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Introduction à la physique du LASER

Ce document décrit le fonctionnement d'un laser en présentant les concepts clés comme le milieu amplificateur, l'oscillateur optique, l'inversion de population nécessaire à l'amplification de la lumière et les propriétés du faisceau laser. Il explique notamment les niveaux d'énergie des atomes, les transitions radiatives, la nécessité d'une inversion de population et le rôle du pompage.

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Introduction à la physique du LASER

Ce document décrit le fonctionnement d'un laser en présentant les concepts clés comme le milieu amplificateur, l'oscillateur optique, l'inversion de population nécessaire à l'amplification de la lumière et les propriétés du faisceau laser. Il explique notamment les niveaux d'énergie des atomes, les transitions radiatives, la nécessité d'une inversion de population et le rôle du pompage.

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Introduction à la physique du LASER

1. Présentation rapide de la constitution d’un LASER


2. Milieu amplificateur de lumière
2.1. Niveaux énergétiques d’un atome
2.2. Transitions radiatives entre deux niveaux d’énergie
2.3. Probabilités de transition : coefficients d’Einstein
2.4. Nécessité d’une inversion de population – Pompage
2.5. (Limite programme) Largeur de raie
3. Oscillateur électronique : oscillateur à pont de Wien
3.1. Structure générale d’un oscillateur
3.2. Condition d’oscillation – Fréquence d’oscillation – Rôle des non-linéarités
4. Oscillateur optique : le LASER
4.1. Analogie structurelle avec l’oscillateur électronique
4.2. Gain par unité de longueur de la cavité
4.3. Condition du démarrage des oscillations
4.4. Origine physique de la saturation du gain
4.5. Spectre de la lumière laser : filtrage PBande + profil de raie
5. Propriétés optiques d’un faisceau spatialement limité
5.1. Description simplifiée d’un faisceau gaussien
5.2. Rôle de la diffraction dans l’ouverture angulaire du faisceau à grande distance
5.3. Transformation d’un faisceau cylindrique en faisceau conique et inversement

Intro : Ce chapitre est essentiellement descriptif. L’effet LASER est fondamentalement une amplification de la
lumière. On commence donc par présenter comment réaliser un milieu amplificateur.
Pour que le dispositif émette sa propre lumière, il doit se mettre « à osciller » spontanément, sans excitation
extérieure. Après présentation de l’oscillateur électronique à pont de Wien, on explique en quoi un appareil laser
est un oscillateur optique.
On termine par une description géométrique du faisceau d’un laser, et de l’effet d’une lentille CV sur la section et
la divergence angulaire du faisceau.

1 Moreggia PC 2019/2020
1. Présentation rapide de la constitution d’un LASER
LASER signifie Light Amplification by Stimulated Emission of Radiation (en français : amplification de la
lumière par émission stimulée de rayonnement). On parle « d’effet laser ». Par abus de langage, on désigne aussi
par « laser » les dispositifs émettant ce type de lumière spatialement et temporellement très cohérente.

Une source laser associe un milieu amplificateur à une cavité optique, encore appelée résonateur, généralement
constituée de deux miroirs, dont au moins l'un des deux est partiellement réfléchissant : une faible partie de la
lumière sort de la cavité et l'autre partie est réfléchie vers l'intérieur de la cavité laser.

Le milieu est amplificateur, au sens où il fournit de l’énergie à la lumière qui le traverse. Donc il doit par ailleurs
être excité, i.e. recevoir un apport extérieur d’énergie, souvent par une décharge électrique. Le milieu
amplificateur peut être gazeux (laser He-Ne en TP), liquide (laser à colorant), ou solide (laser à cristaux).

Pour le laser He-Ne du labo, les ordres de grandeur sont :

La puissance surfacique est donc : P = 4 kW.m-2, et le champ électrique de l’ordre de E = 1kV.m-1

2 Moreggia PC 2019/2020
2. Milieu amplificateur de lumière
2.1. Niveaux énergétiques d’un atome

L’énergie des atomes prend des valeurs quantifiées.

