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Faculté Polydisciplinaire
Béni Mellal
Parcours : « Gestion »
Sous thème :
El-mkhayer Yassin
Ezzaidy Samira
Hassar Lamya
Oumarghad Khlifa
-1-
-2-
Dédicace
-3-
Remerciements
Nous voudrions exprimer nos reconnaissances envers les amis et collègues qui
nous ont apportés leur support moral et intellectuel tout au long de notre démarche.
Nous tiendrons aussi à témoigner tous ceux qui ont aidé, de près ou de loin, à la
réalisation de notre travail trouvent l’expression de notre profonde sympathie.
-4-
Liste des abréviations
Abréviation Son sens
BP Banque Populaire
EC Etablissement de Crédit
SA Société Anonyme
USA Etats-Unis
-5-
Listes des tableaux et figures
-6-
Sommaire
Dédicace
Remerciements
Liste des abréviations
Liste des tableaux et figures
Introduction générale
-7-
Introduction générale
Le risque de crédit appelé également risque de contrepartie est le risque le plus répandu.
S’il existe plusieurs types de risque de crédit, celui de non remboursement est un risque
majeur. Le risque de crédit est le risque (vu comme une probabilité) que l’emprunteur ne
rembourse pas sa dette en partie ou en totalité, à l’échéance fixée. De nos jours, sa maîtrise
est l’une des principales préoccupations pour la plupart des organismes bancaires,
notamment via les créances qu’elles accordent à leurs clients, qui sont pour la plupart des
formes de prêt à court terme. Pour cette raison, de nombreuses banques sont aujourd’hui
amenées à l’intégrer dans leur gestion afin de le minimiser. Ce risque est en effet lourd de
conséquences pour la banque, car toute dette non remboursée est économiquement une
perte sèche que supporte le créancier. Comptablement parlant, les créances et les emprunts
accordés à des tiers constituent ainsi un poste spécifique dans le bilan de l’entreprise et
toute évolution négative obère d’autant la survie de l’entreprise à moyen ou long terme.
Les établissements bancaires ont donc cherché à s’immuniser contre ce risque de crédit. En
amont, ce risque peut faire l’objet d’une évaluation grâce à différents critères et des
techniques mêlant calcul et intuition. Suite à cette évaluation, les banques disposent de
différents moyens de protection pour minimiser, voire annuler ce risque économique.
Le système bancaire marocain utilise des méthodes classiques pour faire face aux
risques crédit. Parmi ces méthodes, le diagnostic financier et la prise de garantie occupent
sans doute une place centrale. Cette situation engendre des effets néfastes sur le
gonflement des impayés ce qui peut mettre en cause la survie même de la banque. Or, il
existe actuellement des méthodes sophistiquées destinées à la gestion du risque crédit dont
la méthode du scoring.
Alors à travers ce travail, nous allons essayer d’apporter des éléments de réponse à la
problématique suivante : « La méthode scoring est-elle efficace pour gérer les risques des
crédits bancaires? ».
-8-
Les questions subsidiaires qui permettent de cerner cette problématique sont les
suivantes:
- Quelles sont les procédures mises en place par la banque pour la maîtrise des risques de
crédit ?
- Le crédit scoring est un outil efficace dans l’évaluation du risque de crédit bancaire.
Pour répondre à ces questions, notre travail est divisé en trois principaux chapitres comme
suit :
Dans le premier chapitre nous allons donner une vision globale sur les risques des
crédits, les conséquences du risque de crédits sur l’activité bancaire et les outils de gestion
de ces risques.
Le deuxième chapitre est consacré aux différentes options proposées par le comité de
Bâle.
-9-
Chapitre I : Fondements théoriques du risque de crédit
Introduction
Le risque de crédit est l'une des causes majeures de la volatilité des résultats des
entreprises et des institutions financières. Comme toute entreprise, un établissement de
crédit est exposé à une multitude de risques qui peuvent entraîner sa défaillance et sa
faillite. Le crédit est une opération récurrente surtout dans notre environnement où la
liquidité est presque chose rare chez les clients (entreprise, particulier). En effet, ceux-ci
ont toujours des besoins à satisfaire comme le financement de leur exploitation ; de leur
consommation le paiement des salaires et impôts ; etc. Par conséquent, la relation banque
client s'exprime mieux dans les facilités c'est pourquoi la banque doit fixer des limites pour
contrecarrer les excès et le défaut pouvant survenir durant la relation. En général, le
principal risque supporté par la banque est le risque de crédit qu'il doit circonscrire par une
bonne définition et une bonne analyse afin d'en avoir une mesure assez correcte lorsqu'elle
prête à tel ou tel client (particulier ou entreprise).
Ce présent chapitre est consacré pour le risque de crédit, les outils de sa gestion et de sa
maîtrise puis l’objectif de sa gestion. Il est subdivisé en trois sections, la première est
consacrée pour la définition de certains concepts qui sont reliés au risque de crédit, la
deuxième traitera le risque de crédit en général et la dernière elle est consacrée pour la
maitrise et la gestion du risque de crédit.
- 10 -
Section 1 : Concepts et Définitions
D’après le dictionnaire de l’économie1 : « La banque est une entreprise qui reçoit des
fonds du public, sous forme de dépôts ou d’épargne. Elle réemploie l’argent des déposants
en distribuant des crédits et en effectuant diverses opérations financières. Elle gère et met à
la disposition de ses clients des moyens de payement (chèque, comptes bancaire,
virement,..). Elle sert aussi d’intermédiaire sur le marché financier, entre les émetteurs
d’actions et d’obligations (entreprises, Etat,…) et les investisseurs (épargnants, fonds
commun, sicav, compagnies d’assurances,…). Elle crée de la monnaie par les crédits
qu’elle octroie et en « achetant » ceux que s’accordent entre eux les agents non financiers
(effet de commerce,…)».
Selon Le Golvan: « Sont considérées comme banques les établissements qui font
profession habituelle de recevoir du public, sous forme de dépôts ou autrement des fonds
qu’ils emploient pour leur propre compte en opérations d’escompte, de crédit ou en
opérations financières. Cette définition est essentiellement basée sur le commerce de
l’argent, vision traditionnelle et technicienne de l’activité bancaire»2.
1-2-Définition de crédit
Plusieurs définitions sont données pour le crédit : Le mot crédit vient du mot latin
«Credere» qui veut dire confiance. « Faire crédit, c’est faire confiance ; c’est donner
librement la disposition effective et immédiate d’un bien réel ou d’un pouvoir d’achat,
contre la promesse que le même bien , ou un bien équivalent , vous sera restitué dans un
certain délai , le plus souvent avec rémunération du service rendu et du danger couru,
danger de perte partielle ou totale que comporte la nature même de ce service »3.
1
Bezbakh. P, Sophie Gherardi, « Dictionnaire de l’économie », Larousse/HER, 2000, P20.
2
LE Golvan. Y, «Banque Assurance » », éd Dunod, Bordas, Paris, 1988, P19.
