Université Hassan II de Casablanca
Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales – Ain Sebaâ
Economie internationale
Pr. Mohamed Anis TAMIRI
Introduction
De nos jours, la dimension internationale est devenue une partie intégrante de l’activité économique.
Le panier d’un ménage contient aussi bien la consommation de biens et services produits en interne,
qu’en externe. Les entreprises ainsi que les autres agents économiques importent à leur tour des biens
et services produits à l’étranger.
L’économie international constitue un thème ancien et très développé de la science économique. Sa
présence date du XVIIème siècle chez les mercantilistes, pour connaitre ensuite un essor avec les
auteurs classiques et néoclassiques.
Il s’agit d’une branche de la science économique qui s’intéresse à « l’étude des échanges de produits
et de facteurs entre entités géographiquement différentes » ou encore « l’étude des relations
économiques entre pays ». Ces relations peuvent être de nature commerciale, monétaire ou
financière.
Dans le cadre ce cours, nous nous intéresserons à l’études des mécanismes qui gouvernent les relations
économiques internationales, en particulier le commerce international. Trois principales questions
seront abordées afin de mieux comprendre et expliquer les fondements des relations économiques
internationales en matière de commerce extérieur :
1- Dans un premier temps, la légitimité du commerce international, en d’autres termes, qu’est
ce qui explique l’existence d’échanges extérieurs ?
Il s’agit d’une analyse économique du commerce international permettant de savoir quels sont les
biens dans lesquels un pays doit-t-il se spécialiser ? et quels sont, en contrepartie, les biens qu’il a
intérêt à importer ?
La réponse à cette question nous amènera vers l’étude de deux familles de théories permettant
d’expliquer le phénomène des échanges internationaux :
Les théories traditionnelles : Elle se réfèrent à la théorie de l’avantage absolu, la
théorie des avantages comparatifs et le modèle des dotations factorielles ;
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Les théories modernes : Elles permettent à leur tour de justifier l’ouverture de
l’économie en se référant cette fois-ci à la technologie (ou l’innovation), aux
économies d’échelle (ou les rendements d’échelle croissants) et à la différenciation
des produits ;
2- Ensuite, nous nous poseront la question de protection de l’économie nationale contre la
menace des concurrents étrangers, en d’autres termes, quelles sont les mesures de
protection auxquels les pouvoirs publics peuvent recourir, et quels sont leurs effets sur le
bien-être collectif du pays ?
3- Enfin, comment les relations économiques internationales sont gouvernées et organisées ?
La réponse à cette question réside dans la connaissance des institutions chargées de réguler
et de superviser le jeu d’échange international.
Le mercantilisme : L’échange international est un jeu à somme nulle !
Les auteurs mercantilistes appréhendaient l’échange international comme un jeu à somme nulle.
Selon Bodin J. et De Monchrétien A., « le gain d’un pays se faisait nécessairement au détriment des
partenaires »
- Explication de la doctrine mercantiliste : Entre le 15ème et le début du 18ème siècle
La pensée mercantiliste s’est focalisée sur les conditions d’enrichissement de la nation, en d’autres
termes : Comment une nation peut accumuler les richesses ?
Parmi ses auteurs, on trouve Jean Bodin, Antoine Montchrestien et Jean Baptiste Colbert.
On distingue entre trois grandes formes de mercantilisme :
Le mercantilisme espagnol (Dit également mercantilisme bullioniste) : Il estime que la richesse
de la nation se mesure par les métaux précieux dont elle dispose (Donc la richesse provient de
la détention de métaux précieux) ;
Le mercantilisme anglais (Dit également mercantilisme commercialiste) : Il estime que la
source d’enrichissement d’une nation est le commerce international (Donc la richesse provient
du volume des exportations) ;
Le mercantilisme français (Dit également mercantilisme industrialiste) : Il estime que
l’enrichissement d’une nation provient du développement des manufactures ;
Pour qu’une nation s’enrichisse, les mercantilistes préconisent une abondance des métaux
précieux, puisque seuls ces derniers permettront d’apprécier la richesse de la nation. Il est donc
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question d’accumulation des métaux précieux, et seul le commerce international permet d’aboutir
à cette finalité : Le but est d’avoir une balance commerciale excédentaire.
