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Importance des Pollinisateurs pour l'Agriculture

Ce document décrit l'importance des pollinisateurs pour l'agriculture et la biodiversité. Il explique que la majorité des plantes cultivées dépendent de la pollinisation animale et que les zones tropicales sont particulièrement dépendantes. Le document identifie également des menaces pesant sur les pollinisateurs et propose des mesures pour préserver leurs services écosystémiques essentiels.

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Importance des Pollinisateurs pour l'Agriculture

Ce document décrit l'importance des pollinisateurs pour l'agriculture et la biodiversité. Il explique que la majorité des plantes cultivées dépendent de la pollinisation animale et que les zones tropicales sont particulièrement dépendantes. Le document identifie également des menaces pesant sur les pollinisateurs et propose des mesures pour préserver leurs services écosystémiques essentiels.

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IT/GB-3/09/Inf.

10
Février 2009

Point 13 de l’ordre du jour provisoire

TRAITÉ INTERNATIONAL SUR LES RESSOURCES PHYTOGÉNÉTIQUES


POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET


L’AGRICULTURE

TROISIÈME SESSION DE L’ORGANE DIRECTEUR

Tunis (Tunisie), 1er – 5 Juin 2009

LES POLLINISATEURS: UN ÉLÉMENT NÉGLIGÉ DE LA


BIODIVERSITÉ, IMPORTANT POUR L’ALIMENTATION ET
L’AGRICULTURE

Table des matières

Paragraphes

I. Introduction 1-4

Annexe 1: Les pollinisateurs: Un élément négligé de la biodiversité important pour


l’alimentation et l’agriculture

Appendice 1: Degré de dépendance à l’égard des animaux pollinisateurs, des plantes cultivées
figurant à l’Annexe 1 du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour
l’alimentation et l’agriculture

Le tirage du présent document est limité pour réduire au maximum l'impact des méthodes de travail de la FAO sur l'environnement et
contribuer à la neutralité climatique. Les délégués et observateurs sont priés d'apporter leur exemplaire personnel en séance et de ne
pas demander de copies supplémentaires.
Les documents de réunion sont disponibles sur l'Internet, à l'adresse http://www.planttreaty.org
2 IT/GB-3/09/Inf. 10

I. INTRODUCTION

1. Le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et


l’agriculture met en lumière l’importance et la nécessité de leur utilisation durable. À cet égard,
l’Article 6 prévoit un large éventail de mesures, parmi lesquelles l’élaboration de politiques, le
renforcement de la recherche, la sélection, l’élargissement de la base génétique des plantes
cultivées, l’utilisation accrue des variétés locales et l’amélioration des réglementations visant la
mise en vente des variétés et la distribution des semences.

2. La nécessité de veiller en permanence à assurer l’utilisation durable des ressources


phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture est aussi pleinement reconnue dans le
dispositif d’appui du Traité, le Plan d’action mondial pour la conservation et l’utilisation durable
des ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture qui prévoit un certain nombre
d’activités prioritaires, en particulier les activités 9, 10, 11,12, 13 et 14 portant sur la
caractérisation, l’évaluation, l’amélioration génétique, la diversification de la production végétale,
la promotion des plantes et des espèces sous-utilisées, le soutien de la production et de la
distribution de semences et le développement de nouveaux marchés pour les variétés locales et les
produits à forte diversité.

3. Pour répondre à ce besoin, la FAO fournit dans l’Annexe 1 au présent document des
informations sur les pollinisateurs et sur leur rôle en tant qu’élément de la diversité agricole dont
dépendent les moyens de subsistance des êtres humains.

4. L’Appendice 1 de l’annexe indique le degré de dépendance à l’égard des animaux


pollinisateurs pour les espèces cultivées couvertes par le Système multilatéral, dont la liste figure
à l’Annexe 1 du Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et
l’agriculture.1

1
Ces informations complètent les documents relatifs à la mise en oeuvre de l’Article 6: IT/GB-3/16 et
IT/GB-3/09/Inf. 5.
IT/GB-3/09/Inf. 10 3

ANNEXE 1
LES POLLINISATEURS: UN ÉLÉMENT NÉGLIGÉ DE LA BIODIVERSITÉ
IMPORTANT POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE

1. Introduction

On entend souvent par biodiversité agricole, les ressources génétiques des plantes cultivées,
mais les agro-écosystèmes abritent une grande diversité d’autres organismes qui contribuent à leur
productivité et à leur durabilité. Parmi ceux-ci figurent les pollinisateurs, animaux qui transportent
le pollen des organes mâles aux organes femelles des plantes, assurant ainsi la formation des
fleurs ou des graines. Au cours des dix dernières années, la communauté internationale a pris de
plus en plus conscience de l’importance des pollinisateurs en tant qu’élément de la diversité
agricole dont dépendent les moyens de subsistance des être humains. Or, les signes d’un déclin
potentiellement grave des populations de pollinisateurs s’accumulent. Il est indispensable pour la
santé, la nutrition, la sécurité alimentaire et l’amélioration des revenus des agriculteurs pauvres,
de maintenir et d’accroître les rendements des cultures horticoles, semencières et fourragères par
une meilleure conservation et gestion des agents pollinisateurs.

