Master 1
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Il n’existe pas un accord général sur la définition des droits de l’Homme, ainsi que par exemple
pour RENÉ CASSIN1 les droits de l’Homme sont « les droits et les facultés qui sont nécessaires
à l’épanouissement de la personnalité de chaque être humain ».
L’Organisation des Nations Unies quant à elle considère les droits de l’Homme comme étant
des droits inaliénables de tous les êtres humains, sans distinction aucune, notamment de race,
de sexe, de nationalité, d’origine ethnique, de langue, de religion ou de toute autre situation.
Les droits de l’Homme incluent le droit à la vie et à la liberté. Ils impliquent que nul ne sera
tenu en esclavage, que nul ne sera soumis à la torture. Chacun a le droit à la liberté d’opinion
et d’expression, au travail, à l’éducation, etc. Ces droits fondamentaux reposent sur des valeurs
communes telles que la dignité, l'équité, l'égalité, le respect et l'indépendance.
L’histoire des droits de l’Homme est aussi ancienne que celle du droit, qu’il s’agisse de
coutumes non écrites ou de codes gravés dans la pierre. Enracinés dans des convictions
religieuses ou philosophiques, souvent obtenus à l’issue de combats politiques ou de luttes
sociales, les droits de l’Homme, « droits humains » ou « droits de la personne humaine »
expriment la reconnaissance de la dignité inaliénable de la personne humaine. En ce sens, ils
trouvent leur source dans toutes les cultures qui, sous des formes diverses, affirment le respect
de l’Homme. Parmi les droits qui constituent le noyau dur des droits de l’homme, il y’a le droit
à la vie le droit au respect de la vie privée, le droit d’aller et de venir, le droit d’avoir des
opinions et de les exprimer publiquement.
A l’avènement de l’indépendance, le Maroc était préoccupé par la mise en place des bases d’un
État de droit tant sur le plan des structures administratives tant sur le plan de maintien de l’ordre
et de la sécurité publique. Cette situation s’était accompagnée par l’adoption d’un arsenal
juridique diversifié comportant la première norme suprême du Royaume en 1962 inspiré en
matière de droit de l’Homme par la (DUDH)2 de 1948 à côté d’autres textes législatifs
réglementant les différents domaines de la vie publique. La loi suprême avait inclus dans ses
chapitres le concept des droits de l’Homme comme étant le fruit des engagements
internationaux du Maroc vis-à-vis des pactes et des conventions des droits de l’Homme.
Malgré le tâtonnement des pouvoirs publics en vue d’ancrer la culture des droits de l’Homme,
ce processus avait connu des dysfonctionnements tant sur le plan politique que sur le plan des
événements douloureux marqués par des violations massives des droits de l’Homme. C’est
l’époque de ce qui a été appelé les années de plomb. Il a fallu attendre la chute du mur de Berlin
en 1989 qui est à l’origine du déclanchement d’une nouvelle vague de démocratisation pour
que l’État marocain change un peu d’attitude à l’égard de la question des droits de l’Homme.
Au cœur des années 1990, le Maroc a connu, une mutation profonde en matière des droits de
1
RENÉ CASSIN, juriste, diplomate et homme politique français, il a été rapporteur du projet de DUDH à
l’assemblée générale de l’ONU, président de la Cour européenne des droits de l’homme de 1965 à 1968. En
1968, il reçoit à la fois le prix Nobel de la paix et le prix des droits de l’Homme des Nations Unies
2
Déclaration universelle des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies
en 1948, fut le premier document juridique visant à protéger universellement les droits fondamentaux de
l'homme.
2
l’Homme. En effet, compte tenu de l’influence grandissante du contexte externe en matière des
droits de l’Homme et les pressions de l’environnement international sur le pays en vue de
protéger les droits et les libertés individuels, le Maroc a connu un développement majeur dans
ce domaine, grâce à une série de réformes normatives en la matière ainsi que les instruments de
mise en œuvre pour protéger et rehausser les valeurs des droits de l’Homme. La révision
constitutionnelle est très significative à cet égard, la ratification de plusieurs traités et
conventions internationaux, la création des tribunaux administratifs, le conseil consultatif des
droits de l’Homme et le ministère des droits de l’Homme, plusieurs réformes administratives et
juridiques, indemnisation des anciens prisonniers politiques et leurs familles, indemnisation des
personnes dont les droit ont été violés au cours des années de plomb, un grand nombre de
personne politique sont libérés, les exilés politiques sont autorisés de rentrer au pays et la
célèbre prison de Tazmamart a été fermé en 1991.
Au début de la deuxième décennie du règne de sa Majesté le Roi Mohamed VI, le Maroc a
entamé une nouvelle phase phare de réformes tout en consacrant la culture des droits de
l’Homme à travers un nouveau arsenal juridique avec des instruments adaptés à la nouvelle
sphère soit nationale ou internationale : une révision constitutionnelle très profonde ;
l’instauration des instances de protection et de promotion des droits de l’Homme et de la bonne
gouvernance tel que : le Conseil National des droits de l’Homme ; l’Institution du Médiateur ;
le Conseil économique et social ; le Conseil de la concurrence …).
Le Maroc est toujours dans processus de développement, il paraît crucial de connaître l’état
actuelle des droits de l’Homme au Maroc ainsi que les instances chargées de la protection de
ces droits .
