IAS 33 Résultat Par Action
IAS 33 Résultat Par Action
IHEC
CES DE REVISION COMPTABLE
NORMES COMPTABLES
IAS 33
RESULTAT PAR ACTION
1. Objectifs
Le résultat par action est la part du bénéfice ou de la perte attribuable à chaque action
ordinaire. Par souci de simplification, l’expression « résultat par action » est utilisée dans
IAS 33, car elle s’entend à la fois du bénéfice ou de la perte par action. Dans les états
financiers, il est courant de parler de bénéfice par action ou de perte par action, selon le cas.
Les chiffres de résultat par action sont probablement les données comptables de synthèse les
plus publiées (particulièrement par les sociétés dont les actions sont cotées). Une des raisons
de cette popularité est que l’on y voit une information utile à la prévision des dividendes
futurs par action et des cours futurs par action. Ils sont également perçus comme pertinents
dans l’évaluation de l’efficacité de la direction et de la politique de dividendes.
Les investisseurs accordent beaucoup d’importance à la rentabilité d’une société. Ce qui fait
la valeur d’un titre, ce sont les flux monétaires que l’on pense en retirer. Lorsque l’on achète
une action, ce que l’on achète en fait, c’est un droit sur l’ensemble de ses dividendes futurs.
Le bénéfice que réalise une société n’a d’importance pour l’investisseur que dans la mesure
où il se traduit tôt ou tard par un dividende ou une augmentation de valeur (gain sur capital)
au moment de la revente.
Les investisseurs actuels et éventuels utilisent le résultat par action pour évaluer les
performances passées et actuelles de la société, afin de tenter de prédire ses performances
futures et de prendre la décision de conserver, d’accroître ou de réduire leur participation
dans la société.
Il existe un lien étroit entre le cours d’une action ordinaire sur le marché boursier et le chiffre
du résultat par action en circulation. Ainsi, en établissant le ratio cours – bénéfice (le cours
de l’action divisé par le bénéfice par action), les investisseurs tentent de déterminer si le
cours de l’action est raisonnable ou si, au contraire, il est trop élevé ou trop faible.
IAS 33 doit être appliquée par les sociétés dont les actions ordinaires ou les actions
ordinaires potentielles sont cotées et par les sociétés qui sont dans un processus d’émission
d’actions ordinaires ou d’actions ordinaires potentielles sur des marchés organisés.
Lorsque les états financiers individuels de la mère et les états financiers consolidés du
groupe sont à la fois présentés, les informations demandées par IAS 33 ne doivent être
présentées que sur la base des informations consolidées. Les utilisateurs des états financiers
d’une mère sont généralement intéressés par les résultats du groupe dans son ensemble et
ont besoin de les connaître. Une société mère qui choisit de communiquer son résultat par
action d’après ses états financiers individuels doit présenter cette information uniquement
dans son compte de résultat individuel (et non dans ses états financiers consolidés).
Une société dont ni les actions ordinaires ni les actions ordinaires potentielles ne sont cotées
mais qui présente un résultat par action doit le calculer et fournir des informations sur ce
résultat par action conformément à IAS 33.
Une société dont ni les actions ordinaires ni les actions ordinaires potentielles ne sont
cotées n’est pas tenue, en IFRS, de fournir des informations sur le résultat par action.
Toutefois, la comparabilité de l’information financière entre entités est maintenue si la
société qui choisit de fournir des informations sur le résultat par action le calcule
conformément aux principes exposés dans IAS 33.
Le § 83 de la 1ère partie de la norme NCT 1 prévoit que les notes doivent renseigner les
utilisateurs des états financiers sur la détermination du résultat par action.
Le système comptable des entreprises en Tunisie n’a pas précisé le champ d’application, les
modalités de calcul, les règles de présentation et les informations à fournir en matière de
résultat par action.
Une action ordinaire est un instrument de capitaux propres qui est subordonné à toutes les
autres catégories d’instruments de capitaux propres.