Nous examinons, dans le présent document, le rôle que joue la diversité des pollinisateurs
dans les fonctions d’écosystèmes sains (section 2); son importance pour la production végétale
(section 3), la production de semences (section 4) et les ressources fourragères (section 5); ainsi
que son utilité pour l’adaptation aux changements environnementaux et la réduction au minimum
des risques qu’ils présentent pour les agriculteurs (section 6). La section 7 porte sur les menaces et
les risques auxquels sont exposés les services de pollinisation, et la section 8 présente les mesures
à prendre pour éviter la perte des services que les pollinisateurs rendent à l’alimentation et à
l’agriculture.

L’appendice 1 indique le degré de dépendance à l’égard des animaux pollinisateurs des


espèces cultivées énumérées à l’appendice 1 du Traité international sur les ressources
phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture.

2. La pollinisation et les fonctions des écosystèmes


Dans la nature, la grande majorité des espèces de plantes à fleurs ne produisent des graines
que si des animaux pollinisateurs transportent le pollen des anthères aux stigmates de leurs fleurs.
À défaut de ce service, de nombreuses espèces et processus interdépendants à l’œuvre dans un
écosystème s’effondreraient. Avec plus de 200 000 espèces de plantes à fleurs qui dépendent de la
pollinisation par plus de 100 000 autres espèces, la pollinisation est cruciale pour le maintien de la
biodiversité dans le monde. Environ 80 pour cent de toutes les espèces de plantes à fleurs sont
spécialisées pour être pollinisées par des animaux, principalement des insectes.

a. Dépendance plus grande des régions tropicales et montagneuses à l’égard de la


pollinisation par les animaux
La dépendance des écosystèmes à l’égard des animaux pollinisateurs est encore plus forte, par
rapport à la moyenne mondiale, dans les zones tropicales où moins de trois pour cent des plantes
des basses terres tropicales dépendent du vent pour leur pollinisation. Dans les forêts tropicales
d’Amérique centrale, les insectes peuvent assurer 95 pour cent de la pollinisation des arbres de la
canopée, tandis que les vertébrés (chauve-souris et divers autres taxons) peuvent polliniser entre
20 et 25 pour cent des plantes des étages inférieurs, et les insectes 50 pour cent. Les écosystèmes
4 IT/GB-3/09/Inf. 10

arides et montagneux présentent souvent aussi des communautés de pollinisateurs très


diversifiées, avec de fines adaptations qui assurent une pollinisation efficace même lorsque les
conditions climatiques sont aléatoires.

Non seulement les zones tropicales sont plus dépendantes des animaux pollinisateurs, mais
elles sont aussi plus exposées à la perte de pollinisateurs. Un groupe de travail international a
constaté que les plantes ont d’autant plus de probabilités d’être exposées à une réduction de la
pollinisation et de leur taux de reproduction qu’elles se trouvent dans des zones à forte diversité
floristique, vraisemblablement parce que la concurrence pour les pollinisateurs est intense dans
ces écosystèmes diversifiés2. Ces zones comprennent les forêts d’Amérique du Sud et d’Asie du
Sud-Est ainsi que les riches formations arbustives à fynbos d’Afrique du Sud.

Évolution des rendements en fonction de la pollinisation animale,


pour les principaux produits de base et cultures du monde

100
Augmentation

80
nombre de cultures

60
Pas
40
d'augmentation

20
Inconnu

b. Diversité des pollinisateurs


Les pollinisateurs et les systèmes de pollinisation présentent une remarquable diversité. La
plupart des quelque 20 000 espèces d’abeilles (Hyménoptères: Apidés) sont des pollinisateurs
efficaces et, avec les papillons, les mouches, les guêpes et les coléoptères, elles représentent la
majorité des espèces pollinisatrices. Les vertébrés pollinisateurs comprennent les chauves-souris,
des mammifères non volants (plusieurs espèces de singes, des rongeurs, des lémuriens, des
écureuils, les olingos et les kinkajous) et des oiseaux (colibris, soui-mangas, guit-guit saï et
quelques espèces de perroquets). Il ressort de nos connaissances actuelles sur le processus de
pollinisation que, s’il existe des relations spécialisées intéressantes entre les plantes et leurs
pollinisateurs, l’abondance et la diversité des pollinisateurs sont cependant les meilleurs garants
de services de pollinisation sains.

3. La pollinisation en tant que ressource génétique liée aux cultures

a. Contribution de la pollinisation à la sécurité alimentaire


Au sein des agro-écosystèmes, les pollinisateurs sont essentiels à la production des fruits, des
légumes et des fourrages, ainsi qu’à celle des semences de nombreuses plantes racines et textiles.
Les pollinisateurs tels que les abeilles, les oiseaux et les chauves-souris influent sur 35 pour cent
de la production végétale mondiale, accroissant la production de 87 des principales cultures
vivrières du monde, ainsi que celle de nombreux remèdes d’origine végétale figurant dans la

2
Vamosi, J.C., T.M. Knight, J. Streets, S.J. Mazer, M. Burd, and T–L. Ashman. 2006. Pollination decays in biodiversity
hotspots. Proeceedings of the National Academy of Sciences 103:956–961.
IT/GB-3/09/Inf. 10 5

3
pharmacopée mondiale .

