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Obligations d'Information Consommateur

Ce document présente le Code de la consommation français, en particulier la partie législative du Livre I sur l'information des consommateurs et la formation des contrats. Il détaille les obligations d'information des professionnels envers les consommateurs ainsi que les règles sur les prix, délais de livraison et appellations d'origine.

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Obligations d'Information Consommateur

Ce document présente le Code de la consommation français, en particulier la partie législative du Livre I sur l'information des consommateurs et la formation des contrats. Il détaille les obligations d'information des professionnels envers les consommateurs ainsi que les règles sur les prix, délais de livraison et appellations d'origine.

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Code de la consommation

PARTIE I: PARTIE LEGISLATIVE


Livre Ier Information des consommateurs et formation des contrats

Titre Ier Information des consommateurs

Chapitre Ier Obligation générale d'information


Article L111-1
Tout professionnel vendeur de biens ou prestataire de services doit, avant la conclusion du contrat,
mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du bien ou du service.

Article L111-2
Le professionnel vendeur de biens meubles doit, en outre, indiquer au consommateur la période pendant
laquelle il est prévisible que les pièces indispensables à l'utilisation du bien seront disponibles sur le
marché. Cette période est obligatoirement portée à la connaissance du professionnel par le fabricant ou
l'importateur.

Article L111-3
Les dispositions des deux articles précédents s'appliquent sans préjudice des dispositions plus favorables
aux consommateurs qui soumettent certaines activités à des règles particulières en ce qui concerne
l'information du consommateur.

Chapitre II Modes de présentation et inscriptions


Article L112-1
L'étiquetage d'un produit bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée fromagère doit obligatoirement
comporter les nom et adresse du fabricant.

Article L112-2
Un signe d'identification visuelle officiel, dénommé logo "appellation d'origine contrôlée", au sens du 2 de
l'article 6 ter de la convention de Paris du 20 mars 1883 pour la protection de la propriété industrielle, doit
être utilisé dans toute présentation des produits agricoles et des denrées alimentaires bénéficiant d'une
appellation d'origine contrôlée, à l'exception des vins.
Un décret en Conseil d'Etat fixe, après consultation de l'Institut national des appellations d'origine, le
modèle du logo officiel et ses modalités d'utilisation.

Chapitre III Prix et conditions de vente


Article L113-1
Les règles relatives à la détermination des prix sont fixées par les dispositions de l'article 1er de
l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence,
reproduites ci-après:
"Les prix des biens, produits et services sont librement déterminés par le jeu de la concurrence.
Toutefois, dans les secteurs ou les zones où la concurrence par les prix est limitée en raison, soit de
situations de monopole ou de difficultés durables d'approvisionnement, soit de dispositions législatives ou
réglementaires, un décret en Conseil d'Etat peut réglementer les prix après consultation du conseil de la
concurrence.
Les dispositions des deux premiers alinéas ne font pas obstacle à ce que le Gouvernement arrête par
décret en Conseil d'Etat, contre des hausses excessives de prix, des mesures temporaires motivées par
une situation de crise, des circonstances exceptionnelles, une calamité publique ou une situation
manifestement anormale du marché dans un secteur déterminé. Le décret est pris après consultation du
Conseil national de la consommation. Il précise sa durée de validité, qui ne peut excéder six mois".

1
Code de la consommation

Article L113-2
Les règles relatives au champ d'application de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 précitée
sont fixées par l'article 53 de cette ordonnance, reproduit ci-après:
"Art. 53: Les règles définies à la présente ordonnance s'appliquent à toutes les activités de production, de
distribution et de services, y compris celles qui sont le fait de personnes publiques".

Article L113-3
Tout vendeur de produit ou tout prestataire de services doit, par voie de marquage, d'étiquetage,
d'affichage ou par tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur les prix, les limitations
éventuelles de la responsabilité contractuelle et les conditions particulières de la vente, selon des
modalités fixées par arrêtés du ministre chargé de l'économie, après consultation du Conseil national de
la consommation.
Cette disposition s'applique à toutes les activités visées au dernier alinéa de l'article L. 113-2.

Chapitre IV Information sur les délais de livraison


Article L114-1
Dans tout contrat ayant pour objet la vente d'un bien meuble ou la fourniture d'une prestation de services
à un consommateur, le professionnel doit, lorsque la livraison du bien ou la fourniture de la prestation
n'est pas immédiate et si le prix convenu excède des seuils fixés par voie réglementaire, indiquer la date
limite à laquelle il s'engage à livrer le bien ou à exécuter la prestation.
Le consommateur peut dénoncer le contrat de vente d'un bien meuble ou de fourniture d'une prestation
de services par lettre recommandée avec demande d'avis de réception en cas de dépassement de la
date de livraison du bien ou d'exécution de la prestation excédant sept jours et non dû à un cas de force
majeure.
Ce contrat est, le cas échéant, considéré comme rompu à la réception, par le vendeur ou par le
prestataire de services, de la lettre par laquelle le consommateur l'informe de sa décision, si la livraison
n'est pas intervenue ou si la prestation n'a pas été exécutée entre l'envoi et la réception de cette lettre. Le
consommateur exerce ce droit dans un délai de soixante jours ouvrés à compter de la date indiquée pour
la livraison du bien ou l'exécution de la prestation.
Sauf stipulation contraire du contrat, les sommes versées d'avance sont des arrhes, ce qui a pour effet
que chacun des contractants peut revenir sur son engagement, le consommateur en perdant les arrhes,
le professionnel en les restituant au double.

Chapitre V Valorisation des produits et des services

Section 1 Appellations d'origine

Sous-section 1 Définition
Article L115-1
Constitue une appellation d'origine la dénomination d'un pays, d'une région ou d'une localité servant à
désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus au milieu
géographique, comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains.

Sous-section 2 Procédure administrative de protection


Article L115-2
A défaut de décision judiciaire définitive rendue sur le fond en application des articles L. 115-8 à L. 115-
15, un décret en Conseil d'Etat peut délimiter l'aire géographique de production et déterminer les qualités
ou caractères d'un produit portant une appellation d'origine en se fondant sur des usages locaux, loyaux
et constants.
La publication de ce décret fait obstacle pour l'avenir à l'exercice de l'action prévue aux articles L. 115-8 à
L. 115-15.

2
Code de la consommation

Article L115-3
Le décret prévu à l'article L. 115-2 peut interdire de faire figurer, sur les produits autres que ceux
bénéficiant de l'appellation d'origine ou sur les emballages qui les contiennent et les étiquettes, papiers de
commerce et factures qui s'y réfèrent, toute indication pouvant provoquer une confusion sur l'origine des
produits.

Article L115-4
Le décret prévu à l'article L. 115-2 est pris après enquête publique comportant la consultation des
groupements professionnels directement intéressés. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités de
cette enquête.

Article L115-5
La procédure d'attribution d'une appellation d'origine contrôlée est définie à l'article L. 641-2 du code rural,
ci-après reproduit:
"Art. L. 641-2. - Les produits agricoles ou alimentaires, bruts ou transformés, peuvent se voir reconnaître
exclusivement une appellation d'origine contrôlée. Les dispositions des articles L. 115-2 à L. 115-4 et L.
115-8 à L. 115-15 du code de la consommation ne leur sont pas applicables.
Dans les conditions prévues ci-après, ces produits peuvent bénéficier d'une appellation d'origine
contrôlée s'ils répondent aux dispositions de l'article L. 115-1 du code de la consommation, possèdent
une notoriété dûment établie et font l'objet de procédures d'agrément.
L'appellation d'origine contrôlée ne peut jamais être considérée comme présentant un caractère
générique et tomber dans le domaine public.
Le nom géographique qui constitue l'appellation d'origine ou toute autre mention l'évoquant ne peuvent
être employés pour aucun produit similaire, sans préjudice des dispositions législatives ou réglementaires
en vigueur au 6 juillet 1990, ni pour aucun autre produit ou service lorsque cette utilisation est susceptible
de détourner ou d'affaiblir la notoriété de l'appellation d'origine.
Les appellations d'origine vins délimités de qualité supérieure mentionnées à l'article L. 641-24 et celles
qui sont en vigueur, le 1er juillet 1990, dans les départements d'outre-mer conservent leur statut.".

Article L115-6
La procédure de définition d'une appellation d'origine contrôlée est fixée à l'article L. 641-3 du code rural,
ci-après reproduit:
"Art. 641-3. - Chaque appellation d'origine contrôlée est définie par décret sur proposition de l'Institut
national des appellations d'origine, sans préjudice pour les vins et eaux-de-vie, cidres, poirés, apéritifs à
base de cidres, de poirés ou de vins des dispositions de l'article L. 641-15.
Le décret délimite l'aire géographique de production et détermine les conditions de production et
d'agrément du produit.".

Article L115-7
Les dispositions transitoires relatives aux appellations d'origine en matière agricole et agro-alimentaire
sont définies à l'article L. 641-4 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 641-4. - Les appellations d'origine définies par voie législative ou réglementaire avant le 1er juillet
1990 sont considérées comme répondant aux conditions de l'article L. 641-3. Toute modification
ultérieure des textes définissant ces appellations doit intervenir conformément à la procédure prévue au
même article.
Avant le 1er juillet 2000, les produits dont l'appellation d'origine a été définie par voie judiciaire avant le
1er juillet 1990, ou a été acquise en application des articles 14 et 15 de la loi du 6 mai 1919 relative à la
protection des appellations d'origine dans leur rédaction antérieure à la loi n° 90-558 du 2 juillet 1990
relative aux appellations d'origine contrôlées des produits agricoles ou alimentaires, bruts ou transformés,
et pour lesquels une demande de reconnaissance en appellation d'origine contrôlée a été déposée
auprès de l'Institut national des appellations d'origine avant le 31 décembre 1996, se verront attribuer
cette reconnaissance, par décret, s'ils satisfont aux conditions fixées à l'article L. 641-3. A compter du 1er
juillet 2000, ou en cas de refus de reconnaissance de l'appellation d'origine contrôlée, ces appellations
seront caduques.".

3
Code de la consommation

Sous-section 3 Procédure judiciaire de protection


Article L115-8
Toute personne qui prétendra qu'une appellation d'origine est appliquée, à son préjudice direct ou indirect
et contre son droit, à un produit naturel ou fabriqué, contrairement à l'origine de ce produit, aura une
action en justice pour faire interdire l'usage de cette appellation.
La même action appartiendra aux syndicats et associations régulièrement constitués, depuis six mois au
moins, quant aux droits qu'ils ont pour objet de défendre.
Sur la base d'usages locaux, loyaux et constants, le juge pourra délimiter l'aire géographique de
production et déterminer les qualités ou caractères du produit visé à l'alinéa premier.

Article L115-9
La juridiction saisie d'une action exercée en vertu de l'article L. 115-8 peut connaître d'une action tendant
à interdire de faire figurer, sur les produits autres que ceux bénéficiant de l'appellation d'origine ou sur les
emballages qui les contiennent et les étiquettes, papiers de commerce et factures qui s'y réfèrent, toute
indication pouvant provoquer une confusion sur l'origine des produits.
Cette action est ouverte même si l'aire géographique de production a été définitivement délimitée en
application des articles L. 115-8 à L. 115-15.

Article L115-10
L'action sera portée devant le tribunal de grande instance du lieu d'origine du produit dont l'appellation est
contestée. La demande sera dispensée du préliminaire de conciliation et instruite et jugée selon la
procédure à jour fixe.

Article L115-11
Dans la huitaine de l'assignation, le demandeur devra faire insérer dans un journal d'annonces légales de
l'arrondissement de son domicile, et aussi dans un journal d'annonces légales de l'arrondissement du
tribunal saisi, une note succincte indiquant ses nom, prénoms, profession et domicile, les nom, prénoms
et domicile de son représentant, ceux du défendeur et du représentant de celui-ci s'il a été constitué, et
l'objet de la demande.
Les débats ne pourront commencer que quinze jours après la publication de la note prévue à l'alinéa
précédent.

Article L115-12
Toute personne, tout syndicat et association remplissant les conditions de durée et d'intérêt prévues à
l'article L. 115-8 pourra intervenir dans l'instance.

Article L115-13
Dans la huitaine de la notification de l'acte d'appel, l'appelant ou les appelants devront faire les insertions
prévues à l'article L. 115-11.
Les débats ne pourront commencer devant la cour que quinze jours après ces insertions.

Article L115-14
La Cour de cassation, saisie d'un pourvoi, sera compétente pour apprécier si les usages invoqués pour
l'emploi d'une appellation d'origine possèdent tous les caractères légaux exigés par la présente section.
Le pourvoi sera suspensif.

Article L115-15
Les jugements ou arrêts définitifs décideront à l'égard de tous les habitants et propriétaires de la même
région, de la même commune, ou, le cas échéant, d'une partie de la même commune.

Sous-section 4 Actions correctionnelles


Article L115-16

4
Code de la consommation

Quiconque aura soit apposé, soit fait apparaître, par addition, retranchement ou par une altération
quelconque, sur des produits, naturels ou fabriqués, mis en vente ou destinés à être mis en vente, des
appellations d'origine qu'il savait inexactes sera puni des peines prévues à l'article L. 213-1.
Sera puni des mêmes peines quiconque aura utilisé un mode de présentation faisant croire ou de nature
à faire croire qu'un produit bénéficie d'une appellation contrôlée.
Le tribunal pourra, en outre, ordonner l'affichage du jugement dans les lieux qu'il désignera et son
insertion intégrale ou par extraits dans les journaux qu'il indiquera, le tout aux frais du condamné.
Quiconque aura vendu, mis en vente ou en circulation des produits naturels ou fabriqués portant une
appellation d'origine qu'il savait inexacte sera puni des mêmes peines.

Article L115-17
Les personnes, syndicats et associations visés aux deux premiers alinéas de l'article L. 115-8 qui se
prétendront lésés par le délit prévu à l'article L. 115-16 pourront se constituer partie civile conformément
aux dispositions du code de procédure pénale.

Article L115-18
Les peines prévues à l'article L. 115-16 ainsi que les dispositions de l'article L. 115-17 sont applicables en
cas d'utilisation des mentions interdites en vertu des articles L. 115-3 et L. 115-9.
Les peines prévues à l'article L. 115-16 sont également applicables en cas d'utilisation de toute mention
interdite en vertu du quatrième alinéa de l'article L. 641-2 du code rural.
Les dispositions de l'article L. 115-25 sont applicables à la section I du présent chapitre.

Sous-section 5 L'institut national des appellations d'origine


Article L115-19
L'organisation et le fonctionnement de l'Institut national des appellations d'origine sont définis à l'article L.
641-5 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 641-5. - L'Institut national des appellations d'origine est un établissement public administratif,
jouissant de la personnalité civile.
Il comprend:
1° Un comité national compétent pour les vins, eaux-de-vie, cidres, poirés, apéritifs à base de cidres, de
poirés ou de vins;
2° Un comité national des produits laitiers;
3° Un comité national des produits autres que ceux couverts par les instances mentionnées ci-dessus.
Ces comités sont composés de représentants professionnels, de représentants des administrations et de
personnalités qualifiées permettant notamment la représentation des consommateurs.
Chacun de ces comités se prononce pour les produits de sa compétence sur les questions mentionnées
à l'article L. 641-6.
Les membres de ces comités sont réunis en séance plénière pour la présentation du budget et de la
politique générale de l'institut.
Un conseil permanent composé de membres appartenant aux mêmes catégories que celles prévues pour
les comités nationaux et choisis parmi ces comités établit le budget de l'institut et détermine la politique
générale relative aux appellations d'origine contrôlées.
Les présidents des comités nationaux et du conseil permanent sont nommés par arrêté conjoint du
ministre chargé de l'économie et du ministre de l'agriculture. Le président du conseil permanent est
nommé pour deux ans. Il est choisi successivement dans chacun des comités nationaux.
Les règles d'organisation et de fonctionnement de l'Institut national des appellations d'origine sont fixées
par décrets en Conseil d'Etat..

Article L115-20
Les compétences de l'Institut national des appellations d'origine sont définies à l'article L. 641-6 du code
rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 641-6. - L'Institut national des appellations d'origine est compétent pour l'ensemble des produits
agricoles ou alimentaires, bruts ou transformés. Les dispositions des articles L. 641-15 et L. 641-16
s'appliquent à tous ces produits.

5
Code de la consommation

Après avis des syndicats de défense intéressés, l'Institut national des appellations d'origine propose la
reconnaissance des appellations d'origine contrôlées, laquelle comporte la délimitation des aires
géographiques de production et la détermination des conditions de production et d'agrément de chacune
de ces appellations d'origine contrôlées.
Il donne son avis sur les dispositions nationales relatives à l'étiquetage et à la présentation de chacun des
produits relevant de sa compétence. Il peut être consulté sur toute autre question relative aux appellations
d'origine.
Il contribue, en France et à l'étranger, à la promotion et à la défense des appellations d'origine
mentionnées dans le présent chapitre, ainsi qu'à la défense des appellations d'origine protégées et des
indications géographiques protégées mentionnées au chapitre II du présent titre.."

Section 2 Labels et certification des produits alimentaires et agricoles


Article L115-21
Les produits susceptibles de bénéficier d'un label agricole ou d'une certification de conformité sont définis
à l'article L. 643-1 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 643-1. - Les denrées alimentaires et les produits agricoles non alimentaires et non transformés
peuvent bénéficier d'un label agricole ou faire l'objet d'une certification de conformité aux règles définies
dans un cahier des charges.".

Article L115-22
L'objet des labels agricoles est défini à l'article L. 643-2 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 643-2. - Les labels agricoles attestent qu'une denrée alimentaire ou qu'un produit agricole non
alimentaire et non transformé possède un ensemble distinct de qualités et caractéristiques spécifiques
préalablement fixées dans un cahier des charges et établissant un niveau de qualité supérieure.
L'origine géographique ne peut figurer parmi les caractéristiques spécifiques que si elle est enregistrée
comme indication géographique protégée, sous réserve des dispositions du deuxième alinéa de l'article L.
643-4.
Ce produit doit se distinguer des produits similaires de l'espèce habituellement commercialisés,
notamment par ses conditions particulières de production ou de fabrication et, le cas échéant, par son
origine géographique.
Seuls des producteurs ou des transformateurs organisés en groupement, quelle qu'en soit la forme
juridique, sont habilités à demander la délivrance d'un label.".

Article L115-23
L'objet de la certification de conformité est défini à l'article L. 643-3 du code rural, ci-après reproduit:
Art. L. 643-3. - La certification de conformité atteste qu'une denrée alimentaire ou qu'un produit agricole
non alimentaire et non transformé est conforme à des caractéristiques spécifiques ou à des règles
préalablement fixées dans un cahier des charges portant, selon le cas, sur la production, la
transformation ou le conditionnement et, le cas échéant, l'origine géographique de la denrée ou du produit
lorsque cette origine est enregistrée comme indication géographique protégée, sous réserve des
dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 643-4.".

Article L115-23-1
Le principe d'interdiction de faire figurer dans un label ou une certification de conformité une mention
géographique non enregistrée comme indication géographique protégée est inscrit à l'article L. 643-4 du
code rural, ci-après reproduit:
Art. L. 643-4. - Le label ou la certification de conformité ne peut pas comporter de mention géographique
si cette dernière n'est pas enregistrée comme indication géographique protégée.
Toutefois, si l'autorité administrative a demandé l'enregistrement de cette mention géographique comme
indication géographique protégée, le label ou la certification de conformité peut comporter cette mention,
y compris dans les caractéristiques spécifiques, jusqu'à la date de la décision relative à son
enregistrement.
L'interdiction mentionnée au premier alinéa ne s'applique pas lorsque la dénomination qui intègre cette
mention est générique ou désigne un produit bénéficiant d'une attestation de spécificité.

6
Code de la consommation

Les produits agricoles et les denrées alimentaires bénéficiant, avant le 4 janvier 1994, d'un label agricole
ou d'une certification de conformité peuvent continuer de porter une mention d'origine géographique sans
bénéficier d'une indication géographique protégée pendant une période de huit ans à compter de la date
précitée.".

Article L115-23-2
La procédure de délivrance des labels agricoles et des certificats de conformité est définie à l'article L.
643-5 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 643-5. - Les labels agricoles et les certificats de conformité sont délivrés par des organismes
certificateurs agréés par l'autorité administrative.
Les organismes certificateurs doivent offrir des garanties d'impartialité et d'indépendance et n'être,
notamment, ni producteurs, ni fabricants, ni importateurs, ni vendeurs de produits de même nature et
justifier de leur compétence et de l'efficacité de leur contrôle.
L'agrément ne peut être accordé que sur vérification de ces conditions et de la capacité de l'organisme à
assurer les contrôles de la qualité des produits dotés de labels ou de certificats de conformité.".

Article L115-23-3
L'objet de l'homologation interministérielle des labels agricoles et des certifications de conformité est
défini à l'article L. 643-6 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 643-6. - Les labels agricoles ne peuvent être utilisés que s'ils ont fait l'objet d'une homologation
par arrêté interministériel.
Il en est de même des certifications de conformité qui attestent l'origine géographique.."

Article L115-23-4
Les modalités d'application des dispositions relatives aux labels agricoles et aux certifications de
conformité sont renvoyées à des décrets en Conseil d'Etat comme le dispose l'article L. 643-7 du code
rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 643-7. - Des décrets en Conseil d'Etat précisent, en tant que de besoin, les modalités d'application
des articles L. 643-2 à L. 643-6, et notamment les conditions que doivent remplir les cahiers des charges,
leurs modalités d'examen et, s'il y a lieu, d'homologation, les caractéristiques des organismes
certificateurs, leurs modalités de fonctionnement et les conditions de leur agrément.."

Article L115-24
Sera puni des peines prévues à l'article L. 213-1 quiconque aura:
1° Utilisé ou tenté d'utiliser frauduleusement un label agricole ou une certification;
2° Délivré, utilisé ou tenté d'utiliser un label agricole n'ayant pas fait l'objet d'une homologation;
3° Assuré une certification sans satisfaire aux conditions prévues aux articles L. 643-3 à L. 643-7 du code
rural;
4° Utilisé un mode de présentation faisant croire ou de nature à faire croire qu'un produit bénéficie d'un
label agricole ou d'une certification;
5° Fait croire ou tenté de faire croire qu'un produit assorti d'un label agricole est garanti par l'Etat ou par
un organisme public.

Article L115-25
Les dispositions des chapitres II à VI du titre Ier du livre II du présent code concernant la recherche et la
constatation des infractions sont applicables aux prescriptions des articles L. 643-2 à L. 643-7 du code
rural et L. 115-24 du présent code et des textes pris pour leur application.

Article L115-26
Les interdictions d'utilisation des labels agricoles et des certificats de conformité pour les produits
bénéficiant d'une appellation d'origine ou pour certains vins sont définies à l'article L. 643-8 du code rural,
ci-après reproduit:
"Art. L. 643-8. - Les labels agricoles et les certificats de conformité ne peuvent être utilisés pour les
produits bénéficiant d'une appellation d'origine, les vins délimités de qualité supérieure et les vins de
pays.".

7
Code de la consommation

Section 3 Appellations d'origine protégées, indications géographiques


protégées et attestations de spécificité
Article L115-26-1
L'appellation d'origine protégée ou indication géographique protégée et l'attestation de spécificité sont
définies à l'article L. 642-1 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 642-1. - Constitue une appellation d'origine protégée ou une indication géographique protégée la
dénomination inscrite au registre des appellations d'origine protégées et des indications géographiques
protégées tenu par la Commission des Communautés européennes.
Constitue une attestation de spécificité le nom du produit qui figure au registre des attestations de
spécificité tenu par la Commission des Communautés européennes.
Seules les appellations d'origine mentionnées aux articles L. 641-1 à L. 641-6 peuvent faire l'objet d'une
demande en vue de leur enregistrement comme appellations d'origine protégées.
La demande d'enregistrement d'une indication géographique ou d'une attestation de spécificité ne peut
s'effectuer que dans le cadre des dispositions du chapitre III du présent titre.."

Article L115-26-2
Les modalités de contrôle du respect des cahiers des charges des indications géographiques protégées
et des attestations de spécificité sont définies à l'article L. 642-2 du code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 642-2. - Les organismes certificateurs agréés mentionnés à l'article L. 643-5 assurent le contrôle
du respect des cahiers des charges des indications géographiques protégées et des attestations de
spécificité.
"Toutefois, un décret en Conseil d'Etat définit, en tant que de besoin, des modalités particulières de
contrôle pour les producteurs agricoles et les artisans qui commercialisent leur production en petite
quantité directement sur le marché local.".

Article L115-26-3
Les dispositions de l'article L. 115-16 s'appliquent aux appellations d'origine protégées, aux indications
géographiques protégées et aux attestations de spécificité.

Article L115-26-4
Les conditions d'utilisation d'une indication d'origine ou de provenance sont définies à l'article L. 642-4 du
code rural, ci-après reproduit:
"Art. L. 642-4. - L'utilisation d'indication d'origine ou de provenance ne doit pas être susceptible d'induire
le consommateur en erreur sur les caractéristiques du produit, ni de détourner ou d'affaiblir la notoriété
d'une dénomination enregistrée comme indication géographique protégée ou comme attestation de
spécificité.
Un décret en Conseil d'Etat pris en application de l'article L. 214-1 du code de la consommation fixe, en
tant que de besoin, les conditions d'application du précédent alinéa.".

Section 4 Certification des services et des produits autres qu'alimentaires


Article L115-27
Constitue une certification de produit ou de service soumise aux dispositions de la présente section
l'activité par laquelle un organisme, distinct du fabricant, de l'importateur, du vendeur ou du prestataire,
atteste, à la demande de celui-ci effectuée à des fins commerciales, qu'un produit ou un service est
conforme à des caractéristiques décrites dans un référentiel et faisant l'objet de contrôles.
Le référentiel est un document technique définissant les caractéristiques que doit présenter un produit ou
un service et les modalités du contrôle de la conformité du produit ou du service à ces caractéristiques.

Article L115-28
Peuvent seuls procéder à la certification de produits ou de services les organismes qui ont déposé auprès
de l'autorité administrative une déclaration relative à leur activité et contenant notamment toutes

8
Code de la consommation

informations nécessaires en ce qui concerne les mesures destinées à garantir leur impartialité et leur
compétence.
Les organismes qui bénéficient d'une accréditation par une instance reconnue à cet effet par les pouvoirs
publics sont dispensés de fournir ces dernières informations.
Toute référence à la certification dans la publicité, l'étiquetage ou la présentation de tout produit ou
service, ainsi que sur les documents commerciaux qui s'y rapportent, doit être accompagnée
d'informations claires sur la nature et l'étendue des caractéristiques certifiées.
L'existence des référentiels fait l'objet d'une mention au Journal officiel de la République française. Leur
consultation s'effectue soit gratuitement sur place auprès de l'organisme certificateur, soit par la
délivrance de copies aux frais du demandeur.
Les organismes certificateurs déposent comme marques collectives de certification, conformément à la
législation sur les marques de fabrique, de commerce et de service, le signe distinctif qui, le cas échéant,
accompagne ou matérialise la certification.

Article L115-29
Les dispositions des articles L. 115-27 et L. 115-28 ne sont pas applicables:
1° A la certification des denrées alimentaires et des produits agricoles non alimentaires et non
transformés mentionnés à l'article L. 115-21;
2° Aux autorisations de mise sur le marché des médicaments à usage humain ou vétérinaire faisant
l'objet des dispositions du livre V du code de la santé publique;
3° A la délivrance des poinçons, estampilles, visas, certificats d'homologation, marques collectives ou
attestations de conformité aux dispositions communautaires par l'autorité publique ou par des organismes
désignés à cet effet et soumis à un contrôle technique ou administratif de l'autorité publique en vertu de
dispositions législatives ou réglementaires;
4° A la délivrance de labels ou marques prévus par l'article L. 413-1 du code du travail ainsi que des
marques d'artisan et de maître artisan pour autant que ces marques ne tendent qu'à attester l'origine d'un
produit ou d'un service et la mise en œuvre des règles de l'art et usages quand ils leur sont spécifiques.

Article L115-30
Est puni des peines prévues à l'article L. 213-1:
1° Le fait, dans la publicité, l'étiquetage ou la présentation de tout produit ou service, ainsi que dans les
documents commerciaux de toute nature qui s'y rapportent, de faire référence à une certification qui n'a
pas été effectuée dans les conditions définies aux articles L. 115-27 et L. 115-28;
2° Le fait de délivrer, en violation des dispositions prévues aux articles L. 115-27 et L. 115-28, un titre, un
certificat ou tout autre document attestant qu'un produit ou un service présente certaines caractéristiques
ayant fait l'objet d'une certification;
3° Le fait d'utiliser tout moyen de nature à faire croire faussement qu'un organisme satisfait aux conditions
définies aux articles L. 115-27 et L. 115-28;
4° Le fait d'utiliser tout moyen de nature à faire croire faussement au consommateur ou à l'utilisateur
qu'un produit ou un service a fait l'objet d'une certification;
5° Le fait de présenter à tort comme garanti par l'Etat ou par un organisme public tout produit ou service
ayant fait l'objet d'une certification.

Article L115-31
Sont qualifiés pour procéder à la recherche et à la constatation des infractions aux dispositions de la
présente section et des textes pris pour son application:
- les officiers et agents de police judiciaire;
- les agents de la sous-direction de la métrologie au ministère chargé de l'industrie ainsi que ceux des
directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement;
- les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes, de la direction générale des douanes et des droits indirects;
- les inspecteurs de la pharmacie et les médecins-inspecteurs de la santé du ministère chargé de la
santé;
- les inspecteurs du travail;
- les agents mentionnés à l'article 22 de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations
classées pour la protection de l'environnement.

9
Code de la consommation

Ces agents disposent des pouvoirs prévus par les chapitres II à VI du titre Ier du livre II du présent code
et leurs textes d'application sur les lieux énumérés à l'article L. 213-4 (alinéa premier).

Article L115-32
Les modalités d'application des articles L. 115-27 et L. 115-28 sont fixées par décret en Conseil d'Etat,
notamment:
1° Les modalités de déclaration d'activité des organismes certificateurs et le contenu de leur déclaration;
2° Les conditions de reconnaissance de l'instance d'accréditation;
3° Le contenu des référentiels et les conditions de leur établissement et de leur validation;
4° Les modalités de la concertation entre les partenaires intéressés préalablement à l'établissement ou à
la validation des référentiels;
5° Les modalités d'information du consommateur sur la certification.

Article L115-33
Les propriétaires de marques de commerce, de fabrique ou de service peuvent s'opposer à ce que des
textes publicitaires concernant nommément leur marque soient diffusés lorsque l'utilisation de cette
marque vise à tromper le consommateur ou qu'elle est faite de mauvaise foi.

Titre II Pratiques commerciales

Chapitre Ier Pratiques commerciales réglementées

Section 1 Publicité
Article L121-1
Est interdite toute publicité comportant, sous quelque forme que ce soit, des allégations, indications ou
présentations fausses ou de nature à induire en erreur, lorsque celles-ci portent sur un ou plusieurs des
éléments ci-après; existence, nature, composition, qualités substantielles, teneur en principes utiles,
espèce, origine, quantité, mode et date de fabrication, propriétés, prix et conditions de vente de biens ou
services qui font l'objet de la publicité, conditions de leur utilisation, résultats qui peuvent être attendus de
leur utilisation, motifs ou procédés de la vente ou de la prestation de services, portée des engagements
pris par l'annonceur, identité, qualités ou aptitudes du fabricant, des revendeurs, des promoteurs ou des
prestataires.

Article L121-2
Les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes, ceux de la direction générale de l'alimentation du ministère de l'agriculture et ceux du service de
métrologie au ministère de l'industrie sont habilités à constater, au moyen de procès-verbaux, les
infractions aux dispositions de l'article L. 121-1. Ils peuvent exiger de l'annonceur la mise à leur
disposition de tous les éléments propres à justifier les allégations, indications ou présentations
publicitaires. Ils peuvent également exiger de l'annonceur, de l'agence de publicité ou du responsable du
support la mise à leur disposition des messages publicitaires diffusés.
Les procès-verbaux dressés en application du présent article sont transmis au procureur de la
République.

Article L121-3
La cessation de la publicité peut être ordonnée par le juge d'instruction ou par le tribunal saisi des
poursuites, soit sur réquisition du ministère public, soit d'office. La mesure ainsi prise est exécutoire
nonobstant toutes voies de recours. Mainlevée peut en être donnée par la juridiction qui l'a ordonnée ou
qui est saisie du dossier. La mesure cesse d'avoir effet en cas de décision de non-lieu ou de relaxe.
Les décisions statuant sur les demandes de mainlevée peuvent faire l'objet d'un recours devant la
chambre d'accusation ou devant la cour d'appel selon qu'elles ont été prononcées par un juge
d'instruction ou par le tribunal saisi des poursuites.
La chambre d'accusation ou la cour d'appel statue dans un délai de dix jours à compter de la réception
des pièces.

10
Code de la consommation

Article L121-4
En cas de condamnation, le tribunal ordonne la publication du jugement. Il peut, de plus, ordonner la
diffusion, aux frais du condamné, d'une ou de plusieurs annonces rectificatives. Le jugement fixe les
termes de ces annonces et les modalités de leur diffusion et impartit au condamné un délai pour y faire
procéder; en cas de carence et sans préjudice des pénalités prévues à l'article L. 121-7, il est procédé à
cette diffusion à la diligence du ministère public aux frais du condamné.

Article L121-5
L'annonceur pour le compte duquel la publicité est diffusée est responsable, à titre principal, de l'infraction
commise. Si le contrevenant est une personne morale, la responsabilité incombe à ses dirigeants. La
complicité est punissable dans les conditions de droit commun.
Le délit est constitué dès lors que la publicité est faite, reçue ou perçue en France.

Article L121-6
Les infractions aux dispositions de l'article L. 121-1 sont punies des peines prévues à l'article L. 213-1.
Le maximum de l'amende prévue à cet article peut être porté à 50 p. 100 des dépenses de la publicité
constituant le délit.

Article L121-7
Pour l'application de l'article L. 121-6, le tribunal peut demander tant aux parties qu'à l'annonceur la
communication de tous documents utiles. En cas de refus, il peut ordonner la saisie de ces documents ou
toute mesure d'instruction appropriée. Il peut en outre prononcer une astreinte pouvant atteindre 30 000 F
par jour de retard à compter de la date qu'il a retenue pour la production de ces documents.
Les pénalités prévues au premier alinéa de l'article L. 121-6 sont également applicables en cas de refus
de communication des éléments de justification ou des publicités diffusées, demandés dans les
conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 121-2, de même qu'en cas d'inobservation des
décisions ordonnant la cessation de la publicité ou de non-exécution dans le délai imparti des annonces
rectificatives.

Article L121-8
La publicité qui met en comparaison des biens ou services en utilisant soit la citation ou la représentation
de la marque de fabrique, de commerce ou de service d'autrui, soit la citation ou la représentation de la
raison sociale ou de la dénomination sociale, du nom commercial ou de l'enseigne d'autrui n'est autorisée
que si elle est loyale, véridique et qu'elle n'est pas de nature à induire en erreur le consommateur. Elle
doit être limitée à une comparaison objective qui ne peut porter que sur des caractéristiques essentielles,
significatives, pertinentes et vérifiables de biens ou services de même nature et disponibles sur le
marché. Lorsque la comparaison porte sur les prix, elle doit concerner des produits identiques vendus
dans les mêmes conditions et indiquer la durée pendant laquelle sont maintenus les prix mentionnés
comme siens par l'annonceur. La publicité comparative ne peut pas s'appuyer sur des opinions ou des
appréciations individuelles ou collectives.

Article L121-9
Aucune comparaison ne peut avoir pour objet principal de tirer avantage de la notoriété attachée à une
marque. Aucune comparaison ne peut présenter des produits ou des services comme l'imitation ou la
réplique de produits ou services revêtus d'une marque préalablement déposée.

Article L121-10
Pour les produits qui bénéficient d'une appellation d'origine contrôlée, la comparaison n'est autorisée que
si elle porte sur des produits bénéficiant chacun de la même appellation.

Article L121-11

11
Code de la consommation

Il est interdit de faire figurer des annonces comparatives telles que définies aux articles L. 121-8 et L. 121-
9 sur des emballages, des factures, des titres de transport, des moyens de paiement ou des billets
d'accès à des spectacles ou à des lieux ouverts au public.

Article L121-12
L'annonceur pour le compte duquel la publicité définie aux articles L. 121-8 et L. 121-9 est diffusée doit
être en mesure de prouver l'exactitude de ses allégations, indications ou présentations. Avant toute
diffusion, il communique l'annonce comparative aux professionnels visés, dans un délai au moins égal à
celui exigé, selon le type de support retenu, pour l'annulation d'un ordre de publicité.

Article L121-13
Les insertions réalisées dans la presse pour une publicité définie aux articles L. 121-8 et L. 121-9 ne
donnent pas lieu à l'application de l'article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse et de
l'article 6 de la loi n° 82-652 du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle.

Article L121-14
Sans préjudice de l'application de l'article 1382 du code civil, les infractions aux dispositions des articles
L. 121-8 à L. 121-12 sont, le cas échéant, punies des peines prévues, d'une part, aux articles L. 121-1 à
L. 121-7 et, d'autre part, aux articles 422 et 423 du code pénal.
Un décret en Conseil d'Etat précise en tant que de besoin les modalités d'application des articles L. 121-8
à L. 121-13.

Article L121-15
Est, en outre, interdite toute publicité portant:
1° Sur une opération commerciale soumise à autorisation au titre soit des articles 26, 27, 28, 29 et 30 de
la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de
l'artisanat, soit des articles 29 et 32 de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 d'orientation du commerce
et de l'artisanat, soit de l'ordonnance n° 45-2088 du 11 septembre 1945 relative aux foires et salons, et
qui n'a pas fait l'objet de cette autorisation;
2° Sur une opération commerciale dont la réalisation nécessite l'emploi de personnel salarié requérant
une autorisation au titre du chapitre Ier du titre II du livre II du code du travail et réalisée sans l'obtention
préalable de cette autorisation, ou qui est en infraction avec les articles 41 a et 41 b, 105 a à 105 i du
code des professions applicable dans les départements de la Moselle, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin;
3° Sur une opération commerciale réalisée ou devant être réalisée en infraction avec les dispositions de
l'article L. 221-17 du code du travail.
Tout annonceur qui effectue ou fait effectuer une publicité interdite en vertu des alinéas précédents est
puni d'une amende de 250 000 F. Le maximum de l'amende peut être porté à 50 p. 100 du montant des
dépenses consacrées à la publicité illégale.
Le tribunal peut ordonner la cessation de la publicité interdite aux frais des personnes reconnues
coupables des infractions définies aux alinéas qui précèdent.

Section 2 Ventes à distance


Article L121-16
Pour toutes les opérations de vente à distance, l'acheteur d'un produit dispose d'un délai de sept jours
francs à compter de la livraison de sa commande pour faire retour de ce produit au vendeur pour échange
ou remboursement, sans pénalités à l'exception des frais de retour.
Si ce délai expire normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé jusqu'au
premier jour ouvrable suivant.

Article L121-17

12
Code de la consommation

Les règles relatives à la responsabilité du dirigeant de droit ou de fait d'un service de radiodiffusion
sonore ou de télévision sont définies par le II de l'article 3 de la loi n° 88-21 du 6 janvier 1988 relative aux
opérations de télépromotion avec offre de vente dites de "télé-achat" reproduit ci-après:
"II. - Le dirigeant de droit ou de fait d'un service de radiodiffusion sonore ou de télévision défini à l'article 2
de la présente loi qui aura programmé et fait diffuser ou distribuer une émission en violation des règles
fixées en vertu du même article sera puni d'une amende de 500 000 F.
Dans le cas de récidive, l'auteur de l'infraction pourra être puni d'une amende de 1 000 000 F".

Article L121-18
Dans toute offre de vente d'un bien ou de fourniture d'une prestation de services qui est faite à distance à
un consommateur, le professionnel est tenu d'indiquer le nom de son entreprise, ses coordonnées
téléphoniques ainsi que l'adresse de son siège et, si elle est différente, celle de l'établissement
responsable de l'offre.

Article L121-19
Les infractions aux dispositions de l'article L. 121-18, ainsi que le refus du vendeur de changer ou de
rembourser un produit retourné par l'acheteur dans les conditions visées à l'article L. 121-16, sont
constatées et poursuivies conformément aux dispositions du titre VI de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er
décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Article L121-20
Les règles relatives à la fixation des règles de programmation des émissions sont définies par l'article 2
de la loi n° 88-21 du 6 janvier 1988 précitée reproduit ci-après:
"Art. 2: Le Conseil supérieur de l'audiovisuel fixe les règles de programmation des émissions consacrées
en tout ou partie à la présentation ou à la promotion d'objets, de produits ou de services offerts
directement à la vente par des services de radiodiffusion sonore et de télévision autorisés en vertu de la
loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication".

Section 3 Démarchage
Article L121-21
Est soumis aux dispositions de la présente section quiconque pratique ou fait pratiquer le démarchage, au
domicile d'une personne physique, à sa résidence ou à son lieu de travail, même à sa demande, afin de
lui proposer l'achat, la vente, la location, la location-vente ou la location avec option d'achat de biens ou la
fourniture de services.
Est également soumis aux dispositions de la présente section le démarchage dans les lieux non destinés
à la commercialisation du bien ou du service proposé et notamment l'organisation par un commerçant ou
à son profit de réunions ou d'excursions afin de réaliser les opérations définies à l'alinéa précédent.

Article L121-22
Ne sont pas soumises aux dispositions de articles L. 121-23 à L. 121-29 les activités pour lesquelles le
démarchage fait l'objet d'une réglementation par un texte législatif particulier.
Ne sont pas soumis aux dispositions des articles L. 121-23 à L. 121-28:
1° Les ventes à domicile de denrées ou de produits de consommation courante faites par des
professionnels ou leurs préposés au cours de tournées fréquentes ou périodiques dans l'agglomération
où est installé leur établissement ou dans son voisinage;
2° et 3° (paragraphes abrogés).
4° Les ventes, locations ou locations-ventes de biens ou les prestations de services lorsqu'elles ont un
rapport direct avec les activités exercées dans le cadre d'une exploitation agricole, industrielle,
commerciale ou artisanale ou de toute autre profession.

Article L121-23
Les opérations visées à l'article L. 121-21 doivent faire l'objet d'un contrat dont un exemplaire doit être
remis au client au moment de la conclusion de ce contrat et comporter, à peine de nullité, les mentions
suivantes:
1° Noms du fournisseur et du démarcheur;

13
Code de la consommation

2° Adresse du fournisseur;
3° Adresse du lieu de conclusion du contrat;
4° Désignation précise de la nature et des caractéristiques des biens offerts ou des services proposés;
5° Conditions d'exécution du contrat, notamment les modalités et le délai de livraison des biens, ou
d'exécution de la prestation de services;
6° Prix global à payer et modalités de paiement; en cas de vente à tempérament ou de vente à crédit, les
formes exigées par la réglementation sur la vente à crédit, ainsi que le taux nominal de l'intérêt et le taux
effectif global de l'intérêt déterminé dans les conditions prévues à l'article L. 313-1;
7° Faculté de renonciation prévue à l'article L. 121-25, ainsi que les conditions d'exercice de cette faculté
et, de façon apparente, le texte intégral des articles L. 121-23, L. 121-24, L. 121-25 et L. 121-26.

Article L121-24
Le contrat visé à l'article L. 121-23 doit comprendre un formulaire détachable destiné à faciliter l'exercice
de la faculté de renonciation dans les conditions prévues à l'article L. 121-25. Un décret en Conseil d'Etat
précisera les mentions devant figurer sur ce formulaire.
Ce contrat ne peut comporter aucune clause attributive de compétence.
Tous les exemplaires du contrat doivent être signés et datés de la main même du client.

Article L121-25
Dans les sept jours, jours fériés compris, à compter de la commande ou de l'engagement d'achat, le client
a la faculté d'y renoncer par lettre recommandée avec accusé de réception. Si ce délai expire
normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, il est prorogé jusqu'au premier jour
ouvrable suivant.
Toute clause du contrat par laquelle le client abandonne son droit de renoncer à sa commande ou à son
engagement d'achat est nulle et non avenue.
Le présent article ne s'applique pas aux contrats conclus dans les conditions prévues à l'article L. 121-27.

Article L121-26
Avant l'expiration du délai de réflexion prévu à l'article L. 121-25, nul ne peut exiger ou obtenir du client,
directement ou indirectement, à quelque titre ni sous quelque forme que ce soit une contrepartie
quelconque ni aucun engagement ni effectuer des prestations de services de quelque nature que ce soit.
Toutefois, la souscription à domicile d'abonnement à une publication quotidienne et assimilée, au sens de
l'article 39 bis du code général des impôts, n'est pas soumise aux dispositions de l'alinéa précédent dès
lors que le consommateur dispose d'un droit de résiliation permanent, sans frais ni indemnité, assorti du
remboursement, dans un délai de quinze jours, des sommes versées au prorata de la durée de
l'abonnement restant à courir.
En outre, les engagements ou ordres de paiement ne doivent pas être exécutés avant l'expiration du délai
prévu à l'article L. 121-25 et doivent être retournés au consommateur dans les quinze jours qui suivent sa
rétractation.

Article L121-27
A la suite d'un démarchage par téléphone ou par tout moyen technique assimilable, le professionnel doit
adresser au consommateur une confirmation de l'offre qu'il a faite. Le consommateur n'est engagé que
par sa signature. Il bénéficie alors des dispositions prévues aux articles L. 121-16 et L. 121-19.

Article L121-28
Toute infraction aux dispositions des articles L. 121-23, L. 121-24, L. 121-25 et L. 121-26 sera punie
d'une peine d'emprisonnement d'un an et d'une amende de 25 000 F ou de l'une de ces deux peines
seulement.

Article L121-29
Les dispositions de la loi n° 47-1635 du 30 août 1947 relative à l'assainissement des professions
commerciales et industrielles sont applicables aux personnes qui effectuent des opérations de vente à
domicile.

14
Code de la consommation

L'entreprise est civilement responsable des démarcheurs, même indépendants, qui agissent pour son
compte.

Article L121-30
Les infractions aux dispositions de la présente section peuvent être constatées et poursuivies dans les
conditions fixées par les articles 45, premier et troisième alinéas, 46, 47 et 52 de l'ordonnance n° 86-1243
du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Article L121-31
A l'occasion des poursuites pénales exercées en application de la présente section contre le vendeur, le
prestataire de services ou le démarcheur, le client qui s'est constitué partie civile est recevable à
demander devant la juridiction répressive une somme égale au montant des paiements effectués ou des
effets souscrits, sans préjudice de tous dommages-intérêts.

Article L121-32
Des décrets en Conseil d'Etat pourront régler, en tant que de besoin, les modalités d'application de la
présente section.

Article L121-33
Il est interdit de se rendre au domicile d'une personne physique, à sa résidence ou à son lieu de travail
pour proposer la vente, la location ou la location-vente de documents ou matériels quelconques tendant à
répondre aux mêmes besoins que des prestations de services pour lesquelles le démarchage est prohibé
en raison de son objet par un texte particulier.
Toute infraction aux dispositions de l'alinéa précédent entraîne, outre la nullité de la convention,
l'application des sanctions prévues à l'article L. 121-28.
Ne sont pas visés par les dispositions des alinéas précédents les supports matériels de connaissance
des langues étrangères ou régionales destinés à leur libre apprentissage, sans assistance ou suivi
pédagogique, dont la présentation ne fait pas référence à un niveau scolaire, à une activité
d'enseignement, à la réussite scolaire, à une formation, à l'obtention d'un diplôme ou d'une situation
professionnelle. Dans ce cas, le délai de réflexion de sept jours est prolongé d'un délai supplémentaire
expirant quinze jours après la réception du produit par le client pour faire retour de ce produit pour
remboursement. En cas d'exercice de ce droit de retour, le matériel est restitué au vendeur sans frais ou
indemnités autres que les frais de réexpédition. Le contrat prévu à l'article L. 121-23 doit reproduire en
outre le texte du présent alinéa concernant la faculté de résiliation de la commande.
Les résultats des tests d'aptitude à l'emploi des méthodes de langues effectués par le vendeur ou le
fabricant sous le contrôle d'un tiers indépendant doivent être communiqués au consommateur avant la
conclusion du contrat.

Section 4 Ventes directes


Article L121-34
Les règles relatives aux ventes directes aux consommateurs ainsi qu'à la commercialisation des
productions déclassées sont fixées par l'article 39 de la loi n° 73-1193 du 27 décembre 1973 d'orientation
du commerce et de l'artisanat reproduit ci-après:
"Art. 39: Les ventes directes aux consommateurs et la commercialisation des productions déclassées
pour défauts, pratiquées par les industriels, sont soumises à une réglementation fixée par décret".