Un niveau d’énergie i donné est caractérisé par :


- son énergie Ei
- sa dégénérescence gi (nombre d’états quantiques de même énergie, ex : le niveau 2p est dégénéré 6 fois)
- le nombre d’atomes par unité de volume Ni possédant cette énergie, appelé population ;
- sa durée de vie 𝜏𝑖
Conformément au programme, on se retreint à des systèmes à deux niveaux, non dégénérés.

A l’équilibre thermodynamique, la population de chacun des deux niveaux est proportionnelle au facteur de
Boltzmann. Ainsi le rapport des populations s’exprime ainsi :
𝑁1 −(𝐸1 −𝐸2 )
= 𝑒 𝑘𝐵 𝑇
𝑁2
où 𝑘𝐵 est la constante de Boltzmann. Cette loi indique qu’à l’équilibre thermodynamique, ce sont les niveaux
d’énergie les plus bas qui sont les plus peuplés, et que la température tend à homogénéiser les populations des
deux niveaux.

2.2. Transitions radiatives entre deux niveaux d’énergie

Le passage d’un électron d’un niveau d’énergie E2 à un niveau d’énergie E1 < E2 donne lieu à l’émission d’un
photon tel que (c’est une simplification, cf. plus loin largeur de raie) :
𝐸2 − 𝐸1 = ℎ𝜈0

Cette émission peut se produire de deux manières :


 émission spontanée d’un photon de fréquence 𝜈0 ; un électron passe spontanément (sans intervention
extérieure) du niveau E2 au niveau E1. C’est un processus aléatoire
 émission stimulée (ou induite) d’un photon provoquée par un photon incident

Différences entre les émissions spontanée et stimulée

Emission spontanée (ne dépend pas de l’intensité d’un éventuel rayonnement incident) :
- direction d’émission aléatoire
- fréquence aléatoire (très voisine de 𝜈0 , cf. plus loin « largeur de raie »)
- retard de phase à l’émission et polarisation aléatoires

Emission stimulée (dépend de l’intensité du rayonnement incident) :


- exactement la même fréquence que le photon incident
- direction d’émission fixée par la direction du photon incident
- même retard de phase à l’émission, même polarisation

C’est évidemment le processus d’émission stimulée qui réalise l’amplification du rayonnement, puisqu’un
photon incident donne lieu en sortie à deux photons identiques.

Le passage d’un électron d’un niveau d’énergie E1 à un niveau d’énergie E2 > E1 est provoqué par l’absorption
d’un photon tel que :
𝐸2 − 𝐸1 = ℎ𝜈0

On représente les trois types de transition schématiquement par :

3 Moreggia PC 2019/2020
2.3. Probabilités de transition : coefficients d’Einstein

Probabilité par unité de temps d’une transition 𝒂 → 𝒃

Pendant une durée 𝑑𝑡, la variation de population provoquée par une transition 𝑎 → 𝑏
est proportionnelle à la durée 𝒅𝒕 et à la population 𝑵𝒂 du niveau 𝑎 de départ.

Le coefficient de proportionnalité définit la probabilité 𝒑𝒕𝒓𝒂𝒏𝒔𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏 de transition par unité de temps


𝑑𝑁𝑎 ≝ −𝑁𝑎 × 𝒑𝒕𝒓𝒂𝒏𝒔𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏 × 𝑑𝑡
𝑑𝑁𝑏 = −𝑑𝑁𝑎

 Décliner cette définition pour les trois transitions possibles, en adaptant les notations
 Quelle est l’unité d’une probabilité par unité de temps ?

