Université de Nantes Année 2017-18
X12M010 - Fonctions d’une variable réelle
Devoir sur table III : énoncé, corrigé et commentaires
Question de cours.
1. Énoncer le théorème de Rolle, et l’illustrer par un dessin.
Voir le polycopié.
2. Démontrer le théorème de Rolle.
Cette démonstration est en fait difficile à reproduire, à cause de la disjonction
des cas, qu’il faut prendre par le bon bout.
Exercice 1. On note f une fonction réelle, définie sur R, qui satisfait les conditions suivantes :
a) la fonction f est deux fois dérivable sur R ;
b) f (0) = f 0 (0) = 0 ;
c) f (1) = 0.
1. Dessiner une courbe représentant une fonction qui vérifie ces conditions (on ne demande
pas d’expliciter la fonction représentée).
Comment a-t-on fait tracer cette courbe?
En écrivant une formule explicite. Pour
d c 1 faire simple, on cherche un polynôme; les
trois conditions se résument alors à être
multiple de x2 (x − 1) (voyez-vous pourquoi?).
C’est cette fonction polynôme, en ce sens
la plus simple possible, dont on a demandé
le tracé.
2. Justifiez que la fonction dérivée f 0 s’annule sur l’intervalle ouvert ]0, 1[.
La fonction f vérifie les hypothèses du théorème de Rolle sur l’intervalle [0, 1] : elle y est dérivable,
et f (0) = f (1) = 0. La conclusion du théorème de Rolle dit qu’il existe un point c de ]0, 1[ tel
que : f 0 (c) = 0. On fixe ce point c dans la suite.
3. Justifiez que la fonction dérivée seconde f 00 s’annule sur l’intervalle ouvert ]0, 1[.
La fonction dérivée f 0 vérifie les hypothèses du théorème de Rolle sur l’intervalle [0, c] : elle y est
dérivable, et f 0 (0) = f 0 (c) = 0. La conclusion du théorème de Rolle dit qu’il existe un point d de
]0, c[, donc de ]0, 1[, tel que : f 00 (d) = 0.
4. Indiquez sur votre dessin où l’on peut visualiser ce résultat.
Le point d’inflexion est marqué en rouge.
1
Exercice 2. Pour tout entier naturel n, on définit :
n
X 1
Sn := √
3
.
k=1
k2
1. En appliquant le théorème des accroissements finis (dont on vérifiera les hypothèses), mon-
trer que pour tout entier positif k, k ≥ 1, on a l’inégalité :
√
3
√
3 1
k+1− k≤ √
3
.
3 k2
Fixons un entier k, k ≥ 1 (même si pour cet argument, k ≥ 0 convient). Appliquons à la fonction
1
x 7→ x 3 le théorème des accroissement finis (TAF) sur l’intervalle [k, k + 1]. Les hypothèses en
sont vérifiées : la fonction est continue sur [k, k + 1], dérivable sur ]k, k + 1[.
1 2 1
Sa dérivée est la fonction, décroissante sur ]0, +∞[, x 7→ x− 3 = √ 3
.
3 3 x2
√ √ 1
La conclusion du TAF est qu’il existe un point c dans ]k, k +1[ tel que : 3 k + 1− 3 k = √
3 2
.
3 c
La majoration demandée en résulte au vu de la décroissance déjà notée de la dérivée.
√
2. En déduire l’inégalité : Sn ≥ 3( 3 n − 1).
n n
X 1 X √
3
√
3
√
3
√
3
√
Sn := √3
≥ 3 k + 1 − k = 3 − 1 + n + 1 ≥ 3( 3 n − 1).
k=1
k2 k=1
3. La suite croissante (Sn )n∈N est-elle convergente ?
La suite est minorée par une suite qui diverge vers +∞, elle diverge donc aussi vers +∞.
Exercice 3. Soient f et g deux fonctions réelles, définies sur R, pour lesquelles nous disposons
des renseignements suivants :
f (x) = 1 − x + 3x2 + x2 ε1 (x), lim ε1 = 0 ,
0
g(x) = x − 2x2 + x3 + x3 ε2 (x), lim ε2 = 0 .
0
1. Calculer un développement limité en 0 à l’ordre 2 de la fonction produit f.g.
2. A-t-on suffisamment d’information pour obtenir un développement limité en 0 à l’ordre 3
de la fonction produit f.g ?
f (x)g(x) = 1 − x + 3x2 + x2 ε1 (x) x − 2x2 + x3 + x3 ε2 (x)
= x − x2 + 3x3 + x3 ε1 (x) − 2x2 + 2x3 + x3 ε3 (x) + x3 + x3 ε4 (x) = x − 3x2 + 6x3 + x3 ε5 (x) ,
avec lim0 εi = 0, pour tous les i. Ceci donne le développement limité en 0 à l’ordre 3 (on a
bénéficié du fait que g(0) = 0 pour gagner un ordre par rapport au développement limité de f ).
D’où le développement limité en 0 à l’ordre 2 : f (x)g(x) = x − 3x2 + x2 ε6 (x).
3. Donnez l’équation de la tangente à la courbe représentative de f.g au point d’abscisse 0,
ainsi que la position relative de cette tangente par rapport à la courbe.
L’équation de la tangente en 0 est donnée par le développement limité à l’ordre 1, ici la tangente
en 0 a pour équation cartésienne : y = x.
Le reste s’écrit x2 (−3 + ε6 (x)). Comme ε6 (x) tend vers 0 en 0, il reste de ce fait strictement
plus petit que 3 si x est assez proche de 0 ; La quantité −3 + ε6 (x) reste alors négative, et le
reste x2 (−3 + ε6 (x)) aussi. Il en résulte que, localement en 0, la courbe de f g est au-dessous de
sa tangente en 0.