0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
303 vues49 pages

Chaînes Alpines Méditerranéennes

Ces chaînes forment une ceinture orogénique autour de la mer d'Alboran reliant l'Afrique du Nord et l'Ibérie. Elles sont formées de trois domaines structuraux appartenant à des domaines paléogéographiques différents qui se sont juxtaposés lors de la fermeture de l'océan Téthysien. Le Rif constitue le segment sud de l'arc de Gibraltar et est formé par la superposition de ces trois domaines.

Transféré par

Ilyasse Ouaza
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
303 vues49 pages

Chaînes Alpines Méditerranéennes

Ces chaînes forment une ceinture orogénique autour de la mer d'Alboran reliant l'Afrique du Nord et l'Ibérie. Elles sont formées de trois domaines structuraux appartenant à des domaines paléogéographiques différents qui se sont juxtaposés lors de la fermeture de l'océan Téthysien. Le Rif constitue le segment sud de l'arc de Gibraltar et est formé par la superposition de ces trois domaines.

Transféré par

Ilyasse Ouaza
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Chaînes alpines de la Méditerranée

occidentale
Chaînes Betico-Rifo-Kabyles

Les chaînes alpines de la Méditerranée forment autour de la mer


d'Alboran une structure arquée bien marquée reliant les deux marges
continentales de l’Afrique du nord et de l’Ibérie. On la subdivise en deux
branches, orientées sensiblement E-W, qui se joignent au niveau de
l'orocline de Gibraltar (Maldonado, 1999).
Au Nord, la branche européenne est formée par les Cordillères Bétiques et
les îles Baléares.
Au Sud, la branche africaine, dite "Maghrébide" (Durand-Delga, 1960-62),
comporte le Rif et le Tell et se raccorde aux Apennins par l'arc Siculo-
Calabrais (fig. 1).
Les structures orogéniques de ces deux branches bétiques et maghrébines
montrent des vergences opposées qui se font respectivement vers le Nord
et vers le Sud.
Chaînes Betico-Rifo-Kabyles

Cette ceinture orogénique retrace une histoire géologique


commune qui se rattache étroitement à celle de l’océan
téthysien (Andrieux et al, 1971). Sa formation se détermine
dans un contexte structural complexe dominé par le coulissage
et la confrontation des trois plaques africaine, européenne et
mésoméditerranéenne (Reuber et al., 1982, Dercourt et al,
1986 et Chalouan et al, 2002). Ces chaînes périplaques sont
formées en commun par une superposition de trois ensembles
structuraux appartenant à des domaines paléogéographiques
différents (Andrieux et al, 1971) (fig. 2).
Carte géologique simplifiée montrant les domaines structuraux des chaînes
Betico-Rifo-Kabyles (In Comas et al., 1999)

Le Domaine interne est représenté par des fragments dilacérés de la


microplaque d'Alboran. Un Domaine externe correspondant, de part et
d'autre du détroit de Gibraltar, aux deux marges nord-africaine et sud-
européenne. Un Domaine de flyschs, entièrement allochtone, constitué de
dépôts de mer profonde qui se sont développés dans des sillons
mésozoïques et cénozoïques, situés entre les trois plaques.
Chaînes Betico-Rifo-Kabyles

Ces 3 domaines se situaient dans des positions assez éloignées,


comme en attestent les données paléomagnétiques et les
empreintes des structures hercyniennes de leurs socles
paléozoïques.
 Ils se caractérisent notamment par leurs propres couvertures
triasiques et liasiques, développées dans des aires
paléogéographiques bien distinctes du domaine téthysien).
La juxtaposition et la superposition actuelle des ces
composantes structurales au sein de ces orogènes se fait par des
interférences entre les mouvements de translation et les
mouvements de compression (Trümpy, 1983).
Elles résultent notamment d’une superposition de plusieurs
phases de déformations mésozoïques et cénozoïques, associées
aux mouvements géodynamiques Afrique-Europe, responsables
de la fermeture de l’océan téthysien.
Les données structurales et métamorphiques récentes
montrent que ces chaînes forment un orogène asymétrique de
subduction/collision. La migration du bloc exotique de l’Alboran
s’effectue sous l’intervention de deux subductions consécutives
de pendages SE et NW ayant intéressé respectivement les
zones bétiques et maghrébides.
La première est d’âge Crétacé supérieur ?-Eocène responsable
du métamorphisme de faciès éclogite qui a affecté le bord nord
de l’ALKAPECA.
La deuxième, d’âge Eocène supérieur-Oligocène, est
déclenchée par une tectonique de rétrochevauchement par
rapport à la première.
Elle permettra l’ouverture des bassins méditerranéens. Le collage
du Domaine d’Alboran sur les marges africaines se fait au cours
du Néogène, par la fermeture des bassins de flyschs
magrhebiens, avec croissance des prismes d’accrétion externes et
subsidence de l’avant- fosse (Chalouan et al., 2001).
La construction du Rif : coupes diachroniques
interprétatives (Chalouan et al. 2001, modifiée)
La chaîne du Rif.

