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Barrage BCR
Recherche sur les barrages en béton compacté au rouleau
Élaboré par :
TIMOUMI Jawher
Encadrant Pédagogique :
M. HAMDI Hichem
Année Universitaire :
2020-2021
Introduction :
Le béton compacté au rouleau (BCR) continue d'être reconnu comme un matériau compétitif
pour la construction de nouveaux barrages et la réhabilitation de barrages existants. Au
cours des deux dernières décennies, de nombreux détails de conception et méthodes de
construction ont été adaptés pour améliorer le produit final tout en maintenant la vitesse de
construction qui confère à ces types de barrages leur avantage concurrentiel. Plus de 370
barrages gravitaires BCR de plus de 15 mètres ont été construits dans le monde à l'aide du
BCR.
Exemples à mentionner :
A mentionner les deux premiers grands barrages gravitaires BCR aux États-Unis - Willow
Creek dans l'Oregon et Upper Stillwater dans l'Utah - ont été construits dans les années
1980. Ces barrages ont subi des infiltrations à travers les joints de levage et au niveau des
fissures de retrait. Depuis ce temps, les ingénieurs concepteurs, les propriétaires et les
entrepreneurs recherchent des méthodes innovantes pour améliorer la durabilité et
l'esthétique du BCR et pour limiter les infiltrations. Plusieurs systèmes de parement sont
utilisés sur les barrages construits aujourd'hui, y compris le béton conventionnel à air
entraîné avec des inducteurs de fissure et des arrêts d'eau, des panneaux de béton
préfabriqués et des membranes d'étanchéité.
Matériaux
Le BCR diffère du béton classique principalement par sa consistance qui lui permet de
supporter un rouleau vibrant, et par sa granulométrie et son dosage en liant convenant au
compactage par un tel rouleau.
L’objectif du choix des matériaux et de l’étude de la compression d’un BCR est d’obtenir un
béton stable satisfaisant aux prescriptions de résistance, de durabilité et de perméabilité de
l’ouvrage. Les matériaux utilisés pour le BCR sont des granulats tout-venant, ayant subi un
minimum de traitement, avec un faible dosage en liant, jusqu’aux granulats fortement
traités, avec une teneur en liants de modérée à élever.
Lors de l’étude des matériaux (et des dosages) pour un barrage BCR, le projeteur doit
toujours se rappeler que ce sont les propriétés in situ, incluant celles relatives aux joints
horizontaux entre les couches, qui sont importantes et non pas celles pouvant être obtenues
au laboratoire.
● Ciment : conforme à la norme NF EN 197-1, de type CEM I, CEM II, CEM III, CEM IV ou
CEM V ;
● Granulats : conformes aux normes NF EN 13242 et NF P 18 545. Ils constituent 75 à 85 %
du volume total, et peuvent être roulés (sable siliceux) ou concassés (sable calcaire, gravier,
grave...). Pour limiter les problèmes de ségrégation et en vue d’une meilleure qualité de
surface, la dimension maximale du granulat doit être inférieure à 20 mm et le fuseau
granulométrique divisé en plusieurs fractions (exemple : 0/3-3/8-8/16). Toutes les fractions
doivent avoir un indice de concassage supérieur à 30 % dans le cas d’un trafic faible et
environ 100 % dans le cas d’un trafic élevé. Ces granulats ont un indice de plasticité non
mesurable et une teneur en matière organique inférieure à 0,2 % ;
● Eau : conforme à la norme NF P 98 100, le BCR est un béton sec à affaissement nul. Sa
teneur en eau doit donc être faible ;
● Éventuellement, adjuvants : dans des proportions spécifiques et avec précaution. En effet,
la durée courte de malaxage et la faible quantité d’eau limitent l’effet de ces adjuvants, d’où
une augmentation du dosage pour en accroître l’efficacité. Les plus courants sont
des retardateurs de prise, permettant d’augmenter la durée de transport et de mise en
place du béton, de maintenir longtemps la consistance recherchée du BCR ou de ménager
la contrainte des reprises de bétonnage. D’autres sont des réducteurs d’eau permettant une
amélioration de l’homogénéité de la pâte. Les accélérateurs de prise sont peu utilisés et les
fluidifiants exclus, car ils peuvent provoquer un ressuage ou une déformation excessive à la
suite du compactage.
Formulation
Un certain nombre de méthodes ont été utilisées pour le choix des dosages d’un BCR. Elles
peuvent être classées suivant deux approches générales : l’approche « Béton » dans
laquelle le rapport eau/liant est considéré, et l’approche « sols » dans laquelle la
composition est conçue en utilisant une relation teneur en eau/densité. Les deux
approches visent à produire un béton de qualité convenant au compactage par rouleau et à
la construction du barrage.
Les dosages du BCR suivront la convention adoptée pour le béton classique – c’est-à-dire,
l’identification de la masse de chaque constituant contenu dans un volume unitaire
compacté de béton en se basant sur la condition SSD (saturated- surface-dry). Une raison
pratique d’utilisation de cette convention standard est que la plupart des installations de
malaxage de BCR nécessitent que les constituants du béton soient ainsi identifiés pour
établir des données pour le système de contrôle de l’installation.
Lors du projet des premiers barrages BCR, ces deux approches furent utilisées. Cependant,
au cours de ces dernières années, on s’est orienté vers l’approche « béton », comme il en
fut de même vers les BCR contenant des dosages élevés en liant (voir sous-chapitre 1.5.).
Néanmoins, l’approche « sols » est toujours adoptée par certains projeteurs.
