UE 111 Introduction Aux Droits
UE 111 Introduction Aux Droits
UE 111 ➟ INTRODUCTION
AU DROIT
Année 2013-2014
Ce fascicule comprend :
La présentation de l’UE
La série 1
Le devoir 1 à envoyer à la correction
En collaboration avec
le Centre National
d’Enseignement à Distance Marielle MARTIN
Institut de Lyon
W1111-F1/4
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Introduction au droit • Série 1
L’auteur :
Marielle MARTIN : Docteur en droit privé et sciences criminelles, maître de conférences au Cnam.
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UE 111 • Introduction au droit
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UE 111 • Introduction au droit
PRÉSENTATION DE L’UE 9
I. Programme de l’UE d’introduction au droit ......................................................9
II. Le cours d’introduction au droit du Cnam-Intec ............................................13
III. Feuillet méthodologique .................................................................................14
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Introduction au droit • Série 1
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Section 2. La compétence territoriale (compétence ratione loci) ........................62
chapitre 4. les voies de recours ..........................................................................64
Section 1. Les voies de recours ordinaires ..........................................................64
Section 2. Les voies de recours extraordinaires..................................................64
chapitre 5. les voies d’exécution ........................................................................66
Section 1. Les personnes concernées ................................................................66
Section 2. Les modalités d’exécution .................................................................68
chapitre 6. les juridictions de l’Union européenne............................................70
Section 1. Le tribunal (de première instance) ......................................................70
Section 2. La Cour de justice de l’Union européenne .........................................71
chapitre 7. les modes Alternatifs de règlement des conlits (mArc)............73
Section 1. Des procédures particulières ..............................................................73
Section 2. Les modes privés de résolution des litiges ........................................75
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UE 111 • Introduction au droit
LEXIQUE 86
EXERCICES AUTOCORRIGÉS 91
ANNEXES 95
INDEX 101
DEVOIR 1 105
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UE 111 • Introduction au droit
PRÉSENTATION DE L’UE
Soyez les bienvenus dans cet enseignement de l’UE1 (unité d’enseignement n° 1) du DGC
(Diplôme de gestion et de comptabilité), de niveau licence, du Cnam-Intec ; enseignement dont
le programme est rigoureusement conforme aux textes officiels régissant l’« Introduction au
droit » dans le cadre du Diplôme de comptabilité et de gestion (décret n° 2006-1706 du
22 décembre 2006 et arrêté du 18 mars 2010).
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Introduction au droit • Série 1
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Pour chaque sujet de droit il importe de définir les Les personnes physiques :
conditions de sa participation à la vie juridique : c’est le rôle • capacité et incapacité : définition et distinction ;
de la capacité. • éléments d’identification (nom de famille, domicile et
Les personnes morales sont des fictions juridiques nationalité).
construites pour répondre à des besoins sociaux. En effet, Les personnes morales :
très tôt, on s’est aperçu que la réussite de certains projets • capacité, principe de spécialité, nécessité d’une
de grande envergure nécessitait de constituer des représentation ;
groupements de personnes mettant en commun leurs • éléments d’identification : dénomination sociale, siège
activités et leurs ressources. Par ailleurs, ces groupements social et nationalité.
peuvent poursuivre des buts différents de ceux de leurs
membres. Tout ceci conduit à conférer à certains
groupements la personnalité morale, calquée sur celle des
personnes physiques.
2.2 Les commerçants, personnes physiques
Les premiers acteurs de la vie commerciale sont les Définition
commerçants en tant que personnes physiques. Ils dirigent Commerçant et entreprise individuelle
des entreprises individuelles qu’ils exploitent en nom Actes de commerce
propre. Ces commerçants effectuent des actes de Activités interdites ou contrôlées
commerce à titre de profession habituelle. On constate Statut personnel du commerçant : incapacité, régime
donc que c’est l’activité commerciale qui confère le statut matrimonial, PACS, nationalité, interdictions,
de commerçant. incompatibilités et déchéances
Dans le cadre de ses affaires, le commerçant a besoin de Statut du conjoint
règles adaptées à ses besoins. Conséquences de l’activité commerciale : statut juridique et
obligations du commerçant
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UE 111 • Introduction au droit
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Introduction au droit • Série 1
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• affacturage et bordereau Dailly ;
• sans mobilisation de créance : crédit-bail mobilier.
Les sûretés : nature et caractéristiques essentielles
4. L’entreprise et ses responsabilités (30 heures)
4.1 L’entreprise et la responsabilité délictuelle
En développant ses activités l’entreprise peut commettre un Théorie de la responsabilité délictuelle :
fait causant un dommage à autrui. • le domaine : distinction responsabilité civile délictuelle,
Le délit et le quasi-délit engagent sa responsabilité. contractuelle et pénale ;
• les fonctions de la responsabilité délictuelle (réparer, punir,
prévenir) ;
• les fondements de la responsabilité délictuelle (faute,
risque, garantie, solidarité, précaution) ;
Les conditions de mise en œuvre :
• le dommage (types, exigences relatives aux dommages
réparables) ;
• le fait générateur : le fait personnel (la faute), le fait des
choses (inclusion de la responsabilité du fait des produits
défectueux) et le fait d’autrui ;
• le lien de causalité.
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UE 111 • Introduction au droit
accidents de la circulation. En ce qui concerne la responsabilité du fait d’autrui sont exclus la responsabilité des père et
mère du fait de leur enfant mineur ; en revanche, la responsabilité des maîtres du fait de leurs domestiques et préposés
(art. 1384 al. 5) et celle des artisans du fait de leurs apprentis (art. 1384 al. 6) font partie du programme.
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Introduction au droit • Série 1
Afin de faciliter votre tâche, toutes les séries sont bâties de la même façon autour de diverses
rubriques constituant autant de points de repère, à savoir :
• la définition des objectifs de la série.
• le plan général du cours de la série : offrant les grandes lignes de l’architecture du cours,
lequel est très structuré pour vous aider à mieux le mémoriser.
• le texte du cours en tant que tel.
• Un lexique juridique : reprenant les définitions essentielles rencontrées dans le cours. En
effet, la science juridique utilise un vocabulaire spécifique auquel il faut se familiariser,
d’autant que la signification donnée aux mots est souvent différente de celle du langage cou-
rant (ex. : en droit, un bien meuble n’est pas seulement une table ou une chaise !).
• des tests de compréhension (Qcm) autocorrigés.
• des exercices d’application (cas…) autocorrigés.
• des annexes illustrant le cours de la série : les annexes forment une sorte de dossier dont les
pièces (textes de lois, décisions de justice, entretiens avec des juristes, études doctrinales, for-
mulaires administratifs…) sont destinées à illustrer plus concrètement les explications du cours.
• Une conclusion.
• le sujet du devoir de la série à soumettre à la correction dans les délais impartis, après
avoir étudié la série : la série 1 ne comporte qu’un seul devoir afin que vous puissiez
prendre plus sereinement contact avec la matière. En outre, cette première série développe,
d’une part, des notions de base nécessaires à la compréhension de la suite du programme et,
d’autre part, des conseils de méthode sur la technique de résolution propre à la nature de
l’épreuve de l’UE1, méthodologie que vous devez impérativement respecter. À noter que les
séries 2 et 3 comportent chacune deux devoirs et que la série 4, proche de la fin de l’année
universitaire et des révisions, ne comporte qu’un devoir. ces devoirs font partie intégrante
de la préparation et constituent un irremplaçable outil d’entraînement à l’examen. vous
recevrez un corrigé-type intégral pour chacun d’eux.
L’UE1 réclame de la rigueur, de la ténacité, de la régularité dans l’effort. La discipline juridique ne
s’improvise pas. Elle a ses propres règles (on peut être commerçant sans le savoir !…), son vocabu-
laire, son mode de raisonnement (il y a un véritable esprit juridique à acquérir), sa méthodologie…
Vous pouvez relever ce défi en lisant attentivement ce cours, en l’apprenant et en effectuant régu-
lièrement les devoirs. Comme vos prédécesseurs, vous allez découvrir que le droit est non seule-
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ment utile mais également que, loin d’être austère, il est souvent surprenant et enthousiasmant.
Cette matière, par essence évolutive, est traitée de la manière la plus actualisée et la plus com-
plète possible par l’auteur du présent cours qui, en corrélation avec chacune des quatre séries
de ce cours par correspondance, a également créé des compléments pédagogiques à caractère
ludique (composés de documents et exercices variés avec corrigés) que l’on peut consulter sur
le site Internet de l’Intec ([Link]
Autrement dit, l’épreuve est écrite mais de nombreuses combinaisons quant à sa nature
sont envisageables.
Des conseils et un sujet corrigé figurent dans les développements qui suivent.
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UE 111 • Introduction au droit
Ex. : M. Y peut-il valablement prouver son droit à l’aide d’une lettre missive simplement paraphée ?
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etc.
etc.
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Introduction au droit • Série 1
ExEmplE
De la réponse à la question :
• M. Z peut-il se prévaloir de la qualité de commerçant ?
dépend la réponse à la question :
• Comment M. Z peut-il être mis en demeure d’exécuter ses engagements professionnels par
son adversaire ?
le « cas pratique » est une consultation. le candidat doit savoir utiliser ses connaissances
théoriques, acquises au cours de sa formation, dans le cadre d’une situation concrète. Ses
conclusions doivent être le fruit d’une argumentation détaillée.
À cet effet, la réponse à chaque question doit être bâtie successivement autour de 4 éléments
liés par la rédaction :
ExEmplES
1. Au lieu de recopier la question :
• M. X a-t-il raison d’invoquer la clause attributive de compétence juridictionnelle figurant au
contrat ?
le candidat devrait écrire :
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• À quelles conditions une clause attributive de compétence juridictionnelle est-elle juridique-
ment valable ?
2. Au lieu de recopier la question :
• M. Z peut-il se prévaloir de la qualité de commerçant ?
le candidat devrait écrire :
• Comment définit-on juridiquement la qualité de commerçant ?
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UE 111 • Introduction au droit
REmaRquES
La méthode d’étude des situations pratiques telle qu’elle vient d’être résumée peut apparaître
de prime abord très contraignante. En réalité, son respect est une garantie de rigueur. la
démonstration est essentielle, à tel point qu’une réponse exacte sans justification de la part
du candidat ne mérite pas la moyenne. À l’inverse, une réponse pertinente, à laquelle n’avait
peut-être pas songé le correcteur, mérite une note correcte pourvu qu’elle soit amenée par une
démonstration judicieuse. Un entraînement régulier à ce type d’exercice est la meilleure
voie vers la réussite.
quelques notes au brouillon, mais la rédaction proprement dite des réponses doit se faire
directement sur la copie à remettre au correcteur, compte tenu du peu de temps imparti pour
le déroulement de l’épreuve.
La structuration des réponses dépend de la façon dont le document à commenter se présente :
• lorsque le document s’accompagne de questions précises :
Le candidat doit y répondre dans l’ordre et de la façon la plus complète possible ; en citant
le document pour justifier ses réponses.
• lorsque le document s’accompagne d’une question générique :
Le candidat doit y répondre de la façon la plus complète possible, en s’appuyant sur le
document pour justifier sa réponse.
• lorsque le document ne s’accompagne d’aucune question particulière (si ce n’est :
« commenter ce document » ou « comparer ces documents ») :
Le candidat doit dégager la (ou les) problématique(s) et y répondre de la façon la plus
complète possible, en s’appuyant sur le document pour justifier sa réponse.
REmaRquES
Dans tous les cas, le commentaire de document, si besoin est, doit faire état du droit en vigueur
relativement aux questions posées (ex. : définitions des preuves parfaites et imparfaites…) et,
éventuellement, soulever d’autres questions. Le candidat doit être attentif à ne pas faire de hors
sujet ou de développements trop courts (répondre par oui ou par non !) ou trop longs (plusieurs
pages). Spécialement dans l’hypothèse d’une question générique et dans celle de l’ab-
sence de question particulière : le commentaire doit être construit successivement en
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Introduction au droit • Série 1
une introduction (qui situe le document, pose la problématique, indique l’intérêt du sujet et
l’annonce du plan), un plan (de préférence en deux parties cohérentes et équilibrées, avec tran-
sition entre elles) et une conclusion (qui résume la démonstration et ouvre, le cas échéant, des
perspectives en raison de réformes à l’étude…).
REmaRquES généRalES
• Le devoir doit être clair et cohérent.
• Le style, l’orthographe, l’écriture, la présentation doivent être soignés.
• L’invention de cours de même que des prises de position politiques, idéologiques… sont à
proscrire !
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• Le brouillon ne sert qu’à la préparation du devoir : il est impensable de le recopier en
intégralité !
• Il faut apprendre à gérer la durée de l’épreuve (trois heures).
• Contrairement au cours par correspondance qui les utilise à des fins pédagogiques, les
devoirs ne doivent pas comporter de tableaux et autres schémas, sauf indications expresses
du sujet.
• Le candidat aura toujours soin d’employer le vocabulaire juridique à bon escient, d’où la
constitution nécessaire d’un lexique dès le début des études de droit.
• En tout état de cause, le devoir est apprécié par rapport à la qualité du raisonnement et non par
rapport à la quantité de pages. En règle générale, quatre à six pages semblent raisonnables.
• La méthodologie à respecter n’est contraignante qu’en apparence car, en réalité, elle est la
condition et la garantie d’un exposé rigoureux sur le fond.
D. EXEMPLES
À titre d’exemple (à ne pas envoyer à la correction), trois sujets portant sur des thèmes traités
dans cette série.
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UE 111 • Introduction au droit
ÉNONCÉ
Mme Piquet tient un commerce de prêt-à-porter dans la bonne ville de Rouen. Le 22 mai 2013,
elle est arrêtée au volant de sa voiture pour un délit dont la sanction est réduite de 100 euros à
80 euros par une loi promulguée le 23 mai et entrée en vigueur le 29 mai 2013. Au moment de sa
condamnation et de payer son amende, début juin, Mme Piquet prétend ne devoir que 80 euros.
Quel est le montant de l’amende réellement due par Mme Piquet ?
CORRIGÉ
Le 22 mai 2013, Mme Piquet est arrêtée au volant de sa voiture pour un délit dont la sanction est
réduite de 100 euros à 80 euros par une loi entrée en vigueur le 29 mai suivant. Lors de sa
condamnation début juin, Mme Piquet prétend ne devoir payer que le montant de l’amende tel
qu’il résulte des nouvelles dispositions.
Il convient de se demander si une loi rétroagit sur les événements nés antérieurement à son
entrée en vigueur.
L’article 2 du Code civil énonce un principe en la matière : « La loi ne dispose que pour l’avenir ;
elle n’a point d’effet rétroactif. » Ceci signifie qu’une loi nouvelle s’applique seulement aux situa-
tions juridiques nées à partir de son entrée en vigueur. Par exception, les contrats en cours
continuent à être régis par la loi ancienne sauf à ce que la loi nouvelle soit d’ordre public. En
outre, le principe de non-rétroactivité des lois est écarté lorsque la loi nouvelle est expressément
rétroactive, lorsque c’est une loi de compétence et de procédure, lorsqu’il s’agit d’une loi inter-
prétative d’une loi antérieure ou lorsque la loi nouvelle est une loi pénale plus douce (elle atténue
les sanctions des infractions).
En l’espèce, la loi entrée en vigueur le 29 mai 2013 et qui abaisse de 100 euros à 80 euros
l’amende encourue pour un délit pénal donné est une loi pénale plus douce qui bénéficie donc
aux situations en cours nées avant son entrée en vigueur. Tel est le cas pour Mme Piquet qui
n’est redevable que des 80 euros.
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ÉNONCÉ
Comparer ces textes :
Art. 214 al. 1er, C. civ. : « Si les conventions matrimoniales ne règlent pas la contribution des
époux aux charges du mariage, ils y contribuent à proportion de leurs facultés respectives. »
Art. L. 210-1 al. 1er, C. com. : « Le caractère commercial d’une société est déterminé par sa
forme ou par son objet. »
CORRIGÉ
Les deux textes à comparer sont respectivement insérés dans le Code civil (art. 214, al. 1er) et
dans le Code de commerce (art. L. 210-1 al. 1er). Ce sont tous les deux des textes législatifs,
c’est-à-dire des dispositions votées par le Parlement français. La loi occupe une place impor-
tante dans la hiérarchie des sources du droit, autrement dit dans les diverses origines des règles
de conduite juridique dont l’inobservation est sanctionnée par les pouvoirs publics. Or, pour une
bonne application de la loi, il importe de savoir si elle laisse ou non, aux personnes qu’elle
concerne, la possibilité d’exercer un choix. En d’autres termes, la loi est-elle supplétive (A) ou
impérative (B) ?
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Introduction au droit • Série 1
A. La loi supplétive
La loi est supplétive de volonté lorsqu’elle laisse aux personnes qu’elle vise la faculté d’effectuer
un choix qui doit toutefois rester dans les limites de la légalité (respect de l’ordre public et des
bonnes mœurs…). À défaut pour les parties de manifester ce choix, la loi supplétive prévoit une
règle qui leur est automatiquement appliquée. Ainsi, par exemple, l’alinéa 1er de l’article 214 du
Code civil, qui est l’une des dispositions relatives au statut des couples mariés, est une illustra-
tion de la supplétivité de la loi : en ce qui concerne « la contribution des époux aux charges du
mariage », les époux peuvent décider par contrat de quelle façon s’effectuera entre eux cette
contribution. Dans le silence de leur part sur cette question, chacun des conjoints doit prendre
en charge lesdites dépenses proportionnellement à ses revenus : « Ils y contribuent à proportion
de leurs facultés respectives. »
La loi qui n’est pas supplétive est impérative.
B. La loi impérative
La loi est impérative lorsqu’elle ne laisse aucun choix aux personnes qu’elle vise. Au contraire,
elle leur impose une règle incontournable. Ainsi, par exemple, l’article L. 210-1 al. 1er du Code de
commerce, qui est l’une des dispositions relatives aux sociétés commerciales, est une illustra-
tion du caractère impératif de la loi : le caractère commercial d’une société est déterminé soit par
sa forme, soit par son objet, sans que l’on puisse invoquer un autre critère (« Le caractère com-
mercial d’une société est déterminé par sa forme ou par son objet »).
En conclusion, quelle que soit la branche du droit (ici, le droit civil et le droit commercial), savoir
si la loi est supplétive ou impérative permet de connaître la latitude qu’elle laisse et dans quelle
mesure l’on est dans la légalité. Cependant, il n’est pas toujours aisé de déterminer si la loi est
supplétive ou impérative. Il faut interpréter sa formulation. Fort heureusement, la loi indique par-
fois expressément qu’elle est impérative par les formules suivantes : « la présente loi est impé-
rative », « la présente loi est d’ordre public ».
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ÉNONCÉ
TRAVAIL À FAIRE
1. Les prérogatives conférées aux titulaires de droits réels accessoires.
2. Un testament est :
a. un acte juridique (unilatéral).
b. un fait juridique.
c. ni l’un, ni l’autre.
3. Suite au défaut d’entretien normal par une commune de la route la traversant, un automo-
biliste, qui passait par là, a été victime d’un accident. Pour entendre dire droit, doit-il saisir :
a. le tribunal des conflits ?
b. l’ordre administratif ?
c. l’ordre judiciaire ?
4. Une clause pénale est :
a. une convention entre la victime et l’auteur d’une infraction.
b. une stipulation prévoyant un dédommagement forfaitaire au cas de l’inexécution du contrat
par l’une des parties.
c. un extrait d’une loi pénale.
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UE 111 • Introduction au droit
CORRIGÉ
1. Les droits réels accessoires sont des sûretés réelles qui ont pour vocation de garantir des
droits de créance (droits personnels). Un droit réel accessoire est un droit accessoire à un droit
de créance ; il ne se conçoit pas sans ce rapport de subordination. Puisque évaluables en argent
et susceptibles d’opérations juridiques, ces sûretés sont des droits subjectifs patrimoniaux. Ce
peut être un gage, une hypothèque, un nantissement… selon que le bien donné en garantie est
respectivement un meuble, un immeuble, un fonds de commerce…
Un droit réel accessoire confère au créancier qui en est titulaire une double prérogative. D’une
part, un droit de préférence qui permet d’être désintéressé avant les autres créanciers sur le prix
de la chose donnée en garantie si le débiteur ne paie pas ce qui est dû. D’autre part, un droit de
suite qui autorise le créancier privilégié à saisir la chose qui lui a été donnée en garantie, en
quelques mains qu’elle se trouve.
À noter qu’il existe également des sûretés personnelles (ex. : le cautionnement).
2. a. Le testament est un acte juridique ; il traduit la volonté de celui qui en est l’auteur (volonté
d’établir l’acte et recherche des effets de droit qui y sont attachés : dévolution successorale à
telle ou telle personne…). C’est un acte juridique unilatéral car seul le testateur « s’engage » à
quelque chose.
3. b. En l’espèce, la route est un ouvrage public. C’est la responsabilité de puissance publique
de la commune qui est en cause ; l’ordre administratif est donc compétent pour statuer sur cette
affaire. On remarquera que le tribunal des conflits peut être préalablement saisi mais seulement
en cas de doute quant à la compétence de l’ordre administratif ou de l’ordre judiciaire.
4. b. La clause pénale, contrairement à son appellation, n’a pas trait au droit pénal. Il s’agit de la
clause par laquelle, dans un contrat, le débiteur, s’il manque à son obligation, devra verser au
créancier une somme d’argent dont le montant, fixé à l’avance, est a priori indépendant du pré-
judice réellement subi.
Cette clause permet donc d’aménager, de façon privée et par anticipation, la résolution d’un
éventuel litige contractuel.
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En souhaitant vivement répondre aux besoins de tous les étudiants et en formant des vœux pour
leur réussite.
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Introduction au droit • Série 1
SÉRIE 1
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Chapitre 2. Les principaux principes directeurs du procès
Chapitre 3. L’organisation des juridictions françaises
Chapitre 4. Les voies de recours
Chapitre 5. Les voies d’exécution
Chapitre 6. Les juridictions européennes
Chapitre 7. Les Modes Alternatifs de Règlement des Conlits (MARC)
Titre 2. La preuve
Chapitre 1. L’objet de la preuve
Chapitre 2. Les modes de preuve
Chapitre 3. L’administration de la preuve
SÉRIE 2
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SÉRIE 3
SÉRIE 4
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PARTIE
LE DROIT ET SA GENÈSE
Pour appréhender ce qu’est le droit, des notions introductives fondamentales (Titre 1) doivent
être présentées, avant de s’interroger sur ses sources (Titre 2).
TITRE 1. NOTIONSINTRODUCTIVES
FONDAMENTALES
La sagesse populaire enseigne de « commencer par le commencement » ! C’est pourquoi nous
débuterons ces études juridiques en précisant le sens du mot « droit » et les finalités qu’il pour-
suit (Chapitre 1), puis nous verrons les caractères des règles de droit (Chapitre 2) et l’organisa-
tion de ces règles selon leur domaine (Chapitre 3). Enfin, nous exposerons en quoi le droit se
distingue des droits subjectifs mais aussi des obligations qu’ont les personnes (Chapitre 4).
SECTION 1. DÉFINITION
Dans son interprétation la plus large, le droit désigne la discipline juridique, la science humaine
(« faire des études de droit… »). Il s’agit en réalité du « droit objectif ». D’emblée, la signification
de l’expression « droit positif » doit également être signalée.
I. LE DROIT OBJECTIF
définition
le droit objectif (défini par son objet) est l’ensemble des règles de conduite (règles de com-
portement) juridiques (de nature juridique) qui gouvernent la vie des personnes (les per-
sonnes humaines mais aussi certains groupements) en société (dans une nation donnée) ;
règles dont l’inobservation est sanctionnée par les pouvoirs publics, la contrainte sociale.
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Introduction au droit • Série 1
définition
On entend par droit positif, le droit objectif actuellement en vigueur dans un certain pays.
(Ex. : le droit positif français est le droit actuellement en vigueur en France.)
SECTION 2. FINALITÉS
Le droit a donc pour fondement l’établissement d’un certain ordre social assuré par des réfé-
rences communes, des règles d’orchestration conçues et sanctionnées par les pouvoirs
officiels afin de garantir la liberté de tous contre les comportements abusifs de chacun.
Certes, d’autres règles de conduite tendent au même but. Ce sont la morale ou encore la religion.
Mais si le droit s’en rapproche et s’en inspire, poursuivant un idéal de ce qui est bien et juste, il s’en
distingue aussi dans ses modalités d’élaboration et surtout dans les sanctions qu’il prévoit.
L’inobservation d’une règle de droit est sanctionnée par les pouvoirs publics, alors qu’en prin-
cipe seule la conscience est sollicitée lorsque l’on enfreint la morale ou la religion.
La spécificité du droit objectif, qui vise donc à obtenir un minimum d’équilibre entre les individus
et la société, justifie les caractères des règles de droit.
La règle de droit est générale car elle a vocation à s’appliquer à tous (à toutes les personnes du
pays qui l’a édictée).
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SECTION 2. LE CARACTÈRE IMPERSONNEL
La règle de droit est impersonnelle car elle s’applique sans distinction de personne à quiconque
se trouve placé dans la même situation (ex. : règles permettant de déterminer l’existence juri-
dique d’une personne).
La règle de droit est permanente car elle s’applique tant qu’elle n’a pas été supprimée et rem-
placée par une autre règle de droit.
La règle de droit est obligatoire car tous ceux qui tombent sous le coup d’une règle de droit qui
régit leur situation ne peuvent y échapper et, s’ils tentent de le faire en la violant, ils seront sanc-
tionnés soit par une sanction civile (ex. : condamnation à réparer le préjudice causé par un ver-
sement de dommages et intérêts), soit par une sanction pénale (peine privative de liberté et/ou
amende…), soit par les deux.
Les règles de droit peuvent être réunies en plusieurs catégories selon le domaine sur lequel elles
portent.
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DROIT POSITIF
DROIT DROIT
CIVIL CONSTITUTIONNEL
DROIT DROIT
COMMERCIAL ADMINISTRATIF
DROIT DROIT
DU TRAVAIL PÉNAL
DROIT DROIT
INTERNATIONAL FISCAL
PRIVÉ
DROIT
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INTERNATIONAL
PUBLIC
C’est l’ensemble des règles juridiques s’appliquant aux rapports des particuliers entre eux
et aux rapports entre les particuliers et l’Administration lorsque le rôle et le fonctionne-
ment de celle-ci ne sont pas en cause.
En réalité, il convient d’étendre la notion de particuliers non seulement aux individus mais aussi
aux groupements, sociétés, associations, syndicats…
Les principales sous-branches du droit privé sont les suivantes :
I. LE DROIT CIVIL
C’est l’ensemble des règles juridiques régissant les rapports des particuliers entre eux sur
le plan individuel, familial et pécuniaire : règles relatives à la protection des personnes (droit à
l’intégrité physique, droit au respect de la vie privée…), filiation, mariage, divorce, biens, succes-
sion, contrats, responsabilité civile…
Le droit civil est la branche dite de « droit commun » car elle s’applique, en outre, à toutes
matières en l’absence d’autres dispositions spécifiques.
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Introduction au droit • Série 1
C’est l’ensemble des règles juridiques qui, dans un État donné, président à l’organisation
de cet État et aux rapports entre ce dernier et les particuliers.
Les principales sous-branches du droit public sont les suivantes :
I. LE DROIT CONSTITUTIONNEL
C’est l’ensemble des règles juridiques régissant la forme de l’État et le fonctionnement des
institutions (rôle du Parlement, mandat présidentiel, élections…).
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En France, l’essentiel du droit constitutionnel est contenu dans la constitution du 4 octobre 1958.
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UE 111 • Introduction au droit
REmaRquE
Le droit étant en constante évolution, il se crée d’autres branches que celles présentées ci-
avant (droit de l’environnement, droit de l’Internet…). En outre, la distinction entre droit privé et
droit public est à relativiser à maints égards (extension de l’activité de l’État à des domaines
traditionnellement privés tels que le négoce, effets privés des infractions : dommages subis
par les victimes…).
Le droit (droit objectif), en ses différentes règles, est créateur de droits (droits subjectifs) et
d’obligations pour les personnes qu’il régit.
Ce sont les droits d’un sujet de droits, d’un titulaire de droits donné. Ce sont les prérogatives
juridiques individuelles reconnues à une personne dans le cadre du droit positif. Le droit
positif contient donc un certain nombre de droits précis (ex. : droit à l’intégrité physique, droit de
propriété…) et chaque personne, à un moment donné, est titulaire de plusieurs de ces droits,
voire de tous ces droits. Ce sont les droits subjectifs de cette personne. Habituellement, on dis-
tingue les droits subjectifs extrapatrimoniaux des droits subjectifs patrimoniaux, subdivisés eux-
mêmes en différentes catégories.
DROITS SUBJECTIFS
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DROITS DE DROITS
LA PERSONNALITÉ INTELLECTUELS
DROITS DROITS
DROITS DE PERSONNELS RÉELS
LA FAMILLE
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Introduction au droit • Série 1
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famille.
Il en est ainsi, par exemple :
• Des droits du conjoint marié.
Art. 212 du Code civil :
« Les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours, assistance. »
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UE 111 • Introduction au droit
nota bEnE
Tous ces droits sont bien extrapatrimoniaux car ils ne peuvent faire l’objet de transactions (être
vendus…) même s’ils ont parfois des incidences pécuniaires (ex. : droit à faire valoir sa qualité
de successible).
nota bEnE
Le droit d’auteur a non seulement une composante patrimoniale, mais aussi une composante
extrapatrimoniale (il « comporte des attributs d’ordre intellectuel et moral »).
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Introduction au droit • Série 1
a. le droit de propriété
C’est le plus complet des droits réels ; il confère à son titulaire trois attributs :
• l’usus : le droit de se servir de la chose, objet de la propriété ;
• le fructus : le droit de percevoir les fruits de la chose, objet de la propriété (les fruits s’entendent
de ce que fournit régulièrement la chose sans que soit altérée la substance de celle-ci) ;
• l’abusus : le droit de disposer de la chose, objet de la propriété (ex. : vendre, donner la chose…).
Art. 544 du Code civil :
« La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue,
pourvu qu’on n’en fasse pas un usage prohibé par les lois ou par les règlements. »
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de puisage, de pacage, de passage…
Art. 637 du Code civil :
« Une servitude est une charge imposée sur un héritage pour l’usage et l’utilité d’un héri-
tage appartenant à un autre propriétaire. »
nota bEnE
Il convient de traduire « héritage » par « fonds », le fonds dominant étant le bénéficiaire de la
servitude supportée par le fonds servant.
(Pour une étude approfondie des droits réels principaux, voir la série 2.)
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UE 111 • Introduction au droit
La garantie peut porter sur un bien meuble corporel (gage), un bien immeuble (hypothèque), un
fonds de commerce (nantissement)…
Le créancier privilégié peut, au cas de défaillance du débiteur, réclamer le bien objet de sa garan-
tie en quelque main qu’il se trouve (droit de suite) et se faire payer en priorité sur son prix, par
rapport à d’autres créanciers éventuels (droit de préférence).
nota bEnE
Il existe aussi des sûretés personnelles (ex. : le cautionnement. La caution personnelle est
une personne qui s’engage à exécuter l’obligation d’un débiteur si celui-ci venait à être
défaillant).
Si, dans le cadre du droit objectif, l’on peut être titulaire de droits subjectifs, on peut aussi être
tenu à des obligations.
I. DÉFINITION
Les obligations sont des liens juridiques en vertu desquels une personne peut exiger d’une autre
qu’elle accomplisse une prestation déterminée.
L’obligation de l’un (le débiteur, celui qui est tenu à quelque chose) est ainsi le corollaire du droit
(subjectif) de l’autre (le créancier).
ExEmplES
La personne qui en a blessé une autre a l’obligation d’indemniser celle-ci ; l’acheteur a l’obli-
gation de payer le prix du bien acheté au vendeur, lequel a l’obligation de le lui fournir…
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Introduction au droit • Série 1
ExEmplES
Obligation du dépositaire qui doit restituer l’objet qu’on lui a confié en dépôt ; obligation du
transporteur de personnes qui doit conduire le voyageur sain et sauf à destination…
ExEmplES
Obligation de l’avocat qui doit faire de son mieux pour convaincre les juges du bon droit de son
client ; obligation de l’enseignant qui doit faire de son mieux pour aider ses élèves à réussir…
1. Le terme
Une obligation peut être affectée d’un terme (événement futur et certain). C’est une modalité
qui affecte l’obligation dans son exigibilité ou sa durée. Un terme peut être suspensif lorsqu’il
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diffère l’exécution d’une obligation (ex. : fixation d’une échéance) ; il peut être extinctif lorsqu’il
fixe l’instant auquel le débiteur cessera d’exécuter ses obligations (ex. : contrat de travail à durée
déterminée, fin de bail).
2. La condition
Une obligation peut être affectée d’une condition. C’est une modalité qui affecte l’obligation
dans son existence même puisqu’elle subordonne la création ou l’extinction de l’obligation à un
événement futur et incertain. Ainsi, la création d’une obligation peut être subordonnée à la
réalisation d’un événement : la condition est dite suspensive (ex. : je vous accorde ce prêt si
vous me fournissez une garantie). À l’inverse, la condition est dite résolutoire, lorsque la surve-
nance d’un fait emporte disparition de l’obligation (ex. : le compte que nous vous ouvrons sera
clos si vous ne l’approvisionnez pas).
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UE 111 • Introduction au droit
a. Solidarité active
L’obligation est solidaire entre plusieurs créanciers lorsque le titre donne expressément à chacun
d’eux le droit de demander le paiement total de la créance et que le paiement fait à l’un d’eux
libère le débiteur, encore que le bénéfice de l’obligation soit partageable et divisible entre les
divers créanciers.
b. Solidarité passive
Il y a solidarité entre plusieurs débiteurs qui sont obligés à une même chose, de manière que
chacun puisse être contraint pour la totalité et que le paiement fait par un seul libère les autres
envers le créancier (quitte à ce que le débiteur qui a payé se retourne ensuite contre ses codé-
biteurs pour leur part de la dette).
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d’où proviennent les règles de droit ? Les règles de droit trouvent leur origine dans diverses
émanations juridiques, exprimées ou non par écrit. le droit positif français se construit évi-
demment au plan national, par des sources tant étatiques (lois…) que professionnelles
(code de déontologie de telle ou telle profession…) ; mais, l’État français étant un État membre
de l’Union européenne, le droit positif français intègre également des règles de dimension
européenne. Par ailleurs, lorsque l’État français s’engage par des conventions internatio-
nales, le droit positif français intègre des règles de dimension internationale.
On choisira de présenter ces sources du droit positif français selon le principe hiérarchique qui
les lie, la Constitution française se situant au sommet de cette hiérarchie et chacune des sources
citées ensuite ne pouvant déroger aux sources citées avant elle.
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Introduction au droit • Série 1
ExEmplES
Les traités fondateurs de l’Union européenne (le traité de Paris du 18 avril 1951, les deux trai-
tés de Rome du 25 mars 1957, le traité de Maastricht du 7 février 1992, le traité d’Amsterdam
du 2 octobre 1997, etc.)…
Un traité international n’engage l’État français qu’à la condition d’être ratifié, c’est-à-dire approuvé,
par les organes internes compétents (le Président de la République et parfois le Parlement).
Dans la hiérarchie des sources du droit, les traités internationaux doivent respecter la
constitution nationale. Ainsi, par exemple, le traité sur l’Union européenne, signé le 7 février
1992 à Maastricht, a d’abord été déclaré contraire à la Constitution française par une décision
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du Conseil constitutionnel rendue le 9 avril 1992, sur saisine du Président de la République. Il a
fallu, pour permettre la conformité du traité à la Constitution, une révision ponctuelle de celle-ci,
consistant essentiellement en l’ajout d’un nouveau titre (Titre XIV : « Des Communautés euro-
péennes et de l’Union européenne ») et opérée par la loi constitutionnelle n° 92-554 du 25 juin
1992.
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UE 111 • Introduction au droit
Ils sont obligatoires et directement applicables dans le droit des États membres.
ExEmplE
Règlement (CE) n° 1103/97/CE du Conseil de l’Union européenne du 17 juin 1997 fixant cer-
taines dispositions relatives à l’introduction de l’euro (JOCE n° L 162, 19 juin 1997), art. 6 :
« Le présent règlement entre en vigueur le jour suivant celui de sa publication au Journal
officiel des Communautés européennes.
Le présent règlement est obligatoire dans tous ses éléments et directement applicable
dans tout État membre.
Fait à Luxembourg, le 17 juin 1997. »
Elles fixent des objectifs que les États membres doivent obligatoirement atteindre, tout en les
laissant choisir les moyens à utiliser (lois nationales…) pour leur transposition en droit interne.
ExEmplE
Directive n° 98/6/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 février 1998 relative à la pro-
tection des consommateurs en matière d’indication des prix des produits offerts aux consom-
mateurs (JOCE n° L 80, 18 mars 1998), art. 11 :
« 1. Les États membres mettent en vigueur les dispositions législatives, réglementaires et
administratives nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le
18 mars 2000. Ils en informent immédiatement la Commission. Ils appliquent ces disposi-
tions à partir de cette date. »
Nota bene : Tous les textes du droit européen ont d’abord été publiés au JOCE (Journal officiel
de la Communauté européenne), puis désormais au JOUE (Journal officiel de l’Union euro-
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Elles s’adressent à un État membre donné ou un particulier pour qui elles sont directement
obligatoires.
REmaRquE
La primauté du droit européen n’empêche pas les États membres de légiférer, pourvu que ce
soit dans le respect des normes européennes. Le traité de Maastricht institue même un « prin-
cipe de subsidiarité » en vertu duquel l’Union européenne, en dehors de sa compétence exclu-
sive, n’intervient et ne crée des règles que si les États membres ne peuvent le faire de manière
suffisante.
