures hyménéales chez
des patientes rapportant des accouchements par voie basse),
- enfin, les lésions anciennes que nous avons considéré comme « significatives » dans le
cadre d’une agression sexuelle, c'est à dire compatibles avec le mécanisme rapporté et pour
lesquelles aucune autre origine ne nous est rapportée. Il s'agit dans notre étude de:
o une fissure anale à 2 heures (associée à une fissure anale à 6 heures),
o une déchirure complète à 7 heures, chez une patiente rapportant n'avoir eu aucun
rapport sexuel ni avant ni après l'agression,
o une déchirure complète à 9 heures, chez une patiente rapportant n'avoir eu aucun
44
rapport sexuel ni avant ni après l'agression.
En ce qui concerne les deux érythèmes retrouvés (sur la fourchette vaginale postérieure et
les petites lèvres), ils n’ont pas été inclus dans le calcul de l’incidence des lésions dites
« significatives », pour plusieurs raisons :
- on considère actuellement que les érythèmes simples, disparaissent au niveau cutané
en 24 à 48 heures. Sachant que les muqueuses ont un potentiel régénératif plus important, il
est probable que les érythèmes muqueux simples puissent disparaitre dans un délai similaire,
- ces lésions, constatées à plus de 72 heures du rapport non consenti décrit, étaient
localisées, sans autre signe fonctionnel associé. On pourrait ainsi formuler trois hypothèses :
soit il existait une lésion initiale plus importante, permettant, malgré les phénomènes de
cicatrisation, la visualisation d’un érythème persistant à distance (à 5 et 6 jours) ; soit, il
s’agirait d’érythèmes sans lien avec l’agression ; soit, il s’agirait d’une mauvaise
interprétation de l’opérateur le jour de la consultation (hyper vascularisation localisée ou
pathologie médicale évolutive non connue de la patiente ou asymptomatique par exemple).
En l’absence de consensus sur ce sujet, les études internationales divergent : certaines ont
pris le parti d'exclure ces érythèmes, considérés comme non spécifiques d'une agression
sexuelle (c’est le cas de Maguire par exemple), d’autre continuent de les inclurent [8].
Comme l'avaient soulignés White dans sa revue de la littérature et Sugar et al., ce type de
lésion doit être d'interprétation prudente, car elles ne sont pas spécifiques et peuvent fausser
l'interprétation de l'observateur (elles sont par exemple retrouvées dans les vulvites, les
agressions sexuelles, ou d'origine iatrogène après l'utilisation d'un spéculum) [21,22].
La prise en compte des lésions érythémateuses reste un sujet discutable : s’agit t-il de
lésions à exclure de manière systématique, car d’évolution rapide et non spécifiques,
difficilement imputable à un traumatisme dit ancien ? Ou pourraient-elles être le témoin d’une
lésion initiale plus importante, et en l’excluant, ne conclurait-on pas à tort à l’absence de
lésion?
Nous n'avons pas retrouvé d'article ayant pour objectif principal l'étude des lésions dites
«anciennes» chez des patientes vues à plus de 72 heures. Trois études l’abordaient
indirectement :
Slaughter et al., en 1997, retrouvaient 46% de lésions génitales après 72 heures. Dans son
article, le délai moyen n'était pas précisé, et les examinateurs utilisaient un colposcope [8].
Les lésions inclues dans ce calcul d’incidence étaient basées sur la Classification
internationale « TEARS » (Cf Annexe 1). Il est intéressant de noter que ces patientes ont été
revues en consultation de contrôle entre 4 jours et 56 jours (avec une moyenne de 25 jours) :
87% des lésions constatées à la première consultation avaient disparues, sans laisser de lésion
cicatricielle.
Maguire et al, en 2009, retrouvaient 7% de lésions génitales après 72 heures, (exclusion
faite des érythèmes et des œdèmes, à l'aide d'un colposcope) [9].
Cécile GROSSIN et al. retrouvaient 19,5% de lésions génitales après 72 heures (le type de
lésions inclues n'était pas détaillé) [10].
45
Comparativement à ces trois études, nos résultats montrent une incidence légèrement
inférieure de lésions génitales dites « significatives ».
Cette faible incidence des lésions génitales, à distance d'une agression sexuelle, peut
s'expliquer par plusieurs facteurs, d’ordre méthodologique:
- Aucune des trois études retrouvées sur ce sujet ne semble porter sur un délai écoulé
depuis l'agression aussi important que le notre (bien que les délais précis entre l'agression et le
premier examen médico-légal ne soit pas précisé pour les études de Maguire et Grossin). Le
délai moyen écoulé entre l'agression sexuelle et la consultation médico-légale dans notre
cohorte est de 307 jours. Ceci rend complexe l'interprétation de nos résultats, mais souligne
l’intérêt d’ouvrir un peu plus ce champ de recherche très peu exploré.
- Ceci peut également s'expliquer par le type de lésions inclues, notamment les
érythèmes et les œdèmes, dont le lien avec les agressions sexuelles est toujours discuté,
- Un dernier élément concerne l'utilisation de matériel de détection tel qu'un colposcope
ou un anuscope, qui augmenterait de 15% (selon Astrup et al.) et de 6% à 24% selon la revue
de la littérature de Sommers, la probabilité de découvrir une lésion génitale après un
traumatisme) [7,16]. Nous n’en n’avons malheureusement pas utilisé dans notre étude (l’UMJ
de Nantes n’étant pas équipée d’un colposcope), contrairement à Slaughter et Maguire. Outre
l’augmentation de la détection des lésions génitales, l’examen colposcopique permet de
réaliser des captures photographiques au cours de l’examen. Il est devenu, depuis 2004, le
standard de la prise en charge médico-légale des victimes d’agressions sexuelles aux Etats-
Unis [7].