Section 5 Ventes ou prestations avec primes


Article L121-35
Est interdite toute vente ou offre de vente de produits ou de biens ou toute prestation ou offre de
prestation de services faites aux consommateurs et donnant droit, à titre gratuit, immédiatement ou à

15
Code de la consommation

terme, à une prime consistant en produits, biens ou services sauf s'ils sont identiques à ceux qui font
l'objet de la vente ou de la prestation.
Cette disposition ne s'applique pas aux menus objets ou services de faible valeur ni aux échantillons.
Cette disposition s'applique à toutes les activités visées au dernier alinéa de l'article L. 113-2.

Section 6 Loteries publicitaires


Article L121-36
Les opérations publicitaires réalisées par voie d'écrit qui tendent à faire naître l'espérance d'un gain
attribué à chacun des participants, quelles que soient les modalités de tirage au sort, ne peuvent être
pratiquées que si elles n'imposent aux participants aucune contrepartie financière ni dépense sous
quelque forme que ce soit.
Le bulletin de participation à ces opérations doit être distinct de tout bon de commande de bien ou de
service.

Article L121-37
Les documents présentant l'opération publicitaire ne doivent pas être de nature à susciter la confusion
avec un document administratif ou bancaire libellé au nom du destinataire ou avec une publication de la
presse d'information.
Ils comportent un inventaire lisible des lots mis en jeu précisant, pour chacun d'eux, leur nature, leur
nombre exact et leur valeur commerciale.
Ils doivent également reproduire la mention suivante: "Le règlement des opérations est adressé, à titre
gratuit, à toute personne qui en fait la demande". Ils précisent, en outre, l'adresse à laquelle peut être
envoyée cette demande ainsi que le nom de l'officier ministériel auprès de qui ledit règlement a été
déposé en application de l'article L. 121-38.

Article L121-38
Le règlement des opérations ainsi qu'un exemplaire des documents adressés au public doivent être
déposés auprès d'un officier ministériel qui s'assure de leur régularité. Le règlement mentionné ci-dessus
est adressé, à titre gratuit, à toute personne qui en fait la demande.

Article L121-39
Un décret en Conseil d'Etat précise, en tant que de besoin, les conditions de présentation des documents
mentionnés au premier alinéa de l'article L. 121-37.

Article L121-40
Les infractions aux dispositions de la présente section peuvent être constatées et poursuivies dans les
conditions fixées par les articles 45, premier et troisième alinéas, 46, 47 et 52 de l'ordonnance n° 86-1243
du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Article L121-41
Seront punis d'une amende de 250 000 F les organisateurs des opérations définies au premier alinéa de
l'article L. 121-36 qui n'auront pas respecté les conditions exigées par la présente section. Le tribunal
peut ordonner la publication de sa décision, aux frais du condamné, par tous moyens appropriés. En cas
d'infraction particulièrement grave, il peut en ordonner l'envoi à toutes les personnes sollicitées par
lesdites opérations. Lorsqu'il en ordonne l'affichage, il y est procédé dans les conditions et sous les
peines prévues par l'article 131-35 du code pénal.

Section 8 Publicité et pratiques commerciales concernant les préparations


pour nourrissons
Article L121-50

16
Code de la consommation

Constituent, au sens de la présente section, des préparations pour nourrissons les denrées alimentaires
destinées à l'alimentation des enfants jusqu'à l'âge de quatre mois accomplis et présentées comme
répondant à elles seules à l'ensemble des besoins nutritionnels de ceux-ci.

Article L121-51
La publicité en faveur des préparations pour nourrissons n'est autorisée que dans la presse écrite
destinée aux professions de santé.

Article L121-52
Il est interdit, dans le commerce de détail, de distribuer à titre gratuit des échantillons de préparations
pour nourrissons ainsi que de se livrer à toute autre pratique promotionnelle en faveur de la vente directe
de ces préparations.
Il est également interdit aux fabricants et aux distributeurs de fournir au public à titre gratuit des
préparations pour nourrissons, des échantillons de ces produits ou tout autre cadeau promotionnel, que
ce soit directement ou indirectement par l'intermédiaire des services de santé ou de leurs agents.

Article L121-53
Un décret en Conseil d'Etat fixe:
1° Les conditions de la distribution gratuite de la documentation concernant les préparations pour
nourrissons et du matériel de présentation de celles-ci;
2° Les conditions dans lesquelles il peut être exceptionnellement dérogé, dans l'intérêt de la santé des
nourrissons ou des mères, à l'interdiction faite au second alinéa de l'article L. 121-52.

Section 9 Contrat de jouissance d'immeuble à temps partagé


Article L121-60
Est soumis aux dispositions de la présente section tout contrat ou groupe de contrats, conclu à titre
onéreux, par lequel un professionnel confère à un consommateur, directement ou indirectement, la
jouissance d'un ou plusieurs biens immobiliers à usage d'habitation, par périodes déterminées ou
déterminables, pour au moins trois années ou pour une durée indéterminée.
Est soumis aux dispositions de la présente section le contrat de souscription ou de cession de parts ou
actions de sociétés d'attribution d'immeubles en jouissance à temps partagé régi par la loi n° 86-18 du 6
janvier 1986 relative aux sociétés d'attribution d'immeubles en jouissance à temps partagé.

Article L121-61
L'offre de contracter est établie par écrit et indique:
1° L'identité et le domicile du professionnel ou, s'il s'agit d'une personne morale, sa dénomination, sa
forme juridique et son siège; s'il y a lieu, ceux du propriétaire des locaux et de l'intermédiaire, ainsi que le
lien juridique existant entre eux;
2° La désignation et le descriptif précis du ou des locaux et de leur environnement ou les éléments
permettant de les déterminer et, si l'immeuble est en construction, les indications essentielles relatives
aux délais d'exécution des travaux, au raccordement aux divers réseaux, aux garanties d'achèvement ou
de remboursement en cas de non-achèvement et au permis de construire;
3° Les indications essentielles relatives à l'administration de l'immeuble;
4° L'objet du contrat, la nature juridique du droit au titre duquel le consommateur jouira des locaux, la
durée de ce droit, sa date de prise d'effet et les principales conditions légales de son exercice avec
l'indication éventuelle de celles qui restent à remplir;
5° La date limite et les conditions de réalisation de l'acte définitif si l'offre tend à la formation d'un avant-
contrat;
6° La durée et la fréquence de la période unitaire de jouissance;
7° Les dates d'occupation ou, le cas échéant, leurs modalités de fixation ainsi que les modalités de
détermination des locaux occupés;
8° Les installations et équipements communs mis à la disposition du consommateur et les services
fournis, à titre accessoire, ainsi que leur prestataire, les conditions d'accès à ces équipements et
installations et une estimation du coût de cet accès pour le consommateur;

17
Code de la consommation

9° Le prix initial, les frais ainsi que le montant détaillé de toutes les sommes dues périodiquement ou leurs
éléments de détermination; le taux d'évolution annuel desdites sommes au cours de la période triennale
précédant l'offre ou, si cette information n'est pas disponible, une mention avertissant du risque
d'augmentation; le montant ou les éléments de détermination des impôts, taxes et redevances
obligatoires, à la date de l'offre;
10° Le mode de paiement du prix et, le cas échéant, le recours à un crédit quelle qu'en soit la forme;
11° L'affiliation ou la non-affiliation du professionnel à une bourse d'échanges et la possibilité offerte au
consommateur d'y adhérer, ainsi que les conditions, en particulier financières, et effets essentiels de cette
affiliation et de cette adhésion;
12° La mention du caractère limitatif de l'énumération des frais, charges ou obligations de nature
contractuelle.
L'offre est signée par le professionnel. Elle indique sa date et son lieu d'émission.
Les mentions devant figurer dans l'offre sont précisées par un arrêté.

Article L121-62
L'offre reproduit en caractères très apparents les dispositions des articles L. 121-63 à L. 121-68.

Article L121-63
L'offre, complétée par la mention de l'identité et du domicile du consommateur, est remise ou envoyée à
ce dernier en deux exemplaires, dont l'un, qui lui est réservé, comporte un coupon détachable destiné à
faciliter l'exercice de la faculté de rétractation prévue à l'article L. 121-64. Ce coupon rappelle la mention
de l'identité et du domicile ou du siège du professionnel.
L'offre est maintenue pendant un délai de sept jours au moins à compter de sa réception par le
consommateur. La preuve de la date de réception incombe au professionnel.

Article L121-64
L'acceptation de l'offre résulte de sa signature par le consommateur, précédée de la mention manuscrite
de la date et du lieu, suivie de son envoi au professionnel par lettre recommandée avec demande d'avis
de réception ou, à défaut, par tout autre moyen présentant des garanties équivalentes pour la
détermination de la date d'envoi.
Dans les mêmes formes, le consommateur peut se rétracter dans un délai de dix jours à compter de
l'envoi au professionnel de l'offre acceptée, sans indemnité ni frais, à l'exception éventuelle des frais
tarifés nécessairement engagés.

Article L121-65
Les délais prévus par les articles L. 121-63 et L. 121-64 qui expireraient un samedi, un dimanche ou un
jour férié ou chômé sont prorogés jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Article L121-66
Avant l'expiration du délai de rétractation prévu à l'article L. 121-64, nul ne peut exiger ou recevoir du
consommateur, directement ou indirectement, aucun versement ou engagement de versement à quelque
titre ou sous quelque forme que ce soit.

Article L121-67
Lorsqu'il est financé par un crédit porté à la connaissance du professionnel, le contrat est formé sous la
condition suspensive de l'obtention de ce crédit.
L'exercice par le consommateur de la faculté de rétractation prévue à l'article L. 121-64 emporte
résiliation de plein droit du contrat de crédit affecté au financement du contrat de jouissance d'immeuble à
temps partagé, sans frais ni indemnité, à l'exception éventuelle des frais tarifés nécessairement engagés.

Article L121-68
Lorsque le consommateur réside en France ou lorsque le bien ou l'un des biens est situé sur le territoire
français, l'offre est rédigée en langue française.

18
Code de la consommation

L'offre est en outre rédigée, au choix du consommateur, dans la langue ou l'une des langues de l'Etat
membre dans lequel il réside ou dont il est ressortissant, parmi les langues officielles de la Communauté
européenne.
Lorsqu'en application des alinéas qui précèdent l'offre est rédigée en deux langues le consommateur
signe, à son choix, l'une ou l'autre version.
Lorsque le bien ou l'un des biens est situé dans un autre Etat membre de la Communauté européenne
que la France et que le contrat n'est pas rédigé dans la langue de cet Etat en application du présent
article, une traduction conforme dans cette langue est remise au consommateur.

Article L121-69
Toute publicité relative à tout contrat ou groupe de contrats visé à l'article L. 121-60 indique la possibilité
d'obtenir le texte des offres proposées ainsi que l'adresse du lieu où il peut être retiré.

Article L121-70
Est puni de 100 000 F d'amende le fait:
1° Pour tout professionnel, de soumettre à un consommateur une offre tendant à la conclusion de tout
contrat ou groupe de contrats visé à l'article L. 121-60 sans que cette offre soit établie par écrit, contienne
les mentions énumérées à l'article L. 121-61 et reproduise en caractères très apparents les dispositions
des articles L. 121-63 à L. 121-68;
2° Pour tout annonceur, de diffuser ou de faire diffuser pour son compte une publicité non conforme aux
dispositions de l'article L. 121-69.

Article L121-71
Est puni de 200 000 F d'amende le fait, pour tout professionnel, d'exiger ou de recevoir du
consommateur, directement ou indirectement, tout versement ou engagement de versement, à quelque
titre et sous quelque forme que ce soit, avant l'expiration du délai de rétractation prévu à l'article L. 121-
64.

Article L121-72
Les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables, dans les conditions prévues
par l'article 121-2 du code pénal, des infractions définies aux articles L. 121-70 et L. 121-71. Les peines
encourues par les personnes morales sont:
1° L'amende, suivant les modalités prévues par l'article 131-38 du code pénal;
2° Les peines mentionnées à l'article 131-39 du code pénal.

Article L121-73
Est réputée non écrite toute clause qui attribue compétence à une juridiction d'un Etat non partie à la
convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 et à la convention de Lugano du 16 septembre 1988
concernant la compétence judiciaire et l'exécution des décisions en matière civile et commerciale, lorsque
le consommateur a son domicile ou sa résidence habituelle en France ou lorsque le bien ou l'un des
biens est situé sur le territoire d'un Etat partie à ces conventions.

Article L121-74
Lorsque le bien ou l'un des biens est situé sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté
européenne, et lorsque la loi qui régit le contrat ne comporte pas des règles conformes à la directive
94/47/CE du Parlement européen et du Conseil, du 26 octobre 1994, concernant la protection des
acquéreurs pour certains aspects des contrats portant sur l'acquisition d'un droit d'utilisation à temps
partiel de biens immobiliers, il sera fait impérativement application des dispositions mises en vigueur, pour
respecter ladite directive, par l'Etat sur le territoire duquel est situé ce bien, ou, à défaut, des dispositions
de la présente section.

Article L121-75
Lorsque le bien ou l'un des biens n'est pas situé sur le territoire d'un Etat membre de la Communauté
européenne, le consommateur qui a sa résidence habituelle dans un Etat membre de la Communauté
européenne ne peut être privé, quelle que soit la loi applicable, de la protection que lui assurent les

19
Code de la consommation

dispositions impératives prises par cet Etat en application de la directive 94/47/CE du Parlement
européen et du Conseil, du 26 octobre 1994, précitée:
- si le contrat a été conclu dans l'Etat du lieu de résidence habituelle du consommateur;
- si le contrat a été précédé dans cet Etat d'une offre spécialement faite ou d'une publicité et des actes
accomplis par le consommateur nécessaires à la conclusion dudit contrat;
- si le contrat a été conclu dans un Etat où le consommateur s'est rendu à la suite d'une proposition de
voyage ou de séjour faite, directement ou indirectement, par le professionnel pour l'inciter à contracter.

Article L121-76
Les dispositions de la présente section sont d'ordre public. Le non-respect des dispositions prévues aux
articles L. 121-61, L. 121-62, au premier alinéa de l'article L. 121-63 et aux articles L. 121-64 et L. 121-68
est sanctionné par la nullité du contrat.

Section 10 Appellation de boulanger et enseigne de boulangerie


Article L121-80
Ne peuvent utiliser l'appellation de "boulanger" et l'enseigne commerciale de "boulangerie" ou une
dénomination susceptible de porter à confusion, sur le lieu de vente du pain au consommateur final ou
dans des publicités à l'exclusion des documents commerciaux à usage strictement professionnel, les
professionnels qui n'assurent pas eux-mêmes, à partir de matières premières choisies, le pétrissage de la
pâte, sa fermentation et sa mise en forme ainsi que la cuisson du pain sur le lieu de vente au
consommateur final; les produits ne peuvent à aucun stade de la production ou de la vente être surgelés
ou congelés.

Article L121-81
Cette dénomination peut également être utilisée lorsque le pain est vendu de façon itinérante par le
professionnel, ou sous sa responsabilité, qui remplit les conditions précisées à l'article L. 121-80.

Article L121-82
La recherche et la constatation des infractions aux dispositions des articles L. 121-80 et L. 121-81 sont
exercées dans les conditions prévues à l'article L. 121-2 et punies des peines prévues à l'article L. 213-1
et, le cas échéant, au second alinéa de l'article L. 121-6..

Chapitre II Pratiques commerciales illicites

Section 1 Refus et subordination de vente ou de prestation de services


Article L122-1
Il est interdit de refuser à un consommateur la vente d'un produit ou la prestation d'un service, sauf motif
légitime, et de subordonner la vente d'un produit à l'achat d'une quantité imposée ou à l'achat
concomitant d'un autre produit ou d'un autre service ainsi que de subordonner la prestation d'un service à
celle d'un autre service ou à l'achat d'un produit.
Cette disposition s'applique à toutes les activités visées au dernier alinéa de l'article L. 113-2.

Section 2 Ventes sans commande préalable


Article L122-2
Les infractions aux dispositions de l'article R. 635-2 du code pénal peuvent être constatées et poursuivies
dans les conditions fixées par les articles 45, premier et troisième alinéas, 46, 47 et 52 de l'ordonnance n°
86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

20
Code de la consommation

Article L122-3
Tout professionnel vendeur de bien ou prestataire de services qui aura indûment perçu d'un
consommateur un paiement sans engagement exprès et préalable de ce dernier est tenu de restituer les
sommes ainsi prélevées qui sont productives d'intérêts au taux légal calculés à compter de la date du
paiement indu et d'intérêts au taux légal majoré de moitié à compter de la demande de remboursement
faite par le consommateur.

Article L122-4
Les dispositions de l'article L. 122-3 ne font pas obstacle à la perception d'intérêts, de commissions ou de
frais au titre de facilités de caisse ou de découverts bancaires prévus par les conditions générales de
banque portées à la connaissance de la clientèle et précisant le montant ou le mode de calcul de ces
rémunérations.
Il en est de même dans le cas où une modification des conditions initiales du contrat résulte de la mise en
œuvre d'une clause de révision dont les modalités ont été expressément définies et ont recueilli l'accord
des parties au moment de la signature du contrat.

Article L122-5
Le paiement résultant d'une obligation législative ou réglementaire n'exige pas d'engagement exprès et
préalable.

Section 3 Ventes ou prestations "à la boule de neige"


Article L122-6
Sont interdits:
1° La vente pratiquée par le procédé dit "de la boule de neige" ou tous autres procédés analogues
consistant en particulier à offrir des marchandises au public en lui faisant espérer l'obtention de ces
marchandises à titre gratuit ou contre remise d'une somme inférieure à leur valeur réelle et en
subordonnant les ventes au placement de bons ou de tickets à des tiers ou à la collecte d'adhésions ou
inscriptions;
2° Le fait de proposer à une personne de collecter des adhésions ou de s'inscrire sur une liste en lui
faisant espérer des gains financiers résultant d'une progression géométrique du nombre des personnes
recrutées ou inscrites.
Dans le cas de réseaux de vente constitués par recrutement en chaîne d'adhérents ou d'affiliés, il est
interdit d'obtenir d'un adhérent ou affilié du réseau le versement d'une somme correspondant à un droit
d'entrée ou à l'acquisition de matériels ou de services à vocation pédagogique, de formation, de
démonstration ou de vente ou tout autre matériel ou service analogue, lorsque ce versement conduit à un
paiement ou à l'attribution d'un avantage bénéficiant à un ou plusieurs adhérents ou affiliés du réseau.
En outre, il est interdit, dans ces mêmes réseaux, d'obtenir d'un adhérent ou affilié l'acquisition d'un stock
de marchandises destinées à la revente, sans garantie de reprise du stock aux conditions de l'achat,
déduction faite éventuellement d'une somme n'excédant pas 10 p. 100 du prix correspondant. Cette
garantie de reprise peut toutefois être limitée à une période d'un an après l'achat.

Article L122-7
Sans préjudice de l'application, le cas échéant, des peines prévues aux articles 313-1, 313-7 et 313-8 du
code pénal, toute infraction à la présente section sera punie d'une amende de 30 000 F et d'un
emprisonnement d'un an.
Le délinquant pourra être, en outre, condamné à rembourser à ceux de ses clients qui n'auront pu être
satisfaits les sommes versées par eux, sans qu'il puisse avoir recours contre ceux qui ont obtenu la
marchandise.

Section 4 Abus de faiblesse


Article L122-8
Quiconque aura abusé de la faiblesse ou de l'ignorance d'une personne pour lui faire souscrire, par le
moyen de visites à domicile, des engagements au comptant ou à crédit sous quelque forme que ce soit

21
Code de la consommation

sera puni d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 60 000 F ou de l'une de ces deux peines
seulement, lorsque les circonstances montrent que cette personne n'était pas en mesure d'apprécier la
portée des engagements qu'elle prenait ou de déceler les ruses ou artifices déployés pour la convaincre à
y souscrire, ou font apparaître qu'elle a été soumise à une contrainte.

Article L122-9

Les dispositions de l'article L. 122-8 sont applicables, dans les mêmes conditions, aux engagements
obtenus:
1° Soit à la suite d'un démarchage par téléphone ou télécopie;
2° Soit à la suite d'une sollicitation personnalisée, sans que cette sollicitation soit nécessairement
nominative, à se rendre sur un lieu de vente, effectuée à domicile et assortie de l'offre d'avantages
particuliers;
3° Soit à l'occasion de réunions ou d'excursions organisées par l'auteur de l'infraction ou à son profit;
4° Soit lorsque la transaction a été faite dans des lieux non destinés à la commercialisation du bien ou du
service proposé ou dans le cadre de foires ou de salons;
5° Soit lorsque la transaction a été conclue dans une situation d'urgence ayant mis la victime de
l'infraction dans l'impossibilité de consulter un ou plusieurs professionnels qualifiés, tiers ou contrat.

Article L122-10
Les dispositions des articles L. 122-8 et L. 122-9 sont applicables à quiconque aura abusé de la faiblesse
ou de l'ignorance d'une personne pour se faire remettre, sans contreparties réelles, des sommes en
numéraire ou par virement, des chèques bancaires ou postaux, des ordres de paiement par carte de
paiement ou carte de crédit, ou bien des valeurs mobilières, au sens de l'article 529 du code civil.

Article L122-11
Les infractions aux dispositions de la présente section peuvent être constatées et poursuivies dans les
conditions fixées par les articles 45, premier et troisième alinéas, 46, 47 et 52 de l'ordonnance n° 86-1243
du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Titre III Conditions générales des contrats

Chapitre Ier Arrhes et acompte


Article L131-1
Si la chose qu'on s'est obligé à vendre est mobilière, toute somme versée d'avance sur le prix, quels que
soient la nature de ce versement et le nom qui est donné dans l'acte, est productive, au taux légal en
matière civile, d'intérêts qui courront à l'expiration d'un délai de trois mois à compter du versement jusqu'à
réalisation ou restitution des sommes versées d'avance, sans préjudice de l'obligation de livrer qui reste
entière.
Pour les prestations de services, les sommes versées d'avance portent intérêts au taux légal à l'expiration
d'un délai de trois mois à compter du versement jusqu'à l'exécution de la prestation ou la restitution de
ces sommes, sans préjudice de l'obligation d'exécuter la prestation.
Les intérêts seront déduits du solde à verser au moment de la réalisation ou seront ajoutés aux sommes
versées d'avance en cas de restitution.

Article L131-2
Les dispositions du présent chapitre ne sont pas applicables aux commandes spéciales sur devis ni aux
ventes de produits dont la fabrication est entreprise sur commande spéciale de l'acheteur.

Article L131-3
Il ne peut être dérogé par des conventions particulières aux dispositions du présent chapitre.

22
Code de la consommation

Chapitre II Clauses abusives

Section 1 Protection des consommateurs contre les clauses abusives


Article L132-1
Dans les contrats conclus entre professionnels et non-professionnels ou consommateurs, sont abusives
les clauses qui ont pour objet ou pour effet de créer, au détriment du non-professionnel ou du
consommateur, un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties au contrat.
Des décrets en Conseil d'Etat, pris après avis de la commission instituée à l'article L. 132-2, peuvent
déterminer des types de clauses qui doivent être regardées comme abusives au sens du premier alinéa.
Une annexe au présent code comprend une liste indicative et non exhaustive de clauses qui peuvent être
regardées comme abusives si elles satisfont aux conditions posées au premier alinéa. En cas de litige
concernant un contrat comportant une telle clause, le demandeur n'est pas dispensé d'apporter la preuve
du caractère abusif de cette clause.
Ces dispositions sont applicables quels que soient la forme ou le support du contrat. Il en est ainsi
notamment des bons de commande, factures, bons de garantie, bordereaux ou bons de livraison, billets
ou tickets, contenant des stipulations négociées librement ou non ou des références à des conditions
générales préétablies.
Sans préjudice des règles d'interprétation prévues aux articles 1156 à 1161, 1163 et 1164 du code civil, le
caractère abusif d'une clause s'apprécie en se référant, au moment de la conclusion du contrat, à toutes
les circonstances qui entourent sa conclusion, de même qu'à toutes les autres clauses du contrat. Il
s'apprécie également au regard de celles contenues dans un autre contrat lorsque la conclusion ou
l'exécution de ces deux contrats dépendent juridiquement l'une de l'autre.
Les clauses abusives sont réputées non écrites.
L'appréciation du caractère abusif des clauses au sens du premier alinéa ne porte ni sur la définition de
l'objet principal du contrat ni sur l'adéquation du prix ou de la rémunération au bien vendu ou au service
offert.
Le contrat restera applicable dans toutes ses dispositions autres que celles jugées abusives s'il peut
subsister sans lesdites clauses.
Les dispositions du présent article sont d'ordre public.

Annexe: clauses visées au troisième alinéa de l'article L. 132-1.


1. Clauses ayant pour objet ou pour effet:
a) D'exclure ou de limiter la responsabilité légale du professionnel en cas de mort d'un consommateur ou
de dommages corporels causés à celui-ci, résultant d'un acte ou d'une omission de ce professionnel;
b) D'exclure ou de limiter de façon inappropriée les droits légaux du consommateur vis-à-vis du
professionnel ou d'une autre partie en cas de non-exécution totale ou partielle ou d'exécution défectueuse
par le professionnel d'une quelconque des obligations contractuelles, y compris la possibilité de
compenser une dette envers le professionnel avec une créance qu'il aurait contre lui;
c) De prévoir un engagement ferme du consommateur, alors que l'exécution des prestations du
professionnel est assujettie à une condition dont la réalisation dépend de sa seule volonté;
d) De permettre au professionnel de retenir des sommes versées par le consommateur lorsque celui-ci
renonce à conclure ou à exécuter le contrat, sans prévoir le droit, pour le consommateur, de percevoir
une indemnité d'un montant équivalent de la part du professionnel lorsque c'est celui-ci qui renonce;
e) D'imposer au consommateur qui n'exécute pas ses obligations une indemnité d'un montant
disproportionnellement élevé;
f) D'autoriser le professionnel à résilier le contrat de façon discrétionnaire si la même faculté n'est pas
reconnue au consommateur, ainsi que de permettre au professionnel de retenir les sommes versées au
titre de prestations non encore réalisées par lui, lorsque c'est le professionnel lui-même qui résilie le
contrat;
g) D'autoriser le professionnel à mettre fin sans un préavis raisonnable à un contrat à durée indéterminée,
sauf en cas de motif grave;
h) De proroger automatiquement un contrat à durée déterminée en l'absence d'expression contraire du
consommateur, alors qu'une date excessivement éloignée de la fin du contrat a été fixée comme date
limite pour exprimer cette volonté de non-prorogation de la part du consommateur;

23
Code de la consommation

i) De constater de manière irréfragable l'adhésion du consommateur à des clauses dont il n'a pas eu,
effectivement, l'occasion de prendre connaissance avant la conclusion du contrat;
j) D'autoriser le professionnel à modifier unilatéralement les termes du contrat sans raison valable et
spécifiée dans le contrat;
k) D'autoriser les professionnels à modifier unilatéralement sans raison valable des caractéristiques du
produit à livrer ou du service à fournir;
l) De prévoir que le prix des biens est déterminé au moment de la livraison, ou d'accorder au vendeur de
biens ou au fournisseur de services le droit d'augmenter leurs prix sans que, dans les deux cas, le
consommateur n'ait de droit correspondant lui permettant de rompre le contrat au cas où le prix final est
trop élevé par rapport au prix convenu lors de la conclusion du contrat;

m) D'accorder au professionnel le droit de déterminer si la chose livrée ou le service fourni est conforme
aux stipulations du contrat ou de lui conférer le droit exclusif d'interpréter une quelconque clause du
contrat;
n) De restreindre l'obligation du professionnel de respecter les engagements pris par ses mandataires ou
de soumettre ses engagements au respect d'une formalité particulière;
o) D'obliger le consommateur à exécuter ses obligations lors même que le professionnel n'exécuterait pas
les siennes;
p) De prévoir la possibilité de cession du contrat de la part du professionnel, lorsqu'elle est susceptible
d'engendrer une diminution des garanties pour le consommateur sans l'accord de celui-ci;
q) De supprimer ou d'entraver l'exercice d'actions en justice ou des voies de recours par le
consommateur, notamment en obligeant le consommateur à saisir exclusivement une juridiction
d'arbitrage non couverte par des dispositions légales, en limitant indûment les moyens de preuves à la
disposition du consommateur ou en imposant à celui-ci une charge de preuve qui, en vertu du droit
applicable, devrait revenir normalement à une autre partie au contrat.
2. Portée des points g, j et l:
a) Le point g ne fait pas obstacle à des clauses par lesquelles le fournisseur de services financiers se
réserve le droit de mettre fin au contrat à durée indéterminée unilatéralement, et ce, sans préavis en cas
de raison valable, pourvu que soit mise à la charge du professionnel l'obligation d'en informer la ou les
autres parties contractantes immédiatement;
b) Le point j ne fait pas obstacle à des clauses selon lesquelles le fournisseur de services financiers se
réserve le droit de modifier le taux d'intérêt dû par le consommateur ou dû à celui-ci, ou le montant de
toutes autres charges afférentes à des services financiers, sans aucun préavis en cas de raison valable,
pourvu que soit mise à la charge du professionnel l'obligation d'en informer la ou les autres parties
contractantes dans les meilleurs délais et que celles-ci soient libres de réaliser immédiatement le contrat.
Le point j ne fait pas non plus obstacle à des clauses selon lesquelles le professionnel se réserve le droit
de modifier unilatéralement les conditions d'un contrat de durée indéterminée pourvu que soit mis à sa
charge le devoir d'en informer le consommateur avec un préavis raisonnable et que celui-ci soit libre de
résilier le contrat;
c) Les points g, j et l ne sont pas applicables aux:
- transactions concernant les valeurs mobilières, instruments financiers et autres produits ou services
dont le prix est lié aux fluctuations d'un cours ou d'un indice boursier ou d'un taux de marché financier que
le professionnel ne contrôle pas;
- contrats d'achat ou de vente de devises, de chèques de voyage ou de mandats-poste internationaux
libellés en devises;
d) Le point l ne fait pas obstacle aux clauses d'indexation de prix pour autant qu'elles soient licites et que
le mode de variation du prix y soit explicitement décrit.

Section 2 La commission des clauses abusives


Article L132-2
La commission des clauses abusives, placée auprès du ministre chargé de la consommation, connaît des
modèles de conventions habituellement proposés par les professionnels à leurs contractants non
professionnels ou consommateurs. Elle est chargée de rechercher si ces documents contiennent des
clauses qui pourraient présenter un caractère abusif.

24
Code de la consommation

Article L132-3
Elle peut être saisie à cet effet soit par le ministre chargé de la consommation, soit par les associations
agréées de défense des consommateurs, soit par les professionnels intéressés. Elle peut également se
saisir d'office.

Article L132-4
La commission recommande la suppression ou la modification des clauses qui présentent un caractère
abusif. Le ministre chargé de la consommation peut soit d'office, soit à la demande de la commission,
rendre publiques ces recommandations qui ne peuvent contenir aucune indication de nature à permettre
l'identification de situations individuelles.

Article L132-5
La commission établit chaque année un rapport de son activité et propose éventuellement les
modifications législatives ou réglementaires qui lui paraissent souhaitables. Ce rapport est rendu public.

Chapitre III Interprétation et forme des contrats


Article L133-1
En vue d'assurer l'information du contractant non professionnel ou consommateur, les décrets prévus à
l'article L. 132-1 peuvent réglementer la présentation des écrits constatant les contrats visés au même
article.

Article L133-2
Les clauses des contrats proposés par les professionnels aux consommateurs ou aux non-professionnels
doivent être présentées et rédigées de façon claire et compréhensible.
Elles s'interprètent en cas de doute dans le sens le plus favorable au consommateur ou au non-
professionnel. Le présent alinéa n'est toutefois pas applicable aux procédures engagées sur le fondement
de l'article L. 421-6.

Chapitre IV Remise des contrats


Article L134-1
Les professionnels vendeurs ou prestataires de services doivent remettre à toute personne intéressée qui
en fait la demande un exemplaire des conventions qu'ils proposent habituellement.

Chapitre V Du conflit des lois relatives aux clauses abusives


Article L135-1
Nonobstant toute stipulation contraire, les dispositions de l'article L. 132-1 sont applicables lorsque la loi
qui régit le contrat est celle d'un Etat n'appartenant pas à l'Union européenne, que le consommateur ou le
non-professionnel a son domicile sur le territoire de l'un des Etats membres de l'Union européenne et que
le contrat y est proposé, conclu ou exécuté

Titre IV Pouvoirs des agents et actions juridictionnelles

Chapitre unique Dispositions particulières relatives aux pouvoirs des


agents et aux actions juridictionnelles
Article L141-1
I. - Sont constatées et poursuivies dans les conditions fixées par les articles 45, premier et troisième
alinéa, 46, 47 et 52 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de
la concurrence, reproduits au paragraphe IV ci-après, les infractions aux dispositions prévues au présent
code par:

25
Code de la consommation

1° Les articles L. 121-70, L. 121-71, L. 121-72, L. 122-6 et L. 122-7;


2° Les articles L. 132-1 à L. 132-5, L. 133-1 et 134-1.
II. - Dans les conditions fixées par les articles 45 à 48, 51, 52, 54 et 56 de l'ordonnance précitée,
reproduits au paragraphe IV ci-après, les personnes habilitées en vertu de l'article 45 de cette
ordonnance peuvent procéder aux enquêtes nécessaires à l'application des dispositions prévues par les
articles L. 113-3, L 121-35 et L. 122-1 du présent code.
III. - Les dispositions des articles 54 et 56 de l'ordonnance précitée, reproduits au paragraphe IV ci-après,
sont applicables aux dispositions prévues par les articles L. 113-3, L. 121-35 et L. 122-1 du présent code.
IV. - Les règles relatives à l'application des dispositions des paragraphes I à III ci-dessus sont fixées par
les articles 45 à 48, 51, 52, 54 et 56 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 précitée,
reproduits ci-après:
"Art. 45: Des fonctionnaires habilités à cet effet par le ministre chargé de l'économie peuvent procéder
aux enquêtes nécessaires à l'application de la présente ordonnance.
"Les rapporteurs du Conseil de la concurrence disposent des mêmes pouvoirs pour les affaires dont le
conseil est saisi.
"Des fonctionnaires de catégorie A du ministère chargé de l'économie spécialement habilités à cet effet
par le garde des sceaux, ministre de la justice, sur la proposition du ministre chargé de l'économie,
peuvent recevoir des juges d'instruction des commissions rogatoires.
"Art. 46: Les enquêtes donnent lieu à l'établissement de procès-verbaux et, le cas échéant, de rapports.
"Les procès-verbaux sont transmis à l'autorité compétente. Un double en est laissé aux parties
intéressées. Ils font foi jusqu'à preuve contraire.
"Art. 47: Les enquêteurs peuvent accéder à tous locaux, terrains ou moyens de transports à usage
professionnel, demander la communication des livres, factures et tous autres documents professionnels
et en prendre copie, recueillir sur convocation ou sur place les renseignements et justifications.
"Ils peuvent demander à l'autorité dont ils dépendent de désigner un expert pour procéder à toute
expertise contradictoire nécessaire.

"Art. 48: Les enquêteurs ne peuvent procéder aux visites en tous lieux ainsi qu'à la saisie de documents
que dans le cadre d'enquêtes demandées par le ministre chargé de l'économie ou le Conseil de la
concurrence et sur autorisation judiciaire donnée par ordonnance du président du tribunal de grande
instance dans le ressort duquel sont situés les lieux à visiter ou d'un juge délégué par lui. Lorsque ces
lieux sont situés dans le ressort de plusieurs juridictions et qu'une action simultanée doit être menée dans
chacun d'eux, une ordonnance unique peut être délivrée par l'un des présidents compétents.
"Le juge doit vérifier que la demande d'autorisation qui lui est soumise est fondée; cette demande doit
comporter tous les éléments d'information de nature à justifier la visite.
"La visite et la saisie s'effectuent sous l'autorité et le contrôle du juge qui les a autorisées. Il désigne un ou
plusieurs officiers de police judiciaire chargés d'assister à ces opérations et de le tenir informé de leur
déroulement. Lorsqu'elles ont lieu en dehors du ressort de son tribunal de grande instance, il délivre une
commission rogatoire pour exercer ce contrôle au président du tribunal de grande instance dans le
ressort duquel s'effectue la visite.
"Le juge peut se rendre dans les locaux pendant l'intervention. A tout moment, il peut décider la
suspension ou l'arrêt de la visite.
"L'ordonnance mentionnée au premier alinéa du présent article n'est susceptible que d'un pourvoi en
cassation selon les règles prévues par le code de procédure pénale. Ce pourvoi n'est pas suspensif.
"La visite, qui ne peut commencer avant 6 heures ou après 21 heures, est effectuée en présence de
l'occupant des lieux ou de son représentant.
"Les enquêteurs, l'occupant des lieux ou son représentant ainsi que l'officier de police judiciaire peuvent
seuls prendre connaissance des pièces et documents avant leur saisie.
"Les inventaires et mises sous scellés sont réalisés conformément à l'article 56 du code de procédure
pénale.
"Les originaux du procès-verbal et de l'inventaire sont transmis au juge qui a ordonné la visite.
"Les pièces et documents qui ne sont plus utiles à la manifestation de la vérité sont restitués à l'occupant
des lieux.

26
Code de la consommation

"Art. 51: Les enquêteurs peuvent, sans se voir opposer le secret professionnel, accéder à tout document
ou élément d'information détenu par les services et établissements de l'Etat et des autres collectivités
publiques.
"Art. 52: Sera puni d'un emprisonnement de six mois et d'une amende de 50 000 F, ou de l'une de ces
deux peines seulement, quiconque se sera opposé, de quelque façon que ce soit, à l'exercice des
fonctions dont les agents désignés à l'article 45 et les rapporteurs du Conseil de la concurrence sont
chargés en application de la présente ordonnance.
"Art. 54: La juridiction peut condamner solidairement les personnes morales au paiement des amendes
prononcées contre leurs dirigeants en vertu des dispositions de la présente ordonnance et des textes pris
pour son application.
"Art. 56: Pour l'application de la présente ordonnance, le ministre chargé de l'économie ou son
représentant peut, devant les juridictions civiles ou pénales, déposer des conclusions et les développer
oralement à l'audience. Il peut également produire les procès-verbaux et les rapports d'enquête".

Livre II Conformité et sécurité des produits et des services

Titre Ier Conformité

Chapitre Ier Dispositions générales

Section 1 Garantie légale


Article L211-1
Les règles relatives à la garantie des vices cachés dans les contrats de consommation sont fixées par les
articles 1641 à 1648, premier alinéa, du code civil reproduits ci-après:
"Art. 1641: Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la
rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage que l'acheteur ne
l'aurait pas acquise ou n'en aurait donné qu'un moindre prix s'il les avait connus.
"Art. 1642: Le vendeur n'est pas tenu des vices apparents et dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même.
"Art. 1643: Il est tenu des vices cachés, quand même il ne les aurait pas connus, à moins que, dans ce
cas, il n'ait stipulé qu'il ne sera obligé à aucune garantie.
"Art. 1644: Dans le cas des articles 1641 et 1643, l'acheteur a le choix de rendre la chose et de se faire
restituer le prix ou de garder la chose et de se faire rendre une partie du prix telle qu'elle sera arbitrée par
experts.
"Art. 1645: Si le vendeur connaissait les vices de la chose, il est tenu, outre la restitution du prix qu'il en a
reçu, de tous les dommages et intérêts envers l'acheteur.
"Art. 1646: Si le vendeur ignorait les vices de la chose, il ne sera tenu qu'à la restitution du prix et à
rembourser à l'acquéreur les frais occasionnés par la vente.
"Art. 1647: Si la chose qui avait des vices a péri par suite de sa mauvaise qualité, la perte est pour le
vendeur, qui sera tenu envers l'acheteur à la restitution du prix et aux autres dédommagements expliqués
dans les deux articles précédents.
"Mais la perte arrivée par cas fortuit sera pour le compte de l'acheteur.
"Art. 1648, premier alinéa: L'action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l'acquéreur, dans
un bref délai, suivant la nature des vices rédhibitoires et l'usage du lieu où la vente a été faite".

Section 2 Dispositions particulières aux garanties conventionnelles


Article L211-2
Lorsqu'un consommateur demande à un professionnel, pendant le cours de la garantie contractuelle qui
lui a été consentie lors de l'acquisition ou de la réparation d'un bien meuble, une remise en état couverte
par la garantie, toute période d'immobilisation du bien d'au moins sept jours vient s'ajouter à la durée de
la garantie qui restait à courir à la date de la demande d'intervention du consommateur ou de la mise à
disposition pour réparation du bien en cause, si cette mise à disposition est postérieure à la demande
d'intervention.
Il ne peut être dérogé par convention aux dispositions du présent article.

27
Code de la consommation

Chapitre II Obligation générale de conformité


Article L212-1
Dès la première mise sur le marché, les produits doivent répondre aux prescriptions en vigueur relatives à
la sécurité et à la santé des personnes, à la loyauté des transactions commerciales et à la protection des
consommateurs.
Le responsable de la première mise sur le marché d'un produit est donc tenu de vérifier que celui-ci est
conforme aux prescriptions en vigueur.
A la demande des agents habilités pour appliquer les chapitres II à VI, il est tenu de justifier les
vérifications et contrôles effectués.

Chapitre III Fraudes et falsifications

Section 1 Tromperie
Article L213-1
Sera puni d'un emprisonnement de deux ans au plus et d'une amende de 250 000 F au plus ou de l'une
de ces deux peines seulement quiconque, qu'il soit ou non partie au contrat, aura trompé ou tenté de
tromper le contractant, par quelque moyen en procédé que ce soit, même par l'intermédiaire d'un tiers:
1° Soit sur la nature, l'espèce, l'origine, les qualités substantielles, la composition ou la teneur en
principes utiles de toutes marchandises;
2° Soit sur la quantité des choses livrées ou sur leur identité par la livraison d'une marchandise autre que
la chose déterminée qui a fait l'objet du contrat;
3° Soit sur l'aptitude à l'emploi, les risques inhérents à l'utilisation du produit, les contrôles effectués, les
modes d'emploi ou les précautions à prendre.

Article L213-2
Les peines prévues à l'article L. 213-1 sont portées au double:
1° Si les délits prévus audit article ont eu pour conséquence de rendre l'utilisation de la marchandise
dangereuse pour la santé de l'homme ou de l'animal;
2° Si le délit ou la tentative de délit prévus à l'article L. 213-1 ont été commis:
a) Soit à l'aide de poids, mesures et autres instruments faux ou inexacts;
b) Soit à l'aide de manœuvres ou procédés tendant à fausser les opérations de l'analyse ou du dosage,
du pesage ou du mesurage, ou tendant à modifier frauduleusement la composition, le poids ou le volume
des marchandises, même avant ces opérations;
c) Soit enfin à l'aide d'indications frauduleuses tendant à faire croire à une opération antérieure et exacte.

Section 2 Falsifications et délits connexes


Article L213-3
Seront punis des peines portées par l'article L. 213-1:
1° Ceux qui falsifieront des denrées servant à l'alimentation de l'homme ou des animaux, des substances
médicamenteuses, des boissons et des produits agricoles ou naturels destinés à être vendus;
2° Ceux qui exposeront, mettront en vente ou vendront des denrées servant à l'alimentation de l'homme
ou des animaux, des boissons et des produits agricoles ou naturels qu'ils sauront être falsifiés ou
corrompus ou toxiques;
3° Ceux qui exposeront, mettront en vente ou vendront des substances médicamenteuses falsifiées;
4° Ceux qui exposeront, mettront en vente ou vendront, connaissant leur destination, des produits, objets
ou appareils propres à effectuer la falsification des denrées servant à l'alimentation de l'homme ou des
animaux, des boissons ou des produits agricoles ou naturels et ceux qui auront provoqué à leur emploi
par le moyen de brochures, circulaires, prospectus, affiches, annonces ou instructions quelconques.
Si la substance falsifiée ou corrompue ou si la substance médicamenteuse falsifiée est nuisible à la santé
de l'homme ou de l'animal, l'emprisonnement sera de quatre ans et l'amende de 500 000 F.

28
Code de la consommation

Ces peines seront applicables même au cas où la falsification nuisible serait connue de l'acheteur ou du
consommateur.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux fruits frais et légumes frais, fermentés ou
corrompus.

Article L213-4
Seront punis d'une amende de 30 000 F et d'un emprisonnement de trois mois au plus ou de l'une de ces
deux peines seulement ceux qui, sans motifs légitimes, seront trouvés détenteurs dans tous les lieux de
fabrication, de production, de conditionnement, de stockage, de dépôt ou de vente, dans les véhicules
utilisés pour le transport des marchandises, ainsi que dans les lieux où sont hébergés ou abattus les
animaux dont la viande ou les produits sont destinés à l'alimentation humaine ou animale:
1° Soit de poids ou mesures faux ou autres appareils inexacts servant au pesage ou au mesurage des
marchandises;
2° Soit de denrées servant à l'alimentation de l'homme ou des animaux, de boissons, de produits
agricoles ou naturels qu'ils savaient être falsifiés, corrompus ou toxiques;
3° Soit de substances médicamenteuses falsifiées;
4° Soit de produits, objets ou appareils propres à effectuer la falsification des denrées servant à
l'alimentation de l'homme ou des animaux, des boissons ou des produits agricoles ou naturels.
Si la substance alimentaire falsifiée ou corrompue ou si la substance médicamenteuse falsifiée est
nuisible à la santé de l'homme ou de l'animal, l'emprisonnement sera de deux ans et l'amende de 250 000
F.
Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux fruits frais et légumes frais, fermentés ou
corrompus.
Seront punis des peines prévues par l'article 214-2 tous vendeurs ou détenteurs de produits destinés à la
préparation ou à la conservation des boissons qui ne porteront pas sur une étiquette l'indication des
éléments entrant dans leur composition et la proportion de ceux de ces éléments dont l'emploi n'est admis
par les lois et règlements en vigueur qu'à doses limitées.

Section 3 Récidive légale


Article L213-5
Sera considéré comme étant en état de récidive légale quiconque ayant été condamné à des peines
correctionnelles par application des chapitres II à VI du présent titre ou des textes énumérés ci-après
aura, dans les cinq ans qui suivront la date à laquelle cette condamnation sera devenue définitive,
commis un nouveau délit tombant sous l'application des chapitres II à VII du présent titre ou des textes
énumérés ci-après:
- les articles L. 141, L. 142 et L. 144, les chapitres Ier et IV du titre Ier, les chapitres II et III du titre II et les
chapitres Ier et VIII du titre III du livre V du code de la santé publique;
- les articles L. 231-6 et L. 231-7 du chapitre Ier du titre III et l'article L. 263-2 du chapitre III du titre VI du
livre II du code du travail;
- le chapitre VII du présent titre, la section 1 du chapitre V du titre Ier du livre Ier, la section 1 du chapitre
Ier du titre II du livre Ier, l'article L. 115-30 du présent code;
- loi du 14 août 1889 sur les vins;
- loi du 11 juillet 1891 tendant à réprimer les fraudes dans la vente des vins;
- loi du 24 juillet 1894 relative aux fraudes commises dans la vente des vins;
- loi du 6 avril 1897 concernant la fabrication, la circulation et la vente des vins artificiels;
- loi du 4 août 1903 réglementant le commerce des produits cupriques et anticryptogamiques;
- loi du 11 juillet 1906 relative à la protection des conserves de sardines, de légumes et de prunes contre
la fraude étrangère, dont les dispositions ont été rendues applicables à toutes les conserves étrangères
de poissons entrant en France par la loi du 28 juin 1913;
- loi du 4 août 1929 réglementant le sucrage des vins;
- loi du 1er janvier 1930 sur les vins;
- loi du 26 mars 1930 réprimant les fausses indications d'origine des marchandises;
- loi du 30 décembre 1931 tendant à réprimer la fraude dans le commerce de l'essence térébenthine et
des produits provenant des végétaux résineux;

29
Code de la consommation

- loi du 29 juin 1934 tendant à assurer la loyauté du commerce des fruits et légumes et à réprimer la vente
des fruits véreux;
- loi du 3 juillet 1934 modifiée tendant à réglementer la fabrication des pâtes alimentaires;
- loi du 2 juillet 1935 tendant à l'organisation et à l'assainissement des marchés du lait et des produits
résineux;
- loi du 25 juin 1936 tendant à la définition légale et à la protection du cuir et à la répression de la fraude
dans la vente du cuir et des produits ouvrés du cuir;
- loi du 21 avril 1939 tendant à réprimer les fraudes dans la vente des objets en écaille et en ivoire;

- loi du 3 février 1940 tendant à réglementer le commerce des produits destinés à l'alimentation des
animaux;
- loi n° 525 du 2 novembre 1943 modifiée relative à l'organisation du contrôle des produits antiparasitaires
à usage agricole;
- loi n° 60-808 du 5 août 1960 d'orientation agricole;
- loi n° 64-1360 du 31 décembre 1964 modifiée sur les marques de fabrique, de commerce ou de service;
- loi n° 71-383 du 22 mai 1971 relative à l'amélioration des essences forestières;
- loi n° 73-1097 du 12 décembre 1973 sur les appellations d'origine en matière viticole;
- loi n° 79-595 du 13 juillet 1979 relative à l'organisation du contrôle des matières fertilisantes et des
supports de culture;
- loi n° 80-502 du 4 juillet 1980 d'orientation agricole (paragraphes III et IV de l'article 14).