Toute la pensée mercantiliste trouve son fondement dans quatre politiques dont la réalisation
permettra d’avoir une balance commerciale excédentaire.
Dans un premier temps, l’adoption d’une politique de populationnisme qui consiste à encourager
la croissance démographique. Cette étape permettra d’atteindre deux objectifs :
D’une part, une population abondante qui va permettre d’obtenir plus de main
d’œuvre (Celle-ci étant donné nécessaire au développement d’une industrie
d’exportation) et avec un coût faible (car il y aura beaucoup de chercheurs d’emploi
et par conséquent, le coût de la main d’œuvre sera faible) ;
D’autre part, l’Etat pourra constituer une force militaire importante.
Ensuite, l’interventionnisme et le colonialisme, constituera l’étape suivante. Grâce à la population
abondante qui donnera lieu à une force militaire importante, l’Etat sera capable de se défendre,
voire même passer au stade de colonisation.
Les colonies constitueront à la fois un marché extérieur, qui permettra d’écouler les produits
exportés, et en même temps exploiter les richesses du pays colonisé : Il s’agit d’une conquête des
autres pays puisque l’échange international est considérée comme étant un jeu à somme nulle.
Les ressources, en particulier les métaux précieux qui sont recherchés, sont limitées, et par
conséquent, l’enrichissement d’une nation ne peut se faire qu’au détriment d’une autre.
Après, une politique de protectionnisme de l’économie nationale serait nécessaire. Une telle
politique consiste à limiter :
D’une part la sortie de matières premières (réduire l’exportation de matières
premières et encourager l’exportation de produits finis, puisque l’exportation de
matières premières entrainera la fabrication des PF par une autre nation, et cette
dernière va les exporter vers leur pays d’origine et sera gagnante au détriment de celui
qui a fourni la MP) ;
D’autre part, l’entrée de produits étrangers (réduire les importations, et ce en
fabricant des PF pour répondre à la demande interne, le reste à exporter) ; Lorsqu’une
telle politique est appliquée, cela permettra de limiter la sortie d’or et d’argent (les
métaux précieux, puisque les transactions sont réglées par ces moyens) ;
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Enfin, vient la dernière politique à savoir l’abondance de la monnaie, c'est-à-dire la disponibilité
des capitaux nécessaires en situation de plein emploi, et donc le financement des besoins en
liquidité exprimés par les marchands (pour des raisons d’investissement) d’une part, et pour
permettre de couvrir les besoins de consommation, d’autre part.
En guise de conclusion, la pensée mercantiliste est fondée sur :
L’accumulation des métaux précieux et la thésaurisation constituent l’essence de la
richesse ;
La balance commerciale doit être excédentaire pour engendrer la prospérité
nationale ;
Chapitre I : Les théories du commerce international :
I. Les théories traditionnelles :
Comme déjà expliqué, les théories traditionnelles du commerce international se réfèrent aux modèles
classiques d’Adam Smith (Théorie ou modèle de l’avantage absolu), de David Ricardo (Théorie ou
modèle des avantages comparatifs) et d’Heckscher, Ohlin et Samuelson (Théorie ou modèle des
dotations factorielles).