b. Rôle de la pollinisation dans l’expansion de la production horticole


La sécurité alimentaire, la diversité des aliments, la nutrition humaine et les prix des produits
alimentaires sont autant d’éléments qui sont fortement tributaires des animaux pollinisateurs.
C’est particulièrement le cas des productions horticoles. Dans le monde entier, de nombreux
agriculteurs diversifient leur production en pratiquant l’horticulture, devenue un moyen de réduire
la pauvreté. Le commerce des produits horticoles représente plus de 20 pour cent des exportations
agricoles des pays en développement, soit plus du double que les produits céréaliers4. À la
différence de l’accroissement historique de la production céréalière, l’expansion de la production
de fruits et de légumes provient essentiellement de l’augmentation des superficies cultivées et non
pas de l’accroissement des rendements. La raréfaction des pollinisateurs risque d’avoir des
conséquences sur la production et le coût de produits riches en vitamines tels que les fruits et les
légumes, entraînant des déséquilibres alimentaires croissants et des problèmes de santé. Par
conséquent, l’augmentation et le maintien des rendements des productions horticoles, dans le
cadre du développement agricole, revêtent une importance critique pour la santé, la nutrition, la
sécurité alimentaire et l’amélioration des revenus des agriculteurs pauvres.

Les services de pollinisation sont aussi importants pour d’autres aspects de la production
végétale. L’amélioration de la qualité tant des fruits que des plantes textiles, telles que le coton,
est le résultat d’une bonne pollinisation. La gestion délibérée de la pollinisation contribue à la
production d’huile pour les biocarburants, de sources nouvelles ou substitutives (huiles de ricin et
croton, au Brésil, par exemple). La pollinisation des piments permettra d’en accélérer la
maturation, ce qui se traduira par un approvisionnement des marchés hors saison, à des prix plus
élevés, et par une fructification supplémentaire pendant la saison de végétation.

c. Prise de conscience croissante de l’importance de la pollinisation


Dans le passé, la pollinisation était assurée par la nature sans coût explicite pour les
communautés humaines. L’agrandissement des superficies cultivées et l’utilisation de produits
chimiques font que l’on discerne des signes croissants d’un déclin potentiellement grave des
populations de pollinisateurs accompagnant le développement agricole. L’abeille domestique,
Apis mellifera (et plusieurs espèces parentes d’Asie) ont été utilisées pour mettre en place des
systèmes de pollinisation gérée, mais pour de nombreuses plantes cultivées, les abeilles sont des
pollinisateurs soit inefficaces soit médiocres. Les populations d’abeilles gérées sont aussi de plus
en plus menacées par les ravageurs, les maladies et le désintérêt des jeunes générations pour
l’apiculture. Le recours à des pollinisateurs efficaces, pour assurer le « service » des cultures, se
révèle difficile à organiser, et l’idée d’aider la nature à rendre ces services par des pratiques visant
à soutenir les pollinisateurs sauvages, connaît un regain d’intérêt.

Il était généralement admis que des plantes telles que la tomate et le café s’autopollinisaient,
et que, par conséquent, les agriculteurs n’avaient pas besoin de se préoccuper des insectes
visiteurs. Mais lorsque les cultures sont pratiquées dans des conditions de plus en plus
industrielles, comme c’est le cas des tomates de serre ou du café à forte dose d’intrants, la
contribution que les pollinisateurs peuvent apporter au rendement, ou inversement, les pertes
subies lorsque les pollinisateurs ne peuvent plus accéder aux plantes deviennent plus évidentes.

3
Klein, A.M., B. E. Vaissière, J. H. Cane, I. Steffan-Dewenter, S. A. Cunningham, C. Kremen, T. Tscharntke. 2006.
Importance of pollinators in changing landscapes for world crops. The Proceedings of the Royal Society of London,
Series B, octobre 2006.
4
Lumpkin, T.A., K. Weinberger, S. Moore. 2006. Increasing income through fruit and vegetable production opportunities
and challenges. Document du Conseil des sciences du GCRAI.
6 IT/GB-3/09/Inf. 10

d. Estimation de la valeur économique des services de pollinisation


Selon une récente évaluation de la contribution que les services de pollinisation animale
apportent à l’économie mondiale, la valeur économique de la pollinisation s’élève à un total
mondial de 153 milliards d’euros, chiffre qui représente 9,5 pour cent de la valeur de la
production agricole mondiale utilisée pour l’alimentation humaine en 20055. Les plantes cultivées
qui dépendent des services de pollinisation ont une valeur élevée, atteignant 761 euros par tonne,
contre 151 euros pour celles qui ne dépendent pas de la pollinisation animale.

Ces chiffres ne comprennent pas la contribution que les pollinisateurs apportent à la


production de semences (qui peut démultiplier le rendement des semences), ni aux plantes
herbagères ou fourragères. Ils ne comprennent pas non plus la valeur que représente le maintien
par les pollinisateurs de la structure et du fonctionnement des écosystèmes sauvages, dont
l’importance n’a jamais été chiffrée.