Chapitre IV Mesures d'application


Article L214-1
Il sera statué par des décrets en Conseil d'Etat sur les mesures à prendre pour assurer l'exécution des
chapitres II à VI du présent titre, notamment en ce qui concerne:
1° La fabrication et l'importation des marchandises autres que celles visées aux articles 258, 259 et 262
du code rural ainsi que la vente, la mise en vente, l'exposition, la détention et la distribution à titre gratuit
de toutes marchandises visées par les chapitres II à VI;
2° Les modes de présentation ou les inscriptions de toute nature sur les marchandises elles-mêmes, les
emballages, les factures, les documents commerciaux ou documents de promotion, en ce qui concerne
notamment: la nature, les qualités substantielles, la composition, la teneur en principes utiles, l'espèce,
l'origine, l'identité, la quantité, l'aptitude à l'emploi, les modes d'emploi ainsi que les marques spéciales
facultatives ou obligatoires apposées sur les marchandises françaises exportées à l'étranger;
3° La définition, la composition et la dénomination des marchandises de toute nature, les traitements
licites dont elles peuvent être l'objet, les caractéristiques qui les rendent impropres à la consommation;
4° La définition et les conditions d'emploi des termes et expressions publicitaires, dans le but d'éviter une
confusion;
5° L'hygiène des établissements où sont préparées, conservées et mises en vente les denrées destinées
à l'alimentation humaine ou animale autres que celles visées aux articles 258, 259 et 262 du code rural et
les conditions d'hygiène et de santé des personnes travaillant dans ces locaux;
6° Les conditions dans lesquelles sont déterminées les caractéristiques microbiologiques et hygiéniques
des marchandises destinées à l'alimentation humaine ou animale autres que celles visées aux articles
258, 259 et 262 du code rural;
7° Les conditions matérielles dans lesquelles les indications, visées au dernier alinéa de l'article L. 213-4,
devront être portées à la connaissance des acheteurs sur les étiquettes, annonces, réclames, papiers de
commerce.

Il sera statué par des décrets en Conseil d'Etat sur les mesures à prendre pour assurer l'exécution des
chapitres II à VI du présent titre, notamment en ce qui concerne:
1° La fabrication et l'importation des marchandises autres que celles visées aux articles 258, 259 et 262
du code rural ainsi que la vente, la mise en vente, l'exposition, la détention et la distribution à titre gratuit
de toutes marchandises visées par les chapitres II à VI;
2° Les modes de présentation ou les inscriptions de toute nature sur les marchandises elles-mêmes, les
emballages, les factures, les documents commerciaux ou documents de promotion, en ce qui concerne
notamment: la nature, les qualités substantielles, la composition, la teneur en principes utiles, l'espèce,

30
Code de la consommation

l'origine, l'identité, la quantité, l'aptitude à l'emploi, les modes d'emploi ainsi que les marques spéciales
facultatives ou obligatoires apposées sur les marchandises françaises exportées à l'étranger;
3° La définition, la composition et la dénomination des marchandises de toute nature, les traitements
licites dont elles peuvent être l'objet, les caractéristiques qui les rendent impropres à la consommation;
4° La définition et les conditions d'emploi des termes et expressions publicitaires, dans le but d'éviter une
confusion;
5° L'hygiène des établissements où sont préparées, conservées et mises en vente les denrées destinées
à l'alimentation humaine ou animale autres que celles visées aux articles 258, 259 et 262 du code rural et
les conditions d'hygiène et de santé des personnes travaillant dans ces locaux;
6° Les conditions dans lesquelles sont déterminées les caractéristiques microbiologiques et hygiéniques
des marchandises destinées à l'alimentation humaine ou animale autres que celles visées aux articles
258, 259 et 262 du code rural;
7° Les conditions matérielles dans lesquelles les indications, visées au dernier alinéa de l'article L. 213-4,
devront être portées à la connaissance des acheteurs sur les étiquettes, annonces, réclames, papiers de
commerce.

Article L214-1-1
Un décret en Conseil d'Etat fixe la liste des produits ou denrées pour lesquels la traçabilité doit être
assurée. Il précise les obligations des producteurs et des distributeurs qui sont tenus d’établir et de mettre
à jour des procédures d'informations enregistrées et d'identification des produits ou des lots de produits.
Ces procédures permettent de connaître l'origine de ces produits et de ces lots, ainsi que les conditions
de leur production et de leur distribution.
L'autorité administrative précise, pour chaque produit ou denrée, les étapes de production et de
commercialisation pour lesquelles la traçabilité doit être assurée, ainsi que des moyens à mettre en
œuvre en fonction de la taille des entreprises.

Article L214-2
Les infractions aux décrets en Conseil d'Etat, pris en vertu des articles L. 214-1, L. 214-1-1, L. 215-1,
dernier alinéa, et L. 215-4 qui ne se confondront avec aucun délit de fraude ou de falsification prévu par
les articles L. 213-1 à L. 213-4 et L. 214-1 (7°), seront punies comme contraventions de 3e classe.
Sera puni des mêmes peines quiconque aura mis en vente ou vendu, sans attendre les résultats d'un
contrôle officiel en cours, des marchandises quelconques qui seront reconnues définitivement fraudées
ou falsifiées à l'issue de l'enquête judiciaire consécutive à ce contrôle, sans préjudice des poursuites
correctionnelles contre l'auteur de la fraude ou de la falsification.

Article L214-3
Lorsqu'un règlement de la Communauté économique européenne contient des dispositions qui entrent
dans le champ d'application des chapitres II à VI, un décret en Conseil d'Etat constate que ces
dispositions, ainsi que celles des règlements communautaires qui les modifieraient ou qui seraient pris
pour leur application, constituent les mesures d'exécution prévues aux articles L. 214-1, L. 215-1, dernier
alinéa, et L. 215-4.

Chapitre V Pouvoirs d'enquête

Section 1 Autorités qualifiées


Article L215-1
Sont qualifiés pour procéder dans l'exercice de leurs fonctions à la recherche et à la constatation des
infractions aux chapitres II à VI:
1° Les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes, de la direction générale des douanes et de la direction générale des impôts;
2° Les officiers de police judiciaire, dans les conditions fixées par l'article 16 du code de procédure
pénale, et les agents de police judiciaire désignés à l'article 20 dudit code;

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Code de la consommation

3° Les vétérinaires inspecteurs, les ingénieurs des travaux agricoles, les techniciens spécialisés des
services du ministère chargé de l'agriculture, les préposés sanitaires, les agents techniques sanitaires, les
ingénieurs et techniciens chargés de la protection des végétaux;
4° Les médecins inspecteurs de santé publique et les pharmaciens inspecteurs de santé publique;
5° Les agents de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer;
6° Les agents de la sous-direction de la métrologie au ministère chargé de l'industrie ainsi que ceux des
directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement;
7° Les agents de l'Etat agréés et commissionnés par le ministre de l'agriculture;
8° Les agents agréés et commissionnés conformément à l'article 65 de la loi de finances du 27 février
1912, modifié par l'article 3 du décret-loi du 14 juin 1938;
9° Les administrateurs des affaires maritimes, les inspecteurs des affaires maritimes, les techniciens
experts du service de la sécurité de la navigation maritime, les officiers du corps technique et administratif
des affaires maritimes, les contrôleurs des affaires maritimes, les syndics des gens de mer, les
personnels embarqués d'assistance et de surveillance des affaires maritimes, les techniciens du contrôle
des établissements de pêche maritime.
Il sera statué par des décrets en Conseil d'Etat sur les pouvoirs conférés aux autorités qualifiées pour
rechercher et constater les infractions aux chapitres II à VI en vue de recueillir des éléments d'information
auprès des diverses administrations publiques et des entreprises de transports.

Article L215-2
Dans les lieux énumérés au premier alinéa de l'article L. 213-4 et sur la voie publique, les autorités
qualifiées pour rechercher et constater les infractions aux chapitres II à VI le sont également pour les
infractions aux dispositions réglementaires prises en application des articles 258, 259, 262, 275-1, 275-2
et 275-4 du code rural fixant les normes sanitaires et qualitatives des denrées animales et d'origine
animale mises en vente.

Section 2 Recherche et constatation


Article L215-3
Pour rechercher et constater les infractions aux chapitres II à VI, les agents peuvent pénétrer de jour dans
les lieux et véhicules énumérés au premier alinéa de l'article L. 213-4.
Ils peuvent également pénétrer de nuit dans ces mêmes lieux lorsque ceux-ci sont ouverts au public ou
lorsqu'à l'intérieur de ceux-ci sont en cours des activités de production, de fabrication, de transformation,
de conditionnement, de transport ou de commercialisation.
Lorsque ces lieux sont également à usage d'habitation, ces contrôles ne peuvent être effectués que de
jour et avec l'autorisation du procureur de la République si l'occupant s'y oppose.
Les agents peuvent exiger la communication ou procéder à la saisie des documents de toute nature,
entre quelques mains qu'ils se trouvent, propres à faciliter l'accomplissement de leur mission et la mise à
leur disposition des moyens indispensables pour effectuer leurs vérifications.
Ils peuvent également consulter tout document nécessaire à l'accomplissement de leur mission auprès
des administrations publiques, des établissements et organismes placés sous le contrôle de l'Etat et des
collectivités locales, ainsi que dans les entreprises ou services concédés par l'Etat, les régions, les
départements et les communes.

Article L215-4
Il sera statué par des décrets en Conseil d'Etat sur les mesures à prendre en ce qui concerne:
1° Les formalités prescrites pour opérer dans les lieux énumérés à l'article L. 213-4 des prélèvements
d'échantillons et des saisies ainsi que pour procéder contradictoirement aux expertises sur les
marchandises suspectes;
2° Le choix des méthodes d'analyses destinées à établir la composition, les éléments constitutifs et la
teneur en principes utiles des produits ou à reconnaître leur falsification.

Section 3 Mesures d'urgence

32
Code de la consommation

Article L215-5
Sur la voie publique et dans les lieux énumérés au premier alinéa de l'article L. 213-4, les saisies ne
pourront être effectuées sans autorisation judiciaire que dans le cas de flagrant délit de falsification ou
lorsqu'elles portent sur:
1° Les produits reconnus falsifiés, corrompus ou toxiques;
2° Les produits reconnus impropres à la consommation, à l'exception des denrées visées aux articles
258, 259 et 262 du code rural dont l'impropriété à la consommation ne peut être reconnue qu'en fonction
de caractères organoleptiques anormaux ou de signes de pathologie lésionnelle;
3° Les produits, objets ou appareils propres à effectuer des falsifications dans les cas prévus aux articles
L. 213-3 et L. 213-4;
4° Les produits, objets ou appareils reconnus non conformes aux lois et règlements en vigueur et
présentant un danger pour la santé ou la sécurité des consommateurs.
Il n'est en rien innové quant à la procédure suivie par des administrations fiscales pour la constatation et
la poursuite de faits constituant à la fois une contravention fiscale et une infraction aux prescriptions des
chapitres II à VI et de la loi du 29 juin 1907 tendant à prévenir le mouillage des vins et les abus du
sucrage.

Article L215-6
Les saisies ne peuvent être faites, en dehors d'une ordonnance du juge d'instruction, que dans le cas de
flagrant délit de falsification, ou dans le cas où les produits sont reconnus corrompus ou toxiques, à la
suite des constations opérées sur place ou de l'analyse d'un échantillon en laboratoire. Dans le cas de
produits reconnus corrompus ou toxiques, la saisie est obligatoire.
Dans ce dernier cas, l'agent peut procéder à leur destruction, à leur stérilisation ou à leur dénaturation.
Les opérations sont relatées et justifiées dans le procès-verbal.

Article L215-7
Les autorités qualifiées pour rechercher et constater les infractions aux chapitres II à VI pourront, dans
tous les lieux énumérés à l'article L. 213-4 et sur la voie publique, consigner, dans l'attente des résultats
des contrôles nécessaires:
1° Les produits susceptibles d'être falsifiés, corrompus ou toxiques;
2° Les produits susceptibles d'être impropres à la consommation, à l'exception des denrées visées aux
articles 258, 259 et 262 du code rural dont l'impropriété à la consommation ne peut être reconnue qu'en
fonction de caractères organoleptiques anormaux ou de signes de pathologie lésionnelle;
3° Les produits, objets ou appareils susceptibles d'être non conformes aux lois et règlements en vigueur
et de présenter un danger pour la santé ou la sécurité des consommateurs.
Les produits, objets ou appareils consignés seront laissés à la garde de leur détenteur.
Les autorités habilitées dressent un procès-verbal mentionnant les produits, objets de la consignation. Ce
procès-verbal est transmis dans les vingt-quatre heures au procureur de la République.
La mesure de consignation ne peut excéder une durée de quinze jours que sur autorisation du procureur
de la République.
Mainlevée de la mesure de consignation peut être ordonnée à tout moment par les autorités habilitées ou
par le procureur de la République.

Article L215-8
Les autorités qualifiées peuvent demander l'autorisation au président du tribunal de grande instance, ou
au magistrat du siège qu'il délègue à cet effet, de consigner dans tous les lieux énumérés à l'article L.
213-4 et sur la voie publique, et dans l'attente des contrôles nécessaires, les marchandises suspectées
d'être non conformes aux dispositions des chapitres II à VI et aux textes pris pour leur application, lorsque
leur maintien sur le marché porte une atteinte grave et immédiate à la loyauté des transactions ou à
l'intérêt des consommateurs.
Il ne peut être procédé à cette consignation que sur autorisation du président du tribunal de grande
instance dans le ressort duquel sont situés les lieux de détention des marchandises litigieuses.
Ce magistrat est saisi sur requête par les autorités mentionnées au premier alinéa. Il statue dans les
vingt-quatre heures.

33
Code de la consommation

Le président du tribunal de grande instance vérifie que la demande de consignation qui lui est soumise
est fondée; cette demande comporte tous les éléments d'information de nature à justifier la mesure.
La mesure de consignation ne peut excéder quinze jours. En cas de difficultés particulières liées à
l'examen de la marchandise en cause, le président du tribunal de grande instance peut renouveler la
mesure pour une même durée par une ordonnance motivée.
Les marchandises consignées sont laissées à la garde de leur détenteur.
Le président du tribunal de grande instance peut ordonner mainlevée de la mesure de consignation à tout
moment. Cette mainlevée est de droit dans tous les cas où les autorités habilitées ont constaté la
conformité des marchandises consignées ou leur mise en conformité à la suite de l'engagement du
responsable de leur première mise sur le marché ou de leur détenteur.

Section 4 Expertises
Article L215-9
Toutes les expertises nécessitées par l'application des chapitres II à VI seront contradictoires et le prix
des échantillons reconnus bons sera remboursé d'après leur valeur le jour du prélèvement.

Article L215-10
Le procureur de la République, s'il estime, à la suite soit des procès-verbaux ou des rapports des agents
visés aux premier à neuvième alinéas de l'article L. 215-1, soit du rapport du laboratoire et, au besoin,
après enquête préalable, qu'une poursuite doit être engagée ou une information ouverte, saisit, suivant le
cas, le tribunal ou le juge d'instruction.
S'il y a lieu à expertise, celle-ci est ordonnée et exécutée selon les prescriptions et dans les formes
prévues aux articles 156 à 169 du code de procédure pénale, sous les réserves ci-après.

Article L215-11
Dans le cas où la présomption de fraude ou de falsification résulte de l'analyse faite au laboratoire,
l'auteur présumé de la fraude ou de la falsification est avisé, par le procureur de la République, qu'il peut
prendre communication du rapport du laboratoire et qu'un délai de trois jours francs lui est imparti pour
présenter ses observations et pour faire connaître s'il réclame l'expertise contradictoire prévue à l'article
L. 215-9.

Article L215-12
Lorsque l'expertise a été réclamée ou lorsqu'elle a été décidée par la juridiction d'instruction ou de
jugement, deux experts sont désignés; l'un est nommé par la juridiction, l'autre est choisi par l'intéressé et
nommé par la juridiction dans les conditions prévues par l'article 157 du code de procédure pénale.
A titre exceptionnel, l'intéressé peut choisir un expert en dehors des listes prévues au premier alinéa de
l'article 157 susmentionné. Son choix est subordonné à l'agrément de la juridiction.
Le directeur du laboratoire qui a fait l'analyse peut être désigné dans les conditions fixées aux premier et
deuxième alinéas, même lorsqu'il ne figure pas sur les listes prévues à l'article 157, premier alinéa, du
code de procédure pénale.
Pour la désignation de l'expert, un délai est imparti par la juridiction à l'intéressé, qui a toutefois le droit de
renoncer explicitement à cette désignation et de s'en rapporter aux conclusions de l'expert désigné par la
juridiction.
Si l'intéressé, sans avoir renoncé à ce droit, n'a pas désigné un expert dans le délai imparti, cet expert est
nommé d'office par la juridiction.

Article L215-13
L'expert choisi par l'intéressé est nommé par la juridiction dans les mêmes termes et reçoit la même
mission que celui qu'elle a choisi. Ces experts ont les mêmes obligations, les mêmes droits, la même
responsabilité, et reçoivent la même rémunération, dans les conditions prévues au code de procédure
pénale.
Les experts doivent employer la ou les méthodes utilisées par le laboratoire et procéder aux mêmes
analyses; ils peuvent toutefois employer d'autres méthodes en complément.

Article L215-14

34
Code de la consommation

La juridiction remet le deuxième échantillon prélevé aux experts selon les dispositions de l'article 163 du
code de procédure pénale. Au cas où des mesures spéciales de conservation auraient été prises, la
juridiction précisera les modalités de retrait des échantillons.
Elle remet aussi aux experts l'échantillon laissé entre les mains de la personne chez qui le prélèvement a
été effectué, préalablement mise en demeure de le fournir sous huitaine, intact. Si l'intéressé ne
représente pas son échantillon intact dans ledit délai, il ne doit plus être fait à aucun moment état de cet
échantillon.

Article L215-15
Lorsqu'un produit est rapidement altérable ou lorsqu'il s'agit d'un objet ou d'une marchandise qui, en
raison de sa valeur, de sa nature ou de la trop faible quantité du produit, ne peut, sans inconvénient, faire
l'objet d'un prélèvement en trois échantillons, la juridiction commet immédiatement les experts, dont celui
qui est indiqué par l'intéressé, et prend toutes mesures pour que les experts se réunissent d'urgence.
L'examen commence à la diligence de l'expert le plus prompt et les experts concluent sur les
constatations ainsi faites.

Article L215-16
Par dérogation à l'article 167 du code de procédure pénale, si les experts sont en désaccord, ou s'ils sont
d'accord pour infirmer les conclusions du rapport du laboratoire de l'administration, la juridiction, avant de
statuer, donne à ce laboratoire connaissance du rapport d'expertise et lui fixe un délai pour faire parvenir
éventuellement ses observations, sauf dans le cas où le directeur du laboratoire intéressé a participé lui-
même à l'expertise en qualité d'expert.

Article L215-17
En matière de contrôle bactériologique ou de pureté biologique, exception faite du cas où l'intéressé a
déclaré s'en rapporter à l'expert unique, désigné par le juge d'instruction, ce dernier commet deux experts
à l'expertise de l'échantillon prélevé.
Le premier de ces experts est choisi parmi les directeurs de laboratoires compétents.
Le second expert, commis par le juge d'instruction, est l'expert ou son suppléant choisi par l'intéressé
dans la discipline concernée sur les listes prévues à l'article 157 du code de procédure pénale.
Les deux experts procèdent en commun, dans le laboratoire auquel l'échantillon a été remis, à l'examen
de cet échantillon.
Le juge d'instruction prend toutes mesures pour que le prélèvement et l'expertise qui y fait suite
immédiatement soient effectués par le service de la répression des fraudes et les experts à la date fixée
par lui. Le défaut de l'un des experts n'empêche pas l'examen de s'accomplir, avec les effet qui
s'attachent à la procédure contradictoire.

Section 5 Marquage communautaire de conformité


Article L215-18
I. - Lors des contrôles effectués dans les limites de leur compétence et dans les lieux où ils exercent les
contrôles que leur confie la loi, les agents mentionnés à l'article L. 215-1 ci-dessus et à l'article L. 40 du
code des postes et télécommunications peuvent consigner et exiger la mise en conformité:
1° Des marchandises soumises à une obligation communautaire de marquage C.E. et dépourvues de ce
marquage;
2° Des marchandises qui, bien que portant le marquage C.E., sont cependant manifestement non
conformes à la réglementation du marquage qui leur est applicable.
Le procureur de la République est informé sans délai par les agents de contrôle de la mesure de
consignation.
Ces opérations sont constatées par procès-verbal mentionnant les marchandises objet de la mesure de
consignation. Ces procès-verbaux sont transmis au procureur de la République dans les vingt-quatre
heures. Une copie est remise à l'intéressé dans les mêmes délais.
Les marchandises consignées sont laissées à la garde de leur détenteur. La commercialisation des
marchandises malgré la mesure de consignation sera punie des peines prévues aux articles 314-5 et
314-6 du code pénal.

35
Code de la consommation

Cette mesure est également applicable lorsque les documents justificatifs exigés par les textes relatifs au
marquage C.E. ne peuvent pas être présentés aux agents à l'issue d'un délai de quinze jours après qu'ils
en ont formulé la demande.
II. - La mesure de consignation est levée de plein droit:
a) Soit en cas de présentation aux agents des documents justificatifs exigés par les textes relatifs au
marquage C.E. propres à justifier de la conformité annoncée;
b) Soit en cas de mise en conformité des marchandises au regard des textes relatifs au marquage C.E.;
c) Soit à défaut de saisine, par l'administration, par le responsable de la mise sur le marché ou par le
propriétaire des marchandises consignées, dans les sept jours ouvrables de la date du procès-verbal de
consignation, du président du tribunal de grande instance dans le ressort duquel sont situés les lieux de
détention des marchandises consignées.

III. - Le président du tribunal, ou le magistrat du siège qu'il délègue à cet effet, statuant en la forme des
référés, peut soit prononcer la mainlevée de la mesure de consignation, soit en cantonner les effets, soit
ordonner la consignation jusqu'à mise en conformité dans le délai qu'il fixe, soit, si les marchandises ne
peuvent être mises en conformité, en interdire la mise sur le marché.
En cas de difficultés particulières liées à la mise en conformité de la marchandise, le président du tribunal
de grande instance, ou le magistrat du siège délégué à cet effet, peut renouveler la mesure par
ordonnance motivée.
Si la mise en conformité des marchandises n'est pas réalisée dans le délai fixé, le président du tribunal de
grande instance, ou le magistrat du siège délégué à cet effet, peut en interdire la mise sur le marché.
La commercialisation des marchandises malgré la mesure de consignation ou d'interdiction de mise sur le
marché sera punie des peines prévues aux articles 314-5 et 314-6 du code pénal.

Chapitre VI Dispositions communes


Article L216-1
Les chapitres II à VI sont applicables aux prestations de services.

Article L216-2
Les marchandises, objets ou appareils, s'ils appartiennent encore au vendeur ou au détenteur, dont les
vente, usage ou détention constituent le délit, pourront être confisqués; les poids et autres instruments de
pesage, mesurage ou dosage, faux ou inexacts, devront être confisqués et détruits.
Si les marchandises, objets ou appareils confisqués sont utilisables, le tribunal pourra les mettre à la
disposition de l'administration pour être attribués aux établissements d'intérêt général.
S'ils sont inutilisables ou nuisibles, ces marchandises, objets ou appareils seront détruits aux frais du
condamné.
En cas de non-lieu ou d'acquittement, si les marchandises, objets ou appareils ont été reconnus
dangereux pour l'homme ou l'animal, le juge ordonne à l'autorité qui en a pratiqué la saisie de les faire
détruire ou de leur faire donner une utilisation à laquelle ils demeurent propres.

Article L216-3
Le tribunal pourra ordonner, dans tous les cas, que le jugement de condamnation sera publié
intégralement ou par extraits dans les journaux qu'il désignera et affiché dans les lieux qu'il indiquera,
notamment aux portes du domicile, des magasins, usines et ateliers du condamné, le tout aux frais du
condamné, sans toutefois que les frais de cette publication puissent dépasser le maximum de l'amende
encourue.
Lorsque l'affichage sera ordonné, le tribunal fixera les dimensions de l'affiche et les caractères
typographiques qui devront être employés pour son impression.
En ce cas, et dans tous les autres cas où les tribunaux sont autorisés à ordonner l'affichage de leur
jugement à titre de pénalité pour la répression des fraudes, ils devront fixer le temps pendant lequel cet
affichage devra être maintenu sans que la durée en puisse excéder sept jours.
Au cas de suppression, de dissimulation ou de lacération totale ou partielle des affiches ordonnées par le
jugement de condamnation, il sera procédé de nouveau à l'exécution intégrale des dispositions du
jugement relatives à l'affichage.

36
Code de la consommation

Lorsque la suppression, la dissimulation ou la lacération totale ou partielle aura été opérée volontairement
par le condamné, à son instigation ou par ses ordres, elle entraînera contre celui-ci l'application d'une
peine d'amende de 25 000 F.
La récidive de suppression, de dissimulation ou de lacération volontaire d'affiches par le condamné, à son
instigation ou par ses ordres, sera punie d'un emprisonnement d'un mois et d'une amende de 50 000 F.
Lorsque l'affichage aura été ordonné à la porte des magasins du condamné, l'exécution du jugement ne
pourra être entravée par la vente du fonds de commerce réalisée postérieurement à la première décision
qui a ordonné l'affichage.

Article L216-4
Toute poursuite exercée en vertu des chapitres II à VI devra être continuée et terminée en vertu des
mêmes textes.
Le tribunal, en cas de circonstances atténuantes, pourra ne pas ordonner l'affichage et ne pas appliquer
l'emprisonnement.

Article L216-5
Les condamnés auront à acquitter, en dehors des frais ordinaires au profit de l'Etat, des départements et
des communes, les frais de procès-verbaux, de prélèvements et d'analyses engagés pour la recherche et
la constatation des infractions.
Le chiffre des remboursements de frais ainsi prévus est fixé par décret en Conseil d'Etat.
La détermination et le remboursement de ces frais s'opéreront à la demande de la direction générale de
la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, dans les conditions fixées par les
décrets prévus à l'article L. 214-1.

Article L216-6
En cas d'action pour tromperie ou tentative de tromperie sur l'origine des marchandises, des denrées
alimentaires ou des produits agricoles et naturels, le magistrat instructeur ou les tribunaux pourront
ordonner la production des registres et documents des diverses administrations, notamment celle des
contributions indirectes et des entrepreneurs de transports.

Article L216-7
La suspension de commercialisation des marchandises qui ont donné lieu à des poursuites pour
infraction aux dispositions des chapitres II à VI et des textes pris pour leur application peut être ordonnée
par le juge d'instruction ou le tribunal saisi des poursuites.
La mesure est exécutoire nonobstant appel. Mainlevée peut en être donnée par la juridiction qui l'a
ordonnée ou qui est saisie du dossier. La mesure cesse d'avoir effet en cas de décision de non-lieu ou de
relaxe.
Les décisions statuant sur les demandes de mainlevée peuvent faire l'objet d'un recours devant la
chambre d'accusation ou devant la cour d'appel selon qu'elles ont été prononcées par un juge
d'instruction ou par le tribunal saisi des poursuites.
La chambre d'accusation ou la cour d'appel statue dans un délai d'un mois à compter de la date de la
décision frappée d'appel.
Si la chambre d'accusation ou la cour d'appel n'a pas statué dans ce délai, et au plus tard dans le délai de
quarante jours du prononcé de la décision, les mesures ordonnées cesseront de plein droit.

Article L216-8
Le tribunal qui prononce une condamnation pour fraude et falsification dangereuse ou nuisible à la santé
de l'homme ou de l'animal en application des articles L. 213-1, L. 213-2, L. 213-3, L. 213-4 et L. 214-1
(7°), outre l'affichage et la publication prévus à l'article L. 216-3 peut ordonner aux frais du condamné:
1° La diffusion d'un ou plusieurs messages, dans les conditions et sous les peines prévues à l'article L.
121-4, informant le public de cette décision;
2° Le retrait des produits sur lesquels a porté l'infraction et, dans les mêmes conditions, l'interdiction de la
prestation de services;
3° La confiscation de tout ou partie du produit de la vente des produits ou services sur lesquels a porté
l'infraction.

37
Code de la consommation

Article L216-9
Les pénalités des chapitres II à VI et leurs dispositions en ce qui concerne l'affichage et les infractions
aux décrets en Conseil d'Etat rendus pour leur exécution sont applicables aux lois spéciales concernant
la répression des fraudes dans le commerce des engrais, des vins, cidres et poirés, des sérums
thérapeutiques, du beurre et la fabrication de la margarine. Elles sont substituées aux pénalités et
dispositions de l'article 423 du code pénal et de la loi du 27 mars 1851 dans tous les cas où des lois
postérieures renvoient aux textes desdites lois, notamment dans les:
- article L. 217-1 du présent code;
- article 7 de la loi du 14 août 1889 sur les vins;
- article 2 de la loi du 11 juillet 1891 relative aux fraudes commises dans la vente des vins;
- article 1er de la loi du 24 juillet 1894 relative aux fraudes commises dans la vente des vins;
- article 3 de la loi du 6 avril 1897 concernant les vins, cidres et poirés;
- loi n° 79-595 du 13 juillet 1979 relative à l'organisation du contrôle des matières fertilisantes et des
supports de culture.
La pénalité d'affichage est rendue applicable aux infractions prévues et punies par l'article 7 de la loi du
28 janvier 1903 et par les articles 2 et 3 de la loi du 18 juillet 1904.

Chapitre VII Dispositions particulières


Article L217-1
Quiconque aura, soit apposé, soit fait apparaître par addition, retranchement, ou par une altération
quelconque, sur les objets fabriqués, le nom d'un fabricant autre que celui qui en est l'auteur, ou la raison
commerciale d'une fabrique autre que celle où lesdits objets auront été fabriqués, ou enfin le nom d'un
lieu autre que celui de la fabrication, sera puni des peines prévues à l'article L. 216-9, sans préjudice des
dommages-intérêts, s'il y a lieu.
Tout marchand, commissionnaire ou débitant quelconque sera passible des effets de la poursuite,
lorsqu'il aura sciemment exposé en vente ou mis en circulation les objets marqués de noms supposés ou
altérés.

Article L217-2
Sera punie des peines prévues par l'article L. 213-1 toute personne qui aura frauduleusement supprimé,
masqué, altéré ou modifié de façon quelconque les noms, signatures, monogrammes, lettres, chiffres,
numéros de série, emblèmes, signes de toute nature apposés sur les marchandises et servant à les
identifier. Seront punis des mêmes peines les complices de l'auteur principal.

Article L217-3
Seront punis des peines portées par l'article L. 213-4 ceux qui, sciemment, auront exposé, mis en vente,
vendu les marchandises ainsi altérées ou qui en seront trouvés détenteurs dans leurs locaux
commerciaux.

Article L217-4
Le tribunal pourra, en outre, ordonner la publication et l'affichage du jugement, conformément aux
dispositions de l'article L. 216-3.

Article L217-6
Quiconque, sur des produits naturels ou fabriqués, détenus ou transportés en vue de la vente, mis en
vente ou vendus en France, ou sur des emballages, caisses, ballots, enveloppes, bandes, étiquettes, etc.,
aura apposé ou sciemment utilisé une marque de fabrique ou de commerce, un nom, un signe ou une
indication quelconque de nature à faire croire, s'ils sont étrangers, qu'ils ont été fabriqués en France ou
qu'ils sont d'origine française et, dans tous les cas, qu'ils ont une origine différente de leur véritable
origine française ou étrangère, sera puni des peines prévues par l'article L. 213-1, sans préjudice des
dommages-intérêts, s'il y a lieu.
Toutefois, cette disposition ne sera pas applicable lorsque le produit portera, en caractères
manifestement apparents, l'indication de la véritable origine, à moins que la fausse indication d'origine ne
constitue une appellation régionale protégée par la section 1 du chapitre V du titre Ier du livre Ier.

38
Code de la consommation

En ce qui concerne les produits français, la raison sociale, le nom et l'adresse du vendeur ne constituent
pas nécessairement une indication d'origine.

Article L217-7
Seront punis des peines prévues par l'article L. 213-1 ceux qui, par addition, retranchement ou par une
altération quelconque des mentions primitivement portées sur le produit, par des annonces, brochures,
circulaires, prospectus ou affiches, par la production de factures ou de certificats d'origine mensongers,
par une affirmation verbale ou par tout autre moyen, auront fait croire à l'origine française de produits
étrangers ou, pour tous produits, à une origine différente de leur véritable origine française ou étrangère.

Article L217-8
Tous syndicats ou unions de syndicats formés conformément à la loi du 21 mars 1884 pour la défense
des intérêts de l'industrie et du commerce de tous produits et marchandises quelconques, pourront
exercer, sur tout le territoire de la République, les droits reconnus à la partie civile en ce qui concerne les
infractions prévues au présent chapitre.

Article L217-10
Quiconque aura mis les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes dans l'impossibilité d'accomplir leurs fonctions, soit en leur refusant l'entrée de
leurs locaux de fabrication, de dépôt ou de vente, soit de toute autre manière, sera passible des peines
prévues par les articles L. 213-1, L. 213-5 et L. 216-3 du présent code, sans préjudice des peines
prévues aux articles 433-6 à 433-10 du code pénal.
Les dispositions de l'article L. 216-4 sont applicables aux infractions visées au présent article.

Titre II Sécurité

Chapitre Ier Prévention


Article L221-1
Les produits et les services doivent, dans des conditions normales d'utilisation ou dans d'autres
conditions raisonnablement prévisibles par le professionnel, présenter la sécurité à laquelle on peut
légitimement s'attendre et ne pas porter atteinte à la santé des personnes.

Article L221-2
Les produits ne satisfaisant pas à l'obligation générale de sécurité prévue à l'article L. 221-1 sont interdits
ou réglementés dans les conditions fixées ci-après.

Article L221-3
Des décrets en Conseil d'Etat, pris après avis de la commission prévue à l'article L. 224-1:
1° Fixent, en tant que de besoin, par produits ou catégories de produits, les conditions dans lesquelles la
fabrication, l'importation, l'exportation, l'offre, la vente, la distribution à titre gratuit, la détention,
l'étiquetage, le conditionnement, la circulation des produits ou le mode d'utilisation de ces produits sont
interdits ou réglementés;
2° Déterminent les conditions d'hygiène et de salubrité que doivent observer les personnes qui participent
à la fabrication, à la transformation, au transport, à l'entreposage, à la vente des produits ou qui assurent
des prestations de services;
3° Peuvent ordonner que ces produits soient retirés du marché ou repris en vue de leur modification, de
leur remboursement total ou partiel ou de leur échange, et prévoir des obligations relatives à l'information
des consommateurs. Ils peuvent également ordonner la destruction de ces produits lorsque celle-ci
constitue le seul moyen de faire cesser le danger;
4° Précisent les conditions selon lesquelles seront mis à la charge des fabricants, importateurs,
distributeurs ou prestataires de services, les frais afférents aux dispositions de sécurité à prendre en vertu
de la réglementation ainsi édictée.

Article L221-4

39
Code de la consommation

Les services ne satisfaisant pas à l'obligation générale de sécurité prévue à l'article L. 221-1 sont interdits
ou réglementés dans les conditions posées par l'article L. 221-3.

Article L221-5
En cas de danger grave ou immédiat, le ministre chargé de la consommation et le ou les ministres
intéressés peuvent suspendre par arrêté conjoint, pour une durée n'excédant pas un an, la fabrication,
l'importation, l'exportation, la mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux d'un produit et faire procéder à
son retrait en tous lieux où il se trouve ou à sa destruction lorsque celle-ci constitue le seul moyen de faire
cesser le danger. Ils ont également la possibilité d'ordonner la diffusion de mises en garde ou de
précautions d'emploi ainsi que la reprise en vue d'un échange ou d'une modification ou d'un
remboursement total ou partiel.
Ils peuvent, dans les mêmes conditions, suspendre la prestation d'un service.
Ces produits et ces services peuvent être remis sur le marché lorsqu'ils ont été reconnus conformes à la
réglementation en vigueur.
Le ministre chargé de la consommation et, selon le cas, le ou les ministres intéressés entendent sans
délai les professionnels concernés et au plus tard quinze jours après qu'une décision de suspension a été
prise. Ils entendent également des représentants du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de
travail, du comité d'entreprise ou, à défaut, les délégués du personnel de l'entreprise intéressée, ainsi que
les associations nationales de consommateurs agréées.
Ces arrêtés préciseront les conditions selon lesquelles seront mis à la charge des fabricants,
importateurs, distributeurs ou prestataires de services les frais afférents aux dispositions de sécurité à
prendre en application des dispositions du présent article.

Article L221-6
Les agents qui ont procédé aux contrôles transmettent au représentant de l'Etat dans le département les
résultats de leurs investigations accompagnés de leurs propositions sur les mesures à prendre. Celui-ci
communique, dans les meilleurs délais et au plus tard dans les quinze jours de la transmission, le dossier
au ministre intéressé et au ministre chargé de la consommation avec son avis motivé.
En cas de danger grave ou immédiat, le représentant de l'Etat dans le département prend les mesures
d'urgence qui s'imposent. Il en réfère aussitôt au ministre intéressé et au ministre chargé de la
consommation, qui se prononcent, par arrêté conjoint, dans un délai de quinze jours. Il peut, dans
l'attente de la décision ministérielle, faire procéder à la consignation, dans tous les lieux énumérés à
l'article L. 213-4, des produits susceptibles de présenter un danger pour la santé ou la sécurité des
personnes. Les produits consignés sont laissés à la garde de leur détenteur après inventaire. Il peut,
dans les mêmes conditions, suspendre la prestation d'un service.

Article L221-7
Le ministre chargé de la consommation ou le ou les ministres intéressés peuvent adresser aux fabricants,
importateurs, distributeurs ou prestataires de services des mises en garde et leur demander de mettre les
produits ou services qu'ils offrent au public en conformité avec les règles de sécurité.
Ils peuvent prescrire aux professionnels concernés de soumettre au contrôle d'un organisme habilité,
dans un délai déterminé et à leurs frais, leurs produits ou services offerts au public quand, pour un produit
ou un service déjà commercialisé, il existe des indices suffisants d'un danger ou quand les
caractéristiques d'un produit ou service nouveau justifient cette précaution.
Un décret en Conseil d'Etat précisera les conditions de remboursement, le cas échéant, des sommes
exposées par le professionnel à l'occasion de ces contrôles.
Lorsqu'un produit ou service n'a pas été soumis au contrôle prescrit en application du présent article, il est
réputé ne pas répondre aux exigences de l'article L. 221-1, sauf si la preuve contraire en est rapportée.
La liste des organismes scientifiques ou techniques habilités à effectuer ces contrôles est fixée par
décret. Elle est actualisée tous les deux ans.

Article L221-8
Les mesures prévues au présent titre ne peuvent être prises pour les produits et services soumis à des
dispositions législatives particulières ou à des règlements communautaires ayant pour objet la protection
de la santé ou de la sécurité des consommateurs, sauf, en cas d'urgence, celles prévues aux articles L.
221-5 et L. 221-6.

40
Code de la consommation

Article L221-9
Les mesures décidées en vertu des articles L. 221-2 à L. 221-8 doivent être proportionnées au danger
présenté par les produits et les services; elles ne peuvent avoir pour but que de prévenir ou de faire
cesser le danger en vue de garantir ainsi la sécurité à laquelle on peut légitimement s'attendre dans le
respect des engagements internationaux de la France.

Chapitre II Habilitations et pouvoirs des agents


Article L222-1
Sont qualifiés pour procéder au contrôle des produits et services dans les conditions prévues aux articles
L. 221-6 et L. 222-2:
1° Les agents de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes;
2° Les agents de la sous-direction de la métrologie au ministère chargé de l'industrie, ainsi que ceux des
directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement;
3° Les agents de la direction générale des douanes et des droits indirects;
4° Les agents de la direction générale de l'alimentation du ministère de l'agriculture (service de la qualité
alimentaire et des actions vétérinaires et service des politiques industrielles agro-alimentaires);
5° Les médecins inspecteurs de santé publique et les pharmaciens inspecteurs de santé publique et les
agents visés à l'article L. 48 du code de la santé publique;
6° Les inspecteurs du travail;
7° Les agents mentionnés à l'article 22 de la loi n° 76-663 du 19 juillet 1976 relative aux installations
classées pour la protection de l'environnement;
8° Les services de police et de gendarmerie.

Article L222-2
Les agents mentionnés à l'article L. 222-1 peuvent pénétrer de jour dans les lieux désignés à l'article L.
213-4, y prélever des échantillons et recueillir auprès du professionnel concerné, qui est tenu de les
fournir, tous les éléments d'information permettant d'apprécier le caractère dangereux ou non du produit
ou du service. Ils ont les mêmes pouvoirs d'investigation sur la voie publique.
Ils disposent également des pouvoirs institués par les alinéas 2 et 3 de l'article L. 215-3.

Article L222-3
Les agents des services de police et de gendarmerie qui ont la qualité d'officier ou d'agent de police
judiciaire, et les autres agents mentionnés à l'article L. 222-1, sont qualifiés pour procéder à la recherche
et à la constatation des infractions aux textes pris en application des dispositions du présent titre. Ils
disposent à cet égard des pouvoirs prévus par les chapitres II à VI du titre Ier du présent livre et leurs
textes d'application.

Chapitre III Sanctions


Article L223-1
Le tribunal qui prononce une condamnation pour une infraction aux textes pris en application des
dispositions du présent titre peut ordonner aux frais du condamné:
1° La publication de la décision de condamnation et la diffusion d'un ou plusieurs messages, dans les
conditions et sous les peines prévues à l'article L. 121-4 informant le public de cette décision;
2° Le retrait ou la destruction des produits sur lesquels a porté l'infraction et, dans les mêmes conditions,
l'interdiction de la prestation de services;
3° La confiscation de tout ou partie du produit de la vente des produits ou services sur lesquels a porté
l'infraction.

Article L223-2
Le juge d'instruction ou le tribunal peut, dès qu'il est saisi de poursuites pour infraction aux textes pris en
application du présent titre, ordonner la suspension provisoire de la vente du produit ou de la prestation
du service incriminé.

41
Code de la consommation

Les mesures prévues dans le présent article sont exécutoires nonobstant appel. Mainlevée peut en être
donnée par la juridiction qui les a ordonnées ou qui est saisie du dossier. Elles cessent d'avoir effet en
cas de décision de non-lieu ou de relaxe.
Les décisions statuant sur les demandes de mainlevée peuvent faire l'objet d'un recours devant la
chambre d'accusation ou devant la cour d'appel, selon qu'elles ont été prononcées par un juge
d'instruction ou par le tribunal saisi des poursuites.
La chambre d'accusation ou la cour d'appel statue dans un délai d'un mois à compter de la date de la
décision frappée d'appel.
Si la chambre d'accusation ou la cour d'appel n'a pas statué dans ce délai, et au plus tard dans le délai de
quarante jours du prononcé de la décision, les mesures ordonnées cesseront de plein droit.

Chapitre IV La commission de la sécurité des consommateurs


Article L224-1
La commission de la sécurité des consommateurs est composée d'un président nommé par décret en
conseil des ministres, de membres du Conseil d'Etat et des juridictions de l'ordre administratif ou
judiciaire. Elle comprend en outre des personnes appartenant aux organisations professionnelles, aux
associations nationales de consommateurs et des experts. Ces personnes et experts sont désignés par le
ministre chargé de la consommation après avis des ministres intéressés et sont choisis en raison de leurs
compétences en matière de prévention des risques.
Un commissaire du Gouvernement désigné par le ministre chargé de la consommation siège auprès de la
commission. Il peut, dans les quatre jours d'une délibération de la commission, provoquer une seconde
délibération.

Article L224-2
La commission est chargée d'émettre des avis et de proposer toute mesure de nature à améliorer la
prévention des risques en matière de sécurité des produits ou des services.
Elle recherche et recense les informations de toutes origines sur les dangers présentés par les produits et
services. A ce titre, elle est informée sans délai de toute décision prise en application des articles L. 221-
5, L. 221-7 et L. 223-1.
Elle peut porter à la connaissance du public les informations qu'elle estime nécessaires.

Article L224-3
La commission peut être saisie par toute personne physique ou morale. Si elle estime que les faits
invoqués ne sont pas appuyés d'éléments suffisamment probants, elle peut conclure par décision motivée
qu'il n'y a pas lieu, en l'état, d'y donner suite. Elle notifie sa décision à l'auteur de la saisine.
La commission peut se saisir d'office.
Les autorités judiciaires compétentes peuvent, en tout état de la procédure, demander l'avis de la
commission de la sécurité des consommateurs. Cet avis ne peut être rendu public qu'après qu'une
décision de non-lieu a été prise ou que le jugement sur le fond a été rendu.
La saisine de la commission reste confidentielle jusqu'à ce que la commission ait statué sur le fond ou
classé sans suite, sauf si celle-ci applique, par décision motivée, les mesures prévues au troisième alinéa
de l'article L. 224-2.

Article L224-4
La commission peut se faire communiquer tous les renseignements ou consulter sur place tous les
documents qu'elle estime utiles à l'accomplissement de sa mission, sans que puissent lui être opposées
les dispositions des articles 226-13 et 226-14 du code pénal.
Le président peut, par décision motivée, procéder ou faire procéder par les membres ou les agents de la
commission à la convocation ou à l'audition de toute personne susceptible de lui fournir des informations
concernant des affaires dont la commission est saisie. Toute personne convoquée a le droit de se faire
assister du conseil de son choix.
Avant de rendre un avis, la commission entend les personnes concernées sauf cas d'urgence. En tout
état de cause, elle entend les professionnels concernés. Elle consulte, si elle l'estime nécessaire, le ou
les organismes scientifiques et techniques compétents visés au dernier alinéa de l'article L. 221-7.

42
Code de la consommation

Lorsque, pour l'exercice de sa mission, la commission doit prendre connaissance d'informations relevant
du secret de fabrication, elle désigne en son sein un rapporteur. Celui-ci se fait communiquer tous les
documents utiles et porte à la connaissance de la commission les éléments relatifs au caractère
dangereux des produits ou des services.

Article L224-5
La commission établit chaque année un rapport de son activité. Ce rapport est présenté au Président de
la République et au Parlement. Il est publié au Journal officiel. Les avis de la commission sont annexés à
ce rapport ainsi que les suites données à ces avis.

Article L224-6
Les membres et les agents de la commission sont astreints au secret professionnel pour les faits, actes et
renseignements dont ils ont pu avoir connaissance en raison de leurs fonctions, dans les conditions et
sous les peines prévues à l'article 226-13 et 226-14 du code pénal en cas de divulgation d'informations
relevant du secret de fabrication.

Chapitre V Dispositions diverses


Article L225-1
Des décrets préciseront, en tant que de besoin, les modalités d'application du présent titre.

Livre III Endettement

Titre Ier Crédit

Chapitre Ier Crédit à la consommation

Section 1: Champ d'application


Article L311-1
Au sens du présent chapitre, est considérée comme:
1° Prêteur, toute personne qui consent les prêts, contrats ou crédits visés à l'article L. 311-2;
2° Emprunteur, l'autre partie aux mêmes opérations.

Article L311-2
Les dispositions du présent chapitre s'appliquent à toute opération de crédit, ainsi qu'à son cautionnement
éventuel, consentie à titre habituel par des personnes physiques ou morales, que ce soit à titre onéreux
ou gratuit.
Pour l'application du présent chapitre, la location-vente et la location avec option d'achat, ainsi que les
ventes ou prestations de services dont le paiement est échelonné, différé ou fractionné, sont assimilées à
des opérations de crédit.