Les actions ordinaires ne participent au résultat de la période qu’après les autres catégories
d’actions telles que les actions préférentielles. Une société peut avoir plus d’une catégorie
d’actions ordinaires. Les actions ordinaires de la même catégorie ont les mêmes droits à
recevoir des dividendes.
Les articles 350 et 351 du code des sociétés commerciales en Tunisie prévoient que les
titulaires d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote ont droit à un dividende
prioritaire qui ne peut être inférieur à un pourcentage du capital qu’ils ont libéré, à
déterminer lors de l’émission, ni inférieur au premier dividende au cas où il est prévu par les
statuts de la société.
Les actions à dividende prioritaire sans droit de vote ne peuvent donner droit au premier
dividende. Le dividende prioritaire est prélevé sur le bénéfice distribuable avant toute autre
affectation. En cas d’insuffisance du bénéfice distribuable, celui-ci doit être partagé à
concurrence entre les titulaires d’actions à dividende prioritaire sans droit de vote. Le
reliquat est reporté sur l’exercice suivant et s’il y a lieu sur les exercices ultérieurs. Ce
reliquat est servi avant le paiement de dividende prioritaire au titre de l’année en cours.
Lorsque les bénéfices distribuables permettent d’assurer la distribution au profit de tous les
actionnaires d’un dividende qui dépasse le dividende prioritaire fixé par les statuts de la
société, l’action à dividende prioritaire sans droit de vote confère à son titulaire la même
part de bénéfice que confère une action ordinaire.
Le résultat de base par action doit être calculé en divisant le résultat attribuable aux
porteurs d’actions ordinaires de la société mère (le numérateur) par le nombre moyen
pondéré d’actions ordinaires en circulation (le dénominateur) au cours de la période.
1. Résultat – de base
Pour le calcul du résultat de base par action, les résultats attribuables aux porteurs
d’actions ordinaires de la société mère doivent être (i) le résultat découlant des activités
poursuivies et (ii) le résultat de la période, attribuables à la société mère, ajustés des
montants après impôt des dividendes préférentiels, des écarts résultant du règlement des
actions préférentielles, et d’autres effets similaires d’actions préférentielles classés en
capitaux propres.
Pour le calcul du résultat par action basé sur les états financiers consolidés, le résultat
attribuable à la société mère fait référence au résultat consolidé (du groupe) ajusté pour tenir
compte des intérêts minoritaires.
Le montant après impôt des dividendes préférentiels qui est déduit du résultat de la période
est :
(a) le montant après impôt de tout dividende préférentiel sur des actions préférentielles à
dividende non cumulatif décidé au titre de la période ; et
(b) le montant après impôt des dividendes préférentiels de la période sur des actions
préférentielles à dividende cumulatif, que ces dividendes aient ou non été décidés. Le
montant des dividendes préférentiels pour la période n’inclut pas le montant des
dividendes préférentiels revenant aux actions préférentielles à dividende cumulatif,
versés ou décidés au cours de la période au titre de périodes antérieures.
Tout excédent de la valeur comptable des actions préférentielles sur la juste valeur de la
contrepartie payée en règlement de celles-ci est additionné lors du calcul du résultat
attribuable aux porteurs d’actions ordinaires de la société mère.
Pour le calcul du résultat de base par action, le nombre d’actions ordinaires doit être le
nombre moyen pondéré d’actions ordinaires en circulation au cours de la période.
Les actions ordinaires émises lors d’un regroupement d’entreprises constituant une
acquisition (par exemple, une fusion – absorption) sont incluses dans le nombre moyen
pondéré d’actions à compter de la date de l’acquisition car l’acquéreur incorpore le résultat
des opérations de la société acquise (ou absorbée) dans son compte de résultat, à compter de
cette date (ou date d’effet de la fusion).
Lorsque les actions ordinaires émises sont partiellement libérées, elles sont traitées comme
une fraction d’une action ordinaire dans le rapport de leur droit à dividende de la période
comparé au droit à dividende de la période d’une action ordinaire entièrement libérée.
Les actions ordinaires qui seront émises lors de la conversion d’un instrument
obligatoirement convertible sont incluses dans le calcul du résultat de base par action à
compter de la date de la conclusion du contrat.