La valeur économique de la pollinisation pour les agriculteurs est d’ordre non seulement
quantitatif mais aussi qualitatif. Dans le cas du pyrèthre, insecticide obtenu à partir des fleurs de
Chrysanthemum cinerariifolium, le produit est plus puissant si les capitules ont été visités par des
insectes6. Dans nombre de pays, la qualité est de première importance, car des fruits bien
conformés se vendent beaucoup plus cher sur des marchés d’exportation sélectifs. Si de telles
considérations de qualité peuvent avoir une incidence sur les parts de marché et les prix, la
pollinisation peut contribuer de façon significative au revenu par unité de superficie pour les
agriculteurs qui conservent les services de pollinisateurs.

e. Le contexte de l’écosystème
On se rend compte de plus en plus que ce ne sont pas les ressources génétiques seules qui
créent des agro-écosystèmes sains, mais aussi leurs interactions. La connaissance de la
pollinisation est à l’évidence une connaissance écologique et elle doit se placer dans le contexte
de l’écosystème pour être correctement appréhendée: il ne s’agit pas uniquement de la
reproduction des plantes ou du mode de visite des insectes, mais plutôt de leurs interrelations.
S’ils sont extrêmement importants, ces liens réciproques rendent la connaissance de la
pollinisation plus complexe et représentent davantage un réseau ou un système d’information que
des connaissances isolées. Souvent, les interactions les plus importantes, qui déterminent la bonne
reproduction des plantes, ne sont pas les plus évidentes, et les mesures prises pour conserver les
plantes ne conservent pas nécessairement leurs pollinisateurs. Une approche à l’échelle de
l’écosystème est par conséquent nécessaire et les informations fournies sur les services de
pollinisation doivent prendre en compte le contexte de l’écosystème. Ainsi, la conservation des
pollinisateurs passe par la sensibilisation au fait que non seulement les espèces mais aussi les
interactions entre espèces doivent être l’objet de mesures de conservation et d’une gestion
soigneuse, pour renforcer les liens essentiels existant au sein de l’écosystème. La conservation des
pollinisateurs fait ressortir l’importance des liens entre la conservation des fonctions des
écosystèmes, les systèmes de production durable et la réduction de la pauvreté.

Étant donné que la restauration des interactions existantes est beaucoup plus difficile que leur
conservation, il est vivement conseillable de conserver les services de pollinisation sauvage et
indigène dans les autres systèmes, avant qu’ils ne soient perdus de la même façon. La gestion des
services de pollinisation sauvage doit intervenir à l’échelle de l’écosystème, les limites du
système dépassant les champs cultivés pour englober l’ensemble de l’agro-écosystème. Étendre

5
Gallai, N., Salles, J-M., Settele, J., Vaissière, B.E. 2008. Economic valuation of the vulnerability of world agriculture
confronted with pollinator decline. Ecological Economics (doi:10.1016/j.ecolecon.2008.06.014)
6
Crane, E. and P. Walker. Pollination Directory for World Crops. London: International Bee Research Association, 1984
IT/GB-3/09/Inf. 10 7

l’horizon de la gestion au-delà des limites des superficies cultivées est une notion relativement
nouvelle au sein de la communauté agricole.

f. Exemple de pollinisateurs sauvages au service des cultures


La papaye (Carica papaya) est un fruit dont la culture est répandue dans toute la zone
tropicale. Le papayer est un arbre pérenne qui a besoin d’une pollinisation adéquate pour nouer.
En climat tropical et subtropical, la nouaison a lieu toute l’année. La vente de papayes fraîches
assure un revenu régulier pendant toute la saison à de nombreux petits agriculteurs; par exemple,
au Kenya, ces fruits se vendent à un prix allant de 20 à 100 KES (0,26 à 1,3 USD) l’unité, selon le
lieu et l’abondance/disponibilité de l’offre. La plupart des petits exploitants produisent au moins
cinquante fruits commercialisables par saison. Les arbres sont souvent cultivés en bordure des
cours d’eau, à la lisière des champs cultivés ou en haie sur l’exploitation. Le papayer est pollinisé
principalement par le sphinx (sphingidés). Les espèces de sphinx varient d’un site à l’autre, mais
en général toute espèce de moyenne à grande taille, pourvue d’une langue relativement longue,
peut être un agent pollinisateur. Les sphynx ont besoin d’habitats adéquats où ils trouvent les
plantes nécessaires à l’alimentation des larves, des sites de nidification diurne abrités, des lieux de
parade et d’accouplement, et des ressources florales très énergétiques, fournies par des fleurs
sauvages. Pour assurer la bonne nouaison des papayers, les agriculteurs doivent protéger et
favoriser les sphinx. Les exploitations localisées dans des zones sauvages obtiennent des
rendements élevés et produisent généralement les fruits les plus savoureux. En outre, comme
beaucoup de ces espèces de papillons parcourent de grandes distances, elles fournissent aux
agriculteurs des apports bénéfiques provenant de zones sauvages ou protégées, adjacentes aux
paysages agricoles. Or, les agriculteurs n’ont guère conscience de l’importance de la pollinisation
pour la production de papayes de qualité, ni de la nécessité de conserver les arbres mâles bien
qu’ils ne produisent pas de fruits.

g. Intérêt de la pollinisation pour les consommateurs


Toute évaluation des services de pollinisation doit prendre en considération le point de vue
des consommateurs comme celui des producteurs. Si l’on pensent généralement que la
pollinisation présente de l’intérêt pour les agriculteurs, il ne faut cependant pas oublier les
consommateurs. Une analyse économique des déficits d’agents pollinisateurs a abouti à la
conclusion que les consommateurs d’un produit exposé à un déficit de pollinisateurs peuvent en
souffrir car le produit devient plus rare et plus cher7. Pour le consommateur, la raréfaction des
pollinisateurs peut donc se traduire par une hausse du prix des produits commercialisés.

