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Section 1: La Performance Sociale de L'entreprise

Ce document traite de l'impact de la responsabilité sociale des entreprises sur leur performance financière. Il présente différentes théories sur la relation entre la RSE et la PFE et examine des études empiriques montrant des liens positifs modérés ou forts selon les domaines. Le document présente également des modèles conceptuels de la performance sociale de l'entreprise.

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Section 1: La Performance Sociale de L'entreprise

Ce document traite de l'impact de la responsabilité sociale des entreprises sur leur performance financière. Il présente différentes théories sur la relation entre la RSE et la PFE et examine des études empiriques montrant des liens positifs modérés ou forts selon les domaines. Le document présente également des modèles conceptuels de la performance sociale de l'entreprise.

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 Chapitre 3 

: l’impact de la RSE sur la performance financière de


l’entreprise

Section 1 : La performance sociale de l’entreprise


La poursuite des objectifs sociaux entraîne de
meilleures performances financières.
Le second aspect de la relation RSE/PFE est lié au
lien de causalité entre ces deux concepts. Pour tenter de
répondre à cette interrogation, nous faisons référence à la
« théorie de la bonne gestion » qui stipule qu’une bonne RSE
peut laisser présager d’une bonne PFE future de la firme.
Certaines études (Ullmann; 1985 ; Roberts, 1992) montrent
que 50% des excellents résultats des entreprises socialement
responsables sont imputables à leur engagement social, tandis
que l’autre moitié s’explique par les performances dans leur
secteur. Une entreprise socialement responsable est censée
enregistrer des bénéfices supérieurs à la moyenne puisque
son aptitude à résoudre avec succès des problèmes
écologiques et sociaux peut passer par une mesure crédible de
qualité de gestion.
Finalement, à la lumière de ces travaux de recherche
empiriques qui se sont attachés à évaluer l’existence d’une
relation entre la RSE et la PFE en tenant compte du signe de
la relation et du lien de causalité, on peut tirer un certain
nombre de conclusions. S’agissant tout d’abord de l’influence
de la RSE sur la PFE, on peut conclure à la plausibilité de
l’hypothèse dite « du bon management » et, dans une
moindre mesure, de l’existence de relations plus complexes.
Vogel (2005), de son côté, démontre cette ambivalence dans
les résultats des études sur le lien RSE/PFE. Ainsi, à titre
d’exemple, dans le domaine environnemental, une étude
montre une relation positive modérée entre les niveaux de
réduction d’émission entre 1988 et 1989 et la performance
financière des entreprises (Vogel, 2005). Une autre étude
montre une relation positive forte entre la performance
financière et l’adhésion de ces entreprises à des standards
environnementaux mondiaux (Vogel 2005).

