Cours Radiometrie
Cours Radiometrie
INTRODUCTION.
La radioactivité n’a pas été inventée par l’homme. Elle a été découverte, il y a un peu plus d’un siècle, en 1896,
par le physicien français Henri Becquerel. Ce dernier cherchait à savoir si les rayons qu’émettaient les sels
fluorescents d’uranium étaient les mêmes que les rayons X découverts en 1895 par Wilhelm Roentgen,
physicien allemand. Il pensait que les sels d’uranium, après avoir été excités par la lumière, émettaient ces
rayons X. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’à Paris, en mars 1896, il découvrit que le film photographique
avait été impressionné sans avoir été exposé à la lumière du soleil ! Il en conclut que l’uranium émettait
spontanément et sans s’épuiser des rayonnements invisibles, différents des rayons X. Le phénomène découvert
est appelé radioactivité (du latin radius : rayon). À la suite des travaux d’Henri Becquerel, Pierre et Marie Curie
isolèrent en 1898 le polonium et le radium, des éléments radioactifs inconnus présents dans le minerai
d’uranium.
D'emblée, la radioactivité a surpris : dès 1900, on savait que les rayonnements émis par l'Uranium et ses
descendants avaient trois composantes, baptisées : "alpha" , "bêta" et "gamma" séparables par
l'actions d'un champ magnétique comme indiqué symboliquement dans l'image ci-dessous :
Plus tard, on montra que la radioactivité alpha était l'émission de noyaux d'hélium, la radioactivité bêta
l'émission de photons. De ces observations, il était logique de déduire que le noyau était constitué de ces trois
types de particules, ce qui n'est pas le cas : les constituants du noyau n'ayant été découvert par J. Chadwick
qu'en 1932.
Alors, pourquoi les noyaux radioactifs n'émettent-ils pas des protons ou des neutrons? Comment les noyaux
éjectent-ils autre chose que leurs constituants? Ces questions doivent être précédées d'une autre, sans doute
plus fondamentale pourquoi certains noyaux sont-ils radioactifs? La réponse est la même pour tous les
phénomènes physiques spontanés. La pomme tombant de l'arbre, par exemple : c'est parce que le système
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peut rejoindre un état plus stable en perdant de l'énergie potentielle, l'excédant d'énergie s'échappant sous
forme d'énergie cinétique, c'est-à-dire sous la forme de mouvement.
Cette raison explique aussi pourquoi les isotopes n'émettent pas de protons ou neutrons seuls car souvent au
niveau de la structure quantique du noyau il est plus favorable au niveau énergétique d'émettre un petit noyau
ou de changer un neutron en neutron (l'étude quantique du noyau dépasse le cadre mathématique des sujets
traités sur ce site web).
Avant de continuer dans la description détaillée de ces phénomènes, donnons quelques définitions:
D1. Tout élément chimique est caractérisé par son nombre de protons Z appelé "nombre atomique".
D2. Le "nombre de masse" A est par définition le nombre de proton Z sommé du nombre de neutrons N de
l'élément chimique donné. Ainsi, ce dernier se trouve entièrement caractérisé si nous connaissons son nom ou
son nombre atomique Z et son nombre de neutron N ou son nombre de masse. Nous notons usuellement
n'importe quel élément sous la forme:
Les éléments chimiques d'une même espèce (même Z) peuvent avoir différents nombres de neutron N, c'est-à-
dire différents nombres de masse A, nous parlons alors "d'isotopes" ou de "nucléides". Evidemment, l'énergie
nucléaire (du noyau) associée à un même élément chimique diffère selon le nombre de masse et il existe nous
le verrons un nombre A pour lequel l'énergie est minimale. Les isotopes pour lesquels l'énergie n'est pas
minimum pourront, pour certains d'entre eux et de façon spontanée, libérer l'excès d'énergie en se
désintégrant.
D3. La propriété qu'ont certains atomes de modifier spontanément la structure de leurs noyaux pour atteindre
un niveau d'énergie inférieur, plus fondamental, est appelé "radioactivité". Nous parlons alors de "radio-
isotopes" pour les atomes concérnés.
Les propriétés chimiques d'un atome dépendent du nombre et la disposition des électrons dans son nuage.
Ainsi tous les isotopes d'un même élément chimique ont les mêmes propriétés chimiques (c'est cette
caractéristique chimique qui à la base de la médecine nucléaire). Ce sont en quelque sorte des atomes "frères".
Cependant, la légère différence de masse de leur noyau fait que leurs propriétés physiques se différencient
quelque peu.
D4. Enfin, les "isotones" sont les isotopes de différents éléments chimiques (différent Z) ayant le même nombre
de neutron N.
La petitesse des atomes pose un problème évident de mesure de masse. C'est pourquoi il a été préféré par les
physiciens et les chimistes de mettre en place un système de masse atomique qui est un système de nombres
proportionnels à la masse réelle des atomes.
Comme il y a une infinité de systèmes de nombres, un a été choisi judicieusement comme référence et c'est le
chiffre 12 pour l'isotope 12 du Carbone:
Ceci a pour conséquence intéressante de conférer au proton et au neutron des masses atomiques très voisines
de l'unité.
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Nous pouvons donc relier le système S.I. avec le système des unités de masse atomique (uma).
D5. "L'unité de masse atomique" est par définition la masse du 1/12 de l'atome de Carbone , nous avons
(la masse des électrons est négligée car très faible par rapport à celle des nucléons):
Attention, cependant la masse molaire d'un isotope différent que le ne peut pas être calculée par addition
des masses des nucléons (protons et neutrons) qui compose son noyau car il faut tenir compte du défaut de
masse (notion que nous verrons plus loin).
Les masses peuvent être aussi exprimées en unités d'énergie puisqu'il y a équivalence masse-énergie comme
nous l'avons vu en relativité restreinte d'après la relation L'unité d'énergie en physique nucléaire
souvent utilisée est "l'électronvolt".
D6. Un "électronvolt" noté [eV] est l'énergie acquise par une charge élémentaire soumise à une différence de
potentiel de 1 [V].
nous avons :
DÉSINTÉGRATION
Certains noyaux possèdent donc la propriété de modifier spontanément leur structure interne pour atteindre
un niveau d'énergie plus fondamental. Cette transformation s'accompagne de l'émission de particules et/ou de
rayonnements électromagnétiques. Le noyau résiduel peut être lui aussi radioactif et subir d'autres
transformations par la suite ou être stable.
La désintégration radioactive d'un isotope est un phénomène aléatoire et nous ne pouvons jamais dire à quel
moment un noyau va se désintégrer (probabilité sans effet de mémoire).
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Remarque: Pour la démonstration de cette affirmation, le lecteur peut se reporter au chapitre de
Techniques De Gestion dans la partie traitant de la théorie des files d'attentes et en particulier la modélisation
des arrivées. Effectivement, le développement est tout point identique mais seulement l'objet d'étude change
(ce ne sont alors plus des appels téléphoniques mais des désintégrations). Ainsi, on y démontre que sous
certaines hypothèses le phénomène suit une loi de Poisson et nous y démontrons que celle-ci n'a pas de
mémoire.
Nous ne pouvons donner que la probabilité de désintégration par unité de temps. Cette probabilité est donnée
par la "constante radioactive" et a pour unité l'inverse du temps tel que . Cette constante peut être
calculée comme nous l'avons déjà vu lors de l'étude de l'effet tunnel en physique quantique ondulatoire.
Soit N(t) le stock d'atomes d'un isotope radioactif au temps t. Le nombre d'atomes se désintégrant durant le
temps infinitésimal dt est donc égal à :
ou :
Remarque: N(t) ne représente pas le nombre d'atomes restant au temps t mais le nombre le plus probable
d'atomes radioactifs restant au temps t!!
Dans la pratique, la mesure de la constante radioactive se fait à l'aide de la décroissance de l'activité (voir plus
loin) de l'isotope intéressé.
