Machines à courant continu : principes et applications
Machines à courant continu : principes et applications
par
Pr. R. Ibtiouen
L’utilisation de l'énergie électrique est simple d'emploi, facile à régler et très peu
polluante. La conversion de l'énergie électromécanique est réalisée avec des machines
électriques que l'on retrouve au niveau:
La puissance électrique s'exprime par le produit d'une variable intensive (le courant)
par une variable extensive (la tension).
En valeurs instantanées, on a :
p(t) = v(t).i(t)
PM =
où représente le couple en N.m ou en J/rd et où représente la fréquence de rotation
en rd/s. Souvent, on utilise N qui représente la vitesse de rotation en tr/s si ce n'est en
tr/mn avec :
N = (/2) [tr/s]
ou N = (60./2) [tr/mn]
Si évidemment, les machines électriques sont destinées avant tout à convertir l'énergie
mécanique en énergie électrique et vice versa, elles ont aussi d'autres applications
telles que:
Bobines de magnéto formage dans lesquelles l'énergie électrique est utilisée pour
déformer un métal.
La machine à courant continu à collecteur mécanique est du point de vue interne une
machine à courant alternatif dont le dispositif mécanique qui est le système balais-
lames du collecteur joue le rôle de redresseur.
Les machines à courant continu à collecteur mécanique ne sont réalisées que pour des
gammes de puissances inférieures à une puissance limite (Plimite) qui dépend de la
vitesse de rotation N en tr/mn telle que:
Cette dernière relation exprime les limites constructives réalisables d'une machine à
courant continu à collecteur mécanique. Elle signifie par exemple que l'on ne peut
réaliser une machine à courant continu à collecteur mécanique qui tourne à 1000 tr/mn
et qui dépasse 2 MW. Cependant il faut signaler que dans le cas de la traction
électrique, le TGV par exemple (Trains à Grandes Vitesses, France), on arrive à mettre
en jeu des puissances de l'ordre de 6 MW en utilisant plusieurs moteurs à courant
continu de puissance réduite pour chacun d’eux.
1: Anneau de manutention
2: Culasse statorique
3: Bobinage inducteur
4: Epanouissement polaire
5: Pôle inducteur
6: Conducteurs d'induit
7: Armature d'induit
8: Balais (fixes)
9: Lames du collecteur (tournantes)
10: Arbre
11: Trous de fixation du bâti
12: Bâti
13: Ligne neutre magnétique, axe q
axe transversal, axe interpolaire
14: Axe polaire, axe d, axe longitudinal
Figure II. 1
1. Une partie ferromagnétique fixe dite culasse statorique (ou carrément stator)
pourvue d'épanouissements polaires sur lesquels sont disposées des bobines
inductrices parcourues par un courant continu. Cet ensemble engendre, dans la
région cylindrique centrale, un champ d'induction à répartition multipolaire (la
Figure II. 1 représente une machine bipolaire qui comporte donc 2 pôles
inducteurs).
Figure II. 2a
Les têtes de bobines, hors de la partie active de la machine, sont donc placées à
l'extérieur des encoches. Pour le maintient en place de ces têtes de bobines, lors
de la rotation, on utilise des frettes (fils ou rubans d'acier).
Pour la transmission du mouvement de rotation entre le rotor et l'arbre, on utilise
un accouplement mécanique par l'intermédiaire de clavettes.
1
2
3
1: Conducteurs d'induit
2: Dent
4
3: Clavette
4: Arbre
Figure II. 2b
Figure II. 2c
Les parties fixe (stator) et mobile (rotor) sont séparées le long de la longueur active par
un vide appelé entrefer dont l'épaisseur est de l'ordre du mm.
II. 1 STATOR
C'est donc la partie fixe de la machine. C'est au fait un électroaimant avec une culasse
pour canaliser les lignes d'induction et assurer leur fermeture à travers l'armature
d'induit (rotor) en les faisant transiter par la zone de conversion d'énergie qui est
l'entrefer. Les bobines inductrices autour des noyaux sont associées pour réaliser une
succession paire de pôles respectivement Nord et Sud à partir d'un choix adéquat du
sens de parcours du courant inducteur. Dans ce cas, la machine est dite "hétéropolaire"
à l'inverse des machines "homopolaires" pour lesquelles l'induction B varie en
amplitude mais garde le même sens.
La machine à courant continu est une machine électrique dite "à pôles saillants" car
l'épaisseur de l'entrefer n'est pas constante. Les épanouissements polaires (appelés
cornes polaires parfois) sont utilisés pour réduire l'angle sous lequel l'épaisseur de
l'entrefer est variable (Figure II. 1). Il subsiste toutefois des flux de fuite (f) et ainsi
le flux d'entrefer (flux utile, u) est inférieur au flux total (t) produit au niveau du
noyau. Comme pour les circuits magnétiques à courant continu, on définit un
coefficient d'Hopkinson tel que:
= t/u > 1
Plaque à bornes
Porte-balai
Entrefer
Balai (charbon, graphy te...)
Rotor
Longueur active
Arbre
Entrefer Lames en cuivre du collecteur
Isolant (mica) entre les lames
Stator
Figure II. 3
Culasse: Elle est généralement en acier coulé. Elle supporte toutes les parties fixes. A
ses extrémités, dans le sens longitudinal, se trouvent les paliers logeant les roulements
qui assurent la rotation de l'arbre portant l'induit.
Pôles inducteurs: Les pôles inducteurs alternés (Nord-Sud), appelés également pôles
principaux, sont généralement constitués d'un assemblage de tôles assez épaisses (1,5
mm) et maintenues par des tiges cylindriques (goujons). Le noyau peut, dans certains
cas, être en acier massif. Les pôles inducteurs peuvent être constitués d'aimants
permanents comme c'est le cas des BDCM (4ème partie).
