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Anneaux et Modules : Concepts Clés

Ce document présente des définitions et résultats élémentaires concernant les anneaux et les modules. Il définit notamment les anneaux commutatifs, les idéaux, les éléments premiers et maximaux. Le document contient également des théorèmes sur les anneaux principaux, factoriels et euclidiens.

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Anneaux et Modules : Concepts Clés

Ce document présente des définitions et résultats élémentaires concernant les anneaux et les modules. Il définit notamment les anneaux commutatifs, les idéaux, les éléments premiers et maximaux. Le document contient également des théorèmes sur les anneaux principaux, factoriels et euclidiens.

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GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES

JEAN-MARC COUVEIGNES

R ÉSUMÉ . On rappelle quelques définitions et résultats élémentaires concernant les anneaux et les
modules.

TABLE DES MATIÈRES


1. Conséquences de l’axiome du choix 1
2. Anneaux commutatifs 3
3. Modules 4
4. Sous-modules 7
Références 14

1. C ONSÉQUENCES DE L’ AXIOME DU CHOIX


L’axiome du choix affirme que pour tout ensemble E il existe une application
f ∶ P(E) ∖ {∅} → E
telle que pour toute partie non-vide X de E l’on ait
f (X) ∈ X.
Une autre formulation affirme que pour toute famille d’ensembles (Ei )i∈I tous non-vides il
existe une famille (xi )i∈I telle que xi ∈ Ei pour tout i ∈ I.
Une conséquence fréquemment utilisée de l’axiome du choix est le lemme de Zorn.
Une chaîne d’un ensemble ordonné (E, ⩽) est un sous-ensemble C de E qui est totalement
ordonné.
Si F est un sous-ensemble d’un ensemble ordonné (E, ⩽), on appelle majorant de F un
élément M de E tel que M ⩾ x pour tout x ∈ F .
On appelle élément maximal de E un élément M de E tel que pour tout x ∈ E
x ⩾ M Ô⇒ x = M.
Théorème 1 (Lemme de Zorn). Soit (E, ⩽) un ensemble ordonné dont toute chaîne C admet un
majorant. Alors (E, ⩽) a un élément maximal.
On trouve une démonstration [1] sur la page de Paul Rozière.
Une conséquence fameuse en algèbre est le théorème de la base incomplète.
Date: 7 septembre 2020.
1
2 JEAN-MARC COUVEIGNES

Théorème 2 (Théorème de la base incomplète). Soit K un corps et E un espace vectoriel sur


K. Soit L une partie libre de E. Soit G une partie génératrice de E. Si L ⊂ G alors il existe une
base B de E telle que L ⊂ B ⊂ G.

Soit L l’ensemble des parties libres de E contenant L et contenues dans G. L’ensemble L est
ordonné par la relation d’inclusion. Soit C une chaîne dans L. Si C est vide, elle est majorée par
L. On suppose que C est non-vide. L’union U des éléments de C est un sous-ensemble de E qui
contient L et est contenu dans G. C’est une partie libre de E. Soit en effet X un sous-ensemble
fini de U . Pour tout x ∈ X il existe un Lx dans C tel que x ∈ Lx . Comme C est totalement
ordonné et X fini, l’union des Lx est égale à l’un d’eux, disons Lo pour un o dans X. Donc
X ⊂ Lo est libre. Comme tout sous-ensemble fini de U est libre, U est libre. Donc U est dans
L et majore tous les éléments de C. Les hypothèse du lemme de Zorn sont satisfaites. Il existe
donc un élément maximal B dans L. Il est clair que B est une base de E contenue dans G. ◻
La preuve du théorème suivant utilise le lemme de Zorn et l’arithmétique des nombres cardi-
naux. Gabriel Nagy a rédigé un résumé [2] de cette arithmétique.

Théorème 3. Soit K un corps et E un K-espace vetoriel. Soient A et B deux bases de E. Elles


ont le même cardinal. Autrement dit, il existe une bijection entre A et B.

Si A ou B est finie c’est un résultat élémentaire. On suppose donc que A et B sont infinies.
Tout élément a de A s’écrit comme combinaison linéaire d’un sous-ensemble fini de B. Soit S(a)
l’ensemble des vecteurs de B qui apparaissent avec un coefficient non-nul quand on exprime a
dans la base B. On définit ainsi une application S ∶ A → Finies(B) de A dans l’ensemble
des parties finies de B. Bien que S ne soit pas injective, le nombre d’antécédents d’une partie
finie P ⊂ B par S est au plus égal au cardinal de P , qui est fini. Donc ∣A∣ ⩽ ℵ0 × ∣ Finies(B)∣.
Mais ∣ Finies(B)∣ = ∣B∣ car B est infini. Donc ∣A∣ ⩽ ℵ0 × ∣B∣ ⩽ ∣B∣ × ∣B∣ car B est infini. Mais
∣B∣ × ∣B∣ = ∣B∣ car ∣B∣ est infini. Donc ∣A∣ ⩽ ∣B∣. On montre de même que ∣B∣ ⩽ ∣A∣. Le théorème
de Cantor-Bernstein permet de conclure. ◻

Exercice 1 : Soit K un corps et soir K[x] l’ensemble des polynômes en une indéterminée à
coefficients dans K.
1. Montrez que la famille (xi )i⩾0 est une base du K-espace vectoriel K[x].
2. Pour tout i ⩾ 0 on note fi ∶ K[x] → K l’application qui à un polynôme P (x) associé le
coefficient de xi dans P (x). Montrez que fi est une application linéaire. Montrez que fi (xj ) =
δi,j pour i, j ⩾ 0. Montrez que la famille (fi )i⩾0 est une famille libre dans le dual de K[x].
3. Soit e1 ∶ K[x] → K l’application qui à un polynôme P (x) associe sa valeur P (1) en 1.
Montrez que e1 est une application linéaire. Montrez que e1 n’est pas combinaison linéaire des
(fi )i⩾0 .
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 3

Exercice 2 : Soit E l’ensemble {2,3,5,7,6,15,105} muni de la relation de divisibilité.