Les produits alimentaires pour lesquels les pollinisateurs sont importants sont principalement
les fruits et les légumes, qui apportent des nutriments et des minéraux essentiels, lesquels dans un
monde de plus en plus industrialisé disparaissent de l’alimentation humaine. C’est là, à différents
égards, un sujet de préoccupation, non seulement dans les pays développés mais aussi dans les
pays en développement. Lorsque, en raison de la pauvreté, des catastrophes naturelles ou de
l’instabilité politique, une population subsiste avec une ration calorique limitée, l’apport et la
quantité des fruits et légumes tributaires de la pollinisation dans son alimentation peuvent être
d’une importance décisive pour la santé8. Deuxièmement, en dépit de l’opinion (d’après de
nombreuses enquêtes auprès des consommateurs) selon laquelle les fruits et légumes sont chers
par rapport aux autres aliments, le calcul du coût par portion de plus de 50 fruits et légumes
courants fait ressortir qu’il est bien inférieur à celui de la plupart des autres produits alimentaires

7
Kevan, P.G., and Phillips, T.P., 2001, The economic impacts of pollinator declines: an approach to assessing the
consequences. Conservation Ecology 5: 8.
8
Gallai, N., Salles, J-M., Settele, J., Vaissière, B.E. 2008. Economic valuation of the vulnerability of world agriculture
confronted with pollinator decline. Ecological Economics (doi:10.1016/j.ecolecon.2008.06.014)
8 IT/GB-3/09/Inf. 10

(dont beaucoup sont moins nutritifs)9.

Comme il est indiqué ci-dessus, des plantes bien pollinisées peuvent être de qualité nettement
supérieure, et les consommateurs et les marchés sont sensibles à la qualité: au Canada, la bonne
pollinisation de vergers de pommiers a eu pour résultat la formation d’une semence
supplémentaire par pomme, ce qui a permis la production de fruits plus gros et plus symétriques.
On a estimé que ces pommes améliorées assuraient un rendement marginal de 6 à 7 pour cent, soit
environ 250 CAD/ha de plus que les vergers où la pollinisation était insuffisante10.

4. Contribution de la pollinisation à la production de semences et à la diversité génétique


des plantes
Par suite des pratiques de sélection et de reproduction mises en oeuvre par les humains, de
nombreuses plantes cultivées perdent leur diversité génétique au fil du temps. L’exposition à des
agents pollinisateurs peut être un moyen d’introduire une influence sélective propre à maintenir la
diversité génétique. Des études réalisées sur la gourde, au Kenya, ont montré à quel point une
communauté diversifiée de pollinisateurs était importante pour le maintien de l’extraordinaire
diversité morphologique des gourdes11.

Les obtenteurs ne se sont jamais préoccupés de sélectionner les plantes pour qu’elles attirent
les pollinisateurs. Or, la composition génétique des plantes peut avoir une influence sur le niveau
de pollinisation dont elles bénéficient. Dans de nombreux cas, les pollinisateurs marquent une
préférence pour une variété plutôt qu’une autre, en dépit de la proximité des différentes variétés.
Les agriculteurs peuvent gagner à comprendre que des plantations stratégiques, faisant alterner en
damier différentes variétés de piments, par exemple, peuvent optimiser les visites d’agents
pollinisateurs à deux variétés d’attractivité différente, tout en favorisant l’hybridation croisée et en
améliorant la production de fruits12. Les cultivars de melons sans nectar ont peu d’attrait pour les
pollinisateurs et doivent être cultivés à côté de cultivars qui produisent du nectar pour bénéficier
d’une pollinisation suffisante13. Les races locales et les cultivars qui ont conservé des
caractéristiques attractives pour les agents pollinisateurs sont un aspect négligé de la diversité
génétique des plantes qu’il importe de conserver.

Si une bonne pollinisation ne joue aucun rôle dans la production des légumes à feuilles ou des
plantes-racines, elle a par contre une importance très sous-évaluée pour la production de leurs
graines. Il ressort d’estimations de l’augmentation de la formation de graines due aux agents
pollinisateurs réalisées dans différentes parties du monde, que la pollinisation est à l’origine de
diverses augmentations des rendements en graines, allant de 22 à 100 pour cent (radis), de 100 à
300 pour cent (choux), de 100 à 125 pour cent (navets), de 91 à 135 pour cent (carottes) et de 350
à 9 000 pour cent (oignons)14.

9
http://www.ers.usda.gov/data/fruitvegetablecosts/
10
Kevan, P. G. 1997. Honeybees for better apples and much higher yields: study shows pollination services pay
dividends. Canadian Fruitgrower (mai 1997): 14, 16.
11
Morimoto, Y., M. Gikungu, and P. Maundu. "Pollinators of the bottle gourd (Lagenaria siceraria) observed in Kenya."
International Journal of Tropical Insect Science 24.1 (2004): 79-86
12
Kubisova, S. & H. Haslbachova, 1991. The Sixth International Symposium on Pollination (Tilburg, Pays-Bas). p. 364–
370.
13
Bohn, G.W. and Mann, L.K. 1960. Nectarless, a yield-reducing mutant charcter in the muskmelon. Proc. Am. Soc.
Hort. Sci. v. 76, p. 455-459.
14
Sharma, H. K. Cash Crops Farming In The Himalayas: The Importance Of Pollinators And Pollination In Vegetable Seed
Production In Kullu Valley Of Himachal Pradesh, India. 2006. FAO. Case study submitted for Rapid Assessment of
IT/GB-3/09/Inf. 10 9

