Croise Anter
Croise Anter
Les évolutions techniques et scientifiques dans le domaine de la chirurgie du ligament croisé antérieur
(LCA) ont été nombreuses au cours des dernières décennies. L’arthroscopie, le choix du transplant, les
moyens de fixation ainsi qu’une meilleure interprétation anatomique ont permis aux techniques de
reconstruction du LCA de devenir fiables et reproductibles. Les différentes expérimentations in vitro ainsi
que les résultats cliniques à moyen et long terme disponibles actuellement ont également participé à la
généralisation de ces techniques. Néanmoins, tant pour la chirurgie de première intention que pour les
reprises, il est essentiel de connaître tous les éléments qui interviennent dans la réalisation d’une
reconstruction du LCA et de maîtriser plusieurs techniques afin d’adapter au mieux la chirurgie au
patient, à sa laxité et aux événements peropératoires. Nous ne traitons que la reconstruction du LCA de
première intention chez l’adulte à physes fermées. Dans ce domaine, la reconstruction du LCA
monofaisceau sous arthroscopie est actuellement la référence de traitement. Les reprises de chirurgie du
LCA posent d’autres difficultés, tout comme le traitement des lésions du LCA chez l’enfant qui n’est pas
abordé. Le traitement des ruptures partielles n’étant qu’au stade de démembrement n’est pas développé.
Cette motivation constante d’optimisation des résultats, une connaissance approfondie de la
biomécanique du genou, ainsi que l’analyse des échecs des reconstructions du LCA ont conduit à
l’émergence de nouvelles techniques de reconstruction dites « bifaisceau ». Les bons résultats in vitro et
cliniques à court terme nécessitent d’être confirmés, et les indications nécessitent d’être précisées.
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peu plus pour le tendon quadricipital car c’est une greffe Moyens de fixation
hybride (os-os et os-tendon). La fixation et l’incorporation des
allogreffes sont plus longues. Chaque transplant présente sa La fixation des greffes utilisées en chirurgie de reconstruction
propre morbidité : douleur antérieure, fracture de rotule, déficit du LCA est aussi un élément déterminant de la reconstruction.
musculaire du quadriceps et des ischiojambiers, zone d’hypoes- Dans les premières semaines postopératoires, la fixation de la
thésie, élargissement des tunnels (effets « essuie-glace » et « saut greffe constitue le point faible de la reconstruction. Après une
à élastique » délétères pour les tendons de la patte-d’oie). La période où seule la fixation mécanique maintient la greffe en
morbidité du site de prélèvement semble moindre pour les place, le relais est pris par la fixation biologique. D’autre part,
ischiojambiers que pour le prélèvement rotulien, mais elle n’est plus que le mode de fixation isolé, il est plus intéressant de
pas nulle. Les douleurs antérieures du genou, observées entre considérer le couple mécanique formé par le greffon et sa
12 % et 50 % des cas après utilisation de l’appareil extenseur, fixation. Pour un même couple (greffe + fixation), le comporte-
sont également observées après ligamentoplastie au gracilis et ment biomécanique est différent si l’on s’intéresse au tunnel
demi-tendineux [2]. La récupération musculaire quadricipitale est tibial ou au tunnel fémoral. Et ce pour deux raisons qui sont :
plus rapide après prélèvement ischiojambier et la fonction une résistance mécanique spongieuse fémorale supérieure et une
globale des ischiojambiers semble peu modifiée. Cependant le orientation des forces d’arrachement différente en proximal et
déficit des ischiojambiers n’est pas nul (déficit de rotation en distal. Notons finalement que les caractéristiques bioméca-
interne de 8 % et des fléchisseurs de 18 % en concentrique) [13] niques de l’os spongieux varient avec l’âge. Ainsi, la fixation de
et peut intervenir dans la gêne résiduelle pour certains sports. la greffe doit prendre en considération tous ces paramètres.
Après 1 an, il n’existe plus aucune différence en termes de L’étude de la fixation comporte deux aspects : les données
force musculaire. Enfin, les séries cliniques comparatives mécaniques avec les propriétés statiques et dynamiques des
présentées ainsi que les méta-analyses n’ont pas mis en évi- différents moyens de fixation et les données biologiques qui
dence de différences fonctionnelles majeures. En 2004, nous prennent le relais après la fixation primaire.
rapportions les résultats d’une méta-analyse portant sur les
études prospectives avec plus de 2 ans de recul [2]. Dix-sept Évolution biologique de la fixation du transplant
études ont rempli nos critères d’inclusion, soit 1 594 trans- De nombreux auteurs ont rapporté leurs constatations sur des
plants. Onze études seulement comparaient le tendon rotulien expérimentations animales. L’ensemble de ces études montre
versus les tendons ischiojambiers à quatre faisceaux. La méta- une fixation biologique plus précoce avec un transplant
analyse des études qui comparaient le tendon patellaire versus os-tendon-os qu’avec un transplant purement tendineux.
les tendons ischiojambiers à deux faisceaux donnait une Rodeo [17] ne montrait plus d’arrachement dans le tunnel après
différence significative très en faveur du ligament patellaire pour le 2e mois postopératoire en testant un tendon extenseur dans
tous les critères étudiés. En revanche, pour l’analyse comparant un tunnel osseux. Dans un autre modèle animal, Grana et
le tendon patellaire aux tendons ischiojambiers à quatre al. [18] ont montré que la rupture d’un transplant aux ischio-
faisceaux, la reprise du sport au même niveau, les résultats jambiers se situe dans la portion intra-articulaire et non plus
subjectifs, le score IKDC laxité, le nombre d’échecs et le score dans le tunnel dès la 3e semaine postopératoire. Tomita [19] a
global IKDC n’étaient pas différents statistiquement entre les montré que la consolidation osseuse est acquise à la 3e semaine
deux types de transplants. Les douleurs antérieures du genou pour un transplant au tendon rotulien fixé par suture sur vis
sont retrouvées quelle que soit la greffe utilisée, mais elles sont alors que des fibres de Sharpey n’apparaissent qu’au 3e mois
statistiquement plus fréquentes 2 ans après utilisation du pour une plastie aux ischiojambiers. La résistance de la plastie
ligament patellaire (19 %) qu’avec le DIDT (gracilis demi- aux ischiojambiers n’est que de 45 % de celle du tendon
tendineux × 4) (15 %) (risque relatif [RR] = 0,73 ; intervalle de rotulien à 3 semaines, et 85 % à 6 semaines postopératoires. Des
confiance [IC] : 0,53-1,00). Ainsi, pour la reconstruction du observations faites par endobouton ou vis d’interférence ont
LCA, la greffe libre des tendons de la patte-d’oie à quatre montré qu’un contact serré os-tendon est favorable à l’intégra-
faisceaux ou du ligament patellaire est une méthode efficace. Le tion de la greffe.