1. Montrez que (E, ∣) est un ensemble ordonné. Cet ordre est il total ?
2. Quels sont les majorants de {3, 7} dans E ?
3. Quels sont les majorants de {2, 5, 7} dans E ?
4. Quels sont les éléments maximaux de E ?
5. L’ensemble E admet il un maximum ?
6. L’ensemble {2, 3, 6} admet il un maximum ?

2. A NNEAUX COMMUTATIFS
Un anneau est un triplet (A, +, .) tel que
(1) (A, +) est un groupe abélien. On note 0A l’élément neutre de A et −a l’opposé de a ∈ A.
(2) La loi de composition . ∶ A × A → A est associative et possède un élément neutre noté 1A .
(3) Pour tout a, b, c dans A on a a.(b + c) = a.b + a.c et (b + c).a = b.a + c.a.
Un morphisme d’anneaux est une applications f ∶ A → B telle que f (1A ) = 1B et pour
a, b ∈ A on ait f (a + b) = f (a) + f (b) et f (a.b) = f (a).f (b).
Cela implique f (0A ) = 0B et f (−a) = −f (a).
Un idéal à gauche de A est un sous-groupe additif I ⊂ A stable par multiplication à gauche :
pour tout a ∈ A et x ∈ I on a a.x ∈ I.
Un anneau est dit commutatif si sa multiplication est commutative. Dans ce cas, tout idéal à
gauche I ⊂ A est un idéal à droite et le groupe quotient (A/I, +) hérite d’une structure d’anneau.
Les vingt premières pages du livre [3] de Matsumura exposent les rudiments de la théorie des
anneaux commutatifs. On peut consulter aussi le chapitre 2 du livre [4] de Lang.
Dans le reste de cette section on suppose que A est un anneau commutatif.
Un anneau commutatif A est dit intègre si 1A =/ 0A et si le produit de deux éléments non-nuls
de A est non-nul.
Un anneau intègre A est dit principal si tout idéal de A est principal. L’anneau Q[x, y] n’est
pas principal.
Un idéal I d’un anneau commutatif A est dit premier si et seulement si I =/ A et si, pour tous
a, b ∈ A,
ab ∈ I Ô⇒ a ∈ I ou b ∈ I.
Donc I est premier si et seulement si le quotient A/I est intègre.
On dit que a ∈ A est premier si a =/ 0 et l’idéal aA est premier. En particulier a n’est pas une
unité.
On note que (0) est un idéal premier si A est intègre bien que 0 ne soit pas premier.
Un idéal I d’un anneau commutatif A est dit maximal s’il est maximal pour l’inclusion parmi
les idéaux stricts de A. Un idéal I est maximal si et seulement si A/I est un corps. Tout anneau
commutatif A admet un idéal maximal. En effet, l’ensemble des idéaux stricts de A satisfait les
hypothèses du lemme de Zorn.
Si I, J ⊂ A sont deux idéaux d’un anneau commutatif, on note I + J l’idéal engendré par I ∪ J
et IJ l’idéal engendré par les produits xy avec x ∈ I et y ∈ J. On dit que I et J sont premiers
entre eux si I + J = A.
4 JEAN-MARC COUVEIGNES

En général IJ ⊂ I ∩ J et on a l’égalité si I + J = A. Dans ce cas, on vérifie que A/IJ est


isomorphe à A/I × A/J.
Soit A un anneau intègre. On dit que a ∈ A est irréductible si a =/ 0, a n’est pas une unité,
et a = bc implique que b ou c est une unité. Un élément premier est irréductible. Deux éléments
irréductibles p et q sont dits associés s’il existe une unité u telle que q = up. On définit ainsi une
relation d’équivalence sur l’ensemble des éléments irréductibles.
Un anneau intègre est dit factoriel si tout élément non-nul admet une unique décomposition
en produit d’irréductibles (à une unité près). Dans un tel anneau, tout élément irréductible est
premier. Et toute paire d’éléments non-nuls de A admet un plus grand commun diviseur (pgcd)
et un plus petit multiple (ppcm). Ils sont définis à une unité près.
Théorème 4. Un anneau principal (donc intègre donc commutatif) est factoriel.
Une preuve se trouve dans le chapitre 2 du cours [5] de Qing Liu. ◻
Théorème 5. Si A est un anneau factoriel alors A[x] est factoriel.
Une preuve se trouve dans le chapitre 2 du cours [5] de Qing Liu. ◻
Si a et b sont deux éléments non-nuls d’un anneau A principal, alors le pgcd de a et b est le
générateur de l’idéal aA + bA. De même, le ppcm de a et b est le générateur de l’idéal aA ∩ bA.
Un anneau intègre A est dit euclidien s’il existe une application v ∶ A ∖ {0A } → N telle que
(1) Si a, b ∈ A et b =/ 0A il existe q, r ∈ A tels que a = bq + r et r = 0A ou v(r) < v(b).
(2) Si a, b ∈ A ∖ {0A } alors v(ab) ⩾ v(a).
Exemples : l’anneau Z des entiers, l’anneau K[x] des polynômes à une indeterminée et à
coefficients dans un corps K.
Tout anneau euclidien est principal et donc factoriel.

