Ecole de Christ
Ecole de Christ
Théodore AUSTIN-SPARKS
(1964)
Traduit et adapté de l’anglais par Jean-Marc TOURN (2007)
Edition originale :
Emmanuel Church
12000 East 14th Street
TULSA OK 74128 - 5016 USA
Table des matières
« Ceci est un livre que vous voudrez certainement lire plusieurs fois. C’est à ma troisiè-
me lecture que la Vérité m’a vraiment impacté. Ce livre a influencé ma prédication, ma
conception de la vie et a intensifié ma faim de connaître la glorieuse liberté de la Croix.
Je crois que ce livre est destiné par Dieu à bénir et édifier de nombreux serviteurs et
servantes de Dieu, de nombreux chrétiens qui ont une faim et une soif spirituelles ».
(David WILKERSON – 2000)
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I - LE FONDEMENT DE L’EDUCATION SPIRITUELLE
« Prenez mon joug sur vous et apprenez de moi (recevez mes instructions) »
(Matthieu 11:29)
« Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris Christ… » (Ephésiens 4:20)
Le fait d’enlever un seul mot à une phrase peut faire toute la différence et
donner un autre sens à ce qui a été dit. C’est pourquoi Jésus, lorsqu’Il était
encore sur terre, n’a pas pu se présenter de manière objective, car le temps de
l’intimité avec Lui n’était pas encore arrivé mais Il a dû plutôt dire à ses disci-
ples : « Apprenez DE moi ».
Quand le temps de l’intimité subjective est venu, le Saint-Esprit a conduit
l’apôtre Paul à ôter le DE, et à dire ainsi « Apprends Christ ». On peut être
certain que beaucoup d’entre nous vont rapidement discerner ce qui est le point
faible de la grande majorité des chrétiens aujourd’hui : une vague imitation
de Jésus qui ne mène nulle part, au lieu d’un apprentissage personnel et
subjectif de Jésus qui mène très loin.
En conséquence, il nous faut absolument entrer à l’Ecole de Christ, celle
suivie par les Douze, qu’Il avait choisis « pour les avoir avec Lui et pour les envoyer »
(Marc 3:14).
Premièrement, ceux-ci étaient appelés disciples, ce qui veut dire qu’ils se
sont mis sous une discipline. Avant de pouvoir être apôtres, c’est-à-dire en-
voyés, nous devons nous mettre sous une discipline pour être des disciples
et être enseignés intérieurement. Chaque personne qui est née d’En Haut est
introduite dans cette école, et il est très important que nous connaissions la
nature de celle-ci, ce que nous allons apprendre et les principes régissant notre
éducation spirituelle.
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Les passages d’Ezéchiel 40:2-4 et 43:10-11 ont un rapport direct avec ce
sujet. Au temps où la véritable expression de la pensée de Dieu était perdue au
milieu de son peuple, quelque part dans un pays lointain, l’Esprit de Dieu éten-
dit Sa Main sur le prophète. Il le ramena en vision à Jérusalem, le plaça sur une
haute montagne et lui présenta un nouveau temple, d’où coulerait un fleuve
de vie jusqu’aux extrémités de la terre. Puis Il continua à le décrire en détail et
instruisit le prophète dans le but de décrire cette demeure à la maison d’Israël
en vue d’amener une guérison de vie spirituelle en conformité avec la grande
révélation de la pensée de Dieu, afin qu’ils se sentent avant tout honteux face à
leur état. Il est bien clair que tout ce qu’Ezéchiel voyait, trouve son parallèle et
son accomplissement dans l’Eglise qui est Son Corps.
Spirituellement tout réside en Christ. Et la méthode de Dieu avec Son Peu-
ple est de lui présenter cet Objectif, qui est la parfaite expression de Sa Pensée.
C’est donc ce qu’Il fit quand au bord du Jourdain, Il déchira les cieux en disant :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je prends plaisir ». Il présenta et attesta ce qui
était l’expression détaillée de Sa pensée à l’égard de Son peuple.
L’Apôtre Paul exprima le fait que « ceux qu’Il a connus d’avance, Il les a aussi
préparés et prédestinés à être semblables à l’image de son Fils » (Romains 8:29).
C’est la présentation, l’attestation et la déclaration du Plan divin en rela-
tion avec Lui. C’est pourquoi, le premier objectif du Saint-Esprit est de nous
informer de ce qui est le but même de notre éducation spirituelle. En clair, Il
veut révéler Christ en nous, après quoi Il se mettra à l’œuvre pour nous rendre
semblable à Christ. Apprendre Christ, c’est d’abord voir Christ.
La marque d’une vie dirigée par le Saint-Esprit est celle d’une vie continuel-
lement occupée par Christ, de telle sorte que Christ devienne de plus en plus
important au fur et à mesure du temps qui passe.
L’effet du travail du Saint-Esprit en nous est de nous conduire au bord d’un
puissant océan qui s’étend bien, bien, bien au delà de notre champ visuel et de
ce que nous pouvons ressentir : les profondeurs et la plénitude de Christ ! Si
nous vivons juste notre vie humaine sans son oeuvre, nous ne resterons que
tout au bord de cette vaste plénitude qu’est Christ.
Avant même d’aller plus loin, nous sommes déjà face à un défi ! Ce ne sont
pas que des mots ou des paroles mais c’est la vérité. Examinons nos cœurs
à présent : Est-ce réel pour nous ? Connaissons-nous cette vie-là ? Sommes-
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nous désespérés au point de vouloir mieux le connaître ? Nous avons une vi-
sion tellement fuyante et vague de ce que signifie Jésus-Christ, que nous réali-
sons notre totale impuissance en ce qui le concerne.
La marque d’une vie dirigée par le Saint-Esprit !
Jésus grandit en nous au fur et à mesure de notre marche : il s’agit d’un style
de vie. Chaque fois que nous arrivons à un niveau où nous pensons « je sais, je
l’ai, j’y suis arrivé ! », les choses deviennent statiques. Et nous pouvons consta-
ter que le Saint-Esprit a arrêté d’agir, et que notre vie est devenue assommante
et morose.
Prenons l’exemple de l’apôtre Paul, les paroles qu’il utilise pour définir et
exprimer ce qui lui est arrivé dès le départ : « Il plut à Dieu… de révéler en
moi Son Fils ». Paul a eu une vie très remplie, il a travaillé dur, non seulement
en temps et en énergie, mais aussi dans tout son être intérieur pour essayer de
sonder les profondeurs divines. A la fin de sa vie si pleine, cet homme qui disait
au commencement : « Il plut à Dieu de révéler en moi Son Fils », laisse échapper ce
cri du cœur : « je regarde toutes choses comme une perte… afin de connaître Christ »
(Philippiens 3:10).
Suite à la grande révélation initiale du chemin de Damas, suite à toutes les
révélations qui ont suivi, au point qu’il ait été transporté en esprit jusqu’au troi-
sième ciel où lui ont été montrées des choses inexprimables ; en fin de compte,
Paul ne connaît absolument rien en comparaison de ce qui doit être connu.
Connaître Christ, c’est l’essence même d’une vie dirigée par le Saint-Esprit.
C’est cela qui va nous délivrer de la mort, de la stagnation, du surplace. C’est
l’œuvre de l’Esprit au sein de l’Ecole de Christ qui nous présente et nous fait
garder le cap sur Christ dans Sa grandeur. Ainsi Dieu, notre Père, qui dès le
commencement a mis Jésus au monde, Le présente, Le reconnaît et nous dit :
« C’est à Lui que je veux te faire ressembler, à son image ! ».
Les présentations étant faites, les leçons fondamentales commencent. Le
Saint-Esprit ne se satisfait pas de nous faire une présentation mais Il va com-
mencer un vrai travail en relation avec cette présentation et nous conduire dans
des situations très importantes pour notre formation spirituelle.
Tout ce qui vient vraiment de Dieu est en Christ seul, pas en nous !
Il y a toujours une différence entre Christ et nous, même s’Il demeure en
nous par le Saint-Esprit. C’est pour cela que souvent nous nous demandons
pourquoi nous faisons encore des erreurs et des maladresses. Pourquoi avons-
nous ce sentiment d’échec qui persiste et ferons-nous un jour les choses conve-
nablement ?
Le Seigneur nous répond : « Je t’apprend, c’est tout ! Ce que je veux t’amener
à comprendre, c’est que tant que tu ne retiendras pas cette leçon, nous n’irons
nulle part ensemble ! Tu dois absolument reconnaître que Je suis TOTALE-
MENT différent de toi et que cette différence est telle que nous évoluons dans
deux mondes opposés… Tu ne pourras jamais connaître la face cachée de tes
motivations, tant que le Saint-Esprit ne mettra pas le doigt sur les profondeurs
de ton être ! ».
Nous pouvons toujours exprimer nos émotions, nos sentiments ou nos dé-
sirs de la manière la plus spirituelle qui soit et réagir comme Pierre devant
Jésus, mais Lui veut nous apprendre à nous vider de nous-même. C’est pour-
quoi nous passons complètement à côté du Maître lorsque nous cherchons
seulement notre bénédiction et l’occasion d’être rempli afin d’obtenir ce qui
peut satisfaire notre ego. Cet ego se manifeste souvent de la façon la plus spiri-
tuelle qui soit, mais on ne sait jamais ce qui se cache réellement derrière. Nous
devons donc en arriver à un constat sévère qui nous amène à découvrir que
nos meilleures intentions sont déviées et corrompues, et que nos motivations
les plus pures sont impures à Ses yeux !
Des choses que nous prétendons faire par l’Esprit, Lui et Lui seul est
l’objet de la satisfaction et du plaisir divins.
La leçon fondamentale que nous aurons à apprendre (parfois durement)
dans notre vie, par l’enseignement, la discipline et la révélation de l’Esprit, c’est
que Christ est d’une autre nature que la nôtre, et que cette différence est abso-
lue. Cette dure leçon est certainement celle que le monde refuse, que la chair
repousse, car elle est en opposition avec tout le système de l’enseignement
humaniste qui croit encore que l’homme est quelque chose de merveilleux !
