Chapitre II Théorie classique des stratifiés
2.1 Nomenclature d’une structure stratifiée
Un stratifié d’épaisseur H est obtenu par la combinaison de deux ou plusieurs plis ou
strates comme est illustre dans la figure (2.1). L’indice des plis d’épaisseur (ℎ𝑘 ) est k d’un
matériau (𝑚𝑎𝑡𝑘 ) L’angle des fibres dans chacun des plis est 𝜃𝑘 finalement on obtient un
stratifié global de 𝑛𝑝 plis (k = 1,2,…, N). [22,23]
Figure(2.1) : Vues d’ensemble (a)et éclatée (b) d’un stratifié composite et de l’index des plis (k) et de
l’angle des plis (𝜃𝑘 )
Les coordonnés du stratifié sont définie avec un axe (z) perpendiculaire au plan du
stratifié. L’origine de l’axe (z) est au centre géométrique (plan médian) du stratifié, les
coordonnées dans le plan (x, y) sont arbitraires. Il est cependant habituel d’assigner l’axe des
(x) à une direction spécifique de chargement ou à une direction principale de la structure. Une
fois le système de coordonnées établi, les angles des strates(𝜃𝑘 ). Sont définis comme indiquer
à la figure (2.1) c'est-à-dire que 𝜃𝑘 est l’angle entre la direction des fibres et l’axe (x) [22].
Pour des raisons d’analyse et de conception du stratifié, il est pratique de définir les coordonnées
des plis 𝑧𝑘 comme indiqué sur la figure.(2.2) [24, 25].
Les coordonnées des plis sont calculées selon :
𝑍 = −𝐻/2 Correspondent au premier pli (k =1) d’épaisseur (ℎ1 ) situé à l’extrémité inferieur
de la structure.
𝑍 = −𝐻/2 Correspondent au dernier pli (𝑘 = 𝑛𝑝 ) d’épaisseur (ℎ𝑛𝑝 ) situé à la partie supérieur
de la structure.
Figure (2.2) : Définition des cordonnées du pli (z).
18
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
Un pli (k) de stratifie est défini par un repère local orthogonal (1,2) figure (2.3), où
l’axe 1 est parallèle à la direction des fibres. Les propriétés du pli de stratifié sont mesurées
dans le repère (1,2) [22, 25].
Figure (2.3) : Exemple d’un pli k du stratifié oriente par un angle 𝜃𝑘
Pour montrer plus l’orientation du pli (k), on définit un angle d’orientation (𝜃𝑘 )que fait
son repère local (1,2) par rapport au repère global (x,y) du stratifie. Les propriétés globales du
stratifié sont déterminées par les propriétés du matériau, l’épaisseur et l’orientation des fibres
de chaque pli. [26]
Après cette représentation de la structure stratifiée, nous signalons qu’empilement des plis est
important. Pour montrer cet empilement il faut déterminer l’orientation de chaque pli et l’ordre
dans lequel ils sont empilés. On prend par exemple du stratifiée des plis qui ont une même
épaisseur et un matériau identique (le matériau et l’épaisseur des plis sont fixés).
2.2 La Théorie Classique des Stratifiés
La Théorie Classique des Stratifiés a été développée au début des années 1960. Les
fondements de cette théorie se basent sur l’hypothèses de Kirchhoff, employées pour l'étude de
structures du type plaque, et sur les hypothèses cinématiques de Kirchhoff-Love, utilisées pour
l'étude de structures du type coques courbes.
D’après cette théorie, une ligne droite et perpendiculaire à la surface moyenne
indéformée de la structure (connue comme surface de référence ou surface neutre), reste droite
et perpendiculaire à la surface de référence, ne changeant pas sa forme dans la direction de
l'épaisseur, c'est-à-dire, elle reste inextensible dans cette direction, tel que représenté sur la
Fig(2.4) la théorie CLT les effets des déformations de cisaillements transversaux (𝛾𝑥𝑧 , 𝛾𝑦𝑧 ) et la
déformation normale transversale (𝜀𝑧 ), ne sont pas considérés. [26]
19
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
Les autres hypothèses adoptées pour la formulation de la théorie CLT, sont :
- Le stratifié est considéré comme une superposition de couches parfaitement liées, (la liaison
est supposée infinitésimale) afin d'éviter le délaminage,
- La déformation est supposée continue à travers l'épaisseur du stratifié afin d'empêcher
le glissement d'un pli par rapport à un autre,
- Le stratifié se comporte comme une seule couche mince mais avec des caractéristiques
élastiques très spéciales.
