Guide INS : Découverte et Intervention
Guide INS : Découverte et Intervention
neurosensorielle
Un guide pour
Découvrir - Comprendre
Identifier - Intervenir
Repenser les espaces
Bâtir une culture
de l’acceptation
[Link]
[Link]
Sommaire
Introduction p. 3
Découvrir p. 4
l’intégration
neurosensorielle
Des sens essentiels p. 5
méconnus
Comprendre
les troubles du
traitement de
l’information
sensorielle
Les troubles de p. 9
modulation sensorielle
Repenser les
Les troubles de p. 12 espaces et la
discrimination sensorielle Comprendre société avec
l’Intégration
Les troubles moteurs à p. 13 neurosensorielle
base sensorielle Poser un diagnostic p. 16
3 [Link]
Découvrir
l’intégration
neurosensorielle
Nos sept sens envoient en continu des L’information sensorielle transmise par les
informations à notre cerveau qui les reçoit, sens doit donc être traitée et analysée par le
les traite et y répond de manière adaptée par cerveau qui va ensuite permettre à la personne
des gestes, des comportements, des émotions. d’y apporter une réponse appropriée (un
Ce processus s’appelle l’intégration geste, une parole, une émotion…).
sensorielle. Il correspond à la capacité
de sentir, de comprendre et d’organiser les Lorsque l’intégration sensorielle fonctionne
informations sensorielles provenant de notre bien, l’enfant apprend à agir de manière
corps et de notre environnement. Une bonne appropriée face à son environnement et
réception, modulation et intégration des comment interagir avec les autres.
informations sensorielles sont nécessaires pour
qu’un enfant se développe harmonieusement.
Exemple :
« Mon pied trébuche sur un obstacle et je me trouve totalement déséquilibré. Les
capteurs présents sur tout mon corps envoient différentes informations à mon cerveau
qui les traite et renvoie des instructions pour éviter la chute : se redresser, placer les
mains pour se protéger. Lorsque la situation se reproduira, mon cerveau pourra réagir
encore plus rapidement. »
4 [Link]
Des sens essentiels méconnus
Pas 5, mais 7 sens !
Vous connaissez déjà les 5 sens suivants : la vue, le toucher, l’audition, le sens olfactif, le goût. Mais
il en existe 2 autres, méconnus et pourtant tout aussi importants : le sens vestibulaire et le sens
proprioceptif.
Le système vestibulaire est le sens du
mouvement et de l’équilibre. Le vestibule
est un organe sensoriel caché dans l’oreille
interne qui détecte les mouvements de la tête
et sa position quand le corps bouge. Il nous
permet de savoir où se situe notre corps dans
l’espace, si c’est nous bougeons, ou bien notre
entourage. Il nous renseigne sur la direction du
déplacement de notre corps et sur sa vitesse.
Le système vestibulaire permet donc
de stabiliser la scène visuelle pendant un
mouvement et/ou déplacement de la tête et/
ou du corps. Il commande aux yeux de se fixer
sur une cible, et aux muscles de la colonne
vertébrale de s’activer afin de stabiliser la posture et d’éviter les chutes.
Le système vestibulaire permet par son activité sur l’œil de conserver une image stable
sur la rétine. Cette stabilité du regard est une clé de l’équilibre. De plus, ce système permet
l’orientation anticipatrice du regard. Le regard est dirigé dans la direction de notre déplacement
avant que le reste du corps s’oriente.
Exemples :
Vous ne regardez pas vos pieds lorsque vous montez une échelle.
Lorsque vous poussez une porte pour l’ouvrir, vous adaptez votre force en conséquence
5 [Link]
Un processus à la base de tout apprentissage
APPRENTISSAGES
COGNITION SCOLAIRES
INTELLIGENCE
Pyramid of learning
A retenir :
L’intégration sensorielle est un processus neurologique qui organise les stimuli
sensoriels issus de l’organisme et de l’environnement, pour permettre d’utiliser
le corps efficacement dans le contexte. Elle est à la base de l’apprentissage. Un
dysfonctionnement dans l’intégration sensorielle peut impacter la personne dans des
domaines varié[Link] les sens sont concernés par l’intégration sensorielle. Certains des
sept sens sont moins connus, mais tous sont aussi importants.
6 [Link]
Concrètement, ça marche comment ?
Focus sur le processus de la modulation sensorielle
Nous captons continuellement des informations par l’entremise de nos sens. Ces informations
s’appellent des « stimuli sensoriels ». Nos nerfs les acheminent au cerveau, qui les interprète.