3
Bouyakoub. F « l’entreprise et le financement bancaire », Casbah éditions, 2000, p17.
- 11 -
1-3-Définition générale du risque et du risque bancaire
Un risque bancaire est un risque auquel s'expose un établissement bancaire lors d'une
activité bancaire. Cette dernière, par son rôle d'intermédiation financière et ses services
connexes, expose les établissements bancaires à de nombreux risques, qui sont directement
liés aux différentes activités exercées par les banques.
Pendant longtemps, cette prise de risque, fondement du métier, n’a pas été formalisé. La
prise de risque donnait lieu au prélèvement d’une marge sur les clients et les opérations
concernées. Tant que le risque ne se concrétisait pas, la marge était gagnée. Lorsqu’il se
produisait, la perte était remboursée sur les fonds propres. Après épuisement, c’était la
faillite : les clients ne pouvaient être remboursés de leurs dépôts et leur épargne. De cette
approche simple, deux éléments sont à retenir : le risque et sa concrétisation, les pertes de
marges et de fonds propres. Enfin, les risques étant multiples, il est toujours à craindre des
enchaînements de pertes en cascade : la concrétisation d’un risque entraîne celle d’un
autre, puis d’un troisième, etc.
4
Selon la définition issue du dictionnaire Le nouveau Petit Robert, 1993
5
Ibid.
6
Desmicht. F, «Pratique de l’activité bancaire», Dound 2004, P 23.
- 12 -
Section 2 : Le risque de crédit : un enjeu majeur pour la banque
Le risque de crédit est le risque que le débiteur ne réponde pas à son obligation initiale
qui est de rembourser un crédit. En fait, dès que le client rend son compte débiteur, la
banque est appelée à supporter un risque de crédit. Ce qui né du fait que la banque collecte
des fonds auprès du public qu'elle doit être en mesure de restituer en tout temps ou selon
les conditions de retrait fixées. Puisque les banques ne sont pas à l'abri des fluctuations
économiques, elles doivent jauger les demandes de crédit avec minutie pour minimiser le
risque de crédit.
Le risque de crédit peut être défini comme étant: « La perte potentielle supportée par un
agent économique suite à une modification de la qualité de crédit de l’une de ses
Contreparties, ou d’un portefeuille de contreparties, sur un horizon donné »7.
Le risque de crédit comprend trois types de risques qui sont les suivants :
Cette forme de risque est associée à l'occurrence d'un défaut, caractérisée par
l'incapacité de la contrepartie à assurer le payement de son échéance.
7
Koffi. J, YAO. M « les accords de Bâle et la gestion du risque de crédit », version préliminaire, Mars
2003, p9.
- 13 -
définition suivante de la défaillance : « Tout manquement ou tout retard sur le paiement du
principal et /ou des intérêts. »8.
Les facteurs de risque liés au risque de contrepartie et dont les variations pourraient
influencer la valeur du portefeuille des créances et des engagements de la banque peuvent
être :
Un taux d’intérêt.
Un cours de change (pour les opérations à l’international).
Le prix d’un actif.
La volatilité des sous-jacents.
L’activité bancaire demeure fortement réglementée du fait du rôle particulier joue par
les établissements financiers dans l’économie. Deux raisons principales sont à l’origine du
contrôle de l’activité bancaire10.
8
Bruyere.R, « les produits dérivés de crédit », édition Economica, paris, 1998, P8
9
Spread=taux de rémunération exigé du débiteur-taux sans risque.
- 14 -
- Les liens étroits qu’entretiennent les établissements financiers sont à l’origine d’un risque
systémique : la faillite d’une banque peut entrainer, par effet de contamination, celle
d’autres établissements.
- L’Etat demeure le principal garant des dépôts bancaires : l’activité de contrôle permet de
maintenir la confiance dans le système bancaire et d’en assurer la pérennité.
Nous pouvons citer quelques conséquences négatives du risque crédit sur l’activité
bancaire :
La baisse de son rating : une dégradation des résultats de la banque pourrait engendrer
une baisse de son rating car ce dernier est un indicateur de solvabilité.
10
Roncalli Thierry, « Introduction au risque de crédit », Groupe de Recherche Opérationnelle Crédit
Lyonnais, Lyon, octobre 2001, p 17
- 15 -
Section 3: Les outils de la gestion du risque de crédit
Le besoin d’une maîtrise des risques chez les banques a fortement augmenté au cours de
ces dernières années. L’une des raisons principales est la complexité croissante des
instruments financiers, comme les produits dérivés (par exemple, les contrats à terme et les
options). La maîtrise des risques traduit la volonté d’améliorer le processus décisionnel
dans un contexte d’incertitude : maximiser les avantages et minimiser les coûts. La banque
doit identifier, définir et mesurer les risques et attribuer un « risk owner »11 pour chacun
d’entre eux. Ensuite, il est nécessaire de fixer des limites, d’établir un suivi et un reporting
de leur évolution de manière individuelle et globale.
La figure et le tableau ci-après représentent les quatre étapes les plus importantes
d’évaluation du risque de crédit :
2- Evaluation \ 3- Gestion
Mesure
Maitrise
des risques
1-Identification 4- contrôle
Source: Hicham Zmarrou «le dispositif de maitrise des risques & le contrôle interne au sein des
établissements de crédit », Thèse Professionnelle en économie, ESC Lille, 2005 – 2006, P36.
11
Risk owner : propriétaire de risque
- 16 -
Tableau n° 01: Les étapes de maîtrise du risque
1-L'identification - Les risques spécifiques et les sources de ces risques auxquels une
des risques entreprise est soumise doivent être identifiés et définis.
2-La mesure des risques - Les mesures doivent être suffisamment globales pour couvrir toutes
les sources importantes de risque.
Source: Hicham Zmarrou «le dispositif de maitrise des risques & le contrôle interne au sein des
établissements de crédit », Thèse Professionnelle en économie, ESC Lille, 2005 – 2006, P36.
- 17 -
3-2-Les outils de gestion du risque de crédit
Dans le but de renforcer l’effet produit par l’application des règles prudentielles, les
banques ont jugé nécessaire d’instaurer des procédures internes. Nous allons présenter la
liste des mécanismes mis en place, afin de contenir ne serait ce que de manière partielle les
risques qui entachent toute opération de crédit. Nous citerons :
- 18 -
L’institution d’un système de comité siégeant au niveau des agences. L’objectif assigné à
cette action est de conjuguer la réflexion en matière d’octroi de crédit.
La mise en place du système de délégation de crédit dans la limite des seuils autorisés.
En effet l’agence bancaire est la structure la mieux placée pour se prononcer, dans les
limites de sa délégation, sur certains crédits à la clientèle.
L’instauration d’un système de contrôle des utilisations de crédit afin d’assurer le suivi
des crédits consentis.
3-2-3-Les garanties
La décision d’octroi de crédit doit être motivée par la rentabilité de l’affaire. Toutefois,
quelque soit la rigueur de l’étude menée, elle ne pourrait éliminer totalement les risques.