- La déformation transversale est nulle, (pas de variation de l'épaisseur).
- Les points situés sur une normale à la surface moyenne avant déformation restent sur
cette normale au cours de la déformation. Ceci revient à négliger l'effet de cisaillement
transverse.
- Le matériau de chaque pli présente un comportement élastique ;
- Les déformations, les déplacements et les rotations sont petits.
Figure (2.4) : Schématisation des déformations dans le cas de la théorie classique des
stratifies [27].
2.2.1 Données de départ
-Matériaux composant le stratifié : ils sont orthotropes et d'habitude connus grâce aux
constantes de l'ingénieur dans l'es directions d'orthotropie de la couche, (𝐸1 , 𝐸2 , 𝜐12 et 𝐺12 ) aux
caractéristiques de résistance de chaque pli (𝑋𝑐 , 𝑋𝑐 , 𝑌𝑐 , 𝑌𝑡 ) , aux coefficients de dilatation
thermique et d'absorption d'eau dans les deux directions d'orthotropie, (𝛼1 𝛼2 , 𝛽1 et 𝛽1) et à leur
épaisseur (ℎ𝑐 ) Une alternative est celle de donner directement les composantes tensorielles du
tenseur de la rigidité (𝑄),( 𝑄11, 𝑄12, 𝑄22 et 𝑄66 ) ; dans ce cas, l'étape de calcul du tenseur (𝑄)
à partir des constantes de l'ingénieur n'est évidemment pas nécessaire.
-Actions mécaniques : elles sont données en spécifiant, dans les axes du stratifié, le tenseurs
𝑁 et 𝑀 des actions de membrane et de flexion : (𝑁𝑥 , 𝑁𝑦 , 𝑁𝑥𝑦 , 𝑀𝑥 , 𝑀𝑦 et 𝑀𝑥𝑦 ).
20
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
Les composantes (𝑁𝑥 , 𝑁𝑦 , 𝑁𝑥𝑦 ) sont les résultantes, par unité de longueur de plaque,
respectivement des contraintes normales (suivant (x) et suivant (y)) et des contraintes de
cisaillement, dans le plan (x, y) [27]. Elles sont schématisées symboliquement sur la figure
(2.5).
Figure (2.5) : Schématisation des résultantes en membrane des actions exercées sur un
élément de stratifié [27].
Les composantes (𝑀𝑥 ) et (𝑀𝑦 ) sont les moments de flexion suivant les directions (x) et (y),
respectivement, et la composante (𝑀𝑥𝑦 ) et le moment de torsion [27] . Ces composantes sont
schématisées sur la figure (2.6):
Figure (2.6) : Schématisation des moments de flexion et de torsion [27].
2.2.2 Calcul des tenseurs du stratifie
On détaille dans ce paragraphe la façon dont on calcule les tenseurs caractéristiques de chaque
couche, qui serviront ensuite au calcul des tenseurs caractéristiques du stratifié. Bien
évidemment, dans le cas, très fréquent, d'un stratifié composé de plis identiques, ce calcul ne se
fait qu'une seule fois, pour le pli de base [28].
