Le Maroc
Le Maroc
France - Maroc
Compte rendu
du déplacement effectué par une délégation du groupe
au Maroc
du 1er au 5 mai 2013
_____________________________________________
SOMMAIRE
PROGRAMME ................................................................................................................................................ 5
AVANT-PROPOS ........................................................................................................................................... 9
PROGRAMME
er
Mercredi 1 mai 2013
12 h 20 : Aéroport Rabat-Salé
19 h 30 : Entretien avec M. Saïd ZARROU,
Directeur Général de l’Agence pour
l’aménagement de Marchica Med
20 h 00 : Dîner offert par Dr Mohamed Cheikh
BIADILLAH, Président de la Chambre des
Conseillers
13 h 20 : Vol Rabat-Salé/Paris
-7-
Tunisie
Maroc
Algérie
Libye
Égypte
Mauritanie Tchad
Mali
Niger
Carte du Maroc
Étapes du déplacement
RABAT
1er et 2 mai
FES
5 mai
ERFOUD
3 et 4 mai
OUARZAZATE
3 mai
-9-
AVANT-PROPOS
Le groupe interparlementaire d’amitié France-Maroc, créé en 1963, est l’un des plus anciens et
un des plus nombreux du Sénat avec près de 80 membres.
Ce groupe d’amitié n’a pas pour unique vocation les relations entre élus. Il est aussi un maillon très
important de la coopération franco-marocaine et donc de l’action internationale du Sénat.
C’est dans ce cadre que, depuis de nombreuses années, les actions et initiatives ont été
multipliées :
- déplacements de membres du groupe interparlementaire au Maroc dont, parmi les plus récents,
ceux organisés à l’occasion de l’inauguration du chantier du TGV Rabat-Casablanca et des
déplacements du Premier ministre et du Président de la République française ;
- accueil de délégations dont le dernier était, en octobre 2012, une délégation de Conseillers
marocains sur le thème des infrastructures ferroviaires (TGV).
Le Sénat et la Chambre des Conseillers ont signé un accord de coopération en 1999. Cet accord
a pour objectif d’intensifier les échanges concernant des élus et des fonctionnaires, à travers la
mise en place de programmes entre les deux chambres ou par leur participation à des
programmes plus larges avec, par exemple, l’ENA ou le ministère des affaires étrangères.
Au-delà de cet accord, la réalité historique et politique de ces deux pays a créé une relation
spécifique :
La France figure en première place des partenaires commerciaux du Maroc. La France y est le
premier investisseur et compte plus de 450 entreprises présentes dans ce pays. Quant au
tourisme, il est peu de nos compatriotes qui n’aient eu l’occasion de venir goûter au Maroc la
culture, l’histoire ou la gastronomie, ou simplement sa légendaire hospitalité.
En 2005, une délégation du groupe s’était rendue à Tanger et Oujda. Elle avait notamment
découvert le projet Tanger Med et visité les logements sociaux des douars d’Oujda.
En 2013, une délégation du groupe d’amitié, présidée par M. Christian CAMBON, a été invitée
er
au Maroc, du 1 au 5 mai, par M. Mohamed Cheik BIADILLAH, Président de la Chambre des
Conseillers, et M. Abderrahim ATMOUN, Président du groupe d’amitié Maroc-France de la
Chambre des Conseillers. Le déplacement avait pour thème la gestion de la ressource en
eau et le plan solaire marocain. La délégation a, par ailleurs, eu des entretiens sur la
situation politique et sécuritaire dans la région suite à l’intervention française au Mali.
- 11 -
INTRODUCTION
Politiquement, le Maroc s’est doté d’une nouvelle Constitution en juillet 2011, adoptée par
référendum, s’inspirant des principes d’une monarchie parlementaire.
Dès les élections législatives de novembre 2011, les nouveaux mécanismes institutionnels ont
fonctionné puisque M. Abdelilah BENKIRANE, chef du parti Justice et Démocratie (PJD), sorti
vainqueur des élections, a été nommé Premier ministre par le Roi.
La prochaine étape importante sera la réforme territoriale, préalable à celle de la Chambre des
Conseillers.
Socialement, la question sociale reste entière et les attentes de la société très fortes. En
effet, le fort taux de chômage des jeunes, notamment diplômés, crée une situation parfois
explosive exprimée par le « mouvement du 20 février » (2011) qui manifeste des attentes de
justice sociale et de partage des fruits de la croissance.
Le Maroc de 2013 est un pays qui a su jusqu’à maintenant mener une politique de
modernisation, comme tend à le prouver le « statut de pays avancé » qui lui a été attribué par
l’Union européenne.
Dans un Maghreb où les "Printemps arabes" ont apporté tout à la fois espoir et inquiétude, le
Maroc est un gage pour la paix et la prospérité. La France, partenaire historique du Maroc,
soutient la politique menée depuis 1999 par les dirigeants marocains. Elle estime, en effet, que
cette politique est une chance pour le Maroc, mais aussi parce qu’au-delà, il y va de l’avenir de
la région et peut-être même de l’Europe.
1
Le « risque pays » ou « risque souverain » est la probabilité qu’un pays assurera le service de sa dette extérieure.
- 13 -
Le Maroc de 2013 est un pays transformé et en mutation constante. Cette "révolution", initiée
en 1999 par le nouveau Roi, MOHAMMED VI, a permis à ce pays de franchir le ˝Printemps
arabe˝ de 2011 avec plus d’assurance et d’efficacité, tant d’un point de vue politique,
qu’économique ou social.
Si le Maroc est un pays en mutation, il est aussi un pays rassemblé autour de la cause
nationale qu’est le sort du Sahara occidental, au moment du renouvellement du mandat de la
mission de l’ONU, la MINURSO prévu le 30 avril 2013. En outre, des évènements militaires et
terroristes ont marqué cette région début 2013 avec, notamment, l’intervention militaire
française au Mali.
Les entretiens avec MM. Mohamed Cheikh BIADILLAH, Président de la Chambre des
Conseillers, Karim GHELLAB, Président de la Chambre des Représentants, Mohand
LAENSER, Ministre de l’Intérieur, ainsi qu’avec les membres du groupe d’amitié Maroc-France
de la Chambre des Conseillers, ont permis à la délégation de prendre la mesure de l’évolution
du Maroc depuis 2010, date du précédent déplacement d’une délégation du groupe au Maroc.
A. UN PAYS EN MUTATION
1. La situation politique
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Le Maroc de MOHAMMED VI, au pouvoir depuis 1999, a engagé une politique de modernisation
politique, économique et sociale. La création et les conclusions de l’instance de réconciliation
nationale sont de ce point de vue un symbole fort d’une volonté de ˝solder les comptes du
passé˝.
Le contexte régional des printemps arabes en 2011, a provoqué une accélération du mouvement
des réformes.
Le Roi a ainsi annoncé en mars 2011 une réforme constitutionnelle. La nouvelle Constitution a été
er
adoptée lors du référendum du 1 juillet.
