1 _ Introduction
:
Le lever de détails est l’ensemble des opérations intervenant dans un
lever topographique et consistant à déterminer à partir des points du
canevas d’ensemble (voir Tome2, Ch. 1), polygonal ou de détails, la
position des différents objets d’origine naturelle ou artificielle
existant sur le terrain. Le levé, nom donné au document résultant
d’un lever, est destiné, éventuellement après traitement numérique,
à l’établissement de plans graphiques ou numériques : c’est la phase
de report.
*Principes de base
Lors d’un lever de détails, le topographe est confronté à trois
problèmes principaux :
* déterminer les détails à lever ;
* définir le degré de précision ;
* arrêter les mesures à effectuer.
* Détails à lever
Le choix des détails dépend essentiellement de deux caractéristiques
: leur type et leur taille. Les plans topographiques ont des
destinations différentes et des objets nécessaires à certains seront
inutiles pour d’autres. Il faut donc effectuer une sélection en fonction
du type de plan à élaborer. Par exemple, si le lever d’arbres est
obligatoire pour un plan de propriété, il l’est beaucoup moins pour
un plan de récolement. La taille minimale des détails à lever est
directement liée à l’échelle du plan. On admet en général que le
pouvoir séparateur de l’œil humain est d’un dixième de millimètre.
Les détails non représentables ne sont pas levés. Pour les plans
numériques, susceptibles de générer des plans graphiques à
différentes échelles, il faut se référer au cahier des charges .
1
*Précision du lever
La précision d’un plan est liée à celle du lever et implique
directement la précision avec laquelle les détails sont levés. Les plans
peuvent être classés suivant le type de lever : expédié ou régulier
L’échelle d’un document est définie par la formule :
L’échelle e est donc le rapport d’une dimension mesurée sur le plan
par la dimension homologue sur le terrain.
Un lever est dit régulier si la détermination des détails est effectuée
avec une erreur qui, réduite à l’échelle du levé, est inférieure ou
égale à l’erreur graphique, soit un dixième de millimètre, plus petit
écart perceptible à l'œil sur le plan. Dans le cas contraire, le lever est
dit expédié. Par exemple, pour un plan au 1/1 000, l’erreur maximale
est de 10 cm sur le terrain (0,1 mm × 1 000 » 10 cm).
2. LEVÉ TACHÉOMÉTRIQUE
2.1 Introduction
Peut-être avez-vous déjà vu, en circulant dans un quartier, des
personnes en train d'utiliser un appareil topographique. Et peut-être
vous êtes-vous alors demandé ; « Mais que font-ils ? » Il s'agissait
d'une brigade topographique en train d'effectuer un levé de détails
en milieu urbain en se basant sur les points d'appui du système local.
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Dans ce chapitre, divisé en deux sections, vous acquerrez les
connaissances nécessaires pour effectuer des levés planimétriques et
altimétriques ainsi que pour interpoler des courbes de niveau.
1 Notions préliminaires
On appelle levé archéométrique l'ensemble des opérations
permettant la mesure des angles, des distances et des dénivelés à
l'aide d'un tachéomètre et de ses accessoires (trépied, mire...). Le
levé archéométrique est un type de levé topographique.
Le mot tachéomètre se compose de deux racines grecques : taché-,
qui signifie « rapide » et
-mètre, qui signifie « mesure ». Cet appareil permet donc d'effectuer
des mesures rapides et précises.
Organisation d'une brigade
L'équipe qui effectue un levé topographique porte le nom de
brigade. Elle compte plusieurs membres, dont les tâches sont bien
définies. Ainsi :
- le chef de brigade est responsable du travail. C'est lui qui choisit
les méthodes à employer ;
- le croqueur dessine le croquis de la zone à lever ;
- l'opérateur dirige l'appareil sur les points à lever et effectue les
lectures correspondantes ;
- le teneur de carnet note les lectures dictées par l’opérateur ;
- le ou les porte-mire. Types de levés
Les levés diffèrent entre eux par :
- l'objet représenté ;
- la précision exigée pour le levé ;
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- l'échelle de représentation ;
- la rapidité d'exécution ;
On distingue deux types de levés : le levé planimétrique et le levé
altimétrique. Levé planimétrique Lorsque l'on souhaite représenter
des éléments tels que des routes, une construction, un cours d'eau
ou les limites de propriétés, on fait appel au levé planimétrique. Le
levé planimétrique consiste en effet à mesurer les angles et les
distances au sol.
Les méthodes de levé planimétrique les plus simples sont :
- le levé par abscisses et ordonnées ;
- le levé par rayonnement ;
3. Levé par abscisses et ordonnées
Le levé par abscisses et ordonnées s'effectue à l'aide d'une équerre
optique, qui permet de déterminer une direction perpendiculaire à
une autre. Grâce à cet appareil, on détermine l'emplacement des
pieds des perpendiculaires (M', N', P') à partir des points à lever (M,
N, P) sur une ligne d'opération AB (figure 2.1).
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La ligne d'opération est matérialisée par deux jalons. On mesure les
abscisses en cumulé (AM', AN', AP'...) puis les ordonnées (MM', NN',
PP'. „).
Les mesures doivent être contrôlées par la mesure des diagonales
(AM, BR...) en utilisant le théorème de Pythagore (triangle
rectangle) : (AM) 2 = (AM') 2 + (MM') 2.
Pour exécuter un levé par abscisses et ordonnées, on procède aux
étapes suivantes :
1. Faire un croquis général du site de travail (à lever).
2. Matérialiser la ligne d'opération à l'aide de jalons.
3. Matérialiser les points de détail à l'aide de jalons.
4. Déterminer la projection des points de détail sur la ligne
d'opération à l'aide de l'équerre optique.
