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Cours Radiometrie

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PROSPECTION RADIOMETRIQUE (PR)

INTRODUCTION.
La radioactivité n’a pas été inventée par l’homme. Elle a été découverte, il y a un peu plus d’un siècle, en 1896,
par le physicien français Henri Becquerel. Ce dernier cherchait à savoir si les rayons qu’émettaient les sels
fluorescents d’uranium étaient les mêmes que les rayons X découverts en 1895 par Wilhelm Roentgen,
physicien allemand. Il pensait que les sels d’uranium, après avoir été excités par la lumière, émettaient ces
rayons X. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’à Paris, en mars 1896, il découvrit que le film photographique
avait été impressionné sans avoir été exposé à la lumière du soleil ! Il en conclut que l’uranium émettait
spontanément et sans s’épuiser des rayonnements invisibles, différents des rayons X. Le phénomène découvert
est appelé radioactivité (du latin radius : rayon). À la suite des travaux d’Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie
isolèrent en 1898 le polonium et le radium, des éléments radioactifs inconnus présents dans le minerai
d’uranium.

Rappel sur la physique nucléaire


Lorsque nous analysons expérimentalement la radioactivité, nous nous apercevons d'abord que le noyau n'émet
pas ses constituants. Ensuite, nous découvrons de nouvelles forces, qui luttent et dominent  à tour de rôle. Enfin,
de nouvelles particules de matière, et même d'antimatière apparaissent. Le décryptage de ces énigmes a fourni
une image cohérente du monde infiniment petit dont la radioactivité a révélé l'existence, un monde où les lois
physiques échappent à une intuition issue de la pratique quotidienne de notre monde macroscopique.

D'emblée, la radioactivité a surpris : dès 1900, on savait que les rayonnements émis par l'Uranium et ses
descendants avaient trois composantes, baptisées : "alpha" , "bêta" et "gamma"  séparables par
l'actions d'un champ magnétique comme indiqué symboliquement dans l'image ci-dessous :

  Source: Pour la Science

Plus tard, on montra que la radioactivité alpha était l'émission de noyaux d'hélium, la radioactivité bêta
l'émission de photons. De ces observations, il était logique de déduire que le noyau était constitué de ces trois
types de particules, ce qui n'est pas le cas : les constituants du noyau n'ayant été découvert par J. Chadwick
qu'en 1932.

Alors, pourquoi les noyaux radioactifs n'émettent-ils pas des protons ou des neutrons? Comment les noyaux
éjectent-ils autre chose que leurs constituants? Ces questions doivent être précédées d'une autre, sans doute
plus fondamentale pourquoi certains noyaux sont-ils radioactifs? La réponse est la même pour tous les
phénomènes physiques spontanés. La pomme tombant de l'arbre, par exemple : c'est parce que le système

1
peut rejoindre un état plus stable en perdant de l'énergie potentielle, l'excédant d'énergie s'échappant sous
forme d'énergie cinétique, c'est-à-dire sous la forme de mouvement.

Cette raison explique aussi pourquoi les isotopes n'émettent pas de protons ou neutrons seuls car souvent au
niveau de la structure quantique du noyau il est plus favorable au niveau énergétique d'émettre un petit noyau
ou de changer un neutron en neutron (l'étude quantique du noyau dépasse le cadre mathématique des sujets
traités sur ce site web).

Avant de continuer dans la description détaillée de ces phénomènes, donnons quelques définitions:

D1. Tout élément chimique est caractérisé par son nombre de protons Z appelé "nombre atomique".

D2. Le "nombre de masse" A est par définition le nombre de proton Z sommé du nombre de neutrons N de
l'élément chimique donné. Ainsi, ce dernier se trouve entièrement caractérisé si nous connaissons son nom ou
son nombre atomique Z et son nombre de neutron N ou son nombre de masse. Nous notons usuellement
n'importe quel élément sous la forme:

Les éléments chimiques d'une même espèce (même Z) peuvent avoir différents nombres de neutron N, c'est-à-
dire différents nombres de masse A, nous parlons alors "d'isotopes" ou de "nucléides". Evidemment, l'énergie
nucléaire (du noyau) associée à un même élément chimique diffère selon le nombre de masse et il existe nous
le verrons un nombre A pour lequel l'énergie est minimale. Les isotopes pour lesquels l'énergie n'est pas
minimum pourront, pour certains d'entre eux et de façon spontanée, libérer l'excès d'énergie en se
désintégrant.

D3. La propriété qu'ont certains atomes de modifier spontanément la structure de leurs noyaux pour atteindre
un niveau d'énergie inférieur, plus fondamental, est appelé "radioactivité". Nous parlons alors de "radio-
isotopes" pour les atomes concérnés.

Les propriétés chimiques d'un atome dépendent du nombre et la disposition des électrons dans son nuage.
Ainsi tous les isotopes d'un même élément chimique ont les mêmes propriétés chimiques (c'est cette
caractéristique chimique qui à la base de la médecine nucléaire). Ce sont en quelque sorte des atomes "frères".
Cependant, la légère différence de masse de leur noyau fait que leurs propriétés physiques se différencient
quelque peu.

D4. Enfin, les "isotones" sont les isotopes de différents éléments chimiques (différent Z) ayant le même nombre
de neutron N.

La petitesse des atomes pose un problème évident de mesure de masse. C'est pourquoi il a été préféré par les
physiciens et les chimistes de mettre en place un système de masse atomique qui est un système de nombres
proportionnels à la masse réelle des atomes.

Comme il y a une infinité de systèmes de nombres, un a été choisi judicieusement comme référence et c'est le
chiffre 12 pour l'isotope 12 du Carbone:

où "uma" est l'abréviation de "unités de masse atomique".

Ceci a pour conséquence intéressante de conférer au proton et au neutron des masses atomiques très voisines
de l'unité.

2
Nous pouvons donc relier le système S.I. avec le système des unités de masse atomique (uma).

D5. "L'unité de masse atomique" est par définition la masse du 1/12 de l'atome de Carbone , nous avons
(la masse des électrons est négligée car très faible par rapport à celle des nucléons):

Donc la masse du proton en uma vaut:

Attention, cependant la masse molaire d'un isotope différent que le  ne peut pas être calculée par addition
des masses des nucléons (protons et neutrons) qui compose son noyau car il faut tenir compte du défaut de
masse (notion que nous verrons plus loin).

Les masses peuvent être aussi exprimées en unités d'énergie puisqu'il y a équivalence masse-énergie comme
nous l'avons vu en relativité restreinte d'après la relation  L'unité d'énergie en physique nucléaire
souvent utilisée est "l'électronvolt".

D6. Un "électronvolt" noté [eV] est l'énergie acquise par une charge élémentaire soumise à une différence de
potentiel de 1 [V].

Ainsi, d'après la relation entre l'énergie et le potentiel électrostatique 

nous avons : 

Nous en tirons puisque la vitesse de la lumière dans le vide vaut :

  

DÉSINTÉGRATION

Certains noyaux possèdent donc la propriété de modifier spontanément leur structure interne pour atteindre
un niveau d'énergie plus fondamental. Cette transformation s'accompagne de l'émission de particules et/ou de
rayonnements électromagnétiques. Le noyau résiduel peut être lui aussi radioactif et subir d'autres
transformations par la suite ou être stable.

La désintégration radioactive d'un isotope est un phénomène aléatoire et nous ne pouvons jamais dire à quel
moment un noyau va se désintégrer (probabilité sans effet de mémoire).

3
Remarque: Pour la démonstration de cette affirmation, le lecteur peut se reporter au chapitre de
Techniques De Gestion dans la partie traitant de la théorie des files d'attentes et en particulier la modélisation
des arrivées. Effectivement, le développement est tout point identique mais seulement l'objet d'étude change
(ce ne sont alors plus des appels téléphoniques mais des désintégrations). Ainsi, on y démontre que sous
certaines hypothèses le phénomène suit une loi de Poisson et nous y démontrons que celle-ci n'a pas de
mémoire.
Nous ne pouvons donner que la probabilité de désintégration par unité de temps. Cette probabilité est donnée

par la "constante radioactive" et a pour unité l'inverse du temps tel que . Cette constante peut être
calculée comme nous l'avons déjà vu lors de l'étude de l'effet tunnel en physique quantique ondulatoire. 

La constante radioactive varie pour tous les isotopes connus:

  

Soit N(t) le stock d'atomes d'un isotope radioactif au temps t. Le nombre d'atomes se désintégrant durant le
temps infinitésimal dt est donc égal à :

    

conduisant à une diminution du stock égale à :

  

L'équation différentielle s'écrit donc:

  

ou :

  

qui a pour solution très simple

  

avec  le stock de noyaux au temps .

Remarque: N(t) ne représente pas le nombre d'atomes restant au temps t mais le nombre le plus probable
d'atomes radioactifs restant au temps t!!

Dans la pratique, la mesure de la constante radioactive se fait à l'aide de la décroissance de l'activité (voir plus
loin) de l'isotope intéressé.

4
DEMI-VIE D'ISOTOPE

Définition: La "période radioactive" ou de "demi-vie"  d'un isotope est le temps moyen qu'il faut attendre
pour que 50% du stock de noyaux radioactifs d'un isotope donné soit désintégré:

  

Nous avons ainsi une relation très important entre la période de demi-vie et la constante radioactive!

Si le radio-isotope a le choix de se désintégrer selon deux voies de désintégration distinctes caractérisées de

deux périodes radioactives distinctes  et , la demi-vie de ce nucléide est définie par la moyenne:

  

et nous calculons le nombre de nucléides restant par la relation :

  

ACTIVITÉ RADIOACTIVE

Définition: L'activité A d'une source radioactive est le nombre de désintégrations par unité de temps.

Remarque: Son unité de mesure est le "Becquerel" est est noté  . 1 Becquerel correspondant donc
à une désintégration par seconde.

L'ancienne unité de mesure de la radioactivité était le "Curie" [Ci] . Le Curie avait été défini dans un premier
temps comme l'activité d'environ un gramme de radium, élément naturel que nous retrouvons dans les sols
avec l'Uranium. Cette unité est beaucoup plus grande que la précédente car par définition 1 [Ci] correspond à
37 milliards de désintégrations par seconde:

  

L'activité s'obtient par la dérivation temporelle du stock d'atomes d'un échantillon donné:

  

La relation dite "équation d'activité" :

  

5
montre ainsi que l'activité d'un nombre donné d'atomes N d'un isotope radioactif est proportionnelle à ce
nombre et inversement proportionnelle à la demi-vie de l'isotope (de par la relation vue plus haute entre la
constante radioactive et la période de demi-vie).

Exemple: 

Un gramme de  contient :

  

donc l'activité de ce gramme vaut connaissant :

Par le même raisonnement, mous montrons que l'activité au cours du temps suit la même loi exponentielle que
la diminution du nombre de nucléides:

  

avec :

  

Expérimentalement pour déterminer la période de demi-vie d'un isotope radioactif nous procédons de la
manière suivante :

1. Nous choisissons un échantillon pur d'un isotope dont nous souhaitons déterminer la période de demi-vie.

2. Au temps  nous mesurons à l'aide d'un détecteur pendant un intervalle de temps  fixé le nombre de
désintégrations. Nous avons alors le nombre de désintégrations pendant un intervalle de temps en début
d'expérience (l'unité de la mesure est alors les désintégrations et non pas le nombre de désintégrations par
seconde).