Le Rif constitue le segment orogénique sud de l’arc de Gibraltar. Il se distingue par un


relief jeune et contrasté qui s’étale sur plus de 400 km de longueur, depuis le Massif de
Kebdana à l’Est jusqu’à Tanger à l’Ouest, avec une largeur maximale de 250 km. Ses
limites méridionales se font par des reliefs plus bas qui se prolongent entre Taza et Sidi
Kassem, où ils forment le couloir sud rifain. La structuration de cet orogène se fait
notamment par une tectonique de couverture typique des chaînes alpines
périméditerranéennes.
Ses terrains sont formés par une superposition de 3 ensembles structuraux
appartenant à des domaines paléogéographiques différents. De l’intérieur
vers l’extérieur, on distingue : le Domaine Interne, les Nappes de Flyschs et le
Domaine Externe. Ces domaines se rangent sous forme de bandes
longitudinales concentriques qui suivent la structure arquée de la chaîne. Leur
superposition est assurée par d'importants contacts chevauchants qui se font
principalement vers l'extérieur de la chaîne (S et SE). Par ailleurs, chacun de
ces ensembles est formé par une superposition de plusieurs unités
structurales qui montrent des caractéristiques stratigraphiques bien distinctes
36° 6°w Sebta 5° 4° 3° 36°
Tanger
J. Zem Zem
mer d’Alboran
Tétouan

Asilah
Massif de Bokoya

a Al Hoceima
Ha

bh Boudianr
Je Nador
bt

Larache
an
sam
b d ana
Chaouen m Ke
35° Te Ghareb 35°
Ketama
Iz
ar
en Dorsale calcaire
Nappes Ghomarides Rif Interne
(Domaine
Sebtides supérieurs
D’Alboran)
Sebtides inférieurs
ba
ssi

Prédorsalien Tisirènes Nappes


Numidien Benu Idder de
nd

Flysches
Talaa Lakraa Melloussa
uG

U. de Tanger Habt
ha

Nappes
U. de Ketama Intrarif
rb

Aknoul rifaines
U. de Loukkos autres nappes
Rabat
34° Fes
Atlas Mesorif

Sais ye n Prérif interne Nappes du Prérif et de Ouezzane-Tsoul

0 50km Mo Rides prérifaines et Gareb-Kebdana (Avant pays)

Formations post-nappes volcans


Domaine interne

Le Domaine interne ou Rif interne est un édifice structural allochtone qui


dérive de la fragmentation de la microplaque d'Alboran ou "AlKAPECA". Il
affleure aux abords de la mer d'Alboran, où il occupe notamment la partie
interne de la chaîne. Ses terrains se rencontrent principalement dans le Rif
septentrional où ils forment une bande subméridienne, de 10 à 30 km de
largeur, qui longe la côte entre Sebta et Jebha.

Ils réapparaissent ensuite dans la partie nord centrale de la chaîne, entre le


village de Torres et la ville d'Al Hoceima, où ils forment le Massif de Bokoya,
dont la largeur n’excède pas les 10 km. Ce Domaine est formé par un
empilement de trois ensembles structuraux qui montrent des
caractéristiques stratigraphiques et structurales différentes : les Sebtides, les
Ghomarides et la Dorsale calcaire.
Domaine interne

A : Les Sebtides
C’est sous ce terme de “Sebtides” que Durand-Delga et Kornprobst (1963)
ont regroupé les terrains plus ou mois fortement métamorphiques du
Domaine interne. Ils correspondent aux équivalents des “Alpujarrides”
décrits dans la chaîne bétique (Garcia-Duenas et Balanya, 1986, Tubia et
Cuevas, 1987 et Sanz De Galdeano, 1997). Ces terrains sont considérés
comme les unités les plus profondes du Domaine interne. On les rencontre
surtout dans le Rif septentrional, où ils apparaissent sous forme de fenêtres
à la base des nappes Ghomarides (Milliard, 1960-62; Kornprobst, 1974;
Saddiqi, 1995 et Bouybaouene et al., 1995), avec quelques témoins peu
représentatifs au niveau du Massif de Bokoya (Mourier, 1982 et Chalouan,
1986). Leurs termes crustaux se composent d’un empilement de plusieurs
unités structurales qui diffèrent principalement par leurs degrés de
métamorphisme. De la base vers le haut, on distingue : unité de Beni
Bouchera, unité de Filali et unité de Fédérico.
Domaine interne

