Investissement Direct Etranger Et Commerce Extérieur Au Cameroun
Investissement Direct Etranger Et Commerce Extérieur Au Cameroun
Abstract
The aim of this current paper is to analyze the impact of the foreign direct investment (FDI) on the foreign
trade in Cameroon through an econometric approach. To attain this aim, the pattern used within the
framework of this paper takes inspiration from the written of Madriaga (2010). The method in estimation is
that of ordinary least squares. The results of the regression done show that FDI and the foreign trade in
Cameroon are complementary, meaning that the FDI exercise a positive influence over the opening degree of
the Cameroonian economy. In view of these reports, some of economical recommendations have been made
in order to make more effective the attractively politics of FDI of Cameroon.
1
LAREGO, FSEG - Université de Ngaoundéré Cameroun ;BP : 454 Ngaoundéré
2
FSEG - Université de Ngaoundéré Cameroun
3
KRUGMAN et OBSTFELD (2006) cité par KOM dans « ouverture commerciale et croissance économique dans les pays de la
CEMAC », ISSEA, P 1-2croissance économique dans les pays de la CEMAC », ISSEA, P 1-2
Raymond & Samuel 21
A ce sujet, Otrou (2007) démontre qu’il existe plusieurs facteurs susceptibles d’influer le commerce extérieur
parmi lesquels la taille de la population, le PIB/habitant, le taux d’investissement et bien d’autres. Fontagné et Pajot
(1998) quant à eux, montrent que les investissements directs étrangers (IDE) ont un impact sur le commerce extérieur
et de ce fait déterminent les échanges commerciaux entre les pays. C’est ainsi que le Cameroun a entrepris des
politiques visant à attirer les flux internationaux des capitaux et donc des investissements directs étrangers (IDE). En
effet, comme le démontre Alava (2006), si dans les années 80, les IDE étaient considérés comme une menace à la
souveraineté nationale du fait que les firmes multinationales étaient soupçonnées de réduire le bien-être social,
aujourd’hui, on assiste à un changement radical de l’attitude des pays en développement qui ont adopté dans leurs
politiques une réglementation favorable vis-à-vis de ceux - ci. Ainsi, la faiblesse de l’épargne locale, la recherche des
nouvelles sources d’investissement non génératrices des dettes, le faible développement des marchés financiers
locaux, la limitation d’accès aux marchés financiers internationaux, le manque de technologies et de compétences
etc.… sont des raisons pour lesquelles les pays en développement s’orientent de plus en plus vers les IDE (Ajayi,
2006). Ainsi, l’investissement direct étranger assimilé à l’activité étrangère des firmes multinationales, se développe à
un rythme soutenu dans toutes les économies du monde sans exception. Il touche tous les secteurs de l’économie:
agriculture, industrie, services.
En ce qui concerne les flux d’IDE, ils ont enregistré une augmentation record de 19 % en 1997, et à nouveau
de 10 % en 1998, pour atteindre environ 440 milliards de dollars (UNCTAD, 1998)4. Selon la CNUCED (2001)5, la
part des pays en développement dans les entrées totales de capitaux d’IDE est passée de 26 % en 1980 à 37 % en
1997, et leur part des sorties totales de 3 % en 1980 à 14 %en 1997. En 2010, 2011 et 2012, les flux d'IDE entrants au
Cameroun (en millions USD) étaient respectivement de 538, 243 et 507 (CNUCED, 2013)6. Etant donné que le
Cameroun reçoit depuis quelques décennies de plus en plus des IDE, et que ceux-ci exercent une influence
considérable sur le commerce extérieur, il serait donc nécessaire de poser la question suivante: quel est l’impact de
l’IDE sur le commerce extérieur au Cameroun?
La littérature consacrée à l’influence de l’investissement direct étranger sur le commerce extérieur est très
vaste et controversée. Les travaux théoriques de Mundell (1957)7 montrent que les IDE influencent négativement le
commerce extérieur (effet de substitution).D’autres travaux beaucoup plus récents, soutiennent par contre le contraire,
à savoir que les IDE exercent une influence positive (ou un effet de complémentarité) sur le commerce extérieur. Les
tenants de la thèse sont Markusen (1983)8, Lipsey et Weiss (1984)9, Svenson (1996)10, Chiappini (2012). L’objectif de la
présente contribution est donc d’estimer l’effet de l’IDE sur le commerce extérieur au Cameroun. Pour y parvenir,
nous allons dans une première section faire la revue de la littérature traitant du lien entre IDE et commerce extérieur.
