Étude du transport électrique dans MOS
Étude du transport électrique dans MOS
THÈSE
Pour obtenir le grade de
Docteur en sciences en Electronique
Spécialité "Semi-conducteurs"
Présentée par :
RACHIDA BENSEGUENI
Titre :
Contribution à l’étude du transport électrique
à travers des oxydes très minces (<10nm)
dans des structures MOS
Jury :
Président : Mr Abdelmadjid BENGHALIA Prof. Univ. Mentouri Constantine
Je ne saurais, réellement, trouver les expressions éloquentes que mérite mon encadreur
de thèse, Madame Saida LATRECHE Professeur à l’université Mentouri de
Constantine, qui a su me guider et être disponible tout au long de ce travail. Je la
remercie de la confiance qu'elle a placée en ma personne et de son soutien infaillible.
Enfin, j’exprime mes remerciements à mes parents, mon mari, mes enfants, mes
frères et mes sœurs et toutes mes amies qui m’ont apporté leur soutien, de près ou
de loin, et contribuer d’une manière ou d’une autre à mon épanouissement dans un
climat studieux et plein de sérénité ce qui m’a beaucoup aidé dans l’accomplissement
de ma tâche et l’heureux aboutissement de ce travail.
Sommaire
SOMMAIRE
I.4. CONCLUSION………………………………………………… 29
Références bibliographiques…………...……………………..…….. 30
I
Sommaire
Dispositifs MOS
II
Sommaire
Références bibliographiques……………..…………………………. 62
CONSEQUENCES ELECTRIQUES
III
Sommaire
IV
Sommaire
Annexes……………………………………………………………… 143
V
Liste des Figures
i
Liste des Figures
ii
Liste des Figures
iii
Liste des Figures
iv
Liste des Figures
Figure.2.31 Évolution du gain en mobilité pour les électrons et les trous sous
contrainte en tension bi-axiale en fonction de la concentration en
Ge [Rim03]………………………………………………………………. 54
Figure.2.32 Classification des différents types d’alignement des bandes dans les
hétéro-structures d’après [Sze81]……………………………… 57
Figure.2.33 Alignement de bandes pour un empilement (sSi /Si Gex relaxé) 57
v
Liste des Figures
vi
Liste des Figures
vii
Liste des Figures
viii
Liste des Tableaux
Tableau 1.1 Spécifications de l’ITRS 2008, pour les circuits logiques HP ( ), LOP (
) et LSTP ( ) (En gris: des solutions existent et sont en voie
d’optimisation, jaune : des solutions sont connues, rouge : pas de
solutions connues). (Blanc: Technologie bulk, hachuré pointillé:
architecture SOI et hachuré trait: Double grille.
[ITRS’08]………………………………………………………………………….
15
ix
Liste des Tableaux
x
Introduction Générale
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Tous les progrès dans la technologie des semi-conducteurs ont été réalisés grâce à des
découvertes et des études demandant de plus en plus d‟efforts en termes de recherche et
développement (Figure 1.1). C‟est à partir de l‟invention du premier transistor à jonction
1
Introduction Générale
(bipolaire) en 1948, par une équipe des laboratoires Bell (ses concepteurs, John Bardeen,
Walter Brattain et William Schockley recevront le Prix Nobel de Physique en 1965), que l‟ère
de la microélectronique fut ouverte. Il fallut une décennie supplémentaire avant
qu‟apparaisse le transistor MOS (Metal Oxide Semiconductor) à effet de champ [Kahng60],
lorsqu‟on sut réaliser industriellement des interfaces de hautes qualités entre le Silicium et son
oxyde SiO2. Bien que le principe de transistor à effet de champ soit connu depuis les travaux
de Lilienfeld dans les années 1920-1930[Lilienfield27], sa réalisation se heurtait jusqu'alors à
des barrières technologiques infranchissables. Jusqu'au milieu des années 60, les fonctions de
l'électronique étaient réalisées à l'aide de composants discrets, des tubes à vide puis, après à
l‟aide des transistors. C‟est également dans les années 60, avec la capacité de mettre de
nombreux transistors sur un seul substrat semi-conducteur selon le procédé de fabrication
PLANAR, que l‟on commença à exploiter le concept des circuits intégrés [Kilby64], auxquels
on donne bientôt le nom de “ puces ”.
Figure. 1.2 Illustration de la Loi de Moore [www.intel.com] : Course vers la miniaturisation des
circuits Intégrés
2
Introduction Générale
Figure. 1.3 Evolution des transistors au cours des années en fonction du nœud technologique
[Intel]
Néanmoins, la réduction de la taille des transistors ne suffit plus pour augmenter à elle seule
les performances des transistors marquant ainsi la fin de l‟ère du «scaling ». L‟enjeu pour les
transistors nanométriques est de réduire les effets parasites liés à la miniaturisation afin
d‟augmenter la vitesse de commutation d‟une porte logique. Autrement dit, ceci passe par une
diminution du courant de fuite (IOFF) et un accroissement du courant débité par le transistor
(ION). Voilà donc les deux principaux paramètres à optimiser.
Plusieurs solutions trouvées depuis quelques années pour continuer d'augmenter les
performances des transistors MOSFET consistent à la conception de nouvelles architectures
MOSFET et /ou à l‟introduction de nouveaux matériaux.
3
Introduction Générale
d‟isolant n‟est plus épaisse que de quelques nanomètres, l‟oxyde à haute constante
diélectrique "high-k", permet de maintenir une capacité de grille élevée tout en limitant le
courant de fuite parasite à travers la couche diélectrique donc l‟efficacité du système.
Ce manuscrit s‟articulera autour de quatre chapitres, détaillant les principales étapes du travail
réalisé tout au long de ces années de thèse.
Le second chapitre sera consacré à une introduction à la physique du silicium contraint. Dans
un premier temps, nous présenterons un rapide historique sur la contrainte mécanique en
microélectronique, puis nous explorons un état de l‟art des différentes architectures MOS à
canal contraint étudiées dans la littérature. Dans un deuxième temps, nous analyserons l‟effet
d‟une contrainte mécanique en tension bi-axiale sur la structure de bande du Silicium. Enfin,
nous exposerons la relation entre le pourcentage de Germanium dans le pseudo-substrat et la
contrainte en tension mécanique induite dans le canal, grâce notamment à une approche
simple de modèles physiques.
Le troisième chapitre proposera une résolution numérique des équations de dérive diffusion
(DDM) par la méthode des différences fines, permettant de simuler le transport des porteurs
de charges électriques dans les transistors MOSFET étudiés dans ce travail (transistors
conventionnel et à canal contraint en tension bi-axiale). Cette approche deviendra, par la
suite, le principal outil de comparaison entre les performances des structures MOS à base de
Si et celles des transistors à base de matériaux innovants (Si contraint).
4
Introduction Générale
Références bibliographiques
[Boeuf04] Boeuf .F, Arnaud F., Tavel B. et al. “A conventional 45nm CMOS node
low-lost platform for General Purpose and Low Power applications”. In:
International Electron Device Meeting Technical Digest, Dec. San
Francisco., pp.847-851. 2004.
5
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
I.4. CONCLUSION
Références bibliographiques
6
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Chapitre I
LE TRANSISTOR MOS A EFFET DE
CHAMP: MINIATURISATION ET
NOUVEAUX MATERIAUX
7
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Le transistor MOS (Métal Oxyde Semi-conducteur) à effet de champ est le dispositif le plus
répandu dans l‟industrie de semi-conducteurs, il est à la base de la fabrication de tout circuit
intégré CMOS (Complementary MOS). En effet, la technologie CMOS consiste à associer
deux types de transistor MOS (nMOS et pMOS) en tirant partie de leur régime de
fonctionnement complémentaire afin de former l‟élément de base de tous les circuits logiques
: l‟inverseur. Dans toute cette étude, nous ne nous intéresserons qu‟aux transistors nMOS et
par conséquent nous ne détaillerons que ce type de transistor.
Figure. 1.4 Structure de base d’un transistor n MOSFET et schéma du jeu de masque de
fabrication associé
Le n MOSFET (MOSFET à canal de type n) qui est représenté sur la figure 1-4, est constitué
d'un substrat cristallin de semi-conducteur (Si) dopé positivement, avec de part et d'autre,
deux zones dopées négativement. Ces deux zones correspondent à la source et au drain du
transistor. Habituellement, la source est reliée à la masse ainsi que le substrat. Un matériau
(SiO2) obtenu par oxydation du silicium sépare la grille métallique du canal. Les différents
transistors sont isolés électriquement par des tranchées d‟isolation appelées STI (« Shallow
Trench Isolation »). Les grandeurs caractéristiques les plus importantes et auxquelles nous
nous référerons par la suite sont la longueur de grille Lg, la profondeur de grille W et
l'épaisseur d'oxyde Tox.
8
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Figure. 1.5 Principe de transport des porteurs dans le canal du transistor MOS ;
a)VG>VT transistor bloqué, b) VG<VT transistor conducteur; l’orientation des
vecteurs des champs est illustrée à droite.
9
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Dans le cas idéal, lorsque la tension appliquée au niveau de la grille VGS est inférieure à une
tension dite de seuil VT (figure 1.5.a), le champ électrique E┴ est insuffisant pour former le
canal de conduction, l‟existence d‟une barrière de potentiel entre la source et le substrat
empêchant les électrons de circuler de la source vers le drain. Le courant de drain IDS devra
s‟annuler. Toutefois, une faible concentration de porteurs est toujours présente dans le canal:
c‟est le régime de faible inversion, un courant de fuite noté IOFF est donc inéluctable.
Mais, en présence d'une tension de grille VGS supérieure à VT (Figure 1.5.b), les électrons
minoritaires du substrat sont fortement attirés au niveau de la région située sous l'oxyde de
grille et forment un canal. La source va donc pouvoir injecter des porteurs dans le substrat par
abaissement de la barrière de potentiel de la jonction source/substrat. La circulation d‟un
courant IDS entre la source et le drain est alors possible et se fait, sous l‟impulsion d‟un champ
électrique longitudinal E║ induit par la différence de polarisation VDS. À partir d'une tension
de drain supérieure à la tension de grille (moins la tension de seuil), le champ électrostatique
entre le substrat et la grille s'inverse localement au voisinage du drain. Le canal d'électrons y
disparaît, et le courant IDS (ou encore appelé ION) sature à une valeur dépendant de VGS. La
valeur du courant ION est donnée par [Math04]:
( ) (I.1)
et :
(I.2)
10
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Les applications à haute performance HP (« High Performance ») tels que : les puces
MPU (Micro Processor Unit) des ordinateurs de bureaux, Serveur, Routeur, Réseaux,
etc pour lesquelles la fréquence de commutation du transistor est privilégiée par rapport
à la consommation électrique qui est non négligeable que ce soit en fonctionnement ou
en état de veille.
Les applications à basse consommation, on y distingue :
- Les dispositifs opérant à faible puissance (LOP – Low Operating Power) pour les
applications mobiles nécessitant une vitesse de calcul relativement grande et des
batteries de large capacité (PC, ordinateur portable, par exemple).
- Les dispositifs à très faible puissance de veille (LSTP – Low STandby Power) ; ce
sont des dispositifs nécessitant un faible courant de repos (lorsque le transistor est
bloqué) pour obtenir une meilleure autonomie tels que : les téléphones portables,
appareil photo numérique, caméscope, MP3, etc
(I.3)
11
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
(I.4)
⃗ 〈 ⃗〉 (I.5)
Dans un semi-conducteur, la mobilité des électrons est supérieure à la mobilité des trous, on
observe dans le cas du silicium massif à température ambiante, la mobilité des électrons vaut
environ 1500cm2.V-1.s-1 tandis que celle des trous avoisine les 480 cm2/V/s.
( ) (I.6)
( )
Cette relation montre que le confinement des porteurs modifie les temps de collisions et de ce
fait la mobilité. il est également important d'introduire la notion de champ électrique effectif,
noté Eeff, qui est un paramètre empirique [Sabnis‟79], avec lequel les mobilités mesurées
convergent sur une loi de mobilité universelle. Ce paramètre n'a pu trouver une définition
physique, même s'il reflète le champ électrique moyen près de l‟interface oxyde/ semi-
conducteur. Eeff est défini par l‟équation suivante [Ando 82]:
( ⁄ )( ) (I.7)
Où : εSi est la permittivité de Si, Ndep est la charge de déplétion, Ninv est la charge
12
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Classiquement dans le canal en inversion d‟un transistor MOS, On peut distinguer trois types
de collisions limitant la mobilité des porteurs. Chaque phénomène dépend de manière
différente de la température et du champ électrique transverse [Jeon‟89] [Takagi‟9] [Chen‟96]
figure1-7 :
Les interactions de Coulomb (avec les impuretés chargées) limitent la mobilité à faible
champ.
Les interactions avec les phonons, Pour une température inférieure à 100 K (Ce type
de collisions est dû aux vibrations du réseau cristallin) [Sah‟72].
Les collisions dues à la rugosité de surface (interface canal/diélectrique de grille)
limitent la mobilité surtout à fort champ puisque les porteurs sont alors confinés près
de l‟interface.
Enfin on considère souvent que les mécanismes de diffusion sont indépendant les uns des
autres. Le temps de relaxation τ tient compte de toutes les interactions que peuvent subir les
porteurs lors du transport selon la loi de Mathiessen :
13
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
∑ soit ∑ (I.8)
Un circuit intégré conçu de nos jours dans une technologie CMOS profondément
submicroniques allant de 0.18 et 0.13 microns à 90 et 65 nanomètres, possède plusieurs
milliards de transistors et sont produits sur des plaquettes de silicium de 300mm de diamètre. De plus,
il fonctionne à une fréquence élevée et dissipe une puissance importante. On peut distinguer
deux contributions à la puissance totale consommée (Figure 1-8) :
14
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
En effet, le courant de fuite IOFF dépend exponentiellement des tensions de seuil selon la
formule suivante :
(I.10)
En outre, pour les technologies très profondément submicroniques, il faut aussi faire attention
à l‟apparition des courants de grille qui ne sont plus négligeables.
Tableau I.1 :Spécifications de l’ITRS 2008, pour les circuits logiques HP ( ), LOP ( ) et
LSTP ( ) (En gris: des solutions existent et sont en voie d’optimisation, jaune : des solutions sont
connues, rouge : pas de solutions connues). (Blanc: Technologie bulk, hachuré pointillé:
architecture SOI et hachuré trait: Double grille. [ITRS’08]
A l‟état passant, lorsque le transistor est en mode saturé, le courant IDS ou ION sera donc
défini comme le courant débité par le dispositif lorsque : VD=VG=VDD. En effet,
l‟augmentation du courant ION permet d‟obtenir une fréquence de commutation élevée. D‟un
autre côté, la fréquence de fonctionnement d‟un circuit ou la vitesse de commutation des
portes logiques va être gouvernée par : (i) la résistance et les capacités des lignes
d‟interconnexions qui prennent une part croissante et (ii) le délai intrinsèque du transistor τt
donné par :
15
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
(I.11)
A partir des équations (1), (2) et (11), on remarque que si le courant augmente par une
variation de Cox (i.e. par réduction de l‟épaisseur d‟oxyde TOX ou une augmentation de la
permittivité de l‟isolant de grille) le délai intrinsèque va rester constant. Cependant, la
réduction (ou « scaling ») de la longueur de grille Lg permet d‟améliorer τt voir (Figure1-10).