Des actions dont l’émission est conditionnelle ne sont traitées comme étant en circulation et
ne sont incluses dans le calcul du résultat de base par action qu’à compter de la date à
laquelle toutes les conditions nécessaires sont remplies (c’est-à-dire à laquelle les
évènements sont survenus).
Les actions ordinaires en circulation qui peuvent être restituées (susceptibles d’être
rappelées) ne sont pas traitées comme étant en circulation et sont exclues du calcul du
résultat de base par action jusqu’à la date à laquelle elles ne sont plus susceptibles d’être
rappelées.
Des actions ordinaires peuvent être émises, ou le nombre d’actions ordinaires en circulation
peut être réduit, sans modification correspondante des ressources. On peut citer, à titre
d’exemple :
(a) une émission par capitalisation des bénéfices ou par émission d’actions gratuites
(parfois appelée dividendes en actions) ;
(b) un élément gratuit dans toute autre émission, par exemple un élément gratuit dans le
cadre d’une émission de droits au profit des actionnaires existants ;
(c) un fractionnement d’actions ; ou
(d) un regroupement d’actions.
Résultat ajusté par action de l’exercice 2000 180 / (200 + 400) = 0,300
Dans la mesure où l’émission d’actions gratuites est une émission sans contrepartie, elle est
traitée comme si elle s’était produite à l’ouverture de l’exercice 2000 qui est le premier
exercice présenté.
On calcule la juste valeur théorique par action hors droits en additionnant la juste valeur
globale de marché des actions immédiatement avant l’exercice des droits avec le produit de
l’exercice des droits, puis en divisant par le nombre d’actions en circulation après l’exercice des
droits. Lorsque les droits font l’objet d’une cotation distincte de celle des actions avant la date
d’exercice, la juste valeur à retenir pour ce calcul est établie à la clôture du dernier jour au
cours duquel les actions sont négociées avec les droits.
Juste valeur de toutes les actions en circulation + montant total reçu au titre de l’exercice des droits
Nombres d’actions en circulation avant l’exercice des droits + nombre d’actions émises en application de
l’exercice des droits
Une société doit calculer le résultat dilué par action pour le résultat attribuable aux
porteurs d’actions ordinaires de la société mère et, s’il est présenté, pour le résultat des
activités poursuivies attribuable à ces mêmes porteurs de capitaux propres.
L’objectif du résultat dilué par action est cohérent avec celui du résultat de base par action –
fournir une évaluation de la quote-part de chaque action ordinaire dans la performance de
l’entité – tout en tenant compte de toutes les actions ordinaires potentielles dilutives en
circulation au cours de la période.
Une action ordinaire potentielle est un instrument financier ou un autre contrat qui peut
donner au porteur droit à des actions ordinaires. Exemples d’actions ordinaires
potentielles :
les instruments de passifs financiers ou de capitaux propres, y compris les actions
préférentielles, qui sont convertibles en actions ordinaires ;
les options et les bons de souscription d’actions ;
les actions qui seraient émises si des conditions résultant d’engagements contractuels
tels que l’acquisition d’une entreprise ou d’autres actifs sont remplies.
Les options, bons de souscription d’actions et leurs équivalents sont des instruments
financiers qui donnent au porteur le droit d’acheter (de souscrire) des actions ordinaires.
La dilution est une réduction du bénéfice par action ou une augmentation de la perte par
action résultant de l’hypothèse de conversion d’instruments convertibles, d’exercice
d’options ou de bons de souscription d’actions, ou d’émission d’actions ordinaires si
certaines conditions spécifiées sont remplies.
Pour le calcul du résultat dilué par action, une société doit ajuster le résultat attribuable
aux actionnaires ordinaires de la société mère ainsi que le nombre moyen pondéré
d’actions en circulation, des effets de toutes les actions ordinaires potentielles dilutives.