La deuxième section présente le modèle économétrique utilisé, ainsi que les sources de données. La troisième section,
quant à elle, ressort les résultats ainsi que les recommandations. La quatrième section qui marque la fin de cette
contribution aborde la conclusion ainsi que les recommandations de politiques économiques.
4
UNCTAD (1998), « Rapport sur l’investissement dans le monde » cité par Ravix et Sautel (2007)
5
CNUCED (2001), « Rapport sur l’investissement dans le monde 2001 : vers de nouvelles relations
Interentreprises », publication des Nations Unies; cité par Levasseur (2002).
6
CNUCED (2013), « Rapport sur l’investissement dans le monde 2013 : vers de nouvelles relations
Interentreprises », publication des Nations Unies.
7
Mundell (1957), cité dans « Un réexamen de la relation entre commerce et Investissement Direct étranger(IDE) à partir
d'un modèle en panel dynamique Le cas de l'Allemagne, la France et l'Italie
8
Markusen et al (1996), cité dans « les investissements directs étrangers en Afrique Centrale : attractivité et effets
dynamiques » par Ngouhouo (2008).
9
Lipsey et Weiss (1984), cité dans « les investissements directs étrangers en Afrique Centrale : attractivité et
effets dynamiques » par Ngouhouo (2008).
10
Svensson (1996), cité dans « les investissements directs étrangers en Afrique Centrale : attractivité et effets
dynamiques » par Ngouhouo (2008).
22 Journal of International Business and Economics, Vol. 5(1), June 2017
2. Revue De La Littérature
La littérature consacrée au lien entre IDE et commerce extérieur n’est pas univoque. Elle est constituée de
deux thèses : une thèse orthodoxe et une thèse hétérodoxe.
11
Markusen et Venables (1995), cité dans « les investissements directs étrangers en Afrique centrale : attractivité et
effetsÉconomiques » par Ngouohouo (2008)
Raymond & Samuel 23
n’est plus une relation de substitution, mais plutôt une relation de complémentarité puisque l’IDE et les exportations
de biens intermédiaires augmentent simultanément (Svensson, 1996)12.
Par exemple, la présence d’une entreprise sur un marché étranger avec un seul produit peut faire augmenter la
demande totale pour toute la gamme des produits (Linsey et Weiss1984) Les théories développées par Helpman et
Krugman (1985) montrent que le choix de l’emplacement des installations de production est motivé par les coûts
relatifs des facteurs et les dotations en ressources naturelles. Lorsqu’il y a absence de coûts de transaction, l’IDE
vertical va créer des flux de commerce complémentaires de produits finis des filiales vers la société mère (Chiappini,
2012). Rhee et Belot (1990) ajoutent que ces flux de commerce complémentaires ont plus de chance de se réaliser
entre pays développés et pays en voie de développement. Par conséquent, ces firmes délocalisent le plus souvent une
partie de leur production vers les pays où les coûts de production sont faibles. Ce qui laisse apparaître un commerce
intra-firme qui lui donne naissance à une industrie d’exportation dans certains pays en développement qui accueillent
ces IDE.
De même, Aitken et al. (1999) montrent que la présence des firmes multinationales sur le marché domestique
stimule non seulement la concurrence, mais encourage également les firmes domestiques à exporter et à améliorer leur
efficacité. Fontagné et Pajot (1999) en montrant que les IDE améliorent l’efficacité des entreprises installées sur le
marché intérieur du pays récepteur et qu’ils ont un impact positif sur les échanges extérieurs, en particulier sur les
exportations, ajoutent que ces IDE entraînent aussi des externalités positives par les effets de sous-traitance et
d'exploitation du progrès technologique. Hugon (1996) en faisant ressortir les raisons qui poussent un pays à s’engager
dans le commerce international montre que l’IDE permet aussi d’obtenir des économies d’échelle et une spécialisation
internationale.
A ce sujet, Alaya et al. (2004) indiquent que les Firmes Multinationales peuvent être d’une grande utilité pour
un pays récepteur, étant donné que la principale activité d’une firme multinationale, est d’intégrer les marchés à
travers les frontières nationales. Ils montrent aussi que : «les entreprises multinationales peuvent renforcer le caractère
exportateur de l’économie nationale grâce à des atouts qui comprennent: l’excellente qualité de leurs produits, la
reconnaissance de la marque et leur accès aux marchés mondiaux, leur capacité de lever les obstacles à l’utilisation de
la dotation en facteurs de l’économie d’accueil et leur impact à long terme sur la compétitivité internationale du
secteur d’activité du pays d’accueil». De la même manière que sur le plan théorique, plusieurs études empiriques ont
aussi mis en évidence l’influence de l’investissement direct étranger sur le commerce extérieur.
