Contrats de performance énergétique en France
Contrats de performance énergétique en France
DEVELOPPEMENT
INTERNATIONAL
r i
Bureau Paris :
10, rue St-Marc (2e)
L'EMERGENCE DES "CONTRATS DE
Adresse postale : PERFORMANCE ENERGETIQUE" SUR LE
2, rue Traversière
71200 Le Creusot MARCHE FRANÇAIS :
Tél : 33-3 85 55 84 77
Fax :33-3 85 55 84 78
Quelles conditions pour une contribution accrue à la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et à
drouet@[Link]
[Link] l'efficience énergétique des bâtiments ?
RAPPORT FINAL
JANVIER 2009
1
Membres du Comité de pilotage de la recherche : Evelyne Lemercier (PUCA), Joël Maurice
(ENPC), François Ménard (PUCA), Vincent Renard (SHS – Polytechnique), Frédéric
Rosenstein (ADEME), Dominique Sellier (ARENE IdF), Jean-Pierre Traisnel (Université
Dr. Ing. Dominique Drouet Paris 8), Pierre Veltz (ENPC – IHEDATE).
Directeur
2
RDI – Recherche Développement International est une société d'étude et de recherche
SARL au capital de 60 000 € indépendante fondée en 1981. Expertise : marchés de l'environnement et du développement
rcs B 322 377 417 durable ; développement des éco-activités et de l'éco-construction ; R&D de
siège social : 2, rue Traversière
71200 Le Creusot l'environnement et des éco-technologies.
PREBAT-PUCA – Contrats performance énergétique.
SOMMAIRE
PRESENTATION ……………………………………………………………….. 1
ANNEXES ………………………………………………………………………… 73
Annexe 1 – Compte rendu de l'atelier n° 1 – Bâtiments privés …………………… 74
Annexe 2 – Compte rendu de l'atelier n° 2 – Bâtiments publics …………………... 92
Annexe 3 – Echanges sur le rôle des intermédiaires territoriaux .............................. 111
Annexe 4 – Eléments sur la situation allemande ………………………………...... 117
Annexe 5 – Bibliographie ……………………………………………………......... 120
Annexe 6 – Liste des sigles ………………………………………………………... 124
Présentation
Contexte
Depuis plusieurs années apparaissent sur le marché français de la gestion énergétique des
bâtiments des contrats dits de "performance énergétique". L'apparition de ces contrats
marque une rupture avec la situation antérieure, car – sauf exception – l'efficacité
énergétique n'était généralement pas intégrée explicitement aux contrats classiques
d'exploitation énergétique appliqués au secteur du bâtiment.
Le Grenelle de l'environnement s'est beaucoup intéressé à cet outil, les rapports de plusieurs
Comités opérationnels recommandant de faire appel de façon privilégiée et à grande échelle
aux contrats de performance énergétique dans le secteur du bâtiment.
Si, pour les prestataires, un des enjeux – clés apparaît être leur positionnement futur sur ces
nouveaux marchés, en particulier les plus rentables d'entre - eux, pour la collectivité il s'agit
en revanche de s'interroger sur les conditions d'une meilleure contribution de ces solutions
contractuelles à la réduction effective des émissions de gaz à effet de serre et à l'efficience
énergétique des bâtiments.
Objet de la recherche
Méthodologie
3
Consultation PREBAT 2007 – Comité Socio-économie, "Réduction des émissions de gaz à effet de serre et
efficience énergétique dans le bâtiment : les dimensions économiques et financières".
Contenu du rapport
4
Ont été consultés dans le cadre des entretiens bilatéraux : Patrick de Beaurepaire (Délégué Général, FG3E),
Jacques Bolze (R&D Manager, Accor), Frédéric Bougrain (CSTB), Laurent Chanussot (Rhône Alpes
Energie Environnement), David Ernest (ICADE Eurogem), Richard Frank (Aéroport de Paris), François
Lacour (Responsable Energie, Unité Lycée, Région Ile-de-France), Jean Roland (Directeur Technique et
Innovation, Elyo Suez), Frédéric Rosenstein (Département Marchés et Services d'Efficacité Energétique,
ADEME), Pascal Roumégous (Directeur, EMCE), Céline Schwartz (Directrice commerciale, France
Energie), Dominique Sellier (Chargé de mission, Economie et Urbanisme Durable, ARENE Ile-de-France),
Jacques Troccon (ALGOE), Hugues Vérité (Schneider Electric, Secrétaire Général GIMELEC).
5
Ont participé aux ateliers : Julien Allix (ARC, Association des Responsables de Copropriétés), Annie
Audebert (Directeur à la Direction Commerciale, Elyo), Yann Baduel (Chef du service Patrimoine-Sécurité
– Direction Lycées, Région Centre), Patrick de Beaurepaire (Délégué général, FG3E), Yves Bertone
(Business Développement, Performance Energétique, Schneider Electric), Laurent Chanussot (Chargé de
Mission, Rhône Alpes Energie Environnement), Emmanuel Collet (Directeur associé, Responsable du
développement, H3C Energies), Renaud Dhont (Responsable "Maîtrise énergétique en copropriété", ARC,
Association des Responsables de Copropriété), Dominique Drouet (Directeur, RDI - Recherche
Développement International), Philippe Druel (Responsable Commercial, GTB Construction), Richard
Franck (Aéroport de Paris), Gilles Herry (Manager, Energy & Environmental Solutions, Siemens, Building
Technologies), Eric Lagandré (Directeur Technique adjoint, ANAH, Agence Nationale pour l'Amélioration
de l'Habitat), Bruno Leboullenger (Commissariat Général au Développement Durable, MEEDDAT), Eric
Nicolas (Johnson Controls France), Patrice Novat (Chargé de mission investissement, ARH - Rhône –
Alpes), Kléber Pinto Silva (Directeur Patrimoine Immobilier, Université de Versailles St Quentin en
Yvelines), Mauro Rampazzo (Responsable du Pôle Gestion Durable du Patrimoine, Région Alsace), Thierry
Reynaud (Chargé de mission, MAPPP, Mission Appui Partenariats Public-Privé), Véronique Richalet
(Direction du patrimoine immobilier, Région Rhône-Alpes), Pascal Roger (Directeur Commercial, Elyo),
Frédéric Rosenstein (Département Marchés et Services d’Efficacité Energétique, ADEME), Denis Szkobel
(Directeur Développement & Marketing, Exprimm), Bernard Thery (Directeur, Développement durable et
gestion patrimoniale, Groupe SNI), Fabrice Voiry (Responsable Energies et Equipements, Ville de Tours).
PREMIERE PARTIE
LE MARCHE ACTUEL DES
CONTRATS DE PERFORMANCE
DANS LE DOMAINE DU
BATIMENT
8 – Récapitulatif …………………………………………………………………… 25
Avant d'aborder le diagnostic proprement dit sur la situation actuelle du marché des contrats
de performance énergétique, sont présentés en préambule différents éléments de cadrage :
- Un rappel de définitions et une typologie des contrats de performance énergétique.
- Quelques dates-clés de l'émergence de ces contrats en France.
- Des éléments sur le niveau d'amélioration des performances selon les catégories de
contrats.
- Un rappel sur les régimes juridiques dans lesquels peuvent s'inscrire les contrats.
Le diagnostic sur la situation actuelle du marché est ensuite présenté en deux temps, suivis
d'un récapitulatif :
- Une illustration qualitative de la situation des différents segments de marché à partir
du positionnement d'une série d'exemples de contrats.
- Une estimation, en nombre de contrats, de la situation des différents segments de
marché.
- Un récapitulatif sur l'apport actuel des contrats de performance énergétique.
- Les contrats de service énergétique peuvent être définis comme portant sur une
prestation d'exploitation et de maintenance d'un équipement énergétique, assortie le
cas échéant de prestations complémentaires (fourniture d'énergie, renouvellement
des équipements, comptage, financement…).
- Les contrats de performance énergétique sont des contrats particuliers, qui incluent
des dispositions spécifiques engageant le prestataire à réaliser des économies
d’énergie (ou à améliorer l'efficacité énergétique).
Début 2009, aucune définition du contrat de performance énergétique n'a encore été adoptée
en droit français6.
Dans un document publié en Avril 20087, les principales organisations professionnelles
concernées rappellent la définition introduite par la directive 2006/32/CE du Parlement
Européen et du Conseil8.
Elles s'accordent ensuite sur la définition générique suivante :
- Le Contrat de Performance Energétique (CPE) lie un opérateur à un client,
propriétaire ou gestionnaire de bâtiments (privés ou publics) résidentiels, tertiaires
ou industriels.
- Le CPE se caractérise par la mise en œuvre d'actions conduisant à améliorer
l'efficacité énergétique de manière vérifiable et mesurable (ou estimable dans le
6
Il est prévu la parution d'un décret fournissant une définition. Il faut noter, de plus, que le projet de "Loi de
transition environnementale" (dite Grenelle II), introduit l'obligation d'inscrire à l'ordre du jour de
l'Assemblée générale des copropriétés la conclusion d'un contrat de performance énergétique. Le projet de
loi précise qu'un décret en Conseil d'Etat fixera les conditions d'application de cette obligation.
7
"Le contrat de performance énergétique appliqué à l'Etat et aux collectivités locales. Objectifs et définitions".
22-4-08. Les organismes signataires du document sont : EGF-BTP (Entreprises Générales de France), FG3E
(Fédération Française des Entreprises Gestionnaires de services aux Equipement, à l'Energie et à
l'Environnement), GIMELEC (Groupement des Industries de l'équipement électrique, du contrôle –
commande et des services associés), SERCE (Syndicat des Entreprises de génie électrique), UCF (Union
Climatique de France).
8
Directive sur "l'efficacité énergétique dans les utilisations finales des énergies et les services énergétiques".
(JOUE – 27-4-06). L'article 3 de la Directive définit le Contrat de Performance Energétique comme étant un
"accord contractuel entre le bénéficiaire et le fournisseur d'une mesure visant à améliorer l'efficacité
énergétique selon lequel des investissements dans cette mesure sont consentis afin de parvenir à un niveau
d'amélioration de l'efficacité énergétique contractuellement défini". Le contrat donne lieu à "une
amélioration vérifiable et mesurable, ou estimable, de l'efficacité énergétique".
L'intérêt d'une définition commune et les précisions apportées par le Club S2E
9
Les participants aux ateliers soulignent que, si le terme "estimable" figure bien dans la définition adoptée par
les cinq groupements d'entreprises, il est souhaitable que les contrats reposent le plus possible sur une
mesure effective des performances. Il en va de la transparence et donc de la crédibilité des CPE, "la garantie
des performances mesurables et vérifiables étant l'essence même de ce type de contrats".
10
Le Club S2E regroupe quatre des cinq signataires du document d'Avril 2008 (FG3E, GIMELEC, SERCE,
UCF), ainsi que l'UFE (Union Française de l'Electricité).
11
La performance est donc garantie "en volume" et non simplement en unités monétaires.
Compte tenu de la définition adoptée, trois catégories principales de CPE, désignées ci-
après catégories "A", "B" et "C", peuvent être distinguées en se référant à l'éventail des
actions prévues au contrat.
Ces trois catégories se différencient au niveau des dispositions relatives aux investissements
: il n'y a pas d'investissements nouveaux pour les contrats de catégorie A; les
investissements portent sur les seuls équipements et systèmes énergétiques pour les contrats
de catégorie B; les investissements portent aussi sur l'enveloppe du bâti pour la catégorie C.
12
Voir Club des Services d'efficacité énergétique, Club S2E, "Guide sur les services d'efficacité énergétique à
destination des clients privés et publics". Juin 2007.
13
L'ADEME souligne de plus que, "à la différence des services énergétiques, les contrats de performance
énergétique font de l'amélioration de l'efficacité énergétique le principal, sinon le seul, mode de
rémunération". Source : Rosenstein Frédéric, Wellhoff Matthieu – "Services énergétiques et contrats de
performance énergétique : des outils pour la mise en œuvre du Grenelle". ADEME, Stratégie & Etudes n°
14, 9 Septembre 2008.
14
Sont représentés par les organisations professionnelles membres du Club S2E tous les principaux acteurs de
l'offre sur le marché français, notamment : via la FG3E, les groupes Dalkia (Veolia, EDF), Cofely (GDF Suez)
et Idex Energies; via le GIMELEC, les groupes Siemens, Schneider Electric et Johnson Controls France; ainsi
que EDF (via l'UFE).
Cette proposition de typologie a été validée par les acteurs du marché lors des deux ateliers,
qui se sont tenus respectivement sur les bâtiments et sur les bâtiments publics, les 14 et 16
Octobre 2008 (Voir comptes rendus en Annexe 1 et 2).
Autres remarques
Les échanges à l'occasion des ateliers, ainsi que les entretiens bilatéraux effectués en
complément amènent, de plus, à préciser les points suivants :
- Si les différentes catégories de contrats introduites ci-dessus renvoient à des niveaux
croissants d'amélioration des performances (Voir page 12), la typologie proposée
n'implique pas une idée de hiérarchie entre les catégories15.
- Si le contrat de performance énergétique est un contrat de résultat, cela ne signifie
pas que tous les contrats de gestion énergétique présentant une obligation de résultat
sont des contrats de performance énergique16.
- Enfin, il convient enfin d'être particulièrement attentif aux conditions énumérées par
le Club S2E, pour qu'un contrat puisse être considéré comme offrant une garantie
d'amélioration de la performance énergétique, donc être qualifié de contrat de
performance énergétique (pour mémoire : caractériser avec précision la situation de
départ, atteindre durablement les objectifs d'amélioration de la performance
énergétique et contrôler et mesurer la performance).
15
En effet, selon les situations, un CPE de catégorie A ou de catégorie B peut tout à fait avoir sa place, "le bon
choix étant celui de l’optimum". A titre d'exemple, sur certains sites où des économies ont déjà été réalisées
grâce à des travaux sur l'enveloppe, les CPE de catégorie B ou A peuvent être les plus adaptés.
16
A titre d'exemple, l'engagement de résultat figurant sur de nombreux contrats porte sur la fourniture d'un
niveau de température donné dans les locaux, ce qui est bien sûr différent d'un engagement d'amélioration
de la performance énergétique.
17
Certaines entreprises de l'offre auraient souhaité que les marchés de conduite – entretien avec forfait
combustible soient considérés comme des CPE. Selon ces entreprises, le prestataire détermine à l'avance les
économies d'énergie qu'il s'engage à atteindre, puis s'engage à effectuer les prestations en contrepartie d’une
rémunération forfaitaire. Si les économies d'énergie n'atteignent pas l'objectif fixé, le prestataire supporte
seul le surcoût de consommation.
