La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
Gohomey
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Introduction
Une alimentation réduite, une dépense énergétique accrue et une maladie
ont pour conséquence un état nutritionnel pauvre connu sous le nom de
malnutrition. La malnutrition est un problème de santé publique dévastateur aux
proportions épidémiques (Kouanda et al, 2008). A travers le monde, quelques
143 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition dont 20
millions du type le plus sévère la malnutrition aiguë sévère (UNICEF, 2008).
Chaque minute, environ dix (10) enfants malnutris meurent soit près de 5
millions chaque année (sondé, 2009). Le corps humain a besoin d’énergie et de
nutriments pour fonctionner. Si l’apport en nourriture n’est pas suffisant, le
corps commence à décomposer le gras et les muscles, le métabolisme ralentit, la
régulation thermale s’interrompt, le système immunitaire s’affaiblit et la
fonction rénale détériore. La malnutrition est associée à la mort, ainsi qu’a un
risque accru de maladie, des résultats académiques limités, une capacité
économique et de production réduite. C’est également l’un des mécanismes
principaux de transmission de la pauvreté et de l’inégalité d’une génération à
une autre. La malnutrition se manifeste par des carences en micronutriments
(aussi connu sous le nom de malnutrition chronique), des retards de croissance
et/ou une malnutrition aiguë. La malnutrition aiguë est causée par une réduction
de la consommation de nourriture et/ou une maladie causant une perte de poids
soudaine et des œdèmes. Ce problème majeur de santé publique touche
particulièrement les pays en développement (ONUSIDA/OMS, 2009).En
Afrique de l’ouest et plus particulièrement au Bénin, plus d’un tiers (37 %) des
enfants Béninois de moins de 5 ans souffrent de retard de croissance. Ces
enfants ne grandissent pas de façon optimale (UNICEF, 2008). Selon l’OMS, la
situation nutritionnelle des enfants Béninois est donc grave. Dans certains
Départements comme (l’Atacora, l’Alibori, le Plateau et le Couffo, la prévalence
dépasse même le seuil critique de 40% (UNICEF 2008).
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La malnutrition résulte, aussi bien d’une alimentation inadéquate que d’un
environnement sanitaire déficient (UNICEF, 1998). La malnutrition laisse, chez
des millions de survivants, des séquelles durables sous forme d’infirmité, de
vulnérabilité chronique aux maladies, d’ handicap intellectuel (black et al,
2008). Une nutrition adéquate au cours de la petite enfance est fondamentale
pour le développement de l’enfant. La période allant de la naissance à l’âge de
deux ans est reconnue comme un moment critique pour la promotion d’une
croissance optimale, de la santé et du développement (black et al, 2008). Il est
démontré que c’est à cet âge que l’on observe le plus souvent des
ralentissements de la croissance, en certains micronutriments et des maladies
courantes de l’enfant telles que la diarrhée (black et al, 2008). Après l’âge de
deux ans, il est très difficile pour un enfant de rattraper un retard de croissance
survenu plus tôt.
A long terme, les déficits nutritionnels précoces entrainent une diminution
des performances intellectuelles, la capacité de travail avec des conséquences
sur la reproduction et sur la santé en général tant au cours de l’adolescence que
de l’âge adulte (black et al, 2008). Une petite fille souffrant de malnutrition a de
plus forte chance à l’âge adulte de donner naissance à un nourrisson de faible
poids de naissance ou souffrant de malnutrition (United Nations Standing
Commette on Nutrition ,1992).
La lutte contre la faim en général et la malnutrition en particulier
constituent un défit majeur pour réduire considérablement la mortalité chez les
enfants. Ce faisant, de nombreuses stratégies ont été mises en place avec des
succès variables (Lancet, 2001). L’OMS, préconise une prise en charge en
fonction du degré de la malnutrition et des affections et/ou infections associées.
Cette prise en charge peut se faire soit en ambulatoire dans des centres de
récupération nutritionnelle (CREN), en communautaire ou en hospitalisation s’il
s’agit de cas de malnutrition sévère.
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La présente étude à pour objectif général la prise en charge de la
malnutrition aiguë sévère chez les enfants de moins de 5 ans admis au centre de
santé APH de Gohomey. De façon spécifique, il s’agit de :
o déterminer le statut socio-économique des enfants malnutris,
o identifier les tableaux cliniques les plus fréquemment associés à la
malnutrition,
o Déterminer le devenir des enfants malnutris,
o et enfin décrire les moyens de prise en charge de la malnutrition.
Notre document est structuré en trois parties à savoir : Cadre, Matériel et
Méthode d’étude ; Résultats et discussions et enfin Conclusion et Suggestions.
Pour y arriver, nous nous sommes fixés des hypothèses :
La malnutrition observée chez les enfants dans cette zone serait due à un
mauvais sevrage.
Le décès maternel serait la cause principale de la malnutrition observée
chez les enfants de cette zone.
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GENERALITES
1-Définition
La malnutrition est un problème de santé publique chez les enfants et en
Afrique sub-saharienne. La carence en oligo-éléments constitue un véritable
problème de santé publique en raison de la qualité nutritionnelle insuffisante de
nourriture. Les carences en micronutriments provoquent des interactions
complexes qui conduisent au cercle vicieux de la malnutrition et des infections.
Il existe différentes sortes de la malnutrition dont la malnutrition aigüe ou
émaciation qui regroupe la malnutrition aigue modérée et aigue sévère et la
malnutrition chronique qui est caractérisée par un retard de croissance.
La malnutrition aigüe est la résultante d’un rapport poids sur taille égal à moins
deux ou à moins trois Z-Score (-2 ou -3 Z-Score) et la malnutrition chronique
ou retard de croissance, est le rapport de la Taille par rapport à l’âge est
inférieur à moins -2Z-Score.
La malnutrition a de graves répercussions sur la santé et l’économie. La plus
importante est l’accroissement de la mortalité. L’aggravation du risque de
maladie et un développement cognitif plus lent affectent également le niveau
d’instruction. À l’âge adulte, l’accumulation des effets à long terme de la
malnutrition réduit la productivité et augmente l’absentéisme sur le lieu de
travail ; ces deux facteurs conjugués diminuent le revenu potentiel des
individus durant leur vie et leur contribution à l’économie nationale. Enfin, la
malnutrition provoque des complications graves pendant les grossesses.
2- MALNUTRITION
La malnutrition se traduit par un déséquilibre entre les apports en éléments
nutritifs et les besoins de l’organisme. Quand ces apports sont insuffisants,
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l’organisme s’affaiblit. La graisse disparaît en premier, puis les muscles
fondent
peu à peu. La malnutrition peut aussi être le résultat d’un excès d’un ou
plusieurs nutriments essentiels, pendant une période prolongée (UNICEF,
2011).
3- DIFFERENTS TYPES DE LA MALNUTRITION CHEZ L’ENFANT
La malnutrition aigüe et chronique sont les deux types de malnutrition
infantile qui entravent l’épanouissement des enfants dans le monde et plus
particulièrement dans les pays en développement ou l’accès aux soins de
santé, à l’eau potable, aux services d’hygiène, à la nourriture… restent de
véritables problèmes.
3.1-Malnutrition aigüe
La malnutrition aigüe est caractérisée par un manque temporaire ou répété de
nourriture (période de soudure, épidémie sévère, changement soudain ou répété
dans le régime alimentaire, conflit…) qui a pour conséquences sur l’enfant par
une perte de poids modérée (malnutrition aigüe modérée) ou importante
(malnutrition aigüe sévère). Sa prévalence la plus importante se retrouve chez
les enfants de 0 à 24 mois. Son développement est rapide d’où son nom aigue.
Le rapport Poids/Taille est sa mesure de détection (Croix-Rouge, 2014).Elle
touche 20 millions d’enfants dans le monde (UNICEF, 2011).
Il existe deux types de malnutrition aiguë : aiguë modérée et aiguë sévère.
3.1.1-Malnutrition aigüe modérée (MAM)
La malnutrition aiguë modérée se caractérise par une perte de poids modérée.
L’enfant atteint de malnutrition aiguë est confronté à un très grand risque de
maladies (diarrhées, paludisme…) et de mortalité. Une alimentation à base de
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produits de farine (80% de maïs et 20% de soja), enrichie en minéraux et
vitamines, peut corriger la MAM. Pour les cas de malnutrition aiguë modérée,
l’hospitalisation n’est pas nécessaire (UNICEF,2011).
3.1.2-Malnutrition aigüe sévère (MAS)
L’OMS définit la malnutrition aiguë sévère (MAS) comme un indice
poids/taille inférieur de 3 écarts-types aux normes de l’OMS ou un périmètre
brachial inférieur à 115 mm, et/ou la présence d’un œdème bilatéral
(gonflement des deux pieds) (WHO, 2017).
La malnutrition aiguë sévère se caractérise par une perte de poids très
importante. Un enfant dont la circonférence du bras est inférieure à 111 mm
(mesuré grâce au bracelet brachial) constitue un facteur de risque (UNICEF,
2011).
La malnutrition aiguë sévère touche environ 20 millions d’enfants de moins de
cinq ans et est associée à 1 à 2 millions de décès qui pourraient être évités
chaque année. Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère présentent un
risque de décès accru (neuf fois supérieur) par rapport aux enfants normaux ou
souffrant d’une malnutrition modérée. Dans la plupart des pays en
développement, les taux de létalité restent élevés, et sont compris entre 20 et
60%. Elle fait l’objet d’une urgence médicale et nécessite une prise en charge
rapide et efficace (WHO, 2017).
3.2-Malnutrition chronique
Identifiée par la lenteur de son développement, la malnutrition chronique
résulte d’une pauvreté structurelle ou de l’alimentation (exemple : ne manger
que des céréales, sans autres aliments), il est remarqué beaucoup plus chez les
enfants de 24 à 36 mois. Elle a pour corollaire un retard de croissance et du
développement psychomoteur, des difficultés d’apprentissage, une carence en
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micronutriments, une diminution des défenses immunitaires, etc. (Croix-
Rouge, 2014).D’après la NUTRISET (2017), 165 millions d’enfants sont
atteints par cette forme de malnutrition dans le monde. Elle se détecte lorsque
l’on évalue le rapport Taille / Âge inférieur à -2 Z-scores.
Les causes du retard de croissance (ou de la malnutrition chronique) sont
multidimensionnelles et complexes. Elles incluent la malnutrition prénatale,
intra-utérine et post-natale et se trouvent plus aggravées par les situations
d’urgence à savoir : les guerres, les catastrophes naturelles, les crises
alimentaires, les situations de crises prolongées (FINSA, 2015).
