Cours de sémiologie
12/10/2020
Sémiologie : l’étude des signes et leurs significations.
Saussure a dit :
« La science qui étudie les signes au sein de la vie sociale. »
« On ne peut pas ne pas signifier. »
« L’Homme descend plus du signe que du singe. »
I. Origines de la sémiologie
Au départ la sémiologie (date de la Grèce antique), c’était une discipline médicale qui interprétait les
symptômes (symptomologie).
Au niveau étymologie, la sémiologie signifie : (grec) sémion (signe) et loggia (théorie).
Cette discipline est tombée dans l’oublie et est réapparue sous une autre forme en Angleterre au
16ème siècle avec le philosophe John Locke qui sera le premier à utiliser le terme « sémiologie ». Il va
l’utiliser comme un terme définissant la connaissance des signes et il sera le premier à envisager
l’importance des signes pour la compréhension des rapports entre l’Homme et le monde.
Ex : Les signes consistent aussi à entendre quelque chose qui permet de le porter à la connaissance
des autres comme une figure de représentation.
Il pose les fondamentaux pour un autre philosophe.
Pour J. L. on a besoin des signes car ils sont commodes. Ils permettent de véhiculer nos idées,
pensées, avec toutes relatives (économie de moyens).
La sémiologie donne une grande part à l’interprétation des signes.
Interprétation : concept flottant.
Sémiologie : approche plus scientifique.
La sémiologie est souvent liée à la tradition linguistique Saussuriel alors que la sémiotique est souvent
associée au terme de « sémantique générale » comme la sémiotique de l’image.
La sémiotique moderne est liée aux travaux de l’Américain Charles Sanders Pierce.
Il était philosophe affilié au mouvement des logiciens (1839-1914). Père de la doctrine formelle des
signes. Son projet consiste à décrire de manière formelle des mécanismes de production de la
signification et établir une classification des signes (taxinomie). Dans cette perspective la sémiotique
peut être définie comme la théorie générale des signes et leur articulation dans la pensée.
On peut considérer l’approche de Pierce comme une philosophie de la représentation. Il envisage le
signe comme un process de communication, non pas au sens de transmettre mais de mettre en
relation. « Par signe j’entends tout se qui communique une notion définie d’un objet de quelque façon
que ce soit. »
Charles Morris va prolonger les travaux de Pierce et démontrer que la sémiotique est une science
parmi les sciences et un instrument de celle-ci car ce qu’étudie aussi bien expérimentale qu’humaine
ce sont les phénomènes en tant qu’ils signifient, en tant qu’ils soient des signes. Il envisage la
sémiotique comme une méta-science.
Méta = qui dépasse, qui englobe, qui aurait comme champ de recherches l’étude de la science par
l’étude du langage de la science.
En Europe le terme « sémiologie » se rattache à la tradition linguistique du Genevois, Mr Ferdinand
Saussure qui indiquait le champ possible de la sémiologie dons son cours de linguistique générale.
Langage : aptitude physiologique.
Langue : culturel.
Saussure dit « La langue est un système de signes exprimant des idées et par-là comparable à
l’écriture, à l’alphabet des sourds et muets, formes de politesse, signaux militaires […]. Elle est
seulement le plus important de ces systèmes. On peut concevoir une science qui étudie la vie des signes
au sein de la vie sociale que nous nommerons la « sémiologie ». Elle nous apprendra en quoi consiste
les signes régis par les lois qui les régisses. »
La linguistique est une partie de cette science générale.
19/10/2020
Cette science générale des signes avait vocation à porter sur les systèmes signifiants verbaux et non
verbaux pour aboutir à une théorie scientifique de la signification. Donc en linguistique Saussure
rompt avec la tradition qui achronique (c’est une science qui étudie l’évolution d’une discipline
domaine comme l’histoire qui s’inscrit de manière synchronique) la considéré par une approche
synchronique comme un système.