A l'inverse, la plupart des acteurs du marché qui ont été consultés considèrent que "ces contrats représentent
une barrière à l'amélioration de la performance énergétique, car les maîtres d'ouvrage ignorent tout de la
situation énergétique de leurs installations". De plus ils soulignent qu'un marché à forfait "n'a pas de cible…
on ne sait pas nécessairement ce que l'on consomme…".
18
La clause d'intéressement stipule en général que la rémunération du prestataire est majorée si la réalisation
est meilleure que l'objectif fixé dans le marché (réduite dans le cas contraire), avec un partage entre
l'acheteur et le prestataire s'effectuant sur la base de la valeur de l'écart de consommation constaté par
rapport à l'objectif prévu.
Quelques dates :
Dates France Pays européens, Union Européenne
Décrets application relatifs au CCTG
"Exploitation de chauffage", suite à la Loi
Premiers CPE en Allemagne, Autriche,
Années de 1974 (décrets parus en 1980 et 1987).
Suède…
1980 Loi MOP, relative à la Maîtrise d'ouvrage
publique et ses rapports avec la Maîtrise
d'œuvre privée (1985).
Démarrage des contrats de partenariats
1996 économies d'énergie, avec regroupement
de bâtiments en pools (Berlin).
Lancement du programme sur les
1997 bâtiments d'Etat en Autriche (500
bâtiments concernés).
Les entreprises du SNEC créent la garantie
"Valiance" de qualité du service20.
2000
Démarrage des contrats d'exploitation avec
intéressement de l'OPAC de l'Isère.
2001 Signature du CPE Accor – Siemens.
Projet "Clearcontract" (UE) : propose des
modèles de CPE aux PECO : 30
2003
opérations sont initiées dans les nouveaux
états membres de l'UE.
19
On note antérieurement (1987) la signature d'un contrat entre la Région Rhône-Alpes et la société SINERG
(filiale de la CDC) concernant les lycées, avec un apport de "tiers financement".
20
A noter que la garantie "Valiance" ne porte pas sur l'amélioration de l'efficacité énergétique. Elle porte sur
des engagements de résultats et sur un prix global, sur "le respect des engagements et la fourniture de
preuves", sur "la mise en œuvre d'une dynamique de progrès", etc.
21
Voir note page 5.
22
Voir page 5 "Définition".
23
Cependant cette extension est moins systématique que prévu par le projet de loi initial, car une décision du
24-7 du Conseil Constitutionnel a censuré un article qui présumait urgents un large éventail de projets,
notamment ceux portant sur l'efficacité énergétique des bâtiments publics.
24
International Performance Monitoring & Verification Protocol, en français PIMVP – Protocole International
de Mesure et de Vérification du Rendement. Ce protocole vise à structurer les approches de mesure et de
vérification des projets en efficacité énergétique. La publication du guide s'accompagne d'une mise en ligne
de 12 fiches de cas illustrant la mise en application du protocole (7 applications industrielles, 1 application à
l'éclairage public et 4 applications au bâtiment).
Selon la définition des contrats de performance énergétique, les performances doivent être
"mesurables et vérifiables" ou "estimables" (au cas où un comptage n'est pas adapté).
Ceci implique un accord entre les parties sur les règles de calcul, notamment pour quantifier
la situation de référence (situation qui prévaudrait en l'absence de mise en œuvre des
actions prévues par le contrat)25.
Un des paramètres déterminant de la performance des contrats est l'éventail des actions
entreprises : le périmètre du contrat porte-t-il sur les seules installations énergétiques en
place, sur renouvellement de ces installations, sur l’introduction d’EnR, sur des travaux sur
l'enveloppe du bâtiment, etc ?
Selon les éléments d'appréciation disponibles26 (cf tableau page suivante), l'amélioration de
la performance au niveau énergétique s'échelonne de 5 % à plus de 30 %. On distingue
ainsi :
- Les CPE sans investissement, prévoyant des actions portant sur la conduite des
installations énergétiques et les achats d’énergie, assortis d'un engagement du
prestataire relatif à la performance énergétique (contrats de Catégorie A). Ces
contrats permettent une amélioration des performances énergétiques de l’ordre de 5
à 15 %.
- Les contrats, assortis d'un engagement relatif à la performance énergétique dans la
durée, prévoyant des investissements de renouvellement des systèmes
énergétiques (équipements plus performants, régulation, GTB, introduction
d’énergies renouvelables, etc), en combinaison ou non avec des actions de
Catégorie A. Ces CPE (Catégorie B) permettent une amélioration de l’efficacité
énergétique dans une fourchette de l’ordre de 15 à 25 %.
- Les contrats, assortis d'un engagement relatif à la performance énergétique dans la
durée, prévoyant des investissements sur l’enveloppe du bâtiment, en
combinaison avec des actions relevant des catégories précédentes. Ces CPE
(Catégorie C) permettent une amélioration de l’efficacité énergétique supérieure à
25 %.
25
Le Club S2E, souligne que "le prestataire met en œuvre les moyens qui lui permettent de s'engager par
contrat à : caractériser avec précision la situation de référence ; atteindre durablement les objectifs de qualité
et d'amélioration de l'efficacité énergétique annoncés ; contrôler et mesurer la performance".
26
Ces éléments proviennent d'études de cas diffusées par les entreprises concernées ou par des organismes
extérieurs (CSTB, RAEE…), ainsi que des avis d'experts (ADEME…).
Niveau d'amélioration
Périmètres des contrats de Efficacité
Efficacité Durée27 Remarques
performance énergétique supplémentai
énergétique
re CO2
A – CPE sans investissement :
conduite des installations, achats 1à8
5 – 15 % Sources : ADEME28.
d'énergie, avec engagement de ans
performance énergétique.
B – CPE avec Régulation, Accor / Siemens : 21%
investissements nouveaux 3 à 12 (fiche n°5)
de équipements ans Tours / Elyo : 16 %
renouvellement énergétiques (fiche n° 7).
des systèmes 15 – 25 %
Rapport CSTB –
énergétiques et
5 à 15 ICADE29.
engagement de EnR +
performance ans Berlin : 20 – 22 %
énergétique. (fiche n° 10).
Autres données
- Les données ci-dessus portent sur l'amélioration de la performance résultant des
contrats de performance énergétique.
- A noter que d'autres données, de nature différente, ont été diffusées par certaines
organisations professionnelles. La FG3E indique par exemple avoir comparé la
consommation moyenne par m² entre les logements sous contrat avec des entreprises
membres de la FG3E (qu'il s'agisse ou non de contrats considérés comme des CPE
au sens de la présente étude) et la moyenne nationale des consommations
énergétiques pour des logements non gérés par les entreprises de la FG3E30.
27
On observe une forte corrélation entre le périmètre et la durée du contrat.
28
"Ce sont des marchés qui peuvent permettre une économie d'énergie de 10 à 15 %... Cela dépend
évidemment de l'état initial… On peut inclure les cibles d'économie d'énergie avec des formules
d'intéressement". Intervention de F. Rosenstein, ADEME, au colloque "Efficacité énergétique dans la
rénovation des patrimoines immobiliers : modalités de mise en œuvre des projets". Salon Ecobuilding
Performance. 20 Septembre 2007.
29
"L'économie attendue sur les consommations d'énergie se situe entre 20 % et 30 % des factures… La
moyenne des économies sur les contrats de Siemens est de 26 %". Source : CSTB – ICADE "Services
d'efficacité énergétique avec garantie de performance" – Orlando Catarina, Sébastien Illouz. Février 2008.
30
Etude non publiée, sur la base de laquelle la FG3E considère "que les logements sous contrat ont une
consommation inférieure de 20 à 30 % à celle des logements dépourvus de ce type de services, à conditions
climatiques équivalentes". Source : FG3E Info – n° 80 – Février 2008.
Bâtiments publics
Dans le cadre du Code des marchés publics Hors CMP
Périmètres des contrats Marché Marché de Maît oeuvre Contrat de Bâtiments
de performance d'exploitation travaux Loi MOP partenariat privés
énergétique chauffage énergétiques + AO travaux – PPP
avec et AO
performantiel
intéressements
exploitation
A – CPE sans
investissement :
conduite installations,
achats énergie, avec + + +
(P1, P2)31 +
intéressement à la
performance
énergétique.
B – CPE avec
investissement de
renouvellement des
systèmes énergétiques32 + + + +
(P3)33 +
et engagement de
performance
énergétique.
C – CPE avec
investissement sur
enveloppe et
engagement de + + +
performance
énergétique.
31
Termes d'un contrat de chauffage, portant respectivement sur la consommation d'énergie (P1) et sur la
conduite et le petit entretien (P2).
32
Installation d’équipements performants, régulations, GTB, EnR, etc.
33
P3 : Terme d'un contrat de chauffage portant sur le gros entretien et le renouvellement des installations.
On observe pour les bâtiments publics que tous les régimes juridiques ne permettent pas
d'envisager les mêmes gammes d'actions, donc les mêmes niveaux de performance
énergétique. En particulier seuls les régimes en Loi MOP ou en Contrat de partenariat
permettent des interventions sur l'enveloppe du bâtiment avec conception architecturale34.
Remarques sur les différents régimes juridiques applicables pour les bâtiments publics
Il s'agit seulement ici de rappeler quelques aspects généraux, des documents très complets
étant disponibles par ailleurs35.
34
A noter cependant que tous les travaux sur l'enveloppe (par exemple les travaux d'isolation par l'extérieur)
n'impliquent pas nécessairement d'intervention de conception architecturale.
35
Voir notamment les différents guides figurant dans la bibliographie.
36
On y trouve les notions de "P1" (qui renvoie à la consommation d’énergie), de "P2" (conduite et petit
entretien), de "P3" (gros entretien et renouvellement) et parfois de "P4" (financement). La présence d’un
volet "P3" permet le renouvellement des équipements énergétiques.
37
La clause d'intéressement prévoit par exemple que la rémunération du prestataire est majorée si la
réalisation est meilleure que l'objectif fixé dans le marché (réduite dans le cas contraire), avec un partage
entre l'acheteur et le prestataire s'effectuant sur la base de la valeur de l'écart de consommation constaté par
rapport à l'objectif prévu. A titre d'exemple, Rhône-Alpes Energies Environnement propose sur son site
internet un modèle de contrat d’exploitation de chauffage qui inclut une option avec intéressement.
A noter cependant, comme indiqué p. 8 ("Définition et typologie des contrats"), que ces contrats avec
intéressement ne répondent à la définition du CPE adoptée par les entreprises des fédérations regroupées au
sein du Club S2E, c'est-à-dire la totalité des principaux acteurs du marché (Dalkia, Cofely, Schneider
Electric, Siemens, JCI, etc), qui à la condition que ces contrats avec intéressement prévoient différentes
dispositions notamment en termes de "caractérisation précise de la situation de référence", ainsi que de
"contrôle et de mesure de la performance".
38
Les options de financement sont notamment : autofinancement, emprunt ou crédit-bail.
39
La loi MOP est la Loi relative à la Maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la Maîtrise d’œuvre
privée. Elle a été adoptée initialement en 1985.
40
Ils s'inscrivent dans le cadre juridique de l'ordonnance relative aux Contrats de Partenariat (Juin 2004),
modifiée le 30 Juillet 2008
Bâtiments publics
Dans le cadre du Code des marchés publics Hors CMP
Périmètres des contrats Marché Marché de Maîtr. œuvre Contrat de Bâtiments
de performance d'exploitation travaux en Loi MOP partenariat – privés
énergétique chauffage avec énergétiques + AO travaux PPP
intéressement et AO
performanciel
exploitation
A – CPE sans
investissement :
Lycées
conduite installations,
Ile-de-
achats énergie, avec
France41
engagement de
performance énergét.
B – CPE avec OPAC 38 / Tours / Carrefour /
investissements de Cofely et Dalkia, Schneider44
renouvellement des Dalkia42 IDEX Accor /
systèmes énergétiques Energies Siemens45
et engagement de et Supélec46 /
performance énergét. Lille / Dalkia Cofely43 Edf-Schneid
C – CPE avec
investissements sur Projet UVSQ
Projets
enveloppe et Projets USH / Projet lycées d'expérimen-
engagement de SNEC47 Alsace48, tations
performance Projet lycées
énergétique. ARC49
Centre
41
Source : entretien Unité Lycée, Région Ile-de-France.
42
Voir fiche n° 1 page 53.
43
Voir fiche n° 7 page 62.
44
Voir fiche n° 4 page 57.
45
Voir fiche n° 5 page 59.
46
Voir fiche n° 6 page 61.
47
USH – SNEC – "Convention entre l'Union Sociale pour l'Habitat et le Syndicat National de l'Exploitation
Climatique et de la Maintenance". 24 Janvier 2008.
48
Rampazzo Mauro, "Région Alsace : Premier retour d’expérience sur le montage d’un CPE sous la forme
d’un contrat de Partenariat Public Privé", Rencontres Energivie, Mulhouse, 22 Mai 2008. Voir aussi fiche
n° 8 page 64.
49
ARC, dans le cadre d'une convention avec ADEME, PUCA et ANAH – "Expérimentation d'un CPE
"élargi" dans les copropriétés, définition des opérations", Août 2008
D'autres cas de contrats sont présentés par les prestataires comme des CPE, mais les
informations publiées sont insuffisantes pour les situer sur le tableau précédent50.
50
Cas de l'hôpital du Creusot, présenté par Dalkia Centre Est comme une illustration de CPE (Source :
intervention de Thomas Delabuxière aux Rencontres "Energievie", Mulhouse, Mai 2008), et de l'hôpital de
Royan, dont le contrat prévoirait des dispositions innovantes au niveau du terme "P3". Les informations
disponibles sont d'autre part insuffisantes pour situer sur le tableau, différentes expérimentations menées par
le groupe Elyo sur de grands sites tertiaires privés.
51
Le SNEC indique exploiter, dans le secteur résidentiel, "80 % du parc de logements disposant d’un
chauffage collectif (Exploitation des installations thermiques de 4 millions de logements)" et dans le
tertiaire "plus de 50 % de la surface chauffée ou climatisée collectivement (dont 167 millions de mètres
carrés de bureaux)".
52
Cofely résulte de la fusion, en Mars 2009, de Elyo (ancienne filiale de Suez) et Cofatech (ancienne filiale de
GDF).
53
Depuis les années 1930.
54
Schneider Electric indique par exemple avoir déjà mis en œuvre 200 contrats de type CPE à l’étranger, en
particulier par l’intermédiaire de sa filiale TAC, tandis que Siemens Building Technologies et Johnson
Controls sont aussi actifs dans de nombreux pays sur des contrats de ce type (portant sur les seuls systèmes
énergétiques, hors travaux sur l’enveloppe des bâtiments).