21
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
-Tenseurs (𝑄𝑘 ) : pour chaque couche (k), il faut calculer le tenseur de rigidité réduite dans les
Axes d'orthotropie de la couche[28]:
𝐸 𝑘 𝐸𝐿 𝑘 𝐸𝑘
𝜗𝑇𝐿 = 𝜗𝐿𝑇 𝐸𝑇 (2.1) 𝑄11 = 1−𝜗 (2.2) 𝑄22 = 1−𝜗 𝑇 𝜗 (2.3)
𝐿 𝐿𝑇 𝜗𝑇𝐿 𝐿𝑇 𝑇𝐿
𝜗 𝐸𝑇
𝑄𝐿𝑇 = 1−𝜗𝐿𝑇 (2.4) 𝑄66 = 𝐺𝐿𝑇 (2.5)
𝐿𝑇 𝜗𝑇𝐿
- Calcul des tenseurs du stratifie (comportement en membrane et en flexion)
On détaille dans ce paragraphe la façon dont on calcule les tenseurs qui décrivent le
comportement du stratifié en membrane et en flexion, négligeant les actions thermiques et
hygroscopiques [27] :
𝑁 𝐴 𝐵 𝜀0
{ }=[ ]{ } (2.6)
𝑀 𝐵 𝐷 𝜒
2.2.3 Mise en équation d’un laminé
Pour des raisons de simplification, il est commode de remplacer la matrice des rigidités
par une matrice équivalente mettant en relation les contraintes et moments résultants ( N , M )
avec les déformations du plan moyen (ε) et les courbures de flexion 𝜒 ( Guitard, 1987 ; Ashbee,
1993 ). Les équations constitutives pour une plaque ou laminé deviennent [27] :
𝑁𝑥 𝐴11 𝐴12 𝐴16 𝐵11 𝐵12 𝐵16 𝜀𝑥0
𝑁𝑦 𝐴12 𝐴22 𝐴26 𝐵12 𝐵22 𝐵26 𝜀𝑦0
𝑁𝑥𝑦 𝐴 𝐴26 𝐴66 𝐵16 𝐵26 𝐵66 𝛾 0
= 16 𝑥𝑦 (2.7)
𝑀𝑥 𝐵11 𝐵12 𝐵16 𝐷11 𝐷12 𝐷16 𝜒
𝑥
𝑀𝑦 𝐵12 𝐵22 𝐵26 𝐷12 𝐷22 𝐷26 𝜒𝑦
[𝑀𝑥𝑦 ] [ 𝐵16 𝐵26 𝐵66 𝐷16 𝐷26 𝐷66 ] [𝜒𝑥𝑦 ]
Les coefficients (𝐴𝑖𝑗 ) sont liés à la traction ou à la compression dans le plan, les coefficients
(𝐵𝑖𝑗 ) sont liés aux couplages et les coefficients (𝐵𝑖𝑗 ) sont liés à la flexion.
Contribution des différents paramètres :
Étirement ou compression du plan moyen ( εx, εy) Cisaillement du plan moyen
(γxy ) flexion du laminé ( 𝜒𝑥 , 𝜒𝑦 ) torsion du laminé (𝜒𝑥𝑦 )
Cette expression matricielle va nous permettre d’exprimer plus simplement les relations entre
les contraintes et les déformations dans le cas le cas de l’hypothèse des contraintes planes
22
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
(modélisation de contraintes de traction dans le plan du panneau composite) ou alors dans le
cas de déformations de flexion (Halpin, 1992).
-Source de simplification
Les coefficients (𝐵𝑖𝑗 ) sont nuls dès lors que le laminé est constitué de plis qui sont
symétriquement identiques par rapport au plan moyen (spécificité et positionnement).
Les coefficients (𝐷16 ) et (𝐷26 ) s’annulent si le laminé est entièrement composé de pli à 0 ou
90°. De même, ces deux coefficients peuvent s’annuler (la somme des termes s’annule) si pour
chaque pli (𝜃) le laminé possède un équivalent (par rapport au plan moyen) par le biais d’un pli
(-𝜃). Ceci implique, dans ce cas de figure, que le laminé n’est plus symétrique et par conséquent
𝐵𝑖𝑗 ≠ 0.