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DEMI-VIE D'ISOTOPE
Définition: La "période radioactive" ou de "demi-vie" d'un isotope est le temps moyen qu'il faut attendre
pour que 50% du stock de noyaux radioactifs d'un isotope donné soit désintégré:
Nous avons ainsi une relation très important entre la période de demi-vie et la constante radioactive!
deux périodes radioactives distinctes et , la demi-vie de ce nucléide est définie par la moyenne:
ACTIVITÉ RADIOACTIVE
Définition: L'activité A d'une source radioactive est le nombre de désintégrations par unité de temps.
Remarque: Son unité de mesure est le "Becquerel" est est noté . 1 Becquerel correspondant donc
à une désintégration par seconde.
L'ancienne unité de mesure de la radioactivité était le "Curie" [Ci] . Le Curie avait été défini dans un premier
temps comme l'activité d'environ un gramme de radium, élément naturel que nous retrouvons dans les sols
avec l'Uranium. Cette unité est beaucoup plus grande que la précédente car par définition 1 [Ci] correspond à
37 milliards de désintégrations par seconde:
L'activité s'obtient par la dérivation temporelle du stock d'atomes d'un échantillon donné:
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montre ainsi que l'activité d'un nombre donné d'atomes N d'un isotope radioactif est proportionnelle à ce
nombre et inversement proportionnelle à la demi-vie de l'isotope (de par la relation vue plus haute entre la
constante radioactive et la période de demi-vie).
Exemple:
Un gramme de contient :
Par le même raisonnement, mous montrons que l'activité au cours du temps suit la même loi exponentielle que
la diminution du nombre de nucléides:
avec :
Expérimentalement pour déterminer la période de demi-vie d'un isotope radioactif nous procédons de la
manière suivante :
1. Nous choisissons un échantillon pur d'un isotope dont nous souhaitons déterminer la période de demi-vie.
2. Au temps nous mesurons à l'aide d'un détecteur pendant un intervalle de temps fixé le nombre de
désintégrations. Nous avons alors le nombre de désintégrations pendant un intervalle de temps en début
d'expérience (l'unité de la mesure est alors les désintégrations et non pas le nombre de désintégrations par
seconde).
3. Ensuite, pendant chaque consécutif (l'intervalle de temps est fixé) nous mesurons le nombre de
désintégrations pendant cet intervalle de temps. Cela nous donne donc une série des mesures du nombre de
4. A l'ensemble des mesures de désintégrations effectuées, nous enlevons le bruit de fond du laboratoire
Puisque :
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Soit :
Il s'agit donc de l'équation d'une droite de pente et d'ordonnée à l'origine . Ainsi, la
constante radioactive est immédiatement mesurée et l'on en déduit rapidement la période de demi-vie à l'aide
de la relation démontrée plus haut :
“Pour mesurer la radioactivité, on utilise différentes unités : becquerel, gray, sievert et curie.”
Le becquerel (Bq)
Un échantillon radioactif se caractérise par son activité qui est le nombre de désintégrations de noyaux
radioactifs par seconde qui se produisent en son sein. L’unité d’activité est le becquerel, de symbole Bq.
1 Bq = 1 désintégration par seconde.
Cette unité est très petite. L’activité de sources radioactives s’exprimera donc le plus souvent en multiples du
becquerel :
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Le gray (Gy)
Cette unité permet de mesurer la quantité de rayonnements absorbés – ou dose absorbée – par un organisme
ou un objet exposé aux rayonnements. Le gray a remplacé le rad en 1986.
• 1 gray = 100 rads = 1 joule par kilo de matière irradiée.
Le sievert (Sv)
Les effets biologiques des rayonnements sur un organisme exposé (selon sa nature et les organes exposés) se
mesurent en sievert et s’expriment également en “équivalent de dose”. L’unité la plus courante est le
millisievert, ou millième de sievert.
Le curie (Ci)
L’ancienne unité de mesure de la radioactivité est le curie (Ci). Le curie avait été défini comme l’activité de 1
gramme de radium, élément naturel que l’on trouve dans les sols avec
l’uranium. Cette unité est beaucoup plus grande que le becquerel car, dans un gramme de radium, il se produit
37 milliards de désintégrations par seconde. Donc un curie est égal à 37 milliards de becquerels.
Pour détecter et mesurer les rayonnements émis par les isotopes radioactifs, on dispose de différents types de
détecteurs parmi lesquels les tubes compteurs à gaz (compteur proportionnel, Geiger Müller, chambre
d’ionisation), les scintillateurs couplés à des photomultiplicateurs, les semi-conducteurs (silicium,
germanium…).
Ces détecteurs sont extrêmement sensibles et mesurent couramment des activités un million de fois
inférieures aux niveaux qui pourraient avoir des effets sur notre santé.
Les époux Joliot-Curie
“La radioactivité naturelle provient des radioéléments produits dans les étoiles il y a des
milliards d’années.”
Lors de la formation de la Terre, il y a environ 5 milliards d’années, la matière comprenait des atomes stables et
instables. Mais depuis, la majorité des atomes instables se sont désintégrés par radioactivité et la plupart
d’entre eux ont fini par atteindre la stabilité. Cependant, il existe toujours quelques atomes radioactifs
naturels :
• Les radio-isotopes caractérisés par une très longue demi-vie comme l’uranium 238 (4,5 milliards d’années) et
le potassium 40 (1,3 milliard d’années). Ils n’ont pas encore eu le temps de tous se désintégrer depuis qu’ils ont
été créés ;
• les descendants radioactifs des précédents comme le radium 226 qui est en permanence régénéré après
désintégration de l’uranium 238. Le radium 226 se transforme lentement en un gaz lui-même radioactif, le
radon 222 ;
• les radio-isotopes créés par l’action des rayonnements cosmiques sur certains noyaux d’atomes. C’est le cas,
par exemple, du carbone 14 qui se forme en permanence dans l’atmosphère.
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Ces radio-isotopes naturels sont présents sur toute la planète, dans l’atmosphère (carbone 14, radon 222),
dans la croûte terrestre (uranium 238 et uranium 235, radium 226…) et dans notre alimentation (potassium
40).
Voilà pourquoi tout ce qui nous entoure est radioactif. Depuis l’aube des temps, la Terre et les êtres vivants
sont donc plongés dans un véritable bain de radioactivité. Ce n’est que récemment (à peine plus de cent ans)
que l’homme a découvert avec les travaux d’Henri Becquerel qu’il avait toujours vécu dans cette ambiance .
La production de radio-isotopes artificiels se fait au moyen d’un cyclotron ou d’un réacteur nucléaire et permet
de nombreuses applications. Certains radio-isotopes (cobalt 60, iridium 192…) peuvent être utilisés comme
source de rayonnements pour des radiographies gamma (ou gammagraphies) ou comme source d’irradiation
pour la radiothérapie ou pour des applications industrielles. De telles sources sont couramment utilisées en
médecine et dans l’industrie. D’autres radio-isotopes artificiels sont créés dans les réacteurs nucléaires
(strontium 90, césium 137…). Certains ne sont pas utilisés par l’homme. Ils constituent ce que l’on appelle les
déchets nucléaires.
Fortement radioactifs, ils doivent être stockés sous haute surveillance et isolés de l’homme
N = N0exp(- λt).
Cette loi fut observée pour la première fois en 1902 par Ernest Rutherford et Frederick Soddy.
