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REPUBLIQUE DU SENEGAL

UN PEUPLE UN BUT UNE FOI

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION

INSTITUT POLYTECHNIQUE PANAFRICAIN

Architecture – Ingénierie civil

MÉMOIRE DE FIN D’ETUDE DU PREMIER CYCLE

Licence 3 EN Génie Civil

SUJET :
PATHOLOGIES DES OUVRAGES EN BETON ARME – REHABILITATONS
DEFINITIONS – PROBLEMATIQUES – SOLUTIONS
CAS DES ZONES YEUMBEUL-NGOR

PRESENTE PAR : ENCADREUR  :

Joseph Waly Fassar NDOUR M. KEITA


INTRODUCTION

Au Sénégal la majorité des immeubles sont construite en béton armé, cependant ces
constructions dont les plus concernées sont les anciens bâtiments sont confrontées à
des problèmes de corrosions, de diverses agressions, de dégradations, de
vieillissement… Dès lors il est nécessaire d’effectuer des inspections par une
élaboration de calendrier bien définis et d’en assurer l’entretien, car ces structures sont
très sensibles.

L’inspection d’un bâtiment pour repérer les différentes pathologies est un moment
délicat. En effet si l’origine du problème est mal diagnostiquée, les réhabilitations qui
seront choisies ne correspondront pas et par conséquent la pathologie demeurera et
cela peut nuire aux usagers.

Ainsi pour le bon déroulement de l’inspection, on distingue deux méthodes


d’investigation les méthodes destructives pour les structures pouvant être localement
dégradées et les méthodes non destructives pour les ouvrages qui doivent être
préservés par exemples les monuments ou les bâtiments historiques.

Dès lors ou les causes sont établis il est important de mettre en place des travaux de
réhabilitation afin de redonner à la structure une bonne tenue physique et mécanique
initiale. Cependant il existe beaucoup de méthodes de protections d’une structure en
béton armé parmi elles on note des traitements électrochimiques et des revêtements
simples appliqué.
La réhabilitation de ces ouvrages nécessitera la mise en œuvre de techniques
particulières même si le cout de réparation de ces ouvrages est en général très cher et
nécessitent souvent l’arrêt complet de l’exploitation pendant la phase de réhabilitation
(les réservoirs et châteaux d’eau, les ponts, les bâtiments et complexes industriels, les
aqueducs, etc.…).

Quel que soit le type de structures en béton armé, on s’attachera à déterminer


précisément l’origine et l’étendue des désordres, les sollicitations diverses et les
agressions auxquelles sont soumis l’Ouvrage tout en évoquant des solutions.

Problématique :
La réhabilitation d'une structure est une opération qui consiste à lui restituer, par des
travaux appropriés, un niveau de service perdu, la baisse du niveau de service peut
résulter de toutes sortes de causes ; les plus fréquentes sont la dégradation progressive
des matériaux (agressions atmosphériques, modification des propriétés des matériaux),
l'utilisation intensive (effet de répétition des charges) voire abusive (utilisation au delà
des charges prévues), les accidents et sinistres (incendies, choc ,séisme, …)

Les critères qui rentrent en jeu dans la conservation des structures sont nombreux et
subjectifs : pour l'habitant, la localisation est prioritaire ; pour l'historien, la mémoire
prime ; pour l'architecte, la qualité d'élaboration l'emporte ; pour les associations,
l'image du quartier domine. La décision de réhabiliter peut-être emportée sur des
critères économiques, patrimoniaux ou sociaux. Cependant, les enjeux techniques et
économiques en présence ramènent le plus souvent l'équation à quelques
paramètres :La valeur patrimoniale des structures (au sens culturel, qui comprend
l'ancienneté, la rareté et la beauté ), ou son appartenance à un ensemble dont la
cohérence doit être conservée ; La surface qu'il occupe, comparée au droit à construire
en cas de démolition / reconstruction, ainsi que les servitudes d'éclairement et de
prospect qui ont pu également évoluer; ces critères sont souvent déterminants pour les
bâtiments situés en ville; L'adéquation de sa typologie ( épaisseur construite, trame de
structure, éclairement ) à l'évolution souhaitée pour son occupation, et l'importance
des travaux à engager pour l'atteindre; La présence des occupants et l'incidence sur
leur vie quotidienne des scénarios de réhabilitation ou de reconstruction envisagés ; La
possibilité ou non d'interrompre l'activité du bâtiment; La comparaison en coût global -
c'est- à –dire travaux + accompagnement social éventuel + coût d'entretien ou
d'exploitation après travaux – entre la réhabilitation de l'édifice et sa démolition /
reconstruction. La durabilité des ouvrages en béton armé dépend de leur
comportement face aux conditions climatiques et environnementales qui existent dans
les milieux où ils sont construits. Ces ouvrages sont souvent exposés à de nombreuses
agressions physico-chimiques auxquelles ils doivent résister afin de remplir de façon
satisfaisante pendant leur période d'utilisation, toutes les fonctions pour lesquelles ils
ont été conçus. Ces ouvrages sont nécessaires au bon fonctionnement de notre société,
car ce sont des éléments facilitant ou améliorant la vie des usagers. Pour leur
permettre de remplir leur rôle, il est nécessaire de s'assurer de leur bonne santé et
dans le cas contraire les réparer. Les défauts constatés sur un ouvrage en service
pouvant rapidement devenir très importants, la surveillance des constructions est
indispensable et toute intervention ayant pour objet l’entretien ou la réparation, doit
être aussi rapide que possible, afin d’éviter toute aggravation.

Objectif :

L'objectif de cette étude est de s’intéresser aux principales causes des dégradations
exceptionnellement des fissures et les identifier donc c’est une des étapes les plus
importantes et les plus difficiles de tout le processus d’investigation sur des structures
endommagées. Il n'est généralement pas possible d'évaluer la nécessité de réhabiliter
une structure ou de choisir la ou les méthodes de réhabilitation sans avoir, au
préalable, bien identifier l'origine des dégradations. À partir du moment où une
pathologie est diagnostiquée, même si cela ne remet pas en cause la stabilité de
l'ouvrage, il est important de diagnostiquer d’où vient le problème, et à quel degré il
affecte l'édifice ensuite, il est nécessaire de supprimer le problème à la source et de
réparer l'ouvrage.