Dans l’intégration sensorielle, la modulation sensorielle permet au cerveau de filtrer ces
informations reçues selon leur importance. Cette modulation va créer une sorte de niveau
d’importance des informations pour que le cerveau puisse apporter la réponse la plus appropriée.
Cette modulation se développe au fil des ans à partir de la naissance.
Exemple :
Bébé sursaute et pleure au moindre bruit.
Puis il apprend à en reconnaître certains,
comme une intonation dans la voix de sa
mère, et va réagir spécifiquement à ceux-ci.
La modulation sensorielle permet de maintenir un état de vigilance où les stimuli sensoriels sont
interprétés par le corps de manière continue. Au cours d’une journée, l’état de vigilance d’un
enfant se situe la plupart du temps au niveau optimal. Mais sa vigilance peut s’élever s’il reçoit
plus de stimuli de son environnement. Elle peut baisser s’il en reçoit moins. Ces différentes
phases peuvent alterner au cours d’une journée.
7 [Link]
Il y a trois niveaux principaux de vigilance :
Quand nous avons la capacité de traiter de manière adéquate les stimuli sensoriels, notre
système nerveux les contrôle. Nous nous sentons « juste bien ». Dans cet état de « juste
bien-être », nous sommes calmes, éveillés, concentrés, prêts à travailler et à apprendre.
A retenir :
La modulation sensorielle est un apprentissage progressif qui permet au cerveau de trier
les informations sensorielles reçues. Elle a des répercussions sur l’état de vigilance de
l’enfant.
8 [Link]
Comprendre les troubles
du traitement de l’information
sensorielle
Il est tout à fait normal d’avoir certaines préférences et certains inconforts sensoriels (ne pas
aimer la texture des huîtres ou préférer le coton à la laine par exemple..)
On parle toutefois de difficultés de traitement de l’information sensorielle lorsque les
réactions de l’enfant l’empêchent de bien mener ses activités. Dans certains cas, l’enfant réagit à
certains stimuli plus intensément, plus rapidement ou pendant une période plus longue que ce
qui est habituellement attendu.
Il existe plusieurs types de troubles de l’intégration sensorielle :
• Les troubles de modulation sensorielle
• Les troubles de discrimination sensorielle
• Les troubles moteurs à base sensorielle
« Le classement de ces groupes en trois est purement théorique. Dans la réalité, ils peuvent
être associés, se regrouper ou encore s’ajouter les uns aux autres. Chaque enfant est différent
et unique. La personnalité, l’histoire ou encore le contexte familial ont également une influence
sur les réponses sensori-motrices. » Isabelle Babington, ergothérapeute.
Ces troubles sont liés au système nerveux autonome. Ce ne sont pas des troubles cognitifs.
Étudions-les de plus près.
HYPOSENSIBILITÉ HYPERSENSIBILITÉ
Cela prend plus longtemps ou Le cerveau est survolté par
plus de stimulation pour que le
SENSIBILITÉ
les informations qui
cerveau comprenne et traite STANDARD l’agressent.
l’information.
9 [Link]
Ce dysfonctionnement peut s’exprimer par :
• une hypersensibilité : même de très faibles stimulations suffisent à activer les seuils
neurologiques de la personne et à déclencher une réponse. L’enfant hypersensible va
recevoir trop d’informations et se sentira, de fait, submergé et agressé.
• une hyposensibilité, correspondant à des seuils neurologiques hauts qui nécessitent, au
contraire, un niveau de stimulation important pour déclencher une réponse. Autrement dit,
l’enfant ne percevra pas suffisamment les informations sensorielles ce qui l’amènera à sous-
réagir aux stimuli et à en rechercher davantage.
L’hypersensibilité
Lorsque les stimuli sensoriels sont perçus comme une agression ou une menace, on parle
d’hyperréactivité ou d’hypersensibilité. L’enfant présente alors des réactions très fortes, intenses
ou, au contraire, fuit certaines situations que son cerveau décode comme dangereuses..
L’hypersensibilité a des répercussions sur le niveau de vigilance de l’enfant. Plus les stimuli
sensoriels auxquels l’enfant est hypersensible s’accumulent au cours de la journée, plus il lui est
difficile de fonctionner et de revenir à un niveau optimal de vigilance.
L’hypersensibilité peut toucher tous les sens ou seulement certains. Chaque enfant a donc un
profil sensoriel différent.
10 [Link]
En réaction à l’hypersensibilité, on peut observer divers comportements :
• Un comportement apathique : l’enfant est tellement submergé qu’il n’est tout simplement
plus capable de parler ou de remuer.
• Un comportement de combat : l’enfant se fâche, se montre irritable, pique une colère ou
explose de rage.
