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Réduction et Diagonalisation des Matrices

Ce document traite de la réduction des endomorphismes et des matrices. Il présente les notions d'ordre de multiplicité d'une valeur propre, d'endomorphismes et matrices diagonalisables, et donne une condition nécessaire et suffisante pour qu'un endomorphisme ou une matrice soit diagonalisable.

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Réduction et Diagonalisation des Matrices

Ce document traite de la réduction des endomorphismes et des matrices. Il présente les notions d'ordre de multiplicité d'une valeur propre, d'endomorphismes et matrices diagonalisables, et donne une condition nécessaire et suffisante pour qu'un endomorphisme ou une matrice soit diagonalisable.

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CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

C HAPITRE VI: R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

Dans ce chapitre, K = R ou C. A est une matrice carrée d’ordre n. E est un espace vectoriel de dimension finie n.
f est un endomorphisme de E de matrice M dans une base quelconque de E.

I) Ordre de multiplicité d’une valeur propre


On rappelle que :
λ est valeur propre de f ⇔

On rappelle, par ailleurs, que dans le cours de PTSI : si P est un polynôme de K[X], a ∈ K et k ∈ N∗
a est une racine de P ⇔
a est une racine de multiplicité k ⇔

P est un polynôme scindé dans K[X] si

Définition : Ordre de multiplicité d’une valeur propre


Si λ est une valeur propre de f (resp. de A),
l’ordre de multiplicité m(λ) de λ est sa multiplicité en tant que racine de χA (resp χ f = χM )
Théorème : multiplicité et dimension de l’espace propre
Si λ est une valeur propre de f (resp. de A), alors
1 É dim Eλ ( f ) = dim Ker ( f − λi d E ) É m(λ)
(resp. 1 É dim Eλ (A) = dim Ker (A − λIn ) É m(λ))
Corollaire : valeur propre simple
Si λ est une valeur propre simple de f (resp. de A), alors dim Eλ ( f ) = 1 = m(λ) (resp. dim Eλ (A) = 1 = m(λ))
1 −1 α

E XEMPLE N O 1 Déterminer, suivant les valeurs α ∈ R,les valeurs propres et la multiplicité pour M =  0 2 −α 
1 1 2−α
Proposition : Trace, déterminant et valeurs propres
Si χ f (resp χA ) est un polynôme scindé dans K[X] alors
• det( f ) est le produit des valeurs propres (comptées avec leur multiplicité)
• Tr( f ) est la somme des valeurs propres (comptées avec leur multiplicité)

En vertu du théorème fondamental de l’algèbre, χ f (resp. χA ) est nécessairement scindé sur C[X] :
n n
Si SpC ( f ) = {λ1 , . . . , λn } (valeur propre comptée avec multiplicité) alors det( f ) = λk et Tr( f ) = λk
Y X
k=1 k=1
 
E XEMPLE N O 2 0 n ... n
 .. .. 
 n 0 . . 
Déterminer, sans calculer de déterminant, le polynôme caractéristique de A =   ∈ Mn (R) où n Ê 2
 
.. .. ..
. . . n 
 
On pourra commencer par étudier le rang de A + nI n

n ... n 0

1/9 LEROY - PT Paul Constans


CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

II) Endomorphismes et matrices diagonalisables

II-1) Définition et premiers exemples

Définition : Endomorphismes et matrices diagonalisables

• Un endomorphisme f d’un espace E est diagonalisable de dimension finie est diagonalisable s’il existe une base
de E dans laquelle sa matrice est diagonale.
• Une matrice carrée A est diagonalisable dans Mn (K) si elle est semblable à une matrice diagonale.
Autrement dit si l’endomorphisme canoniquement associé à A est diagonalisable sur Kn .

λ1 0 . . . 0
 
. 
 0 λ2 . . . .. 

Dans une telle base B = (e 1 , . . . e n ) où la matrice est de la forme D =  . .

.
 dans Mn (K) alors
 .. . . . 
. 0 
0 . . . 0 λn

• le polynôme caractéristique est nécessairement scindé dans Mn (K) :

Conséquence : Diagonaliser f (ou A), c’est trouver une base de vecteurs propres.
Attention ! Une matrice (ou un endomorphisme) n’est pas toujours diagonalisable !