3. Ensuite, pendant chaque  consécutif (l'intervalle de temps est fixé) nous mesurons le nombre de
désintégrations pendant cet intervalle de temps. Cela nous donne donc une série des mesures du nombre de

désintégrations observées pour  

4. A l'ensemble des mesures de désintégrations effectuées, nous enlevons le bruit de fond du laboratoire

Puisque :

  

En prenant le logarithme népérien nous avons :

6
  

Soit :

  

Il s'agit donc de l'équation d'une droite de pente  et d'ordonnée à l'origine . Ainsi, la
constante radioactive est immédiatement mesurée et l'on en déduit rapidement la période de demi-vie à l'aide
de la relation démontrée plus haut :

  

Dans la nature, la plupart des noyaux d’atomes sont stables.


Cependant, certains atomes ont des noyaux instables, ce qui est dû à un excès soit de protons, soit de
neutrons, ou encore à un excès des deux. Ils sont dits radioactifs et sont appelés radio-isotopes ou
radionucléides.
Les noyaux d’atomes radioactifs se transforment spontanément en d’autres noyaux d’atomes, radioactifs ou
non. Ainsi, de noyau radioactif en noyau radioactif, l’uranium 238 tend à se transformer en une forme stable, le
plomb 206. Cette transformation irréversible d’un atome radioactif en un autre atome est appelée
désintégration. Elle s’accompagne d’une émission de différents types de rayonnements.
Un élément chimique peut donc avoir à la fois des isotopes radioactifs et des isotopes non radioactifs. Par
exemple, le carbone 12 n’est pas radioactif, alors que le carbone 14 l’est.
La radioactivité ne concernant que le noyau et non les électrons, les propriétés chimiques des isotopes
radioactifs sont les mêmes que celles des isotopes stables .

II. UNITES DE MESURE

“Pour mesurer la radioactivité, on utilise différentes unités : becquerel, gray, sievert et curie.”

Le becquerel (Bq)

Un échantillon radioactif se caractérise par son activité qui est le nombre de désintégrations de noyaux
radioactifs par seconde qui se produisent en son sein. L’unité d’activité est le becquerel, de symbole Bq.
1 Bq = 1 désintégration par seconde.
Cette unité est très petite. L’activité de sources radioactives s’exprimera donc le plus souvent en multiples du
becquerel :

• Le kilobecquerel (kBq) = 1 000 Bq


• le mégabecquerel (MBq) = 1 million de Bq
• le gigabecquerel (GBq) = 1 milliard de Bq
• le térabecquerel (TBq) = 1 000 milliards de Bq

7
Le gray (Gy)

Cette unité permet de mesurer la quantité de rayonnements absorbés – ou dose absorbée – par un organisme
ou un objet exposé aux rayonnements. Le gray a remplacé le rad en 1986.
• 1 gray = 100 rads = 1 joule par kilo de matière irradiée.

Le sievert (Sv)

Les effets biologiques des rayonnements sur un organisme exposé (selon sa nature et les organes exposés) se
mesurent en sievert et s’expriment également en “équivalent de dose”. L’unité la plus courante est le
millisievert, ou millième de sievert.

Le curie (Ci)

L’ancienne unité de mesure de la radioactivité est le curie (Ci). Le curie avait été défini comme l’activité de 1
gramme de radium, élément naturel que l’on trouve dans les sols avec
l’uranium. Cette unité est beaucoup plus grande que le becquerel car, dans un gramme de radium, il se produit
37 milliards de désintégrations par seconde. Donc un curie est égal à 37 milliards de becquerels.
Pour détecter et mesurer les rayonnements émis par les isotopes radioactifs, on dispose de différents types de
détecteurs parmi lesquels les tubes compteurs à gaz (compteur proportionnel, Geiger Müller, chambre
d’ionisation), les scintillateurs couplés à des photomultiplicateurs, les semi-conducteurs (silicium,
germanium…).

Ces détecteurs sont extrêmement sensibles et mesurent couramment des activités un million de fois
inférieures aux niveaux qui pourraient avoir des effets sur notre santé.
Les époux Joliot-Curie

LES ORIGINES DES RADIOELEMENTS

LES RADIO-ISOTOPES NATURELS

“La radioactivité naturelle provient des radioéléments produits dans les étoiles il y a des
milliards d’années.”

Lors de la formation de la Terre, il y a environ 5 milliards d’années, la matière comprenait des atomes stables et
instables. Mais depuis, la majorité des atomes instables se sont désintégrés par radioactivité et la plupart
d’entre eux ont fini par atteindre la stabilité. Cependant, il existe toujours quelques atomes radioactifs
naturels :

• Les radio-isotopes caractérisés par une très longue demi-vie comme l’uranium 238 (4,5 milliards d’années) et
le potassium 40 (1,3 milliard d’années). Ils n’ont pas encore eu le temps de tous se désintégrer depuis qu’ils ont
été créés ;
• les descendants radioactifs des précédents comme le radium 226 qui est en permanence régénéré après
désintégration de l’uranium 238. Le radium 226 se transforme lentement en un gaz lui-même radioactif, le
radon 222 ;
• les radio-isotopes créés par l’action des rayonnements cosmiques sur certains noyaux d’atomes. C’est le cas,
par exemple, du carbone 14 qui se forme en permanence dans l’atmosphère.

8
Ces radio-isotopes naturels sont présents sur toute la planète, dans l’atmosphère (carbone 14, radon 222),
dans la croûte terrestre (uranium 238 et uranium 235, radium 226…) et dans notre alimentation (potassium
40).
Voilà pourquoi tout ce qui nous entoure est radioactif. Depuis l’aube des temps, la Terre et les êtres vivants
sont donc plongés dans un véritable bain de radioactivité. Ce n’est que récemment (à peine plus de cent ans)
que l’homme a découvert avec les travaux d’Henri Becquerel qu’il avait toujours vécu dans cette ambiance .

LES RADIO-ISOTOPES ARTIFICIELS

“Pour les besoins de la médecine ou de l’industrie, l’homme crée de la radioactivité


artificielle.”

La production de radio-isotopes artificiels se fait au moyen d’un cyclotron ou d’un réacteur nucléaire et permet
de nombreuses applications. Certains radio-isotopes (cobalt 60, iridium 192…) peuvent être utilisés comme
source de rayonnements pour des radiographies gamma (ou gammagraphies) ou comme source d’irradiation
pour la radiothérapie ou pour des applications industrielles. De telles sources sont couramment utilisées en
médecine et dans l’industrie. D’autres radio-isotopes artificiels sont créés dans les réacteurs nucléaires
(strontium 90, césium 137…). Certains ne sont pas utilisés par l’homme. Ils constituent ce que l’on appelle les
déchets nucléaires.
Fortement radioactifs, ils doivent être stockés sous haute surveillance et isolés de l’homme

II. LOIS DE DECROISSANCE RADIOACTIVE

• Considérons une substance radioactive constituée de N0 noyaux radioactifs à l’instant initial. Soit λ la


probabilité de désintégration des noyaux. À un instant t quelconque, le nombre de noyaux radioactifs
N vérifie la loi de décroissance radioactive :

N = N0exp(- λt).

Cette loi fut observée pour la première fois en 1902 par Ernest Rutherford et Frederick Soddy.

• La période radioactive, ou temps de demi-vie, d’une substance radioactive est le temps nécessaire


pour que la moitié de la quantité initiale de l’échantillon soit désintégrée. Par exemple, l’uranium a
une période radioactive de 4,5 milliards

Activité d’un élément radioactif – équilibre radioactif (relations entre parent et produit)

Constante radioactive

9
Durée de vie des éléments radioactifs

III. SERIES OU FAMILLES DES ELEMENTS RADIOACTIFS

IV. PARTICULES ET RAYONNEMENTS

Particules alpha
A
Z X  ZA42Y  24He

Particules beta
A
Z X  Z A1Y  10 e

Neutrons et autres particules

Le neutron est, avec le proton, une particule constitutive du noyau atomique. Un noyau (Z, A), de numéro

atomique Z et de nombre de masse A, est un assemblage constitué de briques élémentaires de deux types

différents : Z protons et A—Z neutrons. Ces deux particules jouent donc un rôle fondamental dans tous les

processus qui mettent en jeu les noyaux. Le neutron est une particule dont les dimensions (environ 0,5 × 10—

10
15
 m) sont telles qu'il convient d'utiliser la mécanique quantique pour le décrire ; il possède des particularités

spécifiques qui en font un outil de choix pour d'innombrables applications.

L'histoire de sa découverte débute en 1911, lorsqu'Ernest Rutherford montre que la quasi totalité de la

masse de l'atome est concentrée dans un volume très faible au centre de celui-ci. Une révolution est en route :

l'atome vient de perdre son statut de particule insécable, et l'idée de noyau atomique vient de naître. Dans les

années suivant la découverte du noyau, les physiciens considèrent celui-ci comme formé de A protons et de (A

—Z) électrons internes. En particulier, on pense qu'il existe un état lié d'un proton (p) et d'un électron (e),

prototype du neutron. Ce modèle soulève des difficultés, mais la quête de cet état s'engage. La première

percée est due à Walther W. Bothe et H. Becker en 1930 ; en bombardant du béryllium avec des particules α,

ces physiciens produisent un rayonnement neutre très pénétrant, qu'ils interprètent comme un rayonnement γ

très dur. Les Joliot-Curie reprennent cette étude sur d'autres réactions et confirment le phénomène en

conservant la même interprétation. Un mois plus tard, au début de 1932, James Chadwick, par une analyse

rigoureuse du recul des noyaux bombardés par ce rayonnement, parvient à montrer que celui-ci est le fait

d'une particule neutre, de masse voisine de celle du proton ; il la nomme neutron (n) et reçoit le prix Nobel en

1935 pour cette découverte capitale.

Particularités du neutron

Le neutron possède des particularités propres qui le rendent très intéressant du point de vue pratique.

Comme le proton, il est sensible à l'interaction forte, mais, à l'inverse, il est neutre et ne ressent donc pas la

forte répulsion coulombienne à l'approche d'un noyau. Comme le photon, il est neutre, mais il possède une

masse et on peut, grâce à une vitesse adaptée, obtenir des longueurs d'onde associées beaucoup plus faibles.

Très tôt, on a remarqué qu'un neutron possède une grande capacité de briser un noyau d'uranium 235

selon une réaction du genre : n + 235U → X1 + X2 + kn + énergie. Les noyaux X1 et X2 résultant de cette fission

nucléaire ont des masses intermédiaires et sont eux-mêmes radioactifs, tandis qu'en moyenne on récupère

k = 2,5 neutrons pour chaque neutron absorbé. Cette propriété est utilisée dans les réacteurs nucléaires, pour

entretenir une réaction en chaîne. Ces neutrons produits sont ralentis puis eux-mêmes utilisés comme briseurs

d'uranium. Puisque k > 1, on peut laisser la réaction s'emballer ; utilisé dans certaines conditions, cet

11
emballement produit une explosion d'une puissance redoutable. C'est le principe de la « bombe atomique » ou

celui de la « bombe à neutrons ». Dans un réacteur classique, on s'arrange pour absorber le surplus de

neutrons, de manière à seulement auto-entretenir la réaction et à transformer l'énergie produite par celle-ci

pour faire tourner des turbines produisant un courant électrique. Les réacteurs sont aussi la source la plus

importante de production de neutrons pour la recherche ; au cœur d'un réacteur les flux obtenus sont

couramment de l'ordre de 1014 n/cm2/s.