Achronique : prend en compte l’évolution.
Synchronique : qui s’intéresse à un moment précis.
Il oppose la langue (le modèle) à la parole (le phénomène). La langue est envisagée par un ensemble
de conventions (tentative de poser le langage comme répondant à un processus naturel qui a échoué)
dont le sujet parlant fait usage pour communiquer avec ses semblables par la parole.
…Qui conçoit la langue comme un système autonome structuré constitué d’un ensemble des relations
//hérite ? de manière abstraite et dont les éléments n’ont aucune réalité indépendamment de leur
relation à la réalité (les mots sont se qu’ils sont par ce qu’ils ne sont pas).
Roland Barthes (mort écrasé devant la sorbonne 1915 80) a permis la recherche en sémiologie un
virage très important ; déjà en dynamitant la limitation linguistique. Il a étendu le cadre de la
sémiologie au récit et au mythe. En cela il est l’un des pères de la narratologie. Il a étendu le champ
d’étude de la sémiologie à l’ensemble des communications de masse. Il considère les représentations
collectives à l’œuvre dans ses pratiques sociales comme des systèmes signifiants (mythologie de
Roland Barthes). Barthes a d’autre part dit : « nous espérons élargir peu à peu l’étude des
communications de masse, rejoindre d’autres recherches, contribuer avec elles à développer une
analyse générale de l’intelligible humain ». On voit que Barthes s’inscrit effectivement dans les pas de
Saussure mais il dynamite la limitation linguistique initiale. Il élargit donc la sémiologie à la totalité des
productions sociales (objet de consommations, mode, rituel etc..). Barthes fait le déplacement de la
publicité à l’analyse sémiotique pointue (rhétorique de l’image). Dans cette perspective l’Homme est
considéré dans son environnement social et non comme un simple émetteur ou récepteur coupé du
reste du monde (modèle de Shannon).
On peut considérer que les héritiers de Saussure se divisent en deux groupes. Le premier groupe que
l’on qualifiera de l’orientation restrictive (sémiologie de la communication) qui est analysait certains
//domaines ? culturels alors que le second l’orientation extensive qui vise à l’écrire et à l’expliciter les
phénomènes relatifs à la circulation de l’information dans la société humaine. Deuxième approche
plus souple. Elle prend en considération des systèmes de convention interprétative ouvert. C’est celle
là qui nous permettra d’aborder la communication visuelle.
Que ce soit Saussure ou Pierce, ils excluent du système sémiotique les relations de type stimuli-
réponse. Ils différencient le signe du signal. La sémiotique et la sémiologie concernent donc l’univers
du sens que l’on peut opposer à l’univers du signal (neuro physiologique).
Qu’est-ce que la sémiologie ?
La sémiologie ou sémiotique tend à se construire comme une science de la signification qui vise à
comprendre les processus de production du sens dans une perspective synchronique. Celle-ci apparait
comme un métalangage (quand la langue se prend elle-même comme sujet) qui se définit plus par sa
démarche que par son objet (est-ce qu’un couteau peut se couper lui-même / est ce que la sémiologie
peut s’étudier elle-même comme science).
9/11/2020
À son niveau le plus élevé, la sémiotique est essentiellement transdisciplinaire, dans la mesure où, son
champ d’action concerne la compréhension des phénomènes relatifs à la compréhension du sens dans
les dimensions à la fois cognitives, sociales et communicationnelle.
Elle se présente alors plus comme un domaine de recherche que comme une discipline (différence
entre domaine de recherche et discipline : un domaine constamment en progression et une discipline
veille à la bonne application de lois établie dans un domaine). Elle peut concerner et concerne en
particulier la philosophie, les sciences cognitives, sciences du langage et la perspective sociaux
culturelle ou la sémiotique est envisag comme l’étude du processus de communication. Et par process
de communication, on entend, non comme transmission mais comme mise en commun/mise en
relation.