Coefficient d’Einstein 𝑨𝟐𝟏 𝑩𝟐𝟏 et 𝑩𝟏𝟐

Emission spontanée : 𝑝𝑠𝑝 ≝ 𝑨𝟐𝟏


Emission stimulée : 𝑝𝑠𝑡 ≝ 𝑢(𝜈0 )𝑩𝟐𝟏
Absorption : 𝑝𝑎𝑏 ≝ 𝑢(𝜈0 )𝑩𝟏𝟐

où 𝑢(𝜈0 ) est l’énergie électromagnétique par unité de volume et par unité de fréquence
(« densité spectrale d’énergie volumique », notée 𝑢𝜈 dans le cours sur le corps noir)

Dans le cas de niveaux non-dégénérés : 𝑩𝟐𝟏 = 𝑩𝟏𝟐

 Justifier l’absence ou la présence du terme 𝑢(𝜈0 ) dans les définitions des coefficients ci-dessus
 Préciser les unités des coefficients d’Einstein

Emission spontanée :
 Déterminer l’évolution temporelle de la population 𝑁2 (𝑡) du niveau excité dans le cas où seule l’émission
spontanée existe (absence de rayonnement incident par exemple)
 En déduire une relation entre le temps de vie 𝜏2 de l’état excité et le coefficient 𝐴21

2.4. Nécessité d’une inversion de population – Pompage


𝑑𝑁𝑝ℎ
 Exprimer la variation du nombre de photons par unité de volume de la cavité, par unité de temps, en
𝑑𝑡
fonction des populations 𝑁1 et 𝑁2 , de la densité d’énergie électromagnétique (supposée indépendante de la
position) 𝑢(𝜈0 ) et des coefficients d’Einstein

Si la densité volumique (et spectrale) d’énergie électromagnétique est suffisamment grande dans la cavité (ce que
l’on cherche à réaliser par construction), on peut alors négliger dans l’équation précédente l’émission spontanée
devant les deux autres processus.

 En déduire que l’amplification du nombre de photons n’est possible que si 𝑁2 > 𝑁1

Inversion de population

Pour que le milieu soit amplificateur de lumière, il faut réaliser une inversion de population : 𝑵𝟐 > 𝑵𝟏

Or à l’équilibre thermodynamique, le niveau 1 est nécessairement le plus peuplé. Pour réaliser une inversion de
population, il faut réaliser un « pompage », en apportant de l’énergie sous forme électrique ou optique.

Remarque hors-programme : l’inversion de population est impossible avec un système à deux niveaux, en effet
𝑁2 𝑢(𝜈).𝐵
quel que soit le procédé de pompage, en régime stationnaire : = < 1 (admis)
𝑁1 𝑢(𝜈).𝐵+𝐴

4 Moreggia PC 2019/2020
Afin de peupler le niveau E2 du néon, on utilise un autre niveau d’énergie E 3 E
(dans le laser He-Ne, un niveau de l’atome d’He).
Une décharge électrique haute tension provoque le remplissage du niveau E 3, E2
légèrement plus élevé que le niveau E2.
Par collisions, les atomes de néon sont excités au niveau E 2 et réalisent
l’inversion de population du néon.
E1

2.5. (Limite programme) Largeur de raie Helium (85%) Neon (15%)

Les niveaux d’énergie ont en réalité une certaine largeur due :


- à la largeur « naturelle » associée à la durée d’un train d’onde (cf.
modèle scalaire de la lumière), i.e. à la durée de vie de l’état excité (en quantique : 4e relation Heisenberg)
- aux chocs : un choc provoque l’émission spontanée d’un photon, et raccourcit donc la durée de vie de
l’état excité, donc la largeur naturelle
- à l’effet Doppler (principal effet dans le laser He-Ne)

La différence d’énergie Δ𝐸 entre les deux niveaux n’est pas parfaitement fixée,
mais distribuée autour d’une valeur centrale ℎ𝜈0 .

Il faut alors introduire un profil de raie 𝝋(𝝂), qui représente la probabilité


que la transition atomique se fasse avec un saut 𝜟𝑬 = 𝒉𝝂, par absorption ou émission de photon de fréquence 𝜈
φ(ν)

Le profil de raie est normé par :



∫ 𝜑(𝜈). 𝑑𝜈 = 1 ∆ν
0

Ordre de grandeur pour le laser He-Ne :


𝜈0 = 4,7 1014 𝐻𝑧 et ∆ν = 1,5 GHz
ν0 ν
Il faut alors modifier l’expression des probabilités de
transition, puisqu’elles ne doivent plus être écrites pour une fréquence unique 𝜈0 , mais pour toute fréquence 𝜈. Il
faut évidemment pondérer ces expressions par la probabilité 𝜑(𝜈) que la transition s’effectue à la fréquence 𝜈
considérée (probabilité d’autant plus grande que la fréquence est proche de la valeur 𝜈0 ).