1. Résultat – dilué
Pour le calcul du résultat dilué par action, le résultat attribuable aux actionnaires
ordinaires de la société mère, retenu pour le calcul du résultat de base par action, doit être
ajusté de l’effet après impôt :
(a) de tout dividende ou autre élément au titre des actions ordinaires potentielles dilutives
qui a été déduit pour obtenir le résultat attribuable aux porteurs d’actions ordinaires
de la société mère lors du calcul du résultat de base par action ;
(b) des intérêts comptabilisés au cours de la période au titre des actions ordinaires
potentielles dilutives ; et
(c) de tout autre changement dans les produits ou charges qui résulterait de la conversion
des actions ordinaires potentielles dilutives.
Pour le calcul du résultat dilué par action, le nombre d’actions ordinaires doit être le
nombre moyen pondéré d’actions ordinaires, retenu pour le calcul du résultat de base par
action, majoré du nombre moyen pondéré d’actions ordinaires qui seraient émises lors de
la conversion en actions ordinaires de toutes les actions ordinaires potentielles dilutives.
Il faut considérer que les actions ordinaires potentielles dilutives ont été converties en
actions ordinaires au début de la période ou à la date d’émission des actions ordinaires
potentielles si elle est ultérieure.
Les actions ordinaires potentielles sont pondérées pour la période pendant laquelle elles
sont en circulation. Les actions ordinaires potentielles qui ont été annulées ou qu’on a laissé
expirer pendant la période ne sont prises en compte dans le calcul du résultat dilué par
action que pour la partie de la période pendant laquelle elles étaient en circulation. Les
actions ordinaires potentielles qui sont converties en actions ordinaires pendant la période
sont prises en compte dans le calcul du résultat dilué par action depuis le début de la période
jusqu’à la date de leur conversion ; à compter de la date de conversion, les actions
ordinaires en résultant sont prises en compte à la fois dans le résultat de base par action et
dans le résultat dilué par action.
Une filiale, une coentreprise ou une entreprise associée peut émettre, au bénéfice de parties
autres que la société mère, le coentrepreneur ou l’investisseur, des actions ordinaires
potentielles convertibles soit en actions ordinaires de la filiale, coentreprise ou entreprise
associée, soit en actions ordinaires de la société mère, du coentrepreneur ou de
l’investisseur (l’entité présentant les états financiers). Si ces actions ordinaires potentielles
de la filiale, coentreprise ou entreprise associée ont un effet dilutif sur le résultat de base par
action consolidé de l’entité présentant les états financiers, elles sont prises en compte dans le
calcul du résultat dilué par action.
Pour calculer son résultat dilué par action, une entité doit supposer que les options
dilutives et les bons de souscription d’actions dilutifs ont été exercés. Le produit supposé de
ces instruments doit être considéré comme ayant été perçu lors de l’émission d’actions
ordinaires au cours moyen de marché des actions ordinaires pendant la période. La
différence entre le nombre d’actions ordinaires émises et le nombre d’actions ordinaires
qui auraient été émises au cours moyen de marché des actions ordinaires pendant la
période doit être traitée comme une émission d’actions ordinaires sans contrepartie.
Les options et les bons de souscription d’actions sont dilutifs lorsque leur conséquence serait
l’émission d’actions ordinaires à un prix inférieur au cours moyen de marché des actions
ordinaires pendant la période. Le montant de la dilution est égal au cours moyen de marché
des actions ordinaires pendant la période diminué du prix d’émission. Par conséquent, pour
calculer le résultat dilué par action, les actions ordinaires potentielles sont considérées
comme étant composées à la fois :
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(a) d’un contrat portant sur l’émission d’un certain nombre d’actions ordinaires à leur
cours moyen de marché pendant la période. Les actions à émettre étant évaluées à leur
juste prix, sont supposées être ni dilutives ni anti-dilutives. Elles ne sont pas prises en
compte dans le calcul du résultat dilué par action ; et
(b) d’un contrat portant sur l’émission sans contrepartie des actions ordinaires restantes.
Ces actions ordinaires ne génèrent aucun produit et n’ont aucun effet sur le résultat
attribuable aux actions ordinaires en circulation. Ces actions ont donc un effet dilutif et
sont rajoutées au nombre d’actions ordinaires en circulation dans le calcul du résultat
dilué par action.