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Introduction au droit • Série 1
SECTION 1. DESCRIPTIF
I. LA LOI CONSTITUTIONNELLE
C’est une loi de révision de la constitution.
Constitution du 4 octobre 1958, art. 89 :
« L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la
République sur proposition du Premier ministre et aux membres du Parlement.
Le projet ou la proposition de révision doit être […] voté par les deux assemblées en
termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum.
Toutefois, le projet de révision n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la
République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le
projet de révision n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes des suf-
frages exprimés. Le bureau du Congrès est celui de l’Assemblée nationale.
Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu’il est porté
atteinte à l’intégrité du territoire.
La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l’objet d’une révision. »
ExEmplES
Loi n° 92-554 du 25 juin 1992 liée à la ratification du traité de Maastricht ; loi n° 2000-964 du
2 octobre 2000 relative au quinquennat portant de 7 à 5 ans la durée du mandat présiden-
tiel. Constitution du 4 octobre 1958, art. 6 al. 1er :
« Le Président de la République est élu pour 5 ans au suffrage universel direct. »
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II. LA LOI ORGANIQUE
C’est une loi destinée à compléter les dispositions de la Constitution, entre autres, quant à l’or-
ganisation des pouvoirs publics.
ExEmplES
Loi organique précisant les conditions du vote des projets de loi de finances par le Parlement ;
lois organiques relatives au statut des magistrats…
38
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UE 111 • Introduction au droit
Art. 24 :
« Le Parlement vote la loi […]. »
Art. 34 :
« La loi fixe les règles concernant :
• les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des
libertés publiques ; la liberté, le pluralisme et l’indépendance des médias ; les sujétions imposées
par la Défense nationale aux citoyens en leur personne et en leurs biens ;
• la nationalité, l’état et la capacité des personnes, les régimes matrimoniaux, les successions et
libéralités ;
• la détermination des crimes et délits ainsi que les peines qui leur sont applicables ; la procédure
pénale ; l’amnistie ; la création de nouveaux ordres de juridiction et le statut des magistrats ;
• l’assiette, le taux et les modalités de recouvrement des impositions de toutes natures ; le régime
d’émission de la monnaie.
La loi fixe également les règles concernant :
• le régime électoral des assemblées parlementaires, des assemblées locales et des instances
représentatives des Français établis hors de France ainsi que les conditions d’exercice des
mandats électoraux et des fonctions électives des membres des assemblées délibérantes des
collectivités territoriales ;
• la création des catégories d’établissements publics ;
• les garanties fondamentales accordées aux fonctionnaires civils et militaires de l’État ;
• les nationalisations d’entreprises et les transferts de propriété d’entreprises du secteur public au
secteur privé.
La loi détermine les principes fondamentaux :
• de l’organisation générale de la Défense nationale ;
• de la libre administration des collectivités territoriales, de leurs compétences et de leurs ressources ;
• de l’enseignement ;
• de la préservation de l’environnement ;
• du régime de la propriété, des droits réels et des obligations civiles et commerciales ;
• du droit du travail, du droit syndical et de la Sécurité sociale.
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Les lois de finances déterminent les ressources et les charges de l’État dans les conditions et sous
les réserves prévues par une loi organique.
Les lois de financement de la Sécurité sociale déterminent les conditions générales de son équi-
libre financier et, compte tenu de leurs prévisions de recettes, fixent ses objectifs de dépenses,
dans les conditions et sous les réserves prévues par une loi organique.
Des lois de programmation déterminent les objectifs de l’action de l’État.
Les orientations pluriannuelles des finances publiques sont définies par des lois de programma-
tion. Elles s’inscrivent dans l’objectif d’équilibre des comptes des administrations publiques.
Les dispositions du présent article pourront être précisées et complétées par une loi organique. »
Art. 39 al. 1er :
« L’initiative des lois appartient concurremment au Premier ministre et aux membres du Parlement. »
Art. 45 :
« Tout projet ou proposition de loi est examiné successivement dans les deux assemblées du
Parlement en vue de l’adoption d’un texte identique. […] »
L’initiative d’une loi appartient donc au Gouvernement (projet de loi) ou au Parlement (proposi-
tion de loi). Quoi qu’il en soit, pour être adoptée, une loi doit être soumise pour des lectures
successives (navette) à l’Assemblée nationale et au Sénat, qui peuvent lui apporter des modi-
fications (amendements), et doit finalement être votée en termes identiques par ces deux
assemblées.
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Introduction au droit • Série 1
Les lois organiques et, a fortiori, les lois ordinaires ne sauraient déroger à la Constitution (ainsi
qu’aux autres sources du droit qui leur sont supérieures : traités, sources européennes).
Le contenu des différentes lois ordinaires est en principe inséré dans les codes correspondant à
leur domaine d’intervention (ex. : une loi relative aux successions sera intégrée dans le Code
civil ; une loi relative à la détermination des actes de commerce sera intégrée dans le Code de
commerce…).
Une loi ordinaire est dite impérative lorsque tout individu auquel elle s’applique est obligé de s’y
soumettre sans pouvoir opter pour une autre règle.
ExEmplE
Art. 6 du Code civil :
« On ne peut déroger par des conventions particulières, aux lois qui intéressent l’ordre
public et les bonnes mœurs. »
Au contraire, une loi ordinaire est dite supplétive lorsqu’elle s’applique en l’absence de toute
autre volonté de l’individu. Une loi supplétive laisse donc aux personnes la possibilité d’effectuer
un autre choix (pourvu que ce choix soit lui-même conforme au droit en vigueur : respect de
l’ordre public et des bonnes mœurs…) et, en l’absence de choix de leur part, leur applique une
solution qu’elle prévoit.
ExEmplE
À défaut de contrat de mariage par lequel les époux manifesteraient leur choix de tel ou tel
régime matrimonial, ils sont réputés mariés sous le régime légal de la communauté réduite aux
acquêts.
Art. 1400 du Code civil :
« La communauté, qui s’établit à défaut de contrat ou par la simple déclaration qu’on se
marie sous le régime de la communauté… »
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SECTION 2. CONDITIONS D’APPLICATION DE LA LOI
A. LA PROMULGATION
C’est l’acte par lequel le Président de la République atteste l’existence de la loi et en ordonne la
publication et l’exécution.
Art. 10 de la Constitution du 4 octobre 1958 :
« Le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la
transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.
Il peut, avant l’expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération de
la loi de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée. »
Signalons que la constitutionnalité d’une loi peut et parfois doit être contrôlée par un organe
spécial, le conseil constitutionnel.
Art. 56 al. 1 et 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 :
« Le Conseil constitutionnel comprend neuf membres, dont le mandat dure neuf ans et
n’est pas renouvelable. Le Conseil constitutionnel se renouvelle par tiers tous les trois ans.
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UE 111 • Introduction au droit
Trois des membres sont nommés par le Président de la République, trois par le Président
de l’Assemblée Nationale, trois par le Président du Sénat. […]
En sus des neuf membres prévus ci-dessus, font de droit partie à vie du Conseil constitu-
tionnel les anciens Présidents de la République. »
nota bEnE
Au moment où le présent cours est rédigé (printemps 2013), il est question d’une réforme selon
laquelle les futurs anciens présidents de la République ne seraient plus membres de droit du
Conseil constitutionnel.
Ainsi, doivent être soumises au conseil constitutionnel avant leur promulgation : notam-
ment les lois organiques.
Art. 61 al. 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 :
« Les lois organiques, avant leur promulgation, les propositions de loi mentionnées à l’ar-
ticle 11 avant qu’elles ne soient soumises au référendum, et les règlements des assem-
blées parlementaires, avant leur mise en application, doivent être soumis au Conseil
constitutionnel qui se prononce sur leur conformité à la Constitution. »
Par ailleurs, sur saisine par le Président de la République, le Premier Ministre, le Président de
l’Assemblée Nationale, le Président du Sénat ou soixante députés ou soixante sénateurs, toute
loi peut, avant sa promulgation, être déférée au conseil constitutionnel.
Art. 61 al. 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 :
« […] Les lois peuvent être déférées au Conseil constitutionnel, avant leur promulgation,
par le Président de la République, le Premier Ministre, le Président de l’Assemblée Natio-
nale, le Président du Sénat ou soixante députés ou soixante sénateurs. »
Une disposition que le conseil constitutionnel déclare inconstitutionnelle ne peut pas être
promulguée et ne sera pas applicable.
Art. 62 al. 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 :
« Une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de l’article 61 ne peut être
promulguée ni mise en application. »
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B. LA PUBLICATION
C’est l’insertion de la loi dans le Journal officiel de la République française afin de la porter à la
connaissance du public.
En vertu de l’adage selon lequel « nul n’est censé ignorer la loi », celle-ci s’applique alors en
principe un jour franc après que le numéro du Journal Officiel qui la contient est parvenu au chef-
lieu d’arrondissement, et ce, sauf dispositions particulières (délais plus longs pour l’étranger,
spécification d’une date précise par le texte de loi lui-même…).
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Introduction au droit • Série 1
A. CAS DÉTERMINÉS
1. Principe de la territorialité de la loi
La loi française s’applique sur tout le territoire français (aux Français comme aux étrangers) s’il
s’agit d’une loi de police ou de sûreté ou s’il s’agit d’immeubles.
Art. 3 al. 1 et 2 du Code civil :
« Les lois de police et de sûreté obligent tous ceux qui habitent le territoire.
Les immeubles, même ceux possédés par des étrangers, sont régis par la loi française. »
REmaRquES
• Le territoire français s’entend, dans toutes ses dimensions (terrestre, aérienne, maritime),
de la métropole, de la collectivité territoriale de Corse, des départements et territoires
d’outre-mer (DOM-TOM), des espaces diplomatiques français (ambassades…) situés à
l’étranger…, desquels il convient de retrancher les espaces diplomatiques étrangers situés
en France…
• Ainsi qu’il a déjà été dit, de nombreuses règles de droit spécifiques s’appliquent à cer-
taines parties du territoire : Alsace-Moselle, Corse, DOM-TOM…
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résidant en pays étrangers. »
B. AUTRES CAS
Dans d’autres domaines, à défaut de principes généraux, on se réfère au coup par coup à des
textes spécifiques et au droit international privé.
ExEmplE
Art. 309 du Code civil :
« Le divorce et la séparation de corps sont régis par la loi française :
• lorsque l’un et l’autre époux sont de nationalité française ;
• lorsque les époux ont, l’un et l’autre, leur domicile sur le territoire français ;
• lorsque aucune loi étrangère ne se reconnaît compétente, alors que les tribunaux fran-
çais sont compétents pour connaître du divorce ou de la séparation de corps. »
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UE 111 • Introduction au droit
B. EXCEPTIONS
• la loi nouvelle a un effet immédiat et rétroactif lorsqu’il s’agit d’une :
– loi pénale plus douce (ex. : qui allège les peines prévues jusque-là pour une infraction
donnée) ;
– loi de compétence et de procédure (qui détermine les modalités de saisine des
juridictions…) ;
– loi interprétative (qui clarifie une loi antérieure) ;
– loi expressément rétroactive (la loi nouvelle dispose, par exemple, qu’elle a vocation à
s’appliquer à toutes les situations en cours de jugement et pourtant nées six mois avant son
entrée en vigueur).
En pareils cas, les dispositions de la loi nouvelle ont une implication non seulement sur les
situations nées à dater de son entrée en vigueur mais aussi sur les situations pendantes (non
définitivement jugées) nées antérieurement à son entrée en vigueur.
• la loi nouvelle n’a pas d’effet rétroactif mais elle n’a pas davantage d’effet immédiat :
Ceci vise les contrats en cours d’exécution car leurs effets continuent à être régis par la loi
ancienne sous l’empire de laquelle ils ont été conclus : bien que les effets d’un contrat en
cours d’exécution perdurent après l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle, celle-ci n’aura sur ce
contrat aucune incidence et la loi nouvelle ne régira que les contrats formés à dater de son
entrée en vigueur.
Toutefois (et par exception à l’exception, ce qui revient au cas de principe !), lorsque la loi
nouvelle est d’ordre public (incontournable pour des raisons de stabilité de l’ordre social),
elle s’applique immédiatement dès son entrée en vigueur même aux effets futurs des
contrats en cours (ex. : une loi qui augmenterait la durée minimale des congés payés concer-
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nerait tous les contrats de travail à dater de son entrée en vigueur, y compris ceux qui seraient
alors en cours !)… mais sans effet rétroactif sur les effets passés des contrats en cours !
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Introduction au droit • Série 1
ExEmplES
Ordonnance n° 2000-912 du 18 septembre 2000 relative à la partie législative du Code de
commerce (ordonnance prise en application de l’habilitation donnée au Gouvernement par la
loi du 16 décembre 1999 pour une nouvelle codification du Code de commerce de 1807) ;
ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 portant adaptation de la valeur en Euros de
certains montants exprimés en Francs dans les textes législatifs (ordonnance prise en applica-
tion de l’habilitation donnée au Gouvernement par la loi du 15 juin 2000 pour une adaptation
en euros de certains montants législatifs exprimés en francs).
ExEmplE
Les contraventions, infractions pénales les moins graves, sont créées par voie réglementaire
contrairement aux délits pénaux et aux crimes qui, étant expressément visés par l’article 34 de
la Constitution, nécessitent pour être institués le vote d’une loi.
Bien entendu, les règlements, comme les ordonnances, doivent respecter les sources du droit
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« supérieures » (Constitution, traités, sources européennes, lois).
nota bEnE
Les circulaires sont des instructions de service écrites émanant d’une autorité supérieure
(ex. : circulaires ministérielles de droit fiscal indiquant aux agents de la fonction publique com-
ment calculer tel impôt).
CHAPITRE 7. LA COUTUME
C’est un usage suivi de façon générale et prolongée qui finit par avoir un caractère obliga-
toire selon l’opinion commune. La règle coutumière, qui est en principe une règle de droit non
écrite, résulte donc de deux éléments : une pratique répétée dans le temps et la croyance que
cette pratique est obligatoire.
La coutume est une source de droit particulièrement prolixe en matière professionnelle (usage
professionnel), commerciale et internationale ; même si certaines règles de droit coutumières
subsistent également en droit civil (ex. : la femme mariée utilise généralement le nom de son
époux, bien que son nom de famille demeure en réalité son nom de jeune fille).
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UE 111 • Introduction au droit
CHAPITRE 8. LA JURISPRUDENCE
C’est l’ensemble des décisions rendues par les juridictions.
on pourrait être tenté de ne pas reconnaître à la jurisprudence le rôle de source du droit
car la règle de droit est par définition « générale et impersonnelle », c’est-à-dire le contraire des
décisions jurisprudentielles qui ne concernent que les parties au procès (principe de la relativité
de la chose jugée).
Art. 5 du Code civil :
« Il est défendu aux juges de prononcer par voie de disposition générale et réglementaire
sur les causes qui leur sont soumises. »
mais il arrive qu’une décision, tant dans son raisonnement que dans la solution retenue, serve
de modèle pour des affaires analogues jugées ultérieurement. Il se crée alors un véritable cou-
rant jurisprudentiel à partir d’une décision dite de principe et la solution bientôt systématique-
ment adoptée est finalement d’une portée générale. La jurisprudence peut ainsi être considérée
comme une source de droit à part entière ; quand bien même à tout moment une décision
divergente est susceptible d’opérer un revirement de jurisprudence, rompant de la sorte avec
un courant jusque-là bien établi.
Par ailleurs, si les juridictions doivent appliquer les règles de droit d’une autorité supérieure, et
en particulier la loi, il leur est interdit de se réfugier derrière le silence de cette dernière pour
refuser de se prononcer et ceci sous peine d’encourir des sanctions (pour délit pénal de déni
de justice).
Art. 4 du Code civil :
« Le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance
de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice. »
Le rôle de source de droit joué par la jurisprudence dans l’hypothèse d’un vide juridique est donc
encore plus évident.
À noter que, plus généralement, il y a déni de justice lorsque les juges négligent de juger une
affaire en état d’être jugée (art. L. 141-3 du Code de l’organisation judiciaire).
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la jurisprudence est bien tout à la fois une source de droit en elle-même et une source de
droit indirecte en ce qu’elle inspire souvent le législateur.
CHAPITRE 9. LA DOCTRINE
C’est l’ensemble des travaux (études, commentaires…) des juristes (professeurs, avocats…)
qui constitue une source de droit le plus souvent écrite et en tout état de cause indirecte en ce
qu’elle influence les autres sources du droit (loi, jurisprudence).
REmaRquE
Les contrats sont également à l’origine de droits et d’obligations mais leur effet ne vaut en
principe que pour les cocontractants et les règles juridiques ainsi créées ne sont pas « géné-
rales et impersonnelles ».
En conclusion, pour résoudre un point de droit donné, le praticien doit rechercher, dans le
domaine juridique concerné, toutes les règles applicables provenant des différentes sources du
droit en faisant prévaloir celles qui sont supérieures aux autres.
Quand les droits sont contestés, il importe d’en faire cesser les atteintes ; notamment par le
recours à la justice.
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PARTIE
LE DROIT PROCESSUEL
La défense des droits que l’on a passe par une bonne connaissance du fonctionnement de la
justice (Titre 1) et des rouages de la preuve (Titre 2).
La justice est rendue selon des règles de procédure que le justiciable ne peut méconnaître. Nous
présenterons successivement : l’action en justice (Chapitre 1), les principaux principes direc-
teurs du procès (Chapitre 2), l’organisation des juridictions françaises (Chapitre 3) ainsi que les
voies de recours (Chapitre 4) et les voies d’exécution (Chapitre 5) que l’on peut être amené à
mettre en œuvre. Nous compléterons cet exposé par le descriptif des juridictions de l’Union
européenne (Chapitre 6) et des modes alternatifs de règlement des conflits (Chapitre 7).
Afin d’écarter des juridictions, déjà très sollicitées, les démarches abusives, le plaideur doit justifier
d’un intérêt à agir. Cette exigence est exprimée par la formule : « Pas d’intérêt, pas d’action. »
Pour rendre légitime une action en justice, l’intérêt à agir doit revêtir certaines qualités faute de
quoi, le juge est amené à prononcer une fin de non-recevoir.
A. PRINCIPE
Une prétention fondée sur un intérêt très ancien, pour lequel l’action en justice est prescrite, est
irrecevable. Depuis la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en
matière civile, le délai de prescription de principe (hors dispositions spéciales) est de cinq
ans ; et ce, que l’on soit en matière civile, commerciale ou mixte (un acte est mixte lorsqu’il est
passé entre au moins une personne commerçante et au moins une personne non-commer-
çante). Auparavant, la prescription de principe était trentenaire en matière civile et décennale en
matières commerciale et mixte. Quant au point de départ de la prescription extinctive, il se
situe en principe le jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits per-
mettant de l’exercer.
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Introduction au droit • Série 1
De même est irrecevable l’action tendant à faire protéger un intérêt simplement futur et
hypothétique.
B. ATTÉNUATION
En matière pénale, il y a imprescriptibilité de la poursuite des crimes contre l’humanité.
Par ailleurs, il est parfois possible de faire valoir un intérêt futur pourvu qu’il soit certain dans sa
réalisation.
ExEmplE
Demande de modification des plans d’une construction future pour le dommage qu’elle ne
manquerait pas de causer en termes d’éclairement… si elle devait être édifiée sur un fonds
voisin comme initialement prévu.
A. PRINCIPE
Seul le titulaire du droit allégué est autorisé à prendre l’initiative du procès. On ne peut ester en
justice pour le compte de quelqu’un d’autre.
B. ATTÉNUATION
Par définition, certaines personnes sont inaptes à faire valoir leurs droits. Ce soin est donc laissé
à autrui.
ExEmplE
Action en justice exercée par le représentant légal d’une personne juridiquement incapable,
d’une personne disparue, par certains groupements (syndicats, associations…).
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III. L’INTÉRÊT DOIT ÊTRE DIRECT
A. PRINCIPE
L’action en justice doit être dirigée contre l’auteur du dommage le plus directement impliqué
dans sa réalisation ; quitte à ce que ce dernier intervenant se retourne ensuite à son tour contre
des personnes précédemment impliquées (cas des accidents de la circulation en série…).
Par ailleurs, seule la victime directe du dommage invoqué est autorisée à agir.
B. ATTÉNUATION
Les « victimes par ricochet » peuvent demander réparation de la souffrance que leur cause le
dommage subi par un être proche.
ExEmplE
La douleur ressentie par la perte d’un être cher lors d’un attentat…
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UE 111 • Introduction au droit
Ainsi, par exemple, il est impensable de demander réparation pour des troubles subis dans le
cadre d’une activité illicite !
I. LES PARTIES
Ce sont les personnes engagées dans le procès ; leur qualité diffère selon leur rôle :
• Le demandeur (la demanderesse) est celui (celle) qui a l’initiative d’une action en justice.
• Le défendeur (la défenderesse) est celui (celle) contre qui l’action est dirigée.
nota bEnE
Plus généralement, le demandeur est celui qui invoque une prétention au cours du procès. Ce
peut donc être le défendeur qui forme une demande reconventionnelle (demande en riposte à
la demande initiale).
• L’appelant(e) est celui (celle) qui interjette appel, c’est-à-dire qui fait appel (voie de recours)
d’une décision rendue au 1er degré.
• L’intimé(e) est la partie adverse en appel.
voir exécutif.
REmaRquE
Afin d’augmenter les effectifs de la magistrature et d’essayer de résoudre l’encombrement des
juridictions, la loi organique du 19 janvier 1995 autorise la nomination de « magistrats exer-
çant à titre temporaire » (pour une durée de sept ans non renouvelable) parmi des personnes
de moins de 65 ans que leur compétence et leur expérience qualifient particulièrement.
201111TDPA0113 49
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Introduction au droit • Série 1
Ces magistrats, recrutés dans les formes prévues pour les magistrats du siège, peuvent donc
être, par exemple, des membres de professions libérales juridiques, justifiant de sept années
au moins d’exercice professionnel, et sont appelés à statuer en matière civile ou pénale.
Ils peuvent assumer concomitamment une activité professionnelle dès lors qu’elle n’est pas de
nature à porter atteinte à la dignité ou à l’indépendance de la fonction de magistrat et qu’il ne s’agit
pas d’un emploi public (sauf celui de professeur et de maître de conférences des universités).
Ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 relative au statut de la magistrature, art. 41-10
(rédaction issue de l’article 1er de la loi organique n° 95-64 du 19 janvier 1995) :
« Peuvent être nommées, pour exercer des fonctions de juge d’instance ou d’assesseur
dans les formations collégiales des tribunaux de grande instance, les personnes âgées de
moins de soixante-cinq ans révolus que leur compétence et leur expérience qualifient
particulièrement pour exercer ces fonctions. […] »
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Les membres de la nouvelle profession exercent donc l’ensemble des fonctions antérieurement
dévolues aux professions d’avocat, de conseil juridique et d’avoué.
2. Les experts
Ils sont chargés par les juridictions de procéder à des examens techniques dans des domaines
où ils interviennent comme professionnels (ex. : mécanique, médecine…) et d’en faire un rap-
port. Les avis qu’ils rendent ne lient pas les juges.
50
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UE 111 • Introduction au droit
définition
La signification d’un acte est le fait de le notifier, le porter officiellement à la connaissance des
personnes concernées.
Art. 651 al. 1 et 2 du Code de procédure civile (CPC) :
« Les actes sont portés à la connaissance des intéressés par la notification qui leur en est faite.
La notification faite par acte d’huissier de justice est une signification. »
Le statut des huissiers de justice a été notamment modifié par le décret n° 94-299 du 12 avril
1994 dans le sens d’une élévation de leur qualification et de leurs responsabilités.
REmaRquES
• Les greffiers ont un rôle important : ils rendent authentique la décision de justice en la rédi-
geant et délivrant copie (expéditions de la décision), ils jouent un rôle d’archiviste et assurent
la publicité de certains actes.
Le rôle des greffiers a, à plusieurs reprises, été revalorisé.
La loi n° 95-125 du 8 février 1995, relative à l’organisation des juridictions et à la procédure
civile, pénale et administrative, accroît les missions des greffiers en chef (par exemple en
matière de tutelle ou de droit de la nationalité) ce qui allège d’autant le rôle du juge.
En particulier, le décret n° 95-832 du 5 juillet 1995 redéfinit, en les augmentant, les missions
des greffiers des tribunaux de commerce (qui assurent, entre autres, la tenue des différents
registres prévus par les textes en vigueur : registre du commerce et des sociétés…).
• En outre, également dans le souci de décharger le juge des tâches qui ne lui incombent pas
nécessairement (préparation du travail, traitement des dossiers…) afin qu’il recentre son activité
sur sa mission essentielle qui est de « dire le droit », la loi n° 95-125 du 8 février 1995 prévoit
qu’il soit entouré d’équipes comprenant, notamment, des assistants de justice (ceci confor-
mément aux termes de la loi de programme n° 95-9 du 6 janvier 1995 relative à la justice).
Loi n° 95-125 du 8 février 1995, art. 20 (modifié par la loi n° 2007-148 du 2 février 2007,
art. 54) :
« Peuvent être nommées en qualité d’assistants auprès des magistrats des tribunaux
d’instance, des tribunaux de grande instance, des cours d’appel, de la Cour de cassation
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ainsi qu’à l’École nationale de la magistrature, les personnes titulaires d’un diplôme sanc-
tionnant une formation juridique d’une durée au moins égale à quatre années d’études
supérieures après le baccalauréat et que leur compétence qualifie particulièrement pour
exercer ces fonctions.
Ces assistants sont nommés pour une durée de deux ans renouvelable deux fois. Ils sont
tenus au secret professionnel sous les peines prévues à l’article 226-13 du Code pénal. […] »
Le Conseil de l’Europe est une organisation internationale, créée en 1949, qui regroupe une cin-
quantaine d’États de l’Europe géographique (à ne pas confondre avec l’Union européenne) dont
201111TDPA0113 51
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Introduction au droit • Série 1
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
sauvegarde des droits de l’homme, art. 6, § 1).
Mentionnés essentiellement dans le Code de procédure civile, ces principes directeurs relatifs
au déroulement du procès ont principalement trait à : la contradiction, la publicité et l’oralité des
débats, la neutralité du juge, la gratuité et la permanence de la justice.
I. PRINCIPE DU CONTRADICTOIRE
En vertu de ce principe, le juge doit rendre sa décision en ayant permis à chaque partie au
procès de faire connaître tout ce qui est utile à sa prétention. Ce principe est l’une des
52
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UE 111 • Introduction au droit
V. PRINCIPE DE LA GRATUITÉ
La justice a, certes, un coût (rémunération des magistrats par l’État, honoraires des avocats pris
en charge par les plaideurs…), mais ce sont les contribuables et non les plaideurs qui rému-
nèrent les magistrats et, lorsqu’un plaideur ne dispose pas de ressources suffisantes, il peut
bénéficier d’une aide juridictionnelle financée par l’État afin d’assurer, notamment, la rémuné-
ration de son avocat.
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REmaRquE
des principes directeurs relatifs au jugement doivent également être signalés. Il s’agit,
d’une part, de l’autorité de la force de chose jugée qui caractérise une décision de justice
qui n’est plus susceptible de faire l’objet d’un recours suspensif d’exécution tel que l’appel et
qui, de ce fait, peut être mise en exécution. Il s’agit, d’autre part, de la force exécutoire qui
est attachée à certains actes, dont les décisions de justice, et qui permet de recourir aux voies
d’exécution (saisies… exposées infra dans le présent titre) pour en obtenir l’exécution.
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Introduction au droit • Série 1
I. L’ORDRE ADMINISTRATIF
Il statue sur les différends mettant en jeu une règle de droit public et opposant les personnes
publiques ou les personnes publiques et les particuliers.
A. AU PREMIER DEGRÉ
Les tribunaux administratifs sont habilités à se prononcer en premier lieu sur des affaires rele-
vant de la compétence de l’ordre administratif – sauf compétence exceptionnelle directe du
Conseil d’État (ex. : recours en annulation contre un décret pris par un ministre après avis du CE).
B. AU SECOND DEGRÉ
Depuis une loi du 31 décembre 1987, des cours administratives d’appel peuvent être saisies
afin de réexaminer une affaire sur laquelle un tribunal administratif a déjà statué au premier
degré. Toutefois, les délais pour interjeter appel doivent être respectés : en principe 2 mois à
dater de la signification (formalité par laquelle il est officiellement porté à la connaissance des
parties) du jugement attaqué.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Dans un premier temps, cantonnée aux recours de plein contentieux, la compétence des cours
administratives d’appel s’étend également aux recours pour excès de pouvoir (loi n° 95-125 du
8 février 1995).
Les recours pour excès de pouvoir visent à faire annuler par le juge administratif des actes admi-
nistratifs unilatéraux entachés d’illégalité pour incompétence de leur auteur, vice de forme,
détournement de pouvoir ou violation de la loi.
Les recours de plein contentieux renferment la plupart des recours autres que les recours pour
excès de pouvoir (ex. : recours en indemnité pour inexécution d’un contrat administratif).
nota bEnE
Outre leurs fonctions juridictionnelles, les tribunaux administratifs et les cours administratives
d’appel ont des attributions consultatives.
Art. R. 212-1 du Code de justice administrative :
« Les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel peuvent être appelés à
donner leur avis sur les questions qui leur sont soumises par les préfets.
Les questions relevant des attributions des préfets de région de la métropole sont soumises
par ces derniers à la cour administrative d’appel, les autres au tribunal administratif. »
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UE 111 • Introduction au droit
nota bEnE
Tout litige qui n’est pas de la compétence de l’ordre administratif est de celle de l’ordre judi-
ciaire et inversement.
Cependant, il peut arriver qu’un doute subsiste quant à la compétence de l’un ou de l’autre
ordre.
on a alors recours au tribunal des conflits composé paritairement par des magistrats de
l’ordre administratif et par des magistrats de l’ordre judiciaire et présidé par le garde des
Sceaux, ministre de la Justice.
Le tribunal des conflits se borne à indiquer l’ordre juridictionnel compétent sans trancher l’af-
faire au fond.
A. AU PREMIER DEGRÉ
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nota bEnE
La suppression des JDP est envisagée. Mais cette suppression, qui, d’après la loi n° 2011-1862
du 13 décembre 2011, devait avoir lieu à dater du 1er janvier 2013, est reportée au 1er janvier
2015 par la loi n° 2012-1441 du 24 décembre 2012.
• Pour les délits : les tribunaux correctionnels.
ExEmplES
Art. 313-1 du Code pénal : délit d’escroquerie.
Art. 314-1 du Code pénal : délit d’abus de confiance.
• Pour les crimes : les cours d’assises (après intervention d’un juge d’instruction et éventuelle-
ment de la chambre de l’instruction).
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Introduction au droit • Série 1
ExEmplES
Art. 221-1 du Code pénal : meurtre.
Art. 222-23 du Code pénal : viol.
REmaRquES
• La cour d’assises se singularise en ce que le jury (dit jury populaire) qui siège en son sein est
composé de 9 jurés qui sont des citoyens désignés après tirage au sort sur les listes
électorales.
• La loi n° 2011-939 du 10 août 2011 sur la participation des citoyens au fonctionnement de la
justice pénale et le jugement des mineurs a également instauré depuis le 1er janvier 2012, à
titre expérimental, la participation de « citoyens assesseurs » aux côtés notamment des
magistrats des tribunaux correctionnels situés, dans un premier temps, dans le ressort de
seulement deux cours d’appel (Dijon et Toulouse selon un arrêté du 12 octobre 2011).
Comme pour les jurés d’assises, les citoyens assesseurs sont désignés après tirage au sort
sur les listes électorales. Toutefois, au moment où ce cours est rédigé (printemps 2013), il est
envisagé de mettre fin à cette expérimentation.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
rectes et taxes assimilées à ces droits, taxes ou contributions : droits de place perçus par les
communes dans les halles, foires et marchés…), actions possessoires (la loi n° 2005-47 du
26 janvier 2005 transfère au TGI la compétence pour les actions possessoires qui était aupara-
vant attribuée au TI)…
Composition d’un TGI : trois magistrats professionnels (1 président et 2 juges). À noter que,
depuis la loi organique précitée du 19 janvier 1995, les assesseurs peuvent être des « magistrats
exerçant à titre temporaire ». Le ministère public est composé du procureur de la République et
de substituts.
56
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UE 111 • Introduction au droit
ensuite appel) entre autres des actions personnelles ou mobilières dont elle est saisie par
une personne physique ou morale (la saisine de la JDP était auparavant réservée aux seules
personnes physiques) pour les besoins de sa vie professionnelle ou non (la JDP ne pouvait
être saisie auparavant que pour les litiges de la vie non professionnelle) jusqu’à la valeur de
4 000 € (le taux de compétence de la JDP était auparavant de 1 500 €). Pour les demandes
indéterminées qui ont pour origine l’exécution d’une obligation dont le montant n’excède
pas 4 000 €, la jdP statue à charge d’appel (avec possibilité pour les plaideurs d’interjeter
ensuite appel).
Mais après cet élargissement de ses compétences, la jdP est aujourd’hui appelée à dispa-
raître. ce sera en principe chose faite (après d’ailleurs report de cette suppression) le
31 décembre 2014 et ce, en vertu de la loi déjà citée du 24 décembre 2012. En matière civile,
les affaires qui sont de la compétence de la JDP seront dès lors de la compétence du tribunal
d’instance. En matière pénale, les affaires qui sont de la compétence de la JDP seront dès lors
de la compétence du tribunal de police.
Ils tranchent les litiges individuels relatifs à l’exécution du contrat de travail ou d’apprentissage
(conflits individuels du travail).
Composition d’un conseil de prud’hommes : la juridiction prud’homale est une juridiction collé-
giale paritaire (composée de représentants des salariés et de représentants des employeurs)
sans échevinage (composée seulement de juges non professionnels ; en effet, ce n’est qu’en
cas de partage des voix que le juge d’instance est appelé pour départager). Le conseil de
prud’hommes comprend un bureau de conciliation (un conseiller employeur et un conseiller
salarié) et un bureau de jugement (deux conseillers employeurs, deux conseillers salariés).
Chaque conseil de prud’hommes comporte cinq sections : industrie, commerce, agriculture,
activités diverses, encadrement.
Il n’y a pas de ministère public.
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Introduction au droit • Série 1
nota bEnE
Au moment où ce cours est rédigé (printemps 2013), une réforme de la justice commerciale est
à l’étude. Elle pourrait déboucher notamment sur une reconsidération du statut et de la forma-
tion des juges consulaires.
REmaRquE
Une même affaire peut recevoir à la fois une qualification pénale (ex. : des manœuvres frau-
duleuses lors de la conclusion d’un contrat pouvant être constitutives du délit pénal d’escroque-
rie entraînant la responsabilité pénale de leur auteur) et une qualification non pénale (ces
mêmes manœuvres peuvent être constitutives d’un dol entraînant la responsabilité civile de leur
auteur ; le dol étant un vice du consentement qui sera étudié en série 3 du présent cours).
En ce cas, la juridiction répressive compétente (ex. : le tribunal correctionnel pour le délit
d’escroquerie) et la juridiction non répressive compétente (ex. : le tribunal d’instance pour
une demande de 5 000 € de dommages-intérêts en réparation du préjudice subi du fait du dol)
peuvent alors être saisies séparément. la juridiction non répressive doit alors surseoir à
statuer (attendre pour statuer) jusqu’à ce que la juridiction répressive se soit prononcée sur
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
l’action publique (« le pénal tient le civil en l’état »). La juridiction non répressive doit aussi, en
principe, tenir compte du verdict de la juridiction répressive (« autorité de la chose jugée
au pénal sur le civil »).
Mais il est possible de demander uniquement à la juridiction répressive compétente de
statuer en même temps sur la qualification pénale et sur la qualification non pénale de
l’affaire (la victime se constituant partie civile). Par contre, il n’est pas possible de demander
à la juridiction non répressive compétente de statuer sur la qualification pénale de l’affaire.
ExEmplES
Dans les matières dont il a compétence exclusive, affaires de moins de 4 000 € jugées par le
TGI, par le TI, par le tribunal de commerce ou par le conseil de prud’hommes…
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UE 111 • Introduction au droit
Par contre, l’appel est toujours ouvert pour les affaires dont le montant est indéterminé.
nota bEnE
Un mécanisme de saisine pour avis de la Cour de cassation a également été institué. Il s’agit
pour les juridictions du 1er degré ou du 2nd degré, au cours d’un procès dont elles ont à
connaître, de demander son avis à la Cour de cassation sur l’interprétation d’une règle de droit.
La juridiction, auteure de la saisine, sursoit à statuer jusqu’à réception de l’avis qui doit être
rendu dans les trois mois (art. 1031-1 s. CPC).
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Introduction au droit • Série 1
La présentation qui vient d’être faite des principales juridictions françaises n’est pas
exhaustive. En effet, il existe d’autres juridictions dont la compétence ratione materiae
est très spécialisée.
ExEmplE
La Cour de justice de la République (créée par la loi constitutionnelle n° 93-952 du 27 juil-
let 1993 portant révision de la Constitution du 4 octobre 1958 et par la loi organique
n° 93-1252 du 23 novembre 1993) est compétente pour statuer en matière de crimes et
de délits commis par les membres du Gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.
La Cour de justice de la République comprend quinze juges dont : douze parlementaires
élus en nombre égal et en leur sein par l’Assemblée nationale et le Sénat, après chaque
renouvellement de ces assemblées ; trois magistrats du siège à la Cour de cassation ;
l’un d’eux présidant la Cour de justice.
On doit, en outre, signaler l’existence des juridictions européennes (cf. infra), de juridic-
tions internationales (Cour pénale internationale…) et de juridictions nationales discipli-
naires (conseils de l’Ordre des médecins, des avocats…).
