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Essais de Mises Au Point de Formulation de Cremes Et Laits Corporels A Base Du Beurre de Karite Du Burkina Faso

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BURKINA FASO

UU'''lU

UNINERSITE DE OUAGADOUGOU

UNITE DE FORMATION ET DE RECHERCHE EN


SCIENCES DE LA SANTE (UFRlSDS)
'*jj*************
SECTION PHARMACIE

Année Universitaire : 2003-2004 Thèse N° : 043

ESSAIS DE MISES AU POINT DE FORMULATION


DE CREMES ET LAITS CORPORELS A BASE DU
BEURRE DE KARITE DU BURKINA FASO

THE5E

Présentée et soutenue publiquement le 28 Juillet 2004 pour l'obtention du


Grade de Docteur en Pharmacie (Diplôme d'Etat)
Par:
TOÉ Siessina Lawaldlia Natacha Tchaida Martine
Née le 15 Décembre 1977 à Bobo Dioulasso (Burkma Faso)

JURY_:
Directeur. Pro Ag. Adama TRAORE Président: Pro Ag. Théophile L. TAPSOBA
Co·directeur: Dr. Rasmané SEMDE Membres: Dr. Issa T. SOME
Dr. Rasmané SEMDE
Dr. Fatou BARRO 1TRAORE
LISTE DU PERSONNEL
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU

Unité de formation et de Recherche


en Sciences de la Santé ( UFR/SDS )

Année Universitaire 2003/2004

LISTE DES RESPONSABLES DE L'ADMINISTRATION CENTRALE

Directeur Pro Ag. Mamadou SAWADOGO

Directeur Adjoint Pro Ag. Arouna OUEDRAOGO

Coordonnateur de la section Médecine Pro Ag. Arouna OUEDRAOGO

Coordonnateur de la section Pharmacie Pro Ag. Mamadou SAWADOGO

Directeur des stages de l'UFR SDS (Bobo-


Dioulasso) Pr Ag. Blami DAO

Directeur des stages de la section Médecine Pr Ag. Alain BOUGOUMA

Directeur des stages de la section Pharmacie Dr Jean Baptiste NIKIEMA

Secrétaire Principal M. Fakouo TRAORE

Service Administratif, Financier et Comptable M. Lazare DOUAMBA

Scolarité Mme Kadi ZERBO

Bibliothèque Mme Mariam TRAORE

Secrétaire du Directeur Mme Juliette DIARI

Secrétaire du Directeur Adjoint Mme Hakiéta KABRE


LISTE DES ENSEIGNANTS DE L'UFRISDS AU TITRE DE L'ANNEE
2003/2004

ENSEIGNANTS PERMANENTS

Professeurs titulaires
GUIGUEMDE Tinga Robert Parasitologie
SOUDRE Bobilwindé Robert Anatomie-Pathologique
SANOU Amadou Chirurgie Générale et Digestive
GUISSOU Innocent Pierre Pharmacologie & Toxicologie
KONE Bibiane Gynécologie-Obstétrique
SAWADOGO Alphonse Pédiatrie
SON DO Bla ise Santé Publique
DRABO Y. Joseph Médecine Interne/Endocrinologie

MaÎtres de Conférences
OUEDRAOGO Kongoré Raphaël Chirurgie -Traumatologie
TALL François Réné Pédiatrie
KABORE Jean Neurologie
ILBOUDO Piga Daniel Gastro-entérolog ie
KAM Ludovic Pédiatrie
LANKOANDE Jean Gynécologie-Obstétrique
OUOBA Kampadilemba Oto Rhino Laryngologie
SANOU Issa *( en détachement) Pédiatrie
WAI\IDAOGO Albert Chirurgie Pédiatrique
LENGANI Adama Néphrologie
TRAO RE Ada ma Dermatologie - Vénérologie
OUEDRAOGO Arouna Psychiatrie
SANOU Joachim Anesthésie- Réa nimation
TAPSOBA Théophile L. Biophysique - Médecine Nucléaire
SAWADOGO Mamadou Biochimie
AKOTIONGA l"lichel Gynécologie-Obstétrique
BOUGOUMA Alain Gastro-Entérologie
CISSE Rabiou Radiologie
DAO Blarni Gynécologie- Obstétrique
KI-ZERBO Georges Maladies Infectieuses
OUANGO Jean Gabriel Psych iatrie
OUEDRAOGO/TRAORE Rasmata Bactériologie-Virologie
SANO Daman Chirurgie Viscérale
ZABSONRE Patrice Cardiologie
MaÎtres-Assistants

TRAORE Abdoulaye Santé Publique


TRAORE Lady Kadidiatou Parasitologie
TRAORE Si Simon Chirurgie Viscérale
NIAKARA Ali Cardiologie
TOURE Boubakar Gynéco-Obstétrique
NACRO Boubacar Pédiatrie
KARFO Kapouné Psychiatrie
KABRE Abel Neuro-Chirurgie
MILLOGO Athanase Neurologie
NIKIEMA Jean Baptiste Pharmacognosie
YE Diarra / OUATTARA Pédiatrie
BONKOUNGOU Pingwendé Pédiatrie
OUEDRAOGO Nazinigouba Réanimation / Physiologie
TRAORE Antoinette / BELEM Pédiatrie
DAO Maïmouna / OUATTARA ORL
KAMBOU Timothée Chirurgie Urologique
BAMOUNI Y. Abel Radiologie
ZOUBGA Alain Pneumologie
KYELEIV1 Nicole Marie / ZABRE Maladies Infectieuses
OUEDRAOGO Laurent Santé Publique
SAMANDOULOUGOU André K. Cardiologie
LOUGUE Claudine Léonie / SORGHO Radiologie
BANDRE Emile Chirurgie générale et digestive
SANGARE Lassa na Bactériologie-Virologie
OUEDRAOGO Martial Pneumo-Phtisiologie
NIAMPA Pascal Antoine Dermatologie Vénérologie
MEDA Nonfounikoun Dieudonné Ophtalmologie
SAWADOGO Appolinaire Gastro-Entérologie
SOME Touridomon Issa Chimie Analytique
NEBIE Lucie Valerie Adélaïde Cardiologie
SEMDE Rasmané Pharmacie Galénique
DABOUE Arsène M. D. Ophtalmologie
BAMBARA Moussa Gynécologie-Obstétriq ue
BARRO Fatou Dermatologie Vénérologie
MILLOGO Françoise Danielle / TRAORE Gynécologie-Obstétrique
GOUMBRI Olga / LOMPO Anatomie Pathologique
OUEDRAOGO Théodore Anatomie Humaine
SERME Abdel Karim Gastro-Entérologie
THIEBA Blandine Gynécologie-Obstétrique
ZOUNGRANA Robert O. Physiologie Humaine

Assistants

DA S. Christophe Chirurgie Traumatologique


KABRE Elie Biochimie
KAFANDO Eléonore Hématologie
KERE Moussa Santé Publique
NACOULMA Eric Hématologie
NACOULMA Innocent Orthopédie-Traumatologie
OUEDRAOGO Dieudonné Chirurgie maxilo-faciale
OUEDRAOGO Z. Thédore Santé Publique
SAKANDE Jean Biochimie
SANON Aurélien Jean Chirurgie Digestive
SANOU Idrissa Bactériologie-Virologie
SEKOULE Syranyan Psychiatrie

Enseignants de l'IRSSICNRST
OUEDRAOGO Jean Bosco Parasitologie
SOURABIE Seydou Biochimie

Enseignants à temps plein

OUEDRAOGO Hamadé Anesthésie-Réanimation


physiologie
OUEDRAOGO Moussa Pharmacologie
THIOMBIANO Rigobert Maladies Infectieuses
· 1~~~A!!!!!!!!!!!!!!!N0!!!!!!!!!!!lS~M~A_ÎT_R~ES!!!!!!!!,!!!!!!E~T_J_UG_E!!!!!!!!,!!!!!!S__!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!I1
A notre maître et président de jury
Professeur Ag. Théophile L. TAPSOBA :
MaÎtre de conférence en Biophysique - Médecine
Nucléaire à l'UFR / sos.
Cher maître, vous nous avez accordé l'honneur et le privilège
de présider ce jury de thèse et cela malgré vos multiples
occupations.
Nous avons bénéficié de vos enseignements au cours de notre
cursus universitaire. Votre rigueur scientifique et votre
simplicité ont forcé notre admiration.
Veuillez trouver ici notre respectueuse considération. Que
Dieu vous bénisse!

A notre maître et directeur de thèse


Professeur Ag. Adama TRAORE :
MaÎtre de conférence en dermatologie - vénérologie à
l'UFR / SOS, Chef de service de dermatologie -
vénérologie au CHU-VO.
Cher maître, vous nous avez fait honneur en acceptant d'être
le promoteur de cette étude malgré vos multiples occupations.
Nous avons bénéficié de vos enseignements au cours de notre
cursus universitaire. Votre rigueur dans le travail et votre
simplicité nous ont beaucoup impressionnée. Puisse ce
modeste travail être à la hauteur de vos attentes. Soyez
assuré de notre profonde gratitude!

A notre maître et co-directeur de thèse


Oocteur Rasmané SEMOE :
MaÎtre assistant en Pharmacie Galénique et Technologie
Pharmaceutique à l'UFR / sos.
Cher maître, c'était un honneur et une immense joie de
travailler sous votre direction. Votre simplicité et votre
disponibilité alliées à une rigueur scientifique et une ardeur au
travail nous ont permis de réaliser cette étude. Vous avez été
l'initiateur de cette étude, puisse ce modeste travail être à la
hauteur de vos attentes.
A notre maÎtre et juge
Docteur Issa T. SOME :
Maitre assistant en Chimie Analytique à l'UFR 1 sos.
Cher maître, vous nous faites l'honneur de juger ce
modeste travail.
Nous avons eu le privilège de bénéficier de vos
enseignements au cours de nos études et de votre soutien
lors de la réalisation de cette étude. Vous êtes pour nous
plus qu'un maître.
Vos connaissances scientifiques et vos qualités humaines
forcent l'admiration. Nous vous remercions d'avoir
accepter de siéger dans ce jury malgré vos multiples
occupations.

A notre maÎtre et juge


Docteur Fatou BARRO:
Maitre assistant en Dermatologie à l'UFR 1 sos.
Cher maître, accepter de juger ce travail malgré vos
multiples occupations est un honneur que vous nous
faites.
Trouvez ici l'expression de notre profonde estime.
I~I~~ ! ! ! ! ! ! ! !D! ! ! ! ! ! ! !ED! ! ! ! ! ! ! !IC! ! ! ! ! ! ! !AC! ! ! ! ! ! ! !E! ! ! ! ! ! ! !S!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!I
A grand-mère (In memoriam)
Rappelée au ciel, tu as su allumer en moi le feu d'amour sur
la connaissance des médicaments. Veilles toujours sur tes
enfants et tes petits enfants. Repose en paix Man!

A ma mère
Tu as fait de nous des enfants comblés par tes lourdes
responsabilités assumées dans notre éducation. Puisse Dieu
t'accorder la grâce de jouir de notre réussite.
Je t'aime Maman!

A mon père
Merci de m'avoir donné la vie

A ma sœur aÎnée Maoussé


Tous les sacrifices que tu as consentis pour moi ont
aujourd'hui un 'fruit. Que Dieu te bénisse et te donne la
grâce de toujours veiller sur ta petite sœur!

A tous mes oncles et tantes : Yaya, Raphaël, Augustin,


Monique, Madeleine, Mariam, ...
Que Dieu vous rende au centuple vos bienfaits!

DJIGUIMDE A.
Ton soutien à toute épreuve m'a permis d'atteindre ce but.
Puisse Dieu te récompenser et te donner la force d'être
toujours là pour tes amis.

Famille DJIGUIMDE Florent


Votre chaleur familiale était une source immense de
réconfort pour moi dans les moments de découragement.
___-.;::-----1 Merci de m'avoir donné une autre famille. Que Dieu vous
bénisse!
I~~!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!R!!!!!!!!!!E!!!!!!!!!!M!! ! ! ! ! ! ! ER~C! ! !E!!!!!!!!!!M
! ! I E! ! ! ! ! ! !N! ! ! ! ! ! !TS! ! ! ! l! ! ! ~ ! ! ! ! ! ! ! !1
Au Dieu Créateur
Je te rends grâce pour ta main posée sur moi.

Au Dr Rasmané SEMDE
Vous nous avez soutenue tout au long de ce travail par vos conseils
et votre disponibilité. Que Dieu vous bénisse!

Au Pr Karim AMIGHI
Chef du Laboratoire de Pharmacie Galénique et de Biopharmacie de
l'Université Libre de Bruxelles (ULB), qui nous a permis de réaliser
les études du comportement thermique des échantillons de beurre
de karité par DSC.

Aux Dr Issa SOME, Henri MOTTE, Moustapha OUEDRAOGO,


Ismael YAGO et à Mr TRAORE Lamine.
Vous nous avez apporté du soutien et du réconfort au cours de
cette étude. Les mots nous manquent pour exprimer les sentiments
de reconnaissance à votre égard.

A tous ceux qui ont travaillé au laboratoire de Pharmacie


Galénique : Henri, Josias, Bruno, Hubert, Yaya, Raymond,
Franck
Vous avez su créer dans ce laboratoire une ambiance chaleureuse
et fraternelle propice à un bon déroulement de tout travail. Merci
pour votre présence et pour votre soutien.

A mes cousins et cousines: Mme Konseibo S., Francis, Didier,


Micheline, Yacine, Ismael, Fidèle, Sébastien, Charles, Bintou,
Valérie, ...
Merci pour votre soutien

A mes amis : Eurydice, Lydie, Christelle, Jean De Dieu,


Monique, Estelle, Soufiane, ...
Que Dieu vous bénisse

A tous mes promotionnaires


Les années passées ensemble ont créé des liens si forts que je vous
porterai toujours dans mon cœur.

A tous ceux et celles qui m'ont soutenu tout au long de mes


_-=--------i études
Merci!
.. Par délibération, l'Unité de Formation et de Recherche en Sciences de
la Santé a arrêté que les opinions émises dans les dissertations qui lui
seront présentées doivent être considérées comme propres à leurs
auteurs et qu'elle n'entend leur donner aucune approbation, ni
improbation...
LISTE DES ABREVIATIONS ET DES SIGLES
Km : kilomètre
F CFA: Francs de la Communauté Financière Africaine
E / H : Eau dans Huile
H / E : Huile dans eau
E / H / E : Eau dans Huile dans Eau
H / E / H : Huile dans Eau dans Huile
nm : nanomètre
IJm : micromètre
an : année
m / m : masse pour masse
C14 : chaîne à 14 carbones
y : tension interfaciale
E = énergie libre de surface
S : Surface
HlB : balance hydrophilie lipophilie
PEG : polyoxyéthylène Glycols
% : pour cent
%0 : pour mille
d : diamètre
UFC / g : unité formant colonies par gramme
EDTA : éthylène Diamine Tétracémate de sodium
OC : degré Celsius
± : plus ou moins
cm : centimètre
mm : millimètre
kg : kilogramme
PŒ : Produit Intérieur Brut
rnEq : milliéquivalent
< : inférieur
> : supérieur
AFD : Association Féminine pour le Développement
ABASF / E : Association Burkinabé Action - Solidarité - Femmes - Enfants
IJL : microlitre
ml : millilitre
m / v : masse pour volume
v / v : volume pour volume
N : normale
m : moyenne
s : écart type
n : nombre total d'échantillons
min: minute
rpm : tours par minute
CHU-YO : Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo
INSD : Institut National des Statistiques et de la Démographie
mg : milligramme
mPa.s : milliPascals . seconde
cp : centipoises
SOMMAIRE DES TABLEAUX ET DES FIGURES

LISTE DES TABLEAUX

TABLEAU 1 : LES PRINCIPAUX TENSIOACTIFS NEUTRES ET LEURS CARACTERISTIQUES


PHYSICO-CHIMIQUES ••••• 10
I l I l ••• I l ' I l I l •••••• I l •••••••• I l •••••••• I l •••••••••••••••••• 1 ••••••••

TABLEAU II: EXEMPLES DE VALEURS HLB PREFERENTIELLES DE QUELQUES CORPS


(;Fl~S •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 11

TABLEAU III: LES PRINCIPAUX AGENTS ANTIMICROBIENS UTILISES EN COSMETOLOGIE


ET EN PHARMACIE, AVEC LEURS CONCENTRATIONS USUELLES D'UTILISATION ET
LEURS ZONES DE pH D'ACTIVITE OPTIMALE •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 12

TABLEAU IV : CARACTERISTIQUES DES PRINCIPAUX AGENTS ANTIOXYDANTS UTILISES


EN COSMETOLOGIE••••••••••••••••••••••••••••••••••• Il ••••••••••••• 1 ••••••••••••••••••••• I l ' l ' 13
TABLEAU V : FICHE TECHNIQUE DU BEURRE DE KARITE 30

TABLEAU VI : RESULTATS DE LA DETERMINATION DES INDICES D'ACIDITE DES


ECHANTILLONS DE BEURRE DE KARITE ••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 51

TABLEAU VII : RESULTATS DE LA DETERMINATION DES TENEURS EN EAU DES


ECHANTILLONS DE BEURRE DE KARITE••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 51

TABLEAU VIII : CARACTERISTIQUES DE FUSION DU BEURRE DE KARITE 52

TABLEAU IX : CARACTERISTIQUES DE FUSION LORS DE LA DEUXIEME CHAUFFE •••••• 52

TABLEAU X : CARACTERISTIQUES DE SOLIDIFICATION DE BEURRE DE KARITE


CONSERVE APRES UNE DUREE DE 30 JOURS 52

TABLEAU XI : RESULTATS DE LA DETERMINATION DU pH DES CRE MES A 20 % DE


BEURRE DE KARrrE ET 20 % DU MELANGE DE TENSIOACTIFS 55

TABLEAU XII: RESULTATS DES ESSAIS SENSO-RHEOLOGIQUES DES CRE MES ET DES
L~I"S.•••.••.••••••.••.•..•.•••.•••..••••..••...••........•....•....•.•..•...•.........•..•.•..•.. fil

TABLEAU XIII: RESULTATS DES ESSAIS SENSO-RHEOLOGIQUES DES CREMES ET DES


LAITS (SUITE) •••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••• 62
LISTE DES FIGURES

FIGURE 1 : SCHEMA DE CLASSIFICATION DES TENSIOACTIFS SYI\lTHETIQUES 8

FIGURE 2 : LES DIFFERENTES FORI"IES D'INSTABILITE ET LEUR INTERDEPENDANCE (44) 21

FIGURE 3 : IMAGE PHOTOGRAPHIQUE DE L'ARBRE A KARITE DAI\lS 501\1 HABITAT NATUREL 24

FIGURE 4 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 2


JOURS A 4 oC 53

FIGURE 5 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 2


JOURS A 30 oC 53

FIGURE 6 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 7


JOURS A 4 oC 53

FIGURE 7 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 7


JOURS A 30 oC 53

FIGURE 8 : THERMOGRAI"1I"1E DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 30


JOURS A 4 oC 54

FIGURE 9 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 30


JOURS A 30 oC 54

FIGURE 10 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLES-RETOURS MONTRANT LA


VARIATION DE LA VISCOSITE DES CREMES EN FONCTION DE L'ORIGINE DU
BEURRE DE KARITE (20 % M/M DE BEURRE DE KARITE ET 20 % M/M DE TWEEN 60/
SPAN 60) 56

FIGURE 11 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLES-RETOURS MONTRANT LA


VARIATION DE LA VISCOSITE DES CREMES A BASE DE BEURRE DE KARITE,
EN FONCTION DE LA TENEUR DU MELANGE TWEEN 60/ SPAN 60 (CALCULEE PAR
RAPPORT A LA QUANTITE DU BEURRE DE KARITE) 57

FIGURE 12 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLES-RETOURS MONTRANT LA


VARIATION DE LA VISCOSITE EN FONCTION DE LA QUANTITE DU BEURRE
DE KARITE UTILISEE. LA QUANTITE DU MELANGE DE TENSIOACTIFS (TWEEN 60/
SPAN 60) EST EGALE A 25 % M/M DE CELLE DU BEURRE DE KARITE 58

FIGURE 13 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLES MONTRANT LA VARIATION DE LA


VISCOSITE EN FONCTION DE LA DUREE DE CONSERVATION DES CREIVIES
(20 % DE BEURRE DE KARITE AFD ET 25% D'EMULSIFS) 59
SOMMAIRE GENERAL

INTRODUCTION GENERALE 1

I. GENERALITES SUR LES CREMES ET LAITS CORPORELS...... 3


1.1. DEFINITIONS DES CREMES ET LAITS 3

1.2. CLASSIFICATION 3

1.2.1 Les émulsions simples 3


1.2.2 Les émulsions multiples 4
1.3. FORMULATION DES CREMES ET LAITS 5

1.3.1 Les principales matières premières utilisées 5


1.3.2 Composition générale des crèmes et des laits 14
1.4. FABRICATION DES CREMES ET DES LAITS CORPORELS 14

1.4.1 Les méthodes d'émulsification 14


1.4.2 Le matériel 15
1.5. CONTROLE DE QUALITE DES LAITS ET DES CREMES 17

1.5.1 Le contrôle des matières premières 17


1.5.2 Le contrôle en cours de fabrication 17
1.5.3 Contrôle du produit fini 21
1.6. INDICATIONS EN COSMETOLOGIE ET EN PHARMACIE 22

1.6.1 Indications en cosmétologie 22


1.6.2 Indications en Pharmacie 23
II. GENERALITES SUR LE BEURRE DE KARITE 24

Il.1. PRESENTATION DE L'ARBRE KARITE 24

II.1.1 Description du karité 24


II.l.2 Utilisation de l'arbre 25
Il.2. IMPORTANCE SOCIO-ECONOMIQUE DU BEURRE DE KARITE AU BURKINA
FASO 26

II.3. CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES ET CRITERES DE QUALITE DU