4. CAUSES
4.1-Causes immédiates
La malnutrition, qui se manifeste au niveau de l’individu est liée à son état de
santé. En effet, les causes immédiates de la malnutrition proviennent autant
d’une alimentation inadéquate que d’un environnement sanitaire déficient chez
l’enfant. Une alimentation inadéquate est le résultat d’un manque de nourriture
au niveau du ménage ou de pratiques alimentaires inadaptées. Par pratiques
alimentaires, on entend non seulement la qualité et la quantité des aliments
proposés aux jeunes enfants, mais aussi les étapes de leur introduction. Les
mauvaises conditions sanitaires augmentent, chez les jeunes enfants, le risque
de contracter des maladies, en particulier les maladies diarrhéiques, qui
affectent, à leur tour, l’état nutritionnel de l’enfant. Une alimentation
inadéquate et un environnement sanitaire inadéquat sont le reflet des conditions
socio-économiques (ORC, 2002).
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4.2 -Causes sous-jacentes
Les causes sous-jacentes de la malnutrition, se manifestent au niveau de la
famille et sont liées à des causes multiples telles que l’insécurité alimentaire du
ménage, des pratiques d’hygiène inappropriées, des services de santé limités,
un environnement sanitaire inadéquat (Croix-Rouge, 2014).
4.2.1-Insécurité alimentaire des ménages
La sécurité alimentaire du ménage est un accès durable à des denrées
alimentaires quantitativement et qualitativement suffisantes pour assurer à tous
les membres de la famille une ration adéquate et une vie saine. La sécurité
alimentaire des ménages dépend de l'accès aux vivres, à distinguer de la
disponibilité des vivres. Même si le marché regorge de produits, l’insécurité
alimentaire règnera dans une famille trop pauvre (UNICEF, 1998).
4.2.2-Pratiques d’hygiène inappropriées, des services de santé limités
Dans la plupart des pays où règne la malnutrition, l’accès à un service de santé
reste un problème imminent, pourtant des services de santé de bonne qualité,
pour un prix raisonnable, sont essentiels au maintien de la santé. Le manque
d'accès à l'eau potable et à un assainissement efficace, l'insalubrité dans le
quartier et autour des maisons favorisent, on le sait, la propagation des
maladies infectieuses. Or plus de 1,1 milliard d'individus n'ont toujours pas
accès à l'eau potable, et quelque 2,9 milliards ne disposent pas d'un
assainissement satisfaisant (UNICEF, 1998).
4.2.3- Les pratiques de soins
Prendre soin d'un enfant, c'est le nourrir, l'éduquer, le guider. Cette charge
incombe à l'ensemble de la famille, et à la communauté.
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L’allaitement maternel exclusif reste l’arme la plus efficace d’un bébé, contre
les infections. À partir de six mois, la supplémentation alimentaire
accompagnée du lait maternel ferait du bien au nourrisson pour satisfaire tous
ses besoins nutritionnels. Ces compléments alimentaires, quatre fois par jour,
de la tranche d’âge de (-6 mois jusqu’à 18 mois) doivent être des repas riches
en énergie et en nutriments, et faciles à digérer.
Les enfants doivent recevoir des soins de santé essentiels au bon moment. Pour
se développer au mieux, les enfants ont besoin de trouver dans leur entourage,
parents ou autres, un soutien émotionnel et une stimulation cognitive
(UNICEF, 1998).
5-CONSEQUENCES LIEES A LA MALNUTRITION INFANTILE
La mauvaise alimentation entraîne des problèmes de santé tant pour ceux qui
ne mangent pas suffisamment (sous-alimentation) ou qui mangent trop
(suralimentation) que pour ceux dont le régime est déséquilibré et manque des
nutriments pour une vie saine.
En termes de conséquences, le retard de croissance est associé à des fonctions
cognitives amoindries et des performances scolaires réduites chez le jeune
enfant. Il peut aussi entraîner un risque accru de maladies non transmissibles
s’il s’accompagne d’un gain excessif de poids plus tard au cours de l’enfance.
Un retard de croissance peut entraîner une faible stature à l’âge adulte, une
masse corporelle maigre, réduite et une productivité plus faible. Les femmes
qui ont souffert d’un retard de croissance pendant leur enfance ont elles mêmes
des nourrissons d’un faible poids à la naissance, contribuant ainsi au cycle
intergénérationnel de la malnutrition. A l’échelle d’un pays, le retard de
croissance peut entrainer une réduction du Produit Intérieur Brut (PIB) de 2 à
3% (FINSA, 2015).
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L'impact des facteurs nutritionnels est particulièrement marqué dans les phases
de croissance rapide du cerveau. Il a été démontré à partir d'études
longitudinales, que la malnutrition en période néonatale et dans les premiers
mois de la vie est certes à l'origine d'anomalies précoces mais entraîne aussi
des conséquences à moyen et long terme sur le quotient intellectuel et les
performances scolaires. La malnutrition diminue l'espérance de vie
(augmentation du taux de mortalité des nouveau-nés et des enfants de moins de
5 ans) ; elle entraîne une sensibilité accrue aux infections, affecte la croissance
physique, réduit les capacités physiques et altère le développement cognitif et
les capacités intellectuelles. Plusieurs études ont révélé que la dénutrition chez
les enfants de moins de 5 ans provoque une altération du développement
intellectuel conduisant à un rendement scolaire faible. On observe une
association solidement documentée entre le défaut de croissance et le retard du
développement mental, ainsi qu'entre la détérioration des indicateurs de
croissance et l'insuffisance des résultats scolaires et des réalisations
intellectuelles. La malnutrition est rapportée être un facteur sous-jacent dans de
nombreuses maladies chez les enfants et les adultes. Les enfants qui survivent à
un retard de croissance risquent de souffrir aussi de maladies pendant
l'adolescence et l'âge adulte et d'être moins productifs que la moyenne des
adultes, ce qui n'est pas sans conséquence sur la productivité économique. De
plus, une fillette mal nourrie est à risque de devenir une mère mal nourrie et
cette dernière est à haut risque de donner naissance à un bébé de petits poids,
perpétuant ainsi le cercle vicieux de la malnutrition. Ce bébé de petit poids
accusera un retard de croissance durant l'enfance et sera à risque de morbidité
et de mort précoce (DANIELE, 2009).
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6-Nutrition et infection
L’état nutritionnel est directement lié à l’alimentation et à des maladies
infectieuses telles que la diarrhée, les infections respiratoires aiguës, la malaria
et la rougeole. Plus de la moitié de ces décès infantiles dus à des maladies
infectieuses (pneumonie, malaria, etc.) résultent de la malnutrition. Il est, en
effet, établi qu’un enfant présentant une insuffisance pondérale légère ou
modérée a entre 2,5 et 4,6 fois plus de risque de décéder des suites d’une
maladie infectieuse qu’un enfant bien nourri (ORC, 2002).
Un régime alimentaire inadéquat, aboutit à une perte de poids, un retard
de croissance et une baisse de résistance aux infections donc exposent les
enfants aux infections et maladies qui aboutissent à une perte d’appétit, perte
de nutriments donc baisse de l’absorption des nutriments (Croix-Rouge, 2014).
7-Nutrition et croissance économique
La plupart des pays où la nutrition s'est améliorée au cours des 20 dernières
années ont aussi connu une croissance économique régulière et relativement
forte. Là où cette croissance a fait progresser le revenu des ménages et l'accès
des pauvres aux ressources, la nutrition a considérablement avancé. Ainsi, en
Indonésie, les 40% les plus pauvres de la population ont vu leur revenu
augmenter de moitié entre 1976 et 1986, une période de croissance économique
au cours de laquelle les progrès nutritionnels ont été relativement constants, ils
auraient d'ailleurs pu être plus considérables encore. La croissance économique
contribue donc souvent à l'amélioration de la nutrition, mais elle n'en est pas
une condition essentielle (UNICEF, 1998).
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8-Nutrition et statut des femmes
Dans les pays où le progrès nutritionnel est en retard sur la croissance
économique, on constate souvent une discrimination sociale à l'égard des
femmes. Pour certains experts, c'est à des facteurs tels que la restriction de
l'accès des femmes à l'éducation et à l'emploi qu'il faut attribuer les taux élevés
de malnutrition des enfants et d'insuffisance pondérale à la naissance que l'on
trouve en Asie du Sud. En Thaïlande par contre, où la nutrition s'est
remarquablement améliorée depuis 20 ans, les femmes savent le plus souvent
lire et écrire, elles représentent une proportion importante de la main-d'œuvre
et elles participent largement aux prises de décision dans la famille comme
dans la société (UNICEF, 1998).
9-Nutrition et dépenses sociales
Les investissements dans les services de santé, d'éducation, d'assainissement et
autres secteurs sociaux Ŕ en insistant particulièrement sur l'accès des femmes à
ces services et ces ressources Ŕ sont parmi les outils politiques les plus
importants pour l'amélioration de la nutrition. C'est ce qu'a prouvé le
Zimbabwe qui, après son accession à l'indépendance en 1980, a su par des
politiques sans ambiguïté ouvrir à de nombreuses communautés l'accès aux
services de base (UNICEF, 1998).
10-PRISE EN CHARGE DE LA MALNUTRITION
La prise en charge de la malnutrition est une priorité pour le gouvernement et
les organisations internationales pour sauver la vie à des milliers d’enfants qui
souffrent de ce mal. Cette prise en charge s’adresse aux personnes souffrant
d’une malnutrition aiguë. Cependant elle n’occulte pas l’importance des
stratégies qui s’adressent aux causes sous-jacentes de la malnutrition : accès
aux aliments, aux services de santé, aux soins, à l’éducation, à l’eau potable,
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aux ressources, à l’amélioration de l’environnement et de l’assainissement
notamment le protocole National de prise en charge de la Malnutrition Aiguë
au Bénin (PeCMA Bénin, 2011).
La prise en charge de la malnutrition au Bénin se fait principalement à deux
niveaux : niveau communautaire sur la base de la mesure du périmètre brachial
(PB), et dans les structures socio-sanitaires sur la base du périmètre brachial
(PB) et de l’indice poids pour taille (P/T). A ces deux niveaux les agents
impliqués dans le dépistage doivent également rechercher systématiquement la
présence d’œdème au niveau des pieds. Le dépistage est dit actif lors des
recherches dans la communauté et passif dans les structures socio sanitaires.
10-1- LE DEPISTAGE DE LA MALNUTRITION AIGUE
10-1- 1- Le dépistage actif
Au niveau communautaire :
Le dépistage se fait par les animatrices des CPS, les animatrices nutritionnelles
des centres Communaux de Promotion Agricole (CeCPA), les agents socio
sanitaires des centres de Santé (CS) et des Centres de Promotion Sociale (CPS)
qui font la stratégie avancée, les agents des ONG mais également par les Relais
Communautaires.
Principe de dépistage au niveau communautaire
La façon la plus simple de dépister la malnutrition aiguë dans la communauté
est la mesure du périmètre brachial (ou tour de bras), qui est un indicateur
direct de la maigreur et du risque de mortalité chez les enfants de 6 à 59 mois.