Le Maroc se définit désormais comme une monarchie parlementaire avec un exécutif bicéphale ; la
relation entre les pouvoirs est clarifiée, les rôles du chef du Gouvernement et du Parlement ont été
substantiellement renforcés.
- 14 -
Des élections législatives anticipées se sont tenues le 25 novembre 2011 et ont été remportées par
le Parti de la justice et du développement (PJD, islamistes modérés) avec 27 % des sièges. Le
PJD ne disposant pas de la majorité, il a dû former un gouvernement de coalition avec l’Istiqlal
(nationaliste et conservateur), le Mouvement populaire (MP, berbère et conservateur) et le Parti du
progrès et du socialisme (PPS, ancien parti communiste). Conformément aux dispositions de la
nouvelle constitution, le Roi a nommé M. Abdelilah BENKIRANE, chef du Gouvernement et les
membres du Gouvernement, ˝sur la proposition de celui-ci". La récente crise gouvernementale
(28 mai 2013) avec le souhait de l’Istiqlal de se retirer de la coalition ne semble pas, au final,
menacer celle-ci ; en effet, la sortie de crise la plus plausible serait le maintien de l’Istiqlal au prix
de certains aménagements. Dans cette hypothèse, des élections anticipées ne seraient pas à
l’ordre du jour.
Le PJD incarne un vent de renouveau sur la scène politique grâce à une focalisation de son
discours sur les thèmes porteurs de la corruption et de l’égalité de tous devant la chose publique. Il
donne l’impression d’être un parti plus justicier qu’islamiste. Il est surtout le résultat de l’intégration
dans le système monarchique d’une partie de la mouvance islamiste des années 1990. Il rejette
ainsi tout lien avec les Frères musulmans, pour des raisons tant idéologiques que tactiques. Son
modèle est fondé sur la séparation des fonctions politiques et de prédication.
Malgré les critiques, le PJD a remporté 4 sièges sur 11 aux dernières élections législatives
partielles.
La transition engagée avec la nouvelle Constitution avance progressivement (5 lois organiques sur
19 adoptées) parce que le Gouvernement estime que les thèmes de la lutte contre la corruption et
de l’égalité de tous devant la chose publique sont plus porteurs que le rééquilibrage des pouvoirs
au sein de l’exécutif. D’ailleurs, le Roi reste actif sur la scène politique face à un partenaire qui
n’est pas celui qu’il aurait forcément choisi. Mais sa décision, respectant la lettre de la Constitution,
a eu le mérite de marquer la volonté du souverain d’avancer dans la voie de la construction de la
monarchie parlementaire qu’il appelle de ses vœux.
Les réformes engagées en 2011 ont, pour le moment, écarté une contestation de grande
ampleur. Les principales forces d’opposition populaires -comme le mouvement du 20 février- n’ont
pas disparu mais trouvent moins d’écho dans la population qui estime avoir été entendue. En
revanche, le poids des cheikhs salafistes libérés en février 2012 par grâce royale reste la grande
inconnue. Au total, l’avenir de la contestation repose en large partie sur la réussite ou non du
gouvernement actuel qui incarne les aspirations au changement des Marocains.
2. La situation sociale
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Les chantiers sociaux lancés par le pouvoir sont, depuis 1999, nombreux (réforme du code de la
famille, création d’un code du travail …etc.).
Pour lutter spécifiquement contre la pauvreté, le Roi a lancé, en mai 2005, l’Initiative nationale
pour le développement humain (INDH), ciblée sur les communes rurales et les quartiers urbains
défavorisés afin d’apporter une réponse globale à l’ensemble de leurs difficultés.
En matière de développement humain, l’éducation constitue la première des priorités du
Gouvernement, qui a lancé en 2009 son Plan d’urgence pour l’éducation.
De nombreux projets sociaux sont depuis des années à l’étude (couverture chômage, réforme des
retraites, droits de grève et syndicaux) auxquels se sont ajoutés les droits sociaux inscrits dans la
nouvelle Constitution de 2011.
Le poids des revendications sociales dans les mouvements contestataires du printemps 2011,
portées au Maroc par le Mouvement du 20 février, a poussé à une accélération de ces projets.
Toutefois, force est de constater que les résultats se font encore attendre face à une population,
notamment parmi les jeunes, très en attente eu égard au fort taux de chômage qui la touche.
- 15 -
Le chômage des jeunes en milieu urbain atteint 33,5%. La plupart des secteurs d’activités fait face
à un déficit de main d’œuvre qualifiée à cause de l’inadéquation formation/emploi aggravée par les
déficiences du système éducatif.
3. La situation économique
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Cette résilience de l’économie marocaine s’explique par des raisons objectives, telle que la
solidité de la consommation intérieure qui croît de 6% l’an, ou encore la continuité des
investissements publics. Ces deux facteurs ont largement contribué à soutenir l’économie
marocaine.
En outre, il faut tenir compte de l’influence de l’agriculture sur la croissance économique du
Maroc. Les variations dans ce secteur ont une influence directe sur l’état de l’économie. Ainsi,
pour preuve, l’impact négatif de la mauvaise année 2012 sur le taux de croissance qui est
descendu à moins de 3 %, et qui devrait se redresser à près de 5 % en 2013, grâce à
l’excellente campagne agricole qui s’annonce.
Mais, l’expansion économique a besoin de financement, lequel a été mis à mal par la crise
mondiale. Or le Maroc souffre d’une insuffisance de devises du fait que ses importations sont
de loin supérieures à ses exportations, mais aussi du fait que les autres sources de rentrées
de devises dans le pays ne comblent plus les besoins de l’économie marocaine, en particulier
les ressources liées au tourisme qui se sont affaiblies.
Les déficits des comptes extérieurs et budgétaires se sont creusés. La dette publique demeure
toutefois au niveau acceptable de 53 % du PIB. Les revenus du tourisme, qui représentent 7 % du
PIB en moyenne, sont affectés par la crise économique internationale et la situation politique
régionale. Le taux de chômage, qui est passé sous la barre des 10 % en 2006, a continué à
décroître pour atteindre 9,1 % en 2010 et 2011, avec toutefois la persistance de niveaux élevés
parmi les jeunes urbains et les diplômés (respectivement 32 % et 20 % de chômage).
Enfin, sur le plan des équilibres financiers, le déficit commercial est structurel. Il s’est aggravé de
25,2 % de 2010 à 2011, passant de 148,3 à 185,7 milliards de dirhams.
La progression des exportations (phosphates notamment) est absorbée par le retour à la hausse
des hydrocarbures. Le déficit budgétaire se creuse nettement en 2011 pour atteindre, sous l’effet
conjugué d’une baisse des recettes fiscales et de la hausse des subventions publiques au maintien
des prix intérieurs.
Au total, malgré la dégradation récente de certains indicateurs, due aux effets de la crise
économique mondiale, la décennie 2000 se caractérise par la consolidation des équilibres
macroéconomiques, ce qui s’est traduit par la progression de la notation « risque pays » du Maroc.
- un enjeu sécuritaire en raison de l’activisme terroriste et mafieux dans la région et les États
limitrophes ;
- un enjeu humanitaire pour les populations sahraouies concernées.