BEURRE DE KARI-rE 28

II.4. PROCEDES D'OBTENTION DU BEURRE DE KARITE 30

II.4.1 La récolte et le traitement des noix de karité 31


II.4.2 L'extraction proprement dite du beurre de karité 32
11.5. UTILISATIONS COSMETIQUES ET PHARMACEUTIQUES DU BEURRE DE
KARITE 34

II.5.1 Utilisation en cosmétologie 35


II.5.2 Utilisation en pharmacie 36
III. ENONCE DU PROBLEME ET OBJECTIFS 37

111.1. ENONCE DU PROBLEME 37

III.2.0BJECTIFS DE L·ETUDE 39

111.2.1 OBJECTIF PRINCIPAL 39


III.2.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES 39
IV. MATERIELS ET METHODES 39

IV.I. TYPE D'ETUDE 39

IV.2. CADRE DE L'ETUDE 39

IV.3. MATERIELS 40

IV.3.1 Echantillons de beurre de karité .40


IV.3.2 Equipements et petits matériels de laboratoire .40
IV.3.3 Les principaux réactifs et solvants utilisés pour les analyses: .41
IV.3.4 Les principaux excipients utilisés pour les formulations .41
IV.3.5 Volontaires 41
IV.4. METHODES 42

IV.4.1 Caractérisations des échantillons de beurre de karité .42


IV.4.2 Préparations des formulations .44
IVA.] Etudes rhéologiques des crèmes et des laits .48
IV.4.4 Détermination du pH 48
IV.4.5 Etudes de stabilité des préparations .49
IV.4.6 Essais senso-rhéologiques .49
v. RESULTATS DE L'ETUDE 51

V.l. CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES ECHANTILLONS DE BEURRE DE


KARITE ••.•.•••.•.•••.•.••••••.••••••.••••••.•••••.••.•.••.••.••••.••..•••••.••.•••.•.•••.•.•.•.....••.•••.•.•. 51

V.l.l Indices d'acidité 51


V.l.2 Teneurs en eau 51
V.l.3 Données relatives aux comportements thermiques 51
V.2. INFLUENCE DE L'ORIGINE DU BEURRE DE KARITE SUR LE pH DES
CREMES 55

V.3. ETUDES RHEOLOGIQUES 56


V.3.1 Influence de l'origine du beurre de karité sur le comportement rhéologique
des crèmes et des laits 56
V.3.2 Influence de la teneur en tensioactifs (Tween 60/ Span 60) sur le
comportement rhéologique des crèmes et des laits 57
V.3.3 Influence de la teneur en beurre de karité sur le comportement rhéologique
des crèmes et des laits 58
V.3.4 Influence de la durée de conservation sur le comportement rhéologique des
crèmes et laits 59
V.4. ETUDES DE STABILITE 60

V.5. ESSAIS SENSO-RHEOLOGIQUES SUR LES CREMES ET LES LAITS 61

VI. COMMENTAIRES ET DISCUSSION 63

VI.l. LIMITES DE NOTRE ETUDE 63

VI.2. LES ECHANTILLONS DE BEURRE DE KARITE ETUDIES 63

VI.3. ETUDES ANALYTIQUES DES ECHANTILLONS DE BEURRE DE KARITE .... 63

VI.3.1 Indices d'acide 64


VI.3.2 Teneurs en eau 64
VI.3.3 Comportements thermiques des échantillons 65
VIA. FORMULATION ET FABRICATION DES CREMES ET DES LAITS 66

VI.5. ETUDES RHEOLOGIQUES DES CREMES ET DES LAITS 68

VI.6. pH DES CREMES ET DES LAITS 70

VI.7. ETUDES DE STABILITE 70

VI.S. ESSAIS SENSO-RHEOLOGIQUES 71

VII. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES 73

BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES

RESUME DU TRAVAIL
Première partie :
GENERALITES
INTRODUCTION GENERALE
Le Burkina Faso, pays sahélien sans littoral et situé au cœur de l'Afrique Occidentale,
possède un important parc naturel à karité qui s'étend sur une superficie de 65.000
km 2 , soit 28% de la superficie totale du territoire (274.000 km 2 ).
Bien qu'il n'existe pas de données statistiques actuelles et fiables sur les quantités
réelles d'amandes et de beurre de karité produites et exportées, ce peuplement
naturel de karités a donné naissance à la " filière karité " dont la contribution à
l'économie nationale est très appréciable. La contribution de la filière karité à
l'équilibre de la balance commerciale du Burkina Faso était en effet estimée, déjà en
1984, à près de 4,4 milliards de F CFA (4).
La collecte des fruits de karité, le traitement des amandes et l'extraction du beurre de
karité au Burkina Faso, qui se fait surtout par la technique traditionnelle de barattage,
sont essentiellement assurés par les femmes rurales, de plus en plus regroupées en
associations. L'implication importante de cette frange de la population à la "filière
karité" confère un statut particulier dans la lutte contre la pauvreté et pour la
promotion des femmes, qui représentent 52 % de la population burkinabé, estimée à
environ 12.000.000 d'habitants.
Le beurre de karité produit par le Burkina est estimé à environ 30.000 tonnes / an. Il
est utilisé à plus 93 % par la population locale (1), notamment:

::::> dans l'éclairage avec les lampes à huile;

::::> dans la décoration pour le revêtement des murs;

::::> dans l'alimentation, comme principale huile de cuisine dans plus de 93 % des
ménages en milieu rural;

::::> en cosmétologie, comme pommades de soins pour la peau ou composant de


savons;

::::> dans le domaine de la médecine traditionnelle où il est utilisé comme véhicule pour
l'administration de divers produits de la pharmacopée traditionnelle ou comme
calmant pour les douleurs musculaires, rhumatismales, les brûlures, les plaies peu
profondes.
La tendance actuelle des interventions au niveau de la filière karité, comme dans le
cas des autres filières naturelles, est sa valorisation . Elle consiste notamment à
augmenter la production et à améliorer la qualité du beurre de karité grâce à un
renforcement des capacités organisationnel/es et techniques des productrices, une

1
amélioration et une standardisation des méthodes de collecte et de traitement des
amandes et surtout, des techniques d'extraction du beurre de karité.
Elle consiste également à améliorer les conditions de son exportation et à promouvoir
son exploitation par la population et les structures industrielles et artisanales locales
utilisant le beurre de karité comme matière première. Une telle exploitation ne peut se
concevoir sans une détermination claire et scientifique des conditions d'utilisation du
beurre de karité.
Notre étude, qui s'inscrit dans cette dynamique, se propose d'examiner les conditions
d'utilisation du beurre de karité produit localement comme matière première de base
pour la formulation des crèmes et des laits pour usages cosmétique et
pharmaceutique.

2
1. GENERALITES SUR LES CREMES ET LAITS CORPORELS

1.1. DEFINITIONS DES CREMES ET LAITS

Les crèmes et les laits corporels sont des préparations dermatologiques


multiphasiques, comprenant au moins deux phases liquides non miscibles: une phase
hydrophile ou aqueuse et une phase lipophile ou huileuse (11). Ce sont donc des
émulsions, c'est-à-dire des systèmes dispersés dans lesquels une des deux phases
liquides, appelée phase dispersée ou interne ou discontinue, est fragmentée en fines
gouttelettes (1 à 100 micromètres ([.lm)) qui sont distribuées de façon homogène
dans l'autre liquide (phase externe, continue ou dispersante).
Selon la consistance de l'émulsion, on distingue les sticks, les crèmes et les laits, qui
sont respectivement des préparations solides, semi-solides (pâteuses) et fluides.
Comme tout système émulsionné, les crèmes et les laits doivent obligatoirement être
stabilisés par des émulsionnants ou tensio-actifs ou surfactifs, qui sont des substances
amphiphiles abaissant la tension interfaciale et l'énergie libre de surface.
Lorsque les crèmes et les laits ne contiennent pas de principes actifs, ils répondent
aux termes «produit cosmétique» dont la définition est donnée à l'article 1 de la 6 ème
Directive Européenne (12) : "on entend par «produit cosmétique» toute substance ou
préparation destinée à être mise en contact avec les diverses parties superficielles du
corps humain (épiderme, système pileux et capillaire, ongles, lèvres, organes
génitaux externes) ou avec les dents et les muqueuses buccales en vue,
exclusivement et principalement, de les nettoyer, de les parfumer, d'en modifier
l'aspect, et / ou de corriger les odeurs corporelles, et / ou de les protéger ou les
maintenir en bon état".

1.2. CLASSIFICATION

Les crèmes et laits corporels peuvent être classés, en fonction du type d'émulsion, de
la nature chimique et du caractère ionique ou non de l'émulsionnant.
Il existe essentiellement deux types d'émulsions: les émulsions simples et les
émulsions multiples.

1.2.1 Les émulsions simples

Il s'agit d'une dispersion de deux phases liquides non miscibles, semi-solides (crèmes)
ou fluides (laits). Selon la nature chimique de l'émulsionnant, on distingue:
3
[Link] Les émulsions Eau dans Huile (E 1 H) :

Dans ce type d'émulsions, dont la taille des particules est d'environ 1 ~m, l'huile est
en phase externe et l'eau en phase interne. Ces émulsions se présentent sous forme
de préparations opaques. De couleur "blanchâtre à jaunâtre" en fonction de la nature
des corps gras, elles sont non conductrices du courant électrique, non lavables à l'eau
et laissent un film résiduel gras sur la peau après application.
On y retrouve généralement les crèmes cosmétiques dites "nourrissantes" (crèmes
pour le bain, crèmes pour les peaux très sèches, sèches, etc.).

[Link] Les émulsions Huile dans Eau (H 1 E)

Elles sont les plus nombreuses. L'eau représente la phase externe et la taille des
particules huileuses dispersées varie entre 1 ~m et 100 \-lm. Les préparations
résultantes sont opaques, de couleur blanche, conductrices du courant électrique et
lavables à l'eau. D'étalement facile, elles ne laissent pas ou très peu, un film résiduel
gras sur la peau.
On y retrouve les laits et les crèmes hydratants qui, selon le caractère ionique ou non
de l'émulsionnant, sont regroupés en :

=> crèmes et laits anioniques, qui sont des préparations plus irritantes pour la peau et
incompatibles avec les principes actifs cationiques;

=> crèmes et laits non ioniques, compatibles avec tous les principes actifs et peu
irritants pour la peau. Le pH de ces préparations est ajustable dans un intervalle
plus large, comparativement aux crèmes anioniques.

[Link] Les microémulsions


Ce sont des émulsions simples dans lesquelles les particules dispersées sont si fines
qu'elles paraissent solubilisées dans la phase aqueuse. En effet, la taille des
particules, qui est comprise entre 10 et 100 nanomètres (nm), confère une
transparence aux préparations et une pénétration plus favorable des substances
actives à travers la couche cornée de la peau.

1.2.2 Les émulsions multiples

Il s'agit de dispersions dans l'eau d'une émulsion E 1 H (émulsion E 1 HIE) ou dans


l'huile d'une émulsion HIE (émulsion HIE 1 H). Ces types d'émulsions offrent une
meilleure protection des substances actives incorporées.

4
1.3. FORMULATION DES CREMES ET LAITS

1.3.1 Les principales matières premières utilisées

Les matières premières fréquemment rencontrées dans les formulations des crèmes et
laits corporels sont les solvants, les corps gras, les tensioactifs, les conservateurs
antimicrobiens, les antioxydants, les agents viscosifiants, les aromatisants et les
colorants. Pour être utilisées en cosmétologie, elles doivent répondre à un certain
nombre de critères tels que la propreté microbienne, l'absence d'impuretés chimiques
nuisibles, la stabilité vis-à-vis de la lumière, de la chaleur, de l'oxydation par l'air et
des caractéristiques physico-chimiques reproductibles (28).

[Link] Les solvants

Parmi les solvants rencontrés dans la formulation des crèmes et laits, l'eau est la plus
utilisée à cause de ces propriétés de solvatation, hydratantes et adoucissantes.
Principal composant de la phase aqueuse, sa teneur dans la formulation des émulsions
à usage cosmétique est de l'ordre de 60 à 85 %.
On rencontre, dans les formulations des produits cosmétiques, plusieurs variétés
d'eau:

=> l'eau potable, bactériologiquement propre pour la consommation de l'homme. Elle


est rarement utilisée car contenant des hypochlorites (eau de javel) dont l'odeur
est désagréable, du chlore et des électrolytes qui peuvent perturber la stabilité des
émulsions;

=> l'eau adoucie, dépourvue de calcaire et obtenue après passage sur des colonnes de
résines échangeuses de cations;

=> l'eau déminéralisée, dépourvue d'électrolytes suite au passage sur des colonnes de
résines cationiques et anioniques. L'eau adoucie et "eau démineralisée sont les
plus utilisées. Cependant, elles peuvent être souillées par les bactéries et les
micro-algues qui se développent sur les résines;

=> l'eau stérilisée, obtenue par distillation, par osmose inverse et / ou par filtration
stérilisante est à la fois déminéralisée et dépourvue de microorganismes, mais
coûte malheureusement plus chère.
On peut retrouver également, dans la phase aqueuse des émulsions, des polyols
(composés organiques oxygénés, dérivés des hydrocarbures) utilisés comme solvants,

5
hydratants ou humectants (5 % à la % m/m). Les principaux polyols utilisés dans la
formulation des crèmes et laits sont le glycérol, le sorbitol et le propylène glycol.

[Link] Les corps gras

Constituants majeurs de la phase grasse des émulsions, leur concentration dépasse


rarement 40 % des émulsions de type Huile dans Eau (HIE). Les principaux corps gras
rencontrés dans les préparations cosmétiques sont:

~ Les acides gras: Ce sont des acides organiques, saturées (solides à la température
ambiante) ou insaturées (liquides à la température ambiante). Ils sont le plus
souvent utilisés dans les formulations comme facteurs de consistance (acide
stéarique) ou substances actives (acides gras polyinsaturés). Leurs esters liquides
(méristate (C 14 ) d'isopropyl, ester hexylique de l'acide laurique (Cétiol A), ester
décylique de l'acide oléique (Cétiol V)) sont utilisés également en remplacement
des huiles végétales.

~ Les alcools gras: Alcools à plus ou moins longues chaînes carbonée et saturée, le
plus souvent solide à la température ambiante, ils sont utilisés principalement
comme facteurs de consistance (exemple: alcool cétylique C 16 , alcool stéarylique
C1B , alcool cétostéarylique C16 + C1B ).

:::::> Les huiles végétales: Composés triglycéridiques (esters triples d'acides gras et de
glycérol) extraits des graines (huiles d'arachide, de maïs, de tournesol, de
palme, ... ), elles forment la majeure partie de la phase grasse des émulsions
cosmétiques. Liquides à la température ambiante, elles permettent également de
fluidifier les préparations grasses ou émulsionnées. A cause de la présence des
acides gras insaturés, leur utilisation dans les formulations requière le plus souvent
l'addition d'un antioxydant.

~ Les beurres: De consistance pâteuse ou solide, les beurres sont des triglycérides
d'origine végétale, composés d'acides gras essentiellement saturés. Les plus
utilisés sont le beurre de cacao, le beurre de coprah (ou huile de coco) et le beurre
de karité qui fait l'objet de la présente étude.

~ Les cires, constituées d'acides gras et d'alcools gras à longues chaînes carbonées
saturées, sont solides à la température ordinaire (point de fusion supérieur à
30°C). Elles imperméabilisent la peau et sont peu sensibles à l'oxydation. D'origine
végétale (cire de carnauba, cire de candelilla) ou animale (cire d'abeille, blanc de

6
baleine, lanoline), les cires sont utilisées dans les laits et les crèmes
dermatologiques comme facteurs de consistance ou comme émulsifs (lanoline).

[Link] Les tensioactifs

Définition et intérêt

Les émulsions doivent être stabilisées par des agents tensio-actifs (ou surfactifs ou
agents de surface ou encore émulsifs) qui sont des molécules amphiphiles (une partie
hydrophile ou polaire et une partie hydrophobe ou apolaire).
Les tensio-actifs se placent en effet à l'interface des deux phases, de manière à ce
que la partie hydrophile se trouve dans la phase aqueuse et la partie hydrophobe dans
la phase grasse. Ils entraînent ainsi une forte diminution de la tension interfaciale (y)
et de l'énergie libre de surface.
Par conséquent, la tendance naturelle à la séparation rapide des deux phases, dans le
but de diminuer l'énergie libre du système, est fortement réduite.

Les différents tensioactifs

Les tensioactifs sont souvent distingués en fonction de leur origine naturelle ou


synthétique, de leur caractère ionique, ou de la valeur de leur Balance Hydrophilie
Lipophilie (BHL = HLB).
Les tensioactifs naturels qu'on rencontre le plus dans la formulation des émulsions
sont la lécithine (extraite du jaune d'œuf ou de soja), la caséine (protéine issue du
lait, utilisée en association avec un autre tensio-actif), les saponines et la lanoline.
Les tensioactifs de synthèse, qui sont de loin les plus nombreux et les plus utilisés par
l'industrie du cosmétique, peuvent être classés selon leur nature chimique (Figure 1)
en :

=> tensio-actifs ioniques: utilisés pour stabiliser les émulsions HIE, très hydrophiles
car s'ionisant en milieu aqueux. Parmi ceux-ci, on distingue:
., les tensio-actifs an ioniques tels que les savons (savons alcalins, métalliques, de
bases organiques, d'acides diterpéniques), les dérivés sulfatés (Iaurylsulfate de
sodium, cétylsulfate de sodium), les dérivés sulfonés (dioctylsulfosuccinate de
sodium). Ils n'agissent qu'en milieu neutre ou alcalin et sont plus irritants pour
la peau et les muqueuses bien que les sels de bases organiques soient mieux
tolérés.

7
~ les tensio-actifs cationiques, actifs uniquement en milieu acide ou neutre, sont
souvent utilisés comme antiseptiques, conditionneurs et substantifs à la
kératine. Ce sont des sels d'ammoniums quaternaires (bromure de
cetyltriméthylammonium) ou des sels d'amines (chlorhydrate
d'octadécylamine).
~ les tensio-actifs amphotères (dérivés de la bétaïne), sont cationiques en milieu
acide et anioniques en milieu alcalin.

=> tensioactifs non ioniques ou neutres: beaucoup employés à cause de leur


compatibilité avec tous les principes actifs, ils sont peu irritants. Ils sont
caractérisés par leur HLB.
La valeur HLB, qui varie de aà 20, est en effet plus élevée (HLB > 8) lorsque la
fraction hydrophile est importante, faible (HLB < 8) si la fraction lipophile est
.prédominante et moyenne (HLB = 7 à 8) lorsque les deux fractions ont la même
importance. Elle est souvent utilisée pour classer les tensioactifs neutres:

=> les tensio-actifs Iipop~liles, solubles dans la phase grasse et ayant des valeurs HLB
comprises entre a et 8, sont essentiellement constitués par les esters de glycols
(exemple: glycérol mono stéarate) et les esters de sorbitane ou spans®.

=> les tensio-actifs à polarité intermédiaire (valeurs HLB s'échelonnant de 8 à 12),


regroupent les esters d'acides gras et de Polyoxyéthylène glycols (PEG) ou myrjs®
et les esters d'alcools gras et de PEG ou brijs®.

=> les tensio-actifs hydrophiles, de valeur HLB s'échelonnant de 12 à 20, sont solubles
dans la phase aqueuse. On y retrouve les esters de sorbitane et de PEG ou
Tweens®, les esters d'acides gras et de PEG ou MyrjS®, les esters d'alcools gras et
de PEG ou Brijs® et les glycérides éthoxylés ou Cremophor®.

IONIQUES

Anioniques
" *--
Amphotères Caltonlques
r·-"··---'---~--·--("~:-"J
~ ..-_-----_._.~~_._,."" ...'""'--+--_../ ----_:-=:::::::---{:) --..-=-=--=f±~:
NON IONIOUES

Jé///

Sans OE

Figure 1 : SCHEMA DE CLASSIFICATION DES TENSIOACTIFS SYNTHETIQUES

8
Le tableau l reprend les principaux tensioactifs neutres disponibles sur le marché ainsi
que leurs caractéristiques physico-chimiques.

Il existe également sur le marché des «cires autoémulsives», qui sont des mélanges
de tensio-actifs et de facteurs de consistance. Exemples: Cremophor A6®, Lanette
N®, Emu/gade 1000 NI®.

Le choix du type et des quantités des tensio-actifs à utiliser pour stabiliser les
émulsions doit tenir compte :

=> de la valeur HLB préférentielle du corps gras, c'est-à-dire la valeur HLB pour
laquelle l'émulsion est la plus stable (Tableau II)

=> du sens de l'émulsion : valeur HLB < 7 pour les émulsions E/H et valeur HLB > 8
pour les émulsions HIE;

=> du pH préférentiel de la préparation, dans le cas des tensioactifs non ioniques.

N.B:La valeur HLB d'un mélange de tensioactifs, qui est une grandeur additive, peut
être calculée par la formule:

HLB a + h Pa*HLBa+Ph*HLBb
= Pa+Pb
Où Pa et Pb sont respectivement les pourcentages des tensioactifs a et b HLB a et
HLB b sont respectivement les valeurs HLB des tensioactifs a et b.