Article L311-3
Sont exclus du champ d'application du présent chapitre:
1° Les prêts, contrats et opérations de crédit passés en la forme authentique;
2° Ceux qui sont consentis pour une durée totale inférieure ou égale à trois mois, ainsi que ceux dont le
montant est supérieur à une somme qui sera fixée par décret;
3° Ceux qui sont destinés à financer les besoins d'une activité professionnelle, ainsi que les prêts aux
personnes morales de droit public;
4° Les opérations de crédit portant sur des immeubles, notamment les opérations de crédit-bail immobilier
et celles qui sont liées:
a) A l'acquisition d'un immeuble en propriété ou en jouissance;
b) A la souscription ou à l'achat de parts ou d'actions de sociétés donnant vocation à une attribution en
jouissance ou en propriété d'un immeuble;

43
Code de la consommation

c) A des dépenses de construction, de réparation, d'amélioration ou d'entretien d'un immeuble, lorsque le


montant de ces dépenses est supérieur à un chiffre fixé par décret.
Les dispositions du présent article n'ont pas pour effet d'exclure les prêts, contrats et opérations de crédit
passés en la forme authentique et les prêts, contrats et opérations de crédit d'un montant excédant le
seuil fixé en application du présent article du champ d'application de l'article L. 311-5.

Section 2 Publicité
Article L311-4
Toute publicité faite, reçue ou perçue en France qui, quel que soit son support, porte sur l'une des
opérations de crédit visées à l'article L. 311-2, doit:
1° Préciser l'identité du prêteur, la nature, l'objet et la durée de l'opération proposée ainsi que le coût total
et, s'il y a lieu, le taux effectif global mensuel et annuel du crédit et les perception forfaitaires;
2° Préciser le montant, en francs, des remboursements par échéance ou, en cas d'impossibilité, le moyen
de le déterminer. Ce montant inclut le coût de l'assurance lorsque celle-ci est obligatoire pour obtenir le
financement et, le cas échéant, le coût des perceptions forfaitaires;
3° Indiquer, pour les opérations à durée déterminée, le nombre d'échéances.

Section 3 Crédit gratuit


Article L311-5
Est interdite, hors des lieux de vente, toute publicité:
1° Comportant la mention "crédit gratuit" ou proposant un avantage équivalent ou concernant la prise en
charge totale ou partielle des frais de crédit par le vendeur;
2° Portant sur une opération de financement proposée pour l'acquisition ou la location avec option d'achat
d'un bien de consommation d'une ou plusieurs marques, mais non d'une autre, et d'un taux inférieur au
coût de refinancement pour les mêmes durées, tel que défini par le comité de la réglementation bancaire;
3° Promotionnelle relative aux opérations visées à l'article L. 311-2 proposant une période de franchise de
paiement de loyers ou de remboursement des échéances du crédit supérieure à trois mois.

Article L311-6
Toute publicité sur les lieux de vente comportant la mention "crédit gratuit" ou proposant un avantage
équivalent doit indiquer le montant de l'escompte consenti en cas de paiement comptant.

Article L311-7
Lorsqu'une opération de financement comporte une prise en charge totale ou partielle des frais au sens
des articles L. 311-4 à L. 311-6, le vendeur ne peut demander à l'acheteur à crédit ou au locataire une
somme d'argent supérieure au prix le plus bas effectivement pratiqué pour l'achat au comptant d'un article
ou d'une prestation similaire, dans le même établissement de vente au détail, au cours des trente derniers
jours précédant le début de la publicité ou de l'offre. Le vendeur doit, en outre, proposer un prix pour
paiement comptant inférieur à la somme proposée pour l'achat à crédit ou la location et calculé selon des
modalités fixées par décret.

Section 4 Le contrat de crédit


Article L311-8
Les opérations de crédit visées à l'article L. 311-2 sont conclues dans les termes d'une offre préalable,
remise en double exemplaire à l'emprunteur et, éventuellement, en un exemplaire aux cautions. La
remise de l'offre oblige le prêteur à maintenir les conditions qu'elle indique pendant une durée minimale
de quinze jours à compter de son émission.

Article L311-9

44
Code de la consommation

Lorsqu'il s'agit d'une ouverture de crédit qui, assortie ou non de l'usage d'une carte de crédit, offre à son
bénéficiaire la possibilité de disposer de façon fractionnée, aux dates de son choix, du montant du crédit
consenti, l'offre préalable n'est obligatoire que pour le contrat initial.
Elle précise que la durée du contrat est limitée à un an renouvelable et que le prêteur devra indiquer, trois
mois avant l'échéance, les conditions de reconduction du contrat. Elle fixe également les modalités du
remboursement, qui doit être échelonné, sauf volonté contraire du débiteur, des sommes restant dues
dans le cas où le débiteur demande à ne plus bénéficier de son ouverture de crédit.

Article L311-10
L'offre préalable:
1° Mentionne l'identité des parties et, le cas échéant, des cautions;
2° Précise le montant du crédit et éventuellement de ses fractions périodiquement disponibles, la nature,
l'objet et les modalités du contrat, y compris, le cas échéant, les conditions d'une assurance ainsi que le
coût total ventilé du crédit et, s'il y a lieu, son taux effectif global ainsi que le total des perceptions
forfaitaires demandées en sus des intérêts en ventilant celles correspondant aux frais de dossiers et
celles correspondant aux frais par échéance;
3° Rappelle les dispositions des articles L. 311-15 à L. 311-17 et L. 311-32 et, s'il y a lieu, des articles L.
311-20 à L. 311-31, L. 313-13, et reproduit celles de l'article L. 311-37;
4° Indique, le cas échéant, le bien ou la prestation de services financé.

Article L311-11
Pour les opérations à durée déterminée, l'offre préalable précise en outre pour chaque échéance, le coût
de l'assurance et les perceptions forfaitaires éventuellement demandées ainsi que l'échelonnement des
remboursements ou, en cas d'impossibilité, le moyen de les déterminer.

Article L311-12
Lorsque l'offre préalable est assortie d'une proposition d'assurance, une notice doit être remise à
l'emprunteur, qui comporte les extraits des conditions générales de l'assurance le concernant, notamment
les nom et adresse de l'assureur, la durée, les risques couverts et ceux qui sont exclus.

Article L311-13
L'offre préalable est établie en application des conditions prévues aux articles précédents selon l'un des
modèles types fixés par le comité de réglementation bancaire, après consultation du Conseil national de
la consommation.

Article L311-14
Aucun vendeur ni prestataire de services ne peut, pour un même bien ou une même prestation de
services, faire signer par un même client une ou plusieurs offres préalables, visées aux articles L. 311-8 à
L. 311-13 et L. 311-15 à L. 311-17, d'un montant total en capital supérieur à la valeur payable à crédit du
bien acheté ou de la prestation de services fournie.
Cette disposition ne s'applique pas aux offres préalables d'ouverture de crédit permanent définies à
l'article L. 311-9.

Article L311-15
Lorsque l'offre préalable ne comporte aucune clause selon laquelle le prêteur se réserve le droit d'agréer
la personne de l'emprunteur, le contrat devient parfait dès l'acceptation de l'offre préalable par
l'emprunteur. Toutefois, l'emprunteur peut, dans un délai de sept jours à compter de son acceptation de
l'offre, revenir sur son engagement. Pour permettre l'exercice de cette faculté de rétractation, un
formulaire détachable est joint à l'offre préalable. L'exercice par l'emprunteur de sa faculté de rétractation
ne peut donner lieu à enregistrement sur un fichier.

Article L311-16
Lorsque l'offre préalable stipule que le prêteur se réserve le droit d'agréer la personne de l'emprunteur, le
contrat accepté par l'emprunteur ne devient parfait qu'à la double condition que, dans ce même délai de
sept jours, ledit emprunteur n'ait pas usé de la faculté de rétractation visée à l'article L. 311-15 et que le
prêteur ait fait connaître à l'emprunteur sa décision d'accorder le crédit. L'agrément de la personne de

45
Code de la consommation

l'emprunteur est réputé refusé si, à l'expiration de ce délai, la décision d'accorder le crédit n'a pas été
portée à la connaissance de l'intéressé. L'agrément de la personne de l'emprunteur parvenu à sa
connaissance après l'expiration de ce délai reste néanmoins valable si celui-ci entend toujours bénéficier
du crédit.

Article L311-17
Tant que l'opération n'est pas définitivement conclue, aucun paiement, sous quelque forme et à quelque
titre que ce soit, ne peut être fait par le prêteur à l'emprunteur ou pour le compte de celui-ci, ni par
l'emprunteur au prêteur. Pendant ce même délai, l'emprunteur ne peut non plus faire, au titre de
l'opération en cause, aucun dépôt au profit du prêteur ou pour le compte de celui-ci. Si une autorisation
du prélèvement sur son compte bancaire ou postal est signée par l'emprunteur, sa validité et sa prise
d'effet sont subordonnées à celles du contrat de crédit.

Article L311-18
Lorsqu'un acte de prêt, établi en application des articles L. 311-8 à L. 311-13, est passible du droit de
timbre de dimension, seul l'exemplaire conservé par le prêteur est soumis à ce droit.

Article L311-19
Les délais, fixés au présent chapitre, qui expireraient normalement un samedi, un dimanche ou un jour
férié ou chômé, sont prorogés jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Section 5 Les crédits affectés


Article L311-20
Lorsque l'offre préalable mentionne le bien ou la prestation de services financé, les obligations de
l'emprunteur ne prennent effet qu'à compter de la livraison du bien ou de la fourniture de la prestation; en
cas de contrat de vente ou de prestation de services à exécution successive, elles prennent effet à
compter du début de la livraison ou de la fourniture et cessent en cas d'interruption de celle-ci. Le
vendeur ou le prestataire de services doit conserver une copie de l'offre préalable remise à l'emprunteur
et la présenter sur leur demande aux agents chargés du contrôle.

Article L311-21
En cas de contestation sur l'exécution du contrat principal, le tribunal pourra, jusqu'à la solution du litige,
suspendre l'exécution du contrat de crédit. Celui-ci est résolu ou annulé de plein droit lorsque le contrat
en vue duquel il a été conclu est lui-même judiciairement résolu ou annulé.
Les dispositions de l'alinéa précédent ne seront applicables que si le prêteur est intervenu à l'instance ou
s'il a été mis en cause par le vendeur ou l'emprunteur.

Article L311-22
Si la résolution judiciaire ou l'annulation du contrat principal survient du fait du vendeur, celui-ci pourra, à
la demande du prêteur, être condamné à garantir l'emprunteur du remboursement du prêt, sans préjudice
de dommages et intérêts vis-à-vis du prêteur et de l'emprunteur.

Article L311-23
Chaque fois que le paiement du prix sera acquitté, en tout ou partie, à l'aide d'un crédit, et sous peine des
sanctions prévues à l'article L. 311-34, le contrat de vente ou de prestation de services doit le préciser.
Aucun engagement ne peut valablement être contracté par l'acheteur à l'égard du vendeur tant qu'il n'a
pas accepté l'offre préalable du prêteur. Lorsque cette condition n'est pas remplie, le vendeur ne peut
recevoir aucun paiement, sous quelque forme que ce soit, ni aucun dépôt.

Article L311-24
Tant que le prêteur ne l'a pas avisé de l'octroi du crédit, et tant que l'emprunteur peut exercer sa faculté
de rétractation, le vendeur n'est pas tenu d'accomplir son obligation de livraison ou de fourniture.
Toutefois, lorsque par une demande expresse rédigée, datée et signée de sa main même, l'acheteur
sollicite la livraison ou la fourniture immédiate du bien ou de la prestation de services, le délai de
rétractation ouvert à l'emprunteur par les articles L. 311-15 à L. 311-17 expire à la date de la livraison ou

46
Code de la consommation

de la fourniture, sans pouvoir ni excéder sept jours ni être inférieur à trois jours. Toute livraison ou
fourniture anticipée est à la charge du vendeur qui en supporte tous les frais et risques.

Article L311-25
Le contrat de vente ou de prestation de services est résolu de plein droit, sans indemnité:
1° Si le prêteur n'a pas, dans le délai de sept jours prévu aux articles L. 311-15 à L. 311-17, informé le
vendeur de l'attribution du crédit;
2° Si l'emprunteur a, dans les délais qui lui sont impartis, exercé son droit de rétractation.
Dans les deux cas, le vendeur ou le prestataire de services doit, sur simple demande, rembourser alors
toute somme que l'acheteur aurait versée d'avance sur le prix. A compter du huitième jour suivant la
demande de remboursement, cette somme est productive d'intérêts, de plein droit, au taux légal majoré
de moitié.
Le contrat n'est pas résolu si, avant l'expiration du délai de sept jours prévu ci-dessus, l'acquéreur paie
comptant.

Article L311-26
L'engagement préalable de payer comptant en cas de refus de prêt est nul de plein droit.

Article L311-27
Le vendeur ou le prestataire de services ne peut recevoir, de la part de l'acheteur, aucun paiement sous
quelque forme que ce soit, ni aucun dépôt, en sus de la partie du prix que l'acheteur a accepté de payer
au comptant, tant que le contrat relatif à l'opération de crédit n'est pas définitivement conclu.
Si une autorisation de prélèvement sur compte bancaire ou postal est signée par l'acquéreur, sa validité
et sa prise d'effet sont subordonnées à celles du contrat de vente.
En cas de paiement d'une partie du prix au comptant, le vendeur ou prestataire de services doit remettre
à l'acheteur un récépissé valant reçu et comportant la reproduction intégrale des dispositions de l'article L.
311-25.

Article L311-28
En cas de vente ou de démarchage à domicile, le délai de rétractation est de sept jours quelle que soit la
date de livraison ou de fourniture du bien ou de la prestation de services. Aucun paiement comptant ne
peut intervenir avant l'expiration de ce délai.

Section 6 Remboursement anticipé du crédit et défaillance de l'emprunteur

Sous-section 1 Remboursement anticipé


Article L311-29
L'emprunteur peut toujours, à son initiative, rembourser par anticipation sans indemnité, en partie ou en
totalité, le crédit qui lui a été consenti. Toutefois, le prêteur peut refuser un remboursement partiel anticipé
inférieur à un montant fixé par décret.
Le premier alinéa ne s'applique pas aux contrats de location, sauf si ces contrats prévoient que le titre de
propriété sera finalement transféré au locataire

Sous-section 2 Défaillance de l'emprunteur


Article L311-30
En cas de défaillance de l'emprunteur, le prêteur pourra exiger le remboursement immédiat du capital
restant dû, majoré des intérêts échus mais non payés. Jusqu'à la date du règlement effectif, les sommes
restant dues produisent les intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. En outre, le prêteur pourra
demander à l'emprunteur défaillant une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat
et sans préjudice de l'application des articles 1152 et 1231 du code civil, sera fixée suivant un barème
déterminé par décret.

47
Code de la consommation

Article L311-31
En cas de défaillance dans l'exécution, par l'emprunteur, d'un contrat de location assorti d'une promesse
de vente ou d'un contrat de location-vente, le prêteur est en droit d'exiger, outre la restitution du bien et le
paiement des loyers échus et non réglés, une indemnité qui, dépendant de la durée restant à courir du
contrat et sans préjudice de l'application de l'article 1152 du code civil, sera fixée suivant un barème
déterminé par décret.

Article L311-32
Aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux qui sont mentionnés aux articles L. 311-29 à L. 311-31
ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur dans les cas de remboursement par anticipation ou de
défaillance prévus par ces articles.
Toutefois, le prêteur pourra réclamer à l'emprunteur, en cas de défaillance de celui-ci, le remboursement
des frais taxables qui lui auront été occasionnés par cette défaillance, à l'exclusion de tout
remboursement forfaitaire de frais de recouvrement.

Section 7 Sanctions
Article L311-33
Le prêteur qui accorde un crédit sans saisir l'emprunteur d'une offre préalable satisfaisant aux conditions
fixées par les articles L. 311-8 à L. 311-13 est déchu du droit aux intérêts et l'emprunteur n'est tenu qu'au
seul remboursement du capital suivant l'échéancier prévu. Les sommes perçues au titre des intérêts, qui
sont productives d'intérêts au taux légal à compter du jour de leur versement, seront restituées par le
prêteur ou imputées sur le capital restant dû.

Article L311-34
Le prêteur qui omet de respecter les formalités prescrites aux articles L. 311-8 à L. 311-13 et de prévoir
un formulaire détachable dans l'offre de crédit, en application de l'article L. 311-15, sera puni d'une
amende prévue par le 5° de l'article 131-13 du code pénal pour les contraventions de la 5e classe.
La même peine est applicable à l'annonceur pour le compte duquel est diffusée une publicité non
conforme aux dispositions des articles L. 311-4 à L. 311-6. Si le contrevenant est une personne morale, la
responsabilité incombe à ses dirigeants. La complicité est punissable dans les conditions du droit
commun.
Le tribunal pourra également ordonner la publication du jugement et la rectification de la publicité aux frais
du condamné ou l'une de ces deux peines seulement.
Les peines prévues au premier alinéa du présent article sont également applicables au vendeur qui
contrevient aux dispositions de l'article L. 311-7.

Article L311-35
Sera puni d'une amende de 200 000 F:
1° Le prêteur ou le vendeur qui, en infraction aux dispositions de l'article L. 311-17 et de l'article L. 311-
27, réclame ou reçoit de l'emprunteur ou de l'acheteur un paiement sous quelque forme que ce soit;
2° Celui qui fait signer des formules de prélèvements sur comptes bancaires ou postaux contenant des
clauses contraires aux dispositions des articles susvisés;
3° Celui qui fait souscrire, ou accepter, ou avaliser par l'emprunteur ou l'acheteur des lettres de change
ou des billets à ordre;
4° Celui qui persiste indûment à ne pas payer les sommes visées à l'avant-dernier alinéa de l'article L.
311-25;
5° Celui qui, en infraction aux dispositions de l'article L. 311-15, enregistre ou fait enregistrer sur un fichier
le nom des personnes usant de la faculté de rétractation;
6° Celui qui fait signer par un même client plusieurs offres préalables d'un montant total en capital
supérieur à la valeur payable à crédit du bien acheté ou de la prestation de services fournie.

Article L311-36

48
Code de la consommation

Les infractions aux dispositions des décrets visés au deuxième alinéa de l'article 1er du décret n° 55-585
du 20 mai 1955 relatif aux ventes à crédit seront punies des peines prévues à l'article L. 311-35 et seront
constatées et poursuivies dans les conditions fixées par les articles 45, premier alinéa, 46 et 47 de
l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Section 8 Procédure
Article L311-37
Le tribunal d'instance connaît des litiges nés de l'application du présent chapitre. Les actions engagées
devant lui doivent être formées dans les deux ans de l'événement qui leur a donné naissance à peine de
forclusion, y compris lorsqu'elles sont nées de contrats conclus antérieurement au 1er juillet 1989.
Lorsque les modalités de règlement des échéances impayées ont fait l'objet d'un réaménagement ou d'un
rééchelonnement, le point de départ du délai de forclusion est le premier incident non régularisé intervenu
après le premier aménagement ou rééchelonnement conclu entre les intéressés ou après adoption du
plan conventionnel de redressement prévu à l'article L. 331-6 ou après décision du juge de l'exécution sur
les mesures mentionnées à l'article L. 331-7.

Chapitre II Crédit immobilier

Section 1 Champ d'application


Article L312-1
Au sens du présent chapitre, est considérée comme:
a) Acquéreur, toute personne qui acquiert, souscrit ou commande au moyen des prêts mentionnés à
l'article L. 312-2;
b) Vendeur, l'autre partie à ces mêmes opérations.

Article L312-2
Les dispositions du présent chapitre s'appliquent aux prêts qui, quelle que soit leur qualification ou leur
technique, sont consentis de manière habituelle par toute personne physique ou morale en vue de
financer les opérations suivantes:
1° Pour les immeubles à usage d'habitation ou à usage professionnel d'habitation:
a) Leur acquisition en propriété ou en jouissance;
b) La souscription ou l'achat de parts ou actions de sociétés donnant vocation à leur attribution en
propriété ou en jouissance;
c) Les dépenses relatives à leur construction, leur réparation, leur amélioration ou leur entretien lorsque le
montant de ces dépenses est supérieur à celui fixé en exécution du dernier alinéa de l'article L. 311-3;
2° L'achat de terrains destinés à la construction des immeubles mentionnés au 1° ci-dessus.

Article L312-3
Sont exclus du champ d'application du présent chapitre:
1° Les prêts consentis à des personnes morales de droit public;
2° Ceux destinés, sous quelque forme que ce soit, à financer une activité professionnelle, notamment
celle des personnes physiques ou morales qui, à titre habituel, même accessoire à une autre activité, ou
en vertu de leur objet social, procurent, sous quelque forme que ce soit, des immeubles ou fractions
d'immeubles, bâtis ou non, achevés ou non, collectifs ou individuels, en propriété ou en jouissance;
3° Les opérations de crédit différé régies par la loi n° 52-332 du 24 mars 1952 relative aux entreprises de
crédit différé lorsqu'elles ne sont pas associées à un crédit d'anticipation.

Section 2 Publicité
Article L312-4

49
Code de la consommation

Toute publicité faite, reçue ou perçue en France, qui, quel que soit son support, porte sur l'un des prêts
mentionnés à l'article L. 312-2, doit:
1° Préciser l'identité du prêteur, la nature et l'objet du prêt;
2° Préciser, si elle comporte un ou plusieurs éléments chiffrés, la durée de l'opération proposée ainsi que
le coût total et le taux effectif global du crédit.
Toutes les mentions obligatoires doivent être présentées de manière parfaitement lisible et
compréhensible par le consommateur.

Article L312-5
Tout document publicitaire ou tout document d'information remis à l'emprunteur et portant sur l'une des
opérations visées à l'article L. 312-2 doit mentionner que l'emprunteur dispose d'un délai de réflexion de
dix jours, que la vente est subordonnée à l'obtention du prêt et que si celui-ci n'est pas obtenu, le vendeur
doit lui rembourser les sommes versées.

Article L312-6
Est interdite toute publicité assimilant les mensualités de remboursement à des loyers ou faisant
référence, pour le calcul des échéances, à des prestations sociales qui ne sont pas assurées pendant
toute la durée du contrat.

Section 3 Le contrat de crédit


Article L312-7
Pour les prêts mentionnés à l'article L. 312-2, le prêteur est tenu de formuler par écrit une offre adressée
gratuitement par voie postale à l'emprunteur éventuel ainsi qu'aux cautions déclarées par l'emprunteur
lorsqu'il s'agit de personnes physiques.

Article L312-8
L'offre définie à l'article précédent:
1° Mentionne l'identité des parties, et éventuellement des cautions déclarées;
2° Précise la nature, l'objet, les modalités du prêt, notamment celles qui sont relatives aux dates et
conditions de mise à disposition des fonds;
2° bis. Comprend un échéancier des amortissements détaillant pour chaque échéance la répartition du
remboursement entre le capital et les intérêts. Toutefois, cette disposition ne concerne pas les offres de
prêts à taux variable;
3° Indique, outre le montant du crédit susceptible d'être consenti, et, le cas échéant, celui de ses fractions
périodiquement disponibles, son coût total, son taux défini conformément à l'article L. 313-1 ainsi que, s'il
y a lieu, les modalités de l'indexation;
4° Enonce, en donnant une évaluation de leur coût, les stipulations, les assurances et les sûretés réelles
ou personnelles exigées, qui conditionnent la conclusion du prêt;
5° Fait état des conditions requises pour un transfert éventuel du prêt à une tierce personne;
6° Rappelle les dispositions de l'article L. 312-10.
Toute modification des conditions d'obtention du prêt, notamment le montant ou le taux du crédit, donne
lieu à la remise à l'emprunteur d'une nouvelle offre préalable.
Toutefois, cette obligation n'est pas applicable aux prêts dont le taux d'intérêt est variable, dès lors qu'a
été remise à l'emprunteur avec l'offre préalable une notice présentant les conditions et modalités de
variation du taux.

Article L312-9
Lorsque le prêteur offre à l'emprunteur ou exige de lui l'adhésion à un contrat d'assurance collective qu'il
a souscrit en vue de garantir en cas de survenance d'un des risques que ce contrat définit, soit le
remboursement total ou partiel du montant du prêt restant dû, soit le paiement de tout ou partie des
échéances dudit prêt, les dispositions suivantes sont obligatoirement appliquées:
1° Au contrat de prêt est annexée une notice énumérant les risques garantis et précisant toutes les
modalités de la mise en jeu de l'assurance;
2° Toute modification apportée ultérieurement à la définition des risques garantis ou aux modalités de la
mise en jeu de l'assurance est inopposable à l'emprunteur qui n'y a pas donné son acceptation;

50
Code de la consommation

3° Lorsque l'assureur a subordonné sa garantie à l'agrément de la personne de l'assuré et que cet


agrément n'est pas donné, le contrat de prêt est résolu de plein droit à la demande de l'emprunteur sans
frais ni pénalité d'aucune sorte. Cette demande doit être présentée dans le délai d'un mois à compter de
la notification du refus de l'agrément.

Article L312-10
L'envoi de l'offre oblige le prêteur à maintenir les conditions qu'elle indique pendant une durée minimale
de trente jours à compter de sa réception par l'emprunteur.
L'offre est soumise à l'acceptation de l'emprunteur et des cautions, personnes physiques, déclarées.
L'emprunteur et les cautions ne peuvent accepter l'offre que dix jours après qu'ils l'ont reçue.
L'acceptation doit être donnée par lettre, le cachet de la poste faisant foi.

Article L312-11
Jusqu'à l'acceptation de l'offre par l'emprunteur, aucun versement, sous quelque forme que ce soit, ne
peut, au titre de l'opération en cause, être fait par le prêteur à l'emprunteur ou pour le compte de celui-ci,
ni par l'emprunteur au prêteur. Jusqu'à cette acceptation, l'emprunteur ne peut, au même titre, faire aucun
dépôt, souscrire ou avaliser aucun effet de commerce, ni signer aucun chèque. Si une autorisation de
prélèvement sur compte bancaire ou postal est signée par l'emprunteur, sa validité et sa prise d'effet sont
subordonnées à celle du contrat de crédit.

Article L312-12
L'offre est toujours acceptée sous la condition résolutoire de la non-conclusion, dans un délai de quatre
mois à compter de son acceptation, du contrat pour lequel le prêt est demandé.
Les parties peuvent convenir d'un délai plus long que celui défini à l'alinéa précédent.

Article L312-13
Lorsque l'emprunteur informe ses prêteurs qu'il recourt à plusieurs prêts pour la même opération, chaque
prêt est conclu sous la condition suspensive de l'octroi de chacun des autres prêts. Cette disposition ne
s'applique qu'aux prêts dont le montant est supérieur à 10 p. 100 du crédit total.

Article L312-14
Lorsque le contrat en vue duquel le prêt a été demandé n'est pas conclu dans le délai fixé en application
de l'article L. 312-12, l'emprunteur est tenu de rembourser la totalité des sommes que le prêteur lui aurait
déjà effectivement versées ou qu'il aurait versées pour son compte ainsi que les intérêts y afférents; le
prêteur ne peut retenir ou demander que des frais d'étude dont le montant maximum est fixé suivant un
barème déterminé par décret.
Le montant de ces frais, ainsi que les conditions dans lesquelles ils sont perçus, doivent figurer
distinctement dans l'offre.

Article L312-14-1
En cas de renégociation de prêt, les modifications au contrat de prêt initial sont apportées sous la seule
forme d'un avenant. Cet avenant comprend, d'une part, un échéancier des amortissements détaillant pour
chaque échéance le capital restant dû en cas de remboursement anticipé et, d'autre part, le taux effectif
global ainsi que le coût du crédit calculés sur la base des seuls échéances et frais à venir. Pour les prêts
à taux variable, l'avenant comprend le taux effectif global ainsi que le coût du crédit calculés sur la base
des seuls échéances et frais à venir jusqu'à la date de la révision du taux, ainsi que les conditions et
modalités de variation du taux. L'emprunteur dispose d'un délai de réflexion de dix jours à compter de la
réception des informations mentionnées ci-dessus.

Section 4 Le contrat principal


Article L312-15
L'acte écrit, y compris la promesse unilatérale de vente acceptée, ayant pour objet de constater l'une des
opérations mentionnées à l'article L. 312-2, doit indiquer si le prix sera payé directement ou indirectement,

51
Code de la consommation

même en partie, avec ou sans l'aide d'un ou plusieurs prêts régis par les sections 1 à 3 du présent
chapitre.

Article L312-16
Lorsque l'acte mentionné à l'article L. 312-15 indique que le prix est payé, directement ou indirectement,
même partiellement, à l'aide d'un ou plusieurs prêts régis par les sections 1 à 3 et la section V du présent
chapitre, cet acte est conclu sous la condition suspensive de l'obtention du ou des prêts qui en assument
le financement. La durée de validité de cette condition suspensive ne pourra être inférieure à un mois à
compter de la date de la signature de l'acte ou, s'il s'agit d'un acte sous seing privé soumis à peine de
nullité à la formalité de l'enregistrement, à compter de la date de l'enregistrement.
Lorsque la condition suspensive prévue au premier alinéa du présent article n'est pas réalisée, toute
somme versée d'avance par l'acquéreur à l'autre partie ou pour le compte de cette dernière est
immédiatement et intégralement remboursable sans retenue ni indemnité à quelque titre que ce soit. A
compter du quinzième jour suivant la demande de remboursement, cette somme est productive d'intérêts
au taux légal majoré de moitié.

Article L312-17
Lorsque l'acte mentionné à l'article L. 312-15 indique que le prix sera payé sans l'aide d'un ou plusieurs
prêts, cet acte doit porter, de la main de l'acquéreur, une mention par laquelle celui-ci reconnaît avoir été
informé que s'il recourt néanmoins à un prêt il ne peut se prévaloir du présent chapitre.
En l'absence de l'indication prescrite à l'article L. 312-15 ou si la mention exigée au premier alinéa du
présent article manque ou n'est pas de la main de l'acquéreur et si un prêt est néanmoins demandé, le
contrat est considéré comme conclu sous la condition suspensive prévue à l'article L. 312-16.

Article L312-18
Pour les dépenses désignées au c du 1° de l'article L. 312-2, et à défaut d'un contrat signé des deux
parties, la condition suspensive prévue à l'article L. 312-16 ne pourra résulter que d'un avis donné par le
maître de l'ouvrage par écrit avant tout commencement d'exécution des travaux indiquant qu'il entend en
payer le prix directement ou indirectement, même en partie, avec l'aide d'un ou plusieurs prêts.

Article L312-19
Lorsqu'il est déclaré dans l'acte constatant le prêt que celui-ci est destiné à financer des ouvrages ou des
travaux immobiliers au moyen d'un contrat de promotion, de construction, de maîtrise œuvre ou
d'entreprise, le tribunal peut, en cas de contestation ou d'accidents affectant l'exécution des contrats et
jusqu'à la solution du litige, suspendre l'exécution du contrat de prêt sans préjudice du droit éventuel du
prêteur à l'indemnisation. Ces dispositions ne sont applicables que si le prêteur est intervenu à l'instance
ou s'il a été mis en cause par l'une des parties.

Article L312-20
Les dispositions de la présente section ne sont pas applicables aux ventes par adjudication.

Section 5 Remboursement anticipé du crédit et défaillance de l'emprunteur

Sous-section 1 Remboursement anticipé


Article L312-21
L'emprunteur peut toujours, à son initiative, rembourser par anticipation, en partie ou en totalité, les prêts
régis par les sections 1 à 3 du présent chapitre. Le contrat de prêt peut interdire les remboursements
égaux ou inférieurs à 10 p. 100 du montant initial du prêt, sauf s'il s'agit de son solde.
Si le contrat de prêt comporte une clause aux termes de laquelle, en cas de remboursement par
anticipation, le prêteur est en droit d'exiger une indemnité au titre des intérêts non encore échus, celle-ci
ne peut, sans préjudice de l'application de l'article 1152 du code civil, excéder un montant qui, dépendant
de la durée restant à courir du contrat, est fixé suivant un barème déterminé par décret. Pour les contrats
conclus à compter de la date d'entrée en vigueur de la loi n° 99-532 du 25 juin 1999 relative à l'épargne et
à la sécurité financière, aucune indemnité n'est due par l'emprunteur en cas de remboursement par

52
Code de la consommation

anticipation lorsque le remboursement est motivé par la vente du bien immobilier faisant suite à un
changement du lieu d'activité professionnelle de l'emprunteur ou de son conjoint, par le décès ou par la
cessation forcée de l'activité professionnelle de ces derniers.

Sous-section 2 Défaillance de l'emprunteur


Article L312-22
En cas de défaillance de l'emprunteur et lorsque le prêteur n'exige pas le remboursement immédiat du
capital restant dû, il peut majorer, dans des limites fixées par décret, le taux d'intérêt que l'emprunteur
aura à payer jusqu'à ce qu'il ait repris le cours normal des échéances contractuelles. Lorsque le prêteur
est amené à demander la résolution du contrat, il peut exiger le remboursement immédiat du capital
restant dû, ainsi que le paiement des intérêts échus. Jusqu'à la date du règlement effectif, les sommes
restant dues produisent des intérêts de retard à un taux égal à celui du prêt. En outre, le prêteur peut
demander à l'emprunteur défaillant une indemnité qui, sans préjudice de l'application des articles 1152 et
1231 du code civil, ne peut excéder un montant qui, dépendant de la durée restant à courir du contrat, est
fixé suivant un barème déterminé par décret.

Sous-section 3 Dispositions communes


Article L312-23
Aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux qui sont mentionnés aux articles L. 312-21 et L. 312-22
ne peuvent être mis à la charge de l'emprunteur dans les cas de remboursement par anticipation ou de
défaillance prévus par ces articles.
Toutefois, le prêteur pourra réclamer à l'emprunteur, en cas de défaillance de celui-ci, le remboursement,
sur justification, des frais taxables qui lui auront été occasionnés par cette défaillance à l'exclusion de tout
remboursement forfaitaire de frais de recouvrement

Section 6 La location-vente et la location assortie d'une promesse de vente


Article L312-24
Sous réserve des dispositions des 1° et 2° de l'article L. 312-3, les contrats de location-vente ou de
location assortis d'une promesse de vente relatifs aux immeubles mentionnées au 1° de l'article L. 312-2
sont soumis au présent chapitre, dans des conditions fixées à la présente section.

Article L312-25
Toute publicité faite, reçue ou perçue en France, qui, quel que soit son support, porte sur l'un des contrats
régis par la présente section, doit préciser l'identité du bailleur, la nature et l'objet du contrat.
Si cette publicité comporte un ou plusieurs éléments chiffrés, elle doit mentionner la durée du bail ainsi
que le coût annuel et le coût total de l'opération.

Article L312-26
Pour les contrats régis par la présente section, le bailleur est tenu de formuler par écrit une offre adressée
gratuitement par voie postale au preneur éventuel.
Cette offre mentionne l'identité des parties. Elle précise la nature et l'objet du contrat ainsi que ses
modalités, notamment en ce qui concerne les dates et conditions de mise à disposition du bien, le
montant des versements initiaux et celui des loyers ainsi que les modalités éventuelles d'indexation. Elle
rappelle, en outre, les dispositions de l'article L. 312-27.
Pour les contrats de location assortis d'une promesse de vente, elle fixe également:
1° Les conditions de levée de l'option et son coût décomposé entre, d'une part, la fraction des versements
initiaux et des loyers prise en compte pour le paiement du prix et, d'autre part, la valeur résiduelle du bien,
compte tenu de l'incidence des clauses de révision éventuellement prévues au contrat;
2° Les conditions et le coût de la non-réalisation de la vente.

Article L312-27

53
Code de la consommation

L'envoi de l'offre oblige le bailleur à maintenir les conditions qu'elle indique pendant une durée minimale
de trente jours à compter de sa réception par le preneur.
L'offre est soumise à l'acceptation du preneur qui ne peut accepter l'offre que dix jours après qu'il l'a
reçue. L'acceptation doit être donnée par lettre, le cachet de la poste faisant foi.

Article L312-28
Jusqu'à l'acceptation de l'offre, le preneur ne peut faire aucun dépôt, souscrire ou avaliser aucun effet de
commerce, signer aucun chèque ni aucune autorisation de prélèvement sur compte bancaire ou postal au
profit du bailleur ou pour le compte de celui-ci.

Article L312-29
En cas de défaillance du preneur dans l'exécution d'un contrat régi par la présente section, le bailleur est
en droit d'exiger, outre le paiement des loyers échus et non réglés, une indemnité qui, sans préjudice de
l'application de l'article 1152 du code civil, ne peut excéder un montant dépendant de la durée restant à
courir du contrat et fixé suivant un barème déterminé par décret.
En cas de location-vente, le bailleur ne peut exiger la remise du bien qu'après remboursement de la part
des sommes versées correspondant à la valeur en capital de ce bien.
Aucune indemnité ni aucun coût autres que ceux qui sont mentionnés ci-dessus ne peuvent être mis à la
charge du preneur. Toutefois, le bailleur pourra réclamer au preneur, en cas de défaillance de celui-ci, le
remboursement sur justification des frais taxables qui lui auront été occasionnés par cette défaillance, à
l'exclusion de tout remboursement forfaitaire de frais de recouvrement.

Article L312-30
En cas de location assortie d'une promesse de vente, l'acte constatant la levée de l'option est conclu sous
la condition suspensive prévue à l'article L. 312-16.
Lorsque cette condition n'est pas réalisée, le bailleur est tenu de restituer toutes sommes versées par le
preneur à l'exception des loyers et des frais de remise en état du bien.
A compter du quinzième jour suivant la demande de remboursement cette somme est productive
d'intérêts au taux légal majoré de moitié.

Article L312-31
Les dispositions de l'article L. 313-12 sont applicables aux contrats soumis aux dispositions de la
présente section.

Section 7 Sanctions
Article L312-32
L'annonceur pour le compte de qui est diffusée une publicité non conforme aux dispositions des articles L.
312-4 à L. 312-6 ou de l'article L. 312-25 sera puni d'une amende de 200 000 F.
Les dispositions des articles L. 121-2 à L. 121-7 sont applicables aux infractions relatives à la publicité
relevées dans le cadre du présent chapitre.

Article L312-33
Le prêteur ou le bailleur qui ne respecte pas l'une des obligations prévues aux articles L. 312-7 et L. 312-
8, à l'article L. 312-14, deuxième alinéa, ou à l'article L. 312-26 sera puni d'une amende de 25 000 F.
Le prêteur qui fait souscrire par l'emprunteur ou les cautions déclarées, ou reçoit de leur part l'acceptation
de l'offre sans que celle-ci comporte de date ou dans le cas où elle comporte une date fausse de nature à
faire croire qu'elle a été donnée après expiration du délai de dix jours prescrit à l'article L. 312-10, sera
puni d'une amende de 200 000 F.
La même peine sera applicable au bailleur qui fait souscrire par le preneur ou qui reçoit de sa part
l'acceptation de l'offre sans que celle-ci comporte de date ou dans le cas où elle comporte une date
fausse de nature à faire croire qu'elle a été donnée après l'expiration du délai de dix jours prescrit à
l'article L. 312-27.
Dans les cas prévus aux alinéas précédents, le prêteur ou le bailleur pourra en outre être déchu du droit
aux intérêts, en totalité ou dans la proportion fixée par le juge.

54
Code de la consommation

Article L312-34
Le prêteur ou le bailleur qui, en infraction aux dispositions de l'article L. 312-11 ou de l'article L. 312-28,
accepte de recevoir de l'emprunteur ou du preneur, ou pour le compte d'un de ces derniers, un versement
ou un dépôt, un chèque ou un effet de commerce souscrit, endossé ou avalisé à son profit, ou utilise une
autorisation de prélèvement sur compte bancaire ou postal, sera puni d'une amende de 200 000 F.

Article L312-35
Le prêteur, en infraction aux dispositions du premier alinéa de l'article L. 312-14, ou le vendeur, en
infraction aux dispositions de l'article L. 312-16, ou le bailleur, en infraction aux dispositions du dernier
alinéa de l'article L. 312-30, qui ne restitue pas les sommes visées à ces articles, sera puni d'une amende
de 200 000 F.
La même peine sera applicable à celui qui réclame à l'emprunteur ou au preneur ou retient sur son
compte des sommes supérieures à celles qu'il est autorisé à réclamer ou à retenir en application des
dispositions de l'article L. 312-23 ou des deux derniers alinéas de l'article L. 312-29.

Section 8 Procédure
Article L312-36
Le tribunal d'instance connaît des actions nées de l'application des articles L. 312-31 et L. 313-12.

Chapitre III Dispositions communes

Section 1 Le taux d'intérêt

Sous-section 1 Le taux effectif global


Article L313-1
Dans tous les cas, pour la détermination du taux effectif global du prêt, comme pour celle du taux effectif
pris comme référence, sont ajoutés aux intérêts les frais, commissions ou rémunérations de toute nature,
directs ou indirects, y compris ceux qui sont payés ou dus à des intermédiaires intervenus de quelque
manière que ce soit dans l'octroi du prêt, même si ces frais, commissions ou rémunérations
correspondent à des débours réels.
Toutefois, pour l'application des articles L. 312-4 à L. 312-8, les chargés liées aux garanties dont les
crédits sont éventuellement assortis ainsi que les honoraires d'officiers ministériels ne sont pas compris
dans le taux effectif global défini ci-dessus, lorsque leur montant ne peut être indiqué avec précision
antérieurement à la conclusion définitive du contrat.
En outre, pour les prêts qui font l'objet d'un amortissement échelonné, le taux effectif global doit être
calculé en tenant compte des modalités de l'amortissement de la créance.
Un décret en Conseil d'Etat déterminera les conditions d'application du présent article.

Article L313-2
Le taux effectif global déterminé comme il est dit à l'article L. 313-1 doit être mentionné dans tout écrit
constatant un contrat de prêt régi par la présente section.
Toute infraction aux dispositions du présent article sera punie d'une amende de 30 000 F.

Sous-section 2 Le taux d'usure


Article L313-3
Constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un taux effectif global qui excède, au
moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre
précédent par les établissements de crédit pour des opérations de même nature comportant des risques
analogues, telles que définies par l'autorité administrative après avis du Conseil national du crédit.

55
Code de la consommation

Les crédits accordés à l'occasion de ventes à tempérament sont, pour l'application de la présente section,
assimilés à des prêts conventionnels et considérés comme usuraires dans les mêmes conditions que les
prêts d'argent ayant le même objet.
Les conditions de calcul et de publicité des taux effectifs moyens visés au premier alinéa sont fixées par
la voie réglementaire.

Article L313-4
Lorsqu'un prêt conventionnel est usuraire, les perceptions excessives au regard des articles L. 313-1 à L.
313-3 sont imputées de plein droit sur les intérêts normaux alors échus et subsidiairement sur le capital
de la créance.
Si la créance est éteinte en capital et intérêts, les sommes indûment perçues doivent être restituées avec
intérêts légaux du jour où elles auront été payées.

Article L313-5
Quiconque consent à autrui un prêt usuraire ou apporte sciemment à quelque titre et de quelque manière
que ce soit, directement ou indirectement, son concours à l'obtention ou à l'octroi d'un prêt usuraire ou
d'un prêt qui deviendrait usuraire au sens de l'article L. 313-3 du fait de son concours est puni d'un
emprisonnement de deux ans et d'une amende de 300 000 F ou de l'une de ces deux peines seulement.
En outre, le tribunal peut ordonner:
1° La publication intégrale, ou par extraits, de sa décision, aux frais du condamné, dans les journaux qu'il
désigne, ainsi que l'affichage de cette décision dans les conditions prévues à l'article 131-35 du code
pénal;
2° La fermeture, provisoire ou définitive, de l'entreprise dont l'une des personnes chargées de
l'administration ou de la direction est condamnée en application de l'alinéa premier du présent article,
assortie éventuellement de la nomination d'un administrateur ou d'un liquidateur.
En cas de fermeture, le tribunal fixe la durée pendant laquelle le délinquant ou l'entreprise doit continuer à
payer à son personnel les salaires, indemnités et rémunérations de toute nature auxquels celui-ci avait
droit jusqu'alors; cette durée ne saurait excéder trois mois.
La prescription de l'action publique en ce qui concerne le délit visé au premier alinéa ci-dessus court à
compter du jour de la dernière perception, soit d'intérêt, soit de capital.

Article L313-6
En tout état de la procédure d'enquête préliminaire ou de la procédure d'instruction ou de jugement, les
autorités judiciaires compétentes pourront saisir, si elles l'estiment utile, une commission consultative
dont la composition sera fixée par arrêté et qui donnera tous avis tant sur le taux effectif moyen visé à
l'alinéa premier de l'article L. 313-3 que sur le taux effectif global pratiqué dans l'espèce considérée.

Section 2 Les cautions


Article L313-7
La personne physique qui s'engage par acte sous seing privé en qualité de caution pour l'une des
opérations relevant des chapitres Ier ou II du présent titre doit, à peine de nullité de son engagement,
faire précéder sa signature de la mention manuscrite suivante, et uniquement de celle-ci:
"En me portant caution de X..., dans la limite de la somme de... couvrant le paiement du principal, des
intérêts et, le cas échéant, des pénalités ou intérêts de retard et pour la durée de..., je m'engage à
rembourser au prêteur les sommes dues sur mes revenus et mes biens si X... n'y satisfait pas lui-même".

Article L313-8
Lorsque le créancier demande un cautionnement solidaire pour l'une des opérations relevant des
chapitres Ier ou II du présent titre, la personne physique qui se porte caution doit, à peine de nullité de
son engagement, faire précéder sa signature de la mention manuscrite suivante:
"En renonçant au bénéfice de discussion défini à l'article 2021 du code civil et en m'obligeant
solidairement avec X..., je m'engage à rembourser le créancier sans pouvoir exiger qu'il poursuive
préalablement X...".

Article L313-9

56
Code de la consommation

Toute personne physique qui s'est portée caution à l'occasion d'une opération de crédit relevant des
chapitres Ier ou II du présent titre doit être informée par l'établissement prêteur de la défaillance du
débiteur principal dès le premier incident de paiement caractérisé susceptible d'inscription au fichier
institué à l'article L. 333-4. Si l'établissement prêteur ne se conforme pas à cette obligation, la caution ne
saurait être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retard échus entre la date de ce premier
incident et celle à laquelle elle en a été informée.

Article L313-10
Un établissement de crédit ne peut se prévaloir d'un contrat de cautionnement d'une opération de crédit
relevant des chapitres Ier ou II du présent titre, conclu par une personne physique dont l'engagement
était, lors de sa conclusion, manifestement disproportionné à ses biens et revenus, à moins que le
patrimoine de cette caution, au moment où celle-ci est appelée, ne lui permette de faire face à son
obligation.

Section 3 Rémunération du vendeur


Article L313-11
Tout vendeur, salarié ou non d'un organisme bancaire ou de crédit, ne peut, en aucun cas, être rémunéré
en fonction du taux du crédit qu'il a fait contracter à l'acheteur d'un bien mobilier ou immobilier.

Section 4 Délais de grâce


Article L313-12
L'exécution des obligations du débiteur peut être, notamment en cas de licenciement, suspendue par
ordonnance du juge d'instance dans les conditions prévues aux articles 1244-1 à 1244-3 du code civil.
L'ordonnance peut décider que, durant le délai de grâce, les sommes dues ne produiront point intérêt.
En outre, le juge peut déterminer dans son ordonnance les modalités de paiement des sommes qui
seront exigibles au terme du délai de suspension, sans que le dernier versement puisse excéder de plus
de deux ans le terme initialement prévu pour le remboursement du prêt; il peut cependant surseoir à
statuer sur ces modalités jusqu'au terme du délai de suspension.

Section 5 Lettres de change et billets à ordre


Article L313-13
Les dispositions de l'article 114 du code de commerce sont applicables aux lettres de change et billets à
ordre souscrits ou avalisés par les emprunteurs même majeurs à l'occasion des opérations de crédit
régies par le présent titre à l'exception des sections 2, 4, 6 et 7 du chapitre II et des sections 1, 3 et 4 à 8
du présent chapitre.

Section 6 Pouvoirs d'enquête


Article L313-14
Les infractions aux dispositions des chapitres Ier et II et des sections 2 à 8 du chapitre III du présent titre
sont constatées et poursuivies dans les conditions fixées par les articles 45, premier alinéa, 46 et 47 de
l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence.

Section 7 Textes d'application


Article L313-15
Les conditions d'application du présent titre à l'exception de celles de la section 1 du présent chapitre,
sont fixées par décret en Conseil d'Etat. Toutefois le modèle de l'offre visée aux articles L. 312-7, L. 312-8
et L. 312-26 pourra, en tant que de besoin, être fixé par le comité de la réglementation bancaire.

57
Code de la consommation

Section 8 Dispositions d'ordre public


Article L313-16
Les dispositions des chapitres Ier et II et des sections 2 à 8 du chapitre III du présent titre sont d'ordre
public.