Plan de travail :

Chapitre 1 : Etude bibliographique qui présente les définitions générales (pathologie,


réparation, réhabilitation ; rénovation, restauration …), il est réservé à la description
des pathologies du béton armé ainsi la classification de ces pathologies.

Exemples de quelques pathologies

Chapitre 2 : Causes générales des dégradations et diagnostic des structures.

Chapitre 3: Les étapes clés pour la réhabilitation et le renforcement d’ouvrages en


béton et les techniques de réhabilitation.
Chapitre 4: Durabilité
CHAPITRE I : : Etude bibliographique qui présente
les définitions générales (pathologie, réparation,
réhabilitation ; rénovation, restauration …)
I. Généralités
1. Exemple de quelques pathologies et définition

Les pathologies peuvent être classées en plusieurs familles : les dégradations superficielles ;
les déformations ; les fissurations ; les dégradations d’ordre structurel.

Cependant, il est nécessaire de distinguer les pathologies existantes à l’origine, tels que le
bullage et les nids de cailloux, et celles apparaissant dans le temps comme les fissures.

Une Pathologie (n.f) Etude des désordres affectant un bâtiment ou un matériau en œuvre ;


une étude pathologique comprend : -L'observation et l'analyse des symptômes et de leur
processus de formation, ainsi que des conditions de mise en œuvre. L'établissement d'un
diagnostic sur les causes probables et sur les risques d'évolution du désordre. La recherche de
remèdes ou traitements curatifs à envisager.

 Fissuration : c’est un ensemble de fissures affectant une paroi, un revêtement ou un


enduit. Nous pouvons observer plusieurs types de fissurations dont celle en maille, en
étoile, en panneaux, en coup de sabre, etc.
 Fissure : c’est une fente visible affectant la surface d'une maçonnerie, d'un dallage,
d'un appareil sanitaire, etc. Par convention, la fissure a entre 0.2 et 2mm de largeur ;
au-dessous il s'agit d'un faïençage ou d'un simple fil ; au-dessus la fissure est une
lézarde.
 Faïençage : Craquelure superficielle des peintures, vernis, enduits et bétons, sous
forme de fins réseaux de microfissures de largeur inférieure à 0.2mm, disposées en
mailles régulières fermées, de quelques cm de côté. Le faïençage traduit un retrait
superficiel trop important ou trop rapide (remontée de liant en surface, couche trop
épaisse). Contrairement aux fissures, qui affectent les matériaux dans toute leur
épaisseur, les faïençages n'ont qu'un inconvénient esthétique.

 Lézarde (n.f) : C’est une longue fente qui, dans la maçonnerie d'une construction, suit
en zigzag une direction générale franche ; elle traduit soit un mouvement ou un
tassement du terrain, soit une insuffisance ou une rupture de chaînage.
 Infiltrant : Une fissure infiltrante est une fissure qui, présente dans toute l'épaisseur
d'une paroi, permet à l'eau de pluie ou de ruissellement de la traverser.
 Retrait : C’est une contraction d'un matériau provoquée par l'élimination de l'eau de
gâchage excédentaire (bétons, enduits).
 Désordre (n.m) : Anomalie de fonctionnement, d’aspect, de solidité, etc. d'un
équipement ou d'un ouvrage, du fait d'un défaut de conception, du fait d'une erreur de
mise en œuvre, ou du fait d'un composant inadapté.
 Epaufrure (n.f) [ou épaufrement (n.m), en Suisse] : Eclat dans un parement, ou dans
une arête : l'arête est alors dite épaufrée.
 Mousse (n.f) Développement de lichens et de micro-végétaux à spores sur des surfaces
en général exposées à l'humidité : toitures, murs de soubassement. Le traitement
préventif ou curatif se fait avec des agents biocides dits antimousses, fongicides ou
anticryptogamiques.
 Lichen (n.m) Très fine mousse végétale, parasite des maçonneries humides et des
couvertures ; on l'élimine, comme les mousses, par traitement fongicide.
 Cryptogamique (adj.) Familles de végétaux qui comprennent les champignons, les
moisissures, les mousses et les lichens. Dans le bâtiment, les végétaux cryptogamiques
qui attaquent les bois, ou qui prolifèrent sur les toitures et les murs humides sont
détruits par les produits anticryptogamiques du commerce (souvent des solutions à
base d'oxydes de cuivre) ; après application, à la brosse ou par pulvérisation, il faut
attendre quelques semaines pour constater leur effet.
 Fongicide (ou anticryptogamique) (adj.) Désigne ou qualifie tout produit qui empêche
le développement des micro-organismes végétaux (champignons, lichens, moisissures,
mousses) et détruit ceux qui sont déjà formés.

2. Les fissures
Les fissures sont généralement dues a des retraits ou des dilatations. Concernant les
matériaux soumis à différents types de sollicitations. Il faut distinguer les fissures
superficielles ou faïençage et les fissures actives (évolutives).
On distingue différents types de fissures :
 Les fissures de rupture qui peuvent être traversantes (ou partielles) et qui
correspondent à une sollicitation excessive (contrainte de traction ou de
cisaillement supérieure aux "possibilités" du matériau).
 Les fissures de décollement entre différentes natures de matériaux (par exemple
entre une ossature béton armé et les remplissages en maçonnerie d'éléments).
Caractères des fissures
1- Toute fissure constitue le signe d'une première manifestation de désordres
possibles, c'est ce qui explique, dans une certaine mesure, les préoccupations
des constructeurs.
2- Mais toutes les fissures ne sont pas dangereuses et ne présentent pas toutes la
même gravité vis-à-vis de la destination des ouvrages.
3- Les fissures ne sont pas dangereuses si elles ne compromettent pas la stabilité
et la durabilité des ouvrages. Elles peuvent être inesthétiques.
4- Certaines fissures peuvent compromettre la durée de vie des ouvrages :
- fissures parallèles aux aciers, conduisant à une corrosion rapide de ceux-ci, et
à la destruction progressive des structures ;
- fissures permettant des infiltrations d'eau dans des ouvrages qui sont destinés
à être étanches ou à contenir des fluides (liquides ou gaz) ;
- fissures d'ouvrages maritimes ;
- fissures mettant en cause la stabilité des ouvrages en affaiblissant
progressivement la résistance mécanique des éléments structuraux, et
conduisant à l'effondrement final ;

Afin de permettre le classement et l'analyse du phénomène général de la fissuration, on peut


établir les caractères de la morphologie correspondante.