A.a. Les Sebtides inférieurs sont constitués par des terrains hautement
métamorphiques. Ils se subdivisent en deux ensembles tectoniquement
distincts. L'unité de Beni Bousera occupe une position structurale inférieure.
Elle comporte à sa base un ancien socle cristallophyllien de nature
mantellique représenté par des masses isolées de péridotites de type alpin
(Milliard, 1960-62; Kornprobst, 1974 ; Saddiqi et al., 1988 ; Bouybaouene,
1993 et Saddiqi et al., 1995). Ses matériaux ultrabasiques, de haute
température et de haute pression, résultent d'un phénomène de fusion
partielle suivi d'une cristallisation fractionnée du liquide primaire tholeitique
(Kornprobst, 1974). Ces péridotites sont couvertes par une mince enveloppe
de kinzigites, de quelques centaines de mètres d’épaisseur. Ces terrains,
d'origine sédimentaire, ont subi un métamorphisme de haut degré. Ils ont
cristallisé dans les conditions du faciès granulite de haute pression et dont la
paragenèse minérale confine celle du faciès éclogite (Kornprobst, 1974).
Domaine interne

La partie supérieure de ce socle est connue sous le terme l'unité de Filali (Chalouan,
1986). Elle est formée par des gneiss armés de niveaux leptynitiques suivis par des
micaschistes et de quartzites. Ces deux termes polymétamorphiques forment des
auréoles de 3 à 5 km d'épaisseur qui reposent en accordance sur l'unité de Beni
Bousera. Ils sont marqués par un plissement original et par des recristallisations dans
les faciès des amphibolites qui présentent une évolution métamorphique rétrograde
(Bouybaouene, 1993). Ces terrains correspondent à un ancien socle précambrien ou
hercynien étroitement associé aux masses péridotitiques. Ils sont repris
postérieurement par au moins deux phases de métamorphisme alpin respectivement
de haute pression–basse température et de basse pression–haute température
(Bouybaouene et al., 1995 et El Maz et Guiraud, 2001).
Domaine interne

La mise à l'affleurement de ces péridotites a fait l'objet de nombreuses


thèses controversées. Elles ont été conçues par certains auteurs comme le
sommet d’un diapir mantellique, d’âge alpin, qui serait à l’origine du
métamorphisme néogène de leur encaissant (Milliard, 1959; Loomis, 1975,
Obata, 1980 et Davies et al, 1993). Pour d'autres auteurs, la mise en place
de ces péridotites résulte d’une superposition de plusieurs phases de
dénudation et d'écaillage d'âges incertains, qui se sont poursuivies depuis
le paléozoïque jusqu'au Miocène (Kornprobst, 1974; Saddiqi et al 1988;
Bouybaouene, 1993 et Bouybaouene et al., 1995).

Toutefois, les datations radiométriques de certains minéraux néoformés,


relevés aussi bien dans les péridotites que dans les kinzigites, montrent que
le dernier événement thermique affectant ces terrains est d'âge 22 Ma
(Loomis, 1975, Benmakhlouf & Chalouan, 1991 et Azdimousa, 1999). Cet
âge corrobore des datations de même valeur, effectuées dans les
Cordillères Bétiques par Priem et al. (1966) et Garcia-Duenas et al, (1992).
Domaine interne
Domaine interne

•A.b. Les Sebtides supérieurs ou l'unité de Federico est constituée par des
grauwacks et des schistes attribués respectivement au Carbonifère et au
Permien, surmontés par des assises dolomitiques du Trias inférieur à
moyen (Kornprobst, 1963). Ces terrains reposent par un contact anormal
sur les micaschistes de l'unité de Filali. Ce qui a laissé Milliard (1960-62) de
les ranger avec les nappes paléozoïques des Ghomarides.
•Cependant, la mise en évidence au sein de ces matériaux d’un
métamorphique alpin polyphasé, d'âge tertiaire, a permis à Durand-Delga
et Kornprobst (1963) de les grouper avec les autres unités des Sebtides. Par
ailleurs, Kornprobst (1974) les a considérés comme étant originellement la
couverture normale des micaschistes de l'unité de Filali.
•Cette unité de Federico est formée d'un empilement de 3 nappes de 2 à 3
km d'épaisseur chacune : le Beni Mzala, Tizgarine et Bouquet d'Andjra
(Kornprobst, 1974 et Zaghloul, 1995). Ces unités se distinguent
principalement par l’intensité de leur métamorphisme qui montre
respectivement du bas vers le haut des sauts décroissants bien marqués.
Domaine interne

Dans le secteur de Sebta (Monté Hacho), apparaissent d’autres terrains,


représentés par des écailles d'orthogneiss à cordiérites et à grenats
(Durand-Delga et Kornprobst, 1963). Ces termes, d'origine suspecte,
affleurent localement sous forme de fenêtres à la base des péridotites.