C’est pour cette raison que le banquier s’entoure d’un maximum de garanties. On distingue
deux sortes de garanties : Les garanties personnelles et les garanties réelles.
- Assurer la pérennité de l'établissement, par une allocation efficiente des ressources et une
allocation adéquate des fonds propres qui permettra une meilleure couverture contre les
pertes futures.
- Elargir le contrôle interne du suivi des performances au suivi des risques associés.
- Faciliter la prise de décision pour les opérations nouvelles et permettre de les facturer aux
clients.
12
Bessis. J, « Gestion des risques et gestion Actif-Passif des banques », Dalloz, Paris, 1995, P48
- 19 -
Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons essayé de présenter des concepts sur le risque de crédit qui
est considéré comme étant l’une des fonctions les plus anciennes de la banque qui se
développe, car le risque de crédit comme nous avons déjà vu, est le plus important des
risques bancaires puisqu’il engendre des pertes graves pour le système bancaire. A l’issue
de cette présentation, nous avons constaté, que par l’importance des rôles et des missions
qui lui sont confiés, la banque est un moyen du développement économique dans chaque
pays, mais aussi le seul agent qui est confronté a cette multitude de risques. A cet effet, les
banques doivent poursuivre certaines règles et normes de gestion du risque de crédit afin
de faire face à ce risque majeur. Ces règles, qui sont devenues de plus en plus
contraignantes, devraient permettre aux établissements de crédit de mieux connaitre et
gérer les risques qu’ils assument. Elles doivent être respectées à tout moment, notamment
grâce à un dispositif de contrôle interne. Cela sera développer, dans le prochaine chapitre.
- 20 -
Chapitre II : Les normes de gestion du risque de crédit
Introduction
La faillite des caisses d’épargne américaine, intervenue au cours des années 70, illustre
de la manière la plus flagrante l’aboutissement d’une mauvaise gestion, caractérisée par
l’absence d’un contrôle efficace des risques tant dans les domaines financiers et
économiques. En réaction aux erreurs de gestion de ce type, l’instauration de normes
prudentielles dans le système bancaire a débuté dans les années 80, sous l’impulsion
d’autorité supranationales (comité de Bâle). Ce dispositif fixe un certain nombre de
contraintes aux établissements de crédit dans le but d’assurer leur solvabilité et leur
liquidité.
Ces règles, qui sont devenues de plus en plus contraignantes, devraient permettre aux
établissements de crédit de mieux connaitre et gérer les risques qu’ils assument. Elles
doivent être respectées à tout moment, notamment grâce à un dispositif de contrôle
interne13.
13
Augros Jean Claude, Queruel Michel, « risque de taux d’intérêt et gestion bancaire », édition
Economica, paris, 2000, P42.
- 21 -
Section 1: Bâle I et la réglementation marocaine
1-1-Comité de Bâle
Le Comité de Bâle a été créé en 1974 par les gouverneurs des Banques Centrales du
groupe des dix (G10) sous l’appellation « Comité des règles et pratiques de contrôle
bancaire », il est constitué des pays suivants : Belgique, Canada, France, Allemagne, Italie,
Japon, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni et Etats-Unis. Ces
pays sont représentés par leurs banques centrales ou par l’autorité de supervision bancaire.
Leurs représentants se rencontrent régulièrement à la Banque des Règlements
Internationaux (BRI) localisée à Bâle pour parler des enjeux liés à leur responsabilité. Les
taches du comité de Bale sont axées sur :
Il est à noter que le comité de Bâle ne dispose d'aucun pouvoir légal national ou
international, ses conclusions n’ont pas force exécutoire. Son rôle est plutôt d’établir des
normes de références et des lignes directrices générales et de formuler des
recommandations à l'égard des bonnes pratiques que ses membres s’engagent à mettre en
œuvre.
- 22 -
1-2-Le cadre réglementaire international (Bâle I)
Plusieurs normes et règles ont été fixées par les autorités afin de protéger les banques
des répercussions du risque de crédit, les plus importants sont :
L’accord de 1988 est centré sur le risque de crédit. Il impose aux banques
internationales du G10 un capital réglementaire égal au minimum à 8% du volume des
actifs pondérés par leurs risques14 :
Les pondérations des éléments du bilan et hors bilan diffèrent selon le type de la créance
et du débiteur comme suit15:
- 0% pour les créances sur les Etats membres de l’OCDE (Organisation pour le Commerce
et le Développement Economique)
- 20% pour les créances sur les institutions internationales, les collectivités territoriales et
les banques d’Etats membres de l’OCDE
- 100% pour les autres créances. Pour les engagements du hors bilan.
Les fonds propres règlementaires sont définis par le régulateur et les autorités de
contrôle bancaire comme palliatif aux risques auxquels est soumise la banque. Ainsi,
conformément à l’accord de Bâle de 1988 et le communiqué de presse d’octobre 1998, les
fonds propres règlementaires sont ventilés comme suit16 :
14
De Servingy A, Metayer B et Zelenko I, « le risque de crédit », DUNOD édition, Paris 2006, p3.
15
T.Rongalli, « La gestion des risques financiers », Ed. Economica, Paris 2004, p.23.
16
Perrot Etienne, revue économique « Crise financière et solidarité internationale », janvier 2009, P06.
- 23 -
1-2-2- Le ratio de fonds propres et de ressources permanentes
Cette norme de gestion, fondé sur le même principe que le ratio de liquidité a comme
objectif de limiter la transformation sur le moyen et long terme, alors que le ratio de
liquidité poursuit le même but sur le court terme. Elle se traduit par un rapport entre les
fonds propres et les ressources permanentes d’une duré supérieure à cinq ans (pour le
numérateur) et les emplois immobilisée ou d’une durée résiduelle de cinq ans (pour le
dénominateur). Ce ratio doit être supérieur ou égale à 60%.17
La règle de division des risques vise à éviter une trop forte concentration des risques sur
un seul bénéficiaire, ou sur un seul groupe de bénéficiaires, qui en cas de défaillance,
risquerait d’entraîner l’établissement dans leur sillage.
Ce ratio a pour objectif principal d’assurer que les établissements de crédit peuvent faire
face aux demandes de remboursement des déposants. Le ratio prend la forme d’un «
coefficient de liquidité », qui est le rapport entre les éléments d’actif liquide (ou a moins
d’un mois) et les passifs exigibles (ou au plus dans un mois) ; ce coefficient doit être
supérieur ou égal à 100%.18
17
Augros Jean Claude, Queruel Michel, OP.cit P10.
18
Augros Jean Claude, Queruel Michel, « Risque de taux d’intérêt et gestion bancaire », P 35.
19
Faouzi Noureddine, « Projet découverte des techniques bancaires », P 07
- 24 -
- Une politique monétaires basée sur les techniques de régulation quantitative :
encadrement du crédit imposant des normes progression et contrôlant, ainsi la capacité à
créer de la monnaie.
- Marché des capitaux marginal : instruments financiers peu diversifiés et nombre réduit
d’intervenants.