Ce second pôle a donc pour objet l’étude de la culture. En tant qu’elle est communication, sont alors
concerner les sciences de l’information, sciences de la communication, l’anthropologie, la sociologie,
technologie et les études littéraires.
Méta-science : science avec laquelle on peut étudier les autres sens. Outil
Les différents aspects de la sémiotique peuvent être envisagés selon 3 grands niveaux :
• La sémiotique générale : qui a pour finalité de construire et de structurer son objet théorique ainsi
que de développer des modèles purement formels de portées générales (la sémiotique générale
cherche à trouver les modèles qui pourront servir/ généralisable à tout le reste/ fondamentaux/
bases).
À ce niveau se sont toutes les recherches visant à proposer une théorie générale de la pensée
symbolique et à définir la structure du signe, ses relations et ses effets. Ce niveau concerne la
théorie de la connaissance.
• Les sémiotiques spécifiques : portent sur l’étude de système symbolique, l’expression et des
communications en particulier.
À ce niveau les systèmes langagiers sont envisagés de manière théorique à partir des points de
vue : De la syntaxe (relation formelle des signes entre eux : espaces entre les mots), la sémantique
(c’est la relation des signes au sens) et de la pragmatique (relation des signes aux utilisateurs). Ce
niveau concerne l’étude du langage.
Les domaines suivants peuvent être considéré comme appartenant :
1. La kinésique : l’étude de la gestualité le l’attitudes et mouvements corporels souvent
confondu avec la PNL, synergologie ;
2. La proxémique : l’étude de l’organisation sociale de l’espace entre les individus (urbanistes
architecte utilisent) ;
3. Le système du vêtement et de la parure ;
4. La graphique : théorie de transcription graphique des systèmes monosémique
(signalétique routière) ;
5. La narratologie : l’étude des structures du récit et formes discursive narrative forme
mythique (mythes, légendes, romans, scénario de cinéma etc.) ;
6. La sémiologie de l’image fixe : théorie de la signification par le biais d’image (peintures,
photos, fresques murales, graphiques etc.) ;
7. La sémiologie de l’image en séquence : bandes dessinées, romans photos, story bord,
(morceau de pellicule de bobine si ça défile en 24 images par secondes c’est animé) ;
8. La sémiologie du cinéma : rentre tous les principes animés.
La place de la sémiologie dans les sciences de la communication
Le linguiste Roman Jakobson a proposé un modèle intégrant sous la forme d’une imbrication de
domaines l’ensemble des champs d’étude relatifs à la production de signification qu’elle soit explicite
ou implicite : linguistique, sémiotique, ou du domaine plus vaste : de la science de la communication.
Pour Roman Jakobson, le langage a seulement une importance particulière, il note que celui-ci est le
premier moyen de communication utilisé par l’humanité loin devant tous les autres types de messages
humains. Pour lui tous les autres modes de communication sont dépendant du langage surtout dans la
mesure où les représentations verbales les accompagnent souvent, quand on veut parler d’une
peinture on en parle.
II. Approche du concept de « signe »
Précisons que nous entendons par signe, quel que soit sa nature : toute configuration qui signifie, ce
signe peut être envisagé comme élément d’un processus de communication.
• Dans le premier cas : le signe est envisagé comme une entité pour transmettre une information
intentionnellement, à l’intermédiaire d’un canal physiologique ou technique. Un destinataire
adresse un message relatif à un objet, ce message est composé de signes qui peuvent être de
différentes natures. Ces signes sont choisis dans un répertoire et rassemblés selon les règles pré
établies dans le code du langage verbal. On aura évidemment reconnu le modèle de
communication verbal de Jacobson qui a une grande analogie avec celui de Shannon.
Ce modèle est celui d’une communication envisagée comme linéaire et résultant d’un acte volontaire.
