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Fonctions de nombres complexes en mathématiques

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1

Université Saad Dahleb / BLIDA 2020/2021


2eme Année GM / Maths 4

Chapitre 1: Fonctions d’une variable complexe


1 Rappels et préliminaires

1.1 Forme algébrique d’un nombre complexe - Conjugaison

On peut dé…nir un point z du plan complexe C par la donnée de deux réels:

z = x + iy où x; y 2 R

Le nombre réel x est la partie réelle de z; on écrit x = Re(z):


Le nombre réel y est la partie imaginaire de z; on écrit y = Im(z):
Un nombre complexe z est dit réel si et seulement si sa partie imaginaire est nulle,et imaginaire
pur si et seulement si sa partie réelle est nulle.
Le nombre complexe 0 est par dé…nition le nombre complexe de partie réelle et imaginaire nulles.
Le conjugué de z = x + iy est dé…ni par z = x iy:
Propriétés: Soient z = x + iy; z1 = x1 + iy1 et z2 = x2 + iy2 .
1 z1 = z2 , (x1 = x2 et y1 = y2 )
z+z z z
2 Re(z) = et Im(z) = :
2 2
3 z1 + z2 = z1 + z2
Remarque On ne peut pas utiliser les relations d’ordre > et < entre deux nombres complexes.

1.2 Forme trigonométrique d’un nombre complexe

1.2.1 Module et argument d’un nombre complexe

Le module d’un nombre complexe z = x + iy est dé…ni par


p
jzj = x2 + y 2

Un argument d’un nombre complexe z = x + iy est dé…ni par arg (z) = 2 R tel que
y
tg ( ) = si x 6= 0
x
8
< si y > 0
Si x = 0, arg (z) = 2
: si y < 0 2
2
Si z = 0 (c’est à dire si x = y = 0) l’argument de z n’est pas dé…ni (arg (z) @).
Remarques 2

1 L’argument d’un nombre complexe z n’est pas unique, il est dé…ni à 2k près, puisque arg (z) +
2k , k 2 Z est aussi un argument de z.
2 Un nombre complexe non nul peut s’écrire sous la forme, trigonométrique (ou polaire), suivante

z = jzj (cos (arg (z)) + i sin (arg (z))) = jzj (cos ( ) + i sin ( ))

3 Représenter un nombre complexe x + iy sous forme trigonométrique, c’est se donner son module
r et un argument .
Propriétés: Soient z = x + iy; z1 = x1 + iy1 et z2 = x2 + iy2 .
1 jzj = 0 , z = 0:
1 z
2 8z 2 C on a z z = jzj2 ce qui implique que 8z 2 C on a = 2:
z jzj
z1 jz1 j
3 jz1 :z2 j = jz1 j:jz2 j et pour tout z2 2 C ; on a = :
z2 jz2 j
4 jz1 + z2 j jz1 j + jz2 j
5 arg(z1 z2 ) = arg(z1 ) + arg(z2 ):
z1
6 arg z2 = arg(z1 ) arg(z2 ):

7 arg(z) = 2 arg(z):

1.2.2 L’argument principal d’un nombre complexe

Dé…nition 1.2. Soit z = jzj(cos( ) + i sin( )) 2 C, l’unique argument appartenant à ] ; ]


s’appelle l’argument principal de z, il sera noté Arg(z).
On a: arg(z) = Arg(z) + 2k ; k 2 Z.
Soit z = x + iy 2 C, alors
8 y
>
> arctan si x > 0
>
> x
>
> y
>
> arctan + si x < 0 et y 0
>
< x
Arg(z) = 2 si x = 0 et y > 0
>
> y
>
> arctan + si x < 0 et y 0
>
> x
>
> si x = 0 et y < 0
>
: 2
@ si x = y = 0

1.2.3 Formule de Moivre

Pour tout nombre réel et pour tout entier relatif n:

(cos( ) + i sin( ))n = cos(n ) + i sin(n )

Cette formule est utilisée pour rechercher les puissances n ièmes de nombres complexes sous forme
trigonométrique, ainsi que pour linéariser les expressions: cosn (x) et sinn (x) (les écrire en fonction
linéaire de sin(kx) et cos(kx)).
1.2.4 Formule d’Euler 3

Pour tout nombre réel


ei = cos( ) + i sin( )
Ainsi un nombre complexe peut s’écrire aussi sous la forme exponentielle:

z = jzj (cos( ) + i sin( )) = jzjei :

La formule d’Euler permet une interprétation des fonctions cosinus et sinus comme combinaisons
linéaires de fonctions exponentielles:

ei + e i ei e i
cos ( ) = et sin ( ) =
2 2i
La linéarisation, qui repose sur la formule d’Euler, transforme tout polynôme en cos ( ) et sin ( )
en une combinaison linéaire de divers cos (k ) et sin (k ), ce qui rend alors immédiat le calcul de
ses primitives.

