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Chap.9 : L’affectation du résultat
L’affectation du résultat de l’exercice N est une opération de l’exercice suivant N+1. Les
bénéfices peuvent être maintenus dans l’entreprise (mis en réserves) ou distribués aux
associés (dividendes). Les pertes doivent être apurées (soldées).
I- La détermination du résultat et la procédure d’affectation du résultat
A) La détermination du résultat net (rappel)
A la clôture de l’exercice (31/12/N), les comptes de charges et de produits (après inventaire)
sont soldés par le compte de bilan 12 Résultat de l’exercice (bénéfices ou pertes) :
701 X
702 X
… X
601 X
602 X
… X
120 Résultat (bénéfice) SC
Ou :
701 X
702 X
… X
601 X
602 X
… X
129 Résultat (perte) SD
Le compte 12 est toujours inscrit au passif du bilan (+SC du cpte 120 ou –SD du cpte 129).
Le résultat est maintenu dans le compte 12 jusqu’à la décision de son affectation par l’AGO.
B) La procédure d’affectation du résultat
Après la clôture d’un exercice, les dirigeants des sociétés commerciales (Conseil
d’administration ou Directoire pour les SA, gérants pour les SARL) élaborent un projet
d’affectation (ou de répartition) du résultat, en respectant les règles imposées par la loi et les
statuts de la société.
Au plus tard six mois après la clôture de l’exercice, l’Assemblée générale ordinaire (AGO)
des associés doit approuver les comptes annuels et le projet d’affectation du résultat.
Le paiement des dividendes doit avoir lieu au plus tard neuf mois après la clôture de
l’exercice.
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II- L’affectation d’une perte
Exemple :
129 Résultat de l’exercice (perte)
SD au 31/12/N : 10 000
(Une perte correspond à une diminution de l’actif net i.e. des capitaux propres ; cette situation
ne peut être que provisoire !)
Deux « affectations » (régularisations) sont possibles :
1) Reporter la perte sur les exercices à venir
La perte est inscrite dans un compte de report à nouveau (compte 11 : RAN) en attendant de
pouvoir la compenser (l’apurer) par des bénéfices futurs (Cf. affectation d’un bénéfice : les
bénéfices futurs devront être utilisés en priorité pour apurer / solder les pertes passées).
Courant N+1
(date de l’AGO)
119 Report à nouveau (solde débiteur) 10 000
129 Résultat de l’exercice (perte) 10 000
Affectation perte de l’exercice N - RAN
(Simple transfert de compte à compte en attendant des bénéfices futurs.)
Le compte 11 est également inscrit au passif (avec un signe négatif dans le cas d’une perte).
2) Imputer la perte sur des réserves
La perte est imputée sur les réserves i.e. sur les bénéfices passés non distribués (elle peut être
imputée sur tous les comptes de réserves existants, y compris la réserve légale).
Courant N+1
(date de l’AGO)
1061/3/4… Réserves… 10 000
129 Résultat de l’exercice (perte) 10 000
Affectation perte de l’exercice N – Imputation
sur les réserves
(C’est l’AGO qui détermine le compte de réserve à utiliser.)
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III- L’affectation d’un bénéfice
Cf. Document : « Exemple : Affectation du résultat »
L’affectation du résultat doit se faire de façon hiérarchisée, en suivant les règles imposées par
la loi (apurer les pertes antérieures, doter les réserves légales et réglementées, le cas échéant),
par les statuts (doter les réserves statutaires, verser un intérêt statutaires ou premier
dividende) et enfin en appliquant les décisions de l’AGO (doter les réserves facultatives,
verser un superdividende).
A) Les calculs d’affectation du résultat
(NB : Compléter en parallèle le tableau de calcul de l’exemple.)