Activité d’un élément radioactif – équilibre radioactif (relations entre parent et produit)
Constante radioactive
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Durée de vie des éléments radioactifs
Particules alpha
A
Z X ZA42Y 24He
Particules beta
A
Z X Z A1Y 10 e
Le neutron est, avec le proton, une particule constitutive du noyau atomique. Un noyau (Z, A), de numéro
atomique Z et de nombre de masse A, est un assemblage constitué de briques élémentaires de deux types
différents : Z protons et A—Z neutrons. Ces deux particules jouent donc un rôle fondamental dans tous les
processus qui mettent en jeu les noyaux. Le neutron est une particule dont les dimensions (environ 0,5 × 10—
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m) sont telles qu'il convient d'utiliser la mécanique quantique pour le décrire ; il possède des particularités
L'histoire de sa découverte débute en 1911, lorsqu'Ernest Rutherford montre que la quasi totalité de la
masse de l'atome est concentrée dans un volume très faible au centre de celui-ci. Une révolution est en route :
l'atome vient de perdre son statut de particule insécable, et l'idée de noyau atomique vient de naître. Dans les
années suivant la découverte du noyau, les physiciens considèrent celui-ci comme formé de A protons et de (A
—Z) électrons internes. En particulier, on pense qu'il existe un état lié d'un proton (p) et d'un électron (e),
prototype du neutron. Ce modèle soulève des difficultés, mais la quête de cet état s'engage. La première
percée est due à Walther W. Bothe et H. Becker en 1930 ; en bombardant du béryllium avec des particules α,
ces physiciens produisent un rayonnement neutre très pénétrant, qu'ils interprètent comme un rayonnement γ
très dur. Les Joliot-Curie reprennent cette étude sur d'autres réactions et confirment le phénomène en
conservant la même interprétation. Un mois plus tard, au début de 1932, James Chadwick, par une analyse
rigoureuse du recul des noyaux bombardés par ce rayonnement, parvient à montrer que celui-ci est le fait
d'une particule neutre, de masse voisine de celle du proton ; il la nomme neutron (n) et reçoit le prix Nobel en
Particularités du neutron
Le neutron possède des particularités propres qui le rendent très intéressant du point de vue pratique.
Comme le proton, il est sensible à l'interaction forte, mais, à l'inverse, il est neutre et ne ressent donc pas la
forte répulsion coulombienne à l'approche d'un noyau. Comme le photon, il est neutre, mais il possède une
masse et on peut, grâce à une vitesse adaptée, obtenir des longueurs d'onde associées beaucoup plus faibles.
Très tôt, on a remarqué qu'un neutron possède une grande capacité de briser un noyau d'uranium 235
selon une réaction du genre : n + 235U → X1 + X2 + kn + énergie. Les noyaux X1 et X2 résultant de cette fission
nucléaire ont des masses intermédiaires et sont eux-mêmes radioactifs, tandis qu'en moyenne on récupère
k = 2,5 neutrons pour chaque neutron absorbé. Cette propriété est utilisée dans les réacteurs nucléaires, pour
entretenir une réaction en chaîne. Ces neutrons produits sont ralentis puis eux-mêmes utilisés comme briseurs
d'uranium. Puisque k > 1, on peut laisser la réaction s'emballer ; utilisé dans certaines conditions, cet
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emballement produit une explosion d'une puissance redoutable. C'est le principe de la « bombe atomique » ou
celui de la « bombe à neutrons ». Dans un réacteur classique, on s'arrange pour absorber le surplus de
neutrons, de manière à seulement auto-entretenir la réaction et à transformer l'énergie produite par celle-ci
pour faire tourner des turbines produisant un courant électrique. Les réacteurs sont aussi la source la plus
importante de production de neutrons pour la recherche ; au cœur d'un réacteur les flux obtenus sont
Par ailleurs, en faisant varier la vitesse du neutron, donc sa longueur d'onde associée, on peut utiliser le
neutron comme sonde de la matière. Sa grande pénétrabilité lui donne des possibilités plus riches que les
rayons X. Les neutrons lents sont diffractés par les cristaux et fournissent des informations sur la structure de
ceux-ci. Les neutrons plus énergétiques ne subissent pas la répulsion coulombienne du noyau atomique et
permettent, grâce aux réactions qu'ils engendrent, de sonder l'intérieur du noyau lui-même et de comprendre
Concernant l'action sur les tissus vivants, les neutrons rapides provoquent Q = 20 (Q est le facteur de
qualité) fois plus de dégâts aux cellules vivantes que les rayons X ou γ à dose équivalente. Le dépôt d'énergie
dans les cellules dû au passage des neutrons engendre divers effets biologiques : mort de la cellule, aberrations
chromosomiques, carcinogenèse, mutation génétique. Les neutrons peuvent interagir de façon forte sur les
protons des molécules de l'ADN du noyau des cellules ; l'effet peut être tel qu'il rompe un brin de l'hélice d'ADN
(possibilité de réparation) ou les deux brins (pas de réparation possible). Le caractère destructeur de forts
Rayonnements gamma
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V. INTERACTION DES RAYONNEMENTS AVEC LA MATIERE
EFFET COMPTON
Au cours de l'effet Compton, le photon est diffusé inélastiquement sur un électron à qui il cède une partie de
son énergie. L'électron est éjecté hors de l'atome. Cet effet a lieu indifféremment sur les électrons de toutes les
couches électroniques et aussi sur des électrons libres. L'énergie du photon et celle de l'électron dépendent de
la direction d'émission de ces particules. Étant donné que cet effet dépend du nombre d'électrons disponibles
par atome cible, la probabilité de diffusion Compton augment linéairement avec le nombre atomique Z de
l'absorbant. Mais comme cet effet est en concurrence avec la production d'une paireélectron - positron que
nous verrons plus loin, l'effet Compton est surtout important aux énergies et aux numéros atomiques moyens.
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Nous avons vu démontré dans le chapitre de Relativité Restreinte, la relation d'Einstein :
et rappelons que nous avons ainsi pour la quantité de mouvement d'un photon :
et nous y avons aussi démontré que la quantité de mouvement est donnée par :
)
Avant l'interaction, photon-électron, nous avons (nous considérons grossièrement l'électron comme étant au
En ne considérant que les énergies cinétiques, nous avons en négligeant celle de l'électron avant le choc :
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La conservation de la quantité de mouvement nous donne :
Selon l'axe x :
Selon l'axe y :
La somme de ces deux relations élevées au carré nous donne la quantité de mouvement totale :
Puis en substituant :
et comme :
Lorsque l'énergie du photon est assez élevée, , celle du photon diffusé tend vers une limite
donnée par (voir le règle de l'Hospital dans le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral):
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Il est intéressant de remarquer que nous ne pouvons avoir . Effectivement cela supposerait que :
La fréquence du photon diffusé est inférieure à celle du photon incident car son énergie est toujours plus
et puisque :
Nous avons :
ce qui s'écrit aussi en utilisant la définition de la constante de Planck et les relations trigonométriques
habituelles :
EFFET PHOTOÉLECTRIQUE
L'effet photoélectrique est l'éjection d'électrons (dits alors "photoélectrons") de la surface de divers métaux
exposée à une énergie de rayonnement. Ce rayonnement peut provenir du réarrangement du noyau de
l'atome aussi bien que d'un rayonnement externe.
Par ailleurs, Einstein proposa d'éprouver la validité de la théorique quantique de la lumière au moyen des
mesures quantitatives de l'effet photoélectrique.
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Exposons d'abord l'expérience mise en oeuvre : l'émission d'électrons par un métal ne contredit pas la
théorique électromagnétique de la lumière. Si nous considérons un faisceau uniforme, son énergie est
uniformément répartie sur tout le front d'onde. Plus la lumière est intense, plus grandes sont les amplitudes
des champs électrique et magnétique en chaque point du front d'onde et plus l'énergie transmise par l'onde en
une seconde est grande. Ces champs exercent des forces sur les électrons dans le métal et peuvent même en
arracher de sa surface.
Si l'anode collective est à un potentiel positif relativement à la cathode émettrice, les photoélectrons
parcourent le tubent et constituent le courant mesuré par l'ampèremètre. Nous observons alors une
proportionnalité entre l'intensité du faisceau incident et le courant.
Cependant, au moins trois problèmes persistent entre le modèle théorique et l'observation expérimentale:
1. La notion ondulatoire de la lumière ne convient pas pour expliquer le temps nécessaire à l'absorption de
l'énergie d'extraction.