• Dans le second cas : celui du processus de signification, le signe est envisagé à partir de ses effets
entend qu’il constitue une entité signifiante dans un certain contexte d’utilisation. On peut
appeler sémiosis ou signification le processus par lequel quelque chose fonctionne comme signe
pour quelqu’un. Tout ce qui peut faire l’objet d’une démarche interprétative peut être considéré
comme signe (une configuration qui signifie). Cependant considérer qu’un phénomène
perceptible est une manifestation d’un état donc d’envisager une trace, une marque ou toute
autre forme de configuration comme un signe communiquant quelque chose, c’est faire appel à
une convention interprétative donc à une convention culturelle, en somme, à un code. Comme l’a
observé le philosophe et sémiologue Maurice : “une chose n’est un signe que parce qu’il est
interprété comme signe de quelque chose par un interprète”.
III. Le signe : Définition
La définition la plus générale et par conséquent celle qu’on juge comme la plus satisfaisante dans le
grand nombre d’approche théorique du signe pose le signe comme quelque chose qui est mis à la
place de quelque chose d’autre. La particularité essentielle du signe c’est d’être présent, désignant ou
signifiant quelque chose d’absent, que cette chose soit concrète ou abstraite.
Le signe indique l’existence d’une chose ou représente autre chose.
Charles Sander Peirce définit le signe comme quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque
chose sous quelque rapport ou à quelque titre.
Le signe est donc le représentant d’autre chose qui évoque à titre de substitut, la définition de Peirce
est intéressante à plusieurs titres. Elle offre la particularité de s'intéresser à des choses perçues (le
quelque chose) et peut être évoquer comme une image mentale ou un concept abstrait.
Il interprète la dynamique interprétative pour quelqu’un et donc laisse entendre que le sens est relatif
à l'interprète, quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un n’est dès l’or pas un absolu mais dépendant
d’un contexte (sous quelque rapport ou à quelque titre). Ainsi le signe ne représente pas la totalité de
la chose absente mais seulement par la voie de sélection diverse la représente d’un certain point de
vu ou en vue d’un certain usage pratique.
Tout peut devenir ou faire signe pour quelqu’un (un mot entendu ou imprimé, une image, un objet, un
geste, un événement etc.).
La signification d’une configuration signifiante (soit le signe) dépend de la culture de l’interprète,
dépend de son encyclopédie, et cette encyclopédie est propre à une culture, elle est propre aussi au
contexte d’apparition du signe.
IV. Le modèle de Saussure
Il décrit le signe linguistique comme une entité linguistique comportant deux phases indissociables,
une réalité bifaces (un signifiant d’un côté, les sons ou la transcription écrite, la partie sensible et de
l’autre face un signifié, la partie abstraite) : on appelle ça le modèle dyadique.
Le rapport établit entre les deux phases du signe constitue la signification. On passe de l’un à l’autre
par la signification, par une opération qui consiste à les relier.
V. Le signe n’est pas l’Objet
Il est important d’observer que le signe n’est pas une réalité matérielle, c’est une construction
mentale, une concentration qui résulte de l’activité psychique. Le signe n’est pas la chose représentée
(la carte n’est pas le territoire). L'élément d’expression du signe lui-même : son, forme, couleur, ne
doit pas être conçu comme un phénomène physique mais comme une représentation mentale qui
résulte cependant d’une perception rendue possible par les sens. Ferdinand Saussure dit d’ailleurs que
le signe linguistique unie une idée, un concept (le signifié à une image acoustique le signifiant et non
une chose et un nom).
La langue est un système de signe où il n’y a que d'essentiel dans l’union du sens et de l’image
acoustique et où les deux parties du signe sont également acoustiques. Ainsi le signifiant ne doit pas
être conçu comme un phénomène physique mais comme une représentation mentale qui résulte au
départ d’un acte de perception. Cette image psychique est déjà la résultante d’un traitement d’une
organisation qui dépend à la fois du canal de perception (vu, ouïe) et du savoir acquis par l’interprète
au travers d’expériences passées.