1.3 Racines carrées d’un nombre complexe

Dé…nition : Soit a un nombre complexe donné, on appelle racine carrée complexe de a tout
nombre complexe w , s’il existe tel que w2 = a
Cette notion n’est surtout pas à confondre avecpla racine carrée dans R qui est unique contrairement
à celle qui vient d’être dé…nie. L’écritures a est fortement déconseillée dans C, pour ne pas
confondre entre la racine carrée d’un réel positif et les racines carrées d’un nombre complexe. au
p 1
lieu a on écrit a 2
Voila une méthode permettant de déterminant les racines carrés d’un nombres complexes sous la
forme algébrique.
On pose a = + i (où et sont des réels) et w = x + iy; puis on résout le sytème d’équations:
8 8 8 2
< a = w2 < + i = (x + iy)2 < x y2 =
a = w2 , et , etp , 2xy = p
: 2 : 2 2 : 2+ 2
jaj = jwj 2
x +y = 2+ x2 + y 2 =

il est trés simple alors d’en déduire x2 en ajoutant la première et la troisième équation puis en
déduire les valeurs de x puis y .
Exemple: Déterminer les racines carrées de 3 + 4i

8 2 8
< x y2 = 3 < x= 2
2 2
3 + 4i = w = (x + iy) , 2xy = 4 p , et
: 2 :
x + y 2 = 32 + 42 = 5 y= 1

on en déduit deux racines carrées pour 3 + 4i: 2 i et 2 + i:


Exemple: Déterminer les racines carrées de i

8 2 8
> p1
< x y2 = 0 < x= 2
2 2
i = w = (x + iy) , 2xy = 1 p , et
: 2 2 2 2 >
: p1
x +y = 0 +1 =1 x= 2

on en déduit deux racines carrées pour i: p1 p1 i et p1 + p1 i


1.4 Racines n ièmes d’un nombre complexe 4

Dé…nition : Soit n 2 N et a un nombre complexe donné, on appelle racine n ième complexe de


a tout nombre complexe w , s’il existe tel que wn = a
Un nombre complexe non nul a possède exactement n racines n ièmes w, telles que wn = a,
Soit a = r(cos( ) + i sin( )).
Les racines n ième de a sont des nombres complexes w = (cos(') + i sin(')) tels que: a = wn .
On obtient alors
wn = a , n (cos(') + i sin('))k = r(cos( ) + i sin( ))
, n (cos(k') + i sin(k')) = r(cos( ) + i sin( ))
, n = r et n' = + 2k ; k 2 Z.
p
n
2k
, = r et ' = + ; k = 0; 1; 2; :::; n 1.
n n
En donnant à k les valeurs 0; 1; 2; :::; n 1, nous trouvons n valeurs di¤érentes de la racine n ième
de a.
p 2k 2k
wk = n r cos( + ) + i sin( + )
n n n n

Conclusion 8n 2 N ; 8a = jajei 2 C , a possède exactement n racines n ièmes données par:


+ 2k
p i
wk = n jaje n , k = 0; 1; 2; :::; n 1:

Exemples:
Les racines n ièmes de l’unité,
0 + 2k 2k
p i i
wn = 1 = 1(cos(0) + i sin(0)), sont données par: wk = n
1e n = e n ;càd
0 2 4 2i (n 1)
i i i
w0 = e n = 1, w1 = e n ,w2 = e n ,..., wn 1 =e n :

Remarques
1 La somme des racines n ièmes de l’unité est nulle:
0 1n
2
i
1 @e n A
n 2k
X1 n
X1 i
wk = e n = =0
2
k=0 k=0 i
1 e n