Ils sont considérés comme étant des témoins du socle ancien de la meseta
ibérique (Reuber, 1982). Leurs faciès rappellent de près ceux des Névado-
Filabrides décrits dans les Cordillères Bétiques (Didon et al, 1973, Garcia
Duenas et al, 1976, 1984 et Galindo-Zaldivar, 1993).
Domaine interne

B. Les Ghomarides
Les Ghomarides correspondent aux équivalents des "Malaguides" décrits
dans les Cordillères Bétiques. Ils sont représentés par des terrains peu ou
pas métamorphiques qui reposent sous forme de nappes pardessus les
Sebtides (Durand-Delga et al. 1960-62). Leurs matériaux sont constitués
principalement par des terrains paléozoïques, surmontés par une mince
couverture mésozoïque et cénozoïque (Milliard, 1960-62; Kornprobst, 1974;
Bourrouilh, 1976, 1977; Chalouan, 1986, 1987 et Azzouz, 1992). On y
distingue deux discordances angulaires situées respectivement à la base du
Carbonifère et à la base du Trias. La première se raccorde à la phase
hercynienne éovarisque, assimilée à la phase Bretonne et la deuxième à la
phase tardivarisque, assimilée à la phase asturienne (Chalouan, 1986 et
1987). Ces deux phases s’accompagnent par des déformations ductiles et
assez pénétratives associées à un métamorphisme anchizonal à épizonal
(Chalouan, 1986 et Azzouz, 1992).
Ghoumarides

Cependant, leur couverture mésozoïque et cénozoïque reste


toujours dans le stade de la diagenèse. Elle est formée en
grande partie par des dépôts détritiques rouges du Trias,
surmontés par des dalles carbonatées réduites du Lias et des
termes marno-gréseux de l’Oligo-Miocène (Chalouan, 1985;
Maati, 1994 et Ouazzani Touhami, 1994).

Ces terrains se subdivisent en quatre nappes différentes qui


sont du bas vers le haut les nappes: Aâkaïli, Koudiet Tiziane,
Beni Hozmar et la nappe supérieure de Talembote (Chalouan,
1986 et Azzouz, 1992). Le découpage de ces nappes est associé
à la phase d'écaillage de l'Oligocène. Il est assuré par des
contacts subhorizontaux matérialisés par des écailles de termes
détritiques rouges du Trias ou par des écailles de marnes et de
calcaires de l’Éocène.
Domaine interne
La Dorsale calcaire

•La Dorsale calcaire ou chaîne calcaire (Fallot, 1937) constitue la couverture


alpine du Domaine d’Alboran. Elle se caractérise par des dépôts de plate-
forme carbonatée très développée, d'âge Triasico-liasique, surmontés par
une mince couverture crétacée et éo-oligocène (Wildi, 1983). Ces terrains se
présentent comme un édifice structural constitué par un empilement de
plusieurs écailles et de paquets tectoniques.
•Leurs matériaux à armature carbonatée massive et rigide, forment une
ossature morphologique bien marquée qui ressort dans la topographie
régionale. Cette chaîne calcaire se compose de trois tronçons qui s'alignent
de manière plus ou moins continue entre Sebta et El Hoceima :

1) Le chaînon du Haouz situé entre Sebta et Tétouan


2) Le tronçon principal médian situé entre Tétouan et Jebha ;
3) Le tronçon de Bokoya (Mégard, 1969; Andrieux, 1971; Mourier, 1982 et
Mouhssine, 1991).
La Dorsale calcaire

Ces terrains se rencontrent dans la partie externe du Domaine


interne, où ils occupent en général une position structurale
inférieure par rapport aux nappes Ghomarides. Néanmoins
dans le chaînon du Haouz, où ils s’appuient sur ces dernières
par des contacts assez redressés.
L’examen stratigraphique permet de distinguer plusieurs types
d'unités ou de "Dorsales" caractérisées par leurs propres
séries triasico-liasiques, correspondants séparément à
différentes zones paléogéographiques de la plate-forme
dorsalienne. Cependant, leurs couvertures crétacées et
cénozoïques assez réduites sont relativement homogènes (fig.
5). On cite principalement :
La Dorsale calcaire

Sebta
groupe de jbel Moussa
Chaînon du Haouz
Dorsale interne
RIF
unité d’Ametrasse
unité d’Imourassine Domaine interne

Dorsale intermédiaire
Tétouan Dorsale externe de Bokoya
Dorsale externe

Oued Laou

Al Hoceima
a
Bo koy
sif de
Jebha Mas
Torres

Assifane
Chaouen 0 25 km

Les différentes unités lithostratigraphiques de la Dorsale calcaire (Chalouan, 1996 modifié).