a) Orientation :
- verticale ; - horizontale ;
- inclinée (préciser l'angle par rapport à l'horizontal) ;
- mixte (plusieurs directions) ;
- quelconque.
b) Tracé ou forme :
- rectiligne
- courbé ;
-quelconque ;
- simple, multiple et composé.
c) Emplacement
Il faut effectuer un repérage dans l'élément considéré (mur, cloison, etc.) La situation
de la fissure correspond alors :
- pour fissures horizontales inclinées :
- partie (ou zone) basse,
- partie moyenne,
- partie supérieure.
-Pour fissures verticales :
- rives – parties latérales,
- zone médiane,
- emplacement divers.
d) Importance

- en nombre (répétition, répartition irrégulière ou régulière);

- en longueur ou développé - en largeur (mesurable, non mesurable ou variable,


constante);

- en épaisseur (par rapport à celle de l'élément): superficielle (non traversante),


traversante partielle, traversante totale)

- fissures visibles à l'œil nu ;

- faïençage (réseau de microfissures) se présentant sous la forme d'un dessin


géométrique à mailles régulières ;

- microfissures d'ouverture <= 0.2mm ;

-fissures proprement dites, d'ouvertures linéaires au tracé régulier dont la largeur est
comprise entre 0.2 et 2mm ; - par rapport au plan de l’élément : dans le plan, sans
décalage ou avec décalage des parties adjacentes.

e) Particularités :

- date de la première apparition ; certaines fissures apparaissent après quelques heures


ou quelques jours, d'autres après plusieurs années ;

- effets secondaires, par exemple éclatement ou arrachement des parties adjacentes


(par arrachement, il y a cisaillement ou traction, et par éclatement, il y a compression)

- pénétration d'air, d'eau, etc. ;

- tâches (humidité);

- destination des ouvrages.

Evolution morphologique dans le temps

a) Fissures "stables" ou stabilisées (fissures mortes) Préciser au bout d'une certaine


période (à partir de leur apparition) si ce sont des fissures "stables ou stabilisées".

La stabilisation peut être immédiate (rapide) ou plus lente (après une période
déterminée ou une variation climatique saisonnières).
b) Fissures "vivantes" ou évolutives (non stabilisées)

Une fissure est dangereuse selon la façon dont elle évolue. C'est à dire:
- en variations diurnes (effets de l'ensoleillement);
- en variations périodiques (saisonnières, déterminées par le chauffage ou l'occupation);
- en variations indéterminées (sans cause apparente ou relation de cause à effet). Ces
fissures actives peuvent être dues : - à la corrosion des armatures (carbonatation des
armatures à cause d’un enrobage insuffisant) ;
- à des origines mécaniques (erreurs de conception ou d’exploitation) ;
- à des origines thermiques ;
- à l’alcali-réaction ou autres attaques sulfatiques ;
- aux cycles gel/dégel.
IL EST IMPORTANT DE CONNAITRE L'EVOLUTION DES FISSURES AVANT DE PROCEDER A
DES REPARATIONS.
Certaines fissures peuvent "s’autocolmater » :
- si les sollicitations à l'origine de la cause de fissuration cessent ;
- si certains cristaux se développent au droit de la fissure, sous l'effet d'une
humidification qui provoque le gonflement du béton ou du mortier, le passage lent
d'eaux chargées de chaux (Ca Oh2) puis CO3 par carbonatation.

Famille Lésions Types

Physique Humidité Capillaire/De filtrage/De condensation/Accidentelle/De travaux

Abrasion Usure accompagnée d'une perte de matière consécutive au


frottement d'un élément par un abrasif ou par le passage
répétitif des piétons, véhicules et chariots industriels, etc.

Saleté Par dépôt / Par nettoyage différentiel


Usure d'une structure hydraulique caractérisée par une perte
Cavitation de
masse en présence de bulbes de vapeur qui se forment lors
d'un
changement brusque de direction d'un écoulement rapide
de
l'eau.
Erosion Météorologique

Chocs Le béton éclate sous l'effet de chocs produits par des engins de
transport ou de levage, des outils.

Il s'agit d'ouvrages ayant supporté des charges trop


Surcharges importantes
qui ont entraîné des fissurations et des éclatements du béton.

Le feu Les très fortes élévations de température lors d'un incendie par
exemple, entraînent un éclatement du béton.

Après un nombre important de cycles gel/dégel, certains


bétons
peuvent se déliter en surface et se désagréger. C'est le cas des
Cycle gel/ ouvrages de montagne, des chambres froides.
dégel

Mécanique Déformations Tassement/Effondrement/Flambement/Gauchissement/

Flèche

Fissures Par charge / Par dilatation – contraction

Fissures Par support / Par finition


superficielles

Détachements Finitions continues / Finitions par éléments

Erosion Coups / Frottements

Chimique Efflorescence Sels solubles cristallisés/Réaction chimique avec les sels

Oxydation Oxydation superficielle


Corrosion Oxydation préalable/Immersion/Aération différentielle/Paire
galvanique

Organismes Présence et attaque d'animaux/Présence de plante

Réactions Les sulfates proviennent essentiellement du milieu extérieur.


Sulfuriques Ces ions ne sont pas passifs vis-à-vis de la matrice cimentaire et
Conduisent à la formation de certains composés chimiques
Expansifs tels que : L'étrangeté, le gypse et la traumatise. Ces
Composés provoquent le gonflement du béton créant en son
sein
Des tensions qui engendrent des fissurations.

Erosion Pollution

Alcali- Réaction qui se produit entre la solution interstitielle du béton,

Chapitre II : Causes générales des


dégradations et diagnostic des structures.
II. Causes générales des dégradations des structures

Introduction :

Lorsque nous constatons une dégradation sur un ouvrage en service, il est difficile de dire
si celle-ci est apparue pendant la construction, peu après, ou longtemps après. Or, à
l’analyse, il apparaît le plus souvent qu’une dégradation n’a pas une cause unique et qu’elle
est favorisée par un grand nombre de paramètres, relatifs tout autant à la nature du
matériau qu’à la conception de l’ouvrage ou à la technologie de son exécution.