L’objectif étant de mettre en place un système financier moderne et solide pour une
meilleure mobilisation de l’épargne et une allocation plus efficiente des ressources
financières. C'est-à-dire favoriser le financement de l’investissement en vu d’assurer une
croissance économique durable et soutenue.
Cette réforme est multi dimensionnelle touchant l’ensemble des composants du secteur
financier.
En 1993 :
- 25 -
Section 2 : Les accords de Bâle II
En 1999, le comité de Bâle propose son premier document consultatif (CP1) posant les
termes de la réforme autours de trois piliers : 20
- Le pilier 1 : concerne les exigences en matière de fond propre. Il impose aux banques un
niveau minimal pour couvrir à la fois leurs risques de marché leurs risque de crédit
effectifs et leurs risques opérationnel, ces derniers étant liés aux pertes que pourrait
entrainer une éventuelle défaillance de leurs procédures internes.
- Le pilier 3 : définit l’information que les banques doivent publier pour permettre un
exercice efficace de la discipline de marché.
Il définit les modalités de calcul Il définit les modalités du Il définit l’information à publier
du montant des fonds propres contrôle exercé par les autorités en matière de dotation en fonds
requis pour couvrir : de surveillance bancaire en propres.
matière de :
-Le risque de crédit. -risque de crédit.
-Respect des exigences
-Le risque de marché. - risque de marché.
minimales de fonds propres.
-méthode d’évaluation et de
gestion des risques.
Source : Dumontier P, Dupre D et Cyril M, « gestion et contrôle des risques Bancaires l’apport des IFRS
et de Bâle II », Edition economica, Paris, 2008, P16.
20
Dumontier P, Dupre D et Cyril M, « gestion et contrôle des risques Bancaires l’apport des IFRS et
De Bâle II », Edition economica, Paris, 2008, P13.
- 26 -
2-2- L’Objectif de Bâle II
-Lier plus étroitement le niveau des fonds propres réglementaire au profil de risques
spécifique de chaque banque.
-Inciter les banques à développer des systèmes internes de mesure des risques.
-Renforcer le rôle des autorités de supervision (pilier 2) et celui des marchés (plier 3).
-Appréhender l’ensemble des risques soit par une exigence de fonds propres (tel le risque
opérationnel) soit par le processus de surveillances prudentielle (tel le risque de taux
d’intérêt sur le portefeuille bancaire).
Plusieurs études quantitatives ont été menées pour calibrer les fonctions de pondérations
et ainsi atteindre l’objectif fondamental clairement affiché par le comité qui est de
maintenir globalement le niveau actuel des fonds propres de l’ensemble des banques.
Plusieurs constatations ressortent de ces études pour l’évaluation de l’exigence de fonds
propres des banques européennes22 :
-l’exigence de fonds propres sera réduite globalement de 5% par rapport au niveau actuel.
-les petites banques domestiques adoptant l’approche standard verront leur exigence de
fonds propres diminuer légèrement.
-les grandes banques internationales adoptant des approches plus avancées verront leur
exigence de fonds propres globalement inchangée.
-les banques spécialisées et sophistiquées adoptant les approches avancées verront leur
exigence de fonds propres diminuer substantiellement.
21
Dumontier P, Dupre D et Cyril M, « gestion et contrôle des risques Bancaires l’apport des IFRS et
De Bâle II », Edition economica, Paris, 2008, P 15.
22
Sardi A, Op. Cit, PP 18-19
- 27 -
-la principale réduction de l’exigence de fonds propres ira aux portefeuilles de la banque de
détail.
Les Accords de Bâle III publiés le 16 décembre 2010 sont des propositions de
réglementation bancaire. La réforme Bâle III fait partie des initiatives prises pour renforcer
le système financier à la suite de la crise financière de 2007 (crise « des subprimes »), sous
l'impulsion du FSB (Financial Stability Board) et du G20. Elle part du constat que la
sévérité de la crise s'explique en grande partie par la croissance excessive des bilans et hors
bilan bancaires (via, par exemple, les produits dérivés), tandis que dans le même temps le
niveau et la qualité des fonds propres destinés à couvrir les risques se dégradaient. En
outre, de nombreuses institutions ne disposaient pas non plus de réserves suffisantes pour
faire face à une crise de liquidité. Dans ce contexte, le système bancaire s'est révélé
incapable d'absorber les pertes intervenues d'abord sur les produits structurés de titrisation
et d'assumer ensuite la ré-intermédiation d'une partie des expositions de hors-bilan. Au pire
de la crise, les incertitudes pesant sur la qualité des bilans, la solvabilité des banques et les
risques liés à leur interdépendance (le défaut d'une institution pouvant entraîner celui d'une
autre) ont provoqué une crise de défaillance et de liquidité généralisée. Compte tenu du
rôle du système financier dans le financement de l'économie réelle, du caractère
international des institutions financières et du coût final supporté par les États via
notamment les plans de soutien public, une intervention coordonnée des régulateurs
internationaux est alors apparue légitime. Bâle III est un ensemble de mesures nouvelles,
que le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire a élaboré pour renforcer la réglementation,
le contrôle et la gestion des risques dans le secteur bancaire. Ces mesures visent à:
Améliorer la capacité du secteur bancaire à absorber les chocs résultant des tensions
financières et économiques, quelle qu'en soit la source ;
- 28 -
3-2-L’indicateur et les ratios de la réforme
Cette nouvelle réforme impactera avant tout les établissements européens compte tenu
du nombre important de banques universelles, mais aussi des banques américaines
disposant de pondération plus élevée du risque sur la titrisation et le négoce. Parmi les
évolutions à venir, nous pouvons citer les points suivants (encore non finalisés)23 :
Bâle III va exiger des banques plus de capitaux propres et de liquidité pour une même
activité. Les impacts de Bâle 3 diffèrent en fonction des profils des établissements :
- Banque Privée : Une évolution importante pour ce métier est envisagée. Ce métier
focalisé sur la vente de produits très rentables comme des SICAV monétaires devra vendre
à ses clients des produits moins rémunérateurs pouvant être intégrés comme des dépôts
pour les établissements.
23
http://www.bis.org/publ/bcbs189_fr.pdf.
- 29 -
Conclusion
En effet, le comité de Bâle dans son nouvel accord préconise fortement l’utilisation des
notations internes, sous certaines conditions, afin de permettre une gestion moderne et
efficace des risques de crédit.
Le Maroc prévoit à cet effet d’adopter totalement dans un avenir très proche la nouvelle
réforme bâloise. Pour ce faire, la maitrise du processus d’élaboration des systèmes de
notation interne est un pré requis nécessaire car il permet d’assurer l’efficacité des
estimations des différents paramètres du risque de crédit et donc une meilleure gestion de
ce dernier. Pour cela, nous allons aborder dans le prochain chapitre l’une des méthodes qui
permettent d’évaluer le risque de crédit, et les éléments fondamentaux à l’élaboration de
cette méthode.