Dans cette étude, nous estimons plus judicieux de dresser, dans un premier temps, un bref état
des lieux des droits de l’Homme au Maroc avant et après l’adoption de la constitution de 2011
(I), dans un deuxième temps, voir les institutions consultatifs et judiciaires chargées de la
protection des droits de l’Homme (II)
3
Partie 1 : la genèse de la protection des droits de l’Homme
dans les textes constitutionnels marocains :
Section 1: La protection des droits de l’Homme avant la constitution de 2011
L’histoire des droits de l’Homme dans le Maroc avait commencé Après son indépendance en
1956, où il a ratifié certaines conventions en matière de politique interne des droits de l’Homme,
telles les Conventions de Genève (1956), la Convention sur la prévention et la répression du
crime de génocide (1958) et la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes
de discrimination raciale (1969). ce qui explique que le Maroc pendant cette époque-là était
très préoccupé par la mise en place des bases d’un État de droit c’est pour ça il a inauguré un
cycle de réformes ayant pour but d’harmoniser sa législation interne avec les normes
internationales des droits de l’Homme, le Royaume du Maroc dans sa première constitution en
1962 a traité en plus au niveau des dispositions générales toute une série de droits à savoir:
**Les droits politiques des citoyens qui font partie de droits de la 1 ère générations, comme le
droit à la liberté d’expression, le droit de circuler librement…
en effet ces droits ont été prévues par l’article 8-9-10-11 et 12 de la constitution de 1962
**Les droits économiques et sociaux du citoyen tel que le droit de la propriété et le droit de
grève ont été mentionnés dans l’article 13-12-14-15-16-17 et 18 de la même constitution.
Dans cette constitution le Maroc avait prévu plusieurs principes pour assurer l’exercice des
droits et libertés dans des meilleures conditions comme le principe de l’égalité devant la loi
,l’égalité entre femmes et hommes au niveau de la jouissance de certains droits politiques ,le
principe de la non rétroactivité des lois et le multipartisme.
La fin des années 60 et 70 a été marquée par une atmosphère de tension sociale surtout politique
(les événements de 23 mars- les événements de mars 1973- les années de plomb) qui se reflétait
sur le plan des droits de l'homme à travers les reformes de certaines lois comme le code de
procédure pénale .., ou même par l'apparition de certains cas de la disparition forcée et des
prisonniers politiques ;ainsi on peut dire que cette période a connu un déclin en matière de droits
de l'homme ce qui est très claire dans les constitutions de 1970 et 1972 qui n'ont rien apporté
de nouveau dans ce sens .
Mais au cœur des années 1990, le Maroc, a connu un développement majeur dans le domaine
des droits et les libertés individuels grâce à une série de réformes normatives en la matière ainsi
que les instruments de mise en œuvre pour protéger les valeurs des droits de l’Homme
notamment la création d’un conseil consultatif de droits de l’homme et les tribunaux
administratifs après le discours de 8 mai 1990 du Roi Hassan II , ces deux institutions ont joué
un rôle très important pendant cette époque en ce qui concerne l’avancement du processus
d’harmonisation les lois et pratiques nationales avec les règles internationales relatives aux
droits de l’homme. Par ailleurs l’année 1992 a vu la quatrième révision de la constitution, des
innovations appréciables qui marquent un réel progrès dans l'alignement du royaume du Maroc
aux normes universelles de l'État de droit.
En fait les Constitutions de 1970 et 1972 n'apportaient rien de nouveau dans le domaine des
droits et libertés, tandis que la Constitution de 1992 a justement enrichi les domaines relatifs
aux droits de l'homme en adoptant un ensemble de textes internationalement reconnus. Si les
trois premières constitutions ont ajouté aux textes constitutionnels un ensemble de lois
législatives, comme la loi sur les libertés publiques de 1958 et la loi fondamentale du Royaume
de 1961, la révision constitutionnelle de 1992 a permis l'incorporation de normes d'origine
conventionnelle dans la constitution en créant une approche juridique qui permet la gestion du
débat entre le caractère privé et l'universalité des Droits de l'homme , et par conséquent Le
4
Maroc est devenu non seulement obligé de mettre en œuvre les droits mentionnés dans le
préambule, mais aussi les conventions et pactes internationaux relatifs aux droits de l'homme.
Chaque période de révision constitutionnelle est régie par ses conditions politiques nationales
et internationales inhérentes, et par l'état des droits de l'homme au niveau international, en effet
si la période entre 1962 et 1972 est marquée par la prépondérance des droits économiques ,
sociaux, civils et politiques, la révision de 1992 a coïncidé avec l'émergence de la troisième
génération des droits de l'homme, C'est dans ce climat que la constitution de 1992 est apparue.
Après quelques années plus tard une autre révision a vu le jour en 1996. En fait la constitution
de 1996 a poursuivi le processus de constitutionnalisation des droits et des libertés en affirmant
d’une manière préambulaire « l’attachement du royaume aux droits de l’homme tels qu’ils sont
universellement reconnu ». A la lecture du texte il ressort clairement que cette constitution
toute comme ses devancières comporte dans son titre premier un certain nombre de dispositions
relatives aux droits et libertés, qui ont été mentionnés à titre d'approbation et de garantie.
En ce qui concerne les dispositions relatives aux droits, la constitution affirmait que, le système
du parti unique est un régime illégal, que la loi expression suprême de la volonté de la nation,
tous sont tenus de s’y soumettre, que tous les Marocains sont égaux devant la loi.
et que tout citoyen, homme ou femme a le droit d'être électeur s'il est majeur et jouit de ses
droits civils et politiques.
Bien avant l’actuelle constitution, le Maroc s’est toujours, prononcé pour le respect de ses
engagements internationaux. Plus précisément, respecter la légalité internationale relative aux
droits de l’Homme. D’ailleurs, la prééminence du droit international sur le droit marocain est
aussi, admise par d’autres textes législatifs d’origine interne3.