choix de la greffe est important, mais d’autres paramètres
interviennent dans la qualité du résultat : les lésions associées, Différents types de fixation
le positionnement du transplant, la position des tunnels, le type
et l’importance de la laxité initiale, le protocole rééducatif. Le La résistance de la fixation dépend de la surface d’os en
transplant le plus utilisé reste encore de peu le ligament contact avec la greffe, du moyen de fixation et du type de greffe
patellaire, et les ischiojambiers avec quatre brins ont une utilisé. Les moyens de fixation disponibles pour le chirurgien
utilisation très répandue. Il est important pour chaque chirur- sont multiples : press-fit, vis d’interférences (métalliques,
gien de connaître les avantages et limites de chaque greffe afin résorbables, voire même recouvertes d’hydroxyapatite), endo-
d’adapter son indication et sa technique chirurgicale au cas par bouton, sutures appuyées sur agrafes ou sur vis et rondelle,
cas en fonction du patient, de ses besoins et des difficultés rondelle à picots maintenue par une vis, TransFix®. Ils sont
rencontrées lors de l’intervention proprement dite. Une compli- classés en trois catégories selon leur situation par rapport à
cation rare peut survenir quel que soit le transplant utilisé, c’est l’orifice intra-articulaire du tunnel osseux : proximale ou
la chute du transplant en dehors de la table chirurgicale. Elle est anatomique, intermédiaire ou centrale et distale (Fig. 1).
redoutée de tous, et peut être prévenue par une technique de Les systèmes d’ancrage direct intraspongieux (dit également
prélèvement et une préparation soigneuse. Goebel [14] a obtenu proximal ou anatomique) sont représentés par les vis d’interfé-
100 % de stérilisation du transplant par immersion pendant rences métalliques ou résorbables. Ces systèmes permettent une
30 minutes dans une solution de chlorhexidine à 4 % puis dans fixation proche de l’interligne articulaire, tant au fémur qu’au
une association de gentamicine (0,1 %), polymyxine (0,1 %) et tibia. Certains auteurs ont proposé, lors de l’utilisation d’un
clindamycine (0,05 %). Molina [15], dans un travail expérimen- transplant os/tendon/os, une fixation fémorale uniquement en
tal, a constaté qu’après un contact de plus de 15 secondes avec press-fit ; cela est rendu possible par un prélèvement d’une
le sol, le transplant était contaminé dans seulement 58 % des baguette osseuse conique et un creusement du tunnel fémoral
cas. In vivo, Casalonga [16] a obtenu 100 % de stérilisation en de dehors en dedans. La limite élastique en résistance de la
utilisant une méthode antiseptique locale associée à une fixation en traction axiale est de 400 à 500 N. Les vis compri-
couverture antibiotique pendant 8 jours. Durant l’intervention, ment la cheville osseuse ou la greffe contre la paroi du tunnel
le protocole de stérilisation utilise : rifampicine (0,8 mg/ml) et permettent ainsi une consolidation directe. Au tibia, l’Intra-
pendant 10 minutes puis gentamicine (0,6 mg/ml) pendant Fix® est un implant à expansion qui plaque les tendons contre
10 minutes et ensuite rinçage dans une solution saline. Ainsi, la paroi une fois introduit dans le tunnel tibial.
quatre cas ont été traités avec ce protocole et au recul moyen Les systèmes intermédiaires ou corticospongieux sont repré-
minimal de 1 an, aucun d’entre eux ne présente de signes sentés par le RigidFix®, TransFix®, ou Bone Mulch™ Screw. Le
septiques. Les résultats cliniques sont identiques à ceux d’une point de fixation est situé entre la corticale et l’orifice articulaire
plastie sans complication. à la partie médiane des tunnels. La limite élastique en résistance
Figure 2. Conséquence de
l’insuffisance de rigidité de
la greffe : effet « saut à l’élas-
tique » (A) et effet « essuie-
glace » (B).
Tableau 2.
Résultats des différentes études randomisées comparant la reconstruction du ligament croisé antérieur par technique monofaisceau (MF) et par technique
bifaisceau (BF).
Auteurs Année Nombre de cas Recul (mois) Résultats cliniques Translation Ressaut
de publication MF/BF antéropostérieure
deux faisceaux antéromédial et postérolatéral qui sont recons- Il faut garder à l’esprit que la multiplication des faisceaux ne
truits, cependant Shino [33] reconstruit un troisième faisceau paraît pas anodine. Outre l’augmentation des coûts de la
intermédiaire. Le développement de ces techniques est essen- reconstruction liée à l’augmentation du nombre de fixation
tiellement dû à l’utilisation des tendons de la patte-d’oie même ainsi que l’allongement de la durée opératoire, de nouvelles
si une technique composite (patte-d’oie et tendon rotulien) a complications pourraient voir le jour : majoration des conflits
été décrite [29]. Quel est actuellement le support scientifique dans l’échancrure, nécrose condylienne, fracture entre les
clinique et biomécanique des reconstructions à deux faisceaux ? tunnels fémoraux, majoration des problèmes de révision liés a
De nombreuses études cadavériques ont rapporté la supériorité l’élargissement des tunnels [46].