II.1 Principales causes de dégradations des bétons armés ou précontraints [3]

Les signes apparents extérieurs des désordres d'un ouvrage en béton sont souvent des
fissures, des désagrégations et des épaufrâtes. Les causes de ces problèmes sont multiples,
les

plus fréquemment rencontrées sont :

II.2.1. Déplacements des coffrages :

Les coffrages sont dimensionnés pour résister au poids de béton frais, mais ils sont toujours
déformables. La déformation provoquée par le béton frais peut alors entraîner, dans les
parties déjà durcies mais encore jeunes, l'apparition de fissures importantes. Pour empêcher
l'apparition de telles fissures il faut : *Vérifier que le coffrage est bien conçu ;

Revêtir la surface du bois utilisé pour le coffrage afin d'empêcher l'absorption qui induit un
gonflement du bois;
* Vérifier périodiquement les montages et l'exécution pendant le coulage.

II.2.2. Ségrégation du béton frais :

Entre la fin du bétonnage et le début de prise se produit . attirés vers le bas. L'eau qui reflue
(ressuage) entraîne à son tour une partie des grains les plus fins vers la surface de l'élément.
Il en résulte, dans la zone inférieure de l'élément, une concentration plus élevée en gros
grains et, dans la partie supérieure, une concentration plus forte en pâte de ciment. Les
conséquences du phénomène se traduisent par la cassure du béton frais avec des fissures
visibles qui suivent le tracé des armatures les plus proches. Pour colmater les fissures
superficielles, il suffit de différer le réglage des surfaces et de commencer la cure du béton le
plutôt possible après sa mise en place ; ce traitement retarde en effet la prise, cela réduit la
différence entre la ségrégation en surface et celle en pleine masse

II.2.3. Décoffrage prématuré :

La vitesse et l'économie actuellement recherchées dans la construction ont pour


conséquence que le coffrage est retiré avant que le béton ait acquis une résistance
suffisante. Le décintrement et le décoffrage prématurés d'un béton peuvent entraîner :

*Des déformations excessives de pièces minces fléchies ;

*Une fissuration des parties tendues ;

*Une microfissuration préjudiciable au niveau de la durabilité de la structure.

Pour éviter ces problèmes, il faut laisser les étais et les coffrages en place jusqu'à ce que le
béton soit assez résistant. Le durcissement du béton en cours de prise est influencé par un
certain nombre de paramètres liés au béton et aux conditions thermiques dans lesquelles il
est placé:

*Le dégagement de chaleur du béton en cours de prise et un facteur prépondérant; il est


évidemment relié à la chaleur d'hydratation et au dosage du ciment constituant le béton; la
connaissance du degré d'avancement des réactions ou degré de maturation du béton, peut
être appréciée par la mesure du dégagement de chaleur et, après calibrage, elle devient un
outil non destructif permettant d'estimer la résistance du béton au jeune âge;

*Les conditions climatiques dans lesquelles est placé le béton jouent également un rôle non
négligeable; à cet effet, le coffrage constitue une enveloppe de protection plus ou moins
efficace suivant sa nature: un coffrage constitué par un matériau isolant génère un
traitement thermique passif du béton;

*Lorsque les conditions climatiques sont trop sévères pour permettre un décoffrage dans les
délais souhaités, le béton peut être soumis à un traitement thermique actif.

II.2.4. Retrait lors du durcissement :

Le retrait thermique peut être la cause de pré fissuration du béton. La prise puis le
durcissement du béton se font avec un dégagement de chaleur ; le matériau se contracte au
cours de son refroidissement. A ce phénomène viennent s'ajouter des effets de masse, la
température d'hydratation pouvant être plus élevée au sein d'une pièce massive et plus
faible au voisinage des parois par échange thermique avec l'extérieur. L'expérience montre
que le retrait gêné, hydraulique et / ou thermique,

peut provoquer la fissuration dans tous les éléments, mais particulièrement dans les murs et
les dalles en fonction de la longueur, l'épaisseur, le ferraillage, l'hygrométrie ambiante et les
conditions climatiques (ensoleillement, vent, pluie…).

Le retrait hydraulique s'effectue sous l'action de l'évaporation d'une partie de l'eau de


gâchage.

Dans le cas d'une dalle, cette évaporation se produit intégralement sur les deux faces : alors
qu'en partie basse le coffrage de la dalle rend cette évaporation malaisée, la face
supérieure, au contraire, est en contact avec l'atmosphère et la dessiccation sera d'autant
plus rapide que l'air sera chaud (ensoleillement) et, surtout, en mouvement. Les deux faces
de la dalle sont ainsi soumises à un retrait différentiel, et, dans certains cas (béton trop
liquide, absence de produit de cure), il peut en résulter un soulèvement de la dalle au droit
des angles. Ce phénomène de soulèvement des angles, empêché par les liaisons avec les
poutres ou les murs périphériques, explique certaines fissures à 45° que l'on voit parfois
apparaître dans les angles des dalles. Pour éviter ces fissures qui sont sans gravité, il est
nécessaire de prévoir un quadrillage d'armatures supérieures obtenu par le croisement des
chapeaux , ou, à la rigueur, des armatures disposées dans le sens perpendiculaire à la fissure
.

II.2.5. Réactions chimiques :


Il existe deux sortes de milieux agressifs vis à vis du béton :

*Les milieux fluides : eaux douces, eau de mer, liquides organiques, gaz…

*Les milieux solides : produits de stockage, sols, … En fonction de la concentration de l'agent


agressif, de la mobilité de son milieu, de la température ambiante et de la durée
d'exposition, ces milieux peuvent attaquer le béton et provoquer des dégâts irréversibles si
des précautions de protection ne sont pas prises à temps. La vitesse de dégradation du
béton dépend également de plusieurs facteurs dont notamment :

*La nature des différents constituants (ciment, agrégats…) et composition minéralogique

*La composition du béton

*Le mode de sa mise en œuvre

*De l'âge du béton et des conditions climatiques Les symptômes d'attaque chimique sont la
désagrégation des surfaces, l'agrandissement des fissures et des joints. Pour éviter ces
désordres il faut utiliser un béton dense de bonne qualité car il empêche la pénétration des
solutions chimiques, il résiste mieux et plus longtemps aux attaques chimiques qu'un béton
ordinaire.

II .3 Techniques de diagnostic :
Le diagnostic d’un ouvrage est une étape importante dans le processus de sa
réhabilitation. Il permet avant tout de se prononcer son état de santé et de voir quelles sont
les éventuelles pathologies ainsi que leur ampleur. Généralement lorsque l’on effectue un
diagnostic, c’est quand un client à découvert quelque chose qui n’allait pas dans le
fonctionnement de l’ouvrage ou bien l’apparition de désordres.