L’adoption de la constitution de 20114 trouve sa source surtout, dans le discours royal de 09
Mars 2011 et elle constitue un prolongement du chantier des réformes ouvert depuis 1990. Son
choix de s’inscrire dans cette approche protectrice des droits de l’Homme est réaffirmé avec
force, que ce soit par son préambule ou bien son texte intégral, à savoir son deuxième titre
intitulé « libertés et droits fondamentaux ».
1. le préambule
De la lecture son préambule mis à part, le texte intégral, il ressort clairement que la constitution
de 2011 proclame des changements phares qui constituent des nouveautés par rapport à
l’ensemble des constitutions précédentes, à savoir la primauté des conventions internationales
dument ratifiées par le Royaume sur la législation interne et la réaffirmation de son attachement
aux droits de l’Homme comme ils sont reconnus universellement.
Exposé d’une manière explicite dans le préambule qui constitue une partie intégrante de la
constitution, le Maroc s’engage à « … protéger et promouvoir les dispositions des droits de
l’Homme et du droit international humanitaire et contribuer à leur développement dans leur
indivisibilité et leur universalité (…) Accorder aux conventions internationales dument ratifiées
par lui, dans le cadre des dispositions de la constitution et des lois du Royaume… ».
3
Éléments de droit public marocain ; Collection « logiques juridiques » dirigée par Gérard Marcou ; Éditions le
Harmattan ; 1994. P 40.
4
L’adoption de la constitution de 2011 est faite par referendum le 1er juillet et elle a été publiée au bulletin
officiel le 30 /07/20211.
5
2. Les droits et libertés fondamentaux constitutionnalisés
Les droits de l’Homme sont analysables par leur nature et leur contenu. Cette expression de
droits de l’Homme signifie « un possessif »5 des droits que l’être humain possède et qui sont
inhérents à sa personne. Voire, ils sont naturels. Autrement dit « des droits – libertés », ils
s’opposent à toute limitation d’ordre extérieur de sa personne.
Elle signifie aussi, « un relatif »6 des droits qui se rapportent à l’être humain. Des droits qui
sont extérieurs aux éléments constitutifs de sa personne. Mais, ils se caractérisent par la vitalité
de leur existence. Ils représentent « des droits créances ». En effet, l’individu sera dans le besoin
de l’intervention de l’État et ses organes afin d’y accéder et d’y jouir.
Dans cet ordre d’idées, il résulte que les droits de l’Homme ne sont pas de nature abstraite. Ils
ont une extension dans le réel. Une nouvelle étape d’extension pourra toujours, générer une
nouvelle génération de droits de l’Homme. A l’heure actuelle, nous comptons quatre
générations de droits de l’Homme.
Le législateur constitutionnel marocain s’engage avec fermeté, afin de protéger les droits de
l’Homme dans leur dimension universelle. Ainsi, à travers le titre II de la constitution intitulé
« libertés et droits fondamentaux » s’engage à la protection d’un ensemble de droits relevant
des quatre générations susmentionnées et il les attributs la qualité constitutionnelle et la
suprématie.
Conformément à l’article 6 du Pacte International sur les droits Civils et Politiques (Pacte CP)
et selon les dispositions de l’article 20 de la constitution, le droit à la vie constitue le droit
premier de tout être humain, il est inhérent à sa personne. Le même article proclame que la loi
doit protéger ce droit.
Sont nombreuses les mesures entreprises afin de garantir le droit à la vie. A ce titre, le Maroc
a ratifié la convention sur la prévention et la répression du crime de génocide en 1958, sept ans
après son entrée en vigueur en 1951. Le Royaume a ratifié également, la convention
internationale pour la protection de toutes les personnes contre la disparition forcée7 en 2013.
L’article 23 de la constitution considère que le génocide ou tout autre crime contre l’humanité
et la disparition forcée constituent des violations graves des droits de l’Homme. Dans ce sens,
et pour une meilleure protection pénale contre ces crimes, le projet du code pénal n° 10.16 de
2016 introduit le génocide et la disparition forcée comme étant des nouveaux crimes qui seront
imputés et il prévoit des dispositions pour les sanctionner sévèrement.
Le droit à la vie consiste à l’abolition de la peine de mort. Le 2ème protocole annexe du Pacte
CP dans son article premier précise que « aucune personne relevant de la juridiction d’un État
partie au présent protocole ne sera exécutée ». Le même article proclame aussi, que les États
parties doivent prendre toutes les mesures nécessaires afin d’abolir la peine de mort dans le
ressort de leurs juridictions.
5
Jaques MOURGEON ; Les droits de l’homme ; sixième édition 48° mille ; P 20
6
Ibed, P20
7
Les seuls cas non résolus de disparations forcées se remontent aux années entre 1970 et 1980. Le Royaume a
essayé déjà, de se réconcilier avec son passé, à travers l’IER et l’engagement du CNDH qui a trouvé des résolutions
en indemnisant les victimes et leurs familles.
6
A cet égard, le code pénal marocain prévoit une pluralité d’infractions sanctionnées par la peine
de mort. Néanmoins, depuis 1993 la peine de mort ne s’exécute plus. Les défenseurs des droits
de l’Homme au niveau national et les rapporteurs internationaux relatifs aux conventions
ratifiées par le Royaume continuent de formuler des critiques à ce sujet, afin de pouvoir mettre
terme à la peine capitale dans l’arsenal juridique. Par ailleurs, le projet du code pénal dans sa
version actuelle, n’abolie pas cette peine, mais il diminue le nombre d’infractions frappées par
cette sanction. L’engagement de l’harmonisation de la législation interne est déjà, introduit.