• Un comportement de fuite : l’enfant est pris de panique, Il se replie sur lui-même.
Le saviez-vous ?
Chez certaines personnes, l’hypersensibilité peut devenir une hypercompétence comme
l’oreille absolue (une aptitude à reconnaître et à déterminer à l’écoute d’un son musical
la ou les notes de musique correspondantes) ou un « nez » (capacité à discriminer et à
mémoriser un grand nombre d’odeurs).
L’hyposensibilité
À l’opposé, certains enfants ont besoin d’une plus longue exposition à un stimulus, que celui-
ci soit d’une plus grande fréquence ou d’une plus grande intensité, pour traiter l’information
sensorielle et y répondre. C’est ce qu’on appelle l’hyporéactivité ou hyposensibilité.
Ces enfants peuvent parfois sembler léthargiques ou apathiques, car les stimuli sont insuffisants
pour générer une réaction et les maintenir dans un état de vigilance optimal. Pour que le
cerveau perçoive les stimuli, ceux-ci doivent être plus nombreux, plus fréquents, plus intenses
ou durer plus longtemps afin d’élever ce niveau de vigilance.
11 [Link]
Les troubles de discrimination sensorielle
Ces troubles impactent la vie quotidienne de l’enfant. Des tâches simples, comme aller
chez le coiffeur, chez le dentiste, prendre une douche, se faire couper les ongles deviennent
problématiques.
Le saviez-vous ?
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AUDITION une société TOUCHER
+ !
Il existe des supports à télécharger
• Utilisez des • Prévenez l'enfant
bouchons d'oreilles de chacun de vos
ou des écouteurs gestes avant de les
Chez le coiffeur
réaliser.
VISION • Encouragez
ODORAT PROPRIOCEPTION
• Appliquez un
shampooing non • Faites une coupe à
sensoriels spécifiques.
Les pictogrammes et
autres supports
visuels aideront Faites
[Link]
12 [Link]
Les troubles moteurs à base sensorielle
L’enfant ayant des troubles moteurs d’origine sensorielle a des difficultés à utiliser l’information
provenant de stimuli sensoriels. Il perçoit son corps de manière incomplète et l’utilise maladroitement,
notamment lorsqu’il doit apprendre de nouveaux mouvements. Ces troubles sont de deux
types :
Exemple :
Un enfant a appris à fermer la
fermeture Éclair de son manteau.
Cette année, il a une nouvelle
doudoune. Il devra certainement
réapprendre à manipuler cette
nouvelle fermeture Éclair .
A retenir :
Il arrive que certaines personnes aient des troubles de l’intégration sensorielle.
Ces troubles se classent en trois catégories : les troubles de la modulation
sensorielle, les troubles de la discrimination sensorielle et les troubles moteurs à
base sensorielle. Il faut garder à l’esprit que ces troubles peuvent s’associer les
uns aux autres.
13 [Link]
Identifier les difficultés
d’intégration sensorielle
Les troubles de l’intégration sensorielle peuvent s’observer dans les comportements des
enfants. Par exemple dans leurs interactions avec les autres, leur développement par
rapport à d’autres enfants du même âge, ou encore dans leurs difficultés d’apprentissage.
Voici une liste de comportements pouvant faire supposer des troubles sensoriels. Cette liste,
indicative, est non exhaustive et ne saurait suffire à poser un diagnostic. Seul un professionnel
sera en mesure de l’établir.
• Bouge tout le temps, ne tient pas en place, • Présente une intolérance à certaines
gigote. textures d’aliment.
• A des capacités d’attention et de • A tendance à s’emplir la bouche de
discrimination limitées. manière exagérée.
• Réagit excessivement (colères, cris, • A des réactions aversives à certains bruits
excitation) à certaines stimulations de forts ou soudains.
l’environnement (sons, contacts tactiles) ou • Est maladroit, tombe, se cogne.
à l’inverse, ne réagit pas. • Tape des pieds quand il marche.
• Ne parvient pas à automatiser certaines • A du mal à monter et descendre les
tâches de la vie quotidienne comme se escaliers.
laver, s’habiller, couper avec des ciseaux, etc. • A des difficultés à s’habiller, se déshabiller,
• A des gestes maladroits (« les objets lui se laver « partout ».
échappent »), tombe souvent. • Ne se tient pas de manière adéquate pour
• A des difficultés d’organisation, perd tout, pouvoir enfiler son manteau car il ne
n’arrive pas à s’organiser dans ses devoirs. « sent pas bien son corps ».