L’intérêt pour développer un modèle de la PSE s’est fait sentir dès milieu
des années
70. En effet plusieurs auteurs ont essayé d’intégrer les définitions et les
concepts les plus
pertinents pour la responsabilité sociale dans un effort de conceptualisation
leurs efforts
aboutissent à des tentatives de modélisation de la performance sociale de
l’entreprise. Sethi
(1975) a proposé un modèle à trois dimensions qui, selon lui, caractérise la
performance sociale de l’entreprise, à savoir les obligations sociales, les
responsabilités sociales et la réceptivité sociale.
Il précise, à travers ce modèle, que les responsabilités économique de
sociale définissent l’obligation sociale de l’entreprise, alors que la
responsabilité sociale se réfère plutô t à sa responsabilité éthique. La
responsabilité sociale de l’entreprise pour lui doit donc aller au-delà des
obligations sociales et se conformer aux valeurs, normes ainsi qu’aux
attentes de sa performance. De son coté, Caroll formula une définition de la
RSE en faveur d’un modèle à trois dimensions (catégories de le RSE, enjeux
sociaux et les philosophies de la réceptivité sociale concernant la dimension
des catégories de la RS, Caroll propose des catégories qui s’apparentent à la
définition de Davis. En fait, on constate que les principes de RSE, selon
Caroll pour définir la responsabilité sociale, il faut intégrer toutes les
obligations de la société. Pour lui ce concept dépasse donc les seules
exigences économiques et légales comme le soutient par exemple Davis. Il
va encore plus loin en annonçant que la RSE doit aussi couvrir les attentes
d’ordre éthique et discrétionnaire au delà société peut exiger des
compagnies à un certain moment. Cette approche a été largement reprise
dans la littérature. L’apport de Caroll, par rapport à Davis ainsi a différents
auteurs qui l’on précédé, consiste au fiat qu’il a réussi l’une de première
conceptualisation de la RSE, en effet il est l’un des premiers chercheurs à
pouvoir créer un modèle intégré capable de donner une représentation
plus ou moins simplifiée du concept de la RSE.
Le modèle de Caroll80 :
La définition de PSE :
La PSE englobe l’ensemble des obligations qu’une firme a vis‐à ‐vis de
l’ensemble des parties prenantes, et cela aux niveaux économique, l’égale,
éthique ; et ce qui relève du volontariat. Ces différents catégories ne sont
pas mutuellement exclusives, mais plutô t inclusive et doivent donc être
prises de manière simultanée.
 La responsabilité économique de la firme : la responsabilité première de
la firme est de fabriquer des biens et des services, les vendre et réaliser des
profits pour des actionnaires.
 La responsabilité légale : de la même manière que la société permet à la
firme d’assumerons rô le économique de production, l’autre part du contrat
social est que la firme agisse dans le strict respect du cadre légale qui lui a
été évolué (respect des lois, règlements, etc.)
 La responsabilité éthique : il existe d’autres formes de comportements et
d’activités qui ne sont pas légalement requis mais dont la société attend
beaucoup de la firme. Ce sont des actions que la firme pourrait
entreprendre d’elle‐même sans qu’elle y soit
contrainte. Il est difficile d’établir avec précision ce qu’on entend par
responsabilité éthique.
La responsabilité discrétionnaire (actions volontaires) : Le Petit Larousse
définit le terme ‘’discrétionnaire’’ est « la liberté laissée à l'Administration de
prendre l'initiative de certaines mesures 81 ». cette dernière n’est pas tenue,
ni légalement, ni éthiquement de s’engager dans des actions de ce type mais
cela aura un impact considérable sur son image de marque auprès du
public, on peut citer à titre d’exemple les actions philanthropiques,
caritatives (engagements dans des programmes de lutte contre
l’analphabétisme par exemple).82

Section 2 : La performance financière :


De la même manière qu’il existe une grande palette de mesures d’évaluation de la PSE, il
n’existe pas de réel consensus sur les mesures de PFE. Néanmoins, la majorité des
mesures
de PFE peuvent être classifiée en deux catégories : les mesures dites de marché, et les
mesures dites comptables.
……….

 Section 3 : les indicateurs de la performance financière

Comme pour la RSE, ce concept est mesuré sur une échelle de Likert avec six
items. Nous avons, comme précédemment vérifié la pertinence de l’ACP par
l’indice KMO qui est de 0.857 ; ce qui est considéré comme bon. Ce résultat est
d’ailleurs corroboré par le test de Bartlett dont la valeur est de 302.157 avec un
seuil de signification de 0.000. L’application de l’ACP à cette échelle de mesure
de la performance financière permet de dégager un seul facteur qui explique
62.4% de la variance totale de l’échantillon. Les communalités sont supérieures
à 0.5, la cohérence des items de l’échelle de mesure du coefficient alpha de
Cronbach donne une valeur de 0.87. Ce résultat montre que ce concept est
unidimensionnel.
La performance financière est une mesure de performance expost, puisqu’elle
suppose que la période de référence soit écoulée pour analyser les résultats
obtenus (performance résultat). Nous retiendrons deux types d’indicateurs
principaux (tableau 1) ceux qui traduisent la santé financière globale de
l’entreprise au niveau de sa direction générale, calculés à partir de ses états
financiers (bilan,compte de résultat, annexe) ceux qui s’appliquent aux
opérations gérées par la direction financière(telles les emprunts ou la
trésorerie) et dont elle est responsable vis-à-vis de la direction générale .Si la
valeur d’une entreprise, au sens financier, dépend de sa capacité à réaliser des
bénéfices, la gestion des clients et leur satisfaction représentent l’un des
facteurs clés de succès en matière de création de valeur action-nariale (C.
Ittner et D. Larcker, 1996;J. Pinard-Legris, 1999). La performance financière
dépend donc en partie de l’axe «client» du TBP
Du point de vue la rentabilité financière peut être entendue comme le rapport
entre le résultat net et les capitaux propres. De même, la rentabilité
d’exploitation peut être exprimée par le ratio Résultat d’exploitation/ Moyens
économiques engagés. Notons cependant que J.C. Mathé et V. Chagué (1999)
admettent la rentabilité financière comme une variable de mesure de
l’efficacité financière et non de l’efficience