Le périmètre brachial ne s’utilise pas pour les enfants ayant une longueur
inférieure ou égale à 65 cm. Chez eux, le dépistage doit être fait par les agents
socio sanitaires qualifiés.
Critères de référence au niveau communautaire selon le NCHS :
- Un PB< 115mm
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- Des œdèmes bilatéraux
- Un état général altéré
- Les enfants de moins de six mois avec des problèmes d’allaitement.
Périodicité :
Le dépistage doit se faire au moins tous les deux mois au niveau de la
communauté et, pendant une crise (conflits armés, catastrophes naturelles,
épidémies etc.…) toutes les semaines ou tous les mois selon le cas. Le
dépistage peut être couplé à la recherche des abandons, aux visites à domicile
et s’effectuer de manière régulière. Toutefois la zone sanitaire peut organiser
un dépistage de masse au vu des résultats épidémiologiques des centres de
santé.
10-1- 2- Le dépistage passif:
Le dépistage passif se fait systématiquement dans les Hôpitaux de Zone (HZ),
les Centres Hospitaliers Départementaux (CHD) et assimilés, les Centres
Hospitaliers Universitaires (CHU), les Centres de santé publics, confessionnels
et privés, lors des consultations d’enfants sains, des consultations curatives, des
Consultations Pré et Post Natales, au cours des séances de vaccination.
Principe de dépistage passif de la MA
Dans les CNA et CNT, au cours des stratégies fixes, la malnutrition aiguë est
dépistée sur la base de la recherche des œdèmes bilatéraux, du PB et de
l’indice poids-pour taille. En stratégie avancée, outre l’indice poids-pour-taille
le périmètre brachial est mesuré de même que la recherche des œdèmes.
Le tableau suivant montre les critères de référence lors de dépistage passif chez
les enfants de 6 à 59 mois dans les structures de santé.
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Tableau I: Critère de référence après dépistage des cas de MA
Référence au CN Référence au CNT
P/T < -3 ET P/T < -3 ET avec complications
PB<115mm médicales ou text d’appétit négatif.
Pas d’œdème PB<115mm avec complications
Pas de complications médicales ou text d’appétit négatif.
médicales Présence d’œdème.
Source PeCMA Bénin, 2011
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Diagramme de dépistage de la malnutrition dans la communauté
Dépistage dans la communauté
PB≥125mm et
PB<115mm Œdèmes 115mm ≤ PB <125mm enfant bien
bilatéraux
Taille >65Cm
CNT P/T≥-2 ET -3 ET<P/T
CNA ≤-2 ET
Maison Coin de
nutrition
Appétit conservé et pas de
Complications médicales.
CNA
Pas d’appétit et/ou
Complications médicales
CNT
Figure 1 : Diagramme de dépistage
Source :(PcMA Bénin, 2011)
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11- LA PRISE EN CHARGE DE LAMALNUTRITION AIGUE
MODEREE
La prise en charge de la malnutrition aiguë modérée se fait à travers des
programmes de supplémentation nutritionnelle. Cette prise en charge à pour
objectif de corriger la malnutrition aiguë modéré en ciblant surtout les enfants
de moins de 5 ans et les femmes enceintes et allaitantes, de prévenir la
malnutrition aiguë sévère. Elle se fait prioritairement au niveau communautaire
et ne doit pas dépasser trois mois. Les bénéficiaires se présentent au centre
toutes les deux semaines pour le suivi de leur traitement. Selon PCMA Bénin
la prise en charge de la malnutrition aiguë modérée comporte les volets
suivants: la supplémentation nutritionnelle, le traitement médical systématique,
le suivi de bénéficiaire et l’appréciation des critères de sortie (PCMA Bénin,
2011).
11-1- La supplémentation nutritionnelle
Elle se caractérise par la distribution des rations alimentaires et l’accent est mis
sur la quantité et la qualité des aliments administrés.
Les enfants de plus de 6 mois remplissant les critères d’admission à la prise en
charge de la malnutrition aiguë modérée reçoivent un supplément
alimentaire correspondant à environ 1200 kcal/bénéficiaire/jour.
Cette ration sera équilibrée de sorte que les calories proviennent de :
50 à 55% de glucides;
30 à 35% de lipides;
10 à 15% de protides.
Elle doit être dense afin que le bénéficiaire puisse avoir un apport calorique
maximal pour un volume de nourriture à absorber minimal (densité idéale : 100
kcal pour 100ml). Il faut aussi tenir compte de l'aspect et du goût de la ration
afin qu'elle soit acceptable par les bénéficiaires (PCMA Bénin, 2011).
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Les farines de supplémentation enrichies en vitamines et minéraux (CSB,
Atmit,
Unimix, etc.…) doivent être la base de la ration de suppléments alimentaires.
Les tableaux suivants montrent la dose d’UNIMIX et de CSB par personne et
par jour.
Tableau II: Ration sèche à base d’UNIMIX non sucré.
Aliments Quantité Composition nutritionnelle
g/pers/ g/pers/ kg/pers/2 Energie Protéine Lipide
j semaine semaines (Kcal/pers/j) (g/pers/j) (g/pers/j)
UNIMIX 250 1750 3,5 1000 35 15
Huile 20 140 0,28 180 20
Total 270 1890 3,8 1180 35 35
% 11,9 26,7
Source PeCMA Bénin, 2011
Tableau III : Ration sèche à base de CSB 5% sucré.
Aliments Quantité Composition nutritionnelle
g/pers/j g/pers/ kg/pers/2 Energie Protéine Lipide
semaine semaines (Kcal/pers/j) (g/pers/j) (g/pers /j)
CSB 250 1750 3,5 950 45 15
Huile 25 175 0,35 221 0 20
Sucre 15 105 0,21 60 0
Total 290 2030 4,06 1231 45 35
% 14,4 26
Source PeCMA Bénin, 2011
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Gohomey
Il est indispensable que la composition exacte de ces farines soit mentionnée.
La farine, le sucre et l’huile seront préalablement mélangées pour former un
PREMIX qui est remis à la mère ou à l’accompagnant. On doit faire une
démonstration culinaire de la préparation de la bouillie (1 volume de PREMIX
pour 3 volumes d’eau) afin que les mères ou les accompagnants sachent
comment préparer la bouillie à la maison et l’importance de cette bouillie pour
l’enfant malnutri. La bouillie doit être cuite pendant un temps maximum de dix
(10) minutes. Une ration de décharge, composée de 30 jours de PREMIX est
donnée à la sortie du programme afin d’éviter la rechute de l’enfant. Cette
ration n’est servie que si
La disponibilité des produits le permet. Il est recommandé que cette ration soit
donnée en deux tranches de 15 jours pendant le premier mois de suivi après la
sortie. En cas de crise/urgence une ration familiale peut être ajoutée (PCMA
Bénin, 2011).
11-2- Traitement systématique
Elle consiste à prévenir les carences en vitamine A, à déparasiter
systématiquement les cibles et à prévenir l’anémie.
Le tableau 4 présente un résumé du traitement systématique chez les enfants
de moins de 5 ans au cours de la prise en charge de la MAM
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Tableau IV: Résumé de traitement systématique chez les enfants de moins de 5
ans
Prévention de la carence en Déparasitage de l’enfant : Prévention de
vitamine A Albendazole 400mg ou l’anémiefer+Acide
Mébendazole 500mg folique (200mg +
400μ)
Enfant entre 6 mois et 1 an Enfant de 12 à 24 mois : ½
(6 à 8 kg): 100.000UI comp d’Albendazole ou 1
(couleur bleue) comp de Mébendazole.
25 mois à 59 mois :
1comprimé d’Albendazole
ou de Mébendazole
Enfants de plus de 1 an (plus de Enfant < 10 kg :
8 kg) et les femmes 1/2comp une fois
dans les huit semaines suivant par
l’accouchement : jour pendant trois
200.000UI (couleur rouge) mois
Enfant >10kg :
1comp/jour
pendant trois
Mois
Source PeCMA Bénin, 2015
11-3- Le suivi des bénéficiaires
Le suivi des bénéficiaires comporte le suivi de l’état vaccinal, l’état de santé et
de l’état nutritionnel. A chaque contact pour le suivi, il faut réexaminer le
patient et prendre le poids et la taille, déterminer le P/T à l’aide de la fiche de
P/T ; rechercher les œdèmes ; apprécier l’évolution du poids et vérifier le statut
vaccinal (PeCMA Burkina ŔFaso, 2014)
11-4- Les critères de sortie
Ils peuvent sortir tout enfant remplissant les conditions suivantes :
- S’il atteint un PB ≥ 125 mm ou P/T ≥-1,5 Z-score pendant deux séances
consécutives de mesure.
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Gohomey
- Non répondant au traitement : si cela fait 3 mois qu’il est dans le
programme
- sans atteindre les critères de sortie (référence pour investigation).
- Abandon : patient absent à deux séances consécutives de mesure.
- Transfert : s’il est transféré vers un CNT ou un CNA ou vers un autre point
de traitement de la MAM.
- Décès : Patient décédé pendant son séjour dans le programme.
12-PRISE EN CHARGE DE LA MALNUTRITION AIGUE SÉVÈRE
La malnutrition aiguë sévère (MAS) demeure une cause importante de
mortalité des enfants, particulièrement ceux de moins de cinq ans et précipite le
décès des adultes atteints d’infections chroniques (tuberculose et infection à
VIH).Les principes de sa prise en charge, lorsqu’ils sont bien suivis, conduisent
rapidement à une récupération nutritionnelle et à la disparition des signes
cliniques de la MAS.
L’objectif est de corriger la malnutrition aigue sévère avec complications chez
les enfants de moins de cinq ans, promouvoir le meilleur traitement possible
pour réduire le risque de décès, raccourcir la durée de l’hospitalisation et
faciliter une bonne récupération.
Cette prise en charge comprend trois phases :
La phase I ou phase initiale, la phase de transition et la phase II ou phase de
réhabilitation nutritionnelle (PeCMA Bénin 2011).
12-1- La phase I ou phase de stabilisation
La phase I a pour but de fournir uniquement la quantité de nourriture
nécessaire pour rétablir l’équilibre hydroélectrique, les capacités d’homéostasie
et arrêter le processus de détérioration de l’état général. Toute surcharge
liquidienne est à éviter. Pendant la phase I les enfants doivent être pris en
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charge dans une pièce ou un endroit séparé de reste de service ; ils ne doivent
pas être mélangés aux autres patients. La phase I nécessite toujours une
hospitalisation (CNT) et sa durée ne doit pas dépasser 7 jours sauf en cas de
complications graves. Selon le protocole national de prise en charge elle
comporte un traitement systématique, un traitement diététique et un suivi
(PeCMA Bénin 2015).
12-2- Le traitement médical systématique
Le traitement systématique consiste en la supplémentation en vitamine A, la
supplémentation en Acide Folique, l’administration d’antibiotiques (
Amoxicilline), le traitement antipaludéen (Artéméther), le traitement
antifongique (Nystatine) et le traitement antiparasitaire (Mébendanzole,
Abendazole) en des doses fixées par le protocole national et la vaccination
contre la rougeole, si l’enfant n’a pas été vacciné (PCMA Niger, 2013).