• A des difficultés d’écriture. Écrit très • A du mal à doser ses mouvements.
lentement ou a une écriture peu lisible. • A des difficultés lors de jeux moteurs
• A des difficultés de motricité fine, comme attraper un ballon à deux mains,
notamment pour boutonner ses coordonner plusieurs mouvements en
vêtements, faire ses lacets, utiliser des même temps.
couverts, etc. • N’arrive pas à se positionner dans l’espace
• Est très sédentaire et craintif dans les jeux dans les jeux moteurs collectifs comme le
à l’extérieur ou lorsque ses pieds quittent ballon prisonnier.
le sol. • A du mal à réaliser des activités qui
• Réagit négativement au toucher, aux nécessitent l’utilisation des côtés gauche et
différentes textures ou aux tissus. droit de son corps (exemples : utiliser des
• Refuse de se salir les mains. ciseaux, manger avec des couverts).
• N’aime pas marcher sur l’herbe pieds nus. • N’arrive pas à se tenir debout en
• Réagit avec détresse lors des soins s’habillant, perd l’équilibre.
d’hygiène (lorsqu’on le savonne ou lorsqu’il
a de l’eau dans les yeux, lors du brossage
de dents ou du changement de couche…).
14 [Link]
J’aiJ’aides
desparticularités
particularités
sensorielles
sensorielles
J’ai du mal à me
Je n’aime pas que l’on J’ai du mal sur
concentrer à me
me Je n’aimelespas
brosse que l’on
cheveux une tâche sur
concentrer
me brosse les cheveux une tâche
Je n’aime pas les Je ne supporte pas
lumières Je n’aime
trop vivespas
quiles Je ne supporte
certaines odeurspas
lumières
« m’agressent »qui
trop vives certaines odeurs
« m’agressent »
Je suis très J’ai l’habitude de sentir
Je suis
sensible auxtrès lesJ’aichoses
l’habitude degens
ou les sentir
sensible
bruits… aux les choses ou
en mode « flairage »les gens
bruits…
forts ou faibles en mode « flairage »
forts ou faibles
Je mâchouille tout ce
Je ne supporte pas la Je traine…
qui mâchouille tout ce
Je nedesupporte
texture certains la qui traine…
texture de certains J’ai du mal à
aliments J’ai du mal
aliments effectuer desà
gestes fins des
effectuer
gestes fins
comme écrire
Je ne supporte comme écrire
Je ned’avoir
supporte ou découper
pas les ou découper
pas d’avoir les
mains sales
mains sales J’aime quand on me sert
J’aime quand on me serre
très fort dans les bras
très fort dans les bras
J’aime porter
J’aime porter
les choses lourdes Je ne supporte pas
les choses lourdes Je ne supporte pas
d’avoir des étiquettes
d’avoir des étiquettes
qui me gratouillent.
J’ai des difficultés qui me gratouillent.
J’ai des difficultés
dans ma motricité
dans ma motricité
générale. Faire
générale. Faire Je ne ressens pas la
du vélo ou courir Je ne ressens pas la
du vélo ou courir douleur comme les
peut être difficile
peut être difficile douleur comme les
pour moi. autres
autresenfants
enfants
pour moi.
JeJen’aime
n’aimepas pastrop
tropque
quel’on
l’onme
mecâline
câline
J’adore meme
J’adore balancer
balancer ououquequel’on
l’onmemechatouille
chatouille
et et
tournoyer
tournoyer
15 [Link]
Intervenir dans le cadre
de difficultés d’intégration
sensorielle
Poser un diagnostic
Le diagnostic est posé par un professionnel formé à l’intégration sensorielle ou neurosensorielle,
c’est à dire le plus souvent par un ergothérapeute, et parfois par un psychomotricien ou un
kinésithérapeute. L’essentiel est que le professionnel soit suffisamment formé. Une évaluation
approfondie et régulière effectuée par le thérapeute permet d’établir une ligne de base et de
construire une prise en charge personnalisée au plus près de la problématique sensorielle de
l’enfant. Cette évaluation clinique associe les observations quotidiennes des parents aux mises
en situation par le professionnel.
Il est possible qu’un enfant ait uniquement des troubles du traitement sensoriel. Cependant,
bien souvent, ceux-ci vont de pair avec d’autres difficultés comme l’hyperactivité avec déficit de
l’attention, les troubles du développement, les troubles d’apprentissage, les troubles du spectre
de l’autisme. Il est également toujours préférable de faire examiner l’enfant par un médecin
généraliste ou un pédiatre pour vérifier qu’il n’y ait pas d’autres problèmes médicaux.