Epanouissements polaires: Ils sont encore appelés pièces polaires et sont feuilletés
afin de réduire les pertes par courants de Foucault dues à la fluctuation des lignes de
champ. C'est au niveau de ces pièces polaires que sont pratiquées les encoches
destinée à loger l'enroulement de compensation lorsque c'est nécessaire et dont on
verra l'utilité par la suite.
N.J H.d l H circuit magnétique.d l + H entrefer.d l (II. 1)
circuit magnétique 2e
Be ()
N . J 2e
o (II. 2)
Sous les pièces polaires, la valeur de l'induction B e() est pratiquement constante et
donnée par l'expression (II. 2). Toutefois elle diminue sous les épanouissements
(cornes) polaires pour s'annuler à = /2 ( ou à = /(2p) dans le cas d'une machine
hétéropolaire (p > 1 donc p = /2)) (Figure II. 4).
Nord
- 2 0 2
Sud
Figure II. 4
L'induction est indépendante du temps (le champ inducteur H est produit par un
courant continu). Elle ne dépend que de la position angulaire. En effectuant un tour
complet à la périphérie de l'inducteur, on rencontre p sinusoïdes d'induction.
La valeur moyenne de l’induction dans l’entrefer que l'on obtient pratiquement dans le
cas de machines à courant continu à collecteur mécanique de puissances moyennes
varie entre 1 T et 1,50 T. Dans le cas où l'on surexciterait (valeur très importante de J),
on constate que le phénomène de saturation des dents rotoriques est accentué et ainsi
pour une augmentation insignifiante de l'induction on surélève les pertes Joule
inducteur.
La valeur moyenne du flux utile () par pôle inducteur dans le cas d'une machine
ayant 2p pôles inducteurs s'obtient en multipliant l'induction moyenne d'entrefer
(Bmoy) en considérant l'expression (II. 3) par la section droite (S) d'un pôle du côté de
l'entrefer, soit:
2
B moy B max
Rl
2 u B max
p
S Rl u
p
(II. 4)
où R et lu représentent respectivement le rayon d'alésage statorique et la longueur utile
de machine suivant son axe de rotation.
Evidemment, l'expression (II. 4) peut être obtenue en utilisant:
/2 p
B() ds Rl u . B max cos( p)d
S / 2 p (II. 5)
2p
F NJ H i l i (II. 6)
1. Noyaux polaires (Sud-Nord): Constitués par de l'acier massif ou par des tôles
feuilletées, ils portent les bobines inductrices ayant chacune N spires et
parcourues par le courant J. Le flux au niveau de ces noyaux est le flux total tel
que:
n = t (où t est le flux total)
2. Pièces polaires: Elles sont donc constituées par des tôles feuilletées et isolées les
unes des autres. Ces pièces polaires permettent de limiter les flux de fuite (f) et
d'augmenter la section d'entrée du flux dans la zone utile qui est celle de l'entrefer.
La section Spp de la pièce polaire est telle que représentée sur la Figure II. 6.
Spp
Figure II. 6
4. Denture du rotor: La présence des dents est due aux encoches permettant le
logement et la fixation des conducteurs de l'enroulement (bobinage) de l'induit.
Pour limiter les pertes par courants de Foucault et les pertes par hystérésis, le rotor
est feuilleté. Le flux au niveau des dents d'induit d est tel que:
d = u
5. Anneau d'induit: Le flux au niveau de l'anneau d'induit a est tel que:
a = u
Sa
Anneau d'induit
Encoche d'induit
Figure II. 7
6. Culasse: Elle est donc constituée par des tôles épaisses en fonte ou en acier coulé.
Elle permet de canaliser les lignes de flux. Le flux c dans la culasse est:
c = t
Pour déterminer la fmm F (force magnétomotrice) par pôle inducteur, on peut utiliser
le Tableau II. 1.
dF = Idl ^ B (II. 7)
B
+ dF =I dl^ B
I Force de Laplace Energie mécanique
Energie électrique
I dl
S
N
dF
Figure II. 8
Sur la Figure II. 8, le conducteur parcouru par Idl et soumis au champ magnétique
d'induction B subit une force sous la forme d'une pression magnétique des lignes de
champ. Dans le cas où B (ou I) est nulle, cette force est évidemment nulle.
Sur le premier exemple classique (Figure II. 9), on obtient un travail consécutif à un
déplacement sous l'action de la force de Laplace tel que:
dW = Fdx
soit:
dW= BIldx
où:
Bldx = BdS
et finalement:
dW = Id
_
B
S n
_
_
dF
Idl l
+
-
dx
I
N
Figure II. 9
Sur le second exemple (Figure II. 10), on a une spire mobile autour de son axe OO',
formée par deux conducteurs de longueur active l et soumise à un champ uniforme
B). Deux forces identiques et opposées appliquées aux deux extrémités d'un même
diamètre D forment le couple tel que:
= F.D/2
Soit :
= I.(d/d
Idl
l
F
Figure II. 10
E=v^B (II. 9)
Et dont la circulation sur la longueur dl crée une force électromotrice induite e, telle
que:
l2 l2
v B .d l
e E.d l (II. 10)
l1 l1
B
I dl
B
+ fém e = Blv
Energie Energie électrique
mécanique (v)
On a les deux exemples classiques, dans le cas de production de la fém, représentés sur
les figures II. 11 et II. 12.
