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M. PROD’HOMME
C. N. R. S., Institut du Verre, 34, rue Michel-Ange, 75016 Paris, France
Résumé. 2014
This simple method was developed by Tool and his coworkers who studied the behaviour of glass
at temperatures within the annealing range.
In this paper, a survey is presented of the work that has been carried out on the thermal effects
observed in the transformation range or when phase changes occur in certain glasses.
l’A. T. D. sur un mélange ayant été préalablement carbonate de sodium, l’oxyde de sodium et la silice
chauffé à une certaine température, puis refroidi. pour former du métasilicate de sodium.
Etant donné la grande complexité des réactions qui Wilburn et ses collaborateurs [6] ont étudié les réac-
se produisent et la variété des composés intermédiaires tions dans un mélange de composition analogue au
qui se forment dans le cas d’un mélange complexe, verre à vitre composé de sable, carbonate de sodium,
de nombreux auteurs ont préféré opérer d’abord dolomie et de chaux. A partir des réactions binaires
sur des mélanges simples. possibles, ils ont conclu que lorsque l’on chauffe le
Les réactions entre les constituants ont été étudiées mélange, le carbonate de sodium réagit avec le calcaire
en fonction de leur granulométrie et de leur concen- et la dolomie pour former des carbonates doubles de
tration. sodium et de calcium à 500°C environ. Deux de ces
Wilburn et ses collaborateurs [4] ainsi ont montré carbonates doubles fondent sous forme d’eutectique
que la dimension des grains de chaque substance avait à 7500 et 780°C fournissant une phase liquide qui
une influence marquée sur le cours de la réaction réagit rapidement avec le carbonate de sodium et la
chimique. En général, à partir de grains de dimensions silice à 850°C. La première phase liquide qui puisse
plus faibles, on obtient des fontes qui peuvent être être trempée sous forme de verre apparaît à 900 OC. La
refroidies pour former un verre à des températures silice se dissout alors lentement dans ce liquide, le
plus faibles. taux de dissolution atteignant 86 % à 1 100°C.
Oldfield [5] a étudié les réactions dans le système
4. Z PHÉNOMÈNES THERMIQUES APPARAISSANT DANS
Na2CO3-SiO2 en fonction de la composition, les deux
constituants ayant des dimensions de grains comprises LE DOMAINE DE TRANSFORMATION. -
L’étude par
entre 76 et 124 nm (Fig. 1). A. T. D. des modifications structurales du verre appa-
raissant dans le domaine de transformation a été,
comme nous l’avons dit, la première application au
verre de cette méthode.
Tool et ses collaborateurs [2] firent une étude systé-
matique des effets thermiques apparaissant dans le
domaine de transformation et surtout de l’influence
de l’état du verre sur ces effets. Sur le thermogramme
d’un verre, la différence de température entre le verre
et le corps de référence est d’abord constante, puis dans
le domaine de transformation on observe dans le cas
où le verre est trempé, un pic exothermique suivi d’un
effet endothermique. Si le verre est bien recuit, l’effet
exothermique est nul, tandis que l’effet endothermique
est très grand. Entre ces deux états, les thermogrammes
peuvent présenter toutes les situations intermédiaires.
Depuis les travaux de Tool, de nombreux chercheurs
ont utilisé cette méthode par exemple pour déterminer
FIG. 1. -
Courbes d’A. T. D. pour les mélanges Na20-Si02 les températures caractéristiques des verres ou pour
d’après Oldfield (1958). interpréter les changements de structure et de proprié-
tés du verre dans le domaine de transformation.
Lorsqu’un liquide surfondu peut être refroidi jus-
Les courbes d’A. T. D., pour les mélanges dans les- qu’à la zone de température où le verre se forme, les
quels la silice est le composant majeur, montrent un courbes représentant les variations des propriétés telles
pic exothermique entre 600°C et 750 °C suivi de que le volume spécifique ou l’enthalpie, subissent un
deux pics endothermiques à 780°C et 830 OC ; lorsque rapide changement de leur pente.
le pourcentage de Na2CO3 augmente, ces deux der- On définit généralement une température Tg appelée
niers pics coalescent. Le pic exothermique dans la température moyenne de transformation qui corres-
région 600-750 OC est attribué à la réaction initiale pond au passage de l’état liquide surfondu à l’état
entre le carbonate de sodium et la silice. Les pics endo- vitreux. Cette température 7g varie avec la vitesse de
thermiques à 780°C et 830 OC sont dus respectivement refroidissement. Ce résultat s’explique si on considère
à la fusion eutectique entre le bisilicate de sodium et la la variation d’enthalpie d’un liquide surfondu [7]. Au
silice et à la fusion eutectique entre le bisilicate et le cours d’un refroidissement rapide de la température Tl
métasilicate de sodium. Pour le mélange 51 % Na20, à la température T2 (Fig. 2), le système prend la
49 % Si02, on trouve 2 pics à 8500 et 1 094°C. valeur Ho et ne se trouve plus en équilibre thermo-
Oldfield a suggéré que ceux-ci étaient dus à une réac- dynamique. Par un traitement isotherme à la tempé-
tion entre le carbonate de sodium et la silice pour for- rature T2, ou recuisson, il évolue vers l’état d’équilibre
mer du bisilicate de sodium qui fond approximative- métastable du liquide surfondu correspondant à cette
ment à environ 8b0 °C, suivie par une réaction entre le température. Les verres trempés, obtenus par un
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exothermique faible.