Le bilan
C’est lors du bilan précis et ciblé, consistant en une observation clinique que l’évaluateur va
vérifier ces hypothèses en mettant l’enfant en situation et en lui faisant passer des tests. « Le but
du bilan n’est pas de faire un diagnostic mais d’identifier et de mesurer les difficultés afin de trouver
le type d’aide dont l’enfant a besoin. » ([Link], L’enfant extraordinaire)
La prise en charge
La prise en charge en intégration sensorielle permet d’aider les enfants ayant des troubles de
l’intégration sensorielle à, très progressivement, modifier leur traitement des informations reçues
par leurs sens. L’objectif de la prise en charge est d’amener une réponse appropriée aux différents
stimuli sensoriels et de développer des comportements permettant à l’enfant de s’adapter à son
environnement, de bien mener ses activités quotidiennes, que ce soit à l’école ou à la garderie,
dans ses loisirs ou à la maison (exemples : habillage, alimentation, soins d’hygiène, sommeil, etc.).
Lors de la séance de prise en charge, l’ergothérapeute privilégie l’approche ludique et offre à
l’enfant des stimulations ciblées afin de répondre à ses besoins sensoriels et afin de créer des
changements dans la façon dont son système neurologique traite l’information sensorielle.
Le thérapeute peut aussi suggérer des stratégies ainsi que des modifications à effectuer sur
l’environnement afin d’augmenter le confort ou de favoriser un état de vigilance optimal.
Des activités à réaliser au domicile sont souvent suggérées aux parents afin d’optimiser la prise en charge.
Plus spécifiquement, dans le cas de troubles de la discrimination sensorielle, le thérapeute va aider
l’enfant à mieux connaître ses sens et à apprendre le vocabulaire lui permettant de décrire et de
classer l’information reçue. Des activités qui permettent d’étudier les textures (c’est collant, c’est
piquant, c’est dur, etc.) peuvent être proposées.
Lorsqu’un enfant a un trouble de l’oralité, il peut aussi être pris en charge par un orthophoniste
formé à l’intégration sensorielle qui va rééduquer plus spécifiquement la sphère orale.
17 [Link]
Les travaux de A. Jean Ayres
Les théories sur l’intégration sensorielle ont été développées dans les
années 1960 aux USA par A. Jean Ayres, ergothérapeute et Docteur en
psychologie et par ses successeurs. Selon A. Jean Ayres, avant d’apprendre
à lire, à écrire et à calculer, nous devons donner une signification à ce
que nous voyons et entendons, nous devons être capables de planifier
nos mouvements et d’organiser notre comportement. Cette capacité
dépend de l’efficacité avec laquelle notre système nerveux organise
les messages que nos sens lui transmettent. Le modèle propose l’intervention et le traitement
des déficits du processus d’intégration sensorielle qui affectent les apprentissages des enfants.
L’intervention s’effectue, à travers le jeu, avec un matériel thérapeutique spécifique, dans un
espace adapté et sûr pour l’enfant. La rééducation a pour but d’intervenir directement sur les
difficultés (troubles de modulation sensorielle) qui affectent le comportement de l’enfant et
altèrent ses apprentissages au cours de son développement.
18 [Link]
Le matériel professionnel de base
HT4967 - Brosse
GA596 - Toucher carrés silicone sensorielle
OD201 - Plaques tactiles
OD269 - Jeu de lancer BA254 - Gant géant OD259 - Anneaux HT2148 - Les cônes
d’activité par 6
Du matériel ludique divers : utile pour Du matériel pour s’entrainer aux tâches
solliciter l’engagement de l’enfant. On peut de la vie quotidienne : des stylos, crayons,
utiliser des balles et ballons, des beanbag, etc. vêtements spécifiques, etc. Tout ce qui a un
lien avec la maison !
HT4193 - Lot de 6 rubans HT1023 - Maxi kit de 9 HT2273 - Le gilet sans GA911 - Singe
de motricité balles sensorielles manche lesté d’apprentissage
Les supports fixés au plafond doivent pouvoir supporter au minimum 455 kg de charge de travail
sur un angle de 45 degrés dans n’importe quelle direction, quelle que soit la structure du plafond.
N’oubliez pas que durant les exercices, les forces qui agissent sur le support fixé au plafond ne
pointent pas toujours vers le bas. Même un léger balancement sur l’équipement fait varier l’angle de
ces forces sur la fixation.
24 [Link]
fixation. découverte que par une vérification régulière.
• Il ne devrait pas y avoir de balancement de plus de 25 • Nous recommandons que les fixations au plafond
degrés sur l’anneau de fixation, ce qui est en-deca des soient toujours effectuées par des professionnels.