3. M ODULES
Soit A un anneau (unitaire mais pas nécessairement commutatif).
Un A-module (à gauche) est un triplet (M, +, .) tel que (M, +) soit un groupe abélien et la loi
de composition externe . ∶ A × M → M vérifie pour tous a, b ∈ A et x, y ∈ M
(1) a.(x + y) = a.x + a.y,
(2) (a + b).x = a.x + b.x,
(3) (ab).x = a.(b.x),
(4) 1A .x = x.
On en déduit que 0A .x = 0M et (−a).x = −(a.x).
Un morphisme de A-modules (appelé aussi application linéaire) est une application f ∶ M →
N entre deux A-modules M et N , telle que pour tous a ∈ A et x, y ∈ M
(1) f (x + y) = f (x) + f (y),
(2) f (a.x) = a.f (x),
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 5

La composée de deux applications linéaires est une application linéaire. Une application li-
néaire inversible est appelée isomorphisme de A-modules. Son inverse est une application li-
néaire.
Si A est un corps, un A-module n’est autre qu’un A-espace vectoriel. Et un morphisme de
A-modules n’est autre qu’un morphisme de A-espaces vectoriels.
Pour tout entier positif n le produit cartésien An muni de la multiplication
a.(x1 , . . . , xn ) = (ax1 , . . . , axn )
est un A-module.
L’ensemble des applications linéaires entre deux A-modules M et N est noté HomA (M, N ).
C’est un groupe abélien. Si A est commutatif alors HomA (M, N ) est un A-module. Dans ce
cas, le A-module HomA (M, A) est appelé dual de M . Ses éléments sont appelés des formes
linéaires sur M .
On note EndA (M ) = HomA (M, M ). On le munit des lois + et ○. C’est alors un anneau.

Exercice 3 : Soit A un anneau. Montrer que A est un A-module. Quel est l’anneau HomA (A, A) ?

Un Z-module n’est autre qu’un groupe commutatif. Les morphismes de Z-modules sont les
morphismes de groupes commutatifs.
Soit M un A-module. Pour tout a ∈ A la multiplication par a définit un endomorphisme du
groupe additif M

ϕ(a) ∶ M / M

x / a.x
donc ϕ(a) ∈ EndZ (M ) et l’application

ϕ∶ A / EndZ (M )

a / ϕ(a)
est un morphisme d’anneaux.
Inversement, la donnée d’un tel morphisme d’anneaux définit une structure de A-module sur
M . Si f ∶ B → A est un morphisme d’anneaux alors la composée ψ = ϕ ○ f définit donc une
structure de B-module sur M . Un scalaire b ∈ B agit sur M par b.x = f (b).x.
def

Exercice 4 :
1. Soit A = (Z, +, ×) l’anneau des entiers muni des ses lois ordinaires. Soit M = (Z/3Z, +) le
groupe à trois éléments. Donnez l’ensemble des structures de A-module sur M .
6 JEAN-MARC COUVEIGNES

On cherche des morphismes d’anneaux de Z dans EndZ (Z/3Z, +) = (Z/3Z, +, ×). Un tel
morphisme envoie 1 sur 1. Donc il existe un unique tel morphisme défini par ϕ(a) = a mod 3.
On trouve la structure naturelle de Z-module.
2. Même question pour A = (Z/2Z, +, ×) et B = (Z, +).
Ici EndZ (Z) = Z. S’il existe un morphisme d’anneau ϕ de (Z/2Z, +, ×) dans Z il envoie 1
mod 2 sur 1 et donc 2 = 2ϕ(1 mod 2) = ϕ(2 mod 2) = ϕ(0 mod 2) = 0. Contradiction. Il n’y a
pas de structure de (Z/2Z)-module sur Z.

Exercice 5 :
1. Soient A = (Z, +, ×) et (M, +) un groupe commutatif. Donnez l’ensemble des structures de
A-module sur M .
Soit ϕ un morphisme de Z dans M . Il envoie 1 sur l’identité dans EndZ (M ) car c’est l’élément
unité de cet anneau. Donc ϕ(n) = nId. On trouve la structure naturelle de Z-module.
2. Même question pour A = (Z/U Z, +, ×) et M = (Z/V Z, +) où U et V sont deux entiers ⩾ 2.
L’anneau (EndZ (Z/V Z), +, ○) est ((Z/V Z), +, ×). On cherche un morphisme d’anneaux ϕ
de Z/U Z dans Z/V Z. Comme ϕ(1 mod U ) = 1 mod V on a
U mod V = U ϕ(1 mod U ) = ϕ(0 mod U ) = 0
donc V divise U .
Donc si V ne divise pas U il n’y pas de structure d’anneau. Et si V divise U il y a une unique
structure donnée par (a mod U ).(x mod V ) = ax mod V .