En effet, Kojima (1978) en analysant le lien entre IDE et commerce extérieur prend appui sur les IDE
japonais dans les pays en développement pour souligner l’aspect complémentaire entre IDE et commerce
international de marchandises (effet positif de l’IDE sur le commerce extérieur), en introduisant une différence de
technologie entre les pays. L’argument de cet auteur peut se résumer de la façon suivante : le transfert du capital et de
la technologie améliore la productivité de l’industrie textile dans le pays en développement, abaisse ses coûts de
production qui deviennent inférieurs au prix international. Le pays en développement a alors intérêt à exporter du
textile et à importer des machines. L’IDE est ainsi créateur d’échange.
Chédor et Mucchielli (1998)13dans une étude portant sur la relation entre IDE et le commerce international
pour les entreprises françaises, montrent que, globalement et toutes zones confondues, la création de filiales dans les
pays vers lesquels les entreprises exportent, exerce un effet positif sur les exportations. C’est ainsi que pour ces
économistes, l’effet de complémentarité entre IDE et commerce international serait donc plus important que l’effet de
substitution (qui traduit un effet négatif de l’IDE sur le commerce extérieur). Fontagné et Pajot (1999) ont
également établi sur la période 1984-1994 que, chaque fois que la France investissait un dollar à l’étranger, cet IDE
entraînait près de 55 centimes d’exportation et 24 centimes d’importation dans l’industrie considérée et vis-à-vis de ce
partenaire.
12
Svensson (1996), cité dans « les investissements directs étrangers en Afrique centrale : attractivité et effets
Économiques » par Ngouohouo (2008)
13
Chédor et Mucchielli (1998) cité dans « l’investissement étranger direct et le commerce international : sont-ils
complémentaires ou substituables ? », par Fontagné (1999).
24 Journal of International Business and Economics, Vol. 5(1), June 2017
Madariaga (2010) a actualisé ces résultats en étudiant la relation entre IDE et commerce extérieur de la France
sur la période 2002-2008. Elle met en évidence que le lien de complémentarité entre IDE sortant et importation se
vérifie, mais est très fortement atténué par rapport à celui identifié par Fontagné et Pajot sur la période 1984-1994.
Elle montre en fait que la complémentarité entre IDE entrant et flux de commerce est nettement plus marquée, et que
ce lien positif est légèrement plus important pour les importations que pour les exportations.
Ainzeman et Noy (2005) quant-à eux dans une étude portant sur les liens de causalité entre l’IDE et le
commerce utilisent un échantillon de 81 pays, dont 21 développés et 60 en développement, pour la période 1982-
1998. En appliquant la méthode de Granger, ils trouvent que le lien entre l’IDE et commerce extérieur est positif et
significatif au niveau de 1% pour l'échantillon des pays en développement et positif mais pas significatif pour les pays
industrialisés. En appliquant maintenant la méthode de décomposition à la Geweke, ces économistes trouvent que la
plupart du feed-back linéaire entre l’IDE et le commerce extérieur (81%) est attribuable à la causalité à la Granger de
l’IDE au commerce (50 %) et du commerce à l’IDE (31%). Les 19% restants sont expliqués par les feed-back
instantanés entre les deux séries. Par ailleurs, ils arrivent à la conclusion que les feed-backs positifs entre l’IDE et le
commerce extérieur sont plus forts dans les pays en développement que dans les pays industrialisés vue la nature
différente des motivations des investisseurs: la fragmentation géographique de la production et le détournement des
barrières commerciales respectivement. Au regard de toute cette littérature, nous constatons qu’aucune étude n’a été
faite jusqu’aujourd’hui sur l’impact de l’IDE sur le commerce extérieur du Cameroun. Le présent article vient donc
combler ce vide.
3. Cadre Méthodologique De L’analyse
La présente section aborde le choix des variables (3.1), la spécification du modèle (3. 2) et présente les
données de l’étude, l’échantillon ainsi que la technique d’estimation (3 .3).
3.1. Choix Des Variables Et Signes Economiques Attendus
La présente étude comprend une variable expliquée et des variables explicatives.
3.1.1. La Variable Expliquée
La variable dépendante est le commerce extérieur mesurée à partir du degré d’ouverture (exportations + importations
/ PIB) Selon la mesure de McKinnon (1986)14.