9
Tableau 1: les principaux tensioactifs neutres et leurs caractéristiques
physico-chimiques.

Nom chimique Nom commercial HLB Aspect (25°C) et


Solubilité dans
l'huile
Esters de glycols et acides gras:
Glycérol monostéarate Cutina® GM5 3.8
Propylèneglycol monostéarate 3.4 Sol ; 5 à chaud
Diéthylèneglycol monostéarate 4.7
Esters de PEG et d'acides gras
PEG (8) stéarate Myrj 45® 11.1
PEG (40) stéa rate Myrj 52® 16.9 Sol; D à chaud
PEG (50) stéarate Myrj 53® 17.9
Esters de PEG et d'alcools gras
PEG (2) stéaryl éther Brij 72® 4.9 Sol; 5 à chaud
PEG (2) oléyl éther Brij 92® 4.9 Liq ; 5
PEG (10) stéaryl éther Brij 76® 12.4 Sol ; D à chaud
PEG (10) oléyl éther Brij 96® 12.4 Liq ; D
PEG (20) stéaryl éther Brij 78® 15.3 Pât ; D à chaud
PEG (20) oléyl éther Brij 98® 15.3 Sol; D à chaud
PEG (20) cétylstéaryl éther, Emulgine B2®, 16.1 Sol ; D à chaud
_C_é_to_m_a_c_ro.....g;;..o_I C_re.'.m op_h_o_r®_'_0
....... _
Esters de sorbitane
Sorbitane trioléate 5pan® 85 1.8 Liq ; 5
Sorbitane tristéarate Span® 65 2.1 Sol ; 5 à chaud
Sorbitane sesquioléate Span® 83 3.7 Liq ; S
Sorbitane monooléate Span® 80 4.3 Liq ; S
Sorbitane monostéarate Span® 60 4.7 Sol; S à chaud
50rbitane monopalmitate 5pan® 40 6.7 Sol ; 5 à chaud
Sorbitane monolaurate 5pan® 20 8.6 Liq ; 5
PEG (20) sorbitane trioléate Tween® 85 11 Liq ; D à chaud
PEG (20) sorbitane tristéarate Tween® 65 10.5 Sol ; D à chaud
PEG (20) sorbitane monooléate Tween® 80 15 Liq ; D à chaud
PEG (20) sorbitane monostéarate Tween® 60 14.9 Liq ; D à chaud
PEG (20) sorbitane monopalmitate Tween® 40 Tween® 15.6 Liq ; D à chaud
PEG (20) sorbitane monolaurate 20 16.7 Liq ; D à chaud
Glycérides étoxylés Crémophor®EL 12-14 Liq; D à chaud
Huile de ricin polyoxyéthylénée Crémophor®RH40 14-16 Pât ; D à chaud
Huile de ricin hydrogénée Crémophor®RH60 15-17 Pât ; D à chaud
polyoxyéthylénée
N. B. Sol = solide, Pât = pâteux, Liq = liquide, 5 = soluble, D =
dispersible.

10
Tableau II: Exemples de valeurs HLB préférentielles de quelques corps gras
Corps gras Emulsion H / E Emulsion E 1H
Alcool cétyliq ue 13 -
Huile d'arachide 95 -
Cire d'abeille 10 - 15 5
[Link] Les conservateurs antimicrobiens

Ce sont des substances capables de s'opposer au développement des germes


bactériens et fongiques qui peuvent se retrouver dans les préparations
pharmaceutiques et cosmétiques. Les contaminants microbiens qui peuvent altérer les
préparations et / ou nuire à l'utilisateur, proviennent des matières premières, de
l'environnement de travail, du personnel, des articles de conditionnement ou de
l'utilisateur. L'efficacité des conservateurs dépend entre autres de leur concentration
et du pH de la préparation.
Parmi les agents fréquemment rencontrés dans les préparations cosmétiques (Tableau
III), les plus utilisés sont les Parabens ou sels sodiques des esters de l'acide
parahydroxybenzoÏque (esters méthyliques, éthyliques, propyliques). En effet, l'aqua
conservans, très utilisée et très efficace dans la protection des préparations
dermatologiques, est obtenu en dissolvant 1 %0 de Parabens dans de l'eau purifiée.

11
Tableau III: les principaux agents antimicrobiens utilisés en Cosmétologie et
en Pharmacie, avec leurs concentrations usuelles
d'utilisation et leurs zones de pH d'activité optimale.

Agents microbiens Concentration usuelle (% Zone de pH d'activité


m lm) optimale

Phénol 0,3

Alcool phényléthylique 1 1

2 - 4
Chlorbutol 0,5

Alcool benzylique 1

Acide sorbique 0,2


2 - 3
1
Acide benzo"lque 0,1

~parabens 0,2
2 - 7
1 Thiomersal 0,02

1 Chlorure de benalkonium D,Dl 5 - 8

Nitrate de phénylmercure 0,001 7 - 10

[Link] Les antioxydants

Leur présence est obligatoire dans la formulation des émulsions contenant des corps
gras insaturés qui, sous l'action de l'oxygène de l'air, s'oxydent et provoquent le
rancissement et 1 ou la dénaturation de la préparation. Les principaux agents
antioxydants rencontrés dans les préparations cosmétiques et pharmaceutiques ainsi
que quelques unes de leurs caractéristiques importantes peuvent être trouvées dans
le tableau IV.

12
Tableau IV caractéristiques des principaux agents antioxydants
utilisés en Cosmétologie.
Origine Hydrophile Lipophile
Agents Concentrations Agents Concentrations
usuelles (%) usuelles (%)
Naturelle Acide ascorbique 0,1 - 0,5 Tocophérols 0,25 - 0,75
Synthétique Méta bi su Ifite ou 0,1 - 1,5 Butylhydroxy- 0,05 - 0,2
bisulfite de toluène
sodium
Propyl gallate 1 Butylhydroxy- 0,02 - 0,05
anisol
Agents 0,25 - 0,75 Gallate d'octyle 0,5 - 1
complexants ou de dodécyle
EDTA et ses sels

[Link] Les agents viscosifiants

Appelés aussi substances épaississantes, ils contribuent à la stabilisation des


émulsions, en ralentissant la sédimentation ou le crémage des gouttelettes
dispersées. Dans les émulsions H/E, on utilise surtout les polyosides d'origine végétale

(alginates, les celluloses et dérivés, les gommes, les pectines, le gel d'aloès) ou
synthétique (méthylcellulose, hydroxypropylmethylcellulose, .... ) et les carbomères.
Pour les émulsions E/H, les agents épaississants sont des huiles minérales telles la
silice colloïdale (Aérosil® 200).

[Link] Les adjuvants (matières aromatiques et colorantes)

Selon les caractéristiques organoleptiques (odeur, couleur) recherchées, le


formulateur peut ajouter les matières aromatiques et / ou colorantes.
Les arômes, utilisés à raison de 0,1 à 0,3 %, sont des substances odorantes et
volatiles, d'origine naturelle (extraits de fleurs , de feuilles, de fruits, résines, le
castoréum, le musc, .... ) ou synthétique (vanilline, .... ) .
Les colorants sont des molécules capables de colorer un support grâce à leur aptitude
à absorber une partie de la lumière visible. Les plus utilisés dans les formulations des

13
crèmes et des laits corporels sont les colorants hydrosolubles (sels) autorisés par la
pharmacopée :

=> Les colorants d/origine végétale: Les chlorophylles (E140), les antl10cyanes
(E163), l'indigo (E132), ...

=> Les colorants de synthèse: ils sont très nombreux et appartiennent à une
douzaine de familles chimiques différentes. On peut citer le bleu patente V (E 131),
le vert acide brillant B5 (E 142), le rouge cochenille A (E 124), ....

1.3.2 Composition générale des crèmes et des laits

La formulation de base des crèmes et laits corporels, quelqu'en soit leur complexité,
est composée de :

=> facteurs de consistance (acide stéarique, alcool gras ou cires);

=> phase grasse (huiles végétales ou beurres): elle dépasse rarement 40 % du poids
total de l'émulsion H/E/ y compris le facteur de consistance;

=> tensioactifs dont le choix repose sur le type d'émulsion et le caractère chimique du
principe actif. La concentration habituelle est de 10 à 15 % m/m pour les
tensioactifs anioniques et 15 à 25 % m/m pour les non ioniques;

=> agents humectants (glycérol/ propylène glycol/ sorbitol): 5 à 10 % m/m;

=> agents conservateurs antimicrobiens (obligatoires);

=> agents conservateurs antioxydants (parfois);

=> agents viscosifiants dont l'utilisation dépend de la consistance de la préparation;

=> eau purifiée dont la quantité varie généralement entre 60 et 85 % m/m;

=> aromatisants (souvent);

=> colorants (parfois).

1.4. FABRICATION DES CREMES ET DES LAITS CORPORELS

1.4.1 Les méthodes d'émulsification

Les procédés utilisés pour la fabrication des crèmes et des laits sont habituellement
l'émulsification directe et la méthode d'inversion de phase.

14
[Link] Le procédé d'émulsification directe ou en phase directe

Les différents constituants de la formulation sont pesés à l'aide d'une balance


appropriée, bien équilibrée et préalablement calibrée. Les deux phases de l'émulsion
sont ensuite constituées, suivant la solubilité des différents composants de la
formulation:

~ la phase huileuse comporte les différents corps gras (huiles, cires), les
émulsionnants lipophiles, l'agent viscosifiant lipophile et les antioxydants
lipophiles.

~ La phase aqueuse contient l'eau purifiée, les agents humectants, les viscosifiants
hydrosolubles, les émulsionnants hydrosolubles, les conservateurs antimicrobiens
et les antioxydants hydrosolubles.
Les deux phases sont chauffées à une température de 60-80 oC, sous une agitation
lente afin de faire fondre la phase huileuse et dissoudre les différents constituants.
L'augmentation de la température permet aussi, de part l'énergie qu'elle apporte au
système, de faciliter le travail d'émulsification et d'obtenir une émulsion plus fine.
L'émulsification est réalisée lorsque les deux phases sont maintenues à la même
température. Elle se fait par une addition lente (goutte à goutte) de la phase interne
à la phase dispersante, sous une agitation plus ou moins violente et constante. Cela
permet de réduire la phase interne en globules de petites tailles.
A la fin de l'émulsification, le mélange est soumis à un refroidissement progressif et
lent à la température ambiante, sous une agitation de plus en plus lente évitant les
inclusions d'air. Lorsque le processus de refroidissement est terminé, les aromatisants
et les principes actifs sont ajoutés, et les pertes dues à l'évaporation de l'eau sont
compensées, toujours sous agitation, par addition d'eau jusqu'au poids initial.

[Link] La technique d'inversion de phases

Uniquement valable pour la réalisation des émulsions HIE, elle diffère de la méthode
d'émulsification directe par le fait que les émulsionnants (lipophiles et 1 ou
hydrophiles) se trouvent dans la phase huileuse et que la phase dispersante est
ajoutée goutte à goutte à la phase dispersée.

1.4.2 Le matériel

Les matériels utilisés diffèrent selon le niveau de la fabrication (28).


Au niveau de l'officine où on prépare de petites quantités, la fabrication est
habituellement réalisée dans des mortiers de forme haute.

15
Par contre, au niveau industriel où les quantités à produire sont plus importantes, une
agitation suffisamment intense est nécessaire pour obtenir des particules assez fines.
Pour les émulsions fluides (laits), l'émulsification est en effet réalisée à l'aide
d'agitateurs à hélices, à palettes ou à turbines, d'agitateurs électromagnétiques ou à
ultrasons. Pour les émulsions plus épaisses (crèmes), on utilise le plus souvent des
mélangeurs malaxeurs. Afin de contrôler la température au cours de l'émulsification,
on utilise généralement des mélangeurs à double parois, qui permettent la circulation
d'un fluide chaud pendant l'émulsification, et froid pendant le refroidissement. De
même, un certain nombre de dispositions doivent être prises pour éviter les inclusions
d'air dans la préparation.
Les préparations émulsionnées réalisées présentent souvent des particules de tailles
différentes (émulsions grossières) qu'il faut réduire par homogénéisation afin d'obtenir
des particules de tailles voisines et améliorer par la même occasion, la stabilité et la
fluidité des préparations. L'homogénéisation peut être réalisée à l'aide:

=> de broyeurs ou moulins colloïdaux (homogénéisateurs rotatifs) : L'émulsion


grossière, soumise à l'action de la pesanteur et de la force centrifuge, est
entraînée entre un rotor tournant à grande vitesse et un stator dont l'écartement,
très réduit, permet d'obtenir une émulsion fine aux globules réguliers.

=> d'homogénéisateurs à haute pression ou à filières: sous l'action d'un piston,


l'émulsion grossière passe de force à travers les filières ou tout autre système de
laminage qui réduisent et homogénéisent la taille des globules.

=> d'homogénéisateurs à ultrasons.


Les émulsions finies, qui peuvent être diluées par la phase externe, sont caractérisées
(28) par une viscosité qui dépend de celle de la phase continue, de la proportion de la
phase discontinue, de la nature et de la valeur HLB de l'émulsionnant et de la taille
des globules dispersées. Celle-ci détermine aussi l'aspect des préparations
émulsionnées.
y Emulsions grossières plus ou moins stables: diamètre (d) > 5 ~m;
y Emulsions moyennes laiteuses blanches: d =1à 5 ~m;
y Emulsions fines à reflets bleutés: d = 0,1 à l~m;

y Emulsions translucides et microémulsions translucides: d < 0,1 ~m.

16
1.5. CONTROLE DE QUALITE DES LAITS ET DES CREMES

L'assurance de la qualité des crèmes et laits corporels, qui est très importante pour
leur mise sur le marché et leur acceptation par le public, comporte à la fois les
contrôles en cours de fabrication et les contrôles du produit fini.
La qualité de la production se base essentiellement sur la propreté des lieux de travail
et du matériel utilisé, et sur le contrôle de la qualité des matières premières, des
produits en cours de fabrication (produits intermédiaires) et des produits finis.

1.5.1 Le contrôle des matières premières

Il consiste, conformément au cahier de charge du demandeur:


)r à vérifier la conformité de l'étiquetage, l'emballage et le conditionnement;
)r à examiner les caractères organoleptiques tels que l'odeur, la couleur, le
toucher, le goût;
, à déterminer les caractéristiques physiques: densité, viscosité, indice de
réfraction, absorption des radiations ultraviolettes, point de fusion;
" à examiner les caractères chimiques: identifications et dosages au moyen de
réactions chimiques colorées, de la chromatographie sur couche mince, en
phase gazeuse ou liquide ; détermination des indices d'iode, d'hydroxyle,
peroxyde, d'acide ; recherche des impuretés et des produits de dégradation,
etc ..
)r à évaluer la qualité ou la propreté microbiologique.

1.5.2 Le contrôle en cours de fabrication

En plus de l'examen des caractéristiques organoleptiques (odeur, couleur, toucher,


goût), il consiste aussi à étudier les caractéristiques physico-chimiques et
microbiologiques

[Link] Les caractères physico-chimiques (28)

1 Détermination du sens d'émulsion (HIE ou E/H)


Elle est réalisée soit par la méthode par dilution (une émulsion ne peut être diluée
que par sa phase externe), soit par la méthode utilisant des colorants solubles
dans l'une des phases. Par exemple, un colorant hydrosoluble (bleu de méthylène)
se propagera dans une émulsion HIE et non dans une émulsion E/H. La méthode
de la conductivité électrique, qui se base sur le principe que les émulsions HIE

17
sont conductrices d'électricité tandis que les émulsions E/H sont des isolants
électriques, est aussi préconisée par la pharmacopée.
2 Contrôle de l'homogénéité:
Ce paramètre est étudié macrospiquement ou grâce à la détermination, à l'aide
d'un cytomètre de flux ou d'un microscope muni d'un oculaire micrométrique, de
la distribution granulométrique de l'émulsion.
3 Détermination des propriétés rhéologiques
La rhéologie est la science qui étudie l'écoulement des fluides et la déformation
des corps.
Selon Newton, un liquide est constitué de lamelles ou de plans parallèles,
juxtaposés les uns sur les autres. Une force appliquée (F) sur un plan A entraîne le
déplacement de celui-ci avec une vitesse Va. Dans son mouvement, le plan A
entraîne le plan B juxtaposé, qui se déplace avec une vitesse Vb (Vb < Va). Le
gradient de vélocité (D) est une constante définie par la mesure de la vitesse à
laquelle les différentes couches se déplacent les unes par rapport aux autres: D =
dv/dx ; dv est la différence de vitesses entre deux plans juxtaposés (Va - Vb ) et dx
la distance séparant les deux plans A et B.
Pour Newton, la force requise (F) pour neutraliser la différence de vitesses entre
les différents plans est proportionnelle au gradient de vélocité. Le coefficient de
proportionnalité (11) correspond à la viscosité du liquide, qui mesure en réalité la
friction interne ou la résistance à l'écoulement du fluide : ~ = F/S= 11 D où ~ est le
taux ou contrainte de cisaillement et S la surface d'un plan.
Les liquides (eau, alcool, polyols, huiles) répondant à la loi de Newton (liquides
newtoniens) sont caractérisés par une viscosité constante, quelle que soit
l'intensité de la contrainte appliquée.
Les crèmes et les laits par contre font partie des liquides non newtoniens pour
lesquels la viscosité varie avec la contrainte. On distingue trois principaux groupes
de liquides à écoulement non newtonien qui sont les liquides pseudoplastiques,
plastiques et thixotropes.
Les liquides plastiques ont le même comportement rhéologique que les liquides
pseudoplastiques (viscosité diminue avec l'intensité de la contrainte), à la
différence qu'il faut appliquer aux liquides plastiques, une certaine contrainte
(<<point de fluage») avant qu'ils ne s'écoulent. Pour ce qui concerne les liquides
thixotropes, qui se caractérisent aussi par l'existence d'un point de fluage, la

18
viscosité ne revient pas rapidement sa valeur initiale après l'arrêt de la contrainte,
à cause de la restructuration lente du système.
L'étude du comportement rhéologique des crèmes et des laits, qui sont en réalité
des préparations thixotropes, se fait à l'aide de viscosimètres dont les plus utilisés
sont les viscosimètres capillaires et les viscosimètres à mobiles tournants. Pour les
émulsions très épaisses, on est souvent contraint de mesurer la dureté, à l'aide de
pénétromètres.
La détermination des propriétés rhéologiques est essentielle car elle permet de
suivre les variations inter-lots et l'évolution de la structure des préparations en
fonction du temps. De même, elle permet de standardiser la consistance et les
propriétés sensorielles des préparations cosmétiques.
4 Détermination du pH :
Elle est effectuée, grâce à des réactions colorées ou à l'utilisation de pH-mètres,
directement sur l'émulsion ou après dilution (à environ 10 %) dans de l'eau
distillée. Elle est importante parce que le pH influence la stabilité des émulsions, la
tolérance cutanée des préparations et les incompatibilités entre les différents
constituants.

[Link] Contrôle de la stabilité

Les émulsions, soumises à une énergie libre de surface importante, à l'action de la


pesanteur et des phénomènes électrostatiques, sont par nature des systèmes peu
instables. Différentes formes d'instabilités interdépendantes peuvent en effet être
observées avec les émulsions (Figure 2).

:::::> La coalescence : due essentiellement à une diminution insuffisante de la tension


interfaciale, elle se traduit par la fusion progressive des gouttelettes dispersées,
qui peut aller jusqu'à la séparation totale des deux phases. Il s'agit donc d'un
phénomène irréversible, qu'on peut prévenir en ajoutant à la préparation un
émulsionnant approprié et en quantité suffisante.

~ Le crémage ou la sédimentation: les particules d'une émulsion peuvent, en


fonction de leur densité, se déplacer vers le haut (crémage) ou vers le bas
(sédimentation). La vitesse de crémage ou de sédimentation (V), donnée par la loi
de Stokes, dépend de la constante gravitationnelle (g), du rayon des globules (r),
de la différence de densités entre les phases dispersée (dl) et dispersante (d 2 ) et
de la viscosité de la phase dispersante (r,)

V = 2*r 2 *( d l -d 2 )*g / 9r,


19
Afin de ralentir ces phénomènes, on augmente souvent la viscosité de la
préparation en ajoutant un facteur de consistance ou un agent viscosifiant.

L'affinage des préparations, qui permet d'avoir des émulsions très fines, contribue
aussi à réduire le phénomène de crémage ou de sédimentation.

=> La floculation: les particules dispersées se repoussent car elles portent toujours
des charges électriques de même signe (positif ou négatif). La présence
d'électrolytes de charges opposées entraîne la formation d'agglomérats lâches
(floculation), redispersables après agitation. Par contre, l'apport d'électrolytes de
même charge que celle des particules dispersées permet d'obtenir une émulsion
non floculée et donc plus stable. En effet, bien que la floculation soit un
phénomène réversible, elle promouvoit le crémage ou la sédimentation, de même
que la coalescence (voir Figure 2).

=> L'inversion de phase : survenant par suite d'une modification chimique du


tensioactif ou d'une augmentation inconsidérée de la phase interne ou de la
température, elle se traduit par la transformation brusque ou progressive d'une
émulsion H/E en une émulsion E/H et inversement: on dit que l'émulsion a tourné.

=> Le mûrissement se traduit par une dissolution des petits globules au profit des
plus gros qui augmentent progressivement en taille. Ce phénomène, qui est
réduite par l'affinage des préparations, est fortement accéléré par les variations
cycliques de la température.

Le contrôle de la stabilité des crèmes et des laits consistera donc à observer, à


intervalles réguliers, l'évolution des caractères organoleptiques, physico-chimiques et
microbiologiques ainsi que l'apparition des phénomènes d'instabilité. Il peut se faire
dans les conditions climatiques normales ou sous des conditions de vieillissement
accéléré, en soumettant par exemple l'émulsion à la centrifugation, à des cycles de
congélation et de décongélation, ou encore, à l'effet de la chaleur (40 oC ou 50 OC).

20
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Figure 2 : LES DIFFERENTES FORMES D'INSTABILITE ET LEUR INTERDEPENDANCE


(SEMDE, 2003 a).

[Link] Contrôle microbiologique

Il est fondamental afin d'éviter l'altération ou l'intolérance après application des


préparations cosmétiques. Il consiste en une recherche et une numération des germes
bactériens et fongiques éventuellement présents dans la préparation et en une
recherche de germes dits pathogènes (Staphylococcus aureus, Pseudomonas
aeruginosa, Escherichia coli, Candida albicans et Aspergillus niger), qui ne doivent pas
se retrouver dans les préparations dermatologiques.