Le diagnostic peut avoir principalement deux finalités. Dans un premier temps, il peut être
demande de suivre l’évolution des différentes pathologies dans le temps, que ce soit à court,
moyen ou long terme. Cela permet d’évaluer le comportement de l’ouvrage sous l’effet de
ces troubles, de voir s’il y a une stagnation du phénomène ou s’il y a une dégénérescence,
auquel cas il est important de prévoir des réparations. L’autre finalité d’un diagnostic c’est
de répertorier tous les désordres, mais aussi la constitution de chaque élément, en vue d’un
traitement immédiat.

Pour répondre à la demande du client, il est nécessaire de comprendre le plus précisément


possible ses besoins et les caractéristiques de l’ouvrage à diagnostiquer. Pour cela, on
effectue une visite sur site ou, à défaut de pouvoir s’y rendre, l’analyse de photos et de plans
agrémentés de toutes les observations du client.

Cette phase est primordiale pour préparer au mieux le futur diagnostic. Il s’agit de :

 Connaître le type d’ouvrage sur lequel on va réaliser le diagnostic et l’environnement


dans lequel il se trouve ;

 Relever les principales dimensions de l’ouvrage et ses matériaux constitutifs ;

 Noter les principaux types de désordres et estimer leur quantité.

Lorsque l’ensemble de ces données sont recueillies, un document contractuel permettant de


matérialiser l’offre de l’entreprise au client est rédigé : le devis.

Le choix des investigations dépend de :

 Type de mission à réaliser :

Diagnostic de maintenance en vue d’éventuelles réparations, diagnostic structure pour un


calcul de résistance ou encore évaluation des risques vis-à-vis des biens et des personnes.
Nature des matériaux :
Les matériels et techniques utilisés pour réaliser le diagnostic ne sont pas les mêmes si l’on a
à faire à du béton, de l’acier, du bois ou encore de la pierre.

Type de structure :
Géométrie et taille de l’ouvrage.

 Etat de l’ouvrage :

Les investigations dépendent des désordres qui affectent l’ouvrage. On aura par exemple
recours à un matériel particulier en présence de fissures ou d’armatures corrodées dans le
béton.
 Environnement de l’ouvrage :

L’étude porte également sur l’environnement dans lequel se trouve l’ouvrage car certains
désordres y sont parfois directement liés. C’est ainsi fréquemment le cas pour les structures
soumises à des attaques chimiques.

De plus, les accès limités voire impossibles sur une partie de la structure peuvent être un
frein à la réalisation d’investigations et nécessiter l’utilisation de moyens spécifiques
(nacelle, échafaudages, etc.).

II.4- Types d'investigations :

Il est possible de classer les différentes investigations en deux catégories : soit les méthodes
non destructives, soit les méthodes destructives. Les principales méthodes rencontrées lors
de diagnostics sont décrites dans la suite

II.4.1. Investigations non destructives :

Le principe des investigations non destructives réside dans le fait qu’on ne touche pas
directement à la structure. Pour les ouvrages en béton armé, il existe différentes méthodes
permettant d’effectuer un diagnostic sans risques de porter atteinte à son intégrité.

II.4.1.1. Relevé visuel


Le principe du diagnostic visuel est d’aller sur le site et de répertorier les différents défauts
que présentent les structures. Ces défauts, pour les ouvrages en béton armé peuvent être
très nombreux.

Les principaux désordres sont les suivants :

- Les fissures avec leur ouverture et leur longueur.

- Les fractures avec leur ouverture, décalage ou rejet.

- La présence de coulures de calcite.

- Les zones d’altération superficielles et profondes.

- Les zones humides ainsi que les zones de mousses ou de végétation.

- Les zones de faïençage.

- Les éclats de béton en formation ou profonds ainsi que la présence d’aciers


apparents.

- Les zones de ségrégation.

Tous ces éléments doivent être répertoriés sur des plans, accompagnés d’un reportage
photographique des principaux désordres. Cette première étape permet de définir la gravité
des troubles mais aussi de permettre de classer les différents éléments selon leur priorité.[1]

II.2.1.2. L'analyse du ferraillage :

Les mesures de reconnaissance du ferraillage (position et enrobage) peuvent se faire à l’aide


d’un pachomètre. La profondeur d’auscultation de cet appareil est de l’ordre de 10cm
suivant le béton et le réseau d’armature. Il existe deux types de mesures : soit par détection
linéaire, consistant à détecter les aciers perpendiculaires à la trajectoire du pachomètre, soit
par imagerie, permettant de détecter les aciers présents dans un carré de soixante
centimètres de côté. [4]

La première méthode permet par exemple de connaitre l’espacement des cadres d’une
poutre. Alors que la deuxième permet de déterminer le clavetage des aciers au niveau d’une
jonction poteau/poutre. Cependant, pour les deux types de mesure, les résultats donnent
les enrobages et l’espacement du ferraillage. Il peut être utile, lorsque cela est possible, de
dégager quelques armatures afin de calibrer l’appareil. L’inspection des armatures dégagées
permet de confirmer leur nature, et de mettre en évidence d’éventuels désordres ou pertes
de section en zone altérée.

II.4.1.3. L’auscultation sonique :

L’auscultation sonique est une méthode utilisée pour caractériser la qualité du béton. Le
principe de l’essai repose sur la mesure de la vitesse de propagation du son dans le
matériau. On mesure la propagation d’une première impulsion d’un train d’ondes généré
par un transducteur, entre deux points déterminés du béton. On peut, à partir du temps de
propagation mesuré, exprimer une vitesse conventionnelle de propagation : c’est le quotient
de la distance entre les deux transducteurs par le temps mesuré.

Deux méthodes de mesure sont possibles : soit la mesure en transparence, qui fournit une
information sur la qualité du béton « à cœur », soit la mesure en surface, qui concerne la
couche externe, sur une épaisseur de 6 à 8 cm de béton environ.