La base de l’anneau
de fixation doit
être affleurant au
plafond. Il ne doit
pas y avoir d’espace
entre la base de
l’anneau et la
surface du plafond.
La hauteur minimale
d’installation est
de 2,44m, du sol à
l’anneau de fixation.
25 [Link]
La solution rapide et simple d’installation :
la structure sur mesure Southpaw
Conçue pour s’adapter à une pièce, indépendamment de la taille, la
forme ou l'emplacement des portes et des cloisons, la structure de
soutien personnalisée est idéale pour les pièces qui ne permettent
pas d’installer une suspension permanente. Taille standard : larg. 3,5 m,
HOP545 - Structure haut. 3,04 m que vous pouvez personnaliser. Charge max. 680 kg.
sur mesure Southpaw
L’exemple de la salle d’intégration sensorielle de l’école d’ergothérapie de Nancy :
Structure avec suspensions amovibles pour travailler la stimulation vestibulaire, le contrôle postural et l’équilibre.
26 [Link]
Apporter des solutions pour améliorer le quotidien
L’adaptation de l’environnement
Le thérapeute peut conseiller des adaptations de l’environnement ou des stratégies pour aider l’enfant
en fonction de son profil sensoriel. Ces stratégies peuvent être des modes d’interaction privilégiés, des
activités incorporées dans le quotidien de l’enfant, des adaptations dans l’environnement physique.
Exemples d’adaptation des modes d’interaction privilégiés : pour un enfant qui a besoin
de plus de stimulations afin de pouvoir se concentrer, on peut fournir un stimulus sensoriel
supplémentaire : sonore (la parole, le bruit, la musique), visuel (les dessins, les images), tactile (comme
la manipulation d’objet que l’enfant peut tenir dans la main ou pétrir, telle une balle antistress) en
évitant la surstimulation.
L’autorégulation
On définit l’autorégulation comme la capacité à maintenir un niveau de vigilance optimal en fonction
de la tâche à accomplir. C’est, par exemple, la capacité à demeurer concentré pendant un cours. Les
enfants qui ont des troubles du traitement sensoriel ont souvent des problèmes d’autorégulation. Un
professionnel peut identifier et montrer à un enfant des manières de s’autoréguler.
L’autorégulation peut être apportée par divers objets ou accessoires choisis en fonction du profil de l’enfant.
Exemples :
HOP884.R - Collier de mastication PT273 - Couverture lestée DV830 - Fidget grenouille pop
Ark diamant
27 [Link]
Repenser les espaces et la
société avec l’Intégration
neurosensorielle
Repenser les espaces
Isabelle Babington est ergothérapeute, elle a exercé en France et aux États-Unis où elle s’est
formée à l’intégration neuro-sensorielle (INS). Elle a été la première à enseigner cette approche
en France. Cofondatrice de la Meex (Maison des enfants extraordinaires) où elle consulte,
coordonne des programmes et forme des professionnels, elle est aussi l’auteure de l’ouvrage
L’enfant extraordinaire. Au cours d’une conférence donnée dans le cadre du salon Autonomic,
Isabelle Babington avait notamment expliqué comment (re)penser les espaces en tenant compte
des particularités neuro-sensorielles, comment rendre ces espaces plus accessibles à tous grâce à
l’INS… et avait détaillé sa vision d’une société idéale qui permettrait de mieux gérer l’intégration
neuro-sensorielle chez les enfants. Voici un extrait de quelques-uns des conseils donnés par
Isabelle Babington durant la conférence..
À l’école
Dans une école idéale, un enfant hypersensible aurait accès à un casque anti-bruit en sachant qu’il a
le droit de l’utiliser dans certaines situations bruyantes, notamment à la cantine (certains enfants ne
vont pas à la cantine à cause du bruit). En classe, les écrans de travail, durant certaines tâches, peuvent
être très efficaces. Durant une dictée ou un test, un écran qui protège l’enfant des distractions qu’il a
du mal à ignorer peut l’aider se concentrer. On peut aussi réfléchir à la place de l’enfant dans la classe.
On peut épurer la feuille en diminuant la quantité d’informations, d’exercices ou d’opérations. Il en va
de même pour les instructions orales : énoncer une seule chose à la fois peut aider un enfant distrait.
28 [Link]
Les profs d’EPS doivent être sensibilisés au fait que certains enfants ont des handicaps invisibles.
Si l’enfant ne présente pas de handicap moteur visible, on pourrait penser qu’il peut monter à
l’échelle ou sauter dans la piscine… sauf que chez certains, l’interprétation de la situation par leur
système nerveux ne leur apporte pas les bonnes informations sur la relation entre leur corps et cet
espace inhabituel ou effrayant. Si l’enfant semble figé par la peur, il est préférable de l’accompagner,
sans le forcer ni le culpabiliser.