: 2-2- Impact de l’adoption de la RSE sur leur PF :

Afin qu’on puisse mesurer la performance de l’entreprise il est nécessaire


d’évaluer et mesurer la capacité d’une organisation à atteindre ces objectifs
stratégiques.
La performance financière de l’entreprise est sa capacité à remplir les objectifs
financiers assignés par les actionnaires. (DSCG 3, 2020).
La PF pourrait donc être valoriser selon plusieurs mesures :
- Les mesures comptables (organisationnelles) ;
- Les mesures du marché (boursiers) ;
- Les mesures environnementales (score de divulgation RSE).
Danielson et Press (2004) ont pointé une corrélation élevée entre le rendement
comptable et le rendement économique c’est à dire les mesures comptables,
on trouve généralement dans cette première catégorie les éléments suivants
([Link] 2020) :
- Le ROE (Return On Equity);
- Le ROA (Return On Assets) ;
- La croissance et la rotation des actifs ou des revenus d’exploitation ;
- La marge nette ;
En général, les indicateurs clés de performance résident dans l’interprétation
des ratios qu’ils ont pour objet de :
- Suivre et mesurer l’évolution des performances économiques et
financières ainsi que des structures de l’entreprise dans le temps ;
- Ils mettent en rapport les données du bilan afin d’apprécier les équilibres
financiers ;
- Analyser l’évolution de l’activité de l’entreprise ;
- De mesurer les rentabilités économique et financière de l’entreprise.
L’excédent brut d’exploitation :
L’excédent brut d’exploitation se calcule par différence entre la valeur ajoutée
augmentée des subventions d’exploitation et les impôts (sauf l’impôt sur les
sociétés), les taxes et les charges de personnel supportés par l’entreprise (les
Zoom’s, 2016/2017). L’excédent brut d’exploitation représente la part de la
valeur ajoutée qui revient à l’entreprise et aux apporteurs de capitaux (associés
et prêteurs). Il indique la ressource générée par l’exploitation de l’entreprise
indépendamment :
L’excédent brut d’exploitation est un indicateur de la performance industrielle
et commerciale ou de la rentabilité économique de l’entreprise. Il permet de
calculer :
a- Le taux de rentabilité économique
Excédent brut d’exploitation/Ressources stables
b- Le poids de l’endettement de l’entreprise
Charges d’intérêts/Excédent brut d’exploitation
c- La part de l’excédent brut d’exploitation dans la valeur ajoutée
Excédent brut d’exploitation/Valeur ajoutée
d- Le taux de marge brute d’exploitation
Excédent brut d’exploitation/Chiffre d’affaires HT
La valeur ajoutée :
La valeur ajoutée est égale à la différence entre la production globale de
l’entreprise (marge commerciale plus production de l’exercice) et les
consommations de biens et services en provenance des tiers. (les Zoom’s,
2016/2017)
La valeur ajoutée permet d’apprécier les structures de l’entreprise et leur
rendement en le comparant aux charges de personnel, aux effectifs, aux
investissements, aux résultats. Elle permet de calculer notamment :
a- Le taux d’intégration de l’entreprise dans l’activité commercial
Valeur ajoutée/Chiffre d’affaires HT
b- Le taux d’intégration de l’entreprise dans le processus de production
Valeur ajoutée/Production
Le seuil de rentabilité :
Le seuil de rentabilité est le chiffre d’affaires ou le niveau d’activité que
l’entreprise doit atteindre pour couvrir l’intégralité de ses charges (variables et
fixes) et pour lequel elle ne dégage ni bénéfice, ni perte. (les Zoom’s,
2016/2017)
Ou encore, c’est le niveau de chiffre d‘affaires pour lequel la marge sur coût
variable finance exactement le montant des charges fixes.
Le seuil de rentabilité permet à l’entreprise :
De calculer :
a- Le montant du chiffre d’affaires à partir duquel l’activité est rentable.
b- Le niveau d’activité au-dessous duquel il ne faut pas descendre.
De déterminer :
- La date à laquelle l’activité devient rentable
D’apprécier :
a- Le risque d’exploitation.
b- La sécurité dont dispose l’entreprise si la conjoncture devient
défavorable.
On utilise également l’EVA (Economic Value Added) : qu’on peut définir comme
la différence entre le résultat obtenu par l’entreprise et le coût de son
financement (capitaux et dettes financières), exprimée en monnaie, est forte,
plus l’entreprise dépasse les résultats attendus par les actionnaires et donc
augmente la valeur de leur patrimoine (DSCG 3, 2020)
Indicateurs de liquidité :
- Trésorerie nette : est un instrument de mesure de l'équilibre financier
dans une entreprise. C'est le baromètre de la situation financière de
l'entreprise comme elle correspond aux disponibilités à vue, c'est-à-dire les
sommes d'argent mobilisables à court terme.
- BFR : Le Besoin en Fonds de Roulement (BFR) est la somme nécessaire
que l'entreprise doit posséder pour payer ses charges courantes en attendant
de recevoir le paiement dû par ses clients. Le besoin en fonds de roulement
montre l'autonomie financière de l'entreprise à court terme puisque cet
indicateur représente la somme d'argent nécessaire pour financer ses charges
sans qu'elle ait besoin d'encaisser ses clients en même temps.
- FR : mesure les ressources dont l’entreprise dispose à moyen et long
terme (hors chiffre d’affaires) pour financer son exploitation courante. Il est
aussi appelé FRNG pour Fonds de roulement Net Global.
Plus concrètement, le fonds de roulement représente la somme dont dispose
l’entreprise pour payer ses fournisseurs, ses employés et l’ensemble de ses
charges de fonctionnement, en attendant d’être rémunérée par ses clients.
- Ratio de liquidité : permet d'évaluer si l'entreprise est solvable à court
terme. On peut le calculer ainsi :
Actif court terme ÷ passif court terme
Le résultat de ce rapport doit être supérieur à 1 pour que l'entreprise soit
solvable à court terme.