des reconstructions à deux faisceaux en termes de réduction de Ainsi, bien que la reconstruction bifaisceau du LCA soit
la translation tibiale antérieure et/ou de la laxité rotatoire [34]. séduisante afin de pallier aux insuffisances de la reconstruction
Tashman [35], Georgoulis [36], Colombet [37], Seon [38] ont même monofaisceau, il est essentiel de maîtriser parfaitement la
rapporté une meilleure stabilisation en pratique clinique. technique monofaisceau avant de débuter la technique à deux
Cependant, d’autres études restent contradictoires. Monaco et faisceaux. En 2008, dans l’état actuel des connaissances scienti-
al. [39] rapportaient en 2008 une étude comparant le contrôle de fiques, la reconstruction du LCA par autogreffe intra-articulaire
la laxité mesuré par navigation peropératoire après reconstruc- isolée reste la référence [1]. Cependant l’intérêt grandissant pour
tion monofaisceau associée à un retour externe, à la reconstruc- la technique double faisceau nécessite la description de sa
tion bifaisceau. Les auteurs concluaient en faveur du retour technique. De nouvelles techniques sont publiées très
externe qui procurerait un meilleur contrôle de la rotation régulièrement.
interne que le faisceau postérolatéral. Les publications concer-
nant les reconstructions bifaisceaux sont nombreuses. Il n’existe
pas de consensus aux regards des différentes techniques propo- ■ Reconstruction du ligament
sées (choix du greffon, position des tunnels, position de
fixation, mode de fixation). Les études cliniques randomisées croisé antérieur monofaisceau
comparant les deux techniques sont au nombre de sept, les sous arthroscopie
principaux résultats sont résumés dans le Tableau 2 [27, 40-45]. Il
illustre très bien la controverse sur la reconstruction à deux La reconstruction du LCA est un geste chirurgical orthopédi-
faisceaux et ses indications. Meredick et al. [34] ont rapporté en que articulaire qui nécessite des précautions d’usages communes
2007 une méta-analyse comparant ces deux modes de recons- à toute intervention. L’apprentissage est long et même entre des
truction. Les auteurs concluaient en la supériorité des recons- mains expérimentées, des complications et des difficultés
tructions bifaisceaux en termes de contrôle de la laxité opératoires peuvent survenir. D’où l’importance de connaître et
antéropostérieure, et en une équivalence du taux de ressaut maîtriser toutes les possibilités techniques afin d’adapter la
observé entre ces deux techniques. Même si des différences .
technique opératoire aux événements. Cette intervention doit
peuvent être notées en faveur de la reconstruction bifaisceau, s’effectuer dans un environnement adapté. Les principes
quelles en sont leurs réelles significations en pratique clinique ? généraux de prise en charge sont détaillés.
Préparation de l’opéré
La préparation débute la veille ou le matin même de l’inter-
vention, par une douche à l’aide d’un produit antiseptique. Le
rasage de l’ensemble du membre n’est plus réalisé, au profit
d’une dépilation (à la tondeuse, par exemple) la plus économe
possible. En effet, elle n’est réalisée qu’en cas de pilosité
importante, et en regard des zones d’incisions potentielles
uniquement. Un premier badigeonnage antiseptique est appli-
qué avant l’entrée en salle d’intervention, puis un dernier
badigeonnage est effectué juste avant le champage. Celui-ci est
simplifié aujourd’hui par le drapage non tissé à usage unique
spécifique d’extrémité inférieure (avec une perforation unique
en son milieu, et si possible un collecteur d’eau, pour éviter les
fuites de liquides au sol). Enfin, un plastique adhésif (avec ou
sans antiseptique) est apposé après avoir découpé le jersey
autour de la zone de travail.
Figure 6. Tunnel fémoral de dedans en dehors à travers le tunnel tibial (technique des tunnels dépendants).
A. Objectif à atteindre.
B, D. Moyens pour atteindre ce point. Adaptation de la flexion (B). Prudence en extension car risque pour les parties molles postérieures (D).
C. Radiographie de profil montrant les limites de la technique sur un genou à 100° de flexion.
l’aponévrose du sartorius dans son axe longitudinal au-dessus traction pendant ces temps réalise un préconditionnement pour
des deux tendons. Chacun d’eux est séparé de l’aponévrose du allonger le greffon dont l’élasticité est plus importante que celle
couturier. Il est plus facile de les repérer proximalement car à d’un prélèvement rotulien.
l’insertion distale, les deux tendons sont aplatis et confondus. Deux types de préparation sont décrits et souvent utilisés : un
Il est plus simple de les isoler assez loin du point de fixation transplant à quatre brins est réalisé : deux du gracilis et deux du
osseuse sur le tibia, à environ 3 à 4 cm. Chaque tendon est mis demi-tendineux. Le transplant est alors replié en U sur la boucle
sur un lacs en tissu. De haut en bas, on met sur dissecteur le d’un fil tracteur proximal. Deux sutures étagées vont solidariser
gracilis puis le demi-tendineux. les deux jambes du transplant pour aboutir à une structure
La traction dans l’axe permet une dissection aux petits unique au moins dans le segment proximal destiné aux tunnels
ciseaux libérant les tendons du tissu graisseux et des expansions, (sur environ 30 mm) (Fig. 10). La vis d’interférence n’a ainsi pas
tendance à dissocier les différents faisceaux. Une autre solution
en particulier celles reliant le bord inférieur du demi-tendineux
est de faufiler seulement une des extrémités des quatre faisceaux
à l’aponévrose du soléaire. Le prélèvement utilise un stripper
et pour l’autre côté, les brins sont faufilés deux à deux. Les deux
ouvert dans lequel le gracilis puis le demi-tendineux sont passés
tendons sont repliés directement sur le mode de fixation quand
et maintenus sous tension par traction manuelle. Ce stripper est
il s’agit d’un endobouton. Ainsi, la technique dépend du mode
poussé de façon insistante et progressive sur chaque tendon,
de fixation ultérieur. D’autres préparations sont possibles ; il a
sans à-coup brutal, en s’assurant de bien rester dans l’axe été proposé d’adjoindre une barrette osseuse pour améliorer la
longitudinal du muscle afin d’éviter une section transversale du fixation ou bien d’utiliser une greffe de plus gros diamètre avec
tendon. Une fois le tendon strippé, la libération s’effectue un transplant qui comporte cinq ou six brins.
facilement par une légère traction. Il ne reste alors qu’à détacher Après préparation, un greffon de 10 à 12 cm de long est
l’insertion distale commune de la crête tibiale en utilisant une obtenu, assez long pour une double fixation tibiale. Quant au
rugine et un bistouri. Il est ainsi possible de gagner 1 cm de calibre final, il est en moyenne de 7 à 9 mm, exceptionnelle-
tendon supplémentaire pour le futur transplant. ment 10 mm. Le greffon ainsi que ses deux extrémités sont
Une fois le transplant prélevé, nous repérons l’orifice distal calibrés afin d’adapter la taille des tunnels. La partie la plus fine
du tunnel tibial. Le périoste est incisé en L inversé, 3 cm sous correspond au tunnel fémoral. Il est alors laissé en traction
l’interligne articulaire, au-dessus de l’insertion de la patte-d’oie. continue (15 à 20 N) sur un ancillaire spécifique et protégé par
Un prétrou est réalisé à la pointe carrée. une compresse discrètement humide.