2
i
2 Si n = 2 , deux solutions w0 = 1 et w1 = e 2 = 1.
3 Si n = 3 , trois solutions w0 , w1 et w2 :
0 + 2k
p i
Les racines cubiques de l’unité, , (w3 = 1), sont données par: wk = n
j1je 3 ;càd
2 2
i 2 2 i 4 4
w0 = 1, w1 = e 3 = cos( ) + i sin( ) ,w2 = e 3 = cos( ) + i sin( )
Ainsi les racines cubiques de 1 sont 5
p ! p !
1 3 1 3
w0 = 1, w1 = j = +i ,w2 = j 2 = i
2 2 2 2

4 Si n = 3 , quatre solutions w0 = 1, w1 = i, w2 = 1 et w3 = i:

1.5 Équations du second degré dans C

On considère trois nombres complexes a; b et c tels que a 6= 0. On veut résoudre l’équation

az 2 + bz + c = 0

Discriminant = b2 4ac
2
Il existe forcément un nombre complexe tel que = : est une racine carrée de (voir les
paragraphes précédents):
2
Proposition: Si = , alors l’équation az 2 + bz + c = 0 admet deux solutions complexes:
b+ b
z1 = et z2 =
2a 2a

Cas particuliers:
1er cas: >0
p 2 p
Alors = ; on peut prendre = , alors l’équation az 2 +bz +c = 0 admet deux solutions
complexes: p p
b+ b
z1 = et z2 =
2a 2a

2em cas: =0
Alors = (0)2 ; on n peut prendre = 0, on retrouve donc que l’équation az 2 + bz + c = 0 admet
deux solutions complexes:
b
z1 = z2 =
2a

3em cas: <0


p 2 p 6
Alors = ( ) = i2 ( )= i ; on peut prendre =i , alors l’équation az 2 + bz +
c = 0 admet deux solutions complexes:
p p
b+i b i
z1 = et z2 =
2a 2a

2 Fonctions complexes

2.1 Dé…nitions

Soient U un ensemble non vide dans C. Si à chaque valeur z 2 U, il correspond une ou plusieurs
valeurs w 2 C, on dit que w est une fonction de z et on Ècrit w = f (z) ou

f: U ! C
z 7! f (z)

La donnée de f est équivalente à la donnée de deux fonctions P et Q telles que:

8z 2 U, f (z) = f (x + iy) = P (x; y) + Q (x; y)

P et Q sont des fonctions réelles de deux variables réelles.


P et Q sont appelées, respectivement, partie réelle et partie imaginaire de f . On note P =
Re (f ) et Q = Im (f ) :
Le domaine dé…nition de la fonction f; Df ; est l’ensemble des points z pour lesquels l’on sait
e¤ectuer les opérations permettant de calculer f (z).
On ne peut représenter le graphe de f car cela requiert 4 dimensions.

2.2 Fonctions uniformes et multiformes

Si à chaque valeur z 2 U, il correspond une seule valeur w 2 C on dira que f est une fonction
uniforme.
Si à certaine valeur z 2 U, il correspond plusieurs valeur w 2 C on dira que f est une fonction
multiforme.
Exemples:
1 La fonction f dé…nie par f (z) = z 2 est une fonction uniforme (à toute valeur de z il correspond
une seule valeur de f (z) = z 2 ). Plus généralement, la fonction z 7! z n avec n 2 N, est une fonction
uniforme.
2 La fonction f dé…nie par f (z) = arg (z) est une fonction multiforme (à toute valeur de z il
correspond plusieurs valeurs de f (z) = arg (z)).
1 1
3 La fonction z 7! z n avec n 2 N et n > 1, est une fonction multiforme (car la notation z n ne
désigne pas un seul nombre mais n nombres distincts).