Dans une école idéale, il y aurait des lieux pour des pauses en solo. Les enfants en surcharge
sensorielle auraient la possibilité de faire une pause dans un petit coin calme et éloigné des autres
(dans une petite tente, sous un bureau, un placard, etc.). Dans une école idéale, il y aurait une petite
salle de cantine séparée pour 4 ou 5 enfants hypersensibles au bruit (cela existe aux États-Unis). Et
bien sûr, les enseignants seraient formés pour comprendre comment les troubles de l’intégration
sensorielle impactent les comportements et les apprentissages.
Il faudrait pouvoir organiser des pauses motrices, des pauses actives, pour que les enfants bougent.
Les enfants sont trop longtemps assis, trop souvent, et ce n’est pas toujours la meilleure position
pour apprendre. Beaucoup d’enfants ont besoin de bouger pour intégrer une leçon : de manipuler,
de déplacer, de se déplacer. On pourrait aussi mettre à disposition quelques coussins d’air, qui
permettent de se procurer des sensations (non dérangeantes pour les autres). De nombreuses
expériences se font à l’étranger (Canada, Allemagne, Suisse, Australie…) pour inciter les enfants à
bouger, leur proposer des options de position, des bureaux debout, des petits vélos statiques…
Dans une école idéale, il y aurait un coin de lecture au sol, à utiliser quand on a fini son travail avant
les autres. Dans la cour de récréation, il y aurait des toboggans, des balançoires et des bacs à sable.
On verrait le retour des cordes à sauter, des marelles, des élastiques, des structures pour grimper.
Grimper, sauter , tripoter des textures, se balancer, nourrit le cerveaux des enfants pour
les apprentissages ultérieurs et participe à la modulation neuro-sensorielle. Mâcher – du chewing-
gum par exemple – même si cela surprend les adultes encadrants, est une source de sensations
régulatrices qui peut permettre à certains de mieux se concentrer. Aller en classe à pied ou à vélo,
passer moins de temps devant les écrans aussi…
29 [Link]
La maison idéale
À la maison, on prendra soin de respecter les hypersensibilités. La lumière naturelle est moins
agressive. Les bruits, les bruits de fond (TV, radio, conversation, aspirateur, frigidaire…) peuvent
surstimuler certains hypersensibles auditifs. On peut proposer un casque anti-bruit si nécessaire.
Pour un anniversaire, on peut inviter moins d’enfants et organiser des jeux à l’extérieur, plutôt que
de subir la surcharge sonore et la désorganisation qui va avec. Une décoration pas trop chargée et
un bon aménagement des affaires participent à la bonne organisation cérébrale. S’il y a des jouets
partout, c’est très désorganisant pour un enfant : on lui apprend donc à ranger avant de passer à
l’activité suivante. Si l’enfant hypersensible au toucher n’aime pas faire la bise, on peut essayer de
lui proposer une autre façon de dire “bonjour”. On peut aménager un petit espace calmant pour les
pauses en solo. Si ce point est à l’origine de tensions, on veillera à écouter son enfant sur le choix
des vêtements : certains enfants supportent très mal les étiquettes, la matière d’un tissu ; certains
sont très sensibles aux odeurs.
Lorsque les enfants recherchent des sensations, veillez à prévoir des espaces pour bouger, des
propositions variées pour s’installer, et pourquoi pas un disque d’air pour s’asseoir pendant le temps
du repas ? On peut lire couché sur le ventre, et, pourquoi pas, faire ses devoirs dans cette même
position ? L’enfant a déjà passé sa journée sur une chaise, c’est le dernier endroit où il a envie
d’être le soir. Avoir accès à des espaces de grimpe, des balançoires, des jeux manipulatoires, pouvoir
croquer dans une pomme, un cornichon, une carotte, mâcher du chewing-gum, sont des stratégies
de modulation qui fonctionnent avec certains enfants. Mais attention, pas forcément, et pas avec tous
! Ce ne sont surtout pas des recettes miracles, mais plutôt des enquêtes individualisées de stratégies
qui peuvent faciliter une situation.
30 [Link]
La question des écrans
On ne peut pas ou plus supprimer les écrans
de nos vies, mais il faut se souvenir qu’à chaque
fois qu’un enfant passe du temps devant, il ne se
fournit pas en informations sensori-motrices
organisatrices de son cerveau. Il surstimule
son système visuel au détriment des autres sens.