Il n'existe pas de données disponibles dans la littérature concernant l'incidence des lésions
hyménéales dites « anciennes », aspécifiques, dans la population générale des femmes de plus
de quinze ans et trois mois, auxquelles nous aurions pu confronter nos résultats. Il semble en
effet complexe d'étudier des lésions considérées comme physiologiques (potentiellement
secondaires à des rapports sexuels consentis ou des accouchements) dans ce type de
population.
Dans notre étude, toutes les lésions génitales considérées comme « significatives » ont été
retrouvées chez des patientes de moins de 25 ans. L’âge moyen de notre population étant de
26 ans le jour de l’agression, ces données peuvent simplement refléter le caractère « jeune »
de la population étudiée.
Concernant les deux patientes pour lesquelles il n'a été retrouvé aucune lésion hyménéale,
les récits restaient compatibles avec l'examen. En effet, elles rapportaient toutes les deux un
épisode unique de pénétration digitale intra vaginale, et la compliance de leurs hymens, ainsi
que leurs diamètres spontanés (évalués tous deux à 1,5 cm) permettaient au praticien de
conclure à la compatibilité de l’examen avec une pénétration digital intra vaginale susceptible
de ne pas avoir entraîné de lésion, ou d‘avoir occasionné des lésions ayant cicatrisé depuis les
faits.
Sugar et al. dont 96% des patientes avaient été examinées avant 72 heures, avaient
constaté que l'incidence des lésions génitales était plus importante chez les patientes de plus
de 50 ans [22]. Ils avançaient pour cela l'hypothèse d’une fragilité muqueuse, liée à la carence
oestrogénique de la ménopause, étant plus à risque de lésions génitales lors de rapports
sexuels. Cela ne représente que deux patientes de notre étude, qui par ailleurs présentaient des
hymens vestigiaux et dont le reste de l'examen gynécologique était normal. Il nous semble
donc difficile de nous prononcer sur cette hypothèse.
46
Au cours de notre étude, nous avons souhaité mettre en avant l'analyse des lésions
locorégionales, qui nous semble d’un intérêt comparable.
Ainsi, plusieurs auteurs ont décrits que les lésions génitales les plus fréquemment
retrouvées chez les patientes victimes de viol et examinées dans les soixante-douze premières
heures, se situaient au niveau de la fourchette vaginale postérieure, des petites lèvres et de la
fosse du vestibule (fossa navicularis) [8,12].
Dans notre étude, dix lésions de la fourchette vaginale postérieure ont été retrouvées.
Parmi celles-ci, seulement deux ne correspondent pas à des cicatrices d'épisiotomies (une
cicatrice ancienne chez une patiente multipare et un érythème à 7 heures).
Par ailleurs, une seule une lésion des petites lèvres a été retrouvée, et aucune de la fossa
navicularis.
Ceci peut laisser supposer que, soit le rapport sexuel non consenti ai pu avoir lieu sans
entraîner de lésion (comme constaté dans certaines études internationales portant sur des
agressions sexuelles datant de moins de 72 heures), soit que ce rapport non consenti ai pu
causer des lésions secondaires, ayant cicatrisé ad intergum, sans laisser de cicatrice
objectivable à distance [13,15].
Les deux lésions des grandes lèvres retrouvées dans notre étude, n'ont pas été retenues
dans nos analyses, du fait de leur origine médicale rapportée par les patientes.
La faible incidence des lésions cicatricielles retrouvées dans les zones anatomiques les
plus porteuses de lésions dites «récentes» dans la littérature internationale portant sur des
patientes vues à moins de 72 heures (fourchette vaginale postérieures, fossette naviculaire et
petites lèvres) méritent une attention particulière. La littérature se concentre en grande partie
sur l'analyse des lésions hyménéales. Il serait cependant intéressant d'ouvrir ce domaine de
recherche à d'autre types de lésions traumatiques (lésions loco-régionales et périphériques).
L'incidence des lésions anales dans notre étude était de 1,5%, pour 23% (n=13) de viols
par pénétration anale.
Nous avions retenu dans nos calculs d'incidence la patiente présentant une fissure anale à
2 heures, en accord avec l'étude de Rougé-Maillart et al. qui précisait que les lésions anales
survenant en dehors de la ligne médiane entre 12h et 6h (plus ou moins une heure), surtout
lorsqu'elles étaient multiples, étaient évocatrices de violences sexuelles [23].
Aucune étude retrouvée dans la littérature n’ayant démontré la survenue d’hémorroïdes
dans les agressions sexuelles, nous avions choisi d'exclure ces lésions de nos analyses.
Comme l'avait déjà souligné Sugar et al., les pénétrations anales ne semblent pas être le
type de pénétration le plus pourvoyeur de lésions [22]. Cette étude soulignait déjà la nécessité
d'utiliser un anuscope dans ce type d'examen afin d'améliorer la détection des lésions anales.
47
LESIONS PERIPHERIQUES
Un autre aspect majeur de notre travail porte sur l’analyse des lésions périphériques, c’est-
à-dire extra-génitales, dont l’incidence était de 18,46%.
Dans leur étude, Grossin et al, avaient retrouvé 6,5% de lésions extra génitales après 72
heures, et Maguire en retrouvait 33% [9,10].
[NB : à noter que les 15,3% d’agresseurs non détaillés dans cette discussion n’étaient pas
renseigné dans les comptes rendus consultés.]
Lors de notre étude, il a été constaté une incidence de lésions périphériques plus
48
importante dans le sous-groupe examiné entre 90 jours et 364 jours que dans les sous-groupes
examinés plus précocement.