3.1.2. Les Variables Explicatives
Les Variables Explicatives Sont :
L’investissement Direct Etranger (IDE)
L’investissement direct étranger en pourcentage du PIB sera évalué à partir des flux entrants nets d’IDE au
Cameroun, comme dans la plupart des études et selon la disponibilité des données. Le signe attendu du paramètre est
le signe positif. La population (POP):La variable population donne une mesure de la taille du marché (Ngouhouo,
2008). Cette variable est mesurée par le taux de croissance de la population. Le signe attendu du paramètre est le signe
négatif.
Exportations De Matières Premières (XMP)
Cette variable indique une spécialisation primaire de l’économie camerounaise. Pour mesurer cette variable,
nous prenons en considération comme Otrou (2007), les principaux produits à l’exportation à savoir les produits
agricoles et le pétrole en pourcentage du PIB. Le signe attendu du paramètre est le signe positif. En plus de ces
variables, la présente contribution intègre dans le modèle les variables de contrôle suivantes :
Le Taux De Croissance Du Produit Intérieur Brut (TXPIP)
Il est généralement mesuré par le taux de croissance du PIB par habitant. Cet indicateur est utilisé par
plusieurs économistes comme Solow en 1956 et Lucas en 1988. Ainsi, cette mesure sera aussi retenue dans notre
article. Le signe attendu du paramètre est le signe négatif.
14
McKinnon (1986), cité dans « l’investissement étranger direct et le commerce international : sont-ils complémentaires ou
substituables ? », par Fontagné (1999).
Raymond & Samuel 25
4.2. Discussion
Dans le modèle de long terme, les valeurs R2 (0, 865206) et de R2ajusté (0, 851262) montrent que les
variables choisies du modèle théorique ont bien une influence sur la variable expliquée ; on peut donc dire que la
qualité d’ajustement du modèle est bonne. De plus, la probabilité de fisher montre que le modèle est
globalement significatif. En effet, la Prob (F-statistic) = 0.000000 est inférieur à 5%. On peut donc dire que la qualité
de la régression est bonne au seuil de 5%. Ceci nous conduit à vérifier la significativité individuelle des variables. Le
test de significativité individuelle des variables est apprécié par la statistique de student. Ce test nous indique donc que
Parmi les variables prises en compte dans le modèle global, à l’exception de l’investissement direct étranger
(IDE), du capital physique (FBCF) et des exportations de matières premières en pourcentage du PIB (XMP),
les autres variables à savoir l’inflation (TXINF), le taux de change (TXECH), taux de croissance de la population
(TXPOP), taux de croissance du PIB par habitant (TCPIBH) n’expliquent pas le degré d’ouverture de l’économie
camerounaise car elles ne sont pas significatives (ce qui justifie pourquoi ces variables ne sont pas mentionnées dans
l’équation finale.
Le coefficient associé à la variable capital physique (FBCF) a un signe positif et est significatif au seuil de 5%.
Cette variable a un signe économiquement attendu. On peut donc dire que le capital physique (FBCF) influence
positivement et de manière significative le commerce extérieur qui est mesuré par le degré d’ouverture. D’après les
chiffres, une augmentation d’une unité du Capital physique entraine une augmentation de 0,4776 du degré
d’ouverture. Ce résultat confirme la théorie économique selon laquelle une augmentation du capital physique
entraine une augmentation de la production et par la favorise les échanges entre les pays (Romer, 1986)15. Le
coefficient associé à la variable investissement direct étranger (IDE) a un signe positif et est significatif au
seuil de 10%. Cette variable a un signe économiquement attendu. Ainsi, l’IDE influence positivement et de
manière significative (au seuil de 10%) le commerce extérieur. Une augmentation d’une unité de l’IDE entraine une
augmentation de 0.909996 du commerce extérieur. Fontagne (1999) lors de son étude sur l’IDE et le
commerce extérieur en France aboutit à la même conclusion. On peut donc dire qu’au Cameroun IDE et
commerce extérieur sont complémentaires en ce sens que l’IDE influence positivement le commerce extérieur du
Cameroun.