Pour les mesures en transparence, le principe est que la vitesse de propagation du son est
moindre dans le

vide. Si le béton est poreux ou de mauvaise qualité, il y aura plus d’air dans le matériau. Ainsi
la vitesse de propagation mesurée sera plus faible. Pour ce qui est des mesures en surface,
elles permettent de déterminer la présence d’une bicouche ou bien la profondeur d’une
fissure.[8]
Figure II.11: L’auscultation sonique des bétons

II.2.1.4. Scléromètre :
Le principe de l’essai scléromètrique repose sur la corrélation entre la dureté d’un matériau
et

Sa résistance à la compression. Pour déterminer la dureté du béton, une bille d’acier est
projetée sur une sonde en contact avec l’ouvrage à inspecter. Lors de son rebond, la bille
entraine un index coulissant sur une règle de mesure. Plus le rebond sera important, plus le
matériau sera dur

Figure II.12: Scléromètre

– Auscultation non-destructive par géo radar, Ferro scan ou pachomètre permettant de


déterminer l’ensemble des caractéristiques structurelles d’un élément en béton armé :
ferraillage, enrobage, épaisseur de planchers ou de voiles, nombre de lits d’acier…

– Auscultation non-destructive par géoradar basse fréquence permettant de détecter la


présence de vides dans les maçonneries, tirant métallique, homogénéité des…[8]
.

Figure II.13: Ferroscan ou Pachomètre

– Mesures par ultrason pour évaluer la qualité et l’homogénéité du béton, repérer la


présence de fissures, ou encore mesurer l’épaisseur d’éléments métalliques (Colonne
métallique par exemple
Figure II.14 : Mesures par ultrason

II.2.2. Investigations destructives :

Lorsque cela est possible, il peut s’avérer utile d’avoir recours à des essais destructifs. Ces
méthodes permettent généralement de faire des prélèvements et de connaitre la nature des
matériaux présents, leurs caractéristiques mécaniques et chimiques ainsi que leur état
d’altération.

Chapitre 3 : Les étapes clés pour la réhabilitation et le


renforcement d’ouvrages en béton et les techniques de
réhabilitation.

III.1 Principes et méthodes de réparation applicables aux matériaux de réparation


III.2.1.5 Pose de tirants :

La pose de tirants dans les structures murales vise généralement à freiner l’effondrement
des murs ou leurs déformations progressives transversalement à leur plan. Cette méthode
consiste à disposer des éléments linéaires qui vont exercer des tractions. Appelés tirants, ces
éléments sont constitués en principe d’un câble d’acier et fixés à deux murs opposés par des
pièces spécifiques d’ancrage qui évitent l’évolution de leur écartement et la perte
subséquente de leur capacité résistante. Il convient de prévoir que l’un des deux éléments
d’ancrage, au moins, admettra le réglage périodique de la tension pour compenser les effets
de l’allongement
éventuel du tirant [7]

Figure III.7 : Ajout des tirants

III.2.1.6 Taxidermies avec des barres d’acier :

C’est un système de renfort intégral, applicable aux murs en pierre ou en brique, qui
consiste à mettre en œuvre des armatures en acier à l’intérieur du mur, embouties dans des
perforations atteignant parfois quelques mètres de longueur, de sorte à créer de véritables
structures secondaires de barres à l’intérieur des murs, pour augmenter leur capacité de
résistance globale ou créer des zones plus rigides, capables de distribuer de manière
homogène les sollicitations descendantes. Le contact entre les barres d’acier et le matériau
dont le mur est constitué se fera au moyen d’un produit adhérent, généralement à base
époxydique [7]
Figure III.1.8: Taxidermies avec des barres d'acier

III.2.1.7 Réparation avec remplacement d’armatures :

• Si désordres limités à une partie de la structure, (cas courants de chocs), les armatures BA

sont remplacées après travaux de préparation


adaptés;

• Si désordres liés à la corrosion et concernent une partie importante de la structure et que


l’environnement est agressif, il est envisageable de remplacer les armatures BA par des
armatures non corrodables, (inoxydables, matériaux composites).

• les caractéristiques du béton ou mortier de ré-enrobage des armatures remplacées


doivent

être compatibles avec les caractéristiques du béton existant et l’agressivité de


l’environnement de l’ouvrage. [5]

III.2.1.8 Renforcement avec ajout d’armatures :

• Le renforcement d’une poutre par exemple se fait par ajout de béton et d’armatures de
capacité portante vis-à-vis de la flexion et de l’effort tranchant). [5]
Figure III.9 : Renforcement avec ajout d’armatures
III.2.1.9 Renforcement par tissus de fibre de carbone

La fibre de carbone est un produit nouveau dans le domaine du BTP sur des ouvrages neufs
ou en rénovation. Ce produit innovant a une résistance à la traction de plus 4300 MPA pour
le tissu de carbone et 3100 MPA pour les lamelles de carbone contrairement à l'acier qui est
compris entre 250MPA et 350MPA. Grâce à ce produit nous pouvons donc renforcer les
ouvrages en béton armé sans rajouter de gros éléments. [net1]

Figure III : Tissus de fibre de carbone

III. La réparation par mortiers

La réparation par mortier est l’une des méthodes les plus utilisées pour des structures
affectées par la corrosion. C’est une méthode de reconstitution de l’enrobage dégradé et
pollué par les chlorures. Elle est utilisée pour restaurer la passivation des armatures
touchées par la corrosion. D'un point de vue électrochimique, une réparation par mortier est
conçue pour supprimer la réaction anodique qui existait avant la réparation et l'empêcher
de se reproduire. Elle peut être utilisée pour réparer les désordres dus à la corrosion à divers
stades de leur évolution (depuis l’amorçage de la corrosion jusqu’à la corrosion des
armatures).
Cette technique passe par trois phases de réparation qui sont la préparation du support, la
protection des armatures et la mise en œuvre du mortier de réparation. Avant de procéder à
un ragréage, il est nécessaire de préparer les surfaces à traiter afin de créer un support sain,
propre, rugueux, pour qu’il y ait une bonne adhérence au niveau de la surface de reprise. Les
techniques les plus courantes sont l’hydro démolition et le décapage au marteau
pneumatique. Lors de cette phase le béton dégradé ou pollué est retiré sur toute la surface,
les armatures sont débarrassées de toute trace de corrosion manuellement (décapage et
brossage) ou mécaniquement (sablage hydro sablage, etc.) et, en dernier lieu, les surfaces du
béton sont nettoyées par soufflage ou aspiration afin d’éliminer toutes traces de poussières
polluées.

La protection des armatures consiste à appliquer sur toute la surface de celles qui sont
entièrement dégagées (périphérie complète), un produit assurant une protection vis-à-vis de
la corrosion tel que les oxydes de zinc ou les époxydes zinc. Les armatures très corrodées
doivent être remplacées. Ce remplacement se fait par scellement ou soudure afin de
restituer la section initiale en tenant compte des longueurs d'ancrage, de recouvrement et
des armatures de couture. Dans le cas de soudures, celles-ci devront être effectuées selon
les normes en

vigueur après que la soudabilité de l’acier ait été vérifiée.