- 30 -
Chapitre III : La méthode d’évaluation du risque : le scoring et son
pratique dans la banque populaire
Introduction
La gestion des risques se développe aujourd’hui d’une façon vertigineuse dans l’univers
bancaire. Elle couvre toutes les techniques et les outils de mesure et contrôle de ces
risques.
Le risque crédit est le risque de pertes consécutives au défaut d’un emprunteur face à
ses obligations ou la détérioration de sa solidité financière. Afin de minimiser l’impact du
risque de crédit, de multiples méthodes concourent à son appréciation.
- 31 -
Section 1 : Le Scoring : Méthode d’évaluation des risques
Le crédit scoring se trouve parmi les modèles de prévisions des risques les plus usités
dans la micro finance notamment dans les pays en développement. Cet outil est manifesté
dans les travaux d’Altman, les deux véritables pionniers de l’application des techniques de
« crédit Scoring » à l’activité d’octroi de crédit aux entreprises.
Avec :
b : une constante
Bien que le crédit scoring ait été pour la première fois utilisé dans les années 1960 aux
USA, ses origines remontent en fait au début du XXe siècle, lorsque J. Moody publia la
première grille de notation pour ses Trade bonds (obligations commerciales). Brièvement,
nous présentons les 10 dates clés du scoring crédit dans le tableau ci-dessous :
- 32 -
Tableau n° 03 : L'histoire du crédit scoring en 10 dates
Source: R.Anderson. « The credit toolkit ». Oxford university press 2007, p28.
Il faut cependant noter que le crédit scoring ne constitue pas la seule voie à ce jour de
gestion du risque de crédit. Depuis quelques années, l'émergence de produits financiers
dérivés permettant une protection contre le risque de défaut, ou encore, une protection
contre une augmentation des probabilités de défaut pouvant être mesurées par l'écart de
crédit. Il s'agit notamment des options (options sur écart de crédit, option sur le défaut), des
contrats à terme sur l'écart de crédit.
L’élaboration d’un modèle de Crédit scoring suit un cheminement logique qui se scinde
en quatre étapes, à savoir :
- 33 -
1-3-1-Le choix du critère de défaut et de la population à analyser
- 34 -
1-La méthodologie unidimensionnelle24 (Beaver 1966)
Les modèles de régression sont utilisés dans le cas où la variable à expliquer est une
variable qualitative, qui prend la valeur zéro ou un, selon que l’entreprise est défaillante
ou non. Le modèle explique cette variable en fonction d'un vecteur de variables exogènes
qui est composé de K ratios économiques et financiers retenus pour leur qualité
discriminante et leur faible corrélation entre elles.
Les réseaux de neurones sont des algorithmes d'intelligence artificielle qui permettent à
partir de l'expérience de déterminer la relation entre les caractéristiques d'un des
emprunteurs et leur probabilité de défaut. Cette technique prend en compte l’effet de non-
linéarité entre la variable à expliquer et les variables explicatives, mais sa modélisation,
son utilisation et l’interprétation des résultats peuvent être complexes, comme on lui
reproche souvent le manque de stabilité de ses résultats.
24
La méthode unidimensionnelle n’est plus appliquée actuellement.
- 35 -
Le principe des réseaux de neurones consiste en l’élaboration d’un algorithme dit
d’apprentissage qui imite le traitement de l’information par le système neurologique
humain. Trois sortes de neurones existent : les neurones d’entrée, les neurones de sortie et
les neurones cachés. Les neurones d’entrée ont pour input les K ratios comptables
présélectionnés ; les neurones de sortie ont pour output la variable dichotomique
défaillante / non défaillante ; Les neurones cachés sont des neurones qui traitent
l’information entre les neurones d’entrée et de sortie.
C’est la dernière étape dans la construction d’un modèle de crédit scoring. Les
méthodes de validation reposent sur l’inférence statistique afin de mesurer la capacité du
modèle et prendre la décision quant à son utilisation ou à son rejet. Les méthodes de
validation s’appuient alors sur des tests de robustesse appliqués sur un échantillon témoin
qui n’a pas été utilisé pour la construction du modèle. Aussi, la qualité du modèle doit être
analysée afin de déterminer le pourcentage de bon classement qui doit dépasser la
proportion des entreprises saines dans le portefeuille de crédit. Il importe de bien signaler
que la validation du modèle est une étape décisive qui passe d’une simple vérification de la
conformité des coefficients du modèle de score à une multitude de tests statistiques
puissants et des courbes de performance solides.
L'utilisation du crédit scoring au sein des établissements de crédit en tant qu’outil d’aide
à la décision offre plusieurs avantages :
Les modèles de score par rapport aux autres méthodes traditionnelles permettent, grâce à
la rapidité de décision qu’ils présentent, un traitement de masse de populations nombreuses
d'emprunteurs et leur usage réduit de manière significative la durée du traitement des
- 36 -
dossiers de crédit (de 15 jours à quelques heures, pour la plupart des crédits standard). Ce
gain de temps permet à l’analyste financier de concentrer son attention sur d’autres aspects
comme l’étude de demandes de crédit plus délicates et plus complexes.
Le scoring contribue à résoudre les difficultés induites par la multiplicité des indicateurs
d’équilibre financier, en orientant vers une sélection qui échappe aux pièges de la
subjectivité.
Les outils de scoring sont peu coûteux. Cependant et malgré ses avantages, le crédit
scoring comme toute autre méthode d’évaluation du risque, n’est pas infaillibles.
Le système de crédit scoring apparaît figé dans le temps, car le secteur pour lequel il a été
construit ainsi que la situation économique peuvent évoluer, de ce fait au-delà d’une
certaine durée d’utilisation, il peut perdre son pouvoir discriminant.
Les modèles de score capturent mal les changements de toute nature qui modifient
l'attitude des emprunteurs par rapport au défaut (en augmentant par exemple le hasard
moral).
Les modèles omettent des éléments qualitatifs liés à la qualité des dirigeants ou aux
caractéristiques particulières des marchés sur lesquels opèrent les emprunteurs.
Les modèles de score sont des outils statistiques. Ils comportent deux types d'erreurs,
l'erreur (de type II) qui consiste à classer en défaut des emprunteurs sains et l'erreur (de
type I) qui consiste à classer comme sain un emprunteur dont la probabilité de défaut est en
réalité élevée.
Ces erreurs ont naturellement un coût pour le prêteur utilisant un modèle de score. C'est
pourquoi, généralement, les résultats du score peuvent être corrigés ex post en traitant des
informations complémentaires, à la manière des systèmes experts.
- 37 -
Section 2 : Comment la banque populaire de Béni Mellal pratique-t-elle le
scoring?
2-2-Méthodologie de recherche
Cette étude est réalisée sur la base des données recueillies auprès des entreprises
clientes de la banque populaire de Béni Mellal. Ces données sont traitées et analysées par
une méthode statistique appelée « l’analyse discriminante ».