Du point de vue pratique, le début et le minimum du
pic endothermique sont très souvent utilisés pour
déterminer deux températures caractéristiques du
verre. La température du début du pic correspond
à la température moyenne de transformation Tg
(log fJpoises 13,3) et la température du minimum du
=
FiG. 2. -
Variation de l’enthalpie du liquide surfondu au cours pic correspond à la température de déformation Mg
du refroidissement. (log lipoises 11). Pour la détermination de ces tem-
=
FtG. 3. -
Variation de l’enthalpie d’un verre trempé et d’un
verre recuit au cours du chauffage.
FIG. 4. -
libre est alors plus rapide. mélanges binaires ou ternaires ne restent pas au cours
650
du refroidissement sous la forme d’une phase vitreuse daient bien avec celles déterminées par d’autres
unique, mais se figent dans un état amorphe complexe méthodes. La validité de cette méthode a également
contenant plusieurs phases vitreuses de compositions été confirmée par Zarzycki et Naudin qui déter-
différentes. Cette démixtion peut apparaître de deux minèrent les conodes dans le système ternaire
façons différentes soit pas nucléation qui produit Bz03-PbO-Alz03 [14].
des phases discontinues soit par décomposition spino- Sur la figure 5, nous présentons les thermogrammes
dale conduisant à des phases interconnectées. Dans ces que nous avons obtenus [15] pour deux borosilicates
matériaux, chaque phase doit se transformer de l’état de Na de compositions différentes et sujets tous les
liquide surfondu à l’état vitreux dans son propre deux à une démixtion en deux phases : l’une enrichie
domaine de transformation. Donc un verre à deux en B203 et l’autre en Si02.
devaient coïncider avec les conodes. Il faut pour cela ( % mol). Les températures de transformation Tg des
que la propriété dépende seulement de la composition deux phases sont respectivement de 500° et 600 °C.
d’une des phases et non de la quantité de la phase Les deux phases de ce verre sont par contre disconti-
dans le verre, ce qui est le cas de Tg. Ils déterminèrent nues et le premier effet endothermique dû à la phase la
par cette méthode les conodes dans la région de sépa- plus fluide riche en B203 est le plus important car
ration de phase des borosilicates de sodium qui coïnci- cette phase constitue la matrice vitreuse dans laquelle
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se trouve la deuxième phase riche en Si02 sous forme on peut déterminer l’énergie d’activation de la réaction
d’îlots discontinus. à partir des thermogrammes réalisés à différentes
4.3.2 Dévitrification. -
Lors de la dévitrification
vitesses de chauffage. La vitesse de réaction s’écrit :
d’un verre, il se produit un effet exothermique car le
verre passe d’un état d’équilibre métastable à un état
stable et son énergie libre diminue.
Le domaine de température où cet effet exother- où x est la fraction de matière cristallisée, A le terme
mique se manifeste sur un thermogramme d’A. T. D. préexponentiel ou facteur de fréquence et E l’énergie
pendant la dévitrification, et plus particulièrement la d’activation de la réaction.
température du maximum du pic T., dépendent de En dérivant cette équation par rapport au temps et
nombreux facteurs tels que la quantité de matériau en admettant qu’à la température T., la vitesse de
utilisé, sa! granulométrie, la vitesse de chauffage [16]. réaction est maximale, on obtient :
Ainsi sur les thermogrammes d’un verre silicosodo-
calcique de composition (% poids) : Si02 : 70,
CaO : 13, Na20 : 17, enregistrés à une vitesse de
chauffage de 10 °C/min. (Fig. 6), on peut observer un
On vérifie que Ln (~/T2m) est bien linéaire en fonction de
1/Tm (cp dT jdt est la vitesse de chauffage). La pente
=
déplacements d’accidents thermiques dus à un traite- verre montre bien les possibilités offertes par cette
ment préliminaire, ou bien à un très léger changement méthode dans ce domaine. Les matériaux que nous
de la composition ; comparaison de minéraux sembla- avons choisis comme exemples d’applications ont été
bles mais d’origine différente [16]. limités au domaine des verres industriels et des verres
d’oxydes mais cette méthode a également été très
5. Conclusion. -
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