NON ! même quand nous atteignons le meilleur niveau possible, il reste en-
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core un gouffre infranchissable entre nous et une petite partie de la nature de
Christ.
C’est l’enseignement le plus capital à enregistrer sinon rien de constructif et
de durable ne pourra se faire dans notre vie chrétienne !
Dieu a présenté Son modèle, l’objet de Son plaisir. La prochaine étape qu’il
veut donc nous voir emprunter est celle où nous réalisons l’impossibilité abso-
lue de nous conformer à ce modèle. Par nous-même, c’est impossible, c’est le
constat du désespoir !
Pourquoi sommes-nous désespérés de nous-même, toujours et toujours, de-
vant cette évidence ? Pourquoi ne le serions-nous pas une fois pour toutes ?
Simplement, parce que nous cherchons partout quelque chose de bon en nous
que nous pourrions présenter à Dieu pour Le satisfaire et répondre à Ses exi-
gences. Mais nous n’en trouverons jamais !
Toute notre justice et tout ce qui en nous essaie d’être juste, sont des chif-
fons sales ! Mais c’est cette constatation qui va nous conduire vers la position
la plus glorieuse donnée par l’instruction de Jésus : « Apprend de Moi… et tu
trouveras du repos pour ton âme ».
Nous ne trouverons jamais de repos pour notre âme, tant que nous n’aurons
pas compris et enregistré ces deux leçons fondamentales pour aller plus loin et
vivre une vie abondante :
1. la différence absolue de nature entre Christ et nous,
2. l’impossibilité absolue d’être semblable à Christ, en cherchant, produi-
sant ou faisant quoi que ce soit en nous-même ou par nous-même.
Désespérons de nous-même, de notre dernier désespoir, en nous examinant
nous-même, car ces deux leçons sont fondamentales pour aller loin.
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II - APPRENDRE LA VERITE
« Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez
la vérité, et la vérité vous rendra libres… Celui qui se livre au péché est esclave du pé-
ché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours.
Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres… Vous avez pour père
le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il était un meurtrier dès le
commencement et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu’il n’y a pas de vérité en lui.
Lorsqu’il prononce le mensonge, il parle de son propre fonds ; car il est menteur et père
du mensonge » (Jean 8:31-36, 44, 55).
« Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14:6).
« L’Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit point et ne
le connaît point, vous, vous le connaissez, car il demeure avec vous et il sera en vous »
(Jean 14:17).
« Quand le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, sera venu, l’Esprit
de vérité rendra témoignage de moi » (Jean 15:26).
Dans le chapitre précédent, nous avons parlé de l’Ecole de Christ en expli-
quant que chaque véritable enfant de Dieu est attiré dans cette école, guidé par
le Saint-Esprit. La première grande action de l’Esprit est de présenter Christ
à nos cœurs, comme « objet de toute l’affection et la joie de Dieu ». Puis, en relation
directe avec cette révélation intérieure du Seigneur Jésus, le Saint-Esprit nous
fait connaître le plan de Dieu pour nous : Etre conforme à l’image du Fils
de Dieu.
Ensuite, nous avons parlé des deux fils conducteurs de notre éducation :
1. le Saint-Esprit nous conduit dans des douleurs, afin d’amener les disci-
ples à connaître par expérience, au plus profond de leurs cœurs, qu’il y a
une nette différence de nature entre Lui et nous.
2. le Saint-Esprit nous conduit jusqu’au point où nous réalisons que notre
situation est impossible sans un miracle de Dieu. Nous réalisons donc
que nous ne pourrons jamais de nous-même, par nos efforts, être sem-
blables à Christ, sinon par la main de Dieu.
Rien que cette première étape prendra une part importante de notre vie
chrétienne et demeurera toute la vie. Nous atteindrons ainsi un point crucial,
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une crise dans notre foi, à partir de laquelle une solide et inébranlable fonda-
tion sera posée. Mais sans cette fondation, nous ne pourrons aller plus loin, car
c’est un chemin étroit ! Celui qui acceptera de prendre ce chemin, en viendra
vite à désespérer totalement de lui-même et il verra très clairement par l'illumi-
nation de l'Esprit que « ce n’est plus moi qui vit, c’est Christ ».
Non pas ce que je suis, Seigneur, mais ce que Tu es, et cela seul peut être un
repos pour mon âme : Ton amour, pas le mien ; Ta paix, pas la mienne ; Ton
repos, pas le mien ; Tout de Toi, rien de Moi. Toi Seigneur ! Le fondement es-
sentiel de ma croissance, de ma connaissance et de mon éducation spirituelles.
Ces passages de l’Evangile de Jean ont sûrement dû jouer une part impor-
tante dans l’éducation des disciples. Tout d’abord, il y avait cette déclaration
faite aux Juifs, dont on peut douter qu’ils croyaient en Lui, à propos de la vérité
qui rend libre et la question sur leur descendance : « Si le Fils vous affranchit, vous
serez réellement libres ».
Connaître la vérité = Connaître le Fils.
La liberté par la vérité, c’est la liberté par le fait de Le connaître Lui.
Dans Jean 8:44, il emploie un langage très fort sur la question de la vérité,
étroitement liée à Lui-même. Dans Jean 14, alors que Philippe lui demande de
leur montrer le Père, Il répond : « Celui qui m’a vu a vu le Père ». Un peu avant,
Thomas lui demande : « nous ne savons où tu vas ; comment connaîtrions-nous le che-
min ? », il répond : « Je suis le chemin, la vérité… » ». La vérité n’est pas quelque
chose, c’est Quelqu’un, une Personne.
Nous pensons avoir bien saisi l’importance de la vérité comme fondation,
mais avons-nous vraiment réalisé ce que cela nous incombe d’être sûr de là où
nous en sommes dans notre position ? Les conséquences sont si grandes que
nous ne pouvons pas nous offrir le luxe d’avoir un doute quelconque sur notre
position.
Nous allons être face à face avec Dieu dans l’éternité, et la question va sur-
gir : Dieu ne m’a-t-il pas fait défaut quelque part ? N’a-t-Il pas manqué à Sa
Parole ? Une telle position est impensable, qu’un être humain fasse des repro-
ches à Dieu à la porte du Ciel, en mettant en doute Sa Vérité, Sa Réalité et Sa
Fidélité !
Le Saint-Esprit a été envoyé pour nous guider dans toute la vérité, de telle
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sorte qu’il n’y ait plus aucune ombre entre Dieu et nous ; c’est la mission du
Saint-Esprit. Si cela est vrai, alors le Saint-Esprit va œuvrer avec ses disciples
dans l’Ecole de Christ pour casser tout ce qui n’est pas vrai et pas authentique,
pour faire en sorte qu’un tel disciple puisse se tenir sur une solide fondation qui
puisse demeurer devant Dieu au jour de Sa Justice.
Pour reposer sur une vraie et solide fondation, nous devrons rester très
fidèles à l’enseignement de l’Esprit et arriver au point où il nous faudra être
parfaitement ajustables et malléables devant Dieu, et très sensibles et dociles
au Saint-Esprit ; à un point où plus rien en nous ne résistera ou refusera le
Saint-Esprit, mais où nous serons parfaitement ouverts et prêts à tout lorsque
l’Esprit mettra le doigt sur ce qui, dans notre vie, aura besoin d’être rectifié et
ajusté. Le Saint-Esprit est là pour ça !
L’alternative à une telle œuvre du Saint-Esprit en nous est que nous nous
trouverons en mauvaise position. Et ça coûte beaucoup trop cher de se retrou-
ver dans une position fausse, même si ce ne sont que sur certains points. Nous
vivons dans un monde faux, un monde porteur et générateur de mensonges.
Toute la constitution de ce monde est un mensonge, et c’est dans la nature
même de l’homme de penser qu’il est dans le vrai. Il tente en permanence de
construire le monde sur une fausse fondation. Le Royaume de Dieu, lui, est to-
talement différent. Il est autre car il est construit sur Jésus-Christ, La Vérité.
Pour les hommes et les femmes en qui la vérité de Christ a été façonnée et
qui marchent avec Dieu, quelqu’en soit le prix, cette position vraie et authenti-
que est déterminante. « Qui montera sur la montagne de l’Eternel ? Celui qui parle avec
vérité dans son cœur… celui qui ne s’arrête pas à sa propre douleur », c’est-à-dire, celui
qui prend une position de vérité, même si ça lui coûte beaucoup.
Nous sommes influencés par toutes sortes de fausses considérations, par
ce que les autres vont penser et dire, particulièrement ceux qui se trouvent
dans notre cercle religieux ou dans notre entourage. Mais ce sont de fausses
considérations et de mauvaises influences qui lient beaucoup d’hommes et de
femmes, et les empêchent de marcher droit avec Dieu sur le chemin de lumière.
Le problème est en fin de compte une fausse position.
L’acceptez-vous quand je vous dis qu’il n’y a aucune espèce de vérité
en nous ? Car l’une des choses dont nous allons nous rendre compte, sous
l’influence du Saint-Esprit en nous, c’est qu’il n’y a pas de vérité dans nos
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pensées naturelles.
Nous pouvons être convaincu, prêt à donner notre vie pour nos convictions
et mettre à l’épreuve tout ce que nous croyons juste et vrai, et précisément avoir
complètement tort. Tel était le cas de Saul de Tarse : « Je pensais vraiment devoir
agir vigoureusement contre le nom de Jésus de Nazareth » (Actes 26:9). « Et même l’heure
vient où celui qui vous fera mourir croira le faire au service de Dieu » (Jean 16:2).
Si zélés pour leur conviction et convaincus qu’ils font la volonté de Dieu,
certains sont prêts à prendre leur vie ou la vie des autres au nom de leur convic-
tion. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller par la force d’une conviction et nous
tromper, avoir complètement tort, en étant à côté le plus sérieusement du
monde ? Il n’existe aucun être humain sur terre capable d’éviter cet état de fait.