Effectivement, supposons une lampe de 100 [W], rendement lumineux 15% placée à 0.5 [m] d'une plaque
revêtue de potassium K d'énergie d'extraction minimal 2.25 [eV] en admettant un diamètre de pour
l'atome de Potassium.
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Ce qui est en contradiction avec l'expérience où l'on observe que le phénomène est quasi-instantané (le temps
à la lumière pour se propager jusqu'au métal)
2. Si nous inversons les bornes, les électrons émis par le métal sont repoussées par l'électrode négative, mais si
la tension inverse est faible les plus rapides pourront quand même l'atteindre et il se produira un courant. A un
potentiel négatif, spécifique pour chaque métal, appelé potentiel d'arrêt , tous les électrons émis sont
repoussés et le courant est nul. L'énergie cinétique maximale de ces photoélectrons est alors :
Or, nous trouvons expérimentalement que ce potentiel d'arrêt est indépendant de l'intensité du rayonnement.
Dans la théorie ondulatoire, l'augmentation de l'intensité devrait augmenter le nombre d'électrons extraits
(quelque soit leur niveau énergétique) et leur énergie cinétique maximale. Une plus grande intensité suppose
une plus grande amplitude du champ électrique : . Ainsi, un champ électrique plus grand devrait
éjecter les électrons à plus grande vitesse toutes couches confondues au fur à mesure que l'intensité
augmente.
3. Lorsque nous varions la fréquence v de la lumière incidente et que nous mesurons , nous observons que
l'effet photoélectrique n'a pas lieu si ( est appelé le seuil de fréquence) et ceci quelque soit l'intensité
de la lumière. Ce qui est plutôt gênant... parce que dans la théorie ondulatoire, nous devons toujours pouvoir
éjecter des électrons quelque soit la fréquence, il suffit d'augmenter l'intensité.
1. Dans l'aspect ondulatoire, la source est vue comme se propageant comme un front d'onde sphérique dont la
densité superficielle d'énergie décroît comme . Alors que pour expliquer l'observation expérimentale, il
faut voir l'expérience d'un point de vue corpusculaire où le front est un front de corpuscules dont la densité
superficielle de photons décroît en mais où l'énergie de chaque photon reste hv (selon la loi de Planck).
2. Si nous pensons en termes de photons, que nous augmentons l'intensité, nous augmentons le nombre de
photons, mais l'énergie par photon , reste inchangée. Ainsi, que peut avoir chaque photon ne
change pas. D'où le fait que le potentiel d'arrêt est indépendant de l'intensité du champ.
3. Si nous pensons en termes de photons à nouveau, les électrons dans la cible sont retenus par les forces
d'attraction, l'extraction d'un électron de la surface requiert une énergie minimale qui dépend de chaque
matériau ( est aussi appelé "travail d'extraction" qui est de l'ordre de quelques électronvolts). Si l'énergie du
photon incident est supérieure à , un électron peut être arraché, par contre si elle est inférieure,
aucun électron ne peut être arraché. L'apport d'énergie est égal à l'énergie cinétique de sortie de l'électron
plus l'énergie requise pour l'extraire du métal, soit :
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Ainsi, si l'on augment la fréquence de la lumière, l'énergie cinétique maximale des électrons augmente
linéairement. R.A. Millikan fit entre 1913-1914 des expériences rigoureuses dont les résultats corroborèrent
parfait la théorie d'Einstein. Ce dernier reçut le prix Nobel en 1921 pour ses apports à la physique théorique, et
surtout sa découverte de la loi de l'effet photoélectrique.
La lumière se propage d'un endroit à un autre comme si elle était une onde. Mais la lumière interagit avec la
matière dans des processus d'absorption et d'émission comme si elle était un courant de particules. C'est ce
que nous appelons la "dualité onde-corpuscule". Ainsi, celle-ci se trouvant dans les particules massives comme
le suggère l'hypothèse de De Broglie que nous avons vue en physique quantique ondulatoire, se retrouve
finalement également pour la lumière
Un photon d'énergie incidente qui interagit avec un électron d'un atome cible peut éjecter cet électron de
où est l'énergie de liaison de l'électron éjecté sur son orbite (cette relation est indiquée sous la forme
Si l'énergie du photon incident est inférieure à l'énergie de liaison de l'électron K , l'effet photoélectrique se fait
avec un électron de la couche L, etc...
Dans le cas ou le rayonnement est absorbé, l'atome est dit "excité", car son état d'énergie n'est pas l'état
minimal. Il s'ensuit donc une "relaxation" (ou "désexcitation") : un électron d'une couche supérieure vient
combler la case quantique laissée vacante par l'électron éjecté.
Si l'énergie de transition est modérée (c'est-à-dire si le rayonnement incident avait une énergie modérée), la
relaxation provoque l'émission d'un photon de faible énergie (visible ou ultra-violet), c'est le phénomène de
fluorescence. Si l'énergie de transition est élevée, on peut avoir deux cas :
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1. Il y a émission d'un photon fluorescent, qui du fait de son énergie, est un photon X, nous parlons alors de
"fluorescence X"
2. Ce photon X peut être recapturé par l'atome lui-même et provoquer l'éjection d'un électron périphérique,
c'est "l'émission Auger" dont nous avons déjà parlé plus haut.
DIFFUSION DE RUTHERFORD
Considérons la diffusion qu'une particule chargée subit quand elle est soumise à une force électrostatique
répulsive inversement proportionnelle au carré de la distance entre la particule mobile et un point fixe ou
centre de force. Ce problème est particulièrement intéressant en raison de son application à la physique
atomique et nucléaire. Par exemple, quand un proton, accéléré par une machine telle qu'un cyclotron, passe
près d'un noyau de la matière de la cible, il est dévié sous l'action d'une force de ce type, provenant de la
répulsion électrostatique du noyau (c'est la raison pour laquelle nous parlons aussi de diffusion coulombienne).
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Soit O un centre de force et A une particule lancée contre O d'une grande distance avec la vitesse (voir figure
ci-dessus). Nous choisirons l'axe des X passant par O et parallèle à . La distance b, appelée "paramètre de
choc", est la distance l'axe X des abscisses et le point A. En supposant que la force entre A et O est répulsive et
centrale, la particule suivra AMB. La forme de la courbe dépend de la manière dont la force varie avec la
distance. Si la force est inversement proportionnelle au carré de la distance, c'est-à-dire si :
Quand la particule est en A son moment cinétique est . Dans une position quelconque telle que M, son
moment cinétique, est aussi donné par . Comme le moment cinétique doit rester constant
puisque la force est centrale :
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Pour trouver la déviation de la particule, nous devons intégrer cette équation depuis l'une des extrémités de la
trajectoire jusqu'à l'autre. En A la valeur de est nulle car le mouvement initial est parallèle à l'axe des X et
nouveau car, par symétrie, la vitesse perdue quant la particule s'approche de O doit être regagnée quand
elle s'en éloigne. Alors :
Ce qui donne :
Rappelons que :
Bien évidemment, dans les cas scolaires on pose souvent Q=q ce qui simplifie un peu la lourdeur de la relation
mais on perd en généralisation.
Cette équation est appliquée à l'analyse de la déviation de particule chargée par les noyaux. Remarquons que
ce résultant n'est valable que pour une force inversement proportionnelle au carré de la distance. Si la force
dépend de la distance selon une autre loi, l'angle de déviation satisfait à une autre équation. Les expériences
de déviation sont donc très utiles quant nous voulons déterminer la loi de force dans les interactions entre
particules.
22
Dans les laboratoires de physique nucléaire, on fait des expériences de diffusion en accélérant des électrons,
des protons ou d'autres particules au moyen d'un cyclotron, d'un accélérateur de Van de Graaf ou de quelque
autre dispositif semblable, et en observant la distribution angulaire des particules déviées.