5. La pollinisation en tant que ressource génétique intéressant les plantes


fourragères/l’élevage
La luzerne, la plus importante plante fourragère au niveau mondial, dépend presque
exclusivement des visites d’insectes pour la production de ses graines. De nombreuses autres
plantes pastorales semées, telles que les trèfles, qui sont censées s’auto-ensemencer, produisent
aussi de beaucoup plus grandes quantités de graines lorsqu’elles reçoivent la visite d’abeilles15.
Les systèmes pastoraux dans lesquels le bétail se nourrit de la végétation indigène peuvent être
fortement dépendants des agents pollinisateurs pour la reproduction des herbes non graminées et
des espèces broutées ainsi que des arbres dont les gousses sont consommées par les animaux.
Dans la Corne de l’Afrique, par exemple, la plante éphémère Indigofera, base de l’alimentation
des camélidés sur les parcours arides, est pollinisée par au moins cinq espèces d’abeilles
sauvages. Dans la même région, les gousses d’Acacia sont une ressource au grand potentiel
parfois méconnu qui contribue directement ou indirectement aux moyens de subsistance et à la
survie des communautés pastorales. Elles servent principalement à l’alimentation du bétail, mais
elles font aussi l’objet d’un commerce, et constituent un aliment de dernier recours en période de
sécheresse. Ces gousses sont tributaires de la visite des fleurs d’Acacia par des abeilles, fourmis,
guêpes, papillons, souimangas et coléoptères divers16.

La revégétation des parcours peut être améliorée par des stratégies qui prennent en compte le
rôle de la pollinisation, de la dispersion des semences et des autres interactions entre les plantes et
les animaux dans la santé et la restauration des écosystèmes. De nombreuses herbes non
graminées et arbustes pérennes ont besoin des animaux pour assurer leur pollinisation et leur
reproduction ainsi que leur maintien ultérieur sur le site. La biologie de la pollinisation de
nombreuses plantes et l’abondance des pollinisateurs sur les sites potentiels de revégétation sont
toutefois fort mal connues17. Les programmes de lutte contre les insectes par pulvérisations
aériennes sur de vastes superficies, tels que ceux qui visent le criquet pèlerin en Afrique ou le
criquet américain en Amérique du Nord, peuvent avoir un impact sur des espèces non ciblées
telles que les abeilles qui recherchent leur nourriture sur de vastes zones dans les écosystèmes
arides, et il importe de réduire cet impact au minimum18. La perte de services de pollinisation, due
à la mortalité des abeilles au Sénégal par suite des pulvérisations aériennes d’insecticides pour
lutter contre le criquet pèlerin, a été estimée à quelque deux millions de dollars par an19.

6. La pollinisation: un outil d’adaption à l’évolution de l’environnement et de réduction


des risques
Le changement climatique entraîne une modification de la répartition de nombreuses espèces.
Il est donc important de recenser les ressources phytogénétiques susceptibles d’aider les plantes
cultivées à s’adapter au changement climatique. L’adaptation des agents pollinisateurs se fera
toutefois en grande partie par le rétrécissement ou l’extension de leur aire de répartition en
fonction des nouvelles conditions climatiques. Il est par conséquent fort possible que les plantes

Pollinators’Status Report, available at (http://www.fao.org/ag/AGP/AGPS/Default.htm - then go to C-CAB


Group>Pollinators>Case studies on pollinators and pollination)
15
Free, J.B. 1993. Insect Polination of Crops. Academic Press, London. 684pp.

16
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17
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18
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http://www.sidney.ars.usda.gov/grasshopper/
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Leach, A.W., W.C. Mullié, J.D. Mumford and H. Waibel. 2008. Spatial and Historical Analysis of Pesticide Externalities in
Locust Control in Senegal- First Steps. FAO, Rome.
10 IT/GB-3/09/Inf. 10

cultivées perdent leurs principaux agents pollinisateurs ou que les aires de répartition des plantes
et de leurs pollinisateurs ne coïncident plus.

De tels effets se sont déjà fait sentir dans l’industrie semencière indienne. Étant donné que les
graines des plantes tempérées ont besoin d’un certain degré de refroidissement pour que leur
germination se déclenche, de nombreuses fermes semencières sont localisées dans les régions de
montagne, telles que celles de l’Hindou-Kush-Himalaya. Si ces régions offrent un tel climat, elles
rendent aussi les agriculteurs de plus en plus vulnérables aux effets du changement climatique.
Les agriculteurs de la vallée de Kullu dans l’État indien de l’Himachal Pradesh constatent que
dans l’ensemble les températures augmentent tandis que les pluies deviennent de plus en plus
aléatoires, entraînant plusieurs mauvaises récoltes. Les rendements semenciers des plantes
légumières régressent et il importe d’assurer une pollinisation naturelle suffisante face au
changement climatique, mais les chercheurs n’ont pas affronté ce problème et encore moins les
communautés d’agriculteurs20.

La résilience est intégrée dans les agro-écosystèmes par le biais de la biodiversité. La


production végétale est optimale lorsqu’il y a un ensemble d’agents pollinisateurs comprenant
éventuellement, sans s’y limiter, les abeilles gérées. Différents pollinisateurs sont à l’oeuvre
suivant le moment de la journée ou les conditions météorologiques, et même d’une année à
l’autre, les pollinisateurs les plus abondants et les plus efficaces d’une plante peuvent changer21.
Un ensemble diversifié de pollinisateurs, dotés de caractéristiques et de réactions différentes aux
conditions ambiantes est l’un des meilleurs alliés pour réduire au minimum les risques découlant
du changement climatique. La diversité des pollinisateurs est une sorte d’“assurance” garantissant
que l’on disposera de pollinisateurs efficaces, non seulement dans les conditions actuelles mais
aussi dans les conditions futures. Un agro-écosystème marqué par la biodiversité, offrant
beaucoup plus d’interactions favorables entre les plantes cultivées et la biodiversité qui y est
associée, peut aussi contribuer grandement au piégeage du carbone22.