Les origines de cela sont dans la nature humaine, en chacun de nous, dans la
pensée comme une conviction, dans le cœur comme un désir. Il se peut que
nous pensions que notre désir est parfaitement pur et juste, alors qu’il est com-
plètement faux. Il en est de même pour notre volonté.
En nous, par nature, il n’y a aucune vérité.
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III - APPRENDRE PAR REVELATION
« L’Eternel Dieu me transporta, dans des visions, dans le pays d’Israël et me déposa
sur une montagne très élevée où se trouvait vers le sud comme comme une ville construi-
te. Il me conduisit là et voici, il y avait un homme dont l’aspect était celui de l’airain ;
il avait dans la main un cordeau de lin et une canne pour mesurer, et il se tenait à
la porte. Cet homme me dit : fils de l’homme, regarde de tes yeux et écoute bien de tes
oreilles ! Fais bien attention à ce que je te montrerai, car tu as été amené ici pour que
je te les montre. Déclare et fais connaître à la maison d’Israël tout ce que tu verras »
(Ezéchiel 40:2-4).
« Toi, fils de l’homme, montre ce temple à la maison d’Israël et qu’ils aient honte de
leurs iniquités et qu’ils en mesurent le modèle. S’ils rougissent de toute leur conduite,
fais-leur connaître la forme de cette maison, sa disposition, ses issues et ses entrées,
tous ses dessins et toutes ses instructions ; mets-en la description sous leurs yeux, afin
qu’ils gardent tous ses plans et toutes ses ordonnances, et qu’ils s’y conforment dans
l’exécution » (Ezéchiel 43:10-11).
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était
Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et
rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière
des hommes » (Jean 1:1-4).
« La Parole a été faite chair, et elle a habité au milieu de nous, pleine de grâce et de
vérité » (Jean 1:14).
« En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter
et descendre sur le Fils de l’homme » (Jean 1:51).
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IV - LA MAISON DE DIEU
C’est dans un contexte particulier que Dieu suscita son serviteur Ezéchiel
en le transportant en vision dans le pays où il l’éleva sur une haute montagne
et lui montra la Cité céleste. C’est durant cette période où tout ce que Dieu
avait voulu établir conformément à Ses Plans était détruit qu’Il lui montra cette
grande cité céleste.
Cette vision était clairement détaillée, ainsi que la révélation qui en fut don-
née. Le prophète fut conduit vers chaque lieu, chaque angle, chaque pièce de ce
temple spirituel, dedans et dehors, dessus et dessous, tout autour, accompagné
de l’ange qui lui donnait les mesures et une définition concise et claire de la
maison spirituelle de Dieu. Puis, il reçu ensuite les règles et les ordonnances
ainsi que des directives concernant la sacrificature et les sacrifices. La mission
de l’ange fut de montrer toute la demeure à la maison d’Israël et de lui en don-
ner tous les détails.
Nous avons vu précédemment que chaque fois que l’on s’éloigne des pen-
sées de Dieu, chaque fois que l’on perd de vue la révélation originelle, chaque
fois que la spiritualité d’En Haut et la puissance divine cessent d’opérer et
d’agir au milieu de Son peuple et que la gloire de Dieu a disparu, Dieu donne
une nouvelle vision de Son Fils.
Nous avons aussi observé qu’au début de l’histoire de l’Eglise, quand le dé-
clin s’est amorcé, Jean fut utilisé par le Saint-Esprit, au travers de Son Evangile,
de ses épîtres et de l’Apocalypse, pour révéler Jésus dans une dimension
plus large et plus spirituelle. C’est de cette manière que Jean nous rappelle
que son Evangile fut le dernier du Nouveau Testament, ce qui lui donne sa
valeur et sa signification spirituelles dans lesquelles Dieu se manifeste d’une
nouvelle manière en des termes plus proches du Ciel, à une époque caractérisée
par un certain formalisme.
Dans Jean 1, Dieu exprime le fond de sa pensée à l’égard de Son peuple :
Christ est la plénitude du Plan divin pour nous, et le Saint-Esprit (représen-
té par l’ange dans Ezéchiel) est venu dans le but précis et expresse de nous
conduire dans le détail de la Personne de Christ, afin d’avoir une expression
claire et détaillée de la pensée de Dieu en Christ, et nous la communiquer :
« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu ».
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Ceci constitue l’arrière-plan éternel de la Pensée de Dieu.
« Et la Parole est devenue chair, et a demeuré parmi nous » ; c’est la pensée de Dieu
issue de toute éternité qui doit être ancrée au milieu de nous de manière claire
et totale ; ce sont toutes les pensées de Dieu résumées en Son Fils, la Pensée
suprême et éternelle, concentrée au milieu des hommes dans la personne de
Jésus-Christ.
En continuant vers la fin du chapitre premier, nous allons découvrir quelque
chose d’extra dans la parole adressée à Nathanaël. C’est d’ailleurs intéressant de
constater que cette parole s’adresse à Nathanaël, et non pas à Pierre, Jacques
ou Jean, car nous en aurions conclu que cela ne concernait qu’un cercle fermé.
Mais c’était Nathanaël, qui faisait partie d’un cercle beaucoup plus large autour
de Jésus, comme si cela pouvait s’adresser à chacun de nous : « Tu verras le ciel
ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l’Homme ».
C – L’autel
D – Le baptême
La première étape vers la Maison est la mort sur l’autel qui est la raison
même de l’institution du baptême durant lequel nous prenons notre position
en Jésus-Christ. C’est Lui qui nous représente et c’est la fin de tout ce que nous
sommes. Ce ne sont pas seulement nos péchés qui sont effacés, mais c’est no-
tre moi, si totalement différent de Christ, qui disparaît.
Du point de vue de Dieu, c’est la fin pour notre moi car dans la mort de
Christ, Dieu a mis un point final à notre vie naturelle. Par la résurrection de
Christ et notre union fusionnelle avec Lui, nous n’existons plus (dans la pers-
pective de Dieu), mais seul Christ existe. L’œuvre du Saint-Esprit dans l’enfant
de Dieu, est de rétablir pour lui Son plan éternel. Nous n’avons pas besoin de
mourir, nous sommes morts, et la seule chose que nous ayons à faire, c’est
d’accepter notre mort car si nous passons à coté de cela, nous serons
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toujours en train de lutter pour mourir.
En ce qui me concerne, c’est une position fixe et définitive que je dois m’ap-
proprier : me reconnaître et me considérer comme mort. C’est reprendre la
place que Dieu a prévue pour moi et dire que j’accepte la position fixée par
Dieu pour moi. Le Saint-Esprit est chargé de s’occuper de tout le reste, mais
j’en accepte la finalité.
Si nous en arrivons à rejeter ce que le Saint-Esprit désire faire en nous, nous
faisons bien plus que refuser d’avancer, nous refusons notre position d’origine
et plus grave encore, nous prenons une position inverse à celle qu’un jour nous
avons prise avec Lui. En fait, le baptême est cet autel sur lequel Dieu nous
considère comme mort et où l’on entre simplement en disant : « Cette position
que Dieu a fixée pour moi, je l’accepte maintenant et je témoigne à la Croix,
que je suis au bout de moi-même ». Le Seigneur Jésus a suivi ce chemin du
baptême dès le début de sa vie publique, et, sous l’onction de l’Esprit, à par-
tir de cet instant, Il a définitivement refusé d’écouter Sa propre pensée, pour
n’écouter que celle de Dieu. Il a refusé d’être influencé par ce que son humanité
pouvait lui dicter (alors qu’Il était pourtant sans péché) pour ne suivre que ce
qui venait de Son Père.
Tout au long de sa route, Il était dirigé par l’Onction dans ce qu’Il disait,
dans ce qu’Il accomplissait et dans ce qu’Il refusait. C’est pourquoi partout où
Il allait, Il mettait de côté toute autre influence que celle de Son Père, qu’elle
vint des disciples, du diable ou autres. Son attitude était : « Père, qu’en penses-tu ?
Que veux-tu ? Est-ce le temps ? Non pas ma volonté, mais la Tienne ; non pas mes opinions,
mais les tiennes, non pas mes sentiments, mais ce que Tu ressens ! ». En fait, Il était mort
à Lui-même et, en effet, Il allait être enterré. Son baptême signifiait cela pour
Lui, et c’est là qu’est notre position.
Ensuite lorsque cette position a été acceptée dans la mort, vient le relè-
vement de la résurrection, une résurrection en Christ, mais aussi, une résur-
rection aux yeux de Dieu, sous la Tête de Christ ; en d’autres termes, sous
l’autorité pleine et entière de Dieu investie en Christ, notre pensée, notre
gouvernement, notre chef, Sa Tête !
Lorsque les croyants du Nouveau Testament faisaient leurs premiers pas par
le baptême, en déclarant leur mort avec Christ, et sortaient de l’eau comme des
membres représentatifs du Corps, non seulement les apôtres priaient et impo-
saient les mains sur leurs têtes, mais le Saint-Esprit leur signifiait qu’ils étaient
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dans la Maison. L’Onction qui était sur leur Tête, Christ, reposait sur eux en
Christ : non pas une onction séparée, mais oints en Christ (2 Corinthiens 1:21
et 2 Corinthiens 12:13).
Mais, qu’est-ce que l’Onction ? Et l’Onction dans le cas de Christ, lorsqu’Il
accepta une vie où Il devait se dépouiller de Sa divinité, pour accomplir le salut
de l’homme ? Que signifie l’Onction ? Pour Jésus, c’était clair, Il était sous le
gouvernement direct de Dieu en toutes choses et devait refuser de se référer
à ses propres jugements et ses propres sentiments. Le Père, par le moyen de
l’Onction, le dirigeait en tout, et Lui était mis à part.