Titre II Activité d'intermédiaire pour le règlement des dettes

Chapitre Ier Nullité des conventions


Article L321-1
Est nulle de plein droit toute convention par laquelle un intermédiaire se charge ou se propose moyennant
rémunération:
1° Soit d'examiner la situation d'un débiteur en vue de l'établissement d'un plan de remboursement;
2° Soit de rechercher pour le compte d'un débiteur l'obtention de délais de paiement ou d'une remise de
dette.
3° Soit d'intervenir, pour le compte du débiteur, sous quelque forme que ce soit, pour les besoins de la
procédure de surendettement.

Chapitre II Dispositions diverses


Article L322-1
Tout intermédiaire qui aura perçu une somme d'argent à l'occasion de l'une des opérations mentionnées
à l'article L. 321-1 sera puni d'un emprisonnement d'un an et d'une amende de 200 000 F ou de l'une de
ces deux peines seulement.
Le tribunal pourra en outre ordonner, aux frais du condamné, la publication intégrale ou par extraits du
jugement dans les journaux qu'il fixe, sans que le coût de cette publication puisse excéder le montant de
l'amende encourue.

Article L322-2
Les dispositions du présent titre ne sont pas applicables:
1° Aux membres des professions juridiques et judiciaires réglementées;
2° Aux personnes physiques ou morales qui se livrent aux opérations visées à l'article L. 321-1 dans le
cadre de leur mission de conciliation instituée par la loi n° 84-148 du 1er mars 1984 relative à la
prévention et au règlement amiable des difficultés des entreprises;
3° Aux personnes physiques et morales désignées en application des articles 141 et 143 de la loi n° 85-
08 du 25 janvier 1985 relative au redressement et à la liquidation judiciaires des entreprises qui se livrent
aux opérations visées à l'article L. 321-1;
4° Aux personnes physiques mentionnées au deuxième alinéa de l'article 2 de la loi n° 85-99 du 25
janvier 1985 relative aux administrateurs judiciaires, mandataires-liquidateurs et experts en diagnostic
d'entreprise, dans le cadre de la mission qui leur est confiée par une décision de justice.
Elles ne font pas obstacle aux dispositions législatives et réglementaires qui prévoient la représentation
en justice.

Article L322-3
Les dispositions des articles L. 321-1, L. 322-1 et L. 322-2 s'appliquent aux contrats en cours le 1er
janvier 1986; à cette date, les dossiers en cours devront être intégralement remis aux débiteurs par les
intermédiaires qui en avaient la charge.

58
Code de la consommation

Titre III Traitement des situations de surendettement

Chapitre Ier De la procédure devant la commission de


surendettement des particuliers
Article L331-1
Il est institué, dans chaque département, au moins une commission de surendettement des particuliers.
Elle comprend le représentant de l'Etat dans le département, président, le trésorier-payeur général, vice-
président, le directeur des services fiscaux. Chacune de ces personnes peut se faire représenter, par un
seul et même délégué, dans des conditions fixées par décret. La commission comprend également le
représentant local de la Banque de France, qui en assure le secrétariat, ainsi que deux personnalités
choisies par le représentant de l'Etat dans le département, la première sur proposition de l'Association
française des établissements de crédit et des entreprises d'investissement, la seconde sur proposition
des associations familiales ou de consommateurs.
Un suppléant de chacune de ces personnalités est désigné dans les mêmes conditions.

Article L331-2
La commission a pour mission de traiter, dans les conditions prévues par le présent chapitre, la situation
de surendettement des personnes physiques, caractérisée par l'impossibilité manifeste pour le débiteur
de bonne foi de faire face à l'ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir.
Le montant des remboursements résultant de l'application des articles L. 331-6 ou L. 331-7 est fixé, dans
des conditions précisées par décret, par référence à la quotité saisissable du salaire telle qu'elle résulte
de l'article L. 145-2 du code du travail, de manière à ce qu'une partie des ressources nécessaire aux
dépenses courantes du ménage lui soit réservée par priorité. Cette part de ressources, qui ne peut être
inférieure à un montant égal au revenu minimum d'insertion dont disposerait le ménage, est mentionnée
dans le plan conventionnel de redressement prévu à l'article L. 331-6 ou dans les recommandations
prévues aux articles L. 331-7 et L. 331-7-1..

Article L331-3
La procédure est engagée devant la commission à la demande du débiteur.
La commission vérifie que le demandeur se trouve dans la situation définie à l'article L. 331-2. Le juge de
l'exécution est compétent pour connaître des recours dirigés contre les décisions rendues par elle à ce
titre.
La commission dresse l'état d'endettement du débiteur. Celui-ci est tenu de lui déclarer les éléments
actifs et passifs de son patrimoine. Lorsque la commission constate que le remboursement d'une ou
plusieurs dettes du débiteur principal est garanti par un cautionnement, elle informe la caution de
l'ouverture de la procédure. La caution peut faire connaître par écrit à la commission ses observations.
Le débiteur est entendu à sa demande par la commission. Celle-ci peut également entendre toute
personne dont l'audition lui paraît utile, sous réserve que celle-ci intervienne à titre gratuit.
La commission peut faire publier un appel aux créanciers.
Après avoir été informés par la commission de l'état du passif déclaré par le débiteur, les créanciers
disposent d'un délai de trente jours pour fournir, en cas de désaccord sur cet état, les justifications de
leurs créances en principal, intérêts et accessoires. A défaut, la créance est prise en compte par la
commission au vu des seuls éléments fournis par le débiteur.
Les créanciers doivent alors indiquer si les créances en cause ont donné lieu à une caution et si celle-ci a
été actionnée.
Nonobstant toute disposition contraire, elle peut obtenir communication, auprès des administrations
publiques, des établissements de crédit, des organismes de sécurité et de prévoyance sociale ainsi que
des services chargés de centraliser les risques bancaires et les incidents de paiement, de tout
renseignement de nature à lui donner une exacte information sur la situation du débiteur, l'évolution
possible de celle-ci et les procédures de conciliation amiables en cours.
Les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale procèdent, à sa demande, à des
enquêtes sociales.

Article L331-4

59
Code de la consommation

La commission informe le débiteur de l'état du passif qu'elle a dressé. Le débiteur qui conteste cet état
dispose d'un délai de vingt jours pour demander à la commission la saisine du juge de l'exécution, aux
fins de vérification de la validité des titres de créance et du montant des sommes réclamées, en indiquant
les créances contestées et les motifs qui justifient sa demande. La commission est tenue de faire droit à
cette demande. Passé le délai de vingt jours, le débiteur ne peut plus formuler une telle demande. La
commission informe le débiteur de ce délai.
Même en l'absence de demande du débiteur, la commission peut, en cas de difficultés, saisir le juge de
l'exécution aux mêmes fins.

Article L331-5
La commission peut saisir le juge de l'exécution aux fins de suspension des procédures d'exécution
diligentées contre le débiteur et portant sur les dettes autres qu'alimentaires. Toutefois, postérieurement à
la publication d'un commandement aux fins de saisie immobilière, le juge de la saisie immobilière est seul
compétent pour prononcer la suspension de cette procédure. En cas d'urgence, la saisine du juge peut
intervenir à l'initiative du président de la commission, du délégué de ce dernier, du représentant local de
la Banque de France ou du débiteur. La commission est ensuite informée de cette saisine.
Celle-ci est acquise, sans pouvoir excéder un an, jusqu'à l'approbation du plan conventionnel de
redressement prévu à l'article L. 331-6 ou, en cas d'échec de la conciliation, jusqu'à l'expiration du délai
fixé par le décret en Conseil d'Etat prévu à l'article L. 333-8 dont dispose le débiteur pour demander à la
commission de formuler des recommandations en application des articles L. 331-7 et L. 331-7-1 (1er
alinéa). En cas de demande formulée dans ce délai, elle est acquise jusqu'à ce que le juge ait conféré
force exécutoire aux mesures recommandées, en application de l'article L. 332-1, ou, s'il a été saisi en
application de l'article L. 332-2, jusqu'à ce qu'il ait statué. Lorsque le débiteur fait usage de la faculté que
lui ouvre l'article L. 331-7, la durée de la suspension provisoire est prolongée, jusqu'à ce que le juge ait
conféré force exécutoire aux mesures recommandées, en application de l'article L. 332-1, ou, s'il a été
saisi en application de l'article L. 332-2, jusqu'à ce qu'il ait statué.
Lorsqu'en cas de saisie immobilière la date d'adjudication a été fixée, la commission peut, pour causes
graves et dûment justifiées, saisir le juge aux fins de remise de l'adjudication, dans les conditions prévues
par l'article 703 du code de procédure civile (ancien).
Sauf autorisation du juge, la décision qui prononce la suspension provisoire des procédures d'exécution
interdit au débiteur de faire tout acte qui aggraverait son insolvabilité, de payer, en tout ou partie, une
créance autre qu'alimentaire née antérieurement à cette décision, de désintéresser les cautions qui
acquitteraient des créances nées antérieurement, de faire un acte de disposition étranger à la gestion
normale du patrimoine; elle interdit aussi la prise de toute garantie ou sûreté.

Article L331-6
La commission a pour mission de concilier les parties en vue de l'élaboration d'un plan conventionnel de
redressement approuvé par le débiteur et ses principaux créanciers.
Le plan peut comporter des mesures de report ou de rééchelonnement des paiements des dettes, de
remise des dettes, de réduction ou de suppression du taux d'intérêt, de consolidation, de création ou de
substitution de garantie.
Le plan peut subordonner ces mesures à l'accomplissement par le débiteur d'actes propres à faciliter ou à
garantir le paiement de la dette. Il peut également les subordonner à l'abstention par le débiteur d'actes
qui aggraveraient son insolvabilité.
Le plan prévoit les modalités de son exécution.

Article L331-7
En cas d'échec de sa mission de conciliation, la commission peut, à la demande du débiteur et après
avoir mis les parties en mesure de fournir leurs observations, recommander tout ou partie des mesures
suivantes:
1° Rééchelonner, y compris, le cas échéant, en différant le paiement d'une partie des dettes, le paiement
des dettes autres que fiscales, parafiscales ou envers les organismes de sécurité sociale, sans que le
délai de report ou de rééchelonnement puisse excéder huit ans ou la moitié de la durée de
remboursement restant à courir des emprunts en cours; en cas de déchéance du terme, le délai de report
ou de rééchelonnement peut atteindre la moitié de la durée qui restait à courir avant la déchéance;
2° Imputer les paiements, d'abord sur le capital;

60
Code de la consommation

3° Prescrire que les sommes correspondant aux échéances ou rééchelonnées porteront intérêt à un taux
réduit qui peut être inférieur au taux d'intérêt légal sur proposition spéciale et motivé et si la situation du
débiteur l'exige. Quelle que soit la durée du plan de redressement, le taux ne peut être supérieur au taux
légal.
4° En cas de vente forcé du logement principal du débiteur, grevé d'une inscription bénéficiant à un
établissement de crédit ayant fourni les sommes nécessaires à son acquisition, réduire, par proposition
spéciale et motivée, le montant de la fraction des prêts immobiliers restant due aux établissements de
crédit après la vente, après imputation du prix de vente sur le capital restant dû, dans des proportions
telles que son paiement, assorti d'un rééchelonnement calculé comme il est dit ci-dessus, soit compatible
avec les ressources et les charges du débiteur. La même disposition est applicable en cas de vente
amiable dont le principe, destiné à éviter une saisie immobilière, et les modalités ont été arrêtés d'un
commun accord entre le débiteur et l'établissement de crédit. En toute hypothèse, le bénéfice des
présentes dispositions ne peut être invoqué plus de deux mois après sommation faite d'avoir à payer le
montant de la fraction des prêts immobiliers restant due, à moins que, dans ce délai, la commission n'ait
été saisie. A peine de nullité, la sommation de payer reproduit les termes du présent alinéa.
La commission peut recommander que ces mesures soient subordonnées à l'accomplissement par le
débiteur d'actes propres à faciliter ou à garantir le paiement de la dette. Elle peut également
recommander qu'elles soient subordonnées à l'abstention par le débiteur, d'actes qui aggraveraient son
insolvabilité.
Pour l'application du présent article, la commission prend en compte la connaissance que pouvait avoir
chacun des créanciers, lors de la conclusion des différents contrats, de la situation d'endettement du
débiteur. Elle peut également vérifier que le contrat a été consenti avec le sérieux qu'imposent les usages
professionnels.
Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas aux dettes d'aliments.
La demande du débiteur formée en application du premier alinéa interrompt la prescription et les délais
pour agir.

Article L331-7-1
Lorsque la commission constate l'insolvabilité du débiteur caractérisée par l'absence de ressources ou de
biens saisissables de nature à permettre d'apurer tout ou partie de ses dettes et rendant inapplicables les
mesures prévues à l'article L. 331-7, elle peut recommander la suspension de l'exigibilité des créances
autres qu'alimentaires ou fiscales pour une durée qui ne peut excéder trois ans. Sauf proposition contraire
de la commission, la suspension de la créance entraîne la suspension du paiement des intérêts dus à ce
titre. Durant cette période, seules les sommes dues au titre du capital peuvent être de plein droit
productives d'intérêts dont le taux n'excède pas le taux légal.
Les dettes fiscales peuvent faire l'objet de remises totales ou partielles dans les conditions visées à
l'article L. 247 du livre des procédures fiscales.
A l'issue de la période visée au premier alinéa, la commission réexamine la situation du débiteur. Si cette
situation le permet, elle recommande tout ou partie des mesures prévues à l'article L. 331-7. Si le débiteur
demeure insolvable, elle recommande, par une proposition spéciale et motivée, l'effacement total ou
partiel des créances autres qu'alimentaires ou fiscales. Les dettes fiscales peuvent faire l'objet de remises
totales ou partielles dans les conditions visées à l'article L. 247 du livre des procédures fiscales. Aucun
nouvel effacement ne peut intervenir, dans une période de huit ans, pour des dettes similaires à celles qui
ont donné lieu à un effacement.

Article L331-8
Les mesures recommandées en application de l'article L. 331-7 ou de l'article L. 331-7-1 et rendues
exécutoires par l'application de l'article L. 332-1 ou de l'article L. 332-2 ne sont pas opposables aux
créanciers dont l'existence n'aurait pas été signalée par le débiteur et qui n'en auraient pas été avisés par
la commission.

Article L331-9
Les créanciers auxquels les mesures recommandées en application de l'article L. 331-7 ou du premier
alinéa de l'article L. 331-7-1 et rendues exécutoires par application de l'article L. 332-1 ou de l'article L.
332-2 sont opposables ne peuvent exercer des procédures d'exécution à l'encontre des biens du débiteur
pendant la durée d'exécution de ces mesures.

61
Code de la consommation

Article L331-10
Les parties peuvent être assistées devant la commission par toute personne de leur choix.

Article L331-11
Les membres de la commission, ainsi que toute personne qui participe à ses travaux ou est appelée au
traitement de la situation de surendettement, sont tenus de ne pas divulguer à des tiers les informations
dont ils ont eu connaissance dans le cadre de la procédure instituée par le présent chapitre, à peine des
sanctions prévues à l'article 226-13 du code pénal.

Chapitre II Du contrôle par le juge des mesures recommandées par la


commission de surendettement
Article L332-1
S'il n'a pas été saisi de la contestation prévue à l'article L. 332-2, le juge de l'exécution confère force
exécutoire aux mesures recommandées par la commission en application de l'article L. 331-7 et du
premier alinéa de l'article L. 331-7-1 après en avoir vérifié la régularité, et aux mesures recommandées
par la commission en application du troisième alinéa de l'article L. 331-7-1 après en avoir vérifié la
régularité et le bien-fondé.

Article L332-2
Une partie peut contester devant le juge de l'exécution les mesures recommandées par la commission en
application de l'article L. 331-7 ou de l'article L. 331-7-1, dans les quinze jours de la notification qui lui en
est faite.
Avant de statuer, le juge peut, à la demande d'une partie, ordonner par provision l'exécution d'une ou
plusieurs des mesures visées au premier alinéa.
Il peut faire publier un appel aux créanciers.
Il peut vérifier, même d'office, la validité et le montant des titres de créance et s'assurer que le débiteur se
trouve bien dans la situation définie à l'article L. 331-2.
Il peut également prescrire toute mesure d'instruction qu'il estime utile. Les frais relatifs à celle-ci sont mis
à la charge de l'Etat.
Nonobstant toute disposition contraire, le juge peut obtenir communication de tout renseignement lui
permettant d'apprécier la situation du débiteur et l'évolution possible de celle-ci.

Article L332-3
Le juge saisi de la contestation prévue à l'article L. 332-2 prend tout ou partie des mesures définies à
l'article L. 331-7 ou à l'article L. 331-7-1. Dans tous les cas, la part des ressources nécessaires aux
dépenses courantes du ménage est déterminée comme il est dit au deuxième alinéa de l'article L. 331-2.
Elle est mentionnée dans la décision.

Chapitre II Redressement judiciaire civil


Article L332-4
L'effacement d'une créance en application de l'article L. 332-1 ou de l'article L. 332-2 vaut régularisation
de l'incident de paiement au sens de l'article 65-3 du décret du 30 octobre 1935 unifiant le droit en
matière de chèques et relatif aux cartes de paiement.

Chapitre III Dispositions communes


Article L333-1
Les créances des organismes de prévoyance ou de sécurité sociale peuvent faire l'objet de remises dans
des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat.

Article L333-2

62
Code de la consommation

Est déchue du bénéfice des dispositions du présent titre:


1° Toute personne qui aura sciemment fait de fausses déclarations ou remis des documents inexacts en
vue d'obtenir le bénéfice de la procédure de traitement de la situation de surendettement;
2° Toute personne qui, dans le même but, aura détourné ou dissimulé, ou tenté de détourner ou de
dissimuler, tout ou partie de ses biens;
3° Toute personne qui, sans l'accord de ses créanciers, de la commission ou du juge, aura aggravé son
endettement en souscrivant de nouveaux emprunts ou aura procédé à des actes de disposition de son
patrimoine pendant le déroulement de la procédure de traitement de la situation de surendettement, ou
pendant l'exécution du plan ou des mesures de l'article L. 331-7 ou de l'article L. 331-7-1.

Article L333-3
Les dispositions du présent titre ne s'appliquent pas lorsque le débiteur relève des procédures instituées
par les lois n° 84-148 du 1er mars 1984 relative à la prévention et au règlement amiable des difficultés
des entreprises, n° 88-1202 du 30 décembre 1988 relative à l'adaptation de l'exploitation agricole à son
environnement économique et social et n° 85-98 du 25 janvier 1985 relative au redressement et à la
liquidation judiciaires des entreprises.
Ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à l'application des articles 22, 23 et 24 de la loi du 1er juin
1924 portant introduction des lois commerciales françaises dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-
Rhin et de la Moselle.

Article L333-3-1
Les dispositions du présent titre s'appliquent également aux débiteurs de nationalité française en situation
de surendettement domiciliés hors de France et qui ont contracté des dettes non professionnelles auprès
de créanciers établis en France.
Le débiteur peut saisir à cet effet la commission de surendettement du lieu d'établissement de l'un de ces
créanciers.

Article L333-4
Il est institué un fichier national recensant les informations sur les incidents de paiement caractérisés liés
aux crédits accordés aux personnes physiques pour des besoins non professionnels. Ce fichier est géré
par la Banque de France. Il est soumis aux dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à
l'informatique, aux fichiers et aux libertés.
Les établissements de crédit visés par la loi n° 84-46 du 24 janvier 1984 relative à l'activité et au contrôle
des établissements de crédit ainsi que les services financiers de La Poste sont tenus de déclarer à la
Banque de France les incidents visés à l'alinéa précédent.
Lorsque la commission instituée à l'article L. 331-1 a vérifié que le débiteur qui l'a saisie se trouve dans la
situation visée à l'article L. 331-2, elle en informe la Banque de France aux fins d'inscription au fichier
institué au premier alinéa du présent article. La même obligation pèse sur le greffe du juge de l'exécution
lorsque, sur recours de l'intéressé en application du deuxième alinéa de l'article L. 331-3, la situation
visée à l'article L. 331-2 est reconnue par ce juge.
Le fichier recense les mesures du plan conventionnel de redressement mentionnées à l'article L. 331-6.
Ces mesures sont communiquées à la Banque de France par la commission. L'inscription est conservée
pendant toute la durée de l'exécution du plan conventionnel, sans pouvoir excéder huit ans.
Le fichier recense également les mesures prises en vertu des articles L. 331-7 et L. 331-7-1 qui sont
communiquées à la Banque de France par le greffe du juge de l'exécution. S'agissant des mesures
définies à l'article L. 331-7 et au premier alinéa de l'article L. 331-7-1, l'inscription est conservée pendant
toute la durée d'exécution de ces mesures, sans pouvoir excéder huit ans. S'agissant des mesures
définies au troisième alinéa de l'article L. 331-7-1, la durée d'inscription est fixée à huit ans.
La Banque de France est seule habilitée à centraliser les informations visées à l'alinéa précédent.
Les organismes professionnels ou organes centraux représentant les établissements visés au deuxième
alinéa sont seuls autorisés à tenir des fichiers recensant des incidents de paiement.
La Banque de France est déliée du secret professionnel pour la diffusion, aux établissements de crédit et
aux services financiers susvisés, des informations nominatives contenues dans le fichier.
Il est interdit à la Banque de France, aux établissements de crédit et aux services financiers de La Poste
de remettre à quiconque copie, sous quelque forme que ce soit, des informations contenues dans le

63
Code de la consommation

fichier, même à l'intéressé lorsqu'il exerce son droit d'accès conformément à l'article 35 de la loi n° 78-17
du 6 janvier 1978 précitée, sous peine des sanctions prévues aux articles 43 et 44 de la même loi.

Article L333-5
Un règlement du comité de la réglementation bancaire, pris après avis de la Commission nationale de
l'informatique et des libertés et du comité consultatif institué par l'article 59 de la loi n° 84-46 du 24 janvier
1984 précitée, fixe notamment les modalités de collecte, d'enregistrement, de conservation et de
consultation de ces informations.

Article L333-6
Dans les départements d'outre-mer, l'institut d'émission des départements d'outre-mer exerce, en liaison
avec la Banque de France, les attributions dévolues à celle-ci par le présent chapitre.

Article L333-7
Les dispositions des articles L. 333-1, L. 333-3 à L. 333-6 et L. 333-8 sont applicables aux contrats en
cours au 2 janvier 1990.
Les autres dispositions du présent titre sont immédiatement applicables aux procédures en cours à la
date d'entrée en vigueur desdites dispositions telle qu'elle est définie au II de l'article 33 de la loi n° 95-
125 du 8 février 1995 relative à l'organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et
administrative.

Article L333-8
Des décrets en Conseil d'Etat déterminent les conditions d'application du présent titre.

Titre IV Cautionnement
Article L341-1
Sans préjudice des dispositions particulières, toute personne physique qui s'est portée caution est
informée par le créancier professionnel de la défaillance du débiteur principal dès le premier incident de
paiement non régularisé dans le mois de l'exigibilité de ce paiement. Si le créancier ne se conforme pas à
cette obligation, la caution ne saurait être tenue au paiement des pénalités ou intérêts de retards échus
entre la date de ce premier incident et celle à laquelle elle en a été informée.

Livre IV Les associations de consommateurs

Titre Ier Agrément des associations

Chapitre Ier Les associations


Article L411-1
Les conditions dans lesquelles les associations de défense des consommateurs peuvent être agréées,
après avis du ministère public, compte tenu de leur représentativité sur le plan national ou local ainsi que
les conditions de retrait de cet agrément sont fixées par décret.

Chapitre II Les sociétés coopératives de consommation


Article L412-1
L'agrément ne peut être accordé qu'aux associations indépendantes de toutes formes d'activités
professionnelles. Toutefois, les associations émanant de sociétés coopératives de consommation, régies
par la loi du 7 mai 1917 ayant pour objet l'organisation du crédit aux sociétés coopératives de
consommation et ses textes subséquents, peuvent être agréées si elles satisfont par ailleurs aux
conditions qui sont fixées en application de l'article L. 411-1.

64
Code de la consommation

Titre II Actions en justice des associations

Chapitre Ier Action exercée dans l'intérêt collectif des


consommateurs

Section 1 Action civile


Article L421-1
Les associations régulièrement déclarées ayant pour objet statutaire explicite la défense des intérêts des
consommateurs peuvent, si elles ont été agréées à cette fin, exercer les droits reconnus à la partie civile
relativement aux faits portant un préjudice direct ou indirect à l'intérêt collectif des consommateurs.
Les organisations définies à l'article 2 du code de la famille et de l'aide sociale sont dispensées de
l'agrément pour agir en justice dans les conditions prévues au présent article.

Article L421-2
Les associations de consommateurs mentionnées à l'article L. 421-1 et agissant dans les conditions
précisées à cet article peuvent demander à la juridiction civile, statuant sur l'action civile, ou à la juridiction
répressive, statuant sur l'action civile, d'ordonner au défenseur ou au prévenu, le cas échéant sous
astreinte, toute mesure destinée à faire cesser des agissements illicites ou à supprimer dans le contrat ou
le type de contrat proposé aux consommateurs une clause illicite.

Article L421-3
La juridiction répressive saisie dans les conditions de l'article L. 421-1 peut, après avoir déclaré le
prévenu coupable, ajourner le prononcé de la peine en lui enjoignant, sous astreinte le cas échéant, de se
conformer, dans un délai fixé, aux prescriptions qu'elle détermine et qui ont pour objet de faire cesser
l'agissement illicite ou de supprimer dans le contrat ou le type de contrat proposé aux consommateurs
une clause illicite.
Dans le cas où la juridiction répressive assortit l'ajournement d'une astreinte, elle doit en prévoir le taux et
la date à compter de laquelle elle commencera à courir. L'ajournement, qui ne peut intervenir qu'une
seule fois, peut être décidé même si le prévenu ne comparaît pas en personne. Le juge peut ordonner
l'exécution provisoire de la décision d'injonction.

Article L421-4
A l'audience de renvoi, qui doit intervenir au plus tard dans le délai d'un an à compter de la décision
d'ajournement, la juridiction statue sur la peine et liquide l'astreinte s'il y a lieu. Elle peut, le cas échéant,
supprimer cette dernière ou en réduire le montant. L'astreinte est recouvrée par le comptable du Trésor
comme une amende pénale. Elle ne peut donner lieu à contrainte par corps.

Article L421-5
L'astreinte est de plein droit supprimée à chaque fois qu'il est établi que la personne concernée s'est
conformée à une injonction sous astreinte prononcée par un autre juge répressif ayant ordonné de faire
cesser une infraction identique à celle qui fonde les poursuites.

Section 2 Action en suppression de clauses abusives


Article L421-6
Les associations mentionnées à l'article L. 421-1 peuvent demander à la juridiction civile d'ordonner, le
cas échéant sous astreinte, la suppression de clauses abusives dans les modèles de conventions
habituellement proposés par les professionnels aux consommateurs et dans ceux destinés aux
consommateurs et proposés par les organisations professionnelles à leurs membres.

Section 3 Interventions en justice


Article L421-7

65
Code de la consommation

Les associations mentionnées à l'article L. 421-1 peuvent intervenir devant les juridictions civiles et
demander notamment l'application des mesures prévues à l'article L. 421-2, lorsque la demande initiale a
pour objet la réparation d'un préjudice subi par un ou plusieurs consommateurs à raison de faits non
constitutifs d'une infraction pénale.

Section 4 Dispositions communes


Article L421-8
Le ministère public peut produire devant la juridiction saisie, nonobstant les dispositions législatives
contraires, les procès-verbaux ou rapports d'enquête qu'il détient, dont la production est utile à la solution
du litige.

Article L421-9
La juridiction saisie peut ordonner la diffusion, par tous moyens appropriés, de l'information au public du
jugement rendu. Lorsqu'elle ordonne l'affichage de l'information en application du présent alinéa, il est
procédé à celui-ci dans les conditions et sous les peines prévues par l'article 131-35 du code pénal.
Cette diffusion a lieu aux frais de la partie qui succombe ou du condamné ou de l'association qui s'est
constituée partie civile lorsque les poursuites engagées à son initiative ont donné lieu à une décision de
relaxe.

Chapitre II Action en représentation conjointe


Article L422-1
Lorsque plusieurs consommateurs, personnes physiques, identifiés ont subi des préjudices individuels qui
ont été causés par le fait d'un même professionnel, et qui ont une origine commune, toute association
agréée et reconnue représentative sur le plan national en application des dispositions du titre Ier peut, si
elle a été mandatée par au moins deux des consommateurs concernés, agir en réparation devant toute
juridiction au nom de ces consommateurs.
Le mandat ne peut être sollicité par voie d'appel public télévisé ou radiophonique, ni par voie d'affichage,
de tract ou de lettre personnalisée. Il doit être donné par écrit par chaque consommateur.

Article L422-2
Tout consommateur ayant donné son accord, dans les conditions prévues à l'article L. 422-1, à l'exercice
d'une action devant une juridiction pénale est considéré en ce cas comme exerçant les droits reconnus à
la partie civile en application du code de procédure pénale. Toutefois, les significations et notifications qui
concernent le consommateur sont adressées à l'association.

Article L422-3
L'association qui exerce une action en justice en application des dispositions des articles L. 422-1 et L.
422-2 peut se constituer partie civile devant le juge d'instruction ou la juridiction de jugement du siège
social de l'entreprise mise en cause ou, à défaut, du lieu de la première infraction.

Livre V Les institutions

Titre III L'Institut national de la consommation

Chapitre Ier Organisation administrative


Article L531-1
L'Institut national de la consommation, établissement public national, est un centre de recherche,
d'information et d'étude sur les problèmes de la consommation.
Un décret en Conseil d'Etat fixera les conditions d'application du présent article, et notamment les
modalités d'organisation et de fonctionnement de l'établissement public.

66
Code de la consommation

Titre VI Le laboratoire d'essais

Chapitre Ier Missions


Article L561-1
Le laboratoire d'essais est un établissement public national à caractère industriel et commercial chargé de
réaliser tous travaux d'étude, de recherche, de consultation, d'expertise, d'essai, de contrôle et toutes
prestations d'assistance technique utiles à la protection et à l'information des consommateurs ou à
l'amélioration de la qualité des produits.
Ces travaux et études peuvent se rapporter à la métrologie, aux techniques de fabrication et à la
qualification des produits industriels, des produits agricoles non alimentaires transformés et des biens
d'équipement, ainsi qu'à la mesure des pollutions et des nuisances.
Cet établissement peut également être chargé:
1° D'étudier, pour le compte et à la demande des ministres intéressés, des méthodes d'essais
nécessaires à l'élaboration de règlements et de normes, notamment en matière d'hygiène, de sécurité, de
protection de la nature et de l'environnement, d'économie d'énergie et de matières premières, et, plus
généralement, d'aptitude à l'emploi des produits;
2° De délivrer des certificats de qualification;
3° D'assurer, sous l'autorité et à la demande des ministres intéressés, des relations avec les organismes
étrangers ou internationaux ayant charge des questions mentionnées au présent article.
L'établissement est substitué au Laboratoire national d'essais du Conservatoire national des arts et
métiers en ce qui concerne l'exercice de ses droits et le respect de ses obligations. Les agents en
fonction au Laboratoire national d'essais au 11 janvier 1978 y sont maintenus en fonctions sur leur
demande.

Chapitre II Fonctionnement
Article L562-1
L'établissement est administré par un conseil comprenant des représentants de l'administration, des
activités industrielles, des organisations de consommateurs, du personnel de l'établissement ainsi que
des personnalités qualifiées.

67
Code de la consommation

PARTIEII: PARTIE REGLEMENTAIRE, DECRETS EN CONSEIL


D’ETAT

Livre Ier Information des consommateurs et formation des contrats

Titre Ier Information des consommateurs

Chapitre II Modes de présentation et inscriptions


Article R112-1
Au sens du présent chapitre, on entend par:
1° Denrée alimentaire: toute denrée, produit ou boisson destiné à l'alimentation de l'homme;
2° Denrée alimentaire préemballée: l'unité de vente constituée par une denrée alimentaire et l'emballage
dans lequel elle a été conditionnée avant sa présentation à la vente, que cet emballage la recouvre
entièrement ou partiellement mais de telle façon que le contenu ne puisse être modifié sans que
l'emballage subisse une ouverture ou une modification;
3° Etiquetage: les mentions, indications, marques de fabrique ou de commerce, images ou signes se
rapportant à une denrée alimentaire et figurant sur tout emballage, document, écriteau, étiquette, bague
ou collerette accompagnant ou se référant à cette denrée alimentaire.

Article R112-2
On entend par ingrédient toute substance, y compris les additifs, utilisée dans la fabrication ou la
préparation d'une denrée alimentaire et qui est encore présente dans le produit fini, éventuellement sous
une forme modifiée.
Lorsqu'un ingrédient d'une denrée alimentaire a été élaboré à partir de plusieurs ingrédients, ces derniers
sont considérés comme ingrédients de cette denrée.

Article R112-3
Toutefois, ne sont pas considérés comme ingrédients:
1° Les constituants d'un ingrédient qui, au cours du processus de fabrication, auraient été temporairement
soustraits pour être réincorporés ensuite en quantité ne dépassant pas la teneur initiale;
2° Les additifs dont la présence dans une denrée alimentaire est uniquement due au fait qu'ils étaient
contenus dans un ou plusieurs ingrédients de cette denrée et sous réserve qu'ils ne remplissent plus de
fonction technologique dans le produit fini;
3° Les auxiliaires technologiques;
4° Les substances utilisées aux doses strictement nécessaires comme solvants ou supports pour les
additifs et les arômes.

Article R112-4
On entend par liquide de couverture les produits énumérés ci-après, seuls ou en mélange et également
lorsqu'ils se présentent à l'état congelé ou surgelé, dès lors qu'ils ne sont qu'accessoires par rapport aux
éléments essentiels de la préparation, tels que eau, solutions aqueuses de sels, saumures, solutions
aqueuses d'acides alimentaires, vinaigre, solutions aqueuses de sucres, solutions aqueuses d'autres
substances ou matières édulcorantes, jus de fruits ou de légumes dans le cas de fruits ou légumes.

Article R112-5
On entend par lot de fabrication un ensemble d'unités de vente d'une denrée alimentaire qui a été
produite, fabriquée ou conditionnée dans des circonstances pratiquement identiques.

Article R112-6
Il est interdit de détenir en vue de la vente ou de la distribution à titre gratuit, de mettre en vente, de
vendre ou de distribuer à titre gratuit des denrées alimentaires dont l'étiquetage ou la présentation ne sont
pas conformes aux prescriptions du présent chapitre.

Article R112-7

68
Code de la consommation

L'étiquetage et les modalités selon lesquelles il est réalisé ne doivent pas être de nature à créer une
confusion dans l'esprit de l'acheteur ou du consommateur, notamment sur les caractéristiques de la
denrée alimentaire et plus particulièrement sur la nature, l'identité, les qualités, la composition, la quantité,
la durabilité, la conservation, l'origine ou la provenance, le mode de fabrication ou d'obtention.
L'étiquetage ne doit comporter aucune mention tendant à faire croire que la denrée alimentaire possède
des caractéristiques particulières alors que toutes les denrées alimentaires similaires possèdent ces
mêmes caractéristiques.
Sous réserve des dispositions applicables aux denrées destinées à une alimentation particulière ainsi
qu'aux eaux minérales naturelles, l'étiquetage d'une denrée alimentaire ne doit pas faire état de propriétés
de prévention, de traitement et de guérison d'une maladie humaine ni évoquer ces propriétés.
Les interdictions ou restrictions prévues ci-dessus s'appliquent également à la présentation des denrées
alimentaires, notamment à la forme ou à l'aspect donné à celle-ci ou à leur emballage, au matériau
d'emballage utilisé, à la manière dont elles sont disposées ainsi qu'à l'environnement dans lequel elles
sont exposées.

Article R112-8
Toutes les mentions d'étiquetage prévues par le présent chapitre doivent être facilement
compréhensibles, rédigées en langue française et sans autres abréviations que celles prévues par la
réglementation ou les conventions internationales. Elles sont inscrites à un endroit apparent et de
manière à être visibles, clairement lisibles et indélébiles. Elles ne doivent en aucune façon être
dissimulées, voilées ou séparées par d'autres indications ou images.

Article R112-9
Sans préjudice des dispositions relatives au contrôle métrologique, l'étiquetage des denrées alimentaires
préemballées comporte, dans les conditions et sous réserve des dérogations prévues au présent
chapitre, les mentions obligatoires suivantes:
1° La dénomination de vente;
2° La liste des ingrédients;
3° La quantité de certains ingrédients ou catégories d'ingrédients, dans les conditions prévues aux
articles R. 112-17 et R. 112-17-1;
4° La quantité nette;
5° La date jusqu'à laquelle la denrée conserve ses propriétés spécifiques ainsi que l'indication des
conditions particulières de conservation;
6° Le nom ou la raison sociale et l'adresse du fabricant ou du conditionneur ou d'un vendeur établi à
l'intérieur du territoire de la Communauté européenne;
7° L'indication du lot de fabrication;
8° Le lieu d'origine ou de provenance chaque fois que l'omission de cette mention est de nature à créer
une confusion dans l'esprit de l'acheteur sur l'origine ou la provenance réelle de la denrée alimentaire;
9° Le mode d'emploi chaque fois que sa mention est nécessaire à un usage approprié de la denrée
alimentaire ainsi que, le cas échéant, les conditions particulières d'utilisation, notamment les précautions
d'emploi.

Article R112-9-1
Sans préjudice des dispositions de l'article R. 112-9, l'étiquetage des denrées alimentaires préemballées
énumérées au présent article comporte les mentions obligatoires complémentaires suivantes:
1° Le titre alcoométrique volumique acquis pour les boissons titrant plus de 1,2 % d'alcool en volume;
2° La mention "conditionné sous atmosphère protectrice" pour les denrées alimentaires dont la durabilité
a été prolongée par des gaz d'emballage autorisés en application du décret n° 89-674 du 18 septembre
1989 relatif aux additifs pouvant être employés dans les denrées destinées à l'alimentation humaine;
3° La mention "avec édulcorant(s)" pour les denrées alimentaires contenant un ou plusieurs des
édulcorants autorisés en application du décret du 18 septembre 1989 précité. Cette mention doit
accompagner la dénomination de vente telle que prévue à l'article R. 112-14;
4° La mention "avec sucre(s) et édulcorant(s)" pour les denrées alimentaires contenant à la fois du ou des
sucres ajoutés et un ou plusieurs des édulcorants autorisés en application du décret du 18 septembre
1989 précité. Cette mention doit accompagner la dénomination de vente prévue à l'article R. 112-14;

69
Code de la consommation

5° La mention "contient une source de phénylalanine" pour les denrées alimentaires contenant de
l'aspartame;
6° La mention "une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs" pour les denrées alimentaires
dans lesquelles des polyols, autorisés en application du décret du 18 septembre 1989 précité, ont été
incorporés à un taux supérieur à 10 %;
7° Les autres mentions obligatoires prévues, le cas échéant, par les autres dispositions réglementaires
relatives à certaines denrées alimentaires déterminées.

Article R112-10
Lorsque les denrées alimentaires préemballées sont destinées à être présentées au consommateur final,
les mentions prévues aux articles R. 112-9 et R. 112-9-1 sont portées sur le préemballage ou sur une
étiquette liée à celui-ci. Les mentions énumérées aux 1°, 4° et 5° de l'article R. 112-9 et au 1° de l'article
R. 112-9-1 sont regroupées dans le même champ visuel.
Toutefois, pour les préemballages dont la face la plus grande a une surface inférieure à 10 centimètres
carrés, ainsi que pour les bouteilles en verre destinées à être réutilisées, qui sont marquées de manière
indélébile et qui, de ce fait, ne portent ni étiquette, ni bague, ni collerette, l'étiquetage peut ne comporter
que les mentions prévues aux 1°, 4° et 5° de l'article R. 112-9..

Article R112-11
Lorsque les denrées alimentaires préemballées sont commercialisées à un stade antérieur à la vente au
consommateur final ou lorsqu'elles sont destinées à être livrées aux restaurants, hôpitaux, cantines et
autres collectivités similaires, ci-après dénommés "collectivités", pour y être préparées, transformées,
fractionnées ou débitées, les mentions prévues à l'article R. 112-9, à l'exception de l'indication du lot de
fabrication, et celles prévues à l'article R. 112-9-1 peuvent ne figurer que sur les fiches, bons de livraison
ou documents commerciaux lorsque ceux-ci accompagnent les denrées alimentaires auxquelles ils se
rapportent ou lorsqu'ils ont été envoyés avant la livraison ou en même temps qu'elle. Ces documents
doivent être détenus sur les lieux d'utilisation ou de stockage des denrées alimentaires auxquelles ils se
réfèrent. Dans ce cas, les mentions prévues aux 1°, 5° et 6° de l'article R. 112-9 sont portées en outre sur
l'emballage extérieur dans lequel lesdites denrées sont présentées lors de la commercialisation.

Article R112-12
Dans le cas des ventes par correspondance, les catalogues, brochures, prospectus ou annonces faisant
connaître au consommateur les produits offerts à la vente et lui permettant d'effectuer directement sa
commande doivent comporter les mentions prévues aux 1°, 2°, 4° et 8° de l'article R. 112-9 et au 7° de
l'article R. 112-9-1.

Article R112-13
Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre de l'agriculture et des autres ministres
intéressés fixent, en tant que de besoin, les modalités pratiques d'application des articles R. 112-9 à R.
112-12, notamment en ce qui concerne l'utilisation de signes conventionnels.

Article R112-14
La dénomination de vente d'une denrée alimentaire est celle fixée par la réglementation en vigueur en
matière de répression des fraudes ou, à défaut, par d'autres réglementations ou par les usages
commerciaux. En l'absence de réglementations ou d'usages, cette dénomination doit consister en une
description de la denrée alimentaire et, si nécessaire, de son utilisation. La description doit être
suffisamment précise pour permettre à l'acheteur d'en connaître la nature réelle et de la distinguer des
produits avec lesquels elle pourrait être confondue.
Dans tous les cas, la dénomination de vente doit être indépendante de la marque de commerce ou de
fabrique ou de la dénomination de fantaisie.
Chaque fois que l'omission de cette indication est de nature à créer une confusion dans l'esprit de
l'acheteur, la dénomination de vente comporte une indication de l'état physique dans lequel se trouve la
denrée alimentaire ou du traitement spécifique qu'elle a subi, tels que, notamment: en poudre, lyophilisé,
surgelé, congelé, décongelé, pasteurisé, stérilisé, reconstitué, concentré, fumé.

Article R112-14-1

70
Code de la consommation

Lorsque la denrée alimentaire a été produite dans un autre Etat de la Communauté européenne, la
dénomination de vente sous laquelle elle est légalement fabriquée et commercialisée dans cet Etat est
également admise.
Le cas échéant, cette dénomination de vente est accompagnée d'autres informations descriptives qui
doivent figurer à proximité de celle-ci, lorsque l'application des autres dispositions du présent chapitre,
notamment celles prévues à l'article R. 112-9, n'est pas de nature à permettre au consommateur de
connaître la nature réelle de la denrée et de la distinguer des denrées avec lesquelles il pourrait la
confondre.
Nonobstant les dispositions du premier alinéa du présent article, cette dénomination de vente n'est pas
admise lorsque la denrée qu'elle désigne s'écarte tellement, du point de vue de sa composition ou de sa
fabrication, de la denrée connue sous cette dénomination sur le territoire national que les dispositions de
l'alinéa précédent ne suffisent pas à assurer une information correcte du consommateur.

Article R112-15
La liste des ingrédients est constituée par l'énumération de tous les ingrédients de la denrée alimentaire
dans l'ordre décroissant de leur importance pondérale au moment de leur mise en œuvre.
Sont dispensées de l'indication de leurs ingrédients les denrées alimentaires suivantes:
1° Fruits et légumes frais, y compris les pommes de terre, qui n'ont pas fait l'objet d'un épluchage,
coupage ou autre traitement similaire;
2° Eaux gazéifiées dont la dénomination fait apparaître cette caractéristique;
3° Vinaigres de fermentation provenant exclusivement d'un seul produit de base et n'ayant subi
l'adjonction d'aucun autre ingrédient;
4° Fromage, beurre, laits et crèmes fermentés, dans la mesure où ces denrées n'ont subi l'adjonction que
de produits lactés, d'enzymes et de cultures de micro-organismes, nécessaires à la fabrication, ou que du
sel nécessaire à la fabrication des fromages autres que frais ou fondus;
5° Produits ne comportant qu'un seul ingrédient à condition que la dénomination de vente soit identique
au nom de l'ingrédient ou qu'elle permette de déterminer la nature de l'ingrédient sans risque de
confusion.
6° (supprimé).

Article R112-16
Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre de l'agriculture et des autres ministres
intéressés précisent les modalités d'expression des mentions prévues à l'article R. 112-15, notamment en
ce qui concerne les ingrédients composés ou en mélange, les ingrédients utilisés sous forme concentrée
ou déshydratée, l'eau d'addition ou les ingrédients volatils.

Article R112-17
Sans préjudice des dispositions relatives à l'étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires, l'étiquetage
d'une denrée alimentaire doit comporter l'indication de la quantité d'un ingrédient ou d'une catégorie
d'ingrédients qui a été utilisé dans sa fabrication ou sa préparation dans les cas suivants :
1° L'ingrédient ou la catégorie d'ingrédients dont il s'agit figure dans la dénomination de vente ou est
généralement associé à la dénomination de vente par le consommateur ;
2° L'ingrédient ou la catégorie d'ingrédients dont il s'agit est mis en relief dans l'étiquetage par des mots,
des images ou une représentation graphique ;
3° L'ingrédient ou la catégorie d'ingrédients dont il s'agit est essentiel pour caractériser la denrée
alimentaire et la distinguer des produits avec lesquels elle pourrait être confondue en raison de sa
dénomination ou de son aspect.
La mention prévue à l'alinéa précédent figure soit dans la dénomination de vente de la denrée
alimentaire, soit à proximité immédiate de cette dénonciation, soit dans la liste des ingrédients.
La quantité mentionnée, exprimée en pourcentage, correspond à la quantité du ou des ingrédients au
moment de leur mise en oeuvre. Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre chargé
de l'agriculture et des autres ministres intéressés peuvent prévoir des dérogations à ce principe pour
certaines denrées alimentaires.

Article R112-18

71
Code de la consommation

Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre de l'agriculture et des autres ministres
intéressés peuvent prévoir que la dénomination de certaines denrées alimentaires sera accompagnée de
l'indication d'un ingrédient particulier.

Article R112-19
L'indication de la quantité nette des denrées alimentaires préemballées n'est pas obligatoire pour les
produits dont la quantité nette est inférieure à 5 grammes ou 5 millilitres, à l'exception toutefois des épices
et plantes aromatiques.

Article R112-20
Lorsqu'une denrée alimentaire est présentée dans un liquide de couverture, le poids net égoutté de cette
denrée alimentaire est également indiqué dans l'étiquetage.

Article R112-21
Des arrêtés du ministre chargé de l'industrie, du ministre chargé de la consommation, du ministre de
l'agriculture et des autres ministres intéressés fixent les modes d'expression de la quantité selon la nature
des denrées alimentaires ou dispensent certaines denrées de cette indication. Ces arrêtés peuvent
également prévoir des modalités particulières d'expression de la quantité dans les cas de réunion
d'emballages ou de préemballages.

Article R112-22
L'étiquetage comporte l'inscription, sous la responsabilité du conditionneur, d'une date jusqu'à laquelle la
denrée conserve ses propriétés spécifiques dans des conditions appropriées.
Dans le cas des denrées microbiologiquement très périssables et qui, de ce fait, sont susceptibles, après
une courte période, de présenter un danger immédiat pour la santé humaine et dans le cas des denrées
pour lesquelles la réglementation en matière de contrôle sanitaire fixe une durée de conservation, cette
date est une date limite de consommation.
Dans les autres cas cette date est une date limite d'utilisation optimale.
La date est accompagnée, le cas échéant, par l'indication des conditions de conservation, notamment de
la température à respecter, en fonction desquelles elle a été déterminée.

Article R112-23
Sont dispensées de l'indication d'une date les denrées alimentaires suivantes:
1° Fruits et légumes frais, y compris les pommes de terre, qui n'ont pas fait l'objet d'un épluchage,
coupage ou autre traitement similaire. Cette dérogation ne s'applique pas aux graines germantes et aux
produits similaires tels que les jets de légumineuses;
2° Vins, vins de liqueur, vins mousseux, vins aromatisés et produits similaires obtenus à partir de fruits
autres que le raisin;
3° Boissons relevant des codes N.C. 2206.00.91, 2206.00.93 et 2206.00.99 du règlement (CEE) n°
2658/87 du Conseil du 23 juillet 1987 relatif à la nomenclature tarifaire et statistique et au tarif douanier
commun et fabriquées à partir de raisin ou de moût de raisin;
4° Boissons titrant 10 % ou plus en volume d'alcool;
5° Boissons rafraîchissantes non alcoolisées, jus de fruits, nectars de fruits et boissons alcoolisées dans
des récipients individuels de plus de 5 litres, destinés à être livrés aux collectivités;
6° Produits de la boulangerie ou de la pâtisserie qui, en raison de leur nature, sont consommés dans le
délai de vingt-quatre heures après la fabrication;
7° Vinaigres;
8° Sel de cuisine;
9° Sucres à l'état solide;
10° Produits de confiserie consistant presque uniquement en sucres aromatisés et/ou colorés;
11° Gommes à mâcher et produits similaires à mâcher;
12° Doses individuelles de glaces alimentaires.