C‟est sur ce principe simple qui permet d‟améliorer à la fois la densité d‟intégration et la
performance des transistors qu‟est basée la loi de Moore. La réduction de la longueur de grille
est néanmoins associée à des effets parasites appelés effets de canaux courts entraînant une
dégradation du courant ION.
Une solution récente pour augmenter le courant ION, consiste à l‟introduction de contrainte
pour améliorer la mobilité du MOSFET grâce à la réduction de la masse effective de
conduction et/ou de la fréquence de collision [HALL‟06], [LEE‟05]. Les techniques
d‟amélioration du transport dans le canal du MOSFET seront développées par la suite
(chapitre II).
Figure. 1.9 Evolution des tensions d’alimentations Figure.1.10 Réduction exponentielle des
et de seuil des circuits CMOS au fil des dimensions et du délai intrinsèque des
générations [rochette08] transistors MOSFETs selon la loi de
Moore. [ITRS03]
16
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
(I.12)
( )
Figure.1.11 Caractéristique ID(VGS) d’un transistor Figure.1.12 Graphe ION/IOFF pour des
MOSFET illustrant la séparation établie par la NMOS à VDD=0.9V, La longueur de grille
tension de seuil entre l’état bloqué et passant. varie de 100 à 30nm entraînant une hausse
du courant de saturation ION et aussi du
courant de fuite IOFF [SKOTNICKI‟88]
[SKOTNICKI‟03].
17
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
2. MINIATURISATION ET LIMITES
Les progrès réalisés en microélectronique depuis ses débuts jusqu'à aujourd'hui dépendent aux
révolutions de la miniaturisation du transistor MOS. Plusieurs raisons expliquent la volonté de
diminuer les dimensions des transistors. En effet, La miniaturisation permet la réduction:
Les deux voies sont parallèles et regroupent un vaste ensemble de technologies et procédé
dont l‟objectif est de délivrer de meilleures performances. Néanmoins la miniaturisation ne
peut se faire sans l‟apparition d‟effets parasites, qui détériorent le bon fonctionnement du
transistor.
18
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Dans un transistor long, le champ vertical de grille commence par déserter le canal et réalise
ensuite l‟inversion. Ici, la déplétion étant déjà induite par les jonctions, l‟inversion sera
19
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
atteinte plus vite en fonction de VG. Cet effet est appelé "effet canal court" ou SCE (Short
Channel Effect) se traduit alors par un abaissement de la barrière entre source et drain (figure
1-14). Par conséquent, la tension de seuil VT diminue en fonction de la longueur du canal
(figure 1-15)[Bensegueni‟06]. La grille ne contrôle plus parfaitement les porteurs de charges
du canal [Sze 81 p.469].
L‟effet de canal court (SCE) ne supposait pas de variations en fonction de la polarisation VDS.
Cependant, l‟augmentation de la tension de drain induit un accroissement de la ZCE côte
drain, ce qui provoque l‟abaissement de la barrière de potentiel Source/Substrat [Grotjohn' 84,
Deen' 92, Fikry'94], (figure1.14). Un autre "effet canaux cours", le DIBL (pour "Drain-
Induced Barrier Lowering"), (figure1.16) se manifeste par la réduction de la tension de seuil
[GAUT‟03].
L‟impact des effets canaux courts sur les caractéristiques électriques du MOSFET est présenté
sur la Figure 1.17. Ces effets traduisent une perte de contrôle électrostatique de la grille sur le
canal de conduction. Ils conduisent ainsi à un abaissement non contrôlé de la tension de seuil
du MOSFET et donc à une augmentation du courant de fuite IOFF du transistor.
20
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Effet de percement
Le phénomène de percement (punchthrough en anglais) survient lorsque les zones désertées
(ZCE) Source/Substrat et Drain/Substrat peuvent se toucher. Dans ce cas leurs dimensions
deviennent comparables à la longueur de la grille Lg. Ce phénomène est essentiellement lié à
la hauteur de la barrière de potentiel entre la source et le drain à travers le volume du substrat.
Il est donc fortement dépendant, à la fois du champ transversal (contrôlé par la tension de
grille), et du champ longitudinal (contrôlé par de forte tension de drain).
Le type de barrière et par conséquent le type de courant obtenu dépend non seulement du
niveau de polarisation appliquée à la grille mais aussi de l‟épaisseur d‟oxyde (Tox):
21
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Dans le cas des oxyde épais (Tox>7nm), l‟abaissement de la barrière due à une polarisation
extérieure, favorise le passage des électrons par effet tunnel Fowler-Nordheim. Ainsi,
l‟abaissement de cette barrière énergétique conduit à une diminution de la longueur
effective que doit franchir la particule et donc à une augmentation de la "probabilité de
passage". (Figure 1-19).
Pour des épaisseurs d‟oxyde minces (Tox< 4nm), le courant tunnel direct devient possible
pour des niveaux de tension plus bas [bensegueni.R06], [Hou‟02], [CASS‟99] [LERO‟03],
Figure (1-20). En effet, la largeur d‟isolant est suffisamment faible et la particule peut
franchir la barrière sans réduction de sa longueur effective. Dans ce cas, si on veut réduire
ce courant de fuite, il faut par conséquent diminuer le niveau de tension de grille.
Toutefois, si l‟on souhaite travailler à des niveaux de tension de grille plus bas, on finit par
perdre le contrôle du canal. En effet, la tension de seuil est fortement proportionnelle à la
variation de l‟épaisseur d‟oxyde, de ce fait, pour des épaisseurs d‟oxyde de grille inférieures à
4nm la tension de seuil diminue très rapidement, Figure (1-21).
22
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
23
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
image positive liée au régime d‟inversion côté canal (Figure I. 22). Puisque le polysilicium
(polySi) est extrêmement dopé, jusqu‟à la limite de solubilité des dopants [JOSSE‟00], par
conséquent, la profondeur de déplétion est très réduite et vaut au maximum de 0,3 à 0,7nm
[Hu‟96].
De manière générale, la zone désertée peut être assimilée à une capacité parasite d‟épaisseur
Wpoly connectée en série avec celle de l‟oxyde de grille, figure (1-23). Cet effet dégrade les
performances des transistors MOS:
(I.13)
(I.14)
3. SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES
Pour s‟affranchir des différents problèmes dus à la miniaturisation des dispositifs, la
poursuite de l‟intégration de nouveaux composants doit se faire par l‟introduction de
nouvelles architectures ou de nouveaux matériaux pour l‟amélioration des performances du
transistor.
Dans un premier temps, les innovations architecturales et technologiques sont décrites à partir
de la technologie silicium actuelle. Les deux dernières parties, spécifiques à l‟objet de cette
thèse, concernent les challenges associés à l‟introduction de nouveaux matériaux au niveau de
l‟oxyde de grille et du canal de conduction.
24
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Actuellement, les zones LDD (ou extensions) sont formées par implantation ionique à faible
énergie suivie d‟un recuit d‟activation haute température (>1000°C) très court. L‟objectif est
de former des extensions
Dans cette même région, Pour réduire les extensions des zones déplétées, il suffit donc
d‟augmenter le dopage du canal. À cette fin, des implantations ioniques de dopants du même
type que le canal sont utilisées. Elles sont auto-alignées avec la grille afin d‟être localisées
autour des extensions, d‟où le nom de "poche" [Bouillon‟97]‟ Les effets de canaux courts sont
alors nettement améliorés mais ce sur-dopage du canal provoque une dégradation de la
mobilité des porteurs [Andrieu‟05], [Lochtefeld‟02].
D‟autre part, le transistor peut, lorsque le canal est très court, présenter un effet de perçage.
Pour éviter ce phénomène, des "halos" sont implantés plus profondément, juste sous le canal
actif, dans la région adjacente au drain et à la source.
En plus, pour absorber une partie de la diffusion latérale des extensions des jonctions, des
espaceurs sont couramment utilisés. Ces derniers, empêchent également les courts- circuits
entre grille-drain, et grille-source [Slisher‟99].
25
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Pour lutter contre ce phénomène, les fabricants ont dû augmenter le dopage de la grille NPOLY
entre chaque nœud technologique. Cependant, cette stratégie est limitée par deux
inconvénients du fait de la méthode de dopage:
- La pénétration des dopants à travers l‟oxyde mince, particulièrement dans le cas des
grilles P+ dopées au bore. La diffusion du Bore, induit une dégradation de la qualité
de l‟oxyde conduisant ainsi d‟une part à des instabilités de la tension de seuil et
d‟autre part à une diminution de la mobilité des porteurs.
- Les grilles sont déjà fortement dopées (de l‟ordre de 1021atomes/cm3) et il devient
impossible de les doper au-delà de 5.1022 atomes/cm3 (densité atomique du silicium).
26
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Bien que, les grilles métalliques présentent l‟avantage de supprimer le risque de pénétration
du bore dans l‟oxyde de grille et présentent aussi une meilleure compatibilité avec l‟interface
des oxydes à haute permittivité [BOH‟07]. Malgré cela, ce retour à des grilles métalliques
pose deux inconvénients : tout d‟abord, il ne résout pas encore le problème des instabilités de
la tension de seuil du transistor. D‟autre part, l‟introduction de la métallisation induit une
complexité et un coût plus élevé à la réalisation.
La mise sous contrainte du film de silicium actif est obtenue en faisant croître celui-ci par
épitaxie sur un substrat de silicium-germanium (Sil-xGex) relaxé possédant un paramètre de
maille légèrement différent [JURCZAK‟99a], [Rim‟01]. Ce qui modifie la taille de la maille
cristalline et crée ainsi une contrainte bi-axiale en tension dans le film de silicium. Ce point
fait l‟objet du chapitre II.
Un grand avantage de la déformation est qu‟elle est compatible avec la plupart des
changements technologiques prévisibles tels que les diélectriques à forte permittivité (high-k),
les grilles métalliques, ect. Même si de nouveaux types de dispositifs peuvent apparaitre,
l‟ingénierie de contrainte restera un élément clé des technologies CMOS pour le noeud 22 nm
et au-delà.
27
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Si l‟intégration des empilements de type high-k-métal semble repousser les difficultés liées à
la miniaturisation, elle s‟accompagne de nombreux problèmes :
– les techniques de dépôt sont plus complexes et plus coûteuses pour un diélectrique high-k
que le procédé d‟oxydation thermique utilisé dans le cas du SiO2, [ROBE‟04]. Si bien que
l‟interface Si/SiO2 reste, à l‟heure actuelle, considérée par certains comme un « cadeau de la
nature » [LUCO05] difficilement remplaçable
– jusqu‟à présent, l‟intégration des diélectriques high-k nécessite une couche d‟oxyde
d‟interface SiO2 pour limiter la dégradation de la mobilité. De plus, la couche d‟interface va
servir de tampon et prévenir le claquage franc de l‟empilement tout entier [CHO‟08].
28
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
4. CONCLUSION
Dans ce chapitre, nous avons décrit dans un premier temps l'évolution de la microélectronique
et du transistor MOS, de ses origines à nos jours, en insistant sur la volonté constante de
miniaturisation des dispositifs.
Dans un second temps, nous avons mis en évidence l‟intérêt de la miniaturisation des
composants semi-conducteurs mais également ses limitations. En effet, de nombreux
phénomènes physiques qui apparaissent avec la réduction des dimensions des transistors:
effets canaux courts, fuites de grilles, et la déplétion de la grille, etc., sont susceptibles de
dégrader les caractéristiques des dispositifs fortement submicroniques.
Dans une troisième partie, nous avons exploré les nouvelles solutions pour contrer les effets
parasites liés à la miniaturisation. En effet, une simple réduction d‟échelle est insuffisante
pour continuer d‟améliorer les performances du transistor MOS, il est donc envisagé
d‟introduire de nouvelles architectures et de nouveaux matériaux. L‟intégration d‟un
diélectrique "high-k" au niveau de l‟empilement de grille constitue une solution pour limiter
les courants de fuites à travers l‟oxyde de grille. Une autre solution très prometteuse pour
augmenter la vitesse des porteurs, consiste à incorporer un film de silicium contraint au
niveau du canal.
29
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
Références bibliographiques
30
Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
[CASS99] Eric Cassan et al. “Study of direct tunneling through ultrathin gate oxide
of field effect transistors using Monte Carlo simulation”, Journal of
Applied Physics, Vol.86, p. 3804, 1999.
[Chen96] K. Chen, H. C. Wann, J. Dunster, P. K. Ko, C. Hu; “MOSFET carrier
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[Chui’02] Chui C. O., Kim H., CHI D. et al. “A sub-400 degree C Germanium
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[Deen' 92] M.J. Deen and Z.X. Yan, “DIBL in short-channel N MOS devices at
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Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
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Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
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Chapitre I Le transistor MOS à effet de champ : miniaturisation et nouveaux matériaux
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35
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
II.4. CONCLUSION
Références bibliographiques
36
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Chapitre II
GENERATION DE CONTRAINTES DANS
LES DISPOSITIFS MOS
37
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Pendant de nombreuses années, les contraintes mécaniques induites dans les structures des
circuits intégrés silicium étaient perçu comme un phénomène néfaste que l‟on a cherché à
réduire. Ce n‟est que depuis ces deux dernières décennies que, la compréhension des
mécanismes responsables des contraintes ainsi que de leurs maitrise à différents niveaux
d‟échelles, ont commencé à devenir des sources de progrès en microélectronique, afin
notamment d‟augmenter les performances des dispositifs [Brillo05].
En microélectronique, la fabrication des différents composants d‟un circuit intégré sur une
plaque de Silicium, passe par un certain nombre d‟opérations technologiques de manière plus
ou moins répétée. Ces opérations consistent en général à des nettoyages de surface, des
oxydations, des dépôts, des recuits, des photolithographies, gravures, etc., voir Figure (2.1).
Chacun de ces composants peut être schématisé par un empilement de différents matériaux en
couches minces, voir Figure (2.2). Ces matériaux peuvent être des semi-conducteurs, des
conducteurs ou des isolants, ayant chacun des propriétés mécaniques et des contraintes
38
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Dans les paragraphes suivants nous allons détailler quelques phénomènes élémentaires induits
par les contraintes des matériaux structurés :
39
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.4 Représentation schématiques des défauts ponctuels dans le Silicium et des précipités
associés, ainsi que de leur impact principal sur le procédé de fabrication [Mireille06].
40
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
- Fissures et décollements des films sur le substrat pour les contraintes de tension [Fau06] :
Voir Figure (2.5).
- Cloques engendrés par les contraintes de compression. Voir Figure (2.6). Ces défauts ont
été largement étudiés dans la littérature [Goudeau 06], [Moo02], [Hut92], [Ser04], car ils
sont plus fréquents que les fissurations.