Coefficient d’Einstein 𝑨𝟐𝟏 𝑩𝟐𝟏 et 𝑩𝟏𝟐

Emission spontanée : 𝑝𝑠𝑝 ≝ 𝜑(𝜈)𝑨𝟐𝟏


Emission stimulée : 𝑝𝑠𝑡 ≝ 𝑢(𝜈)𝜑(𝜈)𝑩𝟐𝟏
Absorption : 𝑝𝑎𝑏 ≝ 𝑢(𝜈)𝜑(𝜈)𝑩𝟏𝟐

3. Oscillateur électronique : oscillateur à pont de Wien


On appelle ici « oscillateur » un dispositif capable de se mettre à osciller seul, sans excitation oscillante
extérieure. Un exemple évident est l’évolution périodique de la trotteuse d’une montre à quartz. La source
d’énergie (la pile) est continue, mais un mécanisme interne se met spontanément à osciller à une fréquence bien
précise, et permet de régler le battement de la trotteuse pour marquer la seconde.
Amplificateur
3.1. Structure générale d’un oscillateur de gain G

Cet oscillateur se compose :
 d’un amplificateur de gain G, admettant une saturation Filtre de fonction de
 d’un filtre passe-bande de FTransfert H transfert H

5 Moreggia PC 2019/2020
Ci-contre est représenté l’oscillateur de Wien, construit à partir d’un
montage amplificateur non-inverseur (bloc de gauche, HPgm, branché
à une alimentation continue), et d’un filtre de Wien (bloc de droite).
𝑉1
En régime linéaire, la FTransfert de l’amplificateur est réelle et
𝑉2
𝑅2
indépendante de la fréquence. Son gain s’écrit 𝐺 = 1 +
𝑅1

 Montrer que la FTransfert du filtre de Wien (chaîne retour) s’écrit :


𝑉2 1
𝐻(𝜔) ≝ =
𝑉1 3 + 𝑗(𝑅𝐶𝜔 − 1 )
𝑅𝐶𝜔

NB : on peut choisir 𝑉1 ou 𝑉2 comme grandeur représentative du fonctionnement du montage global (sa « sortie »)

3.2. Condition d’oscillation – Fréquence d’oscillation – Rôle des non-linéarités

On se place en notation complexe en supposant l’existence possible d’un régime sinusoïdal.


Le bouclage des deux blocs impose alors (idem avec 𝑉2 ) :
𝐺𝐻 × 𝑉1 = 𝑉1
𝐺𝐻 = 1

 Déduire de cette dernière ligne la valeur du gain nécessaire, et la fréquence des oscillations
 Retrouver ces résultats en exprimant 𝐺𝐻 × 𝑉1 = 𝑉1 en notation
réelle pour établir l’équation différentielle vérifiée par 𝑣1 (𝑡).

L’égalité 𝐺 = 3 ne peut être réalisée parfaitement.


 Expliquer pourquoi si 𝐺 ≳ 3, alors le système est instable, i.e. tout
écart de 𝑉1 par rapport à 0 va être exponentiellement amplifié

Manip de cours : on vérifie les aspects suivants :


- le démarrage des oscillations se fait quand 𝐺 > 3
- lors de la phase de démarrage, les oscillations sont
exponentiellement amplifiées
- elles se stabilisent, et sont quasi-sinusoïdales : on peut mettre en évidence un écart au sinus par une
analyse de Fourier (harmoniques supplémentaires)

Démarrage et stabilisation des oscillations

Démarrage si le gain est supérieur à un certain seuil : l’apport d’énergie extérieur doit dépasser les pertes.
Les oscillations démarrent sur du bruit de fond.
Elles se stabilisent grâce à une non-linéarité du bloc amplificateur (saturation généralement).