12-3- Le traitement diététique
En ce qui concerne le traitement diététique, le Produit de renutrition
utilisé est le lait F75 (100 ml = 75 kcal). On l'utilise à raison d'environ 130
ml/Kg/jour. Ce produit permet d'amorcer le rétablissement des fonctions
métaboliques. Un gain de poids à ce stade serait dangereux.
L'allaitement maternel doit toujours être offert avant chaque repas et être donné
à la demande. Huit repas par jour seront donnés dans les CNT où le personnel
est en nombre suffisant pour préparer et distribuer les repas de nuit.
Si l'administration des repas de nuit pose problème, on donnera 5 à 6 repas par
jour. Plus de 8 repas par jour seront parfois nécessaires lorsque l'enfant
présente une diarrhée osmotique. Cela n'est pas fréquent et ne concerne qu'un
petit nombre d'enfants. La sonde naso-gastrique (SNG) peut être nécessaire
pour certains enfants, mais sa mise en place obéit à des conditions précises
(PeCMA Bénin, 2015).
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12-4- Surveillance
La surveillance consiste à observer l’évolution de la prise alimentaire, de l’état
clinique et des paramètres anthropométriques. Les paramètres cliniques à ce
stade sont : le poids qui doit être pris chaque jour et transcrit sur la fiche de
suivi, le degré d’œdème (0 à+++) doit être évaluer cliniquement chaque jour, la
température doit être prise 2 fois par jour, les signes cliniques standard (selles,
vomissement, déshydratation, toux respiratoire et la taille de foie) doivent être
évalués et notés sur la fiche de suivi chaque jour, la taille débout doit être prise
après le 21ème jour ainsi que le périmètre brachial (PB) qui est pris chaque
semaine (PeCMA Bénin, 2011).
12-5- Phase de transition
Les critères de passage de la Phase 1 à la Phase de Transition sont :
la reprise de l’appétit (le patient prenant son repas en une fois sans s’arrêter),
l`amorce de la fonte des œdèmes qui doit être visible au niveau clinique et
pas uniquement jugée sur la diminution du poids seul.
Cette Phase prépare le patient au traitement de la Phase 2 soit dans les centres
hospitaliers soit en ambulatoire. La phase de transition doit durer entre 1 à 5
jours, en général 2 à 3 jours (PeCMA Bénin, 2011).
-A ce stade un nouveau régime diététique est introduit : le F100 ou ATPE à
partir de 06 mois (100mlde F100 = 20g de ATPE).Le produit à utiliser de
préférence est le lait thérapeutique F100 (100 ml = 100 Kcal) indifféremment
pour toutes les catégories d’âge. On dilue 1 sachet de F100 dans 2 litres d’eau
tiède préalablement bouillie.
- Le nombre de repas, les horaires de repas et le volume du régime restent
exactement le même dans la phase de transition comme dans la phase 1. Il y a
habituellement 6 à 8 repas par jour.
- Avec le changement dans le type de régime, la prise énergétique augmente de
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100kcal/kg/j à 130kcal/kg/j. Ceci est suffisant pour permettre à l’enfant de
prendre du poids. Dans de rares cas au cours de cette phase les œdèmes
peuvent disparaître sans perte de poids jusqu’à la fonte complète des œdèmes.
Dans tous les cas, les enfants allaités doivent toujours être mis au sein avant le
repas de F100 ou d’ATPE ; de plus, ils doivent être allaités à la demande.
(PeCMA Bénin, 2011).
Le gain de poids attendu est d’environ 6g / kg /j en l’absence d’œdème
ou de transfert liquidien provenant des œdèmes vers les tissus (PeCMA Niger,
2013).
Les critères pour passer de la phase de transition à la phase 2 sont:
- Un bon appétit (le patient prend au moins 90% de l’ATPE ou du F100
prescrit en phase de transition).
- La fonte totale des œdèmes.
L’enfant pourra être admis en phase 2 en hospitalisation (CNT) si :
- l’accompagnant accepte de rester au CNT
- Il n’y a pas de CNA où l’enfant peut être référé
- Les conditions d’une bonne prise en charge à domicile ne sont pas réunies
(Pecma Béni, 2011).
12-6- Phase II ou phase de réhabilitation au CNT
Pendant cette phase, les enfants reçoivent des apports supplémentaires en
calories et en nutriments qui les aident à prendre rapidement du poids et à
rattraper leur retard de croissance. La formule F-100, qui contient 100
kilocalories et 3 grammes de protéines pour 100ml, est recommandée à ce
stade. Les enfants bénéficient également d’une stimulation mentale prenant la
forme de jeux destinés à améliorer leur développement cognitif.
Les enfants présentant une malnutrition aiguë sévère sans complications
(ceux qui ont de l’appétit et qui sont vif et se portent bien sur le plan clinique)
peuvent être pris en charge dans la communauté ou dans les structures de soins
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de jour utilisant les ATPE (plumpyNut). Les ATPE sont des aliments enrichis
en micronutriments très caloriques aux propriétés analogues à celles de la
formule F-100 (British Journal of Nutrition, 2001), ils n’ont pas besoin d’être
cuisinés, se caractérisent par une faible teneur en humidité, se conservent donc
longtemps et ne nécessitent une administration sous supervision. Cette méthode
permet également de remédier aux problèmes associés à une hospitalisation
traditionnelle : difficultés d’accès, couverture insuffisante et longueur du
traitement. Il a été largement démontré que ces ATPE entraînent des niveaux
satisfaisants de récupération nutritionnelle, réduisent la mortalité et
raccourcissent la durée de l’hospitalisation des enfants présentant une
malnutrition aiguë sévère (collins, 2007).
En fin la phase de récupération dont le principe est d’alimenter les
patients avec un régime bien équilibré et à haute valeur énergétique et de les
encourager à manger autant que possible. L’allaitement maternel doit être
promu et continué tout le long du traitement. Les enfants allaités doivent être
mis aux seins avant qu’ils ne reçoivent du F100. Les patients qui sont en phase
de récupération peuvent tolérer une grande quantité de nourriture et peuvent
ainsi commencer leur réhabilitation nutritionnelle.
Certains enfants ont des préférences pour l’un ou l’autre de ces deux aliments.
Il est recommandé de donner au patient le régime qu’il préfère, ces deux
aliments sont équivalents au plan nutritionnel.
12-7- Surveillance
Au cours de la surveillance, des activités suivantes sont importantes :
Prise de poids et recherche d’œdèmes Chaque jour (Au moins une fois),
Mesure de la Taille couchée / debout Toutes les 3 semaines,
Prise de la température corporelle Deux fois par jours (Matin & soir),
Recherche de signe clinique standard (selles, vomissements, etc.), Chaque jour
(Au moins une fois),
Contrôle de l’appétit à chaque repas,
PB Chaque semaine.
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I- CADRE D’ETUDE
Carte 1CARTE DE SITUATION GEOGRAPHIQUE
DE LA COMMUNE DE DJAKOTOMEY
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Carte 2 CARTE DE LA COMMUNE DE DJAKOTOMEY
POPULATION : 134.028 Hab
DENSITE : 412 Hab/Km2
SUPERFICIE : 325 Km2
SOURCE : INSAE 2010
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Gohomey
Djakotomey est une ville de la commune du même nom située dans le
Département du Couffo au Sud Ouest du Bénin. Elle est délimitée au Nord par
les Communes d’Aplahoué et de Klouékanmè, au Sud par la Commune de
Dogbo, à l’Est par les communes de Toviklin et de Klouékanmè et à l’Ouest
par le Togo. Selon le recensement de 2013 (RGPH-4), la Commune comptait
134028 habitants. Elle compte 10 Arrondissements et Gohomey est le 5ème.
Les langues couramment parlées dans la commune sont : Adjagbé, Fongbé et le
Français.
Le centre médical APH est situé dans l’Arrondissement de Gohomey. Ce
centre à été créé en 1991 par les Allemands et comporte :
Une maternité,
Un laboratoire d’analyse biomédical,
Un bloc opératoire,
Une salle de radiographie,
Un dispensaire,
Un dépôt pharmaceutique.
Le centre possède plusieurs services dont :
Le service d’urgence,
Le service d’anesthésie et réanimation,
Le service de médecine interne,
Le service de chirurgie,
Le service gynéco obstétrique,
Le service de pédiatrie.
Le service de pédiatrie qui va attirer toute notre attention durant ce travail est
composé de : 4 salles d’hospitalisations de cinq (05) lits chacune, le bureau du
Docteur, une salle de garde des infirmiers.
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Une unité de récupération nutritionnelle composée d’une salle de nutrition,
deux magasins, un magasin pour garder les intrants alimentaires et un autre
pour les médicaments et divers matériels de prise en charge de malnutris.
1-1- CNT
Le Centre Nutritionnel Thérapeutique (CNT) est logé au sein du centre
médical de Gohomey. Il fonctionne sur fond propre et bénéficie actuellement
de l’appui du gouvernement et des organisations internationales (L’UNICEF)
pour les laits thérapeutiques, le plumpy Nut (PN).
Il s’y déroule quotidiennement :
Des activités de pesée des enfants malnutris ;
L’inclusion de nouveau cas sur les critères basés sur l’indice poids pour
taille (P/T), le Périmètre Brachial (PB) et la présence d’œdèmes ou non
(DN, 2010).
La pose de la sonde Nasogastrique (SNG) pour les enfants anorexiques.
La mise à jour des fiches individuelles des enfants malnutris et du
registre.
Et enfin l’éducation nutritionnelle.
1-2- Matériels humain
L’étude a concerné13 enfants de 0 à 59 mois admis dans le CNT durant la
période du 03 Juillet au 03 Septembre 2017. Le seul critère d’inclusion était la
confirmation de l’état de malnutrition de l’enfant par le centre à partir du P/T et
du PB. Tous les enfants admis au centre ont été suivis à raison de 7 jours sur 7
par semaine pendant 03 mois. D’une part étaient enregistrés et examinés tous les
nouveaux cas et d’autre part l’ensemble des enfants en cours de suivi dans le
centre (CNT) étaient soumis aux mesures anthropométriques.
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1-3-Matériels de mesure
Les matériels suivants ont été utilisés pour la prise des mesures
anthropométriques.
- Une balance de type Séca
- Une toise
- Fiche d’enregistrement
- Stylo
- crayon
- Brassard tricolore
2) METHODOLOGIE
2-1) Type d’étude : nous avons mené une étude sélective portant sur les
malnutris sévères hospitalisés au CNT de Gohomey.
2-2) Collectes des donnés
Pour la collecte des données, deux (02) méthodes ont été utilisées
- L’entretient individuel guidé par le questionnaire.
- L’observation.