La Dorsale calcaire interne

Unité interne est considérée comme la couverture partielle des


nappes ghomarides (Wildi, 1983, Durand-Delga et Olivier, 1989).
Elle se caractérise notamment par ses puissantes séries
triasiques détritiques rouges datées du Trias moyen (Beaudelot
et al., 1984) et qui continuent dans le Carnien (Maati, 1991).
Pardessus, reposent des dolomies massives du Rhétien et des
calcaires blancs massifs du Lias qui lui est spécifique (Nold et al.,
1981).
Ces terrains sont surmontés par des termes réduits du
Jurassique et du Crétacé marqués par de nombreuses phases
d’émersion et de karstification (Mégard, 1969 et El Kadiri, 1991).
Leur couverture cénozoïque est représentée principalement par
des termes marno-calcaires et conglomératiques priabono-
oligocènes qui reposent en discordance sur les termes sous-
jacents (Mourier, 1982).
La Dorsale calcaire externe

est exempte à sa base de termes triasiques rouges. Ses terrains triasiques


s’individualisent dans des milieux de dépôts relativement plus profonds par
rapport à la Dorsale interne. Elle se caractérise par des faciès de type alpin
qui commencent directement par des dolomies stromatolitiques bien
développées et peu fossilifères attribuées au Trias moyen-supérieur.
Pardessus, reposent des alternances calcaréo-dolomitiques et marneuses du
Rhétien, suivies par des dolomies massives azoïques attribuées à
l’Hettangien.
Cette Dorsale se distingue aussi par sa formation de calcaires à silex du Lias
allant en général du Sinémurien au Pliesbachien (Wildi et al., 1977 et El
Kadiri, 1991), sauf exceptionnellement dans le Bokoya où elle continue dans
le Tithonique (Mourier, 1982). Pardessus, surviennent les séries condensées
du reste Jurassique, du Crétacé et de l’Éocène inférieur. Leur couverture éo-
oligocène est représentée par des dépôts de marnes et de conglomérats
relativement comparables à ceux de la Dorsale calcaire interne.
Dorsales intermédiaires

On regroupe sous ce terme de nombreuses unités isolées, à caractère mixte, qui


s’intercalent tectoniquement entre la dorsale interne et la dorsale externe. Ces unités
se distinguent surtout par le développement bien particulier de leur formation des
alternances calcaréo-dolométiques rhétiennes. Ses terrains s’expriment à certains
endroits par des dépôts plus riches en calcaire qui montrent des bancs de calcaires
noirs à rognons de silex et des calcaires noduleux. Ils sont représentés dans d’autres
localités par des faciès dolomitiques à stratification épaisse (faciès externes) avec des
expressions réduites de marnes et de calcaires. Ces alternances sont surmontées de
dolomies blanches, parfois bréchiques et des calcaires blancs massifs couronnés par
des termes réduits de calcaires à silex du Lias inférieur (faciès interne) et de marnes
roses et jaunes de l’Oligocène (Nold et al, 1981et Beaudelot et al 1993).
C.d. L'unité d'Imourassine est située à l’extrémité NE du tronçon médian de Tétouan-
Jebha. Ses terrains se composent de plusieurs paquets tectoniques qui s’intercalent
entre la Dorsale externe d’une part et les Sebtides ou les Ghomarides d’autre part. Ils
se distinguent surtout par leurs séries triasiques qui montrent des caractéristiques
stratigraphiques et structurales peu communes (Nold et al, 1981). Elles commencent à
leur base par des termes détritiques rouges très réduits, surmontés tectoniquement
par des écailles de dolomies stromatolitiques évoquant celles du Trias supérieur,
auxquelles font suite selon les localités des cargneules, des alternances calcaréo-
Le Domaine externe