B
S n
F
v l
R Idl
dx
I
N
Figure II. 11
e = -Blvcos
Dans le cas de la Figure II. 12, pour une spire composée de deux conducteurs, la fem
e est exprimée par :
e = 2Bnlv
e = NcBnlv
l
v
B
n
e>0
N S
e<0
v
Figure II. 12
Remarque
Le champ magnétique B, produit par l'inducteur au niveau du stator d'une machine
à courant continu, est fixe dans l'espace. Comme on le verra, le moment magnétique
ampérien M, produit par les courants rotoriques (induit) est naturellement fixé au
cours de la rotation du rotor par la position du système balais-lames du collecteur. Il
s'ensuit que la position (M,B) entre M et B est constante et que le couple moyen au
cours de la rotation du rotor, est maximum.
Le couple au niveau du rotor est:
= M^ B
est égal et opposé à celui au niveau du stator immobile (en vertu du principe de la
réaction). Le moment magnétique ampérien M et le champ magnétique inducteur B
sont naturellement décalés de /2p l'un par rapport à l'autre (exemple Figure II. 13 où
p = 1).
Courants d'induit
Courant inducteur
Stator B
Rotor
Figure II. 13
I
n M
M [Link] S
M=I ds
S
Figure II. 14
Avec un champ uniforme B produit par un circuit (ou un aimant) externe, on peut
obtenir un travail dû aux forces électromagnétiques (courant + champ) tel que:
M.B = I [Link] I
S
Effectuons une rotation d au niveau de l'exemple de la Figure II. 14. Le travail des
forces élémentaires sera (Figure II. 15):
dW = d = [Link]
avec
dm = - M ^ d
Soit :
d = B.(-M ^ d)
d'où:
= M^ B = IS^ B = I^
pour N spires,
= NSI^ B
ce couple tend à mettre IS et B en parallèle pour avoir max. dans les N spires (avec
max = Bmax.S).
M+dm
B I
dm
n
d
B
S
B M
Figure II. 15
III. 2 OBTENTION D'UNE FEM UNIDIRECTIONNELLE
La répartition des lignes de champ créées par les courants traversant l'enroulement
d'induit va dépendre, à courants donnés, de la configuration générale des matériaux
ferromagnétiques qui constituent le circuit magnétique et en particulier de la position
de l'axe des pôles inducteurs par rapport au plan de symétrie des courants d'induit. Le
fonctionnement le plus courant des machines à collecteur mécanique, comme c'est le
cas des machines à courant continu récentes, est celui où ce dernier plan est
perpendiculaire à l'axe des pôles inducteurs. Ceci s'obtient lorsque les balais (fixes)
sont calés sur la ligne neutre (axe interpolaire, Figure II. 2).
Le champ magnétique créé par les courants de l'enroulement d'induit est représenté
dans le cas d'une machine bipolaire (p = 1) sur la Figure II. 16 dans le cas simplifié.
On constate que le champ obtenu est pratiquement orthogonal au champ inducteur.
4
1
1
6
3
1: Pôles inducteurs
2: Balai
3: Courants d'induit (qui se retrouvent au nivau des lames du collecteur)
4: Axe polaire (d)
5: Axe interpolaire (q, ligne neutre)
6: Lignes de champ d'induit
Figure II. 16
Disposons une spire, entraînée à une vitesse constante à l'intérieur d'un champ
d'induction uniforme B (Figure II. 16). Cette spire présente deux brins actifs, ab et cd
de même longueur l. Ses extrémités sont soudées à deux bagues en cuivre sur
lesquelles frottent deux balais fixes dans la direction de l'axe polaire (axe d) qui est
pris comme axe origine (instant origine t = 0).
p t (ici p =1)
b
+ l
U R -
I d
- N
+
Figure II. 17
e ab B n lv
e cd B n lv
e ab B max lv cos
E max = B max l v
e cd B max lv cos
soit (Figure II. 18):
e E max cos t (II. 11)
e ligne neutre
E
max
t
0
Sud (S)
Figure II. 18
On obtient la même allure que celle de la Figure II. 18 pour la tension (U) et pour le
courant (I) en branchant une résistance de charge (R) à l'extérieur (Figure II. 17).
Dans le dispositif de la Figure II. 17, remplaçant les deux bagues par deux demi-
bagues en cuivre isolées entre elles et sur lesquelles frottent deux balais placés dans la
même direction que l'axe polaire (d) (Figure II. 19). Les deux demi-bagues isolées
entre elles (notées par I et II sur cette dernière Figure) prendront par la suite le terme
de lames.
b
+ l
U R
I
II
-
I d 2
N
S S S S S
I 1 2 1
+ + + + +
U R I II I
I II II I
II 1 I 2 II
- - 2 - - 1 -
2 1 2
N N N N N
a)
b) c) d) a)
e= E e= 0 e= E e= 0 e= E
max max max
u=U u=0 u=U u=0 u=U
max max max
Figure II. 19
Les deux demi-bagues ou lames (I) et (II) sur lesquelles sont soudés les extrémités des
deux brins actifs ab (noté par 1) et cd (noté par 2), changent de balais (fixes) aux
passages par la ligne neutre (axe interpolaire). La tension (ou le courant) obtenue aux
bornes de la résistance de charge (R) est unidirectionnelle. Elle est redressée (Figure
II. 20) mais elle n'est pas continue. Les ondulations sont comprises entre 0 et U max (ou
Imax).
axe polaire
ligne neutre
V
t
0
axe interpolaire
Figure II. 20
Remarque:
Les balais sont dits calés sur la ligne neutre. Il faut noter qu'en réalité, ils sont
disposés sur l'axe des pôles mais que ce sont les conducteurs qui aboutissent aux
lames du collecteur en contact avec les balais qui sont disposés sur la ligne neutre.
Le système demi-bagues-balais est donc dit collecteur mécanique. Il permet d'inverser
le courant dans la charge quand la fem induite dans la spire est nulle c'est à dire
quand elle traverse la ligne neutre.