Cela peut s’expliquer par le fait que l’une des patientes, examinée dans le cadre d’une
plainte pour viol conjugal, rapportait un dernier épisode de violences sexuels remontant à 180
jours, mais un dernier épisode de violence physique remontant à seulement 3 jours. Elle
présentait donc de multiples lésions tégumentaires.
Trois autres patientes de ce sous-groupe présentent des cicatrices anciennes : deux
présentent des cicatrices fines et linéaires, dans des zones dites « de défense », dans le cadre
d’une agression avec l’utilisation d'une arme blanche de type couteau. La dernière présentait
des cicatrices linéaires du dos et rapportait de multiples épisodes de coups portés. L'aspect
évocateur de ces cicatrices anciennes nous a permis de les retenir dans nos calculs
d'incidence.
Les lésions cranio-céphaliques ont été étudiées de façon isolée, conformément aux
résultats de Niort (qui avait individualisé dans son étude 21,5% de lésions de cette zone
anatomique à la suite d'une agression sexuelle) et Maguire ( qui avait également individualisé
5,5% de lésions de l’extrémité céphalique, cou et tête inclus) [9 ,11]. Nous avons retrouvé une
incidence similaire à ce dernier, avec 4,6% de lésions de l’extrémité céphalique.
En 1997, Slaughter et al, (dont seulement 19% des patientes avaient été vues après 72
heures), avançaient une hypothèse intéressante. Ils proposaient comme explication pour
l’augmentation continues de l’incidence des lésions périphériques chez les victimes de viol au
fur et à mesure des années, la possibilité d'une violence croissante chez les auteurs d'agression
sexuelle. [8]. Il est le seul auteur issu de notre bibliographie à proposer cette explication. Du
fait de l'absence de suivi et du faible recul de notre étude (cinq ans), nous ne pouvons pas
nous prononcer sur cette question.
Ils recommandaient déjà, en 1997, d'instaurer un suivi médico-légal des patientes victimes
de viol, et d’en faire un examen clinique « de routine » pour les médecins légistes. Ceci
permettant de documenter l'évolution des lésions, et de supprimer les facteurs de confusion
potentiels (tels qu’une éventuelle affection gynécologique ou proctologique).
49
INCAPACITE TOTALE DE TRAVAIL
Dans notre étude, les durées d'incapacité totale de travail semblaient être en lien avec deux
éléments : l'agresseur, et l'évaluation du retentissement psychologique.
1. ITT et agresseur
Nous avons pu constater que les durées moyennes d'ITT les plus longues étaient
respectivement : dans le cadre d'un viol conjugal, d'un viol par une connaissance puis d'un
viol par un inconnu.
Les ITT les plus longues dans ces sous-groupes étaient toutes de nature psychologique.
Cette pratique présente plusieurs avantages : elle permet d’identifier, dans un premier
temps, les symptômes psychologiques en lien avec l’agression. Elle permet également
l’évaluation des facteurs de risques de complications psychologiques, notamment en cas de
violences chroniques.
Par ailleurs, la réévaluation par une deuxième consultation psychologique à distance
permet souvent d’affiner l’évaluation de l'ITT psychologique.
Notre étude a montré que, pour nos patientes, l’allongement de l’ Incapacité Totale de
Travail était, le plus souvent, en lien avec la présence de symptômes psychologiques. En
effet, la durée d'ITT chez les patientes ayant bénéficié d'une évaluation psychologique était en
moyenne 5 fois plus longue que pour les patientes n'en ayant pas bénéficié.
Chez les patientes présentant des lésions périphériques, la durée de l’ITT n'était pas plus
élevée que sur l'ensemble de l'échantillon. Seules 7 des 12 patientes présentant des lésions
périphériques présentaient un retentissement physique justifiant une ITT. Les cinq autres ITT
sont de nature psychologique uniquement.
50
LIMITES DE L'ETUDE
De plus, nous avons relevé plusieurs biais de mesure, notamment lors de l'acquisition des
données.
Nos données d’interrogatoire étaient uniquement déclaratives. Nous n’avions pas à notre
disposition les rapports de police susceptibles de compléter les dires des patientes.
En dehors des fausses déclarations, les récits des victimes peuvent être biaisés pour de
multiples raisons (variations d’interprétation personnelle des évènements, effet de la mémoire
sur le récit, troubles de la vigilance secondaires aux intoxications médicamenteuses ou
éthyliques, soumissions chimiques).
Il convient également de noter l’importance des données manquantes (sur la patiente,
l'agresseur ou l'agression) dans certains dossiers inclus dans ce travail.
Par ailleurs, il pourrait exister un biais dans le fait que les examens ont été réalisés par
cinq praticiens différents en l’absence de protocole d’examen dans le service et d’une
formation unique, pouvant entraîner une variation interindividuelle d’interprétation.
51
POUR LE FUTUR
Lors de l’examen à distance d’une agression sexuelle, une attention particulière doit être
portée à la fosse du vestibule (fossette naviculaire), la fourchette vaginale postérieure et
l’hymen. Dans les études internationales, il s’agit des zones anatomiques où sont retrouvées,
le plus fréquemment, les lésions dites « récentes » (c’est-à-dire les lésions retrouvées chez les
patientes examinées à moins de 72 heures).
Il nous semble important de rappeler que, d'après la littérature internationale sur ce sujet,
l’hymen n’est pas le seul siège des lésions génitales secondaires à une agression sexuelle.
L'examinateur doit porter autant d'attention à son examen qu'à celui de la fourchette vaginale
postérieure, de la fosse du vestibule ou des petites lèvres, à la recherche de lésions
cicatricielles.
Les examinateurs doivent également porter une grande attention aux lésions dites
« périphériques ». Dans notre étude, l’incidence des lésions dites périphériques sont
supérieures à l’incidence des lésions génitales (18,4% vs 4,6 %), comme c’est le cas dans les
études de Grossin et al, et Maguire et al.