4. Oscillateur optique : le LASER


4.1. Analogie structurelle avec l’oscillateur électronique

La cavité du laser contient un milieu amplificateur, analogue au bloc amplificateur de l’oscillateur de Wien. On
verra plus loin que l’on peut définir un gain 𝐾 par unité de longueur. La grandeur amplifiée par le milieu est la
puissance transportée par l’onde électromagnétique à travers une section de la cavité (ou de manière équivalente
le débit de photons).

Les miroirs à chaque extrémité permettent à l’onde de traverser à nouveau le milieu amplificateur, et l’ensemble
des deux miroirs constituent donc la chaîne de retour analogue à celle de l’oscillateur électronique précédent
6 Moreggia PC 2019/2020
(FTransfert 𝐻, filtre de Wien). On verra en outre que la présence des miroirs impose une condition sur les
fréquences des ondes admissibles dans la cavité. En ce sens, la cavité joue le rôle d’un filtre en fréquence qui
assure le bouclage de l’oscillateur laser : la cavité filtre les fréquences des OEM qui peuvent s’y propager
durablement.

On verra aussi que l’augmentation de l’énergie électromagnétique dans la cavité (régime transitoire au démarrage
du laser) limite l’inversion de population et provoque une saturation du gain : c’est cette non-linéarité qui va
fixer la puissance émise par le laser.

Comme dans le cas de l’oscillateur de Wien, le « démarrage des oscillations optiques » (i.e. l’apparition d’ondes
lumineuses dans la cavité) se fait à partir du bruit de fond existant dans la cavité. C’est un photon émis
spontanément qui fait démarrer le laser.

4.2. Gain par unité de longueur de la cavité

Dans le raisonnement suivant, on considère les OPPH de fréquences comprises


entre [𝜐, 𝜐 + 𝑑𝜐] se propageant selon l’axe ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑥 de la cavité (situation 1D). On note
𝑢𝑥
⃗⃗⃗⃗
Π la projection du vecteur de Poynting selon cet axe.

On n’insistera pas sur cet aspect, mais notons que le raisonnement suivant se fait par unité de volume et par unité
de fréquence, car l’on introduit le profil de raie 𝜑(𝜐) dans l’expression des probabilités de transition.

L’équation locale de conservation de l’énergie appliquée à cette onde s’écrit :


𝜕Π 𝜕𝑢
+ = 𝑃𝑒𝑚𝑖𝑠 − 𝑃𝑎𝑏𝑠 − 𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒
𝜕𝑥 𝜕𝑡
𝑃𝑒𝑚𝑖𝑠 > 0 étant la puissance volumique (par unité de fréquence) émise par émissions spontanée et stimulée
𝑃𝑎𝑏𝑠 > 0 étant la puissance volumique (par unité de fréquence) perdue par absorption
𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒 > 0 regroupant toutes les pertes subies par l’onde se propageant dans la cavité : lumière qui sort de la
cavité (faisceau laser !), diffraction due aux dimensions finies des miroirs, etc.

 Justifier les signes


 Interpréter physiquement les termes restants
 Justifier les expressions ci-dessous :
𝑑𝑁2 𝑑𝑁2
𝑃𝑒𝑚𝑖𝑠 = −ℎ𝜈 (( ) +( ) ) = ℎ𝜈 × 𝜑(𝜐) × 𝑁2 (𝐵𝑢(𝜐) + 𝐴)
𝑑𝑡 𝑠𝑝 𝑑𝑡 𝑠𝑡
𝑑𝑁1
𝑃𝑎𝑏𝑠 = −ℎ𝜈 ( ) = ℎ𝜈 × 𝜑(𝜐) × 𝑁1 × 𝐵𝑢(𝜐)
𝑑𝑡 𝑎𝑏