Les conséquences de l’extension attendue des contrats aux travaux sur l'enveloppe
55
Guide intitulé "Optimisation de la performance énergétique dans les bâtiments publics par la mise en œuvre
des contrats de partenariat", Mars 2007.
56
Exemple du Canton de Offenbach, dans la banlieue de Francfort, où SKE Gmbh est titulaire d'un PPP
énergétique portant sur 41 écoles.
57
Groupe de BTP et de promotion immobilière (près de 500 M€ de CA). Voir notamment "Rabot Dutilleul
achète GCE pour renforcer son pôle maintenance". Les Echos 7 Juillet 2008.
58
A titre indicatif la FG3E considère que plus de 80 % du chiffre d'affaires des entreprises membres est réalisé
par les filiales de Elyo et Cofhatec (GDF-Suez) et Dalkia (Veolia-EDF), la consolidation du secteur s'étant
fortement accélérée au cours des dernières années à l'occasion du départ à la retraite de dirigeants de PME.
59
Ces PME, comme par exemple la société Synergie Durable, proposent une gamme de prestations (audit
énergétique, GTC, etc) qui pourront éventuellement se combiner pour permettre des offres de type CPE.
60
Comme l'a fait remarquer l'un des participants aux ateliers, si ces nouveaux entrants obtiennent des marchés,
on pourra dans leur cas parler de "CPE public-public". Selon cet intervenant, l'ADEME va lancer une étude,
conjointement avec des services de l’Etat, "pour analyser ces nouvelles formes de CPE et créer un fond
d’amorçage".
61
Selon Yann Manigou, Directeur de l'agence Cofely de Châteauroux, "les CPE porteront forcément sur le
bâti,… mais nous sommes en pleine phase de jaugement de ce nouveau type de contrat". Source : Chevalier
Julie "Toute la lumière sur le CPE", Energie Plus, supplément au n° 423, Avril 2009.
Les avis recueillis permettent d'estimer des ordres de grandeur du nombre des contrats,
signés ou en projet, relevant de chacune des grandes catégories de CPE.
Nombre de Nombre de
Périmètres des contrats de
Régime juridique CPE en projets de CPE
performance énergétique vigueur identifiés
A – CPE sans Marché d'exploitation chauffage (type
investissement : conduite P1 – P2) avec intéressement à la
installations, achats performance énergétique. Environ
nd
énergie, avec engagement 1.00062
de performance Contrat de régime privé
énergétique.
Marché d'exploitation chauffage avec
B – CPE avec P3 et intéressement à la performance
investissement de énergétique.
renouvellement des Marché de travaux énergétiques avec Environ 5064 nd
systèmes énergétiques63 et engagement de performance.
engagement de
PPP Energétique
performance énergétique.
Contrat de régime privé
C – CPE avec Maître œuvre en Loi MOP + AO
intéressements sur travaux et AO performanciel
enveloppe et engagement exploitation. 1 ou 265 8 - 1066
de performance PPP global ou énergétique.
énergétique. Contrat de régime privé
62
Selon la FG3E le nombre des contrats services énergétiques avec des dispositions d’intéressement est
supérieur à 10 000. Cependant seule une minorité de ces contrats prévoit des dispositions relatives à la
situation de référence et aux moyens mis en œuvre pour mesurer et vérifier les performances répondant à la
définition des CPE retenus par le Club S2E (voir page 6). D’où l’ordre de grandeur retenu d’un millier de
CPE, ordre de grandeur qui est apparu adapté aux participants aux ateliers. Ce chiffre correspond à environ
1 % du nombre total des contrats gérés par les entreprises du SNEC, les 90 entreprises membres du SNEC
gérant au total environ 90.000 contrats de services énergétiques (pour un chiffre d’affaires annuel de 2,7
milliards d’euros).
63
Installation d’équipements performants, régulations, GTB, EnR, etc…
64
Selon la FG3E, le membre des marchés d'exploitation de chauffage avec un terme P3 et une clause
d'intéressement à la performance énergétique est plus important. Cependant seule une minorité de ces
contrats prévoit des dispositions relatives à la situation de référence et aux moyens mis en œuvre pour
mesurer et vérifier les performances répondant à la définition des CPE retenus par le Club S2E (voir page
6). D'où l'ordre de grandeur estimé d'une cinquantaine pour les CPE de catégorie B, après discussion lors
des ateliers dans le cadre du présent travail.
65
La liste des 147 projets de PPP publiée au BOAMP depuis 2004, inclut 40 projets concernant des bâtiments.
Selon les avis recueillis, seuls un ou deux de ces projets ont un volet performance énergétique véritable.
66
Dont : 4 opérations pilotes qui sont en cours de définition dans le cadre de la Convention USH/SNEC du
21-1-08 ; 5 expérimentations de CPE "élargis" dans des copropriétés dont la définition est prévue dans le
cadre d'une convention entre l'ARC et l'ADEME
Par rapport au total des contrats de services énergétiques exploités par des opérateurs privés
(environ 100.000), la place relative des contrats pouvant être qualifiés de contrats de
performance énergétique est actuellement très faible (de l'ordre de 1 % en nombre et 2% en
volume) :
- La très grande majorité des CPE en vigueur (environ un millier)67 correspond au
niveau d'amélioration le plus limité des performances énergétiques (5 à 15 % ;
contrats sans investissement ou de Catégorie A).
- Un ordre de grandeur d'une cinquantaine de CPE en vigueur correspond à des
performances plus significatives (15 à 25 % ; contrats avec investissements sur les
systèmes énergétiques ou de Catégorie B).
- Une dizaine de contrats envisagés ou en préparation vise les performances les
plus élevées (Contrats avec investissement sur l'enveloppe bâtie ou de catégorie C;
performance supérieure à 25 % en efficacité énergétique), se rapprochant ainsi des
objectifs figurant dans le projet de Loi de programme relatif à la mise en œuvre du
Grenelle de l'Environnement.
En fonction des indications recueillies lors des entretiens, le tableau ci-dessous propose des
ordres de grandeurs plus détaillés tenant compte des catégories de clientèle et des
périmètres des contrats.
67
S'appuyant sur cet ordre de grandeur, certains prestataires avancent l'argument que le CPE "c'est simple et
on le fait depuis longtemps en France", ce qui engendre une certaine confusion car cet argument ne
s'applique qu'aux contrats les moins performants.
68
Les ordres de grandeur proposés correspondent à une estimation du nombre de CPE au sens de la définition
retenue (voir section 2). Les contrats doivent en particulier intégrer une garantie des résultats en termes de
performance énergétique. Il en résulte que ne sont pas comptabilisées les très nombreuses opérations portant
sur le renouvellement des équipements énergétiques ou sur des travaux d’amélioration thermique des
bâtiments, lorsque ces opérations n’intègrent pas une garantie dans la durée sur la base de données
"mesurables et vérifiables".
B – CPE avec
investissement de
renouvellement
des systèmes Environ
énergétiques69 et
10 à 20 5 à 10 1 ou 2 20 à 30
50
engagement de
performance
énergétique.
C – CPE avec
investissements Environ
4 2 ou 3 2 ou 3 5
sur enveloppe et 10 (envisagés (envisagés (envisagés (envisagés
engagement de (envisagés ou en ou en ou en ou en
performance ou en préparation) préparation) préparation) préparation)
préparation)
énergétique.
69
Installation d’équipements performants, régulations, GTB, EnR, etc…
70
Certains prestataires considèrent notamment que les CPE avec investissements (catégorie B ou C) ne
peuvent être mis en place qu’à partir 1 M € d'investissements. D'autre part, le coût associé à la mise en
œuvre des procédures de suivi et de vérification des performances (notamment via le protocole IPMVP) ne
doit pas selon les principaux acteurs du marché excéder 10 % des gains résultant de l’amélioration des
performances énergétiques. Il en résulte donc l’existence d’un seuil en deçà duquel il n’apparaît pas
pertinent de mettre en œuvre un contrat de performance énergétique au sens strict, c’est à dire assorti des
dispositions de mesures et vérifications par rapport à une situation de référence précisément établie. D’où la
nécessité dans certains cas de regrouper les bâtiments afin de générer dans le cadre d’un seul contrat un
volume d’économies d’énergies suffisant.
L'ADEME observe cependant que différentes offres apparaissent sur le marché des particuliers (offres de
DPE, de financement de travaux, de conseil, de suivi des consommations) et que ces offres ont susceptibles
de "servir de base pour proposer un contrat de performance énergétique", bien que "aucun opérateur ne
propose actuellement de tels contrats pour les particuliers". Source : Rosenstein Frédéric, Wellhoff Matthieu
– "Services énergétiques et contrats de performance énergétique : des outils pour la mise en œuvre du
Grenelle". ADEME, Stratégie & Etudes n° 14, 9 Septembre 2008.
71
Ces observations convergent avec la répartition des cas d'application mis en ligne par le Club S2E, à
l'occasion de la publication du guide "Mesure et Vérification de l'efficacité énergétique" en Février 2009.
Ces cas au nombre de 12 au total, se répartissent entre 7 applications industrielles, 1 application à l'éclairage
public et 4 applications au bâtiment. Ces dernières correspondent à des CPE de type de B (avec
investissement dans les équipements énergétiques) : remplacement d'appareils d'éclairage avec
asservissement par le niveau de luminosité extérieure dans un bâtiment tertiaire de 8.000 m² ; remplacement
de pompes à chaleur dans ce même bâtiment ; toujours dans le même bâtiment, les 2 actions précédentes
combinées avec l'optimisation du fonctionnement des centrales de traitement d'air sur la GTB ; installation
d'une télégestion du chauffage et ECS dans des bâtiments scolaires (Dalkia).
8 – Récapitulatif
Le diagnostic proposé est cadré sur la définition adoptée par les principales organisations
professionnelles concernées, à savoir "Le CPE se caractérise par la mise en œuvre d'actions
conduisant à améliorer l'efficacité énergétique de manière vérifiable et mesurable, assortie
d'une garantie de résultats, dans la durée, apportée par l'opérateur". Ce type de contrat
implique notamment de "caractériser avec précision la situation de référence" et de
"contrôler et mesurer la performance".
72
Hypothèse de calcul : 1.000 contrats de catégorie A réduisant les émissions en moyenne de 10 % sur des
parcs de bâtiments émettant en moyenne 400 tonnes de CO2/an (surface moyenne de 10.000 m²), soient
40.000 tonnes CO2/an évitées et 50 contrats de catégorie B réduisant les émissions en moyenne de 20 % sur
des parcs de bâtiments émettant en moyenne 2.000 tonnes de CO2/an (surface moyenne de 50.000 m²),
soient 20.000 tonnes CO2/an évitées.
En résumé
Si, d'un côté, commence à émerger une demande de CPE à performance élevée et, de
l'autre, se mobilisent des acteurs puissants pour développer leurs prestations sur ce marché,
l'apport actuel des CPE (moins de 100.000 tonnes CO2/an évitées) est encore minime : il ne
correspond qu'à quelques millièmes de l'objectif de réduction des émissions de CO2 du
secteur du bâtiment à l'horizon 2020.
Ceci permet de mesurer le chemin qui reste à parcourir en vue d'une contribution des
contrats de performance énergétique à la hauteur des enjeux.
DEUXIEME PARTIE
LES CONDITONS D'UNE
CONTRIBUTION ACCRUE A LA
REDUCTION DES EMISSIONS DE
GAZ A EFFET DE SERRE ET A
L'EFFICIENCE ENERGETIQUE
DES BATIMENTS
8 – Conclusion …………………………………………………….......................... 49
73
Ateliers auxquels ont participé des représentants de maîtres d'ouvrage et d'entreprises de l'offre, ainsi que
des experts et institutionnels. Voir liste des participants page 2 et compte rendus détaillés des ateliers en
annexes.
74
Entretiens approfondis avec 15 représentants d'entreprises et de maîtres d'ouvrage, ainsi que des experts.
Voir liste des interlocuteurs page 2.
Sont récapitulés ci-après les principaux facteurs identifiés lors des entretiens et des ateliers
comme influant sur les marchés. Sont ensuite listés séparément certains facteurs spécifiques
aux marchés des bâtiments privés, puis aux marchés des bâtiments publics.
Facteurs généraux
Côté facteurs "moteurs" généraux, la mobilisation des grands groupes et les orientations
retenues lors du Grenelle, sont particulièrement soulignées. Côté "freins", le caractère
innovant et la complexité de mise en œuvre des solutions les plus performantes, ainsi que le
manque de confiance d'une partie des maîtres d'ouvrage apparaissent comme les principaux
obstacles à lever.
75
Des critères d'éligibilité des CPE aux certificats d'économie d'énergie (CEE) sont en cours de définition. Ils
complèteront les dispositions déjà prévues pour les marchés d'exploitation de chauffage. Ces derniers
seront éligibles à un bonus au niveau du CEE si : (1) ils incluent la mise en place d'équipements neufs, eux-
mêmes éligibles aux CEE, et (2) l'exploitant s'engage à maintenir l'installation de façon à garantir un
rendement conforme au rendement de l'équipement.
76
En particulier prise en compte du comportement des occupants, qui a un impact sur l'usage de l'équipement
et donc sur la capacité du prestataire à s'engager sur un résultat.
Bâtiments privés
Facteurs moteurs Facteurs freins
Facteurs spécifiques aux locaux tertiaires et Facteurs spécifiques aux locaux tertiaires et
d'activités : d'activités :
o Développement possible en liaison avec le o Demande au client de s'engager sur longue
Facility Management et avec la démarche durée (concerne les unités de production
HQE – Exploitation. pérennes)79.
o Intégration possible à la stratégie o Marchés hétérogènes (solutions
"développement durable" / CO2 des contractuelles difficilement
entreprises. standardisables), souvent approchés par les
o Gains éventuels via la vente de Certificats acteurs de l'offre comme des marchés
d'Economie d'Energie (CEE). "d'opportunités" (sans stratégie
marketing).
Facteurs spécifiques aux copropriétés :
o Pour les clients, le poste énergie n'est pas
o Mise en place d'un groupe de travail toujours un poste stratégique en termes de
ADEME/PUCA/ANAH/ARC. coûts.
o Le seuil d'intervention peut être o Bureaux : complexité des jeux d'acteurs
relativement bas (copropriété de 20 (propriétaires, Facility Managers,
logements). locataires…)80.
o Projet de loi Grenelle II (article 3)78.
Facteurs spécifiques aux copropriétés :
Autres facteurs moteurs : o Lourdeur des modalités de décision.
o Sensibilité croissante des maîtres o "Frilosité" des syndics.
d'ouvrage aux gains économiques pouvant
résulter de la maîtrise des consommations Autres facteurs freins :
d'énergie. - Information et sensibilisation insuffisantes
o Existence de structures relais territoriales des décideurs aux solutions de type CPE.