Pour obtenir un signal proche d'un signal continu, il faut augmenter le nombre de
conducteurs actifs et par conséquent le nombre d'encoches pour les loger et le nombre
de lames du collecteur.
Au début de la construction des machines à courant continu, les enroulements
(bobinages d'induit) rotoriques étaient effectués sous la forme dite "en anneaux"
(Figure II. 21). Pour ce dernier type d'enroulement, seule la moitié du cuivre est
utilisée.
Anneau
Figure II. 21. Enroulement d'induit dit "en anneau" (Enroulement de Gramme)
p = 2/2p
Un faisceau comporte n brins actifs, la fem totale est la somme des fem de chaque
brin (sur la Figure II. 23, n = 2). Il est évident que pour avoir une fem plus
importante, il faut augmenter le nombre de brins actifs et, comme on l'a précisé pour
obtenir une fem pratiquement continue il faut augmenter le nombre d'encoches et par
conséquent le nombre de lames au collecteur.
S
lame I
e
1
e
2
+
s
R I 1
II
-
s
2
N
lame II
Figure II. 22
Nord Sud
ligne neutre ligne neutre
Partie frontale
Faisceau l
de conducteurs "aller"
p
e
1
s
1
e s
2 2
Soudure des entrées
sur la même lame Partie frontale
Balai Isolant
1 D 4'
2
+
A 3'
I
ligne neutre R U
II IV
4 III
- C
1'
3 B 2'
I
Figure II. 24
Considérant l'instant initial celui où les encoches A et C sont sur la ligne neutre c'est à
dire qu'à cet instant, les fem dans les brins actifs 1, 2, 1' et 2' sont nulles tandis que
celles des brins actifs 3, 4, 3' et 4', logés dans les encoches B et D, sont maximales. Au
cours de la rotation du rotor, les lames servent à collecter les fem produites par quatre
brins actifs de deux encoches voisines ou à les mettre en série. On obtient aux bornes
de la résistance de charge le signal de la tension représenté sur la Figure II. 25.
t
Figure II. 25
Une comparaison du signal obtenu Figure II. 25 par rapport à celui de la Figure II. 20
dans le cas de deux lames au collecteur, montre que lorsque l'on augmente le nombre
d'encoches c'est à dire le nombre de lames au collecteur, on augmente le nombre
d'ondulations de la tension (du courant) mais en réduisant les amplitudes de ces
ondulations. La fréquence f des ondulations est donnée par:
f = k
où k et représentent respectivement le nombre de lames qui est égal au nombre
d'encoches et la vitesse de rotation du rotor en tr/s.
avec
Umoy = Umax(1 + cos(/2))/2
et
U = (Umax - Umin)/2 = Umax(1 - cos(/2))/2
N
e= 0
e= E 1
max 2
3' 4' ln: Ligne neutre E
max
3 4
1' e= E
2' max
e= 0
Ainsi:
= 2p/2 = /2
Umax = 2Emaxcos(/2)
Umin = Emax
U = (Umax - Umin)/2 = (Emax/2)(2cos(/2) - 1)
et
E ma x
2 c o s 1
U 2 2
% .100 .100
U moy E max
2 c o s 1
2 2
2
% tg .100
4 (II. 13)
Grâce au collecteur et aux balais, on obtient deux nappes de courant de sens contraires
(+ et -). Pour les machines 2p-polaires, les courants d'induit s'inversent 2p fois (tous
les /p) à la périphérie de l'induit. En d'autre termes, le bobinage d'induit associe deux
à deux des conducteurs à peu près diamétralement opposés sur une vue frontale de
rotor, formant ainsi des spires qui sont traversées par le flux de l'inducteur. Au cours
de la rotation du rotor, les balais restant fixes dans l'espace, les conducteurs de l'induit
voient changer le sens du courant qui les traverse quand les lames de collecteur
auxquelles ils sont reliés entrent en contact avec les balais. L'effet du collecteur et des
connexions et donc d'imposer à tous les courants situés (sur une vue frontale) d'un côté
de la "ligne des balais" de circuler dans un sens, et à tous les courants situés de l'autre
côté de circuler dans l'autre sens.
Pour déterminer l'expression de la fem d'induit d'une machine à courant continu, on
peut l'obtenir à partir de l'expression du couple électromagnétique qui est déterminé en
utilisant le principe des travaux virtuels ou le tenseur des contraintes de Maxwell
(Annexe).
On peut avoir l'expression de la fem en exploitant l'exemple de la Figure II. 24. Au
niveau de ce dernier exemple, on a 4 encoches à deux conducteurs chacune, 4 lames
au collecteur et une paire de pôles (p = 1).
A l'instant donné sur la Figure II. 24, on constate que les lames I et III sont en contact
avec les balais respectif (+) et (-) dans le sens générateur tandis que les lames IV et II
servent à la mise en série des fem des conducteurs concernés (Figure II. 27):
Chaque conducteur, dans cette dernière figure, de fem ec est représenté par le
symbole d'une batterie d'accumulateur.
La ligne des balais coupe l'enroulement d'induit en 2 voies d'enroulements
identiques comprenant chacune 4 fem (ec) correspondantes aux 4 conducteurs en
série.