1) Le report à nouveau de l’exercice précédent
Deux situations sont possibles :
- Le RAN (N-1) est débiteur (ou négatif) i.e. inscrit au débit du compte 119 : il correspond
aux pertes des exercices précédents (éventuellement pertes cumulées sur plusieurs
exercices) non imputées sur des réserves. Avant d’envisager toute affectation du résultat,
l’entreprise doit d’abord apurer les pertes antérieures : le RAN N-1 débiteur est soustrait
du résultat de l’exercice N.
- Le RAN (N-1) est créditeur (ou positif) i.e. inscrit au crédit du compte 110 : il correspond
à la partie du résultat de l’exercice N-1 qui n’a pas été affectée lors de la répartition des
bénéfices N-1 (il provient en général des arrondis pratiqués sur le superdividende). Le
RAN N-1 créditeur est ajouté au résultat de l’exercice N (après dotations aux réserves
légales, réglementées et statutaires, puisqu’il a déjà fait l’objet de prélèvements pour doter
ces réserves).
2) Les dotations aux réserves
2.1- La réserve légale (compte 1061)
La loi (droit des sociétés) prévoit qu’une partie des bénéfices réalisés ne doit pas être
distribuée aux associés mais maintenue dans l’entreprise (pour augmenter les garanties des
tiers, quand la responsabilité est limitée aux apports i.e. aux capitaux propres).
Dotation à la réserve légale = 5 % × (Résultat de l’exercice – RAN N-1 débiteur)
La dotation à la réserve légale cesse d’être obligatoire quand le solde du compte 1061 atteint
10 % du capital social (et en général il n’y a plus de dotation au-delà de ce seuil).
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Cf. Exemple :
Dotation « théorique » : 5 % × (22 487 – 0) = 1 124,35 €
Solde du compte 1061 : 3 810
Seuil : 10 % Capital = 10 % × 40 000 = 4 000
Or Cf. décision de l’AG (projet : doter jusqu’au minimum légal)
Dotation : 4 000 – 3 810 = 190
2.2- Les réserves statutaires ou contractuelles (compte 1063)
Les statuts peuvent également prévoir une dotation aux réserves statutaires (un % des
bénéfices, en règle générale).
Cf. Exemple : Dotation = 5 000 €
2.3- Les réserves réglementées (compte 1064)
Exemple : réserves consécutives à l’octroi de subventions d’investissement.
2.4- Les réserves facultatives (compte 1068)
Cf. Exemple : Dotation = 2 000 €
NB : Dotation après calcul de l’intérêt statutaire.
3) Les dividendes (intérêt statutaire et superdividende)
Les dividendes sont les bénéfices distribués aux associées :
3.1- L’intérêt statutaire ou premier dividende
Il correspond à la rémunération (intérêt) des capitaux apportés dans la société :
Pour une action :
Intérêt statutaire unitaire (1er dividende) = Taux d’intérêt statutaire (1) × Valeur nominale de l’action
(1) : Taux d’intérêt annuel défini par les statuts.
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Pour l’ensemble des actions (i.e. pour tous les actionnaires) :
Intérêt statutaire global (1er dividende) = Taux d’intérêt statutaire × Capital (libéré)
Capital = Nombre d’actions × Valeur nominale de l’action
Cf. Exemple : En supposant que le capital a été entièrement libéré
Intérêt statutaire unitaire = 8 % × 50 = 4 € par action (par année)
Intérêt statutaire global = 8 % × 40 000 = 3 200 € (= 800 actions × 4 € !)
(NB : L’intérêt statutaire n’est pas calculé sur les résultats !)
L’intérêt statutaire est calculé sur le capital libéré i.e. sur le montant des apports
effectivement versés et si une partie du capital est libérée en cours d’exercice, l’intérêt est
calculé prorata temporis (de la date de versement à la date de fin d’exercice).
Cf. Processus 6 (2e année) :
Dans les SA, la totalité des apports en nature et la moitié des apports en numéraire doivent
obligatoirement être libérées à la constitution de la société. Le solde des apports en numéraire
peut être libéré dans un délai maximum de 5 ans.