La préparation débarrasse les tendons des fibres musculaires
restantes, souvent à l’aide du ciseau de Metzenbaum. Ils sont Temps arthroscopiques
respectivement mesurés : le gracilis est plus grêle et plus court Voies d’abords
de 20 à 30 mm que le demi-tendineux plus épais. Ils mesurent
Les deux voies d’abord arthroscopiques sont réalisées : une
entre 22 et 26 cm.
voie intermédiaire antérolatérale qui doit être extrêmement
Plusieurs paramètres vont intervenir dans le mode de prépa-
proche du tendon rotulien pour offrir une vue suffisante sur
ration de la greffe. La longueur et le diamètre des greffes, le
la face axiale du condyle, et une voie intermédiaire antéromé-
mode de fixation retenu par l’opérateur, le type de chirurgie : diale au bord médial du tendon rotulien qui est la voie
greffe isolée du LCA ou associée avec une plastie de reconstruc- instrumentale.
tion du ligament collatéral médial. Les extrémités du montage
sont faufilées avec un fil résorbable (Vicryl® 1) qui sert de .
Repérage et forage des tunnels
tracteur. Accolés et maintenus conjointement à leurs extrémités La réalisation du tunnel tibial est sans spécificité et le forage
soit par un forceps, soit par un ancillaire dédié que nous du tunnel fémoral peut se faire de différentes façons.
utilisons de façon systématique, ils sont suturés l’un à l’autre à Pendant le temps arthroscopique, une canule d’évacuation
l’aide de quelques points de fil résorbable (Vicryl® 2/0). Le supplémentaire améliore la vision intra-articulaire. Le repérage
maintien par l’aide ou un ancillaire spécifique d’une bonne des orifices articulaires ainsi que le creusement des tunnels
sont passées sur deux endoboutons. Les quatre tunnels débou- Les pieds peuvent dépasser de 20 cm de la table, ce qui permet
chent à l’intérieur de l’empreinte fémorale et tibiale du croisé à l’opérateur de se placer en bout de table et ainsi avoir le
natif. La fixation tibiale se fait avec deux vis d’interférence genou en face, ce qui est plus ergonomique. Une incision de
résorbables à 90° de flexion pour le faisceau antéromédial et 20° 3 cm est réalisée en regard et au-dessus des tendons qui sont
de flexion pour le postérolatéral [32, 60, 62]. D’autres auteurs palpés en percutané ou bien à 4 cm en dessous de l’interligne
proposent d’utiliser des allogreffes de tibialis antérieur lorsque fémorotibial médial et 2,5 cm en dedans du centre de la
les tendons sont insuffisants, ou même quadruplent les tendons tubérosité tibiale antérieure. Le fascia superficialis est incisé
pour obtenir un diamètre satisfaisant. La fixation se fait par horizontalement 3 à 4 mm au-dessus des tendons. Un premier
endoboutons fémoraux et vis d’interférence et agrafe ou sutures tendon apparaît légèrement ondulé, c’est le gracilis. Il est
nouées sur une vis extérieure au tunnel [63, 64] . Une autre accroché à l’aide d’une pince recourbée et tracté à l’extérieur de
technique utilise le demi-tendineux en quatre brins avec un l’incision. On réalise alors une dissection progressive, de distal
endobouton et une bande de polyester et le gracilis en deux en proximal, en repérant les expansions aponévrotiques (ou
brins de la même manière. Les bandes de polyester sont fixées vinculae) à l’aide d’un stripper. On va alors prélever l’ensemble
à l’extérieur du tunnel tibial par une agrafe [59]. du tendon. Les voies d’abord arthroscopiques sont placées de
part et d’autre du tendon rotulien, au ras de la rotule.
Installation et voies d’abord
Préparation des greffons
Le patient est en décubitus dorsal avec un garrot pneumati-
que placé à la racine du membre, le plus haut possible. Un Les tendons sont alors débarrassés du tissu musculaire restant,
appui distal et un appui latéral assurent le maintien du membre à l’aide d’un ciseau de mayo. Ils peuvent être alors soit préparés
inférieur en position fléchie à 90°. Le genou est libre, il peut in situ après passage dans un endobouton soit sur un graft
être placé en extension ou en flexion complète, au moins 120°. master. Ils sont ensuite faufilés au fil résorbable n° 1 et calibrés.
Figure 13. Technique à quatre tunnels : positionnement et réalisation des tunnels fémoraux avec un ancillaire adapté (A à D).
La longueur de l’endobouton peut être calculée en fonction de tunnel est alors percé puis élargi au diamètre de la greffe
la longueur du tunnel fémoral ; elle est généralement comprise postérolatérale et un fil tracteur d’attente est passé. Les deux
entre 25 et 30 mm pour le demi-tendineux et 15 mm pour le tunnels sont alors inclus dans l’empreinte initiale du LCA [55].
gracilis.
.
Tunnels tibiaux
Positionnement des tunnels et viseurs On procède de la même manière en perçant d’abord le tunnel
antéromédial à l’aide d’un viseur traditionnel (Fig. 14).