Ces techniques si bien différentes sont complémentaires car les informations de
l’une vérifient celles de l’autre.
Les donnés socio-économiques ont été collectées à l’aide d’un questionnaire
standardisé destiné aux mères des enfants. Il a concerné des questions semis
structurées ouvertes mais orientés sur les aspects socio-économiques et
alimentaires.
- Les données socio-économiques du ménage de l’enfant.
- Les habitudes alimentaires de l’enfant à domicile.
- Le statut vaccinal.
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- L’anthropométrie et l’état clinique de l’enfant.
2-3 Méthode de diagnostique
Le moyen le plus rapide et le plus exact d’évaluer l’état nutritionnel et
sanitaire d’une population, d’une communauté ou d’un individu est offert par
l’anthropométrie (OMS, 1986).L’anthropométrie est une mesure très utilisée,
peu chère et non invasive de l’état nutritionnel en général d’une personne ou
d’un groupe de population. Les mensurations anthropométriques les plus
courantes comprennent le poids et la taille, souvent associées à l’âge, elles
servent de base à la formulation de certains indices. Les indices nutritionnels
sont exprimés en écart-type et peuvent être estimés à partir d’une table de
référence de l’OMS. Les indicateurs anthropométriques donnent une idée
approximative de l’état nutritionnel. Les indicateurs les plus souvent utilisés
sont le poids corporel et la taille par rapport à l’âge et au sexe de l’individu.
D’autres incluent la circonférence du bras, de la tête et de la cuisse et l’épaisseur
du pli cutané.
Le poids :
Dans le Centre, les pesées des enfants étaient effectuées une fois par semaine, et
les enfants étaient pesés légèrement habillés avec une balance de type Séca.
La taille :
La taille était mesurée à l’entrée et à la fin de chaque semaine jusqu’à la sortie à
l’aide d’une toise, les enfants de 85 cm étaient mesurés debout et les enfants de
moins de 85 cm étaient mesurés en position couchée avec une précision de
0,1cm.
Le Périmètre Brachial :
Il a été mesuré à l’entrée et à la fin de chaque semaine jusqu'à la sortie de
l’enfant. La mesure était effectuée au niveau du bras gauche à mi-distance entre
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l’olécrane et l’acromion grâce à un brassard coloré de SAKIR (shakir et Morley,
1974).
L’âge :
Souvent difficile d’évaluer par ce que le carnet de naissance n’existe pas.
Le sexe :
Il permet de voir la proportion par genre touchée par la malnutrition et admis au
centre (CNT).
INDICES ANTHROPOMETRIQUES :
Les mesures anthropométriques en tant que telles sont des valeurs brutes
d’intérêt limité. Elles doivent être interprétées en fonction de l’âge et du sexe de
l’enfant. Ces différentes combinaisons donnent naissance à des indices. Trois
indices sont fréquemment utilisés pour évaluer l’état nutritionnel des enfants :
poids-tailles (émaciation), poids-âge (déficit pondéral), taille-âge (retard de
croissance).
Seul l’indice poids-taille a été retenu pour l’étude. Il a l’avantage d’examiner les
effets à court terme de la malnutrition et de mesurer la prévalence de la
malnutrition aiguë globale, modérée et sévère.
Test de l’appétit
a façon dont les infections et autres maladies
affectent l’état clinique du patient: les enfants sévèrement affectés par les
maladies infectieuses et malnutris ne présentent souvent aucun signe clinique
d’infection (Fièvre, inflammation). Cependant ces complications sévères
conduisent à une perte totale de l’appétit.
(ambulatoire ou hospitalière) est le test de l’appétit. Un mauvais appétit signifie
que l’enfant est sévèrement infecté et/ou souffre d’un désordre métabolique. Ces
sujets sont à risque de décès. Pour leur offrir un traitement efficace il est normal
que le test de l’appétit soit fait dans les meilleures conditions :
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calme et avec prudence ;
genoux et lui offrir le sachet de l’ATPE, ou mettre un peu de pâte sur son doigt
pour le porter à la bouche de l`enfant ;
l’encourager à manger. Si celui-ci refuse, il (elle) doit alors continuer gentiment
à l’encourager et prendre son temps. Le test doit normalement prendre peu de
temps, mais cela peut aller jusqu’à une heure. L’enfant ne doit pas être forcé ;
prend son ATPE ;
consommée.
« modéré ». Si le patient prend ce volume 5 fois par jour, il a un appétit modéré
qui lui permet de maintenir son poids. Le patient avec un bon appétit devrait
gagner du poids.
L’Examen clinique et para clinique
Ces examens visaient non seulement à confirmer le diagnostique déjà posé, mais
aussi à rechercher des signes couramment associés à la malnutrition, comme :
- Les œdèmes bilatéraux et symétriques ;
- Les signes de déshydratation (soif intense, sécheresse de la muqueuse
buccale, diarrhée, vomissement),
- Les signes d’anémie (pâleur de la muqueuse conjugale),
- Les analyses biologiques effectuées sont : la numération formule
sanguine ?
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3- PRISE EN CHARGE DES ENFANTS MALNUTRIS
Les enfants sont soumis à un régime simple composé des laits thérapeutiques
F75 et le F100 ainsi que le plumpy Nut (PN).Des plats locaux préparés avec les
denrées rencontrées sur le marché sont aussi utilisés.
Le régime est généralement associé à un traitement médicamenteux mais
surtout à une stimulation psychologique avec des jouets ce qui crée une
atmosphère propice à l’épanouissement des enfants.
3-1- Prise en charge nutritionnelle:
Le centre achète les fruits, les légumes, les œufs, les viandes ainsi que les
poissons et d’autres condiments. Mais les autres produits alimentaires comme
les F75, le F100 et les ATP proviennent des dons du gouvernement et des
organisations Internationales et autres donateurs.
Tableau V: fréquence, horaire de distribution et type de repas donné au
centre.
Fréquence et horaires de distribution Type de repas ainsi que la nature des
ingrédients
2 fois par jour : Bouille de Sodja, sucre, lait.
-8h
-16h
2 fois par jour : Jus de fruit, poisson frit
-12h
-19h
1 fois par jour :12h Riz, sauce tomate, pâte rouge, viande,
spaghetti, œuf, haricot, gari, huile,
crincrin, poisson frais, couscous,
ragoût
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1 fois par jour : 19h Pâte, sauce au moringa moulus,
viande, sauce légume, sauce tomate,
poisson frais, crincrin, poisson frit, riz,
pâte de mawè, spaghetti, sauce
d’arachide, sauce de sésame
Systématique en phase 1 avec œdèmes F75
Systématique en phase de transition F100
Phase 2 au réhabilitation Plumpy-Nut
Ces repas sont repartis en petit déjeuner, déjeuner, goûter, diner et selon les
jours.
La prise en charge alimentaire est caractérisée par l’encouragement à
l’allaitement maternel pour des enfants qui sont allaités mais leurs mamans
n’ont pas assez de lait, aussi la SNG est utilisée et enfin les aliments locaux
ainsi que les produits laitiers sont utilisés pour enrichir les repas. Les enfants
sont alimentés le jour comme la nuit jusqu’à guérison. Les étapes de la prise en
charge sont bien respectées dans le centre. Les enfants sont suivis après leur
sortie du centre grâce aux visites à domicile.
3-2- Prise en charge médicale
Au cours de la prise en charge, les enfants reçoivent régulièrement des
consultations médicales dans le but de diagnostiquer d’éventuelles infections et
complications qui surviennent. En cas de nécessité de confirmation du
diagnostic par un examen biologique, celui-ci se fait au laboratoire d’analyse
médicale du centre à la charge du même centre. Les médicaments prescrits après
analyse sont pris dans le dépôt pharmaceutique du même centre. La prescription
est assurée par un Docteur qualifié, et s’inspire du protocole national de la
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PcMA. Les médicaments sont utilisés dans le traitement systématique et
complémentaire selon une dose qui est fonction du poids et l’âge.
Les parents sont sollicités financièrement pour une contribution de 5000F par
mois.
3-3- Prise en charge éducative
C’est une séance éducative qui est assurée par le personnel en charge de la
nutrition dans la maison. Elle se fait une fois par semaine avec les mères ou
accompagnantes de tous les enfants et aborde les thèmes suivants :
- Les conseils sur l’hygiène et l’assainissement ;
- Le rattrapage et l’intérêt de la vaccination ;
- L’alimentation de l’enfant ;
- La contribution de la mère pour la guérison de son enfant.
Les mères des enfants bénéficient d’une démonstration culinaire (préparation de
sauce légume, bouillie…) et un planning familiale. L’éducation nutritionnelle
est faite en adja (langue couramment parlée dans la commune) à l’endroit des
mères, la plupart du temps des jeunes femmes. L’essentiel du travail est de leur
apprendre la valeur nutritionnelle des différents aliments disponibles, comment
les associer afin d’obtenir des repas équilibrés et de bonne qualité nutritionnelle.
L’objectif est de leur faire comprendre la relation étroite entre une alimentation
bien conduite et un bon état de santé.
L’éducation nutritionnelle a pour but d’améliorer les connaissances des
parents et leur donner des aptitudes pour fournir des soins adéquats à leurs
enfants et prévenir la malnutrition. Les mères participent activement à la
préparation des plats et à l’alimentation des enfants.
Cette action curative en faveur de l’enfant malnutris a le mérite d’être en
même temps préventive et sera bénéfique pour les autres enfants de la famille.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
Gohomey
De même cet apprentissage sera spontanément diffusé par les mères dans leur
environnement familial et relationnel.
3-4- Prise en charge psychologique :
Elle est essentiellement basée sur la stimulation psychologique des enfants en
leur offrant des jouets au sein du centre tous les jours et à tout moment. Aussi la
présence de la maman au cours de ces jouets s’avère nécessaire ce qui crée en
plus un soutien affectif entre la mère et son enfant.
4-SUIVIS DES ENFANTS AU CNT
Le suivi se fait une fois par semaine en utilisant la fiche de traitement de la
malnutrition et le carnet individuel de l’enfant. A chaque visite, les donnés
suivantes sont prises systématiquement:
- Le poids avec la balance SECA tous les vendredis,
- Le PB avec un brassard tricolore.
- La taille est mesurée avec une toise.
- La température est prise chaque jour avec le thermomètre.
5- LA SORTIE DES ENFANTS
Les critères de sortie sont principalement le gain pondéral, l’état clinique
satisfaisant et la bonne reprise de l’alimentation.
6- TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNEES
Les différents degrés de malnutrition ont été analysés selon la classification de
l’OMS (2006) à savoir l’indice P/T suivant l’âge et le sexe pour établir une
comparaison entre le poids de l’enfant et le poids de référence pour les enfants
de même taille.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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II-1-RESULTATS
Au cours de notre étude au CNT on a enregistré 13 cas de malnutritions aiguës,
composé comme suit :
Malnutrition aiguë sévère 11 cas de 0 à 59 mois et 2 cas de malnutrition aiguë
modéré.