Notre travail a permis de mettre en évidence la persistance de lésions, aussi bien ano-
génitales que périphériques, à distance d'une agression sexuelle.
Nous avons inclus 65 patientes, âgées de plus de quinze ans et trois mois, se déclarant
victimes de viol, et retrouvé 18,4% de lésions périphériques, et 4,6% de lésions génitales
considérées comme « significatives ». Ces chiffres confirment la nécessité de poursuivre les
examens médico-légaux des victimes de viol, quel que soit le délai écoulé entre l’agression
relatée et leur dépôt de plainte.
Il s’agit d’un échantillon relativement « jeune » (moyenne d’âge de 26,38 ans le jour de
l’agression).
La présence de lésions génitales ne constitue pas le seul intérêt de cet examen. En effet,
notre étude a permis de mettre en évidence un taux toujours conséquent de lésions
tégumentaires dites « périphériques », et ce malgré un délai écoulé depuis l’agression de plus
de 300 jours en moyenne.
Ce travail a également mis en évidence la présence d’un lien (non quantifiable du fait de
la méthodologie de cette étude et de la taille de notre échantillon), entre les viols conjugaux
ou par un inconnu et l’incidence des lésions périphériques. Ce type de lien n’a pas pu être
déterminé concernant les lésions génitales.
Même si la taille de notre échantillon ne permettait pas d’analyse statistique, nous avons
pu étendre la réflexion sur l’intérêt global de l’évaluation médico-légale à distance d’un viol
et ouvrir des pistes à explorer afin d’améliorer la prise en charge et les constatations médico-
légales chez ces patientes.
53
BIBLIOGRAPHIE
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lettre de l’observatoire national des violences faites aux femmes ; n°10
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Emergency Medicine. 2002 jun;39(6):63947.
57
LEXIQUE
Hymen vestigial : hymen remanié, par la survenue d'accouchement(s) par voie basse unique
ou multiples, en un ensemble de lambeaux irréguliers, pouvant aller jusqu'à sa disparition
complète.
Lésions génitales : lésions intéressant uniquement les organes génitaux internes et externes
Lésions locorégionales : lésions génitales associées aux lésions de la face interne des cuisses
Lésions génitales dites « anciennes » : dont la datation estimée par l'observateur est
supérieure à 72 heures.
Lésions génitales dites « récentes » : dont la datation estimée par l'observateur est inférieure
à 72 heures.
Lien conjugal : critères fixés par le ministère de la justice : « Les violences conjugales sont
celles qui s'exercent à l’encontre d’un conjoint ou concubin, que le couple soit marié, lié par
un PACS, en simple concubinage ou même séparé ». Si la victime et l'auteur n'ont jamais vécu
ensemble, les faits sont considérés comme des violences par une connaissance [26].
Conjoint : même si le terme « conjoint » s’utilise dans le langage courant comme étant
l’entité réunissant le mariage le PACS et le concubinage, le Code Civil le définit toujours
comme l’union de deux époux.
Concubin : le concubinage est défini par l’article 515-8 du Code Civil comme « une union de
fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité,
entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple », le
concubinage est donc indemne de tout contrat juridique.
PACS : Pacte Civil de Solidarité. Il a été crée par la loi du 15 novembre 1999 et défini à
l'article 515-1 du Code civil comme le contrat conclu par deux personnes, appelées
partenaires, pour organiser leur vie commune.
58
ANNEXES
59
Annexe 2 : Données statistiques anonymisées
Patiente Âge (CS ML) Âge (agression) Mineur CS psychologique CS gynécologique Patiente Délai Intitulé réquisition Lieu Lien Nombre Pressions Déshabillage Propos Attouchements Zone