Tenseurs A, B et D: ces tenseurs sont donnés par [27] :
𝐴 = ∑𝑛𝑘=1 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 )(𝑧𝑘 − 𝑧𝐾−1 ) (2.8)
1
𝐵= ∑𝑛𝑘=1 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 )(𝑧𝑘2 − 𝑧𝑘−1
2
) (2.9)
2
1
𝐷= ∑𝑛𝑘=1 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 )(𝑧𝑘3 − 𝑧𝑘−1
3
) (2.10)
3
Ici, (𝜃𝑘 ) est l'angle dont l'axe x1 du pli k est tourné par rapport à l'axe x du stratifié, comme en
figure (2.7). Il est impératif d'exprimer les différents tenseurs (𝑄𝑘 ) dans le même repère, celui
de la plaque, {x, y, z}
Figure (2.7) : pli UD
′ ′ ′
𝑄11 𝑄12 𝑄16
′ ′ ′
𝑄𝑘′ = [𝑄12 𝑄22 𝑄26 ]
′ ′ ′
𝑄16 𝑄26 𝑄66
𝐶 = 𝑐𝑜𝑠(𝜃) 𝑆 = 𝑠𝑖𝑛(𝜃)
𝑄̅11 = 𝑄11 𝐶 4 + 𝑄22 𝑆 4 + 2(𝑄12 + 2𝑄66 )𝑆 2 𝐶 2
𝑄̅12 = (𝑄11 + 𝑄22 − 4𝑄66 )𝑆 2 𝐶 2 + 𝑄12 (𝐶 4 + 𝑆 2 )
𝑄̅22 = 𝑄11 𝑆 4 + 𝑄22 𝐶 4 + 2(𝑄12 + 2𝑄66 )𝑆 2 𝐶 2 (2.11)
𝑄̅16 = (𝑄11 − 𝑄12 − 2𝑄66 )𝐶 3 𝑆 − (𝑄22 − 𝑄12 − 2𝑄66 )𝑆 3 𝐶
23
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
𝑄̅26 = (𝑄11 − 𝑄12 − 2𝑄66 )𝑆 3 𝐶 − (𝑄22 − 𝑄12 − 2𝑄66 )𝐶 3 𝑆
𝑄̅66 = (𝑄11 − 𝑄22 − 2𝑄12 − 2𝑄66 )𝑆 2 𝐶 2 + 𝑄66 (𝑆 4 + 𝐶 4 )
Si les plis sont identiques, les formules sont plus simples ; en numérotant les couches selon le
schéma de figure (2.8), on obtient
Figure (2.8) : Numération des couches (plis) [29].
ℎ
𝐴 = 𝑛 ∑𝑛𝑘=1 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 ) (2.12)
1 ℎ2
𝐵 = 2 𝑛2 ∑𝑛𝑘=1 𝑏𝑘 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 ) (2.13)
1 ℎ3
𝐷 = 3 𝑛3 ∑𝑛𝑘=1 𝑑𝑘 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 ) (2.14)
𝑏𝑘 = 2𝑘 − 𝑛 − 1
1
𝑑𝑘 = [12𝑘(𝑘 − 𝑛 − 1) + 4 + 3𝑛(𝑛 + 2)]
4
A remarquer que les coefficients (𝑏𝑘 ) sont antisymétriques par rapport au plan moyen et les
(𝑑𝑘 ) symétriques.
-Inversion la loi de comportement
Le calcul des contraintes dans chaque couche nécessite du calcul des déformations et pour cela
il est indispensable d'inverser la loi de comportement. Faisons cela par étapes [29]
Cas d'un chargement mécanique : dans ce cas se réduit à
𝑁 𝐴 𝐵 𝜀0
{ }=[ ]{ } (2.15)
𝑀 𝐵 𝐷 𝜒
En général, l'inversion donne
𝜀0 𝐴 𝐵 −1 𝑁
{ }=[ ] { } (2.16)
𝜒 𝐵 𝐷 𝑀
Et donc il faut inverser la matrice complète ; cela est faisable et on peut écrire la formule
d'inversion d'une matrice 6×6 une fois pour toute. Le problème est que cette formule est très
24
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
longue et compliquée. Une autre façon d'aborder ce même problème est d'inverser un à un les
trois tenseurs A, B et D, on peut donc réécrire la loi de comportement sous la forme [27] :
𝜀0 𝑎 𝑏 𝑁
{ }=[ 𝑇 ]{ }
𝜒 𝑏 𝑑 𝑀
Avec :
𝑎 = (𝐴 − 𝐵𝐷−1 𝐵)−1 (2.17)
𝑑 = (𝐷 − 𝐵𝐴−1 𝐵)−1 (2.18)
𝑏 = −𝑎𝐵𝐷−1 = −(𝐴 − 𝐵𝐷−1 𝐵)−1 𝐵𝐷−1 (2.19)
Le problème se simplifie considérablement au cas où le stratifié est découplé ; dans ce cas
B=b=0 et
𝜀 0 = 𝑎𝑁
𝜒 = 𝑑𝑀
Avec
𝑎 = 𝐴−1
𝑑 = 𝐷−1
2.2.4 Calcul des contraintes dans les couches
Les contraintes dans les couches on les calcule grâce à la loi de comportement ; elles sont
fonction de la couche et de la position du point de calcul à l'intérieur de la couche même, la
contrainte et la déformation étant fonction de la position verticale (z) par rapport au plan moyen.