D’ailleurs, plusieurs sont les détenus frappés par la peine de mort qui ont été graciés, la peine
est remplacée par la réclusion perpétuelle.
L’égalité et la non-discrimination dans les droits :
A travers son préambule, la constitution s’engage à éliminer toute sorte de discrimination dans
les droits. Les discriminations à l’encontre de quiconque, en raison du sexe, de la couleur, des
croyances, de la culture, de l’origine sociale ou régionale, de la langue, de handicap sont
bannies.
Le droit à l’égalité devant la loi est instauré par l’article 6 de la constitution qui proclame la
suprématie de la loi. Toutes les personnes physique et morale, ainsi que les pouvoirs publics
sont tous égaux devant elle.
Quant à son article 19, la constitution garantir l’égalité des droits entre l’homme et la femme.
Ils jouissent à l’égalité des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, culturel et
environnemental sans discrimination aucune.
Parmi les mesures positives entreprises à cet égard, l’instauration de l’égalité de sexe dans
l’administration publique (l’accès à la fonction publique, les programmes de formation
continue…). L’adoption de la budgétisation accès sur le genre, la loi budgétaire de 2017 exige
aux institutions publiques de présenter des rapports annuels sur le genre devant le parlement.
Et, sur le plan pénal, la loi 103-13, entrée en vigueur en 2018 constitue une avancée pour la
suppression de toutes les discriminations à l’encontre de la femme et veille sur l’égalité basée
sur le sexe.
Le droit à la sécurité de la personne et le droit de respecter son intégrité physique et morale :
L’article 17 du Pacte CP exige aux États parties de respecter la vie privée de la personne, celle
de sa famille, sa résidence ou sa correspondance8. Il interdit toutes les immixtions arbitraires
ou illégales qui peuvent être exercées contre-elle. Voire aussi, les atteintes illégales touchant
son honneur et sa réputation. Cette protection doit obligatoirement, englober les immixtions qui
peuvent être émanées de la loi, elle-même.
La constitution à travers son article 21, proclame que toute personne a le droit au respect de sa
vie privée et celle de ses proches. Comme il a le droit à l’inviolabilité de son domicile9 et ses
correspondances. Et elle engage les pouvoirs publics pour respecter la population dans le
respect des libertés et droits fondamentaux.
Quant à l’article 22 de la Constitution, il garantit la protection de l’individu contre l’atteinte de
son intégrité physique ou morale. Nul ne peut être torturé ou lui faire subir des traitements
cruels, inhumains ou dégradants, conformément aux dispositions de l’article 7 du Pacte CP qui
interdit le recours à la torture, aux traitements cruels, inhumains ou dégradants, l’esclavage, la
servitude et au travail forcé.
Le Maroc a ratifié la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants (CAT) en 21 Juin 1993. Et après avoir ratifié le protocole additionnel
8
L’article 24 de la constitution
9
Idem
7
OPCAT en 2014, le pays a mis en place le mécanisme national de la lutte contre la torture au
niveau du CNDH.
Dans le but de garantir la protection de l’intégrité physique et morale de la personne et de
prévenir la torture, tenant l’exemple de l’article 74 du CPP qui dispose que le procureur de Roi
doit soumettre la personne interrogée à un examen médical d’office ou sur la demande de la
personne en cause. Pour le cas d’un mineur portant des indices de violence apparentes ou il se
plaint d’avoir subi des violences, le procureur de Roi doit le soumettre en premier lieu, à un
examen médical. Le code pénal à travers la section réservée aux attentats aux mœurs incrimine
une pluralité d’infractions qui touchent la dignité, la pudeur et l’honneur de la personne
(l’exemple de l’art. 483 et 484 relatifs à l’otage public et l’attentat à la pudeur). Les dispositions
de l’article 231-1 puni la torture. La peine est la réclusion perpétuelle lorsque la torture est
commise sur un enfant (art.231-4). A cet égard, le nouveau projet du code pénal prévoit une
redéfinition de la torture.
Le Maroc a ratifié en 2002, la convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale
organisée et son protocole facultatif visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes,
en particulier les femmes et les enfants. Sur ce, la loi 27-14 sur la traite des êtres humains,
entrée en vigueur en 2016 et pour le but d’exploitation, telle que : l’exploitation sexuelle, par
le travail forcé, la servitude, la mendicité l’esclavage ou les pratiques analogues à l’esclavage,
le criminel sera puni d’avoir commis le crime de traite des êtres humains (art.448-1 CPM).
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) à travers les différentes conventions produites
veille sur les conditions fondamentales pour le travail et elle condamne le travail forcé (la
convention n°105). En 2001, l’OIT a publié un rapport intitulé « Halte au travail forcé » dans
le cadre de suivi de la déclaration relative aux principes et droits fondamentaux du travail. Ce
rapport, estime que le travail forcé persiste encore partout dans le monde malgré les efforts
fournis. L’OIT apporte son appui au Maroc dans son domaine d’intervention, à savoir pour la
promotion des normes internationales du travail et la lutte contre le travail des enfants.
En août 2016, le Maroc a adopté la loi 19-12 fixant les conditions de travail et d’emploi des
travailleuses et travailleurs domestiques, publiée au bulletin officiel en 05-10-2017 et entrée en
vigueur en 2018. L’article 7 de cette loi interdit l’employeur de réquisitionner le travailleur/se
domestique d’effectuer un travail forcé ou contre son gré. L’employeur doit prendre toutes les
mesures nécessaires afin de respecter la sécurité, la santé et la dignité du travailleur/se
domestique lors de l’exécution de son travail (art.12).