Proposition : Exemples d’endomorphismes diagonalisables


Les projecteurs et les symétries d’un espace de dimension finie sont diagonalisables.
Si p ∈ L (E) est un projecteur où dim E = n, alors
Sp(p) = et χp (x) =
Si s ∈ L (E) est une symétrie où dim E = n alors
Sp(s) = et χs (x) =
µ ¶ µ ¶
0 1 0 1
Considérons les matrices A = et B = alors
0 0 −1 0

χA = et χB (X) =
Ainsi, Sp(A) = de sorte que A n’est pas diagonalisable :

Une matrice réelle peut être diagonalisable dans Mn (C) mais ne pas l’être dans Mn (R)
En effet : B n’est pas diagonalisable dans Mn (R) car
mais : SpC (B) = aussi :

2/9 LEROY - PT Paul Constans


CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

II-2) Condition nécessaire et suffisante de diagonalisation

Théorème : caractérisation de la diagonalisation par la somme directe des sev propres


f (resp. A) est diagonalisable
⇔ il existe une base de E constituée de vecteurs propres de f (resp. A)
⇔ la somme (qui est directe) des sous-espaces propres de f (resp. A) vaut E (resp. Kn )

Théorème fondamental : caractérisation de la diagonalisation par dimension des sev propres


f (resp. A) est diagonalisable dans Mn (K)
le polynôme caractéristique est scindé dans K[X]
½

la multiplicité de chaque valeur propre est égal à la dimension du sous-espace propre associé
autrement :
χ f (resp. χA ) est scindé dans K[X]
½
f (resp. A) est diagonalisable ⇔
∀λ ∈ Sp( f ) (resp. Sp(A)), m(λ) = dim Eλ ( f ) (resp. dim Eλ (A))

Corollaire : Une condition suffisante de diagonalisabilité


Si f (resp A) possède n valeurs propres distinctes alors f (resp A) est diagonalisable.
Remarque : Dans ce cas, χ f est un polynôme scindé à racines simples.

Remarque (pour les 5/2) : On disposera plus tard d’une autre condition suffisante de diagonalisabilité :

α
 
1 −1
S UITE EXEMPLE N O 1 Pour quelles valeurs du réel α, la matrice M =  0 2 −α  est diagonalisable ?
1 1 2−α
 
0 n ... n
. 
 n 0 . . . .. 

S UITE EXEMPLE N O 2 La matrice A =   ∈ Mn (R) où n Ê 2 est-elle diagonalisable ?
 .. . . . . 
 . . . n 
n ... n 0

3/9 LEROY - PT Paul Constans


CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

Méthode : Plan de diagonalisation


On considère l’endomorphisme f associé à la matrice A.
Sauf indication du sujet et cas particulier, pour répondre à la question :
• f est-il diagonalisable (resp. A est-elle diagonalisable ?) On détermine le polynôme caractéristique.

− S’il n’est pas scindé, f (resp. A) n’est pas diagonalisable.


− S’il est scindé (c’est le cas si K = C), on compare m(λ) avec dim E(λ), dimension du sev propre associé.
uniquement pour les valeurs propres λ uniquement avec m(λ) > 1.
Il n’est pas forcément nécessaire de déterminer une base de l’espace propre car :
dim E(λ) = n − rg( f − λi d ) = n − rg(A − λIn ) (théorème du rang)

soit il y a une valeur propre avec m(λ) 6= dim E(λ) et f (resp. A) n’est pas diagonalisable.
soit ∀λ ∈ Sp( f ) = Sp(A), m(λ) = dim E(λ) et f (resp. A) est diagonalisable.