Pour mettre fin à une situation source de dangers non seulement pour ce pays, mais aussi
pour le Maghreb et, au-delà, l’Europe, le Maroc a présenté au Secrétaire général de l’ONU, le
11 avril 2007, un plan d’autonomie pour le territoire, destiné à servir de base pour les
négociations avec le Front Polisario. Le Conseil de sécurité dans sa résolution (2007-1754) a
qualifié les efforts du Maroc de « sérieux et crédibles » et a demandé l’ouverture de
négociations directes entre les parties.
En 2010, une délégation du groupe d’amitié s’était déplacée au Sahara occidental ; elle avait
fait trois constats majeurs, toujours d’actualité (Rapport n° GA 94 Maroc : l’ère du changement
- Novembre 2010) :
- l’impossibilité d’organiser un référendum sur l’autodétermination du territoire ;
- le risque sécuritaire pour la stabilité de la région ;
- l’important effort du Maroc pour développer ce territoire.
Au terme de son déplacement, la délégation, toutes opinions politiques confondues, avait
considéré que la proposition d’une large autonomie au sein du Maroc constituait une base
sérieuse de négociations.
Cette position est également celle de la diplomatie française qui, au regard de ses liens avec
le Maroc et l’Algérie, a toujours considéré qu’elle avait une responsabilité particulière pour
appeler les responsables marocains et algériens à négocier sur cette base. Le Président de la
République française, lors de sa récente visite officielle -3 et 4 avril 2013- a renouvelé devant
le Parlement marocain l’appui de la France à la politique marocaine dans ce territoire.
Les actions terroristes dans cette région (attentats, enlèvements), les trafics d’armes et de
drogue encouragés par l’instabilité consécutive aux « Printemps arabes » et à
l’effondrement de l’État malien ont évidemment donné une actualité particulière à ce
dossier.
En effet, la situation sécuritaire dans le Sahel et l’enlisement du dossier du Sahara
occidental inquiètent les pays de la région et au-delà. Ils voient dans ce conflit une cause
supplémentaire de tensions et de développement possible d’actions terroristes dans cette
zone.
À ce constat de fond, s’ajoutent deux facteurs plus conjoncturels :
MAROC
Sahara
Occidental
ALGÉRIE
MM. Hervé MARSEILLE, Christian CAMBON, Mohamed BIADILLAH, Mme Isabelle PASQUET,
MM. Jean-Claude PEYRONNET, Jackie PIERRE et Abderrahim ATMOUN
MM. Abderrahim ATMOUM, Christian CAMBON, Karim GHELLAB, Jean -Claude PEYRONNET,
Mme Isabelle PASQUET, MM. Hervé MARSEILLE et Jackie PIERRE
- 19 -
M. Hervé MARSEILLE, Mme Isabelle PASQUET, MM. Lhou LMARBOUK, Christian CAMBON,
Jackie PIERRE, Jean-Claude PEYRONNET,Mahmoud ARCHANE et Abderrahim ATMOUN
- 20 -
La préoccupation aujourd’hui est le devenir des terroristes qui ont été dispersés par la guerre.
Le Maroc coopère avec l’Algérie, la Tunisie et le Libye dans ce but.
Il a souligné qu’au départ des troupes françaises, la CEDAO prendrait le relais et qu’elle
devrait alors assurer seule la sécurité du Nord Mali.
La crainte majeure est que cette région se transforme en nouvelle Somalie. Pour lui, cette
crainte n’est aucunement liée au différend entre le Maroc et l’Algérie.
A la question de M. Christian CAMBON, Président, sur la proposition américaine d’inclure la
question des droits de l’Homme dans le mandat de la MINURSO, M. Mohand LAENSER,
Ministre, a précisé que la Constitution de 2011 avait institutionnalisé le respect des droits de
l’Homme au Maroc. Il a remercié la France d’avoir soutenu le Maroc en ce moment difficile.
Il a ajouté qu’aujourd’hui le principal problème du Ministère de l’Intérieur sont les provocations
du Polisario auxquelles la police marocaine hésite à répondre par peur de se voir accuser de
violer les droits de l’Homme.
Il a reconnu que le Maroc ne faisait pas assez d’effort sur sa propre communication sur ce
dossier. Pour résumer sa pensée, le Ministre a indiqué qu’en matière de maintien de l’ordre, il
était plus ferme au nord qu’au sud pour ne pas risquer d’être accusé de violer les droits de
l’Homme au Sahara.
Répondant à ces propos, M. Christian CAMBON, Président, a apporté le soutien de la
France à la politique du Maroc. Il a ajouté que le Maroc protégeait indirectement par ses forces
de sécurité la France et l’Europe contre le terrorisme.
M. Mohand LAENSER, Ministre, a précisé qu’à l’origine, il avait été réticent sur le projet de
l’autonomie large accordée au Sahara. En effet, il craignait que ce soit le premier pas vers
l’indépendance et, qu’en tous les cas, elle laissait peu de marge de manœuvre à part
l’indépendance. Pour lui, il en est aujourd’hui convaincu, cette position est une preuve de la
bonne foi du Maroc et de son réalisme.
* *
*
- 22 -
Le Maroc conduit depuis dix ans une politique volontariste de développement durable
conscient des défis environnementaux et des carences de ses infrastructures chargées de
fournir un environnement de qualité à ses habitants. Le succès de la ˝Journée de la terre
2010˝ au Maroc démontre la sensibilité croissante et l’implication forte de la société civile
et des plus hautes autorités du pays. Dans son discours à la Nation prononcé le
30 juillet 2009, le Roi MOHAMMED VI a ainsi posé les principes fondateurs de la politique
environnementale du Maroc ˝Le Maroc qui, à l'instar de tous les pays en développement,
affronte des défis majeurs et pressants en matière de développement, a pleinement
conscience de la nécessité de préserver l'environnement et de répondre aux impératifs
écologiques˝. Une Charte de l’environnement a été élaborée et adoptée en 2011 et une loi-
cadre a été déposée en 2012 pour en permettre l’application.
La prise de conscience environnementale s’est forgée notamment autour de deux
constats :
- la faiblesse des ressources en eau ;
- la dépendance énergétique.
La délégation du groupe d’amitié a donc souhaité faire le point sur ces questions en axant sa
visite sur les deux thèmes de travail suivants :
- la politique de l’eau au Maroc ;
- le développement des projets en matière solaire.
- 23 -
"Le temps est donc venu pour nous de changer radicalement notre perception et
notre attitude à l’égard de l’eau, à travers la gestion de la demande de cette
ressource et la rationalisation de sa consommation."
MOHAMMED VI
(Conseil supérieur de l’eau - Mai 2013)
1. La ressource en eau
Le Maroc est un pays en état de "stress hydrique". L’eau est une ressource rare et répartie
inégalement entre le nord et le sud du pays. Les sécheresses des années 1990 et 2000 n’ont
fait que renforcer cette rareté de la ressource.