Exercice 6 : Soit i ∈ C la racine carrée de −1 de partie imaginaire positive. Soit A = (Z[i], +, ×)


l’anneau des entiers de Gauss.
1. Soit M = (Z, +). Déterminer l’ensemble des structures de A-module sur M .
On cherche un morphisme d’anneaux ϕ de Z[i] dans Z. L’image ϕ(i) de i par ϕ est un entier
naturel qui vérifie ϕ(i)2 + 1 = ϕ(i2 + 1) = ϕ(0) = 0. On sait qu’un tel entier naturel n’existe pas.
Il n’y a pas de structure d’anneau.
2. Soit M = (Z/5Z, +). Déterminer l’ensemble des structures de A-module sur M .
On cherche un morphisme d’anneaux ϕ de Z[i] dans Z/5Z. L’image ϕ(i) de i par ϕ vérifie
ϕ(i)2 + 1 = ϕ(i2 + 1) = ϕ(0) = 0. Cette équation a deux solutions dans Z/5Z. On peut avoir
ϕ(i) = 2 mod 5 ou ϕ(i) = 3 mod 5.
La première structure de Z[i]-module est donnée par (a + bi).(x mod 5) = (a + 2b)x mod 5 et
la deuxième structure de Z[i]-module est donnée par (a + bi).(x mod 5) = (a + 3b)x mod 5.
3. Soit M = (Z/3Z, +). Déterminer l’ensemble des structures de A-module sur M .
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 7

Exercice 7 : Soit P (x) un polynôme unitaire à coefficients entiers et de degré ⩾ 1. Soit U un


entier ⩾ 2. Soit A = (Z[x]/P (x), +, ×) et M = (Z/U Z, +).
Déterminer l’ensemble des structures de A-module sur M .
On cherche un morphisme d’anneaux ϕ de Z[x]/P (x) dans Z/U Z.
L’image a = ϕ(x mod P (x)) de x mod P (x) par ϕ vérifie
P (a) = P (ϕ(x mod P (x))) = ϕ(P (x mod P (x))) = ϕ(P (x) mod P (x)) = ϕ(0) = 0 mod U.
Pour toute racine a de P (x) dans Z/U Z on a une structure d’anneau définie par (Q(x) mod
P (x)).(x mod U ) = Q(a).x mod U .

Si (Mi )i∈I est une famille de A-modules on note ∏i∈I Mi le produit des Mi . Il hérite d’une
structure de A-module. La somme directe ⊕i∈I Mi est le sous-module de ∏i∈I Mi formé des
(xi )i∈I de support fini. Si tous les Mi sont égaux à un module M on notera plutôt M I pour le
produit et M (I) pour la somme directe.

4. S OUS - MODULES
Un sous-module d’un A-module M est un sous-ensemble N non-vide de M qui soit stable par
addition et multiplication scalaire. C’est en particulier un sous-groupe de (M, +). C’est même
un A-module, et l’inclusion N ⊂ M est linéaire.
Soit f ∶ M → N une application linéaire entre deux A-modules. L’image par f d’un sous-
module de M est un sous-module de N . L’image inverse par f d’un sous-module de N est un
sous-module de M .
Une intersection de sous-modules est un sous-module. Si S ⊂ M est un sous-ensemble d’un
module M , l’intersection de tous les sous-modules de M contenant S est un sous-module de M
appelé module engendré par S. C’est l’ensemble des combinaisons linéaires d’éléments de S.
Si M est engendré par S on dit que S est une partie génératrice de M .
Si (Mi )i∈I est une famille de sous-modules de M , on appelle somme des Mi et on note ∑i∈I Mi
le sous-module engendré par l’union des Mi .
On dit qu’un (sous)-module est de type fini s’il est engendré par un ensemble fini. Un module
est dit nœthérien si tous ses sous-modules sont de type fini. Un anneau A est dit nœthérien s’il
est nœthérien comme A-module.
Si (Mi )i∈I est une famille de sous-modules d’un module M il existe une application A-linéaire
naturelle de sommation ⊕i∈I Mi → M . Cette application est bijective si et seulement si tout élé-
ment x de M s’écrit de façon unique comme somme finie d’éléments xi ∈ Mi . On identifiera
alors M et la somme directe ⊕i∈I Mi .
Si N ⊂ M est un sous-module, on appelle supplémentaire de N un sous-module P de M tel
que M = N ⊕ P .
Théorème 6. Un sous-module N de M admet un supplémentaire si et seulement s’il existe une
application linéaire p ∶ M → M telle que p ○ p = p et Im(p) = N . Dans ce cas, le noyau de p est
un supplémentaire de N .
8 JEAN-MARC COUVEIGNES

Si N admet un supplémentaire Q alors M = N ⊕ Q. On note p ∶ M → M l’application qui


envoie m ∈ M sur n où m = n + q avec n ∈ N et q ∈ Q est l’unique décomposition de m comme
somme d’un élément de N et d’un élément de Q. On vérifie que p est une application linéaire,
que le noyau de p est Q, que l’image de p est N , et que la restriction de p à N est l’identité. On
en déduit que p ○ p = p.
Réciproquement, s’il existe une application p ∶ M → M telle que p ○ p = p et Im(p) = N alors
posons Q = Ker(p).
Tout élément m de M s’écrit m = (m − p(m)) + p(m) avec p(m) ∈ N et m − p(m) ∈ Q car
p(m − p(m)) = p(m) − p(p(m)) = 0.
Si m ∈ N ∩ Q alors m = p(r) pour un r dans M et p(m) = 0 = p(p(r)) = p(r) = m.
Donc M = N ⊕ Q. ◻
On dit qu’une famille (xi )i∈I d’éléments de M est libre si toute combinaison linéaire des xi
est triviale :
∀(ai )i∈I ∈ A(I) , ∑ ai xi = 0 Ô⇒ ∀i ∈ I, ai = 0.
i