• diagonaliser f (resp. A) (autrement dit on sait déjà que f (resp A) est diagonalisable)

− on recherche le polynôme caractéristique (qu’on peut parfois obtenir sans calcul de déterminant)
− on recherche une base de chacun des espaces propres.
Pour λ valeur propre, on examine la matrice A − λIn . Puisqu’on connaît dim E(λ) = m(λ), il suffit :

soit de chercher une famille libre de m(λ) vecteurs de E(λ) (à l’aide des colonnes de A − λIn )
soit de chercher une famille génératrice de Eλ avec m(λ) vecteurs ( en résolvant le système (A − λIn )X = 0n1 )

− on obtient une base B de vecteurs propres en réunissant les bases des différents espaces propres
− on peut écrire :
- la matrice diagonale D associée (attention à l’ordre des valeurs propres par rapport à l’ordre des vecteurs de B)
- la matrice de passage P entre la base initiale et la base B :
les colonnes de P sont les coordonnées des vecteurs de B dans la base initiale
- la relation matricielle de changement de base : D = P −1 AP

III) Endomorphisme et matrice trigonalisable

Définition : endomorphisme et matrice trigonalisable

• Un endomorphisme f d’un espace E de dimension finie est trigonalisable s’il existe une base de E dans laquelle
la matrice de f est triangulaire supérieure.
• Une matrice est dite trigonalisable si elle est semblable à une matrice triangulaire supérieure.
Remarques : Vu les définitions, il est trivial que :
• f est trigonalisable si sa matrice M dans une base quelconque de E est trigonalisable.
• A est une matrice trigonalisable si l’endomorphisme canoniquement associé à A est trigonalisable.

Théorème : (admis)
Un endomorphisme f (resp. Une matrice A) est trigonalisable si son polynôme caractéristique est scindé.

Corollaire :
• Tout endomorphisme d’un C espace vectoriel E de dimension finie est trigonalisable.
• Toute matrice de Mn (C) est trigonalisable dans Mn (C)

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CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

Il n’y a pas au programme de technique de trigonalisation à connaître.


Les exercices devront donc comporter des indications sauf peut être dans le cas n = 2.

Étude du cas n = 2
On considère une matrice A ∈ M2 (K) trigonalisable sans être diagonalisable.
On note f ∈ L (K2 ) canoniquement associé à A
Nécessairement : Sp(A) = {λ}
aussi : χA (x) =
et : dim E A (λ) =
Une base de trigonalisation est une base B = (u, v) de K2 avec : MatB ( f ) =
Pour u, on doit donc choisir
Quitte à utiliser u 1 = αu plutôt que u comme premier vecteur de base, on aura : Mat(u1 ,v) ( f ) =

µ ¶
1 −1
E XEMPLE N 3 Réduire la matrice A =
O
1 3

Exemple de trigonalisation guidée si n = 3

λ 0 0
   
−1 0 0
E XEMPLE N O 4 Montrer que A =  −1 5 3  est semblable à T =  0 µ 1  où λ et µ sont des réels.
2 −6 −4 0 0 µ

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CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

IV) Applications

IV-0) Savoir si deux matrices sont semblables

On considère deux matrices A et B de Mn (K) et on souhaite répondre à : Les matrices A et B sont-elles semblables ?
Autrement dit, si on note f ∈ L (Kn ) l’endomorphisme canoniquement associé à A, il s’agit de savoir s’il y a une
base de Kn dans laquelle la matrice de f est B.
Nous avons déjà examiné des conditions nécessaires liées à la similitude des matrices A et B : même trace, même
déterminant, même polynôme caractéristique, même dimension des espaces propres (mais pas égalité des es-
paces propres).
Si la réduction des matrices A et B conduit à une même réduite R (R=matrice diagonale D ou triangulaire T), alors
il s’agit d’une condition
½ suffisante pour conclure à la similitude de A et B. En effet :
−1
∃P ∈ GLn (R), P AP = R
⇒ P −1 AP = Q−1 BQ ⇒ (PQ−1 )−1 A(PQ−1 ) = B
∃Q ∈ GLn (R), Q−1 BQ = R
Remarques : En réduisant effectivement (i.e. en explicitant P et Q), on peut donc déterminer une relation de simi-
litude entre A et B.
Méthode : savoir si deux matrices sont semblables
On considère deux matrices A et B de Mn (K) et on note f ∈ L (Kn ) canoniquement associé à A.
• on compare la trace des matrices A et B (et éventuellement sur indication, le déterminant, le rang ou le rang de
A + λIn et de B + λIn pour un λ donnée)
Si les valeurs sont différentes, on peut conclure que A et B ne sont pas semblables.
• on compare les polynômes caractéristiques χA et χB
S’ils sont distincts, on peut conclure que A et B ne sont pas semblables.
• on réduit les matrices A et B :