Depuis le 1er mars 2010, une nouvelle procédure, visant à accroître la place des citoyens
dans l’ordonnancement des sources du droit et opérant un lien entre les ordres juridictionnels
et le Conseil constitutionnel, a été introduite dans la Constitution française. Il s’agit de la
question prioritaire de constitutionnalité (QPC) en vertu de laquelle, au cours d’un procès
et quelle que soit la juridiction devant laquelle il se situe, le justiciable qui a un doute sur la
constitutionnalité d’une disposition légale peut saisir le Conseil constitutionnel. En pratique,
le justiciable saisit de cette question la juridiction devant laquelle il se trouve. Celle-ci, selon
qu’elle relève de l’ordre administratif ou de l’ordre judiciaire, transmet alors la question au
Conseil d’État ou à la Cour de cassation (sauf si la question est soulevée devant l’une de
ces deux juridictions) qui, à condition que cela lui paraisse opportun, saisit à son tour le
Conseil constitutionnel. Dans l’attente de la réponse de ce dernier, le procès est suspendu.
Si le Conseil constitutionnel déclare que la disposition soumise à son appréciation est
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inconstitutionnelle, cette disposition est abrogée.
Constitution du 4 octobre 1958, art. 61-1 al. 1er :
« Lorsque, à l’occasion d’une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu
qu’une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garan-
tit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil d’État
ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé. »
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201111TDPA0113 Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
2nd
degré
Cours d’appel Cours
d’assises Cours
pour les administratives
crimes d’appel
1er
degré Tribunaux Tribunaux Juridictions de
de grande instance d’instance proximité
Cours d’assises
pour les crimes
juridictions
Tribunaux des
juridictions tribunaux juridictions tribunaux juridictions
affaires de SS
de commerce
prud’hommes
paritaires des
baux ruraux
de police civiles
Conseils de
civiles correctionnels civiles pénales
Tribunaux
Tribunaux
de droit pour les pour les pour les
commun délits contra- quatre 1res Tribunaux
ventions de classes de administratifs
la 5e contraventions
classe
Il ne suffit pas de déterminer la juridiction compétente pour l’affaire en cause (TI, tribunal de
commerce…), encore faut-il aussi savoir quel est le TI, le tribunal de commerce… territoriale-
ment compétent.
I. AU PREMIER DEGRÉ
A. L’ORDRE ADMINISTRATIF
En principe, est compétent le tribunal administratif dans le ressort duquel est légalement situé le
siège de l’autorité (maire…) qui a pris la décision contestée ou a signé le contrat litigieux.
B. L’ORDRE JUDICIAIRE
1. Les juridictions répressives
• En matière de contraventions : sont compétents le tribunal de police ou la juridiction de proxi-
mité du lieu où la contravention a été commise, du lieu de sa constatation ou du lieu de la
résidence du prévenu.
• En matière de délits : est compétent le tribunal correctionnel du lieu du délit, du lieu de la rési-
dence du prévenu ou du lieu de son arrestation.
• En matière de crimes : est compétente la cour d’assises du lieu du crime, du lieu de la rési-
dence de l’accusé ou du lieu de son arrestation.
a. principe
Est compétente la juridiction dans le ressort de laquelle est situé le domicile du défendeur.
Art. 42 du Code de procédure civile (CPC) :
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« La juridiction territorialement compétente est, sauf disposition contraire, celle du lieu où
demeure le défendeur.
S’il y a plusieurs défendeurs, le demandeur saisit, à son choix, la juridiction du lieu où
demeure l’un d’eux.
Si le défendeur n’a ni domicile, ni résidence connus, le demandeur peut saisir la juridiction
du lieu où il demeure ou celle de son choix s’il demeure à l’étranger. »
Art. 43 du CPC :
« Le lieu où demeure le défendeur s’entend :
• s’il s’agit d’une personne physique, du lieu où celle-ci a son domicile ou, à défaut, sa
résidence ;
• s’il s’agit d’une personne morale, du lieu où celle-ci est établie. »
b. aménagement du principe
Outre la règle précitée, celui qui este en justice dispose parfois d’autres options quant à la com-
pétence territoriale de la juridiction à saisir :
• En fonction de la nature de l’affaire :
Art. 46 du CPC :
« Le demandeur peut saisir à son choix, outre la juridiction du lieu où demeure le
défendeur :
• en matière contractuelle, la juridiction du lieu de la livraison effective de la chose ou du
lieu de l’exécution de la prestation de service ;
• en matière délictuelle, la juridiction du lieu du fait dommageable ou celle dans le ressort
de laquelle le dommage est subi ;
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UE 111 • Introduction au droit
Art. 45 du CPC :
« En matière de succession, sont portées devant la juridiction dans le ressort de laquelle
est ouverte la succession jusqu’au partage inclusivement :
• les demandes entre héritiers ;
• les demandes formées par les créanciers du défunt ;
• les demandes relatives à l’exécution des dispositions à cause de mort. »
REmaRquE
En principe, il est interdit aux parties de prévoir contractuellement la compétence territoriale de
la juridiction susceptible de trancher leur litige, en dehors de la latitude offerte par la loi ; de
telles stipulations étant considérées comme nulles. Cependant, il en va autrement entre com-
merçants, à propos du commerce, pourvu que cette volonté soit suffisamment expresse.
Art. 48 du CPC :
« Toute clause qui, directement ou indirectement, déroge aux règles de compétence terri-
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toriale est réputée non écrite, à moins qu’elle n’ait été convenue entre des personnes
ayant toutes contracté en qualité de commerçant et qu’elle n’ait été spécifiée de façon
très apparente dans l’engagement de la partie à qui elle est opposée. »
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Introduction au droit • Série 1
nota bEnE
Lorsque l’une de ces deux juridictions, par exemple la Cour de cassation, entend faire rejuger
l’affaire qui lui est soumise, elle renvoie les parties devant une juridiction de même nature que
celle qui a rendu la décision attaquée, mais dont la compétence territoriale est différente ou
devant la même juridiction composée d’autres magistrats.
I. L’OPPOSITION
L’opposition tend à faire rétracter les jugements rendus par défaut, c’est-à-dire lorsque le
défendeur n’a pas constitué avocat. Cette voie n’est ouverte qu’au défaillant qui a en principe
un délai d’un mois pour l’exercer. C’est une voie de rétractation dans la mesure où est saisi le
juge qui a rendu le jugement attaqué.
En réalité, cette voie de recours, bien qu’ordinaire, est exceptionnelle. En effet, elle ne peut être
exercée que dans des cas limités. Par définition, elle est exclue contre les jugements contradic-
toires et contre les jugements réputés contradictoires (il s’agit de jugements susceptibles d’ap-
pel, ou s’agissant d’un jugement rendu en dernier ressort lorsque l’assignation initiale a été
notifiée à la personne même du défaillant et non pas simplement au domicile du défaillant, c’est-
à-dire à un parent, allié, gardien de l’immeuble ou voisin du défaillant).
L’affaire est de nouveau instruite et jugée par le tribunal initialement saisi.
II. L’APPEL
Dans la mesure où l’appel est ouvert (cf. supra), c’est une voie de recours par laquelle un plai-
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deur (l’appelant) entend faire rejuger le procès en fait et en droit devant une juridiction supé-
rieure. Il attrait ainsi en justice l’intimé (dans la majorité des cas, celui qui a gagné en première
instance).
Le délai d’appel est généralement d’un mois (10 jours en matière criminelle) à dater de la signifi-
cation de la décision attaquée.
L’appel a un effet suspensif (l’exécution de la décision attaquée est suspendue) et un effet
dévolutif. Cet effet dévolutif conduit à saisir la cour de l’ensemble du litige qui a fait l’objet de la
décision attaquée. La cour réexaminera et les faits et les moyens de droit (arguments des par-
ties) invoqués.
Le procès se déroule dans des conditions comparables à la première instance.
I. LA TIERCE OPPOSITION
C’est la voie de recours par laquelle un tiers demande à une juridiction qui a rendu le jugement
attaqué que lui soit déclarée inopposable cette décision qui lui fait grief.
64
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UE 111 • Introduction au droit
2nd degrés).
Il est à noter que, pour certaines affaires, notamment en matière prud’homale, le ministère d’un
avocat à la Cour de cassation n’est pas obligatoire.
REmaRquE
Face au nombre considérable d’affaires soumises à la Cour de cassation, la loi n° 97-395 du
23 avril 1997 et la loi n° 2001-539 du 25 juin 2001 instituent une sorte de pré-examen des
pourvois. Ceux-ci sont étudiés par une formation restreinte de trois magistrats appartenant à
la chambre compétente. Cette formation déclare non admis les pourvois irrecevables ou non
fondés et statue lorsque la solution du pourvoi s’impose. Dans le cas contraire, elle renvoie
l’examen du pourvoi à l’audience de la chambre.
En outre, le décret n° 99-131 du 26 février 1999, entré en vigueur le 1er mars 1999, est relatif à
la Cour de cassation dont il reprécise le fonctionnement en instituant notamment la possibilité
pour la chambre saisie d’un pourvoi de solliciter l’avis d’une autre chambre.
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Introduction au droit • Série 1
TGI
(hypothèse d’un jugement
rendu à charge d’appel)
(1) Arrêt cassé pour avoir déclaré recevable un appel tardif. Puisque l’appel était irrecevable, ce sera le jugement de première
instance qui sortira son plein effet.
(2) Composée du premier président, des présidents et des conseillers de chacune des 6 chambres.
(3) Il en est ainsi lorsque l’assemblée plénière trouve dans le dossier des éléments de fait sufisants pour statuer elle-même :
elle se constitue en quelque sorte exceptionnellement « en 3e degré de juridiction ».
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Une obligation, voire une décision de justice, reste parfois inexécutée. Le créancier, pour obtenir
ce à quoi il a droit, peut alors recourir à divers procédés d’abord définis essentiellement par la loi
n° 91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d’exécution, et retouchée à
plusieurs reprises (notamment : L. n° 99-957 du 22 novembre 1999, L. n° 2008-561 du 17 juin
2008, L. n° 2010-1609 du 22 décembre 2010, L. n° 2011-1862 du 13 décembre 2011).
Pour plus de lisibilité, l’ordonnance n° 2011-1895 du 19 décembre 2011 crée un Code des pro-
cédures civiles d’exécution, entré en vigueur le 1er juin 2012, et qui réunit la plupart des disposi-
tions légales en la matière.
I. LE CRÉANCIER
Toute personne au profit de laquelle une obligation n’est pas exécutée ou menacée de ne pas
l’être.
II. LE DÉBITEUR
Toute personne défaillante quant à une obligation à sa charge.
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UE 111 • Introduction au droit
ExEmplE
Un tiers ne doit pas détenir un bien appartenant au débiteur dans le dessein de le soustraire à
une saisie.
V. LE JUGE DE L’EXÉCUTION
La loi du 9 juillet 1991 institue un juge de l’exécution dont les fonctions sont en principe exercées
par le président du TGI (avec possibilité de délégation de fonctions à un ou plusieurs juges de ce
tribunal). Depuis une récente réforme, et par exception, les attributions du juge de l’exécution
sont parfois dévolues à un autre juge que le seul président du TGI : le juge du TI pour la saisie
des rémunérations (L. n° 2010-1609 du 22 décembre 2010, art. 11) ; le président du tribunal de
commerce peut également connaître, concurremment avec le juge de l’exécution, de certaines
mesures conservatoires qui tendent à la conservation d’une créance relevant de la compétence
de la juridiction commerciale (L. n° 2010-1609 du 22 décembre 2010, art. 9).
Le juge de l’exécution est appelé à remplir trois grands rôles.
Art. L. 213-6 du Code de l’organisation judiciaire :
« Le juge de l’exécution connaît, de manière exclusive, des difficultés relatives aux titres
exécutoires et des contestations qui s’élèvent à l’occasion de l’exécution forcée,
même si elles portent sur le fond du droit à moins qu’elles n’échappent à la compétence
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Le juge de l’exécution doit être saisi par voie d’assignation et ses décisions sont toujours sus-
ceptibles d’appel (quel que soit le montant de la créance mise en recouvrement).
VII. L’ÉTAT
Les huissiers de justice peuvent requérir le concours de la force publique dans le cadre des pro-
cédures d’exécution.
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Introduction au droit • Série 1
I. L’EXÉCUTION FORCÉE
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qu’il n’a pas exécuté son obligation. L’astreinte est indépendante des dommages-intérêts ;
elle est essentiellement applicable lorsque l’exécution en nature est encore possible.
3. La saisie-attribution
Art. L. 211-1 du Code des procédures civiles d’exécution (ex-art. 42 de la loi du 9 juillet
1991) :
« Tout créancier muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut,
pour en obtenir le paiement, saisir entre les mains d’un tiers les créances de son débi-
teur portant sur une somme d’argent, sous réserve des dispositions particulières à
la saisie des rémunérations prévue par le code du travail. »
Les montants visés par ces dispositions font donc l’objet d’une réactualisation périodique.
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UE 111 • Introduction au droit
À noter que, pour protéger le débiteur, le législateur prévoit également le mécanisme du solde
bancaire insaisissable : lorsqu’un compte fait l’objet d’une saisie, son titulaire peut demander
chaque mois, au tiers saisi, la mise à disposition immédiate, dans la limite du solde créditeur du
compte, de la somme à caractère alimentaire représentée par le solde bancaire insaisissable.
4. La saisie-vente
Art. L. 221-1 al. 1er du Code des procédures civiles d’exécution (ex-art. 50 al. 1er de la loi
du 9 juillet 1991) :
« Tout créancier muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut,
après signification d’un commandement, faire procéder à la saisie et à la vente des
biens meubles corporels appartenant à son débiteur, qu’ils soient ou non détenus
par ce dernier. »
nota bEnE
Le commandement est un acte d’huissier signifié au débiteur et l’invitant à exécuter son obli-
gation sous peine d’être saisi.
La saisie conservatoire fige en quelque sorte le bien sur lequel elle porte pour le cas où le débi-
teur ne paierait pas à l’échéance. Le créancier pourrait alors exercer son droit sur le bien en
question.
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Introduction au droit • Série 1
Les biens grevés de sûretés judiciaires demeurent aliénables mais le créancier privilégié peut
exercer dessus un droit de préférence et un droit de suite si le débiteur n’exécute pas son
obligation.
REmaRquE
De façon générale, les saisies peuvent porter sur tous les biens appartenant au débiteur, même
s’ils sont détenus par des tiers.
Toutefois, certains biens ne peuvent être saisis.
Art. L. 112-2 du Code des procédures civiles d’exécution (ex-art. 14 de la loi du 9 juillet
1991) :
« Ne peuvent être saisis :
1° Les biens que la loi déclare insaisissables ;
2° Les biens que la loi rend incessibles à moins qu’il n’en soit disposé autrement ;
3° les provisions, sommes et pensions à caractère alimentaire, sauf pour le paiement
des aliments déjà fournis par le saisissant à la partie saisie ;
4° les biens disponibles déclarés insaisissables par le testateur ou le donateur, sauf
autorisation du juge, et, pour la portion qu’il détermine, par les créanciers postérieurs à
l’acte de donation ou à l’ouverture du legs ;
5° les biens mobiliers nécessaires à la vie et au travail du saisi et de sa famille, si ce
n’est pour paiement de leur prix, dans les limites fixées par décret en Conseil d’État et
sous réserve des dispositions du 6°. Ils deviennent cependant saisissables s’ils se trouvent
dans un lieu autre que celui où le saisi demeure ou travaille habituellement, s’ils sont des
biens de valeur, en raison notamment de leur importance, de leur matière, de leur rareté,
de leur ancienneté ou de leur caractère luxueux, s’ils perdent leur caractère de nécessité
en raison de leur quantité ou s’ils constituent des éléments corporels d’un fonds de
commerce ;
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6° Les biens mobiliers mentionnés au 5°, même pour paiement de leur prix, lorsqu’ils sont
la propriété des bénéficiaires de prestations d’aide sociale à l’enfance prévues aux
articles L. 222-1 à L. 222-7 du Code de l’action sociale et des familles ;
7° Les objets indispensables aux personnes handicapées ou destinés aux soins des per-
sonnes malades. »
Créé en 1988 (longtemps après la Cour de justice des Communautés européennes, à laquelle a
succédé la Cour de justice de l’Union européenne), il représente depuis, le premier degré juridic-
tionnel européen.
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UE 111 • Introduction au droit
I. COMPOSITION
Le Tribunal comprend au moins un juge par État membre ; ces juges étant nommés, en fonction
de leur intégrité et de leurs compétences juridictionnelles, d’un commun accord et pour six ans
(mandat renouvelable) par les Gouvernements des États membres.
Le président du Tribunal est désigné, par ses membres et parmi eux, pour trois ans (mandat
renouvelable).
Le Tribunal statue en principe en chambres (de trois, cinq ou treize juges) et, plus rarement, à
juge unique ou en formation plénière.
Aux côtés des juges, d’autres personnes participent au fonctionnement de cette juridiction (gref-
fiers, avocats généraux…).
II. COMPÉTENCE
Le Tribunal peut être saisi par des personnes physiques ou morales ayant intérêt à agir devant
lui, contre les actes des Institutions, des organes et organismes de l’Union européenne. Sa com-
pétence d’attribution porte essentiellement sur les affaires suivantes :
• Les recours formés contre les Institutions européennes au sujet de l’application des règles de
la concurrence concernant les entreprises.
• Les recours tendant à la réparation des dommages causés par l’action ou l’inaction des
Institutions européennes.
• Les recours contre les sanctions décidées par la Commission pour les infractions commises
par les entreprises.
nota bEnE
Le Tribunal siège à Luxembourg et sa compétence territoriale couvre l’ensemble de l’Union
européenne.
Créée avec les Communautés européennes, cette cour, appelée d’abord Cour de justice des
Communautés européennes (CJCE) puis Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), est la
juridiction suprême de l’Union européenne.
I. COMPOSITION
La Cour, comme le Tribunal, comprend autant de juges que d’États membres, à raison d’un juge
par État membre ; des juges choisis, en fonction de leur intégrité et de leurs grandes compé-
tences juridictionnelles, d’un commun accord et pour six ans (mandat renouvelable) par les
Gouvernements des États membres.
Le président de la Cour est désigné, par ses membres et parmi eux, pour trois ans (mandat
renouvelable).
La Cour statue en chambres (de trois, cinq ou treize juges) et plus exceptionnellement en grande
chambre ou en assemblée plénière.
Aux côtés des juges, d’autres personnes participent au fonctionnement de cette juridiction (gref-
fiers, avocats généraux…).
201111TDPA0113 71
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Introduction au droit • Série 1
II. COMPÉTENCE
Quant à sa compétence d’attribution, la Cour rend, bien sûr, des décisions de justice stricto
sensu. Mais elle interprète également le droit européen en vigueur par le biais du recours
préjudiciel.
1. Le contentieux de la légalité
Hors les cas où le Tribunal est compétent, la Cour se prononce directement sur l’illégalité de
l’action (recours en annulation des actes) ou de l’inaction (recours en carence) des Institutions
européennes et des États membres.
La Cour vérifie en quelque sorte s’il y a excès de pouvoir commis par l’organe poursuivi (incom-
pétence, violation du droit en vigueur, vice de forme, détournement de pouvoir).
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une règle du droit européen dont elle doute de la compréhension, ou peut être amenée à mettre
en œuvre un acte pris par les institutions européennes ; acte dont la validité lui semble devoir
être appréciée.
Pour cette interprétation de la règle de droit européen ou pour cette appréciation de la validité
d’un texte de droit européen, la juridiction nationale dispose alors du recours préjudiciel.
Indépendamment de la volonté des parties au procès, seule la juridiction nationale décide
d’exercer le recours préjudiciel. La juridiction nationale ayant ainsi effectué la saisine de la CJUE,
sursoit à statuer jusqu’à l’obtention de la réponse de celle-ci.
S’agissant en particulier du recours préjudiciel pour interprétation d’une règle de droit européen,
la juridiction nationale est en principe libre d’exercer le recours préjudiciel. Toutefois, si cette
juridiction s’apprête à rendre une décision qui ne sera pas susceptible de recours interne, elle est
alors en principe tenue d’exercer le recours préjudiciel. En effet, la juridiction nationale ne saurait
rendre une décision définitive sur la base d’une règle de droit européen dont elle n’aurait qu’une
compréhension approximative.
Saisie d’un recours préjudiciel, la CJUE rend un arrêt qui éclaire la juridiction nationale sur le droit
européen. Cependant, cet arrêt ne se substitue pas à la décision de justice qui incombe à la
juridiction nationale.
La CJUE ne tranche donc pas le litige mais sa réponse, censée harmoniser l’application du droit
européen dans les États membres, s’impose à l’ensemble des juridictions nationales.
72
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UE 111 • Introduction au droit
nota bEnE
La Cour siège à Luxembourg et sa compétence territoriale couvre l’ensemble de l’Union
européenne.
REmaRquES
• Les arrêts de la Cour ne peuvent faire l’objet de recours que devant elle-même (opposition,
tierce opposition, rectification d’erreurs de rédaction…, omission, révision suite à décou-
verte d’un fait nouveau, interprétation de la décision).
• Lorsque le Tribunal est saisi sur un point qui relève de la compétence de la Cour, il lui trans-
met l’affaire ; et inversement.
• Il arrive que la Cour assure l’arbitrage de litiges, en vertu de clauses compromissoires.
• Le Tribunal et la Cour ne sont pas les seules juridictions à appliquer le droit européen, puisque
celui-ci peut être invoqué devant toutes les juridictions des États membres.
• Pour un exposé complet des juridictions de l’Union européenne, il convient aussi de signaler
l’existence du Tribunal de la fonction publique de l’Union européenne spécialisé dans le conten-
tieux de la fonction publique de l’Union, et notamment pour les litiges entre l’Union et ses agents.
201111TDPA0113 73
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Introduction au droit • Série 1
II. LE RÉFÉRÉ
Cette procédure, qui a pour but de remédier aux lenteurs de la justice, tend à obtenir, en raison
d’une situation d’urgence, du président de la juridiction normalement compétente, une décision
(ordonnance) ayant un caractère provisoire.
ExEmplE
Le juge des référés (président du TGI, du TI, du tribunal de commerce… selon le cas) peut
prononcer une mesure afin de prévenir un dommage imminent.
Cette procédure repose donc sur une réduction des délais (de saisine, de comparution, de
délibéré).
À noter qu’en principe, le tribunal en formation complète est saisi ultérieurement de l’affaire.
Les ordonnances de référé sont susceptibles de voies de recours (appel dans les 15 jours de la
signification de l’ordonnance…).
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créances.
Art. 1281-1 du CPC :
« S’il y a lieu, en dehors de toute procédure d’exécution, de répartir une somme
d’argent entre créanciers, et hors le cas où cette somme proviendrait de la vente d’un
immeuble, la partie la plus diligente peut se pourvoir en référé devant le président du tri-
bunal de grande instance dans le ressort duquel demeure le débiteur, lequel désigne une
personne chargée de la distribution.
La personne chargée de la distribution est séquestre des fonds, à moins que la consigna-
tion ne soit ordonnée. »
Art. 1281-12 du CPC :
« En matière commerciale, les compétences dévolues au tribunal de grande instance et à
son président sont exercées par le tribunal de commerce et par son président. »
Le greffe notifie par lettre simple une copie de l’ordonnance à la personne chargée de la distri-
bution qui avise les créanciers par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, qu’ils
doivent, dans un délai d’un mois, lui adresser une déclaration comportant toutes précisions sur
les sommes réclamées (montant en principal, intérêts, sûretés éventuellement attachées à la
créance…).
À défaut de déclaration dans le délai susmentionné, le créancier est déchu du droit de participer
à la distribution.
La personne chargée de cette distribution établit un projet de répartition qu’elle notifie au débi-
teur et à chacun des créanciers par lettre recommandée avec demande d’avis de réception.
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UE 111 • Introduction au droit
I. LA TRANSACTION
C’est le contrat par lequel les parties terminent ou préviennent une contestation en se consen-
tant des concessions réciproques.
Cet « accord amiable » est bien entendu toujours préférable en ce qu’il évite des saisines juridic-
tionnelles et concourt à dédramatiser les situations contentieuses.
Par exemple et dans cet esprit, une circulaire du Premier ministre, datée du 6 février 1995, pré-
conise le développement du recours à la transaction afin de régler amiablement les conflits avec
l’administration.
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III. L’ARBITRAGE
C’est un mode original de résolution des conflits qui consiste à faire trancher un litige par des
tiers, personnes privées, en dehors des juridictions étatiques.
Le recours à l’arbitrage est facultatif ; il doit être expressément choisi par les parties d’un
commun accord, qui établissent par écrit une convention d’arbitrage, soit au moyen d’une
clause compromissoire (avant toute contestation), soit au moyen d’un compromis d’arbitrage
(lorsque le litige est né).
La loi n° 2001-420 du 15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques (loi dite NRE) a,
entre autres, élargi le champ d’application de la clause compromissoire. En effet, cette clause, qui
n’était jusque-là valable qu’entre personnes commerçantes, est désormais valide, sauf disposi-
tions législatives particulières (la clause compromissoire est, par exemple, prohibée dans le contrat
de travail), dans tous « contrats conclus à raison d’une activité professionnelle » (C. civ., art. 2061).
Une clause compromissoire peut donc être introduite dans tout contrat entre professionnels, qu’ils
soient commerçants (entrepreneurs individuels commerçants, sociétés commerciales) ou non
201111TDPA0113 75
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Introduction au droit • Série 1
Les parties s’engagent à respecter la sentence arbitrale cependant dépourvue de force exécu-
toire sauf à avoir reçu l’exequatur, c’est-à-dire un ordre d’exécution donnée par le TGI dans le
ressort duquel elle a été rendue.
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À noter que la sentence arbitrale n’est pas susceptible d’appel, sauf volonté contraire des par-
ties (art. 1489 du CPC).
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UE 111 • Introduction au droit
– des rapporteurs.
La CRLC a pour mission de favoriser le règlement amiable des litiges de consommation dans
un délai de deux mois à compter de la réception de la réclamation à la CRLC… »
• Le Code de la santé publique institue dans les établissements de santé des commissions
de conciliation chargées d’assister et d’orienter toute personne qui s’estime victime d’un
préjudice du fait de l’activité d’un établissement de santé et de l’informer sur les voies de
conciliation et de recours gracieux et jurisprudentiels dont elle dispose (décret n° 98-1001 du
2 novembre 1998).
REmaRquES
• La loi n° 2010-1609 du 22 décembre 2010 institue un nouveau mode de règlement amiable
des litiges : la convention de procédure participative. Il s’agit d’un contrat écrit et à durée
déterminée par lequel les parties à un différend, assistées de leurs avocats, s’engagent à
œuvrer conjointement et de bonne foi à la résolution amiable de leur différend. Tant qu’elle
est en cours, cette convention rend irrecevable tout recours au juge pour qu’il statue sur le
litige. Au terme de la convention, si les parties parviennent à un accord pour régler leur litige,
elles peuvent soumettre cet accord à l’homologation du juge. Au contraire, à défaut d’accord
à l’issue de la convention, les parties soumettent leur litige au juge et sont dispensées de
toute conciliation ou médiation préalable.
• Le législateur ne cesse donc d’imaginer des MARC dont il entend renforcer la crédibilité et
l’efficacité par une réglementation de plus en plus étoffée. Ainsi, au sein du Code de procé-
dure civile (CPC), a été récemment créée (D. n° 2012-66 du 20 janvier 2012) une subdivision
(Livre V) entièrement consacrée à « la résolution amiable des différends » consacrée, pour
l’essentiel, d’une part à la médiation et conciliation conventionnelles et, d’autre part, à la
procédure participative. Entre autres dispositions, le législateur affirme que les accords de
transaction, de conciliation, de médiation ou encore de procédure participative peuvent être
soumis, afin de les rendre exécutoires (susceptibles de voies d’exécution), à l’homologation
(procédure de reconnaissance) du juge compétent pour connaître du contentieux dans la
matière considérée (art. 1565 s. CPC).
On ne saurait avoir une vision complète des règles de procédure sans connaître le droit de la
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preuve.
TITRE 2. LA PREUVE
La crédibilité de toute allégation repose sur la preuve qui vient l’étayer ; ceci est vrai dans n’im-
porte quel contexte et en particulier en justice où il n’y a point de place pour le doute.
la charge de la preuve incombe donc au demandeur (actori probatio incumbit), c’est-à-dire
à quiconque, au cours du procès, invoque l’existence d’un droit ou d’une obligation.
Art. 1315 du Code civil :
« Celui qui réclame l’exécution d’une obligation doit la prouver. Réciproquement, celui qui
se prétend libéré, doit justifier le payement ou le fait qui a produit l’extinction de son
obligation. »
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Introduction au droit • Série 1
Ce sont des manifestations de volonté créant des effets de droit voulus par leurs auteurs.
I. LE CONTRAT
Accord de volonté par lequel une ou plusieurs personnes s’obligent envers une ou plusieurs
autres (ex. : contrat de vente, contrat de donation…).
Ce sont des événements voulus ou non auxquels le droit attache des effets non voulus par leurs
auteurs.
I. LE FAIT NATUREL
• la naissance (source d’obligations légales, par exemple obligation alimentaire à l’égard des
parents dans le besoin…) ;
• le décès…
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autrui et qui entraîne l’obligation de réparer (ex. : abus du droit de propriété).
• Le quasi-délit : fait illicite conscient mais non intentionnel qui cause à autrui un dommage et
qui entraîne l’obligation de réparer (ex. : faute d’imprudence, de négligences, de
maladresse…).
• Le quasi-contrat : fait volontaire et licite ne comportant aucun accord de volonté, mais présen-
tant des analogies avec l’accord de volonté et qui entraîne des obligations à la charge de
l’auteur envers le tiers (ex. : une personne fait réparer la toiture de la maison voisine qui avait
été emportée par le vent en l’absence du propriétaire parti aux Amériques. Il fait faire la répa-
ration et paie. Le gérant d’affaire a une action en remboursement contre le géré. Il y a quasi-
contrat, car tout se passe comme si le gérant avait agi en vertu du contrat de mandat).
Ces preuves lient le juge qui doit s’incliner sans pouvoir donner libre cours à son appréciation
personnelle.
78
PDF Compressor Pro
UE 111 • Introduction au droit
Sous réserve que puisse être identifiée la personne dont il émane et qu’il soit établi et conservé
dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité, l’écrit sur support électronique vaut
donc preuve au même titre que l’écrit sur support papier.
Art. 1316-1 du Code civil :
« L’écrit sous forme électronique est admis en preuve au même titre que l’écrit sur support
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papier, sous réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il émane et qu’il
soit établi et conservé dans des conditions de nature à en garantir l’intégrité. »
La loi précise les caractères que doit revêtir une signature pour donner pleine force à un acte
juridique : apposée par une partie, la signature doit à la fois permettre de l’identifier et de mani-
fester son consentement à l’acte.
Art. 1316-4 al. 1er du Code civil :
« La signature nécessaire à la perfection d’un acte juridique identifie celui qui l’appose.
Elle manifeste le consentement des parties aux obligations qui découlent de cet acte.
Quand elle est apposée par un officier public, elle confère l’authenticité à l’acte. »
Lorsque la signature est électronique, le Code civil pose dorénavant une présomption légale
simple de fiabilité pour les signatures effectuées suivant des techniques (cryptologie, inter-
vention d’un tiers certificateur…) définies par décrets.
Art. 1316-4 al. 2 du Code civil :
« Lorsqu’elle est électronique, elle consiste en l’usage d’un procédé fiable d’identification
garantissant son lien avec l’acte auquel elle s’attache. La fiabilité de ce procédé est pré-
sumée, jusqu’à preuve contraire, lorsque la signature électronique est créée, l’identité du
signataire assurée et l’intégrité de l’acte garantie, dans des conditions fixées par décret en
Conseil d’État. »
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Introduction au droit • Série 1
Par ailleurs, afin de régler les éventuels conflits de preuves par écrit susceptibles de se rencon-
trer au cours d’un procès, le Code civil valide les contrats que les parties pourraient passer à ce
sujet et, à défaut, le principe de la liberté d’appréciation du juge quant à la détermination de
l’écrit devant l’emporter.
Art. 1316-2 du Code civil :
« Lorsque la loi n’a pas fixé d’autres principes, et à défaut de convention valable entre les
parties, le juge règle les conflits de preuve littérale en déterminant par tous moyens le titre
le plus vraisemblable, quel qu’en soit le support. »
Compte tenu de cet ensemble de dispositions, examinons l’acte authentique et l’acte sous seing
privé, l’un et l’autre étant des preuves littérales, donc des preuves parfaites.
A. L’ACTE AUTHENTIQUE
Art. 1317 du Code civil :
« L’acte authentique est celui qui a été reçu par officiers publics ayant le droit d’instrumen-
ter dans le lieu où l’acte a été rédigé, et avec les solennités requises.
Il peut être dressé sur support électronique s’il est établi et conservé dans des conditions
fixées par décret en Conseil d’État. »
Par conséquent, pour être authentique et servir à ce titre de preuve parfaite, un acte doit :
• émaner d’un officier public : notaire, huissier, greffier, officier d’état civil… ;
• émaner d’un officier public ayant la compétence d’attribution et la compétence territoriale
adéquates ;
• être rédigé avec les solennités requises : en français, avec acquittement de droits de timbre…
ExEmplES
Acte d’état civil, constat d’huissier…
Si l’acte est rédigé en plusieurs exemplaires, on distingue l’original (la minute) et les copies
(expéditions). La première copie (la grosse) est revêtue de la formule exécutoire permettant de
procéder aux voies d’exécution forcée.
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Les constatations faites par l’officier public font foi à l’égard des parties et des tiers jusqu’à ins-
cription de faux.
Les déclarations des parties consignées par l’officier public font foi jusqu’à preuve du contraire.
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UE 111 • Introduction au droit
Celui auquel on oppose un acte sous seing privé est obligé d’avouer ou de désavouer formelle-
ment son écriture ou sa signature. S’il la désavoue, la vérification d’écriture est ordonnée en
justice. Si l’écriture vérifiée est reconnue, l’acte sous seing privé a la même foi que l’acte authen-
tique quant à son origine et fait foi jusqu’à inscription de faux.
Quant au contenu de l’acte, il fait foi jusqu’à preuve contraire de la sincérité des déclarations des
parties. Entre les parties, la date de l’acte a la même force que le contenu de l’acte, à savoir elle
fait foi jusqu’à preuve contraire. Par contre, à l’égard de tous, la date ne devient certaine que du
jour où l’acte a été enregistré, du jour de la mort d’une des parties, du jour où la substance de
l’acte est constatée dans un acte authentique.
À noter que les registres des marchands (documents comptables d’enregistrement de mouve-
ments, inventaire, bilan, compte de résultat, pièces justificatives) font preuve des faits de com-
merce qui y sont portés contre un commerçant ou entre commerçants, mais non à l’encontre
d’une personne non marchande.
REmaRquE
La loi n° 2011-331 du 28 mars 2011 de modernisation des professions judiciaires ou juridiques
et certaines professions réglementées a institué, en son article 3, l’acte sous seing privé avec
le contreseing d’un avocat. Un acte sous seing privé ainsi contresigné par l’avocat d’une des
parties (et, a fortiori, par les avocats de toutes les parties) a une force probante supérieure à
celle de l’acte sous seing privé :
« L’acte sous seing privé contresigné par les avocats de chacune des parties ou par l’avo-
cat de toutes les parties fait pleine foi de l’écriture et de la signature de celles-ci tant à leur
égard qu’à celui de leurs héritiers ou ayants cause. La procédure de faux prévue par le
Code de procédure civile lui est applicable. »
spécial.
Il fait pleine foi contre celui qui l’a fait.
Il ne peut être divisé contre lui.
Il ne peut être révoqué, à moins qu’on ne prouve qu’il a été la suite d’une erreur de fait.
Il ne pourrait être révoqué sous prétexte d’une erreur de droit. »
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Introduction au droit • Série 1
Ces preuves laissent un large pouvoir d’appréciation au juge qui statue en son intime
conviction.
I. LE TÉMOIGNAGE
C’est la déposition en justice, sous serment, que font les personnes ayant eu personnellement
connaissance des faits qu’elles rapportent.
Le témoignage consiste en l’affirmation que l’on a vu, entendu… personnellement quelque
chose et il ne doit pas être confondu avec la simple rumeur (« commune renommée »).
ExEmplES
• Qui est l’auteur de tel méfait ? (fait inconnu) : il s’agit de prouver que les soupçons pesant sur
X sont fondés.
• On possède certains indices (faits connus) : traces de pas, empreintes digitales… de X.
• Le magistrat peut présumer la culpabilité de X.
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B. LES PRÉSOMPTIONS LÉGALES
Ce sont les conséquences que la loi tire d’un fait connu à un fait inconnu.
ExEmplE
• Qui doit être tenu pour responsable (fait inconnu) du dommage causé à autrui par un salarié
dans l’exercice de ses fonctions ?
• Faits connus : un dommage, causé par un salarié dans l’exercice de ses fonctions.
• La loi présume que c’est le commettant (employeur) qui est responsable du dommage causé
à autrui par le salarié dans l’exercice de ses fonctions (Art. 1384 al. 5 du Code civil : « Les
maîtres et les commettants sont responsables du dommage causé par leurs domestiques et
préposés dans les fonctions auxquelles ils les ont employés »).
Les présomptions légales sont soit simples (lorsqu’elles peuvent être combattues par la preuve
contraire de ce qui est présumé : présomption simple de fiabilité de tel procédé de signature
électronique que l’on peut combattre en démontrant que ledit procédé n’est pas fiable…), soit
irréfragables (lorsqu’elles ne peuvent pas être combattues par la preuve contraire). Par leur
nature même, les présomptions irréfragables sont apparentées à des preuves parfaites.
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UE 111 • Introduction au droit
Le commencement de preuve par écrit est un écrit quelconque (acte authentique ou acte sous
seing privé ne remplissant pas l’une des conditions exigées par la loi).