Tunnels fémoraux
Le positionnement se fait par rapport aux fibres restantes du
Les tunnels sont placés en position anatomique (Fig. 13). On LCA, en prenant soin de se placer en avant et en dedans de
utilise un viseur prenant appui sur la corticale postérieure du l’empreinte. On perce puis on élargit le tunnel au diamètre de
condyle latéral et plaçant le tunnel 4 mm en avant. Il est placé la greffe antéromédiale. On va alors utiliser un viseur spécial
en position horaire à 10 heures 30 ou 11 heures pour un genou postérolatéral qui est équipé d’un embout au calibre de la greffe
droit (13 h/13 h 30 pour un genou gauche), ceci genou fléchi à antéromédiale. Le guide est poussé de manière à ce qu’il affleure
90°. Puis le genou est fléchi progressivement jusqu’à atteindre l’orifice intra-articulaire. Cet embout est muni d’une encoche
au moins 120°, on peut alors percer un premier tunnel antéro- qui détermine l’émergence du tunnel postérolatéral dans
médial fémoral avec une mèche de 4,5 mm. On place alors dans l’articulation. On fait alors pivoter le guide autour de son axe,
ce tunnel une longue broche munie d’un chas et on perce un de manière à orienter la gorge vers l’épine antéro-interne du
tunnel borgne de 4 cm de long au diamètre de la greffe anté- plateau tibial, afin que le tunnel postérolatéral tibial arrive au
romédiale. Un fil tracteur est placé en attente. On va alors ras de celle-ci. On peut alors percer le tunnel postérolatéral
utiliser des viseurs spéciaux afin de percer les tunnels postéro- tibial qui a une divergence de 15° par rapport au tunnel
latéraux en bonne position. On insère alors un guide postéro- antéromédial et respecte un pont osseux de 2 mm entre les
latéral équipé d’un embout au diamètre identique ; il permet de tunnels.
créer un tunnel de diamètre 4,5 mm et de 15° de divergence,
respectant un pont osseux de 2 mm entre les deux tunnels. On Tension des faisceaux et fixation
fait alors pivoter la poignée du guide afin de placer la pointe de Les fils sont récupérés dans l’échancrure et passés à travers les
la mèche à 3 mm du bord cartilagineux du condyle latéral. Le deux tunnels tibiaux. Il est recommandé d’utiliser des fils de
couleur différente. On passe d’abord le gracilis dans le tunnel 8 mm longueur 25 mm, en maintenant une traction manuelle
postérolatéral, on vérifie alors que l’endobouton soit bien sur la greffe. Le genou est alors replacé à 90° de flexion et l’on
accroché (il ne bascule plus lorsqu’il est plaqué contre la passe le demi-tendineux dans les tunnels antéromédiaux.
corticale) (Fig. 15). On cycle la greffe avec plusieurs mouve- L’endobouton est accroché et la greffe est fixée dans cette
ments de flexion-extension permettant d’éliminer toute élonga- position, à l’aide d’une vis d’interférence résorbable surdimen-
tion secondaire [65, 66] puis on fixe ce faisceau à 20° de flexion sionnée (9 mm de diamètre pour les greffes de 6,5, 7 et 7,5, et
du genou, avec une vis d’interférence résorbable de diamètre 10 mm pour les greffes de diamètre supérieur). La longueur de
la vis doit être optimisée de manière à remplir les trois quarts corriger le tiroir antérieur. Parmi ces techniques, la plus connue,
du tunnel. On vérifie alors le bon fonctionnement des greffes la plus ancienne et actuellement la plus utilisée est celle décrite
et en particulier tout conflit avec le mur médial du condyle par Marcel Lemaire en 1967 [69, 70]. Les indications d’une plastie
latéral. On procède à un remodelage de l’échancrure si antéroexterne associée à une plastie intra-articulaire sont très
nécessaire. variables d’un opérateur à l’autre. Le type de sport pratiqué,
l’importance de la laxité jugée sur le test de Lachman clinique
Trucs et astuces et radiologique et l’amplitude du ressaut en rotation interne
Le prélèvement des tendons doit se faire très soigneusement. sont les facteurs de la décision. Bien que les avis divergent, il
Il est recommandé d’utiliser un stripper fermé mousse. Ce semble qu’une telle association réduise le pourcentage de ressaut
prélèvement permet une préparation en trois brins de l’une ou résiduel et puisse protéger le transplant intra-articulaire [71, 72].
des deux greffes. Une bandelette tressée de polyester est placée Les indications de la plastie de Lemaire isolée sont rares,
en boucle du côté opposé à l’endobouton. Le forage du tunnel limitées à certaines ruptures partielles du LCA ou pour contrôler
fémoral antéromédial doit se faire dans le plan le plus sagittal le ressaut chez des patients âgés et peu sportifs. Le principe de
possible car le tunnel postérolatéral en dépend. En effet si le cette intervention est d’adjoindre à la ligamentoplastie intra-
tunnel antéromédial est plus latéral, le tunnel postérolatéral se articulaire une ténodèse latérale qui court du condyle latéral
trouve décalé vers l’interligne articulaire et de ce fait beaucoup fémoral au tubercule de Gerdy, parallèlement au transplant
plus court, ne laissant alors que très peu de tendon dans le intra-articulaire pour :
tunnel. Dans ce cas, on peut tout de même corriger l’erreur en • limiter la translation antérieure du compartiment latéral ;
utilisant un endobouton dit « direct » sans boucle tressée. Le • limiter le ressaut antérolatéral ;
tendon passe directement dans l’endobouton. Si l’on perfore la • protéger le transplant intra-articulaire pendant le processus de
corticale externe fémorale du tunnel antéromédial au diamètre ligamentisation.
de la greffe, ce qui peut compromettre sa fixation, on peut Plusieurs techniques sont à la disposition du chirurgien :
utiliser un endobouton spécial de rattrapage. Le tunnel antéro-
technique de Mac Intosh modifiée, plastie aux ischiojambiers,
médial tibial doit être débuté à 1 cm de la tubérosité tibiale
ténodèse avec le fascia lata [73].