La pollinisation peut aussi contribuer à contrecarrer la tendance des plantes cultivées à perdre
leur diversité génétique avec le temps, par suite des pratiques de sélection et de reproduction
mises en œuvre par les humains. L’exposition aux agents pollinisateurs peut être un moyen
d’introduire une influence sélective pour conserver la diversité génétique. Par exemple, les vastes
champs d’agaves bleus cultivés pour la production de tequila dans l’État de Jalisco, dans l’ouest
du Mexique, ont été durement touchés par une maladie. Celle-ci a pu décimer les cultures en
partie parce que, à la suite d’un processus long et complexe de sélection artificielle, pratiquement
tous les agaves bleus cultivés dans la région étaient des clones de deux plantes seulement. On a
émis l’hypothèse que l’impact de la maladie sur ces agaves avait été particulièrement grave en
raison de leur faible diversité génétique. Il a été proposé de conduire une petite partie des
plantations d’agaves bleus de façon à permettre des échanges de pollen (pollinisation par les
chauves-souris) avec les agaves sauvages des barrancas voisines pour conserver la sélection de

20
Sharma, H. K. Cash Crops Farming In The Himalayas: The Importance Of Pollinators And Pollination In Vegetable Seed
Production In Kullu Valley Of Himachal Pradesh, India. 2006. FAO. Case study submitted for Rapid Assessment of
Pollinators’Status Report, available at (http://www.fao.org/ag/AGP/AGPS/Default.htm - then go to C-CAB
Group>Pollinators>Case studies on pollinators and pollination)
21
Kremen, C., N. M. Williams, and R.W.Thorp. "Crop pollination from native bees at risk from agricultural intensification."
PNAS 99 (2002): 16812-16.
22
Hajjar, R., D. I Jarvis, and B. Gemmill-Herren. 2008. The utility of crop genetic diversity in maintaining ecosystem
services. Agriculture, Ecosystems and Environment 123 (2008):261-270.
IT/GB-3/09/Inf. 10 11

matériel génétique résistant aux divers stress environnementaux23.

7. Menaces et risques auxquels sont exposés les services de pollinisation


L’importance des agents pollinisateurs pour les moyens de subsistance durables a ainsi été
exposée de façon détaillée pour la production végétale, la production semencière, le maintien de
la diversité génétique des plantes cultivées, les ressources fourragères et l’adaptation au
changement climatique et au stress environnemental. Le risque de perte des services de
pollinisation est imputable aux principaux facteurs suivants:

L’habitat nécessaire à de nombreux agents pollinisateurs disparaît du fait des modifications de


l’utilisation des terres, dues par exemple au développement de l’agriculture intensive24. Les
pollinisateurs ont besoin de trouver dans leur environnement toute une gamme de ressources pour
se nourrir, nidifier, se reproduire et s’abriter. La perte de l’une quelconque de ces ressources peut
entraîner l’extinction locale des pollinisateurs25.

Il s’est avéré que l’utilisation de quantités excessives de pesticides et autres produits


agrochimiques ou leur mauvaise application a des effets nuisibles sur toute une gamme de
pollinisateurs26.

Le changement climatique est peut-être l’une des plus graves menaces qui pèsent sur la
biodiversité des pollinisateurs27. D’importants changements sont prévus dans les aires de
répartition de groupes tels que les papillons28.

Les espèces envahissantes sont connues dans le monde entier pour avoir d’importants effets
négatifs sur un large éventail de taxons. Deux des causes principales de raréfaction des abeilles
dans le monde sont les acariens parasites Varroa jacobsoni et Acarapsis woodi, et l’expansion de
l’aire de répartition des abeilles africanisées aux États-Unis29.

8. Mesures recommandées pour éviter la perte de services fournis par les pollinisateurs à
l’alimentation et l’agriculture.

23
Medellin 2004. Lesser long-nosed bat. RAPS Case study contribution, available at: http://www.fao.org/ag/AGP/AGPS/C-
CAB/Caselist.htm
24
Osborne, J.L., Williams, I.H. & Corbet. S.A. (1991) Bees, pollination and habitat change in the European Community.
Bee World 72: 99-116; Banaszak, J. (1995) Changes in Fauna of Wild Bees in Europe. Pedagogical University,
Bydgoszcz, Poland
25
Westrich, P. (1989) Die Wildbienen Baden-Württembergs. Stuttgart, Ulmer.
26
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27
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28
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implications for future changes. Proceedings of the Royal Society of London (B) 269: 2163-2171; Thomas et al 2004
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29
Allen-Wardell, G., Bernhardt, T., Bitner, R., Burquez, A., Cane J., Cox, P.A., Dalton, V., Feinsinger, P., Ingram, M.,
Inouye, D., Jones, C. E., Kennedy, K., Kevan, P., Koopowitz, H., Medellin, R., Medellin-Morales, S., Nabhan, G.P., Pavlik,
B., Tepedino, V., Torchio, P., and Walker, S. (1998) The potential consequences of pollinator declines on the conservation
of biodiversity and stability of crop yields. Conservation Biology 12, 8-17
12 IT/GB-3/09/Inf. 10