ExEmplES
Simples lettres, notes…
Par extension jurisprudentielle et pourvu qu’on se le soit procuré de manière loyale (sans que
cela soit à l’insu de l’intéressé…) le commencement de preuve par écrit peut être tout « indice »
ne répondant pas à la définition d’un autre mode de preuve, émanant de celui contre lequel la
demande est formée et rendant vraisemblable le fait allégué.
ExEmplES
La jurisprudence a pu ponctuellement reconnaître comme commencements de preuve par
écrit des photocopies (Cass. 1re civ., 14 févr. 1995), des enregistrements de la voix humaine…
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I. PRINCIPE
S’agissant d’actes juridiques (contrats…), il est souvent possible de se préconstituer une preuve.
Aussi, des preuves parfaites sont en principe demandées.
(Contre un écrit, on ne peut prouver que par un écrit…)
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Introduction au droit • Série 1
II. EXCEPTIONS
Les actes juridiques peuvent être valablement prouvés par des preuves imparfaites :
1. si le montant de l’affaire est inférieur à 1 500 €, sauf si l’acte a été passé par écrit ;
2. s’il existe par ailleurs un commencement de preuve par écrit ;
3. s’il y a eu impossibilité matérielle (ruine, naufrage…) ou morale (entre parents, selon des
usages professionnels…) de se procurer un écrit ;
4. si le titre original n’existe plus mais que l’on peut en produire une reproduction fidèle et
durable (microfilm…) ;
5. si les parties ont contractuellement prévu un mode de preuve précis ;
6. s’il s’agit d’une matière commerciale.
Art. L. 110-3 du Code de commerce :
« À l’égard des commerçants, les actes de commerce peuvent se prouver par tous moyens
à moins qu’il n’en soit autrement disposé par la loi. »
I. PRINCIPE
La preuve des faits juridiques (accidents…) est libre, c’est-à-dire qu’elle peut se faire par tous
moyens à savoir non seulement par preuves imparfaites mais aussi, a fortiori, par des preuves
parfaites.
II. EXCEPTIONS
La loi peut exiger pour prouver certains faits juridiques la production de preuves parfaites.
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ExEmplE
Acte d’état civil pour une naissance…
REmaRquE
Dans la pratique, les parties ont intérêt à fournir plusieurs modes de preuve à l’appui de leurs
prétentions.
Conclusion
Cette première série du cours par correspondance a dû vous permettre de découvrir (ou de
vérifier, selon le niveau de vos connaissances préalables) en quoi consiste la matière
juridique et quelle est son utilité.
En particulier, cette série a dû vous convaincre de l’omniprésence du droit (en effet, celui-ci
concerne tout un chacun, personne physique ou groupement, personne privée ou personne
publique, professionnel ou non…) et de sa diversité (droit privé, droit public…).
En ayant étudié cette série, vous devez être sensible à l’importance de la qualification
juridique des situations afin de repérer les règles de droit qui leur sont applicables (une
situation donnée peut relever du droit civil, du droit commercial…) tout en comprenant les
modalités de leur élaboration (organisation des institutions, élaboration de la loi, de la
jurisprudence…).
•••
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UE 111 • Introduction au droit
•••
Cette série avait également pour objectif de vous enseigner les principales règles de
procédure, ô combien nécessaires à maîtriser à l’occasion d’un litige auquel on est
susceptible d’être confronté (organisation et compétence des juridictions, modalités de
preuve, voies d’exécution…).
Enfin, l’étude de cette série a dû, sans aucun doute, vous persuader de la richesse et de la
précision du vocabulaire juridique, ainsi que de la rigueur de cette discipline : le droit ne
s’improvise pas, on ne saurait se fier à sa propre intuition pour en déduire les règles en
vigueur ! Le droit se comprend, s’apprend et se met en œuvre selon une démarche bien
spécifique.
À cet égard, cette série 1 comprend quant au fond les notions juridiques de base précitées
indispensables à la poursuite de vos études (conformément au programme officiel de ces
études) et il convient de compléter son approche par des considérations relatives, quant à
la forme, à la nature de l’épreuve (épreuve écrite portant sur l’étude d’une ou de plusieurs
situations pratiques et/ou le commentaire d’un ou plusieurs documents et/ou une ou
plusieurs questions) au moyen du feuillet méthodologique qui expose la technique de
résolution que l’on doit impérativement adopter.
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Introduction au droit • Série 1
LEXIQUE
Pêle-mêle, des concepts et expressions clés du vocabulaire juridique dans l’ordre de leur appa-
rition dans le cours. La liste est à compléter par vos soins ! (Toutes les définitions données dans
le cours doivent être connues.)
droit positif : droit objectif (ensemble des règles de conduite juridique qui gouvernent la vie des
personnes en société et dont l’inobservation est sanctionnée par les pouvoirs publics) actuelle-
ment en vigueur dans un pays donné.
droit subjectif : prérogative juridique individuelle reconnue à une personne dans le cadre du
droit positif.
de cujus : personne défunte, décédée.
Succession ab intestat : succession réglée par la loi, faute de testament (à opposer à la succes-
sion testamentaire qui est réglée en fonction de la volonté du défunt exprimée par testament).
Successible : personne apte à recueillir une succession, héritier.
dévolution : transfert de l’héritage aux successibles.
legs : héritage exprimé par testament.
libéralité : disposition à titre gratuit (don, legs).
droit personnel : droit subjectif patrimonial, droit de créance en vertu duquel le créancier peut
exiger l’exécution d’une obligation à la charge du débiteur.
droit réel : droit subjectif patrimonial, droit d’une personne sur une chose.
droit démembré : droit conférant à son titulaire une partie des attributs du droit de propriété
(ex. : servitudes, usufruit…).
Sûreté : garantie, droit accessoire à un droit de créance destiné à augmenter les chances de
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recouvrement (paiement) de cette créance (ex. : gage, hypothèque, nantissement, cautionne-
ment…). Un bien donné en garantie est dit grevé d’une sûreté.
créancier chirographaire : créancier ne bénéficiant d’aucune garantie particulière (à opposer à
créancier privilégié).
désintéresser un créancier : payer un créancier.
obligation : lien juridique en vertu duquel une personne peut exiger d’une autre qu’elle accom-
plisse une prestation.
Terme : événement futur et certain : modalité qui affecte une obligation dans son exigibilité ou
sa durée. Le terme est soit suspensif, soit extinctif.
condition : modalité qui affecte une obligation dans son existence même car elle subordonne la
création ou l’extinction de cette obligation à un événement futur et incertain. La condition est soit
suspensive, soit résolutoire.
ratification d’un traité international : acte officiel par lequel les organes compétents des États
signataires confèrent validité au traité.
règlement européen (loi européenne) : émanant des Institutions européennes (Conseil de
l’Union européenne, Commission européenne ou Parlement européen), le règlement européen
est un acte obligatoire directement applicable dans le droit des États membres.
directive européenne (loi cadre européenne) : émanant des institutions européennes, la direc-
tive européenne est un acte fixant aux États membres des objectifs à atteindre obligatoirement
mais selon des moyens qu’ils choisissent.
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UE 111 • Introduction au droit
ou de l’insuffisance de la loi. Plus généralement, fait de négliger de juger une affaire en état de
l’être. Le déni de justice est interdit.
doctrine : ensemble des travaux et études des juristes.
demandeur (demanderesse) : personne qui a l’initiative d’une demande en justice.
défendeur (défenderesse) : personne contre qui une demande en justice est dirigée.
défenseur : personne chargée d’assurer la défense d’un plaideur (avocat).
constituer avocat : désigner un avocat, le mandater afin qu’il représente et assiste le plaideur
au cours du procès.
Ester en justice : agir en justice.
Statuer : prendre une décision.
connaître d’une affaire : avoir compétence pour juger cette affaire.
Principes directeurs du procès : grandes règles selon lesquelles, en droit européen (droit à un
procès équitable…) comme en droit interne (principe du contradictoire…), un procès doit se
dérouler.
Procès pendant : procès en cours.
matière gracieuse : matière dans laquelle la justice intervient en dehors de tout litige (ex. :
homologation d’un changement de régime matrimonial par le juge compétent). À ne pas
confondre avec la gratuité et à opposer à la matière contentieuse (situation conflictuelle).
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Introduction au droit • Série 1
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commandement : acte d’huissier signifié au débiteur et invitant celui-ci à exécuter son obliga-
tion (payer) sous peine d’être saisi.
référé : procédure en vertu de laquelle le président de la juridiction normalement compétente
rend seul une décision justifiée par l’urgence.
clause pénale : clause prévoyant dans un contrat que le débiteur qui viendrait à manquer à son
obligation contractuelle devra verser à son cocontractant une somme forfaitaire fixée à l’avance.
Arbitrage : mode privé de résolution des conflits consistant pour les parties à faire trancher leur
litige par des personnes privées, en dehors des juridictions étatiques.
Stipulation : clause, mention énoncée dans un contrat.
Saisie : voie d’exécution forcée par laquelle un créancier fait mettre sous la main de la justice les
biens de son débiteur afin d’obtenir le paiement qui lui est dû.
Acte juridique : manifestation de volonté destinée à produire les effets que le droit y attache
(ex. : contrat).
fait juridique : événement voulu ou non dont les effets que le droit y attache ne sont pas sou-
haités (ex. : accident…).
Preuve parfaite : preuve liant le juge qui doit en tenir compte dans sa décision sans pouvoir
donner libre cours à son appréciation personnelle.
Preuve imparfaite : preuve laissant un large pouvoir d’appréciation au juge qui statue en son
intime conviction.
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UE 111 • Introduction au droit
Preuve littérale : preuve par écrit résultant d’une suite de lettres, de caractères, de chiffres ou
de tous autres signes ou symboles dotés d’une signification intelligible, quels que soient leur
support et leurs modalités de transmission.
Acte authentique : écrit reçu par officiers publics ayant le droit d’instrumenter dans le lieu où
l’acte a été rédigé, et avec les solennités requises.
Acte sous seing privé : écrit remplissant certaines conditions de validité, notamment la signa-
ture des parties, mais sans intervention d’un officier public.
Acte synallagmatique : acte comprenant des obligations réciproques à la charge de chacune
des parties prenantes.
Aveu judiciaire : reconnaissance en justice par une partie (ou son représentant) d’un fait qui lui
est reproché.
Serment décisoire : en justice, affirmation solennelle par une partie de la réalité d’un fait, sur la
demande de son adversaire.
Témoignage : déposition en justice, sous serment, faite par une personne ayant eu personnel-
lement connaissance des faits qu’elle rapporte.
Présomption : conséquence que la loi (présomption légale) ou le magistrat (présomption de fait)
tire d’un fait connu à un fait inconnu.
Aveu extrajudiciaire : reconnaissance par une personne, en dehors de la procédure, de faits
pouvant produire des conséquences à son encontre.
Serment supplétoire : serment déféré d’office par le juge à l’un des plaideurs.
commencement de preuve par écrit : tout acte écrit ne répondant pas à la définition d’un acte
authentique ou d’un acte sous seing privé (et par extension, tout indice émanant de celui contre
lequel la demande est formée et rendant vraisemblable le fait allégué).
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UE 111 • Introduction au droit
EXERCICES AUTOCORRIGÉS
QUESTIONS
1. Qu’est-ce que le droit au respect de la vie privée ?
a. Une branche du droit positif.
b. Un droit subjectif personnel.
c. Un droit subjectif de la personnalité.
2. De qui émane un projet de loi ?
a. Du Gouvernement.
b. Du Parlement.
c. Du Conseil constitutionnel.
3. Quelle est l’institution européenne qui est composée de représentants (ministres) des
Gouvernements des États membres de l’Union européenne ?
a. Le Conseil de l’Europe.
b. Le Conseil européen.
c. Le Conseil de l’Union européenne.
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Introduction au droit • Série 1
9. Quels doivent être les caractères de la créance du créancier qui souhaite recourir à l’exécution
forcée ?
a. La créance doit être liquide et exigible.
b. La créance doit être certaine et exigible.
c. La créance doit être certaine, liquide et exigible.
10. Qu’est-ce qu’un acte authentique ?
a. Une preuve parfaite.
b. Une preuve écrite.
c. Une preuve imparfaite.
RÉPONSES
1. c ; 2. a ; 3. c ; 4. a c ; 5. c ; 6. c ; 7. b ; 8. a ; 9. c ; 10. a b.
Exercice
ÉNONCÉ
TRAVAIL À FAIRE
1. Qu’est-ce qu’un droit démembré de la propriété ?
2. À quelle branche du droit appartient le droit pénal ?
3. Quel rapport hiérarchique existe-t-il entre un traité international régulièrement ratifié et une
loi nationale ordinaire ?
4. Une loi est-elle nécessairement d’application impérative ?
5. Une juridiction correctement saisie peut-elle refuser de statuer lorsque la loi ne lui apporte
aucun élément de réponse ?
6. Pourquoi dit-on que le TGI est une juridiction de droit commun ?
7. M. X intente avec succès une action en justice contre M. Y devant le tribunal de commerce.
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M. Y fait alors appel de la décision. Qui est demandeur dans cette affaire ?
8. Qui peut saisir la Cour de justice de l’Union européenne ?
9. Quelle différence y a-t-il entre actes et faits juridiques ?
CORRIGÉ
1. Le droit de propriété est un droit réel principal qui comprend trois attributs : à savoir l’usus
(droit de se servir de la chose, objet de la propriété), le fructus (droit de percevoir les fruits de la
chose) et l’abusus (droit de disposer de la chose). Les droits démembrés de la propriété sont
également des droits subjectifs patrimoniaux et réels mais qui ne confèrent à leurs titulaires
qu’une partie des attributs du droit de propriété (ex. : la servitude confère à son bénéficiaire
l’usus ; l’usufruit confère à l’usufruitier l’usus et le fructus…).
2. Le droit pénal est un ensemble de règles juridiques visant à déterminer les infractions (contra-
ventions, délits, crimes) et les peines corollaires. Le droit pénal est une branche du droit public
car, par l’acte susceptible de qualification pénale dont est victime telle ou telle personne privée,
c’est la nation toute entière à laquelle il est porté atteinte.
3. Les traités internationaux créent des règles entre États signataires et ont, lorsqu’ils sont régu-
lièrement ratifiés (approuvés par les organes compétents : Président de la République…), une
autorité supérieure à celle des lois nationales ordinaires. Il existe bien une hiérarchie entre les
sources de droit. Ainsi, si la jurisprudence doit respecter la loi, celle-ci doit de son côté être en
adéquation avec les traités internationaux ratifiés et en vigueur.
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UE 111 • Introduction au droit
4. La loi est une source de droit nationale essentielle et les autres sources de droit (jurispru-
dence…) ne peuvent en principe y contrevenir dès lors qu’elle est en vigueur. Cependant, on
distingue, d’une part, les lois impératives qui ne laissent aucune alternative aux justiciables (ex. :
dispositions du régime primaire impératif pour les gens mariés) et, d’autre part, les lois supplé-
tives qui autorisent les parties à aménager leurs relations et qui ne s’appliquent qu’en cas de
silence de leur part (ex. : le régime légal de communauté réduite aux acquêts). Toutefois, la sup-
plétivité d’une loi ne doit pas donner lieu à des stipulations contraires aux principes généraux du
droit (ordre public, bonnes mœurs…).
5. Une juridiction dont la saisine obéit aux règles de procédure en vigueur est toujours obligée
de statuer ; non seulement lorsque la loi la renseigne clairement sur le point examiné (elle doit
alors la respecter), mais aussi en cas de « vide juridique » et ceci aux termes de l’article 4 du
Code civil : « Le juge qui refusera de juger sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuf-
fisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice. »
Une juridiction, qui se déroberait, encourrait donc des sanctions. C’est probablement lorsque la
loi est obscure que la jurisprudence, par la décision qu’elle rend, joue le plus son rôle de source
du droit.
6. Le Tribunal de grande instance est une juridiction non répressive située au 1er degré de l’ordre
judiciaire. Il a une compétence exclusive dans certains domaines (actions immobilières péti-
toires) mais aussi une compétence générale. En effet, il statue sur toutes les matières pour les-
quelles compétence n’a pas été expressément attribuée à une autre juridiction ; d’où son
qualificatif de juridiction de droit commun.
7. Le demandeur est d’abord celui qui déclenche initialement l’instance, quelle que soit la juridic-
tion saisie. La qualité de demandeur peut varier au cours d’une même affaire. Ainsi, devant le tri-
bunal de commerce, M. X est demandeur, tandis que devant la cour d’appel, c’est M. Y. Par ailleurs,
devant une même juridiction, une partie peut être alternativement demanderesse et défenderesse
(ex. : le défendeur initial peut en cours de procès former une demande reconventionnelle).
8. Juridiction suprême de l’Union européenne, la Cour de justice de l’Union européenne peut
être saisie soit par tout État membre, toute institution européenne ou tout particulier (personne
physique ou morale) y ayant intérêt, lorsqu’elle est compétente pour trancher elle-même un
litige ; soit par une juridiction nationale qui sursoit à statuer et lui demande quelle interprétation
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UE 111 • Introduction au droit
ANNEXES
• Sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPc) :
Annexe 1 : plaquette de présentation (consultable sur [Link]
• Sur l’arbitrage :
Annexe 2 : Cass. 1re civ., 26 janvier 2011 ; INSERM c/ Fondation Letten F. Saugstad (consul-
table sur [Link]
• Sur la compétence respective de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif français :
Annexe 3 : Cass. 1re civ., 23 février 2012 ; L’agent judiciaire du Trésor c/ M. X… ; et autres
(consultable sur [Link]
peut-être aussi une loi du pays de Nouvelle-Calédonie. Les ordonnances qui n’ont pas été rati-
fiées, les décrets, les arrêtés ou les décisions individuelles ne peuvent donc pas faire l’objet
d’une question prioritaire de constitutionnalité (ce sont des actes administratifs dont le contrôle
relève de la compétence des juridictions administratives).
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Introduction au droit • Série 1
défaut de conformité de cette loi aux traités et accords internationaux (exception d’inconventionna-
lité) la juridiction doit d’abord examiner la question de constitutionnalité.
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conditions sont réunies, la juridiction saisie transmet la question prioritaire de constitutionnalité
au Conseil d’État ou à la Cour de cassation. Le Conseil d’État ou la Cour de cassation procède
à un examen plus approfondi de la question prioritaire de constitutionnalité et décide de saisir
ou non le Conseil constitutionnel.
8 - Quels sont les critères pour que le Conseil constitutionnel soit saisi ?
Les critères pour que le Conseil constitutionnel soit saisi de la question prioritaire de constitu-
tionnalité sont détaillés par la loi organique du 10 décembre 2009 relative à l’article 61-1 de la
Constitution. Ils sont au nombre de trois : la disposition législative critiquée est applicable au
litige ou à la procédure, ou constitue le fondement des poursuites ; la disposition législative cri-
tiquée n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel ; la
question est nouvelle ou présente un caractère sérieux.
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UE 111 • Introduction au droit
Rejet
Demandeur(s) : L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)
Défendeur(s) : Fondation Letten F. Saugstad
Attendu que l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) et la fondation
Letten F. Saugstad (la fondation), association de droit privé norvégien, ont conclu un « protocole
d’accord » relatif à la construction d’un pôle de recherche en neurobiologie, comportant une
clause compromissoire ; qu’à la suite d’un différend, l’arbitre, désigné par ordonnance de référé
du président du tribunal de grande instance de Paris, saisi par l’INSERM, a rendu sa sentence le
4 mai 2007 aux termes de laquelle il a débouté l’INSERM de sa demande en paiement et l’a
condamné à restituer à la fondation la somme de 304 878,03 euros avec intérêts ; que l’INSERM
a saisi concomitamment la cour administrative d’appel de Marseille d’un appel et la cour d’appel
de Paris d’un recours en annulation à l’encontre de la sentence arbitrale ; que l’arrêt attaqué
(Paris, 13 novembre 2008) a rejeté le recours ; que pour sa part, saisi de la requête présentée
initialement à la cour administrative d’appel, le Conseil d’État a renvoyé au tribunal des conflits
la question de savoir si l’action introduite par l’INSERM relevait ou non de la compétence de la
juridiction administrative ; que par décision du 17 mai 2010, le tribunal des conflits a jugé que la
juridiction judiciaire était compétente pour connaître du recours en annulation formé par
l’INSERM ;
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tion « pour favoriser la réalisation d’un projet de construction d’un pôle de recherche en neuro-
biologie et la formation de cliniciens et de chercheurs dans ce domaine « avec un financement
pour la plus grande partie par la fondation, ce qui impliquait des mouvements de fonds de la
fondation norvégienne au-delà des frontières ; que, par ce seul motif, elle a exactement décidé
que l’arbitrage était international ; que le moyen n’est pas fondé ;
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UE 111 • Introduction au droit
tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a violé les textes susvisés ;
Et vu l’article 627, alinéa 2, du code de procédure civile ;
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INDEX
Abusus 32 Cour de justice de l’Union européenne 71
Actes juridiques 78, 83 Cour de justice des Communautés
Acte synallagmatique 80 européennes 52
Action en justice 47 Cour européenne des droits de l’homme 52
Agents de justice 51 Cours administratives d’appel 54
Aide juridictionnelle 53 Cours d’appel 58
Amendements 39 Cours d’assises 55, 59
Appel 64 Coutume 44
Appelant 49 Créance 68, 69
Arbitrage 75 Créancier 32
Arrêtés 44 Crimes 55, 62
Assemblée nationale 36, 39 Décisions européennes 37
Assistants de justice 51 Décrets ministériels 44
Astreinte 68 De cujus 30
Autorité de la force jugée 53 Défendeur 49, 62, 63
Autorité parentale 31 Délits 62
Aveu extrajudiciaire 83 Demande reconventionnelle 49
Aveu judiciaire 81 Demandeur 49
Avocat 50 Déni de justice 45
Avocat aux conseils 50 Directives européennes 37
Branches du droit 27 Doctrine 45
Cautionnement 33 Droit administratif 28
Chirographaire 32 Droit à un procès d’une durée raisonnable
Circulaires 44 52
Clause compromissoire 75 Droit à un procès équitable 52
Clause pénale 75 Droit à un procès public 52
Commandement 69 Droit au respect de la vie privée 30
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Introduction au droit • Série 1
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Loi de compétence et de procédure 43 Recours pour excès de pouvoir 54
Loi expressément rétroactive 43 Recours préjudiciel 72
Loi impérative 40 Référé 74
Loi interprétative 43 Règle de droit 26
Loi nationale 38 Règlements autonomes 44
Loi ordinaire 38 Règlements d’application 44
Loi organique 38 Règlements de droit interne 44
Loi pénale plus douce 43 Règlements européens 37
Loi supplétive 40 Réserve héréditaire 30
Magistrats du Parquet 49 Revirement de jurisprudence 45
Magistrats du siège 49 Saisie-attribution 68
Médiation 73, 76 Saisie des droits incorporels 69
Mesures conservatoires 69 Saisies conservatoires 69
Mesures d’expulsion 68 Saisie-vente 69
Modes Alternatifs de Règlement des Sénat 36, 39
Conflits 73 Serment décisoire 81
Nantissement 33 Serment supplétoire 83
Nu-propriétaire 32 Servitudes 32
Obligations 33, 77 Situations pendantes 43
Obligations alternatives 34 Sources du droit 35
Obligations conjointes 35 Succession ab intestat 30
Obligations conjonctives 34 Succession testamentaire 30
Obligations de donner 33 Sûretés judiciaires 70
Obligations de faire 33 Sûretés personnelles 33
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UE 111 • Introduction au droit
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UE 111
Introduction au droit
Année 2013-2014 DEVOIR 1
À envoyer à la correction
Auteur : Marielle MARTIN
nota bEnE
Ce devoir est conçu pour être traité au seul moyen de la série 1 à laquelle il se rapporte.
L’association Les Gens Heureux est un groupement informel d’amis passionnés par le village breton dont
ils sont originaires et qui consacrent leurs loisirs à le faire connaître.
Pour cela, ils réalisent des photos et des vidéos qu’ils diffusent gratuitement, par exemple sur Internet.
Afin de montrer comme il fait bon vivre dans ce village, les personnes appartenant à l’association ont eu
l’idée de photographier, à leur insu, les membres de la famille Intime qui, à l’occasion d’un repas d’anni-
versaire, déjeunaient tranquillement chez eux, dans leur maison située à l’entrée du village ; la fenêtre de
leur salle à manger étant entrouverte.
Contents de ce cliché qu’ils trouvaient réussi, les membres de l’association Les Gens Heureux l’ont
reproduit sur de petites affiches, mentionnant le nom du village, qu’ils ont distribuées un peu partout sur
les marchés et dans les boîtes aux lettres de la région.
C’est alors que, stupéfaits, les membres de la famille Intime ont découvert la photographie ainsi diffusée
les représentant.
Ils considèrent qu’ils auraient dû être au moins prévenus et que, même s’ils n’ont rien à cacher, leur vie n’a
pas à être exposée de la sorte. Aussi, pour faire valoir ce droit au respect de leur vie privée auquel ils estiment
qu’il est porté atteinte, ils entendent assigner en justice les membres de l’association Les Gens Heureux.
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Mais, peu au fait des questions juridiques, ils ne savent pas de quelle branche du droit relève la disposi-
tion qui protège la vie privée. Ils vous demandent de les éclairer.
répondre à chacune des douze questions posées à la suite des documents reproduits ci-après,
en expliquant les réponses.
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Introduction au droit • devoir 1
•••/••• Qu’en statuant ainsi, par un motif impropre à justifier l’absence de toute diligence de l’huissier de justice
pour rechercher le destinataire de l’acte, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;
[…] ;
PAR CES MOTIFS :
Casse et annule, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 9 septembre 2010, entre les parties, par la
cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant
ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris, autrement composée ;
[…] »
TRAVAIL À FAIRE
1. Quand et par quelle juridiction la décision reproduite est-elle rendue ?
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2. Qu’avait consenti à l’origine la SCI à Mme X… ?
3. Qu’a fait ensuite délivrer la SCI à Mme X… et sur quel fondement ?
4. Quel juge Mme X… a-t-elle alors saisi et pour quelle raison ?
5. Dans quel sens ce juge s’est-il prononcé et quel recours Mme X… a-t-elle consécutivement exercé ?
6. Quel fut le résultat de ce recours et quelle procédure a-t-il permis à M. et Mme Y… de mettre en
œuvre ?
7. Par quel officier public et de quelle manière cette procédure a-t-elle été concrètement appliquée ?
8. Qu’a contesté en justice Mme X… à propos de l’application de cette procédure et quelle réponse
a apporté, le 9 septembre 2010, la cour d’appel de Paris ?
9. Qui a formé pourvoi devant la juridiction qui a rendu la décision reproduite et quel argument cette
juridiction retient-elle ?
10. Cet argument vous semble-t-il conforme à la législation en vigueur en la matière ?
11. À quelles sources du droit la décision de justice et les articles du Code de procédure civile repro-
duits appartiennent-ils respectivement et quel est le lien hiérarchique entre ces sources ?
12. Que décide la juridiction qui rend la décision reproduite quant à la suite du procès et cela res-
pecte-t-il les règles de procédure en vigueur ?
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UE 111 ➟ INTRODUCTION
AU DROIT
Année 2013-2014
Ce fascicule comprend :
La série 2
Le devoir 2 à envoyer à la correction
Le devoir 3 à envoyer à la correction
En collaboration avec
le Centre National
d’Enseignement à Distance Marielle MARTIN
Institut de Lyon
W1111-F2/4
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Introduction au droit • Série 2
L’auteur :
Marielle MARTIN : Docteur en droit privé et sciences criminelles, maître de conférences au Cnam.
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2
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UE 111 • Introduction au droit
201111TDPA0213 3
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UE 111 • Introduction au droit
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Introduction au droit • Série 2
LEXIQUE 51
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EXERCICES AUTOCORRIGÉS 55
ANNEXES 59
INDEX 67
DEVOIR 2 69
DEVOIR 3 71
6
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PARTIE
LE DROIT DES PERSONNES
Afin d’appréhender qui sont les personnes au regard du droit et les actes qu’elles peuvent vala-
blement accomplir, on envisage ici ce que sont la personnalité juridique (Titre 1) et la capacité
juridique (Titre 2).
Être doté de la personnalité juridique, c’est avoir une existence juridique en tant que per-
sonne, sujet de droit. La personnalité juridique est donc l’aptitude que l’on a à être titulaire de
droits (subjectifs) et à être tenu à des obligations. Consécutivement, la personne est un
acteur à part entière de la vie juridique, notamment dans le monde des affaires. La person-
nalité juridique est reconnue à toute personne physique, c’est-à-dire à tous les humains
(Chapitre 1), mais aussi à certains groupements appelés en ce cas des personnes morales
(Chapitre 2). On qualifie de personnalité morale la personnalité juridique des personnes
morales.
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I. CONDITIONS
Tout être humain a la personnalité juridique, mais la condition essentielle pour l’acquisition de la
personnalité juridique est que l’enfant naisse vivant (avoir respiré au moins une fois) et viable
(être doté des organes vitaux). Toutefois, seul l’être humain a la personnalité juridique, ce qui
exclut les animaux et les choses.
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Introduction au droit • Série 2
II. DURÉE
Quand la personnalité juridique des personnes physiques débute-t-elle et cesse-t-elle ?
A. DÉBUT DE LA PERSONNALITÉ
Par principe, la personnalité juridique de l’être humain commence dès la naissance (et ce,
indépendamment de ce que la naissance doit être déclarée dans les trois jours à l’officier d’état
civil du lieu de l’accouchement). mais, par exception, « l’enfant simplement conçu est consi-
déré né dans son intérêt ». À cet égard, le problème de la date de la conception se pose. Pour
le résoudre, la loi (art. 311 al. 1er C. civ.) établit une présomption selon laquelle la conception peut
se situer entre 180 et 300 jours inclus avant la naissance (présomption légale de conception).
Entre ces deux dates limites, l’enfant peut situer la date de sa conception comme son intérêt
l’exige ; par exemple, pour recueillir une succession ouverte avant sa naissance mais à partir de
sa conception ; pourvu, bien sûr, qu’il naisse vivant et viable.
Plus généralement, on s’interroge sur le statut juridique de l’embryon, spécialement au regard
des lois de bioéthique (loi bioéthique du 6 août 2004 révisée par une loi du 7 juillet 2011). En
effet, ces lois n’indiquent pas expressément si l’embryon est une personne humaine ou seule-
ment une personne humaine potentielle. Cependant, si ces lois permettent à certaines condi-
tions d’intervenir sur l’embryon (fécondation in vitro…), elles en encadrent surtout la protection
(interdiction des pratiques eugéniques tendant à l’organisation de la sélection des personnes, du
transfert d’embryons humains à titre onéreux, de leur utilisation à des fins industrielles ou com-
merciales, nullité des conventions portant sur la procréation ou la gestation pour le compte
d’autrui, instauration d’une procédure analogue à l’adoption pour l’accueil d’embryon congelé,
prohibition des crimes contre l’espèce humaine : eugénisme et clonage reproductif…).
B. FIN DE LA PERSONNALITÉ
La personnalité juridique cesse au décès médicalement constaté.
mais si l’on n’a pas de certitude quant au décès, si l’on n’a pas trouvé le corps, sauf cer-
taines exceptions, l’individu est considéré encore vivant : on dit qu’il est « absent ».
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L’absent est donc un individu dont on ne sait s’il est mort ou vivant, qui a cessé de paraître
à son domicile ou sa résidence sans que l’on ait eu de ses nouvelles. L’absent étant consi-
déré toujours en vie, ses biens sont administrés provisoirement et ses « héritiers » ne peuvent en
disposer avant un certain délai.
Il faut distinguer l’absence de la disparition. La disparition est un régime plus souple qui
intervient lorsqu’une personne a disparu dans des circonstances de nature à mettre sa vie
en danger, sans que le corps ait pu être retrouvé. Le tribunal de grande instance rend un
jugement déclaratif de décès qui produit les mêmes effets qu’un acte de décès. La date du
décès doit être indiquée en tenant compte des circonstances. Le disparu est considéré par la
loi comme décédé : son conjoint peut alors se marier. Mais si le prétendu décédé reparaît, il
devra se marier une nouvelle fois avec son ex-conjoint dans le cas où ce dernier aurait tenu à
attendre… comme Pénélope attendit Ulysse !
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UE 111 • Introduction au droit
I. LE NOM DE FAMILLE
Le nom de famille est l’appellation qui permet de désigner chaque personne dans la commu-
nauté humaine. Ce nom, que l’on doit obligatoirement avoir, s’accompagne d’un autre élément
tout aussi obligatoire : le prénom. Celui-ci (un seul prénom suffit, il n’est pas nécessaire mais seu-
lement possible d’en avoir plusieurs) sert à désigner, entre elles, les personnes au sein d’une
famille. Selon le doyen Cornu, le prénom est l’expression « personnalissime de la personnalité »
(Droit civil, t. 1, « Précis Domat », n° 626, 1980). Le nom de famille, ainsi que le prénom, sont
incessibles (ils ne peuvent se vendre…), imprescriptibles (ils ne se perdent pas au fil du temps),
protégés par la loi (contre toute usurpation ou atteinte par autrui…) et en principe immuables (on
ne peut en changer). néanmoins, la possibilité d’un changement de nom ou de prénom est
depuis fort longtemps admise par le législateur qui exige un intérêt légitime : nom ridicule ou
grossier, désir d’éviter l’extinction du nom porté par un ascendant, volonté d’intégration dans la
communauté française… Ce changement est alors autorisé par décret publié au Journal officiel et
tout intéressé peut y faire opposition pendant deux mois à dater de cette publication. Plus généra-
lement, les autorités publiques veillent d’ailleurs à ce que le (ou les) prénom(s) choisi(s) pour un
enfant ne porte(nt) pas préjudice à celui-ci (l’officier d’état civil qui reçoit la déclaration de naissance
peut, si un prénom lui paraît contraire à l’intérêt de l’enfant, en informer le procureur de la République).
REMARQUES
• Il arrive qu’une personne physique possède également un pseudonyme (nom volontairement
choisi par une personne pour exercer une activité littéraire ou artistique, militaire ou religieuse ;
l’hypothèse la plus fréquente concernant aujourd’hui les artistes de spectacle), un surnom
(« petit nom » dont l’usage est, dans la plupart des cas, employé par l’entourage familial) ou un
titre nobiliaire (titre se transmettant par ordre de naissance : prince, duc, marquis…) qui ne
sont que des accessoires du nom de famille ; mais dont certains (pseudonyme, titre nobi-
liaire) sont cependant susceptibles d’être défendus en justice contre toute usurpation.
• La particule fait partie du nom de famille et est défendue comme lui.
• En ce qui concerne le simple usage du nom, signalons que par mariage, la femme acquiert,
selon une tradition ancestrale, l’usage du nom de son mari. Il s’agit là d’un droit d’usage
coutumier reconnu à l’épouse qui conserve néanmoins son nom de famille : ainsi, dans les
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actes officiels, elle est désignée par son nom de jeune fille avec la mention « épouse… » ou
« veuve… ». À ce propos, il est à noter une évolution récente : par exemple, sur une question
posée par un parlementaire, le ministère de la Justice et des Libertés a considéré que, réci-
proquement, l’homme marié peut tout aussi bien prendre le nom de son épouse comme nom
d’usage (réponse ministérielle publiée au JO du Sénat du 27 octobre 2011, page 2764).
• Par ailleurs, la loi dispose que toute personne majeure peut ajouter à son nom, à titre d’usage,
le nom de celui de ses parents qui ne lui a pas transmis le sien.
II. LE DOMICILE
Selon le Code civil, « le domicile de tout Français quant à l’exercice de ses droits civils est
au lieu de son principal établissement » (art. 102 al. 1er). Le domicile est le siège juridique de
la personne. Toutefois, la loi ne définit pas la notion de « principal établissement » ; d’où, pour
déterminer le domicile, on s’attache à repérer le lieu où vit principalement l’intéressé (lieu où
il est officiellement joignable à titre privé). Le domicile est en principe unique. mais ce prin-
cipe subit des exceptions : il en est ainsi avec la notion de domicile élu (domicile choisi par les
parties ou imposé par la loi, pour l’exécution d’un acte déterminé ou à l’occasion d’une procé-
dure ; généralement chez une autre personne. Par exemple : chez un banquier pour le rembour-
sement d’un prêt ou en l’étude d’un notaire pour la vente d’une maison). Toutefois, cette élection
de domicile ne vaut que pour les besoins de la situation qui la motive et, pour le reste, ne modifie
en rien le domicile, lieu effectif du principal établissement des parties concernées.
La notion de domicile présente un certain nombre d’intérêts pratiques notamment pour les
mesures nécessaires à la gestion, la transmission d’un patrimoine, pour certaines mesures de
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Introduction au droit • Série 2
publicité, pour la détermination de la compétence des juridictions. Ceci justifie ces deux prin-
cipes : celui de la nécessité du domicile (des dispositions particulières existent pour les per-
sonnes « sans domicile fixe ») et celui de l’unité du domicile.
Le domicile ne doit pas être confondu avec des lieux de vie plus occasionnels (ex. : résidence
secondaire).
III. LA NATIONALITÉ
Autre élément de l’individualisation des personnes : la nationalité est le lien juridique qui rat-
tache une personne à un état. Ce lien détermine, sur de nombreux points, quel est le pays
dont les règles juridiques sont applicables à la personne (ex. : en ce qui concerne la capacité
juridique, le droit positif français s’applique à tous les Français, même résidant à l’étranger).
En principe, toute personne a une nationalité, mais n’en a qu’une seule. Cependant, certaines
personnes peuvent avoir la nationalité de plusieurs pays et, inversement, il arrive qu’une per-
sonne se retrouve sans nationalité (apatride) ; en pareils cas, on comprend qu’il est difficile de
savoir quel droit leur est applicable.
Outre les personnes physiques, d’autres personnes ont une existence juridique : ce sont les
personnes morales.