Toute politique de gestion de l’eau (accès, assainissement et gestion de la ressource) doit
donc prendre en compte cette réalité d’autant que le développement que connaît le pays
depuis 1999 implique une consommation d’eau potable en forte augmentation ainsi que
des besoins croissants en matière de traitement.
3
Actuellement, les ressources en eau du Maroc sont de 22 milliards de m environ par an contre
29 milliards avant les sécheresses de 1990 et 2000.
3
Sur ce total, 20 milliards de m sont mobilisables dont 16 milliards en eau de surface
et 4 milliards en eaux souterraines.
Par comparaison, les 128 barrages existants ont une capacité de stockage de 14 milliards
3
de m , soit moins que la consommation annuelle en eau des Marocains.
- 24 -
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- 25 -
a) La production
Elle est assurée essentiellement par l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE),
créé en 2009 par le regroupement des offices nationaux de l’eau potable (ONEP) et de
l’électricité (ONE). L’Office est le premier producteur d’eau potable -80 % de la production- et
couvre les besoins de 96 % de la population urbaine.
c) La gestion de la ressource
Elle est assurée par neuf agences de bassin hydrauliques (ABH). Relèvent de leurs
responsabilités la qualité de l’eau, le prélèvement et les rejets dans le milieu naturel ; ses
missions sont définies dans le plan direction d’aménagement intégré des ressources en eau
(PDAIRE).
Pour le consommateur, les distributeurs revendent l’eau à un prix unique avec des tarifs
différenciés selon le volume de consommation. Cette méthode permet d’inciter les
consommateurs à une modération en termes de volume. Par ailleurs, le tarif relativement bas
ère
de la 1 tranche -cinq fois moins élevé que celui de la dernière tranche- vise à concrétiser le
"droit à l’eau pour tous".
3 3
Tranche Consommation trimestrielle /m Prix par m
ère 3
1 De 0 à 18 m 0,23 €
ème 3
2 De 19 à 60 m 0,71 €
ème 3
3 De 61 à 120 m 1,06 €
ème 3
4 Plus de120 m 1,07 €
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- 27 -
M. Fouad DOUIRI, Ministre, a précisé le défi énergétique posé au Maroc pour les années à
venir : la croissance implique une augmentation de 5 à 6 % par an de la consommation
énergétique, dont 8 % pour la seule énergie électrique. La réponse à ce besoin sera un « mix
énergétique » comportant 42 % d’énergies renouvelables avec trois sources principales :
l’hydroélectrique, l’éolien et le solaire.
Pour l’éolien, 1.000 MW sont construits ou en voie de l’être et 1.000 MW sont en projet.
Pour le solaire, la politique du Maroc est de développer une filière nationale, de la recherche à
une industrie nationale.
Le Maroc compte développer ces énergies nouvelles dans le cadre du concept de
colocalisation : production locale, intervention d’une entreprise étrangère et exportation d’une
partie de la production.
M. Fouad DOUIRI a ensuite évoqué deux énergies fossiles :
- le gaz de schiste : le Maroc est au stade de l’évaluation préliminaire ;
- les schistes bitumineux : le Maroc a évalué son potentiel à 50 milliards de barils mais
l’exploitation ne pourra commencer que lorsque la technique d’exploitation sera plus
respectueuse de l’environnement, notamment de la ressource en eau.
Abordant la question de la ressource en eau, il a comparé les consommations :
- en France : 120 litres par personne et par an ;
- au Maroc : 200 litres par famille et par an.
Pour sa politique de gestion de cette ressource, le Maroc a fait un choix :
- un prix unique avec des tarifs différenciés selon le volume de consommation ;
- une gestion par l’État qui revend l’eau aux différents distributeurs.
Le but est d’atteindre l’objectif d’accès à l’eau pour tous avec la notion de ˝droit à l’eau". Sur
ce sujet, il a conclu en comparant diverses consommations pour relativiser le coût de
3
chacune : une journée d’électricité égale 1 m d’eau, soit 2 à 3 minutes de téléphone mobile.
Pour ce qui est de l’énergie nucléaire, M. Fouad DOUIRI, Ministre, a indiqué que cette
question se posait à l’échéance 2020/2030. Elle soulevait deux problématiques :
- la sécurité des installations ;
- le prix plus élevé que celui des énergies comme l’éolien, le gaz ou le charbon.
Il a précisé que le choix de l’énergie nucléaire n’était pas tranché et nécessitait d’observer ce
qui se passait dans d’autres pays arabes comme l’Arabie Saoudite ou les Émirats arabes unis.
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Lancé en 2009 par le Roi MOHAMMED VI, le plan solaire marocain vise la mise en place
de 2.000 MW en 2019 pour une ressource estimée à 20.000 GW. Le coût de ce plan est
estimé à près de 6,9 milliards d’euros.
Cette capacité représentera 14 % de la puissance électrique à l’horizon 2020, soit
4.500 GW.
Les sites actuellement identifiés sont au nombre de cinq : Ouarzazate, Ain Bni Mathar et
Sebkhat Tah (Région de Tarfaya), Foum Al Oued (Région de Laayoune au Sahara occidental)
et Boujdour.
Sites du plan solaire
Ces sites sont répartis dans un arc de cercle qui s’étend du nord du pays (Ain Beni Mathar) à
l’extrême sud (Boujdour). Ils se situent tous dans des zones d’ensoleillement supérieur de
2
5,5 KWh par m .
Zones d’ensoleillement
La date de mise en service de la première tranche de la centrale d’Ouarzazate (160 MW) aura
lieu en 2015.
En 2019, le plan solaire assurera 14 % de la demande électrique et permettra d’économiser
annuellement en combustibles 1 million de TEP et d’éviter l’émission de 3,7 millions de tonnes
2
de Co .
Le plan solaire est financé par des partenariats privés/publics. Ainsi, sa mise en œuvre est
confiée à une agence marocaine pour l’énergie solaire, la Moroccan Agency for Solar Energy
(MASEN) société de droit privé à capitaux publics.
Cette agence a pour mission notamment d’entreprendre toutes les études techniques,
économiques et financières nécessaires à la concrétisation du programme pour placer ensuite
les projets qui seront retenus auprès des investisseurs en vue de leur développement.
L’agence assurera le pilotage de la mise en œuvre du programme.
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- 34 -
M. Obeïd AMRANE, membre du Directoire, a, tout d’abord, présenté les chiffres clés de la
politique énergétique du Maroc. La consommation électrique augmente de 8 % par an ; elle
aura doublé en 2020 et aura été multipliée par quatre en 2030. Le Maroc dépend à 95 % de
l’extérieur pour sa production d’énergie.
L’objectif est d’atteindre 42 % d’énergies renouvelables dans la production en 2020.
Le choix des énergies renouvelables -éolien et solaire- correspond à une volonté
d’indépendance, de préservation de l’environnement et de création d’une filière -notamment
solaire- industrielle.
Pour ce qui est du solaire, le projet d’équipement en cinq centrales d’ici 2030, soit 2.000 MW,
représente actuellement 38 % de la production énergétique marocaine et représentera
14 % de cette production en 2030.