Dans le cas général, nous avons 2 groupements en parallèle de deux séries de N c/2 fem
(Nc est le nombre total de brins actifs de longueur l), soit:
Nc
E totale .e c
2
+
I/2 I/2
I
I
e e'
1 3
voie
R d'enroulement
U
e' e
1 3
E
IV totale II
e' e
4 2
e
4 e'
2
III
-
ligne des balais
Nc
2a
E e 1 e 2 e 3 ... e i ... ei
i 1
Soit :
Nc
2a
E Bi lv
i 1
Avec :
Nc
2a
Bi B moy . 2ac E B moy . 2ac .lv
N N
i 1
Sachant que :
R
v 2 Rn 2 p n
p
D R
et p = = s oit v = 2p. p .n
2p p
où v, R, n,p et D représentent respectivement la vitesse des conducteurs [m/s], le
rayon du rotor (m), la fréquence de rotation des conducteurs du rotor [tr/s], le pas
polaire et le diamètre du rotor, on obtient:
Nc
E B moy .l. p .2 p.n
2a
où :
B moy .l. p
p
E N c n [V]
a (II. 14)
En introduisant K tel que K = (p/a)Nc, cette fem d'induit qui représente évidemment la
valeur moyenne de la fem redressée, s'écrit:
E = Kn
Cette dernière expression est celle de la fem à vide (présence uniquement du flux dû
à l'inducteur, qui est dit "flux à vide" quand le courant d'induit I est nul). Cette fem est
proportionnelle à la vitesse de rotation (n) de l'induit mais elle n'est pas
proportionnelle au flux (donc au courant inducteur dit "courant d'excitation‘’) à cause
du phénomène de saturation des matériaux magnétiques.
,
k ch .I (II. 19)
III. 5. 2 En charge
Avec: Ev = Knv et Ech = Knch, où v est une fonction du seul courant inducteur
J (v (J)) et où ch est une fonction du courant J et du courant de charge du circuit
d'induit I (ch(J,I)), il s'ensuit que :
ch < v
Ainsi l'équation de la tension aux bornes de l'induit d'une machine à courant continu à
collecteur mécanique en charge (I > 0), est exprimée par:
p o ur le f onc tionnement en m o teur
U E v RI (I) (II. 22)
- p o ur le f onc tionnement en géné ratrice
III. 6. ENROULEMENT D'INDUIT DE MACHINES A COURANT
CONTINU A COLLECTEUR MECANIQUE
L'enroulement d'induit est parmi les éléments les plus importants de la machine à
courant continu car c'est grâce à lui qu'il y a transformation de l'énergie. Actuellement,
ce sont les enroulements en tambour qui sont utilisés en adoptant comme critères le
poids minimum et le rendement maximum. Les enroulements d'induit des machines à
courant continu à collecteur mécanique différent, dans leur exécution, suivant la
puissance, la tension et le courant.
Les faisceaux des sections des enroulements d'induit (une section (Figure II. 28) est
un ensemble de spires qu'il faut parcourir pour aller d'une lame du collecteur à la
suivante) aboutissent aux lames du collecteur sur lesquelles frottent les balais portés
par des porte-balais munis de ressorts calibrés de sorte à maintenir une pression
convenable des charbons sur ces lames. Sur chaque lame du collecteur se trouve une
soudure entre deux faisceaux de conducteurs de l'induit (Figure II. 28). Sur cette
dernière figure, a,b,c,d,e,f et g forment une section. A la place des conducteurs,
dans le cas des machines de fortes puissances (P > 500 kW), on utilise des barres.
Les enroulements d'induit des machines à courant continu à collecteur mécanique sont
classés en deux catégories de deux types:
d
encoche à peu près
e diamètralement opposée
c
.
encoche
p
p
faisceau de N conducteurs "aller"
c
(couche supérieure) b faisceau de N conducteurs "retour"
f c
(couche inférieure)
soudure a g
I II
lames du collecteur
Ce sont des enroulements de type parallèle dits "en boucle" (Figure II. 28). On
rencontre des enroulements d'induit imbriqués simples et imbriqués multiples. Les
enroulements imbriqués sont recommandés pour des machines à grandes intensités. Le
courant dans une voie d'enroulement est égale à I/(2a) où I est le courant total d'induit.
y2 = y - y1 (II. 28)
N S
I II
y
lame du collecteur c
Figure II. 28
Ce sont des enroulements de type "série" exécutés sous forme d'onde (Figure II. 29).
On retrouve également des enroulements ondulés simples et ondulés multiples. Les
enroulements ondulés sont recommandés pour des machines à grandes fem (tensions).
N S Faisceau "retour"
(couche inférieure)
y y
1 2
Faisceau "aller"
(couche supérieure)
lame du collecteur
y
c
Figure II. 29
2a = 2 (II. 31)
L 1
yc = y = (II. 32)
p
La
yc y
p (II. 34)
D'une façon générale, il y a lieu de noter que le pas y1 n'est pas toujours diamétral ( =
0, expression (II. 27)) identique pour les deux catégories d'enroulement), que
l'enroulement d'induit peut s'exécuter par un développement vers la droite (yc = +1,
enroulement dit dextrorsum) ou vers la gauche (yc = -1, enroulement dit sinistrorsum).
On réalise également des enroulements mixtes (imbriqué-ondulé).
y 2 y y 1 1 3 2
N S N S
b
d
d
b
- + - +
V
360°méc.
Figure II. 30
Sur l'exemple de la Figure II. 33, on constate donc que l'enroulement d'induit d'une
machine à courant continu à collecteur mécanique est fermé sur lui-même à travers les
lames du collecteur. On ne distingue plus son entrée de sa sortie une fois qu'il est
exécuté. A l'instant considéré sur cette dernière figure, les lames I, IV, VII et X servent
à collecter le courant au niveau des balais tandis que les lames II, III, V, VI, VIII, IX,
XI et XII servent à la mise en série.
III. 6. 3. 2 Exemple d'enroulement d'induit d'une machine à courant
alternatif
q = k/(2pm)
Notons les entrées et les sorties des 3 phases de cet enroulement d'induit
respectivement par (U, x), (V, y) et (W, z). Les axes magnétiques de ces trois bobines
sont décalées successivement de 2p/3 dans le sens direct qui est le sens horaire le sens
électrique (Figure II. 31).