Article R112-24
Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre de l'agriculture et des autres ministres
intéressés fixent les modalités pratiques d'indication des dates mentionnées à l'article R. 112-22.

72
Code de la consommation

Article R112-25
Sans préjudice des peines prévues aux articles L. 213-1 à L. 213-4 et à l'article 26 du décret n° 71-636 du
21 juillet 1971, sont interdites la détention en vue de la vente, la mise en vente, la vente ou la distribution
à titre gratuit des denrées alimentaires comportant une date limite de consommation dès lors que cette
date est dépassée.
Sont également interdites la détention en vue de la vente, la mise en vente, la vente ou la distribution à
titre gratuit des denrées alimentaires entreposées dans des conditions non conformes à celles qui sont
prescrites dans leur étiquetage.

Article R112-26
Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre de l'agriculture et, le cas échéant, des
autres ministres concernés fixent les conditions de détermination du titre alcoométrique volumique acquis,
ainsi que les modalités pratiques de son indication.
Les dispositions prévues à l'alinéa précédent ainsi qu'au 1° de l'article R. 112-9-1 ne sont pas applicables
aux produits soumis aux dispositions du règlement n° 1627/86 du Conseil des communautés
européennes du 6 mai 1986 établissant des règles pour la désignation des vins spéciaux en ce qui
concerne l'indication du titre alcoométrique.

Article R112-27
Avant leur mise sur le marché, les denrées alimentaires, qu'elles soient préemballées ou non
préemballées, doivent être accompagnées d'une indication permettant d'identifier le lot de fabrication
auquel elles appartiennent.
L'indication du lot de fabrication est déterminée et apposée, sous sa responsabilité, par le producteur, le
fabricant ou le conditionneur de la denrée alimentaire ou par le premier vendeur établi à l'intérieur du
territoire de la Communauté européenne.

Article R112-28
L'indication du lot de fabrication des denrées alimentaires préemballées figure sur le préemballage ou sur
une étiquette liée à celui-ci.
L'indication du lot de fabrication des denrées alimentaires non préemballées figure sur l'emballage ou le
récipient contenant la denrée alimentaire ou, à défaut, sur les documents commerciaux s'y référant.

Article R112-29
Sont dispensées de l'indication du lot de fabrication les denrées alimentaires suivantes:
1° Les produits agricoles qui, au départ de l'exploitation, sont:
a) Soit vendus ou livrés à des stations d'entreposage, de conditionnement ou d'emballage;
b) Soit acheminés vers des organisations de producteurs;
c) Soit collectés en vue de leur utilisation immédiate dans un processus de préparation ou de
transformation;
2° Les denrées alimentaires, présentées sur les lieux de vente au consommateur final, qui:
a) Ne sont pas préemballées, y compris lorsqu'elles sont ultérieurement emballées à la demande de
l'acheteur;
b) Sont préemballées, en vue de leur vente immédiate;
3° Les denrées alimentaires contenues dans des emballages ou récipients dont la face la plus grande a
une surface inférieure à 10 centimètres carrés;
4° Les doses individuelles de glaces alimentaires. L'indication permettant d'identifier le lot doit figurer sur
les emballages de groupage.

Article R112-30
Des arrêtés du ministre chargé de la consommation, du ministre chargé de l'agriculture et, le cas échéant,
des autres ministres intéressés fixent les modalités pratiques d'indication du lot de fabrication.

Article R112-31

73
Code de la consommation

Toute denrée alimentaire présentée non préemballée sur les lieux de vente au consommateur final doit
être munie sur elle-même ou à proximité immédiate, sans risque de confusion, d'une affiche, d'un écriteau
ou de tout autre moyen approprié comportant la dénomination de vente dans les conditions prévues aux
articles R. 112-14 et R. 112-14-1, accompagnée, le cas échéant, des mentions prévues aux 3° et 4° de
l'article R. 112-9-1..

Article R112-32
A l'exception des articles R. 112-27, R. 112-28 et R. 112-30, le présent chapitre n'est pas applicable à
l'étiquetage et à la présentation des produits soumis aux dispositions du règlement n° 2392-89 du Conseil
des communautés européennes du 24 juillet 1989 établissant des règles générales pour la désignation et
la présentation des moûts de raisin ainsi qu'à ceux qui sont soumis aux dispositions du règlement n°
3309-85 du Conseil des communautés européennes du 10 novembre 1985 modifié établissant les règles
générales pour la désignation et la présentation des vins mousseux et des vins mousseux gazéifiés.
A l'exception des dispositions de l'article R. 112-7, le présent chapitre n'est pas non plus applicable aux
produits visés par les règlements n° 1035-72 du Conseil des communautés européennes du 18 mai 1972
modifié portant organisation commune des marchés dans le secteur des fruits et légumes et n° 2772-75
du Conseil des communautés européennes du 29 octobre 1975 modifié concernant certaines normes de
commercialisation applicables aux œufs.

Article R112-33
En ce qui concerne les bouteilles de verre destinées à être réutilisées et sur lesquelles une des mentions
prévues aux 1° et 4° de l'article R. 112-9 et au 1° de l'article R. 112-9-1 est indiquée de façon indélébile,
l'obligation prévue à l'article R. 112-11 de faire figurer ces mentions dans un même champ visuel
n'entrera en vigueur que le 1er juillet 1999.

Chapitre III Prix et conditions de vente


Article R113-1
Sont punies de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe, la vente de
biens ou produits, ou la prestation de services à des prix fixés en violation des décrets pris en application
de l'article 1er de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 reproduit à l'article L. 113-1, ou des
arrêtés ayant le même objet pris en application de l'ordonnance n° 45-1483 du 30 juin 1945 et maintenus
en vigueur à titre transitoire par l'article 61 de l'ordonnance du 1er décembre 1986 ci-dessus mentionnée,
figurant en annexe au présent code.
Les mêmes peines sont applicables en cas d'infraction aux arrêtés prévus à l'article L. 113-3 fixant les
modalités d'information du consommateur sur les prix et conditions particulières de vente ainsi qu'aux
arrêtés ayant le même objet pris en application de l'ordonnance n° 45-1483 du 30 juin 1945.
En cas de récidive, les peines d'amende prévues pour la récidive des contraventions de la cinquième
classe sont applicables.

Chapitre IV Information sur les délais de livraison


Article R114-1
Les contrats conclus entre professionnels et consommateurs ayant pour objet la vente d'un bien meuble
ou la fourniture d'une prestation de services dont le prix convenu est supérieur à 3 000 F sont soumis aux
dispositions de l'article L. 114-1 lorsque la livraison du bien ou la fourniture de la prestation n'est pas
immédiate.

Chapitre V Valorisation des produits et des services

Section 4 Certification des services et des produits autres qu'alimentaires

74
Code de la consommation

Sous-section 1 Des organismes certificateurs


Article R115-1
La déclaration prévue à l'article L. 115-28 est adressée par l'organisme certificateur au ministère chargé
de l'industrie, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal.
Elle est accompagnée d'un dossier de nature à établir l'impartialité et la compétence de l'organisme
certificateur, appréciées au regard des normes en vigueur relatives aux organismes de certification.

Article R115-2
Le dossier mentionné à l'article R. 115-1 comprend:
1° Une description des activités de l'organisme, de sa structure, de ses moyens techniques, de son mode
de financement ainsi que de ses liens éventuels avec des fabricants, importateurs ou vendeurs de
produits ou de services objets de la certification qu'il se propose d'opérer;
2° Ses statuts, son règlement intérieur, les noms et qualités des dirigeants responsables de la certification
et des membres du conseil d'administration ou de l'organe qui en tient lieu;
3° La liste des produits ou services que l'organisme se propose de certifier, une description des moyens
et procédures qui seront mis en œuvre pour élaborer et valider les référentiels utilisés par l'organisme
pour la certification et des modalités de présentation de la certification;
4° Les règles générales relatives à la délivrance et au contrôle de l'utilisation de la certification;
5° Les mesures prévues à l'encontre des professionnels qui feraient de leur certification un usage
contraire aux dispositions des articles L. 115-27 et L. 115-28;
6° Les moyens que l'organisme certificateur se propose de mettre en œuvre pour assurer le contrôle des
produits ou services qu'il certifie, la répartition des responsabilités au sein de l'organisme ainsi que la
qualification du personnel chargé de la certification;
7° Les procédures de gestion des documents relatifs à la certification et des réclamations.

Article R115-3
Si la déclaration comporte les pièces énumérées à l'article R. 115-2 ci-dessus, le ministre chargé de
l'industrie en donne récépissé par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, dans les
quinze jours de la réception du dossier.
Si le dossier de déclaration est incomplet, le ministre chargé de l'industrie, dans les quinze jours de la
réception du dossier, invite l'organisme, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception
postal, à fournir les pièces complémentaires dans les conditions prévues à l'article R. 115-1. Lorsque ces
pièces ont été produites, il est fait application du premier alinéa du présent article.

Article R115-4
Toute modification de l'un des éléments du dossier prévu à l'article R. 115-2 doit faire l'objet d'une
déclaration dans les mêmes formes et donner lieu à délivrance d'un récépissé dans les conditions
prévues à l'article R. 115-3.

Article R115-5
La liste des organismes certificateurs déclarés est publiée et mise à jour régulièrement, sous la forme
d'un avis au Journal officiel de la République française. Cette publication, qui n'a aucune valeur de
reconnaissance officielle, n'engage pas la responsabilité de l'Etat.

Sous-section 2 De l'accréditation
Article R115-6
L'impartialité et la compétence d'un organisme certificateur peuvent être établies par un document délivré
à cet effet par une instance d'accréditation, reconnue par arrêté conjoint du ministre chargé de la
consommation et du ministre chargé de l'industrie.
Dans ce cas, le dossier accompagnant la déclaration prévue à l'article R. 115-1 peut ne comporter que
les éléments cités aux points 1°, 2° et 3° de l'article R. 115-2.

Article R115-7

75
Code de la consommation

Ne peut être reconnu en tant qu'instance d'accréditation qu'un organisme indépendant, impartial et
compétent, conforme aux normes internationales existantes, disposant de moyens techniques et
financiers suffisants et composé d'une manière équilibrée de façon à assurer la représentation de
l'ensemble des intérêts concernés par la certification, sans prédominance de l'un d'entre eux.

Sous-section 3 Des référentiels


Article R115-8
Les référentiels doivent, dans les conditions indiquées au 3° de l'article R. 115-2, être élaborés et validés
en concertation avec des représentants des diverses parties intéressées, et notamment les associations
ou organismes représentatifs des professionnels, les associations ou organismes représentatifs des
consommateurs et des utilisateurs, ainsi que les administrations concernées.
Lorsqu'il s'agit de documents élaborés unilatéralement, ils doivent au moins être validés par les
représentants des diverses parties intéressées précitées.
L'organisation de la concertation et de la validation incombe à l'organisme certificateur qui est tenu d'y
associer l'ensemble des partenaires intéressés, dans le respect des engagements qu'il a pris
conformément aux dispositions du 3° de l'article R. 115-2.

Article R115-9
Chaque référentiel définit son propre champ d'application et comporte:
1° Les caractéristiques retenues pour décrire les produits ou les services qui feront l'objet d'un contrôle,
les valeurs limites des caractéristiques éventuellement exigées pour la certification et les modalités
retenues pour classer ces produits ou ces services en fonction de leurs caractéristiques;
2° La nature et le mode de présentation des informations considérées comme essentielles et qui doivent
être portées à la connaissance des utilisateurs ou des consommateurs;
3° Les méthodes d'essais, de mesure, d'analyse, de test ou d'évaluation utilisées pour la détermination
des caractéristiques certifiées et qui, dans la mesure du possible, devront se référer aux normes
homologuées existantes;
4° Les modalités des contrôles auxquels procède l'organisme certificateur et ceux auxquels s'engagent à
procéder les fabricants, importateurs, vendeurs des produits ou prestataires des services faisant l'objet de
la certification;
5° Le cas échéant, les engagements pris par les fabricants ou prestataires concernant les conditions
d'installation des produits ou d'exécution des services certifiés, les conditions du service après-vente et
de la réparation des préjudices causés aux utilisateurs ou consommateurs par la non-conformité du
produit ou du service aux caractéristiques certifiées.

Sous-section 4 De l'information des consommateurs et utilisateurs


Article R115-10
Lorsqu'il est fait référence à la certification dans la publicité, l'étiquetage ou la présentation de tout produit
ou service ainsi que sur les documents commerciaux de toute nature qui s'y rapportent, doivent
obligatoirement être portés à la connaissance du consommateur ou de l'utilisateur:
1° Le nom ou la raison sociale de l'organisme certificateur ou sa marque collective de certification, ainsi
que son adresse;
2° L'identification du référentiel servant de base à la certification;
3° Les caractéristiques certifiées essentielles présentées dans les conditions prévues au 2° de l'article R.
115-9.

Article R115-11
Les référentiels validés font l'objet d'une publicité, sous la forme d'un avis au Journal officiel de la
République française.
Cette publication comporte le nom et l'adresse de l'organisme certificateur, l'identification précise du
produit ou du service concerné ainsi que les éléments essentiels du référentiel, et notamment les
caractéristiques certifiées faisant l'objet d'un contrôle.

76
Code de la consommation

Ces référentiels sont tenus à la disposition du public par l'organisme certificateur, dans les conditions
prévues au quatrième alinéa de l'article L. 115-28.

Sous-section 5 Dispositions pénales


Article R115-12
Est puni des peines prévues pour les contraventions de la 5e classe le fait, pour tout responsable de la
mise sur le marché d'un produit ou tout prestataire de service, qui fait référence à la certification de ce
produit ou de ce service, de ne pas faire figurer dans la publicité, l'étiquetage ou la présentation de ceux-
ci, l'une des mentions ou indications prévues à l'article R. 115-10.

Titre II Pratiques commerciales

Chapitre Ier Pratiques commerciales réglementées

Section 2 Vente à distance


Article R121-1
Pour toutes les opérations de vente à distance, le refus du vendeur de changer ou de rembourser un
produit retourné par l'acheteur dans les conditions visées à l'article L. 121-16 est puni des peines
d'amende prévues pour les contraventions de cinquième classe.
En cas de récidive, les peines d'amende prévues pour la récidive des contraventions de la cinquième
classe sont applicables.

Article R121-2
Sera puni des peines d'amende prévues pour les contraventions de la cinquième classe le professionnel
qui, dans toute offre de vente d'un bien ou de fourniture d'une prestation de services faite à distance à un
consommateur, omettra d'indiquer le nom de son entreprise, son numéro de téléphone, l'adresse de son
siège et, si elle est différente, l'adresse de l'établissement responsable de l'offre.
En cas de récidive, les peines d'amende prévues pour la récidive des contraventions de la cinquième
classe sont applicables.

Section 3 Démarchage
Article R121-3
Le formulaire détachable destiné à faciliter l'exercice de la faculté de renonciation prévu à l'article L. 121-
25 fait partie de l'exemplaire du contrat laissé au client.
Il doit pouvoir en être facilement séparé.
Sur l'exemplaire du contrat, doit figurer la mention:
"Si vous annulez votre commande, vous pouvez utiliser le formulaire détachable ci-contre".

Article R121-4
Le formulaire prévu à l'article L. 121-24 comporte, sur une face, l'adresse exacte et complète à laquelle il
doit être envoyé.
Son envoi à cette adresse dans le délai de sept jours prévu à l'article L. 121-25 a pour effet d'annuler la
commande sans que le vendeur puisse invoquer une erreur dans le libellé de ladite adresse, telle qu'elle
figure sur le formulaire détachable, ou un défaut de qualité du signataire de l'avis de réception, à cette
adresse, de l'envoi recommandé exigé par l'article L. 121-25 pour la dénonciation du contrat.

Article R121-5
Le formulaire prévu à l'article L. 121-24 comporte, sur son autre face, les mentions successives ci-après
en caractères très lisibles:
1° En tête, la mention "Annulation de commande" (en gros caractères), suivie de la référence "Code de la
consommation, articles L. 121-23 à L. 121-26";

77
Code de la consommation

2° Puis, sous la rubrique "Conditions", les instructions suivantes, énoncées en lignes distinctes:
"Compléter et signer ce formulaire";
"L'envoyer par lettre recommandée avec avis de réception" (ces derniers mots doivent être soulignés
dans le formulaire ou figurer en caractères gras);
"Utiliser l'adresse figurant au dos";
"L'expédier au plus tard le septième jour à partir du jour de la commande ou, si ce délai expire
normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, le premier jour ouvrable suivant"
(soulignés ou en caractères gras dans le formulaire);
3° Et, après un espacement, la phrase:
"Je soussigné, déclare annuler la commande ci-après", suivie des indications suivantes, à raison d'une
seule par ligne:
"Nature du bien ou du service commandé...".
"Date de la commande...".
"Nom du client...".
"Adresse du client...".
4° Enfin, suffisamment en évidence, les mots:
"Signature du client...".

Article R121-6
Le vendeur ne peut porter sur le formulaire que les mentions prévues aux articles R. 121-4 et R. 121-5,
ainsi que des références d'ordre comptable.

Section 5 Ventes ou prestations avec primes


Article R121-8
La valeur maximale des échantillons, objets et services visés au deuxième alinéa de l'article L. 121-35 est
déterminée en fonction du prix de vente net, toutes taxes comprises, des produits, des biens ou des
services faisant l'objet de la vente dans les conditions suivantes: 7 % du prix net défini ci-dessus si celui-
ci est inférieur ou égal à 500 F; 30 F plus 1 % du prix net défini ci-dessus si celui-ci est supérieur à 500 F.
Cette valeur ne doit en aucun cas dépasser 350 F et s'entend, toutes taxes comprises, départ production
pour des objets produits en France, et franco et dédouanés à la frontière française pour les objets
importés.

Article R121-9
Ne sont pas considérés comme primes:
1° Le conditionnement habituel du produit, les biens, produits ou prestations de services qui sont
indispensables à l'utilisation normale du produit, du bien ou du service faisant l'objet de la vente;
2° Les prestations de service après-vente et les facilités de stationnement offertes par les commerçants à
leurs clients;
3° Les prestations de services attribuées gratuitement si ces prestations ne font pas ordinairement l'objet
d'un contrat à titre onéreux et sont dépourvues de valeur marchande.

Article R121-10
Les objets mentionnés à l'article R. 121-8 doivent être marqués d'une manière apparente et indélébile du
nom, de la dénomination de la marque, du sigle ou du logo de la personne intéressée à l'opération de
publicité.
Les échantillons visés au même article doivent porter la mention: "Echantillon gratuit ne peut être vendu",
inscrite de manière lisible, indélébile et apparente à la présentation.

Section 6 Loteries publicitaires


Article R121-11

78
Code de la consommation

Lorsque les documents qui présentent une opération publicitaire par voie d'écrit tendant à faire naître
l'espérance d'un gain attribué par tirage au sort aux participants comportent les éléments suivants ou
certains d'entre eux:
1° Bon de commande;
2° Extraits du règlement;
3° Présentation des lots;
4° Bulletin ou bon de participation.
Ces éléments doivent figurer chacun dans une partie distincte comportant en titre de manière
particulièrement lisible celle des mentions sus-énumérées qui correspond à l'objet du document, à
l'exclusion de toute autre mention.

Article R121-12
Les lots mis en jeu figurant dans l'inventaire prévus par l'article L. 121-37 sont présentés par ordre de
valeur.

Article R121-13
Sont punis des peines d'amende prévues pour les contraventions de la 5e classe:
1° Les ventes ou offres de vente, les prestations de services ou offres de telles prestations faites avec
primes aux consommateurs ou acheteurs, prohibées par l'article L. 121-35;
2° Les refus ou subordinations à conditions, de ventes ou de prestations de services, interdits par l'article
L. 122-1;
3° La violation des règles sur la valeur des échantillons fixées à l'article R. 121-8;
4° La violation des règles de marquage des objets publicitaires définies à l'article R. 121-10.
En cas de récidive, les peines d'amende prévues pour la récidive des contraventions de la 5e classe sont
applicables.

Chapitre II Pratiques commerciales illicites

Section 2 Ventes sans commande préalable


Article R122-1
Les règles relatives à la prohibition des envois forcés sont définies par l'article R. 635-2 du code pénal
reproduit ci-après:
"Art. R. 635-2:
"Le fait d'adresser à une personne, sans demande préalable de celle-ci, un objet quelconque
accompagné d'une correspondance indiquant que cet objet peut être accepté contre versement d'un prix
fixé ou renvoyé à son expéditeur, même si ce renvoi peut être fait sans frais pour le destinataire, est puni
de l'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe.
"Les personnes coupables de la contravention prévue au présent article encourent également les peines
complémentaires suivantes:
"1° L'interdiction, pour une durée de trois ans au plus, d'émettre des chèques autres que ceux qui
permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont certifiés;
"2° La confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou de la chose qui en
est le produit.
"Les personnes morales peuvent être déclarées responsables pénalement, dans les conditions prévues
par l'article 121-2, de l'infraction définie au présent article.
"Les peines encourues par les personnes morales sont:
"1° L'amende, suivant les modalités prévues par l'article 131-41;
"2° L'interdiction, pour une durée de trois ans au plus, d'émettre des chèques autres que ceux qui
permettent le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré ou ceux qui sont certifiés;
"3° La confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou de la chose qui en
est le produit.
"La récidive de la contravention prévue au présent article est réprimée conformément aux articles 132-11
et 132-15".

79
Code de la consommation

Titre III Conditions générales des contrats

Chapitre II Clauses abusives

Section 1 Protection des consommateurs contre les clauses abusives


Article R132-1
Dans les contrats de vente conclus entre des professionnels, d'une part, et des non-professionnels ou
des consommateurs, d'autre part, est interdite comme abusive au sens de l'alinéa 1er de l'article L. 132-1
la clause ayant pour objet ou pour effet de supprimer ou de réduire le droit à réparation du non-
professionnel ou consommateur en cas de manquement par le professionnel à l'une quelconque de ses
obligations.

Article R132-2
Dans les contrats conclus entre professionnels et non-professionnels ou consommateurs, est interdite la
clause ayant pour objet ou pour effet de réserver au professionnel le droit de modifier unilatéralement les
caractéristiques du bien à livrer ou du service à rendre.
Toutefois, il peut être stipulé que le professionnel peut apporter des modifications liées à l'évolution
technique, à condition qu'il n'en résulte ni augmentation des prix ni altération de qualité et que la clause
réserve au non-professionnel ou consommateur la possibilité de mentionner les caractéristiques
auxquelles il subordonne son engagement.

Section 2 Commission des clauses abusives


Article R132-3
La commission des clauses abusives, instituée par l'article L. 132-2, comprend treize membres répartis
de la manière suivante:
1° Un magistrat de l'ordre judiciaire, président;
2° Deux magistrats de l'ordre judiciaire ou administratif ou membres du Conseil d'Etat;
3° Deux personnalités qualifiées en matière de droit ou de technique des contrats, choisies après avis du
Conseil national de la consommation;
4° Quatre représentants des professionnels;
5° Quatre représentants des consommateurs.
Un vice-président, nommé au titre du 2°, est désigné.
La fonction de commissaire du Gouvernement est exercée par le directeur général de la concurrence, de
la consommation et de la répression des fraudes ou son représentant.

Article R132-4
Le président et les membres de la commission sont nommés par arrêté du ministre chargé de la
consommation pour un mandat, renouvelable, de trois ans. Cet arrêté désigne un suppléant pour chaque
membre titulaire à l'exception du président. La nomination des magistrats est faite sur proposition du
garde des sceaux, ministre de la justice.
Tout membre de la commission ne peut délibérer dans une affaire lorsqu'il a un intérêt direct et personnel
ou s'il représente ou a représenté une des parties intéressées.
La commission est assistée d'un secrétaire général et d'un ou plusieurs rapporteurs permanents mis à
disposition par le ministre chargé de la consommation. En outre, des rapporteurs particuliers peuvent être
désignés par le président à raison de leurs compétences.

Article R132-5
La commission siège en formation plénière ou en une ou plusieurs formations restreintes composées du
président ou du vice-président et des membres de la commission désignés à cet effet par le président.

80
Code de la consommation

Le président répartit les affaires qu'il n'entend pas réserver à la formation plénière entre les formations
restreintes. Il répartit avec le secrétaire général les affaires entre les rapporteurs.
Les membres de la commission et les rapporteurs peuvent entendre toute personne susceptible
d'apporter des informations sur les affaires dont ils ont la charge et se faire communiquer tout document
nécessaire à l'accomplissement de leur mission.
Les séances ne sont pas publiques. Les parties intéressées peuvent demander à être entendues avant le
délibéré sauf lorsque est examinée une saisine judiciaire. En cas de partage égal des voix, celle du
président est prépondérante.
Tout membre titulaire qui n'assiste pas, sans motif légitime, à trois réunions consécutives est déclaré
démissionnaire.
La commission établit son règlement intérieur qui définit notamment les modalités matérielles de
recevabilité des saisines autres que d'origine judiciaire. Ce règlement est publié au Bulletin officiel de la
concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Article R132-6
La commission peut être saisie pour avis lorsque à l'occasion d'une instance le caractère abusif d'une
clause contractuelle est soulevé.
Le juge compétent demande à la commission, par décision non susceptible de recours, son avis sur le
caractère abusif de cette clause tel que défini à l'article L. 132-1. L'avis ne lie pas le juge.
La commission fait connaître son avis dans un délai maximum de trois mois à compter de sa saisine.
Il est sursis à toute décision sur le fond de l'affaire jusqu'à réception de l'avis de la commission ou, à
défaut, jusqu'à l'expiration du délai de trois mois susmentionné. Toutefois, les mesures urgentes ou
conservatoires nécessaires peuvent être prises.

Chapitre IV Remise des contrats


Article R134-1
Est puni des peines d'amendes prévues pour les contraventions de la 5e classe le fait, pour un
professionnel vendeur ou prestataire de services, de ne pas remettre à toute personne intéressée qui en
fait la demande un exemplaire des conventions qu'il propose habituellement.
En cas de récidive, les peines d'amendes prévues pour la récidive des contraventions de la 5e classe
sont applicables.

Titre IV Pouvoirs des agents et actions juridictionnelles

Chapitre Ier Dispositions particulières relatives aux pouvoirs des


agents et aux actions juridictionnelles
Article R141-1
Les règles relatives aux procès-verbaux prévus à l'article 46 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er
décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence sont fixées à l'article 31 du décret n° 86-
1309 du 29 décembre 1986 reproduit ci-après:
"Art. 31:
"Les procès-verbaux prévus à l'article 46 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la
liberté des prix et à la concurrence sont rédigés dans le plus bref délai. Ils énoncent la nature, la date et le
lieu des constatations ou des contrôles effectués. Ils sont signés de l'enquêteur et de la personne
concernée par les investigations. En cas de refus de celle-ci, mention en est faite au procès-verbal".

Article R141-2
Les règles relatives aux procès-verbaux prévus à l'article 48 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er
décembre 1986 relative à la liberté des prix et de la concurrence sont fixées à l'article 32 du décret n° 86-
1309 du 29 décembre 1986 reproduit ci-après:
"Art. 32:

81
Code de la consommation

"Les procès-verbaux prévus à l'article 48 de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 relative à la
liberté des prix et de la concurrence relatent le déroulement de la visite et consignent les constatations
effectuées. Ils sont dressés sur-le-champ. L'inventaire des pièces et documents saisis est annexé au
procès-verbal.
"Les procès-verbaux sont signés par les enquêteurs, par l'occupant des lieux ou son représentant ainsi
que par l'officier de police judiciaire chargé d'assister à ces opérations.
"Une copie du procès-verbal et de l'inventaire est remise à l'occupant des lieux ou à son représentant.
Ces pièces et documents ne peuvent être opposés aux intéressés qu'après leur restitution ou lorsque les
intéressés ont été mis en mesure d'en prendre connaissance".

Chapitre II Procédures civiles simplifiées


Article R142-1
Les litiges civils nés de l'application du présent code relèvent, lorsque le montant de la demande n'excède
pas le taux de compétence en dernier ressort du tribunal d'instance, des règles relatives à la saisine
simplifiée du tribunal d'instance fixées par les articles 847-1 et 847-2 du nouveau code de procédure civile
reproduits ci-après:
"Art. 847-1:
"Lorsque le montant de la demande n'excède pas le taux de compétence en dernier ressort du tribunal
d'instance, celui-ci peut être saisi par une déclaration faite, remise ou adressée au greffe, où elle est
enregistrée.
"La déclaration doit indiquer les nom, prénoms, profession et adresse des parties ou, pour les personnes
morales, leur dénomination et leur siège social et préciser l'objet de la demande.
"La prescription et les délais pour agir sont interrompus par l'enregistrement de la déclaration.
"Art. 847-2:
"Les parties sont convoquées à l'audience par le greffier par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception. Il adresse le même jour copie de cette convocation par lettre simple. Le demandeur peut aussi
être convoqué verbalement contre émargement.
"La convocation adressée au défenseur vaut citation. Elle mentionne que, faute par lui de comparaître, il
s'expose à ce qu'un jugement soit rendu contre lui sur les seuls éléments fournis par son adversaire. Une
copie de la déclaration est annexée à la convocation".

Article R142-2
Les litiges civils nés de l'application du présent code peuvent faire l'objet de la procédure définie par les
articles 1425-1 à 1425-9 du nouveau code de procédure civile reproduits ci-après:
"Art. 1425-1:
"L'exécution en nature d'une obligation née d'un contrat conclu entre des personnes n'ayant pas toutes la
qualité de commerçant peut être demandée au tribunal d'instance lorsque la valeur de la prestation dont
l'exécution est réclamée n'excède pas le taux de compétence de cette juridiction.
"Art. 1425-2:
"La demande est portée au choix du demandeur, soit devant le tribunal d'instance du lieu où demeure le
défenseur, soit devant le tribunal d'instance du lieu d'exécution de l'obligation.
"Art. 1425-3:
"La demande est formée par requête déposée ou adressée au greffe par le bénéficiaire de l'obligation ou
par les personnes mentionnées à l'article 828.
"La requête contient:
"1° Pour les personnes physiques, les nom, prénoms, profession et adresse des parties ou, pour les
personnes morales, leur dénomination et leur siège social;
"2° L'indication précise de la nature de l'obligation dont l'exécution est poursuivie ainsi que le fondement
de celle-ci;
"Elle est accompagnée des documents justificatifs.
"La prescription et les délais pour agir sont interrompus par l'enregistrement au greffe de la requête.
"Art. 1425-4:
"Si, au vu des documents produits, la demande lui paraît fondée, le juge rend une ordonnance portant
injonction de faire non susceptible de recours.

82
Code de la consommation

"Il fixe l'objet de l'obligation ainsi que le délai et les conditions dans lesquels celle-ci doit être exécutée.
"L'ordonnance mentionne, en outre, les lieu, jour et heure de l'audience à laquelle l'affaire sera examinée,
à moins que le demandeur n'ait fait connaître que l'injonction a été exécutée.
"Art. 1425-5:
"Le greffe notifie l'ordonnance aux parties, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Il
adresse le même jour copie de cette notification par lettre simple. La lettre de notification mentionne les
dispositions des articles 1425-7 et 1425-8.
"Art. 1425-6:
"L'ordonnance portant injonction de faire et la requête sont conservées à titre de minute au greffe qui
garde provisoirement les documents produits à l'appui de la requête.

"Art. 1425-7:
"Lorsque l'injonction de faire a été exécutée dans les délais impartis, le demandeur en informe le greffe.
L'affaire est retirée du rôle.
"A défaut d'une telle information et si le demandeur ne se présente pas à l'audience sans motif légitime, le
tribunal déclare caduque la procédure d'injonction de faire.
"La déclaration de caducité peut être rapportée si le demandeur fait connaître au greffe dans un délai de
quinze jours le motif légitime qu'il n'aurait pas été en mesure d'invoquer en temps utile. Dans ce cas, les
parties sont convoquées à une audience ultérieure.
"Art. 1425-8:
"Le tribunal, en cas d'inexécution totale ou partielle de l'injonction de faire qu'il a délivrée, statue sur la
demande, après avoir tenté de concilier les parties.
"Il connaît, dans les limites de sa compétence d'attribution, de la demande initiale et de toutes les
demandes incidentes et défenses au fond.
"En cas de décision d'incompétence, l'affaire est renvoyée devant la juridiction compétente selon les
règles prévues à l'article 97.
"Art. 1425-9:
"Si le juge rejette la requête, la décision est sans recours pour le requérant, sauf à celui-ci à procéder
selon les voies de droit commun. La requête

Livre II Qualité des produits et des services

Titre Ier Conformité

Chapitre Ier Dispositions générales

Section 2 Dispositions particulières aux garanties conventionnelles


Article R211-1
Les dispositions des articles R. 211-2 et R. 211-3 s'appliquent aux écrits constatant les contrats conclus
entre professionnels et non-professionnels ou consommateurs et concernant la garantie et le service
après-vente des appareils portés sur une liste fixée par arrêté des ministres de la consommation, de la
justice, de l'industrie, du commerce et de l'artisanat.

Article R211-2
La présentation des écrits doit être conforme au tableau annexé au présent code dont toutes les
rubriques doivent être remplies.

Article R211-3
Sera puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la troisième classe celui qui aura
contrevenu aux dispositions de l'article R. 211-2.

Article R211-4
Dans les contrats conclus entre des professionnels, d'une part, et, d'autre part, des non-professionnels ou
des consommateurs, le professionnel ne peut garantir contractuellement la chose à livrer ou le service à

83
Code de la consommation

rendre sans mentionner clairement que s'applique, en tout état de cause, la garantie légale qui oblige le
vendeur professionnel à garantir l'acheteur contre toutes les conséquences des défauts ou vices cachés
de la chose vendue ou du service rendu.

Article R211-5
Sera puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe le professionnel
qui aura inséré dans un contrat conclu avec un non-professionnel ou consommateur une clause établie
en contravention aux dispositions de l'article R. 211-4.

Chapitre V Pouvoirs d'enquête

Section 1 Autorités qualifiées


Article R215-1
Les infractions aux articles L. 213-1 à L. 216-9 sont recherchées et constatées conformément aux
dispositions portées au présent chapitre et au chapitre VI. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que
la preuve desdites infractions puisse être établie par toutes voies de droit commun.

Section 2 Recherche et constatation


Article R215-2
Les fonctionnaires et agents énumérés à l'article L. 215-1 procèdent à des contrôles élémentaires, dans
le but d'identifier les marchandises ou de déceler leur éventuelle non-conformité aux caractéristiques
qu'elles doivent posséder. Ils dressent procès-verbal de leurs constatations; ils peuvent y joindre des
spécimens d'emballages ou d'étiquetages ainsi qu'un échantillon de la marchandise destinés à servir de
pièces à conviction. La quantité du produit rendue inutilisable fait l'objet de la procédure de
remboursement prévue à l'article R. 215-9.
Ils peuvent en outre opérer des prélèvements et effectuer des saisies dans les conditions fixées par les
articles ci-après.

Article R215-3
Les agents de la force publique sont tenus, en cas de nécessité, de prêter main-forte pour les
constatations, les prélèvements ou saisies aux agents mentionnés à l'article L. 215-1.
Les entrepreneurs de transports sont tenus de n'apporter aucun obstacle aux réquisitions pour prises
d'échantillons ou pour saisies et de représenter les titres de mouvement, lettres de voiture, récépissés,
connaissements et déclarations dont ils sont détenteurs.
Les diverses administrations publiques sont tenues de donner aux agents mentionnés à l'article L. 215-1
les éléments d'information nécessaires à l'accomplissement de cette mission.

Article R215-4
Sauf dans les cas prévus aux articles R. 215-12 à R. 215-14 tout prélèvement comporte au moins trois
échantillons, l'un destiné au laboratoire pour analyse, les deux autres éventuellement destinés aux
experts.

Article R215-5
Tout prélèvement donne lieu, séance tenante, à la rédaction, sur papier non timbré, d'un procès-verbal
comportant les mentions suivantes:
1° Les nom, prénoms, qualité et résidence de l'agent verbalisateur;
2° La date, l'heure et le lieu où le prélèvement a été effectué;
3° Les nom, prénoms et profession, domicile ou résidence de la personne chez laquelle le prélèvement a
été opéré. Si le prélèvement a lieu en cours de route, les nom et domiciles des personnes figurant sur les
lettres de voiture ou connaissements comme expéditeurs et destinataires;
4° Le numéro d'ordre du prélèvement;
5° La signature de l'agent verbalisateur.

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Code de la consommation

Article R215-6
Le procès-verbal mentionné à l'article précédent doit en outre contenir un exposé succinct des
circonstances dans lesquelles le prélèvement a été effectué, relater les marques et étiquettes apposées
sur les enveloppes ou récipients, l'importance du lot de marchandises échantillonnées, ainsi que toutes
les indications jugées utiles pour établir l'authenticité des échantillons prélevés, l'identité de la
marchandise et la dénomination exacte sous laquelle cette dernière était détenue ou mise en vente.
Le propriétaire ou détenteur de la marchandise ou, le cas échéant, le représentant de l'entreprise de
transport peut en outre faire insérer au procès-verbal toutes les déclarations qu'il juge utiles. Il est invité à
signer le procès-verbal; en cas de refus, mention en est faite par l'agent verbalisateur.
Le procès-verbal porte également le numéro sous lequel il est enregistré au moment de sa réception par
le service administratif.

Article R215-7
Les prélèvements doivent être effectués de telle sorte que les trois échantillons soient, autant que
possible, identiques.
A cet effet, des arrêtés du ministre chargé de l'économie et des finances, pris sur la proposition de la
commission visée à l'article R. 551-1, peuvent déterminer, pour chaque produit ou marchandise, la
quantité à prélever, les procédés à employer pour obtenir des échantillons homogènes, ainsi que les
précautions à prendre pour le transport et la conservation des échantillons.

Article R215-8
Tout échantillon prélevé est mis sous scellés. Ces scellés retiennent une étiquette d'identification portant
notamment les indications suivantes:
1° La dénomination sous laquelle le produit est détenu en vue de la vente, mis en vente ou vendu;
2° La date, l'heure et le lieu où le prélèvement a été effectué;
3° Les nom, raison sociale et adresse de la personne chez laquelle le prélèvement a été opéré; si le
prélèvement est effectué en cours de route, les noms et adresses des expéditeurs et destinataires;
4° Le numéro d'ordre du prélèvement;
5° Le numéro sous lequel les échantillons sont enregistrés au moment de leur réception par le service
administratif;
6° La signature de l'agent verbalisateur.

Article R215-9
Aussitôt après avoir scellé les échantillons, l'agent verbalisateur, s'il est en présence du propriétaire ou
détenteur de la marchandise, doit le mettre en demeure de déclarer la valeur des échantillons prélevés.
Le propriétaire ou le détenteur pourra justifier cette valeur à l'aide de ses documents comptables.
Le procès-verbal mentionne la valeur déclarée par le propriétaire ou le détenteur et, dans le cas où
l'agent verbalisateur estime que cette valeur est exagérée, l'estimation faite par cet agent.
Un récépissé détaché d'un carnet à souches est remis au propriétaire ou détenteur de la marchandise; il y
est fait mention de la nature et des quantités d'échantillons prélevés, de la valeur déclarée et, dans le cas
prévu à l'alinéa ci-dessus, de l'estimation faite par l'agent.
En cas de prélèvement en cours de route, le représentant de l'entreprise de transport reçoit pour sa
décharge un récépissé indiquant la nature et la quantité des marchandises prélevées ainsi que la valeur
estimée par l'agent.

Article R215-10
L'un des échantillons est laissé au propriétaire ou détenteur du produit. Si celui-ci refuse de conserver
ledit échantillon en dépôt, mention de ce refus est faite au procès-verbal.
Sous aucun prétexte, il ne doit modifier l'état de l'échantillon qui lui est confié. Les mesures de garantie
qui pourront être imposées, à cet égard, seront fixées par l'un des arrêtés ministériels prévus à l'article R.
215-7.

Article R215-11
Le procès-verbal et les échantillons, à l'exception de celui que le propriétaire ou détenteur du produit a pu
conserver en dépôt, sont immédiatement envoyés, par l'agent verbalisateur, à la préfecture du

85
Code de la consommation

département où le prélèvement a été effectué, et, dans le ressort de la préfecture de police, au préfet de
police.
S'il s'agit d'un prélèvement d'échantillons à rapprocher d'autres échantillons précédemment prélevés, le
procès-verbal et les échantillons sont envoyés par l'agent verbalisateur au service de l'Etat dans le ressort
duquel le prélèvement initial a été opéré.
Des arrêtés ministériels pourront autoriser l'envoi des échantillons aux sous-préfectures ou à tout autre
service administratif.
Le service administratif qui reçoit ce dépôt l'enregistre, inscrit le numéro d'entrée sur le procès-verbal et
l'étiquette que porte chaque échantillon joint à ce procès-verbal. Dans les moindres délais, il transmet l'un
de ces échantillons au laboratoire compétent. Les échantillons à rapprocher doivent être adressés au
même laboratoire.
L'autre échantillon ou, dans le cas prévu par le premier alinéa de l'article R. 215-10, les deux autres
échantillons sont conservés par la préfecture.
Toutefois, si la nature des denrées ou produits exige des mesures spéciales de conservation, les
échantillons sont envoyés au laboratoire, où des mesures sont prises conformément aux arrêtés prévus à
l'article R. 215-7.

Article R215-12
Dans le cas des produits altérables mentionnés à l'article L. 215-15, un récépissé remis au propriétaire ou
au détenteur de l'objet dans les conditions prévues à l'article R. 215-9 mentionne la valeur de la quantité
du produit rendue inutilisable.
Le produit placé sous scellés est déposé par l'agent dans un lieu propre à en assurer autant que possible
la conservation. Il peut être laissé à la garde de son propriétaire ou de son détenteur.
En vue de l'expertise éventuelle prévue à l'article L. 215-15, l'agent verbalisateur invite le propriétaire ou
le détenteur de l'objet à choisir un expert et un suppléant sur les listes officielles, ou à s'en rapporter à un
expert unique désigné par le juge d'instruction.
L'agent verbalisateur consigne aussitôt dans un procès-verbal toutes les circonstances de nature à
justifier l'ouverture d'une information judiciaire, ainsi que les déclarations du propriétaire ou du détenteur
de l'objet relatives à l'expertise. Ce procès-verbal est transmis sans délai au procureur de la République.
Copie en est adressée au préfet.

Article R215-13
Dans les cas prévus à l'article L. 215-15 où l'objet ou la marchandise ne peut faire l'objet d'un
prélèvement en trois échantillons, l'objet ou la marchandise est mis en totalité sous scellés. Le procès-
verbal et l'objet ou la marchandise sont envoyés au procureur de la République. L'objet ou la
marchandise peut toutefois être laissé en dépôt à son propriétaire ou à son détenteur. Il est procédé aux
formalités prescrites par les trois derniers alinéas de l'article R. 215-12.

Article R215-14
En matière de contrôle bactériologique ou de pureté biologique, le prélèvement ne comporte qu'un seul
échantillon.
L'échantillon est acheminé immédiatement par l'agent verbalisateur sur l'un des laboratoires compétents
aux fins de recherches bactériologiques.
Le procès-verbal est envoyé au préfet conformément aux règles fixées par l'article R. 215-11.

Article R215-15
En cas de non-lieu ou de relaxe, le remboursement de la valeur des échantillons s'effectue dans les
conditions prévues à l'article R. 215-21, sauf quand il est constaté, par l'ordonnance de non-lieu ou par le
jugement de relaxe, que le produit était falsifié, corrompu ou toxique.

Section 3 Mesures d'urgence


Article R215-16
Les agents témoins d'un flagrant délit de falsification, de fraude ou de la mise en vente de produits
corrompus ou toxiques sont tenus d'en faire la constatation immédiate. Un procès-verbal est dressé à cet

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Code de la consommation

effet et l'agent verbalisateur y consigne, avec les mentions prévues à l'article R. 215-5 et R. 215-6, toutes
les circonstances de nature à établir devant l'autorité judiciaire la valeur des constatations faites.
Ce procès-verbal est envoyé par l'agent dans les vingt-quatre heures au procureur de la République.
Copie en est adressée au préfet.

Article R215-17
Les produits saisis sont placés sous scellés et envoyés au procureur de la République en même temps
que le procès-verbal. Si leur envoi immédiat est impossible, ils sont laissés en dépôt à l'intéressé ou, sur
son refus, dans un lieu choisi par l'agent verbalisateur.

Section 4 Expertises
Article R215-18
La compétence de chaque laboratoire d'Etat admis à procéder à l'analyse ou aux essais des échantillons
est fixée par un arrêté du ministre chargé de l'économie et des finances. Lorsque le laboratoire d'Etat
relève de l'autorité d'un autre ministre, l'arrêté est pris conjointement par ce ministre et le ministre chargé
de l'économie et des finances.

Article R215-19
Pour l'examen des échantillons, les laboratoires doivent employer les méthodes indiquées par la
commission visée à l'article R. 551-1, lorsqu'elles existent.
Ces méthodes sont décrites en détail par des arrêtés du ministre chargé de l'économie et des finances
ou, s'il s'agit de laboratoires d'Etat relevant d'un autre ministre, par des arrêtés conjoints du ministre
chargé de l'économie et des finances et du ministre compétent, pris sur avis de cette commission.
Les laboratoires peuvent toutefois employer d'autres méthodes en complément et leurs directeurs
peuvent se faire assister de tout spécialiste de leur choix.
Les analyses sont à la fois d'ordre qualitatif et quantitatif.

Article R215-20
Le laboratoire d'Etat, mentionné à l'article R. 215-18, dresse, dès l'achèvement de ses travaux, ou dès la
réception des résultats des analyses ou essais confiés aux laboratoires admis à procéder à l'expertise en
vertu des articles R. 215-18-1 et R. 215-18-2, un rapport où sont consignés et interprétés les résultats de
l'examen et des analyses auxquels cet échantillon a donné lieu.
Lorsqu'il est fait appel à un laboratoire relevant des articles R. 215-18-1 ou R. 215-18-2, ses rapports
d'analyses ou essais sont joints au rapport du laboratoire d'Etat.
Le rapport du laboratoire d'Etat est adressé au préfet du département d'où provient cet échantillon.

Article R215-21
S'il ne ressort pas du rapport du laboratoire que l'échantillon n'est pas conforme aux caractéristiques
auxquelles le produit doit répondre, le préfet, en l'absence de tout autre élément d'information susceptible
de constituer une présomption de fraude, en avise sans délai le propriétaire ou le détenteur du produit.
Dans ce cas, il est procédé d'office au paiement de la valeur des échantillons prélevés.

Article R215-22
Dans le cas où il ressort du rapport du laboratoire que l'échantillon n'est pas conforme aux
caractéristiques auxquelles le produit doit répondre, la direction de la concurrence, de la consommation et
de la répression des fraudes, après toutes enquêtes complémentaires utiles, constitue le dossier compte
tenu des renseignements à sa disposition.
Ce dossier est transmis par le préfet au procureur de la République. S'il s'agit de produits soumis à une
réglementation propre aux contributions indirectes, avis doit en être donné par le préfet au directeur des
services fiscaux du département.