1 43 43 0 0 0 1 8 NR 1 1 1 0 NR 0 1 1
2 43 42 0 0 0 2 21 NR 1 1 1 0 NR 0 NR NR
3 15 15 1 0 0 3 22 Agression sexuelle 2 3 1 0 3 0 0 0
4 38 38 0 1 1 4 166 Agression sexuelle 2 3 1 0 1 0 0 0
5 22 22 0 1 0 5 67 NR NR 3 3 0 NR 0 1 1+3
6 18 18 0 0 2 6 20 Agression sexuelle NR 3 1 NR NR 0 0 0
7 26 25 0 1 2 7 410 Agression sexuelle NR 1 1 1 NR NR 0 0
8 19 19 0 1 0 8 62 Viol 7 3 1 NR 1 0 0 0
9 21 21 0 0 1 9 5 Viol 6 4 1 0 1 0 0 0
10 38 38 0 1 2 10 15 Viol 1 1 1 NR NR 0 0 0
11 36 35 0 0 1 11 93 Violences volontaires sur conjoint 1 1 1 0 NR NR 0 0
12 27 26 0 1 2 12 426 Viol 1 1 1 NR NR NR 0 0
13 35 35 0 1 2 13 80 Viol conjugual 1 1 1 NR 1 0 0 0
14 19 19 0 1 2 14 20 Viol 1 4 1 NR 2 0 1 2
15 15 14 1 0 2 15 548 Viol 2 3 1 NR 3 0 0 NC
16 64 64 0 0 2 16 12 Viol 2 3 1 NR 1 1 0 NC
17 20 20 0 0 2 17 190 Viol conjugual 1 1 1 0 NR 0 1 1+3
18 16 15 1 0 2 18 157 Viol 5 3 1 NR 3 NR 0 0
19 17 17 1 0 2 19 150 Viol sur mineur par personne ayant autorité NR 2 1 NR NR NR NR NC
20 30 30 0 0 2 20 3 Agression sexuelle 5 4 1 NR 0 0 1 1
21 25 25 0 0 2 21 300 Viol en réunion 2 3 2 0 3 0 1 2
22 40 40 0 1 0 22 50 Viol 8 3 1 0 1 0 1 1
23 24 24 0 0 0 23 70 NR NR NR 1 NR NR NR 1 2
24 23 21 0 1 0 24 4745 Viol sur mineur de 15 ans NR NR 1 0 NR 0 0 0
25 53 53 0 0 2 25 122 Viol 1 3 1 0 3 0 0 0
26 16 16 1 0 2 26 32 NR 4 3 1 0 1 0 1 2
27 42 42 0 1 2 27 4 Viol en réunion 9 NR 2 NR NR NR NR NR
28 25 25 0 0 0 28 300 NR NR 1 4 1 NR 0 0 0
29 17 17 1 0 2 29 6 Viol en réunion 9 4 4 0 1 0 1 1+4
30 24 24 0 0 0 30 21 Viol en réunion 1 3 3 0 1 NR 0 0
31 25 24 0 1 0 31 31 Viol 1 1 1 0 NR 0 0 0
32 17 17 1 1 0 32 75 Viol 10 3 1 0 1 0 0 0
60
Patiente Âge (CS ML) Âge (agression) Mineur CS psychologique CS gynécologique Patiente Délai Intitulé réquisition Lieu Lien Nombre Pressions Déshabillage Propos Attouchements Zone
33 16 9 1 0 0 33 2555 Viol sur mineur de 15 ans NR 2 1 NR NR 0 1 2
34 16 11 1 0 0 34 1825 NR 8 2 2 NR NR 0 1 NR
35 16 16 1 1 2 35 17 Viol 8 3 1 0 1 0 0 0
36 22 22 0 0 2 36 18 Agression sexuelle 7 3 1 0 2 0 NR NR
37 46 34 0 0 0 37 270 Viol 6 3 1 1 2 NR 0 0
38 32 27 0 1 0 38 2475 Viols répétés et menace de mort 2 3 1 1 2 0 0 0
39 33 33 0 1 2 39 183 Viol nr 3 1 NR NR NR 0 0
40 18 18 0 0 2 40 197 Agression sexuelle NR 3 1 NR NR 0 0 0
41 28 28 0 1 2 41 55 Viol sur personne vulnérable NR NR NR NR NR NR 0 0
42 19 19 0 0 2 42 5 Récquisition UGO 7 NR 1 0 1 0 0 0
43 33 33 0 1 2 43 39 Violences intra-familiales avec rapport forcé NR 1 1 0 NR 0 0 0
44 29 29 0 1 2 44 15 Viol NR NR 1 0 NR 0 0 0
45 17 16 1 1 2 45 150 Viol par ascendant NR 2 1 0 NR 0 1 1+2
46 19 19 0 0 1 46 32 Viol NR 3 1 0 NR 0 0 0
47 26 26 0 1 2 47 93 Agression sexuelle NR 3 1 0 NR 0 0 0
48 32 32 0 1 48 30 Viol NR 1 1 0 NR 0 0 0
49 17 15 1 1 2 49 730 Viol 2 3 1 0 1 0 1 2
50 15 15 1 0 2 50 18 Viol sur mineur NR 3 1 0 NR 0 1 NR
51 47 46 0 1 0 51 45 Viol sur conjoint 1 1 1 NR NR NR NR NR
52 22 20 0 1 0 52 730 NR 1 3 1 0 NR 0 0 0
53 35 34 0 1 0 53 133 Viol 8 4 1 1 NR 0 0 0
54 19 19 0 1 2 54 20 Viol 1 4 1 0 1 0 1 1+2
55 23 22 0 1 1 55 74 Viol 8 3 1 0 NR 0 0 0
56 21 21 0 0 1 56 67 Viol en réunion NR NR NR NR NR NR NR NR
57 41 41 0 1 0 57 70 Agression sexuelle aggravée NR NR 1 NR NR NR 0 0
58 39 37 0 1 2 58 515 NR NR NR 1 NR NR NR 1 1+2
59 42 42 0 1 2 59 27 Viol NR 3 1 NR NR NR 0 0
60 23 21 0 1 0 60 910 Viol NR NR 1 NR NR NR 0 0
61 25 25 0 0 0 61 55 Viol sur mineure de plus de 15 ans 2 3 1 0 3 0 1 NR
62 15 15 1 1 2 62 163 Viol 8 4 1 1 1 1 1 1+2
63 47 47 0 1 0 63 180 Viols et agressions sexuelles 1 1 1 1 3 0 0 0
64 21 20 0 1 0 64 32 Agression sexuelle 1 1 1 0 NR 0 0 0
65 19 19 0 1 0 65 20 Viols 8 3 1 0 1 0 1 2
61
Patiente Pénio-vaginalePénio-anale Pénio-buccaleDigitale Objet Ejaculation Ménarche ATCD sexuels Age 1er rapports