1-1-CARACTERISTIQUES DES ENFANTS
REPARTITION DES ENFANTS PAR SEXE
Tableau VI: Répartition des enfants par sexe
Sexe Effectif Pourcentage
Masculin 10 76,92
Féminin 03 23 ,08
Total 13 100
Les enfants sont regroupés en fonction de leur sexe pour pouvoir donner le
groupe le plus touché par la malnutrition. Les enfants sont au nombre de 13 dont
3 filles (23,08%) et 10 garçons (76,92%).
REPARTITION DES ENFANTS PAR AGE A L’ADMISSION
La figure ci-dessous détermine la répartition des enfants admis au CNT pour la
prise en charge en fonction de l’âge en mois.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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Nbre d’enf
15
69,23%
10
5 23,05%
7,69%
0à5 6 à 14 25 à 30 Age (mois)
Figure 2: Répartition des enfants selon leurs âges en mois
L’âge des enfants admis au CNT pendant la période de notre étude varie de 0
mois à 28 mois et l’âge moyen à l’admission est de 6 mois.
Répartition selon les causes d’allaitement non exclusif.
Tableau VII: Répartition selon les causes d’allaitement non exclusif.
Cause d’allaitement non Effectif Pourcentage
exclusif.
Montée laiteuse insuffisante. - -
Décès maternel 8 61,53
Maladies maternelles - -
Gémellité 8 61,53
Total
A travers le tableau VII on note un taux très élevé de décès maternel (61,53%) et
de gémellité (61,53) chez les enfants malnutris étudiés dans cette zone.
Répartition selon le sevrage
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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Tableau VIII : Répartition selon le sevrage
Enfants sevré Effectif Pourcentage
Oui 11 84,61
Non 2 15,39
Total 13 100
En considérant ce tableau, on voit que 84,61% des enfants malnutris sont sevrés.
Ceci nous permet de savoir que le sevrage est un facteur important de la
malnutrition. En effet les aliments de sevrage ne sont pas suffisants
(qualitativement et quantitativement) pour couvrir les besoins de la croissance,
ce qui provoque des carences et une plus grande fragilité face à l’infection, qui à
son tour aggrave un déficit immunitaire de la malnutrition (Fokui Jule Valery,
2006).
Le sevrage la plupart du temps n’est pas réalisé dans les conditions idéales.
Décider brutalement, il intervient le plus souvent lorsque l’enfant atteint
l’âge d’être sevré ou, au cours d’une maladie de l’enfant ou en raison d’une
nouvelle grossesse ou décès maternel; ce qui rend ce cas difficile à franchir par
l’enfant entrainant ainsi la rupture de l’équilibre nutritionnel.
Répartition des enfants selon la forme clinique
Tableau IX: Répartition des enfants selon la forme clinique
Type de malnutrition Effectif Pourcentage
Marasme 2 15,38
Kwashiorkor 7 53 ,84
Cas spécifiques 4 30,76
Total 13 100
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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Le tableau IX montre que le Kwashiorkor représente 53,84% des malnutris
contre 15,38% de marasme.
Répartition des enfants malnutris selon les signes cliniques à l’admission.
Tableau X : Répartition des enfants malnutris selon les signes cliniques à
l’admission
Signes cliniques observés Effectif Pourcentage
Diarrhée 11 84 ,61
Anorexie 2 15,38
Pâleur 2 15,38
Toux 4 30 ,76
Vomissement 3 23,07
Dyspnée - -
Fièvre 12 92,30
Hypothermie - -
Dysuries - -
L’anorexie, la diarrhée, vomissement et la toux ont été les signes les plus
retrouvés chez les enfants malnutris selon le tableau ci-dessus.
Tableau XI: Répartition selon le traitement antérieur avant l’admission
Traitement antérieur Effectif Pourcentage
Oui 4 30,76
Non 9 63,23
Total 13 100
Répartition des patients selon la réadmission
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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Tableau XII: Répartition des patients selon la réadmission
Réadmission Effectif Pourcentage
Oui 1 7,69
Non 12 92 ,30
Total 13 100
Selon ce tableau il y a seulement un cas de réadmission soit 7,69%.
Répartition des enfants selon les pathologies associées
Tableau XIII: Répartition des enfants malnutris selon la pathologie associée.
Pathologies associées Effectif Pourcentage
Anémie 4 30,76
IRA 5 38,46
Diarrhée 3 23
ORL Stomatologie - -
Lésions Cutanée 1 7,69
Méningite - -
VIH - -
L’anémie, les infections respiratoires aiguës et la diarrhée ont été les pathologies
les plus observés chez les enfants malnutris.
Répartition selon le poids à l’admission
Poids à l’admission
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Tableau XIV: Répartition des enfants selon le poids à l’admission
Poids à l’admission Fréquence Pourcentage
Normal 3 23,07
Petit poids 10 76,92
Hypertrophiques - -
Total 13 100
A l’admission 23,07% des patients seulement avaient un poids normal. Le poids
minimum à l’admission était de 1,5 kg et le poids moyen était 3,09kg.
PERIMETRE BRACHIAL A L’ADMISSION
L’état nutritionnel des enfants est refléter par la variation de leur PB dont pour
certains, il était inférieur à 11 cm, chez les autres, ils étaient compris entre 11 et
12 cm et enfin chez un autre groupe d’enfants il était compris entre 12 et 13.
1-2- FACTEURS DE RISQUE ASSOCIES A LA MALNUTRITION
ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE L’ENFANT
Le tableau ci-dessous détaille les situations des parents et des enfants
Tableau XV : Situation socio-économique et sanitaire des parents
Variables Effectif Pourcentages
Revenu mensuel de
la mère ≤ 30000F 2 15 ,38
≤ 20000F<20000F 4 30, 7661,53
Profession de la mère
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-revendeuse 4 30,76
- cultivatrice 9 69,23
Pompe 10 76 ,92
Puit 3 23
Niveau d’instruction
de la mère
-Alphabétisation 1 7,69
-Analphabétisation 12 92, 30
Les enfants malnutris admis au CNT de Gohomey proviennent
majoritairement des quartiers les plus reculés de la Commune de Djakotomey et
autres. La majorité des mères de ces enfants (92,30%) sont des femmes non
instruites, sans emploi, ni aucune activité génératrice de revenu. L’écart en
matière de nutrition entre les zones rurales et les zones urbaines s’est amenuisé
au cours de la dernière décennie, principalement du fait de la détérioration de la
situation en milieu urbain. Une étude réalisée en 2006 en Afrique subsaharienne
a constaté que les disparités en matière de nutrition infantile entre les
communautés urbaines riches et pauvres étaient plus importantes que les
disparités entre les zones urbaines et les zones rurales (UNICEF, 2012).
L’importance de l’éducation des parents a été maintes fois confirmée
dans la plupart des travaux partout sur les déterminants de la malnutrition des
enfants. L’éducation des parents confère un gain en termes de réduction de la
malnutrition des enfants. Toute fois les femmes ayant un niveau d’instruction
relativement élevé (secondaire ou plus) seraient plus aptes à combattre sur la
malnutrition chez leurs enfants. L’éducation de la mère agit probablement sur la
santé des enfants par l’intermédiaire de plusieurs canaux (Barrera, 1990) :
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Accroissement des ressources de la famille généré par l’augmentation des
gains liés à la participation au marché du travail ou à l’exercice d’activités
domestiques ou le mariage avec des personnes plus fortunées ;
Augmentation de la productivité des moyens consacrés à la santé inhérente à
une meilleure efficacité des activités domestiques ;
Amélioration de l’allocation des ressources due à un accès amélioré à
l’information ;
Impact sur les préférences des ménages compte tenu des prix, des revenus et
de l’information
Meilleur statut socio-économique et volonté des parents (surtout de la mère)
de rehausser les investissements en capital humain, en matière de nutrition et /
ou de formation à l’exercice d’activités domestiques, ce qui affecte la capacité
de la mère à élever des enfants.
La recherche d’une meilleur santé des enfants requiert donc un niveau
suffisant d’instruction car on remarque que la majorité des mères, des enfants
n’a aucun niveau d’instruction. La négligence concernant l’alimentation de
l’enfant existe dans certains cas. Certaines mères ont un niveau d’instruction
élevé mais leurs enfants sont malnutris.
Les femmes non instruites, quant à elles, sont souvent celles qui vivent
dans les conditions économiques les plus précaires, caractérisées par une
quantité de nourriture parfois limitée et de faible quantité. C’est cette
conjonction de facteurs, et non le seul niveau d’instruction, qui explique la forte
prévalence de la malnutrition parmi les enfants des femmes sans instruction.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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1-3- MODE D’ADMISSION DES ENFANTS MALNUTRIS
15
92,30%
10
7,69%
Référé Direct
Figure 3: Mode d’admission des enfants malnutris admis au CNT
La plupart des enfants malnutris admis au CNT était référé par une
structure. Ce qui montrait que le message concernant la fréquentation des
services de santé est reçu au niveau des familles. D’autres enfants ne sont pas
référés car leurs parents n’étaient jamais allés dans une structure sanitaire pour
une consultation. Certains ont été informés par les mères qui étaient déjà ou qui
ont été au CNT. Quelques soit la raison, il est à noté que ce groupe d’enfants
non référés constitue un manque à gagner pour les Vulgarisateurs des
Informations Educations Communications (VIEC).
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1-4- DUREE DE LA MALADIE DES ENFANTS
La durée de la maladie des enfants est représentée par les étapes donnée
dans le tableau XVI. Cela concerne la période qui a précédée l’admission au
CNT.
Tableau XVI: Durée de la maladie des enfants
Durée de la maladie Minimum Maximum
avant l’entrée au centre
3jours 2mois
7jours 3mois
10jours 4mois
15jours 5mois
La plupart des enfants a été dans une structure sanitaire dans les jours qui
ont suivi le début de leur maladie. Certains ont été référés au CNT dans le jour
suivant leur consultation, mais en général ils mettent du temps avant de
rejoindre le CNT ce qui augmente des fois les complications liées à la
malnutrition. Certains enfants n’ont pas été référés au CNT mais leurs mères les
ont emmenée elles-mêmes.
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Répartition des malnutris selon l’évolution
Tableau XVII : Répartition des malnutris selon l’évolution
Evolution Mois de 6 à 14 15 à 24 25 à 59 Total Pourcentage
6mois mois mois mois
Guéris 6 3 2 1 12 92,30
Décédés 1 - - - 1 7,69
Abandons - - - - - -
Non - - - - - -
répondant
Au cours de notre étude, nous avons noté 92,30% de cas de guérison et 7,69%
de cas de décès.
Répartition des enfants selon les causes de décès
Tableau XVIII: Répartition selon les causes de décès.