Le CNDH à travers le mémorandum10 publié suite à l’amendement du code pénal (de 2016) a
signalé plusieurs remarques concernant les atteintes constatées relatives aux libertés
individuelles.
Le droit de se marier, de construire une famille et le droit de garantir la protection à l’enfant
La famille est le noyau de la société. Elle est fondée sur le lien légal du mariage (art. 32C).
L’État, s’engage à garantir par la loi de la protection de la famille sur les plans : juridique, social
et économique. Le code de la famille de 2004 présente un exemple concret de cette protection
envisagée. Nous citons à ce niveau l’exemple des articles 16, 53 et 49.
Également, l’État s’engage a présenté une protection égale aux enfants, abstraction faite à leur
situation juridique. A ce niveau, le code de la famille, la loi sur l’état civil et le code de la
nationalité intègrent des dispositions qui favorisent cette protection, telles que : le doit à une
identité par l’inscription dans les registres de l’état civil ; le droit à la pension alimentaire ; le
droit à la nationalité.
10
[Link] Consulté le 29/03/2021
8
Le droit de la religion :
L’article 18 du Pacte CP donne droit à la personne d’adopter une religion ou conviction de son
choix et de manifester sa religion individuellement ou en commun.
99,6% 11de la population marocaine est musulmane. L’article 41 de la constitution proclame
que le Roi en sa qualité d’Amir Al Mouminine est le garant de l’exercice libre des cultes et il
veille sur le respect de l’Islam.
Le code pénal aux termes de l’article 220 puni toute personne qui utilise des moyens de
séduction pour ébranler la foi d’un musulman ou de le convertir à une autre religion par une
peine d’emprisonnement de 6 mois à 3ans et d’une amende. Également, la rupture de jeune
pendant le Ramadan dans un lieu public est incriminée selon les dispositions de l’article 222
CPM.
Certes, la liberté de culte a connu des progressions importantes. De leur côté, plusieurs, ONG
comme la Commission des Minorités Religieuses restent actives en la matière et revendiquent
plus de liberté d’exercice de culte. De son côté, la Coalition Nationale des Chrétiens Marocains
a contacté le CNDH afin de réclamer leur droit de faire la prière à l’église et de choisir des
prénoms chrétiens à leurs enfants à leur guise.
La liberté de circulation
En harmonisation avec l’article 12 du pacte CP, la constitution via son article 24, garantit à la
personne la liberté de circulation à l’intérieur du Royaume et le choix de sa résidence. Elle a le
droit, également, de se trouver à l’extérieur du territoire marocain et le droit d’y entrer. Outre
que, le droit au rapatriement est garanti. Aucun étranger ne peut pas être expulsé du Maroc
qu’en exécution d’une décision prise conformément à la loi 02.03 relative à l’entrée et au séjour
des étrangers au Maroc, aux immigrations et immigrations irrégulières promulguée en 2003.
Parmi les réalisations enregistrées à ce niveau, un ministère délégué chargé des marocains à
l’étranger est créée auprès du ministère des affaires étrangères et de la coopération africaine.
En titre d’exemple, en décembre 2020, dans le cadre de la coopération sud-sud, ce ministère a
conclu une convention bilatérale avec son homologue du Mexique dans le but d’améliorer les
conditions de la gestion migratoire, en l’occurrence, permettre aux migrants des deux pays de
participer activement, dans le développement du pays d’accueil et de mieux supporter les effets
socio-économiques de la pandémie de Covid 1912.
Le Maroc coopère avec une pluralité d’organisations humanitaires, telles que Terre des
Hommes, Caritas Maroc, ALCS, OIM, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les
Réfugiés (HCR) pour porter assistance et secours aux réfugiés, les personnes qui demandent
l’asile et aux migrants illicites.
Et pour une meilleure protection des enfants, le Maroc, à travers différentes institutions
gouvernementales (telles que : le ministère de la justice et la présidence du ministère public)
et non gouvernementales ont ouvert un chantier pour assurer la protection des ENAS (Enfants
Non Accompagnés et Séparés).
11
[Link] Consulté le 26/03/2021
12
[Link] consulté le 25/03/2021
9
Le droit d’avoir un procès équitable13, y compris le droit à un traitement humain et
l’amélioration des conditions de détention:
13
L’article 14 du Pacte International des droits Civils et Politique proclame des garanties d’un procès équitable,
telles qu’elles sont introduites dans la législation nationale.
14
La loi 100.13 portant sur la création du conseil supérieur du pouvoir judiciaire.
15
La loi 66.13 portant sur la création de la cour constitutionnelle.
16
La loi 33.17 portant sur le transfert des attributions du ministre de a justice au procureur général du Roi
auprès de la cour de cassation et fixant les modalités de fonctionnement de la présidence du ministère public.
17
A ce titre, le Maroc à travers le ministère de la justice a conclu un partenariat avec la Commission
Européenne Pour l’Efficacité de la Justice (CEPEJ) pour la mise en place d’un ensemble d’indicateurs
permettant de mesurer le temps maximal exigé les différentes étapes du procès civil et pénal.
18
L’article 23 de la constitution
19
L’article 23 de la constitution
20
Le CPP prévoit la réglementation de la période de la garde en vue et la détention provisoire (art.66 & 176-
177). Pour le cas des mineurs, l’art. 460 parle de détenir du mineur dans local réservé par la police judiciaire.