− si A et B sont diagonalisables en une matrice D (identique puisque χA = χB ) alors, par transitivité de la relation
d’équivalence, A et B sont semblables entre elles.
− si l’une des matrices est diagonalisable et pas l’autre, il y a une valeur propre λ avec dim Eλ (A) 6= dim Eλ (B) ce
qui est contradictoire avec une relation de similitude entre A et B
(A et B semblable ⇒ ∀λ ∈ Sp(A) = Sp(B), dim Eλ (A) = dim Eλ ( f ) = dim Eλ (B))
− si A et B sont trigonalisables en une matrice T (avec éventuelles indications du sujet) alors, par transitivité de
la relation d’équivalence, A et B sont semblables entre elles.

E XEMPLE N O 5
µ ¶ µ ¶
2 0 1 0
Les matrices A = et B = sont-elles semblables ? Si oui, expliciter la relation de similitude.
−1 1 1 2
µ ¶ µ ¶
2 1 1 0
Même question avec A = et B = .
−1 0 −1 1

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CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

IV-1) Calcul des puissances itérées d’une matrice diagonalisable

En PTSI, vous avez rencontré diverses méthodes pour calculer Ak lorsque A est une matrice :
• Utilisation d’une récurrence si on conjecture Ak sur le calcul des premières puissances
• Utilisation d’une décomposition A = λIn + N où N est une matrice nilpotente puis formule du binôme
• Utilisation d’un polynôme annulateur (donné et de petit degré) ie P tel que P(A) = Onn en calculant le reste de la
division de X k par P : ∃(Qk , Tk ) ∈ R[X]2 , X k = Q × P + R ⇒ Ak = Qk (A) × Onn + Rk (A) = Rk (A)
Dans le cas d’une matrice diagonalisable, le calcul des puissances de A devient simple :
Méthode : Calcul des puissances itérées d’une matrice diagonalisable
Si A est diagonalisable alors A et D = diag(λ1 , λ2 , . . . , λn ) sont semblables autrement dit :
∃P ∈ GLn (K), D = P −1 AP ⇔ A = PDP −1
Pour k ∈ N, comme D est diagonale, Dk = diag(λk1 , λk2 , . . . , λkn ) et, par une récurrence triviale : Ak = PDk P −1

Application : Les suites (X n )n∈N de (Kp )N vérifiant : ∀n ∈ N, X n+1 = AX n avec A ∈ Mp (K) et X 0 ∈ Kp donnés
ont pour expression : ∀n ∈ N, X n = An X 0 ce qu’on obtient en calculant les puissances itérées de A
E XEMPLE N O 6 Déterminer l’expression du terme général des suites vérifiant:
   

 u n+1 = −(v n + w n ) u0 0 Ã ! Ã !
u0 1
½
u n+1 = u n − v n
1) ∀n ∈ N, v n+1 = −2v n − 3w n avec  v 0  = 1 2) ∀n ∈ N, avec =
   
v n+1 = u n + 3v n v0 1
w n+1 = −2v n − w n

w0 0

Une application en Python : calcul numérique de la valeur propre de plus grand module
λ1 ? . . . ?
 

 0 ...
 

Considérons une matrice A trigonalisable en une matrice T =   .. . . . .
 avec : |λ1 | > |λ2 | Ê · · · Ê |λn |.