Dans le but de maintenir une propreté microbienne satisfaisante, il est recommandé,


en plus de la propreté du matériel et des matières premières utilisés, de l'hygiène au
travail, d'ajouter un conservateur antimicrobien efficace. Cette efficacité peut être
vérifiée par un test de contamination artificielle, qui consiste à inoculer environ 10 7
UFC/g de chacun des germes pathogènes. Après une période de 7, 14 ou 28 jours, le
nombre de germes obtenu doit diminuer ou rester stable.

1.5.3 Contrôle du produit fini

En plus des contrôles organoleptiques, physico-chimiques et bactériologiques


examinés plus haut, des contrôles de tolérance (innocuité) et d'efficacité (activité des

21
préparations contenant des actifs ou principes spécifiques) peuvent également être
réalisés sur le produit fini.

1.6. INDICATIONS EN COSMETOLOGIE ET EN PHARMACIE

Les crèmes et les laits sont des préparations fréquemment rencontrées en


cosmétologie (crèmes et laits corporels) et en pharmacie (formes dermatologiques).
Pour être utilisables, ils doivent être stables, souples et onctueux afin que l'application
soit facile, avoir un pH proche de celui du sébum (± 4,5), n'être pas irritants ni
sensibilisants pour la peau. En plus de cela, Ils ne doivent pas réagir avec les
substances actives incorporées mais au contraire, favoriser leur pénétration cutanée.

1.6.1 Indications en cosmétologie

Les crèmes et les laits corporels sont souvent rencontrés dans les produits de soins et
d'hygiène corporels, les produits capillaires et les produits de maquillage (32).
Dans le groupe des produits d'hygiène corporelle, on peut citer les laits de toilette, les
crèmes nettoyantes, les crèmes antitranspirantes, les crèmes à raser moussantes et
non moussantes, les laits après rasage et certains dépilatoires chimiques.
Beaucoup de produits de soins du visage et du corps sont aussi des préparations
laiteuses ou crémeuses. A titre d'exemple, on peut citer les crèmes dites protectrices,
hydratantes, les crèmes pour peaux grasses, sèches, très sèches, sénescentes, les
crèmes et laits antisolaires et «après soleil», certains masques, produits de gommage
chimique, les bases de maquillage, etc..
Au niveau des produits capillaires, des crèmes sont souvent utilisées dans la mise en
forme permanente des cheveux (crèmes oxydantes et réductrices), dans les soins
capillaires (crèmes hydratantes pour la sécheresse capillaire), pour la teinture
(coloration) et la décoloration capillaires.
Enfin, dans les produits de maquillage, on les retrouve dans les "rouges" à lèvre à
action hydratante (crème), les fonds de teints (fluides, crèmes, crèmes teintées), les
produits de maquillage des yeux (fards à paupières, mascaras crèmes, laits
démaquillants, crèmes anticernes, ... ), les préparations de soins pour les ongles
(crèmes émollientes, laits ou crèmes de soins avant maquillage), de la pigmentation
et la dépigmentation de la peau comme les produits bronzants artificiels, les
photodynamiseurs de la pigmentation et les crèmes dépigmentantes à usage
thérapeutiques.

22
1.6.2 Indications en Pharmacie

En pharmacie, les crèmes et les laits sont des véhicules (bases de formulation)
destinés le plus souvent à l'administration des principes actifs par voie cutanée, en
vue d'une action thérapeutique locale ou générale (systémique). A cause de leur
double polarité (phase lipidique et phase aqueuse), de leurs propriétés intrinsèques,
ces bases favorisent la pénétration percutanée des principes actifs et participent
souvent à leurs activités, par effet synergique. Selon la composition des bases
émulsionnées utilisées en pharmacie, on distingue (44) :

=> les véhicules évanescents (crèmes HIE ou laits), qui laissent sur la peau après
application et évaporation de l'eau un film résiduel mince et non occlusif. Ce type
de véhicules est indiqué pour incorporer des principes actifs destinés aux
traitements des peaux séborrhéiques, de l'acné, des affections des zones pileuses,
des dermatoses exsudatives, etc ..

=> les véhicules émollients: ce sont des crèmes (HIE ou E/H) ou des laits qui laissent
sur la peau, après évaporation de l'eau, un film résiduel gras, suffisamment épais
et occlusif. Ce type de véhicules, qui hydrate la couche cornée, est préconisé pour
l'incorporation des principes actifs destinés aux traitements des dermatoses
hyperkératosiques, des brOlures, des peaux sèches et très sèches, etc..

23
II. GENERALITES SUR LE BEURRE DE KARITE

11.1. PRESENTATION DE L'ARBRE KARITE

II.1.1 Description du karité

L'espèce végétale Vitellaria paradoxa C. F. Gaertn, qui a pour synonyme


Butyrospermum parkii (G. Don) ou Butyrospermum paradoxa [Link] (G. Don)
Hepper, est connue sous l'appellation «karité» en français et «shea» en anglais. C'est
une espèce agroforestière souda no-sahélienne de l'ordre des Ebenales et de la famille
des sapotaceae (8 ; 33).

Figure 3 : IMAGE PHOTOGRAPHIQUE DE L'ARBRE A KARITE DANS SON HABITAT


NATUREL.

Le karité est un arbre d'une quinzaine de mètres de haut à tronc épais pouvant
atteindre 150 centimètres (cm) de diamètre, aux rameaux trapus (munis d'une écorce
épaisse) et à feuillage dense et caduc (Figure 3). Les feuilles, groupées en grosses
touffes serrées, pubescentes et de couleur rouge rouillée dans leur jeunesse,
deviennent progressivement glabres, coriaces, luisantes et vertes foncés. La floraison,
caractérisée par des groupes de 30 à 40 fleurs jaunâtres très parfumées a lieu
généralement d'Avril à Mai. Le fruit est une baie elliptique vert jaune ou jaune, de 3 à

24
6 cm et d'un poids moyen de 20 à 25 grammes (g). Il contient une, deux ou trois
graines appelées «noix de karité» (33 ; 37).
L'arbre se retrouve essentiellement en Afrique, en savane arborée, s'étendant de la
frontière sénégalo-soudanienne à l'Afrique centrale, à travers le sud du Mali, le
Burkina Faso, le nord du Togo, du Ghana, du Bénin, de la Cote d'Ivoire, du Nigeria, le
sud du Tchad et du Soudan. Il pousse spontanément dans les régions arides et semi-
arides, sous une pluviométrie de 500 à 1500 millimètres (mm) et des climats marqués
par deux saisons bien distinctes, avec une longue période sèche. Il pousse également,
à l'état spontané, sur des sols latéritiques bien drainés (34). Les recherches
scientifiques récentes ont aussi montré que la culture du karité dans nos régions est
techniquement possible et réalisable (37).
La reproduction de l'arbre se fait essentiellement par pollinisation des graines, assurée
par les abeilles et les chauves souris (33). Malheureusement, la fécondation de la fleur
est souvent menacée par les feux de brousse et l'harmattan qui provoquent leur
chute. D'une durée de vie moyenne de 200 ans, le karité commence vraiment à
produire à partir de la 15 ème année et atteint sa pleine production à 25 ans.

II.1.2 Utilisation de l'arbre

Dans les foyers africains, certains sous produits du karité (tourteaux et coques) sont
utilisés comme combustibles à la place du bois de chauffe. Le tourteau est aussi utilisé
comme engrais et permet d'extraire une huile de seconde qualité qui sert de base de
teinture ou d'imperméabilisant. Cette teinture est appliquée à la base des cases afin
de protéger l'argile de la pluie ou sur les canaris d'eau, dans le but de les rendre
imperméables (34).

A maturité, les baies du karité sont sucrées et comestibles, avec une pulpe qui
représente 55 % du poids total du fruit. Ce dernier, beaucoup apprécié par les
populations africaines, peut remplacer partiellement ou entièrement le ou les repas
quotidiens de certaines familles rurales durant la période de soudure (mai à août). Le
karité, qui produit 15 à 20 kg de fruits mûrs / an, contribue ainsi à la sécurité
alimentaire des pays comme le Burkina Faso.

La graine ou noix de karité contient une amande, entourée d'un tégument interne, qui
représente 60 à 70 % de la noix sèche et contient près de 50 % m/m de matière
grasse à maturité. Cette amande fait l'objet, depuis toujours, d'un intérêt croissant à
cause de ses lipides (le beurre de karité) qui représentent la principale huile de cuisine
et le principal produit de beauté en milieu rural au Burkina Faso (4). Les amandes et
25
le beurre de karité, commercialisés au niveau national et international, contribuent
aussi à améliorer le PIB de notre pays.

L'arbre à karité abrite aussi une importante colonie de chenilles qui est très appréciée
dans certaines régions du Burkina Faso pour leur apport en protéines (4).

Les feuilles, les écorces, les fleurs, le latex, les racines et le beurre de karité sont
également très utilisés dans la pharmacopée traditionnelle (33).

Le latex extrait du tronc, par son pouvoir coagulant, est également utilisé pour
fabriquer des ballons ou pour fixer des ornements sur les coiffures des femmes. Il est
aussi utilisé comme gomme à mâcher (34).

Malheureusement, cet arbre tant apprécié des populations rurales est victime des
aléas climatiques, des feux de brousse, de l'attaque des parasites, de la désertification
et de l'action destructrice de l'homme. En effet, le bois est très utilisé pour le
chauffage et la charpente des maisons, pour la confection des récipients, des mortiers
et pilons, et pour la fabrication de meubles divers. Cette exploitation presque abusive
de l'arbre, conjugué à sa croissance lente, fait que de plus en plus, la population de
karité subit un vieillissement avec peu de renouvellement.

Le karité est donc un arbre à usages multiples, qui ne semble pas avoir de déchets
puisque toutes ses parties sont utilisées par les populations rurales. Par contre, pour
les populations citadines d'Afrique et des pays du nord, le beurre de karité est le
produit de karité le plus demandé à l'heure actuelle.

[Link] SOCIO-ECONOMIQUE DU BEURRE DE KARITE AU


BURKINA FASO
De la révélation au monde du karité par Mungo Park vers la fin du XV ème siècle, après
le passage d'Ibn Batouta en 1352 en Afrique, à la pénétration coloniale, les
témoignages s'accordent sur l'importance du beurre de karité dans la vie quotidienne
en milieu rural africain depuis des millénaires.

Pour illustrer avec force cette importance du beurre de karité, la firme TECO FINANCE
EXPORT, spécialisée dans sa récolte et sa distribution aux manufacturiers des produits
pharmaceutiques et cosmétiques en France, affirme, de manière poétique: « du bébé
accueilli dans une rigoureuse friction au beurre de karité jusqu'au lit du roi défunt
spécialement taillé dans la noblesse du tronc de l'arbre, la vie du village bat au
rythme de l'arbre sacré comme la vie d'une femme. En effet, de juillet en décembre,
toute l'activité de la femme est dévolue à la collecte de brousse, à la vente des noix
26
au marché et à la préparation des fruits de l'arbre qui serviront l'année durant aux
besoins domestiques et culinaires de la famille. Les qualités naturelles antioxydantes
de la noix de karité permettent de stocker ce produit sauvage ».

Selon une autre légende également, la grande beauté de la reine Néfertiti de l'Egypte
ancienne était due à l'utilisation du beurre de karité qui possède des vertus
réparatrices de la peau.

Au Burkina Faso, le beurre de karité était jadis utilisé dans les échanges commerciaux
intra et inter contrées avec les épices, la cola, l'or, l'ivoire, le sel. Au niveau familial, il
était considéré comme un objet cher, symbolique offert en présent à un ami ou à un
invité de marque.

Dans ce pays dont l'économie est surtout basée sur les activités agropastorales, le
karité a constitué, de 1980 à 1990, le troisième produit d'exportation. A titre
d'exemple, la Caisse de Stabilisation des Prix des Produits Agricoles a commercialisé,
de 1989 à 1994, environ 32.700.804 tonnes d'amandes, dont 5.710.558 tonnes
localement et 26.990.243 tonnes à l'exportation (41). En ce qui concerne le beurre de
karité dont le cours de marché est d'environ 300.000 FCFA / tonne, les exportations
vers l'Europe atteignent souvent les 3.500 tonnes / an (37).

Il occupe, avec l'arachide, le sésame et la noix de cajou, le marché des oléagineux du


Burkina Faso (25). Au regard de l'importance du parc à karité (28 % du territoire
national), de sa contribution à l'économie nationale, et de l'implication de la frange la
plus importante de la population (sa production est surtout assurée par les femmes et
souvent les enfants), qui est majoritairement rurale, un Projet National Karité (P.N.K)
fut mis en place depuis maintenant une dizaine d'années. Ce projet financé par la
République de Chine dans le cadre des Engagements Nationaux, vise à promouvoir le
développement de la filière karité, en ayant notamment ses interventions sur:

=> le renforcement des capacités organisationnelles des productrices, en les


regroupant en associations de production ou de transformation du beurre de
karité. Ces regroupements permettent en effet de créer plus d'emplois, de
professionnaliser l'activité, et de ce fait, améliorer la productivité et la qualité des
produits mis sur le marché.

=> le renforcement des capacités opérationnelles des groupements par des formations
en vue d'améliorer les productions d'amandes, de beurre de karité, de savons et
donc, l'accès à des marchés plus rémunérateurs. Dans ce sens, les partenaires au
développement tel que le Centre d'Etude et de Coopération Internationale (CECI),
27
organe d'exécution de l'Agence Canadienne de Développement International
(ACDI), ont fortement appuyé la formation des intervenants de la filière karité
(groupements de production et entreprises du cosmétique). On pense en effet que
le développement des entreprises cosmétiques locales, capables d'exploiter
efficacement le beurre de karité, permettra à terme de diminuer les importations
du Burkina Faso en produits de beauté et d'hygiène, qui s'élèvent à plus de quatre
milliards de F CFA / an (34). A côté de l'usage cosmétique, les recherches
effectuées par l'Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologies du
Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (IRSAT / CI\IRST)
ont permis la mise au point d'une huile de table liquide, à la température
ambiante, à partir du beurre de karité.

~ l'apport d'appuis techniques, en octroyant aux groupements de production, des


moulins et des presses pour l'extraction mécanique du beurre de karité dans le but
d'alléger le travail pénible des femmes productrices. En effet, en plus des travaux
domestiques, elles peuvent, par saison, collecter et traiter 560 kg de fruits frais,
soit 112 kg d'amandes sèches (47).

Les différentes actions de valorisation et d'amélioration de la productivité et de la


qualité du beurre de karité vont améliorer son acceptation au niveau national et
l'augmentation des exportations, avec une plus value importante pour l'économie
nationale.

Les femmes rurales, qui sont au centre de la filière karité, trouvent ici des activités
rémunératrices par la vente des fruits, des amandes, des savons et du beurre de
karité dont les bénéfices sont réinvestis dans l'achat des vivres, médicaments,
vêtements, scolarité des enfants. Au regard de cette contribution de la filière karité à
la lutte contre la pauvreté et à la promotion de la femme, le P.N.K a été placé sous la
tutelle technique du Ministère de la promotion de la femme.

II.3. CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES ET CRITERES DE


QUALITE DU BEURRE DE KARITE
Le beurre de karité se présente sous la forme d'une matière grasse de couleurs vert
jaunâtre, ivoire ou gris et d'odeur plus ou moins forte suivant le traitement des noix et
le procédé d'extraction utilisé. Il est solide à la température ambiante, a un point de
fusion habituellement compris entre 27 et 55 oC, un point de solidification de 19 à 34
oc. Sa densité relative est de 0,9 à 40°C et son indice de réfraction est de 1,463 -

28
1A68. Le beurre de karité commercial ne doit pas contenir plus de 0,01 %
d'impuretés insolubles dans l'hexane, ni plus de 0,05 % d'eau et de matières volatiles
(37 ; 6). Il est sensible aux variations de températures qui peuvent provoquer sa
cristallisation c'est-à-dire son passage de l'état amorphe à l'état cristallin (22).

Les analyses chimiques du beurre de karité ont permis de montrer qu'il est
principalement composé (Tableau III) :

=> de glycérides: il s'agit d'esters d'acides gras et de glycérol, qui se présentent sous
forme de triglycérides (50 %), de diglycérides (4 %) et de monoglycérides (2 %).

=> d'acides gras libres (5 %) : on retrouve d'une part les acides gras saturés (49,50
%) constitués d'acide stéarique (45,5 %), d'acide palmitique (3,6 %) et de traces
d'acide arachidique et d'autre part, les acides gras insaturés (50,05 %), constitués
majoritairement d'acide oléique (42,2 %), d'acide linoléique (6,8 %), d'acide
arachidonique (1,5 %), d'acide gadoléique ( 0,3 %) et d'acide linolénique (0,1 %).

=> d'un insaponifiable, c'est-à-dire la fraction insoluble dans l'eau après


saponification. Cet insaponifiable, composé essentiellement d'alcools triterpéniques
(66 %) tels que le lupéol et le parkéol, de phytostérols, de vitamines liposolubles
(A, D, E, F, K), d'esters de résines (esters cinnamiques) et de latex (karitène), est
très élevé (3,5 à 17 %) par rapport à celui trouvé dans d'autres beurres végétaux
tel que le beurre de cacao (0,3 à 0,5 %) (34).

Cette composition chimique particulière du beurre de karité est à l'origine de


propriétés très intéressantes, tant sur le plan alimentaire, cosmétique que
pharmaceutique.

Du point de vue des caractéristiques physico-chimiques, les normes ou critères de


qualités exigées par les industries cosmétiques pour le beurre de karité commercial
sont résumés sous forme de Fiche technique présentée dans le Tableau III (6) :

29
Tableau V : Fiche technique du beurre de karité
CARACTERISTIQUES PHYSIQUES
, Eau et matières volatiles < 0,05 %
Couleur Ivoire ou jaune
Densité 0,9 à 40 oC
1

Impuretés insolubles dans l'hexane < 0,01 %


Point de fusion 29 - 34 oC
CARACTERISTIQUES CHIMIQUES
Indice d'acidité (Acidité oléique) < 1%
Insaponifiables 4 - 17 %
Indice de peroxyde < 3 mEq
Indice d'iode 64 - 72
Alcalinité 0
Indice de saponification 160 - 200
COMPOSITION DES ACIDES GRAS ESTERIFIES (Glycérides)
Acide palmitique (C16:0) 1,8 %
Acide stéarique (C18:0) 41,9 %
Acide oléique (C18: 1) 47,7 %
Acide linoléique (C18: 2) 7,2 %
Acide linolénique (C18: 3) 0,1 %
Acide arachidique (C20:0) 1,1 %
Acide gadoléique (C20:1) 0,2 %
* Taux d'acides gras libres, exprimé en acide oléique.

Les différentes caractéristiques physico-chimiques du beurre de karité peuvent


évidemment varier t d'une production à une autre et suivant les procédés de
traitement des amandes et d'extraction utilisés.

lIA. PROCEDES D'OB"rENTION DU BEURRE DE KARITE

La production du beurre de karité comporte deux étapes essentielles que sont le


traitement des noix de karité et l'extraction proprement dite du beurre. La maîtrise de
ces étapes est importante car elles déterminent la qualité et l'utilisation du beurre de
karité produit.

30
II.4.1 La récolte et le traitement des noix de karité

=> La cueillette et le tri des fruits

Le beurre de karité doit être produit à partir des noix issus des fruits mûrs tombés à
terre (3) pendant la saison hivernale (juin, juillet, août). En effet, les amandes de
karité provenant de fruits cueillis sur l'arbre, avant la maturité, contiennent peu de
matière de grasse « 30 %), plus d'acides gras libres (> 0,5 %) et subissent des
dégradations de tout genre (38).

Les fruits mûrs collectés sont ensuite triés, en éliminant ceux qui ont commencé à
germer ou à pourrir au niveau du sol, dans le but d'éviter l'altération de la couleur, du
goût et de l'odeur du beurre de karité (26).

=> le dépulpage du fruit:


Opération consistant à éliminer la pulpe, le dépulpage a lieu suivant deux modes
essentiels, selon les régions de production:
), le dépulpage après fermentation dans l'eau, soit dans un récipient de grande
capacité pendant deux semaines (provinces du Boulgou et du Gourma) soit
dans une fosse réalisée au sol, pendant un mois (provinces du Nayala et du
Sourou). Ce trempage des fruits dans l'eau, qui permet d'éviter leur
germination, peut malheureusement provoquer l'activation des enzymes
lipolytiques endogènes des noix (lipases, protéases, phénolases, .... ),
l'hydrolyse des triglycérides et une libération massive d'acides gras libres (38).
), le dépulpage manuel ou par foulage des pieds, utilisé dans les provinces du
Boulkièmdé, du Sanguié, de la Sissili, du Nahouri, du Houet, de la Comoé, de la
Bougouriba et du Poni, apparaît être le meilleur traitement des fruits.

=> le conditionnement des noix:


Il consiste en un traitement à la chaleur, suivi du séchage (afin d'éviter la
contamination par les moisissures, le séchage des noix après leur traitement à la
chaleur doit être immédiat) et du décorticage des noix et enfin, le séchage des
amandes.
Les sources de chaleur utilisées pour le traitement des noix varient selon les régions:
), Dans les provinces du Nayala, du Sourou et certaines localités du Boulgou et du
Gourma, les noix sont directement séchées au soleil.
), Dans les provinces du Boulgou, du Gourma, du Boulkièmdé, du Sanguié, de la
Sissili et du l\Jahouri, les noix de karité sont bouillies puis séchées au soleil.
Cette méthode de traitement des noix est celle qui permet d'obtenir du beurre
31
de karité de meilleure qualité (48). En effet, selon JACOBSBERG (24), un
chauffage de SOOC pendant 30 minutes ou à 100°C pendant 10 minutes détruit
la lipase du fruit et inhibe l'hydrolyse de la matière grasse. Il permet également
d'éviter la contamination microbienne de l'amande, d'inhiber les lipases
exogènes et l'action de la phénolase (3) qui altère la couleur du beurre de
karité.
'r Les noix peuvent aussi subir un fumage au four, directement (provinces du
Houet, de la Comoé, de la Bougouriba, du Poni, du Nayala et du Sourou) ou
après une cuisson à l'eau et un séchage au soleil (provinces du Houet, de la
Comoé, de la Bougouriba et du Poni). L'avantage de ce séchage au four est
l'obtention d'un beurre de karité à taux d'acide faible (1,4 % à 3,6 %).
Le décorticage des noix traités se fait après une bonne déshydratation, au moment où
les amandes se décollent facilement des coques. Les amandes récoltées sont ensuite
triées en fonction de leur aspect (gras ou non), leur couleur, leur fermeté, leur
odeur (naturelle, agréable ou non) et la présence ou non de moisissures, de
champignons, d'insectes, etc ..