Ces défauts dépendent principalement des épaisseurs des films, et de l‟énergie d‟adhésion, et
ils s‟expliquent par la relaxation des contraintes aux seins des films.
41
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.7 Vue 3D de réseau d’interconnexions Figure. 2.8 Cavité localisée sous un via
métalliques (après retrait du matériau d’interconnexion, induite par un gradient
diélectrique) de contraintes, d’après [IKARASHI03]
Figure. 2.9 Méthodes technologiques actuelles, pour améliorer la mobilité des porteurs de
charge, basées sur l’introduction de la contrainte mécanique dans le canal.
42
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.10 Procédé de fabrication des structures sGOI et sSOI [OZT05], Après la gravure
sélective de la couche intermédiaire de SiGe, le film Silicium garde toujours son état de
contrainte.
43
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
44
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
dans les sources /drain et les grilles sont formés simultanément par interdiffusion d‟une
couche de métal et du Silicium sous-jacent. Au cours du chauffage du système métal/Si, le
changement de volume entre le siliciure formé et le mélange (métal déposé et silicium) crée
des contraintes en tension sur le canal du transistor (type uniaxiale), (figure 2.13).
Les propriétés mécaniques de la couche de nitrure de Silicium sont exploitées pour améliorer
les performances des transistors nMOS, ou pMOS [Hsu07], [Belyanski08]. En effet, au
moment du dépôt, La contrainte intrinsèque dans cette couche se transmet au canal et modifie
ainsi la maille cristalline du Silicium, de ce fait la mobilité des porteurs est améliorée. Il est
cependant important de noter que pour améliorer les transistors nMOS on a besoin d‟utiliser
des couches de nitrure contraint en tension, voir Figure (2.15), alors que pour les pMOS cela
45
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
est fondamentalement différent selon l‟orientation du substrat. Dans le cas <110> il faut
choisir un CESL en compression, alors que dans le cas <100> les transistors sont insensibles
à la contrainte [Ortoland06].
Figure. 2.16 Image TEM en « cross-section » Figure. 2.17 Evolution de la mobilité des trous
d’un transistor pMOS une compression uni- en fonction du champ effectif pour des couches
axiale sur le canal de conduction Silicium est de Silicium soumises à une contrainte bi-axiale
générée par les régions Source et Drain en SiGe ou uni-axiale. [THOM04]
[THOM04]
46
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Selon le même principe que les source/drain en SiGe, on peut utiliser des jonctions
source/drain en SiC, pour les transistors nMOS. Dans ce cas une contrainte en tension est
introduite dans le canal de conduction, entrainant donc une augmentation de la mobilité des
électrons [Ang05].
Dans la première partie de ce chapitre, la maitrise d‟une contrainte mécanique par différentes
approches technologiques a été présentée comme un outil incontournable pour améliorer le
transport électronique dans les dispositifs MOSFET de taille fortement submicroniques.
Cependant, notre choix se porte sur la méthode de canal épitaxié, en utilisant l‟alliage de
Silicium Germanium SiGe. Cette technique, basée sur la différence de maille entre les deux
matériaux Si/SiGe, permet d‟inclure une contrainte en tension bi-axiale dans le canal d‟un
transistor nMOS. La deuxième partie de ce chapitre est ainsi entièrement dédié à l‟analyse de
cette approche, nous présenterons en particulier les aspects théoriques et les propriétés
physiques du canal de silicium contraint.
2.1.1. Définition
Une contrainte mécanique représente une force par unité de surface, elle est donc homogène
à une pression. L‟unité de contrainte dans le système international est le Pascal (symbole Pa).
L‟application d‟une contrainte mécanique sur le canal d‟un transistor MOS, permet
d‟introduire une déformation sur la maille cristalline du semi-conducteur, ce qui permet de
modifier la mobilité des porteurs de charges dans cette zone. En effet une contrainte est dite
en tension si elle tend à augmenter le paramètre de maille horizontal du cristal de Silicium
dans la direction de la force appliquée, et de diminuer le paramètre de maille vertical pour
garder le volume de la maille élémentaire identique. L‟état inverse est obtenu avec une
contrainte en compression, voir figure (2.18).
De plus, une contrainte sera dite uni-axiale si elle est appliquée uniquement selon la direction
de conduction des charges (source/drain), et bi-axiale lorsqu‟elle est appliquée dans le plan du
transistor (selon deux directions), voir figure (2.19).
47
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.18 Représentation schématique des Figure. 2.19 Schéma représentatif d’une
couches sous contraintes mécaniques, a) en contrainte bi-axiale dans le canal du
compression, b) en tension transistor MOSFET
Actuellement, les alliages de silicium-germanium (SiGe) sont les alliages les plus employés
dans l‟industrie de la microélectronique, pour la fabrication des composants MOS à canal
contraint. En effet, pour le système silicium / germanium, le paramètre de maille du
germanium est plus grand de 4,18% que celui du silicium (cf, Tableau 2.2), l‟alliage (SiGe)
a également un paramètre de maille supérieur à celui du silicium.
En conséquence, les couches de SiGe vont être contraintes en compression bi-axiale dans le
plan de croissance lors de leur épitaxie sur un substrat de silicium. Ce qui sera favorable pour
augmenter la mobilité des trous, ceci implique qu‟une jonction (SiGe-Si) concerne
l‟amélioration des performances des transistors PMOS.
Inversement, une fine couche de silicium se trouvera en tension bi-axiale dans le plan si on
l‟a fait croitre sur un substrat de SiGe relaxé. L‟hétéro-structure (s-Si/SiGe) est la plus
intéressante pour les transistors MOS à canal de type n, en termes de gain en mobilité pour les
électrons.
48
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.20 Film de silicium contraint en tension bi-axiale par un pseudo-substrat de SiGe.
49
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.21 a) Croissance épitaxiale d’une couche de Si1-xGex sur un substrat de silicium,
b) Empilement constituant un pseudo-substrat de SiGex
50
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Ainsi, des surfaces ellipsoïdales iso-énergies sont alors disposées autour de chaque minimum
d‟énergie [MATHIEU98], avec une masse longitudinale (ml) de 0.916m0, et une masse
-30
transverse (mt) de 0.19m0 (m0 étant la masse de l‟électron dans le vide m0 = 0,910956*10 kg).
De ce fait, l‟application d‟un champ électrique ⃖ dans la direction [010] par exemple,
entrainant le mouvement des électrons occupant la vallée Γ2 avec une masse effective
transverse mt. Tandis que, les électrons occupants la vallée Γ4, leur conduction dans ce cas,
sera avec une masse longitudinale ml, voir figure (2.24).
51
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.25 Structure de bande du silicium d’après [Richar 04] ; zoom : représentation
schématique du sommet de la bande de valence [Rochette 08]
52
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.26 Structure de bande du Silicium sous Figure. 2.27 Distribution des électrons dans
contrainte en tension bi-axiale. les vallées Δ2 et Δ4 du silicium contraint
53
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.30 Diagramme E(k) de la bande Figure. 2.31 Évolution du gain en mobilité pour
de valence du Silicium contraint en tension les électrons et les trous sous contrainte en
bi-axiale tension bi-axiale en fonction de la concentration
en Ge [Rim03]
54
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
La séparation en énergie ΓE entre les deux bandes (LH) et (HH) est de l‟ordre de 38- 40meV
par un pourcentage en Germanium de 10% [Ober98], [Nayak94]. L‟effet de cette contrainte
est illustré sur la figure (2.30). De cette figure on montre que la sous bande des trous légers
est décalée vers les hautes énergies au-dessus de la bandes de trous lourds. En effet cette
bande sera énergétiquement plus favorable et sera généralement peuplée. La conduction se
fait alors par des trous majoritairement légers. Ceci entrainera une amélioration de la mobilité
des trous [Fichetti96], voir figure (2.31).
Le niveau de contrainte induite dans le canal dépend des conditions du procédé (la différence
des coefficients thermiques des deux matériaux (Si/ SiGe), voir Tableau (2.2)), et surtout de la
fraction molaire de germanium dans l‟alliage SiGe. Dans cette partie on se propose de
rappeler les modèles physiques existants dans la littérature qui traitent la relation entre le
pourcentage de Germanium et la contrainte générée dans le canal.
( )
( ) (II.1)
On peut également déterminer par une loi parabolique décrite à l‟aide des valeurs mesurées
expérimentalement [Dismukes64], l‟évolution du paramètre de maille de l‟alliage SiGe avec
sa concentration x en Germanium comme suit :
( )
(II.2)
Cependant, les valeurs mesurées montrent une faible déviation autour de loi de Veegard, voir
Figure (2.32).
55
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.32 Comparaison entre la loi de Veegard et la loi parabolique obtenue par Dismukes
pour déterminer la valeur du paramètre de maille de l’alliage SiGe
Eg s _ Si ( x) Eg Si Eg s _ Si ( x) eV
(II.3)
Avec :
Egs-Si(x), est la différence entre le niveau haut de la bande de valence et le niveau bas de la
bande de conduction du silicium contraint.
EgSi, étant l‟énergie de la bande interdite du Silicium (1.12 eV à température ambiante).
ΔEgs-Si(x), représente le rétrécissement de la largeur de la bande interdite du Si contraint.
56
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Dans l‟alignement de bande de type I, la bande interdite du matériau (A) est plus large
que celle du matériau (B), et cette dernière se trouve incluse dans la bande interdite du
matériau grand gap. Dans ce cas, l‟électron comme le trou se trouvent dans le matériau
(B).
Dans le cas de l‟alignement de bande de type II, soit le minimum de la bande de
conduction, ou le maximum de la bande de valence du matériau (A) se trouve à
l‟intérieur de la bande interdite du matériau (B). Cela donne une hétéro structure dans
laquelle les électrons et les trous ont tendance à ne pas se retrouver dans le même
matériau.
Enfin, l‟alignement de bande type III, est un cas particulier du type II, dans lequel soit
le bord de la bande de valence, ou celui de la bande de conduction du matériau (A) est
quasiment aligné avec un des bords de bandes du matériau (B), dans ce cas un seul type
de porteurs est affecté. Ce type de système est utile lorsque l‟on veut bloquer ou
favoriser un des porteurs sans perturber l‟autre. C‟est le cas par exemple des hétéro
structures SiGe/Si.
57
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
Figure. 2.33 Classification des différents types d’alignement des bandes dans les
hétéro-structures d’après [Sze81]
3.2.2.1. silicium en tension sur un pseudo- substrat de SiGe (sSi /SiGex relaxé)
Dans ce cas, la largeur de la bande interdite de la fine couche de Silicium en tension étant
différente de celle du substrat virtuel de SiGe, on obtient des discontinuités de bande de
conduction (ΓECs) et de valence (ΓEVs) qui sont de même signe, figure (2.34).
C'est ce qu'on appelle l'alignement de bande de type II. En effet, un décalage de bande de
l‟ordre de 6 meV par pourcentage de Germanium est obtenue à la fois pour la bande de
conduction et de valence [LIU05]. Cependant, pour une composition en Germanium
(Ge=10%), l‟offset (ΓEVs) sur la bande de valence est déterminé par [Yang04] de l‟ordre de
21meV, et 58meV pour (ΓECs). Enfin, Riger [Riger93] a démontré que le décalage
énergétique de bandes sera d‟autant plus important que la concentration x en Germanium dans
le substrat soit forte, voir figure (2.35).
58
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
[ ]
{ ( )
[ ]
[ ]
( ) [ ] ( )
( ) [ ] ( )
{ [ ]
Dans ce cas, l‟offset (ΓECs) sur la bande de conduction étant négligeable, on obtient un
décalage énergétique uniquement sur la bande de valence.
Le décalage énergétique de bande dans le cas de d‟un empilement SiGe/Si, en fonction de la
concentration en Germanium est donné par les expressions suivantes :
[ ] ( )
[ ] ( )
{ [ ]
Comme nous venons de le voir, il est possible grâce au procédé "Ingénierie de substrat",
d‟exercer une contrainte en tension bi-axiale sur le canal de conduction. Cette approche
59
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
présente un intérêt important pour améliorer à la fois la mobilité des électrons et des trous
des transistors, notamment ceux de type n. Le model traitant ce paramètre de transport
électronique en fonction de la fraction molaire x en Germanium est donné par les relations
(II.9) et (II.10). La mobilité des électrons µn est donnée par l‟expression suivante [Jin10] :
( ) ( ) ( ) ( )
{
( ) ( ) ( ) ( )
( ) (II.10)
Les grandeurs µn0 et µp0 seront analysées par la suite dans le chapitre III.
( ( ) ) ( ) ( ( ( ) ( ) )) (II.11)
εSi, εGe sont les constantes diélectriques du Silicium et du germanium respectivement, avec
εSi= 11.9 et εGe=16 [Sze81]
4. CONCLUSION
La première partie de ce second chapitre est consacrée à l‟étude de l‟impact des contraintes
mécaniques en microélectronique, de leur évitement à leur utilisation dans l‟industrie des
semi-conducteurs. Dans un premier temps, nous avons donné quelques exemples de
contraintes mécaniques que l‟on rencontre dans les films minces déposés, en montrant leurs
effets néfastes, qui peuvent entrainer l‟endommagement des structures réalisées. Dans un
second temps, nous avons mis en évidence l‟intérêt de la maitrise des contraintes mécaniques.
En effet, de nombreuses approches technologiques sont exposées: méthodes des canaux
60
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
épitaxiés, et les techniques des contraintes induites par le procédé, qui sont considérées
comme des sources d‟amélioration du transport électronique dans le canal des dispositifs
fortement submicroniques.
Dans une deuxième étude, nous avons abordé l‟architecture du transistor nMOS à canal de
silicium contraint. Pour cela, nous sommes tout d'abord revenus en détails sur l'ensemble des
points théoriques et physique nécessaires à une bonne compréhension de la structure de
Silicium monocristallin. Ensuite, nous avons étendu notre étude au Silicium contraint en
tension bi-axiale qui constitue le centre de notre travail.
Enfin, dans la dernière partie, nous avons utilisé une approche simple des équations
modélisant la contrainte en tension bi-axiale dans le canal du transistor nMOS, afin
notamment de relier la valeur de la concentration en Germanium aux grandeurs physiques
telles que bande d‟énergie, la mobilité de porteurs, la constante diélectrique, etc.
61
Chapitre II Génération de contraintes dans les dispositifs MOS
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67
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
III.3. CONCLUSION
Références bibliographiques
68
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Chapitre III
CONTRAINTE MECANIQUE ET SES
CONSEQUENCES ELECTRIQUES
69
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
La simulation numérique, qui tente à reproduire, par le calcul, le fonctionnement interne d‟un
système réel, se présente alors comme une autre solution permettant globalement :
La réalisation d‟une étude par simulation numérique passe par trois grandes phases qui sont
généralement communes à de nombreux secteurs de la recherche (voir figure (1.1)) :
La modélisation
Au cours de cette première étape, on cherche à décrire d‟une manière simple et réaliste le
problème physique étudié, par exemple en termes d‟équations mathématiques aux dérivées
partielles (EDP) ;
70
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Problème
physique
• Exploitation
des resultats
Mise en
• Modelisation
Equations
Le travail présenté dans cette première section est basé sur un code de simulation numérique
SIBIDIF " Simulation Bidimensionnelle par Différences finies", précédemment développé par
S.LATRECHE [Latreche99] pour étudier le fonctionnement du transistor bipolaire à
hétérojonction dans le régime statique. Cette étude [Bensegueni16] est donc dédiée à
l‟adaptation de ce code pour la simulation physique des structures MOS à effet de champs. Il
s‟agit d‟adapter le code pour des transistors MOS conventionnels en premier lieu. En second
lieu, il faut développer un module supplémentaire qui traite les effets par induites des
contraintes mécaniques en tension bi-axiales.