3 Fonctions élémentaires

Les fonctions exp; ln, cos, sin, cosh et sinh seront prolongées au plan complexe.
3.1 La fonction exponentielle complexe z 7! ez 7

Dé…nition: On dé…nit l’exponentielle d’un nombre complexe z par l’expresssion

ez = ex+iy = ex eiy = ex (cos y + i sin y) d’après la formule d’Euler.

donc
exp : C ! C
z 7! ez = ex (cos y + i sin y)

Propriétés:
1. Re (ez ) = ex cos y , Im (ez ) = ex sin y, jez j = ex et arg (ez ) = y + 2k :
2. La fonction exponentilles est périodique de période 2i ; (ez = ez+2ik 8k 2 Z).
3. 8z 2 C, ez 6= 0:
ez1
4. 8z1 ; z2 2 C, ez1 :ez2 = ez1 +z2 et = ez1 z2 .
ez2
5. La propriété 8z 2 C, ez > 0 n’est pas véri…ée; (EX: ei = cos ( ) + i sin ( ) = 1 < 0).
6. 8n 2 N, (ez )n = enz ,
Remarque: La propriété 6 pouvait être fausse pour n non entier. En e¤et,
1 1
: 12
ei2 2
= (1) 2 = 1 alors que ei2 = ei = 1:

3.2 Fonctions trigonométriques complexes

La fonction exponentielle complexe permet de généraliser les fonctions trigonométriques au plan C.


Nous dé…nirons les fonctions trigonométriques ou circulaires, sin, cos, tan et cot 0 l’aide des formule
d’Euler:
eix = cos x + i sin x
pour tout x 2 R.
e ix = cos x i sin x
donc on peut exprimer le cos et sin réels par des exponentielles complexes

eix + e ix eix e ix
cos x = et sin x = pour tout x 2 R
2 2i
on peut prolonger le cos et sin réels à C.

eiz + e iz eiz e iz
cos z = et sin z = pour tout z 2 C
2 2i
On dé…nit les fonctions tangente et cotangente complexes par

sin z 1 e2iz
tan z = =i pour tout z =
6 n +
cos z 1 + e2iz 2
cos z 1+e 2iz
cot z = = i pour tout z =
6 n
sin z 1 e2iz

Remarques: La plupart des propriétés des fonctions trigonométriques réelles sont encore valables
dans le cas complexe. par exemple:
a) cos2 z + sin2 z = 1 pour tout z 2 C.
b) sin (z1 + z2 ) = sin (z1 ) cos (z2 ) + cos (z1 ) sin (z2 ) pour tout z1 ; z2 2 C.
c) cos (z1 + z2 ) = cos (z1 ) cos (z2 ) sin (z1 ) sin (z2 ) pour tout z1 ; z2 2 C. 8

Mais, la propriété 8z 2 C, 1 cos (z) ; sin (z) 1 n’est pas véri…ée;


2 i2
ei + e e1 + e 1
Exemple: cos (i) = = > 1.
2 2

3.3 Fonctions hyperboliques complexes

Les fonctions hyperboliques sont dé…nies comme suit:


ez + e z ez e z
cosh z = et sinh z = pour tout z 2 C
2 2
sinh z ez e z e2z 1
tanh z = = z = pour tout z 2 C
cosh z e +e z e2z + 1
cosh z ez + e z e2z + 1
coth z = = z = pour tout z 2 C
sinh z e e z e2z 1

Remarques:
1. Les propriétés des fonctions hyperboliques réelles sont encore valables dans le cas complexe. par
exemple:
a) cosh2 z sin2 z = 1 pour tout z 2 C.
b) sinh (z1 + z2 ) = sinh (z1 ) cosh (z2 ) + cosh (z1 ) sinh (z2 ) pour tout z1 ; z2 2 C.
c) cosh (z1 + z2 ) = cosh (z1 ) cosh (z2 ) sinh (z1 ) sinh (z2 ) pour tout z1 ; z2 2 C.
2. Les fonctions trigonométriques et les fonctions hyperboliques sont liées par les relations suiv-
antes:

sin (iz) = i sinh (z) et cos (iz) = cosh (z) :


sinh (iz) = i sin (z) et cosh (iz) = cos (z) :

3. On peut déterminer les parties réelle et imaginaire de la fonction sin; en e¤et:

sin (z) = sin (x + iy) = sin (x) cos (iy) + cos (x) sin (iy)
= sin (x) cosh (y) + i cos (x) sinh (y)

ce qui implique que

Re (sin) (z) = sin (x) cosh (y) et Im (sin) (z) = cos (x) sinh (y)

4. De même, on peut déterminer les parties réelle et imaginaire de la fonction cos; en e¤et:

cos (z) = cos (x + iy) = cos (x) cos (iy) sin (x) sin (iy)
= cos (x) cosh (y) i sin (x) sinh (y)

ce qui implique que

Re (cos) (z) = cos (x) cosh (y) et Im (cos) (z) = sin (x) sinh (y)