- Calcul des contraintes dans le repère du stratifié : pour calculer les contraintes dans le
repère du stratifié il suffit d'appliquer, pour une couche (k), la loi contrainte déformation pour
une position (z) qui appartient à la couche ; normalement, le calcul est fait en correspondance
du plan moyen de la couche, étant donné que pour des couches minces la contrainte ne varie
pas beaucoup dans l'épaisseur de la couche même. Donc on aura, pour la couche (k) [28].
𝜎𝑘′ (𝑧) = [𝑄𝑘 (𝜃𝑘 )]𝜀 ′ (𝑧) = [𝑄𝑘 (𝜃𝑘 )](𝜀 0 + 𝑧𝛾) (2.20)
où 𝑄𝑘 (𝜃𝑘 ) est le tenseur de rigidité de la couche k calculé dans le repère du stratifié. La
coordonné z appartient à l'intervalle [𝑧𝑘−1, 𝑧𝑘 ].
- Calcul des contraintes dans le repère matériel de la couche : dans ce cas il faut d'abord
tourner le tenseur de la déformation ε pour le ramener au repère de la couche :
𝜀(𝑧) = [𝑇 −𝑇 (𝜃𝑘 )]𝜀 ′ (𝑧) = [𝑇 −𝑇 (𝜃𝑘 )](𝜀0 + 𝑧𝛾) (2.21)
Avec :
𝐶2 𝑆2 𝐶𝑆
𝑇 −𝑇 (𝜃𝑘 ) = [ 𝑆 2 𝐶2 −𝐶𝑆 ] (2.22)
−2𝐶𝑆 2𝐶𝑆 𝐶2 − 𝑆2
Ensuite, on aura tout simplement
25
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
𝜎𝑘 (𝑧) = 𝑄𝑘 𝜀(𝑧)
où 𝑄𝑘 est le tenseur de rigidité de la couche dans son repère matériel.
Une autre façon de faire, est celle de calculer d'abord le tenseur de la contrainte σ'(z) de la
couche (k) à la côte (z) dans le repère du stratifié, selon la (2.20), ensuite, on ramène la
contrainte au repère matériel de la couche grâce à la relation
𝜎(𝑧) = [𝑇(𝜃𝑘 )]𝜎 ′ (𝑧) (2.23)
Avec
𝐶2 𝑆2 2𝐶𝑆
𝑇(𝜃𝑘 ) = [ 𝑆 2 𝐶2 −2𝐶𝑆 ] (2.24)
−𝐶𝑆 𝐶𝑆 𝐶2 − 𝑆2
2.2.5 Calcul des caractéristiques équivalentes du stratifie
- Constantes de l’ingénieur : les constantes de l'ingénieur en membrane et en flexion se
calculent facilement à partir des tenseurs de souplesse normalisée :
ℎ3
𝑎∗ = ℎ 𝑎 𝑑 ∗ = 12 𝑑 (2.25)
Donc, une fois calculés 𝑎 ∗ et 𝑑 ∗ ,on a (indice 𝑚 pour les caractéristiques de membrane,
𝑓 pour celles de flexion):
1 𝑓 1
𝐸𝑥𝑚 = 𝑎∗ 𝐸𝑥 = 𝑑∗
𝑥𝑥 𝑥𝑥
1 𝑓 1
𝐸𝑦𝑚 = 𝑎∗ 𝐸𝑦 = 𝑑∗
𝑦𝑦 𝑦𝑦
𝑚 1 𝑓 1
𝐺𝑥𝑦 = ∗ 𝐺𝑥𝑦 = ∗ (2.26)
𝑎𝑠𝑠 𝑑𝑠𝑠
∗
𝑎𝑥𝑦 ∗
𝑑𝑥𝑦
𝑚 𝑓
𝜗𝑥𝑦 = ∗ 𝜗𝑥𝑦 = ∗
𝑎𝑥𝑥 𝑑𝑥𝑥
2.2.6 Cas spéciaux de stratifiés :
Sur la base de l'angle, du matériau et de l'épaisseur des strates, la symétrie ou l'antisymétrique
d'un stratifié peut éliminer certains éléments des trois matrices de rigidité [A], [B] et [D].