71
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
discrétisation par la méthode des différences finies du système d‟équations aux dérivées
partielles obtenu. Il en suivra une description du concept de logiciel SIBIDIF.
Nous rencontrons dans la littérature une grande variété de modèles mathématiques différents,
permettant de décrire les phénomènes de transport électronique dans les composants à semi-
conducteurs. Ces modèles peuvent être classés en deux catégories : On a d‟une part les
modèles cinétiques, qui servent à décrire le mouvement des particules chargées à une échelle
microscopique [Markiwich90], on cite en exemple l'équation de Boltzmann; celle-ci a été
décrite par L. Boltzmann en 1872 pour modéliser la cinétique des gaz, d‟autre part les
modèles macroscopiques ou quasi-hydrodynamiques, qui assimilent l'ensemble des porteurs
de charges à un fluide. Parmi ces modèles macroscopiques, nous trouvons les systèmes
hydrodynamiques de type Euler-Poisson, les modèles de transport d‟énergie, et les systèmes
de dérive-diffusion. Une hiérarchie de ces modèles est présentée dans [jungle‟01],
[Markowich‟90]
De ce fait, pour concrétiser cette étude, nous devons considérer, le formalisme qui tient
compte des effets engendrés par la contrainte en tension bi-axiale décrits dans le chapitre
précédent.
A ce système de diffusion, il faut lui adjoindre, les conditions aux limites imposées aux
frontières du composant [Selberherr 84]. Les modèles physiques de mobilités, effets champs
et génération/recombinaison sont ainsi discutés en fonction de leur application à des
dispositifs MOS.
72
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Équation de Poisson
L'équation de Poisson relie le potentiel électrostatique φ à la densité de charge d‟espace
formée par les charges mobiles et fixes, incluant les électrons, les trous, et les impuretés
ionisées. Si on suppose celles – ci totalement ionisées, indépendantes de toute variable
électrique on aura :
⃗ [ ( ) ( ) ] (III.1)
( )
Avec
p (x,y) densité de trous
n (x,y) densité d‟électrons
εSi permittivité diélectrique du silicium
εsiGe permittivité diélectrique du SiGe
q la valeur absolue de la charge élémentaire de l‟électron
dop = ND(x, y)- NA(x, y) densité d‟impuretés ionisées
⃗( ) ⃗ ( )
Équations de continuité
Elles décrivent la manière dont évoluent les densités de charges électroniques (des électrons
ou bien des trous) suite aux processus de transport, de génération, et de recombinaison des
porteurs :
73
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
(III. 2)
⃗ ⃗
(III.3)
⃗ ⃗
Dans les semi-conducteurs à gap indirects comme le silicium cristallin, les recombinaisons
sont, principalement, de type SRH et Auger.
Équations de transport
Elles lient les densités de courant d‟électrons et de trous aux pseudo_ potentiel de Fermi φn et
φp :
(III.4)
(III.5)
Avec
mobilité des électrons, des trous
Sachant que :
(III.6)
(III.7)
Avec
EFn, EFp pseudo - niveaux de Fermi des électrons, des trous. Ceux-ci sont
définis par :
( ) (III.8)
( ) (III.9)
Avec
γn , γp représentent l'influence de la statistique de Fermi-Dirac
n, p densités de porteurs libres des électrons et des trous
NC, NV densités d'états effectives des électrons et des trous
74
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
( ) (III.10)
Les expressions pour les densités de porteurs libres des électrons et des trous en termes de
densité d'états effectives sont données par les relations suivantes :
(III.11)
(III.12)
Les densités d'états effectives pour les électrons et les trous sont donnée par:
⁄ (III.13)
( )
⁄ (III.14)
( )
Avec
masse effective d'électron
masse effective des trous dans la bande de valence
h constante de Planck.
75
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Notamment, les densités d‟état effectives dans le cas du SiGe, noté NcSiGe, NvSiGe, sont définit
selon Silvaco [Silvaco96]:
( ( )) (III.15)
( ( )) (III.16)
Avec
Fraction molaire en germanium
En multipliant les deux expressions des densités d'électrons (III.11) et de trous (III.12), on
obtient la loi d'action de masse:
(III.17)
(III.18)
√ ( )
Avec
gap d'énergie entre les bandes de conduction et de valence
Le produit (NC.NV) influe directement sur la concentration intrinsèque des porteurs. Il dépend
principalement de la température et de la contrainte mécanique (taux de germanium dans le
matériau SiGe) [Banerjee07]. Notons qu‟une réduction de ce produit d‟un facteur de 0,4 par
rapport au Silicium en cas d‟un pourcentage de Germanium égale 20%, a déjà été démontrée
par J.Prinz [prinz89] ainsi que par J.W. Slotboom [Slotboom93]. En outre, les travaux de
Q.Z.Liu [Liu 83] prouvent d‟une manière générale que le rapport du produit (NC.NV) des
densités effectives d'états du SiGe et du Si est généralement inférieur à 1 :
( ) (III.19)
( )
D‟après les équations (4) (5) (6) et (7), les équations de transport peuvent se mettre alors sous
la forme suivante :
(III.20)
(III.21)
76
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
En substituant les expressions des densités de courant dans les équations de continuité, on
aboutit au système de diffusion de trois équations suivant :
⃗ [ ( ) ( ) ]
( )
( ( ) ( )) (III.22)
{ ( ( ) ( ))
Dans le cas du régime permanant sont nuls que nous considérons dans ce travail;
on obtient alors :
⃗ [ ( ) ( ) ]
( )
( ( ) ( )) (III.23)
( ( ) ( ))
{
Avec
Constantes de diffusion des électrons, des trous
⃗ (III.24)
⃗( ) ⃗ ( ) (III.25)
Avec
permittivité diélectrique de l‟oxyde
77
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
( ) ( ) (III.26)
(III.27)
( ) ( )
Avec
(III.28)
(III.29)
Avec
Taux de génération surfacique
Composantes en y de ⃗ ⃗
(III.30)
{
Ou
(III.31)
{ [ ]
78
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Avec
{ (III.32)
Où
( ) (III.33)
{
(III.34)
Avec
décalage au niveau de la bande de conduction, à l'interface Si /SiGe
79
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
{ (III.35)
( )
Sur le contact de la source nous appliquons une tension nulle VS. Nous aurons alors les
conditions aux limites suivantes :
{ (III.36)
( )
Alors que le contact de la grille pris sur l‟oxyde est traité comme un contact Schottky. les
conditions aux limites sur la grille sont alors:
(III.37)
Avec
polarisation extérieure appliquée
b- Autres frontières
Sur le reste de la frontière, les conditions sont supposée telles que les dérivées normales à ces
frontières soient nulles. Pour le potentiel et les quasi-potentiels de Fermi, on aura les
conditions aux limites suivantes:
80
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
{
(III.38)
Avec
composante normale
( ) (III.39)
( ) ( ) ]
[
Avec
équivaut à la concentration totale en impuretés dans le semi-
conducteur.
Chaque variable dans l‟expression ci-dessus dépend du type de porteur (électron ou trou).
Leurs valeurs numériques sont précisées dans le tableau 3.1.
81
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
⁄
( )
( ) ( ) ( ( ) ) (III.40)
Avec cependant
( ) ( ) ( )
(III.41)
Où :
vitesse de saturation des porteurs
( ) calculé à partir du modèle analytique (Equat13)
champ électrique perpendiculaire au vecteur densité de courant créé par
la tension de grille
champ électrique parallèle au vecteur densité de courant créé par la
tension du drain
valeur de référence
82
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
( )( ) ( )
{ ( )( ) ( )
(III.42)
[ ]
Et
( ) [ ] (III.43)
Avec:
µn0 mobilité des électrons : calculé à partir du modèle analytique (Equation III.39)
µp0 mobilité des trous : calculé à partir du modèle analytique (Equation III.39)
.
1.2.3. Modèles de Génération-Recombinaison
Les expressions (III.2) et (III.3) des équations de continuité introduisent deux termes et
qui décrivent le phénomène de génération (recombinaison) de paires électrons – trous dans un
matériau semi- conducteur. On se limitera ici au cas d‟une génération - recombinaison de type
(Schockley-Read- Hall) SHR. Ce type de mécanisme introduit la notion de pièges (ou centres
de recombinaison) avec des niveaux discrets d‟énergie Et localisés dans la bande interdite.
Dans la mesure où les processus de génération et de recombinaison s‟effectuent par paires,
ces taux sont communs aux électrons et aux trous. Considérant qu‟un électron a une durée de
vie dans la bande de conduction, et qu‟un trou a une durée de vie dans la bande de
valence, le taux de génération recombinaison par unité de volume via un centre de
concentration Nt localisé au niveau Et dans le gap est donné par :
( ̅ ) ( ̅ ) (III.44)
Où :
̅ ( )
(III. 45)
̅ ( )
(III.46)
Les paramètres ̅ ou ̅ dépendent de la position du niveau d‟énergie dans la bande interdite.
On se place sous les hypothèses suivantes :
Le niveau d‟énergie Et est au milieu de la bande interdite de sorte que .
Cette hypothèse impose alors la simplification suivante :
( ) ( ) (III.47)
83
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
(III.48)
En pratique, les durées de vie des porteurs dans le silicium sont très variables selon la
concentration de dopage qui introduit des défauts cristallins supplémentaires (dislocations..).
La dépendance des temps de vie en fonction du niveau de dopage N(x, y) est modélisée par
les expressions empiriques [Silvaco96] données par la relation (III.49). Les paramètres
associés sont résumés dans le tableau 3.3
( ) ( )
( ) ( ) (III.49)
TABLEAU 3.3 Valeur des paramètres entrant dans le calcul des durées de vie des électrons et des trous [30-
chap2 maya].
Paramètres Unite Electrons Trous
τ0 s 3. 10-5 10-5
NSRH cm-3 1017 1017
Un certain nombre de schémas numériques ont été développés pour approcher les
solutions d‟équations de Van Roosbroeck (III.1) – (III.3). Historiquement, la première
discrétisation du modèle de dérive - diffusion par la méthode des différences finies a été
proposée en 1964 par H. Gummel [Gummel‟64] et améliorée quelques années plus tard par D.
Scharfetter et H. Gummel [Scharfetter 69]. Le schéma de Scharfetter-Gummel a ensuite été
étendu au problème bidimensionnel sur la base d'un maillage rectangulaire [Wang74],
[Barson76], [Sze83]. Nous mentionnons par ailleurs des discrétisations de type éléments finis
proposée dans F. Brezzi, L. D. Marini et P. Pietra [Brezzi87], [Brezzi 89] dont le principal
avantage réside dans la possibilité de traitement de géométries non planes et le choix des
éléments (rectangulaires, triangulaires) de raffinements de maillage. Plus récemment, des
méthodes de volumes finis ont été proposées C. Chainais-Hillairet et Y. J. Peng [Hillairet03]
et [Hillairet04].
Dans cette section, nous considérons une méthode de résolution numérique du système
d‟équations de drive-diffusion, basée sur le concept de discrétisation en espace de type
différence finies. Cette approche met en œuvre trois phases essentielles: la première consiste
en la discrétisation du domaine de calcul (la géométrie du dispositif) en un nombre fini de
points. La seconde phase concerne les schémas de discrétisation (normalisation et
discrétisation des équations constitutives). Enfin, la résolution du problème discret obtenu
84
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Figure. 3.4 Maillage différences finies typique de la discrétisation d'un transistor nMOS
(III.50)
Où
, pas en x, pas en y
85
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Dans notre travail, nous choisissons un pas non uniforme en x et en y, de façon à suivre les
fortes variations des grandeurs électriques (potentiel, concentration des électrons, champ
électrique), notamment au niveau de la jonction P-N du canal et des contacts de source/drain
et à l‟interface Si/SiO2.
Avec :
Les constantes de normalisation des principales variables telles qu'elles sont utilisées dans le
logiciel « SIBIDIF » sont résumés dans le Tableau 3.4 [Latreche98] [Heydmann76].
En prenant en compte cette stratégie de normalisation, le système d'équations (11) adopte une
nouvelle forme où les différentes quantités normalisées en majuscule (𝛟 pour le potentiel, N,
P, DOP pour les concentrations d‟électrons, trous et dopants, GR pour le taux de génération –
recombinaison, X et Y pour les distances), spécifient qu'elles sont sans dimension :
( ( ))
( ( ( ) ( )))
( ( ( ) ( )))
{ (III.51)
Il est commode d‟introduire la notation suivante :
( )
{
( ) (III.52)
Alors
{
(III.53)
86
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
( ( )) ( ) ( )
{ ( ( ) ( ))
( ( ) ( )) (III.54)
Potentiel V 0.0258
électrostatique
Concentration n, p, ND , NA cm-3 ni 1.45E10
Densité de courant C. s-1. cm-2 1.82 E-8
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Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
( ) ( )
( ) ( )
{ ( )
( ) (III.56)
{ ( ) ( )
( ) ( )
Où
( ) ( ), ( ) Symbolisent la forme linéaire de chacune des équations précédentes.
Toute fois ces équations n‟introduisent en chaque nœud k qu‟une relation entre 5 points du
maillage du type :
(III.57)
Ceci conduit alors à écrire chacune des équations linéaires précédentes sous la forme
matricielle:
[ ][ ] [ ] (III.58)
Avec
matrice contenant les coefficients G, B, D, H et C
vecteur inconnu à calculer ( )
vecteur contenant le second membre des équations
Pour résoudre le système linéaire (III.58), nous employons une méthode itérative dite de
« Gauss-Seidel ».
88
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
(III.59)
1- Solution initiale
Au départ, nous choisissons un ensemble de valeurs initiales Xk (0) pour les trois variables.
Pour cela, il est préférable d‟approcher les quasi-potentiels de Fermi des électrons et des trous,
en notant que pour les porteurs majoritaires d'une région, ils sont pratiquement constants et
que pour les minoritaires leur variation est monotone [Heydmann76], ce qui s'exprime de la
façon suivante :
| ( )
| ( )
La constante de ces équations sera simplement la valeur du pseudo - niveau de Fermi prise au
contact métallique de la zone correspondante. Une fois obtenues et le potentiel
électrostatique 𝛟(0) est calculé par résolution de l'équation de Poisson ( ( ) ). Enfin
les densités de porteurs libres (N(0) et P(0)) sont estimés à partir de ( ) et
2- Solution finale
Lors d'une itération, le maillage est parcouru par lignes successives. Pour chaque point k,
nous procédons comme suit:
a- Fixer le nombre maximal d‟itérations et la tolérance ε.
b- Récupérer les résultats de la solution initiale ( ) N(0) et P(0) pour déclencher le
processus itératif de la résolution finale
c- Evaluer Mn, Mp (mobilités des électrons et de trous) et G (taux de génération –
recombinaison) à partir de ( ) N(0) et P(0)
()
d- Evaluer avec la méthode Gauss-Seidel :
() ( ) ( ) ( ) ( ) (III.60)
* ( )+
avec i= 1, 2,…n+1
89
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
e- Tester la convergence.