5. On peut aussi déterminer les parties réelle et imaginaire de la fonction sinh; en e¤et:

sinh (z) = sinh (x + iy) = sinh (x) cosh (iy) + cosh (x) sinh (iy)
= sinh (x) cos (y) + i cosh (x) sin (y)
ce qui implique que 9

Re (sinh) (z) = sinh (x) cos (y) et Im (sin) (z) = cosh (x) sin (y)

6. De même, on peut déterminer les parties réelle et imaginaire de la fonction cosh; en e¤et:

cosh (z) = cosh (x + iy) = cosh (x) cosh (iy) + sinh (x) sinh (iy)
= cosh (x) cos (y) + i sinh (x) sin (y)

ce qui implique que

Re (cosh) (z) = cosh (x) cos (y) et Im (cosh) (z) = sinh (x) sin (y)

3.4 Fonctions logarithmes complexes

3.4.1 Logarithme(s)

Il s’agit d’inverser la fonction exponentielle... dont nous savons fort bien qu’elle n’est pas inversible,
n’´etant pas injective. On peut donc s’attendre à des problèmes.
Question: Pour un nombre complexe z donné, le nombre w qui véri…e z = ew est-il unique?
Réponse: Posons z = x + iy et w = u + iv. On a

z = ew , x + iy = eu+iv = eu (cos (v) + i sin (v))


, fjzj = eu et v = Arg (z) + 2k où k 2 Zg
, fu = ln jzj et v = Arg (z) + 2k où k 2 Zg
, w = Log (z) = ln jzj + iArg (z) + 2ik où k 2 Z

relation dans laquelle on voit bien, comme il fallait s’y attendre, que le logarithme complexe est
une fonction multiforme. D’où w n’est pas unique.
Proposition: La fonction logarithme Log : C ! C est multiforme dé…nie par

Log (z) = ln jzj + iArg (z) + 2ik où k 2 Z et < Arg (z) :


= ln jzj + i arg (z) :

3.4.2 La détermination principale du logarithme

Dé…nition: La détermination principale Log(z); notée Log0 (z); est dé…nie par

Log0 (z) = ln jzj + iArgz où < Arg (z) :

C’est cette détermination qu’on appelle la détermination « principale » du logarithme. Mis à part
le fait qu’elle coïncide avec le logarithme népérien sur les réels positifs, elle n’a vraiment rien de
particulier.
Exemple: Calculer Log( 1), Log0 ( 1); Log0 (1 + i); Log0 ( 1 i) et Log0 ( 1) + Log0 (1 + i):
Conclure.
Solution:
Log( 1) = ln j 1j + iarg( 1) = i( + 2k ); où k 2 Z.
Pour la détermination principale,
Log ( 1) = ln j 1j + iArg( 1) = i :
p 10
Log0 (1 + i) = ln j1 + ij + iArg(1 + i) = ln 2 + i :
4
p
Log0 (1 + i) = ln j1 + ij + iArg(1 + i) = ln 2 + i :
4
p 3
Log0 ( 1 i) = ln j 1 ij + iArg( 1 i) = ln 2 i :
4
p 5
Log0 ( 1) + Log0 (1 + i) = ln 2 + i :
4
Conclusion: On remarque que Log0 (( 1) (1 + i)) = Log0 ( 1 i) 6= Log0 ( 1) + Log0 (1 + i): Donc
la détermination principale du logarithme complexe ne préserve pas la propriété: Log0 (z1 z2 ) =
Log0 (z1 ) + Log0 (z2 ):
Proptiétés de la détermination principale du logarithme complexe:
La détermination principale du logarithme complexe préserve certaines propriétés du logarithme
réel. Soit z 2 C , on a
1 1
1. Log0 ( ) = Log0 (z) si z 2 CnfR g et Log0 ( ) = Log0 (z) + 2i si z 2 R :
z z
2. eLog0 (z) = z.
Mais, la détermination principale du logarithme complexe ne préserve pas toutes les bonnes pro-
priétés du logarithme réel. Il faut donc être très vigilant.
Soient z; z1 ; z2 2 C et n 2 Z, on a
1. Log0 (z1 z2 ) = Log0 (z1 ) + Log0 (z2 ) + 2ik ; où k = 1; k = 0 ou k = 1.
z1
2. Log0 ( ) = Log0 (z1 ) Log0 (z2 ) + 2ik ; où k = 1; k = 0 ou k = 1.
z2
3. Log0 (z n ) = nLog0 (z1 ) + 2ik ; où k 2 Z.
4. Log0 (ez ) = z + 2ik ; où k 2 Z.
Le tableau ci-dessous indique la di¤érence entre les propriétés du logarithme réel et le logarithme
complexe:

Le logarithme réel Le logarithme complexe


Log0 (z1 z2 ) = Log0 (z1 ) + Log0 (z2 ) Log0 (z1 z2 ) = Log0 (z1 ) + Log0 (z2 ) + 2ik
z1 z1
Log0 ( ) = Log0 (z1 ) Log0 (z2 ) Log0 ( ) = Log0 (z1 ) Log0 (z2 ) + 2ik
z2 z2

Log0 (z n ) = nLog0 (z) Log0 (z n ) = nLog0 (z) + 2ik

Log0 (z 1=n ) = n1 Log0 (z) Log0 (z n ) = n1 Log0 (z) + 2ik

Log0 (ez ) = z Log0 (ez ) = z + 2ik

3.4.3 La fonction z où 2C

Le logarithme permet de dé…nir des fonctions puissances.


Soit 2 C et z 2 CnfR g, on appelle puissance généralisée (ou détermination principale) de z la
fonction dé…nie par
z = e Log0 (z)
Remarque: La puissance est associée au logarithme considéré: si on change de dé…nition de 11
logarithme (càd: si on ne prend pas la détermination principale du logarithme), la fonction puissance
change.

4 Limites

Dé…nition Soit f une fonction complexe à une variable complexe, on dit que f admet une limite
l en z0 = x0 + iy0 , et on note lim f (z) = l, si et seulement si
z!z0

8" > 0, 9 " > 0 / (jz z0 j < " ) jf (z) lj < ")

Proposition
Posons l = a + ib et f = P + iQ où a et b sont des réels, alors

lim f (z) = l , lim P (x; y) = a et lim Q (x; y) = b


z!z0 (x;y)!(x0 ;y0 ) (x;y)!(x0 ;y0 )

Remarques:
1. Quand la limite d’une fonction existe, elle est unique.
2. La fonction f a une lilimte l quand z tend vers z0 ; si elle tend vers la même valeur suivant
toutes les directions du plan.
3. Pour montrer que f n’admet pas de limite en un point z0 il su¢ t de trouver deux directions
d’approche de ce point telles que f (z) ne tend pas vers la même valeur suivant l’une ou l’autre
direction.
(x + iy)3
Exemple: Calculer lim
z!0 x3 + iy 3

Solution:
Faisons tendre z vers z0 selon une parallèle a l’axe de y. (c’est à dire z = x0 + iy = iy), alors
(x + iy)3 (iy)3
lim = lim = 1;
z!0 x3 + iy 3 y!0 iy 3

Faisons maintenant tendre z vers z0 selon une parallèle a l’axe de x. (c’est à dire z = x + iy0 = x)
(x + iy)3 x3
lim 3 3
= lim 3 = 1;
z!0 x + iy y!0 x

Conclusion: la limite dépend de la direction choisie, donc elle n’existe pas.


Remarque pratique: Pour calculer lim f (z) :
z!z0

1. On peut utiliser le développement de Taylor.


2. On peut factoriser pour enlever l’indétermination.
3. On peut utiliser les coordonées polaires: On pose z z0 = rei ,
lim f (z) = lim f rei si cette limite dépend de alors lim f (z) @, sinon elle existe.
z!z0 r!0 z!z0

4. On peut trouver deux directions d’approche di¤érentes donnant deux limites di¤érentes, dans
ce cas lim f (z) @:
z!z0

Exercice: Calculer les limites suivantes:


z sin (z) jzj sin (z) ch (iz) 12
1. lim ; 2. lim ; 3. lim ; 4. lim ; 5. lim ;
z!0 z z!0 z z!0 z z!0 sh (iz) z! 2 cos (z)

z2 + 1 e2z + 1
6. lim ; 7. lim :
z!i z 6 + 1 z! i 2 ez + i

z
Solution: 1. lim ;
z!0 z

Méthode 1: on peut utiliser la représentation polaire: z = rei :


z rei
lim = lim = e2i la limite dépend de , donc elle n’existe pas.
z!0 z r!0 re i