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durée de la personnalité morale, et, d’autre part, quels sont les éléments essentiels d’identifica-
tion des personnes morales, on se propose de recenser les principales catégories de ces
dernières que l’on a coutume de distinguer selon qu’elles relèvent plutôt du droit public ou plutôt
du droit privé et ce, au moyen du tableau ci-après :
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UE 111 • Introduction au droit
REMARQUES
• Certaines personnes morales relèvent à la fois du droit public et du droit privé : les entre-
prises publiques (personnes morales de droit public mais disposant de prérogatives de
droit privé), les comités d’entreprise (personnes morales de droit privé, mais disposant de
prérogatives de droit public).
• L’étude, dans le détail, des différentes personnes morales excède le cadre du présent cours.
Les conditions d’octroi et la durée de la personnalité diffèrent selon les catégories de per-
sonnes morales.
I. CONDITIONS
dans tous les cas, l’octroi de la personnalité morale repose sur des formalités à accom-
plir ; lesquelles ne produisent effet que si les conditions de fond exigées par la loi pour la validité
de la constitution de la personne morale sont remplies (selon la nature de la personne morale :
nombre de membres, montant du capital social…). Or, ces formalités ne sont pas les mêmes
pour toutes les personnes morales. Ainsi, par exemple : une société n’acquiert la personnalité
morale qu’à dater de son immatriculation au Registre du commerce et des sociétés (RCS), un
GIE n’acquiert également la personnalité morale qu’à dater de son immatriculation au RCS, mais
une association n’acquiert la personnalité morale qu’après sa déclaration à la préfecture ou
sous-préfecture de son siège social, suivie de sa publication au Journal officiel.
REMARQUE
Un groupement est licite si son activité est licite, mais ses membres peuvent choisir que ne lui
soit pas octroyée la personnalité morale en n’accomplissant pas les formalités nécessaires pour
cela (cas des associations non déclarées, des sociétés en participation : ces groupements
répondent respectivement à la définition des associations et des sociétés en se comportant
comme telles, mais ne sont pas des personnes morales).
201111TDPA0213 11
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Introduction au droit • Série 2
II. DURÉE
La création d’une personne morale nécessite la rédaction de statuts comportant diverses
mentions, dont la durée prévisible du groupement. En principe, cette durée est librement
déterminée par les fondateurs. Toutefois, par exemple, la loi oblige à ce que la durée d’une
société ne dépasse pas 99 ans… mais autorise à ce qu’elle soit prorogée en cours d’existence !
La durée de la personne morale dépend donc de la durée initialement prévue et des proro-
gations éventuelles. néanmoins, la personne morale peut disparaître avant l’échéance
ainsi fixée et ce, pour différentes raisons : réalisation de l’objet pour lequel la personne morale
a été créée (lorsque la personne morale a atteint le but précis pour lequel elle a été constituée,
elle n’a plus lieu d’exister), survenance d’une cause de dissolution ayant été prévue dans les
statuts, décision de dissolution anticipée prise par les membres de la personne morale, décision
judiciaire de liquidation en raison de difficultés financières ou à titre de sanction pénale…
I. LA DÉNOMINATION SOCIALE
Équivalent du nom de famille des personnes physiques, la « dénomination sociale » est l’appel-
lation officielle sous laquelle fonctionne la personne morale (l’expression « dénomination
sociale » est d’ailleurs davantage réservée aux sociétés, tandis que, par exemple, on préférera
parler de « titre » pour une association).
Cette appellation, qui permet de distinguer chaque personne morale parmi les autres, est en
principe librement choisie par les membres de ladite personne ; lesquels doivent toutefois
veiller à ne pas créer de confusion spécialement avec des groupements concurrents.
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II. LE SIÈGE SOCIAL
Équivalent du domicile des personnes physiques, le « siège social » est le lieu où est officielle-
ment installée la personne morale. Il permet notamment de savoir où lui adresser des cour-
riers, de déterminer la compétence territoriale de la juridiction devant laquelle l’assigner…
III. LA NATIONALITÉ
Comme pour les personnes physiques, une personne morale a une nationalité, c’est-à-dire
un lien juridique qui la rattache à un état. Il se trouve que ce lien est en principe déterminé
par le lieu du siège social. Ainsi, par exemple, l’article 1837 alinéa 1er du Code civil dispose :
« Toute société dont le siège est situé sur le territoire français est soumise aux dispositions
de la loi française. »
Que l’on soit un être humain ou un groupement, être doté de la personnalité juridique implique
de posséder la capacité juridique. Cette capacité est toutefois plus ou moins étendue.
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UE 111 • Introduction au droit
Différentes notions introductives doivent être évoquées (chapitre 1), avant de voir comment se
présentent la capacité juridique des personnes physiques (chapitre 2) et celle des personnes
morales (chapitre 3).
La capacité juridique est consécutive à la personnalité juridique : en effet, à quoi cela servi-
rait-il d’exister juridiquement si l’on n’avait aucune aptitude reconnue ? La capacité juridique est
donc, en quelque sorte, la concrétisation de la personnalité juridique.
Mais la capacité juridique recouvre en réalité deux sortes de capacités : la capacité de
jouissance (l’aptitude à avoir des droits et des obligations : avoir le droit au respect de sa vie
privée, avoir un droit de propriété, avoir une dette…) et la capacité d’exercice (l’aptitude à
exercer soi-même et pour soi-même les droits et obligations que l’on a) ; la seconde capacité
étant, on le voit, subordonnée à la première.
Lorsque le législateur restreint la capacité, il diminue la personnalité et alors il y a atteinte à la
liberté civile. Pour cette raison, un adage ancien dispose que : « La capacité est la règle, l’inca-
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pacité, l’exception. » Toute personne est, en principe, pleinement capable, tant pour acquérir
un droit que pour exercer le droit considéré et tout texte imposant une incapacité doit être
entendu strictement, comme exception au principe général.
Avec plus ou moins d’ampleur, la capacité de jouissance comme la capacité d’exercice peuvent
être limitées.
I. L’INCAPACITÉ DE JOUISSANCE
Depuis la suppression de la mort civile en 1854 (tout condamné à une peine perpétuelle perdait
toute personnalité juridique), il n’existe plus d’incapacité de jouissance générale, c’est-à-
dire, s’appliquant à tous les droits, mais seulement des incapacités de jouissance spé-
ciales, c’est-à-dire n’atteignant que certains droits.
EXEMPLE
Les membres des professions médicales et de la pharmacie, ainsi que les auxiliaires médicaux
qui ont prodigué des soins à une personne pendant la maladie dont elle meurt, ne peuvent
profiter des dispositions entre vifs ou testamentaires qu’elle aurait faites en leur faveur pendant
le cours de cette maladie (art. 909 al. 1er C. civ.). Le législateur renforce d’ailleurs l’efficacité de
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Introduction au droit • Série 2
cette incapacité en prohibant toute libéralité (don, legs) qui serait faite de manière détournée
soit sous la forme notamment d’une fausse vente, soit à une personne servant d’intermé-
diaire : « toute libéralité au profit d’une personne physique, frappée d’une incapacité de rece-
voir à titre gratuit, est nulle, qu’elle soit déguisée sous la forme d’un contrat onéreux ou faite
sous le nom de personnes interposées, physiques ou morales » (art. 911 al. 1er C. civ.).
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Pour déterminer la liberté d’action plus ou moins large laissée par le législateur à l’incapable ou
à son représentant, le droit distingue les actes selon leur gravité.
I. L’ACTE DE CONSERVATION
Il est nécessaire à la sauvegarde d’un droit. Il a pour but d’éviter au patrimoine une perte immi-
nente, ou au moins le risque d’une perte. Il suppose une dépense négligeable au regard de
l’importance du bien à sauvegarder. Il est permis à toute personne sans autorisation (ex. : renou-
vellement d’une inscription hypothécaire, assurance contre l’incendie…).
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UE 111 • Introduction au droit
Selon le législateur, le mineur est l’individu de l’un ou de l’autre sexe qui n’a point encore
l’âge de dix-huit ans accomplis. Sauf à être émancipé, le mineur est réputé incapable.
cellule familiale du mineur : soit l’un au moins de ses deux parents exerce l’autorité paren-
tale et le mineur est placé sous la protection corrélative, soit aucun des deux n’exerce
cette autorité et le mineur est placé sous tutelle.
A. L’AUTORITÉ PARENTALE
Selon l’article 371-1 du Code civil, l’autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs
ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant. Elle appartient aux deux parents (ascendants immé-
diats) jusqu’à la majorité ou l’émancipation de l’enfant pour le protéger dans sa sécurité,
sa santé et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le
respect dû à sa personne. Les parents associent l’enfant aux décisions qui le concernent,
selon son âge et son degré de maturité.
La loi (art. 372 et 373-2 C. civ.) pose le principe de l’exercice en commun de l’autorité paren-
tale par les deux parents, quelle que soit leur situation juridique (mariés ou non, divorcés…).
Toutefois, le législateur (art. 373 C. civ.) envisage les hypothèses dans lesquelles un parent ne
puisse exercer l’autorité parentale (outre son décès). Il en est ainsi, notamment, du parent
juridiquement absent, en incapacité juridique…
Par ailleurs, si les parents se désintéressent manifestement de l’enfant ou s’ils sont dans l’im-
possibilité d’exercer l’autorité parentale (prison…), le juge peut prononcer la délégation partielle
ou totale de cette autorité à un tiers.
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Introduction au droit • Série 2
Quoi qu’il en soit, pour les parents qui l’exercent, l’autorité parentale s’exprime à l’égard de
la personne même du mineur mais aussi de son patrimoine.
a. L’administration légale
définition
L’administration légale est le droit et l’obligation pour l’un des deux parents ou les deux
parents qui exerce(nt) l’autorité parentale, de gérer le patrimoine du mineur non émancipé.
Il y a deux sortes d’administration légale :
• L’administration légale pure et simple :
Ce régime s’applique quand les deux parents exercent en commun l’autorité parentale
(C. civ., art. 389-1).
Les parents accomplissent ensemble les actes qu’un tuteur ne pourrait faire qu’avec
l’autorisation du conseil de famille (voir infra la tutelle).
À défaut d’accord entre les parents, l’acte doit être autorisé par le juge des tutelles.
même d’un commun accord, les parents ne peuvent : ni vendre de gré à gré, ni apporter en
société un immeuble ou un fonds de commerce appartenant au mineur, ni contracter d’em-
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prunt en son nom, ni renoncer pour lui à un droit, sans l’autorisation du juge des tutelles. Et si
l’acte cause un préjudice au mineur, les parents en sont responsables solidairement.
• L’administration légale sous contrôle judiciaire :
L’administration légale est placée sous le contrôle du juge des tutelles lorsqu’un seul
parent exerce l’autorité parentale (l’un des deux parents est décédé ou hors d’état de mani-
fester sa volonté en raison de son incapacité, de son absence, de son éloignement ou de toute
autre cause, ou il a consenti une délégation de ses droits, ou il a été condamné pour abandon
de famille ou, enfin, il a fait l’objet d’un jugement de retrait).
L’administrateur doit demander l’autorisation du juge des tutelles pour accomplir les actes
qu’un tuteur ne pourrait faire qu’avec l’autorisation du conseil de famille.
Il peut faire seul les autres actes.
b. La jouissance légale
Selon l’article 383 al. 2 du Code civil, la jouissance légale est attachée à l’administration
légale : elle appartient soit aux deux parents conjointement, soit à celui des deux qui a la charge
de l’administration.
Il s’agit d’un droit d’usufruit, appartenant au(x) titulaire(s) de l’autorité parentale et qui lui
(leur) permet de percevoir les fruits, les produits et les revenus des biens de l’enfant, jusqu’à ce
qu’il atteigne l’âge de 16 ans ou qu’il soit émancipé. Les revenus des biens de l’enfant doivent
toutefois être prioritairement employés à sa nourriture, son entretien et son éducation.
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UE 111 • Introduction au droit
La jouissance légale porte, en principe, sur tous les biens de l’enfant mineur, sauf sur : les biens
que l’enfant acquiert par son travail (sans pour autant que le mineur puisse disposer de ses
salaires ; car c’est l’administrateur légal qui les perçoit et les capitalise pour son compte) ; les
biens qui lui ont été donnés ou légués par un tiers à la condition expresse que ses parents n’en
jouiront pas ; les biens recueillis dans une succession dont l’un ou l’autre des parents a été exclu
comme indigne.
REMARQUES
• L’administration légale prend fin normalement à la majorité, l’émancipation ou le décès du
mineur. Le décès des deux parents provoque l’ouverture d’une tutelle. La tutelle peut être
substituée à une administration légale pure et simple pour « cause grave » à titre de sanction
contre l’administrateur.
• L’administration légale sous contrôle judiciaire peut se transformer en administration légale
pure et simple dans certains cas notamment le retour du parent qui était absent.
• La fin de l’administration légale comme la cessation des fonctions de l’administrateur légal
donne lieu à une reddition de comptes dans les trois mois à compter de la fin de l’adminis-
tration légale ou de la cessation des fonctions.
B. LA TUTELLE
La tutelle est un régime de protection du mineur non émancipé. Elle est prononcée lorsqu’au-
cun des parents de ce mineur n’exerce l’autorité parentale. La tutelle fonctionne avec plu-
sieurs organes : le juge des tutelles, le tuteur, le subrogé tuteur et le conseil de famille.
2. Le tuteur
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Le tuteur est le représentant légal du mineur, il est chargé de gérer le patrimoine de celui-ci
et de prendre soin de sa personne (le mineur est domicilié légalement chez son tuteur ; toute-
fois, le tuteur n’est pas tenu à l’entretien du pupille car cet entretien est assuré par les propres
revenus du mineur ou par l’obligation alimentaire qui pèse sur ses proches parents).
Le tuteur peut être désigné par testament du dernier vivant des deux parents du mineur. À défaut
de tuteur testamentaire, la tutelle est généralement confiée à l’ascendant (grand-parent, arrière-
grand-parent) du mineur le plus proche en degré (lorsqu’il y a concours d’ascendants au même
degré, le conseil de famille désigne celui d’entre eux qui sera tuteur). S’il n’y a ni ascendant ni
tuteur testamentaire, le conseil de famille convoqué par le juge des tutelles désigne un tuteur.
Les pouvoirs et obligations du tuteur se répartissent ainsi :
• il peut accomplir seul : les actes de conservation, les actes d’administration ;
• il doit obtenir l’autorisation du conseil de famille pour les actes de disposition ;
• il lui est interdit d’acheter, prendre à loyer, sauf autorisation du conseil, les biens du mineur,
accepter la cession d’un droit ou d’une créance, faire des libéralités au nom du mineur ;
• à l’ouverture de la tutelle, le tuteur doit notamment faire dresser un inventaire des biens du
mineur en présence du subrogé-tuteur qui doit saisir le juge des tutelles si cet inventaire n’est
pas fait. De plus, le tuteur doit remettre un compte annuel de gestion au subrogé-tuteur qui le
transmet avec ses observations au greffier en chef du TI, lequel, en cas de difficulté, peut en
référer au juge des tutelles. Enfin, dans les trois mois qui suivent la fin de la tutelle, le tuteur doit
rendre compte de sa gestion au pupille devenu majeur ou à ses héritiers. Le fait d’avoir approuvé
le compte n’empêche pas le majeur d’agir en responsabilité contre le tuteur et les autres organes
de tutelle. Cette action en justice se prescrit par cinq ans à compter du jour de la majorité.
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Introduction au droit • Série 2
NOTA BENE
La loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 prévoit une disposition (art. 405 C. civ.), entrée en vigueur
le 1er janvier 2009, et selon laquelle plusieurs tuteurs peuvent être désignés :
« Le conseil de famille peut, en considération de la situation du mineur, des aptitudes des
intéressés et de la consistance du patrimoine à administrer, désigner plusieurs tuteurs
pour exercer en commun la mesure de protection. Chaque tuteur est réputé, à l’égard des
tiers, avoir reçu des autres le pouvoir de faire seul les actes pour lesquels un tuteur n’aurait
besoin d’aucune autorisation.
Le conseil de famille peut décider que l’exercice de la tutelle sera divisé entre un tuteur
chargé de la personne du mineur et un tuteur chargé de la gestion de ses biens ou que la
gestion de certains biens particuliers sera confiée à un tuteur adjoint.
À moins qu’il en ait été autrement décidé par le conseil de famille, les tuteurs désignés en
application du deuxième alinéa sont indépendants et ne sont pas responsables l’un envers
l’autre. Ils s’informent toutefois des décisions qu’ils prennent. »
3. Le subrogé tuteur
Il est nommé par le conseil de famille parmi ses membres, si possible dans une branche diffé-
rente de celle du tuteur. Il surveille la gestion tutélaire : c’est son rôle essentiel. Il informe le juge
s’il constate des fautes dans la gestion du tuteur. Il représente le mineur lorsque ses intérêts sont
en opposition avec ceux du tuteur.
4. Le conseil de famille
Le conseil de famille est une assemblée de membres de la famille, d’alliés ou d’amis (toute
personne manifestant un intérêt pour le mineur), présidée par le juge des tutelles, à laquelle le
tuteur doit demander l’autorisation pour accomplir les actes importants. Cette assemblée est
composée d’au moins quatre membres ; y compris le tuteur et le subrogé-tuteur mais non le juge
des tutelles (lequel préside le conseil, avec voix délibérative et prépondérante en cas de partage
des voix).
Le conseil de famille règle les conditions générales de l’entretien et de l’éducation de l’enfant, en
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respectant la volonté éventuellement exprimée dans ce domaine par les parents. Il donne son
consentement au mariage, à l’émancipation et à l’adoption du mineur. Il existe des cas où le juge
des tutelles supplée le conseil de famille pour autoriser directement le tuteur à agir notamment
en cas d’urgence, mais à charge pour le juge de rendre compte au conseil a posteriori.
REMARQUES
• La tutelle prend fin normalement à la majorité du mineur, son émancipation ou son décès.
• Autant que faire se peut, la tutelle est de type familial, mais :
Art. 411 du Code civil, dans sa rédaction issue de la loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 :
« Si la tutelle reste vacante, le juge des tutelles la défère à la collectivité publique compé-
tente en matière d’aide sociale à l’enfance.
En ce cas, la tutelle ne comporte ni conseil de famille ni subrogé tuteur.
La personne désignée pour exercer cette tutelle a, sur les biens du mineur, les pouvoirs
d’un administrateur légal sous contrôle judiciaire. »
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UE 111 • Introduction au droit
A. CONDITIONS DE L’ÉMANCIPATION
Il y a deux formes d’émancipation :
• L’émancipation légale qui résulte de plein droit du mariage.
• L’émancipation judiciaire qui nécessite une décision spéciale.
2. L’émancipation judiciaire
Cette émancipation ne peut pas être accordée avant que le mineur ait seize ans révolus. Elle
résulte d’une décision du juge des tutelles s’il est convaincu qu’il existe de « justes motifs ». Le
juge peut être saisi d’une demande d’émancipation, selon le cas, par l’un et/ou l’autre des deux
parents ou par le conseil de famille.
B. EFFETS DE L’ÉMANCIPATION
Sans devenir un majeur, le mineur émancipé acquiert la pleine capacité civile (il n’est plus sous
l’autorité de ses deux parents, donc il peut avoir un domicile séparé…).
Cependant, le mineur émancipé n’est pas totalement assimilé à un majeur capable. Ainsi, le
mineur émancipé ne peut être commerçant que s’il obtient une autorisation judiciaire spéciale.
Ceci résulte d’une disposition de la loi n° 2010-658 du 15 juin 2010 relative à l’entrepreneur indi-
viduel à responsabilité limitée ; disposition désormais inscrite en ces termes aux articles 413-8
du Code civil et L. 121-2 du Code de commerce :
« Le mineur émancipé peut être commerçant sur autorisation du juge des tutelles au
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Il est à noter que, même si cette règle ne change en rien le fait qu’il faille avoir en principe 18 ans
révolus pour pouvoir exercer le commerce, elle apporte une profonde réforme en la matière car
auparavant le mineur, même émancipé, ne pouvait être commerçant. L’émancipation est donc
une sorte d’anticipation sur la majorité. Elle prend fin à 18 ans ou au décès du mineur
émancipé.
Quelle est la capacité juridique des personnes physiques majeures ?
En principe, une personne majeure a la pleine capacité juridique. Toutefois, sa capacité, spécia-
lement d’exercice, peut être restreinte.
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Introduction au droit • Série 2
A. LA SAUVEGARDE DE JUSTICE
La personne placée sous cette sauvegarde continue à exercer ses droits, mais ses enga-
gements peuvent être réduits en cas d’excès et ses actes rescindés pour lésion. L’acte est
rescindé pour cause de lésion lorsqu’un préjudice en résulte pour l’incapable quelle que soit son
importance. Cette rescision (nullité) peut jouer aussi bien pour les actes d’administration que de
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disposition. L’action en réduction peut intervenir pour les engagements excessifs, c’est-à-dire
ceux qui, tout en étant à juste prix, sont hors de proportion avec les besoins ou les ressources
de l’incapable.
La mise sous sauvegarde cesse par une déclaration de cessation, ou par l’ouverture d’une tutelle
ou d’une curatelle.
B. LA CURATELLE
Sous ce régime, il n’y a pas d’autre organe que le curateur, qui est désigné par le juge des
tutelles sauf le cas où la loi désigne le conjoint comme curateur.
L’incapable ne doit, sans l’assistance de son curateur qui en réfère au juge des tutelles,
faire des actes de disposition. mais il pourra faire seul les autres actes. À noter que la loi
n° 2007-308 du 5 mars 2007 prévoit la possibilité, pour le juge des tutelles, d’ordonner à tout
moment une curatelle renforcée (dans ce cas, entre autres mesures, le curateur perçoit seul les
revenus de la personne en curatelle sur un compte ouvert au nom de cette dernière ; il assure
lui-même le règlement des dépenses auprès des tiers et dépose l’excédent sur un compte laissé
à la disposition de l’intéressé ou le verse entre ses mains).
Les actes que l’incapable en curatelle est capable de faire seul peuvent être réduits pour excès
ou rescindés pour lésion.
La curatelle prend fin comme la tutelle par la disparition des causes qui l’ont provoquée.
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UE 111 • Introduction au droit
C. LA TUTELLE
Le fonctionnement de la tutelle est sensiblement le même que celui vu supra à propos du
mineur non émancipé ; si ce n’est, notamment, que le tuteur désigné peut être, par exemple, le
conjoint. La tutelle prend fin avec la fin des causes qui l’ont déterminée, après avis du médecin
spécialiste.
NOTA BENE
Lorsqu’aucun membre de la famille ou aucun proche ne peut assumer notamment la curatelle
ou la tutelle, le juge désigne un mandataire judiciaire à la protection des majeurs (MJPM) inscrit
sur une liste légale conformément aux articles L. 471-1 et suivants du Code de l’action sociale
et des familles.
Qu’en est-il de la capacité juridique des personnes morales ?
Toute personne morale est soumise au « principe de la spécialité » qui limite son champ
d’action à l’objet pour lequel elle a été créée et qui figure dans ses actes constitutifs (ex. :
les statuts d’une société doivent, entre autres, mentionner l’objet de celle-ci). Cela signifie que
la personne morale ne peut agir que dans la limite de cet objet.
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par sa nature, une personne morale ne peut mettre en œuvre elle-même les droits et obli-
gations qui sont les siens. Ce sont donc forcément des personnes habilitées qui agissent
en représentation de la personne morale (ex. : c’est le dirigeant d’une société ou d’une asso-
ciation qui passe un contrat ou este en justice pour le compte de la personne morale qu’il dirige).
En conclusion, le repérage des personnes et de leur capacité au sens juridique conduit à des
investigations que ne soupçonne pas le non-initié en droit. Pourtant, cette recherche, au service
de laquelle des règles juridiques existent, conditionne en grande partie la validité des actes que
l’on passe avec autrui.
L’étude des personnes doit être complétée par celle des biens car, on vient de le voir, le droit
établit un lien étroit entre les personnes et les biens : en tant que personne, un être physique ou
moral a l’aptitude à avoir des biens et lorsqu’il est inapte à les gérer lui-même, des régimes
d’assistance ou de représentation organisent cette gestion à sa place.
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PARTIE
LE DROIT DES BIENS
Cette étude du droit des biens suppose d’exposer ce que sont les biens (Titre 1) ; d’envisager
les principaux droits portant dessus, dont le droit de propriété (Titre 2) ; et de situer les biens par
rapport à la notion juridique de patrimoine (Titre 3).
Avant de recenser les grandes sortes de biens, il convient de définir la notion de bien : au
regard du droit privé, il s’agit de toutes les « choses » susceptibles d’appropriation privée
ainsi que de tous les droits portant sur ces « choses » ; ces droits étant donc des droits
subjectifs patrimoniaux réels (sur les droits subjectifs, revoir la série 1 du présent cours).
Cette approche appelle un certain nombre d’observations. ainsi, il existe des choses qui ne
sont susceptibles d’aucune appropriation et qui ne sont donc pas des biens. Ce sont les
choses communes, dont l’usage est commun à tous (ex. : l’air, l’eau courante, l’eau de la
mer…). Par ailleurs, il existe des choses qui sont des biens susceptibles d’appropriation,
mais non d’appropriation privée, par de simples particuliers (personnes physiques ou per-
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sonnes morales) : ce sont les biens faisant partie du domaine public de l’État ou d’une collec-
tivité publique (ex. : rivages, ports, rivières navigables, voies de communication, terrains
militaires…). Ces biens sont inaliénables et insaisissables et leur régime juridique relève du
droit public qui n’est pas la branche de droit que l’on étudie ici. On doit cependant signaler
que des biens peuvent faire partie du domaine privé de l’État et qu’ils sont aliénables.
En outre, il n’est pas nécessaire qu’une chose soit effectivement appropriée pour être un
bien. Il suffit qu’elle soit susceptible d’être appropriée au plan privé.
Enfin, les biens sont non seulement des « choses » matérielles (ex. : table, chaise, bâti-
ment…) mais aussi des « choses » immatérielles (ex. : logiciel, brevet…), ainsi que les droits
portant sur ces choses ; ces droits étant, de par leur nature, immatériels (un droit ne se
palpe pas !).
Précisément, les biens sont soumis à des régimes juridiques différents selon leur nature. Il
existe, à cet égard, plusieurs classifications des biens. Toutes ne seront pas examinées ici.
Cependant, deux classifications fondamentales et qui peuvent en pratique être croisées
l’une avec l’autre doivent être exposées : la distinction des biens corporels et des biens
incorporels (chapitre 1) et la distinction des biens meubles et immeubles (chapitre 2).
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Introduction au droit • Série 2
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C’est la distinction la plus fondamentale dans le Code civil : tous les biens sont meubles ou
immeubles (art. 516). On en conclut fort logiquement que tous les biens que la loi ne fait pas
entrer dans la catégorie des immeubles doivent être considérés comme des biens meubles, et
inversement. Cette lapalissade a une grande portée juridique.
Les intérêts de la distinction sont multiples. Les différences de régime juridique des meubles
et des immeubles sont souvent la conséquence de leur nature physique. Ainsi la fixité des
immeubles explique que l’on ait pu organiser une sûreté réelle sans dépossession matérielle du
propriétaire, l’hypothèque, et un système de publicité non seulement des hypothèques, mais de
tous les contrats relatifs à des droits réels immobiliers (vente, constitution d’un droit d’usufruit
sur l’immeuble…) : la publicité foncière. De même la possession des immeubles produit des
effets spéciaux. La dévolution héréditaire des immeubles est régie par la loi du pays où l’im-
meuble se trouve situé, tandis que la succession mobilière est régie par la loi du pays où se
trouve situé le dernier domicile du défunt.
D’autres différences font apparaître un régime juridique plus protecteur des droits immobiliers
que des droits mobiliers. Par exemple, les règles de la saisie immobilière et de la vente forcée de
l’immeuble sur saisie sont toujours beaucoup plus complexes et plus protectrices des intérêts
du propriétaire et des titulaires de droits réels que la saisie et la vente forcée des meubles.
Quels sont les critères et la signification de la distinction entre les biens meubles et les
biens immeubles ? quelles sont les sortes de biens meubles ? quelles sont les sortes de
biens immeubles ?
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UE 111 • Introduction au droit
Le critère de base de la distinction est purement matériel et physique : il réside dans la fixité ou
la mobilité naturelle du bien. Et, effectivement, une grande partie des différences de régime
juridique se rapporte à la fixité de l’immeuble.
Cependant, la distinction avait aussi, pour les rédacteurs du Code civil, une signification
économique. Dans la société française de l’époque, comme dans l’Ancien Régime, l’immeuble
était en fait l’élément le plus important des patrimoines et par conséquent, le plus digne de pro-
tection. Il l’était d’abord par sa valeur économique, dans un pays essentiellement agricole (res
mobilis, res vilis : chose mobilière, chose de faible valeur). Il l’était aussi par sa stabilité juridique
(un immeuble fait l’objet de transferts moins fréquents qu’un objet mobilier) et par la stabilité de
sa valeur patrimoniale. La propriété des immeubles était un facteur de la puissance économique
des familles. Enfin, la meilleure sûreté à offrir à un créancier pour obtenir du crédit était encore
l’hypothèque immobilière. La distinction s’adaptait donc à l’importance effective de la fortune
foncière.
Envisagée de ce point de vue, la distinction est aujourd’hui critiquable et même en 1804, elle
n’était pas sans appeler des critiques.
Le critère physique adopté par le Code civil ne correspond pas entièrement à la significa-
tion économique de la distinction. Les rédacteurs du Code civil ont dû, eux-mêmes, lui appor-
ter quelques correctifs (par exemple, voir plus loin la notion d’immeuble par destination). À
l’époque, le critère était déjà en porte-à-faux : certains biens, classés dans la catégorie des
meubles, étaient un élément important des fortunes privées (rentes constituées…) ; l’Ancien
Droit, plus nuancé, les avait assimilés aux immeubles.
Les transformations de l’économie ont entraîné, depuis lors, une transformation profonde dans
la composition des fortunes privées. Ce qui fait la richesse privée, ce sont surtout les monopoles
d’exploitation, les fonds de commerce, les brevets d’invention, les marques de commerce, les
droits d’associé et autres valeurs mobilières, tous droits incorporels qui se trouvent classés dans
la catégorie des meubles. Ce mouvement de patrimonialisation de nouveaux biens qui ne
peuvent être que des biens meubles se poursuit encore actuellement (ex. : le droit de présenta-
tion d’une clientèle civile, le portefeuille d’assurance…) ; soit qu’il s’agisse de biens qui repré-
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sentent une activité humaine, soit qu’il s’agisse de biens qui sont l’accessoire d’une telle
activité.
Le maintien des effets de la distinction entre meubles et immeubles dans ces nouvelles circons-
tances économiques s’est révélé gravement nuisible. Il faut désormais protéger ces éléments de
la fortune mobilière autant que la fortune foncière.
Toutefois, malgré l’amélioration du régime juridique des meubles incorporels, la distinction des
meubles et des immeubles conserve son intérêt et, dans une certaine mesure, une signifi-
cation économique. L’instabilité économique et monétaire du XXe siècle a montré que la pro-
priété d’un immeuble était encore une valeur patrimoniale stable. La pénurie de logements et la
pratique de la division de la propriété des immeubles d’habitation par appartements ont égale-
ment contribué à soutenir la valeur de l’immeuble et à en faire un des éléments majeurs des
fortunes privées.
Il faut se méfier de ne pas limiter les biens meubles à la seule signification que leur donne
le langage courant ; à savoir les lits, sièges, tables, tapisseries, miroirs, vaisselles… que le
Code civil désigne d’ailleurs sous l’expression de « meubles meublants », c’est-à-dire « les
meubles destinés à l’usage et à l’ornement des appartements ». En réalité, on distingue :
les meubles par nature, les meubles par détermination de la loi et les meubles par
anticipation.
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Introduction au droit • Série 2
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À l’instar de ces dispositions de la loi, la jurisprudence admet que le propriétaire peut lui-même
anticiper sur la séparation matérielle et que la vente de récoltes futures, ou arbres à abattre, ou
de matériaux à provenir d’une démolition ou à extraire d’une carrière, constitue une vente mobi-
lière et non une vente d’immeuble ; elle est donc soumise aux règles applicables aux ventes de
meubles.
Mais il est nécessaire que cet artifice commode qu’est l’anticipation de la mobilisation ne porte
pas préjudice à des personnes qui ont des droits réels sur l’immeuble auquel sont encore atta-
chées les choses qui sont l’objet du contrat. C’est pourquoi la jurisprudence, dans les rapports
des contractants avec ces tiers, traite cette vente comme une vente d’immeuble et exige l’ac-
complissement des formalités de publicité foncière.
Ainsi, une même vente reçoit une qualification mixte et le même objet est considéré comme un
meuble par anticipation dans les rapports entre vendeur et acheteur et comme un immeuble
dans les rapports entre les contractants et les tiers titulaires de droits réels sur l’immeuble. Cette
relativité de la qualification n’est pas une vaine subtilité ; elle permet de nuancer l’application des
règles juridiques en tenant compte des différentes caractéristiques des situations.
Le Code civil qualifie d’immeubles trois catégories de biens : les immeubles par nature, les
immeubles par l’objet auquel ils s’appliquent et les immeubles par destination.
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UE 111 • Introduction au droit
qui est attribuée au propriétaire d’un immeuble compris dans une opération de rénovation
urbaine et qui lui donne droit de participer à l’opération et de recevoir ultérieurement la propriété
d’un autre immeuble.
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Introduction au droit • Série 2
valeur. Il s’agit toujours d’immeuble par nature qui est fait pour un usage ou un type d’exploita-
tion déterminé, qui ne peut être utilisé à cette fin sans son accessoire mobilier et qui perdrait une
grande partie de sa valeur si l’accessoire en était séparé. L’immobilisation par destination a
notamment pour effet de renforcer le crédit hypothécaire, puisque l’hypothèque portera sur un
ensemble de plus grande valeur.
Les conditions de l’immobilisation et les causes de cessation de l’immobilisation découlent de
cette raison.
A. CONDITIONS DE L’IMMOBILISATION
• Une première condition de l’immobilisation est l’unité de propriété de l’immeuble principal
et du meuble immobilisé. Au contraire, un cheptel appartenant à un fermier et placé par lui
sur le domaine agricole qui lui est loué ne devient pas immeuble par destination. Il n’est pas
davantage possible pour le propriétaire de l’immeuble principal d’immobiliser une chose
appartenant à autrui. S’il n’y avait pas unité de propriété, il serait impossible de comprendre
dans une même saisie les deux biens, ce qui est justement le rôle de l’immobilisation par
destination.
• En second lieu, le rapport de destination doit être établi par le propriétaire des deux biens
et non par une tierce personne.
Le Code civil exige l’existence d’un rapport de destination entre le meuble et l’immeuble princi-
pal. Le meuble doit avoir été placé pour le service et l’exploitation du fonds. Une analyse de
ce rapport de destination permet de discerner deux éléments de fait : un élément matériel, car
il faut que le meuble immobilisé soit effectivement nécessaire et serve effectivement à
l’exploitation de l’immeuble principal ; un élément subjectif et intentionnel car il faut que le
propriétaire ait eu la volonté d’affecter le meuble au service de l’immeuble.
Ce sont là de purs faits. La qualification d’immeuble par destination n’est pas décidée par le
propriétaire, mais par la loi elle-même qui l’impose impérativement. La loi tient compte de la
volonté du propriétaire, mais le rôle de cette volonté se limite à créer le rapport de destination ;
après avoir affecté l’accessoire à l’exploitation de l’immeuble principal, le propriétaire n’est pas
libre de considérer que l’accessoire n’est pas devenu un immeuble : la qualification est légale et
impérative.
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Le Code civil a donné l’exemple de plusieurs types de rapport de destination. La jurisprudence
a dû en admettre d’autres.
Le Code civil a eu surtout en vue l’immobilisation par destination agricole. Ainsi, le cheptel vif
ou mort nécessaire à l’exploitation d’un domaine agricole est un immeuble par destination.
Il existe aussi une immobilisation par destination industrielle. Le Code civil vise les ustensiles
des forges, papeteries et autres usines, mais la notion s’applique à toutes sortes d’industries
(ex. : les cuves installées dans un bâtiment à usage de brasserie, les machines à carder dans une
filature, les machines d’une scierie, les chaudières d’une teinturerie et même le matériel roulant
d’une mine ou d’une carrière, parfois même des objets qui n’interviennent pas directement dans
la production tels que les récipients et véhicules de livraison). Encore faut-il que l’aménagement
de l’immeuble principal révèle qu’il est destiné à un genre d’exploitation déterminé.
L’immobilisation par destination commerciale n’est pas prévue par le Code civil, mais la généra-
lité des termes de la loi permet de l’envisager. Elle est plus rare, parce qu’un immeuble dans lequel
se trouve exploité un certain genre de commerce peut facilement être reconverti sans gros frais
pour servir à un autre usage ; l’accessoire mobilier est donc, en ce cas, beaucoup moins néces-
saire. C’est pourquoi la jurisprudence a précisé l’élément matériel du rapport de destination. Il n’y
a immobilisation que si l’immeuble principal a reçu un aménagement spécial en vue d’une exploi-
tation commerciale déterminée en vue de recevoir l’accessoire mobilier indispensable à cette
exploitation (ex. : un bâtiment construit spécialement pour servir exclusivement d’hôtel et ne pou-
vant être transformé en immeuble d’habitation sans des dépenses considérables ; on a admis, en
ce cas, l’immobilisation ; au contraire, dans le cas général, les billards, chaises, tables, ustensiles
de cuisine… ne sont pas immobilisés par destination).
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UE 111 • Introduction au droit
Le Code civil prévoit un autre type d’immobilisation : l’immobilisation par attache à perpé-
tuelle demeure. La première application qu’il en donne concerne des objets qui sont scellés à
plâtre, chaux ou ciment ou qui ne peuvent être détachés sans être fracturés ou détériorés ou
sans briser ou détériorer la partie du fonds à laquelle ils sont attachés.