Par ailleurs, en faisant varier la vitesse du neutron, donc sa longueur d'onde associée, on peut utiliser le

neutron comme sonde de la matière. Sa grande pénétrabilité lui donne des possibilités plus riches que les

rayons X. Les neutrons lents sont diffractés par les cristaux et fournissent des informations sur la structure de

ceux-ci. Les neutrons plus énergétiques ne subissent pas la répulsion coulombienne du noyau atomique et

permettent, grâce aux réactions qu'ils engendrent, de sonder l'intérieur du noyau lui-même et de comprendre

les mécanismes des interactions nucléaires.

Concernant l'action sur les tissus vivants, les neutrons rapides provoquent Q = 20 (Q est le facteur de

qualité) fois plus de dégâts aux cellules vivantes que les rayons X ou γ à dose équivalente. Le dépôt d'énergie

dans les cellules dû au passage des neutrons engendre divers effets biologiques : mort de la cellule, aberrations

chromosomiques, carcinogenèse, mutation génétique. Les neutrons peuvent interagir de façon forte sur les

protons des molécules de l'ADN du noyau des cellules ; l'effet peut être tel qu'il rompe un brin de l'hélice d'ADN

(possibilité de réparation) ou les deux brins (pas de réparation possible). Le caractère destructeur de forts

faisceaux de neutrons est exploité dans les « bombes à neutrons ».

Rayonnements gamma

12
V. INTERACTION DES RAYONNEMENTS AVEC LA MATIERE

Effets des rayonnements gamma

EFFET COMPTON

Au cours de l'effet Compton, le photon est diffusé inélastiquement sur un électron à qui il cède une partie de
son énergie. L'électron est éjecté hors de l'atome. Cet effet a lieu indifféremment sur les électrons de toutes les
couches électroniques et aussi sur des électrons libres. L'énergie du photon et celle de l'électron dépendent de
la direction d'émission de ces particules. Étant donné que cet effet dépend du nombre d'électrons disponibles
par atome cible, la probabilité de diffusion Compton augment linéairement avec le nombre atomique Z de
l'absorbant. Mais comme cet effet est en concurrence avec la production d'une paireélectron - positron que
nous verrons plus loin, l'effet Compton est surtout important aux énergies et aux numéros atomiques moyens.

13
Nous avons vu démontré dans le chapitre de Relativité Restreinte, la relation d'Einstein :

  

et rappelons que nous avons ainsi pour la quantité de mouvement d'un photon :

  

et nous y avons aussi démontré que la quantité de mouvement est donnée par :

   )

d'où la relation, dont nous allons faire usage plus loin :

  

Avant l'interaction, photon-électron, nous avons (nous considérons grossièrement l'électron comme étant au

repos) et après la collision . La conservation de l'énergie, nous amène


donc à écrire :

  

En ne considérant que les énergies cinétiques, nous avons en négligeant celle de l'électron avant le choc :

  

Soit la figure ci-dessous :

14
La conservation de la quantité de mouvement nous donne :

Selon l'axe x :

  

Selon l'axe y :

  

La somme de ces deux relations élevées au carré nous donne la quantité de mouvement totale :

  

Puis en substituant :

  

et comme :

  

Lorsque l'énergie du photon est assez élevée, , celle du photon diffusé tend vers une limite
donnée par (voir le règle de l'Hospital dans le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral):

  

L'énergie acquise par l'électron Compton vaut finalement :

15
Il est intéressant de remarquer que nous ne pouvons avoir . Effectivement cela supposerait que :

  

et nous voyons bien que quelque soit , nous avons toujours .

La fréquence du photon diffusé est inférieure à celle du photon incident car son énergie est toujours plus

faibles et dons sa longueur d'onde plus grande. Donc :

  

et puisque :

  

Nous avons :

  

ce qui s'écrit aussi en utilisant la définition de la constante de Planck et les relations trigonométriques
habituelles :

  

Nous appelons la facteur la "longueur d'onde de Compton" et elle vaut :

  

EFFET PHOTOÉLECTRIQUE

L'effet photoélectrique est l'éjection d'électrons (dits alors "photoélectrons") de la surface de divers métaux
exposée à une énergie de rayonnement. Ce rayonnement peut provenir du réarrangement du noyau de
l'atome aussi bien que d'un rayonnement externe.

Par ailleurs, Einstein proposa d'éprouver la validité de la théorique quantique de la lumière au moyen des
mesures quantitatives de l'effet photoélectrique.

16
Exposons d'abord l'expérience mise en oeuvre : l'émission d'électrons par un métal ne contredit pas la
théorique électromagnétique de la lumière. Si nous considérons un faisceau uniforme, son énergie est
uniformément répartie sur tout le front d'onde. Plus la lumière est intense, plus grandes sont les amplitudes
des champs électrique et magnétique en chaque point du front d'onde et plus l'énergie transmise par l'onde en
une seconde est grande. Ces champs exercent des forces sur les électrons dans le métal et peuvent même en
arracher de sa surface.

Voici l'expérience mise en place :

Si l'anode collective est à un potentiel positif relativement à la cathode émettrice, les photoélectrons
parcourent le tubent et constituent le courant mesuré par l'ampèremètre. Nous observons alors une
proportionnalité entre l'intensité du faisceau incident et le courant.

Cependant, au moins trois problèmes persistent entre le modèle théorique et l'observation expérimentale:

1. La notion ondulatoire de la lumière ne convient pas pour expliquer le temps nécessaire à l'absorption de
l'énergie d'extraction.

Effectivement, supposons une lampe de 100 [W], rendement lumineux 15% placée à 0.5 [m] d'une plaque

revêtue de potassium K d'énergie d'extraction minimal 2.25 [eV] en admettant un diamètre de pour
l'atome de Potassium.

Nous avons alors :

  

La puissance lumineuse absorbée par l'atome est alors :

La durée nécessaire pour l'absorption est alors :

17
  

Ce qui est en contradiction avec l'expérience où l'on observe que le phénomène est quasi-instantané (le temps
à la lumière pour se propager jusqu'au métal)

2. Si nous inversons les bornes, les électrons émis par le métal sont repoussées par l'électrode négative, mais si
la tension inverse est faible les plus rapides pourront quand même l'atteindre et il se produira un courant. A un

potentiel négatif, spécifique pour chaque métal, appelé potentiel d'arrêt , tous les électrons émis sont
repoussés et le courant est nul. L'énergie cinétique maximale de ces photoélectrons est alors :

  

Or, nous trouvons expérimentalement que ce potentiel d'arrêt est indépendant de l'intensité du rayonnement.
Dans la théorie ondulatoire, l'augmentation de l'intensité devrait augmenter le nombre d'électrons extraits
(quelque soit leur niveau énergétique) et leur énergie cinétique maximale. Une plus grande intensité suppose
une plus grande amplitude du champ électrique : . Ainsi, un champ électrique plus grand devrait
éjecter les électrons à plus grande vitesse toutes couches confondues au fur à mesure que l'intensité
augmente.

3. Lorsque nous varions la fréquence v de la lumière incidente et que nous mesurons , nous observons que

l'effet photoélectrique n'a pas lieu si ( est appelé le seuil de fréquence) et ceci quelque soit l'intensité
de la lumière. Ce qui est plutôt gênant... parce que dans la théorie ondulatoire, nous devons toujours pouvoir
éjecter des électrons quelque soit la fréquence, il suffit d'augmenter l'intensité.

Chaque problème peut être résolu en adoptant le point de vue suivant :

1. Dans l'aspect ondulatoire, la source est vue comme se propageant comme un front d'onde sphérique dont la
densité superficielle d'énergie décroît comme . Alors que pour expliquer l'observation expérimentale, il
faut voir l'expérience d'un point de vue corpusculaire où le front est un front de corpuscules dont la densité
superficielle de photons décroît en mais où l'énergie de chaque photon reste hv (selon la loi de Planck).

2. Si nous pensons en termes de photons, que nous augmentons l'intensité, nous augmentons le nombre de

photons, mais l'énergie par photon , reste inchangée. Ainsi, que peut avoir chaque photon ne
change pas. D'où le fait que le potentiel d'arrêt est indépendant de l'intensité du champ.

3. Si nous pensons en termes de photons à nouveau, les électrons dans la cible sont retenus par les forces

d'attraction, l'extraction d'un électron de la surface requiert une énergie minimale qui dépend de chaque

matériau ( est aussi appelé "travail d'extraction" qui est de l'ordre de quelques électronvolts). Si l'énergie du

photon incident est supérieure à , un électron peut être arraché, par contre si elle est inférieure,
aucun électron ne peut être arraché. L'apport d'énergie est égal à l'énergie cinétique de sortie de l'électron
plus l'énergie requise pour l'extraire du métal, soit :

18
Ainsi, si l'on augment la fréquence de la lumière, l'énergie cinétique maximale des électrons augmente
linéairement. R.A. Millikan fit entre 1913-1914 des expériences rigoureuses dont les résultats corroborèrent
parfait la théorie d'Einstein. Ce dernier reçut le prix Nobel en 1921 pour ses apports à la physique théorique, et
surtout sa découverte de la loi de l'effet photoélectrique.

La lumière se propage d'un endroit à un autre comme si elle était une onde. Mais la lumière interagit avec la
matière dans des processus d'absorption et d'émission comme si elle était un courant de particules. C'est ce
que nous appelons la "dualité onde-corpuscule". Ainsi, celle-ci se trouvant dans les particules massives comme
le suggère l'hypothèse de De Broglie que nous avons vue en physique quantique ondulatoire, se retrouve
finalement également pour la lumière

  

Un photon d'énergie incidente qui interagit avec un électron d'un atome cible peut éjecter cet électron de

son orbite en lui communiquant une énergie cinétique :

  

où est l'énergie de liaison de l'électron éjecté sur son orbite (cette relation est indiquée sous la forme

dans la figure ci-dessus).

Si l'énergie du photon incident est inférieure à l'énergie de liaison de l'électron K , l'effet photoélectrique se fait
avec un électron de la couche L, etc...

Dans le cas ou le rayonnement est absorbé, l'atome est dit "excité", car son état d'énergie n'est pas l'état
minimal. Il s'ensuit donc une "relaxation" (ou "désexcitation") : un électron d'une couche supérieure vient
combler la case quantique laissée vacante par l'électron éjecté.

Si l'énergie de transition est modérée (c'est-à-dire si le rayonnement incident avait une énergie modérée), la
relaxation provoque l'émission d'un photon de faible énergie (visible ou ultra-violet), c'est le phénomène de
fluorescence. Si l'énergie de transition est élevée, on peut avoir deux cas :

19
1. Il y a émission d'un photon fluorescent, qui du fait de son énergie, est un photon X, nous parlons alors de
"fluorescence X"

2. Ce photon X peut être recapturé par l'atome lui-même et provoquer l'éjection d'un électron périphérique,
c'est "l'émission Auger" dont nous avons déjà parlé plus haut.

Pour résumer, nous avons vu jusqu'ici :

  

DIFFUSION DE RUTHERFORD

Considérons la diffusion qu'une particule chargée subit quand elle est soumise à une force électrostatique
répulsive inversement proportionnelle au carré de la distance entre la particule mobile et un point fixe ou
centre de force. Ce problème est particulièrement intéressant en raison de son application à la physique
atomique et nucléaire. Par exemple, quand un proton, accéléré par une machine telle qu'un cyclotron, passe
près d'un noyau de la matière de la cible, il est dévié sous l'action d'une force de ce type, provenant de la
répulsion électrostatique du noyau (c'est la raison pour laquelle nous parlons aussi de diffusion coulombienne).