Méthode 2:
Faisons tendre z vers z0 selon une parallèle a l’axe de y. (c’est à dire z = x0 + iy = iy), alors
z iy
lim = lim = 1
z!0 z y!0 iy

Faisons maintenant tendre z vers z0 selon une parallèle a l’axe de x. (c’est à dire z = x + iy0 = x)
z x
lim = lim = 1
z!0 z y!0 x

Conclusion: la limite dépend de la direction choisie, donc elle n’existe pas.


sin (z)
2. lim FI 00 ; il su¢ t d’utiliser le developpement en séries entières;
z!0 z
sin (z) z
lim = lim = 1
z!0 z z!0 z

jzj 0
3. lim FI 0 , on peut utiliser la représentation polaire: z = rei :
z!0 z

jzj r i
lim = lim i = e la limite dépend de , donc elle n’existe pas.
z!0 z r!0 re

sin (z) 0
4. lim FI 0 ;
z!0 sh (iz)

sin (z) sin (z)


lim = lim = i car sh (iz) = i sin (z) ;
z!0 sh (iz) z!0 i sin (z)

ch (iz) 0
5. lim FI 0 ;
z! 2 cos (z)

ch (iz) 0 cos (z)


lim FI 0 = lim = 1 car ch (iz) = cos (z) ;
z! 2 cos (z) z! 2 cos (z)

z2 + 1 0
6. lim FI 0
z!i z 6 + 1

z2 + 1 z2 + 1 1 1
lim = lim = lim = ;
z!i z 6 + 1 z!i (z 2 + 1) (z 4 z 2 + 1) z!i (z 4 2
z + 1) 3
e2z + 1
7. lim FI 00 :
z! i 2 ez + i

e2z + 1 (ez )2 i2 (ez + i) (ez i)


lim = lim = lim = lim (ez i) = 2i:
z! i 2 ez + i z! i 2 ez + i z! i 2 ez + i z! i 2
5 Continuité 13

Dé…nition Soit f une fonction complexe uniforme. La fonction f est dite continue en z0 = x0 + iy0
si lim f (z) = f (z0 ) :
z!z0

Exemples:
Soit f la fonction dé…nie par
z3 si z 6= i
f (z) =
1 si z = i

Quand z tend vers i, f (z) se rapproche de i3 = i. Mais, f (i) = 1:


Donc limf (z) 6= f (i) et la fonction f n’est pas continue en z = i.
z!i

Proposition La fonction f = P + iQ est continue en z0 = x0 + iy0 si et seulement si la partie


réelle P et la partie imaginaire Q sont continues en (x0 ; y0 ) :
Remarque Une fonction peut admettre des dérivées partielles en un point sans même y être
continue, telle la fonction
xy
x2 +y 2
si (x; y) 6= (0; 0)
f (x; y) =
0 si (x; y) = (0; 0)
qui est discontinue en (0; 0) bien qu’elle y possède des dérivées partielles nulles.

6 Fonctions holomorphes

6.1 Dérivabilité

Dé…nition Soit f une fonction complexe uniforme. La fonction f est dite dérivable en z0 =
x0 + iy0 2 Df si et seulement si
f (z) f (z0 )
lim existe:
z!z0 z z0
dans ce cas cette limite sera notée f 0 (z0 ), c’est le nombre dérivé de f en z0 .

Exemples:
Soit f la fonction dé…nie par
z3 si z 6= i
f (z) =
1 si z = i

Dé…nition: Une fonction dérivable en tout point d’un domaine est dite holomorphe dans ce
domaine.
Opérations sur les fonctions dérivables:
La somme et le produit de deux fonctions holomorphes f et g, est une fonction holomorphe; il en
f
va de même pour le rapport partout où g(z) 6= 0, de plus on a:
g
0
f f 0g f g0
(f + g)0 = f 0 + g 0 ; (f:g)0 = f 0 :g + f:g 0 et = :
g g2