25
http://fr.m.wikipedia.org/wiki/banque-populaire-(Maroc)
- 38 -
2-2-1- Constitution de l’échantillon
D’après l’étude qui été réaliser par Azzouz ELHAMMA26 en 2016. il a constitué cette
base des données sur la base d’un échantillon de 46 sociétés choisies selon la technique du
tirage aléatoire, ces entreprises opèrent essentiellement dans Béni Mellal-Marrakech. Cet
échantillon se compose de deux sous-ensembles : 23 entreprises jugées comme
défaillantes27 et 23 saines. Le tableau ci-après résume les principales caractéristiques de
notre échantillon.
Secteurs d’activité
Entreprises industrielles 10 08
Entreprises
13 15
commerciales
Formes juridiques
SA 11 09
SARL
12 14
26
Professeur Agrégé en Gestion Financière et Comptable Docteur en contrôle de gestion; UFR: EDG,
FSJES : Rabat-Agdal
27
Le critère de défaillance retenu ici : toute entreprise ayant une créance classée comme « créances en
souffrance » est considérée comme défaillante.
- 39 -
n’avons retenu que les informations comptables et financières sous forme des ratios28. Pour
faire des rapprochements et de porter des jugements sur les aspects essentiels de la vie des
sociétés choisies, on a distingué trois grandes catégories de ratios : ratios de structure,
d’activité et de rentabilité.
Il faut signaler que les ratios sont calculés une année avant (N-1) la survenance de la
défaillance. Une fois la base des données est construite, il convient de choisir la technique
appropriée pour discriminer et opposer les deux groupes.
28
Les ratios sont des rapports mettant en relation deux grandeurs homogènes liés par une logique
économique, afin d’en tirer des indicateurs de tendance.
- 40 -
2-3- L’analyse discriminante : méthode de l’analyse des données recueillies
Dans cette recherche, nous avons retenu l’analyse discriminante de Fisher pour avoir
une combinaison linéaire optimale des meilleures variables permettant de distinguer les
entreprises risquées des entreprises viables. Ce choix se justifie par le fait que, selon
plusieurs auteurs, notamment Bardos et Zhu (1997), cette méthode présente des avantages
en termes de robustesses aux fluctuations conjoncturelles et de maintenance.
Comme son nom l’indique, l’analyse discriminante a pour but de discriminer, d’opposer
et de différencier. C’est une méthode statistique multidimensionnelle qui a pour objectif
d’expliquer un caractère qualitatif (appartenance ou non à un groupe d’individus) par
l’intermédiaire de variables quantitatives explicatives décrivant les individus. C’est une
méthode utilisée notamment par les banques pour le scoring. Les objectifs de l’analyse
discriminante sont différents. Selon Romeder (1973), l’analyse discriminante vise à
résoudre deux catégories de problèmes :
Comment peut-on séparer deux groupes d’individus grâce à l’utilisation des critères
mesurés sur ces individus ? Dans notre cas, faire la séparation entre les entreprises
défaillantes et celles saines par le biais d’un ensemble de ratios comptables et
financiers (c’est l’analyse discriminante à but descriptif).
Comment peut-on réaffecter ces individus à leurs groupes ? et comment peut-on
identifier la classe d’un nouvel individu avec la seule connaissance de la valeur des
critères retenus ? (c’est l’analyse discriminante à but décisionnel).
Dans cette recherche, notre objectif est double : descriptif et décisionnel, les deux
approches de l’analyse discriminante seront donc sollicitées.
L’utilisateur aura le choix entre la fonction discriminante (une seule fonction) et les
fonctions de classement (dans notre cas : deux fonctions). Le traitement de notre base des
données par le biais du logiciel SPSS10 nous a permis d’identifier la fonction score
suivante :
- 41 -
Tableau n°06: fonction score identifiée (extraite de SPSS)
Fonction 1
Ratio 1 2,071
Ratio 2 -0,036
Ratio 3 0,070
Ratio 4 1,662
Ratio 5 0,706
Ratio 6 -1,219
Ratio 7 8,224
Constant -2,772
L’affectation aux groupes se fera en fonction des centroides de ces derniers, c'est-à-dire
par comparaison avec un score discriminant « moyen » pour chaque groupe. Ce score
moyen est calculé à partir de la fonction discriminante, où l’on remplace les valeurs
individuelles par les moyens des variables indépendantes pour le groupe dont on s’occupe.
Les scores discriminants moyens pour les deux groupes sont donnés ainsi :
Fonction 1
- 42 -
Chaque score individuel discriminant individuel est ensuite comparé aux deux scores
moyens et affecté au groupe dont-il est le plus proche. Mais la question qui se pose est la
suivante: à partir de quel score peut-on affecter les individus au groupe 1 (entreprises
saines) et non pas au groupe 0 (entreprises défaillantes) ? Pour ce faire, on doit déterminer
un score qui joue le rôle de frontière entre les groupes. Si les groupes sont de dimensions
égales, le score critique est égal à la moyenne des moyennes des scores des groupes. Dans
notre cas, ce score est égal 1,343+1,343/2=0.
Cette situation nous emmène à constater que chaque entreprise peut se classer selon la
règle de décision suivante :
notre modèle
Mais, il convient de signaler qu’il y a une zone d’incertitude qui se situe entre les deux
centres de gravité des deux groupes (-1,343 et +1,343). Cette zone ne permet pas de
trancher définitivement sur la défaillance ou non des entreprises, ce sont les dossiers
tangents.
Concernant les fonctions de classement, le tableau ci-après donne les coefficients de ces
deux fonctions fournis par le traitement statistique. Ces coefficients permettent de classer
les entreprises dans les classes.
- 43 -
Tableau n°09: Coefficients des fonctions de classement (extraits de SPSS)
Appartenance
Z défaillantes= 42,085 R1- 3,028 R2+ 0,400 R3- 7,797 R4- 2,726 R5+ 3,805 R6 + 10,495 R7-
17,437.
Chaque entreprise est classée selon le score obtenu ; elle est affectée au groupe dans
lequel elle obtient le plus grand score.
- 44 -
Section 3 : Présentation et analyse du questionnaire
3-1-Problématique :
Comme vu dans les deux premiers chapitres, le crédit dispose aujourd'hui de plusieurs
risques. Pour cela la méthode scoring intervienne pour limiter ces risques et les maîtriser.
L'objectif de cette étude est d'apporter une réponse à la question "Peut-on dire que la
méthode scoring est efficace pour gérer les risques des crédits ? "
3-2-Méthodologie de l'enquête :
3-3-Échantillonnage :
3-4-Le questionnaire :
A travers Les Questions Q1, Q2, Q3, Q4, Q5 et Q6 sont des questions renseignant sur
le sexe du répondant, son âge, son niveau managérial.etc
Les questions de Q12 à Q17 permettent d’apprécier la méthode scoring et son pratique
dans la banque populaire.
Les questions Q18, Q19, Q20 et Q21 sont des questions à échelle visent à déterminer la
fréquence de la participation à des événements et réunions concernant la gestion des
risques de crédit par la méthode scoring.