20
Soit O un centre de force et A une particule lancée contre O d'une grande distance avec la vitesse (voir figure

ci-dessus). Nous choisirons l'axe des X passant par O et parallèle à . La distance b, appelée "paramètre de
choc", est la distance l'axe X des abscisses et le point A. En supposant que la force entre A et O est répulsive et
centrale, la particule suivra AMB. La forme de la courbe dépend de la manière dont la force varie avec la
distance. Si la force est inversement proportionnelle au carré de la distance, c'est-à-dire si :

la trajectoire est une hyperbole. Avec bien évidemment

Quand la particule est en A son moment cinétique est . Dans une position quelconque telle que M, son
moment cinétique, est aussi donné par . Comme le moment cinétique doit rester constant
puisque la force est centrale :

L'équation du mouvement dans la direction OY est obtenue en combinant l'équation par :

En éliminant à l'aide de l'avant dernière équation nous pouvons écrire :

  

21
Pour trouver la déviation de la particule, nous devons intégrer cette équation depuis l'une des extrémités de la

trajectoire jusqu'à l'autre. En A la valeur de est nulle car le mouvement initial est parallèle à l'axe des X et

nous avons aussi . En nous avons et . Remarquons qu'en B la vitesse est de

nouveau car, par symétrie, la vitesse perdue quant la particule s'approche de O doit être regagnée quand
elle s'en éloigne. Alors :

  

Ce qui donne :

Rappelons que :

  

Ce qui nous donne :

  

Soit de manière plus détaillée :

  

Cette relation donne l'angle de déviation en fonction du paramètre de choc b.

Ce qui nous donne aussi :

  

Bien évidemment, dans les cas scolaires on pose souvent Q=q ce qui simplifie un peu la lourdeur de la relation
mais on perd en généralisation.

Cette équation est appliquée à l'analyse de la déviation de particule chargée par les noyaux. Remarquons que
ce résultant n'est valable que pour une force inversement proportionnelle au carré de la distance. Si la force
dépend de la distance selon une autre loi, l'angle de déviation satisfait à une autre équation. Les expériences
de déviation sont donc très utiles quant nous voulons déterminer la loi de force dans les interactions entre
particules.

22
Dans les laboratoires de physique nucléaire, on fait des expériences de diffusion en accélérant des électrons,
des protons ou d'autres particules au moyen d'un cyclotron, d'un accélérateur de Van de Graaf ou de quelque
autre dispositif semblable, et en observant la distribution angulaire des particules déviées.

Il est clair qu'une particule incidente dans une surface définie par un rayon comprise entre b et b + db sera
respectivement compris dans l'angle solide de diffusion :

  

avec

La "section efficace" étant définie par :

23
En combinant cette relation avec :

,   

Nous avons donc pour la "section (différentielle) efficace de Rutherford (ou de Coulomb)":

  

A l'aide de la diffusion de Rutherford/Coulomb, Rutherford a pu déterminer une approximation de la taille du


noyau de l'atome comme nous l'avons fait remarque au début du chapitre de Physique Quantique
Corpusculaire. Le raisonnement appliqué est le suivant pour déterminer une borne inférieure du rayon du
noyau :

L'énergie totale d'un système en rotation est l'énergie cinétique de translation sommée à l'énergie cinétique de
rotation, sommé à l'énergie potentielle. Ce qui nous donne :

  

en notant L le moment cinétique donné par nous avons :

  

d'où :

  

Il en résulte donc :

  

D'où l'angle associé à deux distance radiales est donné par :

  

24
La figure ci-dessous montre un processus de collision par un potentiel centre U(r). La particule incidente
possède une vitesse initiale :

en avec et   

par symétrie à nouveau.

  

L'angle est l'angle de déflexion lorsque la particule incidente approche le diffuseur à la distance minimum

Revenons-en à nos équations où le moment cinétique est lié au paramètre d'impact par la relation
ou encore :

  

Nous pouvons donc écrire après simplifications :

  

25
où nous avons posé (l'énergie de rotation et du potentiel considérés comme négligeables par rapport
par rapport à l'énergie cinétique) et:

  

La distance minimale d'approche est donc déterminée par la plus grand zéro du dénominateur :

  

c'est-à-dire (trivial) :

  

Nous avons donc :

  

Comme nous le voyons dans cette dernière relation, la particule incidente subira une collision frontale lorsque
. Dès lors, la valeur de l'approche maximale est :

  

L'expérience de Rutherford permit d'estimer la taille du noyau atomique. En effet, les particules a qui ont
rebondi sur le noyau avec un angle de diffusion de 180° (nous parlons alors de "rétrodiffusion"), sont celles qui
se sont approchées le plus près de ce dernier. Puisque nous avons :

avec une énergie cinétique initiale de 7.7 [MeV], Rutherford trouva pour le rayon de l'atome d'or (Z=79) avec
des particules alpha (Z=2) une valeur de :

  

26
RAYONS-X ET GAMMA

La différence fondamentale de ce type de rayonnement, par rapport aux , est qu'il n'est pas porteur
de charge électrique et n'a donc pas d'interaction coulombienne avec le cortège électronique du milieu
traversé. Par conséquent, le photon suit un chemin rectiligne sans perte d'énergie jusqu'à ce qu'il rencontre sur
sa trace une particule (électron, noyau) où il va faire une interaction modifiant profondément son état.

Le rayonnement gamma est une radiation électromagnétique de haute énergie produite par un phénomène
nucléaire, alors que les rayons-X sont des radiations électromagnétiques de haute énergie produites lors de
phénomènes atomiques ou moléculaires. Le photon est la particule élémentaire qui est associée à ces ondes
électromagnétiques. Les photons gamma et X sont donc de même nature mais d'origines différentes, ils ont
donc des propriétés identiques qui dépendent de leur énergie.

Rappelons que :

  

En traversant la matière un photon peut interagir avec :

- Un des électrons de l'atome rencontré

- Le noyau de l'atome

- Le champ électrique des particules atomiques chargées

- Le champ mésique des nucléons (interaction forte)

Le résultat de l'interaction peut être schématisé comme :

- le photon est dévié en conservant son énergie, il y a alors "diffusion totale" de l'énergie et le processus est dit
"cohérent" (élastique)

- le photon est dévié et son énergie diminuée, il y a alors "diffusion partielle" de l'énergie, l'autre partie est
absorbée par la matière, les processus est dit alors "incohérent" (inélastique)

- le photon disparaît, il y a "absorption (totale)" de son énergie par la matière.

Nous pouvons démontrer que les caractéristiques macroscopiques de ces interactions dans le cadre d'un
faisceau fin et collimaté conduisent à une loi exponentielle d'atténuation du rayonnement photonique dans la
matière. Cela signifiant que pour les photons il n'y a pas de parcours fini (!) comme pour les particules
chargées; on ne pour jamais assurer qu'à une distance donnée tout les photons d'un faisceau aient subi une
interaction.

Le nombre de particules interagissant avec la matière dépend évidemment de l'intensité I et du type de


matière traversée (caractérisée par le "coefficient d'atténuation linéique" ) et de son épaisseur x.

Nous avons :

  

27
le signe "-" étant là pour mettre en évidence une diminution. Nous résolvons facilement cette équation
différentielle (c'est simplement la loi de Beer-Lambert que nous avons déjà vu dans le chapitre d'Optique
Géométrique) :

  

avec l'intensité initiale ou "débit de fluence" et le coefficient d'atténuation linéique qui tient
compte de toutes les effets d'atténuation possible.

Remarque: Souvent dans les tables, nous trouvons le coefficient d'atténuation massique exprimé en

. Nous avons alors :

  

Dans le cas d'un absorbant contenant plusieurs éléments chimiques homogènement distribués, le coefficient
d'atténuation vaut :

ou  

où est le coefficient d'absorption de l'absorbant, le coefficient d'absorption de l'élément i, la masse

volumique de l'absorbant, la masse volumique de l'élément i, étant la fraction massique de l'élément i


dans l'absorbant.

Faisons maintenant un approche microscopique : soit un faisceau de frappant

perpendiculairement la surface d'un matériau d'épaisseur dx et de densité atomique . Si


nous considérons les particules frappant la surface A, ces dernières peuvent théoriquement rencontrer
atomes cibles dans cette couche. Le nombre de particules interagissant sera proportionnel à
l'intensité fois ce nombre et nous aurons :

  

où est la constante de proportionnalité, appelée "section efficace microscopique". Ces unités sont souvent

exprimées en "barn" ( ).

Remarques:

R1. La densité atomique N est égale à où es la densité en de la cible, le

nombre d'Avogadro ( ) et M est la masse molaire de la cible exprimée en


.

28
R2. Si nous admettons que les centres de diffusion sont les électrons et non pas les atomes cibles, alors il faut

remplacer N par .

D'où nous obtenons :

  

En identifiant l'aspect macro et microscopique, nous voyons que joue le même rôle que et
que nous trouvons que la section efficace peut s'écrire comme :

  

et dans l'hypothèse où l'électron constitue une "sphère d'action" présentant une surface frontale ,
étant le rayon de la sphère d'action alors :

  

et nous avons :

  

Par définition, nous appelons coude de demi-atténuation CDA l'épaisseur du matériau le débit de fluence I d'un
facteur deux. Ainsi :

  

En radiprotection, nous utilisons parfois la notion de couche d'atténuation aux dixième TVL (Tenth Value Layer)
donnée par :

  

Nous faisons usage parfois aussi de la "longueur de relaxation", qui représente l'épaisseur à partir de laquelle
l'intensité d'un faisceau monoénergétique est diminuée d'un facteur e, et qui est donc donnée par :

  

29
Cette valeur est beaucoup plus utile que les autres car c'est aussi la distance moyenne à laquelle a lieu la
première collision du photon.

Remarque: L'irradiation gamma est anecdotiquement utilisée dans le cadre de la conservation du


patrimoine des objets organiques. Effectivement, lors de la découverte des archéologues d'oeuvres ou vestiges
anciens, ces derniers sont attaqués par des micro-organismes qui vont détruire ces objets avec le temps. Le
rayonnement gamma va permettre, sans détruire les objets, de tuer par irradiation gamma tous ces micro-
organismes. L'exemple le plus connu étant l'irradiation de la momie de Touthankamon pendant 10 heures dans
les laboratoires du CEA.

Les causes microscopiques connues de l'atténuation d'un faisceau de photons (neutre au point de vue
coulombien) qui méritent notre attention dans la détermination de leur dans le domaine d'énergie des photons
gamma ou rayons X sont au nombre de sept :

- Diffusion cohérente de Thomson

- Diffusion cohérente de Rayleigh

- Diffusion cohérente de Delbruck

- Diffusion cohérente de Compton (déjà vu partiellement plus haut)

- Absorption photoélectrique (déjà partiellement vu plus haut)

- Réaction photonucléaire

- Création de paire d'électron-positrons (déjà partiellement vu plus haut)

Bien que nous pussions à ce jour parler de ces effets, il nous est impossible dans l'état actuel du site de
présenter le formalisme mathématique permettant de déterminer la section efficace de chacune des ces
diffusions.

CRÉATION PAIRES ÉLECTRON-POSITRON

Au cours de la création de paires, le photon absorbé dans le champ électrique du noyau peut générer une paire
électron-positron. Pour que l'interaction puisse avoir lieu, il faut que l'énergie du photon soit supérieure à

(1.02 [MeV]), soit l'énergie au repos de la paire électron-positron.

Cet effet est important pour les hautes énergies et les numéros atomiques élevés. Le positron créé est freiné
dans la matière tout comme un électron et, en fin de parcours, il s'annihile avec un électron pour donner lieu à
deux photons de 0.511 [MeV] (photons d'annihilation) émis presque à 180° (tout la quantité de mouvement est
transformée en énergie d'où la valeur de l'angle, ainsi la quantité de mouvement finale est nulle).