Ces théories du commerce international, dites traditionnelles, reposent sur des hypothèses
communes, en particulier :
H1 : La concurrence sur les marchés des produits et des facteurs de production est une
concurrence pure et parfaite ;
Dans ce sens, rappelons que le modèle de concurrence pure et parfaite repose sur les hypothèses
suivantes :
1. L’atomicité du marché : Il existe un grand nombre d’offreurs et de demandeurs ;
2. L’homogénéité des produits : Les produits et services offerts sur le marché sont considérés
comme étant identiques et homogènes, du point de vue des consommateurs, par conséquent,
le seul critère de choix pour ces derniers est le prix ;
3. L’absence des barrières à l’entrée : la libre entrée de nouvelles firmes sur le marché pour
concurrencer celles déjà existantes ;
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4. La transparence parfaite du marché (ou l’information parfaite) : suppose que les offreurs et
demandeurs sont parfaitement informés sur les caractéristiques des produits ainsi que les prix
proposés ;
5. La libre circulation des facteurs de production (le capital & le travail) : Suppose que les facteurs
de production (Capital & travail) peuvent de déplacer librement à la recherche de la meilleure
rémunération ;
H2 : Concernant le raisonnement macroéconomique, il est en termes d’avantage
absolu ou relatif ;
H3 : L’échange international est « une demande de différence » car « là où tout se
révèle identique, il est inutile d’échanger ». Cette démarche est qualifiée par la
formule de Bernard Lassudrie-Duchêne. La différence de prix constitue donc un
fondement essentiel de l’approche traditionnelle de l’échange international ;
H4 : Les pays ne peuvent perdre à l’échange international : le commerce international
est un jeu à somme positive. Les théories traditionnelles montrent que la
spécialisation et l’ouverture à l’échange sont préférables à l’autarcie (Situation de repli
sur soi) ;
1. Adam Smith et la théorie de L’avantage Absolu
Selon Smith A., « l’échange international provient de différences absolues de productivité ».
Les différences de productivité (ou des coûts de production) sont appréciées en comparant les coûts
absolus : Il s’agit de la théorie des avantages absolus (Adam Smith) :
Un pays importe un bien lorsque sa production nationale
coûte plus chère que son importation
Dans son raisonnement, Smith A. considère deux pays, produisant chacun deux biens à l’aide d’un seul
facteur de production qui est le travail. Ce dernier est mesuré par le nombre d’heures nécessaires pour
la production d’une unité d’un bien (Nombre d’heures de travail) ou par le nombre de travailleurs.
Selon Smith A., un pays dispose d’un avantage absolu sur son partenaire, dans un bien, lorsqu’il est
capable de le produire avec moins d’heures de travail (ou moins de nombre de travailleurs) que son
partenaire. Il montre alors que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production du bien pour
lequel il dispose d’un avantage absolu sur son partenaire.
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Illustration à travers un exemple
Soit deux pays A et B qui produisent deux biens : « Vin » et « Drap », à partir d’un seul facteur primaire
qui est le travail (mesuré en heures de travail).
On suppose également que :
Le facteur travail circule librement entre les deux branches d’activités « Vin » et « Drap » au
sein d’un même pays mais ne franchit jamais les frontières pour aller vers l’autre pays ;
Les besoins unitaires en travail (ou le coût unitaire du travail) diffèrent entre les deux pays ;
Les coûts unitaires en travail chez A et B
Pays A Pays B
1L de vin 10 20
1m de drap 20 10
Total des heures et des productions 30 heures pour 1L de vin et 1m 30 heures pour 1L de vin et 1m
de drap de drap
Production mondiale 60 heures pour produire 2L de vin et 2m de drap
Dans une telle situation (Situation d’autarcie : Absence de spécialisation et d’échange) :
Le pays A dispose d’un avantage absolu en matière de production du vin ;
Le pays B dispose d’un avantage absolu en matière de production du drap ;
D’après Smith A., dès lors que les pays disposent d’un avantage absolu, ils ont mutuellement intérêt à
se spécialiser et à s’ouvrir : L’échange international est un jeu à somme positive et le protectionnisme
n’a pas lieu d’être : Le pays A a intérêt à se spécialiser dans la production du « Vin », puisqu’il dispose
d’un avantage absolu dans sa production (comparativement à son coût de production par le pays B, et
abandonner la production du « Drap » pour lequel le pays B détient un avantage absolu.
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En se spécialisant dans la production du bien pour lequel on dispose d’un avantage absolu, chaque
pays réalisera ce qui suit :
Pays A Pays B
3L de vin 30 00
3m de drap 00 30
Total des heures et des productions 30 heures pour 3L de vin 30 heures pour 3m de drap
La production mondiale 60 heures pour produire 3L de vin et 3m de drap
A l’époque du mercantilisme, cette vision parait tout à fait novatrice dans la mesure où les auteurs
mercantilistes considèrent que « le commerce international est un jeu à somme nulle ».