(régionales, locales de type ALE) pouvant - "Asymétrie" des connaissances entre les
appuyer la mise en place de CPE. Maîtres d'ouvrages et les prestataires,
préjudiciable à l'établissement de véritables
partenariats, dans une relation de confiance.
77
Ne sont pas pris en considération les logements individuels et les locaux commerciaux ou d’activités de
moins de 1.000 m², car la solution CPE ne semble actuellement envisagée par aucun acteur pour ces types
de clientèle.
78
Le projet de loi Grenelle II prévoit d'obliger les syndics à inscrire à l'ordre du jour de l'Assemblée générale
des copropriétaires la conclusion d'un contrat de performance énergétique.
79
Dans le secteur privé les critères des retours sur investissement acceptent rarement des retours à 20 ans, le
plus souvent les attentes de retour se situent à 5 ans.
80
A noter par exemple que la société Johnson Controls France a travaillé sur un projet de copropriété dans le
tertiaire. Le projet, qui envisageait des solutions de type "conception – réalisation", n'a pas été mené à
termes car il impliquait plusieurs occupants entreprises, ce qui a posé des problèmes contractuels et
financiers.
Bâtiments publics
Facteurs moteurs Facteurs freins
Facteurs spécifiques aux principaux segments Facteurs spécifiques aux principaux segments
de bâtiments publics de bâtiments publics
- Bâtiments de l'Etat : le rapport du Comop - Bâtiments de l’Etat : les PPP du secteur du
"Etat exemplaire" dresse une quasi "feuille bâtiment intègrent mal jusqu'à présent le
de route" pour le développement des CPE. volet performance énergétique.
- Bailleurs sociaux : convention SNEC / USH - Bâtiments des collectivités locales : contexte
pour la réalisation d'opérations pilotes. Mise historique de faible culture énergétique des
en place de stratégies patrimoniales. personnels techniques des collectivités
- Bâtiments des collectivités territoriales : locales. L'AITF semble avoir une position
existence de structures – relais compétentes défavorable aux CPE.
dans certaines régions (Rhône – Alpes…). - Bailleurs sociaux : problèmes pour le
partage des gains de charges entre bailleurs
et locataires.
Autres facteurs moteurs
- Décisions fortes dans le projet de "Loi
Grenelle" en faveur de développement des Autres facteurs freins
CPE pour les bâtiments publics. - Rigidités des marchés publics (qui pourraient
- Existence de la MAPPP, devenue plus être réduites par une éventuelle révision du
opérationnelle en matière de "PPP Code des marchés publics).
énergétique" et réforme de l'ordonnance de - Complexité des montages en PPP.
2004 qui ouvre une 3ème voie de recours aux - Existence d'oppositions politiques et de
contrats de partenariat. certaines professions (maîtrise d'œuvre,
- Intérêt particulier des groupes de l'offre pour personnels techniques territoriaux) aux
les bâtiments publics, en raison de la contrats de partenariat.
possibilité de passer à une certaine - Risques juridiques de contestation devant
"industrialisation des solutions", passée la les tribunaux.
phase expérimentation.
tertiaires et
d'activités - Une part croissante des quelques 100.000 contrats de gestion énergétique
(>1.000 m²) pourrait être transformés en CPE "sans investissement" (catégorie A) à
l'occasion de leur renouvellement.
Logements
collectifs Des performances moyennes en hausse
Copropriétés
- On peut s'attendre à la mise en place progressive de mécanismes
Logements d'amélioration de la performance plus exigeants, tirant le niveau
collectifs – d'amélioration de la performance vers le haut de la fourchette (5 – 15 %)
Bailleurs
Bâtiments publics
81
Voir définition de la "Catégorie A" page 7.
82
A noter, dans le secteur des copropriétés, que les dispositions prévues à l'article 3 de la Loi de transition
environnementale (Loi dite "Grenelle II" soumise au Conseil d'Etat le 7 Novembre 2007) auront, selon le
libellé retenu par le décret d'application à venir, soit un effet démultiplicateur des contrats "sans
investissement" (catégorie A), soit un effet favorable au passage à des contrats "avec investissements"
(catégorie B ou C).
83
Voir définition des catégories "B" et "C" page 7.
84
Expérimentations en cours de définition.
85
Le Comité opérationnel "Etat exemplaire", suite au Grenelle de l’Environnement, a étudié 3 options, avec
respectivement 50 %, 66 % et 80 % des interventions sur les bâtiments de l’Etat dans le cadre de CPE.
86
Opérations pilotes en cours de définition dans le cadre de la Convention USH/SNEC du 21-1-08.
87
Le projet de PPP pour les lycées alsaciens a été lancé en 2007 (Rapport évaluation préalable rendu à la
MAPPP), le choix du prestataire et le début du contrat étant prévus pour 2010. Cf Rampazzo Mauro, op cit.
88
La mise en place d'un référentiel de certification HQE dans le domaine de la santé peut ouvrir des
possibilités de mise en place de CPE pour la "Cible Energie" de la démarche HQE.
89
Dix projets ont été sélectionnés en 2008 dans le cadre du "Plan Campus". Leur patrimoine doit être rénové
par le biais de PPP. On peut faire l'hypothèse que certains auront une composante énergétique de type CPE.
90
Les "pré-études" réalisées par des opérateurs volontaires pour certains Ministères se situent avant la phase
"diagnostic" d'un PPP. Elles sont réalisées dans le cadre de l'Article 10 de la loi sur les PPP. Cet article
permet une "génération spontanée" de projets (le candidat effectuant la "pré-étude" peut soumettre une
offre, les éléments de la "pré-étude" étant versés au dossier du dialogue compétitif). Le Ministère de le
Défense envisagerait d'avancer sur un échantillon de projets type caserne, hôpital, base aérienne, etc.
Ordres de grandeur
Compte tenu des estimations relatives à la situation actuelle du marché (figurant page 20) et
des perspectives identifiées ci-dessus, les projections ci-après en nombre de CPE peuvent
être proposées.
Locaux tertiaires et
Bâtiments
20 à 30 30 à 40
d'activités (> 1.000 m²)
privés
Pour les CPE les plus performants (avec investissements, catégorie B ou C), une
perspective "raisonnablement optimiste" apparaît donc être :
- Un doublement à trois ans du nombre des contrats de catégorie B ou C, qui passerait
d'une cinquantaine à environ 100, avec un certain rééquilibrage entre clientèle
publique et privée.
91
Les trois options étudiées par le Comité opérationnel "Etat exemplaire" considèrent qu'une très forte
proportion des bâtiments de l'Etat feraient l'objet de CPE, sous différentes formes :
- Option 1 : 50 % de travaux en loi MOP et un partage de la deuxième moitié à parts égales entre contrats
de performance énergétique adossés à des travaux classiques en loi MOP et les mêmes contrats CPE
adossés à un contrat de partenariat.
- Option 2 : partage par tiers entre les trois formules ci-dessus.
- Option 3 : un cinquième des bâtiments en gestion classique "loi MOP", les quatre cinquième étant
traités par voie de contrat de performance énergétique adossé à un contrat global de type contrat de
partenariat. Ces derniers sont répartis en deux phases. Une première phase engagée rapidement et
incluant des aménagements et travaux permettant d'atteindre une réduction de 30 % environ des
émissions de CO2 et 20 % à 25 % de réduction des consommations d'énergie d'autre part. Ces contrats
sont conclus pour 8 à 10 ans, ce qui permet, à leur échéance en 2018, de les relayer par un nouveau
contrat de performance énergétique lequel prend en charge les travaux lourds sur l'enveloppe
permettant d'atteindre les – 50 % d'émission de CO2 et de 35 à 40 % (voire plus si les techniques
progressent d'ici 2018) en économies d'énergie. Il s'agit d'un schéma général compatible avec des
combinaisons particulières différentes d'une opération à l'autre, en fonction des conclusions des
diagnostics approfondis (CPE avec travaux lourds en une phase).
92
Doublement ou triplement (si composante EnR forte) de l'estimation fin 2008 (voir note page 25.
93
Hypothèse de calcul : 10.000 CPE de catégorie A, réduisant en moyenne les émissions de 15 % sur des
parcs de bâtiments émettant en moyenne 400 tonnes de CO2/an (surface moyenne de 10.000 m²), soient
600.000 tonnes de CO2/an évitées ; 1.000 CPE de catégorie B réduisant les émissions en moyenne de 25 %
sur des parcs de bâtiments émettant en moyenne 2.000 tonne de CO2/an (surface moyenne 50.000 m²),
soient 500.000 tonnes de CO2/an évitées ; 1.000 CPE de catégorie C réduisant les émissions en moyenne de
40 % sur des parcs de bâtiments émettant en moyenne 2.000 tonnes de CO2/an (surface moyenne 5.000 m²),
soient 800.000 tonnes de CO2/an évitées.
94
Objectif estimé à 15 à 20 millions de tonnes de CO2 évitées. L'objectif global à 2020 pour le secteur du
bâtiment dans son ensemble est de l'ordre de 48 millions de tonnes CO2 (40 % des 120 millions de tonnes
émises actuellement), mais il faut tenir compte du fait que les CPE ne semblent pas conçus pour les maisons
individuelles et que seule une partie des surfaces de logements collectifs et tertiaires (estimée à 50 %
environ) fait l'objet de contrats de gestion énergétique avec un prestataire privé, d'où l'ordre de grandeur de
15 à 20 Mt CO2.
Dans l'optique d'une contribution des contrats de performance énergétique plus en phase
avec les objectifs à 2020 que ne l'indiquent les perspectives en tendanciel établies
précédemment, le travail collectif mené dans le cadre des ateliers montre que cinq défis
principaux doivent être relevés.
Ces défis renvoient tout d'abord à l'amélioration des conditions générales de fonctionnement
du marché. Trois aspects principaux sont apparus :
- Instaurer la confiance et "fiabiliser" les CPE.
- "Fluidifier" les différents marchés et lever certains obstacles.
- Résoudre la question du financement lorsqu'il s'agit de CPE avec investissements.
Ces défis renvoient ensuite à deux conditions – clés d'une contribution significative des
CPE, à savoir :
- La nécessaire "montée en gamme" des contrats.
- L'instauration de modèles de diffusion adaptés aux différents marchés.
Les principaux points évoqués lors des ateliers et des entretiens sont récapitulés ci-après.
Il ressort fortement des ateliers et des entretiens que la question de la confiance "doit être au
centre des préoccupations pour faire progresser les CPE", qu'il s'agisse des bâtiments privés
ou des bâtiments publics.
Les témoignages de la plupart des maîtres d'ouvrage et des experts, fondé sur leur
expérience des premiers contrats, pointent sur différentes insuffisances des pratiques, ainsi
que sur de sérieuses limites des contrats dans leur formalisation actuelle95 :
- Il apparaît tout d'abord que la convergence des intérêts entre maîtres d'ouvrage et
entreprises de l'offre est insuffisamment établie. D'où "un déficit de confiance entre
maîtres d’ouvrage et prestataires, les intérêts des deux parties semblant
divergents…".
- De façon plus fondamentale est aussi soulignée la difficulté à s’engager sur un
pourcentage de baisse des consommations (par exemple 20 %), ce qui est le
95
Les points ci-après ont notamment été évoqués à ce sujet :
- "Opacité" des audits tandis que le maître d'ouvrage attend une transparence nécessaires aux arbitrages.
- Solutions proposées exclusivement ou très orientées vers les systèmes développés par ailleurs par le
prestataire.
- La prestation proposée ne fait pas apparaître ce qui peut être obtenu avec investissement et sans
investissement (doute sur le fait que l'économie garantie ne pourrait pas en fait être obtenue quasiment
sans investissement avec d'autres solutions).
- Manque d'exhaustivité des audits (enveloppe, systèmes, régulations…).
- Conflits sur l'interprétation des données de comptage, de la base de référence avant travaux et de
l'impact des changements d'activité du bâtiment ou de mode d'exploitation.
Ceci renvoie à certains risques de dysfonctionnement des marchés, risques qui résultent en
particulier du caractère novateur des contrats les plus performants. Ont notamment été mis
en avant les points suivants :
- Il existe un risque de "tuer le gisement ultérieur d'économie d'énergie" par des
décisions initiales focalisées sur les gains les plus rapides. De telles décisions
pénalisent la rentabilité des actions ultérieures. Ceci est typiquement illustré par le
choix entre une ventilation simple ou double flux : "une fois l'investissement réalisé
dans une ventilation simple flux, on se rend compte qu'il aurait fallu installer
directement une ventilation double flux avec récupération de chaleur".
- Le caractère innovant des contrats les plus performants, par rapport aux pratiques
habituelles, se heurte à la "frilosité" de certains maîtres d'ouvrage, notamment ceux
dont la "culture énergétique" est limitée ou inexistante.
- La complexité des montages et des jeux d'acteurs (questions de répartition des
bénéfices entre bailleurs et locataires par exemple) engendre des coûts élevés
d'ingénierie des contrats. Il peut aussi en résulter des risques juridiques, en
particulier dans le cas des bâtiments publics. Pour ces derniers, il y a en effet
obligation d'inscrire le CPE dans l'un des régimes juridiques existants pour des
contrats publics. Ces régimes s'avèrent peu adaptés aux spécificités des contrats de
performance énergétique, ce qui offre aux opposants aux projets de multiples
possibilités de contestations.
La question du financement
96
Il a, par exemple été souligné que les copropriétés "sortent d’un traumatisme" dans leur relation avec les
prestataires. Plus généralement, en ce qui concerne les CPE de catégorie A (actions portant sur
l'amélioration de l'exploitation des installations existantes), les plus répandus à ce jour, il n’y a pas eu
jusqu'à présent de suivi rigoureux "d’où sans doute de mauvaises pratiques".
- De même, les collectivités et les bailleurs sociaux s’intéressent surtout au CPE pour
financer des rénovations.
- La question du financement apparaît aussi essentielle pour certains maîtres
d'ouvrage privés, mais présente moins d'intérêt pour d'autres (exemple de la grande
distribution).
- Dans ce contexte, plusieurs participants s'interrogent sur la réalité des offres de CPE
avec financement pour les contrats intégrant des investissements sur le bâti
(catégorie C) : "y a-t-il vraiment des CPE qui sont proposés avec financement par un
tiers ?". Le contexte nouveau résultant de la crise financière renforce en outre la
nécessité de clarifier les perspectives de financement des CPE..
Créer des modèles de diffusion des contrats les plus performants sur les différents marchés
Cette première série de recommandations regroupe les point mis en avant lors des ateliers
au regard de la nécessité d'instaurer des conditions générales favorables au développement
des contrats de performance énergétique.