Quand Il disait, « Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge
de sa croix, et qu’il me suive » (Luc 9:23), et plus loin, « celui qui ne porte pas sa croix et
ne me suit pas, il ne peut être mon disciple » (Luc 14:23), Il disait en d’autres termes,
« Tu ne peux rien apprendre de Moi tant que la Croix n’agit pas continuelle-
ment pour te mettre de côté et tracer un chemin pour Moi, pour que tu puisses
accepter Ma pensée, et la Croix est là pour te crucifier dans ta pensée ; ta pen-
sée doit venir au pied de la Croix, tes sentiments et tes attitudes, ta mentalité
même doivent se soumettre à la Croix chaque jour ». Voilà comment tu pré-
pares le chemin pour M’apprendre, Ma pensée, Mon autorité, Mon jugement,
Mon tout. Voilà ce qu’est L’Ecole de Disciple, l’Ecole de Christ.
L’Autorité de Christ, notre Tête, accompagnée de l’Onction devient ou de-
vrait devenir le facteur dominant d’une vie de croyant ; et l’imposition des
mains est simplement une attestation que ce dernier se trouve sous la Tête de
Christ et que sa tête se met sous l’autorité d’une autre Tête, soumise à une Tête
plus grande. En conséquence, sa tête a dirigé sa vie, mais elle ne la dirigera plus
car elle est soumise à une autre Tête et est amenée à l’autorité de Christ, Tête
dans l’Onction. L’Esprit l’a confirmé dès les premiers temps, en se répandant
sur les croyants et en déclarant que chacun d’entre eux était dans la Maison où
se trouve l’Onction, placé sous le gouvernement de la Tête, le Chef de la Mai-
son. L’expression de cela se trouve dans l’épître aux Hébreux : « Christ a été fidèle
comme Fils sur la Maison de Dieu ; et sa Maison, c’est nous » (Hébreux 3:6).
Nous sommes en train d’emprunter la voie de la révélation céleste de Christ
et par le baptême, nous acceptons la position de Dieu nous concernant, à sa-
voir la fin de nous-même ! Si dans l’avenir, ce que nous sommes nous-même
revient à la surface, nous devrons réagir et déclarer : « Je le dis une fois pour
toutes – c’est la fin de moi-même ! » Conservons cette attitude pour garder la
position de Dieu pour nous.
Le rassemblement et l’imposition des mains des membres représentatifs du
- 31 -
Corps, n’est donc qu’un simple témoignage au fait qu’en Christ, nous sommes
dans la Maison de Dieu, sous le gouvernement de Christ par l’Onction, et que
Sa Tête nous fait un en Lui.
Que le Seigneur en fasse une réalité vivante pour chacun de nous afin que
nous puissions tous venir à Béthel dans une position spirituelle où nous pour-
rons dire dans la joie de Christ : « Oui, vraiment, le Seigneur est présent dans ce
lieu. Je suis là où est le Seigneur : c’est la Maison de Dieu ! » Nous saurons alors
ce que signifie : être en Christ, sous son Autorité et son Onction.
- 32 -
V - LA LUMIERE DE LA VIE
« Et voici, la gloire du Dieu d’Israël s’avançait de l’Est. Sa voix était pareille au
bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de sa gloire… Et la gloire de l’Eter-
nel entra dans la maison par la porte qui était du côté de l’Est. Alors, l’esprit m’enleva
et me transporta dans le parvis intérieur. Et voici, la gloire de l’Eternel remplissait la
maison » (Ezéchiel 43:2, 4-5).
« Il me conduisit vers la porte du Nord, devant la maison. Je regardai et voici, la
gloire de l’Eternel remplissait la maison de l’Eternel. Et je tombai face contre terre »
(Ezéchiel 44:4).
« Il me ramena vers la porte de la maison. Et voici, de l’eau sortait sous le seuil de
la maison, à l’Est, car la maison était orientée vers l’est ; l’eau descendait sous le côté
droit de la maison, au sud de l’autel » (Ezéchiel 47:1).
« En elle (la Parole) était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:4).
« Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
mais il aura la lumière de la vie »(Jean 8:12).
« En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le
royaume de Dieu » (Jean 3:3).
« Quelques Grecs s’adressèrent à Philippe et lui dirent avec instance : Seigneur, nous
voudrions voir Jésus. Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent
à Jésus. Jésus leur répondit : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié.
En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il
reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:20-24).
« Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que celui qui croit en moi ne reste
pas dans les ténèbres » (Jean 12:46).
« … pour ceux dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence incrédule, afin qu’ils ne
voient pas briller la splendeur de l’Evangile de la gloire de Christ, qui est l’image de
Dieu » (2 Corinthiens 4:4).
« Que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit
de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu’il illumine les yeux de votre
cœur, pour que vous sachiez quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est
la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, et quelle est envers nous
- 33 -
qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, conformément à l’efficacité de sa force »
(Ephésiens 1:17-19).
La lumière de la vie ! Avant d’aller plus loin sur ce sujet, j’aimerais que nous
nous demandions si honnêtement et du fond du cœur nous nous sentons pro-
fondément concernés par le plan de Dieu ? Et brûlons-nous de le découvrir et
d’y entrer pleinement ?
Quelle est notre priorité ?
Sommes-nous intéressés par la vérité dans l’espoir d’augmenter notre
connaissance et notre information au sujet des choses spirituelles, ou existe-t-il
en nous un profond désir d’être dans le plan divin ? Sommes-nous préparés à
nous engager avec le Seigneur sur cette question et à faire une transaction par
laquelle nous comprenons et acceptons qu’Il sera toujours tout suffisant pour
nous et qu’Il est notre seule sécurité, dans le cadre de ce plan, même si le prix
à payer est élevé ?
En tant que peuple de Dieu, sommes-nous prêts à faire une pause, à affron-
ter cette réalité et à se mettre en accord avec l’objectif divin ? Certains en sont
déjà là certes, mais il est fort probable que d’autres en aient pris à leur aise.
C’est-à-dire, qu’ils sont chrétiens, qu’ils appartiennent au Seigneur, qu’ils sont
sauvés, qu’ils mettent leur foi en Christ, qu’ils fréquentent des institutions chré-
tiennes depuis bien longtemps. C’est à eux que s’adresse cet appel. Cette phrase
revient souvent dans la Parole : « Conformément à Son Plan éternel, qu’Il avait prévu
en Christ Jésus, dès avant la fondation du monde ».
Cette déclaration est-elle toujours fixée devant nos yeux à l’horizon de notre
avenir, ou est-ce quelque chose de flou et lointain ? Insistons là-dessus, car il
nous faut une base solide sur laquelle Dieu pourra travailler. Si c’est la position
que nous adoptons, alors nous pourrons avancer, et la révélation de ce plan et
de son mode d’emploi apparaîtra clairement. Dans le cas contraire, la suite ne
vous sera d’aucun profit.
A – Le plan de Dieu
B – La gloire de la « Shékina »
- 35 -
Revenons en arrière au Tabernacle ancien où résidait la gloire de la « Shé-
kina ». Nous pouvons noter que cette lumière, cette gloire qui reliait le ciel et
la terre comme une échelle, était visible dans le Lieu Très Saint. Nous savons
également que dans le Saint des Saints, toutes choses étaient cachées derrière
des rideaux, rien ne filtrait si ce n’était un peu de lumière naturelle. Ainsi séparé
de la Shékina, le lieu aurait été noir et sombre, mais là où se tenait la gloire, le
lieu était rempli de lumière, une lumière divine et céleste.
Ce Lieu Très Saint manifeste la vie intérieure du Seigneur Jésus, Son Esprit
où Dieu habitait, la lumière venant d’En Haut, la lumière de la nature de Dieu
en Lui. Son esprit est le Lieu Très Saint, au cœur de la Maison de Dieu.
C’est là dans le Saint des Saints où résidait la lumière de la gloire, que Dieu
a dit qu’il communierait avec Son peuple par l’intermédiaire de leur représen-
tant : « Je te rencontrerai (communierai avec toi) au dessus du propitiatoire (siège de
la miséricorde) entre les chérubins » (Exode 25:22).
J’entrerai en communion avec toi. Quel mot merveilleux, rien de dur, rien
de terrible, ni rien qui inspire de la crainte. Dans la communion, Dieu parle et
se fait connaître. C’est le lieu du partage, le lieu du dialogue, le siège de la grâce
et de la miséricorde, le Seigneur Jésus Lui-même. Il a été manifesté par Dieu
pour être un propitiatoire (Romains 3:25) et en Lui, Dieu communie avec Son
peuple ; en Lui, Dieu parle à Son peuple et avec Son peuple.
Il faut souligner en Lui ; car il n’existe aucune communion avec Dieu, aucu-
ne communication, aucune parole à écouter, aucune rencontre, excepté en
Christ.
C’est là précisément que se situe le point de non-retour, de destruction et de
mort pour l’homme naturel et psychique. D’où les très sérieux avertissements
donnés au sacrificateur avant de pénétrer dans ce lieu, afin qu’il ne meure pas.
Il devait donc se revêtir du bon équipement, qui symbolise l’homme naturel
devant être entièrement recouvert par un autre Homme venu du Ciel revêtu,
Lui, des vêtements de la justice.
Pour comprendre comment cela fonctionne concrètement, revenons dans
le Nouveau Testament et considérons l’histoire de Saul de Tarse sur le che-
min de Damas : « Vers midi, je vis une grande lumière venue du ciel, plus brillante que
le soleil… je tombai à terre et j’entendis une voix qui me disait : Saul, Saul, pourquoi me
persécutes-tu ? ».
Rappelons-nous comment ils le relevèrent et le conduisirent dans une ville
parce qu’il était aveugle. Par la grâce de Dieu, il ne le fut que pendant trois jours
et trois nuits. Puis Dieu commanda à Ananias d’aller visiter cet homme aveugle
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et celui-ci lui dit : « Jésus qui t’est apparu sur le chemin d’où tu venais, m’a envoyé pour
que tu retrouves l’usage de la vue ». Sans cela, Saul serait resté aveugle jusqu’à la fin
de sa vie.
Ainsi lorsqu’un homme charnel rencontre la gloire de Dieu dans un face à
face avec Jésus, il est détruit. L’homme naturel ne peut supporter la présence
d’une telle lumière, c’est la mort assurée.