L’Agence marocaine pour l’Énergie solaire (MASEN) est une société de droit privé à capitaux
publics. Les actionnaires sont l’État, le gestionnaire de réseaux et deux fonds souverains ; la
MASEN est une société à directoire et conseil de surveillance.
Une convention lie l’État et l’agence pour la réalisation du plan solaire ; l’agence a un client qui
est l’Office national de l’Électricité (ONE).
M. Obeïd AMRANE a, ensuite, présenté succinctement le premier projet de centrale solaire qui
sera située à Ouarzazate.
La centrale est installée sur un plateau où le foncier n’avait aucune vocation économique. La
surface de la centrale représente 3.000 ha, soit l’équivalent de la surface de Rabat. Les
terrains ainsi mobilisés acquièrent une vocation économique qu’ils n’avaient pas.
L’ensoleillement de cette région est d’une qualité exceptionnelle, meilleur de plus d’un tiers à
celui de l’Andalousie, région de référence en la matière. Cela explique aussi l’installation à
proximité de la centrale, de studios de cinéma.
- 35 -
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ĠĐŽŶŽŵŝƋƵĞ͘
L’ensemble des travaux de la centrale se fera sous l’égide d’une charte du développement
local. En effet, le projet a une dimension d’aménagement du territoire dans une région où il
n’existe pas ou presque d’activités économiques. La sous-traitance d’emploi local est
privilégiée. Par ailleurs, le MASEN appuiera les initiatives de tourisme local, notamment
scientifique autour de ce projet de centrale.
En réponse à M. Christian CAMBON, Président, sur le choix des technologies,
M. Obeïd AMRANE a souligné qu’il s’agissait de répondre à la demande d’électricité qui
connait un pic en fin de journée et début de soirée. Le problème est donc de pouvoir stocker la
chaleur du soleil : cela implique le choix de la technologie de la concentration qui permet de
stocker la chaleur dans une solution salée de sel de nitrates. Cette solution saline restitue la
chaleur emmagasinée pendant la journée dans un laps de temps de 3 à 5 heures. Il a souligné
que la France avait du retard dans la mise au point de ces technologies et qu’il souhaitait le
développement d’une coopération renforcée entre le Maroc et la France.
La centrale solaire d’Ouarzazate, baptisée "Noor" soit lumière en arabe, fait partie des
cinq sites retenus pour le plan solaire intégré adopté en 2009.
Elle sera la première réalisation de ce plan. En mai 2013, les travaux d’infrastructures
étaient réalisés (routes, lignes électriques, centre de production…).
- 36 -
Pour la seconde phase, la centrale sera composée de deux projets séparés : une centrale
solaire à tours de chaleur d’une capacité de 100 MW et une centrale solaire CSP de 200 MW.
Les deux centrales disposeront d’une capacité de stockage. Le recours au solaire à tour est
justifié par le degré de maturité de cette technique, ce qui n’était pas le cas en 2010 lors du
choix, pour la première tranche, de la technologie CSP. Par ailleurs, le solaire à tours de
chaleur a des perspectives de coût de revient plus faible que le CSP. Le coût global de cette
phase est estimé à 2 milliards d’euros. La sélection des opérateurs devrait intervenir en 2014.
Deux groupes français sont en lice, l’un conduit par EDF et l’autre par GDF-Suez.
- 37 -
ª Le coût et le financement :
Le coût total de la première phase (160 MW) est estimé à 780 millions d’euros environ dont
80 % financés par les bailleurs de fonds et 20 % sous forme de capital apporté par le
consortium Acwa Power. Les bailleurs de fonds sont la Banque mondiale, la Banque africaine
de développement, la Banque européenne d’investissement, l’Agence française de
développement (AFD) et la banque allemande KfW.
ème
La déclaration commune de la X Rencontre de haut niveau franco-marocaine de juillet 2010
avait annoncé : "L’AFD apportera son appui au plan solaire marocain dans son ensemble, en
contribuant au financement des investissements -en commençant par la centrale
d’Ouarzazate-...". L’AFD a ainsi attribué en 2011 un prêt concessionnel de 100 millions
d’euros.
ª La stratégie de développement local : le projet a fait l’objet d’une charte de
développement local. Les travaux devraient permettre l’emploi local de 6 à 7.000 personnes.
L’exploitation du site mobilisera 500 personnes à partir de 2015.
CONCLUSION
Avec l’avènement du Roi MOHAMMED VI, le Maroc s’est engagé sur la voie de la
modernisation politique, économique et sociale.
Le pays s’est ainsi doté d’institutions politiques modernes, avec la Constitution de 2011
adoptée par référendum, de structures économiques performantes, comme Tanger Med ou le
TGV Rabat Casablanca, ainsi que de réformes sociales, telles que le nouveau code de la
famille. Ainsi s’explique sans doute le fait que la Maroc n’ait pas connu de "Printemps arabe",
des réformes ayant été mises en place antérieurement.
Au cours de ce déplacement, la délégation du groupe d’amitié a pu mesurer tout à la fois
l’exceptionnelle qualité des relations franco-marocaines et les changements profonds qu’a
connus le pays depuis sa dernière mission en 2010. Les deux thèmes de travail - la gestion de
l’eau et la politique dans le domaine de l’énergie solaire - sont l’illustration de ces mutations et
e
de la volonté du Maroc d’entrer dans le XXI siècle en élaborant des politiques innovantes
dans ces deux domaines.
Dans une région qui connait de grands bouleversements et qui est marquée par les menaces
de déstabilisation de tous ordres, le Maroc apparait ainsi comme une chance pour la
construction d’un Maghreb pacifique et prospère grâce à la voie originale et efficace qu’il a
choisie pour se transformer.
- 41 -
REVUE DE PRESSE
[Link]
Les sénateurs auront une série d’entretiens politiques à Rabat avec les présidents des deux
chambres du Parlement, le ministre de l’Énergie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement et
le ministre de l’Intérieur. Ils rencontreront également une série de responsables dans le
domaine de l’environnement et visiteront le projet de centrale solaire d’Ouarzazate,
composante du plan solaire national.
Ces déplacements interviennent dans le cadre d’une série de visites d’information sur le
Maroc, à l’initiative du groupe interparlementaire d’amitié France-Maroc. Créé en 1963, ce
groupe est l’un des plus anciens du Sénat français et des plus nombreux, puisqu’il comprend
près de 80 membres.
Une délégation de sénateurs français au Maroc pour s'informer de l'avancement des projets
des énergies renouvelables
- 42 -
Le 30/04/2013
[Link]
Une délégation de sénateurs français, toutes sensibilités confondues, est attendue mercredi
au Maroc pour une visite de cinq jours, destinée à s'informer de l'avancement des projets
lancés par le Royaume pour le développement des énergies renouvelables, a annoncé à la
MAP le chef de la mission, le sénateur Christian Cambon.
"C'est une grande joie de partir de nouveau en mission officielle au Maroc. Nous avons
souhaité donné un contenu concret à ce déplacement, puisqu'il sera orienté vers les énergies
nouvelles, notamment solaire", a souligné M. CAMBON, également Président du groupe
d'amitié France-Maroc au Sénat français.