Il « sous-nourrit » ses muscles, ses articulations,
ses oreilles internes, ses récepteurs tactiles et
les connections indispensables entre eux. Or ce
sont ces connections qui doivent lui assurer un Ergothérapeutes, [Link].s, parents,
flot continu de sensations pour organiser ses étudiant·e·s étaient venu·e·s en nombre assister
à la conférence d’Isabelle Babington proposée par
apprentissages ET son comportement.
Hop’Toys lors du salon Autonomic.
La ville idéale
Dans la ville idéale, la société reconnaît ce qui peut créer un état de stress élevé chez les
personnes hypersensibles. Les lumières, les bruits, la densité humaine, la proximité des autres, les
espaces publics, les bannières publicitaires, les salles d’attente, les restaurants, les salles de cinéma, les
concerts, la piscine, les supermarchés peuvent présenter de véritables défis, des sources d’anxiété,
des lieux à éviter à tout prix. Dans une ville idéale, on aurait des lieux pour se calmer en solo, des
représentations ou horaires spéciaux pour hypersensibles, un respect de l’espace vital de
chacun.
Il y aurait des espaces pour bouger, des espaces de jeux, le retour des tourniquets, des cages
pour grimper, des bacs à sable réservés aux êtres humains. Il en faudrait ailleurs que dans les parcs :
également dans les gares, les aéroports, les aires d’autoroutes… On aurait des musées et des
expositions où l’on peut toucher, des trottoirs où l’on peut faire du patin à roulettes, de la trottinette,
des pistes cyclables à proximité des écoles, des piscines, des patinoires…
Rêvons à des espaces possibles, et apprenons à décoder les signaux des enfants. Les
aménagements cités ici ne constituent pas une thérapie d’intégration sensorielle, et
encore moins des recettes valables pour tous. Elles sont des idées pour améliorer
la vie ensemble en permettant aux enfants en difficulté de s’adapter plus aisément.
31 [Link]
Bâtir une culture Proposer des espaces sensoriels
et des kits sensoriels pour
aeroport
l’anxiété liée au voyage.
Connaître l’ambiance d’un stade lors d’un match, fréquenter une bibliothèque, s’émerveiller dans
a
un zoo ou un aquarium, se faire un resto en famille, aller au cinéma, au théâtre, visiter un musée,
voilà autant d’activités toutes simples, de petits plaisirs de la vie… auxquels toute une partie de
notre société n’a pas toujours accès dans les meilleures conditions.
32 [Link]
Redéfinir la notion d’accessibilité LES LIEUX POUVANT ÊTRE
« SENSORY INCLUSIVE »
L’application et le site Internet de l’association américaine Kulture city
recensent ainsi tous les lieux « sensory inclusive » ou « sensory • Complexes sportifs
friendly » du pays. Dans les deux cas, ce sont des lieux - accueillant • Commerces
souvent des enfants - qui vont rechercher une convivialité sensorielle. • Médiathèques
Comment ? En proposant des salles de répit donc, en intégrant • Musées
dans la conception même de leur spectacle, de leur architecture cette • Zoo/Aquarium
exigence d’inclusion, en proposant des scénarios sociaux pour • Restaurants
permettre de se préparer à la visite ou encore en mettant à disposition • Parcs d’attraction
des « sensory bags ».
Ces kits mis gratuitement à disposition par des
lieux bien décidés à accueillir tout le monde,
bien décidés à permettre aux parents de ne pas
laisser un de leurs enfants à la maison quand
ils veulent faire une sortie familiale, renferment
des outils d’autorégulation qui permettent à la
personne hypersensible de recouvrer le calme
en cas de surcharge sensorielle. Ils sont
notamment constitués d’un casque anti-bruit,
de plaids lestés, de fidgets, des petits outils
tout simples mais qui font toute la différence ! A
l’instar des défibrillateurs, il est nécessaire qu’ils
soient disponibles partout !
HT5625 - Sensori bag
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Sources :
[Link]
« Les troubles du traitement sensoriel chez les enfants et les adolescents », eSanté[Link].
The Pyramid of Learning by M.S. Williams & S. Shellenberger 1994, Albuquerque NM USA: Therapy
Works.
Ayres A.J (1972). Sensory Integration and Learning Disorders, Los Angeles, Western Psychological
Services.
Ayres A.J (1970). Sensory Integration and the Child, Los Angeles, Western Psychological Services.
Kranowitz C.S. (2005). The Out-of-Synch Child, Recognizing and Coping with Sensory Processing Disorder,
Perigee.
34 [Link]
Aller plus loin sur [Link] :
35 [Link]
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lu tio
So
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r un
pou
société inclusive
[Link]