Dans un milieu dilué (c’est le cas du milieu amplificateur), on a approximativement la même relation que dans le
vide : Π = c × u. En comptant l’émission spontanée dans les pertes (photons partent dans une mauvaise direction,
donc perdus pour l’onde à amplifier), on obtient :
𝜕Π 1 𝜕Π
+ = 𝐾(𝜐)Π − 𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒
𝜕𝑥 𝑐 𝜕𝑡

en définissant le gain de la cavité par unité de longueur :


ℎ𝜈
𝑲(𝝊) ≝ 𝜑(𝜐)𝐵(𝑁2 − 𝑁1 )
𝑐

On voit en effet que le terme où apparaît 𝐾 est un terme source dans l’équation de conservation de l’énergie
électromagnétique, ssi 𝐾 > 0 donc ssi 𝑁2 > 𝑁1 … i.e. s’il y a inversion de population. On remarque d’ailleurs que
ce gain est proportionnel à l’inversion de population.

 Pour bien comprendre en quoi 𝐾 est un gain par unité de longueur, déterminer l’évolution spatiale de Π(x) en
régime permanent, en supposant les pertes nulles.

7 Moreggia PC 2019/2020
4.3. Condition du démarrage des oscillations

En intégrant l’expression précédente sur la longueur 𝐿 de la cavité et en remarquant que Π(x = 0) et Π(x = L)
sont nuls (sortie du faisceau sur miroir en 𝑥 = 𝐿 prise en compte dans les pertes), on établit l’équation vérifiée par
la projection du vecteur de Poynting Πm moyenné le long de la cavité :
1 𝑑Πm
= 𝐾(𝜐)Πm − 𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒
𝑐 𝑑𝑡 𝑚
En supposant les pertes proportionnelles à la puissance surfacique : 𝑃𝑝𝑒𝑟𝑡𝑒 = 𝛼Πm , on trouve que la puissance
surfacique circulant dans la cavité peut être amplifiée si le gain est supérieur au coefficient de perte :
𝐾>𝛼
C’est la condition d’oscillation à remplir pour faire démarrer le laser.

Condition de démarrage du laser

Le laser démarre si le gain (initial, non-saturé) est supérieur aux pertes.

4.4. Origine physique de la saturation du gain

On peut montrer que l’inversion de population est une fonction décroissante de la puissance lumineuse présente
dans la cavité. C’est cette non-linéarité (dépendance du gain avec la grandeur d’entrée) qui provoque une
diminution du gain à mesure que la puissance lumineuse augmente.

Initialement, le gain était supérieur aux pertes. Pendant le démarrage du laser, le gain diminue petit-à-petit,
jusqu’à devenir égal aux pertes, et le système atteint alors le régime stationnaire.

Fonctionnement en régime permanent

Le gain diminue à mesure que la puissance lumineuse augmente (non-linéarité du gain).


Lorsque le gain égale les pertes, le régime permanent est atteint.
La puissance émise par le laser est donc entre autre déterminée par cette non-linéarité.

4.5. Spectre de la lumière laser : filtrage PBande + profil de raie

Pour le moment, tous nos raisonnements ont concerné des ondes de fréquence 𝜐,
voisine de 𝜐0 et comprise dans l’intervalle du profil de raie des transitions 1 ↔ 2.

Mais toutes les fréquences du profil de raie ne sont pas émises par le laser. En
assimilant les miroirs à des conducteurs parfaits, on sait que le champ électrique doit
être nuls sur les miroirs. Ces conditions à la limite sont analogues à celles d’une corde
fixée à ses deux extrémités.

Les fréquences possibles doivent donc vérifier (𝑛 indice du milieu) :


𝑐
𝜐𝑘 = 𝑘 , 𝑘 ∈ ℕ∗
2𝑛𝐿
Ce sont les modes de la cavité. C’est en cela que la cavité est un filtre en fréquence,
seuls certains modes sont autorisés.