ATCD G ATCD Episiotomie
IVG PM SP Protection
1 0 0 0 1+2 0 0 15 1 NR G6P4 NR NR NR NR NR
2 NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR
3 1 1 0 0 0 NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR
4 1 0 0 0 0 NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR
5 1 0 1 1 0 NR NR 1 NR NR NR NR 1 2 NR
6 1 1 1 0 0 NR 14 1 16 NR NR NR 1 2 0
7 1 1 1 0 0 NR 14 1 17 G2P1 0 2 NC NC NC
8 1 0 0 0 0 1 13 1 15 0 NC NC 1 2 NR
9 1 0 1 0 0 NR 17 1 18 G2P0 NR 3 NR NR NR
10 1 0 0 0 0 NR 12 1 17 G3P2 0 0 NC NC 0
11 0 1 0 1 0 NR 15 1 18 G3P2 NR 0 NC NC NC
12 0 1 0 0 0 NR 11 1 15 G2P2 NR 0 NC NC NC
13 NR NR NR 0 0 NR 12 1 NR G2P1 1 3 NC NC 0
14 1 0 0 1 0 NR 10 1 13 0 NC 0 NR NR NR
15 0 1 0 0 0 NR 11 0 15 0 0 0 1 2 0
16 0 1 0 1 0 0 12 1 18 G6P3 NR 0 NC NC NR
17 0 0 0 1 0 NR NR NR NR NR NR NR NC NC NC
18 1 0 0 0 0 1 13 0 0 0 0 0 1 2 4
19 1 0 0 0 0 NR Inconnu 1 NR NR NR NR 1 2 NC
20 0 0 0 1 0 NR 14 1 NR G1P1 NR 0 NC NC NC
21 1 0 0 0 0 NR 13 1 20 0 0 0 1 2 0
22 1 0 0 0 0 1 12 1 NR G9P5 NR 3 NR NR 0
23 1 0 0 0 1 NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR
24 1 0 0 0 0 NR 8 1 NR NR NR NR 1 1 0
25 1 1 0 0 0 NR 13 1 19 G1P1 1 0 NR NR NR
26 0 0 0 1 0 NR 12 0 0 0 0 0 1 2 0
27 NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR
28 1 1 1 0 0 NR 12 1 15 G4P2 NR 3 1 2 0
29 1 0 0 0 0 NR 13 1 14 NR NR NR 1 2 0
30 1 1 0 0 0 NR 11 1 16 G1P0 0 2 1 2 0
31 1 0 0 0 0 NR 15 1 19 0 0 0 1 2 1
32 0 0 0 1 0 0 12 0 0 0 0 0 1 2 0
62
Patiente Pénio-vaginalePénio-anale Pénio-buccaleDigitale Objet Ejaculation Ménarche ATCD sexuels Age 1er rapports
ATCD G ATCD Episiotomie
IVG PM SP Protection
33 1 0 0 0 0 NR 12 0 0 0 0 0 1 2 0
34 0 0 1 1 0 1 11 0 0 0 0 0 1 2 0
35 1 0 0 0 0 0 12 1 14 0 0 0 1 2 0
36 1 NR NR NR NR 1 12 1 16 NR NR NR NR NR NR
37 1 1 1 0 0 NR 16 1 18 G1P1 NR NR 1 2 1
38 1 0 1 0 0 NR 18 1 21 G1P1 1 0 1 2 1
39 1 0 0 0 0 NR 15 NR NR NR NR NR 1 2 0
40 0 0 0 1 0 0 0 NR 1 NR G2P2 0 0 NR 4
41 0 0 0 1 0 NR NR NR NR 0 0 0 1 2 4
42 NR NR NR NR NR NR NR 1 16 NR NR NR NR NR NR
43 1 0 0 0 0 NR 13 NR NR G3P3 NR 0 1 2 0
44 0 0 0 1 0 0 13 1 NR G?P1 NR NR NR NR 0
45 0 0 0 1 0 0 13 NR NR NR NR NR NR NR NR
46 1 0 0 0 0 NR 12 1 NR 0 0 0 1 2 0
47 1 0 0 0 0 NR 12 1 NR G2P0 0 1 1 2 0
48 1 0 0 0 1 NR 12 1 NR G3P3 NR NR 1 2 0
49 1 0 0 0 0 NR 12 1 13 0 0 0 1 2 0
50 0 0 0 1 0 0 14 1 NR 0 0 0 1 2 0
51 1 1 0 1 0 NR NR 1 NR G?P3 0 0 1 2 0
52 1 0 0 0 0 NR 16 1 NR 0 0 0 1 2 0
53 1 0 0 0 0 1 12 1 NR G3P2 NR 2 1 2 0
54 0 0 0 1 0 0 12 1 NR 0 0 0 1 2 0
55 1 0 0 1 0 NR 12 1 17 0 0 0 1 2 0
56 NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR NR
57 0 0 0 1 0 0 NR 1 NR G2P2 NR NR NR NR NR
58 0 0 0 1 0 NR NR 0 NR 0 NR NR NR NR NR
59 0 0 0 1 0 NR NR 1 NR 0 0 0 NR NR NR
60 1 0 0 0 0 NR NR NR NR NR NR 1 NR NR NR
61 1 0 0 0 0 0 13 0 0 0 0 0 1 2 0
62 1 0 0 1 0 0 11 0 NR 0 0 0 1 2 0
63 1 1 1 0 0 NR NR 1 NR G2P2 NR NR 1 2 0
64 1 1 0 0 1 NR 12 1 17 G1P1 1 0 1 2 0
65 1 0 0 1 0 NR 12 1 18 NR NR NR 1 2 0
63
Patiente Douleurs Grandes lèvres Petites lèvres Clitoris Examen hymen Hymen Orifice Hymenéal Déchirure Encoche Fourchette POST Vaginal Ulcérations Tonus
1 NR 0 0 0 0 charnu annulaire frangé NR oui (pas de loc) 0 NR NR 1 NR
2 NR 0 0 0 NR défloration ancienne NR NR NR 0 0 0 0
3 0 0 0 0 NR défloration ancienne NR NR NR 0 0 0 0
4 vaginales et sus-pubiennes 0 0 0 NR défloration ancienne NR NR NR 0 0 0 0
5 0 0 0 0 NR défloration ancienne NR NR NR 0 0 0 0
6 Anales 0 0 0 1 annulaire charnu repli 3 1 5+11+12+3 0 0 0 0
7 NR 0 0 0 1 Anciennement défloré 3,5 7 2x5 0 0 0 0
8 0 0 0 0 2 semi-lunaire floral NR 3+7+9 6 0 0 0 0
9 0 0excision ancienne,
0 type I. 2 annulaire charnu repli NR 4+9+11 3+7+1 0 0 1 0
10 0 0 0 0 NR résidu de 4 à 7H NR 0 0 0 0 0 0