Aussi de la garde provisoire ordonnée par le ministère public qui ne doit excédée 15 jours.
21
L’article 4 du CPM « Nul ne peut être condamné pour un fait, qui selon la loi en vigueur au temps où il a été
commis, ne constituait pas une infraction ».
22
L’article 6 du CPM
23
L’art. 13 CPM « …sont applicables aux mineurs délinquants les règles spéciales prévues au livre III du CPP ».
10
condamnés et les mineurs séparés des adultes. Et que l’objectif du régime pénitentiaire doit se
focaliser sur l’amendement et le reclassement social des détenus.
Dans le but d’améliorer les conditions de détention, le Maroc en 1999 a adopté la loi 23.98
relative à l’organisation et au fonctionnement des établissements pénitentiaires et son décret
d’application. Les dispositions de ladite loi se référent principalement, aux règles minima des
Nations Unies pour le traitement des détenus (les règles de Nelson Mandela), aux principes
directeurs des Nations Unies pour la protection de la délinquance juvénile de 1990 (les principes
directeurs de Riyad) et aux règles de l’ONU de 2010 concernant le traitement réservé à la
femme prisonnière et les mesures non privatives de liberté de la femme délinquante (les règles
de Bangkok).
Pour une meilleure gestion des conditions de détention la loi a soutenu l’intervention des
associations de la société civile au sein des établissements pénitentiaires. L’Observatoire
Marocain des Prisons (OMP) dresse des rapports qui mettent le point sur les
dysfonctionnements relatifs aux conditions de détention et au traitement réservé aux détenus.
Aussi, la fondation MVI pour la réinsertion des détenus joue un rôle colossal pour le
reclassement social des détenus à travers un ensemble de programmes de formation, formation
professionnelle et d’activités socio-éducatives, et surtout l’accompagnement pour la réinsertion
professionnelle après la libération.
Le CNDH contrôle la protection des droits humains des personnes détenues dans les
établissements pénitentiaires. Ses rapports ont signalé une panoplie de troubles, tel que la
surpopulation carcérale. D’ailleurs, le système de doléance réservé aux détenus est un acquis
en faveur de la protection de leurs droits.
La liberté de presse :
Conformément aux articles 25, 27 et 28 de la constitution une plusieurs principes relatifs à
l’exercice de la presse, de l’édition et l’imprimerie sont garantis. Le nouveau code de la presse
88.1324 à travers l’article premier, le 3 et le 7 dispose que la liberté et le pluralisme, l’égalité
des chances et la transparence sont des principes qui sont garantis. Également il garantit la
jouissance des journalistes d’un procès équitable et la présomption d’innocence. Le titre III de
la loi 88-13 prévoit des sanctions relatives à l’atteinte à l’ordre public, l’immunité des
tribunaux, les enfants et l’honneur et la vie privée des individus.
La liberté de réunion, d’association, de se constituer en syndicats et d’en adhérer, de
manifestation pacifique et de rassemblement25 :
24
Le dahir n° 1-16-122 du 10 aout 2016 portant promulgation de la loi n°88-13 relative à la presse et à l’édition
25
Les articles 21 et 22 du Pacte sur les droits civils et politiques assurent à la personne le droit de réunion
pacifique, d’associer librement et le droit de constituer des syndicats et d’y adhérer.
11
b. La protection constitutionnelle des droits économiques, sociaux et culturels
L’article 3 du pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels engage la
responsabilité des États parties d’assurer à l’homme et la femme le droit égal de bénéficier de
tous les droits économiques, sociaux et culturels, à savoir : le droit au travail ; le droit de grève ;
le droit à la sécurité sociale ; le droit aux loisirs ; le droit à l’éducation et l’assistance à la
famille ; le droit à un niveau de vie suffisant ; le droit à la santé et à l’aide médicale.
La constitution marocaine a constitutionalisé l’ensemble de ces droits. Les dispositions
législatives et institutionnelles nationales veillent sur la mise en place des mesures adéquates
pour mieux les concrétisés. Nous citons ci-après, quelques-uns :
Le droit à la santé :
La définition de la santé selon l’OMS englobe la dimension physique, mentale et sociale. Tout
individu a le droit d’avoir un capital santé convenable. La constitution de 2011 via son article
31 engage les établissements publics et les collectivités afin de mobiliser les moyens opportuns
pour permettre aux citoyens au même pied, d’égalité d’accéder et de jouir des soins de santé.
Ainsi, La protection sociale, la couverture médicale et la solidarité mutualiste sont garanti par
l’État, à savoir : La CNSS ; la CNOPS ; l’AMO et le RAMED qui est conçu dans le but de
permettre aux plus vulnérables de se soigner.
La gestion du système de santé et de l’offre de soins26 consiste également, à se disposer d’un
nombre suffisant des hôpitaux et dispensaires de santé. Sur ce, le ministère de la santé essaye
de gérer la carte sanitaire, en se basant sur les besoins géographiques détectés.
Le droit au travail :
Le droit au travail est garanti par la constitution (art.31). Tout individu a le droit de choisir le
travail qu’il lui convient en toute liberté et sans discrimination aucune. Ce droit englobe
également, l’appui des pouvoirs publics en matière de recherche d’emploi (l’exemple de
l’ANAPEC) et l’appui à l’auto-emploi (l’exemple des programmes d’Entreprenariat des jeunes
et les AGR).
A ce niveau, le législateur marocain à travers le code du travail, la loi n° 65-99 de 2003 organise
le milieu de travail et veille sur les droits et les obligations de l’employé et ceux de l’employeur,
voire les conditions de travail.