La création de paire coûte évidemment au moins l'énergie de masse de l'électron et du positron, soit .
Le solde d'énergie se répartit ensuite dans l'énergie cinétique des deux particules :

  

La nécessité de satisfaire simultanément aux conditions de conservation de l'énergie masse et de la quantité de


mouvement d'autre part imposent à l'effet de matérialisation d'avoir lieu au voisinage d'une particule

30
matérielle qui participe au phénomène. En effet, dans le vide, les deux conditions sont contradictoires ! La
quantité de mouvement de chaque électron vaut :

  

où est l'énergie totale de chacun des électrons, c'est-à-dire :

  

Le photon d'origine à :

et   

que nous introduisons dans l'équation de conservation de l'énergie et avec l'aide la relation donnant de
nous avons :

  

ce qui montre bien que par le terme que le noyau doit emporter une partie de la quantité de
mouvement puisque :

  

VI. MOYENS DE DETECTION ET DE MESURE DE LA RADIOACTIVITE (détecteurs)

Détecteurs électroniques

Les détecteurs électroniques sont ceux en interaction avec un rayonnement se traduisant


par une impulsion électrique.
Compteur GEIGER - MÜLLER (1913) : Type le plus simple. C'est une " chambre
d'ionisation "détectant les particules individuelles. Détecteur de particules ionisantes
constitué par un cylindre métallique (cathode) rempli de gaz (mélange de gaz rares)à
basse pression. Dans l'axe du tube est tendu un fil conducteur mince et isolé (l'anode): la
tension entre l'anode et la cathode est positive et élevée .Toute particule ionisante est
accélérée, sous l'effet de cette tension, et entre en collision avec les atomes du gaz.,leur
arrachant ainsi des électrons . Le passage d'une particule ionisante dans le compteur
déclenche donc une avalanche électronique collectée par le fil qui fournit une impulsion
électrique. Cet appareil permet donc de compter le nombre d'impulsions .Ces compteurs

31
sont très utilisés dans les appareils portatifs de détection des rayonnements; que ce soit
pour la protection civile ou militaire ou pour la prospection des minerais radioactifs.

Chambre d'ionisation : C'est un dispositif semblable au compteur Geiger. Elle


comprend une cathode cylindrique sur l'axe de laquelle est placée une anode
filiforme; le tout est enfermé dans un tube contenant un gaz (azote, brome,
hydrogène). Entre les 2 électrodes est établie une tension de quelques centaines
de volts. Entre anode et cathode, on dit que règne un champ électrique qui est
utilisé pour collecter les ions et électrons produits dans le gaz par le passage
d'une particule. Leur nombre est proportionnel à l'énergie de la particule. Il en
résulte un courant entre anode et cathode également proportionnel à l'énergie de
la particule.Une telle chambre peut donc renseigner sur l'énergie moyenne d'un
flux de particules, ce que ne peut faire le compteur Geiger. De plus, cette
chambre possède une bonne stabilité et donc une grande précision à (10 -4 près).
Utilisée pour certains scanners modernes, elle détecte facilement les particules.
Compteur à étincelles : L'amplification est poussée jusqu'au stade où une
étincelle se produit au point de production de l'ionisation initiale. Peu utilisé
(temps mis pour le déclencher à nouveau).

Le scintillateur : Elément dans lequel une particule provoque l'émission de


lumière par une cellule photoélectrique sensible : le photomultiplicateur; capable
en général de fournir une impulsion électrique pour chaque photon absorbé par
effet photoélectrique sur une surface photo sensible .Ces détecteurs peuvent être
solides, liquides ou gazeux.

Détecteurs à visualisation : (Ceux où une info de type photographique est obtenue)

La chambre à bulles : C'est en 1932 que D. GLASER a commencé la réalisation d'un


détecteur utilisant la formation de bulles dans un liquide dont la pression est abaissée un
court instant au-dessous de sa pression d'ébullition. Des " germes " tels que des
particules solides avec des ions doivent servir de point de départ à la formation des
bulles gazeuses. Ainsi , si une particule de haute énergie pénètre dans un tel liquide, elle
va provoquer une ionisation sur son trajet et ces ions vont servir de germes d'ébullition
provoquant un chapelet de petites bulles matérialisant le trajet de la particule.

32
Une chambre à bulles comprend :

Une masse de liquide maintenu sous pression.

Un compteur détectant l'arrivée d'une particule et provoquant la dépression dans la


chambre, le déclenchement d'une photographie et la recompression (ceci dans un
intervalle de temps de l'ordre du centième de seconde).
On utilise des chambres à hydrogène liquide ou des chambres à liquides lourds
(propane). Elles permettent ainsi d'obtenir des renseignements sur la charge , la masse,
la vitesse des particules et leur mode de désintégration.

La chambre de Wilson ou chambre à brouillard : C'est l'opposé de la chambre à


bulles : au lieu d'utiliser le retard de l'ébullition d'un liquide, on se sert du retard de la
condensation d'une vapeur, en général l'alcool. De même, la condensation en
gouttelettes se fait autour de " germes ", très souvent des ions. Ainsi, la trajectoire sera
matérialisée par la traînée de gouttelettes se formant autour des ions formés par la
particule. Mais elle est moins utilisée que la chambre à bulles car elle est plus longue à
remettre en état de marche. Cependant, elle a permis la découverte du positron.

La chambre à étincelles : La chambre détecte les traces laissées par les particules
.L'étude et la réalisation de ces détecteurs ont commencé en 1959. Une série de feuilles
métalliques planes et parallèles ( électrodes) séparés d'environ 1 cm est placée dans une
enceinte remplie d'un mélange de néon et d'hélium à la pression atmosphérique.
Les particules traversent la chambre perpendiculairement aux plaques et ionisent les gaz,
laissant ainsi des traces latentes durant 1 à 2 µs. Ainsi des étincelles éclatent aux
endroits où sont passés les particules. Elle a surtout été utilisée dans les années
1960/1970.

Chambres à fils : G. Charpak a inventé et développé des chambres à fils; entre deux
plaques parallèles se trouve une nappe de fils parallèles et équidistants .La tension entre
fils et plaques est positive de quelques kV. Si une particule traverse la chambre,elle crée
dans le gaz des ions et des électrons .Les électrons se dirigent vers les fils et les
électrons ionisent à leur tour le gaz d'où un effet d'avalanche. Un amplificateur branché
sur chaque fil permet d'enregistrer ces impulsions.
Toutes les données sont ensuite traitées par ordinateur.

Impact des particules sur la matière


Si une particule possède une énergie cinétique suffisante, celle-ci va agir sur les atomes
qu'elle va traverser, leur arracher des électrons et ainsi créer des ions.
Toutefois cette ionisation va dépendre de la charge, de la vitesse et de la masse de cette
particule.
Le principe de la radioactivité se résume donc à une ionisation qui peut être soit directe
pour les électrons et les particules , soit indirecte pour les photons et les neutrons.
Particules à ionisation directe

Les particules alpha :


Celles-ci sont constituées d'un noyau d'hélium portant une charge positive de 2 protons,
ce qui a pour conséquence d'attirer les électrons.
Ainsi cette particule produit une forte ionisation: de 2 à 5000 paires d'ions par millimètre cube dans

33
l'air atmosphérique.
Parcours d'une
particule a dans
différents
matériaux

substances Air,0°C,76 cmEau Aluminium Plomb


Hg

énergie cinétique0,5 cm 8 µm 3 µm 1 µm
initiale : 1 Mev

énergie cinétique3,5 cm 45 µm 21 µm 7µm


initiale : 5 Mev

Les particules Béta :


Elles sont de 2 types : les électrons ordinaires, (bêta - ) , périphériques de l'atome, et les
positrons , électrons positifs, (bêta + ), extrêmement rares et qui ne seront donc pas
étudiés ici.
La particule bêta - possède une charge négative capable d'arracher un électron à l'atome
qu'il traverse. Toutefois, son pouvoir ionisant reste au-dessous de celui d'une particule
alpha.
Dans l'air atmosphérique, elle ne produit que 4 à 20 paires d'ions par millimètre cube.
Par sa charge électrique, la particule bêta - est facilement arrêtée et son action
biologique se limite surtout aux radionucléides fixés dans l'organisme par ingestion.

Parcours des électrons dans différents matériaux .


Substances : Air,0°C,76 cmEau Aluminium Plomb
Hg

énergie cinétique2,9 m 4 mm 1,5 mm 0,35 mm


initiale : 1 MeV

énergie cinétique10 m 15 mm 5,5 mm 1,3 mm


initiale : 5 Mev

VII. PROSPECTION RADIOMETRIQUE (minière et pétrolière)

Choix et implantation des réseaux d’observation

34
Traitement et interprétation des résultats de mesure

VIII. TRAVAUX DE LABORATOIRE

DATATION AU CARBONE 14

Certains éléments radioactifs naturels constituent de véritables chronomètres pour remonter dans le temps.
Des méthodes de datation ont été mises au point, fondées sur la décroissance progressive de la radioactivité
contenue dans les objets ou vestiges étudiés. On peut ainsi remonter jusqu'à des dizaines de milliers d'années
dans le passé avec le carbone 1, voire bien d'avantage avec d'autres méthodes telles que la
thermoluminescence ou la méthode uranium-thorium. La datation au carbone 14 permet d'aborder l'étude de
l'histoire de l'homme et de son environnement pendant la période de 5'000 à 50'000 ans à partir du temps
présent.

Le carbone naturel est composé de deux isotopes stables: le  (98.892%) et  (1.108). Il n'existe donc pas
de  dans le carbone naturel. Ce dernier est produit en haute atmosphère par l'action de neutrons
cosmiques sur le . Nous parlons alors de "capture neutronique" (voir plus loin) ou "activation

". Ainsi, continûment du  est produit en haute atmosphère et se désintègre naturellement


avec une période de 5'700 ans. Nous nous imaginons aisément  que la concentration en  s'équilibre
lorsque le taux de production est égal au taux de disparition suite au processus de désintégration radioactif
(sinon quoi il n'y aurait plus que du partout).

Il se forme environ 2.5 atomes de  par seconde et par  de surface Terrestre (ce chiffre est cependant
dépendant de beaucoup de facteurs mais en amplitude négligeable sur le très long terme. Vous pouvez trouver
des ouvrages entiers traitant du sujet), la contribution positive au nombre d'atome de  vaut:

   )

R étant le rayon de la Terre.

Ou encore en débit de masse cela représente:

  

Le taux de disparition est égal au taux de production radioactif, c'est-à-dire:

 car   

Comme le taux de disparition vaut:

  

Nous en déduisons qu'il y a  atomes de  en permanence dans l'atmosphère, soit environ
77.8 tonnes.

35
Ce radio-isotope se retrouve sous la forme chimique  et pénètre par photosynthèse et métabolisme dans
le règne végétal et animal. A la mort de la plante ou de l'animal, la teneur en  reste figée et commence à
décroître par désintégration radioactive au cours des âges.

  

La datation n'est donc qu'une simple comparaison entre la concentration en  de la matière vivante et de la
matière morte. De fait, on détermine les activités spécifiques

  

Les archéologues peuvent ainsi aisément dater ce qu'ils veulent.

Spectrométrie gamma

IX. PRODUCTION DE L’ENERGIE

Réacteurs nucléaires

La fusion

36
 Deux noyaux légers s'assemblent, fusionnent pour formé un noyau plus lourd, plus stable car ils limitent leurs
surfaces, un peu comme le font deux bulles de savons. Ce gain de surface se traduit également par un gain
d'énergie.