(NB : La situation est identique pour tous les actionnaires d’une même catégorie d’action i.e.
en cas de libération partielle chaque associé verse la même fraction. Le calcul de l’intérêt
statutaire peut donc être effectué par action ou globalement.)
Cf. Exemple : En tenant compte de la libération du capital
Nombre Montant Durée Intérêt statutaire
libéré (exercice
d’actions (par action) 2011) unitaire (par action) global
Actions
8 000/50 50 €
d’apports en 12 mois 8 % × 50 = 4€ 160×4 = 640 €
=160 (totalité)
nature (8 000 €)
Avant 2011 :
37,5 € 12 mois 8 % × 37,5 = 3€
Actions en 32 000/50 (1/2 + 1/4)
numéraire = 640
En 2011 :
(32 000 €)
3 mois 8 % × 3/12 × 12,5 = 0,25
12,5 € (du 1/10/11
(1/4) 3,25 € 640×3,25 = 2 080 €
au 31/12/11)
Total 800 2 720 €
NB : Calcul direct global :
Intérêt statutaire global = 8 % × (8 000 + 32 000/2 + 32 000/4 + (32 000/4) × 3/12) = 2 720 €
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3.2- Le superdividende (ou dividende complémentaire)
Le montant du superdividende par action est identique pour toutes les actions, qu’elles soient
complètement libérées ou non :
Solde du bénéfice distribuable
Superdividende unitaire (maximum) =
Nombre total d' actions
NB :
Bénéfice distribuable = résultat – dotations aux réserves légales et statutaires (+/- RAN N-1)
Solde du bénéfice distribuable = Bénéfice distribuable – intérêt statutaire – dotations aux
réserves facultatives
Le superdividende unitaire est généralement arrondi à l’euro (ou dixième d’euros) inférieur.
Le solde du résultat non affecté (du fait de l’arrondi du superdividende ou d’un montant
inférieur au maximum) est inscrit en RAN de l’exercice (solde créditeur !).
Cf. Exemple :
14 113
Superdividende unitaire = = 17,64125 arrondi à 17 € par action
800
Superdividende global = 800 × 17 = 13 600 €
Solde non affecté = 14 113 – 13 600 = 513 € => inscrits en RAN – Solde créditeur
(l’affectation est reportée sur l’exercice suivant.)
B) Le tableau d’affectation du résultat du PCG 1982
Cf. Exemple
Ce tableau ne fait plus partie de l’annexe (il n’est plus obligatoire mais il est encore utilisé…)
Cf. également formulaire Cerfa 2058 C de la liasse fiscale : Tableau d’affectation du résultat
de l’exercice précédent.
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C) La comptabilisation de l’affectation du résultat (bénéfice)
Cf. balance 31/12/11 :
120 Résultat 110 RAN (N-1) SC
SC 22 487 SC 1 536
Ecriture à la date de l’AGO (7/5/12) :
07/05/12
120 Résultat de l’exercice (bénéfice) 22 487,00
110 Report à nouveau (solde créditeur) 1 536,00
1061 Réserve légale 190,00
1063 Réserves statutaires 5 000,00
1068 Autres réserves (rés. facultatives) 2 000,00
457 Associés – Dividendes à payer 16 320,00
110 Report à nouveau (solde créditeur) 513,00
Affectation du résultat de l’exercice 2011
IV- L’affectation du résultat dans les entreprises individuelles
Les entreprises individuelles regroupent (notamment) les commerçants personnes physiques.
Les « petits » commerçants sont soumis aux obligations comptables du PCG mais avec des
règles simplifiées. (Les micro-entreprises sont même dispensées d’établir un bilan et un
compte de résultat, la comptabilité se limite à l’enregistrement des recettes et des dépenses).