Les autres applications énoncées dans la loi constituent, en réalité, une immobilisation par
destination ornementale. D’ailleurs, la jurisprudence, interprétant extensivement la notion d’at-
tache à perpétuelle demeure n’exige pas une fixité des objets, mais son adhésion matérielle et
durable (tapisserie occupant un emplacement aménagé à cette fin dans la paroi d’un mur, tapis
d’escalier, clé des serrures…) ; ce qui est en accord avec l’alinéa 4 de l’article 525 du Code civil
déclarant immeubles les statues placées dans une niche pratiquée exprès pour les recevoir,
encore qu’elles puissent être enlevées sans fracture ou détérioration. C’est finalement une
immobilisation par destination somptuaire ou utilitaire.
B. CESSATION DE L’IMMOBILISATION
L’immobilisation par destination prend fin lorsqu’une des conditions qui viennent d’être indi-
quées disparaît. Il existe donc deux modes de cessation de l’immobilisation : d’abord, elle
peut cesser par l’effet d’une séparation matérielle de l’accessoire immobilisé et de l’im-
meuble principal. Il y a cessation effective de l’affectation de l’accessoire à l’exploitation de
l’immeuble principal. La cessation de l’immobilisation est alors opposable à toute personne,
même à celles qui sont titulaires d’un droit portant sur l’immeuble principal, mais la responsabi-
lité du propriétaire est éventuellement engagée envers ces derniers.
L’immobilisation cesse également par l’effet de la séparation juridique : elle se produit lorsque
le propriétaire dispose séparément de l’immeuble principal et de l’accessoire immobilisé,
par exemple en vendant ou en louant séparément l’accessoire (ex. : vente d’un fonds de
commerce et des installations frigorifiques d’une part, et du bâtiment d’autre part, à des acqué-
reurs différents). Mais afin de protéger les personnes qui ont acquis un droit réel sur l’immeuble
antérieurement à la séparation juridique, la jurisprudence décide que la séparation juridique ne
leur est opposable qu’à partir du moment où elle est suivie d’une séparation matérielle. La sépa-
ration matérielle joue ainsi le rôle d’un moyen de publicité.
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REMARQUE
Par croisement des classifications, un bien meuble peut être corporel (ex. : chaise…) ou incor-
porel (ex. : action de société…) ; de même, un bien immeuble peut être corporel (ex. : bâtiment)
ou incorporel (ex. : droits réels immobiliers…).
L’étude du droit des biens est aussi l’occasion d’approfondir les principaux droits subjectifs
portant sur ces biens ; à savoir le droit de propriété et ses démembrements.
TITRE 2. LA PROPRIÉTÉ
ET SES DÉMEMBREMENTS
Quelques principes généraux sur le droit de propriété (chapitre 1) précèdent des considérations
relatives aux modalités d’acquisition de ce droit (chapitre 2) et des considérations relatives à son
étendue (chapitre 3).
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Introduction au droit • Série 2
À partir de cette définition, examinons les attributs et les caractères du droit de propriété.
Le droit de propriété octroie trois attributs à son titulaire : l’usus, le fructus et l’abusus.
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III. LE DROIT DE DISPOSER DE LA CHOSE (ABUSUS)
L’abusus est le droit qu’a le propriétaire d’effectuer sur la chose, objet de sa propriété, tout
acte de disposition (ex. : la vendre, la donner, la grever de sûretés, l’abandonner, la détruire…).
Toutefois, on ne doit surtout pas assimiler l’abusus au droit d’« abuser » de son droit de
propriété car l’exercice de ce droit ne doit pas porter préjudice à autrui ; sous peine de
sanctions.
REMARQUE
À propos de l’image du bien :
Ces dernières années, les juges ont à différentes reprises, affirmé la protection dont bénéficie
un propriétaire quant à l’image de son bien ; que l’utilisation qui est faite de cette image (publi-
cation…), sans son autorisation, porte atteinte à sa vie privée (atteinte à l’intimité…) ou non
(utilisation commerciale de l’image…).
La maîtrise de l’image du bien serait donc incluse dans les attributs du droit de propriété :
ainsi, sauf à adopter une attitude abusive, « tout propriétaire a le droit le plus absolu d’interdire
la reproduction à des fins commerciales de ses biens » (CA Paris, 12 avril 1995 ; comité régio-
nal de tourisme de Bretagne et a. c/ Mme de Kerguezec) ; « l’exploitation du bien sous la forme
de photographies porte atteinte au droit de jouissance du propriétaire » (Cass. 1re civ., 10 mars
1999 ; Mme Gondrée épouse Pritchett c/ Sté Éditions Dubray) ; trouble manifestement illicite
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UE 111 • Introduction au droit
Le droit de propriété est en principe un droit exclusif et individuel, absolu, perpétuel et protégé.
copropriétaires.
A. RESTRICTIONS LÉGALES
Certaines de ces restrictions sont édictées par le législateur dans le but de protéger l’intérêt
général (ex. : expropriations pour cause d’utilité publique pour des biens exposés à certains
risques naturels majeurs menaçant gravement des vies humaines, pour construction d’un bâti-
ment à usage public : route, école… ; réquisitions : pour les besoins de l’installation d’un poste
médical avancé en cas de sinistre… ; obligations ou interdictions d’exploitation : obligations
d’entretien de parcelles forestières… ; servitudes d’alignement des façades ; contraintes liées
aux sites classés : normes architecturales à respecter… ; obligations sanitaires pesant sur les
propriétaires d’immeubles en matière d’amiante, de lutte contre les termites…) ; d’autres restric-
tions sont édictées par le législateur dans le but de protéger des intérêts particuliers (ex. :
droit au bail au profit des commerçants-locataires : voir série 3 ; statut au profit des fermiers et
des métayers qui accordent à ces derniers des prérogatives qui diminuent le droit discrétionnaire
du propriétaire…).
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Introduction au droit • Série 2
B. RESTRICTIONS JURISPRUDENTIELLES
Le droit de propriété est certes absolu, mais la jurisprudence considère que l’exercice abusif
d’un droit entraîne, à certaines conditions, la responsabilité de son titulaire : théorie juris-
prudentielle de l’abus de droit. De même, un propriétaire, sans chercher à nuire à son voi-
sin, engage à son égard sa responsabilité s’il lui cause des préjudices qui excèdent ce que
l’usage oblige à supporter entre voisins : théorie jurisprudentielle des troubles anormaux
de voisinage. Sur ces deux comportements, qui peuvent aussi, venant d’autrui, entraver l’exer-
cice du droit de propriété (voir infra section 3 du chapitre 3).
C. RESTRICTIONS CONVENTIONNELLES
Citons le cas, par exemple, du donataire qui accepte la donation qui lui est consentie mais qui
est affectée d’une clause d’inaliénabilité en vertu de laquelle il s’engage à conserver le bien visé.
Il ne pourra donc en disposer à sa guise (vente…).
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Il existe différentes manières de devenir propriétaire (par le biais d’une donation, d’une succes-
sion, de la découverte d’un trésor…). Cependant, conformément au programme officiel de l’UE
que nous étudions, nous ciblerons les développements qui suivent, d’une part, sur le contrat,
l’un des modes les plus courants du transfert de la propriété par un acte juridique et, d’autre
part, sur la possession, illustration surprenante de l’acquisition de la propriété par une situation
de fait.
(Pour une étude approfondie des contrats : voir série 3). Le contrat est donc bien un accord de
volontés, un acte juridique (voir série 1).
Parmi les contrats, le contrat de vente est le plus remarquable quant à son effet sur le transfert
de la propriété. Bien que, en principe d’effet immédiat, ce transfert connaît des tempéraments.
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UE 111 • Introduction au droit
II. LIMITES
Le principe du transfert immédiat de la propriété dès la formation du contrat connaît un certain
nombre de limites. Ainsi, le transfert de propriété de la chose peut être retardé selon la
volonté expresse des parties (clause de réserve de propriété par laquelle le vendeur conserve
la propriété de la chose, même mise en possession de l’acheteur, et ce jusqu’au paiement inté-
gral du prix par celui-ci) ou en raison de la nature de la chose, objet du contrat. Il en est ainsi
des choses de genre dites aussi choses fongibles (par opposition aux corps certains, ces
choses sont interchangeables les unes par rapport aux autres : voitures de série…) transférées
au moment de leur individualisation et des choses futures dont la propriété est transférée
à la date de leur achèvement.
En outre, en matière d’immeuble, on doit signaler la réglementation de la publicité foncière : les
accords translatifs ou constitutifs, entre vifs, de droits réels immobiliers doivent être publiés au
bureau de la conservation des hypothèques et la règle de l’antériorité de la date de publicité du
contrat de vente prime celle de l’antériorité de la date de passation du contrat (ex. : si Pierre vend
son immeuble à Paul le 15 juin 2013 avec publication de l’acte le 10 juillet 2013, puis le vend une
seconde fois à Jacques le 2 juillet 2013 avec publication de l’acte le 8 juillet 2013 ; le conflit entre
les « acheteurs » sera normalement tranché en faveur de Jacques).
REMARQUE
Quel que soit le régime juridique du transfert d’un droit, ce dernier obéit à un principe général :
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nul ne peut transférer à autrui plus de droits qu’il n’en a. Ainsi, si le vendeur n’a pas la propriété
de la chose, l’acheteur ne peut devenir le propriétaire de la chose par l’effet de la vente.
La possession est une situation de fait qui, en toute légalité et en dehors d’un accord avec
un précédent propriétaire, permet de ravir à celui-ci la propriété de son bien. pour que le
possesseur devienne propriétaire, sa possession doit dans tous les cas être « utile ». En
outre, des conditions doivent être réunies qui divergent selon que le bien possédé est un
immeuble ou un meuble.
A. DÉFINITION DE LA POSSESSION
La possession est un état consistant dans le fait de détenir une chose en exerçant sur elle
les attributs du droit de propriété et en prétendant à la qualité de propriétaire.
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Introduction au droit • Série 2
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II. ACQUISITION DE LA PROPRIÉTÉ PAR LA POSSESSION
EN MATIÈRE IMMOBILIÈRE
Selon l’article 2272 du Code civil, on peut devenir propriétaire d’un immeuble par une posses-
sion qui, en principe doit durer trente ans : il s’agit de la prescription acquisitive (dite usuca-
pion). Cependant, à certaines conditions supplémentaires, il est possible de devenir
propriétaire d’un immeuble par une possession d’une durée plus courte : il s’agit de la prescrip-
tion abrégée.
NOTA BENE
Cela n’est pas incompatible avec le fait que le possesseur peut être de mauvaise foi en ce
sens, par exemple, qu’il sait qu’il n’est pas le véritable propriétaire.
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UE 111 • Introduction au droit
B. LA PRESCRIPTION ABRÉGÉE
L’usucapion abrégée exige deux conditions supplémentaires :
• Le possesseur doit avoir un juste titre, c’est-à-dire un acte qui serait translatif de propriété
s’il ne comportait pas un vice (ex. : le vendeur du bien n’était pas le véritable propriétaire…).
• Le possesseur doit être de bonne foi qui consiste dans la croyance, lors de l’acquisition, que
l’auteur (celui de qui on tient son immeuble) était le légitime propriétaire. À noter cependant
que la bonne foi est légalement mais simplement présumée (C. civ., art. 2274).
Depuis la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008, le délai de prescription est alors de dix ans (aupa-
ravant le délai était de dix ans si le véritable propriétaire habitait dans le ressort de la cour
d’appel où est situé l’immeuble ; ce délai était de vingt ans si le véritable propriétaire était domi-
cilié hors dudit ressort).
L’alinéa 1er de l’article 2276 du Code civil (« En fait de meubles, la possession vaut titre »)
signifie qu’en matière mobilière, la possession utile vaut en principe immédiatement titre
de propriété. Le possesseur doit toutefois être de bonne foi. Cela étant, le possesseur de
mauvaise foi peut également devenir le propriétaire d’un bien meuble, mais à condition
que sa possession soit trentenaire.
1. Principe
La protection du possesseur de bonne foi est réalisée par une présomption irréfragable de
propriété au profit du possesseur de bonne foi qu’implique l’article 2276 alinéa 1er du Code
civil. La propriété de ce possesseur est établie à l’égard de tous par la simple preuve de sa
possession.
La preuve de la possession fait acquérir la propriété du meuble. Cette acquisition de la propriété
a été expliquée par certains auteurs par l’idée d’une prescription instantanée. Or, par hypothèse
la prescription implique une possession prolongée dont la durée variable est fixée par la loi.
Donc, c’est la loi elle-même qui confère la propriété au possesseur de bonne foi pour le protéger
contre toute action en revendication d’un tiers.
Pour établir cette présomption de propriété, la jurisprudence exige les conditions suivantes :
• La présomption ne bénéficie qu’à un possesseur au sens juridique du terme et non pas à un
détenteur précaire. Par exception, le créancier gagiste peut se prévaloir de l’article 2276. Cette
interprétation large de la jurisprudence permet d’assurer la sécurité du créancier gagiste.
• La possession doit être paisible, publique et non équivoque.
• Le possesseur doit être de bonne foi. Ici, la bonne foi consiste dans le fait d’avoir acquis la
possession de la chose en croyant la recevoir du véritable propriétaire.
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Introduction au droit • Série 2
2. Atténuation
Cette atténuation est visée par l’alinéa 2 de l’article 2276 précité du Code civil qui admet
l’action en revendication exercée par le primo-propriétaire contre le possesseur de bonne
foi de meubles perdus ou volés.
Cette action est recevable pendant un délai de trois années à compter de la perte ou du
vol. Pour aboutir dans son action en revendication, le propriétaire de la chose perdue ou volée
doit établir le fait du vol ou de la perte de la chose.
Limite de cette atténuation : si le possesseur évincé (l’action en revendication exercée dans
le délai et contre un acquéreur de bonne foi a abouti) a acquis la chose « dans une foire ou
dans un marché, ou dans une vente publique, ou d’un marchand vendant des choses
pareilles » (C. civ., art. 2277), le propriétaire doit rembourser au possesseur le prix d’achat.
Le possesseur garde la possibilité de refuser de restituer la chose avant d’être remboursé.
La faveur faite ainsi à ce possesseur est justifiée par le fait qu’on peut supposer généralement qu’il
ignorait au moment de l’acquisition la perte ou le vol de la chose et donc qu’il était de bonne foi.
L’inventeur d’une chose perdue ou d’une épave terrestre (celui qui découvre cette chose) qui la
dépose volontairement dans un bureau des objets trouvés en obtient la détention une année
après le dépôt si elle n’est pas réclamée. Comme tout possesseur de bonne foi, il n’est à l’abri
d’une action en revendication qu’après l’expiration du délai de trois années à compter de la perte.
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La jonction des possessions :
Le législateur permet au possesseur actuel de joindre à sa possession celle de son auteur
(qui, par hypothèse, n’est pas le véritable propriétaire mais un possesseur). Si les deux
possesseurs successifs sont de bonne foi, la jonction des possessions permet de bénéficier
du délai de l’usucapion abrégée en matière immobilière. Par contre, si l’un d’eux est de
mauvaise foi, c’est la prescription trentenaire qui doit être retenue.
L’interruption de la prescription :
S’il y a interruption de la prescription pendant plus d’un an par une citation en justice
signifiée par un tiers au possesseur ou par une reconnaissance volontaire par le possesseur
de la propriété d’une autre personne, le temps couru ne compte plus. L’interruption de la
prescription a pour effet de rendre inutile tout le temps précédemment écoulé. Une nouvelle
prescription acquisitive peut commencer aussitôt.
La suspension de la prescription :
À la différence de l’interruption, la suspension de la prescription ne rend pas inutile le délai
déjà écoulé. Lorsque la cause de suspension disparaît, le possesseur ne doit accomplir que
la durée du délai de prescription qui restait à couvrir lorsque la cause de suspension est
survenue. Les causes de suspension sont multiples : la prescription ne court pas contre les
mineurs non émancipés pendant tout le temps de la minorité, contre les majeurs en tutelle
pendant toute la durée de leur incapacité et entre époux pendant toute la durée du mariage.
•••
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UE 111 • Introduction au droit
•••
À propos de la situation du possesseur évincé :
Lorsque l’action en revendication du véritable propriétaire aboutit, le possesseur est évincé.
Selon le Code civil, tout possesseur évincé est obligé non seulement de restituer la chose
(meuble ou immeuble) mais aussi les fruits produits par la chose.
Toutefois, la loi dispense le possesseur de bonne foi de restituer les fruits. Le possesseur
de bonne foi fait les fruits « siens », c’est-à-dire qu’il en conserve la propriété. Cette faveur
du législateur à l’égard du possesseur de bonne foi s’explique généralement de la manière
suivante : les fruits (ce que produit périodiquement la chose et qui n’entame pas la
substance même de cette chose ; contrairement aux produits de la chose) sont faits pour
être consommés au fur et à mesure (ex. : les fruits naturels comme les récoltes, les fruits
civils tels que les loyers d’un immeuble loué).
La consommation des fruits par le possesseur de bonne foi ne diminue pas la valeur
« capital » de la chose qu’il doit restituer. Par contre, l’obliger à restituer les fruits qu’il a
perçus pendant plusieurs années a pour conséquence de l’appauvrir en le contraignant à
prélever en une fois une somme importante sur son patrimoine alors qu’il n’a commis
aucune faute, puisqu’il est de bonne foi.
Après ces développements sur les caractéristiques du droit de propriété (chapitre 1) et certaines
modalités de son acquisition (chapitre 2), interrogeons-nous sur l’étendue de ce droit.
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Introduction au droit • Série 2
Sur quoi le droit de propriété s’exerce-t-il ? Sur des biens meubles ou immeubles, mais aussi sur
des éléments qui y sont liés.
I. EN MATIÈRE MOBILIÈRE
Le droit de propriété porte sur le bien meuble lui-même (meuble meublant, animal domes-
tique…) mais aussi, et par accession, sur tout ce qu’il produit. En effet, en vertu de la règle
selon laquelle le régime juridique d’un élément accessoire suit le régime juridique de l’élément
principal auquel il est rattaché, le droit de propriété d’un élément principal emporte aussi pro-
priété de l’élément qui lui est accessoire. Par une sorte d’attraction, la propriété du principal
s’étend à la propriété de l’accessoire.
Article 546 du Code civil :
« La propriété d’une chose, soit mobilière, soit immobilière, donne droit sur tout ce qu’elle
produit, et sur ce qui s’y unit accessoirement, soit naturellement, soit artificiellement.
Ce droit s’appelle droit d’accession. »
Le droit d’accession s’applique donc d’une part, sur ce qui est produit par la chose et, d’autre
part, sur ce qui s’unit et s’incorpore à la chose.
Ainsi, par exemple, en matière mobilière, en ce qui concerne le droit d’accession sur ce qui est
produit par la chose, la propriété d’un animal emporte la propriété de ses petits (« croît des ani-
maux » visé par l’article 547 du Code civil).
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En ce qui concerne le droit d’accession sur ce qui s’unit et s’incorpore à la chose, citons par
exemple l’article 566 du Code civil :
« Lorsque deux choses appartenant à différents maîtres, qui ont été unies de manière à
former un tout, sont néanmoins séparables, en sorte que l’une puisse subsister sans
l’autre, le tout appartient au maître de la chose qui forme la partie principale, à la charge
de payer à l’autre la valeur, estimée à la date du paiement, de la chose qui a été unie. »
En d’autres termes, hormis le croît des animaux qui manifeste l’accession mobilière, la propriété
d’un immeuble (fonds de terre, bâtiment…) emporte par accession la propriété des fruits qu’il
produit (bananes, loyers…).
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UE 111 • Introduction au droit
En ce qui concerne le droit d’accession sur ce qui s’unit et s’incorpore à la chose immobilière,
citons par exemple les articles 552 et 554 du Code civil.
Article 552 du Code civil :
« La propriété du sol emporte la propriété du dessus et du dessous.
Le propriétaire peut faire au-dessus toutes les plantations et constructions qu’il juge à
propos, sauf les exceptions établies au titre des servitudes ou services fonciers.
Il peut faire au-dessous toutes les constructions et fouilles qu’il jugera à propos, et tirer de
ces fouilles tous les produits qu’elles peuvent fournir, sauf les modifications résultant des
lois et règlements relatifs aux mines, et des lois et règlements de police. »
Dans le même esprit et bien qu’il soit mentionné au titre des servitudes, l’article 673 du Code
civil énonce :
« Celui sur la propriété duquel avancent les branches des arbres, arbustes et arbrisseaux
du voisin peut contraindre celui-ci à les couper. Les fruits tombés naturellement de ces
branches lui appartiennent.
Si ce sont des racines, ronces ou brindilles qui avancent sur son héritage, il a le droit de
les couper lui-même à la limite de la ligne séparative.
Le droit de couper les racines, ronces et brindilles ou de faire couper les branches des
arbres, arbustes et arbrisseaux est imprescriptible. »
Le droit de propriété est démembré lorsque les attributs (usus, fructus, abusus) qu’il confère
à son titulaire sont répartis entre plusieurs personnes. Cela est principalement le cas si le
propriétaire supporte une servitude ou si l’usufruit du bien approprié est reconnu à autrui
(l’usufruitier).
I. LES SERVITUDES
La servitude foncière ou servitude réelle est un droit réel grevant un immeuble dit fonds ser-
vant, pour l’usage et l’utilité d’un autre, dit fonds dominant (C. civ., art. 637).
Grâce à ce droit, le propriétaire du fonds dominant peut faire certains usages du fonds servant :
par exemple, la servitude de passage au profit d’un fonds enclavé permet au propriétaire du
fonds enclavé de traverser un fonds voisin pour avoir accès à une voie de communication.
La servitude est inséparable, activement et passivement, du fonds dominant et du fonds servant,
et elle se transmet de plein droit avec la propriété.
Selon leur mode d’exercice, on distingue :
• les servitudes continues et les servitudes discontinues ;
• les servitudes apparentes et les servitudes non apparentes.
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Introduction au droit • Série 2
La servitude est continue : quand elle s’exerce sans intervention d’un fait actuel de l’homme. Elle
suppose un état de chose permanent, par exemple servitude d’écoulement des eaux, servitude
de vue. Elle est discontinue dans le cas contraire, par exemple servitude de passage, de pui-
sage, etc.
La servitude est apparente : quand des travaux extérieurs révèlent son existence (servitude
d’aqueduc). Elle est non apparente quand elle n’est révélée par aucun signe visible (servitude de
ne pas bâtir).
Ces deux classifications peuvent se combiner, par exemple le service de jour dans un mur est
une servitude continue et apparente.
La servitude peut être établie par l’une des façons suivantes :
• par la loi et en raison de la situation des deux fonds (situation des lieux), que ce soit dans un
intérêt privé ou dans un intérêt public. Ex. : servitude d’écoulement naturel des eaux (Art. 640
C. civ. : « Les fonds inférieurs sont assujettis envers ceux qui sont plus élevés, à recevoir les
eaux qui en découlent naturellement sans que la main de l’homme y ait contribué. Le proprié-
taire inférieur ne peut point élever de digue qui empêche cet écoulement. Le propriétaire supé-
rieur ne peut rien faire qui aggrave la servitude du fonds inférieur ») ;
• par l’homme : servitude du fait de l’homme ;
• par titre : contrat ou testament ;
• par destination « du père de famille » ; par exemple, lorsque le propriétaire de deux fonds
contigus établit une charge sur l’un pour le service de l’autre et ensuite vend séparément l’un
d’eux ;
• par prescription acquisitive trentenaire.
Le propriétaire du fonds servant doit supporter la servitude et ne rien faire qui puisse la
diminuer. (ex. : édifications empêchant l’écoulement des eaux pluviales venant du fonds domi-
nant). Le propriétaire du fonds dominant ne peut l’aggraver (ex. : travaux entraînant un ruis-
sellement plus important des eaux pluviales en direction du fonds servant). Le propriétaire qui
empêcherait le bon exercice du droit de servitude devrait alors assumer les conséquences de
ses actes (adaptation de son fonds pour permettre le bon exercice de la servitude, remise des
choses en l’état antérieur, versement de dommages-intérêts à la victime).
La servitude s’éteint dans les cas suivants :
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
• l’exécution devient impossible ;
• la perte de la chose ;
• l’arrivée du terme ou de la condition résolutoire ;
• la renonciation unilatérale ;
• la consolidation qui résulte de la réunion de la propriété des deux fonds ;
• le non-usage trentenaire.
II. L’USUFRUIT
L’usufruit est un droit réel d’usage (usus) et de jouissance (fructus) portant sur un bien
dont la propriété appartient à autrui.
Article 578 du Code civil :
« L’usufruit est le droit de jouir des choses dont un autre a la propriété comme le proprié-
taire lui-même, mais à la charge d’en conserver la substance. »
Le droit de propriété est ainsi démembré. Autrement dit, le propriétaire est privé du droit d’usage
et de jouissance pendant la durée de l’usufruit. Il est réduit à une nue-propriété. La pleine pro-
priété est reconstituée de plein droit au profit du nu-propriétaire à l’extinction de l’usufruit.
L’usufruit est un droit temporaire. Il est viager, il ne peut durer au-delà de l’existence de l’usufrui-
tier, si celui-ci est une personne physique, au-delà de trente ans, si l’usufruitier est une personne
morale.
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PDF Compressor Pro
UE 111 • Introduction au droit
L’intérêt de l’usufruit est d’assurer à l’usufruitier l’usage d’un bien et d’être aussi une source de
revenus, sans dépouiller définitivement le nu-propriétaire. Par conséquent, l’usufruit se rencontre
surtout en matière successorale :
• Usufruit légal du conjoint survivant sur les biens laissés par le conjoint prédécédé.
• Legs d’usufruit.
• Donation de biens à venir faite en usufruit au profit du conjoint.
• Donation entre vifs (enfants) ; le donateur (ascendant) se réservant l’usufruit.
L’usufruit peut être constitué soit par :
• La loi et l’effet de l’ouverture de la succession.
• La volonté unilatérale : le testament.
• Le contrat : donation notamment.
• La prescription acquisitive.
L’usufruit peut porter sur toutes sortes de choses corporelles : meubles ou immeubles. Il peut
porter aussi sur des biens incorporels, par exemple : fonds de commerce, créances, etc.
Deux principes gouvernent les rapports entre l’usufruitier et le nu-propriétaire :
• L’usufruitier a un droit réel portant sur le bien grevé d’usufruit et indépendant du droit du
nu-propriétaire.
• L’obligation pour l’usufruitier de conserver la substance de la chose et de n’en pas changer la
destination.
Quels sont les droits et obligations de l’usufruitier ? Dans quelle mesure l’usufruit et la nue-pro-
priété sont-ils séparés ? Que dire de l’extinction de l’usufruit ?
Les fruits sont ce que produit périodiquement la chose (fruits naturels, tels que les récoltes, ou
fruits civils, tels que les loyers), et qui n’épuisent pas la substance même de la chose. Par contre,
les produits appartiennent au nu-propriétaire.
La distinction des fruits et des produits est relative. Ainsi l’usufruitier a droit à certains produits
s’il se conforme à l’aménagement donné par le nu-propriétaire (ex. : l’usufruitier profite de l’abat-
tage de bois de haute futaie qui ont été mis en coupes réglées par le nu-propriétaire. Par contre,
il ne peut mettre en coupe les bois de haute futaie si le nu-propriétaire n’a pas antérieurement
procédé à cet aménagement : articles 591 et 592 du Code civil).
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Introduction au droit • Série 2
• Lorsque l’usufruit porte sur des choses consomptibles ; c’est-à-dire des choses qui dispa-
raissent par le premier usage telles que : vin, sommes d’argent, etc. ; l’usufruitier a le droit d’en
disposer, sauf à restituer des biens de même nature, quantité et valeur à l’extinction de l’usu-
fruit. Cette sorte d’usufruit est appelée : quasi-fruit.
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2. Les tempéraments
Afin de conserver la substance de la chose et la restituer au nu-propriétaire, nous avons vu que
l’usufruitier est tenu à certaines obligations dans l’intérêt même du nu-propriétaire.
En cas de succession où nous sommes en présence d’un usufruitier et d’héritiers nus-proprié-
taires, l’existence de l’usufruit cause une gêne aux nus-propriétaires qui ne peuvent pas partager
commodément entre eux la propriété. De même l’usufruitier n’exerce pas commodément son
usufruit puisque son droit porte seulement pour partie sur plusieurs biens, objets de son usu-
fruit ; et surtout s’il n’entretient pas de bons rapports avec les nus-propriétaires. Théoriquement,
le partage est exclu pour résoudre le problème : les deux droits sont distincts. Néanmoins, la
jurisprudence et la pratique ont trouvé la solution suivante : elles considèrent qu’il existe une
indivision quant à la jouissance. L’usufruitier peut la faire cesser en demandant le cantonnement
de son usufruit sur des biens déterminés. Bien plus, lorsque la masse indivise ne peut être com-
modément partagée, il peut être procédé à la licitation de la pleine propriété c’est-à-dire la vente
en un seul lot de la nue-propriété et de l’usufruit ; à condition que cette licitation apparaisse
nécessaire à la protection de l’intérêt des parties et à l’assiette de l’usufruit (Cass. 1re civ., 22 jan-
vier 1962, D. 1962, 418, Note Cornu).
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UE 111 • Introduction au droit
C. L’EXTINCTION DE L’USUFRUIT
1. Les causes
Les causes d’extinction de l’usufruit sont multiples :
• décès de l’usufruitier ou expiration d’un délai de 30 ans pour les personnes morales ;
• arrivée du terme fixé conventionnellement ;
• déchéance de l’usufruitier, par exemple : qui abuse de son droit ;
• perte de la chose, mais avec report sur l’indemnité d’assurance ;
• expropriation pour cause d’utilité publique, avec report sur l’indemnité d’expropriation ;
• renonciation de l’usufruitier ;
• non-usage du droit d’usufruit pendant trente années ;
• consolidation du droit de l’usufruitier par la réunion de la nue-propriété et l’usufruit sur la même
tête, par exemple : l’usufruitier qui hérite du nu-propriétaire.
2. Les effets
L’extinction de l’usufruit entraîne :
• L’obligation de restituer le bien par l’usufruitier : en principe en nature et dans l’état où il se
trouvait à l’ouverture de l’usufruit. En cas d’impossibilité de restituer en nature, elle se fera en
valeur. En cas de perte, par la faute de l’usufruitier, celui-ci doit indemniser le nu-propriétaire.
Par contre, aucune indemnité n’est due à l’usufruitier pour les améliorations effectuées par lui
(mais droit à indemnisation s’il a fait des réparations incombant au nu-propriétaire).
• Le droit aux fruits cesse à l’extinction de l’usufruit. Le Code civil distingue entre : les fruits
naturels (ceux qui proviennent de la nature), les fruits industriels (ceux qui sont obtenus grâce
au travail de l’homme), et les fruits civils (revenus périodiques de la chose par exemple : inté-
rêts du capital prêté).
Les fruits naturels ou industriels non encore perçus à l’extinction de l’usufruit appartiennent au
nu-propriétaire. Par contre, les fruits civils de l’année en cours sont acquis par l’usufruitier en
proportion de la partie de l’année écoulée. C’est le principe de l’acquisition des fruits civils par
jour (C. civ., art. 586) et des fruits naturels par la perception (C. civ., art. 585).
Sans être démembré, le droit de propriété peut voir son exercice entravé par la prise en compte
de données extérieures.
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Le droit de propriété ne saurait être exercé au point de causer un dommage à autrui. La jurispru-
dence sanctionne ainsi la responsabilité pour abus du droit de propriété et la responsabilité pour
troubles anormaux de voisinage.
I. L’ABUS DE DROIT
L’abus du droit de propriété est le fait d’user de la chose d’une manière préjudiciable et dans
l’intention de nuire à autrui, sans prendre les précautions nécessaires pour éviter la réalisation
du dommage.
Par exemple : le fait pour un propriétaire de construire une fausse cheminée dans le seul but
d’enlever la lumière à un autre immeuble (CA Colmar, 2 mai 1855, D. 1856-2, 9) ; ou encore : le
fait pour un propriétaire d’installer sur son terrain des carcasses de bois, hérissées de pointes de
fer pour gêner l’atterrissage des aéronefs sur un terrain voisin.
La responsabilité sera engagée aux conditions suivantes : il faut, d’une part, un dommage
causé à un voisin par un acte de propriété (que ce soit un acte d’usage, de jouissance, ou
encore de destruction) sur un immeuble. D’autre part, l’intention de nuire doit exister : la simple
négligence ou l’imprudence ne suffit pas, le dommage doit avoir été causé intentionnellement (par
esprit de malveillance, de malice…). Enfin, l’acte en question du propriétaire ne doit présenter
aucun intérêt sérieux et légitime.
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Introduction au droit • Série 2
La théorie de l’abus du droit de propriété est une application par les juridictions des principes de
la responsabilité civile délictuelle de l’article 1382 du Code civil :
« Tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la
faute duquel il est arrivé, à le réparer. »
La réparation du préjudice sera soit en nature (destruction des ouvrages dommageables) soit, à
défaut, se résoudra en une condamnation à des dommages-intérêts.
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base d’une faute de négligence ou d’imprudence.
Sanctions : les tiers lésés peuvent obtenir en justice d’une part des dommages-intérêts, d’autre
part que le tribunal prescrive, au besoin sous astreinte, au propriétaire responsable soit d’éviter
soit d’atténuer fortement les causes du dommage. Cependant, le tribunal ne peut ordonner la
fermeture d’une usine ou d’une exploitation qui aurait été autorisée par l’Administration : dans
cette hypothèse, s’il persiste des troubles de voisinage (le cas échéant après aménagement des
locaux), le voisin verra son préjudice réparé par l’allocation de dommages-intérêts.
Il est à noter que la responsabilité pour inconvénients anormaux de voisinage peut également
être retenue à l’encontre des locataires.
REMARQUE
S’inspirant de la jurisprudence, le législateur a adopté différentes dispositions, notamment
dans le Code de la santé publique, visant à lutter contre le bruit devenu l’un des troubles
contemporains majeurs.
Art. R. 1334-31 du Code de la santé publique :
« Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte
à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme, dans un lieu public ou privé, qu’une
personne en soit elle-même à l’origine ou que ce soit par l’intermédiaire d’une personne,
d’une chose dont elle a la garde ou d’un animal placé sous sa responsabilité. »
Pour finir, le lien entre le droit des personnes (Partie 1 de cette série) et le droit des biens (Partie 2
de cette série) peut être réalisé par la notion de patrimoine.
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UE 111 • Introduction au droit
TITRE 3. LE PATRIMOINE
Qu’est-ce que le patrimoine au sens juridique ? (chapitre 1) Deux grandes approches du patri-
moine dominent cette notion : l’approche personnaliste et la thèse du patrimoine d’affectation
(chapitre 2). Le droit positif français se range à l’approche personnaliste, mais avec de plus en
plus de nuances (chapitre 3).
Selon l’approche personnaliste, le patrimoine serait une conséquence de l’existence d’une per-
sonne. Tandis que, selon la thèse du patrimoine d’affectation, le patrimoine serait un ensemble
ne se justifiant que par l’activité à laquelle il est rattaché.
Selon cette approche, le patrimoine n’existe que comme une conséquence de la personnalité
juridique. Cela entraîne un certain nombre de conséquences qu’il convient de tempérer.
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Introduction au droit • Série 2
II. CONSÉQUENCES
On identifie cinq règles provenant de l’approche personnaliste du patrimoine.
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défunt. Le patrimoine survit au décès de son titulaire. Il est recueilli par l’héritier.
E. LA SUBROGATION RÉELLE
La subrogation est le remplacement d’une personne ou d’un droit par une autre personne
ou un autre droit. Elle est personnelle dans le premier cas, réelle dans le second.
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UE 111 • Introduction au droit
La subrogation réelle explique le droit de gage général des créanciers chirographaires sur le
patrimoine du débiteur. Ces créanciers n’ont aucun privilège ; ils ne peuvent pas empêcher la
sortie d’un bien de ce patrimoine et ils n’ont aucun droit de suite sur un bien lorsqu’il est transmis
à un tiers.
En revanche, par l’effet de la subrogation réelle, tout bien qui entrera dans le patrimoine pour
prendre la place du bien qui en est sorti, constituera leur gage.
EXEMPLE
Dupont qui a des créanciers chirographaires dispose de valeurs mobilières d’un montant de
250 000 €. Il les vend et emploie le prix de vente pour acquérir un terrain. Les créanciers chiro-
graphaires ne peuvent pas exercer leur droit sur l’actif (valeurs mobilières) tel qu’il existait au
jour de la naissance de la dette. Mais ils disposeront désormais d’un droit sur l’actif présent
(terrain) : ils subissent les fluctuations du patrimoine dans sa valeur et dans sa composition.
L’approche personnaliste du patrimoine a ses limites.
III. LIMITES
Tout d’abord, le patrimoine ne comporte que des droits pécuniaires (patrimoniaux) : le principe
est discutable car de nombreux droits extrapatrimoniaux ont des incidences pécuniaires (ex. :
autorité parentale qui permet le droit de jouissance légale sur les biens du mineur non éman-
cipé) ; d’où : les droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux sont affectés à la personne.
Ils devraient donc tous faire partie du patrimoine.
Ensuite, tout le système d’Aubry et Rau repose sur le lien qui existerait entre la personnalité et le
patrimoine. La liaison s’opère grâce à la toute puissance de la volonté de l’homme (principe de
l’autonomie de la volonté en tant que source de droits) qui lui permettrait de rassembler ses
droits en un tout. Or, ce rôle attribué à la volonté est contraire à la réalité. Par exemple : le com-
merçant souhaite n’affecter à son entreprise qu’une masse de biens déterminée et non pas
l’ensemble de ses biens.