L’enrobage des armatures est reconstitué de façon à retrouver la géométrie de la structure.


Une couche complémentaire de protection peut être appliquée sur le mortier pour avoir une
forte imperméabilisation. Pour améliorer l’adhérence entre l’ancien béton et le nouveau
béton,

une couche d’accrochage peut être mise en


œuvre.

Trois méthodes peuvent êtres utilisés pour l’application du mortier : à la main, en mortier
projeté ou en mortier coulé (coffrage).

Les mortiers de réparation :

La norme EN 1504 définit deux catégories de mortiers de réparation : mortier de réparation


structurale et non structurale. Pour les mortiers non structuraux, ils sont appliqués sur une
surface de béton pour restituer l'aspect géométrique ou esthétique de la structure. Pour les
mortiers structuraux, ils sont appliqués à une structure en béton pour remplacer le béton
défectueux et pour restituer à la structure son intégrité et sa durabilité. Les mortiers de
réparation peuvent être classés en deux familles selon leurs compositions, à savoir des
mortiers à base de liant hydraulique et mortiers à base de liants hydrauliques modifiés par
des polymères. Ces derniers peuvent modifier et améliorer les propriétés mécaniques,
physiques et de durabilité du matériau [11] .Des exemples de ces mortiers sont présentés
dans ce tableau :
Tableau III.3 : Classification des mortiers par Emersons et Morgan
Tableau III.4: Produits d'injection-avantages et inconvénients.

Produits Avantages Inconvénients

 Coulis de ciment • Faible coût. • Retrait.


• Possibilité de mise en œuvre • Ségrégation – ressuage
(produit
par des moyens simples. hétérogène).
• Utilisation délicate dans
les fissures fines.

 Silicates • Long temps d'injectabilité. • Retrait en milieu asséché.


• Viscosité réglable par • Emploi délicat.
addition d'eau. • Injection de vides
• Injection des fissures ≥ importants déconseillée.
0.2mm.

 Résines époxydiques • Pas de retrait. • Emploi délicat.


• Excellente adhérence. • Coût élevé.
• Faible viscosité: injection des
fissures ≥ 0.2mm.
• Propriétés mécaniques
élevées.
• Bon comportement en
présence d'humidité.
• Prise et durcissement rapides
• Bon comportement aux
agents agressifs.

 Résines polyester • Propriétés mécaniques • Produit inflammable.


élevées. • Retrait.
• Faible viscosité. • Faible résistance à l'alcali
• Injection des fissures ≥ du béton.
sujett
0.2mm. • Adhérence e à
caution.
• Coût relativement élevé.
• Emploi délicat.

 Résines • Blocage provisoire de venues • Léger retrait.


polyuréthannes d'eau par formation de • Sensibilité à l'eau.
mousse. • Emploi délicat.
• En milieu sec possibilité
d'injecter des fissures actives
avec des polyuréthannes
"souples".
• Fissure ≥ 0.2mm.
• Faible viscosité.


Résines acryliques • Faible viscosité réglable. • Sous forme de gel:
• Fissure ≥ 0.2mm. • Nécessité pour éviter le
• Sous forme de gel: retrait d'une présence
• Gonflement en présence d'eau permanente.
d'eau. • Adhérence faible.
• Sous forme de résine: • Propriétés mécaniques
• Résistances chimiques faibles.
élevées. • Sous forme de résine:
• Résistances mécaniques • Retrait.
élevées. • Coût relativement élevé.

Chapitre : 4 Durabilité et
normalisation
IV.1 Durabilité :
La durabilité d’une réhabilitation correspond au fait qu’elle ne doit pas être renouvelée
avant un certain délai, qui est précisé dans une garantie. Cette durabilité dépend de la
pertinence du choix de la technique retenue, de sa mise en œuvre et des sollicitations après
traitement. La pérennité de l’ouvrage correspond à son aptitude à remplir les fonctions
prévues (mécaniques, esthétiques, etc.). Elle peut être allongée, après traitement de
réhabilitation, quand les parements sont de plus revêtus d’un écran protecteur contre les
agents agressifs. La notion de garantie est une notion contractuelle, dont la durée est liée au
traitement choisi, pour une structure dans des conditions d’exploitation données. La
garantie prend effet après la réception des travaux. La réception des travaux est un acte de
fin de travaux qui atteste que la réalisation est conforme au contrat. Avant cette réception
l’efficacité du traitement doit être vérifiée.

La durabilité des structures en béton est maintenant devenue un point important, y compris
dans l'approche normative des ouvrages, ne serait-ce que parce que les réparations ont un
coût non négligeable. Ainsi, les Eurocodes (règles européennes de construction) définissent
la notion de durée d'utilisation de projet, durée pour laquelle la structure doit être
dimensionnée de sorte que sa détérioration n'abaisse pas ses performances au-dessous de
celles qui sont escomptées, compte tenu de l'environnement et du niveau de maintenance
prévu. Il y a beaucoup de facteurs à considérer pour ce dimensionnement, parmi lesquels la
composition, les propriétés et les performances des matériaux, ainsi que la qualité de la
mise en œuvre et le niveau de contrôle.

La norme EN 206 (« Béton : spécifications, performances, production et conformité ») définit


des classes d'environnement auxquelles le béton sera soumis :

– X0 : aucun risque, correspond à du béton coulé à l'intérieur de bâtiments où le taux


d'humidité de l'air ambiant est très faible ;

– XC1 à XC4 : corrosion induite par carbonatation, le risque croissant de 1 à 4 ;

– XD1 à XD3 : corrosion induite par des chlorures autres que marins ;

– XS1 à XS3 : corrosion induite par des chlorures provenant de l'eau de mer ;

– XF1 à XF4 : gel et dégel, avec ou sans sels de déverglaçage ;

– XA1 à XA3 : attaques chimiques.[8]


En fonction de l'environnement de l'ouvrage et des risques d'agression auxquels il va être
exposé pendant sa durée de service, on optimise ensuite les performances du béton, sa
durabilité et l'enrobage des armatures (l'enrobage est l'épaisseur de béton qui protège les
armatures métalliques les plus proches de la surface).