Dans Jean 8, l’expression « la lumière de la vie » s’élève contre les ténèbres de la
mort car en Jésus-Christ, l’homme naturel ou psychique est considéré comme
complètement écarté et sa présence n’a plus de raison d’être.
2. Le processus de métamorphose
Ensuite vient le processus et une progression étape par étape. Jésus a dit :
« Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à Lui-même, qu’il prenne sa croix cha-
que jour et qu’il me suive ».
Considérer la croix et y entrer une fois pour toutes, c’est une réalité comme
dans cette crise dont nous parlions précédemment : « Seigneur, j’accepte une
fois pour toutes ce que la Croix signifie pour moi ! » Mais nous allons décou-
vrir, jour après jour, qu’après cette crise intérieure, nous aurons à accepter et
à adhérer à cette croix qui oeuvrera dans les afflictions et les souffrances que
Dieu permet pour Son peuple.
Dans Sa souveraineté, Dieu peut nous placer dans des situations difficiles :
un foyer éprouvant, un travail pesant, une épreuve physique ou encore une
relation difficile. Mais ceci est l’œuvre extérieure de la Croix au sein de notre
expérience personnelle afin d’ouvrir une voie au Seigneur et Lui élargir notre
espace. C’est une voie pour Sa patience, pour l’endurance et pour l’amour de
Christ, un chemin ouvert pour Lui.
Alors, nous n’aurons plus à nous mettre à genoux chaque matin en disant :
« Oh, Seigneur, sors-moi de cette situation, de ce foyer, de ce travail, tire-moi,
je te prie de cette difficulté ! ». Mais nous dirons plutôt : « Seigneur, si c’est
l’expression de la croix pour moi aujourd’hui, je l’accepte de bon cœur ! ». En
affrontant ainsi la situation, nous trouverons la force, la victoire et la coopéra-
tion du Seigneur. Nous porterons ainsi du fruit et nous ne serons plus stériles.
C’est dans ce sens que Jésus parlait de porter sa croix chaque jour : « celui
qui ne porte pas sa croix et qui ne me suit pas, il ne peut être mon disciple » … celui que
j’enseigne, celui qui apprend de Moi !
La compréhension et la prise en compte de cette difficulté, quelle qu’elle
soit, jour après jour, est le moyen par lequel nous sommes en train d’apprendre
Christ. C’est le processus de découverte de la lumière, la lumière de la vie, qui
va nous permettre de voir et d’entrer dans la plénitude. Mais nous ne pourrons
jamais voir et connaître ce processus en dehors de la Croix, qui doit nettoyer le
terrain de notre vie naturelle.
Le Seigneur sait bien ce que nous serions capables de faire s’Il nous ôtait
cette croix chaque jour et ce que nous ferions ne serait pas pour notre bien. Il
le fait au contraire pour en finir définitivement avec la domination de notre vie
- 41 -
charnelle.
Nous pouvons facilement voir lorsqu’un chrétien commence à se sortir par
lui-même de son épreuve à la façon dont il se débarrasse de son pesant fardeau.
Il monte sur ses chevaux et nous regarde de haut en nous disant que nous
avons tort et qu’il a raison. Il sait mieux que les autres et l’orgueil, la prétention,
la suffisance reprennent le dessus !
Qu’en est-il de Paul ? On le considère généralement comme un géant spiri-
tuel à côté duquel nous nous sentons souvent comme de petites marionnettes.
Cependant, Paul, tout géant de la foi qu’il était, a confessé humblement que le
Seigneur permettait à un messager de Satan de le gifler, une exécution pour sa
chair, afin qu’il ne s’éleva pas au delà de toute mesure.
Ainsi le « géant spirituel » aurait pu aussi s’enfler d’orgueil, si le Seigneur
n’avait pas pris certaines précautions. Et afin de maintenir la voie ouverte, à
cette grande révélation qui grandissait et grandissait encore, le Seigneur dit :
« Paul, je dois te maintenir en-bas, je dois te limiter : c’est le seul moyen, car
dès que tu commenceras à te lever, Paul, tu vas restreindre la lumière et tordre
la révélation ».
La lumière de vie, c’est Sa vie ! C’est pourquoi, l’Apôtre dit : « Nous portons
toujours en nous et avec nous la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit manifestée dans
notre corps » (1 Corinthiens 4:10).
Notre grand besoin, c’est Sa Vie ! Et avec la vie, vient la lumière, la lumière
de la vie. Il n’y a donc aucune autre véritable lumière divine, que celle qui vient
de Sa vie en nous, et c’est la mort agissant en nous qui ouvre le chemin pour
Sa vie.
Le but de Dieu est la Lumière, la Gloire et la Plénitude à venir.
La mesure de lumière et de gloire sera la mesure de Christ, et la mesure de
Christ dépendra entièrement de l’espace que le Seigneur va trouver en nous,
cet espace que nous laisserons pour Lui faire de la place. Et pour cela nous
devrons en arriver à un abandon total de notre propre vie... et cela prend
toute une vie !
Mais béni soit Dieu, la gloire ultime apparaîtra quand Il viendra pour être
glorifié et pour s’émerveiller de tous ceux qui croiront, étonnés, émerveillés par
la gloire de Dieu !
Qu’une partie de la lumière de cette gloire tombe sur nos cœurs afin de nous
encourager et nous réconforter sur ce chemin, et fortifier nos cœurs à conti-
nuer à avancer dans la connaissance de Son Fils, à cause de Son Nom.
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VI - UN CIEL OUVERT
Dans ces méditations, nous avons été conduits à réaliser ce qu’est l’Ecole
de Christ où tout l’apprentissage, toute l’instruction, toute la discipline sont
orientés vers le fait de connaître Christ, apprendre Christ ; pas apprendre au
sujet de Christ, mais apprendre Christ.
Nous aurions pu faire de tout ce qui concerne Christ, une doctrine, un en-
seignement, mais ce n’est pas ce que nous cherchons et ce n’est pas du tout ce
que le Seigneur cherche. C’est Christ Lui-même, incarnation vivante et intime,
personnification de toute vérité et de toute vie qui est le but et la volonté de
Dieu pour nous. Il ne veut pas que nous connaissions la vérité dans ses multi-
ples aspects, mais que nous connaissions la Personne vivante, de manière effec-
tive et impartie en nous, en étant incorporé dans la Personne, où toute vérité
devient une vérité vivante plutôt qu’une simple vérité technique et théorique.
Chaque fois qu’il y aura un risque pour nous de nous éloigner de Sa Pensée
pleine et entière, Dieu essaiera toujours de nous donner une nouvelle révéla-
tion de Son Fils. Il ne nous conduira pas en quelque sorte à un « rattrapage »
des vérités, mais Il nous donnera tout le nécessaire pour que nous puissions
avoir une nouvelle révélation et une redécouverte de Son Fils en plénitude.
Nous avons vu que les écrits de Jean sont apparus au moment où l’Eglise
avait perdu sa pureté, sa vérité, sa sainteté, sa spiritualité et sa gloire d’origine,
pour devenir un système chrétien terrestre. Dans cette situation, Sa méthode a
été de nous donner une nouvelle présentation de Son Fils, dans sa plénitude di-
vine et spirituelle. C’est un retour à Jésus-Christ. En effet Dieu essaie constam-
ment de nous ramener à la Personne pour nous montrer ce que cette Personne
représente dans sa dimension spirituelle d’En Haut.
Soyons vigilant lorsque nous passons de l’Evangile aux épîtres de Jean, à
ne pas croire que nous quittons des choses élémentaires pour rentrer dans des
choses beaucoup plus évoluées et plus profondes que l’Evangile. Car en fait
les épîtres ne sont qu’une « ouverture » aux Evangiles, une interprétation de
Christ. Et le Seigneur n’aurait jamais voulu qu’on se concentre sur l’interpré-
tation au détriment de la Personne.
Cette parole, « tu verras le ciel ouvert », donne une perspective nouvelle pour un
homme nouveau. Une autre version de ce verset commence par « Désormais, tu
verras… ». C’est une évolution vers un jour à venir, une ère nouvelle.
C’est l’ère du Saint-Esprit, car avec la venue du Saint-Esprit, le ciel ouvert
devient une réalité. La Croix provoque pour nous l’ouverture des cieux, mais
c’est le Saint-Esprit qui le fait de manière positive en nous, comme ce fut le cas
pour la mort, l’enterrement et la résurrection symbolique de Jésus dans le Jour-
dain, lorsque les cieux se sont ouverts à Lui. Se présentant sur une base nou-
velle de résurrection, Il avait le ciel ouvert au dessus de Lui. Ensuite, l’Esprit
l’illumina et demeura sur Lui, et l’Esprit devint, en quelque sorte, le canal de
communication, faisant de cette ouverture céleste tout ce qui était du domaine
de la communication, du dialogue et de la communion.
Voilà l’ère du Saint-Esprit, faisant de toutes les valeurs de Christ une réalité
pour nous et en nous.
Lorsque Paul s’est rendu à Ephèse, il trouva certains disciples, et sans don-
ner d’explication sur la raison de sa question, il dit immédiatement : « Avez-vous
reçu le Saint-Esprit quand vous avez cru ? » (Actes 19:2). Leur réponse fut : « Nous
n’en avons pas beaucoup entendu parler ».
- 49 -
Alors Paul leur posa une autre question très importante, qui nous ramène
au Jourdain : « De quel baptême avez-vous été baptisé ? » (Actes 19:3). Le baptême
est lié à cette question essentielle : « Si vous ne connaissez pas le Saint-Esprit, à quoi
a bien pu servir votre baptême ? ». « Oh, nous avons été baptisés du baptême de Jean ! ».
« Ah, je vois : Jean a baptisé du baptême de repentance disant au peuple qu’ils croiraient en
Celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire Jésus » (Actes 19:4).
