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Paradigmes de l'Entrepreneuriat

Ce document traite des différents paradigmes de l'entrepreneuriat, notamment le paradigme de l'opportunité d'affaires, le paradigme de la création d'organisation, et le paradigme de l'innovation. Le document est long et contient de nombreuses informations sur ces sujets.

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Paradigmes de l'Entrepreneuriat

Ce document traite des différents paradigmes de l'entrepreneuriat, notamment le paradigme de l'opportunité d'affaires, le paradigme de la création d'organisation, et le paradigme de l'innovation. Le document est long et contient de nombreuses informations sur ces sujets.

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Entrepreneuriat

Prof: AOURARH Hajar


Chapitre 2: Les
Paradigmes de
l’entrepreneuriat
Par paradigme, il faut entendre une vision du monde pour
« décrire l'ensemble d'expériences, de croyances et de
valeurs qui influencent la façon dont un individu et/ou un
ensemble d’individu perçoit la réalité et réagit à cette
perception » (Jaziri, 2009).

« un paradigme est une construction théorique faisant


l’objet d’une adhésion d’une partie suffisamment
significative des chercheurs qui, au sein de la communauté
ainsi constituée, partagent le point de vue proposé par le
paradigme. Par construction théorique, on peut, dans un
premier temps, entendre : concept, modèle, théorie ou
tout autre qualificatif résultant d’une intellectualisation
d’un objet ou d’une notion » (Verstraete et Fayolle, 2005) .
• Selon Verstraete(1999) et Messeghem (2006) l’entrepreneuriat
est un phénomène complexe qu’on ne peut pas le réduire à
un seul paradigme pour en cerner ses différentes facettes. De
ce fait, il s’avère nécessaire de faire appel à une lecture
multiparadigmatique.

• Verstraete et Fayolle (2004) ont proposé quatre paradigmes


considérés comme dominants pour la recherche en
entrepreneuriat à savoir:

1. paradigme de l’opportunité d’affaires ;


2. paradigme de la création d’organisation ;
3. paradigme de la création de valeur ;
4. paradigme de l’innovation.
Section 1:
1: Paradigme de l’opportunité
d’affaires
• Selon le dictionnaire Larousse:

 Opportunité: une qualité de ce qui est opportun (opportun:


qui convient au temps, aux lieux, aux circonstances); une
occasion favorable : Saisir une opportunité quand elle se
présente.

 Affaires: ensemble des activités financières, commerciales,


industrielles ; milieu où elles se pratiquent (ex : elle est dans les
affaires) ; Relation, suite d’opérations financières,
commerciales (ex : traiter une affaire).
Paradigme de l’opportunité d’affaires

- Paradigme le plus récent dans le domaine de


recherche en entrepreneuriat;

- Paradigme qui tient son origine du marketing, en


vue de répondre aux besoins non satisfaits sur le
marché (Kirzner, 1973, 1979,1997);
• « Un entrepreneur est quelqu'un qui perçoit une
opportunité et crée une organisation pour la
poursuivre » (Bygrave, Hofer, 1991)

• « L'entrepreneuriat est le processus qui consiste à


créer ou à saisir une opportunité et à la poursuivre
quelles que soient les ressources actuellement
contrôlées » (Timmons, 1994)
- Shane et Venkataraman, auteurs qui s’inscrivent sans
doute le plus remarquablement dans ce paradigme,
définissent le champ entrepreneurial comme:

« l’examen approfondi de comment, par qui et avec


quels résultats sont découvertes, évaluées et exploitées les
opportunités de création de futurs biens et services »
(Shane, Venkataraman, 2000)
Ces auteurs essayent d’intégrer à la fois

Approche processuelle Les individus

Découvreurs,
Découverte, Évaluateurs,
Evaluation, exploiteurs
Exploitation (de l’opportunité)
(de l’opportunité)
• Triple questionnement:

 Pourquoi, quand et comment naissent les possibilités de


création de biens et de services?

 Pourquoi, quand et comment certaines personnes et


pas d'autres découvrent et exploitent ces opportunités?

 Pourquoi, quand et comment différents modes d'action


sont utilisés pour exploiter les opportunités
entrepreneuriales?
• Venkataraman (1997) a mis le point sur deux prémisses
(l’une faible et l’autre forte):

 La première prémisse jugée faible, voie que la plupart


des marchés sont inefficients et que ces inefficiences
offrent aux individus qui les repèrent et qui les exploitent
des opportunités de profit.