Eau Fines Ciment Exemple de composition pour 1 m3
Sable Gravillons
Eau = 60 litres
4%
7% Ciment = 180 kg
Fines = 120 kg
11%
Sable = 540 kg
45%
Gravillons 3/20 = 750 kg
Cailloux 20/63 = 750 kg
33%
Méthode d’exécution
Les dispositions générales, l’organisation et la logistique concernant la construction
des barrages BCR différent quelque peu de celles adoptées dans la construction des
barrages en béton de masse classique. Au lieu de la construction verticale en plots
indépendants, celle des barrages BCR comporte la mise en place du béton en
couches relativement minces sur une grande surface, en plaçant une série de routes
de chantier l’une au-dessus de l’autre en une rapide succession. Si un problème
survient sur une couche, il doit être résolu avant la mise en place des couches
suivantes. Il n’y a pas d’autres plots sur lesquels on pourrait travailler pendant
l’examen du problème. Il est donc important que toutes les opérations connexes,
telles que le nettoiement des fondations, les accès et la livraison des matériaux et
des éléments noyés dans le béton, soient examinées et programmées bien à
l’avance. Lorsqu’apparaissent des problèmes techniques, la responsabilité et
l’autorité pour les actions à mener en vue de résoudre ces problèmes doivent
relever du chantier.
Production des granulats
Le stockage des granulats et l’implantation de la centrale à béton peuvent avoir une
plus grande importance pour un barrage BCR que pour un barrage en béton
classique. Fréquemment, de très grands stockages sont nécessaires avant le début
de la mise en place du BCR
Fabrication du BCR
Les bétonnières pour la fabrication du BCR doivent être de capacité suffisante
pour répondre aux cadences élevées de mise en place et doivent malaxer
convenablement les composants. La bétonnière doit fonctionner avec peu ou
pas de baisse de cadence, et les entretiens programmés et les réparations
doivent être effectués rapidement.
Transport et mise en place
Il apparaît que la méthode de loin la plus courante (plus de 50 %) est le transport
par camions, la seconde étant le tapis transporteur jusqu’au barrage avec des
camions transportant le BCR du point de déchargement jusqu’à l’emplacement du
bétonnage. Il y a un certain nombre d’autres méthodes
Début du bétonnage
L’interface barrage/fondation est l’une des zones les plus critiques de l’ouvrage.
Bien que du BCR ait été utilisé dans quelques barrages pour remplir des creux dans
la fondation, avec ensuite un compactage au moyen de compacteurs pneumatiques,
la pratique courante consiste à constituer une plate-forme en béton classique sur
laquelle le premier BCR est épandu. Le béton utilisé pour la construction de la plate-
forme doit avoir des propriétés identiques à celles du BCR, avec cependant une
maniabilité différente afin qu’il puisse être compacté. Une surface minimale de 400
à 500 m² sont appropriée.
Épandage
Une réduction de la ségrégation au minimum a été réalisée en épandant le BCR au
moyen de bulldozers équipés de lames en forme de U, qui produisent un
confinement latéral au cours de l’épandage. Des mélanges cohérents, plus
maniables, réduisent également la tendance à la ségrégation. Un travail manuel est
souvent nécessaire pour enlever ou remélanger, avant le compactage, les matériaux
présentant une ségrégation ; l’ampleur du travail manuel dépendra du niveau de
ségrégation et des prescriptions de projet
Épaisseur des couches
L’épaisseur des couches dépend d’un certain nombre de facteurs. Les rouleaux
vibrants modernes fournissent suffisamment d’énergie pour réaliser de bonnes
densités avec un BCR maniable bien étudié, les épaisseurs des couches pouvant
atteindre 1 000 mm (comme cela a été adopté dans quelques barrages RCD). Le
facteur le plus important est la nécessité d’appliquer une énergie de
compactage suffisante à la partie inférieure de la couche pour obtenir une
bonne liaison entre la nouvelle couche et celle précédemment compactée.
Compactage
Le béton classique est consolidé par vibration, tandis que le BCR est densifié par
compactage. Il y a une grande variété de paramètres pouvant influencer le
compactage, tels que la dimension maximale des granulats, le dosage et le type de
liant, le dosage en eau, l’épaisseur des couches, le matériel utilisé, etc. Un
compactage adéquat est un facteur essentiel en vue d’obtenir un BCR de bonne
qualité. Le BCR est compacté ou damé pour former une masse dense au moyen
d’énergie transmise par des engins extérieurs, plutôt que par vibration interne (ou
externe) et densification par tassement sous l’effet de son propre poids [12]. Le
compactage doit être exécuté le plus tôt possible après l’épandage du BCR.
Joints entre couches de BCR
Des joints horizontaux sont inévitables dans les barrages BCR du fait de la méthode
de construction par couches. Chaque couche correspond à l’épaisseur des matériaux
compactés. Les levées peuvent être compactées comme des couches individuelles,
ou plusieurs couches peuvent être épandues avant de les compacter en une seule
levée avant le début de prise du BCR (comme dans le cas des barrages RCD [10]).
Cure et protection du BCR
Après la mise en place et le compactage du BCR, la surface des couches doit être
maintenue humide continuellement 24 heures sur 24, et protégée contre la
dessication ou le gel avant la mise en place de la couche suivante, comme dans le
cas du béton classique. La surface doit être propre et dans un état SSD (saturated-
surface-dry), ou proche, juste avant l’épandage de la couche suivante. La surface
sera également protégée contre le gel au moyen de couvertures en plastique (ou
autres moyens) jusqu’à ce qu’elle atteigne une maturité suffisante.
Conclusion
Les avantages précités, tel que les bonnes résistances du BCR appuyés par des études de
formulation, de résistance et d’une évaluation économique montrent que le BCR est un
matériau très convenable et rentable pour la construction et l’entretien des barrages.
L’étude économique explique aussi la rentabilité de l’utilisation de la technique de BCR dans
les travaux par rapport aux autres types de barrages.