~ La conservation des amandes:


Elle doit se faire dans de bonnes conditions de stockage (lieux propres, bien secs et
ventilés) pour éviter la re-humidification des amandes au cours du stockage. Le taux
d'humidité doit être le plus bas possible (0,5 %) (34).

II.4.2 L'extraction proprement dite du beurre de karité (37)

L'extraction du beurre de karité à partir des amandes se fait de manière artisanale


(traditionnelle ou moderne) ou chimique.

II.4.2.1 L'extraction artisanale traditionnelle

Elle fait appel, soit à la technique par «barattage», soit à la technique par chauffage
de la pâte d'amandes appelée aussi, extraction par cuisson.

~ La technique par «barattage» :


'r Après un nettoyage rigoureux, les amandes sont concassées et torréfiées afin
de développer l'arôme spécifique du beurre de karité. Ensuite, les particules
obtenues sont transformées en pâte, à la meule ou au moulin et on y ajoute de
l'eau à une température permettant un mélangeage homogène. La température

32
du mélange, la quantité d'eau utilisée et l'importance du pétrissage ou
«barattage» qui suit, sont importantes pour réaliser une bonne extraction.
~ Lorsque la pâte a blanchi et n'adhère plus aux mains et au récipient, on y
ajoute une quantité d'eau (environ 80 % du volume de la pâte), qui permet de
récupérer le beurre de karité remonté à la surface. Celui-ci subit finalement un
processus de raffinage, par lavage pour éliminer les résidus solides et les
substances hydrosolubles, puis par chauffage pour éliminer l'eau et enfin par
décantation pour clarifier le beurre. Cette technique donne un beurre de karité
à taux d'humidité, d'acides libres (6 à 12 %) et d'impuretés solides (38) élevés.
).- La déshydratation finale, effectuée par chauffage, n'est habituellement pas
suffisante pour éliminer toute l'eau résiduelle, qui malheureusement, peut être
à l'origine de réactions d'hydrolyse et d'oxydation responsables de l'apparition
de certains composés chimiques (aldéhydes, cétones, alcool), du goût amer et
de la mauvaise odeur souvent rencontrée dans le beurre de karité. Cependant,
elle permet une épuration partielle des substances hydrosolubles du beurre,
une légère désodorisation et une désacidification des acides gras volatiles à
courtes chaînes. Certains groupements utilisent également, au cours du
raffinage, des extraits d'acides de plantes, ce qui permet un démucilage d'où
une coloration et une odeur plus agréables du beurre de karité.

=> La technique par chauffage de la pâte: à la pâte obtenue au moulin, on y ajoute


une quantité d'eau équivalent au tiers du volume de la pâte. Le mélange est
chauffé et homogénéisé par agitation jusqu'à ce que le beurre surnage. Il est
recueilli au fur et à mesure dans un récipient où il subit une décantation. Cette
technique d'extraction caractérisée par une diffusion importance des substances
liposolubles et colorantes, donne un beurre de karité à odeur forte.

L'extraction traditionnelle, utilisée par la majorité des productrices, représente près de


80 % de l'offre totale de beurre de karité au Burkina Faso. Malheureusement, elle est
pénible et lente, donne un rendement faible et des produits de qualité souvent très
hétérogène.

II.4.2.2 L'extraction mécanique ou extraction artisanale moderne

Le processus d'extraction, qui utilise des presses semi-industrielles, consiste en une


série d'opérations dont les principales sont le nettoyage des amandes, le concassage,
la torréfaction, le pressage et la purification. Cette méthode d'extraction, dont le
rendement est meilleur, est également moins pénible.
33
Les différents types de presses, introduites au Burkina Faso depuis les années 1980,
sont notamment des presses manuelles, à vis verticales ou horizontales, hydrauliques
ou à criques (35). Seules les presses hydrauliques, fabriquées par l'Institut Burkinabé
de l'Energie (IBE), sont en expérimentation au niveau de quelques groupements
féminins, grâce notamment à l'appui du P. N. K. Au niveau industriel (5), on retrouve
des presses manuelles, mais aussi des presses motorisées (36 ; 26).

Le beurre de karité obtenu par pression mécanique a habituellement un taux d'acidité


libre inférieur à 1 %, un pourcentage d'insaponifiable d'environ 7 à 8 %, un indice
d'iode compris entre 64 et 72 (21). Il est fortement coloré et de mauvaise odeur, bien
qu'au niveau industriel, les filtrations multiples permettent de retrouver une bonne
coloration avec moins de matières en suspension. A cause de son odeur désagréable,
ce beurre est essentiellement utilisé en cosmétologie.
Le rendement de l'extraction mécanique demeure faible (21) et nécessite un
maniement lourd et une maintenance régulière des presses (37).

II.4.2.3 L'extraction chimique

Le processus utilisé comporte aussi une série d'opérations telles que le nettoyage, le
concassage, la pulvérisation, l'épuration de la poudre avec un solvant (deux fois
quatre heures), la décantation du beurre de karité recueilli dans un bain d'eau à 65°(
et enfin, la filtration à l'aide de papiers filtres (5).

L'extraction chimique, dont les solvants les plus utilisés sont l'éther de pétrole,
l'hexane, le chloroforme ou le benzène, donne un rendement maximal et un prix de
revient faible, comparativement aux méthodes précédentes. Le beurre de karité
obtenu par ce procédé est seulement utilisé dans l'industrie du chocolat comme
substitut du beurre de cacao car, les solvants utilisés détruisent certaines substances
actives.

[Link] COSMETIQUES ET PHARMACEUTIQUES DU BEURRE


DE KARl"rE
Le beurre de karité, bien qu'utilisé depuis des millénaires en Afrique, est de nos jours
une matière première fort prisée au niveau industriel. Il est en effet retrouvé dans
l'industrie agroalimentaire et surtout dans les industries cosmétiques et
pharmaceutiques.

34
II.5.1 Utilisation en cosmétologie

Bien que limité par rapport aux besoins agroalimentaires, la demande en karité par les
industries cosmétiques est relativement forte. En effet, comme toutes les matières
grasses végétales, la présence d'acides gras libres et de triglycérides dans le beurre
de karité permet son utilisation pour la formulation de savons, de crèmes, de laits et
de pommades cosmétiques. De plus, on lui attribue, à cause de sa haute teneur en
insaponifiables, des propriétés de réparation et d'entretien de la peau et des cheveux.
A cet égard, il est souvent utilisé comme agents:

=> de protection capillaire, grâce à la présence de la vitamine A qui redonne souplesse


et vitalité aux cheveux abîmés;

=> de soins pour le visage et le corps car il hydrate et nourrit les couches
superficielles de la peau, protège la peau contre les rayons UV du soleil et améliore
son élasticité par la régénération des cellules mortes;

=> relaxants en massages;

=> de protection contre les intempéries du climat (froid, vents) ;

C'est ainsi qu'on retrouve le beurre de karité dans les produits cosmétiques (34) tels
que:

=> les produits de soins pour bébés (5 à 8 %) ;

=> les crèmes pour les mains (5 à 10 %) ;

=> les soins des lèvres (5 à 10 %) ;

=> les crèmes pour les soins de nuit (8 à 15 %) ;

=> les produits pour les peaux sèches et sensibles (5 à 12 %) ;

=> les produits contre les vergetures de la grossesse (6 à 8 %) ;

=> les crèmes de jour (4 à 6 %) ;

=> les savons (2 à 3 %) ;

=> les pâtes dentifrices (1 %) ;

=> les masques faciaux (5 %), etc ..

35
II.5.2 Utilisation en pharmacie

L'insaponifiable du beurre de karité lui confère des propriétés anti-inflammatoires et


cicatrisantes, utilisées pour les massages, les traitements des courbatures, du rhume
de cerveau. Ces propriétés sont aussi exploitées dans certains produits destinés au
traitement des douleurs rhumatismales et des brûlures.

Le beurre de karité est aussi employé comme excipient gras dans la préparation des
pommades, des laits et des crèmes dermatologiques (34). On le retrouve par exemple
dans des préparations analgésiques (Baume saint Bernard, crème à l'hydrocortisone)
et anti- acnéiques, dans les liniments et les onguents.

36
Deuxième partie :
NOTRE ETUDE
III. ENONCE DU PROBLEME ET OBJECTIFS

I1L1. ENONCE DU PROBLEME

Le Burkina Faso, dont le Produit National Brut par habitant en 1997 était de 310
dollars US, est classé parmi les pays en développés. Sa situation sanitaire, qui
demeure délicate, est essentiellement due au faible niveau socio-économique des
populations et au faible taux du personnel médical. Par exemple, on comptait en
1999, un médecin pour 30.000 habitants dont un dermatologue pour environ 2
millions d'habitants (9).

Parmi les affections les plus rencontrées, la pathologie dermatologique occupe une
place importante du fait des conséquences esthétiques, psychologiques et
physiologiques qu'engendrent les affections cutanéo-muqueuses. Cette pathologie
requière dans sa prise en charge, aussi bien les produits pharmaceutiques que les
produits cosmétiques.

La cosmétologie se situe de plus en plus aux frontières des médicaments et de la


thérapeutique d'où la notion de "cosméceutique". En effet, en dehors des indications
purement esthétiques, elle connaît actuellement un grand développement en tant
qu'adjuvant des thérapeutiques dermatologiques. Par exemple, elle permet de
diminuer la consommation des dermocorticoïdes dans le traitement de l'atopie et une
meilleure tolérance des traitements locaux irritants dans la prise en charge de l'acné
(7) .

Avec une fraction élevée et toujours croissante de la population qui a moins de 700 F
CFA / jour pour vivre (23), le coût excessif des produits cosmétiques, importés à plus
de 4 milliards de FCFA / an par le Burkina Faso (34), pose de sérieux problèmes
d'accès aux soins et au bien être pour la majorité de la population. De plus, le taux
élevé d'automédication rencontré avec ces produits est une source de complications
dans l'évolution de certaines affections dermatologiques (16).

Parmi les produits cosmétiques et pharmaceutiques utilisés dans notre pays, on


rencontre beaucoup de préparations émulsionnées comme les crèmes et les laits
dermiques dont les principaux avantages sont la facilité d'étalement et de pénétration
à travers la peau, et la possibilité d'incorporer les principes actifs lipophiles et
hydrophiles.

Certaines formulations de crèmes et laits cosmétiques renferment de plus en plus du


beurre de karité, qui à cause de sa teneur élevée en acides gras insaturés et en
37
insaponifiables, possède des propriétés protectrices et régénératrices de la peau. Il
est cependant utilisé à des concentrations relativement faibles, soit pour un label
marketing ( < 5 % m/m) soit pour ses propriétés spécifiques (5 à 15 % m/m) (21).
Ces formulations étaient fabriquées dans les pays du nord et revendues très chères,
même dans les pays producteurs du beurre de karité comme le nôtre (30.000 tonnes
/ an ; 40). De plus, le beurre de karité utilisé par les industries cosmétiques
occidentales est exporté de nos pays moins cher et retraité ou est tout simplement
extrait des amandes exportées. Cela est dû au fait que la production locale connaît
souvent des problèmes d'acceptation sur le marché international, du fait de la
variabilité et souvent, de la non-conformité de ses propriétés physico-chimiques aux
normes exigées.

Au niveau local, la demande de plus en plus forte en produits de beauté, de soins et


d'hygiène corporels renfermant du beurre de karité, conjuguée à son utilisation
traditionnelle, a suscité la naissance de quelques entreprises cosmétiques (exemples:
Phycos, Karilor, SPH, ... ). Cependant, force est de constater que pour la fabrication
locale de certains laits et crèmes corporels dits à base de beurre de karité, certaines
entreprises importent encore des bases émulsionnées prêtes à l'emploi, auxquelles
elles ajoutent des faibles quantités de beurre de karité.

Nous pensons pourtant que le beurre de karité local pourrait être encore mieux
valorisé et utilisé plus avantageusement dans la formulation des crèmes et des laits
cosmétiques, si toutefois il était employé à forte concentration, par exemple comme
l'unique phase grasse de ces préparations. Dans ces conditions en effet, on pourrait
accroître ses débouchés commerciaux et son utilisation locale, obtenir des produits
cosmétiques et même pharmaceutiques à prix de revient plus abordables, tout en
bénéficiant encore plus des propriétés spécifiques tant recherchées de cette matière
grasse locale et naturelle.

Notre étude, qui entre dans ce cadre de valorisation, examine les conditions
d'utilisation du beurre de karité local comme principale phase grasse de crèmes et de
laits corporels, potentiellement utilisables en pharmacie et en cosmétologie.

38
111.2. OBJECTIFS DE L'ETUDE

111.2.1 OBJECTIF PRINCIPAL

Rechercher les conditions optimales d'utilisation du beurre de karité produit


localement et de manière artisanale, comme matière première de base pour la
formulation des laits et des crèmes potentiellement utilisables en cosmétologie et en
pharmacie.

111.2.2 OBJECTIFS SPECIFIQUES

Objectif spécifique 1 : Déterminer les pourcentages minimal et optimal en


tensioactifs nécessaires pour obtenir des crèmes et des laits corporels à base de
beurre de karité homogènes et stables vis-à-vis de la séparation de phases.

Objectif spécifique 2 : Déterminer l'influence de l'origine et de la teneur du beurre


de karité sur la stabilité physique et la consistance des émulsions (crèmes et laits).

Objectif spécifique 3 : Vérifier, sur une période d'au moins deux mois, la stabilité
physique des crèmes et des laits à base de beurre de karité, dans les conditions de
conservation du laboratoire.

Objectif spécifique 4 : Déterminer quelques caractéristiques physico-chimiques et


senso-rhéologiques des préparations stables obtenues.

IV. MATERIELS ET METHODES

IV.t. TYPE D'ETUDE

Il s'agit d'une étude essentiellement expérimentale.

IV.2. CADRE DE L'ETUDE

Toutes les études ont été réalisées au sein de l'Unité de Formation et de Recherche en
Sciences de la Santé de l'Université de Ouagadougou, en particulier dans le
Laboratoire de Pharmacie Galénique et de Technologie Pharmaceutique.

39
IV.3. MATERIELS

IV.3.1 Echantillons de beurre de karité

Dans le cadre de ce travail, nous avons utilisé trois (3) échantillons de beurre de
karité, provenant de producteurs différents. Il s'agit:

::::::> du beurre de karité alimentaire amélioré, produit par l'association féminine pour le
développement (AFDfTNKn - Fada N'Gourma) ;

::::::> du beurre de karité 100 % naturel KARIBEL, de l'association burkinabé


action_solidarité_femmes_enfants (ABASFfE à Ouagadougou) ;

::::::> du beurre de karité de préparation plus standardisée de l'union de la Sissili (Léo),


obtenu gratuitement du Centre canadien d'Etude et de Coopération Internationale
(CECI).

Les différents échantillons, obtenus entre Janvier et Avril 2003, ont été conservés au
réfrigérateur dès leur arrivée au laboratoire.

IV.3.2 Equipements et petits matériels de laboratoire

Les principaux équipements et matériels de laboratoire utilisés dans le cadre de ce


travail sont listés ci-dessous. Ils ont servi à la caractérisation physico-chimique du
beurre de karité, à la préparation des crèmes et des laits, aux études rhéologiques et
de stabilité:

::::::> Balance analytique (portée = 160 g sensibilité = 0,1 mg) IVIETILER TOLEDO
Monobloc PB 1502-5, (Suisse) ;

::::::> Balance de précision (portée = 1500 g sensibilité = 0,1 g) METILER TOLEDO


Monobloc PB 1502-5, (Suisse) ;

::::::> Agitateur magnétique Thermolyne Cimarec® 1 (USA) ;

::::::> Etuve Memmert (Allemagne) ;

::::::> pH-mètre Microprocessor HI9321 avec des électrodes combinées (Portugal);

::::::> Dessicateur Haldenwanger (Allemagne) ;

::::::> Un appareil Perkin-Elmer DSC-7 de Perkin-Elmer instruments USA, équipé de deux


fours (l'un pour l'échantillon, l'autre pour la référence), d'un contrôleur d'analyse
thermique TAC-7 fDX, d'un refroidisseur intercooler-2, d'un programme (Pyris)

40
pour le traitement des données et des cupules non perforées en aluminium de 50
III ;

~ Réfrigérateur Bosch KSV3130EU (Allemagne) ;

~ Bain-marie chauffant (GFL, Germany) ;

~ Distillateur d'eau (GFL 2008, Belgique)

~ Agitateur à hélices IKA (Labortechnik Staufen, Germany) ;

~ Viscosimètre rotatif à cylindres coaxiaux Braokfield LVDV-E muni d'un adaptateur


pour l'étude des échantillons de petit volume (environ 8 ml) (USA) ;

~ Cryothermostat Ecoline RE106 (Allemagne) ;

~ Un équipement informatique complet (ordinateur, imprimante, scanner, logiciels


Windows et office) ;

~ Verrerie et autres petits matériels: béchers, spatules, verres de montre,


baguettes en verre, burettes de 25 ml, pipettes jaugées et graduées, pots en
plastique, flacons en verre blanc et flacons en verre brun.

~ Fiches d'enregistrement des données (cf. Annexes l, II, III).

IV.3.3 Les principaux réactifs et solvants utilisés pour les analyses:

Carbonate de sodium (Na2C03, Groupe Rhône Poulenc, EEC), Dichlorométhane pour


HPLC (Carlo Erba Reagent s.r.I), Desséchant Silicagel blue indicating, Acide
chlorhydrique 37 % m/v, pastille d'Hydroxyde de sodium, Ethanol dénaturé avec 5 %
v/v d'éther, Phénolphtaléine et MéthylOrange (Acras Organics ; Belgique).

IV.3.4 Les principaux excipients utilisés pour les formulations

~ L'eau distillée préparée au laboratoire;

~ Le sorbitane rnonostéarate (Span®60), le polyoxyéthylène (20) sorbitane


monostéarate (Tween®60), le parahydraxybenzoate de méthyle (Nipagin®) et le
parahydraxybenzoate de propyle (l\Jipasol®) de Fédéra (Belgique).

IV.3.S Volontaires

Dans le cadre des essais senso-rhéologiques destinés à évaluer l'acceptabilité des


crèmes et des laits réalisés, dix (10) étudiants en pharmacie (sème et 6ème années), se
sont prêtés comme volontaires.

41
IVA. METHODES

IV.4.1 Caractérisations des échantillons de beurre de karité

IV.4.1.1 Détermination de l'acidité du beurre de karité (Pharmacopée européenne)

La détermination de l'acidité par cette méthode consiste à mettre en solution une


prise d'essai (environ 20,0000 g) de beurre de karité dans un mélange à égal volume
d'éthanol et de dichlorométhane, préalablement neutralisé par une solution
d'hydroxyde de potassium en présence de phénolphtaléine. Les acides gras libres
présents sont ensuite titrés à l'aide d'une solution éthanolique d'hydroxyde de
potassium (d'environ 0,01 N) dont le titre a été exactement déterminé à l'aide d'une
solution d'acide chlorhydrique (HCI 0,1 N), en présence de méthyle orange comme
indicateur coloré. La concentration exacte de la solution de HCI 0,1 N était
préalablement déterminée, en présence du méthyle orange, avec une solution de titre
connu de carbonate de sodium (Na2C03 O,lN) préparée au niveau du laboratoire.

L'acidité du beurre de karité, qui est le pourcentage d'acides gras libres exprimé
conventionnellement en acide oléique (21), peut aussi être caractérisée par l'indice
d'acide, qui est la quantité en mg de KOH utilisée pour neutraliser un gramme de
matière grasse (39).

Connaissant le titre (C KOH ) et le volume (V KOH ) de la solution alcoolique de KOH


utilisée, le pourcentage d'acide gras, exprimé en acide oléique, a été calculé à l'aide
de la relation :
% d'acidité = VKOH * CKOH *282 *100 j m * 1000
L'indice d'acidité a été aussi calculé, en utilisant la formule
LA = VKOH * C KOH * PM KOH j m
PM KOH = poids moléculaire de KOH en gjmole

282 = poids moléculaire de l'acide oléique en gjmole (voir définition)


m = prise d'essai en g du beurre de karité.
Ayant effectué 4 déterminations, le pourcentage et l'indice d'acidité ont été exprimés
par les valeurs moyennes plus ou moins l'écart type (m ± s, n = 4).