De tous les modes autorisés par la cavité, ceux qui sont alors véritablement émis sont
ceux pour lesquels le gain est supérieur aux pertes : le laser peut démarrer sur ces
modes. Si plusieurs modes sont possibles, alors le laser est dit multimode. Lorsqu’un
photon est émis, le mode de ce photon est « choisi » aléatoirement.

NB : la fréquence des modes n’est pas parfaitement fixée, cela dépend du facteur de qualité du filtre constitué par
la cavité. Cela dépend notamment de la réflectivité des miroirs. Pour les lasers monomode, c’est cette largeur du
mode qui fixe la cohérence temporelle du laser (la plus grande cohérence des sources que nous connaissons).

8 Moreggia PC 2019/2020
5. Propriétés optiques d’un faisceau spatialement limité
5.1. Description simplifiée d’un faisceau gaussien

L’onde laser est limitée spatialement ; elle ne peut être décrite par une onde plane homogène.
L’amplitude d’une onde se propageant selon Oz peut s’écrire :
𝐸(𝑟, 𝜃, 𝑧, 𝑡) = 𝑓(𝑟, 𝜃, 𝑧)𝑒 𝑗(𝜔𝑡−𝑘𝑧)

On admet qu’une solution pour l’intensité du faisceau est une gaussienne :


2𝑟 2

I(𝑟, 𝜃, z) = I0 (z). e 𝑤 2 (𝑧)
avec :
𝑧 2
𝑤(𝑧) = 𝑤0 √1 + ( )
𝐿𝑅
avec la longueur de Rayleigh :
𝜋w02
𝐿𝑅 =
𝜆

2w0

𝐿𝑅 = 𝜋𝑤02 /𝜆 ~ 0,5 𝑚

Ainsi, le spot laser (interception du faisceau par un écran) que l’on observe en TP correspond à une répartition
gaussienne de l’intensité, décroissante à partir du centre du spot.

Le paramètre 𝑤(𝑧) peut être choisi pour caractériser la largeur du spot. Ce n’est pas une largeur à mi-hauteur,
mais une largeur telle que 𝐼(𝑟 = 𝑤) = 𝐼0 /𝑒 2 . On pourra intuitivement l’assimiler au rayon visible du spot. Ainsi
la fonction 𝒘(𝒛) est représentative de l’extension transversale du faisceau laser.

Ce rayon est minimal pour z = 0 et sa dimension 𝒘𝟎 se nomme le waist (ceinture en anglais).


AN : pour le laser He-Ne : 𝑤0 = 0,3 𝑚𝑚
NB : 𝑧 = 0 n’est pas forcément accessible en TP, car cette position peut se trouver dans la cavité

 Montrer que dans le cas |𝑧| ≪ LR le faisceau 𝑤(𝑧) est alors approximativement cylindrique, de rayon 𝑤0
 Montrer que dans le cas |𝑧| ≫ LR le faisceau 𝑤(𝑧) est approximativement conique, centré sur 𝑧 = 0.
Déterminer son demi-angle au sommet
 Montrer que l’intersection de ces deux faisceaux asymptotiques à lieu en 𝑧 = LR . Quelle est le rayon du
faisceau en cette position ?
 AN de 𝐿𝑅 dans le cas du laser He-Ne

Faisceaux asymptotiques – Longueur de Rayleigh

z 2
On définit la longueur de Rayleigh 𝐿𝑅 par 𝑤(𝑧) = 𝑤0 √1 + ( )
𝐋𝐑
En deçà de la longueur de Rayleigh, le faisceau est approximativement cylindrique de rayon égal au waist.
𝒘
Au-delà, le faisceau est approximativement conique, centré sur 𝒛 = 𝟎 et de demi-angle 𝜽 = 𝟎.
𝑳𝑹

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5.2. Rôle de la diffraction dans l’ouverture angulaire du faisceau à grande distance
𝝀
D’après l’expression de l’angle 𝜃 = , on remarque donc que plus le waist est étroit, plus le faisceau diverge.
𝝅𝒘𝟎
C’est comme si le faisceau laser passait par un trou de la taille du waist : la divergence du faisceau émergent est
dicté par la diffraction. Cela confirme ce que l’on a déjà dit en optique ondulatoire : la diffraction est toujours
associé à la limitation transverse d’un faisceau.