Les essais de durabilité sont de deux types :

 indicateurs de durabilité caractérisant les propriétés du béton en relation avec la résistance


aux agressions extérieures et permettant d’alimenter des modèles de vieillissement
(exemple : coefficient de diffusion des ions chlore vis-à-vis de la protection des armatures
en milieu marin) ;

 essais de vieillissement accéléré (exemple : carbonatation accélérée).[8]

Figure IV.1 carbonatation du béton


IV.1.1 Etablir un cadre d’utilisation des essais de durabilité dans un contexte d'évaluation
de la durabilité des ouvrages existant

L’approche performantielle doit conduire à l’utilisation de bétons durables résistants aux


agressions pour lesquelles ils ont été prescrits. Les essais de durabilité permettent de s’en
assurer en amont et en cours de construction. Ces essais permettent également d’évaluer la
durabilité des bétons des ouvrages en service. Il s’agit là d’un enjeu majeur pour les maîtres
d’ouvrage gestionnaires qui ont besoin de connaître l’état de leurs ouvrages et d’anticiper leurs
dégradations pour optimiser leurs plans de maintenance. Les essais de durabilité, réalisés dans
le cadre de diagnostics en association avec d’autres techniques, constituent des outils
indispensables à l’évaluation et à la prédiction du vieillissement des ouvrages en service. Le
travail portera donc sur le choix des essais d’évaluation au regard de critères à définir, sur les
modalités de prélèvements et d’échantillonnage et sur les éventuelles adaptations des modes
opératoires (prise en compte de l’effet de parement notamment). Seront également identifiées
les modalités d’utilisation des résultats d’essais (classes de durabilité potentielle, modèles
prédictifs). Ce travail se fera en lien avec les travaux de calage des seuils admissibles s’appuyant
sur l’évaluation d’un panel d’ouvrages existants. Ce travail sera également
l’occasion d’identifier les liens et les complémentarités avec d’autres méthodes d’évaluation
de la durabilité du béton.

IV.1.1.1 Essais de durabilité sur béton et ses constituants :

Le béton est un matériau composite, c’est-à-dire fabriqué à partir de l’assemblage de


granulats, de ciment, d’eau et d’adjuvants. C’est le matériau maître dans les constructions
contemporaines car il présente le double intérêt : d’être produit à moindre coût et d’être
extrêmement malléable. En effet, il existe autant de recettes de fabrication d’un béton que
de constructions. Selon la nature des ouvrages, il peut plus ou moins être résistant, à
l’épreuve des chocs thermiques, perméables ou endurants.

a) Les essais sus béton

 Essais à l’état frais :


 Essai de compression
 Essai d’étalement
 Masse volumique
 Teneur en air

Figure IV.2 Les essais sus béton (compression traction ….)


 Résistance en traction
 Résistance à la flexion
 Module d’élasticité statique
 Coefficient de Poisson
 Essais de fluage
Figure IV.3 Les essais de Carbonatation

 Carbonatation :
 Résistance au gel
 Dilatation thermique
 Perméabilité à l’eau et à l’air
 Carbonatation accélérée
 Réaction vis-à-vis de l’alcali-réaction
 Réactivité sulfatique
 Essais chimiques et microstructuraux

b) Les essais sur constituants :

Essais sur ciments :

 Temps de prise
 Stabilité à la chaud
 Résistance à la flexion et à la compression
 Masse volumique
 Retrait ou gonflement
 Chaleur d’hydratation
 Essai de flexion sur ciment
 Indice d’activité
 Finesse
 Surface spécifique Blaine
 Besoin en eau

Essais sur granulats :

 Sur sables : masse volumique, friabilité, équivalent de sable


 Sur gravillons : masse volumique, coefficient d’aplatissement, Los Angeles, sensibilité
au gel, fragmentation dynamique
 Sur enrochements : masse volumique, résistance au gel/dégel

Essais sur additions


Figure IV.4 : Essai de flexion sur ciment
 Indice d’activité
 Finesse
 Surface spécifique Blaine
 Besoin en eau [net2]

IV.2 Normes :

L'un des problèmes les plus délicats que rencontre le domaine de la construction est la
réparation et le renforcement des ouvrages endommagés.

Vu la rareté des organismes d'études et de contrôle ou les entreprises de réalisation ainsi que
les documents de référence utiles. Un document intitulé "Recommandations techniques pour
la réparation et le renforcement des ouvrages endommages" est mis à la disposition de tous les
ingénieurs, techniciens et opérateurs déjà appliqués qui vise en premier lieu les travaux de
reprise des bâtiments endommagés par un séisme mais il peut aussi servir de guide pour les
autres types d'ouvrages dont l'endommagement provient d'autres origines.

Il est important de noter également qu'il est prévu d'éditer les autres documents
complémentaires qui s'intitulent :

• Catalogue des méthodes de réparation et de renforcement.

• Méthodes de diagnostic rapide des bâtiments soumis au risque sismique.

• Méthodes d'évaluation de la résistance des bâtiments soumis au risque sismique.

• Le règlement parasismique algérien (RPA) version 2003.

• Le règlement d'urbanisme en cas de modification de l'aspect extérieur ou d'extension.

 La sécurité des personnes en cas d'incendie et de panique[1]

Références bibliographiques :

[1] «Les solutions techniques pour la réparation et le renforcement des ouvrages de


génie civil en béton», Année 2011.
[2] Documents scientifiques et techniques «Réhabilitation du béton armé dégradé par la
corrosion», Novembre 2012.

[3] Christophe Bricard , Journée Technique «Gestion d’ouvrages d’art maritimes et


portuaires Réparation du Béton », 4-11-2014.

[4] Lorry-Alan Moalic, « Réhabilitation d’ouvrages en béton armé Du diagnostic au


confortement », Projet de Fin d’Études élève ingénieur de 5ème année.

[5] «Les techniques de réhabilitation renforcer les structures ».

[6] Etude de la durabilité des bétons par une approche performantielle

[7] Documents scientifiques et techniques «Réhabilitation du béton armé dégradé par la


corrosion», Novembre 2003.

[8] Ab derrahmane Soufi, « Etude de la durabilité des systèmes béton armé : mortiers
de réparation en milieu marin», Université de La Rochelle France Année 2013.

[9] « Durabilité des ouvrages en béton».

[net1]http://www.btpconsulting.fr/activites/auscultation-reconnaissance/

[net2] http://www.ginger-cebtp.com/ingenierie-materiaux/essais-sur-beton-constituants/

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