Article R215-23
En matière de contrôle bactériologique ou de pureté biologique, dans le cas où il ressort du rapport du
laboratoire que le produit, bien que non conforme aux caractéristiques auxquelles il doit répondre, n'est
pas toxique, le préfet fait remettre, dans le plus bref délai au propriétaire ou au détenteur du produit, par

87
Code de la consommation

la direction de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, une copie du rapport


du laboratoire. Il l'invite à prendre toutes mesures nécessaires pour remédier à la non-conformité et lui fait
savoir qu'un second prélèvement sera effectué ultérieurement sur son produit. Un délai de huit jours au
minimum et d'un mois au maximum doit s'écouler entre la notification de ces observations et le second
prélèvement.
Si l'analyse effectuée à la suite de ce second prélèvement révèle de nouveau une non-conformité de
l'échantillon aux prescriptions réglementaires, le préfet transmet au procureur de la République le dossier
comportant notamment les deux procès-verbaux de prélèvement et les deux rapports du laboratoire, ainsi
que toutes les informations recueillies par la direction de la concurrence, de la consommation et de la
répression des fraudes.
Le propriétaire ou le détenteur du produit est avisé par le procureur de la République qu'il peut prendre
communication du dossier, qu'un troisième prélèvement susceptible de motiver l'ouverture d'une
procédure de poursuites sera effectué ultérieurement sur son produit dans le délai d'un mois au maximum
et qu'un délai de trois jours francs lui est imparti pour présenter ses observations et pour faire connaître
s'il réclame l'expertise contradictoire prévue à l'article L. 215-17 et s'il demande, au surplus, que l'expert
de son choix participe à l'opération de prélèvement.
Le propriétaire ou le détenteur du produit peut renoncer explicitement à désigner un expert et un
suppléant et s'en rapporter aux conclusions de l'expert désigné par le juge d'instruction.
Dans le cas où l'expert participe à l'opération de prélèvement, il est invité, par l'agent verbalisateur, à
signer le procès-verbal et à y faire insérer éventuellement ses observations. L'agent achemine, séance
tenante, l'échantillon faisant l'objet de ce troisième prélèvement sur le laboratoire compétent qui a déjà
examiné les deux premiers échantillons.

Chapitre VI Dispositions communes


Article R216-1
Le procureur de la République doit faire connaître, dix jours au moins à l'avance, le jour et l'heure de
l'audience à laquelle l'affaire sera appelée:
1° Au directeur départemental des douanes ou à son représentant, s'il s'agit de produits soumis à une
réglementation propre aux contributions indirectes;
2° Au directeur régional de l'industrie, de la recherche et de l'environnement, s'il s'agit d'instruments de
mesure.

Article R216-2
Il n'est rien innové quant à la procédure suivie par l'administration des impôts et l'administration des
douanes pour la constatation et la poursuite des faits constituant à la fois une infraction, soit douanière,
soit fiscale et une infraction aux prescriptions du présent code et de la loi du 29 juin 1907.
La procédure suivie par les agents du service des instruments de mesure pour la constatation et la
poursuite des faits constituant une infraction aux articles L. 213-2 (2°) et L. 213-4 (1°) demeure régie par
ces mêmes articles.
Toutefois, dès qu'elles saisissent le procureur de la République d'un fait entrant dans la catégorie de ceux
visés au présent article, les administrations compétentes doivent en informer aussitôt le préfet.

Titre II Sécurité

Chapitre Ier Prévention


Article R221-1
Les frais exposés par le professionnel à l'occasion des contrôles prescrits en application de l'article L.
221-7 lui seront remboursés si l'organisme habilité n'a décelé aucun indice révélant que le produit ou le
service ne satisfait pas à l'obligation générale de sécurité mentionnée à l'article L. 221-1 et si le
professionnel a fait vérifier, avant l'intervention du ou des ministres intéressés, que le produit ou le service
concerné répondait à cette obligation de sécurité.

88
Code de la consommation

Article R221-2
Les demandes de remboursement sont adressées au ministre qui a ordonné le contrôle.
Elles doivent être accompagnées des documents établissant que les conditions posées à l'article
précédent sont remplies et des pièces justifiant les sommes exposées par le professionnel à l'occasion
des contrôles.

Chapitre III Sanctions


Article R223-1
Sera puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 5e classe quiconque, en
méconnaissance des dispositions d'un arrêté pris en application de l'article L. 221-5:
1° Aura fabriqué, importé, exporté, mis sur le marché à titre gratuit ou onéreux un produit ou un service
ayant fait l'objet d'une mesure de suspension;
2° Aura omis de diffuser les mises en garde ou précautions d'emploi ordonnées;
3° N'aura pas, dans les conditions de lieu et de délai prescrites, échangé, modifié ou remboursé
totalement ou partiellement le produit ou le service;
4° N'aura pas procédé au retrait ou à la destruction d'un produit.
En cas de récidive, la peine d'amende prévue pour la récidive des contraventions de la 5e classe est
applicable.

Article R223-2
Sera puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la 4e classe quiconque, en
méconnaissance des dispositions d'un arrêté préfectoral pris en application de l'article L. 221-6, n'aura
pas respecté:
1° Les mesures d'urgence prescrites pour faire cesser le danger grave ou immédiat présenté par le
produit ou le service;
2° La mesure de consignation décidée pour les produits susceptibles de présenter un danger grave ou
immédiat;
3° La mesure de suspension de la prestation de services.

Chapitre IV La commission de la sécurité des consommateurs


Article R224-1
La commission de la sécurité des consommateurs comprend, outre son président, quinze membres,
nommés par arrêté du ministre chargé de la consommation après avis des ministres intéressés:
1° Un membre du Conseil d'Etat, proposé par l'assemblée générale du Conseil d'Etat;
2° Un magistrat de l'ordre judiciaire, proposé par l'assemblée générale de la Cour de cassation;
3° Un membre de la Cour des comptes, proposé par l'ensemble des magistrats qui la composent;
4° Trois membres des organisations nationales de consommateurs, choisis sur une liste de neuf noms
proposée par le collège des consommateurs du Conseil national de la consommation;
5° Trois membres des organisations nationales de professionnels, choisis sur une liste de neuf noms
proposée par le collège professionnel du Conseil national de la consommation;
6° Six personnalités qualifiées, chacune d'elle choisie sur une liste comportant trois noms, la première
liste proposée par le président du Conseil supérieur d'hygiène publique, la deuxième proposée par le
conseil d'administration du Laboratoire national d'essais, la troisième proposée par le conseil
d'administration de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale, la quatrième proposée par le
conseil d'administration de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés, la cinquième
proposée par le conseil d'administration du centre scientifique et technique du bâtiment et la sixième,
composée de médecins compétents en matière d'aide médicale urgente, proposée par le président du
Conseil national de l'ordre des médecins.

Article R224-2
Le président de la commission de la sécurité des consommateurs est nommé pour cinq ans, les membres
de la commission pour trois ans.

89
Code de la consommation

Les mandats du président et des membres de la commission sont renouvelables une fois.

Article R224-3
Tout membre de la commission qui, sans raison valable, n'a pas participé à trois séances consécutives
est considéré comme démissionnaire d'office de ses fonctions.
En cas de décès ou de démission son successeur est désigné, dans les conditions fixées à l'article R.
224-1, pour la durée du mandat restant à courir.
Si cette durée est inférieure à dix-huit mois, le mandat ainsi accompli par le successeur n'est pas pris en
compte pour l'application de la règle selon laquelle les mandats ne sont renouvelables qu'une fois.
En cas d'absence ou d'empêchement, le président est remplacé par le membre du Conseil d'Etat ou, à
défaut, par le magistrat de l'ordre judiciaire ou, à défaut, par le membre de la Cour des comptes.

Article R224-4
Des agents publics et des magistrats mis à la disposition de la commission avec l'accord du président,
pour une durée déterminée renouvelable, l'assistent dans ses travaux.
Le président désigne l'un d'entre eux pour exercer les fonctions de secrétaire général.
La commission peut également, pour ses recherches, demander le concours des agents mentionnés à
l'article L. 222-1. Ces agents adressent directement leurs rapports à la commission.

Article R224-5
Les crédits nécessaires à la commission pour l'accomplissement de sa mission figurent au budget du
ministère chargé de la consommation et sont inscrits sur des articles individualisés.

Article R224-6
Les requêtes dont la commission est saisie sont enregistrées dans leur ordre d'arrivée.
Lorsque la commission décide de se saisir d'office d'une affaire, celle-ci est enregistrée aussitôt après la
séance au cours de laquelle la décision a été prise.

Article R224-7
Pour l'application du premier alinéa de l'article L. 224-3, le président attribue les requêtes à un membre de
la commission qui établit un rapport sommaire sur les suites à donner à la requête.
La commission se prononce sur les conclusions de ce rapport et décide soit de ne pas donner suite, soit
de poursuivre l'instruction de la requête.
Lorsque la commission décide de donner suite à la requête le président désigne, parmi les membres de la
commission, un rapporteur chargé d'instruire l'affaire. Celui-ci dispose de l'ensemble des pouvoirs
reconnus à la commission à l'article L. 224-4.
Pour assister le rapporteur dans l'instruction des affaires, le président peut faire appel, avec l'accord du
ministre intéressé, à des fonctionnaires de catégorie A ou des agents contractuels de l'Etat de niveau
équivalent, qui agissent alors en qualité d'agents de la commission. Ces fonctionnaires ou agents peuvent
assister aux séances de la commission lorsque sont examinées les affaires à l'instruction desquelles ils
ont apporté leur concours.

Article R224-8
L'auteur de la saisine et le ou les professionnels concernés reçoivent communication des informations
recueillies par le rapporteur qui ne sont protégées ni par le secret professionnel ni par le secret de
fabrication.
Ils disposent d'un délai d'un mois pour présenter leurs observations. Ce délai peut-être porté jusqu'à trois
mois par décision du président.
Ces observations sont annexées au rapport avec les remarques qu'elles appellent de la part du
rapporteur.

Article R224-9
Le ministre chargé de la consommation désigne un commissaire du Gouvernement et des suppléants
éventuels.

90
Code de la consommation

Le commissaire du Gouvernement assiste à toutes les séances de la commission. Il peut se faire assister
par un ou plusieurs fonctionnaires qualifiés. Le rapport du rapporteur lui est communiqué huit jours au
moins avant la séance, sauf en cas d'urgence. Le délai de quatre jours prévu au dernier alinéa de l'article
L. 224-1 court à compter du jour de la séance au cours de laquelle l'avis a été adopté.

Article R224-10
La commission ne peut valablement délibérer que si sept de ses membres participent à la séance.
Elle entend, outre les personnes concernées, toute personne dont l'audition lui paraît susceptible de
contribuer à son information.
Les séances de la commission ne sont pas publiques.

Article R224-11
Les délibérations de la commission sont prises à la majorité des voix des membres présents. En cas de
partage, la voix du président est prépondérante.

Article R224-12
Les avis de la commission sont motivés.
Ils sont communiqués au ministre chargé de la consommation, aux ministres intéressés, à l'auteur de la
saisine et aux professionnels intéressés.
Le commissaire du Gouvernement établit chaque année et adresse à la commission un rapport sur les
suites données aux avis de cette dernière.

Livre III Endettement

Titre Ier Crédit

Chapitre Ier Crédit à la consommation

Section 3 Crédit gratuit


Article R311-4
Le prix pour paiement comptant visé à l'article L. 311-7 ne peut être supérieur à la somme:
1° De l'acompte éventuel sur le prix à crédit payable au jour de la vente ou de la prestation de services;
2° De la valeur actuelle, à la même date, des versements périodiques exigés de l'acheteur à crédit,
calculée selon la méthode des intérêts composés, le taux annuel servant de référence pour ce calcul
étant le taux moyen de rendement des obligations émises au cours du semestre précédent majoré de 50
%.
Dans le cas de prêts remboursables selon une périodicité différente de l'année, le taux utilisé pour le
calcul des valeurs actuelles est obtenu en multipliant le taux annuel de référence par le rapport qui
s'établit entre la durée de la période et celle d'une année civile.

Article R311-5
Un avis publié au Journal officiel de la République française indique, pour chaque semestre civil, le taux
annuel à retenir ainsi que, pour des durées comprises entre trois et vingt-quatre mois, la valeur actuelle
des remboursements mensuels correspondant à 100 F de crédit selon que le vendeur ou le prestataire de
services prend en charge tout ou partie des frais de crédit.

Section 4 Le contrat de crédit


Article R311-6
L'offre préalable de prêt prévue à l'article L. 311-8 comporte les indications figurant dans celui des
modèles types annexés au présent code qui correspond à l'opération de crédit proposée.
Cet acte doit être présenté de manière claire et lisible. Il est rédigé en caractères dont la hauteur ne peut
être inférieure à celle du corps huit.

91
Code de la consommation

Article R311-7
Le formulaire détachable de rétractation prévu à l'article L. 311-15 est établi conformément au modèle
type joint en annexe.
Il ne peut comporter au verso aucune mention autre que le nom et l'adresse du prêteur.

Section 5 Les crédits affectés


Article R311-8
L'acheteur qui sollicite la livraison ou la fourniture immédiate du bien ou de la prestation de services en
application de l'article L. 311-24 doit apposer sur le contrat de vente une demande rédigée de sa main
dans les termes suivants:
"Je demande à être livré immédiatement (ou à bénéficier immédiatement de la prestation de services).
"Je reconnais avoir été informé que cette demande a pour effet de réduire le délai légal de rétractation.
Celui-ci expirera le jour de la livraison du bien (ou de l'exécution de la prestation), sans pouvoir être
inférieur à trois jours ni supérieur à sept jours".

Article R311-9
Le vendeur ou le prestataire de services qui fera souscrire lui-même ou par un préposé agissant pour son
compte une demande de livraison ou de fourniture immédiate par l'acheteur, en méconnaissance des
dispositions de l'article R. 311-8, sera puni de la peine d'amende prévue pour les contraventions de la
troisième classe.

Chapitre II Crédit immobilier

Section 3 Le contrat de crédit


Article R312-1
Le montant des frais d'études, prévus à l'article L. 312-14, que le prêteur peut demander à l'emprunteur
lorsque le contrat en vue duquel le prêt a été demandé n'est pas conclu, est limité à 0,75 % du montant
du prêt, sans pouvoir excéder 1 000 F.

Section 5 Remboursement anticipé du crédit et défaillance de l'emprunteur

Sous-section 1 Remboursement anticipé


Article R312-2
L'indemnité éventuellement due par l'emprunteur, prévue à l'article L. 312-21 en cas de remboursement
par anticipation, ne peut excéder la valeur d'un semestre d'intérêt sur le capital remboursé au taux moyen
du prêt, sans pouvoir dépasser 3 % du capital restant dû avant le remboursement.
Dans le cas où un contrat de prêt est assorti de taux d'intérêts différents selon les périodes de
remboursement, l'indemnité prévue à l'alinéa précédent peut être majorée de la somme permettant
d'assurer au prêteur, sur la durée courue depuis l'origine, le taux moyen prévu lors de l'octroi du prêt.

Sous-section 2 Défaillance de l'emprunteur


Article R312-3
En cas de défaillance de l'emprunteur et lorsque le remboursement immédiat du capital n'est pas
demandé, la majoration de taux prévue à l'article L. 312-22 ne peut excéder trois points d'intérêt.
Pour les avances prévues aux articles R. 317-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, il
est appliqué un intérêt qui ne peut excéder le plus élevé des taux d'intérêts maximaux des prêts

92
Code de la consommation

conventionnés garantis par l'Etat en application de l'article R. 312-3-1 du code de la construction et de


l'habitation applicable au moment de l'offre d'avance.
L'indemnité prévue en cas de résolution du contrat de prêt ne peut dépasser 7 % des sommes dues au
titre du capital restant dû ainsi que des intérêts échus et non versés.

Section 6 La location-vente et la location assortie d'une promesse de vente


Article R312-4
L'indemnité, prévue à l'article L. 312-29 en cas de défaillance du preneur dans l'exécution de contrats de
location-vente ou de location assortis d'une promesse de vente, ne peut excéder 2 % de la part des
versements correspondant à la valeur en capital du bien à effectuer jusqu'à la date prévue du transfert de
propriété.

Chapitre III Dispositions communes

Section 1 Le taux d'intérêt

Sous-section 1 Le taux effectif global


Article R313-1
Le taux effectif global d'un prêt est un taux annuel, proportionnel au taux de période, à terme échu et
exprimé pour cent unités monétaires. Le taux de période et la durée de la période doivent être
expressément communiqués à l'emprunteur.
Le taux de période est calculé actuariellement, à partir d'une période unitaire correspondant à la
périodicité des versements effectués par l'emprunteur. Il assure, selon la méthode des intérêts composés,
l'égalité entre, d'une part, les sommes prêtées et, d'autre part, tous les versements dus par l'emprunteur
au titre de ce prêt, en capital, intérêts et frais divers, ces éléments étant, le cas échéant, estimés.
Lorsque la périodicité des versements est irrégulière, la période unitaire est celle qui correspond au plus
petit intervalle séparant deux versements. Le plus petit intervalle de calcul ne peut cependant être
inférieur à un mois.
Lorsque les versements sont effectués avec une fréquence autre que annuelle, le taux effectif global est
obtenu en multipliant le taux de période par le rapport entre la durée de l'année civile et celle de la
période unitaire. Le rapport est calculé, le cas échéant, avec une précision d'au moins une décimale.

Article R313-2
Lorsqu'il s'agit d'un découvert en compte, le montant du crédit à prendre en considération pour le calcul
du taux effectif global est rapporté, selon la méthode des nombres, à une période d'un jour à l'expiration
de laquelle il est réputé remboursé en même temps que les agios y afférents. A cet effet, chacun des
soldes débiteurs successivement inscrits en compte au cours de l'intervalle séparant deux arrêtés
contractuels est multiplié par sa propre durée en jours.
Si le crédit prend la forme d'une ouverture de droits de tirage, le taux effectif global est calculé sur la
totalité des droits mis à la disposition du client.

Article R313-3
Lorsqu'il s'agit d'une opération d'escompte, le taux de période s'entend du rapport qui s'établit entre les
intérêts et frais divers dus par l'emprunteur au titre de l'escompte et le montant de l'effet escompté. La
période est égale au nombre de jours de calendrier, de la date de négociation exclue jusqu'à la date
réelle d'échéance de l'effet incluse; cette période ne peut être retenue pour une durée inférieure à dix
jours.

Article R313-4

93
Code de la consommation

Lorsque le montant des opérations mentionnées aux articles R. 313-2 et R. 313-3 est inférieur à un
montant fixé par arrêté du ministre chargé de l'économie et des finances, il peut être perçu pour chaque
opération un minimum forfaitaire qui n'est pas pris en compte pour déterminer le taux effectif global; ce
minimum doit être porté à la connaissance de l'emprunteur.

Article R313-5
Lorsque l'octroi d'un prêt est subordonné à une phase d'épargne préalable, le taux effectif global est
calculé sans tenir compte de cette phase d'épargne.

Section 3 Rémunération du vendeur


Article R313-10
Quiconque aura rémunéré ou aura fait rémunérer un vendeur d'un bien mobilier ou immobilier dans des
conditions contraires aux dispositions de l'article L. 313-11 sera puni de la peine d'amende prévue pour
les contraventions de la cinquième classe.
Sera puni de la même peine tout vendeur qui aura été rémunéré dans les mêmes conditions.
En cas de récidive, la peine d'amende prévue pour la récidive des contraventions de la cinquième classe
sera applicable.

Titre III Traitement des situations de surendettement

Chapitre Ier De la procédure devant la commission de


surendettement des particuliers

Section 1 Organisation et fonctionnement de la commission de


surendettement des particuliers
Article R331-1
Il peut être créé par arrêté préfectoral plus d'une commission de surendettement des particuliers par
département lorsque la situation économique, sociale, géographique ou démographique du département
l'exige. Cet arrêté fixe la compétence territoriale de la commission et son siège.
Le secrétariat est situé dans les locaux que la Banque de France désigne.

Article R331-2
Le préfet, le trésorier-payeur général et le directeur des services fiscaux ne peuvent se faire représenter
respectivement dans chaque commission que par un seul délégué.
Le préfet choisit son délégué parmi les membres du corps préfectoral, les chefs des services
déconcentrés de l'Etat ou les directeurs de préfecture.
Le trésorier-payeur général choisit son délégué parmi les fonctionnaires de la trésorerie générale ayant
au moins le grade d'inspecteur ou les receveurs des finances.
Le directeur des services fiscaux choisit son délégué parmi l es fonctionnaires de la direction ayant au
moins le grade d'inspecteur.
Le délégué du préfet ne préside la commission qu'en l'absence du trésorier-payeur général.

Article R331-3
Le gouverneur de la Banque de France désigne les représentants locaux de cet établissement auprès de
ces commissions ainsi que les personnes habilitées à les représenter.

Article R331-4
Pour chaque commission, le préfet nomme par arrêté, pour une durée d'un an renouvelable, une
personnalité et son suppléant qu'il choisit sur une liste départementale, comprenant quatre noms, qui lui
est transmise par l'Association française des établissements de crédit et des entreprises d'investissement,
ainsi qu'une personnalité et son suppléant proposés, dans les mêmes conditions, par les associations

94
Code de la consommation

familiales ou de consommateurs siégeant au comité départemental de la consommation défini à l'article


R. 512-1.
S'il constate l'absence de l'une de ces personnalités et de son suppléant à trois séances consécutives de
la commission, le préfet peut mettre fin à leur mandat avant l'expiration de la période d'un an. Il nomme
alors une autre personnalité et un suppléant choisis sur la même liste.

Article R331-5
La commission ne peut valablement se réunir que si au moins quatre de ses six membres sont présents
ou représentés. En cas de partage égal des voix, la voix du président est prépondérante.

Article R331-6
Dans les départements d'outre-mer et dans la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon, le
directeur d'agence de l'institut d'émission des départements d'outre-mer est membre de la commission
aux lieu et place du représentant de la Banque de France. Le directeur d'agence peut se faire représenter
par l'un de ses adjoints. Ses services assurent le secrétariat de la commission.

Section 2 Procédure devant la commission de surendettement des


particuliers

Sous-section 1 Dispositions générales


Article R331-7
La commission est saisie de la demande d'élaboration d'un plan conventionnel de redressement par une
déclaration du débiteur remise ou adressée à son secrétariat. A peine d'irrecevabilité, la demande doit
être signée par le débiteur, préciser ses nom et adresse, mentionner sa situation familiale, fournir un état
détaillé de ses revenus et des éléments actifs et passifs de son patrimoine et indiquer le nom et l'adresse
des créanciers. La commission informe le débiteur et les créanciers de sa saisine par lettre simple. Le
courrier adressé au débiteur mentionne qu'il peut être entendu sur demande remise ou adressée au
secrétariat de la commission.

Article R331-8
La commission examine la recevabilité de la demande. Elle se prononce par une décision motivée qui est
notifiée au débiteur et aux créanciers par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. La lettre
indique que la décision peut faire l'objet d'un recours, dans un délai de quinze jours à compter de sa
notification, par déclaration remise ou adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception au secrétariat de la commission.
Cette déclaration, signée de son auteur, indique ses nom, prénoms, profession et adresse ainsi que la
décision attaquée. Le secrétariat de la commission adresse copie de la déclaration au juge de l'exécution
et lui transmet le dossier.
Le juge statue après avoir recueilli ou demandé les observations des parties.
Le secrétariat-greffe notifie la décision statuant sur le recours au débiteur et à ses créanciers par lettre
recommandée avec demande d'avis de réception. Il en envoie copie par lettre simple à la commission en
lui renvoyant le dossier.
La décision du juge n'est pas susceptible d'appel.

Article R331-9
L'appel aux créanciers prévu au cinquième alinéa de l'article L. 331-3 est publié à la diligence du
secrétariat de la commission dans un journal habilité à recevoir les annonces légales dans le
département où siège la commission saisie. L'appel précise dans quel délai les créanciers doivent, par
lettre simple adressée au secrétariat de la commission, déclarer leurs créances.
A défaut d'accord entre les parties, la commission saisit le juge de l'exécution à l'effet de désigner, par
une décision insusceptible d'appel, la ou les parties qui supporteront les frais de l'appel aux créanciers.

Article R331-10

95
Code de la consommation

Les personnes que la commission entend ou décide de faire entendre par l'un de ses membres sont
convoquées quinze jours au moins avant la date de la réunion par lettre simple.
La convocation adressée au débiteur et aux créanciers leur indique qu'ils peuvent être assistés par la
personne de leur choix.

Article R331-10-1
La commission informe par lettre recommandée avec demande d'avis de réception les créanciers de l'état
du passif déclaré par le débiteur. Cette lettre reproduit les dispositions des sixième et septième alinéas de
l'article L. 331-3 du code de la consommation.
Lorsque la commission est informée par le débiteur ou les créanciers que des personnes ont cautionné le
remboursement d'une ou de plusieurs dettes, ces personnes sont avisées par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception de la saisine par le débiteur de la commission et invitées à justifier dans un
délai de trente jours du montant des sommes le cas échéant déjà acquittées en exécution de leur
engagement de caution et à fournir dans ce même délai toutes informations complémentaires utiles.
Au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, la commission dresse l'état du passif et le
notifie au débiteur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. Le courrier reproduit les
dispositions du premier alinéa de l'article L. 331-4 du code de la consommation et précise que la
contestation du débiteur est formée par déclaration motivée remise ou adressée par lettre recommandée
avec demande d'avis de réception au secrétariat de la commission.

Article R331-10-2
Pour l'application des articles L. 331-6, L. 331-7 et L. 331-7-1, la part des ressources mensuelles du
débiteur à affecter à l'apurement de ses dettes est calculée par application du barème prévu à l'article R.
145-2 du code du travail. Toutefois, la somme résultant de ce calcul est plafonnée à la différence entre le
montant des ressources mensuelles réelles de l'intéressé et le montant du revenu minimum d'insertion,
majoré de 50 % dans le cas d'un ménage.

Sous-section 2 Vérification des créances


Article R331-11
Lorsqu'il y a lieu de procéder, en application de l'article L. 331-4, à la vérification d'une ou plusieurs
créances, la commission saisit le juge de l'exécution par lettre simple signée par son président.
La lettre précise les nom, prénoms, profession et adresse du débiteur et ceux des créanciers en cause
ou, pour les personnes morales, leur dénomination et leur siège social; elle contient l'exposé de l'objet et
des motifs de la saisine et indique, le cas échéant, que celle-ci est opérée à la demande du débiteur. Y
sont annexés les documents nécessaires à la vérification des créances.
La commission informe les créanciers concernés et le débiteur de la saisine du juge.

Article R331-12
La vérification de la validité et du montant de la créance est opérée pour les besoins de la procédure et
afin de permettre à la commission de poursuivre sa mission. Elle porte sur le caractère liquide et certain
de la créance ainsi que sur le montant des sommes réclamées en principal, intérêts et accessoires.
La créance dont la validité n'est pas reconnue est écartée de la procédure.

Article R331-13
Le juge statue après avoir recueilli ou demandé les observations des parties. Sa décision n'est pas
susceptible d'appel.

Sous-section 3 Suspension des procédures d'exécution et remise de


l'adjudication
Article R331-14
I. - La suspension, en application du premier alinéa de l'article L. 331-5, des voies d'exécution diligentées
contre le débiteur est demandée par lettre simple adressée au secrétariat-greffe du juge de l'exécution
ou, postérieurement à la publication d'un commandement aux fins de saisie immobilière, au secrétariat-

96
Code de la consommation

greffe du juge de la saisie immobilière. Lorsque la saisine du juge intervient en cas d'urgence à l'initiative
du président de la commission, de son délégué ou du représentant local de la Banque de France, ceux-ci
en informent les autres membres de la commission. Lorsque le juge est saisi à l'initiative du débiteur, le
secrétariat-greffe en avise la commission par lettre simple.
La lettre de saisine du juge indique les nom, prénoms, profession et adresse du débiteur et ceux des
créanciers poursuivants ou, pour les personnes morales, leur dénomination et leur siège social. Y sont
annexés un état des revenus du débiteur, un relevé des éléments actifs et passifs de son patrimoine,
l'état de son endettement et la liste des procédures d'exécution en cours.
II. - Dans le cas où lui est délivrée la sommation prévue à l'article 689 du code de procédure civile
(ancien), le débiteur en informe la commission sans délai.
Si celle-ci estime opportun de faire application du troisième alinéa de l'article L. 331-5, elle saisit le juge
en adressant au secrétariat-greffe du tribunal de grande instance par lettre simple une demande de
remise de l'adjudication, cinq jours au moins avant la date prévue pour cette dernière, telle qu'elle est
fixée par la sommation susmentionnée, en fournissant les indications prévues au second alinéa du I ci-
dessus et en précisant en outre les causes graves et dûment justifiées invoquées à l'appui de la
demande.
Le secrétariat-greffe porte cette demande à la connaissance du débiteur et du créancier poursuivant par
lettre recommandée avec demande d'avis de réception.

Article R331-15
L'ordonnance qui suspend une ou plusieurs des procédures d'exécution est notifiée par le secrétariat-
greffe aux créanciers poursuivants et aux agents chargés de l'exécution par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception.
La notification indique que l'ordonnance peut être l'objet de la part des créanciers poursuivants d'une
demande en rétractation formée par déclaration signée de son auteur et remise ou adressée au
secrétariat-greffe du juge de l'exécution. Y est jointe une copie de l'ordonnance.
Une copie de l'ordonnance par laquelle le juge se prononce sur la demande de suspension des
procédures d'exécution et de celle qui statue sur la demande en rétractation est adressée par le
secrétariat-greffe par lettre simple à la commission qui en informe le débiteur.
Le secrétariat-greffe notifie au créancier requérant et aux agents chargés de l'exécution l'ordonnance qui
rétracte la décision de suspension par lettre simple et l'ordonnance qui rejette la demande en rétractation
par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Les ordonnances mentionnées aux alinéas précédents ne sont pas susceptibles d'appel.
Le jugement statuant sur la remise de l'adjudication est notifié par lettre recommandée avec demande
d'avis de réception par le secrétariat-greffe du tribunal de grande instance à la commission, au débiteur
ainsi qu'au créancier poursuivant.
La notification indique que ce jugement n'est susceptible ni d’appel, ni d'opposition.

Sous-section 4 Plan conventionnel de redressement


Article R331-16
Le plan conventionnel de redressement est signé et daté par les parties; une copie leur en est adressée.

Article R331-17
Le plan conventionnel de redressement mentionne qu'il est de plein droit caduc quinze jours après une
mise en demeure restée infructueuse, adressée au débiteur d'avoir à exécuter ses obligations, sans
préjudice de l'exercice des facultés prévues aux articles R. 331-7 et R. 331-14.

Sous-section 5 Mesures recommandées par la commission


Article R331-18
Lorsque la commission constate qu'il lui est impossible de recueillir l'accord des intéressés sur un plan
conventionnel, elle le notifie au débiteur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception et aux
créanciers par lettre simple.

97
Code de la consommation

Ces lettres mentionnent que le débiteur peut, dans un délai de quinze jours à compter de la notification
visée à l'alinéa précédent, saisir la commission aux fins de voir recommander les mesures prévues à
l'article L. 331-7 ou au premier alinéa de l'article L. 331-7-1 dont elles reproduisent intégralement les
dispositions.
Lorsque, en application de l'article L. 331-5, le juge de l'exécution a prononcé la suspension d'une ou
plusieurs des procédures d'exécution diligentées contre le débiteur, ces lettres mentionnent également
que la suspension se poursuit soit jusqu'à l'expiration du délai mentionné à l'alinéa précédent, soit, si le
débiteur use de la faculté prévue à l'article L. 331-7, jusqu'à ce que le juge ait conféré force exécutoire
aux recommandations de la commission ou ait statué sur la contestation émise à leur encontre.

Article R331-19
La demande du débiteur, formée en application de l'alinéa premier de l'article L. 331-7, est faite par une
déclaration signée par lui et remise ou adressée au secrétariat de la commission où elle est enregistrée.
La commission avertit les créanciers de la demande par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception.

Article R331-19-1
Trente jours avant le terme du moratoire prévu au premier alinéa de l'article L. 331-7-1, la commission
avertit les créanciers et le débiteur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du
réexamen de la situation de ce dernier à l'issue du moratoire.
Cette lettre reproduit les dispositions des articles L. 331-7 et L. 331-7-1 et précise que le débiteur dispose
d'un délai de trente jours pour informer la commission de l'état de son patrimoine et de toute évolution de
sa situation personnelle. La lettre précise, en outre, qu'à défaut d'accomplir cette diligence dans le délai
imparti, la commission rend son avis en l'état des informations dont elle dispose.

Article R331-20
La commission rend son avis dans les deux mois, selon le cas, de sa saisine ou de l'expiration du délai
prévu à l'article R. 331-19-1, après avoir recueilli ou demandé les observations des parties.
En cas d'application des 3° et 4° de l'article L. 331-7 ou du premier ou du troisième alinéa de l'article L.
331-7-1, elle s'en explique par une motivation spéciale.
L'avis de la commission est communiqué aux parties par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception. Cette lettre mentionne les dispositions du premier alinéa de l'article L. 332-2.

Chapitre II Du contrôle par le juge des mesures recommandées par la


commission de surendettement

Section 1 Acquisition de la force exécutoire


Article R332-1
Dans un délai de quinze jours après avoir rendu son avis, la commission transmet au juge de l'exécution,
par lettre simple signée par son président, les mesures qu'elle recommande afin qu'il leur soit conféré
force exécutoire.
La lettre comporte en annexe les recommandations de la commission, les courriers mentionnés aux
articles R. 331-18, R. 331-19 et R. 331-19-1, ainsi que la déclaration prévue au premier alinéa de l'article
R. 331-19.

Article R332-2
Le juge de l'exécution vérifie, au vu des pièces transmises par la commission, que les recommandations
de celle-ci sont conformes aux dispositions des articles L. 331-7 et L. 331-7-1 et qu'elles ont été
formulées dans le respect de la procédure prévue aux articles R. 331-18 à R. 331-20. Il s'assure en outre
du bien-fondé des mesures recommandées en application du troisième alinéa de l'article L. 331-7-1.
Il ne peut ni les compléter ni les modifier.

98
Code de la consommation

Article R332-3
A défaut de contestation formée dans le délai prévu au premier alinéa de l'article L. 332-2, le juge se
prononce par ordonnance.
Lorsqu'il confère force exécutoire aux recommandations, celles-ci sont annexées à la décision.
Le secrétariat-greffe établit autant de copies exécutoires de l'ordonnance qu'il y a de parties et les envoie
à la commission avec les pièces transmises. La commission adresse à chacune des parties une copie
exécutoire de l'ordonnance par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
En cas d'illégalité des recommandations ou d'irrégularité de la procédure ou lorsque les mesures
recommandées en application du troisième alinéa de l'article L. 331-7-1 sont infondées, le juge adresse
copie de son ordonnance à la commission et lui renvoie les pièces en l'invitant à se conformer aux
dispositions de l'article R. 331-20; le secrétariat-greffe en informe les parties par lettre simple.
La décision du juge n'est pas susceptible d'appel.

Section 2 Contestation des mesures recommandées


Article R332-4
La contestation prévue à l'article L. 332-2 est formée par déclaration remise ou adressée au secrétariat-
greffe du juge de l'exécution.
La déclaration indique les nom, prénoms, profession et adresse du déclarant; elle est signée par lui. Y
sont jointes les recommandations de la commission.
Le secrétariat-greffe invite la commission à lui transmettre le dossier.

Article R332-5
La demande d'exécution provisoire d'une ou plusieurs des mesures recommandées par la commission
présentée en application du deuxième alinéa de l'article L. 332-2 est formée par déclaration signée de
son auteur et remise ou adressée au secrétariat-greffe du juge de l'exécution.

Article R332-6
Le juge statue sur la demande visée à l'article R. 332-5 après avoir recueilli ou demandé les observations
des parties. Sa décision leur est notifiée par le secrétariat-greffe au moyen d'une lettre recommandée
avec demande d'avis de réception.
L'exécution provisoire peut être arrêtée par le premier président de la cour d'appel statuant en référé si
elle risque d'entraîner des conséquences manifestement excessives. La demande doit être formée dans
les quinze jours de la notification mentionnée à l'alinéa précédent.

Article R332-7
L'appel aux créanciers prévu au troisième alinéa de l'article L. 332-2 est publié par le secrétariat-greffe du
juge de l'exécution selon les formes prévues à l'article R. 331-9.
A défaut d'accord entre les parties, le juge de l'exécution désigne, par une décision insusceptible d'appel,
la ou les parties qui supporteront les frais de l'appel aux créanciers.

Article R332-8
Le secrétariat-greffe convoque chacune des parties par lettre recommandée avec demande d'avis de
réception quinze jours au moins avant la date qu'il fixe pour l'audience de contestation.
Les règles de procédure visées aux articles 13 et 14 du décret n° 92-755 du 31 juillet 1992 sont
applicables.

Article R332-8-1
Le juge se prononce sur la contestation en faisant application soit de l'article L. 331-7, soit de l'article L.
331-7-1..

Article R332-9
Le jugement statuant sur la contestation en application de l'article L. 332-3 est exécutoire de plein droit, à
titre provisoire.
Ce jugement est notifié à chacune des parties par le secrétariat-greffe par lettre recommandée avec
demande d'avis de réception.

99
Code de la consommation

Il est susceptible d'appel.

Article R332-10
En cas d'effacement total d'une créance correspondant au montant d'un chèque impayé et valant
régularisation de l'incident de paiement en application de l'article L. 332-4, l'établissement teneur de
compte avise la Banque de France de cette régularisation au plus tard le deuxième jour ouvré suivant la
remise par le débiteur d'une attestation précisant que l'incident de paiement est régularisé par suite de
l'effacement total de la créance correspondante.
Lorsque la mesure d'effacement a été prise en application de l'article L. 332-1, l'attestation est établie par
la commission qui l'adresse au débiteur lors de l'envoi de la copie exécutoire de l'ordonnance prévu au
troisième alinéa de l'article R. 332-3.
Lorsque cette mesure a été prise en application de l'article L. 332-2, l'attestation est établie par le juge de
l'exécution et adressée au débiteur par le secrétariat-greffe lors de l'envoi du jugement prévu au
deuxième alinéa de l'article R. 332-9..

Chapitre III Dispositions communes


Article R333-1
Devant le juge de l'exécution, les parties se défendent elles-mêmes; elles ont la faculté de se faire
assister ou représenter conformément aux dispositions de l'article 12 du décret n° 92-755 du 31 juillet
1992.
L'appel et le pourvoi en cassation sont formés, instruits et jugés selon les règles de la procédure sans
représentation obligatoire prévues aux articles 931 à 949 et 983 à 995 du nouveau code de procédure
civile.

Article R333-2
Hormis le cas prévu à l'article L. 333-3-1, la commission compétente est celle du domicile du débiteur.

Article R333-3
Le juge de l'exécution compétent est celui du lieu où demeure le débiteur, y compris pour l'application de
l'article R. 331-14. Toutefois, dans le cas prévu à l'article L. 333-3-1, le juge compétent est celui du
ressort dans lequel siège la commission saisie.

Article R333-4
Les règles relatives aux remises que peuvent accorder les organismes de prévoyance ou de sécurité
sociale sont fixées par les articles R. 243-20-3 et R. 741-39, second alinéa, du code de la sécurité
sociale, reproduits ci-après:
"Art. R. 243-20-3:
"Pour l'application de l'article L. 333-1 du code de la consommation, la commission de recours amiable ou
le directeur de l'organisme chargé du recouvrement, dans la limite de leurs compétences respectives,
peuvent accorder une remise partielle ou totale des majorations de retard afférentes aux cotisations
échues non réglées dues par les employeurs d'employés de maison et d'assistantes maternelles. Cette
remise n'est pas subordonnée au versement préalable desdites cotisations.
"Lorsque la commission d'examen des situations de surendettement des particuliers est saisie d'une
demande de règlement amiable, le débiteur formule la demande de remise des majorations de retard
auprès de l'organisme chargé du recouvrement dans un délai de quinze jours à compter de la date de
saisine de la commission.
"Les décisions afférentes à la remise des majorations de retard sont communiquées à la commission et
au débiteur dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande de remise. Le défaut de
réponse de l'organisme chargé du recouvrement dans ce délai vaut rejet de la demande.
"La remise des majorations de retard est acquise lorsque le plan conventionnel de règlement a reçu
l'accord des parties ou lorsque le juge a arrêté les mesures visant à assurer le redressement."
"Art. R. 741-39, second alinéa:
"Pour l'application de l'article L. 333-1 du code de la consommation, le conseil d'administration ou la
commission de recours amiable des caisses de mutualité sociale agricole peuvent accorder, selon les

100
Code de la consommation

modalités prévues à l'article R. 243-20-3, une remise partielle ou totale des majorations de retard
afférentes aux cotisations échues non réglées dues par les personnes affiliées à l'assurance personnelle
qui supportent personnellement la charge de ces cotisations".

Titre IV Dispositions diverses


Article R333-5
A réception de la notification prévue au premier alinéa de l'article R. 331-8, le débiteur en envoie une
copie à l'huissier de justice instrumentaire par lettre recommandée avec demande d'avis de réception.
Dans ce cas, les émoluments supportés par le débiteur sont égaux à la moitié de ceux prévus pour des
actes de même nature par le décret n° 96-1080 du 12 décembre 1996 portant fixation du tarif des
huissiers en matière civile et commerciale.

Livre IV Les associations de consommateurs

Titre Ier Agrément des associations

Chapitre Ier Les associations


Article R411-1
L'agrément des associations de consommateurs prévu au titre Ier du livre IV de la partie Législative du
présent code peut être accordé à toute association:
1° Qui justifie à la date de la demande d'agrément d'une année d'existence à compter de sa déclaration;
2° Qui, pendant cette année d'existence, justifie d'une activité effective et publique en vue de la défense
des intérêts des consommateurs, appréciée notamment en fonction de la réalisation et de la diffusion de
publications de la tenue de réunions d'information et de permanences;
3° Qui réunit, à la date de la demande d'agrément, un nombre de membres cotisant individuellement:
a) Au moins égal à 10 000 pour les associations nationales, cette condition pouvant ne pas être exigée
des associations se livrant à des activités de recherche et d'analyse de caractère scientifique;
b) Suffisant, eu égard au cadre territorial de leur activité, pour les associations locales, départementales
ou régionales.
Lorsque l'association a une structure fédérale ou confédérale, il est tenu compte du nombre total de
cotisants des associations la constituant.

Article R411-2
L'agrément des associations nationales est accordé par arrêté conjoint du ministre chargé de la
consommation et du garde des sceaux. Il est publié au Journal officiel de la République française.
L'agrément des associations locales, départementales ou régionales est accordé par arrêté du préfet du
département dans lequel l'association a son siège social. Il est publié au Recueil des actes administratifs.
L'avis du ministère public prévu à l'article L. 411-1 est donné par le procureur général près la cour d'appel
dans le ressort de laquelle l'association a son siège.
L'agrément est accordé pour cinq années. Il est renouvelable dans les mêmes conditions que l'agrément
initial.

Article R411-3
Lorsque plusieurs associations, dont l'une au moins est agréée, se transforment en une seule, l'agrément
doit être à nouveau sollicité. Dans ce cas, la condition d'ancienneté prévue à l'article R. 411-1 n'est pas
exigible.

Article R411-4
Les demandes d'agrément et de renouvellement sont adressées à la direction départementale de la
concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes du département dans lequel
l'association a son siège social.

101
Code de la consommation

La composition du dossier et les modalités d'instruction sont fixées par arrêté conjoint du ministre chargé
de la consommation et du garde des sceaux.
Lorsque le dossier remis à l'administration est complet, il en est délivré récépissé.

Article R411-5
La décision d'agrément ou de refus est notifiée dans un délai de six mois à compter de la délivrance du
récépissé. Passé ce délai, l'agrément est réputé accordé.
Les décisions de refus doivent être motivées.

Article R411-6
Les associations rendent compte annuellement de leur activité selon des modalités fixées par arrêté pris
dans les formes prévues à l'article R. 411-4.

Article R411-7
L'agrément peut être retiré après avis du procureur général, lorsque l'association n'a plus le nombre
d'adhérents requis pour son agrément, lorsqu'elle ne peut plus justifier de l'activité définie à l'article R.
411-1 ou lorsqu'il est établi qu'elle n'est plus indépendante de toutes formes d'activités professionnelles, à
l'exception des associations émanant de sociétés coopératives visées à l'article L. 412-1. L'association
doit être au préalable mise à même de présenter ses observations.

Titre II Action en justice des associations

Chapitre II Action en représentation conjointe


Article R422-1
Les consommateurs qui, sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1, entendent demander
réparation des préjudices qui ont été causés par le fait du même professionnel et qui ont une origine
commune peuvent donner à une association agréée de consommateurs le mandat d'agir en leur nom
devant les juridictions civiles, dans les conditions fixées par le présent chapitre.
Sauf convention contraire, le mandat ainsi déterminé ne comporte pas devoir d'assistance.

Article R422-2
Le mandat doit être écrit, mentionner expressément son objet et conférer à l'organisation nationale
agréée de consommateurs le pouvoir d'accomplir au nom du consommateur tous les actes de procédure.
Le mandat peut prévoir en outre:
1° L'avance par l'organisation nationale agréée de consommateurs de tout ou partie des dépenses et des
frais liés à la procédure;
2° Le versement par le consommateur de provisions;
3° La renonciation de l'organisation nationale agréée de consommateurs à l'exercice du mandat, après
mise en demeure au consommateur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception dans le
cas où l'inertie de celui-ci est susceptible de ralentir le déroulement de l'instance;
4° La représentation du consommateur par l'organisation nationale agréée lors du déroulement de
mesures d'instruction;
5° La possibilité pour l'organisation nationale agréée d'exercer au nom du consommateur les voies de
recours, à l'exception du pourvoi en cassation, sans nouveau mandat.

Article R422-3
Pour l'application de l'article L. 422-1, la compétence en raison du montant de la demande et le taux de
compétence en dernier ressort sont déterminés, pour l'ensemble des prétentions, par la plus élevée
d'entre elles.

Article R422-4

102
Code de la consommation

Les convocations et notifications destinées au consommateur pour le déroulement de l'instance sont


adressées à l'organisation nationale agréée de consommateurs qui agit pour son compte.

Article R422-5
Si le mandat est révoqué, la partie qui l'avait donné peut poursuivre l'instance engagée comme si elle
l'avait introduite directement.
La partie qui révoque son mandat doit en aviser aussitôt le juge et la partie adverse.

Article R422-6
L'organisation nationale agréée de consommateurs est tenue de faire connaître à ses mandants, par tous
moyens appropriés, la juridiction devant laquelle l'affaire est portée et, le cas échéant, celle devant
laquelle elle a été renvoyée, la date de l'audience et la date à laquelle le jugement doit être rendu.
Sur la demande d'un de ses mandants, l'organisation nationale agréée de consommateurs doit délivrer,
aux frais de celui-ci, copie de l'acte introductif d'instance et, le cas échéant, des conclusions écrites.

Article R422-7
En cas de dissolution de l'organisation nationale agréée de consommateurs, de changement d'objet
social ou de retrait d'agrément, les consommateurs peuvent donner mandat à une autre organisation
nationale agréée de consommateurs de poursuivre l'instance.

Article R422-8
L'acte introductif d'instance contient, à peine de nullité, outre les mentions prévues par la loi, la
dénomination de l'organisation nationale agréée, son siège social, l'organe qui la représente légalement
et les nom, prénoms et adresse de chacun des consommateurs pour le compte desquels elle agit.
Copie de l'arrêté d'agrément pris en application des dispositions de l'article R. 411-2 est jointe à l'acte
introductif d'instance.

Article R422-9
L'acte d'appel et la déclaration de pourvoi contiennent, à peine de nullité, outre les mentions prévues par
la loi, la dénomination de l'organisation nationale agréée, son siège social, l'organe qui la représente
légalement et l'identité des consommateurs pour le compte de qui elle agit.

Article R422-10
La décision est notifiée à l'organisation nationale agréée de consommateurs qui en informe ses mandants
sans délai et en tout état de cause dans les délais des voies de recours. Le délai pour exercer une voie
de recours part de la notification à l'association.

Livre V Les institutions

Titre Ier Les organes de concertation

Chapitre II Les comités départementaux de la consommation


Article R512-1
Dans chaque département un arrêté préfectoral crée un comité de la consommation qui comprend pour
moitié des représentants des consommateurs et pour moitié des représentants des activités
économiques. Il est présidé par le préfet ou son représentant. Un arrêté du ministre chargé de l'économie
et des finances en fixe les règles de composition et de fonctionnement.
Le comité peut émettre des avis et des vœux sur les questions de consommation, de concurrence et de
formation des prix.

103
Code de la consommation

Titre III L'institut national de la consommation

Chapitre Ier Organisation et administration


Article R531-1
L'Institut national de la consommation (INC) est un établissement public national à caractère industriel et
commercial, doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Il est placé sous la tutelle du
ministre chargé de la consommation.