L'énergie nécessaire pour maintenir les nucléons ensembles sera plus faible dans les noyaux lourds formés que
dans les deux noyaux de départ, il y a donc un gain d'énergie.

Sur le graphique, nous pouvons voir qu'il coûte moins cher en énergie de maintenir les nucléons dans un atome
plus lourd que plus léger.

 La réaction de fusion est cependant difficile a produire car elle nécessite une
quantité d'énergie de départ très grande avant de pouvoir en récupérer plus.
Ce type de réaction se produit dans les étoiles. C'est de là que viennent les
atomes plus lourds. Ainsi, dans notre soleil, des noyaux d'hydrogène
(deutérium et tritium) sont fusionnés pour former des noyaux d'hélium (plus
lourds)

Dans notre soleil :

On appelle réacteur nucléaire, ou pile atomique (le terme pile fut utilisé au début car on empilait des

« briques » d'uranium naturel et de modérateur, comme le graphite), un dispositif dans lequel on peut

entretenir une réaction en chaîne de fissions.

Les neutrons nés d'une fission ont une énergie cinétique moyenne de 2 MeV. Ils réagissent avec les

noyaux qu'ils rencontrent et sont soit diffusés, c'est-à-dire renvoyés dans une direction différente, soit

absorbés. Tant que la probabilité d'absorption reste faible, les neutrons se conservent pratiquement en

nombre, mais leur énergie décroît peu à peu à chaque diffusion. Si l'énergie est élevée, ce ralentissement est

37
dû en partie à des chocs inélastiques (qui laissent le noyau cible dans un état excité). Mais la plupart des

diffusions (diffusions élastiques) peuvent se comparer à des chocs entre boules de billard dont certaines (les

neutrons) seraient initialement animées d'une grande vitesse, la majorité (les noyaux cibles) étant,

relativement, pratiquement à l'arrêt. Les noyaux sont d'autant plus efficaces pour ralentir (modérer) les

neutrons que leur masse est plus faible, plus proche de celle du neutron. Un modérateur (eau, eau lourde,

graphite...) est donc un matériau formé d'au moins un élément de masse atomique faible (hydrogène,

deutérium, carbone...).

Les réactions d'absorption autres que la fission ont un effet négatif sur la multiplication des neutrons, et

l'importance relative de ces captures parasites doit être strictement limitée pour qu'une réaction en chaîne,

divergente ou stationnaire, soit réalisée. La probabilité d'une réaction particulière dépend de la nature du

noyau cible et de l'énergie cinétique du neutron ; cette dépendance s'exprime par la section efficace σ qui se

mesure en barns (1 barn = 10—24 cm2, ce qui est de l'ordre de grandeur de la section de la surface géométrique

du noyau). La probabilité de la réaction est proportionnelle à σ et à la concentration du milieu en noyaux du

type considéré. Un noyau fissile donne également lieu à une capture parasite : on a, entre les sections efficaces

d'absorption, de capture et de fission, la relation σ a = σc + σf (pour un noyau non fissile, σa = σc). Pour un

mélange d'isotopes (par exemple, l'uranium naturel qui contient 0,72 % d'atomes de l'isotope 235U, les 99,2745

% étant 238U et 0,005 % étant 234U), σc, σf et σa sont obtenus en effectuant une moyenne pondérée des

différentes sections efficaces des isotopes.

En énergie nucléaire, on réserve le nom de noyaux fissiles à ceux qui sont fissiles à toute énergie ( 235U,

233
U, 239Pu, 241Pu). Les noyaux 232Th, 238U, 240Pu, qui ne sont fissiles qu'au-dessus de 1 MeV et qui, dans les

réacteurs, contribuent nettement moins aux fissions que les précédents, sont appelés noyaux fertiles parce

qu'ils donnent naissance à un noyau fissile (cf. chimie nucléaire) après capture d'un neutron et cela soit

directement (241Pu à partir de 240Pu), soit à la suite de deux désintégrations β successives (233U à partir de 232Th

et 239Pu à partir de 238U).

Le combustible nucléaire est le plus souvent un mélange de matières fissiles et fertiles, par exemple l'uranium naturel.

Pour apprécier la difficulté d'entretenir une réaction en chaîne, il est commode de considérer, de

préférence à ν, le nombre η de neutrons produits pour un neutron absorbé à cause de la possibilité d'une

38
capture parasite. En moyenne, l'un de ces η neutrons devra à son tour être absorbé dans le combustible pour

continuer la réaction en chaîne, les η — 1 qui restent pouvant être perdus par capture dans les autres

constituants du milieu, ou par fuite en dehors du dispositif. η dépend de l'énergie des neutrons ; dans le cas des

neutrons thermiques, η est égal à 2,1 pour 235U et 239Pu, à 2,3 pour 233U, mais à 1,33 seulement pour l'uranium

naturel. η est appelé le facteur de reproduction du combustible.

Réacteurs à neutrons thermiques, et réacteurs à neutrons rapides

Pour les neutrons thermiques, les valeurs de la section efficace σ a des noyaux fissiles sont très élevées : 1 

239 235 238


010 barns pour Pu, 680 pour U, alors que σc vaut 2,7 barns pour U. C'est cette différence d'ordre de

grandeur qui permet d'avoir une valeur positive pour η — 1 avec l'uranium naturel, malgré la faible teneur en

235
U. Ainsi, un réacteur à uranium naturel est réalisable, mais à neutrons thermiques seulement.

D'une façon générale, comme on l'a déjà indiqué, un réacteur à neutrons thermiques contient un

modérateur en proportion suffisante pour que les η neutrons de fission produits pour un neutron absorbé dans

le combustible aient une grande probabilité d'atteindre l'énergie thermique à laquelle ils seront finalement

absorbés, l'un d'eux au moins devant l'être dans le combustible pour assurer l'entretien de la réaction en

chaîne.

Dans le cas de l'uranium naturel, la faible valeur de η — 1 impose des conditions très strictes.

En augmentant η, on obtient une certaine liberté dans le choix des matériaux : on peut, par exemple,

utiliser l'eau ordinaire comme modérateur malgré ses captures importantes. Il devient également possible de

réaliser des réacteurs de petite taille. Dans le cas de l'uranium, η augmente très vite avec l'enrichissement,

c'est-à-dire avec la teneur en 235U : ainsi, pour une teneur de 3 %, η = 1,83, contre 1,33 pour la teneur naturelle.

Dans un dispositif à neutrons rapides contenant seulement des noyaux lourds sans modérateur, les

neutrons de fission ne sont ralentis que par la diffusion inélastique ; la présence d'une proportion importante

de noyaux 238U accroît fortement la diffusion inélastique, de sorte que pour un mélange 235
U-238U, les conditions

critiques ne peuvent être obtenues que si l'enrichissement est, au moins, de l'ordre de 15 % en pratique, dans

un réacteur de puissance.

39
Du point de vue physique, les réacteurs à neutrons rapides présentent par rapport aux réacteurs à

neutrons thermiques les avantages suivants : le plutonium 239 est, à haute énergie, un meilleur combustible

(η = 2,4) que dans le domaine thermique ; les matériaux fertiles ( 238U, 240
Pu) contribuent de façon plus

importante aux fissions ; il n'y a pas de « poisons » pour les neutrons et le choix des matériaux est plus libre.

Toutefois, non seulement l'enrichissement mais aussi la concentration en matière fissile dans le cœur devront

être nettement plus grands. Notons que les effets sur la cinétique du réacteur peuvent être, eux, négatifs.

EXO réactions dans une centrale nucléaire

1 u = 1,6605 10-27 kg ; 1 eV= 1,602 10-19 J; NA= 6,022 1023 mol-1; c= 2,998 108 m/s ; masse
d'un neutron mn= 1,00866 u ; pouvoir calorifique du pétrole Pcp=42,00 MJ kg-1.

nom et symbole de l'élément uranium 235 U zirconium 95 Zr tellure 138 Te


n° atomique 92 40 à déterminer
masse en u 234,993 94,8860 137,901

Thorium Th (Z= 90) ; protactinium Pa ( Z=81) ; neptunium Np ( Z= 93) ; plutonium Pu


( Z=94)

Dans une centrale nucléaire à neutrons lents, le combustible est l'uranium 235 enrichi. Il
contient 3% d'uranium 235 fissile et 97% d'uranium 238 non fissile. Lors de la fission d'un
noyau d'uranium 235 sous l'impact d'un neutron, plusieurs réactions sont possibles. La plus
fréquente donne des noyaux de zirconiim 95 et de tellure 138 ainsi qu'un ou plusieurs
neutrons.

1. Ecrire la réaction de fission. Justifier.


2. Calculer en MeV l'énergie E1 libérée par cette réaction nucléaire.
3. Calculer en J l'ordre de grandeur de l'énergie E2 libérée par la fission de 1,000 g
d'uranium 235.
4. Calculer la masse de pétrole libérant par combustion la même énergie. Conclure.
5. L'uranium 238 non fissile du réacteur se transforme par capture d'un neutron lent en un
noyau radioactif. Ce dernier subit deux désintégrations - pour se transformer en un
noyau fissile. Ecrire les équations des deux réactions nucléaires afin d'identifier le
noyau fissile formé.

corrigé

réaction de fission : 23592U + 10n -->9540Zr + 138ZTe +x 10n

conservation de la charge : 92 = 40 + Z soit Z = 52

40
conservation du nombre de nucléons : 235+1=95+138+x d'où x =3.

énergie libérée par cette réaction nucléaire :

|m| =m(92U) -(m(40Zr) + m(52Te) + 2 mn)=234,993-(94,886+137,901+2*1,00866)= 0,18868


u.

|m| = 0,18868* 1,6605 10-27= 3,133 10-28 kg.

E1 =|m| c² =3,133 10-28 * (2,998 108)2 =2,816 10-11 J soit 2,816 10-11 / 1,602 10-19 =1,76 108
eV = 176 MeV.

ordre de grandeur de l'énergie E2 libérée par la fission de 1,000 g d'uranium 235 :

n(92U) = 1 /235 =4,25 10-3 mol

nombre de noyau d'uranium 235 dans 1 g : 4,25 10-3 *6,022 1023 =2,56 1021 noyaux

E2 =2,56 1021 *2,816 10-11 = 7,2 1010 J = 7,2 104 MJ

masse de pétrole libérant par combustion la même énergie : E2 /Pcp= 7,2 104 /42= 1,7 103 kg.

l'énergie libérée par la fission nucléaire est très supérieure à l'énergie produite par la
combustion du pétrole.

l'uranium 238 non fissile du réacteur se transforme par capture d'un neutron lent en un noyau
radioactif :
238
92 U + 10n -->23992U
239
92U subit deux désintégrations - pour se transformer en un noyau fissile :
239
92 U -->23993Np +0-1e

puis 23993Np-->23994Pu +0-1e

Super-Phénix, située à Creys-Malville dans


l'Isère, est la première grande centrale
électronucléaire française à neutrons rapides,
faisant appel au plutonium. Sa construction a
commencé en 1977, sa mise en service a eu
lieu en 1983 et l'abandon de son exploitation
a été décidé en 1998.

41
Principe de fonctionnement d'une centrale

Schéma de principe de deux types de centrales nucléaires.