Toutefois, le modèle des avantages absolus de Smith, présente trois principales limites qu’il est
possible d’énumérer comme suit :
1ère limite : Dans son modèle, Smith n’explique pas les déterminants de la répartition
du gain engendré par l’échange entre partenaires commerciaux. Si les deux pays
gagneront à l’échange, cela n’implique pas que leurs gains seront identiques ;
2ème limite : La spécialisation, selon Smith, n’est possible que lorsqu’un pays dispose
d’un avantage absolu. Dans le cas contraire, le pays ne disposant pas d’un avantage
absolu ne peut pas prendre part du commerce international, ce qui n’est pas le cas en
réalité. En effet, l’observation des échanges entre pays, montre que même si un pays
ne dispose pas d’un avantage absolu, il continue de faire part du commerce
international. Pour lever cette limite, David Ricardo a développé un modèle en termes
d’avantages comparatifs ;
3ème limite : L’existence d’une confusion entre deux concepts à savoir la compétitivité
et la spécialisation. En réalité, et contrairement au modèle de Smith, un pays peut
disposer d’un avantage absolu dans la production d’un bien, c’est-à-dire qu’il est
compétitif (Un raisonnement bien sûr en terme de compétitivité prix) sans que cela
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l’amène à une spécialisation. Inversement, un pays qui n’est pas compétitif peut
comme même se spécialiser dans la production d’un bien. Cette troisième limite
constitue l’apport de David Ricardo dans son modèle d’avantages comparatifs
2. David Ricardo et le modèle des avantages comparatifs
Selon Ricardo D., et à la différence de la pensée de Smith A., tout pays peut participer au commerce
international même s’il ne dispose pas d’un avantage absolu sur les deux biens produits. Il avance l’idée
que « dans chaque pays, les coûts de production diffèrent d’une activité à une autre », en d’autres
termes, le travail nécessaire pour la production d’une unité d’un bien X n’est la même qu’il faut pour
produire une unité d’un autre bien Y, raison pour laquelle, il faut comparer les coûts de production des
biens.
Enoncé de la théorie des avantages comparatifs
« Les pays sont gagnants à l’échange s’ils se spécialisent dans la production du (des) bien (s) qui
supportent le (s) coût (s) de production relatif (s) le (s) plus faible (s) et s’il (s) importent le (s) bien (s)
qui supporte (nt) le (s) coût (s) de production relatif (s) le (s) plus élevé (s) »
Ainsi, Ricardo D. montre qu’un pays produisant avec des coûts absolus plus élevés, peut comme même
participer aux échanges internationaux. Ce qui importe le plus, ce sont les coûts relatifs des deux biens
produits, d’où la théorie des avantages comparatifs.
Pour démontrer ce constat, Ricardo D. part d’un raisonnement identique à celui de Smith A. Il
considère deux pays différents qui produisent deux biens. Le travail constitue : Le seul facteur de
production, Il est pleinement employé, Mobile entre les deux produits mais Immobile entre les deux
pays.
Le coût de production unitaire pour chaque bien produit est mesuré par la quantité de travail
nécessaire pour sa production, celle-ci mesurée en heure de travail ou en nombre de travailleurs.
Il montre que : « Chaque pays a intérêt à se spécialiser dans le bien pour lequel il dispose de la
productivité la plus forte »
Illustration à travers un exemple
On considère deux pays produisant deux biens et que le travail est le seul facteur de production. Ce
dernier est pleinement employé, Mobile entre les deux produits mais immobile entre les deux pays ;
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Le coût de production unitaire pour chaque bien produit est mesuré par la quantité de travail
nécessaire pour sa production, celle-ci exprimée en heures de travail ou en nombre de travailleurs ;
Pays A Pays B
1L de vin 80 120
1m de drap 90 100
D’après Smith, le pays B n’a aucun avantage par rapport au pays A sur le vin et le drap (Théorie de
l’avantage absolu). Ainsi le Pays B n’a aucun intérêt à ouvrir ses frontières pour échanger ses biens.
Toutefois, il encourt le risque d’effondrement de son économie s’il répond à ses besoins en vin et drap
en les important du Pays A.