26
Dahir n° 1.11.83 du 2 juillet 2011 portant promulgation de la loi cadre n 34.09 relative au système de santé
et à l’offre de soins.
12
c. Le droit au développement, à la solidarité et à l’environnement
13
Partie 2 : les institutions constitutionnelles chargées de la
protection des droits de l’homme au Maroc :
Section 1: les institutions consultatives chargées de la protection des droits de
l’homme
14
circulation et l’intervention auprès des administrations publiques pour l’exécution de
plus de 560 jugements judiciaires.
La nouvelle constitution marocaine annonce que les juridictions ordinaires ou spécialisées sont
créées par la loi. Il ne peut être créé de juridiction d’exception27.
Au Maroc, certains mécanismes de contrôle juridictionnel s’identifient à travers l’évolution des
instances judiciaires et des règles procédurales appropriées à la protection des droits et libertés
des individus.
la sauvegarde des droits individuels, sont renforcés par la création des instance judiciaires
administratives et autres constitutionnelles, outre les juridictions du droit commun, pour donner
au citoyen opportunité de contester et de se protéger contre les actes injustes de
l’administrions28 et aussi contre toute violation des droits de l’homme.
Les juridictions du droit commun, coiffée d’une Cour de cassation, sont fortement présentes
dans le processus protecteur des droits et libertés reconnu aux individus. Ces juridictions à
compétence générale ou de droit commun statuent sur toutes les matières dont la loi n’a pas
attribué la compétence à une autre juridiction.
27
Article 127 de la constitution.
28
L'évolution de la jurisprudence administrative au Maroc : [Link] ›
15
1- Juridictions administratives
• Évolution du système juridictionnel administratif
L’installation d’un système de contrôle de l’administration est indispensable dans la recherche
constante de la sécurité des rapports qu’entretiennent les citoyens avec l’administration et
également dans l’instauration d’une conduite fondée sur la légalité au sein de la société.
Le juridictionnel administratif constitue le mécanisme de protection contre l’iniquité et
l’injustice de l’acte de l’administration et contre toute violation des droits et les libertés des
individus29.
Ce mécanisme a été confié depuis l’année 1957 à la chambre administrative de la cour
suprême qui statue, en premier et dernier ressort en matière des recours pour excès de pouvoir.
Ladite chambre s’est instaurée pour mettre fin au contrôle de la Cour de Cassation française sur
les juridictions modernes après l’indépendance du royaume.
Toutefois, vu l’ampleur du recours en annulation, d’où la nécessité de faciliter l’accès à la
justice administrative et d’assurer La décentralisation du contrôle de la légalité et le
rapprochement de celui-ci aux administrés, ainsi que de garantir beaucoup mieux la protection
des citoyens.
C’est dans cette perspective que le discours royal de 1990 annonce la création, des
tribunaux administratifs en tant que juridiction spécialisées dotées de pouvoirs et de procédure
nécessaire pour contester le comportement administratif illégal, le recours juridictionnel
administratif suppose deux voies de contestation : le recours en annulation des actes de
l’administration recouvrant l’excès de pouvoir ; ou l’action d’ordre contentieux.
S’agissant le mécanisme juridictionnel devant les tribunaux administratifs, l’article 7 de la
loi 90-41 fait renvoi aux règles du code de la procédure civile, qui sont pleinement applicables
devant les tribunaux administratifs sauf dispositions contraires prévues par la loi.
Alors que pour les règles du fond en vigueur, il faut que celles-ci soient effectives et
garantissent, en complémentarité avec l’apport jurisprudentiel de la cour suprême, une bonne
instruction de l’affaire et qualifient suffisante la conduite du procès pour rétablir l’égalité entre
l’administration et l’administré aussi bien pour la légalité que pour la responsabilité.
Les jugements sont rendus collégialement et garantissent ainsi la décision rendue et
rassurent les parties.
29
L'évolution de la jurisprudence administrative au Maroc : [Link] › 1580898684Revue3FR
16
Le commissaire royal par ses conclusions et recommandations, malgré non opposables au
tribunal, demeure membres permanant de la juridiction administrative et joue un rôle essentiel
enrichissant la jurisprudence en la matière.
30
Articles 20 à 25 la loi n° 41-90
31
À l'exclusion de ceux causés sur la voie publique par un véhicule quelconque appartenant à une personne publique
17
- Les recours contre les décisions des autorités administratives dont le champ d'application
s'étend au-delà du ressort territorial d'un tribunal administratif.
Il est à noter aussi que, suivant l’article 114 de la Constitution 2011, les décisions
individuelles du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire sont susceptibles de recours pour excès
de pouvoir devant la plus haute juridiction administrative du Royaume.
2- Juridiction constitutionnelle
La justice constitutionnelle avait né au sein de l’ex. cour suprême comme chambre parmi
d’autre. Un Conseil constitutionnel indépendant remplaça la chambre constitutionnelle aux
années 90. Puis la nouvelle juridiction d’ordre constitutionnelle nommée cour constitutionnelle
est instaurée par la révision constitutionnelle de 2011, avec des compétences élargies et une
mission précise : consolider l’édifice institutionnelle et protéger les droits et libertés
fondamentaux.
• L’évolution de la justice constitutionnelle marocaine
18
- Le conseil constitutionnel
Vu le rôle et les compétences limités de la chambre constitutionnelle dans la protection des
droits et libertés fondamentaux, Le conseil constitutionnel fut installé en vertu de la réforme
constitutionnelle de 1992, règlementé par la loi organique n 29-93, et revu par la réforme
constitutionnelle de 1996. Il s’agissait d’un organe indépendant qui exerce en dehors de
l’organisation judiciaire mais en sa qualité d’une juridiction spécialisée à compétence exclusive
dans le contentieux constitutionnel.