Alors, lorsqu’ils entendirent cela, ils furent baptisés au Nom du Seigneur
Jésus, en Christ, et le Saint-Esprit tomba sur eux. C’est ainsi qu’ils sont entrés
à l’Ecole de Christ. La marque d’une vie ointe du Saint-Esprit est que l’on
connaisse Christ de manière vivante, dynamique et toujours croissante. Mais
tout cela n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire. Certains d’entre nous
sommes de pauvres étudiants qui mettons un temps fou à apprendre… Il m’a
fallu des décennies pour arriver à le réaliser.
Nous connaissons beaucoup de choses et nous découvrons que notre
connaissance personnelle de Jésus est pauvre. Nous résistons en permanence.
Mais tôt ou tard, nous en arrivons au point où nous nous exclamons: « Ce ne
sont ni des doctrines, ni des thématiques, ni des vérités qu’il me faut connaître !
Bien sûr, tout cela est intéressant mais quand j’entre dans le feu de l’épreuve,
des problèmes et de la perplexité, que reste-t-il de toutes mes doctrines et de
mon étude de la Bible, et quelle en est leur valeur ? Cela ne règle pas mon pro-
blème, ça ne me fait pas aller bien loin ! C’est une tragédie ».
Beaucoup d’entre nous sommes dans ce cas de figure, nous avons certaines
doctrines, nous avons parcouru la Bible sur les sujets comme la régénération,
la rédemption, l’expiation, la justification par la foi, la sanctification, etc. Mais
après avoir tout étudié et essayé de le mettre en pratique, nous allons nous
trouver face à une terrible expérience spirituelle où tout cela ne comptera plus
pour rien et où, mis à part le Seigneur, nous pourrons tout envoyer par-dessus
bord en disant : « Ce christianisme ne marche pas ! ».
Ainsi ceux qui connaissent le Seigneur depuis des années et qui ont accu-
mulé la vérité au milieu de la détresse spirituelle la plus profonde, peuvent se
poser des questions sur la valeur de tout cela !
Mais la seule chose qui pourra encore nous aider ne se trouve certainement
pas dans nos superbes carnets de notes pleines de doctrines, mais dans notre
connaissance du Seigneur, et ce de manière personnelle et vivante. A savoir ce
que le Saint-Esprit nous a révélé de Christ en nous, à nous et comme partie
intégrante de nous !
Tôt ou tard, nous en arriverons là ! Nous serons ramenés à la connaissance
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vivante et spirituelle du Seigneur parce que Lui seul, révélé personnellement
dans notre être intérieur par le Saint-Esprit, peut nous sauver au moment le
plus critique. Le jour viendra où nous serons mis à nus et dépouillés de tout
ce qui ne sera pas la connaissance spirituelle intérieure de Christ. Nous serons
dépouillés de notre connaissance mentale et intellectuelle.
Beaucoup de ceux qui auront été des géants dans l’enseignement et la doc-
trine vont passer par des temps très sombres à la fin de leur vie. Comment
vont-ils les surmonter ? Cela dépendra de leur connaissance intime du Seigneur
qui émergera au dessus d’une simple connaissance intellectuelle.
Il en est de même de ce que Christ doit être pour nous et comment. Il doit
être en nous, Celui sur qui nous pouvons nous appuyer et nous reposer en tou-
te confiance et assurance car c’est ainsi qu’Il nous fait aller plus loin. C’est ainsi
qu’il nous faut Le connaître. C’est le seul moyen d’apprendre Christ, et ce de
manière expérimentale : « tu verras le ciel ouvert ». Le Saint-Esprit est venu pour
faire un nouvel ordonnancement coopératif, afin que Christ nous soit révélé
comme Notre vie. Voir venir l’Esprit est la marque d’une vie ointe. Et toutes
ces choses que l’on nous a enseignées, que l’on a martelées en nous depuis des
années deviendront une révélation : « Regarde, je commence à voir ce dont on
parle depuis des années ! »
Je me souviens d’un de mes amis avec qui nous avions une excellente rela-
tion ensemble depuis des années. Un jour, je l’ai croisé dans un parc, et alors
que je le voyais à distance, je le voyais sourire et il me serra la main. Il était
tout sourire et il me dit : « Tu sais quoi ? J’ai fait une découverte ». « Ah, oui,
laquelle ? » « J’ai découvert que Christ est en moi. Christ en nous, l’espérance
de la gloire, est devenu une réalité pour moi ». « Eh, bien, répondis-je, j’aurais
pu te le dire depuis longtemps ! ». « Oui, dit-il, mais toute la différence, c’est
que maintenant je le sais et je le vois ».
Que le monde puisse être rempli de chrétiens comme lui ! Nous avons tous
besoin d’être comme Nathanaël. Une extraordinaire transition a eu lieu pen-
dant ces quelques mots : « voici vraiment un Israélite… ». C’est pour Israël, pour
Jacob, pour le père d’Israël ; pour les fils de Jacob, l’Israël terrestre. C’est pure-
ment et simplement dans les limites de la terre, dans les limites d’un peuple au
milieu des nations et dans des limites symboliques.
Le Seigneur a annulé quelque chose que Nathanaël a dit : « Tu es le Roi d’Is-
raël ». Roi d’Israël ? Mais ce n’est rien. Tu verras des choses plus grandes que
celles-ci. Tu verras le ciel ouvert et les anges monter et descendre sur le Fils
de l’Homme ! Ce qui est bien plus vaste qu’Israël. Fils de l’Homme ! Quelque
- 51 -
chose d’humain et d’universel qui sera pour tous les hommes qui viendront et
pas seulement pour Israël. Les cieux seront ouverts pour tous les êtres hu-
mains en Christ.
Ce titre de Fils de l’Homme représente simplement la pensée de Dieu
pour l’homme, Son plan et Son intention pour l’homme. Le ciel ouvert est à
disposition de l’homme lorsqu’il entre dans la pensée de Dieu en Christ, Dieu
se révélant à l’homme par l’Homme.
Que personne ne croit que ce ciel ouvert, cette onction ne sont que pour
quelques-uns. Non, bien sûr, c’est pour chacun. Le désir et la pensée de Dieu,
c’est que nous, le plus simple, le plus fou, le plus faible parmi les hommes, le
plus naturellement limité, aux capacités les plus limitées, découvrirons que no-
tre droit d’aînesse, notre héritage est un ciel ouvert. En d’autres termes, nous
en Christ, nous pourrons connaître cette merveilleuse œuvre du Saint-Esprit
par une révélation intérieure de Christ en plénitude.
Que le chrétien même le plus avancé s’approche de Dieu d’une manière
nouvelle et en arrive à cette première crise où le plafond au dessus de nous est
fendu et où nous connaissons un ciel ouvert, l’Esprit révélant Christ dans
nos cœurs pour Sa gloire.
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VII - APPRENDRE SOUS L’ONCTION
« Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de
coeur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes » (Matthieu 11:29).
« Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit
l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Matthieu 3:16).
« En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:4).
« Et il lui dit : En vérité, en vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de
Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme » (Jean 1:51).
« En effet, la loi de l’Esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et
de la mort » (Romains 8:2).
« mais lorsque les coeurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté. Or, le Seigneur
c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté. Nous tous dont le
visage découvert reflète la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même
image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur » (2 Corinthiens 3:16-18).
L’Ecole de Christ, c’est l’Ecole où Christ est la leçon vivante, et l’Esprit, le
grand professeur. L’enseignement y est subjectif et pratique et non objectif et
théorique.
On n’y enseigne pas des choses, mais on y reçoit une formation intérieure
et expérimentale de Christ, en tant que partie intégrante de nous-même. Voilà
la nature de cette Ecole.
« Tu verras le ciel ouvert... Il vit les cieux ouverts et l’Esprit de Dieu descendant sur
lui ».
Que signifie l’onction du Saint-Esprit ?
Ce n’est rien d’autre que le Saint-Esprit prenant sa place de Seigneur absolu.
L’onction porte en elle la seigneurie absolue du Saint-Esprit, l’Esprit comme
Seigneur. Cela implique que toutes les autres seigneuries ont été déposées et
mises de côté : celles de nos vies, de nos pensées, de nos volontés, de nos
désirs, de nos plans ; la seigneurie des autres. Tout autre intérêt, tout autre at-
- 53 -
tachement, toute autre influence a cédé sa place sans réserve à la seigneurie du
Saint-Esprit. Nous ne pourrons jamais jouir de l’onction tant que cette
étape n’aura pas été franchie.
C’est la raison pour laquelle le Seigneur Jésus est descendu dans les eaux
du Jourdain, dans la mort et le tombeau, en prenant symboliquement la place
de l’homme, pour qu’à partir de cet instant-là, Il ne soit plus dirigé par Sa Vie
propre afin de réaliser le Plan de Dieu, en étant soumis au Saint-Esprit jusque
dans les plus petits détails. Le tombeau du Jourdain a témoigné d’un renonce-
ment de Jésus à toute volonté d’indépendance, à toute autre domination ou
influence.
Quand nous examinons la vie spirituelle de Jésus dans les Evangiles, nous
remarquons qu’Il prenait cette position à chaque instant. Pourtant, les pres-
sions et les influences sur Jésus furent nombreuses et puissantes, et auraient
pu affecter ou guider ses actions. Il dut même prendre des mesures pour pré-
server Sa vie contre les fortes attaques de l’Ennemi. Parfois, Satan se revêtait
des arguments et de la persuasion d’un proche associé pour le faire dévier de
sa route ou le convaincre de prolonger sa vie dans le but de lui éviter certaines
souffrances. Il subissait quelquefois des pressions de toutes parts et bien des
conseils semblaient sages et avisés.
Mais, que ce soit Satan, qui venait à lui directement, par ruse ou par insinua-
tion, ou que ce soit par Ses proches disciples ou associés, quelque soit le type
d’argument invoqué, personne n’a pu faire dévier Jésus de Son principe : je suis
sous l’onction, je me consacre à la souveraineté absolue du Saint-Esprit, et je
n’en bougerai pas, quelque soit le prix (ma vie, mon influence, ma réputation,
tout ce qui m’est cher). Je ne peux changer de position tant que je sais par le
Saint-Esprit quelle est la pensée du Père et non une autre pensée, quelle est la
volonté du Père et non une autre volonté, que cette chose vient directement
du Père. C’est ainsi que Jésus mettait tout à plat, jusqu’à ce qu’Il sache ce que
l’Esprit de Dieu témoignait à Son esprit.