Causes du décès Effectifs Pourcentage
Choc septique 1 7,69
Déshydratation 1 7,69
Hypothermie - -
Total - -
Le choc septique (7,69%) et la déshydratation (7,69%) était la cause principale
du décès chez les malnutris.
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Répartition des enfants malnutris selon le rapport P/T à l’admission
Tableau XIX: Répartition selon le rapport P/T à l’admission
Rapport P/T à l’admission Effectifs Pourcentage
-3Z-score 8 61,53
-2z score 3 23
-1,5z score 2 15,38
-1Z- score -
Total 13 100%
Selon le tableau ci-dessus, à l’admission 8 patents (61,63 avaient un P/T < -3Z-
score).
Répartition des patients selon le rapport P/T à la sortie
Tableau XX: Répartition selon le rapport P/T à la sortie.
Rapport P/T à la sortie Effectifs Pourcentage
-3Z-score - -
-2z score 1 7,69
-1,5z score 1 7,69
10 76,92
Décès 1 7,69
Total
A la sortie 76,92% des patients avaient un rapport P/T < -1Z- score.
Les causes immédiates de la malnutrition des enfants admis au CNT de
Gohomey
sont : le décès maternel et la gémellité pour certains et pour d’autres c’est les
maladies. Après le décès maternel, l’alimentation reçue par les enfants pour
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remplacer le lait maternel n’est pas adéquate sur le plan qualitatif et quantitatif.
Pour un autre groupe d’enfants, le sevrage inapproprié, l’allaitement mixte, le
manque d’hygiène engendre à leurs tours une infection qui à son tour déclenche
la malnutrition avec des complications.
LES COURBES DE –Z- score DE LA POPULATION ETUDIEE
Comparaison du rapport Poids/Taille de notre population par rapport à la référence
Figure 4: courbe comparative de l’évolution du rapport Poids/Taille (IMC/Age)
de notre population d’étude par rapport à la référence de l’OMS (2007).
Il ressort de cette courbe que les enfants que nous avons reçus sont
émaciés.
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Comparaison du rapport Taille/Age de notre population par rapport à la référence
Figure 5: courbe comparative de l’évolution du rapport Taille/Age de notre
population d’étude par rapport à la référence de l’OMS (2007).
Il ressort de cette courbe que les enfants que nous avons reçus souffrent de
retard de croissance.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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Comparaison du rapport Poids/Age de notre population par rapport à la référence
Figure 6: courbe comparative de l’évolution du rapport Poids/Age de notre
population d’étude par rapport à la référence de l’OMS (2007).
Il ressort de cette courbe que les enfants que nous avons reçus souffrent
d’hypotrophie c'est-à-dire que leur poids par rapport à l’âge est inférieur à la normale.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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III-2- DISCUSSION
2-1 LE SEXE
A travers le tableau VI, nous constatons que les enfants de sexe masculin
sont les plus touchés par la malnutrition. Ces résultats sont presque identiques
aux résultats trouvés lors des Analyses Globale de la Vulnérabilité et de la
Sécurité Alimentaire (AGVSA) effectuées au Bénin en 2014. Ces résultats
montraient que l’effectif des garçons malnutris (40%) prédominait sur celui des
filles (34%).Ces résultats sont également identiques â celui trouvé par sondé
(1999) qui avait une prédominance du sexe masculin (57,7%). Par contre ils sont
différents des résultats de sommé (1999) qui donnaient un effectif des enfants
admis à 49,7% de garçons et 50,3% de filles.
En définitive, il semble bien qu’une inégalité de la malnutrition du
retard de croissance selon le sexe prévale.
2-2- L’AGE A L’ADMISSION
La malnutrition a touché beaucoup plus les enfants de la tranche d’âge de
0 à 5 mois. Ce résultat est contraire à ce qu’avait trouvé Julie BALESTRA dans
une thèse de médecine effectuée au Bénin en 2007 qui montrait que la tranche
d’âge la plus touchée par la malnutrition était de 6 à 24 mois. Cette différence
s’explique par le fait que dans cette zone on note un taux élevé de décès
maternel. La tranche d’âge de 6 à 24 mois suit directement celle de 0 à 5 mois.
La prédominance de cette tranche d’âge (6-24mois) est retrouvée dans la
littérature (Main, 1975). C’est pendant cette période qu’intervient le sevrage
associé le plus souvent à une alimentation de complément inadaptée.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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Les enfants admis au CNT de Gohomey étaient moins âgés que ceux
concernés par les études de Villamor et al (2005) en Tanzanie et Bitwe et al
(2006) à Goma en Afrique Centrale dans lesquelles l’âge moyen était
respectivement de 13,0 et 12,8 mois.
2-3- SIGNES CLINIQUES
Au cours de notre étude nous avons constaté que le kwashiorkor étais la
forme clinique la plus observée 53,84% contre 15,38% de marasme. Cette
prédominance a été le contraire de ce qu’a retrouvé Barry Boubacar Oumar
Sangaré en 2009 au Mali (54,4% de marasme contre 29,3% de Kwashiorkor ) et
Maman Ousmane à l’hôpital de Niamey en 1997 qui a enregistré un taux de
marasme de 53%. Cette différence peut s’expliquer par le fait que notre
échantillon n’est pas de taille.
En ce qui concerne les manifestations cliniques l’anorexie, la diarrhée, la
toux, le vomissement et la fièvre sont les plus souvent retrouvés dans notre
étude. La fièvre (92,30%) et la diarrhée (84,61%) sont souvent enregistrées chez
les patients à l’admission. Ces résultats sont conformes à ceux trouvés lors des
enquêtes démographiques et de santé effectuées au Bénin en 2001 qui
montraient que les maladies infectieuses comme les infections respiratoires
aiguës, la diarrhée, la toux, le vomissement etc. sont les causes principales de
décès observées chez les enfants malnutris.
2-4- LES PATHOLOGIES ASSOCIEES
L’association malnutrition aiguë et anémie est importante avec 30,76%
d’enfants malnutris. Cette fréquence élevée de l’anémie pourrait être non
seulement d’origine nutritionnelle mais aussi d’origine palustre du fait que le
paludisme sévit dans ce milieu en cette période de pluie.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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L’association malnutrition aiguë et la diarrhée représente 23% ; la
diarrhée étant fréquemment rencontrée dans la malnutrition aiguë du fait des
parasitoses, des infections et de la malabsorption.
En effet, au Niger, Hassane Souleymane Zebibe (Thèse de médicine à
Niamey, 1994) dans une étude faite sur la malnutrition proteino-énergétique, a
décrit la diarrhée comme la première association morbide à la malnutrition
protéino-énergétique dans 36,01% des cas observés.
Notre étude a révélé 38,46% d’infection respiratoire aiguë associée à la
malnutrition aiguë sévère. Ce taux trouverait son explication dans le fait que la
malnutrition pourrait être responsable d’une défaillance du système immunitaire
du sujet, ce qui pourrait le rendre vulnérable à toute infection.
Ce taux est plus élevé que celui obtenu au Mali en 2009 par Barry Boubacar
Oumar Sangaré qui trouve 24,4% cas d’infection respiratoire aiguë chez les
malnutris et celui obtenu en Inde en 1994, par Banapurmath Cr et Jayamony S.
qui ont trouvé 31,8% cas.
Au cours de notre travail nous n’avons pas identifié des cas de méningite ni
de séropositif au VIH. Cette absence pourrait s’expliquer par le fait que
l’échantillon considéré est de petite taille.
Par contre une étude faite en Côte d’Ivoire en 1992 par Mutumbo T. et al a
enregistré 46 (25%) cas de séropositif sur 183 cas de malnutris.
Bien que cité parmi les pathologies associées à la malnutrition, le cas de
paludisme n’a pas été identifié. Cela est dû au fait que tous les enfants malnutris
sont systématiquement mis sous traitement antipaludique dès leur admission à
L’unité de récupération Nutritionnelle de Gohomey.
2-5- POIDS
Le gain pondéral moyen journalier est de 10g /kg /j. Ce poids obtenu est
suffisant selon Waterlow (1992) qui estime qu’un gain de 10 à 20
gramme /kg /jour est nécessaire pour une bonne réhabilitation nutritionnelle.
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De même, l’OMS recommande pour une bonne réhabilitation
nutritionnelle des enfants malnutris, un gain pondéral journalier de 20g /kg/j.
Cependant, elle estime qu’un gain pondéral journalier de 10 à 15g /kg /j est
acceptable (Melle, 2006). Le gain pondéral des enfants sortis guéris du CTN est
plus élevé que celui obtenu par Julie BALESTRA au Bénin en 2007 au cours
d’une thèse de médecine (8,7 g /kg /j) et Ousmane OUEDRAOGO (2012) au
Burkina-Faso (6,80g/kg/j). Cette différence peut-être dû au faite que le centre
reçoit souvent des dons de la part du gouvernement et des organisations
internationales en ce qui concerne les ATP et les laits F75 et F100.
2-6- DECES MATERNEL
Le tableau VII montre un taux de décès maternel très élevé (61,53%). Ce taux
élevé de décès maternel serait dû au fait que les femmes ne vont pas dans les
structures sanitaires lorsqu’elles sont enceintes ou qu’elles vont dans des centres
de santé non conforme faute de moyen financier. Par conséquent, la pauvreté est
l’une des causes sous-jacentes de la malnutrition des enfants. Elle contribue à
l’évolution des complications ou des signes cliniques.
2-7- EVOLUTION
Au terme de notre étude, nous avons noté 12 cas de guérisons soit 92,30%. Un
seul cas de décès a été observé, un enfant à succombé à sa maladie. Ce décès
pourrait avoir pour cause la référence tardive des cas de malnutrition, ce qui
hypothèque le pronostic vital des patients malnutris.
Ce taux de guérison est supérieur à celui obtenu par Julie BALESTRA en 2007
au Bénin (82,5%) au cours d’une thèse de médecine et Barry Boubacar Oumar
Sangaré qui avait trouvé un taux de guérison de 70,7% au Mali en 2009 au cours
d’une thèse de médecine.
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La prise en charge des enfants malnutris de 0 à 5 ans admis au centre de santé APH de
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2-8- LE RAPPORT P/T A L’ADMISSION :
En considérant le tableau XIX, on voit qu’à l’admission, 61,53% avaient un
rapport P/T < -3Z score. Ces enfants souffraient d’une malnutrition grave
(malnutrition de degré 3).
Dans son rapport de 2008, l’UNICEF montrait que dans certains départements
du Bénin comme l’Atacora, le Plateau et le Couffo la prévalence dépassait
même le seuil critique de 40%. Ceci peut s’expliquer par le fait que la
population de ces zones vit dans une pauvreté extrême.