( ) ( ) ()
f- Conserver L‟itération précédente dans : reçoit ,
g- Retour à l‟étape b
Il est à noter que la convergence de la solution finale est fortement tributaire de la qualité de
la de la solution initiale.
3- Conditions d’arrêt
La méthode itérative de Gauss- Seidel nécessite un nombre infini d‟itérations pour converger
vers la solution cherchée. Ainsi, pour rendre cette méthode opérationnelle, il convient
d‟introduire un critère d‟arrêt pour le procédé itératif.
On détermine les conditions d‟arrêts suivantes :
Nombre maximale d‟itérations
Test de convergence : la méthode de Gauss-Seidel converge si l‟erreur devient
suffisamment petite. On choisira une combinaison entre erreur absolue (eq.III.61) pour le
potentiel électrostatique et erreur relative (eq.III.62) pour les densités de porteurs libres
(électrons – trous). Ce qui conduira à stopper les itérations lorsque les conditions
suivantes sont satisfaites :
Erreur absolue :
|
( ) ( )
| (III.61)
Erreur relative :
( ) ( ) (III.62)
| ( )
|
Si les erreurs relatives (absolues) entre deux valeurs successives dépassent une certaine
tolérance fixée d'avance, on reprend le calcul en suivant les trois étapes précédentes voir
Figure (3.4).
90
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Début
Electrons ( ( ) ( ))
Trous ( ( ) ( ))
( ) ( ) ( )
( ) ( ) ( )
⃗ [ ( ) ( ) ]
( )
( ) ( ) ( )
Oui
Forme graphique
Fichiers
Fin
91
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Ce logiciel assure une simulation physique des caractéristiques électriques des composants
semi-conducteurs (MOS, TBH) dans un fonctionnement en régime continu. De plus, il fournit
des informations sur la distribution des variables physiques internes, telles que le potentiel
électrostatique, les concentrations des porteurs de charge, le champ électrique, etc. Ceci est
réalisé en résolvant numériquement et suivant la méthode des différences finies des équations
de dérive diffusion à chaque nœud d‟un maillage, défini par l‟utilisateur.
Le logiciel SIBIDIF regroupe 4 modules qui aboutissent à la modélisation de la structure
considérée. La démarche de simulation de chaque module est indiquée sur la Figure (3.5).
Dans ces modules:
92
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Dans cette deuxième section de ce chapitre, nous présentons des simulations conduites sur des
transistors n LDD-MOS à effet de champs de taille submicronique (nLDD-MOSFETs:
MOSFETs de type N légèrement dopés du côté drain). Nous considérons deux séries de
dispositifs: une avec un canal standard à base de Si, une autre, de même géométrie, mais à
canal contraint, (contrainte bi-axiale en tension équivalente à celle d‟une couche de Si
épitaxiée sur un pseudo-substrat de SixGe1-x, dont la fraction molaire en germanium, x, varie
de 0 à 30%). Les performances des deux structures, seront comparées ultérieurement à l‟aide
du code de calcul numérique présenté dans la section précédente.
Ainsi, la structure des dispositifs n MOS simulés est illustrée sur la Figure 3.6.
(a) (b)
Figure. 3.6 Vue schématique des transistors n MOS étudiés où les principaux paramètres
électriques et structurels sont définis : a) transistor MOS non contraint, b) transistor MOS
contraint
La longueur du canal Lg des transistors étudiés est de 130 nm avec une épaisseur de l‟oxyde
de grille SiO2 de 3nm. Le canal est dopé à 1.1017 cm-3. La concentration des caissons
93
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Notons que les principaux paramètres électriques et structurels pour la simulation des
dispositifs nMOS contraints sont choisis parmi ceux rapportés dans un travail expérimental
[Rim00] sont listés dans le Tableau 3.5.
TABLEAU 3.5 Paramètres considérés pour la simulation des dispositifs n MOSFET [Rim00]
Paramètre Valeur
Epaisseur de l‟oxyde, (Tox) (nm) 3
Longueur de la grille Lg (nm) 130
Epaisseur du canal TSi(nm) 13
Dopage du canal (cm-3) 1e 17
Dopage Source/drain (cm-3) 1e 20
Dopage LDD (cm-3) 5e19
Dopage Substrat région p (cm-3) 1e 16
Dopage Substrat région p1 (cm-3) 2e 16
Dopage Substrat région p2 (cm-3) 1e18
Polarisation Grille, VG(V) 0.01- 2
Polarisation Drain, VD(V) 0.01- 2
Température (K) 300
Fraction molaire x en Ge de la couche SiGe 0- 30%
La figure 3.7 compare les caractéristiques électriques ID (VD) dans les dispositifs nMOS à
canal contraint (pour une tension de grille Vg=1.5V) issus de la simulation de notre code
(SIBIDIF) et d‟un code de simulation commercial (Sentaurus ISE-TCAD). En effet, on
observe que les deux courbes présentent la même allure. La concordance entre les deux codes
de simulation permet de valider notre code de simulation pour les dispositifs nMOS.
94
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Figure. 3.7 Caractéristiques électriques ID(VD) issue de notre code de simulation SIBIDIF et
d’un code commercial SUNTAURUS (ISE-TCAD) des transistors MOS, les principales données
des structures sont : Lg=130nm, Tox=3nm, Ts=13nm, T=300K.
95
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Nous présentons sur la figure (3.9), l'évolution au cours des itérations de l'erreur absolue
commise sur le calcul du potentiel électrostatique, pour les polarités Vg= 1 V et Vd = 0.5 V.
Le critère de la convergence absolue Δ𝛟 a été fixé de 10-10.
96
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
On observe les deux plots de source et de drain où la valeur est celle de l‟équilibre
thermodynamique. On note également la présence des profils LDD (ou Lightly Doped Drain
de même type que le drain), autour des diffusions de drain et de la source. Ces extensions
faiblement dopées permettent une meilleure répartition des zones de déplétion. En effet, la
zone de charge d‟espace (ZCE) pourra alors s‟étendre dans les régions de contact les moins
dopées et plus exclusivement dans le canal. On observe aussi les paliers correspondants aux
jonctions où la densité d‟électrons varie très rapidement.
L‟évolution au cours des itérations de l'erreur relative commise sur le calcul des densités des
électrons et des trous est représenté sur la figure (3.12), pour les polarités Vg=1V et
Vd=0.5V. Les critères de la convergence relative ΓN/N et ΓP/P ont été fixés de 10-9.
97
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Figure. 3.12 Evolution de l’erreur relative des électrons et des trous en fonction du
nombre d’itérations pour un n MOS à canal de Si standard
On montre sur les Figures (3.13) et (3.13), les évolutions en deux dimensions des deux
composantes Ex et Ey du champ électrique le long du canal de conduction. On observe en
effet que le champ électrique longitudinal Ex est de valeur relativement faible, dans la portion
du canal reliée à la source. Par contre, le champ électrique transverse Ey atteint alors des
valeurs élevées. On remarque enfin que dans la région drain-canal règnent des champs
intenses.
98
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Dans le premier cas, le potentiel de la grille est supérieur au potentiel du drain, et varie de
0.8V jusqu‟à 2V, la tension VD est de 0.02V. Les contacts de la source et de substrat sont
toujours à la masse.
On observe sur la (Figure 3.15-c) que, l‟accroissement de la tension de grille n‟a pas d‟effet
important sur la composante longitudinale de champ électrique, en revanche il cause une
augmentation significative du niveau de la composante transversal de celui-ci de quelques
(Méga volt/cm), notamment dans la région centrale du canal (Figure 3.15-d). Cela se traduit
par une variation de la quantité d‟électrons, au milieu du canal et une réduction de leur
mobilité (Figure 3.15-a). En effet, en augmentant la tension de grille, il est possible
d‟observer un effet plus marqué d‟accumulation des électrons à l‟interface Si/SiO2 formant
ainsi une couche d‟inversion suffisamment conductrice (Figure 3.15-b).
99
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
La figure (3.16) montre également l‟influence des polarisations de la grille et du drain sur les
évolutions des mêmes grandeurs physiques précédentes en fonction de la position x, le long
de l‟interface canal- oxyde de grille dans les dispositifs MOS contraint. Dans ce cas nous
considérons une tension de drain variable allant de 0.5V jusqu‟à 2V, et une tension de grille
constante de 1.5V.
Nous observons tout d‟abord la forte force de dérive du côté de l'électrode du drain. De
même, on notera que pour des tensions de drain élevées (supérieures à la tension de la grille)
100
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
le champ électrique transversal, capable d‟attirer les électrons en surface pour former un canal
conducteur près de la source, s‟inverse en un point du canal et ne peut maintenir en surface
une zone inversé. De ce fait, la densité d‟électrons présente une allure identique à celle de la
figure (3.16-b) près de la source, tandis qu‟au voisinage du drain les électrons sont repoussés
de la grille (figure (3.16-c)), par conséquent leur mobilité augmente dans cette zone (figure
(3.16-a)).
101
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
L‟étude suivante a pour but d‟estimer l‟influence de la contrainte mécanique en tension bi-
axiale (variation du pourcentage en germanium, x, dans le pseudo- substrat Si1-xGex) sur les
propriétés électriques de transport dans le canal de conduction, notamment sur les
caractéristiques électriques statiques I(V) du composant MOS et sur la mobilité de porteurs de
charges.
Figure. 3.17 Influence d’une contrainte bi- Figure. 3.18 Variation de la mobilité des
axiale sur la mobilité, variation de mobilité électrons et des trous dans une couche
en fonction de la proportion de Ge dans le d’inversion sous contraintes bi-axiales,
substrat virtuel.
Plusieurs observations sont à noter sur la variation de la mobilité des électrons des nMOSFET
en fonction de contraintes en tension bi-axiales:
i) Les résultats obtenus dans le cas du nMOS affichent une augmentation de la mobilité des
électrons pour tous les cas de contraintes. On distingue bien que, plus la concentration en
germanium dans le matériau Si1-xGex est grande plus la mobilité des électrons dans le
canal de conduction est importante, pour toutes les tensions de grille [Bensegueni16].
102
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
103
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
(a) (b)
Figure. 3.20 Caractéristiques électriques des MOSFET contraint et des dispositifs à canal de
standard simulés pour une concentration en Germanium x=20%, a) I D(VDS) à VGS variable, b)
ID(VGS) à VDS variable
La figure 3.21 compare les courbes de courant ID (VDS) de dispositif nMOS à canal contraint
et de dispositif non contraint où différentes proportions de Ge sont appliquées dans le
pseudo- substrat Si1-xGex, x varie de 10% jusqu‟à 30%.
104
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Figure. 3.21 Caractéristiques électriques ID(VDS) à VGS =1V des MOSFET contraints et
conventionnels simulés pour différentes proportions en germanium, x varie de 10% à 30%,
Ainsi, nous pouvons distinguer un accroissement important du courant de drain Ion lorsqu‟on
augmente le taux de germanium [Bensegueni16]. L‟évolution de la différence entre les
courbes semble être fortement dépendante de la concentration en germanium et donc de
l‟évolution de la mobilité et de la masse effective.
Les résultats de simulations de la structure MOS étudiée sont en bon accord avec ceux
présentées par d'autres auteurs dans la littérature [Sarah03] et [Olsen 09], tant du point de vue
du comportement électrique général que des ordres de grandeur trouvés.
3. CONCLUSION
Le chapitre III est dédié à la simulation numérique de dispositifs NMOS à effet de champ de
taille submicronique. Deux séries de dispositifs ont été considérées: l‟une avec un canal
standard à base de Si, une autre, à canal contraint en tension bi-axiale.
Nous avons élaboré durant cette thèse, un code de simulation bidimensionnelle dédié au
calcul des propriétés de transport électronique dans la couche d‟inversion. Nous avons Ainsi
pu présenter les différents outils nécessaires à la modélisation du transport électrique,
notamment le formalisme de dérive diffusion et le concept de mobilité. Les modèles proposés
dans ce chapitre intègrent systématiquement les effets de contraintes mécaniques dans le but
d‟évaluer leur aptitude à augmenter les performances des composants MOS.
Dans un premier temps, les résultats de la simulation issus de notre code « SIBIDIF » sont
comparés à ceux obtenus d‟un logiciel commercial " Suntaurus (ISE-TCAD)". La
105
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
Dans un deuxième temps, les simulations de transport bidimensionnelles dans des dispositifs
MOS conventionnels, nous ont permis de déterminer avec précision les quantités physiques
(champ électrique, densités de porteurs de charge, mobilité, potentiel) qui permettrons la
compréhension des phénomènes mis en jeu. Ensuite, l‟influence des conditions de
polarisation sur la distribution de ces mêmes quantités physiques le long de l‟interface oxyde
de grille - canal de conduction a été évaluée afin de fournir des résultats sur les différents
régimes de fonctionnement du composant.
Enfin, le code de simulation numérique a été adapté à la simulation des dispositifs MOS à
canal contraint en tension bi-axiale (prise en compte des effets de la contrainte mécanique sur
les propriétés intrinsèque du Si, à savoir, sur la bande de gap, la mobilité, .. etc.). Les
performances des composants MOS à canal contraint ont ainsi pu être évaluées et comparées
à celle obtenues sur Si, en termes de mobilité et de courant de drain. Deux principaux résultats
ont pu être dégagés par cette étude :
1) Les films de Si contraint, qui possèdent de faibles masses effectives, sont sujets à une
forte mobilité. Les résultats obtenus ont révélés des variations importantes de la mobilité
des électrons (et des trous) dans la couche d‟inversion pour toutes les contraintes en
tension appliquées. Ainsi, les simulations ont montré une augmentation de la mobilité
des électrons d‟un facteur de (190%) par rapport au Silicium en cas d‟un pourcentage de
Germanium égale 20%.
2) De plus, les performances statiques (courant-tension) sont fortement améliorées avec les
canaux de Si contraints en tension bi-axiales car ceux-ci peuvent fournir des courants de
drain Ion plus élevés grâce à leurs mobilités plus importantes. En revanche, une
diminution de la tension de seuil VT dans les dispositifs contraints a été observée.
Le chapitre III constitue donc une première comparaison des performances entre une structure
MOS " classique " de la microélectronique et une structure MOS à canal de Si contraint. Le
prochain chapitre propose alors une étude sur une structure avancée : le transistor MOS
contraint avec un diélectrique de grille à forte permittivité.