antérieure afin que le tunnel postérolatéral ne soit pas trop
postérieur car c’est une zone très corticalisée qui rend difficile
le passage de la vis de fixation. Lorsque les greffes sont triplées, Technique de Mac Intosh modifiée
elles peuvent s’avérer un peu courtes et compromettre la C’est à Mac Intosh que revient l’idée originale de la techni-
fixation par vis d’interférence. On peut alors fixer la bande de que. Introduite en France depuis la fin des années 1970, elle a
polyester par une agrafe ou bien nouer les deux bandes de ensuite inspiré de nombreux auteurs, qui en ont dérivé plusieurs
polyester ensemble. variantes. Dans les années 1990, Lerat modifie la technique
originelle de Mac Intosh qu’il appela Mac Injones [74]. Nous
Technique à cinq tunnels utilisons cette technique lorsque nous sommes amenés à réaliser
L’auteur utilise le gracilis pour le faisceau postérolatéral en une plastie extra-articulaire latérale (PEAL) associée à la liga-
deux brins et perce un troisième tunnel tibial pour recevoir un mentoplastie intra-articulaire.
des deux brins du demi-tendineux pour reconstruire le faisceau Prélèvement
intermédiaire qui se situe juste en dehors du tunnel
antéromédial [33]. La voie d’abord antéroexterne permet le prélèvement d’un
transplant libre comprenant : une baguette de tubérosité tibiale
antérieure (plus courte que pour un prélèvement standard, afin
■ Ligament croisé antérieur . de permettre le passage au fémur), le tiers moyen du tendon
rotulien, une baguette rotulienne et 9 cm de la partie superfi-
et navigation cielle du tendon quadricipital.
La chirurgie assistée par ordinateur améliore la reproductibi- Le prélèvement soigneux de la partie quadricipitale du
lité du positionnement des tunnels [67] et permet de quantifier transplant évite l’ouverture du cul-de-sac sous-quadricipital. La
la laxité antérieure et rotatoire avant et après le geste de baguette rotulienne enlève le surtout prérotulien associé à une
reconstruction ligamentaire. Avec la navigation, Colombet [68] a baguette osseuse triangulaire à la coupe sur toute la hauteur de
pu apprécier avant et après la reconstruction : la laxité anté- la patella. Par la même voie d’abord, on réalise un décollement
rieure avec le test de Lachman, la stabilité rotatoire avec le pivot externe jusqu’au fascia lata, qui est incisé longitudinalement,
shift. La navigation lui permet aussi d’apprécier et de rechercher permettant le repérage du tubercule condylien externe. On
les points fémoral et tibial qui permettent de définir la repère ensuite le ligament collatéral latéral. Un fil tracteur,
meilleure isométrie du transplant. C’est un matériel qui lui habituellement en acier, passé dans la baguette tibiale, permet
permet de dire si les points anatomiques choisis lors du geste le passage du transplant de dehors en dedans, tandis que
chirurgical sont optimaux pour les critères cinématiques qu’il l’extrémité libre du tendon quadricipital est faufilée au Vicryl.
considère comme étant essentiels. La navigation ne lui impose
pas le choix des points fémoral et tibial. La difficulté de mise Forage des tunnels
en œuvre, le coût, la courbe d’apprentissage propre à toute Le tunnel tibial est creusé selon les modalités habituelles à
chirurgie assistée par ordinateur en font encore actuellement partir d’un point situé au niveau de l’implantation du greffon
une technique en évaluation mais qui à l’avenir doit aider sur la tubérosité tibiale antérieure. Le tunnel fémoral est réalisé
certainement à préciser les options chirurgicales. à l’aide d’un viseur. Son orifice externe est centré sur une
mèche-guide juste en dessous et en arrière de l’insertion
■ Gestes associés proximale du ligament collatéral latéral. Son orifice intra-
articulaire est situé à l’insertion la plus postérieure du LCA sans
Il faut distinguer deux types de gestes : les plasties extra- effondrer la corticale postérieure. Un calibre supérieur de 1 mm
articulaires [69] et les ostéotomies tibiales (de déflexion et de par rapport au transplant en facilite le passage quitte à complé-
valgisation). ter la fixation dans cette portion du trajet à l’aide d’une vis
d’interférence.
Plasties extra-articulaires associées Passage et fixation du greffon
aux plasties intra-articulaires La greffe est passée de fémoral en tibial comme dans la
Pour certains, il est nécessaire d’ajouter une ténodèse latérale technique de dehors en dedans. Le transplant rotulien est fixé
qui corrige le ressaut rotatoire interne ou pivot shift sans à l’aide d’une vis d’interférence résorbable dans le tunnel
condylien externe, de façon à ne pas entraîner de conflit avec Technique de ténodèse latérale utilisant le fascia
les autres structures articulaires. Après mise en tension vers le lata
bas du transplant à l’aide des fils tracteurs de la baguette tibiale,
le transplant est fixé dans le tunnel tibial par une vis d’interfé- Initialement, elle fut décrite par Lemaire et Chassaing dans
rence résorbable. Dans certains cas, si une double fixation un autre article de l’EMC [69], elle fut également détaillée par
s’avère nécessaire, le fil tracteur en acier est appuyé sur une vis Christel plus récemment [73].
corticale type Maconor diamètre 5.
Indications
Fixation de la plastie externe
Expérimentalement, sur genou cadavérique, ces plasties sont
La portion quadricipitale est passée sous le ligament collatéral
efficaces sur le ressaut, diminuant de 43 % les contraintes sur
latéral, puis mise en tension et fixée dans un « bec de canard »
le LCA [72]. Cependant, les techniques de PEAL sont nombreu-
dans le tubercule de Gerdy (réalisé aux ciseaux à os). La fixation
est assurée grâce à une agrafe, genou fléchi à 90°, pied en légère ses, souvent non isométriques et ont une morbidité propre. Il
rotation externe. n’existe pas d’argument scientifique objectif déterminant pour
une PEAL [76]. C’est pourquoi nous réalisons toujours une plastie
de reconstruction intra-articulaire du LCA et rarement, voire
Plastie intra-articulaire utilisant le ligament jamais une ténodèse latérale associée. Selon les dernières
patellaire et plastie extra-articulaire recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) en
au demi-tendineux 2008 [1], il n’y a pas d’indication à une ténodèse latérale isolée
Prélèvement des transplants qui n’est pas en mesure de stabiliser fonctionnellement et
objectivement le genou. Elle ne peut se concevoir qu’en
Le prélèvement du tendon rotulien est strictement identique association à une plastie intra-articulaire. Les études comparati-
à la technique décrite dans le chapitre « reconstruction du LCA ves permettent de conclure sur l’absence d’indication d’une
au tendon rotulien ». Seule l’incision cutanée est prolongée ténodèse latérale systématique devant une laxité antérieure
vers le bas de 2 cm supplémentaires environ. Le prélèvement
chronique « tout-venant ». La justification ne pourrait être
du tendon du demi-tendineux est identique à la technique
qu’une laxité du compartiment latéral importante, supérieure au
décrite dans le chapitre « reconstruction du LCA aux
compartiment médial, mais cela nécessite d’être étudié de
ischiojambiers ».
manière prospective et randomisée.