Umberto Eco (sémiologue et écrivain) observe que l’attribution de la propriété “rouge” à un objet
donné implique un travail de comparaison et de rangement dans des classes délimitées par la culture.
Une configuration signifiante ne finit jamais seule : elle fait d’une part partie d’un ensemble, d’autre
part elle est interprétée par d’autres signes et tout ça nous permet d'interpréter d’autres signes, ainsi
la vie mentale a-t-elle été pensé par Charles Sander Peirce comme une immense chaîne de signe qui
tendrait vers l’intervention sur les choses. A savoir l’accomplissement d’une action.
VI. Signe vs Signal
On observe que, tant l’approche de Saussure que celle de Peirce, excluent de leur champ d’étude les
processus de communication constitués par le simple passage de signaux, sous forme physique (le
plus souvent une tension électrique) entre un émetteur et un récepteur ainsi que les cas qui
impliquent une relation de type stimuli réponse sans élément médiateur. La production de sens
implique donc la présence d’un élément médiateur, un tiers communiquant. Les processus de
communication qui consistent en un passage de signaux d’une source d'émission (émetteur à un
récepteur qui implique une relation sollicitation - réponse sans recours à un élément médiateur, se
trouve en dehors du champ d’étude de la sémiologie). La sémiologie c’est l’univers du sens que l’on
peut opposer à l’univers du signal.
Exemple : Ivan Pavlov utilisait une sonnette qui sonnait à chaque fois qu’il donnait à manger aux
chiens, donc pour eux sonnerie = manger, donc ils bavaient à chaque sonnette. Les réflexes
conditionnés comme par exemple la sonnette des cours qui nous indique la fin des cours.
Couper des oignons = ça remonte dans le nez = signal
Film qui fait pleurer = c’est tellement triste qu’il faut pleurer = signe
Indice: "Fait immédiatement perceptible qui nous fait connaître quelque chose à propos d'un autre fait
qui ne l'est pas."
Signal : "Fait qui a été produit artificiellement pour servir d'indice.”
23/11/2020
Si les signes sont des signes c’est qu’ils signifient quelque chose pour quelqu’un et qu’ils enclenchent
chez le lecteur spectateur la mise en œuvre d’un processus d’interprétation qui vise à donner une
signification par la mise en rapport de la face perceptible du signe, avec son aspect conceptuel
prenant en compte la situation de communication.
Sémiosis : Le processus par lequel quelque chose acquière une signification pour quelqu’un dans un
contexte donné est appelé.
VII. Le modèle Triadique du signe
Le modèle deux termes (dyadique) de Saussure présente une lacune dans la mesure où il ne
représente pas la réalité extralinguistique. Or, les locuteurs doivent pouvoir désigner les objets qui
constituent cette réalité en y faisant référence.
(Renvois au cours de Jakobson sur fonction référentielle du langage).
Les faits évènement ou objet désigné par une expression constitue son référent.
Le référent c’est à propos de quoi l’on communique (sujet) ou à ce à quoi se rapporte un message. Il
constitue une réalité conceptuelle, factuelle ou imaginaire. On peut le considérer comme une
actualisation du signifié (modèle que je convoque au moment où j’en parle).
C’est celui qui est actuellement le véhicule du signifié (celui par qui ça passe) (dernier modèle en date
que j’ai vu).
Ce processus de signification a souvent été représenté sous la forme d’un triangle : le triangle
sémiotique.
Le modèle triadique permet de rendre compte d’un aspect paradoxal de la représentation iconique
qui est que l’image est par définition et par sa nature singulière et particularisante (singularisant). Elle
montre l’exemplaire, elle ne montre pas le genre. La catégorie qui permettra d’abord la
reconnaissance puis la nomination.