Rappel : Une entreprise individuelle (personne physique) n’a pas de personnalité juridique et
donc pas de patrimoine propre (distinct du patrimoine privé de l’exploitant). Par conséquent,
c’est l’exploitant qui choisit les biens qu’il décide d’inscrire à l’actif du bilan de l’entreprise
(sachant qu’en principe il engage tous ses biens, commerciaux et privés…).
Le PCG prévoit des comptes spécifiques pour l’exploitant individuel :
- Compte 101 : « Capital individuel » (Cf. A et B)
- Compte 108 : Compte de l’exploitant (Cf. C)
A) Définition du « capital individuel »
A la création de l’entreprise individuelle, le capital individuel est égal à la différence entre la
valeur des éléments de l’actif et la valeur des éléments du passif que l’exploitant décide
d’inscrire au bilan de son entreprise.
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Exemple :
Actif Passif
101 Capital individuel :
Biens et créances de 100 000 – 40 000 = 60 000
l’entreprise : 100 000
Dettes de l’entreprise : 40 000
C’est le même principe que pour les capitaux propres des sociétés, le capital est la
contrepartie comptable de l’actif net, mais le capital individuel est ici une création comptable
et une fiction juridique.
Le capital individuel augmente avec les bénéfices réalisés (c’est l’actif net qui augmente !) et
avec les apports personnels de l’exploitant en cours d’exercice. Il diminue avec les pertes et
les retraits personnels de l’exploitant.
(L’entreprise individuelle appartient exclusivement à l’exploitant, il n’y a ni réserves ni
dividendes, les bénéfices sont la rémunération de l’exploitant => le compte 101 est
assimilable à un compte de liaison entre le patrimoine de l’entreprise et le patrimoine privé de
l’exploitant, sachant que ces deux patrimoines ne forment qu’un seul et unique patrimoine…)
B) L’affectation du résultat
Dès l’ouverture de l’exercice N+1, le résultat de l’exercice N est affecté en soldant le compte
12 par le compte 101 (il n’y a pas d’AG pour les entreprises individuelles !) :
Exemple :
Résultat exercice N : 10 000 € (SC du compte 120)
1/1/N+1
120 Résultat de l’exercice (bénéfice) 10 000
101 Capital individuel 10 000
Affectation du résultat de l’exercice N
(Simple transfert de compte à compte.)
En cas de pertes, l’écriture est inversée (diminution du capital individuel).
C) Les prélèvements (et apports) personnels de l’exploitant en cours d’exercice
Les sommes prélevées par l’exploitant au cours de l’année (assimilables à des avances sur les
bénéfices futures) diminuent le capital individuel de l’entreprise (débit du compte 101) et les
éventuels « apports » (ex : virement d’un compte bancaire privé sur le compte de l’entreprise)
augmentent le capital (crédit du compte 101).
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Toutefois, en cours d’exercice, les retraits et les apports sont d’abord enregistrés dans le
compte 108 (compte de l’exploitant) et en fin d’exercice le compte 108 est soldé par le
compte 101.
Exemple :
Tous les mois, l’exploitant prélève pour ses besoins personnels 1 000 € sur le compte bancaire
de l’entreprise (il n’y a pas d’apport) :
Une fois par
mois
108 Compte de l’exploitant 1 000
512 Banque 1 000
Retrait personnel
31/12/N
101 Capital individuel 12 000
108 Compte de l’exploitant 12 000
Pour solde du compte de l’exploitant
Remarque : L’affectation du résultat et le bilan
Les bilans son généralement présentés avant affectation du résultat (compte 12 au passif).
Le PCG prévoit toutefois des modèles de bilan avant et après répartition (il suffit de prendre
en compte l’écriture d’affectation du résultat dans le bilan au 31/12/N).
Cf. Cas Merat & Cas Bargot p.297 : Entreprise individuelle
Cas Bruay p.299
Cas Haveluy p.301
Cas Saultain p.303
Cas Curgies p.305
Cas Quarouble p.307
Cas Parabois p.309 (E4 2005)