Ce déplacement est également axé sur les enjeux d'approvisionnement en eau, une
thématique "particulièrement chère" au sénateur CAMBON eu égard à ses responsabilités en
matière de distribution de l'eau en île de France (région parisienne).
"Le problème de l'eau tend d'être réglé au Maroc, de gros efforts ont été fait mais il reste
encore un bout de chemin à parcourir", a-t-il constaté.
"Il y a un véritable intérêt à ce que les pays du Maghreb trouvent la voie de l'Union pour
assurer un meilleur développement", a insisté le Sénateur français qui rappelle que le non-
Maghreb coûte entre 2 et 3 pc du PIB au Maroc et l'Algérie.
Dans ce contexte, il se dit "persuadé qu'un jour ou l'autre, la difficulté de construire l'Union du
Maghreb l'emportera sur ce conflit et qu'une solution sera trouvée", notant que la France, qui
soutient le plan d'autonomie marocain, "doit tout faire pour faciliter ces contacts".
M. CAMBON avait déjà conduit il y a trois ans une mission similaire dans les provinces du sud,
ce qui a permis, dit-il, aux membres de sa délégation de constater de visu les efforts des
autorités marocaines en faveur du développement local, notamment à Laayoune et à Dakhla.
"Nous avons été impressionnés par le travail qui a été fait en matière d'équipement,
d'infrastructure hospitalière, de formation, de traitement des eaux", a-t-il affirmé.
Ces déplacements interviennent dans le cadre d'une série de visites d'information sur les
projets de développement au Maroc, à l'initiative du groupe interparlementaire d'amitié France-
Maroc.
Créé en 1963, ce groupe est l'un des plus anciens du Sénat français et des plus nombreux,
puisqu'il comprend près de 80 membres.
- 43 -
Instruments privilégiés de la coopération bilatérale entre les Parlements, ces groupes sont
devenus des "acteurs de premier ordre de la diplomatie parlementaire".
Le 01/05/2013
[Link]
francais-au-maroc-pour-sinformer-de-lavancement-des-projets-des-energies-renouvelables
Une délégation de sénateurs français, toutes sensibilités confondues, est attendue mercredi
au Maroc pour une visite de cinq jours, destinée à s'informer de l'avancement des projets
lancés par le Royaume pour le développement des énergies renouvelables, a annoncé à la
MAP le chef de la mission, le sénateur Christian CAMBON.
"C'est une grande joie de partir de nouveau en mission officielle au Maroc. Nous avons
souhaité donné un contenu concret à ce déplacement, puisqu'il sera orienté vers les énergies
nouvelles, notamment solaire", a souligné M. CAMBON, également président du groupe
d'amitié France-Maroc au Sénat français.
Les sénateurs, dont également Hervé Marseille, Isabelle Pasquet, Jean-Jacques Peyronnet et
Jackie Pierre, devront notamment visiter le projet emblématique du plan solaire national, à
savoir la centrale solaire d’Ouarzazate.
Ce déplacement est également axé sur les enjeux d'approvisionnement en eau, une
thématique "particulièrement chère" au sénateur Cambon eu égard à ses responsabilités en
matière de distribution de l'eau en île de France (région parisienne).
"Le problème de l'eau tend d'être réglé au Maroc, de gros efforts ont été fait mais il reste
encore un bout de chemin à parcourir", a-t-il constaté.
"Il y a un véritable intérêt à ce que les pays du Maghreb trouvent la voie de l'Union pour
assurer un meilleur développement", a insisté le sénateur français qui rappelle que le non-
Maghreb coûte entre 2 et 3 pc du PIB au Maroc et l'Algérie.
Dans ce contexte, il se dit "persuadé qu'un jour ou l'autre, la difficulté de construire l'Union du
Maghreb l'emportera sur ce conflit et qu'une solution sera trouvée", notant que la France, qui
soutient le plan d'autonomie marocain, "doit tout faire pour faciliter ces contacts".
- 44 -
M. Cambon avait déjà conduit il y a trois ans une mission similaire dans les provinces du sud,
ce qui a permis, dit-il, aux membres de sa délégation de constater de visu les efforts des
autorités marocaines en faveur du développement local, notamment à Laayoune et à Dakhla.
"Nous avons été impressionnés par le travail qui a été fait en matière d'équipement,
d'infrastructure hospitalière, de formation, de traitement des eaux ", a-t-il affirmé.
Ces déplacements interviennent dans le cadre d'une série de visites d'information sur les
projets de développement au Maroc, à l'initiative du groupe interparlementaire d'amitié France-
Maroc.
Créé en 1963, ce groupe est l'un des plus anciens du Sénat français et des plus nombreux,
puisqu'il comprend près de 80 membres.
Instruments privilégiés de la coopération bilatérale entre les Parlements, ces groupes sont
devenus des "acteurs de premier ordre de la diplomatie parlementaire".
Le 01/05/2013
[Link]
bon-sens/[Link]
Mandat de la Minurso
Christian Cambon salue une résolution qui va dans «le bon sens»
«Je pense qu'on est revenu dans la logique et le bon sens d'une résolution modérée qui fait
allusion au respect des droits de l'Homme, au Sahara et dans les camps de Tindouf. C'est
satisfaisant par rapport à l'initiative qui avait été prise de manière isolée par nos amis
Américains», a-t-il confié à la MAP.
Cambon, bien au fait des «progrès» accomplis par le Maroc en matière des droits de l'Homme
y compris dans les provinces du Sud, un effort reconnu d'ailleurs dans la nouvelle résolution, a
souligné que la France avait été «très surprise» par une telle initiative visant à inclure dans le
renouvellement du mandat de la Minurso, «un paramètre relatif aux droits de l'Homme», chose
qu'«elle a fait savoir par la voix de son ministre des Affaires étrangères à son homologue
américain».
«Nous considérions que des initiatives non concertées notamment au sein du groupe des Amis
du Sahara n'était pas la meilleure façon pour avancer» sur ce dossier, a affirmé le sénateur
français qui se réjouit du retrait de la proposition américaine après «la forte réaction
marocaine».
«Nous sommes satisfaits de revenir à une situation plus favorable à l'émergence d'une
solution», a ajouté le sénateur français, convaincu que «les déclarations intempestives ou en
tout cas non concertées ne peuvent qu'apporter de l'eau au moulin de ceux qui veulent que le
Sahara devienne un conflit de niveau international».
- 45 -
Pour ce qui est du Maroc, où il avait déjà conduit il y a trois ans une délégation de sénateurs
français pour une visite d'information dans les provinces du Sud, Cambon constate que les
autorités ont fait «un certain nombre de pas et d'efforts conséquents», citant notamment les
procès qui ont eu lieu après les événements malheureux de Laâyoune, «sous le regard
d'observateurs internationaux».
Au-delà de l'aspect des droits de l'Homme, Cambon retient également une véritable
dynamique de développement économique et social dans les provinces du Sud, sans manquer
de souligner la pertinence du plan d'autonomie marocain, soutenu par la France, pour le
règlement de la question du Sahara.