Il est clair qu'une particule incidente dans une surface définie par un rayon comprise entre b et b + db sera
respectivement compris dans l'angle solide de diffusion :
avec
23
En combinant cette relation avec :
,
Nous avons donc pour la "section (différentielle) efficace de Rutherford (ou de Coulomb)":
L'énergie totale d'un système en rotation est l'énergie cinétique de translation sommée à l'énergie cinétique de
rotation, sommé à l'énergie potentielle. Ce qui nous donne :
d'où :
Il en résulte donc :
24
La figure ci-dessous montre un processus de collision par un potentiel centre U(r). La particule incidente
possède une vitesse initiale :
en avec et
L'angle est l'angle de déflexion lorsque la particule incidente approche le diffuseur à la distance minimum
Revenons-en à nos équations où le moment cinétique est lié au paramètre d'impact par la relation
ou encore :
25
où nous avons posé (l'énergie de rotation et du potentiel considérés comme négligeables par rapport
par rapport à l'énergie cinétique) et:
La distance minimale d'approche est donc déterminée par la plus grand zéro du dénominateur :
c'est-à-dire (trivial) :
Comme nous le voyons dans cette dernière relation, la particule incidente subira une collision frontale lorsque
. Dès lors, la valeur de l'approche maximale est :
L'expérience de Rutherford permit d'estimer la taille du noyau atomique. En effet, les particules a qui ont
rebondi sur le noyau avec un angle de diffusion de 180° (nous parlons alors de "rétrodiffusion"), sont celles qui
se sont approchées le plus près de ce dernier. Puisque nous avons :
avec une énergie cinétique initiale de 7.7 [MeV], Rutherford trouva pour le rayon de l'atome d'or (Z=79) avec
des particules alpha (Z=2) une valeur de :
26
RAYONS-X ET GAMMA
La différence fondamentale de ce type de rayonnement, par rapport aux , est qu'il n'est pas porteur
de charge électrique et n'a donc pas d'interaction coulombienne avec le cortège électronique du milieu
traversé. Par conséquent, le photon suit un chemin rectiligne sans perte d'énergie jusqu'à ce qu'il rencontre sur
sa trace une particule (électron, noyau) où il va faire une interaction modifiant profondément son état.
Le rayonnement gamma est une radiation électromagnétique de haute énergie produite par un phénomène
nucléaire, alors que les rayons-X sont des radiations électromagnétiques de haute énergie produites lors de
phénomènes atomiques ou moléculaires. Le photon est la particule élémentaire qui est associée à ces ondes
électromagnétiques. Les photons gamma et X sont donc de même nature mais d'origines différentes, ils ont
donc des propriétés identiques qui dépendent de leur énergie.
Rappelons que :
- Le noyau de l'atome
- le photon est dévié en conservant son énergie, il y a alors "diffusion totale" de l'énergie et le processus est dit
"cohérent" (élastique)
- le photon est dévié et son énergie diminuée, il y a alors "diffusion partielle" de l'énergie, l'autre partie est
absorbée par la matière, les processus est dit alors "incohérent" (inélastique)
Nous pouvons démontrer que les caractéristiques macroscopiques de ces interactions dans le cadre d'un
faisceau fin et collimaté conduisent à une loi exponentielle d'atténuation du rayonnement photonique dans la
matière. Cela signifiant que pour les photons il n'y a pas de parcours fini (!) comme pour les particules
chargées; on ne pour jamais assurer qu'à une distance donnée tout les photons d'un faisceau aient subi une
interaction.
Nous avons :
27
le signe "-" étant là pour mettre en évidence une diminution. Nous résolvons facilement cette équation
différentielle (c'est simplement la loi de Beer-Lambert que nous avons déjà vu dans le chapitre d'Optique
Géométrique) :
avec l'intensité initiale ou "débit de fluence" et le coefficient d'atténuation linéique qui tient
compte de toutes les effets d'atténuation possible.
Remarque: Souvent dans les tables, nous trouvons le coefficient d'atténuation massique exprimé en
Dans le cas d'un absorbant contenant plusieurs éléments chimiques homogènement distribués, le coefficient
d'atténuation vaut :
ou
où est la constante de proportionnalité, appelée "section efficace microscopique". Ces unités sont souvent
exprimées en "barn" ( ).
Remarques:
28
R2. Si nous admettons que les centres de diffusion sont les électrons et non pas les atomes cibles, alors il faut
remplacer N par .
En identifiant l'aspect macro et microscopique, nous voyons que joue le même rôle que et
que nous trouvons que la section efficace peut s'écrire comme :
et dans l'hypothèse où l'électron constitue une "sphère d'action" présentant une surface frontale ,
étant le rayon de la sphère d'action alors :
et nous avons :
Par définition, nous appelons coude de demi-atténuation CDA l'épaisseur du matériau le débit de fluence I d'un
facteur deux. Ainsi :
En radiprotection, nous utilisons parfois la notion de couche d'atténuation aux dixième TVL (Tenth Value Layer)
donnée par :
Nous faisons usage parfois aussi de la "longueur de relaxation", qui représente l'épaisseur à partir de laquelle
l'intensité d'un faisceau monoénergétique est diminuée d'un facteur e, et qui est donc donnée par :
29
Cette valeur est beaucoup plus utile que les autres car c'est aussi la distance moyenne à laquelle a lieu la
première collision du photon.
Les causes microscopiques connues de l'atténuation d'un faisceau de photons (neutre au point de vue
coulombien) qui méritent notre attention dans la détermination de leur dans le domaine d'énergie des photons
gamma ou rayons X sont au nombre de sept :
- Réaction photonucléaire
Bien que nous pussions à ce jour parler de ces effets, il nous est impossible dans l'état actuel du site de
présenter le formalisme mathématique permettant de déterminer la section efficace de chacune des ces
diffusions.
Au cours de la création de paires, le photon absorbé dans le champ électrique du noyau peut générer une paire
électron-positron. Pour que l'interaction puisse avoir lieu, il faut que l'énergie du photon soit supérieure à
Cet effet est important pour les hautes énergies et les numéros atomiques élevés. Le positron créé est freiné
dans la matière tout comme un électron et, en fin de parcours, il s'annihile avec un électron pour donner lieu à
deux photons de 0.511 [MeV] (photons d'annihilation) émis presque à 180° (tout la quantité de mouvement est
transformée en énergie d'où la valeur de l'angle, ainsi la quantité de mouvement finale est nulle).
La création de paire coûte évidemment au moins l'énergie de masse de l'électron et du positron, soit .
Le solde d'énergie se répartit ensuite dans l'énergie cinétique des deux particules :
30
matérielle qui participe au phénomène. En effet, dans le vide, les deux conditions sont contradictoires ! La
quantité de mouvement de chaque électron vaut :
Le photon d'origine à :
et
que nous introduisons dans l'équation de conservation de l'énergie et avec l'aide la relation donnant de
nous avons :
ce qui montre bien que par le terme que le noyau doit emporter une partie de la quantité de
mouvement puisque :
Détecteurs électroniques
31
sont très utilisés dans les appareils portatifs de détection des rayonnements; que ce soit
pour la protection civile ou militaire ou pour la prospection des minerais radioactifs.
32
Une chambre à bulles comprend :
La chambre à étincelles : La chambre détecte les traces laissées par les particules
.L'étude et la réalisation de ces détecteurs ont commencé en 1959. Une série de feuilles
métalliques planes et parallèles ( électrodes) séparés d'environ 1 cm est placée dans une
enceinte remplie d'un mélange de néon et d'hélium à la pression atmosphérique.
Les particules traversent la chambre perpendiculairement aux plaques et ionisent les gaz,
laissant ainsi des traces latentes durant 1 à 2 µs. Ainsi des étincelles éclatent aux
endroits où sont passés les particules. Elle a surtout été utilisée dans les années
1960/1970.