ÉLEMENTS CONSTITUTIFS D'UN REACTEUR


NUCLEAIRE

 Le combustible nucléaire
 Le fluide caloporteur
 Le modérateur et le réflecteur
 Le blindage de protection
 Les appareils de contrôle

fission de l’uranium

Parmi les réactions, très variées, de fission de l’atome d’uranium 235 bombardé par des
neutrons lents, on considère la réaction suivante : 235 92U + 01n--> 139 xXe +94 38Sr + y01n

1. Compléter l’équation en calculant x et y.


2. À partir du tableau placé à la fin de l’énoncé, calculer :
a) l’énergie E, en joules puis en MeV, libérée par la fission d’un noyau d’uranium 235,
b) l’énergie E', en joules, libérée par la fission d’une masse M = 1 kg d’uranium 235.

Deuxième partie : Fusion de l’hydrogène

1. L’hydrogène possède trois isotopes stables11H, 21H et 31H,


- Ecrire les différentes réactions qui, à partir de deux noyaux d’isotopes identiques ou
différents, conduisent à la formation d’un noyau d’hélium accompagné ou non d’une
ou plusieurs particules
- Parmi ces possibilités, on s’intéresse à celle qui produit un neutron en plus du noyau
d’hélium. A partir des données de l’énoncé :
a) encadrer la réaction correspondante parmi celles écrites dans le document réponse
b) calculer l’énergie E, en joules, accompagnant la production d’un noyau d’hélium,
42
c) calculer l’énergie E' libérée par la fusion totale d’une masse M = 1 kg de mélange
contenant le même nombre d’atomes des deux isotopes.

Troisième partie : comparaison des deux procédés

Cocher dans le tableau du document réponse, les cases correspondantes aux réponses qui vous
semble correctes.
fission fusion
Plus grande abondance des réserves de combustible
Production moindre de déchets radioactifs
Pas de risque d’emballement des réactions
Technologie utilisée en production industrielle

Données : 1 u = 1,67 10-27 kg, c = 3 108 m.s-1, e = 1,6 10-19 C. On néglige la masse des
électrons.

235 139 94 1 2 3 4
noyau ou particule 92U xXe 38 Sr 0 n 1 H 1 H 2 He
masse (u) 235,044 138,918 93,915 1,009 2,013 3,015 4,001

corrigé
235
92 U + 01n--> 139 xXe +94 38Sr + y01n

conservation de la charge : 92 = x+38 soit x= 54

conservation du nombre de nucléons : 235 +1= 139+94+y soit y = 3.

diminution de masse |m|=235,044-(138,918+93,915+2*1,009)=0,193 u = 0,193*1,67 10-27 =


3,223 10-28 kg.

énergie libérée E= |m| c² = 3,223 10-28 * (3 108)²=2,9 10-11 J=2,9 10-11 / 1,6 10-19 = 1,81 108
eV= 181 MeV.

énergie libérée pour 1 kg d'uranium 235 :

235,044*1,67 10-27 = 3,92 10-25 kg

1 / 3,92 10-25 = 2,55 1024 réactions de fission

E' = 2,55 1024 * 2,9 10-11 = 7,4 1013 J.

2
1 H + 21H -->42He
1
1 H + 31H -->42He

2
1H + 31H -->42He + 10n

43
3
1 H + 31H -->42He +2 10n

diminution de masse |m|=2,013+3,015-(4,001+1,009)=0,018 u = 0,018*1,67 10-27 = 3 10-29


kg.

énergie libérée E= |m| c² = 3 10-29 * (3 108)²=2,7 10-12 J

énergie libérée pour 1 kg des deux isotopes :

(2,013+3,015)*1,67 10-27 = 8,4 10-27 kg

1 / 8,4 10-27 = 1,19 1026 réactions de fusion

E' = 1,19 1026 * 2,7 10-12 = 3,2 1014 J.

fission fusion
Plus grande abondance des réserves de combustible x
Production moindre de déchets radioactifs x
Pas de risque d’emballement des réactions x
Technologie utilisée en production industrielle x

ADDITIF

Nucléaire - Loi de décroissance radioactive

Un noyau radioactif émet un rayonnement afin d'atteindre un état de plus grande


stabilité. Toutefois, si l'on place un détecteur à proximité d'un noyau radioactif, l'on
ne peut prédire l'instant où celui-ci va se désintégrer. Le processus de
désintégration est un processus statistique. La radioactivité est un phénomène
nucléaire indépendant des conditions physiques dans lequel se trouve l'élément et
de son état chimique.

Malgré cela, si l'on prend un échantillon contenant de nombreux noyaux radioactifs


N, nous pouvons mesurer l'activité de l'échantillon (source) notée A(t). Cette
activité est le nombre de rayonnement émis par unité de temps.

Chaque fois qu'un rayonnement est émis, la quantité de noyaux radioactifs diminue
de la même quantité. A chaque rayonnement émis, un noyau radioactif se

44
transforme en un élément plus stable. Ce qui peut s'écrire :

  où N(t) est la population de noyaux


radioactif après t secondes et N(t0) la
population au départ. Le moins provient du
fait que la population radioactive diminue
avec le temps.

Si l'échantillon est très grand, l'on peut considérer N(t) comme une fonction

continue :

L'activité ne dépendant que de la nature du noyau et étant proportionnelle à la


population (N), nous pouvons écrire :

avec λ étant une constante dépendant de la


nature du noyau.

Il faut trouver une fonction dont la dérivée redonne la fonction au signe près. Cette
fonction N(t) doit être égale à λ N(t).

N(t) = N0 e-λt   (fonction exponentielle) 

Cette équation vérifie l'égalité :

=> , avec N0
représentant la population (nombre de moles) au temps t = 0.

N(t = 0) = N0 . e-λ0 = N0 , car e0 = 1

De même;

d'où :

où A0 = l'activité initiale au temps t = 0 et égal


à λ N0

N = évolution du nombre initial de noyaux exprimée en moles au cours du temps.

45
A = l'activité de l'échantillon exprimée en désintégrations/s

λ = une constante propre à une même espèce de noyaux.

L'activité (A) et la population (N) décroissent donc toutes les deux en suivant une
fonction exponentielle appelée loi de décroissance radioactive. Ci-dessous :
l'évolution de la population au cours du temps.

T = la période ou temps de
demi-vie. cette période est
égale au temps nécessaire
pour que la population N, ai
diminué de moitié :

L'on peut donc en déduire que T, le temps de demi-vie dépend du type de noyaux.

... quelques chiffres :

Nucléide Période ou demi-vie type de radioactivité


23 minutes
3,82 jours
8,1 jours
14,3 jours
5,2 ans
28 ans
30 ans
1 620 ans
5 500 ans
7,1.108 ans
1,3.109 ans

46
1,4.109 ans
4,5.109 ans
1,7.1017 ans

Notez que des isotopes d'un même élément n'ont pas le même type de
radioactivité ni les mêmes temps de demi-vie. Ce temps de demi-vie dépend donc
bien de la nature du noyau.

Nucléaire - radioactivités naturelles


Il existe sur terre une radioactivité naturelle, celle-ci existe depuis l'origine de la Terre. Cette radioactivité dite
naturelle provient  :

  des rayons cosmiques


 des substances radioactives présente dans le sol terrestre : Uranium 238,... ou dans l'air : radon, ...

 d'éléments radioactifs composant les organismes vivant : Carbone 14

Cette radioactivité peut prendre trois formes distinctes pouvant être séparée par un champ électrique.

Ces trois formes sont : α++ (alpha) particule positive, β- (bêta) particule négative et γ (gamma) neutre.

I. Désintégration α++ :

Les particules α++ se présentent comme des noyaux d'hélium . Ce type de radioactivité se manifeste
lorsqu'un noyau est rendu instable par la présence d'un trop grand nombre de nucléons, le noyau en émettant
un paquet de quatre nucléons devient alors plus stable.

Cette désintégration peut s'écrire en utilisant une équation-bilan qui respecte les quatre règles de conservation
:

47
Exemple avec de l'Uranium :

L'atome X a un noyau en surplus de nucléons, afin de devenir plus stable, il émet une particule alpha et se
transforme un un autre élément chimique. Il peut arriver que ce nouvel élément Y soit lui-même radioactif.

Lors d'une désintégration alpha, le noyau se déplace dans le tableau des nucléides comme suit :

Les particules α++ sont relativement lourde et chargée deux fois


positivement, elles interagissent fortement avec la matière et sont
donc particulièrement dangereuse pour le corps humain, toutefois
leur pouvoir pénétrant est très faible (stoppées par quelques cm
dans l'air ou au niveau de la surface de la peau).

Il faut être vigilant avec les poussières radioactives qui pourraient


se déposer sur les mains et pieds ou être absorbée par la bouche.
Des mesures de protection tels qu'un masque à gaz, une
combinaison spéciale, des gants et pantoufles ainsi qu'une bonne
douche permettent de limiter les risques dans des lieux où il y a un risque potentiel de radioactivité.

II. Désintégration β- :

Les particules β- sont des particules chargées une fois négativement, il s'agit en fait d'électrons. Ceux-ci sont
beaucoup plus légers que les particules alpha.

Lorsque l'on mesure l'énergie cinétique des électrons émis lors d'une désintégration bêta pour un même
élément radioactif, on constate que celle-ci varie d'une fois à l'autre ! La loi de conservation de l'énergie serait-
elle violée ?

48
Wolfgang PAULI, physicien américain a trouvé l'explication à cette curiosité. Il postulat qu'une autre particule
que l'électron était émise en même temps prenant alors une partie de l'énergie cinétique. Cette particule serait
indétectable en raison de sa très faible masse et de sa neutralité électrique.  En 1932, Enrico Fermi désigna
cette particule comme étant différente du neutron découvert par Chadwick, il l'appela neutrino. L'hypothèse de
Pauli fût vérifiée pour la première fois en 1953 lors de la première détection expérimentale des neutrinos. Ces
particules sont extrêmement difficile à détecter, en effet plus de 10 milliards de neutrinos traversent la terre et
sur ces 10 milliards, un seul sera arrêté et capté. Ces neutrinos sont sans doute, les particules les plus
nombreuses de l'Univers.

Le neutrino se symbolise comme ceci :

 La désintégration β- a comme équation-bilan :

En guise d'exemple, le cas du carbone 14 ( 14C) :

De nouveau, il y a transmutation de l'élément chimique X. L'élément Y contient un proton de plus que l'élément
X. Le nombre de nucléons reste inchangé, car c'est un neutron qui s'est transformé. Cette transformation peut
résumer la radioactivité béta et son
équation bilan est :

C’est un neutron qui se transforme en un

proton, un électron et un antineutrino ( ).

Ce type de radioactivité conduit au déplacement suivant dans le


tableau des nucléides :

Ces particules (électrons) sont chargées négativement et


interagissent donc fortement avec la matière. De plus, leur masse
étant plus faible, leur pouvoir de pénétration est plus élevé que

49
pour les particules alpha. Ainsi ces particules peuvent atteindre des cellules non épidermiques. (risques de
cancer).

III. Désintégration γ :

Les particules γ sont électriquement neutre, il s'agit en fait de photons. Ces particules sont émises lorsqu'un
noyau a un surplus d'énergie suite à une cassure, une collision ou a suite à l'exposition à un autre type de
radioactivité. Le phénomène est assez semblable à celui des photons lumineux, mais l'énergie des particules γ
est bien plus élevée.

L'équation bilan d'une désintégration γ prend la forme :

L'astérisque indique un surplus d'énergie au niveau du noyau de l'élément. Dans ce type de radioactivité, il n'y
a pas de transmutation chimique. Un exemple avec du carbone 12 :

Ce qui donne dans le tableau des nucléides :

Les particules γ étant neutres, elles n'interagissent que faiblement


avec la matière mais peuvent interagir avec les électrons. Elles ont
un très grand pouvoir de pénétration (stoppées par quelques cm de
plomb ou dm de béton). Le personnel exposé à ce type de
radioactivité est surveillé afin de ne pas dépasser la dose reçue par
la radioactivité naturelle.