Il vivait selon cette loi, ce principe de l’autorité absolue, du gouvernement et
de la seigneurie de l’onction, et c’est pourquoi l’Onction est descendue.
Souhaitons-nous ardemment avoir l’onction du Saint-Esprit ? Si oui, dans
quel objectif le souhaitons-nous ? Est-ce dans le but d’avoir de la puissance et
de l’influence, et être capable de faire plein de choses merveilleuses ?
Avant tout, la première chose concernant l’onction, c’est qu’on ne peut rien
faire excepté ce que l’onction nous enseigne et nous conduit à accomplir.
L’onction retire tout de nos mains. L’onction prend en charge notre réputa-
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tion, elle prend en charge le plan de Dieu et prend le contrôle de tout. Et tout,
dès cet instant, est entre les mains du Saint-Esprit.
Nous devons nous rappeler que si nous voulons apprendre Christ, cet ap-
prentissage se fera par l’action du Saint-Esprit en nous, et cela signifie que
nous devrons suivre exactement le même chemin que Christ dans le
principe et dans la loi.
C’est pourquoi nous n’avancerons pas loin tant que nous n’entendrons pas
Jésus dire : « Le Fils ne peut rien faire de Lui-même… Les paroles que je vous dis, je ne
les prononce pas de moi-même… Les œuvres que Je fais ne sont pas les miennes, mais le Père
demeurant en Moi accomplit ses œuvres ».
« Le Fils ne peut rien faire de Lui-même ».
Il y a un côté négatif dans l’onction, mais le côté positif peut se résumer en
un mot, Le Père. Peut-être est-ce une idée de l’onction un peu différente de
d’habitude où nous croyons qu’être oint du Saint-Esprit nous amènera dans
une vie exaltante et merveilleuse.
Le premier point que nous devons savoir à propos de l’onction, c’est que
nous allons être prisonniers de la seigneurie de l’Esprit, de telle sorte qu’il ne
se passera rien dans nos vies si ce n’est Lui qui l’accomplit. Rien ! Cela ne nous
fera pas plaisir, si notre vie naturelle est forte et prédominante ; c’est pour-
quoi, avant de recevoir l’onction, le Jourdain doit être présent. Il est donc
nécessaire pour nous de renoncer à notre force naturelle et à notre égoïsme, car
l’onction va porter en elle la domination absolue de l’Esprit.
On en remarque l’importance dans 2 Corinthiens 3:16,18 : « Quand on se
tourne vers le Seigneur », lorsqu’Il est notre objectif, « le voile est ôté et nous tous qui,
le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes
transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit » ou « par
l’Esprit qui est le Seigneur ».
Nous sommes à l’Ecole et nous pouvons voir Christ, nous pouvons appren-
dre Christ et être transformés à l’image de Christ sous le contrôle de l’Esprit,
si le Seigneur est notre objectif.
Mais, pour nous chrétiens consacrés et dévoués, il nous faut du temps jus-
qu’à ce que le Seigneur Jésus devienne notre seul objectif et notre seul
but. Nous disons aimer le Seigneur, mais nous aimons aussi nos propres voies,
et nous n’aimons pas en changer.
Sommes-nous arrivés au point où spirituellement nous n’avons plus aucun
problème avec le Seigneur ? Certainement pas car nous en sommes encore au
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point où nous pensons si souvent que ce sont les intérêts du Seigneur si nos
cœurs suivent telle ou telle direction, et si par malheur le Seigneur ne nous
laisse pas faire, nous nous sentons alors contrariés voir trahis ! Mais si nous en
arrivons à abdiquer et à dire: « Très bien, Seigneur, je suis satisfait que tu ne
m’aies pas permis de le faire et je me réjouis toujours de faire Ta Volonté ! »,
alors nous gagnerons du temps.
N’est-ce pas la réalité pour chacun de nous ? Si cela est vrai, cela signi-
fie qu’après tout le Seigneur n’était pas vraiment notre objectif comme nous
le croyions. Nous avons aussi un autre objectif associé au Seigneur, quelque
chose que nous voulons être ou faire, un endroit où nous voulons aller, quelque
chose que nous souhaitons posséder.
C’est une réalité, et le Saint-Esprit sait très bien tout cela.
Dans cette Ecole de Christ, où l’objectif de Dieu est Christ, seulement
Christ, totalement Christ, l’onction implique que Christ soit Seigneur, par l’Es-
prit. L’onction se situe donc là, c’était une réalité en Christ, cela doit être une
réalité en nous.
B – « Seigneur » et « soumission »
La première leçon que le Saint-Esprit nous enseigne est sur le fait que la na-
ture de Christ est radicalement différente, voire opposée à la nôtre. Cette
leçon sera continue tout au long de notre vie.
Lisons ainsi chaque Evangile, doucement et attentivement, avec la pensée de
combien Christ est différent de nous tous, même de Ses disciples.
Cette différence « saute aux yeux » encore et encore : « Vous êtes d’en bas ;
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Moi, Je suis d’En Haut » (Jean 8:23). C’est un contraste qui devient même au fur
et à mesure une rupture, une opposition de jugements, de mentalités, de pen-
sées, de raisonnements, d’idées et de valeurs. Une vraie rupture...
La nature de Christ est fondamentalement différente de la nôtre, c’est une
nature céleste, divine. Personne d’autre n’a cette nature. Ses disciples avaient
une nature terrestre, une mentalité terrestre. A quelque niveau que ce soit, les
deux ne pouvaient se rencontrer car il existe un énorme fossé entre les deux.
Ainsi, nous sommes à notre désavantage ! Comment résoudre un tel problè-
me ?
Jésus parle toujours d’un temps où Il demeurera en eux et ils seront en Lui.
Quand ce temps viendra, ils seront complètement et foncièrement diffé-
rents de ce qu’ils étaient au plus profond de leur être. C’est-à-dire que ce qui
est en Christ sera en eux, ce qui est différent sera en eux.
Quelquefois, la sagesse humaine leur dictera de faire ceci ou cela, mais cet
Autre à l’intérieur d’eux dira : « Continue ! Avance ! ». L’homme extérieur dira :
« C’est de la folie ! Je cours au désastre ! ». L’homme intérieur dira : « Il faut le
faire ! Avance ! ». Les deux ne pourront se réconcilier.
Il nous faut apprendre à Le connaître, à suivre Son Chemin : « Si quel-
qu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même et qu’il me suive ! », à renoncer à nos
arguments, nos raisonnements, nos jugements, nôtre bon sens parfois ! Suis-
Moi ! Nous ne pourrons jamais être sûr d’être sur le droit chemin tant que
nous ne Lui serons pas soumis en toutes choses !
C’est pourquoi la prière a une si grande importance dans la vie de l’enfant de
Dieu et qu’elle avait une place si primordiale dans la vie de Jésus sur terre. C’est
presque une énigme pour nous : Lui, Christ, le Fils de Dieu, oint du Saint-Es-
prit et sans péché, passait malgré tout une nuit de prière après une journée de
dur labeur. Pourquoi cela ? Parce qu’il n’y avait plus d’autre influence à l’œuvre,
il n’y avait rien d’autre à prendre en considération que de rester en harmonie
avec le Saint-Esprit sous l’autorité où Il s’était placé, car Il ne pouvait rien dé-
cider de Lui-même.
S’il en était ainsi pour Lui, à combien plus forte raison pour nous ! Tout
dans notre nature combat (parfois avec violence) la pensée et la volonté de
Dieu. Par notre vie de prière, le Saint-Esprit veut nous donner l’occasion de
marcher dans Ses voies en conformité à Ses plans et à Son timing.
Ainsi le Saint-Esprit va nous apprendre encore et encore à quel point le
Seigneur est différent de nous et à quel point nous sommes différents de Lui !
Et la première étape de ce processus va se passer à l’intérieur de nous lorsque
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nous allons prendre conscience de cette différence radicale.
Jésus est radicalement différent, totalement Autre que nous, même lorsque
nous pensons avoir complètement raison. Nous ne pouvons jamais relier cette
différence à notre propre justice jusqu’à ce que nous Lui ayons soumis cette
« justice » (le fait d’avoir raison). C’est très précis mais nécessaire…
Beaucoup d’entre nous ont déjà appris ces leçons-là ! Nous ne les apprenons
pas dans des livres mais de notre propre expérience. Nous sommes parfois très
sûr d’avoir raison et nous avançons en suivant la justesse de notre jugement ou
de notre opinion, mais bien souvent nous nous retrouvons dans un brouillard
de perplexité, de confusion et de douleur. Jusqu’à quel point nous atten-
dons-nous au Seigneur ?
On peut très facilement avoir une belle et riche idée, mais ne pas s’attendre
au Seigneur ! Comme ce fut le cas pour David qui voulut ramener l’Arche à
Jérusalem en construisant un chariot pour la transporter. Même si sa motiva-
tion et son idée étaient bonnes, cela entraîna la mort d’Uzza et l’Arche dut être
confiée tout un temps à un homme pour qu’il la garde chez lui. David n’avait
pas consulté le Seigneur, et la conséquence fut terrible. C’est pourquoi plus
tard, lorsqu’il voulut de nouveau transporter l’Arche, il dit : « Sanctifiez-vous, vous
et vos frères, afin de pouvoir transporter l’Arche du Dieu d’Israël, à la place que j’ai pré-
parée. Le Seigneur a fait une brèche sur nous, pour ne pas l’avoir fait conformément à son
ordonnance ».