Comme évoqué précédemment, ceci renvoie à trois aspects-clés : l'instauration de la
confiance et la fiabilisation des contrats ; la fluidification des différents marchés et la levée
des obstacles ; le financement.
A1 – Faire une évaluation "sans concessions" des contrats existants et diffuser les retours
d'expérience.
- Il n’y a pas actuellement d’élément d’évaluation solide disponible sur les CPE existants. Les
retours d'expérience disponibles proviennent, pour l'essentiel, de données et informations
communiquées par les prestataires. Il faut donc réaliser de véritables évaluations en vue
"d’introduire une culture de la vérification".
- Ceci concerne en particulier les contrats qui revendiquent des performances élevées,
notamment – en l'état actuel du marché – les contrats de type B pour des locaux tertiaires et
d'activités.
A2 – Encourager ou imposer une plus grande transparence des offres.
- Les entreprises de l'offre sont invitées par certains maîtres d'ouvrages "à repenser leurs
stratégies commerciales" pour introduire beaucoup plus de transparence.
- Il est souligné de plus que le risque de défiance vis-à-vis des offres est d'autant plus élevé que
le maître d'ouvrage ne définit pas suffisamment clairement ses besoins et qu'il ne dispose pas
de compétences ou de disponibilité pour élaborer, négocier puis suivre les prestataires dans le
déroulement des contrats. Le renforcement des compétences des maîtres d'ouvrage constitue
donc le second versant des recommandations faites à ce sujet.
A3 – Créer un lieu ou un dispositif d'échange entre maîtres d'ouvrage et entreprises proposant des
CPE afin de développer une "culture commune".
- Il faut développer une "culture commune". Ce processus est déjà largement engagé entre les
différents types d'entreprises de l’offre, notamment au sein du club S2E. Reste à y associer
beaucoup plus les maîtres d’ouvrage.
- Il est souligné, compte tenu des enjeux, que les acteurs "sont condamnés à s'entendre". Ils
apparaissent d'ailleurs de plus en plus prêts "à jouer collectif", en vue de progresser vers la
construction d'un marché fiable.
97
Voir en complément les précisions figurant dans les comptes rendus des ateliers en annexe. A noter par
ailleurs que la question d'impliquer les assurances, pour développer des offres d'assurances associées aux
CPE, a aussi été débattue. Elle n'a pas fait l'objet d'avis favorables. Cette piste est surtout apparue
intéressantes pour les bureaux d'études qui veulent intervenir sur le marché des CPE sans avoir une surface
financière suffisante.
Le financement - Recommandations
98
Voir précisions supplémentaires figurant dans les comptes rendus des ateliers en annexe. A noter que
d'autres points sont apparus, après débat, moins pertinents. Ainsi la piste de nouvelles dispositions
juridiques / réglementaires facilitant l'introduction des équipements GTB dans les parties privatives ne
semblent pas répondre à un enjeu important qu'il s'agisse de copropriétés ou de logements sociaux. Une
autre piste, évoquée mais non retenue, concerne dans le cas des copropriétés, l'introduction par voie
législative des "Plans pluriannuels d'entretien" sur lesquels pourraient venir se greffer des CPE.
D1 – Définir un CPE dont la garantie englobe le volet performance des installations énergétiques
et les actions sur l’enveloppe des bâtiments.
- Jusqu'à présent le marché ne semble pas avoir permis la mise en place de véritables CPE de
catégorie C. A l'occasion par exemple des trois contrats de partenariats de la ville de Tours,
bien que la consultation ait ouvert sur cette possibilité, aucune proposition n'incluait
d’intervention sur le bâti.
- Les expérimentations relatives à l'habitat social, en cours de définition dans le cadre de la
convention USH-SNEC, sont prévues avec travaux sur l'enveloppe. D'autres expérimentations
sont en cours de définition pour les copropriétés dans le cadre de la convention ADEME-
PUCA-ANAH-ARC. De plus l'appel d'offre de la région Alsace pour les lycées prévoit des
interventions sur le bâti. Il conviendra de veiller à ce que toutes ces expérimentations
s'orientent effectivement vers des projets avec intervention sur le bâti.
- Il est ensuite recommandé de travailler, très rapidement, en particulier à partir de ces
expérimentations, à la formalisation du contenu d'un CPE de catégorie C, c'est-à-dire englobant
le volet performance énergétique et des actions sur l'enveloppe du bâti.
- L’idée de CPE global va dans le sens recherché par les compagnies d’assurances qui
privilégient des solutions de management global du risque.
D2 – Associer les CPE portant sur la performance des installations énergétiques à des
programmes d’amélioration de la performance du bâti.
- Une autre recommandation porte sur la combinaison d'un CPE, incluant des investissements sur
les seuls équipements énergétiques (catégorie B) avec des rénovations bâtimentaires conduites
par le maître d’ouvrage dans le cadre de contrats distincts du CPE.
- Cette solution, dans le cadre de laquelle la garantie des performances se trouve scindée entre
plusieurs contrats, a fait l'objet d'avis convergents dans le cadre de l'atelier "Bâtiments privés",
comme dans celui de l'atelier "Bâtiments publics".
- Elle pose néanmoins la question de la garantie d'ensemble apportée par le prestataire, :si le
prestataire se limite par exemple à faire des préconisations relatives au bâti à l'attention du
maître d’ouvrage, charge à lui de faire mettre en œuvre ces préconisations dans un cadre
contractuel distinct de celui du CPE, il y a alors nécessité de travailler plus en avant sur la
question de la garantie d'ensemble.
99
Voir précisions supplémentaires figurant dans les comptes-rendus des ateliers en annexe. Il faut noter
qu'une autre piste de recommandations, également débattue, a suscité des prises de position divergentes.
L'idée est de ne rendre éligibles aux certificats d'économie d'énergie (ou à d'autres soutiens publics) que les
CPE garantissant des performances supérieures à 15%. Sans surprise se sont exprimés contre cette idées les
prestataires dont la majorité des contrats actuellement en vigueur sont de type "A", tandis que les autres
participants étaient favorables à cette idée.
D3 – Introduire des dispositions pour que les PPP bâtimentaires intègrent systématiquement un
volet CPE.
- Cette recommandation, qui concerne uniquement les bâtiments publics, part du constat que la
quasi-totalité des PPP bâtimentaires mise en place à ce jour, n'inclut pas de disposition de type
performance énergétique avec garantie de résultat assimilable à un CPE.
- A noter, selon le MEEDDAT, que la totalité des 10 projets lauréats du "Plan Campus" devrait
donner naissance à des PPP avec volets énergétiques. Certains participants sont moins
optimistes, il est donc nécessaire de veiller à la bonne réalisation de cet objectif.
D4 – Inciter les acteurs de l'offre à mieux formaliser leurs offres intégrant des interventions sur le
bâti.
- Le Club S2E, qui regroupe différents types d'entreprises (industriels, entreprises du bâtiment,
exploitants de chauffage) et donc un potentiel d’offres allant des travaux sur l’enveloppe aux
prestations de services, a indiqué que des offres globales sont en train de se construire.
- Ces offres sont susceptibles de prendre plusieurs formes de prise en compte du bâti : un CPE
unique ; plusieurs contrats avec des engagements de performance séparés (sur les équipements
énergétiques, sur le bâti) mais articulés entre eux, etc.
- Il est urgent d'inviter les acteurs à préciser leurs offres intégrant des interventions sur le bâti.
D5 – Saisir l'opportunité du renouvellement des contrats de service énergétique (sans garantie ou
avec un faible niveau de performance garanti) pour introduire des CPE à performance élevée.
- L'idée est de faire évoluer les contrats de type A existants en y associant des investissements,
pour les faire passer ainsi en catégorie B ou C.
- Elle a suscité des avis positifs convergents dans l'atelier "Bâtiments privés" comme dans
l'atelier "Bâtiment publics".
Créer des "modèles de diffusion" des contrats les plus performants sur les différents
marchés – Recommandations100.
E1 – Travailler "tous azimuts" à la mise en place des conditions préalables à la passation de CPE.
- Sont notamment concernés, dans le cas des bâtiments publics comme des bâtiments privés : la
connaissance des patrimoines, les moyens humains et le développement des compétences
relatives à l'énergétique du bâtiment au sein des équipes de maîtrise d'ouvrage, le regroupement
des responsabilités relatives aux investissements et à la gestion, etc.
100
Voir précisions supplémentaires figurant dans les comptes-rendus des ateliers en annexe.
Le débat a aussi porté sur les modèles de diffusion allemand et anglo-saxon, sans en tirer – à ce stade – de
recommandation spécifique :
- Il est souligné qu'en Allemagne, au sein des équipes de maîtrise d’ouvrage, existent des "personnels à
temps plein" qui sont les interlocuteurs des prestataires de CPE. Ces interlocuteurs deviennent de
véritables spécialistes "capables de s’imprégner de la littérature sur les retours d’expériences, de créer
des cahiers des charges clairs et donc de mener le dialogue avec les prestataires".
- L'approche "anglo-saxonne", selon une entreprise qui a une forte expérience des CPE à l'international,
consiste à lancer un ensemble d’opérations. "On peut ainsi regarder 1.000 opérations, parmi lesquelles
il y en aura peut être 100 qui fonctionneront mal, mais il y aura eu un apprentissage".
Enfin, on notera que la question du chauffage urbain, comme vecteur éventuel de diffusion des CPE dans
les logements sociaux, a aussi été abordée. Elle n'a pas donné lieu à des recommandations particulières car il
apparaît que la réflexion doit être poursuivie, cette question renvoyant en particulier à "l’équilibre général
du réseau, qui pourrait être cassé". Il peut aussi y avoir conflit d’intérêt entre ceux qui alimentent les
quartiers en énergie et ceux qui veulent développer des actions de maîtrise de la demande d’énergie.
101
D'autre part, comme souligné précédemment dans le rapport, si l’Etat a adopté à ce stade "l’affichage le
plus ambitieux", les débuts de réalisations concrètes en matière de contrats performants se trouvent
davantage du côté des collectivités territoriales. Des décisions ont été prises par certaines régions (projets
relatifs aux lycées en Alsace et dans la région Centre). Une délibération du Conseil Régional Rhône Alpes
introduit les CPE pour les bâtiments dépendant de la région. Autre exemple, la ville de Tours, qui fait figure
de pionnier en ayant mis en place un contrat de catégorie B, est sollicitée pour avis par d'autres villes…
Cela démontre qu’un nombre croissant de collectivités locales est ouvert à l'opportunité offerte par les CPE
et que des échanges (informels à ce stade) se développent entre collectivités.
8 – Conclusion
Différents facteurs sont favorables au développement des CPE dans la période actuelle,
mais des freins très importants sont aussi à l'œuvre.
102
On observera que certaines de ces recommandations convergent avec les mesures préconisées par d'autres
travaux. Ainsi :
- En ce qui concerne les bâtiments de l'Etat, le rapport du Comité opérationnel "Etat exemplaire" identifie une
série de mesures : mise au point de documents types et d'une "mallette pédagogique", lancement d’une
campagne d'audit et d'un plan de formation aux procédures, mise en place d'une cellule de suivi, mobilisation
des services déconcentrés du MEEDDAT, expérimentations dans certains Départements, etc.
- L'ADEME préconise les pistes suivantes pour accompagner le développement des CPE : informer et former
les maîtres d'ouvrages, fiabiliser le cadre contractuel, inscrire les CPE dans les mécanismes publics de soutien,
évaluer les CPE… Source : Rosenstein F., Wellhoff M. "Services énergétiques et CPE". Op cit.
- Le rapport CSTB – ICADE "Services d'efficacité énergétique avec garantie de performance" – O. Catarina,
S. Illouz, Février 2008, préconise notamment : un observatoire, une AMO pour la réalisation de l’état des
lieux préliminaire, la professionnalisation des responsables gestionnaires des parcs, la normalisation du
vocabulaire et des procédures, l'élaboration de feuilles de route stratégiques pour mixer les solutions à forte et
moins forte rentabilité, inciter les entreprises de construction à développer leur offre de performance garantie.
TROISIEME PARTIE
FICHES DE CAS
Les fiches ci-après regroupent les informations recueillies sur différents exemples de
contrats de performance énergétique103.
Sont analysés :
- Trois exemples de contrats de contrat de service énergétique avec intéressement aux
économies d'énergie (fiches 1 à 3).
- Trois exemples de contrats de partenariat avec un client privé (fiche 4 à 6).
- Deux exemples de contrats de partenariat énergétique public – privé (fiches 7 et 8).
- Quatre exemples de contrats hors France (Allemagne et Suède, fiche 9 à 12).
103
Il faut souligner que le statut des informations et données présentées diffère selon les fiches. Dans certaines
cas les informations et données proviennent de documents publiés conjointement par le maître d'ouvrage et
le prestataire. Dans d'autres cas elles proviennent d'un document établi par un organisme tiers (notamment
Rhône-Alpes Energie Environnement – RAEE et le CSTB). Enfin, en l'absence d'autres sources, plusieurs
des fiches reposent sur des informations diffusées par le seul prestataire.
Le partenariat entre Accor et Siemens n'a pas été étendu au-delà de la première
tranche. Plusieurs raisons sont évoquées pour expliquer cette décision :
- D'une part il s'agit essentiellement d'un produit financier qui ne
correspondrait pas aux besoins du groupe Accor, qui fait plutôt ses
investissements en fonds propres sans faire appel à des financements
extérieurs.
- D'autre part, des problèmes de mesures sont apparus, ne permettant pas de
déterminer quelles actions sont à l'origine de la performance. Sur ce
deuxième point le contrat tel qu'il a été passé, ne permet pas par exemple de
vérifier si l'amélioration de la performance résulte de l'action du responsable
de l'hôtel (qui a mis des ampoules plus économes par ex.) ou résulte de
l'action du prestataire.
- Manque de visibilité sur la question de la sortie du contrat (quels moyens de
contrôle demeurent à la disposition du client ?
Jacques Bolze – ACCOR, Gilles Herry – Siemens Building Technologies, "Le
Sources contrat de performance énergétique : un engagement". Juin 2006.
Entretien Jacques Bolze – Groupe Accor.
municipal.
- Extension de la gestion technique centralisée : via des transmetteurs disposés
sur les équipements, les installations peuvent être suivies en temps réel par les
services techniques de la ville et par le prestataire.
- Transformations de chaufferies fioul en chaufferies à gaz.
- Mise en place de chaudières à haut rendement et condensation en
remplacement de chaudières anciennes.
Pour chacun des contrats :
- La composante P1 prévoit que, si des économies interviennent sur les achats
d'énergie, jusqu'à 5 %, ces économies sont au bénéfice de la municipalité et
au-delà de ce taux la répartition est de 1/3 pour le prestataire et 2/3 pour la
Mécanismes de municipalité. La municipalité réinvestit ensuite directement ces gains dans
garantie des des travaux d'économie d'énergie (pour éviter que ceux-ci ne soient accaparés
performances par le budget général de la commune).