La deuxième catégorie a pour objectif de mesurer le développement des


variables boursières qui sont :
- Le prix de l’action ;
- le beta;
- le PER (Price Earnings Ratio);
- le POR (Payout ratio);
- Le Tobin’s Q.;
- Le taux de rendement ;
Le prix de l’action est une valeur donnée par le marché, supposé rationnel,
intégrant tous les flux futurs actualisés connus.
Le béta représente le risque d’un titre par rapport au risque du marché, mesuré
par l’élasticité du titre par rapport à son marché.
L’investisseur s’en sert pour définir le niveau de risque de l’action, et donc son
espérance de gains.
Le PER représente le cours de l’action sur le bénéfice de l’action, c’est-à-dire le
nombre d’années de bénéfices nécessaires à payer le prix de l’action : plus le
PER est élevé, plus l’action est chère.
Le POR représente le rapport du dividende et le bénéfice par action : plus ce
rapport est élevé, meilleure est le traitement réservé aux actionnaires
Le Tobin’s Q est le rapport de la valeur du titre à sa valeur comptable de
remplacement des actifs.
La troisième catégorie repose sur la Mesure du score de divulgation de la RSE
Le score de divulgation de la RSE est obtenu après une analyse de la qualité et
de la quantité de l’information liée à la RSE publiée.
L’appréciation de la qualité du contenu informationnel délivré par l’entreprise
consiste à coder les contenus délivrés en fonction de deux modalités :
information de type quantitatif (p. ex. tableau de données chiffrées) et
information de type général.
 Section 2 : impact de l’adoption de la RSE sur leur PF