106
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
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109
Chapitre III Contrainte Mécanique et ses Conséquences Electriques
110
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
IV.4. CONCLUSION
Références bibliographiques
111
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Chapitre IV
OXYDES DE GRILLE HIGH-k ET
TRANSISTORS MOS A CANAUX
CONTRAINTS
Comme présenté au chapitre précédent, l’effet bénéfique de l’ingénierie de
substrat sur les dispositifs de type n MOSFET, a été clairement établi à travers
des résultats de simulations électriques. En particulier, nous avons pu voir
comment la contrainte en tension bi-axiale peut modifier les propriétés de
transport électrique dans le canal de conduction. La mobilité de porteurs de
charges est une de ces propriétés fortement touchée par les effets de la contrainte
mécanique. Dans ce chapitre, nous nous intéressons à d’autres nouveaux
matériaux. Ici, l’utilisation des oxydes à forte permittivité ou "high-k", en tant
que diélectriques de grilles des transistors MOS, afin notamment de limiter les
courants de fuite à travers les dispositifs, sera étudiée.
Dans un premier temps, nous commencerons par évoquer les limites de
l’oxyde de grille SiO2 avant de définir les critères auxquels doivent répondre les
oxydes à forte constante diélectrique pour être considérés comme candidats
potentiels au remplacement de la silice. Nous continuerons par l’étude du courant
tunnel sur des transistors nMOS intégrants des épaisseurs variables d'oxyde
high-k (le dioxyde d’Hafnium HfO2), puis comparée aux dispositifs de diélectrique
de grille classique (SiO2). Nous discuterons ensuite les problèmes posés par
l’introduction des oxydes à fortes permittivités, particulièrement en terme de
transport électrique (dégradation de la mobilité) dans le canal.
Enfin, nous terminerons ce chapitre en aborderant succinctement les
performances des structures nMOS bénéficiant à la fois de l’oxyde de grille high-k
et du canal de conduction contraint en tension bi-axiale.
112
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Cependant, l‟âge d‟or de l‟oxyde de grille SiO2 semble être arrivé à son terme. En
effet, continuer la miniaturisation des dimensions des composants électroniques, impose la
réduction des épaisseurs de silice jusqu'à des valeurs ultimes (< ~1 nm) (Figure 4.1), ce qui la
rend inemployable. Deux raisons en sont la cause:
113
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
- D'une part, pour des diélectriques très fin (d‟épaisseur typiquement inférieure à 3 nm),
les électrons peuvent traverser la barrière de potentiel de l‟oxyde par un mécanisme d‟effet
tunnel direct, même à faible champ électrique [Frank2001], [Song2001] dont la probabilité
croît exponentiellement avec la diminution d'épaisseur de l'oxyde [Ghibaudo2000]. Ainsi,
cette augmentation exponentielle du courant de grille pose un sérieux problème sur le contrôle
de la consommation globale des composants CMOS. De ce fait, si nous supposons que la
limite de courant tunnel acceptable est de 1A/cm2 pour un dispositif haute performance et de
10-3A/cm2 pour un dispositif à faible puissance, alors, les épaisseurs minimales tolérables de
silice sont respectivement 1,3 et 1,9nm pour chacune de ces dispositifs (voir Figure 4.2).
Figure. 4.3 Représentation de l’épaisseur a) théorique et b) pratique [Chau 04] minimale de SiO2
intégrable
114
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
La substitution de la silice SiO2 par un oxyde high-κ permet donc d'augmenter l'épaisseur
physique de la couche de diélectrique d'un facteur κ/3.9 tout en conservant, la capacité du
condensateur (voir figure 4.4).
Figure. 4.4 Schéma de principe de l’introduction d’un matériau high-κ dans un empilement de
grille
(IV.1)
115
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
réaliser sans obstacles à franchir, car il est impossible d‟obtenir avec le diélectrique high-κ
tous les avantages qu'avait le dioxyde de Silicium (SiO2). De ce fait, pour choisir un bon
candidat il faut rassembler plusieurs facteurs, parmi lesquels nous pouvons citer par exemple:
Ainsi, Pour garantir un comportement d‟isolant, il faut non seulement un matériau à large
bande interdite mais également un matériau dont les discontinuités de bande de conduction
(ΓEc) et de valence (ΓEV) aux interfaces soient suffisamment grandes pour empêcher le
transport des électrons par émission thermique ou par effet tunnel. Ces barrières doivent
typiquement être supérieures à 1 eV. Dans le cas du silicium, compte tenu du positionnement
non symétrique des bandes de conduction et de valence des matériaux high-k, alors, cette
condition impose en pratique que les oxydes concernés aient une largeur de bande interdite
supérieure à 5 eV (voir figure 4.6). Comme l‟énergie de gap est globalement inversement
116
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Figure. 4.6 Paramètre de maille de quelques oxydes high-k en fonction de leur gap Eg et de leur
constante diélectrique k. les zones hachurées correspondent aux bandes interdites inferieures à
4eV ou 5eV [Clément 05]
(IV.2)
117
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
TABLEAU 4.1 Principales forces et faiblesses des différents diélectriques high-k candidat potentiels
et EOTmin reportées dans la littérature [Weber05]
118
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Parmi les différents candidats potentiels, notre choix s‟est porté sur l‟oxyde d‟Hafnium HfO2.
Comme décrit précédemment, l‟intérêt de ce matériau provient d‟une bonne compatibilité et
d‟une bonne stabilité thermodynamique vis-à-vis du Silicium [Spinelli 98], [Pacelli 99]. Les
caractéristiques de HfO2 comme oxyde de grille ont été données ci-dessus (Tableau IV.1).
Cette partie s‟appuie sur une étude complète de la conduction électrique dans un transistor
nMOS intégrant un oxyde de grille high-k en HfO2.
2.1.1. Principe
Pour les simulations électriques des dispositifs MOS étudiés(conventionnels et à matériaux
innovants) en 2D, nous avons utilisé le logiciel ATLAS (SILVACO-TCAD). Cet outil
standard, qui est, d‟une très grande qualité, permet de traiter un grand nombre de simulations
tout en faisant varier des paramètres physiques et électriques (dopage, dimensions,
polarisation etc.).
Dans ATLAS, nous avons utilisé la modélisation de type dérive–diffusion pour le transport
des porteurs. Afin de faciliter notre étude orientée sur la simulation de caractéristiques
électriques statiques, nous nous sommes concentrés sur le mécanisme de génération-
recombinaison de porteurs de Shockley–Read–Hall (SRH). Nous avons également activé les
modèles standards prenant en compte l‟effet tunnel, la mobilité, champ électrique, la largeur
de bande dans le silicium, etc., permettent d‟obtenir des résultats réalistes. (Ces modèles
seront détaillés en annexe II).
119
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Figure. 4.7 Structure nMOS à empilement de grille en Figure. 4.8 Illustration du maillage sur la
HfO2 simulée sous ATLAS région de l’oxyde de grille
Les paramètres considérés pour la simulation des dispositifs n MOSFET sont consignés dans
le tableau suivant (Tableau 4.2) [Atlas]:
Comme nous l'avons déjà évoqué dans le premier chapitre de ce manuscrit, l'intégration de
matériaux de forte permittivité comme isolant de grille des transistors nMOS n'est pas
envisageable sans avoir recours à des grilles constituées d'un matériau métallique. Ainsi,
l'étude de la conduction électrique dans un transistor HfO2/grille métallique passe
nécessairement par l'étude préalable de l'impact d'une grille métallique sur les caractéristiques
120
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
électriques, notamment sur la variation des paramètres électriques tel que la tension de seuil,
le courant de drain à l‟état passant IONet le courant de drain à l‟état bloqué IOFF. Cette étude
constitue l'objet de cette partie du chapitre.
Sur la Figure 4.9, nous présentons les courbes de transfert ID(VG) du transistor nMOS à
empilement de grille high-k simulée en fonction du travail de sortie ΦM du métal de grille;
ΦM correspond à la hauteur de barrière de potentiel entre la grille métallique et le diélectrique
(ΦM varie de 4.1 à 4.8 eV). Les paramètres de simulations utilisés donnent une bonne
approximation du courant de drain en fonction de la tension de grille pour l‟ensemble des
matériaux de grille utilisés. On notera notamment sur la Figure 4.10 que la tension de seuil Vt
dépend directement du travail de sortie ΦM du métal de grille utilisé. La grille métallique
permet alors d‟ajuster la tension de seuil via le travail de sortie ΦM.
Figure. 4.9 Caractéristiques de transfert ID(VG) Figure. 4.10 Variation de la tension de seuil
obtenues pour différents travaux de sorties de métal en fonction du travail de sortie du métal de
utilisés dans un empilement de grille en HfO2. grille utilisé
VDS=0.1V
Comme l‟ont montré d‟autres travaux, il est possible d‟ajuster dans une large gamme (suivant
les applications visées) la tension de seuil des nMOS et pMOS via le travail de sortie du métal
de grille utilisé (Figure 4.11). Par exemple, pour une technologie CMOS, on cherchera
d‟intégrer une grille unique pour les deux types de transistors (nMOS et pMOS). Dans ce cas,
il sera nécessaire de choisir un métal ayant un travail de sortie ΦM autour du milieu du gap du
silicium « mid-gap » (TiN, W ou CoSi2, soit environ 4,6 - 4,7 eV) [VANDOO 06], afin
d‟avoir un comportement symétrique.
121
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Figure. 4.11 Tensions de seuil de nFET et Figure. 4.12 Représentation des travaux de sortie
pFET FDSOI obtenues pour différents de sortie de différents métaux pouvant être utilisés en
empilements de grille en gate first tant qu’électrode de grille pour un nMOS et/ou un
[Faynot10] pMOS [Skotnicki08]
Les Figure 4.13 et Figure 4.14 illustrent respectivement les caractéristiques électriques
ID(VG) sous seuil et les caractéristiques de sorties ID (VD) obtenues pour différents travaux de
sorties de grille métalliques. On note que l‟augmentation du travail de sortie a entrainé au
niveau transistor, l‟augmentation de la pente sous seuil S qui conduit à la réduction du
courant de fuite IOFF. On observe également que l‟une des particularités de l‟accroissement du
travail de sortie est d‟abaisser le courant ION des nMOS. En revanche, on note une
augmentation du rapport Ion/Ioff (Figure 4.15).
122
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Figure. 4.15 Variation du rapport ION/IOFF en fonction du travail de sortie du métal de grille utilisé
123
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
D‟après la Figure 4.17, on remarque que la densité de courant J G croit avec la réduction de
l‟épaisseur d‟oxyde TOX et avec l‟augmentation du potentiel de grille. En effet, lorsque le
substrat du nMOS est en faible inversion (0 < V GS < VT), le canal d‟inversion n‟est pas
encore formé mais un courant devient mesurable pour les oxydes d‟épaisseur inferieures a 3
nm. En régime de forte inversion (VG > VT), JG est engendré par le transfert des électrons de
la bande de conduction du substrat vers la bande de conduction de la grille.
Toutefois, lorsque le transistor NMOS est en régime d‟accumulation (VGS < 0), on a montré
que la densité de courant JG est due au passage des électrons de la bande de conduction de la
grille vers la bande de conduction du substrat [PET 06] (Voir figure 4.18).
124
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Figure. 4.18 Evolution de la densité des courants de fuite JG en fonction de l'épaisseur d'oxyde
pour la tension de grille en régime d'accumulation (transistor NMOS) [PET 06]
.
Figure. 4.19 Densité de courant de fuite JG en fonction de l’EOT à travers l’empilement de grille
MOS en HfO2 comparé à la référence SiO2/Si
125
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Nous considérons à présent des transistors nMOS à empilement de grille en HfO2 avec une
couche SiO2 interfaciale. La figure 4.20 compare la structure de référence (une seule couche
de SiO2 avec TSiO2 = EOT=1.2nm) à des transistors MOS à deux couches SiO2-HfO2 (avec
TSiO2 =0.8nm, EOT varie de 1à 1.4nm) en terme de courant de fuite de type tunnel.
Figure. 4.20 Densité de courant de fuite JG en fonction de la tension de grille à travers l’empilement
de grille MOS en HfO2 avec une couche interfaciale, IL=0.8nm comparé à la référence SiO2/Si
Les courbes de la figure 4.20 montrent que le dispositif à base de HfO2 avec une couche
interfaciale permet d‟améliorer le courant tunnel par rapport à la structure de référence
(SiO2/Si). Nous pouvons également noter de cette figure que le courant de fuite dans les
dispositifs à deux couches est très sensible à la variation de l‟EOT. Ce résultat est cohérent
avec [Garros 04] qui a observé que le niveau de la densité de courant de tunnel mesuré
expérimentalement à travers l‟empilement de grille bicouche HfO2/SiO2 est réduit
considérablement quand l‟EOT augmente.
126
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Ensuite, nous observons sur les Figure 4.19 et Figure 4.20 que la réduction de la densité du
courant de grille est plus importante dans le dispositif à une couche de diélectrique HfO2 que
dans celui à deux couches, car pour une faible augmentation de l‟EOT, l‟épaisseur physique
de la couche high-k doit être plus fortement augmentée, ce qui réduit drastiquement le courant
tunnel.
Figure. 4.22 Évolution de la mobilité des électrons en fonction du champ électrique à travers
l’empilement de grille MOS en HfO2, comparée à la structure SiO2/Si
127
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
La dégradation de la mobilité sur les dispositifs MOS avec un diélectrique HfO2/Si (74%) par
rapport à la mobilité universelle SiO2/Si est en accord avec les précédents résultats publiés
avec cet empilement [Weber05].
Figure. 4.23 Compromis entre la mobilité des électrons et l’épaisseur de la couche interfaciale
[Weber05].
128
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Dans les paragraphes précédents de ce manuscrit, nous avons présenté des structures nMOS
avec de nouveaux matériaux et analysé le transport des porteurs. Le paragraphe développé ici,
est en quelque sorte une application où toutes les notions abordées jusqu‟ici ont pu être
utilisées.
En effet, cette dernière partie s‟intéresse à la Co-intégration d‟un canal de silicium contraint
en tension bi-axiale (s-Si) en même temps avec un diélectrique de grille de forte permittivité
en HfO2 dans l‟architecture nMOS. L‟objectif étant de présenter les caractéristiques
électriques de transport de charge dans le canal de conduction qui sont le reflet des propriétés
et de la qualité des matériaux. Le Si contraint en tension bi-axiale étant assez bien connu,
nous nous focaliserons particulièrement sur les propriétés électriques de l‟empilement
Métal/HfO2/s-Si cap/SiGe.
Les structures simulées dans cette étude sont des transistors nMOS à empilement de grille
High-k en HfO2 associant des canaux de canal de Si contraint en tension bi-axiale, avec un
taux de germanium de 20% dans le pseudo substrat SiGe. Les dispositifs sont constitués des
grilles de 100nm de longueur, des oxydes de grilles de 1.5nm, et des canaux de conduction
d‟épaisseurs allant de 3 à 13nm. De plus, pour ce type de transistors, une grille métallique de
type "mid-gap" (ΦM=4.6eV) a été implémentée pour les simulations. La structure des
transistors simulés sous Atlas est présentée sur la Figure 4.25.