La volonté joue-t-elle ici un quelconque rôle ? Autrement dit, est-ce par notre volonté que nos
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Selon cette thèse, si l’ensemble de nos biens forme un patrimoine : c’est en raison de leur
affectation commune, ce sont les moyens de notre activité.
Et plus généralement : Tous biens affectés à un but commun constituent une universalité juri-
dique, un patrimoine.
Conséquence : Une même personne peut avoir plusieurs « patrimoines » correspondant à
diverses activités ; autrement dit, il y a un ensemble de biens divisé en sous-ensembles affec-
tés à un but précis (voir supra : éleveur, boucher, conserverie).
Le patrimoine n’apparaît plus comme une conséquence de la personnalité mais plutôt la person-
nalité juridique comme une conséquence du patrimoine d’affectation.
Exemple : pour une fondation, la personnalité n’est accordée qu’en considération de la masse
de biens affectée à telle ou telle œuvre (c’est la fondation indirecte telle qu’elle existe en France).
De nos jours, la doctrine quasi unanime critique la théorie classique et préconise d’adopter la
notion de patrimoine d’affectation (constitution d’une masse de biens autonome affectée à un
but déterminé) comme cela a toujours été admis en droit anglo-saxon et depuis un siècle en
Allemagne.
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Introduction au droit • Série 2
Néanmoins, en droit positif, la théorie d’AUBRY et RAU prévaut malgré le développement conti-
nuel d’exceptions à la théorie classique.
Pour ne prendre que quelques exemples significatifs dans le monde des affaires, remarquons
que la création de sociétés unipersonnelles (à associé unique) revient à créer un patrimoine
d’affectation (ex. : cas de l’EURL qui est une SARL composée d’un seul associé. En effet, la
personne qui crée une EURL dote celle-ci d’un patrimoine qui lui est propre et conserve le sien
par ailleurs).
En outre, la loi n° 94-126 du 11 février 1994 relative à l’initiative et à l’entreprise (loi Madelin)
permet à un entrepreneur individuel (commerçant ou non) de demander à ses créanciers profes-
sionnels de se désintéresser en priorité sur les biens nécessaires à l’exploitation de l’entreprise
et non sur les biens à usage privé ; ce qui réalise une sorte de partition au sein du patrimoine du
débiteur.
Comme la loi précitée, la loi n° 2003-721 du 1er août 2003 pour l’initiative économique, poursui-
vant l’objectif de protéger les biens non directement affectés à l’activité professionnelle, prévoit
entre autres la faculté pour l’entrepreneur individuel (commerçant ou non) de déclarer insaisis-
sable sa résidence principale. Il en résulte donc aussi une scission des biens au sein du patri-
moine de l’intéressé.
Mais surtout, la loi n° 2010-658 du 15 juin 2010 relative à l’entrepreneur individuel à responsabi-
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lité limitée (EIRL) consacre le patrimoine d’affectation en permettant à tout entrepreneur indi-
viduel, par création des articles L. 526-6 et suivants du Code de commerce, de séparer son
patrimoine non professionnel et son patrimoine professionnel ; de sorte que les biens non
professionnels ne sont en principe pas exposés aux recours des créanciers dont la créance est
née dans le cadre de l’activité professionnelle de l’entrepreneur individuel.
Article L. 526-6 du Code de commerce (dans sa rédaction modifiée par la loi n° 2011-525
du 17 mai 2011) :
« Tout entrepreneur individuel peut affecter à son activité professionnelle un patrimoine
séparé de son patrimoine personnel, sans création d’une personne morale.
Ce patrimoine est composé de l’ensemble des biens, droits, obligations ou sûretés dont
l’entrepreneur individuel est titulaire, nécessaires à l’exercice de son activité profession-
nelle. Il peut comprendre également les biens, droits, obligations ou sûretés dont l’entre-
preneur individuel est titulaire, utilisés pour l’exercice de son activité professionnelle et
qu’il décide d’y affecter. Un même bien, droit, obligation ou sûreté ne peut entrer dans la
composition que d’un seul patrimoine affecté.
Par dérogation à l’alinéa précédent, l’entrepreneur individuel exerçant une activité agricole
[…] peut ne pas affecter les terres utilisées pour l’exercice de son exploitation à son acti-
vité professionnelle. Cette faculté s’applique à la totalité des terres dont l’exploitant est
propriétaire.
Pour l’exercice de l’activité professionnelle à laquelle le patrimoine est affecté, l’entrepre-
neur individuel utilise une dénomination incorporant son nom, précédé ou suivi immédia-
tement des mots “Entrepreneur individuel à responsabilité limitée” ou des initiales “EIRL”. »
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UE 111 • Introduction au droit
Tout entrepreneur individuel (commerçant, artisan, agriculteur, professionnel libéral) peut donc
constituer un patrimoine qui, affecté à son activité professionnelle, est le gage de ses créanciers
professionnels. Concrètement, l’affectation se fait au moyen d’une déclaration formelle. (Sur
l’entrepreneur individuel : voir série 3).
L’existence de sûretés permet également de moduler le principe de correspondance entre le
passif et l’actif au sein d’un même patrimoine.
L’article 2284 du Code civil (anc. art. 2092) dispose que le débiteur répond de ses engagements
sur tous ses biens mobiliers, immobiliers, présents et à venir :
« Quiconque s’est obligé personnellement, est tenu de remplir son engagement sur tous
ses biens mobiliers et immobiliers, présents et à venir. »
Le créancier se voit donc reconnaître un droit général sur l’ensemble des biens de son débiteur :
on désigne ce droit sous l’intitulé de « droit de gage général ». Cela est conforté par l’article 2285
du même Code (anc. art. 2093) qui précise que les biens du débiteur sont en principe le « gage
commun de ses créanciers ».
Un créancier impayé pourra donc saisir n’importe quel bien de son débiteur, sauf, toutefois, à
être primé par d’autres créanciers :
Article 2285 du Code civil :
« Les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers ; et le prix s’en distribue
entre eux par contribution, à moins qu’il n’y ait entre les créanciers des causes légitimes
de préférence. »
Les causes légitimes de préférence dont il est ici question sont les sûretés et notamment les
sûretés réelles (garanties au profit d’un créancier donné accordées par son débiteur sur un ou
plusieurs biens précis lui appartenant : hypothèque sur un immeuble du débiteur, gage sur un
meuble du débiteur…).
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Conclusion
Au terme de cette série, vous savez qu’il existe différentes catégories de personnes
(personnes physiques et personnes morales) et quels sont les éléments de leur
identification (« nom », « domicile »…) ainsi que l’importance de chacun d’eux (utilité
juridique du « domicile »…).
Vous avez également appris qui est habilité juridiquement à effectuer quel type d’acte
(au regard de la capacité juridique) ; ce qui doit vous permettre de savoir quels sont les
engagements que vous pouvez valablement prendre de même que ceux que les autres
personnes peuvent prendre à votre égard.
Par ailleurs, les biens étant indissociables de l’univers des entreprises, vous savez
maintenant ce qu’est un bien au sens du droit et quelle nature juridique est la sienne
selon les cas (bien meuble ou bien immeuble). Vous avez pris conscience, à cette occasion,
de l’étendue de la gamme des biens et que leur qualification juridique relève parfois de
fictions que ne peut soupçonner la personne non initiée en droit (biens meubles par
anticipation, biens immeubles par destination…). L’enjeu est pourtant de taille puisque les
règles applicables diffèrent selon la nature juridique du bien (sûreté à laquelle il peut
servir d’assiette…).
Précisément, l’étude des biens a également servi de prétexte à l’étude des principaux
droits pouvant porter dessus (droit de propriété, usufruit, servitudes) qui sont d’ailleurs
également considérés comme des biens ; qu’il s’agisse des modalités d’acquisition de
ces droits (avec notamment la démonstration des effets juridiques de la possession qui a
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Introduction au droit • Série 2
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entre autres l’étonnante particularité de permettre à un possesseur, du seul fait de son
comportement, de ravir la propriété à un propriétaire même doté d’un titre officiel justifiant
sa propriété !), de leurs modalités d’exercice, d’extinction…
Enfin, le lien devait être fait avec l’importante notion de patrimoine : en droit, si les
biens font partie du patrimoine, ils n’en sont pas les seuls éléments constitutifs. Le
patrimoine est un ensemble également composé des dettes de la personne à laquelle
il appartient. À ce propos, en droit positif français, le patrimoine n’est pas une notion
définie par la loi mais repose sur un raisonnement doctrinal d’ailleurs de plus en plus
contesté, évoluant vers la reconnaissance de l’affectation et qui n’est pas sans
incidence sur le fonctionnement des entreprises.
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UE 111 • Introduction au droit
LEXIQUE
pêle-mêle, des concepts et expressions clefs du vocabulaire juridique dans l’ordre de leur
apparition dans le cours. La liste est à compléter par vos soins ! (Toutes les définitions
données dans le cours doivent être connues).
personnalité juridique : aptitude à être titulaire de droits et d’obligations.
personne physique : personne humaine.
personne morale : groupement de personnes physiques doté de la personnalité juridique.
absence : situation d’une personne physique dont on ne sait si elle est encore vivante, faute
d’avoir de ses nouvelles, mais sans pour cela qu’un événement puisse particulièrement laisser à
penser qu’elle est probablement décédée.
disparition : situation d’une personne physique qui ne donne plus de ses nouvelles à la suite de
circonstances pouvant faire présumer son décès, sans que son corps ait pu être retrouvé (nau-
frage, tremblement de terre…).
état civil : ensemble des qualités au plan privé d’une personne physique déterminant ses droits
et obligations (âge, sexe, qualité d’époux, de parent, d’enfant, de français ou étranger…).
nom de famille : appellation permettant de désigner les membres d’une même famille.
domicile : siège juridique, lieu du principal établissement de la personne.
élection de domicile : désignation d’un domicile (autre que le domicile réel) choisi par une per-
sonne ou imposé par la loi pour les besoins ponctuels d’un acte précis (ex. : lors d’une constitu-
tion d’avocat, élection de domicile chez ce dernier).
nationalité : lien juridique de rattachement d’une personne à un État.
apatride : personne n’ayant aucune nationalité (suite à déchéance de nationalité…).
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Société : groupement à but lucratif constitué par des associés qui espèrent se partager les
bénéfices ou profiter de l’économie que réalisera cette société ; étant entendu que les associés
doivent effectuer des apports à ladite société et s’engagent également à contribuer aux pertes
éventuelles de celle-ci.
GIE (Groupement d’intérêt économique) : groupement dont le but est lucratif en ce sens qu’il
est constitué pour faciliter le développement économique de ses membres (ex. : études de mar-
ché, informatisation…), lesquels conservent leur indépendance économique et juridique.
association : groupement qui poursuit un but autre que lucratif (humanitaire, culturel…).
Syndicat : groupement qui a pour vocation de défendre les intérêts individuels et collectifs des
personnes visées par ses statuts.
fondation : groupement de biens qui a pour vocation d’être utilisé au service d’une cause.
dénomination sociale : appellation officielle sous laquelle fonctionne une personne morale.
Siège social : lieu où est officiellement installée une personne morale.
Capacité de jouissance : aptitude à avoir, à acquérir un droit.
Capacité d’exercice : aptitude à exercer soi-même et pour soi-même les droits dont on a la
jouissance.
acte de conservation : acte de sauvegarde d’un droit destiné à éviter au patrimoine le risque
d’une perte.
acte d’administration : acte de gestion courante visant à entretenir et faire fructifier le patrimoine.
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Introduction au droit • Série 2
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Sauvegarde de justice : régime de protection applicable aux incapables majeurs atteints d’une
altération modérée de leurs facultés physiques et/ou mentales.
Curatelle : régime de protection applicable aux incapables majeurs dont l’altération des facultés
physiques et/ou mentales nécessite une assistance.
Lésion : déséquilibre économique important entre les obligations dues par les parties dans un
contrat synallagmatique ou entre les lots attribués à des copartageants.
rescision pour lésion : anéantissement par décision de justice d’un acte lésionnaire.
réduction pour excès : action en justice visant à obtenir un rééquilibrage économique entre les
obligations réciproques des parties.
fruits : biens que procure régulièrement et périodiquement une chose sans que sa substance
en soit altérée. Les fruits peuvent être naturels (fruits de la nature : pommes…), industriels (résul-
tant du travail des hommes) ou civils (fruits d’un capital : loyers et autres revenus d’argent…).
produits : biens que procure l’exploitation d’une chose dont la substance s’en trouve altérée.
(ex. : matériaux extraits d’une carrière).
bien : chose susceptible d’appropriation et droits portant sur cette chose.
Chose commune : chose dont l’usage est commun à tous, qui ne peut être appropriée (l’air…)
et qui n’est donc pas un bien.
bien corporel : bien matériel, tangible, palpable (table, chaise, bâtiment…).
bien incorporel : bien immatériel, impalpable (créance, fonds de commerce…).
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UE 111 • Introduction au droit
Immeuble par nature : le sol et tout ce qui y adhère fermement (terrains, bâtiments, arbres non
coupés…).
Immeuble par destination : bien meuble par nature, fictivement considéré comme immeuble
parce que placé par son propriétaire pour l’exploitation du fonds dont il est également proprié-
taire : destination agricole (tracteur…), commerciale (présentoirs…), industrielle (machines-
outils…), ornementale (tapisserie occupant un emplacement spécialement aménagé dans la
paroi d’un mur…).
meubles meublants : biens meubles par nature destinés à l’usage et à l’ornement des
appartements.
meuble par nature : bien pouvant se déplacer de son propre mouvement ou par l’effet d’une
force externe (animaux, récoltes coupées, tables…).
meuble par anticipation : immeuble fictivement considéré comme un meuble parce qu’appelé
à le devenir (arbres à abattre…).
droit de propriété : droit subjectif, patrimonial, réel, principal. « La propriété est le droit de jouir
et disposer des choses de la manière la plus absolue, pourvu qu’on n’en fasse pas un usage
prohibé par les lois ou par les règlements » (C. civ., art. 544).
Usus : attribut du droit de propriété conférant au propriétaire le droit de se servir de sa chose.
fructus : attribut du droit de propriété conférant au propriétaire le droit de percevoir les revenus
(fruits, produits) de sa chose.
abusus : attribut du droit de propriété conférant au propriétaire le droit d’effectuer sur sa chose
tous les actes qu’il souhaite (vente, destruction, donation…).
accession : modalité d’acquisition des choses accessoires à la chose principale appropriée.
ayant-cause : personne qui tient son droit d’une autre personne (appelée auteur).
acte entre vifs : acte juridique dont les effets ont lieu du vivant des parties (vente, donation…).
acte à cause de mort : acte juridique dont les effets n’ont lieu qu’au décès d’une personne (legs…).
acte à titre gratuit : acte ayant lieu sans contrepartie (donation, legs).
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Introduction au droit • Série 2
Servitude : droit subjectif, patrimonial, réel, démembré qui confère à son titulaire un droit d’usage
d’une chose dont la propriété appartient à quelqu’un d’autre. Exemples : servitude de passage,
de puisage, de pacage, de vue, d’éclairement…
Ainsi, la servitude de passage est un droit grevant un immeuble dit fonds servant pour l’usage
d’un autre dit fonds dominant.
Chose frugifère : chose susceptible de produire des fruits (arbre fruitier, appartement loué…).
Chose consomptible : chose qui disparaît par le premier usage (aliments…).
Chose fongible (chose de genre) : chose interchangeable. Exemple : deux appareils rigoureuse-
ment identiques. À opposer au corps certain. Exemple : une œuvre d’art unique.
patrimoine : universalité de droit comportant les biens et les obligations appréciables en argent
d’une personne.
Subrogation : substitution d’une chose ou d’une personne à une autre.
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UE 111 • Introduction au droit
EXERCICES AUTOCORRIGÉS
QUESTIONS
1. Au regard du droit, qui est considéré comme absent ?
a. Une personne dont on sait qu’elle n’est momentanément pas présente mais qui doit
revenir.
b. Une personne dont on ignore depuis un certain temps où elle est, sans que l’on puisse
particulièrement craindre qu’elle soit décédée.
c. Une personne dont on ignore où elle est, mais dont on peut craindre, eu égard aux circons-
tances, qu’elle est décédée.
2. Parmi les régimes cités de protection des personnes juridiquement incapables, quel(s) est
(sont) celui (ceux) qualifié(s) de représentation et non de simple assistance ?
a. L’administration légale pure et simple.
b. L’administration légale sous contrôle judiciaire.
c. La tutelle.
3. À quelle(s) personne(s) le régime de la tutelle peut-il être appliqué ?
a. À un mineur non émancipé dont aucun des deux parents n’exerce l’autorité parentale.
b. À un mineur émancipé dont les facultés physiques et/ou mentales sont gravement
altérées.
c. À un majeur dont les facultés physiques et/ou mentales sont gravement altérées.
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Introduction au droit • Série 2
9. Quel(s) est (sont) le(s) droit(s) que l’on peut perdre par un non-usage trentenaire ?
a. Le droit de propriété.
b. Le droit d’usufruit.
c. Le droit de servitude.
10. En droit, qu’est-ce que le patrimoine ?
a. La fortune d’une personne, c’est-à-dire l’ensemble de ses biens.
b. L’ensemble des créances, des biens et des dettes des seules personnes physiques
majeures.
c. L’ensemble des créances, des biens et des dettes présents et à venir de toute personne
physique (même mineure) et de toute personne morale.
RÉPONSES
1. b ; 2. a b c ; 3. a b c ; 4. a c ; 5. a b ; 6. a b ; 7. c ; 8. a b c ; 9. b c ; 10. c.
Les exercices (à ne pas envoyer à la correction), dont les corrigés figurent à la suite des sujets,
ont pour but la mise en œuvre et l’approfondissement des connaissances acquises dans le
cours.
Exercice
ÉNONCÉ
1. Au début de l’année 2013, M. Anvin, brillant homme d’affaires, a quitté son domicile parisien
à bord de son hélicoptère personnel pour se rendre en Suisse. Curieusement, il ne s’est pas
présenté à son rendez-vous et n’a jamais pu être retrouvé en dépit de nombreuses recherches.
Qualifier la situation juridique de M. Anvin.
2. Le docteur Richard, bien qu’ayant prodigué des soins attentifs à Mme Lafin, n’a pu enrayer la
progression de la maladie de sa patiente qui décède non sans avoir, par testament, désigné le
praticien au nombre de ses héritiers. Les enfants de Mme Lafin contestent la volonté de la
défunte. Qu’en pensez-vous ?
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3. Aristide Deschamps est agriculteur. Il exploite contre le versement d’une redevance, plusieurs
parcelles appartenant à M. Urbain et vient d’acheter un tracteur pour les besoins de son activité.
M. Urbain a-t-il raison de prétendre que le tracteur est un bien immeuble par destination ?
4. M. Lucra a découvert, il y a huit ans, un terrain qu’il a défriché et sur lequel il organise pour les
enfants des promenades à dos de poney moyennant le prix d’un ticket. Le véritable propriétaire
du terrain survient alors et réclame la restitution de son bien, les sommes perçues du fait de la
promenade et des dommages-intérêts. Quel est votre avis ?
5. M. Ludo est propriétaire d’un étang estimé à 30 000 euros. Il a consenti une hypothèque sur
cet étang à M. Bastien dont la créance s’élève à 22 000 euros. Les autres créanciers de M. Ludo
n’ont-ils aucun droit de regard sur la valeur de l’étang ?
CORRIGÉ
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UE 111 • Introduction au droit
Dans le cas de l’absence comme dans celui de la disparition, le législateur aménage une
démarche spécifique qui, au fur et à mesure que le temps passe, conduit à l’ouverture de la
succession de la personne concernée, à la dissolution de son mariage, etc.
En l’espèce, les enfants de Mme Lafin sont donc en principe fondés à contester la volonté de la
défunte.
Cependant, par une sorte de fiction, certains immeubles par nature sont parfois assimilés à des
meubles ; il s’agit alors de meubles par anticipation (ex. : récoltes vendues sur pied…).
À l’inverse, certains meubles par nature peuvent être assimilés à des immeubles. Ce sont, d’une
part, les immeubles par incorporation et, d’autre part, les immeubles par destination (meubles
placés par le propriétaire du fonds pour le service et l’exploitation de ce fonds).
En l’espèce, le tracteur d’Aristide Deschamps est un bien meuble par nature qui ne peut ici rece-
voir la qualification d’immeuble par destination agricole, car son propriétaire (A. Deschamps)
n’est pas propriétaire de l’immeuble au service duquel il l’a placé puisque les parcelles appar-
tiennent à M. Urbain.
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Introduction au droit • Série 2
S’agissant des biens immeubles, la possession octroie la propriété par une prescription en prin-
cipe trentenaire. Néanmoins, si le possesseur est de bonne foi et dispose d’un juste titre (titre
translatif de propriété dont le possesseur ignore les vices), la durée de la prescription est rame-
née à dix ans.
Le véritable propriétaire peut toujours tenter de récupérer son bien en exerçant une action en
revendication dans les délais impartis. Si cette action aboutit, le possesseur doit lui restituer le
bien. De même, le possesseur évincé, sauf à être de bonne foi, est tenu de restituer les fruits de
la chose (ce que fournit régulièrement la chose sans en entamer la substance). Rien ne justifie la
condamnation au versement de dommages-intérêts à la charge du possesseur.
En l’espèce, M. Lucra exerce sur un bien immeuble une possession utile depuis huit ans. Bien
qu’apparemment de bonne foi, il ne semble pas disposer d’un juste titre et ne pourra donc invo-
quer la propriété du terrain qu’après trente ans de prescription. Le véritable propriétaire est par
conséquent fondé à réclamer la restitution du terrain mais ses prétentions quant aux sommes
perçues du fait des promenades à dos de poney seront rejetées, sauf à prouver la mauvaise foi
de M. Lucra. Celui-ci ne doit pas de dommages-intérêts.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
M. Ludo, peut par priorité, être désintéressé sur la valeur de l’étang, du montant de sa créance
qui s’élève à 22 000 €.
Si d’autres créanciers de M. Ludo, se sont vus reconnaître une hypothèque sur l’étang, ils seront
désintéressés selon leur rang.
Enfin, en dernier lieu, les créanciers chirographaires se partagent l’éventuel reliquat au même
titre que tous les créanciers privilégiés dont la sûreté ne porte pas sur l’étang.
58
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UE 111 • Introduction au droit
ANNEXES
Sur le droit des personnes :
• annexe 1 : Choix du prénom dans l’intérêt de l’enfant : Cass. 1re civ., 15 février 2012 ;
M. Dominique X… Mme Isabelle Y… c/ Le procureur général près la Cour d’appel de Versailles.
• annexe 2 : Fabrice PERREAU-BILLARD, « La réforme des tutelles – Les acteurs de la protec-
tion – Le majeur à protéger : le mandat de protection future », AJ Famille, 2007, p. 213 s.
Sur le droit des biens :
• annexe 3 : Abus du droit de propriété : Cass. 1re civ., 20 janvier 1964 ; Dame Blum c/ Demoiselle
Lassus.
• annexe 4 : Troubles anormaux de voisinage : CA Riom, 1re ch. civ., 7 septembre 1995 ; Époux
Roche c/ Rougier.
Rejet
Demandeur(s) : M. Dominique X… ; Mme Isabelle Y…
Défendeur(s) : Le procureur général près la Cour d’appel de Versailles
Vu leur connexité, joint les pourvois n° B 11 19.963 et M 10 27.512 ;
son fils, né le 7 novembre 2009, Titeuf, Grégory, Léo ; que l’officier d’état civil a informé le procu-
reur de la République que le choix du premier prénom, Titeuf, lui paraissait contraire à l’intérêt de
l’enfant ; que, sur le fondement de l’article 57 du code civil, le parquet a fait assigner les parents
afin de voir prononcer la suppression du prénom Titeuf ; que, par jugement du 1er juin 2010, le
tribunal de grande instance de Pontoise, se fondant sur l’intérêt de l’enfant, a ordonné la suppres-
sion du prénom Titeuf de son acte de naissance et dit qu’il se prénommera Grégory, Léo ;
Attendu que M. X… et la mère de l’enfant, Mme Y…, font grief à l’arrêt de confirmer le jugement,
alors, selon le moyen :
1°/ que la contrariété à l’intérêt de l’enfant qui peut justifier que le prénom choisi par ses parents
soit supprimé doit être appréciée de façon objective ; qu’en appréciant la conformité à l’intérêt de
l’enfant du prénom Titeuf uniquement par référence à un personnage de bande dessinée dont la
notoriété est nécessairement éphémère et limitée, dont elle relève au demeurant qu’il est “plutôt
sympathique”, et en se livrant à une analyse subjective des caractéristiques de ce personnage,
sans se prononcer au regard de critères objectifs seuls à même de garantir le principe d’égalité
devant la loi, la cour d’appel a violé l’article 57 du code civil, ensemble l’article 3 de la Convention
de New York du 20 novembre 1989 et l’article 8 de la Convention européenne des droits de
l’homme ;
2°/ que toute restriction à la liberté de choix du prénom de l’enfant par ses parents ne peut être
justifiée que par l’intérêt de l’enfant ; qu’en jugeant que le prénom Titeuf n’était pas conforme à
l’intérêt de l’enfant et en ordonnant sa suppression de l’acte de naissance, sans rechercher, ainsi
qu’elle y était invitée, si le fait qu’au moins un autre enfant ait reçu ce prénom sans opposition du
ministère public et que d’autres enfants aient reçu les prénoms d’autres personnages de bande
dessinée ou dessins animés n’était pas de nature à mettre en évidence que le choix du prénom
litigieux ne portait pas atteinte à l’intérêt de l’enfant, la cour d’appel a privé sa décision de base •••/•••
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Introduction au droit • Série 2
•••/••• légale au regard de l’article 57 du code civil, ensemble l’article 3 de la Convention de New York du
20 novembre 1989 et l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ;
Mais attendu que c’est par une appréciation souveraine qu’en une décision motivée la cour d’ap-
pel a estimé qu’il était contraire à l’intérêt de l’enfant de le prénommer Titeuf ; que le moyen qui ne
tend en réalité qu’à contester cette appréciation ne peut être accueilli ;
ANNEXE 2
Parce que nous sommes tous susceptibles de devenir incapables, la loi n° 2007-308 du 5 mars
2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs crée le mandat de protection future.
Cette réforme entrera en vigueur le 1er janvier 2009, à l’exception des dispositions concernant le
mandat de protection future qui sont d’application immédiate. Les notaires peuvent donc, dès
maintenant, recevoir de tels mandats, étant précisé, toutefois, qu’ils ne pourront produire effet qu’à
compter du 1er janvier 2009.
Face au phénomène du vieillissement de la population, le XXIe siècle doit se préparer à une véritable
révolution : celle de la longévité. Aujourd’hui 2,3 millions de personnes ont plus de 80 ans, et ces
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dernières années ont vu l’accroissement sensible des cas de démence sénile. À titre indicatif, il y
aurait aujourd’hui en France plus de 700 000 personnes, soit 1 % de la population, placées sous
un régime de protection juridique et 68 000 mesures nouvelles sont prononcées par an. Avec un
rythme de progression de 4 % annuels, on envisage un million de personnes placées sous un
régime de protection en 2010. La tutelle « familiale » concerne 51 % des personnes âgées de 70 à
80 ans. Cette proportion diminue pour celles qui atteignent plus de 80 ans, leurs enfants prenant
en charge la tutelle jusqu’au moment où ils deviennent eux-mêmes trop âgés pour l’assumer. Le
rôle des curateurs et des tuteurs est très difficile, et on peut regretter le manque de formation spé-
cifique de beaucoup d’entre eux qui, bien que bons gestionnaires, n’ont pas toujours les qualités
ou les connaissances juridiques et patrimoniales requises pour aborder tous les aspects de la prise
en charge d’un majeur protégé âgé, dépendant (2).
Chacun doit savoir qu’il a toutes les chances de vivre vieux, et même très vieux, et qu’il lui faut, de
ce fait, en tenir compte dans ses projets (3).
Les notaires ne sont pas restés insensibles au vieillissement de la population et à ses consé-
quences en matière d’incapacité. Ils s’y sont d’ailleurs directement intéressés lors des 95e et 102e
congrès nationaux des notaires de France (4). Favorables au mandat pour incapacité future, les
notaires avaient d’ailleurs déjà proposé (5) que soit organisée au sein du Code civil « la possibilité
pour toute personne physique, dans la perspective où elle deviendrait incapable, de permettre à
un représentant de son choix, également personne physique qui accepterait sa mission, de
contracter en son nom pour organiser et maintenir son état de vie, en respect des indications figu-
rant au mandat, et de ses habitudes de vie ».
Une réforme du droit des majeurs protégés, adaptant le droit des incapacités à l’évolution contem-
poraine, s’imposait. Chaque famille peut un jour se trouver concernée par l’institution d’une mesure
de protection à l’égard de l’un de ses membres, frappé par la maladie, l’âge ou le handicap. Orga-
nisées par la loi du 3 janvier 1968 (C. civ., art. 489 à 514), les mesures pérennes de protection des •••/•••
60
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UE 111 • Introduction au droit
•••/••• incapables ont toujours été engagées et assurées par les pouvoirs publics. Ce système a un coût
social élevé et des modes de financement complexes. Le suivi et le contrôle de l’application des
mesures souffrent de nombreuses carences. Ces dispositions, souvent mal vécues par la per-
sonne protégée elle-même, voire sévèrement critiquées par l’entourage familial, ne sont plus adap-
tées. En effet, il arrive souvent que les familles répugnent au départ à demander l’application d’un
régime de protection, ne voulant pas porter atteinte à la liberté de leur proche devenu vulnérable.
« La pudeur habite souvent la personne vulnérable et son entourage » (6). Or, la personne protégée
doit rester au cœur de tout régime de protection, et le législateur doit avoir la volonté constante de
respecter les souhaits et les sentiments de la personne.
Il aura fallu une belle persévérance pour aboutir à la loi du 5 mars 2007 portant réforme de la pro-
tection juridique des majeurs. Inspiré des législations étrangères, le mandat de protection future
est déjà pratiqué au Québec depuis 1990 sur le modèle du « Curateur public » (7). Ce mandat per-
met à chacun d’anticiper en toute liberté sa propre protection. La seule volonté de la personne
suffit à sa protection, ne dépendant ainsi que de soi, en tout cas le moins possible des aides
extérieures. Avec le nouveau mandat de protection future, le législateur concilie ainsi dignité et
liberté. Il offre une solution souple qui n’entraîne pas l’incapacité du mandant, et très personnalisée
pour désigner à l’avance qui sera chargé de veiller sur ses intérêts et sa personne en cas de
besoin.
tion, puisque l’article 2003 dispose que le mandat prend fin notamment par la tutelle des majeurs.
Le mandant y choisit son ou ses mandataires qui doivent accepter expressément le mandat (C. civ.,
art. 489, al. 1er, nouv. et 492, al. 2, nouv.). Le mandataire peut être une personne physique choisie
librement par le mandant ou une personne morale inscrite sur la liste des mandataires judiciaires à
la protection des majeurs (C. civ., art. 480, al. 1er, nouv.). Plutôt que de désigner une seule per-
sonne, il sera opportun de faire une liste, en désignant à défaut. La subdélégation spéciale est
permise (C. civ., art. 482 nouv.). Le mandataire doit, pendant toute l’exécution du mandat, jouir de
la capacité civile, et ne peut être déchargé de ses fonctions qu’avec l’autorisation du juge des
tutelles.
Le mandat ne prendra effet qu’à compter du jour où sera constatée l’incapacité du mandant,
lorsqu’il est établi qu’il ne peut plus pourvoir seul à ses intérêts (C. civ., art. 481, al. 1er, nouv.). Il est
bien évident que le mandataire ne pourra décider d’exécuter le mandat sans que ne soit, au préa-
lable, constatée l’altération des facultés personnelles du mandant. Pour mettre en œuvre le man-
dat, le mandataire doit le présenter au greffe du tribunal d’instance et produire un certificat médical
émanant d’un médecin spécialiste choisi sur une liste établie par le procureur de la République. Le
greffier doit alors le viser et le dater puis le restituer au mandataire (C. civ., art. 481, al. 2, nouv.).
Ainsi, la date de début d’exécution du mandat sera certaine. Il reste cependant à prévoir la forme
de l’acte du greffier et les modalités de sa publicité.
Le mandat de protection future s’exerce à titre gratuit, sauf stipulations contraires (C. civ., art. 419,
al. 5, nouv.). Lors de l’ouverture de la mesure, le mandataire devra procéder à un inventaire des
biens du mandant, et établir chaque année un compte de sa gestion (C. civ., art. 486 nouv.). De
même, à l’expiration du mandat, le mandataire doit tenir à la disposition de la personne qui conti-
nue la gestion ou aux héritiers du mandant les cinq derniers comptes annuels de gestion et toutes
pièces justificatives (C. civ., art. 487 nouv.). •••/•••
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Introduction au droit • Série 2
•••/••• C’est donc une convention de protection qui doit être enfermée dans des règles de forme strictes.
La liberté du mandant reste encadrée. Deux formes seront possibles qui n’auront pas les mêmes
effets en matière patrimoniale. Le mandant peut rédiger ses volontés en termes généraux ou spé-
ciaux aux termes d’un mandat unique. Il peut être établi en la forme notariée (C. civ., art. 489 à 491
nouv.) ou par acte sous-seing privé (C. civ., art. 492 à 494 nouv.), à l’exception du mandat pour
autrui qui doit respecter la forme authentique (C. civ., art. 477, al. 4, nouv.). En aucun cas, et quelle
que soit la forme du mandat, les dispositions relatives à la protection personnelle ne pourront
déroger aux règles de la protection judiciaire. Une personne sous tutelle ne peut pas conclure un
tel mandat (C. civ., art. 477, al. 1er, nouv.). Une personne sous curatelle doit être assistée de son
curateur (C. civ., art. 477, al. 2, nouv.).
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
la signature d’un contrat. Aussi aura-t-il le devoir de vérifier l’identité et prendre garde à la capacité
du mandant. Il informera le mandant sur les conséquences de son acte. Si au moment où le man-
dat a été donné, le notaire est sûr de la capacité de son client, rien ne menace, semble-t-il, la
validité de l’acte accompli. Mais est-on toujours sûr de cette capacité ? Se pose la question fon-
damentale du degré d’autonomie de la personne. L’évaluation de l’aptitude du mandant à exprimer
sa volonté lors de la rédaction du mandat peut s’avérer nécessaire pour certaines personnes
atteintes d’une maladie de type Alzheimer. Les notaires sont parfois confrontés à ce genre de
situation et aimeraient avoir des réponses claires.
La forme notariée (C. civ., art. 489 à 491 nouv.) permet une protection juridique très étendue, et
autorise une appréciation plus large des pouvoirs du mandataire. Le notaire doit attirer l’attention
de ce dernier sur ses obligations et les risques d’engagement de sa responsabilité. Un seul notaire
est choisi par le mandant (C. civ., art. 489, al. 1er, nouv.). Dans l’avant-projet de loi, deux notaires
devaient intervenir à la régularisation du mandat : un notaire choisi par le mandant et un notaire
désigné par le président de la Chambre des notaires. L’obligation de faire appel à deux notaires a
été supprimée. Le coût de l’acte n’en sera que moins élevé.
Le notaire donne force exécutoire au mandat qui sera exécuté sous son contrôle et pourra ainsi
couvrir les actes de disposition du patrimoine (C. civ., art. 490, al. 1er, nouv.). Mais le mandataire ne
peut accomplir un acte de disposition à titre gratuit qu’avec l’autorisation du juge des tutelles
(C. civ., art. 490, al. 2, nouv.).
Le mandat est un acte grave aux termes duquel le mandant choisit un mandataire au lieu et place
de l’autorité judiciaire. La désignation du ou des mandataires par acte notarié doit être préférée
dans la mesure où le mandat authentique assure une protection juridique accrue, le mandataire
pouvant exécuter tous les actes de disposition du patrimoine à titre onéreux sous le contrôle du
notaire. Ce dernier étant par ailleurs investi d’un pouvoir de contrôle et de vérification puisqu’il peut •••/•••
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UE 111 • Introduction au droit
•••/••• saisir le juge des tutelles de tout mouvement de fonds et de tout acte non justifiés ou n’apparais-
sant pas conformes aux stipulations du mandat (C. civ., art. 491 nouv.). En effet, les conseils avisés
du notaire permettront au mandant de recevoir une information adaptée et d’être assuré du bon
respect du mandat. Le mandat authentique lui assurera un contrôle du mandataire (C. civ., art. 491,
al. 2, nouv.).
Fin du mandat
L’exécution du mandat prend fin (C. civ., art. 483, nouv.) par :
• le rétablissement des facultés personnelles du mandant ;
• le décès du mandant ou de son mandataire ;
• la révocation judiciaire du mandataire ;
• l’ouverture d’une mesure de protection juridique.
Conclusion
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Le testament nous permet de prévoir la mort, le mandat de protection future nous permet de pré-
voir l’incapacité. Praticien du droit, le notaire est un homme de terrain et de proximité, il accom-
pagne notre vie dans les moments clés. Il est de manière permanente en contact avec la population.
Il se doit d’être le défenseur et le protecteur des plus fragiles. Toute personne vulnérable doit avoir
droit à l’assistance et à l’aide requise pour mener une vie conforme à ses capacités réelles et
potentielles. Le notaire doit saisir l’opportunité qui lui est donnée de devenir l’interlocuteur privilé-
gié quand la volonté devient impuissante.
Les notaires savent mieux que quiconque combien le mandat de protection future correspond à
une attente profonde de leurs clients. Parce qu’il est le professionnel de la transmission du patri-
moine, homme de l’écrit, le notaire doit maîtriser ce nouvel outil qu’est le mandat de protection
future. La volonté des clients, soucieux de se protéger, de préserver un être cher, prendra corps
grâce à cette maîtrise. En qualité d’acteur, maîtrisant parfaitement le droit de la famille, le notaire
se doit de participer activement à ces nouvelles fonctions.