Exemple – Effet des options de souscription d’actions sur le résultat par action dilué
Note : Le résultat n’a pas été augmenté car le nombre total d’actions n’a été augmenté que
du nombre d’actions (25.000) considérées pour les besoins du calcul comme ayant été
émises sans contrepartie (voir (b) ci-dessus).
Une entité utilise le résultat des activités poursuivies attribuables à la société mère comme
« chiffre de référence » pour déterminer si des actions ordinaires potentielles sont dilutives
ou anti-dilutives. Le résultat des activités poursuivies attribuable à la société mère est ajusté
des montants après impôt des dividendes préférentiels, des écarts résultant du règlement des
actions préférentielles et d’autres effets similaires d’actions préférentielles classés en
capitaux propres, et exclut les éléments relatifs aux activités non poursuivies (abandonnées).
Supposons qu’une entité dégage un bénéfice sur activités poursuivies attribuable à l’entité
mère de 4.800 UM, une perte liée à des abandons d’activités attribuable à l’entité mère de
7.200 UM, une perte attribuable à l’entité mère de 2.400 UM, et 2.000 actions ordinaires
et 400 actions ordinaires potentielles en circulation. Le résultat de base par action de
l’entité s’élève à 2,400 UM pour les activités poursuivies, (3,600) UM pour les activités
abandonnées, et (1,200) UM pour la perte. Les 400 actions ordinaires potentielles sont
incluses dans le résultat dilué par action calculé parce que le résultat par action de 2 UM
est dilutif, dans l’hypothèse de l’absence d’impact, sur le résultat, de ces 400 actions
ordinaires potentielles. Comme le bénéfice des activités poursuivies attribuable à l’entité
mère est le chiffre de référence, l’entité inclut également ces 400 actions ordinaires
potentielles dans le calcul des autres montants de résultat par action, même si le résultat
correspondant par action est anti-dilutif par rapport à son résultat de base comparable par
action, c’est-à-dire la perte par action est inférieure à [(3) UM par action pour la perte
découlant des abandons d’activités et (1) UM par action pour la perte].
Exemple – Détermination de l’ordre dans lequel doivent être pris en compte les
titres dilutifs dans le calcul du nombre moyen pondéré d’actions
Dans la mesure où le résultat par action dilué est augmenté lorsque les actions préférentielles
convertibles sont prises en compte (de 3,233 à 3,451), les actions préférentielles convertibles
sont anti-dilutives et ne sont pas prises en compte dans le calcul du résultat dilué par action. Le
résultat dilué par action est donc de 3,233.
Cet exemple n’illustre pas le classement d’un instrument financier convertible entre sa
composante dette et sa composante capitaux propres, ou le classement entre la part intérêt et la
part dividende qui en résulte, comme le demande IAS 32.
Pour les contrats qui peuvent être réglés en actions ordinaires ou en trésorerie, au choix du
porteur, la méthode de règlement la plus dilutive (entre le règlement en trésorerie et le
règlement en actions) doit être retenue pour le calcul du résultat dilué par action.
Les contrats qui imposent à l’entité de racheter ses propres actions, tels que les options de
vente émises et les contrats d’achat à terme de gré à gré interviennent dans le calcul du
résultat dilué par action si leur effet est dilutif. Si ces contrats sont « dans la monnaie »
pendant la période (c’est-à-dire que le prix d’exercice ou de règlement est supérieur au
cours moyen pour cette période), l’effet dilutif potentiel sur le résultat par action doit être
calculé comme suit :
(a) l’entité doit supposer qu’au début de la période, des actions ordinaires seront émises en
nombre suffisant (au cours moyen du marché pendant la période) pour augmenter le
produit de manière à honorer le contrat ;
(b) l’entité doit supposer que le produit de l’émission doit être utilisé pour honorer le
contrat (c’est-à-dire pour procéder au rachat d’actions ordinaires) ; et
(c) les actions ordinaires supplémentaires (la différence entre le nombre d’actions
ordinaires supposées émises et le nombre d’actions ordinaires reçues lors de
l’exécution du contrat) doivent être incluses dans le calcul du résultat dilué par action.