L’instruction était bien présente, mais David ne s’est pas attendu au Sei-
gneur qui l’aurait guidé en l’instruisant comme Il l’avait fait avec Moïse. Il n’y
aurait eu ainsi aucun décès, aucun retard et tout se serait bien passé. Alors oui,
on peut avoir une très bonne idée pour le Seigneur, mais il faut la lui soumettre,
pour être sûr que ce n’est pas notre idée mais la pensée du Seigneur qui est en
train de naître en nous.
Voici ce qui divise les chrétiens en deux catégories :
1. Une majorité de chrétiens dont le christianisme est extérieur à eux-mê-
mes : ils font beaucoup de choses qu’ils ne feraient pas s’ils n’étaient pas
chrétiens, aller à l’église, à des réunions, … beaucoup de choses qu’ils
faisaient autrefois, ils ne les pratiquent plus aujourd’hui ; c’est une ques-
tion de faire ou ne pas faire, d’aller ou ne pas aller, d’être en appa-
rence un bon chrétien.
2. Une minorité de chrétiens qui sont à l’Ecole de Christ, pour qui la vie
chrétienne est intérieure : ils ont une connaissance du Seigneur dans leur
cœur, d’un Seigneur vivant et ils sont attachés à une relation authentique
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et vraie avec Jésus et le Saint-Esprit.
Il y a une grande différence entre ces deux catégories.
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VIII – La souveraineté de l’Amour divin
A – Le point zéro
Tous les passages bibliques qui ont été lus forment comme une séquence,
une suite ; ils sont tous l’aboutissement, la continuité du premier : « En Lui était
la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:4).
Chacun de ces passages correspondent à un point de départ, que l’on ap-
pelle le point Zéro. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont plus de vin » c’est le point
zéro, rien à ajouter !
Nicodème vint à Jésus et proposa un point qu’il considérait comme un bon
point de départ pour « négocier » avec Jésus, mais il était beaucoup trop en
avance par rapport à ce que Jésus pouvait accepter. Jésus le ramena donc au
point zéro en lui disant : « il faut que tu naisses de nouveau ». Il est impossible de
démarrer à un autre point que celui-là.
Si nous voulons connaître une relation vivante, il nous faut revenir en arrière
pour un nouveau départ : si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir… Cela ne
nous sert donc à rien de partir d’un autre point de départ, si nous ne sommes
pas capables de voir !
Le chapitre 4 de Jean offre une facette différente de cette même vérité avec
l’histoire de la femme samaritaine qui se trouve elle aussi vraiment au point
zéro. Progressivement Jésus va la sortir de son marasme, ce qui amènera la
samaritaine à dire qu’elle n’avait jamais entendu quelque chose de pareil : « je
ne sais rien, je ne comprend rien de ce que tu me dis ! ». Elle était tout en bas,
au point zéro et Jésus lui dit alors : « C’est là que tu dois commencer. L’eau que
je te donne n’est pas tirée de tes propres ressources, ni de ton puits, car il n’y a
rien que tu puisses produire, tester ou améliorer. Non, c’est quelque chose qui
vient seulement de Moi ; c’est l’Eau que je te donnerai. Allez on recommence
tout à zéro ! ».
Dans le chapitre 5 de Jean, nous voyons l’histoire d’un homme qui se trouve
dans une situation désespérée. Ses espoirs étaient déçus et tout effort semblait
inutile. Pendant 38 ans (le temps d’une vie), cet homme demeura ainsi dans cet
état critique. Cependant Jésus ne lui dit pas : « Regarde, tu es un pauvre estro-
pié, je vais te prendre par la main et après une période de traitement, je vais te
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remettre sur pieds, ta condition va s’améliorer ». Mais au contraire, Jésus fit un
miracle qui en un instant transforma cet homme en un homme nouveau. Ce
ne fut donc pas ici la guérison d’un vieil homme mais la création d’un homme
nouveau. Quelque chose s’est passé qui n’existait pas avant et qui n’aurait pas
pu se faire sans l’action du Christ qui commença au point zéro.
Le chapitre 6 décrit la présence d’une grande foule venue écouter Jésus,
Celui-ci demanda alors à Philippe: « Où acheter assez de pain pour nourrir la multi-
tude ? ». La situation était critique, mais de Sa propre initiative, Jésus non seu-
lement y remédia mais enseigna ensuite ses disciples sur le fait qu’Il venait de
nourrir Lui-même cette foule. Il ajouta : « Je suis le pain descendu du Ciel ». Car rien
sur terre ne peut vraiment satisfaire ce besoin. Cela doit venir du Ciel : Le Pain
céleste pour la vie du monde. Nous démarrons à zéro, et les pains et les pois-
sons représentent notre mesure de Christ qui doit s’accroître et se multiplier.
Le chapitre 9 de Jean nous parle de l’histoire de l’aveugle-né. Le thème ici
n’est pas le recouvrement de la vue d’un homme aveugle depuis sa naissance
car la gloire de Dieu ne se situe pas dans l’amélioration d’une condition, mais
dans la résurrection. En effet, la gloire de Dieu ne se manifeste pas dans notre
capacité à produire quelque chose ou à remettre les choses entre les mains de
Dieu quelque chose de nous qu’Il pourrait utiliser. La gloire de Dieu se ma-
nifeste dans quelque chose qui vient de Dieu Lui-même, et nous n’y sommes
pour rien. La gloire de Dieu se manifeste au point zéro.
Le chapitre 11 résume tout : Lazare représente « celui qui n’avait plus de vin »,
« celui qui doit naître de nouveau », « l’eau que Je te donnerai »… Il représente un état
de désastre : 4 jours dans la tombe avant que Jésus intervienne.
Vous remarquerez que Jésus intervient chaque fois que la situation est dé-
sespérée et qu’elle se trouve au point zéro. Il n’est pas question ici d’indiffé-
rence ou de manque d’amour de la part de Dieu mais au contraire, il s’agit là
de l’Amour divin en action, toujours relié à un principe : la Gloire dominante
de Dieu !
L’amour divin est lié à une loi, la loi dominante de la Gloire de Dieu. Il mon-
trera toujours Son Amour dans le but de manifester Sa Gloire et d’être glorifié
car la gloire de Dieu est toujours liée à la résurrection : « Ne t’ai-je pas dit que si
tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » et « Ton frère reviendra à la vie ».
La gloire de Dieu se situe donc dans la résurrection, et son amour ne réside
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que là où la résurrection répond à une situation donnée. Il n’y a donc ni arran-
gement, ni amélioration et ni remède pour le vieil homme.
Il y a beaucoup de gens aujourd’hui dans ce monde qui croient qu’il y a
en l’homme quelque chose qui peut contribuer à la gloire de Dieu, et que le
christianisme est l’émergence d’actions humaines faites pour la Gloire de Dieu.
Voila un mensonge subtil et fallacieux ! Ce n’est pas vrai.
Nous pouvons appeler cela comme nous voulons : « la lumière intérieu-
re », « l’étincelle de vie » mais la Parole de Dieu s’oppose tout le temps à cette
conception des choses. Nous commençons à zéro, et zéro pour nous signifie
que nous n’y pouvons rien. Tout doit venir de Dieu.
Le fait que le don de Dieu c’est la vie éternelle, cela veut bien dire que nous
ne l’obtenons pas tant que nous ne la recevons pas :
• nous sommes aveugles tant que Dieu ne nous donne pas la vue,
• nous sommes morts tant que Dieu ne nous donne pas la vie,
• nous sommes irrémédiablement estropiés tant que Dieu ne fait pas quel-
que chose pour nous et en nous, que nous ne pourrions faire.
« Nicodème, tu n’as rien à donner, il te faut naître de nouveau, je ne peux pas
te prendre au point où tu étais quand tu es venu vers Moi ! »
« Femme de Samarie, tu n’as rien ; tu le sais et tu le reconnais : c’est ici que
ça commence ! »
« Homme de Béthesda, tu ne peux rien et tu le sais bien : donc, tout repose
sur Moi ! »
« Lazare, que peux-tu faire à présent et que peuvent faire les autres pour toi ?
Si je ne descend pas maintenant du Ciel, alors il n’y aura que corruption ».
C’est une des plus grandes leçons que nous avons à apprendre à l’Ecole
de Christ : Dieu démarre à zéro pour Sa Gloire. Il utilisera le Saint-Esprit
dans les douleurs pour nous faire comprendre ce qu’est le point zéro, nous y
amener et nous faire réaliser que tout vient de Lui. Au bout il y a toujours le
Dieu souverain et Sa Gloire en relation à Christ. Son objectif pour nous c’est
la plénitude de la gloire.
C’est pourquoi aucune chair ne peut se glorifier devant Lui : « Que celui qui
se glorifie, se glorifie dans le Seigneur !... Il a été fait pour nous par Dieu sagesse, justice,
sanctification, rédemption ; comme il est écrit : Que celui… » (1 Corinthiens 1:29-31) et
« Je ne partagerai ma gloire avec personne » (Esaïe 42:8 ; 48:11).
Nous mettons tellement de temps à apprendre ces leçons si élémentaires.
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Nous continuons à nous accrocher à l’idée que nous pouvons produire quel-
que chose, et nos jours misérables ne sont que le résultat de notre espérance à
vouloir aider le Seigneur !
Tout ce qu’Il peut utiliser, c’est Son Fils, et la mesure de notre gloire sera la
mesure de Christ en nous, rien d’autre. Et il y aura des degrés dans cette gloire,
comme une chose est différente d’une autre, il y aura une gloire pour le soleil,
une gloire pour la lune, une gloire pour les étoiles.
Cette différence de degré sera conforme à la mesure de Christ en cha-
cun de nous, conforme à ce que nous aurons fait de Christ, par la foi, la base
de notre vie, de notre manière de vivre, de notre être : « Non ce que je suis, mais
ce que Tu es ! ».
Il y a-t-il quelque chose de plus grand que le Seigneur glorifié en nous ? La
Gloire de Dieu est liée à la résurrection et celle-ci est la prérogative unique de
Dieu.
Ainsi, si Dieu doit être glorifié en nous, nous aurons juste besoin d’une vie
entière pour Le connaître !
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