42
IV.4.1.2 Détermination de la teneur en eau du beurre de karité (valorisation du
beurre de karité)

Un bécher en verre pyrex de 150 ml vide, préalablement séché à l'étuve, contenant


une baguette en verre utilisée pour l'agitation et une prise d'essai de beurre de karité
de 5,0 g, a été exactement pesé à l'aide d'une balance analytique (Po). l'ensemble a
été introduit, à l'aide d'une pince en nickel, dans une étuve dont la température a été
portée à 110°C. Après un chauffage d'une heure (1 h), le bécher était retiré et
introduit immédiatement dans un dessiccateur contenant du silicagel (déssicant).
Après un refroidissement d'environ 30 minutes, le bécher et son contenu étaient
ensuite pesés (Pl) et le processus (étuve - dessiccateur - pesée) était repris jusqu'à
obtenir une perte de masse inférieure 2 mg / heure. les pertes de masse étaient
calculées à l'aide de la formule:
Pertes = Px - Po où Px est le poids de la dernière pesée.

l'expérience a été répétée 3 fois et la teneur en eau de l'échantillon de beurre de


karité analysée, exprimée par la moyenne plus ou moins l'écart type (m ± s, n = 4),
était finalement déterminée à l'aide de la relation:
% (Teneur en eau) =pertes * lOO/prise d'essai
IV.4.1.3 Etude du comportement thermique du beurre de karité par calorimétrie
différentielle à balayage (differential scanning calorimetry ou DSC)

Nous avons pesé exactement, dans une cupule, 5 à 10 mg de chaque échantillon de


beurre de karité à analyser. la cupule était scellée puis placée dans le four pour
échantillon. le four de référence contenait une cupule vide, préparée de manière
identique. le refroidisseur a été ensuite mis en marche. A l'aide du programme Pyris,
les deux fours étaient soumis au cycle de températures suivant:

~ refroidissement à 4°C et maintien de cette température pendant 5 minutes;

~ chauffage de 4°C à 130°C, à une vitesse de 5°C / min (premier chauffage) ;

~ refroidissement de 130°C à 4°C, à une vitesse de 5°C/min (refroidissement) ;

~ maintien de la température à 4°C pendant 5 minutes;

~ réchauffement de 4°C à 130°C à la vitesse de 5°C / min (deuxième chauffage).

les différents thermogrammes obtenus, c'est-à-dire les tracés montrant en ordonnée


l'évolution de la différence d'énergie thermique (llF) entre la cupule échantillon et la
cupule de référence et en abscisse la température des cupules, ont été finalement

43
analysés en considérant les pics des endothermes comme étant les températures
auxquelles il y a transition de phases (fusion et solidification).

Avant d'être utilisés pour les études de OSC, les échantillons de chaque beurre de
karité ont été prélevés et fondus à 40 oC, puis introduits dans des tubes à essais. Les
tubes étaient ensuite mis au réfrigérateur (2 - 8 OC) pendant trois heures pour
permettre la re-solidification du beurre de karité. Un des tubes était laissé au
réfrigérateur et l'autre était mis à l'étuve dont la température était réglée à 30 Oc.
Ainsi, on a pu étudier la OSC de chaque beurre de karité conservé à 4 oC et à 30 oC,
et cela en fonction du temps de conservation.

IV.4.2 Préparations des formulations

IV.4.2.1 Formulations des crèmes et des laits

On a réalisé des formulations simples de crèmes et de laits en utilisant:

::::::> Ou beurre de karité: avant d'être utilisés, les différents échantillons reçus ont été
préalablement fondus, refroidis et conservés au réfrigérateur (2 - 8 OC). Ce
traitement préliminaire visait à obtenir des échantillons dont les caractéristiques
physico-chimiques seraient homogènes et invariables d'une formulation à une
autre.

=> Un mélange de tensio-actifs non ioniques, le Tween®60 (HLB = 14) et le Span® 60


(HLB = 4,7). Les pourcentages de Tween et de Span dans le mélange, calculés à
l'aide des équations (1) et (2), étaient de 52 % m/m et 48 % m/m,
respectivement.
(1) HLBreqUis=(Ptween60*HLBtween60+Pspan60*HLBspan60)/(Ptween60+Pspan60) ou P est le
poids du tensio-actif indiqué et HLB requis = la.
(2) Ptween 60 + Pspan 60 = 1.

=> Aqua conservans à 1 % qui renferme des conservateurs antimicrobiens et


constitue la phase aqueuse externe de l'émulsion. En effet, il est composé de 0,7 g
de parahydroxybenzoate de Méthyle (Nipagin®) et 0,3 g de parahydroxybenzoate
de Propyle (Nipasol®) pour 1000 ml d'eau distillée.

=> Pour préparer l'aqua conservans, les deux poudres de conservateurs


antimicrobiens étaient mélangées délicatement, jusqu'à leur dissolution complète,
à 100 g d'eau distillée portée à ébullition. A cette solution, 900 g d'eau distillée

44
maintenue à une température de 80 oC, étaient ajoutées. Après refroidissement, le
poids total de la solution est ajusté à 1000 9 avec de l'eau distillée.

Ayant défini ci-dessus la composition générale des crèmes et des laits, nous avons, en
fonction des objectifs à atteindre et des études à effectuer, réalisé plusieurs
formulations que nous pouvons regrouper dans les catégories suivantes:

1 Formulations de la catégorie 1 (ou formulations 1): ces formulations étaient


destinées à étudier l'influence de la teneur en tensioactifs sur la stabilité physique
des préparations obtenues. Ainsi, la quantité de beurre de karité (beurre de karité
AFD) était fixée à 20 % m/m par rapport au poids total de la préparation et les
pourcentages du mélange Tween / Span, calculés par rapport à la masse du
beurre de karité utilisé, variaient entre 0 et 30 %. Il s'agit notamment des
formulations suivantes :

Rpl : Crème à 0% de Tween 50/Span 50


Beurre de karité AFD 40,0 9
Aqua conservans ad 200,0 9

Rpz: Crème à 5% de Tween 50/Span 50


Beurre de karité AFD 40,0 9
Tween 60 1,04 9
Span 60 0,96 9
Aqua conservans ad 200,0 9
Rp3: Crème à 10% de Tween 50/Span 50
Beurre de karité AFD 40,0 9
Tween 60 2,08 9
Span 50 1,92 9
Aqua conservans ad 200,0 9
RP4: Crème à 15% de Tween 60/Span 60
Beurre de karité AFD 40,0 9
Tween 60 3,12 9
Span 60 2,88 9
Aqua conservans ad 200,0 9
Rps : Crème à 20% de Tween 50/Span 60
Beurre de karité AFD 40,0 9
Tween 60 4,16 9
Span 50 3,84 9
Aqua conservans ad 200,0 9
RP6 : Crème à 25% de Tween 50/Span 60
Beurre de karité AFD 40,0 9
Tween 50 5,20 9
Span 60 4,80 9
Aqua conservans ad 200,0 9
Rp7 : Crème à 30% de Tween 50/Span 60
Beurre de karité AfD 40,0 9
45
Tween 60 6,24 9
Span 60 5,76 9
Aqua conservans ad 200,0 9

2 Formulations de la catégorie II (ou Formulations II), destinées à étudier l'influence


de l'origine du beurre de karité sur la consistance et le comportement rhéologique
des crèmes. La quantité de beurre de karité utilisée était de 20 % m/m et celle du
mélange Tween / Span était aussi fixée à 20 % m/m. Les formulations concernées
sont:

Rps: Crème à 20 % de beurre de karité AFD (voir ci-dessus)

Rps: Crème à 20% de beurre de karité KARIBEL


Beurre de karité KARIBEL 40,0 9
Tween 60 4,16 9
Span 60 3,84 9
Aqua conservans ad 200,0 9

Rp9 : Crème à 20% de beurre de karité de Léo


Beurre de karité de Léo 40,0 9
Tween 60 4,16 9
Span 60 3,84 9
Aqua conservans ad 200,0 9

3 Formulations de la catégorie III (Formulations III) : La quantité de tensioactifs


était fixée à 25 % m/m. Elles étaient destinées à examiner l'influence de la
concentration en beurre de karité sur la stabilité physique et la viscosité des
préparations. En effet, la quantité du beurre de karité utilisée (Beurre de karité de
Léo) était variée de 5 à 30 % m/m par rapport au poids total de la préparation.
Cette catégorie renferme les formulations ci-dessous:
RplD : Crème à 5 % m/m de beurre de karité
Beurre de karité de Léo 10,0 9
Tween 60 1,30 9
Span 60 1,20 9
Aqua conservans ad 200,0 9
Rpll : Crème à 10 % m/m de beurre de karité
Beurre de karité de Léo 20,0 9
Tween 60 2,60 9
Span 60 2,40 9
Aqua conservans ad 200,0 9
Rp12 : Crème à 20 % m/m de beurre de karité
Beurre de karité de Léo 40,0 9
Tween 60 5,20 9
Span 60 4,80 9
Aqua conservans ad 200,0 9
Rp13 : Crème à 30 % m/m de beurre de karité
Beurre de karité de Léo 60,0 9
46
Tween 60 7,80 g
Span 60 7,20 g
Aqua conservans ad 200,0 g
Rp14 : Crème à 40 % m/m de beurre de karité
Beurre de karité de Léo 80,0 g
Tween 60 10,40 g
Span 60 9,60 g
Aqua conservans ad 200,0 g

IV.4.2.2 Préparation proprement dite des crèmes et des laits

La phase aqueuse externe (aqua conservans + Tween 60) était introduite dans un
bécher en verre de 250 ml, et la phase huileuse interne (beurre de karité + Span 60)
dans un autre bécher identique. Les poids des récipients vides et contenant les
différentes phases étaient déterminés.

Les deux béchers, avec leurs phases respectives, étaient ensuite placés dans un bain-
marie dont la température était réglée à 82°(, Lorsque la phase huileuse a atteint une
température d'environ 70°C et que la température de la phase aqueuse était d'environ
75°C, nous avons procédé à l'émulsification proprement dite, à l'aide de l'agitateur à
hélices IKA : la phase huileuse était ajoutée goutte à goutte, sous agitation (500 tours
/ min) à la phase aqueuse maintenue dans le bain-marie. Entre le début et la fin de
cette addition (environ 15 min), la température était passée progressivement de 75°C
à 65°C environ.

A la fin de l'addition de la phase interne, la préparation était retirée du bain-marie et


laisser à l'air libre afin de permettre son refroidissement progressif qui a duré 40
minutes. Pour éviter les inclusions d'air et la cassure de l'émulsion pendant la phase
de refroidissement, la vitesse de l'agitation était diminuée à 305 tours 1 min pendant
les 20 premières minutes puis, à 160 tours 1 min pendant les 20 dernières minutes. A
la fin du refroidissement, la température de la préparation était comprise entre 33°C
et 35°(, Le poids du contenant - préparation était déterminé et la perte due à
l'évaporation de l'eau était compensée, par addition, goutte à goutte et sous une
agitation (160 tours / min) d'une même quantité d'aqua conservans.

Les préparations réalisées étaient ensuite fractionnées en 3 parties et conditionnées


dans 3 récipients différents : un pot en matière plastique, un flacon en verre
transparent et non coloré et un flacon en verre brun.

47
Afin de prendre en compte la variabilité inter-lots, chaque formulation était ainsi
préparée à 3 reprises, avant d'être utilisée pour les études ultérieures
(caractéristiques physico-chimiques, stabilité physique).

IV.4.3 Etudes rhéologiques des crèmes et des laits

L'étude rhéologique a été utilisée pour caractériser toutes les préparations qui étaient
homogènes (stables sans séparation de phases) au moment de la réalisation (0 jour)
mais aussi, pour étudier l'évolution de la consistance des crèmes au cours de la
conservation.

Elle a été réalisée à 19°C, à l'aide du viscosimètre rotatif à cylindres coaxiaux


Brookfield LVDV-E, auquel on a monté un adaptateur (cellule) pour petit volume (8
ml), qui permet en même temps la thermostatisation de la préparation pendant
l'étude. Celle-ci (la thermostatisation) était en effet obtenue en faisant circuler autour
de la cellule, de l'eau maintenue à 19°C à l'aide d'un cryothermostat.

Au moment de l'étude, la préparation était remuée manuellement à l'aide d'une


spatule lame de manière circulaire et cela pendant 2 minutes afin d'obtenir un
échantillon homogène et représentatif. Un aliquote d'environ 8 ml était introduit dans
le cylindre externe et le cylindre interne (Spindle 518) était ensuite plongé dans la
préparation. Après avoir ajusté le volume à raz bord, la préparation était laissée au
repos pendant 3h avant le début des opérations de mesures rhéologiques.

Les vitesses de rotation (rpm) du spindle variaient successivement: 0,3 - 0,5 - 0,6 -
1,0 - 1,5 - 2,0 - 2,5 - 3,0 - 4,0 - 5,0 - 6,0 - 10,0 - 12,0 - 20,0 - 30,0 - 50,0 - 60,0
- 100,0 (courbe Aller). Lorsque la vitesse maximale (100,0 rpm) était atteinte, on
redescendait dans les vitesses en suivant la même chronologie qu'à l'aller (courbe
retour).

Suivant le nombre de révolutions par minute (rpm), la durée de stabilisation de


l'affichage diffère. De même, selon les instructions relatives à l'utilisation de l'appareil,
les valeurs de viscosité doivent être lues après au moins 5 révolutions complètes du
spindle. De ce fait, les valeurs mesurées étaient notées après un délai variable et
dépendant de la vitesse de rotation du spindle (confère Annexe II).

IV.4.4 Détermination du pH

Pour chaque type de beurre de karité, elle a été effectuée à trois reprises, en
plongeant l'électrode du pH-mètre dans les préparations à examiner. Seules les
48
crèmes de la catégorie II (Rps, Rps et Rpg), renfermant 20 % m/m de beurre de karité
et 20 % m/m de tensioactifs, ont été concernées par cette détermination.

IV.4.S Etudes de stabilité des préparations

Les études de stabilité ont consisté à suivre l'évolution dans le temps, d'un certain
nombre de paramètres propres à certaines préparations. Celles-ci étaient en effet
laissées au repos à la température du laboratoire et examinées après 0 jour, 1
semaine, 2 semaines, 1 mois et 2 mois de conservations.

Les variables ou paramètres examinés étaient notamment les caractères


organoleptiques (consistance, couleur, odeur, aspect) de la préparation, l'apparition
ou non des phénomènes de crémage et fou de sédimentation, de séparation de
phases, l'homogénéité et enfin, la viscosité de la préparation.

L'évolution dans le temps de la viscosité, qui a été suivie grâce aux études
rhéologiques décrites au paragraphe 1104.3, a concerné uniquement la crème de
formulation Rp6, qui renferme 20 % m/m de beurre de karité AFD et 25 % m/m de
tensioactIfs.

IV.4.6 Essais senso-rhéologiques

Certaines préparations réalisées ont été soumises, après 6 mois de conservations


dans les conditions climatiques du Laboratoire, à l'appréciation individuelle et
anonyme d'un groupe test de 10 étudiants volontaires (5 filles et 5 garçons) utilisant
régulièrement des crèmes et / ou laits cosmétiques.

Un échantillon de chacun de 8 préparations suivantes, conditionné dans des pots


identiques, sont seulement numérotés et mis à la disposition de chaque volontaire:

1 Rpg: Crème à 20 % m/m de beurre de karité de Léo et 20 % m/m de tensioactifs;

2 La crème Nivea achetée du marché (I\JIVEA R Crème) ;

3 Le lait Nivea acheté aussi du marché (NIVEAR Body, Lait Crème Nourrissante à
l'huile d'amande douce et à la vitamine E) ;

4 Rp6: Crème à 20 % m/m de beurre de karité AFD et 25 % m/m de tensioactifs;

5 Rps: Crème à 20 % m/m de beurre de karité KARIBEL et 20 % m/m de


tensioactifs;

6 Rp13: Crème à 30 % m/m de beurre de karité de Léo et 25 % de tensioactifs;

49
7 Rp12: Crème à 20 % m/m de beurre de karité de Léo et 25 % de tensioactifs ,.

8 Rpl1: Crème à 10 % m/m de beurre de karité de Léo et 25 % de tensioactifs',

Sur chacun des échantillons numérotés, chaque volontaire participant devait


apprécier, sur une échelle de valeurs allant de °à 4 (voir Annexe 3)

=> En étalant la préparation sur un verre de montre:


'ji- la couleur;
'ji- et l'odeur (après 1 min) ;

~ En appliquant une couche de la préparation, sur une partie de la peau


préalablement nettoyée:
~ La consistance;

~ l'aspect;
'ji- la facilité d'étalement;
~ la présence ou l'absence d'effet collant;
y la présence ou l'absence d'irritation cutanée (après 1 heure) ;
" la présence ou l'absence d'étirement de la peau (après 1 heure).
Les résultats obtenus avec les préparations à base de beurre de karité étaient
finalement comparés à ceux observés avec les préparations commerciales, dans le but
d'avoir une idée de l'acceptabilité subjective de nos formulations par des utilisateurs
avertis.
Chaque caractéristique a été évaluée et appréciée à partir de la moyenne générale
des avis des volontaires, en fonction de l'échelle suivante:

~ 3,0 : avis très favorable;

~ 2,0 et < 3,0 : avis favorable;

~ 1,0 et < 2,0 : avis défavorable;

< 1,0 : avis très défavorable.

Pour ce qui concerne les critères relatifs aux effets sur la peau (effet collant, irritation
cutanée, étirement de la peau), nous avons seulement apprécié leur présence ou leur
absence.

50
V. RESULTATS DE L'ETUDE

V.l. CARACTERISTIQUES PHYSICO-CHIMIQUES DES ECHANTILLONS DE BEURRE DE


KARITE.

V.1.t Indices d'acidité

Tableau VI : Résultats de la détermination des indices d'acidité des


échantillons de beurre de karité
Echantillon de Pourcentage Indice d'acidité Titre de HCI Titre de KOH
beurre de karité d'acidité (%) (m ± s, n = 4) utilisé (N) utilisé (N)
(m ± s, n = 4) (m ± s, n = 4) (m ± s, n = 4)
AFD 1,289 ± 0,048 2,565 ± 0,095 0,0897 ± 0,0804 ±
KARl BEL 3,454 ± 0,059 6,87 ± 0,118 0,0004 0,0003
LEO 3,148 ± 0,045 6,263 ± 0,089
1

V.1.2 Teneurs en eau

Tableau VII : Résultats de la détermination des teneurs en eau des


échantillons de beurre de karité.
Echantillon de beurre , Pertes (mg) Teneur en eau (%) Range 1

de karité 1
(m±s,n=4) (m ± s, n = 4)
AFD 0,0036 ± 0,0014 0,072 ± 0,027 0,044-0,110
KARIBEL 0,0030 ± 0,0008 0,060 ± 0,016 0,040-0,078
LEO 0,0031 ± 0,0005 0,061 ± 0,010 0,052-0,072

V.1.3 Données relatives aux comportements thermiques

Les thermogrammes des différents échantillons de beurre de karité ont été tracés et
cela a permis de déterminer leurs caractéristiques de fusion et de solidification qui
sont résumées dans les Tableaux VIII, IX et X.

A titre illustratif, nous présentons au niveau des Figures 4, 5, 6, 7, 8 et 9, les


différents thermogrammes de fusion obtenus avec les beurres de karité AFD,
conservés à 4 oC et à 30 oc. Les durées de conservation des échantillons fusionnés et
resolidifiés étaient de 2,7 et 30 jours.

51
Tableau VIII : Caractéristiques de fusion du beurre de karité

Echantillon f---
Beurre de karité conservé à 4 oC Beurre de karité conservé à 30 oC
de beurre de
Durée conservation Pic ou point de Plage de fusion Durée conservation Pic ou point de Plage de fusion
karité
(iours) fusion (OC) (OC) (jours) fusion (OC) (oC)

AFD f--
7 31 5 - 34 7 37 33 - 43
30 30 6 - 34 30 37 33 - 41
KARIBEL 7 28,5 4 - 35 7 37 21 - 41
30 28 6 - 32 30 395 18 - 43
LEO 7 27,8 5 - 33 7 36,9 5 - 39,7
30 142 6 - 43 30 26 4 - 30

Tableau IX : Caractéristiques de Fusion lors de la deuxième chauffe


~-

Echantillon de Beurre de karité conservé à 4 oC Beurre de karité conservé à 30 oC


beurre de karité
Durée conservation Pic ou point de Plage de fusion Durée conservation Pic ou point de Plage de fusion
(iours) fusion (OC) (OC) (jours) fusion (OC) (oC)
AFD
f----
30 14,3 6 - 32 30 12,4 6,0 - 13,8
KARIBEL 30 14,8 6 - 26 30 15,0 5,6 - 18
~-
LEO 30 14,3 7 - 16 30 13,8 4 - 26

Tableau X : Caractéristiques de solidification de beurre de karité conservé après une durée de 30 jours
Echantillon de 1----
Beurre de karité conservé à 4 oc Beurre de karité conservé à 30 oC
1
1

beurre de karité
Durée conservation Pic ou point de Plage de fusion Durée conservation Pic ou point de Plage de fusion
~urs) fusion (OC) (OC) (iou rs) fusion (oC) (OC)
AFD
f-----
30 13,5 6 - 15,4 30 11,1 6 - 13,4
KARIBEL
f---
30 12,4 5,9 - 14,8 30 13,2 4,7 - 15,6
LEO
'----
30 11,4 13,9 30 12,5 4,4 - 14,9

52
_F_IE_UpC"''''' - -
~ ~ = 2 ~ ~ ~ ij
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1
1
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Figure 6 : THERMOGRAMME DE FUSION DU


Figure 4 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES
BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 7 JOURS A 4 oC
2 JOURS A 4 oC

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Figure 5 : THERMOGRAMME DE FUSION DU
BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES Figure 7 : THERMOGRAMME DE FUSION DU
2 JOURS A 30 oC BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES
7 JOURS A 30 oC

53
36.79

1 35

beak = 17.516 OC
1 Peak Height :::: .0365 mW
~ 30
E
'-'
a.
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0 Area:= 1l! .470 mJ
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c: Delta H:::: 2 9.439 J/a
w 2S ......
-~
~
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Il..
il III
ID
r Il
L ~o 'lA or-
20 -"~
~."". v

14.56
4 20 40 60 80 100 120 142':
T~B("C)

Figure 8 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 30 JOURS


A 4 oC

29.52
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-J ,-.>
U -
r-u' '''''
A b 10i"l IJ
28
1
26 J
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a.
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End = 110.000 of-'
0
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~
"-
li 16 'r\ ' " ......
t)
:I:
14 \
12
\
10 ~
8.469
4 10 20 30 50 60 70 ao 100 110 120 129.9
Temperwe ("C)

Figure 9 : THERMOGRAMME DE FUSION DU BEURRE DE KARITE AFD CONSERVE APRES 30


30 oC
JOURS A

54
V.2. INFLUENCE DE L'ORIGINE DU BEURRE DE KARITE SUR LE pH DES
CREMES.

Tableau XI : Résultats de la détermination du pH des crèmes à 20 0/0


d e b eurre d e k arl"t'e e t 20 olt d u me' 1ange d e t ensloact"f
1 s.
Echantillon de beurre de karité
° pH Cm ± s, n = 4)
1

AFD 4,12 ± 0,43


1

KARIBEL 5,26 ± 0,48 1

LEO 5,20 ± 0,64 l


1

55
V.3. ETUDES RHEOLOGIQUES

V.3.1Influence de l'origine du beurre de karité sur le comportement


rhéologique des crèmes et des laits

711 0 0 - , - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ,

6000

5536.7

523'3,3
5000

4711 3.3

ôj 41111 0

f
~

~
:> 3000


Beurre de karité AFD Aller
Beurre de karité KARIBEl Aller
• Beurre de karltê LEO Aller
•• <> - • R e to u r A F D
--Cl- Retour KARIBEL
. - <> - Re to u r l E 0
2000

1000

.... _-

o...l.-----.--....... - -__
":.:.::-.--.<:•. -
_ _- - - ~ - - - - _ _ , _ - _ _ ' _ _ 1 ; ~ _ ' & _ ~ ' _ " t I I I
~__.__,_II_-__II

o 2 4 6 8 10 12 14
VITESSE DE Cl5AILLEM ENT (D, 1/S)

Figure 10 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLER-RETOURS MONTRANT LA VARIATION DE LA


VISCOSITE DES CREMES EN FONCTION DE L'ORIGINE DU BEURRE DE KARITE (20 % m/m de
beurre de karité et 20 % m/m de Tween 60/ 5pan 60).