11 NR 0 0 0 0 absence NR 0 0 2 CA ( 0,7 cm et 0,5cm) 0 1 0
12 0 0 0 0 0 résiduel NR 0 3+6+9 0 0 3 hémorroïdes 3+12+6h 0
13 0 0 0 0 NR défloré, presque absent NR 0 0 épisiotomie 0 0 0
14 gêne pelvienne,s contraction 0 0 0 1 annulaire charnu repli 2,6 3 oui pas de loc 0 0 0 0
15 0 0 0 0 0 annulaire charnu repli NR 9 3+4 0 0 0 0
16 0 0 0 0 0 vestiges à 6h NR 0 0 probable épisiotomie 0 2 0
17 0 0 0 0 NR NR NR NR NR 0 0 0 0
18 0 0 0 0 1 annulaire charnu repli 2,3 11 3+2+9 0 0 0 0
19 0 0 0 0 1 fin non charnu 2,5 NR NR 0 0 0 0
20 0 0 0 0 NR NR NR NR NR 0 0 NR NR
21 0 0 0 0 2 annulaire charnu replis NR 3+7 5 0 0 0 0
22 0 0 0 0 0 vestigial NR 0 0 épisiotomie 0 2 0
23 contraction para-vertébrale 0 0 0 NR vestigial NR 0 0 0 0 0 0
24 0 0 0 0 NR charnu, disparu entre 6 et 7H NR 9+12+2 0 NR NR NR NR
25 0 0 0 0 0 vestiges NR 0 0 épisiotomie 0 0 0
26 0 0 0 0 1 annulaire charnu replis 2 0 2+9 0 0 0 0
27 NR NR 0 0 NR NR NR NR NR 0 0 0 0
Tuméfaction
28 NR glandulaire gauche 0 0 0 disparition quasi-complète NR NR NR épisiotomie 1,5cm à 7H 0 0 0
29 0 0 0 0 1 annulaire charnu replis 3 7+1 10+11 zone érythémateuse 7h 0 0 0
30 abdominales 0 0 0 1 annulaire charnu replis 3 5 11+7+2 0 0 2 0
31 0 0 0 0 1 annulaire charnu replis NR 11+11,5+5 3 0 0 0 0
32 0 0 0 0 1 charnu annulaire repli 2,6 12 11+3 0 0 0 0
64
Patiente Douleurs Grandes lèvresPetites lèvres Clitoris Examen hymen Hymen Orifice Hymenéal
Déchirure Encoche Fourchette POST Vaginal Ulcérations Tonus
33 0 0 0 0 1 charnu annulaire repli 2,6 12 11+3 0 0 0 0
34 0 0 0 0 1 annulaire charnu replis 2,3 0 3+4 0 0 0 0
35 0 0 0 0 1 annulaire charnu 2,5 0 3+9+5 0 0 0 0
36 0 0 0 0 0 annulaire charnu replis NR 7 3+9 0 0 0 0
37 0 0 0 0 0 VESTIGES NR 0 0 0 0 2 hémorroides 6+11h béant
38 0 0 0 NR 0 vestiges NR 0 0 cicatrice chirurgicale 0 0 0
semi-circulaire posterieur
39 0 0 0 NR compliant 1,5 0 7+9 0 0 0 0
40 0 0 0 0 0 circulaire + pont à 11H 2 7+9 0 0 0 0 0
41 0 0 0 0 NR complet 1,5 0 9 0 0 0 0
42 périnéales 0 Erythème à 9H NR NR défloraison NR NR NR NR NR NR NR
43 0 0 0 0 0 vestigial NR 0 0 épisiotomie à 7H 0 0 0
44 0 0 0 0 NR vetsigial quadrant post NR 1+3+10 0 0 0 0 0
45 0 0 0 0 NR circulaire complet 1,5 0 0 0 0 0 0
46 dorsales 15 jrs 0 0 0 NR complet charnu 2 1+6+10 4 0 0 0 0
47 0 0 0 0 NR compliant charnu NR 3+9 0 0 0 0
48 céphalées nocturnes 0 0 0 NR Charnu compliant NR 3+4+7+9 0 0 0 2 0
49 0 0 0 0 0 semi-lunaire charnu compliant NR 3+9 8 0 0 0 0
50 0 0 0 0 NR semi-circulaire post 1,5 4 0 0 0 0 0
51 0 0 0 0 NR charnu complet compliant 1,5 6+7 0 0 0 0 0
52 0 0 0 0 NR Charnu complet NR 2+4+7+9 0 0 0 0 0
53 0 0 0 0 0 vestigial NR 3 0 0 0 0 0
54 0 0 0 0 NR charnu complet compliant 0,5 0 5+9 0 0 0 0
55 NR 0 0 0 1 semi lunaire charnu repli 2,5 7 3+10 0 0 0 0
mmatoire récente de la grande
56 lèvre gauche œdèmeNR périphérique 0 0 NR NR NR NR NR NR 0 0 0
57 0 0 0 0 NR vestigial (5à11H) 2 0 0 0 0 2 0
58 0 0 0 0 NR circulaire intègre 1,5 0 0 0 0 0 0
59 0 0 0 0 NR compliant 0,9 3+5+6+8 0 0 0 0 0
60 0 0 0 0 NR anterieur absent posterieur 1,5 2+10 0 0 0 0 0
61 0 0 0 0 2 annulaire non charnu sans repli 2 0 6 0 0 0 0
62 0 0 0 0 1 annulaire peu charnu repli 2,5 7 5+3 0 0 0 0
63 Pied gauche 0 0 0 0 vestigial NR 0 0 0 0 0 0
CA paroi
vaginale
64 0 0 0 0 0 annulaire charnu sans repli NR 6 9 CA fine linéaire à 7H (épisio) posterieure
2 fissures: 2h + 6h en "raquette" 0
65 0 0 0 0 1 annulaire charnu repli 2,6 3 7+4 0 0 0 0
65
Patiente Buccal Mammaire Tronc Mains MS Patiente MI Crâne Face ITT
4 0 0 0 0 0 4 0 0 0 200
CA
hyperchromique CA linéaire 5,3 cm tiers
3 cm s ur 1,4 cm moyen
19 0 0 hypocondre droit 0 face pos t BG 19 0 0 0 1
67
Patiente Buccal Mammaire Tronc Mains MS Patiente MI Crâne Face ITT