(3)
U
z
y
N
(1)
S
V
W
(2)
Figure II. 31
6 1 2 3 4 5
N S
z y V
W
0° 90° 360°
U x
Figure II. 32
L'enroulement d'induit d'une machine à courant alternatif est donc ouvert. On a accès
aux extrémités des bobines et l'on peut effectuer des couplages (étoile et triangle) à
partir de la plaque à bornes de la machine.
L'effet de la réaction magnétique d'induit n'a lieu que lorsque le courant d'induit est
différent de zéro c'est à dire quand la machine fonctionne en charge. Le flux en charge
(ch) dépend du courant d'induit (I). Il est le flux résultant du flux principal (v, flux à
vide) qui est le flux produit par la force magnétomotrice par pôle inducteur dû au seul
courant inducteur (J) et du flux produit par la force magnétomotrice de l'induit (flux de
réaction d'induit), qui est dû au courant d'induit seul (I).
La différence:
(I) = Ev - Ech = kn(v - ch) [V] (II. 36)
I/2a
I/2a I/2a U I/2a U
G E M E
= ch = ch
- -
G: Génératrice M: Moteur
I/2a: Courant dans une voie I/2a: Courant dans une voie
E = U + R
. I- E = U - R
. I-
ch a (I) ch a (I)
Dans le cas d'une réaction magnétique d'induit uniquement transversale, les balais se
trouvent calés sur la ligne neutre (cas des machines à courant continu à collecteurs
mécaniques récentes).
En effet, quand les balais sont calés sur la ligne neutre magnétique, l'axe du champ
d'induit coïncide avec l'axe transversal (Figure II. 34) qui est la direction de la force
magnétomotrice du champ de réaction d'induit appelé "champ de réaction magnétique
d'induit transversal".
ligne neutre
axe polaire
axe d
Pôle N Pôle S
axe transversal
axe q: axe du champ d'induit
Figure II. 34
NI 1
. [A/m] (II. 37)
2a 2 R
Comme le montre la Figure II. 35, la force magnétomotrice de réaction d'induit Fq est
maximale sur la ligne neutre (axe q), aux point A et B (là où sont calés les balais), et
elle est nulle aux points C et D sur l'axe polaire (axe d) qui est l'axe longitudinal. A
partir de ce dernier axe (soit en x = 0), la force magnétomotrice de réaction d'induit
maximale sous un pôle est obtenue pour x = p/2 telle que:
p
Fq .
max 2 (II. 38)
Fq Hq 2e
max max (II. 39)
Soit :
p
Bq o .
max 4e (II. 40)
axe d
C D
axe transversal
F
q axe q
q d q d q
N S
p p
B C A D B
sens du
mouvement
d'induit
x
B
q
max.
-B
q
max.
Figure II. 35
b. 1) Champ résultant
Le fait d'avoir supposer que les caractéristiques magnétiques des matériaux sont
linéaires permet d'appliquer le principe de superposition (Figure II. 36 où l'exemple
considéré est dans le cas d'un fonctionnement en génératrice) au champ principal
B(J) (champ inducteur, obtenu à I = 0 et J différent de 0) et au champ de réaction
d'induit Bq(I) (obtenu à J ~ 0 et I différent de 0). Ainsi, en chaque point de l'entrefer,
l'induction résultante Br (J, I) est:
Br(J,I) = B(J) + Bq(I) (II. 41)
q d q d q
N S
p p
B C A D B
sens du
mouvement
d'induit
B
(J)
a) Champ inducteur
seul
I = 0; J > 0
B
(I)
B
q b) Champ de réaction
max.
d'induit seul
J = 0; I > 0
-B
q
max.
c) Champ résultant
B
r (J,I) I > 0; J > 0
Figure II. 36
ligne neutre I
CPS CPE
B
(J)
axe polaire Pôle S
Pôle N
CPE CPS
J
B
q(I) axe transversal
Figure II. 37
(Wb)
<
s e
s
s
v
e e
(A)
0
CPE Fmm CPS
vide
Figure II. 38
La brusque variation de l'induction et donc de la fem aux cornes polaires de
sorties peut constituer un danger pour le collecteur lors de la commutation (qui
sera abordée au prochain paragraphe) car il y a risque d'étincelles et même d'arc. Il
faut donc y remédier.
La réaction magnétique d'induit longitudinale ne peut exister que quand les balais sont
décalés par rapport à la ligne neutre. Cette opération était réalisée, à courant I
nominale, de sorte à ce que les fem des sections de l'enroulement d'induit, court-
circuitées par l'intermédiaire des contacts balais-lames du collecteur, soient nulles lors
de la commutation (inversion du sens du courant d'induit (voir paragraphe suivant)).
Ce décalage, comme on l'a signalé, est effectué dans le sens de rotation pour un
fonctionnement en génératrice et en sens inverse pour le cas d'un fonctionnement
moteur (Figure II. 39).
Le décalage des balais d'un angle a pour effet de diviser les conducteurs de
l'enroulement d'induit respectivement en deux groupes sous chaque pôle (Figure II.
39):
ligne neutre F
I q I
F F
p p
Pôle S Pôle S
F F
d Pôle N d Pôle N
J J
F
q
F : Force magnéto motrice
p
principale due aux pôles
inducteurs
Figure II. 39
Remarque:
La fem totale E au niveau de l'induit se trouve diminuée par le décalage d'un angle
des balais par rapport à la ligne neutre:
On a signalé déjà que le décalage des balais n'est plus utilisé au niveau des machines à
courant continu à collecteur mécanique récentes et ainsi celles-ci ne présentent pas de
réaction magnétique d'induit longitudinale.