La poursuite des objectifs sociaux entraîne de meilleures performances


financières.
9Le second aspect de la relation RSE/PFE est lié au lien de causalité entre ces
deux concepts. Pour tenter de répondre à cette interrogation, nous faisons
référence à la « théorie de la bonne gestion » qui stipule qu’une bonne RSE
peut laisser présager d’une bonne PFE future de la firme. Certaines études
(Ullmann ; 1985 ; Roberts, 1992) montrent que 50% des excellents résultats des
entreprises socialement responsables sont imputables à leur engagement
social, tandis que l’autre moitié s’explique par les performances dans leur
secteur. Une entreprise socialement responsable est censée enregistrer des
bénéfices supérieurs à la moyenne puisque son aptitude à résoudre avec
succès des problèmes écologiques et sociaux peut passer par une mesure
crédible de qualité de gestion.
10Finalement, à la lumière de ces travaux de recherche empiriques qui se sont
attachés à évaluer l’existence d’une relation entre la RSE et la PFE en tenant
compte du signe de la relation et du lien de causalité, on peut tirer un certain
nombre de conclusions. S’agissant tout d’abord de l’influence de la RSE sur la
PFE, on peut conclure à la plausibilité de l’hypothèse dite « du bon
management » et, dans une moindre mesure, de l’existence de relations plus
complexes. Vogel (2005), de son côté, démontre cette ambivalence dans les
résultats des études sur le lien RSE/PFE. Ainsi, à titre d’exemple, dans le
domaine environnemental, une étude montre une relation positive modérée
entre les niveaux de réduction d’émission entre 1988 et 1989 et la
performance financière des entreprises (Vogel, 2005). Une autre étude montre
une relation positive forte entre la performance financière et l’adhésion de ces
entreprises à des standards environnementaux mondiaux (Vogel 2005).
L’auteur met en garde contre les études qui n’utilisent pas de variables de
contrôle ; ce qui implique que toute relation trouvée peut être
fausse/fallacieuse.

11Un certain nombre d’entreprises obtenant de bons résultats dans le domaine


social ou la protection de l’environnement indiquent que ces activités peuvent
conduire à une meilleure performance et générer davantage de profits et de
croissance. L’impact économique de la responsabilité sociale des entreprises
peut être ventilé en effets directs et indirects. Des résultats positifs directs
peuvent, par exemple, découler d’un meilleur environnement de travail se
traduisant par un engagement plus marqué et une plus forte productivité des
salariés, ou provenir d’une exploitation efficace des ressources naturelles. En
outre, les effets indirects sont le fruit de l’attention croissante des
consommateurs et investisseurs qui élargiront les possibilités de l’entreprise
sur le marché.