Une famille (xi )i∈I libre et génératrice est appelée base du module. Si M admet une base
(xi )i∈I on dit qu’il est libre. On a alors
M = ⊕i∈I Axi .
Pour tout ensemble I le module A(I) est libre. En effet, posant ei = (δi,j 1A )j∈I on vérifie que
(ei )i∈I est une base de A(I) . On l’appelle la base canonique.
Théorème 7. Soit A un anneau commutatif et r un entier positif. Soit M un A-module et b1 , b2 ,
. . . , br des éléments de M . On suppose que (b1 , . . . , br ) est une base de M . Pour tout i tel que
1 ⩽ i ⩽ r on définit une forme linéaire ϕi ∶ M → A par
ϕi ( ∑ aj .bj ) = ai .
1⩽j⩽r

Les (ϕi )1⩽i⩽r forment une base de M̂ . On les appelle les formes coordonnées associées à la base
(bi )1⩽i⩽r .
On note d’abord que les ϕi sont bien définies car tout vecteur de M s’écrit de façon unique
comme combinaison des éléments de la base (b1 , . . . , br ).
Soient (ui )1⩽i⩽r des éléments de A. Si la forme ψ = ∑1⩽i⩽r ui ϕi est nulle alors ψ(bj ) = uj = 0
pour tout j. Donc les formes linéaires (ϕi )1⩽i⩽r sont linéairement indépendantes.
Soit ψ ∈ HomA (M, A) une forme linéaire. On vérifie que ψ = ∑1⩽i⩽r ψ(bi )ϕi . Donc les formes
linéaires (ϕi )1⩽i⩽r engendrent M̂ . ◻
Théorème 8. Soit A un anneau. Soit M un A-module libre et (xi )i∈I une base de M . Soit N un
A-module et (yi )i∈I des éléments de N . Il existe une unique application linéaire de M dans N
qui envoie xi sur yi pour tout i.
Soit f ∶ M → N l’application qui à ∑i∈I ai xi associe ∑i∈I ai yi . Cette application est bien
définie, linéaire, et elle envoie xi sur yi . L’unicité de f est évidente. ◻
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 9

Théorème 9. Soit A un anneau commutatif. Toutes les bases d’un A-module libre ont le même
cardinal.
Il suffit de montrer que si les modules A(X) et A(Y ) sont isomorphes alors ∣X∣ = ∣Y ∣. Soit I
un idéal maximal de A. L’anneau quotient K = A/I est un corps. S’il existe un isomorphisme
de A-modules f ∶ A(X) → A(Y ) alors l’application f envoie le sous-module I (X) dans I (Y ) . Elle
induit donc un morphisme de groupes additifs F entre les groupes quotients
F ∶ K (X) → K (Y )
qui est un isomorphisme de K-espaces vectoriels. Le théorème 3 permet de conclure. ◻
Le cardinal commun à toutes les bases d’un module libre sur un anneau commutatif est appelé
rang de ce module.

Exercice 8 : Montrez que le Z-module (Q/Z, +) n’est pas de type fini.

Exercice 9 : Montrez que S = {2, 3} est un système de générateurs minimal au sens de l’inclu-
sion pour le Z-module Z. Est-ce une base ?

Exercice 10 : Soit Q le sous-ensemble de Q∗ formé de tous les carrés.


1. Montrez que Q est un sous-groupe du groupe abélien (Q∗ , ×).
2. Montrez que le groupe quotient M = Q∗ /Q est un espace vectoriel sur le corps à deux
éléments F2 .
3. Donnez une base de M .

Si N ⊂ M est un sous-module, le groupe additif quotient M /N est muni d’une unique structure
de A-module qui rend l’application quotient π ∶ M → M /N linéaire. Le A-module M /N est
appelé module quotient de M par N .
Théorème 10. Pour toute application linéaire f ∶ M → P qui s’annule sur N il existe une unique
application linéaire f˜ ∶ M /N → P telle que f = f˜ ○ π.
Si m+N est une classe dans M /N on pose f˜(m+N ) = f (m). L’application f˜ est bien définie
car f s’annule sur N . Elle est linéaire car f est linéaire. On a f = f˜ ○ π par définition. L’unicité
résulte de la surjectivité de π. ◻
Cette propriété caractérise le module quotient M /N . Une conséquence évidente du théorème
ci-dessus :
Théorème 11. Soit f ∶ M → N une application linéaire entre deux A-modules. Alors les A-
modules Im(f ) et M / Ker(f ) sont isomorphes.
10 JEAN-MARC COUVEIGNES

Soit F ∶ M → Im(f ) l’application définie par F (m) = f (m) pour tout m dans M . Comme
F s’annule sur Ker(f ) = Ker(F ) le théorème précédent donne une application linéaire F̃ ∶
M / Ker(f ) → Im(f ) telle que F̃ (m + Ker(f )) = f (m). Il est immédiat que F est injective et
surjective. ◻
Soit M un A-module et (xi )i∈I une famille d’éléments de M . Soit (ei )i∈I la base canonique
de A(I) . On a ei = (δi,j 1A )j∈I . Il existe une unique application linéaire f ∶ A(I) → M telle que
f (ei ) = xi . On a f ((ai )i∈I ) = ∑i∈I ai xi . Le noyau de f est appelé module des relations entre les
xi . Si la famille (xi )i∈I est génératrice alors f est surjective et M est isomorphe au quotient de
A(I) par le module des relations.