Supposons qu’une entité a en circulation 120 options de vente émises sur ses actions
ordinaires à un prix d’exercice de 35 UM. Le cours moyen de marché de l’action ordinaire
pour la période s’élève à 28 UM. Pour calculer le résultat dilué par action, l’entité suppose
avoir émis 150 actions à 28 UM par action au début de la période pour satisfaire à son
obligation de vente de 4.200 UM. La différence entre les 150 actions ordinaires émises et
les 120 actions ordinaires reçues en exécution de l’option de vente (30 actions ordinaires
supplémentaires) est ajoutée au dénominateur pour le calcul du résultat dilué par action.
Lorsque des actions ordinaires sont émises mais ne sont que partiellement libérées, elles sont
traitées dans le calcul du résultat de base par action comme une fraction d’une action
ordinaire dans la mesure où elles étaient autorisées à participer aux dividendes de la
période relatifs à une action ordinaire entièrement libérée.
Dans la mesure où des actions partiellement libérées n’ont pas droit à dividendes au cours
de la période, elles sont considérées comme équivalentes à des bons de souscription
d’actions ou à des options pour le calcul du résultat dilué par action. Le solde impayé est
supposé représenter le résultat utilisé pour acquérir des actions ordinaires. Le nombre
d’actions incluses dans le résultat dilué par action est la différence entre le nombre d’actions
souscrites et le nombre d’actions supposées acquises.
De plus, le résultat par action, de base et dilué, doit être ajusté pour toutes les périodes
présentées pour tenir compte des effets d’erreurs et des ajustements résultant de
changements de méthodes comptables, comptabilisés à titre rétrospectif.
Une entité ne retraite pas le résultat par action dilué pour les périodes antérieures
présentées à la suite de modifications des hypothèses retenues ou pour la conversion des
actions ordinaires potentielles en actions ordinaires en circulation.
V. PRESENTATION
Une entité doit présenter, au compte de résultat, le résultat de base et le résultat dilué par
action (i) pour le résultat des activités poursuivies attribuable aux porteurs d’actions
ordinaires de l’entité mère et (ii) pour le résultat attribuable aux porteurs d’actions
ordinaires de l’entité mère pour la période, pour chaque catégorie d’actions ordinaires
assortie d’un droit différent à une quote-part du bénéfice de la période. Une entité doit
présenter les résultats de base et dilué par action avec la même importance pour toutes les
périodes présentées.
Une entité qui publie un abandon d’activité doit indiquer le résultat de base et le résultat
dilué par action pour l’activité abandonnée soit dans le compte de résultat, soit dans les
notes annexes aux états financiers.
(a) les montants utilisés aux numérateurs dans le calcul du résultat de base et du résultat
dilué par action et un rapprochement de ces montants avec le résultat attribuable à
l’entité mère pour la période ;
(b) le nombre moyen pondéré d’actions ordinaires utilisé aux dénominateurs dans le
calcul du résultat de base et du résultat dilué par action et un rapprochement de ces
dénominateurs l’un avec l’autre ;
(c) les instruments (y compris les actions dont l’émission est conditionnelle) qui
pourraient diluer le résultat de base par action à l’avenir, mais qui n’ont pas été inclus
dans le calcul du résultat dilué par action parce qu’ils sont anti-dilutifs pour la (les)
période(s) présentée(s) ;
(d) une description des transactions sur actions ordinaires ou des transactions sur actions
ordinaires potentielles, autres que les émissions d’actions par capitalisation des
bénéfices ou les fractionnements d’actions, qui interviennent après la date de clôture
et qui auraient modifié de manière significative le nombre d’actions ordinaires ou
d’actions ordinaires potentielles en circulation à la fin de la période si ces transactions
étaient survenues avant la fin de la période de reporting.