L'enquête a été conduite pour la première fois, au cours du mois juillet 2019.
- 45 -
Les données de cette enquête a été traité par des tableaux à plat
Informations personnelles
1-SEXE
SEXE
Nb % cit.
Homme 13 52,0% 48,0%
52,0%
Femme 12 48,0%
Total 25 100,0%
48% des personnes interrogés sont des femmes, tandis que 52%sont des hommes.
2- Age
AGE
Nb % cit.
32,0%
32,0%
de 25 à 30ans 8 32,0%
8,0%
De 30 à 35ans 7 28,0%
Plus de 35ans 8 32,0%
Total 25 100,0%
08% des personnes enquêtés ont un âge moins de 25 ans. 32% compris entre 25 et 30
ans. 28% ont un âge entre 30 et 35 ans et 32% plus de 35 ans.
3- Situation
SITUATION
Nb % cit.
64,0%
Célébataire 9 36,0%
36,0%
Marié(e) 16 64,0%
0,0%
0,0%
36% des fonctionnaires sont célibataire, tandis que 64% sont mariés.
- 46 -
4-Niveau
NIVEAU
Nb % cit.
52,0%
Cadre dirigeant 1 4,0%
24,0%
20,0%
Cadre supérieur 5 20,0%
4,0%
Cadre 13 52,0%
Employé 6 24,0%
Total 25 100,0%
4 ,0% des fonctionnaires ont un niveau managériale de cadre dirigeant, 20,0% sont des
cadres supérieurs, 52,0% sont des cadres, 6% sont des employés.
5- Entité
ENTITE
Nb % cit.
48,0%
40,0%
BCP 3 12,0%
12,0%
BPR-Siége 12 48,0%
BPR-resau 10 40,0%
Total 25 100,0%
12,0% sont travailler a la banque centrale populaire, 48,0% leur entité de rattachement a
la banque populaire régionale-siège, 40,0% sont travailler a la banque populaire régionale-
réseau.
6- Ancienneté
ANCIENNETE
Nb % cit.
72,0%
4% Des fonctionnaires ont une ancienneté moins d’un an, les fonctionnaires qui ont une
ancienneté entre 1 et 2 ans représente 24% et le reste ont une ancienneté supérieur a 2 ans.
- 47 -
Comportement des clients
7-Type de crédit
TYPE1
Nb % cit.
68,0%
Crédit de consommation 7 28,0%
28,0%
Crédit immobilier 17 68,0%
4,0%
Autre 1 4,0%
Total 25 100,0%
28% des fonctionnaires pensent que les crédits de consommation qui connaît un
meilleur remboursement, 68% constate que le les crédits immobilier qui connaît un
meilleur remboursement, concernant la question 8 un fonctionnaire dit que tout dépend de
la nature de crédit et le bénéfice particulier.
9- Le comportement
COMPORTEMENT
Nb % cit.
47,2%
41,7%
Dans cet histogramme on voit que 47,2% des citations des fonctionnaires pensent que la
majorité des clients sont des clients collaboratifs car ils sont soucieux de leur situation,
417,% des citations des fonctionnaires constate qu’ils sont des clients peu soucieux alors
que 4% représentent des clients de mauvais foi.
- 48 -
10-Le montage
MONTAGE
Nb % obs.
56,0%
chiffre d'affaire(chiffre d'affaire fort mensuel + chiffre d'affaire faible mensuel)/2 3 12,0%
28,0%
Uniquement le chiffre d'affaire faible 1 4,0%
12,0%
4,0%
Uniquement le chiffre d'affaire fort 7 28,0%
Celà dépend des cas 14 56,0%
Total 25 100,0%
56% des questionnés affirment que le choix de chiffre d’affaire qu’ils faisant pour le
montage des dossiers de crédits dépond des cas, 28% pensent que le choix s’effectue
uniquement par le chiffre d’affaire fort, 4% pensent que uniquement par le chiffre d’affaire
alors que le reste par le chiffre d’affaire fort mensuel + chiffre d’affaire faible mensuel
divisé par 2.
11- Remboursement
REMBOURSEMENT
Nb % cit.
43,8%
500000 à 2M 11 22,9%
2M à 3M 8 16,7%
5M à 10M 8 16,7%
Total 48 100,0%
43,8% des citations affirment que les crédits entre 20000Dhs et 500000Dhs qui ont le
meilleur remboursement, alors que 22,9% des citations nous dirons que les crédits entre
500000Dhs et 2M Dhs remboursent mieux, d’autre part 16,7% des citations constate que
les crédits entre 2M Dhs et 3M Dhs qui remboursent mieux et finalement 16,7% des
citations nous donnons que les crédits de 5M Dhs à 10M Dhs ont un meilleur
remboursement.
- 49 -
Aappréciation de la la méthode scoring et son pratique dans la banque populaire
12- Le Scoring
SCORING
Nb % cit.
20,0%
Oui 20 80,0%
Partiellement 5 20,0%
Non, pas du tout 0 0,0%
80,0%
Total 25 100,0%
80% des fonctionnaires affirme que bien connaît la méthode scoring et le reste sont
connaît cette méthode partiellement.
OBJECTIF
Nb % cit.
Oui , tout à fait 18 72,0%
28,0%
Oui , plutôt 7 28,0%
Partiellment 0 0,0%
72,0%
Non , pas du tout 0 0,0%
Total 25 100,0%
72% des observations pensent que sont bien connaît les objectifs du scoring tandis que
les 28% sont plutôt connaît ses objectif.
COMPORTEMENT1
Nb % cit.
Oui , tout à fait 18 72,0%
28,0%
Oui , plutôt 7 28,0%
Partiellement 0 0,0%
72,0%
Non , pas du tout 0 0,0%
Total 25 100,0%
- 50 -
15- Finalité
FINALITE
Nb % cit.
Détection précoce des risques de défaillance 26,8%
11 26,8%
des contreparties
Normalisation de la gestion des Risques de 36,6%
15 36,6%
Crédit
Séparation entre les fonctions de vente de 7,3%
crédit et celles de l'appréciations et du contrôle 3 7,3%
des risques
Sécurité et rentabilité des operations 8 19,5% 19,5%
Total 41 100,0%
Les citations pour les finalités de la méthode scoring se devise comme suite :
16-L’impact du scoring
IMPACT
Nb % cit.
48,0%
Partiellement 2 8,0%
Non , pas du toût 1 4,0%
Total 25 100,0%
48% des fonctionnaires affirment que la méthode scoring tout à fait a un impact sur les
activités bancaires, 40% des fonctionnaires voient que méthode scoring plutôt a un impact
sur les activités bancaires, tant que 08% des fonctionnaires constatent que l’impact de la
méthode scoring sur l’activité bancaire est partiel alors que le reste affirment qu’elle n’a
pas d’impact.
- 51 -
17-L’appréciation
APPRECIATION
Nb % cit.
Bonne méthode 25 100,0%
Mauvaise pratique 0 0,0% 100,0%
Total 25 100,0%
Tous les fonctionnaires jugent que la méthode scoring est efficace pour la gestion des
risques à fin de sécuriser les opérations et maîtriser ces risques.