50 0 0 0 0 0 50 0 0 0 NR
51 0 0 0 0 0 51 0 0 0 45
52 0 0 0 0 0 52 0 0 0 NR
53 0 0 0 0 0 53 0 0 0 30
ESR 2cm di a mètre fa ce
54 0 0 0 0 externe 1/3 s up BD 54 ESR 0,5cm di a mètre fa ce a nt 1/3 s up cui s s e G 0 0 10
55 0 0 0 0 0 55 0 0 0 30
56 0 0 0 0 0 56 0 0 0 NR
57 0 0 0 0 0 57 0 0 0 30
58 0 0 0 0 0 58 0 0 0 NR
59 0 0 0 0 0 59 0 0 0 15
60 0 0 0 0 0 60 0 0 0 0
61 0 0 0 0 0 61 0 0 0 2
62 0 0 0 0 0 62 0 0 0 31
HR 3 x 6cm fa ce l a téra l e tiers di s tal ja mbe ga uche,
HA l i néa i re, de 4 cm, fa ce a nt tiers moyen ja mbe ga uche,
H X 2R de 2 x 2cm et 1 cm de di a mètre fa ce dors a l e pi ed ga uche, tête EP 2,5 x 2 cm EP <1cm
du 3ème et du 4ème métatars i ens , occi pi tal e a i l e du nez
63 0 0 0 0 0 63 DR l i néa i re, 6 cm tiers di s tal de l a fa ce i nt cui s s e ga uche ga uche, ga uche, 30
64 0 0 0 0 0 64 0 0 0 30
65 0 0 0 0 0 65 0 0 0 20
68
Vu, le Président du Jury,
Professeur Clotilde ROUGE-MAILLART, Professeur des Universités
Titre de Thèse: Recherche des lésions secondaires à un viol lors de l’examen clinique
médico-légal différé chez des victimes féminines de plus de quinze ans.
RESUME
Introduction : En France, en 2015, 6129 viol sur majeur(e) et 6827 viols sur mineur(e)
ont été recensés. Du fait des caractéristiques spécifiques de ces agressions, de nombreuses
patientes sont examinées après un délai 72 heures. L’objectif principal de cette étude est de
déterminer l'incidence des lésions ano-génitales chez des patientes de plus de quinze ans et
trois mois, examinées à l’Unité Médico-Judiciaire de Nantes, victimes d’un viol qualifié
d’« ancien » (délai écoulé depuis l’agression supérieur ou égal à soixante-douze heures).
L'incidence des lésions extra-génitales (périphériques) est exposée dans un second temps.
Matériel et Méthode : il s’agit d’une étude mono centrique rétrospective, par analyse de
dossier, du 1er juillet 2012 au 31 mars 2017.
Résultats : 65 patientes âgées de plus de 15 ans et 3 mois, se disant victime de viol, ont
été inclues. L’âge moyen le jour de l’agression est de 26,38 ans (médiane : 24, extrêmes : 9-
64). L’âge moyen le jour de la consultation est de 27,16 ans (médiane : 24 , extrêmes : 15-
64). 6 patientes se trouvait dans une situation de vulnérabilité le jour de l’agression (3
handicaps physiques et/ou psychiques, 3 mesures de protections juridiques). 55,3% (n=36)
patientes ont bénéficié d’une évaluation par les psychologues du service. L’agresseur est une
connaissance dans 41,5% des cas, le conjoint dans 23% des cas, un membre de la famille
dans 10,7% des cas et inconnu dans 15,3% des cas. Au total, 4,6 % (n=3) lésions génitales
dites « significatives » ont été retrouvées, dont une victime de viol par un inconnu, un viol
conjugal, et un viol par un camarade. Ces 3 patientes sont âgées de moins de 25 ans. Des
lésions périphériques ont été retrouvées chez 18,46% (n=12) des patientes, la plupart dans le
cadre d’un viol conjugal ou par un(des) inconnu(s). Aucune des patientes porteuses de lésions
génitales dites « significatives » n’est porteuse de lésion périphérique. L’incapacité totale de
travail (ITT) est de 22,5 jours (médiane : 10, extrêmes : 0-200). Toutes les ITT supérieures à
30 jours sont de nature psychologique.
Conclusion : notre étude confirme la persistance de lésions ano-génitales et
périphériques, chez des patientes victimes de viol, examinées à plus de 72 heures. Il
semblerait que les agressions par un conjoint ou un inconnu soient plus pourvoyeuses de
lésions périphériques. Ces chiffres sont à confirmer sur des échantillons de plus grande taille.
MOTS-CLEFS
Examen médico-légal, viol, lésions génitales, lésions anales, lésions périphériques, incapacité
totale de travail.