Voici quelques exemples de telles transactions :
l’émission d’actions contre de la trésorerie ;
l’émission d’actions lorsque le produit de l’émission sert à rembourser des dettes ou
des actions préférentielles en circulation à la date de clôture ;
le rachat d’actions ordinaires en circulation ;
la conversion ou l’exercice des actions ordinaires potentielles, en circulation à la
date de clôture, en actions ordinaires ;
l’émission de bons de souscription, d’options ou de titres (par exemple des
obligations) convertibles ; et
la réalisation des conditions autorisant l’émission d’actions dont l’émission est
conditionnelle.
Les montants des résultats par action ne sont pas ajustés pour tenir compte de telles
transactions survenant après la date de clôture car ces transactions n’affectent pas le
montant du capital utilisé pour générer le résultat de la période.
Les instruments financiers et autres contrats générant des actions ordinaires potentielles
peuvent comporter des caractéristiques et conditions affectant l’évaluation du résultat de
base et du résultat dilué par action. Ces modalités peuvent déterminer si des actions
ordinaires potentielles sont ou non dilutives et, si tel est le cas, l’effet sur le nombre moyen
pondéré d’actions en circulation et tous ajustements liés sur le résultat attribuable aux
porteurs d’actions ordinaires.
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Si une entité fournit, outre ses résultats de base et dilué par action, des montants par
action en utilisant une composante présentée au compte de résultat, autres que ceux
imposés par IAS 33, ces montants doivent être calculés en utilisant le nombre moyen
pondéré d’actions ordinaires déterminé selon IAS 33. Les montants de base et dilué par
action relatifs à une telle composante doivent être indiqués avec la même importance et
présentés dans les notes aux états financiers. Une entité doit indiquer la base de
détermination du (des) numérateur(s), et notamment si les montants par action
s’entendent avant impôt ou après impôt. Si l’entité utilise une composante du résultat qui
n’est pas présentée comme un poste du compte de résultat, elle doit fournir un
rapprochement de la composante utilisée avec un poste présenté dans le compte de
résultat.
Données
La société XYZ avait au 1er janvier 2002 un capital de 3.000.000 actions de nominal 50 UM
(dont 450.000 actions à dividende prioritaire sans droit de vote). Le 1er avril 2002, elle a racheté
10.000 de ses actions ordinaires, actions qui ont été distribuées au personnel le 1er juillet 2003.
Le 1er septembre 2003, elle a réalisé les opérations suivantes :
- attribution de 600.000 actions gratuites aux actionnaires anciens ;
- émission de 1.000.000 actions nouvelles (dont 150.000 à dividende prioritaire) ;
- émission d’un emprunt de 500.000 obligations convertibles en actions de 100 UM au taux de
6%, la conversion pouvant se faire à partir de 2003 à raison de 2 actions ordinaires pour 5
obligations ;
- émission d’un emprunt de 500.000 obligations à bons de souscription d’actions (OBSA) de
100 UM au taux de 5%, chaque lot de 10 bons permettant la souscription d’une action
nouvelle lors d’une prochaine augmentation de capital. Sans bon de souscription, le taux
d’intérêt eût été de 6%.
Le taux d’intérêt statutaire pour les actions ordinaires est de 6%, il est de 7,5% pour les actions à
dividende prioritaire sans droit de vote.
Le montant du bénéfice net de 2002 est de 27.247.500 UM, celui de 2003 est de 35.175.000 UM.
La quote-part de superdividende et de droit aux réserves revenant aux actions à dividende
prioritaire est de 6 UM en 2002 et 5 UM en 2003.
Questions
Le résultat de base par action est donc de : 30.300.000 / 3.428.333 = 8,838 UM.
2) Le bénéfice de 2003 attribuable aux actionnaires ordinaires est égal au résultat net après
déduction des dividendes préférentiels, soit 30.300.000, ajusté des intérêts comptabilisés au
cours de l’exercice pour les actions potentielles dilutives, soit 500.000 x 100 x 6% x 4/12 x
65% = 650.000 (obligations convertibles) et de tous changements dans les produits et les
charges qui résultent de la conversion des actions ordinaires potentielles (par les bons de
souscription), soit 500.000 x 100 x (6% - 5%) x 4/12 x 65% = 108 333, ce qui donne un total
de 31.058.333 UM.