56
V.3.2 Influence de la teneur en tensioactifs (Tween 60 1 Span 60) sur le
comportement rhéologique des crèmes et des laits

1<Xm . , . - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

9000
8476,7

-:eooo .5 - 3)O/D mm de [Link] EDSpwlSO Aller


-- 25 % de [Link] EDSpwlSO Aller
11.

-
E
w
~ fIlOO
-- ~ % [Link] BYSpEI160 Aller
.... R3taI'3l%
CI) "f> -R*u'25%
0
U ..• . FÈta.I' 30 %
CI) .4000
:>
3000

"

·t··· ... ,t' -: __


!. "

1(0)
. ,. "', , :. ' : :; :: '::'1"" '''." ,.,
.' ::'.,~. - ••. "'l'l .• ..... -;( ..
O+--~----,.lt---..-_---~-- .........-----II~---<.-----<~---<-----:.,...,.,-,......-.----1.--.:,;~
o 2 4 6 8 10 12 14
\JI1ts:E Œ 0SAILl.8ENT (Q l1s)

Figure 11 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLER-RETOURS MONTRANT LA VARIATION DE LA VISCOSITE DES


CREMES A BEURRE DE KARITE, EN FONCTlON DE LA TENEUR DU MELANGE TWEEN 60/ SPAN 60 (calculée
par rapport à la quantité du beurre de karité).

57
V.3.3Influence de la teneur en beurre de karité sur le comportement
rhéologique des crèmes et des laits

10000

9000 -

8000 -

7000 -

-.
en
ra
Il.
6000 -
• 10% beurre de karité Aller

-
E
L1J
1- 5000 -
1 •

20 % de b e u rre de ka r Ité A Ile r
30 % de beurre de karité Aller
- -"'X-·-Retour 10 %
• • -Xo • • R e to u r 20 %
tJ) - . • . . R e to u r 3 0 .~
0
u ~4246,7
-
(1)

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4000 -

3000 - ..31';"...7 l
..... '. ·-··-·r
2000 -
Il" '1· >r···.: .....
'. ~.

~.0'f....
1000 -
''f'' ". ",
\ -- '~ ••••• -ll!: - • - '.. •
l --""'.-.~" ...... _...... -
o
o 2 4 6 8 10
VITESSE DE CISAILLEMENT (D, 1/8)

Figure 12 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLER-RETOURS MONTRANT LA VARIATION DE LA VISCOSm DES

CREMES EN fONCTION DE LA QUANTITE DU BEURRE DE KARITE UTIUSEE. La quantité du mélange de

tensioactifs (Tween 60/ Span 60) est égale à 25 % m/m de celle du beurre de karité.

58
V.3.4 Influence de la durée de conservation sur le comportement
rhéologique des crèmes et laits

10000

9000
8836,7

8000

7000 -à OjourAller
-à 1 semaine Aller
-en

6000 6487, --à
-+-à
2 semaines Aller
1 mois Aller
a.
-....E
w
5000
-à 2 mois Aller

CI)
0
u
CI)
:; 4000

3000

2000

1000

o
o 1 2 3
VITESSE DE CISAILLEM ENT (D, en 1/5)

Figure 13 : COURBES RHEOLOGIQUES ALLERS MONTRANT LA VARIATION DE LA VISCOSITE DES


CREMES EN FONCTION DE LA DUREE DE CONSERVATION DES CREMES (20 % DE BEURRE DE
KARITE AFD ET 25% D'EMULSIFS).

59
N.B:
" Les barres d'erreurs représentent les écarts types et le nombre de
déterminations était égal à 4.
" Les points des courbes rhéologiques des Figures 6 à 11, pour lesquels les
viscosités sont égales à 0 sont en réalité des valeurs non mesurables par le
viscosimètre utilisé.

VA. ETUDES DE STABILITE

Le suivi des paramètres de stabilité a montré que:

=:> La quantité minimale du mélange de tensioactifs (Tween 60 / Span 60) nécessaire


pour stabiliser les crèmes et les laits varie suivant l'origine du beurre de karité. On
a aussi constaté qu'un pourcentage de 25 % m/m de tensioactifs, calculé par
rapport à la quantité de beurre de karité, permet de stabiliser tous les crèmes et
laits préparés avec les différents échantillons de beurre de karité.

=:> A partir de 10 % m/m de beurre de karité et de 25 % m/m du mélange Tween 60


/ Span 60, les crèmes et les laits obtenus restent homogènes (stables) pendant les
deux mois de conservation à la température du laboratoire. La consistance des
préparations est fluide aux faibles concentrations de beurre de karité mais évolue
progressivement vers une consistance crémeuse lorsque la quantité de beurre
augmente.

=:> Les caractéristiques organoleptiques et sensorielles dépendent de l'origine du


beurre de karité. En effet, la coloration des préparations était jaunâtre mais celle-ci
évolue au cours de la conservation vers une couleur blanchâtre. L'odeur des
préparations, caractéristique du beurre de karité, est forte au départ mais devient
légère au cours de la conservation.

=:> Les préparations stables présentent un aspect peu homogène après 2 mois de
conservation.

60
V.5. ESSAIS SENSO-RHEOLOGIQUES SUR LES CREMES ET LES LAITS

Tableau XII: Résultats des essais senso-rhéologiques des crèmes et des laits.
Echan- Consistance Couleur Odeur Aspect Facilité d'étalement
tillon Moyen- Interva Avis Moyen- Interval Avis Moyen- Interval Avis Moyen- Interval Avis Moyen- Interval Avis
ne -le général ne -le général ne -le général ne -le général ne -le général
1 2,36 1-4 F 2 1- 3 F 1,45 1- 2 D 2,09 1 - 3 F 2,45 1 - 3 F
2 3 2-4 TF 3,37 1 - 4 TF 3,36 2-4 TF 3,18 2-4 TF 2,18 1 - 3 F
3 3,45 2-4 TF 3,81 3-4 TF 3,45 2 - 4 TF 3,45 2-4 TF 3,27 2-4 TF
4 2,27 1-4 F 2,18 1 - 3 F 1,90 1 - 3 D 2,18 1 - 3 F 2,81 2-4 F
--
5 2,81 2 - 3 F 2,18 2 - 3 F 1,72 o- 3 D 2,72 2 - 3 F 2,45 1- 3 F
6 2,72 2-4 F 1,54 0-2 D 1,55 o- 3 D 1,90 1 - 3 D 2,18 1 - 4 F
7 2,63 1- 3 F 2,27 2 - 3 F 2,36 1- 4 F 3 2-4 TF 2,90 1 - 4 F
8 1,54 0-4 D 2,45 2 - 3 F 1,54 0-3 D 2 1 - 3 F 2,81 1 - 4 F
, .
Intervalle des avis: AppreciatIon la plus defavorable et l'appreclation la plus favorable
TF : très favorable; F : favorable; D : défavorable; TD : très défavorable.
1 = RP9: Crème à 20 % m/m de beurre de karité de Léo 2 = La crème Nivea ; 3 = Le lait Nivea ;
et 20 % m/m de tensioactifs;
4 = Rp6: Crème à 20 % m/m de beurre de karité AFD 5 = Rps: Crème à 20 % m/m de beurre de karité KARIBEL
et 25 % m/m de tensioactifs; et 20 % m/m de tensioactifs;
6 = Rp13 : Crème à 30 % m/m de beurre de karité de Léo 7 = Rp12 : Crème à 20 % m/m de beurre de karité de Léo
et 25 % de tensioactifs; et 25 % de tensioactifs;
8 = Rpu : Crème à 10 % m/m de beurre de karité de Léo et 25 % de tensioactifs;

61
Tableau XIII: Résultats des essais senso-rhéologiques des crèmes et des laits (suite)
Echantillon Effet collant sur la peau Irritation cutanée Etirement de la peau
moyenne Avis général moyenne Avis général moyenne Avis général
1 1,63 A 2 A 2 A
2 1,36 A 2 A 2 A
3 1,90 A 1,90 A 2 A
4 1,45 A 1,90 A 2 A
5 1,63 A 1,90 A 2 A
6 1,27 A 2 A 2 A
7 1,63 A 1,81 A 1,90 A
8 1,81 A 1,81 A 2 A
P : present; A: 1\bsence

1 = Rp9 : Crème à 20 % m/m de beurre de karité de Léo 2 = La crème Nivea ; 3 = Le lait Nivea ;
et 20 % m/m de tensioactifs;
4 = Rp6: Crème à 20 % m/m de beurre de karité AFD 5 = Rps: Crème à 20 % m/m de beurre de karité KARIBEL
et 25 % m/m de tensioactifs; et 20 % m/m de tensioactifs;
6 = RP13 : Crème à 30 % m/m de beurre de karité de Léo 7 = Rp12 : Crème à 20 % m/m de beurre de karité de Léo
et 25 % de tensioactifs; et 25 % de tensioactifs;
8 = Rpll : Crème à 10 % m/m de beurre de karité de Léo et 25 % de tensioactifs;

62
VI. COMMENTAIRES ET DISCUSSION

VI.1. LIMITES DE NOTRE ETUDE

=> Tous les contrôles n'ont pas pu être effectués sur les matières premières et les
produits finis. Ainsi la recherche des impuretés t des produits de dégradations du
beurre de karité (peroxydes t aldéhydes, cétones t alcools) et surtout le contrôle
microbiologique du beurre de karité et des préparations obtenues n'ont pas été
menés par manque de temps ou de moyens.

=> Le nombre d'échantillons de beurre de karité examinés est relativement faible.

=> L'influence de la nature des tensioactifs sur la stabilité des crèmes et laits n'a pas
été non plus étudiée pour des raisons de temps.

VI.2. LES ECHANTILLONS DE BEURRE DE KARITE ETUDIES

Les échantillons ont été choisis afin de pouvoir comparer les caractéristiques des
préparations obtenues avec des productions de beurre de karité standardisées et non
standardisées. A cet effet, deux types de beurre de karité, de production non
standardisée t ont été achetés du marché et provenaient de groupements féminins
(AFD et ABA5FjE). Le troisième type de beurre de karité provenait d'une production
standardisée de l'Union des femmes productrices de la 5issili appuyé par le CECI.
Le beurre de karité de AFD était d'une couleur jaune brun et d'odeur assez forte. Celui
de Karibel était de couleur jaune paille et d'odeur assez forte. Par contre, le beurre de
karité de Léo était de couleur jaune pâle marron avec une odeur légère.
Ces trois types de beurre de karité ont été produits par la technique artisanale
traditionnelle avec un processus de raffinage plus ou moins poussé. Cette technique
permet la destruction des lipases endogènes et inhibe l'hydrolyse du corps gras (24).
La conservation des échantillons de beurre de karité au réfrigérateur (entre 2 - 4 oC)
jusqu'au moment de leur utilisation avait pour but aussi de ralentir les réactions
d'hydrolyse et d'oxydation.

VI.3. ETUDES ANALYTIQUES DES ECHANTILLONS DE BEURRE DE KARITE


Elles ont porté sur un certain nombre de caractéristiques physico-chimiques des huiles
et des beurres tels que l'indice d'acidité, la teneur en eau, les caractéristiques de

63
fusion et de solidification. Ces paramètres sont importants à prendre en compte dans
la formulation des préparations corporelles.

VI.3.1Indices d'acide

La méthode utilisée dans notre étude est la volumétrie acido-basique en présence


d'indicateur coloré, qui permet la détection du point de virage. Cette méthode peu
coûteuse nous a permis de montrer que les beurres de karité de Karibel et de Léo ont
un indice d'acidité d'environ 6,5. Cette valeur est plus élevée que celle obtenue avec
le beurre de karité de AFD (environ 2,6).

Les taux d'acidité des beurres de karité de Karibel et de Léo analysés sont par contre
inférieurs à ceux du beurre de karité obtenu par fabrication artisanale traditionnelle
pour lequel OWUSU-ANSAH a trouvé en 1996, des valeurs comprises entre 6 et 12 %
c'est-à-dire, un indice d'acide variant entre 12 et 24 (34). Cette différence est
certainement due au processus de neutralisation traditionnelle lors de la production
des beurres étudiés.

Le résultat du beurre de karité de production plus standardisée est par contre


supérieur à celui obtenu par Cha uchaux et Coll. (10) qui ont travaillé sur le beurre de
production standardisée du Burkina Faso. Ils ont obtenu un indice de 4,88 par titration
à l'aide du Titrateur automatique Tacussel. Cette différence est sûrement due aux
méthodes d'analyse appliquées.

Dans tous les cas, les indices d'acides de tous les beurres de karité analysés sont au-
dessus des normes exigées par les industries cosmétiques pour l'acidité du beurre de
karité qui doit être inférieur à 1 % (indice d'acidité < 2) (13).

VI.3.2 Teneurs en eau

Nous avons utilisé la méthode de dessiccation à l'étuve (10), dont le protocole est
relativement simple et facilement applicable dans les conditions de notre laboratoire.
Les teneurs en eau trouvées dans les échantillons de beurre de karité examinés
étaient assez faibles (0,060 ± 0,02 à 0,07 ± 0,03 %).

Ces résultats sont légèrement au-dessus des normes exigées « 0,05 %) par les
industries cosmétiques des pays développés (13). Ils sont aussi supérieurs à ceux
(teneurs en eau presque nulles) déterminés sur le beurre de karité du Burkina Faso
par Chauchaux et Coll (10), qui ont utilisé un Appareil Karl Fisher associé à un four.
Ces auteurs avaient en effet constater que la méthode de dessiccation du beurre de
64
karité à l'étuve était très délicate à appliquer et non sélective. Par exemple, la perte
des substances organiques volatiles lors du chauffage ou la captation de l'humidité de
l'air pendant le refroidissement peuvent avoir lieux. Par conséquent, les résultats que
nous avons obtenus peuvent être supérieurs aux taux d'humidité réels, malgré toutes
les précautions que nous avions prises.

VI.3.3 Comportements thermiques des échantillons

L'analyse du comportement thermique a été réalisée à l'aide de la calorimétrie


différentiel à balayage. Cette méthode permet de détecter les phénomènes de
transitions de phases (fusion, solidification, transition vitreuse, évaporation de
substances volatiles) que subit un échantillon lorsqu'il est soumis à une augmentation
ou une diminution progressive de la température.

Dans les conditions de travail appliquées au beurre de karité (4 - 130 OC), on a


observé des endothermes de fusion (lors du chauffage) et des exothermes de
solidification lors du refroidissement (43).

A titre d'exemple, les tracés des premières chauffes des thermogrammes obtenus
avec le beurre de karité AFD sont présentés dans les Figures 2 à 7. L'analyse des
différents thermogrammes, des plages et des points de fusion (première et deuxième
chauffe) calculés (Tableaux VIII, IX), de même que les plages et les points de
solidification obtenus lors du premier refroidissement (Tableau X), permet de faire un
certain nombre d'observations:

Les thermogrammes de la première chauffe ont souvent plusieurs pics qui semblent
plus nets lorsque les échantillons de beurre de karité sont conservés à 30 oC,
comparativement à ce qu'on observe à 4 oc. Le beurre de karité a donc une nature
polymorphe, caractérisée par l'existence d'états amorphes et stables (cristallins).
L'état amorphe évolue plus rapidement vers la forme cristalline stable à 30 oC,
comparativement à ce qu'on observe à 4 oc.

Au cours de la conservation à 30 oC en effet, les différents pics obtenus lors de la


première chauffe semblent se regrouper en un pic plus étroit. Cela suppose qu'il y a
une restructuration du beurre de karité qui tend vers un monomorphisme stable. Par
exemple, on n'a pas observé des différences entre les plages de fusion du beurre de
karité AFD conservé après 7 jours (33 - 43°C) et après 30 jours de conservation (33
- 41°C). Par contre, les plages de fusion des beurres de karité conservés à 4 oC
restent assez larges et stables pendant les 30 jours de conservation. De même, les

65
points de fusion restent semblables pendant le mois de conservation, ce qui suggère
que la transformation polymorphique (état amorphe à état cristallin), est fortement
inhibée à 4 oC, comparativement à la température de 30 oc.

Les points de fusion des beurres de karité que nous avons étudié varient entre 14,2 et
31°C lorsqu'ils sont conservés à 4 oC et entre 26 et 39,5 oC, lorsqu'ils sont conservés
à 30 oc. Ces résultats sont en accord avec ceux donnés dans la fiche de cosmétologie
(13) du beurre de karité (29 - 34 OC) et surtout les résultats des travaux de l'IR5AT
(27 - 55 OC) réalisés sur le beurre de karité du Burkina Faso (52).

Dans le Tableau IX, on constate que comparativement aux résultats obtenus lors de la
première chauffe, les différences observées entre les points de fusion obtenus lors de
la deuxième chauffe sont relativement très faibles, quelque soit la température de
conservation ou la provenance de l'échantillon du beurre de karité. De plus, les
valeurs des points de fusion (12,4 oC à 15 OC) sont très faibles, ce qui suggère que les
échantillons se retrouvent dans leur état amorphe lors de la deuxième chauffe. Ce
résultat était attendu car tous les échantillons, après leur fusion pendant la première
chauffe, étaient refroidis à la même vitesse (5°C / min) jusqu'à 4°C, et maintenus à
cette température pendant 5 minutes avant le début de la seconde chauffe.

L'observation des plages de solidification des beurre de karité conservés à 4 oC et à


30 oC montre que la température de conservation ne modifie pas considérablement ce
paramètre. Cette observation s'explique par le fait que les points de solidification ont
été déterminés sur les courbes thermiques de refroidissement, après que le beurre de
karité soit totalement fondu lors de la première chauffe. Le point de solidification,
comme celui de la fusion, varie en fonction de l'échantillon de beurre de karité
examiné. Il varie entre 11,1 et 13,5 oC et est inférieur à celui donné par l'IR5AT (19 -
34 OC), probablement parce que la méthode analytique utilisée et le traitement
préliminaire appliqué aux échantillons sont différents.

Les différences observées entre les caractéristiques de fusion et de solidification en


fonction de l'origine du beurre de karité, pourraient résider dans les méthodes de
traitement et d'extraction du beurre de karité, en fonction des zones de production au
niveau du Burkina Faso.

VIA. FORMULATION ET FABRICATION DES CREMES ET DES LAITS

Les formulations réalisées étaient constituées de :

66
=> beurre de karité comme principal constituant de la phase interne.

Il est constitué d'une phase solide (stéarine) et d'une phase liquide (oléine). Cette
constitution biphasique lui permet de jouer un rôle de fluidifiant dans certaines
situations ou un rôle de facteur de consistance des préparations émulsionnées, dans la
plupart des cas. La consistance des émulsions obtenues dépendra de la quantité de
beurre de karité utilisée. On a ainsi observé que les préparations contenant 10 % à 15
% m/m de beurre de karité étaient laiteuses et celles renfermant plus de 20 % m/m
de beurre de karité étaient des crèmes.

Cette observation était attendue car, dans la formulation des crèmes et des laits
corporels en général, les différences majeures résident dans les concentrations en
phase interne et en facteurs de consistance (14). Le fait d'utiliser le beurre de karité
comme l'unique phase grasse (fortes concentrations) permettra aussi de conférer aux
crèmes et laits obtenus, plus de propriétés hydratantes, adoucissantes et
régénératrices de la peau à cause entre autres, de la haute teneur en insaponifiables
du beurre de karité et de l'importance du film résiduel gras que laissera les crèmes ou
les laits après l'évaporation de l'eau.

=> tensioactifs neutres, qui sont assez faciles à manipuler (peu d'incompatibilités avec
les autres constituants) et peu irritants pour la peau, ont été choisis. Afin d'obtenir
la meilleure activité émulsionnante possible, nous avons utilisé un mélange des
tensioactifs lipophile (Span® 60) et hydrophile (Tween® 60). La quantité nécessaire
pour obtenir une préparation stable vis-à-vis de la séparation de phases dépendait
de l'acidité du beurre de karité utilisée. Cette quantité, calculée par rapport à la
quantité de la phase grasse interne, était au minimum de 20 %. Elle n'est pas très
différentes des quantités de tensioactifs neutres retrouvées dans les crèmes et les
laits corporels dont les formulations peuvent être retrouvés dans la littérature
(exemples: Crème cétylique, Base de Beeler) (11).