Exercice 11 : Montrer que tout A-module est quotient d’un module libre.
Soit M un A-module. Soit (gi )i∈I une partie génératrice. Soit f ∶ A(I) → M l’application
linéaire qui envoie (ai )1≤i≤I sur ∑1≤i≤I ai gi . L’image de f est M . Donc M est isomorphe au
quotient de A(I) par Ker(f ).

Exercice 12 : Soit A = Z et M = Z2 . Soit N le sous-module de M engendré par (3, 2).


1. Donnez un supplémentaire de N .
Le sous-module P de M engendré par (1, 1) est un supplémentaire de N .
D’abord (1, 0) = (3, 2) − 2.(1, 1) et (0, 1) = 3.(1, 1) − (3, 2). Donc N + P = M .
Un élément de l’intersection de N et P s’écrit x.(3, 2) = y.(1, 1). On en déduit que 3x − y = 0
et 2x − y = 0. Donc x = y = 0 et l’intersection N ∩ P est nulle.
2. Décrivez tous les supplémentaires de N .
Si R est un supplémentaire de N dans M alors M = N ⊕ R. Donc R est isomorphe à M /N .
Donc tous les supplémentaires sont isomorphes entre eux. Donc R est isomorphe à P . Donc c’est
un module libre de rang 1. Soit (a, b) un générateur de R. Comme M = R + N il existe quatre
scalaires x, y, z, t tels que x.(a, b) + y.(3, 2) = (1, 0) et z.(a, b) + t.(3, 2) = (0, 1). Autrement dit

x y a b 1 0
( )×( )=( ).
z t 3 2 0 1
a b
Donc le déterminant de la matrice ( ) est une unité de Z. Donc 2a − 3b = ±1.
3 2
Donc tout supplémentaire de N est de la forme Z.(a, b) avec a et b des entiers tels que
2a − 3b = ±1.
La réciproque se prouve comme à la première question.
3. Donnez un sous-module de M qui n’admet pas de supplémentaire.
Soit N = 2M le sous-module formé des vecteurs lignes à coefficients pairs. Si N a un supplé-
mentaire P alors P ⊂ M est isomorphe à M /N donc à (Z/2Z) × (Z/2Z). En particulier 2P est
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 11

le module nul. Mais tout m dans M tel que 2.m = 0 est nul. Donc P = {0}. Mais {0} n’est pas
un supplémentaire de N . Donc il n’y a pas de supplémentaire.

Exercice 13 : Soit f ∶ M → N une application linéaire surjective entre deux A-modules. Montrer
que si N est libre il existe une application linéaire s ∶ N → M telle que f ○ s = IdN .

Exercice 14 : Soit X un ensemble infini et A un anneau. Montrer que l’anneau AX n’est pas
nœthérien.

Théorème 12. Soit A un anneau et M un A-module. Alors M est nœthérien si et seulement si


toute suite croissante de sous-modules de M est stationnaire.
Supposons que M est nœthérien et soient (Nk )k∈N des sous-modules de M qui forment une
suite croissante pour l’inclusion
N0 ⊂ N1 ⊂ N2 ⊂ . . . .
On note U l’union des Nk . C’est un sous-module de M .
En effet si u et v sont dans U alors il existe deux entiers a et b tels que u ∈ Na et v ∈ Nb .
Supposons par exemple que a ⩾ b. Alors u et v sont tous les deux dans le sous-module Na . Donc
toutes leurs combinaisons linéaires λ.u + µ.v sont dans Na donc dans U .
Le sous-module U est de type fini car M est nœthérien. Soit donc (g1 , . . . , gm ) une famille
génératrice de U . Il existe des entiers k1 , . . . , km tels que gi ∈ Nki pour 1 ⩽ i ⩽ m. Soit ` le plus
grand des ki . On vérifie que les gi sont tous dans N` . Donc U est inclus dans N` et donc Nk = U
pour tout k ⩾ `. La suite stationne à partir de `.
Supposons maintenant que toute suite croissante de sous-modules de M est stationnaire et
montrons que M est nœthérien. Soit N un sous-module de M . Si N est nul il est de type fini. Si
N n’est pas nul on pose N0 = {0} et on choisit un élément n1 dans N − N0 . Si N est engendré
par n1 il est de type fini. Sinon appelons N1 le module engendré par n1 et choisissons un élément
n2 dans N − N1 . Si N est engendré par {n1 , n2 } il est de type fini. Sinon appelons N2 le module
engendré par (n1 , n2 ) et choisissons un élément n3 dans N − N2 .
Si N n’est pas de type fini on construit ainsi une suite infinie de sous-modules strictement
croissante. Contradiction. ◻
Théorème 13. Si M est un A-module et N ⊂ M un sous-module, alors M est nœthérien si et
seulement si N et M /N le sont.
Supposons que M est nœthérien. Tout sous-module de N est un sous-module de M . Il est donc
de type fini. Donc N est nœthérien. Soit maintenant P un sous-module de M /N et appellons Q
l’image réciproque de P par l’application quotient M → M /N . C’est un sous-module de M . Il
est de type fini car M est nœthérien. Soit (g1 , . . . , gn ) une famille génératrice de Q. Les classes
Gi = gi + N forment une famille génératrice de P . Donc P est nœthérien.
Supposons maintenant que N et M /N sont nœthériens et montrons que M est nœthérien.
Soit P un sous-module de M .
12 JEAN-MARC COUVEIGNES