 Faire une application numérique dans le cas du laser He-Ne


 Quelle serait la taille du spot si l’on visait la Lune avec le laser (380 000 km) ?

5.3. Transformation d’un faisceau cylindrique en faisceau conique et inversement

On interpose une lentille CV telle que 𝑓1′ ≪ 𝐿𝑅 dans la zone où le faisceau est cylindrique.
On admet alors les propriétés suivantes, qui donnent la méthode à suivre :
- le faisceau émergent est toujours gaussien (relations 𝜃 ↔ 𝑤0 et 𝐿𝑅 ↔ 𝑤0 toujours valables)
- son asymptote conique se construit en suivant les lois de l’optique géométrique
- cela permet ensuite de positionner le waist et de déterminer son ouverture angulaire
- en invoquant le retour inverse, on déduit la dimension du waist à partir de l’ouverture angulaire

 Dessiner les faisceaux asymptotiques incident et émergent.


 En déduire l’allure des faisceaux gaussiens
 Déterminer la position du waist du faisceau émergent
 Déterminer son ouverture angulaire 𝜃′ et la dimension 𝑤0 ′ de son waist
 Pour vérifier que le faisceau est bien conique juste après la lentille, déterminer sa longueur de Rayleigh 𝐿𝑅 ′

 Pour rester dans les conditions de Gauss, on ne peut pas réaliser 𝑓1′ < 𝑤0 . Au mieux 𝑓1′ ~𝑤0 . En déduire la
valeur minimale de 𝑤0 ′. Que vaut alors l’ouverture angulaire ? Et la longueur de Rayleigh ?

Transformer un faisceau cylindrique en faisceau conique

Il suffit d’interposer une lentille CV 𝑓 ′ ≪ 𝐿𝑅 dans la zone cylindrique du faisceau incident.


Le faisceau émergent est conique à la sortie de la lentille. Son waist est sur le foyer image.
Cela permet par exemple d’obtenir un waist de l’ordre de la longueur d’onde.

En utilisant le retour inverse de la lumière, on voit bien comment transformer un faisceau conique en faisceau
cylindrique : il suffit de placer le waist du faisceau sur le foyer principal 𝐹 d’une lentille CV telle que 𝑓′ ≫ 𝐿𝑅 .

C’est ce que l’on va étudier à présent, en partant du montage précédent


pour réaliser un doublet afocal. On va montrer que le doublet permet
alors de générer un faisceau laser de très faible ouverture angulaire.

𝑤0
𝐿1
𝑤0 ′ 𝐿 𝑤0′′
2
| 𝜃 → | 𝜃′ → | 𝜃′′
𝐿𝑅 𝐿𝑅 ′ 𝐿𝑅 ′′
𝑤0 𝑤0 ′
𝜃
 En utilisant le retour inverse de la lumière, on peut utiliser les relations entre | et | 𝜃′ pour en déduire les
𝐿𝑅 𝐿𝑅 ′
𝑤0 ′ 𝑤 0′′
relations entre | 𝜃′ et | 𝜃′′
𝐿𝑅 ′ 𝐿𝑅 ′′
𝜃′′ 𝑤0′′ 𝐿′′
 Déterminer alors les rapports , et 𝑅
.
𝜃 𝑤0 𝐿𝑅

NB : cette technique est utilisée pour réduire la divergence angulaire des lasers pointant vers la lune pour mesurer la distance
𝑓2′
Terre-Lune avec précision. Dans ce cas = 125. Le spot avant transformation fait 12 mm, la longueur d’onde 532 nm et
𝑓1′
𝜃 = 0,2 𝑚𝑟𝑎𝑑. On trouve que la taille du spot sur la Lune est de l’ordre du km (125 plus petite comparée à l’absence de
doublet, donc une puissance surfacique sur le sol lunaire 15000 fois plus grande)
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