Chambres à fils : G. Charpak a inventé et développé des chambres à fils; entre deux
plaques parallèles se trouve une nappe de fils parallèles et équidistants .La tension entre
fils et plaques est positive de quelques kV. Si une particule traverse la chambre,elle crée
dans le gaz des ions et des électrons .Les électrons se dirigent vers les fils et les
électrons ionisent à leur tour le gaz d'où un effet d'avalanche. Un amplificateur branché
sur chaque fil permet d'enregistrer ces impulsions.
Toutes les données sont ensuite traitées par ordinateur.
33
l'air atmosphérique.
Parcours d'une
particule a dans
différents
matériaux
énergie cinétique0,5 cm 8 µm 3 µm 1 µm
initiale : 1 Mev
34
Traitement et interprétation des résultats de mesure
DATATION AU CARBONE 14
Certains éléments radioactifs naturels constituent de véritables chronomètres pour remonter dans le temps.
Des méthodes de datation ont été mises au point, fondées sur la décroissance progressive de la radioactivité
contenue dans les objets ou vestiges étudiés. On peut ainsi remonter jusqu'à des dizaines de milliers d'années
dans le passé avec le carbone 1, voire bien d'avantage avec d'autres méthodes telles que la
thermoluminescence ou la méthode uranium-thorium. La datation au carbone 14 permet d'aborder l'étude de
l'histoire de l'homme et de son environnement pendant la période de 5'000 à 50'000 ans à partir du temps
présent.
Le carbone naturel est composé de deux isotopes stables: le (98.892%) et (1.108). Il n'existe donc pas
de dans le carbone naturel. Ce dernier est produit en haute atmosphère par l'action de neutrons
cosmiques sur le . Nous parlons alors de "capture neutronique" (voir plus loin) ou "activation
Il se forme environ 2.5 atomes de par seconde et par de surface Terrestre (ce chiffre est cependant
dépendant de beaucoup de facteurs mais en amplitude négligeable sur le très long terme. Vous pouvez trouver
des ouvrages entiers traitant du sujet), la contribution positive au nombre d'atome de vaut:
)
car
Nous en déduisons qu'il y a atomes de en permanence dans l'atmosphère, soit environ
77.8 tonnes.
35
Ce radio-isotope se retrouve sous la forme chimique et pénètre par photosynthèse et métabolisme dans
le règne végétal et animal. A la mort de la plante ou de l'animal, la teneur en reste figée et commence à
décroître par désintégration radioactive au cours des âges.
La datation n'est donc qu'une simple comparaison entre la concentration en de la matière vivante et de la
matière morte. De fait, on détermine les activités spécifiques
Spectrométrie gamma
Réacteurs nucléaires
La fusion
36
Deux noyaux légers s'assemblent, fusionnent pour formé un noyau plus lourd, plus stable car ils limitent leurs
surfaces, un peu comme le font deux bulles de savons. Ce gain de surface se traduit également par un gain
d'énergie.
L'énergie nécessaire pour maintenir les nucléons ensembles sera plus faible dans les noyaux lourds formés que
dans les deux noyaux de départ, il y a donc un gain d'énergie.
Sur le graphique, nous pouvons voir qu'il coûte moins cher en énergie de maintenir les nucléons dans un atome
plus lourd que plus léger.
La réaction de fusion est cependant difficile a produire car elle nécessite une
quantité d'énergie de départ très grande avant de pouvoir en récupérer plus.
Ce type de réaction se produit dans les étoiles. C'est de là que viennent les
atomes plus lourds. Ainsi, dans notre soleil, des noyaux d'hydrogène
(deutérium et tritium) sont fusionnés pour former des noyaux d'hélium (plus
lourds)
On appelle réacteur nucléaire, ou pile atomique (le terme pile fut utilisé au début car on empilait des
« briques » d'uranium naturel et de modérateur, comme le graphite), un dispositif dans lequel on peut
Les neutrons nés d'une fission ont une énergie cinétique moyenne de 2 MeV. Ils réagissent avec les
noyaux qu'ils rencontrent et sont soit diffusés, c'est-à-dire renvoyés dans une direction différente, soit
absorbés. Tant que la probabilité d'absorption reste faible, les neutrons se conservent pratiquement en
nombre, mais leur énergie décroît peu à peu à chaque diffusion. Si l'énergie est élevée, ce ralentissement est
37
dû en partie à des chocs inélastiques (qui laissent le noyau cible dans un état excité). Mais la plupart des
diffusions (diffusions élastiques) peuvent se comparer à des chocs entre boules de billard dont certaines (les
neutrons) seraient initialement animées d'une grande vitesse, la majorité (les noyaux cibles) étant,
relativement, pratiquement à l'arrêt. Les noyaux sont d'autant plus efficaces pour ralentir (modérer) les
neutrons que leur masse est plus faible, plus proche de celle du neutron. Un modérateur (eau, eau lourde,
graphite...) est donc un matériau formé d'au moins un élément de masse atomique faible (hydrogène,
deutérium, carbone...).
Les réactions d'absorption autres que la fission ont un effet négatif sur la multiplication des neutrons, et
l'importance relative de ces captures parasites doit être strictement limitée pour qu'une réaction en chaîne,
divergente ou stationnaire, soit réalisée. La probabilité d'une réaction particulière dépend de la nature du
noyau cible et de l'énergie cinétique du neutron ; cette dépendance s'exprime par la section efficace σ qui se
mesure en barns (1 barn = 10—24 cm2, ce qui est de l'ordre de grandeur de la section de la surface géométrique
type considéré. Un noyau fissile donne également lieu à une capture parasite : on a, entre les sections efficaces
d'absorption, de capture et de fission, la relation σ a = σc + σf (pour un noyau non fissile, σa = σc). Pour un
mélange d'isotopes (par exemple, l'uranium naturel qui contient 0,72 % d'atomes de l'isotope 235U, les 99,2745
% étant 238U et 0,005 % étant 234U), σc, σf et σa sont obtenus en effectuant une moyenne pondérée des
En énergie nucléaire, on réserve le nom de noyaux fissiles à ceux qui sont fissiles à toute énergie ( 235U,
233
U, 239Pu, 241Pu). Les noyaux 232Th, 238U, 240Pu, qui ne sont fissiles qu'au-dessus de 1 MeV et qui, dans les
réacteurs, contribuent nettement moins aux fissions que les précédents, sont appelés noyaux fertiles parce
qu'ils donnent naissance à un noyau fissile (cf. chimie nucléaire) après capture d'un neutron et cela soit
directement (241Pu à partir de 240Pu), soit à la suite de deux désintégrations β successives (233U à partir de 232Th
Le combustible nucléaire est le plus souvent un mélange de matières fissiles et fertiles, par exemple l'uranium naturel.
Pour apprécier la difficulté d'entretenir une réaction en chaîne, il est commode de considérer, de
préférence à ν, le nombre η de neutrons produits pour un neutron absorbé à cause de la possibilité d'une
38
capture parasite. En moyenne, l'un de ces η neutrons devra à son tour être absorbé dans le combustible pour
continuer la réaction en chaîne, les η — 1 qui restent pouvant être perdus par capture dans les autres
constituants du milieu, ou par fuite en dehors du dispositif. η dépend de l'énergie des neutrons ; dans le cas des
neutrons thermiques, η est égal à 2,1 pour 235U et 239Pu, à 2,3 pour 233U, mais à 1,33 seulement pour l'uranium
Pour les neutrons thermiques, les valeurs de la section efficace σ a des noyaux fissiles sont très élevées : 1
grandeur qui permet d'avoir une valeur positive pour η — 1 avec l'uranium naturel, malgré la faible teneur en
235
U. Ainsi, un réacteur à uranium naturel est réalisable, mais à neutrons thermiques seulement.
D'une façon générale, comme on l'a déjà indiqué, un réacteur à neutrons thermiques contient un
modérateur en proportion suffisante pour que les η neutrons de fission produits pour un neutron absorbé dans
le combustible aient une grande probabilité d'atteindre l'énergie thermique à laquelle ils seront finalement
absorbés, l'un d'eux au moins devant l'être dans le combustible pour assurer l'entretien de la réaction en
chaîne.