La solution généralement proposée pour réduire les effets de la réaction magnétique
d'induit transversale consiste à utiliser un enroulement fixe, dit de compensation. Cet
enroulement est disposé à l'intérieur d'encoches pratiquées au niveau des pièces
polaires du côté de l'entrefer, face aux conducteurs de l'induit (Figure II. 40). Les
conducteurs de l'enroulement de compensation sont parcourus par le même courant (I)
que l'induit de sorte à produire un champ d'induction égal et de sens opposé à celui
produit par la réaction magnétique d'induit transversale et ainsi annuler, dans le cas
idéal, ses effets.
F
c
I
I
Pôle N
Pôle S
I
F
q
F : Force magnétomotrice due à l'enroulement de compensation
c
Figure II. 40
Fc N c .I 2Fq
s oit:
NI
Fc . p
4 ap
d'où :
N
Nc
4ap (II. 43)
Remarques
L'enroulement de compensation est donc localisé au niveau de l'entrefer. La
compensation de la réaction magnétique transversale d'induit est assurée pour toute
valeur du courant d'induit (I). Si la compensation est parfaite, le flux à vide v serait
pratiquement le même que le flux en charge ch. Evidemment, quand il y a un
enroulement de compensation, il n'y a pas lieu de décaler les balais par rapport à la
ligne neutre géométrique.
La présence d'un enroulement de compensation a pour inconvénient d'augmenter la
résistance totale équivalente d'induit et donc d'augmenter la chute de tension ohmique
et les pertes par effet Joule.
V ETUDE DU PHENOMENE DE LA COMMUTATION
Les problèmes de commutation sont donc liés au passage d'une lame à l'autre du
collecteur. Ils sont assez complexes à modéliser. Ainsi au niveau de ce cours, on
envisage plus particulièrement la commutation dite simple, par laquelle un balai n'est
en contact qu'avec deux lames du collecteur au maximum, c'est à dire que la largeur
d'une lame est égale à la largeur d'un balai (une seule section de l'enroulement d'induit
est court-circuité à la fois (Figure II. 41)). Sur cette dernière figure, on considère:
1. A l'instant initial (t = 0), le balai (+ par exemple) repose complètement sur une
seule lame du collecteur (lame 2). Le courant dans la section (b), égale à I a qui est
le courant dans une voie d'enroulement tel que I = 2aIa, a un sens donné;
S N S N S N
b b b
I
I a I i I
a a a
I I I I I
a a a a a
v v v
1 2 1 2 1 2
+ + +
2I (fixe) 2I (fixe) 2I (fixe)
a a a
Figure II. 41
Quand la largeur (lc) d'une lame au collecteur (tenant compte de l'isolant) est égale ou
inférieure à la largeur (lb) d'un balai (une seule section de l'enroulement d'induit est
court-circuité à la fois), la commutation est donc dite simple.
Lorsque lb > lc, la commutation est dite multiple. Plusieurs sections de l'enroulement
d'induit sont en commutation en même temps. Ce type de commutation est difficile à
modéliser. En effet, il est difficile de prendre en considération les mutuelles
inductances des sections en court-circuit ainsi que de la variation du nombre de ces
sections aux différents instants pendant leur phase de commutation.
V .2 COMMUTATION SIMPLE
R 0<t<T R l I
I s I I s s a
a a a
1 2
i
i i
1 i
2
r r r r
v
1 2
R R R
R b b b
b 2 1 2
1
i i
l 2I 1 2
b a
1 l
b 2I
2 a
Figure II. 43
On définit les paramètres suivants:
Ia: Courant dans une voie d'enroulement (A),
2Ia: Courant sortant (ou entrant) à travers le balai,
lc: Largeur de la lame du collecteur en négligeant l'épaisseur de l'isolant (m),
lb: Largeur du balai qui est considérée égale à celle de la lame du collecteur
(commutation simple) (m), lb = lb1 + lb2 = v.T,
lb1: Largeur de contact de la lame (1) avec le balai à l'instant 0 < t < T (m), l b1 = v.t,
lb2: Largeur de contact de la lame 2 avec le balai à l'instant 0 < t < T (m), lb2 =v(T -t),
Rb1 et Rb2: Résistances de contact balais-lames (1 et 2) à 0 < t < T (),
r: Résistance due à la soudure des conducteurs aux lames (),
Rs: Résistance de la section en court-circuit (),
ls: Inductance de la section en court-circuit (H),
l: Longueur du balai (m),
Sb: Section du balai (m2),
Sb = [Link] (m2) = vTl (II. 46)
Sb1: Section du balai en contact avec la lame 1 (m2), Sb1 = l.lb1 (m2) = lvt,
Sb2: Section du balai en contact avec la lame 2 (m2), Sb2 = l.lb2 (m2) = lv(T - t).
V. 2. 2. Commutation idéale
i
i
1 i
2
R R
b b
1 2
2I
a
Figure II. 44
Aux nœuds (1) et (2) et au niveau de la maille (Figure II. 43), on obtient
respectivement les trois équations suivantes:
I a - i = i1 (II. 47)
Ia + i = i2 (II. 48)
R b1 R b2
i I a .
R b1 R b2 (II. 50)
Sb Sb
R b1 R b . et que R b2 R b .
S b1 S b2
où les paramètres Sb, Sb1 et Sb2 sont déjà définies et leurs expressions en fonction du
temps sont déjà données. Finalement, l'expression du courant i (t), dans la section en
commutation est :
t
i (t) I a 1 2
T (II. 51)
0 T/2 T
-I
a
Figure II. 44
Dans ce cas, on tient compte de toutes les résistances représentées sur le modèle de la
Figure II. 42. Seule l'inductance propre ls de la section en commutation est négligée.