 . . . ? 
0 . . . 0 λn
Rappels : Si A et B sont des matrices triangulaires d’ordre n alors AB est aussi triangulaire
et : [AB]i i = [A]i i [B]i i pour i ∈ ‚1, nƒ où [M]i j est le coefficient ligne i colonne j de la matrice M.
On peut donc en déduire que T k est une matrice triangulaire avec λk1 , λk2 , . . . , λkn sur la diagonale.
n
Pour tout k ∈ N : Ak et T k sont aussi semblable et elles ont donc la même trace soit : Tr(Ak ) = Tr(T k ) = λki
X
i =1
´k
λn k
´k
λ2 λ2 λn k
³ ³ ´ ³ ³ ´
Tr(Ak ) λk1 + · · · + λkn λk1 1+ +...
λ1
1+
λ1
+... λ1 λ1
Alors : = = k−1 × ³ ´k−1 = λ1 ×
Tr(Ak−1 ) λk−1 + · · · + λk−1
³ ´k−1 ³ ´k−1 ³ ´k−1
1 n λ1 1 + λλ21 + . . . λλn1 1 + λλ21 + . . . λλn1
¯ λi ¯ Tr(Ak )
¯ ¯
Comme ¯¯ ¯¯ < 1 pour i ∈ ‚2, nƒ, on obtient : lim = λ1
λ1 k→+∞ Tr(Ak−1 )

7/9 LEROY - PT Paul Constans


CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

IV-2) Suites récurrentes linéaires à coefficients constants

On généralise la définition des suites récurrente linéaire d’ordre 2 étudiées en PTSI :


Théorème et méthode : suite récurrente linéaire d’ordre 2 à coefficients dans R
(u 0 , u 1 ) ∈ R2 fixé
½
N
Soit (u n )n∈N ∈ R vérifiant : avec (a, b, c) ∈ R∗ × R × R
∀n ∈ N, au n+2 + bu n+1 + cu n = 0

• On résout l’équation caractéristique associée ax 2 + bx + c = 0 de discriminant ∆


• Il y a alors 3 possibilités :

− si ∆ > 0 alors il y a 2 racines réelles distinctes r 1 et r 2 et alors : ∃(α, β) ∈ R2 , ∀n ∈ N, u n = αr 1n + βr 2n


− si ∆ = 0 alors il y a une racine double r et : ∃(α, β) ∈ R2 , ∀n ∈ N, u n = (αn + β)r n
− si ∆ < 0 alors il y a 2 racines complexes ρe ±i θ et : ∃(α, β) ∈ R2 , ∀n ∈ N, u n = ρn (α cos(nθ) + β sin(nθ))

• On calcule α et β en résolvant un système avec les termes initiaux u 0 et u 1

Remarque : Si (a, b, c) ∈ C∗ × C × C alors il n’y a que 2 cas :


∆ 6= 0 analogue au cas ∆ > 0 avec (α, β) ∈ C2 et ∆ = 0 analogue au cas ∆ = 0 avec (α, β) ∈ C2

Définition et proposition : Suite récurrente linéaire d’ordre p à coefficients constants


Si p ∈ N∗ , on appelle suite récurrente linéaire d’ordre p à coefficients dans K une suite (u n )n∈N ∈ KN définie par :
∀n ∈ N, u n+p = a 0 u n + a 1 u n+1 + · · · + a p−1 u n+p−1 (∗) où (a 0 , . . . , a p−1 ) ∈ Kp est fixé

L’ensemble de ces suites est un espace vectoriel de dimension p

On cherche à obtenir un résultat analogue au cas d’ordre 2 pour l’ordre p ∈ N avec p Ê 2, du moins dans certains
cas. Le théorème de PTSI précise une base de E2 dans les trois situations :
- si ∆ > 0 alors les deux suites géométriques (r 1n )n∈N et (r 2n )n∈N forment une base de E2
- si ∆ = 0 alors les deux suites ¡(r n )n∈N et (nr n
¢ )n∈N¡ forment une
¢ base de E2
- si ∆ < 0 alors les deux suites ρ cos(nθ) n∈N et ρn sin(nθ) n∈N forment une base de E2
n

On cherche donc à préciser une base de E p et on va exploiter pour cela une approche matricielle.
Si (u n ) ∈ E p , on pose :
 
u n+p−1
 u n+p−2 
Xn =   ∈ Mp,1 (K) (on démarre de un et on prend p termes consécutifs) et on cherche A ∈ Mp (R) telle que :
 