2-9- Le Rapport P/T à la sortie
Le tableau XX montre qu’à la sortie, 76,92% des patients avaient un rapport
P/T = -1-Z score
2-10- COURBE DE –Z- score DE LA POPULATION ETUDIEE
L’analyse des figures 4,5 et 6 montre que les trois formes de malnutrition à
savoir : le retard statural (T/ A), le retard pondéral (P/A) et l’émaciation sont
présentes dans notre population d’étude. Cependant l’émaciation est la forme la
plus importante de la malnutrition observée dans notre population d’étude. En
effet, l’enquête démographique et de la santé effectuée au Bénin en 2001
montrait que 30% des enfants béninois de 0 à 59 mois souffrent de malnutrition
chronique (retard de croissance), 38% souffrent d’insuffisance pondérale
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Gohomey
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Gohomey
CONCLUSION
Notre étude a porté sur la prise en charge de la malnutrition aiguë sévère
des enfants de 0à 59 mois hospitalisés dans l’unité de récupération nutritionnelle
du centre de santé de Gohomey (Bénin). L’étude a concerné une population de
13 enfants souffrants de malnutrition aiguë sévère. La tranche d’âge la plus
touchée par la malnutrition était celle de 0 à 5 mois suivie de 6 à 14 mois. La
tranche d’âge touchée par la mortalité est de 0 à 5 mois avec un pourcentage de
7,69%. Après le décès de la mère, les parents des enfants mettaient plus de
temps à la maison avant de rejoindre un centre de santé pour consultation jusqu'à
ce que les signes cliniques apparaissent, une fois conduit dans un centre de santé
avec des signes cliniques développés, ils étaient référés par cette structure ou
non au CTN pour une prise en charge. D’autres enfants étaient référés mais leurs
parents mettaient plus de temps avant de rejoindre la structure de référence.
Le gain pondéral moyen est de 10g/kg/j. La prise en charge était faite selon le
protocole national de prise en charge de la malnutrition aiguë sévère. Les
pathologies les plus fréquemment associées à la malnutrition aiguë sévère ont
été l’anémie, les infections respiratoires aiguës et la diarrhée.
Les facteurs de risques les plus fréquent rencontrés au cours de l’étude ont été :
la pauvreté hyper endémique, le décès maternel, le sevrage, les infections à
répétition, le niveau de scolarisation des mères, manque de soins ainsi que le
manque d’hygiène au niveau des mères.
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Gohomey
RECOMMANDATIONS
A l’issue de cette étude sur la prise en charge de la malnutrition aiguë
sévère chez les enfants de 0 à 5 ans admis à l’hôpital APH de Gohomey nous
formulons les recommandations suivantes :
Aux autorités politiques :
- Encourager la scolarisation des enfants en particulier les filles en vue de
faciliter leurs compréhensions
- Recruter les agents biens formés pour sensibiliser la population surtout les
femmes enceintes sur la nécessité d’aller aux soins et ceci pour limiter au
maximum le décès maternel qui plonge les enfants dans la malnutrition quelque
soit la forme.
- Procéder à une fermeture des centres de santé privée non conformes.
Aux autorités sanitaires.
- Recruter et former les agents dans la prise en charge de la malnutrition
aiguë sévère.
Aux personnels de la santé.
- Faire un dépistage systématique selon les normes de tous les enfants de 0
à 5 ans qui viennent en consultation et/ ou en vaccination.
- Evaluer l’état nutritionnel et l’état vaccinal des enfants venants en
consultation.
A la population
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Gohomey
- Référez le plutôt possible les cas de suspicion et les cas de malnutrition au
centre de santé.
BIBLIOGRAPHIE
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Table es matière
LISTE DES TABLEAU
Tableau I: Critère de référence après dépistage des cas de MA ......................... 17
Tableau II: Ration sèche à base d’UNIMIX non sucré. ...................................... 20
Tableau III : Ration sèche à base de CSB 5% sucré. .......................................... 20
Tableau IV: Résumé de traitement systématique chez les enfants de moins de 5
ans ........................................................................................................................ 22
Tableau V: fréquence, horaire de distribution et type de repas donné au centre.
............................................................................................................................. 37
Tableau VI: Répartition des enfants par sexe ..................................................... 42
Tableau VII: Répartition selon les causes d’allaitement non exclusif. ............... 43
Tableau VIII : Répartition selon le sevrage ........................................................ 44
Tableau IX: Répartition des enfants selon la forme clinique .............................. 44
Tableau X : Répartition des enfants malnutris selon les signes cliniques à
l’admission .......................................................................................................... 45
Tableau XI: Répartition selon le traitement antérieur avant l’admission ........... 45
Tableau XII: Répartition des patients selon la réadmission ................................ 46
Tableau XIII: Répartition des enfants malnutris selon la pathologie associée. .. 46
Tableau XIV: Répartition des enfants selon le poids à l’admission ................... 47
Tableau XV : Situation socio-économique et sanitaire des parents .................... 47
Tableau XVI: Durée de la maladie des enfants ................................................... 51
Tableau XVII : Répartition des malnutris selon l’évolution ............................... 52
Tableau XVIII: Répartition selon les causes de décès. ....................................... 52
Tableau XIX: Répartition selon le rapport P/T à l’admission ............................ 53
Tableau XX: Répartition selon le rapport P/T à la sortie. ................................... 53
LISTE DES FIGURES
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Figure 1 : Diagramme de dépistage..................................................................... 18
Figure 2: Répartition des enfants selon leurs âges en mois ................................ 43
Figure 3: Mode d’admission des enfants malnutris admis au CNT .................... 50
Figure 4: courbe comparative de l’évolution du rapport Poids/Taille (IMC/Age)
de notre population d’étude par rapport à la référence de l’OMS (2007). .......... 54
Figure 5: courbe comparative de l’évolution du rapport Taille/Age de notre
population d’étude par rapport à la référence de l’OMS (2007). ........................ 55
Figure 6: courbe comparative de l’évolution du rapport Poids/Age de notre
population d’étude par rapport à la référence de l’OMS (2007). ........................ 56
LISTE DES CARTES
Carte 1CARTE DE SITUATION GEOGRAPHIQUE ....................................... 29
Carte 2 CARTE DE LA COMMUNE DE DJAKOTOMEY .............................. 30
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TABLES DES MATIERES
Introduction ........................................................................................................... 2
GENERALITES .................................................................................................... 6
1-Définition ........................................................................................................... 6
2- MALNUTRITION ............................................................................................ 6
3- DIFFERENTS TYPES DE LA MALNUTRITION CHEZ L’ENFANT ........ 7
3.1-Malnutrition aigüe ........................................................................................... 7
3.1.1-Malnutrition aigüe modérée (MAM) ........................................................... 7
3.1.2-Malnutrition aigüe sévère (MAS) ................................................................ 8
3.2-Malnutrition chronique ................................................................................... 8
4. CAUSES ............................................................................................................ 9
4.1-Causes immédiates .......................................................................................... 9
4.2 -Causes sous-jacentes .................................................................................... 10
4.2.1-Insécurité alimentaire des ménages ........................................................... 10
4.2.2-Pratiques d’hygiène inappropriées, des services de santé limités ............. 10
4.2.3- Les pratiques de soins .............................................................................. 10
5-CONSEQUENCES LIEES A LA MALNUTRITION INFANTILE .............. 11
6-Nutrition et infection ........................................................................................ 13
7-Nutrition et croissance économique ................................................................. 13
8-Nutrition et statut des femmes ......................................................................... 14
9-Nutrition et dépenses sociales .......................................................................... 14
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10-PRISE EN CHARGE DE LA MALNUTRITION ........................................ 14
10-1- LE DEPISTAGE DE LA MALNUTRITION AIGUE.............................. 15
10-1- 1- Le dépistage actif................................................................................... 15
10-1- 2- Le dépistage passif: ............................................................................... 16
11- LA PRISE EN CHARGE DE LAMALNUTRITION AIGUE MODEREE 19
11-1- La supplémentation nutritionnelle ............................................................. 19
11-2- Traitement systématique ............................................................................ 21
11-3- Le suivi des bénéficiaires .......................................................................... 22
11-4- Les critères de sortie .................................................................................. 22
12-PRISE EN CHARGE DE LA MALNUTRITION AIGUE SÉVÈRE ........... 23
12-1- La phase I ou phase de stabilisation .......................................................... 23
12-2- Le traitement médical systématique .......................................................... 24
12-3- Le traitement diététique ............................................................................. 24
12-4- Surveillance ............................................................................................... 25
12-5- Phase de transition ..................................................................................... 25
12-6- Phase II ou phase de réhabilitation au CNT .............................................. 26
12-7- Surveillance ............................................................................................... 27
1-2- Matériels humain ......................................................................................... 32
1-3-Matériels de mesure ...................................................................................... 33
2) METHODOLOGIE ......................................................................................... 33
2-1) Type d’étude : nous avons mené une étude sélective portant sur les
malnutris sévères hospitalisés au CNT de Gohomey. ......................................... 33
2-2) Collectes des donnés .................................................................................... 33
2-3 Méthode de diagnostique .............................................................................. 34
3- PRISE EN CHARGE DES ENFANTS MALNUTRIS ................................. 37
3-1- Prise en charge nutritionnelle: ..................................................................... 37
3-2- Prise en charge médicale ............................................................................. 38
3-3- Prise en charge éducative ............................................................................ 39
3-4- Prise en charge psychologique : .................................................................. 40
4-SUIVIS DES ENFANTS AU CNT ................................................................. 40
5- LA SORTIE DES ENFANTS ......................................................................... 40
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6- TRAITEMENT ET ANALYSE DES DONNEES ........................................ 40
III-1-RESULTATS .............................................................................................. 42
1-1-CARACTERISTIQUES DES ENFANTS ................................................... 42
1-2- FACTEURS DE RISQUE ASSOCIES A LA MALNUTRITION ............. 47
ENVIRONNEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DE L’ENFANT ...................... 47
1-3- MODE D’ADMISSION DES ENFANTS MALNUTRIS .......................... 50
1-4- DUREE DE LA MALADIE DES ENFANTS ............................................ 51
III-2- DISCUSSION ............................................................................................ 57
2-1 LE SEXE .................................................................................................... 57
2-2- L’AGE A L’ADMISSION......................................................................... 57
2-3- SIGNES CLINIQUES ............................................................................... 58
2-4- LES PATHOLOGIES ASSOCIEES ......................................................... 58
2-5- POIDS ........................................................................................................ 59
2-6- DECES MATERNEL ................................................................................ 60
2-7- EVOLUTION ............................................................................................ 60
2-8- LE RAPPORT P/T A L’ADMISSION : ..................................................... 61
2-9- Le Rapport P/T à la sortie .......................................................................... 61
2-10- COURBE DE ŔZ- score DE LA POPULATION ETUDIEE................. 61
CONCLUSION ................................................................................................... 63
RECOMMANDATIONS .................................................................................... 64
BIBLIOGRAPHIE .............................................................................................. 65
LISTE DES TABLEAUX …………………………………………….……….68
LISTE DES FIGURES…………………………………………...…………….68
LISTE DES CARTES………………………………………………………….69
TABLES DES MATIERES ................................................................................ 68
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