=> L'aqua conservans est une solution contenant des conservateurs antimicrobiens
(méthylparabens et propylparabens) et d'eau distillée. Les conservateurs
antimicrobiens utilisés sont les plus fréquemment rencontrés dans les préparations
cosmétologiques et les médicaments dermatologiques. Leur présence dans ces
préparations est obligatoire, afin d'inhiber la prolifération des microorganismes.
Dans le cas présent, ils inhibent aussi l'activité des lipases exogènes et les
réactions de dégradation du beurre de karité, souvent dues à la présence des
microorganismes.

67
::::::> Aucune matière aromatique ou colorante n'a été ajoutée car nous souhaitions
conserver et examiner les caractéristiques sensorielles du beurre de karité
d'origine.

::::::> De même, aucun antioxydant n'a été ajouté pour protéger les acides gras
insaturés et les autres composants oxydables du beurre de karité. Nous
souhaitions en effet voir si les antioxydants naturels propres au beurre de karité
étaient capables, à eux seuls, de protéger les préparations dans les conditions
d'étude. Bien entendu, l'ajout d'antioxydant tels que la vitamine E, le BHA et / ou
le BHT ne sera pas superflu si on veut garantir une plus grande stabilité du beurre
de karité et donc des préparations.

Le procédé d'émulsification directe, qui est un procédé utilisé autant pour des
émulsions H/E que des émulsions E/H, offre plus de chance de succès pour la
réalisation des préparations émulsionnées. C'est la raison pour laquelle nous l'avons
utilisé pour la préparation des crèmes et des laits à base de beurre de karité.
Les températures de l'émulsification et de refroidissement de même que l'agitation
étaient parfaitement standardisées et contrôlées tout au long du processus de
fabrication, toutes choses indispensables pour avoir des préparations homogènes et
reproductibles.

VI.5. ETUDES RHEOLOGIQUES DES CREMES ET DES LAITS

Les résultats de ces études présentés par les Figures 10, 11, 12 et 13 ont permis de
montrer que:

::::::> Les préparations des crèmes et des laits réalisées ont un comportement
rhéologique comparable à celui généralement observé avec tous les crèmes et laits
corporels. Elles se comportent en effet comme des liquides non newtoniens, à
écoulement thixotrope.

::::::> La viscosité des préparations varie en fonction de l'origine du beurre de karité. La


Figure 10 montre effectivement, qu'à la vitesse de rotation de 0,3 tours / min
(rpm), la viscosité était de 4703,3 mPa.s (cps) pour le beurre de karité de AFD,
5233,3 mPa.s pour le beurre de karité de Karibel et 5536,7 mPa.s pour celui de
Léo. Cette différence nous permet d'affirmer que la crème à 20 % m/m de beurre
de karité de Léo et à 20 % m/m de tensioactifs neutres offre une meilleure
structuration interne comparativement aux autres crèmes. On sait en effet que
dans les conditions identiques, la viscosité des crèmes et des laits, qui sont des
68
phases multilamellaires, est plus importante lorsque la structuration interne est
meilleure (14).

=> L'accroissement du pourcentage de tensioactifs de 20 % à 30 % m/m améliore


aussi la structuration interne des préparations puisqu'on observe une
augmentation de leur viscosité. La viscosité, déterminée à 0,3 rpm, était de 4703,3
mPa.s, 6487,5 mPa.s et 8476,7 mPa.s pour les crèmes à 20, 25 et 30 % m/m de
tensioactifs neutres respectivement (Figure 11). En comparant nos préparations
avec les crèmes commerciales, nous avons trouvé que la consistance de la crème à
25 % m/m de tensioactifs était meilleure (ni trop fluide ni trop dure), ce qui nous a
conduit à conclure que la quantité optimale en Tween® 60 / Span@ 60 était de 25
% m/m, par rapport à la teneur en beurre de karité.

=> L'augmentation de la quantité du beurre augmente fortement la viscosité des


préparations (Figure 12). A 0,3 rpm, celle-ci passe en effet de 830 mPa.s, à
3146,7 mPa.s et à 4246,7 mPa.s, lorsque les teneurs en beurre de karité passe de
10 à 20 et 30 % m/m, respectivement. Du point de vue macroscopique, la
préparation à 10 % était fluide alors que celles à 20 et 30 % étaient crémeuses.
Cette observation montre qu'il sera possible de réaliser des laits et des crèmes à
base de beurre de karité de consistance variable, en jouant uniquement sur la
teneur en beurre de karité.

=> La viscosité des préparations augmente aussi au cours de la conservation à la


température du laboratoire (Figure 13). A 0,3 rpm, la viscosité de la crème à 20 %
de beurre de karité AFD et 25 % de tensioactifs était en effet de 6487,5 mPa.s le
premier jour, 7372,5 mPa.s après une semaine et 8836,7 mPa.s après 1 mois de
conservation. Après 2 mois de conservation, la viscosité était devenue tellement
importante qu'elle n'était plus mesurable avec le viscosimètre utilisé. Cette
observation, due à une amélioration de la structuration des préparations avec le
temps, est tout à fait normale.

=> En effet, tous les crèmes et les laits voient leur viscosité augmenter avec le temps,
avant de se stabiliser finalement après un temps plus ou mois long selon la
formulation et la méthode de fabrication utilisée (14). Le formulateur peut
raccourcir le plus possible ce temps de stabilisation, en appliquant un
refroidissement très lent et contrôlé de la préparation après émulsification. Le long
temps de stabilisation observé avec nos préparations s'explique par le fait que le

69
refroidissement, qui a lieu à la température ambiante, était rapide et non
contrôlée.

VI.6. pH DES CREMES ET DES LAITS

La détermination du pH, réalisée grâce à l'utilisation d'une électrode spéciale pour les
crèmes et les gels, a permis de montrer que le pH de nos préparations varie entre
3,69 et 5,84. Ces valeurs suggèrent que le pH des préparations à base de beurre de
karité obtenues est compatible avec l'usage cosmétique puisqu'elles sont proches de
celle du pH de la peau, qui est généralement d'environ 4,5 (44).
On peut aussi constater dans le Tableau X que le pH des crèmes diffère suivant
l'origine du beurre de karité utilisé. Il est plus acide avec le beurre de karité AFD
qu'avec les beurres de karité de Karibel et de Léo qui contiennent probablement des
bases libres utilisées lors de la neutralisation du beurre de karité après son extraction.

VI.7. ETUDES DE STABILITE

Les émulsions étaient physiquement instables lorsque la teneur en tensioactifs neutres


était inférieure à 20 % m/m ou lorsque celle du beurre de karité était inférieure à 10
% m/m. cette instabilité se traduisait par une apparition des phénomènes de
crémage, de floculation et de séparation de phases.

La séparation de phases a été observée avec les préparations contenant des quantités
insuffisantes de tensioactifs neutres (0 % m/m (Rp1), 5 % m/m (Rp2) et la % m/m
(Rp3).

Le crémage, apparu au niveau des préparations Rp4 (15 % m/m de tensioactifs), Rp5
(20 % de tensioactifs et 20 % de beurre de karité AFD) et Rp la (5 % m/m de beurre
de karité), est dû soit à une insuffisance en tensioactifs (diminution insuffisante de la
tension interfaciale), soit à une insuffisance en facteur de consistance (viscosité
faible). L'augmentation des quantités de tensioactifs et de beurre de karité nous a
permis d'obtenir des crèmes stables à partir de 20 % m/m de tensioactifs pour le
beurre de karité AFD, 25 % m/m de tensioactifs pour le beurre de karité de Karibel et
de Léo et des laits stables avec la % et 15 % m/m de l'un ou l'autre des trois types
de beurres de karité utilisés.

La floculation, agrégation lâche des particules dispersées, apparaissait au cours de la


conservation. Caractérisée par un aspect de plus en plus granuleux des crèmes, elle

70
est sûrement favorisée par les variations de la température du laboratoire. L'utilisation
des différents matériaux de conditionnement (pots, flacons en verre transparent ou
brun ) a permis aussi de montrer que la nature des matériaux utilisés a peu
d'incidence sur les aspects macroscopiques et visuels des crèmes à base de beurre de
karité.

VI.8. ESSAIS SENSO-RHEOLOGIQUES

L'analyse des résultats issus des essais senso-rhéologiques effectués sur les 10
volontaires (Tableaux XI et XII) nous a permis de tirer les conclusions suivantes:

:=::> La crème et le lait de NIVEA, considérés comme les produits de référence, ont eu
des avis très favorables pour leur consistance, leur couleur (blanche), leur odeur
(parfumée) et leur aspect (homogène et lisse).

:=::> La consistance des préparations à base de beurre de karité a été estimée bonne à
l'exception de l'échantillon 8 (crème à 10 % beurre de karité et 25 % de
tensioactifs neutres), qui a été trouvé trop fluide.

:=::> A l'exception de l'échantillon 6 (crème à 30 % de beurre de karité de LEO et 25 %


de tensioactifs neutres), qui présentait une coloration brunâtre, la couleur des
autres préparations était trouvée acceptable par la majorité des participants à
l'étude.

:=::> Du point de vue de l'odeur des préparations, la majorité des sujets testés n'a pas
apprécié de manière favorable la présence persistante de l'odeur du beurre de
karité. Celle-ci était légère et passable dans les échantillons 4 et 5 qui renfermait
le beurre de karité de AFD et Karibel respectivement. Par contre, pour les
échantillons l, 6 et 8, il ont décelé l'apparition d'une odeur d'huile rancie,
probablement suite à l'oxydation des acides gras insaturés du beurre de karité, ce
qui peut être évité en qjoutant un antioxydant lipophile tel que la vitamine E.
L'échantillon 7 était assez bien apprécié parce qu'il était accidentellement
contaminé par une essence.

:=::> L'aspect de tous les échantillons était considéré acceptable, à l'exception de


l'échantillon 6.

:=::> Les étudiants ont aussi estimé que toutes les préparations soumises à leur
appréciation étaient très faciles à étaler, n'avaient pas d'effet collant, n'irritaient
pas et n'étiraient pas la peau (Tableau XII).

71
Par comparaison à la crème et au lait de la marque NIVEA, on peut conclure que la
majorité des préparations à base de beurre de karité que nous avons réalisées et
testées, possèdent des bonnes caractéristiques senso-rhéologiques, à l'exception de
leur odeur et de la consistance trop fluide de l'échantillon 8.

Des légers ajustements des formulations sont nécessaires si l'on souhaite les mettre
sur le marché. Par exemple, on pourrait éliminer l'odeur du beurre de karité grâce à
un traitement avec des poudres inertes (argiles blanche, Oxydes Métalliques) (10),
ajouter des matières aromatisantes pour masquer l'odeur du beurre de karité, des
colorants pour augmenter l'attrait et des antioxydants pour éviter l'oxydation et le
rancissement du beurre de karité.

72
VII. CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES

Trois échantillons de beurre de karité du Burkina Faso, produits par la méthode


artisanale traditionnelle (technique de barattage), standardisée ou non, ont été
soumis à l'étude.

L'étude de quelques caractéristiques physico-chimiques a montré que ces beurres ont


des indices acides élevés, des teneurs en eau faibles et une plage de fusion proche de
celle de la température corporelle. Conservés à la température de 30 oC, les
échantillons passaient rapidement d'un état amorphe à un état cristallin caractérisé
par une plage de fusion plus étroite.

Les crèmes et les laits réalisés avec les trois types de beurres sont suffisamment
stables à partir de 10 % m/m de beurre de karité et de 25 % m/m de mélange de
tensioactifs Tween® 60 / Span® 60.
Ces préparations sont caractérisées par:

=> des viscosités différentes suivant l'origine du beurre de karité. Les viscosités sont
de plus en plus fortes lorsque la concentration en phase grasse interne (beurre de
karité) ou en tensioactifs augmentait. Au cours de la conservation à la température
du laboratoire, on a aussi constaté une augmentation progressive de la viscosité,
due probablement à un resserrement de la structure lamellaire des crèmes et des
laits. Les préparations de consistance fluide évoluaient en effet vers des
consistances semi-solides suivant la teneur en phase interne et la durée de
conservation.

=> un pH assez proche du pH cutané, ce qui expliquerait leur bonne tolérance


cutanée.

=> une stabilité satisfaisante de certaines formulations conservées pendant deux mois
à la température du laboratoire. On a aussi noté une évolution de certains
caractères organoleptiques : la couleur jaune de départ devient blanchâtre et
l'odeur caractéristique du beurre de karité persistait mais devenait plus ou moins
légère, selon le type de beurre de karité utilisé. Cependant, nous avons noté avec
la majorité des préparations l'apparition d'un phénomène de floculation qui s'est
traduit par un aspect granuleux et non homogène, observable à l'œil nu.

Un essai pilote, réalisé après six mois de conservation des préparations, sur 10
étudiants volontaires, a permis de montrer qu'à l'exception de l'odeur persistante du
beurre de karité, les crèmes et laits réalisées ont des caractéristiques sensorielles et
73
rhéologiques acceptables et proches de celles des laits et crèmes cosmétiques du
commerce.

Nous suggérons la réalisation d'autres études sur les crèmes et laits à base de beurre
de karité, dans le but:

::::::> d'optimaliser les formulations et les méthodes et techniques de fabrication;

::::::> de contrôler la qualité toxicologique et microbiologique de ces préparations;

::::::> d'évaluer l'aptitude des formulations à être utilisée dans le domaine


pharmaceutique après incorporation des principes actifs destinés aux traitements
d'affections cutanées locales;

::::::> de réaliser un essai senso-rhéologique sur un grand nombre d'individus afin de


mieux évaluer leur acceptabilité subjective par les utilisateurs potentiels;

::::::> d'envisager un transfert de technologie vers les industries cosmétiques de la place.

74
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE
1. Aproma.- Etude de la filière karité au Burkina Faso.- Ouagadougou, 1995

2. Armand H, Audinet P, Baronnier P, Calbat J L. Pharmacotechnie Industrielle.


Ed.1. IMT,+ 1998. P.P 422-445.

3. Ata J K B A. The study of shea kernel in relation to the traditional processing of


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77
ANNEXES
Annexe 1 Fiche d'enregistrement des résultats pendant les études
rhéologiques effectuées avec le Viscosimètre BROOKFIELD LVDV-E.

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU (Ua) BURKINA FASO


Unité - Progrès - Justice
UFR / Sciences de la Santé (UFR/SDS)

Laboratoire de Pharmacie Galénique et Biopharmacie


03 BP 7021 Ouaga 03, Tel. 30 70 64/65

Il DONNEES RELATIVES A LA FORMULATION


Composition : .
Fabrication: Méthode / Procédé: ..
Date / Heure: Lieu : Conservation : .
Préparateurs: Autres informations: ..

III DONNEES RELATIVES A L'ETUDE


Conservation: Lieu: Conditions: Durée: ..
Etude: Date: Heure du début: Heure de la fin: ..
Quantité échantillon: Température: Début: Fin .
Cylindre externe: Spindle : Facteur correction: (rpm en S'I)
Manipulateurs: Autres informations: ..

Vitesses Viscosités (Cps = 0/0 de torsion Délai de mesure Observations


(rpm) mPas) (min.)
Aller Retour Aller Retour Aller Retour
0,3 20 20
0,5 10 10
0,6 9 9
1,0 5 5
1,5 4 4
2,0 3 3
2,5 2 2
3,0 2 2
4,0 1,5 1,5
5,0 1,5 1,5
6,0 1 1
10,0 1 1
12,0 1 1
20,0 1 1
30,0 1 1
50,0 1 1
60,0 1 1
100,0 1 1
Observations:

Personne responsable
Annexe 2 : Fiche d'enregistrement des observations et autres déterminations effectuées sur les
préparations fluides et semi-solides au cours du stockage (Etudes de stabilité).

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU (UO) BURKINA FASO


Unité - Progrès -
Justice
UFR j Sciences de la Santé (UFRjSDS)

Laboratoire de Pharmacie Galénique et Biopharmacie


03 BP 7021 Ouaga 03, Tel. 30 70 64/65

FORMULATION / Composition : .
FABRICAnON : Méthode / Procédé: Date / Heure: Préparateurs: ..
Lieu : Conservation : Autres informations: ..

Date 1 Heure .., hrs ... min / ... / ... / ... hrs ... min / ... / ... / ... hrs ... min / ... / .,. / ." hrs ... min / ... / ... / ... hrs ... min / ... / ... /
Durée de conservation .... .... .... .... ....
......... irs 1 sem. 1 ......... irs 1 sem. 1 ......... irs 1 sem. 1 ......... irs 1 sem. 1 ......... irs 1 sem. 1
Paramètres mois mois mois mois mois
Consistance

Couleur
Odeur
Texture 1 aspect
Crémage
Sédimentation
Séparation de phase
Homogénéité 1
Homogénéisation
pH
Viscosité
Autres observations
Annexe 3 : Fiche d'appréciation des propriétés senso-rhéologiques des crèmes et des laits testés.

UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU (UO) BURKINA FASO


Unité - Progrès - Justice
UFR / Sciences de la Santé (UFR/SDS)
Laboratoire de Pharmacie Galénique
et de Technologie Pharmaceutique
03 BP 7021 Ouaga 03, Tel. 30 70 64/65

Echantillon Consistance* Couleur* Odeur* Aspect* Facilité Effet collant Irritation Etirement de la
d'étalement* sur la peau** cutanée** peau**

1
2
3
4
5
6
7
8

*: O=Très mauvais; l=mauvais; 2=passable; 3=bon; 4=excellent.


**: l=présence; 2=absence.
La moyenne générale des avis sera évalué et apprécié en fonction de l'échelle : ~ 3,0 : avis très favorable (TF) ; ~ 2,0 et < 3,0 : avis favorable
(F) ; ~ 1,0 et < 2,0 : avis défavorable (D) ; < 1,0 : avis très défavorable (TD).
SERMENT DE GALIEN
SERMENT DE GALIEN

" Je jure en présence des maÎtres de 11 UFR, des conseillers


de 11 0rdre des Pharmaciens et de mes condisciples:

D 1 honorer ceux qui m 1 0nt instruit dans les préceptes de mon


art et de leur témoigner ma reconnaissance en restant fidèle
à leur enseignement;

D'exercer, dans l'intérêt de la santé publique, ma profession


avec conscience et de respecter non seulement la législation
en vigueur, mais aussi les règles de 11 honneur, de la probité
et du désintéressement;

De ne jamais oublier ma responsabilité et mes devoirs


envers le malade et sa dignité humaine.

En aucun cas, je ne consentirai à utiliser mes connaissances


et mon état pour corrompre les mœurs et favoriser des actes
criminels.

Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à


mes promesses.

Que je sois couvert d 1 opprobre et méprisé de mes con'frères


si j'y manque. "
RESUME
RESUME DU TRAVAIL
TITRE: ESSAIS DE MISES AU POINT DE FORMULATION DE CREMES ET LAITS
COSMETIQUES A BASE DU BEURRE DE KARITE DU BURKINA FASO

INTRODUCTION
Le beurre de karité, dont le potentiel de production du BURKINA FASO est d'environ
30.000 tonnes / an, est un corps gras très riche en acides gras insaturées et en
insaponifiables. Très recherché en cosmétologie pour ses propriétés protectrices et
régénératrices de la peau, on le retrouve dans les formulations de certains crèmes et
laits commerciaux, mais à l'état raffiné et en faible quantité (1 à 10 %).
L'objectif principal de notre étude était de rechercher les conditions optimales
d'utilisation du beurre de karité produit localement et de manière artisanale en
cosmétologie et en pharmacie.

METHODOLOGIE
Différentes formulations de crèmes et laits, constituées uniquement de beurre de
karité provenant de 3 origines différentes (ADK, KARIBEL, province de la Sissili)
comme phase interne, de tensio-actifs neutres (mélange de Tween® 60 et de Span®
60), de conservateurs antimicrobiens (mélange de méthyl et de propyl
hydroxybenzoates de sodium) et d'eau distillée, ont été préparées à l'aide d'une
méthode standardisée.

RESULTATS
Les observations macroscopiques et les mesures du pH et du comportement
rhéologique effectuées sur les différentes préparations ont montré que:
=> la quantité de tensio-actifs nécessaire pour stabiliser adéquatement les crèmes et
les laits, de même que les valeurs du pH varient en fonction de l'origine du beurre
de karité, probablement à cause de la différence des méthodes d'obtention. Le
pourcentage optimal de tensio-actifs requis est de 25% m/m, calculé par rapport à
la quantité du beurre de karité.
=> l'accroissement du pourcentage de beurre de karité (10 % à 30 % m/m) augmente
fortement la viscosité des préparations: leur consistance fluide évolue
progressivement vers une consistance crémeuse;
=> l'aspect et la facilité d'étalement des préparations, qui sont stables à partir d'une
concentration de 10 % m/m en beurre de karité, sont comparables à ceux des
produits cosmétiques similaires trouvés sur le marché.

CONCLUSION
Le beurre de karité produit par nos groupements féminins peut donc être utilisé
avantageusement par les sociétés locales pour formuler des crèmes et des laits
cosmétiques et pharmaceutiques suffisamment stables.
Mots clés: Beurre de karité, Caractérisations, Crèmes et Laits, Cosmétologie,
Dermopharmacie.
UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU BURKINA FASO

Unité de formation et de recherche en Unité- Progrès- Justice


Sciences de la santé (UFRISDS)

03 BP 7021 OUAGADOUGOU

ATTESTATION DE CORRECTION

Nous soussignés Pro Ag. Théophile L. TAPSOBA et Pr. Ag. Adama TRAORE, avoir
revu la thèse corrigée de mademoiselle TOE Siessina Lawakilia Natacha Tchaïda
Martine intitulée: Essais de mises au point de formulation de crèmes et laits
corporels à base de beurre de karité du Burkina Faso.

Les corrections apportées sont conformes aux recommandations des membres du


jury.

Attestation délivrée pour servir et valoir ce que de droit.

Ouagadougou le 10 Novembre 2004

Le Directeur de thèse Le Président du jury

..
ma , .'.

( cc H N - Y () »)
Pro Ag. Adama TRAOR"E" Pro Ag. Théophile TAPSOBA

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