Figure. 4.25 Structure d’un transistor nMOS à empilement de grille en HfO2 associant un
canal de Si contraint simulée sous ATLAS
129
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Les paramètres considérés pour la simulation des dispositifs n MOSFET sont notés dans le
tableau suivant (Tableau 4.3) [Atlas]:
TABLEAU 4.3 Paramètres considérés pour la simulation des dispositifs n MOSFET à empilement de
grille high-k associant un canal de Si contraint
Paramètre Signification Valeur
EOT (nm) Epaisseur de l‟oxyde équivalente 1.5
Lg (nm) Longueur de la grille 100
Ts-Si (nm) Epaisseur du canal de Si contraint 3-13
Xj (nm) Profondeurs de jonction (source /drain) 75
P2 (cm-3) Dopage du canal 1e 17
P1 (cm-3) Dopage substrat 1e16
N (cm-3) Dopage LDD 5e19
N+ (cm-3) Dopage Source/drain 1e 20
VGS (V) Polarisation Grille 0.03- 3
VDS (V) Polarisation Drain 0.03- 2
T (K) Température 300
X(%) Taux de Ge dans le pseudo substrat SiGe 20
Figure. 4.26 Évolution de la mobilité des électrons en fonction du champ électrique transversal
pour différents dispositifs ; nMOS contraint à empilement de grille en HfO2, nMOS
non contraint à empilement de grille en HfO2, et nMOS conventionnel (SiO2/Si)
130
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
On remarque que la mobilité des nMOS s-Si-HfO2 est fortement améliorée par rapport à la
mobilité des dispositifs conventionnels et à ceux à empilement hfO2/Si. Ce résultat confirme
qu‟une contrainte en tension bi-axiale est bénéfique pour le transport des électrons et qu‟une
architecture à canaux avec du Si contraint en tension pour des nMOS avec empilement de
grille TIN/High-k est nécessaire. [weber05]
Figure. 4.27 Caractéristiques électriques de sortie ID(VD) des différents dispositifs ; nMOS
contraint à empilement de grille en HfO2, nMOS contraint à empilement de grille en
HfO2, nMOS conventionnel (SiO2/Si) simulés sous ATLAS
131
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
Ainsi, nous obtenons grâce à l‟intégration du canal contraint une augmentation de (64%) du
courant de saturation Ion par rapport aux dispositifs à empilement HfO2/Si (Figure 2.28). Ce
qui souligne l‟efficacité de la structure et de la combinaison des deux matériaux, High-k et Si
contraint.
Figure. 4.29 Mobilité des électrons en fonction du champ effectif pour les transistors nMOS
TiN/HfO2/s-Si avec différentes épaisseurs de la cap s-Si, comparée à la mobilité du
dispositif standard SiO2/Si et la mobilité de la référence HfO2/Si.
132
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
4. CONCLUSION
Ce dernier chapitre s‟est focalisé sur la simulation bidimensionnelle des architectures nMOS à
base de matériaux à forte permittivité (high-k qui va souvent de pair avec la grille métallique)
dans le but d‟évaluer leur aptitude à remplacer le traditionnel oxyde de Silicium (SiO2).
Dans un premier temps, nous nous sommes intéressés à l‟impact d‟une grille métallique sur
les caractéristiques électriques du composant MOS avec un diélectrique high-k. nous avons
pu démontrer, que la variation du travail de sortie du métal utilisé avait pour effet de modifier
la tension de seuil du dispositif.
Dans une deuxième étude, nous nous sommes penchés sur l‟étude du courant de fuite dans des
empilements de grille métal/high-k en HfO2. Pour cela, nous nous sommes intéressés à
133
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
134
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
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submicroniques ”, Thèse de Doctorat, Université de Province – Aix –
Marseille 1, ISBN 2004AIX11067, 2004
135
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
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[Kingon 00] Kingon. A.I., Maria. J.-P. et Streiffer. S.K., “Alternative dielectrics to
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[Osburn 02] Osburn, C.M., Kim, I., Han, S.K., De, I., Yee, K.F., Ganavaram, S., Lee,
S.J., Lee, C.-H., Luo, Z.J., Zhu, W., HAuser, J.R., Kwong, D.-L.,
Lucovsky, G., Ma, T.P. et Öztürk, M.C., “Vertically scaled MOSFET gate
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DEV., Vol.46, p. 299-315, 2002.
136
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
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End of the Roadmap, Autrans, 2006.
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microelectronics”, MRS bulletin, Vol.27, p. 186-191, 2002
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ultrathin gate dielectric for nanoscale MOS transistor”, Microelec. Eng.
Vol.83, p. 1867-1904, 2006
137
Chapitre IV Oxydes de grille High-k et transistors MOS à canaux contraints
[Weber 04] O. Weber, F. Ducroquet, T. Ernst et al., “55nm high mobility SiGe(:C)
pMOSFETs with HfO2 gate dielectric and TiN metal gate for advanced
CMOS”, VLSI Tech. Dig., p. 42, 2004
[Weber 05] O. Weber, “Etude, fabrication et propriétés de transport de transistors
CMOS associant un diélectrique haute permittivité et un canal de
conduction haute mobilité”, Thèse de Doctorat, Institut National des
Sciences Appliquées de Lyon, ISBN : 2005ISAL0127, 2005.
[Wilk 01] Wilk, G.D., Wallace, R.M. et Anthony, J.M., “High-k gate dielectrics:
Current status and materials properteis considerations”, J. Appl. Phys.,
Vol.89, p. 5243-5275, 2001
[Xu 02] Z. Xu, M. Houssa, S. De Gendt et al., “Polarity effect on the temperature
dependence of leakage current through HfO2/SiO2 gate dielectric”,
Applied Physics Letters, Vol. 80, p. Iss. 11, 2002
138
Conclusion générale
CONCLUSION GÉNÉRALE
139
Conclusion générale
exploré l‟aspect théorique du Silicium contraint en tension bi-axiale: dans un premier temps
nous avons revu en détails l'ensemble des points théoriques et physique nécessaires à une
bonne compréhension de la structure de Silicium monocristallin. Puis, nous avons étendu
notre étude au Silicium contraint en tension bi-axiale qui constitue le centre de notre travail.
Enfin, nous avons présenté l‟approche des équations mathématiques utilisée pour la
modélisation d‟une contrainte en tension bi-axiale dans le canal de conduction. Pour cela
nous avons considéré les différentes relations qui existent entre la valeur de la concentration
en Germanium aux grandeurs physiques telles que les bandes d‟énergies, le paramètre de
maille, la constante diélectrique, et en particulier la mobilité de porteurs de charge.
Dans le troisième chapitre de cette thèse, nous nous sommes attachés à évaluer l‟impact
de l‟incorporation d‟un canal de Si contraint (s-Si) sur les performances du transistor nMOS,
notamment sur le courant de saturation ION et sur la mobilité de porteurs.
Grâce au développement d‟un code de simulation numérique basé sur la résolution des
équations de dérive diffusion par la méthode des différences finie « SIBIDIF », nous avons pu
étudier le transport électronique dans le transistor MOS conventionnel et à canal de Silicium
contraint. Cette approche intègre systématiquement les effets de la contrainte mécanique.
Dans un premier temps, nous avons exposés les résultats obtenus de la simulation numériques
sur des architectures MOS conventionnelles. Nous avons ainsi pu déterminer avec précision
les quantités physiques (champ électrique, densités de porteurs de charge, mobilité, potentiel)
qui permettront la compréhension des phénomènes mis en jeu. Ensuite, l‟influence des
conditions de polarisation sur la distribution de ces mêmes quantités physiques a été évaluée
afin de fournir des résultats sur les différents régimes de fonctionnement du composant.
Dans un second temps, nous avons adaptés notre code de calcul à la simulation des
dispositifs contraints. Nous avons ainsi pu évaluer et comparer les performances des
transistors MOS à canaux contraints à celle obtenues sur des dispositifs conventionnels, en
termes de mobilité et de courant de drain. Les calculs ont révélés des variations importantes
de la mobilité des électrons (et des trous) pour toutes les contraintes en tension appliquées.
Ainsi, une augmentation de la mobilité des électrons d‟un facteur de (=1.9) par rapport au
Silicium en cas d‟un pourcentage de Germanium égale 20% a été notée. De plus, les
performances statiques (courant-tension) sont fortement améliorées avec les canaux de Si
contraints en tension bi-axiales. En revanche, une diminution de la tension de seuil V T dans
les dispositifs contraints a été observée. Enfin, les résultats de la simulation issus de notre
code de calcul ont été comparés à ceux obtenus d‟un logiciel commercial " Suntaurus (ISE-
TCAD)". La concordance des résultats obtenus nous a permis de valider notre travail.
140
Conclusion générale
Pour conclure sur l‟ensemble du travail qui a été effectué au cours de cette thèse, nous
avons pu évaluer le potentiel de l‟association diélectrique high-k/canal de Silicium contraint
pour améliorer à la fois la mobilité des porteurs et le courant de fuite de grille par rapport à
des transistors MOS conventionnels (Poly-Si/SiO2/Si).
Cependant, de nombreux phénomènes physiques intervenant dans l‟interface oxyde de
grille/canal de Silicium contraint restent encore à étudier et à modéliser. Ainsi, l‟impact des
141
Conclusion générale
défauts que peut avoir l‟interface entre le Silicium contraint et le pseudo substrat SiGe sur le
courant de fuite IOFF ou le rôle sans cesse croissant que jouent les défauts étendus à l‟interface
HfO2/Si sur les courants de fuites de grille, constituent autant de problèmes à prendre en
considération pour les futures améliorations des structures modernes.
142
ANNEXES
ANNEXES
143
ANNEXES I
Annexe I
DISCRETISATION DES EQUATIONS PAR LA
METHODE DES DIFFERENCES FINIES
Dans ce travail de thèse, nous nous intéressons à un schéma différence finies pour le modèle
de dérive diffusion en deux dimensions. Commençons par rappeler ici le processus de
discrétisation sur une équation générale, avant d‟introduire les calculs pour les équations des
semi-conducteurs que nous considérons.
La méthode de différences finies nous fournira un ensemble fini de valeurs (m×n points), avec
n le nombre de points de maillage en x et m en y. chacun des m×n nœuds sera identifié par un
couple (i, j) des indices de l‟abscisse xi et de l‟ordonnée yj de celui-ci, ou bien par un indice
global k compris entre 1 et m×n. on notera alors fk la valeur de la fonction f en ce nœud k.
Entre k, i et j on a la relation suivante:
( ) (I.1)
( )
( )
( )
{ ( )
Figure. I-1. Définition du domaine d'intégration Ri,j pour le volume de la géométrie simulée
144
ANNEXES I
[ ( ) ] [ ( ) ] ( )
(I.2)
Avec
U : la fonction recherchée,
P et f: des fonctions déterminées à priori.
∬ [ [ ( ) ] [ ( ) ]] ∬ ( ) (I.3)
∬ ( ) ( ) (I.4)
∬ [ ] ∫ (I.5)
Avec
étant la frontière de orientée positivement.
∬ [ [ ] [ ]] ∫ [ ] [ ] (I.6)
Soit encore :
∫ [ ] ∫ [ ] ∫ [ ] ∫ [ ]
(I.7)
( ) (I.8)
Avec :
145
ANNEXES I
( )
( )( )
( )
( )( )
( )
( )( )
( )
( )( )
Il est à remarquer que les coefficients BK, HK ne dépendent que de l‟indice j, et GK, DK de
l‟indice i afin de réaliser de substantielles économies de stockage en mémoire.
( ) ( ) (I.9)
( )( ) ( )( )
( )( ) ( )( )
( )( ) ( )( )
146
ANNEXES I
( )( ) ( )( )
[ ]
,
[ ] (I.10)
D'où :
[ ]
(I.11)
[ ]
{
[ ]
(I.12)
[ ]
{
( ( ) )
{ (I.13)
( ( ) )
On a
( )
{
( ) (I.14)
Alors
( ( ( ( ) )) )
{ (I.15)
( ( ( ) ))
147
ANNEXES I
( ) * ( ( ) )+ (I.16)
{
( ) ( ( ) )
( ) (I.17)
Pour
(I.18)
{
( )
Et
( ) (I.19)
,
( )
En comparant les deux expressions (I.16) et (I.19), on peut multiplier tous les termes
par * ( ( ) )+. On obtient alors :
* ( ( ) )+
( )( ) ( )
* ( ( ) )+
( )( ) ( )
* ( ( ) )+
( )( ) ( )
* ( ( ) )+
( )( ) ( )
148
ANNEXES I
( ) (I.20)
( ( ) )
( )( ) ( )
( ( ) )
( )( ) ( )
( ( ) )
( )( ) ( )
( ( ) )
( )( ) ( )
Dans ce calcul, les valeurs des paramètres Eg , nC , nV, ΔEC, ΔEV dépendent de la région
considérée et donc de l'inhomogénéité des matériaux.
149
ANNEXES II
Annexe II
SIMULATION ELECTRIQUE PAR ATLAS
(SILVACO-TCAD)
Dans les composants MOS, les électrons et les trous sont accélérés par les champs électriques
(transversaux et longitudinaux), mais ils perdent leurs dynamiques à la suite de divers
processus de diffusion. Ces mécanismes comprennent des phonons, des ions d'impuretés dans
le substrat, des charges fixes dans l‟oxyde, et des charges stockées sur les états d‟interface.
Comme les effets de tous ces phénomènes microscopiques sont regroupés dans les mobilités
macroscopiques introduites par les équations de transport, ces mobilités sont alors fonctions
du champ électrique local, de la température de réseau, et de la concentration du dopage.
II-1
150
ANNEXES II
La première composante, est la mobilité limitée par les interactions coulombiennes (due aux
charges à l'interface Si/SiO2 et aux impuretés ionisées (dopants)) :
( )
[ ] II-2
( ) ( )
La seconde composante, , est due aux rugosités de surface et est donnée par:
( ) ( )
II-3
La troisième composante de la mobilité, , est la mobilité limitée par les phonons. Cette
composante est donnée par:
[ ( ) ]
( )
( )
II-4
( )
Ici, N est la densité totale des impuretés et TL est la température en degrés Kelvin.
* ( )+
( ) ( ) ( )
II-5
151
ANNEXES II
3.1.2.2. Model de mobilité limitée par les interactions de phonon à distance RPS
De même que le modèle de mobilité limité par les interactions Coulombienne à distance, le
modèle de mobilité limité par les interactions de phonon à distance RPS est proposé pour
décrire la réduction de la mobilité observée dans les dispositifs MOS à diélectriques de grille
high-k [ ref Atlas] comme suit :
( ) ( ) II-6
⁄
{ ( )
[ ( ) ]} II-7
⁄
Avec :
()
( )
[∑ ] II-8
Et :
()
( ) II-9
Où :
()
est le décalage du bord de la bande de conduction.
152
ANNEXES II
On trouvera dans le Tableau II-1 une synthèse des valeurs des paramètres des modèles
physiques utilisés.