Au cours des dix dernières années, la communauté internationale a pris de plus en plus
conscience de l’importance des pollinisateurs comme élément de la diversité agricole dont
dépendent les moyens de subsistance des humains. Or, on observe des signes croissants d’une
dangereuse régression des populations de pollinisateurs. Pour remédier à cet état de choses, la
Convention sur la biodiversité a fait de la conservation et de l’utilisation durable des pollinisateurs
une de ses priorités, établissant une initiative internationale pour la conservation et l’utilisation
durable des pollinisateurs et demandant l’élaboration d’un plan d’action, coordonné par la FAO.
Le Plan d’action de l’Initiative, élaboré par la FAO et le secrétariat de la Convention, et adopté à
la COP 6 (décision VI/5), est structuré autour des quatre éléments suivants: l’évaluation de la
situation, la gestion adaptative, le renforcement des capacités et l’intégration dans les activités. Il
présente un ensemble cohérent de mesures propres à supprimer les obstacles, sensibiliser les
acteurs et renforcer les capacités de conservation et d’utilisation durable des services de
pollinisation.

Nombre des mesures recommandées pour encourager la conservation des pollinisateurs sont
directement liées au secteur agricole et aux pratiques culturales. Les systèmes d’agriculture
paysanne et de subsistance recourent souvent à des pratiques favorisant une grande diversité à la
ferme, et qui peuvent servir de base à la définition d’un mode plus durable de croissance de
l’agriculture. La conservation délibérée des pollinisateurs et leur synergie avec la lutte intégrée
contre les ravageurs offrent des moyens de maintenir les rendements tout en réduisant l’utilisation
d’intrants achetés. Nombre de mesures en faveur des pollinisateurs peuvent aussi favoriser
d’autres services aux écosystèmes tels que l’amélioration des sols par les cultures de couverture,
qui accroissent l’abondance de divers groupes fonctionnels du sol; la gestion des habitats des
ennemis naturels pour la lutte contre les ravageurs; la rupture des cycles des nuisibles par la
diversification des cultures; ou la lutte contre l’érosion par la culture en courbes de niveau et la
plantation de haies. La base de connaissances nécessaires pour promouvoir ces pratiques
favorables aux pollinisateurs est toutefois très limitée, et il est indispensable de créer des réseaux
de savoirs propres à favoriser l’échange des informations nécessaires au niveau des pays et des
cultures.

La viabilité des modes de vie, mettant en oeuvre ces pratiques qui maintiennent une forte
diversité à la ferme, peut être reconnue et soutenue par un cadre politique favorable. Inversement,
les pressions exercées par une agriculture en voie de commercialisation rapide, telle que
l’horticulture en Afrique, peuvent conduire à l’adoption de pratiques (intensification, utilisation
accrue de produits agrochimiques, grande taille des parcelles) qui ont un effet négatif sur les
services de pollinisation si elles sont appliquées en l’absence d’efforts délibérés pour conserver et
soutenir ces services. Les options politiques disponibles pour soutenir la conservation et
l’utilisation des pollinisateurs ont été peu étudiées.
IT/GB-3/09/Inf. 10 13

APPENDICE 1: DEGRÉ DE DÉPENDANCE À L’ÉGARD DES ANIMAUX


POLLINISATEURS, DES PLANTES CULTIVÉES FIGURANT À L’ANNEXE 1 DU
TRAITÉ INTERNATIONAL SUR LES RESSOURCES PHYTOGÉNÉTIQUES POUR
L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE

Réponse des
rendements à la
pollinisation
Nom commun Nom scientifique animale
Arbre à pain Artocarpus Inconnue
Asperge Asparagus Augmentation –
production des
semences
Avoine Avena Aucune augmentation
Betterave Beta Aucune augmentation
Complexe des Brassica et al. Augmentation
Brassica
Cajou Cajanus Augmentation
Pois chiche Cicer Aucune augmentation
agrumes Citrus Augmentation
Noix de coco Cocos Augmentation
Principales aracées Colocasia Augmentation -
sélection
Xanthosoma Inconnue
Carotte Daucus Augmentation-
production de
semences
Igname Dioscorea Augmentation -
sélection
Millet éleusine Eleusine Aucune augmentation
Fraise Fragaria Augmentation
Tournesol Helianthus Augmentation
Orge Hordeum Aucune augmentation
Patate douce Ipomoea Augmentation-
sélection
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Réponse des
rendements à la
pollinisation
Nom commun Nom scientifique animale
Gesse/pois carré Lathyrus Inconnue
Lentilles Lens Aucune augmentation
Pomme Malus Augmentation
Manioc Manihot Augmentation-
sélection
Banane /Banane Musa Augmentation -
plantain breeding
Riz Oryza Aucune augmentation
Mil à chandelle Pennisetum Aucune augmentation
Haricot Phaseolus augmentation
Pois Pisum Aucune augmentation
Seigle Secale Aucune augmentation
Pomme de terre Solanum Augmentation -
sélection
Aubergine Solanum Augmentation
Sorgho Sorghum Aucune augmentation
Triticale Triticosecale Aucune augmentation
Blé Triticum et al. Aucune augmentation
Fève / Vesce Vicia Augmentation
Niébé et al. Vigna Augmentation
Maïs Zea Aucune augmentation

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