Par exemple la photographie d’un chat représente toujours un chat en particulier. Philosophes, linguistes et logiciens ont
insisté sur la nécessité de distinguer ce à quoi faisait référence le signe (le référent) de ce par quoi il fait sens (le signifier).
Le signifié du signifiant « chat » ne correspond ni à un chat en particulier, ni à l’ensemble des chats mais au concept de l’être
chat, soit un ensemble de particularités qui caractérises une classe de réalité concrète. C’est-à-dire la catégorie permanente
de l’être chat. Quand je vois la photo d’un chat ce à quoi renvoi le signifié du signifiant c’est-à-dire ce à quoi le mot chat
renvoi soit son concept. Tant qu’on est dans une catégorie.
Dans le signifié d’un signe, on trouve, non seulement les traits distinctifs qui caractérisent ce type « type chat », lesquels sont
définis de manière différentielle les uns par rapport aux autres termes du système (chat : système de la zoologie et dans ce
système tout un bestiaire).
Le concept de l’être chat doit être conçu comme un modèle théorique, non un modèle empirique (le type « chat » qui définit
l’ensemble des chats et me permettra éventuellement de reconnaitre un chat en particulier). Ainsi la photographie d’un chat
n’est compréhensible, lisible, que si je peux y reconnaitre les traits distinctifs que j’ai appris à associer au type chat.
Sauf, exception, si je reconnait le chat de la photographie : on associe d’abord l’exemplaire à un chat en particulier, à un
référent en particulier (actualisation du type chat).
Charles Mooris reprenant l’idée qu’un signe fait référence à quelque chose pour quelqu’un,
décompose les éléments qui constituent la sémiosis (process du signe) en 4 éléments. 3 de ces 4
éléments sont traditionnellement représentés comme occupant les 3 sommets d’un triangle dont les
côtés représentés les liens entre eux.
• Le signifiant : véhicule ce qui agit comme signe pour quelqu’un comme la photo d’un chat.
• Le signifié : le signe, le concept comme l’être chat.
• Le référent : c’est l’actualisation du concept par l’exemplaire que je vois.
• Le quatrième élément du processus sémiotique est l’interprète, soit un individu.
La sémiosis une prise de conscience prise de connaissance médiatisée qui veut dire par quelque chose.
Les médiateurs sont les véhicules du signe, les prises de connaissance sont les interprétant, les agents
du processus sont les interprètes et ce dont on prend connaissance s’appelle le désignata.
Interprétant : Effet produit sur un certain interprète. Effet par lequel la chose en question est un signe
pour cet interprète.
Le désignata : Ce à quoi le signe réfère.
Mooris insiste sur le fait que quelque chose ne devient signe que dans la mesure où il est interprété
comme signe.
Exemple : un signe peut avoir plusieurs types de signification : une voiture d’un point de vue
fonctionnelle permet le déplacement mais c’est aussi selon les circonstances qui pourrait être
interpréter comme un signe de classe sociale aussi signe de possibilité de partir en weekend, assurance
etc…
Le référent n’est pas objet du monde mais actualisation du concept. Dans l’exemple cité plus haut
actualisation du type chat. La photo passe au chat que je vois maintenant. Alors que le désignatom est
toujours réel, contrairement au référent, dans la mesure où il fait partie du signe (réalité culturelle).
Les objets, concepts et types n’existent pas comme une réalité empirique mais comme des êtres de
raison, car s’il y a un référent au signe iconique, ce référent n’est pas un objet extrait des tout réalité
mais c’est un objet culturalisé.
VIII. Application du modèle sémiolinguistique ay message visuel
Rapport syntagmatique et paradigmatique
La séquentialité c’est la suite de mot. Les grecques anciens avaient appelé tout ce qui rentre dans ce
domaine « les arts du temps » et ils distinguaient des arts qui utilisent la simultanéité « les arts de
l’espaces ».
Les concepts de syntagme et paradigme ont leurs origines dans la linguistique.