Préparation des greffons
Après nettoyage des fibres musculaires restantes sur le tendon Ostéotomies tibiales et ligamentoplastie
du demi-tendineux, on faufile les deux extrémités du tendon à du ligament croisé antérieur
l’aide d’un fil de Vicryl, qui sert de fil tracteur. Le tendon est
ensuite passé dans l’orifice de la baguette tibiale, préalablement Il faut d’emblée différencier les deux types d’ostéotomie :
percée à la mèche de 4,5 mm. Ainsi, cela permet la fixation celle qui est dans le plan frontal (ostéotomie de valgisation) et
osseuse automatique de la plastie externe, en press-fit, au celle qui est dans le plan sagittal (ostéotomie de déflexion pour
moment de l’impaction de la baguette tibiale dans le tunnel corriger la translation tibiale antérieure excessive).
fémoral. La préparation du passage de la plastie externe est
réalisée par une incision externe, de 5 à 7 cm de long, du bord Ostéotomie dans le plan frontal et reconstruction
postérieur du condyle latéral jusqu’au tubercule de Gerdy. Le
du LCA
fascia lata est incisé longitudinalement, en prenant soin de
respecter le ligament collatéral latéral à sa face profonde. On Indications
repère le ligament collatéral latéral, et le tendon du gastrocné-
Ces deux interventions sont associées chez les patients qui
mien latéral avec la coque postérolatérale en arrière. L’orifice
fémoral est situé à l’angle formé par l’insertion fémorale du présentent à la fois une instabilité et des douleurs médiales sur
ligament collatéral latéral et la coque, afin de respecter au un genu varum avec radiographiquement des lésions préarthro-
mieux l’isométrie de la plastie externe [75]. siques ou arthrosiques. En déplaçant le point d’application des
contraintes fémorotibiales dans le compartiment latéral,
Forage des tunnels l’objectif de l’ostéotomie est de soulager les contraintes médiales
afin de diminuer les douleurs et de retarder l’évolution du
Les tunnels sont réalisés de manière identique aux techniques
décrites précédemment, avec pour seule différence la sortie du processus arthrosique et ensuite faire disparaître la distension
tunnel fémoral dans l’angle formé par le ligament collatéral des formations périphériques latérales et postérolatérales [77, 78].
latéral et la coque postérolatérale. Ces deux interventions peuvent également être associées dans
des séquelles de traumatisme multiligamentaire du genou.
Passage et fixation des greffons Nous disposons, essentiellement, de deux techniques chirur-
Le transplant est passé de dehors en dedans, en commençant gicales [79] d’ostéotomie tibiale : la fermeture externe ou
par la baguette rotulienne, ce qui amène la baguette tibiale dans l’ouverture interne.
le tunnel fémoral, qui coince en press-fit la partie proximale de Dans l’ostéotomie d’addition interne, la précision de la correc-
la plastie latérale. La baguette rotulienne est fixée au tibia avec tion angulaire est meilleure (57 % à 70 %). Elle est plus
une vis d’interférence et si besoin avec une fixation corticale reproductible et est facilement associée à une ostéotomie de
associée grâce au fil d’acier appuyé sur une vis Maconor de déflexion [80-82]. Cette ostéotomie laisse le péroné intact surtout
5 mm. en regard de la tibiofibulaire supérieure. Elle maintient la
tension des structures latérales et postérolatérales en évitant la
Fixation de la plastie externe migration du péroné. Le risque d’augmentation de la pente
La partie proximale est fixée en press-fit dans le tunnel tibiale avec baisse de la hauteur de la rotule doit être pris en
fémoral avec la baguette tibiale. Les deux extrémités tendineuses compte. La stabilité du transplant dans une greffe de comble-
sont passées sous le ligament collatéral latéral, et la fixation ment nécessite un deuxième moyen de fixation tibial. L’ostéo-
distale s’effectue dans un tunnel réalisé de part et d’autre du synthèse est réalisée par des agrafes ou une plaque qui sont
tubercule de Gerdy. Le brin proximal et supérieur est passé de parfois gênantes pour le tunnel tibial et la fixation distale.
haut en bas, tandis que le brin distal et inférieur est passé de L’ostéotomie de soustraction est sus-tubérositaire avec une
bas en haut dans ce même tunnel. Les deux brins sont ensuite précision dans la correction angulaire moins grande (26 % à
suturés et fixés à leur sortie du tunnel, après mise en tension 78 %) [79]. Elle détend le tendon patellaire avec une augmenta-
genou fléchi à 30° de flexion, et après fixation de la partie intra- tion de la hauteur de la rotule. Elle nécessite une ostéotomie de
articulaire du transplant. la fibula associée aux risques concernant le nerf fibulaire
.
Technique opératoire
Elle comporte quatre étapes, mais l’ordre dépend de l’expé-
rience de chacun.
Premier temps. La voie d’abord est antéromédiale, médiane
ou antérolatérale. Elle doit permettre un abord simultané du
genou et de la partie proximale du tibia où est réalisée l’ostéo-
tomie. Elle permet de prélever le transplant qui est utilisé
comme greffe. Notre préférence va au ligament patellaire qui
permet une fixation os-os surtout au tibia dans la zone d’ostéo-
tomie ou à proximité de celle-ci. Ceci est d’autant plus impor-
tant que cette région a une composition faite essentiellement de
spongieux métaphysaire ayant une solidité moins bonne.