«Nos amis marocains auraient intérêt à mieux faire connaître leurs réalisations et la situation
réelle sur le terrain qui doit s'apprécier à sa juste mesure. Moi j'ai vu cette réalité et il faut
pouvoir en témoigner», a-t-il conclu.
LE 02/05/2013
Http://[Link]/Fr/2013/05/02/572466-Le-Président-Du-Groupe-D’amitié-France-Maroc-Au-Sénat-
Français-Se-félicite-De-La-Solidité-Des-Relations-De-Coopé[Link]
Lors d'un entretien avec le président de la Chambre des conseillers, Mohamed Cheikh
Biadillah, M. Cambon a mis en avant l'importance de la diplomatie parlementaire en matière de
consolidation des relations entre les deux pays en vue d'englober les différents domaines,
indique un communiqué de la Chambre des conseillers, ajoutant que le sénateur français a
salué les réformes profondes et courageuses initiées par le Royaume à tous les niveaux et
dans un climat empreint de stabilité et de quiétude.
M. Cambon a salué également les efforts déployés au niveau des Nations Unies en vue de
parvenir à une solution à la question du Sahara, réitérant l'appui de son pays à la proposition
marocaine d'autonomie dans les provinces du sud, qu'il a qualifiée de proposition judicieuse et
sérieuse et d'une base pour une solution définitive au différend du Sahara, ajoute le
communiqué.
De son côté, M. Biadillah a évoqué les tentatives des ennemis de l'intégrité territoriale du
Maroc visant à instrumentaliser le dossier des droits de l'Homme, à mobiliser les jeunes dans
des manifestations et à mener des campagnes mensongères à chaque fois que la question du
Sahara marocain est au centre d'une réunion que ce soit au Maroc ou à l'étranger.
MAP- TV
Le 02/05/2013
Entretiens avec le Dr Mohamed Cheikh BIADILLAH, Président de la Chambre des
Conseillers.
MAP- Photothèque
Le 02/05/2013
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Le président de la Chambre des représentants, Karim Ghellab, s'est entretenu, jeudi à Rabat,
avec le président du groupe d'amitié France-Maroc au Sénat français, Christian Cambon,
actuellement en visite au Maroc à la tête d'une importante délégation du Sénat, des moyens
de renforcer la coopération entre les deux institutions législatives.
Les deux parties ont passé en revue, lors de cette rencontre, les moyens à même de
consolider la coopération entre les deux pays et les deux institutions législatives, et examiné
des questions d'intérêt commun, notamment la situation sécuritaire au Mali, indique un
communiqué de la Chambre des représentants.
De son côté, M. Cambon s'est réjoui des réformes initiées par le Maroc, ajoutant que cette
visite contribuera à approfondir les relations de coopération entre les deux pays dans
différents domaines et à renforcer le dialogue entre les parlements marocain et français.
Lors de son séjour au Maroc, a-t-il précisé, la délégation parlementaire française prendra
connaissance de certains projets de développement, en particulier dans les domaines des
énergies renouvelables et des eaux.
Le 02/05/2013
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Le président de la Chambre des représentants, Karim Ghellab, s’est entretenu, jeudi à Rabat,
avec le président du groupe d’amitié France-Maroc au Sénat français, Christian Cambon,
actuellement en visite au Maroc à la tête d’une importante délégation du Sénat, des moyens
de renforcer la coopération entre les deux institutions législatives.
Les deux parties ont passé en revue, lors de cette rencontre, les moyens à même de
consolider la coopération entre les deux pays et les deux institutions législatives, et examiné
des questions d’intérêt commun, notamment la situation sécuritaire au Mali, indique un
communiqué de la Chambre des représentants.
Lors de son séjour au Maroc, a-t-il précisé, la délégation parlementaire française prendra
connaissance de certains projets de développement, en particulier dans les domaines des
énergies renouvelables et des eaux.
Le 03/05/2013
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visite-dans-le-Royaume/[Link]
Coopération parlementaire
Repères
• La visite officielle des sénateurs français au Maroc se déroule du 1er au 5 mai
• La visite est placée sous le signe des énergies renouvelables et l’eau
• La question du Sahara marocain et le dossier du Mali ont été abordés lors des
discussions
Cette année, la visite sénatoriale s’articule autour de la double thématique des énergies
renouvelables, notamment le solaire et de l’eau. Une thématique de plus en plus discutée et
qui «interpelle tous les États», comme l’a souligné le sénateur Christian Cambon. Ainsi, la
mission des sénateurs s’est assignée comme objectif de s’informer de l’avancement des
projets lancés par le Maroc en matière d’énergies renouvelables ainsi que de s’arrêter sur les
enjeux de l’approvisionnement en eau, une question particulièrement chère à Christian
Cambon.
Sur ce registre, les sénateurs ont eu, jeudi dernier, une série de rencontres avec les différents
responsables en charge de ce dossier, à savoir Fouad Douiri, ministre de l’Énergies, des
mines et de l’environnement, Mustapha Bakkourry, président du Masen (Agence marocaine
pour l’énergie solaire) ainsi que Saïd Zarrou, directeur général de l’Agence pour
l’aménagement du site de la lagune de Marchica, et Abdelaâdim El Hafi, Haut-Commissaire
aux eaux et forêts.
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Outre les réunions avec les institutionnels, les sénateurs ont fait le déplacement, vendredi, au
sud du Maroc afin de prendre connaissance in situ des projets lancés. À l’ordre du jour figure
une visite au complexe d’Ouarzazate qui abrite la centrale thermo solaire. À cela s’ajoute une
visite des Khettarats dans la région d’Erfoud. Pour Christian Cambon, «le plus important pour
nous est de venir voir ce que le Maroc fait en matière d’énergie solaire, parce qu’il y a des
projets qui sont en train de démarrer et qui nous intéressent beaucoup». «Nous voulons voir
comment une telle opération est mise en route sur le plan administratif, comment elle est
financée et comment elle va rebondir sur l’équation énergétique du Maroc», a-t-il expliqué.
Idem pour ce qui passe en matière d’approvisionnement en eau. «Nous sommes ici pour voir
les formes traditionnelles et modernisées de l’approvisionnement en eau et tirer des
enseignements y compris pour les coopérations que nous voulons développer avec le Maroc
en la matière», a souligné le sénateur.
Au chapitre des discussions d’ordre politique, la délégation a eu des entrevues avec Mohand
Laenser, ministre de l’Intérieur, durant lesquelles les deux parties ont évoqué les questions
d’actualité, notamment celles relatives au Mali et au dossier du Sahara.