Théorie des avantages comparatif et productivité :
La productivité est « Le rapport entre la production (quantités produites) et les moyens nécessaires
pour réaliser la production (Quantités de travail) »
Calcul des productivités :
Pays A Pays B
Productivité du Vin 1/80 1/120
Productivité du Drap 1/90 1/100
En s’appuyant sur la théorie des avantages comparatifs, en quoi les Pays A et B doivent-ils se
spécialisé ?
Productivité de A par rapport à B :
• Productivité du vin dans le pays A par rapport au pays B :
Productivité(A) / Productivité(B) = (1/80) / (1/120) = 1,5
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• Productivité du drap dans le pays A par rapport au pays B :
Productivité (A) / Productivité (B) = (1/90) / (1/100) = 1,11
Résultat : Le pays A dispose d’un avantage comparatif dans la production du vin
Autrement dit, par rapport au pays B, le pays A est plus productif en matière de Vin (1,5 > 1,11)
Productivité de B par rapport à A :
• Productivité du vin dans le pays B par rapport au pays A :
Productivité (B) / Productivité (A) = (1/120) / (1/80) = 0,67
• Productivité du drap dans le pays B par rapport au pays A :
Productivité (B) / Productivité (A) = (1/100) / (1/90) = 0,9
Résultat : Le pays B dispose d’un avantage comparatif dans la production du drap
Autrement dit, par rapport au pays A, le pays B est plus productif en matière de drap (0,9 > 0,67)
Conclusion : Pour que les deux pays profitent de l’échange des deux biens, il faut que A se spécialise
dans la production du « Vin » et s’ouvrir au commerce international avec le pays B, alors que ce dernier
devra se spécialiser dans la production du « Drap » qu’il va échanger avec A contre du « vin ».
Conséquences de la spécialisation et du libre-échange
En situation d’autarcie, on a :
Pays A Pays B
1L de Vin 80 120
1m de Drap 90 100
Total par pays 170h pour 1L de vin et 1m de drap 220h pour 1L de vin t 1m de drap
Total mondial 390h pour produire 2L de vin et 2m de drap
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En situation de spécialisation et de libre-échange, on a :
Pays A Pays B
2,125L de Vin 170 00
2,2m de Drap 00 220
Total par pays 170h pour 2,125L de vin 220h pour 2,2m de drap
Total mondial 390h pour produire 2,125L de vin et 2,2m de drap
La théorie des avantages comparatifs montre à son tour que le commerce international est « un jeu à
somme positive » : Les deux partenaires réalisent un gain à l’ouverture contrairement à leur situation
d’autarcie.
Notons que les avantages comparatifs ne sont pas acquis une fois pour toutes. Ils sont construits par
l’histoire ainsi que par les politiques publiques des pays. Dans certains cas, ils peuvent être des
avantages naturels : C’est le cas des richesses minières ou encore la fertilité des terres agricoles.
Toutefois, dans la plupart des cas, un avantage de productivité est le fruit d’une histoire : Un exemple
concret est celui de l’industrie anglaise qui dépassait les autres concurrents à l’échelle mondiale grâce
aux entrepreneurs anglais qui ont énormément investis et innovés. Mais, les autres pays, en particulier
l’Allemagne et les USA vers la fin du 19ème siècle, ont pu combler le retard grâce à des politiques
publiques appropriées, visant à améliorer la productivité industrielle.
Il convient de souligner que le modèle des avantages comparatifs n’est pas exempt de limites, parmi
lesquelles, il est possible de citer :
Le modèle de Ricardo ne permet pas de fournir une indication quant à la répartition
du gain né à l’occasion de la spécialisation ;
L’échange de différences constitue le fondement du raisonnement de Ricardo dans
l’explication de l’échange international. Elle ne peut donc pas expliquer l’existence
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d’une spécialisation internationale dans le cas où les deux pays sont identiques en
termes de productivité ;
Le modèle de Ricardo revêt d’un caractère statique : Il ne peut rendre compte des
évolutions dans le temps de la spécialisation d’un pays (Pour illustration, on se pose la
question suivante : Comment un pays comme le Japon est-il passé d’une spécialisation
dans le textile vers une spécialisation dans la sidérurgie puis l’automobile et
l’électronique ?)