5. Mesurer les distances entre les points projetés et les points
d'appui (abscisses).
6. Mesurer les distances entre la position des points de détail et
leur projection sur la ligne d'opération (ordonnées).
7. Tracer un croquis sur lequel figure la position des points de
détail.
4. Levé par rayonnement
Le levé par rayonnement s'appuie sur le principe géométrique de la
détermination d'un point par coordonnées polaires (figure 3.2).
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Chaque point est défini par :
- l'angle (ɵ), qui est déterminé depuis la station (A) à partir d'un
axe fixe (AB) ;
- la distance (D), qui définit la position des points (a, b, c) par
rapport à la station (A).
La valeur de l'angle horizontal (généralement exprimée en grades)
ainsi que celle de la distance (en mètres) forment les coordonnées
polaires d'un point (figure 3.3).
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La marche à suivre pour effectuer un levé par rayonnement est la
suivante :
1. Taire un croquis général du site à lever.
2. Matérialiser la ligne d'opération et les points de détail à l'aide
de jalons.
3. l'aire la mise en station de l'appareil topographique.
4. Régler la nivelle de l'appareil à l'aide des vis calantes.
5. Viser les points de détail avec la lunette de l'appareil
topographique.
6. Noter les valeurs des lectures effectuées dans l'ordre suivant :
- lecture supérieure (Lsup);
- lecture moyenne (Lmoy);
- lecture inférieure Linf).
7. Faire la lecture de l'angle vertical (V).
8. Calculer les distances en utilisant la formule
suivante :
9. Faire la lecture de l'angle horizontal (Hz) sur le cercle horizontal
de l'appareil pour chacune des directions.
10. Calculer les angles horizontaux (ce) en utilisant la formule
suivante : a = Hz (suivant) - Hz (précédent)
5. Levé altimétrique
On appelle levé altimétrique l'ensemble des opérations permettant
de déterminer les altitudes et les dénivelées par rapport au niveau
moyen des mers au repos afin d'établir des plans et des cartes
topographiques.
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L'altitude d'un point est la distance, en mètres, entre ce point et une
surface se trouvant au niveau moyen des mers, qui correspond à la
valeur 0 (figure 3.4).
La dénivelée représente la différence d'altitude entre deux points, en
valeur et en signe (figure 3.5)-
Sur le croquis chaque point doit être exprimé avec l'angle et la
distance. Après dans le bureau on prépare le dessin de ce relevé. Sur
la feuille on fixe un point pour la station et avec un rapporteur en
grades on commence de fixer avec une petite ligne les angles,
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mesurés sur le terrain. Puis on doit lier chaque petite ligne avec le
point de station et sur chaque direction on fixe en échelle choisie la
distance, mesurée sur le terrain. C’est la méthode de relever des
bâtiments existants sur le terrain. Si ce relevé est pour ajouter ces
bâtiments sur le plan de masse on doit fixer sur le terrain certains
points communs.
6. Courbes de niveau
Les résultats des levés (planimétrique et altimétrique) sont employés
pour la représentation graphique du relief d'un terrain. Une courbe
de niveau est une ligne imaginaire joignant tous les points qui ont la
même altitude. Un ensemble de courbes de niveau donne une
représentation du relief (figure 3.9).
- Intervalle : Distance horizontale mesurée sur la carte entre
deux courbes de niveau.
- Ligne de crête : Endroit où se fait le partage des eaux.
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- Talweg : Axe du fond d'une vallée.
- Pente douce : Endroit où les courbes de niveau sont distancées.
- Pente abrupte : Endroit où les courbes de niveau sont
rapprochées.
- Pente uniforme’ : Endroit où les courbes de niveau sont
distancées également.
Caractéristiques
Les courbes de niveau possèdent les caractéristiques communes
suivantes :
- Tous les points d'une même courbe ont la même altitude.
- Les courbes de niveau sont des lignes fermées, à moins qu'elles
ne soient interrompues par les limites de la carte.
- L'intervalle entre les courbes indique la nature de la pente.
- Une courbe de niveau ne peut pas en croiser une autre
d'altitude différente. Interpolation des courbes de niveau
L'interpolation des courbes de niveau a pour but de déterminer
l'altitude d'un point situé entre deux courbes de niveau. Ce travail
peut s'effectuer à l'aide de deux méthodes :
- la méthode analytique, plus précise ;
- la méthode graphique, plus rapide. Méthode analytique
La méthode analytique est basée sur la théorie des triangles
semblables (figure 3.10).
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L'altitude du point A est égale à
Soit :
D'après la théorie des triangles semblables, on a :
Exemple :
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Données ;
- Altitude de la première courbe (Nj) : 125,0 m
- Altitude de la deuxième courbe (N2) : 130,0 m
- Distance entre un point de la courbe interpolée et la première
courbe (Xj) : 1,5 cm
- Distance entre le même point de la courbe interpolée et la
deuxième courbe (X2) : 0,5 cm D'où :
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7. méthode graphique
Il existe une méthode graphique plus rapide dont la précision est
généralement largement suffi santé. L'opérateur dispose d'une
feuille A4 sur laquelle il dessine des lignes horizontales régulièrement
espacées (fig. 10.3-b.), numérotées pur exemple de 0 à 100. Afin de
placer la courbe de niveau 129,50 m entre les points 19 et 24 (fig.
10.3-a. et 10,3-b.), il dispose la feuille A4 de façon que la ligne 129,08
m passe sur le point 24, ce positionnement s'eiïeetue à vue puisque
la ligne î 29,08 m n'existe pas, et de façon que la ligne 129,82 passe
par le point 19 ; il reste à piquer Tinter-section de la droite 19-24 et
de la ligne 50 de la feuille A4 pour obtenir un point de passage de la
courbe 129,50 m.
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