Ces mêmes thématiques ont été abordées lors des entretiens qu’a eus le sénateur avec les
deux présidents des Chambres du Parlement dans la matinée de jeudi. C’est ainsi que
Mohamed Cheikh Biadillah, président de la Chambre des conseillers, a fait le point sur les
derniers développements du dossier du Sahara, en mettant l’accent sur «les tentatives des
ennemis de l’intégrité territoriale du Maroc visant à instrumentaliser le dossier des droits de
l’Homme, à mobiliser les jeunes dans des manifestations et à mener des campagnes
mensongères à chaque fois que la question du Sahara marocain est au centre d’une réunion,
que se soit au Maroc ou à l’étranger». En outre, Mohamed Cheikh Biadillah a évoqué la
situation sécuritaire préoccupante dans la région du Sahel et du Sahara et ses répercussions
sur toute la région, en raison de la prolifération des activités des groupes terroristes financées
par le crime transfrontalier et les trafics de drogue, d’êtres humains et d’armes. Pour sa part,
Karim Ghellab, président de la Chambre des représentants, a informé la délégation
parlementaire française des réformes engagées par le Maroc ces dernières années, des
nouvelles prérogatives du Parlement marocain en matière de législation, de contrôle et de
diplomatie parlementaire.
Sur ce volet, le président du groupe d’amitié France-Maroc s’est réjoui des réformes initiées
par le Royaume en affichant clairement sa conviction que cette visite contribuera à approfondir
les relations de coopération entre les deux pays dans différents domaines et à renforcer le
dialogue entre les Parlements marocain et français. D’ailleurs, le sénateur et le président de la
Chambre des représentants se sont attelés à la discussion des moyens permettant de
consolider la coopération Maroc-France et les deux institutions législatives.
Le 03/05/2013
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Soir/2013/Mai/Info-Soir-Vendredi-03-Mai/(date)/20130503
MAP- AUDIO
Le 03/05/2013
Visite au site de réalisation du complexe des énergies renouvelables de Ouarzazate /
Déclaration du Président du Groupe d’Amitié France-Maroc du Sénat Français (01m23s)
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amitie-France-Maroc-au-Senat-francais_Nous-saluons-le-role-du-Maroc-en-matiere-de-
securite-dans-la-region/[Link]
TGV. Cette année, nous avons placé notre déplacement sous le signe des énergies
renouvelables et de l’eau.
Vous avez eu une entrevue notamment avec le ministre de l’Intérieur. Quel en a été le
contenu?
Vous avez évoqué la question du Sahara. Quel commentaire faites-vous des derniers
développements qu’a connus le dossier ?
La position de la France est bien connue et elle n’a subi aucun changement. Nous
considérons que la proposition marocaine d’une autonomie élargie est une base de
discussion tout à fait sérieuse pour résoudre ce problème. Cette position a été reprise à la
fois par le premier ministre lorsqu’il est venu en décembre et par le Président de la
République au Parlement marocain lors de sa visite. Le Président a réaffirmé cette position
ce qui a été reçu par un accueil chaleureux des parlementaires. Cette prise de position a été
absolument constante. Le rôle de la France, en tant que membre permanent du conseil de la
sécurité et ami du Maroc, mais qui entretient également de bonnes relations avec l’Algérie,
est de tout faire pour que les parties en présence trouvent les voies du règlement de ce
problème.
des deux côtés. Néanmoins, il convient d’être vigilant, car le Maroc est régulièrement
attaqué sur ce dossier. D’ailleurs, j’ai expliqué au ministre que le Maroc ne doit pas être
systématiquement en position de défensive. Car, j’ai eu la chance avec bon nombre de
collègues d’aller au Sahara en 2010, nous avons vu ce que le Maroc a fait pour le
développement de cette région. Et nous ne pouvons que saluer le rôle du Maroc en matière
de sécurité dans toute cette région. Imagine-t-on les événements du Mali avec un territoire
qui aurait été sans aucun contrôle ? Donc, nous nous plaisons à constater que la présence
d’effectifs conséquents en termes de sécurité et de forces armées du Maroc dans cette
région du monde est un facteur de sécurité aussi bien pour le Maroc que pour l’Europe.
Concernant le groupe d’amitié France-Maroc, a-t-il atteint les objectifs qu’il s’était
tracés à sa naissance ? Et quelles sont aujourd’hui ses priorités ?
Le but de sa création est de plusieurs ordres. Le premier bien sûr est de faire connaître nos
institutions et d’échanger autour de certaines thématiques. Et lors des entrevues avec les
présidents des deux Chambres du Parlement marocain, je leur ai proposé de pouvoir
développer l’échange de hauts fonctionnaires de nos assemblées, surtout au moment où les
institutions du Maroc se transforment dans le bon sens. Il peut être utile que la France
apporte son expérience, qui est très ancienne, et puisse ainsi aider aux voies de la réforme
du Maroc, et au fil des années, nous avons bien entendu élargi nos objectifs. Car notre
action est de soutenir toutes les initiatives qui contribuent à renforcer la relation franco-
marocaine. Et je pense qu’il n’y a pas de limites quant à la coopération au sein de ce
groupe d’amitié et nous appelons ça avec modestie, la diplomatie parlementaire, parce que
cela donne la possibilité à des parlementaires de toutes sensibilités d’exprimer leurs points
de vue.
Outre le rôle classique de la diplomatie parlementaire, quelles sont les nouvelles pistes
que cette dernière pourrait explorer pour davantage d’efficience ?
Il y a des sujets importants, notamment l’Union pour la Méditerranée ou les rapports entre
l’Europe et la Rive-Sud de la Méditerranée. Au sein de la commission des affaires
étrangères au Sénat, j’anime un groupe de travail sur la Rive-Sud de la Méditerranée.
L’idée est d’avoir une meilleure compréhension du Printemps arabe et nous nous
apercevons qu’entre l’Égypte, la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, il y a quasiment
cinq voies différentes qui se sont suivies et donc nous avons besoin de notre relation
privilégiée avec la Rive-Sud de la Méditerranée, mais nous avons aussi besoin au titre de
l’Europe pour savoir quelles prestations nous devons donner, comment les nouvelles
relations devront s’établir entre ces pays et la France et quel genre de coopération nous
devons mettre en œuvre. Et là, les actions de la diplomatie parlementaire peuvent paraitre
utiles.
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Dans une déclaration faite à la MAP, vous aviez précisé tabler sur cette visite d’État
pour franchir «une étape supplémentaire» dans la coopération entre le Maroc et la
France, notamment sous l’angle de l’Europe. Quels sont les contours de cette étape
supplémentaire ?
De mon point de vue, je vois que l’Europe ne se soucie pas suffisamment de la Rive-Sud
de la Méditerranée. L’Europe s’est toujours focalisée sur les Balkans, l’Europe centrale et
l’Europe du Nord, le cas échéant. Et donc nous considérons pour notre part que l’Europe et
la Méditerranée sont une zone d’une importance cruciale, notamment sur le plan de la paix
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et je rappelle que c’est autour de la méditerranée que des conflits, des agitations et des
transformations se déroulent. De ce fait, l’Europe devra s’intéresser davantage à ses
relations, en particulier avec le Maghreb et avec le Sud de la Méditerranée de manière
générale. Et c’est un appel pour que l’Europe regarde avec plus de pertinence les relations
avec les pays du sud de la Méditerranée.
Publié le : 13 Mai 2013 - Entretien réalisé par Soumaya Bencherki, LE MATIN