 La deuxième prémisse réputée forte affirme que même


si le marché approche un état d’équilibre, la condition
humaine de l’entreprise combinée à la tentation du
profit et l’avancée des connaissances et des
technologies détruira l’équilibre tôt ou tard.

 L’opportunité intervient comme une solution par rapport


à cette anomalie du marché, en proposant une meilleure
adéquation des ressources (Kirzner, 1973 et 1979)
• Selon Christensen, Madsen et Peterson (1989), Stevensen
et Jarillo (1990) et Long et McMullan (1984) l’opportunité
est définie comme « une situation future jugée à la fois
désirable et faisable »;

 Insistent sur l’aspect projectif de l’opportunité


 Introduisent une notion importante dans
l’entrepreneuriat: le Futur
 Introduction de la notion de « Vision » (Fillion, 1991):

« l'image projetée dans le futur, de la place qu'on veut voir


occupée éventuellement par ses produits sur le marché,
ainsi que l'image du type d'organisation dont on a besoin
pour y parvenir. En résumé, vision signifie une image de
l'entreprise projetée dans le futur »
• Du point de vue cognitif, les recherches portent sur les
modalités permettant à l’entrepreneur de capter
l’information et de la transformer (Gaglio et Taub, 1992
et Hills, 1995).

• L’opportunité selon ce paradigme est aussi perçue selon


deux approches:

 La première considère l’opportunité comme une réalité


objective que l’analyse des données identifie: les
opportunités existeraient.
existeraient Il suffirait de posséder à la fois
les outils et les capacités, d’interprétation pour les mettre
à jour et les transformer en réalités économiques
exploitables.

 La seconde relève d’une perspective constructiviste, où


l’opportunité est une construction sociale naissant des
interactions et des confrontations entre les porteurs du
projet d’entreprendre et leur contexte d’évolution 
L’opportunité peut se construire autant qu’elle se
détecte (Fayolle, 2004)
• D’autres auteurs accordent de l’importance à la
dimension temporelle de reconnaissance ou
d’exploitation de l’opportunité.

• Julien et Vaghely (2010): Typologie à deux temps :

 Un « temps court » lié au bon moment


d'identification ou d'exploitation de l'opportunité
par rapport au marché;
 Un « temps long » lié au développement des
capacités de 1'entrepreneur et de son
organisation pour se préparer à l'exploitation de
l'opportunité.
• Recherche en entrepreneuriat international: les auteurs
privilégient un autre concept, celui des « fenêtres
d'opportunité» :

 La fenêtre d’opportunité est donc la période idéale (plus


ou moins longues) pendant laquelle un entrepreneur devra
capitaliser afin d’exploiter de façon efficace et effective
une opportunité qui se présente dans le marché en profitant
de l'avantage d'être les premières à le faire.

(Autio et al. , 2000 ; Spence, 2003 ; Jones et Crick, 2004 ;


Oviatt et McDougall, 2005 ; Spence et Crick, 2006).
• Les fenêtres d’opportunités pour le développement de
nouveaux projets (produits) s’ouvrent et se ferment en
permanence.

• L’entrepreneur doit repérer ses fenêtres pour exploiter au


mieux l’opportunité en question.

• Sept facteurs sont susceptibles d’influencer l’ouverture


ou la fermeture d’une fenêtre d’opportunité:

 Les évènements;
 Les tendances sociologiques;
 Les tendances démographiques;
 Les règlementations;
 Les technologies;
 Les évolutions politico-économiques;
 Les contextes concurrentiels
 Les types d’opportunités

 Nouveau produit ;
 Nouveau service ;
 Nouveaux moyens de production ;
 Nouveaux modes de distribution ;
 Amélioration des services ;
 Amélioration des relations avec des partenaires;
 …
Section 2: Paradigme de la création
d’organisation
Dictionnaire Larousse:

 Création: action de fonder quelque chose qui n’existait


pas

 Organisation: action d’organiser, de structurer,


d’arranger. Groupement qui se propose des buts
déterminés.

 L’organisation est considérée à la fois comme entité et


comme processus aboutissant à l’organisation;
• Ce paradigme défend l’idée que l’entrepreneuriat
est la création d’une nouvelle organisation.