Pour Saussure les rapports qui unissent ces deux termes (linguistique) peuvent se rapporter à deux
plans qui correspondent à deux formes de notre activité mentale.
Saussure dit « les rapports et différences entre les termes linguistiques se déroulent dans deux sphères
distinctes dont chacune est génératrice d’un certain ordre de valeurs. L’opposition entre ces deux
ordres permet mieux comprendre la nature de chacun d’eux. Ils correspondent à deux formes de notre
activité mentale, toutes deux indispensables à la pratique et à la vie de la langue. »
• D’une part dans le discours les mots entretiennent entre eux, en vertu de leur enchainement, des
rapports fondés sur le caractère linéaire de la langue qui exclus la possibilité de prononcer deux
mots à la fois. Du coup ceux-ci seront les uns derrières les autres sur la chaine de la parole. Ces
combinaisons qui ont pour support l’étendue peuvent être appelées « syntagme ». Placés dans un
syntagme, un terme n’a de valeur que parce qu’il est confronté à ce qui le précède ou à ce qui le
suit.
• D’autre part en dehors du discours les mots offrant quelque chose de commun s’associent dans la
mémoire, ils forment des groupes au sein desquels règne des rapports très variés.
Par exemple, le mot « enseignement » fera surgir inconsciemment des mots comme
« éducation », « prof », « école » etc... Ils ont des sous-ensembles communs et entretiennent un
lien.
Ces coordinations combines tout autre nature que les combinaisons syntagmatiques, elles n’ont
pas pour supports les conduits. Elles font partie d’un réservoir intérieur, une culture propre à
l’individus, qui constituent son vocabulaire. Nous appellerons ces rapports, des rapports
associatifs. C’est ce qui fait la richesse du dispositif linguistique. Ces rapports associatifs dont parle
Saussure, c’est ce que nous appellerons des rapports « paradigmatiques ».
Le rapport syntagmatique et le plan paradigmatique, entretiennent un rapport étroit et on peut le
transposer de bien d’autres domaines comme celui de s’habiller. Le matin y’a un moment ou on doit
s’habiller, à ce moment on doit composer comme une phrase. Quand on fait de l’association, de la
combinaison, on est exactement dans cette combinaison des deux axes. Combiné : syntagme, associé :
paradigmatique.
Ce processus de mise en rapport simultané d’un élément dans deux sphères de natures distinctes,
correspondent à deux axes d’activité mentale, combinaison et sélection (et versus ou). Le rapport
syntagmatique est « in prœsentia » il repose sur au minimum deux ou plusieurs termes également
présents dans une série. Au contraire le rapport associatif unit des termes « in abstentia » dans une
mnémonique virtuelle. Les termes d’un paradigme doivent être à la fois semblables et dissemblables.
Les corrélations distinctives des rapports paradigmatiques, constituent un système d’opposition qui
n’est pas forcément binaire. Au minimum binaire mais il peut y avoir beaucoup plus d’oppositions.
Une opposition binaire c’est forcément sur deux termes.
Quand on fait une phrase c’est comme si on composaient des trains qui partent en suite sur les rails
de la bouche etc... Mais avant tout ça il faut composer le train.
Faire de « et » : c’est l’axe syntagmatique.
Faire des « ou » : c’est l’axe paradigmatique.
L’activité analytique relative au plan syntagmatique est le « découpage ».
Les relations syntagmatiques résultent de rapports de proximité établis entre des éléments co-
présents (relation in proesentia de forme et et et et, de l’axe combinaison).
L’activité analytique relative au plan paradigmatique est le « classement ».
Le classement (éléments permutables, substituable à d’autres éléments en point d’un énoncé). Les
éléments sont à la fois équivalents et concurrents. Les relations paradigmatiques concernent les
rapports de signification entre de unités présentes et des unités virtuelles qui pourraient les remplacer
dans le texte (relation in abstentia de forme ou ou ou ou, axe de la sélection).