Ces doses sont en Belgique de 100mrem/an.

A titre d'informations : une radiographies aux rayons X vaut 50 mrem/an | les rejets des centrales nucléaires
sont équivalents à 0,0mrem/an et les retombées des essais nucléaires de 3mrem/an.

50
51
1)- Exercice 12

La radium 226 est un élément radioactif. Par une suite de désintégrations de types  et  –, il se transforme en
noyau stable de plomb 206.

a)-     Donner la composition d’un noyau de radium 226.

-          Composition du noyau : 

226 Nombre de protons : Z = 88


Ra
88
Nombre de neutrons : A - Z = 138
Radium 226

b)-     Définir les désintégrations  et  – en précisant la nature de la particule émise.

-          La désintégration .

-          Un noyau lourd instable éjecte une particule  et donne un noyau fils plus léger, généralement
dans un état excité

A A-4 4
X      ¾®   Y      +       He
Z Z-2 2
Noyau-père   Noyau-fils   Particule   

 -          Les particules  (alpha).

-          Ce sont des particules , des noyaux d’hélium dont l’écriture symbolique : , ion He 2 +.

-          Ces particules sont éjectées à grande vitesse v » 2 x 10 7 m / s. 

Ce ne sont pas des particules relativistes.

-          Les particules sont directement ionisantes mais peu pénétrantes. 

-          Elles sont arrêtées par une feuille de papier et par une épaisseur de quelques centimètres d’air.

-          Elles pénètrent la peau sur une épaisseur de l’ordre de quelques micromètres. 

-          Elles ne sont pas dangereuses pour la peau. Par contre, elles sont dangereuses par absorption interne :
inhalation, ingestion.

-          La désintégration .

-          Cette radioactivité se manifeste lorsque le noyau présente un excès de neutrons. Au cours de la
désintégration, il y a émission :

-          D’un électron noté

52
-      Z" = Z - 2 x 5

-      Z" = 88 - 10

-      Z" = 78

A A 0
X      ¾®   Y      +       e
Z Z+1 -1
Particule
Noyau-père   Noyau-fils  

-          Les particules  qui sont des électrons :

-     Masse : m e = 9,1 x 10 – 31 kg

– 19
-     Charge : C
- e = 1,602189 x 10

-          Les particules sont émises à grande vitesse v » 2,8 x 10 8 m / s.  . Ce sont des particules relativistes.

-          Elles sont plus pénétrantes mais moins ionisantes que les particules .

-          Elles sont arrêtées par un écran de Plexiglas ou par une plaque d’aluminium de quelques centimètres.

-          Elles pénètrent la peau sur une épaisseur de quelques millimètres. Elles sont dangereuses pour la peau.

c)-     Écrire l’équation représentant la première désintégration du noyau sachant qu’elle est de type
.

-          Équation de la première désintégration :

226 222 4
Ra      ¾®   Rn     +     He      +    
88 86 2
Radium   Radon   Particule    Rayonnement

d)-     Déterminer le nombre de désintégrations de type  et  – qui permettent le passage du noyau

au noyau .

-          Nombre de désintégrations de type  et  – .

-          Le nombre de masse doit passer de la valeur A = 226 à la valeur A’ = 206. Au cours d’une désintégration
 – , le nombre de masse ne varie pas et au cours d’une désintégration , A’ = A – 4.

-          En conséquence , le nombre de désintégrations  est :

-         

53
-          Nombre de désintégrations  – :

-          Au bout de 5 désintégrations   :  

-      Z" = Z - 2 x 5

-      Z" = 88 - 10

-      Z" = 78

-          Pour arriver à la valeur Z’ = 82, il faut :

-      N  = Z' - Z" = 82  -  78  = 4 

2)- Exercice 14

a)-     Donner l’expression de la loi de décroissance radioactive d’un nucléide en précisant la signification de
tous les termes.

-          Loi de décroissance radioactive.

-          Le nombre de noyaux radioactifs N(t) présents à la date t dans un échantillon est donné par la loi de
décroissance radioactive

-     N (t) = N 0 e -  t

-          N 0 représente le nombre de noyaux radioactifs présents à la date t 0 = 0

-          N(t) représente le nombre de noyaux radioactifs présents à la date t

-           est la constante de désintégration radioactive s –1.

-          Chaque nucléide radioactif est caractérisé par une constante de désintégration radioactive , qui est la
probabilité de désintégration d’un noyau par unité de temps. 

-          Elle s’exprime en s –1.

-          La constante  ne dépend que du nucléide. Elle est indépendante du temps, des conditions physiques
et chimiques.

b)-     En déduire l’expression du temps de demi-vie t 1/2.

-          Temps de demi-vie t 1/2.

-          Pour un type de noyaux radioactifs, la demi-vie t 1/2 est la durée au bout de laquelle la moitié des
noyaux radioactifs initialement présent dans l’échantillon se sont désintégrés.

-          Relation entre t 1/2 et  :

-          Au temps t :   N (t) = N 0 e -  t

-          Au temps t + t 1/2 : N (t + t 1/2) = N 0 e -  (t + t 1/2)

54
-          En conséquence :

-          La demi-vie n’a qu’une valeur statistique. 

-          Elle indique qu’un noyau radioactif a une chance sur deux de disparaître au bout d’une demi-vie.

On considère un échantillon contenant initialement N 0 noyaux de polonium . 

-          La constante de décroissance radioactive  du polonium 210 est 5,8 x 10 – 8 s – 1 .

c)-     Calculer son temps de demi-vie t 1/2 en seconde et en jour.

-          Temps de demi-vie t 1/2:

-         

d)-     Combien reste-t-il de noyaux radioactifs aux instants t 1/2, 2 t 1/2, 3 t 1/2 ? Donner l’allure de la courbe de
décroissance.

-          Nombre de noyaux radioactifs aux différentes dates.

t0 N0

t 1/2

2 t 1/2

3 t1/2

55
-          Représentation graphique :

3)- Exercice 21

Un noyau radioactif de radon se désintègre en émettant une particule . On dispose d’un


échantillon de masse m = 1g de cet isotope. Le temps de demi-vie du radon 222 est t 1/2 = 3,8 j.

a)-     Écrire l’équation de la désintégration du radon 222 en précisant quelles sont les lois de conservation
utilisées. Préciser la nature du noyau fils.

-          Équation de la désintégration du radon 222.

A A-4 4
X      ¾®       Y      +       He
Z Z-2 2
Noyau-père   Noyau-fils   Particule   

222 218 4
Rn     ¾®       Po      +       He      +      
86 84 2
Radon   Polonium   Particule        

-          Lois de conservation :

-          Toutes les réactions nucléaires vérifient les lois de conservation suivantes :

56
-          Conservation de la charge électrique.

-          Conservation du nombre total de nucléons.

-          Le noyau fils est le polonium 218.

b)-     Calculer la constante de désintégration radioactive du radon 222.

-         

c)-     Combien y a-t-il de noyaux radioactifs présents dans l’échantillon considéré ?

-          Nombre N 0 de noyaux radioactifs initialement présents.

-         

d)-     Quelle est l’activité de cet échantillon ?Quelle sera-t-elle au bout de 15 jours ?

-          L’activité A, d’un échantillon radioactif, représente le nombre de désintégration par seconde.

-          L’activité à un instant donné est donnée par la relation :

-         

-          Activité de cet échantillon au temps t  : A (t) = A 0 e -  t

-          Activité de cet échantillon à l’instant initial : A 0 = l . N 0 .

-          A 0 = l . N 0 

-          A 0 = 2,11 x 10 - 2,6  x  2,71 x 10 21

57
-          A 0 »  5,72 x 10 15 Bq

-          Activité de cet échantillon au bout de 15 jours.

-         

4)- Exercice 23. Vanadium 52.

Le nucléide est radioactif b – et sa désintégration s’accompagne d’une émission .

a)-     Écrire l’équation nucléaire correspondant à la désintégration spontanée du vanadium 52.

-          Équation nucléaire de désintégration.

52 52 0
V      ¾®       Cr      +       e      +        
23 24 -1
Particule
Vanadium   Chrome       Rayonnement


b)-     On dispose d’un échantillon qui contient N(t) noyaux de vanadium 52 à l’instant t.

-          Quelle est l’expression de N(t) en fonction du temps t, de N 0 (valeur de N à l’instant t = 0) et de la


constante de désintégration radioactive ?

-          Relation :  N (t) = N 0 e -  t

-          N0 représente le nombre de noyaux radioactifs présents à la date t 0 = 0

-          N(t) représente le nombre de noyaux radioactifs présents à la date t

-           est la constante de désintégration radioactive s –1.

-          On suppose que le vanadium est le seul élément radioactif présent dans l’échantillon et on définit
l’activité A(t) de celui-ci comme le taux de désintégration. 

-          Exprimer ln A (t) en fonction de t et des constantes N 0 et .

-          Expression : on considère que A(t) représente le taux de désintégration :

-          Si l’on considère qu’entre t et t + t, le nombre de noyaux radioactif a diminué de N, l’activité est
donnée par la relation :
 

58
-          . 

-          Si l’on fait tendre Dt ® 0 , la limite donne l’expression de l’activité :

-         

 -         ln A  = ln (A 0 e -  t) = ln ( . N 0) + ln (e -  t)

 -         ln A  =  ln ( . N 0) -  . t 

c)-     On cherche à faire la vérification expérimentale du résultat précédent.

A l’aide d’un compteur, on détermine le nombre de désintégrations n qui ont lieu pendant une courte durée
t encadrant les diverses dates t du tableau et on admet que l’on peut obtenir A(t) à chaque instant par

-          On obtient les points de coordonnées (t, ln[ A(t) ]) portés sur le graphique ci-après.

-          Montrer que la forme de la courbe constitue une vérification expérimentale de l’expression de N(t)
obtenue au 2.a.

59
 

-          Exploitation du graphique : Les points sont sensiblement alignés. Il existe une relation affine entre t et
ln[ A(t) ]. 

-          On peut écrire que : ln A = a.t + b où a représente le coefficient directeur de la droite moyenne et b,
l’ordonnée à l’origine.

-          D’autre part :

-          N (t) = N 0 e -  t   Þ   ln N = ln N 0 -   t    Þ   ln N = a.t + b' avec a = -   et b' = ln N 0

-          Or : A = . N   Þ   ln A = ln  + ln N    Þ   ln A = a.t + b' + ln 

-          ln A = a.t + b  avec b = b' + ln 

-          Ceci est bien en accord avec la vérification expérimentale.

d)-     Déduire de la courbe la valeur de la constante radioactive  du vanadium 52.

-          Valeur de la constante radioactive  du vanadium 52.

-          C’est l’opposé du coefficient directeur de la droite moyenne.

-          Détermination du coefficient directeur :

-         

-          Constante de radioactive du vanadium 52 :  = - a = 2,95 x 10 - 3 s - 1

60
t
ln (A)
min
0,5 4,73

2 4,47

3,5 4,20

5 3,93

6,5 3,67

8 3,40

9,5 3,14

11 2,87

12,5 2,61

14 2,34

e)-     Définir la demi-vie d’un élément radioactif et calculer la valeur de la demi-vie du vanadium 52.

-          Demi-vie d’un élément radioactif :

-          Définition : Pour un type de noyaux radioactifs, la demi-vie t 1/2  est la durée au bout de laquelle la
moitié des noyaux radioactifs initialement présent dans l’échantillon se sont désintégrés.

-         

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