• Paradigme corrélé avec celui de l’opportunité


d’affaires (Bygrave et Hofer, 1991): « Un
entrepreneur est quelqu'un qui perçoit une
opportunité et crée une organisation pour la
poursuivre »

• Paradigme Initié par Gartner;

• Gartner (1985, 1990, 1995), l’étude de


l’entrepreneuriat revient à étudier la naissance de
nouvelles organisations, c’est-à-dire les activités
permettant à un individu de créer une nouvelle
entité juridiquement indépendante.
• Gartner (1985, 1993, 1995) porte sa réflexion sur le
concept d’émergence organisationnelle, ce qui
suppose une inexistence préalable de l’organisation:
s’intéresse à ce qui est compris entre la pré-organisation
et la nouvelle organisation .

Émergence: Apparition soudaine (dans une suite


d'événements, d'idées).

 L’émergence organisationnelle est le processus


d’organisation qui mène à une nouvelle organisation;

 Pour Gatner, l'apparition d'une nouvelle organisation est


la conséquence d'un processus d'émergence
organisationnelle.

 Phénomène complexe et multidimensionnel qui


comprend différentes dimensions qui interagissent pour
donner du sens et former la nouvelle organisation créée.
 4 dimensions:

 L’individu ou la personne qui crée l’organisation;


 L’organisation qui est créée;
 L’environnement qui entoure et influence la
création;
 Processus de création qui comprend les actions de
l’individu pour la créer.

Les composants de la trajectoire du projet


• Verstreate (1999, 2002, 2003) construit un modèle du
phénomène entrepreneurial vu comme l’impulsion d’une
organisation.

Dictionnaire Larousse:

Impulsion : Action d’une force qui agit par poussée sur


quelque chose et tend à lui imprimer un mouvement;
action propre à accroître le développement, le
dynamisme d’une activité, d’une entreprise

• L'entrepreneuriat est vu comme un phénomène


conduisant à la création d'une organisation impulsée par
un ou plusieurs individus s'étant associés pour l'occasion
(Verstraete, 2003);
• Selon Verstraete, l’impulsion suppose le déclenchement
croissant et dynamique et le développement d'une
activité ou d'une entreprise.

• L'auteur signale que cette impulsion peut s’appuyer sur


une entité préexistante (cas de certaines reprises
d'entreprises) et ne signifie pas uniquement l'apparition
d'une nouvelle entité.

• L’étude de l’entrepreneuriat (selon Verstraete) nécessite


une pensée systémique intégrant l’action et le résultat;

• Diverses formes organisationnelles peuvent naitre du


phénomène entrepreneurial (qui n’est pas forcément
une entreprise ou une firme).

 Intrapreneuriat, Essaimage
Section 3: Paradigme de la création de la
valeur
• L’entrepreneuriat est souvent considéré comme
apporteur de richesse et d’emploi pour la nation,
disons globalement de valeur. Ses enjeux
économiques et sociaux sont relevés depuis longtemps
(Fayolle, 2003))

• L’existence de liens forts entre les activités


entrepreneuriales et la croissance économique dans
de nombreux pays : projet de recherche (Le Global
Entrepreneurship Monitor) mené en 1997 par Babson
College et la London Business School
• Valeur: valeur d’utilité d’un produit ou d’un service
par rapport à des besoins et à une demande
sociale;

• L’entrepreneuriat, s’étend au-delà du secteur


marchand (secteur publique et associatif);

• La création de la valeur constitue alors la


préoccupation de l’entrepreneur;
• Selon Bruyat, Le champ de l’entrepreneuriat s’ancre
dans la relation liant un individu et la valeur nouvelle que
ce dernier crée ou peut créer: dialogique
individu/création de valeur. cette relation est par nature
dynamique

• Cette dialogique s’inscrit dans une dynamique de


changement et peut être définie comme suit:

« L’individu est une condition nécessaire pour la création


de valeur, il en détermine les modalités de production,
l’ampleur… Il en est l’acteur principal. Le support de la
création de valeur, une entreprise par exemple, est la
“chose” de l’individu, La création de valeur, par
l’intermédiaire de son support, investit l’individu qui se
définit, pour une large part, par rapport à lui. Elle occupe
une place prépondérante dans sa vie (son activité, ses
buts, ses moyens, son statut social…), elle est susceptible
de modifier ses caractéristiques (savoir-faire, valeurs,
attitudes…) » (Bruyat, 1993)
• l’idée partagée par les auteurs de ce paradigme
en entrepreneuriat réside dans le caractère
novateur de la valeur

 L’innovation au niveau d’un produit ou d’une


technologie permet de créer de la valeur nouvelle.