Dans le cas de l'uranium naturel, la faible valeur de η — 1 impose des conditions très strictes.
En augmentant η, on obtient une certaine liberté dans le choix des matériaux : on peut, par exemple,
utiliser l'eau ordinaire comme modérateur malgré ses captures importantes. Il devient également possible de
réaliser des réacteurs de petite taille. Dans le cas de l'uranium, η augmente très vite avec l'enrichissement,
c'est-à-dire avec la teneur en 235U : ainsi, pour une teneur de 3 %, η = 1,83, contre 1,33 pour la teneur naturelle.
Dans un dispositif à neutrons rapides contenant seulement des noyaux lourds sans modérateur, les
neutrons de fission ne sont ralentis que par la diffusion inélastique ; la présence d'une proportion importante
de noyaux 238U accroît fortement la diffusion inélastique, de sorte que pour un mélange 235
U-238U, les conditions
critiques ne peuvent être obtenues que si l'enrichissement est, au moins, de l'ordre de 15 % en pratique, dans
un réacteur de puissance.
39
Du point de vue physique, les réacteurs à neutrons rapides présentent par rapport aux réacteurs à
neutrons thermiques les avantages suivants : le plutonium 239 est, à haute énergie, un meilleur combustible
(η = 2,4) que dans le domaine thermique ; les matériaux fertiles ( 238U, 240
Pu) contribuent de façon plus
importante aux fissions ; il n'y a pas de « poisons » pour les neutrons et le choix des matériaux est plus libre.
Toutefois, non seulement l'enrichissement mais aussi la concentration en matière fissile dans le cœur devront
être nettement plus grands. Notons que les effets sur la cinétique du réacteur peuvent être, eux, négatifs.
1 u = 1,6605 10-27 kg ; 1 eV= 1,602 10-19 J; NA= 6,022 1023 mol-1; c= 2,998 108 m/s ; masse
d'un neutron mn= 1,00866 u ; pouvoir calorifique du pétrole Pcp=42,00 MJ kg-1.
Dans une centrale nucléaire à neutrons lents, le combustible est l'uranium 235 enrichi. Il
contient 3% d'uranium 235 fissile et 97% d'uranium 238 non fissile. Lors de la fission d'un
noyau d'uranium 235 sous l'impact d'un neutron, plusieurs réactions sont possibles. La plus
fréquente donne des noyaux de zirconiim 95 et de tellure 138 ainsi qu'un ou plusieurs
neutrons.
corrigé
40
conservation du nombre de nucléons : 235+1=95+138+x d'où x =3.
E1 =|m| c² =3,133 10-28 * (2,998 108)2 =2,816 10-11 J soit 2,816 10-11 / 1,602 10-19 =1,76 108
eV = 176 MeV.
nombre de noyau d'uranium 235 dans 1 g : 4,25 10-3 *6,022 1023 =2,56 1021 noyaux
masse de pétrole libérant par combustion la même énergie : E2 /Pcp= 7,2 104 /42= 1,7 103 kg.
l'énergie libérée par la fission nucléaire est très supérieure à l'énergie produite par la
combustion du pétrole.
l'uranium 238 non fissile du réacteur se transforme par capture d'un neutron lent en un noyau
radioactif :
238
92 U + 10n -->23992U
239
92U subit deux désintégrations - pour se transformer en un noyau fissile :
239
92 U -->23993Np +0-1e
41
Principe de fonctionnement d'une centrale
Le combustible nucléaire
Le fluide caloporteur
Le modérateur et le réflecteur
Le blindage de protection
Les appareils de contrôle
fission de l’uranium
Parmi les réactions, très variées, de fission de l’atome d’uranium 235 bombardé par des
neutrons lents, on considère la réaction suivante : 235 92U + 01n--> 139 xXe +94 38Sr + y01n
Cocher dans le tableau du document réponse, les cases correspondantes aux réponses qui vous
semble correctes.
fission fusion
Plus grande abondance des réserves de combustible
Production moindre de déchets radioactifs
Pas de risque d’emballement des réactions
Technologie utilisée en production industrielle
Données : 1 u = 1,67 10-27 kg, c = 3 108 m.s-1, e = 1,6 10-19 C. On néglige la masse des
électrons.
235 139 94 1 2 3 4
noyau ou particule 92U xXe 38 Sr 0 n 1 H 1 H 2 He
masse (u) 235,044 138,918 93,915 1,009 2,013 3,015 4,001
corrigé
235
92 U + 01n--> 139 xXe +94 38Sr + y01n
énergie libérée E= |m| c² = 3,223 10-28 * (3 108)²=2,9 10-11 J=2,9 10-11 / 1,6 10-19 = 1,81 108
eV= 181 MeV.
2
1 H + 21H -->42He
1
1 H + 31H -->42He
2
1H + 31H -->42He + 10n
43
3
1 H + 31H -->42He +2 10n
fission fusion
Plus grande abondance des réserves de combustible x
Production moindre de déchets radioactifs x
Pas de risque d’emballement des réactions x
Technologie utilisée en production industrielle x
ADDITIF
Chaque fois qu'un rayonnement est émis, la quantité de noyaux radioactifs diminue
de la même quantité. A chaque rayonnement émis, un noyau radioactif se
44
transforme en un élément plus stable. Ce qui peut s'écrire :
Si l'échantillon est très grand, l'on peut considérer N(t) comme une fonction
continue :
Il faut trouver une fonction dont la dérivée redonne la fonction au signe près. Cette
fonction N(t) doit être égale à λ N(t).
=> , avec N0
représentant la population (nombre de moles) au temps t = 0.
De même;
d'où :
45
A = l'activité de l'échantillon exprimée en désintégrations/s
L'activité (A) et la population (N) décroissent donc toutes les deux en suivant une
fonction exponentielle appelée loi de décroissance radioactive. Ci-dessous :
l'évolution de la population au cours du temps.
T = la période ou temps de
demi-vie. cette période est
égale au temps nécessaire
pour que la population N, ai
diminué de moitié :
L'on peut donc en déduire que T, le temps de demi-vie dépend du type de noyaux.
46
1,4.109 ans
4,5.109 ans
1,7.1017 ans
Notez que des isotopes d'un même élément n'ont pas le même type de
radioactivité ni les mêmes temps de demi-vie. Ce temps de demi-vie dépend donc
bien de la nature du noyau.
Cette radioactivité peut prendre trois formes distinctes pouvant être séparée par un champ électrique.
Ces trois formes sont : α++ (alpha) particule positive, β- (bêta) particule négative et γ (gamma) neutre.
I. Désintégration α++ :
Les particules α++ se présentent comme des noyaux d'hélium . Ce type de radioactivité se manifeste
lorsqu'un noyau est rendu instable par la présence d'un trop grand nombre de nucléons, le noyau en émettant
un paquet de quatre nucléons devient alors plus stable.
Cette désintégration peut s'écrire en utilisant une équation-bilan qui respecte les quatre règles de conservation
:
47
Exemple avec de l'Uranium :
L'atome X a un noyau en surplus de nucléons, afin de devenir plus stable, il émet une particule alpha et se
transforme un un autre élément chimique. Il peut arriver que ce nouvel élément Y soit lui-même radioactif.
Lors d'une désintégration alpha, le noyau se déplace dans le tableau des nucléides comme suit :
II. Désintégration β- :
Les particules β- sont des particules chargées une fois négativement, il s'agit en fait d'électrons. Ceux-ci sont
beaucoup plus légers que les particules alpha.
Lorsque l'on mesure l'énergie cinétique des électrons émis lors d'une désintégration bêta pour un même
élément radioactif, on constate que celle-ci varie d'une fois à l'autre ! La loi de conservation de l'énergie serait-
elle violée ?