Deuxième temps. Le temps arthroscopique intra-articulaire
complète le bilan des lésions cartilagineuses. Il permet la
préparation de l’échancrure qui est faite à la demande et traite
les lésions méniscales en étant le plus conservateur. La réalisa-
tion des tunnels fémoral et tibial est possible dès cette étape.
Troisième temps. L’ostéotomie de réaxation avec valgisation
est réalisée. Il peut s’agir d’une addition interne ou d’une
soustraction externe. Cependant dans les deux cas, il est
recommandé, avant de réaliser définitivement la section
osseuse de l’ostéotomie, de simuler avec deux broches le trajet
du tunnel tibial et le trait d’ostéotomie. Cet artifice permet de
vérifier qu’il n’existe pas de conflit entre la direction antéro-
postérieure du tunnel tibial et la direction frontale du trait
d’ostéotomie. Un contrôle scopique peropératoire est plus
prudent. Il est encore possible de modifier sa technique de
fixation. L’ostéotomie de soustraction peut être fixée par des
agrafes ou une lame-plaque type col-de-cygne. Dans cette Figure 16. Intérêt d’une fluoroscopie peropératoire pour vérifier
dernière situation, le contrôle avec les deux broches est l’absence de conflit entre la direction des tunnels et le mode de fixation
essentiel pour éviter une malposition du tunnel tibial (Fig. 16). de l’ostéotomie.
L’ostéotomie associée du péroné est faite soit directement sous
le col, soit par une deuxième incision avec une ostéotomie
diaphysaire. L’ostéotomie d’addition médiale est réalisée en dans le fragment distal en pontant le trait d’ostéotomie. La
guidant l’ostéotome ou la lame-scie à la partie inférieure de la fixation tibiale est importante et Dejour [85] recommande une
broche. Il faut protéger, comme dans les soustractions, le double fixation par vis d’interférence et vis métallique. Avec les
ligament patellaire en avant avec des écarteurs et le paquet tendons de la patte-d’oie, une double fixation est impérative et
vasculaire tibial postérieur en arrière. Il faut faire attention aux ils sont parfois laissés attachés à leur origine. Bonin [82] préfère
modifications de la pente tibiale postérieure qui est facilement les fixer dans le fragment proximal avec aussi une double
augmentée dans les additions médiales. La valgisation doit être fixation. Pour les suites opératoires, la rééducation immédiate
obtenue progressivement en tenant compte des objectifs de la avec récupération des amplitudes articulaires est possible. La
planification préopératoire. La synthèse par une plaque doit être reprise de l’appui est différée, elle dépend de la stabilité de
prudente afin de ne pas interférer avec le tunnel tibial. l’ostéotomie. Le plus souvent, la reprise de l’appui est progres-
Quatrième temps. La ligamentoplastie intra-articulaire doit sive à partir de la 6e semaine selon l’évolution radioclinique.
respecter rigoureusement les mêmes critères techniques que
Ostéotomie dans le plan sagittal et reconstruction
ceux d’une plastie primaire sans ostéotomie associée. La
réalisation du tunnel fémoral ne pose pas de problème. Elle est du LCA
réalisée en fonction des habitudes du praticien. Le tunnel Quand la pente tibiale dépasse 13°, elle est considérée comme
fémoral indépendant par la voie antéromédiale de dedans en excessive et une ostéotomie de déflexion peut être associée à la
dehors évite les fragilisations du montage. Dans les soustrac- greffe du LCA [86, 87]. Il existe une corrélation significative entre
tions latérales, le tunnel tibial est foré ou recalibré s’il avait été la correction de la pente tibiale postérieure et la correction de
fait avant l’ostéotomie. L’orifice tibial est situé en dessous du la translation tibiale antérieure [81]. Une ostéotomie tibiale de
trait d’ostéotomie. La greffe ligamentaire est passée et fixée à ses déflexion (c’est-à-dire une fermeture antérieure) par voie interne
deux extrémités. Il est intéressant de recalibrer le tunnel tibial associée à une greffe du LCA est discutée (Fig. 17) [87]. La pente
après l’ostéotomie de valgisation. La stabilité de la fixation doit être normalisée autour de 4°. L’indication doit se faire chez
tibiale du transplant est meilleure dans un tunnel osseux plein un patient instable avec pas ou peu d’arthrose, une translation
plutôt qu’au sein d’une greffe de comblement. Le pontage du tibiale antérieure différentielle de plus de 10 mm et une pente
trait d’ostéotomie est réalisé par la baguette osseuse et la vis tibiale postérieure de plus de 13°. On soulage aussi le transplant
d’interférence. Pour certains [80], une deuxième fixation tibiale et on limite l’effet guillotine en extension sur la greffe.
par des fils d’acier sur une vis est associée pour améliorer la Dejour [86] et Neyret [87] réalisent l’ostéotomie de fermeture
stabilité du montage. Dans les additions médiales, le position- antérieure par voie médiale avant la greffe ligamentaire. Ils font
nement du tunnel tibial respecte les critères habituels, mais la une résection sus-tubérositaire en respectant la corticale
controverse réside actuellement dans la localisation de l’orifice postérieure. La résection de 1 mm en avant corrige 1,5 à 2° de
distal du tunnel tibial. Bonnin [82] le réalise dans le fragment pente tibiale excessive. La fixation se fait par deux agrafes.
proximal tandis que pour Neyret [84], cet orifice doit se faire Dejour [86] a rapporté les résultats de 22 genoux. La pente tibiale
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C. Hulet (hulet-c@[Link]).
B. Lebel.
Département d’orthopédie, Centre hospitalier universitaire de Caen, avenue de la Côte-de-Nacre, 14033 Caen cedex, France.
P. Colombet.
Clinique du sport de Bordeaux-Mérignac, 9, rue Jean-Moulin, 33700 Mérignac, France.
V. Pineau.
B. Locker.
Département d’orthopédie, Centre hospitalier universitaire de Caen, avenue de la Côte-de-Nacre, 14033 Caen cedex, France.
Toute référence à cet article doit porter la mention : Hulet C., Lebel B., Colombet P., Pineau V., Locker B. Traitement chirurgical des lésions du ligament croisé
antérieur. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Techniques chirurgicales - Orthopédie-Traumatologie, 44-780, 2011.