Tableau II-1: Paramètres physiques correspondants aux modèles physiques utilisés dans la
simulation ATLAS (SILVACO-TCAD)
MODELE DEFAUT UNITE
PARAMETRE
MOBILITE ML 0.916
MT1 0.191
Si CONTRAINT
D.DEFPOT 1.1 eV
U.DEFPOT 10.5 eV
153
ANNEXES II
Pour les dispositifs fortement submicroniques, l'épaisseur des couches isolantes peut être très
faible. Par exemple, les oxydes de grille dans les dispositifs MOS peuvent atteindre des
épaisseurs nanométriques. Dans ce cas, les principales hypothèses de l'approximation Fowler-
Nordheim sont généralement invalides et on a besoin d'un modèle plus précis pour décrire le
courant tunnel direct. En effet, celui qu‟ATLAS utilise (QTUNN) est basé sur une formule,
qui a été introduit par Price et Radcliffe [ref Atlas]:
( )⁄
* +
√ ∫ ( ) , ( )⁄ - II-10
* +
Avec :
T(E) est la probabilité de transmission d'un électron à travers la barrière de potentiel formée
par la couche d'oxyde.
et sont les niveaux quasi-Fermi de chaque côté de la barrière (voir Figure II-1),
sont les masses effectives dans la direction latérale dans le semi-conducteur.
Figure. II-1. Profils typiques de la bande de conduction et de valence d’un transistor MOS.
La région droite représente le substrat, la région gauche représente la grille.
154
ANNEXES II
# (c) Silvaco
Inc., 2016
go atlas
#
mesh
155
ANNEXES II
# Here we probe the normal field and channel charge. These are
# used in the set file to help calculate effective channel mobility.
#
probe n.mob dir=0 x=0.02 y=0.001
probe x=0.02 y=0.001 dir=90 field
#
log outf=highkex01_4.log
solve vgate=0 vstep=0.05 name=gate vfinal=3.0
#
156
Glossaire et abréviations
Glossaire et abréviations
A
ATLAS Simulateur électrique
B
Bulk Substrat
C
C (F/m²) Capacité
C (F/m²) Capacité mesurée en régime d‟accumulation
acc
C (F/m²) Capacité de déplétion
DEP
C (F/m²) Capacité mesurée en régime d‟inversion
inv
C (F/m²) Capacité d‟oxyde de grille
OX
CSE Effet de partage de charge – Charge Sharing Effect
CMOS Complementary MOS
CVD Dépôt chimique en phase vapeur – Chemical Vapor Deposition
D, Δ
DD Modele Derive-Diffusion
DIBL Diminution de la barière de potentiel du canal par polarisation
du drain – Drain Induced Barrier Lowering
E, ε
E (m) Epaisseur de la zone de désertion
dep
E , E (J) Niveau d‟énergie de la bande de conduction et de la bande de
C V
valence
E (J) Energie du niveau de Fermi
F
E (J) Energie du niveau de Fermi d‟un semi-conducteur intrinsèque
i
EOT (m) Epaisseur de diélectrique équivalente SiO
2
E ou ξ (V/cm) Champ électrique
Ec (V/cm) Champ critique
ETB Equation de Transport Boltzmann
ε (F/m) Permittivité
-12
ε (F/m) Permittivité électrique du vide ; ε =8,85 10 F/m
0
0
157
Glossaire et abréviations
F, Φ
φ (J) Hauteur de barrière
φ (J) Hauteur de barrière de la jonction source/canal
d
φ (J) Différence d‟énergie entre le niveau de Fermi et le niveau
F
intrinsèque
φM (J) Travail de sortie de la grille
φMS (J) Différence de travail de sortie entre la grille et le canal
φS (J) Travail de sortie du semi-conducteur du canal
FET Transistor à effet de champ – Field Effect Transistor
G
gDS (S) Conductance du canal
gm (S) Transconductance
H
h Constante de Planck reduite
HP Dispositifs à haute performance – High Performance
I
ID (A/µm) Courant de drain du transistor
IDS (A/m) Courant entre la source et le drain du transistor
IOFF (A/m) Courant de drain à l‟état bloqué du transistor (VG=0 ; VD=VDD)
ION (A/m) Courant de drain à l‟état passant du transistor (VG=VD=VDD)
IC Circuit intégré – Integrated Circuit
Organisme définissant les spécifications à remplir pour les
dispositifs – International Technology Roadmap for Semiconductors
J
Jn Courant d‟electrons
Jp Courant de trous
K
-1 -1 -1 -23 -1
KB (ev.K .at ou J.K ) Constante de Boltzmann. KB=R.NA=1,380658.10 J.K
L
158
Glossaire et abréviations
M, μ
μ Mobilité des porteurs dans le canal
μc Mobilité relative aux collisions coulombienne
μPh Mobilité relative aux collisions avec le réseau (phonons)
μsr Mobilité relative à la rugosité de surface
μeff Mobilité à champ faible
m* Masse effective
mt Masse transverse
ml Masse longitudinale
MOS Dispositif Métal/Oxyde/Semi-conducteur
MPU Puce de microprocesseur – Micro Processor Unit
N
n Densité d‟électrons
NB (at/cm )
3 Dopage du substrat
P
PS (W) Puissance statique
Q
q (C) -19
Charge de l‟électron ; q=1,6.10 C
QDEP (C.m )
-2 Densité de charges fixes ionisées (charge de déplétion)
QF (C.m )
-2 Charges fixes
QSS (C.m )
-2 Charges piégées à l‟interface
R, ρ
R (Ω) Résistance
ρ (Ω.m) Résistivité
S, σ
S Pente sous le seuil
SCE Effet de canal court – Short Channel Effect
STEM Microscope électronique en transmission à balayage – Scanning
Transmission Electron microscopy
159
Glossaire et abréviations
T, τ
TCAD Technology Computer Aided Design
tHighK (m) Epaisseur du matériau à haute permittivité
tSi (m) Epaisseur de silicium
TINV (nm) Epaisseur équivalente de la capacité du dispositif en inversion
TOX (nm) Epaisseur physique de l‟oxyde
τ (s) Temps de propagation intrinsèque dans le transsitor
V
V (V) Potentiel
VLSI Intégration à très grande échelle – Very Large Scale Integration
VD (V) Tension de drain
VDD (V) Tension d‟alimentation
VDSsat Tension Drain Source de saturation
VFB (V) Tension de bande plate
VG (V) Tension de grille
VOX (V) Chute de potentiel dans l‟oxyde
VT (V) Tension de seuil
vth Vitesse thermique
W, Ω
W (m) Largeur d‟un transistor
X
xj (m) Profondeur de jonction
160
Production scientifique de l’auteur
REVUES INTERNATIONNALES
[1] Bensegueni R., Latreche, S. "Numerical Method for a 2-D Drift Diffusion Model Arising in
Strained n Type MOSFET Device", PRAMANA journal of physics, Vol. 86, No. 6, pp. 1391–
1400, June 2016.
[2] Rachida. Bensegueni, Saida.Latreche "Solution of Drift Diffusion Equations using 2D Finite
Difference method: application to a strained MOSFET Device", Universal Journal of
Mathematics and Mathematical Sciences, Volume 4, Number 01, 2013, page 119-133. Pushpa
Publishing House, Allahabad, INDIA.
[3] Rachida Benseguni and Saida Latreche "On the Threshold Voltage Evolution for
Submicronic MOS Transistors ", African Physical Review (2008) 2 Special Issue
(Microelectronics): 0006 pp.13
[4] Rachida. Bensegueni, Saida.Latreche "Tunnelling current through ultra-thin Silicon Dioxide
in Submicronic MOS", Information & Communication Technologies: From Theory To
Applications - ICTTA‟06", 24-26 April,2006, Damascus, Syria, IEEE catalog Number
06EX1220, ISBN 0-7803-9521-2, Library of congress 2005933106.
CONFERANCES INTERNATIONNALES
[5] Rachida. Bensegueni, Saida. Latreche „„ On the threshold voltage evolution for submicron
MOS transistors, International Conference on Micro and Nano Technologies- ICMNT 06,
November 19-23, 2006, Tizi-Ouzou, ALGERIA.
161
Production scientifique de l’auteur
[6] R. Bensegueni, S. Latreche " Tunneling Current through ultrathin Silicon Dioxide", MS2006,
Proceedings of the International Conference on Modeling and Simulation, 3-5 April 2006, Kuala
Lumpur, Malaysia, paper165.
[7] Rachida. Bensegueni, Saida.Latreche "Solution of Drift Diffusion Equations using 2D Finite
Difference method: application to a strained MOSFET Device", International Conference:
Mathematical Science and Applications ICMSA, November 29 - December 01, 2013, Abu Dhabi.
162
Contribution à l’étude du transport électrique à travers
des oxydes très minces (<10nm) dans des structures MOS
Résumé
La réduction continue des dimensions des transistors MOS lors de ces dernières
années a permis une véritable révolution dans l‟industrie des semi-conducteurs. Cependant,
afin de perpétuer cette tendance, la miniaturisation des nMOS classiques n‟est plus suffisante
et le remplacement de certains des matériaux constituant ces dispositifs est une des solutions
actuellement envisagées pour y remédier. Dans ce contexte, les travaux présentés ici, portant
sur l‟étude des propriétés de transport des architectures nMOS cumulant deux nouvelles
options technologiques ; un diélectrique de forte permittivité comme isolant de grille à la
place du SiO2 et un canal de Silicium contraint en tension biaxiale.
En premier lieu, nous avons étudié l'influence de la contrainte en tension bi-axiale sur
les propriétés électriques des n-MOSFET en utilisant un code de calcul basé sur la
résolution numérique des équations de dérive diffusion. Les résultats de simulation obtenus
ont montré une amélioration significative de la mobilité des électrons dans le canal
d‟inversion ainsi qu‟une augmentation du courant de saturation de drain ID.
Dans un second temps, nous avons étudier l‟impact de l‟incorporation d‟un oxyde de
grille de forte permittivité (high-k) dans un empilement de grille sur l‟amélioration des fuites
à travers l‟oxyde. Les résultats des simulations obtenues à l'aide de l‟outil ATLAS du logiciel
SILVACO-TCAD ont indiqués que l‟utilisation des oxydes à grande constante diélectrique
permet de considérablement réduire le courant de fuite par effet tunnel grâce à l‟augmentation
de l‟épaisseur physique de l‟empilement. Nous avons cependant noté une dégradation de la
mobilité des électrons dans le canal Si des transistors MOS avec un diélectrique high-k à base
d‟hafnium HfO2 par rapport à un oxyde SiO2.
MOTS-CLES
Microélectronique, miniaturisation, MOSFET, Silicium contraint, diélectrique haute
permittivité, mobilité, courants de fuites, courant tunnel direct.
مساهمة ندراسة انىقم انكهربائي مه خالل أكاسيد رقيقة جدا
(< 10واوىمتر) في هياكم MOS
نقذ احذد انخخفٍض انًسخًز ألبعاد انخزاَشسخىر MOSفً انسُىاث األخٍزة ثىرة فً طُاعت أشباِ انًىطالث .نكٍ،
نًىاطهت هذا االحجاِ ،فاٌ حظغٍز انخزَشسخىر NMOSانخقهٍذي نى ٌعذ كافٍا ،ونهذا فاٌ اسخبذال بعض انًىاد يٍ
األجهشة هى أحذ انحهىل انخً ٌجزي انُظز فٍها نًعانجت هذِ انًشكهت .فً هذا انسٍاق ،االعًال انًقذيت هُا ،حقىو عهى
دراست خظائض انخُقالث االنكخزوٍَت نألبٍُت NMOSحجًع بٍٍ خٍارٌٍ حكُىنىجٍٍٍ جذٌذٌٍ :عاسل دو انسًاحٍت
انعانٍت بذال يٍ SiO2وقُاة انسهٍسٍىو انًخىحزة ثُائٍت انًحىر.
أوال ،قًُا بذراست حأثٍز انسهٍسٍىو انًخىحزة ثُائٍت انًحىر عهى انخىاص انكهزبائٍت نم MOSFETباسخخذاو بزَايج
انحاسىب نحم انًعادالث انخفاضهٍت انثالثت األساسٍت نهذِ االجهشة فً يعهى ثُائً االحجاِ .و قذ أظهزث َخائج انًحاكاة
ححسُا كبٍزا فً انخُقم اإلنكخزوًَ فً انقُاة و اٌضا سٌادة فً انخٍار انكهزبائً.
ثاٍَا ،حًج دراست حأثٍز انعاسل دو يعايم انسًاحٍت انعانً .وقذ أظهزث َخائج انخً حى اسخخزاجها يٍ انًحاكاة انزقًٍت
نهبزَايج SILVACO-TCADاٌ االكاسٍذ عانٍت انسًاحٍت حقهم بشكم يهحىظ يٍ باسخخذاو أداة ATLAS
انخسزباث .و نكٍ فً َفس انىقج الحظُا اٌ هذِ االخٍزة حعًم عهى اَقاص انخُقم االنكخزوًَ فً انقُاة بانًقارَت يع
اكسٍذ SiO2
وفً األخٍز ،فقذ حًج يُاقشت ضزورة إدخال قُاة انسهٍسٍىو انًخىحزة ثُائٍت انًحىر نًىاجهت انخذهىر فً انخُقم
االنكخزوًَ انًزحبطت باألكاسٍذ عانٍت انسًاحٍت.
انكهمات اندانة
االنكتروويات اندقيقة ،انتصغير ،MOSFET ،انسيهيكىن انمتىترة ثىائية انمحىر ،انعازل عاني انسماحية ،انتىقم
االنكترووي ،انتسربات ،تيار تىوال
Contribution to the study of electrical transport
through very thin oxides (<10 nm) in MOS
structures
Abstract
The continuous down-scaling of MOS transistors dimensions over the last years
allowed a significant revolution in the semiconductor industry. However, in order to maintain
this trend, shrinking of conventional n MOS dimensions is no more sufficient enough and
replacement of some transistor materials is one of the alternative ways currently under study
to solve this issue. In this context, the work presented here, on the study of the transport
properties of the nMOS architectures combining both new technology options; a high-k gate
dielectric in place of the SiO2 and a biaxialy tensile strained channel.
Firstly, the influence of biaxial tensile strain on the electrical properties of the n-MOS
transistor has been investigated using a numerical solution of drift diffusion partial equations.
The simulation results showed a significant improvement in electrons mobility and an
increase in current ID (VD).
Then, we study the impact of the incorporation of a high-k gate stack on improving
leakage through the oxide. The calculation results obtained from the ATLAS (SILVACO-
TCAD) simulator have shown that the use of high dielectric constant oxides significantly
reduces the tunneling leakage current through increased physical thickness of the stack.
However, we noted a decrease of the electron mobility in the channel If MOS transistors with
a high-k dielectric HfO2 hafnium relative to SiO2
Finally, the feasibility and interest to introduce a strained silicon channel to counteract
the degradation of mobility associated with stacking metal / HfO2 are then discussed.
KEY WORDS
Microelectronic, down-scaling, MOSFET, strained Si channel, high-k dielectric, mobility,
gate leakage currents, direct tunneling current.