- Le P3 est "à répartition" : il prévoit de faire un premier point après 6 ans de
contrat.
- L'éventualité de réalisation de travaux sur l'enveloppe est prévue.
Pour l'ensemble des 3 contrats, au regard de la saison 2006/2007 (saison de
référence), le résultat des offres faisait apparaître pour la saison suivante
(2007/2008) une économie d'énergie de 7,5 % et de 15,5 % sur le CO2 (soit
Résultats 1.117 tonnes de CO2 évités).
attendus, Par ailleurs, selon un communiqué de Cofely, en ce qui concerne le lot n° 3, il
observations est prévu que le contrat doit aboutir à une facture énergétique réduite de 16 %
par rapport à une solution sans travaux et à 6.100 tonnes de CO2 évitées sur la
durée du contrat (530 tonnes par an). L'obtention de 12.000 MWh cumac de
certificats d'économie d'énergie est aussi intégrée dans le marché
Communication de F. Voiry - Ville de Tours ; Communiqué de presse – Cofely ;
Sources CSTB – Laboratoire Service Process Innovation "Les contrats de performance
énergétique dans les bâtiments tertiaires". Juin 2008.
incombés au Canton en cas de gestion directe ont été estimés à 459 M € et 501
M €. Les économies qui seront réalisées sont donc évaluées au total à 177
millions d'euros (estimation du gain pour le canton par rapport à la solution de
gestion directe.
DENA, Deutsche Energie Agentur
Sources
Kreis Offenbach "A Pioneer in PPP in Germany", 2005.
MVV Energie
AG SFW GmbH SFW GmbH
Partenaire privé
WFM Gmbh & Büro Berlin Büro Berlin
Co
Démarrage du contrat 31.01.2001 01.03.2002 17.07.2001
Démarrage phase
01.10.2001 01.01.2003 01.06.2002
"performance"
Durée du contrat 10 ans 10 ans 12 ans
Investissements (€) 939.000 € 552.000 € 920.000 €
Economies garanties
19,67 % 22,50 % 22,00 %
(%)*
Economies garanties
215.000 € 209.000 € 283.000 €
(€)*
Réduction des
925 t/an 1.353 t/an 2.773 t/an
émissions CO2 (t/an)
Economies
budgétaires garanties 3,46 % 4,50 % 2,42 %
(%)
Economies
budgétaires garanties 38.000 € 42.000 € 31.000 €
(€)
ANNEXES
ANNEXE 1
COMPTE-RENDU
ATELIER N° 1
BATIMENTS PRIVES
Introduction
Cette réunion, qui s'inscrit dans le cadre d'une recherche PREBAT104, avait pour objet de
proposer des pistes d'actions pour :
- Une augmentation rapide du niveau moyen des performances garanties par les
contrats de performance énergétique.
- Une diffusion accélérée des contrats sur les marchés des co-propriétés et des locaux
tertiaires et d’activités.
Ont participé des représentants de maîtres d'ouvrage et d'entreprises de l'offre, ainsi que des
experts et institutionnels (liste en fin de document).
Sommaire
104
Voir document introductif diffusé aux participants - D. Drouet – RDI "L'émergence des contrats de
performance énergétique sur le marché français : quelles conditions pour une contribution accrue à la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'efficience énergétique des bâtiments ?", Phase I –
Diagnostic sur les tendances du marché. Septembre 2008.
Une autre réunion s'est tenue le 16-10-08, portant sur les marchés des bâtiments publics (bâtiments des
collectivités locales, des bailleurs sociaux et de l'Etat).
Trois catégories principales de CPE, désignées ci-après catégories "A", "B" et "C", ont été
proposées dans le rapport introductif en se référant à l'éventail des actions prévues au
contrat105.
Caractéristiques des contrats Remarques
Contrats prévoyant : Les actions portent sur la
- des actions portant sur la conduite des installations seule amélioration de
CPE de l'exploitation des installations
énergétiques et les achats d'énergie,
catégorie A existantes (Pas de nouveaux
- avec un mécanisme d'intéressement du prestataire à
investissements)
la performance énergétique.
Contrats prévoyant, en combinaison ou non avec des actions
de Catégorie A : Inclut des investissements
- des actions de renouvellement des systèmes portant sur les équipements et
énergétiques (équipements plus performants, systèmes énergétiques (hors
CPE de dispositifs de régulation, GTB, introduction enveloppe bâtie)
catégorie B d'énergies renouvelables, etc),
- accompagnées d'un service de suivi des
consommations
- et assorties d'un engagement relatif à la performance
énergétique dans la durée.
Contrats prévoyant, en combinaison avec des actions relevant
des Catégorie A ou B : Inclut des investissements
- des actions sur l'enveloppe du bâtiment portant sur l'enveloppe bâtie
CPE de
catégorie C - accompagnées d'un service de suivi des
consommations
- et assorties d'un engagement relatif à la performance
énergétique dans la durée.
105
La définition générique du CPE sur laquelle s'appuie le rapport est celle adoptée par les principales
organisations professionnelles concernées : "Le Contrat de Performance Energétique (CPE) se caractérise
par la mise en œuvre d'actions conduisant à améliorer l'efficacité énergétique de manière vérifiable et
mesurable (ou estimable dans le cas où un comptage n'est pas adapté), assortie d'une garantie de résultats,
dans la durée, apportée par l'opérateur".
Source : "Le contrat de performance énergétique appliqué à l'Etat et aux collectivités locales. Objectifs et
définitions". 22-4-08. Cosignataires: EGF-BTP, FG3E, GIMELEC, SERCE, UCF.
106
C’est sur le segment des locaux tertiaires et d'activités que l'on dispose de plus de recul en matière de
contrats offrant des performances de niveau significatif (15 à 25 %). En revanche sur le segment des
copropriétés, l'acquis porte uniquement sur des CPE de catégories A (amélioration des performances de 5 à
15 %).
- Il est enfin souligné que le CPE est souvent complexe, "Il y a plusieurs prismes
possibles pour en discuter". Le périmètre varie notamment en fonction du montage
et des attentes du client. D'où la difficulté de proposer des catégories satisfaisantes
dans toutes les situations.
Les propositions ci-après ont été soumises pour avis aux participants107. On observe une
convergence des avis sur les deux premières propositions. En revanche les avis sont plus
contrastés en ce qui concerne l'implication des assurances et surtout le recours à l'audit
indépendant (maîtres d'ouvrage favorables et les entreprises de l'offre de CPE
défavorables).
A1 – Locaux tertiaires et d'activités : faire une évaluation - Avis convergents.
"sans concessions" des contrats existants et diffuser les - Moyenne des avis exprimés
retours d'expérience. proche de "pertinent".
A2 – "Fiabiliser" les CPE, en incitant à utiliser le protocole, - Avis convergents.
en cours d'élaboration dans le cadre du Club S2E, pour la - Moyenne des avis exprimés
l ifi i d f i
107
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++). Voir détail en annexe au présent compte rendu.
108
Entretien avec deux maîtres d'ouvrages privés ayant expérimenté des CPE au cours des dernières années.
109
Les points ci-après ont notamment été évoqués à ce sujet :
- "Opacité" des audits tandis que le maître d'ouvrage attend une transparence nécessaires aux
arbitrages.
- Solutions proposées exclusivement ou très orientées vers les systèmes développés par ailleurs par le
prestataire.
- La prestation proposée ne fait pas apparaître ce qui peut être obtenu avec investissement et sans
investissement (doute sur le fait que l'économie garantie ne pourrait pas en fait être obtenue
quasiment sans investissement avec d'autres solutions).
- Manque d'exhaustivité des audits (enveloppe, systèmes, régulations…).
- Conflits sur l'interprétation des données de comptage, de la base de référence avant travaux et de
l'impact des changements d'activité du bâtiment ou de mode d'exploitation.
- Il n’y a pas actuellement d’élément d’évaluation solide disponible sur les CPE
existants (en particulier ceux qui affichent des performances élevées). Il s’agit
d’introduire une culture de la vérification.
- Pour la mise en place d'un observatoire, le Club S2E propose ses services, tout en
reconnaissant qu’il ne serait pas crédible d’avoir uniquement des prestataires. Les
pistes suggérées sont d'impliquer l'ARSEG (Association des Responsables des
Services Généraux), les investisseurs immobiliers… Il est nécessaire de trouver une
structure neutre et pertinente pour abriter un tel observatoire. (Est par exemple cité
AMORCE).
Les intermédiaires.
- Plusieurs intervenants soulignent qu'une option serait de favoriser l’émergence
d'acteurs intermédiaires entre les maîtres d'ouvrage et les prestataires. Pour l'instant,
"on ne les voit pas encore véritablement apparaître".
- Est cité le cas du Royaume-Uni, où pour développer les CPE dans le patrimoine
public il y a eu création d’un organisme intermédiaire.
La question de l'audit indépendant.
- Les avis divergent. Il est rappelé que le rapport CSTB-ICADE met en avant la
nécessité que l’audit soit mené de façon indépendante.
- En revanche, les avis convergent pour souligner qu'il ne faut pas tout de suite rentrer
dans un audit très compliqué". L'audit doit permettre dans un premier temps "de voir
le plus loin possible" et de faire une évaluation du bâti (audit patrimonial au sens
large). Il faut se projeter à 10 - 15 ans. "Ce n’est qu’ensuite qu’on peut arriver au
CPE".
- Si l'audit énergétique est effectué par un intervenant indépendant, il doit " pouvoir
être bien accepté du côté du maître d’ouvrage comme du côté du prestataire". Les
acteurs doivent pouvoir se l’approprier. Il est donc clair pour les prestataires, qui
vont s’engager sur des résultats, que cet audit devra être doublé de leur propre
diagnostic.
- Selon un intervenant, l'expérience montre que lorsqu’un bureau d’études assiste le
maître d’ouvrage dans le suivi des contrats, les éléments du contrat ressortent de
façon beaucoup plus transparente. "Lorsqu’il s’agit d’un projet de CPE de catégorie
C, le maître d’ouvrage a vraiment besoin d’une assistance".
L'apport du protocole IPMVP.
- Le Club S2E a développé la "méthode IPMVP" de mesure et vérification des
performances. Début 2009, le Club S2E présentera la méthodologie aux
organisations professionnelles en faisant intervenir un certain nombre de ses
entreprises adhérentes.
- La question du comptage énergétique est l'une des questions-clés. Pour le chauffage,
elle est relativement plus simple que pour les usages électriques. Un des points
délicats est de pouvoir identifier les hausses et les baisses de consommation
résultant de changements d’activité.
Faut-il imaginer un autre modèle que celui du CPE ?
Les propositions ci-après ont été soumises pour avis aux participants110. Les avis
apparaissent relativement convergents sur les trois premiers points. En revanche, ils
divergent fortement sur la question du seuil d'éligibilité aux certificats d'économie
d'énergie.
110
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++). Voir détail en annexe au présent compte rendu.
d’expérience sur des rénovations lourdes dans le cadre de CPE. Il s’agira forcément
de contrats longs. Cette catégorie C est-elle vraiment viable ?
- On peut aussi imaginer la combinaison d'un CPE portant sur les équipements
énergétiques (catégorie B) avec des rénovations bâtimentaires conduites par le
maître d’ouvrage dans le cadre de contrats distincts.
- De façon générale il est nécessaire de développer les projets associant
investissement et fonctionnement au plan budgétaire.
- Un intervenant souligne l'importance de promouvoir auprès des maîtres d'ouvrage
privés et publics, les procédures de "conception – construction", car celles-ci
permettent "une prise en compte globale du problème de la conception à la réduction
des consommations".
4 – Créer des "modèles de diffusion" des contrats les plus performants sur les
différents marchés.
Les propositions ci-après ont été soumises pour avis aux participants111, Une certaine
convergence apparaît, avec des avis globalement en faveur des différentes propositions.
Il n'existe pas de modèle vertueux résultant du seul jeu des acteurs du marché
111
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++).
Les propositions ci-après ont été soumises pour avis aux participants112. A l'exception de la
deuxième proposition ("parties privatives"), qui n'apparaît pas répondre à un enjeu
important, les avis sont dans l'ensemble favorables (des avis négatifs ponctuels incitent
cependant parfois à approfondir la réflexion).
112
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++).
L'apport attendu des Lois Grenelle et la nécessité d'une définition au regard de ces lois
- Il peut y avoir une solution dans le cadre des "Lois Grenelle" pour que les bailleurs
récupèrent une partie de l’économie d’énergie. Il y a déjà eu des expérimentations
dans ce sens.
- De façon générale, il est important que le CPE soit clairement défini, car les "Lois
Grenelle" vont sans doute prévoir que les syndics de copropriété soient obligés de
proposer un CPE en assemblée générale.
Attention à ne pas "tuer le gisement", le dilemme des temps de retour
- Dans le secteur privé les critères des retours sur investissement acceptent rarement
des retours à 20 ans, le plus souvent les attentes de retour se situent à 5 ans.
- Ceci amène fréquemment à des choix qui "tuent le gisement ultérieur d'économies
d'énergie" (rentabilité insuffisante des actions ultérieures) et/ou à des
investissements "frustratoires".
- Est par exemple cité (cas non vécu mais pour l'exemple) le choix d'une ventilation
simple ou double flux : "une fois l'investissement on se rend compte qu'il aurait fallu
installer directement une ventilation double flux avec récupération de chaleur".
6 - Autres recommandations
La question du financement
- L'importance de la question du financement est soulignée. Cette question est
essentielle pour certains maîtres d'ouvrage privés, mais présente moins d'intérêt pour
d'autres. Les situations sont donc très contrastées à cet égard.
- Certains participants s'interrogent, en observant le fonctionnement actuel du marché,
sur la réalité des offres de CPE avec financement : "y a-t-il vraiment des CPE qui
sont proposés avec financement par un tiers ?"
La place du concepteur
- Dans le cas des CPE, le constructeur est souvent le principal acteur alors que le
concepteur devrait être l'acteur central. "C’est un problème culturel".
Un lien avec les réseaux de chaleur ?
- La question est posée de l’interface éventuelle entre CPE et réseaux de chaleur.
- Il est souligné que cette question renvoie en particulier à "l’équilibre général du
réseau, qui pourrait être cassé". Il peut aussi y avoir conflit d’intérêt entre ceux qui
alimentent les quartiers en énergie et ceux qui veulent développer des actions de
maîtrise de la demande d’énergie. Il est mentionné que lorsqu’il y a passage aux
énergies renouvelables au niveau des chaudières, "il y a réduction du CO2, mais pas
nécessairement réduction de la facture énergétique".