« Parce que la liberté, grâce à la forme authentique, sera mieux surveillée et expliquée, son domaine
sera plus riche et plus vaste » (9).
Mots clés :
MAJEUR PROTÉGÉ * Réforme des tutelles * Mandat de protection future
Fabrice PERREAU-BILLARD, Notaire
AJ Famille, Éditions Dalloz, 2007, p. 213 s.
(1) L’AJ famille, dans ses n° 4/2007 et n° 5/2007, a consacré un dossier à la « Réforme des tutelles », constitué, outre la pré-
sente contribution, des articles suivants :
Th. Fossier et Th. Verheyde, « La protection de la personne », p. 160.
Th. Fossier et L. Pécaut-Rivolier, « La protection des intérêts patrimoniaux », p. 167.
Th. Fossier, L. Pécaut-Rivolier et Th. Verheyde, « La mesure d’accompagnement judiciaire » (MAJ) et « Les mesures adminis-
•••/•••
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Introduction au droit • Série 2
ANNEXE 3
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
d’éclairement… contractuellement inexistante » ; – Mais attendu que la même décision, après
avoir rappelé et déclaré constantes les constatations de fait des premiers juges, a relevé « qu’il
apparaît bien des éléments de la cause que les parties vivent dans une mésintelligence certaine »
et que « l’instance… reflète et caractérise la psychologie de demoiselle Lassus, recherchant la
satisfaction d’un mobile malicieux » ; – Attendu qu’en se refusant, dans de telles circonstances, à
accorder à dame Blum réparation du préjudice dont elle se plaignait alors qu’ils constataient en
même temps, à la charge de demoiselle Lassus, un exercice purement malicieux, partant abusif,
de son droit de propriété, les juges du second degré ont violé le texte visé par le pourvoi ;
Par ces motifs, et sans qu’il y ait lieu de statuer soit sur les autres branches du premier moyen, soit
sur le second moyen : – Casse et annule l’arrêt rendu entre les parties par la cour d’appel d’Agen,
le 28 mars 1962, et renvoie devant la cour d’appel de Toulouse.
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UE 111 • Introduction au droit
ANNEXE 4
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UE 111 • Introduction au droit
INDEX
Absence 8 Embryon 8
Abus du droit de propriété 43 EURL 48
Abusus 30 Fondation 11
Accession 38 Fructus 30, 40
Acte d’administration 14 Fruit 30, 37, 41, 43
Acte de conservation 14 Groupement d’intérêt économique 11
Acte de disposition 15 Immeuble par destination 27
Acte de disposition à titre gratuit 15 Immeuble par l’objet auquel il s’applique 27
Acte de disposition à titre onéreux 15 Immeuble par nature 27
Action en revendication 36, 37 Incapacité 13
Action pétitoire 37 Incapacité de jouissance 13
Action possessoire 37 Incapacité d’exercice 14
Administration légale 16 Indivision 31
Administration légale pure et simple 16 Interruption de la prescription 36
Administration légale sous contrôle Jonction des possessions 36
judiciaire 16 Jouissance légale 16
Animus 34 Juge des tutelles 17
Apatride 10 Juste titre 35
Approche personnaliste 48 Majeur 19
Assistance 14 Mandat de protection future 20
Association 11 Meuble meublant 25
Autorité parentale 15 Meuble par anticipation 26
Bien 23 Meuble par détermination de la loi 26
Bien corporel 24 Meuble par nature 26
Bien immeuble 24, 26 Mineur 15
Bien incorporel 24 Mineur émancipé 18
Bien meuble 24, 25 Mineur non émancipé 15
Bonne foi 35 Nationalité 10, 12
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Introduction au droit • Série 2
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UE 111
Introduction au droit
année 2013-2014 DEVOIR 2
À envoyer à la correction
Auteur : Marielle MARTIN
NOTA BENE
Ce devoir est conçu pour être traité au seul moyen de la partie 1 de la série 2 à laquelle il se rapporte.
Les notions traitées antérieurement sont évidemment supposées acquises.
Cas n° 1
Le jeune Xavier est un adorable petit garçon âgé de 2 ans qui, jusque-là, a eu le bonheur d’être élevé par
ses deux parents très attentifs, M. et Mme Durant.
Or, un drame vient de frapper cette famille puisque M. Durant, 30 ans, est décédé avant-hier dans un
terrible accident de la circulation, alors qu’il était seul au volant de sa voiture.
Accablée de chagrin, Mme Durant, 27 ans, garde toutefois le sens des réalités et se préoccupe de savoir
si le décès de son mari a une incidence sur l’administration légale pure et simple, régime juridique de
protection dont on lui avait dit qu’il s’appliquait à leur petit Xavier.
Elle vous interroge donc à ce sujet.
Cas n° 2
Mme Sijeveu, 45 ans, est placée sous curatelle depuis deux ans. C’est M. Comilfo, 50 ans, qui a été
désigné son curateur par le juge des tutelles.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
M. Comilfo s’acquitte parfaitement de sa tâche et s’entend même bien avec Mme Sijeveu.
Cependant, voici que Mme Sijeveu a l’intention, sans en parler à M. Comilfo, d’acheter un second ordi-
nateur très sophistiqué et de grande valeur, alors qu’elle ne se sert pourtant presque pas du modèle
récent qu’elle possède déjà.
Mme Sijeveu peut-elle valablement faire seule cette acquisition ?
répondre aux six questions posées à la suite des extraits de la décision de justice ci-après
reproduite :
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Introduction au droit • devoir 2
•••/••• Seeb était, à la suite d’une cession totale, détenue par un actionnaire unique et que cette situation avait
entraîné un changement de dirigeant social, la société Castes industrie a entendu mettre un terme au
contrat en décembre 2007 ; qu’estimant que cette brusque résiliation était fautive, la société Seeb l’a fait
assigner en paiement de dommages-intérêts ; […] ;
Attendu que la société Castes industrie fait grief à l’arrêt d’avoir accueilli cette demande, alors, selon le
moyen :
[…] que le contrat conclu en considération de la personne du dirigeant est résilié de plein droit en cas de
changement de cette personne non agréé par le partenaire ; que cette résiliation intervient de plein droit et
ne peut présenter aucun caractère abusif ; qu’un contrat de distribution est un contrat intuitu personae par
nature, compte tenu de l’intégration du distributeur au réseau et de la confiance entre partenaires que cela
suppose ; […] ;
Mais attendu qu’ayant justement énoncé qu’en raison du principe d’autonomie de la personne morale, cette
dernière reste inchangée en cas de cession de la totalité des parts ou actions d’une société ou de change-
ment de ses dirigeants et relevé l’absence de stipulation contractuelle autorisant la rupture avant échéance
dans de telles hypothèses, la cour d’appel, qui a ainsi fait ressortir qu’il n’était pas établi que la convention
de distribution exclusive ait été conclue en considération de la personne du dirigeant, en a déduit, à bon
droit, sans écarter le caractère intuitu personae du contrat, qu’en l’absence d’une stipulation particulière, la
convention était maintenue en dépit des changements survenus ; que le moyen […] n’est pas fondé […] ;
[…] ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi ;
[…] ».
TRAVAIL À FAIRE
1. Au regard des différentes sortes de personnes morales qui existent, quelle est la nature juridique
de chacune des deux sociétés en litige dans la décision de justice étudiée ?
2. Quels sont, dans cette affaire, les faits à l’origine du litige ?
3. Dans quel sens la cour d’appel, dont l’arrêt est ici attaqué devant la Cour de cassation, avait-elle
statué ?
4. Que décide, en l’espèce, la Cour de cassation ?
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
5. Cette décision de la Cour de cassation est-elle conforme au droit en vigueur s’agissant de ce
qu’est la personnalité morale ?
6. À quelle condition, selon cette jurisprudence, le changement d’associé ou de dirigeant d’une
société personne morale aurait-il une incidence sur les contrats passés par cette dernière ?
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Introduction au droit
année 2013-2014 DEVOIR 3
À envoyer à la correction
Auteur : Marielle MARTIN
NOTA BENE
Ce devoir est conçu pour être traité au seul moyen de la partie 2 de la série 2 à laquelle il se rapporte.
Les notions traitées antérieurement sont évidemment supposées acquises.
répondre aux huit questions posées à la suite des extraits de la décision de justice ci-après
reproduite :
des actes matériels d’occupation réelle et se conserve tant que le cours n’en est pas interrompu ou sus-
pendu, la cour d’appel, qui n’a pas recherché si la possession des Consorts X… ne s’était pas poursuivie
au-delà de 1948 par la seule intention, sans être interrompue avant l’expiration du délai de prescription par
un acte ou un fait contraire, n’a pas donné de base légale à sa décision ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 9 décembre 2010, entre les parties, par
la cour d’appel de Papeete ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient
avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Papeete, autrement
composée ;
[…] ».
TRAVAIL À FAIRE
1. Quelle est la juridiction qui rend la décision reproduite ? Quand ? Qui sont les parties (demande-
resse, défenderesse) à ce stade de la procédure ?
2. En l’espèce, quels sont les biens dont les Consorts X… réclament la propriété ?
3. Selon les Consorts X…, par quelle modalité juridique sont-ils devenus propriétaires de ces biens ?
4. Quelle est la décision attaquée devant la juridiction qui rend la décision reproduite ? (Par quelle
juridiction a-t-elle été rendue ? Quand ? En faveur de qui cette juridiction s’était-elle prononcée ?)
5. Quel est le raisonnement mené par la juridiction dont la décision est attaquée devant la juridiction
qui rend la décision reproduite ?
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Introduction au droit • devoir 3
6. Dans quel sens statue la juridiction qui rend la décision reproduite ? (Qui l’emporte ? Selon quels
motifs : en d’autres termes, quels sont les arguments de cette juridiction ?)
7. Le raisonnement mené par la juridiction dont la décision est reproduite est-il conforme au droit en
vigueur au regard de la modalité d’acquisition de la propriété dont il s’agit ?
8. Que décide la juridiction qui rend la décision reproduite, quant à la suite du procès ?
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UE 111 ➟ INTRODUCTION
AU DROIT
Année 2013-2014
Ce fascicule comprend :
La série 3
Le devoir 4 à envoyer à la correction
Le devoir 5 à envoyer à la correction
En collaboration avec
le Centre National
d’Enseignement à Distance Marielle MARTIN
Institut de Lyon
W1111-F3/4
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Introduction au droit • Série 3
L’auteur :
Marielle MARTIN : Docteur en droit privé et sciences criminelles, maître de conférences au Cnam.
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UE 111 • Introduction au droit
fonds de commerce.
Dans un second temps, les grands traits du droit des contrats retiendront notre
attention, avant de recenser, conformément à notre programme oficiel, les princi‑
paux types de contrats auxquels une entreprise peut être partie.
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UE 111 • Introduction au droit
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Introduction au droit • Série 3
LEXIQUE 115
EXERCICES AUTOCORRIGÉS 125
ANNEXES 131
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INDEX 138
DEVOIR 4 141
DEVOIR 5 143
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PARTIE
L’ACTIVITÉ COMMERCIALE
ET NON COMMERCIALE
Deux points fondamentaux du programme officiel de cette UE d’« Introduction au droit » peuvent
être réunis dans l’étude de ce qui relève en partie de l’activité professionnelle, qu’elle soit com-
merciale ou non. Il s’agit des développements devant être faits à propos de l’entrepreneur indi-
viduel (Titre 1) et de ceux relatifs au fonds de commerce (Titre 2).
Retrouvez des compléments pédagogiques de l'UE 111 sur le site Internet de l'Intec :
[Link]
L’entreprise, cellule de base de l’activité économique, est une entité pouvant prendre des
formes juridiques multiples. on distingue essentiellement les entreprises sociétaires qui
sont, pour la plupart, dotées de la personnalité morale (sociétés anonymes, sociétés à res-
ponsabilité limitée…) et les entreprises individuelles qui sont incarnées par les entrepre‑
neurs personnes physiques agissant en nom propre. C’est à ces entrepreneurs individuels
que se limite notre programme de travail. Nous envisagerons successivement le cas de l’en‑
trepreneur individuel qui a la qualité de commerçant (Chapitre 1) et le cas de l’entrepre‑
neur individuel qui n’a pas cette qualité (Chapitre 2) ; l’entrepreneur individuel
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La définition juridique du commerçant est donnée par l’article L. 121-1 du Code de commerce :
« Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur pro‑
fession habituelle. »
Cette définition légale est complétée par la jurisprudence qui exige, en outre, que le commerçant
exerce son activité « en son nom et pour son compte ».
Il convient donc d’examiner ces trois conditions requises pour être qualifié de commerçant ; à
savoir : exercer des actes de commerce, à titre de profession habituelle et de manière
indépendante.
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Introduction au droit • Série 3
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10. Entre toutes personnes, les lettres de change. »
L’actuelle rédaction de l’article L. 110-1 résulte de plusieurs lois successives et n’est guère satis-
faisante. Cet article dresse en effet une liste non exhaustive et sans ordre de divers actes de
commerce.
La doctrine a tenté de clarifier le travail du législateur. Certains auteurs ont essayé de dégager
un critère général de l’acte de commerce : pour THALLER (à la fin du XIXe siècle), l’acte de com-
merce se caractérise par la circulation de richesses ; pour des auteurs comme LYON-CAEN ou
RENAULT la spéculation est sous-jacente à tout acte de commerce.
D’autres auteurs ont, quant à eux, proposé des classifications des actes énumérés pêle-mêle à
l’article L. 110-1 C. com. Ainsi, il est possible de distinguer les actes de commerce effectués
dans le cadre d’une entreprise (location de meubles, manufacture…) des actes de commerce
effectués à l’état isolé (achat de biens meubles pour les revendre, achat de biens immeubles
pour les revendre…).
La « summa divisio » s’articule cependant autour de la distinction entre actes de commerce par
nature et actes de commerce par la forme :
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UE 111 • Introduction au droit
actes de
actes de commerce par nature commerce
par la forme
activités activités activités activités d’intermédiaire
d’échange industrielles financières
Achat de biens Ent. de Opération de Toutes opérations Art. L. 110-1 in fine :
meubles pour les manufactures banque (5) d’intermédiaire pour la lettre de change (9)
revendre (1) Ent. de transport Opération de l’achat, la souscription ou
Achat de biens par terre ou par change la vente d’immeubles, de
immeubles pour les eau (4) Activité fonds de commerce,
revendre (1) Établissements d’émission d’actions ou parts de
Ent. de location de de spectacles et de gestion sociétés immobilières
meubles publics de monnaie Ent. de commission (6)
Ent. de fournitures (2) électronique Agence d’affaires (7)
Établissements de Service de Opération de courtage (8)
vente à l’encan (3) paiement
(1) L’intention de revendre doit exister au moment de l’achat.
(2) Fournitures de gaz, eau, électricité (EDF…).
(3) Salles de ventes publiques de marchandises en gros.
(4) Et par extension, entreprise de transport par air.
(5) Exemple : octroi de crédit…
(6) Le commissionnaire agit pour le compte d’autrui mais en son propre nom.
(7) L’agent d’affaires se charge de conseiller des personnes qui le rémunèrent et parfois agit à leur place.
(8) Le courtier a pour mission de rapprocher des parties contractantes et de préparer la conclusion de leurs contrats.
(9) La lettre de change (traite) est un écrit par lequel une personne (le tireur) donne l’ordre à l’un de ses débiteurs (le tiré) de payer une
somme déterminée à une tierce personne (le bénéficiaire), à une certaine date. La lettre de change est un effet de commerce c’est-à-dire
un titre négociable qui constate l’existence, au profit du bénéficiaire, d’une créance à court terme et sert à son paiement. Cependant,
contrairement aux autres effets de commerce (chèque, billet à ordre, warrant) ; la lettre de change est la seule à être classée parmi les
actes de commerce légaux.
REMARQUE
La jurisprudence considère, en outre, que les opérations d’assurance sont commerciales (sauf
les opérations d’assurance mutuelle).
Piège à éviter : La lettre de change a toujours le caractère commercial, quelle que soit la per-
sonne qui la signe. Cependant, la qualité de commerçant n’est pas reconnue à une personne
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Introduction au droit • Série 3
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Art. 1146 C. civ. : « Les dommages et intérêts ne sont dus que lorsque le débiteur est en demeure de remplir son obligation, excepté
néanmoins lorsque la chose que le débiteur s’était obligé de donner ou de faire ne pouvait être donnée ou faite que dans un certain temps
qu’il a laissé passer. La mise en demeure peut résulter d’une lettre missive s’il en ressort une interpellation suffisante. »
Art. 1153 C. civ. : « Dans les obligations qui se bornent au paiement d’une certaine somme, les dommages-intérêts résultant du retard
dans l’exécution ne consistent jamais que dans la condamnation aux intérêts au taux légal, sauf les règles particulières au commerce et au
cautionnement.
Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d’aucune perte.
Ils ne sont dus que du jour de la sommation de payer, ou d’un autre acte équivalent telle une lettre missive s’il en ressort une interpel-
lation suffisante, excepté dans le cas où la loi les fait courir de plein droit.
Le créancier auquel son débiteur en retard a causé, par sa mauvaise foi, un préjudice indépendant de ce retard, peut obtenir des dom-
mages et intérêts distincts des intérêts moratoires de la créance. »
Bien entendu, la forme de la mise en demeure est libre sauf si la loi en dispose autrement.
– Par exemple, à propos des obligations de l’acheteur.
Art. 1652 C. civ. : « L’acheteur doit l’intérêt du prix de la vente jusqu’au payement du capital, dans les trois cas suivants :
S’il a été ainsi convenu lors de la vente ;
Si la chose vendue et livrée produit des fruits ou autres revenus ;
Si l’acheteur a été sommé de payer.
Dans ce dernier cas, l’intérêt ne court que depuis la sommation. »
(2) Il y a solidarité passive lorsque le créancier peut exiger de l’un quelconque de ses débiteurs le paiement de la totalité de sa créance,
sauf le recours entre les débiteurs. Il y a solidarité active lorsque l’un quelconque des créanciers d’un même débiteur peut exiger de ce
dernier le paiement de la totalité de la dette.
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UE 111 • Introduction au droit
Le principe consiste à appliquer les règles commerciales à celle des parties à l’égard de laquelle
l’acte est commercial, et à appliquer les règles civiles à celle des parties à l’égard de laquelle
l’acte est civil.
Cette solution souffre toutefois quelques atténuations :
REMARQUE
Le commerce se caractérise par la rapidité des transactions ce qui justifie, au niveau du droit,
des dispositions plus souples à l’égard du commerçant et des actes de commerce (liberté de
la preuve…) qu’à l’égard du non-commerçant et des actes civils.
Au total, un acte est commercial s’il est répertorié comme tel par la loi, il est civil s’il n’est pas
commercial selon la loi et il est mixte s’il est commercial pour au moins l’une des parties et civil
pour au moins une autre. Toutefois, un acte civil peut devenir commercial : il s’agit d’une appli-
cation de la théorie des « actes de commerce par accessoire ».
principale »), la jurisprudence considère que certains actes par nature civile peuvent devenir
commerciaux s’ils sont effectués accessoirement à l’activité commerciale.
Pour statuer en ce sens, la jurisprudence s’inspire de certaines dispositions légales dont l’ar-
ticle L. 110-1-9° du Code de commerce suivant lequel la loi répute actes de commerce « toutes
obligations entre négociants, marchands et banquiers » (cf. supra).
Le concept d’« obligations » est ici suffisamment vague pour en déduire que tous les actes faits
par un commerçant pour les besoins de son commerce, sont des actes de commerce.
Sont, par exemple, des actes de commerce par accessoire : les emprunts contractés par un
commerçant en vue des besoins de son commerce (Cass. civ. 30 juillet 1907…), les baux d’im-
meubles conclus par un commerçant pour les besoins de son commerce (Cass. com. 14 février
1956…), les obligations extra-contractuelles dérivant de faits qui, commis par le commerçant
lui-même ou par les personnes dont il doit répondre, se rattachent à l’exercice de son commerce
(arrêt de principe, Req. 11 juillet 1900 : dommage causé à un tiers par un véhicule que le com-
merçant ou son préposé, utilisait pour les besoins du commerce…).
Pour pallier la difficulté qu’il y a de déterminer dans quelle mesure un commerçant effectue un
acte pour les besoins de son commerce, la jurisprudence est à l’origine d’une présomption
simple de commercialité (cf. cours sur la preuve série 1) : tous les actes faits par un commer‑
çant sont présumés faits pour les besoins de son commerce, sauf preuve contraire.
En sens inverse, en principe, un acte de commerce qualifié comme tel par la loi (exemple :
art. L. 110-1-1° Code com. « achat de biens meubles pour les revendre ») reste commercial
même s’il est effectué par un non‑commerçant.
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Introduction au droit • Série 3
En résumé :
effectué par un commerçant
Acte civil Acte de commerce par accessoire
Cependant, et par exception, la jurisprudence décide qu’un acte de commerce (au sens de la loi)
strictement exercé pour les besoins d’une profession civile, perd son caractère commercial et
devient civil.
À titre d’exemple, les médecins autorisés par le préfet à vendre à leurs patients des médicaments
dans les localités où il n’y a pas de pharmacie, ne font pas pour autant des actes de commerce.
En définitive, les notions de commerçant et d’actes de commerce sont indissociables. Pour
en revenir à la définition du commerçant, s’il arrive que la qualité de commerçant influe sur la
nature des actes qu’il exerce (cas des « actes de commerce par accessoire »), c’est bien la
nature commerciale légale des actes exercés qui confère à celui qui les exerce la qualité de
commerçant. Mais le seul exercice d’actes de commerce n’est pas suffisant pour devenir
commerçant, encore faut‑il également exercer ces actes à titre de profession habituelle.
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
un but de spéculation (Cass. com. 1er avril 1957)…
Enfin, la jurisprudence exige, en outre, que le commerçant effectue ces actes de commerce en
son nom et pour son propre compte.
REMARQUES
• La profession de commerçant n’est, en principe, pas exclusive de l’exercice d’une autre
profession. En d’autres termes, quiconque exerce officiellement telle profession, peut égale-
ment être par ailleurs, commerçant de fait par application de l’article L. 121-1 du Code de
commerce, parfois même sans en avoir conscience ! (cas du comptable salarié qui, pendant
ses loisirs et de manière indépendante, achète pour les revendre des objets de collection en
étant animé d’une intention lucrative et en en tirant une part substantielle de ses revenus :
pour ses fonctions comptables, ce salarié demeure régi par le droit du travail mais pour son
activité personnelle relative aux objets de collection, il encourt la qualification de commer-
çant et l’application du droit commercial).
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UE 111 • Introduction au droit
La définition du commerçant étant maintenant connue, quel est le statut juridique de celui-ci ?
Dans leur grande majorité, les commerçants individuels ne deviennent pas commerçants à leur
insu mais choisissent d’embrasser la profession commerciale. Ils doivent donc connaître les
conditions d’accès à cette profession ainsi que les droits et obligations qui sont les leurs dans le
cadre de l’exercice de cette profession.
d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon ; mais elle sera tenue de se
pourvoir auparavant d’une patente, d’en acquitter le prix, et de se conformer aux règle-
ments de police qui sont ou pourront être faits. »
La seconde partie de la phrase (« Mais elle sera tenue… ») introduit néanmoins déjà certaines
limitations à la liberté de faire du commerce.
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Introduction au droit • Série 3
Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
d. Ne pas exercer d’autres fonctions incompatibles avec celles de commerçant
Ne peuvent être commerçants :
• les fonctionnaires (ceci résulte de l’article 25-I de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant
droits et obligations des fonctionnaires : « Les fonctionnaires et agents non titulaires de droit
public consacrent l’intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées.
Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative de quelque nature que
ce soit ». Cependant, depuis une loi de 2007, ce même article prévoit des tempéraments à ce
principe : « Les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public peuvent toutefois être
autorisés à exercer, dans des conditions fixées par décret en Conseil d’État, à titre accessoire,
une activité, lucrative ou non, auprès d’une personne ou d’un organisme public ou privé, dès
lors que cette activité est compatible avec les fonctions qui leur sont confiées et n’affecte pas
leur exercice ». Ainsi, le décret n° 2007-658 du 2 mai 2007, modifié par le décret n° 2011-82
du 20 janvier 2011, dresse une liste des activités accessoires susceptibles d’être autorisées
dès lors qu’elles ne portent pas atteinte au fonctionnement normal, à l’indépendance ou à la
neutralité du service : expertise et consultation, services à la personne…) ;
• les membres de certaines professions libérales (médecins, avocats…) ;
• les officiers ministériels et auxiliaires de justice (notaires, huissiers…) ;
• les parlementaires.
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UE 111 • Introduction au droit
EXEMPLES
Contrebande, maisons de tolérance…
Le registre du commerce et des sociétés fait désormais l’objet de dispositions dans la partie
législative du Code de commerce et dans la partie réglementaire de ce même Code.
Art. L. 123-1 C. com. :
« Il est tenu un registre du commerce et des sociétés auquel sont immatriculés, sur leur
déclaration : 1° les personnes physiques ayant la qualité de commerçant… »
Le RCS a été institué afin de contrôler l’activité commerciale et de renseigner les tiers (toute
personne peut en demander communication). Toute personne assujettie à l’immatriculation au
RCS qui ne l’a pas requise à l’expiration d’un délai de quinze jours à compter du commencement
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Introduction au droit • Série 3
Le commerçant doit donc, dès le début de son activité, faire une déclaration aux fins
d’immatriculation auprès du greffe du tribunal de commerce dans le ressort duquel est
situé le siège de son entreprise.
afin de faciliter cette démarche, des centres de formalités des entreprises (CfE) ont été
institués. En effet, toute entreprise (pour sa constitution, la modification de sa situation ou la
cessation de ses activités) a l’obligation d’effectuer diverses déclarations dans les domaines
juridique, administratif, social, fiscal et statistique auprès de différents organismes (services fis-
caux, sécurité sociale…). Cette obligation est satisfaite par le dépôt, au CFE compétent, d’un
dossier unique réunissant l’ensemble de ces déclarations. Concernant les commerçants mais
aussi les sociétés commerciales, les CfE compétents sont gérés par les chambres de
commerce et d’industrie (art. R. 123-3 C. com.).
En vue, en particulier, de son immatriculation au rCS, la personne physique souhaitant être
commerçante indique un certain nombre de mentions : ses nom, nom d’usage, pseudonyme,
prénoms et domicile personnel ; ses date et lieu de naissance ; sa nationalité ; l’éventuelle décla-
ration d’insaisissabilité de ses droits sur l’immeuble où est fixée sa résidence principale (déclara-
tion d’insaisissabilité à laquelle aura procédé le commerçant soucieux de protéger sa résidence
principale contre les recours de ses créanciers professionnels) l’éventuelle affectation d’un patri-
moine à l’activité professionnelle ; les nom, nom d’usage, pseudonyme, date et lieu de naissance,
domicile lorsqu’il est différent du sien et nationalité de son conjoint ou de la personne liée par un
pacte civil de solidarité (PACS) qui collabore effectivement à son activité commerciale ; …
(art. R. 123-37 C. com.). Dans sa demande d’immatriculation, la personne physique déclare en
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outre : la ou les activités exercées ; l’adresse de l’établissement ; la date de commencement
d’activité ; s’il en est utilisé, le nom commercial et l’enseigne ; qu’il s’agit soit de la création d’un
fonds de commerce (sur la notion de fonds de commerce, voir le Titre 2 de la Partie 1 de la pré-
sente série de cours) soit de la reprise d’un fonds existant et, en ce cas, toutes informations sur
ce fonds ; … (art. R. 123-38 C. com.). À noter que l’ordonnance n° 2005-428 du 6 mai 2005 a
supprimé l’obligation pour les commerçants de mentionner au RCS leur régime matrimonial.
La loi pour l’initiative économique du 1er août 2003 prévoit que, en attente d’immatriculation,
tout entrepreneur se voit délivrer un récépissé de dépôt de dossier de création d’entre‑
prise (rCE) qui lui permet sous sa responsabilité personnelle d’accomplir les démarches
nécessaires auprès des organismes publics et des organismes chargés d’une mission de
service public (ex. : demande d’ouverture d’une ligne téléphonique pour les besoins de l’entre-
prise en création…).
En ce qui concerne le commerçant, dont la régularité de la demande d’immatriculation au
rCS aura été vérifiée par le greffier du tribunal de commerce compétent, il recevra par le
biais de l’Insee un numéro d’identification composé de 9 chiffres.
Sous peine de sanctions pénales, le commerçant doit faire figurer en tête de tous ses
papiers d’affaires (factures, notes de commande, tarifs et documents publicitaires, correspon-
dances…) : le numéro d’immatriculation obtenu ; la mention rCS suivie du nom de la ville
où se trouve le greffe où il est immatriculé ; le lieu de son établissement ; … (art. R. 123-237
C. com. mod. D. n° 2007-750 du 9 mai 2007).
par ailleurs, l’inscription au RCS fait l’objet d’une publication au Bulletin officiel des annonces
civiles et commerciales (Bodacc).
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UE 111 • Introduction au droit
2. La tenue de la comptabilité
Les principales sources en la matière sont les normes comptables internationales (IAS/IFRS),
les directives européennes, le Code de commerce (art. L. 123-12 à L. 123-28 inclus), le plan
comptable général, les normes professionnelles et les règlements de l’Autorité des normes
comptables (ANC) créée par l’ordonnance n° 2009-79 du 22 janvier 2009 et par le décret
n° 2010-56 du 15 janvier 2010. Cette Autorité regroupe désormais les compétences qui étaient
partagées entre le Conseil national de la comptabilité (CNC) et le Comité de la réglementation
comptable (CRC).
NOTA BENE
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Le livre d’inventaire, qui regroupait par catégories tous les éléments de l’actif et du passif et
reproduisait les comptes annuels a été supprimé par la loi n° 2011-525 du 17 mai 2011 de
simplification et d’amélioration de la qualité du droit. Désormais, les commerçants n’ont donc
plus l’obligation de tenir un livre d’inventaire. Pour autant, l’opération physique d’inventaire,
qui contribue à la constitution des comptes annuels, demeure une obligation.
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Introduction au droit • Série 3
En outre, le législateur a instauré un allégement accru des obligations comptables des petites
entreprises et a inséré, après l’article L. 123-24 du Code de commerce, des dispositions sur les
obligations comptables applicables à certains commerçants, notamment personnes
physiques :
Art. L. 123-25 al. 1er Code com. :
« Par dérogation aux dispositions des premier et troisième alinéas de l’article L. 123-12,
les personnes physiques placées sur option ou de plein droit sous le régime réel simplifié
d’imposition peuvent n’enregistrer les créances et les dettes qu’à la clôture de l’exer‑
cice et ne pas établir d’annexe. »
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lorsque leur commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et
denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fournir le logement, un registre
récapitulé par année, présentant le détail de leurs achats. Un décret fixe les conditions
dans lesquelles ce livre et ce registre sont tenus. »
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UE 111 • Introduction au droit
➠ Principe de prudence
La comptabilité doit notamment tenir compte des risques et il doit être procédé, bien sûr sans
excès, aux provisions nécessaires…
Article L. 123-20 Code com. :
« Les comptes annuels doivent respecter le principe de prudence… »
REMARQUES
• L’absence de comptabilité ou la comptabilité tenue en violation de la réglementation sont
sanctionnées de déchéances.
• La comptabilité est donc bien une obligation légale ; d’où l’interdépendance entre les deux
disciplines : droit et comptabilité.
• Les documents comptables doivent être déposés au registre du commerce et des sociétés.
La réglementation prévoit que ce dépôt peut être effectué par voie électronique.
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Introduction au droit • Série 3
NOTA BENE
Sur tous ces points, cf. les développements qui précèdent.
2. La protection du patrimoine
Exerçant son activité professionnelle de manière individuelle (et non sociétaire), le commerçant
personne physique n’a, a priori, qu’un seul patrimoine dans lequel viennent se fondre aussi
bien ses créances et dettes professionnelles que non professionnelles (sur la notion de patri-
moine, voir la série 2 du présent cours). afin de limiter l’exposition de la partie non profes‑
sionnelle de son patrimoine vis‑à‑vis des recours de ses créanciers professionnels, le
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commerçant entrepreneur individuel peut néanmoins utiliser à bon escient diverses dispo‑
sitions légales dont certaines relèvent du droit de la famille et d’autres du droit des affaires
à proprement parler.
➠ Le mariage
Les couples mariés se voient appliquer deux ensembles de règles juridiques : le régime
primaire impératif qui est un ensemble de règles légales s’appliquant obligatoirement à tous les
époux (ex. : en matière de cogestion du logement familial, d’entretien de la famille…) et un
régime matrimonial dit aussi régime de biens qui est un ensemble de règles déterminant le
sort des biens du couple. Soit les époux ne passent pas de contrat de mariage et ils sont
automatiquement (supplétivement) soumis au régime matrimonial légal de la communauté
réduite aux acquêts, soit les époux choisissent un autre régime matrimonial et ils passent
pour cela un contrat de mariage par‑devant notaire.
Sous le régime de la communauté réduite aux acquêts, on distingue trois masses de biens
et dettes ; à savoir deux masses de biens et dettes propres et une masse de biens et
dettes communs. Autrement dit, une masse de biens et dettes propres pour chacun des
deux époux (gains et salaires perçus par l’époux, biens possédés par lui avant le mariage, biens
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UE 111 • Introduction au droit
reçus par lui à titre gratuit au cours du mariage, dettes contractées par lui avant le mariage…) et
une masse de biens et dettes qui sont communs aux deux époux (biens acquis à titre oné-
reux au cours du mariage, dettes contractées dans l’intérêt du ménage…).
Si les époux décident de passer un contrat de mariage, ils peuvent choisir un régime
matrimonial accentuant la masse commune (ex. : dans le régime de la communauté de
meubles et acquêts, tous les biens meubles, y compris ceux possédés par chacun des époux
avant le mariage ou reçus par chacun d’eux à titre gratuit durant le mariage, sont communs ;
dans le régime de la communauté universelle, il n’existe quasiment qu’une masse commune)
ou ils peuvent choisir un régime matrimonial diminuant la masse commune (ex. : le régime
de la séparation de biens est exclusif de toute communauté).
Lorsque l’on sait que, dans le cadre du régime de la communauté réduite aux acquêts, en principe :
« Le paiement des dettes dont chaque époux est tenu, pour quelque cause que ce soit,
pendant la communauté, peut toujours être poursuivi sur les biens communs… » (art. 1413
C. civ.),
on comprend que le commerçant qui, par définition exerce une profession à risques, ait inté‑
rêt à opter avec son conjoint pour un régime matrimonial séparatiste (séparation de biens…).
Cependant, un Pacs ne peut être conclu entre ascendant et descendant en ligne directe, entre
alliés en ligne directe et entre collatéraux jusqu’au troisième degré inclus, entre deux personnes
dont l’une au moins est engagée dans les liens du mariage (ces interdictions sont voisines de
celles appliquées en matière de mariage où inceste et bigamie sont prohibés), entre deux per-
sonnes dont l’une au moins est déjà liée par un Pacs.
Les partenaires qui concluent un Pacs en font la déclaration conjointe non pas en mairie, comme
pour un mariage, mais au greffe du tribunal d’instance de leur résidence commune ou, en cas
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À l’égard des tiers, les partenaires d’un Pacs sont en principe solidaires des dettes ménagères
contractées par l’un d’eux et a fortiori ensemble (article 515-4 al. 2 C. civ.) :
« Les partenaires sont tenus solidairement à l’égard des tiers des dettes contractées par
l’un d’eux pour les besoins de la vie courante. Toutefois, cette solidarité n’a pas lieu pour
les dépenses manifestement excessives… »
En ce qui concerne l’appartenance des biens (y compris les biens professionnels) entre les
partenaires, chacun des partenaires est réputé avoir ses propres biens et répondre de ses
propres dettes ; sauf à en décider autrement dans le pacs (art. 515-5 C. civ.). À défaut pour
un partenaire de pouvoir prouver sa propriété exclusive sur un bien, le législateur pose
pour ce bien une présomption d’indivision pour moitié entre les partenaires.
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Introduction au droit • Série 3
Toutefois, le législateur donne une liste de biens devant demeurer la propriété exclusive de
chaque partenaire : deniers perçus par chacun des partenaires, à quelque titre que ce soit,
postérieurement à la conclusion du pacte et non employés à l’acquisition d’un bien ; biens créés
et leurs accessoires ; biens ou portions de biens acquis au moyen de deniers reçus par donation
ou succession ; … (art. 515-5-2 C. civ.).
Au total, sauf volonté des partenaires de décider une indivision et sauf présomption légale d’indi-
vision, chaque partenaire conserve ses biens (y compris professionnels) et répond de ses dettes
(y compris professionnelles).
➠ Le concubinage
Depuis 1999, le législateur reconnaît officiellement un autre mode de vie en commun, le concu‑
binage, dont il donne cette définition :
Art. 515-8 C. civ. :
« Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un
caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de
même sexe, qui vivent en couple. »
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bin a ses propres biens et dettes (sauf achats en commun…).
En définitive, quel que soit son mode de vie en couple, un commerçant a intérêt, ne serait‑
ce que pour protéger des biens qui ont vocation à être communs, à opter pour une formule
dans laquelle il conserve ses propres biens et dettes.
b. Les dispositions de droit des affaires protectrices des biens non professionnels
de l’entrepreneur individuel
Comme nous l’avons déjà évoqué en série 2, le législateur est intervenu à plusieurs reprises afin
de protéger des créanciers professionnels les biens non professionnels de l’entrepreneur indivi-
duel (commerçant ou non).
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UE 111 • Introduction au droit
sa résidence principale est insaisissable. Cette déclaration doit se faire par acte notarié,
être publiée au bureau des hypothèques et mentionnée au rCS. Elle rend insaisissables par
les créanciers professionnels dont la créance est née postérieurement à la déclaration les
droits que le déclarant détient sur l’immeuble où est fixée sa résidence principale.