12La RSE permettrait donc (1) d’améliorer la performance financière, (2) de


diminuer les coûts d’opération, (3) d’améliorer l’image de marque et la
réputation, (4) d’augmenter les ventes et la loyauté des consommateurs, (5)
d’atteindre une meilleure qualité et productivité, (6) d’améliorer la capacité
d’attirer et conserver les employés, (7) de diminuer le contrôle par la
réglementation, et enfin (8) d’accroître l’accès au marché des capitaux [2]
[2]
2-2-1- Impact défavorable :
Les défenseurs de cette position considèrent qu’une firme qui s’engage dans
des actions à caractère social va avoir un désavantage compétitif dans la
mesure où ces actions vont générer des coûts pour la firme qui peuvent être
évités ou bien supportés par d’autres (gouvernement par eg.). Selon cette ligne
de pensée, il n’a que très peu de bénéfices économiques à récolter de ce type
de comportement, alors que les coûts sont importants. Ces coûts vont
théoriquement exercer une influence défavorable sur les profits de la firme, et
la richesse des actionnaires. Les auteurs, en accord avec cette théorie,
prévoient donc une corrélation négative entre RSE et PFE, (Vance, 1975 ;
Brammer el al., 2006). Il convient cependant de relativiser ces résultats dans la
mesure où la majorité des recherches se focalisaient sur l’impact d’un
comportement illicite de la part de la firme (accords antitrusts par eg.) ou de
problèmes liés au produit sur la performance du marché (valeur de l’action). Il
est à noter que le nombre d’études qui débouchent sur un lien négatif est très
réduit. Margolis et Walsh (2003) recensent 127 études traitant le sujet en
question. Ils trouvent que 8 uniquement d’entre elles prévoient une corrélation
négative entre les deux dimensions. Pour conclure sur ce point, nous pouvons
avancer l’idée que la seule certitude que l’on puisse avoir à ce sujet, c’est que
l’investissement dans la RSE n’engendre pas systématiquement un retour sur
investissement immédiat. (Joseph, 2014)
2-2-2- Impact neutre :
Auperle et al., (1985) n’avaient pas trouvé un lien significatif, ni positif ni
négatif, entre la profitabilité de l’entreprise et l’adoption de la RSE. Ils ont
souligné dans la conclusion de leur recherche que les bénéfices intangibles de
la RSE tendent à être incernables par les investigations scientifiques. Certains
chercheurs (Alexander et Buchholz, 1978 ; Ullman, 1985), pensent que les
variables expliquant les liens entre les deux concepts sont si nombreuses que la
mise à jour d’une relation empirique « claire » est impossible. Il y aurait
neutralité de la relation entre les deux concepts. L’absence de lien pourrait être
expliquée par des problèmes dus aux différents concepts. D’autres encore ont
établi qu’il existait une double relation positive et négative entre les deux
concepts (Chan et Metcalfe, 1980 ; Cochran et Wood, 1984 ; etc.). Quant à Mc
Williams et Siegel (2000), leurs résultats montrent que si la RSE encourage
l’innovation de produit et de processus, elle reste neutre quant à la profitabilité
de l’entreprise. On peut expliquer l’ambigüité du lien entre RSE et la
profitabilité par le fait que la contribution de cette première à la performance
financière de l’entreprise dépend surtout des facteurs qualitatifs tels que la
réputation de l’entreprise ou l’attitude des employés. Allouche et la Roche
(2005) ont le sentiment d’un lien fragile voire inexistant et quelque peu
contrasté. Plusieurs travaux empiriques récents ne prévoient aucun lien entre
les deux dimensions (O’Neil, Saunders et McCarthey 1989 ; Graves et Waddock,
1999). D’autres stipulent que le lien est trop faible voire inexistant (Balabanis et
al. 1998). Griffin et Mahon (1997), trouvent que les résultats sont peu
concluants : les variables retenues ne permettent pas de distinguer entre
firmes performantes et firmes non performantes. (Joseph, 2014)
2-2-3- Impact favorable :
Ce type d’association confirme la théorie des Parties Prenantes. Celle-ci, stipule
qu’une firme qui tente de diminuer ses coûts implicites (coûts de qualité du
produit, coûts environnementaux par eg.) par des actions sociales
irresponsables aura, en retour, à faire face à des coûts explicites plus élevés
(paiement de pénalités, réputation, etc.). Cela aura un impact négatif sur sa
compétitivité et profitabilité (Shane et Spicer, 1983 ; Andreson et Frankle, 1980
; Vershoor et Murphy (2002) ; Simpson et Kohers (2002) ; Seifert et al. (2004) ;
Nelling et Webb (2006)). Une perception positive des clients par rapport à la
qualité et la nature des produits d’une entreprise, l’attention que l’entreprise
attache à l’environnement et ses relations avec la communauté deviennent de
plus en plus des bases de la concurrence. Cornell et Shapiro (1987) justifient
cette hypothèse en montrant que les entreprises qui ne satisfont pas les
attentes des Parties Prenantes implicites (autre que les actionnaires) seront
perçues par les stakeholders explicites (actionnaires) comme plus risquées et
subiront en conséquence les coûts venant grever leur profitabilité.
Découlant de cette théorie, certains auteurs (Moskowitz, 1972) considèrent
que les coûts engendrés par une bonne RSE peuvent être minimaux au regard
des bénéfices potentiels engendrés. Même si cette théorie peut paraître
normative, on observe un intérêt grandissant de certains responsables de la
gestion stratégique de certaines firmes qui ont une volonté réelle de mettre en
place des stratégies intelligentes afin que leurs firmes soient en harmonie avec
leurs environnements internes et externes (Freeman et Gilbert, 1988 ; Bartlett
et Goshal, 1994).
De la même manière, d’autres auteurs considèrent que de hauts niveaux de
RSE sont des indicateurs pertinents montrant une qualité de la gestion
supérieure par rapport à la moyenne. Cela aura alors un impact en diminuant
les coûts explicites de la firme (Alexander et Buchholz, 1982). Allouche et al.,
(2004) ont effectué une analyse tendancielle de la nature du lien à partir de la
synthèse de quatre travaux recensant les résultats d’études empiriques sur
l’impact financier de la RSE. Les auteurs ont trouvé que la tendance majoritaire
des études penchait en faveur de la nature positive du lien. Selon Laperche et
Uzunidis, (2011) la RSE permet : la réduction des coûts et des risques (par la
maîtrise de la consommation énergétique, par l’usage de sources d’énergies
renouvelables) ; la construction d’un potentiel d’innovation en faisant (en
droite ligne de la théorie des ressources) de la responsabilité sociétale le
moyen de la construction d’une compétence porteuse d’un avantage
compétitif (les produits verts ou bio par exemple) ; l’amélioration de sa
crédibilité. Ce dernier point est l’un des plus directement visibles faisant partie
de la stratégie de communication des entreprises. L’ensemble de ces auteurs
considère donc qu’il existe une corrélation positive entre la RSE et la PFE.
(Joseph, 2014)

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