Ces décisions sont définitives imposable aux pouvoirs publics et à toutes les autorités
administratives et juridictionnelles et non susceptibles d’aucun recours
Le Conseil a hérité de toutes les compétences de l’ancienne chambre, auquelle s’ajoute le
contrôle de la constitutionnalité des lois ordinaires avant leur publication.
- La Cour Constitutionnelle
Installée par l’article 129, la Cour Constitutionnelle est une juridiction dont la composition est
encadrée par l’article 130 de la constitution de 2011. Sa loi organique32 détermine, d’après
l’article 131 du même texte, les règles de son organisation et de son fonctionnement ainsi que
la procédure qui est suivie devant elle et la situation de ses membres. Cette loi détermine
également les fonctions d’incompatibilité, et fixe les conditions des deux premiers
renouvellements triennaux et les modalités de remplacement des membres empêchés,
démissionnaires, ou décédés en cours de mandat.
La Cour Constitutionnelle exerce les attributions qui lui sont dévolues par les articles de la
Constitution et les dispositions des lois organiques33.
Les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et elles
s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.
(art.134 al.3)
32
Dahir n° 1-14-139 portant promulgation de la loi organique relative à la
Cour constitutionnelle
33
Article 132 de la constitution
19
• Les attributions de la Cour Constitutionnelle
D’après l’article 132 sous cité la Cour Constitutionnelle statue sur : la régularité de l’élection
des membres du Parlement et des opérations de référendum ; elle statue, selon un contrôle à
priori automatique, sur la conformité à la Constitution des lois organiques avant leur
promulgation et les règlements de la Chambre des Représentants et de la Chambre des
Conseillers, avant leur mise en application ; elle statue également sur la conformité à la
Constitution des lois et des engagements internationaux qui lui sont déférés34 avant leur
promulgation ou leur ratification conformément aux dispositions du même article35.
C’est à la Cour Constitutionnelle de prononcer sur la Constitutionalité de ces lois et
règlements.
Une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de l’article 132 de la présente
Constitution ne peut être promulguée ni mise en application (art.134 al.1)
La cour constitutionnelle contrôle d’une manière a posteriori l’exception
d’inconstitutionnalité. Ce principe est une voie d’accès individuel à la justice constitutionnelle
qui permet aux justiciables d’invoquer, au cours d’un procès, que les dispositions législatives
qui leurs sont appliquées ou celles dont dépend l’issue du litige est non-conforme à la
Constitution. L’exception est souvent soulevée par les parties devant la juridiction saisie par le
litige, mais c’est la Cour constitutionnelle qui est compétente d’en rendre la décision. En
conséquence, Si la cause est estimée recevable, décision devient favorable, la loi en question
est abrogée et l’action judiciaire est suspendue.
D’après l’article 133, la Cour Constitutionnelle est compétente pour connaître d’une
exception d’inconstitutionnalité soulevée au cours d’un procès, lorsqu’il est soutenu par l’une
des parties que la loi dont dépend l’issue du litige, porte atteinte aux droits et libertés garantis
par la Constitution.
Une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de cet article 133 est abrogée
à compter de la date fixée par la Cour dans sa décision. (art.134 al.2).
34 Par le Roi, le Chef du Gouvernement, le Président de la Chambre des Représentants, le Président de la Chambre des Conseillers, ou par le
cinquième des membres de la Chambre des Représentants ou quarante membres de la Chambre des Conseillers
35 Dans les cas prévus aux deuxièmes et troisièmes alinéas du présent article (132), la Cour Constitutionnelle statue dans un délai d’un mois à
compter de sa saisine. Toutefois, à la demande du gouvernement, s’il y a urgence, ce délai est ramené à huit jours. Dans ces mêmes cas, la
saisine de la Cour Constitutionnelle suspend le délai de promulgation. Elle statue sur la régularité de l’élection des membres du Parlement
dans un délai d’un an, à compter de la date d’expiration du délai légal du recours. Toutefois, la Cour peut statuer au-delà de ce délai, par
décision motivée, dans le cas où le nombre de recours ou leur nature l’exige.
20
Conclusion :
Il n’existe pas d’état de droit dans les sociétés où les droits de l’Homme ne sont pas protégés.
Les droits de l’Homme demeurent des droits essentiels et inaliénables « SACRÉS » qui sont
attachés à la qualité de la personne humaine et dans le respect incombe à tous les états.
Affaiblir les droits de l'Homme, c'est affaiblir la démocratie et renforcer les risques d'injustices.
Suivant une démarche progressive, le Maroc quant à lui a fourni un effort très remarquable en
matière des droits de L’Homme, les lois et les instances qui prévoient et protègent les droits et
libertés des citoyens sont là et présentes, reste à voir leur effectivité.
21
Bibliographie :
Ouvrages :
22
• Dahir n° 1-16-122 du 10 aout 2016 portant promulgation de la loi n°88-13 relative à la
presse et à l’édition
• Dahir n° 1.11.83 du 2 juillet 2011 portant promulgation de la loi cadre n 34.09 relative
au système de santé et à l’offre de soins.
• La loi 100.13 portant sur la création du conseil supérieur du pouvoir judiciaire.
• La loi 66.13 portant sur la création de la cour constitutionnelle.
Références électroniques :
✔ [Link]
✔ [Link]
✔ [Link] consulté le 25/03/2021
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