Le Domaine externe est bien représenté dans la chaîne du Rif. Il couvre par
ailleurs, toute la partie centrale et méridionale, depuis les Temsaman à l'Est
jusqu'au Detroit de Gibraltar au Nord-Est. Ses terrains autochtones à para-
autochtones se continuent depuis le Trias jusqu’au Miocène supérieur
(Andrieux, 1971; Frizon De Lamotte, 1982; Leblanc, 1988; Ben Yaïch, 1991;
Asebriy, 1994 et Benzagaggh, 2000). Ils sont représentés par des dépôts de
faciès marneux et calcareux qui relèvent en général d'une plate-forme peu
profonde. Leur agencement spatio-temporel est caractérisé par des
passages latéraux de faciès dictés par les processus de la différenciation de
la paléomarge téthysienne nord-africaine.
Ces terrains plus ou moins enracinés sont soumis à d'importants
phénomènes d'écaillage combinés par endroits à un léger métamorphisme.
On les subdivise, selon des critères stratigraphiques et tectoniques, en trois
unités structurales qui sont de l'intérieur vers l'extérieur et du haut vers le
bas : l'Intrarif, le Mesorif et le Prérif.
Le Domaine externe

A. L'Intrarif constitue les reliefs les plus élevés de la chaîne. Ses dépôts
relativement plus profonds se subdivisent en deux unités structurales
bien distinctes. Les séries gréso-pélitiques inférieures albo-aptiennes
qui forment l'unité de Ketama sont affectées par des déformations
assez pénétratives (Andrieux, 1971) associées à un léger
métamorphisme d’âge Oligo-Miocène (Frizon De Lamotte, 1982);
Pardessus reposent en contact anormal subhorizontal les séries
marneuses et calcaires du Crétacé supérieur et les phtanites du Crétacé
moyen, exemptes de déformations pénétratives, qui forment l'unité de
Tanger.
B. On rattache à cet ensemble les terrains allochtones qui forment les
"nappes rifaines". Le décollement de ces terrains se rapporte à une
exagération de phénomènes de charriage tortoniens. On les range en
fonction de l’origine et de l’âge de leurs matériaux en plusieurs familles,
telles que les nappes de Bouhaddoud, Senhaja, Aknoul et Ouezzane.
Les nappes de flysch

36° 6°w Sebta 5° 4° 3° 36°


Tanger
J. Zem Zem
mer d’Alboran
Tétouan

Asilah
Massif de Bokoya

a Al Hoceima
Ha

bh Boudianr
Je Nador
bt

Larache
an
m a
Chaouen sa
eb dan
em K
35° T Ghareb 35°
Ketama
Iz
ar
en Dorsale calcaire
Nappes Ghomarides Rif Interne
(Domaine
Sebtides supérieurs
D’Alboran)
Sebtides inférieurs
ba
ssi

Prédorsalien Tisirènes Nappes


Numidien Benu Idder de
nd

Flysches
Talaa Lakraa Melloussa
uG

U. de Tanger Habt
ha

Nappes
U. de Ketama Intrarif
rb

Aknoul rifaines
U. de Loukkos autres nappes
Rabat
s
Atla
34° Fes Mesorif
n Prérif interne
oye
Nappes du Prérif et de Ouezzane-Tsoul
Sais
0 50km M Rides prérifaines et Gareb-Kebdana (Avant pays)

Formations post-nappes volcans


Le Domaine externe

Le Mesorif est représenté par des terrains à prédominance de


marnes et de calcaires d'âge mésozoïque à cénozoïque qui
relèvent de milieux relativement moins profonds (Frizon De
Lamotte, 1982; Leblanc, 1988; Azdimousa, 1999 et Benzagaggh,
2000). Il affleure principalement dans la partie orientale de la
chaîne, où il forme l'unité de Temsaman.

D'autres affleurements se rencontrent dans la partie centrale


de la chaîne, où ils réapparaissent sous forme de fenêtres en
dessous de l'Intrarif et des nappes rifaines, tel est le cas des
unités de Tiflouest, de Zoumi et d'Izzaren. Les unités de
Temsaman et de Tiflouest sont affectées par un léger
métamorphisme attribué à l'Oligocène.
Le Domaine externe

Le Prérif est un ensemble structural de grande étendue


caractérisé par des reliefs plus bas situés à l’aval des zones
intrarifaines et mésorifaines. Ses terrains sont représentés
principalement par une série marneuse à caractère
olistostromique très développée d'âge miocène.
Les niveaux sous-jacents du Jurassique supérieur, considérés
comme leur substratum, ne réapparaissent que localement
dans sa partie interne où ils forment la ligne des Sofs. Leurs
faciès carbonatés sont comparables à leur équivalent dans le
Mesorif et montrent aussi des affinités avec ceux de l'Avant-
pays.
Le Prérif est limité du côté Sud par le sillon sud rifain qui forme
actuellement le bassin du Rharb, la plaine de Saïs et le couloir
sud rifain.
Les nappes de flysch