Les équations aux noeuds (II. 47) et (II. 48) restent inchangées, seule l'équation (II. 49)
de la maille est modifiée. Cette dernière équation devient:
R b1 R b2
i I a .
R+R b1 R b2 (II. 54)
t
1 2
T
i (t) I a .
R (II. 55)
1 2
t T t
R b .T
i
(t)
+ I
a
i
t
0 T /2 T
-I
a
Figure II. 45
Avec R = 0 au niveau de l'expression (II. 55), on retrouve l'expression (II. 51) qui celle
de la commutation idéale.
On tient compte de tous les paramètres définis sur la Figure II. 42. La prise en compte
de l'inductance ls et du courant variable en fonction du temps t, au niveau de la section
court-circuitée pendant la commutation, permet d'introduire un flux . Avec les deux
équations aux noeuds (II. 47) et (II. 48) qui restent les mêmes, l'équation de la maille
devient:
d
i R R b1 R b2 I a R b2 R b1
dt (II. 56)
Le flux comprend:
b)- La section qui commute sous l'autre balai et qui est située
pratiquement dans les mêmes encoches, mais bobinée en sens contraire, avec un
couplage très serré. Les courants étant à tout instant opposés si le système est
parfaitement symétrique, la tension induite par mutuelle est:
dd d d
+ -
dt t
d
représente la variation du flux produit par l'inducteur dans une fraction
t
d
d'enroulement fixe dans l'espace. Le terme est donc nul car le courant
t
inducteur J est constant. La fem induite par l'inducteur dans la partie
d'enroulement d'induit (section) qui commute a donc pour valeur:
dd d
er
dt (II. 63)
i
(t)
+I
a
(a) i
(c) 1
0 T/2 T t i i
(b) 2 s
(d)
-I
a
T: Durée de la commutation
Figure II. 46
Revenons au cas de la commutation simple. Pour aboutir à l'équation (II. 64), nous
avons émis l'hypothèse que la chute de tension aux niveaux des contacts balais-lames
du collecteur est une fonction linéaire de la densité de courant (j). Cependant, ce n'est
pas réellement le cas et la fonction (2 - 1) est difficile à maîtriser.
L'intérêt de l'équation (II. 64) est qu'elle montre que le seul terme sur lequel on peut
pratiquement agir pour améliorer la commutation, en cherchant à avoir l'inversion du
courant i en lui donnant la valeur - Ia au temps T c'est à dire à la fin de la
commutation, est:
d
C'est une solution très peu utilisée actuellement. Comme on l'a précisé au paragraphe
IV concernant l'étude de la réaction magnétique d'induit, le décalage des balais par
rapport à la ligne neutre est effectué dans le sens de rotation dans le cas d'un
fonctionnement en génératrice et en sens inverse dans le cas d'un fonctionnement en
moteur.
+
-
Interrupteur
Figure II. 47
V. 4. 2. Pôles de commutation
Cette solution est la plus utilisée actuellement. Les pôles auxiliaires de commutation
sont donc disposés sur la ligne neutre c'est à dire entre les pôles principaux. Ces pôles
de commutation étant calés sur la ligne des balais, ces derniers ne doivent donc pas
être décalés.
Les enroulements des pôles auxiliaires de commutation sont parcourus par le même
courant que celui de l'induit.
Le nombre de pôles auxiliaires de commutation est égal au nombre de pôles
principaux sauf dans le cas des machines à courant continu de faibles puissances
(P < 4 kW) où il peut être plus faible.
Les pôles auxiliaires de commutation jouent le même rôle que le décalage des balais
par rapport à la ligne neutre. Ainsi, leur polarité est telle que:
Pour une génératrice, le pôle auxiliaire de commutation a la même polarité
que le pôle principal sur lequel arrive l'induit dans le sens de sa rotation (Figure
II. 48 a),
Pour un moteur, c'est le contraire (Figure II. 48 b).
ln
ln
Pôle de commutation Pôle de commutation
Sud Nord
Sud Sud
Induit Induit
Pôle principal Pôle principal
a) Génératrice b) Moteur
Figure II. 48
Les pôles auxiliaires de commutation dont l'enroulement est en série avec celui de
l'induit doivent en principe produire une fem e c qui réduit au maximum e de
l'expression (II. 64) en compensant l'effet de l'inductance l s. Cette fem ec doit donc être
égale et opposée à er (expression (II. 63) tel que:
d di
e c 2l s e r (II. 65)
dt
Sud
Induit
Pôle principal
Génératrice
F
q
Figure II. 49
VI EXERCICES D'APPLICATION
VI. 1 ENONCES
Exercice 1
Exercice 2
Exercice 3
1- Calculer la fem.
2- Calculer la puissance électromagnétique.
3- L'enroulement d'induit de ce moteur est de type ondulé simple et
comporte 360 conducteurs. Le flux utile par pôle inducteur est de 0,01 Wb.
Calculer la vitesse de rotation du moteur sachant qu'il possède 4 pôles inducteurs.
Exercice 4
1- Quand elle est entraînée à 1800 tr/mn, la fem à vide E v est de 120 V.
Calculer le flux utile par pôle inducteur.
2- Quel est le couple électromagnétique quand le courant d'induit est de 30 A
(négliger l'effet de la réaction magnétique d'induit).
Exercice 5
Exercice 6
Une génératrice à courant continu de 12 kW, 250 V présente une fem à vide E v = 263
V et une résistance totale d'induit mesurée à chaud de 0,125 (la chute de tension due
aux contacts balais-lames du collecteur est considérée négligeable).
Exercice 7
Exercice 8
Exercice 9
Exercice 10
Exercice 11
Exercice 12