• Autrement dit, la valeur résultant d’un processus


entrepreneurial est nouvelle en ce sens qu’il y a, ou
qu’il y aura, un changement plus ou moins intense
dans l’environnement directement concerné par le
processus correspondant.

• Verstraete voit le paradigme de la création de


valeur complémentaire de celui de la création
d’une organisation (1999)
Section 4: Paradigme de l’innovation

• Dictionnaire Larousse:

Innovation : action d’innover, d’inventer, de créer


quelque chose de nouveau (innover : introduire
quelque chose de nouveau dans un domaine
particulier) ; ce qui est nouveau ; création,
transformation.

 Introduction, dans le processus de production


et/ou de vente d'un produit, d'un équipement ou
d'un procédé nouveau.
• INVENTION : Le concept de l’invention est très proche
de celui de l’innovation. On découvre ce qui existait
déjà et l’on invente ce qui n’existait pas encore. Une
innovation est construite sur une invention, mais toute
invention ne donne pas lieu à une innovation.

• L’invention fait entrer l’idée dans le monde physique.


L’idée entre dans la phase de test ou de prototypage
pour devenir une invention. Également, l’invention ne
suppose pas qu’un marché ait été trouvé.
• INNOVATION: Une innovation est la mise en œuvre
d’un produit (bien ou service), ou d’un procédé
nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle
méthode de commercialisation ou d’une nouvelle
méthode organisationnelle dans les pratiques de
l’entreprise, du lieu de travail ou des relations
extérieures. (Manuel d’Oslo, Organisation de
coopération et de développement économique).
• L’innovation est la combinaison de trois éléments :
• Paradigme le plus ancien, tiré principalement des travaux de
Schumpeter (1987): importance de l’entrepreneur dans le
processus de « destruction créatrice » apporté par l’offre de
nouveaux produits sur le marché.

• L'innovation est le produit de la démarche entrepreneuriale,


mené par un entrepreneur dynamique: celui qui « nage contre le
courant » et bouleverse la routine de la production. (Schumpeter,
1985)

• La « destruction créatrice » est la résultante de nouveaux produits


et business model qui se lancent sur les marchés et qui
remplacent les anciens: innovations de rupture.

• Une innovation de rupture est donc un nouveau produit ou


service radicalement nouveau introduit sur un marché nouveau.
Tellement nouveau qu'elle demande un nouveau modèle
d'affaires pour l'entreprise qui la développe.

• Dans cette approche, l’innovation correspond aux nouveaux


produits, à de nouvelles méthodes de production ou
d’organisation, aux nouveaux marchés, à de nouvelles sources
d’approvisionnement et/ou de nouvelles structures du marché
(Paturel, 2007)
• Relation Innovation/entrepreneuriat: représentation restrictive et
représentation élargie:

 Représentation restrictive: la définition de l’innovation se limite


aux aspects technologiques (Peu d'entrepreneurs peuvent
s'identifier autour de ce type d'entrepreneuriat);

 Représentation élargie: L’innovation renvoie à la capacité des


entrepreneurs « à proposer des idées nouvelles pour offrir ou
produire de nouveaux biens ou services, ou, encore, pour
réorganiser l’entreprise. L’innovation, c’est créer une entreprise
différente de ce qu’on connaissait auparavant, c’est
découvrir ou transformer un produit, c’est proposer une
nouvelle façon de faire, de distribuer ou vendre » (Julien et
Marchesnay, 1996).
• « toute tentative de faire les choses différemment dans le
domaine de la vie économique devrait être considérée
comme une innovation susceptible de fournir un avantage
temporaire, et des profits, à une firme » (Schumpeter, 1939)

• « L’innovation est la fonction spécifique de


l’entrepreneuriat » (Drucker, 1985). L’innovation selon
Drucker et est une condition de la création de la valeur
(paradigme précédent);

• Drucker (1985) définit l’innovation comme la manière à


travers laquelle les entrepreneurs puissent exploiter le
changement dans le but de pouvoir créer un nouveau
service ou bien une opportunité d’affaire: importance
accordée à la créativité et à la découverte.

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