GROUPE N°1
10
2
8
4
1
10
9
6
4
5
1
Occasio
4
7
6
7
1
Assez Très
Jamais Rarement nnell
6
5
6
5
3
souvent souvent
ement
5
PARTICIPATION1 6 5 6 5 3
POLITIQUE 4 7 6 7 1
PARTICIPATION2 9 6 4 5 1
ACCES 10 2 8 4 1 0
PARTIC POLIT PARTIC ACCES
IPAT IQUE IPAT
ION1 ION2
D’après ces questions on constate que la majorité des fonctionnaires jamais participent à
des réunions et événements portent sur la politique de gestion des risques de crédit par la
méthode scoring.
D’après l’analyse de cet questionnaire on conclure que les Banques Populaires de Béni
Mellal pratiquent la Méthode Scoring depuis plusieurs année. Malgré son ancienneté les
fonctionnaires des Banques Populaires affirment qu’elle est efficace dans l’évaluation des
risques des crédits bancaires.
Tout à fait cette méthode a plusieurs finalité à atteindre, les questionnés constatent que
ses finalités principales sont les suivantes :
L’adoptation de cette méthode du scoring par notre système bancaire portera une
véritable opportunité pour ce système dans la gestion de risque de crédit.
- 52 -
Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons donner une vision générale sur la méthode scoring et son
pratique ainsi que la présentation de la de la banque populaire, et l’élaboration d’un
questionnaire pour savoir l’efficacité de cette méthode, d’après les résultats obtenus par le
modèle nous constatons que le degré d’efficacité du score et la rapidité d’exécution dans la
prise de décision avec un taux de précision très élevé reflétant ainsi un taux d’erreur
minimale.
Malgré ses avantages, le modèle « scoring » reste un outil qui nécessite une bonne
manipulation des données. L’importance et la fiabilité des données permet de donner plus
de validité aux résultats, c’est ce qui est le cas pour notre fonction score qui a dégagé des
bon résultats.
L’incapacité que dégage la fonction score ou autre modèle interne de mesure du risque
de crédit est causé par le manque d’un système d’information, qui doit être informatisé,
pour faciliter la gestion et l’application de ces modèles.
- 53 -
Conclusion générale
L’état actuel des chantiers des banques est en place de sophistication. Quant au Maroc,
l’insuffisance patente des dispositifs de supervision, fait que les banques connaissent un
retard considérable. La mise en place d’un modèle de risque de crédit requiert des
investissements en matière de formation, de communication et surtout de système
d’informations. Par ailleurs, la mise en œuvre d’un modèle ne peut être l’affaire des
techniciens uniquement. Les choix qui seront faits dans l’architecture de gestion et dans les
principes méthodologiques doivent être validés par le management de la banque au plus
haut niveau.
Par ce travail, nous sommes rendus compte que la possibilité de faire rentrer ce type de
modèle interne est réalisable, mais les conditions de bonne manœuvre sont suggérées :
- L’élaboration d’un modèle de score nécessite comme matière première une base de
données assez large qui réunie un grand nombre de dossiers d’octroi de crédit contenant
toutes les informations nécessaires, qualitatives et quantitatives, en évitant d’avoir des
données à caractère subjectives parce que ça influe sur la crédibilité des résultats.
- Malgré que le modèle soit crédible les résultats obtenus sont issus d’une base de
données qui est subjective c’est-à-dire qu’elle donne des résultats propres à cette base ou
nous pouvons généraliser ses résultats sur d’autre base. Cette subjectivité est causée par
l’inexistence d’un système d’information.
- 54 -
Toutefois, il ne faut pas perdre de vue, les limites du modèle « scoring », quelle que soit
l’exactitude et la précision mathématique des résultats obtenus, son application introduit
toujours des approximations. En fin, quelque soit la performance d’un modèle de Crédit
Scoring, il ne doit pas être utilisé d’une manière exclusive en remplaçant le système actuel
de traitement des dossiers de crédit. Le Crédit Scoring comme modèle d’aide à la décision
doit permettre de fournir un indicateur très performant aux analystes de crédit afin
d’orienter leurs effort à la direction des dossiers les plus compliqués ou ceux qui se situent
dans une zone de forte incertitude facilement déterminable par le biais des scores.
- 55 -
BIBLIOGRAPHIE
I. Ouvrages
- 56 -
Table des matières
Introduction
générale................................................................................................................................07
Introduction du chapitre………………………………………………...……………….09
Conclusion du chapitre………………………...………………………………...………19
Introduction du chapitre………………………………………………………………....20
Section 1: Bâle I et la réglementation marocaine……………………….……………….21
1-1- Le Comité de Bâle…………………………………………………………………....21
1-2- Le cadre réglementaire international (Bâle I)………………………………………...22
1-3- Le cadre réglementaire national………………………………………………………24
- 57 -
2-2- L’objectif de Bale II.....................................................................................................26
2-3- L’impact de Bale II…………………………………………………………………..27
Bibliographie
Annexe
- 58 -
Annexe
Enquête sur l'efficacité de la méthode scoring dans la gestion des risques du
crédit
Le 10/07/2019 - FP USMS
Merci de prendre quelques minutes pour répondre à ce questionnaire
- 59 -
15. Quelle est, selon vous la finalité de la 17. Quelle appréciation donnez-vous à la
gestion de risque de crédit par la méthode méthode scoring ?
scoring ? A. Bonne méthode B. Mauvaise pratique
A. Détection précoce des risques de La réponse est obligatoire.
défaillance des contreparties Politique de participation à la gestion
B. Normalisation de la gestion des des risques par la méthode scoring
Risques de Crédit 18. Avez-vous déjà participé à des
C. Séparation entre les fonctions de vent réunions portant sur la gestion des risques
de crédit et celles de l’appréciation et du de crédit par la méthode scoring ?
contrôle des risques 19. Souhaiterez-vous être impliqué dans
D. Sécurité et rentabilité des opérations un chantier portant sur la politique de
E. réactivités dans le recouvrement gestion des risques de crédit par la
F. autres méthode scoring ?
Vous pouvez cocher plusieurs cases. 20. Avez-vous déjà participé à un
16. Pensez-vous que la méthode scoring a événement de mobilisation autour de la
un impact sur votre périmètre d'activité ? gestion des risques de crédit par la
A. Oui, tout à fait B. Oui, plutôt méthode scoring ?
C. Partiellement D. Non, pas du tout 21. Avez-vous déjà accès à un support de
La réponse est obligatoire. communication autour de la gestion des
risques de crédit par la méthode scoring ?
Jamais (1), Rarement (2), Occasionnellement (3),
Assez souvent (4), Très souvent (5
- 60 -
Résumé
Dans le contexte économique actuel, les banques doivent plus que jamais disposer d’un
système de gestion de risque efficace et élaboré afin de préserver leur solidité financière, de
continuer de croître et d’apporter la confiance au marché.
61