36° 6°w Sebta 5° 4° 3° 36°


Tanger
J. Zem Zem
mer d’Alboran
Tétouan

Asilah
Massif de Bokoya

a Al Hoceima
Ha

bh Boudianr
Je Nador
bt

Larache
an
m a
Chaouen sa
eb dan
em K
35° T Ghareb 35°
Ketama
Iz
ar
en Dorsale calcaire
Nappes Ghomarides Rif Interne
(Domaine
Sebtides supérieurs
D’Alboran)
Sebtides inférieurs
ba
ssi

Prédorsalien Tisirènes Nappes


Numidien Benu Idder de
nd

Flysches
Talaa Lakraa Melloussa
uG

U. de Tanger Habt
ha

Nappes
U. de Ketama Intrarif
rb

Aknoul rifaines
U. de Loukkos autres nappes
Rabat
s
Atla
34° Fes Mesorif
n Prérif interne
oye
Nappes du Prérif et de Ouezzane-Tsoul
Sais
0 50km M Rides prérifaines et Gareb-Kebdana (Avant pays)

Formations post-nappes volcans


Les nappes de flysch

•Comme leur nom l’indique, ces nappes sont constituées par des
dépôts de mer profonde qui se sont développés vraisemblablement
dans des sillons étroits, situés entre les trois plaques : africaine,
européenne et méso méditerranéenne Leurs matériaux flyschoïdes
sont principalement d’âge crétacé et tertiaire.

•Ces terrains d'origine suspecte sont entièrement allochtones et


s’intercalent structurellement entre le Domaine interne et le Domaine.
Ils se présentent par ailleurs sous forme de nappes charriées en grande
partie sur le Domaine externe (fig. 6). Toutefois, des témoins de ces
nappes reposent localement sur le Domaine interne.

•On distingue stratigraphiquement trois familles de nappes :


• les flyschs mauritaniennes, massyliennes et numidiennes.
Les nappes de flysch

•A. Les nappes Mauritaniennes sont considérées comme


étant les nappes les plus proches du domaine interne
(Olivier, 1984). Leurs séries stratigraphiques inférieures
forment la nappe de Tisirène. Elle est constituée par des
terrains marno-calcaires du Jurassique moyen et des
turbidites, à prédominance pélitique puis gréseuse datés
du Berriasien à l'Albien. Les séries stratigraphiques
supérieures sont formées par une alternance de marnes et
de calcaire du Crétacé supérieur et des flyschs gréso-
pélitiques de l'Oligocène et du Miocène inférieur qui
constituent l'unité de Beni Idder.
Les nappes de flysch

B. Les nappes Massyliennes sont connues sous le terme de


nappe de Chouamat dans la partie centrale de la chaîne et
de nappe de Melloussa dans le Rif septentrional. Elles sont
représentées par des flyschs schisto-quartzitiques de l'Albo-
Aptien, surmontées par des termes siliceux du Crétacé
moyen.
terrains montrent des affinités stratigraphiques et
sédimentologiques bien marquées avec l'unité intrarifaine
de Ketama.
Les nappes de flysch

Les nappes Numidiennes se distinguent par leur position


en supra-structure pardessus l'ensemble de l’édifice
structural rifain. Elles se caractérisent par leur faciès
turbiditique gréso-pélitique très développé, à dominance
de grès jaune à dragès de Quartz, attribué à l'Aquitanien
(Durand-Delga et al, 1960-62).
Ces terrains comportent à leur base des argiles sous-
numidiennes à "Tubotomaculum" d'âge oligocène (Didon et
al., 1984)
Les nappes de flysch

Le Prédorsalien
La zone prédorsalienne ou unité prédorsalienne est un
complexe tectono-sédimentaire bien particulier qui affleure
au front externe avec la Dorsale calcaire. Elle est connue
sous d'autres termes, selon les localités où elle a été
étudiée : semelle tertiaire. Ses terrains forment des écailles
et des paquets tectoniques de 1 à 2 km de largeur qui
matérialisent le contact entre le Domaine interne et les
nappes de flyschs. Ils se rangent selon les classifications
avec le Domaine interne ou avec les nappes de flyschs.
Les nappes de flysch

Le Prédorsalien
Par ailleurs, ils se distinguent par des dépôts oligo-
miocènes mixtes qui montrent, selon les niveaux, des
affinités avec la Dorsale calcaire ou avec les flyschs
numidiennes (Andrieux, 1971; El Hatimi, 1982; Ben Yaïch,
1982; El Hatimi, 1982 et Mourier, 1982). Cependant, Olivier
(1984) et Didon et al. (1973) font du Prédorsalien une unité
tectonique à part de la Dorsale calcaire. Ils lui associent
comme termes inférieurs des blocs carbonatés
resédimentés du Jurassique et du Crétacé qui montrent des
caractéristiques stratigraphiques intermédiaires entre la
Dorsale externe et les flyschs mauritaniennes.
Représentation schématique du contexte géodynamique de la
Méditerranée occidentale, au cours du Trias moyen,

illustrant l’installation d’un rift intracontinental oblique Alboran-


Bétique, avec positions relatives des composantes structurales des
deux marges passives :
7
5
4 3 2
1
6

CI
CS

FD
CI

1) Ghomarides, 2) Dorsale calcaire interne, 3) Dorsale intermédiaire, 4) Dorsale calcaire


externe, 5 : Sebtides-Alpujarrides, 6) Nevado-Filabrides 7) subbétique. FD : faille de
découplage. CI croûte inférieure, CS croûte supérieure. Flèches blanches : extension
oblique.
Structuration du Rif.