Celles-ci sont importantes à étudier car elles peuvent entraîner pour réduire ou mettre à zéro le
couplage des forces et des moments de flexion, des forces normales et de cisaillement, ou des
moments de flexion et de torsion. Cela simplifie non seulement l'analyse mécanique des
composites, mais donne également les performances mécaniques souhaitées [29].
- Stratifiés symétriques
a. Cas général
Un stratifié est symétrique si le plan moyen est plan de symétrie.
Deux couches symétriques ont :
′
- la même matrice de rigidité réduite [𝑄𝑖𝑗 ]
𝑘
- la même épaisseur 𝑒𝑘
26
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
- des cotes opposées 𝑧𝑘 et −𝑧𝑘
Un exemple de stratifié symétrique : Pour les stratifiés symétriques de la définition de matrice
[B], il peut être prouvé que [B] = 0 [29]. Ainsi, l’équation (2.7) peut être découplée pour donner
̅̅̅̅]s
[ 0 /30/60 :
̅̅̅̅]s
Figure(2.9) : stratifié symétrique [0 /30/60
Il en résulte que les coefficients 𝐵𝑖𝑗 de la matrice de rigidité du stratifié sont nuls [29].
L’équation constitutive est de la forme générale :
𝑁𝑥 𝐴11 𝐴12 𝐴16 0 0 0 𝜀𝑥0
𝑁𝑦 𝐴12 𝐴22 𝐴26 0 0 0 𝜀𝑦0
𝑁𝑥𝑦 0 0 0 𝛾0
= 𝐴16 𝐴26 𝐴66
𝐷11 𝐷12 𝐷16 𝜒
𝑥𝑦 (2.27)
𝑀𝑥 0 0 0 𝑥
𝑀𝑦 0 0 0 𝐷12 𝐷22 𝐷26 𝜒𝑦
[𝑀𝑥𝑦 ] [ 0 0 0 𝐷16 𝐷26 𝐷66 ] [𝜒𝑥𝑦 ]
On remarque qu’il n'existe pas de couplage membrane-flexion dans le cas des stratifiés
symétriques. Il en résulte que le comportement des stratifiés symétriques est plus simple à
analyser que celui des stratifiés présentant un couplage membrane-flexion/torsion. En outre, les
stratifiés symétriques ne présentent pas une tendance au gauchissement due aux déformations
(contractions) induites lors du refroidissement consécutif au processus de mise en œuvre des
matériaux. Les stratifiés symétriques sont donc largement utilisés, à moins que des conditions
spécifiques nécessitent un stratifié non symétrique [29].
- Stratifiés croisés
Un stratifié est appelé stratifié à couches croisées (également appelé stratifiés à couches
spécialement orthotropes) si seules des couches de 0 et 90 ° ont été utilisées pour fabriquer un
stratifié [29]. Un exemple de stratifié à couches croisées est un stratifié [0/902/0/90]:
Figure (2.10) : stratifié croisés [0/902/0/90]
Pour les stratifiés à couches croisées, 𝐴16 = 0, 𝐴26 = 0, 𝐵16 = 0, 𝐵26 = 0 𝑒𝑡 𝐷16 = 𝐷26 = 0 ,
Ainsi, l'équation (2.7) peut être écrite ainsi :
27
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
𝑁𝑥 𝐴11 𝐴12 0 𝐵11 𝐵12 0 𝜀𝑥0
𝑁𝑦 𝐴12 𝐴22 0 𝐵12 𝐵22 0 𝜀𝑦0
𝑁𝑥𝑦 0 0 𝐴66 0 0 𝐵66 𝛾𝑥𝑦 0
= (2.28)
𝑀𝑥 𝐵11 𝐵12 0 𝐷11 𝐷12 0 𝜒𝑥
𝑀𝑦 𝐵12 𝐵22 0 𝐷12 𝐷22 0 𝜒𝑦
[𝑀𝑥𝑦 ] [ 0 0 𝐵66 0 0 𝐷66 ] [𝜒𝑥𝑦 ]
Dans ces cas, un découplage se produit entre les forces normales et les forces de
cisaillement, ainsi qu'entre les moments de flexion et de torsion. Si une lamelle croisée est
également symétrique, alors en plus du découplage précédent, la matrice de couplage [B] = 0
et aucun couplage n'a lieu entre les termes de force et de moment [29].