Soit Q l’image de P dans M /N . C’est un sous-module de M /N . Il est de type fini car M /N


est nœthérien. Soit (G1 , . . . , Gn ) une famille génératrice de Q. Les Gi sont des classes modulo
N . Pour tout i entre 1 et n on choisit un gi dans Gi .
Soit R = P ∩ N l’intersection de P et N . C’est un sous-module de N . C’est un module de
type fini car N est nœthérien. Soit (h1 , . . . , hm ) une famille génératrice de R. L’ensemble des gi
et des hj est une famille génératrice de P .
En effet, si x ∈ P , la classe x + N est une combinaison des Gi
x + N = ∑ ai Gi ,
1⩽i⩽n

donc la différence y = x − ∑1⩽i⩽n ai gi est dans N . On peut donc écrire


y = ∑ bj hj .
1⩽j⩽m

On a donc
x = ∑ ai gi + ∑ bj hj .
1⩽i⩽n 1⩽j⩽m
Le sous-module P est donc de type fini. Ainsi M est nœthérien. ◻
Théorème 14. Si un anneau A est nœthérien (comme A-module) alors tout A-module de type
fini est nœthérien.
L’application répétée du théorème 13 montre que An est un module nœthérien pour tout n ⩾ 0.
Un module de type fini est quotient d’un module libre de type fini, il est donc nœthérien. ◻
Le théorème suivant est dû à Hilbert.
Théorème 15. Si A est un anneau nœthérien, l’anneau des polynômes A[X] est nœthérien.
Soit I un idéal de A[X]. C’est un A[X]-module. C’est aussi un A-module. Pour tout n ⩾ 0 on
note In ⊂ A l’ensemble des scalaires a tels qu’il existe un polynôme P (X) dans I de la forme
aX n + ∑ ci X i
0⩽i<n

avec ci ∈ A. On vérifie que In est un idéal de A. C’est l’ensemble des coefficients de X n dans les
polynômes de I qui sont de degré ⩽ n. Les (In )n⩾0 forment une suite croissante d’idéaux de A.
Comme A est nœthérien, il existe un entier p tel que In = Ip pour n ⩾ p. Pour tout entier n ⩽ p on
choisit un système de générateurs an,1 , an,2 , . . . , an,sn du A-module In . Il existe des polynômes
Pn,1 (X), Pn,2 (X), . . . , Pn,sn (X) dans I de degré ⩽ n tels que le coefficient de X n dans Pn,k (X)
est an,k . On montre que la famille P constituée de tous les Pn,k (X) pour 0 ⩽ n ⩽ p et 1 ⩽ k ⩽ sn
engendre l’idéal I.
Supposons le contaire.
Soit J ⊂ A[X] l’idéal engendré par les Pn,k (X) pour 0 ⩽ n ⩽ p et 1 ⩽ k ⩽ sn .
Soit Q(X) un polynôme de degré minimum dans le complémentaire I ∖ J de J dans I. Soit d
le degré de Q(X). Soit b le coefficient directeur de Q(X). Donc b ∈ Id .
Si d ⩾ p alors Id = Ip et il existe des scalaires u1 , . . . , usp tels que
b = u1 ap,1 + u2 ap,2 + ⋅ ⋅ ⋅ + usp ap,sp .
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 13

Le polynôme
R = Q − u1 X d−p Pp,1 − u2 X d−p Pp,2 − ⋅ ⋅ ⋅ − usp X d−p Pp,sp
est de degré < d. Il est dans I car I est un idéal de A[X]. Il n’est pas dans J sinon
Q = R + u1 X d−p Pp,1 + u2 X d−p Pp,2 + ⋅ ⋅ ⋅ + usp X d−p Pp,sp
y serait aussi. On a donc trouvé un polynôme dans I ∖ J de degré < d. Contradiction.
Si d < p alors il existe des scalaires u1 , . . . , usd tels que
b = u1 ad,1 + u2 ad,2 + ⋅ ⋅ ⋅ + usd ad,sd .
Le polynôme
R = Q − u1 Pd,1 − u2 Pd,2 − ⋅ ⋅ ⋅ − usd Pd,sd
est de degré < d. Il est dans I car I est un idéal de A[X]. Il n’est pas dans J sinon
Q = R + u1 Pd,1 + u2 Pd,2 + ⋅ ⋅ ⋅ + usp Pp,sp
y serait aussi. On a donc trouvé un polynôme dans I ∖ J de degré < d. Contradiction. ◻

Si x est un élément d’un A-module M on note Ann(x) et on appelle annulateur de x l’en-


semble des a ∈ A tels que a.x = 0M . C’est un idéal (à gauche) de A.
Si S est un sous-ensemble de M on note Ann(S) et on appelle annulateur de S l’intersection
des Ann(x) pour x ∈ S.
On note Mtors et on appelle sous-ensemble de torsion de M l’ensemble des x ∈ M tels que
Ann(x) =/ {0}. Si A est commutatif et intègre, le sous-ensemble de torsion de M est un sous-
module.
Soit A un anneau commutatif. Soit a ∈ A un scalaire et M un A-module. La multiplication par
a est une application linéaire de M dans M . Son image est notée aM . Le quotient M /aM est
annulé par a.