Maîtres
Entreprises ou
d'ouvrage ou
Institutionnels groupements
A – Instaurer la confiance, organisme
et experts représentants des
"fiabiliser les CPE" représentant
indépendants entreprises offrant des
des maîtres
CPE
d'ouvrage
A1 – Locaux tertiaires et
d'activités : faire une évaluation
+ + + +
"sans concessions" des contrats + + + + +
existants et diffuser les retours + + + +
d'expérience.
A2 – "Fiabiliser" les CPE, en
incitant à utiliser le protocole, en + +
cours d'élaboration dans le cadre + + + +
du Club S2E, pour la mesure et la
+ + + + + + +
+ + + +
vérification des performances + +
énergétiques.
A3 – Impliquer les assurances (1)
pour développer des offres + +
d'assurances associées aux CPE.
+ + + - -
+ +
(1) Pour les bureaux d'études qui veulent intervenir sur le marché des CPE mais n'ont pas une surface
financière suffisante.
(2) Intéressant pour garantir une transparence sur le calcul des économies.
(3) Même si les CPE sont de classe A ou B, l'audit énergétique doit être fait pour la classe C.
(4) Non, utiliser la méthode IPMVP.
113
Il était demandé aux participant de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++).
Maîtres
d'ouvrage ou Entreprises ou
Institutionnels
B – Faire "monter en gamme" organisme groupements représentants
et experts
les contrats". représentant des entreprises offrant des
indépendants
des maîtres CPE
d'ouvrage
B1 – Définir un CPE dont la
garantie englobe le volet +
+ + + + + +
performance des installations + + + + +
énergétiques et les actions sur + + + + + +
+
l’enveloppe des bâtiments.
B2 – Associer les CPE portant
sur la performance des +
+ + + + + +
installations énergétiques à des + + + +
programmes d’amélioration de la + + + + + +
+
performance du bâti.
B3 – Saisir l'opportunité du
renouvellement des contrats de
service énergétique (sans garantie
+ + (1) + + + +
ou avec un faible niveau de + + + +
performance garanti) pour + + + + + +
introduire des CPE à
performance élevée
B4 – Ne rendre éligibles aux
certificats d'économie d'énergie
+ - + (2) (3) +
(ou à d'autres soutiens publics) + - - -
que les CPE garantissant des + - + +
performances supérieures à 15%.
(1) En copropriétés seules les résidences de plus de 100 logements ont ce type de contrat. Il faut ouvrir vers
les plus petites copropriétés (20 logements et plus).
(2) Trop réducteur pour le développement des CPE, car sur certains sites des économies ont déjà été réalisées.
(3) Préconise un seuil d'éligibilité à partir de performance supérieure à 5 %.
Maîtres
Entreprises ou
C – Créer des "modèles de d'ouvrage ou
Institutionnels groupements
diffusion" des contrats les organisme
et experts représentants des
plus performants sur les représentant
indépendants entreprises offrant des
différents marchés. des maîtres
CPE
d'ouvrage
C1 – Locaux tertiaires et
d'activités : mobiliser les acteurs + + +
de type facility managers pour
+ + + + +
+ + +
aider à la mise en place de CPE.
C2 – Locaux tertiaires et
d'activités : définir des stratégies
+ + + + +
de démultiplication des CPE, avec + + + +
les professionnels de l'immobilier + + + + +
d'entreprises
C3 – Copropriétés : réfléchir à
une stratégie de démultiplication +
des CPE, en s'appuyant sur les + + +
premiers résultats de
+ + + - + +
+ + +
l'expérimentation ADEME – +
ARC.
C4 – Copropriétés : sensibiliser et +
inciter les syndics à mettre en + (1) + +
place des CPE. + + + + + +
+ + +
+
C5 – Impliquer des structures
relais au plan territorial pour + + + +
diffuser les CPE (ex. : agences
+ + + + + +
+ + + +
régionales de l'énergie, etc).
(1) Ainsi que les conseillers syndicaux (indispensable à une bonne gestion).
Maîtres
d'ouvrage ou Entreprises ou
D – "Fluidifier" les différents Institutionnels
organisme groupements représentants
marchés, lever les et experts
représentant des entreprises offrant des
obstacles. indépendants
des maîtres CPE
d'ouvrage
D1 – Copropriétés : modifier les (4) (6)
règles de décision au sein des + + + + +
copropriétés pour faciliter la mise
+ - + +
+ + + + +
en place des CPE.
D2 – Copropriétés : réfléchir à de
nouvelles dispositions juridiques (1) + +
/ réglementaires facilitant
- - + + + +
l'introduction des équipements + +
GTB dans les parties privatives.
D3 – Copropriétés : introduire (5)
par voie législative des "Plans +
pluriannuels d'entretien" sur + + + + (7) +
lesquels pourraient venir se + -
- + + + - +
greffer des CPE. +
+
D4 – Encourager l'émergence
d'offres d'"Aide à maîtrise +
d'ouvrage" spécialisées CPE, + + + + + +
inciter les maîtres d'ouvrage à
(2) + + - +
+ + + + + +
utiliser ces prestations par un +
soutien financier public.
D5 – Appuyer la formation de
+ + + + +
personnels qualifiés pour les (3) + + + - +
entreprises. + + + + +
ANNEXE 2
COMPTE-RENDU
ATELIER N° 2
BATIMENTS PUBLICS
Introduction
Cette réunion, qui s'inscrit dans le cadre d'une recherche PREBAT114, avait pour objet de
proposer des pistes d'actions pour :
- Une augmentation rapide du niveau moyen des performances garanties par les
contrats de performance énergétique.
- Une diffusion accélérée des contrats sur les marchés des bâtiments des collectivités
territoriales, des bailleurs sociaux et de l'Etat.
Ont participé des représentants de maîtres d'ouvrage et d'entreprises de l'offre, ainsi que des
experts et institutionnels (liste en fin de document).
Sommaire
114
Voir document introductif diffusé aux participants - D. Drouet – RDI "L'émergence des contrats de
performance énergétique sur le marché français : quelles conditions pour une contribution accrue à la
réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l'efficience énergétique des bâtiments ?", Phase I –
Diagnostic sur les tendances du marché. Septembre 2008.
Une autre réunion s'est tenue le 14-10-08, portant sur les marchés des bâtiments privés (locaux tertiaires et
d'activités, copropriétés).
Trois catégories principales de CPE, désignées ci-après catégories "A", "B" et "C", ont été
proposées dans le rapport introductif en se référant à l'éventail des actions prévues au
contrat115.
115
La définition générique du CPE sur laquelle s'appuie le rapport est celle adoptée par les principales
organisations professionnelles concernées : "Le Contrat de Performance Energétique (CPE) se caractérise
par la mise en œuvre d'actions conduisant à améliorer l'efficacité énergétique de manière vérifiable et
mesurable (ou estimable dans le cas où un comptage n'est pas adapté), assortie d'une garantie de résultats,
dans la durée, apportée par l'opérateur".
Source : "Le contrat de performance énergétique appliqué à l'Etat et aux collectivités locales. Objectifs et
définitions". 22-4-08. Cosignataires: EGF-BTP, FG3E, GIMELEC, SERCE, UCF.
Différents facteurs favorables au développement des CPE sont à l'œuvre dans la période
actuelle, mais des freins très importants restent à lever.
En tendanciel "raisonnablement optimiste", les perspectives sont limitées à court terme et
plus ouvertes à moyen terme :
- A court terme (3 ans) on ne doit pas s'attendre à une explosion du marché des CPE
les plus performants, les possibilités étant largement tributaires d'actions déjà
entreprises : de l'ordre de 60 à 80 CPE de catégories B ou C pourraient être engagés
à l'horizon 2011.
- A moyen terme (10 ans), les perspectives sont plus ouvertes. Des ordres de
grandeurs de quelques centaines à quelques milliers de CPE de catégories B ou C
sont envisageables selon les politiques de diffusion.
Il en résulte un fort décalage avec les grands objectifs affichés
- Le projet de loi de programme relatif à la mise en œuvre du Grenelle de
l'environnement prévoit pour le secteur du bâtiment de faire appel de façon
privilégiée et à grande échelle aux contrats de performance énergétique (en
particulier diffusion dans le parc résidentiel existant et PPP pour les bâtiments
publics).
- Il existe donc un important décalage entre les objectifs du Grenelle en matière de
CPE et les perspectives résultant du tendanciel "raisonnablement optimiste" esquissé
ci-dessus.
116
Sur le marché des logements sociaux, l’acquis porte essentiellement sur des CPE de catégorie A. Une
convention a aussi été définie entre l’USH et le SNEC pour développer des expérimentations de contrats de
catégorie B ou C. Pour les bâtiments des collectivités territoriales, de premiers contrats visant des
performances élevés ont été engagés comme par exemple celui de Tours (contrat de catégorie B), d’autres
sont en préparation, notamment à l’initiative des régions Alsace et Centre (éventuellement en catégorie C).
Pour les bâtiments de l’Etat et de ses Agences, une stratégie a été définie dans le cadre du Comité
opérationnel du Grenelle sur "l’Etat exemplaire".
Les propositions ci-après ont été soumises pour avis aux participants117. Il apparaît que si
les deux premières propositions sont consensuelles, les avis sont plus contrastés sur les deux
autres (audit indépendant ; impliquer les assurances).
117
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++). Voir détail en annexe au présent compte rendu.
- Des outils et des procédures adaptés, sont indispensables pour revenir à "la grande
vertu du CPE", à savoir le caractère mesurable et vérifiable des performances dans
la durée.
- Un protocole de mesure et vérification existe déjà à l'étranger (IPMVP) et est en
cours de "francisation".
- A noter que la "baseline" apparaît généralement plus facile à établir pour le
logement que pour le tertiaire. Sa détermination est plus rapide si le maître
d'ouvrage détient déjà une grande partie des informations nécessaires. A titre
d'exemple, dans le cas de Tours, qui a mis en place un contrat de catégorie B,
l’équipe de la ville connaissait bien l'historique des consommations. C'est cependant
loin d'être toujours le cas.
La question des garanties
- Les garanties sont déjà très difficiles à apporter dans le cas des contrats de type B ;
elles le seront encore plus pour les contrats de type C.
- La question des garanties nécessite en particulier de faire figurer le protocole de
mesure comme un élément explicite du contrat juridique. Cette inscription permet de
fonder les engagements pris d’un point de vue économique.
- Un aspect déterminant en termes de garanties, que l'on retrouve dans tout projet,
renvoie au risque associé aux comportements des usagers du bâtiment (et aux
changements possibles de ces comportements). "Il faut accepter cette incertitude"
préconise une entreprise de l'offre "et répartir le risque entre le client et le
prestataire".
Autres remarques
- Il est souhaitable de développer des banques de données sur les actions
d'amélioration de l'efficacité énergétique (coût, économie d'énergie, TRBI…).
- En l'état actuel, l'outil DPE est très loin d'être un outil utilisable dans une perspective
de mise en place d'un CPE. Il faudra qu'il évolue, qu'il se fiabilise, qu'il y ait un DPE
au niveau de l'immeuble et pas seulement du logement, etc.
118
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++). Voir détail en annexe au présent compte rendu.
4 – Créer des "modèles de diffusion" des contrats les plus performants sur les
différents marchés.
119
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++). Voir détail en annexe au présent compte rendu.
- Des décisions ont été prises par certaines régions (projets relatifs aux lycées en
Alsace et dans la région Centre). A noter aussi la délibération du Conseil Régional
Rhône Alpes qui introduit les CPE pour les bâtiments dépendant de la région.
- La ville de Tours, qui fait figure de pionnier en ayant mis en place un contrat de
catégorie B, est sollicitée pour avis par d'autres villes… Cela démontre qu’un
nombre croissant de collectivités locales est ouvert à l'opportunité CPE et que des
échanges (informels à ce stade) se développent entre collectivités.
- Par ailleurs, depuis six mois on assiste à une montée en puissance des Plans climat
territoriaux. Cette montée en puissance peut créer un contexte favorable à
l’apparition d’une demande de CPE. Selon un intervenant "pour l'instant, ces plans
ne se traduisent pas par une orientation explicite CPE", mais les diagnostics qui sont
menés débouchent sur la question des moyens financiers nécessaires, ce qui
représente une première étape.
- Il est enfin souligné, pour les hôpitaux, qu'il est souvent difficilement envisageable
de rénover, car l’activité ne doit pas être interrompue. Donc la problématique est
décalée vers la construction d'hôpitaux neufs.
120
Il était demandé aux participants de noter les propositions si elles leur apparaissaient pertinentes (+) ou très
pertinentes (++). Voir détail en annexe au présent compte rendu.
6 – Le financement.
Le CPE et la question du financement
- Certains acteurs de la demande associent parfois le CPE à une voie de financement
d’un projet de maîtrise de l'énergie. Il conviendrait donc de mieux cerner les offres
de financement associées aux CPE.
- L'aspect financier est notamment central pour l'Etat. Pour les universités par
exemple, la question du financement est capitale et est en grande partie à l'origine de
l'intérêt porté aux CPE. La perspective d'un PPP énergétique est vue comme une
possibilité de financement (Il s'agit d’améliorer la performance énergétique et de
rénover le bâti en mobilisant de nouveaux moyens de financement, puis d’éviter
ultérieurement des déficits pendant la phase de maintenance).
- De même, les collectivités s’intéressent au CPE pour financer des rénovations.
Ainsi, pour la région Centre il s'agit "d'aller avec un PPP plus loin que ce qui aurait
pu être fait par le maître d’ouvrage régional seul", à la fois au plan financier et en
termes de qualité.
- Un volet clé pour l'avenir des CPE va consister à structurer les dispositifs de
financement au niveau public (mécanisme de crédit LOLF fléchés) comme à celui
des crédits bancaires (crédit bail).
- Pour les bâtiments de l’Etat, il existe des budgets immobiliers - qui sont bien sûr
limités - mais qui doivent permettre "d'insérer les CPE en tant qu'outil présentant un
différentiel positif".
Tuer le mythe du CPE qui s'autofinance
- Il est nécessaire de faire disparaître le mythe de "l'autoportage financier" du CPE, en
particulier lorsque l'on passe à la catégorie C (avec action sur le bâti). "Clairement,
cette catégorie de CPE n’est pas auto-finançable". Il ne faut pas entretenir l'illusion
que moins consommer d'énergie dans le futur "paiera la rénovation du bâtiment".
- A titre d'illustration, une des entreprises présentes, filiale d'un groupe de
construction, constate que si un ensemble de bâtiments scolaires correspond à un
budget énergétique de 120.000 euros, et que le projet permet une économie de
20.000 euros par an, "cela laisse néanmoins un problème de financement". La
revente d’énergie pose également un problème de retour d’investissement.