La structuration de la chaîne rifaine est dominée par une


tectonique de couverture comparable à celle des autres
orogènes qui bordent la mer d’Alboran. Elle se caractérise par
un style de déformation alpin marqué par une exagération des
phénomènes d'écaillage et de charriage qui se combinent à
l’action oblique des principaux accidents coulissants

Ce qui explique la disposition cartographique arquée de ces


différentes composantes structurales qui se fait conformément
à celle de l’orocline de Gibraltar (Maldonado, 1999). Cette
disposition se rapporte à leur histoire alpine actionnée par le
coulissage et la confrontation des 3 plaques : africaine,
européenne et de la microplaque d’Alboran
La Phase Eocène

Les premiers indices de déformation dans le Domaine interne se


rapportent à la phase de l’Éocène. Ils ne se décèlent que de manière
indirecte par la discordance des terrains priaboniens sur les séries
sous-jacentes de la Dorsale calcaire.
La Phase Oligocène

La structuration du Domaine interne commence par la phase


d'écaillage de l'Oligocène.
Elle est caractérisée par un découpage tangentiel très poussé des
unités Sebtides et Ghomarides. On associe à cette phase les
principaux événements métamorphiques qui affectent les unités des
Sebtides et la mise en place définitive des écailles de péridotites.
Ces serrages sont relayés pendant l’Oligo-Miocène par des
relâchements tectoniques qui ont été à l’origine de l’ouverture de
certains bassins dans le Domaine d’Alboran et dans le domaine des
flyschs.
La Phase Burdigaliènne (Burdigalien)

La fermeture des bassins de flyschs et le chevauchement du


Domaine interne sur le Domaine externe se rapportent à la
phase compressive Post-Burdigalien . On associe également à
ces serrages les phénomènes de retrochariages qui se
manifestent dans le chaînon du Haouz. Cette tectonique
tangentielle s’accompagne aussi par des déformations
synschisteuses dans le Domaine externe.
La Phase Tortoniènne (Tortonien)

La réactivation de ces serrages tectoniques se prononce au


Tortonien où elle intéresse plus particulièrement le Domaine
externe. Elle s’accompagne par d’importants phénomènes
d’écaillage qui sont à l’origine du décollement et des "nappes
rifaines.
la Néotectonique

Après les serrages du Miocène supérieur, les chaînes Betico-Rifo-


Kabyl ont été soumises à d'importants phénomènes
d’exhaussement et d’affaissement d'origine néotectonique. Ces
mouvements verticaux interviennent dans un contexte tectonique
général compressif N-S associé au rapprochement des deux
continents africain et européen. Ils sont soumis aussi à l’influence
des compensations isostatiques dues aux dédoublements
tectoniques et à l’épaississement crustal.

C’est pendant ces épisodes distensifs qu’a eu lieu l'effondrement de


la mer d'Alboran. Ces affaissements se sont poursuivis depuis le
Miocène moyen jusqu'à l'Actuel. Ils sont compensés latéralement
par l’exhaussement des chaînes Betico-Rifo-Kabyl.
la Néotectonique

Dans la chaîne du Rif, cette activité néotectonique est marquée par


une déformation essentiellement cassante matérialisée par deux
familles de failles normales parallèles et perpendiculaires à la côte.
Les jeux de ces failles se superposent en grande partie aux
principales structures cassantes préexistantes. Ils ont joué par
ailleurs un rôle important dans le façonnement de la topographie
actuelle de la chaîne.
On leur associe l'ouverture des bassins et des golfs de la bordure
méridionale de la mer d'Alboran; tel est le cas des bassins de
Martil, Oued Laou, du Nekor (Azzouz, 1992), du Kert et de Mellilia-
Nador, Azdimousa et al., 1993).
Par ailleurs, de nombreux dépôts marins plio-quaternaires se situent
actuellement à des altitudes dépassant parfois les cents mètres
(Maurer, 1968 et El Gharbaoui, 1981).

Vous aimerez peut-être aussi