Exercice 15 : Soit A un anneau commutatif et M et N deux A-modules. Montrer que a(M ⊕


N ) = aM ⊕ aN .

Exercice 16 : Soit A un anneau principal. Soit M un A-module. Soit p un élément irréductible


de A.
1. Montrer que M /pM est un espace vectoriel sur le corps K = A/p.
2. Montrer que si M = M1 ⊕ M2 alors M /pM est isomorphe à (M1 /pM1 ) ⊕ (M2 /pM2 ).
3. On note M (p) l’ensemble des éléments de M qui sont annulés par p. Donc
M (p) = {x ∈ M ∣ p.x = 0}.
Montrer que M (p) est un sous-module de M .
4. Montrer que M (p) est un espace vectoriel sur le corps K = A/p.
5. Montrer que si M = M1 ⊕ M2 alors M (p) est isomorphe à M1 (p) ⊕ M2 (p).
14 JEAN-MARC COUVEIGNES

Exercice 17 : Soit A un anneau principal.


Soient a et b deux scalaires non-nuls. On pose M = A/bA.
1. Montrer que si a et b sont premiers entre eux l’application [a] ∶ x ↦ a.x est une bijection de
M.
Il existe deux scalaires λ et µ dans A tels que λa + µb = 1. Soit m = x + bA dans M . On vérifie
que λam = m. Donc [a] est une bijection d’application réciproque [λ].
2. On suppose que a divise b. Montrer que l’image aM de [a] est isomorphe à A/cA avec
b = ac et c ∈ A. Montrer que M /aM est isomorphe A/aA. Montrer que le noyau de [a] est
isomorphe à A/aA.
L’image de [a] est le sous-module aA/acA de A/acA.
On définit une application linéaire f ∶ A → aA entre les deux A-modules A et aA par f (x) =
a.x. L’image de cA par f est acA. Il existe donc une application F ∶ A/cA → aA/acA telle que
F (x + cA) = ax + acA. On vérifie que cette application est bijective. Or aA/acA est l’image de
[a] dans A/acA. Donc l’image de [a] est isomorphe à A/cA.
Comme acA ⊂ aA ⊂ A le quotient de M = A/acA par aM = aA/acA est isomorphe à A/aA.
Un élément x + bA de A/bA est dans le noyau de a si et seulement si b = ac divise ax. C’est
le cas si et seulement si c divise x car a est non-nul. Donc le noyau de [a] est cA/bA. On montre
que l’application linéaire G ∶ A/aA → cA/acA définie par G(x + aA) = cx + acA est bijective.
Donc le noyau de [a] est isomorphe à A/aA.
3. Montrer qu’en général le noyau M (a) de [a] est isomorphe à A/pgcd(a, b)A et son image
est isomorphe à A/cA avec c = b/pgcd(a, b).
On pose d = pgcd(a, b). On écrit b = dc et a = de avec e premier à b. Donc [a] = [d] ○ [e] =
[e]○[d]. Comme [e] est bijective, le noyau de [a] est le noyau de [d] et l’image de [a] est l’image
de [d].

Exercice 18 :
1. Soit M le Z-module (Z/45Z) × (Z/270Z). Calculer la dimension de M (3) et M /3M .
2. Soit M le Z-module Q/Z. Calculer la dimension de M (p) et M /pM .

R ÉFÉRENCES
[1] Paul ROZIÈRE : Démonstration du Lemme de Zorn. Université Paris 7, 2016. https://www.irif.fr/
~roziere/thEnsL/zorn.pdf.
[2] Gabriel NAGY : Cardinal arithmetic. Kansas State University. https://www.math.ksu.edu/~nagy/
real-an/ap-b-card.pdf.
[3] Hideyuki M ATSUMURA : Commutative ring theory, volume 8 de Cambridge Studies in Advanced Mathematics.
Cambridge University Press, Cambridge, deuxième édition, 1989. Translated from the Japanese by M. Reid.
[4] Serge L ANG : Algebra, volume 211 de Graduate Texts in Mathematics. Springer-Verlag, New York, troisième
édition, 2002.
GÉNÉRALITÉS SUR LES ANNEAUX ET LES MODULES 15

[5] Qing L IU : Cours de Licence 3 : structure algébrique 2. Université de Bordeaux, 2017. https://www.
math.u-bordeaux.fr/~qliu/Enseignement/StructuresAlg2/2019/poly-2019.pdf.
[6] Olivier B RINON : Cours de Master 1 : modules, espaces quadratiques. Université de Bordeaux, 2017. https:
//www.math.u-bordeaux.fr/~obrinon/enseignement/modules/modules.pdf.

J EAN -M ARC C OUVEIGNES , U NIV. B ORDEAUX , B ORDEAUX INP, INRIA, CNRS, UMR 5251, F-33400
TALENCE , F RANCE .
E-mail address: [email protected]

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