Conclusion de cette entreprise : "il faut des modèles de financement par l’Etat via la
Caisse des Dépôts".
Les prestataires ont des offres de financement à proposer
- Plusieurs participants, en particulier un maître d'ouvrage dans le domaine de
l'habitat social, se demandent quels sont les opérateurs capables de porter le
financement des travaux sur l'enveloppe des bâtiments ?
- Une des entreprises présentes indique en réponse qu'il y a des acteurs pour tous les
types de marché, "y compris des banques qui sont prêtes à intervenir sur les
investissements". Les modèles de l’offre privée vont changer, donnant naissance à
des offres complètes, mobilisant différentes spécialités et intégrant des
financements.
La question des produits financiers annexes
- Une des pistes évoquées pour valoriser économiquement un projet est celle des
"produits additionnels", par exemple la réutilisation des locaux, la mise à disposition
du foncier, ou encore la vente d’énergie.
- Ces pistes sont considérées comme susceptibles de fournir des recettes annexes.
Entreprises ou groupements
A – Instaurer la confiance, "fiabiliser Institutionnels et Maîtres d'ouvrage ou organisme représentant
représentant des entreprises
les CPE" experts indépendants des maîtres d'ouvrage
offrant des CPE
A1 – "Fiabiliser" les CPE, en incitant à
utiliser le protocole, en cours
+ + + + + + + + + + +
d'élaboration dans le cadre du Club S2E, + + + +
pour la mesure et la vérification des + + + + + + + + + + +
performances énergétiques.
A2 – Créer un lieu d'échange entre
maîtres d'ouvrage et entreprises + + + + + + + + + + + + +
proposant des CPE afin de développer
+ + + -
+ + + + + + + + + + + + +
une "culture commune".
A3 – Favoriser le développement d'une
offre d'audit indépendante (permettant
+ + + + + + + + + (2) +
d'établir une situation de référence + + + - - +
acceptable par le client et par le + + + + + + + + + +
prestataire).
A4 – Impliquer les assurances pour
+ - + +
développer des offres d'assurances (1) + + + + + -
associées aux CPE. + - + +
(1) Pour les bureaux d'études qui veulent intervenir sur le marché des CPE.
(2) Recourir à la méthode IPMVP pour notamment caractériser cette situation de référence de manière indispensable.
Développer les formations pour les donneurs d'ordre.
121
Il était demandé aux participant de noter les propositions (+) si elles leur apparaissent" pertinentes" ou (++) si elles leur apparaissent "très pertinentes".
Entreprises ou groupements
B – Faire "monter en gamme" les Institutionnels et Maîtres d'ouvrage ou organisme représentant représentant des entreprises
contrats experts indépendants des maîtres d'ouvrage offrant des CPE
B1 – Introduire des dispositions pour que (4)
les PPP bâtimentaires intègrent + + + + + + + + +
- + + + + + + -
systématiquement un volet CPE. + + + + + + + + +
(1) Les CEE sont sur les travaux mais pas sur les contrats. (9) +++ si supérieur à 5 %.
(2) Resta à faire. (10) Le niveau doit être celui qui permet d'attendre la performance utile.
(3) Reste à faire.
(4) Plutôt pour le neuf.
(5) En fonction des moyens financiers disponibles.
(6) En fonction des moyens financiers disponibles.
(7) Dépend du client et de ses moyens.
(8) Pas toujours, cela dépend du diagnostic patrimonial global du bâtiment (avenir,
usage…).
(1) Entreprendre des actions auprès des établissements universitaires pour montrer (3) HQE et CPE sont des démarche pour l'instant parallèles (CPE plutôt sur
les avantages de la démarche (65 universités non retenues dans l'opération l'existant, HQE plutôt sur le neuf).
Campus). Elaboration d'un guide à l'attention des universités par Fondaterra. (4) Mais ce n'est pas le cas.
(2) Pas encore assez d'expérience. (5) Actuellement la forme de la mobilisation n'est pas suffisante.
Entreprises ou groupements
D – "Fluidifier" les différents Institutionnels et Maîtres d'ouvrage ou organisme représentant
représentant des entreprises
marchés, lever les obstacles experts indépendants des maîtres d'ouvrage
offrant des CPE
D1 – Introduire des dispositions au (6)
niveau du Code des marchés publics +
pour faciliter la mise en place des (2) + + + + + + + +
+ + +
contrats de performance énergétique. + + + + + + + +
+
D2 – Logements sociaux : Réfléchir à de
nouvelles dispositions juridiques / (1) + + (4) +
réglementaires facilitant l'introduction
- + + + + - +
des équipements GTB dans les parties + + +
privatives.
D3 – Encourager l'émergence d'offres +
d'"Aide à maîtrise d'ouvrage"
+ + + + + + + + +
spécialisées CPE, inciter les maîtres + + + + + +
d'ouvrage à utiliser ces prestations par un + + + + + + + + +
soutien financier public. +
D4 – Appuyer la formation de (5) (7)
personnels qualifiés pour les entreprises. + + + + + +
+ + + + + +
+ + + + + +
D5 – Impliquer des structures relais au (3)
plan territorial pour diffuser les CPE (ex. + + + + + + + +
+ + + +
: agences régionales de l'énergie, etc). + + + + + + + +
(1) Enjeu faible. (5) Définir une formation où l'ingénierie aura une vision transversale de ce type de
(2) C'est fait. montage juridique.
(3) Plus les pôles publics MEEDDAT et DGFP. (6) Créer rapidement un CPE type applicable en Loi MOP.
(4) Non il faut surtout former / sensibiliser les habitants. (7) Développer des cursus universitaire pour former des "ingénieurs énergéticiens"
spécialistes en bâtiment.
ANNEXE 3
INTERMEDIAIRES TERRITORIAUX
Introduction
Ces échanges avaient pour objet de proposer des pistes d'actions sur le rôle possible des
intermédiaires territoriaux en vue :
- d'une augmentation du niveau moyen des performances garanties par les contrats de
performance énergétique.
- d'une diffusion accélérée des contrats sur les différents marchés des bâtiments privés
et publics.
Ont contribué des représentants de maîtres d'ouvrage et d'entreprises de l'offre, ainsi que des
institutionnels.
Sommaire
1 – Remarque méthodologique
Contrairement aux ateliers, ces échanges ne se sont pas déroulés sous la forme d'une
réunion de travail regroupant les participants concernés.
En effet les participants intéressés par cette thématique ont, pour la plupart, participé aux
réunions du 14-10 (bâtiments privés) et/ou du 16-10 (bâtiments publics).
Il apparaissait donc inadapté d'organiser une nouvelle réunion et a semblé préférable de
procéder de façon plus flexible pour s'adapter aux disponibilités des principaux
interlocuteurs concernés.
Pour ce faire, des échanges bilatéraux ont été effectués sur la thématique du rôle des
"intermédiaires territoriaux". Les principaux points ont été regroupés sous forme du compte
rendu ci-après.
Pistes de contenu
Développement d'expérimentations.
- Pour les bâtiments publics, comme dans le domaine des copropriétés et sur
beaucoup de segments des locaux tertiaires et d'activités, on en est encore à la phase
d'expérimentation en ce qui concerne les contrats les plus performants. "Il faut
trouver des relais pour accompagner ces expérimentations et certains devraient être à
l'échelle de grandes régions, afin de faciliter les échanges directs d'expérience".
- Autre situation évoquée, la diffusion de contrats d'intéressement incorporant "des
mécanismes plus sophistiqués visant l'efficacité énergétique dans les appels d'offre"
nécessite l'appui de spécialistes. On en est au tout début même s'il existe déjà de
nombreux contrat en place avec un 'intéressement simple. Un partage d'expérience
entre maîtres d'ouvrage sur les avancées en termes de mécanismes plus sophistiqués
est souhaitable. Pour que la collectivité mette en place ce type de contrat, il faut
qu’elle ait une véritable assistance.
- A titre d'exemple des acquis qui pourraient être diffusés, est mentionnée l'expérience
de systèmes avec intéressement fort et itératif sur le P2 ("système à cliquet"). Dans
ce cas, l'exploitant devient un partenaire des collectivités locales clientes. Il s'agit
d'une solution évolutive. La collectivité réinvestit dans les économies d’énergie
l’intéressement lorsqu’elle en est bénéficiaire.
"performance" a démarré de 2001 à 2003, ont été mis en place, avec l'assistance de
la Berlin Energie Agentur.
Segmenter les cibles.
- Il faut par exemple distinguer les immeubles "à décision unique" et les copropriétés.
Ces deux catégories relèvent de stratégies de diffusion différentes pour les CPE.
- On peut aussi s'interroger sur un créneau "en accompagnement des projets de type
BBC ou Effinergie". Si l’on fait une isolation à un niveau élevé de type Effinergie,
ceci réduira la demande sur le système énergétique de façon considérable. Le contrat
de performance énergétique concernera des installations de dimensionnement
moindre, pour lesquelles il reste nécessaire de garantir la performance. A défaut il y
a un risque que les différents équipements techniques ne fonctionnent pas de façon
cohérente et qu'aucune entité ne puisse garantir d’éviter un dérapage des
consommations.
Aspects stratégiques.
diffusion dans les bâtiments publics, la mise en place de "Contracting" pour des
économies d'énergie dans le secteur des bâtiments résidentiels privés.
- La fonction "AMO spécialisé CPE" peut être apportée par un cabinet extérieur. On
peut aussi envisager "une structure partagée entre collectivité, qui embaucherait
directement quelqu’un". C’est d'ailleurs une question problématique car "il n’est pas
évident qu’il y ait actuellement beaucoup de compétences disponibles et
suffisamment pointues sur les CPE".
- Autre remarque, un organisme territorial peut permettre une gestion financière
collective. Ainsi, dans le cas de Rhône Alpes, l'idée est avancée que l’intéressement
pourrait aller à un fond maîtrise de l’énergie (qui pourrait par ailleurs être doté de
1M€ par la région).
- Comme indiqué précédemment, l'expérience de Berlin s'appuie sur un fort pôle de
compétence (Agence Berlinoise de l'Energie), bénéficiant de fonds publics et privés,
qui apporte une assistance aux maîtres d’ouvrage. Serait-ce une formule dont on
pourrait s'inspirer par exemple au niveau régional en France ?
ANNEXE 4
ELEMENTS SUR LA
SITUATION ALLEMANDE
122
Deutsche Energie Agentur (Agence allemande pour l'énergie) "Contracting – Potenzial in öffentlichen
Liegenschaften, Marktstudie zur Potenzialbewertung in Liegenschaften des Bundes, der Länder und
Kommunen, Aktuelle Marktbetrachtung und Trendanalyse", August 2007.
Il apparaît que les sociétés de service de type "exploitants de chauffage" à la française, ont
historiquement un rôle plus marginal en Allemagne.
Sources : Die Deutsche Bau-Industrie – "PPP im öffentlichen Hochbau : Durchbruch im Jahr 2004";
Lünendonk Liste 2005 : Führende Facility - Management – Unternehmen für infrastrukturelles und
technisches Gebäudemanagement in Deutschland; sites web.
Perspectives
- Le Ministère fédéral allemand de l'économie (BMWi) a présenté son premier plan
d'action pour l'efficacité énergétique à la Commission européenne en Octobre 2007.
Ce plan prévoit notamment la généralisation des compteurs de mesure de la
consommation énergétique et la mise en place de "Contracting énergétique" pour
des économies d'énergie dans le secteur des bâtiments résidentiels.
- Le rapport de la DENA ("Contracting-Potenzial")123 a évalué le potentiel du marché
des bâtiments publics pouvant donner lieu à la mise en place de contrats de
performance énergétique à l'horizon 2016. Selon ce rapport, ce potentiel à l'horizon
2016 serait 6 fois plus élevé que le marché actuel, tandis que le potentiel à plus long
terme correspondrait à 12 fois le marché actuel.
123
Op. Cit.
ANNEXE 5
BIBLIOGRAPHIE
Références bibliographiques
- Adnot J., Guerre F., Jamet B. - "A short history of Energy Services in France", 2002.
- ADEME, Cabinet BASIC, "Analyse de l'offre de services d'optimisation énergétique en
France", Juin 2008.
- ARC – Association des Responsables de Copropriétés – "Expérimentation d'un "CPE
élargi" dans les copropriétés, définition des opérations", Août 2008
- ARENE Ile-de-France, Agence régionale de l'environnement et des nouvelles énergies
d'Ile-de-France "Enquête exploratoire auprès des collectivités territoriales franciliennes
et des sociétés de service énergétique : attente des collectivités et nature de l'offre",
Mars 2005.
- Association Energie - Cités "Contrats de performance : Guide pour les municipalités",
Avril 2004.
- Bolze Jacques – ACCOR, Herry Gilles – Siemens Building Technologies, "Le contrat
de performance énergétique : un engagement". Juin 2006.
- Chevallier Julie, "Toute la lumière sur le CPE", Energie Plus, supplément au n° 423,
Avril 2009.
- CSTB Formation, "Les contrats de performance énergétique dans les bâtiments
tertiaires". Session du 3 Juin 2008
- Club des Services d'efficacité énergétique, S2E "Guide Mesure et Vérification de
l'efficacité énergétique". Février 2009.
- Club des Services d'efficacité énergétique, S2E – Recueil de cas d'applications du guide
"Mesure et Vérification de l'efficacité énergétique". Mis en ligne en Février 2009
[Link].
- Club des Services d’efficacité énergétique, S2E "Guide sur les services d'efficacité
énergétique à destination des clients privés et publics", Juin 2007.
- Club des Services d'efficacité énergétique, Club S2E. Document présenté lors de la
conférence de presse du 20 Juin 2007.
- Comité Opérationnel "Etat exemplaire" – Rapport au ministre d'Etat, ministre de
l'Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de l'Aménagement du Territoire,
Partie bâtiments publics, présenté par Claude Martinand, Hélène Gisserot, Robert
Courret (DGUHC), Michel-Régis Talon (DGPA), Avril 2008.
- Comité opérationnel – "Rénovation des bâtiments existants", Rapport au ministre d'Etat,
ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables, présenté par
Philippe Pelletier, Président de l'ANAH, Alain Jacq (DGUHC), Matthieu Orphelin
(ADEME). Février 2008.
- Conseil général des ponts et chaussées – "Mobilisation des professionnels pour les
économies d’énergie et la lutte contre l’effet de serre dans le secteur du bâtiment",
Rapport établi par J. Dupaigne, G. Debiesse, Ph. Aussourd et F. Renvoisé, Juin 2007
- CSTB (Laboratoire Services, Process, Innovation) – ICADE "Services d'efficacité
énergétique avec garantie de performance" – Orlando Catarina, Sébastien Illouz.
Février 2008.
ANNEXE 6
Sigles