Remarques: En utilisant la dé…nition de la dérivabilité, on peut véri…e que les règles de calcul
des dérivées de fonctions réelles restent valables pour des fonctions complexes.
les fonctions: polynômes, exp; sin, cos; sinh, cosh sont holomorphes sur C, de plus 14

exp0 (z) = exp (z) , sin0 (z) = cos (z) , cos0 (z) = sin (z) , sinh0 (z) = cosh (z) et cosh0 (z) = sinh (z)

les fractions rationnelle est holomorphe sur leurs domaines de dé…nition.


la détermination principale du logarithme complexe, Log0 est holomorphe sur CnfR g, de plus

1
Log00 (z) =
z

la détermination principale de la puissance généralisée z 7! z est holomorphe sur CnfR g, de


plus
(z )0 = z 1

6.2 Conditions de Cauhy-Riemann

Théor‘eme (Cauchy-Riemann): Soient D C un domaine et f : D ! C une fonction holo-


morphe. Alors ses parties réelles et imaginaires P et Q y admettent en tout point des dérivées
partielles qui satisfont les équations de Cauchy-Riemann:
@P @Q @P @Q
= , =
@x @y @y @x

Preuve:
Soit z0 2 D,
f (z) f (z0 )
f : D ! C une fonction holomorphe ) f est dérivable en z0 ) lim existe = f 0 (z0 )
z!z0 z z0
) la limite dans toute les directions = f 0 (z0 ) :
Faisons maintenant tendre z vers z0 selon une parallèle a l’axe de x. (c’est à dire z = x0 + iy),
alors
f (z) f (z0 ) P (x; y0 ) + iQ (x; y0 ) P (x0 ; y0 ) iQ (x0 ; y0 )
lim = lim
z!z0 z z0 x!x0 x x0
P (x; y0 ) P (x0 ; y0 ) Q (x; y0 ) Q (x0 ; y0 )
= +i
x x0 x x0
@P @Q
= (x0 ; y0 ) + i (x0 ; y0 ) = f 0 (z0 ) : (1)
@x @x

Faisons tendre z vers z0 selon une parallèle a l’axe de y. (c’est à dire z = x + iy0 )

f (z) f (z0 ) P (x0 ; y) + iQ (x0 ; y) P (x0 ; y0 ) iQ (x0 ; y0 )


lim = lim
z!z0 z z0 y!y0 i (y y0 )
1 P (x0 ; y) P (x0 ; y0 ) Q (x0 ; y) Q (x0 ; y0 )
= +i
i y y0 y y0
1 @P @Q
= (x0 ; y0 ) + i (x0 ; y0 )
i @y @y
@Q @P
= (x0 ; y0 ) i (x0 ; y0 ) = f 0 (z0 ) : (2)
@y @y
En identi…ant (1) et (2), on trouve: 15

@P @Q @Q @P
(x0 ; y0 ) + i (x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ) i (x0 ; y0 )
@x @x @y @y
ou bien
@P @Q @P @Q
(x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 ) , (x0 ; y0 ) = (x0 ; y0 )
@x @y @y @x

Réciproquement si la partie réelle P et la partie imaginaire Q d’une fonction f : D ! C


admettent des dérivées partielles continues qui satisfont les équations de Cauchy-Riemann
@P @Q @P @Q
= , =
@x @y @y @x
dans D, la fonction y est certainement holomorphe.
Remarques:
1. Les conditions de Cauhy-Riemann permettent d’écrire la dérivée de quatre manière di¤érentes:
@P @Q @Q @P @P @P @Q @Q
f 0 (z) = +i = i = i = +i
@x @x @y @y @x @y @y @x

2. Si f est holomorphe alors:

(Re (f ) = C ste ou Im (f ) = C ste ) ) f = C ste :

3. Une fonction holomorphe est in…niment dérivable.


4. Toute fonction holomorphe est analytique et réciproquement. Une fonction analytique admet
localement un développement en série de puissances entières positives, c’est à dire
1
X
f (z) = an (z z0 )n au voisinage de z0
n=0

6.3 Equation de Laplace (Fonctions harmoniques)

Soit ' : R2 ! R, ' est dite harmonique si ' est de classe C 2 sur un domaine U et

@2' @2'
+ =0
@x2 @y 2

@2 @2
L’opérateur = + est appelé le Laplacien.
@x2 @y 2
Les parties réelle et imaginaire d’une fonction holomorphe sont harmoniques. On dit qu’elles
véri…ent l’équation de Laplace.

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