Le coefficient associé à la variable exportations de matières en pourcentage du PIB (XMP) a un signe
positif et est significatif au seuil de 1%. Cette variable a un signe économiquement attendu. Ainsi, une
augmentation d’une unité de XMP entraine une augmentation de 1,716890 du commerce extérieur. Otrou (2007), lors
de son étude sur les déterminants du commerce extérieur, trouve le même résultat. Ce qui signifie que l’avantage
comparatif du Cameroun est expliqué par les fondements des modèles théoriques de concurrence parfaite (théories
traditionnelles du commerce international). La variable PIBH (TCPIBH) a un coefficient positif mais non
significatif. Ce résultat a aussi été trouvé par Otrou (2007) lors de son étude sur les déterminants du commerce
extérieur. La variable PIBH traduisant le niveau de développement c’est-à-dire le niveau des richesses du pays, on peut
donc dire que le niveau de développement du Cameroun n’est pas élevé pour qu’il puisse influencer de manière
significative son degré d’ouverture.
La variable taux de croissance de la population (TXPOP) a un coefficient négatif et non significatif.
Cette variable n’explique pas le commerce extérieur du Cameroun. Naudet (2001) précise que la taille de la
population n’explique pas le commerce extérieur des pays en développement étant donné que ces pays
regorgent beaucoup d’habitants. Selon cet auteur, plus un pays contient moins d’habitant plus son degré
d’ouverture est élevé. A court terme, seul le taux de change influence positivement et de manière significative
le commerce extérieur. Une augmentation d’une unité du taux de change entraîne une augmentation de 0.042105 du
degré d’ouverture. C’est donc dire que le taux de change est un déterminant conjoncturel du commerce extérieur au
Cameroun. Le coefficient associé à l’IDE est positif mais non significatif Enfin, le paramètre associé au résidu décalé
du modèle de court terme a un signe négatif attendu, il est égal à -0.776191. Ce paramètre représente la force de
rappel vers l’équilibre. Ainsi, nous pouvons dire que les chocs de court terme sont corrigés à 77,619%.
15
Romer (1986), cité dans « L’impact des entrées des capitaux privés sur la croissance économique dans les pays en
développement » par Zaiter (2011).
28 Journal of International Business and Economics, Vol. 5(1), June 2017
Ainsi les flux nets d’IDE entrants au Cameroun affectent positivement le degré d’ouverture de l’économie
Camerounaise à long terme. Mais à court terme, ces flux d’IDE ne sont pas des déterminants de l’ouverture
commerciale du Cameroun.
5. Conclusion Et Recommandations De Politique Economique
Cet article a examiné l’impact de l’IDE sur le commerce extérieur au Cameroun. La technique d’estimation
utilisée est celle des moindres carrés ordinaires (MCO). Il ressort des différents résultats obtenus que l’IDE influence
positivement le commerce extérieur du Cameroun. L’IDE et le commerce extérieur sont complémentaires au
Cameroun. L’IDE stimule la croissance économique et celle - ci stimule à son tour le commerce extérieur par le biais
de l’augmentation des exportations. Compte tenu de ces résultats, la présente contribution dégage plusieurs
recommandations à l’endroit des décideurs de politiques économiques en vue d’améliorer l’attractivité des
investissements directs étrangers: (i) accélérer les réformes administratives et institutionnelles visant à améliorer
l’attractivité des IDE. Ce qui pourra améliorer ou augmenter les flux d’IDE entrants au Cameroun ; (ii) améliorer la
production pour que le produit intérieur brut agisse positivement sur le degré d’ouverture de l’économie
Camerounaise. (iii) l’amélioration de la production passe par l’amélioration du tissu industriel en investissant
dans des activités ayant une intensité capitalistique assez élevée ; la promotion de l'industrie manufacturière
afin de pouvoir exporter à terme des produits manufacturiers et par là, modifier la structure des exportations
dominées par des produits agricoles. (iv) L’amélioration du tissu industriel nécessite des quantités énormes d’énergie.
Ainsi, une amélioration de la politique de gestion d’énergie semble nécessaire car les coupures intempestives
de courant ne facilitent pas le développement du secteur industriel (v) Enfin, pour bien mener ces mesures, il serait
important de densifier le dispositif de lutte contre la mauvaise gouvernance et de la corruption qui sont deux
fléaux qui rendent inefficaces les politiques mises en place pour assurer une gestion efficiente de la cité.
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Annexes
Annexe 1 : Récapitulatif des variables retenues et leurs signes attendus
Variables Notations Signes attendus
Ouverture Commerciale OUV /
L’investissement direct étranger IDE +
La population POP -
Exportations de matières premières XMP +
Le taux de croissance du produit intérieur brut TXPIP -
Le taux de change de la monnaie TXCH -
Formation Brute du Capital Fixe FBCF +
Le taux d’inflation TXINF -
Source : Nous-mêmes
30 Journal of International Business and Economics, Vol. 5(1), June 2017