Article R531-2
L'Institut national de la consommation a pour objet:
1° En tant que centre d'essais:
a) De recueillir les demandes d'essai ou d'examen en laboratoire émanant soit des pouvoirs publics, soit
des organisations de consommateurs et d'usagers, soit de l'autorité des essais comparatifs prévue à
l'article R. 532-1;
b) De faire procéder par les laboratoires publics ou privés aux essais ou aux examens décidés par le
conseil d'administration;
c) D'en transmettre pour information aux professionnels intéressés les résultats qui les concernent;
d) D'en interpréter les résultats et de porter cette interprétation à la connaissance des consommateurs et
des usagers et de leurs organisations.
2° En tant que centre d'information et de documentation:
a) De diffuser les résultats de ses travaux, notamment par l'intermédiaire des organisations de
consommateurs et d'usagers;
b) D'informer les consommateurs sur les problèmes de consommation, en liaison avec les organisations
de consommateurs et d'usagers, le Conseil national de la consommation et les pouvoirs publics, par tous
moyens d'expression appropriés;
c) D'aider les consommateurs et leurs organisations par la mise en place d'une documentation selon les
techniques appropriées.
3° En tant qu'organisme d'études et de formation:
a) A la demande des organisations de consommateurs ou en liaison avec elles, de contribuer à la
formation des consommateurs;
b) D'assister les organisations de consommateurs, par la constitution de dossiers, dans les instances
auxquelles elles sont appelées à participer;
c) De réaliser des études techniques, juridiques et économiques relatives à la consommation.

Article R531-3
L'Institut national de la consommation est administré par un conseil d'administration composé des
membres titulaires suivants, ayant voix délibérative:
1° Dix représentants des consommateurs et usagers désignés par le ministre chargé de la consommation
sur proposition du collège des consommateurs du Conseil national de la consommation;
2° Cinq personnalités, particulièrement compétentes en matière de consommation, en raison de leur
qualité ou de leur activité, désignées par le ministre chargé de la consommation;
3° Trois représentants élus par les personnels de l'Institut national de la consommation dans les
conditions prévues par les articles 14 et suivants de la loi n° 83-675 du 26 juillet 1983 modifiée relative à
la démocratisation du secteur public.
Des membres suppléants sont désignés, en nombre égal, dans les mêmes conditions que les titulaires.
Les membres suppléants peuvent assister aux séances du conseil d'administration. Ils n'ont voix
délibérative qu'en cas d'absence ou d'empêchement des titulaires qu'ils représentent.
Les membres titulaires et suppléants sont nommés pour trois ans par arrêté du ministre chargé de la
consommation.
Lorsqu'un membre titulaire ou suppléant cesse ses fonctions, un successeur est nommé pour la durée de
la période restant à courir, sauf si cette durée est inférieure à six mois.
Des représentants des ministres intéressés participent aux séances du conseil d'administration à la
demande soit du président du conseil d'administration, soit du commissaire du Gouvernement, soit à leur
demande. Ils peuvent y être entendus. A cet effet, les ministres intéressés ont communication des ordres
du jour et des décisions du conseil d'administration.

104
Code de la consommation

Article R531-4
Le conseil d'administration élit en son sein, pour une durée de trois ans, un président et un vice-président,
ce dernier remplaçant de droit le président absent ou empêché. En cas de cessation de leurs fonctions en
cours de mandat, un successeur est élu pour la période restant à courir.

Article R531-5
Les membres du conseil d'administration bénéficient du remboursement des frais de déplacement ou de
séjour supportés par eux à l'occasion des réunions statutaires du conseil dans les conditions applicables
aux fonctionnaires appartenant au groupe I, telles que prévues par le décret n° 90-437 du 28 mai 1990.

Article R531-6
Le conseil d'administration ne peut valablement délibérer que si la moitié au moins de ses membres ayant
voix délibérative sont présents. Si son suppléant n'est pas en mesure de le remplacer, un titulaire peut se
faire représenter par un autre membre du conseil d'administration.
Les votes portant sur des personnes ont lieu au scrutin secret. Les décisions sont prises à la majorité des
membres présents: en cas de partage égal, la voix du président de la séance est prépondérante. Le
président de la séance peut faire appel au concours d'experts pour l'examen d'une question figurant à
l'ordre du jour.
Le directeur de l'institut, le contrôleur d'Etat et l'agent comptable assistent avec voix consultative aux
séances du conseil d'administration. Le directeur peut se faire accompagner par tout collaborateur ou
personne qualifiée de son choix. En cas d'absence, il est représenté.

Article R531-7
Le conseil d'administration se réunit au moins six fois par an et toutes les fois qu'il est convoqué par le
président, agissant soit à son initiative, soit à la demande de la majorité des membres ou du commissaire
du Gouvernement. Le président arrête l'ordre du jour. Il doit y faire figurer les questions dont l'inscription
est demandée par la majorité des membres du conseil d'administration. Il prépare avec le directeur les
délibérations du conseil d'administration et est chargé de la bonne exécution de ses décisions.
Le conseil d'administration délibère obligatoirement sur les questions suivantes:
1° La politique générale de l'établissement, tant sur le plan national que sur le plan international;
2° Le rapport annuel d'activité;
3° L'état annuel des prévisions de recettes et de dépenses et les états rectificatifs en cours d'année;
4° Le compte financier et l'affectation des résultats de l'exercice;
5° Les emprunts;
6° Les prises, extensions ou cessions de participations financières de l'établissement;
7° La création ou la cession de sociétés filiales;
8° L'acceptation ou le refus des dons et legs;
9° Les conditions générales de recrutement, d'emploi et de rémunération des personnels;
10° Les conditions générales de fixation des prix de vente des produits et des prestations de
l'établissement;
11° Les programmes annuels ou pluriannuels d'action présentés par le directeur;
12° Le programme des essais comparatifs.
Le conseil d'administration établit son règlement. Il est consulté sur l'organisation et le règlement intérieur
de l'institut.
Parmi les états rectificatifs, sont seuls soumis au conseil d'administration ceux qui comportent soit une
augmentation du montant global des dépenses, soit des virements de crédits entre la section des
opérations en capital et la section de fonctionnement ou entre les chapitres de matériel et les chapitres de
personnel. Les autres états rectificatifs sont pris par le directeur, en accord avec le contrôleur d'Etat. Il en
rend compte au conseil d'administration à sa plus proche séance.

Article R531-8

105
Code de la consommation

Le commissaire du Gouvernement auprès de l'Institut national de la consommation et son suppléant sont


nommés par le ministre chargé de la consommation. Le commissaire du Gouvernement assiste avec voix
consultative aux séances du conseil d'administration.
Il peut se faire accompagner par tout collaborateur ou personne qualifiée de son choix. En cas d'absence,
il est représenté par son suppléant.
Les délibérations du conseil d'administration sont exécutoires, sauf si le commissaire du Gouvernement
demande la suspension de cette exécution dans les dix jours qui suivent la réunion du conseil
d'administration. Dans ce cas, le commissaire du Gouvernement en réfère au ministre chargé de la
consommation qui se prononce dans un délai de quinze jours après la demande de suspension. A défaut
d'une décision de rejet expresse et motivée de la part du ministre dans ce délai, la délibération est
exécutoire.
Toutefois, les délibérations portant sur les points 4° à 7° du deuxième alinéa de l'article R. 531-7 ne sont
exécutoires que si elles ont été approuvées par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du
ministre chargé de la consommation.
Les délibérations portant sur les points 3° et 8° à 10° de l'article R. 531-7, deuxième alinéa, sont
exécutoires, sauf opposition du ministre chargé de la consommation ou du ministre chargé du budget, un
mois après la réception du relevé de décision par le commissaire du Gouvernement et le ministre chargé
du budget.

Article R531-9
Le directeur de l'Institut national de la consommation est nommé sur proposition du président du conseil
d'administration par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la consommation. Son mandat prend
fin au plus tard à la date d'installation du conseil d'administration suivant celui en fonction à la date de sa
nomination.
Le directeur:
1° Exécute les décisions du conseil d'administration;
2° Assure la direction des services de l'Institut national de la consommation;
3° Recrute et gère le personnel;
4° Représente l'institut en justice et dans tous les actes de la vie civile; toutefois, il ne peut agir ou
intervenir dans un litige qu'avec l'autorisation du conseil d'administration;
5° Est ordonnateur des recettes et des dépenses.
et les documents produits sont restitués au requérant".

Titre III L'institut national de la consommation

Chapitre Ier Organisation et administration


Article R531-1
L'Institut national de la consommation (INC) est un établissement public national à caractère industriel et
commercial, doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. Il est placé sous la tutelle du
ministre chargé de la consommation.

Article R531-2
L'Institut national de la consommation a pour objet:
1° En tant que centre d'essais:
a) De recueillir les demandes d'essai ou d'examen en laboratoire émanant soit des pouvoirs publics, soit
des organisations de consommateurs et d'usagers, soit de l'autorité des essais comparatifs prévue à
l'article R. 532-1;
b) De faire procéder par les laboratoires publics ou privés aux essais ou aux examens décidés par le
conseil d'administration;
c) D'en transmettre pour information aux professionnels intéressés les résultats qui les concernent;
d) D'en interpréter les résultats et de porter cette interprétation à la connaissance des consommateurs et
des usagers et de leurs organisations.
2° En tant que centre d'information et de documentation:

106
Code de la consommation

a) De diffuser les résultats de ses travaux, notamment par l'intermédiaire des organisations de
consommateurs et d'usagers;
b) D'informer les consommateurs sur les problèmes de consommation, en liaison avec les organisations
de consommateurs et d'usagers, le Conseil national de la consommation et les pouvoirs publics, par tous
moyens d'expression appropriés;
c) D'aider les consommateurs et leurs organisations par la mise en place d'une documentation selon les
techniques appropriées.
3° En tant qu'organisme d'études et de formation:
a) A la demande des organisations de consommateurs ou en liaison avec elles, de contribuer à la
formation des consommateurs;
b) D'assister les organisations de consommateurs, par la constitution de dossiers, dans les instances
auxquelles elles sont appelées à participer;
c) De réaliser des études techniques, juridiques et économiques relatives à la consommation.

Article R531-3
L'Institut national de la consommation est administré par un conseil d'administration composé des
membres titulaires suivants, ayant voix délibérative:
1° Dix représentants des consommateurs et usagers désignés par le ministre chargé de la consommation
sur proposition du collège des consommateurs du Conseil national de la consommation;
2° Cinq personnalités, particulièrement compétentes en matière de consommation, en raison de leur
qualité ou de leur activité, désignées par le ministre chargé de la consommation;
3° Trois représentants élus par les personnels de l'Institut national de la consommation dans les
conditions prévues par les articles 14 et suivants de la loi n° 83-675 du 26 juillet 1983 modifiée relative à
la démocratisation du secteur public.
Des membres suppléants sont désignés, en nombre égal, dans les mêmes conditions que les titulaires.
Les membres suppléants peuvent assister aux séances du conseil d'administration. Ils n'ont voix
délibérative qu'en cas d'absence ou d'empêchement des titulaires qu'ils représentent.
Les membres titulaires et suppléants sont nommés pour trois ans par arrêté du ministre chargé de la
consommation.
Lorsqu'un membre titulaire ou suppléant cesse ses fonctions, un successeur est nommé pour la durée de
la période restant à courir, sauf si cette durée est inférieure à six mois.
Des représentants des ministres intéressés participent aux séances du conseil d'administration à la
demande soit du président du conseil d'administration, soit du commissaire du Gouvernement, soit à leur
demande. Ils peuvent y être entendus. A cet effet, les ministres intéressés ont communication des ordres
du jour et des décisions du conseil d'administration.

Article R531-4
Le conseil d'administration élit en son sein, pour une durée de trois ans, un président et un vice-président,
ce dernier remplaçant de droit le président absent ou empêché. En cas de cessation de leurs fonctions en
cours de mandat, un successeur est élu pour la période restant à courir.

Article R531-5
Les membres du conseil d'administration bénéficient du remboursement des frais de déplacement ou de
séjour supportés par eux à l'occasion des réunions statutaires du conseil dans les conditions applicables
aux fonctionnaires appartenant au groupe I, telles que prévues par le décret n° 90-437 du 28 mai 1990.

Article R531-6
Le conseil d'administration ne peut valablement délibérer que si la moitié au moins de ses membres ayant
voix délibérative sont présents. Si son suppléant n'est pas en mesure de le remplacer, un titulaire peut se
faire représenter par un autre membre du conseil d'administration.
Les votes portant sur des personnes ont lieu au scrutin secret. Les décisions sont prises à la majorité des
membres présents: en cas de partage égal, la voix du président de la séance est prépondérante. Le
président de la séance peut faire appel au concours d'experts pour l'examen d'une question figurant à
l'ordre du jour.

107
Code de la consommation

Le directeur de l'institut, le contrôleur d'Etat et l'agent comptable assistent avec voix consultative aux
séances du conseil d'administration. Le directeur peut se faire accompagner par tout collaborateur ou
personne qualifiée de son choix. En cas d'absence, il est représenté.

Article R531-7
Le conseil d'administration se réunit au moins six fois par an et toutes les fois qu'il est convoqué par le
président, agissant soit à son initiative, soit à la demande de la majorité des membres ou du commissaire
du Gouvernement. Le président arrête l'ordre du jour. Il doit y faire figurer les questions dont l'inscription
est demandée par la majorité des membres du conseil d'administration. Il prépare avec le directeur les
délibérations du conseil d'administration et est chargé de la bonne exécution de ses décisions.
Le conseil d'administration délibère obligatoirement sur les questions suivantes:
1° La politique générale de l'établissement, tant sur le plan national que sur le plan international;
2° Le rapport annuel d'activité;
3° L'état annuel des prévisions de recettes et de dépenses et les états rectificatifs en cours d'année;
4° Le compte financier et l'affectation des résultats de l'exercice;
5° Les emprunts;
6° Les prises, extensions ou cessions de participations financières de l'établissement;
7° La création ou la cession de sociétés filiales;
8° L'acceptation ou le refus des dons et legs;
9° Les conditions générales de recrutement, d'emploi et de rémunération des personnels;
10° Les conditions générales de fixation des prix de vente des produits et des prestations de
l'établissement;
11° Les programmes annuels ou pluriannuels d'action présentés par le directeur;
12° Le programme des essais comparatifs.
Le conseil d'administration établit son règlement. Il est consulté sur l'organisation et le règlement intérieur
de l'institut.
Parmi les états rectificatifs, sont seuls soumis au conseil d'administration ceux qui comportent soit une
augmentation du montant global des dépenses, soit des virements de crédits entre la section des
opérations en capital et la section de fonctionnement ou entre les chapitres de matériel et les chapitres de
personnel. Les autres états rectificatifs sont pris par le directeur, en accord avec le contrôleur d'Etat. Il en
rend compte au conseil d'administration à sa plus proche séance.

Article R531-8
Le commissaire du Gouvernement auprès de l'Institut national de la consommation et son suppléant sont
nommés par le ministre chargé de la consommation. Le commissaire du Gouvernement assiste avec voix
consultative aux séances du conseil d'administration.
Il peut se faire accompagner par tout collaborateur ou personne qualifiée de son choix. En cas d'absence,
il est représenté par son suppléant.
Les délibérations du conseil d'administration sont exécutoires, sauf si le commissaire du Gouvernement
demande la suspension de cette exécution dans les dix jours qui suivent la réunion du conseil
d'administration. Dans ce cas, le commissaire du Gouvernement en réfère au ministre chargé de la
consommation qui se prononce dans un délai de quinze jours après la demande de suspension. A défaut
d'une décision de rejet expresse et motivée de la part du ministre dans ce délai, la délibération est
exécutoire.
Toutefois, les délibérations portant sur les points 4° à 7° du deuxième alinéa de l'article R. 531-7 ne sont
exécutoires que si elles ont été approuvées par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du
ministre chargé de la consommation.
Les délibérations portant sur les points 3° et 8° à 10° de l'article R. 531-7, deuxième alinéa, sont
exécutoires, sauf opposition du ministre chargé de la consommation ou du ministre chargé du budget, un
mois après la réception du relevé de décision par le commissaire du Gouvernement et le ministre chargé
du budget.

Article R531-9
Le directeur de l'Institut national de la consommation est nommé sur proposition du président du conseil
d'administration par décret pris sur le rapport du ministre chargé de la consommation. Son mandat prend

108
Code de la consommation

fin au plus tard à la date d'installation du conseil d'administration suivant celui en fonction à la date de sa
nomination.
Le directeur:
1° Exécute les décisions du conseil d'administration;
2° Assure la direction des services de l'Institut national de la consommation;
3° Recrute et gère le personnel;
4° Représente l'institut en justice et dans tous les actes de la vie civile; toutefois, il ne peut agir ou
intervenir dans un litige qu'avec l'autorisation du conseil d'administration;
5° Est ordonnateur des recettes et des dépenses.

Chapitre II Organes consultatifs


Article R532-1
Dans le cadre de la mission d'essais comparatifs de l'Institut national de la consommation et sous
l'autorité du conseil d'administration, il est instauré une autorité des essais comparatifs (ADEC). Cette
autorité définit, sur proposition du directeur de l'institut, le programme des essais comparatifs de l'Institut
national de la consommation arrêté par le conseil d'administration pour une durée d'au moins deux ans.
L'autorité des essais comparatifs est saisie de l'interprétation, de la présentation et de la diffusion des
résultats des essais menés par l'Institut national de la consommation.
Elle élabore et actualise les règles de déontologie et de méthodologie auxquelles doivent obéir les essais
réalisés par l'institut.

Article R532-2
L'autorité des essais comparatifs est composée de quinze membres ainsi répartis:
1° Six administrateurs représentants des consommateurs, désignés en son sein par le conseil
d'administration de l'Institut national de la consommation;
2° Six représentants des professionnels, dont deux représentants des entreprises de distribution,
désignés par le ministre chargé de la consommation;
3° Deux experts désignés par le ministre chargé de la consommation parmi les personnalités qualifiées
mentionnées au 2° de l'article R. 531-3;
4° Un administrateur représentant du personnel désigné en son sein par le conseil d'administration de
l'Institut national de la consommation.
L'autorité des essais comparatifs élit son président en son sein. Le président informe le conseil
d'administration de l'institut des travaux de l'autorité des essais comparatifs et lui soumet ses
propositions.
Le mandat des membres de l'autorité des essais comparatifs est d'une durée de trois ans. Dans les
délibérations, en cas de partage égal, le président de l'autorité a voix prépondérante.
Le commissaire du Gouvernement auprès de l'Institut national de la consommation est représenté aux
travaux de l'autorité des essais comparatifs; le directeur de l'établissement ou son représentant y assiste,
ainsi que le président du conseil d'administration s'il n'est pas membre de l'autorité des essais
comparatifs.

Article R532-3
Le conseil d'administration peut créer des comités techniques consultatifs qu'il réglemente.

Chapitre III Dispositions financières et comptables


Article R533-1
Les ressources de l'institut comprennent notamment les subventions, le produit de la vente de ses
publications, les redevances pour service rendu et les dons et legs.

Article R533-2
L'Institut national de la consommation est soumis au régime financier et comptable applicable aux
établissements publics à caractère industriel et commercial dotés d'un agent comptable défini par le
décret du 29 décembre 1962. Il tient une comptabilité analytique.

109
Code de la consommation

Article R533-3
L'agent comptable de l'établissement est nommé par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du
ministre chargé de la consommation.

Article R533-4
Le directeur de l'institut peut créer des régies de recettes et de dépenses dans les conditions prévues par
le décret n° 64-486 du 28 mai 1964, relatif aux régies de recettes et aux régies d'avances des organismes
publics, et ses textes d'application.

Article R533-5
L'Institut national de la consommation est soumis au contrôle économique et financier de l'Etat prévu par
les décrets n° 53-707 du 9 août 1953 et n° 55-733 du 26 mai 1955. Le contrôle de la gestion financière de
l'institut est assuré, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre chargé de l'économie et des
finances, par un contrôleur d'Etat, sous l'autorité du même ministre.

Titre V La commission générale d'unification des méthodes d'analyse


Article R551-1
Une commission générale d'unification des méthodes d'analyse dont les membres sont nommés par
arrêté conjoint des ministres de l'agriculture, de la justice, chargés de l'économie et des finances, de
l'industrie, de la santé, de la sécurité sociale et de la mer est instituée auprès du ministre chargé de
l'économie et des finances. Elle est obligatoirement consultée sur la fixation des méthodes d'analyse à
imposer aux laboratoires chargés de concourir à l'application de la réglementation relative à la répression
des fraudes, ainsi que sur la détermination des conditions matérielles des prélèvements.

110
Code de la consommation

PARTIEIII: PARTIE REGLEMENTAIRE, DECRETS SIMPLES


Livre II Qualité des produits et des services

Titre II Sécurité

Chapitre V Dispositions diverses


Article D225-1
Les organismes scientifiques ou techniques habilités à effectuer les contrôles prévus à l'article L. 221-7
sont les suivants:
1° Le Centre national d'études vétérinaires et alimentaires;
2° Le Centre national du machinisme agricole, du génie rural, des eaux et des forêts;
3° Le Centre scientifique et technique du bâtiment;
4° Le Commissariat à l'énergie atomique;
5° L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer;
6° L'Institut national de recherche chimique appliquée;
7° L'Institut national de l'environnement industriel et des risques;
8° L'Institut national de recherche et de sécurité;
9° L'Institut national de la recherche agronomique;
10° L'Institut national de la santé et de la recherche médicale;
11° L'Institut Pasteur de Paris;
12° Le Laboratoire central des industries électriques;
13° Le Laboratoire central des ponts et chaussées;
14° Le Laboratoire central de la préfecture de police;
15° Le laboratoire du Centre national de formation des techniciens des services vétérinaires;
16° Les laboratoires d'Etat de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la
répression de fraudes;
17° Les laboratoires de la direction générale des douanes et droits indirects;
18° Le laboratoire d'hygiène de la ville de Paris;
19° Le Laboratoire national d'essais;
20° Le laboratoire de biomécanique et de physiologie de l'Institut national du sport et de l'éducation
physique;
21° L'Agence du médicament;
22° Le service central de protection contre les rayonnements ionisants;
23° Les laboratoires accrédités par le Comité français d'accréditation (COFRAC).

Article D225-2
Le ministre qui ordonne le contrôle choisit l'organisme habilité en fonction de sa compétence et de la
nature du produit ou du service concerné.

Livre III Endettement

Titre Ier Crédit

Chapitre Ier Crédit à la consommation

Section 1 Champ d'application


Article D311-1
Le montant visé au 2° de l'article L. 311-3 est fixé à 140 000 F.

Article D311-2
Le montant visé au c du 4° de l'article L. 311-3 est fixé à 140 000 F.

Article D311-3

111
Code de la consommation

Les montants mentionnés aux articles D. 311-1 et D. 311-2 sont fixés par décret pris après avis du
Conseil national de la consommation.

Section 6 Remboursement anticipé du crédit et défaillance de


l'emprunteur

Sous-section 1 Remboursement anticipé


Article D311-10
Le montant au-dessous duquel le prêteur est en droit de refuser un remboursement partiel anticipé est
fixé à trois fois le montant contractuel de la première échéance non échue.

Sous-section 2 Défaillance de l'emprunteur


Article D311-11
Lorsque le prêteur exige le remboursement immédiat du capital restant dû en application de l'article L.
311-30, il peut demander une indemnité égale à 8 % du capital restant dû à la date de la défaillance.

Article D311-12
Lorsque le prêteur n'exige pas le remboursement immédiat du capital restant dû, il peut demander à
l'emprunteur défaillant une indemnité égale à 8 % des échéances échues impayées. Cependant, dans le
cas où le prêteur accepte des reports d'échéances à venir, le montant de l'indemnité est ramené à 4 %
des échéances reportées.

Article D311-13
En cas de défaillance dans l'exécution d'un contrat de location assorti d'une promesse de vente ou de
location-vente le bailleur est en droit d'exiger, en application de l'article L. 311-31, une indemnité égale à
la différence entre, d'une part, la valeur résiduelle hors taxes du bien stipulée au contrat augmentée de la
valeur actualisée, à la date de la résiliation du contrat, de la somme hors taxes des loyers non encore
échus et, d'autre part, la valeur vénale hors taxes du bien restitué.
La valeur actualisée des loyers non encore échus est calculée selon la méthode des intérêts composés
en prenant comme taux annuel de référence le taux moyen de rendement des obligations émises au
cours du semestre civil précédant la date de conclusion du contrat majoré de la moitié. La valeur vénale
mentionnée ci-dessus est celle obtenue par le bailleur s'il vend le bien restitué ou repris. Toutefois, le
locataire a la faculté, dans le délai de trente jours à compter de la résiliation du contrat, de présenter au
bailleur un acquéreur faisant une offre écrite d'achat. Si le bailleur n'accepte pas cette offre et s'il vend
ultérieurement à un prix inférieur, la valeur à déduire devra être celle de l'offre refusée par lui.
Si le bien loué est hors d'usage, la valeur vénale est obtenue en ajoutant le prix de vente et le montant du
capital versé par la compagnie d'assurance.
A défaut de vente ou à la demande du locataire, il peut y avoir évaluation de la valeur vénale à dire
d'expert. Le locataire doit être informé de cette possibilité d'évaluation.
Lorsque le bailleur n'exige pas la résiliation du contrat, il peut demander au locataire défaillant une
indemnité égale à 8 % des échéances échues impayées.
Cependant, dans le cas où le bailleur accepte des reports d'échéances à venir, le montant de l'indemnité
est ramené à 4 % des échéances reportées.
Le montant de l'indemnité est majoré des taxes fiscales applicables.

Chapitre III Dispositions communes

Section 1 Le taux d'intérêt

112
Code de la consommation

Sous-section 2 Le taux d'usure


Article D313-6
Les taux effectifs moyens qui ont été pratiqués au cours d'un trimestre civil par les établissements de
crédit pour les catégories d'opérations de même nature comportant des risques analogues, telles que
définies par l'arrêté du ministre chargé de l'économie et des finances prévu par l'article L. 313-3, sont
calculés par la Banque de France. Le ministre chargé de l'économie et des finances fait procéder à la
publication au Journal officiel de la République française de ces taux ainsi que des seuils de l'usure
correspondant qui serviront de référence pour le trimestre suivant; il procède, le cas échéant, aux
corrections des taux observés, conformément aux dispositions du deuxième alinéa de l'article D. 313-7.

Article D313-7
La Banque de France procède chaque trimestre à une enquête, portant sur les prêts en francs français,
destinée à collecter auprès des établissements de crédit les données nécessaires au calcul des taux
effectifs moyens. Ce calcul est effectué selon une moyenne arithmétique simple des taux effectifs globaux
observés. Les prêts dont les taux sont réglementés, administrés ou bonifiés par l'Etat ne sont pas pris en
compte. Pour ce qui concerne les entreprises, les prêts ne sont pas pris en compte pour le calcul du taux
effectif moyen lorsqu'ils sont supérieurs à des montants définis par arrêté du ministre chargé de
l'économie et des finances.
En cas de variation d'une ampleur exceptionnelle du coût des ressources des établissements de crédit,
les taux effectifs moyens observés par la Banque de France peuvent être corrigés pour tenir compte de
cette variation. Ces taux sont publiés au plus tard dans les quarante-cinq jours suivant la constatation de
cette variation.

Article D313-8
Les prêteurs doivent porter à la connaissance des emprunteurs les seuils de l'usure correspondant aux
prêts qu'ils leur proposent. Les établissements de crédit tiennent cette information à la disposition de leur
clientèle comme pour les conditions générales de banque visées à l'article 7 du décret du 24 juillet 1984
relatif à l'activité et au contrôle des établissements de crédit.

Article D313-9
L'institut d'émission des départements d'outre-mer est chargé, dans ces départements, d'effectuer les
missions confiées à la Banque de France par les articles D. 313-6 et D. 313-7.

Livre V Les institutions

Titre Ier Les organes de concertation

Chapitre Ier Le Conseil national de la consommation

Section 1 Missions et attributions


Article D511-1
Le Conseil national de la consommation est un organisme consultatif placé auprès du ministre chargé de
la consommation.
Il a pour objet de permettre la confrontation et la concertation entre les représentants des intérêts
collectifs des consommateurs et usagers et les représentants des professionnels, des services publics et
des pouvoirs publics, pour tout ce qui a trait aux problèmes de la consommation.

Article D511-2
Des accords entre professionnels ou prestataires de services publics et privés et consommateurs ou
usagers peuvent être négociés dans le cadre du Conseil national de la consommation.

Article D511-3

113
Code de la consommation

Les pouvoirs publics consultent, en tant que de besoin, le Conseil national de la consommation sur les
grandes orientations de leur politique qui concernent les consommateurs et les usagers.
Le Conseil national de la consommation comporte des collèges ayant voix délibérative qui émettent,
ensemble ou séparément, de leur propre initiative ou à la demande du ministre chargé de la
consommation, des avis sur les questions intéressant la consommation de biens et de services publics ou
privés.
Les pouvoirs publics peuvent saisir pour avis le Conseil national de la consommation des projets ou
propositions de lois et de règlements susceptibles d'avoir une incidence sur la consommation ainsi que
sur les conditions d'application de ces textes.
Pour l'application des articles 1er de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986 et L. 113-3 du
présent code, le Conseil national de la consommation est consulté en sa formation plénière.

Article D511-4
Le ministre chargé de la consommation assure la publicité des avis du Conseil national de la
consommation et, le cas échéant, des opinions divergentes.
Si la demande en est faite par le tiers au moins des membres d'un collège, le détail des votes de ce
collège est également rendu public.
Le Conseil national de la consommation établit chaque année un rapport sur son activité qui est rendu
public.

Section 2 Composition et organisation


Article D511-5
Le Conseil national de la consommation est présidé par le ministre chargé de la consommation ou son
représentant.

Article D511-6
Le Conseil national de la consommation est composé:
1° D'un collège de consommateurs et usagers dont les membres sont nommés pour une durée de trois
ans, sur proposition de chacune des organisations de consommateurs agréées au niveau national pour
ester en justice, par arrêté du ministre chargé de la consommation.
2° D'un collège de professionnels représentant les activités agricoles, industrielles, artisanales,
commerciales et de services publics et privés, dont les membres sont nommés pour une durée de trois
ans, après avis des ministres intéressés, par arrêté du ministre chargé de la consommation.

Article D511-7
Participent de plein droit aux travaux du Conseil national de la consommation les représentants des
ministères composant le groupe interministériel de la consommation défini à l'article D. 522-1.
Les représentants des autres ministres peuvent participer, soit à leur demande, soit à celle du président
du Conseil national de la consommation, aux séances du Conseil national de la consommation telles
qu'elles sont définies à l'article D. 511-12.

Article D511-8
Le directeur de l'Institut national de la consommation participe de droit aux travaux du Conseil national de
la consommation. Il peut se faire représenter.

Article D511-9
Le président du Conseil national de la consommation peut, de sa propre initiative ou à la demande de la
majorité des membres d'un collège ou à la demande du bureau, tel qu'il est défini à l'article D. 511-11,
inviter aux réunions du conseil toute personnalité dont la présence sera jugée utile à la bonne marche de
ses travaux.

Article D511-10
Les membres du collège des consommateurs et usagers et du collège des professionnels ont voix
délibérative. Des membres suppléants sont nommés dans les mêmes conditions que les titulaires et en
nombre égal. Le membre suppléant remplace de plein droit le titulaire absent ou empêché.

114
Code de la consommation

Lorsqu'un membre titulaire ou suppléant nommé pour une période de trois ans cesse ses fonctions,
notamment pour avoir perdu la qualité en raison de laquelle il avait été désigné, un successeur est
nommé pour la durée de la période restant à courir, sauf si cette durée est inférieure à quatre mois.

Article D511-11
Il est constitué un bureau du Conseil national de la consommation. Ce bureau est composé de membres
délégués par chacun des collèges des consommateurs et usagers et des professionnels.
Les réunions du bureau sont présidées par le ministre chargé de la consommation ou son représentant.
Un arrêté du ministre chargé de la consommation fixe les conditions de constitution du bureau.

Section 3 Fonctionnement
Article D511-12
Le Conseil national de la consommation en formation plénière est convoqué par le ministre chargé de la
consommation, de sa propre initiative ou à la demande de la majorité d'un des deux collèges ou de la
majorité du bureau. Il tient au moins quatre séances plénières par an.
La réunion d'un seul collège se fait sur convocation du ministre chargé de la consommation, de sa propre
initiative ou à la demande de la majorité des membres du collège concerné.
Pour l'application de l'article L. 113-3, la convocation du conseil est adressée deux semaines au moins
avant la date de la séance.
Dans le cas prévu à l'article 1er de l'ordonnance n° 86-1243 du 1er décembre 1986, cette consultation est
effectuée selon une procédure d'urgence, sans condition de délai ni de quorum.

Article D511-13
Le ministre chargé de la consommation arrête l'ordre du jour de chaque séance plénière.
Les propositions faites par au moins un tiers des membres du conseil ayant voix délibérative sont
inscrites de droit.

Article D511-14
En séance plénière, chaque collège vote séparément.
Les modalités du vote sont précisées dans le règlement intérieur prévu par l'article D. 511-16.

Article D511-15
Le secrétariat du Conseil national de la consommation est assuré par les services du ministre chargé de
la consommation.

Article D511-16
Les modalités pratiques de fonctionnement du Conseil national de la consommation sont précisées dans
un règlement intérieur, arrêté par le ministre chargé de la consommation, sur avis du Conseil national de
la consommation.

Article D511-17
Les désignations des représentants des associations de consommateurs effectuées sur proposition ou
avis du Conseil national de la consommation sont faites sur proposition ou avis du collège de
consommateurs du Conseil national de la consommation.

Titre II Les organes de coordination administrative

Chapitre Ier Le comité interministériel de la consommation


Article D521-1
Il est créé auprès du Premier ministre un comité interministériel de la consommation, chargé d'examiner
les propositions d'actions à caractère interministériel faites en faveur des consommateurs et des usagers
par le ministre chargé de la consommation, après consultation du groupe interministériel de la

115
Code de la consommation

consommation tel qu'il est défini à l'article D. 522-1; il peut examiner également les projets de lois ou de
décrets tendant au même objectif, à l'initiative du ministre chargé de la consommation.

Article D521-2
Le comité interministériel de la consommation est présidé par le Premier ministre ou, par délégation, par
le ministre chargé de la consommation. Il réunit les ministres représentés au groupe interministériel de la
consommation et concernés par l'ordre du jour.
Il se réunit au moins deux fois par an.

Chapitre II Le groupe interministériel de la consommation


Article D522-1
Il est institué un groupe interministériel de la consommation.
Le groupe a pour mission de coordonner et d'animer la politique de la consommation. Il propose
notamment aux ministres intéressés les mesures propres à améliorer la protection et l'information des
consommateurs et des usagers; il veille à assurer une plus grande coordination dans l'élaboration des
textes et dans l'exécution des contrôles. A la demande de l'un de ses membres, il est consulté sur les
projets de textes législatifs et réglementaires ayant pour objet l'information et la protection des
consommateurs et des usagers.

Article D522-2
Le groupe interministériel de la consommation est présidé par le ministre chargé de la consommation ou
son représentant.
Les ministres chargés des départements suivants y sont représentés:
- intérieur;
- commerce extérieur;
- transports;
- industrie;
- recherche;
- affaires sociales;
- justice;
- défense;
- économie, finances et budget;
- éducation nationale;
- agriculture;
- commerce et artisanat;
- travail;
- santé;
- tourisme;
- urbanisme et logement;
- environnement;
- mer;
- postes et télécommunications.
Des représentants des autres ministres sont appelés à participer aux travaux du groupe pour les affaires
relevant de leur compétence.
Le groupe peut, en tant que de besoin, faire appel au concours de personnes qualifiées.

Article D522-3
Le secrétariat du groupe interministériel de la consommation est assuré par les services du ministre
chargé de la consommation.

Article D522-4
Le ministre chargé de la consommation peut créer par arrêté pris après avis du groupe interministériel de
la consommation, des groupes de travail spécifiques, temporaires ou permanents. L'arrêté définit la
mission attribuée à ces groupes de travail ainsi que leur composition.

116
Code de la consommation

Titre IV Le conseil national de l'alimentation


Article D541-1
Le Conseil national de l'alimentation est placé auprès du ministre de l'agriculture, du ministre chargé de la
santé et du ministre chargé de la consommation.

Article D541-2
Ce conseil national est consulté sur la définition de la politique alimentaire en donnant des avis sur les
questions qui s'y rapportent.
Il peut, en particulier, être consulté sur les grandes orientations de la politique relative:
1° A l'adaptation de la consommation aux besoins nutritionnels;
2° A la sécurité alimentaire des consommateurs;
3° A la qualité des denrées alimentaires;
4° A l'information des consommateurs de ces denrées.
Le Conseil national de l'alimentation ne se substitue pas aux instances qualifiées en matière scientifique
ni aux instances d'orientation économique. Il peut les consulter sur les questions relevant de leur
compétence.

Article D541-3
Le Conseil national de l'alimentation comprend les membres suivants:
1° Neuf représentants des associations de consommateurs et d'usagers;
2° Neuf représentants des producteurs agricoles;
3° Neuf représentants du secteur de la transformation, dont un représentant de l'artisanat;
4° Trois représentants du secteur de la distribution;
5° Six représentants de la restauration collective, dont:
a) Trois représentants de la restauration commerciale;
b) Trois représentants du comité de coordination des collectivités;
6° Cinq représentants des syndicats de salariés de l'agriculture, de l’agro-alimentaire et de la distribution
des produits alimentaires;
7° Le président et les deux vice-présidents de la section de la sécurité alimentaire et de la section de la
nutrition et de l'hygiène de vie, du Conseil supérieur d'hygiène publique de France;
8° Le directeur de l'Institut national de la recherche agronomique ou son représentant;
9° Le directeur de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale ou son représentant;
10° Le directeur de l'institut scientifique et technique des pêches maritimes ou son représentant;
11° Le directeur du Centre national de coordination des études et recherches sur la nutrition et
l'alimentation ou son représentant;
12° Le directeur de l'Institut national de la consommation ou son représentant;
13° Six personnalités scientifiques qualifiées nommées conjointement par le ministre de l'agriculture, le
ministre chargé de la santé et le ministre chargé de la consommation.
En outre, assistent de plein droit aux séances du conseil les représentants des ministres chargés des
départements suivants:
- recherche;
- industrie;
- agriculture;
- santé;
- consommation;
- éducation nationale;
- mer;
- commerce et artisanat;
- économie et finances.

Article D541-4
Les personnalités qualifiées et les représentants des consommateurs, de la restauration collective, des
producteurs agricoles, des transformateurs, des distributeurs et des syndicats de salariés sont nommés

117
Code de la consommation

pour trois ans par arrêté conjoint du ministre de l'agriculture, du ministre chargé de la santé et du ministre
chargé de la consommation, après avis des ministres concernés, sur proposition des organisations
représentatives. Leur mandat est renouvelable.
Au cas où ils ne pourraient assurer leur mandat jusqu'à son terme, il est procédé à la désignation de leur
remplaçant pour la période restant à courir, sauf si cette période est inférieure à quatre mois.
Le président du Conseil national de l'alimentation, sur proposition du ministre de l'agriculture, du ministre
chargé de la santé ou du ministre chargé de la consommation, peut appeler à participer aux séances du
conseil toute personnalité ou représentant d'administration dont la présence est justifiée par l'ordre du
jour.

Article D541-5
Le président du Conseil national de l'alimentation est désigné par arrêté conjoint du ministre de
l'agriculture, du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de la consommation. Il est choisi parmi
ceux des membres du Conseil national de l'alimentation qui sont désignés par arrêté conjoint du ministre
de l'agriculture, du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de la consommation. La durée du
mandat du président est de trois ans renouvelables.
Le Conseil national de l'alimentation se réunit à la demande d'un ou plusieurs des trois ministres ou à la
demande des deux tiers de ses membres sur convocation du président, qui arrête l'ordre du jour des
séances.
Les propositions, faites par les deux tiers au moins des membres du conseil, sont inscrites de droit à
l'ordre du jour.

Article D541-6
Le Conseil national de l'alimentation dispose d'un secrétariat. Les secrétaires sont nommés par arrêté
conjoint du ministre de l'agriculture, du ministre chargé de la santé et du ministre chargé de la
consommation. Ils sont placés sous l'autorité conjointe de ces trois ministres et s'appuient, pour exercer
leur mission, sur les services compétents des trois ministères.

Article D541-7
Le Conseil national de l'alimentation constitue les groupes de travail permanents ou temporaires qu'il juge
nécessaires à la bonne marche de ses travaux.
Le ministre de l'agriculture, le ministre chargé de la santé et le ministre chargé de la consommation
précisent par arrêté conjoint les modalités pratiques de fonctionnement du conseil et de publication des
conclusions de ses travaux.

118
Code de la consommation

TABLES DES MATIERES


PARTIE I: PARTIE LEGISLATIVE _________________________________________________ 1
Livre Ier Information des consommateurs et formation des contrats _______________________ 1
Titre Ier Information des consommateurs _______________________________________________________ 1
Chapitre Ier Obligation générale d'information ________________________________________________ 1
Chapitre II Modes de présentation et inscriptions_______________________________________________ 1
Chapitre III Prix et conditions de vente ______________________________________________________ 1
Chapitre IV Information sur les délais de livraison _____________________________________________ 2
Chapitre V Valorisation des produits et des services ____________________________________________ 2
Titre II Pratiques commerciales _____________________________________________________________ 10
Chapitre Ier Pratiques commerciales réglementées_____________________________________________ 10
Chapitre II Pratiques commerciales illicites __________________________________________________ 20
Titre III Conditions générales des contrats _____________________________________________________ 22
Chapitre Ier Arrhes et acompte ____________________________________________________________ 22
Chapitre II Clauses abusives ______________________________________________________________ 23
Chapitre III Interprétation et forme des contrats_______________________________________________ 25
Chapitre IV Remise des contrats___________________________________________________________ 25
Chapitre V Du conflit des lois relatives aux clauses abusives ____________________________________ 25
Titre IV Pouvoirs des agents et actions juridictionnelles __________________________________________ 25
Chapitre unique Dispositions particulières relatives aux pouvoirs des agents et aux actions juridictionnelles25
Livre II Conformité et sécurité des produits et des services ______________________________ 27
Titre Ier Conformité ______________________________________________________________________ 27
Chapitre Ier Dispositions générales ________________________________________________________ 27
Chapitre II Obligation générale de conformité ________________________________________________ 28
Chapitre III Fraudes et falsifications________________________________________________________ 28
Chapitre IV Mesures d'application __________________________________________________ 30
Chapitre V Pouvoirs d'enquête ____________________________________________________________ 31
Chapitre VI Dispositions communes________________________________________________________ 36
Chapitre VII Dispositions particulières______________________________________________________ 38
Titre II Sécurité __________________________________________________________________________ 39
Chapitre Ier Prévention __________________________________________________________________ 39
Chapitre II Habilitations et pouvoirs des agents _______________________________________________ 41
Chapitre III Sanctions ___________________________________________________________________ 41
Chapitre IV La commission de la sécurité des consommateurs ___________________________________ 42
Chapitre V Dispositions diverses __________________________________________________________ 43
Livre III Endettement _____________________________________________________________ 43
Titre Ier Crédit __________________________________________________________________________ 43
Chapitre Ier Crédit à la consommation ______________________________________________________ 43
Chapitre II Crédit immobilier _____________________________________________________________ 49
Chapitre III Dispositions communes________________________________________________________ 55
Titre II Activité d'intermédiaire pour le règlement des dettes_______________________________________ 58
Chapitre Ier Nullité des conventions________________________________________________________ 58
Chapitre II Dispositions diverses __________________________________________________________ 58
Titre III Traitement des situations de surendettement_____________________________________________ 59
Chapitre Ier De la procédure devant la commission de surendettement des particuliers ________________ 59
Chapitre II Du contrôle par le juge des mesures recommandées par la commission de surendettement ____ 62
Chapitre II Redressement judiciaire civil ____________________________________________________ 62
Chapitre III Dispositions communes________________________________________________________ 62
Titre IV Cautionnement ___________________________________________________________________ 64
Livre IV Les associations de consommateurs __________________________________________ 64
Titre Ier Agrément des associations __________________________________________________________ 64

119
Code de la consommation

Chapitre Ier Les associations _____________________________________________________________ 64


Chapitre II Les sociétés coopératives de consommation_________________________________________ 64
Titre II Actions en justice des associations _____________________________________________________ 65
Chapitre Ier Action exercée dans l'intérêt collectif des consommateurs _____________________________ 65
Chapitre II Action en représentation conjointe ________________________________________________ 66
Livre V Les institutions ____________________________________________________________ 66
Titre III L'Institut national de la consommation _________________________________________________ 66
Chapitre Ier Organisation administrative ____________________________________________________ 66
Titre VI Le laboratoire d'essais ______________________________________________________________ 67
Chapitre Ier Missions ___________________________________________________________________ 67
Chapitre II Fonctionnement ______________________________________________________________ 67
PARTIEII: PARTIE REGLEMENTAIRE, DECRETS EN CONSEIL D’ETAT___________68
Livre Ier Information des consommateurs et formation des contrats ______________________ 68
Titre Ier Information des consommateurs ______________________________________________________ 68
Chapitre II Modes de présentation et inscriptions______________________________________________ 68
Chapitre III Prix et conditions de vente _____________________________________________________ 74
Chapitre IV Information sur les délais de livraison ____________________________________________ 74
Chapitre V Valorisation des produits et des services ___________________________________________ 74
Titre II Pratiques commerciales _____________________________________________________________ 77
Chapitre Ier Pratiques commerciales réglementées_____________________________________________ 77
Chapitre II Pratiques commerciales illicites __________________________________________________ 79
Titre III Conditions générales des contrats _____________________________________________________ 80
Chapitre II Clauses abusives ______________________________________________________________ 80
Chapitre IV Remise des contrats___________________________________________________________ 81
Titre IV Pouvoirs des agents et actions juridictionnelles __________________________________________ 81
Chapitre Ier Dispositions particulières relatives aux pouvoirs des agents et aux actions juridictionnelles __ 81
Chapitre II Procédures civiles simplifiées____________________________________________________ 82
Livre II Qualité des produits et des services ___________________________________________ 83
Titre Ier Conformité ______________________________________________________________________ 83
Chapitre Ier Dispositions générales ________________________________________________________ 83
Chapitre V Pouvoirs d'enquête ____________________________________________________________ 84
Chapitre VI Dispositions communes________________________________________________________ 88
Titre II Sécurité __________________________________________________________________________ 88
Chapitre Ier Prévention __________________________________________________________________ 88
Chapitre III Sanctions ___________________________________________________________________ 89
Chapitre IV La commission de la sécurité des consommateurs ___________________________________ 89
Livre III Endettement _____________________________________________________________ 91
Titre Ier Crédit __________________________________________________________________________ 91
Chapitre Ier Crédit à la consommation ______________________________________________________ 91
Chapitre II Crédit immobilier _____________________________________________________________ 92
Chapitre III Dispositions communes________________________________________________________ 93
Titre III Traitement des situations de surendettement_____________________________________________ 94
Chapitre Ier De la procédure devant la commission de surendettement des particuliers ________________ 94
Chapitre II Du contrôle par le juge des mesures recommandées par la commission de surendettement ____ 98
Chapitre III Dispositions communes_______________________________________________________ 100
Titre IV Dispositions diverses______________________________________________________________ 101
Livre IV Les associations de consommateurs _________________________________________ 101
Titre Ier Agrément des associations _________________________________________________________ 101
Chapitre Ier Les associations ____________________________________________________________ 101
Titre II Action en justice des associations_____________________________________________________ 102
Chapitre II Action en représentation conjointe _______________________________________________ 102

120
Code de la consommation

Livre V Les institutions ___________________________________________________________ 103


Titre Ier Les organes de concertation ________________________________________________________ 103
Chapitre II Les comités départementaux de la consommation ___________________________________ 103
Titre III L'institut national de la consommation ________________________________________________ 104
Chapitre Ier Organisation et administration _________________________________________________ 104
Titre III L'institut national de la consommation ________________________________________________ 106
Chapitre Ier Organisation et administration _________________________________________________ 106
Chapitre II Organes consultatifs __________________________________________________________ 109
Chapitre III Dispositions financières et comptables ___________________________________________ 109
Titre V La commission générale d'unification des méthodes d'analyse ______________________________ 110
PARTIEIII: PARTIE REGLEMENTAIRE, DECRETS SIMPLES ____________________111
Livre II Qualité des produits et des services __________________________________________ 111
Titre II Sécurité _________________________________________________________________________ 111
Chapitre V Dispositions diverses _________________________________________________________ 111
Livre III Endettement ____________________________________________________________ 111
Titre Ier Crédit _________________________________________________________________________ 111
Chapitre Ier Crédit à la consommation _____________________________________________________ 111
Chapitre III Dispositions communes_______________________________________________________ 112
Livre V Les institutions ___________________________________________________________ 113
Titre Ier Les organes de concertation ________________________________________________________ 113
Chapitre Ier Le Conseil national de la consommation _________________________________________ 113
Titre II Les organes de coordination administrative _____________________________________________ 115
Chapitre Ier Le comité interministériel de la consommation ____________________________________ 115
Chapitre II Le groupe interministériel de la consommation _____________________________________ 116
Titre IV Le conseil national de l'alimentation __________________________________________________ 117
TABLES DES MATIERES ____________________________________________________119

121

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