48
Wolfgang PAULI, physicien américain a trouvé l'explication à cette curiosité. Il postulat qu'une autre particule
que l'électron était émise en même temps prenant alors une partie de l'énergie cinétique. Cette particule serait
indétectable en raison de sa très faible masse et de sa neutralité électrique. En 1932, Enrico Fermi désigna
cette particule comme étant différente du neutron découvert par Chadwick, il l'appela neutrino. L'hypothèse de
Pauli fût vérifiée pour la première fois en 1953 lors de la première détection expérimentale des neutrinos. Ces
particules sont extrêmement difficile à détecter, en effet plus de 10 milliards de neutrinos traversent la terre et
sur ces 10 milliards, un seul sera arrêté et capté. Ces neutrinos sont sans doute, les particules les plus
nombreuses de l'Univers.
De nouveau, il y a transmutation de l'élément chimique X. L'élément Y contient un proton de plus que l'élément
X. Le nombre de nucléons reste inchangé, car c'est un neutron qui s'est transformé. Cette transformation peut
résumer la radioactivité béta et son
équation bilan est :
49
pour les particules alpha. Ainsi ces particules peuvent atteindre des cellules non épidermiques. (risques de
cancer).
III. Désintégration γ :
Les particules γ sont électriquement neutre, il s'agit en fait de photons. Ces particules sont émises lorsqu'un
noyau a un surplus d'énergie suite à une cassure, une collision ou a suite à l'exposition à un autre type de
radioactivité. Le phénomène est assez semblable à celui des photons lumineux, mais l'énergie des particules γ
est bien plus élevée.
L'astérisque indique un surplus d'énergie au niveau du noyau de l'élément. Dans ce type de radioactivité, il n'y
a pas de transmutation chimique. Un exemple avec du carbone 12 :
A titre d'informations : une radiographies aux rayons X vaut 50 mrem/an | les rejets des centrales nucléaires
sont équivalents à 0,0mrem/an et les retombées des essais nucléaires de 3mrem/an.
50
51
1)- Exercice 12
La radium 226 est un élément radioactif. Par une suite de désintégrations de types et –, il se transforme en
noyau stable de plomb 206.
- La désintégration .
- Un noyau lourd instable éjecte une particule et donne un noyau fils plus léger, généralement
dans un état excité
A A-4 4
X ¾® Y + He
Z Z-2 2
Noyau-père Noyau-fils Particule
- Ce sont des particules , des noyaux d’hélium dont l’écriture symbolique : , ion He 2 +.
- Elles sont arrêtées par une feuille de papier et par une épaisseur de quelques centimètres d’air.
- Elles pénètrent la peau sur une épaisseur de l’ordre de quelques micromètres.
- Elles ne sont pas dangereuses pour la peau. Par contre, elles sont dangereuses par absorption interne :
inhalation, ingestion.
- Cette radioactivité se manifeste lorsque le noyau présente un excès de neutrons. Au cours de la
désintégration, il y a émission :
52
- Z" = Z - 2 x 5
- Z" = 88 - 10
- Z" = 78
A A 0
X ¾® Y + e
Z Z+1 -1
Particule
Noyau-père Noyau-fils
- Les particules qui sont des électrons :
- Masse : m e = 9,1 x 10 – 31 kg
– 19
- Charge : C
- e = 1,602189 x 10
- Les particules sont émises à grande vitesse v » 2,8 x 10 8 m / s. . Ce sont des particules relativistes.
- Elles sont plus pénétrantes mais moins ionisantes que les particules .
- Elles sont arrêtées par un écran de Plexiglas ou par une plaque d’aluminium de quelques centimètres.
- Elles pénètrent la peau sur une épaisseur de quelques millimètres. Elles sont dangereuses pour la peau.
c)- Écrire l’équation représentant la première désintégration du noyau sachant qu’elle est de type
.
226 222 4
Ra ¾® Rn + He +
88 86 2
Radium Radon Particule Rayonnement
au noyau .
- Le nombre de masse doit passer de la valeur A = 226 à la valeur A’ = 206. Au cours d’une désintégration
– , le nombre de masse ne varie pas et au cours d’une désintégration , A’ = A – 4.
-
53
- Nombre de désintégrations – :
- Z" = Z - 2 x 5
- Z" = 88 - 10
- Z" = 78
2)- Exercice 14
a)- Donner l’expression de la loi de décroissance radioactive d’un nucléide en précisant la signification de
tous les termes.
- Le nombre de noyaux radioactifs N(t) présents à la date t dans un échantillon est donné par la loi de
décroissance radioactive
- N (t) = N 0 e - t
- Chaque nucléide radioactif est caractérisé par une constante de désintégration radioactive , qui est la
probabilité de désintégration d’un noyau par unité de temps.
- La constante ne dépend que du nucléide. Elle est indépendante du temps, des conditions physiques
et chimiques.
- Pour un type de noyaux radioactifs, la demi-vie t 1/2 est la durée au bout de laquelle la moitié des
noyaux radioactifs initialement présent dans l’échantillon se sont désintégrés.
54
- En conséquence :
- Elle indique qu’un noyau radioactif a une chance sur deux de disparaître au bout d’une demi-vie.
-
d)- Combien reste-t-il de noyaux radioactifs aux instants t 1/2, 2 t 1/2, 3 t 1/2 ? Donner l’allure de la courbe de
décroissance.
t0 N0
t 1/2
2 t 1/2
3 t1/2
55
- Représentation graphique :
3)- Exercice 21
a)- Écrire l’équation de la désintégration du radon 222 en précisant quelles sont les lois de conservation
utilisées. Préciser la nature du noyau fils.
A A-4 4
X ¾® Y + He
Z Z-2 2
Noyau-père Noyau-fils Particule
222 218 4
Rn ¾® Po + He +
86 84 2
Radon Polonium Particule
- Toutes les réactions nucléaires vérifient les lois de conservation suivantes :
56
- Conservation de la charge électrique.
-
-
- L’activité A, d’un échantillon radioactif, représente le nombre de désintégration par seconde.
-
- A 0 = l . N 0
57
- A 0 » 5,72 x 10 15 Bq
-
52 52 0
V ¾® Cr + e +
23 24 -1
Particule
Vanadium Chrome Rayonnement
b)- On dispose d’un échantillon qui contient N(t) noyaux de vanadium 52 à l’instant t.
- On suppose que le vanadium est le seul élément radioactif présent dans l’échantillon et on définit
l’activité A(t) de celui-ci comme le taux de désintégration.
- Si l’on considère qu’entre t et t + t, le nombre de noyaux radioactif a diminué de N, l’activité est
donnée par la relation :
58
- .
-
- ln A = ln (A 0 e - t) = ln ( . N 0) + ln (e - t)
- ln A = ln ( . N 0) - . t
A l’aide d’un compteur, on détermine le nombre de désintégrations n qui ont lieu pendant une courte durée
t encadrant les diverses dates t du tableau et on admet que l’on peut obtenir A(t) à chaque instant par
.
- On obtient les points de coordonnées (t, ln[ A(t) ]) portés sur le graphique ci-après.
- Montrer que la forme de la courbe constitue une vérification expérimentale de l’expression de N(t)
obtenue au 2.a.
59
- Exploitation du graphique : Les points sont sensiblement alignés. Il existe une relation affine entre t et
ln[ A(t) ].
- On peut écrire que : ln A = a.t + b où a représente le coefficient directeur de la droite moyenne et b,
l’ordonnée à l’origine.
- N (t) = N 0 e - t Þ ln N = ln N 0 - t Þ ln N = a.t + b' avec a = - et b' = ln N 0
-
60
t
ln (A)
min
0,5 4,73
2 4,47
3,5 4,20
5 3,93
6,5 3,67
8 3,40
9,5 3,14
11 2,87
12,5 2,61
14 2,34
e)- Définir la demi-vie d’un élément radioactif et calculer la valeur de la demi-vie du vanadium 52.
- Définition : Pour un type de noyaux radioactifs, la demi-vie t 1/2 est la durée au bout de laquelle la
moitié des noyaux radioactifs initialement présent dans l’échantillon se sont désintégrés.
-
61