..
 .     
u n+p u n+p−1
un
 u n+p−1   u n+p−2 
X n+1 = AX n ⇔  =
   
..   .. 
 .   . 
u n+1 un
On a ainsi : X n = An X 0 (récurrence immédiate) qui permet d’obtenir l’expression de u n avec la dernière coordonnée.
On a donc ramener le problème au calcul de An : le programme n’envisage que deux situations
le cas p = 2 (vu en PTSI) ou le cas où A possède p valeurs propres distinctes λ1 , . . . , λp .
Si A possède p valeurs propres distinctes alors A est diagonalisable aussi : ∃P ∈ GL p (K), É A = Pdiag(λ1 , . . . , λp )P −1
 n
λ1 0 . . . 0
    
u n+p−1 u p−1
. 
 u n+p−2   0 λn . . . ..  −1   u p−2 
 
Par suite : 
 
= P 2 P  ..  et, une fois les produits matriciels réalisés,
..   .. . . . .
 
. . . 0   . 

   .
un 0 . . . 0 λnp u0
on remarque que u n s’exprime comme une combinaison linéaire de λn1 , λn2 , . . . , λnp autrement dit :
³ ´
E p ⊂ Vect (λn1 ), (λn2 ), . . . , (λnp )

8/9 LEROY - PT Paul Constans


CHAPITRE VI R ÉDUCTION DES ENDOMORPHISMES ET DES MATRICES

³ ´
Or, la famille (λn1 ), (λn2 ), . . . , (λnp ) est une famille libre de Kp lorsque les scalaires λ1 , . . . , λp sont 2 à 2 distincts.
 ³ ´
 dim Vect (λn ), (λn ), . . . , (λn ) = p = dim E p
p
³ ´
1 2 n n n
Donc : ³ ´ ⇒ E p = Vect (λ1 ), (λ2 ), . . . , (λp ) et
 E p ⊂ Vect (λn ), (λn ), . . . , (λn )
1 2 p
³ ´
(λn1 ), (λn2 ), . . . , (λnp ) est une base de E p

De ce fait : u = (u n )n∈N ∈ E p ⇔ ∃(α1 , . . . , αp ) ∈ Kp , ∀n ∈ N, u n = α1 λn1 + · · · + αp λnp et on détermine α1 , . . . , αp à


l’aide du système formé par les p première équations données par la connaissance des termes u 0 , u 1 , . . . , u p−1 .
Pour conclure, il s’agit de trouver les valeurs propres de A qui sont les racines de son polynôme caractéristique :

Théorème et méthode : suite récurrente linéaire scalaire d’ordre p avec p racines distinctes pour l’équation caractéristique
On considère une suite (u n )n∈N ∈ KN qui vérifie la relation :
∀n ∈ N, u n+p = a 0 u n + a 1 u n+1 + · · · + a p−1 u n+p−1 (∗) où (a 0 , . . . , a p−1 ) ∈ Kp est fixé
L’équation caractéristique associée est : x p − a p−1 x p−1 − a p−2 x p−2 − · · · − a 1 x − a 0 = 0.
Si cette équation possède p racines distinctes λ1 , λ2 , . . . , λp alors :

∃(α1 , . . . , αp ) ∈ Kp , ∀n ∈ N, u n = α1 λn1 + α2 λn2 + · · · + αp λnp


et on précise les constantes α1 , . . . , αp en résolvant un système de p équations obtenues avec les p premiers termes
u 0 , u 1 , . . . , u p−1 de la suite qui sont connus.
½
u 0 = 0, u 1 = 3, u 2 = 0
E XEMPLE N 7 Donner l’expression générale de la suite (u n ) vérifiant
O
∀n ∈ N, u n+3 = −u n+2 + 4u n+1 + 4u n

Il y a énormément d’autres applications de la réduction des endomorphismes. Nous verrons, par exemple, en
exercice : la recherche des solutions d’équation matricielle et, plus tard, dans le cours, la réduction des coniques,
la résolution des systèmes différentiels linéaires.

9/9 LEROY - PT Paul Constans

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