- Stratifiés à angle :
Un stratifié est appelé stratifié à couches d'angle s'il a des couches du même matériau et
de la même épaisseur et orientées uniquement dans les directions + 𝜃et – 𝜃. Un exemple de
stratifié à pli angulaire est [–40 / 40 / –40 / 40] :
Figure (2.11) : stratifié à pli angulaire est [–40 / 40 / –40 / 40]
Si un stratifié a un nombre pair de plis, alors A16 = A26 = 0. Cependant, si le nombre de plis est
impair et qu'il est constitué de plis alternés + 𝜃 et – 𝜃, il est symétrique, ce qui donne [B] = 0,
et A16, A26, D16 et D26 deviennent également petits à mesure que le nombre de couches augmente
pour une même épaisseur de stratifié. Ce comportement est similaire aux stratifiés à couches
croisées symétriques. Cependant, ces stratifiés à pli d'angle ont des propriétés de rigidité au
cisaillement et de résistance au cisaillement plus élevées que les stratifiés à plis croisés [29].
- Stratifiés antisymétriques
Un stratifié est appelé antisymétrique si le matériau et l'épaisseur des couches sont identiques
au-dessus et au-dessous du plan médian, mais que les orientations des couches à la même
distance au-dessus et au-dessous du plan médian sont négatives [29]. Un exemple de stratifié
antisymétrique est :
Figure (2.12) : stratifié antisymétrique [45/60/-60/-45]
28
Chapitre II Théorie classique des stratifiés
À partir des équations (2.8) et (2.10), les termes de couplage de matrice de rigidité en extension,
A16 = A26 = 0, et termes de couplage de la matrice de rigidité en flexion, D16 = D26=0:
𝑁𝑥 𝐴11 𝐴12 0 𝐵11 𝐵12 𝐵16 𝜀𝑥
0
𝑁𝑦 𝐴12 𝐴22 0 𝐵12 𝐵22 𝐵26 𝜀𝑦0
𝑁𝑥𝑦 0 0 𝐴66 𝐵16 𝐵26 𝐵66 𝛾𝑥𝑦 0
= (2.29)
𝑀𝑥 𝐵11 𝐵12 𝐵16 𝐷11 𝐷12 0 𝜒𝑥
𝑀𝑦 𝐵12 𝐵22 𝐵26 𝐷12 𝐷22 0 𝜒𝑦
[𝑀𝑥𝑦 ] [𝐵16 𝐵26 𝐵66 0 0 𝐷66 ] [𝜒𝑥𝑦 ]
- Stratifié équilibré :
Un stratifié est équilibré si des couches d'angles autres que 0 et 90 ° apparaissent uniquement
en tant que couche plus et moins de + 𝜃 et – 𝜃. Les couches plus et moins n'ont pas besoin d'être
adjacentes, mais l'épaisseur et le matériau des couches plus et moins doivent être identiques.
Ici, les termes (A16 = A26 = 0) [29].
Un exemple de stratifié équilibré est [30/40 / –30 / 30 / –30 / –40] :
Figure (2.13) : stratifié équilibré [30/40 / –30 / 30 / –30 / –40]
De l'équation
𝑁𝑥 𝐴11 𝐴12 0 𝐵11 𝐵12 𝐵16 𝜀𝑥0
𝑁𝑦 𝐴12 𝐴22 0 𝐵12 𝐵22 𝐵26 𝜀𝑦0
𝑁𝑥𝑦 0 0 𝐴66 𝐵16 𝐵26 𝐵66 𝛾 0
= 𝑥𝑦 (2.30)
𝑀𝑥 𝐵11 𝐵12 𝐵16 𝐷11 𝐷12 𝐷16 𝜒
𝑥
𝑀𝑦 𝐵12 𝐵22 𝐵26 𝐷12 𝐷22 𝐷26 𝜒𝑦
[𝑀𝑥𝑦 ] [ 𝐵16 𝐵26 𝐵66 𝐷16 𝐷26 𝐷66 ] [𝜒𝑥𝑦 ]
29