Lors du processus de production ou d’interprétation d’un énoncé, qu’il soit linguistique ou autre, à
chaque instant sont mis en œuvre deux mécanismes intellectuels indépendants : la comparaison des
unités avec des unités semblables, substituables (axe paradigmatique) et la mise en rapport avec les
unités co-présente (axe syntagmatique). La valeur d’une unité significative est déterminée à la fois par
l’influence de celle qui l’entoure et par l’évocation de celle qui aurait pu prendre sa place.
IX. Application au message visuel fixe
En première approche on pourrait penser qu’en ce qui concerne l’approche de l’image on pourrait
penser que les possibilités sur l’axe paradigmatique ces choix sont pratiquement voire totalement
illimité. Ne pourrait-on pas imaginé que le nombre d’images susceptible d’être utilisée à la place d’une
autres est infini, vu que les différences sont infinies. La gémellité dans la nature c’est ce qui a de plus
rare.
Quand on fabrique l’image, même pour un individu il est casi impossible de la reproduire à l’identique
(infinité de variation). Donc dans l’absolue on pourrait imaginer que n’importe qu’elle image en
remplace un autre sans en altérer le sens, sans que le message se trouve hors des limites dans ce
qu’on pourrait appeler le langage « crypto visuel » ou « langage de la communication visuelle fixe ».
Cependant toute production imagée relève d’un langage qui permet par hypothèse une variabilité
sans limites. Il y a quand même certaines limites culturelles qui réduisent les possibilités de
substitution. Un degré d’acceptabilité au-delà du quels, quelque chose se transforment en quelque
choses de d’autres.
La contrainte culturelle intervienne pour limiter des systèmes sémiotiques agissant à différents
niveaux sont mis en jeu : consigne de lecture, code stylistique et iconographique et procédés
rhétoriques. Si au niveau plastique les possibilités de faire varier les paramètres relatifs à la forme, à la
couleur et à la texture sont infinis, il en va autrement en ce qui concerne le contenu des images est lié
à des modes de représentation et à des codes culturels.
Prosopagnosie : déficience de la reconnaissance faciale.
Les objets les lieux et les comportements envisagés comme support de signification.
La photographie permet de donner à voir le plus naturellement possible des objets, lieux,
personnages, gestes, postures [...], qui sont susceptibles d’être supports de signification. Ces signes
assemblés les uns aux autres forment des configurations signifiantes. Tous les aspects de la culture et
de la vie sociale, doivent être aussi envisagés comme des configurations signifiantes.
Qui peuvent passer aussi par un message visuel fixe. Dans le pub comme dans n’importe quel art de la
représentation : la présence d’un objet, les caractéristiques d’un lieu le geste d’un personnage n’ont
d'existence que lorsqu'il sont susceptibles d’être porteur d’une valeur (sens, interprétation
signifiante).
Roland Barthe « Communément nous défions l’objet comme quelque chose qui sert à quelque chose.
L’objet est par conséquent, à première vue, entièrement absorbé dans une finalité d’usage dans ce que
l’on appelle une fonction. L’objet est une sorte de médiateur entre l’action et l’Homme. »
Bien positionnel : bien qui dépasse l’usage, la fonction. C’est un bien qui permet à un individu soit
d’affirmer sa position sociale soit de se projeter dans une autre position sociale.
La fonction pénètre le sens dès qu’il y a société, tout usage est converti en signe de cet usage (son
usage est alors de faire signe). Même les objets standardisés, normalisés, sont fatalement les
exécutions d’un modèle, les paroles d’une langue, les substances d’une forme signifiante.
L’assemblage de ces objets réels ou représentés dans une image peuvent être envisagés comme
constituant (l’axe de l’assemblage, l’axe du « et ») un syntagme porteur d’une signification dont
chacun des éléments, à son tour revoit à une classe d’élément commutable (axe paradigmatique).